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POSTER JAN

VERTONGHEN

“Merci, John van den Brom !” EN VISITE À LONDRES CHEZ NACER CHADLI

N° 24 MAGAZINE GRATUIT 26 AVRIL 2014

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LA SEMAINE DIABOLIQUE

LA BOULETTE

Ü ÉDITO Benoît Delhauteur

VIENS VOIR LE DOCTEUR, NON, N’AIE PAS PEUR

Bruce Grobbelaar a dû s’en friser les moustaches. L’ancien portier de Liverpool avait vivement critiqué Simon Mignolet. Et malheureusement, le gardien a apporté de l’eau au moulin de son principal détracteur en manquant complètement sa sortie aux poings qui a permis à Norwich de marquer. Pas assez pour empêcher Liverpool de s’imposer et de faire un nouveau pas vers le titre mais suffisamment pour alimenter le débat…

Buyten, Mirallas et Dembélé, retour décalé en Good Kompany sur l’actu brûlante des Diables 4 En visite chez un Diable y Nacer Chadli nous a reçus au centre d’entraînement de Tottenham. Entretien sans langue de bois. 10 Souvenirs y Notre rétrospective sur les Coupes du Monde disputées par les Diables débute par un détour en Espagne + Portrait technique y Jan Vertonghen par Alex Teklak NUMÉRO GÉNÉRAL Administrateur délégué et éditeur responsable François le Hodey Directeur général Denis Pierrard Rédacteur en chef Ralph Vankrinkelveldt Responsable du magazine Benoît Delhauteur Responsable rédaction sportive Philippe Lacourt Mise en pages IPM Press Print Direction, administration, rédaction rue des Francs, 79 1040 Bruxelles Fax > (02) 211.28.70 Publicité IPM Advertising > (02) 211.29.59 Abonnements > (02) 744.44.55 Fax > (02) 744.45.55. E-mail > dh.foot@dh.be Internet > www.dh.be Crédits Une Bernard Demoulin Magazine gratuit avec la DH du 26 avril 2014. Ne peut être vendu séparément.

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Dans le vestiaire de Manchester City, certains de ses coéquipiers s’amusent à l’appeler le businessman. Difficile de leur donner tort au vu du sens des affaires qui anime Vincent Kompany qui donne désormais dans les bars. Le Diable a ouvert deux établissements nommés Good Kompany, l’un à Anvers, l’autre sur la Grand-Place de Bruxelles. Peut-être qu’il y fera un tour après le Mondial pour y mettre une tournée générale.

“Mon duel avec Meunier ? Je ne m’en préoccupe pas, on fera les comptes à la fin” Anthony Vanden Borre qui rêve du Brésil, lui aussi

LA TUILE Allô Kevin, bobo…

Ce ne devait être qu’une simple crampe. Mais si Kevin Mirallas a quitté Goodison Park en boitant lors de la victoire face à Manchester United, c’est parce qu’il souffrait d’une déchirure à l’aine. Bilan : trois à quatre semaines d’absence pour le Diable qui sera retapé pile poil pour le premier stage de préparation qui débute le 19 mai.

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REPORTERS

2 La semaine diabolique y Nainggolan, Van

02/744.44.55

Un verre en Good Kompany ?

BERNARD DEMOULIN

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L’OUVERTURE

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SOMMAIRE

Ce sentiment désagréable ne va pas nous quitter pendant 52 jours, soit la période qui nous sépare du match Belgique - Algérie à Belo Horizonte. Jusquelà, on va vivre avec cette crainte de voir un nouveau Diable se blesser et déclarer forfait pour le Mondial. “Je ne peux pas me permettre de jouer avec le frein à main, j’ai des matches trop importants avec mon club”, répondent, en chœur, les joueurs quand on les interroge sur la question. Un discours raisonnable : avoir peur de se blesser, ce serait faire un premier pas vers l’infirmerie. C’est justement là que Kevin Mirallas va passer les prochaines semaines. En apprenant sa blessure, on s’est d’abord dit aïe ! suivi d’un grand ouf ! de soulagement quand on a su que son Mondial n’était pas en danger. Voilà là un mal pour un bien : Mirallas va manquer 270 minutes de jeu avec Everton, il a donc 270 chances en moins de rater le Brésil. Que les Diables n’aient donc pas peur d’aller voir le docteur, tant que ce n’est pas trop grave ! Pour Mirallas, ce sera même peut-être une bonne occasion de souffler un peu, lui qui a disputé des matches à un rythme effréné depuis janvier. D’autres Diables l’avaient devancé sur la case blessure. Comme Thomas Vermaelen ou Nacer Chadli. À cause de plusieurs pépins physiques, ils n’ont pas beaucoup joué cette saison, mais ils arrivent en forme au meilleur moment pour le Mondial. Les bobos, ça peut avoir du bon. N’est-ce pas, docteur ? l

