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CarnEts Les Daniel Cohn-Bendit

l e r u t na ViVrE au

Le destin d’un ‘Européen vert Les projecteurs se sont éteints dans le grand hémicycle de strasbourg sur la dernière session parlementaire européenne de daniel Cohn-bendit. après quatre mandats de cinq ans, le turbulent président des Verts a décidé, à 69 ans, de « réorienter sa vie ». son discours d’adieu, empreint d’émotion, a été un vibrant plaidoyer pour une ‘Europe fédérale’ et un appel à se battre contre les idéologies eurosceptiques.

utopiE : LEs nouVEaux habitats EnErgiE... dE La sobriété ! La transition dEs VoiturEs VErtEs han-sur-LEssE, aCtEur dE La biodiVErsité LEs bELgEs Et LE bio tourismE VErt

Supplément détachable et gratuit de Paris Match n°665 du 5 juin 2014 - Ne peut être vendu séparément.


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sommaire interview exclusif 4 Daniel Cohn-Bendit Aux armes, Citoyens ! 6 A la croisée des chemins 8 Un homme se penche sur son passé

Vivre autrement 10 Réaliser l’Utopie, les nouvelles formes d’habitats 12 Le commerce équitable, 9 raisons de le soutenir !

Conso bio 14 Les belges et le Bio 16 Cures et jeûnes ou alimentation équilibrée ? 18 Manger sainement à Bruxelles 20 Végétarisme, le choix d’une évidence

Eco habitat © istock/Coldimages

21 Rénover son logement avec des matériaux sains et naturels

tourisme Vert 26 La réserve d’animaux sauvages, acteur de la biodiversité La France bleue et verte, mer ou montagne

Voiture Verte 30 Le petit homme vert est terrien 32 Le défi automobile est écologique

Energie Verte 36 Vers plus de sobriété

Escapade Verte 38 La France à vélo

édito de Philippe Fiévet

Un bandEau sur les yEux

couverture

notrE

«A force de freiner la mutation de l’Union, à force de tergiverser sur la réalisation de la démocratie européenne, le projet européen s’est vidé de sa substance ! » Le tribun des Verts s’exprime sur son parcours au terme de celui-ci.

Dans un entretien tout récent entre Laurent Fabius et John Kerry , le premier a interpellé le second à propos du ‘chaos climatique’ (sic) et des ‘500 jours qu’il nous reste pour l’éviter’ (resic) au moment où les scientifiques de la NASA confirmaient que la fonte de l’Arctique était désormais devenue irréversible. En observateur de la nature humaine, Daniel ConhBendit explique que le déni des politiques, mais aussi d’une partie d’entre nous, sur la question climatique, peut se comprendre à la relecture de Piaget : «Dans ses recherches sur la psychologie du développement, ce dernier explique que le ‘conflit cognitif’ survient au moment où des faits nouveaux remettent radicalement en question nos schèmes de pensées ou viennent invalider notre compréhension de la réalité. En principe, ce bouleversement stimule le développement cognitif et la construction de nouveaux paradigmes améliorant la compréhension du monde. C’est précisément ce qui semble ne pas s’être produit au niveau de l’intelligence politique traditionnelle.»

Et l’ancien leader de mai 68 d’opposer à cette attitude la lucidité du mouvement écologique qu’il présida durant vingt ans au niveau européen. «Non, il ne s’agit pas d’un retour à la bougie, prévient-il, mais de la transformation de notre modèle de croissance inconsciente en un modèle innovant, durable et responsable.» En d’autres termes, faire décroître l’utilisation des énergies fossiles polluantes et accroître les énergies renouvelables propres, réduire le jetable au profit du durable, diminuer le stockage des déchets et stimuler le recyclage, se concentrer sur l’essor de technologies avant-gardistes au lieu d’encourager celles qui, comme le nucléaire, appartiennent au passé. Bref intégrer un principe qualitatif pour réguler le quantitatif. Et de citer cet extrait d’un ‘Rapport sur les limites de la croissance’ rédigé par des chercheurs du prestigieux MIT : «il n'est nullement question d’une opposition aveugle au progrès mais bien d’une opposition au progrès aveugle». Qui donc voudra encore jouer à Colin-maillard ?

photos Cohn-bendit : ® Bureau ASP 08G205. Journalistes. Journalistes : Philippe Fiévet, Olivier Desurmont, Ioana del Sol, Christian Lahaye (rubrique auto), Harry Cot, Laurent Soille. Ed. responsable: François Le Hodey. rédacteur en chef : Marc Deriez. responsable éditorial : Michel Druart - (Tél +33 2 211 20 10) publicité ipm advertising (tél +33 2 211 31 44). Conception graphique : Trinôme - Manuela Riozzi. Supplément promotionnel détachable et gratuit au Paris Match n° 665 du 5 juin 2014. Ne peut être vendu séparément. Les CarnEts_ 3


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Interviewexclusive Légende urbaine, daniel Cohn-bendit incarne, à lui seul, le sursaut de la fin des années 60. Quand l’appel des barricades s’est tu, le grand imprécateur est reparti pour une autre croisade, écologique, cette fois, croisant le fer avec ce qu’il appelle la pensée politique monochrome. Jurant parfois, tempêtant toujours, il est de ceux qui dérangent… pour nous tenir éveillés.

daniEL Cohn-bEndit

Aux Armes, Citoyens ! philippe Fiévet

Qu’y a-t-il de commun entre celui qui grimpait, le verbe héroïque, sur les barricades de mai 68 et le Daniel Cohn-Bendit voué à la cause d’une planète qui part en vrille ? D.C-B. Sans aucun doute la soif de liberté, l’aspiration à l’autonomie individuelle et collective. L’anti-autoritarisme et l’anti-totalitarisme sont deux éléments clé de la révolte de 68. J’ai toujours essayé de penser et de vivre en fonction de cet idéal d’auto-détermination. On peut parler d’un choix existentiel. 68, c’était déjà cette volonté collective de se libérer de traditions conservatrices hypocrites et réactionnaires pour laisser aux individus le droit de décider de leur mode de vie. C’est aussi la fin du mythe révolutionnaire et le début des mouvements de libération qui se perpétueront dans les années 70 et 80 jusqu’à aujourd’hui. Contrairement aux révolutionnaires, les révoltés de 68 ne cherchaient pas le pouvoir politique mais le pouvoir sur leur propre vie. Prenez la photo de Gilles Caron qui montre ce jeune étudiant défiant un CRS par son sourire. Ce sourire est à la fois subversif et libérateur. Cette photo qui a fait le tour du monde exprime l’optimisme de la liberté qui ne se laisse pas impressionner par un ordre social complètement sclérosé. Et c’est vrai qu’aujourd’hui encore, quand je revois cette photo, je m’y reconnais.

La provoc fait partie de vos gènes ? C’est, pour moi, un mode d’expression récurrent, avant tout parce qu’elle 4_ Les CarnEts

déstabilise ce qui peut paraître évident, et qu’elle suscite une remise en question permettant à l’individu de penser par lui-même. J’étais et je reste du côté de ces ‘insolents’ qui refusent d'abdiquer devant les arguments d'autorité. C’est l’une des raisons pour lesquelles les ‘there is no alternative’ répétés à l’envi par bon nombre de politiciens me donnent des crises d’urticaire. Cette formule incantatoire n'est ni plus ni moins un argument d'autorité quel que soit le degré de conviction avec lequel il est prononcé. ‘La’ proposition unidimensionnelle susceptible de résoudre tous les problèmes et de répondre à toutes les questions n'existe pas. C'est pourquoi l'actuelle dégradation du pluralisme, y compris au niveau idéologique, m'inquiète particulièrement. La grammaire politique contemporaine est terriblement pauvre. La pensée politique est devenue monochrome et s’accommode trop souvent d'une logique binaire simpliste.

Tout parcours implique des erreurs. Quelles sont les vôtres ? Là où je me suis trompé et où le mouvement de 68 s’est trompé, c’est quand il a utilisé le mot d’ordre ‘Elections, piège à cons !’. Je crois qu’à l’époque, nous ne pouvions faire autrement. Nous avions rompu avec le mythe révolutionnaire tout en restant piégés dans un autre mythe, celui d’un système politique post-démocratique anarco-libertaire. J’avoue m’être moi-même laissé bercer par le rêve d’une société s’émancipant de l’aliénation capitaliste pour vivre en totale liberté sa propre auto-

nomie. Je partageais cette utopie d’une société nouvelle s’instituant sur la base de l’auto-gestion et s’organisant à travers des conseils étudiants, ouvriers, de consommateurs, paysans… Ce fut en tout cas une erreur de ne pas comprendre qu’après la révolution russe, après les totalitarismes, l’idée d’une prise de pouvoir en dehors de tout cadre démocratique légalement constitué était synonyme de totalitarisme. Ceci ne veut évidemment pas dire qu’il n’y aurait aucune place pour l’auto-gestion ni que les révoltes ne seraient pas légitimes. Simplement, la démocratie représentative constitue une évolution positive de nos sociétés permettant l’expression du pluralisme propre à celles-ci. L’espace démocratique doit donc demeurer le cadre à partir duquel faire évoluer les sociétés.

Dans un tel contexte, où situez-vous l’écologie en tant que mouvement politique ? Il n'est pas incongru de prétendre que le mouvement écologiste découle de la révolte de 68. Ce mouvement a permis


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a 69 ans, le héros des barricades de mai 68 est fatigué par les services rendus à la politique verte ! aujourd’hui, il met le cap sur le brésil où il va tourner un ‘road movie’ pour arte.

une évolution de nos perspectives sur le monde et de nos modes de vie au point de remettre en question le mode de pensée politique traditionnel aussi bien de la droite que de la gauche. Ce mouvement ne s’est pas contenté de s’attaquer à l’idéologie productiviste. Il a également compris l’inanité d’une grande partie des réponses apportées par la gauche ou la droite classiques quand il s’agit de résoudre les problèmes auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines tout en réhabilitant le vécu individuel. L’écologie politique s’est constituée en tant que nouvelle « mélodie » venant déstabiliser la partition des formations politiques classiques. Celle-ci leur est d’autant moins audible qu’elle remet radicalement en cause des évidences communément admises telles que le modèle néolibéral qui a émergé aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne au début des années 80 pour se répandre à la quasi- totalité de la planète.

Quelle est, à vos yeux, la valeur centrale de l’écologie politique? L’autonomie. Ce qui n’a absolument rien à voir avec l'idée abstraite d'une liberté affranchie de toute règle. Elle doit s'entendre comme un acte raisonnable de la liberté. Si l’écologie politique peut sembler inconfortable dans son entreprise de déstabilisation des évidences partagées, elle ouvre en même temps de nouveaux horizons pour les sociétés et les individus. Le décloisonnement des « préjugés » et des vécus ne va pas de soi. La résistance des traditions politiques à faire

progresser, notamment, notre modèle de croissance et de développement reste forte. Ce refus de métamorphoser nos cadres conceptuels n'est cependant pas tenable indéfiniment. D'autant plus, qu’il freine l’évolution des sociétés et la production d’instruments adaptés aux enjeux de notre époque.

Quel est aujourd’hui votre conception du futur proche ? J’avoue qu’il y a une énorme part d’incertitude dans ce qui pourrait ressembler à notre lendemain. J’ai l’intime conviction que sans une métamorphose radicalement démocratique de l’Union européenne pour en faire l’instrument qui permettrait de démocratiser la mondialisation, notre continent avec ses modes de vie, ses valeurs etc. s’expose au déclin.

Plus que jamais, cette Europe-là semble manquer de souffle et de crédibilité, non? A force de freiner la mutation de l'Union européenne dans le but de réguler la mondialisation, à force de tergiverser

sur la réalisation effective de la démocratie européenne, le traditionalisme des partis qui font l'Europe a vidé le projet européen de sa substance. Leur complaisance vis-à-vis des injustices au sein de l'Union européenne et encore plus en dehors de ses frontières a fini par semer le doute sur nos propres valeurs. L'Union européenne est de plus en plus vécue comme une trahison et ses dysfonctionnements démocratiques au plan institutionnel mais surtout au regard des réalités quotidiennes - sont autant d’ingrédients indigestes à l’origine de la crise symbolique qui gangrène notre continent.

