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LES ÉVANGILES

jo Sirjnifîcatioy

du mot Evangile. ei du verbe x'ffi/Xuiy

grec d'origine, et dérive de l'ad» II a donc d'une manière généverbe bien, « ». plume des écrivains du Nouveau bonne nouvelle Sous la rale le sens de celle de la rédemption excellence, Testament, il dési<^ne la bonne nouvelle par coupable'; puis, par Thumanitc apportée par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Sauveur-. Dans le lanévanj^^élique, l'enseignement du extension, la doctrine livres mêmes dans heure au.x il appliqué très bonne fut de gage ecclésiastique, Les Liitius consignées-^. bonne nouvelle cette doctrine ont été et lesquels cette expressions qui en Évangile et les suivirent les Grecs, et c'est ainsi (juo le mot ^. modernes dérivent ont passé dans plusieurs de nos idiomes 2" L'authenticité et la caiioyiicitë des quatre cvant/iles'^. Il est tout à fait nombreux, que vers la lin témoignages aussi évidents que des certain, d'après l'apiMre saint Jean, l'hlglise ans après mort tle moins de cent la du second siècle, évangiles authentiques et canoni(jues, quatre comme lieux nos admettait en tous a ncque plura... ne(ju<' pauciora, » suivant l'expression de saint Irénée'', et (ju'on traitait d'hérétique quiconque s'arrogeait le droit d'ajouter ou d'enlever quehjue chose à ce nombre. Qu'il suffise de citer les paroles de quelques témoins particulièrement célèbres vivant à cette époque. 1. I)ans l'Kglise d'Afrique, Tertullien ' aftirme caté^roriquement que u l'instrument évan^iéliquc », c.-â-d., la collection des évanjiiles, a pour auteurs i\qa apôtres, saint Jean et saint Matthieu, et des hommes a|JOStuliqucs, saint M;irc et saint Luc, et il ajoute que ce lait était attesté par l'autorité deslî^'lises londécs par les apôtres. £j, «

»

a

Il

est

j'annonce.

^

Cf. W»tth. IV, 23

» Cf. '

et ix,

35;

1,11, etc. Malth. XXVI, IS-.Honi.

XIII, lu:

I

Marc,

i,

1

it

i,

1

;

x,

16, etc.

Voy»-» salut Ignace Martyr, Fp.tul l'hilnd .6; 7; salut Juaiiii Martyr, Dtal. cum

ad Smym,,

Truph., K»; Apol. i. 6G, etc. ^ Voypi notre Inlnnivct. générale gilTM. l'arU. 18^0, * Il n'i-ntrfl pna

|>.

1

nn. 22-24, 43-44; &

Comely, Introd. gpeciaHê aux Intro<luc-

in slii(/ulv$ Ubroti N. T., iwsslni

Tint.

;

chacnn dos volun:ofl do notre jfnind commentaire; ù l'liit^re8s.-int ouvrago de M. (iiuiilal, la Hrvreiiance itM kitinçiUs, paris, 18U8 à F. Vigoureux, In Livrtu SainU tiens piacées on tôte de

:

aux Évan-

-S.

daiu notre plan do tnUt«r Ici cf tie nu«»»tl«»n d'une faç<in romplctc, •tétailli-e. liuuH ri-nvoyoïiH (luur cela an JJuti. btbl.. t. III,

tt

la critique ralionaliate, 2*

p.

871 -446

,

ai'crçu gént-rul. • '

éillt.,

i'urU, \^90,

eu. Nous nous contentvrunii

Adr. hnrr.. m, 11. fOHkia Àlarc. IV. a,

i.

Ici

d'uu


LES ÉVANGILES

12 *2.

