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Supplément gratuit à La Libre Belgique réalisé par la Régie Générale de Publicité - 25 avril 2012

ance D o s s ie r F in


Avant-Propos

Sommaire Une ........................................ p.1 Avant-Propos ......................... p.3 Une nouvelle fiscalité pour les revenus mobiliers ....... p.4 S’adapter à un marché imprévisible, en fonction de son profil ........................... p.6 Le Family Office ou la vie facile ......................... p.7 Ils jonglent avec les millions..... p.8

Transparence absolue des patrimoines ? Si le principe d’un « cadastre des fortunes », une sorte de carte d’identité financière des particuliers, ne fait pas partie du discours des grands partis politiques en Belgique, il est virtuellement en marche. L’administration fiscale se devait évidemment de disposer un jour ou l’autre d’outils informatiques décents face aux armes de pointe détenues par les fraudeurs. Ceci se faisant sans doute en partie au détriment des petits contribuables insouciant ou maladroits... Mais cette révolution qui est en fait une simple évolution, est en cours et resserre jour après jour, réforme fiscale après réforme fiscale, les mailles du filet sur les patrimoines. Les dernières décisions gouvernementales ont ajouté un peu de pression sur ces patrimoines, en obligeant les intermédiaires financiers à transmettre à un « point de contact central » les informations relatives aux revenus mobiliers des contribuables. Lorsque le total de ces revenus (typiquement ceux émanant d’obligations ou d’instruments de placement assimilés) excède 20.020 euros, le point de contact transmet l’information à l’administration fiscale pour lui permettre d’enrôler les 4% de cotisation supplémentaire à charge du contribuable sur le montant de revenus excédant ce montant. Mais... il y a des exceptions, curieuses, et qui finiront par être abrogées, pour permettre à l’administration fiscale de disposer d’une vue complète sur les revenus mobiliers (entre autres puisque les revenus du travail sont connus et ceux relatifs à l’immobilier sont théoriquement connus aussi) des contribuables. De quoi parle-t-on ? Des revenus des comptes d’épargne défiscalisés qui ne seront toujours pas consolidés même si une personne en détient plusieurs et dépasse les quotas de défiscalisation de ce produit. Et puis, le législateur s’est aussi distingué en instaurant une curieuse disposition qui permet aux contribuables de se soustraire partiellement à l’obligation de déclaration (automatique) de ses revenus mobiliers, en tout cas pour ce qui excède ce fameux cap de 20.020 euros. Le contribuable peut en effet échapper à cette obligation en payant d’autorité les 4% de cotisation complémentaire (en tout cas en demandant cette ponction à son intermédiaire financier). Comprenez : en payant plus vite ces 4%, on bénéficie d’une plus grande discrétion sur ses revenus mobiliers. Vous aurez aussi compris qu’une telle disposition ne saurait survivre indéfiniment. On va donc bel et bien en Belgique vers une transparence presque absolue des patrimoines. Il est donc plus que jamais, nécessaire de se faire assister dans le cadre de la gestion de ses biens, et de s’informer autant que faire se peut. A.C.

Jongler avec les fonds des autres? ............................. p.9 La gestion conseil.................. p.10 Bien construire son portefeuille ................ p.10,11 L’assurance, du solide sur le long terme.............. p.12,13 Investir en « Bon père de famille » ? ...... p.14 La gestion discrétionnaire Une question de confiance.... p.15 MIFID en pleine évolution ? ... p.16 Quelques briques très rentables ........................ p.18 Initiation au vocabulaire financier ............. p.19

SUPPLÉMENT GRATUIT À LA LIBRE BELGIQUE RÉALISÉ PAR LA RÉGIE GÉNÉRALE DE PUBLICITÉ 25 AVRIL 2012 Rue des Francs, 79 1040 Bruxelles TÈL: 02.211.28.49 FAX: 02.211.28.70 EDITEURS RESPONSABLES: Emmanuel DENIS, Henry VISART. RÉDACTION: Antoine CERUTTI, loanna CERRUTI Pat BELLMORE, PUBLICITÉ: Patricia HUPIN - 02.211.31.54 patricia.hupin@rgp.be MISE EN PAGE Christophe ROELANDTS Azurgraphic sprl PHOTOS: www.Photos.com INTERNET: www.lalibre.be


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Le Guide du Private Banking

Une nouvelle fiscalité pour les revenus mobiliers

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e portefeuille des Belges va-t-il subir un sérieux coup de rabot en 2012 ? À lire les éditos des gazettes financières, on pourrait imaginer que la Belgique des rentiers a vécu. Que s’est-il passé ? C’est pourtant assez simple. À la fin 2011, la Belgique en panne de gouvernement, s’est retrouvée avec une équipe gouvernante à la recherche d’un paquet de milliards d’euros. Épargnée par les politiques d’austérité instaurées dans les autres pays d’Europe, en tout cas de la zone euro, la Belgique a pris conscience de la réalité de la crise financière et surtout de celle de la dette souveraine.

Cafouillages Ce nouveau gouvernement a donc été forcé de prendre très rapidement des mesures d’économie et de faire rentrer les euros en augmentant la pression fiscale. Dans le paquet de mesures prises, il fallait d’évidence jouer la carte de l’harmonisation fiscale au niveau européen. Mais tout cela s’est fait dans un laps de temps bien trop court : quelques semaines seulement. On peut parler certainement ici de cafouillage. Au lieu d’harmoniser clairement la fiscalité des revenus mobiliers, l’équipe en place a tout simplement créé un désordre fiscal propre à générer des revenus… Pour les conseillers fiscaux. Les techniciens de la fiscalité belge s’attendaient à un alignement du taux du précompte mobilier à 25%. Il y avait là une logique évidente : une pression fiscale identique pour tous les types de placements. Le Belge aurait pu dans ce cas choisir les placements en fonction de son profil de risque et non pas sur base de la pression fiscale. Or maintenant, que se passe-t-il ? La loi prévoit une augmentation à 21% des taux d’application sur les produits de placement au préalable soumis à un taux de 15%. Or il existe des revenus taxés à 25% sur base du précompte mobilier. Les dividendes versés par les entreprises cotées sont déjà soumis à un taux de 25% sauf conditions spéciales.

ceci n’est pas de nature à aider le contribuable à effectuer des choix guidés par la seule sensibilité de celui-ci aux risques ou aux avantages de tel ou tel placement. En outre, la TOB est plafonnée à 750 euros par transaction (contre 650 euros auparavant) et peut être contournée... en passant les ordres à l’étranger ! Ce taux de 25% ne sera évidemment pas revu à la baisse, par contre, celui des dividendes bénéficiant d’un précompte réduit à 15% (VVPR) seront désormais taxés à 21%. Les dividendes de sicav sont eux aussi précomptés à 25%. Les revenus d’obligations, de bons de caisse, était soumis auparavant à un taux de précompte mobilier de 15%. Ils sont désormais taxés à hauteur de 21%. Une exception toutefois : les bons d’États belges émis en début d’année, dont les revenus resteront taxés à 15% de précompte mobilier. On se retrouve donc en théorie avec au moins 3 taux différents : 15%, 21%, 25%. Où est donc l’harmonisation ?

Taxe spéciale « gros revenus mobiliers » Il se fait aussi que le législateur a voulu s’inspirer de la taxe sur les grandes fortunes en vigueur dans quelques autres pays du monde. Il a donc été décidé de rajouter une cotisation spéciale de 4% applicables sur les contribuables dont les revenus mobiliers pour l’année 2012 dépassent 20 000€. Ces 4% sont à ajouter aux 21% prélevés à la source par les organismes financiers sur le montant excédant les 20 000€ de revenus mobiliers générés par des obligations, typiquement. Or, alors de rédiger ces lignes, les banquiers eux-mêmes ne connaissaient pas encore les modalités précises d’application de ces nouvelles règles fiscales, même compte tenu des dispositions précisées dans le Moniteur belge de la fin mars.

