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DRIES MERTENS

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France 98 ­ Belgique 2014 :

MÊME COMBAT

N° 26 MAGAZINE GRATUIT 10 MAI 2014


LA SEMAINE DIABOLIQUE

LES OPTIMISTES Le favori des Suédois ? Les Diables !

Le quotidien suédois Aftonbladet, référence en matière sportive, a organisé un sondage auprès de ses lecteurs afin de savoir quel était le favori pour le prochain Mondial, en l’absence de Zlatan&Co. De manière très surprenante, le public suédois a élu majoritairement… la Belgique comme candidat numéro un au titre mondial. C’est beau, la solidarité entre petits pays. Une amitié à conforter le 1er juin prochain avec le match Suède - Belgique à Stockholm.

Ü ÉDITO Benoît Delhauteur

BLACK-BLANC- BEUR INSTAGRAM

Non, nous ne serons pas champions du monde. Du moins pas au Brésil. La Belgique dispose d’une génération exceptionnelle et elle est prête à briller mais pas encore à atteindre la finale d’un Mondial. On persiste et signe pour dire qu’un quart de finale est un objectif bien plus réaliste. Si nous avons voulu mettre en parallèle les Diables d’aujourd’hui à l’équipe de France 98, ce n’est donc pas pour les imaginer sur le toit du monde. On tenait plutôt à souligner que ces deux équipes, à 16 ans d’intervalle, partagent le même enthousiasme et, surtout, partagent des valeurs capitales. Après le succès des Bleus sur leurs terres, une expression s’est popularisée en France : black-blancbeur, pour souligner la mixité de cette équipe, formidable exemple d’intégration pour tant de jeunes nés en France de parents étrangers. Paradoxalement, la Belgique, pays traditionnellement plus ouvert que la France sur ce genre de questions, a mis plus de temps à suivre la tendance quand il s’agissait de football. Il a ainsi fallu attendre Jbari puis surtout Fellaini pour enfin voir un joueur d’origine maghrébine chez les Diables. Étonnant, quand on sait tout le talent que recèle cette communauté. Heureusement, le foot belge a passé le cap. Les centres de formation, longtemps réticents, aussi. Et ces Diables black-blanc-beur ont bien fière allure. l

LE FÊTARD Mertens, Encore une très belle semaine pour Dries Mertens ! Le joueur de Naples a marqué en finale de la Copa Italia (3-1) face à la Fiorentina. Le Diable, ici une bière à la main, a bien fêté ça avec ses équipiers, dont l’exMadrilène Gonzalo Higuain. Dommage que les graves incidents survenus entre les supporters des deux camps soit venu gâcher la fête…

LA RUMEUR MUNDO DEPORTIVO

Le Barça veut son Diable

JC GUILLAUME

SOMMAIRE 2 La semaine diaboligque y

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AFP

02/744.44.55

NUMÉRO GÉNÉRAL Administrateur délégué et éditeur responsable François le Hodey Directeur général Denis Pierrard Rédacteur en chef Ralph Vankrinkelveldt Responsable du magazine Benoît Delhauteur Responsable rédaction sportive Philippe Lacourt Mise en pages IPM Press Print Direction, administration, rédaction rue des Francs, 79 1040 Bruxelles Fax > (02) 211.28.70 Publicité IPM Advertising > (02) 211.29.59 Abonnements > (02) 744.44.55 Fax > (02) 744.45.55. E-mail > dh.foot@dh.be Internet > www.dh.be Crédits Une Photo News/Reporters/Montage DH Magazine gratuit avec la DH du 10 mai 2014. Ne peut être vendu séparément.

El Mundo Deportivo, le quotidien historiquement très proche du Barça, semble bien déterminé à faire venir un Diable en Catalogne ! Mardi, il a prêté à Eden Hazard l’intention de devenir blaugrana. Le lendemain, il consacrait sa Une à Vincent Kompany, en affirmant qu’il était une priorité pour le club. Bien sûr, on aimerait nous aussi voir un Belge au Barça, mais ça ne sera aucun de ces deux-là. Ou en tout cas pas dans l’immédiat…

LA PERF Januzaj en

De Dries Mertens à Vincent Kompany, retour sur l’actu brûlante des Diables 4 Dossier y France 1998, Belgique 2014: et s’ils étaient nés sous la même étoile ? 8 Entretien y Robert Pirès, sous le charme des joueurs belges de Premier League 10 Souvenirs endiablés y Retour sur le Mondial 1990, avec les témoignages d’Ariël Jacobs et d’Enzo Scifo + Poster et portrait technique y Dries Mertens

