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POSTERS KEVIN MIRALLAS & MOUSSA DEMBÉLÉ

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Les racines s e l b a i D s de

N° 31 MAGAZINE GRATUIT 14 JUIN 2014


LA SEMAINE DIABOLIQUE

LE COUP DE BLUFF Wilmots

Ü ÉDITO Benoît Delhauteur

déclare que personne n’est sûr d’être titulaire. Pas même Hazard...

DU KAZAKHSTAN AU RÊVE BRÉSILIEN

SOMMAIRE

PHOTO NEWS

“Personne n’est certain d’être titulaire. Pas même Hazard.” Après avoir dit fin avril qu’il avait cinq titulaires indiscutables (Courtois, Kompany, Witsel, Hazard, De Bruyne) Marc Wilmots surprend pour sa première conférence de presse au Brésil. Il frappe un grand coup. Coup de pression pour secouer son n°10 qui se l’a jouée cool durant la préparation et durant le premier entraînement sur le sol brésilien ? Ou plutôt coup de bluff destiné à être relayé par la presse algérienne présente au media center du camp d’entraînement de Mogi das Cruzes ? Quoi qu’il en soit, Hazard sera certainement au coup d’envoi mardi.

LE FEUILLETON

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Ça y est ! La Coupe du Monde a enfin commencé. On a le droit de savourer. La compétition la plus prestigieuse de la planète avec les Diables, que demander de plus ? Se retrouver au cœur de cet événement, c’est une vraie chance. Parce que c’est pour nous une première en grand tournoi. Et surtout parce que ce Mondial a lieu au Brésil. Un pays où rien n’est vraiment comme ailleurs, comme on a pu le constater depuis que nous avons débarqué à São Paulo mardi… Pourtant, pendant longtemps, on a bien cru qu’on ne vivrait jamais un grand tournoi avec notre équipe nationale. Parce qu’il y avait vraiment de quoi désespérer. Souvenez-vous de l’ère Vandereycken, quand les stades étaient aux troisquarts vides… On se souvient surtout d’un 0-0 honteux contre le Kazakhstan à domicile, pour entrer en lice dans la campagne de qualification pour l’Euro 2008. Vandereycken avait aligné huit joueurs à vocation défensive dans son onze. Quelle tristesse ! Autant dire que quand on a connu cela comme suiveur, on savoure d’autant plus la réussite actuelle ! Aujourd’hui, la donne a changé du tout au tout. Les Diables ont une superbe carte à jouer durant ce Mondial. On n’est d’ailleurs pas trop d’accord quand on entend les joueurs et le staff affirmer viser les huitièmes de finale. La Belgique n’est plus un petit pays du foot. Elle doit mettre la barre plus haut. Les Diables n’ont pas à avoir peur du Ghana ou du Portugal, adversaire possible au prochain tour. On l’a dit, on le répète : avec autant de talent, les hommes de Marc Wilmots doivent aller en quart de finale ! l

Wilmots officialise enfin la signature de son contrat

4.000 4.000 supporters des Diables ont ou vont faire le déplacement au Brésil. Ce n’est pas si mal, mais c’est tout de même… 16.000 de moins que les Russes !

C’est signé, enfin ! En rentrant de Suède, Marc Wilmots avait mis la pression sur la Fédé :” Je n’ai pas encore signé. Je le ferai en dernier, quand mon staff aura prolongé.” Les négociations avec ses adjoints traînaient et Willie voulait accélérer le mouvement. Mission accomplie. “J’ai signé mon nouveau contrat. Comme Vital Borkelmans et le médecin. Lieven Maesschalck, lui, n’a pas signé, mais il a trouvé un accord. Pour Erwin Lemmens, cela dépendra de la route qu’il veut choisir. Moi, je veux continuer avec lui.”

2 Une semaine diabolique y

Posters

Kevin Mirallas et Moussé Dembélé.