TOB évitable Le législateur a aussi prévu d’accroître légèrement la TOB, taxe sur les opérations boursières. Ici, la ponction est pratiquement insensible, mais elle rappelle qu’il existe toujours chez nous une différence sensible entre les fiscalités relatives aux produits de placement classique, bancaires, et ceux commercialisés par les compagnies d’assurances. Une fois encore

On retiendra aussi que malgré des effets de manche préélectoraux, les membres du gouvernement actuel n’ont pas osé s’attaquer de front à la multiplication des comptes d’épargne défiscalisés. Des propositions avaient été faites en ce sens avant la formation du gouvernement : on imaginait un prélèvement du précompte mobilier à la source suivie un an plus tard d’une régularisation suite à la déclaration fiscale des contribuables. Dans ce cas de figure, le trésor aurait été crédité de montants importants mais n’aurait pu en restituer qu’une partie suite aux justifications fournies par les contribuables et par les banques. Évidemment après quelques mois de fonctionnement de l’équipe en place, le niveau des taux d’intérêt proposé par les banques sur ces fameux comptes d’épargne est tombé à un taux tellement bas qu’existe aujourd’hui la crainte de voir les capitaux les plus stables déposés sur des comptes de banques belges dériver vers d’autres produits de placement plus instables. Dans un tel cas de figure, les investisseurs en reviennent aux questions fondamentales : vers qui se tourner pour obtenir des conseils valables, faut-il oser investir en bourse, ou encore faut-il songer à modifier totalement sa façon de gérer son patrimoine ? Aujourd’hui les conseilleurs sont légion. C’est toutefois le moment de s’interroger sur la qualité de ses interlocuteurs. Après la crise née en 2008, les bons gestionnaires sont d’évidence sortis du lot. De la même manière, les produits réputés sûrs ont aussi montré leurs limites. Par contre, une forme de réalisme s’est imposée aux investisseurs les plus lucides. Ceux-ci se sont souvenus de la qualité des placements immobiliers, moins brillants que les placements boursiers certes, mais tellement plus solides. Un emplacement de parking, un garage, un terrain à bâtir, un studio, un appartement ou une maison, représentent une charge de gestion plus importante, mais ne risquent pas de disparaître comme neige au soleil. A.C.


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Le Guide du Private Banking

S’adapter à un marché imprévisible, en fonction de son profil ment supérieur fait forcément des petits et peut entraîner de grosses différences sur un portefeuille. Pour l’investisseur disposé à prendre certains risques, une baisse maximum du capital de départ peut être mentionnée. En cas de forts mouvements de baisse sur les actifs risqués en portefeuille, le gestionnaire doit alors solder ces positions afin de respecter l’objectif de baisse maximum. L’intérêt de la gestion discrétionnaire, c’est que le banquier privé suit en permanence l’évolution des marchés, à la recherche de belles opportunités ou prompt à mettre vos avoirs à couvert en cas de grosse tempête.

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es marchés sont parfois pris de coups de folie, affichant des volatilités à donner le tournis à plus d’un investisseur. Lors du mois d’août 2011, certaines valeurs ont parfois enregistré des écarts d’une vingtaine de pourcent entre leur plus haut et leur plus bas du jour. C’est dire s’il n’est pas aisé pour l’investisseur lambda de suivre en temps réel l’évolution des Bourses et d’adapter au mieux la composition de son portefeuille.

Quel portefeuille? Votre banquier privé peut s’en charger dans le cadre d’une gestion discrétionnaire qui, à l’inverse de la gestion-conseil, lui permet de gérer votre portefeuille sans devoir en référer à son client avant d’effectuer le moindre mouvement d’achat ou de vente. Soyons clairs, la gestion discrétionnaire ne signifie nullement que le banquier privé peut n’en faire qu’à sa tête. La gestion discrétionnaire débute en fait par un long entretien. Le but est de cerner au mieux l’ampleur du patrimoine du client et de déterminer son profil d’investisseur. Quelle est en fait l’ambition du client : préserver avant tout l’apport d’argent qu’il souhaite confier à la gestion de la banque privée ou prendre plus ou moins de risques sur une partie du capital transféré? C’est l’étape essentielle pour une future collaboration fructueuse et éviter, surtout, des déceptions ultérieures : le client ayant opté par exemple pour un profil conservateur risque de faire la fine bouche devant le rendement de son

portefeuille en période de forte progression des Bourses (cela arrive !). Bref, le message doit être clair de part et d’autre. Le client, et c’est normal, souhaite obtenir le rendement le plus élevé sans prendre trop de risques. Las, il est difficile d’avoir le beurre et l’argent du beurre en matière d’investissements : risques et rendements ne sont pas les meilleurs amis du monde. Pour avoir un rendement élevé, il faut prendre du risque, peu ou prou. Et si le client est allergique au moindre risque, il ne pourra guère espérer décrocher la lune avec son portefeuille. Lorsque le profil du client a été déterminé, le gestionnaire de la banque privée peut alors entamer une politique d’investissement conforme aux souhaits de l’investisseur, qui s’en remet donc à la sagacité, au métier et au flair du banquier privé pour lui constituer un portefeuille “clé sur porte” censé lui offrir un rendement supérieur à celui d’une gestion passive. Sinon, à quoi bon le rémunérer ?

Diversifier! Le but sera donc de constituer un portefeuille diversifié qui doit répondre à des objectifs précis. En gestion privée, l’architecture ouverte est de mise, ce qui permet au gestionnaire de puiser dans des milliers de fonds avant de sélectionner les perles rares. Un rendement supérieur en moyenne d’1% sur le fonds X par rapport au fonds Y peut paraître modeste à première vue. Sur le long terme, ce rende-

Dans les faits, de nombreux clients des banques privées optent pour un profil… disons défensif. Ce n’est pas, en soi, étonnant : il s’agit souvent d’argent gagné durant toute une vie. Le client n’a alors nulle envie de jouer avec le feu et préfère des rendements plus modestes à des évolutions en dents de scie de son portefeuille au gré des peurs des marchés boursiers.

Conseil? Le client peut également opter pour la gestion conseil. Cette fois, le client est le gestionnaire de son portefeuille, en dernier ressort. En fait, il peut compter sur les conseils du gestionnaire privé, sur ses suggestions d’arbitrages et de modifications de position. Il peut et il doit en quelque sorte être proactif lorsqu’il flaire un vent de correction se lever sur les marchés. Mais sa mainmise sur la gestion du portefeuille se limite au conseil : c’est le client qui, « in fine », prend la décision de vendre, d’acheter, d’arbitrer, et ce conformément au mandat passé avec la banque privée. Il faut sans doute, pour ce style de gestion, avoir un peu ou beaucoup de temps et ne pas avoir un agenda débordant en permanence de rendez-vous. Reste que la tendance, ces derniers mois, semble avoir été que les clients les plus fortunés préfèrent ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier et morcellent leurs avoirs entre plusieurs banques privées, histoire, sans doute, de diversifier les risques mais aussi de pouvoir comparer leurs performances. Ici aussi, il y a donc un travail de reconstruction de la relation de confiance à effectuer par les banquiers. P. B.