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PHOTO NEWS

une Coupe et une pinte

LA ZIK

forme avant sa joyeuse entrée chez les Diables

La Stromae allemande

On a eu un peu peur le week-end dernier, quand Ryan Giggs n’a pas daigné jeter un regard à Januzaj et l’a laissé sur le banc tout le match contre Sunderland. Heureusement, l’icône de Manchester lui a donné sa chance mardi et le Belgo-Albanais l’a pleinement saisie, puisqu’il a été élu Man of the Match. De bon augure, à dix jours du début de ses grands débuts (à l’entraînement) avec les Diables…

Chacun son style. Alors que les supporters belges pourront se trémousser sous les airs de Ta Fête de Stromae, l’Allemagne a opté pour le titre Deutschland schiesst ein Tor !, qui signifie l’Allemagne marque un but. Ça sonne très allemand et c’est signé Melanie Müller. La partie du clip la plus intéressante est certainement celle dans laquelle Melanie et ses collègues musiciennes se changent dans le vestiaire…


BELGACOM, SPONSOR DES DIABLES DEPUIS 20 ANS

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LA REVANCHE Fellaini répond aux critiques

Ü CAÏPIRINHA

REPORTERS

En début de semaine, Jamie Redknapp, l’un des consultants les plus renommés en Angleterre, a dit de Fellaini qu’il était “le plus grand gaspillage d’argent cette saison en Premier League”. Le Diable lui a répondu de la meilleure des façons : face à Hull, il a délivré un assist avant d’amener un autre but. Marouane is not dead !

PENDANT CE TEMPS­LÀ, AU BRÉSIL

AFP

UN SUPPORTER TUÉ PAR… UNE CUVETTE DE TOILETTES

“Eden Hazard peut devenir aussi bon que Messi ou Ronaldo” Arsène Wenger

La violence dans les stades brésiliens continue, ce qui n’est forcément pas très rassurant à un bon mois du début de la Coupe du Monde. Durant le match de D2 Santa Cruz - Parana, un supporter a ainsi été tué… d’une façon tristement inédite : il a reçu sur la tête une cuvette de toilettes, arrachée par un supporter adverse. L’auteur des faits s’est directement rendu à la police, en présentant ses excuses et en précisant qu’il avait très honte de ses actes. Dilma Roussef, la présidente du Brésil, a réagi de manière très ferme via son compte Twitter : “Un pays qui aime le football ne peut pas tolérer la violence dans ses stades.” Ce genre d’incidents est pourtant très fréquent depuis plusieurs mois. La présence policière autour des matches du Mondial risque donc d’être encore accrue. Pas de quoi se réjouir, en somme…

2 En une seule partie, face à Hull mardi soir, Marouane Fellaini s’est créé deux occasions. Jusque-là, il n’en avait eu que trois sur l’ensemble de la saison en Premier League !

DFB

LE TWEET “Satisfait de l’état du terrain d’entraînement de notre hôtel. On y a travaillé durement !” Marc Wilmots, très content du travail fourni par le Paradise Resort, l’hôtel où séjourneront les Diables au Brésil

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PHOTO NEWS

DOSSIER

France 1998 ET S’ILS ÉTAIENT GUIDÉS PAR LA MÊME ÉTOILE ? 4 I

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Belgique 2014 L’épopée commence à dater mais pour certains Diables actuels, elle a été une source d’inspiration. Il y a maintenant 16 ans, la France de Zinédine Zidane devenait championne du monde. À l’époque, les Bleus avaient pour supporters des gamins comme Axel Witsel ou Eden Hazard qui, aujourd’hui, se retrouvent à l’aube de leur premier grand rendez­vous et caressent eux aussi, dans leurs rêves les plus fous, l’espoir de grimper sur le toit du monde. L’ascension serait historique. Comme le fut le sacre français à l’époque. Mais elle n’est pas si utopique si l’on se prête au petit jeu des comparaisons à travers les années. La preuve… PAR JONATHAN LANGE, ENVOYÉ SPÉCIAL EN ANGLETERRE ET EN SUISSE