02/744.44.55

NUMÉRO GÉNÉRAL Administrateur délégué et éditeur responsable François le Hodey Directeur général Denis Pierrard Rédacteur en chef Ralph Vankrinkelveldt Responsable du magazine Benoît Delhauteur & Laurent Denuit Responsable rédaction sportive Philippe Lacourt Mise en pages IPM Press Print Direction, administration, rédaction rue des Francs, 79 1040 Bruxelles Fax > (02) 211.28.70 Publicité IPM Advertising > (02) 211.29.59 Abonnements > (02) 744.44.55 Fax > (02) 744.45.55. E-mail > dh.foot@dh.be Internet > www.dh.be Crédits Une Photo News, Reporters, DH Magazine gratuit avec la DH du 14 juin 2014. Ne peut être vendu séparément.

L’AMBIANCE Un ballon, et ils sont contents… Ah ! ces Diables sont de grands enfants. On a encore pu le constater lors d’un entraînement sous la pluie à Mogi das Cruzes. Dans la première partie de la séance, les joueurs devaient faire du stretching et de la musculation et on a bien vu que ce n’était pas la tasse de thé de tout le monde. Puis, en fin de séance, les joueurs ont eu droit à faire des exercices de circulation de balle à quatre contre deux. Et là, quel changement d’atmosphère! Subitement, ils avaient retrouvé leur jouet préféré. Et le sourire en même temps…

BELGA

De Hazard à Wilmots, retour sur l’actualité brûlante des Diables. 4 Formation y Quels clubs ont formé nos Diables ? Enquête sur les racines des footballeurs belges présents au Brésil. 8 Revue de la presse y Les journalistes étrangers sont sous le charme de notre équipe nationale. 10 Entres fans y Près de 4.000 supporters belges sont attendus au Brésil. Rencontre avec l’un d’entre eux…


BELGACOM, SPONSOR DES DIABLES DEPUIS 20 ANS

D. R.

“La première fois, ça fait toujours bizarre. Ce n’est pas facile d’entrer dans quelque chose qu’on ne connaît pas”

Ü CAÏPIRINHA

Marc Wilmots se la joue love coach pour parler du baptême du feu de ses Diables en grand tournoi

LA BLAGUE

VU DU BRÉSIL

OUI, LE BRÉSIL AIME MESSI ! BELGA

Quand on lui a demandé s’ils allaient regarder le match Brésil - Croatie ensemble, Kevin Mirallas a répondu lors de sa conférence de presse : “Non, on va aller au restaurant”. Quelques secondes se sont écoulées devant les journalistes incrédules… avant que le Liégeois ne précise : “Mais non, bien sûr qu’on va regarder le match !” Les joueurs ont à disposition une salle avec un grand écran pour visionner les rencontres du Mondial. Mais certains d’entre eux, dont Lukaku, Ciman, Chadli, Witsel et Januzaj ont préféré mater la partie tranquillement au bar. À la Brésilienne, quoi…

AFP

Mirallas au resto plutôt que devant la Seleção

LE COMPLIMENT Lineker voit les Diables en tête Pas dégueulasse, le studio télé de la BBC, avec vue sur Copacabana ! C’est là que Gary Lineker, exinternational anglais et présentateur vedette de la chaîne, a fait ses pronostics groupe par groupe. Et contrairement à Mourinho, il a misé une pièce sur la Belgique. “Cette équipe a trois joueurs de classe mondiale : Courtois, Kompany et Hazard. Même si la Russie a l’avantage de compter sur la science de Capello, je vois les Belges terminer en tête du groupe H. Mais bon, la Belgique est la surprise annoncée de tellement de monde qu’elle ne peut plus vraiment être une surprise…”

