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Vente publique

Expo et portrait

Deux galeries ont réuni des artistes indiens, en marge d’Europalia. P.5

La salle de ventes Rops propose une riche vacation dimanche et lundi. PP.10-11

Les œuvres percutantes de Yan Pei-Ming à Paris. Récit et portrait. PP.2-3 COURTESY GAL.T.ROPAC/YAN, ADAGP/MORIN

Focus

PROFIL DE FEMME DE FERNAND KNOPFF © NF ART GALLERY - ANTICA NAMUR 2013

Supplément à La Libre Belgique - N°207 - Semaine du 8 au 14 novembre 2013

ANTICA NAMUR :

HOMMAGE AUX DAMES PP.12-13

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SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Par Claude Lorent Comme il se doit et selon les bonnes habitudes, la Fiac et autres foires an­ nexes se félicitent des résultats engran­ gés lors de la dernière édition qui a fermé ses portes le 25 octobre dernier. Certaines galeries ont très bien vendu, dont Nathalie Obadia (Paris/Bruxelles), dont Daniel Templon qui a écoulé toutes les œuvres de Chiharu Shiota une jeune artiste pour qui l’expo per­ sonnelle vient de se clôturer à Bruxel­ les, dont Vedovi (Bruxelles) qui an­ nonce avoir placé en collection un Basquiat pour la coquette somme de 5 millions de dollars ! Le marché de l’art se porte bien pour tous ceux qui gravitent dans les hautes sphères et les meilleures pièces sont des placements sécurisés. La prochaine foire de Miami devrait une fois de plus le confirmer. Pourtant la foire parisienne restructu­ rée de plus en plus anglo­saxonne et se voulant à la pointe de l’actualité de la création a connu aussi le souffle du mécontentement de la part de galeris­ tes français évincés de la grande ver­ rière. Il faut dire qu’ils sont devenus minoritaires chez eux : 55 sur 129 participants ! La dure loi de l’interna­ tionalisation qui sévit aussi chez nous à Art Brussels que les commentateurs placent de plus en plus parmi les dix meilleures foires au monde car elle correspond au schéma mondialiste en vigueur. Il est cependant, pour une foire d’art contemporain qui se profile la plus branchée sur les productions actuelles, un autre phénomène un peu paradoxal qui est à relever car il a fait aussi l’objet de commentaires et se confirme du côté des salles de vente comme dans les musées ! Il existe aujourd’hui de la part des amateurs et collectionneurs un vrai regain d’intérêt pour les artis­ tes qui furent les fers de lance des années soixante et septante. Détrônés au cours des vingt­cinq dernières années, à part quelques vedettes, voici qu’ils reviennent en force. Il faut aussi constater que l’actualité des musées sert de bras de levier aux marchands. Le surréalisme bien à l’honneur se retrouve dans les stands tout comme Poliakoff. Le marché s’appuie sur les valeurs sûres. Et la tendance pop est parmi les gagnantes puisque voici les Martial Raysse, Niki de Saint Phalle, Warhol, Alina Szapocznikow… et Evelyne Axell (Be 1935­1972) qui cartonne, notamment aux États­Unis où elle est entrée dans de très grandes collections ! Le temps peut ouvrir les yeux.

COURTESY GALERIE THADDAEUS ROPAC, PARIS/SALZBURG © YAN PEI-MING, ADAGP, PARIS, 2013 PHOTO : ANDRÉ MORIN

La valeur des années

Œuvre de Yan Pei-Ming exposée à la galerie Thaddaeus Ropac à Paris.

Yan Pei­Ming met monde en joue h Paix, guerre, beauté et icône, argent et mort… Quatre salles et le Chinois nous cible la vanité de la vie, ses assourdissants contrastes. “HELP !”, UNE EXPO QUI TUE ET QUI RÉJOUIT. Juste, sans bavardages. Sans courbettes face à un monde… qu’elle atomise en filigrane. Ni paillettes, ni visages de carton peint. Point de paysages grip­ pés par le mauvais goût ! Chez Thaddeus Ropac, la charge signée Yan Pei­Ming est non seulement bouleversante, elle vous convainc des valeurs de l’art quand il ne joue pas les faux semblants, les ar­ tifices qui puent le commerce et les odeurs d’égouts. Quand il saigne. De l’art sans pitié. Le cri de la riposte à cran, intelligente, à fleur de peau, d’un homme qui en a marre des abominations. Marre des pouvoirs qui mentent et tuent pour le plaisir de politiques, financiers, religieux sans scru­ pules. Réussite pour cette première depuis dix ans à Paris. On y reste bouche bée. C’est simple : un char d’assaut, bombarde droit devant, vous y cueille à froid. De loin. Vise d’emblée au cœur du problème. De la réalité. En noir et blanc. Du blanc

qui vire au gris et du noir tranché de gris, délavé. Le coup de brosse est sans aménité. Large et musclé, il passe la toile au rythme et saccades d’un artiste qui ne transige pas, se met à nu sur son tableau, pareil au Ming en croix d’un triptyque inoubliable qu’il avait, en 2012, installé dans le cœur de la chapelle des Beaux­Arts, à Nantes. On est ici en plein corps à corps entre un artiste et un tableau, un monde, que le premier tente, comme il peut, de s’arroger pour le dénoncer en en maîtrisant les évidences. S’il a, jadis, peint des Mao vastes comme des murs sans fin, rouges du rouge au front comme à la commissure des lèvres, rouge d’un communisme qui avait ses catéchismes et des mythes prêts à basculer de leur socle, Yan Pei­Ming a depuis opté plus régulièrement pour un face à face sanglé de noir et de blanc, de grisailles fausses douceurs. La charge en est plus lourde. L’image plus tentaculaire, qui nous rappelle les gris du jour quand rien n’y rigole. Et pourtant Ming sait rire, est un joyeux commensal. Mais il a deux yeux qui voient, regardent, interprètent, réagissent et pei­ gnent. C’est de la peinture avant tout, mais une peinture qui hurle ! “Je reviens souvent sur un ta­ bleau”, dit­il. “On n’y voit pas la transpiration du peintre et l’on croit que c’est peint d’un seul geste. Or, chaque toile est longuement travaillée. Je peins, j’ef­

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l Portrait Galerie Thaddeus Ropac, 7, rue Debelleyme, 75003 Paris. Jusqu’au 23 novembre. Superbe catalogue et textes d’Henri Loyrette et Robert Fleck. Infos : 01.42.72.99.00. et www.ropac.net Paris en 1h22, 25 fois par jour, avec Thalys : www.thalys.com

“C’est à Manet, c’est à Goya que je pense encore une fois devant ces œuvres de Yan Pei-Ming; à eux avant tous les autres, pour le rappel incessant des désastres de la guerre, le noir et le blanc, la dévotion à la peinture…” Henri Loyrette

notre face, je reviens… Il y a beaucoup d’images au fond de mes tableaux.” Char d’assaut, supersoniques en vol (ses oiseaux de feu, neuf variantes, un grand ballet, un seul ta­ bleau), enfant en détresse et ville détruite : sa salle de guerre, précédée, discrète, d’une salle de paix, colombes dans le vent. Taches d’espoir sans trop y croire ? Aux toiles plus démesurées d’images guerrières répondent douze petits tableaux d’oiseaux à regarder tête en l’air. Frémissements de l’huile, coulures, tensions plastiques, la pein­ ture est une affaire humaine, pas un décor ! Au sous­sol, quatre portraits de femme. Quatre portraits d’Isabelle Huppert. Les premiers por­ traits peints d’une actrice que Ming connaît bien, qu’il a peinte pourtant d’après des photos de ses films. La femme, de l’adolescence à l’âge mûr. Beauté et icône à la fois. De l’enfant incrédule à l’égérie prête à en découdre… “J’avais besoin qu’une femme joue un rôle dans mon expo, entre guerre et paix, fragilité et résistance.” Troisième volet enfin, à l’étage, deux grandes aquarelles traitées par larges coulées d’eau… “Mon autoportrait en vanité, tête de mort sur fond de billet d’un dollar.” Crâne gueule ouverte ou de guingois, la vérité de toute vie passée au tamis de ses détournements meur­ triers et cupides, Ming en lice. Roger Pierre Turine

Yan Pei­Ming, un Chinois français h Sa présence à la Galerie Ropac est un bonheur du jour ! Venu pour études en France en 1980, Yan Pei­Ming s’y sent chez lui… SIMPLE ET AVENANT, chaleu­ reux sans affectation, il vous ac­ cueille à la galerie, comme il le fait dans son immense atelier in­ dustriel d’Ivry, en vous offrant d’emblée le café de bienvenue. La discussion peut alors démarrer comme cela se passe entre amis, à brûle­pourpoint, en rigolant s’il sied. Si Yan, qui veut dire “vi­ gueur”, est le nom de famille qui, en Chine, précède toujours le prénom, Pei­Ming – alias “forma­ tion” et “lumière” – est donc son petit nom. Les copains comme les autres le saluent volontiers d’un “Ming” plus familier et so­ nore. Avec son frère pour secré­ taire et agent artistique et une équipe d’assistants qui le sou­ tient à travers ses vastes espaces et ses ateliers d’Ivry, de Dijon et de Shangaï, Ming règne sur une institution familiale et artistique qui lui vaut d’être l’un des artis­ tes de France les plus appréciés et cotés à travers la planète. Point d’habits d’artifice, une tenue avantageuse de pied en cap, les cheveux tressés à l’arrière, il est cet homme d’apparence placide qui, face à sa toile, souvent mo­ numentale, se mue en bélier for­ cené. Les résultats sont à la hau­ teur de la démesure : flam­ boyants, même dans les seuls noir et blanc, enlevés comme ba­ taille au finish et pourtant bras­ sés dans la matière et les couleurs de longues séances durant. Dispersées partout, les peintu­ res de Yan Pei­Ming sont les fleu­ rons d’un art contemporain qui puise aux vraies valeurs de l’identité humaine. Ce sont des tranches du monde actuel par le biais de personnalités en vue, ac­ cortes ou criminelles. Né à Shangaï en 1960, Ming avait 20 ans lorsqu’il quitta la mère­patrie pour une Europe qu’il découvrit le 26 août 1980. Précis sur sa date d’arrivée, il l’est aussi quant aux retombées de cet exil pour l’art : “Je pense que la France m’a donné une chance, un espoir. Mon chez moi, c’est en France. D’ailleurs, je fais une pein­ ture où nulle part on ne voit Made