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CE QUE LA FRANCE AVAIT ET QUE LA BELGIQUE N’A PAS Le vécu La plus belle page de l’histoire de l’équipe de France s’est écrite après sa déconvenue la plus cruelle : la non-qualification au Mondial 94 après cette fameuse défaite face à la Bulgarie. Des cendres était né un groupe : adjoint de Gérard Houllier, Aimé Jacquet avait été intronisé avec comme objectif la Coupe du Monde 98. L’Euro 96 a été dans ce sens un formidable laboratoire, un coup d’essai qui s’est achevé par une élimination en demi-finale aux tirs au but face à la République tchèque pour 12 des futurs champions du monde. “Cet Euro a été très important”, se souvient Youri Djorkaeff. “Si on fait le parallèle avec la Belgique, nous, on est sorti d’une bonne campagne au Championnat d’Europe qui nous a donné une assise pour construire 98. L’équipe belge est magnifique et joue très bien, mais il y a encore ce manque d’expérience lors d’un grand tournoi pour faire la différence comme nous on a pu le faire contre le Paraguay où il a fallu aller marquer en prolongations. Nous, on l’a eu parce qu’on avait ce vécu.” Un vécu collectif mais aussi individuel. En 1998, les 22 Bleus affichaient une moyenne d’âge de 27,45 ans, chiffre qui atteignait 28,63 ans pour les 14 joueurs utilisés en finale. Les deux plus jeunes titulaires, Zinédine Zidane et Lilian Thuram avaient 26 ans là où l’âge moyen des 23 derniers Diables convoqués par Marc Wilmots en février était de 25,69 ans…

DOSSIER

LES POINTS COMMUNS Les expatriés Combien de Diables évoluant en Pro League seront au Brésil ? Dans l’hypothèse la plus large, ils seront au maximum 3 : le troisième gardien, que ce soit Silvio Proto ou un autre, Laurent Ciman et Timmy Simons. L’équipe de France de 1998 n’atteint pas le même degré d’ouverture : 9 des 22 champions du monde évoluaient au pays. Mais à l’époque, la Ligue 1 était d’un autre niveau que la Pro League. Elle fournissait à intervalles assez réguliers des demi-finalistes ou des finalistes aux Coupes d’Europe (Marseille finaliste de la C3 en 1999, le Paris SG finaliste de la C2 en 1997, Monaco battu en demi de la C1 en 1998) et elle émargeait au 4e rang des meilleurs championnats européens derrière l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne mais devant l’Angleterre. Et sur les 14 joueurs utilisés en finale, 10 évoluaient à l’étranger dans des formations comme le Milan AC (Marcel Desailly), le Bayern Munich (Bixente Lizarazu), le Real Madrid (Christian Karembeu) ou la Juventus (Didier Deschamps et Zinédine Zidane). De ces voyages était née la fameuse culture de la gagne qui fut le fondement essentiel de ce sacre mondial. “La réussite de 98 est née de l’expatriation. Quand ils se retrouvaient, cela créait un lien. Je vois l’équipe belge, ce n’est pas que je veuille être dithyrambique, mais ils ont certainement plaisir à se retrouver à partir du moment où les cadres leur donnent possibilité de s’exprimer, de manifester leur désir et leur plaisir, c’est important”, note Roger Lemerre à l’époque adjoint d’Aimé Jacquet. “Il y a une similitude. La Belgique a une réserve de grands talents expatriés. Il n’empêche qu’il ne renie pas non plus

Une défense plus complète Si la France a été sacrée championne du monde sur un feu d’artifice offensif, elle a construit son succès sur des bases très défensives avec un entrejeu formé à partir des quarts de finale par trois milieux à vocation défensive. Surtout, la défense présentait un certain nombre de garanties à tous les étages. Si Lilian Thuram évoluait avec Parme dans l’axe, il était le seul à ne pas jouer à son poste en sélection et en club. Pour le reste, les autres titulaires faisaient figure de référence mondiale à leur poste : Bixente Lizarazu était indiscutable au Bayern Munich alors que Laurent Blanc et Marcel Desailly formaient l’une des charnières les plus complémentaires. Même si l’arrière-garde des Diables offre des gages de sécurité, elle n’est pas (encore) aussi complète que pouvait l’être celle de l’équipe de France.

La compétition à la maison Si, longtemps avant le début de la compétition, un large scepticisme escortait l’équipe de France, la victoire à Marseille face à l’Afrique du Sud prend des airs d’acte fondateur. Au sein du groupe même, très uni contre les critiques venus de la presse, en témoigne la célébration du but de Christophe Dugarry, mais aussi dans tout un pays qui a commencé à y croire avant de pleinement jouer son rôle de douzième homme contre le Paraguay ou la Croatie notamment. Au point de donner des ailes à une équipe qui, après l’Uruguay en 1930, l’Italie en 1934, l’Angleterre en 1966, la RFA en 1974 et l’Argentine en 1978 est devenue la sixième en 19 tournois à être sacrée chez elle. La dernière à ce jour…

x Voir Zinédine Zidane briller lors de la Coupe du Monde 1998 a constitué un déclic pour Eden Hazard. (REPORTERS)

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leurs origines, au contraire. Ils sont très attentifs à ce qu’il se passe en sélection, cela se ressent, il n’y a pas de mots de travers. Les cadres partis à l’étranger ont fait la richesse de la France. Avant 1998, beaucoup de Français se sont expatriés en Italie, en Allemagne, en Angleterre. C’est ce qui arrive un peu à la Belgique.”