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Le Family Office ou la vie facile

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ela peut être le compagnon de toute une vie : il sera à vos côtés pour tous les aspects de votre vie professionnelle et privée, toujours prompt à vous prodiguer conseils et mises en garde. Il est là pour rendre votre existence plus facile, se chargeant de trouver une solution à tous les problèmes ou aux multiples questions qui peuvent surgir. Contre monnaie sonnante et trébuchante, certes, mais en étant mu à chaque instant par la volonté de vous proposer le meilleur service. C’est le Family Office, un concept qui est une offre de service globale pour vous et votre famille. Il ne s’agit pas uniquement, si l’on ose dire, de gérer au mieux votre fortune, et de la protéger ou de la faire fructifier, conformément à vos souhaits. Là, c’est plutôt, le rôle d’un banquier privé, mieux armé pour répondre aux défis patrimoniaux. Le rôle du Family Office sera lui de veiller à ce que les conseils financiers prodigués par votre ou vos banquiers soient bien en adéquation avec vos souhaits et objectifs.

Confiance avant tout La pierre angulaire du Family Office est la confiance. Pour que ce service soit le plus efficace possible, les deux partenaires doivent en effet très bien se connaître s’ils veulent que leur relation soit la plus fructueuse possible, que ce soit en termes financiers ou humains. Les premières entrevues ont d’ailleurs pour objet de bien cerner la personnalité du client, de connaître ses attentes, d’être le confident pour toutes les affaires familiales et, bien entendu, d’avoir une connaissance approfondie de l’ensemble du patrimoine. L’ambition est de bien se connaître de part et d’autre. Le Family Office pourra de la sorte avoir une approche globale du patrimoine de son client, adaptée le plus fidèlement possible à ses besoins et à ses désirs. Les Family Offices vont donc épauler le client, essentiellement dans l’organisation, la gestion et la transmission de son patrimoine, et ce en intégrant toutes les implications fiscales et légales. Pour cela, ils pourront faire appel à des spécialistes

internes – ce sera notamment le cas lorsque le service est adossé à une banque privée – et/ou externes. A chaque fois, la démarche consistera à aller chercher le conseil le plus pointu pour répondre à une problématique spécifique. Là où les différentes sociétés de gestion de patrimoine peuvent justement se différencier, c’est dans leur capacité à dénicher le meilleur conseil et à offrir le meilleur service.

Pas de commissions En terme de gestion de patrimoine, par exemple, le Family Office a le grand mérite d’être, en quelque sorte, désintéressé. Votre banquier privé a bien entendu tout intérêt à vous rendre heureux. Mais c’est aussi un banquier qui doit aussi intégrer des contingences commerciales dans son approche. Le Family Office, lui, sera là pour déterminer si les conseils d’investissement de votre ou de vos banquiers sont les plus judicieux, et ce en toute indépendance. Le Family Office ne perçoit, en effet, aucune commission sur les fonds vendus et n’est pas, non plus, rémunéré, en fonction de la rotation du portefeuille.

La plus-value du “Family Office” sera donc de sélectionner la meilleure offre de services pour le profil bien déterminé de son client. Il se chargera ensuite de veiller à ce que la politique d’investissement ait été correctement suivie. Pour cela, les Family Office peuvent compter sur un personnel hautement spécialisé qui analysera et auditera l’ensemble du portefeuille tout en conservant une totale indépendance par rapport aux gestionnaires ou sociétés de gestion sélectionnées.

L’intérêt de la formule est que les Family Offices sont directement rémunérés par leurs clients. Ils ont donc plutôt intérêt à justifier leur salaire en s’assurant notamment que la stratégie d’investissement proposée ou suivie est réellement performante. Votre “compagnon” n’hésitera pas à mettre les pieds dans le plat s’il estime que le bilan de gestion n’est pas brillant. On voit mal, en effet, votre gestionnaire de fortune au sein de la banque X ou Y vous déclarer qu’il n’a pas été au top et vous inviter à aller voir un concurrent plus performant. Lorsque l’on joue sur des sommes importantes, des petites différences peuvent rapidement faire de gros montants.

Fiscalité bien maîtrisée Ils peuvent aussi, bien entendu, traiter de tout ce qui est optimalisation fiscale, que ce soit dans le cadre d’une succession, de la cession d’une entreprise à ses enfants ou de la vente de votre société à des tiers. Dans ces cas, le Family Office peut englober des conseils aux enfants afin de leur donner les outils nécessaires pour gérer leur nouvelle fortune ou les doter des connaissances suffisantes pour présider aux destinées de l’entreprise familiale. Le Family Office peut aussi jouer les bons offices entre les membres d’une même famille pour assurer le partage le plus équitable d’un patrimoine, en préparant par exemple un pacte familial. Les Family Office peuvent aussi avoir un champ d’actions bien plus large et s’occuper des besoins personnels de toute la famille afin de soulager d’une foule de soucis le chef d’entreprise surchargé de travail. Cela va de l’achat ou de la vente de la maison, que ce soit en Belgique ou à l’étranger à la décoration de l’habitation en passant par l’engagement de services de gardiennage ou du personnel domestique. Vue globale du patrimoine ancrée dans une relation de confiance totale, aussi bien dans la vie professionnelle que dans la sphère privée : telle est en résumé, l’essence du Family Office. P.B.

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Ils jonglent avec les millions

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n banquier est bien entendu là pour veiller et faire fructifier votre patrimoine financier. Mais son rôle peut bien entendu être plus large dans le cadre d’une relation nouée avec une banque privée. Le banquier privé peut en effet multiplier les services offerts à ses clients et peut, lui aussi, les accompagner dans les différentes étapes de sa vie en lui fournissant des conseils pointus. Chacun pensera tout d’abord à la succession. C’est logique : dans le petit monde du private banking, on jongle rapidement avec quelques millions d’euros. Autant anticiper au mieux une succession, ne serait-ce que pour éviter au mieux les droits de succession en utilisant avec bonheur les différents outils fiscaux. Cela peut concerner bien entendu le patrimoine financier, mais aussi le patrimoine immobilier voire la transmission d’une entreprise à l’un ou plusieurs de ses enfants. A chaque fois, la solution sera sur mesure puisque les besoins, les attentes et les souhaits des clients diffèrent les uns des autres. Le but sera donc de répondre le plus fidèlement possible aux demandes du client.

Successions bien ordonnées Cela ne pose pas vraiment de gros problèmes pour des successions classiques, en ligne directe. Les choses peuvent par contre se corser lorsqu’il s’agit de faire bénéficier un tiers d’une partie de sa succession. Là, il vaut mieux préparer le ter-

rain plutôt que de coucher un nom dans un testament : les droits de successions pour des tiers sont tellement élevés que la somme léguée se retrouvera pour l’essentiel dans les caisses de l’Etat. Et c’est rarement la dernière volonté de la personne qui lègue son bien. Pour cela, le banquier privé fera appel à des juristes spécialisés dans le droit patrimonial et fiscal, et ce afin d’optimaliser en faveur du client les différents règlements – et ils sont nombreux –touchant ces matières.

contrat ou l’absence de contrat détermineront l’éventuel partage des biens entre les époux si la belle histoire d’amour ne devait pas durer. Les spécialistes proposeront les solutions les plus adéquates en fonction des demandes du client ou des conjoints. Et l’on sait aujourd’hui que le contrat de mariage est devenu un outil particulièrement efficace en matière de planification successorale.

Du “sur-mesure”

Il y aura ensuite la naissance des enfants, et le souhait ultérieur de les aider à démarrer dans la vie. Là encore, les parents pourront désirer garder un œil ou la main sur l’argent cédé à l’enfant, histoire de s’assurer qu’il ne jette pas son patrimoine par les fenêtres. Si les choses tournent mal avec leur progéniture, ils peuvent cette fois orienter leur succession afin que le mouton noir de la famille en reçoive le moins possible. Le cadre légal offre ici aussi différentes pistes.

