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Le retour du fils prodigue, détail, Rembrandt, musée de l’Hermitage, Saint Petersbourg.

Le retour du Fils prodigue ou l’histoire d’un pardon

En 1659, Rembrandt entreprend de peindre Le retour du fils prodigue et l’achève dix ans plus tard, quelques mois avant sa mort. Ce tableau illustre le texte de l’Évangile de saint Luc (15,11.32), et veut magnifier l’infinie tendresse du Père pour son fils pécheur ainsi que l’immédiateté du pardon.

D Dossier : Le pardon

oué d’un talent surprenant, Rembrandt commence à peindre à 15 ans et parvient au sommet de sa gloire et de la fortune quinze ans plus tard. Il épouse Saskia, la fille de son marchand de tableaux, dont il est très épris et achète, à Amsterdam, une vaste maison qu’il remplit d’objets d’art. C’est alors que commence pour lui, une suite de terribles épreuves : il perd trois enfants en bas âge avant de connaître la joie de la naissance de son fils Titus. Mais Saskia, très affaiblie, meurt l’année suivante. Plus tard, sa servante, Hendrickje, lui donne sa fille Cornelia. Les commandes deviennent plus rares et c’est le désastre financier. Sa collection et sa maison sont vendues, il s’installe dans un quartier pauvre et ne peint plus que pour lui-même. Le cœur déchiré après la mort de Hendrickje en 1663, de Titus en 1668, Rembrandt meurt à son tour, en 1669, comme sa belle-fille Magdalena van Loo, entouré seulement de Cornelia, âgée de quinze ans, et de sa petite-fille Titia, âgée de sept mois. Plus tard, Van Gogh pourra dire de lui : “Il faut être mort plusieurs fois pour peindre ainsi !”

Repentir du fils Le fils prodigue, ayant dilapidé la fortune de son père, se trouve dans la misère et souffre de la faim. Il se dit en lui-même : je vais retourner chez mon père et je lui dirai : “Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.” Mais le père qu’il découvre à son retour ne ressemble pas au père qu’il croyait connaître : celui-ci, depuis son départ, le guettait douloureusement et espérait son retour. Et ainsi malgré son âge, il s’élance à sa rencontre et le serre contre lui. Sa main droite, longue et féminine, le presse contre son ventre, comme pour dire : “Mon enfant, mon tout petit, la chair de ma chair, comme tu as dû souffrir !” et la main gauche, large et puissante, se pose sur son épaule dans le geste de l’adoubement qui semble exprimer : “Fils, tu es mon égal. Viens t’asseoir à ma droite.” La mandorle formée par les deux bras du père symbolise d’une part, l’amande, la matrice protectrice où se forme l’homme nouveau, et d’autre part, l’ovale géniteur de la femme, le passage, la porte

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étroite par où tout humain vient au monde. Sur les épaules du père, le voile huméral rouge, vêtement liturgique, manifeste le caractère sacramentel du pardon. À côté du pied du fils, la sandale abandonnée est un signe biblique du renoncement à l’héritage. À sa ceinture, le couteau dans son fourreau suggère que le fils a renoncé à “tuer le père” après lui avoir jadis réclamé sa puissance. La tunique déchirée rappelle celle du fils de Jacob, Joseph, qui fut vendu comme esclave par ses frères. Les mains du père semblent vouloir refermer cette déchirure. Le visage glabre et la tête tondue du fils sont les marques traditionnelles de l’esclave.

Miséricorde du Père Pour Jésus, le Fils de Dieu, qui nous raconte cette parabole, la miséricorde du Père est sans limite. Son pardon anticipe la faute. Il est sans mesure : “soixante-dix-sept fois sept fois”. L’amour du Père est un don universel permanent et gratuit. Le fils prodigue a dépensé sans compter les biens de son père : il croyait naïvement que la puissance du père était dans ses biens ; qu’être puissant, c’est posséder, consommer, dominer, être admiré. En dépensant sans compter, il se croyait libre. L’échec l’a rendu lucide sur lui-même, mais ce ne sont ni la confession ni le repentir qui nous sauvent ; ce ne sont ni nos faibles mérites ni nos petits talents : ce sont uniquement la tendresse et l’amour du Père. La contrition n’est nécessaire que pour nous : elle nous aide à mesurer le pardon sans mesure du Père. “Notre Père…”, c’est celui-ci ! “Sans pardon, il n’y a pas d’avenir pour les sociétés” Frère Aloïs - Taizé -

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