ADAGP, PARIS, 2013/MARIE CLEURIN

Infos pratiques

Portrait de Yan Pei-Ming devant une de ses œuvres. in China ! C’est cela qui m’inté­ resse : être un artiste simplement. Un artiste avec une vision très per­ sonnelle du monde, une façon très personnelle aussi de traiter la pein­ ture. Aujourd’hui, quand je re­ tourne en Chine, et j’y vais réguliè­ rement, je suis regardé comme un étranger, mais ce n’est pas ma pré­ occupation. Je suis quelqu’un qui vise l’universalité quant au sujet qu’il traite, au regard qu’il porte, à l’angoisse de l’homme qui l’ha­ bite !” Yan Pei­Ming s’est, au dé­ but, fait connaître par des por­ traits géants, de Mao notam­ ment, et il exposa à Bruxelles chez Rodolphe Janssen. Depuis, il n’a jamais abandonné le por­ trait… “Le portrait est le miroir de l’homme, d’une époque. A travers le

portrait, on voit tout. Si le cours d’une journée se passe bien ou mal, un portrait en témoigne. Et ce por­ trait renvoie le message, le visage.” Pour cette exposition, Ming a peint le portrait d’Isabelle Hup­ pert : “Sa mélancolie m’intéres­ sait.” Mao ? “Quand j’ai peint mes Mao, l’époque était aux portraits de propagande. Portraits de soldats, d’ouvriers.” Ironie par rapport au Réalisme socialiste ? “Le miroir révèle le bien comme le mal et la ré­ ception que l’on en fait dépend de qui regarde. Moi, quand je peins, je dresse un constat de l’histoire d’aujourd’hui. Ce n’est pas une glo­ rification. Le peintre interroge le monde.” Et la guerre, comme il dit, est un sujet éternel ! Roger Pierre Turine

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SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Les espaces infinis de la peinture

COURTESY TRIANGLE BLEU, STAVELOT © L’ARTISTE

“Tendre à un équilibre global, fournir au regardeur un plaisir visuel et physique exempt de toutes lassitudes par rapport à la peinture.” Bernard Gilbert, 2013

Bernard Gilbert, “Number 174”, acrylique et huile sur bois, 180 x 150 cm, 2013.

Bio express Bernard Gilbert expose régulièrement en Belgique et à l’étranger (Montréal, Nantes, Tallin, Abu Dhabi, Paris, Sao Paulo, Santiago…) depuis près de 20 ans et après une formation à l’Erg complétée par des stages aux Beaux-Arts de Lyon et à l’université de Montréal. Né à Dinant en 1970, lauréat de plusieurs prix dont le Jos Albert de l’Académie, il est professeur de peinture et de recherches chromatiques à l’Académie des Beaux-Arts de Namur, il vit et travaille à Dinant et à Bruxelles. Il a participé à The solo Project Art Fair Basel.

h Dans un nouveau solo magistral au Triangle bleu à Stavelot, Bernard Gilbert, en peintre du virtuel et du champ visionnaire, sonde le phénomène de la création. DEPUIS SA DERNIÈRE EXPOSITION SOLO en Belgique voici trois ans, le travail de Bernard Gilbert ne cesse de se déployer généreusement en variations picturales dont la finalité se confond avec les images produites puisqu’il n’est question ni de représentation, ni d’illus­ tration, ni même d’imaginaire, et que seule la peinture importe dans son résultat de puissance picturale auto­ nome. Les propositions visuelles qu’il livre de toiles en toiles sont des investigations de l’espace pictural sans rapport immédiat avec une interprétation quelconque

de ce que nous nommons le réel. Ce qui ne signifie pas qu’il est interdit d’établir des rapports avec ces réalités, d’y percevoir des perspectives ou des éléments qui orientent notre lecture vers des visions de références soient­elles oniriques, ni d’établir des comparaisons avec des pratiques picturales autres, anciennes ou ré­ centes. Bien au contraire, toutes ces ouvertures consti­ tuent des valeurs ajoutées capitales dont chacun usera à sa façon en fonction de ses approches, de ses ressentis, de ses émotions, de son imagination, des images qu’il a lui­même emmagasinées, de sa culture et du choc pro­ duit par la confrontation avec ce monde pictural. La peinture de Bernard Gilbert est un vaste champ d’expérimentation permanente dont les ingrédients sont, une connaissance approfondie des matériaux des supports aux composantes chromatiques, une maîtrise exceptionnelle des techniques utilisées, le recours à des outils adéquats pour chaque projet. Si l’on y joint un re­ gistre formel audacieux qui ne se refuse rien et un con­ trôle du chant coloré de la couleur franche et pure jus­ qu’aux infimes nuances et subtilités, on comprend que chaque ouverture de la boîte de pandore réserve des surprises imprévisibles et bluffantes à chaque fois. Cette peinture se renouvelle à un rythme effréné tout en conservant sa personnalité. Condensé des compo­ santes les plus inattendues, chaque tableau est un labo­ ratoire qui donne l’impression de brasser toute la pein­ ture pour mieux la régénérer. Dans ces espaces sans dimension réelle, à la fois magi­ ques, fantastiques, aussi romantiques qu’irréels, baro­ ques à souhait, le minéral et l’organique se mixent comme dans un chaos intersidéral où chaque compo­ sante trouve finalement sa place et son rôle entre le vir­ tuel venu du numérique et une profusion visionnaire sans borne. Ces œuvres englobent autant l’histoire de la peinture si présente, des abstractions concrètes aux figures illusionnistes, du tachisme aux suggestions paysagères en horizons infinis, qu’elles interrogent le phénomène de la création, y compris celle du monde, dans ce qu’il a de plus mystérieux. Elles sont, dans un vocabulaire du présent et d’anticipation, des étapes ac­ complies d’une recherche fondamentale où macro et microcosme fusionnent dans une éruption évolutive dont on sait juste qu’elle n’aura pas de fin. Dans ce contexte bien spécifique, cette peinture s’est forgée une identité totalement singulière, comparable à aucune autre et à ce titre, vu bien entendu sa qualité intrinsèque, elle occupe un place de premier rang in­ contestable. Il serait d’ailleurs urgent qu’une institu­ tion de choix et labellisée reconnaisse l’importance de ce travail en l’exposant ! Qui chez nous va prendre le relai des galeries belges et étrangères, des foires, des musées et centres d’art à l’étranger ? A voir d’urgence et à suivre ! Claude Lorent U Bernard Gilbert. Painting Endless. Galerie le Triangle bleu, 5, cour de l’Abbaye, 4970 Stavelot. Jusqu’au 29 décembre. Du jeudi au dimanche de 14h à 18h30.

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COURTESY GALERIE J. BASTIEN, BRUXELLES

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Focus

La diversité indienne h Indépendamment de l’officialité du festival consacré à l’Inde, deux galeries, l’une bruxelloise : Jeane Bastien Art, l’autre anversoise : Geukens de Vil, ont réuni quelques artistes indiens.

Les quatre artistes invités à Anvers suite à l’échange opéré avec la galerie Maskara de Mumbai sont em­ blématiques d’une situation d’entre deux de l’art in­ dien actuel car selon le commissaire, les œuvres ex­ priment le désir des artistes de se libérer de la forte emprise sexuelle et stéréotypée traditionnelle tout en restant attachés à leurs racines. Le titre même de l’exposition, “Traditions\Transformation” est expli­ cite à ce sujet. Reprenant le principe de peinture mi­ niature indienne, Meenakshi Sengupta l’adapte au langage contemporain dans une re­contextualisa­ tion en associant les motifs empruntés : moustache, sexe, et les pratiques modernes occidentales. L’instal­ lation au sol de Priyanka Choudhary est le résultat d’une performance qui en réfère aux champs de ba­ tailles, à la mort, à la destruction. Les morceaux de pots cassés par l’artiste sont rassemblés, ficelés et dé­

COURTESY GALERIE GEUKENS&DE VIL, ANVERS RAJAN KRISHNAN,

CES DEUX ENSEMBLES ÉLARGISSENT LA VISION que l’on peut avoir de la création contemporaine dans ce pays culturellement partagé entre ses tradi­ tions bien ancrées et influentes, et les apports anglo­ saxons court­circuités par les effets de la mondialisa­ tion dans un pays dit émergent qui occupera à court terme une place capitale dans la géopolitique du fu­ tur et comptera donc en termes de culture. La diver­ sité proposée par les deux galeries montre la totale porosité par rapport aux pratiques artistiques occi­ dentales dans un mixte de préoccupations et de pré­ servations de données locales.

