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Horizon Le nouveau bagage.


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Chlorophilia 2 Ross Lovegrove

Pierpaolo Ferrari, 2016


ID-NOS CONTRIBUTEURS

Young-Ah Kim

De son ancêtre, le corsaire Jean Bart, Geneviève Brunet a hérité le goût des départs et des navigations téméraires. Journaliste et auteure, elle n’aime rien tant qu’arraisonner une ville, faire partager son goût des lieux hors du temps ou partir à l’abordage d’un créateur. Pour ce numéro, elle a mis le cap sur l’ancienne Saigon, mégapole de 10 millions d’habitants, où l’économie de marché ouvre d’immenses possibilités, notamment aux patrons, aux architectes, aux plasticiens et même aux informaticiens… (p. 358).

Young-Ah est une photographe coréenne qui a vu son premier sujet publié dans IDEAT en 2011. Toujours dans l’aventure, elle travaille aujourd’hui avec The Good Life, L’Optimum, Le Figaro et L’Express. Pour ce numéro de rentrée, elle a arpenté les rues de l’ex-Saigon et saisi l’énergie débordante de ce poumon économique particulièrement jeune et qui a décidé de prendre de la hauteur sur les plans commercial comme architectural (p. 358). Elle est aussi l’auteure des portraits du designer Patrick Norguet (p. 96).

Olivier Waché

Marie Godfrain

Amateur de savoir-faire et d’innovation, ce linguiste se passionne pour l’artisanat et le design. Collaborateur du VIA et observateur du cadre de vie, il s’est spécialisé dans la cuisine et la salle de bains. Ce mois-ci, il a visité l’usine italienne de mobilier Poliform afin de rencontrer ceux qui y produisent une nouvelle offre globale (p. 136). Il nous présente les nouveautés 2017 en matière de carrelage (p. 313) et celles des marques de mobilier Jori (p. 352) et Leolux (p. 354) ; sans oublier une nouvelle designer chez CC Tapis (p. 330).

Depuis qu’à 14 ans elle s’est acheté une brosse à dents signée Starck, sa passion pour le design l’a amenée à collaborer à M, le Magazine du Monde, Marie Claire et IDEAT. Elle nous emmène dans de nouvelles boutiques (p. 76 et 80) et chez la décoratrice Sandra Benhamou (p. 220). Elle nous propose une sélection de livres déco pour grands (p. 92) et petits (p. 192). L’architecte Bruno Borrione lui a parlé de voyages (p. 404), et la styliste J.J. Martin, de son amour pour Milan (p. 426). Elle nous livre aussi la tendance 2017 des papiers peints (p. 287).

© THOMAS DERON

Geneviève Brunet

Sabrina Silamo

D’origine britannique, Ian Phillips entreprend sa carrière de journaliste en 1992. Aujourd’hui fin connaisseur d’architecture d’intérieur, il écrit pour des magazines de décoration et a signé quatre livres chez Taschen. Originaire du Puy-en-Velay, le photographe Stephan Julliard parcourt le globe. Il est un contributeur régulier de Vogue Russie, Vogue Chine, Belle (Australie) et The Sunday Times. Pour ce numéro, le duo a réalisé un reportage chez l’architecte d’intérieur Didier Gomez, à Paris (p. 232).

Diplômée en histoire de l’art et ex-rédactrice en chef adjointe d’Arts Magazine, Sabrina rend compte de l’actualité des artistes (Télérama, L’Objet d’art). Elle nous conseille trois manifestations artistiques : la Biennale de Lyon sur le thème des « mondes flottants » (p. 64) ; une exposition à la Tate Modern de Londres rassemblant les œuvres d’artistes afro-américains qui contribuèrent à la reconnaissance des droits civiques (p. 68) ; une rétrospective du travail de Bill Viola au musée Guggenheim de Bilbao (p. 70).

© STEPHAN JULLIARD

Tripod Agency

Antoine Lorgnier

Germain Suignard

Photoreporter indépendant, Antoine Lorgnier intervient dans des magazines français et étrangers à travers des sujets qui touchent au voyage, à l’art de vivre et à la gastronomie. Très intéressé par l’histoire de l’océan Indien et par la côte est de l’Afrique, il a, cette fois-ci, mis le cap sur l’Iran. De Téhéran à Ispahan, de Yazd à Chiraz, il nous fait partager son exploration d’un pays au cœur de l’actualité et en pleine évolution. Entre palais, mosquées et bazars (p. 388).