Dans

l'Église d'Alexandrie,

Iradilion (èv Traca^cffit

iji,aOcov)

«

Origène

'

dit

expressément

qu'il connaît

parla

les quatre évangiles qui sont seuls reçus sans

controverse dans rÉ;^lise de Dieu. » Il développe ainsi cette même pensée Beaucoup se sont efforcés d'écrire des évangiles, mais tous n'ont pas été reçus... De nombreux évaugiles ont été composés, et, parmi eux, ceux que nous avons ont été choisis et donnés aux églises par la tradition. L'Église a quatre évangiles riiérésie en possède beaucoup... Quatre évangiles seulement ont été approuvés. » 3. Dans l'Église d'Occident, indépendamment du célèbre fragment de Muiatori -, qui contient la liste, identique à la nôtre, des livres alors admis comme canoniques, avec nos quatre évangiles en tête, nous avons les assertions réitérées de saint Irénée. Or le témoignage de ce savant docteur a une importance particulière, puisque, par son maître saint Polycarpe, il se rattachait directement à l'époque des apôtres, et qu'il ne connaissait pas moins bien les traditions de l'Orient que celles de l'Occident. 11 montre comment les hérétiques de son temps rendaient eux-mêmes témoignage à nos quatre évangiles, en appuyant sur eux leurs doctrines perverses^; d'où il conclut à l'authenticité et à la canonicité indiscutables de ces quatre évangiles, et d'eux seulement^. Il importe de remarquer l'insistance avec laquelle ces divers écrivains affirment qu'ils parlent, sur le point en question, non pas en leur nom personnel, mais au nom de la tradition. Leur langage ne suppose pas seulement qu'à leur époque on connaissait nos quatre évangiles comme authentiques et canoniques, mais aussi que les générations précédentes, en remontant jusqu'à la composition de ces livres sacrés, avaient eu la môme croyance. Et aujourd'hui même, avec les documents pourtant assez rares qui datent des deux premiers siècles, nous pouvons reconstituer une chaîne ininterrompue de témoins, allant de la période apostolique jusqu'à celle de TertuUien, d'Origène, de saint Irénée, et affirmant :

((

.

.

,

tous, les hérétiques aussi bien que les orthodoxes, en termes directs et indi-

que nos quatre évangiles sont authentiques. Tels l'auteur de la AiSa/vi, Barnabe (iv, 14; v, 9, 11, etc.), le pape saint Clément (I Cor., XIII, 2, etc.), saint Polycarpe [ad Philad., ii, 3 et vji, 2), saint Ignace d'Antioche [ad Smyrn., i, 1-2; m, 2; ad Philad., ii, 1, etc.), l'auteur de l'épître à Diognète (viii, 9; x, 3; xii, 1, etc.), l'auteur du Pasteur d'IIermas, Papias^, le philosophe athénien Aristide dans son Apologie, le martyr saint Justin {Dial., Lxxvii, 195; Apol., i, 33-35, 66, etc),les hérétiques Basilides, Valentin, Héracléon, Tatien et Marcion, etc.*^. Notons encore que nos saints et savants docteurs de la fin du second siècle affirment positivement qu'il existait alors d'autres évangiles que ceux de saint Matthieu, de saint Marc, de saint Luc et de saint Jean, mais qu'ils établissent entre ces livres et les écrits canoniques une différence essentielle les uns sont purement humains, apocryphes; les autres rects,

celui de l'épître dite de

:

sont inspirés de Dieu et seuls reçus par l'Église''. il est inutile de citer des témoignages plus récents, car les adversaires les plus ardents de l'authenticité des évangiles reconnaissent eux-mêmes qu'à partir

Jn ilatth., t. l; in Luc., hom. i, etc. Voyez le ilan. M61., t. I, n. »1, 6«. * Cwt aln»!, (Ut -11, que le» Éblonltes s'autorisaient de saint Matthieu; Iob Docètcs, de saint Marc; le» Valentlnlena, de ealnt Jean, etc. * Cf. Adv. hœr m, 9, 1-3; Frag., 29, etc. ' Ap. Euscb., fUst. eccl., m, 39, etc. Sur la fanaie inlerprétatlon donnée de nos Jours à certains passages de Papiaa. voyez notre grand comment, sur 8. Mattb., p. 8, note 3, et sur S. M.irc, )>. 6. *

*

,

^ Voyez A. Schsefer, Einleitung in das N. T., Paderborn, 1898, p. 175-188. ' Sur les évangiles apocryphes, voyez notre Jntrod. générale, aux Èvang., p. 107-123; le an. Mbl., t. I, n. CC-69; J. Brunet, Ira Evang.

