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Quand la biographe fait tomber le puissant patron de la CIA.

La démocratie citoyenne belge existe: la preuve par le G1000

Anderlecht champion d’automne, atomise Bruges.

Belgique P.8

Sports pp.22-24

AP

International pp.14-15

LUNDI 12 NOVEMBRE 2012 ­ www.lalibre.be

“Petit oiseau du ciel”, l’un des meilleurs Joyce C. Oates.

L’austérité sur le banc des accusés

BELGA

La contestation monte d’un cran en Europe contre les plans d’austérité. Dans plus de vingt pays, une journée d’action aura lieu mercredi. Les ouvriers de Ford Genk ont, eux, déjà donné de la voix. pp. 6-7, 20-21&Edito p.56 Quotidien européen – Belgique 1,20 € – France 2 € – Luxembourg 1,20 €

Tél.: 02/744.44.44

129e année – n° 317 H

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Planète

Un siècle plus tard, les cicatrices environnementales

Moissons de fer : un lourd héritage PA

l’Ouest de l’Europe, la Grande Guerre s’est concentrée le long d’une ligne de front de 700 km.

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millions d’obus y ont été tirés dont 30 à 40 % n’ont pas explosé. Certains sont toxiques… Enquête Isabelle Masson-Loodts

L

e travail d’évacuation des muni­ tions encore présentes sur les champs de bataille n’a pas cessé, depuis 1918. Chaque année, les servi­ ces de déminage belges (SEDEE) enlè­ vent 200 à 250 tonnes de munitions provenant des deux guerres mondia­ les. L’unité de Poelkapelle, située au cœur de l’ancienne zone de conflit, est deve­ nue experte dans la récupération et le traitement des obus toxiques. Le cen­ tre de démantèlement, entré en fonc­ tion en 2000, et muni d’outils d’identi­ fication (rayons X et spectrométrie gamma) et de démantèlement adaptés aux différents types d’obus pour res­ pecter à la fois la sécurité du personnel et les normes environnementales, est cité en exemple par nos voisins fran­ çais… “En France, chaque année, les services de déminage recueillent 500 à 800 tonnes de munitions anciennes”, explique Ro­ bin des Bois. L’association écologiste française a publié fin août 2012 son nouvel Inventaire des déchets de

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guerre découverts de début 2008 à fin 2011 dans les 7 régions du nord et de l’est de la France… Cette liste de 566 découvertes n’est pas exhaustive, mais Robin des Bois estime qu’elle “révèle l’insuffisance des moyens humains, fi­ nanciers et techniques disponibles” pour gérer cette problématique… “On fait ex­ ploser les munitions chimiques à ciel ouvert dans des fourneaux qui libèrent des substances toxiques dans l’atmos­ phère. Leurs retombées sur les sols et leurs impacts sur la faune et la flore ne sont pas recherchés ni pris en compte. Les muni­ tions qui ne sont pas déclenchées sont en­ treposées dans le camp militaire de Suip­ pes dans la Marne en attendant l’ouver­ ture d’une usine spécialisée, toujours retardée, et pourtant prescrite par la con­ vention sur la destruction des armes chi­ miques. Quant aux munitions explosives qui restent enfouies dans le sol, elles libè­ rent de plus en plus d’éléments polluants au fur et à mesure que l’enveloppe se dé­ grade sous l’effet de la corrosion.” Une publication réalisée en 2007 par les scientifiques allemands Johannes Preuss et Tobias Bausinger, de l’Univer­ sité Gutemberg de Mayence, a fait cou­ ler beaucoup d’encre en révélant que sur le site de “La Place à Gaz”, au nord­ est de Verdun, 200 000 obus chimi­ ques incinérés en 1928 ont pollué le sol de façon intense et durable. Les prélèvements effectués par les scientifiques dans la zone de 70 m de diamètre de terre noire et privée de toute végétation, ont révélé des taux très élevés d’arsenic, de plomb, et d’autres métaux lourds. Depuis lors, l’Office national des forêts a clôturé la zone et placé un panneau en interdi­ sant l’accès, mais il a fallu attendre le 3 septembre dernier pour qu’un arrêté

préfectoral interdise officiellement cet accès. Une demande de financement vient également d’être faite par la préfecture au niveau régional pour une étude d’Interprétation de l’état des milieux et une analyse des solutions de dépollu­ tion possibles pour aboutir à un plan de gestion. Difficile par contre de savoir si le personnel qui a occupé régulière­ ment une cabane de forestier sur le site a pu bénéficier d’un suivi de santé rap­ proché… “L’exposition chronique à l’arsenic est un facteur reconnu de risque de cancer”, souligne Tobias Bausinger, qui estime que le cas de La Place à Gaz n’est pas isolé. Le scientifique a ainsi pu analyser un site comparable dans la région d’Ypres, au c}ur d’un champ de maïs… En Belgique, un rapport sur la pollu­ tion des sols par les déchets de la Grande Guerre a été publié en 2009 par l’Université de Gand (UGent). “Nos ana­ lyses ont montré que la Première Guerre mondiale était sans doute responsable d’une augmentation régionale des con­ centrations en Cu, Zn et Pb, mais sans que l’on puisse considérer ces sols comme con­ taminés, car les seuils de concentration ne sont pas dépassés”, commente le profes­ seur Marc Van Meirvenne (UGent). Le phénomène est désormais reconnu, mais pas comme une menace pour la santé pu­ blique.” L’analyse ne fait pas mention d’arsenic, bien que le professeur Van Meirvenne ait eu des contacts avec Tobias Bausin­ ger et pris connaissance de son étude publiée en 2005 dans le Bulletin of En­ vironmental Contamination and Toxi­ cology. “Il n’est pas prévu pour le moment que l’on fasse de nouvelles études sur ce sujet”, conclut Marc Van Meirvenne.

Tant au ni­ veau fédéral qu’à l’éche­ lon régional, personne ne semble s’inquiéter des pollutions qui contaminent peut­être des denrées cultivées sur l’ancienne ligne de front.

U Mardi, découvrez le dernier volet de cette série : “La résilience écologique des champs de bataille”

Un dépôt P Une

zone de la mer du Nord est devenue un véritable dépotoir à munitions.

D

éversées en 1919 sur le banc de sable du Paardenmarkt, au large de Knokke­Heist, 35000 tonnes de munitions, dont un tiers probablement chargé de toxiques, ont sombré dans l’oubli en même temps que dans l’eau. En 1971, des travaux de dragage rap­ pelèrent la présence du dépôt d’obus dans cette zone d’1,5 km2 signalée sur les cartes maritimes par une interdic­ tion de pêche et d’ancrage. En 1998, la zone d’interdiction a été étendue à un pentagone de 3 km2. “Avec l’UGMM, une dizaine de services

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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FABIENNE LOODTS

de la Grande Guerre

Repères Quel fut l’impact environnemental de la Première Guerre mondiale, premier conflit à échelle industrielle de l’Histoire ? A-t-on hérité de ses bouleversements ? Comment la nature se relève-t-elle des ravages de la guerre ? Tel est le thème au cœur de “Paysages en bataille”, une enquête réalisée avec le soutien du Fonds pour le journalisme de la Communauté française que “La Libre” vous propose de découvrir en avant-première. Ce travail se poursuit sur : www.paysagesenbataille.be

marin encombrant universitaires, et le laboratoire de la dé­ fense (DLD), accrédité par l’Otan, on éva­ lue les risques liés à la dégradation des obus”, explique Robert Martens, en charge de ce dossier au sein du SPF Santé publique. A l’heure actuelle, se­ lon ces analyses, les taux de toxiques et métaux lourds dégagés seraient infi­ mes, dilués dans l’eau de la Mer du Nord, et la dégradation des obus s’éta­ lerait sur plusieurs centaines d’années. “Le monitoring a lieu chaque année, ce qui nous laisse le temps de réagir si on constate une augmentation. C’est un bon système d’alerte précoce”, estime de son côté Marijn Rabaut, expert au Cabinet du ministre fédéral de la Mer du Nord. L’ampleur des travaux envisagés pour résoudre le problème du Paarden­ markt ne pousse­t­elle pas les autorités à minimiser le risque ? La couverture du dépôt par une île a été évaluée à

405 millions d’euros (en 2002). L’éva­ cuation des obus et leur démantèle­ ment, sur base d’une estimation de “3000000 d’obus évacués à raison de 2000 par semaine, demanderaient 1500 semaines de travail, soit 30 années, sans compter que nous n’avons pas actuelle­ ment une capacité suffisante pour dé­ manteler ceux­ci”, commente Robert Martens. Reste la possibilité du capping (une couverture sous­marine) ou de la cons­ truction de digues autour du dépôt. “Les techniques changent vite. Comme on ne détecte rien pour l’instant, le mieux est d’attendre, tant qu’il ne se passe rien”, juge Mr Martens… Cette attente tient­elle compte des changements climatiques, ainsi que le suggérait un rapport du Renard Centre of Marine Geology publié en 2002 ? “Le réchauffement de la terre entraînera une

augmentation de la fréquence des tempêtes et, par­là même, du risque d’une catastrophe maritime. L’éléva­ tion du niveau des mers peut induire […] un danger croissant de pollution de la nappe aquifère dans la zone cô­ tière.” Le risque serait pris en compte par la Flandre dans ses étu­ des en prévention de la fameuse “tempête du millénaire”, prédite par les statistiques. Pour l’instant, du côté du Ministère de la Mer du Nord comme du SPF Santé publique, l’heure n’est pas à l’inquiétude. “Des études ont montré que le risque d’échouage sur le Paar­ denmarkt est quasi nul. La question climatique n’est pas d’actualité en ce moment, et les munitions sont encore couvertes par le sable”, conclut Ro­ bert Martens… I. M-L.

Zoom

Une guerre sans fin “Les obus qui affleurent dans le sol ne sont pas moins nombreux avec le temps”, constate un démineur du Service d’enlèvement et de destruction d’engins explosifs (SEDEE) de Poelkapelle. “Les plus gros se sont enfoncés à 5 ou 6 mètres de profondeur. Or non seulement ils ont tendance à remonter avec le temps, mais les machines utilisées pour travailler le sol vont de plus en plus en profondeur.” Le SEDEE reçoit environ 3 250 demandes d’enlèvement par an, un chiffre qui ne diminue pas. En ce jour d’octobre où nous avons suivi une équipe de démineurs, leur planning comprenait l’enlèvement de neuf obus de la Première Guerre mondiale, dont un peutêtre encore chargé, retrouvés dans une entreprise agroalimentaire de la région de Mouscron, au milieu d’un tas de pommes de terre. “C’est de la routine dans la région”, remarque un membre de l’équipe. “Et malheureusement, les gens qui vivent ici sont habitués à ça. Or cette habitude crée un risque…” Plus tard dans la journée, les démineurs ramasseront quatorze obus posés par un fermier sur le bord du chemin qui mène à sa petite ferme du Westhoek… Les démineurs ne peuvent venir les chercher tant qu’une demande officielle, introduite par la police locale, n’a pas été envoyée par la police à l’État-major de Meerdaal. Parfois, les hommes du SEDEE sont confrontés à une impossibilité juridique d’assainir des terrains : “A 100 mètres du dépôt de munitions de Dadizele, découvert en 2004 et dont les 70 tonnes de munitions ont depuis lors été démantelées, on sait qu’il reste 100 T de munitions, mais le propriétaire ne souhaite pas les faire enlever. Seul un juge pourrait exiger cela…”, confie l’un d’entre eux. D’autres dépôts sur des terrains privés posent le même type de problème.

I.M-L. lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Planète

Actualité l Pêche | Conservation

Le thon P Ce

n’est pas une raison pour le pêcher plus, pensent les scientifiques.

GIANLUCA SCERNI/FOTOLIA

B

Le lac Scanno affole les boussoles des plongeurs. Le mystère plane…

l Italie

Les mystères du lac en forme de cœur P Vu

du ciel, le lac de Scanno, situé dans la région des Abruzzes, présente la forme parfaite d’un cœur.

P Il

s’y passe des phénomènes bien mystérieux. Valérie Dupont Correspondante en Italie

C’

est survenu récemment, au cours des dernières journées “découverte” que nous organi­ sons avec notre association écologiste. À huit reprises sur la dizaine de plongées que nous avons effectuées dans le lac, les boussoles des plongeurs sont devenues folles. Une fois sous eau, l’aiguille n’indi­ quait plus le nord mais d’autres direc­ tions.” Enzo Gentile, pêcheur et écolo­ giste, une vie entière passée sur le lac de Scanno, raconte avec une certaine passion cette histoire incroyable. “Son” lac est en effet devenu source de mystères, au point que le grand quotidien italien “Il Corriere della Sera” en a parlé dans son édition na­ tionale. “Le phénomène s’est répété à plusieurs reprises et à diverses profon­ deurs. Pour éliminer le doute que cela puisse être causé par quelque chose de vraiment anormal, on a préféré faire ap­

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pel à une équipe de spécialistes venus de Rome. Les fonds du lac se trouvent en ef­ fet à plus de trente mètres et nous n’y voyons pas grand­chose sous l’eau.” La semaine dernière, deux scientifi­ ques de l’Institut national de géophy­ sique et vulcanologie (INGV) ont donc fait le déplacement pour évaluer la si­ tuation. “Ce qui nous intrigue, c’est que le niveau de l’eau du lac de Scanno a baissé de plus de six mètres en un an”, confirme Fabio Florindo, chercheur en géomagnétisme. Une diminution de l’eau qui est due à une certaine séche­ resse, mais peut­être également au fort tremblement de terre d’avril 2009 qui a favorisé l’infiltration de l’eau dans les profondeurs de la terre. “Nous sommes allés sur le lac avec des barques spécialement aménagées pour nos appareils de haute précision, des ma­ gnétomètres et un système GPS, notam­ ment pour réaliser une carte précise du site. Nous pouvons affirmer qu’à certains endroits, le signal magnétique change, peut­être à cause de certains objets fer­ reux qui reposent sur les fonds. Mais il y a un point précis où l’anomalie négative est très concentrée. Nous estimons que cet objet mesure au moins six mètres de long et est de forme ovale mais nous ne savons pas de quoi il s’agit”, confirme le chercheur. Dans cette région montagnarde, les rumeurs autour des phénomènes étranges ont déjà transformé le lac en

forme de cœur en nouveau Triangle des Bermudes italien. Pire encore, cer­ tains habitants se demandent en ébauchant un demi­sourire si un monstre du Loch Ness n’habite pas dans les eaux glacées de leur beau lac ! Un monstre qui ferait le nettoyage des fonds boueux car, ces derniers temps, plusieurs bombes lancées par l’armée britannique pendant la Se­ conde Guerre mondiale ont égale­ ment refait surface. “C’est peut­être l’explication aux anomalies magnéti­ ques”, explique le scientifique Fabio Florindo. “Ces bombes qui remontent à la surface pourraient provoquer un champ magnétique mais, pour en avoir le cœur net, nous devons faire d’autres recherches en utilisant notamment des scanners à haute résolution.” L’explication n’a pas encore con­ vaincu entièrement les habitants de la région qui se souviennent par exem­ ple de la tragédie (aux yeux des pê­ cheurs) d’octobre 2008, quand des centaines de poissons avaient péri dans les eaux limpides du lac sans vé­ ritable raison. Fin novembre, les experts de l’Insti­ tut de géophysique et les embarca­ tions des pêcheurs du coin repartiront sur le lac de Scanno pour tenter de dé­ couvrir les causes scientifiques de ces étranges phénomènes. Mais ce lieu magique, jusqu’ici considéré comme le lac des romantiques, s’appelle dé­ sormais le lac mystérieux.

onne nouvelle : le thon rouge se porte mieux. Sa population, dans l’Atlantique­Est et la Méditerra­ née, est même en augmentation, lais­ sant entrevoir une reconstitution des stocks avant 2022. C’est avec cette éva­ luation positive en toile de fond que s’ouvre lundi à Agadir la dix­huitième réunion extraordinaire de la Commis­ sion internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT). Les déboires du thon rouge ont com­ mencé au milieu des années 90 avec la croissance exponentielle de la demande japonaise – 80 % des prises sont con­ sommées dans l’archipel, notamment sous forme de sushi. “Entre 1997 et 2007, on pêchait environ 50 000 ton­ nes par an”, rappelle Jean­Marc Fromen­

l Birmanie

Les séismes se succèdent

T

rois séismes ont frappé le centre de la Birmanie dimanche et lundi. Le premier aurait fait treize morts et une quarantaine de blessés graves. La première secousse d’une magnitude de 6,8 s’est produite au lever du jour à une profondeur de 10 kilomètres, à 116 km au nord de Mandalay, deuxième ville du pays, a précisé l’Institut américain de géophysique (USGS). Elle a été suivie en fin de journée par une réplique de 5,8, un peu moins profonde, et identifiée cette fois à 86 km au nord­ouest de la cité industrielle. Un troisième tremble­ ment de terre, de magnitude 5,6, s’est alors produit lundi matin à une profon­ deur de 9 kilomètres, à 135 kilomètres au nord de Mandalay. Kyaw Kyaw Lwin, un des responsables de la Division d’information sur les séis­ mes de Naypyidaw, a indiqué dimanche que le premier séisme était le plus im­ portant dans la région depuis 1991. La Birmanie est frappée occasionnelle­ ment par des secousses telluriques. Se­ lon l’USGS, six séismes d’une magni­ tude 7 ou plus ont frappé la région en­ tre 1930 et 1956 le long de la fracture de Sagaing, qui parcourt le centre du pays du nord au sud. En mars 2011, une secousse de magnitude 6,8 dans l’Etat Shan, près de la frontière avec la Thaïlande et le Laos, avait tué 75 per­ sonnes. (AFP)

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Italie Venise inondée, évacuations en Toscane

rouge revit tin, chercheur à la station de l’Ifremer de Sète et membre du comité scientifi­ que de la Commission. Aussi, après dix bonnes années de surpêche, l’ICCAT a­t­ elle décidé de réagir drastiquement, en faisant en sorte d’épargner les poissons juvéniles et en réduisant les totaux ad­ missibles de captures à environ 13 000 tonnes. Ces mesures ont été accompa­ gnées du renforcement des contrôles, “qui ont été assez dissuasifs” : des navires militaires – français, espagnols et ita­ liens– ont été envoyés surveiller la prin­ cipale zone de pêche de gros poissons en Méditerranée, des documents de tra­ çabilité des thons ont été imposés et des contrôles ont été effectués à bord comme à terre. “Etant donné la triste his­ toire du thon rouge, nous sommes très con­ tents de la responsabilité dont ont fait preuve les Etats en suivant les recomman­ dations des scientifiques”, souligne Maria José Cornax, spécialiste de la pêche à l’ONG Oceana Europe. Les résultats s’avèrent aujourd’hui à la hauteur des attentes. “Les prises décla­

rées pour 2011 sont à moins de 10 000 tonnes”, indique le Dr Fromentin. “Cela signifie qu’on peut inverser la tendance, quand la volonté politique est là.” Les 48 membres de l’ICCAT – 47 Etats et l’Union européenne – ont une se­ maine pour fixer de nouveaux quotas, qui s’élevaient, pour 2011 et 2012, à 12 900 tonnes pour l’Atlantique­Est et la Méditerranée et à 1 750 tonnes pour le golfe de Mexique. Si le thon rouge re­ vit, le comité scientifique de l’ICCAT, auquel participe Jean­Marc Fromentin, ne recommande pas d’augmenter le vo­ lume des captures pour autant, mais de le maintenir durant trois ans encore. Car “nous n’avons pas beaucoup de recul” sur les chiffres, explique­t­il. “Toutes les analyses montrent que le stock remonte, mais nous ne pouvons pas encore évaluer la vitesse et l’amplitude de cette reconsti­ tution.” Le bras de fer entre les défenseurs du maintien de ces quotas et les partisans de leur augmentation, tels les pays du sud de la Méditerranée, promet cepen­

dant d’être disputé. Les Etats de l’Union se sont eux­mêmes montrés divisés. “L’Espagne est le leader du groupe qui, avec Malte, Chypre et le Portugal, a de­ mandé l’augmentation” des totaux ad­ missibles de captures, rapporte Maria José Cornax. “La surprise cette année a été que l’Italie et la France, qui traditionnelle­ ment demandent une augmentation irres­ ponsable du quota, suivent la recomman­ dation des scientifiques.” A la veille de l’ouverture de la réunion de l’ICCAT, les organisations de défense de l’environnement manifestent leurs craintes. Oceana redoute que l’ampleur de la discussion sur le thon ne nuise au sort du requin, tandis que le Pew Envi­ ronment Group s’inquiète de la pres­ sion de l’industrie et de la sous­évalua­ tion de la pêche illégale (lire ci­dessous). Mais le fait est qu’à ce jour, “personne n’est capable de donner des chiffres fia­ bles”, affirme le chercheur de l’Ifremer. Le phénomène se révélant “vraiment difficile à estimer”. Sabine Verhest

La vague de mauvais temps qui touche depuis samedi tout le nord de l’Italie a provoqué l’inondation d’une grande partie de Venise et l’évacuation d’environ 200 personnes en Toscane où des torrents ont débordé, ont annoncé dimanche les autorités locales. A Venise, les fortes précipitations et un vent du sud ont provoqué le phénomène “acqua alta” et 70 % de la ville était inondée dans la matinée, le niveau de la mer étant à une hauteur de 1,50 m au-dessus de son niveau normal. En milieu de journée, la mer avait commencé à redescendre, même si elle se trouvait encore à environ 1,40 m de hauteur, selon le Centre des marées de la cité des doges. En Toscane, environ 200 personnes ont été évacuées en raison des fortes pluies qui ont entraîné des inondations de maisons et des éboulements de terrains. La région la plus touchée est la province de Massa et Carrara, où est produit le marbre de Carrare. (AFP)

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Belgique Épinglé

Dexia, un puits sans fond ?

Budget

Il faut bien finir par

Débat dominical. Jusqu’à quand

i Elio Di Rupo espérait un budget pour la fin de ce week­end, c’est raté. Et si le Premier ministre comme ses collègues espèrent en finir dans les 48 heures, histoire de lancer des signes à la fois de responsabilité et d’espoir à l’opinion avant la mobilisa­ tion européenne de mercredi contre l’austérité et les montées de la précarité, ils devront se montrer autrement plus productifs dans les prochaines heures que dans celles qui les ont précédées… Car ce n’est pas tout de répéter que “tout est sur la table” et qu’il n’y aurait plus “qu’à” trancher. Les déclarations contradictoires entendues d’emblée sa­ medi sur le timing (la vice­Première CDH Joëlle Milquet n’excluant pas une fumée blanche dès dimanche ou ce lundi, quand son homologue SP.A Vande Lanotte renvoyait le même pana­ che à la fin de cette nouvelle semaine); un rythme que l’on a déjà vu plus serré quand on prétend monter de vitesse (pas plus de deux heures de “kern” ven­ dredi soir, et pas davantage samedi après­midi); un déroulement de négo­ ciations que l’on pourrait de même croire plus intense à l’approche de la dernière ligne droite (pas davantage

que des contacts informels le dimanche après­midi, après les devoirs matinaux du 11 novembre) : autant d’indices qui ont suffi à indiquer que la situation res­ tait tout, sauf facile, pour les négocia­ teurs hexapartites. Il est vrai, il faut dire et rappeler que les mesures à identifier ne pèsent pas moins que dans les 3,3 à 4 milliards, si l’on veut à la fois se maintenir dans les balises budgétaires et dégager des me­ sures servant à la compétitivité et à la relance. Quel autre choix, avant les ma­ nifestations de mercredi et après celle de dimanche en solidarité avec les victi­ mes de la crise, celle­ci fût­elle ponc­ tuelle, de Ford à Genk ? Or, sur le bud­ get, “on patauge dans les dépenses pri­ maires”, parole de négociateur, renvoyant au paquet de quelque 1,3 milliard en nouvelles économies (soins de santé, sécurité sociale, fonction pu­ blique…). Et sur l’autel de la relance, la deuxième réunion avec les partenaires sociaux a essentiellement servi à fixer un nouveau rendez­vous à huitaine… De sorte que l’on n’a pu à nouveau que laisser tourner le carrousel de pis­ tes plus ou moins neuves. Outre celles épinglées ci­dessous; un assouplisse­ ment des intérêts notionnels, un impôt minimal sur leurs bénéfices pour les so­ ciétés versant des dividendes, une gé­ néralisation du précompte mobilier à 25 %, une taxation de plus­values jugées spéculatives, etc. De sorte, surtout, que l’on a entendu resservir le bon vieil adage qui veut que tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout… Et ici, le sort de l’indexation (un saut ?, une formule alternative ?, on ne touche à rien ?) fait toujours à la fois figure de pi­

Capitaux à l’étranger

Restos

P Le

gouvernement Di Rupo reprend son fil budgétaire ce lundi matin.

P Ce

week­end, on a eu bien moins que prévu à se mettre sous la dent.

S

lalibre.be L’ACTU EN CONTINU Bientôt la fumée blanche budgé­ taire? Suivez aussi l’actualité politique sur notre site.

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vot et de verrou. Ainsi n’y aurait­il d’ac­ cord sur les économies que si l’index est sauf; ainsi n’y aurait­il confirmation d’un accord de principe sur une troi­ sième opération d’amnistie fiscale que s’il y a consensus sur le reste… Une logi­

BELGA

devrons-nous continuer à payer pour Dexia ? La question était au menu de “Mise au Point” (RTBF) ce dimanche midi. Pour Karel De Boeck, patron de Dexia et invité du débat de la chaîne publique, la nouvelle recapitalisation par l’Etat, intervenue la semaine dernière, était inévitable. “Sans ces 3 milliards d’euros, c’était clairement la faillite. Il n’y avait pas d’autres solutions”, a-t-il notamment expliqué. Et d’ajouter : “En cas de faillite, les pertes potentielles se seraient élevées entre 30 et 50 milliards d’euros”. Faudra-t-il encore, à l’avenir, d’autres injections d’argent public pour renflouer Dexia et éviter que l’Etat ne doive actionner des garanties d’un montant maximum de 43,7 milliards d’euros ? Pas de réponse précise à cette question, mais l’optimisme n’est pas de mise. Karel De Boeck a ainsi laissé entendre que Dexia devrait encore enregistrer une “perte importante” l’année prochaine et sera également dans le rouge en 2014. Pas d’éclaircie avant… 2018 et un bénéfice anticipé de 100 millions d’euros. Même si, comme le soulignait le patron de Dexia, “88 % des actifs sont de bonne qualité”, la probabilité est donc grande que cette troisième recapitalisation ne soit pas la dernière. Pour le reste, ce débat a montré les différences de vue idéologiques dans la majorité gouvernementale entre le PS et le MR sur le destin de Belfius, ex-Dexia Banque Belgique nationalisée au terme de l’opération de “sauvetage” de Dexia en 2008. Si, pour la libérale MarieChristine Marghem (présidente de la Commission Dexia), l’Etat n’a pas vocation à rester durablement dans le capital de la banque, Yvan Mayeur (PS) pense, lui, exactement le contraire afin de “financer l’économie réelle”. V.S.

A priori, guère d’acquis engrangés par le Premier

Pouvoirs locaux

Une nouvelle amnistie fiscale à deux visages ?

Déductibilité des notes moins favorable ?

Imposer les intercommunales ?

Si amnistie fiscale il y a, ce serait la

Les frais de restaurant à titre pro-

Ce n’est pas la première fois que l’on

troisième décidée depuis la déclaration libératoire alors qualifiée d’unique, en 2004… Il semblait, ces dernières heures, que deux variantes seraient envisagées. D’une part, les fraudeurs présumés “petits”, à savoir ceux qui ont placé leur argent à l’étranger sans le déclarer mais qui peuvent prouver l’origine licite de ces fonds, devraient payer une taxe sur le capital de 30 %. D’autre part, les “gros” fraudeurs, qui ne peuvent prouver l’origine licite de cet argent, auraient une taxe sur le capital de 35 %. S’ajouteraient les précomptes. Rendement escompté : dans les 500 millions. Pour rappel, la DLU de 2004 avait produit 496 millions de recettes fiscales sur près de 6 milliards rapatriés; et la “régularisation” toujours en cours a rapporté plus de 500 millions depuis début 2006.

fessionnel ont été évoqués. On sait que leur déductibilité fiscale s’exerce aujourd’hui à hauteur de 69 %. Il serait question, ou il aurait été question, de l’abaisser à quelque 50 %, en échange – politique – de la possible révision à la baisse des amendes frappant les indépendants pincés à faire passer des dépenses privées en frais de société. Dans le même ordre d’idées, on entend parler d’une taxation des sodas et boissons sucrées, à l’instar d’une taxe qui existe désormais en France. Sous… couvert de préoccupation de santé publique (pour inciter le consommateur à se tourner vers des breuvages moins sucrés), l’éventualité pourrait peser son poids de rentrées fiscales. Encore que son rendement exact paraisse controversé.

parle de taxer les intercommunales, c’est-à-dire de les soumettre à l’impôt des sociétés, dans leurs activités commerciales pour lesquelles elles peuvent être jugées en concurrence avec le secteur privé. Cette fois sera-telle “la bonne” ? Ce scénario est rejeté bien sûr par les municipalistes, échaudés par la perspective d’une nouvelle perte de dividendes. “Historiquement, les communes se sont associées pour rendre des services qui, au départ, n’étaient attrayants pour aucune entreprise privée. Elles ont investi largement pour assurer la cohésion sociale. Plutôt que de vouloir y porter atteinte, il convient de capitaliser sur ces services au bénéfice de la collectivité”, explique ainsi le président de l’Union des villes et communes de Wallonie, le bourgmestre louviérois Jacques Gobert (PS).

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Belgique

s’en sortir que de donnant donnant qui ne se can­ tonne d’ailleurs pas aux délibérations politiques : le gouvernement attendait des propositions des patrons et syndi­ cats pour avancer dans son volet re­ lance; ceux­ci attendent de connaître le

budget 2013 avant de se fixer, notam­ ment sur l’évolution des salaires, et donc en particulier sur l’indexation. Bref, tout est dans tout mais il faudra bien finir par s’en sortir, pas vrai ? P.P.

l La Journée Laïcité ou impartialité ? Recyclant une idée qui lui est chère depuis longtemps, le président du FDF, Olivier Maingain, a donc entrepris de proposer l’affirmation, dans la Consti­ tution, du principe de la laïcité de l’Etat (nos pages “Ripostes” de samedi). On comprend bien son intention d’affirmer par là non seulement la séparation (tempérée) des Eglises et de l’Etat, mais aussi l’idée de la supériorité de la loi sur toute autre norme religieuse ou morale. Toutefois, on sait l’ambiguïté du terme, qui renvoie aussi, dans les habitudes bien belges, à l’un des courants religieux et philosophiques reconnus. Voilà pourquoi Richard Miller an­ nonce pour sa part son intention de proposer d’inscrire le principe de l’impartialité confessionnelle de l’Etat dans la Constitution. Le sénateur MR juge cette impartialité préférable tant au vocable de laïcité qu’à celui de la neutralité (qui pourrait laisser croire que les autorités publiques n’inter­ viennent pas dans le domaine). Il propose aussi la tenue d’un débat parle­ mentaire sur les modalités démocratiques à mettre en œuvre pour se pré­ munir contre le risque électoral de partis comme Islam, que différents porte­parole musulmans qualifient eux­mêmes de fascisant.

Bourgmestre faisant fonction ou échevin délégué ? C’est kif, à l’enseigne du cumul interdit entre poste de ministre et fonction effective de bourgmestre (ou par ailleurs d’échevin) ! La première appella­ tion est plus répandue, mais n’existe pas dans la loi. La seconde non plus du reste, même si on la retrouve plus explicitement, côté wallon, dans le code de la démocratie locale lorsqu’il stipule qu’en cas d’absence ou d’empêche­ ment du bourgmestre, “ses fonctions sont remplies par l’échevin de nationalité belge délégué par le bourgmestre”. Bref, il n’y a pas de quoi s’énerver si, à Thuin au moins, on parlera d’échevin empêché (au féminin, en l’occur­ rence) plutôt que de bourgmestre faisant fonction. C’est à une autre hauteur qu’il y a de quoi s’énerver : sur l’hypocrisie voulant que des ministres se présentent aux communales sans intention de quitter leur gouvernement, puis qu’ils restent les vrais patrons dans leur commune en laissant penser l’inverse… Une situation qui prend un relief particulier dans le cas thudinien où le ministre en question, Paul Furlan (PS), a en charge la tutelle des com­ munes wallonnes ! En passant, cette précision : un bourgmestre faisant fonction ou échevin délégué reçoit le traitement de bourgmestre; tandis que le ministre/bourgmestre empêché ne perçoit pas d’émolument communal.

Maïeur et député en vue ?

ministre et son gouvernement, durant ce week-end.

Epargne

Consommation

Les livrets à un taux d’intérêt unique ?

Augmenter la TVA de 21 à 22 % ?

Avec la fixation possible d’un taux

Cette “simple” mesure, pour

unique pour tous les comptes épargne, on pourrait jouer à la fois dans les registres du budget et de la relance. Car l’Etat veillerait, sanctions financières à l’appui, à ce que l’épargne collectée finance effectivement ce qu’on appelle l’économie réelle. On serait donc proche des propositions PS ou Ecolo tournant autour de quelque livret dit B ou vert, à l’instar du “livret A” français. Il est question de prélever d’office le précompte, mais de le restituer ensuite via la déclaration fiscale pour autant que l’on respecte cette affectation à préciser concrètement. A la même enseigne, il est toujours question de bien séparer les activités de banque de dépôts et banque d’affaires, pénalités sur la taxe bancaire à l’appui.

rappel, peut rapporter plus d’un milliard brut à l’Etat, soit quelque 800 millions nets en intégrant des baisses de charges. Ce n’est pourtant pas si simple qu’il n’y paraît, à entendre ses contradicteurs invoquer tour à tour des reproches d’iniquité, de perte en pouvoir d’achat et d’effets négatifs sur la consommation. Et puis, ne faudrait-il pas neutraliser la hausse dans l’index, ce qui revient à toucher à son automaticité ? Plus particulièrement, il est question de soumettre à la TVA les honoraires d’avocats, à l’instar depuis cette année des honoraires des huissiers et notaires. Une hypothèse qui ne plaît guère à la profession, déjà fâchée par le risque de promesses non tenues sur les prestations effectuées dans le cadre de l’aide juridique (“pro deo”).

On a dit (nos précédentes éditions) que Françoise Schepmans, bombardée bourgmestre MR de Molenbeek, entendait quitter non pas tout mandat parlementaire, mais celui de chef de groupe à l’assemblée de la Cocof, pour mieux se consacrer à son maïorat. De quoi inspirer Marc Elsen et Maxime Prévot, chefs de groupe CDH respectivement au Parlement de la Commu­ nauté française et au Parlement wallon, dès lors que le premier est bourg­ mestre nouveau de Verviers et le second, bourgmestre reconduit à Namur nanti de grosses compétences personnelles ? Chez les humanistes, on ne paraît pas empressé à répondre à la question, voire à se la poser…

lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Belgique

Actualité

l Société

G1000: vive la citoyenneté active! P Le

G1000 a remis les conclusions de son panel citoyen sur l’emploi

BERT VAN DEN BROUCKE / PHOTO NEWS

S

uite et fin ­ toute provisoire... ­ di­ manche au Palais de la Nation du G1000, cette grande initiative de démocratie citoyenne lancée en plein marasme politique belge alors que l’ho­ rizon de la formation gouvernementale était totalement bouché. L’on sait qu’un gouvernement fédéral est finalement sorti en bonne et due forme des limbes début décembre dernier mais cela n’a pas interrompu pour autant le proces­ sus citoyen mis en place. Car David Van Reybrouck et ses amis issus de tous les horizons belges, communautaires et autres n’ont pas voulu rester au milieu du gué ­ lire ci­dessous ­ et ont donc bel et bien mené leurs réflexions jusqu’à leur terme, question de montrer aux politiques que les citoyens ne restaient pas les bras ballants face à la crise politi­ que. C’est fait depuis dimanche en dé­ but de soirée: le G1000 a remis aux pré­ sidents de la Chambre, du Sénat et du Parlement wallon ­ alors que dans une phase précédente de la réflexion, les sept assemblées belgo­belges étaient de la partie... ­ ses conclusions sur le thème qu’il avait finalement retenu et et reste d’une actualité brûlante: la question de l’emploi et la façon d’aborder le travail dans une société déboussolée. Que rete­ nir des préoccupations des citoyens? Ils sont clairement frappés par l’inégalité

David Van Reybrouck et Benoît Derenne ont piloté avec bien d’autres le G1000. entre les revenus et la réduction des écarts entre ceux­ci. Pour le panel ci­ toyen, un saut d’index n’est pas souhai­ table. “Dans le futur, pour que l’écart de revenu

ne s’aggrave pas, le système d’indexation doit rester performant pour les personnes à revenu faible et moyen” souligne l’une des recommandations. Autres idées avancées: la réduction du coût salarial

par la diminution des charges sur le tra­ vail, tout en augmentant l’assiette de fi­ nancement de la sécurité sociale par d’autres recettes (par exemple une taxe Tobin), l’autorisation d’une modulation sectorielle en faveur des secteurs à haut coefficient de main d’oeuvre et plus gé­ néralement une augmentation des sa­ laires nets comme moyen de dynamiser l’économie. Le G1000 réintroduit égale­ ment l’idée d’une allocation universelle qui remplacerait les autres allocations. Aux yeux d’une majorité de membres du panel, ce système coûterait moins cher et permettrait à chacun d’être plus libre et créatif dans la manière de gérer sa vie. Le panel a aussi abordé la problémati­ que de la préparation au marché du tra­ vail ainsi que celle des discriminations qui y sont toujours présentés. Sans sur­ prise, il propose ainsi que l’on travaille “à l’éradication de l’image négative qui colle à la peau de certains groupes ou per­ sonnes discriminés”. Comment? En re­ courant aux médias pour montrer que la multiculturalité est possible dans la vie quotidienne. La présentation des JT par des Belges d’extraction récente ne doit plus être l’exception tout comme il faut colorer positivement la police, le personnel scolaire, etc. La non­discrimination doit aussi être de mise et serait incontournable pour obtenir des subsides. et des appels d’of­ fres. Christian Laporte

U Les rapports finaux peuvent être consul­ tés sur www.g1000.org

La fusée citoyenne belge est bel et bien sur orbite P Selon

ses organisateurs, le G1000 et ses trois étapes étaient comme une fusée à trois étages...

La belle aventure du G1000 n’est pas terminée... C’est le voeu de l’équipe qui a porté le projet depuis le début. “ Il serait dommage de ne pas faire fructifier l’expertise développée en matière de parti­ cipation citoyenne. C’est pourquoi le G1000 souhaite continuer son engage­ ment pour une meilleure démocratie. Les méthodes peuvent varier d’un sommet citoyen classique de plusieurs centaines de personnes (comme à Tour & Taxis l’an dernier) à la délibération citoyenne avec quelques dizaines de citoyens (comme cet automne. Le G1000 souhaite en tout cas continuer à combiner la recherche scienti­ fique avec des actions et projets plus con­ crets”. Que de chemin parcouru depuis les premières rencontres d’un groupe de citoyens plus ou moins connus ­ mais la notoriété n’était certainement pas l’essentiel... ­ qui ont voulu faire quelque chose pour sortir le pays d’une crise

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politique devenue existentielle et dont l’ inextricabilité a fini par mettre en péril le régime démocratique lui­même... Puisque les citoyens avaient réagi de manière tantôt ludique ­ le camping virtuel face au 16 rue de la Loi ou la révolution des frites ­ tantôt plus politi­ que ­ la manifestation “Shame” et la belle mobilisation des jeunes ­, il ne fallait pas les abandonner. Mais pour savoir où l’on devait aller, il fallait savoir ce que voulaient ces citoyens. Des mil­ liers d’entre eux s’exprimèrent et défi­ nirent l’ordre du jour du Sommet ci­ toyen du 11 novembre... 2011. Pour les organisateurs du G1000, il revenait au public de décider, lors de la première phase, de ce qui allait être discuté lors des phases suivantes. Cette méga­con­ sultation fut possible grâce au site inter­ net du G1000. Début juillet 2011, une boîte à idées fut lancée en ligne: chacun pouvait y déposer les questions ou les

problèmes qu’il souhaitait voir traiter. Quelque 6000 personnes ont pris part au processus. Comme la plupart des propositions apparaissaient plusieurs fois dans la liste, l’on établit un top 25 des thèmes. Cette liste fut publiée en ligne en octobre 2011 et là encore le citoyen fut prié de choisir. Trois thèmes furent retenus: la sécurité sociale, la répartition des richesses en temps de crise financière et l’immigration. Le sommet citoyen du G1000 se devait d'être lui aussi représentatif. Via un recrutement aléatoire par un bureau indépendant (sauf pour 10% des partici­ pants sélectionnés par des associations de terrain afin que les participants soient les plus diversifiés possible), 1000 citoyens ont été invités à participer au sommet citoyen du 11 novembre 2011 à Tour&Taxis. Réunis autour de 81 tables, les participants se sont penchés sans a priori sur les trois thèmes à l’ordre du

jour. Enfin, un panel citoyen de 32 personnes tout aussi représentatif de la société a terminé le travail depuis la rentrée de septembre dans les parle­ ments fédérés et ce week­end, au Parle­ ment fédéral. Au total 1800 personnes y ont répondu, dont 700 se sont réunies le 11 novembre 2011 à Tour et Taxis. Sans oublier ceux qui ont fait la syn­ thèse des échanges. ”Le citoyen traité comme un adulte se comporte comme tel” s’est réjoui Benoît Derenne, qui a quali­ fié cet exercice de démocratie participa­ tive de “slow politics”, à la manière du mouvement “slow food”. ”Les citoyens ne sont pas un obstacle mais une opportu­ nité”, a renchéri M. Van Reybrouck. ”Il est de la plus haute importance que la ‘vieille démocratie’ puisse s’inspirer d’une expérience comme la vôtre” a conclu pleine de sagesse la présidente du Sénat, Sabine de Bethune... C.Le

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l Région bruxelloise | CDH

Dieu n’a rien à voir dans tout cela P Le

point sur la succession de Benoît Cerexhe au gouvernement bruxellois.