DIDIER BAUWERARETS

Mignolet, erreur au poing


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LE BUT Le coup du Ninja

Ü CAÏPIRINHA

PHORO NEWS

Des buts, Radja Nainggolan a beau en n’avoir inscrit que 13 en 228 matches en pro, il en a déjà marqué des plus beaux. Mais si sa derniè-

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re réalisation face à la Fiorentina n’est pas la plus esthétique qui soit puisqu’elle a été marquée sur un tacle, elle est sans doute la plus importante de sa carrière. Grâce à ce but, l’AS Rome disputera la saison prochaine la phase de groupes de la Ligue des Champions. Un joli coup pour le Ninja.

PENDANT CE TEMPS­LÀ, AU BRÉSIL PHOTO NEWS

SOBIS, BUTEUR DANS L’INDIFFÉRENCE

448 Comme le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le 2 mars 2013, date du dernier but de Marouane Fellaini en Premier League face à Reading

LE VOYAGEUR

Van Buyten a des ailes

PHOTO NEWS

Daniel Van Buyten a eu à peine le temps de poser les pieds à Madrid qu’il a immédiatement remis le cap sur Munich. Le Diable ne s’est pas fait refouler à la frontière, non. Simplement sa compagne lui avait laissé un message pour le prévenir de son accouchement imminent. Et le joueur ne voulait pas rater l’événement.

LE TWEET “Merci pour le soutien ! Je suis très triste de ne pouvoir aider mes équipiers pour les 3 derniers matches. J’espère que l’équipe va se qualifier pour la Ligue des Champions et je vais me soigner afin d’être prêt pour la Coupe du Monde”

LE RETOUR Moussa is back

Kevin Mirallas qui s’est servi du compte de Romelu Lukaku pour rassurer son monde REPORTERS

Certains Diables entrent à l’infirmerie, d’autres en sortent. Moussa Dembélé fait partie de la deuxième catégorie. Après trois semaines passées à ronger son frein et à soigner ses adducteurs, l’Anversois a retrouvé les terrains face à Fulham. Il y a même croisé face à son ancienne équipe son homonyme.

Rafael Sobis. Ce nom vous évoque peutêtre quelques souvenirs. Ce milieu offensif est passé par l’Europe l’espace de deux saisons au Betis Séville de 2006 et 2008. Mais à l’image de son prédécesseur Denilson, ce milieu de terrain offensif très technique est une de ces multiples promesses auriverde qui n’a jamais éclos. Sobis a désormais 28 ans et a depuis vu du pays. Il s’est rempli les poches à Abou Dhabi avant de revenir à la maison car si les pétrodollars nourrissent leurs hommes, le meilleur remède pour lutter contre la Saudade reste le soleil et les plages brésiliennes. Après l’Internacional Porto Alegre, celui qui faisait partie de cette équipe brésilienne qui avait empêché les Diablotins de monter sur le podium aux JO de Pékin défend les couleurs de Fluminense. Et plutôt bien. Face à Figueirense, Sobis a inscrit le premier but de la saison au Brésil. Car oui, le championnat a recommencé, dans l’indifférence totale ou presque. Un peu à l’image de ce qui est arrivé à Sobis.

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EN VISITE CHEZ UN DIABLE

“LA PLACE D’UN JOUEUR CE N’EST PAS SUR LE BAN Pour sa première en saison en Premier League, Nacer Chadli a connu des hauts et des bas avec Tottenham. Mais aujourd’hui, le Diable semble définitivement lancé : il vient d’enchaîner six titularisations et est devenu un incontournable dans son club, en tant que milieu axial. Nous avons rencontré le Diable dans le centre d’entraînement des Spurs, à Enfield, dans le nord de Londres. Il nous raconte comment il s’est adapté au football anglais et comment il tente de chasser le fantôme d’un certain Gareth Bale…

