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CONNAISSA

NCE

S DES SAINTPS M DE NOTRE TE

LES LAÏCS

Franz Jägerstätter 1907-1943

J’ÉCRIS LES MAINS LIÉES, MAIS QUE LES MAINS

PLUTÔT QUE LA VOLONTÉ SOIENT ENCHAÎNÉES !


Le bienheureux Franz J채gerst채tter


Biographie

Franz Jägerstätter martyr

La vie du bienheureux Franz Jägerstätter est une invitation à réfléchir sur la force de nos convictions. Sommes-nous prêts, par attachement au Christ et à sa loi de l’amour, à aller jusqu’au martyr ? Franz a su transcender une vie pourtant assez ordinaire au départ en un don de soi total.

Une jeunesse turbulente

REPÈRES > 1909 : naissance à Sainte-Radegonde en Autriche > 1936 : mariage avec Franziska Schwaninger > 1938 : invasion de l’Autriche par les troupes allemandes > 1941 : Franz fait profession dans le Tiers-Ordre franciscain > mars 1943 : arrestation > juillet 1943 : condamnation à mort > août 1943 : exécution

Né hors mariage le 20 mai 1907 dans le village autrichien de Sainte-Radegonde, région rurale demeurée profondément catholique, il est, après la mort de son père au front, adopté par Heinrich Jägerstätter, un paysan qui a épousé sa mère en 1917. Enfant, Franz n’a rien de remarquable, sinon peut-être son goût prononcé pour la lecture. Sa jeunesse est loin d’être exemplaire. Il quitte l’école à quatorze ans et travaille sur l’exploitation familiale. Ce jeune turbulent fréquente plus les bals que les églises et se signale surtout par son verbe haut et son goût pour les jeux, les sports et les jeunes filles. Propriétaire de la première moto du village, il en profite pour « frimer » et se laisse parfois entraîner à des actions contestables. Il passe quelques jours en prison après une bagarre villageoise. En 1933, devenu le père d’une enfant naturelle, Hildegard, qu’il reconnaît, il doit quitter quelque temps Sainte-Radegonde.

Redécouverte de la foi En 1935, il rencontre Franziska Schwaninger, âgée de 22 ans. L’exil a fait réfléchir le jeune homme bagarreur, et le contact de cette fervente catholique achève de lui faire découvrir ce qu’est une foi vivante et responsable. Ils se marient le Jeudi Saint 1936 et partent pour Rome en voyage de noces. Trois filles leur naîtront. Franz et Franziska veulent aussi adopter Hildegard mais la grand-mère de l’enfant, qui l’élève, s’y oppose, en 4

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Biographie

accord avec sa fille. Ce foyer priant et ouvert aux amis et aux pauvres donne l’exemple d’une vie simple et laborieuse, particulièrement le chef de famille. Messe matinale, chant des hymnes tout en travaillant la terre, lecture de la Bible, prière... - certains l’entendent même inviter les fleurs à la louange de Dieu : Franz témoigne d’un amour fervent de l’Eglise et des saints, surtout Thomas More, Thérèse de Lisieux et frère Conrad de Parzham, un voisin de Bavière, canonisé en 1927. Parler de sa foi et de la façon dont il essaie de la vivre quotidiennement lui semble naturel, ce qui en surprend plus d’un.

« Je voudrais crier : sautez de ce train… même si cela devait vous coûter la vie » En janvier 1938, Franz fait un rêve prémonitoire : un beau train serpente au flanc d’une montagne et beaucoup, surtout des jeunes, se battent pour y monter. Soudain une voix lui dit : « Ce train conduit en enfer ». Pour lui, « ce tableau ne figure rien de moins que le nazisme » dont il faut se garder, quel qu’en soit le prix à payer... Et voici que, quelques semaines plus tard, le 12 mars, les troupes allemandes envahissent l’Autriche. L’annexion (Anschluss) du pays est ratifiée par un plébiscite, avec 99.75 % de « oui », après une campagne au cours de laquelle de nombreux opposants potentiels ont été arrêtés. Le sentiment encore largement dominant d’injustice suite au traité de Saint-Germain, qui a dépecé l’empire austro-hongrois, a également joué un rôle.