M

apai

i/phea

J. Varlot,

littéraire,

et annotés, Paris, 1863; Évangiles apocryphes : histoire

traduits lea

/orme primitive,

etc.. Parla,

1878; les

grands recueils de Fabricius (Hambourg, 1703), Thllo(Lelpzlg,l832)etTi8chendorf(Lelp2lg,1863).


LES EVANGILKS

13

du comrnonccmc-nt du troisième siècle l'Eglise entière admettait nos quatre évanforme actuelle, et seulement ces quatre. Laissons maintenant, à 1^1 us de dix -huit cent ans de distance, les soi-disant o critiques » affirmer au nom de la science que les évangiles datent seulement du second siècle. « Par un 30 Les deux formes très distinctes de la iiavration évangèli<iue. prodige non moins admirable que Tévangile) lui-même, quatre hommes l'ont écrit sous l'inspiration de Celui qui l'avait parlé, et, malgré la différence personnelle de leur caractère et de leur génie, on retrouve en tous quatre le même naturel sublime et simple, le même accent, la même vérité, le même amour et le même Dieu. C'est toujours l'évangile, parce que c'est toujours Jésus-Christ'. » Cependant, bien qu'ils exposent une seule et même biographie, et qu'ils contiennent, par suite, beaucou|i de matériaux communs, les quatre récits évangéliques, étudiés de plus près, |)euvent se ramener à deux types distincts. Le

giles sous leur

(

})remier type est celui des évangiles selon saint Matthieu, selon saint Marc et selon saint Luc; le second, celui de la narration de saint Jean. Ainsi donc, il existe, soit pour le fond, soit pour la forme, une ressemblance remarquable

entre les trois premiers évan:.:iles, et, d'autre part, une diflerence non moins accentuée entre eux et le quatrième. Ce dernier raconte surtout le ministère de Jésus-Christ en Judée et à Jérusalem; il cite peu de faits, mais beaucoup de discours, et ces faits comme ces discours ont généralement un caractère plus relevé, plus spirituel. Au contraire, dans les trois autres récits, Jésus prêche et agit presque toujours dans les provinces de Galilée et de Judée; son ministère a en outre une forme plus sim|)le, plus poi)ulaire *. Comme on eut, au wiii^^ siècle, l'heureuse Le problème sijnoptiqueK idée d'imprimer les trois premiers évangiles en synapse*, c.-à-d. en face les uns des autres sur des colonnes parallèles, afin de pouvoir les comparer plus facilement entre eux, on leur a donné |)ar abréviation le nom de synoptiques, a susceptibles d'être mis en regard les uns des autres^. » qui signifie Le problème synopticjue consiste, d'un côlé, à se rendre compte des relations réciproques, vraiment extraordinaires, qui existent entre les trois premiers récits évangéliques; d'un autre c<'jté, à chercher la manière dont on peut expli-

'k"^

:

quer ces relations. A. Les faits dont on doit se rendre compte consistent, en |»remier lieu, dans la ressemblance remarquable que |)résentent, comme nous le disions il n'y a qu'un instant, les évan-iles selon saint Matthieu, selon saint Marc et selon saint Luc, et, en Second lieu, dans les divergences non moins extraordinaires qui accomj)agnent celte ressemblance. Ces deux circonstances se reproduiront, non seulement çà et là par occasions, mais tout le long du récit des synoptiques. Que l'on prenne une synopsis, de préférence une synopsis grecque, et l'on sera surpris de ce phénomène perpétuel, qui est unique dans l'histoire de la littérature. I. Sous le rapport du sujet traité, « les synopti((ues ont en général le inéme ,