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ANGLETERRE BENOÎT DELHAUTEUR PHOTOS BERNARD DEMOULIN

Nacer

Chadli 4 I

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DE FOOT, C”

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ans les clubs anglais, c’est à peu près partout pareil. On n’entre pas dans un centre d’entraînement comme dans un moulin. N’imaginez surtout pas vous garer devant la porte pour vous présenter à la réception. Non, il faut montrer patte blanche. Puis, la barrière se lève. Et on peut, enfin, découvrir les installations si bien gardées du Tottenham FC, située à 30 kilomètres au nord du centre-ville. Cette Academy, plus que les autres que nous avons visitées en Angleterre, nous a impressionnés. L’œil est d’abord attiré par un gigantesque dôme, qui couvre un terrain synthétique dernière génération. À celui qui tenterait d’immortaliser l’instant, les panneaux sont là

pour répéter : “Pictures are not allowed.” Pas de photos, et mieux vaut ne pas narguer les gardes de sécurité, à l’affût. Sur le lumineux bâtiment principal se dresse fièrement l’emblème du club : un jeune coq de combat à côté duquel même le robuste Nacer Chadli apparaît tout petit. Pendant l’interview, réalisée dans les salons du premier étage, le Diable Rouge raconte ce nouveau monde qu’il a très vite apprécié. En contrebas, la devise du club est inscrite en lettres géantes sur le mur. “To Dare is to Do”. Oser, c’est agir. Une devise qui colle très bien à Chadli, qui a relevé tous les défis qui se sont présentés à lui, de la D2 néerlandaise à la Premier League…

x Nacer Chadli pose devant la devise du club : To Dare is to Do. Oser, c’est agir. Une devise qui lui va bien. (BERNARD DEMOULIN)

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EN VISITE CHEZ UN DIABLE ÉLOIGNÉ DE DEMBÉLÉ ET VERTONGHEN PAR UNE… FUITE D’EAU

“Croire qu’on peut acheter un joueur dans un club plus modeste et le voir directement inscrire 22 buts, ce n’est pas sensé. Gareth Bale, a mis cinq saisons pour atteindre ce niveau” Nacer, comment se passe votre saison à Tottenham ? “J’avoue qu’il y a eu des moments difficiles. Dès le début de saison, j’ai très bien commencé, avec trois titularisations. Malheureusement, j’ai alors eu une petite déchirure aux adducteurs. À mon retour, l’équipe gagnait, c’était difficile de rentrer dans le onze. J’ai été forcé de prendre patience sur le banc. Quand j’ai repris un peu de temps de jeu, boum! j’ai souffert d’une nouvelle déchirure, cette fois aux ischios. J’ai alors été privé de foot pendant cinq semaines. Heureusement, maintenant, je suis vraiment lancé. J’ai enchaîné six titularisations et je suis un joueur heureux.” Votre manque de temps de jeu cette saison est-il donc surtout dû à vos pépins physiques ? “Oui. Avoir deux déchirures comme ça sur une même saison, c’est de la poisse. En plus, c’est assez compliqué de revenir à 100 % après une blessure comme celle-là. Parce qu’on ressent toujours encore un petit quelque chose, qu’on ne veut pas forcer et qu’on veut surtout éviter de rechuter. Il faut du temps.” Le fait d’avoir moins joué peut-il être un avantage pour le Brésil ?

“Peut-être. C’est sûr que je n’ai pas vécu une saison complète je voulais jouer davantage. La place d’un joueur de foot, ce n’est pas sur le banc. Mais bon, je commence à trouver mon rythme. Ce que je retiendrai, c’est surtout mon évolution sur les deux derniers mois.” C’est votre première saison en Premier League. Quel a été le plus grand changement pour vous ? “C’est de m’adapter au style de jeu. À Twente, on se basait sur la possession de balle. Ici, il faut aller le plus vite possible vers l’avant pour marquer des buts. Le rythme est aussi plus élevé. J’ai déjà beaucoup appris depuis que je suis arrivé ici. Aux Pays-Bas, je n’avais plus rien à apprendre. C’était le bon moment pour relever ce défi.” Comment percevez-vous, plus globalement, le football anglais ? “C’est très, très différent de ce qui se passe ailleurs. Le foot, c’est le sport national, mais ça fait aussi partie de la culture quotidienne des gens. On ressent vraiment les fans derrière, qui nous poussent. Vivre à Londres est aussi une très belle expérience : il y a de nombreux clubs pros et c’est amusant de voir dans la même ville déambuler des fans de Chelsea, d’Arsenal, de QPR, de West Ham…”

