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Le marché

Automobile

Une collection réunit huit artistes de la génération newyorkaise montante. PP.4-5

Les documents judiciaires vendus chez Berger ont retracé l’histoire. PP.10-11

Bonhams a ravi les amateurs de belles mécaniques à Spa. P.16

PHILIPPE FARCY

Expo en vue

Supplément à La Libre Belgique - N°233 - Semaine du 23 au 29 mai 2014

LES MOTS DE

RERO

PP. 2-3

RERO, SANS TITRE (NATURE MORTE), 2014/COURTESY GALERIE PARIS BEIJING BRUXELLES

© S.A. IPM 2014. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


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2 Commentaire

SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Art et culture visuelle

Rero, Sans titre (aucune image), 2014 (installation in situ). A droite, Sans titre (tableau de décoration pour votre intérieur...), 2014 et Série Durability, Sans titre (no data), 2014, buste en plâtre en collaboration avec Stéphane Parain, meilleur ouvrier de France.

Bio express Né en 1983. Expos dans de nombreuses institutions publiques : Centre Pompidou, Musée en Herbe, Musée de la Poste, Confluences, à Paris. Aussi à l’Antje Oklesund, à Berlin.

Infos pratiques Galerie Paris-Beijing/ Bruxelles, Hôtel Wins-

COURTESY GALERIE PARIS BEIJING BRUXELLES

L’art a bon dos. Aujourd’hui, quand on ne sait où placer une démarche, on la fourgue dans le secteur des arts visuels sous prétexte d’abolition des frontières entre les catégories, de décloisonne­ ments, d’ouvertures tous azimuts, de transversalités en tous sens (le terme a fait fureur il y a peu mais a disparu presque aussi vite) et autres dé­classifi­ cations en formes d’amalgames. Abat­ tre les cloisons et élargir les visions est bénéfique, les mixités sont profitables, les rencontres et collaborations sont des enrichissements. Pas de doute à ce sujet. Attention cependant, quand tout est dans tout, rien est aussi dans tout. La confusion peut devenir totale et les termes galvaudés. L’art n’est ni tout, ni n’importe quoi. Et certainement pas rien. Il est parfois bon de le rappeler tout en gardant l’œil et l’esprit ac­ cueillants. Nombre de manifestations récentes qui se sont placées sous le label artistique ne le méritaient assurément pas car le niveau, la qualité et le projet, ne cor­ respondaient pas aux exigences artisti­ ques. Si les arts visuels, dans leur dé­ sormais très large éventail, font partie de la culture en général, l’inverse n’est pas vrai. Tout ce qui participe de la culture visuelle n’est pas art ! Les cul­ tures sont larges, elles ont toutes leurs intérêts mais à des niveaux différents. Les moyens technologiques aujourd’hui sont tels qu’ils peuvent faire illusion et la surabondance des images sème quotidiennement la zizanie en jouant des coudes pour se propulser aux premières loges et occu­ per le terrain. La belle image publici­ taire, si réussie puisse­t­elle être, reste une image publicitaire qui vante un produit dans le but de convaincre les acheteurs potentiels. Plus sournoise­ ment, la déco sous prétexte d’applica­ tion, se prend aussi pour ce qu’elle n’est pas. Et l’on passe sur les images clichés, sur les objets imités, sur les ersatz de peinture… L’art a ses exigences qualitatives qu’on ne peut négliger sous peine de l’appau­ vrir. Il est pensée plastique et projet artistique intellectuellement riche avec un contenu nécessairement critique par lequel il questionne sans avoir d’autre fonction obligatoire. Original, sa valeur ajoutée indispensable est une teneur esthétique forte capable aussi de dégager des émotions. Tout cela aide à mieux voir !

COURTESY GALERIE PARIS BEIJING BRUXELLES

Par Claude Lorent

singer, 66, rue Hôtel des Monnaies, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 7 juin, du mardi au samedi, de 11 à 19h. Livre “Rero – Erreur dans le titre”, Editions Alternatives/Gallimard, 245 pages illustrées, environ 35 euros. Infos : 02.851.04.13 et www.galerieparisbeijing.com

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COURTESY GALERIE PARIS BEIJING BRUXELLES

Les mots barrés de Rero

h Rero s’intéresse aux codes de notre société. Pour lui, l’art est un moyen de réveiller les consciences en titillant la curiosité. ALORS QU’UN LIVRE IMPORTANT vient de paraître sur son travail, Rero investit les somptueux espaces d’Horta reconvertis en galerie d’art par Paris­Beijing. Un fameux écrin pour pareil iconoclaste ! Entendons­ nous bien : Rero ne détruit rien, il barre d’un trait des mots qui, dans l’imaginaire collectif, ont trop souvent perdu leur sens profond. Il restitue, par l’effacement, une vérité que le temps et les usages ont laminée. D’entrée de jeu, une phrase d’Edmond Jabès publiée dans “L’ineffaçable”, chez Gallimard en 1980, crée l’ambiguïté, nous sollicite : “Tu crois effacer le mot en le barrant. Ignores­tu que la barre est transparente ? Ce n’est pas la plume qui barre le mot mais les yeux qui le li­ sent.” D’évidence, Rero entend nous ouvrir le regard et les arts visuels sont là pour ça. “Ouvre l’œil et le bon !” pourrait être son slogan. Lui, il y va par petites tou­ ches, par tableaux aux murs, par bouts de papier au sol, par sentences placardées, et jusqu’à un certain ico­ noclasme quand même. Un iconoclasme d’idée, con­ ceptuel, quand il réalise une bibliothèque en plâtre envahie de livres, en plâtre eux aussi, l’ensemble s’ef­ fritant, se mourant de mort peut­être lente mais cer­ taine. Ordre esthétique et moral : Rero joue son art sur ces deux tableaux. Il investit des galeries, mais aussi des espaces publics. Le graffiti lui servit d’abord d’alibi et les tagueurs new­yorkais furent son école. Depuis lors,

il s’est forgé une écriture quasi invariable : il barre d’un trait tout ce qu’il écrit et consigne sur ceci ou cela. Son exposition bruxelloise est un sacré bon con­ densé de son recours, quasi obsessionnel, à une écri­ ture typique, celle qu’on trouve sur le net, la police Verdana, qu’il barre invariablement, non pas d’un trait rageur, mais d’une ligne horizontale sans heurts ni re­ proches. Il écrit sur tout et barre inlassablement ! “Je raye les mots pour qu’on les voie davantage. Le fait qu’ils soient rayés donne envie de les lire.” L’avis est de Jean­ Michel Basquiat. Rero l’a adopté, s’en est fait une carte de visite. Une première installation frappe d’emblée l’imagi­ naire. Dans une petite salle, trois tableaux aux cou­ leurs différentes : noir et blanc pour l’un, rouge pour l’autre, jaune pour le dernier. Un ensemble abstrait constitué, pour chaque tableau, d’un fourmillement de découpes identiques sur lesquelles sont inscrites des phrases barrées. Ce foisonnement, visuel et men­ tal, se poursuit au­delà des cadres et jusqu’au sol, jon­ ché à son tour de découpes toutes semblables. A cha­ que couleur correspond une phrase barrée : “Elle appa­ raît comme une identité en creux : elle se définit surtout par tout ce qu’elle n’est pas…” (la jaune); “Je n’ai pas l’in­ tention de me priver de toutes les opportunités en raison de ma langue maternelle, que j’aime passionnément, parce que certains veulent m’y enfermer” (la rouge); “C’est la négation de toute appartenance, l’acceptation du vide, du non­sens, de l’errance, du no­ lieu, du vide comme étant le plein.” (la noire et blanc). Rero crée l’imbroglio, active nos réactions, suscite la curiosité, active notre participation à son long, lent et dynamique, processus de réappropriation de notre identité dans un monde qui la gomme. Et nous en arri­ vons là au point zéro de la démonstration d’un artiste qui entend réinstaller l’homme au cœur d’une vérité

“Le plagiat est nécessaire, le progrès l’implique” “Copie le maître pour devenir maître à ton tour” “Rien n’est plus proche du vrai que le faux” “Il n’y a pas d’originaux dans le cybermonde, il n’y a que des copies” “Ceux qui ne veulent copier personne ne créent jamais rien” “Les bons artistes copient, les grands artistes volent”… Rero qui n’est pas, loin de là, celle de son voisin ! Une exposition à visiter et à méditer. Chaque salle est précédée d’une sentence d’un artiste, d’un philo­ sophe, d’un psychanalyste, d’un cinéaste. Rero, à leur suite, engage sa propre adhésion à une remise en question fondamentale. Roger Pierre Turine

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SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Les choix new­yorkais d’un coll h Images d’interrogations picturales à partir des œuvres de huit artistes américains basés à New York. L’EXPOSITION EST UNIQUE EN SON GENRE dans la mesure où l’on n’a pas eu l’occasion en Belgique de croiser des œuvres de ces artistes qui constituent, Wool et Miller mis à part, une nouvelle génération de plasti­ ciens évoluant à New York. Aux Etats­Unis, la diffé­ rence de travail entre les artistes de la côte Ouest et de la côte Est est flagrante. On peut le constater une fois de plus à travers cette exposition dont le propos porte es­ sentiellement sur la peinture et son devenir, alors qu’au bord de l’autre océan, ce sont les Jim Shaw, Paul McCar­ thy, Mike Kelley, voire David Lamelas (prochaine expo chez Jan Mot), Allen Ruppersberg (expo à venir au Wiels) ou Richard Jackson (expo au Smak à Gand) qui impulsent un ton plus excessif, plus débridé, plus dé­ mesuré. La figure de proue de ce renouveau new­yorkais n’est autre que Christopher Wool dont on a pu voir en 2012 une retentissante exposition au Mam de Paris. L’œuvre monumentale, proposée dans la présente exposition, est un excellent reflet de son travail et de sa démarche qui s’inscrit en continuité des interrogations sur l’image picturale posées par les Warhol (celui des “Elec­

tric Chair”) et Rauschenberg tout en y intégrant des données graphiques, techniques, esthétiques, et des pratiques en correspondance avec notre époque. Ce qui faisait écrire à Fabrice Hergott, commissaire de l’exposi­ tion, dans le catalogue : “Ce travail de reproduction qui fait image est peut­être le sujet de toute sa peinture traver­ sée par la question de savoir ce qui fait une figure, pourquoi la matière posée sur une surface donne­t­elle une image ?” Une assertion qui convient à l’ensemble de l’exposition tant on retrouve ce questionnement à travers la plupart des œuvres proposées. A la fois peintre franchement figuratif, pratiquement jusqu’au cliché du tableau populaire par excellence, photographe et sculpteur, John Miller déboussole la peinture en la rendant sculpture et transforme en or la banalité des objets qu’il y accumule. Sa position est iro­ nique et critique mettant à l’épreuve de multiples le­ viers qui ont marqué l’art du 20e siècle, ainsi les symbo­ les du luxe et de la richesse. Voire de la valeur de l’art, question on ne peut plus actuelle et impertinente chez un collectionneur. Conjointement à ces deux figures de référence, on considérera chaque proposition de l’expo comme un sujet de réflexion sur ce qu’est l’image picturale. Cha­ cune de ces œuvres est une piste d’investigation de la peinture américaine sortie de ses courants domina­ teurs et avant­gardistes, pour rejoindre des formes plus expérimentales, moins abouties pour certaines, et qui marquent le besoin, la nécessité et l’envie, de réamorcer

