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Le marché

Exposition

Chez Christie’s, on croit encore dans le grand genre et le mobilier fastueux.P.14

Une vente a fait parler la poudre chez Piasa, à Paris. PP.10-11

Willy Maltaite immortalise en couleurs des créatures de rêve. P.16

WILL/MAISON DE LA BANDE DESSINEE

Vente publique

Supplément à La Libre Belgique - N°193 - Semaine du 28 juin au 4 juillet 2013

PP.2-3

GARE AU

TROMPE-L’ŒIL

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L'actu

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SEMAINE DU 28 JUIN AU 4 JUILLET 2013 ARTS LIBRE

Commentaire

l Expo en vue

Ciel mes bijoux !

Les belles illusions

Aurions­nous en Belgique le goût douteux de nous séparer de nos bijoux de famille à la moindre occasion ? Depuis qu’argent et finances s’arrogent toutes les parties, il semble ne faire guère bon, chez nous, de s’attacher aux œuvres d’art. Et il est des pertes inesti­ mables. “L’entrée du Christ à Bruxel­ les”, chef d’œuvre d’Ensor parti outre­ Atlantique, la mise au pilon de la Mai­ son du Peuple, chef d’œuvre d’Horta parti en fumée et gravats, furent le fait de politiciens bornés. Hélas, des privés, même nantis, n’ont guère l’esprit plus éclairé. Un nouveau scandale devrait agiter les consciences, révolter les gens bien, faire comprendre qu’en ce pays, de l’art, on se fout ! On y préfère le mauvais goût, la crasse partout, et, quand “art public” il sied, des sculptu­ res à faire meugler un troupeau de bœufs hallucinés, tant c’est nul et laid (à deux, trois exceptions près). Tou­ jours est­il, pour n’allonger point la sauce lacrymale de nos yeux désempa­ rés, que, sans crier gare, c’était malin à défaut d’être noble, la sculpture d’Henry Moore (1898­1986), chef­d’œuvre tutélaire sis avenue Marnix devant l’admirable bâtiment d’ING, a mis les bouts une nuit récente. Et pour quoi ? Pour rejoindre le patri­ moine d’un collectionneur allemand qui n’eut pu rêver meilleur pactole ! Des “Locking Piece” de Moore comme celle­ci, il en était trois au monde, visibles, magistrales, à Bruxelles, Lon­ dres, La Haye. Voici donc la capitale de l’Europe amputée, une fois de plus, d’un de ses rares joyaux qui lui res­ taient. A quand la vente de sa Grand­ Place ? Certes, la pièce de Moore était­ elle bien du privé. Installée en 1965 pour enluminer un bâtiment alors du dernier cri, perle architecturale d’une époque peu en verve, elle fut le fait du baron Léon Lambert, soucieux d’art pour le bien­être de son personnel et le rayonnement de sa banque. Comme de juste, après la fusion Bruxelles­Lam­ bert, la sculpture revint au Groupe GBL, Albert Frère, autre baron, l’ayant rachetée à un Lambert qu’avait honoré l’artiste : il avait pu renommer sa sculpture “Lambert Locking Piece”. Les deux doivent se retourner dans leur tombe, grugés comme cochons, fulmi­ ner. Nous aussi ! Frère avait­il urgent souci de liquidités ? Il est des baronnies qui capotent, faute d’agissements courtois. Le Moore décapité : au Service de la Culture d’ING, orphelin de son trésor pérenne, on se dit “triste”, dé­ cidé à rendre vie au site. Infâmant !

COURTESY GALERIE ALBERT BARONIAN, BRUXELLES (C) D.R.

Par Roger Pierre Turine

A gauche, Sean Kennedy, sans titre, techniques mixtes, 126,4 x 187,3 cm 2013. Ci-contre, Asha Schechter, Picture 064, C-print 101,6 x 76,2 cm, 2013. A droite, Ry Rocklen, Analia’s Ladder Dye sublimation, impression sur aluminium, 127 x 45 x 25 cm, 2013.

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SEMAINE DU 28 JUIN AU 4 JUILLET 2013 ARTS LIBRE

L'actu

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artistiques jeunes artistes travaillant en Californie Laurence Dujardin rappelle que les œuvres d’art sont des images, doublures de nos réalités, qui piègent notre perception.

IAN, BRUXELLES (C) D.R.

L’EXPOSITION INITIÉE PAR LAURENCE Dujar­ din qui en assure le commissariat regroupe cinq jeunes artistes qui vivent et travaillent Los Ange­ les. Etant donné qu’elle développe un point de vue particulier l’expo ne peut être considérée comme une approche de la création d’art visuel émergente en Californie même si la relation aux images et objets du quotidien peut traduire quelques préoccupations surtout dans la sélec­ tion opérée par l’artiste Sean Kennedy en ses ta­ bleaux suspendus. Le titre de l’exposition, “Stand­in” est à considérer dans les sens de subs­ titut, de la doublure ou de remplaçant, dans la mesure où les œuvres proposées sont des images ou des sculptures qui prennent la place d’objets ou qui se substituent à eux dans une représenta­ tion qui oscille entre la planéité d’une impres­ sion, d’une photo, d’une peinture, et le passage à la troisième dimension de manière réelle ou illu­ soire, voire entre les deux. L’exemple le plus frappant est celui d’une impression au jet d’en­ cre d’Amanda Ross­Ho qui montre un objet quelconque posé contre une paroi derrière un mur blanc qui a été éventré et dont les traces de cette ouverture sont bien visibles. Au premier regard quelque peu distancié lorsqu’on entre dans la galerie, l’illusion est totale : le mur blanc de la galerie a été percé afin de poser l’objet. Or il n’en est rien puisqu’il s’agit d’une repro photo­ graphique de cette réalité. Dans ces conditions de placement sur le mur blanc, l’image trompe le

Participants Sean Kennedy. Né en 1983 dans l’Ohio il vit à L. A après une formation en Italie, en Allemagne (Francfort) et aux Etats-Unis à NY et L.A., ainsi qu’une résidence en Norvège. Il expose régulièrement depuis 2004 surtout aux U.S.A. Il a exposé en groupe à Bruxelles chez Claering. Sam Falls. Formé à New York jusqu’en 2010, l’artiste expose depuis 2007 en groupe aux EtatsUnis, Suède, Pays-Bas, Canada et en solo à New York et Madrid. Né en 1984 à San Diego, il vit à L.A. Ry Rocklen. Il vit et travaille à L.A. où il est né en 1978 et a été formé. Il expose régulièrement depuis 2000 et a participé en 2008 à la Biennale du Whitney, année où il a exposé en Solo chez Baronian-Francey à Bruxelles. Amanda Ross-Ho. Née en 1975 à Chicago elle vit et travaille à L.A. et a été formée en Californie. Elle a participé à la Biennale du Whitney en 2008, expose depuis 2003 et fut l’invitée de Hoet Bekaert à Knokke en 2007. Asha Schechter. Né à Portland en 1978, formé à San Francisco et L.A. où il vit, il expose depuis 2009 aux States et à Londres. spectateur dont la perception est faussée car la 3D est une pure illusion. “L’exposition”, explique la commissaire, “se con­ centre sur les modes actuels de création d’images et la manière dont ceux­ci se traduisent dans la sculp­ ture, le peinture et d’autres moyens d’expression. Elle analyse la manière dont les images peuvent fonctionner en tant que ‘doublures’de notre envi­ ronnement physique et arrive à aliéner le specta­ teur d’une image du fait de la manipulation des in­ formations simultanément transmises et reçues”. S’emparant d’une multitude d’objets caractéris­ tiques de notre quotidien : brosse à dent, stic­ kers, prise électrique…, Sean Kennedy suspend ses tableaux au plafond de façon à ce qu’on puisse découvrir leur contenu en regardant vers haut. Le support n’est pas une toile ou une plan­ che mais un verre totalement transparent sur le­ quel il a agencé les dits objets représentatifs de nos habitudes de consommation. L’effet est in­ verse de l’exemple précédent puisque les objets sont réels. On est dans la 3D de la sculpture alors que le verre en tant que surface uniforme donne l’impression de la planéité habituelle d’un ta­ bleau peint ou d’une photographie. Les c­prints de Asha Schechter exploitent tota­ lement cette ambiguïté en positionnant les ob­ jets photographiés sur un fond de telle sorte que ces derniers se présentent en relief, comme sor­ tant de la surface et s’avançant vers le regardeur. Tout est une question d’angle et d’optique, et l’on pense soudain au fameux regard de La Jo­ conde qui semble suivre constamment le nôtre. Les agencements de plans accentuent cette im­ pression de trois dimensions et de spatialité. La plupart de ces œuvres nous rappellent prioritai­ rement que les constructions artistiques sont des leurres et qu’à chaque fois ceci n’est pas ce qu’il paraît être. L’une des réalisations les plus étonnantes est cette échelle de Ry Rocklen, à la fois sculpture et peinture qu’il faut observer à distance et en tournant autour d’elle. Attention, cette expo abuse de nous ! Claude Lorent

COURTESY GALERIE ALBERT BARONIAN, BRUXELLES (C) D.R.

h A travers les œuvres de cinq

“Les éléments personnels deviennent des stand-ins dans les relations complexes entre les objets et les images et de leurs divers pouvoirs de polarisation. Le point de vue du spectateur devient une variable importante au sein de l’équation.” Amanda Ross-Ho (interview de Elad Lassry)

“Je suis intéressé par le développement de la couleur et de la composition à travers l’histoire de l’art au point où il a été attaqué, déchiré, et dispersé.” Sam Falls

Infos pratiques “Stand-in”. Œuvres de cinq plasticiens basés à Los Angeles, Etats-Unis. Galerie Albert Baronian, 2B rue Isidore Verheyden, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 13 juillet. Du mardi au samedi de 13h à 18h.

