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Vente publique

Le marché

A la découverte des peintures/sculptures de l’artiste Samuel. PP.4-5

La tradition à l’honneur chez Vanderkindere la semaine prochaine. PP.14-15

Cornette de Saint-Cyr va donner une belle vente d’art contemporain. PP.10-11

CORNETTE DE SAINT CYR

Expo en vue

Commentaire

Supplément à La Libre Belgique - N°183 - Semaine du 19 au 25 avril 2013

EMMANUEL BAYON/ DELPHINE DEGUISLAGE / AURELIE GRAVAS / CEDRIC VAN TURTELBOOM / MORGANE DEFFENSE / MELANIE GERAY/ THOMAS VANDEN DRIESSCHE / ROMAIN CADILHON / ZAZA BERTRAND / ANNABELLE MILON

Quand souffle un vent plaisant Par Roger Pierre Turine

LES

EXPOSENT

PP.2-3

C’est parti pour le Prix Jeune Artiste d’Arts Libre ! A constater de visu à la Médiatine à partir du 25, le cru 2013 devrait réserver son lot d’agréments. Plusieurs dessinateurs et dessinatrices parmi eux : les créateurs ont retrouvé le chemin de la spontanéité, du premier geste, de l’intimité avec le support, de la ligne et de ses pouvoirs infinis. Il de­ vrait y avoir de beaux dessins, toutes va­ riantes actuelles, dans les foires bruxelloises en effervescence : Art Brussels, Slick, Poppo­ sitions, Off Art Fair. Sans oublier la Maison Particulière, ses surprises régulières à tous les étages. De son côté, le Drawing Now parisien, septième et excellente édition du Salon du Dessin contemporain, vient de s’illustrer au Carrousel du Louvre. Pour en avoir arpenté les allées, il semble évident de dire que le dessin est à nouveau à la une de bien des préoccupations. Œuvres plus abor­ dables en des temps de disette financière ? Pas seulement ! Expression à part entière plus encore qu’étude ou croquis comme il le fut dans le temps, le dessin est le moyen le plus simple, le plus direct pour partager ce que l’on ressent. Devant la feuille blanche peut­être, face au monde plus expressé­ ment. Ce septième Salon avait tout pour plaire. Des stands clairs, aérés, représenta­ tifs de toutes les tendances, venus d’un peu partout. Vedettes consacrées et néophytes s’y croisaient dans une saine ambiance sans agressivité. Peu de vacuités, pas de poules aux œufs d’or, du beau monde, de subtils papiers. Retrouvailles et rencontres. Peu d’inédit, mais des confirmations et un sang neuf qui ne se tord pas la queue en se croyant malin. Au hasard des allées, épin­ glés : la Galerie Heide, de Londres, ses Sarah Bridgland et Thomas Müller (présent aussi chez Vidal Saint­Phalle); la Galerie C, de Neuchâtel, et les pierres noires de Guy Oberson; l’armada Lelong, ses valeurs d’ex­ ception; de superbes encres cavalcades de Michaux chez Tessa Herold; des aquarelles de Barthélémy Toguo sur trois fronts : Le­ long, Nosbaum et Reding (de Luxembourg), Hadrien de Montferrand (de Pékin). L’art figuratif en verve, le construit aussi : Vera Molnar, François Morellet, Ode Bertrand, Galerie Particulière; Bénédicte Henderick chez Catherine Putman… Les galeries belges, Pascal Polar, Mazel, Kusseneers. Sans oublier, à Lille, la stupéfiante prestation d’Ernest Pignon­Ernest aux Beaux­Arts et à l’Hospice Comtesse. Que du dessin épris de vérités !

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


L'actu Zaza Bertrand

Romain Cadilhon

ROMAIN CADILHON

AMMANUEL BAYON

Emmanuel Bayon

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

ZAZA BERTRAND

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Dans Cool Places, Zaza Bertrand trace par petites touches le portrait d’une jeunesse aux prises avec la globalisation. De ses photos de Gand, de Panama City ou de Tokyo, il se dégage quelque chose de troublant qui relève du rapport à l’image. Plus exactement d’une dépendance aux codes hyper sexualisés de la mode, d’un formatage de l’apparence et du comportement par les industries des vêtements et des cosmétiques. Par ses clichés saisis en immersion, Zaza pose en fait la question de l’acculturation généralisée, voire de l’anomie qui guette en coin nos sociétés dont elle décrit néan- moins les contextes singuliers. Ce “si loin, si proche” témoigne en fait d’une maturité précoce de la part de cette jeune femme dont les premières lignes du curriculum vitae sont déjà impressionnantes. (J-M. Bo)

en planche. Sa couleur est le rouge. Son site d’intervention est la ville et partout là où l’espace publique présente des blessures, des manques, des cicatrices non refermées, des sources d’accidents potentiels, des trous, des structures cassées… Son mode opératoire est la réparation sur place à la manière d’un secouriste de la Croix rouge. Ce Français du Nord né en 1988 qui vit à Tournai parsème les villes de signes bien visibles dans une forme esthétique de l’urgence. Ses signaux de dangers relèvent des bonnes actions sociales et sociétales, de l’économie douce et durable car recyclés, ils améliorent l’environnement quotidien. Cet art éphémère consigné en photographies et en vidéos trouve aussi sa pérennité dans l’éveil du regard sur les choses. (C.L.)

ment à parfaire un travail, sa manière de s’affirmer dans la vie. De grands dessins. Des têtes, des reliefs boisés. Noirs profonds, veloutés. Le fruit de longues patiences. Les visages : des interprétations monumentales d’une tête de jeunefille de Rodin, que l’artiste s’est appropriée en ajoutant des détails. Travail au fusain, doublé de fusain comprimé. Idem ses brindilles, qu’on prendrait pour des branches : “Je photographie et compose l’image sur l’ordinateur, je dessine ensuite en grand.” Seul compte le dessin, son envergure, ses profondeurs, ses mystères, son rayonnement. Autre quête : de grands dessins aux allures monochromes, réalisés à la poudre de graphite argenté. Nuance des tonalités d’un côté, profondeur des noirs de l’autre. 29 ans, Français, Cadilhon trace sa voie. Ainsi a-t-il dessiné les encadrements de tableaux de maîtres, vus de face, de troisquarts… “Je veux qu’on apprécie le dessin en tant que dessin.” Du baroque à l’épuré. (R.P.T.)

Aurélie Gravas

MELANIE GERAY

Mélanie Geray

La simplicité avant tout. Et un acharne-

A URELIE GRAVAS

Annabelle Milon

Française, 32 ans, Mélanie Geray est une jeune artiste qui ose encore en appeler aux techniques éprouvées, à une écriture qui aime les histoires, les lumières ! Son premier souci fut d’apprendre à représenter. La Belgique et Saint-Luc lui ont permis de disposer des outils aptes à la mener pas à pas à ce qu’elle voulait, la narration à travers diverses approches. “J’aime travailler en négatif et je suis allé voir en classe de gravure. J’y ai découvert ce qui ressemblait à du fusain en plus précis; on m’a dit que c’était la manière noire. J’ai compris que c’était la réponse à mes désirs !” Et la garantie d’un travail à la dure. Peu importe : “envers et contre tout”, c’est sa devise. Finesse de ses portraits, délicatesse des lumières incidentes et profondes. Point de dilettantisme. Geray entend tout contrôler, mélange les techniques, apprécie les surprises de l’impression, pourvu qu’elles la satisfassent ! Elle aime rêver, s’inventer des histoires, parer ses modèles de vêtements à l’ancienne. Elle apprécie le travail à la main, que rien, jamais, ne remplacera. Elle a une ardeur d’avance ! (R.P.T.)

ANNABELLE MILON

Son matériau de prédilection est le bois

Pour elle la peinture doit être instinctive, elle doit venir d’elle-même, elle est créatrice de sa propre image, de son propre état et surtout, “elle doit vibrer” ! Française, installée en Belgique depuis près de dix ans, Aurélie Gravas veut que rien ne soit prémédité, “Il faut, dit-elle, aborder la peinture elle-même bien davantage que le sujet et surtout ne pas s’enfermer, laisser agir jusqu’à ce que ça se tienne; il faut prendre le temps de regarder la peinture s’accomplir.” Sa recherche fondamentale est la conquête progressive d’une liberté la plus totale possible, celle qui fait que la peinture est à la fois la pensée, le faire et le plaisir. Chaque toile est un devenir potentiel qui ne s’explique pas nécessairement, qui n’exige pas forcément d’interprétation rationnelle. Si ses sujets entretiennent des liens avec le réel, leur réalité tient du mystère et leur approche est libre. (C.L.)

Française, 24 ans, Annabelle Milon va de l’avant ! Du genre qui cogne. Il aura suffi d’une remarque d’un prof pour que le déclic opère, tourneboule une sage écolière en énergumène à cran contre les entraves à la vérité. Etudes en gravure à La Cambre et jury de fin de licence. Toma Muteba Luntumbue lui mit le feu aux poudres : “Ringard et vide !” La dame se le tint pour dit, fila à Istanbul, direction école d’art traditionnel. Pas longtemps ! Elle s’y rebella, découvrit le féminisme, s’ancra dans une autre façon de voir et s’exprimer. Place à la performance : œuvrer sur l’incommunicabilité. Sur l’humiliation, la honte dans l’intimité. Etre contemporaine en gravant. Elle inventa le gaufrage d’e-mails pour une correspondance entre intervenants aux idées opposées. Déborda sur l’aquarelle, le collage, un art conceptuel et une quête : l’identité, à travers toutes sortes de techniques. (R.P.T.)

h Nos dix jeunes artistes ­ Arts Libre exposent à la Médiatine (Centre culturel Wolubilis) à Bruxelles du vendredi 26 avril au dimanche 26 mai. Voici un petit panorama de leurs oeuvres. Ne manquez pas l’exposition !