La prudence… ou le courage ? Un ‘ oui ’ manque toutefois dans l’urne de Sainte-Radegonde : celui de Franz, qui a voté en son âme et conscience. Ses voisins, assez hostiles envers Hitler dans leur grande majorité mais craignant d’être remarqués par les nouvelles autorités, lui conseillent la prudence : en vain, il maintient sa position. Son refus net du nazisme, mais aussi le sérieux intransigeant de sa foi et de sa vie chrétienne, le margina-

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lisent car ils donnent mauvaise conscience à tous ceux qui « ne veulent pas d’histoire ». On dit qu’il est devenu « fanatique », tandis qu’il fait des pas de géant dans sa vie spirituelle, grâce à sa lecture en couple de la Bible, à l’examen de conscience pratiqué quotidiennement, à la confession et aux quelques livres qu’il peut trouver.

Un saint toujours gai En juin 1940, Franz est appelé à effectuer son service militaire. Son catholicisme affiché lui vaut rapidement des brimades : devant monter la garde le dimanche, il ne peut aller à la messe. En décembre 1940, le Tiers-Ordre franciscain, fondé par saint François d’Assise pour permettre à des laïcs de vivre dans leur état séculier l’Evangile, l’accueille dans ses rangs. Il fait profession un an plus tard, bientôt suivi par Franziska. Renvoyé dans son village en avril 1941, il devient sacristain. Sans négliger son travail, il va à la messe tous les matins avant les travaux des champs et consacre de plus en plus de temps à la prière et à la réflexion. Rien d’austère pourtant chez lui : sa gaité, ses blagues sont réputées, au village comme à la maison.

Aucun compromis n’est possible Sa conviction du caractère démoniaque du nazisme devient irrévocable et il annonce aux siens qu’il refusera de porter les armes et de prêter serment à ce régime anti-chrétien s’il est appelé à l’armée, ce qui, il le sait, équivaudra à un arrêt de mort. Fin 1942, il met par écrit les raisons de ce refus. Il reproche à Hitler (il ignore pourtant tout de la Shoah) de se livrer à une « œuvre horrible d’extermination » et entrevoit l’invention et la fabrication d’armes « permettant de détruire le monde entier ». Il affirme ensuite : « Dieu m’a bien montré comment il fallait choisir entre le national-socialisme et ma religion catholique, et il en a appelé à ma conscience ». Il compare ceux qui ont accepté le nazisme aux Russes qui ont fait de même pour le communisme, et oppose

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Biographie à ces deux soumissions aux forces anti-chrétiennes le devoir de servir et de confesser publiquement le Christ. La responsabilité de chacun est engagée et aucune « indifférence en matière de responsabilité » n’est possible. Même si la plupart des pasteurs se taisent, Dieu est toujours là, et ses exigences n’ont pas changé.

Alors… que faire ? Il tente de répondre à cette question, en s’appuyant sur l’encyclique « Mit brennender Sorge », que le curé de Sainte-Radegonde a fait connaître à ses paroissiens et qui dénonce le danger du nazisme : « Je crois que de la part d’un catholique, l’objection de conscience [à ce régime, s.e.] ne saurait être un crime, bien qu’elle signifie la mort certaine ». Mais en même temps, il se refuse à juger ceux qui ne suivent pas sa voie, y compris les pasteurs qui oscillent entre soumission et résignation au nazisme : « Au fond, ce sont eux aussi des hommes comme nous ».

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L’arrestation Le 22 février 1943, quelques semaines après avoir rédigé ce ‘catéchisme’ personnel (selon l’expression du P. Fürthauer, curé de Sainte-Radegonde), Franz reçoit sa convocation. Ses proches l’adjurent de se soumettre ; Franziska, seule, après avoir elle aussi essayé de le convaincre, accepte et soutient son époux. Le 1er mars 1943, Franz arrive au centre d’incorporation d’Enns où, selon le dossier de son procès, il déclare « qu’il agirait contre sa conscience religieuse s’il se battait pour l’Etat national-socialiste ». Aussitôt arrêté, il est conduit dès le lendemain à la prison de Linz. Les témoignages de ses compagnons de cellule décrivent un homme qui partage son pain avec les autres, réconforte les désespérés, montre le même courage tranquille qu’au premier jour de l’incarcération et, surtout, prie et invite à prier. Des jeunes catholiques français d’Alsace-Moselle qui ont refusé le serment à Hitler sont un temps incarcérés avec lui : il leur fait réciter chaque jour l’office franciscain et les invite sans cesse à dire avec lui le chapelet.