Une équipe mixte Remuer le souvenir de l’équipe qui a fait basculer nos voisins dans l’euphorie vient ressusciter un mythe : celui de cette France black-blanc-beur. Cette équipe était à l’époque un creuset d’origines différentes, entre Arménie (Youri Djorkaeff et Alain Boghossian), Portugal (Robert Pirès), Ghana (Marcel Desailly), Algérie (Zinédine Zidane), Sénégal (Patrick Vieira) et Argentine (David Trézéguet) tout en passant par l’outre-Mer avec la Guyane (Bernard Lama), la Guadeloupe (Lilian Thuram), ou la Nouvelle-Calédonie (Christian Karembeu)… Ce métissage s’était transformé en richesse, tant sur le terrain qu’en dehors. Ce multiculturalisme est un trait qui caractérise les Diables d’aujourd’hui, tout aussi fier de défendre les couleurs belges que de rappeler leurs racines marocaines, antillaises ou congolaises…

Un vrai leader technique “Roger Lemerre a fait le parallèle avec la France de 98 ? Il n’a pas tout à fait tort : la Belgique a ce joueur d’exception.” Sabri Lamouchi n’énonce aucun nom, mais l’allusion à Zinédine Zidane et à Eden Hazard n’est pas usurpée aux yeux du médian qui avait fait parti des 6 joueurs qui avaient dû quitter le groupe


CE QUE LA BELGIQUE A ET QUE LA FRANCE N’AVAIT PAS

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x Comme Fabien Barthez à l’époque, mais dans un tout autre style, Thibaut Courtois s’est imposé comme l’un des meilleurs gardiens du monde. (PHOTO NEWS)

L’insouciance Être jeune n’a pas que des désavantages. Si les Diables, à l’exception de Daniel Van Buyten et de Timmy Simons, n’ont pas l’expérience d’une phase finale d’un grand tournoi, il émane de cette équipe une douce forme d’insouciance. La manière avec laquelle le match en Croatie, son premier grand rendez-vous, a été géré à démontrer la maturité de cette génération. Thibaut Courtois, Kevin De Bruyne ou Eden Hazard ont beau être jeunes, ils ont déjà démontré que la notion de pression était étrangère à leur vocabulaire.

Plus d’armes offensives avant le début de l’aventure. Le Brainois ne s’en est jamais caché, Zidane a toujours été pour lui un modèle. Le Français l’a adoubé en mars dernier, à Berne, quand il nous avait confié tout le bien qu’il pensait du Diable. “Pour les plus jeunes aujourd’hui, c’est peut-être lui maintenant le modèle, l’exemple”, avait-il expliqué. Au-delà de cette estime réciproque, les similitudes existent dans le parcours des deux hommes qui, à ce jour, sont les seuls à avoir été élus meilleur espoir et meilleur joueur de Ligue 1. En sélection, l’un comme l’autre ont dû faire face aux

interrogations : le Français autour de sa complémentarité avec Youri Djorkaeff, le Belge sur son rendement. L’influence technique qu’ils peuvent exercer sur leurs partenaires et la manière avec laquelle ils peuvent cristalliser l’attention de l’adversaire les rapprochent également. Si Zidane avait en 1998 3 ans de plus que Hazard actuellement, lui aussi sortait de deux saisons pleines à l’étranger où il s’était imposé comme le dépositaire du jeu de son club. Et s’il avait déjà disputé une grande compétition (l’Euro 96), il avait dû attendre sa première Coupe du Monde pour écrire sa légende. Reste à espérer que Hazard ait la même patience…

Un très grand gardien L’un comme l’autre sont des modèles de précocité (Fabien Barthez a remporté la C1 à 22 ans). L’un comme l’autre se sont imposés en sélection, délogeant des titulaires que l’on pensait installés. Si leurs qualités physiques et leur registre en découlant sont diamétralement opposés, Fabien Barthez (1,83m) et Thibaut Courtois (1,99 m) se rejoignent sur un point : leur talent, qui est considérable. En 1998, le Français dispute au Paraguayen José Luis Chilavert, au Néerlandais Edwin van der Sar, au Danois Peter Smeichel ou encore aux Italiens Gianluca Pagliuca et Angelo Peruzzi le titre honorifique de meilleur gardien de la planète. Comme le fait actuellement le Limbourgeois avec Manuel Neuer ou Petr Cech. Si leur approche est également totalement différente (il arrivait à Barthez de ne pas connaître le nom de ses adversaires), les deux gardiens, adossés à une défense conquérante, savent aussi se mettre en évidence dans les moments clefs. Pour Courtois, ce fut le cas en Serbie. Pour Barthez, ce fut très vrai lors de la finale face au Brésil.