Les participants

COPYRIGHT@ HUGARD&VANOVERSCHELDE PHOTOGRAPHY

Christopher Wool, né en 195 à Boston, vit à NY et à Marfa (Texas). Tête d’affiche du renouveau pictural américain et artiste parmi les mieux côtés du moment. John Miller, né en 1954 dans l’Ohio, vit à Berlin et NY. Blake Rayne, né en 1969 à Delaware, vit à NY. Kelley Walker, né en 1969 en Géorgie, vit à NYC. Artiste de la galerie Catherine Bastide. Nate Lowman, né en 1979 à Las Vegas, vit à Brooklyn, NY. Seth Price, né à Jérusalem-Est en 1973, vit à NY. Josh Smith, né en 1976 à Tennessee, vit à NY. Artiste de la galerie Catherine Bastide. Cheyney Thompson, né à Baton Rouge, vit à Brooklyn, NY. Valérie Snobeck, néen 1980 à Wadena (Mn), vit à NY. Expose en ce moment chez Catherine Bastide ( 24 mai).

Infos pratiques Made in New York. Charles Riva Collection, 21 rue de la Concorde, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 19 juillet. Du jeudi au samedi de 12h à 18h30.

un propos pictural. On remarquera que celui­ci se ma­ nifeste presque toujours à la limite, parfois extérieure, de la peinture dans l’utilisation de l’image et de maté­ riaux divers. Ces engagements dans une forme de recherche ne vont pas sans reprises de formulations éprouvées qui vont du geste expressionniste à l’abstraction infor­ melle, du motif décoratif à la figure de synthèse, de l’ob­ jet intégré à l’image empruntée, de la forme découpée à l’intervention illusionniste. Ce qui nous dit que la pein­ ture veut vivre et se fraie des chemins exploratoires. Claude Lorent

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Sm’Art

ectionneur Josh Smith, Sans titre, 2006, peinture à l’éponge sur toile, 152 x 121 cm. En bas, Cheyney Thompson, “Extract from CT series”, acrylique sur organza.

Tout au féminin

Fictions imprenables

Il y a des bijoux de Line Vautrin, Astrid Fog et autres créatrices; les céramiques sont signées par Nadia Pasquer ou Francine Delmotte ou… Colette Biquand. Une attention toute particu­ lière sera portée aux travaux sur papier, très délicats et subtils, des Geneviève Claisse, Sonya Delaunay, Geneviève Asse, Aurélie Nemours, Colette Bitker, Mig Quinet… Et le tout, on l’aura remarqué, est exclusivement au féminin. (C.L.) U “Artistes au féminin”, galerie Brigitte Geerinckx, Rue Emile Bouilliot, 61 (Place Brugmann), 1050 Bruxelles. Jusqu’au 29 juin. Du jeudi au samedi de 14h à 18h30, dimanche de 11h à 15h.

Exposition crayonnée, en couleur, dans le Gard. Trois dessinateurs hors pair y étalent fan­ tasmes, états d’âme, émotions, histoires à dor­ mir debout ou rêver assis. Dominique Van den Bergh, née en 1962, est Belge. La voici, loin de chez elle, avec ses personnages en quête d’eux­ mêmes, ombres qui passent et s’impriment dans l’espace du temps. Frédéric Coché (1975), qui vit en Espagne, a étudié à Saint­Luc. Pour lui, le dessin et l’image appartiennent à la mé­ moire. Mémoire qui vit et revit sur la feuille. Imagier comme Coché, Gérard Depralon vit à Uzès. Il privilégie le dessin d’humour légendé à la main. Un univers insolite à saisir sans réti­ cences. (R.P.T.) U Galerie Deleuze­Rochetin, Route d’Uzès – Chemin du Moulin, 30700 Arpaillargues. Infos : 04.66.59.65.27 et www.galeriedeleuzerochetin.com

Coppens à NY

Dessins au stylo à bille Depuis deux ans, Greta Halfin initie un Project Store pour des expos souvent inédites. Des coups de cœur. Ainsi pour les dessins au stylo à bille, millimétrés, traits subtils et architectures au cordeau, de Charles Laib Bitton, dont le tra­ vail tend à une extrême rigueur de la composi­ tion. Au détriment de la vie ? (R.P.T.) U Project Store Greta Marta, 11, rue du Grand Cerf, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 30 mai, du mardi au dimanche, de 11 à 18h. Infos : www.gretamarta.be

COPYRIGHT@ HUGARD&VANOVERSCHELDE PHOTOGRAPHY

Il était un styliste reconnu et apprécié, il est de­ venu artiste plasticien, il a exposé ses cérami­ ques au musée Boijmans Van Beuningen à Rot­ terdam et ses “Landscapes” à Tokyo. Christo­ phe Coppens s’est basé à Los Angeles, dans les montagnes, et le voici à New York. Il trace sa nouvelle voie avec ses “Eraly Paintings”, des travaux à l’encre et à l’acrylique sur toile pour lesquels son point de départ est un ovale ou un cercle dans lequel et autour duquel il inter­ vient picturalement avec de couleurs plutôt tendres. Des premiers pas au pinceau à suivre sans doute un jour en Belgique. (C.L.) U Christophe Coppens, “Early Paintings”. Galerie hpgrp, 529 West 20th Street, New York. Jusqu’au 21 juin. www.hpgrpgalleryny.com

“Etre un collectionneur, pour moi, ce n’est pas ce que vous pouvez appeler un hobby, c’est toute ma vie”. Charles Riva Whitewall magazine, 2013

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Les galeries

SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

Peinture

Galeries BRUXELLES ABC Murmures. Oeuvres de Julia Jedwab. ‣ Jusqu’au 31·05. Du Ma. au S. de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30 ou sur rdv, fermé le 29·05. URue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles 02 511 32 53 ou 0475 37 59 27

ground New Yorkaise des années 60. Ses Champaka principaux protagonistes y sont immortali- Carlos Nine “Rapport visuel sur la ville de sés (Iggy Pop, Patty Smith, Robert Map- Buenos Aires”. Oeuvres originales de Carplethorpe, le Velvet Underground...) et no- los Nine issues de son dernier album qui tamment les stars de la Factory (Andy Wa- vient de paraître aux éditions Les Rêveurs. rhol, Nico, Candy Darling...). ‣ Jusqu’au ‣ Jusqu’au 31·05. Du Me. au S. de 11 à 30·05. Du L. au S. de 10 à 13h et de 14 à 18h30, le D. de 10h30 à 13h30. 18h, le D. de 10 à 15h. URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles UPlace du Grand Sablon - Rue de Bodenbroek 2-4 - 1000 Bruxelles - 02 503 13 10 www.bkw-gallery.com

c-l-e-a-r-i-n-g Albert Dumont She. Oeuvres de Spencer Sweeney. ‣ JusDenis Crutzen. ‣ Jusqu’au 08·06. Du J. au qu’au 21·06. Du Me. au S. de 11 à 18h. D. de 13h30 à 19h. UAvenue Louise 292 - 1000 Bruxelles URue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles 02 512 49 43 - www.galeriedumont.be

02 644 49 11 - www.c-l-e-a-r-i-n-g.com

0475 26 94 08 - www.galeriechampaka.com

Etablissement d’en face projects A Hidden Quiet Pocket. Oeuvres de Shelly Nadashi. ‣ Jusqu’au 08·06. Du Me. au D. de 14 à 18h. URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles 02 219 44 51 www.etablissementdenfaceprojects.org

c-o-m-p-o-s-i-t-e Alice Remake. Oeuvres d’Hamza Halloubi. ‣ Jus- Gladstone Gallery Just before Brazil. La galerie présente les qu’au 31·05. Du J. au S. de 14 à 18h. Richard Aldrich. Dessins, peintures et travaux sur papier de 27 artistes: Maya URue du Marché aux Porcs 10 - 1000 Bruxelles sculptures. ‣ Jusqu’au 07·06. Du Ma. au S. Hayuk, Todd James, Steve Powers, Atelier www.c-o-m-p-o-s-i-t-e.com de 10 à 18h. Pica Pica, Invader, Hell’O Monsters, Colonel URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles & Spit, Sophie d’Ansembourg... ‣ Jusqu’au Catherine Bastide 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com 27·06. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. ... / Forever Young. Oeuvres d’Uri Aran, David Caille, Bitsy Knox, Anna Mayer, Valerie Keitelman Gallery URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles 02 513 33 07 - www.alicebxl.com Snobeck & Catherine Sullivan, Julia Wachtel. ‣ Jusqu’au 24·05. Du Ma. au S. de 11 à Metri quadri di quadri. Oeuvres de Gabriele Di Matteo. ‣ Jusqu’au 31·05. Du Ma. B.K.W. Gallery 18h. au S. de 12 à 18h. 50 Years of The Warhol Factory - Photo Ar- URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 Bruxelles URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 646 29 71 chives by Gerard Malanga. L’expo est un 02 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com véritable témoignage de la scène under- www.catherinebastide.com