En haut, Menakshi Sengupta, “Imperial”, 2013, aquarelle et velours sur papier, 30,40 x 22,22 cm. Ci-contre, “Plant of Sustenance”, acrylique sur toile, 127 x 203, 2013. posés comme en un sanctuaire afin que puisse opé­ rer la mémoire. Pour sa part et en rapport avec le tra­ vail précédent, Narendra Yadav interroge la notion de non­violence de Gandhi, examinée aussi par Ros­ han Chhabria qui focalise son propos sur la vie de la

classe moyenne indienne. Douze artistes dont la plupart ont déjà exposé à l’étranger sont rassemblés dans l’exposition collec­ tive de la galerie Bastien. Ils accordent une impor­ tance primordiale aux orientations esthétiques néanmoins infiltrées par des interrogations person­ nelles et féminines chez Shivani Aggarwal, humaines et sur le statut de la femme dans les dessins de Mithu Sen, environnementales autant dans l’aquarelle de Samit Das que dans la peinture foisonnante de l’ar­ bre qui cache la désertification de Rajan Krishnan, identitaires à travers les visages expressionnistes et tourmentés de Jagdish Chander. Dans ses montages photographiques Remen Chopa mêle les époques, les gens, le réel et l’imaginaire dans une vision syncrétique qui brasse le temps alors que le peintre Binoy Varghese offre à l’opposé une appro­ che vivement colorée et réaliste de la population d’aujourd’hui. L’abstraction n’est pas en reste dans cette panoplie, la voici en reliefs noir et blanc de formes géométri­ ques imbriquées par Chetnaa Verma, en chatoie­ ments de la laine chez Shoba Broota, alors que S. Harsha Vardhana associe couleurs sensuelles et si­ gnes dans ses peintures et que Sayed Hayer Raza se concentre sur la puissance énergétique des couleurs, tandis que Manish Pushkale, dans des compositions aux tonalités sourdes introduit des formes évoquant des objets. Claude Lorent

U “Aux couleurs de l’Inde”. 12 artistes contemporains. Galerie J. Bastien, 61 rue de la Madeleine, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 14 décembre. Du mardi au samedi de 11h à 18h30. U Catalogue présentant chaque artiste avec repros coul. U Traditions/Transformations. quatre artistes indiens. Galerie Geukens de Vil, 19 ourbusstraat, 2000 Anvers. Du jeudi au samedi de 14h à 18h.

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Les galeries

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

Quatre étoiles

BRUXELLES ABC Eijberg. Sculptures. ‣ Jusqu’au 28·12. Du Ma. au S. de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30 ou sur rdv.

Hopstreet See You When You Get There. Oeuvres de Bas van den Hurk. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 14 à 18h, fermé jusqu’ au 09-11.

COURTESY AXEL VERVOODT GALLERY, ANVERS.

Galeries

URue du Houblon 7 - 1000 Bruxelles 02 511 05 55 - www.hopstreet.be

J. Bastien-Art Aux Couleurs de l’Inde. Douze artistes indiens au coeur de la création contemporaine. ‣ Jusqu’au 14·12. Du Ma. au S. Albert Dumont Brigitte Closset & Maio Wassenberg. de 11 à 18h30. Peintures. ‣ Jusqu’au 17·11. Du J. au D. URue de la Madeleine 61 - 1000 Bruxelles 02 513 25 63 - www.jbastien-art.be de 13h30 à 19h ou sur rdv. URue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles Jan Mot 02 512 49 43 - www.galeriedumont.be Postscript II (Berlin). Oeuvres de Tris Vonna-Michell. ‣ Jusqu’au 18·01. Du J. Alice Deaf, Dumb and Blind. L’esthétique du au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles collectif belge Hell’O Monsters est un URue mélange iconoclaste de références à l’art 02 514 10 10 - www.janmot.com contemporain, de sub-cultures et de cul- Keitelman Gallery ture populaire. ‣ Du 14·11 au 20·12. Du Behind the Screen. Oeuvres de Nam June Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. Paik (1932-2006). ‣ Jusqu’au 18·01. Du URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles Ma. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. 02 513 33 07 - www.alicebxl.com URue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles 02 511 32 53 ou 0475 37 59 27

URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com

Catherine Bastide Use Period. Oeuvres de Valerie Snobeck. Laurentin Gallery ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 11 à Françoise Pétrovitch. ‣ Jusqu’au 29·11. 18h. Du Ma. au S. de 10h30 à 18h30. URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 Bruxelles - 02 646 29 71 www.catherinebastide.com

URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com

La lumière noire Bien qu’il soit connu pour ses gigantesques sculptures d’acier rouillé aux allures prométhéennes tenues en équilibre par leur poids, comme la plupart des artistes, Richard Serra (San Francisco 1939 – Vit à New York) pratique le dessin depuis toujours et n’a jamais lâché cette discipline à laquelle il a donné une tournure très physique et personnelle en chauffant les pastels gras, goudronneux et huileux dont il se sert, afin d’étaler la matière fondue, couche après couche. Monumentaux, la majorité de ses dessins, épais, lourds, monochromes d’un noir profond mais intranquille, animé, comme peut l’être une surface abondamment travaillée, atteignent une densité charbonneuse telle qu’ils deviennent un univers qui n’a rien ni du deuil, ni du ténébreux, mais appelle à un état de perdition de soi dans leur intimité. Ils sont aspiration vers le sublime où règne un silence propice à l’intériorité, à la perception émotive de la beauté noire qui n’est pas un néant mais un infini qui, paradoxalement, va vers la

lumière comme vers un soleil noir. “Le dessin crée un espace”, déclare l’artiste, “un endroit qui me permet de me concentrer sur une activité satisfaisante en elle­même”. Ce ne sont pas des exercices préparatoires, bien au contraire les deux œuvres réalisées sur toile de lin (belge) sont, à l’origine, des œuvres crées in situ pour un lieu défini et qui trouve ici, dans l’architecture de la galerie, un place de choix jusque dans la petite salle où l’immensité noire légèrement vibrante, partiellement et sobrement brillante par zones, happe littéralement le visiteur qui s’y noie. La troisième œuvre, sur papier, tout aussi frémissante, rappelle l’orientation minimaliste du travail par le biais des discrètes réserves laissant apparaître le blanc naturel du support. (C.L.)

Macadam Gallery Champaka fame. Oeuvres picturales de Miles Hyman “Le Dahlia Noir”. Illustra- Anonymous Dierick. ‣ Jusqu’au 01·12. Les J. tions couleurs de grands formats du Los Laurent et V. de 10 à les S. et D. de 11 à 17h. Angeles des années 40-50. ‣ Du 15·11 UPlace du Jeu 15h, de Balle 58 - 1000 Bruxelles au 08·12. Du Me. au S. de 11 à 18h30, le 02 502 53 61 - http://macadamgallery.com D. de 10h30 à 13h30. URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles Mathilde Hatzenberger 02 514 91 52 ou 0475 26 94 08 Dominique Kippelen. Un ensemble de www.galeriechampaka.com travaux récents qui se développent autour de recherches menées à partir Double One Photo Art Gallery U Richard Serra. Black is the Drawing. Galerie Rebirth. Photos d’Harry Fayt. ‣ Jus- d’un projet d’installation-sculpture monumentale, ainsi qu’une sélection qu’au 20·11. Du Ma. au D. de 11 à 19h. Axel Vervoordt, Vlaeykensgang, 16 Oude d’oeuvres antérieures. ‣ Jusqu’au 23·11. UGalerie du Roi 11 - 1000 Bruxelles Koortmarkt, 2000 Anvers. Jusqu’au 30 novembre. Du Me. au S. de 11h30 à 18h30 ou sur 02 761 96 70 rdv. Du mercredi au samedi de 14h à 18h. URue Léon Lepage 11 - 1000 Bruxelles Espace Blanche 0478 84 89 81 Alfonso di Mascio. ‣ Jusqu’au 01·12. www.mathildehatzenberger.eu Tous les jours de 14 à 18h (présence de l’artiste les S., D. et j.f.). URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles URue Marché au Charbon 3 - 1000 Bruxelles - Meessen De Clercq ‣ Jusqu’au 13·12. Du L. au V. de 14 à 18h Mikado LDB Modulor. Sculpture au sol MOTinternational 502 56 50 02 510 01 41 - www.espaceblanche.be Aishan Yu. Dessins. ‣ Jusqu’au 21·12. 02 ou sur rdv. www.robertopologallery.com de Lieven De Boeck. ‣ Jusqu’au 07·12. Du Ma. au S. de 10 à 18h ou sur rdv. UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles Du Ma. au S. de 11 à 18h. 02 735 52 12 - www.artiscope.be UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles Etablissement d’en face projects Schiller Art Gallery Jutta Koether: un établissement aux Fo- On Parasols, Jumpers and Balls. Peintu- 02 511 16 52 - www.motinternational.com Jean Rustin . Dessins. ‣ Jusqu’au 01·12. Quadri lies-Koethère. ‣ Jusqu’au 22·12. Du res abstraites d’Alek O. ‣ Jusqu’au Du J. au D. de 12 à 18h ou sur rdv. 07·12. Office Baroque Gallery Marcel Mariën (1920-1993). Collages, Me. au D. de 14 à 18h. URue Van Moer 12 1000 Bruxelles Reference Points . La pratique artistique Screen Life #13 & Polaroid. Vidéos et URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles objets et photographies. ‣ Du 13·11 au 0496 23 88 54 du jeune péruvien Nicolás Lamas se 02 219 44 51 Polaroids de Michel Auder. ‣ Jusqu’au 14·12. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. www.etablissementdenfaceprojects.org fonde sur une réflexion sur l’espace, le 07·12. Du Me. au S. de 11 à 18h ou sur UAvenue Reine Marie-Henriette 105 Synthèse temps, la culture et les sciences. Il ap- rdv. 1190 Bruxelles - 02 640 95 63 Lueurs. Peintures de Tung-Wen Margue. www.galeriequadri.be Gladstone Gallery puie ses recherches en utilisant de nom- UPlace du Jardin aux Fleurs - 1000 Bruxelles ‣ Jusqu’au 22·11. Du J. au S. de 14h30 à Gedi Sibony. Oeuvres sculpturales. breux media comme la photo, la sculp- 0484 59 92 28 - www.officebaroque.com 18h30. ‣ Jusqu’au 20·12. Du Ma. au S. de 10 à ture, la vidéo ou des ready-mades. Albert Baronian URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles Office d’Art contemporain 18h. ‣ Jusqu’au 07·12. Arte Povera. Exposition collective à l’oc02 514 40 55 www.galeriesynthese.be URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles Paysage mental. Erotique. Dessins érotiURue de l’Abbaye 2 - 1000 Bruxelles casion des 40 ans de la galerie. Oeuvres 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com 02 644 34 54 - www.meessendeclercq.com ques de Juan Paparella. ‣ Jusqu’au de Giovanni Anselmo, Alighiero Boetti, 07·12. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. van der Mieden Street Geometries. Oeuvres d’Alain Bil- Pier Paolo Calzolari, Jannis Kounellis, URue de Laeken 105 - 1000 Bruxelles tereyst. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. Luciano Fabro, Mario Merz, Marisa Merz, 02 512 88 28 Giulio Paolini, Giuseppe Penone, Michewww.officedartcontemporain.com de 13 à 18h. langelo Pistoletto et Gilberto Zorio. URue Antoine Dansaert 196 - 1000 Bruxelles ‣ Jusqu’au 09·11. Du Ma. au S. de 12 à 02 513 62 12 - www.vandermieden.com Petits Papiers 18h. West Coast. Un dialogue complice où une URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles trentaine de peintures de Dominique Cor- Young Gallery basson entre en résonance avec une fres- Across the Ravaged Land. Par le biais de 02 512 92 95 - www.baronianfrancey.com que monumentale de François Avril et son objectif, Nick Brandt nous confronte donne naissance à une série de dessins à une réalité dérangeante où les anciens Box Galerie inédits réalisés à 4 mains. ‣ Jusqu’au rois sont devenus des martyres, des por- Extrême-Orient. Photographies de Mitraits d’animaux aux allures d’icônes chael Kenna réalisées ces dernières an10·11. Du Me. au D. de 11 à 18h30. UPlace du Grand Sablon - Rue de Bodenbroek d’une Afrique autrefois préservée. ‣ Jus- nées en Extrême-Orient. ‣ Jusqu’au 8 - 1000 Bruxelles - 02 893 90 30 qu’au 08·02. Du Ma. au S. de 11 à 07·12. Du Me. au S. de 14 à 18h. www.petitspapiers.be URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) -