P

rérogative présidentielle oblige, c’est à Benoît Lutgen que revien­ dra la tâche de désigner le rem­ plaçant de Benoît Cerexhe au gouverne­ ment bruxellois. Rappel : suite au scru­ tin du 14 octobre, celui­ci doit ceindre l’écharpe mayorale de Woluwe­Saint­ Pierre. Fidèle a ses habitudes et sans doute confronté à un problème plus dé­ licat qu’il n’y paraît, le président du CDH prend son temps (qu’il a, nous le verrons), ce qui a pour effet d’entretenir les rumeurs, de faire émerger des noms. Au minimum, d’alimenter les conversa­ tions du sérail politique. Pour le coup, cette succession donne même lieu a de surprenants soutiens. En témoigne ce SMS diffusé par un pro­

che de Bertin Mampaka, futur ex­éche­ vin bruxellois, vraisemblablement du­ rant la fête musulmane de l’Aïd. Nous ne résistons pas à l’envie de le livrer in extenso : “En ce moment béni où les croyants accomplissent leur devoir de pè­ lerinage symbole de sacrifice (d’Abraham) et de promesse de Dieu (qui empêche le sa­ crifice suprême et réalise un remplace­ ment salvateur), nous prions le très haut en lui demandant protection et soutien pour notre frère Bertin Mampaka. Réalise notre vœu de le voir ministre de ce royaume. Dresse une barrière de feu entre lui et ses ennemis et remplis d’amour dans le cœur de ses détracteurs (sic) car tu es oh seigneur le vrai rempart de la discrimina­ tion. Amen”. Les plus avisés auront remarqué les références aux trois grandes religions monothéistes. Plus prosaïquement on soulignera un sous­entendu : si ce cher Mampaka ne devenait pas ministre, sans doute qu’une vile discrimination y serait pour quelque chose.

D’après ce qu’il se dit chez les huma­ nistes, le populaire échevin bruxellois, renvoyé avec fracas dans l’opposition communale avec Joëlle Milquet, n’a guère de chances de monter au gouver­ nement bruxellois. Et d’autres noms de circuler, tels ceux de Céline Fremault, cheffe de groupe au parlement bruxel­ lois, Damien De Keyser, échevin à Wo­ luwe­Saint­Pierre, Dominique Michel, issu du milieu patronal, ou encore de Melchior Watthelet ! Mais n’en déplaise à l’auteur du SMS précité, c’est dans l’impénétrable cerveau de Benoît Lu­ tgen que se logera la solution. C’est ce que répète d’ailleurs sa porte­parole, qui ne dispose pas du moindre com­ mentaire sur le sujet. D’aucuns imaginent déjà une tenta­ tion : choisir le futur ministre en dehors du groupe CDH du Parlement régional. Le retour de Benoît Cerexhe comme dé­ puté permettrait de jeter sa suppléante hors de l’hémicycle. Pour cause, Da­ nielle Caron, s’étant présentée aux

communales sur une liste MR, ne siège plus parmi les humanistes. Le groupe recomposé permettrait au CDH de ré­ cupérer des sièges en commission et la vice­présidence du Parlement perdus suite à l’exclusion de la députée. “Il est impensable que de telles considérations in­ fluencent le choix d’un ministre”, tacle­ t­on toute fois chez les CDH. Mais un autre élément perturbe la donne : le recours introduit par le bourgmestre sortant de Woluwe­Saint­ Pierre (Willem Draps, MR) contre le dé­ roulement électronique du scrutin communal. Le collège juridictionnel bruxellois entendra d’ailleurs les plai­ doiries sur ce dossier ce lundi. Restera un délai de 8 jours qui ouvrira la porte à une autre procédure : le recours au Con­ seil d’Etat qui, s’il est saisi, aura 60 jours pour statuer. Bref, Benoît Cerexhe n’est pas encore bourgmestre. Il restera mi­ nistre tant que l’ensemble des délais de recours ne seront pas écoulés. Mathieu Colleyn

l Défense | Polémique

Qui a écrit ce rapport ? P La

“chasse” aux auteurs du rapport critique et anonyme sur l’armée est ouverte.

L

e ministère de la Défense a ouvert une enquête interne pour identi­ fier – et éventuellement sanction­ ner pénalement – les auteurs du rapport affirmant que l’armée belge était “à la dérive” en raison des réductions budgé­ taires, a­t­on appris dimanche, de sour­ ces concordantes. C’est qu’il s’agirait de bien plus que d’une faute déontologique de la part du ou des auteurs de ce document. Le rap­ port présente, en effet, toutes les appa­ rences d’un document officiel, avec l’en­tête de la Défense et les références habituelles contenues dans tout docu­ ment militaire, hormis le degré secret de classification. Or, aucune instance of­ ficielle n’a commandé un tel rapport (ce qui est la procédure normale au sein de l’état­major de la Défense) et un faux numéro d’identification (Mits, en jargon militaire) a été utilisé. Certaines données ont en outre été masquées dans la version parvenue à la presse. Cette note est aussi rédigée dans un langage clair, sans la moindre abré­ viation ou acronyme dont les militaires sont pourtant friands… Ce qui accrédite, aux yeux des observateurs, la thèse d’un document destiné à être diffusé à l’exté­ rieur de la Défense. (Belga) lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Belgique

Actualité

l Partis | Open VLD

l Judiciaire | Tribunal de com

Rutten, comme le messie

Francine

P La

nouvelle présidente des libéraux flamands est fort attendue par le sérail.

P Elle

C’

n l’avait un peu oubliée… Il est vrai que Francine De Tandt, qui a été pendant de longues an­ nées présidente du tribunal de com­ merce de Bruxelles, a été, au mois de septembre, “admise à la retraite” et “a droit à l’éméritat”. Mais contrairement à d’autres juges, le Moniteur Belge ne mentionnait cependant pas que Mme De Tandt était autorisée “à porter le ti­ tre honorifique de ses fonctions”. Elle doit comparaître aujourd’hui devant la cour d’appel de Bruxelles, seule à même à juger les magistrats. Elle ne sera pas la seule sur le banc des prévenus : elle sera en compagnie de son frère, la femme de celui­ci et de l’homme d’affaires Luc Vergaelen. Ils

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O

BERT VAN DEN BROUCKE / PHOTO NEWS

est la deuxième fois qu’elle se présente à l’élection de la prési­ dence de l’Open VLD. Mais ce coup­ci, elle sera retenue: Gwendolyn Rutten est attendue comme le messie. Jeudi, lors de la présentation de sa can­ didature, tous ceux qui comptent dans le parti s’étaient d’ailleurs déplacés pour marquer physiquement leur sou­ tien. C’en était presque gênant. La jeune femme s’est cru obligée de dire qu’elle n’est pas encore “la candidate du consen­ sus”, que “ce n’est pas le bureau du parti qui doit désigner cette personne, mais les 65000 membres du parti”. Elle le disait toutefois sans conviction, par politesse pour les militants. Car elle le sait bien: ce n’est pas la candidature du président du CPAS de Merelbeke, Egbert La­ chaert, qui pourrait l’empêcher de suc­ céder à Alexander De Croo; cette candi­ dature est anecdotique. Le succès auquel elle est promise dé­ but décembre, elle l’a sans doute forgé lors de sa première tentative de con­ quérir le leadership du parti. C’était en octobre 2009. Gwendolyn Rutten était alors opposée à l’ex­ministre flamand de l’Intérieur Marino Keulen et à Alexander De Croo. Elle ne l’avait pas emporté. Certes. Mais elle avait récolté 28% des voix lors du premier tour et avait étonné tout le monde par son aplomb. C’est à ce moment qu’elle s’est créé un personnage. Et s’est fait un nom sur lequel elle capitalisera joliment lors des élections législatives –anticipées– de juin 2010. Désignée tête de liste alors que son parti ne lui avait jamais accordé auparavant mieux qu’une place de suppléante, elle réalisera le troisième score dans sa circonscription de Louvain. Pas mal. Car jusque­là, sa renommée n’avait guère dépassé les murs du siège du parti. Au moins y était­elle solidement éta­ blie. Gwendolyn Rutten est une indé­ crottable VLD. C’est au parti d’ailleurs que cette multidiplômée –elle est licen­ ciée en droit et en relations internatio­ nales– commencera sa carrière profes­ sionnelle. Elle n’a que 24 ans et on la charge déjà de former les cadres du parti. C’est une belle époque. Le VLD est au sommet de sa forme, truste les pre­ mières places des sondages, a investi le 16, rue de la Loi, et se laisse guider comme hypnotisée par le charisme brouillon d’un Guy Verhofstadt enfin assagi. Le président de l’époque, le san­ guin Karel De Gucht, la prend sous ses ailes, en fait sa conseillère. Quand ce dernier est nommé minis­ tre des Affaires étrangères, elle fait un petit détour par les institutions euro­ péennes. Mais à l’âge de 30 ans, elle re­

doit répondre de faux et de violation du secret professionnel.

Gwendolyn Rutten est une indécrottable VLD. A 24 ans, elle en formait déjà les cadres… vient au parti. Plus haut dans la hiérar­ chie. Elle est nommée chef de cabinet de Fientje Moerman d’abord puis de Dirk Van Mechelen ensuite alors au gouvernement flamand. La suite, on la connaît. A 34 ans, elle bluffe, dépose sa candidature à la présidence du parti, prétend pouvoir l’emporter. Et force ainsi le passage vers les hautes sphères du parti. Trop brutalement ? Alors qu’on s’attendait à ce que le vainqueur du scrutin présidentiel, Alexander De Croo, lui donne un mandat au sein du gouvernement fédéral actuel, il lui pré­ fère Maggie De Block, une bonne dépu­ tée mais qui n’a pas l’expérience de l’asile et de l’immigration. Gwendolyn Rutten encaissera assez mal le coup. Mais n’en laissera rien transparaître. Son quasi adoubement lui permettra sans doute de panser cette plaie. Il y a ainsi comme un air de revanche sur un Alexander De Croo autodésigné ministre des Pensions comme on saute en parachute d’un avion en feu. Le fils d’Herman aura laissé un parti en piteux état, qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il était il y a dix ans et dont l’assise électorale a été rongée par la N­VA.

Pas obnubilée pour un sou par le combat communautaire, elle est en revanche viscéralement libérale.

Il revient donc, sauf improbable sur­ prise, à cette jeune femme –elle a 37 ans– d’inverser la tendance dépressive. Mais elle ne manque pas d’atout. Gwen­ dolyn Rutten est une des rares en Flan­ dre à oser affronter directement la N­VA –à l’instar d’un Patrick Dewael, d’un Guy Verhostadt ou d’un Karel De Gucht dont elle refuse de reconnaître qu’ils sont ses mentors. Ses prises de bec avec Jan Jambon, le chef des nationalistes fla­ mands à la Chambre, ont souvent été épiques. Faut­il le dire, le ténor N­VA en est rarement sorti vainqueur. Pas obnubilée pour un sou par le com­ bat communautaire, elle est en revan­ che viscéralement libérale. Elle est con­ vaincue qu’il faut dégraisser l’Etat, allé­ ger la fiscalité, protéger le contribuable contre les intrusions du fisc dans la vie privée… Mais son libéralisme n’est pas brutal comme peut l’être celui d’un Van Quickenborne ou d’un De Croo Jr. Il est plus rond, plus subtil. Plus pragmatique aussi. “Elle peut accepter un point de vue qui n’est a priori pas le sien si elle se rend compte qu’il est plus efficace”, compli­ mente un député. Et puis, c’est une femme. Cela fera sans doute du bien à la politique belge. Depuis que Joëlle Milquet et Caroline Gennez ont été écartées de la prési­ dence de leur parti, et à l’exception de la co­présidente d’Ecolo, Emily Hoyos, les hommes règnent à nouveau sans partage sur les mouvements politiques. Gwendolyn Rutten se définit comme une féministe moderne. On verra bien­ tôt cela. V.R.

l Justice | Fraude sociale

Les procureurs fixent leurs pri

L

e collège des procureurs généraux a récemment fixé ses priorités dans la lutte contre la fraude so­ ciale dans une circulaire. Ces docu­ ments dont destinés aux magistrats du ministère public (procureurs du Roi et auditeurs du travail). Ils déterminent les priorités en matière de poursuites car les moyens ne sont pas illimités. Celles­ci ont un caractère obligatoire. Ce n’est pas un vœu pieux. Le collège estime que le ministère public “doit concentrer son énergie sur la lutte contre la fraude sociale dont l’ampleur met à mal la viabilité du sys­ tème de sécurité sociale belge”. Dans ce but, “il s’agit de privilégier la recherche et la poursuite des infractions qui relè­ vent de la criminalité organisée en ma­ tière sociale, qu’elle touche la fraude aux allocations ou la fraude aux cotisations sociales”. Le collège des procureurs généraux préconise d’assurer une politique uni­ forme de recherches et de poursuites en matière d’infractions à toutes les dispositions pénales du droit social. Les auditeurs devront donner la prio­ rité à deux types d’infraction. Il s’agit, en premier lieu, des infrac­ tions relevant de la fraude sociale grave et organisée, des infractions de droit pénal social contenant des élé­ ments d’exploitation économique évoquant la traite des êtres humains, des infractions touchant au bien­être des travailleurs et mettant gravement leur santé en péril, l’obstacle à la sur­

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merce

devront répondre de faux en écriture et, pour la seule Francine De Tandt, de violation du secret professionnel. L’affaire avait éclaté en août 2009 lorsque le patron de la Police judiciaire de Bruxelles, Glenn Audenaert, avait dressé un rapport sur Francine De Tandt. Il indiquait alors qu’il y avait des indications selon lesquelles elle aurait rédigé des jugements sur com­ mande pour le compte d’un avocat. Il avait envoyé le rapport au ministre de la Justice de l’époque, Stefaan De Clerck, car il estimait que le parquet général de Bruxelles traînait les pieds et ne voulait pas ouvrir d’instruction judiciaire. L’enquête sur ce volet, qui avait été instruite par le premier président de la cour d’appel, n’avait pas trouvé d’indi­ ces de corruption allant dans ce sens. Mais l’instruction avait mis à jour le fait que Francine De Tandt et son frère avaient une dette d’un demi­million d’euros envers un homme d’affaires,

Luc Vergaelen, qui intervenait réguliè­ rement comme expert auprès du tri­ bunal de commerce de Bruxelles. Cette dette faisait suite à un investis­ sement particulièrement catastrophi­ que réalisé, au printemps 1998, par le frère de Francine De Tandt en Côte d’Ivoire pour une concession de mine d’or. En fait une escroquerie. M. Ver­ gaelen avait prêté l’argent au frère et Mme De Tandt s’était porté garant pour ce dernier. Afin de récupérer son ar­ gent, M. Vergaelen avait entamé les dé­ marches pour une saisie sur les trois maisons de la famille De Tandt. Cette saisie n’a pas été effectuée. Lorsque M. Vergaelen s’est rendu compte qu’il ne pourrait pas récupérer sa mise, il a été convenu avec Francine De Tandt et son frère qu’ils signeraient un document, faisant valoir qu’il s’agissait d’un prêt. Le document avait été rédigé et signé en juin 1999 mais il avait été antidaté à la date du 14 dé­ cembre 1998 afin que la comptabilité

DIDIER LEBRUN/PHOTO NEWS

De Tandt devant ses juges

Aucun indice de corruption n’avait été trouvé chez Francine De Tandt.

de Luc Vergaelen soit en ordre. D’où, l’inculpation de faux en écriture pour laquelle Luc Vergaelen, Francine De Tandt, son frère et sa belle­sœur com­ paraissent. Si cette affaire ressort de la sphère privée, le deuxième dossier a trait à la carrière professionnelle bien remplie de Mme De Tandt. Présidente du plus grand tribunal de commerce du pays, Francine De Tandt a eu à gérer de très gros dossiers. C’est elle qui a notam­ ment prononcé la faillite de la Sabena. C’était également Mme De Tandt qui a traité, en référé, le dossier Fortis en décembre 2009. Ce jugement avait été réformé par la cour d’appel, siégeant également en référé. Avant de pronon­ cer son jugement, Mme De Tandt avait consulté un collègue d’un tribunal de commerce. Ce qui lui vaut de répondre de violation du secret professionnel. Francine De Tandt a toujours pro­ clamé son innocence. J. La.

généraux orités veillance dans certaines situations. La deuxième priorité sera les infrac­ tions de fraude aux cotisations et de fraude aux allocations, à savoir notam­ ment l’occupation de trois travailleurs au minimum non titulaires d’un titre de séjour valable et d’un permis de tra­ vail et l’occupation de cinq travailleurs au minimum non inscrits dans les do­ cuments sociaux (c’est­à­dire absence d’une déclaration Dimona). “L’élément novateur de cette circulaire est qu’elle met l’accent sur la fraude so­ ciale organisée. C’est là qu’il faut mettre toute son énergie”, commente Christian De Valkeneer, procureur général de Liège, qui est spécifiquement chargé de tout ce qui a trait au droit pénal so­ cial au sein du collège des procureurs généraux. La circulaire explicite aussi les règles en matière de transaction financière. La transaction n’est possible qu’après paiement des cotisations sociales élu­ dées et uniquement si les organismes percepteurs – les administrations so­ ciale et fiscale – ont marqué leur ac­ cord. L’ONSS ou l’Inasti doivent donc don­ ner leur feu vert avec la transaction. Le magistrat est invité à prendre contact avec l’ONSS lorsqu’il apparaît que des infractions ayant permis d’éluder le paiement de cotisations sociales ont été commises, dès qu’il entame la pro­ cédure permettant d’aboutir à une transaction. J. La. lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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GEERT VANDEN WIJNGAERT / AP

Un onze novembre pas comme les autres

D’Ypres au Soldat inconnu et au Parlement

Les coquelicots de papier rappelant le célèbre poème “In Flanders Fields” de John Mac Crae ont fleuri une fois encore sous la Porte de Menin à Ypres, haut­lieu de la mémoire de la Première Guerre mon­ diale où le “Last Post” résonne tous les jours depuis la fin des années 1920. Dimanche, le prince Philippe était également sur place alors que le roi Albert II participait à l’hommage devant le Soldat inconnu avant de rejoindre le Club Prince Albert qui fête le 125e anniversaire de la présence du Mess des Officiers du 1er Régiment de Guides qui constitua la “Garde royale” à cheval du Roi Léopold 1er. Le Parlement, de son côté, a reçu dans le cadre de l’éducation à la Mémoire 500 anciens combattants et enfants de 10 à 12 ans. (C.Le)

l Sécurité routière

En 2011, les routes ont tué 858 fois P C’est

une hausse par rapport à 2010. Mais il est trop tôt pour l’interpréter.

L

e bilan des victimes des accidents de la circulation survenus en 2011 est connu avec précision. Le SPF Economie vient de les publier. Ils affinent les estimations qui avaient déjà été publiées en mars dernier par l’Institut belge de la sécurité routière (IBSR). Pour la première fois depuis 2001, ils font état d’une hausse des tués sur les routes. Il y a ainsi eu 858 “tués 30 jours”, à savoir 858 personnes décédées sur place ou endéans les 30 jours suivant la date de l’accident. C’est une hausse, légère toutefois : on en avait compté 840 pour l’année 2010.

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La tendance est la même pour le nombre de blessés graves : on en a ré­ pertorié 6 163 pour l’année 2011. Un blessé grave est une personne blessée dans un accident de la circulation et dont l’état nécessite une hospitalisa­ tion de plus de 24 heures. En 2010, il y en avait eu 5 982. Serait­ce là une rupture dans la ten­ dance baissière du nombre de morts et de blessés graves sur les routes ? Pas sûr. Depuis 2001, la baisse était conti­ nue : chaque année le nombre de victi­ mes diminuait. En 2001, on avait ainsi enregistré 1 486 morts sur les routes et 8 949 blessés graves. Soit, grosso modo, deux fois moins qu’en… 1973. La baisse enregistrée au cours de la décennie était particulièrement nota­ ble. Par rapport à l’année 2000, elle était de 44 % pour les morts et de 48 % pour les blessés graves. Ce qui était sous l’objectif fixé par les Etats géné­

raux de la sécurité routière qui visait à diminuer de moitié les accidents mor­ tels. Cette baisse n’était toutefois pas uniforme : depuis 2005, les nombres de blessés graves et de blessés légers ne montrent presque plus aucune évolu­ tion à la baisse. Mince consolation, étant donné que le nombre de kilomètres parcourus en 2010 par rapport à 2000 de référence (+12%), le risque de décès (nombre de tués sur la route par milliard de kilo­ mètres parcourus) avait diminué. L’Institut belge de la sécurité routière estime qu’il est encore un peu tôt pour interpréter l’augmentation enregistrée en 2011. “Nous avions déjà réalisé une estimation en mars dernier : elle faisait état de 875 morts sur les routes alors qu’elle est effectivement de 858 morts”, soit 18 de plus que pour l’année 2010, tempère Benoît Godart, porte­parole de l’IBSR.

Il est réticent à les comparer : “Nous essayons toujours d’éviter de comparer une année par rapport à la précédente. A plus long terme, la diminution est toute­ fois conséquente : c’est l’élément le plus important.” Et de relever que 2010 avait connu une forte diminution de morts sur les routes : 840 morts contre 943 un an plus tôt. “Cela était notam­ ment dû – même si cela n’est pas la seule raison – au fait que l’on avait connu un début d’hiver très rude avec des mois de novembre et décembre très neigeux.” Ce qui diminue le nombre de voitures sur les routes et le nombre d’accidents. Mieux vaut donc analyser les tendan­ ces à plus long terme. L’IBSR analysera dans les prochaines semaines les chiffres 2011 afin de voir où le bât blesse. Il faut ainsi ventiler en fonction du type d’usagers et des tran­ ches d’âge. J. La.

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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Gand Accord de majorité pour gérer la ville

Météo La canicule a tué 205 Belges

Estaimpuis Vandalisme au cimetière

SP.A, Open VLD et Groen sont parvenus à un accord de majorité pour Gand. “C’est le plus vert de Flandre”, se félicite Groen. La majorité préconise 15 propositions phares. Le nombre de logements sociaux doit augmenter de 11 à 20 % du total des habitations. Dans le centre, un quart des nouveaux logements constructions seront réservés aux familles. La sécurité de la ville sera repensée, en tentant d’exempter la police au maximum des tâches non policières. Les espaces verts devraient augmenter : chaque Gantois doit pouvoir se rendre dans un parc à moins de 400 mètres de chez lui. Aucune taxe supplémentaire n’est programmée. (Belga)

On a enregistré 205 décès en plus en juillet et 196 en août, alors qu’en juillet on a constaté une vague de chaleur (plus de 25°) couplée à un pic d’ozone et en août une nouvelle vague de chaleur, écrit L’Avenir. Plus de 1 400 décès ont été enregistrés entre le 23 et le 27 juillet dernier, soit 205 de plus que par rapport à la même période des cinq années précédentes. C’est durant ces quelques jours que le mercure a dépassé les 25 degrés et que ces chaleurs se sont couplées à un pic d’ozone. (Belga)

Le drapeau belge a été arraché et le monument des anciens combattants souillé dimanche au cimetière d’Estaimpuis. “Inqualifiable”, regrette le bourgmestre, Daniel Senesael. Un groupuscule nationaliste flamand pourrait être l’auteur de ces actes. Selon les premiers éléments de l’enquête, entre 30 et 100 personnes sont entrées dimanche à 01 h 00 dans le cimetière. “Avec Mouscron, nous sommes la commune la plus proche de la Flandre”, dit M. Senesael. (Belga)

Huy L’apéro contre la violence se termine mal

Houyet Des policiers accueillis par un lancer de télévision

L’apéro géant contre la violence urbaine, qui a rassemblé 100 personnes sur la Grand-place de Huy s’est déroulé sans heurt. Dans la nuit qui a suivi, la police a été rappelée après le déclenchement d’un début de bagarre. Il y a eu un mouvement de foule devant l’hôtel de ville, sans doute entre deux bandes rivales. Du côté de la police, on relativise le problème, précisant qu’il n’y a eu aucun échange de coups, qu’aucune interpellation n’a dû être opérée et qu’une plainte pour menaces a été déposée par un des belligérants. (Belga)

La police a éprouvé bien du mal lorsqu’elle s’est déplacée samedi pour interpeller trois personnes qui avaient été impliquées dans une bagarre de café. Ils s’en étaient pris à un client. Retournés au domicile de l’un d’eux, un appartement situé près du café, ils ont provoqué les forces de l’ordre depuis la fenêtre de l’appartement. Ils leur ont dit de venir les chercher. Quand les policiers se sont engagés dans la cage d’escalier, relativement étroite, l’un des trois hommes a lancé une télévision. Deux policiers ont été blessés. Les trois hommes ont été interpellés. (Belga)

Brussels Airlines Escroquerie aux prétendus tickets gratuits Un nouveau spam a vu le jour sur les réseaux sociaux. Un site se présentant comme émanant de Brussels Airlines, brusselsgiveaway.us, prétendait offrir des tickets pour une destination au choix. Il s’agissait d’une escroquerie. Sur le site, les utilisateurs pouvaient prétendument obtenir l’un des 973 vouchers pour un voyage en partageant la page sur leur profil Facebook, accompagnée de la mention “Merci Brussels”. En restant sur la page, le compteur indiquait qu’un voucher avait été distribué pour que l’internaute pense avoir gagné son voyage. Après la deuxième étape, les utilisateurs étaient invités à envoyer un SMS surtaxé pour obtenir le ticket, qui n’arrivait jamais. Des escroqueries similaires, proposant des bons pour des cadeaux chez Colruyt ont déjà été rapportées. Via sa page officielle Facebook, Brussels Airlines a averti les internautes du caractère frauduleux de l’offre. (Belga)

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International

Etats-Unis

Le patron de la CIA

Épinglé

Un grand classique Aux Etats-Unis, tromper sa femme coûte souvent son job. Vendredi, à la même heure où l’on apprenait l’aventure extraconjugale du général de 60 ans, Lockheed Martin annonçait la démission de son futur directeur général, Christopher Kubasik, 51 ans, en raison d’une liaison dans l’entreprise. Il y a quelques mois, Arnold Schwarzenegger, ex-gouverneur de Californie, tombait de son piédestal en avouant piteusement avoir fait un enfant à sa femme de ménage. Bill Clinton a failli devoir quitter son poste de président après avoir reconnu une liaison avec la stagiaire Monica Lewinsky. Il y a quatre ans, la carrière du démocrate John Edwards s’est stoppée net après les révélations d’un enfant illégitime. Et dans les années 80, Gary Hart dut arrêter sa campagne après avoir été photographié avec sa maîtresse sur les genoux…

P Une

rivalité entre deux femmes est à l’origine de la chute d’un des hommes les plus puissants de la planète.

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première ligne, sa biographe, Paula Broadwell.

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ne rivalité entre deux femmes est à l’origine de la chute du pa­ tron de la CIA, le général quatre étoiles David Petraeus, 60 ans, con­ traint de démissionner vendredi après avoir reconnu une liaison extraconju­ gale avec sa biographe, Paula Broad­ well, 40 ans. Selon le New York Times et d’autres médias américains, l’enquête du FBI a démarré lors d’une plainte il y a plu­

sieurs mois d’une femme qui se disait harcelée par des emails envoyés par Paula Broadwell. Le FBI a alors décou­ vert que le général entretenait une liaison plus que professionnelle avec sa biographe, elle aussi militaire. Le quo­ tidien new­yorkais précise que l’autre femme ne fait pas partie de sa famille ni du gouvernement mais, citant des sources au sein du FBI, “les deux femmes semblaient être en compétition pour ob­ tenir la loyauté de M.Petraeus, sinon son affection”. Un des emails envoyé par Paula Broadwell à cette femme lui de­ mandait de “garder ses distances avec mon gars” (”Stay away from my guy”) selon le New York Post. Le FBI a alors pris la décision d’en parler directe­ ment au général Petraeus, fin octobre. Cette affaire, qui en Europe aurait été accueillie avec un haussement d’épau­ les, a entraîné la démission d’un des hommes les plus puissants de

Washington, alors qu’il devait témoi­ gner cette semaine devant une com­ mission du Renseignement du Con­ grès sur l’attaque du consulat améri­ cain de Benghazi, en Libye. Plus que l’affaire d’adultère, c’est l’accès inhabituel de la biographe au général qui interpelle aux Etats­Unis. Paula Broadwell, mariée et mère de deux fils, a fait ses études à l’académie militaire de West Point et rencontré pour la première fois David Petraeus en 2006 alors que celui­ci faisait une conférence à la Kennedy School of Go­ vernment de Harvard où elle finissait un Master. À la fin de la conférence, la jeune femme a “harponné” le général, expliqué son intérêt pour son travail en Irak. Le général lui a donné sa carte de visite… Ayant accès à lui, la jeune femme a alors décidé de faire un mé­ moire intitulé “une étude du leadership

La phrase

En annonçant sa démission, le patron de la CIA s’est excusé pour sa liaison adultère et son “manque de jugement”, après “avoir été marié pendant plus de 37 ans”. Sa biographe, Paula Broadwell, avec qui il a eu une relation, est aussi mariée et mère de deux enfants.

PHOTO NEWS

“Un tel comportement est inacceptable à la fois comme époux et comme patron d’une organisation telle que la nôtre.” David Petraeus

David Petraeus était perçu comme un officier exemplaire et charismatique. Il a servi pendant 37 ans l’armée américaine.

Le général quatre étoiles David Petraeus avait gagné P Avant

Sur le Net CE QU’ILS EN DISENT Les deux messages du patron sortant de la CIA (D.Petraeus) et de son intérim, Michael Morell, sont sur www.cia.gov

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l’aveu de sa liaison extra­conjugale, la médaille du guerrier avait déjà son revers. C’est un homme qui court. Les brie­ fings, les comptes rendus d’opération se faisaient souvent pendant ses jog­ gings de même que l’appréciation de ses collaborateurs invités à partager sa foulée. “Vous ne pouvez pas imaginer combien on en apprend sur quelqu’un en courant avec lui. (...) Cela permet de constater sa réponse au challenge de la

course et sa force de caractère. Qu’il soit bon coureur m’importe peu“, confie­t­il à l’un de ses biographes (1). De fait, jusqu’à sa chute, c’est toute sa carrière que David Petraeus a mené au pas de course. En avril 2003, il entre dans le sud de l’Irak à la tête de la 101e division aéroportée et fonce sur Bagdad, qui tombe en quelques heu­ res. Mais c’est peu après que les affai­ res sérieuses commencent. Mossoul, la grande ville sunnite du nord, est en plein chaos et Petraeus y est envoyé pour rétablir l’ordre. Il y rétablit l’électricité, rouvre l’université, achète des fournitures scolaires car si les

écoles reprennent, la vie quotidienne aussi, demande à ses hommes de faire jouer leurs muscles comme leurs cerveaux. Il supervise ensuite jus­ qu’en 2005 la refondation de l’armée irakienne. De retour aux Etats­Unis, il réécrit le manuel de la contre­insurrection, document de référence de l’armée et des Marines. Rien de génial mais du bon sens, l’idée toute simple qu’on n’écrase pas le scorpion de la guérilla avec un rouleau­compresseur et les vieilles recettes des experts français en contre­terrorisme auxquels il empruntera beaucoup. Il fait même

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chute avec sa biographe “Quand il ne voulait pas répondre à une question, il accélérait le rythme au point qu’aucun de nous deux put encore parler”. Paula Broadwell, à propos de ses interviews du général, lors des joggings.

Selon des agents de la CIA, Paula Broadwell a rendu souvent visite à Pe­ traeus quand il est devenu le directeur de l’agence il y a quatorze mois. La CIA est basée à Langley, en Virginie, et la jeune femme allait jusqu’à l’accompa­ gner dans ses joggings matinaux. In­ terrogée à ce propos, l’auteur a expli­ qué que le général testait la combati­ vité des journalistes à travers des interviews faites sur la piste de jog­ ging. “Cela a été le fondement de notre relation”, a souligné Paula Broadwell en janvier sur le Daily Show, l’émission télévisée de Jon Stewart. “Quand il ne voulait pas répondre à une question, il augmentait le rythme au point qu’aucun de nous deux put encore parler”. La jeune femme est une sportive accomplie, af­ firmant dans sa propre bio aimer la course à pied, le ski et le surf. La spectaculaire démission du géné­ ral est­elle juste un nouvel épisode du

puritanisme dont est empreinte la so­ ciété américaine ? Les choses ne sont pas parfaitement claires pour le mo­ ment pour les Républicains. Ceux­ci se demandent notamment pourquoi l’af­ faire n’a été révélée au Président Obama qu’au lendemain de la prési­ dentielle. Selon les médias américains, le géné­ ral n’a en tout cas pas violé les règles internes de la CIA. Aucun règlement n’interdit les relations extraconjugales au sein de l’agence, sauf si bien en­ tendu elles se déroulent avec des agents étrangers et mettent en danger la sécurité nationale. “Il n’y a eu aucune atteinte à la sécurité nationale. À ce jour, il n’y en a pas eu”, a assuré dimanche sur Fox News la pré­ sidente de la commission du rensei­ gnement du Sénat américain, la démo­ crate Dianne Feinstein. Christophe Lamfalussy

Holly Petraeus, l’épouse, était à sa prestation de serment pour la CIA, le 23 juin 2011.

ISAF PICTURES

CLIFF OWEN/ASSOCIATED PRESS

transformateur et de l’innovation orga­ nisationnelle influencés par le général de l’US Army David Petraeus”. Quand le général est devenu le pa­ tron de l’ISAF et des forces américaines en Afghanistan en juillet 2010, la jeune femme l’a alors suivi sur le terrain avec la ferme intention d’en faire un livre et une biographie. Le livre est paru en janvier 2012, cosigné par le journaliste du Washington Post, Vernon Loeb. Il a reçu un accueil mitigé, certains lui re­ prochant de faire au général des louan­ ges trop appuyées. Pour le réaliser, Paula Broadwell a pu suivre le général sur le terrain afghan pendant de nombreuses semaines. Mais la règle qui veut qu’un membre de l’équipe de Petraeus soit toujours présent en cas de visite au comman­ dant en chef semble avoir été respec­ tée. La relation aurait débuté après son retour d’Afghanistan.

Le général et sa biographe Paula Broadwell, elle-même militaire, à Kaboul. en juillet 2011.

sa renommée en Irak et en Afghanistan acheter les droits du livre de David Galula ­ Contre­insurrection, théorie et principe ­ , le fait traduire et le distribue ses officiers. Il s’inspire aussi de sa thèse sur les erreurs des Améri­ cains au Vietnam. Il a déjà en tête de revenir en Irak, cette fois à la tête de la coalition. Il est effectivement appelé à la rescousse en 2007 alors que les forces américaines sont de plus en plus embourbées dans un conflit qui se double d’une guerre civile. Son plan repose sur une forte augmentation des troupes sur le terrain (le «surge»), une plus grande implication des responsables provin­

ciaux et l’achat des chefs de tribus qu’il reconvertit en chefs de milices contre Al­Qaïda. Cette stratégie mar­ che bien. De façon inespérée, le niveau de vio­ lence baisse considérablement, les pertes américaines aussi. Le «guerrier intellectuel» a gagné toutes ses lettres de noblesse, ce qui lui vaut d’être promu à la tête du Centcom où il est chargé de superviser les opérations militaires au Moyen­Orient et en Asie centrale. La priorité à présent, c’est l’Afghanis­ tan, où il va remplacer à l’été 2010 pour remplacer à la tête de la coalition

internationale son subordonné Stan­ ley McChrystal, qui s’est laissé aller à dire ce qu’il pensait des politiciens de Washington. Mais sa stratégie ga­ gnante en Irak n’est pas vraiment adaptée à la complexité afghane. “La première règle de la contre­insurrection est que ce ui marche à un endroit ne marchera pas dans un autre“, a­t­il pourtant remarqué. Et il n’obtient pas les troupes suffisantes pour rééditer le «surge». D’où des relations crispées début 2009 avec Obama. Finalement, il est nommé à la tête de la CIA et confirmé par le Sénat à l’una­ nimité. Cela lui permet de sortir la

tête haute d’Afghanistan alors que les talibans apparaissent plutôt gagnants. A l’Agence, il campe un rôle moins flamboyant. Mais c’est sous sa direc­ tion que s’intensifient les attaques de drones contre le Pakistan qui certes déciment l’insurrection islamiste mais tuent aussi nombre de femmes et d’enfants. Avant la liaison extra­con­ jugale la médaille du guerrier avait déjà son revers. Jean-Pierre Perrin (Libération)

U 1)Régis Le Sommier in David Petraeus, un beau jour dans la vallée du Tigre (Editions Erick Bonnier).

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International

ALASTAIR GRANT/AP

Actualité

Chris Patten, le président du BBC Trust, s’apprêtant à parler aux médias dimanche. Pour lui, la BBC a besoin d’une “refonte en profondeur de son organisation”.

l Royaume-Uni

Sale temps pour la BBC P Le

directeur de la chaîne publique britannique démissionne.

P En

cause : une fausse accusation de pédophilie relayée par “Newsnight”. Sabrina Belaïba Correspondante à Londres

C

inquante­quatre jours et puis s’en va. Le directeur général de la BBC, George Entwistle, n’aura pas tenu très longtemps à la tête du groupe audiovi­ suel largement secoué par une crise de confiance sans précédent. Sa démission fait suite à la diffusion vendredi dernier d’une enquête dans l’émission Newsnight sur BBC2 affir­ mant qu’une personnalité importante du parti conservateur s’était livrée à des actes pédophiles sur un adolescent résidant dans un foyer de jeunes du Pays de Galles dans les années 70. Aucun nom n’a été révélé dans l’en­ quête, le témoin qui accusait s’est ré­ tracté, mais les réseaux sociaux s’en sont emparés en soupçonnant l’ancien trésorier du parti conservateur, Alis­ tair McAlpine. Le groupe n’a pas tardé de présenter ses excuses à Lord McAl­ pine, notamment sur la page Internet de l’émission Newsnight, regrettant de

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l’avoir impliqué à tort dans cette af­ faire de pédophilie. À la suite de quoi, George Entwistle a fait part de sa démission déclarant : “le directeur général étant également le ré­ dacteur en chef et responsable en dernier ressort de tout le contenu éditorial […], j’ai décidé que la chose la plus honorable à faire est de démissionner de mon poste de directeur général”. C’est la seconde fois en un mois que cette émission vedette de la chaîne pu­ blique britannique est au cœur d’une polémique importante. En effet, l’af­ faire éclate quelques semaines après le scandale Jimmy Savile. L’ancien pré­ sentateur vedette de la BBC est soup­

çonné d’avoir abusé sexuellement près de 300 enfants sur une période de 40 ans. Newsnight a été alors soupçonné de vouloir dissimuler ses méfaits en déprogrammant, fin 2011, un sujet l’incriminant. Le rédacteur en chef de l’émission avait été d’ailleurs sus­ pendu. C’est aujourd’hui une crise sans pré­ cédent qui secoue le groupe audiovi­ suel et remet en cause par la même oc­ casion son intégrité et sa réputation. Face à cela, Chris Patten, le patron du BBC Trust, l’organisme de régulation, a tenu dimanche à rassurer le public bri­ tannique, qui finance le groupe via la redevance. “Notre crédibilité dépend de

Épinglé

Un directeur déconnecté du “core business” George Entwistle, contraint à la démission dans le cadre d’un double scandale de pédophilie, restera dans l’histoire de la BBC comme le dirigeant ayant exercé le mandat le plus court : 54 jours. Sommé de s’expliquer samedi matin sur les dysfonctionnements qui ont pu conduire l’émission-phare Newsnight à accuser à tort un ex-responsable politique conservateur de pédophilie, George Entwistle s’est réfugié derrière la demande d’un rapport “urgent” sur les faits. Il a aggravé son cas aux yeux de nombre d’éditorialistes en avouant n’avoir pas vu le reportage avant sa diffusion le 2 novembre et en concédant ne pas avoir lu vendredi les journaux qui émettaient de sérieux doutes sur la crédibilité du témoignage à l’origine des accusations. Or M.Entwistle avait été lui-même rédacteur en chef de l’émission Newsnight. Cette déconnexion avait déjà été soulignée par les commentateurs au moment de son audition fin octobre devant une commission parlementaire sur l’affaire Jimmy Savile. M. Entwistle avait justifié sa réserve par le souci “d’éviter toute ingérence déplacée” par respect pour la sacro-sainte indépendance éditoriale des journalistes de la BBC. (D’après AFP)

notre capacité à dire la vérité, a­t­il rap­ pelé. Avant d’ajouter que la BBC a be­ soin d’une “refonte en profondeur de son organisation “. Hier, la presse dominicale n’a pas dé­ rogé à ses habitudes. Fidèle à lui­ même, Le Sun n’a pas fait dans la de­ mi­mesure en titrant “Bye bye idiot”, alors que Le Mail on Sunday évoquait un “bain de sang à la BBC”. De son côté, le Premier ministre bri­ tannique, David Cameron a réagi dé­ nonçant “une chasse aux sorcières”. La raison de sa colère est que le présenta­ teur de l’émission This Morning sur ITV lui a tendu en direct une liste con­ tenant les noms de plusieurs membres du parti conservateur soupçonnés de pédophilie. Dans un premier temps déstabilisé, le PM a ensuite appelé qui­ conque ayant des informations à s’adresser à la police. Rapidement après l’émission, le présentateur a pré­ senté ses excuses pour son geste. Plu­ sieurs enquêtes restent ouvertes pour faire la lumière sur l’affaire Jimmy Sa­ vile alors que les enquêtes menées par les journalistes de l’émission Newsni­ ght sont pour le moment suspendues. En attendant de choisir un nouveau directeur général, c’est Tim Davie, di­ recteur de la BBC Audio et Musique, qui occupera le poste par intérim. Tou­ tes ces affaires affaiblissent à la fois la réputation de la BBC, mais aussi celle de la presse britannique dans son inté­ gralité qui se retrouve sur le banc des accusés depuis le scandale des écoutes téléphoniques.