Zurstrassen entre fougue et équilibre Retour d’Yves Zurstrassen aux cimaises du Salon d’Art et nouvelle exploration dans son monde en mouvement perpétuel. Mouvement de balancier entre les orages du geste, ample et virevoltant, et l’appropriation spatiale, très architecturée, de constructions et profondeurs qui équilibrent et maîtrisent la débauche tempétueuse. Yves Zurstrassen (Belgique, 1956) est un peintre essentiellement. Il a la peinture au corps et à l’âme, en vit, s’y libère et y joue son bonheur dans l’art de poser des couleurs et des vigueurs sur une toile, petite ou de très grand format. Rien ne le rebute et surtout pas ce combat quotidien avec la matière et les soubresauts, les renoncements, les accords, parfois musicaux, souvent plastiques, qui en découlent. Cette fois encore les noirs et blancs, tranchés de gris, d’ocres, de vert olive dominent, s’inscrivent en grand sur des murs qu’ils cadrent d’envergures chromatiques qu’on sent en fusion. Mais, souvent en plus petits formats, les colorations fortes, osées et

Laurentin Gallery Henri Michaux. Peintures et oeuvres sur papier. ‣ Jusqu’au 19·07. Du Ma. au S. de 10h30 à 18h30. Paul Kallos. Peintures et oeuvres sur papier. ‣ Jusqu’au 19·07. URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com

Mathilde Hatzenberger Adam & Eve. Oeuvres d’Anne-Lise Riond-Sibony. ‣ Du 24·05 au 28·06. Du J. au S. de 13 à 19h ou sur rdv. URue Léon Lepage 11 - 1000 Bruxelles 0478 84 89 81 www.mathildehatzenberger.eu

MOTinternational Concrete Block, Drawings & Works on Paper, 1978-2005. Figure importante de l’Art Conceptuel depuis les années 60, Stephen Willats présente une série de dessins et de graphiques qui constituent la part essen-

tielle de sa pratique et révèlent son concept déterminant: l’architecture moderne dans le monde actuel. ‣ Jusqu’au 24·05. Du Ma. au S. de 10 à 18h ou sur rdv. UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles 02 511 16 52 - www.motinternational.com

Office Baroque Gallery Weird Vibe. Peintures de Mathew Cerletty. ‣ Jusqu’au 07·06. Du Me. au S. de 11 à 18h ou sur rdv. UPlace du Jardin aux Fleurs 5 - 1000 Bruxelles 0484 59 92 28 www.officebaroque.com

Office d’Art contemporain Point attracteur. Oeuvres de Marcus Bering. ‣ Jusqu’au 21·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue de Laeken 105 - 1000 Bruxelles 02 512 88 28 www.officedartcontemporain.com

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Les galeries

SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

van der Mieden Adam Jeppesen. Oeuvres du photographe danois. ‣ Jusqu’au 27·06. Du Me. au S. de 13 à 18h. URue Antoine Dansaert 196 - 1000 Bruxelles 02 513 62 12 - www.vandermieden.com

Young Gallery Illuminated. Le photographe de mode anversois Dirk Lambrechts présente en première vision une sélection d’une trentaine de tirages photographiques, couleur et noir et blanc, portant sur une période de plus de vingt années de prises de vues. ‣ Jusqu’au 08·06. Du Ma. au S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 www.younggalleryphoto.com

Artiscope Art in situ. Guillaume Bottazzi présentera douze tableaux récents ainsi que douze œuvres réalisées dans l’espace public. ‣ Du 30·05 au 20·06. Du L. au V. de 14h30 à 18h ou sur rdv. UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles 02 735 52 12 - www.artiscope.be

UAvenue Reine Marie-Henriette 105 1190 Bruxelles - 02 640 95 63 www.galeriequadri.be

Didier Devillez Hubris. Oeuvres de Dany Danino. ‣ Jusqu’au 31·05. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles -

Albert Baronian 02 215 82 05 - www.galeriedidierdevillez.be Sisters. Oeuvres de Fiona Mackay. ‣ Jusqu’au 21·06. Du Ma. au S. de 12 à 18h. duboisfriedland URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles Music for a Code. Oeuvres de Pascale Bar02 512 92 95 - www.albertbaronian.com ret. ‣ Jusqu’au 05·07. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. Bodson Souveraine 97 - 1050 Bruxelles ... How low can you go. Sculptures de Si- URue 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com mon Nicaise. ‣ Jusqu’au 14·06. Du Me. au S. de 14 à 19h. Elaine Levy Project URue de Hennin 70 - 1050 Bruxelles Ben Horns & Eric N. Mack. ‣ Jusqu’au 02 648 40 06 - www.bodsongallery.com 24·05. URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles - 02 534 77 72 Box Galerie A la croisée des chemins. Photographies de - www.elainelevyproject.com Mark Steinmetz. ‣ Jusqu’au 05·07. Du Me. Esther Verhaeghe Art Concepts au S. de 14 à 18h. Gratitude. Oeuvres d’Olivier Pestiaux. URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles - 02 537 95 55 - www.boxgalerie.be ‣ Jusqu’au 04·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Mignot Delstanche 51 - 1050 Bruxelles Delire Gallery Exposition collective. Oeuvres de Marcel 0476 28 37 35 - www.estherverhaeghe.com Broodthaers, Nico Dockx & Rirkrit Tiravanija, Aditya Mandayam, Pat McCarthy, Galerie Lazarew Gianni Motti et Roman Opalka. ‣ Jusqu’au Suburbia. Oeuvres d’Olivier Catté. ‣ Jusqu’au 24·05. Du Ma. au S. de 14 à 19h. 24·05. Du J. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. URue de Praetere 47D - 1050 Bruxelles 0487 12 52 50 - http://deliregallery.com

UAvenue Louis Lepoutre 112 - 1050 Bruxelles 02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr

COURTESY LE SALON D’ART

Quadri Tinta China. Oeuvres de Marcel-Louis Baugniet, Jacques Calonne, Jean-Pierre Maury, Reinhoud, Walter Swennen, Lionel Vinche, Léon Wuidar, Rik Wouters... ‣ Du 28·05 au

21·06. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv.

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provocantes, sont aussi de la partie. Zurstrassen poursuit une voie qui fut la sienne dès le départ. Une voie proactive, enlevée (celle que nous préférons chez lui), qu’il jugule désormais, harmonise avec des balisages plus construits. Pour y parvenir, il colle et décolle des formes géométriques incidentes, retravaillées pleine pâte. Avec lui, la peinture jubile, crémeuse, vibrante, tournoyante. Il en fut toujours ainsi et son galeriste de lui lancer : “Tu es l’archéologue de ton propre travail !” Energie et respiration, couleurs mêlées, entremêlées, couches sur couches : sa peinture est son autoportrait. En juin, il sera l’hôte du Museum Kurhaus Kleve, en Allemagne et, en septembre (le 14), il vernira ses toiles monumentales chez Valérie Bach. (R.P.T.)

U Le Salon d’Art, 81, rue Hôtel des Monnaies, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 12 juillet. Infos : 02.537.65.40 et www.lesalondart.be

URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles Petits Papiers - Huberty & 02 502 56 50 - www.robertopologallery.com Breyne Gallery Andreas / Verschaere. Fantômes, démons et créatures étranges peuplent les univers Schiller Art Gallery étranges et fantasmagoriques de l’artiste Gaiska. Oeuvres de Gaiska Torrealba. plasticien Fabien Verschaere et de l’auteur ‣ Jusqu’au 08·06. Du J. au S. de 12 à 18h de bande dessinées Andreas. ‣ Jusqu’au ou sur rdv. URue van Moer 12 - 1000 Bruxelles 01·06. Du Me. au D. de 11 à 18h30. 0496 23 88 54 URue de Bodenbroeck 8 - 1000 Bruxelles 0478 31 92 82 - www.petitspapiers.be

www.facebook.com/schiller.art.gallery

Sorry We’re Closed Pierre Hallet Made in Catalunya #2. Oeuvres de Manolo Peter Schuyff. ‣ Jusqu’au 26·05. Uniquesur rdv. Ballesteros. ‣ Jusqu’au 25·05. Du Ma. au ment de la Régence 65 - 1000 Bruxelles V. (fermé le Me.) de 14h30 à 18h30, le S. URue 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com de 11 à 18h30 et le D. de 11h30 à 13h30. URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles - 02 512 25 23 Synthèse - www.galeriepierrehallet.com Un salon d’ensemble. Oeuvres sur toile et sur papier. ‣ Jusqu’au 21·06. Du J. au S. de Roberto Polo Gallery Oneiric Landscapes. Peintures de Michaël 14h30 à 18h30. E. Allard 24 - 1000 Bruxelles de Kok. ‣ Jusqu’au 07·09. Du Ma. au V. de URue 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou sur rdv. 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be

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Les galeries

SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

COURTESY GALERIE NADJA VILENNE, LIÈGE. © D.R.