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Ensemble pictural Hans Theys qui a rassemblé les peintres de cette exposition, site pour justifier ses choix une parole de l’artiste Ermias Kifleyesus : “Une peinture doit être brillante, douce et chaude comme un pénis. Elle doit attirer les gens comme un aimant”, et il ajoute qu’il aime la diversité et que “l’art est le royaume de la différence…” Son ensemble pictural re­ groupe : Nick Andrews, Manon Bara (ex Jeune artiste Arts Libre), Kasper Bosmans, Tine Colen, Vaast Colson, Pascal Courcelles, Sophie d’Ansembourg, Amélie de Brouwer, Damien De Lepeleire, Rein Dufait, Vincent Geyskens, Aurélie Gravas (Jeune artiste Arts Libre 2013), Manor Grunewald, Philippe Janssens, Ermias Kifleyesus, Viviane Klags­ brun, Pol Matthé, Xavier Noiret­Thomé, Ro­ nald Ophuis, Reniere&Depla, Guy Rom­ bouts, Walter Swennen, Dennis Tyfus, Ca­ role Vanderlinden, Jan Van Imschoot, Veroniek Van Samang, Tamara Van San. Ga­ lerie Marion De Canniere, Pourbusstraat 3, 2000 Anvers. Jusqu’au 18 juillet. Du mer­ credi au samedi de 14h à 18h. (C.L.)

Axel Cassel à Luxembourg Excellent sculpteur français, montré de nombreuses fois par Fred Lanzenberg et présent sur la chaussée de Charleroi avec une belle suite de bronzes, le Français Axel Cassel est actuellement l’invité de la Galerie d’André Simoncini, à Luxembourg. Il y montre des sculptures peintures, “Volutes et fumées”, renouvelant ainsi les effigies qu’on lui connaissait. Une exploration assu­ rément fertile en jeux de volumes ascen­ sionnels. (R.P.T.) U Galerie Simoncini, 6 rue Notre­Dame, Luxembourg. Jusqu’au 20 juillet, Infos : 00.352.47.55.15

Prix Photo Levallois C’est un photographe belge Max Pinckers qui vient d’être désigné lauréat du Prix de photographie de la Ville de Levallois pour sa série “The Fourth Wall” qui fait aussi l’objet d’une publication avec textes du même auteur. Il a été distingué parmi 229 dossiers en provenance de 38 pays. Bruxellois formé à Gand, Max Pinkers né en 1988 s’est déjà vu récompensé d’une bonne dizaine de prix, principalement en Belgique et aux Pays­Bas où il expose très régulièrement. Auteur d’un film, de portraits, il s’est fait connaître tout particulièrement pour sa sé­ rie intitulée “Lotus”, un ensemble qui traite du tourisme sexuel à Bangkok. Le Prix con­ siste en une bourse de 10 000 euros, assor­ tie de la production d’une exposition dans le cadre de la sixième édition du festival Photo Levallois (Paris), qui se tiendra du 4/10 au 16/11. www.photo­levallois.org (C.L.)

Etudiants en verve Jusqu’au 30 juin, le Centre de la Mode et du Design, accueille les travaux d’élèves de La Cambre. Inscrite en master 2 design textile, Flore de Maillard est l’une des étudiants présents, élève de Toma Muteba Luntum­ bue. Elle y montre un livre qui témoigne de la nécessité d’investir l’intimité des proces­ sus de création pour produire des objets justes. Et, entreprenante, elle a créé des col­ laborations avec des tisserands africains et des usines textiles des Flandres. Tous ces travaux d’élèves sont à voir et méritent les encouragements. (R.P.T.) U MAD Brussels, 10 Place du Nouveau Marché aux Grains, 1000 Bruxelles.

l Expo en vue

Les intérieurs violets de Truphémus h Les œuvres de Jacques Truphémus sont des dons du ciel. Des dons d’amour. Et, ce qui ne gâte rien, de très beaux moments de peinture. DANS LE TRÈS BEAU CATALOGUE DE L’EXPOSITION de Jacques Truphémus à la Galerie Claude Bernard, qui l’expose pour la huitième fois, scellant ainsi une longue amitié avec un peintre nonagénaire aussi discret qu’em­ brasé par les émotions secrètes, Jean Clair insiste sur la présence importante du violet dans les travaux récents du peintre. Du violet, du jaune, du vert. Et du blanc. Le préfacier évoque aussi la constance des intérieurs dans une œuvre qu’on pourrait dire, maladroitement, d’obé­ dience classique ou traditionnelle, alors qu’elle est es­ sentiellement empreinte de références universelles. Truphémus est un peintre du quotidien, comme Mo­ randi l’était, voire même un Giacometti, tant chez ces êtres innervés d’essentiel, un seul mot d’ordre semble leur avoir dicté la voie à suivre : être au plus près de l’in­ timité qui vous cerne. Et vous raconte un monde qui est à la fois le vôtre et celui d’une foule de gens. Mais sans doute cette foule ne le perçoit­il pas avec la même in­ tensité que celle qui vous brûle au moment de la créa­ tion. De la rencontre impérative et fusionnelle entre matiè­ res et couleurs, entre lignes et présences estompées, supposées, latentes. La peinture et les dessins de Truphémus sont des gestes, tout de retenue s’entend, mais des gestes totalement habités. La complicité éprouvée entre un être et sa présence au monde et dans un monde qui lui colle à la peau pour être le sien depuis tant d’années. Les mêmes arborescences à l’entour. Le même fauteuil et guéridon, bouquet de fleurs et ta­ bleaux d’atelier au cœur d’une maison connue par

JEAN-LOUIS LOSI /COURTESY GALERIE CLAUDE BERNARD / PARIS

Sm’Art

SEMAINE DU 28 JUIN AU 4 JUILLET 2013 ARTS LIBRE

cœur et pourtant, comme la voix de la femme aimée, toujours la même bien que différente de minute en heure, de jours en années. Truphémus répète inlassa­ blement les mêmes gestes, change imperceptiblement la place d’objets tutélaires dans un atelier qui, avec le temps, ne l’est pas moins. Or, miracle de l’art et d’une main qui sait appréhender le temps qui passe, réjouit ou endeuille, chaque tableau, fût­il proche parent de son voisin, semble, même là côte à côte avec un autre, être une peinture bien différente de la précédente. D’où la surprise saisissant qui la regarde. Et, partant, cette sen­ sation indicible d’avoir affaire­là à la toile qu’on n’aurait pour rien au monde voulu manquer. Il y a dans chaque peinture de Truphémus, en tout cas dans la plupart d’entre elles, un je ne sais quoi de transparence digne des plus beaux serments. Les peintures de Truphémus

l Photographie “Je n’aime pas le mot ‘choquant’. En fait, je suis à la recherche de l’inattendu. Je suis à la recherche des choses que je n’ai jamais vues avant… J’étais en mesure de prendre ces photos… Je me suis senti une obligation de le faire” Robert Mapplethorpe

Robert Mapplethorpe, Charles Tennant, 1978.

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ROBERT MAPPLETHORPE FOUNDATION. USED BY PERMISSION. COURTESY OF XAVIER HUFKENS GALLERY, BRUSSELS.

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Bio express Naissance à Grenoble en 1922, vit et travaille à Lyon et dans les Cévennes. En 2011, monographie par Yves Bonnefoy et Denis Lafay. En 2008, expose au Couvent des Cordeliers à Châteauroux et au Château de Vogüe; en 2012, au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône.

“… J’ignore si Truphémus est agnostique ou bien croyant, religieux ou mécréant. Le fait est qu’arrivé au terme de sa vie, il dresse dans ces intérieurs une présence que je ne peux nommer autrement aque celle d’une sacralité des choses.” Jean Clair

JEAN-LOUIS LOSI / COURTESY GALERIE CLAUDE BERNARD / PARIS

sont des dons du ciel. Des dons d’amour. Et, ce qui ne gâte rien, de très beaux moments de peinture. Né à Grenoble, l’artiste vit aujourd’hui à Lyon et, à la bonne saison, rejoint ses Cévennes à Cauvalat, où il si­ gne des toiles dont la légèreté d’humeur semble avoir été cadencée par des heures de joyeuse mise en couleur et en formes. Jardins fleuris de verts, de roses, de bleus, de violet déjà. Bonheurs de lumières. Lignes s’arrondis­ sant en frondaisons. “Verdures” ou “Branche de pom­ mier”, ni cri, ni heurts. Du temps qui s’est écoulé serein. Parfois tendre, aérienne, parfois solide quand les pieds des arbres soudain vous tressent une nef aux verts qui se répondent, la peinture de Truphémus apparaît autant à fleur de peau dans la légèreté que dans la pro­ fondeur. Et, dans “Intérieur au fauteuil vert” de 2003, il y a dix ans, la simplicité des traits n’empêche pas les ré­ sonances d’une vie vécue qui se serait comme arrêtée l’instant d’une émotion. Les dessins au crayon sont de la même bonne veine, intériorisés. Il y a de la plénitude spatiale aussi bien qu’existentielle dans ce travail qui harmonise tons et silences, objets et lumières. Cet art­là respire sans rien forcer. Roger Rierre Turine

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Jacques Truphémus, Intérieur d’atelier, Cévennes, huile sur toile, 116 x 89 cm, 2012. En bas, Intérieur au fauteuil vert, huile sur toile, 81 x 81 cm, 2003.

Infos pratiques Galerie Claude Bernard, 7/9 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris. Jusqu’au 6 juillet. Infos : 01.43.26.97.07 et www.claude-bernard.com Paris en 1h22 vingt-cinq fois par jour avec Thalys : www.thalys.com

Juste avant l’œuvre, la spontanéité h Robert Mapplethorpe inattendu et inédit à la Galerie Xavier Hufkens. IL FAUT SOULIGNER D’EMBLÉE l’im­ peccable et intelligente scénographie de l’exposition de Robert Mappelthorpe à la nouvelle galerie de Xavier Hufkens. Un propos clair – la genèse de l’œuvre du cé­ lèbre photographe new­yorkais­ ainsi qu’une présentation sobre et raisonnée invitent à redécouvrir cet auteur dont on croyait tout savoir. En effet, bon nombre de visiteurs attirés par l’intitulé “Au Dé­ but” ne pourront qu’être surpris par la plupart des œuvres exposées au rez­de­ chaussée. À commencer par les trois collages réa­ lisés par le jeune étudiant en art qu’était

Mappelthorpe avant l’entame des an­ nées 70. Exposées rarement, ces œuvres colorées où s’imbriquaient déjà des pho­ tographies marquent avec netteté dans cet ensemble en noir et blanc qu’il s’agit bien du tout début. Viennent ensuite des Polaroids à la fois intrigants et émouvants. Intrigants parce qu’on y décèle déjà les différentes pistes de l’œuvre à venir, émouvant par leur simplicité. Cet ensemble élaboré en­ tre 1970 et 1975 est la toute bonne part de cette exposition. Chacune des petites images force le visiteur à s’approcher, un peu comme s’il lui fallait écouter une his­ toire racontée mezzo voce. On découvre ainsi dans une tonalité de gris délicate des détails qui en disent sans doute plus qu’il ne s’y attendait lui­même sur son univers. Sur ses goûts et ses penchants, sur ses amants et ses amis tels Sam Wags­ taff et John McKendry. Également sur