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L'actu

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

Morgane Deffense

MORGANE DEFFENSE

Delphine Deguislage

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DELPHINE DEGUISLAGE

Diplômée de la Cambre, Morgane Def-

Formée à la sérigraphie, technique à laquelle elle recourt encore, l’artiste d’origine namuroise a rapidement pris possession de l’espace dans des interventions in situ qui la conduisent tout naturellement au traitement du volume et de la mise en perspective de l’ensemble des éléments selon un point de vue déterminé. Depuis, cette “une manuelle qui apprécie avant tout le geste créatif” s’est aussi intéressée au corps humain, aux notions de plaisir, de désir et de séduction qui y sont liées. Dans cette sensibilité qui ouvre grande la porte de l’imaginaire elle conçoit des objets sculptures amorcés sans préméditation et accomplit dans l’intuition ses réalisations souvent à partir de composantes recyclées, associées en accord ou en conflit, insolites et ponctuées chromatiquement. (C.L.)

Thomas Vanden Driessche

THOMAS VANDEN DRIESSCHE

CÉDRIC VAN TURTELBOOM

Cédric Van Turtelboom

fense manie la porcelaine depuis sa première année d’études. Si elle se tourne aujourd’hui vers d’autres matériaux qui pourraient tout aussi bien servir ses idées foisonnantes, la majeure partie de ses oeuvres sont en céramique. Intéressée par le design, elle travaille sur l’objet, son sens, son utilité. “J’aime travailler sur l’idée de l’empreinte, de la mémoire, du positif et du négatif, c’est une sorte de jeu sur la fonction”, explique-t-elle. Dénués de leur utilité, ses objets deviennent œuvres à part entière, à la fois présents dans la forme mais absents. Ainsi de “savons” en porcelaine, si réalistes qu’on pourrait jurer qu’ils sont vrai ou une théière qui donne l’impression que l’objet premier est toujours à l’intérieur. Un petit monde insolite et touchant offrant un regard différent sur les objets du quotidien. (CdM)

Les cadrages de Cédric Van Turtelboom obligent le spectateur à être complice d’une lucidité mâtinée d’une douce ironie. En cela ils sont caractéristiques de ce jeune auteur remarqué dès la fin de ses études de photographie par le jury du Prix Jeune Peinture 2010. Dans sa série “Noroc” qu’il présenta pour l’occasion à Bozar, il y avait déjà cette faculté incroyable à transformer le quotidien en l’occurrence celui de la Roumanie qu’il visita souvent en un interminable tableau surréaliste. En fait, c’est en défricheur des hétérotopies de la surmodernité qu’avance Cédric Van Turtelboom. Les temps ne sont plus à la dénonciation des gâchis de la société industrielle, mais avec lui à l’apprentissage d’une vie nomade dans les no man’s land du sens. (J-M Bo)

Ce sont ses photographies qui nous disent le mieux ce qui fait courir depuis quelques années Thomas Vanden Driessche. Manifestement, ce membre du collectif Out of Focus est un fabricant d’images ancrées dans le réel. Pour le dire autrement, c’est un vrai photographe qui recherche avant tout de dépayser notre regard. De provoquer un décentrement qui nous fasse sortir de nos habitudes visuelles. Ce qui est en fait le principe même d’une approche anthropologique bien comprise, à savoir, se situer ailleurs pour mieux parler de chez soi. Comme par exemple s’embarquer dans un reportage sur la gigantesque entreprise indienne Tata pour y retrouver la dureté du travail, mais aussi le paternalisme d’entreprise qui étaient les nôtres il y a 60 ans encore. (J-M Bo)

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L'actu

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

l Expo en vue

La peint h La jeune galerie

COURTESY L’ARTISTE ET ALBERT BARONIAN, BRUXELLES

parisienne récemment dédoublée à Bruxelles donne à découvrir les peintures/sculptures de l’artiste français Samuel. L’IMAGE DOMINE TOUT LE TRA­ VAIL alors qu’au tout premier abord on serait plutôt persuadé qu’une part d’abstraction habite ces peintures qui ressemblent cu­ rieusement à des plans que l’on aurait dressés et posés au mur comme des tableaux. Nos habitu­ des de perception nous jouent des tours. A moins que ce ne soit l’ar­ tiste qui, en connaissance de cause, joue sur ces habitudes pour perturber volontairement notre vision ! Sur la surface plane des ta­ bleaux viennent se poser comme autant de structures architectura­ les réduites à leur plus simple ex­ pression de parallélépipède, des bâtonnets, volumes géométriques réguliers, ressemblant à des im­ plantations urbanistiques aux di­ mensions variables. Cet aspect et le fait qu’ils soient colorés en tons nuancés dans une même gamme ou en teintes variées ajoutent à la confusion première d’autant plus que le sujet d’une des peintures de l’entrée corrobore l’impression première d’urbanisation et qu’en sus, celle de la vitrine, vue de dos, puis de haut vers le bas, accentue encore l’effet de relief obtenu par des volumes colorés. En utilisant ce procédé, le pein­ tre français Samuel nous oblige à nous interroger sur la raison de la présence de ces bouts de bois im­ plantés au sein des peintures, à considérer leur structure, leur forme, à nous approcher d’eux, à examiner leurs différences, pour constater que ce sont de simples volumes géométriques réguliers.

Stanley Whitney, “Parisian Blue”, 183 x 183, huile sur toile, 2012.

l Expo en vue

h Première belge pour un peintre américain, bel héritier d’une puissante tradition picturale. Sa reconnaissance est internationale. EN NOUS EN PARLANT lors d’une ren­ contre impromptue où il fut aussi beau­ coup question de vélo, et pourquoi pas, Albert Baronian savourait cette pré­ sence de Whitney en sa galerie : “Voilà de la vraie peinture”, nous disait­il, de la gourmandise dans la voix et dans l’œil. Epicurien jusqu’au bout de ses cigares havane, d’un vin de cru ou de sa passion vélocipédique, ce presque patriarche des galeristes bruxellois était manifes­ tement fier de présenter un artiste en­ core et surtout concerné par un mé­ dium qui fut tant décrié et retrouve dé­ sormais une place de choix dans le landerneau imprévisible d’arts actuels

Bio express Né à Philadelphie en 1946. Vit et travaille à New York et à Solignano, en Italie. Nombreuses expos internationales depuis 1970. Biennale de Venise en 2003, de Dakar en 2004. En 2012, expo au National Academy Museum de New York.

souvent bien en panne de clairvoyance et d’audaces véritables. On ne balaie pas la peinture d’un revers de brosse : At­ tention, peinture fraîche, pas de mise au rancart qui tienne ! Bien sûr, il y a pein­ ture et peinture, et à chacune ses té­ moins de choc et ses suceurs de roue, ses croûteux. Celle de Whitney présente l’avantage de s’inscrire dans un long courant de re­ cherches sur l’identité effective d’une peinture qui serait… peinture avant tout. Son propre et seul sujet. En marge ou a contrario d’une peinture avec objet en bandoulière, figurative ou non d’ailleurs. Depuis que le XXe siècle a fait du ménage dans la confrérie des pein­ tres et des quêtes plastiques, il en est une qui s’est arrogé un pouvoir exorbi­ tant et pourtant salutaire : valoriser l’acte de peindre en tant qu’acte et la peinture en tant que jubilation chroma­ tique, matiériste, structurelle. Stanley Whitney est un adepte éclairé de cette dernière façon de peindre, de voir, d’en­ tendre. Ce qui ne l’empêche pas, loin de là, et justement pour cela, d’avoir ses ré­ férences particulières à travers les arts, peinture, poésie, littérature, musique. Vu grossièrement, Whitney peint des carrés de couleur de dimensions varia­ bles et à intervalles irréguliers, bien qu’acoquinés les uns aux autres, de quoi former un tableau. Un tableau qui, tout aussi platement vu, ressemblerait comme deux gouttes d’eau au tableau d’à côté… S’il n’était d’essentielles diffé­

rences dans les verticales et horizonta­ les, dans la grandeur des carrés ou rec­ tangles, dans l’identité chromatique de chacun d’eux. La preuve par sept dans cette exposition qui, sous le titre géné­ rique de “Goya’s Lantern” rassemble, de “Big Dipper” à “Juicy Blue” ou “To­ day’s News”, sans oublier, effectif à son tour, “Goya’s Lantern”, sept appropria­ tions différentes de l’espace, des struc­ tures, des couleurs. Des sons même qu’elles dégagent entre les lignes. “La couleur est ce qui donne leur structure aux peintures”. On peut ajouter : leur musi­ que. Et, depuis près de trente ans, Whi­ tney va à l’abordage entre lignes, carrés et rectangles, découpes d’espace, cou­ leurs, le processus s’avouant imprévisi­ ble et inconnu. Il est l’exemple type d’un artiste au cœur de sa peinture. Ab­ sorbé par elle avec les lumières qui lui surgissent, les voix qu’il entend, les dé­ rivations qu’il capte, l’imprévu qu’il as­ sume. Jeu de couleurs, de différents coups de brosse ou de pinceau, ponc­ tuations de jaune sur jaune, de vert sur vert, horizontales plus que verticales, une lumière en accroche­cœur. De légè­ res coulées et, par­dessus tout, des har­ monies irrégulières. On imagine aisé­ ment le plaisir du peintre, sa brosse à la main. Roger Pierre Turine U Galerie Albert Baronian, 2 rue Isidore Verheyden, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 11 mai. Infos : 02.512.92.95 et www.albertbaronian.com

COURTESY GALERIE LAZAREW PARIS/BRUXELLES

Couleur et structure : Stanley Whitney

“Abeille”, 2012, 70 x 100 x 20 cm, bois, acrylique, vis sur forex.