Connexions

Jozsa Gallery Transmutation. Oeuvres de Natalia de Mello, Lucie Lanzini, Lello//Arnell, Yerbossyn Meldibekov et Anila Rubiku. ‣ Jusqu’au 28·06. Du J. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. URue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com

Mazel Galerie Ombres et Lumières. Design et sculptures de “curiosité”. Oeuvres d’Hubert le Gall, Peter Keene et Piet.sO. ‣ Jusqu’au 31·05. Du Ma. au S. de 11 à 19h. URue Capitaine Crespel 22 - 1050 Bruxelles 02 850 29 28 - www.mazelgalerie.com

Nadine Feront Prophets. Issus de l’underground du dessin contemporain et auteurs de nombreux livres échappant aux notions traditionnelles d’illustration ou de livres d’artistes, Aurélie William-Levaux et Moolinex créent ensemble des objets qui ne sont pas des livres. ‣ Jusqu’au 31·05. Du J. au S. de 14 à 18h30. URue Saint-Georges 32 - 1050 Bruxelles 02 640 34 44 - www.nadineferont.com

Nathalie Obadia Still Life. Oeuvres de Valérie Belin. ‣ Jusqu’au 21·06. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 12 à 18h. URue Charles Decoster 8 - 1050 Bruxelles 02 648 14 05 - www.galerie-obadia.com

Puls Contemporary Ceramics Yoshimi Futamura & Thérèse Lebrun. ‣ Jusqu’au 07·06. Du Me. au S. de 13 à 18h. URue du Page 19 - 1050 Bruxelles - 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com

Rodolphe Janssen David Adamo. Sculptures. ‣ Jusqu’au 28·05. Du Ma. au V. de 10 à 18h et le S. de 14 à 18h. Gert & Uwe Tobias. ‣ Jusqu’au 28·05. URue de Livourne 32-35 - 1050 Bruxelles 02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com

XXL ART on Waterloo 503 Haut en Couleur. Peintures, dessins et aquarelles de Vincent Delpierre. ‣ Jusqu’au 07·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. UChaussée de Waterloo 503 - 1050 Bruxelles 0472 45 81 49 www.xxlartonwaterloo503.com

Les réseaux de Murphy Rare exposition à Liège puisqu’elle est consacrée au travail de l’artiste anglais John Murphy (1945, vit à Londres) que l’on n’a plus vu en Belgique depuis 2006 dans l’ex­galerie Erna Hecey. Ses œuvres occupent tous les espaces de la galerie dans un dispositif précis, conceptuel comme ses travaux, car créant des rapports fort complexes entre elles. Tout le travail de l’artiste repose sur un principe de références et de correspondances, ainsi que sur le visuel et l’intellectuel. Il s’approprie des images, souvent de cartes postales, parfois de films. En modifie généralement l’échelle. Il les présente avec grand soin sous forme d’œuvres rigoureusement encadrées, leur attribuant ainsi le statut d’œuvres à part entière. Parfois il joint une phrase. “Je vise”, dit­il, à créer du sens dans l’espace qui existe entre les mots et l’image, cependant sans en préciser le sens…” (1). C’est en effet au visiteur à établir son propre réseau de lecture à partir des indices déposés par l’artiste. Et il ne sera pas superflu de circuler dans l’exposition en adoptant divers points de vue de manière à créer des connexions entre les œuvres en fonction de leur placement. Toute l’exposition repose sur la relation entre les choses. Ce n’est pas par hasard que, dans les années 80, il a intitulé une œuvre “Au­delà de la puissance des mots”. Il convient de tenir compte de ceux­ci, de leur polysémie, également de faire appel à notre fond de culture, en l’occurrence littéraire (on croise Joseph Conrad) et cinématographique (Fellini). Ainsi qu’à notre sens de l’observation et à notre imaginaire. (C.L.)

U John Murphy. Galerie Nadja Vilenne, 5, rue Cdt Marchand, 4000 Liège. Jusqu’au 29 juin. Du jeudi au samedi de 14h à 18h.

U (1) Interview de Jon Thompson, “Aspects”, Hiver, 79/80.

URue Faider 6 - 1060 Bruxelles - 02 502 78 24 www.galerievaleriebach.com

LIÈGE Boycott Art Gallery I Get Along. Peintures figuratives de Ray Les Drapiers Richardson. ‣ Jusqu’au 22·06. Icônes Jacquards. Une série d’images tisUAvenue des Aubépines 40 - 1180 Bruxelles sées de visages humains à grande échelle 0475 51 99 31 - www.boycottgallery.com de Lia Cook, redéfinissant les frontières entre technologie, informatique, photograGalerie Espace Lorraine phie et artisanat. Parcours OFF de la 9e Moké. A travers ses peintures, il est l’un des Biennale Internationale de la Photographie meilleurs chroniqueurs de la vie congolaise et des Arts Visuels de Liège. ‣ Jusqu’au contemporaine. ‣ Jusqu’au 28·06. Du Me. 25·05. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. au S. de 15 à 19h. URue Hors-Château 68 - 4000 Liège UAvenue Van Bever 8 - 1180 Bruxelles 02 375 01 75 www.galerieespacelorraine.com

BRABANT WALLON

BRAINE-L’ALLEUD

UCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot 080 86 42 94 - www.trianglebleu.be

Galerie 360° NAMUR Le Temps retrouvé. Oeuvres de Carole Fremery-Murphy. ‣ Jusqu’au 30·05. Le Me. de GRAND-LEEZ 15 à 18h et le S. de 14 à 17h en présence de Exit11 Contemporary Art l’artiste. Asia. Photos de Thierry Cantillon. ‣ JusUPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud qu’au 01·06. Les S. et D. de 10 à 18h ou sur 02 384 61 03 rdv. http://galerie360.braine-lalleud.be Voices. Oeuvres de Maureen Bachaus. ‣ Jusqu’au 01·06.

GLABAIS

Espace B Avant la brocante. Peintures, dessins, objets, tirages de tête anciens et récents de Lionel Vinche. ‣ Jusqu’au 01·06. Les S. et D. de 14 à 18h ou sur rdv.

12h et de 14 à 18h. URue de l’Hôtel des Monnaies 81 - 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 www.lesalondart.be

04 222 37 53 - www.lesdrapiers.be

Nadja Vilenne Such are the vanished coconuts of hidden Rossicontemporary Closing Time. Encres sur papier de Jona- Africa. Oeuvres de John Murphy. ‣ Justhan Rosic. ‣ Jusqu’au 31·05. Les J. et V. de qu’au 29·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. 13 à 17h, le S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Commandant Marchand 5 - 4000 Liège Eau de mer, eau de rivière. Peintures de 04 227 19 91 Carolina Fernandez. ‣ Jusqu’au 31·05. Les www.nadjavilenne.com J. et V. de 13 à 17h, le S. de 14 à 18h ou sur rdv. Estefania Perez Perez. Peintures. ‣ Jus- STAVELOT qu’au 31·05. Les J. et V. de 13 à 17h, le S. de Triangle bleu 14 à 18h ou sur rdv. Sensus. Oeuvres de Jacques Charlier, AnURivoli Building - Chaussée de Waterloo 690 thony Duchêne, Baudouin Oosterlynck, Sté1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 phanie Roland et Rémi Tamburini. ‣ Du www.rossicontemporary.be 25·05 au 27·07. Du J. au D. de 14 à 18h30 ou sur rdv.

UHaute Rue 33 - 1473 Glabais - 067 79 08 11 www.espaceb.be URue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles 02 333 20 10 www.galerieantonionardone.be

LIÈGE

HAINAUT COUILLET

UChâteau de Petit-Leez - Rue de Petit-Leez 129 5031 Grand-Leez - 081 64 08 66 www.exit11.be

JAMBES Détour Anne Marie Finné. Dessins et carbones. ‣ Jusqu’au 21·06. Du Ma. au V. de 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h, fermé les j.f. UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be

Faider Zedes Art Gallery Jacques Cerami After Mother. Oeuvres de Louis d’Hauteri- Anne Boland. Oeuvres récentes. ‣ JusANVERS Jean-Baptiste Sauvage & Floris Hovers. ves. ‣ Jusqu’au 28·06. Du Me. au V. de 12 qu’au 07·06. Du Me. au S. de 14 à 18h ou Pascal Polar ‣ Jusqu’au 26·06. Du Me. au V. de 14 à Imaginations. Oeuvres de Ricard Aymar, à 18h, le S. de 14 à 18h. sur rdv. ANVERS Lance Letscher, Hassan Musa, Max Neu- 19h, le S. de 11 à 18h, fermé les j.f. URue Paul Lauters 36 - 1050 Bruxelles URue Faider 12 - 1060 Bruxelles - 02 538 71 18 Fifty One Fine Art Photography URoute de Philippeville 346 6010 Couillet 02 646 00 04 - www.zedes-art-gallery.be www.galeriefaider.be mann, Chéri Samba, Michel Scarpa, Miros- 071 36 00 65 ou 0477 78 44 34 Nonage. Oeuvres de William Klein, Katy lav Tichý, Karl Waldmann... ‣ Jusqu’au www.galeriecerami.be Grannan, Elinor Carucci, Bruce Davidson, 100 Titres Galerie Paris-Beijing 28·06. Du Ma. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. Helen Levitt, Deanna Templeton, Martin Confusion des genres. Oeuvres de Fanny Umwelt. Oeuvres de Rero. ‣ Jusqu’au UChaussée de Charleroi 108 - 1060 Bruxelles Munkasci, Seydou Keïta... ‣ Jusqu’au Viollet. ‣ Jusqu’au 15·06. Du J. au D. de 14 07·06. Du Ma. au S. de 11 à 19h. TOURNAI 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 28·06. Du Ma. au S. de 13 à 18h. URue Hôtel des Monnaies 66 - 1060 Bruxelles à 18h. www.pascalpolar.be Rasson Art Gallery UZirkstraat 20 - 2000 Anvers - 03 289 84 58 02 851 04 13 URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles Beyond words. Oeuvres d’Antoine Gamard. www.gallery51.com www.galerieparisbeijing.com 02 534 03 43 - www.100titres.be Valérie Bach ‣ Jusqu’au 25·05. Du J. au D. de 14 à 18h30 A Small Man in A Big World. Photographies ou sur rdv. Fifty One Too Le Salon d’Art Antonio Nardone Salope. Oeuvres d’Alessandro Filippini. Texture de la Mémoire. Oeuvres récentes de Gérard Rancinan. ‣ Jusqu’au 21·06. Du URue de Rasse 13 - 7500 Tournai Arnold Newman “Early Works and Por069 64 14 95 ou 0474 93 50 22 ‣ Jusqu’au 31·05. Du Me. au S. de 14 à 18h d’Yves Zurstrassen. ‣ Jusqu’au 12·07. Du J. au S. de 11 à 13h et de 14 à 19h, le Me. www.rassonartgallery.be traits”. ‣ Jusqu’au 28·06. Du J. au S. de ou sur rdv. 14 à 18h ou sur rdv. Ma. au V. de 14 à 18h30, le S. de 9h30 à sur rdv.