Le modèle européen actuel est-il le seul imaginable ? Certainement pas ! Le projet, est, par définition ce qui demande à être réalisé. Et l’on peut affirmer que celui qui s’exprime aujourd’hui correspond à l’une de ses pires déclinaisons possibles. A savoir : une Europe composée d’Etats se livrant notamment une guerre commerciale et fiscale. Une situation Les CarnEts_ 5


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Interviewexclusive qui autorise au demeurant l'évasion et les paradis fiscaux, la déflation salariale au prétexte de compétitivité, la mise en concurrence des travailleurs européens, les reculs démocratiques parmi lesquels la croissance des inégalités et l'injustice dans la répartition des richesses. Une Europe où certains Etats peuvent profiter des déficits dans les balances commerciales d’autres pays pour s’enrichir sans se sentir obligés de créer des mécanismes de solidarité réellement efficaces.

“Combien de scandales devront encore éclater avant que les autorités publiques ne considèrent sérieusement les problèmes posés par la production alimentaire industrielle et se tournent vers des politiques durables en matière d'alimentation? “

Et donc ? Si les Européens estiment que le projet européen est loin d’avoir exprimé toutes ses potentialités et que nous avons de bonnes raisons de croire que les ambitions proclamées doivent pouvoir être réalisées, alors nous pouvons raisonnablement espérer entrer dans une phase nouvelle et prometteuse pour notre civilisation.

A la croisée des chemins Cinq planètes seraient nécessaires pour soutenir une croissance chinoise qui serait calquée sur le modèle américain de sur-consommation des ressources. sauf erreur, nous n’en avons qu’une. L’utilisation rationnelle des ressources n’est donc pas un luxe mais la condition du développement économique et social des sociétés contemporaines et futures. Très concrètement, comment résoudre l’immense paradoxe des énergies contradictoires ? Celles d’hier (le charbon ), celles qui se maintiennent (le pétrole, le gaz et le nucléaire), celles qui tentent de les remplacer (l’éolien, le photovoltaïque, l’hydraulique) ? D.C-B. Le paradoxe n’existe que si vous considérez la transition énergétique comme une révolution instantanée et que vous acceptez le fameux argument politicien du « there is no alternative ». Aucun écologiste sensé ne vous dira que l’on peut supprimer du jour au lendemain toutes les énergies fossiles et polluantes. D’autant moins que les pays européens ont leurs spécificités énergétiques et que chacun reste maître du choix du type d’énergie qu’il entend privilégier. Nous disposons des moyens techniques permettant de passer d'ici 2050 à un développement économique durable reposant sur les économies et l’efficacité énergétiques ainsi que sur les énergies renouvelables. Autrement dit sans recourir ni au nucléaire, ni au gaz de schiste, ni au charbon. Cette option est non seulement tenable mais de surcroît positive du point de vue économique puisqu'elle permettrait de créer des emplois verts, de développer et d'exporter nos technologies vertes à l'avant-garde notamment dans les secteurs des transports, des bâtiments, des infrastructures énergétiques... Cette option est évidemment aussi celle qui s'attaque aux changements climatiques.

Comment arriver à une telle mutation ? Une règlementation européenne uniforme devrait imposer dans un premier temps des objectifs clairs et contraignants d'ef6_ Les CarnEts

ficacité énergétique (rénovation des bâtiments, constructions passives, part des renouvelables dans le bouquet énergétique, réduction des émissions de gaz à effet de serre avec des feuilles de route par état membre). C'est la condition nécessaire à la stimulation des investissements verts et à la transformation effective de nos économies.

Comment résoudre les problèmes de la mobilité dans les villes face au cancer des embouteillages, Bruxelles étant, comme cœur européen, un mauvais élève en la matière. Si vous prenez l’exemple de Bruxelles, c’est effectivement le contre-modèle de la mobilité durable et efficace. Rares sont les capitales qui accomplissent une performance aussi lamentable en termes de réseaux de transports. Sans parler de l’accès pour les personnes à mobilité réduite. Il est évident que si, même aux heures de pointe, vous devez attendre 15 à 20 minutes avant de voir passer un bus ou qu’il vous faut plus du double du temps pour arriver sur votre lieu de travail, personne ne laissera tomber sa voiture … Mais là aussi, c’est une question de priorités politiques. Veut-on effectivement privilégier les investissements et les emplois dans les transports durables ainsi que dans l’innovation technologique pour produire des voitures moins polluantes ou se contenter de continuer à produire des voitures d’un autre âge en offrant des primes à la casse et sans se soucier de financer la conversion de travailleurs pris au piège d'un secteur industriel en déclin? C'est donc un choix de société éminemment politique.


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Quelle est votre conception en matière de santé alimentaire et d’agriculture industrielle ? Les scandales alimentaires parlent d’eux-mêmes. Vache folle, poulets à la dioxine, steaks contaminés par l’E. Coli, fraudes de la viande chevaline, bœufs aux hormones, surconsommation d’antibiotiques et de pesticides. Sans parler du débat sur les perturbateurs endocriniens qui devraient interpeler les politiques et les amener à réglementer plus efficacement tout une série de secteurs industriels manifestement peu préoccupés par la santé publique et incapables d’autorégulation. J’ai constaté au cours de mes mandats au parlement européen que les écologistes ne faisaient malheureusement pas le poids sur la protection des consommateurs face aux députés des autres groupes majoritairement acquis à la cause du business agro-alimentaire et de l’élevage intensif. C’est d’ailleurs effrayant de voir à quel point il est difficile de faire passer des textes permettant au moins d’accroître les informations destinées aux consommateurs. Les écologistes se heurtent régulièrement à la majorité des forces politiques traditionnelles cédant le plus souvent aux pressions des lobbies du business alimentaire. C'est ainsi que l’inconséquence reste de mise en matière d'étiquetage, de traçabilité des aliments, d'OGMs et de transparence en général.

On peut donc parler d’un échec retentissant ! C’est un euphémisme ! Les Conservateurs européens, et pas seulement, veulent maintenir à bout de bras une agriculture industrielle avec toujours plus de monocultures, de pesticides et d’OGM, d’élevages intensifs dopés aux antibiotiques et au final, moins de bien-être animal, de biodiversité cultivée, de qualité des produits. Le Parlement européen a échoué à réformer la Politique Agricole Commune. Lorsque 80% des aides de la PAC sont distribuées à 20% des agriculteurs et qu’au lieu de favoriser les emplois dans ce secteur, elles les détruisent, on a de quoi s’interroger. En demandant de plafonner les aides afin d’assurer une redistribution entre un plus grand nombre d’agriculteurs, les écologistes se sont battus pour une agriculture non seulement socialement plus juste mais également de meilleurs qualité. La majorité des partis a préféré pour sa part préféré continuer à privilégier la minorité de l’agroalimentaire.

plusieurs centaines de kilomètres. Il est évident que le prix du supermarché ne reflète pas le prix réel puisqu'il ne prend pas en compte toute une série de coûts tels que les dommages environnementaux ou les inéquités salariales. Ce modèle de production alimentaire floue au final tout le monde, y compris les consommateurs.

Donc nos modes de consommation doivent changer. Evidemment ! Une journée sans viande par semaine suffit pour réduire l'impact négatif de la production alimentaire sur l'environnement et sur l'exploitation des ressources (gaz et pétrole notamment). Par ailleurs, réduire notre consommation de viande et opter pour des viandes de qualité est bénéfique pour la santé. La différence de qualité entre un poulet élevée de manière industrielle -qui peut contenir jusqu'à 25% d'eau- et un poulet élevé selon des méthodes durables est énorme! La production alimentaire industrielle produit près de 30% de déchets qu'elle tente de recycler dans le système notamment pour nourrir les animaux. C'est ainsi que l'industrie alimentaire a produit une sorte de "cannibalisme" en nourrissant les animaux avec les déchets provenant d'animaux de la même espèce. Une aberration illustrée par le scandale de la vache folle. Si à ces chiffres, on ajoute la nourriture jetée avant même d'être commercialisée, le pourcentage de déchets passe à 50%! Combien de scandales devront-ils encore éclater avant que les autorités publiques ne considèrent sérieusement les problèmes posés par la production alimentaire industrielle et se tournent vers des politiques durables en matière d'alimentation?

Pour vous, notre production alimentaire industrielle doit donc être clairement remise en question ? Absolument. Les failles de ce type de production sont évidentes tant pour aux niveaux économique que social et sanitaire. Les agriculteurs sont confrontés à une concurrence féroce sur les prix. La chaîne de production très longue multiplie les intermédiaires, les passages par des entrepôts frigorifiques et les sous-traitants. Ce qui préoccupe avant tout l'industrie, c'est la maximisation des profits en compressant notamment les coûts au détriment de la qualité des produits. Les politiques doivent avant tout encourager la production régionale et la transparence par l'étiquetage. Un étiquetage clair et facile à comprendre sur l'origine des produits est indispensable. Cette information constitue un droit élémentaire des consommateurs. Le bon sens suffit pour comprendre qu'il y a un problème si une viande est vendue à 5€ le kilo au supermarché alors qu'un animal, depuis l'endroit où il est nourri jusqu'à son abattage et sa mise en vente, a parcouru

Daniel Cohn-Bendit, en eurodéputé vert accompli, a souvent pondéré les critiques du gouvernement français à l’égard du président de la Commission Européenne José Manuel Barroso, appelant à ne pas "exagérer" les critiques envers le responsable européen. Aujourd’hui il encourage les Verts à soutenir la candidature de Monsieur Juncker. Les CarnEts_ 7


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Interviewexclusive

a 69 ans, daniel a quitté la fosse aux lions, l’enfant terrible de l’écologie tournant le dos à vingt années passées au parlement de l’union. C’est le moment de dresser un bilan qui, somme toute, est à l’image de l’homme: coloré et contrasté, avec ses coups de sang, ses traits d’esprit, mais, surtout, une foi inébranlable dans l’idéal européen.

au terme de son parcours politique, daniel Cohn-bendit peut se satisfaire d’observer que les Verts ont obtenu cinquante-deux des sept cent cinquante et un sièges que compte le parlement européen.

Un homme se penche sur son passé Maintenant que vous avez quitté Bruxelles et Strasbourg, quels sont vos projets ? D.C-B. Je n’ai pas encore de projet précis pour le long-terme. Je pars début juin au Brésil pour réaliser un roadmovie sur la coupe du monde de football. Un projet qui me m'enchante particulièrement et qui demande pas mal d’énergie. J’anime également le matin une chronique sur Europe 1. Pour le reste, on verra .J'entends bien continuer à intervenir librement dans les débats publics en Europe mais comment et quand. Rien n'est décidé.

Votre carrière a été riche et mouvementée. Quels sont vos meilleurs souvenirs de parlementaire ? Et ce dont vous êtes le plus fier ? Je pense que l'une de mes interventions qui a le plus marqué est celle que j'ai faite en 2008 face à Nicolas Sarkozy qui devait se rendre en Chine pour l'ouverture des jeux Olympiques. Mes propos l'ont quelque peu sonné. C'est vrai que j'y suis allé avec toute la véhémence de la révolte que son geste politique m'inspirait. J'ai été très fier de la constance de mon groupe et du vote final du Parlement européen favorable à l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Les conservateurs européens n'y étaient pas favorables et ont imposé un vote secret en espérant bloquer l'approba8_ Les CarnEts

tion de la majorité du Parlement. Non seulement ils ont échoué mais en plus, tous les députés de mon groupe se sont levés avec des pancartes sur lesquelles figurait la manière dont ils avaient voté. Un geste démocratique de transparence qui a fait le tour des télévisions en Turquie.