02 537 95 55 - www.boxgalerie.be

Roberto Polo Gallery 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 Didier Devillez Silent Treatment. Oeuvres de Mil Ceule- www.younggalleryphoto.com Couleurs actives. Oeuvres de Michel Carmans. ‣ Jusqu’au 19·01. Du Ma. au V. de rade, Gilbert Herreyns, Georges Meu14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou sur Artiscope Suaires. Oeuvres de Bob Verschueren. rant, Tim Porter et Pierre Thoma. ‣ Du rdv.

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SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

15·11 au 14·12. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv.

URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles 02 534 03 43 - www.100titres.be

URue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles 02 215 82 05 - www.galeriedidierdevillez.be

Aeroplastics Contemporary Everything is Everything. Oeuvres de Tracey Snelling. ‣ Jusqu’au 30·11. Du duboisfriedland Charles-Henry Sommelette. Peintures et Ma. au V. de 11 à 18h, le S. de 14 à 18h fusains. ‣ Jusqu’au 14·12. Les V. et S. de ou sur rdv, fermé les j.f. URue Blanche 32 - 1060 Bruxelles 14 à 18h ou sur rdv. URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com

02 537 22 02 - www.aeroplastics.net

02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com

URue Bosquet 4 - 1060 Bruxelles 0494 62 43 13 - www.dt-project.com

7

niel Lemaire. ‣ Jusqu’au 08·12. Du Me. au S. de 14 à 18h et le D. de 10 à 13h. Extraits. Photos d’Anna Robazynski. ‣ Jusqu’au 08·12. URue Gratès 7 - 1170 Bruxelles - 02 662 16 99 - www.lavenerie.be

BRABANT WALLON BRAINE-L’ALLEUD

D+T Project Galerie 360° Group Show. Oeuvres d’Ivan Argote, Anne Vijverman “Vlaams-Waals” & Elaine Levy Project Debaser. Oeuvres de Kate Steciw. ‣ Jus- Adrian Melis et Ahmet Ögüt. ‣ Jusqu’au Anita Stein “Terminus taalgrens”. Pho30·11. Du J. au S. de 12 à 18h30 ou sur tos. ‣ Du 13·11 au 22·12. Le Me. de 15 à qu’au 21·12. URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles rdv. 18h et le S. de 14 à 17h. UPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud 02 384 61 03

Feizi Gallery http://galerie360.braine-lalleud.be Ite, missa est. Shi Jinsong investit diffé- Faider rents champs créatifs comme la sculp- Pour les oiseaux. Peintures de Markus HAINAUT ture et l’installation, explorant les tradi- Baldegger. ‣ Jusqu’au 01·12. Du Me. au tions et les mythes de la culture chinoise S. de 14 à 18h ou sur rdv. TOURNAI dans un dialogue toujours instructif avec URue Faider 12 - 1060 Bruxelles Rasson Art Gallery l’époque contemporaine. ‣ Jusqu’au 02 538 71 18 - www.galeriefaider.be Christo, Jeanne Claude - Voltz / Arman / 30·11. Du Me. au S. de 14 à 18h. Galerie Arielle d’Hauterives URue de l’Abbaye 8b - 1050 Bruxelles Claude Gilli. ‣ Jusqu’au 12·01. Du J. au Regards Croisés . Une double exposition 02 647 55 16 - www.feizi-gallery.com D. de 14 à 18h30 ou sur rdv. qui associe le travail d’Emilie Danchin URue de Rasse 13 - 7500 Tournai (photos) et de Vida LiZa (dessins, instal- 069 64 14 95 - www.rassonartgallery.be Galerie Lazarew Cityscapes. Le carton de récupération lations, mixed media...), deux artistes fascine Olivier Catté: rebut de la société qui empruntent des chemins artistiques de consommation, maison de fortune autonomes et très personnels pour se repour les plus pauvres, c’est un symbole joindre dans leur questionnement de la omniprésent de l’absurdité des sociétés féminité, de l’identité et du déracinemodernes. Ce matériau fragile, il le la- ment. ‣ Jusqu’au 07·12. Du J. au S. de cère, le gratte, le déchire, pour y faire 14 à 19h ou sur rdv. apparaître, en négatif, des villes ou des URue Tasson Snel 37 - 1060 Bruxelles cités imaginaires. ‣ Jusqu’au 16·11. Du 0477 70 02 32 - www.arielledhauterives.be Ma. au V. de 14 à 19h. UAvenue Louis Lepoutre 112 - 1050 Bruxelles - Le Caméléon Coquet Rewind. Oeuvres gravées de Roger 02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr Dewint. ‣ Du 15·11 au 20·12. Du Me. au V. de 13 à 18h. Galerie Martine Ehmer Anxiorythme. Dessins et peintures de UPlace Van Meenen 34 - 1060 Bruxelles Dominique Lomré. ‣ Jusqu’au 08·12. Du 0478 93 42 79 - www.lecameleoncoquet.be Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. Le Salon d’Art URue de Stassart 100 - 1050 Bruxelles Kikie Crêvecoeur. Gommes et linos. 0473 59 02 85 - www.martineehmer.com ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au V. de 14 à 18h30, le S. de 9h30 à 12h et de 14 à Jozsa Gallery Stockholm Syndrome. Oeuvres de Lello/ 18h. /Arnell. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de URue de l’Hôtel des Monnaies 81 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 12 à 18h ou sur rdv. www.lesalondart.be URue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com

Pascal Polar Quel avenir pour notre art ?. Les peintures de Chéri Samba, sur une période allant de 1989 à 2009, révèlent sa perception de la réalité sociale, politique, écoURue du Page 19 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com nomique et culturelle du Zaïre, exposant toutes les facettes de la vie quotidienne à Kinshasa. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au Rodolphe Janssen Jürgen Drescher & Sam Moyer. Sculptu- S. de 14 à 19h ou sur rdv. res et peintures. ‣ Jusqu’au 21·12. Du UChaussée de Charleroi 108 - 1060 Bruxelles Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 Rehabilitating the Steinway Tube www.pascalpolar.be Ducts. Oeuvres d’Adam McEwen. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le Valérie Bach A Finnish Frame of Mind. L’expo conS. de 14 à 18h. fronte les univers de deux photographes URue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles finlandais, les autoportraits en noir et 02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com blanc de Arno Rafael Minkkinen aux compositions abstraites de Niko Luoma. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 11 à 13h XXL ART on Waterloo 503 Eddie Bonesire - Elise Delbrassinne. et de 14 à 19h. Photos - Sculptures. ‣ Jusqu’au 09·11. URue Faider 6 - 1060 Bruxelles - 02 502 78 24 - www.galerievaleriebach.com Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. Puls Contemporary Ceramics Steen Ipsen & Ruth Borgenicht. ‣ Jusqu’au 16·11. Du Me. au S. de 13 à 18h.

UChaussée de Waterloo 503 - 1050 Bruxelles 0472 45 81 49 www.xxlartonwaterloo503.com

Rossicontemporary Daniel Coves. Peintures récentes. ‣ Du 14·11 au 25·01. Les J. et V. de 13 à 17h et Zedes Art Gallery le S. de 14 à 18h ou sur rdv. Didier Mahieu. ‣ Du 15·11 au 21·12. Du Du bout des doigts. Oeuvres d’Eleonore Me. au V. de 12 à 18h, le S. de 14 à 18h. Gaillet. ‣ Du 14·11 au 25·01. URue Paul Lauters 36 - 1050 Bruxelles Lights Out. Encres sur papier de Jona02 646 00 04 - www.zedes-art-gallery.be than Rosic. ‣ Du 14·11 au 25·01. URivoli Building - Chaussée de Waterloo 690 -

100 Titres 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 Autofictions. Oeuvres de Jean-Pierre www.rossicontemporary.be Marquet mêlant notes, dessins, collages, mémos... ‣ Du 09·11 au 22·12. Du J. au Galerie Verhaeren Abstractions figuratives. Photos de DaD. de 14 à 18h.