Patti Smith, sa compagne d’alors avec la­ quelle il élabora en toute complicité la fi­ gure androgyne aujourd’hui bien con­ nue, sorte d’image de marque d’une chanteuse entre solitude farouche et sensibilité à fleur de peau. À noter que dans son livre “Just Kids”, celle­ci rappelle que c’est bien à cette époque que son ami a commencé à s’in­ téresser réellement à la photographie. Au point de voir exposer ses images à la Ligth Galery de New York en 1973. Au point d’acquérir deux ans plus tard un Hasseblad, un moyen format aux images carrées en vogue à l’époque dans les stu­ dios de pub et de mode. Précisément, le reste de l’exposition nous montre encore une soixantaine d’œuvres prises avec cet appareil, plus proches de la facture néoclassique qu’on lui connaît (beauté formelle classique : fleurs, natures mortes, hommes­éphè­

bes et femmes sculpturales), pleines aussi comme on le sait de fantasmes SM (enfants non admis comme on disait ja­ dis), saturées de sexualité homo. Cela choquait la bourgeoise alors et c’est sans doute ce qui lui valut une notoriété assez soudaine. Il faut cependant noter que ces images qui semblent accuser les années (on pense au portrait en pied ­comique aujourd’hui­ de Schwarzenegger en pose culturiste, un vintage pas croyable) dé­ crivent en creux toute une époque de li­ bération des mœurs. Une époque qui dé­ couvrit ce sida dont Mappelthorpe mou­ rut en 1989 à l’âge de 42 ans. Jean-Marc Bodson U “Au Début” photographies de Robert Mapplethorpe (travaux de 1970 à 1979). Bruxelles, galerie Xavier Hufkens, rue Saint Georges, 107, Immeuble Le Rivoli. Jusqu’au 20 juillet, du mardi au samedi, de 11h à 18h. Rens. : www.xavierhufkens.com

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


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Les galeries

SEMAINE DU 28 JUIN AU 4 JUILLET 2013 ARTS LIBRE

Découverte

Keitelman Gallery Distrates. Oeuvres de Carmen Perrin. ‣ Jusqu’au 29·06. Du Ma. au S. de 12 à 18h. Le Corbusier by Lucien Hervé. Lucien Hervé a photographié les oeuvres de l’architecte jusqu’à la mort de ce dernier en 1965. ‣ Jusqu’au 13·07. Du Ma. au S. de 12 à 18h.

Galeries BRUXELLES Albert Dumont Jean-Paul Laixhay. ‣ Jusqu’au 07·07. Du J. au D. de 13h30 à 19h ou sur rdv. URue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles 02 512 49 43 - www.galeriedumont.be

URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com

B-Gallery Willem Sarah. Le duo d’artistes, composé de Willem Corten et Sarah Marks, aborde la relation entre le public, l’oeuvre d’art et l’espace. Ce qui les intéresse, c’est la façon dont le spectateur regarde, interprète et réagit. ‣ Jusqu’au 06·07. Du Me. au S. de 13 à 18h.

MH Gallery Champs colorés. Peintures de Marc Van Cauwenbergh et travail du verre de Gérald Vatrin. ‣ Jusqu’au 27·07. Du J. au L. de 11 à 18h ou sur rdv (fermé le D.). URue Haute 11 - 1000 Bruxelles 0478 84 89 81 www.mathildehatzenberger.eu

UGalerie Bortier - Rue Saint-Jean 17 1000 Bruxelles - 02 279 64 03 www.brupass.be

MOTinternational Carol, I Think My Place In History Is Assured. Oeuvres de Cally Spooner. ‣ Jusqu’au 13·07. Du Me. au S. de 11 à 18h ou sur rdv.

c-l-e-a-r-i-n-g Muen Kuey (it’s always the same). Oeuvres récentes de Korakrit Arunanondchai. ‣ Jusqu’au 20·07. Du Ma. au S. de 12 à 18h.

URue Vandenbranden 1 - 1000 Bruxelles 02 511 16 52 - www.motinternational.com

UAvenue Louise 292 - 1000 Bruxelles 02 644 49 11 - www.c-l-e-a-r-i-n-g.com

Patrick Derom Gallery Fioretti. Peintures de Fabienne Verdier. ‣ Jusqu’au 06·07. Du Ma. au S. de 10h30 à 18h30.

Catherine Bastide The Forest, The Cloud and The Sea. Oeuvres de Janaina Tschäpe. ‣ Jusqu’au 20·07. Du Ma. au S. de 11 à 18h.

URue aux Laines 1 - 1000 Bruxelles 02 514 08 82 www.patrickderomgallery.com

COURTESY GALERIE LOUIS CARRÉ&CIE

URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 Bruxelles - 02 646 29 71 www.catherinebastide.com

Champaka Paris. Dominique Corbasson s’est baladée à travers une ville dont elle connaît intimement l’âme et les secrets. Près de 50 illustrations forment cet hymne graphique à la Ville Lumière. ‣ Jusqu’au 20·07. Du Me. au S. de 11 à 18h30, le D. de 10h30 à 13h30 ou sur rdv. URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles 02 514 91 52 ou 0475 26 94 08 www.galeriechampaka.com

Emilie Dujat L’Homme. La galerie réunit une vingtaine d’artistes contemporains et modernes, tous média confondus. Oeuvres de Salvador Dali, Renaud Allirand, Luis Caballero, Bruce of Los Angeles, JeanMarc de Pelsemaeker... ‣ Jusqu’au 30·06. Les J. et V. de 11 à 17h, le S. de 11 à 18h et le D. de 11 à 16h ou sur rdv. URue Ernest Allard 22 - 1000 Bruxelles 0475 83 31 67 - www.galeriemiliedujat.com

Espace Blanche Clem Peltier. Peintures. ‣ Jusqu’au 28·07. Du L. au V. de 10h30 à 18h, les S. et D. de 14 à 18h en présence de l’artiste. URue Marché au Charbon 3 - 1000 Bruxelles 02 510 01 41 - www.espaceblanche.be

Etablissement d’en face projects A Top-Hat, a Monocle and a Butterfly. Une exposition d’Anthony Huberman avec des oeuvres de Nairy Baghramian, Judith Bernstein, Eustace Tilley, Rosemarie Trockel... ‣ Jusqu’au 21·07. Du Me. au D. de 14 à 18h. URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles 02 219 44 51 www.etablissementdenfaceprojects.org

Fine Art Studio Impressions d’Afrique. Oeuvres d’Ingrid Baars, Marie-Louise B., Jean-Jacques Lebel, Pierre Amrouche et Jean-Dominique Burton. ‣ Jusqu’au 20·07. Du Me. au S. de 11 à 18h ou sur rdv. URue des Sablons 13 - 1000 Bruxelles 02 514 25 92 ou 0475 82 52 76 www.fineartstudio.be

Galerie Laurentin John Martini. Sculptures et monotypes. ‣ Jusqu’au 27·07. Du Ma. au S. de 10h30 à 18h30. URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 02 540 87 11

Debré : les peintures noires Alors que la Galerie Brame&Lorenceau (68, boulevard Malesherbes, Paris 8e, jusqu’au 5 juillet – www.gbl.fr) expose les travaux d’Olivier Debré (1920­1999) des années 1950 et 1960, la Galerie Louis Carré&Cie nous ramène encore plus avant dans le temps en épinglant les “peintures noires 1945­1947”. Après des études en philosophie et en architecture, après des premiers pas de peintre dès l’âge de 14 ans sous la conduite de son grand­père, Olivier Debré a mis la guerre à profit pour continuer les Beaux­Arts à Toulouse et y suivre des cours à la faculté des Lettres. Et cela tout en se liant avec la Résistance, dans laquelle s’étaient engagés son père et son frère. Il peint alors des paysages au bord de la Garonne. Ses toiles de jeunesse, d’essence impressionniste, furent exposées à Paris en 1941. Ses premières toiles abstraites datent, elles, de 1943. C’est l’époque où, sérieusement blessé sur une barricade pour la libération de Paris, il n’en poursuit pas moins sa quête plastique, peignant bientôt en noir et blanc des tableaux, entre abstraction et figuration, que lui inspirent les horreurs de la guerre. Inutile de dire que la résurrection au

URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com

J. Bastien-Art China Today. Oeuvres de Bai Yi luo, Chu Teh-Chun, Gao Xingjian, Hu Qinwu, Jia Gladstone Gallery Magnus Plessen. Peintures récentes. Jing, Xiong Wenyun et Zhu Wei. ‣ Jus‣ Jusqu’au 05·07. Du Ma. au S. de 10 à qu’au 04·08. Du Ma. au S. de 11 à 18h30, le D. de 11 à 13h. 18h.

Petits Papiers Trois auteurs et revues de légende. A Suivre, Le Journal de Spirou et le Journal de Tintin, trois magazines qui ont réuni les plus grands noms de la BD. Pour évoquer ces trois univers, la Galerie a invité à ses cimaises trois de leurs auteurs emblématiques: Didier Comès représentera A Suivre, Alix, le personnage de Jacques Martin, rappelera le Journal de Tintin et Victor Hubinon, père de Buck Danny, fêtera les 75 ans du Journal de Spirou. ‣ Jusqu’au 15·08. Du Me. au S. de 11 à 18h30 et le D. de 11 à 17h. UPlace du Grand Sablon - Rue de Bodenbroek 8 - 1000 Bruxelles - 02 893 90 30 www.petitspapiers.be

grand jour, plus de soixante­dix ans après, de ces travaux bien en marge de ceux qu’on a l’habitude de voir signés de sa main sont une découverte qui vaut son pesant de satisfaction. L’influence de Picasso, que Debré a rencontré à maintes reprises depuis son retour à Paris, est incontestable. Elle ne gâte en rien la surprise d’une rencontre concentrée autour de trois couleurs : blanc, noir et gris. Figures géométriques, entrelacs de lignes, de points, de demi­cercles, images cernées de gros traits noirs, encres et gouaches, la quarantaine de ces peintures sur papier se reçoit comme un cadeau d’envergure. Lequel permet au visiteur de se faire une meilleure idée des débuts prometteurs d’un grand peintre. (R.P.T.)