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué - éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité: Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

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Les galeries

SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

A l’étranger

Le livre de la semaine

France

COURTESY GAL.DUBOYS COURTESY FILLES DU CALVAIRE

CNRS

Voici un livre qui manquait. Et donc une étude qui vaut son pesant de satisfactions ! Depuis, largement précurseur, Schwitters et son “Merzbau”, autour du premier quart du XXe siècle, l’installation a trouvé droit de cité au rang des explorations plastiques d’un siècle de toutes les audaces. Goldberg n’en fait pas pour autant un fromage et, loin d’hacher menu les installations de tout poil qui ont façonné notre manière de voir l’art autrement, il s’en est surtout tenu à celles qui ont émergé durant une grosse décennie de folie à tous les étages, entre la fin des années 50 et le début des années 70. Son étude, indispensable à tout qui voudrait se retrouver sensibilisé à ce type de pratique, évalue chronologiquement des temps forts et les particularités de telle ou telle intervention. Postmoderniste, fluctuant au fil des mouvements, la pratique de l’installation ne se résume pas ex­cathedra. Ce qu’a compris notre auteur qui, comme elle, évolue du Nouveau Réalisme à la vidéo. Le parcours rafraîchit les mémoires, inscrit les balises indispensables, fait le tour d’une question loin d’être définitive. Devenue registre à part entière des arts visuels et plastiques, les installations réagissent aux phénomènes sociaux, économiques, politiques, esthétiques, et même guerriers, qui nous gouvernent. L’attrait du livre, c’est de nous les restituer dans leur jus, tout en allant de l’avant. (R.P.T.)

Thierry Diers – Peinture Paris – Galerie Duboys

COURTESY GAL. HUBERTY-BREYNE

“Installations”, d’Itzhak Goldberg

LOVENJOEL

03 248 84 83 - www.galeriezuid.be

UGroot Park 2 - 3360 Lovenjoel - 0473 39 14 78 www.thewhitehousegallery.be

The White House Gallery Unwritten & Written. Oeuvres d’Elodie AnGalerie Zuid Goran Djurovic. Peintures. ‣ Jusqu’au toine, Hallveig Ágústsdóttir, sara Bjarland, 14·06. Du Me. au S. de 14 à 18h (le J. jus- Mats Dekock, Patrick Keulemans, Hilde overbergh et Bart De Zutter. ‣ Du 25·05 au qu’à 20h). 29·06. Du J. au D. de 14 à 18h ou sur rdv. UPacificatiestraat 34 - 2000 Anvers -

BORGERHOUT Zeno X Gallery Mark Manders. ‣ Jusqu’au 31·05. Du Me. au S. de 13 à 17h.

ASSE De Ziener Een Groep. Oeuvres de Sjoerd Buisman, Karel De Meester, Jo De Smedt, Jean-Georges Massart, Sara Van Woerden... ‣ Jusqu’au 15·06. Du V. au D. de 15 à 18h ou sur rdv. UStationsstraat 55 - 1730 Asse - 02 452 77 86 www.deziener.be

Contact

Nourri par le mythe de la Belle et la Bête, le dessinateur fa­ çonne des déesses irréelles, sombres et poétiques, qui font ressurgir les désirs et les fantasmes enfouis. Dans chacune de ses œuvres, il raconte une femme différente et la montre au moment crucial où son âme se révèle, parfois provocatrice, parfois douce et mélancolique. U Jusqu’au 14 juin. Galerie Huberty­Breyne, 91, rue saint­ Honoré, 75001 Paris. www.petitspapiers.be

“Marcher sur le feu”, quatrième volet de la série d’expo “L’ap­ parence des choses” de l’artiste française (1978, vit à Bruxel­ les) dans lequel elle évoque l’action d’un rituel ancestral où il s’agit de confronter ses peurs et de les transformer par la mise en péril de son corps. U Jusqu’au 7 juin. Galerie Odile Ouizeman, 10/12 rue des Coutures Saint­Gervais, 75003 Paris. www.galerieouizeman.com

Le peintre suisse (1960, vit à Genève) s’applique à peindre des mots, des phrases ou plus rarement des signes simples. Mo­ nochromie et bichromie sont ses deux axes chromatiques tandis qu’il s’ingénie à varier les graphies et les compositions en rapport avec les termes proposés dont l’interprétation est sujette à des sens divers. U Jusqu’au 21 juin. Galerie Bernard Ceysson, 2, rue Wiltheim, 2733 Luxembourg; www.bernardceysson.com

Max Bill – Peinture et sculpture Londres – Massimo De Carlo

ZEEBRUGGE

URederskaai 16 - 8380 Zeebrugge 0475 98 39 99 - www.mgart.be

Luis Royo – Dessin Paris -Galerie Huberty-Breyne

Angleterre

UGolvenstraat 7 - 8300 Knokke - 050 67 75 90 www.stephanesimoens.com

MG Art UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout - 03 216 16 26 Landscape I. Oeuvres de Johan Boutelegier - www.zeno-x.com et Pierre Courtois. ‣ Jusqu’au 16·06. Du V. au L. de 11 à 13h et de 15 à 18h.

BRABANT FLAMAND

COURTESY GAL. B. CEYSSON

KNOKKE

Tim Van Laere Gallery Portray. Oeuvres d’Armen Eloyan, Kati UKustlaan 124-126 - 8300 Knokke Heck, Anton Henning, Edward Lipski, Vivian 0475 31 97 49 - www.maruani-mercier.com Maier, Dan McCarthy, Pablo Picasso, Ed Templeton, Rinus Van de Velde, Henk Stephane Simoens Contemporary Visch... ‣ Jusqu’au 28·06. Du Ma. au S. de Fine Art Between the Lines. Oeuvres de Nelleke Bel13 à 18h. tjens, Laurent Da Sylva, Raoul De Keyser, UVerlatstraat 23-25 - 2000 Anvers - 03 257 14 17 - www.timvanlaeregallery.com Torben Giehler, Philip Van Isacker et Frank Stella. ‣ Jusqu’au 25·05.

L’artiste a photographié la zone de Pyramid Lake près de Los Angles et réalisé de grands tirages. Dans ses peintures monu­ mentales présentées ici, ces grands paysages panoramiques sont recouverts, de manière presque emphatique, de formes géométriques qui focalisent sur un détail et d’aplats de cou­ leurs vives. U Jusqu’au 21 juin. Galerie Les filles du calvaire, 17, Rue des Filles du Calvaire, 75003 Paris. www.fillesducalvaire.com

Christian Robert-Tissot – Peinture Luxembourg – Galerie Bernard Ceysson

FLANDRE OCCIDENTALE Maruani & Mercier Gallery Héroïnes & Just Like a Woman. Deux séries photographiques de Bettina Rheims. ‣ Jusqu’au 31·05. Les S. et D. de 11 à 18h30.

James Hyde – Peinture et photo Paris – Les filles du calvaire

Luxembourg

MAX BILL/TODD WHITE

UMuseumstraat 35 - 2000 Anvers - 03 237 98 22 - www.nkgallery.be

COURTESY GAL. OUIZEMAN

quelques illustrations couleur, environ 25 euros.

UHofstraat 2 - 2000 Anvers - 03 233 88 14 www.gallery51.com

Sous le titre “Face à l’épaisseur du temps”, l’artiste français formé à Tournai propose une rétrospective consacrée à ses peintures de “paysages” réalisées entre 1974 et aujourd’hui. On prendra le terme générique avec distance tant cette pein­ ture à l’huile onctueuse flirte avec l’abstraction. U Jusqu’au 21 juin. Galerie Duboys, 6, rue des Coutures St­ Gervais, 75003 Paris. www.galerieduboys.com

Rachel Labastie – Sculpture Paris – Galerie Ouizeman

U “Installations”, par Itzhak Goldberg, CNRS Editions, 320 pages,

NK Gallery Flesh !. Oeuvres d’Alexander Pogorgelsky et Maria Pogorgelskaya. ‣ Jusqu’au 28·06. Du J. au S. de 12 à 18h.

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L’exposition historique de l’artiste Suisse (1908 – 1994) ras­ semble des peintures portant particulièrement sur l’interpré­ tation du carré, des sculptures et du mobilier des années 40 à 70 de celui qui fut formé au Bauhaus et devint l’initiateur de l’Art Concret, adepte de l’abstraction géométrique et desi­ gner réputé. U Jusqu’au 7 juin. Massimo De Carlo, 55 South Audley Street, W1K 2QH Londres. www.massimodecarlo.com

Agenda Culturel Tél.: 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

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Adjugé!

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Adjugé!

SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

l Jugements

GALERIE MODERNE

Coppens

Crimes e en place h Une vente de documents

500 €

LEMPERTZ

Lempertz

Un petit miracle a eu lieu ce 17 mai chez Lempertz à Cologne nous dit Christine de Schaetzen en charge de la maison en ses bureaux belges. Lors de la vente dont nous avons parlé na­ guère pour les sculptures surtout, il se trouvait au lot 1174 une grande toile figurant un “Christ appelant à lui les petits enfants”. La composition était ici donnée à un peintre néerlandais du XVIIe siècle, sans plus. Un conser­ vateur du musée de Berlin avait, en 1954, suggéré Govaert Flinck, excel­ lent artiste suiveur de Rembrandt. La composition de 103 x 86 cm prove­ nait d’une collection privée alle­ mande et était annoncée entre 15000 et 18000 €. Un amateur anglais a em­ porté le lot après une très longue ba­ taille d’enchères au prix formidable, pour le déposant, de 1525000 €, frais inclus.