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SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

D + T PROJECT

Réfléchir sur le monde

Trio vidéo chez D + T Project Un trio, trois individualités, Adrian Melis (1985, Cuba), Ahmet Ogü (1981, Turquie) et, vedette montante, plusieurs fois couronnée en 2013, Ivan Argote (1983, Colombie). Trois jeunes en verve qui œuvrent le plus souvent en Europe : Paris pour Argote, qui y eut une expo perso au Palais de Tokyo; Barcelone pour Melis, récemment présenté à la Kunsthalle de Bâle; Amsterdam, Berlin et Istanbul pour Ogüt, qu’on a pu voir au Smak, à Gand. Dans ce concert de jeunes loups ambitieux, directement en prise sur les réalités de l’époque, l’installation d’Ivan Argote, “La Estrategia”, fait un peu figure d’intervention pilote. Deux vidéos et un pan de mur (photo) sur lequel il est écrit “Go Home” : histoire et fiction s’y rejoignent pour actualiser l’expérience menée par l’artiste avec des jeunes réinterprétant pour lui le quotidien de groupes de révolutionnaires des années 70 à Bogota. Des groupes qui vivaient leur vie propre tout en se tenant prêts pour une éventuelle révolution. Des images très

LIÈGE LIÈGE

parlantes réactualisent des réalités passées, tout en s’interrogeant par la bande sur les vérités du temps qui passe. Avec “Barcelona 2012”, Melis se plonge et nous plonge au cœur d’une identité catalane mise à mal par la crise. Son film, coloré et revendicatif, suscite la réflexion… “Je ne suis pas un terroriste”, y entend­on, “je suis un citoyen…” Et la police n’est jamais loin ! Un film encore avec Ogüt : “Oscar, William, Sam”, un focus appuyé sur le campement “Occupy Wall Street” à Manhattan. Un doigt anonyme parcourt cet espace de tentes de fortune dans le vent pour nous indiquer la présence d’un tel, d’un tel, d’un tel, dont les prénoms nous sont évoqués par la bande son. Le drapeau américain flotte tout à côté du baraquement “One Liberty Plaza”. Une expo pour voir et savoir et réfléchir sur notre monde. (R.P.T.)

U D + T Project Gallery, 4, rue du Bosquet, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 30 novembre. Infos : 02.537.76.30 et www.dt­project.com

UChaussée de Wégimont - 4630 Soumagne 0477 38 98 35 - www.wegimontculture.be

URue Saint-Orban 1 - 6860 Léglise 063 42 42 02 ou 0478 42 85 85 www.galerielalouve.com

STAVELOT Liehrmann NAMUR Magritte. Lithographies et sculptures. Triangle bleu ‣ Jusqu’au 29·11. Du Me. au S. de 13 à Painting endless. Oeuvres de Bernard Gilbert. ‣ Jusqu’au 29·12. Du J. au D. de GRAND-LEEZ 18h30, le D. de 11 à 13h. UBoulevard Piercot 4 - 4000 Liège 14 à 18h30 ou sur rdv. Exit11 Contemporary Art 04 223 58 93 - www.galerie-liehrmann.be UCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot From-Beyond. Pour sa première exposi080 86 42 94 - www.trianglebleu.be tion personnelle à la galerie, Djos JansSOUMAGNE sens a décidé d’investir le lieu en propoLUXEMBOURG sant un parcours qui mêle habilement Galerie de Wégimont “rétrospection” et oeuvres récentes. Hommage à José Picon. L’expo présente LÉGLISE ‣ Jusqu’au 24·11. Les S. et D. de 10 à un choix diversifié d’oeuvres puisées 18h ou sur rdv. dans différentes périodes de la carrière Galerie La louve de l’artiste, qui atteste de son art sans Camille De Taeye. Dessins. ‣ Jusqu’au UChâteau de Petit-Leez - Rue de Petit-Leez 129 cesse renouvelé. ‣ Jusqu’au 10·11. Les 01·12. Les S. et D. de 15 à 18h, en se- - 5031 Grand-Leez - 081 64 08 66 www.exit11.be maine sur rdv. S. et D. de 14 à 18h ou sur rdv.

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué - éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité: Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

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SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

À l’étranger

Le livre de la semaine

France Benloy/Koning – Photo et peinture Paris – Galerie Duboys

COURTESY GAL. GIMPEL&MULLER

U “Artistes à l’œuvre”, par Vanessa Schmitz­Grucker, Editions

UZirkstraat 20 - 2000 Anvers - 03 289 84 58 www.gallery51.com

056 64 48 93 - www.deweergallery.com

NK Gallery Shrinkage. Oeuvres de Piet Stockmans. ‣ Jusqu’au 30·11. Du J. au S. de 12 à 18h.

FLANDRE ORIENTALE

UMuseumstraat 35 - 2000 Anvers 03 237 98 22 - www.nkgallery.be

UVerlatstraat 23-25 - 2000 Anvers 03 257 14 17 - www.timvanlaeregallery.com

www.fortlaan17.com

BORGERHOUT Zeno X Gallery Twice. Oeuvres de Marlene Dumas et Luc Tuymans. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. de 13 à 17h. UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout 03 216 16 26 - www.zeno-x.com

Contact

“Invisible Men : Beyond the Veil” première expo personnelle en France de l’artiste américaine (1981 NY) qui a participé à la biennale de Venise 2013. Un projet in situ d’œuvres inédi­ tes, une série qui retrace l’histoire d’une famille américaine à travers des objets récupérés, peintures et collages. U Jusqu’au 23 novembre. Galerie Michel Rein, 42 rue de Turenne, 75003 Paris. www.michelrein.com

L’artiste belge (Huy, 1968 – Vit à Bruxelles) qui pratique la sculpture, la peinture et la vidéo présente une série de nou­ velles œuvres dont les peintures appartiennent à son style al­ lusif et se rapportent à la séduction féminine. En illustration, l’attrape­mouche de Vénus, une plante qui par sa couleur et ses sécrétions attire les insectes. U Jusqu’au 21 décembre. Galerie von Bartha Garage, Kannenfeldplatz 6, 4056 Bâle. www.vonbartha.com

Angleterre

GENT

Fortlaan 17 I Told You So. The World is Flat. Oeuvres Tim Van Laere Gallery Everything and More. Oeuvres de James de Jan Verbruggen. ‣ Du 15·11 au 31·01. Ensor, Tomasz Kowalski, Jonathan Du Me. au V. de 14 à 18h, le S. de 12 à Meese, Tal R et Franz West. ‣ Jusqu’au 18h ou sur rdv. 30·11. Du Ma. au S. de 13 à 18h. UFortlaan 17 - 9000 Gent - 09 222 00 33

Pour sa première exposition dans une galerie européenne, l’artiste australien propose ici une sculpture comme un corps dynamique entouré de cinquante­deux portraits d’inconnus issus d’une société dont la différence en a fait des fétiches exotiques. Une démarche inspirée du livre de l’anatomiste R. Berry. U Jusqu’au 31 décembre. Galerie Nathalie Obadia, 18, rue du Bourg­Tibourg – 75004 Paris. www.galerie­obadia.com

Charlotte Beaudry – Peinture Bâle – Von Bartha Garage COURTESY VON BARTHA GARAGE

Closed Art Gallery Fabrice Lavollay. Mélangeant photo, dessin et technique digitale, l’artiste propose un univers décalé peuplé de per- OTEGEM sonnages étranges. ‣ Jusqu’au 29·11. Deweer Gallery Les Me. et J. de 14 à 18h. Everything for you, Otegem. Oeuvres de UKattenberg 48/2 - 2140 Anvers 0485 11 48 83 - www.closedartgallery.com Jan De Cock. ‣ Jusqu’au 08·12. Du Me. au D. (fermé le S.) de 14 à 18h ou sur Fifty One Fine Art Photography rdv. Eye Witness. Exposition du photojournaliste de l’agence Magnum Steve McCurry. Meadows on the Grid Float. Oeuvres de ‣ Jusqu’au 26·11. Du Ma. au S. de 13 à Matthew Lutz-Kinoy. ‣ Jusqu’au 08·12. UTiegemstraat 6a - 8553 Otegem 18h ou sur rdv.

L’artiste anglais (1957) qui va exposer à la Tate Gallery, ex­ plore depuis 1985 la lumière, la couleur et le temps au travers d’images obtenues en chambre noire, sans caméra. Ses clichés abstraits, lumineux et fascinants, s’inspirent des expérimen­ tations des pionniers de la photographie. U Jusqu’au 3 décembre. Galerie Gimpel&Müller, 12, rue Guénégaud, 75006 Paris. www.gimpel­muller.com

Suisse

UGolvenstraat 11 - 8300 Knokke 050 61 58 35 - www.sabinewachters.com

COURTESY BLAIN SOUTHERN

ANVERS

COURTESY GAL. M. REIN

FLANDRE OCCIDENTALE

Garry Fabian Miller – Photographie Paris – Galerie Gimpel&Müller

Abigail DeVille – In situ Paris – Galerie Michel Rein

Eyrolles, 160 pages illustrées, environ 25 euros. www.editions­ eyrolles.com

Détour Michael Kravagna. Peintures. ‣ Jus- KNOKKE qu’au 23·11. Du Ma. au V. de 12h30 à Sabine Wachters Fine Arts 17h30, le S. de 14 à 18h, fermé les j.f. UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes It’s the month of May … for me. Peintu081 24 64 43 - www.galeriedetour.be res de David Powell, dont les fleurs sont le sujet de prédilection. ‣ Jusqu’au 08·12. Les S., D. et j.f. de 11 à 13h et de ANVERS 14h30 à 18h.

