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Le marché

Jeune artiste

Impressionnante expo de l’artiste Mircea Suciu. Noir c’est noir ! PP.4-5

Un tableau de Mark Rothko a été vendu 86 882 500 $, un record ! P.16

Avec Tinka Pittoors, l’art ne rêve plus, il se bat, s’installe, s’amuse. PP.2-3

JOHANNA DE TESSIERES

Expo en vue

Supplément à La Libre Belgique - N°146 - Semaine du 18 au 24 mai 2012

GUNTHERSACHS

VEND Le marchéPP.10-111

ANDY WARHOL BRIGITTE BARDOT, 1974 / SOTHEBY’S

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SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

Commentaire

Nouvelles du marché mondial et belge Par Claude Lorent Dans son récent bulletin sur les leaders européens du marché de l’art contemporain, Artprice qui a son siège social à la fameuse demeure du Chaos à St-Romain au Mont d’Or (Lyon) en France (www.artprice.com) et qui est considérée comme la maison la plus fiable en matière d’informations sur le marché de l’art, a fourni quelques statistiques intéressantes concernant notamment les artistes belges qui se retrouvent dans le top 50 mondial des artistes dont les œuvres ont été mises en vente sur le second marché. Il n’y a pas de vraie surprise, on est plutôt dans la confirmation, mais quelques commentaires de la maison française sont éclairants. La publication signale ainsi que “depuis 2007-2008 la soif d’art contemporain (artistes nés après 1945) est devenue planétaire et son enjeu est de taille, car ce segment de marché représente à lui seul 19,45´ % des recettes mondiales (œuvres d’art vendues en 2011) contre 3 % en 2000” ! On n’ose imaginer le chiffre faramineux que cela représente. Et on notera encore que la Chine représente 41,4 % du marché de l’art et que “les leaders européens progressent”, l’Angleterre occupant la tête du marché européen sui vie par la France. Voilà qui signifie clairement que le marché de l’art devient de plus en plus un mode de placement et par conséquent de spéculation, même si les achats sont le fait de vrais passionnés d’art. On remarquera en passant que ce ne sont pas les artistes qui bénéficient en premier de ces résultats mais les propriétaires des œuvres, sauf si les artistes mettent eux-mêmes leurs œuvres en vente comme l’a fait Damien Hirst. Et il n’est pas le seul. Ce dernier est d’ailleurs le chef de file du top 50 2011 avec 403 lots vendus dans les salles de vente et un chiffre d’adjudications qui se monte à 17 926 328 euros ! Les Belges sont au nombre de quatre, Luc Tuymans est 23e avec un chiffre de 1 641 719 euros pour 33 lots, Francis Alys est 27e, Wim Delvoye 28e et Jan Fabre 29e, tous trois approchant le million d’euros. Autre précision, le marché belge est le 6e européen. Quant aux autres, la très grande majorité des artistes, ils sont simplement ignorés, inexistants, pour ce type de tractations qui se focalisent sur les grosses pointures à haut potentiel financier. Pire, ils en font parfois les frais car il n’est pas rare que des œuvres de qualité subissent des dévaluations imméritées car ils n’appartiennent pas à l’un de ces tops de la finance. L’art mérite mieux.

Symphonie et couleurs h Avec Tinka Pittoors, presque 35 ans, souriante et décidée, l’art ne rêve plus, il se bat, s’installe, s’amuse, fustige nos environnements. NOUS L’AVONS RENCONTRÉE DANS SA MAISON du centre d’Anvers où elle vit avec son compagnon, peintre et installateur, l’apprécié Kris Fierens, 55 ans. Chargé de mémoire et de décombres, leur univers est, surtout, un lieu de vie qui respire la santé, le goût des objets multiples, une ambiance, le plaisir de la bonne cuisine et des vins qui ensorcellent. Tout y fait farine au moulin de la créativité. D’où l’impression que l’atelier s’y niche partout, même si des pièces lui sont réservées. Dans celles-ci, où s’amoncellent les ingrédients d’une installation à finir, tout semble en vrac et tout, pourtant, profile l’œuvre en veine d’aboutissement. Tinka Pittoors aime les entrelacs. Elle joue avec ces tentacules, natures mortes en goguette, qui s’insinuent, s’installent, pour occuper le terrain avec l’aisance de la pieuvre englobant tout sous ses pattes dévorantes. Une métaphore de la réalité ? Une manière pour l’artiste de s’inscrire contestataire. “C’est aussi une blague, j’aime relativiser.”

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JOHANNA DE TESSIERES

TINKA PITTOORS

SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

Tinka Pittors, jeune artiste Arts Libre.

A 35 ans, on rêve d’un monde meilleur, plus ouvert, plus libre, plus généreux, moins cousu de fil blanc. Utopie ? Certes. Aussi cette artiste qui a de la conscience réagit-elle avec une verve très personnelle. Avec allant. Elle fait flèche de tout bois ou, plutôt, de tout époxy. Retenue pour Canvas Collectie (une expérience), elle investit, jusqu’au 1er juillet, le vieux fort d’Edegem, dont elle a transformé la haute tour centrale en déclinaison florale à découvrir de bas en haut, en levant les yeux au ciel ! Une tour embellie à sa façon iconoclaste : en y empilant des boîtes à déchet trouvées là par centaines, neuves et jamais utilisées (!), des palmiers et boules de buis en plastique, et même un flamant rose en toc. Avec la percée vers le ciel, trois étages plus haut, la proposition a du chien (dent), s’empare avec délectation du kitsch qui circonscrit les stéréotypes ! Et Tinka est sur le point d’investir avec d’autres l’église Saint-Loup, à Namur. Présentée par Le Triangle Bleu, de Stavelot, Tinka Pittoors est une artiste sans frontières, sans ces balises du bon goût qui noient le poisson avec l’eau du bain. Sourire aussi sympa qu’allure franche et déci-

dée, robe fraîchement colorée et longs bas ficelés de carrés multicolores, elle a l’originalité des battantes et accrédite une liberté d’allant et d’allure qui font mouche. Cerise sur le gâteau, son art est à son image, ouvert, débridé, opération de charme et piquants goguenards. On ne s’ennuie pas en sa compagnie, comme on ne s’ennuie pas auprès de ses travaux énergétiques : il y a de la vie, de la réflexion, de l’ironie salvatrice. Née à Anvers en 1977, elle a toujours eu l’art en elle. S’est astreinte aux cours de peinture des BeauxArts de Gand, mais ses professeurs “Marc Maet, Philippe Vandenberg, Jean Bilquin, avaient trop le sens du “combat” avec la peinture et je préférais quelque chose de plus subtil. De moins oppressant. La peinture influence ce que je fais, mais indirectement, par les couleurs. Et je dessine. J’agis entre peinture et installation, entre couleur et forme. Mes installations deviennent en quelque sorte peintures.” Pour preuve, “Pixelrot Faithicism”, sa plus récente démonstration : des pots de couleur délicatement mystificateurs la couleur étant apposée à l’extérieur, de faux petits arbustes,

TINKA PITTOORS

d’entrelacs

des cadres miroirs, du trompe-l’œil, des sculptures en époxy avec du fer à l’intérieur, jeux de boules et de formes avec, parfois incluses, de petites mosaïques de verre peint, aux prolongements tentaculaires… Tinka envahit le monde de ses structures bizarroïdes et ludiques : “Avec ce que je fais, j’invite le spectateur à jouer, à construire ce qui n’est qu’ébauché, à voyager dans sa tête. Le jeu, c’est quelque chose d’important et sérieux, regardez des enfants qui jouent ! J’invite à entrer dans un monde différent avec une autre logique que le monde quotidien. Et tout ça à travers un néologisme sculptural !” Néologisme : le mot est lâché. Tinka Pittoors invente formes et colorations qui lui ressemblent. Roger Pierre Turine

Infos pratiques Les dix jeunes artistes exposeront à la Médiatine, 45 chaussée de Stockel, 1200 Bruxelles, du 20 juin au 15 juillet. Infos : www.wolubilis.com

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SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Infos pratiques Mircea Suciu. Black Milk. Recent large charcoal drawings. Aeroplastics Contemporary, 32 rue Blanche, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 2 juin. Du mardi au vendredi de 11h à 18h, samedi de 14h à 18h. www.aeroplastics.net

Bio express Né à Baia Mare en 1978, en Roumanie où il a été formé ainsi qu’en Italie et en Tchéquie, Mircea Suciu qui vit à Bucarest est l’un des professeurs les plus influents de l’université artistique de Cluj. Peintre de facture réaliste au talent reconnu internationalement, il expose régulièrement depuis la fin des années nonante en Roumanie, en Allemagne, en Italie et fréquemment en Belgique à Gand. Il pratique la peinture à l’huile et le fusain, généralement de grand format.