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L'actu

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

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COURTESY GALERIE LAZAREW PARIS/BRUXELLES

ure d’images en relief

Samuel, “Marianne”, 2012, 120 x 150 x 30 cm, bois, acrylique, vis sur forex.

“La notion du temps est d’autant plus présente que chaque pièce est le fruit d’un long travail de patience et de précision.” Laura de Pontcharra Et quid ? Intrigue ! Surtout quand ces intrus se substituent à la figure centrale d’un tableau des plus connus, le célèbre “La Liberté guidant le peuple” (1830) d’Eugène Delacroix ! En fait l’œil va s’habituer à cette pratique et il suffit de prendre quelque distance pour s’aperce­ voir que l’artiste s’est simple­

ment emparé de l’image pour le reconstruire à sa façon, c’est­à­ dire en relief qui s’avance vers nous comme si elle sortait du support. Tout le processus est donc une manière d’obliger le regard à se focaliser sur le sujet et à prendre le temps de le con­ sidérer, de l’analyser, de s’inté­ resser à lui. Et ce n’est point un hasard si c’est, en l’occurrence, La Liberté, femme portant le drapeau qui est ainsi traitée, l’auteur marque clairement son attachement à cette partie du tableau et à sa symbolique. Les autres motifs choisis, des por­ traits, des images de publicités ou de comics marquent ce même attachement personnel aux figures reprises. Bien qu’il soit particulier, ce principe créatif rejoint celui uti­ lisé en peinture, au départ de photographies, par l’artiste américain Chuck Close depuis les années septante, repris par d’autres notamment sous forme de collages et abondamment utilisé pour des images publici­ taires. L’intérêt réside donc dans l’utilisation du relief (peinture

bas­relief) et dans le fait que le processus rejoint les images d’écrans pixellisées potentielle­ ment décomposables jusqu’à l’abstraction. C’est­à­dire la dis­ parition, l’effacement, la mort de l’image. Cette dissolution du motif par une forme de cubisme (sens premier) technologique correspond aussi à une réappro­ priation, une réinterprétation personnelle du sujet et à une autre réalité bien éphémère, en­ tre existence et absence, qui ré­ sume toute vie. La représenta­ tion de l’abeille est en ce sens des plus significatives. Claude Lorent

Bio express L’artiste français Samuel, né en 1973, vit et travaille dans le Nord à Dunkerque. Il expose régulièrement depuis 1995 et a effectué des résidences dans des établissements publics de santé mentale. Depuis 2011, il se consacre à sa pratique actuelle souhaitant “prendre le contrepied d’une société de zappeurs”. Il participe en ce moment à la foire OFF avec la galerie Lazarew Paris/Bruxelles.

Infos pratiques Samuel. Œuvres récentes. Galerie Lazarew, 112, av. Louis Lepoutre, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 18 mai. Du mercredi au samedi de 14h à 19h.

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Les galeries

Personnages

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

Plensa et la diversité humaine

COURTESY GALERIE LELONG & ARTIST

En art, les grands d’Espagne ont rarement manqué à l’appel ! Et, si celui­ci, Jaume Plensa (1955), est un Catalan de Barcelone, il ne fait certes pas mentir notre exergue, ni une vérité ibérique qui puise ses racines dans les tréfonds d’âmes marquées au fer rouge de la fierté, de la dignité, de l’ardeur en toute saison. Plensa est une valeur sûre de la création catalane actuelle et il est bien connu et apprécié en Belgique, où nous l’avions découvert, dès les années 80, avec ses énormes boules de bronze qui défiaient l’espace de leur arrogance bénéfique. Une rétrospective de son œuvre gravé fit les beaux jours du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée à La Louvière et, à l’occasion de Beaufort 2012, un de ses énigmatiques humanoïdes, tout en lettres et chiffres ajourés, actualisait avec à­ propos le décor de l’auguste Abbaye des Dunes, à Coxyde. Jaume Plensa crée des œuvres qui sont “autant de miroirs de la diversité humaine”. Pour y parvenir, il adopte des formes qui peuplent son environnement. Sa petite exposition de la librairie de

Galeries BRUXELLES A.L.I.C.E. Détails d’une rue. Oeuvres d’Olivier KostaThéfaine. ‣ Jusqu’au 30·04. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles 02 513 33 07 - www.alicebxl.com

URue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles 02 512 49 43 - www.galeriedumont.be

B-Gallery Liquidation Totale. Installation de Marion Fabien. ‣ Jusqu’au 27·04. Du Me. au S. de 13 à 18h, fermé les j.f. UGalerie Bortier - Rue Saint-Jean 17 1000 Bruxelles - 02 279 64 03 www.brupass.be

Catherine Bastide KONSMO. Jacques André achète, compulAlbert Dumont sivement. En achetant et en exposant, il Carl Bruyninckx. ‣ Jusqu’au 28·04. Du J. crée des liens précédemment distendus ou dissociés entre des choses dites de valeur au D. de 13h30 à 19h ou sur rdv.

et des choses qui n’en ont pas, en affectant leur statut par des manipulations de matière ou de marché. ‣ Du 20·04 au 24·05. Du Ma. au S. de 11 à 18h ou sur rdv. URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 Bruxelles 02 646 29 71 www.catherinebastide.com

la Galerie Lelong est un modèle du genre. Une dizaine de pièces suffit à y corser l’ambiance de valeurs fortes. On est d’abord saisi par l’impact de ses “Yorkshire Moss” (illu.), têtes ou personnages en pied entièrement composés de lettres et chiffres, sortes de rappel de nos contingences. Ajourés, ils répercutent à l’envi cette espèce de fabrication hybride qui, quoi qu’on veuille, conditionne et gère notre prétendue humanité. Troublantes et attrayantes éditions en bronze et en huit exemplaires sur socles de bois ou posées sur un caillou. Il y a ses estampes à deux têtes, “Nuria et Irma”, gravures sur aluminium de 2012, tirées en trente exemplaires. Deux têtes s’y font face, dialogue incertain. Et ses “Silhouettes” photographiées et gaufrées, ses “Shadow”, impressions numériques et gaufrages… Des témoignages vivants. (R.P.T.)

U Galerie Lelong, 13 rue de Téhéran, 75008 Paris. Jusqu’au 4 mai. Infos : www.galerie­lelong.com Paris avec Thalys : www.thalys.com

URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles 02 514 91 52 ou 0475 26 94 08 www.galeriechampaka.com

Jan Mot Fictionnalisme: une pièce à conviction. Oeuvres de Jean Brolly, Georges Bully, Herman Daled, Lidewij Edelkoort, Françoise Crown Gallery Massimo Vitali. ‣ Jusqu’au 27·04. Du J. Epstein, Dominique Païni et Michel Tournereau. ‣ Jusqu’au 20·04. Du J. au S. de 14 au S. de 14 à 18h. à 18h30 ou sur rdv. UNouveau Marché aux Grains 13 - 1000 Bruxel-

URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles les - 0475 52 18 72 Champaka 02 514 10 10 - www.janmot.com Ted Benoit. Il est l’un des fondateurs de la www.crowngallery.be Nouvelle Ligne Claire. D’abord marqué par Joye Gallery le style “underground” cher à Crumb, l’ar- Emilie Dujat tiste entame ensuite une marche vers une L’Homme. La galerie réunit une vingtaine Matthew Crasner. ‣ Du 25·04 au 25·05. ligne claire postmoderne symbolisée par d’artistes contemporains et modernes, Du Ma. au S. de 14 à 18h. Ray Banana. ‣ Jusqu’au 05·05. Du Me. au tous média confondus. Oeuvres de Salva- UChaussée de Vleurgat 125 - 1000 Bruxelles S. de 11 à 18h30, le D. de 10h30 à 13h30. dor Dali, Renaud Allirand, Luis Caballero, 02 646 69 09 - www.joyegallery.be Bruce of Los Angeles, Jean-Marc de Pelsemaeker... ‣ Jusqu’au 30·06. Les J. et V. de Keitelman Gallery 11 à 17h, le S. de 11 à 18h et le D. de 11 à Distrates. Oeuvres de Carmen Perrin. ‣ Du 20·04 au 29·06. Du Ma. au S. de 12 16h ou sur rdv. URue Ernest Allard 22 - 1000 Bruxelles à 18h. 0475 83 31 67 - www.galeriemiliedujat.com

URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com

Espace Blanche Eva Delvaux. La plupart de ses oeuvres Maruani & Noirhomme Gallery font appel à la sculpture (bois, terre), au Wendy White. L’artiste est connue pour la moulage (plâtre, résine), à la peinture réalisation d’oeuvres qui étendent les pa(huile, acrylique), à la restauration, au ramètres de la peinture, grâce à l’utilisatextile et à la menuiserie. ‣ Jusqu’au tion de toiles multiples, d’additions sculp28·04. Du L. au D. de 14 à 18h (présence turales et d’installations in situ. ‣ Jusde l’artiste les S. et D.). qu’au 31·05. URue Marché au Charbon 3 - 1000 Bruxelles 02 510 01 41 - www.espaceblanche.be

URue de la Régence 17 - 1000 Bruxelles 02 512 50 10 - www.alain-noirhomme.com

Etablissement d’en face projects Meessen De Clercq Steinar Haga Kristensen. Installations. Marieta Chirulescu. ‣ Jusqu’au 04·05. ‣ Jusqu’au 21·04. Du Me. au D. de 14 à Du Ma. au S. de 11 à 18h. 18h. Mario Merz. ‣ Jusqu’au 04·05. URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles The Smuggler’s Outfit. Peintures de Kelly 02 219 44 51 www.etablissementdenfaceprojects.org Schacht. ‣ Jusqu’au 04·05. URue de l’Abbaye 2 - 1000 Bruxelles -