Quelque 6.500 spectateurs, brésiliens et argentins, ont vécu une nuit magique lors du premier entraînement de Lionel Messi et de l’Argentine, au stade Independencia de Belo Horizonte. “Pour moi, c’est une chance parce que je ne croyais pas que je verrai Messi à Belo Horizonte. Je suis fan de l’Argentine”, s’est exclamé Alex, un employé de banque… brésilien de 38 ans. S’il était impossible de se rapprocher du bunker de Cidade do Galo, les fans de l’Albiceleste ont pleinement profité de l’entraînement en public, pendant 45 minutes. “Ici, à Belo Horizonte, nous sommes nombreux à considérer l’Argentine comme notre première équipe”, a ajouté le jeune banquier. À la fin de l’entraînement public, une vingtaine de personnes, principalement des enfants, ont sauté la barrière séparant les tribunes du terrain pour aller saluer les joueurs. Mais Messi et ses camarades étaient hors d’atteinte, tenus à l’écart par des membres de sécurité qui ont refoulé les envahisseurs…

LE TWEET “Il y a six ans, je faisais mes débuts pour la Belgique. Très fier de toujours représenter mon pays” BBC

Axel Witsel


LE DOSSIER

Qui les a formés ? ANDERLECHT PLUS GROS PRODUCTEUR DE DIABLES

Les joueurs de notre équipe nationale présents au Brésil ont passé 41 saisons dans les équipes de jeunes à Neerpede pour 30 au GBA et 24 au Standard DOSSIER RÉALISÉ PAR CORENTIN SIMON ET ROMAIN VAN DER PLUYM

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BELGACOM, SPONSOR DES DIABLES DEPUIS 20 ANS

x C’est du sceau du RSCA que la jeunesse footballistique de Vincent Kompany a été marquée. (REPORTERS)

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nderlecht est le club qui a formé le plus de Diables Rouges version Coupe du Monde 2014. Les internationaux ont passé au total 41 saisons avant leurs 18 ans. Le Standard termine à une belle troisième place derrière l’étonnant Germinal Beerschot Anvers. Le calcul réalisé par la DH afin de découvrir quel club a formé le plus de Diables Rouges a été réalisé en calculant le n ombre de saisons passées par les 23 Diables dans des clubs de l’élite (ou de D2

dans quelques cas) avant leurs 18 ans. Par exemple : Steven Defour n’est pas pris en compte pour le Standard, étant arrivé alors qu’il avait déjà 18 ans. À ce petit jeu-là, c’est Anderlecht qui remporte la mise. Le club bruxellois est sorti largement vainqueur de cette compétition grâce à Kompany (11 ans), à Vanden Borre (10), à Mertens (7), à Januzaj (6), à Lukaku (5) et à Fellaini (2). Le RSCA est aussi le club qui a vu passer le plus grand nombre de Diables (6). La surprise vient de la deuxième place du GBA (et par extension du Germinal Ekeren) qui a vu passer les futurs caïds de l’Ajax que sont Vertonghen (5), Vermaelen (9), Alderweireld (9) et Moussa Dembélé (7) durant un total de 30 ans. Le Standard accroche, quant à lui, la dernière marche du podium avec un total de 24 saisons grâce à Witsel (9), à Mirallas (8) et à Chadli (7). Genk talonne les Liégeois avec un total de 23 ans. Bruges termine à une honorable cinquième position dans le classement, même si elle est entachée par le fait que seul Nico-

las Lombaerts provient de l’écolage blauw en zwart. Côté wallon, on notera la belle neuvième place de Charleroi qui a formé Ciman (4) et Fellaini. Mons est, quant à lui, 13e du classement avec le seul passage de Fellaini. l

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Les Belges à la sauce lilloise : avec Eden Hazard et Divock Origi, Lille est le club qui a le plus formé nos Diables Rouges. S’ils sont aussi nombreux que ceux passés par l’Ajax, les trois Lillois (Hazard, Mirallas et Origi) ont joué, respectivement, 4, 2 et 3 saisons dans le nord de la France avant d’atteindre leur majorité. L’Ajax, grâce à son partenariat avec le GBA, se défend pas mal avec, au total, 6 années de formation. Manchester United est le troisième club étranger au palmarès. Adnan Januzaj y étant arrivé à 16 ans, il y a passé 2 saisons avant d’atteindre la barre des 18 balais.