Scènes de la tragédie humaine h Première et très impressionnante exposition solo en galerie de grands dessins de l’artiste roumain Mircea Suciu chez Aeroplastics à Bruxelles. Noir c’est noir ! TOUT Y EST NOIR. UN NOIR PROFOND. Irrémédiablement noir et lourd. Du fusain, mais pas seulement. Les images le sont tout autant. Et dures, très dures à supporter humainement, émotionnellement, car elles ravivent des événements, des pans d’histoire, des situations, des comportements, que l’on ne souhaite plus jamais vivre, pour soi ou pour les

autres. Et malheureusement le monde d’hier, d’aujourd’hui, la mémoire, les faits, le quotidien, tout autour de l’homme clame le contraire. Est-ce pour cela que le peintre Roumain Mircea Suciu, dans un réalisme terrible de vérité, peint et dessine des scènes de la tragédie humaine ? Le devoir de mémoire, dit-on, l’obligation de se souvenir, de savoir que ce fut possible, que c’est encore possible, que c’est encore une réalité quelque part, et rendre visible l’insoutenable, tout cela participe de cette démarche qui peint en noir le monde des hommes tel qu’il est parfois. Trop souvent. Une seule fois étant déjà de trop. Mircea Suciu qui ne l’a pas connue se remémore, à l’aide d’images qui foisonnent sur les sites de nouveaux médias d’information et de communication, la guerre en Europe de 40-45 et les atroci-

tés sans nom des nazis, mais pas seulement, il évoque plus largement les dictatures de toutes espèces et leurs cortèges funèbres, les migrations, les fuites, les déracinements, les violences, les génocides, les massacres, tout le pire dont l’humanité est capable. Cette forme d’art réaliste ne correspond pas à un quelconque engagement politique, elle ne vise pas une situation plus qu’une autre même si certaines références sont nettement explicites, les images dont beaucoup reposent sur l’anonymat ont valeur de témoignages et d’exemples et il leur oppose celles de quelques personnages présentés comme les héros potentiels salvateurs de l’humanité, des Super men qui volent au secours des opprimés. Une bien faible fiction à laquelle on voudrait croire sans doute pour garder espoir.

Il n’est certes pas le seul artiste à servir cette cause. On en appellera certainement à Bosch et plus encore à Goya ainsi qu’aux enfants terribles de l’art britannique, les Jake et Dinos Chapman auteurs de réinterprétation sanglantes des thèmes de l’artiste espagnol. La Belgique a aussi connu son Mouvement réaliste avec une forte implication dans ce type de sujet. Et on n’oubliera pas un Music. Tous à leur manière, et Suciu également, ils refusent les amnésies et les aveuglements, la banalisation même dont il a été question ces derniers temps. Et rien que pour cela son œuvre est d’une brûlante actualité, il n’est pas seulement question de mémoire, il faut voir aussi car quelques œuvres parlent directement de maintenant. L’une d’elles présente une population entassée sur une île, à moins que ce ne

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SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

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l Expo en vue

Les signes emblématiques de Couturier Vues de l’exposition de Michel Couturier à la galerie Cerami.

h Michel Couturier travaille sur le

Mircea Suciu, “Medusa”, 2011, fusain sur papier, 150 x 235 cm.

soit une embarcation, tellement dense que la noyade les menace. Le fusain s’intitule, report artistique évident, Medusa, comme le fameux radeau de Géricault. N’aurait-il pas pu s’intituler Lampedusa ? Surpopulation, émigrés, combat de survie, prisonniers, exclus… ? L’œuvre est interprétable. On pourrait en opposer une autre représentant un parterre de spectateurs riant, on ne sait de quoi, mais accompagnée d’un double titre : The Diary Belgium, tout fini par un rire ! Une autre encore met en scène un personnage totalement caché sous des voiles vestimentaires : homme, femme, pourquoi cet accoutrement ? Des résonances actuelles ? Quant à l’âne qui feuillette un album historique voilà qu’il met face à face Staline et Hitler… Prendre conscience ! Claude Lorent

“Ces figures quasi abstraites deviennent les jalons d’une autre appréhension du paysage contemporain, les nouveaux hiéroglyphes auxquels il nous appartient de donner sens.” Michel Couturier

COURTESY GALERIE CERAMI

LA DÉMARCHE N’EST PAS ANODINE, même si elle s’impose à nous sans trop crier gare au premier moment, premier coup d’œil. Pourtant à y voir de plus près, à scruter l’univers insolite et minimaliste du Bruxellois, on s’aperçoit vite que, s’il est un dessinateur qui substantifie le trait en nous l’imposant sans aucun subterfuge, il est aussi, et peut-être surtout, un témoin de son temps qui arpente l’existence en montrant du doigt, à qui veut bien, ce qui nous submerge l’œil d’abord et, in fine, le cours des jours, par des présences qui, pour coutumières, n’en sont pas moins révélatrices d’une réalité avec ses pour et ses contre. Ses contrastes. Couturier travaille donc sur le paysage mais pas n’importe lequel, un paysage citadin qu’il nous profile avec trois fois rien. Quelques traits, quelques lignes. Le plus souvent en noir et blanc avec, parfois, du rouge ou, plus rarement, du doré qui, alors, tranche comme un sourire dans l’espace. Travail à l’encre et à l’acrylique, le pensum graphique de Couturier va droit au but, tout en ne nous imposant rien. Libre à chacun d’interpréter ses signes, ses hiéroglyphes, ses calligraphies, comme il l’entend. Libre à lui de n’y voir, peut-être, que lignes et traits sans autre incidence visuelle. Ce qui serait quand même une erreur, dans la mesure où cet artiste du trait minimal n’en est pas

moins aussi une sorte de philosophe dessinateur qui, d’un trait, cible un objet et, de deux, brosse un panorama elliptique d’agressions visuelles. Ne nous empêchent-elles généralement pas de dormir, elles n’en détournent pas moins notre regard d’un champ de vision plus naturel. Couturier trace des panneaux urbains, des signaux qui nous engagent à ceci ou cela et, ce faisant, nous déterminent. Dessine les contours de spots d’éclairage, d’éoliennes, d’antennes tv, de drapeaux. Ces objets rapportés qui meublent notre champ visuel d’incidences pas toujours bonnes, pas toujours souhaitées, pas toujours propices à la bonne rêverie. Et qui existent. Couturier décrypte nos artères, nos rues, nos espaces extérieurs quotidiens. Des espaces dans lesquels il nous faut vivre, et vivre avec. On peut prendre ces “signaux” comme tels ou y voir, davantage poétiques, des mâts de cocagne, des totems, des flèches “toutes directions”. Couturier se mue lui-même en poète quand il décrit, avec peu, un rien, la lagune de Venise; quand il profile la légèreté d’un arbre, d’un fanion de bateau, quand il laisse sa belle écriture épurée aller à vau-l’eau, courir sur le papier, et nous imager une vérité. Mine de rien, avec lui, nous habitons le monde qui nous entoure. Qu’il agisse par le biais de la photo, de la vidéo, du dessin, Couturier est un funambule qui réactive les contrastes qui peuplent nos allées et venues de citadins pressés. Travail subtil, aérien, tendu quand il faut, la belle ouvrage de Michel Couturier s’inscrit sans coup férir, noire sur blanc ou dorée sur tranche, dans notre imaginaire, et c’est très bon signe ! Roger Pierre Turine

COURTESY GALERIE CERAMI

COURTESY OF AEROPLASTICS CONTEMPORARY, BRUSSELS

paysage mais pas n’importe lequel, un paysage citadin qu’il nous profile avec trois fois rien

Bio express Né en 1957, a vécu à Liège et à Lille, réside à Bruxelles. Nombreuses expositions en Belgique et à l’étranger. Depuis 2001 traite des questions concernant la ville et ses périphéries.

Infos pratiques Galerie Jacques Cerami, 346 Route de Philippeville, 6010 Charleroi-Couillet. Jusqu’au 2 juin, du mercredi au vendredi de 14 à 19h, samedi de 11 à 18h. Infos : 071.36.00.65 et www.galeriecerami.be

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Les galeries

SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

COURTESY GALERIE D’YS / BRUXELLES

Entre rêverie et réalisme cru

Kate Lyddon et les réalités de l’amour Nous avons déjà dit ici le bien immense que nous pensons du travail plastique de la Britannique Kate Lyddon (1979). Exposée depuis deux ans par Yasemin Senel, l’artiste anglaise a bien des atouts pour séduire : une imagerie qui virevolte entre rêverie et réalisme cru, entre bagatelle et séduction à cran, entre mise en abîme et mise en espace souvent confondantes d’originalité. Nous avons ainsi le souvenir de grandes toiles aux couleurs presque vertigineuses – roses et verts et rouges brûlants d’intensité –, corsées par des implications spatiales que n’aurait pu désavouer un Bacon. La peinture de Kate Lyddon est toutefois une peinture de femme avec ses codes typiquement féminins, ses dérisions et ses implications à la fois profondes et

Galeries BRUXELLES A.L.I.C.E. BXL 2012 - Dérives. Oeuvres d'Invader. ‣ Jusqu'au 19·05. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Rue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles 02 513 33 07 www.alicebxl.com

ABC De l'instant. Oeuvres récentes de Julia Jedwab. ‣ Jusqu'au 02·06. Du Ma. au S. de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30 ou sur rdv. U Rue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles 02 511 32 53 ou 0475 37 59 27