02 644 34 54 - www.meessendeclercq.com Fine Art Studio Hypnotic Red. Peintures de Cathy Devylder. ‣ Jusqu’au 18·05. Du Me. au S. de 11 Petits Papiers Fractures. Un état des lieux des recherches à 18h ou sur rdv. URue des Sablons 13 - 1000 Bruxelles menées par Denis Deprez à propos de 02 514 25 92 ou 0475 82 52 76 l’image-paysage. ‣ Jusqu’au 28·04. Du www.fineartstudio.be Me. au S. de 11 à 18h30, le D. de 11 à 17h. Tommi Musturi. Une exposition consacrée Galerie Paris-Beijing au chef de file de la bande dessinée et de Liu Bolin. Artiste contestataire, il est sur- l’édition indépendante finlandaise. ‣ Justout connu pour ses photos de lui-même qu’au 28·04. dissimulé dans des décors insolites. La ga- UPlace du Grand Sablon - Rue de Bodenbroek 8 lerie lui consacre une rétrospective. ‣ Jus- 1000 Bruxelles - 0478 31 92 82 qu’au 11·05. Du Ma. au S. de 11 à 19h. www.petitspapiers.be URue Hôtel des Monnaies 66 - 1000 Bruxelles 02 851 04 13 www.galerieparisbeijing.com

Pierre Hallet Je ma Muse. Peintures de Jacqueline Devreux, déclinaisons d’autoportraits au réGladstone Gallery Kalendergeschichten. Oeuvres d’Hanne cit davantage autofictif qu’autobiographiDarboven. ‣ Jusqu’au 27·04. Du Ma. au V. que. ‣ Jusqu’au 09·05. Du Ma. au S. (fermé le Me.) de 14h30 à 18h30, le D. de de 10 à 18h, le S. de 12 à 18h. URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles 11h30 à 13h30. 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com

URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles 02 512 25 23 www.galeriepierrehallet.com

Greta Meert Yaw. Peintures de Koen van den Broek. ‣ Du 20·04 au 29·06. Du Ma. au S. de 14 Sorry We’re Closed Flat Retrospective. Oeuvres de Dan Perjoà 18h. URue du Canal 13 - 1000 Bruxelles vschi. ‣ Jusqu’au 18·05. Uniquement sur 02 219 14 22 - www.galeriegretameert.com rdv. URue de la régence 65 - 1000 Bruxelles -

Group 2 Gallery 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com Zéphir Busine. Huiles, gouaches et encres. ‣ Jusqu’au 27·04. Du Me. au S. de 14 à Synthèse 18h. Alberto Cont. Toiles et papiers. ‣ JusURue Blanche 8 - 1000 Bruxelles - 02 539 23 09 qu’au 25·05. Du J. au S. de 14h30 à http://artalog.net/gallery/gallery.php?id=286 18h30.

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SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

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URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be

105 Besme Out of Empty. Oeuvres de Magali Reus. Dan Van Severen. Une sélection inédite de ‣ Jusqu’au 11·05. dessins et travaux sur papier. ‣ Jusqu’au URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles van der Mieden 15·05. Du 19 au 21·04 de 14 à 19h, les 02 512 92 95 - www.baronianfrancey.com Un air banane. Oeuvres de Freek Wam- autres jours sur rdv. bacq. ‣ Jusqu’au 21·04. Du Me. au S. de UAvenue Besme 105 - 1190 Bruxelles anyspace 0475 29 98 73 - www.105besme.be 14 à 18h. Boris Thiebaut. Son travail plastique peut URue d’Alost 10 - 1000 Bruxelles - 02 513 62 12 suggérer des rapprochements avec - www.vandermieden.com Les Ateliers Galerie de L’Ô d’autres constructions éclatées, à la maLaurent Dufour. Le geste spontané du cé- nière des écrits de William S. Burroughs. Young Gallery ramiste, au graphisme tantôt percutant ‣ Jusqu’au 25·05. Du J. au S. de 14 à 18h Black and White. Winter in town - New- tantôt innocent, suscite l’émotion, l’intersur rdv. York in black. Depuis six ans, Christophe rogation, la remise en question... ‣ Du ou URue Van Eyck 59 - 1050 Bruxelles Jacrot poursuit un projet artistique sur les 25·04 au 18·05. Le J. de 17 à 20h, les V. et 0471 88 26 17 - www.anyspace.be intempéries dans les grandes métropoles S. de 14 à 18h ou sur rdv. de l’hémisphère nord. ‣ Jusqu’au 11·05. URue de L’eau 56a - 1190 Bruxelles Bodson-Emelinckx 0495 28 71 74 - www.galeriedelo.be Du Ma. au S. de 11 à 18h30. The Unexpected Answer. Oeuvres de SiUAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) mon Schubert. ‣ Du 20·04 au 25·05. Du Quadri 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 Juan Paparella. Oeuvres récentes. ‣ Jus- Me. au S. de 14 à 19h. www.younggalleryphoto.com qu’au 17·05. Les V. et S. de 14 à 18h ou URue de Hennin 70 - 1050 Bruxelles 02 648 40 06 - www.bodson-emelinckx.com sur rdv. Artiscope Reine Marie-Henriette 105 Foreshadow. L’artiste florentin Fabrizio UAvenue Bruxelles - 02 640 95 63 Box Galerie Corneli envahit la galerie de ses œuvres 1190 www.galeriequadri.be Les Murmures de la Forêt. Photos de Tadans lesquelles la lumière et les ombres keshi Shikama. ‣ Jusqu’au 18·05. Du Me. sont les composantes essentielles. ‣ Jus- Albert Baronian au S. de 14 à 18h. qu’au 26·04. Du L. au V. de 14 à 18h. Goya’s Lantern. Peintures de Stanley Whi- URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles - 02 537 95 55 UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles tney. ‣ Jusqu’au 11·05. Du Ma. au S. de 12 - www.boxgalerie.be 02 735 52 12 - www.artiscope.be à 18h. duboisfriedland Phalaenopsis. Peintures d’Hervé Ic. ‣ Jusqu’au 04·05. Jusqu’au 20-04: du J. au S. de 13 à 19h, ensuite, uniquement sur rdv.

Tempi

COURTESY GALERIE A. DUMONT, BRUXELLES

URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com

Ardeur et tempérance Absent des cimaises depuis quelques années, on retrouve avec plaisir les chants chromatiques de Carl Bruyninckx dont l’expo est double, voire triple. Les peintures se divisent au minimum en deux temps. Les unes, plus anciennes, sont solidement construites sur des bases verticales dans une alternance de zones calmes fortement structurées en plans à dominante monochrome et en interventions plus souples aux formes libres marquées par une gestualité affirmée. Deux voies entrant en quelque sorte en collision les unes avec les autres, les premières cassant les élans lyriques des secondes. Ces peintures construites par collages de papiers peints, segmentées comme autant de séquences successives, agissent par plans et par un principe de recouvrement, voire de cassure en associant tempérance et nervosité vigoureuse comme des temps d’une suite d’oppositions ou comme des tempi à durées et à intensités variables. Dans toutes ces compositions parfaitement équilibrées on appréciera la qualité des nuances chromatiques et les subtilités lumineuses des teintes rares et audacieuses. Omniprésente, la couleur se libère généralement de la forme dans les séries plus récentes de peintures où la toile se transforme volontiers en cours de récréation. Il y a une volonté de casser les registres précédents qui réapparaissent parfois dans une forme centrale assez ‘aléchinskyenne’qui recouvre, apaise et occulte une part de l’image abstraite initiale. Cette ardeur nouvelle un peu débridée, un peu sauvage, en est à ses élans premiers plus instinctifs que volontairement jugulés. (C.L.)

U Carl Bruyninckx. Peintures. Galerie Albert Dumont, 43, rue Léon Lepage, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 28 avril. Du jeudi au samedi de 13h30 à 19h. www.galeriedumont.be

Elaine Levy Project La Chambre. Oeuvres de Steven Baelen et Elena Damiani. ‣ Jusqu’au 04·05. Du J. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com

Esther Verhaeghe Art Concepts Daniel Enkaoua. Peintures figuratives. ‣ Jusqu’au 15·05. Du Ma. au S. de 14 à 18h. URue Mignot Delstanche 51 - 1050 Bruxelles 0476 28 37 35 - www.estherverhaeghe.com

Fred Lanzenberg Philippe Carpentier. Peintures. ‣ Jusqu’au 04·05. Du Ma. au V. de 14 à 19h, le S. de 10 à 19h. UAvenue des Klauwaerts 9 - 1050 Bruxelles 02 647 30 15 ou 0475 73 40 15 www.galeriefredlanzenberg.com

Galerie Martine Ehmer Tipp-Ex. Peintures de Franca Ravet. ‣ Jusqu’au 19·05. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue de Stassart 100 - 1050 Bruxelles 0473 59 02 85 - www.martineehmer.com

Jozsa Gallery Moi aussi je fais des trucs sympas mais n’oublie pas de brancher la prise !. Oeuvres de Natalia De Mello. ‣ Jusqu’au 18·05. Du J. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. URue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com

Nadine Feront Silent Anatomies. Oeuvres d’Agnes Arnould, Pascale Barret, Ellen Cantor, Sébastien Marciak, Selcuk Mutlu et Jerôme Poloczek. ‣ Jusqu’au 27·04. Du J. au S. de 14 à 18h30. URue Saint-Georges 32 - 1050 Bruxelles 02 640 34 44 - www.nadineferont.com

Nathalie Obadia Shadows Past. Peintures de Pieter Schoolwerth. ‣ Jusqu’au 01·06. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. URue Charles Decoster 8 - 1050 Bruxelles 02 648 14 05 - www.galerie-obadia.com

Puls Contemporary Ceramics Bente Hansen & Joan Serra. ‣ Du 20·04 au 01·06. Du Me. au S. de 13 à 18h. URue du Page 19 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com

Rodolphe Janssen Farhad Moshiri. Une sélection d’oeuvres récentes de l’artiste iranien (peintures, installations...). ‣ Jusqu’au 04·05. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h.