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Biographie

Vers le don total En mai, son ‘ crime ’ étant jugé d’une extrême gravité par les autorités du Reich, Franz est transféré à Berlin. Les dix-sept lettres qu’il envoie à Franziska durant sa détention et ses notes de prison montrent la montée vers le sacrifice suprême d’un homme passionnément attaché à sa famille, à sa ferme, à ses fleurs, aux travaux saisonniers, à la beauté de la création, aux oiseaux qui chantent sous les fenêtres de sa cellule. Mais aucune pression ne le fera dévier : le régime nazi est immoral et il ne peut pas prendre les armes pour le servir. Son avocat commis d’office lui parle des millions de catholiques qui n’ont pas l’air d’avoir de scrupules de conscience mais Franz répond simplement : « La grâce ne leur a pas été donnée ». Le 6 juillet, la cour martiale suprême du Reich le condamne à mort, pour « avoir miné la morale militaire, en incitant à refuser de servir dans l’armée allemande ».

« Tout est consommé » En attendant son exécution, Franz rédige son testament. Il trouve une grande consolation en apprenant de l’aumônier qu’un an avant le P. Reinisch, un religieux autrichien, a été emprisonné dans cette même prison puis exécuté pour la même raison que lui. Le matin du 9 août 1943, jour prévu de son exécution, on lui propose encore de signer un serment de fidélité pour avoir la vie sauve. Il refuse, rédige une émouvante lettre d’adieu à Franziska et à sa mère (« Si j’arrive vite au Ciel, je prierai le Bon Dieu de préparer aussi une petite place pour vous »), et monte à l’échafaud. ■

Là où cela est permis, on célèbre la mémoire du bienheureux Franz Jägerstätter le 21 mai, date anniversaire de son baptême.

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SpiriTUaLiTé

La spiritualité

nous. Il a donné son sang jusqu’à la dernière goutte, il nous a même laissé sa propre chair et son propre sang comme nourriture et boisson. Si nous n’avons plus la paix, nous en sommes entièrement responsables. Saint Antoine nous a enseigné que personne n’est plus heureux ni béni que ceux qui portent le Christ dans leur cœur.

de Franz Jägerstätter

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté

Noël 1941, Franz mûrit sa décision : il vaut mieux  « obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5, 29),  ces derniers eussent-ils pouvoir de vie et de mort.  Cette  conviction  est  purement  spirituelle.  Elle  s’enracine dans la gratitude envers le Christ sauveur qui a donné sa vie pour nous. Sans aucun doute, le Christ a voulu apporter la paix et la joie à tous les hommes. Et pourtant, chaque année, beaucoup ne célèbrent pas Noël parce que la paix manque dans leur cœur. Le Christ a dit à ses disciples : « La paix soit avec vous ! ». Est-ce que ces mots ont perdu leur valeur pour nous autres chrétiens d’aujourd’hui, parce que le monde vit presque entièrement sans paix ? Il semble que nous vivions à nouveau dans un monde païen et que le Christ doive naître à nouveau et venir nous sauver. Ceci ne doit cependant ni décourager ni affaiblir notre foi car même il y a mille neuf cents ans, quand Jésus lui-même enseignait et prêchait, ce n’était pas tout le monde qui trouvait la paix. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté » (Lc 2, 14). Sans aucun doute, le Christ voulait apporter la paix à tous les hommes. Mais elle n’advient qu’aux hommes de bonne volonté. Il en a toujours été ainsi, et il en sera ainsi tant qu’il y aura des hommes sur la terre. Je crois que le Christ ne pourrait faire plus que ce qu’il a fait pour 12

Aucune source ne fait jaillir en même temps de l’eau douce et de l’eau amère. Il en va de même pour le cœur de l’homme… Le Christ et Satan ne peuvent régner en même temps dans le même cœur. Si nous voulons rendre le monde meilleur, nous devons commencer par nous-mêmes. Qui irait éteindre un feu chez son voisin quand sa propre maison est en flammes ?

« Je n’échangerais pas ma cellule pour un palais » 1943 : Franz a refusé de prêter le serment nazi. Il sait que ce geste qui va lui coûter la vie est incompris, considéré comme inutile et croit qu’il sera vite oublié de tous. Mais qu’est-ce, à côté de la demande du Christ : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non » (Mt 5, 37) ? Franz écrit à son épouse et pour ses enfants, peu avant son exécution : De mon expérience personnelle, je peux affirmer que la vie est pénible quand on vit comme un chrétien tiède. Vivre de cette façon, c’est avoir plus l’existence d’un légume que vivre vraiment. Si quelqu’un possédait toute la sagesse de ce monde et pouvait réclamer la moitié de la terre comme lui appartenant, il pourrait et en fait il serait toujours moins heureux que le pauvre qui ne peut rien revendiquer comme sien en ce monde d’autre qu’une profonde foi catholique. Je n’échangerais pas ma cellule, petite et sale pour un palais si on me demandait d’abandonner ne fut-ce qu’une petite part de ma foi. Tout ce qui est terrestre – quelle que soit sa grandeur, sa beauté - se termine un jour. Mais la Parole de Dieu est éternelle.