Après des études d’économie, une rencontre lui fait accepter un poste d’assistant dans un studio photo. Un an plus tard, il se lance en free lance. Puis il découvre l’univers du design et de la décoration qu’il n’a plus quitté depuis. Il travaille pour des titres de la presse française et étrangère, alternant reportages et shootings. Pour ce numéro, il a photographié l’appartement-galerie parisien de la décoratrice Sandra Benhamou, dont chaque pièce de mobilier se présente comme un modèle à la plastique parfaite (p. 220)…

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TO BREAK THE RULES, YOU MUST FIRST MASTER THEM.* LA VALLÉE DE JOUX. DEPUIS DES MILLÉNAIRES, UN ENVIRONNEMENT DUR ET SANS CONCESSION ; DEPUIS 1875, LE BERCEAU D’AUDEMARS PIGUET, ÉTABLI AU VILLAGE DU BRASSUS. C’EST CETTE NATURE QUI FORGEA LES PREMIERS HORLOGERS ET C’EST SOUS SON EMPRISE QU’ILS INVENTÈRENT NOMBRE DE MÉCANISMES COMPLEXES CAPABLES D’EN DÉCODER LES MYSTÈRES. UN ESPRIT DE PIONNIERS QUI ENCORE AUJOURD’HUI NOUS INSPIRE POUR DÉFIER LES CONVENTIONS DE LA HAUTE HORLOGERIE.

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Photo Michel Gibert, non contractuelle. Stone Sculpture museum of the Fondation Kubach-Wilmsen.

Kenzo Takada habille le Mah Jong French : Français

Designer libre et audacieux, Kenzo Takada, « le plus parisien des créateurs japonais », a imaginé pour Roche Bobois une exceptionnelle collection de tissus et de céramiques. Pour habiller le canapé Mah Jong, il s’est inspiré des kimonos anciens du théâtre Nô dont il a réinterprété les motifs et les couleurs, créant des harmonies à la fois délicates et sophistiquées qui symbolisent les trois temps de la journée : Asa (le matin), Hiru (le midi), Yoru (le soir).


Mah Jong. Canapé par éléments, design Hans Hopfer. Habillé de tissus Nô Gaku version Hiru, dessinés par Kenzo Takada pour Roche Bobois.

French Art de Vivre www.roche-bobois.com


French : Franรงais

Photo Michel Gibert, non contractuelle. Stone Sculpture museum of the Fondation Kubach-Wilmsen.


Mah Jong. Canapé par éléments, design Hans Hopfer. Habillé de tissus Nô Gaku version Yoru, dessinés par Kenzo Takada pour Roche Bobois.

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NOUVEAU RANGE ROVER VELAR

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ABOVE & BEYOND : Franchir de nouveaux horizons. Range Rover Velar : consommation mixte Norme CE 1999/94 (l/100km) : de 5,4 à 9,4 – CO2 (g/km) : de 142 à 214. Land Rover France. 509 016 804 RCS Nanterre.