Albert Dumont Claudine Peters-Ropsy. ‣ Jusqu'au 03·06. Du J. au D. de 13h30 à 19h ou sur rdv. U Rue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles 02 512 49 43 www.galeriedumont.be

aliceday - project space

désuètes, toujours pétillantes. Frappées d’une imagination rehaussée d’un soupçon d’incongruité, de sa dose érotique et de son surplus corrosif. Ses dessins sont tout aussi attrayants, légers comme des bulles de savon, intenses et dramatiques comme des conflits amoureux. Fins traits de crayon et collages intrigants s’y confondent dans d’heureuses sarabandes de truculences, d’audaces rythmiques et plastiques, de joyeusetés inattendues. La présente exposition n’échappe pas à cette règle de fabrique, principalement dans les dessins et un imposant triptyque intitulé “Satellite’s Gone” (illu.), qui tire son inspiration d’une chanson anglaise à succès. Sur un fond tout rouge se décline une histoire d’amour désespéré, une

Walter Swennen. Oeuvres picturales. ‣ Jusqu'au 26·05. Du Ma. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Quai au Bois à Brûler 39 - 1000 Bruxelles -02 646 31 53 www.aliceday.be

B-Gallery Naissance d'une île. Dessins, sérigraphies et installation de Béatrice Lortet et Jérémy Naklé. ‣ Jusqu'au 26·05. Du Me. au S. de 13 à 18h. U Galerie Bortier - Rue Saint-Jean 17 1000 Bruxelles - 02 279 64 03 www.brupass.be

Crown Gallery Room. Oeuvres de Stefan Serneels. ‣ Du 19·05 au 30·06. Du J. au S. de 14h30 à 18h30 ou sur rdv. U Nouveau Marché aux Grains 13 1000 Bruxelles - 0475 52 18 72 www.crowngallery.be

Duqué & Pirson Caroline Bia. Peintures abstraites faisant la part belle à la couleur et au travail des surfaces. ‣ Jusqu'au

femme y hurlant sa détresse. Toute une gesticulation l’anime, cœurs et ballons rouges y corsant une tension qui ne se cache pas. Dramaturgie plastique, cette toile fait mouche avec ses collages de cheveux, de velours, de bouts de tout. Des collages qui, ici, ne sont pas de trop alors qu’ailleurs Lyddon ferait parfois bien de ne pas en abuser. A viser aussi le dessin “Tomorow Night”, “ Drawing Room”, “ Time after Time”. Les maladresses voulues y chargent une dynamique exemplaire. (RPT)

U Galerie d’Ys, 84 rue de l’Arbre Bénit, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 27 mai, du jeudi au samedi de 14 à 18h; le dimanche de 11 à 15h. Infos : 02.511.95.11 et www.galeriedys.com

26·05. Du J. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. U Chaussée de Vleurgat 109 - 1000 Bruxelles - 02 646 45 26 www.duque-pirson.com

Etablissement d'en face projects Michel Auder. ‣ Jusqu'au 26·05. Du Me. au S. de 14 à 18h. U Rue A. Dansaert 161 - 1000 Bruxelles 02 219 44 51 www.etablissementdenfaceprojects.org

Fine Art Studio Cathy Devylder. ‣ Jusqu'au 20·05. Du Ma. au S. de 11 à 18h ou sur rdv. Pastels. Oeuvres d'Anouk Grinberg. ‣ Jusqu'au 20·05. Du Ma. au S. de 11 à 18h ou sur rdv. Sampling Monkeys. Peintures de Ransome Stanley. ‣ Jusqu'au 20·05. Du Ma. au S. de 11 à 18h ou sur rdv. U Rue des Sablons 13 - 1000 Bruxelles 02 514 25 92 www.fineartstudio.be

Galerie 2016 & Mira Les dialogues de la section d’or. Oeuvres sur papier (à quatre mains et individuelles) d'André Dael et Raph Cleeremans. ‣ Jusqu'au 26·05. Du J. au D. de 13 à 18h. U Rue des Pierres 16 - 1000 Bruxelles 02 502 81 16 www.galerie2016.be

J. Bastien-Art Images inspirées. Oeuvres de Shan Sa. ‣ Jusqu'au 27·05. Du Ma. au S. de 11 à 18h30, le D. de 11 à 13h, fermé les j.f. U Rue de la Madeleine 61 - 1000 Bruxelles 02 513 25 63 www.jbastien-art.be

Jan Mot Ian Wilson. ‣ Jusqu'au 26·05. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. U Rue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles 02 514 10 10 www.janmot.com

Katarzyna Napiórkowska Exposition d'ouverture. Une nouvelle galerie entièrement consacrée à l'art polonais. L'exposition inaugurale exposera les oeuvres d'artistes classiques du XXe siècle ainsi que de jeunes artistes polonais. ‣ Dès le 19·05. U Mont des Arts 8 - 1000 Bruxelles 0495 71 89 88 www.napiorkowska.pl

‣ Jusqu'au 26·05. Du Ma. au S. de 11 à 18h. U Rue de l'Abbaye 2 - 1000 Bruxelles 02 644 34 54 www.meessendeclercq.com

MH Gallery Human Condition. Oeuvres d'Olivia Barisano (vidéos, installations et performances) et Mai Tabakian. ‣ Jusqu'au 21·05. Du J. au L. de 11 à 18h sauf le D. de 11 à 15h, ou sur rdv. U Rue Haute 11 - 1000 Bruxelles 0478 84 89 81 www.mathildehatzenberger.eu

Office d'Art contemporain Méditation(s). Peintures d'Olivier Pé. ‣ Jusqu'au 30·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Rue de Laeken 105 - 1000 Bruxelles 02 512 88 28 www.officedartcontemporain.com

Pierre Hallet Patrimoines. Oeuvres de Joëlle Delhovren. ‣ Jusqu'au 20·05. Les Ma., J., V. et S. de 14h30 à 18h30, le D. de 11h30 à 13h30. U Rue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles 02 512 25 23 www.galeriepierrehallet.com

Quest 21 Par la fenêtre. Peintures de Marc Ronet. ‣ Jusqu'au 26·05. Le Me. de 12 à 16h, les S. et D. de 12 à 18h ou sur rdv. U Avenue de Stalingrad 21 - 1000 Bruxelles -0473 81 36 90 www.quest21-art.be

Synthèse Exposition collective. Estampes de Bernard Buffet, Pol Bury, Victor Vasarely, Luc Peire, Mikio Watanabe... et sculptures de Carlos Cruz-Diez, Gottfried Honegger et Marie-Thérèse Vacossin. ‣ Jusqu'au 31·05. Du J. au S. de 14h30 à 18h30. U Rue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles 02 514 40 55 www.galeriesynthese.be

U Rue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 02 511 35 80 www.keitelmangallery.com

Valérie Bach 13 peintres et moi. Carte blanche à Pascal Bernier qui occupera l'espace avec des peintres qu'il a invités (Robert Quint, Xavier Noiret-Thomé, Charlotte Beaudry, Bernard Gaube, Michel Mouffe...). ‣ Jusqu'au 02·06. Du J. au S. de 11 à 13h et de 14 à 19h, le Me. sur rdv.

Maria Clara Art Point Tempérament chaud froid. Photos de Michael Chia, céramiques d'Axelle Gielen, peintures de Kis’Keya, sculptures de Christian Cadelli... ‣ Jusqu'au 13·07. Du L. au V. (fermé le Me.) de 12 à 14h30 et de 16h30 à 19h.

Young Gallery Platinum Beauties. Photographies de Marc Lagrange. ‣ Jusqu'au 02·06. Du Ma. au S. de 11 à 18h30.

Keitelman Gallery Sur le fil. Oeuvres de Lucile Bertrand. ‣ Jusqu'au 30·06. Du Ma. au S. de 12 à 18h ou sur rdv.

U Rue de Pascale 8 - 1000 Bruxelles www.mariaclara-artpoint.be

Meessen De Clercq Particles. Exposition collective, avec, entre autres, des oeuvres de Fabrice Samyn, Lieven De Boeck, Claudio Parmiggiani, Mungo Thomson...

U Rue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 02 502 78 24 ou 0486 29 68 39 www.galerievaleriebach.com

U Avenue Louise 75b (Hôtel Conrad) 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 www.younggalleryphoto.com

Artiscope Futures. Exposition collective réunissant William Sweetlove, Bob Verschueren, Patricia Kinard, Enrico T. De

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Les galeries

SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

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COURTESY GALERIE PIERRE MARIE GIRAUD

Céramique

Des cercles parfaits Des cercles. À l’infini. Peu importe la terre, céramique, grès, porcelaine, ou la forme – plat, vase, cruche, bol, pot, boîte… –, les œuvres de Valérie Hermans ne présentent aucune ligne droite, aucun angle, tout est toujours parfaitement circulaire. Née en 1959, la céramiste qui vit et travaille dans le sud de la Bourgogne a toujours manié la matière terre “en modelant l’argile du ruisseau au bout du jardin”, enfant. Puisant l’inspiration dans la nature qui l’entoure, c’est auprès d’un grand maître coréen, qui lui enseigna la calligraphie, que Valérie Hermans acquit les notions d’équilibre, d’harmonie, de structure, de perfection… qui se reflètent dans son œuvre aujourd’hui. Si ces cercles parfaits renvoient à une technique impeccablement maîtrisée, ils témoignent aussi d’une recherche de plénitude et d’idéal. (CdM)

U Galerie Pierre Marie Giraud, 7 rue de Praetere, Bruxelles. Exposition Valérie Hermans jusqu’au 2 juin, du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 18h. Infos : 02.503.03.51. et www.pierremariegiraud.com

Paris, Tadashi Moriyama... ‣ Jusqu'au 29·06. Du L. au V. de 14 à 18h ou sur rdv. U Boulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles - 02 735 52 12 www.artiscope.be