Quels sont a contrario vos plus grands regrets, vos plus amères défaites ? En ce qui concerne mes plus mauvais souvenirs politiques, il y a évidemment la défaite de 2005 sur le traité instituant une constitution pour l'Europe. La campagne qui a précédé le référendum négatif français a été particulièrement éprouvante. Et j'avoue qu'à chaque fois que je vois Laurent Fabius qui faisait partie des partisans du "Non", je ne peux m'empêcher de lui demander quel était son fameux "Plan B" que personne n'a jamais vu venir. Ce qui reste particulièrement frustrant dans le Parlement européen c'est de voir que beaucoup de députés restent avant tout préoccupés par les questions nationales (et les ministères de leur territoire d'élection) et n'arrivent pas à adopter une posture réellement européenne. Autrement dit à se penser et à entreprendre une action politique qui soit non seulement bénéfique pour leurs co-nationaux mais également pour tous les autres Européens.

philippe Fiévet

Qu’est-ce qui vous aura le plus passionné dans la vie ? La vie elle-même... L'aventure humaine et l'interminable combat pour la démocratie, les libertés et les droits de l'homme.

Qu’aimeriez-vous-vous laisser comme ultime message à votre descendance et d’une manière plus générale, aux enfants de demain ? Ne vous laissez pas intimider ! Résistez face aux mensonges et à la démagogie! Si un gouvernement mène une mauvaise politique, la réponse, c’est un changement de politique ou de gouvernement. Cela vaut pour l'Europe! Ce n’est pas l’Europe qu’il faut mettre au placard, mais ceux qui la font! Ne démissionnez pas! C'est la garantie de perdre toute possibilité d'agir sur le monde! L’Europe a permis un progrès de civilisation incroyable. Dans cet espace qui a produit des guerres et des totalitarismes atroces, la possibilité d’une guerre a été évacuée de l’imaginaire politique. C’est un acquis extraordinaire, mais cela ne suffit plus. Ouvrez les yeux! Refusez une Europe d'Etats livrés à une nouvelle guerre de puissances économiques! Reconnaissez la bataille pour ce qu'elle est: une lutte acharnée entre des visions concurrentes de l'Europe qui renvoient à des modèles de société divergents et qui se fondent sur des conceptions antinomiques du politique. Nous avons atteint un équilibre instable dont l'issue reste ouverte. Mais il nous revient de la déterminer car elle n'ira pas "naturellement" dans le sens d'une Europe configurée pour le 21 ème siècle et structurée en fonction de nos intérêts communs. Une Europe politique agissant dans l'intérêt commun tant au niveau économique qu'aux niveaux écologique, social et de l'éducation, voilà notre utopie pour ce siècle!


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© transitionnetwork.org

vivreautrement

Eco-village de Cloughjordan en Irlande (créé en 2009).

de plus en plus d’individus s’interrogent sur les valeurs prônées par la société et leur adéquation avec le sens qu’ils veulent donner à leur vie. nombre d’entre eux déplorent la perte de l’esprit communautaire au détriment de l’hyperindividualisation. ils cherchent alors des alternatives pour réinsuffler ces valeurs dans leur quotidien, allant jusqu’à repenser leur façon d’habiter et l’art de vivre ensemble.

réaLisEr L’utopiE

Les nouvelles formes d’habitats ioana del sol

Ecotopia Projet d'éco-hameau intégré de l'architecte Marcel Matusz 10_ Les CarnEts

Au vu de l’Histoire humaine, l’avènement de la famille nucléaire isolée est, en fait, un phénomène assez récent, ayant principalement évolué depuis la montée de l’industrialisation. Aujourd’hui, il y a des centaines de milliers de personnes qui vivent dans des habitats groupés, éco-quartiers, éco-villages, dans des ‘communautés intentionnelles’ fondées sur autre chose que les liens du sang. Notons, au passage, que bien que le mot ‘communauté’ puisse prêter à confusion, la plupart de ces nouvelles formes d’habitats ne sont pas des communautés stricto sensu, mais plutôt des groupements d’individus qui collaborent pour créer un style de vie qui reflète leurs valeurs fondamentales communes.

© Marcel Matusz

L

es médias évoquent généralement le début des expériences de vies en groupe aux alentours des années ’60, avec les communautés hippies et yuppies. La vérité est toute autre. Ce type de petites collectivités existe depuis des millénaires et pas seulement des décennies. Les premiers chasseurs-cueilleurs se regroupaient déjà en tribus, non limitées aux liens de parenté, et dépendaient de la coopération pour leur survie. Les premiers Esséniens se rassemblaient pour vivre des ‘communautés de biens’, en simplifiant leur vie et en partageant tout ce qu’ils possédaient. Au fil des siècles on voit apparaître, aux côtés des groupements religieux classiques, l’émergence de collectivités philosophiques, solidaires, écologistes, artistiques ou encore ‘survivalistes’ …


Ils peuvent vivre ensemble sur une parcelle de terrain en milieu rural, dans des maisons de banlieue, dans une ferme ou une ancienne bâtisse réaménagée en plusieurs logements, dans un quartier péri-urbain ou un immeuble au centre-ville. Ils peuvent ainsi partager une seule résidence ou vivre dans un groupe d’habitations et cela peut aller d’un simple réaménagement de l’existant à des constructions neuves, en passant par toutes les nuances de rénovations possibles… Bien que leur taille varie énormément, de quelques logements à plusieurs dizaines de maisons, on y retrouve très souvent un local commun qui sert autant pour les réunions informelles entre voisins que pour des rencontres plus festives. Bref, on pourrait être tenté de dire qu’il y a autant de formes d’habitats groupés que de groupes, car chacun est teinté de la couleur, des valeurs, des préférences et des personnalités des individus qui le composent. Bien que très diversifiés en philosophies et en modes de vie, leur point commun à tous est qu’ils accordent une priorité à favoriser un sentiment d’appartenance et de soutien mutuel, ce qui semble de plus en plus difficile à trouver dans nos sociétés contemporaines.

© Wordpress - Ecovillage Ithaca

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co-village à Ithaca aux USA (créé en 1991)

Eco-comportements & résilience locale Plus de 90% des ‘communautés intentionnelles’ recensées de par le monde sont sensibles à la dimension écologique : ce qui va du simple acte de recyclage & compostage, en passant par une production énergétique renouvelable, une gestion complète du cycle de l’eau, jusqu’à l’autosuffisance alimentaire complète. De nombreux habitats groupés développent souvent un pôle de ressource alimentaire locale, allant du grand potager commun (parfois sur le toit d’un immeuble !) à la coopérative bio avec cultures maraîchères professionnelles. D’autres habitats groupés développent des projets d’artisanats, de vergers conservatoires, de cultures de biomasse-combustible, etc… L’idée étant de produire localement un maximum de ressources afin de moins peser sur l’écosystème local et planétaire.

Plus que jamais d’actualité L’Histoire nous enseigne que le regroupement en ‘communautés intentionnelles’ est toujours plus marqué dans les moments difficiles. Avec les crises successives et la frilosité économique ambiante, une nouvelle vague semble émerger ces dernières années. Une tendance qui est confirmée par Benoît Debuigne de l’Asbl Habitat et Participation qui s’occupe, entre autres, de la promotion de l’habitat groupé en Wallonie : «cette tendance est assez marquée en Belgique et dans plusieurs autres pays européens. Elle s’explique par la congruence rare de plusieurs facteurs sociaux-économiques couplés aux crises écologique, environnementale et sociale que l’on connaît». De nombreux groupes explorent ainsi des chemins non balisés pour retrouver ce sens de la communauté humaine, tout en maintenant un équilibre entre vie privée, solidarité et coopération. Un concept élégant qui est tout à fait compatible avec le fonctionnement actuel de la société. En ce sens, les expériences d’habitats groupés, quelles que soient leurs formes, représentent de véritables îles du futur dans l’océan du passé. Et, qui sait, leur multiplication en réseau nous permettra peut-être d’assister un jour à l’émergence de «nouveaux continents» citoyens et solidaires... ? Gageons que la créativité de ces pionniers face aux grands défis de notre temps apportera des solutions concrètes qui pourront être assimilées par les sociétés afin qu’elles puissent se transformer de l’intérieur.

salon de l’habitat groupé La 5ème édition du salon de l’habitat groupé se déroulera le dimanche 29 juin à la Ferme du biereau à Louvain-La-neuve. une occasion de rencontrer différents professionnels du secteur : notaires, architectes, porteurs de projet, juristes, spécialistes de projets intergénérationnels et pour personnes âgées, conseillers en auto-construction, entrepreneurs en éco-construction, auteurs de livres sur le sujet, des habitants qui partagent ce mode de vie ; ainsi qu’une exposition sur l’habitat groupé. une bourse aux projets permettra même, aux personnes intéressées, de peut-être trouver un habitat groupé à intégrer ! infos sur habitat-groupe.be

Références : ‘Vivre autrement’ de D. L. Christian chez Ecosociété, ‘Habitat groupé’ de Ch. La Grange (Terre Vivante), ‘Les Ecovillages’ de J. Dawson aux Ed. Yves Michel & habitat-participation.be. Les CarnEts_ 11


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1.

Le commerce équitable signifie un juste salaire et des conditions de travail décentes, sécurisées et saines pour les agriculteurs et les producteurs.

cultivées et récoltées en plus petites quantités. En conséquence, la nourriture du commerce équitable est souvent plus fraîche et plus savoureuse.

2. C’est un plus pour l'environnement

5. Ce type de commerce est un plus pour la santé de la Terre et des Hommes, parce qu’il encourage activement les systèmes de gestion agricole intégrées qui améliorent la fertilité des sols et la préservation des écosystèmes. Notamment en limitant l'utilisation de produits agrochimiques nocifs qui présentent des dangers pour notre santé et celle des agriculteurs qui la cultivent.

puisqu’il soutient les pratiques durables (parfois même l’agriculture biologique) qui réduisent notre empreinte environnementale.

3. Ses produits sont en général de haute qualité et les artisans fiers de leur travail. L'artisanat, souvent réalisé à la main, se traduit par une plus grande attention aux détails et à la finition des produits.

4. Le commerce équitable signifie aussi que la nourriture produite a meilleur goût, parce que les agriculteurs sont impliqués et investis dans le processus de production et que les cultures sont

Equitable «nord-nord» après s’être occupés à favoriser des petits producteurs dans les pays du sud, plusieurs sociétés spécialisées dans le commerce équitable, comme alter Eco ou Ethiquable, se lancent dans la commercialisation des premiers produits issus de fermes de l’hémisphère nord. Cet engagement dans un commerce équitable appelé «nord-nord» répond à une demande grandissante des consommateurs en produits locaux et responsables. on se rapproche de la notion de circuit court entre producteurs et consommateurs. rappelons tout de même que ces produits ne sont pas toujours labellisés en bio... 12_ Les CarnEts

9 bonnes raisons de le soutenir !

6. Il soutient les communautés locales: en travaillant par le biais de coopératives, les artisans du commerce équitable sont en mesure d'investir les gains directement dans leurs communautés et ainsi améliorer localement les secteurs de l'habitat, de la santé et l’éducation.

7. Il permet également aux agriculteurs d’établir des accords commerciaux durables et qui les respectent. Ces partenariats offrent la possibilité aux acheteurs d’acquérir des produits de qualité chez des producteurs avec lesquels se tissent des liens de confiance. 8. Le commerce équitable nous connecte à d'autres cultures. Les produits équitables sont uniques, à l’image des artisans qui les fabriquent. Ils reflètent les peuples et les cultures dont ils sont issus, puisque les producteurs sont impliqués dans tout le processus. 9. Ce type de commerce signifie également des économies locales et durables puisqu’il permet aux agriculteurs et aux artisans de maîtriser davantage leur avenir. Ils peuvent construire leurs propres entreprises, plutôt que de travailler pour une entreprise nationale ou multinationale. © Simon Rawles II

LE CommErCE éQuitabLE


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Les belges et le bio

de manière générale, tout le secteur du bio jouit d’une forte croissance depuis 2005. Les belges font de plus en plus attention à leur santé et cette attention passe notamment par le rayon des denrées alimentaires "bio". résultat : le bio se porte on ne peut mieux en belgique !