Pierre Hallet Around Louis Van Lint. Oeuvres de Gaston Bertrand, James Brown, Noëlle Koning, Georges Meurant, Bernard Gaube, Jacqueline Devreux, Marc Mendelson... ‣ Jusqu’au 30·06. Du Ma. au S. (fermé le Me.) de 14h30 à 18h30, le D. de 11h30 à 13h30. Nouvelles acquisitions. Oeuvres de Louis Van Lint, Walter Leblanc, Jo Delahaut, Noëlle Koning, Georges Meurant, Bernard Gaube, Jacqueline Devreux... ‣ Jusqu’au 30·06. Du Ma. au S. (fermé le Me.) de 14h30 à 18h30, le D. de 11h30 à 13h30.

U Galerie Louis Carré&Cie, 10 avenue de Messine,

Roberto Polo Gallery Shepherds. Dessins de Koen de Cock. ‣ Jusqu’au 08·09. Du Ma. au V. de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou sur rdv.

75008 Paris. Jusqu’au 12 juillet, du mardi au samedi, de 10 à 12h30 et de 14 à 18h30; le lundi, de 14 à 18h30. Très beau catalogue entièrement illustré, 100 pages, préface de Daniel Abadie, Editions Galerie Louis Carré&Cie. Infos : 01.45.62.57.07 et www.louiscarre.fr

U Paris à 1h22 de Bruxelles : www.thalys.com

URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles 02 512 25 23 - www.galeriepierrehallet.com

URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles 02 502 56 50 - www.robertopologallery.com

Sorry We’re Closed Dark Matter. Oeuvres de Stefan Rinck. ‣ Jusqu’au 30·08. Uniquement sur rdv. URue de la régence 65 - 1000 Bruxelles 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com

Synthèse Eté 2013. Oeuvres sur toile ou sur papier de Philippe Charpentier, Pierre Duclou, Michel Estèbe, Luc Etienne, Giusto URue de la Madeleine 61 - 1000 Bruxelles Joye Gallery Pilan, Danielle Stabel et Jacques Weyer. 02 513 25 63 - www.jbastien-art.be Pierre Besson. Dans les oeuvres, on re- ‣ Jusqu’au 20·07. Du J. au S. de 14h30 trouve la préoccupation constante de à 18h30. Jan Mot URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles Terugblik. 1950–1970. Oeuvres de Ma- l’artiste à manipuler les échelles, les es- 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be rian Zijlstra. ‣ Du 29·06 au 27·07. Du J. paces, les formes et les matières. ‣ Jusqu’au 13·07. Du Ma. au S. de 14 à 18h. Young Gallery au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. UChaussée de Vleurgat 125 - 1000 Bruxelles URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles Les Instantanés. Du Maroc à l’Australie, 02 514 10 10 - www.janmot.com www.joyegallery.be de Paris à Shangai, d’une grille d’éva-

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COURTESY GALERIE FAIDER, BRUXELLES. © PHOTO LUC SCHROBILTGEN

Harmonie

Une ligne de vie Il est des œuvres que le temps n’atteint pas. Elles sont d’office pérennes et immuables s’inscrivant dans une ligne de création dont l’artiste ne se départit jamais. Pratiquant la gravure et la sculpture ainsi que le dessin, Elise Delbrassinne (Bruxelles 1935) poursuit avec la même rigueur et sensibilité un travail à la fois abstrait, minimaliste à sa manière, d’une sobriété que n’a d’égale que la tempérance et le doigté avec lequel il est mené. La ligne est son atout de prédilection. Elle la creuse légèrement, droite, rectiligne, horizontale ou verticale, dans la pierre bleue, comme une écriture personnelle dont les fines modulations sont les signes d’une application attentive, d’une patience, d’une maîtrise, d’une concentration quasi méditative qui ne permet pas le moindre écart. Dans des blocs de pierre aux structures sagement géométriques qu’elle dispose en solo, en duo ou en agencement au sol, ces

traces claires apportent des vibrations qui laissent soupçonner une vie intérieure par laquelle ces sculptures abstraites échappent totalement au décoratif comme l’ensemble de ses œuvres. Les travaux sur papier, estampages blancs à peine perceptibles dont les reliefs créent des liens avec les sculptures ou dessins linéaires déposés sur des supports aux teintes pastel, tous sont exécutés dans la douceur et la subtilité, dans un souci d’harmonie zen. Quant à la sculpture installation de papier translucide elle rappelle l’importance de la lumière dans chacune des créations qui toutes apaisent le regard et l’esprit. (C.L.)

U Elise Delbrassinne. Entre pierres et papiers secrets partagés. Galerie Faider Véronique Menu, 12, rue Faider, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 13 juillet. Du mercredi au vendredi de 14h à 19h, samedi de 14h à 18h.

cuation à une farandole de fanions, Oli- 13·07. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. Cassina Showroom Brussels vier Dassault nous invite au voyage et URue Van Eyck 59 - 1050 Bruxelles Karl Lagerfeld photographie Cassina. nous transporte dans une scénographie 0471 88 26 17 - www.anyspace.be Les icônes de Cassina revues par Karl étonnante de diversité. ‣ Jusqu’au Lagerfeld. ‣ Jusqu’au 31·08. Artemptation 31·07. Du Ma. au S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 154 - 1050 Bruxelles Raconte-moi une chanson. Exposition UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 collective réunissant des oeuvres Charles Riva Collection www.younggalleryphoto.com d’Alain Trellu, Benoît Piret, Chantal De Sterling Ruby. Selected Works. Une séBlock, Eric Fransman, Pedro Correa, So- rie de collages, peintures à l’aérosol, Artiscope phie Dassel... ‣ Jusqu’au 11·07. Du Ma. Les Indestructibles. Oeuvres d’Angi, au V. de 11 à 18h30 et le S. de 12 à 18h. sculptures en bronze, tissu et uréthane tirés du répertoire varié de l’artiste. Kicco, Nucara, Rizzetti, Ronda, Sweet- UAvenue Louise 475 - 1050 Bruxelles ‣ Jusqu’au 19·10. Du J. au S. de 13 à love et Veronese. ‣ Jusqu’au 26·07. Du 02 669 77 78 - www.artemptation.com 18h. L. au V. de 14 à 18h ou sur rdv. UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles Bodson-Emelinckx URue de la Concorde 21 - 1050 Bruxelles - 02 735 52 12 - www.artiscope.be 503 04 98 Fils d’orphelin. Oeuvres de Marcin So- 02 www.charlesrivacollection.com bolev. ‣ Jusqu’au 06·07. Du Me. au S. Albert Baronian 14 à 19h. Stand-in. Oeuvres de Sam Falls, Ry Roc- de Elaine Levy Project URue de Hennin 70 - 1050 Bruxelles klen, Amanda Rossho, Asha Schechter 02 648 40 06 - www.bodson-emelinckx.com Bad Gateway. Les oeuvres de Yannick et Sean Kennedy. ‣ Jusqu’au 13·07. Du Val Gesto empruntent à l’esthétique Ma. au S. de 12 à 18h. punk, aux fanzines et publications unBox Galerie URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles Autels Profanes. Natures mortes, pho- derground et aux graphismes post 02 512 92 95 - www.baronianfrancey.com tographies de Toni Catany. ‣ Jusqu’au Playstation. ‣ Jusqu’au 20·07. Du J. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. 15·07. Du Me. au S. de 14 à 18h. Anyspace URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles Palimpsest. Peintures et photographies URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com de Sébastien Capouet. ‣ Jusqu’au 02 537 95 55 - www.boxgalerie.be

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle : Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation : IPM Press Print. Administrateur délégué- éditeur responsable : François le Hodey. Rédacteur en chef : Vincent Slits. Rédacteur en chef adjoint : Pierre-François Lovens. Conception graphique : Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité : Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

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Les galeries

Galerie Lazarew Fulcrand. Le peintre est une figure importante de l’abstraction lyrique. ‣ Jusqu’au 31·07. Du Ma. au V. de 14 à 19h. UAvenue Louis Lepoutre 112 - 1050 Bruxelles - www.galerie-lazarew.fr

Balleux, Amélie de Brouwer, Tatsuya Inuikawa, Lucie Lanzini, Robert Suermondt... ‣ Jusqu’au 14·07. Du J. au S. de 14 à 18h30. URue Saint-Georges 32 - 1050 Bruxelles 02 640 34 44 - www.nadineferont.com

SEMAINE DU 28 JUIN AU 4 JUILLET 2013 ARTS LIBRE

URue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles 02 333 20 10 www.galerieantonionardone.be

Le Salon d’Art Valérie Bach Persistance de la trace. Estampes de Men of the Mountains, Deserts and Thierry Mortiaux. ‣ Jusqu’au 13·07. Du Seas. Oeuvres de Simon Liddiment. Ma. au V. de 14 à 18h30, le S. de 9h30 ‣ Jusqu’au 20·07. Du J. au S. de 11 à Automatesgalerie à 12h et de 14 à 18h. 13h et de 14 à 19h. Rachel Larkins & Jane Muir. Automates URue de l’Hôtel des Monnaies 81 URue Faider 6 - 1060 Bruxelles et céramiques. ‣ Jusqu’au 27·07. Du 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 02 502 78 24 - www.galerievaleriebach.com www.lesalondart.be Me. au S. de 13 à 18h ou sur rdv.