Comment se passe votre vie quotidienne à Londres ? “J’habite à Canary Wharf. C’est à 30 minutes du centre d’entraînement des Spurs, un peu en dehors du centre et cela m’évite de passer trop de temps dans le trafic. Dans un premier temps, j’habitais à Hampstead dans le nord de Londres près de chez Jan (Vertonghen) et Moussa (Dembélé). Mais il y a eu une… fuite dans mon appart et j’ai dû déménager. Je ne sors pas souvent en ville, je suis plutôt du genre à rester chez moi. Je sers simplement de guide quand des proches viennent me voir. Et si je suis fatigué, ils se débrouillent eux-mêmes !” Quel rôle ont joué Dembélé et Vertonghen dans votre intégration ? “C’est clair que Moussa et Jan ont été très importants. Dès le début, ils m’ont beaucoup aidé. On se voyait assez souvent, même après les entraînements. Maintenant, on se fréquente moins, car j’habite plus loin, mais on se voit encore tous les jours !” Vous n’avez pas souvent été titularisés tous les trois ensemble cette saison… “Hélas! non : ce n’est arrivé que cinq fois. Parce qu’on a connu deux blessures chacun, à chaque fois à des moments différents. Quand on a joué ensemble, on était les uns à côté des autres : Jan back gauche, moi devant lui et Moussa en médian décalé. Notre entente est très bonne sur le terrain. On se trouve facilement. C’est notamment lié au fait qu’on parle la même langue. J’ai aussi souvent joué avec eux en équipe nationale.”

“LE PRÉSIDENT DE SWANSEA M’A APPELÉ, MAIS MON INTUITION M’A DIT DE RESTER” Tottenham a fait beaucoup de transferts pour faire oublier un certain Gareth Bale. Ça met forcément pas mal de pression sur les petits nouveaux… “C’est très difficile de remplacer un joueur comme Gareth Bale, qui a eu cinq saisons pour évoluer pas à pas en Premier League pour devenir le phénomène qu’il est devenu. On ne doit surtout pas se comparer à lui. Croire qu’on peut acheter un joueur dans un club plus modeste et le voir directement inscrire 22 buts en une saison, ce n’est pas sensé. Le fait que nous étions sept nouveaux joueurs en début de saison m’a quelque part facilité la tâche. En fait, ils ont surtout acheté des médians axiaux. Lamela et moi étions les seuls vrais ailiers. Mais Lamela, qui a coûté 35 millions, s’est blessé toute la saison.”

DEMOULIN

Étiez-vous vraiment proche de rejoindre Swansea en janvier ? “C’était concret. Le président de Swansea m’a sonné et m’a dit : ‘viens en prêt chez nous !’ C’était une option, pour prendre du temps de jeu. Mais j’ai voulu d’abord en discuter avec le coach ici. Finalement, ça ne s’est pas fait parce que c’était sur la fin du mercato mais surtout parce que je n’avais pas le bon feeling par rapport à ce transfert. J’avais l’intuition que je devais rester à Tottenham. C’était le bon choix.”

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x Nacer Chadli au pied du jeune coq de combat, emblème de Tottenham, devant le somptueux centre d’entraînement situé à Enfield. (BERNARD DEMOULIN)

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EN VISITE CHEZ UN DIABLE

“Certaines personnes n’ont pas cru en moi. Mais j’ai déjà pris ma revanche. Aujourd’hui, je n’en garde plus de rancune”

Chadli raconte

son histoire À 16 ans, Nacer Chadli s’est vu fermer les portes du club qui l’a formé. Au Standard, on lui a dit : “tu n’es pas assez bon.” Le Liégeois s’est alors tourné vers la D2 néerlandaise, où il a brillamment lancé sa carrière pro et gravi les échelons jusqu’au statut d’international. Le Diable raconte ses péripéties et revient notamment sur ses relations avec trois coaches qui ont beaucoup compté pour lui : Marc Wilmots, Michel Preud’homme et un certain… John van den Brom 8 I