Laconlaire, Littrts à

*

un jrune homme sur

la fte chrétienne, p. 1«4 do la 3« éilit. Comparez le ni'»t célèbre de salut Innc-e, a<lv. Hu-r., m, 11,«,

fJ^Y: ÉÀiov T£Tpi|Xop;.ov,

« révatiRile

aux

quatre furmcM, > et la parulo do saint Auguistin Tract, in Joan.^ 30), fl soiivetit ciléo * Quatuor cvangolia, scu {«ttus quatuor llbri unlus (

:

CTangflll. » ^ l*»»

8ur troi^

Vr ' \

.

I08 p'Iatlons i>r<

du quatrième

éva'

iUMXcouJi>lcU lur cette

*

Du

grec avvo'{/i;

,

ce qu'on

voit

1

i

(|ao«*

d'un kuI

coup d'œil. " Voyez notre Synopsis tvangeliea, rive quu' tiior taucta Jeau ihrmti evatKjeli'. uni Vutgatatn editinnevi ordinr rhr tn harinnniani cunelnnut<i, 11 y a .i: r»1 Ion Synopue» latines de M*» que <!> Met» lUii.t 74) ( Rixhflm, lh8n, de M. .»• et de M. Azlhrt <Albl. 1h!)7), cl Orf (T<olpzlg, Ï6Ù4J «fc do Rrocquc» .

i

voyiz nuire lutrod. 63-62.

nilfr»,

viAll*

tlon dans notre /nïrod.j^^^r. a vx ^rfln«7.,p.27-53,

Friedllcb

(.

i

.c, !»<;,/>.


LES ÉVANGILES

14

fond historique et dogmatique ils exposent, et généralement dans le même ordre, ia même série de faits et de discours. » D'autre part, chacun d'eux omet, ou a introduit dans sa narration, des fragments plus ou moins considérables », parfois des épisodes entiers. C'est ainsi que saint Marc omet complètement ce qui concerne Tenfance et la vie cachée de Jésus, le discours sur la montagne, etc.; que saint Matthieu passe sous silence le mystère de l'Ascension; que saint Luc est seul à raconter en détail le dernier voyage du Sauveur à Jérusalem que chaque synoptique a sa liste plus ou moins considérable de miracles, de paraboles, d'épisodes, de traits spéciaux, qui lui appartiennent en propre ^. Mais les coïncidences et les divergences sont encore plus saisissantes, si, du plan général, nous passons à l'arrangement particulier, détaillé, des faits et des discours. Comparez entre elles, par exemple, les rédactions de nos trois évangélistes relatives à la guérison de la belle-mère de saint Pierre^, à la guérison du paralytique*, à la vocation de saint Matthieu^, et cette partie du problème se présentera dans toute sa force, bien que nous ayons pris ces exemples au ;

*

;

hasard.

Mais

propos des ressemblances et des différences du style manière tout à fait frappante. Tantôt, sous ce rapport, les coïncidences vont jusqu'à Fidentité complète, ou presque complète, dans les expressions'^; tantôt, sans raison apparente, nos trois narrateurs, qui s'étaient servi pendant quelque temps des mêmes termes varient tout à coup dans leur diction, soit en employant des mots synonymes, soit en mettant les verbes à des temps divers, etc. Rien de plus intéressant que ces faits, lorsqu'on les étudie dans le détail '. Et « le problème se complique d'autant plus que ces différences (de toute sorte), réelles, claires et saillantes, se rencontrent dans les passages 2.