Puls Contemporary Ceramics Galerie Martine Ehmer Urban Art Group Show. Oeuvres de Jef Love Your Cylinder. Oeuvres de Ga- UChaussée de Charleroi 24-26 - 1060 Bruxel- Libre Choix - 0487 16 32 23 Rossicontemporary Aérosol, JonOne, Kool Koor, Benjamin briele Hain, Aor Sutthiprapha, Henk les www.automatesgalerie.be Les Commères !. Céramiques de Brigitte Spark, Tanc, Tilt et Quik... ‣ Jusqu’au Wolvers et Kim Holm. ‣ Jusqu’au 13·07. Nioue Ouerquen. Oeuvres de Gerard Vassas. ‣ Jusqu’au 07·07. Du V. au D. Du Me. au S. de 13 à 18h. 14·07. Du J. au S. de 14h30 à 18h30. Herman. ‣ Jusqu’au 31·08. Les J. et V. de 14 à 19h. D+T Project URue du Page 19 1050 Bruxelles URue de Stassart 100 - 1050 Bruxelles de 13 à 17h et le S. de 14 à 18h ou sur URue Defacqz 152 - 1060 Bruxelles 02 640 26 55 www.pulsceramics.com Pictorial Field . Oeuvres d’Ivan Argote, 0473 59 02 85 - www.martineehmer.com rdv. Stephan Balleux, Mounir Fatmi, Gregor 0476 77 53 60 - www.librechoix.be Rites are in time what home is in space. Rodolphe Janssen Hildebrandt, Kolkoz, Fabrice Samyn, Jozsa Gallery Pascal Polar Evasive movements of a pursued ani- (BRU)s. The Still House Group. Oeuvres Dan Peterman... ‣ Jusqu’au 13·07. Du J. Back to the Museum. Dans la série de Oeuvres de Sarah Van Marcke. ‣ Jusqu’au 31·08. Horaires ci-dessus. mal. Oeuvres de Lucie Lanzini et Antoine d’Isaac Brest, Nick Darmstaedter, Louis au S. de 12 à 18h30. photographies de Laurent Muschel, on Bosquet 4 - 1060 Bruxelles Suspension of Disbelief. Oeuvres de Vanoverschelde. ‣ Jusqu’au 06·07. Du Eisner, Jack Greer, Brendan Lynch, Dylan URue assiste à la rencontre entre deux éléLynch, Alex Perweiler et Zachary Suss- 02 537 76 30 - www.dt-project.com Christopher Gilmour. ‣ Jusqu’au 31·08. J. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. ments: d’une part, l’objet, et d’autre kind. ‣ Jusqu’au 24·07. Du Ma. au V. de URue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles Horaires ci-dessus. part, l’être humain, c’est à dire l’œuvre 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. Faider 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com d’art et son observateur. ‣ Jusqu’au URivoli Building - Chaussée de Waterloo 690 URue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles Entre Pierres et Papiers Secrets Parta- 20·07. Du Ma. au S. de 14 à 19h ou sur - 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 02 538 08 18 gés. Oeuvres récentes d’Elise Delbras- rdv. Mazel Galerie www.galerierodolphejanssen.com sinne. ‣ Jusqu’au 13·07. Du Me. au V. Eye for an eye, image for an image. Ori- www.rossicontemporary.be Les 7 péchés capitaux. Utilisant un lande 14 à 19h, le S. de 14 à 18h ou sur ginaire du Soudan, Musa est un artiste gage pop coloré allié à un dessin fort et Aeroplastics Contemporary marqué dans lequel tous les détails sont Approximations of the Sublime. Peintu- rdv. contemporain majeur d’héritage à la LIÈGE un élément du récit, Vuk Vidor a associé res, photos et vidéo de Terry Rodgers. URue Faider 12 - 1060 Bruxelles fois européen, arabe et africain. Sa 02 538 71 18 - www.galeriefaider.be technique, basée sur l’assemblage de STAVELOT à chaque tableau une oeuvre lumineuse ‣ Jusqu’au 27·07. Du Ma. au S. de 14 à textiles, le distingue par son traitement reprenant un des péchés écrit en am- 18h. Galerie Paris-Beijing et son assimilation de la culture et de Triangle bleu poules électriques. ‣ Jusqu’au 13·07. URue Blanche 32 - 1060 Bruxelles Martin Parr . Rétrospective du photogra02 537 22 02 - www.aeroplastics.net l’histoire de l’art occidentale. ‣ Jus- Pièces et encres. Oeuvres de Michel Du Ma. au S. de 11 à 19h. phe. ‣ Jusqu’au 27·07. Du Ma. au S. de qu’au 31·08. Du Ma. au S. de 14 à 19h Boulanger. ‣ Jusqu’au 28·07. Du J. au URue Capitaine Crespel 22 - 1050 Bruxelles 11 à 19h. 02 850 29 28 - www.mazelgalerie.com ou sur rdv. Antonio Nardone D. de 14 à 18h30. URue Hôtel des Monnaies 66 1060 BruxelUChaussée de Charleroi 108 - 1060 Bruxelles Expo d’été. La galerie présente ses arles 02 851 04 13 UCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot - 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 Nadine Feront tistes et ses nouvelles découvertes. www.pascalpolar.be 080 86 42 94 - www.trianglebleu.be Thrill Seekers. Oeuvres de Stéphane ‣ Jusqu’au 07·09. Uniquement sur rdv. www.galerieparisbeijing.com

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A l’étranger

le livre de la semaine

Barré et Quaytman – Peinture Paris – Galerie Nathalie Obadia Martin Barré, figure majeure de l’histoire de l’abstraction fran­ çaise d’après­guerre, et R.H Quaytman, artiste américaine cen­ trale dans l’actuel renouveau de la peinture conceptuelle se rejoi­ gnent dans l’utilisation d’un système de proportions pour pein­ dre comme pour installer leurs tableaux. U Jusqu’au 13 juillet. Galerie Nathalie Obadia, 3 rue du Cloître Saint­ Merri, 75004 Paris. www.galerie­obadia.com

Luxembourg COURTESY GALERIE TOXIC

ÉDITIONS ACTES SUD

Un fort bel ouvrage de format carré, couverture séduisante, minimaliste comme l’est, quelque part, son art épris de retranchements, d’abnégation, Lee Ufan bénéficie, avec le soutien fervent et sensible de Michel Enrici et d’Ukai Satoshi, d’une monographie à découvrir et à lire comme un grand livre de réflexions, d’images et d’immersions dans une création considérée, aujourd’hui, comme l’un des plus aiguës, toniques et, tout à la fois, silencieuses de l’art contemporain. Coréen du Sud, élevé par un grand­père agriculteur qui l’incita à respecter la terre et ses pouvoirs, un père journaliste ouvert sur le monde et une mère laborieuse et généreuse, Lee Ufan s’émerveilla, jeune, pour la poésie, la philosophie, les mots et les musiques. Il a parfait son enseignement artistique au Japon et depuis s’impliqua toujours davantage dans l’universalisation de la geste plastique. Mises en relations constantes de la forme et de l’espace, de l’esprit qui génère et du toucher qui sensibilise, l’œuvre de Lee Ufan est pourtant radicale, avare de gestes, implication dans le grand tout du monde. Cette monographie, qui est aussi un bel objet à feuilleter comme on pénètre à pas lents un subconscient, est une première pour lui. Elle nous révèle l’entièreté de son parcours, que corroborent des entretiens avec Michel Enrici, indécrottable soutien des artistes. On y découvre un Lee Ufan de pied en cap, de ses premières implications dans un mouvement Mono­Ha qu’il driva, à ses réalisations actuelles. Un très beau livre pour un très bel artiste ! (R.P.T.)

COURTESY GALERIE LUCIEN SCHWEITZER

Les implications spatiales de Lee Ufan

COURTESY GALERIE NATHALIE OBADIA

France

Trio – Peinture et sculpture Luxembourg – Galerie Toxic Ils ont en commun de la jouer complètement décalé. L’Américain Dan Johnson pratique le dessin style graphique délirant, le Hol­ landais Jan Vos est auteur de sculptures/objets trempées dans l’humour noir et le second américain Danny Hein portraitise ses compatriotes dans un style faussement réaliste. U Jusqu’au 17 juillet. Galerie Toxic, 2, rue de l’eau, 1449 Luxembourg. www.galerietoxic.com

Patrick Bailly-Maître-Grand – Photographie Luxembourg – Galerie Lucien Schweitzer Distorsion de la réalité, manipulation de l’image, mises en scènes, absence de perspective, absence de couleur, et procédés chimi­ ques sont tant de définitions qui caractérisent l’art du photogra­ phe scientifique, défenseur de la photographie analogue, dont la rétrospective couvre 30 ans de création. U Jusqu’au 07 juillet. Galerie Lucien Schweitzer, 24, av. Monterey, 2163 Luxembourg. www.lucienschweitzer.lu

U Lee Ufan, par Michel Enrici et Ukai Satoshi. Editions Actes Sud, 288 pages en couleurs, environ 65 euros. Ufan expose à la Chapelle Saint­Laurent, à Arles, du 1e juillet au 22 septembre.

NAMUR GRAND-LEEZ

Delvoye, Murray Gaylard, Gilbert & George, Xavier Mazzarol, Ria Pacquée, Man Ray, Marcel Duchamp, Auguste Rodin... ‣ Jusqu’au 30·06. Du J. au D. de 14 à 18h ou sur rdv.

Exit11 Contemporary Art As light goes by... Le travail de Tomoko ULange Leemstraat 387 - 2018 Anvers Sugimoto est essentiellement composé 0497 48 17 27 - http://users.telenet.be/lls38 d’images photographiques de sons et de vidéo. Constitué d’une série de vidéographies mises en scènes et en espace et procédant par collage vidéographi- Office Baroque Gallery que, les installations vidéos d’André Alexandre da Cunha, Michael Rey, MiGoldberg se nourrissent des codes de la chael WIlliams et B.Wurtz. ‣ Jusqu’au peinture baroque (la vanité, la nature 20·07. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur morte, le portrait...). ‣ Jusqu’au 01·09. rdv. ULange Kievitstraat 48 - 2018 Antwerpen Les S. et D. de 10 à 18h ou sur rdv. UChâteau de Petit-Leez - Rue de Petit-Leez 129 - 5031 Grand-Leez - 081 64 08 66 www.exit11.be

0484 59 92 28 - www.officebaroque.com

JAMBES

OTEGEM

FLANDRE OCCIDENTALE

Détour Artistes en devenir. Oeuvres d’Elodie Deweer Gallery Goudinakis, Alexandru Fonea et Iulian Die neuen Sterblichen. Oeuvres de TaFonea. ‣ Jusqu’au 27·07. Du Ma. au V. tjana Gerhard. ‣ Jusqu’au 07·07. Du Me. au D. (fermé le S.) de 14 à 18h ou de 12h30 à 17h30 et le S. de 14 à 18h. sur rdv, fermé du 22·07 au 16·08. UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be Soft Cockney. Oeuvres d’Enrique Marty. ‣ Jusqu’au 07·07. Horaires ci-dessus. Vibrat. Oeuvres de Sergey Bratkov. ANVERS ‣ Jusqu’au 07·07. Horaires ci-dessus.

ANVERS Fifty One Fine Art Photography Here’s more, why not. Une trentaine de photographies couleurs inédites de Saul Leiter. ‣ Jusqu’au 13·07. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. UZirkstraat 20 - 2000 Antwerpen 03 289 84 58 - www.gallery51.com

LLS 387 - Ruimte voor actuele kunst Glory Hole. Oeuvres de Liv Bugge, Wim

UTiegemstraat 6a - 8553 Otegem 056 64 48 93 - www.deweergallery.com

Contact Agenda Culturel Tél.: 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

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Adjugé!