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SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

Photographie

Vander A Gallery Tweex. L’expo livre un constat étonnant de la transmission maître-élève dans le “bijou d’auteur” à travers les écoles supérieures et académies d’art belges. ‣ Du 26·04 au 25·05. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. UAvenue des Saisons 110-112 - 1050 Bruxelles 0495 264 281 - www.vanderagallery.be

Xavier Hufkens According to a given mean. Sculptures récentes d’Antony Gormley. ‣ Jusqu’au 04·05. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue Saint-Georges 6-8 - 1050 Bruxelles 02 639 67 30 - www.xavierhufkens.com

Aeroplastics Contemporary Les Soubresauts du Monde. Oeuvres de Samuel Rousseau. ‣ Du 20·04 au 25·05. Du Ma. au V. de 11 à 18h, le S. de 14 à 18h, les S. et D. 20 et 21·04 de 10 à 18h. URue Blanche 32 - 1060 Bruxelles 02 537 22 02 - www.aeroplastics.net

Antonio Nardone Tarots. Dans cette série photographique, Alessio Delfino propose une nouvelle interprétation des cartes des Arcanes majeures du tarot de Marseille. ‣ Jusqu’au 27·04. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles 02 333 20 10 www.galerieantonionardone.be

MASSIMO VITALLI

URue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles 02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com

Le dur farniente Qu’on aime ses images ou pas, force est de constater que l’Italien Massimo Vitali s’est imposé sur le marché de l’art depuis une quinzaine d’années. Ses photographies de bords de mer sont très reconnaissables par leur aspect laiteux, délavé. Une manière d’accentuer l’impression de lumière qui inonde les plages d’Italie ou de Sicile. Elles font certainement partie de cette vogue du grand format auquel cet originaire de Côme installé à Londres aujourd’hui a sciemment contribué. Les 6 photographies exposées actuellement à la Crown Gallery n’en témoignent que partiellement dans la mesure où depuis un bout de temps celui­ci fait tirer ses clichés en plus grand encore. Il utilise pour cela les mêmes labos de collage (au­dessus de la largeur du rouleau de papier ­183 cm­ il faut assembler les images par morceaux) que Gursky ou Struth à Düsseldorf. L’avantage du grand format est de permettre au spectateur de pouvoir détailler la photographie, de pouvoir s’y promener sans être dérangé par un manque de netteté. En l’occurrence, à la Crown Gallery, on peut se promener parmi les vacanciers insouciants, tout à leur “farniente”, éparpillé sur un diptyque et sur deux autres grand tirages. On peut également se frayer un chemin dans la foule compacte de deux dancing battant leur plein et pointer les attitudes des uns et des autres dans la faune de la nuit. Mais c’est à soi de se construire des histoires ou de tirer des conclusions sur la grégarité de ses contemporains car l’auteur se contente quant à lui d’enregistrer ce qu’il voit sans point de vue particulier. (J­ M.Bo)

U “Selected images” photographies de Massimo Vitalli. Bruxelles, Crown Gallery, Nouveau Marché aux Grains, 13. Jusqu’au 27 avril, du mercredi au samedi 14h à 18h. Rens : www.crowngallery.be

D+T Project Project Space DO NOT OPEN Yours in Solidarity. Dans son travail, Nico- Eat the Magic Lions #2. Installation in-situ line van Harskamp explore quelques-unes de Xavier Mary, qui décode les signes et des principales problématiques liées à la les structures de notre société post-induspolitique de notre époque, ainsi que des trielle. ‣ Jusqu’au 01·06. traditions de pensée et idéologies telles URue d’Albanie 47 - 1060 Bruxelles que le capitalisme, le néo-libéralisme et 0477 76 35 95 - www.donotopen.org l’anarchisme. ‣ Jusqu’au 30·04. Du J. au Valérie Bach S. de 12 à 18h30 ou sur rdv. Aleph. Sculptures de Pierre Marie Lejeune. URue Bosquet 4 - 1060 Bruxelles - 02 537 76 30 ‣ Du 20·04 au 18·05. Du J. au S. de 11 à - www.dt-project.com 13h et de 14 à 19h. URue Faider 6 - 1060 Bruxelles - 02 502 78 24 Faider www.galerievaleriebach.com Renaat Ivens. Oeuvres récentes. ‣ Jusqu’au 20·04. Du Me. au V. de 14 à 19h, le LaGalerie.be S. de 14 à 18h ou sur rdv. L’espace infini d’une seconde. Oeuvres de URue Faider 12 - 1060 Bruxelles - 02 538 71 18 Sylvie Pichrist. ‣ Jusqu’au 05·05. Du J. au www.galeriefaider.be S. de 16 à 19h ou sur rdv (présence de l’artiste les S. 20 et 27·04). Le Salon d’Art URue Vanderlinden 65 - 1030 Bruxelles Apparition Disparition. Pastels et gravu- 0485 79 95 01 - www.lagalerie.be res de Maurice Pasternak. ‣ Jusqu’au 11·05. Du Ma. au V. de 14h à 18h30, le S. BRABANT WALLON de 9h30 à 12h et de 14 à 18h. URue de l’Hôtel des Monnaies 81 - 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 www.lesalondart.be

GLABAIS

Espace B De la surface aux re plis. Oeuvres pluridisciplinaires de Dominique Baudon. ‣ Du Pascal Polar Eye for an eye, image for an image. Origi- 20·04 au 05·05. Les S. et D. de 14 à 18h naire du Soudan, Musa est un artiste con- ou sur rdv. temporain majeur d’héritage à la fois euro- UHaute Rue 33 - 1473 Glabais - 067 79 08 11 péen, arabe et africain. Sa technique, ba- www.espaceb.be sée sur l’assemblage de textiles, le distingue par son traitement et son assimiHAINAUT lation de la culture et de l’histoire de l’art occidentale. ‣ Jusqu’au 29·06. Du Ma. au CHARLEROI S. de 14 à 19h ou sur rdv. Alain Beciani UChaussée de Charleroi 108 - 1060 Bruxelles Les Astuces du paysage. Peintures de 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 Pierre Debatty. ‣ Du 20·04 au 25·05. Du www.pascalpolar.be Ma. au S. de 14 à 18h.

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A l’étranger

UVerlatstraat 14 - 2000 Antwerpen 03 237 11 27 - www.gms.be

COUILLET

Jacques Cerami Office Baroque Gallery Under the Bridge #2. Oeuvres de Vincent Notes on Neo-Camp. Oeuvres de Matthew Beeckman, Michel Couturier, Ronny Brannon, Anthea Hamilton, Allison Katz, Delrue, Jean Revillard, Philippe Herbet, Paul Lee, Ricky Swallow, Camilla Wills... Francesco Nonino... ‣ Jusqu’au 27·04. Du ‣ Jusqu’au 20·04. Du Me. au S. de 14 à Me. au V. de 14 à 19h, le S. de 11 à 18h, 18h ou sur rdv. fermé les j.f. ULange Kievitstraat 48 - 2018 Antwerpen URoute de Philippeville 346 - 6010 Couillet 071 36 00 65 ou 0477 78 44 34 www.galeriecerami.be

0484 59 92 28 - www.officebaroque.com

BORGERHOUT

Zeno X Gallery Opening New Space. oeuvres de Michaël Borremans, Anton Corbijn, Raoul De KeyLIÈGE ser, Mark Manders, Bart Stolle, Luc TuyLes Drapiers Têtes Galeries. Nicolas Clément propose mans, Anne-Mie Van Kerckhoven, Jack un travail autour de l’image, du corps et de Whitten... ‣ Jusqu’au 25·05. Du Me. au S. 13 à 17h. la technique du collage, Diane Lebel ses de UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout “impressions textiles” et Miel Silbernet 03 216 38 88 - www.zeno-x.com ses “dé-collages - images désimprimées”. Dans le cadre de la Biennale de la gravure BRABANT FLAMAND à Liège. ‣ Jusqu’au 27·04. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

LIÈGE

URue Hors-Château 68 - 4000 Liège 04 222 37 53 - www.lesdrapiers.be

ASSE

De Ziener Jean-Georges Massart. Oeuvres récentes. Liehrmann Geluck expose le chat. Peintures, sculptu- ‣ Jusqu’au 21·04. Du V. au D. de 15 à 18h sur rdv. res, collages et dessins. ‣ Du 20·04 au ou UStationsstraat 55 - 1730 Asse 26·05. Du Me. au S. de 13 à 18h30, le D. 02 452 77 86 ou 0472 55 25 70 de 11 à 13h. www.deziener.be UBoulevard Piercot 4 - 4000 Liège 04 223 58 93 - www.galerie-liehrmann.be

FLANDRE OCCIDENTALE

Nina Mambourg – Peinture Luxembourg – Galerie Clairefontaine L’artiste luxembourgeoise d’origine suisse met en scène des femmes dans une sé­ rie d’allégories modernes qui situent toujours le personnage à la frontière entre résignation et révolte. Les attitudes, les vêtements, les exagérations anatomiques oscillent entre burlesque et séduction et ciblent les rôles féminins à endosser. U Jusqu’au 27 avril. Galerie Clairefontaine, 7, place Clairefontaine, 1341 Luxembourg. www.galerie­clairefontaine.lu

France COURTESY GALERIE LOEVENBRUCK

Du Ma. au V. de 10 à 18h30 et le S. de 12 à 18h30.