1 525000 €

L’HISTOIRE DU MONDE EST FAITE d’horreur trop souvent. Il n’y a rien de neuf sous le soleil et c’était sans doute pire il y a cent et deux­cents ans que de nos jours. La bibliothèque de Pierre Zoummeroff contenait à ce propos des centai­ nes de documents rares concernant les lois pu­ nitives, des témoignages de prisonniers comme des lettres et des dessins, mais aussi des photo­ graphies de procès voire même d’exécutions ca­ pitales. On ne rigolait donc guère dans la salle 7 de l’Hôtel des Ventes Drouot ce 16 mai à Paris. A ceux qui se posaient des questions sur le type de collection et surtout de collectionneur à qui on avait à faire, plusieurs articles parus dans la grande presse hexagonale depuis un mois étaient venus étoffer et expliquer une recher­ che qui n’était pas perverse, mais basée sur un désir de préserver des témoignages et des élé­ ments de l’histoire commune des hommes se­ lon leurs régions ou pays. Il s’agissait de la collection de Philippe Zoum­ meroff, français, catholique, mais né tchét­ chène et de confession juive, dont le père était pêcheur de perles. Grand amateur d’opéra (le lien avec le métier du père n’est pas établi, quoi­ que), il a donné des centaines de documents et 100000 disques de tous âges, sur ce thème, à la Bibliothèque nationale de France. Il avait aussi collectionné des milliers de timbres. Là il ter­ mine, à 84 ans, une biographie de Thomas Edi­ son. La vente offrait des raretés dont un traité si­ gné à Versailles en 1724 sur l’usage à faire des esclaves noirs en Louisiane ou encore le décret signifiant l’utilisation de la guillotine en 1792. La vente aurait dû comprendre une édition en allemand de 1925 de “Mein Khamp”, dont on

PBA

Omer Coppens (1864­1926) a peint en 1923 cette cour de jardin bordée de diverses maisons très proches de ce que l’on voit à Bruges et dans les villes de Flandre occidentale. La toile de 45 x 55 cm était annoncée par la Galerie Moderne à Ixelles à 400­ 600 €. Elle a été vendue à 500 €, frais compris.

judiciaires a fait parler d’elle chez Pierre Bergé, avec des documents exceptionnels.

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SEMAINE SEMAINEDU DU2323AUAU2929MAI MAI2014 2014ARTS ARTSLIBRE LIBRE

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PBA

t Châtiments de Grève

Le 2 septembre 1909, on exécuta Liotard dans la cour de la prison de Valence. Le lot a été vendu à 650 € (estimé : 200 à 300 €). Cette lettre autographe de Fieschi, quelques heures avant son exécution, à sa fiancée “La Borgnotte”, fit 900 €. oublie trop la date alors que toutes les horreurs futures y étaient inscrites. Un bureau de lutte contre l’antisémitisme l’a fait retirer. Le Conseil des ventes demanda également le retrait de ce lot et celui d’un recueil de pièces concernant Louis­Marius Rambert (1903­1934), assassin mort en prison et qui avait donné sa peau ta­ touée (six éléments dont son torse), à son mé­ decin traitant Lacassagne. Lequel s’en servit pour la reliure des pièces. On attendait 10000 € de ce lot qui était l’un des plus onéreux. Parmi les belles enchères, on retiendra les 5100 € donnés pour L’Aurore du 13 janvier 1989 où Zola signa le fameux “J’Accuse”, lié à l’affaire Dreyfus. On en espérait 3000 €. Il y avait par ailleurs trois lots détaillants par des dessins ou des photographies, des supplices à la mode chinoise d’il y a une centaine d’années et

plus. Les enchères allèrent de 800 à 2700 €. Il fallut encore 2100 € (est. : 800 à 1000 €), pour s’en aller avec un portefeuille de pièces concer­ nant le docteur Petiot, qui avoua 63 meurtres mais ne fut guillotiné “que pour” 27 d’entre eux, le 25 mai 1946. Puis on donna 3200 €, sur une base de 800 €, pour les documents du pro­ cès Pétain. Violette Nozière qui avait empoi­ sonné son père (un cheminot qui la violait) eut plus de succès. Une lettre à sa mère annoncée à 2000 € s’en alla à 3200 €. Devenue égérie des surréalistes, des documents d’auteurs connus concernant cette jeune femme condamnée à mort (peine commuée), trouvèrent preneur à 3600 €, alors qu’à 800 € ils pouvaient partir. Il y avait 423 lots. Près de 80 % changèrent de mains. Philippe Farcy

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Le marché

l Foires d’art contemporain

SEMAINE DU 23 AU 29 MAI 2014 ARTS LIBRE

l Vente publique

COURTESY GALERIE TATJANA PIETERS

Damery et quel à Amsterdam h Les ventes publiques sont

Paris et Buenos Aires h A côté des grandes machines internationales des marchés locaux s’ancrent et de petites manifestations s’insèrent. EN ATTENDANT LES MULTIPLES RENDEZ­VOUS BÂLOIS de juin prochain, le temps des foires prend une pause sans pour autant disparaître totalement puisque certaines ini­ tiatives viennent se glisser entre les grands événements. Des foires plus locales et concentrées fleurissent en mai à Athènes, à Munich, à Milan, à Singapour, à Barcelone, à Londres… A Paris, un regroupement de galeries crée le “Collectors Weekend”, tandis qu’à Buenos Aires la Arte BA en est à sa 23e édition. Et Tatjana Pieters fait le déplace­ ment ! La “Collectors Weekend”, une foire différente, modeste par le nombre de participants, est centrée sur les galeries parisiennes. La jeune parisienne rassemble 35 galeries du Marais, de Saint­Germain­des­Prés et de Belleville (le nou­ veau quartier des galeries hype) avec une manifestation d’ensemble au Palais des Beaux­Arts en partenariat avec l’Ecole des Beaux­Arts sous la houlette de Nicolas Bour­ riaud. Chaque galerie y présente un artiste et parallèle­ ment ouvre aussi son lieu habituel. On y retrouvera notam­ ment les galeries Jousse Entreprise qui a remporté le “Ka­ ren Renders Award” de la jeune galerie à Art Brussels, et Cortex Athletico qui participait également à l’événement du marché bruxellois, ainsi que la belgo­française Almine Rech qui proposera les œuvres d’Ida Tursic et Wilfried Mille (Serbie/France). Une visite de quartier où la convivia­ lité sera de mise et des guides seront à votre service. L’ArteBA de Buenos Aires est également une petite foire, locale, essentiellement latino­américaine comptant la par­ ticipation de quelques galeries européennes dont des espa­ gnoles. 81 galeries se partagent l’espace. La galerie gantoise Tatjana Pieters est invitée pour la première fois dans une section qui est réservée aux artistes du continent. Elle y propose les œuvres d’un peintre, aussi vidéaste et photo­ graphe, le Péruvien, Fernando Gutierrez Huanchaco. On a pu voir ses œuvres à l’Arco ainsi que chez Saatchi à Lon­ dres. Avec un certain humour et un réel détachement, il mélange volontiers les niveaux de culture dont la culture populaire péruvienne. C.L. U Collectors Weekend. Palais des Beaux­Arts, 13, quai Malaquais, 75006 Paris. Vernissage sur invitation ce 23 mai, ouverture publique les 24 et 25 de 12h à 19h. Entrée libre. U ArteBA. Art fair Buenos Aires. Du 23 au 26 mai. Palermo Exhibition Center, Avenida Sarmiento 2704, La Rural, Buemos Aires.

souvent l’occasion de découvertes de tableaux perdus, oubliés, inconnus. Ce fut le cas le 13 mai chez Christie’s. IL Y AVAIT DANS LA GRANDE CITÉ néerlan­ daise une vente divisée en deux parties et ce uniquement pour les tableaux dont les trois­ quart provenaient d’ateliers des Pays­Bas an­ ciens. La première partie ne concernait que les peintres d’Ancien Régime. La seconde par­ tie donnait à voir des œuvres de luministes hollandais comme van Schendel ou d’un im­ pressionniste de grande qualité et valeur, à savoir Isaac Israels. Les deux journées de ven­ tes ont rapporté six millions d’euros et des poussières pour 285 lots mis à l’encan et près de 80 % de lots vendus. Parmi les peintres an­ ciens, il y avait des tableaux des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles de qualité assez variables avec des prix annoncés entre 4 000 et plus de 150 000 €. La première découverte est l’exception qui confirme la règle énoncée plus haut. Il s’agis­ sait d’un tableau de l’actuelle Autriche et plus précisément de la Carinthie. On vendait là en provenance d’une famille noble allemande quatre panneaux constituant des éléments d’un retable d’autel. Ils mesuraient chacun 103 et 50 cm de long et de large. La ville d’ori­ gine, à défaut d’un nom d’artiste précis, était Villach et l’on se trouvait dans des dates de 1480 à 1485. Les experts pensaient quand même à l’atelier de Thomas Artula dont il existe un retable très proche au musée diocé­ sain de Klagenfurt. Les panneaux, bi­faces, fi­ guraient sainte Catherine, la Madone et l’En­ fant, saint Jean­Baptiste et sainte Barbe sur les côtés principaux; on vous passe les donateurs de l’autre bord. On annonçait cet important lot entre 100 000 et 150 000 €; il en vint 187 500 €, frais compris. Vinrent ensuite en guise de retrouvailles avec le marché, cinq portraits de la famille

CHRISTIE’S

Fernando Gutierrez Huanchaco, “Somos Libres I”, 2013, impression sur papier coton, 80 x 120 cm, éd de 5, une œuvre proposée à la foire de Buenos Aires par la galerie gantoise de Tatjana Pieters.

van der Haer, passés en vente à Rotterdam en avril 1892, vendus par un descendant des modèles, rachetés par un de ces cousins et vendus présentement par un autre descen­ dant. Les trois lots comptaient en tout cinq ta­ bleaux. Le plus vieux était peint par Jan van Ravesteyn (1572­1657). Les quatre autres (2 x 2 couples), le furent par Michiel van Miere­ velt (1566­1641). Le premier tableau (la grand­mère), fit 31250 €, dans la fourchette des estimations. Les deux autres firent 79 500 € pour le jeune couple annoncé entre 40 000 et 60 000 €, et 63 900 €. Ce dernier chiffre concernait les parents, évalués entre 25 000 et 35 000 €. L’autre découverte se trouvait au lot 81 avec une vue d’un immense paysage piqué d’un château, sans doute dans le Brandebourg, peint par Pieter Post (1608­1699), frère de Frans qui lui est une célébrité quasi mondiale pour ses paysages peints au Brésil et qui vaut des fortunes. Le peintre avait été invité à ce périple par le prince Jan­Maurits de Nassau­ Siegen. Ici, on ne parle pas de fortune car la toile de 40 x 62 cm s’est vendue dans les esti­ mations à 47 100 €. Mais c’est une découverte quand même. Il y eut moins cher encore et bien plus inté­ ressant et plus beau au regard. Il s’agissait d’une toile inconnue de Walthère Damery (1614­1678), artiste liégeois dont nous avi­