Un groupe abordable Une équipe africaine, une équipe asiatique et une équipe européenne : les Diables ont hérité d’un groupe duquel émanent des mêmes accents que celui des Bleus en 1998. Si l’Algérie, la Corée du Sud et la Russie de 2014 ne sont pas l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite et le Danemark de l’époque, l’identité de ses adversaires dessinent un tirage au sort abordable sur le papier. La France avait ensuite dû ferrailler face au Paraguay qui était sorti de son groupe avec le Nigeria au détriment de l’Espagne et de la Bulgarie. Qui sait si les hommes de Marc Wilmots, en cas de qualification, ne trouveront pas sur leur chemin le Ghana par exemple… l

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La France de 1998 est celle d’un paradoxe : elle est allée au bout sans que son avant-centre titulaire, Stéphane Guivarc’h, ne marque le moindre but. Si le Breton sortait d’une saison à 47 buts en 63 matches, il n’a marqué qu’une fois en 14 sélections. Comme tous les autres attaquants du groupe, il évoluait à l’époque en France, à Auxerre. Et le meilleur buteur des Bleus de 98 se nommait déjà Thierry Henry, trois réalisations lors des deux premières rencontres. En tout, ce sont 9 joueurs qui ont marqué les 14 buts français, 4 sont venus de défenseurs avec notamment le but en or de Laurent Blanc face au Paraguay en 8es et le doublé venu de nulle part de Lilian Thuram contre la Croatie en demi… Même si l’absence de Christian Benteke va peser, les Diables offrent plus de garanties dans un compartiment offensif plus varié avec de la puissance (Romelu Lukaku), de la taille (Marouane Fellaini), de la vitesse (Kevin Mirallas), de la percussion (Dries Mertens), de la créativité (Eden Hazard) et de la vista (Kevin De Bruyne), sans oublier une certaine faculté à bien exploiter les phases arrêtées avec des défenseurs (Vertonghen, Kompany ou Van Buyten) qui ont déjà démontré qu’ils pouvaient se substituer aux attaquants en cas de besoin.

Un sélectionneur qui fait l’unanimité Si Aimé Jacquet et Marc Wilmots sont tous les deux passés par Bordeaux et ont d’abord été adjoint du sélectionneur avant de prendre sa place, le parallèle s’arrête là. Avant le début du tournoi, le Français a essuyé une violente campagne médiatique qui a considérablement fragilisé sa position. Point d’orgue de ce qu’il a considéré comme une cabale cette Une de l’Équipe au lendemain de l’annonce de son groupe de 28 joueurs alors que 22 noms étaient attendus : “et on joue à 13 ?”. Si Jacquet faisait face à la tempête, Marc Wilmots s’avance lui à l’aube de sa première grande compétition avec le vent dans le dos et en position de force comme l’a démontré l’accueil de sa prolongation de contrat de quatre ans. Si certaines voix s’étaient élevées au début de son mandat, notamment au nord du pays, le bilan du technicien, le meilleur pour un sélectionneur en Belgique, lui a permis d’éteindre toutes les critiques. “Il fait vraiment du bon boulot”, appuie Christian Karembeu “il respire la sérénité et a de très bons joueurs à disposition.”