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SPIRITUALITé

La puissance de la foi Franz redit la même conviction dans un texte de ses dernières semaines, considéré comme son testament spirituel et aujourd’hui conservé à Rome dans la basilique de Saint-Barthélémy et des Martyrs du XXe siècle : Je vais écrire quelques mots, juste comme ils sortent de mon esprit, et aussi de mon cœur. J’écris les mains liées, mais que les mains plutôt que la volonté soient enchaînées ! Dieu nous montre parfois de façon évidente sa puissance, en la donnant aux hommes qui l’aiment et qui ne préfèrent pas la terre au Ciel. Ni la prison, ni les chaînes, ni une condamnation à mort ne sauraient faire perdre à qui que ce soit la foi et lui ôter la liberté. Dieu nous donne la force de supporter la souffrance, quelle qu’elle soit, et cette force l’emporte sur toutes les puissances du monde. La puissance, lorsqu’elle vient de Dieu, est invincible. Si Dieu ne m’avait pas accordé la grâce et la force d’aller mourir pour ma foi - si cela m’est demandé - peutêtre ferais-je comme la majorité des catholiques. Dieu peut donner à qui que ce soit autant de sa grâce qu’il le veut. Si d’autres hommes et femmes avaient reçu autant de grâces que j’en ai obtenues, peut-être auraient-ils fait bien plus de bien que je n’ai pu en faire. J’ose dire ouvertement que les hommes meurent pour leur foi seulement lorsqu’ils sont prêts à souffrir et à mourir plutôt que d’offenser Dieu, fut-ce par le plus petit péché véniel. Bien sûr, nous avons changé en bien des domaines, mais Dieu n’a pas ôté fut-ce un point ou une virgule de ses commandements. ■

Un modèle pour aujourd’hui L’exemple de Franz Jägerstatter, proclamé martyr de la foi par l’Église, nous rappelle que le martyre est une grâce et donc que l’homme ne peut se la donner luimême. Ses paroles citées plus haut, « la grâce ne leur a pas été donnée », invitent à ne voir dans sa béatification ni un refus a priori de porter les armes, ni un encouragement à la désertion, ni une condamnation de tous ceux qui n’ont pas refusé de servir dans l’armée allemande, celle-ci n’étant pas assimilable au nazisme en tant que tel. Elles invitent surtout à être fidèle aux grâces reçues et discernées par la foi et la conscience quelles qu’elles soient.

« Ce qui nous frappe tous en lisant Franz Jägerstätter, ce simple paysan qui n’avait suivi que l’école primaire : il était bien plus intelligent que beaucoup de savants, beaucoup d’intellectuels de son temps. Il a discerné toutes les failles, toutes les faussetés dans le nazisme, dans la propagande nazie, parce que la foi a aiguisé son intelligence… Eh bien, c’est le devoir des chrétiens d’être lumière du monde. Et je pense que cette tâche de discernement revient aussi aux jeunes, à l’école, au collège, au lycée. Ce n’est pas facile, on n’ose pas contredire les enseignants, mais il arrive que des jeunes aient le courage, la clarté de dire, dans la lumière de la foi : « Non, ce n’est pas ainsi » ; vous le savez par le discernement de la foi qui éclaire l’intelligence - « ça ne peut pas être ainsi ». Donc, simplicité et intelligence vont de pair avec discernement pour éclairer notre temps de la lumière de l’Evangile » ■ (Cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne)

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priÈreS

Prions

avec Franz Jägerstätter

Homme de prière, Franz étonnait ses voisins en s’arrêtant quelques instants au bout d’un sillon pour prier, avant de reprendre son travail. En 1941, il note :

N

ous ne devrions jamais dire : « Nous devons prier » mais : « Nous en sommes capables et nous pouvons prier ». Bien des gens disent : « Je diffère ma prière et aussi de m’améliorer, jusqu’à ce que je sois vieux, quand cela sera plus facile ». Réfléchis là-dessus. Savonsnous si nous vivrons jusqu’à l’âge de la vieillesse ? Il faudrait demander aux personnes âgées si la prière leur est plus facile que lorsqu’elles étaient jeunes. Elles pourraient bien répondre avec l’adage bien connu : « Ce que Jean n’a pas appris comme petit garçon, Jean ne l’apprendra jamais ». Ces mots s’appliquent à notre discussion sur la prière. Et il s’adresse ainsi au Christ :