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LE DOSSIER x Comme Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen et Toby Alderweireld ont remporté des titres avec l’Ajax avant de rejoindre un championnat plus relevé. (PHOTO NEWS)

AMSTERDAM, TERRE DE DIABLES

L’Ajax roi de la post­ formation Le club néerlandais a su conserver ses talents belges après leurs 18 ans 6 I

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’est un constat qui se confirme à travers ces chiffres : les clubs belges ne parviennent plus à conserver leurs talents. Dès qu’une opportunité se présente, la plupart de ces derniers quitte déjà le pays, pour tenter leur chance à l’étranger. Ce sous-classement fonctionne de la sorte : quels joueurs formés dans un club avant leurs 18 ans sont restés après leur majorité ? Les deux écoles préférées des Diables se trouvent en dehors de nos frontières : à Amsterdam et à Lille. L’Ajax et le Losc investissent massivement dans les jeunes, comme ils l’ont fait avec Vermaelen, Alderweireld, Vertonghen, Hazard, Mirallas et Origi. L’Ajax a pu conserver ses trois Belges le plus longtemps, au nom d’une post-formation qui fonctionne et avant de les revendre à prix d’or. De son côté, Lille a profité du talent de Hazard, de Mirallas et d’Origi, qu’ils sont venus chercher en Belgique dès leur plus jeune âge. Et les clubs belges ? Ils constatent tous le même phénomène : il leur est difficile de conserver leurs pépites. Certes, le Standard a pu voir Defour et Fellaini jouer dans leur équipe première quelques années après leur majorité, mais ces derniers n’ont jamais joué avant leurs 18 ans dans le club liégeois et n’ont donc pas été formés au club. Witsel, De Bruyne, Kompany sont des exceptions, mais ne sont restés que quelques années. Mais vu le niveau de ces joueurs, le championnat belge est rapidement devenu trop petit. l

0 Avant ses 18 ans, Daniel Van Buyten n’a jamais évolué dans un club de l’élite. Le seul de tous les Diables dans ce cas...

3 Comme le nombre de clubs francophones/bruxellois par lesquels est passé Marouane Fellaini, avant d’en rejoindre un quatrième : le Standard.

13 Comme le nombre d’années passées par Nicolas Lombaerts au Club Bruges. Le plus fidèle de nos Diables…


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Jean Kindermans Directeur de la formation à Anderlecht

Ü RÉACTION

“LES MEILLEURS SONT CHEZ NOUS” “Nous sommes le centre de formation numéro 1 en Belgique, voilà l’explication. Regardez les noms ronflants qui sortent de notre cellule jeunes. Les meilleurs sont chez nous, c’est tout simple. Nous possédons un bon centre de développement. Nos entraîneurs sont d’excellente qualité et nous travaillons dans une certaine continuité. Un effort a été fait au niveau des infrastructures. À nous de conserver nos talents. Si nous y parvenons, les chiffres seront pareils à l’Euro 2016 et au Mondial 2018.” l

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Danny Veyt Ex-Diable Rouge de Mexico 86 et ancien formateur au GBA

Ü RÉACTION x Lille a révélé Eden Hazard mais aussi Kevin Mirallas et désormais Divock Origi. (PHOTO NEWS)

“MES GARS ÉTAIENT EXCEPTIONNELS” “Si nous avons formé de tels joueurs, c’est grâce à la post-formation qu’ils ont reçue à l’Ajax. Outre les trois Ajacides et Dembélé qui sont parmi les Diables, il y avait aussi Tom De Mul et d’autres qui auraient pu être là. Je les avais sous mon aile quand ils étaient ados et ils étaient exceptionnels, au-dessus du lot. On gagnait presque tout même si on a parfois été deuxième derrière Anderlecht. On se doutait déjà qu’on avait là des joueurs de grande classe et ceux-là étaient peut-être encore plus doués que les Mauves.” l