qu'il

c'est surtout à

éclate d'une

,

les plus

ressemblants, qu'elles se mêlent, s'enchevêtrent,

non pas

partielle-

ment, mais constamment, avec des ressemblances profondes et évidentes. » B. On a beaucoup travaillé, depuis un siècle, à élucider ce problème, mais souvent en pure perte, parce que les solutions proposées ne reposent pas toujours sur une base historique, vraiment critique, et qu'elles s'appuient au contraire sur des idées préconçues. Les nombreuses hypothèses qui ont été présentées tour à tour se ramènent à trois principales celle de l'usage réciproque ou de la dépendance mutuelle, celle d'une source commune écrite, celle d'une source commune orale. 1. D'après le premier système, celui des synoptiques qui composa le premier son évangile l'écrivit d'une jnanière plus ou moins indépendante, « avec ses souvenirs personnels ou les souvenirs d'autrui; » le second l'eut sous les yeux et l'utilisa; le troisième se servit des deux narrations précédentes. Lorsqu'il s'est agi de déterminer quel fut le pre:

mier, le second, le troisième, toutes les suppositions possibles ont été faites, et chacun des synoptiques a occupé tour à tour les trois rangs; cependant saint Marc, dont le récit, quoique le plus court, contient en abrégé presque tous les matériaux renfermés dans les narrations de saint Matthieu et de saint Luc, a eu le plus fréquemment l'honneur d'être regardé comme l'auteur de l'évanD'après le second système, qui, lui aussi, « a passé par des gile -type.

*

Cl. IX,

*

Le coruruenulre

.51

-XVIII, 14. le»

Matth. VIII, 14-15 38-3». * Matth. IX, 1-8; Marc. '

;

ii.

,

iv,

I-ll; Luc. v,

17-26. *

Matth. IX, »-17; Marc,

U7-Z'J.

* Cf. Matth. III, 3 Marc, i, 3, et Luc. m, 4; Matth. IX 5 - 6 Marc, ii 9 - 10, et Luc. v, 23-24 Matth. viii, 2-3; Marc, i, 40-41, et Luc. v, 12-13; Matth. XXI, 23 et 88.; Marc. xi,28et 88., et Luc. ;

notera ndèlenient. Marc, i, 20-30; Luc.

XX

,

13-22; Luc.

v,

:

,

2 et 88., etc.

xviii, 2-3; Marc. IX, 30 Luc. ix, 47-48. Et surtout Matth. XXVI, 26-29; Marc. XIV, 22-25 Luc. XXIi, 15-20. '

ii,

;

Comparez en particulier Matth.

:

;

;


LES ÉVANGILES

ressemblances et les diiïérencos que nous avons usage de documents écrits, tantôt comtnuns, tantôt spéciaux. Les trois narrateurs se ressemblent naturellement lorsqu'ils puisent à la même source, et ils dill. re:it les uns des autres lorsqu'ils abandonnent c<lle source identique, pour utiliser des documents particuliers. I.e document commun serait un évangile primitif araméen, traduit d'abord en grec, puis remanié et remanié encore, auquel se seraient ajoutés d'autres écrits (collections de discours, de miracles, etc.), dont les critiques contemporains sont as.'îcz liabilrs, après dix -huit siècles et au delà, pour déterminer les traces diverses, « su|>erLes posées dans nos évangiles comme les couches d'un terrain d'ail uvion '. » jjartisans du troisième système de solution supposent qu'il se forma de très bonne heure, sur la vie de Jésus -Christ, une tradition orale qui, tout en étant au lond la même dans les diiïérenfes parties de la chrétienté naissante, aurait cependant présenté en divers lieux des variantes plus ou moins considérables. Cette tradition, suivant la forme qu'elle présentait dans les lieux où ils habitaient, servit de base principale aux synoptiques pour la comjjosition de leurs récils. Il n'est donc pas surprenant (ju'ils possèdent un fond et même une forme ilcntique soit pour les faits, soit pour les discours, ni qu'il y ait entre eux de si phases bien diverses,

les

»

signalées sont altribuablcs à

1

nombreuses divergences. On a dit à bon droit, au

sujet du premier et du second de ces systèmes, envi« La meilleure réfutation sagés dans leurs subdivisions et nuances multiples de toutes ces théories, présentées avec une confiance démesurée en leur valeur, c'est qu'aucune d'elles n'a été admise d'une manière générale, mais qu'elles :