Mais le conseil peut bien entendu débuter bien plus tôt et donc accompagner le client dans les différentes étapes de sa vie professionnelle et privée. Dans le cadre de la vie professionnelle, c’est par exemple ce qui concerne la transmission ou la vente d’une société, petite ou grande. Autant multiplier les avis et conseils. En ce qui concerne la vie personnelle, le mariage est une étape importante : un

Transmission

C’est dire si le banquier privé n’est pas uniquement là pour gérer vos sous, mais peut vous accompagner dans de multiples démarches en vous proposant alors les conseils avisés de spécialistes maison ou en faisant appel à des spécialistes extérieurs invités en raison de leur maîtrise sans égale d’une matière complexe. Bref, le banquier privé a bien plus d’une flèche à son arc. P. B.


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Jongler avec les fonds des autres?

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architecture ouverte n’est pas un nouveau concept sorti de l’imagination fertile d’un designer à la mode. Il s’agit en fait d’un concept tout ce qu’il y a de plus financier : l’architecture ouverte signifie que votre banquier vous proposera un vaste éventail de fonds de placement, et non simplement les fonds «maison» que les conseillers sont invités à pousser, parfois tant et plus. Prenez le cas d’un réseau retail classique, de la banque, appelons-la, Bebank. Si vous êtes investisseur, vous aurez certes le choix entre plusieurs dizaines de fonds. De quoi, logiquement, trouver votre bonheur. Le hic, c’est que tous les fonds, dans de nombreuses banques, sont des fonds maison, c’est-à-dire proposés dans ce cas par BeBank Asset Management. Bebank et Bebank Asset Management appartiennent au même groupe. Bebank propose donc des fonds de Bebank Asset Management, avec objectifs commerciaux et commissions à la clé. Bref, vote conseiller n’est pas forcément d’une impartialité totale lorsqu’il vous suggère d’investir dans le fonds Equity Fix de Bebank Asset Management. Ce fonds, du reste, peut être une excellente opportunité, ou ne pas être le plus pointu pour votre stratégie d’investissement. Mais, quelque part, vous n’avez pas vraiment le choix, sauf à être client de plusieurs banques. Retenons qu’en théorie, les différents bras armés des banques sont indépendants les uns des autres. Mais la crise bancaire de 2008 a appris aux investisseurs de faire preuve d’une prudence quelquefois excessive. C’est tout le sens du principe de précaution.

Ouverture au monde Avec l’architecture ouverte, le client de BeBank aurait cette fois un vaste choix. Il aurait des fonds de Bebank Asset Management, bien entendu, mais aussi, disons, de Office Asset Management ou encore de Credit Asset Management, des gestionnaires de fonds n’ayant aucun lien avec le groupe BeBank. L’intérêt pour l’investisseur est facile à comprendre. Prenez un investissement dans les pays émergents. Le fonds pays émergents de Bebank n’est pas mauvais en soi, mais ne casse pas la baraque : son rendement annuel moyen au cours des dix dernières années a par exemple été de 5%. Le fonds d’Office

émergents et un fonds passablement largué pour les valeurs américaines. Le rendement global de son portefeuille fonds de placements en souffrirait, forcément.

Best of...

Management a lui fait moins bien 4%. Par contre, le fonds Emerging markets de Credit Asset Management est une petite perle dans sa catégorie : son return annuel est en moyenne de 8%, raison pour laquelle il a déjà décroché plusieurs palmes lors de différents awards. Pour les actions européennes, c’est cette fois Office Asset Management qui se retrouve sur la première marche du podium : son fonds US Equities l’emporte haut la main face à ses concurrents. Pour les actions européennes, c’est cette fois Bebank Asset Management qui décroche la timbale. Sans architecture ouverte, le client de Bebank aurait en portefeuille un excellent fonds pour les valeurs européennes, un fonds un peu faiblard pour les marchés

Avec l’architecture ouverte, ce même client pourrait avoir en portefeuille le meilleur fonds disponible de sa catégorie : le fonds européen de Bebank Asset Management, le fonds US Equities d’Office et le fonds Emerging markets de Credit Asset Management. En termes de rendement, il n’y aura pas photo : ce second portefeuille donnera un résultat supérieur pour une même politique d’investissement. Dans les faits, l’architecture ouverte se décline en une bonne dizaine de gestionnaires de fonds différents et en centaines voire en milliers de fonds différents. Or, comme le récent Palmarès annuel des sicav de «La Libre» (Fund Awards 2012) l’a une fois de plus démontré, les qualités de gestion entre deux fonds d’une même catégorie peuvent être importants. Autant choisir autant que possible le meilleur. Reste à pouvoir faire son marché. Les grandes banques restent encore, pour la plupart, sourdes à ce concept, qui n’est pas, il est vrai, de nature à faire tourner la machine à fonds de la société d’Asset Management du même groupe. Du moins dans le réseau retail. En private banking, par contre, l’architecture est proposée à cette catégorie de clients privilégiés. Si vous n’appartenez pas (encore) à ces clients pouvant proposer plusieurs centaines de milliers d’euros ou plus en gestion privée à votre banquier, vous pouvez vous tourner vers des banques plus modestes, qui proposent cette fois un éventail plus ou moins large de fonds de tiers. Avec, aussi, des conseils d’investissement plus ou moins personnalisés à la clé ou des listes de fonds conseillés. De quoi, logiquement, vous permettre d’opter pour les meilleurs fonds du marché et tout aussi logiquement vous permettre d’améliorer le rendement global de vos investissements. P.B.

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La gestion conseil En optant pour la gestion conseil, l’investisseur reste maître de ses décisions.

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omme son nom l’indique, la gestion conseil est une gestion qui n’est pas déléguée et les choix d’investissement sont décidés par l’investisseur. Ce type de gestion ne peut s’envisager qu’à partir d’un portefeuille d’un certain montant. Ce montant varie d’un organisme à l’autre mais est en moyenne de 100.000 euros. Toutefois, il est possible de changer l’attitude du banquier en lui faisant comprendre que l’état actuel de votre fortune ne reflète pas ce qu’elle sera demain…

C’est vous qui décidez La gestion conseil peut prendre plusieurs formes. Soit l’investisseur appelle son banquier pour solliciter un avis soit la convention de gestion prévoit que le conseiller appelle son client pour lui proposer un investissement. Dans ces deux cas, l’investisseur reste maître de sa décision. Il décide ou non de suivre le conseil. Cela suppose aussi qu’il soit suffisamment averti et qu’il se documente régulièrement par différents canaux sur les évolutions macroéconomiques et sur les tendances des marchés. Dans l’hypothèse où le conseiller est proactif, il va prendre l’initiative d’informer régulièrement son client sur les op-

portunités d’investissement qui se présentent et qui correspondent au profil de risque du client. Ces conseils peuvent porter sur l’achat, la vente ou l’arbitrage de valeurs et se font soit par mail ou par téléphone. Le client rencontrera régulièrement son conseiller pour faire le point sur l’évolution de sa situation, de son profil, de ses besoins et sur l’état de son portefeuille. De ce fait, l’investisseur veillera à se renseigner sur la disponibilité de son gestionnaire. Il est évident que, dans ce type de gestion, bénéficier des conseils d’un gestionnaire qui est très disponible pour la sollicitation d’avis est un atout.