Place Saint-Denis et Atelier galerie de l'Ô The Ceramic Event IV. Une trentaine de céramistes venus de Belgique, France, Pays-Bas, Suisse... présentent leurs oeuvres sur le parvis Saint-Denis. Onze céramistes sélectionnés exposent les “tendances” céramique à la galerie de l'Ô. ‣ Les 19 et 20·05 de 11h à 18h. U Adresse de la galerie: rue de l'Eau 56a 1190 Bruxelles - 0495 28 71 74 www.galeriedelo.be

Quadri Marcel-Louis Baugniet et ses amis. Oeuvres d'Akarova, Jo Delahaut, Pierre-Louis Flouquet, Henri Gabriel, JeanPierre Maury et Jean Milo. ‣ Du 23·05 au 16·06. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Avenue Reine Marie-Henriette 105 1190 Bruxelles - 02 640 95 63

Baronian-Francey In the ghetto it gets cold but we've got something to warm our soles. Oeuvres de Dan Rees. ‣ Jusqu'au 19·05. Du Ma. au S. de 12 à 18h. U Rue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles -02 512 92 95 www.baronianfrancey.com

Bodson-Emelinckx Rafael Carneiro - Paulo Climachauska. ‣ Jusqu'au 26·05. Du Me. au S. de 14 à 19h. U Rue de Hennin 70 - 1050 Bruxelles 02 648 40 06 www.bodson-emelinckx.com

Box Galerie Sasha. Oeuvres de Claudine Doury. ‣ Jusqu'au 30·06. Du Me. au S. de 14 à 18h. U Rue du Mail 88 - 1050 Bruxelles 02 537 95 55 www.boxgalerie.be

Didier Devillez Dogon & Varia. Masques, statues, productions artisanales... du pays Dogon. ‣ Jusqu'au 26·05. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv.

www.galeriequadri.be

U Rue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles -02 215 82 05 www.galeriedidierdevillez.be

anyspace Gobble Hole. Sophie Graniou met en scène un espace muséophobique déjanté voué à la conservation de la pop culture. ‣ Jusqu'au 02·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

Elaine Levy Project Les Malchanceux. Oeuvres d'Eleonore Saintagnan. ‣ Du 24·05 au 23·06. Du J. au S. de 14 à 19h ou sur rdv.

U Rue Van Eyck 59 - 1050 Bruxelles 0471 88 26 17

U Rue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles 02 534 77 72 www.elainelevyproject.com

www.anyspace.be

Artemptation Photomania. Oeuvres d'Eric Fransman, Morten Koldby Thomas Defays et Valérie Nagant. ‣ Jusqu'au 26·05. Du Ma. au V. de 11 à 18h30, le S. de 12 à 18h ou sur rdv. U Avenue Louise 475 - 1050 Bruxelles 02 669 77 78 www.artemptation.com

Fred Lanzenberg Michaël de Kok. Peintures. ‣ Jusqu'au 30·06. Du Ma. au V. de 14 à 19h, le S. de 10 à 19h. U Avenue des Klauwaerts 9 - 1050 Bruxelles - 02 647 30 15 ou 0475 73 40 15 www.galeriefredlanzenberg.com

Galerie d'Ys Kate Lyddon. Peintures et dessins. ‣ Jusqu'au 27·05. Du J. au S. de 14 à

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Les galeries

SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

Dessins, illustrations, peintures

18h, le D. de 11 à 15h ou sur rdv.

à 18h, le S. de 14 à 18h.

U Rue de l'Arbre Bénit 84 - 1050 Bruxelles 0499 22 57 66 www.galeriedys.com

U Rue Blanche 32 - 1060 Bruxelles 02 537 22 02 www.aeroplastics.net

Galerie Flore Arotin & Serghei - Nancy Coste. Oeuvres et installations lumineuses utilisant des éléments architecturaux, des compositions musicales, de la vidéo... - Photographies. ‣ Jusqu'au 15·06. Du L. au V. de 14h30 à 18h30 ou sur rdv.

Antonio Nardone Daniel Pelletti. Peintures. ‣ Jusqu'au 16·06. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

U Rue de la Vallée 40 - 1050 Bruxelles 0479 26 90 90 ou 0473 34 45 43 www.galerieflore.com

D+T Project La Grande Illusion. Oeuvres de Gianni Motti. ‣ Jusqu'au 19·05. Du J. au S. de 12 à 18h30.

Jozsa Gallery Post-scriptum. Oeuvres de Jean Biche, Katia Bourdarel, Anna Byskov, Rachel Russell et Diana Chaumontet. ‣ Jusqu'au 30·06. Les J. et V. de 12 à 18h ou sur rdv.

U Rue Bosquet 4 - 1060 Bruxelles 02 537 76 30 www.dt-project.com

Nathalie Obadia Disko. Peintures de Frank Nitsche. ‣ Jusqu'au 14·07. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Rue Charles Decoster 8 - 1050 Bruxelles 02 648 14 05 www.galerie-obadia.com

Puls Contemporary Ceramics Rafa Pérez et Palma Babos. ‣ Jusqu'au 26·05. Du Me. au S. de 13 à 18h. U Place du Châtelain 4 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 www.pulsceramics.com

Rodolphe Janssen Gert & Uwe Tobias. Céramiques, collages, sculptures... ‣ Jusqu'au 26·05. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. U Rue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles 02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com

Twig Gallery Spencer Sweeney. Peintures et dessins. ‣ Jusqu'au 02·06. Du Ma. au V. de 11 à 18h30, le S. de 12 à 18h. U Rue Tenbosch 74 - 1050 Bruxelles 02 344 23 68 www.twiggallery.com

Librairie Jaune Eric Warnauts et Guy Raives “Les Temps Nouveaux”. Planches originales et crayonnés de deux auteurs incontournables du paysage bédéphile belge. Les dessins seront issus de leur dyptique “Les Temps Nouveaux”, l'histoire d'une petite commune des Ardennes où résistance et collaboration s'entrechoquent dans une famille déchirée par la guerre. ‣ Jusqu'au 26·05. Le L. de 13h30 à 18h30, du Ma. au S. de 10h30 à 18h30, le D. de 10 à 13h30. U Rue Léopold Ier 499 - 1090 Bruxelles 02 428 84 55 www.librairie-jaune.com

Aeroplastics Contemporary Black Milk. Dessins de Mircea Suciu. ‣ Jusqu'au 02·06. Du Ma. au V. de 11

U Rue Hors-Château 68 - 4000 Liège 04 222 37 53

U Rue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles -02 333 20 10 www.galerieantonionardone.be

Faider Jean-Pierre Pincemin. Peintures et gravures. ‣ Jusqu'au 19·05. Du Me. au V. de 14 à 19h, le S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Rue Faider 12 - 1060 Bruxelles 02 538 71 18 www.galeriefaider.be

Le Salon d'Art De cire et de bois. Sculptures et dessins de Nicolas Alquin. ‣ Jusqu'au 14·07. Du Ma. au V. de 14 à 18h30, le S. de 9h30 à 12h et de 14 à 18h. U Rue de l'Hôtel des Monnaies 81 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 www.lesalondart.be

Pascal Polar Miroslav Tichý. L'oeuvre du photographe, créée sous la Tchécoslovaquie communiste entre les années 60 et 80, tourne autour de la figure féminine, en marge complète de la création artistique occidentale. ‣ Jusqu'au 30·06. Du Ma. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. U Chaussée de Charleroi 108 - 1060 Bruxelles - 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 www.pascalpolar.be

Rossicontemporary Dormances. Oeuvres de Marie Rosen. Mezzanine: oeuvres de Tilman Hornig, Simon Laureyns, Thomas Mazzarella, Julien Meert, Emmanuel Tête... ‣ Jusqu'au 02·06. Les J. et V. de 13 à 17h, le S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Rivoli Building - Chaussée de Waterloo 690 - 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 www.rossicontemporary.be

Juan d'Oultremont Cissiste international. Dessins. ‣ Jusqu'au 08·06. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. U Chaussée de Roodebeek 86a 1200 Bruxelles - 0496 21 27 38 www.juandoultremont.org

BRABANT WALLON

www.lesdrapiers.be

Liehrmann Delphine Boël. Peintures. ‣ Jusqu'au 27·05. Du Me. au S. de 13 à 18h30, le D. de 11 à 13h. WILL/GALERIE CHAMPAKA

U Rue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 02 640 06 71 ou 0478 48 77 09 www.jozsagallery.com

contemporain. Oeuvres de Vincent Chenut, Michel Cleempoel, Billie Mertens, Arnaud Doriath, Maureen Ginion, Daniel Henry, Hélène Amouzou, Arlette Vermeiren, Sarah Westphal et Léon Wuidar. ‣ Jusqu'au 02·07. Tous les jours, sauf le Ma., de 10 à 17h30, de 4 à 5 €.

