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TRACERET Dix fois faire le même geste : Compter ces cheveux, Doucement, jusqu’à ce que cesse Ce cri. J’ai bien peur de m’abîmer Les yeux sur cette étole, Pour tenir jusqu’à aimer, Tout en silence. Mon homme me pèse sur le cœur. J’ai l’étoffe au bord des lèvres. Mon homme me saigne en absences. C’est l’étourderie des dimanches. Recommencer le même mouvement : Une prière, indéfiniment. Comme je remue le bout des doigts, Je chuchote l’avenir. Et l’index sur la bouche, Que personne ne mente ou bouge. J’ai compté et recompté Sur cette veste, à mes côtés. Mon homme me pèse sur le corps. Comme j’ai raison d’avoir tort ! Mon homme me saigne en apparences. J’en ai quinze ou j’en ai trente ? Et puis finir par aboutir, Une phrase en suspens ; Cette suspension des distances m’affole. Parfois leurs rires s’opposent, Un coup de canon dans l’osmose. Il faut se rassembler Pour s’amouracher De temps à autre. Mon homme me pèse Ma souffrance. Des tonnes.


Mon homme me saigne Et m’épargne, En somme. Demain, dans ces cas-là, Pour une dernière défaite, Il est des gens comme des doutes Qui toujours reviennent. Après-demain, une migraine Me mettra la tête à l’envers. La proposition sera rejetée Ou reportée en fin de séance. Je tire ma révérence A mon homme qui me saigne. Pourtant cette démence Me rendait presque saine. Et je compte, je recompte, Sans cesse, en me trompant, Ces cheveux, une mappemonde Tourne, haut le cœur, obstinément. Mon homme me pèse. Je le déduis Sur la balance de mon amour. De loin en loin, De chiffre en chiffre, J’éparpille mon homme à tout vent Pour qu’il saigne sous la bise De mes baisers comme des calmants. De loin en loin, De chiffre en chiffre, Mon homme, je le décline A l’imparfait de mes regrets. Je le soustrais comme je dérive. SABRINAMESSING 11.02.1999


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