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Où trouver les produits Élitis : France 01 Thoiry Atelier Pia 04 50 20 88 10 06 Cagnes-sur-mer Exigence couleurs 09 82 25 80 36 06 Le Cannet Colors 09 83 81 19 81 06 Nice Cosi 09 54 70 79 80 13 Aix-en-Provence Questions d’intérieur 04 42 64 45 68 19 Brive-la-Gaillarde Les M design 05 55 87 53 25 20 Bastia Hall décor 04 95 30 87 27 21 Dijon Patrice Langhi 03 80 38 02 05 22 Lamballe Vues d’intérieur 02 96 50 85 21 29 Brest Lindivat décor 02 98 44 14 67 31 Toulouse Flanelle décoration 05 61 21 32 20 31 Toulouse Terra rosa 05 62 26 47 94 32 Auch Andiamo Home 05 62 05 65 03 34 Montpellier Vues d’intérieurs 04 67 60 76 34 35 Rennes / Montgermont VBA décoration 02 99 23 17 41 35 Saint-Malo Intra domus 02 99 81 69 94 38 Echirolles Cap color 04 38 70 07 00 42 Saint-Étienne Signe intérieur 04 77 34 32 00 44 Haute-Goulaine AD2S 02 40 06 27 48 44 Nantes Lejeune 02 51 25 08 25 45 Orléans CPPO BCL Décor 02 38 62 01 48 47 Agen / Boé Villa d’ouest 05 53 66 86 76 53 Laval Colorisme 02 43 69 43 28 54 Nancy Nicole Lhotte 03 83 36 48 40 59 Bailleul Deco papier peint 03 28 43 93 44 59 Cambrai Acte II 03 27 78 50 89 59 Dunkerque Ton sur ton 03 28 59 24 99 59 Valenciennes Déco carré rouge 03 27 29 48 33 59 Villeneuve d’Ascq Tissus Dassonville 03 20 25 28 28 62 Le Touquet Honnay décoration 03 21 05 80 35 62 Saint-Omer Lionet 03 21 39 31 31 62 Vendin-lès Béthune Bernard Grenier 03 21 57 34 18 62 Arras Delcroix Décoration 03 21 59 68 47 62 Noeux-Les-Mines Delcroix Décoration 03 21 26 38 38 63 Clermont-Ferrand Envie d’intérieur 04 73 91 51 93 63 Riom JLM déco 04 73 38 08 95 64 Biarritz Alta quota 05 59 22 57 35 64 Jurancon Atelier JP Bouvée décoration 05 59 27 93 89 65 Tarbes Pelegry décoration 05 62 93 12 28 67 Strasbourg Art de vivre déco 03 88 16 20 04 68 Eguisheim Kuster et fils 03 89 41 18 24 69 Lyon / Caluire Jean-Michel Bitsch 04 78 23 22 38 73 Aix-les-Bains PPP Monod 04 79 61 51 20 74 Annecy Organdi 04 50 51 28 40 74 Annecy / Veyrier du lac Côté lac 04 50 60 28 28 74 Magland Les Montagnardes 04 50 91 26 31 75 Paris 15 Infini Legno 01 45 32 18 48 75 Paris 17 Reca décoration 01 43 18 20 20 76 Mont-Saint-Aignan Gazebo 02 31 03 84 84 78 Versailles Etoffe et maison 01 39 20 03 14 79 Chauray Atelier Majorelle 05 49 24 27 56 83 Saint-Tropez Maîtresse de maison 04 94 54 86 55 85 Les Herbiers Bleu patine 02 51 92 93 37 91 Savigny-sur-Orge JM Allemand 01 69 05 29 65 92 Issy-les-Moulineaux Colors & walls 01 46 48 79 59 92 Sceaux Artigala 09 53 14 92 58 94 La Varenne Saint Hilaire Imagine 01 48 83 45 93 94 Maisons Alfort Infini Legno 01 43 76 24 31 Suisse 1009 Pully Janam +41 21 791 46 46 1131 Tolochenaz Reichenbach +41 21 804 50 00 1205 Genève Ars vivendi +41 22 328 72 02 1207 Genève Espace Concept +41 22 700 14 40 1211 Genève Lachenal +41 22 918 08 88 1227 Carouge Ploum +41 22 342 02 40 1951 Sion Fontannaz W et Ph décoration +41 27 323 25 55 8810 Horgen Tapetenraum +41 44 725 39 39 Belgique 1160 Bruxelles Déco Ligot +32 2 672 14 36 1180 Bruxelles L’Appart - Intérior Design +32 2 201 10 07 1380 Lasne Rouge de chine +32 2 653 80 48 1410 Waterloo Compagnie des cotonnades +32 2 353 18 59 1410 Waterloo I. Gilles Créations d’Intérieurs +32 2 353 13 16 2000 Antwerpen Emente - Taymans +32 3 233 18 91 3800 Sint-Truiden Soleiade home interiors +32 1 169 47 11 4000 Liège Houben +32 4 370 29 05 4000 Liège Le jardin de Nanie +32 4 232 14 41 4100 Seraing Houben +32 4 385 07 07 4317 Viemme Fabien Lucas +32 479 511 294 4557 Tinlot Rulot home decoration +32 8 551 17 62 4800 Verviers Fayen +32 8 733 03 45 4960 Malmedy Houben +32 8 064 00 80 5100 Namur / Jambes Maison Antoine +32 8 130 30 03 6280 Gerpinnes Tellier Moncousin +32 7 121 75 67 7500 Tournai Rive Gauche +32 6 922 07 47 7971 Thumaide Altruy décoration +32 6 977 08 78 8000 Brugge Sijs +32 50 31 95 60 8630 Veurne Cornille decoratie +32 5 831 12 95 9000 Gent Banyan - Burigat decoratie +32 9 233 95 75 9300 Aalst Brussels Huis +32 5 321 51 44 9620 Zottegem Vandekerckhove-de Smaele Interieur +32 9 360 34 79 Grand Duché du Luxembourg 1930 Luxembourg Lucien Schweitzer +352 2361621 4141 Esch-sur-Alzette Reckinger Peinture & Décors +352 54 78 81 1