^. » L'arbitraire y apparaît, en cfTet, à chaque manière compliquée de composer un livre n'était nullement dans le genre des anciens; sans compter que les évangiles résultant de ces remaniements sans fin auraient eu, dans la i>rimitive Eglise, beaucoup moins ilautorité (jue les sources mômes qui auraient servi à les composer. Comment se fait-il, d'ailleurs, qui: ces sources aient complètement disparu? Au contraire, la tradition seule rend compte de la plupart des phénomènes qui ont été indiqués plus haut, et ce système s'accorde fort bien, dans son ensemble, avec les données du Nouveau Testament^ et de l'histoire^ sur les débuts de la prédication évangélique. Kl le variait évidemment selon les temps, les lieux, les personnes; le c;idre ï:n dilatait ou se resserrait suivant les cireonstana'S, les détails étaient plus ou moins mobiles le fond demeurait à peu près le même, et souvent les exi)ressions aussi, particulièrement lorsqu'il s'agissait des paroles de Notre-Seigneur, qu'on s'éUiit habitué à traiter avec un grand resjject, et qui s'étaient comme stéréotypées dans les esprits. Néanmoins, tout en donnant la meilleure expliciition du problème synoptique, la ti'adilion

s'attaquent toutes mutuellement instant.

De plus,

cette

:

L'hypothwe

*

'Otis ce rapi»ort,

nomme

la

pins en rogne de nos Jours

dans

l'école dite critique, est celle

théorie des deux sources >, documents qui aurnicnt servi de base aux s}'no|ttlque« m» ramèneraient à deux principaux 1° un pren)lcr document, <inl aurait iti'on

(l'aiirè*

«

la

laquelle les

:

niDtenu surtout des

faits

(ce serait, suivant

les

uns, notre second évanRilc actuel; suivant d'autres, le

ping

«rand

qielcoiique

);

2'

nombre, uti < Marc pnndtlf » un second document, reiifer-

u.ant surtout des discours. '

Kaulcn, Kirchenlexikon

,

î«

édlt.,

t.

IV,

Saint Luc, i, 1-3, afTlrme en ktoick o\pr/-s

qu'il »e

;

la Palestine, mit par écrit, jour nux Hébrt-tix houh une forme ilursbl»'.

le Is'^sfr

quitter

p. 1045. *

avalent écrit avant lui la vie de Jésus -Christ, de la tradition léguée par les témoins oculalies. Cf. Act. 1,21-Î2; IV, 10, 33; V, 21; X, S4 et w. Gai. ni, 1, etc. * I.iea anciens auteurs ecclésiastiques afOrmcnt exprefl>ément que saint Marc et saint Luc reproduisent daus leurs évangiles, le premlrr la prédication «le saint Pierre, le second la pr<^dlcation de saint Paul. Voyez ce qui sera dit Kur ce point à l'occaitton des sources propres au second et au troisième de nos évangéllstes. Suivant Kusèbe, lHat. tecl., in. 24, nalnt Matthieu, avant de

servit,

comme

avalent fuit ceux

>iul

qu'il leur avait d'abord

prècLo

d«i

!

••van^jH»

vl\u wjïx.