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“APRÈS LE STANDARD, JE N’AVAIS PLUS LE GOÛT DU FOOT” Vous êtes titulaire en Premier League, vous allez disputer une Coupe du Monde avec les Diables. C’est une revanche personnelle par rapport à ceux qui n’avaient pas cru en vous quand vous étiez en jeunes au Standard ? “Non, ça ne l’est plus. Dans un premier temps, quand j’ai percé comme joueur pro, là j’ai pris une belle revanche. Mais là, c’est oublié, il faut passer au-dessus de tout ça. C’est vrai que certaines personnes n’ont pas cru en moi, mais ça 26 AVRIL 2014

remonte, j’avais 15 ans à l’époque. Mais aujourd’hui je n’en garde plus de rancune.” Vous avez douté de vos chances de devenir footballeur pro ? “Au MVV, je me suis bien relancé après le Standard. Cela m’a redonné le goût au foot, que j’avais perdu. J’ai été champion avec l’équipe junior, en terminant meilleur buteur et meilleur passeur. Là, j’ai été repris en équipe première


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PHOTO NEWS

“J’avais 18 ans, John Van den Brom m’a inculqué la discipline et m’a donné confiance en moi”

x Dries Mertens et Nacer Chadli ont noué une relation d’amitié aux Pays-Bas qui, depuis, ne s’est pas estompée.

x Nacer Chadli, le regard bien fixé vers l’avenir. Et sans jeter un œil aux personnes qui n’ont pas cru en lui quand il était jeune au Standard. (BERNARD DEMOULIN)

Vous êtes un joueur très polyvalent, mais à quelle place avez-vous été formé ? “Lors de ma première saison pro, aux Pays-Bas, j’ai joué derrière l’attaquant de pointe. La saison suivante, j’ai joué à droite et celle d’après, à gauche ! C’est dans ce rôle-là que j’ai marqué le plus de buts et délivré le plus d’assists, ce qui m’a valu d’être transféré à Twente. Là, je me suis installé à gauche. Même si j’ai fait quelques matches en tant qu’attaquant l’an dernier. À Tottenham, j’ai aussi évolué dans tous les rôles du milieu.” mais je n’ai pas reçu de contrat. Entre-temps, j’avais passé un test concluant à AGOVV Appeldoorn. Là, j’étais sûr de jouer, à seulement 18 ans. Avant de signer, le club m’a fait jouer un match amical contre l’AEK Athènes sous le nom de Kaliffe, pour éviter d’alerter mon ancien club…” C’est dans ce club que vous avez connu Dries Mertens, qui vous surnommait le petit Cristiano Ronaldo… “Dries est un vrai ami, avec qui je parle très souvent. On part aussi en vacances ensemble. C’est un pote, qui m’a aussi bien aidé à mes débuts pros. Il m’a aussi aidé à apprendre le néerlandais, que je ne parlais pas du tout à l’époque. En fait, il y a de nombreux Diables que je connaissais déjà avant d’évoluer en équipe nationale. Comme Witsel et Fellaini. Les retrouver en sélection, c’était parfait !”

“WILMOTS A MIS EN PLACE DES RÈGLES. ON EN AVAIT BESOIN” Les joueurs se sont montrés assez discrets par rapport à la prolongation de contrat de Marc Wilmots. Comment avez-vous réagi à la nouvelle ? “J’étais content, tout simplement parce qu’il a très bien accompli son boulot depuis deux ans. Il faut dire la vérité. Vu sa carrière de joueur, tout le monde le respecte beaucoup, il a pris le groupe en main et instauré des règles.” Vous aviez besoin de ces règles ? “On en a toujours besoin ! Dans ce groupe, nous sommes beaucoup de jeunes. On essaie de se comporter comme des pros mais parfois, l’entraîneur doit nous rappeler à l’ordre. Et ça, il le fait très bien.”