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l Qatar

L’opposition syrienne ébauche pour la première fois un front commun président a été élu dimanche soir à Doha. Le CNS était sous pression.

L

es différentes composantes de l’opposition syrienne réunies à Doha, au Qatar, ont conclu di­ manche sous la pression internatio­ nale un “accord initial” sur la forma­ tion d’une nouvelle instance représen­ tative censée resserrer les rangs rebelles et favoriser la chute du prési­ dent Bachar al Assad. Sur le terrain, l’artillerie et des héli­ coptères loyalistes ont bombardé les insurgés dans le secteur de Ras al Aïn, près de la frontière turque, dans le nord­est du pays. Sur le plateau du Go­ lan, l’armée israélienne a procédé à des “tirs de sommation” en direction de la Syrie lorsqu’un obus de mortier tiré au cours d’affrontements entre rebelles et forces fidèles à Bachar al Assad s’est abattu près d’une colonie juive. Le nouvel organe, formé des mouve­ ments en exil et de ceux qui opèrent en Syrie, va s’appeler “Coalition natio­ nale syrienne de l’opposition et de la révolution”. Il sera dirigé par un reli­ gieux modéré, cheikh Ahmad Maaz Al­Khatib, qui a été élu dimanche soir. Originaire de Damas, cheikh Al­Kha­ tib, 52 ans, a quitté la Syrie il y a envi­ ron trois mois, après avoir été arrêté à deux reprises depuis le déclenche­

ment du soulèvement contre le régime du président Bachar Al­Assad en mars 2011. Leurs alliés arabes et occidentaux pressaient les opposants syriens de mettre fin à leurs divisions, après bien­ tôt vingt mois de révolte contre le ré­ gime de Damas et plus de 38 000 morts. Les délégués à la réunion de Doha, après plusieurs jours de débats diffici­ les, ont affirmé que la nouvelle ins­ tance permettrait aux minorités reli­ gieuses et ethniques syriennes de mieux faire entendre leurs voix. Les groupes qui combattent sur le terrain et qui se plaignent d’être ignorés par l’opposition en exil seront aussi mieux écoutés, ont­ils assuré. Certains détails sont toujours en sus­ pens, comme l’aval des quelques diri­ geants d’opposition qui n’étaient pas présents dans la capitale qatarie. L’ac­ tuel Conseil national syrien (CNS), dont la plupart des responsables vi­ vent en exil, répugnait à se fondre dans une instance plus large mais il a finale­ ment cédé aux fortes pressions du Qa­ tar, qui finance depuis plusieurs mois l’insurrection, et des pays occidentaux, notamment des Etats­Unis. “Le CNS a accepté uniquement sous la pression. Il voudrait être le seul à repré­ senter la révolution, il voudrait un mo­ nopole”, a dit un délégué. “On lui avait fixé un ultimatum pour dix heures ce matin – soit se rallier au projet, soit être laissé purement et simplement de côté au

Saïd Ichak, membre du CNS. Aux termes de l’accord de Doha sera mise en place une assemblée de 55 à 60 membres, avec un président, deux adjoints et un secrétaire général, qui tous devaient être désignés dans la soi­ rée de dimanche. Le CNS pourrait avoir 14 sièges dans cette assemblée mais certains de ses membres ont dit en attendre une vingtaine. Il s’agira en­ suite de former dans les prochaines se­ maines un gouvernement de transi­ tion de dix membres, qui devrait solli­ citer une reconnaissance internationale. KARIM JAAFAR/AFP

P Un

Burhan Ghalioun, l’ancien chef du CNS, était à Doha. Le CNS y a reçu un ultimatum. moment de l’annonce de l’accord.” Des délégués ont précisé que des re­ présentations spécifiques seraient ré­ servées au sein de la Coalition natio­ nale aux femmes, aux Kurdes, aux chrétiens et aux alaouites, ces derniers appartenant comme le président As­ sad à une branche du chiisme. Plusieurs délégués ont toutefois pré­ cisé qu’ils devaient en référer à leurs responsables qui n’étaient pas pré­ sents à Doha. “Tout le monde a accepté de signer mais les Kurdes ont besoin de 48 heures pour obtenir l’aval de leurs di­ rigeants”, a notamment dit Bassem

Sur le plateau du Golan, l’armée is­ raélienne a procédé dimanche à des “tirs de sommation” en direction de la Syrie lorsqu’un obus de mortier tiré lors d’affrontements entre rebelles sy­ riens et forces pro­Assad s’est abattu près d’une implantation juive. Cette riposte israélienne, présentée comme la première du genre entre Is­ raéliens et Syriens depuis la guerre du Kippour en octobre 1973, souligne les tensions dans la région face aux ris­ ques de contagion du conflit en Syrie. Israël a occupé le plateau stratégique du Golan en juin 1967 et l’a annexé en 1981, une décision qui n’a pas été re­ connue par la communauté interna­ tionale. Le ministre israélien de la Dé­ fense Ehud Barak a averti dimanche qu’Israël réagirait “plus durement” en cas de nouveaux tirs syriens,. (AFP, Reuters, AP)

l Turquie

Ankara réfléchit à rétablir la peine de mort, affirme le Premier ministre

L

e Premier ministre turc Recep Tayyip Er­ dogan a déclaré dimanche qu’Ankara al­ lait réfléchir à la possibilité de rétablir la peine de mort pour les crimes relevant du ter­ rorisme, une décennie après son abolition. “Le pouvoir (de pardonner un meurtrier, NdlR) appartient à la famille de la victime, pas à nous. Nous devons faire les ajustements nécessai­ res”, a déclaré M. Erdogan, cité par l’agence de presse Anatolie. “La peine de mort existe aux Etats­Unis, en Russie, en Chine, au Japon […] Donc nous devons réévaluer notre position”, a­t­il ajouté. M. Erdogan a soulevé la question d’un possi­ ble retour de la peine capitale la semaine der­ nière en évoquant le soutien populaire d’une telle mesure au regard du cas du chef rebelle kurde emprisonné Abdullah Öcalan. “Aujourd’hui, de nombreuses personnes sont fa­ vorables à un rétablissement de la peine de mort, selon les sondages, parce que les parents des

morts souffrent pendant que d’autres font la fête en mangeant des kebabs”, a­t­il déclaré, en ré­ férence au leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et à ses partisans. Sa suggestion d’inscrire ce sujet à l’agenda du parlement intervient en pleine grève de la faim de quelque 700 détenus kurdes dans les prisons turques. Ils réclament une améliora­ tion des conditions d’incarcération d’Abdul­ lah Öcalan, placé à l’isolement depuis un an et demi. Abdullah Öcalan a été arrêté et con­ damné à mort pour trahison en 1999, une peine commuée en réclusion à perpétuité en octobre 2002 après l’abolition de la peine de mort par la Turquie, sous la pression de l’Union européenne, dont Ankara souhaite devenir membre. Environ 45 000 personnes ont trouvé la mort depuis que le PKK a pris les armes en 1984 pour l’autonomie du sud­est de la Tur­ quie, où les Kurdes sont majoritaires. (AFP) lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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International

Actualité

l Vatican | Affaire du Vatileaks

Deux mois pour l’informaticien P Peine

légère pour Claudio Sciarpelletti tandis que l’ex­ majordome est pardonné.

C

laudio Sciarpelletti, l’informati­ cien de la Secrétairie d’Etat, n’a pas convaincu les juges dans le second procès autour du Vatileaks, cette fuite à grande échelle et pour­ voyeuse d’un livre à scandales de do­ cuments confidentiels du Vatican. L’homme chargé de la maintenance de tous les ordinateurs des employés du Saint­Siège a en effet été condamné samedi par le tribunal de l’Etat du Saint­Siège à deux mois de prison avec sursis, accusé d’avoir aidé l’ex­major­ dome de Benoît XVI, Paolo Gabriele. Comme son avocat, Claudio Sciarpel­ letti, analyste de programmes infor­ matiques auprès de la Secrétairie

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d’Etat, a dit qu’il n’avait joué aucun rôle dans la fuite des documents confi­ dentiels. Le juge Giuseppe Dalla Torre a expli­ qué la relative clémence à son égard par ses états de services au Vatican. Plus encore : la condamnation ne sera pas inscrite sur son casier judiciaire. Reste que pour le tribunal, Claudio Sciarpelletti a aidé le majordome à “es­ quiver les enquêtes des autorités” vatica­ nes. Lors de l’énoncé du jugement, l’in­ formaticien est apparu effondré et son avocat Gianluca Benedetti a fait savoir qu’il ferait appel. En fait, Sciarpelletti a été reconnu coupable à cause de ses déclarations contradictoires sur une enveloppe trouvée sur son bureau et adressée à Paulo Gabriele. Le procureur avait con­ firmé qu’elle ne contenait que des do­ cuments de “valeur négligeable”. L’informaticien a, lui, prétendu n’avoir jamais ouvert l’enveloppe qu’il

possédait depuis deux ans et demi. Et a justifié ses déclarations confuses aux enquêteurs par le “choc moral” causé par son arrestation. Il ne se rappelle toujours pas qui lui avait donné les do­ cuments ! Et “quid” de l’ancien majordome du Pape dont on a dit qu’il pourrait être gracié par son ancien patron ? En marge du jugement, on a appris que Benoît XVI lui avait accordé son par­ don en lui faisant parvenir un exem­ plaire de la Bible accompagné de sa bé­ nédiction. L’envoi remonte avant le procès de la fin septembre. Benoît XVI a dédicacé l’ouvrage en lui donnant sa bénédiction apostolique et en le paraphant. Un geste fort aux nor­ mes du Vatican car le Pape avait été profondément peiné par la trahison d’un homme qui était depuis 2006 son plus proche serviteur et qu’il “aimait comme un fils”, selon son entourage.

On a encore appris que Paolo Ga­ briele aurait eu une rencontre tendue cet été avec les trois cardinaux char­ gés de l’enquête interne. Le major­ dome y aurait fortement insisté sur la sincérité de ses motifs, qui étaient d’aider le Pape face au “mal et à la cor­ ruption” au sein de l’Église. Les cardi­ naux l’auraient convaincu d’écrire une lettre à Benoît XVI, pour lui de­ mander pardon, ce qu’il fit. Mais voilà: si la grâce dépend de la seule volonté du Pape, il apparaît que la Se­ crétairerie d’Etat a fait montre de se raidir, affirmant que “l’éventualité d’une concession par le Pape d’une grâce” demeurait, mais qu’elle “pré­ supposait le repentir pour le délit et une demande sincère de pardon au souve­ rain pontife et à tous ceux qui ont été in­ justement offensés”. Le “hic” ? Paolo Gabriele n’a pas exprimé de regrets d’avoir offensé la Curie… Christian Laporte

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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France Les partisans de l’UMP souhaitent le retour de Sarkozy Près des deux tiers des sympathisants du parti UMP espèrent un retour de Nicolas Sarkozy dans la vie politique française et sa candidature à la présidentielle de 2017, selon un sondage publié dimanche, à une semaine de l’élection du nouveau président du parti. Selon ce sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 64 % des sympathisants de droite souhaitent que l’ex-président “revienne dans la vie politique et soit candidat de la droite lors de l’élection présidentielle de 2017”, et 30 % préfèrent qu’il “revienne dans la vie politique mais uniquement en s’exprimant sur différents sujets”. Depuis sa défaite le 6 mai face à François Hollande, Nicolas Sarkozy est resté silencieux sur la politique française. En attendant, sa succession à la tête de la droite fait depuis l’été l’objet d’une féroce compétition entre l’ancien Premier ministre François Fillon et l’actuel secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé. Celle-ci s’achèvera le 18 novembre avec le vote de quelque 300 000 adhérents de l’UMP appelés à désigner leur nouveau président. (AFP) SANJAY KANOJIA/APAP

Suisse Un gâteau de 1 221,60 mètres de long

Iran Le FMI prévoit une légère baisse du PIB en 2012

Inde Bientôt le nouvel an hindou, cinq jours de fête

Des pâtissiers suisses sont entrés dimanche au Livre Guinness des Records en préparant à Genève un gâteau au chocolat de 1 221,60 mètres de long, a rapporté l’agence de presse ATS. Plusieurs équipes comptant chacune 25 chefs pâtissiers et des volontaires étaient là pour confectionner ce napoléon, un mille-feuille au chocolat, qui bat de près de 200 mètres le record de la spécialité établi il y a 20 ans. Près de 250 personnes ont été impliquées dans la préparation de l’exploit pendant six mois, a déclaré Gilles Desplanches, qui a lancé le projet pour célébrer le 25e anniversaire de sa pâtisserie.

L’économie iranienne a enregistré une légère contraction en 2012 en raison des sanctions occidentales sur ses exportations pétrolières, a indiqué dimanche le Fonds monétaire international (FMI). “Nos prévisions montrent une légère contraction de l’économie iranienne en 2012 […] et une augmentation de la poussée inflationniste durant la même période”, a déclaré le directeur du FMI pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, Masood Ahmed. Le FMI prévoit une contraction de 0,9 % cette année en Iran et une modeste croissance de 0,8 % en 2013, contre un taux de croissance de 2 % en 2011 et de 5,9 % en 2010. (AFP)

Egypte Premiers voiles pour les hôtesses de l’air

Israël Nouvelles tensions avec la bande de Gaza Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a menacé dimanche d’intensifier les opérations militaires dans la bande de Gaza après une recrudescence des tirs de roquettes sur le sud d’Israël en provenance de l’enclave côtière palestinienne. Quatre militaires israéliens ont été blessés samedi lors d’une patrouille à la frontière avec le territoire palestinien, leur véhicule ayant été touché par une roquette antichar. La riposte de Tsahal a coûté la vie à quatre civils palestiniens. Les groupes islamistes ont alors répondu à leur tour en tirant des dizaines de roquettes en direction des localités du sud de l’Etat hébreu, faisant quatre blessés. Dans un communiqué conjoint, six mouvements palestiniens dont le Hamas, qui n’était pas ouvertement impliqué dans les affrontements de la veille, ont revendiqué les tirs de roquettes et d’obus de mortier de dimanche. (Reuters)

France Dix imams en Israël Une délégation de dix imams et de six responsables d’associations musulmanes de France a quitté dimanche Paris pour une visite en Israël et dans les territoires palestiniens, “une première”, selon les organisateurs. “Notre but est de dire que le conflit israélo-palestinien est politique et non religieux. Avec cette action, une première, nous voulons couper court aux tensions qui fragilisent le vivre ensemble ici en France, en refusant toute forme de transposition du conflit dans notre pays”, a expliqué à la presse l’imam de la mosquée de Drancy, près de Paris, Hassen Chalghoumi, connu pour sa proximité avec la communauté juive. (AFP)

Dernière touche d’un artiste indien à une statue de la déesse Kali, à Allahabad, dans l’Etat d’Uttar Pradesh, pour la grande fête des lumières. Divali est une fête très populaire en Inde, le nouvel an hindou, à l’occasion de laquelle on s’offre des cadeaux et tire des feux d’artifice. Les festivités durent cinq jours, dont le troisième, le plus important (Ba i Divali), est consacré à la déesse Lakshmi. Elle commence ce mardi 13 novembre.

Russie Poutine salue l’agent Blake

Les hôtesses d’Egypt Air qui avaient fait campagne pour porter le hijab ont commencé à le revêtir, pour la première fois depuis la création en 1932 de la compagnie aérienne nationale, a indiqué dimanche un responsable de l’entreprise. Les premières hôtesses de l’air portant le hijab, – un voile qui couvre la tête et le cou, mais ne cache pas le visage – ont travaillé samedi sur des vols à destination de Jeddah (Arabie saoudite). Quelque 250 hôtesses d’Egypt Air souhaiteraient porter le hijab, sur un total de 900 femmes employées par le transporteur aérien. (AFP)

Le président russe Vladimir Poutine a félicité dimanche l’agent double britannique George Blake, qui célèbre ses 90 ans à Moscou où il coule une paisible retraite, estimant que le nonagénaire faisait partie d’un “brillant ensemble d’hommes à poigne et courageux”. Héros en Russie et traître en Grande-Bretagne, George Blake avait été recruté par les Soviétiques dans les années 1950. Communiste convaincu, Blake avait notamment révélé aux Soviétiques l’existence d’un tunnel construit à Berlin par les services secrets britanniques et américains pour écouter les forces soviétiques. (AFP)

Rwanda La Belgique suspend sa coopération militaire Le Belgique a suspendu sa coopération militaire avec le Rwanda, mis en cause par des experts de l’Onu pour son soutien à une rébellion active dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris dimanche de sources gouvernementales. La Belgique et le Rwanda avaient conclu en 2004 un programme de partenariat, portant principalement sur la formation de militaires rwandais – dont six sont élèves-officiers au sein de l’Ecole royale militaire (ERM) à Bruxelles – ainsi que sur le sport, la recherche et la collaboration en ce qui concerne les grands brûlés. La décision a été annoncée par Didier Reynders (MR) et Pieter De Crem (CD&V). (D’après Belga)

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Economie

Ils étaient 20000 à manifester dimanche à Genk pour protester contre la fermeture de l’usine Ford qui condamne quelque 10000 emplois directs et indirects dans une région qui avait pour

l Social

Genk illustre l’angoisse sociale P 20 000

manifestants ont soutenu les travailleurs sacrifiés de Ford Genk.

P Un

prélude à une semaine qui sera chaude sur le plan budgétaire et social.

L

es syndicats de Ford Genk ont dé­ livré un message clair au cons­ tructeur automobile et aux poli­ ticiens : “Nous allons nous battre pour chaque emploi et pour obtenir le maxi­ mum des négociations”, a déclaré au nom du front commun Rohnny

Champagne (FGTB) à l’occasion de la manifestation organisée ce dimanche à Genk. “Afin d’assurer l’avenir de nos en­ fants, nous ne nous laisserons pas massa­ crer par des Américains qui nous ont je­ tés à la rue sans scrupule. Si cela passe par des prépensions à 50 ans, ce sera des prépensions à 50 ans. Nous vendrons chèrement notre peau”, a ajouté le re­ présentant du syndicat socialiste. Une lettre a ensuite été lue par des enfants de travailleurs de Ford Genk, se demandant notamment comment leurs parents pourront payer leurs étu­ des ou les nourrir en l’absence de reve­ nus. Les manifestants, qui étaient envi­ ron 20000, comptaient également de nombreux syndicalistes d’autres en­ treprises, notamment des représen­

tants de Ford Turquie et d’anciens tra­ vailleurs licenciés de Opel Anvers et Renault Vilvorde ainsi que des em­ ployés de Philips Turnhout. Jo Van­ deurzen et Ingrid Lieten, membres du gouvernement flamand, ont égale­ ment pris part à la marche qui s’est achevée dans le calme. Une première rencontre entre direc­ tion et syndicats est prévue en début de semaine prochaine afin de lancer les négociations pour un plan social. Des négociations qui interviendront dans un climat doublement tendu. Sur le plan national, le gouvernement Di Rupo espère pouvoir boucler cette se­ maine un budget qui aura un fort par­ fum d’austérité. Dans un tel contexte, évoquer et même revendiquer des

prépensions à 50 ans risque de se heurter à l’opposition farouche d’au moins une partie du gouvernement. D’autre part, cette semaine sera éga­ lement très animée sur le plan social. A l’échelle européenne, la contestation monte contre l’austérité. A l’appel de la Confédération européenne des syndi­ cats (CES), une quarantaine d’organi­ sations issues de 23 pays participeront mercredi à une journée d’action. Ils veulent demander aux dirigeants européens d’agir face à la flambée du chômage et de “répondre à l’angoisse sociale des citoyens”. “Il est temps d’écou­ ter ce qu’ont à dire les citoyens et les tra­ vailleurs et de changer de cap”, a plaidé Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES.

l Union européenne | Réunion de l’Eurogroupe

La Grèce doit prendre son mal en patie P Berlin

bloque tout accord sur la libération d’une nouvelle tranche d’aide à Athènes.

P La

Grèce estime avoir rempli sa part du marché.

B

ref résumé de la situation : la Grèce espère obtenir rapidement une nouvelle bouffée d’oxygène financière de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). Et dans le même temps, Athènes souhaite se voir accorder un délai de deux ans pour assainir ses finances publiques.

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Mais plusieurs Etats membres de la zone euro, au premier rang desquels l’Allemagne, refusent toute précipita­ tion sur ces deux dossiers. Berlin attend en effet de connaître la teneur du rap­ port que doivent rendre les experts de la troïka Commission­Banque centrale européenne (BCE)­FMI sur l’évolution de l’économie et de la dette publique grecques avant d’arrêter sa position. Comme l’exigeaient les bailleurs de fonds de la Grèce, le gouvernement de coalition d’Antonis Samaras est pour­ tant parvenu à faire adopter, aux for­ ceps, un nouveau plan de rigueur de ré­ formes de 13,5 milliards d’euros au Par­ lement grec, dans la nuit de mercredi à jeudi. Berlin a salué vendredi “un pas en avant impressionnant”, par la voix du porte­parole du gouvernement alle­

mand, Steffen Seibert. Mais le Parle­ ment grec devait encore se prononcer, dimanche, sur le budget 2013. Vote ­ sur fond de nouvelle manifestation ­ dont le résultat ne devrait de toute façon pas modifier la position allemande. Le grand argentier allemand Wolfgang Schaüble a clairement indiqué qu’il ne fallait “pas attendre de décision sur la Grèce la semaine prochaine”. Et donc pas lors de la réunion de l’Eurogroupe qui se tiendra lundi soir à Bruxelles. Or, comme le rappelait en cours de se­ maine une source diplomatique, “le ca­ lendrier est assez serré”. Le ministre grec des Finances, Christos Staikouras, a averti vendredi que “la situation des ré­ serves de liquidités de l’Etat est limite”. Athènes tablait en effet sur le déblo­ cage de la nouvelle tranche de 31,5 mil­

liards d’euros du plan d’aide de 130 milliards, bloqués depuis juin, pour honorer ses remboursements de la mi­ novembre – 5 milliards d’euros de bons du Trésor grec doivent être remboursés le 16 novembre. Faute de pouvoir dis­ poser de l’aide internationale, la PDMA, l’agence de gestion de la dette publique a annoncé une adjudication d’un mil­ liard d’euros de bons du Trésor à trois mois et de 2,125 milliards d’euros de bons à quatre semaines le 13 novembre dans le cadre du refinancement. Les Grecs, qui estiment avoir rempli leur part du marché, sont las des ater­ moiements de leurs partenaires. Chris­ tos Staikouras a appelé les bailleurs de fonds de la Grèce à tenir leurs engage­ ments et à éviter “des exigences maxima­ listes et irréalistes”.

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Banques Des sanctions réclamées contre l’ex-direction de Fortis

BELGA

Fortis et certains membres de son ancienne direction ont diffusé des informations à caractère trompeur en 2008, selon un rapport de l’Autorité des services et marchés financiers (FMSA) révélé par le Tijd et L’Echo. Selon le rapport, Fortis, son ancien CEO Jean-Paul Votron, l’ancien directeur financier Gilbert Mittler et Herman Verwilst, ex-adjoint de Votron, ont “gravement lésé la transparence et le bon fonctionnement des marchés financiers”. Jean-Paul Votron est particulièrement blâmé. L’auditeur propose d’infliger à Fortis et à Votron une amende de 500 000 euros chacun, ainsi qu’une amende de 400000 euros pour Mittler et de 250 000 euros pour Verwilst. (Belga)

tant réussi à se remettre de la fermeture des charbonnages.

de l’Europe “A semer l’austérité, on récolte la ré­ cession, l’augmentation de la pauvreté et l’angoisse sociale”, a­t­elle encore ajouté. Cette journée donnera lieu à des mouvements de grèves en Espa­ gne, au Portugal, en Grèce et en Italie, quatre pays lourdement frappés par la crise. Des manifestations sont prévues en Belgique (avec des actions de grève déjà annoncées par les cheminots no­ tamment), en France, dans certains pays de l’Est comme la Pologne, la Slo­ vénie et la Roumanie, et également devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles. A noter, facteur symptomatique, que les syndicats des pays du nord de l’Europe ne se sont pas associés à ce mouvement, du moins pour le mo­

ment. Une attitude qui témoigne en­ core de la fracture de plus en plus nette entre le nord de l’Europe qui continue à plaider pour la rigueur budgétaire, et les pays du sud qui crai­ gnent un “étouffement” sous le poids de l’austérité qui les frappe. A noter encore que ce mouvement de protestation surviendra 24 heures à peine avant la publication des chif­ fres de la croissance de la zone euro, qui devraient confirmer son entrée en récession pour la deuxième fois en trois ans. L’occasion pour les manifes­ tants de rappeler que si l’Europe a be­ soin de rigueur budgétaire, elle doit aussi songer à une relance créatrice d’emplois. Y.C. (avec AFP et Belga)

nce Est également sur la table de l’Euro­ groupe le dossier de l’allongement du plan d’aide à la Grèce. Il est ainsi ques­ tion d’allonger de deux ans le délai im­ parti pour ramener le déficit public sous les 3 % du PIB. L’objectif doit nor­ malement être atteint en 2014, mais selon les prévisions économiques pu­ bliées mercredi par la Commission, il sera encore de 4,6 % dans deux ans – pour 6,8 % cette année. 2016 semble donc être un horizon plus raisonnable. Dans le même ordre d’idée, la réduc­ tion de la dette grecque au niveau jugé soutenable de 120 % du PIB ne devrait plus intervenir en 2020, mais en 2022. Mais Berlin également inflexible sur ce point. D’autant que si les Européens ont répété qu’ils ne remettraient plus d’argent dans “le pot” grec, l’allonge­

ment du plan aura un coût. Qui le fi­ nancera ? La BCE ne peut pas effacer la dette grecque qu’elle détient. Les Etats de la zone euro ne souhaitent et/ou ne peuvent pas faire une croix sur l’agent prêté. L’Allemagne, toujours elle, indi­ que que cette option est anticonstitu­ tionnelle. Reste l’option d’une baisse des taux d’intérêts des prêts consentis. Il sera en tout cas difficile de deman­ der à la Grèce de consentir à de nou­ veaux efforts. Parce que l’austérité tue toute perspective de croissance. Mais aussi parce que la situation sociale y est déjà explosive. Le FMI lui­même a ad­ mis qu’il existait un risque que “l’austé­ rité devienne politiquement et sociale­ ment intenable dans les pays de la péri­ phérie” de la zone euro. OleB

Banques Un bonus de 6,7 millions pour l’ex-n°1 de Citigroup

Transport aérien Brussels Airlines primée à New York

L’ancien administrateur délégué de Citigroup Vikram Pandit, qui a quitté la société en octobre, a empoché un bonus de 6,7 millions de dollars, a annoncé la banque. “Vikram Pandit a dirigé Citigroup pendant la crise financière, a déterminé sa stratégie, a amélioré sa gestion du risque et a permis à la banque de renouer avec les bénéfices”, a justifié Michael O’Neill, le président du groupe. (AFP)

La Chambre de commerce belgo-américaine a décerné samedi un “Entrepreneurship Award” à la compagnie aérienne Brussels Airlines. “Belcham couronne ainsi le succès de la liaison Bruxelles-New York, inaugurée le 1er juin dernier par la compagnie belge. C’est le cinquième prix que Brussels Airlines s’est vue attribuer cette année”, souligne la compagnie dans un communiqué. (Belga)

Services télévisés Alfacam prévoit une perte nette de plus de 7 millions Le groupe de services télévisés Alfacam prévoit une perte nette de plus de 7 millions d’euros et un chiffre d’affaires revu à la baisse de 40 millions d’euros en 2012, a indiqué l’entreprise qui a obtenu une protection contre ses créanciers jusque fin janvier. Alfacam a réalisé au troisième trimestre un chiffre d’affaires de 14,6 millions d’euros, qui comprend les rentrées générées par les JO de Londres. En 2010 et 2011, le chiffre d’affaires sur la même période avait été de 9 millions d’euros. “Des discussions avec des investisseurs potentiels sont actuellement en cours”, précise l’entreprise anversoise.(Belga)

Energie GDF Suez s’énerve, Vande Lanotte fâché

Paiements électroniques Keyware réfléchit à son avenir en bourse

GDF Suez, maison-mère d’Electrabel, estime le climat en Belgique tellement négatif qu’elle se demande si cela vaut encore la peine d’y investir, rapportait samedi “De Morgen”. “Aussi longtemps que l’on ne m’a pas expliqué pourquoi, pour le même produit, en l’occurrence le gaz, l’on facture 15 % de plus qu’en France, je ne trouverai pas que nous sommes trop durs“, a réagi le ministre Vande Lanotte sp.a (Belga).

Le spécialiste en matière de trafic de paiements électroniques Keyware “réfléchit actuellement à son avenir en bourse”, indique la société. “Quelle valeur ajoutée représente encore la cotation?”, demande-t-elle. Et d’annoncer des “résultats exceptionnels” pour le octobre, avec plus de 700 nouveaux contrats de location de terminaux de paiement et d’abonnement de transactions. (Belga)

Acier Duferco : reprise du dialogue dans un bon climat La première réunion de travail sur le plan industriel proposé par les directions de Duferco et NLMK à La Louvière a eu lieu samedi à Nivelles. Une nouvelle structure opérationnelle élaborée par Duferco La Louvière sur base de comparaisons avec le secteur européen a été présentée aux représentants syndicaux de l’entreprise louviéroise. La direction de NLMK a tenu à préciser que “seuls les sidérurgistes capables de s’adapter pourraient traverser la crise”. Parmi les mesures proposées dans le plan industriel, on note le développement du marché de niches et de nouveaux produits, l’adaptation de la structure de travail et de l’effectif aux besoins de la production, la réduction des coûts et notamment des charges salariales, ainsi que l’amélioration de la productivité et de la flexibilité. Les représentants syndicaux ont salué la reprise du dialogue et la volonté de garantir un futur à l’acier louviérois. Ils ont demandé aux directions un plan financier précis. On n’entreverrait pas de licenciements secs. (Belga)

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Football - Division 1

Les chiffres dans le rouche

Bruges bala

Bilan catastrophique ou pas ? Voilà les chiffres réels du Standard actuel. Avec 6 points de moins que la saison passée à la même époque, les Rouches ne sont pas forcément si mal logés. Restait à décrypter ce bilan chiffré.

BELGA/ BRUNO FAHY

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Sports

Sports

Le grand écart du Djoker

Novak Djokovic s’est offert une nouvelle finale de Masters, quatre ans après s’être imposé pour la première fois à Shangaï. Le Serbe s’est défait de Juan Martin Del Potro en trois sets.

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P Ces

Mauves­là ne peuvent pas être inquiétés.

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1

Anderlecht Club Bruges Anderlecht : Proto, Safari, Kouyaté, Nuytinck, Gillet, Kljestan, Biglia, Praet, Bruno (82e Canesin), Jovanovic (87e Kanu), Mbokani (73e De Sutter). Club Bruges : Jorgacevic (58e Kujovic), Hogli, Almeback, Figueras, Buysse, Odjidja, Blondel, Jorgensen (46r Van Acker), Lestienne, Trickovski (28e Refaelov), Tchité. Arbitre : M. Wouters. Avertissements : Odjidja Les buts : 22E Bruno(1-0), 33e Mbokani (2-0), 41eJovanovic sur pen. (3-0), 54e Kljestan (4-0), 60e Lestienne (4-1), 87e Biglia sur pen. (5-1), 90e+2Praet (6-1)

I

PHOTO NEWS

Les deux révélations de la première partie de championnat de hockey n’ont pas brillé hier après­midi. Le Daring s’est fait surprendre par l’ancien patient Louvain (4­1), pendant que l’Héraklès prenait l’eau à domicile contre le Braxgata qui se ressaisit quelque peu en bas de classe­ ment. Si le Léopold et le Waterloo Ducks se sont imposés sans trop de difficultés, il en fut autrement pour le Racing défait à l’Antwerp.

a infligé une véritable correction à un Club de Bruges en crise flagrante de confiance.

l n’y avait hier ni argent ni vérita­ ble mérite à gagner au moment de pronostiquer la victoire d’Ander­ lecht. Mais qui aurait osé avancer des chiffres aussi lourds avant que le coup d’envoi ne soit donné? Car en se retournant sur leur pre­ mière mi­temps avec déjà un passif de 3 goals entre les dents, les Brugeois eux­mêmes durent hier se demander comment l’affiche du weekend avait pu aussi rapidement se transformer en un simple match d’exhibition. Alors que Massimo Bruno s’était chargé dès la 22e minute de jeu d’ouvrir les hostilités de façon polie à l’instar d’un maître de cérémonie

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Les “surprises” calent

P Anderlecht

Massimo Bruno et Dennis Praet auront été au so (1­0), le Club ne put ensuite s’empê­ cher de reculer et de subir en quelques minutes les foudres de Dieumerci Mbokani (dont on ne saura sans doute jamais si le but fut marqué par la chance ou par un véritable trait de gé­ nie) et de Jovanovic (sur penalty). Sans doute, y avait­il hier après­midi dans la débâcle brugeoise l’application de consignes tactiques mal justifiées. Celles visant à faire jouer “le bloc équipe” très bas en tenant de miser sur la vitesse de reconversion de Les­

Massimo Bruno, l’homme par qui le P Alors

qu’il reconnaissait se sentir meilleur dans un rôle de jo

Il aura été le premier à frapper comme pour rester fidèle à cette habitude qui avait déjà vu Massimo Bruno marquer contre deux autres grands (Genk et Gand). “Il me manque le Standard mais je le garde pour le 2e tour (sourire). Ceci dit, j’aimerais bien marquer contre les petites équipes aussi.” Hier, Massimo Bruno aura pourtant été le premier Anderlechtois à mettre le Club au tapis en plantant le but d’ouverture avec une aisance décon­ certante : “Je crois que la confiance, cela joue pour 90 pourcents. Sur mon but, j’ai essayé de ne penser à rien. J’ai juste

couru vers le banc pour retrouver Jean, notre délégué. Je lui avais dit juste avant le match que je marquerais pour lui. Malheureusement, je ne l’ai pas trouvé.” Peu importe. Comme s’il fallait re­ tomber sur ses pattes, Bruno se sera alors replié sur John van den Brom tout heureux de voir son joueur se diriger vers lui : C’est vrai que, du coup, je suis allé vers lui. Mais il est pour beaucoup dans notre succès aussi. C’est lui qui nous libère, qui nous pousse à bien jouer. Il a fait confiance aux jeunes aussi.” Car la présence de Dennis Praet sem­

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yé en six revers du pied Division 1 Lokeren – Standard 2–1 OH Louvain – KV Courtrai 0–0 Waasland – Charleroi 0–0 Zulte Waregem – FC Malines 1–1 Cercle Bruges – La Gantoise 2–2 Lierse – Beerschot AC 1–3 RSC Anderlecht – FC Bruges 6-1 KRC Genk – Mons 5-1 16e Perbet (0-1), 25e Vossen (1-1),37e Gorius (2-1), 41e Plet (3-1),64e Plet (4-1), 84e Vossen (5-1)

PHOTO NEWS

1. Anderlecht 2. Zulte Waregem 3. KRC Genk 4. Lokeren 5. KV Courtrai 6. OH Louvain 7. Standard 8. FC Bruges 9. Mons 10. La Gantoise 11. FC Malines 12. Beerschot AC 13. Charleroi 14. Lierse 15. Waasland 16. Cercle Bruges

mmet de leur art. Les jeunes pousses du Sporting ont dominé les débats. tienne et Tchite. Sans doute y avait­il aussi dans le carnage final (6­1 puisque le score ne fut pas alourdi en raison de la gentillesse de Massimo Bruno mais aussi des poteaux), des raisons psycho­ logiques somme toute assez basiques. Entre un Sporting déposé sur un nuage depuis sa victoire face au Zenit et un Bruges encore traumatisé par le pas­ sage de Georges Leekens (que les sup­ porters anderlechtois se plurent hier à gentiment remercier), la différence se rendit hier patente au travers de cer­

tains gestes, aussi infimes furent­ils. Celui d’un Jorgacevic dégageant le bal­ lon en tribune là où Proto se permettait un contrôle de la poitrine. Celui d’un Praet dénichant une superbe talon­ nade là où le pauvre Buysse se retrou­ vait seul au tapis au moment de déli­ vrer une passe d’une déconcertante fa­ cilité. Hier les deux penaltys convertis par le Sporting (par Jovanovic d’abord même si le Serbe n’était sans doute pas l’homme désigné, par Biglia ensuite) allaient d’ailleurs prouver si besoin en

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14 18 17 19 13 22 24 29 30 23 25 27 29 26 26 34

31 29 28 27 25 24 22 22 21 20 18 17 14 13 11 8

OH Louvain – Mons Sa 20h00 Cercle – Genk Sa 20h00 W-Beveren – Club Bruges Sa 20h00 Lierse – La Gantoise Sa 20h00 Charleroi – Malines Sa 20h00 Zulte-Waregem – Standard Di 14h30 Anderlecht – Courtrai Di 18h00 Lokeren – Beerschot Di 20h30

était que le Sporting était débarrassé de tous ses vieux démons. Reste qu’au bout du compte, la diffé­ rence dans les chiffres et dans la ma­ nière devait hier trouver une tout autre explication pour se justifier. Celle de la qualité. Armé d’une défense faite de béquilles et de “bâtons de chaise”, Phi­ lippe Clement ne pouvait réaliser aucun miracle. La jeune classe du Spor­ ting, avec Praet à la conclusion, fut la première à le constater. Thibaut Roland

Le revers de la lame Par Thibaut Roland Cela finit par frôler la non­assistance à personne en danger. En laissant Bruges dans un état jugé jusqu’ici végétatif mais devenu cette fois outrageusement maladif, certains pourraient bientôt tomber entre les pat­ tes de la justice. Ou, à tout le moins d’une certaine forme de vindicte. Car tandis que le Parc Astrid exultait et profitait des premiers froids pour s’em­ mitoufler dans une ambiance jusqu’ici inconnue, les Brugeois pouvaient s’at­ tendre à un retour chahuté. Avec la défaite et le score tennistique en­ caissé dimanche sur les terres du rival éternel, la théorie du bouc émissaire (bonjour Georges Leekens) aura même été piétinée. Personne ne songe bien sûr à faire de Long Couteau un martyr, sacrifié sur l’autel de l’insuccès. Leekens a toujours été suffisamment armé pour se (sur) vendre pour que quiconque songe dé­ sormais à l’aider. Mais la dégelée brugeoise aura au moins eu le mérite de montrer que der­ rière l’échec de Long Couteau, un revers de lame existait. Celui qui laisse penser qu’à Bruges, la crise est aussi structu­ relle et que l’exemple d’Anderlecht pour­ rait peut­être les aider. Qu’il suffisse ici de songer à la formation pour recaler le Club à des années­lumière du Sporting. Idem pour les infrastructures, la logisti­ que, le réseau d’agents et la communica­ tion. Cinq raisons qui expliquent aussi les cinq buts d’écart à leur façon.