ROBERT PIRÈS EST SOUS LE CHARME

“Le Belge a un potentiel énorme” Champion du monde en 1998 et champion d’Europe en 2000 en débloquant à chaque fois des situations très compliquées, Robert Pirès a retrouvé depuis sa fin de carrière en 2010 Londres où il a connu les années les plus glorieuses d’Arsenal entre 2000 et 2006, une époque où les Bleus étaient les coqueluches de Premier League. Comme le sont les Diables aujourd’hui. Rencontre PAR JONATHAN LANGE, ENVOYÉ SPÉCIAL EN ANGLETERRE PHOTOS JEAN­CHRISTOPHE GUILLAUME

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ENTRETIEN

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e trophée de la Barclays Premier League lui fait de l’œil et Robert Pirès s’en amuse. Sur les anses de la coupe, des rubans bleu, blanc et rouge qui, pour certains, disparaîtront ce dimanche. Une chose est sûre : la Coupe sera embrassée pour la deuxième fois de son histoire par un Belge, comme pour démontrer une fois de plus qu’en Angleterre, les Diables des années 2010 sont ce que les Bleus incarnaient au carrefour des années 2000 : une hype bénéfique. “C’est vrai que cela rappelle la mode des Français, les Belges sont en train de suivre notre chemin”, s’amuse Pirès qui a tout gagné avec Arsenal de 2000 à 2006. “En tout cas, cela prouve une chose : vous avez de très bons joueurs. S’imposer dans les plus grands clubs anglais, ce n’est pas facile car nous sommes dans le championnat le plus plaisant mais aussi le plus exigeant au monde. Ici, à chaque entraînement, il y a une exigence à avoir pour s’imposer. Quelques Français l’ont fait, maintenant, c’est au tour des Belges. Cela signifie beaucoup de choses : le Belge a un potentiel énorme”, assure l’ancien milieu qui a pris le temps de passer en revue les troupes de la Belgian Army au travers de 11 questions sur chacun de nos légionnaires.

Eden Hazard peut-il devenir le meilleur joueur de Premier League ? “Sans aucun problème. Je trouve que l’arrivée de Jose Mourinho lui a permis de franchir un palier supplémentaire. C’était déjà plus qu’un prétendant cette année et, avec sa progression, il a toutes les qualités en main pour le devenir un jour.”

Vincent Kompany est-il le meilleur défenseur central du monde ? “Vincent fait partie des meilleurs défenseurs ici mais aussi en Europe. Il y a une rencontre qui m’a beaucoup marqué cette année : le match retour contre Barcelone en Ligue des Champions. Ce soir-là, il a été énorme et n’était pas forcément bien accompagné. Je ne sais pas si c’est le meilleur du monde, mais j’aimerais bien le voir associé à Thiago Silva ou à Koscielny, cela pourrait être pas mal.”

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Où doit progresser Simon Mignolet ? “Il a fait ce qu’il fallait en changeant de club pour pouvoir grandir et progresser. À Liverpool, il va encore franchir un palier. Il est dans les trois meilleurs gardiens du championnat, c’est une certitude. Il permet à Liverpool d’être en haut du championnat, il fait des arrêts décisifs. Il a un rôle important. Pour gagner quelque chose, il faut un très grand gardien et un ou deux très bons attaquants : Liverpool les a.” Comment Thomas Vermaelen traverset-il sa saison ? “Ce n’est pas toujours simple, mais il vit bien cette situation car il fait son job. Il ne faut pas oublier qu’il a été dans les meilleurs défenseurs du championnat. Quand il joue, il est capitaine, cela prouve que Thomas a des qualités. Sauf celle de parler français. (rires) Il ne parlera sans doute jamais français, pourtant, on a essayé de lui apprendre, mais cela ne passe pas.”

Jan Vertonghen peut-il espérer mieux que Tottenhan ? “Oui, il peut voir plus haut. Il fait une bonne saison malgré les blessures. Il a encore une belle marge de progression. Peut-être que cela passe par une autre équipe pour avoir plus de visibilité. Cela dépend des clubs où tu joues, la Ligue des Champions est importante dans cette optique. Il a les qualités pour voir encore plus haut.”

Être aligné à plusieurs postes peut-il desservir Nacer Chadli ? “C’est un peu le souci quand tu es polyvalent : on ne sait pas où te positionner. C’était un peu mon cas avec la sélection, un coup à droite, un coup à gauche, un coup derrière l’attaquant. Après, ce qui est bien, c’est que l’on peut s’adapter à tous les dispositifs.”

Moussa Dembélé est-il sous-évalué ? “Je trouve qu’il est un peu sous-estimé. Mais encore une fois, c’est une question d’exposition médiatique. Cela dépend aussi parfois de l’attention des journalistes. Mais, avec Tottenham, il fait de très belles choses, vraiment.”

Romelu Lukaku peut-il s’imposer à Chelsea ? “Avec ce qu’il montre à Everton où il fait une très bonne saison, il a démontré qu’il en avait en tout cas les qualités. Après, la question est de savoir s’il rentre dans les plans de Mourinho. Mais il peut s’imposer, oui.”