Parmi les coaches qui ont compté pour vous, il y a aussi eu un certain John van den Brom, à l’AGOVV… “Il m’a beaucoup appris, beaucoup marqué. J’étais très jeune, il m’a inculqué une certaine discipline et m’a donné confiance en moi. Il m’a toujours poussé vers l’avant pour que je fasse de mieux en mieux. John m’a coaché pendant trois ans. C’est lui qui m’a lancé. Je ne l’oublierai pas. Là-bas, j’ai aussi connu Peter van Vossen, l’ex-attaquant d’Anderlecht qui était l’adjoint de John. Il s’occupait du travail spécifique avec les joueurs offensifs. Je me rappelle de lui comme quelqu’un d’extrêmement exigeant, qui n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait. Parfois, ça nous faisait même bien rire.” Vous avez aussi travaillé sous les ordres de Michel Preud’homme à Twente. Quel coach était-il ? “Il est aussi, selon moi, un très grand entraîneur. Partout où il va, il fait des résultats, ce n’est pas un hasard. À Twente, il n’est resté qu’une saison, mais dès le début, j’ai pu voir qu’il était hyperpro. Et donc lui aussi très exigeant. Il sait ce qu’il veut et où il veut aller. C’est alors aux joueurs d’adhérer à sa façon de voir les choses. Là-dessus, Preud’homme est toujours très clair avec ses joueurs. Tous ces coaches m’ont, à travers leur personnalité, fait avancer…”

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SOUVENIRS COUPE DU MONDE 1982

“Un plan pour neutra Chaque semaine, nous vous proposons de vous plonger dans les Mondiaux disputés par la Belgique entre 1982 et 2002, en publiant des extraits du livre Diables d’hommes. Aujourd’hui, retour sur le Mondial espagnol avec des témoignages de Guy Vandersmissen et d’Erwin Vandenbergh, auteur du but victorieux lors du match d’ouverture face à l’Argentine (1­0)

D’entrée de jeu du Mondial 1982, la Belgique fait sensation en battant l’Argentine (1-0), en match d’ouverture, grâce à un but d’Erwin Vandenbergh à la 62e minute de jeu. “Frankie Vercauteren m’a adressé un long ballon aérien derrière la défense”, se souvient-il. “Quand j’ai vu le gardien argentin Ubaldo Fillol s’avancer alors que le ballon n’était pas encore à ma hauteur, j’ai d’abord songé à le lober de la tête. Puis comme Fillol s’est arrêté, je me suis dit que je n’y parviendrais pas et j’ai donc amorti le ballon de la poitrine pour le glisser ensuite du pied à la gauche du gardien. Il m’avait fallu prendre une décision en une fraction de seconde.” Et cela a été payant pour celui qui, deux ans auparavant, avait terminé meilleur buteur européen sous la vareuse du SK Lierse. La suite ? Une immense joie, évidemment. “Je ne sais plus ce qui s’est passé dans ma tête. Je suis tombé à genoux en levant les bras au ciel. Je pense que Czernia est venu m’enlacer le premier, puis tout le monde s’est affalé sur moi. J’ai cru que mon dos allait se briser...” Les Diables Rouges tiendront bon jusqu’au coup de sifflet final. “Dans le vestiaire, ce n’était même pas la fête tant nous étions tous groggys d’avoir réalisé cet exploit. On avait du mal à y croire : Dat kan niet ! D’ailleurs, avant le match, on s’était dit qu’on essaierait avant tout de limiter le nombre de buts encaissés en espérant ensuite faire bonne figure dans les deux autres ren-

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Marado

x Ludo Coeck et Guy Vandersmissen prennent Maradona en tenaille. Le plan de Guyt Thijs a fonctionné… (REPORTERS)

contres du premier tour pour assurer notre qualifi cation. On se sentait quand même tout petits face à l’Argentine.”

TACTIQUEMENT LE MEILLEUR MATCH Cette victoire face au tenant du titre de 1978, Erwin Vandenbergh se l’explique encore difficilement tout en ne minimisant pas les mérites de l’équipe et de Guy Thys, son mentor. “L’Argentine était peut-être dans un jour sans, mais il faut aussi retenir la force de notre organisation. Je pense d’ailleurs que c’est tactiquement le meilleur match que les Diables Rou26 AVRIL 2014

ges ont jamais joué. Avant la rencontre, Guy Thys nous a posé cette question : comment allonsnous neutraliser Maradona ? On en a parlé avec tout le groupe et on a finalement décidé ensemble et avec le coach de ne pas mettre un homme sur Maradona. Chaque joueur devait s’en occuper quand il venait dans sa zone. Cette équipe des Diables Rouges avait un très bon mental et jouait avec beaucoup d’intelligence. Grand tacticien, Guy Thys gérait aussi parfaitement son groupe. Il savait être parmi les joueurs tout en étant au-dessus d’eux pour mériter leur respect.”