LES ÉVANGILES

3f.

orale ne fournit pas absolument, à elle seule, l'explication de toutes les divergences qui existent entre les trois premiers évangiles; aussi est-il parfaitement

en même temps, que les synoptiques utilisèrent réciproqueTordre de leur apparition historique, et qu'ils purent suivant écrits, leurs ment avoir sous les yeux, surtout saint Matthieu et saint Luc, quelques documents spéciaux. Ce système, ainsi mitigé, a de nombreux adhérents, non seulement

loisible d'admettre,

mais aussi parmi les protestants orthodoxes. Du reste, de ces derniers, « sans le concours de la tradition orale, chacune des deux autres hypothèses est entièrement incapable de résoudre le problème. » Voilà pourquoi, en fin de compte, nos adversaires eux-mêmes sont obligés de lui donner une large part dans la composition de nos évan-

parmi

comme

giles

les catholiciues, le dit l'un

'.

50 Ouvrages catholiques à consulter sur les Évangiles. Nous ne signalerons que ceux qui nous paraissent capables de rendre le plus de services pratiques

Pour les questions d'introduction Patrizi, de Evangeliis Fribourg-en-Brisgau, 1852-1853; Reithmayr, Introd. aux livres du N. T., trad. par le P. de Valroger, Paris, 18G1 Mgr Meignan, /es Evangiles et la critique, Paris, 1864; Wallon, de la C4royance due à V Évangile, Paris, 1866; Danko, Ilistoria révélai ionis Novi Test., Vienne, 1867; J. Grimm, die Einhcit der vier Evangelien, Ratisbonne, 1868; Gornely, Intr^od. specialis in singulos yovi Test, libros, Paris, 1886; Mémain, la Connaissance des temps évangé-

à nos lecteurs. 1"

:

libri III,

;

Commentaires portant sur les quatre évangiles les excelThéophylacte et d'Euthymius Zig;i!)ène (vers 1100); la Catena aurea de saint Thomas d'Aquin; Jansenius de Gand, Concordia evangelica, Louvain, 1549, et Comment, in concordiam et totam historiam evangelicam, Louvain, 1572; Salmeron, Cotnmentarius in Evangelia et Acla, Madrid, 1598-1602; Maldonat, Commentaril in quatuor Evangelia, 1576, 1597; Luc de Bruges, Comment, in Evangelia, Anvers, 1616; Cornélius a Lapide et Calmet dans leurs grands commentaires'^; Dehaut, l'Évangile médité, expliqué, défendu, Paris, 18:i4 et ss.; nos quatre volumes publiés dans la Bible de M. Drach {Comm. sur l'Évang. de S. Mat th., 1878; de S. Marc, 1879; de .V. Luc, 1882; de S. Jean, 1887); les commentaires allemands de Bisping (1867 et ss.), de Schegg (Munich, 1856-1880) et surtout de Schanz (1877 et ss.); Liagre, Comment, in libros hisloric. N. T., Tournai, 1883 et ss. P. Knabenbauer, Comment, in quatuor sancta Evang. D. N. Jesii Christi, Paris, 1892 liques, Sens, 1886. 2«

:

lents ouvrages grecs de

;

et ss.^. 3" Les meilleures Vies de Notre- Seigneur Jésus-Christ publiées de nos jours sont, en France, celles de MM. Fouard et Le Camus, du P. Didon et de MBr Bougaud; en Allemafrne, celles des docteurs Schegg et Grimm; en Angleterre, celle du P. Goleridge. On ne se lasse jamais de relire les Méditations sur l'Erangile et les Elévations sur les Mystères de Bossuet.

*

et^t .•lie

Notons, en ttnnlnant, que cette question beaucoup i»lu8 théorique que pratique, car n'e«t d'aucune utilité pour expliquer le texte

Je* évangile*. On lui atu-ichc, «lans le monde prot','»taiit Pt fnrtout dans le monde rritlonallste,

aue itui<ortance

ej^ugen-c.

2

M.

le

la partie

cerne les notes qui

professeur Pudovanl vient de ré6dite^ du commentaire de Cornélius qui conévangiles, en y ajoutant d'excellentes le

rajeunissent.

Nous signalerons ailleurs les cnniraentaircs ne portant que sur un seul évangéliste. 3


La Sainte Bible commentée - tome 7 - Introduction aux Évangiles