La ViE En VErt olivier desurmont

Labels bio depuis le 1er juillet 2010, le logo biologique de l'uE est obligatoire pour toutes les denrées alimentaires biologiques préemballées et produites dans l'union européenne. repérez-le, c’est le signe que le produit suit rigoureusement le cahier des charges de l’agriculture biologique. a ses côtés, on trouve souvent le logo «biogarantie®», qui est le label belge des produits issus de l’agriculture biologique, ou encore le label «Ecogarantie®» qui couvre trois catégories de produits : les cosmétiques, les produits de nettoyage et le sel marin. Ces trois domaines ne sont pas repris dans le champ d’application de la réglementation bio. Le label «Ecogarantie®» est donc entièrement privé. Les fabricants de ces produits labellisés visent à utiliser la plus haute teneur possible en matières premières issues de l’agriculture biologique et recourent à des modes de production qui respectent tant l’environnement que la santé des consommateurs. L’utilisation de substances issues de synthèse (pétro)chimique est par exemple interdite, tout comme les ogm ou l’irradiation des matières premières. Les normes Ecogarantie® sont parmi les plus strictes au monde.

es derniers chiffres communiqués par le «BioForum Wallonie» le confirment, le secteur du bio voit la vie en vert et affiche une tendance à la croissance.

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l’année dernière, ce qui représente une dépense nationale de plus de 420 millions d’euros pour des produits bio, alimentaires et non-alimentaires.

Alors qu’en Europe la superficie agricole dédiée au bio croit de manière régulière (+6%) et représente 5,62% de la surface agricole totale européenne, la croissance en Belgique des dernières années est plus significative (+ 9,2%). Chaque région a sa spécificité : la Wallonie possède surtout les grandes cultures et prairies, tandis que l’arboriculture fruitière domine en Flandre.

En tête du palmarès des produits bio qui ont la cote viennent bien évidemment les légumes, les fruits et les produits laitiers.

Plus de 89% de la population belge a acheté au moins une fois du «bio»

Selon les données avancées par le communiqué de presse de BioForum Wallonie, environ 18% des Belges sont des acheteurs fréquents de produits bio ; ce qui représente un achat bio tous les 10 jours plus ou moins. Ce groupe de 18% correspond à 78% de la totalité des dépenses bio et est donc en légère croissance par rapport à l’année précédente. Quant au nombre de producteurs belges, il augmente également. Fin 2012, ils étaient 1.389 producteurs, soit 10% de plus par rapport à 2011. Ils sont plus nombreux en Wallonie (1.090 ou 78%) qu’en Flandre (299 ou 22%). Les exploitations bio représentent 8,1% des exploitations wallonnes totales, tandis qu’elles représentent seulement 1,2% des exploitations flandriennes. Dans sa globalité, le bio représente déjà plus de 3,6% des exploitations totales en Belgique. Cette croissance des produits bio se vérifie malgré l’argument budgétaire : l’écart de prix entre le bio et le nonbio est actuellement d’environ 30% et cet écart reste stable au fil des

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bioForum Wallonie, un acteur au service du bio

années. Néanmoins, il varie grandement de produits en produits. En effet, alors que certains produits peuvent être significativement plus chers, le prix des burgers végétariens par exemple est, quant à lui, à peine plus élevé. Concernant le lait demi-écrémé, les œufs, les tomates et le pain, l’écart s’amoindrit d’année en année.

Créée en 1998 par les organisations pionnières du bio en belgique, l’asbl bioForum Wallonie n’a cessé de développer ses actions dans un souci de respect des personnes, des animaux et de l’environnement. Convaincue que la solidarité entre producteurs, transformateurs, distributeurs, points de vente et consommateurs bio est indispensable à l’évolution de la filière bio, bioForum rassemble ces représentants et coordonne leurs initiatives. depuis 2004, bioForum Wallonie est reconnue comme conseil de filière représentant l’agriculture biologique et, à ce titre, est soutenue financièrement par la région Wallonne.

A noter : la 10 è m e édition de la "Semaine bio" se déroulera aux quatre coins de la Belgique du 7 au 15 juin. Une occasion de découvrir un peu mieux ce qui se cache derrière ce label. Toutes les infos sur www.semainebio.be !

En tant que Conseil de filière, bioForum promeut : • un développement équilibré de la production, la transformation, la distribution et la consommation ; • un développement anticipant une évolution du cahier des charges européen vers des normes plus cohérentes, excluant tout usage de produits chimiques de synthèse ou d’ogm et tenant compte de critères sociaux et environnementaux ;

Références : www.bioforumwal.be et trends.levif.be

• un développement régional privilégiant les filières organisées au niveau régional en connexion avec les régions voisines ; • un développement équitable privilégiant les relations de partenariat plutôt que le seul fonctionnement libre du marché ; • un développement durable prenant en compte à la fois les critères de santé, d’environnement, d’emploi et de culture.

de plus, pour rendre le bio belge encore plus accessible, bioForum a développé sur son site internet une base de données de tous les opérateurs bio. Le but est d’améliorer leur visibilité et de favoriser les contacts et les collaborations au sein du secteur. bref, bioForum Wallonie valorise le «supplément d’âme» qui caractérise les produits bio et l’on s’en réjouit ! toutes les infos sur www.bioforumwal.be

Cures & jeûnes ou alimentation équilibrée ? Qui n'a pas envie de retrouver une vie saine, une alimentation équilibrée et une ligne svelte à l’approche de l’été ?

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our se détoxifier, nombreux sont celles et ceux qui essayent le jeûne. Seulement, ces cures drastiques doivent être pratiquées avec beaucoup de précaution parce qu'elles peuvent représenter un vrai traumatisme pour notre corps. Le corps élimine constamment les déchets en circulation. Bien sûr, les graisses, l'alcool et les sucres exigent un travail supplémentaire à l'organisme et, à long terme, leur ingestion crée d’importants déséquilibres. Mais le fait de le priver toute la journée en ne lui donnant que de l'eau, du jus de fruits

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ou de la soupe au chou ne risque pas de venir à bout de tous les excès de l'année ! Évidemment, si nous éliminions totalement ces excès de notre alimentation nous nous sentirions mieux et aurions certainement moins de difficulté à digérer. Mais, pourquoi opter pour une pilule miracle pour apaiser nos maux, alors qu’il suffirait de prévenir au lieu de guérir en mangeant sainement en amont ? Tout d'abord, il faut savoir que notre cerveau ne carbure qu'au glucose. Pour l'alimenter, de 50% à 60% de l'énergie quotidienne provient des glucides (produits céréaliers, féculents, fruits...). Desquels le corps puisera aussi le glucose pour effectuer ses activités métaboliques (digestion, respiration, élimination) et physiques (marcher, courir, tâches ménagères). Lorsque le corps est privé de glucides, comme avec les régimes très faibles en glucides, il le prend dans


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les réserves de glycogène (forme sous laquelle les glucides sont stockés dans le foie), ce qui engendre une perte d'eau et donc de poids. C'est pourquoi une perte de poids importante est souvent observée dès le début d'une cure ou d'un régime sévère. Après quoi, le corps puisera dans les muscles, puis les graisses, pour y dénicher des sources suffisantes de glucose. L'objectif peut sembler atteint lorsque l'organisme s'attaque aux réserves de graisse, mais ce phénomène métabolique crée aussi des déchets, les «corps cétoniques». En trop grande quantité, leur acidité peut endommager les reins qui les éliminent et donner mauvaise haleine, puisqu'en excès ils s'éliminent aussi par les poumons et donc la respiration. Lorsque l’on prive notre corps d'énergie pendant plusieurs jours, il se retrouve en état de survie. Une perte de poids

importante dans un court laps de temps est particulièrement déstabilisante pour le corps qui est constamment à la recherche d'équilibre. Et souvent, au moment où ladite cure est enfin terminée, les anciennes habitudes alimentaires reviennent... Le corps ressent alors le besoin de stocker l'énergie enfin ingérée en quantité raisonnable, au cas où une autre restriction sévère survenait. Voilà pourquoi la plupart des régimes sévères ou les cures ne règlent pas le problème à long terme et que la plupart des gens reprennent rapidement le poids perdu. Bref, plutôt que de «détoxifier» notre corps à l'aide de cures miraculeuses, il suffirait d’agir à la source, au quotidien, en optant pour une alimentation variée et biologique, de l'activité physique régulière et une consommation d'alcool nulle ou très modérée. Résultats ? beaucoup moins de kilos et de maux !


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de plus en plus de bruxellois cherchent à s’alimenter sainement. Entre potagers urbains, magasins et paniers bio, groupements d’achats et restaurants diététiques, notre capitale n’est pas en reste !

mangEr sainEmEnt à bruxELLEs (et ail eurs) olivier desurmont

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vec ses forêts, bois, parcs, jardins et autres coins de verdure, la moitié du territoire de la Région de Bruxelles-Capitale est couverte d’espaces verts ! Soit 8.000 hectares qui recèlent une biodiversité rare pour une grande métropole. En écho à cette image verte, les bruxellois sont de plus en plus intéressés par la santé naturelle et l’alimentation saine. En encourageant des initiatives comme le Réseau des Acteurs Bruxellois pour l’Alimentation Durable (RABAD) et d’autres actions mêlant convivialité, plaisirs de la table et défense du patrimoine alimentaire, comme «Goûter Bruxelles», la Région vise à développer de nouvelles écopratiques chez les acteurs de l’alimentation et les bruxellois.

un bruxellois sur trois mange régulièrement végétarien! un bruxellois sur 3 participe régulièrement au ‘Jeudi Veggie *’. approximativement 1 personne sur 7 se dit occasionnellement végétarienne (ou “flexitarienne”), soit presque le double par rapport à 2011. il est frappant de constater que de plus en plus de gens réduisent leur consommation de viande. Ces 3 dernières années, les bruxellois ont été largement sensibilisés suite à la campagne Jeudi Veggie. des cours de cuisine végétarienne, des lettres d’information, un site internet avec des recettes et des brochures gratuites ont inspiré les gens à manger végétarien. Les cantines de certaines hautes Ecoles et de restaurants d’entreprise proposent également des plats végétariens. 1 bruxellois sur 10 mange végétarien au moins 1 fois par semaine, 1 sur 3 mange végétarien de manière régulière. plus de la moitié des personnes interrogées le font à leur domicile mais également au restaurant ils optent souvent pour un plat végétarien. Les bruxellois interrogés mangent essentiellement végétarien pour découvrir de nouvelles saveurs, les autres raisons évoquées sont la santé et l’environnement. En 2011 la santé se positionnait encore comme la raison la plus importante.

JEudi VEggiE a été lancé en mai 2009 à gand et en mai 2011 à bruxelles (grâce aux subsides de la ministre de l’Environnement Evelyne huytebroek). C’est une campagne d’EVa visant à encourager les gens à manger végétarien au moins une fois par semaine. origines et informations supplémentaires Cette enquête a été réalisée par iVox en décembre 2013 à la demande d’EVa et de bruxelles Environnement. Le questionnaire a été établi par EVa et iVox. Ces résultats font suite à une enquête plus large au cours de laquelle 2200 Flamands, dont 400 bruxellois néerlandophones et francophones, ont été interrogés. Les résultats sont représentatifs (statistiquement) au niveau de l’âge, de l’éducation, du sexe et du lieu de résidence. EVa informe les gens sur les avantages (écologie, santé) de l’alimentation végétarienne par des informations fiables, des recettes savoureuses et des activités appétissantes. grâce à EVa, le Jeudi est désormais Veggie. www.jeudiveggie.be

*Le « Jeudi Veggie » est une campagne de l’association EVA en collaboration avec l'asbl Planète-Vie réalisé avec le soutien de la Ministre Bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck et Bruxelles Environnement. www.evavzw.be 18_ Les CarnEts

Ainsi, de plus en plus de restaurants s’efforcent de préparer et servir une cuisine saine et équilibrée à partir de produits durables et parfois locaux. Certains établissements proposent même une restauration à base d’aliments 100% biologiques. Et ce n’est pas nécessairement plus cher qu’ailleurs (en général, moins de 30€ pour une entrée, un plat, un dessert et une boisson). L’Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable et le CRIOC ont d’ailleurs édité une guide gratuit de l’alimentation durable à Bruxelles disponible en version «papier» ou directement via le lien: www.oivo-crioc.org/files/fr/5258fr.pdf Parmi les centaines d’adresses de marchés bio, magasins bio, commerces équitables, etc… sont également référencés une trentaine de restaurants bio à découvrir sans attendre! A essayer également, les établissements labellisés par ‘Slow Food Brussels’, reconnaissable par le sigle ‘Slow Food 2014’ : 25 restaurateurs-ambassadeurs qui mettent à leur carte des produits locaux, de saison et de qualité. Vous trouverez sur le site www.slowfoodbrussels.be une foule d’informations bien utiles sur le sujet.