Convention solide La gestion conseil suppose la signature d’une convention qui reprend le profil de risque de l’investisseur, les spécifications et les modalités de la gestion ainsi que les frais y afférents. Ces frais sont moindres que dans le cadre d’un contrat de gestion discrétionnaire. Cette convention reprend les droits et devoirs de chaque partie.

Avantages Quels sont les avantages de la gestion conseil ? Par ce service, l’investisseur a accès à un service de conseil professionnel en

matière de gestion de portefeuille. Il peut bénéficier d’outils de répartition de portefeuille en termes de risque, d’allocation d’actifs, d’allocation sectorielle ou géographique. Il dispose également d’outils qui lui permettent de valoriser le rendement et le montant de son portefeuille. Il reste maître de ses décisions d’investissement. Dans ce type de gestion, l’investisseur doit cependant assurer lui-même un certain suivi puisque c’est lui qui décide des investissements à réaliser. Il doit donc, chaque fois, effectuer lui-même les opérations ou demander explicitement que le conseiller les exécute et assurer le suivi des avis qui lui sont adressés. Cette gestion active suppose aussi certaines connaissances assez pointues dans le domaine financier. L.C.

Bien construire son portefeuille La construction d’un portefeuille en gestion ne doit pas être prise à la légère.

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élaboration d’un portefeuille suppose plusieurs étapes pour assurer son adéquation avec les attentes de l’investisseur. La première étape dans ce processus consiste à bien se connaître pour pouvoir établir avec le gestionnaire son profil d’investisseur. Dans ce cadre, le gestionnaire soumet à son client un questionnaire qui peut, parfois, paraître invasif. Pourtant, cette démarche est essentielle pour appréhender le niveau de risque que l’investisseur est prêt à prendre mais aussi pour déterminer les objectifs qu’il veut fixer à son gestionnaire et les projets qu’il

entretient pour l’avenir (achat d’un bien immobilier, donation aux enfants,…). Et, en fait, le banquier est obligé de connaître son client selon des modalités bien précises, dans le cadre d’un principe «KYC» pour «Know Your Customer». Dans le cas opposé, on pourrait lui reprocher certaines décisions ou certains conseils (voir à ce propos «Mifid en évolution»).

Construction programmée Après avoir défini le niveau de risque auquel l’investisseur est prêt à se sou-

mettre, un programme d’investissement peut être établi en fonction des possibilités d’épargne et des dépenses prévues. Quelques questions seront également posées quant aux connaissances financières du client. Ce profil d’investisseur ne sera cependant pas figé dans le temps. Il devra être adapté au fil des événements de la vie. Une fois le profil établi, le gestionnaire pourra définir et construire le portefeuille de son client en adéquation avec son aversion au risque et avec ses besoins. On constate, aujourd’hui, que la plupart des


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portefeuilles en gestion sont construits sur base de sicav. On parle de gestion «sicavisée». Dans la construction des portefeuilles, la diversification sera un des éléments importants. Il s’agit de diversifier son portefeuille non seulement entre les différentes classes d’actifs (actions, obligations, liquidités,…) mais également au sein des classes d’actifs elles-mêmes. C’est ainsi que dans la poche «actions», il conviendra de diversifier les valeurs en fonction des secteurs et des zones géographiques. Les valeurs défensives ou de croissance seront privilégiées en fonction de la situation macroéconomique. Dans l’allocation en obligations, une diversification pourra également être opérée entre les obligations d’entreprises et les obligations gouvernementales. Une diversification en fonction des échéances ou en fonction des risques (des ratings, Investment Grade ou High Yield) pourra également être faite. Le gestionnaire peut également fixer avec son client des plusvalues à atteindre ou des niveaux de vente en cas de baisse (stop loss).

Surveillance régulière Après avoir composé le portefeuille, l’épargnant veillera à ne pas s’endormir

mais à surveiller régulièrement son portefeuille et vérifier si ses investissements sont bien en adéquation avec ce qui avait été fixé au départ avec le gestionnaire. Il peut aussi demander de revoir certaines positions en fonction de ses nouvelles attentes. Cependant, dans des périodes de crises comme nous en avons connues récemment, il convient de rester sereins. Ce n’est pas dans des périodes de fortes turbulences qu’il faut modifier son portefeuille de façon importante. En effet, dans ces périodes, il est fréquent de voir que les décisions qui se prennent le sont sous le coup de l’émotion et de l’impulsion plutôt que sous l’influence de la raison et d’une optique à long terme. Le gestionnaire veillera également à fournir à son client un outil de performance de la gestion de son portefeuille. Quel que soit le type de gestion choisi, l’investisseur doit donc apprendre à bien se connaître, à diversifier son portefeuille, à avoir une optique à long terme et à surveiller la gestion de ses biens en rendant visite à son gestionnaire au moins une fois par an. L.C.

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L’assurance, du solide sur le long terme Rendement léger Le second frein est le rendement : les temps où ces produits offraient bon an mal an des 4,5 voire 6% sont bel et bien révolus. Désormais, le taux minimum garanti pour les nouveaux versements tourne dans la plupart des cas autour des 2,50%, auquel il faudra ajouter une participation bénéficiaire. Bref, cela laisse un goût de trop peu pour l’investisseur qui se souvient des rendements du passé. Et puis, il y a les frais d’entrée. Certains peuvent se montrer gourmands. D’autres nettement moins. Ces frais évoluent généralement à la baisse en fonction de l’apport : plus votre versement est élevé, moins les frais le seront. Il semble d’ailleurs y avoir ces derniers temps une tendance à les raboter. C’est en soi logique : comment convaincre une personne de verser 10.000 euros sur un produit de Branche 21 offrant un taux minimum garanti de 2,50% si elle doit payer 1,1% de taxe et 3% de frais d’entrée.

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investisseur que vous êtes l’aura remarqué depuis plusieurs semaines : l’équipe gouvernementale a effectué un sérieux tour de vis en matière de fiscalité de l’épargne (voir par ailleurs). Seul le compte d’épargne, justement, échappe à ce train de mesures : le précompte reste à 15%, et n’est dû que pour les intérêts supérieurs à 1.830 euros perçus en 2012 par personne (et non pas par ménage grâce au décumul fiscal). Vous n’êtes pas, non plus, censé ignorer que vous devez cumuler les intérêts perçus sur vos différents comptes d’épargne : si le total des intérêts perçus dépasse 1.830 euros pour l’année 2012 ou 1.770 euros pour l’année 2011, vous devez le mentionner dans votre déclaration fiscale, mais il n’y a pas de disposition spécifique imposant aux banques la transmission systématique d’informations permettant à l’administration fiscale de «consolider» vos revenus de cette nature. Pour le moment...

Branche 21 en forme Dans cet arsenal de mesures, les produits de Branche 21 ne s’en sortent pas trop mal. Certes, le précompte mobilier est là passé de 15 à 21%. Mais le gros avantage de ces produits d’assurance n’a pas été malmené : à savoir l’absence de perception de précompte mobilier, en cas de rachat, lorsque le produit a soufflé ses huit bougies. Or, il avait été un temps question de s’attaquer à cette particularité fiscale, qui aurait sans doute «tué» le produit, déjà bien malmené depuis que le gouvernement de l’époque avait instauré une taxe de 1,1% sur tous les versements effectués depuis le 1er janvier 2006. Cette taxe est bien entendu le premier écueil de cette gamme de produits. Vous ne pouvez pas y échapper : elle est perçue à la source sur chaque versement.