L’enchanteur “Jardin des Couleurs” de Will Admiré en tant que dessinateur (mais jamais scénariste) des séries “Tif et Tondu” (de 1949 à 1991) et “Isabelle” (de 1972 à 1995) et, pour un public plus adulte, d’une “Trilogie avec dames” exécutée en couleurs directes, écrite par Stephen Desberg, publiée en un merveilleux volume chez Dupuis (“Le jardin des désirs”, “La 27e lettre”, “L’appel de l’enfer”), Will – Willy Maltaite, Anthée, 30 octobre 1927 – La Hulpe, 18 février 2000 – fut par ailleurs illustrateur et peintre, formé en sa jeunesse par le grand Jijé. Un choix de ses œuvres figure chez Champaka, à quelques pas du Grand Sablon. Quelque septante pièces sur lesquelles, dès le vernissage, se sont rués les collectionneurs en dépit des prix affichés. Ainsi, plusieurs planches originales (à l’encre de Chine, en noir et blanc) de “Tif et Tondu” et d’“Isabelle” ont elles été achetées 8 000 et 15 000 €, tandis qu’un pastel comme “La femme en bleu” (36,5 x 40 cm) partait pour 12 000 €. Et l’unique tableau (reproduit ci-dessus), “La chambre close”, acrylique sur carton de 85 x 68 cm, a immédiatement trouvé acquéreur à 23 000 €. La cote de Will s’envole : à bon entendeur… Coîncidant avec l’exposition, paraît un album coédité par Dupuis/Aire Libre et Champaka, publié sous la direction d’Eric Verhoest. Dans ce “Jardin des Couleurs” (120 pp. ill. en couleurs, env. 45 €), on admire, prioritairement, des portraits et des nus dont la radieuse sensualité rappelle l’ensoleillé pinceau du namurois Luc Perot, trop tôt parti en 1985. Du Will de toute beauté. (Fr.M.)

U Galerie Champaka (27, rue Ernest Allard, 1000 Bruxelles) jusqu’au 2 juin 2012. Lundi et mardi sur rdv; mercredi à samedi de 11h à 18h30, dimanche de 10h30 à 13h30. Tél. O2.514. 91.52 Site : www.galeriechampaka.com

14 à 17h (en présence de l'artiste). U Place Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l'Alleud - 02 384 63 17 http://galerie360.braine-lalleud.be

BRAINE-L'ALLEUD Galerie 360° Stephan Vee. Son travail s'articule autour de plusieurs axes, et met en évidence des capacités d'adaptation dans un environnement résolument tourné vers le futur. ‣ Jusqu'au 26·05. Le Me. de 15 à 18h et le S. de

HAINAUT

ture et l'espace public. ‣ Jusqu'au 02·06. Du Me. au V. de 14 à 19h, le S. de 11 à 18h, fermé les j.f. U Route de Philippeville 346 6010 Couillet 071 36 00 65 ou 0477 78 44 34 www.galeriecerami.be

COUILLET Jacques Cerami Michel Couturier. Son travail utilise la photographie, la vidéo et le dessin en relation avec la sculpture, l'architec-

LIÈGE LIÈGE Les Drapiers Tapisserie ou papier peint ? Un art

U Boulevard Piercot 4 - 4000 Liège 04 223 58 93 www.galerie-liehrmann.be

Monos Gallery And so what ?. Oeuvres du photographe et plasticien Jean-Marc Chapa. ‣ Jusqu'au 20·05. Du Me. au D. (sauf le J.) de 14h30 à 18h30, les autres jours sur rdv. U Rue Henri Blès 39 - 4000 Liège 04 224 16 00 ou 0485 91 16 02 www.monosgallery.com

SPA Galerie Azur Fred Benoit. D'une apparente simplicité, ses oeuvres gardent leurs secrets, leurs mystères de fabrication pour ne révéler que ce qu'elles semblent être: un tirage photo. ‣ Jusqu'au 10·06. Du Me. au S. de 11 à 18h, le D. de 11 à 13h et de 15 à 18h ou sur rdv. U Avenue Reine Astrid 48 - 4900 Spa 087 77 11 88 www.galerieazur.be

STAVELOT Triangle bleu Loïc Le Groumellec. Peintures. ‣ Jusqu'au 27·05. Du J. au D. de 14 à 18h30. U Cour de l'Abbaye 5 - 4970 Stavelot 080 86 42 94 www.trianglebleu.be

LUXEMBOURG LÉGLISE Galerie La louve Du symbolisme. Oeuvres de Félicien Rops, Léon Spilliaert, Odilon Redon, Armand Rassenfosse, Jacques Villon... ‣ Du 20·05 au 22·07. Les S. et D. de 15 à 18h, en semaine sur rdv. U Rue Saint-Orban 1 - 6860 Léglise 063 42 42 02 ou 0478 42 85 85 www.galerielalouve.com

NAMUR JAMBES Détour Au fil et à mesure. Pierre Courtois présente les petits formats d'un travail récent mettant essentiellement l'ac-

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Les galeries

SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

A l’étranger

Le livre de la semaine

Angleterre Miró et Cézanne plein cadre COURTESY HAUSER&WIRTH

Ron Mueck – Sculpture Londres – Hauser&Wirth

FLAMMARION

Les Editions Flammarion rééditent en bouquins compacts au format plus réduit, mais toujours fort bien illustrés, les textes de grands auteurs sur des maîtres de l’art. Viennent de reparaître ainsi, coup sur coup, des monographies qui font date : “Cézanne”, par John Rewald et “Miró”, par Jacques Dupin. Des références en la matière assorties de textes et d’images qui illustrent parfaitement le parcours de géants, dont le temps ne semble pas amoindrir l’impact sur l’art de leur époque et même leur influence bien au-delà. D’où tout l’attrait de formats plus maniables et plus aisés à transporter avec soi pour passer de fructueuses soirées entre amis ou en bord de mer. Synthèses des connaissances actuelles sur des créateurs appelés à défier le temps, ces livres sont d’avance des compagnons de vie et de réflexion propices à toutes les discussions qu’on peut entretenir sur l’art, la culture, à une époque troublée qui valorise toujours davantage la valeur marchande de l’œuvre plus que sa valeur éthique et artistique, ce qui est un comble et ne prêche pas pour une société éclairée. Voici des livres qui tuent les âneries de notre société du toc ! (RPT)

U “Miró”, par Jacques Dupin, Grande Monographie Flammarion, 480 pages illustrées en couleurs, environ 35 euros.

U Rue des Brasseurs 38 - 5000 Namur 0475 60 25 58

ANVERS ANTWERPEN Fifty One Fine Art Photography Jan Yoors. Photos noir et blanc du New York des années 60 et 70. ‣ Jusqu'au 20·06. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. U Zirkstraat 20 - 2000 Antwerpen 03 289 84 58 www.gallery51.com

Micheline Szwajcer Quintette Imaginaire. Oeuvres de Pierre Bismuth, Matthew Brannon, Bernd Lohaus, Baudouin Oosterlynck et Marc Van Tichel. ‣ Jusqu'au 16·06. Du Ma. au V. de 10 à 18h30, le S. de 12 à 18h30. U Verlatstraat 14 - 2000 Antwerpen 03 237 11 27 www.gms.be

COURTESY BEN BROWN

KNOKKE-HEIST Guy Pieters Gallery Guillaume Bijl. ‣ Jusqu'au 21·05. Tous les jours, sauf le Ma., de 11 à 18h. U Kustlaan 279 - 8300 Knokke-Heist 050 61 28 00

Loin de la surenchère mégalomane et démonstrative, l’exposition intitulée “Micro Mania” présente 60 œuvres de petite taille mais de grands maîtres de l’art moderne et contemporain allant de Picasso et Giacometti (illu) à Magritte ou même… Damien Hirst ! U Jusqu’au 26 mai. Galerie Gagosian, 4 rue de Ponthieu, 7500 Paris. www.gagosian.com

Les deux artistes français (1974 et 1975) vivant en Belgique proposent des peintures par sédimentation de dépôts provoqués et des sculptures objets qui par leurs formes, les couleurs et par les matériaux utilisés, flirtent avec l’image design d’éléments décoratifs. U Jusqu’au 2 juin. Galerie Loevenbruck, 6 rue Jacques Calot, 75006 Paris. www.loevenbruck.com

Swoon – Collage et gravure Paris – Galerie L.J.

FLANDRE OCCIDENTALE

Auteur d’installations monumentales, le street artiste américain montre, en cette galerie présente à Slick Brussels, de nouvelles œuvres inspirées des thèmes développés en interventions muséales sous formes de collages sur bois, de gravures et d’impressions sur Mylar. U Jusqu’au 23 juin. Galerie L.J., 12 rue de Commines, 75003 Paris. www.galerielj.com

FLANDRE ORIENTALE GENT KIOSK In Search of the Picturesque. Photos de Jan Kempenaers. ‣ Jusqu'au 10·06. Du Ma. au V. de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h. Void. Oeuvre monumentale de Karsten Födinger. ‣ Jusqu'au 10·06. Du Ma. au V. de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h. U Louis Pasteurlaan 2 - 9000 Gent 09 267 01 68 www.kioskgallery.be

Contact Agenda culturel :

Office Baroque Gallery No Sleep In The Exit Row. Oeuvres

COURTESY LOEVENBRUCK

U Leopold De Waelplaats 16 - 2000 Antwerpen - 03 216 38 88 www.zeno-x.com

COURTESY GALERIE L.J.