Épinglé

verrou a sauté

“Je savais déjà qu’on était la meilleure équipe”

ker, Massimo Bruno est désormais parfait en titulaire. ble avoir elle aussi transformé Mas­ simo Bruno. Comme si la pression ne pesait plus seulement sur lui et que l’attention était désormais distribuée entre les deux jeunes : “C’est vrai que depuis que Dennis est là, je sens un peu moins de pression. Et puis, on se connaît tellement bien qu’on peut tout partager. Avant le match, c’est quelqu’un avec qui je peux parler. Avant, je me sentais plus à l’aise dans un rôle de joker. Maintenant, j’arrive aussi à faire des bons matchs aussi comme titulaire. Peut­être que Dennis y est pour quelque chose.” Et comme si le beau jeu ne lui suffisait

15 15 15 15 15 15 15 15 15 15 15 15 15 15 15 15

Le café des sports

pas, le Sporting aura profité de son dimanche pour briser la malédiction des penaltys : “Je dois vous avouer que sur le premier penalty, j’ai un peu tourné le dos. On n’avait pas désigné de tireur et je ne me suis pas proposé quand j’ai vu que Jova s’était décidé à le tirer. Il nous a mis une belle lucarne. Ca, c’est fait.” Comme la démonstration d’un An­ derlecht à qui rien ne semble pouvoir arriver : “Ce n’est pas qu’un signal pour Bruges. Cela vaut pour toutes les autres équipes. !” Thibaut Roland

“Est-ce que, maintenant, j’ai enfin la preuve qu’on est la meilleure équipe de Belgique ? Honnêtement, je n’ai rien appris. C’est quelque chose que je savais.” Pour celui qui ne le connaît pas, les propos de Bram Nuytinck pourraient être mal interprétés. Toujours confiant mais jamais arrogant, le Néerlandais en aura toutefois profité de son dimanche après-midi pour marquer les esprits mais aussi des points auprès du superviseur de l’équipe nationale néerlandaise venu hier le visionner : “C’est quelque chose que je ne savais pas mais dont on m’a parlé après le match. Comment vous le savez ? Vous êtes bien renseigné (sourire) !. Sincèrement, je ne sais pas si je serai sélectionné par mon équipe nationale la prochaine fois mais si c’est le cas, ce sera un très grand jour pour moi.” Comme pour une partie de sa famille une nouvelle fois présente hier mais aussi pour les supporters anderlechtois auprès desquels la cote du défenseur néerlandais ne cesse d’augmenter : “Vous avez vu l’ambiance qu’ils ont mise aujourd’hui ? Ils sont incroyables. Franchement, je ne sais pas ce qu’on peut espérer de mieux pour l’instant. On a un coach qui partout où il passe, gagne. On a les meilleurs joueurs du championnat dans toutes les lignes. Et surtout, on n’a peur de rien. Vraiment rien.” Th. R. lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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l Football | Division 1

Tchite, l’implacable constat attaquant liégeois n’a pas mâché ses mots à l’issue du sommet raté par les Brugeois.

P Même

Mourinho ne pourrait rien eux.

M

eme Tchite n’est pas friand de l’art oratoire. Il s’exprime rarement de­ vant un micro. Mais, quand il s’y ré­ sout, il ne mâche pas ses mots, au ris­ que de payer les conséquences de ce que ses dirigeants assimilent alors vo­ lontiers à un dérapage verbal. “Tout le monde connaît la situation : que voulez­ vous qu’on dise de plus ? Nous n’avons plus remporté un seul point depuis cinq

matches, nous régressons dangereuse­ ment au classement et nous n’avons plus d’entraîneur. Il ne faut pas avoir peur des mots : nous sommes en crise.” Si l’on excepte un tir au but en pre­ mière période, l’unique avant de pointe du Club n’a guère en l’occa­ sion de briller, lui non plus. Il l’ad­ mettait bien volontiers mais il avan­ çait de véritables circonstances atté­ nuantes : “Que voulez­vous que je fasse, seul sur mon île ? Nous n’avons pas vraiment joué au football ce dimanche après­midi. Même le but qu’on a inscrit est tombé de… nulle part. Il ne faut pas chercher de savantes explications là où elles n’existent pas : c’est la tête qui ne va plus ! Pouvez­vous m’expliquer pour­ quoi, jeudi contre Newcastle qui est, à mes yeux, trois ou quatre fois plus fort encore qu’Anderlecht, nous parvenons à livrer un match costaud et à arracher le

point d’un bon match nul même si ce ré­ sultat nous laisse un peu de regret et que, trois jours plus tard, nous abordons un sommet de la compétition nationale comme si nous étions battus d’avance ?” Mais Tchite se garde bien d’incrimi­ ner Philippe Clement le moins du monde : “Il ne faut pas croire que l’en­ traîneur soit responsable en quoi que ce soit. Même avec José Mourinho sur le banc et, sur la pelouse, une équipe affi­ chant la mentalité qui était la nôtre aujourd’hui, nous n’aurions pas forgé un meilleur résultat. J’exagère peut­être mais… à peine : même contre une équipe de D3, nous n’y serions pas arrivés si nous avions produit une prestation aussi… nulle que celle que nous avons li­ vrée dans ce sommet qui a bien mal porté son nom.” Meme Tchite attend, impatient, le nouveau coach : “J’espère qu’il chan­

gera vite quelque chose. Mais il n’arri­ vera à rien, lui non plus, si trois joueurs jouent et si les autres ne suivent pas.” Michel Dubois

BELGA

P L’ancien

Tchite aura cette fois vidé son sac.

Les vrais chiffres du Standard P Les

Rouches comptent six points de retard sur leur bilan de l’an passé.

L

e premier tour de la phase classi­ que s’est achevé ce week­end. L’occasion de faire le premier bi­ lan chiffré du Standard...

1

A peine 22 points. Les Rouches ont pris moins de 50 % des points mis en jeu (22 sur 45). En 15 matches, ils n’ont engrangé que 7 victoires. Ils ont concédé autant de défaites. Surpre­ nant, ils n’ont fait qu’une fois match nul (0­0 au Lierse). 22 sur 45, c’est 6 points de moins que la saison dernière au même stade et c’est toujours le pire départ depuis 10 ans (21 sur 45 en 2002­2003). Mais c’est dans la lignée des débuts de saison du Standard de­ puis la réforme du championnat : 24 sur 45 en 2009­2010 et en 2010­2011 ! Et comme cette année, les autres équi­ pes ne font pas beaucoup mieux, rien n’est perdu pour la bande à Rednic… PHILIPPE CROCHET/ PHOTO NEWS

2

Imoh Ezekiel baisse la tête. Il reste pourtant l’un des points forts de ce premier tour.

24

Au mieux 9 sur 9. Depuis la ré­ forme du championnat, le Stan­ dard n’a jamais réussi un 12 sur 12 dans la phase classique. Cela se con­ firme encore cette saison : les Rouches ont fait, au mieux, 9 sur 9 avant de chu­ ter (à Bruges et à Lokeren). Une fois avec Ron Jans, une fois avec Peter Ba­ lette et Mircea Rednic.

3

24 buts encaissés. En 15 matches, le Standard a encaissé 24 buts. C’est trop pour un candidat au Top 3. En cause : un trop grand nombre d’er­ reurs individuelles et le choix (qui n’était pas une obligation absolue vu la présence d’Arslanagic dans le noyau) de Ron Jans d’aligner Van Damme en défense centrale. Si le Standard a concédé 4 buts de plus qu’il y a un an à pareille époque, il fait cependant mieux au niveau des buts marqués : 28 cette saison pour 22 lors du premier tour de la phase régulière 2011­12.

4

24 joueurs utilisés. Preuve que le Standard se cherche, 24 joueurs ont été utilisés en 15 matches. De gré, lorsque le coach changeait des joueurs sans obligation, mais aussi de force, car les Rouches ont dû faire face à plusieurs blessures de plus ou moins longue du­ rée : Tavares, Kanu, Cissé, Gershon, Po­ cognoli, Opare, Gonzalez, Ogunjimi, Batshuayi…

5

Deux vrais attaquants. Claire­ ment, le Standard doit jouer en 4­ 4­2 avec deux vrais attaquants. Ron Jans s’est enfermé dans un 4­2­3­1 sté­ rile. Et lorsqu’il est passé en 4­4­1­1, le choix de l’entrejeu en losange et d’un deuxième attaquant qui n’était pas un attaquant spécifique (Ajdarevic ou Bu­ lot) a, lui aussi, été contre­productif (à une exception près, lors de Standard­ Anderlecht). David De Myttenaere

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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Division 2 KVC Westerlo – Antwerp St-Nicolas – SV Roulers Dessel Sp. – Mouscron-Péruwelz St-Trond – Eupen Audenarde – Boussu Dour Ov. Lommel – Heist Ostende – Tubize Alost 2002 – Visé WS Woluwe* – FC Brussels

0–0 1–1 1–0 1–1 1–0 1–1 2–1 3–1 4–1

Classement 1. WS Woluwe* 2. Ostende 3. KVC Westerlo 4. St-Trond 5. Alost 2002 6. Antwerp 7. Dessel Sp. 8. Audenarde 9. Boussu Dour 10. Mouscron-Pér. 11. Tubize 12. Eupen 13. SV Roulers 14. Ov. Lommel 15. Visé 16. Heist 17. FC Brussels 18. St-Nicolas

Heist – St-Nicolas FC Brussels – Alost 2002 Tubize – Audenarde Antwerp – St-Trond SV Roulers – KVC Westerlo Visé – Dessel Sp. Boussu Dour – WS Woluwe* Eupen – Ostende

Ve 20h30 Sa 20h00 Sa 20h00 Sa 20h00 Sa 20h00 Di 15h00 Di 15h00 Di 15h00

Divsion 3 A

8 7 6 6 6 5 5 4 5 4 4 3 3 3 3 2 2 1

1 3 2 4 4 2 3 3 6 4 4 3 3 4 5 8 10 8

4 3 5 3 3 6 5 6 2 5 5 7 7 6 5 3 1 4

25 19 16 22 22 17 15 16 16 18 21 18 17 16 21 11 10 12

11 13 12 15 22 16 11 17 16 13 17 15 20 18 21 18 28 29

28 24 23 21 21 21 20 18 17 17 17 16 16 15 14 9 7 7

Wetteren – Tamise

Prochaine journée

Mouscron-Péruwelz – Ov. Lommel Ve 20h00

1. Hoogstrat.* 2. Hamme 3. Bornem 4. Geel 5. RC Malines 6. Rupel Boom 7. Renaix 8. Tamise 9. Berchem 10. Torhout 11. Izegem 12. Wetteren 13. Waregem 14. Coxyde 15. Cappellen 16. Deinze 17. O Brakel 18. Turnhout

3–1 1–1 0–4 1–2 4–0 0–4 0–1 2–1

Classement 1–0

Classement 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13

Virton – P Maasmechelen Huy – Tirlemont Bleid-Gaume – Bocholter Géants Athois – Diegem Hep. Lamb. – Bertrix Grimbergen – Ciney Dender – Union St-Gill. Woluwe-Zaventem – Tournai

14 14 14 14 14 14 14 15 14 14 14 15 14 14 14 14 14 14

11 8 7 6 6 7 6 6 6 4 5 3 5 4 4 3 3 1

2 2 3 3 3 6 4 5 6 4 7 4 8 6 6 7 8 11

1 4 4 5 5 1 4 4 2 6 2 8 1 4 4 4 3 2

34 26 26 29 22 20 26 16 16 16 18 20 21 21 18 15 17 13

15 11 17 19 15 20 23 16 21 16 22 23 35 20 20 22 24 35

34 28 25 23 23 22 22 22 20 18 17 17 16 16 16 13 12 5

Division 3 B

La Calamine – CS Verviétois

5–2

1. Bocholter 2. La Louvière Centre 3. Virton 4. Tirlemont 5. Diegem 6. P Maasmech. 7. Woluwe-Zaventem 8. Grimbergen 9. Huy 10. Tournai 11. Hep. Lamb. 12. Dender 13. La Calamine 14. Union St-Gill. 15. Ciney 16. Bertrix 17. Géants Athois 18. CS Verviétois 19. Bleid-Gaume

16 15 14 14 15 14 13 16 14 11 16 14 13 14 13 16 12 14 14

10 9 8 8 8 6 7 5 5 6 4 3 3 3 3 3 2 2 0

2 3 1 3 5 2 4 5 4 4 7 4 4 6 7 10 4 8 12

Promotion A Pas de journée de championnat Promotion B

4 3 5 3 2 6 2 6 5 1 5 7 6 5 3 3 6 4 2

35 37 26 21 27 23 24 26 19 18 22 17 17 17 19 18 11 11 9

14 10 17 18 21 13 20 26 17 11 26 19 16 20 27 39 19 25 39

34 30 29 27 26 24 23 21 20 19 17 16 15 14 12 12 12 10 2

Katelijne-Waver – Lyra St-Lenaarts – Veldwezelt SK Hasselt – Leopoldsburg Lutlommel – Duffel Overpelt – Oosterwijk* Spouwen – Everbeur Bree – Neerpelt W. Dessel – Ternesse Vosselaar – Merksem SC

3–3 4–0 1–2 2–4 0–3 6–1 3–2 4–2 4–1

Promotion C Spouwen – W. Dessel Oosterwijk* – Katelijne-Waver Neerpelt – Lutlommel Veldwezelt – Overpelt Ternesse – St-Lenaarts Everbeur – Leopoldsburg Merksem SC – Bree Duffel – SK Hasselt Lyra – Vosselaar

3–1 3–3 4–0 0–6 0–5 2–3 0–2 1–2 1–1

Promotion D Hamoir – FC Liège 0–4 Faymonville – Sprimont-Comblain* 3–1 Prochaine journée Meux – Bièvre Sa 20h00 Sprimont-Comblain* – Blegny Sa 20h00 JL Arlonaise – Mormont Sa 20h00 Cité Sport – Faymonville Di 14h30 Givry – FC Liège Di 14h30 Hamoir – Aywaille Di 14h30 J Tamines – UR Namur Di 15h00 FC Charleroi – Olympic Di 14h30

lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Sports

Actualité

l Allemagne

l Pays-Bas

Arrêt sur image

11e journée

Mayence 05 – Nuremberg 2-1 12e Müller, 21e Ivanschitz/40e Nilsson Bayern Munich – Francfort 2-0 44e Ribéry, 77e sur pen. Alaba Shalke 04 – Werder Brême 2-1 59e Neustädter, 69e Draxler/16e Hunt Augsbourg – Dortmund 1-3 81e Mölders/8e Reus, 51e et 70e Lewandowski Fribourg – Hambourg 0-0 Düsseldorf – Hoffenheim 1-1 4e Kruse/39e Joselu Dimanche Wolfsburg – Bayer Leverkusen 3-1 4e et 16e Diego, 33e Dost/ 90e+1 Kiessling Stuttgart – Hanovre 2-4 21e Gentner, 36e sur pen. Ibisevic/ 57e e e Sobiech, 65 sur pen. Schlaudraff, 69 et 73e sur pen. Abdellaoue Greuther F. – Mönchengladbach 2-4 10e sur pen. Nehrig, 43e Prib/ 22e Wendt, e e e 51 Stranzl, 57 Herrmann, 90 +2 sur pen. Marx classement 1. Bayern 30 pts; 2. Schalke 04 23; 3. Francfort 20; 4. Dortmund 19; 5. Bayer Leverkusen 18; 6. Hanovre 17; 7. Mayence 17; 8. Mönchengladbach 16; 9. Werder Brême 14; 10. Hambourg 14; 11. Fribourg 13; 12. Stuttgart 13; 13. Hoffenheim 12; 14. Fortuna Dusseldorf 11; 15. Nuremberg 11; 16. Wolfsburg 11; 17. Greuther Fürth 7; 18. FC Augsburg 6. classement des buteurs 8 : Mandzukic (Bayern Munich), Szalai (Mayence).

AFP

11e journée

Le derby romain entre l’AS et la Lazio a tourné en faveur de la seconde (victorieuse sur le score de 3 à 2). Mais les condi­ tions météo auront été les principales actrices de la soirée.

l Angleterre

l Espagne

11e journée Everton – Sunderland 2-1 45e Johnson/76e FELLAINI, 79e Jelavic Arsenal – Fulham 3-3 11e et 69e Giroud, 23e Podolski/29e et 67e sur pen. Berbatov, 40e Kacaniklic Wigan Athletic – West Bromwich 1-2 44e Koné/31e Morrison, 43e Caldwell csc Southampton – Swansea City 1-1 65e Schneiderlin/73e Dyer Stoke City – Queens Park Rangers 1-0 52e Adam Reading – Norwich City 0-0 Aston Villa – Manchester United 2-3 e e e e 58 et 87 Chicharito, 63 Vlaar csc/ 45 +1 et 50e Weimann Dimanche Manchester City – Tottenham 2-1 66e Agüero, 88e Dzeko/ 21e Caulker Newcastle – West Ham Utd 0-1 38e Nolan Chelsea – Liverpool 1-1 20e Terry/ 73e Suarez classement 1. Manchester United 27 pts; 2. Manchester City 25; 3. Chelsea 24; 4. Everton 20; 5. West Bromwich 20; 6. West Ham 18; 7. Tottenham 17; 8. Arsenal 16; 9. Fulham 16; 10. Newcastle 14; 11. Swansea City 13; 12. Stoke City 12; 13. Liverpool 12; 14. Wigan 11; 15. Norwich City 11; 16. Sunderland 9 (10); 17. Aston Villa 9; 18. Reading 6 (10); 19. Southampton 5; 20. Queens Park Rangers 4. classement des buteurs 8 : Suarez (Liverpool), Van Persie (Manchester United); 7 : Ba (Newcastle).

26

11e journée Samedi Rayo Vallecano – Celta Vigo 3-2 59e Baptistao, 72e Tito, 82e sur pen. Piti/12e et 33e Aspas Espanyol Barcelone – Osasuna 0-3 22e Álvaro, 63e Echaide, 77e Onwu Real Saragosse – La Corogne 5-3 27e sur pen. Apoño, 61e Montanés, 66e González, 77e et 82e Postiga/13e Gama, 21e Riki, 90e+2 Bodipo Malaga – Real Sociedad 1-2 37e Saviola/ 1re Vela, 59e Prieto Dimanche Valladolid – Valence CF 1-1 65e sur pen. Alonso/ 15e Cissokho Athletic Bilbao – FC Séville 2-1 27e De Marcos, 45e+1 Susaeta/ 79e sur pen. Negredo Majorque – FC Barcelone 2-4 55e Pereira, 58e sur pen. Victor/ 28e Xavi, e e e 44 et 70 Messi, 45 Tello Atletico Madrid – Getafe nc Levante – Real Madrid nc classement 1. Barcelone 31; 2. Atletico 25 (10 m.); 3. Real 20 (10); 4. Betis 19; 5. Malaga 18; 6. Levante 17 (10); 7. Rayo Vallecano 16; 8. Valladolid 15; 9. Valence CF 15 ; 10. FC Séville 15; 11. Real Saragosse 15; 12. Bilbao 14; 13. Getafe 13 (10); 15. Real Sociedad 13; 15. Majorque 11; 16. Grenade 11; 17. Celta 10; 18. Deportivo 10; 19. Espanyol 9; 20. Osasuna 8. classement des buteurs 15 : Messi (Barcelone); 11 : Ronaldo (Real Madrid); 10 : Falcao (Atletico).

l France 12e journée Nancy – Rennes 1-3 50e Zenke/21e Erding, 74e Alessandrini, 84e Pitroipa Samedi Lille – Brest 1-0 45e Kalou Saint-Etienne – Troyes 2-0 46e Cohade, 88e Aubameyang Reims – Evian/Thonon 1-2 73e Cambon csc/18e Berigaud, 53e Adnane Bastia – Valenciennes 2-3 40e Modeste sur pen., 62e Palmieri/32e et 78e Kadir, 80e Dossevi Toulouse – Ajaccio 2-4 4e Lippini csc, 72e Abdennour/15e Sammaritano, 34e et 90e+3 Belghazouani, 67e Diarra Dimanche Marseille – Nice 2-2 40e Ayew, 68e Valbuena/ 51e Cvitanich, 88e Abriel Sochaux – Lyon 1-1 71e Privat/ 24e Gonalons Lorient – Bordeaux 0-4 18e Jussiê, 33e Obraniak, 53e Saivet, 58e Gouffran Montpellier – Paris SG nc classement 1. Marseille 23 pts (11 m.); 2. PSG 22 (11); 3. Lyon 22 (11); 4. Saint-Etienne 21; 5. Valenciennes 21; 6. Bordeaux 21; 7. Lille 20; 8. Toulouse 19; 9. Rennes 19; 10. Ajaccio 16; 11. Reims 15; 12. Lorient 15; 13. Bastia 14; 14. Nice 13; 15. Brest 13; 16. Montpellier 12 (11); 17. Evian 11; 18. Sochaux 11; 19. Troyes 7; 20. Nancy 5.

Vendredi NAC Breda – Groningue 0-1 81e De Leeuw Samedi Waalwijk – Utrecht 4-0 5e Chevalier, 74e Jozefzoon, 76e Najah, 83e Duits ADO La Haye – AZ 2-2 34e Vincento, 47e sur pen. Holla/22e Falkenburg, 64e Altidore Venlo – Willem II 4-1 27e Seip, 47e Cullen, 53e Linssen, 72e Türk/74e Misidjan Nimègue – Heracles 3-2 24e et 76e Ten Voorde, 71e George/ 49e et 57e Armenteros Dimanche Vitesse – FC Twente 0-0 PEC Zwolle – Ajax 2-4 81e Avdic, 83e Drost/ 12e Alderweireld, 32e et 48e Fischer, 76e Jong Feyenoord – Roda 5-2 1re et 25e Pelle, 35e Immers, 54e Clasie, 73e Janmaat/ 12e Malki, 40e Biemans PSV – Heerenveen 5-1 23e Narsingh, 52e MERTENS, 62e Wijnaldum, e e 83 et 86 Matavz classement 1. PSV 30 pts; 2. Twente 29; 3. Vitesse Arnhem 25; 4. Ajax 21; 5. Feyenoord 21; 6. FC Utrecht 21; 7. NEC Nimègue 19; 8. ADO La Haye 16; 9. Heracles 14; 10. FC Groningue 14; 11. RKC Waalwijk 13; 12. AZ Alkmaar 13; 13. SC Heerenveen 13; 14. Breda 11; 15. Roda JC 10; 16. VVV Venlo 9; 17. FC Zwolle 8; 18. Willem II 6. classement des buteurs 12 : Bonny (Vitesse); 9 : Altidore (AZ), Finnbogason (Heerenveen).

l Italie 12e journée Cagliari – Catane 0-0 Pescara – Juventus 1-6 25e Cascione/9e Vidal, 22e, 45e et 53e Quagliarella, 30e Asamoah, 38e Giovinco Dimanche Palerme – Sampdoria Gênes 2-0 52e et 71e Dybala Torino – Bologne 1-0 65e D’Ambrosio Parme – Sienne 0-0 Chievo Vérone – Udinese 2-2 38e Andreolli, 89e sur pen. Paloschi/ 42e e et 90 +1 Angella Genoa – Naples 2-4 23e Immobile, 56e Bertolacci/ 54e Mesto, 79e Cavani, 90e Hamsik, 90e+4 Insigne Lazio Rome – AS Rome 3-2 35e Candreva, 43e Klose, 46e Mauri/ 9e Lamela, 86e Pjanic AC Milan – Fiorentina 1-3 59e Pazzini/ 10e Aquilani, 38e Valero, 87e El Hamdaoui Atalanta Bergame – Inter Milan nc classement 1. Juventus 31 pts; 2. Inter Milan 27 (11 m.); 3. Naples 26; 4. Fiorentina 24; 5. Lazio Rome 22; 6. AS Rome 17; 7. Catane 16; 8. Parme 16; 9. Udinese 15; 10. Atalanta Bergame 15 (11); 11. Cagliari 15; 12. Torino 14; 13. AC Milan 14; 14. Palerme 11; 15. Chievo Vérone 11; 16. Pescara 11; 17. Sampdoria Gênes 10; 18. Genoa 9; 19. Bologne 8; 20. Sienne 7. classement des buteurs 8 : Cavani (Naples), El Shaarawy (AC Milan), Lamela (AS Rome).

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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l Tennis | Masters

Djokovic, la passe de quatre P Le

Serbe s’est défait de Del Potro après avoir cédé à l’Argentin le premier set.

P Il

goûtera ce soir à une nouvelle finale, quatre ans après son premier triomphe.

La grande force de Novak Djokovic est qu’il n’a pas de faiblesses. Le Serbe n’est pas le joueur plus puissant du circuit, ni le plus épatant en matière de toucher de balle, mais il est sans doute celui qui possède le mental le plus solide. Le vainqueur de l’Austra­ lian Open en a fourni une nouvelle

PHOTO NEWS

N

ovak Djokovic (ATP 1) dispu­ tera ce lundi soir une deuxième finale au Masters, quatre ans après son triomphe en 2008 à Shanghai, grâce à une victoire de haute lutte contre Juan Martin Del Potro (ATP 7), dimanche. Dans l’O2 Arena de Londres, le Serbe a battu 4­6, 6­3, 6­2 l’Argentin, qui l’avait privé d’une médaille de bronze cet été aux Jeux olympiques, pour garder espoir de clore son année comme il l’avait commencée, par un grand ti­ tre. “Je suis très heureux, car il s’agit de ma toute première finale ici à Londres”, confia­t­il, satisfait du devoir accom­ pli. “C’est un grand serveur et je savais que la clé du match serait de retourner aussi souvent que possible pour engager l’échange. Au début, je n’y arrivais pas, mais j’étais persuadé de pouvoir renver­ ser la situation si je me battais.”

Novak Djokovic est venu à bout de Juan Martin Del Potro après lui avoir concédé le premier set. preuve dans la capitale britannique en réussissant à renverser la vapeur après avoir été mené 6­4, 2­1 et break par Juan Martin Del Potro. “J’ai plus joué sur son revers alors qu’au premier set, je jouais trop sur son coup droit et je me faisais punir. Ensuite, j’ai réussi à développer un tennis plus fluide, ce qui me donne confiance. La fi­ nale sera mon dernier match de l’année,

alors je vais donner le meilleur de moi­ même avant de prendre une ou deux se­ maines de vacances.” Assuré de terminer au faîte de la hiérarchie pour la deuxième année consécutive, Novak Djokovic cher­ chera à achever par un coup d’éclat une saison marquée du sceau de qua­ tre titres mais au cours de laquelle il aura perdu quelques matches clés

comme en finale de Roland Garros et de l’US Open. Le Djoker s’était dit fa­ tigué à son arrivée au Masters après une élimination prématurée au tour­ noi ATP Masters 1000 de Paris­Bercy. Cela ne l’a pas empêché de gagner jusqu’à présent ses quatre matches à Londres, ce qu’il est le seul de tous à avoir fait… Serge Fayat

l Rallye WRC | Espagne

Sebastien Loeb a voulu conclure en beauté P Sébastien

P

Loeb a résisté jusqu’au bout malgré une crevaison à deux virages du but.

lus relax que jamais, assis sur l’aile avant­ gauche de sa Citroën DS3 WRC, Sébastien Loeb profite du rayon de soleil tombant sur le parc d’assistance de Port Aventura avant de confier une dernière fois cette année, une dernière fois lors de sa dernière saison complète en WRC, sa mon­ ture aux mécanos de Citroën Racing. Trois spécia­ les restent à disputer. “Je contrôle en continuant à rouler vite”, sourit le leader et futur vainqueur. “Mais la pluie risque d’arriver visiblement.” Repar­ tant à l’assaut des trois derniers chronos avec une avance de 24 secondes sur Latvala, le Français lâ­ chait quelques unités en jouant la carte de la sécu­ rité tout en innovant sur le plan tactique : “Nous avons fait quelque chose que l’on n’avait encore ja­ mais essayé : partir avec trois pneus tendres et trois

pneus durs… À la fin de la première spéciale, nous avons crevé sur une grosse pierre en pleine trajectoire, mais c’était heureusement à deux virages de l’arrivée. La fin de rallye a été chaude face à Latvala, mais nous avons tenu bon. Au­delà de cette victoire, la 76e de sa carrière, conquise avec une avance de sept petites secondes, ce qui intéresse ses supporters en premier, c’est évidemment ce que Sébastien Loeb fera exacte­ ment la semaine prochaine. Pensait­il justement lors des moments de pause ou en liaison à cette page qui se tourne ? “Non, pas vraiment. Et puis, ce n’est pas la fin de tout (rires). Jus­ que fin décembre, j’ai encore un calendrier très chargé avec beaucoup d’opérations avec Citroën. Eh oui, c’est un métier (rires). Et puis, ce n’est pas comme si j’arrê­

tais le sport auto. Je ferai encore des rallyes l’an pro­ chain. Je vais travailler sur un nouveau projet avec Ci­ troën, ce qui aide évidemment à oublier un peu que je vais arrêter ma carrière en rallye.” Les fans du Français peuvent peut­être déjà réser­ ver leur billet d’avion pour le Rallye de Suède 2013. “Il est bien possible que je sois présent en Suède après le Monte­Carlo. C’est un rallye que j’aime bien, mais qui ne m’a jamais vraiment réussi. Je n’y ai gagné qu’une seule fois, et c’était voici mille ans… (En 2004 avec la Xsara WRC, NdlR). Je sais que je suis performant là­ bas. J’arrive à aller vite en Suède, mais pas longtemps (rires).” Pas de doute, on entendra encore parler long­ temps de Sébastien Loeb… Vincent Marique lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Sports

Actualité

l Édito

l Hockey | Division d’Honneur, 12

On se bouscule pour la 4e place

Une volée de buts spec

e

journée

Jean-François Jourdain

P

lus que cinq fois dormir et la première partie du cham­ pionnat de hockey sera déjà terminée : on disputera samedi (eh oui...) la dernière journée des matches aller, alors que deux matches retour ont déjà eu lieu entre­temps. Plusieurs conclu­ sions peuvent déjà être tirées. La première, c’est que le Waterloo Ducks sera champion d’automne. Emergeant en fin de match contre un Beerschot qui se retrouve à nouveau à l’avant­dernière place et qui disputera juste avant la trêve un match “à 18 points” à l’Orée, les Canards ont creusé l’écart sur le Racing, qui malgré le retour de Tchouk Truyens n’a pu se dépêtrer du piège de l’Antwerp. La 2e, c’est que le trio de tête prend de plus en plus forme. Pendant que le Léo a roulé car­ rosse, déroulant 7 buts contre une Orée larguée, l’Héraklès et le Daring ont tous deux mordu la poussière contre des équipes qui faisaient partie jusqu’ici des déceptions du championnat. La dernière, c’est que la 4e place est désormais très convoitée. Louvain et le Dragons s’ébrouent. Mais la surprise pourrait bien venir de l’Antwerp qui a frappé un grand coup dimanche. Il y a quelques semaines, lorsque l’équipe était avant­dernière et que nous pronostiquions sa re­ montée, personne ne voulait nous croire. Et pourtant...

P Le

Léo a déroulé facilement contre une Orée qui n’a fait illusion que 20 minutes.

P Dans

ce match à sens unique, le spectacle a tout de même été au rendez­vous.

7

2

Léopold Orée Léopold : Walravens (2), Van Strydonck (3), Jo. Verdussen (2), Verstraeten (2), Thiéry (3), T.Zimmer (2), Jé. Verdussen (3), Rossi (3), Beckers (3), Mazzilli (3), Cuvelier (3), puis A. Verdussen (3), Plennevaux (3), Tys (3), De Bruyne (2) et Ruytinx (2). Orée : Dierickx (1), Fabri (1), Bergner (1), Quiévy (-), Clément (1), M. Garreta (1), Lopez (1), Dalla Palma (1), ‘t Serstevens (1), Scopelitis (1), Vila (1), puis Demaret (1), De Waegeneer (1), Masso (1), Devreker (1) et B. Aerts (-). Arbitres : MM. V. Loos et A. Zimmer. Cartes vertes : 8e T. Zimmer, 15e Jé. Verdussen, 47e Scopelitis. Cartes jaunes : 48e Jo. Verdussen. Les buts : 4e Bergner sur pc (0-1); 17e Jo. Verdussen sur pc (1-1); 19e Beckers (2-1); 23e Bergner sur pc (2-2); 27e Plennevaux (3-2); 29e Cuvelier (4-2); 48e Tys (5-2); 49e Tys (6-2); 60e Rossi (7-2).

Sous un éclairage qui était un véritable plaidoyer pour les matches à 15 heures – et il paraît que c’est le meilleur du pays ! – le Léo a facilement remporté trois points contre une Orée bien faiblarde,

Dimitri Cuvelier, auteur d’un des nombreux buts spectaculaires de l’après-midi, se faufile ici qui se désunit totalement en deuxième période après avoir déjà encaissé quatre buts avant le repos. “Nous n’avons pas été à la hauteur de l’adversaire”, recon­ naissait Marcelo Orlando après la ren­ contre. “Mais pour nous, l’important sera de prendre trois points contre le Beerschot samedi prochain.” Malgré l’ouverture du score par le dé­

sormais traditionnel pc de Bergner en début de match, ce fut le Léo qui mono­ polisa la balle et menaça Dierickx à de multiples reprises. L’Orée, en mode ro­ déo, tint exactement 17 minutes, le temps pour John Verdussen de conver­ tir le premier pc local. Deux minutes plus tard, un superbe tip­in de Beckers sur centre de Mazzilli donnait une pre­

La belle réponse du Dragons Le Bee atte P Les

Anversois ont pris leur revanche à la suite du 5­4 concédé à Nivelles. Dragons 5 Pingouin 0 Dragons : Leroy (2), Stockbroeckx (3), Van Doren (4), Celis (2), Petre (3), Stumpe (2), Cobbaert (3), Thys (4), Denayer (3), Rombouts (2), Butler (2), puis Bruinsma (2), M. Dubois (2), Van Minde (2), Rubens (2), J. Dubois (-) Pingouin : Faveyts (2), Mat. Bertrand (2), Max. Bertrand (2), Van Diest (2), Defalque (1), Jermyn (1), Raes (1), Beirnaert (1), Adams (2), O.-J. Bertrand (1), Courtois (1), puis Q. Lemaire (1), Massin (1), Louis (1), A. Lemaire (1). Arbitres : MM. F. Deneumostier et N. Stenier.

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Cartes vertes : 15e Butler, 20e Raes Carte jaune : 29e Raes Les buts : 18e Butler (1-0), 39e Thys (2-0), 42e Thys (3-0), 57e Stumpe (4-0), 58e Denayer sur pc (5-0)

D

ans un match à sens unique, le Dragons a pris sa revanche sur le cruel 5­4 concédé à Nivelles en début de saison. A la fin de la première mi­temps, le Dragons n’avait trouvé la marque qu’à une reprise grâce à un tip­in de Butler. Par la suite, le capitaine Thys a montré la voie à suivre en plan­ tant deux très belles roses sur un lobe et un tip­in. Stumpe et Denayer sur le seul pc du Dragons ont fini le boulot. Toujours sans Van Aubel et privé de Luypaert blessé à l’épaule lors de l’en­ traînement de mardi, le Dragons a ré­ pondu collectivement sur le terrain.

“Nous avons livré un match propre”, confiait le capitaine et double buteur Jeffrey Thys. “Nous avons d’abord appli­ qué notre schéma de jeu à la lettre avant de filer vers l’attaque. Le Pingouin n’a pas eu plus de deux occasions sur tout le match”, poursuivait­il avant de rajouter qu’il était animé d’une très grande mo­ tivation. “Nous avions sorti un match scandaleux à Nivelles. Notre niveau était indigne de la DH. Avant la rencontre, nous voulions tous prendre notre revan­ che. J’espère que ces trois points perdus là­ bas ne pèseront pas trop dans la balance. Pour l’heure, on ne regarde pas les autres équipes. On veut juste encore prendre 3 points avant la trêve.” Dans le camp adverse, Mathieu Ber­ trand acceptait la défaite. “On a couru derrière la balle, mais j’admets que le Dragons l’a bien fait tourner.” Thibaut Vinel

P Les

Anversois ont bien résisté face aux autoritaires leaders brabançons.

Beerschot

1 Watducks

3

Beerschot : D. Van Rysselberghe (2); Verdussen (3), Goldberg (3), Mar. Peeters (2), M. Van Rysselberghe (2), Paton (2), H. Peeters (3), Scott (1), Van Hoof (2), Dockier (2) et Perez (2); puis Delmoitié (2), Kina (2), Doherty (1) et Dincq (-)/ Watducks : Van Asch (2); Van Hove (2), A. De Saedeleer (2), Van den Balck (2), Dumont 2), de Paeuw (2), Cabuy (2), Dohmen (3), Brogdon (2), Cosyns (2) et Masson (1); puis Max. Peeters (2), Van Lierde (2), Capelle (1) et Jacob (2).

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Joyce Carol Oates publie “Petit oiseau du ciel”, l’un de ses meilleurs romans. Pages 2-3

RUE_DES_ARCHIVES / REPORTERS

Supplément à La Libre Belgique du lundi 12 novembre 2012

l Destins

L’économie de la démesure P Sur

l’effroyable, l’industrielle et suicidaire Grande Guerre, Jean Echenoz livre le bref “14”.

P Précis,

grave, fulgurant roman où six destins humains éclairent le chaos d’un monde délétère.

A

près trois fictions construites autour de person­ nages réels (le compositeur “Ravel” en 2006, l’athlète Emil Zátopek dans “Courir” en 2008, l’ingénieur Nikola Tesla rebaptisé Gregor dans “Des éclairs” en 2010), Jean Echenoz change de point de vue, plongeant dans une situation historique les cinq hommes et une femme de sa nouvelle livraison. Eux, jeunes Vendéens, répondent à l’appel du tocsin qui, un beau jour d’août, sonne la mobilisation. Elle, en at­ tend deux : celui à qui elle est fiancée, et celui sur qui

se porte néanmoins son regard. Reviendront­ils ? quand ? et dans quel état ? Si la quatrième de couverture affiche ce laconique suspense, “14” dans sa brièveté englobe l’immense chaos de la Der des der, de la découverte de l’attirail des jeunes appelés à l’enfer des tranchées, des combats nourris par de nouvelles et léthales technologies. Pour autant la Première Guerre mondiale n’était pas un su­ jet a priori pour l’auteur de “L’Équipée malaise”. Qui un jour trouva des carnets datant de ce temps­là, les déchiffra, les retranscrivit, lut beaucoup sur les poilus, documents et récits, s’absorba dans des cartes où sui­ vre les mouvements du front. Pour en faire ce bijou. L’ouverture de “14”, où Echenoz détaille un paisible samedi d’été, en Vendée, et le repos qu’y prend An­ thime quand se mettent à retentir les cloches à la ronde, dégage un parfum proustien – l’époque, le rythme, la surprise, sinon le style stricto sensu. Par­ fum que matérialisera, quelques pages plus loin, l’évo­ cation dudit Proust – concurrent malheureux du prix Goncourt en 1913 face au lauréat Marc Elder, par ailleurs ami de la famille de Blanche.

Lire Echenoz, ses tonalités si identifiables, s’appa­ rente pourtant moins au confort qu’à la surprise. Tou­ jours un fugace déséquilibre, une très légère torsion dans l’élégance intrinsèque du mot juste, dans l’éco­ nomie de la langue et l’audace adverbiale, fait avancer le récit, y propulse le lecteur dont il aiguise le regard. Forcément et terriblement plus grave que d’autres de ses romans, “14” pour autant ne manque pas de lu­ mière – qu’Echenoz travaille en coloriste sensible, dans une gamme qui s’étend de l’azur aux ténèbres. “Quand il s’est mis à pleuvoir, le sac a presque doublé de charge et le vent s’est levé en masse autoritaire, si pesam­ ment gelé qu’on s’étonnait qu’il fût mobile” : matière et manière une fois de plus affirment leur subtile coïnci­ dence, qui jamais ne se mue en ronronnement. Là où concision, précision, justesse rendent compte de l’in­ dicible, du banal comme du terrible, du moment où “les choses en arriveront, très bientôt, à s’aggraver sans mesure”. Marie Baudet 14 Jean Echenoz / Minuit / 124 pp., env. 12,5 €

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Lire L’entretien

REPORTERS

Louis Albert de Broglie : “Un tableau vaut mieux qu’un long discours. Cette devise est toujours d’actualité”.