M

aintenant, tu peux venir avec tes épreuves, et même avec la plus grande de toutes, à savoir la mort. Maintenant, mon cher Dieu, je serai tout à fait sérieux lorsque je te prierai avec ces mots « Cher Jésus, je vis pour toi ; cher Jésus, je meurs pour toi ; cher Jésus, je suis à toi dans la vie et dans la mort ».

Début juin 1943, Franz écrit de sa cellule à son épouse :

J

’ai prié Marie chaque jour [du mois de mai] dans ma cellule la nuit. En guise de statue de Marie, je me suis servi de la violette séchée de Rose [leur fille aînée, 5 ans] que tu m’as envoyée. Bien sûr, ce serait beaucoup plus beau si un père de famille pouvait se réunir pour la prière avec toute sa

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famille. Prions ce mois-ci le Sacré-Cœur de Jésus, qu’il apporte bientôt au monde la paix que tous désirent». A partir du 6 juillet et jusqu’à son exécution, Franz est menotté et entravé mais continue à écrire malgré la douleur et revient encore sur la prière :

C

eux qui sont trop fiers pour prier Dieu avec les autres ne tarderont pas à ne plus le prier seuls chez eux.

N

ous devrions offrir à Dieu tout ce qui est nôtre : travail, joie et souffrance. L’esprit de prière doit vivre en nous, même lorsque nous ne sommes pas capables de nous engager dans des prières spécifiques à cause de notre travail. Ainsi le travail devient notre prière tout comme notre pratique religieuse.

I

l vaut bien mieux, pour qui que ce soit, prier plutôt que juger les autres. Dieu attend de tous qu’ils deviennent des saints.

J

e t’assure que si, en état de grâce, tu priais seulement, avec piété, le Notre Père pour les enfants, tu leur donnerais un plus grand cadeau que si tu leur donnais le plus grand cadeau de mariage qu’un millionnaire puisse offrir à sa fille. Bien de gens riraient de ces paroles. Mais elles sont vraies.

Le 9 août Franz, qui n’avait jamais mis par écrit de prière, achève ainsi sa dernière lettre à son épouse, juste avant de monter à l’échafaud :

C

œur de Jésus, cœur de Marie Et mon cœur, qu’ils soient un, Réunis dans le temps et dans l’éternité ! Marie, aime-nous avec ton Fils, Donnez-nous votre bénédiction ■

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priÈreS

Pour demander l’intercession

du bienheureux Franz Jägerstätter

D

ieu très bon, Tu as empli le bienheureux martyr et père de famille Franz Jägerstätter d’un grand amour envers toi, envers sa famille et envers tous les hommes.

B

ienheureux Franz, aide-nous par ton exemple et ta prière à nous conformer aux exigences de l’Évangile, dans notre vie sociale comme dans nos familles et devant Dieu, quoi qu’il nous en coûte.

B

ienheureux Franz, aide-nous par ton exemple et ta prière à discerner ces exigences et ce que nous devons faire quand nous sommes face à un problème de conscience.

B

ienheureux Franz, aide-nous à le faire dans la simplicité, la paix du cœur et dans la joie de servir Dieu et nos frères. ■

E

n un temps de politique inhumaine et de violence, il s’est formé un jugement incorruptible et clair. Tu lui as donné la grâce de résister au mal.

P

ar sa relation avec ton Fils et dans la fidélité à sa conscience, il a fermement dit non à la négation de ta présence, à la violation de la dignité humaine et à une injuste guerre.

D

ans la confiance en toi il a donné sa vie, parce qu’il t’aimait plus que tout.

A

vec la puissance de ton Esprit et par son intercession, affermis en nous Notre amour pour toi et pour notre prochain.