NAMUR Gery Art Gallery Sei Arimori. Le peintre maîtrise la tradition de la tempera et feuille d'or, alliant les techniques de la Renaissance italienne et la tradition japonaise. ‣ Jusqu'au 02·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

Micro Mania – Pluridisciplinaire Paris – Gagosian Gallery

Gaillard&Claude – Peinture Paris – Loevenbruck

U Lange Kievitstraat 48 - 2018 Antwerpen 0484 59 92 28 www.officebaroque.com

Tél. : 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

Jacques André – Archives Paris – Galerie Emmanuel Hervé COURTESY GAL.E.HERVÉ

U Avenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 081 24 64 43 www.galeriedetour.be

En Inde, l’artiste s’est formé au cours d’un très long apprentissage à la tradition picturale Pichhvai au Rajasthan de manière à obtenir une maîtrise technique de très grande précision. Depuis, dans une mixité Orient/Occident, il met en application cet acquis dans des abords picturaux modernes et contemporains. U Jusqu’au 6 Juin. Ben Brown Fine Art, 21 Ork Street, W1S 3LZ Londres. www.benbrownfinearts.com

France

d'Aaron Bobrow. ‣ Jusqu'au 16·06. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

Zeno X Gallery Artists of the Gallery. Oeuvres de Dirk Braeckman, Anne-Mie Van Kerckhoven, Jack Whitten, Cristof Yvoré, Bart Stolle... ‣ Jusqu'au 09·06. Du Me. au S. de 14 à 18h.

Pour sa nouvelle exposition, l’artiste (1958, Australie – Vit à Londres) reste fidèle à son réalisme et au changement d’échelle de représentation. Il explore des thèmes intemporels présents à travers l’histoire de l’art de manière à encourager le spectateur à s’identifier à la condition humaine. U Jusqu’au 26 mai. Hauser&Wirth, 23 Savile Row, W1S 2ET Londres. www.hauserwirth.com

Desmond Lazaro – Peinture Londres – Ben Brown

COURTESY GAGOSIAN GAL.

U “Cézanne”, par John Rewald, Grande Monographie Flammarion, 290 pages illustrées en couleurs, environ 30 euros.

cent sur une autre lecture des patrons de coupe et de leurs rapports à la couture par le biais de la mesure, du pli, du point et du fil jusqu'à la lisière du tissu. ‣ Jusqu'au 23·06. Du Ma. au V. de 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h, fermé les j.f.

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Travaillant sur l’archivage, sur des achats compulsifs d’un même objet jusqu’à son épuisement souhaité du marché, s’intéressant de près au phénomène de l’acquisition et se penchant sur les relations de l’art à l’économie et à l’argent, le plasticien belge (Bruxelles, 1969) nomme son expo : Vendu ! U Jusqu’au 1er juin. Galerie Emmanuel Hervé, 6, rue Jouye-Rouve, 75020 Paris. www.emmanuelherve.com

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle : Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation : Sodimco. Administrateur délégué - éditeur responsable : François le Hodey. Rédacteur en chef : Vincent Slits. Rédacteur en chef adjoint : Pierre-François Lovens. Conception graphique : Jean-Pierre Lambert. Publicité : Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@saipm.com).

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Adjugé!

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SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

l Vente publique

SOTHEBY’S

Suzanne Belperron (1900-1983) fut une des plus attachantes personnalités de la joaillerie haute française du XXe siècle. Née dans l’Est de la France, elle sera formée à Besançon puis à Paris où elle sera engagée par Boivin. Ensuite la maison Herz l’engagea et elle fit toute sa carrière en association avec ces joailliers. Suzanne Belperron eut comme plus prestigieux clients la duchesse de Windsor et Fred Astaire. Il y en eut d’autres et son style fleuri, libre et inspiré du monde animal allait être sa marque de fabrique. Sotheby’s vendait ce 14 mai à Genève plusieurs pièces de sa création. Cette broche des années trente annoncée à 45 000 francs suisses en fit 302500.

Brillant Cet autre objet créé par Suzanne Belperron unissant cristal de roche et diamant fit lui aussi un malheur à Genève le 14 mai dernier. Cette bague des années trente était comme la broche, annoncée à 45000 CHF. Les amateurs présents dans la salle firent flamber les enchères et le commissaire-priseur frappa son marteau à 464500 CHF.

464500 CHF SOTHEBY’S

Belperron

SOTHEBY’S

302500 CHF

SOTHEBY’S

Gunther

Sancy

9 042 500CHF

grands play-boys du XXe siècle vendent.

LEMPERTZ

L’un des diamants historiques les plus importants jamais mis aux enchères a été vendu pour CHF 9 042 500 de francs suisses ce 15 mai à Genève chez Sotheby’s. C’est près de cinq fois l’estimation basse et trois fois l’estimation haute. Ce brillant de 35 carats avait appartenu aux Maisons de France, d’Orange, d’Angleterre puis de Prusse.

h Les héritiers de l’un des plus

Dou Gerard Dou restera comme la vedette des ventes d’arts anciens chez Lempertz à Cologne les 11 et 12 mai derniers. Son tableau nommé “Le vieux peintre dans son atelier”, peint à l’huile sur bois (68,2 x 53,5 cm) et daté de 1649, fut vendu à 3785 000 euros. C’est un des meilleurs scores pour le maître, et c’est sûrement le tableau ancien le plus chèrement vendu en vente publique en Allemagne.

3785500€

SOTHEBY’S A REÇU CES 22 ET 23 MAI À Londres la mission de vendre un peu plus de 300 lots d’une collection d’objets d’art, de meubles, de tableaux et de sculptures ayant appartenu à Gunther Sachs. Ce n’est, on s’en doute, qu’une petite partie des biens meubles accumulés par celui qui fut une des vedettes du Saint-Tropez mythique des années 19501970. Né en 1932, il est décédé voici juste un an. Il vit le jour dans un gros château renaissant en Allemagne et il possédait cette nationalité mêlée à celle de la Suisse. Ses grands-pères étaient des industriels fameux dans la métallurgie et l’automobile. L’un d’eux était le créateur de la firme Opel (Groupe GM). De là lui tomba une rivière de marks dont il fit usage entre autres pour mener grand train. Son union avec Brigitte Bardot entre 1967 et 1969 allait le propulser au sommet des magazines “people”. Nonobstant cette vie de “jet-set” légère et coûteuse, Gunther Sachs avait le talent d’accumuler les œuvres d’art de qualité et d’autres presque futiles mais qui traduisent un esprit léger et espère-t-on heureux. Sotheby’s va vendre les 22 et 23 mai des lots à 50 livres sterling mais aussi d’autres annoncés à plus de 2 ou 3 millions livres sterling.

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SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

Le marché

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De Andy Warhol, “Pink Fright Wig” de 1986 est estimé entre 2000000 et 3000000 £. Yves Klein vaut un peu moins cher et ses “Feux de l’Enfer” de 1961 sont annoncés entre 500000 et 700000 £.

SOTHEBY’S

Sachs en force

C’est donc qu’il y a du bon et du moins bon, de l’important et du mineur, parfois une icône de l’art du XXe siècle s’annonce. Sotheby’s a donc pris ce que la famille voulut bien lui donner sachant qu’un tel patronyme sur un catalogue allait faire venir la presse du monde entier. Ce n’est pas totalement faux, la preuve ! Et puis surtout, au bout du compte, il y a les commissions à prendre sur 20 millions de livres attendues. Venons-en à ce qui constitue le catalogue de cette vacation aux parfums d’amour et de caprices, de gros cubes mais pas de gros rouge, de tapis vert des casinos et de yachts ancrés pas loin de La Madrague. Sachs collectionnait

les œuvres d’artistes qu’il connaissait d’autant qu’il fut un temps galeriste à Hambourg. L’école américaine du coup est bien présente, mais aussi quelques maîtres français, parisiens c’est plus juste, de sa génération et des artistes allemands de premier ordre. La grosse artillerie sera engagée autour d’Andy Warhol et de Richard Avedon. Leurs portraits de Brigitte Bardot vont faire merveille dans les salles feutrées de New Bond Street où auront lieu les dispersions. Pour le tableau de Warhol (122 x 122 cm), tiré de la photo de Avedon, il faudra débourser entre 3 et 4 millions de livres. L’œuvre date de 1974. Pour la photo de Avedon, 6e tirage sur 35 feuilles connues, on devrait monter entre 40000 et 60000 livres sterling. Dans sa galerie hanséatique, Sachs monta la première grande exposition sur Warhol en République fédérale allemande. Il ne vendit presque rien et acheta les ¾ des lots pour ne pas faire capoter une cote qui ne ressemblait alors à pas grand-chose. Sachs “pouvait aller là contre” et finalement, il s’en frotta les mains. Et tant pis pour ceux qui n’eurent pas le courage d’acheter ce faiseur d’icônes du siècle passé. Un tableau de quatre fleurs datant de 1965 devrait obtenir 3 à 4 millions de livres sterling, comme le portrait de Brigitte Bardot. Fautrier, César, Klein, Arman, Dali pour le plus ancien et Mathieu, forment l’avers parisien d’une pièce qui fut le théâtre d’une vie et d’une pièce (de monnaie) dont on attend de millions de copies. Philippe Farcy

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Le marché

SEMAINE DU 18 AU 24 MAI 2012 ARTS LIBRE

l Ventes publiques

Teniers

SADDE COLLETTE

200 000 €

Osias Beert Cette nature morte au plat d’huîtres, au plat de volailles et d’autres remplis de friandises est une œuvre de très belle facture peinte par Osias Beert (1580-1624), peintre anversois bien connu. Il s’agit d’un panneau de chêne de 52 x 98 cm qui sera à vendre à Moulins le 21 mai prochain chez Me SaddeColette. Feue Edith Greindl recensait douze tableaux signés par l’artiste dont une “Nature morte au plat d’huîtres et cinq plats de friandises avec un bocal et deux verres” comparable à celle que l’étude française présentera bientôt avec l’aide du cabinet d’expertise Turquin. Cette autre composition est une toile de 77 x 112 cm. Clothilde de Saint-Priest nous communiquait par ailleurs que “l’on peut également la rapprocher de la “Nature morte aux plats d’huîtres et fruits secs, biscuits dans un plat de porcelaine Wan-Li et verreries sur une table” conservée à la National Gallery of Art de Washington et daté des années 1620/24. On attend 120 000 à 150 000 €.