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potagers urbains dans de nombreux quartiers, la région de bruxelles-Capitale, en partenariat avec les communes, a mis à disposition des terrains où les riverains peuvent développer un projet de jardin-potager collectif. L’initiative offre aux membres l’occasion de pratiquer une activité de plein air et de se procurer des aliments sains. d’autres encore créent des bacs potagers directement sur le toit de leurs immeubles ! tenté de rejoindre une de ces initiatives ou de lancer la vôtre ? des sites comme www.potagersurbains.be ou www.potage-toit.be vous offrent un max. d’infos utiles sur le sujet.

paniers bio Les paniers bio offrent également la possibilité d’acheter de délicieux fruits et légumes de saison et parfois d’autres produits fermiers. une solution écologique, économique et conviviale. Les prix varient entre 15 et 20 € pour un grand panier de légumes (+/- 4 personnes pour 1 semaine). il existe de nombreux points de livraison à bruxelles : infos sur www.mon-panier-bio.be. une autre solution est de s’inscrire à un groupe d’achat solidaire de l’agriculture paysanne (gas ou gasap) local. L’idée est de s’engager à acheter une part de la production du fermier en signant un contrat de solidarité. infos sur le réseau des gasap bruxellois via www.gasap.be ou www.gas-bxl.collectifs.net.


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« Ah, vous êtes végétarien ? » « Vous ne mangez pas de viande, mais du poisson, bien entendu ? » « Ah, non, pas de poisson ? Des crustacés alors ? » « Non plus ? » « Mais du poulet, vous en mangez, du poulet ? »… Echanges classiques d’un végétarien au restaurant… Végétarien, ces empêcheurs de manger en rond, ces mangeurs de carottes et de radis, ces bouffeurs de salades. des spartiates de naissance qui n’aiment pas la vie, c’est clair ! ils n’aiment pas la vie puisqu’ils ne mangent pas la mort !

« morituri tE saLutant ! »

Le végétarisme, le choix d’une évidence

Comment survivre sans la viande? Comment concevoir un repas sans poisson, sans poulet, sans jambon ? Horreur et damnations, loin de nous cette abstinence. On a gagné la guerre, finies les privations ! A quoi sert la vie, s’il faut renoncer à la mort ? Celle des veaux, des vaches, des poules, des poulets, des chèvres, des oies, des lapins, des chats, des chiens ! Ah non, pas les chats et pas les chiens! En Asie, sans doute, mais pas chez nous. Manger un chien ! Quel horreur ! «Votre steak, vous le prendrez, bleu ou à point ? » «Bleu, s’il vous plaît !». Que disionsnous ? Ah, oui «manger un chien. Quelle folie… »

L’incohérence paradoxale de nos comportements se révèle dans nos assiettes. Nous sommes des humains qui mangeons des animaux ? Mais qu’y-at-il d’humain à manger des animaux ? Combien de décennies de sang répandu encore avant l’éveil des consciences sur le barbarisme le plus toléré qui soit ? Quand tombera l’hypnose de nos conditionnements à croire qu’il faille tuer pour vivre ? Quand accepterons-nous de comprendre que nos appétits de morts nourrissent la guerre dans nos têtes et nourrissent les guerres sur la terre ?

La guerre du goût ? Tuer, au nom de notre liberté de vivre! Quelle est bête la bêtise humaine. Vous avez dit bête ? Comme c’est bizarre. Qui est la plus ‘bête’ des deux, l’homme ou la bête ? C’est la guerre des sens. Celle de la vue. On se cache les 20_ Les CarnEts

yeux de la souffrance dans nos assiettes. Celle de l’ouïe. On se bouche les oreilles des hurlements de douleurs des millions de porcs égorgés, des milliards de poulets étripés, des tombereaux de bœufs et de vaches menés aux abattoirs. Abattoir, quel joli nom ! Toutes ces criardes vies animales, en ressortent, silencieuses. Quel bonheur... Pour nos papilles gustatives et sous prétexte aussi de survie des protéines ! Ah, les protéines ! Belle hypocrisie sanglante ! Qui de ces mangeurs de viande, accepteraient de conduire ses enfants, une seule fois, dans ces lieux de massacre? Pour voir à l’œuvre l’intelligence de l’adulte, quand il a le pouvoir et la puissance du couard. Qui accepterait d’y conduire ses enfants ? Une seule fois ? Comment cette seule évidence, ne peut-elle pas mettre fin au massacre ? Que faut-il de plus pour démontrer l’aberration de cette horreur ancestrale. Quel beau déni de bestialité pour cet ‘être humain’ au langage fleuri, parlant de paix des peuples, de résolution des conflits, dans de grands hémicycles interantionaux, en dégustant, sans vergogne, à ces moments de loisirs, les lambeaux d’une chair animale fraîchement sacrifiée sur l’hôtel de son égoïsme barbare.

Quelle conscience est donc à l’œuvre dans une société qui se nourrit du crime organisé ? Combien de morts encore avant la révolte ? Celle des consciences, celle de l’éveil de l’homme ? Celle qui délivrera l’animal de l’esclavage des dépendances alimentaires ? Celle qui arrêtera de nourrir nos enfants des relents de la mort ? La vie nous fait-elle peur à ce point que nous la nourrissons de mort ? Quel est donc le sens d’une telle vie ? La glorification des sens ? Alors, oui, continuons le massacre et continuons de croire qu’en ingurgitant la mort, on gagnera la vie. C’est le déni de l’évidence ! De l’évidence végétarienne.

«Votre salade, ... avec ou sans jambon ?»

© RomarioIen/istock

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arler végétarisme ? Un sujet qui intéresse. Car manger, c’est trois fois par jour ! Alors, vous comprenez, manger, ça, je connais ! Alors rencontrer un extra-terrestre, qui ne mange pas de viande, ça m’intéresse. Car on aimerait comprendre… l’inconcevable. Manger sans viande, sans poisson ! C’est le délire absolu, l’incompréhension abyssale, la faiblesse garantie, la carence assurée, l’angoisse maladive, le régime sans sel, la compassion triste, la peur qui monte, la disparition des protéines, du fer, et, bien entendu, l’absence de vitamines !

harry Cot


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Ecohabitat de la rénovation rêvée à la concrétisation du chantier, en passant par le diagnostic de la situation et l’incontournable question du budget, voici quelques étapes qui jalonnent tout projet d’éco-bio-rénovation digne de ce nom.

rénoVEr son LogEmEnt

avec des matériaux sains & naturels olivier desurmont

Les experts en économie d’énergie soulignent également l’importance de limiter les impacts de l’habitat sur l’environnement en réduisant la consommation d’énergie des maisons et des appartements. Ces spécialistes préconisent une isolation thermique renforcée et des techniques permettant

d’augmenter l’étanchéité à l’air du logement. D’autres encore prônent, quand elle est possible, la rénovation bioclimatique. Le soleil étant une source d’énergie permanente sur Terre, il est naturel que les habitations lui soient ouvertes. Grâce à une exploitation judicieuse de cette source d’énergie, les bâtiments pourraient cesser de consommer de l’énergie pour se transformer en véritables «collecteurs d’énergie». Enfin, de l’avis de différents acteurs du secteur, l’éco-bio-rénovation ne doit pas être un privilège réservé à une élite aisée ; elle doit, au contraire, per-

© Bigstock-renovation

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l est délicat de proposer une définition unique de l’éco-bio-habitat, tant la notion varie d’un spécialiste à l’autre et d’un cahier des charges à l’autre… En général, il s’agit d’un logement sain, utilisant des matériaux naturels et, dans la mesure du possible, extraits ou fabriqués localement ou, du moins, en Belgique.


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Ecohabitat les propriétaires ou locataires précédents, en sondant les murs afin de déceler la présence de bois, terre crue, chaux, pierre, ciment, béton, terre cuite, métaux, etc…

Par où commencer ? En matière d’éco-bio-rénovation, le premier pas consiste à évaluer l’état du bâtiment. Aidé ou non par un professionnel, un diagnostic permettant d’identifier les qualités et les faiblesses de l’habitat sera réalisé afin de connaître son historique, sa consommation énergétique, ses défauts, ses principaux atouts et l’état de ses installations intérieures ( gaz, électricité, canalisations, …).

Clarifier son intention Entre, d’une part, le diagnostic qui dresse un état des lieux de la situation et, d’autre part, les volumes, ambiances et matériaux rêvés, il faut maintenant imaginer un trait d’union «réaliste» entre les deux. Réaliste du point de vue mise en oeuvre, compétence et temps à disposition, mais aussi réaliste au niveau du budget à disposition. Il est d’usage de prévoir un poste «aléas» d’un montant équivalent à +/- 5% du budget global.

Ensuite, un inventaire des matériaux pourra être réalisé en questionnant

Le budget doit aussi tenir compte des éventuelles primes à venir. Mais attention, certaines d’entre elles nécessitent parfois des mois d’attente après que les travaux soient réalisés. Il y a actuellement de nombreuses primes potentiellement éligibles pour une rénovation : primes à la démolition, à la réhabilitation, pour le passage au double vitrage, à la restructuration, aux «embellissements extérieurs», à l’amélioration énergétique, à la valorisation du patrimoine, etc… Renseignez-vous avant les travaux !

Matériaux naturels

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mettre à une large population d’avoir accès à un logement au coût raisonnable qui, à moyen terme, peut même générer des économies.

Dans de nombreux cas, une connaissance minimale des exigences urbanistiques sera également nécessaire. Si le projet consiste à transformer des locaux non habitables (grange, combles, annexes,…) ou à percer de nouvelles ouvertures (portes, fenêtres), refaire une façade, agrandir un volume… il sera utile de s’interroger sur l’obligation en matière d’urbanisme afin de vérifier la faisabilité du projet et de connaître les démarches à suivre.

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Les anciens bâtiments, par exemple, étaient souvent construits avec les matériaux disponibles localement. Les restaurer avec ce même esprit de proximité, en ajoutant un zeste de technologie environnementale, permettra d’établir un compromis harmonieux entre tradition architecturale et innovation pour un plus grand confort et un meilleur respect de l’environnement.

L’éco-bio-rénovation permet d’économiser la partie «gros œuvre» et évite ainsi l’utilisation de beaucoup de matière, d’énergie et d’eau. De ce point de vue, c’est une bonne solution environnementale. Les matériaux mis en œuvre pour une opération d’éco-bioréhabilitation sont essentiellement des matériaux dits de second œuvre : isolation, cloisons, portes, fenêtres, carrelages, sol, électricité, appareils sanitaires et de chauffage, tuiles, enduits de façade… Avant de dresser la liste des fournitures à prévoir, une attention particulière sera donnée à la récupération


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Ecohabitat

des matériaux existants et à la façon de leur donner une éventuelle deuxième vie. Les matériaux non récupérés seront triés avec soin et acheminés vers un parc à conteneurs et autres filières de recyclage. Une liste des besoins en matériaux pourra ensuite être dressée pour comparer leur provenance, leur coût et leur durabilité. En éco-bio-rénovation, les palmes d’or reviennent aux isolations d’origine végétale, comme la ouate de cellulose, la fibre de bois, le liège, le chanvre, le lin, le coton et la paille.

Energie & isolation

L’optimisation thermique de l’habitat passe inévitablement par une étude de la meilleure isolation possible. En écobio-rénovation, elle pourra se faire par l’extérieur et/ou par l’intérieur. Souvent, les meilleures solutions seront hybrides et associeront plusieurs matériaux et techniques. Une attention particulière sera donnée à l’isolation des «ouvertures» : portes et fenêtres, surtout celles exposées au nord. Du double, voire du triple vitrage, des portes super-isolées, voire passives, associés à une bonne étanchéité à l’air compléteront adéquatement l’isolation thermique de l’enveloppe du bâtiment.