Christophe Dessy BELGA

Directeur sportif du centre de formation du Standard

Ü RÉACTION

“ALIMENTERLENOYAUA” x De Bruyne (Genk) et Witsel (Standard) ont fait leurs débuts en D1 en Belgique, avec leur club formateur. (PHOTO NEWS)

“Notre objectif premier est d’alimenter le noyau A. Aujourd’hui, 13 joueurs sur les 26 de l’équipe première sont des jeunes formés au club. Nous voulons rentabiliser notre centre de formation. Nous avons débuté en 2004, cela fait donc dix ans que nous sommes occupés. L’équipe nationale, c’est un plus, mais cela dépend d’autres facteurs : le poste, la concurrence, etc. Nous savons que nos jeunes talentueux iront un jour en équipe nationale. Cela dépend aussi de leurs choix.”

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TOUT LE MONDE EN PARLE

REVUE DE PRESSE

LA PRESSE MONDIALE JUGE LES DIABLES

x Comment la presse internationale juge-t-elle Marc Wilmots et ses hommes ? (PHOTO NEWS)

Ils émargent tous à des nations favorites de cette 20e phase finale de Coupe du Monde. Ces sept éminents journalistes, spécialistes du ballon rond, ne tarissent pas d’éloges pour nos p’tits Belges… PAR NICOLAS CHRISTIAENS ET GAUTIER GUILLAUME

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u-delà de nos frontières nationales, les Diables font beaucoup parler d’eux. Des journalistes venus de sept grandes nations du football mondial ont accepté d’évoquer pour la DH l’équipe de Belgique vue depuis leur pays. De nos voisins

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aux lointains brésiliens ou argentins en passant par l’Espagne et l’Italie, les Diables sont attendus au tournant et pointés comme gros outsiders du Mondial 2014.

LES DIABLES “SUSCITENT LA CURIOSITÉ” DES FRANÇAIS En France, nous avons contacté Joël Domenighetti, rédacteur en chef adjoint de L’Équipe, pour se faire une idée de l’image des Diables outre-Quiévrain. “C’est une force émergente, avec beaucoup de qualités. Mais ce n’est pas forcément encore entré dans la tête du grand public français qui n’a eu qu’un petit aperçu de la force des Diables Rouges lors des matches amicaux contre les Bleus. Cela dit, les gens se doutent de la force de la Belgique en voyant les noms des joueurs et leur réputation dans les grands clubs européens. On connaît aussi Wilmots qui a laissé de bons souvenirs du côté

de Bordeaux et je ne vous parle pas d’Eden Hazard qui est évidemment capable de créer l’étincelle dans cette équipe et qui est le Belge le plus populaire chez nous.” Quant à savoir si l’étiquette d’outsider s’avérera piégeuse ou non durant le Mondial : “Les étiquettes sont faites pour être décollées. Cela dit, je ne vois pas les Belges atteindre le dernier carré comme certains le prédisent. C’est trop tôt pour ce noyau qui sera surtout redoutable à l’Euro 2016. Il y a trop d’incertitudes défensives et même s’il ne s’agissait que de rencontres amicales, prendre des buts si facilement contre la Côte d’Ivoire ou le Japon, ce n’est pas bon signe”, selon Joël Domenighetti. En résumé, les Diables “suscitent l’interrogation et la curiosité sportive” en France et, selon le spécialiste, le “bon système” et “l’expérience individuellement acquise dans les grands clubs” devraient nous permettre de rejoindre les quarts de finale. La “faiblesse des latéraux” et l’”absence d’un attaquant de classe mondiale” pourraient par contre nous empêcher d’aller plus loin...