A

ide-nous à défendre la justice, la paix et la dignité, par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen ■

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(source : Site Internet du diocèse de Linz)

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Invoquons le bienheureux Franz Jägerstätter Le 26 octobre 2007, plus de 5000 fidèles participent dans la cathédrale de Linz à la béatification de Franz Jägerstätter, en présence de plusieurs cardinaux et de nombreux évêques et prêtres, venus d’Autriche et du monde entier. Le cardinal Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, lit la Lettre apostolique de Benoît XVI déclarant que « Franz Jägerstätter, martyr et père de famille, peut désormais être invoqué comme bienheureux » pour son témoignage de conscience fidèle à l’Evangile et à la dignité de la personne humaine. Quand Franziska, âgée de 94 ans, monte à l’autel pour offrir des reliques de son époux, elle les embrasse puis éclate en sanglots : désormais Franz, son Franz, appartient à l’Eglise universelle (son propre témoignage de vie chrétienne durant plus de soixante ans depuis le martyre de son époux n’est pas moins impressionnant que son soutien à celui-ci durant la guerre). À la fin de la liturgie, le Cardinal Saraiva Martins confiera : « Je suis particulièrement heureux de ce qu’aujourd’hui je puisse inscrire au registre des bienheureux un laïc marié et père de famille. Dans une époque comme la nôtre, le témoignage du bienheureux Franz, sa bravoure constante et la fermeté imperturbable de sa conscience sont un exemple qui brille ».

Stèle-reliquaire du bienheureux Franz Jägerstätter. (Église Ste Marie, Linz.)

BiBLiographie ➤ Les lettres et textes de Franz Jägerstätter traduits

dans ce livret ont été publiés par Erna Putz : Der gesamte Briefwechsel mit Franziska, Aufzeichnungen 1941-1943, Vienne, 2007

(en allemand ; il existe une traduction anglaise). Le site du diocèse de Linz en présente une partie : http://www.dioezese-linz.at/redaktion/ index.php?page_new=850 Voir aussi : ➤ Gordon Zahn, Un témoin solitaire. Vie et mort de

Franz Jägerstätter, Paris, 1967.

➤ Cesare Zucconi, Christ ou Hitler, Vie du bienheureux

Franz Jägerstätter, Paris, 2011.

➤ Didier Rance, ‘Franz Jägerstätter’, dans Prier quinze

jours avec les martyrs du XXe siècle, Montrouge, 2004.


L’équipe éditoriale adresse ses sincères remerciements à tous ceux qui ont participé à la réalisation de ce livret. Auteur : Didier Rance, diacre, écrivain Illustrateur : Stéphanie de Moulins Crédit photographique : Stèle-reliquaire : Diocèse de Linz Couverture : Erna Putz

Pour nous joindre : CSNT2011@yahoo.fr

Association loi 1901 CSNT (JO du 29 octobre 2011) 38, rue Théodule Ribot – 92700 Colombes Imprimé en France par l’imprimerie de Montligeon Tirage : octobre 2013 Dépôt légal : octobre 2013


CONNAISSAN

CE

DES SAINTS

MPS DE NOTRE TE

LES TITRES DE LA COLLECTION

• Élisabeth de la Trinité • Franz Jägerstätter • Frédéric Ozanam • Ivan Merz • John Henry Newman • Louis et Zélie Martin

et bientôt…

• André Bessette • Charles d’Autriche • Jean-Paul II • Josémaria Escriva de Balaguer

• Luigi et Maria

Beltrame Quattrochi

« En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas aller »

Jn 21,18

• Marie Faustine

du Saint Sacrement

• Pier Giorgio Frassati • Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

Pour feuilleter les livrets et en savoir plus :

http://saints-de-notre-temps.fr


CONNAISSA

NCE

S DES SAINTPS M DE NOTRE TE

Connaissance des saints de notre temps est une association loi 1901 dont le principal objectif est de faire connaître des contemporains déclarés saints ou bienheureux au cours des XXe et XXIe siècles. C’est dans cet esprit que sont conçus et diffusés gratuitement ces livrets, afin que chacun puisse découvrir et imiter les saints de notre temps, et prier avec eux. Écrits chacun par un familier du saint ou du bienheureux, ils se composent : ● d’un résumé de la vie du saint ● d’une présentation de sa spiritualité ● de prières.

NoUS aVoNS BeSoiN De VoTre aiDe ! ➤ Pour participer aux frais d’édition des livrets.  Envoyez vos dons par chèque libellé à l’ordre de CSNT, à l’adresse suivante : CSNT – 38, rue Théodule-Ribot – 92700 Colombes Reçu fiscal sur demande. ➤ Pour diffuser les livrets. Vous souhaitez que nous expédions des livrets à votre domicile, une paroisse, une aumônerie, un monastère, etc. Indiquez-nous-en le nombre désiré et l’adresse postale par courriel à CSNT2011@yahoo.fr. Envoi dans la limite des exemplaires disponibles.

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