Louis Albert de Broglie aime le raconter : l’un était perruquier à Tournai, l’autre tapissier à Aubusson. Mais la crise (déjà) les a poussés vers de nou­ veaux métiers. Désormais taxidermistes, les Deyrolle se sont installés à Bruxelles et à Lille, travaillant pour le Musée des sciences naturelles de ces deux villes. La maison Deyrolle, elle, naîtra peu après, en 1831. Avant de pro­ poser des planches qui, en France notamment, tapisseront pendant de nom­ breuses années les murs des écoles, ils ont constitué une vaste collection d’insectes, coquillages, animaux naturalisés et autres curiosités naturelles. Louis Albert de Broglie, par ailleurs auteur de “Les tomates du Prince Jardi­ nier” (Michel Lafon), gère désormais ce précieux fonds. Et coordonne la réé­ dition en album des planches, dont un deuxième volume vient de paraître. Envisagez-vous de publier d’autres tomes ? Quatre ou cinq volumes sont possibles. La richesse de Deyrolle est assez exceptionnelle. De 1831 jusqu’à 1950, leur travail couvrait tous les champs des sciences naturelles. Cette société a été présente dans cent vingt pays. Les planches ne sont qu’un des outils de leur pédagogie. D’où vous vient cet intérêt pour cette maison ? Je l’ai rachetée en 2000, dans le prolongement de mon travail sur les to­ mates et du conservatoire que j’ai créé. Je connaissais les planches, mais mon intérêt allait aussi à l’endroit extraordinaire qu’est cette maison, rue du Bac, à Paris. Ce lieu, riche d’une incroyable quantité d’archives non inventoriées, a inspiré nombre d’artistes, de scientifiques. Il est l’ADN commun de toute une génération passionnée d’art et de science. La richesse de Deyrolle tient en sa capacité à s’intéresser à une foule de sujets tout en les rendant clairs et structurés. Elle a constitué des messa­ ges universels. Vous adressez-vous aux nostalgiques et/ou aux curieux ? Deyrolle continue à fasciner toutes les générations. Les experts qui nous aident sont tous passionnés de pouvoir travailler pour Deyrolle. Le tome 1 s’est vendu à quelque 110000 exemplaires. Ce qui me rassure : dans un monde où on zappe, on peut encore prendre le temps d’obser­ ver, de s’émerveiller, de comprendre, de transmettre, de revenir à l’es­ sentiel plutôt que se contenter des ersatz de la consommation. Le Con­ seil économique européen souhaiterait d’ailleurs qu’on les traduise en vingt­deux langues…

G.S. Deyrolle. Leçon de choses (t. 1 et 2) Louis Albert de Broglie / Michel Lafon / 191 pp. et 100 pp., env. 30,50 € et env. 32 €

Les ventes

U.O.P.C

Bruxelles 1. Congo / David Van Reybrouck / Actes Sud 2. Hiver du Monde / Ken Follett / Robert Laffont 3. Les désorientés / Amin Maalouf / Grasset 4. Peut-on encore sauver l’Église ? / Hans Küng / Seuil 5. La sorcière Rabounia / Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon / Kaléidoscope (jeunesse)

La lettre écarlate

Arlon 1. La Vérité sur l’affaire Harry Quebert / Joël Dicker / De Fallois - L’Age d’Homme 2. Prince d’orchestre / Metin Arditi / Actes Sud 3. Livro / José Luis Peixoto / Grasset 4. Congo / David Van Reybrouck / Actes Sud 5. Les petites gens / Vincent Zabus et Thomas Campi / Le Lombard

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l Drame sociologique

Petit oiseau, pas “Petit oiseau du ciel”, un des meilleurs romans de Joyce Carol Oates.

P

P Un

meurtre bouleverse la vie de deux jeunes, les enfants des deux suspects.

J

oyce Carol Oates, 74 ans, est par­ fois appelée la “Dark Lady” des let­ tres américaines, tant elle a une attirance pour la violence des sen­ timents et pour la passion qui mène aux excès. Cette femme d’apparence si fluette peut construire des mélo­ drames forts comme des tragédies grecques, toujours ancrés dans les bas­côtés de la société américaine ac­ tuelle. Souvent citée pour le Nobel, elle ne l’a pas encore reçu. On lui re­ proche sa fécondité littéraire – elle ré­ digea 56 romans en 46 ans, sans par­ ler des recueils de nouvelles, jour­ naux ou son émouvant témoignage après la mort de son mari. Mais re­ proche­t­on à Balzac, Dickens ou Henry James, d’être prolifiques ? Ce n’est pas forcément un défaut comme en témoigne son dernier roman pu­ blié en français, “Petit oiseau du ciel”, un de ses meilleurs. C’est une plongée implacable dans un enfer domestique au sein d’une petite ville marquée par la crise, dans un décor de violences familiales, de drogues et d’abus sexuels. Mais la force de Joyce Carol Oates est de nous

Extrait Portrait de Zoe. “Je ne cessai de penser aux ongles de Zoe Kruller, toujours joliment manucurés, toujours joliment polis quand elle nous servait chez Honeystone ou chantait pour nous sous les spots aveuglants et brûlants du kiosque à musique – l’air avait beau être lourd et moite à Sparta, pendant l’été, la température avait beau dépasser les trente degrés dans le parc, Zoe Kruller avait soif de notre attention, de notre amour, de nos applaudissements. Dans le public, toutes les filles auraient voulu être à la place de Zoe Kruller, qui remuait et tortillait son petit corps mince, ses hanches et ses seins pointus étonnamment opulents, rejetait en arrière sa crinière crêpée de cheveux blond vénitien et faisait étinceler ses ongles peints, deux fois plus longs que les vilains ongles ordinaires de Lucille Diehl, et du même rouge scintillant que la grande bouche pulpeuse de Zoe.”

faire entrer dans le cœur même de ses personnages, là où battent des es­ poirs, de l’amour tant désiré et im­ possible. Elle touche alors à l’univer­ sel et nous émeut. Ici, avec l’histoire de deux jeunes adolescents embar­ qués bien malgré eux dans les mal­ heurs de leurs parents. Le roman se déroule à Sparta, petite ville imaginaire près de New York (Joyce Carol Oates est née à Lockport, une ville semblable), “une ville con­ damnée sur la Black river”. Le nom de Sparta évoque la Sparte grecque et les héros, ici, se nomment Zoe et Aaron, des prénoms de tragédies. L’histoire démarre avec la décou­ verte du corps de Zoe Kruller, sauva­ gement assassinée chez elle, étran­ glée, le corps recouvert de talc. Zoe Kruller est une ancienne et mignonne serveuse du magasin de crème glacée, ancienne chanteuse aussi de cabaret, tombée dans une semi­prostitution. La police soupçonne deux hommes. D’abord, Delray Kruller, son ancien mari, qui n’a jamais accepté qu’elle le quitte, et dont l’origine indienne en fait un bon coupable aux yeux des po­ liciers, mais son fils, Aaron, jure qu’il était avec lui le soir du crime. Et, d’autre part, Eddy Diehl, son amant, qui l’avait vue le jour­même. Jamais la police ne parviendra à établir qui est le vrai coupable et on ne le découvrira qu’à la fin du roman, par les mots d’une prostituée agonisante. Le roman est divisé en deux parties, chacune racontée par un des deux adolescents. D’abord, Krista Diehl, la fille d’Eddy. Elle n’a que onze ans quand le drame survient. Elle entend alors les disputes entre son père et sa mère, la rage qui emporte cette der­ nière quand elle découvre l’infidélité de son mari et son rôle possible dans le meurtre. Elle le chasse et obtient de la police qu’il ne puisse plus appro­ cher de ses enfants. Mais Krista est encore en plein Œdipe et reste très at­ tachée à ce père si aimé. Elle se sou­ vient de l’avoir accompagné si sou­ vent chez le marchand de glaces où travaillait la si gentille Zoe Kruller. Un jour, rentrée plus tôt de l’école, elle découvrit le couple illégitime dans la cuisine de sa maison sans se rendre compte qu’ils venaient de faire l’amour. Elle accompagne ce père dé­ sespéré, à la dérive, qui ne cesse de boire et de crier en vain son inno­ cence. Il la prend en otage et se fait cribler de balles devant elle, par la po­ lice. L’autre moitié du livre est racontée par Aaron Kruller, le fils de Zoe et de Delray. Un jeune Indien, ombrageux et sauvage, qui fréquente les dealers de drogues et les caïds des bas quar­

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l Entre Guillemets

sion et violence

La littérature, passion exclusive “C’est quand même assez dur de sentir que sa vie est dirigée par un être qui n’existe même pas [la littérature]. Qui n’est même pas de chair. De penser que sa relation déterminante, je ne veux pas dire principale, mais déterminante, se fait avec un être qui n’existe pas. […] l’écriture fait disparaître toute forme de souffrance, c’est dange­ reux, ce n’est pas thérapeutique du tout, au contraire, au moins quand vous souffrez vous savez que vous avez vécu quelque chose, alors que là… vous ne savez plus. Ecrire fait disparaître tous vos sentiments. Un sentiment écrit c’est un sentiment que vous n’avez plus. Vous ne ressentez plus. J’aime la littérature mais je n’aime pas perdre mes sentiments et me demander si j’ai vécu. Si j’ai vraiment une vie. Ecrire c’est accepter que celui que vous aimez est là avant tout pour vous aider à pouvoir écrire.” Christine Angot, auteure d’“Une semaine de vacances” (Flammarion) dans “Le Monde des Livres” du vendredi 9 novembre 2012.

l A livre ouvert RENCONTRE

LEIF R JANSSON SCANPIX / REPORTERS

Autour de Dominique Rolin et Jacqueline Harpman

Joyce Carol Oates, 74 ans, d’apparence si fluette, peut construire des mélodrames forts comme des tragédies grecques. tiers abandonnés près de la gare. Il n’a que quatorze ans quand il découvre le corps assassiné de sa mère. Il travaille dans un garage avec son père, lui aussi, alcoolique, violent et fugueur. L’une des scènes les plus fortes du roman est celle où la jeune Krista, amoureuse impossible d’Aaron qu’elle voit au col­ lège, est entraînée chez des dangereux dealers, menacée de viol et sauvée par Aaron qui, en même temps, l’attaque sexuellement et simule de l’étrangler. On ne dévoilera pas plus sur cette his­ toire de déchéances, mais aussi de dé­ couvertes progressives de la vie par deux enfants, malgré les rumeurs, les

préjugés, le racisme, les arnaques poli­ cières. Le mélodrame est une vraie tra­ gédie car il n’y a pas de frontière claire entre les bons et les méchants, tout le monde est à la fois, coupable et inno­ cent. C’est le doute, les non­dits, la brutalité des rapports familiaux et so­ ciaux, la fatalité (le fatum), le désir im­ possible, la répulsion, qui vont ryth­ mer la vie de ces jeunes dont on par­ tage les émotions et les frustrations. La force de Joyce Carol Oates est de nous les faire ressentir. Peut­on échapper à son destin ? Comment absorber des faits si terribles et survivre ? Comme toujours chez Joyce Carol

Oates, l’écriture est ample, souvent ré­ pétitive. On n’avance que pas à pas dans ce récit mais toujours avec des descriptions et des dialogues très vrais. Et puis régulièrement, brusque­ ment, le récit accélère et trouve une dynamique neuve, pour nous offrir au final, ces portraits bouleversants de trois “Petits oiseaux tombés du ciel” : Zoe, Krista et Aaron. Guy Duplat Petit oiseau du ciel Joyce Carol Oates / traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claude Seban / Philippe Rey / 539 pp., env. 24 €

Musées royaux des Beaux-arts de Belgique (3 rue de la Régence, 1000 Bruxelles). Le 13 nov. de 12h40 à 13h30. Rens. 02.513.88.26 “Dominique Rolin et Jacqueline Harpman : une rencontre improbable”. Tel est le thème du prochain rendez-vous des Midis de la Poésie organisé par Jeannine Paque entourée de Véronique Biefnot, comédienne, metteur en scène et écrivain, et Laure Tourneur, comédienne. “Ces deux écrivaines, si différentes, se sont pourtant exprimées sur des thèmes semblables, parce qu’ils leur étaient pareillement chers, très proches, et d’une importance capitale. Confronter leurs points de vue aujourd’hui est surprenant”, notent-elles.

l La phrase “Si tu veux être un bon écrivain, écris.” proverbe d’Epictète in “Entretiens” (1er s. av. J.­C.).

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Lire l Décalé

La poésie ne peut être galvaudée P De

Björn Larsson, une satire du monde éditorial qui manque d’à­propos.

I

l n’a pas reçu la consécration su­ prême, le prix Nobel de littéra­ ture, comme son compatriote Tomas Tranströmer, en 2011, mais Jan Y Nilsson, poète suédois né de l’imagination de Björn Larsson, jouit d’une belle réputation. Le monde de l’édition étant soumis, comme tout autre, aux pressions économiques, son éditeur lui de­ mande d’écrire un roman policier. Karl Petersén a toujours cru en lui, malgré la faible diffusion de ses re­ cueils, et les bonnes ventes de ce qui se présente comme un best­seller récompenseraient chacun. Mais en ce jour maussade et humide de fé­ vrier où il pousse la porte de la péni­ che qu’habite Nilsson, pour lui faire signer le contrat qui l’engage, Peter­ sén trouve l’écrivain pendu. Ne sup­ portant pas de s’être trahi en sacri­ fiant son art pour commettre un ro­ man policier, Nilsson se serait suicidé. Ce qui n’est point de l’avis du commissaire Barck, chargé de l’enquête. De troublants détails confirment cette intuition. Mais que va­t­il advenir du roman à paraître, “L’homme qui n’aimait pas les ri­ ches” – clin d’œil appuyé à “Les hommes qui n’aimaient pas les femmes”, deuxième volet de “Millé­ nium”, la trilogie de Stieg Larsson –, déjà vendu à des éditeurs étrangers, et que Nilsson n’a pas terminé ? L’enquête va avancer mollement. Pourtant, Barck, poète à ses heures perdues, souhaite que son zèle mette Petersén d’humeur à publier ses textes. “Peu de rêves sont d’ailleurs aussi séduisants que ceux qui sont im­ possibles.” Dans cette satire du monde éditorial qui développe trop d’idées convenues et manque de grinçant, Björn Larsson, prix Médicis 1999 pour “Le capitaine et les rêves”, s’amuse plus qu’il n’amuse son lecteur. Cet exercice, qu’il nomme “genre de roman poli­ cier”, n’est pas déplaisant, mais il aurait mérité plus de singularité et de nerf. Les bons sentiments font rarement les bons romans. G.S. Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers Björn Larsson / traduit du suédois par Philippe Bouquet en collaboration avec l’auteur / Grasset / 491 pp., env. 22 €

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l Bande dessinée

Le Cercle des Spectres P Un

troublant cauchemar, illustré avec maestria par François Deflandre.

P Et

une remarquable exposition à Bruxelles sur les coulisses de l’œuvre.

Q

uand parut “Le Sang des Auto­ mates” aux Editions Points Ima­ ges (cf. LLB du 9 janvier 1998), l’attention fut instantanément éveillée par l’originalité graphique de cet album, premier de son auteur né à Bruxelles en 1961. Il fallut pourtant s’armer ensuite de patience puisque ce n’est que douze ans plus tard que François Deflandre nous livrerait “Puzzle gothique”, dont nous applau­ dîmes la publication chez Mosquito. De ce conte fantastique à l’érotisme de fort belle eau, la pulpeuse protagoniste est une jeune Belge, Eloïse Brabant – au visage à la Eva Peron –, qui trouve un emploi de femme de chambre en Tos­ cane dans un palais où demeurent un alchimiste et un redoutable abbé. Ce qu’Eloïse y découvrira donne la chair de poule. Aux couleurs solaires de ce “Puzzle” succèdent aujourd’hui les to­ nalités froides – des gris, des bleus, des grenats – du “Cercle des Spectres” où l’on retrouve Eloïse, à nouveau dans

un rôle de témoin non dépourvu d’empathie. Cet album “sans tabous” confirme magistralement les qualités des deux précédents opus de François Deflandre. Aussi, en convie­t­on les lecteurs à visiter la captivante exposi­ tion qu’accueillent les romantiques salles souterraines des Halles Saint­ Géry (à deux minutes à pied de la Bourse) : des planches originales, des croquis, des photos, des documents d’archives permettent de parcourir les coulisses de l’œuvre d’un créateur per­ fectionniste, doué pour nous plonger dans des “cauchemars”, comme s’y en­ tendait le génial Alfred Hitchcock de “Psycho” et de “Vertigo”. Engagée pour veiller (ange gardien, en quelque sorte) sur une jeune soi­disant schizophrène, Eloïse lève le voile sur le traumatisant passé de Kate, survivante de l’incendie d’un collège que dirigeait d’une main d’acier – mais sans doute caressante à ses heures – une femme perverse dont dix­sept élèves périront dans les flam­ mes, allégorie de l’enfer. Pas un seul homme n’apparaît dans cette histoire qui provoque le malaise et que teinte un érotisme tantôt suggéré, tantôt ex­ plicite. Saluons, cette fois encore, l’uti­ lisation directe par François Deflandre de crayons de couleurs hauts de gamme, sur un carton légèrement grainé, de teinte “crépuscule”, de Can­ son. A la fois dessinateur, scénariste et coloriste, François Deflandre tient son lecteur en haleine dans cet album aux

accents proprement inquiétants. Récit qui se rapproche, bien entendu, de l’univers glacé/ardent de “Jeunes filles en uniformes”, film culte réalisé en 1931 par Leontine Sagan, supervisé par Carl Froelich, tiré de la pièce de Christa Winsloe et dont, en 1958, Geza Radvanyi mit en scène un frémissant remake avec Romy Schneider, Lilli Pal­ mer y étant la belle institutrice dont Manuela s’éprend. Deux ans après “Puzzle gothique”, on se félicite de re­ trouver l’héroïne de François Deflan­ dre dans cet album qui nous entraîne

l Humeur

Aimer, rêver, souffrir P Liliane

Schraûwen à la rencontre d’individus qui se cherchent, se croisent et se perdent.

O

n trouve, au dernier livre de Li­ liane Schraûwen, une humeur qui n’est pas sans rappeler cette réflexion qu’aurait eue Marcel Proust en regardant la mer depuis Cabourg : “Quand on ne voit pas Le Havre, c’est qu’il pleut. Quand on voit Le Havre, c’est qu’il va pleuvoir”. “Lignes de fuite” est un roman d’amour et de mort dont les plages lumineuses s’assortissent d’un

pessimisme récurrent. Liliane Schraûwen est une romancière de souffle qui fait vibrer ses histoires de fulgurances de bonheur que viennent obscurcir le pressentiment, voire la certitude, d’un malheur inévitable. Avec son dernier roman, elle nous mène à la rencontre d’individus, diffé­ rents et pourtant proches dans leurs existences éclatées, qui se cherchent, se rejoignent, se trouvent et se sépa­ rent parce que la vie n’est pas tendre pour ceux qui s’aiment. Tous ont der­ rière eux une expérience de douleur. Chacun va découvrir ou a découvert, dans sa perception fusionnelle d’autrui, un de ces moments d’éter­

nité qui insufflent dans l’existence la mémoire d’un paradis entrevu et perdu. À travers un peintre à la main blessée entravant son désir de pein­ dre, une femme meurtrie et mysté­ rieuse, des adolescents qui se rassu­ rent comme ils peuvent, une dame âgée qui a compris, toute petite, qu’il ne fallait pas s’attacher et a mal ou trop aimé ses enfants, on croise des personnages qui éprouvent les senti­ ments de la vie ordinaire. Ils sont peut­être nous. Peut­être d’autres à côté desquels nous passons quotidien­ nement sans les voir. Ni tenter de les comprendre. Il est beaucoup de solitude, d’er­

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En bref Hommage

FRANCOIS DEFLANDRE/MOSQUITO

L’Ange bleu

au cœur des ruines calcinées d’un Saint Jane’s Ladies College calqué, à n’en douter, sur de vénéneux établis­ sements d’il y a quelques décennies, en Grande­Bretagne ou en Irlande; ailleurs aussi, peut­être. Saluons sur­ tout les qualités plastiques de ce récit angoissant, aux planches dont les bords des cases ne sont jamais rectili­ gnes, ou rarissimement, comme pour accentuer la sensualité d’images s’en­ volant d’un rêve à noirs nuages – qui tôt vire à l’effroi. Quant à la fin “ouverte”, libre cours laisse­t­elle à

l’imagination en son volet silencieu­ sement sulfureux. Francis Matthys Le Cercle des Spectres François Deflandre / Mosquito (1ter rue des Sablons, 38120 Saint-Egrève) / 48 pages en couleurs, env. 13 €

U Exposition aux Halles Saint­Géry (place St­Géry, 1000 Bruxelles), jusqu’au 21 décembre 2012, tous les jours de 10 à 18 heures. Entrée gratuite. Site de l’artiste : www.francoisdeflandre.com

Dans ce brûlant récit dont le titre est celui du film de Josef von Sternberg qui lança la mythique Marlene en 1930, on retrouve la voix de la ro­ mancière, essayiste, poète et nouvelliste Zoé Val­ dés. Née à Cuba en 1959 (contrainte à l’exil en 1995 pour dénonciation de la dictature castriste dans “Le Néant quotidien”, naturalisée Espagnole en 1998, lauréate du prestigieux prix Planeta en 1996 pour “La Douleur du dollar” et du prix Fer­ nando Lara, le Goncourt espagnol, en 2003, pour “Louves de mer”), elle y célèbre Marlene Dietrich (Berlin, 1901 – Paris, 1992), l’une des déesses de l’écran – et de la chanson – du XXe siècle. Un ar­ dent hommage littéraire et poétique où l’auteure – vénérant l’actrice allemande qui fut l’incarna­ tion de “la femme fatale” et l’une des” icônes éroti­ ques” des années trente – raconte comment l’en­ sorcelante interprète de “Blonde Vénus”, “Shan­ ghaï Express” et “L’Impératrice rouge” (qui, elle­même, quitta son pays par opposition au ré­ gime nazi qui lui offrait un pont d’or) “a fait irrup­ tion dans sa vie d’enfant, puis de femme, jusqu’à hanter totalement son imaginaire.” (Fr.M.) Zoé Valdés, traduit de l’espagnol (Cuba) par Albert Bensoussan, Hermann, 88 pp., env. 9,90 €

Essai illustré Voyages imaginaires C’est une cinquantaine de voyages extraordinai­ res dans l’imaginaire d’écrivains ou de réalisa­ teurs (du fabuleux Jules Verne à James Cameron, le cinéaste de “Titanic”) que nous invite à parta­ ger cet album qui (re)visite des “mondes fantasti­ ques et rêvés, périples dans le temps, l’espace, sous les océans ou au centre de la terre”. Un album – conte­ nant des illustrations parfois merveilleusement impressionnantes, comme celle de Gustave Doré pour “La Ballade du vieux marin”, de Samuel Co­ leridge, en 1877, ou celle du poulpe géant, p. 25 – qui couvre à la fois les épopées des héros antiques et les mondes virtuels (comme dans “eXistenZ” de David Cronenberg en 1999). Un riche pano­ rama, établi par l’historien de l’art et de la photo­ graphie Farid Abdelouahab, auteur notamment du “Dictionnaire visuel des mondes extraterres­ tres” paru, lui aussi, chez Flammarion. (Fr.M.) Farid Abdelouahab, Flammarion, 208 pp. illustrées en couleurs, env. 29,90 €

Classique rance, de tendresse, de silence et de détresse dans ce livre sans illusions sur le destin qui attend les uns et les autres. Plus sereine toutefois qu’elle ne l’a été dans de précédents romans, Liliane Schraûwen demeure en fureur contre la souffrance et la bêtise hu­ maines. Elle pointe avec assurance les non­dits qui font trébucher dans la douleur et le désespoir les moments privilégiés d’une intimité amoureuse ouverte à tous les possibles et, pour­ tant, toujours éphémère et déçue. “Tout le monde a des soucis, tout le monde essaie de s’en sortir et, à la fin, tout le monde est vieux et seul”. Roman­ cière fine et intense, elle a le sens du

détail juste dans lequel on se recon­ naît. Elle dit bien les gestes, les flam­ bées, les attentes, peurs et blessures de l’amour. Et, en dépit du suicide un peu mélo de l’un de ses personnages, elle touche par sa lucidité, par sa sen­ sualité et par la tension qu’elle intro­ duit dans ses récits. On ressent, à la lire, l’expérience d’une femme qui a aimé, rêvé, souffert et, de livre en li­ vre, interroge la vie et ce que chacun voudrait ou pourrait en faire sans y parvenir. Monique Verdussen Lignes de fuite Liliane Schraûwen / Luce Wilquin / 247 pp., 21 €

La lettre écarlate Œuvre phare que Julien Green plaçait au plus haut, ce roman de 1850 de Nathaniel Hawthorne (1804­1864) – qui dénonce le puritanisme de l’époque coloniale en Amérique – reparaît avec une postface (non datée) de D.H. Lawrence (Fr.M.) N. Hawthorne, Les Belles Lettres, 296 pp., env. 15 €

Lire. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle : Geneviève Simon. Réalisation : Sodimco. Directeur général : Denis Pierrard. Rédacteur en chef : Vincent Slits. Rédacteur en chef adjoint : Pierre-François Lovens. Conception graphique : Jean-Pierre Lambert (responsable graphique). Publicité : 0032.2.211.29.29 – rgp-annonces@saipm.com

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Lire l

Mémoires de guerre

1914 comme sur le front de l’Est, son regard privilégie les simples soldats.

E

n 1914, Curt Erich Suckert, 16 ans (photo), quitte lycée et fa­ mille à Prato pour s’engager parmi les volontaires de la “Légion ga­ ribaldienne” qui s’est formée en France pour la défendre contre l’envahisseur allemand. Il participe avec elle à plu­ sieurs combats. L’Italie étant entrée dans la guerre en 1915, il est versé dans la Brigade chasseurs des Alpes, et se trouve avec elle sur la Piave quand éclate la tragédie de Caporetto (1917). L’année suivante, il commande en Al­ sace une section d’assaut lance­flam­ mes avant d’être hospitalisé, suite à l’absorption de gaze à l’ypérite. Sa bra­ voure lui vaut la croix de guerre fran­ çaise avec palmes, la mé­ daille d’argent (italienne) de la valeur militaire, la croix de guerre italienne… La paix revenue, le garçon multidécoré de 22 ans, qui prendra bientôt le pseudo­ nyme de Malaparte, publie “Vive Caporetto !”. C’est le scandale. Dans ce petit livre de feu, de pitié, d’intelli­ gence et de provocation, nulle mention de ses propres actes héroïques, mais l’évocation de l’immense masse de paysans d’Italie, souvent analphabètes, arrachés à un la­ beur qui avait peu changé depuis les “Géorgiques” de Virgile, lancés contre des paysans d’Europe centrale. Cette in­ fanterie anonyme, fruste, fataliste, le jeune Malaparte a appris à l’aimer et ad­ mirer, – il prend dès lors sa défense con­ tre l’arrogance, l’injustice et le mépris que lui témoignent des généraux inca­ pables et les patriotards de l’arrière. En cause : Caporetto. La tragédie qui a indi­ gné l’Italie bourgeoise et officielle. Pourquoi Caporetto ? Le 24 octobre 1917, l’armée austro­hongroise lance une offensive admirablement préparée contre la 2e armée italienne sur les hau­ teurs de Caporetto (aujourd’hui Koba­ rid en Slovénie). Bilan : 30 000 Italiens tués en deux semaines, 300 000 prison­ niers, plus de 400 000 laissés sans com­ mandement, qui jettent leurs armes et rentrent chez eux. Une honte pour l’Ita­ lie officielle, que stigmatise le comman­ dant en chef Cadorna plutôt que con­ damner la scandaleuse insuffisance de son état­major. Et voilà que Malaparte relève le gant et rend son honneur au “peuple des tranchées”. Il voit dans sa révolte con­ tre des gradés méprisants et insuffi­

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sants “l’acte de naissance social du peu­ ple” italien et le vrai point de départ du XXe siècle. L’ouvrage fut aussitôt inter­ dit et à nouveau interdit sous le fas­ cisme. Le voici publié pour la première fois en français, remarquablement tra­ duit, présenté et annoté par Stéphanie Laporte. De cet ouvrage dont Mala­ parte disait qu’il était le cœur de toute son œuvre à venir, citons ces quelques lignes : ­ “En avant les gars ! Et la marée hurlante de guenilles et de pauvres corps sales et fati­ gués continue d’avancer péniblement au milieu des explosions. Quand la foule des assaillants est parvenue aux barbelés et se regroupe ici ou là en quête d’une brèche, ha­ letante, dégoûtante, terrifiante, ceux d’en face, ces autres malheureux peut­être plus sales et plus dépenaillés que les nôtres, sen­ tent la puanteur de cette misérable multi­ tude qui parvient par bouffées jusque dans les tranchées les plus profondes – puanteur fétide de sueurs et de chair pas lavée. Cette puanteur héroïque est celle des saints, des pèlerins, des mysti­ ques, des frères du Christ et de Dame Pauvreté, le pauvre d’As­ sise puait de crasse comme le soldat du Karst. En avant, les gars !” Dans leur même collection “Mémoires de guerre”, les Belles Lettres réédite “La Volga naît en Europe”. L’ouvrage réunit les reporta­ ges que Malaparte fit, comme correspondant de guerre du Corriere della Sera, d’abord en Ukraine l’été de 1941, puis du côté finlandais devant Leningrad assiégé par la Wehr­ macht. Le constat qui traverse ses “cho­ ses vues” est que, pour la première fois dans l’Histoire, la guerre n’opposait pas des armées formées de paysans, mais en grande partie d’ouvriers. La morale de ceux­ci se fonde, estime­t­il, sur la soli­ darité qui lie l’homme à la machine, sur l’esprit d’équipe des ouvriers travaillant en usine. Malaparte observe dès lors avec l’im­ partialité de qui a fait lui­même la guerre le comportement des Alle­ mands et des Soviétiques, leur sembla­ ble courage, leur comparable esprit de sacrifice. Devant la mort, les hommes ont la même insignifiance, la même grandeur. Jacques Franck PHOTO NEWS

P En

Viva Caporetto ! Curzio Malaparte / traduit de l’italien par Stéphanie Laporte / Les Belles Lettres / 130 pp., env. 14€ La Volga naît en Europe Curzio Malaparte / traduit de l’italien par Juliette Bertrand / Les Belles Lettres / 300 pp., env. 17€

OLIVIER DOUZOU

Malaparte, ou le parti des petits

l Jeunesse

Douzou sens de P Grand

nom de la littérature jeunesse, Olivier Douzou joue avec les livres.

P Les

lettres tombent du camion, le teckel quitte la page et le gland roule les r.

A

vec son pyjama rayé et son corps tout saucissonné, “Teckel” est sans doute notre préféré. Il se ba­ lade d’ailleurs discrètement du côté d’“Ours” ou de “Minou”, ces compti­ nes en continu imaginées par Olivier Douzou dont l’automne littéraire se rapproche du printemps de la vie. En­ tre ses cartonnés ludiques, graphiques et presque lyriques et son camion Toc Toc chargé de lettres, le fondateur de la ligne jeunesse au Rouergue, revenu au bercail après dix années d’aventures littéraires extérieures, semble, en effet

prendre beaucoup de plaisir à s’adres­ ser aux tout jeunes lecteurs, à leur vi­ vacité, le tout en respectant leur point de vue. À l’instar de celui du chien qui s’assoit quand on lui dit “Aboie !”, qui ne voit jamais le visage de ses maîtres et continue, de page en page, son petit bonhomme de chemin quitte à ce que seul son arrière­train apparaisse sur le dessin. Sobre, épuré, intelligent et pho­ nétiquement intéressant, Teckel est un pur délice qui joue en outre sur les perspectives et dans lequel on croise l’ours qui, dans un autre album, tra­ verse les rideaux de pluie, court en nage et en rage avec courage. Architecte de formation, né en 1963 à Rodez, Olivier Douzou a été directeur de la collection Jeunesse des éditions du Rouergue jusqu’en 2001. En 1993, son livre “Jojo la mache” a marqué l’histoire de la littérature jeunesse par sa nouvelle approche alliant graphisme et poésie. Très productif depuis son re­ tour au Rouergue en 2011, le voici qui

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En poche Policier L’autre côté de l’ombre Le duo souvent bancal mais efficace formé par l’ins­ pecteur Faraday et le constable Winter semble s’être disloqué. Paul Winter travaille désormais pour le caïd Bazza Mackenzie et tente de trouver ses mar­ ques dans ce milieu d’argent facile et de violence. Joe Faraday, lui, doit enquêter sur le meurtre d’un promoteur immobilier. Bientôt un autre assassinat politique et médiatisé complique les choses. Graham Hurley, Folio policier n° 673, 615 pp.

Romans Le faux ami Vienne, 1910. Installé au Café Sperl, Hermann Frey­ tag épluche les journaux et vitupère. Correcteur à la retraite, c’est lui qui a su donner souffle et matière à la prose de Boris Basch, auteur à succès qui exige que Freytag corrige son dernier roman. Apparaît alors le mystérieux Signori. Familier du Vatican, où l’on attend la nomination du successeur de Léon XIII, il en sait long sur le manuscrit et confie à Frey­ tag une mission qui va l’entraîner dans un imbro­ glio littéraire, politique et religieux inattendu. Henrik B. Nilsson, Le Livre de Poche n° 32684, 813 pp.

Cadix, ou la diagonale du fou Cadix, citadelle radieuse, s’embrase. La guerre con­ tre les troupes napoléoniennes fait rage, les bom­ bes françaises pleuvent. Dans la cité à feu et à sang, les corps de jeunes filles sont retrouvés dans les cratères de bombes, disposés suivant la logique d’un échiquier. Elles ont été tuées à coups de fouet. Le commissaire Rogelio Tizón parviendra­t­il à mettre en échec le tueur fou de Cadix ? Arturo Pérez-Reverte, Points Seuil n° P2903, 784 pp.

ssus dessous publie cinq albums d’affilée. Après les comptines, voici donc “Le camion Toc Toc”, plus écrit, plus philo­ sophique, jouant sur les mots et sur­ tout les lettres, pour conter le voyage éprouvant et banal d’un camion chargé de cartons de lettres et pressé d’arriver à l’heure. Des blocs de lettres qui for­ ment une longue phrase et qui, au fil des chutes, se retrouvent sur le bitume pour former d’autres mots en un pro­ cédé très oulipien. Du coup, il perd des lettres en roulant “à toute berzingue”, en montant, en descendant, en passant sur une bosse, en s’arrêtant de justesse au croisement et en redémarrant en trombe. Qu’importe, croit­il, pourvu qu’il arrive à l’heure dans cette ré­ flexion originale sur le rapport au temps qui nous manque… tant. “Alexandre le gland”, plutôt affolé à l’idée de quitter son chêne, s’adresse, lui, aux plus grands. Crayonné en noir et blanc, truffé de clins d’œil au lecteur,

ce conte initiatique imagine le par­ cours d’un akène appelé à devenir ar­ bre. À lire chaque soir, chapitre après chapitre, et de préférence à voix haute. Véritable jeu de langue, ce conte décrit en effet le voyage, parfois long, de ce gland qui roule furieusement les “r” et les remplace par autant de “l”. Une épopée, à l’image de celle d’Alexandre Le Grand. À chaque chapitre, le gland rencontre un nouvel animal ou végétal dans une construction narrative sem­ blable à celle de “Pinocchio”, d’où l’al­ lusion à Jiminy Criquet. Laurence Bertels Teckel Olivier Douzou / Le Rouergue / 18 pp., env. 10 €. Dès 2 ans Camion Toc Toc Olivier Douzou / Le Rouergue / 32 pp., env. 14,50 €. Dès 3 ans Les aventures d’Alexandre le gland Olivier Douzou / Le Rouergue / 112 pp., env. 23,50 €. Dès 7 ans

Anthologie Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars Que se passe­t­il quand un bureaucrate blafard et cravaté de Copenhague décide de mettre fin à la chasse aux phoques ? Comment échapper à cette fatale descente aux enfers ? Les héros arctiques ont de l’imagination et plus d’un tour dans leur sac… De Jørn Riel, Grand Prix de l’Académie danoise en 2010 dont une biographie vient de paraître aux éditions Gaïa, une dernière fournée de racontars. Jørn Riel, 10/18 n° 4572, 214 pp.

Classique Scènes de la vie de bohème Dans le Paris des années 1840, Rodolphe Schau­ nard, Marcel et quelques autres forment une petite société d’artistes marginaux, poursuivis par leurs créanciers et rêvant de gloire. Poètes et musiciens au ventre creux, rapins prompts à embobiner le bour­ geois, philosophes fumeux épris de grisettes, ils ont vingt ans et le désespoir les guette. Avec cette série de scènes fantaisistes inspirées de son expérience, Henri Murger signe un texte au style tapageur sur la folie de la jeunesse et la perte des illusions. Henri Murger, Garnier Flammarion n° 1506, 476 pp.

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Lire l Anthropologie

L’islam entre le sexe et le sang La femme en islam, objet d’une volupté singulière dans un Coran partagé entre la poésie et le dogme. admise à se mêler, lors du grand pèleri­ nage à la Kaaba de La Mecque, à la prière elle­même (as­salat), acte rituel majeur s’il en est dans la vie musulmane. Et cependant, puisqu’il est aussi large­ ment question de sang, et dès lors de menstrues et d’impureté, relevons ici avec Malek Chebel que “le vagin est équivoque, ambivalent et hostile”. Bref, “denté” en un autre mot, de façon repti­ lienne, de façon à susciter l’horror femi­ nae, la gynophobie, “peur inconsciente de la femme au­delà même de la faute reli­ gieuse”, qui suscite chez l’homme jus­ qu’à l’effroi d’être englouti et d’y perdre d’un seul tenant ses attributs et sa mas­ culinité. Aussi, si grande soit la tentation occi­ dentale de “victimiser” la femme en is­ lam, et ceci à raison, on est forcé d’ad­ mettre avec l’auteur que “le paradis mu­ sulman est le lieu où le postulat sexuel explose à l’infini”. On ne compterait pas moins, dans le Coran, que mille référen­ ces à ce paradis – soit un cinquième du total des 114 sourates où sont décrites, à travers les houris promises aux vi­ vants, les splendeurs, délices et voluptés de l’après­vie. Contrairement aux autres grands tex­ tes religieux, conclut Malek Chebel, le Coran est un livre de chair et de sang qui ne peut dissimuler que le Prophète, reflet du Très­Haut, aima cette chair jusqu’à la sacraliser. Éric de Bellefroid

P Un

magistral opuscule de Malek Chebel pour connaître le monde où l’on va.

HAKIL ADIL ASSOCIATED PRESS EPORTERS

A

nthropologue et philosophe, ar­ dent défenseur d’un “islam des Lumières”, Malek Chebel passe pour l’un des traducteurs phares du Co­ ran, le Livre sacré. Il en sait donc mieux que quiconque, de nos jours à tout le moins, la “dimension poétique qui con­ fine à l’épopée”. Et, comme de toutes les poésies, il connaît aussi toutes les latitu­ des d’interprétation qui peuvent s’en dégager. Des orientations qui, sans être coraniques à proprement parler, ni par conséquent relever du dogme, s’inspi­ rent plus souvent qu’à leur tour de la ci­ vilisation bédouine et patriarcale des temps pré­islamiques. Dans cet “islam de chair et de sang”, ainsi qu’il le décrit, le psychanalyste qu’il est de surcroît établit des transla­ tions entre “l’amour, le sexe et la viande”. Postulant du même coup une “hypothèse sexuelle”, qui innerverait et irriguerait une grande partie du texte coranique. Jusque dans les hadiths (ac­ tes et paroles) du prophète Mohammed en personne. On ne saurait envisager cette hypo­ thèse sexuelle sans mentionner du même coup la condition de la femme dans l’islam. Cette femme qui, condam­ née à une espèce de réclusion, corsetée ou incarcérée dans une manière d’inexistence honteuse, est toutefois

L’islam, de chair et de sang. Sur l’amour, le sexe et la viande Malek Chebel / coll. Librio / 70 pp., env. 3 €

l Mémoires

Max Gallo survole sa romanesque vie PA

80 ans, l’historien, biographe et romancier publie son autobiographie.