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“L’ÉQUIPE LA PLUS INTÉRESSANTE À SUIVRE” POUR L’ITALIE Qui dit journalisme sportif et Italie dit forcément feuilles roses. C’est donc Luca Curino, responsable du cahier international de la Gazzetta dello Sport (Extra Time) qui accepte d’évoquer avec nous le Mondial des Diables, se lançant par la même occasion dans un concert de louanges : “La Belgique est plus qu’un outsider. Elle est presque l’équipe la plus intéressante à suivre au-delà des traditionnels favoris. Je la considère comme supérieure à la France, par exemple.” Une Belgique qui peut compter sur Hazard pour booster sa cote de popularité de l’autre côté des Alpes : “Il pourrait être titulaire dans n’importe quelle équipe présente au Brésil cet été. Je pense que le parcours de la Belgique dépendra en grande partie de son niveau de forme.” Un parcours que Curino voit bien aboutir en quarts de finale, “voire une place dans le dernier carré avec un peu de chance”. Un bémol, toutefois : “Le parcours dépendra beaucoup de la force mentale d’un groupe à qui il manque un peu d’expérience internationale.” Une carence en maturité qui n’est pas la seule faiblesse relevée par le journaliste dans notre noyau : “L’autre réserve que j’ai concerne le manque d’alternatives en défense, où il me semble que les hommes sont comptés.”

tonghen, Mertens ou Dembélé, et bien sûr Witsel, qui sera un joueur très important pour votre équipe nationale.” Une équipe qu’il n’hésite pas à comparer à la Suisse et à la France “parce que comme ces deux pays, vous avez intégré de nombreux jeunes dans le giron de l’équipe nationale, et cela commence à porter ses fruits”.

grands clubs européens, mais certains sont moins connus en Allemagne, où on suit surtout la Bundesliga.” C’est avec une autre comparaison que le journaliste allemand clôt son portrait de nos Diables : “Aujourd’hui, je comparerais plutôt votre équipe avec cette très forte sélection chilienne. Ce sont deux demi-finalistes potentiels, des équipes pleines de fraîcheur et mortes de faim.”

L’ESPAGNE ATTEND UNE SURPRISE BELGE “Avec la Colombie, c’est l’équipe à propos de laquelle tout le monde pense qu’elle peut créer la surprise”, annonce d’emblée Juan Castro Nogales, journaliste sportif du prestigieux quotidien madrilène Marca. Une Belgique qu’il ne voit malgré tout pas émerger dans le Big Four du football mondial : “Si je dois faire un pronostic sur le Mondial des Belges, je les vois bien aller en quarts de finale”, explique l’Espagnol qui voit donc, comme beaucoup de suiveurs belges, les Diables s’arrêter aux portes du dernier carré en butant sur l’obstacle argentin. Thibaut Courtois a beau illuminer Madrid depuis trois saisons à coups d’arrêts impossibles effectués avec une aisance presque écœurante, c’est un autre Diable qui occupe le haut de l’affiche belge de l’autre côté des Pyrénées. On vous le donne en mille : “Eden Hazard, sans le moindre doute. C’est le plus connu de tous vos joueurs.”

L’ARGENTINE PRÉFÈRE MAROUANE De l’autre côté de l’Atlantique aussi, la Belgique a vu son étoile briller de plus en plus fort ces dernières années. “La Belgique est considérée comme l’une des possibles révélations du Mondial”, explique Adrián Piedrabuena, journaliste pour le célèbre quotidien argentin Olé. “En Argentine, on parle beaucoup de votre excellent niveau de jeu”, que le journaliste compare avec celui des Pays-Bas, au-delà des différences d’individualités entre les deux nations. Sans oser se prononcer sur le destin des Diables lors de ce Mondial, il souligne encore que deux joueurs belges sortent du lot du côté de Buenos Aires : “Fellaini et Hazard”. Avec une préférence pour le premier qui peut nous sembler surprenante, mais que Piedrabuena explique : “Par ici, on aime beaucoup son style sud-américain.”