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l Rareté

Réapparition d’une cubiste

ques autres

h Alice Halicka (1894­1975) ressort d’un certain oubli dans une vente ce 28 mai chez Lombrail­Teucquam à Paris.

ons publié le corpus grâce à Léon Smets, lors d’une exposition à la commanderie teutoni­ que des Vieux­Joncs (Alden Biesen), durant l’été 1987. Tout indique qu’il s’agit d’un Da­ mery authentique, par les types physiques des personnages, leurs yeux noirs profonds, les joues rebondies des enfants, la manière de traiter les mains. Damery a traité de jeux d’enfants dans une “Bacchanale” conservée à la pinacothèque de Sienne (1649). Il a abordé le paysage dans deux tableaux de l’ancienne collection Fraigneux (1665) et au Vieux­Joncs il a peint le magistral plafond de la bibliothè­ que (“Les Quatre Saisons”), vers 1660 qui est dans le droit fil de la toile d’Amsterdam. L’œuvre présentée chez Christie’s était un tableau de chevalet de belles dimensions (98 x 110 cm) et figurait “Venus et Adonis”. La toile, non signée et non datée était donnée à une “Ecole liégeoise du XVIIIe siècle”; elle pro­ venait de la collection de Rose Mc Donnell et passa en vente à Londres en 1935. On vendait le sujet alors comme une toile du bolonais Francesco Albani (1578­1660) dit “L’Albane”, à cause des jeux de “puttis” qui animent la scène champêtre et élégiaque. La composition de Damery fut vendue en 1935 à M. Heather contre 25 guinées. Une référence à Damery était inscrite au catalogue de ce 13 mai 2014, quand même. Le lot annoncé entre 12 000 et 18 000 € a été cédé à un grand collectionneur contre 35 000 €. Notons par ailleurs que Pierre­Yves Kairis (de l’Irpa), vient d’identifier une “Descente de Croix” de Damery en l’église de Gelinden, près de Saint­Trond. Philippe Farcy

LOMBRAIL

CHRISTIE’S

En haut, cette “Venus et Adonis” du peintre liégeois Walthère Damery (1614-1678) a été vendue à Amsterdam contre 35000 €, frais compris. Ci-contre, on proposait une suite de cinq portraits chez Christie’s dont ce jeune couple, par van Mierevelt, cédé contre 79500€.

C’EST UNE PERSONNALITÉ RICHE ET INTÉRESSANTE qui refait parler d’elle en ce mois de mai. Alica Halicka est une dame polonaise d’origine, de confession juive, née à Varsovie dans un milieu relativement aisé de médecins et d’intellec­ tuels. La jeune fille se sentit des ailes de peintres et partit vers Munich chez le peintre hongrois Holsky d’abord puis Paris qui était “the place to be”, avant l’éclosion de l’école améri­ caine à New York. Les très nombreuses pages Internet qui lui sont consacrées permettent de cerner un destin hors du com­ mun. La meilleure est celle d’Oscar Ghez, fondateur du mu­ sée du Petit Palais à Genève parue en 1995 sur le magazine “Shalom”. Il suffit dans une vie de rencontrer une personne devenue centrale pour que le domino des influences se mette en mar­ che et que l’existence, d’abord précaire, vous jette dans les bras de l’abondance et de la célébrité. Ce fut le cas ici avec cette jolie jeune fille que les parents lâchèrent en toute con­ fiance à dix­huit ans, vers les grandes villes d’Europe. Le per­ sonnage central ce sera le peintre cubiste Louis Marcoussis, polonais et juif lui aussi, qui lui ouvrit les portes de nom­ breux ateliers avant de les refermer pour cause de concur­ rence dans le ménage. Ils s’étaient mariés en 1913. Alice ne voulut pas déplaire à son mari et s’abstint de peindre au mi­ lieu des années vingt. Cela dura plusieurs décennies qui sont autant de pertes pour le patrimoine pictural de l’Ecole de Pa­ ris, car la jeune Alice était bourrée de talents et pas seulement mathématiques, comme quand elle était toujours au lycée. Elle fit alors des publicités et des décors de théâtre. Après la guerre ‘40, sa vie se compliqua d’autant que Marcoussis était mort en 1941. La vacation de la fin de ce mois ne proposera que vingt­six lots, de qualité diverses, mais certaines toiles sont d’une force remarquable. Et tout cela est estimé avec un sommet à 25000€, à des prix des plus attrayants. La norme des estima­ tions évolue entre 5000 et 15000 €. Plusieurs dessins figure­ ront en fin de dispersion. Alice Halicka fut l’élève de Cormon, de Sérusier et de Mau­ rice Denis puis elle fut l’amie de Picasso, de Braque, de Modi­ gliani, de Soutine, de Marie Laurencin, de Max Ernst, de Fou­ jita et des littéraires surréalistes. Partie aux USA à trois repri­ ses, elle obtint en 1935 des commandes d’Helena Rubinstein et de Balanchine qui dirigeait l’“American Ballet”. L’artiste a écrit ses mémoires “Hier”, dès 1946. Sa vie parisienne y est décrite avec un foisonnement de détails sur Saint­Germain et Montparnasse. Qu’un tel ensemble des années 1915­1920 ressorte est une vraie rareté. Ph. Fy. U A voir sur www.lombrail­teucquam.com. 00.33.1.43.97.91.29.

Cette “Composition au violon et partition”, de 1919, est annoncée entre 20000 et 25000 €.

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Vente publique

l Design

Reflets argentés sur Paris

Le Design scand fonctionne bien

SOTHEBY’S

Cette chocolatière très ornée, par Becker, de Bruxelles s’est vendue 61500 € ce 13 mai à Paris chez Sotheby’s.

h La vente d’argenterie chez Sotheby’s le 13 mai a été

LE RÉSULTAT GLOBAL DE LA VENTE RÉCENTE À PARIS dans le segment de l’argenterie mais aussi des objets de vitrine touchant aux pierres dures et aux boîtes en vermeil, n’aura pas laissé de traces impérissables dans le pa­ norama récent des vacations publiques. Un superbe miroir de table façonné chez Odiot à Paris vers 1810 s’en est allé à 100000 €, ce qui fait près de 10 % du chiffre d’affaires à lui tout seul. Il y a eu pas mal de retraits dans les objets de petites tailles comme les boîtes à pilules ou à tabac (tabatières). Le premier lot à avoir un peu bousculé le public fut un verre en cristal de roche taillé enserré dans un piédouche en or et portant les marques de Henri­Daniel Robineau, à Paris en 1764. Marie­Antoinette posséda un go­ belet similaire; il est conservé au Louvre. Ici on en espérait entre 10000 et 15000 €. Le dernier acheteur assuma 23750 €. On a bien vendu également tout un ensemble d’animaux sauvages généralement européens, façonnés en Allemagne vers 1900, dont une paire de grands hérons hauts de 52 cm, attendus entre 4000 et 6000 €. Ils furent adjugés à 20625 €. L’argenterie italienne du XVIIIe siècle a été soutenue. On proposait entre autres, une paire de flambeaux issus de Turin, vers 1760; ils partirent à 9375 € (estimation : 4000 à 6000 €). Puis une écuelle et son présentoir de la même ville vers 1770, annoncés à 4000 € de base, s’en allèrent à 17500 €. Et on donna encore 10625 € pour une cafetière de 25 cm, toujours issue d’un atelier turinois, vers 1750, alors que l’estimation basse était elle aussi de 4000 €. Un meilleur succès encore arriva en faveur d’une ménagère de modèle “bambou”, issue de chez Tiffany à New York vers 1960. Il y avait là 224 piè­ ces. On annonçait le lot entre 5000 et 7000 €. Il fallut 54300 € pour gagner l’ensemble. Un nécessaire de Rolls­Royce n’a pas trouvé preneur, de même qu’un calice et un ostensoir en vermeil et de style Art déco, sortis de chez le joallier Mellerio, fournisseur des Bourbons. L’orfèvrerie française du XVIIIe siècle a passé un très mauvais quart­d’heure, mis à part un objet sculpté de Toulouse (Cérès), et une paire de chandeliers dits “à la financière”, aux poinçons de Paris, 1672­1674, qui escomptait à 25000 € minimum et qui partit à 75900 €. Du côté belge, ce fut bien et cela aurait pû être mieux. On a retiré une bouilloire liégeoise de Velez (pas assez poinçonnée), de même qu’une cafe­ tière annoncée comme liégeoise, haute de 35 cm, mais dépourvue de poin­ çons. Par contre, un moment de gloire tomba sur une fontaine à trois robi­ nets aux poinçons de Bruxelles. Van Eesbeeck était l’orfèvre. Quoique ne disposant pas de tous les poinçons, ce lot datant du début des années 1730 et encore Régence de style, annoncé entre 15000 et 25000 € a filé jusqu’à 61500 €, avec les frais. Les fontaines de ce type pour Bruxelles sont rarissi­ mes. Ph. Fy.