Gestion de l’eau Dans le cas d’une rénovation partielle d’un bâtiment (un seul appartement, par exemple), les possibilités d’évacuation sont souvent réduites et il est parfois inévitable de se brancher sur une descente d’eau pluviale… Il arrive aussi que les très anciennes bâtisses possèdent des réseaux d’évacuation où les eaux pluviales sont mêlées aux eaux usées, voire aux eaux-vannes des WC ! Dans ce cas, et lorsque c’est possible, il faut tout mettre en œuvre pour l’éviter ; l’eau étant une ressource très importante qu’il faut apprendre à économiser et à récupérer : eau de pluie, appareillage économe, toilettes dites «sèches» ou à litière bio-maîtrisées,…

Eco-bio-finitions Le poste «finitions» devrait idéalement être inclus dans le budget dès le départ. Il est fréquent que la quasi totalité du budget passe «dans les murs», mais que ceux-ci restent «bruts» un certain temps faute d’avoir prévu un poste «aléas» ou anticipé le décalage de la venue des primes… Quoi qu’il en soit, aux côtés des enduits de finition à la chaux, à l’argile ou à la terre crue, des plâtres pigmentés, des badigeons et autres peintures naturelles proposés dans les commerces spécialisés, il existe aussi d’excellentes recettes ancestrales pour réaliser soimême, à faible coût, des primers d’accrochage, des fixateurs, des colles naturelles, des enduits minéraux-végétaux, des enduits isolants, des peintures à l’argile ou à la caséine et autres «terredelakt»… certains livres & forums regorgent d’idées créatives 100% naturelles ! Finalement, qu’est-ce qui est réellement important lorsque l’on envisage une éco-bio-rénovation ? Décider d’installer un chauffe-eau solaire ? Opter pour une sur-isolation ou une chaudière au bois ? Ce qui a le plus d’importance, c’est le sens que nous donnons aux choses, à nos choix et à nos actes. Nous faisons ces choix dans l’espoir de contribuer à un monde meilleur… et quelle satisfaction !

primEs à La rénoVation il existe de nombreuses primes et interventions financières pour la rénovation d'une habitation. Ces primes illustrent la volonté de l'état de permettre à un maximum de personnes et de familles d'acquérir et/ou d'améliorer leur propre habitation. Elles varient considérablement d'une région à l'autre. il existe, en outre, des interventions au niveau des provinces, des communes et de gestionnaires de réseaux. pour bénéficier du droit à une prime, il faut le plus souvent satisfaire à quelques conditions. Celles-ci concernent votre revenu imposable, votre revenu cadastral, l'utilisation de l'habitation et la nature des travaux. retrouvez toutes les infos utiles sur http://energie.wallonie.be (région wallonne) et sur www.logement.irisnet.be (région bruxelles-Capitale).

Références : «La maison des négawatt», de T. Salomon & S. Bedel «Rénovation basse consommation», de R. Dutrey et «La rénovation écologique», de P. Lévy, chez Terre Vivante «20 projets de rénovations écologiques», d’Yves Connan chez Ouest-France. 24_ Les CarnEts

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© diamant24 - Fotolia.com

Evidemment, avant même d’envisager de nouvelles solutions énergétiques, il faut augmenter l’énergie… que nous ne produisons pas ! C’est la démarche «négawatt». Ce néologisme, né en 1999 de l’imagination des auteurs du livre «La maison des négawatt» (voir références), représente l’énergie que nous pouvons économiser sans modifier notre niveau de vie. La démarche «négawatt» concerne à la fois la sobriété énergétique, qui consiste à réduire les gaspillages, et l’efficacité énergétique, qui vise à diminuer la consommation énergétique pour apporter un même service.

Si ces démarches sont bien intégrées, nous pouvons nous passer des énergies fossiles et utiliser seulement les énergies renouvelables : chauffage au bois, chauffe-eau solaire, pompe à chaleur à eau, à air ou géothermique (qui en raison de la source d’alimentation peut, sous certaines conditions, être assimilée à une énergie renouvelable), co-génération, poêle-bouilleur à bois ou chaudière-hydro (production de chaleur et d’eau chaude sanitaire + chauffage central).


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Tourismevert

La résErVE d’animaux sauVagEs,

acteur de la biodiversité

des bisons partent vers la roumanie et des chevaux de przewalski vers la mongolie. mais que se passe-t-il à han-sur-Lesse ?

La Réserve, un petit bout de paradis Han-sur-Lesse, petit village de caractère aux portes de l’Ardenne, doit sa notoriété à la célèbre Grotte de Han, véritable trésor géologique qui s’est creusé dans la Calestienne, une bande de roches calcaires traversant la Belgique d’Est en Ouest. Surplombant ce site naturel exceptionnel se trouve une Réserve d’Animaux Sauvages qui s'étend sur un parc de 250 hectares de pure nature. Consciente de la valeur inestimable du territoire naturel et sauvage qui environne et surplombe la Grotte, la Société des Grottes décida en 1970 de créer une Réserve, accessible au public, afin de protéger ce patrimoine naturel exceptionnel resté jusque-là à l’abri de toute destruction humaine. Véritable écrin de la grotte, la Réserve est composée d’une partie haute qui s’étend sur le massif surplombant la Grotte et d’une partie basse qui recouvre les plaines de la Chavée, ancienne vallée sèche de la Lesse. C’est donc une grande

diversité de paysages naturels qui s’offre au regard du visiteur ! Outre une flore tout à fait particulière, c’est environ 500 animaux, vivant ou ayant vécu autrefois dans nos régions, que l’on peut approcher et admirer dans la Réserve d’Animaux Sauvages: cerfs, daims, sangliers, mouflons, marmottes,… mais aussi les trois grands prédateurs de nos régions : le loup, le lynx et l’ours. Des espèces rares telles que le bison d’Europe et le cheval de Przewalski ou des espèces reconstituées telles que le tarpan et l’aurochs peuplent également la Réserve. Tous ces animaux évoluent dans leur environnement naturel, ce qui rend la Réserve unique en son genre. Depuis son ouverture, la Réserve d’Animaux Sauvages est devenue une des composantes principales du complexe touristique de Han et son succès ne cesse de se confirmer, atteignant près de 200.000 visiteurs par an.

réintroduction de bisons en roumanie Le mois passé, deux bisons d’Europe provenant du domaine des grottes de han ont été réintroduits dans les Carpates en roumanie. Ceux-ci ont rejoint un troupeau de 20 têtes, faisant de cette opération, en partenariat avec le World Wildlife Fund (WWF) et rewilding Europe, la plus grande réintroduction en liberté de bisons d’Europe. outre la conservation de l’espèce même (il ne reste aujourd’hui plus que 3000 bisons d’Europe 26_ Les CarnEts

dans le monde), cette opération favorisera également l’économie locale de la région. de nouveaux métiers liés à une activité touristique autour des bisons et de la nature verront en effet le jour. Enfin, le mode de vie, de déplacement et d’alimentation de l’animal permettra également l’amélioration et la diversification du milieu naturel dans lequel il s’est implanté. une démarche bénéfique à tous niveaux !


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Sa politique de biodiversité Aujourd’hui, hormis son caractère touristique, la Réserve d’Animaux Sauvages poursuit trois objectifs. Elle poursuit un objectif de sensibilisation et d’éducation du public sur l’importance de la préservation de la nature et des animaux sauvages vivant dans nos régions ainsi que leur rôle dans nos écosystèmes. La Réserve poursuit également un objectif de préservation de la nature et des animaux. En effet, elle fut créée dans le but de sauvegarder les paysages naturels exceptionnels qui environnent la Grotte. Depuis peu, la Réserve est membre du ‘Réseau Nature’ de Natagora et s’engage à une gestion écologique du territoire : non-utilisation de pesticides chimiques, valorisation d’espèces indigènes, etc. Par ailleurs, la Réserve a pour objectif la préservation d’espèces menacées de disparition telles que le bison d’Europe et le cheval de Przewalski et d’espèces reconstituées telles que l’aurochs et le tarpan. Ces actions de préservation sont menées dans le cadre de sa participation aux programmes EEP (European Endangered species Programme) qui ont

pour objectif le renforcement des populations d’espèces menacées. Enfin, la Réserve poursuit un objectif de réintroduction. Depuis plus de 10 ans, elle s’inscrit dans divers programme de réintroduction de grands herbivores en toute liberté dans leurs milieux naturels. Ainsi, une jument de Przewalski a été transférée en Tchéquie, où elle séjourne provisoirement en préparation de sa réintroduction dans le désert de Gobi en Mongolie, deux chevaux tarpans ont été transférés au National Park Kemeri, d'une superficie de plus de 38.000 hectares, plusieurs transferts de bisons d’Europe ont eu lieu vers l’Allemagne, l’Ecosse et l’Espagne. Le dernier transfert en date concerne deux bisons d’Europe qui ont été réintroduits le mois dernier dans les Carpates en Roumanie (voir encadré). À travers ces trois missions, la Réserve d’Animaux Sauvages est donc bien plus qu’un simple parc animalier. Elle participe activement à la biodiversité européenne et représente ainsi un immense intérêt écologique.

domaine des grottes de han. www.grotte-de-han.be 5580 Han-sur-Lesse – Autoroute E411, sortie 23 - Tél. 084/37.72.13

nouveau : la réserve se visite à pied!

Un paysage magnifique, des points de vue d’exception, la proximité des animaux les plus divers, bref, un sentier pédestre rempli de découvertes, à parcourir en famille !

depuis son ouverture, la réserve d’animaux sauvages de 250 hectares de pure nature se visite en safari-car. dès juillet de cette année, la réserve s’ouvre en grand: un sentier pédestre de 2 à 5 km permettra à ceux qui le souhaitent d’en visiter la totalité ou une partie à pied. grâce à ce sentier, la réserve veut offrir au visiteur une expérience encore plus spectaculaire de la nature et des animaux, lui permettre de flâner à sa guise en jouissant de paysages naturels exceptionnels, et d’observer en toute liberté les animaux évoluer dans leur environnement naturel. En cours de route, les visiteurs rencontreront des guides-nature et assisteront à des nourrissages et animations autour de différents animaux. ils profiteront également des panneaux didactiques, points d’observation, tables de pique-nique et zones récréatives qui installés sur le sentier.

une expérience multi-sensorielle unique à vivre avec petits et grands amoureux de la nature !


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Tourismevert

plage, rando, vélo, bien-être, patrimoine et terroir… En provence, Côte d’azur, dans le Languedoc roussillon, à l’ouest pour profiter de l’océan atlantique, en bretagne ou normandie, mais aussi à la campagne, les nombreux lieux de villégiature mmv sont respectueux de la nature.

La mEr ou La montagnE En VaCanCEs,

mmv, le spécialiste de la France ! Vers un tourisme responsable. Parce que la fragilité des ressources naturelles nécessite des mesures de protection et de prévention dans l’activité touristique, mmv œuvre pour un tourisme respectueux de l’environnement et agit pour limiter au maximum l’impact de son activité sur l’environnement. Une démarche validée et labellisée en accord avec l’Ecolabel européen.

Coups dE Cœur mmV Côté Mer Méditerranée A Mandelieu, près de Cannes, La Résidence Club**** mmv Resort & Spa. Nichée dans un havre de paix au cœur d’un parc paysager de 7 hectares totalement piétonnier. Aménagée d’élégantes bastides de style provençal disposées autour d’un lac privé, c’est un lieu idyllique et mythique avec tous les aménagements sportifs possibles : piscine chauffée de 600m2, terrains de tennis, de pétanque, Ô Pure Spa ® terrain multisports. Le tout à 900m de la plage et au cœur d’une région superbe. Ce splendide ensemble est le point de départ d’une région magnifique qui met à moins d’une heure toutes les perles mythiques de la Côte d’Azur : le charme de Cannes, les îles de Lérins à 20 minutes au large, le Festival International d’Art Pyrotechnique en juillet & août, Marineland à Antibes, les verreries de Biot et les parfumeries de Grasse, les lieux de grande beauté sont partout et le calme de Mandelieu apaisant. Les beautés de Nice sont proches pour une journée de découvertes.