SEMAINE DU 28 JUIN AU 4 JUILLET 2013 ARTS LIBRE

l Vente publique

OSENAT

Le 9 juin à Fontainebleau, on vendait ce coffret sur pié­ tement dé­ montable, en acajou flammé, dé­ coré de pla­ ques d’acier découpées, po­ lies et agré­ mentées d’un cloutage à pointes de dia­ mants. La face principale était ornée de cinq médaillons en porcelaine de Wedgwood à sujets mythologiques. Ce petit meuble ser­ vait de coffre à bijoux à l’impératrice José­ phine et fut offert après 1814 à l’intendant Pierlot, qui travaillait dans la Maison de l’épouse de Napoléon 1er.

312500 €

Roerich

Les Stryc

BONHAM’S

Coffret

Le 5 juin chez Bonham’s à Londres on pouvait assister à une vente d’art russe. Il s’y trouvait la fascinante “Madonna Laboris” de Nikolai Roerich (1874­1947). La toile (84 x 124 cm) a été vendue pour presque 7,9 millions de livres sterling frais inclus, en faisant du lot la pein­ ture russe la plus chère jamais vendue. La “Madonna Laboris”, était une œuvre perdue. Sa découverte récente aux USA dans le Mid­ dle­West tient du miracle. Le sujet dit le cata­ logue “représente un gospel apocryphe, scène intensifiée par l’imagination et la force artisti­ que de Roerich. Dans les hauteurs qui trans­ cendent la terre, la Vierge retrouve aux portes du Paradis l’apôtre Pierre”.

PIASA

7881250 £ h Une nouvelle vente des biens de la famille de Strycker a fait parler la poudre chez Piasa, à Paris. MONSIEUR ET MADAME ROBERT de Strycker ont en­ core forcé l’admiration à Paris ce dix juin lors d’une nou­ velle vente de leurs biens mobiliers et ici spécifiquement des objets classiques de la Chine dans ce qu’elle avait de plus occidentalisé. S’il y avait des objets néolithiques, et d’autres d’époques Tang et Song, voire même des cloi­ sonnés des XVIIIe et XIXe siècles, la Compagnie des Indes fournissait une bonne partie de la vacation comme elle le faisait jadis pour des amateurs notre vieux continent. A force voiles et soutes pleines de trésors de nombreux navires arrivaient à Amsterdam, Ostende, Bordeaux parfois; quand ils arrivaient. Certains sombraient corps et biens, et des chercheurs d’épaves en découvrent par­ fois comme “La Lune” retrouvée en 1993 en rade de Toulon, demeurant à cent mètres de fond depuis no­ vembre 1664 et objet de récentes trouvailles encore; c’était toutefois un navire militaire. Axel Vervoordt en son temps avait magnifié ce genre de découverte mais le navire bourré de porcelaine n’avait pas atteint l’océan indien. Ici, à Paris, point de naufrage; plutôt de quoi faire des vagues et surfer sur les cimes moutonnées des eaux vi­ ves de la passion. Les Strycker étaient belges et déjà assez connus dans le monde de l’antiquité pour avoir montré une partie de leur collection à Louvain en 1964 dans l’ancêtre du musée “M”. Monsieur était professeur à l’Université de Louvain d’ailleurs. Madame, née Isabelle Jadot, étant décédée en 2010, les descendants ont dé­ cidé de vendre une nouvelle partie de cette imposante collection. Le 5 décembre 2007 déjà, et chez Piasa, la vente des objets en laque dont une cafetière qui avait fait la cou­ verture du catalogue, avait rapporté 2935090 €. Cette fois nous en sommes à 3169000 € frais compris et ce n’est qu’une partie des neuf cents pièces restantes cou­

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ker au pinacle Un nœud de relations

Cette grande coupe de 54 cm de diamètre, en porcelaine de Chine décorée en émaux polychromes de la famille rose décorée au centre de papillons et insectes survolant un bouquet de branches et de pivoines fleuries, fit 223600 € chez Piasa. vrant mille ans d’histoire de la céramique chinoise. Une autre vente devrait avoir lieu à la fin de l’année, toujours chez Piasa. On ne change pas une équipe qui gagne bien sûr. Hommage fut donc rendu aux de Strycker, à des compatriotes d’un autre temps, cultivés comme on ne l’est plus que rarement. Hommage au collectionnisme encore, faut­il le dire ? Et d’un collectionnisme de préci­ sion car toutes les pièces étaient numérotées et les fiches indiquaient les dates et lieux d’achats. Les prix d’achats étaient indiqués. Des prix qui en l’espèce furent plus soutenus que ce que l’expert parisien Thierry Portier, avait imaginé. 95 % des lots changèrent de propriétaires vers d’autres collections européennes et asiatiques. Les Américains furent, semble­t­il, absents du jeu. Le montant le plus élevé tomba en faveur d’une coupe en porcelaine d’épo­ que Yongzengh (1723­1735), d’un diamètre de 20 cm et annoncée entre 150000 et 180000€. Une lente bataille d’enchères se clôtura à 496220 €, frais compris. Cet ob­ jet avait été trouvé chez l’antiquaire Buchard à Londres et acheté le 15 mars 1940. Le lot 215 suivit dans la hié­ rarchie financière avec ses 223600 €; il s’agissait d’une coupe de la même période, de la famille rose, décorée de papillons et insectes survolant un bouquet de pivoines. M. de Strycker avait acheté ce lot au Palais des Beaux­ Arts de Bruxelles le 13 avril 1948. On donna ensuite 161635 € pour une coupe en porcelaine du XIXe siècle, reprenant des motifs végétaux déjà existants au XVe siè­ cle; il s’agissait de fleurs de lotus de couleur bleue sur un élégant fond jaune (achat à la salle de ventes Giroux à Bruxelles en décembre 1948). 149240€ furent adjugés sur un petit vase d’époque Jiaging (1796­1820), de forme balustre et à col légèrement évasé. Cette pièce en porcelaine était décorée de dragons stylisés formant des masques. Ensuite, un cache­pot octogonal posant sur quatre pieds, d’époque Qianlong (1736­1795) et de la famille rose, monta à 87280 €. On terminera par un brû­ le­parfum oblong posant sur quatre pieds du XVIe siècle sans doute. Il était en bronze doré et émaillé. Il a été vendu à 105870 €. Ce lot provenait de chez l’antiquaire le plus fameux de Bruxelles : Delplace. Philippe Farcy

Si nous avions évoqué ici le 30 novembre 2007 la future vente des 84 lots en laque de Chine que les Strycker allaient vendre le 5 décembre suivant, nous n’avions pas évoqué les détails d’une famille typique d’une Belgique de grand-père, dynamique, intelligente, intuitive, exemplaire. Les Strycker-Jadot étaient au cœur d’un noyau intellectuel passionnant à décrypter. Un Bruxellois connaisseur de ces choses de l’économie et de l’histoire des familles nous disait naguère combien le tissu social était serré autour de ce couple fameux qui eut trois filles. Robert de Strycker (1903-1968) était issu d’un milieu d’ingénieur des mines par son père et son grand-père, mais aussi par sa mère qui était une André-Dumont. André Dumont (1809-1857), liégeois d’origine où il a une place et une statue à Louvain, fut professeur de géologie et de minéralogie puis recteur de l’ULg. Il eut un fils, lui aussi prénommé André, qui fut professeur à l’UCL et débuta les prospections de charbon en Campine. Notre héros, Robert, fut professeur de métallurgie à l’UCL et lors d’une année universitaire à Standfort (CA), il se prit de passion pour les objets en bronze chinois qu’il n’acheta pas, faute de ressources. Robert avait un oncle, Mgr de Strycker, lui aussi professeur à l’UCL. Robert avait également un frère, le baron Cécil de Strycker né à Derby en Grande-Bretagne (1915-2004), qui fut gouverneur de la Banque nationale de Belgique de 1975 à 1982. L’épouse de Robert, Isabelle Jadot, crée des liens avec le Congo belge et la fameuse Jadotville (ex Likasi-Panda). Elle était la fille d’Octave et donc la nièce de Jean, personnage incontournable de l’expansion belge. Jean Jadot (18621932) fut Gouverneur de la Société générale de Belgique dès 1913, ingénieur en génie civil et des mines. Il dirigea la construction des tramways du Caire et des chemins de fer de la Basse-Egypte, avant d’aligner les kilomètres (1200) de Hankow à Pékin en 1898. C’est sous son impulsion que l’on constitua l’Union minière et d’autres groupes industriels au Congo et surtout au Katanga. Isabelle Jadot (1915-2010) était également la tante de Maxime dit Max Jadot, président du comité de direction de BNP-ParibasFortis. Lui, il est par ailleurs l’arrièrepetit-fils de Leo-Leander Bekaert (1855-1936) et le neveu du baron Jean-Charles Velge. Saluons en Isabelle Jadot la conservatrice des collections. C’est elle qui fichait, notait, classait tous les objets. Avec son mari elle fit de nombreux dons au Musée de Louvain-la-Neuve. (Ph. Fy.)

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l Au marteau

Succès asiatique à Paris

SOTHEBYS

Cette rare créature de dragon couché en jade jaune de la dynastie Song provenant de l’ancienne collection du Professeur Klaus J. Mueller (1923-2010) vendue 781500 €.

h La Chine écrase tous ses voisins dans les ventes d’Extrême­Orient. Ce fut encore le cas à Paris le 12 juin chez Sotheby’s.

Ce vase de porcelaine blanche à décor rouge de cuivre de la dynastie Qing a été vendu à 961500 € frais compris.