Le produit a toutefois quelques solides avantages. Le premier est d’avoir un taux minimum garanti. Prenez un taux de 2,50%. C’est vrai, il est possible de trouver mieux sur certains comptes d’épargne : les meilleurs offres vous permettront d’obtenir 2,75% voire 3% sur base annuelle sur quelques comptes de type fidélité. Par rapport à nombre de comptes d’épargne – surtout auprès des grandes banques – ce 2,50% peut être double à celui d’un compte d’épargne classique. Ce taux est par ailleurs garanti pour les huit années suivant le versement.

Participation bénéficiaire A ce taux garanti vient s’ajouter une participation bénéficiaire. Chez certains assureurs, cette participation a été réduite à la portion congrue. Ce n’est pas le cas partout. Loin de là. Tablez sur un rendement total d’environ 3%. Cela semble bien maigre comparé aux rendements proposés voilà quelques années. Mais vers quelle alternative comparable se tourner? Si le rendement des produits de la Branche 21 a bien fondu comme neige au soleil pour les produits de Branche 21, tel a aussi été le cas pour les comptes d’épargne.


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Il y a surtout l’absence de précompte après 8 ans. Ce n’est pas négligeable. Prenez un compte à terme à 8 ans. Le taux le plus souvent proposé est d’environ 3,50% brut. Sans taxe et frais d’entrée. Mais ne l’oubliez pas : un précompte de 21% mangera une partie du rendement, qui retombe dès lors à 2,77%. Ni plus, ni moins dans l’état actuel de la législation fiscale, alors que le produit d’assurance de Branche 21 peut arrondir le rendement final grâce à la participation bénéficiaire. Le législateur ne fait toutefois pas de cadeau : si vous rachetez votre assurance avant 8 ans à dater du premier versement, vous paierez en effet un précompte de 21% sur un rendement fictif de 4,75%, même si le rendement réel a été de 3% ! C’est dire si les sommes versées sur de tels comptes ne doivent pas, en principe, constituer une poire pour la soif. Il y a aussi la liquidité du produit. Il n’est pas toujours évident de récupérer tout ou partie du capital avant terme : le retrait annuel sera limité à un montant ou à un pourcentage. De plus, vous devrez

parfois essuyer des pénalités en cas de retrait au cours des premières années après la conclusion d’un nouveau contrat.

Souplesse? Ce produit permet aussi d’anticiper une future succession via une donation bancaire, tout en conservant un droit de regard sur ce compte via une clause de «bénéficiaire acceptant». L’énorme intérêt de la formule, c’est que le rendement minimum est garanti et que votre capital ne peut que croître : si la participation bénéficiaire souffre sans doute d’une mauvaise année boursière, le capital est garanti à chaque instant de même que le taux garanti au moment du versement. Avec un tel produit, vous savez où vous allez : ce n’est pas un maigre avantage pour un investisseur cherchant un placement de «bon père de famille», immunisé contre les aléas de la Bourse. P.B.

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Investir en « Bon père de famille » ? Tout a changé Or tout a changé aujourd’hui, et on en revient aux fondements de l’investissement : une saine diversification des produits de placement et partant, un travail de gestion bien plus exigeant. Un environnement différent motive une approche toute différente aussi. Actuellement, si on désire investir en obligations d’État, il est extrêmement important de savoir de quel Etat on parle. Il existe à cet égard des notations financières émises par des agences internationales dont le rôle durant la crise financière a été souvent critiqué. Or, si leur fonctionnement est probablement perfectible, le surendettement des états ne leur est pas attribuable… En ce qui concerne les actions, il est aussi impératif de connaître les entreprises dans lesquelles on souhaite investir : pour ne pas se tromper, il faut acheter les entreprises qui plaisent au marché et qui ne seront sans doute dès lors pas sous-évaluées. Les sociétés bien gérées et qui paient régulièrement des dividendes corrects seront les cibles de choix de ces fameux « bons pères de familles ».

Pays émergents en vue

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n l’a vu ces dernières années, investir tout ou partie de son patrimoine n’est pas de tout repos. À la crise financière marquée par la chute des valeurs bancaires qui étaient traditionnellement la partie la plus solide des portefeuilles, a succédé une crise boursière importante suivie elle-même de la crise de la dette souveraine en zone euro. Qu’est-ce la dette souveraine ? Il s’agit bien évidemment de celle des états de la zone euro, en l’occurrence. Or, on sait que les banques, les compagnies d’assurances, et les particuliers les plus sérieux, avaient pour habitude de conserver jusqu’au terme ces placements de « bon père de famille ». En complément de ces obligations, les gestionnaires les plus soucieux de stabilité et de sécurité, conservaient précieusement des actions de valeurs du secteur bancaire et du secteur des assurances. Or, la crise a montré depuis 2008, que ces différents acteurs auparavant réputés solides, sont en fait aussi fragiles que d’autres, et

sont de plus totalement interdépendants. À preuve, les solutions de colmatage apportées par les autorités européennes et supranationales pour tenter de sauver la zone euro et sa monnaie unique : en injectant massivement des liquidités dans le secteur financier européen, la Banque centrale européenne a en réalité poussé les banques à réinvestir une grande partie de cet argent en obligations émises par les états qui sont à la base les actionnaires de la BCE. Cette situation, si elle devait permettre une stabilisation des grands acteurs financiers européens, serait une bonne affaire pour les gestionnaires les plus prudents. En effet dans l’optique d’un bon père de famille, les obligations d’État ont toujours été considérées comme des placements sûrs et rentables. De la même manière les dividendes payés avec une grande régularité par les institutions bancaires cotées, constituait la principale source de rendement des portefeuilles équilibrés.

Enfin, Il est bon de songer à changer son fusil d’épaule à propos des pays émergents. Ces derniers connaissent depuis quelques années une croissance approchant quelquefois les 10% et évoluent globalement dans un environnement bancaire relativement sain. De la même manière, les états ont pu soigner leur propre dette et leurs déficits budgétaires. Les agences de notation ont tenu compte de ces diféfrents facteurs et ont remonté progressivement les « ratings » de ces pays ce qui les rend aptes à proposer leurs obligations aux investisseurs internationaux. Les entreprises cotées actives dans les pays émergents aussi bénéficient d’une meilleure visibilité et d’un attrait nouveau pour les fonds d’investissement. Les investisseurs particuliers entreront sur ces différents marchés de manière prudente, en se faisant conseiller, et si possible au travers de fonds de bonne qualité. A. C.


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La gestion discrétionnaire Une question de confiance En gestion discrétionnaire, confiance et vigilance restent de mise.

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orsqu’un épargnant confie ses avoirs en gestion discrétionnaire, il entre dans le cadre d’une gestion déléguée. Il donne mandat à son gestionnaire de gérer ses avoirs conformément à des directives générales et à son profil de risque. Ces dispositions impliquent la signature d’une convention qui fixent les modalités de gestion, les instruments de placement à privilégier et à exclure et l’élaboration d’un profil de risque.

Types d’investissement Lorsque ces dispositions ont été définies, l’épargnant ne doit plus se préoccuper de déterminer quand et où il va placer ses avoirs. S’il n’est pas consulté avant chaque opération, le client en gestion discrétionnaire est néanmoins tenu au courant des opérations qui sont effectuées. La gestion discrétionnaire se décline selon plusieurs modes : soit en lignes individuelles, soit en sicav, soit un mode alliant ces deux types d’investissement. Actuellement, la gestion sous forme d’architecture ouverte est mise en avant. Elle consiste à gérer les portefeuilles sur base de sicav hors sicav maison. Les gestionnaires de portefeuilles, après avoir établi l’allocation d’actifs, vont aller chercher dans l’univers des fonds les meilleurs fonds qui correspondent le mieux au profil de risque et à l’allocation d’actifs du portefeuille. La gestion discrétionnaire suppose que l’on confie à son gestionnaire un portefeuille d’un certain montant. Ce montant varie d’un organisme à l’autre mais est, en moyenne, de 500.000 euros.