Jean Dupuy – Archives Paris – Galerie Loevenbruck L’exposition retrace la période “collective” de l’œuvre de Jean Dupuy (1925), à compter d’“About 405” et jusqu’à la dernière exposition de ce type, à la Grommet Gallery, peu de temps avant son retour en France et son retrait quasi monacal à Pierrefeu. En illu : “Post Flux (Artistes Timbrés)” (détail), 1990. U Jusqu’au 11 mai. Galerie Loevenbruck, 6, rue Jacques Callot, 75006 Paris. www. Loevenbruck.com

Angleterre COURTESY SPROVIERI GALERIE

URue de Montigny 36 - 6000 Charleroi 071 31 82 17 - www.galeriealainbeciani.be

COURTESY GALERIE CLAIREFONTAINE

Luxembourg

Ilya et Emilia Kabakov – Peinture Londres – Sprovieri Galerie L’exposition des peintures et aquarelles du couple d’artistes russes se double d’une installation majeure “Homme le plus heureux” au P3 Ambika de l’Univer­ sité de Westminster. Chaque tableau représente une montagne et son reflet par­ fait, comme s’il s’agissait de la vision d’une surface de l’eau reflétant le milieu en­ vironnant. U Jusqu’au 11 mai. Galerie Sprovieri, 23, Heddon Street, W1B 4BQ Londres. www.sprovieri.com

Monos Gallery French Stamp. Gravures de Christian Bon- KNOKKE nefoi, Sylvie Turpin, Bernar Venet, Claude Stephane Simoens Viallat et Tony Soulié. ‣ Jusqu’au 19·05. A Clean Break. Oeuvres de Julie ScheurweDu V. au D. de 14h30 à 18h30 ou sur rdv. ghs. ‣ Jusqu’au 21·05. URue Henri Blès 39 - 4000 Liège 04 224 16 00 ou 0485 91 16 02 www.monosgallery.com

UGolvenstraat 7 - 8300 Knokke - 050 67 75 90 www.stephanesimoens.com

Nadja Vilenne OOSTDUINKERKE Jacqueline Mesmaeker. ‣ Jusqu’au 21·04. De Muelenaere & Lefevere Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. Olivier Foulon. Petits et grands formats. Menno Jonker - Pierre Debatty. Sculptures en verre - Peintures. ‣ Jusqu’au 26·05. Du ‣ Jusqu’au 21·04. V. au D. de 14 à 18h. URue du Commandant Marchand 5 - 4000 Liège - 04 227 19 91 www.nadjavilenne.com

NAMUR GRAND-LEEZ Exit11 Contemporary Art Fantaisies charcutières. Peintures, compositions graphiques et photographiques, sculptures et vidéo de Lennep autour d’un thème unique: la charcuterie. ‣ Jusqu’au 06·06. Les S. et D. de 10 à 18h ou sur rdv. UChâteau de Petit-Leez - Rue de Petit-Leez 129 5031 Grand-Leez - 081 64 08 66 www.exit11.be

UPolderstraat 76 - 8670 Oostduinkerke 058 51 47 57 - www.dmlgallery.be

OTEGEM Deweer Gallery Panamarenko Revisited. Oeuvres de Panamarenko. ‣ Jusqu’au 28·04. Du Me. au D. (fermé le S.) de 14 à 18h ou sur rdv, fermé le D. 21·04. Where is your alibi, Mr Motorway ?. Oeuvres de Kasia Fudakowski. ‣ Jusqu’au 28·04. Horaires ci-dessus. UTiegemstraat 6a - 8553 Otegem 056 64 48 93 - www.deweergallery.com

FLANDRE ORIENTALE

JAMBES

AALST Détour Raccourci en détour. Oeuvres de Jean- Galerie C. De Vos Pierre Maury. ‣ Jusqu’au 20·04. Du Ma. Felix Hannaert. Peintures. ‣ Jusqu’au au V. de 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h. 12·05. Les V. et S. de 14 à 18h, le D. de UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 10h30 à 13h30 ou sur rdv. 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be

ANVERS ANVERS

UOude Gentbaan 295 - 9300 Aalst 053 41 37 89 ou 0476 98 49 97 www.galcdevos.be

GENT

Fifty One Fine Art Photography Fortlaan 17 Vivian Maier & Saul Leiter. ‣ Du 26·04 au Hunt. Peintures et sculptures de Stief Des29·06. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur met. ‣ Jusqu’au 20·04. Du Me. au V. de rdv. 14 à 18h, le S. de 12 à 18h. UZirkstraat 20 - 2000 Antwerpen 03 289 84 58 - www.gallery51.com

Galerie Zuid Manuel Velasco. Peintures. ‣ Jusqu’au 27·04. Du Me. au S. de 14 à 18h, le J. jusqu’à 20h. UPacificatiestraat 34 - 2000 Antwerpen 03 248 84 83 - www.galeriezuid.be

Micheline Szwajcer Hans-Peter Feldmann. ‣ Jusqu’au 20·04.

UFortlaan 17 - 9000 Gent - 09 222 00 33 www.fortlaan17.com

Contact Agenda Culturel Tél.: 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

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Adjugé!

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

Fratin

A Drouot, chez Aguttes, on a vendu le 5 avril dernier un ensemble d’ob­ jets décoratifs et meublants en grande partie de la seconde moitié du XIXe siècle. Y figurait cette ma­ gnifique garniture de cheminée en bronze doré signée par le sculpteur Christophe Fratin (Metz 1801­Le Raincy 1864). Le décor en bronze foncé était animalier et représentait sur les candélabres des belettes atta­ quant des nids d’oiseaux. Le lot était annoncé entre 12000 et 18000 €, mais une belle bataille d’enchères vint couronner la créativité de l’un des meilleurs artistes français de son temps; le marteau chut à 44625 €.

PIASA

Chez Piasa à Paris le 10 avril der­ nier, on offrait à la vente cet étonnant groupe sculpté en terre cuite figurant un gorille tenant un homme par les cheveux. Pour lui son compte était déjà bon. Em­ manuel Fré­ miet (1824­ 1910) était un artiste bourguignon. Il était le neveu de Rude, celui qui fit cette victoire haranguant les volontaires de 1792, à l’Arc de Triomphe des Champs­ Elysées (copié d’un tableau du peintre liégeois Gérard de Lairesse, toile de 1682, “L’Age de Fer”, au musée d’Or­ léans). Mais c’est l’épouse de Rude, So­ phie, qui donna les premiers cours au jeune Frémiet en allant avec lui au Jar­ din des Plantes. Frémiet se passionna pour les grandes bêtes et imagina plu­ sieurs scènes violentes comme celle­ci. Le groupe en terre ne semble pas avoir été transformé en bronze. D’où rareté et découverte, ce qui fit exploser l’estima­ tion, placée à 6 000 € pour arriver à 62 498 €, frais compris. Frémiet est l’auteur de la Jeanne d’Arc dorée rue de Rivoli à Paris et du Saint­Michel placé sur la flèche du Mont­Saint­Michel.

AGUTTES

Frémiet

44625 €

62498 €

Secrétaire

ROPS

ROPS

Garniture

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle : Camille de Marcilly. Réalisation : IPM Press Print. Administrateur délégué- éditeur responsable : François le Hodey. Rédacteur en chef : Vincent Slits. Rédacteur en chef adjoint : Pierre-François Lovens. Conception graphique : Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité : Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

Toujours chez Rops, on a fort bien vendu cette garniture de cheminée composée de deux candélabres à six bras de lumière et la pendule placée au centre, animée d’une allégorie. Le tout était en bronze doré datant de la se­ conde moitié du XIXe siècle. La four­ chette d’estimations variait entre 4000 et 6000 €. Le lot s’est vendu à 7500 € hors frais.

7500 €

Chez Rops à Namur, ce di­ manche 7 avril, on a vendu genti­ ment quel­ ques lots sans grande im­ portance. Après avoir dispersé plus de 300 lots en porcelaine de Chine dont une centaine de vases hauts de plus d’un mètre ou presque, on arriva aux objets d’art et meubles européens. Il se trou­ vait dans la masse incroyable de cette salle, un secrétaire en chêne massif et en deux corps, liégeois et joliment galbé. Il a été vendu à 5000 € plus les 25 % de frais, soit 6250 € et donc un peu plus de l’estimation haute. Cela reste un cadeau bien sûr.

6250 €

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Adjugé!

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

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l Vente publique

Du contemporain accessible h Une collection belge et des apports étrangers vont donner une très belle vente à Bruxelles.

CORNETTE DE SAINT-CYR

LE LUNDI 22 AVRIL NOUS AURONS DROIT à une très belle soirée chez les Saint­Cyr, au 89 de la Chaussée de Char­ leroi à Bruxelles. Nos voisins français y organiseront une fort belle dispersion dont l’ex­ position a débuté hier, char­ pentée autour d’une collec­ tion d’art contemporain pro­ venant de Belgique et peuplée de 150 lots au total. Les va­ leurs évoluent en moyenne entre 3 000 et 10 000 € avec des descentes à 200 ou 300 € et plus souvent vers les 1 000 €. Dans l’autre sens, on assiste à des poussées entre 20000 et 50000 €, avec une exception à 120000 €. Ceci rend la vacation attrac­ tive et permettra sans doute à quelques amateurs de se faire plaisir. La joie risque d’être réelle pour tous car la tonalité générale des œuvres est à l’évidence riante en ce sens que les thèmes comme le chromatisme sont positifs et pétillants. Explosition de cou­ leurs, maîtrise des formes donnent à l’essentiel de l’offre une cohérence salutaire. Commençons par la partie belge du catalogue comme pour bien marquer que nos compatriotes sont adulés par les marchands d’art de tous poils et du XXe siècle surtout. C’est ici que se trouve, d’en­ trée, les lots les moins oné­ reux, avec les 200 à 300 € pos­ sibles pour une gouache sur papier “Composition” de 1963, signée par André Gas­ ton Heurtaux (1898­1983). Et la feuille de 220 x 165 mm provient de chez la regrettée Denise René. On lui préférera quand même la toile de Fleis­

SAINT-CYR

Cette toile presque carrée de Jean-Albert Gorin (1899-1981) date de 1958 et devrait se vendre chez Saint-Cyr aux alentours des 20000 €.