AUX PAYS­BAS, ON VOIT LES DIABLES “MEILLEURS QUE NOS ORANJE”

EN ALLEMAGNE, NOS DIABLES RAPPELLENT LA MANNSCHAFT DE 2010

AU BRÉSIL, ON SERAIT “DÉÇU DE NE PAS VOIR LES BELGES EN QUARTS”

“On ne voit certainement pas la Belgique comme un petit pays”. Nos voisins du Nord ont une haute opinion des Diables comme l’explique Vincent Okker, journaliste pour l’excellent Voetbal International : “La Belgique a onze joueurs qui ont un rôle important dans un grand club de Premier League. Aux Pays-Bas, nous sommes d’ailleurs persuadés que l’équipe belge a plus de qualités que nos Oranje.” De là à voir les Diables s’offrir un rôle de surprise de la compétition le mois prochain, il y a un pas que notre confrère n’ose franchir qu’à moitié : “Pour vous, sortir du groupe ne sera pas difficile. Dès le premier match, vous allez prendre trois points contre l’Algérie pendant que les autres se tireront dans les pattes. Après, l’opposition en huitièmes sera bien plus difficile. Plus difficile qu’un éventuel quart, même. C’est de ce huitième de finale que dépendra une éventuelle présence dans le dernier carré, qui me semble possible.” À l’heure d’énumérer les talents de notre équipe nationale, Okker est presque intarissable : “Pour le moment, on parle beaucoup de Thibaut Courtois, grâce à ses bons matches avec l’Atlético et ses apparitions à la télévision néerlandaise, puisqu’il parle flamand. Mais je ne peux pas oublier tous ces joueurs au top de la Premier League, comme Hazard ou Kompany. Il y a encore les anciens d’Eredivisie comme Ver-

“Si je devais comparer la Belgique avec une autre sélection, je choisirais notre Mannschaft du Mondial 2010. Sans Ballack, forfait, nous avions un groupe de joueurs talentueux, qui avaient tous grandi dans le nouveau système de formation que nous avions mis en place après l’Euro 2000.” Le parallèle dressé par Michael Ashelm, envoyé spécial au Brésil pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, explique sans doute le pronostic qui s’ensuit : “Je pense qu’ils ont une chance d’atteindre les demi-finales, grâce à leur bon état d’esprit et au Kampfschwein Wilmots (NdlR : le cochon de combat, surnom donné à Wilmots lors de son passage à Schalke). Ceci dit, leur manque d’expérience dans un grand tournoi de ce genre peut être un problème.” Voir la Belgique à un si bon niveau n’étonne pas nos voisins de l’Est : “Chez nous, la Belgique est vue comme un pays de football. Petit mais très talentueux. On se souvient de la grande équipe de 1980 (NdlR : la RFA bat alors la Belgique en finale de l’Euro italien). On connaissait tous Pfaff, Gerets, Scifo… Donc, ce n’est pas une surprise de voir émerger une nouvelle génération talentueuse.” Ashelm poursuit en évoquant une équipe “sans superstar, mais avec des joueurs très respectés pour leur talent comme Hazard, Kompany, De Bruyne ou vos gardiens. Ils jouent dans des