Vigilance Confier ses avoirs en gestion discrétionnaire ne suppose cependant pas que l’on puisse entièrement se confier

à son gestionnaire. Une certaine vigilance reste de mise. Une fois que le profil de risque et que l’allocation d’actifs ont été définis, l’investisseur devra veiller à ce que ce profil et cette allocation soient respectés tout au long de la durée du contrat. La délégation ne signifie pas que l’on doive baisser la garde. Une attention particulière doit être portée sur les produits placés en portefeuille. Par exemple, dans la classe obligataire, certains postes peuvent être inscrits comme étant des obligations classiques et sont en fait des produits hybrides ou des obligations présentant plus de risque que ce qui a été défini dans l’élaboration du profil de risque.

Contacts réguliers Le client en gestion discrétionnaire doit donc prendre le temps de revoir régulièrement son gestionnaire, au moins une fois par an, pour faire le point sur le contenu de son portefeuille. A cette occasion, il ne doit pas hésiter à lui poser toutes les questions nécessaires pour avoir une bonne appréhension du contenu du portefeuille, de la politique d’investissement et du risque encouru. Les clients en gestion seront aussi attentifs à la structure de coût de leur mandat de gestion. Si le gestionnaire travaille en architecture ouverte, à qui profite la rétrocession des frais de gestion ? De plus, il faudra veiller à ce que le gestionnaire n’impose pas une double structure de frais : les frais dans les sicav et les frais de gestion discrétionnaire. La signature d’un tel contrat ne se fait donc pas à la légère. Il vaut mieux le lire à tête reposée, noter les questions qui ne sont pas résolues pour pouvoir signer en connaissance de cause. Une fois la gestion entamée, le client restera vigilant sur le bon déroulement de cette gestion. Discrétionnaire ne veut pas dire insouciante ! L.C.

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MIFID en pleine évolution ? Les règles MIFID ont été instaurées en vue de protéger les investisseurs.

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i cette curieuse appellation ne vous dit rien, voici ce que MIFID signifie: “Markets in Financial Instruments Directive”. Pas encore clair? Il s’agit de règles qui ont été instaurées au niveau européen en 2007. Ces règles s’appliquent pour les clients en gestion conseil ou en gestion discrétionnaire auprès des banques ou des sociétés de bourse. Elles évoluent d’ailleurs avec le temps… et les crises. Ces règles envisagent plusieurs aspects. Le premier aspect est la protection de l’investisseur en lui proposant des produits qui correspondent à son profil de risque.

Profil Les clients qui sont en gestion dans une banque doivent donc remplir un formulaire relatif à leur profil de risque, comme nous l’évoquons à plusieurs reprises dans ce supplément. Ce formulaire est important car c’est sur cette base que les investissements seront effectués. S’il est mal rempli l’épargnant risque de retrouver dans son portefeuille soit des produits trop

risqués, soit des produits qu’il considère comme trop peu agressifs ou avec des durées qui ne correspondent pas à son profil, par exemple. Ce formulaire doit aussi être revu régulièrement car le profil évolue en fonction de l’âge de l’épargnant. Le client en gestion peut aussi définir dans ce formulaire les produits dans lesquels il ne veut pas être investi. Il peut ainsi exclure de son univers d’investissement les produits dérivés ou les produits structurés par exemple. Une fois que ce formulaire est rempli, l’institution financière sera responsable de l’adéquation entre les investissements et le profil de risque. C’est ainsi que si l’investisseur demande d’investir dans un produit qui ne correspond pas à son profil, le gestionnaire est tenu de l’informer du risque qu’il prend.

Contrôle Les règles MIFID permettent aussi qu’un contrôle des produits financiers soit effectué. C’est dans ce cadre que la FSMA contrôle les fiches de produits et les prospectus de sicav qui sont proposés à

la vente auprès du public sur le marché belge. En marge de ces obligations et de ce contrôle, les règles MIFID visent à libéraliser les transactions sur instruments financiers. Pour ce faire, elles ont autorisé la fragmentation des marchés d’actions. Cela signifie qu’il n’y a plus un seul marché où se traitent les opérations mais plusieurs plateformes et que l’organisme qui passe la transaction à l’achat ou à la vente doit veiller à obtenir le meilleur prix pour son client. C’est l’obligation de best execution des ordres passés en bourse. Cependant, cette nouvelle concurrence entre les plateformes de trading n’offre pas toute la transparence voulue sur cette meilleure exécution. Les investisseurs ne sont pas toujours certains d’avoir obtenu le meilleur prix. Ces diverses exigences imposées par MIFID ont engendré, chez les gestionnaires, des coûts d’infrastructure informatique très importants. Ils doivent être reliés à plusieurs plateformes et doivent assurer des back-ups. Ces règles qui visaient, au départ, à défendre le petit investisseur ont engendré plus d’opacité et plus de frais. L.C.


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Quelques briques très rentables d’une part sa maison en second rang, pour 500 euros par exemple, d’autre part le nouveau bien qu’il veut acquérir, il peut aisément acheter un appartement en ville, un flat à la mer… Sur 30 ans, grâce à cet extraordinaire levier, ce couple peut ainsi se retrouver propriétaire de son propre logement, mais encore d’un ou deux biens. Dont la valeur augmente théoriquement au fil du temps, en tout cas, en Belgique.

Un placement solide?

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ans le domaine de la banque privée, l’immobilier est une constante dont l’approche est fonction de l’âge des clients. S’ils sont jeunes, il est considéré comme une diversification quasi obligatoire en raison des besoins des ménages, de leur envie de vivre mieux, et aussi parce que l’acquisition d’un bien sur le long terme est un beau levier à moyenlong terme sur un patrimoine financier. C’est vrai pour les gros patrimoines, mais ce l’est aussi pour les plus petits. Il y a en effet un côté démocratique au fait que l’on puisse soit acheter un bien en empruntant sur base d’une garantie patrimoniale comme un portefeuille ou d’autres valeurs, ou emprunter sur base de la valeur du bien que l’on désire en fonction de ses revenus professionnels. Après vingt ans de remboursement ou moins, il est tout à fait possible de procéder à une deuxième acquisition immobilière en hypothéquant celle que l’on vient de finir de payer. C’est la première maison qui coûte, la seconde se voyant partiellement remboursée par le locataire de la première. Pour le plus aisé, c’est encore mieux puisqu’il s’agit d’un placement financé par un emprunt qui est remboursé... par un tiers. Bon, ce n’est pas très rapide. Prenons l’exemple d’un couple qui a acheté sa maison il y a 10 ans, disons pour faire simple, à 1.000 euros. Aujourd’hui, elle vaut facilement 2.000 euros. Il y a donc là une valeur dormante de 1.000 euros qu’il peut réactiver. En hypothéquant

Qu’il soit effectué dans un marché plutôt haussier ou plutôt baissier, l’investissement immobilier reste intéressant du fait qu’il n’évolue pas dans des proportions aussi considérables que les autres titres. Et surtout, qu’il ne perd jamais totalement sa valeur : on n’a jamais vu un bien tomber à zéro ou presque comme une action ou une obligation. Les catastrophes humaines que l’on a pu voir aux Etats-Unis ne sont pas imaginables ici: d’abord, on ne prête qu’aux riches (ou presque), on ne permet pas de dépasser sa capacité contributive propre (on tient compte des revenus), et enfin, le manque de parcelles (en ville) est tel que les prix ne peuvent pratiquement pas descendre. Pour les jeunes qui sont à l’aise mais ne vont pas hériter de sitôt (tant mieux pour leurs aînés), l’immobilier est « le » placement à privilégier. Il leur faut de toute manière occuper un bien, et les mensualités payées à la banque, couvertes par une assurance-vie, sont incorporées pour ainsi dire dans leurs briques. Sur 20 ans, même en payant deux fois le prix d’achat à la banque, leur argent est récupérable au terme de la revente du bien

Rendement plancher Pour ceux qui souhaitent effectuer un placement rentable immédiatement, le rendement est réduit: deux ou trois pourcent, voire cinq dans le meilleur cas. Mais quel est aujourd’hui le placement sans risque qui rapporte plus? Evidemment, il y a un travail de suivi, mais des entreprises spécialisées proposent des « packages » comprenant l’achat de biens (en copropriété éventuellement), leur location et le suivi des baux et des biens.