Wim Delvoye, “Snow White”, porc naturalisé et tatoué, 2006.

chmann (1892­1968), elle aussi nommée “Composition” (quelle originalité ! pff), datée de 1948 et haute de 100 cm sur 50 cm. Ici le marteau est attendu entre 8 000 et 12 000 €. Ce sera largement mérité. Suivra au numéro 11 une attrayante toile de Serge Charchoune (1898­1975) dé­ nommée “Gondola n°15”, si­ gnée et datée d’août 1952. La toile de 43x53 cm est évaluée entre 3000 et 4000 €. L’un des meilleurs lots de cette collec­ tion est une gouache sur car­ ton d’Albert Gleizes (1881­ 1953) de 360 x 440 mm, inti­ tulée “Le Centre noir”. L’œuvre date de 1926 et figure dans les livres ad hoc consa­ crés à l’artiste. Ici les enchères devraient évoluer entre 14 000 et 16 000 €, ce qui semblerait logique vu la qua­ lité de ce morceau et la re­ nommée du peintre. La pièce la plus attrayante dans cet ensemble de moins de trente pièces est l’huile sur toile de Jean­Albert Gorin (1899­1981) nommée “Com­ position” et datée de 1958. Gorin était un des suiveurs de Piet Mondrian et dans son ca­ dre de 79 x 66 cm, il a créé une œuvre dense, équilibrée, poé­ tique même. La toile, illustrée

ci­contre est annoncée entre 15 000 et 20 000 €. Le lot le plus chèrement estimé est une toile d’Aurélie Nemours (1910­2005) intitulée “Les Châteaux, 11”, de 1959. Elle participa à l’avant­garde fran­ çaise, après avoir fait l’Ecole du Louvre puis avoir suivi des cours de peinture chez André Lhote. Le vendeur avait acquis le lot en 1975 auprès de l’ar­ tiste. Notons encore pour les lots les plus attractifs cette grande toile de 153 x 122 cm d’Alfred Reth (1884­1966) dénommée “Composition géométrique” datant sans doute de 1949. L’artiste a uti­ lisé dans cette œuvre non figu­ rative une part de pigment et de matières minérales, ce qui produit des effets de volume intéressants. Le lot est an­ noncé entre 30 000 et 40 000 €. Notons enfin la présence de trois sculptures d’André Bloc (1896­1966) provenant d’une collection bruxelloise et éva­ luées entre 1000 et 5000 € se­ lon le lot offert. C’est de qua­ lité et symptomatique des an­ nées 1950. Le lot le plus élevé en ses attentes est une toile de Jannis Koulounis (né en 1936). Elle date de 1963 et est an­ noncée à 120000 €. Philippe Farcy

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Le marché

SEMAINE DU 19 AU 25 AVRIL 2013 ARTS LIBRE

l

Foire d’art contemporain

Cologne conjointement à Bruxelles h La foire international Art Cologne se décale d’un jour

Cette “Jeune Femme à sa Toilette” d’Henri Lebasque sera le chef-d’œuvre de la vente chez Louiza.

l Vente publique

Louiza en Nabis h La salle de ventes bruxelloise vend demain. LA SALLE DE VENTES DE LA PLACE Sté­ phanie à Bruxelles a déniché quelques très bons lots peints par des artistes es­ sentiellement français pour sa prochaine vacation. Elle aura lieu demain et compte quelques pièces de très belle qualité, no­ tamment parmi les Nabis, si rares chez nous et d’autres artistes du milieu pari­ sien d’avant la Seconde Guerre mondiale. Le lot le plus intéressant nous semble­ t­il est celui figuré ci­contre montrant une “Jeune Femme à sa Toilette”, imagi­ née par Henri Lebasque (1865­1937). C’est évidemment une scène intimiste digne des Nabis. Ses couleurs vives et l’esprit positif de ses tableaux ont tou­ jours assuré son succès. On attend entre 90 000 et 100 000€ pour cette toile. Le­ basque fut postimpressionniste, puis proche de Matisse. Lequel Matisse est re­ présenté par un dessin de jeune femme nue allongée datée de 1929 et estimé en­ tre 15 000 et 20 000 €. Albert Marquet (1875­1947) est le troisième en impor­ tance. Il est ici représenté par une vue maritime. C’est un “Cargo dans le port”,

peint vers 1941 quand le maître se trou­ vait en Algérie. La composition est typi­ que de ses recherches de lumières tona­ les et de ses coloris doux et harmonieux. Le lot est escompté entre 60 000 et 90 000 €. On passera ensuite à Maurice Denis (1870­1943), autre star de cette dispersion. Il s’agit de “La Ronde”, danse de jeunes filles dans un parc. Le lot est es­ timé autour de 80 000€. Le lot 102 est occupé par une toile d’Antoni Clave (1913­2005) figurant une “Jeune Femme et son Chat”, peints en 1946. C’est la toile la plus chèrement évaluée puisqu’elle devrait se vendre en­ tre 100 000 et 120000€. Le lot était passé en vente chez Sotheby’s en 2007. Notons que la vente contient un fond im­ portant de toiles de Joseph Pressmane, peintre franco­ukrainien. On y voit éga­ lement une très belle branche fleurie peinte dans le style pointilliste par Achille Laugé (1861­1944); elle est an­ noncée entre 5000 et 6000 €, ce qui est attractif par rapport au marché parisien. Ph. Fy.

LE CALENDRIER DES FOIRES EST TELLEMENT SERRÉ que deux foires de proximité susceptibles d’attirer un public commun se déroulent en même temps, avec décalage d’un jour pour l’ouverture et la fermeture afin que les plus courageux ou les plus avides puissent conjuguer les visites. Art Colo­ gne s’ouvre donc le lendemain de Art Brussels. Pratiquement de même taille puisqu’elle rassemble environ deux cent galeries, Art Cologne a repris le dessus en Allemagne vu la faiblesse du marché à Berlin où il existe pour ainsi dire une contradiction entre l’effervescence créative de la ville, son at­ trait et le manque de concrétisation commerciale artistique. Les participations sont dominées par les galeries allemandes et la repré­ sentation étrangère est plus qu’honorable, avec un beau contingent d’ensei­ gnes de Suisse, d’autres d’Angleterre, des Pays­Bas, des Françaises comme Karsten Greve, Lahumière ou Thaddeus Ropac et surtout vingt américaines dont David Zwirner (phare du marché haut de gamme), la Marlborough et Michael Werner, soit une série de belles pointures qui ont choisi l’Allema­ gne plutôt que Bruxelles. Quatre galeries belges ont fait le déplacement, dont deux qui cumulent avec Art Brussels. D’une part la galerie Deweer de Otegem qui se déplace avec ses internationaux : Stephan Balkenhol, Tony Cragg, Günther Förg, Ka­ sia Fudakowski, Enrique Marty, Andy Wauman et Norbert Witzgall; d’autre part la jeune anversoise Axel Vervoodt qui mise également sur ses valeurs les plus sûres du moment et quelques réputations établies : El Anatsui, Bae Bien­U, Ida Barbarigo, Otto Boll, Lucio Fontana, Raimund Girke, Gotthard Graubner, Sadaharu Horio, Norio Imai et Anish Kapoor. De son côté, le kno­ kkois Guy Pieters a choisi le belge Koen Vanmechelen avec son cocorico, et des pointures incontes­ tables : Christo, Jim Dine, Niki de Saint Phalle, Julian Schna­ bel et Keith Sonnier. Enfin la Bruxelloise Catherine Bastide fonctionnera sur un trio composé de Sa­ rah Crowner, de Ca­ therine Sullivan et du Belge Freek Wam­ bacq. Une escapade pour le week­end ? C.L. U Art Cologne 2013. Internationaler Kunstmarkt, 47, Cologne. Du 19 au 22 avril. www.artcologne.com

Une œuvre de Koen Vanmechelen présentée à Art Cologne par la galerie knokkoise Guy Pieters.

COURTESY GALERIE GUY PIETERS

ROTHARMEL

et chevauche celles de Bruxelles. Concurrence et complémentarité.

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Le marché

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Le marché

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l Exposition

Grâ Bor h Retour à Paris, suite et fin, pour épingler les trouvailles d’Alexis Bordes.