Kevin Mirallas est-il en mesure d’aller plus haut ? “Everton est un bon club et Mirallas va certainement jouer l’Europe la saison prochaine. Il a les possibilités pour encore faire mieux, il a pris aussi beaucoup d’expérience cette saison.”

Christian Benteke peut-il espérer mieux qu’Aston Villa ? “Même si cette saison a été compliquée, Aston Villa reste un bon club. Mais, comme Mirallas, il peut aller plus haut, oui, il a appris beaucoup de choses cette saison qui lui serviront.”

Marouane Fellaini est-il fait pour Manchester United ? “Je pense, oui. Mais pas la première année. C’est un peu comme pour Mesut Özil, il y a une période d’adaptation nécessaire à un nouvel environnement. C’est une question d’habitude. Marouane a les capacités pour s’adapter à Manchester United, je ne me fais pas de souci pour lui, j’ai confiance en lui.” l

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COUPE DU MONDE 1990

SOUVENIRS ENDIABLÉS

x Enzo Scifo poursuivi par Chris Waddle, lors d’un Belgique Angleterre qui termina de manière bien cruelle pour les Diables... (REPORTERS)

“GUY THYS, C’ÉTAIT LE PAPA” Chaque semaine, nous vous proposons de vous plonger dans les Mondiaux disputés par la Belgique entre 1982 et 2002, en publiant des extraits du livre Diables d’hommes. L’épopée belge en Coupe du Monde, de Xavier Thirion, Olivier Beaujean et Frédéric Renson (éditions Mardaga, février 2014). Aujourd’hui, retour sur le Mondial en Italie avec les témoignages d’Enzo Scifo et d’Ariël Jacobs, alors adjoint de Guy Thys 10 I

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ien avant de devenir le coach principal de La Louvière, de Mouscron, d’Anderlecht, de Copenhague ou de Valenciennes, Ariël Jacobs a longtemps travaillé pour l’Union belge. Très actif et efficace au niveau de la formation des jeunes et plus particulièrement des Espoirs pendant de nombreuses années, le Diegemois a également été très proche des Diables Rouges. “C’était juste avant le Mondial 1990 en Italie. Guy Thys avait été rappelé suite au limogeage de Walter Meeuws, mais il avait exigé deux adjoints. J’étais l’un d’eux. C’était unique et inoubliable. Le but de Platt, dans les dernières secondes de la prolongation contre l’Angleterre, nous a injustement privés des quarts de finale, mais le football développé lors de cette rencontre avait été de très haut niveau. On sentait qu’on pouvait aller loin dans ce tournoi, d’autant qu’on aurait hérité du Cameroun au tour suivant. Repenser à cette défaite contre les Anglais fait toujours mal. Sur le banc, on avait le sentiment qu’encaisser un but était impossible tant nous étions supérieurs. Même le plus acharné des fans anglais était défaitiste. En pleine prolongation, Guy Thys nous a d’ailleurs demandé, à Michel Sablon et à moi,

de préparer la liste des tireurs pour la séance des tirs au but.” Avant d’en arriver là, les Belges avaient rapidement assuré leur qualification pour les huitièmes de finale en battant la Corée du Sud (2-0) et l’Uruguay (3-1). La défaite contre l’Espagne (1-2) lors du troisième match de la phase de groupe n’y avait rien changé. Si ce n’est qu’à la place de la Yougoslavie, c’est l’Angleterre qui se dressait sur la route des Diables… qui se voyaient déjà champions du monde, tant leur niveau de jeu était séduisant et les louanges des observateurs étrangers nombreuses. “Pourtant, cette phase de groupes n’avait pas été aussi sereine que les statistiques pourraient, aujourd’hui, le laisser penser. Des choix de sélection douloureux avaient dû être effectués. Tout cela avait créé du remue-ménage dans le vestiaire. Je pense notamment à la hiérarchie des deuxième et troisième gardiens (Filip De Wilde et Gilbert Bodart) mais aussi et surtout à Jan Ceulemans, qui n’avait pas été titularisé contre la Corée du Sud. Non seulement champion de Belgique en titre, capitaine du Club Bruges et de l’équipe nationale mais aussi joueur le plus capé du pays, le Caje digéra cela assez difficilement. L’affaire


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“J’AI PLEURÉ COMME UN GAMIN” En Italie, Enzo Scifo a atteint le sommet de son art. Il a vécu le tournoi comme une véritable résurrection, après une période un peu difficile

x Guy Thys au Mondial 1990 à côté de ses adjoints, Michel Sablon et Ariël Jacobs. (REPORTERS)

a même pris un caractère communautaire, car la presse néerlandophone n’avait pas apprécié cette mise à l’écart et la présence dans le groupe de Scifo, le francophone, n’arrangeait rien. C’était devenu explosif. On avait le sentiment de vivre un drame national. Mais Jan Ceulemans allait monter au jeu en cours de rencontre face à la Corée du Sud et il ne quitterait plus l’équipe jusqu’à la fin du tournoi.”