(A partir de 490€/semaine/ en location d’un studio de 2 personnes, dès le 3 mars 2014)

Côté Atlantique A Bayonne-Ondres, près de Biarritz, La Résidence Club mmv l’Allée des dunes, entre les Landes, la côte basque et l’Espagne toute proche. Un endroit magique, perdu au calme et la fraicheur agréable des bois, à moins de 5 minutes de la

6 établissements mmv bénéficient du label et contribuent activement : • à l’utilisation des sources d’énergie verte pour les établissements labélisés et pour le siège mmv afin de réduire ses émissions de CO2 • aux économies d’eau et d’énergie : 22 millions de litres économisés en une année grâce à des économiseurs d’eau sur tous les robinets, soit l’équivalent de 11 piscines olympiques ! • à la réduction de la production de déchets • à l’amélioration de l’environnement local. (l’Hôtel Club mmv Les Mélèzes à Arc 2000, les Résidences Club*** L’Etoile des Cimes à Sainte Foy Tarantaise, Le Centaure à Belle-Plagne, Le Hameau des Airelles à Montgenèvre, CannesMandelieu et La Rochelle)

plage, à perdre de vue. Point de départ idéal pour profiter à la fois des plaisirs de la plage, du confort et de l’aménagement complet de la Résidence. Chaque logement est parfaitement orienté et intégré pour assurer une tranquillité garantie dans à un ensemble esthétiquement réussi. L’animation est présente, si vous le souhaitez, autour d’une grande piscine avec pataugeoire pour le confort des petits. Deux courts de tennis en libre accès, un MiniClub pour les enfants dès 4 ans, des locations de vélos pour des balades géniales dans des pistes confortables aménagées dans le calme des bois environnants. A ne pas manquer : les fêtes de Bayonne du 23 au 29 juillet, la cathédrale impressionnante Sainte-Marie et le musée basque à Bayonne, l’indescriptible charme de Biarritz et les envolées vers les ports du Pays basque tout proche. Le lieu idéal pour déconnecter totalement dans un paysage d’enchantements.

(A partir de 273€/semaine en appartement)

Côté Montagne En Haute-Savoie, en lisière de Saint-Gervais ; l’Hôtel Club mmv Le Monte Bianco, sous le regard du Mont Blanc. Pour se lancer dans d’inoubliables randonnées accompagnées par des professionnels de la montagne, vers un Massif du Mont-Blanc qui offre toutes les ressources possibles de la beauté paisible en pleine nature, avec des coups d’œil à couper le souffle aux sports les plus extrêmes faits de parapentes, de rafting ou de canyoning ? La ville, toute proche, offre ses balades

LE biEn-êtrE Eau au bord dE L’ Pour bénéficier d’instants de détente, des spas, jacuzzis, massages et soins esthétiques personnalisés en partenariat avec la ligne cométique pure attitude® by Les Fermes de marie, les Hôtels Club mmv de Serre Chevalier, Plagne, Montalbert et Saint-Gervais offrent un espace Bien-Être à découvrir. Pour l’été, six des Résidences Club mmv sont équipées d’un Ôpure®spa dans les Résidences Club proches de la mer (Valence, Pont du Gard, CannesMandelieu, Fayence) ou en montagne (Montgenèvre, Sainte-Foy Tarentaise et Belle Plagne).

agréables, ses thermes reposants et le dépaysement confortable de l’un des trois derniers trains à crémaillère de France ! L’Hôtel Club propose 84 chambres de 2 à 5 lits, dont certaines sont des suites familiales. Deux immenses terrasses solarium, un restaurant avec vue panoramique, une piscine couverte, un espace bien-être, bref de quoi séduire les plus difficiles. A ne pas manquer, le Cosmo Jazz Festival de Chamonix en Juillet.

(A partir de 357€/semaine par personne en pension complète).


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Mobilitéverte

bmW i3 Récemment élue ‘Clean City Car’ à Zolder et auréolée du titre de ‘Voiture Familiale Citadine Electrique 2013’, la BMW i3 est un modèle du genre et les matériaux utilisés sont à l’image de la recherche verte. Quatre places, 170 chevaux, 130 km d’autonomie, le bât blesse sur ce dernier point, mais la rengaine est la même pour toutes les 100 % électriques actuelles.

Le pEtit hommE VErt est terrien Christian LahayE

Vous avez dit mobilité verte ? il y a quelques années encore, cette seule association entre l’écologie naissante et la liberté de conduire partout et tout le temps suscitait une réaction de type politique. d’un côté, il y avait la race des seigneurs et de l’autre, les bobos au guidon de vélos colorés et à la chevelure fleurie.

M

ais, en peu de temps, la crise a engendré le pragmatisme et l’éco-réalisme est devenu l’objectif des scientifiques de ce siècle. N’empêche, on n’a jamais perdu autant d’heures à l’arrêt sur nos autoroutes tout en ingurgitant bien des polluants. Alors que sera-ce en 2045 lorsque le parc automobile mondial aura augmenté de 80 % ? Energies alternatives, aérodynamisme et fluidité sont au centre de tous les débats.

Energies alternatives Les véhicules, bénéficiant d’une recherche globale sur des carburants alternatifs, qu’ils soient électriques, fossiles, biologiques ou totalement innovants, devraient permettre d’envisager un avenir plus sûr pour la planète. Parmi les vraies nouveautés, le Thorium (8 grammes permettraient de parcourir près de 500 000 km !) est encore un cas très théorique. Et si on ajoute qu’il s’agit d’énergie nucléaire, on n’a pas fini d’en parler. Les études ne se limitent pas à la route. Dans les airs, les ailes recourbées des avions diminuent la traînée et donc la consommation de kérosène. Les matériaux composites plus légers et moins polluants sont également à l’ordre du jour. Il est intéressant de noter que ces

deux innovations ont été testées en Formule 1, véritable laboratoire roulant. La première a atteint son objectif (accroissement de la vitesse) mais a été abandonnée parce que les voitures étaient devenues trop rapides, donc trop dangereuses ! La seconde est toujours d’actualité et diminue le poids, l’ennemi de la performance.

Le trafic, cette plaie Le grand nettoyage vert a aussi pour objectif de diminuer le trafic routier au profit du transport par train et par bateau. Si les premières voitures hybrides ont rejoint sur la route les véhicules au gaz, la mobilité pure n’en est pas facilitée pour autant. Mais des initiatives existent. Interdire l’entrée des villes aux véhicules privés. Les admettre un jour sur deux en fonction du dernier chiffre de la plaque minéralogique. Faire payer cher et vilain l’accès intra muros. Toutes ces solutions se heurtent à deux écueils : les riches se débrouilleront pour avoir deux immatriculations et pour payer ce qu’il faut. Les personnes pour lesquelles la voiture est un outil indispensable seront pénalisées par rapport aux autres. Parmi les initiatives récentes, ALD Automotive et Mobispot développent un réseau de bureaux pour les travailleurs itinérants pris notamment dans les bouchons. Toujours chez ALD, l’offre Newmobility mêle leasing automobile et voyages en train tout comme le leasing d’une voiture peut être combiné avec celui d’un vélo ou d’une moto. On évoquera aussi le co-voiturage et ses parkings répartis près des autoroutes ou Autopia-Taxistop, un système de partage de voiture entre particuliers, bien établi en Flandre depuis 10 ans. A noter enfin les locations de vélos dans les grandes villes et de vélos pliants ou électriques mis à la disposition des usagers par les TEC, la STIB ainsi que la SNCB. Différents sys-

nissan Leaf La Nissan Leaf existe en quatre déclinaisons. La Leaf de base, la plus ancienne de la gamme, a atteint le record de 54 000 exemplaires vendus et a cumulé les honneurs. Il y a la New Leaf, plus spacieuse et plus autonome que sa devancière. Le département compétition de sport de Nissan a créé la Leaf Nismo, 109 cv, 280 Nm, 150 km/h ; en course, elle a une autonomie de 20 minutes. Le fourgon e-NV200 complète la gamme. En prévision, un taxi et une berline compacte 100 % électriques. Nissan est à l’attaque.

tèmes existent depuis de nombreuses années chez nos voisins : le Vélib à Paris, la protection des usagers faibles aux Pays-Bas, la location de voitures entre particuliers français ou le transport de voyageurs entre l’aéroport de Stuttgart et les 11 hôtels de luxe de la ville à bord de Porsche Panamera S-E Hybrid. Pas de doute, l’esprit vert traverse l’Europe ! Les Etats-Unis, toujours à la pointe de l’innovation, s’intéressent désormais au garage vert. En utilisant le photovoltaïque pour les showroom, en recyclant les huiles nettoyées pour chauffer, en créant avec les pneus usagés des espaces d’accueil et des rangements, en évitant d’imprimer factures et documents, envoyés par mails, l’impact est immédiat. Maintenant, que l’on ne s’y méprenne pas : sans la conjonction de bien des découvertes, point de salut. La révolution est en marche.

VW Pour les 40 ans de la Golf, une version 100 % électrique s’ajoute au choix de quatre énergies: essence, diesel, hybride et gaz. VW est la seule marque qui joue sur les 5 tableaux. L’e-Golf est annoncée avec une autonomie de 190 km et devrait limiter les frais à 3,30 € les 100 km. Plus petite, l’e-Up de 82 cv avalera 160 km sans sourciller et vous coûtera au rechargement 3,02€ les 100 km.


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Citroën.

Pas de moteur électrique chez Citroën, mais une recherche pointue contre les émissions de CO² a été appliquée à la DS5 et à la C4 Cactus. Un module positionné en amont du filtre à particules permet de transformer 90 % des rejets en eau et en azote. Autre mission, la réduction de manière drastique des émissions de particules fines dans l’atmosphère.

Mobilitéverte

Le défi automobile est éCoLogiQuE sans être exhaustifs, nous avons tenu à vous présenter quelques éléments de la production automobile dite verte.

Fiat La gamme la plus large du marché en CNG, c’est ici ! Elle se compose de huit modèles Fiat et d'une Lancia. La petite dernière, la 500 CNG, a une autonomie de 1000 km et ne dégage que 86 g de CO². Les véhicules roulant au CNG peuvent emprunter les parkings souterrains a contrario de ceux qui utilisent le LPG. Le réseau de pompes CNG est en pleine expansion.

hyundai Premier constructeur à avoir obtenu une autorisation européenne pour un véhicule à pile combustible, Hyundai a entamé la commercialisation de son IX 35 Cell. La pile du moteur électrique produit de l’énergie grâce à l’hydrogène contenu dans un réservoir. Même par moins 20°, cette Hyundai de 136 cv démarre et, hors vapeur d’eau, ne rejette aucune substance dans l’atmosphère. Colruyt et DATS sont les partenaires de l’importateur coréen.

mercedes La Mercedes S 500 Plug in Hybrid est une vraie référence dans le domaine du luxe automobile. Rejoignant la S 400 Hybrid et la S 300 blueTEC Hybrid, elle bénéficie d’une nouvelle batterie lithium-ion rechargeable via un câble externe. Puissante avec une vitesse de pointe de 250 km/h, elle offre trois choix de conduite : e-Mode (full électrique), e-Save (s’adapte à votre conduite) et mode Charge (la batterie se régénère en roulant).

mitsubishi Pour les 40 ans de la présence de la marque en Europe, Mitsubishi complète la gamme Outlander avec une version hybride dénommée PHEV. En fonction de votre vitesse, l’Outlander choisira votre mode de propulsion : moteurs électriques (il y en a deux) ou version hybride. Tant que ce sera possible, pour autant que vous ne dépassiez pas les 120 km/h, vous roulerez à l’électricité. Ensuite, l’hybride parallèle prendra le relais. 32_ Les CarnEts


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Mobilitéverte

opel L’Ampera offre une autonomie de 80 km en mode 100 % électrique et de 500 km en version hybride. C’est le moment de profiter des promotions. De son côté, le Zafira Tourer est proposé en version CNG. Avec ses 530 km d’autonomie et 150 cv, il offre en outre la possibilité d’utiliser du CNG, du LPG et un mélange des deux.

porsche La 918 Spyder et la Panamera S-E Hybrid sont les deux modèles Porsche choisis pour bénéficier d’une technologie hybride. La 918 Spyder est la première hybride sans compromis. Cette voiture de prestige offre 800 cv en ne consommant, aux dires du constructeur, que 3 litres aux 100. La Panamera S-E Hybrid complète une gamme déjà forte de 9 modèles. Encore plus sportive, avec ses 416 cv, elle ne dégage que 71 g de CO².

renault La Zoé, c’est zéro émission, la « zénitude » absolue pour une berline compacte. Une pompe à chaleur permet de ne pas perdre de puissance ni d’autonomie lorsque le froid envahit l’habitacle. La Zoé est le modèle phare de Renault. La marque (Kangoo ZE, Twizzy et Zoé) a vendu plus de 30 000 véhicules verts depuis 2011. Biplace surprenante, la populaire Twizzy se gare dans un trou de souris.

seat La Seat Leon TGI a un réservoir d’essence de 50 litres doublé d’un réservoir de CNG de 15 kg disposé sous le coffre. L’autonomie combinée est de 1300 km. Le gaz évite le rejet de 95 % des particules fines et le prix à la pompe est de 30 % moins cher. On ne trouve pas du gaz partout mais avec 50 litres d’essence, le risque de panne sèche est limité.

skoda La sixième variante de l’Octavia est une hybride essence-CNG, destinée exclusivement à l’Europe. Economique à l’usage, cette hybride sélectionne elle-même le mode d’énergie le plus approprié et le signale au tableau de bord. D’autres modèles bénéficient d’une version Greenline dont le CO² est bien maîtrisé.