ALEXIS BORDES

Ce portrait de jeune garçon, sans doute le fils de l’artiste peint par Martin Drolling, est le bijou du dernier catalogue et de l’exposition chez Bordes à Paris. Jusqu’au 26 avril.

l Vente publique

Tradition chez VDK h La salle de ventes bruxelloise offrira 540 lots la semaine prochaine. Petit aperçu. LES OFFRES EN CE MOIS D’AVRIL abondent dans tous les coins et Bruxelles tient plus que la corde d’abord grâce à “Art Brussels” mais aussi à travers les galeries et les salles de ventes. Chez Vanderkindere par exemple, on trouvera deux soirées de vacation les 23 et 24 avril, organisée comme il est de tradition ici autour des ta­ bleaux anciens et modernes d’une part et du mobilier et des objets d’art d’autre part. Qu’il nous soit permis de débuter ce recense­ ment par une très belle toile peinte par un ar­ tiste russe dont nous n’avons jamais entendu parler, à savoir le sieur Kirschnev, actif dans la première moitié du XIXe siècle. On lui doit ici une grande merveille de 225 x 310 cm, ce qui est digne d’une tapisserie ornée de ses bordu­ res. Et il faudra y ajouter le cadre. C’est donc que la chose avait été conçue pour une grande maison. Et il en faudrait une non moins grande pour partir avec cette composi­

tion à caractère historique. Il s’agit en réalité d’un considérable groupe de personnages de la famille Pouchkine, portraiturés autour d’une jeune femme jouant un morceau de Beethoven dont on sait que le maître natif de Bonn avait dédicacé sa partition à ladite demoiselle. Mais de quelle œuvre s’agit­il donc ? Le catalogue ne le précise pas. On doit être ici vers 1820­1830. C’est un groupe d’une élégance bourgeoise, mêlant de traits un peu lourds à cause d’une technique picturale peu aboutie à des attitudes choisies. Le lot numéroté 22 est attendu entre 10000 et 12000 €. Un peu plus loin, au n°27, on trouve une belle toile flamande de la fin du XVIIe siècle repré­ sentant dans un tout petit coin une “Fuite en Egypte”. C’est un prétexte pour organiser un vaste paysage, très réussi d’ailleurs. La toile de 98 x 117 cm n’est estimée qu’entre 1500 et 2000 €. C’est un cadeau. Notons encore un agréable portrait à mi­corps d’une dame censée être membre de la famille des la Rochefou­ cauld, peint vers 1680­1700 par un anonyme français (1000 à 1500 €). Dans le même genre mais des années 1810­1820, on trouve au lot 92 un autre portrait à mi­corps, sorti des mains d’un anonyme sans doute belge. Il s’agit ici de

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Le marché

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ces linéaires chez des EN ATTENDANT QU’AU DÉBUT DE JUIN Paris refasse parler d’elle à travers le Carré Rive Gauche, voici un ultime petit tour pour rester dans la note du Salon du Dessin qui s’est terminé lundi passé. De nombreux né­ gociants, dont certains exposants du salon, ont de bon droit eut l’idée de monter des expositions dans leurs galeries. C’est le cas d’Alexis Bordes que les amateurs belges connaissent bien puisqu’il participe depuis longtemps à la Brafa, à Tour et Taxis. Ce professionnel très éclairé dont les goûts sont sûrs et raffinés, acquière avec conviction des tableaux et de dessins ita­ liens, français, belges et anglais d’entre les XVIe et XIXe siècles. A l’occasion de cette ex­ position temporaire qui a débuté le 3 avril et qui se terminera le 26 avril, M. Bordes a publié un catalogue où émergent vingt­sept pièces dont la dernière est une sculpture de Charles­Henri van der Stappen (1843­ 1910). Le maître bruxellois est représenté par “La Source”, qui est un élément d’un fa­ buleux projet de monument à l’“Infinie Bonté”. Lequel monument ne fut jamais ac­ compli. La sculpture mesure 55 cm de haut. À côté de ce premier Belge, on trouve une autre célébrité, à savoir Constantin Meunier (1831­1905). Il s’agit d’une “Tête de Mi­ neur” en bronze (17 x 21 cm). L’image est ici très classique et nous donne l’occasion de conseiller la visite du musée Meunier à Ixel­ les, souvent oublié, alors qu’il est passion­

nant. Plusieurs œuvres avaient été exposées à la dernière Brafa comme cette grande feuille à la tempera, gouache et pastel d’Ed­ gar Maxence (1871­1954) figurant “Après la Victoire”. On y avait vu également cette scène nautique assez charmante, se passant sur la Seine à Neuilly, sous les pinceaux de Ferdinant­Alexandre Heilbuth (1826­ 1899). On n’y reviendra donc pas. Arrêtons­ nous par contre sur une délicate branche de rosier posée sur un entablement, peinte par Marie­Prudence Truchy (1822­1889), élève d’Olympe Arson et de Pierre­Joseph Re­ douté. Il s’agit d’un vélin marouflé sur car­ ton, dessiné à l’aquarelle et à la gouache. Avec l’arme des glacis il est difficile de faire plus précis, doux et lumineux. La petite toile de 46 x 28 cm, reproduite ci­contre est celle du plus célèbre des Alsaciens des XVIIIe et XIXe siècles, à savoir Martin Drölling (1752­1817). Le rendu des matières, le jeu des lumières et l’intimisme hérité des artis­ tes hollandais copiés au Louvre font de ce morceau un petit chef­d’œuvre. Du côté des dessins, nombreux dans cette éphémère ex­ position, qu’il nous soit permis de mettre en évidence deux études de personnages pour la toile “Cornélie mère des Gracques”, tra­ cées par Joseph­Benoît Suvée, né à Bruges mais qui omit de donner son origine pour remporter le Prix de Rome en 1771, devant Jacques­Louis David, rien de moins. Ph. Fy.

VANDERKINDERE

Le peintre russe Kirschnev a exécuté sans doute vers 1830, ce portrait de la famille Pouchkine. l’effigie de Désiré van den Heeke (de Lembeeke sans doute), page de l’empereur d’Autriche. On en attend 800 à 1200 €. Enfin, pour clore ce chapitre pictural, signalons la présence d’un charmant paysage animé sur fond de château peint par Jean­Baptiste Kops (actif de 1823 à 1848). Le panneau de 62 x 51 cm devrait se vendre entre 1500 et 2000 €. Pour ce qui concerne les objets d’art, on pourra mettre en exergue une amusante cafe­ tière en argent massif aux poinçons de Rome, pour 1749. Elle est animée d’un manche et d’un fretel en ivoire. L’objet pèse 1300 gram­ mes et devrait se vendre vers les 2000 à 3000€.

Il y aura dans ce secteur de l’argenterie trois ménagères de plus de cent pièces datant de la Belle Epoque; on devrait les emporter autour des 2000 à 3000€ également. On terminera par deux photographies anciennes. L’une est de Léonard Misonne (1870­1943) et représente des paysans marchant devant une ferme­châ­ teau. On en attend 1000 €. Puis il y a une vue du milieu du XIXe siècle sans doute, figurant le château de Blois. C’est un daguerréotype de 15 x 20 cm qui pourrait se vendre entre 6000 et 8000 €. La plaque est attribuée à Hippolyte Bayard (1801­1887). Visites ce week­end. Ph. Fy.

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L'actu

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l Concours

On a retrouvé le visage de “L’Origine du monde” h Tout un chacun propose une théorie sur la tête du sexe

ANNE­CÉCILE BEAUDOIN RÉVÉLAIT dans Paris Match fin janvier qu’un amateur – anonyme – aurait décou­ vert une toile représentant la tête de la femme représentée sur le célèbre tableau de Courbet exposé au Musée d’Orsay (LLB du 08/02). Alors que les spécialistes du peintre restent tout à fait sceptiques ne serait­ce que pour des questions anatomiques – les épau­ les et le visage du portrait sont tour­ nés vers la droite alors que le bas du corps dans “L’Origine du monde” est incliné vers la gauche –, chacun y va de sa petite élucubration. Le poisson d’avril étant dans l’air du temps, nous avons fait appel, fin mars, à votre ima­ gination ! Qui sait, vous auriez peut­ être retrouvé le visage fantasmé dans un grenier poussiéreux… Vous avez été très peu nombreux à nous propo­ ser votre théorie mais l’argumenta­ tion et l’oeuvre reconstituée de notre grand gagnant, Marc Mansis, se sont avérées très convaincantes ! Jugez plutôt : “Né le 10 juin 1819 à Ormans, Gus­ tave Courbet passera son enfance et une partie de sa jeunesse avec ses trois sœurs, Marie Henriette, Charlotte et Margue­ rite, sa mère Sylvie Oudot et sa grand­ mère Honorine Lenoble. le jeune homme en sera profondément marqué et con­ naître ce que nous appelons de nos jours

des problèmes d’identité sexuelle. Sa mère commettra d’ailleurs un lapsus de­ venu célèbre et dira de lui qu’il est “le plus sensible de ses filles…”. A l’âge de 12 ans, Gustave entrera au séminaire d’Or­ nans, ce qui achèvera de le marquer pro­ fondément; il en nourrira une haine te­ nace pour les prélats. On ne s’étonnera pas d’apprendre qu’il sera réformé du service militaire. L’artiste réalisera de nombreux auto­ portraits : “Autoportrait au chien noir”, “Le Fumeur de pipe”, “Autoportrait à Sainte­Pélagie”, “Le Désespéré”, et “L’Origine du monde”. Par quoi Gustave était­il désespéré ? Dans “L’Origine du monde”, son regard exprime tout son désarroi face à ce sexe féminin qu’il s’est attribué symbolique­ ment. C’est probablement l’œuvre où il s’est le plus investi, celle où son œil in­ trospectif s’est donné à voir sans fard. Une violente dispute éclatera avec la seule compagne qu’on lui connaîtra; s’en suivra une rupture rapide et l’artiste ne reconnaîtra d’ailleurs jamais l’enfant qui naîtra de leur relation furtive. On rapporte que très peu de temps après, Courbet coupera la toile en disant : “Moi aussi, je suis coupé intérieurement…” Réalisme provocateur ou extériorisation douloureuse du moi ? Courbet fera tou­ jours couler beaucoup d’encre…” CdM

MARC MANSIS

le plus célèbre de l’histoire de l’art. Nous aussi !

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Arts Libre du 19 avril 2013