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“COMME UNE REVANCHE DE BARCELONE”

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Quand Guy Vandersmissen retrouve le Camp Nou… Ironie du sort, c’est quasi un mois jour pour jour après avoir perdu la Coupe des Coupes avec le Standard, à Barcelone, que Guy Vandersmissen retrouvait le Camp Nou. “Quelque part, je connaissais déjà l’atmosphère de ce stade de 95.000 personnes. J’ai inévitablement repensé à la défaite avec le Standard dans des circonstances particulières avec cet arbitrage douteux. Mais en attendant dans le couloir qui mène à la pelouse, tout cela était oublié. Nous étions tous bien concentrés pour le match. Par contre, on voyait les Argentins totalement relax et rigoler entre eux. Sans doute pensaient-ils gagner facilement ?” À 24 ans, Guy Vandersmissen connaissait là sa première titularisation sous la vareuse des Diables. “Jusque-là, je n’avais jamais joué qu’une petite mi-temps avec l’équipe nationale. Et encore, c’était un match amical. Mais je n’étais pas dépaysé avec les Standardmen Gerets, Meeuws, Daerden, Plessers et Renquin dans le groupe. Je suis monté sur le terrain avec juste le petit stress nécessaire. Guy Thys avait décidé de m’aligner plutôt que Wilfried Van Moer. Il savait qu’on allait devoir beaucoup courir et il m’a accordé sa préférence comme j’avais la jeunesse pour moi.” Déjà auteur d’un but avec le Standard un mois plus tôt, Guy Vandersmissen a failli réitérer l’exploit. “On l’a oublié, mais j’ai inscrit un goal injustement annulé contre l’Argentine après avoir été lancé seul devant le but.” Heureusement pour la Belgique, cette nouvelle erreur d’arbitrage aura été sans conséquence. “Après cette victoire inattendue, nous étions en pleine euphorie. Je tenais un peu une revanche sur la pelouse de Barcelone. Cela restera ma seule Coupe du Monde, mais j’ai eu le bonheur de monter sur le terrain quatre fois en cinq matches.” l

x Alex Czerniatynski, Eric Gerets et Erwin Vandenbergh exultent : ils viennent de battre le champion du montre en titre ! (REPORTERS)

PFAFF ET GERETS SE PERCUTENT À table, le soir du match, les joueurs ont quand même eu droit à une bonne bière pour fêter la victoire. “Mais on ne se rendait pas compte du bonheur qu’elle avait suscité en Belgique. Et puis, il fallait se concentrer sur les deux rencontres suivantes.” Une victoire face au Salvador et un nul contre la Hongrie ouvriront les portes du second tour. À ce stade, les Diables Rouges ne résisteront ni à la Pologne (défaite 3-0), ni à l’URSS (défaite 0-1). “La collision entre Jean-Marie Pfaff et Eric Gerets lors du match face à la Hongrie

nous a beaucoup coûté. Gerets, blessé, a été contraint de quitter le terrain. Et les deux n’ont pas pu jouer contre la Pologne. Leur absence s’est cruellement fait sentir face à un Boniek étincelant. Mais bon, on est rentrés en Belgique avec la satisfaction d’avoir atteint le deuxième tour.” Quatre ans plus tard, Erwin Vandenbergh remettait à nouveau le couvert en inscrivant un but face au Mexique (défaite 2-1), pays hôte de la Coupe du Monde. Une campagne de courte durée pour le futur buteur de Lille. “Je me suis blessé lors de ce match et n’ai plus pu jouer. J’ai repris l’avion, avec René Vandereycken, après la victoire contre l’URSS pour me soigner au pays. Je n’ai pas pu regarder un seul match à la télévision tant j’étais dépité d’avoir dû quitter mes coéquipiers.” 26 AVRIL 2014

REPORTERS

x Les Diables qui ont affronté l’Argentine lors du match d’ouverture du Mondial 82. En haut (de gauche à droite) : Eric Gerets, Jan Ceulemans, Jean-Marie Pfaff, Walter Meeuws, Luc Millecamps, Ludo Coeck. En bas (de gauche à droite) : Alexandre Czerniatynski, Marc Baecke, Erwin Vandenbergh, Frankie Vercauteren, Guy Vandersmissen.. (REPORTERS)

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Attendez-vous à un défilé de stars

sur le tapis vert

Mardi 29 avril 2014 Bayern

Real Madrid

Mercredi 30 avril 2014 20h15

Chelsea

Atlético Madrid

20h15

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RED Dingue des Diables en visite chez Nacer Chadli