SOTHEBYS

POUR FAIRE BONNE FIGURE après le succès immense rencontré par la deuxième vente Strycker, Sotheby’s avait réuni à Paris un petit ensemble de fort belle facture en art asiatique. Il y avait donc foule dans la grande salle de chez Sotheby’s en face de l’Elysée à Paris le 12 juin dernier. Il faut dire que l’on y vendait quelques lots importants qui pouvaient déchaîner des passions. Ce fut le cas. Mais au­delà des chiffres parfois ronflants une autre réalité s’imposa. Il n’y eut que 70 % de réussite. 30 % de lots retirés, c’est beaucoup au regard de la qualité et des liens mon­

Klaus J. Mueller (1923­2010) vendue 781500 €. Comme pour le vase, les dé­ posants doivent être heureux car la chose, toute petite, était annoncée entre

diaux tissés par la salle de ventes. On ne réussit donc pas à coup sûr en ventes pu­ bliques et la meilleure garantie de succès tient dans la rareté et la virginité des lots présentés, avec une prime à la prove­ nance. La Chine a pris neuf des dix premières places du “Top Ten” comme disent les Britanniques. Il n’y eut qu’une sculpture du Népal en septième position pour leur tenir tête, un peu. A l’image de la vente d’arts d’Asie de juin 2012, la plus haute enchère de la vente est allée à un vase en porcelaine à décor rouge de cuivre de type “Yuhuchu­ nping”, de la dynastie Qing, portant la marque et donc d’époque Yonghzheng. Le lot a été échangé contre 961500 €, alors que les experts de la salle avaient évalué le lot entre 30000 et 40000 €. La deuxième plus haute enchère de la journée a récompensé une rare créature de dragon couché mais prêt à bondir, en jade jaune de la dynastie Song provenant de l’ancienne collection du Professeur

12000 et 15000 €. De tels écarts entre estimations et prix obtenus posent quand même question. Mais peut­être est­ce une politique commerciale de for­ cer les vendeurs à annoncer des prix bas en espérant que la convoitise jouera à plein régime. Deborah Quackelbeen qui s’occupe en­ tre autres du service presse de Sotheby’s à Bruxelles nous signalait que “les œuvres appartenant au monde bouddhiste ont été également très convoitées”. Il en fut ainsi pour une rare statuette d’Avalokitesvara en bronze doré, de la dynastie Ming, époque et marque Xuande, cédée contre 289500 €. Puis, une sculpture népalaise représen­ tant Avalokitesvara Padmapani datant de la fin du XVIIe siècle s’en alla à 217500 €. On donna encore 361500 € pour un livre en jade céladon daté de 1746, chinois bien sûr et donc d’époque Kianlong. Ici aussi l’enchère finale flamba car le volume était annoncé entre 80000 et 120000 €. Outre les sculptu­ res, les peintures bouddhistes suscitent de plus en plus l’intérêt des collection­ neurs. On gardera en souvenir un por­ trait de Tsongkapa datant lui aussi du XVIIIe siècle; il s’est vendu à 27500 €. Le produit global de la vacation fut de 7639775 €. Ph. Fy.

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l Vente publique

Magnifique hommage à trois Belges Le lot qui comprenait deux poèmes de Charles Baudelaire dont “Le Matin” a emporté la plus haute enchère de la vente à 613500 €.

h Le marché international a répondu

SOTHEBY’S

présent devant l’importance des lots de la collection Simonson. Les prix ont flambé en guise de reconnaissance. A PARIS, CHEZ SOTHEBY’S, CE FUT UNE SORTE de communion avec des collectionneurs de haut vol, ce mercredi 19 juin. On y vendait la première partie des collections de li­ vres récoltés pendant des décennies par le libraire Si­ monson et à sa suite par sa fille et son gendre, Monique et Albert Kies. Quelques résultats exceptionnels vinrent clôturer le premier volet de la mise en vente d’un fond qui est tellement important qu’il y aura une seconde vacation à l’automne. Le total s’élève à 4 millions d’euros contre une estimation de 1,4 à 2 millions d’euros, avec 93 % des lots vendus. Les livres et les manuscrits exceptionnels de Baude­ laire, Verlaine, Hugo, Stendhal et Wilde réunis par Raoul Simonson et son gendre Albert Kies, qui tous deux partageaient ce goût pour les exemplaires uni­ ques, avec envois, truffés d’annotations, sur grands pa­ piers, à belles provenances, dans un état parfait, ont donc obtenu des enchères admirables. Les grands marchands et les particuliers s’affrontant comme jamais sur des trésors qui étaient indisponibles depuis parfois plus de septante ans. Pascal de Sadeleer, notre compatriote bruxellois, était l’expert de la vente. Il disait au sortir de ces heures mémorables : “Le succès remporté ce soir confirme la place primordiale de Paris sur

le marché international des livres. Mais surtout c’est un immense hommage européen au talent, à l’érudition et à la finesse de bibliophile de Raoul Simonson et de Monique et Albert Kies”. Il est vrai que Paris qui avait eu peur de l’arrivée des salles anglaises pour son hégémonie dans le segment du livre, n’y a pas perdu, au contraire. Il semble que les Bri­ tanniques aient même renforcé l’image de Paris comme capitale du livre ancien. Cela n’empêche pas d’avoir de grandes ventes de livres à Londres et New York, mais ils sont tous en anglais. Ici, on parle toutes les langues. La bibliothèque contenait un manuscrit exceptionnel de deux poèmes de Charles Baudelaire, “Les Deux Cré­ puscules” puis “Le Matin/Le Soir” datant de 1853­1854 et qui paraîtront dans “Les Fleurs du Mal” en 1857. Ce lot a emporté la plus haute enchère de la vente à 613500 € (lot 66, sur une estimation de 150000 à 250000 €). Verlaine suivit avec de nombreux lots dont un ensem­ ble de cinquante­six poèmes autographes signés, inti­ tulé “Varia”. Il s’agissait du dernier recueil autographe laissé inachevé à sa mort. Il a été vendu à 385500 € (sur une base de 200 000 à 300 000 €). Victor Hugo compléta le podium, avec un important ensemble d’envois et de volumes enrichis de diverses pièces. Ses “Contemplations”, de 1856, enrichies d’un envoi mais surtout de quatorze photographies origina­ les en tirages d’époque de la famille Hugo et de quaran­ te­sept lettres autographes expédiées à son ami Noël Parfait, furent acquises contre 289500 €. Pascal de Sa­ deleer pensait en obtenir entre 60 000 et 80 000€. Ph. Fy. U Infos : www.sothebys.com

l Compte-rendu

Festival d’été mosan ont récolté quelques jolis fruits de belle saison. LES 12 ET 13 JUIN, IL Y AVAIT une paire de vacations chez les Nagant de Deux­ chaînes à Liège en leur hôtel des ventes Mosan. Près de 350 lots étaient à prendre et on en vendit aux alentours de 70 %. Il y avait un peu de tout et la partie la plus corsée financièrement commença avec des objets et des meubles de design des années septante. Deux canapés et une table du Suisse Ubal Klug né en 1932, créés vers 1970, sont partis à 3600 € sans les frais. Eero Saarinen avait créé pour sa part une table et six chaises de modèles “Tulipes” en alu et fibre de verre pour Knoll. L’ensemble est monté à 5100 € sans les frais. Dans le sens inverse, six chaises “Golem” de Vico Magistretti, vers 1970, n’ont fait que 160 €, plus les frais. Il fallait ensuite assu­ mer 2000 € plus frais pour emporter une paire de lampes du modèle “Pipistrello” dessinée par Gae Aulenti pour Martinelli

Luce. Le modèle date de 1965; la date du lot n’était pas annoncée. Pour ce qui était de la partie meubles et objets classiques, on mettra en évidence les 1300 € donnés pour une bien jolie console en chêne sculpté d’époque Louis XV sommée d’un marbre gris veiné. 2600 € ont été adjugés pour une élé­ gante commode provençale en merisier sculpté d’époque Louis XV. Puis dans le rayon bon marché, il y avait cette considérable armoire namuroise d’époque Louis XV, haute de 245 cm et large de 217 cm qui ne fit que 1600 €. Belle affaire encore pour un pupitre de musicien au vu du motif décoratif d’ins­ truments, né à Liège au milieu du XVIIIe siècle, Ce beau meuble ne s’est vendu qu’à 850 €. Suivait plus loin dans le catalogue un intéressant piano quart de queue en bois laqué noir de la firme Blüthner à Leipzig, datant de 1978. Il est parti à 5000 €. C’est cette maison qui avait fourni un piano pour le dirigeable Hindenburg; il ne pesait que 162 kg. Les tableaux allaient offrir quelques belles enchères comme les 6600 € frais compris d’une “Vue de la collégiale de

Willem Gérard Hofker (La Haye 1902-1980) a peint ce “Portrait de jeune fille orientale” à l’huile sur carton, signée en bas à gauche, le 28 juin 1968 sous la signature. Prix de vente : 20400 € frais inclus. Dinant” peinte par David Roberts (1796­ 1864), artiste anglais de passage en 1846. A 6500 e sans les frais, Lionel Nagant trouva un preneur pour un très beau bouquet de roses posé sur un entable­ ment, peint par Henriette Knipp, artiste hollandaise bien connue (1783­1842). Les artistes liégeois du siècle passé ne se sont pas très bien venus; il faut dire que

MOSAN

h Lionel et Maxime Nagant

la qualité était un peu maigre. Edgar Scauflaire a un peu sorti la tête hors de l’eau mais c’est surtout Luc Lafnet (1899­ 1939) qui fit parler de lui malgré un re­ trait. On donna en effet 4400 € hors frais pour une toile presque carrée et abstraite peinte en 1929. Ph. Fy. U Infos : www.hvm.be

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l Vente publique

Tout pour les meubles John Wakelin et de William Taylor. Cela me­ sure 42 cm de haut et devrait se vendre à 170000 €. Ils étaient déjà passés en vente en 1976 et à l’époque il y avait quatre pièces; quelle sottise de démembrer des séries de ce genre ! Toujours dans le genre raffiné passera en­ suite une boîte à pilules comme en présen­ taient les frères Kugel à Paris voici un an. Ici il s’agit d’une boîte en pierres dures multicolo­ res, de Jean­Chrétien Neuber (1736­1808); elle date de 1770­1775 environ et fut réalisée à Dresde. Le lot est annoncé entre 290000 et 390000 €. Pour arriver aux meubles meublants et uti­ lisables, viendra une table en pierre dure elle aussi, dont la base sculptée de feuillages et de personnages masculins est florentine et la lame romaine. La pièce mesure 180 x 120 cm et date des années 1720. C’est d’un effet baro­ que et coloré magistral. Quelques musées ita­ liens en présentent d’aussi belles. Pour la pos­ séder, il faudra assumer entre 680 000 et 1,1 million de livres sterling. Une très belle commode françaiseLouis XV attribuée à Des­ forges, vers 1735, semble un cadeau dans cet univers de mille et une nuits, car elle n’est évaluée qu’à 170000 €. Il se fait que le lot suivant, dans le genre mi­ rifique n’est pas mal. On vendra en effet le service de banquet en argent massif du maha­ radjah de Patiala, réceptionné en 1921 (tra­ vail londonnien) et utilisé pour la venue du prince de Galles, futur Edouard VIII, en Inde, en 1922. Il y en a pour 482 kg d’argent tant il y a de pièces et le tout devrait se vendre entre 1,2 et 1,7 million d’euros. Tout est sur le site Ph. Fy. U Infos : www.christies.com.

h Chez Christie’s, on croit encore

Cette figure allégorique féminine de Girolamo Campagna, vers 1582, haute de 186 cm, devrait faire au moins 600000 livres.