Doublé belge et féminin pour cette exposition, en photogra­ phie pour Benloy (Bénédicte Loyen – Liège, 1967 – Vit à Mon­ treuil) qui capte portraits ou paysages en instants fugitifs; en peinture pour Noëlle Koning (Bruxelles, 1960) qui assouplit sa démarche en isolant parfois ses papiers déchirés (illu) peints dont les tableaux sont des associations. U Jusqu’au 7 décembre. Galerie Duboys, 6 rue des Coutures St­ Gervais, 75003 Paris. www.galerieduboys.com

Brook Andrew – Peinture Paris – Galerie Nathalie Obadia COURTESY GAL. N. OBADIA

EDITIONS EYROLLES,

Sous­titré “L’art contemporain en pratique”, cet excellent et passionnant ouvrage de Vanessa Schmitz­ Grucker passe en revue douze créateurs actuels. Outre qu’elle nous y explique leur parcours à chacun et à tour de rôle, l’auteur privilégie deux temps forts : une rencontre à bâtons rompus avec des artistes de renom et, pour chacun d’eux, l’explication détaillée du processus de création par rapport à une œuvre précise. Quand on vous dira que, parmi les douze élus, figurent de grandes pointures comme Ben, Annette Messager, Claude Lévêque, Nils­Udo, Bernar Venet, Xavier Veilhan, Yan Pei­Ming, Bertrand Lavier, vous aurez compris qu’il s’agit là d’une opportunité à saisir. Et à saisir d’autant plus que la diversité des approches plastiques de ces intervenants garantit une rencontre de terrain ajustée aux multiples variantes de la création contemporaine. C’est clair, agréable à lire, documenté et parsemé d’excellentes photographies d’œuvres en veine de réalisation ou, in fine, disposées in situ. On y apprend ainsi que les fameux “Arcs” de Bernar Venet pour Versailles n’ont finalement pu y rester (ce qui eut constitué une magnifique rencontre pérenne à travers les siècles) mais seraient susceptibles de se retrouver en Asie, la France galvaudant ses bijoux de famille… Nul, certes, n’étant prophète en son pays ! (R.P.T.)

COURTESY GAL. DUBOYS

Artistes à l’œuvre

JAMBES

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Hirst&Gonzalez-Torres – Peinture et installation Londres – Blain Southern C’est sous le thème des bonbons que sont réunis les deux ar­ tistes. Damien Hirst y montre ses “Visual Candy”, une série de peintures de bonbons réalisée entre 93 et 95 en réponse à une critique; Felix Gonzales­Torres montre une œuvre de 1992, un tas de bonbons de couleurs variées à goûter par les visi­ teurs. U Jusqu’au 30 novembre. Galerie Blain|Southern, 4 Hanover Square, W1S 1BP Londres. www.blainsouthern.com

Agenda Culturel Tél.: 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

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Adjugé!

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Vente publique

Botticelli

Chez Tajan le 29 octobre, la directrice de la salle, Rodica Seward, d’ori­ gine roumaine mais ayant réussi à quitter le régime Ceu­ sescu, à émi­ grer aux USA, à gagner sa vie et à racheter la salle de ventes parisienne Tajan voici dix ans, voulut marquer cette date par une vente de soutien à un centre culturel de Cluj. Il s’agit de la “Fabrica de Pensule”, installée dans une an­ cienne usine et animée par divers artistes en ré­ sidence. Vingt­trois lots étaient à vendre, tous contemporains et d’auteurs roumains pour l’essentiel. Quatorze lots changèrent de pro­ priétaires. Le lot le mieux vendu était de Adrian Ghenie, né en 1977 et figurant ce bureau flam­ boyant comme une toile de James Ensor. Le lot (45 x 50 cm), peint en 2013, était annoncé en­ tre 50000 et 70000 €. Il a été adjugé, frais com­ pris à 150498 €.

Toujours chez Tajan, mais cette fois en date du 26 oc­ tobre, dans une vacation de peintures, on trouvait au premier nu­ méro ce pan­ neau peint vers 1500 dans l’entourage de Sandro Botti­ celli. Il s’agis­ sait d’une ré­ plique du célè­ bre tableau autographe se trouvant à Boston, au Isabella Stewart Gardner Museum. Le lot était annoncé entre 4000 et 6000 €, mais des gens dans la salle se sont monté le bourrichon et le dernier a dépensé beaucoup de sous, en versant finalement pas moins de 125714 €.

TAJAN

TAJAN

Cluj

Barye à l

125714 €

ROPS

150498€

h La salle de ventes Rops est à visiter dans le même temps que la foire des antiquaires. Cela permettra sans doute quelques comparaisons. LA VENTE DE NOVEMBRE sur la chaussée de Belgrade à Namur, chez Rops, aura lieu ce di­ manche pour les meubles et objets d’art de qualité et lundi pour la brocante, tapis et vins compris. La juxtaposition de la double vaca­ tion et des premières heures de la foire des an­ tiquaires de Namur sera l’occasion de passer quelques heures de détente, sinon de passer au crible l’état de santé d’un négoce qui vit avec les crises depuis vingt ans, avec quelques sou­ bresauts d’optimisme, revenant tous les cinq ans, pour un an ou deux. Drôle de monde que le nôtre, où les tensions sur les marchés sont palpables du côté boursier et les comporte­ ments des acheteurs sujets à bien des écarts dans le monde de l’art. C’est pourtant le mo­ ment d’acheter. Il ne faut pas se laisser aveu­ gler par les prix mirobolants jetés en pâture par les salles de ventes ou une presse qui aime les sensations. La réalité du terrain est tout autre. Et de bonnes affaires il y en a par centai­ nes pour autant que l’achat soit celui du coeur, du goût et même dans la recherche de la qua­ lité. Ce qui ne vaut pas cher n’est pas nécessai­

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Le marché

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

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’assaut de Rops

ROPS

Ce petit cheval cabré et vif, créé par Antoine-Louis Barye (1795-1875), sera une des vedettes de la vente de ce dimanche chez Rops. On l’attend à 8000€ minimum. La sorbetière en porcelaine de Tournai est annoncée entre 2500 et 3000 €.

rement mauvais. Il faut toujours acheter à con­ tre­courant. Chez Rops, on trouve justement des dizaines d’opportunités chaque mois. Cette salle ra­ masse tout ce qu’on lui présente. Elle pourrait, comme les autres, refuser, faire le tri et ne gar­ der que la crème. Mais non, ici, comme chez Athena ou à la Galerie Moderne, on rend ser­ vice et on fait quasiment du vide grenier. Du coup, cela nécessite deux journées pleines de ventes qui se terminent parfois fort tard, même si cela commence à 13h. Ici, on débutera l’évocation de dimanche par

le lot 394 qui est presque le premier européen après une foule de choses chinoises ou d’Ex­ trême­Orient qui donne le tournis voire plus. Le lot dont question est une montre Rolex des années soixante que la salle annonce entre 800 et 1200 €. Passons sur quelques bijoux sympas mais sans plus, pour faire arrêt sur une suite de lots en céramique. Et s’y trouve au lot 430 une paire d’assiettes en porcelaine de Tournai à dé­ cor coréen du XVIIIe siècle annoncée entre 400 et 500 €. Puis une très belle sorbetière de même provenance, au décor de pensées, haute de 30 cm, et annoncée entre 2500 et 3000 €. Une soupière en Bruxelles ayant une forme de choux, est évaluée entre 1400 et 1600 €. Viendra ensuite une sculpture en terre cuite de Robert Champigny figurant une jeune femme assise approchée par deux colombes. Cet objet délicat du XIXe siècle n’est escompté qu’entre 200 et 300 €. Suivront quatre lots en vieux Namur, en faïence noire, où l’on trouve des cafetières, des pots à lait et d’autres choses de table. Les estimations sont fixées entre 150 et 250 €; presque une misère en somme. Comme l’est également une ménagère en Christofle de 146 pièces annoncée entre 400 et 600 €. Un des lots les plus chers dans cet en­ semble de près d’un millier de lots se situe au numéro 549. Il s’agit d’un bronze de Barye, coulé chez Barbedienne et annoncé entre 8000 et 10000 €. L’objet ne mesure que 13 cm de haut. Ph. Fy. U Infos : www.rops.be.

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Le marché

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SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Foire

Joie de vivre en bord de Sambre

MING-K’I GALLERY – ANTICA

NAMUR 20 13

“Fat-lady” dansante, début du VIIIe siècle, Ming-k’i Gallery.

d’Amsterdam. Une vitrine en deux­corps en fond de stand, précédée de meu­ bles joyeux donnent en­ vie d’acheter, pour se faire plaisir. Juste à côté, celui de Bie Baet (Brecht) joue sur un pseudo désor­ dre, question de mettre les vi­ siteurs à l’aise. Sa superbe paire de chaussures en guise d’enseigne signale sans doute qu’elle a déjà fait un sacré bout de chemin. Le stand de Madame Bleus (Méan) est du même es­ prit, mais un peu petit. Il s’y trouve une suite de trois tableaux anonymes du XVIIIe siècle où des “puttis” de couleur crème jouent sur un fond rose. C’est un trio “char­ mantissime”. A propos de tableaux, faisons dans le sérieux, en rendant d’abord hommage à Jean Nélis (Bruxelles) qui a sorti quelques œuvres très intéressantes du début du siècle passé et qui affronte la

vie avec superbe. Or, il y a moins d’un an, il a failli perdre la vie dans un acci­ dent de voiture en Afrique. C’est un sur­ homme et il vous parle comme si tout cela était normal. Puis, il y a le stand de Raf van Severen (Anvers), magnifique en tous points et qui place les dames au premier rang. On ne peut manquer cette composition d’Emile Aubry, vers 1890, montrant une jeune femme en bord de mer, riant à la vie. Magistral pour la peinture et le bonheur communicatif. Le stand est pi­ qué d’une “Elégante” qui se penche au balcon d’un bord de mer. C’est une œuvre de Jan van Beers (Lierre, 1852­ 1927). Un portrait de “Gitanes” par Marneff, peintre liégeois trop rare, fi­ gure également aux cimaises, tout comme deux dessins de Roméo Du­ moulin, drôles comme si souvent. Honneur aux dames à nouveau chez Edouard de Potter, avec le tableau le plus important de la réunion, à savoir un “Enlèvement de Virginie” par Jac­ ques­François Le Barbier (1738­1826), peint en 1786. On connaissait la gra­ vure (par Avril) mais le tableau était considéré comme perdu. Et toujours dans le domaine pictural, il faut admi­ rer, et acheter si c’est possible, le pas­

sionnant tableau de Charles Tomkins chez Kris Van de Ven; il représente une vue de Dinant, vers 1860. Par ailleurs, il ne faut pas manquer les argenteries présentées par Jean­Pierre Lavry, d’Yvoir, qu’il faut y voir car c’est la der­ nière sortie du maître; après il tirera le rideau d’un négoce bien rempli. Ses piè­ ces belges sont superbes en nombre et qualité. Chez Pellat de Villadon (Ver­ sailles), le grand goût français est de ri­ gueur; arrêt de même. Les lustres de Jean­Pierre Delaby (Franc­Warêt) sont eux aussi à ne pas manquer et il faut rendre hommage à la famille Colette (Liège) qui défend mieux que jamais les meubles régionaux liégeois et arden­ nais. En face, se trouve un petit stand rempli de porcelaines qui est un régal du genre. Le stand de la galerie Saint­ Michel (Etterbeek), brille comme d’ha­ bitude de mille éclats. Et enfin, il y a la poésie des dentelles de Dame Nicole (Lyon) où l’on habille une maison comme une gente dame du temps de Balzac. Philippe Farcy