PBA-AUCTION

un succès relatif. 1,3 million d’euros fut engrangé sur près de 200 lots. Ce n’est pas très lourd.

h La preuve chez Pierre Bergé à Bruxelles ce lundi 12 mai au Cercle de Lorraine où près de 80 % des lots furent vendus. LA SALLE DE VENTES DE PIERRE Bergé avait 270 lots de design à vendre, un peu après le même sujet traité par les Saint­Cyr (le 27 avril, chaussée de Char­ leroi), situés à cinq cents mètres de là. Il s’agissait pour l’étude française de ne vendre que du mobilier design, nordi­ que, sans se disperser dans d’autres dis­ ciplines ou provenances. La vente a bien marché et les résultats ont été relative­ ment soutenus pour les pièces les plus rares. Sinon les estimations furent res­ pectées. ll y a eu des déchets, comme toujours, et le risque de la roulette russe n’est pas absent. Une table circulaire d’Alvar Aalto (1898­1976), datant de 1930 est partie à 1000 € alors que la fourchette des es­ timations fluctuait entre 1 500 et 2000€. Cet artiste a eu ici plus de

chance qu’à la chaussée de Charleroi, en nombre de lots vendus sous son nom. Ainsi, une étagère de quatre ni­ veaux, vendue chez Cornette à 2000 € a été vendue ici 1800 €. Trois tabourets des années trente s’en allèrent à l’esti­ mation basse, soit 600 €. Puis ce fut le tour d’un petit banc ajouré d’un modèle créé en 1945 (était­il d’époque ?), de s’en aller à 1200 €, soit l’estimation haute. Sur les dix­huit lots du maître, seul un n’a pas été vendu. Son lampa­ daire du modèle “A805”, créé vers 1960 et haut de 172 cm était attendu en­ tre 6000 et 8000 €. Il est parti bien au­ delà à 13500 €. Un autre lampadaire, le “A811” a été adjugé dans les estima­ tions à 7000 €, de même que pour un fauteuil “Paimio” des années 1931­ 1932. On l’annonçait à 10000 € mini­ mum et il fit ce prix. Les lots estimés assez haut sont en gé­ néral partis mais avec difficulté. Un guéridon “Utö” de 1932 imaginé par Axel Hjorth (1888­1959), qui était une commande spéciale et provenait d’une collection particulière de Suède, a été adjugé à 13 000 €, sur une base de 15000 à 20000 €. De même pour un tapis d’inspiration caucasienne, de

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Une suite de dix bouteilles d’Ausone de 1983 est annoncée entre 1800 et 2000 €.

PBA

inave l Vin

L’enivrant Lutetia h 654 lots et des milliers de bouteilles font partie de la vente de cet hôtel mythique.

Ce fauteuil d’Arne Jacobsen (1902-1971), dit “The Swan”, créé en 1957, est passé de 4000 à 9000 € frais compris le 12 mai chez PBA à Bruxelles.

Marta Maas (1873­1941), en laine tis­ sée à la main et datant de 1950; on l’es­ comptait entre 20000 et 25000 €. Il fit 18000 €. Pareillement, il ne fut pas pos­ sible pour Hans Wegner (1914­2007) de voir son canapé et son fauteuil de modèle “New Papa Bear” datant de 1951, de dépasser la cote minimale. Le fauteuil trouva une nouvelle vie à 9000€ quand le canapé s’en alla à 19000€. On donna encore 26000 € pour une paire de fauteuils “Clam” ima­ ginés par Philip Artctander (1916­ 1994), dont la création remontait à 1944. Recouverte d’une toile de laine blanche sans doute neuve, la paire était estimée entre 20000 et 30000 €. Arne Jacobsen (1902­1971) a vu tous ses lots partir dans les estimations. Puis Bruno Mathsson (1907­1988) et Piet Hein (1905­1996) furent très bien dé­ fendus et particulièrement pour une ta­ ble à dix pieds en forme d’élipse. Elle était en palissandre et acier chromé. Datée de 1964, elle était à prendre en­ tre 15000 et 20000 €. La table affichait une longueur de 420 cm, quand même. Elle a été adjugée à 58000 €. Philippe Farcy U Plus d’infos sur www.pba­auctions.be

APRÈS LE COMMENTAIRE DE LA SEMAINE passée sur les ventes de meubles et objets décoratifs des hô­ tels de grand luxe à Paris, on ne va pas vous remettre le couvert sur celui du Lutetia, mais, en revanche, pris dans l’enivrement des étiquettes, nous ne résis­ tons pas à évoquer la dispersion de la cave à vins, al­ cools et autres liqueurs. Dommage de voir partir de si belles choses, mais c’est la loi du genre. La vacation commence au lot numéroté 4000. On appréciera par exemple et dès l’entrée, les six bou­ teilles de Brut Cuvée Lutetia de 2006, produit par Taitinger et annoncées entre 200 et 300 €. Il y a dix­ neuf lots identiques. Il y a d’autres lots de vins de Champagne, Krug, Möet et Ruinart en particulier, dont les flacons sont vendus seuls et parfois sans date ou millésime, mais dont les photos sur catalo­ gue et sur internet traduisent une ancienneté réelle. De rares vins d’Alsace suivent, comme ces élégan­ tes étiquettes de la maison Lorentz présente via un Riesling de 1997 en vendanges tardives et dont les neuf flacons sont annoncés entre 125 et 140 €. Cela se corsera juste après car débarquera une suite de Bordeaux blancs ou ambrés à faire pâlir d’envie. Tout n’est pas cher ceci dit, du moins sur papier et on se croirait presque chez Rops, à Namur. Douze bouteilles de Château de Fieuzal en 2003 sont affichées entre 240 et 270 €. En Yquem, on pourrait toucher un flacon de 1981 à 150 € et une paire d’autres de 1990 à 450 €. Douze Lafaurie Pey­ raguey de 2002 devraient se vendre entre 280 et 320 €. Le Rieussec des Rotchschild en 1990 est es­ timé pour six pièces à 270 €. Et pour du Smith Haut Lafitte de 1998, huit flacons à quoi on ajoutera qua­ tre bouteilles de 2002, il semble que 300 € pour­ raient être suffisants. Ce serait un peu plus cher en Bourgogne rouge, avec les douze bouteilles de Clos de La Roche de 2007 produits par Olivier Guyot; pour cela il faudra viser les 600 € minimum. Un seul Romanée­Conti de 1989 file pour sa part en­ tre 6000 et 7000 €; c’est un cas rare par ici. En Bor­ deaux rouge, il y aura une foule de Beychevelle, de Calon Segur et de Cantenac Brown, quelques Con­ seillante et des Lagune de moins de vingt ans. Tout cela est généralement présenté en caisse et ne mon­ terait pas au­delà des 400 à 500 € par lot de douze. Ph. Fy. U Infos : www.pba­auctions.com. Vente sur place, 45 Boulevard Raspail 75006 Paris

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L'actu

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l Vente publique l Automobile

Bonhams ravi de Spa­Classic h 3 millions d’euros, c’est le chiffre

LE WEEK­END DERNIER, c’était la belle ambiance dans les pad­ docks du circuit de Francor­ champs où la très britannique maison avait installé ses quar­ tiers, le temps de Spa­Classic. Du beau monde, connaisseur pour la plupart, a admiré les 77 lots de cette deuxième vente Bon­ hams à Francorchamps, durant les trois jours de fête à l’automobile classique. Cette vente était composée d’une première par­ tie, une collection de 32 automobiles, anglaises pour la plupart, dispersée sans prix de réserve, les vraies vedet­ tes se situant parmi les 45 autres lots. Le moins que l’on puisse dire c’est que, de ce côté­ci du Channel, la vieille anglaise ne plaît guère. La plupart des Jaguar, Triumph, MG sont parties à la moitié de l’estimation basse, voire moins. Même l’humour décoiffant de James Knight, com­ missaire­priseur, n’influe pas les enchères. Ce cabriolet Rolls­Royce Corniche 1977 de couleur ivoire vient d’Edimbourg ? “Il ne pleut jamais en Ecosse !” Mais la dé­ couvrable termine à 36 000 euros sans les frais, loin des 45­55 000 d’estimation. Et quand le micro casque de James Knight tombe en panne, il doit en prendre un à main, comme un chanteur : “Je ressemble plus à Elton John, vu le nombre de cheveux qu’il me reste.” Mais la jolie Sunbeam Alpine rouge de 1963 atteint péniblement les 11 000, loin des 18­22 000 d’estimation. De cette collection, seules s’en tirent les allemandes, la Mercedes­Benz 190 SL à 53 000 euros, juste sous une estimation basse qu’atteint la 220 SE B Cabriolet crème, intérieur rouge et capote noire, à 50 000 euros

PHILIPPE FARCY

d’affaires réalisé par la maison britannique à Francorchamps.

Une Ferrari 365 GTB/4 de 1973 qui a attiré toutes les convoitises à Francorchamps le week-end dernier.

toujours hors frais. Avec leur interminable capot mo­ teur, les Jaguar E­Type ont toujours du succès, même les plus récentes comme cet exemplaire argenté, de la troisième série, parti à 48 000 euros, dans la fourchette d’estimation. Mais, on le sent bien, le meilleur est à venir. Retour sur Jaguar où les roadsters et cabriolets XK assurent de belles cotes : 85 000 euros pour une XK 120 gris métal­ lisé intérieur rouge de 1951. Valeur sûre aussi, l’Austin Healey 100M 1956 surtout dans le schéma bicolore bleu clair métallisé et blanc : 130 000 euros ! Le même acheteur belge s’offre encore le lot suivant, un magnifi­ que cabriolet Porsche 356B de 1961 pour 115 000 euros sous le marteau de John Knight. Très attendue car unique mais d’une esthétique dis­ cutable, la 911 au look de 935 de Mansour Ojjeh part sous l’estimation : 260 000 euros. Mais là où les pas­

sions se déchaînent, c’est autour de la Ferrari 365 GTB/4 Daytona carrossée par Pininfarina. Au bout de la lutte entre les téléphones et la salle, la voiture décolle à 410 000 euros, au­dessus de la fourchette 300­400 000. La Hommel Vaillante Grand Défi déçoit à 52 000 euros, tandis que la flamme reprend autour de l’Aston Martin DB6 (1967), une rareté avec le volant à gauche, qui s’envole à 305 000 sans frais, alors qu’elle était évaluée entre 150 et 180 000. Coup de chapeau encore pour le coupé Mercedes­Benz 280 SE gris métallisé de 1970 (54 000 euros). Beauté, rareté, originalité, début de production, con­ cordance des numéros de châssis, moteur et boîte sont donc les maîtres mots en matière d’automobile classi­ que. L’on joint l’efficacité pour ces bolides taillés pour le rallye (Ferrari 308 GTB Michelotto, 530 000 euros), ou la piste (Ford Mustang Shelby GT350 de 1965 à 52 000 euros). Même les beaux moteurs trouvent ac­ quéreur tel ce 1600 GTA Alfa Romeo fabriqué par Autodelta : 75 000 euros. Les pièces Alfa partent toutes, y compris une boîte de vitesses de GTA. James Knight au client : “Essayez de ne pas casser celle­là maintenant !” Dominique Simonet

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Supplément Arts Libre 23 mai 2014