A

peine vient­il de publier, voici moins de six mois, “1944­ 1945 : le triomphe de la li­ berté” – cinquième et dernier tome de “Une histoire de la Deuxième Guerre mondiale” (XO Editions, 416 pp., env. 22,95 €) – que Max Gallo nous livre son autobiographie. Fran­ che et pudique, elle emprunte son

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titre à une phrase d’un moine de l’ab­ baye de Saint­Denis, Rigord, écrite à l’aube du XIIIe siècle : “Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se sou­ vient plus. L’oubli est la ruse du diable.” Conté avec la fluidité coutumière de cet auteur aux (déjà) plus de cent li­ vres : essais, romans, biographies (dont rien que le “Napoléon”, en quatre vo­ lumes, en 1997, s’est vendu en français à un million d’exemplaires et a été tra­ duit dans le monde entier), c’est le sur­ vol d’une existence romanesque, le miroir d’une ascension sociale. Fils d’un immigré italien venu s’installer à Nice, Max Gallo, par la force de la vo­

lonté, ajoutera, en effet, à un modeste certificat d’aptitude professionnelle de mécanicien­ajusteur les diplômes d’agrégé d’histoire et de docteur ès­ lettres qui l’amèneront à l’enseigne­ ment. Séduit d’abord par l’extrême gauche, il évoluera; député socialiste, il sera de 1983 à 1984, sous François Mitterrand, secrétaire d’Etat porte­pa­ role du gouvernement de Pierre Mau­ roy. Gallo a maintenant abandonné la politique pour ne se consacrer qu’à son œuvre. Ce pour quoi, en 2007, préféré à Jean Raspail, il sera élu à l’Académie française, au fauteuil de Jean­François Revel. Un livre attachant, qui montre

les sincérités successives, surpre­ nantes parfois, d’un passionné qui n’a cessé de chercher ses vérités. Li­ vre, aussi, où cet homme meurtri évoque le suicide de sa fille Mathilde en 1972 : il avait 40 ans; elle allait sur ses seize. Un ouvrage qui a des ac­ cents de roman d’initiation, à lire en complément de “Histoires particu­ lières”, recueil de conversations de Max Gallo avec Paul­François Paoli, publié chez CNRS Editions en 2009. Francis Matthys L’oubli est la ruse du diable Max Gallo XO Editions / 398 pp., env.21,90 €

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taculaires Résultats, classements, programme Beerschot - Waterloo Antwerp - Racing Louvain - Daring Dragons - Pingouin Héraklès - Braxgata Léopold - Orée 1. Watducks 2. Racing 3. Léopold 4. Héraklès 5. Daring 6. Louvain 7. Antwerp 8. Dragons 9. Braxgata 10. Orée 11. Beerschot 12. Pingouin

12 10 12 8 12 7 12 6 11 5 12 5 11 4 12 4 12 3 12 3 12 3 12 2

(1-1) 1-3 (1-1) 3-2 (3-1) 4-1 (1-0) 5-0 (0-1) 0-3 (4-2) 7-2 1 2 2 4 4 6 3 5 7 8 9 9

1 2 3 2 2 1 4 3 2 1 0 1

43 36 43 31 31 36 26 29 30 23 23 23

22 22 26 30 32 33 26 27 36 37 36 47

31 26 24 20 17 16 16 15 11 10 9 7

mière fois l’avance au Léo. Le temps pour Bergner d’égaliser sur son 2e pc et déjà les Rouge et Blanc repartaient à l’assaut. Un superbe solo de Plenne­ vaux et un tir spectaculaire dans le pla­ fond de Cuvelier donnèrent aux Uc­ clois une avance méritée au repos (4­2). A la reprise, Lopez eut une belle occa­ sion de ramener ses couleurs à 4­3,

mais il la loupa. Ce fut le chant du cy­ gne de l’Orée qui encaissa encore deux buts de Maxime Tys en autant de mi­ nutes (belle manière de fêter son anni­ versaire !) avant qu’un effort du même joueur ne profite à Rossi (7­2). Le Léo, séduisant en diable, est désormais sûr de passer la trêve sur le podium. Jean-François Jourdain

PHILIPPE DEMARET

entre Dalla Palma et De Waegeneer.

Samedi 17 novembre (15h00) Daring - Dragons Racing - Louvain Waterloo - Héraklès Pingouin - Léopold Braxgata - Antwerp 16h 00 : Orée - Beerschot

Le Brax renoue avec la victoire P Le

Boomois ont profité du derby face à l’Héraklès pour engranger les trois points. Héraklès 0 Braxgata 3 Héraklès : Haenen (2), M. Donck (1), N. De Kerpel (2), Haig (2), Hens (1), Legrand (2), An. Kuysters (1), Am. Keusters (2), Niles (1), Nuñez (1), Schuermans (3), puis Claessens (1), Huybrechs (1), Mitton (2), Struyf (-), Bisley (1). Braxgata : Schoo Ians (3), Reckinger (3), Mulcair (3), B. Van Dam (2), Jackson (3), Caruth (2), Dekeyser (3), O. Kleynjans (2), van Wijk (2), Hannes (1), Adriaensen (2), puis Declercq (2), Robinson (2), Van Biesen (1), Cuypers (1). Arbitres : MM. L. van Lidth et V. Clause. Cartes vertes : 33e Jackson, 35e Am. Keusters. Les buts : 26e Van Dam sur rebond de pc (0-1), 40e Adriaensen (0-2), 59e Declercq (0-3).

C

ela faisait pratiquement un mois que le Braxgata n’avait connu le goût de la victoire, désormais l’af­ front est lavé. Et de quelle manière ! Hier, à Lierre, les hommes de Jeroen Delmee ont pratiquement réalisé le match parfait. “Cela fait plaisir de voir que les résultats suivent enfin”, soufflait Xavier Reckin­ ger au coup de sifflet final. “Aujourd’hui,

nous avons bien contrôlé nos adversaires et la balle tournait bien.” Durant les vingt­cinq premières mi­ nutes, aucune des deux équipes ne par­ vint à trouver la faille. Si le score restait vierge, c’est surtout parce que les deux gardiens prouvaient qu’ils faisaient bien partie, à leur poste, des meilleurs éléments de notre championnat. Mais le Brax allait profiter de son troisième pc de la partie pour voir Benjamin Van Dam finalement pousser la balle au fond après avoir s’être fait contrer dans un premier temps. Les Boomois ren­ traient aux vestiaires avec cette courte avance. On pensait voir des Lierrois plus of­ fensifs en seconde période, mais ce fut le Brax qui prit le jeu à son compte. Cinq minutes après la reprise, Adriaen­ sen profitait d’un bon travail de Dekey­ ser pour tromper Filip Haenen pour la deuxième fois de l’après­midi. À dix minutes du terme, Dekeyser, encore lui, combinait parfaitement avec Robinson dont le centre trouvait un Declercq qui ne se fit pas prier pour enfoncer définitivement Amaury Keusters et les siens (0­3, 59e). Au­delà d’une victoire retrouvée, le Braxgata pouvait se vanter d’avoir tenu le zéro derrière. “C’est la première fois de la saison que cela nous arrive, on a con­ cédé un peu plus d’occasions en fin de par­ tie, mais dans l’ensemble on a très bien défendu et notre gardien a sorti un grand match”, conclut le défenseur. Boris De Vaere

nd la trêve hivernale Arbitre : MM. B. Chopin et P. Bogaerts. Cartes vertes : 48e Max. Peeters, 50e M. Van Rysselberghe. Cartes jaunes: 55e D. Van Rysselberghe, 59e Paton. Les buts : 12e H. Peeters sur pc (1-0), 20e Jacob (1-1), 53e A. De Saedeleer sur stroke (1-2), 54e Dohmen (1-3).

L

a victoire du Watducks a mis du temps à se dessiner du côté de Kontich, puisqu’il a fallu atten­ dre l’entrée du dernier quart d’heure avant que les Brabançons ne prennent les devants. A vrai dire, tout s’est joué en deux minutes. Un coup de stick (volontaire?) de Scott dans le cercle a offert un stroke aux Waterlootois, “Chouchou” De Saedeleer ne se fai­ sant pas prier pour le convertir. Dans la minute suivante, le Bee, passable­

ment énervé sur le duo arbitral (en petite forme), perdra ses dernières il­ lusions en encaissant un but de Doh­ men, le meilleur homme sur le terrain ce dimanche. Dommage pour les An­ versois, qui avaient fait jeu égal jus­ que­là grâce notamment à un duo Verdussen­Goldberg irréprochables tant en défense qu’à la relance. “Nous manquons de poids à l’avant. Mais nous attendons les retours pour le second tour de John Goldberg et de Va­ lentin Pliester, qui pèsent 30 buts par saison à eux deux.” nous soufflait­on dans l’entourage du Bee. Le seul hic, c’est que le second tour... a déjà commencé en ce 11 novembre, et qu’il est grand temps de trouver une solution à ce niveau afin que le Beerschot évite toute mauvaise sur­ prise en fin de saison! Hugues Feron La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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Sports

Actualité

l Hockey | Division d’Honneur, 12

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journée

L’Antwerp profite de l’inconstance uccl L P Les

Anversois surprennent le Racing, trop irrégulier lors de la rencontre.

PHILIPPE DEMARET

Antwerp 3 Racing 2 Antwerp : Welten (2), Briels (3), Callioni (1), Delàs (3), A.Hendrickx (3), Laddyn (2), Ju.Lainz (2), Ja.Lainz (2), Lens (2), van Valburg (2), van Waanrooij (2), puis Dabanch (2), Botha (1), Clerckx (1), Niessen (2), Verheijen (1). Racing : J. Gucassoff (3), Buchet (1), Kempf (2), Smith (2), De Keyser (2), Catlin (2), Cornillie (2), Gougnard (3), Charlier (2), Boon (2), Vanneste (1), puis De Mot (1), Feron (1), Grégoire (2), J.Truyens (2), Versluys (2). Arbitres : MM. M.Pontus et G.Uyttenhove. Cartes verte : 45e Cornillie. Les buts : 5e Boon (0-1), 32e Briels (1-1), 37e Dabanch (2-1), 39e Briels (3-1), 57e Smith sur pc (3-2).

Alexander Hendrickx, intraitable en défense, fut l’un des artisans de la victoire anversoise.

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es visages des joueurs du Racing étaient marqués à la fin de la ren­ contre. Ils étaient visiblement dé­ çus de cette défaite chez leurs adver­ saires anversois, qui, eux, partageaient leur joie avec les supporters. En effet, l’Antwerp a profité d’un nouveau mo­ ment d’égarement des Ucclois, qui ont la fâcheuse tendance à se relâcher en début de seconde période. Pourtant la rencontre était, jus­ que­là, relativement équilibrée. Le Ra­ cing avait même entamé le match de la meilleure des manières puisque Boon, dès la 5e minute dévia un centre de Gougnard au fond des filets (0­1). L’Antwerp mit un petit temps à réagir, mais ce n’était que pour mieux domi­ ner par la suite. Les locaux dirigeaient les débats et s’offraient trois pc en dix minutes. Alexander Hendrickx ne fai­ sait cependant pas preuve de son habi­ tuelle efficacité. L’Antwerp devait at­ tendre la 32e minute pour enfin con­ crétiser sa domination. Delàs envoya un tir puissant en revers et Briels, bien

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l Hockey | Division d’Honneur, 12

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oise placé, dévia dans les buts (1­1). Le score aurait pu être plus sévère pour les Ucclois, comme le confirme Jérôme Truyens : “Notre gardien nous sauve en 1e mi­temps. On était chaque fois trop loin de notre adversaire”. Le début de 2e mi­temps ne fut toute­ fois pas plus brillant de la part des Ra­ cingmen. Les attaquants anversois profitaient en cinq minutes des erre­ ments de la défense adverse pour prendre l’avance via Dabanch (2­1) et Briels (3­1). Le Racing, piqué au vif, of­ frit alors un tout autre visage et assié­ gea le cercle adverse. Mais l’Antwerp ne laissait rien passer et empêchait le Racing de développer son jeu grâce à un excellent pressing. Smith, sur un énième p.c, relançait le suspense d’un superbe sleep en lucarne (3­2), mais c’était le jour des Anversois qui re­ poussaient une fois de plus les derniers assauts adverses. Ils s’offrent par là trois points mérités avant d’affronter le Daring mercredi... au Beerschot. Bertrand Lodewyckx

Un Daring inexistant perd des points à Louvain P Louvain

l’emporte et profite de la méforme des Molenbeekois.

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1

Louvain Daring Louvain : Van De Sande (3), De Cooman (2), Jacquet (1), Van Kerckhove (2), Campos (2), Sevestre (2), Moreno (2) Quemada (3), Bourdeaud’hui (2), Garcia (3), Pangrazio (3), puis Genestet (2), Maraite (1), Rana (-), Clément de Cléty (-) et Vincent (-). Daring : Garcia (2), Quilez (2), Faveyts (2), Mesa Hernandez (1), Ballbe (3), Sahu-

l Hockey | Dames

Résultats 6-2 2-2 4-2 4-4 4-2 2-3

Classement général 27 23 21 16 15 14 13 9 8 7 6 5

DIVISION D’HONNEUR DAMES Résultats Louvain - Waterloo Ducks Braxgata - Orée Dragons - La Gantoise Victory - Pingouin Antwerp - White Star Héraklès - Wellington

7-2 8-0 6-0 2-4 1-0 2-5

Classement général 1. Wellington 2. Antwerp 3. Dragons 4. Braxgata 5. Louvain ...

A

la fin de la rencontre qui oppo­ sait Louvain au Daring, le con­ traste entre les deux équipes était saisissant. Michel Kinnen n’avait pas de mot pour expliquer le non­ match de ses joueurs. “Il ne s’est rien passé pendant ce match, soupirait­il. On

était second sur chaque duel. C’est dom­ mage de jouer de cette manière après une semaine de travail…” Pourtant, tout avait bien commencé pour les Molenbeekois puisqu’Alexan­ dre Van Linthoudt ouvrit la marque dès la deuxième minute. Par la suite, toute l’équipe s’est arrêtée de jouer. Ou est­ce Louvain qui a maîtrisé ses ad­ versaires ? “Comme d’habitude, on fait un très mauvais début de rencontre, re­ connaissait le Louvaniste Renaud Pan­ grazio. Pour ce qui est de 67 autres mi­ nutes, on a eu le match en main et les trois points sont mérités.” Le bilan louvaniste est bon : trois vic­ toires en quatre rencontres. Les Uni­ versitaires se replacent au classement. Philippe Vincke

21 21 16 12 10

P Le

weekend aura été marqué chez les Dames par une pluie de buts (37).

L

es attaquantes s’en sont donné à cœur joie ce week­end en mar­ quant une moyenne de plus de 6 buts par match. La palme est revenue au Braxgata qui a empilé 8 buts à une Orée complète­ ment à la dérive. Steenackers trois fois, Versavel, Terblanche, Bertoni, Char­ lotte Harrison et Vandermeiren auront été les auteures de ce feu d’artifice. Gros score aussi à Brasschaat où le Dra­ gons a humilié la Gantoise. Emilie Si­ nia a signé un beau hat­trick tandis que Smeets, Patriarche et Smeekens infligeaient un score de tennis à une Gantoise qui ne pouvait compter sur Alix Gerniers, blessée. Le Wellington a également imposé ses vues à l’Herakles. Si la Lierroise Neumann avait ouvert le score sur pc, il n’y en eut plus alors que pour le Well. Davids sur phase de pc, Scrayen sur passe de Bonastré, Haussener, Bonas­ tré et Garcia­Blanco portaient le score à 1­5. Keusters marquait en fin de match pour adoucir la pilule. Dans le bas du classement, le Victory a fait la mauvaise opération du jour en étant battu 2­4 par le Pingouin. Mal­ becq ouvrait le score à la 8e minute avant que la rencontre s’équilibre. Plus combatives en seconde période, les Ni­ velloises se mirent à l’aise par Raes à la 39e et Bertrand à la 52e. Pourtant à la

54e, le Victory convertissait son unique pc du match par De Bruyne. Finale­ ment, Delmée s’offrait une percée de 65 mètres pour aller planter un su­ perbe quatrième but. Un seul petit score : l’Antwerp a assuré le minimum en marquant un seul but contre le White Star, une déviation d’Olivia

Bouche sur pc à la 60e minute. Samedi, le Waterloo Ducks avait pris une jolie claque à Louvain. Les 7 buts furent es­ pagnols : Petchamé (3), Ballbé, Oliva et Comerma (2) ne laissaient rien à leurs équipières. Puissant et Ronquetti adoucissaient à peine la pilule. Philippe Demaret

PHILIPPE DEMARET

DIVISION 1

1. Léopold 3 2. Namur 3. Wellington 4. Uccle Sport 5. La Gantoise 6. St. Georges 7. Am. Anderlecht 8. Mechelen 9. Vicotry 10 Louvain-la-Neuve 11. La Rasante 12. Langeveld

quillo (2), J. Garreta (1), G. Cosyns (1), Brunet (2), Sanchez (1), Van Linthoudt (2), puis Dubuisson (2), Vanderschelde (2), Kersten (1), De Graer (-) et Wegnez (-). Arbitres : MM. S. Duterme et N. Marchant. Cartes vertes : 41e De Cooman, 70e Sevestre. Les buts : 2e Van Linthoudt (0-1), 4e Van Kerckhove (1-1), 18e Quemada (2-1), 34e Quemada (3-1), 43e Pangrazio (4-1).

Les Anversoises à la fête

l Hockey Léopold 3 - Amical Anderlecht Saint Georges - La Gantoise Victory - Mechelen Louvain-la-Neuve - Langeveld Namur - La Rasante Uccle Sport - Wellington

journée

Anouk Raes a pris une part déterminante dans la victoire du Pingouin . lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Sports l Voile | 7

Vendée Globe

PHOTO NEWS

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Actualité

Des grains et une belle petite houle pour accompagner les vingt concurrents du Vendée Globe. Pour Safran (au centre voile orange et grise), l’aventure fut de courte durée.

Déjà la quille pour Guillemot P Les

vingt marins du Vendée Globe ont pris la mer samedi.

P Marc

Guillemot, un des favoris, a abandonné suite à un bris de quille.

C’

est dans des conditions rai­ sonnablement musclées que les vingt skippers du Vendée Globe ont envoyé la toile pour un tour du monde sans escale. Stupeur, alors que la plupart des spectateurs cherchaient un casse­ croûte voire un coin pour se réchauf­ fer, Bertrand – de briques et – De Broc pointait déjà l’étrave de son “Votre nom autour du monde” dans le chenal. Plus de peur que de mal pour le skip­ per victime d’une voie d’eau consécu­ tive à un choc avec un zodiac peu avant le départ officiel. “C’est en partie de ma faute. J’ai demandé au zodiac de me faire pivoter pour m’amener au vent. Il a pris une vague, est parti en surf et boom…” Plus de peur que de mal, la coque en sera quitte pour une petite voie d’eau, néanmoins trop importante pour l’ignorer. Le retour au port était donc une sage décision. L’équipe technique a vite colmaté la brèche et Bertrand De Broc a pu repartir avec la marée de la nuit de samedi à dimanche. Plus malchanceux fut son cousin

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Marc Guillemot (Safran). Troisième du dernier Vendée Globe – où il avait perdu sa quille en vue de l’arrivée –, il faisait partie des favoris. Malheureuse­ ment, ce nouveau bris de quille est rédhibitoire pour ce marin expéri­ menté. “Il y a d’abord eu un bruit assez violent, là j’ai cru que j’avais touché quel­ que chose en rebondissant sur une vague, a avancé le skipper sur le site officiel de la course pour expliquer son avarie. J’ai eu le sentiment que quelque chose avait tapé sur la quille. Dans la même seconde, un bruit encore plus violent a suivi, et le bateau s’est mis à gîter fortement. J’ai choqué en grand les voiles. J’ai essayé de regarder sous l’eau mais c’était très som­ bre. Ce qui est sûr, c’est que lorsque je re­ garde ma trace, le bateau est passé de 100 % de vitesse à 22 %…” Rentré aux Sables, son équipe tech­ nique a vite diagnostiqué le bris de la quille dont il ne restait plus qu’un “moignon” de trente centimètres. Ne disposant pas de la pièce de réserve, c’est l’abandon pur et simple après quelques heures de course: “C’est une énorme déception, une grosse claque”, soupirait le marin, soutenu par son team. “The show must go on” et pendant ce temps, au Cap Finisterre, le jeune François Gabart (Macif) menait la danse avec l’assurance d’un vieux loup de mer. A une dizaine de milles on re­ trouvait en embuscade Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Banque Po­ pulaire), soit déjà un trio de favoris aux avant­postes. La course ne fait que

commencer mais livre déjà ses pre­ mières indications en termes de vi­ tesse pure. Comme prévu, les derniers – bien – nés des architectes VPLP­Ver­ dier mènent la danse.

Le quatrième classé était également un nouveau bateau – il y en a six au dé­ part –, le “Cheminées Poujoulat” de Bernard Stamm. Ch. Bl.

La foule et la houle Ambiance Christophe Blaivie Avec pas moins de 1000 journalistes accré­ dités, les places sont chères sur LE ponton du Vendée Globe et encore davantage à bord d’un “bateau suiveur”. Cela tombait bien, nous avions envie de nous mélanger à la foule, soit 300000 spectateurs (!). A ce tarif, les places valent leur pesant de cacahuètes de part et d’autre du chenal, pourtant long comme un jour de pluie. Levé à 5 heures, sur place à 6h20 – soit 3h40 (!) avant le départ du premier concurrent – et même pas de place au premier rang, squatté par les aficionados que l’on reconnaît à leur attirail du parfait pique­niqueur. La longue attente peut commencer par la lecture de “Ouest France” à la lumière d’un réverbère. On discute avec le voisinage, mais pas trop, la nuit a été courte pour tout le monde. On hésite un peu quand les premières raideurs rotuliennes font leur apparition : “Rester 5 heures immobile pour voir passer des bateaux à 4 nœuds, est­ce bien raisonna­ ble ?”. Surtout que, passionné de cyclisme, nous n’avons jamais compris l’intérêt de perdre une journée pour voir passer les coureurs pendant quelques minutes voire

secondes. Tout à coup, la magie opère, un feu de bengale embrase la nuit; un gai luron – qui ne s’est visiblement pas couché – nous gratifie de fariboles tellement insipides qu’elles en deviennent drôles; un musicien en herbe improvise un “Santiano” qui parle au plus grand nombre… Finalement, quand la drache vendéenne s’est invitée, c’en devint presque drôle. Tout le monde dans le même bateau pour faire face aux vannes, qu’elles soient célestes ou à 2 balles. Au bout de 3h40, donc, fumée blanche : Cheminées Poujoulat de Bernard Stamm pointe à l’horizon. Le bûcheron suisse sera très applaudi mais moins que Samantha Davies, fortement encouragée par la gent féminine. Les bateaux se suivent, on commente la “cosmétique” des uns et des autres : “Hugo Boss est le plus classe ! Normal”, on mesure la différence entre les générations de coques, on détaille le curriculum vitae des marins : “T’es sûr que Jean Le Cam a navigué avec Tabarly ? Oui, oui.” Au bout de 5 heures transi et rincé, on se demande comment on va mettre un pied devant l’autre mais on est content d’avoir “vécu ça”.

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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Christophe Bullens attend son heure P Notre

compatriote veut être au départ du Vendée Globe en 2016. Entretien Christophe Blaivie Envoyé spécial aux Sables d’Olonne

C

©STUDIO HABOUSHA

ela fait déjà cinq éditions du Ven­ dée Globe que Christophe Bul­ lens promène sa curiosité avisée aux détours des pontons. Paradoxale­ ment, ce fidèle parmi les fidèles allait assister à son premier véritable départ : “Les autres années, j’avais une boule au ventre. Une heure avant que le premier concurrent ne largue les amarres, je fuyais.” Depuis que le skipper de Dix­ mude a le Vendée Globe à l’horizon de 2016, le rêve devient palpable. “Pour cette année, j’avais déjà deux partenaires mais un budget plus que limité. ‘Partir pour partir’, cela ne m’intéresse pas.” Pour parler gros sous, un Vendée Globe coûte au minimum un million d’euros. “En dessous, ce n’est pas crédi­ ble pour le skipper ni a fortiori pour le sponsor.” Christophe a pour l’instant réuni un tiers de la somme mais il a encore quatre – petites – années pour récolter la globalité et dénicher un bateau : “Certains sponsors vont se reti­ rer après le Vendée Globe, il y aura en principe quelques bateaux à vendre pour peu de demandes. Il y a peut­être une op­ portunité à saisir.” En attendant, le natif de Grimbergen a troqué son vieux ciré jaune contre une cravate et un attaché case : “La tire­ lire est ouverte, il faut la remplir ! Je pros­ pecte principalement en Belgique mais, à ce stade, je n’exclus rien.” Il ne veut pas brûler les étapes non plus. Afin de préparer le Vendée Globe 2016 de ma­ nière optimale, Christophe souhaiterait être au départ de la Barcelona World Race (tour du monde en double) en 2014 en compagnie de sa moitié, Emilie Penninckx, pharmacienne à la ville, avec qui il navigue en totale har­ monie : “Nous n’avons pas en­ core trouvé le moindre inconvénient à naviguer à deux”, nous précise­t­elle. Christophe Bullens a la mer che­ villée au corps depuis l’âge de 16 ans. Une année plus tard, il rejoignait l’Ecole royale militaire et… la marine en particulier. “Cela a duré huit ans et j’ai quitté l’armée parce que je n’avais pas assez de temps pour assouvir ma passion pour la voile.” Depuis, notre homme a beaucoup travaillé en chan­ tier, que ce soit à la réparation ou à la préparation des bateaux. Sur l’eau, il a

convoyé son lot de voiliers de course et régaté tant et plus, que ce soit en Formule 40 ou en classe IOR au sein de laquelle il fut champion à six repri­ ses. Au large, il remporta la transat Québec­Saint­Malo 2008 en classe FICO et en 2009, il était de l’équipage victorieux sur la Fastnet Race en Open 60. Vint alors la fameuse Velux 5 Oceans, course mythique même si elle est davantage reconnue dans le monde anglo­saxon. Parfait bilingue, Christophe n’a de religion que la voile, un sacerdoce qui se transforme par­ fois en chemin de croix. “Sur cette Ve­ lux, j’ai galéré. J’ai démâté alors que j’amenais le bateau sur la ligne de dé­ part à La Rochelle.” Une avarie rédhibi­ toire pour d’aucuns mais pas pour ce côtier dur dans les épreuves. A cinq jours du départ, il retrouve un bateau mais, en déficit de préparation, il mul­ tiplie les avaries : grand­voile déchi­ rée, voie d’eau et même de la fièvre et une collision avec une baleine… Bref, rien ne fut épargné à Christophe qui, au courage (mais était­il utile de le préciser), parvint à rejoindre Cape Town. A peine parti d’Afrique du Sud, il rentre au port pour des problèmes électroniques et de safran. Aidé par de nombreuses âmes charitables, il re­ prend la mer mais doit finalement je­ ter l’éponge après avoir cassé le rail de grand­voile. Une mauvaise expérience mais une expérience quand même pour le skipper : “J’ai appris beaucoup de cho­ ses, notamment sur moi­même.” Il a ap­ pris également sur ses confrères : “La moitié du ponton a été reconnaissante, souvent les vrais marins. Bernard Stamm est venu me serrer la main, Mike Golding m’a envoyé un sms… je croyais que c’était une blague. Ce sont des gens qui entretiennent le rêve des pionniers.” Tandis que d’autres le rentabilisent ? Christophe est de toute fa­ çon conscient de son sta­ tut : “A notre niveau, on paie pour courir, comme en F1.” Christophe travaille chez Scarlet pour faire bouillir la marmite et entretenir le rêve : “Tout jeune, j’ai rêvé que la Route du Rhum serait ma dernière course, c’est pour cela que je veux faire le Vendée Globe avant…” Pour que cela dure longtemps ? “Il faut aller vite mais, pa­ radoxalement, j’aime rester longtemps en mer. Le plus dur, c’est de revenir au port… Je comprends très bien Bernard Moitessier.” Le marin français qui, dans le Globe Challenge 1968, préféra tourner le dos à la gloire qui lui était promise pour mettre le cap vers la Po­ lynésie.

Motocyclisme/GP de Valence Pedrosa se console...comme il peut L’Espagnol Dani Pedrosa (Honda) a signé dimanche au Grand prix de Valence son septième succès de la saison en MotoGP, faisant ainsi mieux que le champion du monde Jorge Lorenzo (Yamaha) et le nouveau retraité Casey Stoner. Lorenzo aurait également pu inscrire une septième victoire pour fêter son nouveau titre s’il n’avait chuté lourdement un peu avant la mi-course. Sortant de la trajectoire, le Majorquin a roulé sur une partie humide de la piste ce qui l’a complètement désarçonné. Pedrosa, qui avait fait montre de toute sa rapidité lors des qualifications en effaçant des tablettes le record de la piste du nonuple champion du monde Valentino Rossi, vieux de six ans. Avec ce succès, Pedrosa termine à 18 points de Lorenzo au Championnat du monde et démontre que sans son erreur de Phillip Island au Grand prix d’Australie, il aurait été en passe de remporter son premier titre mondial dans la catégorie reine. (AFP)

Equitation/Coupe du monde de saut d’obstacles Moya mate la concurrence L’Espagnol Sergio Alvarez Moya est le cavalier en grande forme de l’automne, vainqueur dimanche à Vérone de la 4e étape de la Coupe du monde (indoor) de saut d’obstacles, en selle sur le hongre Zipper. En Vénétie, Alvarez Moya, 27 ans, a réalisé un double sans faute, s’imposant grâce au meilleur temps du barrage, devant quatre cavaliers également sans pénalité. L’Espagnol était déjà monté sur le podium lors des deux premières étapes du circuit, en octobre à Oslo (3e) puis à Helsinki (3e), sur le gris Carlo 273 qu’il a acheté récemment au Britannique Nick Skelton, champion olympique par équipes aux JO de Londres. Le cavalier d’Aviles (Asturies, nord) ne manque pas de moyens financiers, avec désormais un piquet de chevaux formidable. Outre Carlo 273 et Zipper, seulement 8 ans, il dispose aussi, dans son écurie aux Pays-Bas, d’Action-Breaker, Wisconsin 111 et Mme Pompadour. (AFP)

Golf/PGA-EPGA Les gains aussi pour McIlroy

Cyclocross Nys à la revanche

Le Nord-Irlandais Rory McIlroy, déjà n°1 mondial, a aussi terminé l’année comme le n°1 au classement aux gains sur les circuits américain et européen, devenant ainsi le deuxième golfeur seulement de l’histoire à réaliser un tel exploit après l’Anglais Luke Donald en 2011. “C’est vraiment une grande satisfaction de devenir n°1 européen en particulier après avoir terminé à la deuxième place lors des trois dernières années”, a commenté McIlroy, 3e à l’Open de Singapour dimanche. “Devenir n°1 européen a toujours été l’un de mes objectifs depuis que j’ai obtenu ma carte il y a cinq ans. Et puis, terminer l’année à la fois comme n°1 européen et américain, c’est donc quelque chose d’étonnant”, a ajouté le Nord-Irlandais. (Belga)

Sven Nys (Landbouwkrediet) a remporté dimanche la 3e épreuve du Superprestige de cyclo-cross dimanche à Hamme-Zogge. Le champion de Belgique a réalisé une petite démonstration sur un parcours très rapide. Il a faussé compagnie à tous ses adversaires dès avant la mi-course. À l’arrivée, il a largement devancé Niels Albert (BKCP-Powerplus) qui l’avait dominé le week-end passé. Mal parti, le champion du monde a effectué une course-poursuite qui a été récompensée par une 2e place. Peu après Albert, le Néerlandais Lars van der Haar (Rabobank) a remporté la 3e place. Bart Aernouts (AA Drinks) et Kevin Pauwels (Sunweb-Revor) ont terminé au pied du podium. Nys conforte ainsi sa première place au classement. (Belga)

Ski Alpin/Slalom Myhrer garde la main D’une saison à l’autre, le Suédois Andre Myhrer est resté le maître du slalom en remportant dimanche l’épreuve de Levi, comptant pour la Coupe du monde 2012-2013 de ski alpin, sa 3e victoire de rang et la 5e de sa carrière, toutes dans la discipline technique. Arborant le dossard rouge de tenant du petit Globe, Myhrer a devancé en Laponie l’Autrichien Marcel Hirscher et son compatriote Jens Byggmark, lequel a renoué avec le podium après quatre saisons. À l’issue du premier parcours, le tiercé final était déjà en place, dans le même ordre. Myhrer, 29 ans, avait terminé fort l’exercice précédent. Deux victoires en mars à Kranjska Gora (Slovénie) et à Schladming (Autriche) lui avaient permis de devancer sur le fil le Croate Ivica Kostelic au classement général final du slalom. “Je n’ai fait que prendre des vacances ! J’ai pris un peu de repos, j’avais un peu mal au dos l’année dernière. Maintenant tout va bien, je me suis bien entraîné cet été,”a remarqué le vainqueur du jour brouillardeux à souhait. (AFP)

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Carnet AVIS NÉCROLOGIQUES

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AVIS DE FUNÉRAILLES 21-101082406-06

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Régions l Emission télévisée

150 Bruxellois au casting de Starter P Vendredi,

ils étaient nombreux à présenter leur projet entrepreneurial devant les coaches.

PA

la fin, douze candidats seront sélectionnés.

BAUWERAERTS

P

lus de 150 Bruxellois qui rêvent de lancer leur propre start­up étaient présents hier à l’ULB pour participer au grand casting or­ ganisé par l’émission “Starter”, diffu­ sée sur la RTBF. Pour cette 2e saison, l’émission présentée par Élodie de Sélys recherche six candidats déter­ minés qui seront encadrés par des coaches professionnels durant huit semaines. Parmi eux, Martine était venue dé­ fendre son projet, à savoir une ligne de vêtements pour femmes rondes (tailles 46 à 60) qui serait commercia­ lisée via Internet. Face aux coaches, cette dernière n’avait que deux mi­ nutes chrono pour convaincre. Forte d’une précédente expérience comme chef d’entreprise, Martine a expliqué vouloir lutter contre les discrimina­ tions envers les femmes rondes. Une fois la présentation finie, les questions fusent : “À combien s’élève l’investissement nécessaire ? Allez­vous être concurrentielle sur ce marché ? Quelle sera votre marge brute ? Avez­ vous un plan de bataille marketing ?” En bousculant ainsi les participants, les coaches tentent de voir de quoi ils sont capables. La candidate répond tant bien que mal. Une fois cette dernière sortie de la pièce, les coaches font un premier

Sébastien a défendu son projet : une entreprise de dressage d’animaux pour l’événementiel. débriefing avec le réalisateur et la scé­ nariste de l’émission. Car, ne l’oublions pas, “Starter” est aussi une téléréalité. Il faut donc sélectionner des projets solides et réalisables mais aussi des personnalités auxquelles le public pourra facilement s’attacher. Certains

projets

présentés

étaient très originaux : Sébastien, un enseignant de 29 ans, sou­ haite lancer une entreprise d’ani­ maux dressés pour l’événemen­ tiel. Lors d’un mariage, une chouette peut par exemple voler pour apporter les alliances aux époux. L’aspect télégénique de son activité aidera peut­être le

jeune homme à franchir cette première étape. Parmi les 150 Bruxellois, seuls douze seront sélectionnés par les coa­ ches. Ensuite, ce sont les internautes qui pourront voter pour leurs candi­ dats préférés ! Pa.D.

l Transports

De Lijn met son enquête sur le tram sur rails P Dès

Q

le 12 novembre, chacun pourra se prononcer sur les quatre nouvelles lignes.

uotidiennement, ce sont 400000 navetteurs du nord du pays qui entrent à Bruxelles et en sortent. Consciente de la pression que le Brabant flamand et la région capitale subissent, De Lijn a pré­ senté hier son plan pour décongestion­ ner la circulation. En marge du plan MER (Milieuef­ fectrapportage), ce sont quatre nou­ velles lignes de tram qui devraient, à l’horizon 2020, voir le jour. La pre­ mière, surnommée le Ringtram, sera une ligne tangentielle et reliera Jette à Tervuren en passant par le Heysel,

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Vilvorde, l’aéroport de Zaventem et Kraainem. Soit autant de communes traversées déjà par le ring et pour les­ quelles cette ligne de tram permet­ trait de décongestionner cette auto­ route. Les trois autres lignes rentreront plus avant dans Bruxelles au départ, respectivement, de Boom, de Ninove/ Gooik et de Heist­op­den­Berg. Le choix s’est porté sur des municipali­ tés non desservies par des lignes de chemin de fer et donc oubliées dans le plan RER. La tangentielle et le tram en prove­

nance de Heist offriront aussi une nouvelle desserte pour l’aéroport na­ tional. Pour la ministre de la Mobilité fla­ mande, Hilde Crevits, “la solution des problèmes de mobilité autour de Bruxelles exige une approche intégrale. Dès le 12 novembre commencera la consultation publique concernant les différents tracés possibles pour les qua­ tre lignes potentielles. Habitants et utili­ sateurs pourront donner leur avis là­ dessus. Bien sûr, cette nouvelle offre pro­ posera aussi des échanges intermodaux avec le train, le bus, le vélo et la voiture”.

Jusqu’au 11 janvier prochain, cha­ cun pourra prendre connaissance du projet et donner son avis sur le site www.brabantnet.be et dans les mai­ sons communales des différentes ci­ tés concernées. Les tracés exacts ne sont pas encore connus et seront réalisés sur base des réactions et commentaires attendus du public et des communes ainsi que du résultat de différentes études. De Lijn fera alors différentes proposi­ tions au Gouvernement flamand, probablement à l’automne 2013. Jean Bernard

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l Festival

Gistel Une jeune femme de 17 ans décède dans un accident de la route

Le folklore n’est pas mort !

L’accident s’est produit sur la Nieuwpoortse Steenweg à hauteur de la zone industrielle. Un jeune conducteur, qui roulait en direction de Gistel, a perdu le contrôle de sa voiture dans un virage. Il a ensuite percuté un arbre et la voiture a terminé sa course dans le jardin d’une maison. Le conducteur a été légèrement blessé mais sa passagère, âgée de 17 ans et originaire de Rumbeke, est décédée sur place. Le parquet de Bruges a envoyé un expert sur les lieux de l’accident. (Belga)

P Les

chansons paillardes et autres joyeusetés mises à l’honneur lors d’un festival.

Wervik Deux hommes cambriolent une usine et emportent 20000 euros Deux hommes armés ont cambriolé samedi matin les bureaux de l’entreprise Comfortluxe à Wervik (Flandre occidentale) et ont dérobé 20000 euros. Un tir à l’arme de chasse a retenti pendant les faits. Deux membres du personnel ont été légèrement blessés, a indiqué le parquet d’Ypres. Les deux auteurs avaient le visage dissimulé et s’exprimaient en français. “Ils ont exigé l’argent et ont menacé le personnel. Ils ont ensuite tiré à l’arme de chasse”, a précisé le parquet. Les individus ont pris la fuite en direction de la France et n’ont pas encore été retrouvés. La police fédérale de Bruxelles, responsable de la coordination pour la criminalité frontalière, est arrivée sur place afin de procéder aux constatations d’usage. (Belga)

L’

Une dizaine de guildes, cercles et corporations ont présenté de nou­ veaux chants de leur composition sous l’œil averti d’un jury composé d’anciens participants. Mais aussi et surtout devant une foule de pennes (et même de calottes). “C’est le seul événement de ce genre en Belgique” nous précise le président du jury, “Luppe” de son surnom. Et qui dit folklore étudiant, dit for­ cément bière. Du coup, c’est une ar­ mée de bénévoles qui a été placée derrière les nombreuses pompes pour abreuver tout ce beau monde. Les professeurs présents au festival pourront vous le confirmer, boire une pinte dans un auditoire change de l’ordinaire ! De quoi motiver les plus introvertis à encourager de vive voix les participants aux concours. Nicolas Klimis, président du Cercle polytechnique, nous explique que “le but premier de l’événement est que le chant estudiantin ne meurt pas, que les gens essayent d’éditer une nouvelle chanson chaque année. On se réunit autour de cette belle tradition pour qu’elle perdure. ”En effet, année après année, le chant qui remporte le plus

N.K.

heure était à la guindaille, vendredi soir, à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Pour la 38ème fois, le festival belge de la chanson estudiantine se tenait sur le campus du Solbosch à Ixelles. Et pas n’importe où. Le plus grand audi­ toire de l’Université a accueilli plus de 1500 personnes pour célébrer le temps d’une soirée les chants du folklore étudiant. Le Cercle poly­ technique (CP) qui organisait la soi­ rée a concocté un festival haut en couleurs…

Un membre de la “Guilde turquoise” en action. de voix est ajouté aux différents re­ cueils comme le “Carpe Diem ”ou les “Fleurs du Mâle ” Pour une fois, c’est aussi l’occasion pour les “baptisés” de lever un coin du voile sur leur folklore aux non­ initiés. Au festival, tout le monde est le bienvenu, d’où qu’il vienne, et quel que soit son âge. Le seul élé­ ment requis pour passer les portes de l’auditoire est une bonne dose de dérision et d’ouverture d’esprit. D’un côté à l’autre de l’auditoire, et pendant toute la soirée, le public a participé à des joutes de chants, de cris et de “olas ” pour finalement ac­ clamer les grands vainqueurs : la “Guilde turquoise.” Elle a gagné le concours dans une ambiance de franche camaraderie pour la deuxième année consécutive. Cette fois­ci, avec sa nouvelle chanson “30 millions d’amis ” qui sera bien­ tôt reprise en chœur par les guin­ dailleurs. N.V (St.)