U Ouvert les week­ends de 11h à 19h. En semaine, de 14h à 19h. Gratuit pour les dames le mardi. Entrée : 15 €.

h Du 9 au 17 novembre, le

EN PLEIN MONTAGE, les antiquaires présents n’affichent que des sourires et ont confiance dans le proche avenir qui pourra leur permettre de passer l’hiver au chaud sous une couette de billets bleus réconfortante. Nul doute qu’il en sera ainsi, car la foire de Namur reste la meilleure dans son genre, tant du point de vue des contacts et des ventes que de la fréquentation, eu égard au nombre d’exposants. On ne dépasse pas les 120 stands, ce qui est peu mais suffisant pour assouvir les désirs d’un public constant, attendu à plus de 27000 per­ sonnes, invités compris. Nous en som­ mes à la trente­septième édition, ce qui nous fait remonter à 1976 pour le pre­ mier ruban coupé. On était sous le gou­ vernement de Léo Tindemans, 91 ans à présent. Un autre monde. L’édition 2013 d’Antica Namur a de la cohésion, autour de la qualité et des ef­ fets décoratifs capables de créer des am­ biances dans des maisons en mal d’identité. Le plus sympathique stand dans le genre déco, vu mardi, était celui d’Odette Welvaars, marchande venue

COURTESY GALERIE FLORENCE DE VOLDER

Palais des Expositions de Namur est à la fête. L’éclectisme est de rigueur.

“Les Joies de l’hiver”, Theobald Michau, huile sur cuivre, 47,5 x 64 cm, galerie Florence de Voldere.

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RAF VAN SEVEREN - ANTICA NAMUR 2013

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

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En art et aux stands, les femmes sont omniprésentes. Ici, une œuvre de Frans Charlet présentée par Raf van Severen.

Festival féminin à Namur h Ces dames sont partout, aux murs, au boulot, travaillant d’arrache­pied pour que la fête soit belle. Antica Namur a ouvert hier soir. COMME NOUS LE NOTIONS LA SEMAINE pas­ sée, les dames sont au cœur de la thématique de cette édition de la foire des antiquaires de Na­ mur, dite “Antica Namur”; le stand le plus com­ plet eu égard à la thématique est celui de l’An­ versois Raf van Severen dont les 3/4 des toiles sont ornées de personnes du beau sexe. Leur rendre hommage c’est dire à tous combien les dames sont impliquées dans ce métier parfois pénible, quand il faut monter des stands, porter des meubles et soutenir des tableaux aux épais­ ses corniches, alors que les espaces sont ouverts à tous vents et qu’il fait 6 ou 7° dehors. Les dou­ dounes sont déjà les bienvenues. Nous y étions mardi en fin de matinée, guidé par une Diane, chasseresse de solutions à ap­ porter à des exposants fébriles, déjà pressés par le temps, inquiets de ne pas trouver le câble qu’il faut, la toile qui ne s’achève pas bien au bout d’une cimaise, ou la barre de spots qui était pourtant prévue au contrat. Diane est ici l’alter ego d’une certaine Béatrix, fée qui apaise, le téléphone toujours branché, le regard lumi­ neux et le sourire désarmant, capable de tem­ pérer les fougues d’humeurs mauvaises de quelques clients mal éveillés ou fâchés par une

tache sur un tapis de sol. Diane a toutes les clés, ou presque. Et si ça coince, elle appelle tambour battant son collègue Luc dont la diplomatie n’a pas de limite. Les dames sont ici maîtres­d’œuvre. Il y eut au gré de notre petite tournée, l’énergie débor­ dante de Paula Swinnen, l’épouse de Yannick David. Elle sculpte des objets en bronze comme des cadres immenses ou des luminaires en forme de branchage sur lesquels dansent des li­ bellules et des salamandres ou des tables aux aspects de nénuphars, croquant la vie qui na­ guère ne fut pas simple, à pleines dents. Et elle aide sur le stand à placer les choses au mieux mariant les antiquités de toutes époques, tel un dessin d’architecture du XVIIIe siècle et un lam­ padaire des années septante. Chez “Ciel mes Bijoux” tout se fait à deux dans l’aménagement des vitrines où les saco­ ches se disputent les meilleurs spot pour faire éclater leurs coloris, comme chez Michel Hal­ ter, où l’on vend et dispose des bijoux ethni­ ques du plus bel effet, provenant d’Inde, de Chine ou de certaines cultures africaines. Et chez Catherine Gavage, mère et fille travaillent de concert pour agencer les espaces, disposer les cadres au mieux sur une cimaise, pour jau­ ger les effets colorés et les complémentarités stylistiques. Pareil chez de Voldere où Madame et son assistante Daphné gèrent les moindres détails d’une parade de tableaux flamands an­ ciens. On pourrait vous en citer le double. Na­ mur au féminin, c’est une évidence et déjà du bonheur. Ph. Fy.

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Le marché

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Expo

Louis Chéron sorti de l’oubli Ce tableau présenté par la galerie Baulme à Paris illustre la vitalité du foyer parisien au tournant des siècles de Louis XIV et de Louis XV.

h Franck Baulme, futur

LA GALERIE DE FRANCK BAULME, se trouve rue Coetlogon, en transversale de la rue de Rennes, menant de Saint­Ger­ main à la gare de Montparnasse. Nous avions publié il y a deux ans bientôt, à son propos, un article consacré à Gotfred Maes et à une suite magnifique de des­ sins consacrés aux “Métamorphoses” d’Ovide. La série a été vendue finalement à un particulier français. Entre Saint­Germain et Montparnasse, en cette adresse discrète à ne voir que sur rendez­vous, Franck Baulme abrite les hô­ tes du vrai mont Parnasse, comme ils étaient vus sous les règnes de Louis XIV et Louis XV, sans oublier tant d’autres acteurs de l’Antiquité, grecque et romaine, d’Apol­ lon et Marsays, des filles de Lycomède ou de Céphale et Procris qui passeront un jour entre ses mains et sous ses yeux. Mais pour les faire voir à un public large, notre hôte d’un jour va se déplacer dans le quartier de Drouot, au 10 de la rue Grange­Batelière, du 12 au 18 no­ vembre prochains, où se trouve encore une myriade de galeries d’arts anciens et de brocanteurs qui vivent par et pour l’hôtel des ventes. Chiner à Paris dans de bonnes condi­ tions est possible. Il n’y a pas que les grands marchands du “Carré Rive Gau­

BAULME

exposant à la Brafa, s’offre une jolie expo Grand Siècle, à Paris, rive droite.

che” ou ceux de l’avenue Matignon et du faubourg qui soient dignes de considéra­ tion. Le quartier de Drouot, c’est un mixte d’objets de grande qualité et de brocantes, comme l’est l’hôtel des ventes selon les heures. Et la zone grouille en­ core de chineurs, professionnels ou ama­ teurs particuliers. Dans une ville comme Paris, le simple fait de changer de rive, comme le fit na­ guère encore la salle de ventes Piasa en passant sur la rive gauche alors que tou­

tes les salles sont sur la rive droite, cela ouvre des portes. Venons­en à ce que Franck Baulmes va montrer en épinglant deux tableaux dans un ensemble de toiles mais aussi de dessins des XVIIe et XVIIIe siècles. Il y a d’abord cette toile de Louis Ché­ ron (Paris, 1660 – Londres, 1725), figu­ rant l’“Apothéose d’Hercule” et qui fut achetée par le comte (Earl) de Derby. “Ce tableau de 63.5 x 76.5 cm est préparatoire pour le plafond du Grand Hall d’honneur de

Boughton House, résidence des ducs de Buc­ cleugh dans le Northamptonshire où il fut placé après 1707. Nous serions donc vers 1705­1707, dans un univers héritier de Charles Le Brun. Il s’agit de la plus impor­ tante commande à Chéron en Grande Bre­ tagne, effectuée par le duc de Montagu”, nous disait l’antiquaire parisien. Il ajouta, grâce à l’appui des recherches de l’histo­ rien de l’art Alistair Laing, “que cette es­ quisse avait été conservée par l’artiste, français puis naturalisé britannique en 1710, jusqu’à son décès. Il y eut cinq jours de ventes dans le quartier de Covent Gar­ den (où il est inhumé), du 26 février au 2 mars 1726, pour venir à bout de son ate­ lier. Le comte de Derby acheta alors onze ta­ bleaux du maître et plusieurs dessins”. La question est de savoir comment ce ta­ bleau préparatoire est sorti des collec­ tions ducales pour se retrouver chez Da­ vid Griffiths puis via diverses mains, jus­ que sur le marché parisien. Chéron fut un des artistes appelés à décorer la voûte de la coupole de la cathédrale Saint­Paul à Londres; mais ce n’est pas lui qui obtint la commande. Il quitta la France suite à la révocation de l’Edit de Nantes. Le second tableau est celui qui fut peint par Nicolas Bertin (1667­1736). Il repré­ sente “Les deux cornes d’abondance”. On est là dans une atmosphère qui mêle la théâtralité et le raffinement des poses à des coloris rubéniens, chez un artiste qui fut élève de Jean Jouvenet et de Louis de Boullongne. Les prix sont donnés sur demande. Ph. Fy. U Info : www.fbaulme­finearts.com

l Vente publique

Jolis papiers anciens chez Bernaerts h Le 24 octobre la salle de

BERNAERTS

vente anversoises dispersait dessins, gravures et livres. Chiffres clés.