Volvo

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La Volvo V60 Plug in Hybrid a fait un tabac en Europe (8000 exemplaires vendus dont 450 en Belgique). Elle est la première hybride combinant électricité et diesel. Elle propose trois modes de conduite: Pure soit 100 % électrique (50 km d’autonomie), Hybride (900 km) ou Power (100 % Diesel). Une version R-Design titille les amateurs de sportives.


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Ernergieverte

Vers plus de sobriété Laurent soille

Compte tenu de ses majestueuses proportions et de notre petitesse, il est difficile d’imaginer une limite à ce que notre planète peut nous offrir. Et pourtant, limite il y a. Le choix de la sobriété semble donc une solution pleine de sagesse...

O

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Il n’aura fallu que quelques millénaires à l’Homme pour rompre un équilibre subtilement élaboré par plus de 4 milliards d’années d’évolution de la Terre. Le prix à payer est lourd, mais, comme l’exprime le photographe-journaliste français Yann Arthus-Bertrand : «il est trop tard pour être pessimiste !» © Martine Affre Eisenlohr - Fotolia.com

n n’évoquera plus les chiffres détaillés liés à l’empreinte-carbone, ni le nombre virtuel de planètes supplémentaires nécessaires à la survie de l’espèce humaine, mais on soulignera l’urgence de la situation. Car il est temps. Il est même grand temps, puisque si nous nous accrochons à notre modèle de société et que nous le généralisons, c’est le dépôt de bilan planétaire assuré! Partout, les pays dits «émergeants», qui semblent aveuglés par les mirages d’une promesse d’oasis rutilante, veulent à tout prix vivre à la mode occidentale moderne. Oui, mais quel est le coût de ce «à tout prix» ? Où va-t-on trouver les ressources nécessaires et non renouvelables sur une Terre qui montre déjà ses limites ? Pour donner quelques exemples éloquents, la fin du métal argent sera atteinte en 2021, l’antimoine en 2022, le palladium et l’indium en 2023-2024, l’or et le zinc en 2025, le plomb en 2030, le cuivre et le tantale entre 2028 et 2039, le pétrole, l’uranium et le nickel entre 2040 et 2064, le gaz naturel en 2072,…

Trop tard pour être pessimiste

Imaginez plusieurs milliards d’êtres humains (la Chine et l’Inde totalisent déjà, à eux seuls, plus de 1,63 milliard d’habitants !) se mettre à suivre l’exemple occidental… Où trouver les ressources pour que tout le monde possède son frigo, sa machine à laver, sa télévision, son Internet et sa voiture ? Non seulement, ce n’est pas souhaitable, mais c’est surtout mathématiquement impossible et totalement irréaliste.

Alors que nous vivons dans des sociétés qui débordent de tout, de mille et une fausses richesses, les individus qui les constituent consomment aussi le plus grand nombre d’anxiolytiques au monde pour tenter de réparer les dégâts générés par, ce que l’on pourrait appeler, la ‘société de la matière’.

D’après de nombreux experts, il resterait à peine dix ans à l’humanité pour inverser la tendance, prendre conscience de notre exploitation démesurée des richesses de la Terre et changer notre mode de consommation.

Vers un autre modèle Sans plus attendre, il y a donc à repenser nos modèles sociétaux sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant, à l’image du fonctionnement même des modèles présents dans la nature. Cette ré-orientation passera tôt ou tard par une nouvelle dynamique de fonctionnement peu énergivore, donc plus sobre, et conviviale, dans le sens de recréer des liens joyeux et vivants entre les individus. L’adage «moins de biens, plus de liens» correspond donc bien à l’issue espérée du chapitre, pour le moins décisif, du grand roman de l’histoire humaine contemporaine.


© D.R.

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Evidemment, tout éco-citoyen digne de ce nom devra se re-familiariser quelque peu avec cette notion de sobriété et ré-apprivoiser le sens de la modération, voire de la retenue, ce qui sous-entend une forme d’éveil de conscience vis-à-vis de ses compulsions à consommer et à posséder toujours plus, tout en développant la maîtrise de ces dernières.

De plus en plus à vouloir moins Le nombre d’individus qui cessent de se laisser déborder par une vie qui ne leur convient plus est en pleine croissance. Ils tentent de rebâtir une nouvelle société basée sur des valeurs vivantes. On y retrouve des écologistes, des acteurs du mouvement des «villes et initiatives de transition», des tenants du «slow food» et du «slow life» ou encore des activistes de la solidarité Nord-Sud, des gens simples et des érudits, les déçus de l’action politique… et bien d’autres. Partout dans le monde, la conscience de dizaines de millions de citoyens s’éveille et modifie leur façon de vivre. Les formes que leurs initiatives prennent sont encore diffuses, mais la dynamique souterraine est puissante !

nouvelle révolution énergétique ? dans un nouvel essai, Jeremy rifkin, le célèbre prospectiviste américain, pose le paradigme de l’ère post-carbone, qui sera fondé sur les énergies renouvelables décentralisées et suscitera un modèle sociétal coopératif, par une nouvelle forme de conscience, empathique et globale. Le mérite de cet ouvrage, «La troisième révolution industrielle» (Editions Les Liens qui libèrent), est de mettre en lumière la portée des transformations en cours, déterminées par la fin du pétrole bon marché. selon l’auteur, cette nouvelle révolution sera arrimée sur 5 piliers : le passage aux énergies renouvelables ; la transformation du parc immobilier de tous les continents en ensemble de micro-centrales énergétiques qui collecteront localement des énergies renouvelables ; le déploiement de la technologie de l’hydrogène et d’autres techniques nouvelles pour stocker localement les énergies intermittentes ; l’utilisation d’un interréseau planétaire de partage de l’énergie fonctionnant comme internet; et le passage aux véhicules électriques ou à pile à combustible. a suivre…

Plutôt que nous démobiliser, les messages des crises successives peuvent, bien au contraire, éveiller en nous des forces créatives insoupçonnées pour que nous puissions construire un monde satisfaisant pour tous. Quelles que soient leurs traditions et leurs idéologies, tous les penseurs et les philosophes du monde s’accordent sur un point : le temps est venu de s’affranchir des réflexes boulimiques du «toujours plus», afin d’éloigner l’ombre de l’immense champ de ruines qui plane sur notre planète. De plus, cette option semble, à l’évidence, être un pas décisif vers l’indispensable solidarité entre les êtres humains et vers une véritable équité planétaire. On s’y met ?

Références : «Vers la sobriété heureuse», Pierre Rabhi chez Actes Sud «Prospérité sans croissance» de Tim Jackson aux Editions Etopia. Les CarnEts_ 37


Vélo voie verte

Escapadeverte

La FranCE En VéLo © Atout France / Jean Malburet

Une tonique mise au vert en famil e La dune du pilat

La Vélodyssée, 1400 km de bon air iodé saviez-vous que la Vélodyssée était la plus longue véloroute aménagée de France ? après un tronçon anglais de 159 km traversant le comté de devon, elle parcoure la bretagne et longe l’atlantique jusqu’à la Côte basque, avec pas moins de 80% d’itinéraires en voie verte (sans voiture). Elle sillonne au total 4 régions et 2 départements. Fléchée et sécurisée, cette véloroute tonique et sauvage vous invite à découvrir les charmes des territoires atlantiques en profitant des embruns. De la Bretagne à l’estuaire de la Loire, des marais vendéens à l’Aquitaine océane, la Vélodyssée vous garantit des paysages naturels magiques et d’une grande variété : canaux, landes, marais, dunes, forêts de pins, bocage, étangs…

une Vélo voie verte pour relier l’atlantique à la méditerranée La Vélo voie verte du Canal des deux mers est un ancien chemin de halage réaménagé qui permet de parcourir une distance de plus de 500 kilomètres en vélo et de relier la côte ouest, vers bordeaux, à la côte sud de sète. une partie de cet itinéraire cyclo-touristique traverse les plus beaux paysages du tarn-et-garonne. Une voie verte est une route exclusivement réservée à la circulation des piétons et des véhicules non motorisés (vélos, rollers, trottinettes…) : l’idéal pour des vacances paisibles en famille. L’une de ces voies longe le Canal des Deux Mers, composé du célèbre canal du Midi entre Toulouse et Sète et du canal de Garonne entre Toulouse et Bordeaux. Cet itinéraire permet, de manière très agréable et à son rythme, de découvrir ou de redécouvrir des sites prestigieux, des paysages de qualité du Sud-Ouest mais aussi d’accéder à des lieux un peu oubliés, aussi préservés que pittoresques… et de faire des rencontres avec les gens du pays. Le tarn-et-garonne au fil de l’eau La Voie verte qui longe le Canal de Garonne traverse la région Midi-Pyrénées, c’est-à-dire les départements de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne et relie deux Grands Sites labellisés : Toulouse et Moissac. Soit 72 kilomètres, un parcours accessible à tous. Dans le calme d’un trajet non motorisé, ce chemin permet d’alterner activité douce et découverte des sites touristiques, de faire des haltes dans de charmants villages et ports situés le long du canal. Montech fait découvrir sa pente d’eau ou ascenseur à bateaux unique au monde ; Valence d’Agen repose avec ses lavoirs et ses anciens abattoirs transformés en halte vélo… De quoi découvrir des hébergements de charme et de rencontrer les producteurs du terroir. La balade des vignobles du Frontonais permet de rencontrer les propriétaires de domaines vitivinicoles et leur vin !

>> Pour en savoir plus : www.canal-et-voie-verte.com

>> Pour en savoir plus : www.lavelodyssee.com

© CRT poitou-Charentes

La ‘Venise Verte’ à vélo, entre nature et traditions

marais poitevin en vélo

© ADT82

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Entre La rochelle et niort, dans le poitouCharentes, le marais poitevin séduit chaque année 850.000 visiteurs par son paysage de verdure, de terre et d’eau. Le site a retrouvé en mars 2014 son label ‘parc naturel régional’. sa partie orientale, faite de marais mouillés est plus connue sous l’appellation ‘Venise Verte’. 850 km d’itinéraires cyclables, dont 300 dans la partie ’grand site de France’, sont ouverts au public. Une signalétique et une série de 4 cartes permettent de se repérer facilement dans ce labyrinthe végétal.

Ces cartes regroupent l’ensemble des itinéraires balisés dans le Marais Poitevin et praticables par un public familial. Et pour ne pas trop se fatiguer, on peut louer une bicyclette électrique. Faune et flore, histoire et traditions du marais à bicyclette Plusieurs parcours sont à découvrir, comme l'itinéraire de 12 kilomètres de Coulon à Arçais, avec détour, 20 kilomètres en tout, par La Garette et Le Vanneau ou encore le tronçon de St Georges de Rex à Le Vanneau, soit 23 kilomètres.

>> Pour en savoir plus : Sur la région Poitou-Charentes : www.poitou-charentes-vacances.com Sur le Marais poitevin : www.emotion-marais-poitevin.fr


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