“ENZO SCIFO, UN DES MEILLEURS JOUEURS DU TOURNOI” “Ce Mondial fut ma plus belle expérience en tant que coach. Je n’avais jamais connu un Mondial en tant que joueur et, du jour au lendemain, je vivais tout cela de l’intérieur alors que je n’avais que 35 ans. Enzo Scifo, qui fut l’un des meilleurs joueurs du tournoi, était alors au sommet de son art. Qualitativement, on n’avait pas un noyau aussi étoffé qu’aujourd’hui. Mais au rayon des personnalités, on était particulièrement bien fourni. Preud’homme, Scifo, Ceulemans, Gerets, De Wolf, Van der Elst ainsi que les jeunes Albert, Degryse et Wilmots : avec ces garslà, tous des patrons et des leaders dans l’âme, on pouvait aller à la guerre…” “Au-dessus de ce groupe très mature, il y avait Guy Thys, le papa de la famille. Il restait calme en toutes circonstances. Quand Platt a inscrit son fameux but, il s’est levé calmement de son banc, il a écrasé son cigare sous sa semelle et est rentré au vestiaire sans s’énerver. Thys veillait avant tout à créer le cadre dans lequel les joueurs pourraient le mieux s’exprimer. Une fois ce cadre défini, les joueurs étaient libres d’évoluer comme ils l’entendaient. De toute façon, il aurait été impossible de tenir de telles personnalités en laisse. Thys ne se faisait aucun souci quand les joueurs buvaient une bière la veille d’un match, car il savait que, le lendemain, ce ne serait jamais la débandade. On avait affaire à de vrais pros.” l

Parmi les quatre Coupes du Monde auxquelles il a participé et durant lesquelles il a systématiquement laissé son immense talent s’exprimer, Enzo Scifo n’a évidemment pas oublié 1986. Élu meilleur jeune du tournoi chez les Aztèques, alors qu’il avait à peine 20 ans, le Soulier d’Or 1984 conserve des souvenirs privilégiés de son premier Mondial. Toutefois, c’est en 1990, dans le pays de ses origines, qu’Enzo Scifo allait atteindre le sommet de son art. La Fifa lui attribuera d’ailleurs le titre de second meilleur joueur du tournoi derrière Toto Schillaci. “La Coupe du Monde en Italie reste privilégiée à mes yeux car 1990 fut sans aucun doute la plus belle année de ma carrière. Ma fille est née cette année-là et, sur le plan footballistique, j’étais à mon meilleur niveau avec notamment un titre tout frais de meilleur joueur du championnat de France avec Auxerre. J’avais 24 ans en Italie et, après avoir traversé des années très difficiles, je vivais ce moment comme une résurrection. J’avais enfin compris que pour réussir en football, il fallait se faire violence et se remettre en question. À 17 et 18 ans, j’étais adulé à Anderlecht et par toute la Belgique. Tout me semblait trop facile. Mais rester au sommet, c’est le plus difficile. Tous les joueurs passent par là et les plus doués en souffrent le plus car ils sont les plus critiqués. J’ai mis trois à quatre ans avant de vraiment relever la tête. Alors vous pensez bien que j’ai savouré ce Mondial 1990 ! Cette année-là, la seule chose qui a manqué c’est… d’aller plus loin. La Belgique n’avait jamais eu aussi fi ère allure.” Tout le monde, à l’époque, disait que les Diables Rouges auraient été au moins aussi loin qu’en 1986 s’il n’y avait eu ce but de Platt. “Mais il faut rester réaliste. L’Angleterre a quand même éprouvé les pires difficultés à éliminer le Cameroun au tour suivant. Notre plus grosse erreur contre les Anglais est de ne pas être restés concentrés jusqu’à la dernière seconde. On pensait trop aux tirs au but et on ne pouvait imaginer encaisser sur ce coup franc… imaginaire puisque Gascoigne était tombé tout seul. Cela reste la phase de jeu la plus horrible de toute ma carrière. Il me suffit de fermer les yeux pour la revoir dans ses moindres détails. À l’époque, j’ai pleuré comme un gamin. Effondré, je cherchais mes mots pour aller trouver l’arbitre et lui demander d’annuler ce but…” l

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