CHRISTIE’S

dans le grand genre et le mobilier fastueux. MONTER DES VENTES, C’EST TOUT UN ART. Dans les salles régionales comme les nôtres, on écrème déjà pour s’assurer un minimum de chiffre d’affaires. Alors vous pensez, chez les “British”, sur leurs terres, au cœur de Lon­ dres, une ou deux fois par an, on ne prend que le “top quality” et on roule des mécani­ ques avec une élégance locale qui fait corps avec les fournitures présentées. Le début de ce mois de juillet va être chaud sur les bords de la Tamise. Outre les meubles, il y aura bientôt les tableaux anciens. Et tout le quar­ tier où se trouvent les salles de ventes majeu­ res sera en ébullition car il y aura de ce ven­ dredi 28 juin et jusqu’au 5 juillet la semaine de la sculpture et du dessin. Ce sont donc des dizaines de galeries (dont Katz, au 13 Old Bond Street et Benjamin Proust, au 44 New Bond Street) et de salles à aller visiter si par bonheur vous prenez le train ou le bateau pour aller à Londres. Immanquable donc et d’autant plus que Pappano dirigera Simon Boccanegra de Verdi à Covent Garden du 27 juin au 16 juillet. Les débats du 4 juillet commenceront avec des objets en guise de hors d’œuvre. Le pre­ mier lot sera une paire de candélabres torse en argent massif datant de 1792. Ils dansent comme des starlettes de Hollywood en 1930. On dirait de l’Art déco, gracieux et élégant. Leur modernité saute aux yeux. La paire qui pèse 5,5 kg, est due aux mains ingénieuses de

l Avant-propos

h Ce 30 juin, l’étude Gasser va vendre des travaux de Folon et de ses amis. NÉ À UCCLE, JEAN­MICHEL FOLON (1934­2005) connut son heure de gloire quand Antenne 2 diffusa un de ses génériques avec un petit bon­ homme qui traversait l’espace avec lé­ gèreté et délicatesse. Il avait alors déjà un joli parcours et bien des succès à son actif. Dès les années soixante, Folon frap­ pait imaginations et consciences avec ses dessins de villes tentaculaires pa­ rus dans les grands magazines inter­ nationaux. Graphiste réputé et tenu pour l’un des meilleurs de sa généra­ tion, complice d’un Glaser, d’un To­

por, il rêva soudain de franchir le Ru­ bicon et de devenir un grand artiste. Ses premières aquarelles, emplies de couleurs affectueuses et de bonshom­ mes chapeautés aux allures d’allu­ meurs de réverbères firent illusion. Il peignit aussi des navires sur ses mers pour aventuriers poètes. Bientôt même les affiches succédèrent aux af­ fiches, les images aux images et la coupe soudain déborda, tant qu’il fal­ lut se faire une raison : le gentil Folon s’était laissé manger par la gloire. Il voulut alors ajouter une nouvelle flè­ che à son arc à séductions : la sculp­ ture. Il avait, ce faisant, franchi les bornes et nombreux furent ceux qui regrettè­ rent, à raison, sa gentillesse et son vrai talent d’antan. Il n’empêche : toute une vente d’une collection Folon fa­ miliale ayant appartenu pour part à sa

première femme, la photographe Co­ lette Portal, et à Danièle Folon, la sœur de l’artiste, est sur le point d’être dis­ persée à Strasbourg. Une aubaine car elle recèle non seulement des encres, aquarelles du Folon des années fastes mais aussi des œuvres de certains de ses amis et notamment de Roland Roure, Roland Topor, Gérard Gasio­ rowski, Jean Bazaine, Jean­Loup Sieff. A viser, tout particulièrement, une encre de Julius Bissier, une aquarelle à quatre mains de Folon et Topor, une autre de Folon et Glaser, voire une peinture du père de Topor, Abram To­ por. R.P.T. U Etude Gasser et Associés à l’Hôtel Cap Europe, 6 rue Bitche, 67000 Strasbourg. Exposition le samedi 29 juin, de 10 à 12h et de 14 à 17h et le dimanche 30, de 10 à 12h. Vente le 30 juin à 14h30.

GASSER

Grande vente Folon à Strasbourg

Cette aquarelle de Folon sera un des clous de la vente de ce 30 juin à Strasbourg.

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l Au marteau

HORTA

Horta en toute diversité

Cette magnifique pendule française “Aux Chinois”, vers 1750, fut adjugée à 38400 €.

h Fin de saison et mer tranquille du côté de Schaerbeek.

h Un petit cuivre de van Kessel se trouve sur la première marche. AVANT DE REPRENDRE LES 8 ET 9 septem­ bre une saison d’automne qui s’annonce chargée, Dominique de Villegas, directeur de la salle, a battu ses dernières cartes du se­ mestre et s’en est montré content. Dans une salle bien pleine à nouveau, les deux soirées de ventes de ce mois de juin (les 17 et 18 pour être précis), permirent de ven­ dre près de 80 % des lots. Quelques­uns, très diversifiés de genres, se sont distingués. La plus belle enchère est tombée sur un petit cuivre (19 x 29 cm), un peu sombre, de Jan van Kessel datant des années 1660. Il figu­ rait une ribambelle d’animaux de nuit, ce qui expliquait partiellement l’obscurité gé­ nérale de la vue. Le lot était accompagné d’expertises des galeries Finck puis De Jonc­ keere, jadis installées à Bruxelles. Ce Kessel s’est vendu à 45 600 €. Le deuxième meilleur prix a été adjugé pour un violoncelle de modèle “Monta­ gnana”, qui était peut­être vénitien et data­ ble vers 1780. Il portait une signature apo­

cryphe selon le catalogue, d’Andelmo Bello­ sio. Avec son archet belge plus récent le violoncelle a été cédé contre 40 800 €. Puis vint le tour d’une admirable pendule “Aux Chinois” portant un mouvement signé par Ragot à Paris. L’objet très Louis XV et presque rocaille en bronze ciselé et doré a été prisé à 38 400 €, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent. Restons dans le bronze mais patiné cette fois, pour évoquer une autruche courant, créée par Albéric Collin (1886­1962), datant de 1926 et fondue chez Valsuani. Cette pe­ tite bête de 46 cm fit courir le monde et le marteau chut à 21 600 €. La descente se poursuivant, nous attei­ gnons les 18 000 € pour une toile du Paulus, peinte en 1936 et intitulée “La Ramascaille”. C’était une toile de belle taille faisant 101 x 111 cm. Le tour d’apparaître dans notre éphémère lumière vint ensuite pour un brillant monté en solitaire, pesant 2,40 ca­ rats et vendu à 17 400 €. Puis il y eut une tri­ plée de 14 400 € pour un autre solitaire, un peu jaune et ancien, pesant 2,97 carats. Ce fut le même prix donc pour une composi­ tion en technique mixte de Victor Vasarely datée de 1974 au dos de la feuille dorée col­ lée sur panneau. Enfin, ces 14 400 € couron­ nèrent une paire de candélabres français vers 1800, dont les fûts étaient ornés de tê­ tes de béliers. Ph. Fy.

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L'actu

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l A la Maison de la Bande dessinée

Will, merveilleux dessinateur et chaleureux chantre de la beauté h Une exposition de planches du dessinateur

UN AN APRÈS UNE EXPOSITION à la galerie Champaka (cf. “Arts Libre” du 18 mai 2012) qui prouva que les col­ lectionneurs s’arrachent désormais ses œuvres – dont la cote est en ascen­ sion vertigineuse – et coïncida aussi avec la publication, sous la direction d’Eric Verhoest, d’une superbe mono­ graphie, “Le Jardin des couleurs”, co­ produite par Champaka Brussels et Aire Libre (Dupuis), c’est au tour de la Maison de la Bande dessinée, atte­ nante à la Gare centrale, de rendre hommage à Will. On l’on félicite et s’en félicite : courez­y ! Montée par le directeur de la Maison, François Deneyer (fondateur du re­ gretté musée Jijé), cette rétrospective réunit des œuvres en provenance de collections privées; rien donc n’est à vendre. Œuvres qui montrent les fa­ cettes du talent de Will, pseudonyme de Willy Maltaite – né à Anthée le 30 octobre 1927, décédé à La Hulpe le 18 février 2000 – qui fut formé artisti­ quement, au sortir de l’adolescence, par Jijé, ce géant de la BD européenne

qui, sous son nom, Joseph Gillain, se doublait d’un peintre magnifique, Ré­ dacteur du catalogue de cette exposi­ tion qui rassemble des planches origi­ nales de “Tif et Tondu” (que Will mit en page de 1949 à 1991) et de “Isa­ belle” (de 1972 à 1995) et quelques toiles au charme irrésistible, Pierre­ André Dionnet observe avec raison que le magistral’illustrateur du “Jardin des Désirs”, de “La vingt­septième Let­ tre” et de “L’Appel de l’Enfer” est un des dessinateurs de bande dessinée “de tout premier plan de la seconde par­ tie du vingtième siècle”. Cette exposi­ tion confirme, ô combien !, ce juge­ ment. Et elle enchantera ses visiteurs qui formuleront avec nous le vœu de voir un jour prochain aux cimaises, par dizaines cette fois, les oeuvres pic­ turales du si bel artiste qu’est Will. Francis Matthys U La Maison de la Bande dessinée (1, boulevard de l’Impératrice, 1000 Bruxelles. Tél. O2­502.94.68). Jusqu’au 24 novembre 2013, tous les jours de 10 à 18h, sauf le lundi.

WILL/MAISON DE LA BANDE DESSINEE

de “Tif et Tondu” et de “Isabelle” ainsi que de quelques œuvres où Willy Maltaite immortalise en couleurs des créatures de rêve.

Fabuleux coloriste, le metteur en page de tant de “Tif et Tondu” fut aussi un poète du pinceau.

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