120 000 €

Bonne tenue sur les tropiques MAY-DUHAMEL

Cet intérieur du cabinet de travail d’un alchimiste est une toile de David Teniers le Jeune (1610-1690). Elle sera à vendre le 18 juin à Roubaix chez Me May-Duhamel. La composition est signée et datée de 1657. Ce tableau a appartenu à Abraham Bredius (18551946). Il fut l’un des plus grands historiens d’art de son temps. Grand connaisseur de la peinture des maîtres du nord, et de Rembrandt en particulier, il publia de nombreux ouvrages sur cette école; il fut également le spécialiste de Jan Steen. Ensuite la toile appartint à la galerie Goudstiker puis à la famille Huet qui la détient encore pour quelques temps. Le lot mesure 58 x 73 cm et est annoncé entre 200000 et 300000 €.

h Les ventes d’art non-Européen organisée à New York par Sotheby’s furent satisfaisantes. Aperçu léger.

NOUS ÉVOQUIONS NAGUÈRE LA vente imminente de la collection de cet ancien citoyen allemand installé aux USA et nommé Werner Muenstenberger. La dispersion de sa collection amassée depuis les années cinquante et soixante par Sotheby’s rencontra le 11 mai dernier le succès escompté par les experts. Mais sans plus que de donner les sommes affichées aux compteurs des estimations. Il n’y eut guère de folie sur les cours. Cette vente n’était pas la seule au programme de la salle britannique œuvrant non loin du Métropolitan Opera. Dans l’ordre de passage des pièces, le premier lot important était cette sculpture en pierre de la Sierra-Leone, de culture Sapi, que la salle pensait vendre entre 250 000 et 350 000 $. Il en vint l’estimation basse, sans plus de feu que cela et même un peu moins puisque le chiffre réel porteur des frais affichait 242 500 $. Pareil sort attendait le masque Luluwa de la RDC qui était le chef-d’œuvre de la collection. Les experts maison avaient tablé sur 1,5 à 2,5 millions de dollars. C’est l’estimation haute qui cette fois-ci fut couverte à quelques centimes près. Et c’est un amateur européen qui est parti avec l’objet de sa convoitise. Plus loin, un long torse d’homme en bois de culture Mbembe (Nigeria) fut cédé contre 170 500 $; les enchères partirent à 150000$ et l’estimation haute tablait sur 250 000 $. C’est dire si les amateurs n’ont pas fait exploser les cotes. Il y eut plus de succès pour une sculpture anthropomorphe très récente en pierre exécutée par Magdalena Odundo, née à Nairobi en 1950. Ici, les experts avaient escompté 40 000 à 60000 $ mais les amateurs se disputèrent le lot jusqu’à 134 500 $, ce qui est un cadeau pour l’artiste. 75% des lots furent vendus et cela permit de réunir

3,1 millions de dollars. Toujours le 11 mai, il y avait une vente plus large qui incluait de nombreux lots africains provenant de collections européennes et là il y eu beaucoup plus d’entrain. Nous avions vu à Paris cette magnifique sculpture Bamana du Mali, figurant un personnage travaillé tout en zig-zag. La pièce haute de 62 cm était annoncée entre 400000 et 600000 $. La magie de la sculpture semble avoir opéré car au bout d’une intense bataille de bras levés, le marteau tomba frais compris à 2 658 500 $. C’est pour ce genre de sculpture le plus haut prix jamais atteint. Ensuite, une importante sculpture féminine Dogon, en bois, haute de 62 cm, fut joliment disputée et sur une base de 250 000 $ elle en fit plus du double à 542500 $. On terminera sur cette partie avec une sculpture Bamana (Mali) montrant une jeune femme assise dotée de mains larges comme des palmes. La maison de ventes suggérait un transfert de propriété entre 150 000 et 250000 €. Les connaisseurs se sont rués sur cette pièce très forte et qui ne manquait pas d’un brin d’humour. Cela permit de voir le marteau tomber à 782500 $. Du côté des arts d’Amérique latine, on mettra juste en exergue une paire de sculpture en terre cuite figurant deux jeunes gens assis. Le couple provenait d’un foyer de production de San Juanito au Mexique. Annoncées entre 30000 et 40000 €, les deux figures sont parties vers d’autres cieux contre 362 500 €. 71% des 209 lots changèrent de mains, ce qui n’est pas très glorieux et montre les risques inhérents aux ventes publiques. Le produit total de cette vacation fut de 14,5 millions de dollars. Ph. Fy.

Cette incroyable figure féminine du Mali, exécutée chez les Bamana, était à vendre ce 11 mai à New York, chez Sotheby’s. Haute de 67 cm, elle était annoncée à 400 000 $. Elle en obtint 2 658 500 $.

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l Vente publique

Design récent et humour

s

h La vente Cleto Munari chez

SOTHEBY’S

CLETO MUNARI EST UNE DES figures les plus intéressantes du design italien entre 1960 et 2000. Artiste, industriel, collectionneur, il est né en 1930 et pose à Bruxelles une partie de ses valises pour faire face à son avenir. Grand, beau encore, raffiné, le personnage offre des airs de dandy, mais comme souvent ces hommes-là sont des bourreaux du travail. Il s’habille comme il crée, tout en couleurs. Et ses amis et collègues à qui il acheta pas mal de créations firent sans doute de même, du moins sur leurs planches de travail et celles des vitrines des magasins branchés. Munari touchera à tout dans son domaine du design, jusqu’à des montres où il demanda en 1984 à Sottsass, Hollein et Isosaki de créer une ligne pour sa marque. Il aborda également les objets en or ou en argent dès la fin des années septante, lorsqu’il rencontra Carlo Scarpa. Il a poursuivi dans ce monde aurifère avec Mimmo Paladino qui continue à créer pour sa firme une ligne de bijoux contemporains. Dans les années 2000, Cleto Munari aborda la verrerie. Il avait touché au mobilier bien sûr, éclatant de couleurs et de lumières, de formes improbables et drôles. La production continue dans tous ces domaines. La firme Munari à Vicence est en pleine activité. La vente fut un florilège d’un certain style, celui des années 60-70 que le marché de l’art pousse à qui mieux mieux pour trouver de nouvelles respirations, de nouveaux publics, de nouvelles sources financières. Mais les années les plus récentes ne furent pas omises, notamment du côté de la verrerie précitée. Le design est à la mode partout et la mise en épingle des créations un peu “vintage” touche le public de gens arrivés à maturité qui ont connu ces effets meublants ou décoratifs dans leur prime jeunesse. Ils ont présentement les moyens de leur âge et s’achètent une jeunesse perdue, mais qu’ils peuvent toucher à nouveau. C’est une part de rêve. La vente ne déclencha pas de flambées d’enchères et elle commença par des créations de récentes, des années 20002008. Un vase de Murano (2004) figurant un personnage fit der la sorte 650 €, soit l’estimation basse. Trois bougeoirs en argent de Riccardo D’Alisi (né en 1931) partirent pour 1 900 €, sur une base de 1 500 €. Dans le genre “fun”, un meuble totem rassemblant

PBA

PBA à Bruxelles a bien fonctionné ce 24 avril. Le design, ça plaît.

Ce meuble totem rassemblant des casiers de couleurs diverses, haut de 233 cm trouva preneur à 3 800 €.

des casiers de couleurs diverses, haut de 233 cm trouva preneur à 3 800 €, sur des estimations de 4000 à 5 000 €. Une très belle bibliothèque multicolore de 2009 resta en rade. Mais une table en verre sur des sortes de piles de sept couleurs différentes s’en alla à l’estimation basse soit 5 200 €. Carlo Scarpa (19061978) avec qui Munari collabora était de la partie bien sûr. On présenta une très élégante carafe en argent et en vermeil datant de l’année ultime de ce grand créateur. Le marteau tomba à 1 800 € soit 200 € de moins que l’estimation basse. Ph. Fy.