Flandre Focus sur la Flandre ces deux prochaines années à la foire du tourisme WTM La Flandre sera le “Premier Partner” de la foire internationale du tourisme World Travel Market (WTM) en 2013 et 2014, a indiqué le ministre du Tourisme flamand, Geert Bourgeois, dans le journal De Zondag. Cette foire mondiale se déroule chaque année à Londres. “Cela nous offrira une position idéale pour promouvoir les activités du centenaire de la Première Guerre mondiale”, souligne M. Bourgeois qui estime que les pays anglo-saxons sont particulièrement visés par le tourisme du souvenir. “C’est donc forcément très intéressant que Toerisme Vlaanderen se retrouve au cœur de cette foire ces deux prochaines années”. Le World Travel Market réunit chaque année 50000 professionnels du monde du voyage provenant du monde entier. Chaque année, un pays ou une région est mis en avant. (Belga)

Knokke Pas de problème pour la circulation des trams L’accident impliquant un tram de la Côte à Knokke-Heist, qui a coûté vendredi soir la vie à deux personnes, ne provoque pas de problèmes de circulation des trams, a indiqué la société flamande de transports en commun De Lijn samedi matin. Le tram impliqué dans l’accident avec une voiture et qui avait déraillé a été retiré des voies.Il n’y a pas de dégâts à l’infrastructure. (Belga)

Anvers-Bruxelles Accident sur l’A12 La circulation sur l’A12 Anvers-Bruxelles à hauteur de Meise a été rétablie hier en milieu de matinée. La chaussée avait été fermée et la circulation déviée vers l’E19 en raison d’un accident, souligne le Vlaams Verkeerscentrum (centre de trafic routier flamand). L’A12 en direction de Bruxelles avait été fermée, vers 6h40, durant deux heures à hauteur de Meise. Quatre personnes ont été grièvement blessées dans l’accident. (Belga)

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Art

JOHANNA DE TESSIERES

Découvertes

Découvertes

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Louvain­la­Neuve réinvente son musée P Fin

2015, la ville universitaire aura un tout nouveau musée dans l’actuelle bibliothèque des sciences.

P Pour

sa nouvelle directrice, Anne Querinjean, rien ne remplace la rencontre réelle avec l’objet d’art. Entretien Guy Duplat

U

n nouveau musée à Louvain­la­Neuve pour fin 2015, dans le beau bâtiment de l’actuelle biblio­ thèque des sciences, et une nouvelle directrice pour mener ce projet. Une belle occasion pour rencon­ trer Anne Querinjean nommée en août dernier à la di­ rection du musée de l’UCL, succédant à Joël Roucloux. Licenciée en archéologie et histoire de l’art, sortie de l’UCL, 50 ans, mère de quatre enfants et habitant Lou­ vain­la­Neuve depuis vingt ans, la nouvelle directrice était responsable, depuis près de dix ans, de l’équipe “Sésame, Musée ouvre­toi” d’Educateam des Musées royaux des Beaux­Arts de Belgique. Quand on l’interroge, elle développe rapidement sa vision d’un musée : “J’ai la conviction, nous dit­elle, que l’œuvre d’art accessible à tous, dans un musée, a cette spé­ cificité de faire surgir, à travers un objet, quelque chose d’immatériel, de l’ordre du dévoilement, du surgissement. Mais pour cela, il faut aider à l’accessibilité de tous vers l’œuvre d’art. Et c’est le musée, inscrit dans la cité, mais à l’écart de ses bruits, qui peut le faire. Le musée peut per­ mettre cette rencontre entre la singularité d’un artiste et cette autre singularité, celle du visiteur. Cette rencontre peut être aidée par la médiation, et elle devient très inté­ ressante et puissante. La rencontre modifie notre regard sur la société car elle touche à l’altérité, à la rencontre avec l’Autre.” Dans un monde de plus en plus virtuel, où les jeunes, dit­elle, sont devenus des “native digitals”, le musée est encore plus important car il permet de met­ tre en dialogue la personne et la présence physique de l’objet : “Rien ne remplacera cette rencontre, car c’est ce contact quasi sensoriel avec l’objet réel qui, seul, peut sus­ citer l’émotion, nous mettre en mouvement (ce qui est l’étymologie du mot émotion).” Avec Anne Querinjean, on est d’emblée dans la rela­ tion avec le public. C’est certainement pour cela qu’elle fut choisie, première directrice du musée qui ne soit pas une académique (un professeur), et qui n’a pas fait de thèse de doctorat en histoire de l’art. “Je me rends compte que c’était un choix audacieux mais qui est important et donne une grande liberté. La médiation vers les publics et l’éducation sont bien des points fondamen­ taux de ce musée même si, bien sûr, il restera lié à la re­ cherche et fonctionnera en lien avec les facultés de l’uni­ versité.” Anne Querinjean a pour l’instant son bureau dans l’ancien musée, près de la Grand­place, un petit bu­ reau où elle se souvient avoir été interrogée pour ses examens par Ignace Vandevivere, son professeur d’his­ toire de l’art et créateur du musée de Louvain­la­

Neuve, appelé “Le musée du dialogue”. Elle avait tra­ vaillé avec lui sur Europalia Espagne et en particulier sur l’exposition consacrée à Juan des Flandres qui eut lieu à LLN. “Je voudrais renouer des contacts avec Euro­ palia”, nous dit­elle, même si c’est trop tard pour cette édition­ci consacrée à l’Inde. “Notre musée doit s’ins­ crire dans ces grandes dynamiques qui peuvent nous amener de nouveaux publics.” Après ses études, elle travailla deux ans avec MSF au Darfour (son mari est médecin) et deux ans de plus aux Philippines où elle prit en charge un projet de mi­ crocrédit pour des organismes de santé dans les bidon­ villes, et où elle apprit à gérer des équipes. En 1991, elle arrivait au Musée des Beaux­Arts à Bruxelles, au service éducatif, où elle créait il y a dix ans, “Sésame, Musée ouvre­toi”, un programme d’ouverture vers des nouveaux publics souvent fragili­ sés (grande pauvreté, handicap, immigration, etc.). “Le musée se devait de sortir de ses murs pour trouver de nou­ veaux publics. Et nous avons développé des outils pour al­ ler sur les lieux de vie même des gens en y travaillant avec les associations en place. Il fallait modifier l’image trop imposante du musée. Je me souviens être venue avec ma valise didactique dans des lieux aussi précaires que la Gare centrale. Certes, ces personnes ont souvent des be­ soins prioritaires à satisfaire, mais l’art, la venue ensuite au musée, peut les aider à retrouver une certaine dignité.” Anne Querinjean quitte les Beaux­Arts “rassurée”, dit­elle, sur la pérennité de son projet. La direction du Musée de LLN apparut comme une belle opportunité à celle qui habite la localité depuis vingt ans : “J’ai tou­ jours aimé le côté humain du musée de Louvain­la­Neuve alors les grands musées ont souvent un aspect lourd et dif­ ficile. Même dans le futur nouveau musée, avec six fois plus d’espace, cela restera à taille humaine. Et j’ai toujours aimé le nom même de Musée du dialogue, la confronta­ tion entre art populaire et art savant, art européen et art traditionnel du Congo, entre époques, du Moyen Age à l’époque moderne, entre l’universitaire et l’artistique, etc. Le défi du nouveau musée m’intéressait aussi. Par cette installation, nous aidons à pérenniser un patrimoine re­ marquable, la bibliothèque des sciences, le bâtiment de l’architecte André Jacqmain, et nous allons y développer encore plus le lien entre nos collections et celles, scientifi­ ques et diverses, des facultés de l’Université.” Le nouveau musée s’ouvrira fin 2015, rappelle­t­elle; les importants travaux de rénovation et de transfor­ mation de la bibliothèque commenceront dans le cou­ rant de 2014 et coûteront dix millions d’euros, une somme à trouver grâce au mécénat. Les architectes sont ceux de l’université, on travaillera en interne. Déjà, des mécènes se sont fait connaître. L’association

“Une très belle donation va se faire bientôt, qui contribuera à ce lien que nous voulons faire entre art, sciences et civilisation.”

Promethea et la fondation Louvain œuvrent aussi à cela. Pour la scénographie, le musée fera appel à du mécénat de compétences: des entreprises offrent des équipements ou des services. “Ce projet s’inscrit dans une réhabilitation de tout le quartier de la bibliothèque actuelle qui, elle, déménagera au bâtiment Van Helmont. On prévoit une bonne accessibilité pour les handicapés, un fléchage des différents lieux culturels de la ville, etc.” Pour Anne Querinjean, “la scénographie adéquate est celle qui permet un décodage des œuvres sans être une mise en scène en soi. Il faut que le bâtiment et la scénogra­ phie soient justes. On gardera quelques meubles de Jules Wabbes restaurés. Il faudra étudier la lumière, très subtile dans ce bâtiment, la découpe des niveaux, etc.” Ses modè­ les en la matière? Le Mac’s au Grand Hornu et le nou­ veau Lam à Villeneuve d’Asq, près de Lille, “chaque fois des musées inscrits dans un bâtiment qui a une histoire”. Que va­t­on voir sur les 2500 m² d’exposition ? “D’abord bien sûr, il y aura deux ou trois espaces pour ex­ poser une partie des collections permanentes qui com­ prennent 20000 numéros d’inventaire dont bien sûr tous n’ont pas la même importance. Mais j’ai constaté à quel point le musée prête ses œuvres, preuve de la qualité de ses collections.” Le musée a grandi, souvent grâce à des legs importants et comprend autant des œuvres anciennes que des tableaux modernes ou une collection de mou­ lages. On y trouve des pièces de l’Antiquité, des gravu­ res anciennes, des sculptures du Moyen Age, qui peu­ vent côtoyer des statues africaines, des gravures d’En­ sor ou des tableaux de Brusselmans, Bertrand ou Dotremont. “Une très belle donation va se faire bientôt, nous annonce­t­elle, qui contribuera à ce lien que nous voulons faire entre art, sciences et civilisation.” Il y aura en plus des espaces pour les expositions temporaires qu’elle veut transversales avec des thèmes comme “le corps” ou “la folie” et qui pourront intégrer les collec­ tions scientifiques d’autres facultés. “Je voudrais bien évoquer aussi dans ces expositions l’histoire de l’université et celle de la construction des savoirs.” Ce ne sera pas un musée d’art contemporain, mais celui­ci y sera le bienvenu, souligne­t­elle, comme il l’est déjà aujourd’hui avec l’accueil d’artistes. En 2013, par exemple, pour la prochaine Biennale de Louvain­ La­Neuve, Michel François travaillera au musée. “Je voudrais aussi qu’il y ait des œuvres contemporaines de­ hors, devant le bâtiment, et faire travailler des artistes avec les habitants car j’ai toujours constaté que ceux­ci s’approprient un projet dans lequel chacun est mobilisé.” On sait que le musée n’attire pas assez les étudiants eux­mêmes, entre autres par son manque de visibilité actuelle : “Les étudiants sont très près de leurs cours et de leurs réseaux sociaux qui créent une autre culture. Mais quand ils franchissent la porte du musée, ils l’investissent, et abordent le savoir autrement. J’aimerais que le musée devienne aussi une ‘maison d’hôtes culturelle’ où les étu­ diants et les jeunes pourront entrer, participer à des ate­ liers créatifs, organiser des concerts, des performances, mais bien sûr sans jamais mettre en danger la mission de conservation et de recherche du musée. Les œuvres d’art ne deviendront jamais un simple décor pour autre chose. Dans le nouveau musée, il y aura un espace de 550 m² qui pourra accueillir ces nouveaux projets participatifs. Le but est que chacun puisse se sentir bien au musée.” lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Découvertes

Regards sur le défilé des Petits Riens

Petit à petit, on devient

La Team Petits Riens, composée de volontaires proches de l’ASBL, vendait ses lumières. On aime cette idée, très poétique, de transporter la lumière sur roulettes, pour éclairer les autres.

Récit Aurore Vaucelle Reportage Photo Jean-Christophe Guillaume

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ans après le premier geste de l’abbé Froidure, fonda­ teur du concept des Petits Riens – l’abbé offrit le gîte et le cou­ vert à des gens dans le besoin, en échange de leurs bras pour récolter, réparer et vendre des objets qui trou­ veraient là une seconde vie –, le défilé des Petits Riens perpétue toujours cette démarche. L’événement d’ailleurs s’intitule à juste titre “Se­ cond Hand, Second Life”, en écho à l’objet qui n’est pas jetable, mais sur­ tout en écho à la seconde chance que l’on peut obtenir dans la vie – et les

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objets ne sont pas les seuls concernés. Une trentaine de designers et de ta­ lents belges sont appelés à la res­ cousse de l’ASBL, et peu refusent l’en­ jeu, considérant l’image de marque dont l’événement est porteur. Le win win du charity business n’est pas à négliger, et l’on se félicite qu’une asso de lutte contre l’exclusion ait la bonne idée de s’entourer d’un milieu sensible à la beauté et qui connaît le prix des choses. Cette année c’est la dixième édi­ tion de cette formule : des créations originales sont imaginées par les de­ signers à partir de ce qu’ils auront trouvé dans les bacs des Petits Riens. Ils ont d’ailleurs de quoi faire parmi les 7000 tonnes de meubles et de vê­

Édouard Vermeulen, directeur artistique de la maison Natan à présent. On a aimé ce coup de flash orange qu’il a donné à sa micro collection événement.

tements récoltés chaque année par l’association. Les objets qu’ils auront imaginés à partir de ce qu’ils ont dé­ goté dans “la benne” sont ensuite vendus aux enchères. Un procédé qui prouve que le système mercan­ tile peut se faire exercice social. D’autant que l’idée de produire du neuf avec du vieux, de revendre un artefact modifié dans les mains de l’artiste, de redonner vie, enfin, à un objet mis de côté sied idéalement à l’esprit du “petit rien” dont on peut faire une grande chose. L’ASBL des Petits Riens, de son côté, démontre qu’elle ne chôme pas en termes d’activité. Lutte contre l’ex­ clusion, contre la pauvreté (120 lits d’accueil, ouverts durant l’année

Carine Gilson, créatrice de lingerie couture, sait toujours aussi bien faire des miracles avec des micro morceaux d’étoffes.…

2011, plus de 85 000 repas chauds distribués), l’ASBL sait se retrousser les manches. Et a l’intelligence de le faire valoir au cours de ce défilé évé­ nement. Si elle sait se faire accompagner de glam’ et de paillettes pour maximiser ses recettes, la démarche de l’asso tient à être transparente. L’enjeu ici, comme le précise Julien Coppens, di­ recteur des Petits Riens, c’est bien de montrer que le système économique actuel, qui ne cesse de montrer ses failles, n’est pas au service de l’indi­ vidu mais bien de l’humain. Une pa­ role franche, d’un directeur qui rap­ pelle que les Petits Riens ne sont pas organisateurs d’événements mais promoteurs d’une démarche d’aide sociale, qui requiert des fonds.

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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moins petit P Vendredi,

le défilé des Petits Riens se donnait à Tour &Taxis. Menu : mode et design aux enchères. total, 30 designers défilent en soutien à l’asbl qui lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

P

P Au

0€ 135

Elvis Pompilio a présenté une collection cravatée: de beaux gosses à tablette de chocolat et des mannequins emballantes ne portaient que des chapeaux et des micros pagnes faits de cravates exclusivement. Applaudissements nourris dans la salle.

La manne récoltée l’an passé (28 650 €) avait permis d’ouvrir un centre d’accueil pour des jeunes entre 18 et 24 ans. Ce rappel des chiffres, des activités, des personnes présentes dans cette action (plus de 250 béné­ voles), au tout début du défilé, par voie d’une vidéo où s’incarnent les individus qui donnent de leur temps et de leur énergie – une vidéo que personne ne pouvait ignorer –, re­ mettait la démarche d’actionnariat social au centre de l’événement. Comme chaque année, on s’est désolé de voir partir une partie du public, juste à la fin du défilé, comme s’il n’était pas concerné par le second volet de la soirée, l’achat qui engage, l’achat qui n’est pas fait que pour soi.

Le chiffre

25 450 € C’est la somme récoltée cette année durant la vente aux enchères de plus d’une centaine de pièces uniques. Moins que l’an dernier. Le système est pourtant encourageant, puisque la vente n’est plus opérée par un commissaire­priseur mais selon un système d’enchères individuelles, un peu sur le modèle d’Ebay. Ouverte par conséquent à un public plus large, elle est aussi par essence moins exclusive, ce qui explique que les pièces ne s’arrachent pas dans une envolée de prix fous. La meilleure vente ? un sac de la maison Delvaux, mo­ dèle Brillant, recouvert de pin’s, parti pour 1350 €. On aurait parié pour le triple de la somme. Curieux, tout de même, de se dire que l’on peut faire de bonnes affaires lors d’une vente à vocation sociale.

La chaise avion de Nicolas Callens, le sac Delvaux en pin’s et la lumière de Zoé Morel, filtrée à la passoire.

lundi 12 novembre 2012 - La Libre Belgique

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Découvertes

Culture

l Musique | Concert

ALEXIS HAULOT

Pour un air de Melody...

Comme ses tenues, les lumières du concert de Melody Gardot l’entourent d’ombre et de mystère. P Vous

avez dit diva? Melody Gardot a mis le Cirque royal à ses pieds. “Fever”...

S

ur la scène du Cirque royal à Bruxelles, vendredi soir, un amon­ cellement de paquetages, valoches et autres ballots bien ficelés, caisses et cageots en tout genre : ça sent les docks, le voyage à l’ancienne. Un périple que Melody Gardot commence sans filet, a cappella, avec une reprise d’un chant traditionnel collecté par l’ethnomusico­ logue Alan Lomax en 1947 : “No More My Lord”. Il n’y a pas de meilleure intro­ duction à l’art d’une chanteuse dont le vibrato fin, léger, laisse percer une dé­ charge émotionnelle puissante. Après avoir fait craquer le festival de jazz de Gand cet été, revoici en salle celle qui est aussi musicienne – pianiste, guitariste. Comme sa mère photogra­ phe, la jeune femme de 27 ans est donc une bourlingueuse qui tourne beau­ coup, elle que les voyages faisaient souf­ frir il y a quelques années encore. Elle endurait alors encore violemment les séquelles d’un accident survenu lors­ qu’elle avait 19 ans. Circulant à vélo, elle s’est fait renvercer par une Jeep effec­ tuant une manœuvre hasardeuse. Broyée dans son corps et son âme, Me­ lody a survécu notamment grâce à la musique. Les voyages, maintenant, c’est comme

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la vie qu’elle croque à belles dents. Au point d’en faire le thème traversant son troisième album studio, “The Absence” (Decca/Universal), présenté par elle comme le résultat de pérégrinations en Europe méridionale et en Afrique sep­ tentrionale notamment. C’est cela qui donne l’accent latin à l’album comme à ce concert. Exemple, “Goodbye” est un tango em­ preint d’une puissance et d’une théâtra­ lité de comédie musicale. Cela lui con­ vient parfaitement, elle qui se plaît dans le personnage de femme fatale. Sa voix est l’ instrument d’une sensualité exa­ cerbée, dont la chanteuse joue sur tous les registres. Mettant en scène un cava­ quinho, petite guitare brésilienne, “Mira” est une samba tandis que “Lis­ boa” est bossa réellement nova, car à tout ce qu’elle fait, Melody Gardot ap­ porte une touche personnelle. Il est juste surprenant de constater combien “Who Will Comfort Me” est calqué sur le classique du rhythm’n’blues “Fever”, avec le même pouvoir entraînant et gos­ pel… Interprète inspirée, elle donne sou­ vent l’impression de survoler les paro­ les, s’en servant d’abord pour leur musi­ calité. Non, la Gardot n’est pas une chanteuse de jazz stricto sensu mais, comme ses enregistrements, son con­ cert a des parfums de note bleue. De haut niveau, ses musiciens s’autorisent des escapades d’impro parfois très ins­ pirées et référencées : le saxophoniste joue le calypso à la Sonny Rollins et se prend par moments pour un – gentil – Roland Kirk en embouchant à la fois un ténor et un alto en harmonie. Même à ces moments très musicaux, le spectaculaire n’est jamais négligé, grâce à des éclairages dignes du concert pop le plus sophistiqué. La chanteuse el­ le­même est tout un spectacle, avec ses tenues stylées, pour se déplacer une canne héritée de son accident. Ses sem­ piternelles lunettes noires, ce ne serait pas pour faire sa snob ou sa séductrice – qu’elle est tout de même un peu – mais pour se protéger d’une lumière à la­ quelle elle serait hypersensible, tou­ jours suite à son accident. Cela étant, fo­ folle, pétillante et drôle, elle a toujours le mot pour rire, oscillant entre anglais au pas de charge et français distingué, voire anglais avec accent frenchy… Sur deux heures vingt, il y a bien sûr quelques longueurs, mais la chanteuse versatile mène sa bande avec énergie. Peu à peu, le violoncelle prend de l’im­ portance en solo (“Les Étoiles”, avec pompe manouche), et c’est même lui, utilisé comme une guitare, qui est la ve­ dette du second rappel, “Over the Rain­ bow”. Le premier était un entrelacs du standard gerschwinien “Summertime” avec… “Fever”. Un clin d’oeil dont Me­ lody Gardot est bien capable. Dominique Simonet

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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l Chanson | Concert

l Concert | Critique

Délectable flânerie avec Loizeau

L’euphorie retrouvée

P Remarquable

prestation au parfum onirique de la chanteuse franco­anglaise.

E

lle rallie la scène par le fond, des­ cendant une des allées bordant la salle. Elle prend son temps, dé­ ploie son chant sans micro, aidée par une voix puissante qui pénètre au plus profond, subjugue. “Parce que mon rire a la couleur du vent.” Trois musiciens la suivent qui jouent de la guitare, du banjo et une grosse caisse. Samedi soir, Emily Loizeau était au Théâtre 140. La chanteuse, née d’un père français et d’une mère anglaise, a sorti en sep­ tembre dernier (LLB 7/9/2012) un troi­ sième album, “Mothers & Tygers”, d’une élégance raffinée où elle convie, notamment, le poète et artiste anglais du XVIIIe siècle William Blake. C’est ce dernier opus en date qui va servir de trame à sa prestation, même si, de ci de là, elle sollicite ses précédentes œuvres, “L’Autre bout du monde” et “Pays sau­ vage”. Deux généreuses heures durant, Emily Loizeau invite le public à une dé­ lectable flânerie, l’emmenant aux con­ fins d’une poésie où la nature est reine. Elle joue du piano debout et les musi­ ciens qui l’accompagnent sont, pour la plupart, regroupés à sa gauche, à l’ex­ ception du violoncelliste, fermant sa droite. S’il n’est pas vraiment question d’improvisation, l’on apprécie la façon dont ils détournent l’usage traditionnel de leurs instruments; quand le banjo et la contrebasse sont joués à l’archet ou le violoncelle gratté comme une gui­ tare voire secoué comme une percus­ sion. Sur “Two Enveloppes”, la parfaite bilingue chante seule au piano, se tor­ tillant autour de son micro comme un chat se frotterait aux jambes de son maître. Le temps semble en suspension et le public attend l’extinction de la dernière note pour se réjouir. A d’autres moments, son néo­folk se fait plus rock comme sur “No Guilt no More”. Cette prestation est rehaussée formellement par un original dispositif lumineux aux chaudes tonalités mor­ dorées que l’on doit à Julien Bony. À partir du moment où la chanteuse annonce la fin de son “show” –un mot quelque peu inapproprié la concer­ nant–, elle n’en finira pas de revenir jusqu’à clore ce concert dédié à la chan­ teuse québécoise Lhasa de Sela, dont elle partage sans conteste l’univers, par une reprise déjantée de “Stayin’Alive”, à l’occasion des 20 ans d’une certaine Linda! Ainsi revisité, on finirait par en redemander, du Bee Gees ! M.-A.G.

P Animal

Collective étrennait son petit dixième au Trix ce week­end.

R

ares sont les soirées ordinaires en compagnie du collectif new­ yorkais. En treize années d’odys­ sée musicale et quasiment autant de disques effervescents, Animal Collec­ tive nous a rarement laissés indiffé­ rents. Il y eut ces prestations décevan­ tes où, trop pressés, nos hôtes expéri­ mentaient en temps réel et laissaient leur public pour compte, l’esprit bran­ ché sur une prochaine sortie. Balayant les “tubes” au grand dam des fans pour anticiper tant et plus. On en sortait énervé d’avoir appréhendé de loin le talent de sorciers qui nous avaient à peine calculés. Fort heureusement, il y eut aussi ces lives lumineux, ces rythmiques galo­ pantes et cette envie contagieuse de jouer les Indiens possédés en hurlant tout sourire. Un mur du son vertigi­ neux pour le corps et l’esprit. C’est donc toujours un rendez­vous spécial. Samedi, au lendemain d’un passage

au Grand Mix et à défaut de date bruxelloise, c’est au Trix anversois que les Américains avaient fait escale pour faire découvrir les loopings mélodi­ ques de leur dernier opus. “Centipede Hz”, 10e effort studio du collectif ani­ mal, qui marque le retour aux affaires de Josh Dibb et pourrait se caler entre la puissance de “Strawberry Jam” et la candeur de “Merriweather Post Pavi­ lion”. Un décor de dessin animé a été installé sur scène. Des cornes colorées s’entrecroisent en leurs sommets pour former une voûte aux lueurs hypnoti­ ques, sous laquelle la ménagerie broo­ klynienne ne tardera pas à pousser ses cris. Comme un clin d’œil à l’univers de Lewis Carroll, trop occupés à courser un petit lapin blanc le long de la Noor­ dersingel, nous prenons du retard et manquons l’arrivée de la bande au pays des merveilles. Le quatuor ainsi reformé, les cartes sont un rien redis­ tribuées. Deakin (Josh Dibb), sa gratte et ses machines ont donc pris la place de Panda Bear (Noah Lennox) à l’avant­droit des planches, et ce der­ nier retrouve la position assise derrière les fûts, un peu en retrait. A son côté, Geologist (Brian Weitz) sautille tou­

jours au clavier, sa loupiote sur le front, et Avey Tare (David Portner), plus en forme que jamais avec ses beaux che­ veux bleus, s’impose de plus en plus en leader. Comme d’habitude, Animal Collec­ tive enchaîne les compositions sans transition. On passe ainsi des doux “Oh” de Rosie aux “Hé­hé­hé­hé­ooO” épileptiques de “Today’s Superna­ tura”. Agréable entrée en matière s’il en est. Le son, plus ample encore qu’il ne l’a été, tranche en formule carrée et l’ami Avey n’épargne pas sa voix. En chemin, on craint à nouveau de voir le groupe se perdre dans ses tra­ vers, trop haut perché pour nous, ter­ riens. Mais le sucre d’“Applesauce” a tôt fait d’adoucir nos appréhensions et l’on file vers une fin épique. C’est un tribal et électronique “Monkey Ri­ ches” qui met le feu aux poudres, juste avant le génial “Brother Sport” – qui donne invariablement envie de danser de manière ridicule – et un “Peace­ bone” très rock et rituel en guise de point d’excitation. Un rappel plus tard, “My Girls” portait l’estocade. Trem­ blez, les bêtes sont à nouveau lâchées. Nicolas Capart

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Découvertes l Musique | 3

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Culture

Festival de la Chapelle musicale

Flagey “à la Française” P Étudiants,

maîtres, invités et orchestres symphoniques réunis pour 15 concerts.

A

près Chopin (2010) et Brahms (2011), la Chapelle musicale Reine Elisabeth, en partenariat avec Flagey, consacre son festival annuel d’automne à ces musiques subtiles et savantes composée en France en­ tre 1850 et 1950. Musiques signées Franck, Debussy, Fauré, Satie, Saint­ Saëns, ou Poulenc, réinventant la sym­ phonie, la musique de chambre, la mé­ lodie, et bien sûr le répertoire pour piano; des musiques privilégiant la cou­ leur, l’émotion, la poésie, l’esprit, par­ fois l’ironie, mais écartant la spécula­ tion – comme le fit le Viennois Schön­ berg – et gardant encore aujourd’hui (pour la plupart…) une extraordinaire modernité.

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Adepte de l’immersion, la Chapelle musicale a donc mobilisé ses troupes – maîtres et disciples unis, comme tou­ jours, par le fameux “compagnonnage” – et invité quelques artistes prestigieux pour 15 concerts de toutes formations, donnés à partir de demain, mardi, jus­ qu’à la fin de la semaine. Parmi les invi­ tés, deux orchestres, pas moins (il n’y a pas que Liège Expo 2017 à Paris à réali­ ser l’exploit) ! Le très français Orchestre philharmonique royal de Liège donnera deux concerts, sous la direction de son chef Christian Arming, avec Saint­ Saëns, Ravel, Lekeu et Fauré au pro­ gramme: une déferlante de brillants concertos, et, en clôture, le Requiem de Fauré avec le Chœur symphonique Oc­ topus. L’autre partenaire est l’orchestre en résidence à Flagey, le Brussels Philhar­ monic, qui sous la direction de Michel Tabachnik jouera Saint­Saëns et Pou­ lenc (ça va aussi déménager) et, de Ra­ vel, La Valse, Tzigane et Boléro (sans

quoi, on n’eût plus rien compris). Jean­Pierre Rousseau et Gunther Broecke, les deux intendants concernés, veulent même aller plus loin: “Pourquoi pas un festival des orchestres belges ?” suggère le premier qui a déjà avancé sur le projet. “Je me réjouis de l’arrivée de l’OPRL à Flagey, avance Broecke, je rêve d’une maison vibrante de musique sym­ phonique. Les Belges sont des maîtres pour minimiser leurs talents, je veux prendre le chemin contraire, et que Flagey serve à lancer nos talents sur orbite internatio­ nale. Les collaborations ne se font pas avec des ordinateurs mais avec des gens !” Quant aux solistes et chambristes, ils représentent chacune des disciplines pratiquées à la Chapelle : citons, par or­ dre d’entrée au festival, les pianistes Philippe Riga, Jean­Philippe Collard (pas Neven), Julien Libeer, Lilit Grigo­ ryan, Sander Sittig, Abdel Rahman El Bacha, Christia Hudziy, le duo Jatekok; les violonistes Augustin Dumay, Maria

Milstein (finaliste du dernier Reine Eli­ sabeth), Liya Petrova, Tatiana Samouil (nouvelle Konzertmeister de l’OPRL), Harriet Langley, Floris Willem, Elina Bushka; l’altiste Gérard Caussé, un des invités vedettes de la semaine; les vio­ loncellistes Gary Hoffman, Adam Kr­ zeszoviec, Pau Codina Masferrer, Fran­ cisco Villa, Noëlle Weidmann; le Qua­ tuor Hermes ; les vocalistes Diana Gouglina, Camille Merckx, Julie Mos­ say, Kinga Borowska, Lea Trommens­ chlager, Damien Pass, Shadi Thorbey et Sonia Volten… À noter : la première partie de la soirée du 15 sera consacrée à Erik Satie, avec l’accueil d’une production d’Aix­en­ Provence, mêlant lectures, piano et mé­ lodies, mise en scène par Jean Bellorini. Martine D. Mergeay

U Bruxelles, Flagey, du mardi 13 au samedi 17 novembre. Concerts à 12h, 18h, et 20h15. Infos : 02.641.10.20, www.alafrancaise.be

La Libre Belgique - lundi 12 novembre 2012

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l Concert | Critique

l Politique culturelle

Morlot vers les cimes

Les économies dans la culture

P Le

nouveau chef de la Monnaie révèle le Requiem monumental de Bruneau.

L

e moins qu’on puisse dire est qu’avec Berg et Bruneau, Ludovic Morlot n’avait pas choisi la faci­ lité. Bien que devenu familier, le Con­ certo pour violon “À la mémoire d’un ange” du premier reste d’un abord complexe et, avec ses énormes effec­ tifs, le “Requiem” du second ne se manœuvre pas du petit doigt. Le nou­ veau chef permanent de la Monnaie vint pourtant à bout de tout, avec énergie et simplicité. Cela se passait jeudi au Bozar. Avec, en première partie, le concours du vio­ loniste autrichien Thomas Zehetmair (déjà invité par Morlot en mai dernier) qui attesta dans Berg présence et auto­ rité, trop, même, au cours du périlleux Misterioso – “sempre rubato” – du se­ cond mouvement, donné vers l’or­ chestre plus que vers le public et jetant ainsi le trouble. Il est vrai que Zehet­ mair est aussi chef…

N

ous avions déjà évoqué les économies à faire en 2013 dans la culture. Voici les chiffres pécis des efforts demandés, explicités par le chef de ca­ binet de Fadila Laanan, la ministre de la Culture. Comme l’ensemble des secteurs, la culture participe à l’effort. Aucun nouveau dossier d’infrastructure culturelle ne sera décidé en 2013. Seules les décisions antérieures seront exé­ cutées. Les subventions consacrées à l’équipement sont fortement réduites, passant de 1,192 million à 545 000 €, soit une diminution de 54 %. Le budget de fonctionnement des centres culturels est protégé. Par contre, les subven­ tions hors fonctionnement habituel (dites subventions extraordinaires) sont réduites de 657 000 à 490 000 € (25 %). Dans les arts de la scène, l’intégralité des conventions et des contrats­programmes sont sauvegardés. Par contre, les dépenses d’aides ponctuelles régressent : de 9,248 millions, elles passent à 8,272 millions d’euros, ce qui représente un tassement de 10 %. La Commis­ sion d’aide aux projets théâtraux passera à 700 000 € (pour 1,260 million en 2012 !), le Conseil des musiques non classiques à 340 000 € (pour 475 000 € en 2012) et le Conseil de la danse à 275 000 €(pour 450 000 € en 2012). Le secteur du théâtre pour l’enfance et la jeunesse et celui des arts forains, du cir­ que et de la rue sont protégés. Si l’on prend l’intégralité des budgets “arts de la scène” (conventions, contrats­programmes et aides ponctuelles), ils s’établis­ saient à 91,916 millions en 2012 et à 90,987 millions en 2013, ce qui repré­ sente une contraction globale de 1 %. Le décret “lecture publique” poursuit son application : une trentaine de nou­ velles reconnaissances de bibliothèques publiques sera accordée en 2013. Le budget progressera de 14,418 à 15,232 millions d’euros. Ici aussi les dépenses destinées à des aides ponctuelles seront fortement compressées : de 6,475 mil­ lions en 2012, elles passent à 5,826 millions d’euros en 2013. Dans le champ de l’éducation permanente, le budget consacré aux nouvelles reconnaissances progresse de 225 000 à 356 000 € en 2013. Par contre, les crédits destinés aux aides ponctuelles sont réduits de 1,822 million à 1,42 million d’euros, soit une régression de 22 %. Enfin, les montants concernant les opérateurs qui bénéfi­ cient d’une convention ou d’un contrat­programme dans les secteurs des arts plastiques et du patrimoine culturel sont conservés. G.Dt

Enchères La robe de Judy Garland dans “Le Magicien d’Oz” La robe en vichy blanc et bleu, conçue par le couturier de la MGM Adrian pour le film musical de Victor Fleming en 1939 “The Wizard of Oz”, a été adjugée samedi pour 480 000 dollars (environ 380 000 euros) lors d’enchères à Beverly Hills, par la maison Julien’s Auctions. (Reuters)

Cinéma Michaël R. Roskam encore sollicité par Hollywood Le réalisateur belge s’est vu confier une nouvelle mission par Hollywood, a indiqué samedi le VAF (Vlaams Audiovisueel Fonds). Il devrait entamer, dès avant la fin de l’hiver, pour la Fox/Searchlight Pictures, le tournage de “Animal Rescue”, avec le Britannique Tom Hardy (“Inception”) dans le rôle principal. Basée sur une nouvelle de Dennis Lahane (“Mystic River”, “Shutter Island”), l’intrigue raconte comment un barman – ayant recueilli dans une poubelle un chiot abandonné, déclenchant les foudres du propriétaire de l’animal – se retrouve au cœur d’un complot dans l’établissement où il travaille, contrôlé par la mafia. (Belga)

En seconde partie, on put découvrir l’imposant “Requiem” du Français Al­ fred Bruneau (1857­1834), composé entre 1884 et 1888, au plus fort de l’agitation post­wagnérienne, et d’autant plus remarquable par sa li­ berté de forme et de ton. À mi­chemin entre le Requiem de Verdi et celui de Fauré, il se caractérise par un éclec­ tisme “butinant” : entrées enchaînées des quatre chanteurs solistes lors de leur première apparition, Dies irae énorme et vertical, chœurs d’enfants aériens, sublimes polyphonies du La­ crymosa, enfants encore pour Hostias mais cette fois à quatre, accompagnés par les harpes et par l’orgue, autant dire le silence, vers lequel évoluera progressivement l’ensemble de la ma­ jestueuse composition. L’orchestre fut plus nuancé que les chœurs (Monnaie et Vlaams Radio Koor), ces derniers confondant parfois ferveur et (sur)puissance, le chœur d’enfants de la Monnaie fut exception­ nel de pureté et de justesse et le presti­ gieux quatuor de solistes laissa une impression mitigée : après une pre­ mière salve bousculée, les deux favoris, Nora Gubisch, mezzo, et Edgaras Mon­ tvidas, ténor, tardèrent à se détendre, et si Jérôme Varnier, à peine moins agité, maîtrisa mieux la projection de sa belle voix de basse, il n’y eut guère que l’intrépide Mireille Delunsch à as­ surer de bout en bout. Bonne nouvelle : le concert fera l’ob­ jet d’un CD publié par Cyprès. Martine D. Mergeay

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Education et enseignement Épinglé

Des touche-à-tout Historique C’est en 1993 que furent engagés les premiers médiateurs scolaires, 28 au total, affectés dans des écoles bruxelloises ciblées par la Communauté française. Ce dispositif a été pérennisé et élargi avec la création du Service de médiation scolaire de la Communauté française en 1998. Il se compose d’une section bruxelloise et d’une section wallonne qui comportent 56 médiateurs internes (c’est-à-dire attachés à un seul établissement scolaire) et 30 externes, répartis dans différentes zones géographiques et qui interviennent sur demande dans plusieurs écoles. Ils seraient aujourd’hui environ 120 en Belgique francophone. D’autres services de médiation ont vu le jour parmi lesquels Médinam, créé par le diocèse de Namur pour le réseau libre de la région. Les écoles peuvent elles-mêmes créer un poste de médiateur au sein de l’établissement. Les missions premières des médiateurs : prévenir la violence et le décrochage scolaire, auxquelles se sont ajouté la lutte contre la maltraitance et les assuétudes, l’information, l’orientation ou la gestion des conflits. Les tâches qu’ils prennent en charge vont de la médiation pure en cas de conflit entre élèves, professeurs et familles, à l’aide à l’inscription en secondaire pour les adolescents en décrochage, sortant d’IPPJ ou primo-arrivants, jusqu’à l’aide pour trouver un stage et même l’organisation de voyages extrascolaires ! Un site Internet fournit (avec humour) de multiples informations sur la médiation scolaire en Belgique francophone : www.mediation-scolaire.be I.L.

Jeter un pont entre P La

fonction de médiateur scolaire reste floue et méconnue.