Fernando Duarte est un journaliste sportif reconnu au Brésil. Il y travaille pour le quotidien O Globo et a deux Coupes du Monde à son actif. “Il ne faut en aucun cas sous-estimer les Belges”, annonce d’entrée notre confrère sud-américain, déterminé à nous prouver qu’il a connaissance de l’élan nouveau qui anime la bande à Wilmots. “Les Brésiliens se souviennent des exploits belges des années ‘80 et beaucoup de gens parlent de votre équipe actuelle, notamment grâce à la popularité de la Premier League anglaise chez nous. Le classement Fifa (NdlR : 5e en octobre dernier, désormais 11e) de votre pays en a également impressionné plus d’un”, explique celui qui voit en Eden Hazard notre joueur clé. “Il est en tout cas apprécié au Brésil grâce à son style de jeu spectaculaire”. Et d’ajouter : “Les gens ici commencent également à connaître Thibaut Courtois…” Mais à l’instar de Joël Domenighetti, son confrère français, Fernando Duarte ne voit pas les Diables atteindre le dernier carré. “Ce qui m’inquiète pour les Belges, c’est le manque d’expérience. Et c’est d’ailleurs aussi ce qui risque de faire défaut au Brésil. C’est rare qu’une équipe jeune aille loin en Coupe du Monde, mais ce serait décevant de ne pas voir les Belges en quarts. Au vu des résultats récents, vous faites partie des 8 meilleures nations au monde. Mais cela demande confirmation dans un grand tournoi…” l

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RED DINGUE DES DIABLES!

Fans, fans, fans… TOUSSAINT, LE CHRIST ET LES DIABLES

x Sur le sommet du mythique Corcovado, au pied de la statue du Christ Rédempteur, Arnaud Toussaint a-t-il prié pour que les Diables atteignent le paradis ? (PHOTO MATTON)

x Au moins 4.000 supporters belges sont attendus au Brésil. (AP)

Arnaud, un Namurois, a profité d’une immersion linguistique pour supporter les Diables Rouges. Une façon de joindre l’utile à l’agréable… REPORTAGE AU BRÉSIL MICHEL MATTON

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’est sur le site du mythique Corcovado, entre ciel et terre, que nous avons croisé Arnaud Toussaint (24 ans), un Namurois originaire de Rhisnes et diplômé en sciences politiques. Sa présence sur le sol brésilien n’est pas uniquement liée à la Coupe du Monde. “Grâce à une bourse du Forem, j’ai passé trois mois de stage dans une Chambre de commerce à Fortaleza pour parfaire mes connaissances en portugais et épouser un jour la carrière de diplomate.” À cette occasion, il a rencontré Bernard Quintin, le Consul Général de Belgique à Rio. “Une personne très affable qui avait été également conviée à assister à une conférence sur l’énergie impliquant le Brésil et l’Union européenne.” Ayant déniché un ticket sur le site de la Fifa pour Belgique - Algérie, Arnaud n’a pas hésité à différer son retour en Belgique programmé le lendemain de l’entrée en lice des Diables. “C’est le match que je désirais et c’est un petit rêve qui va bientôt devenir réalité. Comme je suis aussi supporter d’Anderlecht, je pourrai dire que

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j’ai réussi mon année.” (rires) De son expérience brésilienne, A. Toussaint avoue qu’il en gardera un souvenir mitigé. “J’ai eu le plaisir de rencontrer des personnes très accueillantes et ne manquant pas d’un certain humour. Mais il y a l’autre face de ce pays, bien moins reluisante. Je veux parler de l’écart parfois effarant séparant le mode de vie des pauvres de celui des riches. Ce pays regorge de richesses, mais j’estime que sur ce coup-ci, le gouvernement est passé à côté de la plaque. Il a fait beaucoup de promesses, mais peu de projets ont

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abouti concrètement, d’où le mécontentement de la population. Et je peux vous affirmer que les JO de 2016 sont tout aussi mal emmanchés, voire pire.” Et nos chances de bien figurer dans cette Coupe du Monde ? “On devrait pouvoir achever le premier tour en pole position, ce qui nous permettrait d’éviter l’Allemagne. Que ce soit face au Portugal ou contre le Ghana, ce serait alors du 50-50 à mon humble avis. Il faut savoir aussi que les Belges sont très populaires au Brésil. Tout le monde connaît Kompany et Hazard...” l


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RED - Qui a formé les Diables rouges ?