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l Au marteau

Gros scores chez De Vuyst à Lockeren h Quelques résultats donnent de bons signaux sur le marché de l’art moderne en Belgique. LE 12 MAI DERNIER, IL Y AVAIT À LOCKEREN CHEZ De Vuyst une très belle vente d’art du XIXe siècle, d’art moderne et quelques lots d’art contemporain. L’œuvre la plus chère de cette vente fut une sculpture de l’artiste espagnol Miguel Ortiz Berrocal (1933-2006) qui était de fort grandes dimensions et exécutée en bronze patiné brun. L’œuvre était nommée “Dalirium Tremens” et a trouvé preneur à 163 000 €, plus les frais. Le prix est très soutenu pour cet artiste dont les travaux souvent présents en salles de ventes ne déchainent pas les passions. Mais il faut dire que dans la plupart des cas, ce sont de petites sculptures à placer sur une commode ou une table de milieu et qu’elles ne possèdent pas de caractère majeur. Ici c’était le cas et les amateurs ont bien senti que c’était l’occasion de travailler une cote qui stagne depuis longtemps. De là à dire que les valeurs de Berrocal vont être bousculées sur une enchère favorable, il y a une marge que nous ne franchirons pas. Attendons de voir ce qui arrivera dans l’année ou encore un peu plus loin. La dispersion fut émaillée par ailleurs de quelques bien viriles enchères. Ce fut le cas avec James Ensor, présent à travers plusieurs lots. On signalera d’abord “À la Fenêtre”, une petite huile et crayon peinte sur panneau, datée semble-t-il de 1888. Elle était estimée entre 30000 et 50000 € et elle fut finalement cédée contre 90 000 € au marteau ce qui donna avec les frais 113 000 €. Toujours issue des pinceaux du maître d’Ostende, on trouvait une deuxième petite huile, “Coquillages, Tanagra et Vase”. Elle fut vendue à 63 000 €,

soit un peu plus que le double de l’estimation. Il y eut ensuite et toujours pour Ensor, une bien sympathique bataille d’enchérissements pour sa “Nature morte au pied du poêle”. Il s’agissait d’une toile des environs de 1888. Elle s’est vendue à 63 000 € plus les frais. Cette œuvre faisait partie de la collection Auguste Tavernier, (1895-1976), auteur du catalogue raisonné de l’œuvre gravé de James Ensor. La vente de sa collection, avec des œuvres d’Ensor, Henri Evenepoel, Rik Wouters, Jakob Smits et Edgard Tytgat, fut l’objet d’un grand intérêt de la part des amateurs. Les presque 150 lots de cet ensemble se sont presque tous vendus et souvent bien au-delà des estimations.

La salle était bien contente de négocier avec une certaine facilité les lots resortissant de l’art moderne et contemporain. Il faut épingler ici “Fodat”, une toile du peintre allemand Kartl Otto Götz qui trouva preneur à 75 500 €. D’après l’expert de la salle flamande, “c’est le deuxième prix jamais payé dans une vente pour une œuvre de cet artiste, promoteur de l’art informel qui comptait parmi ses élèves Gerhard Richter”. On veut bien le croire mais l’élève a sacrément dépassé le maître puisqu’il vaut facilement 100 fois plus. Bram Bogaert qui vient de s’en aller au paradis des créateurs était présent avec une sculpture en matière monochrome intulée “Le grand blanc”. Ce travail datait de 1962 et s’est vendu à 50 400 €. Ph. Fy.

l Vente publique

Ceci n’est pas qu’ h Chez Lhomme, les lots les plus importants, de Magritte, se sont bien vendus samedi dernier.

LHOMME

A LIÈGE, LA SALLE DE VENTES DU libraire Michel Lhomme installée rue des Clarisses a connu des moments de très bonnes tensions financières lors de la grande vente de printemps qui eut lieu samedi dernier. Dans l’ordre d’apparition des lots, mettons d’emblée en évidence un duo de dessins

sans doute du XVIIIe siècle figurant une tête de vieillard de profil et un jeune homme soufflant sur une braise. Les deux feuilles étaient annoncées entre 150 et 200 euros. Les amateurs poussèrent le lot à 1100 euros. Une vue de la Semois sous les pinceaux de Nestor Outer (18651932) ne fit que 360 €, même si c’est le double de l’estimation basse. Les feuilles du peintre gaumais sont rares sur le marché et ceci méritait plus encore. Il y eut juste après ceci une très belle enchère pour un lot de photographies et de dessins exécutés par Georges

Ce bouquet de fleurs dont une feuille se transformait en oiseau, tracé par René Magritte, était signé et annoncé entre 15000 et 20000 €. La salle a poussé l’œuvre jusqu’à 68 000 €.

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DE VUYST

Cette composition colorée et très enlevée de Roger Raveel s’est vendue à Lockeren à 69250 euros plus frais. Pour ce qui est de James Ensor, son tableau “A la Fenêtre” a trouvé preneur à 113 000 €.

une fleur Smits, chargé d’affaires de la Belgique en Perse. L’album composé de 150 pages datait de mai 1900 à mai 1902. Michel Lhomme tablait sur une enchère de 1000 à 1500 €, mais il y eut un feu d’enchères sur ce lot passionnant et le marteau fut frappé à 10 000 €. Vinrent bien après les lots consacrés à René Magritte. La pièce principale figurait un bouquet de fleurs dont une feuille se transformait en oiseau. La composition signée était annoncée entre 15000 et 20000 €. Ici encore les amateurs en salle et aux téléphones se disputèrent avec vigueur une pièce qui possédait pas mal de charme. Au terme de plus de trois minutes d’enchères

le lot fut adjugé à 68 000 €. Le lot suivant s’intitulait “Hommes au chapeau melon en forêt”. Il s’agissait ici encore d’un dessin au crayon rouge et au bic rouge. L’expert maison avait annoncé une valeur de 3 000 à 4 000 € et finalement le lot changea de mains contre 14 000 €. Son étude pour “Le Balcon de Manet” au stylo à bille bleu, aurait pu se vendre à 3000 €; il fut adjugé à 6500 €. On donna encore 22000 € pour une suite de quatre croquis figurant “Un Pont”, “Une Place de Village”, la “Main heureuse” et un “Arbre devant une barrière”. Les estimations ici étaient de 2500 à 3500 €. Ph. Fy

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l Ventes publiques

Folie sur le contemporain h A quelques semaines de Art Basel, les clignotants sont au vert et les cotes sont fortes pour les meilleurs.

Jackson Pollock (1912-1956) ne fut pas en reste et sa cote ne faiblit évidemment pas quand sort un lot érigé en chef-d’œuvre comme son “Number 28” de 1951. Ici, le marteau tomba à 23 042 500 $. Gehrardt Richter (né à Dresde en 1932), est l’un des derniers survivants de cette génération d’artistes abstraits poussés depuis les années septante et qui ne font que battre des records. Sa toile intitulée “Abstraktes Bild – 798-3”, pourtant jeune car peinte en 1993, était annoncée entre quatorze millions et dix-huit millions de dollars. Or il en vint vingt-et-un millions et des poussières. Enfin, le sort fut favorable également pour Barnett Newman (1905-1970) avec sa très dense composition “Onement V” de 1952 qui aurait pu se vendre entre 10 et 15 millions de dollars

CHRISTIE’S

CHEZ CHRISTIE’S À NEW YORK, on a hurlé de bonheur en emmagasinant 388 488 000 dollars soit 299 millions d’euros en un seul soir, le 8 mai. La salle de ventes britannique n’avait jamais fait aussi bien dans le segment du contemporain. Le matin du 9 mai, elle avait engrangé 47,2 millions de dollars et l’après-midi encore 29,5 millions de dollars. Chez Sotheby’s, on se frotta les mains aussi, mais le savon était un chouïa plus sec. Le 9 mai à New York également, le chiffre global s’est établi à 266 591 000 dollars lors du même type de vente en nocturne. Puis le 10 mai en journée, la vente rapporta 63,9 millions de dollars. Tout cela constitue des sommes astronomiques qui ne laissent plus beaucoup de place pour les autres segments. L’argent mondialisé est donc là qui nourrit son bon peuple de collectionneurs, de galeristes et de salles de ventes. Les stars du système restent aux avant-plans, mais c’est un peu l’histoire des gros arbres qui cachent les forêts, immenses pourtant. Rien ne change finalement depuis plus de dix ans et tant que les acheteurs sont confiants, la machine tourne. Chez Christie’s, c’est Mark Rothko (1903-1970) qui a déclenché la plus belle bataille d’enchères avec son “Orange, Red, Yellow” parti à 86 882 000 $. C’est, dans ce segment, la plus haute enchère jamais obtenue. Yves Klein (1928-1962) suivit le pas avec “FC1-Fire Coulour 1” qui lui aussi obtint un score magistral, jamais atteint jusque-là par cet artiste, à savoir 36 482 000 $.

De Mark Rothko (1903-1970), “Orange, Red, Yellow” (236.2 x 206.4 cm) fut peint en 1961. Le tableau était estimé entre 35 et 45 millions de dollars. Il a été vendu à 86 882 500 $.

mais que les amateurs poussèrent jusqu’à 22 482 500 $. Chez Sotheby’s pour compléter ce panorama, on donna 7,6 millions de dollars pour le “Ring” de Jean-Michel Basquiat, sur une fourchette d’estimation de 4 à 6 millions de dollars – Bas-

quiat dont la forme financière est et demeure magistrale. Un autre Richter de 1992, intitulé comme son petit frère paru chez Christie’s et numéroté 768-2, était annoncé entre 8 et 10 millions de dollars La salle poussa le lot jusqu’à 16 882 500 $. Le lot le

mieux vendu fut une “Sleeping Girl” de Roy Lichtenstein évaluée entre 30 et 40 millions de dollars et vendue juste à la limite haute à 44 882 500$. Les lots retirés lors des ventes de prestiges furent rares. Ph. Fy.

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Arts Libre du 18 mai 2012  

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