P Dans

un ouvrage, des chercheurs de l’ULg leur donnent la parole. Entretien Isabelle Lemaire

C’

est à une enquête approfondie sur la médiation scolaire en Belgique francophone que se sont livrés les auteurs de “La média­ tion scolaire. Un regard des acteurs sur leurs pratiques” (1). Entre contextuali­ sation historique et sociétale, ré­ flexions théoriques et interviews d’une vingtaine de médiateurs, l’ouvrage offre une vue très complète

de ce dispositif qui manque encore de visibilité. Rencontre avec Baptiste De­ thier, doctorant en sociologie à l’ULg, l’un des co­auteurs du livre. C’est dans un contexte sociétal bien particulier que la Communauté française a créé cette fonction de médiateur scolaire. Les années 80 et 90 ont été mar­ quées par plusieurs drames (Hey­ sel, actes terroristes…), la montée de l’extrême droite et, en 1991, des mini­émeutes qui ont éclaté à Bruxelles entre la police et des jeu­ nes issus de l’immigration. En 30 ans, la société et l’école ont connu de profondes mutations, avec le passage d’une régulation verticale à une horizontale. Les grandes insti­ tutions porteuses d’autorité ont perdu de leur influence. L’accès à l’école s’est démocratisé, amenant une diversité de publics et de nou­ veaux problèmes, de violence no­

tamment. Nous vivrions depuis dans une société du pluralisme nor­ matif où il faut co­construire le vi­ vre ensemble. La fonction de mé­ diateur peut aider à trouver ce sens commun. Quels sont les profils des médiateurs scolaires ? Il n’y a pas de formation requise pour exercer ce métier, cette fonc­ tion plutôt puisqu’on fait appel à des compétences plus qu’à un cur­ sus. Les médiateurs que j’ai rencon­ trés ont au minimum 30 ans, avec une parité hommes­femmes. Ce sont des personnes qui étaient psy­ chologues, assistants sociaux, édu­ cateurs spécialisés ou logopèdes. Ils ont une bonne connaissance du système scolaire et un goût des con­ tacts humains. Etre issu d’une cul­ ture étrangère peut être un plus, pour favoriser les échanges avec les

lalibre.be ENSEIGNEMENT Retrouvez tous nos dossiers relatifs à l’enseignement sur notre site: www.lalibre.be

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deux rives familles. Tous ces médiateurs affi­ chent une vraie volonté d’exercer cette fonction et sont attachés aux principes de neutralité et d’indé­ pendance vis­à­vis de l’école. Ils revendiquent leur disponibilité et le fait d’être à l’écoute. Et ils tirent de leur métier beaucoup de satis­ faction, un sentiment d’utilité so­ ciale et de responsabilité, même si ce n’est pas toujours facile. Ils doivent effectivement être confrontés à des situations pénibles. Ils ne se plaignent pas du stress mais ils travaillent dans des écoles dites “difficiles”, situées dans des quartiers défavorisés. Un éducateur me racon­ tait que dans son établissement, 56 % des familles d’élèves dépendaient du CPAS. Ils rencontrent parfois des si­ tuations dramatiques comme des jeu­ nes qui n’ont pas à manger ou cette élève qui vivait dans une maison sans fenêtres. Dans ce genre de cas, le mé­ diateur renvoie évidemment vers les services sociaux. En lisant le livre, on comprend que leurs rôles sont variés et leurs missions assez floues. Oui, la définition de la médiation n’est pas figée. On parle de média­ tions car elles prennent plusieurs formes. Il y a d’un côté la pure ges­ tion des conflits qui favorise la communication entre les deux parties, et de l’autre une mission plus générale de création de liens. Certains médiateurs accueillent toutes les demandes, même si tous les problèmes ne seront pas traités. Des tâches qui leur sont confiées pourraient l’être à d’autres mais les écoles ont parfois besoin de bras… La neutralité est le principe central de la fonction. Les médiateurs ne sont ni des arbi­ tres, ni des juges ni les avocats des professeurs ou des élèves, même s’ils sont parfois perçus comme tels. Ils doivent fournir un travail constant d’explication sur leur fonction. Quelles sont les méthodes utilisées par les médiateurs ? Les techniques sont multiples. Dans le cadre de la gestion des con­ flits, cela passe par l’accueil de la demande, la mise à plat du pro­ blème en prenant les différents avis (soit avec les deux parties en présence soit en les voyant séparé­ ment), en essayant qu’on entame une discussion. Pour le décrochage scolaire, il peut y avoir des visites dans les familles pour tenter de comprendre les causes du pro­ blème ou bien des entretiens indi­ viduels avec le jeune et son entou­ rage scolaire.

Les résultats des médiations sont-ils probants ? Ils ne sont pas chiffrables. En tout cas, les demandes sont là et les médiateurs affirment qu’après une période d’adaptation au sein de l’école où ils font connaître leurs activités, ça fonctionne, via le bouche à oreille. Ceux qui font appel à eux y reviennent. Les mé­ diateurs ne réfléchissent pas en termes de succès et d’échecs. Et ils ne se présentent pas comme des personnes qui résolvent les pro­ blèmes mais comme des accom­ pagnateurs dans la recherche d’une solution. Dans l’ouvrage, on évoque la possible disparition de la fonction de médiateur au profit du coaching voire même d’un retour à l’autorité. Qu’en est-il ? C’est l’inconnue totale. Le coa­ ching est plus proactif. C’est un accompagnement individualisé de l’élève, par exemple une aide aux devoirs ou un travail sur le comportement. Il me semble peu probable qu’il se développe massivement, vu le manque de moyens dans l’enseignement. On sent un retour à l’autorité verticale, en particulier dans les établissements “difficiles” avec une discipline stricte et la politi­ que de la tolérance zéro. Mais cela n’empêche pas la présence d’un médiateur. Je pense qu’il y a un besoin de médiation dans les écoles. La culture de la mé­ diation a vocation à s’étendre, de par le pluralisme normatif de notre société. La médiation n’est pas une solution miracle mais elle favorise l’écoute, l’inter­ compréhension et donc la re­ connaissance des différents ac­ teurs de l’école. Vous avez réalisé les entretiens avec les médiateurs il y a un an et demi. Y a-t-il du nouveau depuis ? Nous sommes retournés dans les écoles et on constate qu’il y a les médiateurs qui interviennent mais que les médiateurs n’ont pas le monopole de la médiation. Des professeurs, des directeurs, des éducateurs, le PMS la pratiquent aussi quotidiennement, même si elle n’est pas toujours nommée comme telle. Un travail est entre­ pris par les pouvoirs publics pour revoir les rôles de chacun.

U (1) La médiation scolaire. Un regard des acteurs sur leurs pratiques. Olgierd Kuty, Frédéric Schoenaers, Christophe Dubois et Baptiste Dethier. Presses universitaires de Liège. 2012. 22 euros. 127 p. L’ouvrage est disponible à la vente via le site www.presses.ulg.ac.be

l Chronique

Apprendre à apprendre

Paul BIENBON Enseignant et certificateur PEB Bxl P Retenons

qu’un des buts de l’enseignement c’est amener l’étudiant à “apprendre à apprendre”.

E

nseigner comment ensei­ gner. Apprendre à ap­ prendre ! On apprend avec l’expérience à ensei­ gner. A l’unif, on nous enseigne très mal com­ ment enseigner. Enseigner est un art – proche du don –, que l’on ac­ quiert quand on a eu beaucoup d’in­ teractions avec des jeunes et quand on a côtoyé d’excellents pédago­ gues. Je ne crois pas aux formations théoriques en pédagogie. Certes, on peut tomber sur un conférencier ex­ ceptionnel. Ou alors s’échanger en­ tre enseignants des pratiques réus­ sies qui donnent des résultats con­ crets. Mais les formations académiques (agrégation ou recy­ clages) pour apprendre à enseigner m’ont souvent parues médiocres. De beaux parleurs présentent, à des enseignants déboussolés, des re­ commandations inapplicables dans des classes difficiles. Ces formations, sont majoritairement contaminées par les théories modernes de péda­ gogie qui n’ont pas fait leurs preu­ ves. Pour être consultant ou profes­ seur de pédagogie, on devrait faire partie des dix “meilleurs” ensei­ gnants du pays. C’est loin d’être le cas. J’ai souvent trouvé que les bons conseils donnés ne sont pas appli­ qués par les professeurs de pédago­ gie eux­mêmes. Qu’ils s’interro­ gent : prônent­ils un cours partici­ patif tout en donnant un cours magistral ? Prônent­ils le profes­ sionnalisme tout en arrivant en re­ tard, ou en faisant de longues pau­ ses ? Recommandent­ils l’usage de matériel pédagogique technologi­ que moderne tout en pataugeant

eux­mêmes dans leur utilisation ? Recommandent­ils d’utiliser le ta­ bleau, de tenir un journal de classe, d’établir un document Rentrée ainsi qu’un document Bilan, et deman­ dent­ils de préparer leurs cours et exemples par écrit, tout en ne faisant rien de tout cela eux­mêmes ? Ensei­ gnent­ils les bienfaits de la clarté d’un bon manuel scolaire, tout en ne remettant que très tard comme syl­ labus un assemblage de slides péda­ gogiquement illisibles ? Traînent­ils pour remettre des instructions de stage, des corrections ? Manipulent­ ils les étudiants en inventant des ex­ cuses? Oublient­ils de monter des projets ? Font­ils faire des travaux de groupe sans s’interroger sur leur ex­ ploitation pédagogique ultérieure? Souffrent­ils – par manque de sens critique – d’être contrariés intellec­ tuellement ? Exercent­ils des repré­ sailles dans l’évaluation finale des étudiants pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leurs compétences ? Leurs examens sont­ils bien pensés ? Apportent­ils un contenu riche au cours permettant à l’apprenant un cheminement personnel ? Repren­ nent­ils le même cours que l’an pré­ cédent sans en avoir corrigé les transparents ? Veulent­ils aller trop vite ou au contraire n’avancent­ils pas ? S’interrogent­ils si l’étudiant a compris ? Se posent­ils la question sur ce qu’ils souhaitent vraiment que l’étudiant retienne du cours ? Partent­ils du questionnement de l’étudiant ? Partent­ils de l’expé­ rience objectivée pour arriver à la généralisation théorique ? Bien en­ tendu, tous les pédagogues n’ont pas tous ces travers. Chacun analysera son propre mérite, mais de l’expé­ rience des formations que j’ai per­ sonnellement vues, je ne suis pas en­ clin à allonger ou multiplier les en­ seignements pédagogiques. Ou alors confions ceux­ci aux enseignants qui réussissent. Retenons qu’un des buts de l’enseignement c’est amener l’étudiant à “apprendre à appren­ dre”. Non pas en le laissant patauger seul, mais en accélérant et en diri­ geant son art de faire les bonnes re­ cherches, en lui offrant de la prati­ que pour qu’il retienne, en l’aidant à acquérir des solides connaissances de base, en le motivant et en lui don­ nant confiance en lui. En l’amenant à la rigueur et la concentration. En lui communiquant de l’intérêt pour tout, le plaisir de l’effort et du travail bien fait. En se mettant à la place de l’élève qui ne comprend pas. Et en lui trouvant de bonnes lectures...

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Médias - Télévision

GENSINFO

l Documentaire | Critique

L’ancien réalisateur de la RTBF et cinéaste liégeois Georges Yu est décédé. Il aurait eu 85 ans le 17 décembre. En radio, le service public lui devait une célèbre émis­ sion consacrée à l’immigration italienne, “Ciao Amici”. En télé, il entama également une brillante carrière grâce à “L’Europe des Régions”, “Cinéscope”, “Maga­ sineF” ou “Sans rancune”. Actif dans le cinéma documentaire au cours des années 90, il réalisa notamment “Les rues de Liège”. Si son compagnon de ministre Arnaud Montebourg refuse de révéler son opinion à propos du mariage pour tous, dont le projet de loi a été adopté en Conseil des minis­ tres mercredi, Audrey Pulvar affi­ che clairement ses préférences. Elle est ainsi descendue dans les rues de Paris en compagnie de militants gay pour distribuer elle­même le dernier numéro des “Inrocks”, dont elle est directrice éditoriale, qui faisait sa une sur le mariage gay avec pour titre : “Oui !” La prochaine finale de l’Eurovision n’aura lieu qu’en mai 2013 en Suède mais France 3 a déjà décidé de reconduire à la présentation Mireille Dumas et Cyril Féraud. Lesquels avaient réalisé une excellente audience en mai dernier, avec pas moins de 4 mil­ lions de téléspectateurs. La RTBF, elle, n’a pas encore pris sa décision. Il s’agit en effet de trouver un suc­ cesseur à Jean­Pierre Hautier, dé­ cédé il y a tout juste un mois. Jeudi soir, le “Masterchef” 2012 était sacré sur TF1 : il s’agit du Nordiste Ludovic Dumont. Sans surprise, la finale de cette 3e saison de la téléréalité culinaire a permis à TF1 de finir largement en tête des audiences. Avec 6,1 millions de téléspectateurs (27 % de pdm), l’émission a enre­ gistré son meilleur score de la saison mais c’est 700 000 person­ nes de moins qu’en 2011. Globale­ ment, l’audience a en effet chuté de 6 % cette année. Y aura­t­il une saison 4 ?

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Lobbying et politique : u P Mathieu

Liétart a enquêté sur le lobbying et son influence à Bruxelles.

P En

résulte un docu fouillé et interpellant. La une, 22 h 30.

P

ascal Kerneis est lobbyiste. Il re­ présente 40 multinationales dans le secteur des services, banques, assurances et du tourisme. A lui seul, il pèse pour 50 % du PNB de l’Union européenne. Face à lui, Oli­ vier Hoedeman : activiste. Il a créé un centre de recherche sur l’influence des industriels dans le processus dé­ cisionnel européen. Tous deux gravi­ tent autour de Bruxelles. Avec ses 2 500 structures de lob­ bying et 15 000 lobbyistes, notre ca­ pitale est en effet le deuxième pôle de lobbying mondial après Washington DC. Et pourtant, que savons­nous d’eux ? Qui sont­ils ? D’où viennent­ ils ? Depuis quand ces pratiques se sont­elles développées ? Jusqu’où in­ terviennent­ils ? Si Mathieu Liétaert, réalisateur de Brussels Business HHH avait déjà répondu à nos questions lors d’une interview (“La Libre Belgique” du 31 octobre), son documentaire dif­ fusé ce soir à 22h35 sur La une, dresse un portrait peu reluisant de ces grou­ pes de pression.

RTBF

D.R. REPORTERS FRANCE 3 TF1

Découvertes

Pascal Kerneis est lobbyiste à Bruxelles. Il pèse pour 50 % du PNB de l’Union européenne. “Le lobbying était initialement envi­ sagé comme une bonne chose. Les par­ lementaires ne peuvent être experts dans tous les domaines dans lesquels ils travaillent. Ils s’appuyaient donc sur des conseillers. Mais le lobbying est de­ venu avec le temps une affaire de mer­ cenaires. Maintenant nous avons des personnes qui ne sont expertes en rien mais qui sont payées par des clients

afin de servir des objectifs précis” té­ moigne Craig Holman, lobbyiste à Washington DC. Commissaires européens, indus­ triels, lobbyistes et autres témoins clés, tel est définitivement le princi­ pal atout de ce documentaire, filmé selon les codes du thriller politique. Que ce soit pour pousser les institu­

Ad-diction

La déferlante Windows 8 va envahir to Annonceur : Microsoft Agences: These Days, UM, Outdoor Services Médias: TV, Internet, affichage, presse,etc. Pour la première fois depuis une décennie, les ventes mondiales de PC vont reculer en 2012. En cause, l’ex­ plosion de l’Internet mobile. Deux marchés sur lesquels Microsoft s’est fait distancer par Apple et Samsung. Avec comme effet collatéral une baisse de 33 % du chiffre d’affaires des pro­ duits Windows. La firme de Redmond se devait de réagir. Son arme fatale s’appelle Win­ dows 8. Présenté fin octobre, le nou­ veau système d’exploitation a été avant tout pensé pour les plateformes mobiles. Il s’agit du plus grand lance­

ment jamais réalisé par Microsoft et il s’adresse principalement au grand public : le marketing maison est en effet devenu beaucoup plus “consu­ mer driven”, conscient que les IT ne sont plus les seuls prescripteurs des systèmes d’exploitation. Déclinée dans plus de 200 pays et assortie d’un budget évalué à plus

d’un milliard d’euros (dont une di­ zaine de millions en Belgique, dit­on), la campagne a été amorcée par un premier spot international : à l’écran, un décompte qui égrène le chiffre 8, une bande­son endiablée signée Eagles of Death Metal, un PC qui explose, l’apparition de la nouvelle tablette Surface et, bien entendu, les possibilités de Windows 8, aux pre­ miers rangs desquelles ses fonctionna­ lités tactiles et l’uniformité de son interface utilisateur pour tous les appareils connectables. Selon le principe “think global, act local”, la signature “Meets the new windows” sera identique partout mais la mise en œuvre de la campagne se fera marché par marché. Seul impéra­ tif pour les décideurs locaux, la réali­ sation de quatre objectifs : assurer la notoriété, inciter l’essai, stimuler

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Le zoom du jour

l’achat et encourager les gens à parta­ ger leurs expériences. Chez nous, le lancement a débuté avec une campa­ gne dans les gares. Deux écrans géants tactiles placés à Bruxelles­Midi et Anvers­Central permettent aux navet­ teurs de tester Windows 8; leurs interactions sont retransmises en live streaming sur des dizaines d’autres écrans placés un peu partout. Ce volet a été développé avec la société d’affi­ chage Clear Channel, ainsi que les agences These Days, Outdoor Services et UM. Avec ces écrans, Microsoft entend d’abord familiariser le public aux tuiles dynamiques et aux applica­ tions qui composent l’écran d’accueil de Windows 8. Le prochain volet se concentrera sur les “leaders d’opi­ nion” et utilisera des médias très ciblés. PM

*** Recommandé

NICOLAS GUÉRIN-LE PACTE

us les écrans

Programme court. France 2, du lundi au vendredi, 19 h 50. Avec une parodie poilante des “Rencontres du troisième type”, les nageurs handicapés allumés de “Vestiaires” sont de retour. La première saison a si bien fonctionné sur France 2, il y a tout juste un an, réunissant en moyenne 1,5 million de téléspectateurs, que la chaîne a décidé de commander quarante nouveaux épisodes (contre 23 pour la saison 1) de ce programme court, et de le déplacer de 12 h 50 à 19 h 50, case hautement stratégique de l’access prime time, censée booster l’audience avant le “20 heures”. “Vestiaires” est né de la collaboration de deux mecs inspirés, pas complexés pour deux sous par leur handicap, et bien décidés à en rire : le réalisateur Fabrice Chanut et le comédien Adda Abdelli (qui interprète Romy, un paraplégique algérien, “dernier poliomyélite de sa génération”). Ils situent la narration dans les vestiaires d’un club de natation handisport. L’humour “cash mais jamais trash” de ces saynètes de deux minutes est une manière habile et joyeuse de dissiper le malaise que peut provoquer le handicap chez les valides. En montrant la différence de façon aussi directe, il s’agit aussi de la rendre familière, puis de la faire oublier, pour ne retenir que des histoires très humaines, des émotions,

** Conseillé

des préoccupations qui sont aussi les nôtres. Deux valides, Franck Lebon et Vincent Burgevin, sont derrière la caméra, à une juste distance de leur sujet. Au vu des premiers épisodes de cette nouvelle saison au club de nage handisport d’Aubagne, les auteurs cherchent à élargir l’horizon au-delà des vestiaires, en y revenant régulièrement. L’essentiel est que l’on retrouve les mêmes piques vachardes, la même inventivité décalée en compagnie de Romy, de son pote Orson (Alexandre Philip), surnommé Abraracourcix à cause d’une malformation au bras gauche, et de leur amie Caro (Anaïs Fabre), qui se change sans gêne aucune dans le vestiaire des hommes. Victime, enfant, d’une attaque cérébrale qui lui fait perdre la mémoire à court terme, elle se rêve toujours en championne de natation. Avec leurs potes Ramirez, Dimitri, Thibaud ou William, ils vont se confronter davantage à de drôles de valides : Olivier, le nouveau kiné à la plastique parfaite, leur coach dépressive, l’intraitable femme de ménage de la piscine, ou encore une mère qui tempête pour faire entrer ses enfants valides dans le club handisport, parce que c’est moins cher… Des guests comme Elise Lucet ou Pascal Légitimus ont également accepté de faire un petit plongeon dans ce monde handi tendre et gonflé. C. G.

* Facultatif

° Déconseillé ANNE-FRANÇOISE BRILLOT

**** Obligatoire

** VESTIAIRES, SAISON 2

SONY PICTURES

Libre parcours

“Vestiaires”, une série cash, mais pas trash, sur le quotidien des handicapés...

RTBF/DR

tions à rédiger un texte, appuyer une bonne idée, proposer des amendements ou peaufiner un texte en fonction des intérêts défen­ dus, ces groupes d’influence inter­ viennent à tous les échelons du pro­ cessus décisionnel. Mathieu Liétart entreprend égale­ ment – et essentiellement – un re­ marquable historique des groupes

de pression qui ont gravité autour de l’Union Européenne telle que l’ERT (European Round Table ou table ronde des industriels). Crée dans les années 80 – à l’initiative d’une qua­ rantaine de dirigeants d’entreprises italiens, anglais, français, allemands, etc. et sous l’impulsion d’Etienne Davignon –, l’ERT regroupaient des noms aussi prestigieux que ceux de Nestlé, Philips, Siemens, Fiat, Volvo, BP, Shell ou encore Unilever. Ils se réunissaient avant tout pour émettre des recommandations, ré­ sumées dans un véritable manifeste politique de libre économie destiné à changer le visage de l’Europe. Le réalisateur parvient clairement à démontrer leur influence dans des négociations aussi cruciales que celle de Seattle ou de la récente crise grecque. A l’origine du marché unique, de l’union monétaire, des pressions exercées sur certains pays d’Europe concernant la flexibilité des tra­ vailleurs ou leur compétitivité, Ma­ thieu Liétart met au jour un véritable chantage exercé par l’ERT sur des personnalités aussi influentes que les dirigeants des différents pays européens. Enfin, ce n’est malheureusement pas le “registre de la transparence” crée en 2008 et répertoriant les or­ ganisations de lobbying qui permet­ tra une régulation du secteur. L’ins­ cription au registre est en effet vo­ lontaire et facultative. Au.M.

LEFEBVRE FRANçOIS

nion durable ?

*** TOURNÉE

** THE TOWN

** LEBANON

Comédie dramatique de Mathieu Amalric (France, 2010). Avec Mathieu Amalric, Dirty Martini.

Policier de Ben Affleck (EtatsUnis, 2010). Avec Jeremy Renner, Ben Affleck, Rebecca Hall.

Arte, 20 h 50.

La une, 20 h 20.

Mathieu Amalric emmène les Américaines du New Burlesque en tournée en France. Il les aime ces strip-teaseuses. Il y a tout pour faire un film glauque, voyeur, pathétique; au contraire, on a droit à une “comédie” chaleureuse.

Pour son second long métrage en tant que réalisateur après “Gone Baby Gone”, Ben Affleck retrouve Boston. Cette fois, il passe également derrière la caméra dans un polar très classe, hommage rigoureux au Film noir. Avec aussi Jeremy Renner et Jon Hamm, tous deux excellents.

Drame de guerre de S. Maoz (France/Israël/Allemagne/Liban, 2009). Avec Oshri Cohen, Michael Moshonov. Arte, 20 h 40. Vétéran de la guerre du Liban en 1982, Samuel Maoz signe dans ce premier film une réflexion sur le passage à l’acte dans un contexte où l’absence de celui-ci peut signifier la mort. A défaut d’innover, il saisit le spectateur en l’enfermant dans l’espace confiné du char tout au long du film. Lion d’or à Venise en 2009.

PARFUM DE LA DAME *EN LENOIR Comédie policière de Denis Podalydès (France, 2004). Avec Sabine Azéma, Pierre Arditi. TV5 Monde, 21 h. Après “Le mystère de la chambre jaune”, Bruno Podalydès poursuit l’adaptation de l’œuvre de Gaston Leroux et succombe au plaisir de ses acteurs (parmi lesquels Olivier Gourmet, Sabine Azéma et Zabou Breitman) plutôt qu’à l’intrigue. En résulte un film à sketches un peu long et inégal quoique plaisant, parsemé d’hommages à Hergé.

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Découvertes

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Télévision lundi

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Découvertes

Télévision lundi Radio LAPREMIÈRE 09.10 Le grand Mag–11.00 O Positif. Le diabète–12.05 Le Forum de Midi–13.30 Au Temps retrouvé–14.00 Sacré Cocktail! –16.05 On n'est pas rentré–17.00 Soir Première–19.10 Le monde est un village: Fabian Beghin/Festival du film méditerranéen –21.00 Le grand jazz–22.05 Par Ouï-dire– 23.10BestofdugrandMag–00.05Redif.–

MUSIQ’3 09.30 Le rendez-vous des musiciens–11.00 Une œuvre à l'oreille–11.30 Autour de midi–13.15 Intermezzo–14.00 Concert de l’après-midi: Martha Argerich & Friends à Lugano. Œuvres de J. Brahms, C. Reinecke, M.Castelnuovo-Tedesco, A.Schnittke, F.Busoni, M.Giuliani, G. Montero et J. Haydn–16.00 Le grand 4 heures–18.00 Jazz–19.00 Prélude: B. H. Crusell: Concerto en si bémol maj. pourclarinetteetorch.op.11/3–J.Cr.deArriaga:DuodematanteAurore–W.A.Mozart:Trio à clavier en si bémol maj. K. 254. – A.Franchomme:DeuxCapricespourvioloncelleopus 7:n°6et7–20.00Concertdusoir:A.Caldara: Vêpres. I Barocchisti, Solistes et Chœur de la Rad. Télév. Suisse Ital. dir. D. Fasolis–22.00 BigBang!–23.30Uneœuvreàl'oreille–

L’engagement politique et artistique selon Assayas

FRANCECULTURE

l’équipe de “Downtown” reçoit Olivier Assayas et ses deux jeunes comédiens, Clément Métayer et Lola Créton, pour le formidable “Après mai”, qui sort en salles ce mecredi. Une réflexion autobiographique sur l’engagement de la jeunesse du début des années 70 portée par une su­ perbe B­O. On lira la critique du film et un entretien avec le cinéaste dans “La Libre Culture” de mercredi.

A-FILM

‣ Ce soir à 18h20 sur France Inter,

09.00 La fabrique de l'histoire–10.00 Les nouveaux chemins de la connaissance–10.50 Le journal de la philosophie–11.00 Culturesmonde–11.30 Frontières–11.50 Fictions/Micro fiction: “Petites vies des grands hommes” de Laetitia Bianchi–12.00 La grande Table–13.30 Les pieds sur terre–14.00 Continent sciences–15.00 Les lundis de l'histoire. Yosef Hayim Yerushalmi–16.00 Pas la peine de crier–16.15 Polaroid–16.50 Poème du jour avec la ComédieFrançaise–17.00 Sur les docks–17.55 Les carnetsdel'économie–18.20Dugrainàmoudre–19.05 Le RenDez-Vous–19.55 Lecture dusoir–20.00Avoixnue–20.30Fictions/Le feuilleton: “Le Maître de Ballantrae, un conte d'hiver” de Robert-Louis Stevenson–20.55 La vignette–21.00 La dispute–21.20 Revue de presse culturelle–22.15 Hors-champs: Gilles Deleuze notre contemporain–23.00 L'atelier intérieur–00.00 Du jour au lendemain. Georges Didi-Huberman–00.35 L'élogedusavoir–01.30Lesnuits–

FRANCEINTER 09.10 Comme on nous parle–10.00 Service public–11.00Onvatousypasser–12.30Carnets de campagne–12.45 Le jeu des 1000€–13.30 La marche de l'histoire: la France de la Restauration–14.00 La tête au carré: les trous noirs (suite)–15.00 Là-bas, si j'y suis–16.00 Carrefour de Lodéon: Sol Gabetta, violoncelliste–17.00 Le grand entretien: Christian Bobin–18.00 Journal–18.20 Downtown(cf.ci-contre)–19.20Letéléphone sonne: changement à la tête du PC chinois–20.00 L'humeur vagabonde–21.00 Ouvertlanuit:RenaudCapuçon-NumbersNot Names–23.00 Addictions–00.00 Black liste–00.50Lireavec–01.00Lesnuits–

FRANCEMUSIQUE 09.10 Venez quand vous voulez–11.00 Le matin des musiciens. Echange improvisé entre Rolf Lislevand (luth, théorbe) et Noël Akchoté (guitare)–12.35 Le magazine–13.40 Du côté de chez Pierre: Edouard Lalo–14.00 Concert de l'après-midi: Improvisations de Noel Akchot (guitare électrique)–16.00 Horizons chimériques: Maurice Ohana, 20 ans déjà–17.00 Changez de disque!–18.00 Open jazz: Avishai Cohen–19.10 Les traverses du temps: Eleni Karaindrou, compositrice–20.00Concert:J.Kosma:“Baptiste”,suite d'orch. du ballet tiré des “Enfants du Paradis” – B.Coulais: “Les villes invisibles”, création pourviolonetorch.–M.Jaubert:Suitefrançaise (opus 36a), musique de “L'histoire d'Adèle H” – G. Delerue: “Le Mépris”–21.30 Les lundis de la contemporaine–23.00 Le magazine delacontemporaine–00.00Electromania–

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Découvertes

Insolite

1. Le vice-premier ministre Steven Vanackere a déclaré : “Plus on m’insulte,…”

6. Pourquoi deux vols de rapatriement de sans-papiers ont été annulés à Zaventem ?

‣ A. “Moins j’écoute.” ‣ B. “Plus je suis combatif.” ‣ C. “Plus je vais leur donner de vraies raisons de m’insulter.”

‣ A. Maggie De Block a eu pitié. ‣ B. Comme les discussions sur le budget traînent, le gouvernement n’a pas donné son feu vert à temps. ‣ C. Il y avait rupture de stock de coussins.

2. Pourquoi Barack Obama pleure-t-il ?

7. Le film “Argo”, c’est l’histoire…

‣ A. Il est ému en remerciant le

WARNER BROS

AP

personnel et les bénévoles de son équipe de campagne. ‣ B. Parce qu’il avait des photographes et des cameramen sous la main. ‣ C. Après avoir pointé du doigt la moitié de l’Amérique lors de ses meetings, il a une grosse crampe à l’index.

3. Quelle est l’une des raisons de la décadence de la Grèce dans l’Antiquité d’après Serge Dassault, patron du “Figaro” et fabricant d’armes ?

‣ A. De l’exfiltration hors d’Iran d’Américains en 1979. ‣ B. De l’invention du velcro après le coup de foudre de deux barbus. ‣ C. De Mahmoud Ahmadinejad cherchant à passer inaperçu dans son nou-

‣ A. Les fraudes de l’agence de notation Standard & Périclès. ‣ B. L’homosexualité. ‣ C. Ils ne construisaient que des ruines.

veau boulot de postier à Genève.

Quiz de l’actu 4. Quelle phrase n’a pas déclaré le président syrien Bachar al Assad dans une interview cette semaine ?

8. Que se passe-t-il ? ‣ A. Un cours d’éducation

‣ A. Je ne suis pas une marionnette. ‣ B. Je suis Syrien et je dois donc vivre et mourir en Syrie. ‣ C. La guerre, ça conserve. D’ailleurs, c’est tout ce qu’il reste à manger.

civique portant sur la démocratie chinoise et son mode de scrutin. ‣ B. La reprise du programme de conquête lunaire chinois. ‣ C. Une inspection de jeunes recrues de l’armée chinoise. AFP

5. Qui devrait être le nouveau président chinois ?

‣ A. Xi Jinping.

‣ B. Un pékinois bien dressé.

CONTRASTO / REPORTERS

PHOTO NEWS

REPORTERS / LIFE ON WHITE

9. Comment Pieter De Crem, ministre de l’Armée, compte inciter les jeunes médecins à s’engager ?

‣ C. Mao Scostaud.

‣ A. En leur assurant un numéro Inami à la fin des études. ‣ B. En leur versant une prime de 40 000 € à la sortie de l’université. ‣ C. En réinstaurant le BMC, Bordel militaire de campagne.

10. Quel gâteau de 1 221, 60 mètres les Suisses viennent-ils d’inscrire au Guinness Book ? ‣ A.Un “financier” ‣ B.Un “Napoléon” ‣ C.Un “Paris-Genève”

Réponses 1. B ; 2. A ; 3. B ; 4. C ; 5. A ; 6. B ; 7. A ; 8. C ; 9. B ; 10. B Page coordonnée par Bruno Fella

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Pratique

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l Loterie nationale 02.744.44.44

Ouvert les jours ouvrables de 8h à 17h. Rue des Francs, 79 – 1040 Bruxelles T.V.A. : BE0403.508.716 - R.C.B. : 185.436 Vice-président du CA : Patrice le Hodey Administrateur délégué-éditeur responsable : François le Hodey Directeur général : Denis Pierrard Rédacteur en chef : Vincent Slits Rédacteur en chef adjoint : Pierre-François Lovens Rédaction : 02.211.28.11 Fax : 02 211 28 32 Gazette de Liége : 04.290.04.80 Courriel : LLB. redaction@lalibre.be Publicité IPM Advertising : 02.211.31.44 Fax : 02.211.29.14 Courriel : adv@ipmadvertising.be Nécrologies, Carnet familial, Annonces (> 19H30): 02.211.31.88 Fax : 02.211.28.72necrologieslb@ipmadvertising.be carnetfamilial@ipmadvertising.be Abonnements : 02.744.44.44 Fax : 02.744.45.55 Courriel : abonnements@saipm.com Internet : www.lalibre.be Librairies : 02.744.44.77 Fax : 02.744.45.60 Imprimerie : IPM Press Print-Rue des Francs, 79-1040 Bruxelles Ce journal est protégé par le droit d’auteur. Pour toute reproduction, sous quelque forme que ce soit, contacter COPIE-PRESSE au 02.558.97.80 Courriel : info@copiepresse.be ou via le site www.copiepresse.be

Tirages du samedi 10 novembre

Tirage du vendredi 9 novembre

l Keno |

01 - 02 - 03 - 05 - 06 - 17 - 18 - 20 - 26 - 30 - 31- 33 - 40 - 41 - 43 - 46 - 49 - 59 -64 - 65 l Pick 3 | 0 - 4 - 8 Tirages du 10 novembre l Lotto | 9 - 21 - 22 - 27 - 29 - 40/1 6 exacts 5 exacts + Bonus 5 exacts 4 exacts + Bonus 4 exacts 3 exacts + Bonus 3 exacts 2 exacts + Bonus

l Joker + | 6 chiffres + signe 6 chiffres 5 chiffres 4 chiffres 3 chiffres 2 chiffres 1 chiffre taureau

0 4 167 493 9032 11906 145541 105209

0 54374,30 1235,30 209,20 21,10 8,50 5 3

2-6-2-3-9-7 0 0 4 60 542 5273 53962 25071

0€ 20000€ 2000€ 200€ 20€ 5€ 2€ 1,50€

l Euro Millions

14 - 21 - 22 - 28 - 47 / 4 - 5 5 exacts et JJ Aucun gagnant .................................. 0,00€ 5 exacts et J 9 gagnants................................ 336582,10€ 5 exacts 14 gagnants ............................... 72124,70€ 4 exacts et JJ 138 gagnants................................ 3668,50€ 4 exacts et J 2257 gagnants ............................... 195,70€ 4 exacts 4164 gagnants .............................. 106,00€ 3 exacts et JJ 5794 gagnants ................................ 54,40€ 2 exacts et JJ 78766 gagnants ............................... 18,40€ 3 exacts et J 118488 gagnants .............................. 11,70€ 3 exacts 206667 gagnants ............................. 11,20€ 1 exact et JJ 401261 gagnants ............................. 10,20€ 2 exacts et J 1 586 935 gagnants ........................... 6,90€ 2 exacts 2781885 gagnants ............................ 4,00€

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Découvertes

En 2 minutes lÉdito

Un désespoir qui... tue Vincent Slits

E

Bulles Le prince Charles et son épouse Camilla se sont essayés dimanche au salut traditionnel des Maori, en frottant leur nez contre celui de leurs hôtes, au début de leur séjour en Nouvelle-Zélande, dernière étape de leur tournée en Asie-Pacifique. Camilla s’y est prêtée de bonne grâce, malgré le port d’un chapeau à large bord qui rendait le geste un peu difficile. Le couple royal est arrivé samedi en Nouvelle-Zélande. Sommaire Contacts ......................... p. 55 Economie ................ pp. 20-21 Insolite ........................... p. 53 Jeux ......................... pp. 54-55 Loterie ............................ p. 55 Nécrologie ................. p. 34-35 Petites annonces ............ p. 35 Planète ........................ pp. 2-5 Régions ................... pp. 36-37 Sports ....................... pp.22-33 Télévision ............... pp. 48-52

BELGIQUE Politique | Pas encore

d’accord gouvernemental sur le budget 2013 et ses alentours. Il semble même que l’on ait très peu progressé durant ce week-end. UP.6-7 G 1000 | Suite et fin

toute provisoire du G1000 qui a montré qu’il y avait aussi place en Belgique pour la démocratie citoyenne. Et pour un vrai débat entre les décideurs politique et les citoyens. UP.8 pas encore qui va succéder à Benoît Cerexhe comme ministre CDH au gouvernement régional. Sans parler des recours pesant sur la situation communale à WoluweSaint-Pierre... UP.9 que Gwendolyn Rutten

La Libre Belgique

aujourd’hui que débute le procès de Francine De Tandt, ex-présidente du tribunal de commerce de Bruxelles. Elle comparaît pour faux et violation du secret professionnel. UP.11

Syrie | Réunie au Qatar,

les différents groupes de l’opposition syrienne ont désigné un religieux modéré, cheikh Ahmad Maaz Al-Khatib, comme président d’une nouvelle Coalition nationale. UP.17

INTERNATIONAL Etats-Unis | Le FBI a

découvert la liaison entre le directeur de la CIA David Petraeus et sa biographe Paula Broadwell par le biais d’emails incessants qu’elle envoyait à une autre femme. Cette relation extra-conjugale a provoqué la chute de l’ancien général UPP.14-15

Bruxelles | On ne sait

Partis | C’est peu dire

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Judiciaire | C’est

SOE THAN WIN / AFP

Météo complèteP. 55

Royaume-Uni | En poste

depuis seulement deux mois, le directeur général de la BBC, George Entwistle, a démissionné samedi, après la diffusion d’une émission accusant à tort de pédophilie un ancien

milliards d’euros, retenue depuis juin. UP.20-21

ECONOMIE Automobile | Ils étaient

quelque 20000 à manifester dimanche à Genk pour protester contre la fermeture de Ford et pour anticiper une semaine sociale qui sera chaude en Europe. UP.20-21

Banques | Fortis et

certains membres de son ex-direction ont diffusé des informations à caractère trompeur en 2008, selon un rapport de l’Autorité des services et marchés financiers qui estime que le groupe mérite une sanction exemplaire. UP.21 SPORTS Football | Anderlecht a

mitraillé le Club de Bruges en s’imposant chez lui sur le score de 6-1. Massimo Bruno et Dennis Praet auront une nouvelle fois été impériaux. UP.22-24

PHOTO NEWS

séismes relativement proches l’un de l’autre ont frappé le centre de la Birmanie dimanche et lundi. Ils auraient emporté au moins treize personnes. UP.4

responsable politique conservateur. UP.16

ANDREW COWIE / AFP

est fort attendue à l’Open VLD, dont elle va prendre la présidence, pour redonner de la vitalité à sa formation. UP.10

PLANÈTE Birmanie | Trois violents

M. GAMBARINI / REPORTERS

Météo

Zone euro | De nouvel-

les manifestations ont eu lieu dimanche à Athènes devant le Parlement grec où devait être voté le projet du budget 2013, qui prévoit la poursuite de la rigueur. La situation de la Grèce sera au cœur de la réunion ce lundi des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. Aucune décision n’est attendue sur le déblocage d’une aide de 31,5

Belgique 1,20 € – France 2 € – Luxembourg 1,20 € – Tél.: 02/744.44.44

Tennis | Novak Djokovic

fut hier le premier qualifié pour la finale des Masters de Londres en s’imposant en trois sets face à l’Argentin Juan Martin Del Potro UP.27 Hockey | Le Léopold n’a

fait qu’une bouchée de l’Orée (7-2) qui continue à traîner en fond de classement. UP.28-29

lle s’appelait Amaia Egana. Elle avait 53 ans. Vendredi dernier, elle a décidé de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre de son appartement. Par désespoir. La mort plutôt que la honte de se voir ex­ pulsée de son domicile. Ce suicide est le deuxième du genre en Espagne, pays durement touché par la crise et où 350000 propriétaires surendettés ont été expulsés depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. La crise charrie chaque jour, un peu partout en Europe, son lot de faillites, de res­ tructurations, de plans sociaux et de pertes d’em­ plois dont le nombre donne le tournis. Mais ici, le geste fatal de cette femme heurte notre conscience et montre – au­delà de statistiques froi­ des égrenées dans les médias – le visage le plus brutal de cette crise : celui de la mort comme seule issue à la dé­ tresse sociale. La mort de Amaia Egana doit nous interpeller. Nous, en tant que citoyens. Mais aussi nos gouvernants, à l’échelon national et européen, et nos responsables économiques. La crise économique et sociale que nous vivons est terrible, inédite peut­être en Europe dans sa longueur et son ampleur. Si la marge de manœuvre d’Etats désargen­ tés est très faible, la réponse à l’angoisse des peuples ne peut être celle de la seule austérité. Il faut ouvrir des perspectives, penser à des voies nouvelles de solidarité et moraliser enfin un monde de la finance qui n’a que trop vampirisé l’économie. On ne peut rester sourd au message qui sera envoyé ce mercredi par la rue dans plus d’une vingtaine de pays européens.

lundi 12 novembre 2012 – 129e année – n° 317

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La Libre belgique du 12112012  

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