Plus tard, quand vient l’heure de penser à sa succession, l’immobilier n’est pas vraiment l’actif le plus intéressant. Il est lourdement ponctionné par le fisc. Si vous désirez néanmoins que votre succession conserve une demeure familiale, il faudra alors préparer à temps ce legs avec l’aide de votre notaire ou de votre banquier privé. Il vous expliquera le principe d’usufruit et de nue-propriété. Avec à la clé un tas de garanties pour ne pas se voir flouer par un héritier ingrat...

Rente à briques perdues Dernière possibilité pour le propriétaire d’un bien immobilier désireux de le transformer en « pension complémentaire » : en tirer une rente viagère. Certes, il cède son bien, l’abandonne totalement à un acquéreur, mais en contre-partie, il continue à l’occuper (du moins si tel est son souhait) et en tire non seulement une somme fixe (le bouquet) mais encore un revenu périodique (la rente viagère proprement dite). La durée de vie s’étant toutefois sérieusement allongée, rares sont les viagers qui ne comportent pas de date limite. Le cas de Jeanne Calmant qui a cédé son bien en viager à 90 ans et a vécu jusqu’à 122 ans reste dans les mémoires de bon nombre… d’acquéreurs. Ce système quasi ancestral qui a permis à pas mal de personnes de bénéficier d’une paisible retraite a montré, ces dernières années, toutes ses limites. Pour certains professionnels de l’immobilier, il peut tout au plus convenir à des propriétaires sans famille. A.C.


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Initiation au vocabulaire financier

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uand on rencontre pour la première fois un banquier privé, on est évidemment surpris par un vocabulaire un peu spécial. Il nous parle de la bourse, le terme un peu particulier comme « récession » ou « volatilité » ou encore il nous parle de valeurs cotées, de valeurs cycliques ou de valeurs défensives. Pour le commun des mortels, c’est un peu du chinois. Ceci appelle une réflexion : nous ne parlons pas la même langue, comment nous comprendre ? La réponse est simple : il faut apprendre le vocabulaire de base qui va nous permettre de communiquer. En l’occurrence, tout cela se passe assez simplement : encore une fois, il suffit de peu de mots pour parler la même langue. Prenons l’exemple des valeurs cycliques : il s’agit d’entreprises cotées qui suivent à la trace la conjoncture économique. C’est aussi simple que cela ! Et ces groupes d’entreprises qui subissent ou bénéficient selon les cas de la santé des économies, vous les connaissez, évidemment. En gros, on peut les classer en 3 grands groupes. On a au départ la chimie, la construction, le papier, l’acier, la plupart des matières premières au stade ultime de leur transformation par l’industrie. À un autre niveau, on parle de biens de consommation comme l’automobile et l’exemple type du secteur qui accélère au ralenti en fonction de l’évolution de l’économie. Enfin, on arrive aux sources de l’industrie de transformation avec des entreprises spécialisées dont l’exploitation des ressources minières ou des matières premières en général.

Ces différents secteurs sont extrêmement sensibles aux variations de la santé des économies. En effet, ils sont tributaires in fine de la consommation. Or, certaines entreprises ne sont pas tributaires des états d’âme des consommateurs. Il est en effet impossible à un ménage de ne pas manger, de ne pas boire, de ne pas se vêtir, de ne pas se soigner. On parle évidemment ici des secteurs défensifs qui sont de très loin plus résistants aux aléas conjoncturels que les secteurs cycliques. Les valeurs de l’agroalimentaire, de la distribution ou du secteur pharmaceutique sont quasiment immunisés contre les effets de la crise. Il y a là d’évidence des choix qui peuvent être effectués sans tenir compte du potentiel de gain à court terme suggéré par une embellie conjoncturelle. De quoi séduire l’investisseur prudent et sérieux baptisé un peu dédaigneusement «bon père de famille». Au terme d’une crise financière imprévue (du moins par les spécialistes) qui a duré près de 4 ans, ces investisseurs raisonnables ont sans doute acquis une certaine crédibilité auprès de leurs proches. Pourquoi évoquer ces deux types de valeurs cotées? Parce que nos économies évoluent actuellement dans un environnement incertain. Et qu’entre croissance et récession, le coeur des investisseurs balance théoriquement entre valeurs cycliques et défensives… Mais, pour choisir ces valeurs, en fonction de sa perception de la santé des économies, il faut calquer sa stratégie de placements sur les conseils des analystes ou des

économistes. Et là, ça risque de coincer, si le dialogue est bloqué par un simple problème de vocabulaire. Comment traduire le type d’approche de ces analystes qui évoquent tout à tour des visions «topdown» ou «bottom-up», du «stock-picking», du «buy and hold» ou encore une vision «indexée» de leur gestion? Tout cela se mélange dans l’esprit des néophytes. C’est naturel. Et pourtant une fois encore, le décryptage est relativement simple. L’approche «top-down» est celle qui consiste à réaliser un certain nombre de choix d’investissement sur base d’estimations des tendances macroéconomiques pour sélectionner des entreprises incluses dans des secteurs à haut potentiel. Le principe de l’approche «bottom-up» est différent puisqu’il est axé sur l’analyse des éléments récoltés à la base, c’est-à-dire auprès des entreprises, en connaissance de cause, au risque de trop s’impliquer dans le sujet. On est ici au coeur de la réalité des chiffres et des affaires,au contraire de l’analyse top-down qui voit les choses de haut. Dans ce cas, au coeur de l’action, on est donc tenté de choisir les valeurs au cas par cas, en «piquant» dans le plat (stock-picking) à court terme en adaptant sa stratégie au gré des infos émanant de ces entreprises, au lieu de procéder de manière plus froide en choisissant des secteurs porteurs sur le long terme en achetant et en conservant des valeurs (acheter et conserver ou buy and hold) sans vraiment les connaître. Une autre stratégie est de calquer son portefeuille sur des indices boursiers de manière relativement passive pour jouer les résultats d’un marché local ou d’un secteur d’activités. Mais si statistiquement, une telle approche a eu un temps une justification, elle a été elle aussi passée au révélateur de la crise financière. En fait de stratégie, elle aligne simplement ses résultats sur celle de la moyenne du marché, en hausse si le marché grimpe, en baisse s’il descend. Bref, décevant. Cette découverte du jargon financier est finalement intéressante en ce sens qu’elle révèle l’intérêt d’une approche… rationnelle des options de placement. Le jargon de votre interlocuteur financier cache-t-il simplement des performances médiocres? En comprenant ce qu’il vous dit, vous êtes capable sans doute de démonter une mécanique poussive, ou de distinguer un champion en puissance… A.C.

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Private Banking avril 2012