Ce dessin flamand et maniériste s’est envolé le 24 octobre chez Bernaerts pour se vendre à 7000 €.

MONSIEUR BERNAERTS ET SES FILS sor­ tent de temps en temps des ventes de li­ vres et d’autres lots sur papier qui sont toujours marqués du succès. Ce fut en­ core le cas cette fois­ci, peut­être pas en nombre de lots vendus mais bien en chif­ fres obtenus. Commençons avec les gravures, et no­ tamment les vues de villes, dont Anvers, montrée ici sous le poinçon de Joris Hoe­ fnagel qui tailla la plaque de cuivre en 1641. La feuille, encadrée, a été vendue à 400 €. D’autres lots sur le même thème, montrant Anvers vue du ciel, s’en allèrent entre 250 et 750 €, ce dernier chiffre

étant réservé à une vue augmentée de couleurs d’époque. Les estimations fu­ rent alors respectées. On trouvait par ailleurs plusieurs com­ positions du peintre Léopold Muller (1879­1961). Et notamment cette grande feuille de 750 x 545 mm, figurant un char naval ayant participé à une fête jubilaire de 1992. Le lot fut emporté 100 €; une belle affaire. En 1565, Virgilius Bono­ niensis grava une vue aérienne de la rade d’Anvers sur une feuille de 615x1280 mm. On l’annonçait entre 150 et 200 €. Il en vint 750 €. Le lot 632 était occupé par un paravent à quatre feuilles magnifique­ ment décoré de collages et de figures de personnages célèbres de notre pays, de nos princes surtout. Il s’agissait d’un tra­ vail du début du siècle passé. Quelques éléments de cuivre garnissaient l’ensem­ ble, surchargé mais raffiné quand même. Le lot fut adjugé à l’estimation haute, soit 750 €. Il fallait encore assumer deux fois

700 € pour s’en aller avec deux “Marines” du peintre Derek Gardner (1914­2007) figurant des voiliers de grandes tailles. Il y avait ensuite des lots de vues d’optique du XVIIIe siècle, à peine passées ou abî­ mées, qui ne firent guère plus de 90, 100 et 160 €; ce furent des cadeaux, comme cela arrive souvent ans les salles de ven­ tes. Dans une section de dessins anciens se trouvait une composition à l’encre da­ tant du XVIe siècle. Le sujet était inconnu, mais la qualité du trait a permis de faire exploser l’estimation qui n’allait que de 800 à 1200 €. Le marteau fut abaissé à 7000 €. EN revanche, le dessinateur fran­ çais Raymond La Fage (1656­1684), n’eut pas la même chance. Sa “Sainte Famille avec sainte Anne”, à l’encre de Chine, si­ gnée, ne fit que 260 € quand on l’atten­ dait à 300 € au moins. L’artiste possède son musée à Lisle­sur­Tarn. Ph. Fy. U Infos sur www.bernaerts.be

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Le marché

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

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COURTESY GALERIE J. BASTIEN

l Foire

Chu Teh-Chun “Sans Titre”, encre de Chine sur papier, 68x56cm, 1995. Une des œuvres présentées par la galerie bruxelloise J. Bastien.

e

Art Taipei 20 ! h La galerie J. Bastien de Bruxelles effectuera le déplacement asiatique à Taipei pour y présenter des artistes chinois. ON SERA SANS DOUTE SURPRIS d’appren­ dre que cette foire d’art contemporain en ca­ pitale taïwanaise en est à sa vingtième année alors que l’Asie ne s’ouvre réellement à cette forme d’art que depuis une dizaine d’années. Rassemblant 150 exposants, elle accueille plus de 40000 visiteurs et son organisation n’a rien à envier aux foires occidentales car son programme est ouvert, diversifié et large­ ment international même si la plupart des ga­ leries sont asiatiques et prioritairement chi­ noises, mais aussi japonaises, avec quelques anglaises, grecques, allemandes, espagnoles, françaises et… une belge ! La galerie bruxelloise de J. Bastien sera donc au rendez­vous avec des œuvres d’artistes chinois. Pas de quoi s’en étonner puisque la galerie travaille depuis longtemps avec les deux plus importantes figures internationa­ les de la peinture chinoises d’orientation tra­

ditionnelle et installées en Europe depuis de longues années. Zao Wou­Ki (1920­2013) le lyrique peignant à l’huile et à l’encre des espa­ ces imaginaires tenant du paysage et Chu teh­ Chun (1920 – Vit à Paris) dont les abstractions souples, lumineuses, colorées, à la fois telluri­ ques et aériennes sont inspirées par l’observa­ tion de la nature. On leur associera par les paysages fluides traités à l’encre une person­ nalité littéraire et artistique, Gao Xingjian (1940), prix Nobel de littérature en 2000. La représentation comptera également Zhu Wei (1966), un peintre plutôt réaliste aux accents parfois pop de tonalité ironique; Xiong We­ nyun, une photographe et peintre qui valo­ rise l’aspect chromatique tout comme le fait l’artiste international Bai Yiluo (1968) dans ses sculptures et installations. Auteur de por­ traits de femmes mélancoliques exécutés dans une veine graphique à l’encre, Hao Shi­ ming s’exprime en tons légers et pastels. Cette sélection mise sur une modernité tempérée bien distincte des expressions froides et ap­ pliquées, statiques, de la plupart des artistes chinois placés sous les feux de l’actualité. C.L. U Art Taipei 2013. Taipei World Trade Center Exihition Hall 1, Taipei, Taiwan. Du 7 (vernissage) au 11 novembre. www.art­ taipei.com

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L'actu

SEMAINE DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Photographie

h À la Box Galerie, les images d’un photographe adulé C’EST LA TROISIÈME FOIS QUE LA BOX GALERIE présente le travail de Mi­ chael Kenna. Au vernissage – du jamais vu – une file attendait patiemment de faire signer “Shinan”, son plus récent ouvrage somptueusement publié par Nazraeli. Certes, ce livre qui rassemble les ima­ ges de ses quatre voyages dans l’archi­ pel du sud­ouest de la Corée est un con­ densé du style de cet auteur prolifique : du noir et blanc au format carré dé­ pouillé jouant des oppositions de plans ou de masses. Certes, l’homme est d’un abord cordial, mais tout de même, de là à attendre patiemment un autographe du maître… En fait pour comprendre, il faut savoir que ce photographe qui polit son œuvre depuis plus de trente ans est co­ pié, voire plagié, comme personne d’autre. Pas un marchand de poster, pas

un photo club qui n’y aille d’un Kenna bis. Pétards mouillés bien souvent, mais qui témoignent pour ses paysages du même engouement – voire de la même adoration­ que celui que suscitaient ceux de Jean Loup Sieff il y a quarante ans. Paysages esthétiques avant tout, leur permettant à l’un et à l’autre, plus que de questionner le monde, de dé­ ployer un style repérable entre tous. Paysages surtout façonnés par une technique photographique et qui donc peuvent laisser croire qu’ils sont à la portée de n’importe quel amateur averti. Sous l’intitulé “Extrême­Orient”, la Box Galerie présente en plus de ces images coréennes, quelques­unes de ses photographies de Chine et du Japon. On y retrouve des compositions plus complexes, frisant l’abstraction. Cepen­ dant, l’ensemble est en cohérence avec le titre : l’épure à laquelle s’astreint Kenna est on ne peut plus zen et évoque tant les peintres japonais de la période Muromachi que les paysages à l’encre de Chine, proche de la calligraphie, des peintres sur le motif à Huang Shan. Le

“Les images de Michael Kenna sont moins des paysages que des impressions, qu’un sentiment du paysage. En cela, sa vision est résolument celle d’un romantique.” Alain d’Hooghe

MICHAEL KENNA

Les épures de Michel Kenna

“Bamboo and tree, Qingkou Village, Yunnan, Kyushu, China, 2013” tour de force est d’arriver à ce résultat avec un appareil plutôt qu’un pinceau. Alain d’Hooghe de la Box Galerie expli­ que : “Ce qu’il montre n’est pas ce qu’il a vu ou ce que nous pourrions voir in situ. En privilégiant des moments a priori peu propices à la photographie – l’aube, le cré­ puscule, voire la nuit – et en recourant à de très longs temps de pose – de quelques secondes à plusieurs heures – Michael Kenna fait en sorte que la pellicule enre­ gistre des phénomènes imperceptibles à l’œil nu : les nuages s’étirent à l’infini, la course des étoiles strie le ciel, la surface de

l’eau acquiert une opacité lactée…” Préci­ sons que le tout est imprimé en argenti­ que par l’auteur lui­même et dans un format aux alentours de 20x20cm. Jean-Marc Bodson U “Extrême­Orient” photographies de Michael Kenna. Bruxelles, Box Galerie, rue du mail, 88. Jusqu’au 7 décembre, du mercredi au samedi, de 14h à 18h. Rens. : www.boxgalerie.be U Le livre : “Shinan”, Nazraeli Press, introduction de Park Woo­Ryang, textes de Lee Chuyoung et Michael Kenna, 62 photographies, 65€

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