C O U S S I N S L’ A C C E S S O I R E / R I D E AU A M A L F I A / TA B O U R E T C F O C

Revêtement mural Washi.

Auteur & Éditeur.

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SHOWROOM : 35, RUE DE BELLECHASSE 75007 PARIS

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ID-ƒDITO

IDEAT L’A … Alors ces vacances ? Finito ? Se acabaron las vacaciones ! Sono finite le vacanze ! Eh oui, les meilleures choses ont une fin. Vous ne pensiez quand même pas que cela durerait toute la vie ? Personnellement, je suis très content que vous soyez rentrés. D’abord, parce que j’ai travaillé tout le mois d’août et que, à force, je suis devenu un peu jaloux en pensant à vous, allongés sur le sable, en Corse ou à Minorque, sur un bateau à Ischia ou encore à Paros, Santorin ou Skiathos. Je vous voyais un verre à la main, en famille, blaguant avec des amis, faisant une sieste… ou du paddle ☺. Non, point trop n’en faut ! Vous n’êtes pas encore à la retraite ! Il faut bosser pour les générations futures ! Ravi, donc, que vous soyez rentrés sous la pluie, avec tous ces bruits de sirènes de police, de klaxons, de moteurs Diesel pourris qui crachent leur fumée, de serveurs mal léchés (ah ! qu’est-ce qu’on était bien en Italie) et de taxis ronchons. Bienvenue dans le monde du travail, des parkings de supermarchés, des rames de métros encombrés, des TER qui tombent en panne, des grèves (tiens, cela fait longtemps qu’on n’en a pas eu de grosse... bizarre), d’enfants qui pleurent pour ne pas aller à l’école, de jeans trop serrés parce qu’on a bien profité des vacances, d’étudiants qu’il faut caser à l’étranger dans des villes qu’on ne connaît pas... quand on n’a pas un mariage à préparer ☺. Allez ! courage, l’été prochain, c’est dans onze mois, ce qui vous laisse tout le temps de méditer sur votre condition d’urbain CSP+ normalement stressé par la vie et anormalement agacé par ceux qui ont choisi de ne plus travailler... Vous voyez que vous pouvez devenir jaloux également ☺ ? Bon, quelques petites nouvelles du front ? IDEAT, déjà présent en Chine – et en chinois – depuis deux ans, sort en Allemagne le 13 septembre. C’est une grande fierté pour nous. Nous avons conclu un accord de licence avec le géant de la presse allemande GRUNER + JAHR (groupe Bertelsmann), propriétaire, entre autres, des magazines Capital, Stern, Gala, Schšner WohnenÉ L’Allemagne est un grand pays de plus de 80 millions d’habitants et les Allemands ont toujours été très friands de mobilier contemporain. L’Imm Cologne, salon international du meuble, arrive juste derrière celui de Milan en termes d’importance, et je suis sûr qu’IDEAT va connaître un très grand succès outre-Rhin. Notre partenaire est très puissant mais, surtout, les Allemands ont ce côté décontracté chic qui sied très bien au magazine. Ils vont comprendre très rapidement que quelque chose peut être beau sans être ostentatoire, qu’on n’a pas besoin de montrer des demeures de 2 000 m2 pour faire rêver, et que Procida ou Pantelleria, c’est peut-être mieux que Miami ou Dubaï... C’est ce qui fait le charme d’IDEAT. Une banquette Poul Kjærholm, un fauteuil Arne Jacobsen, quelques meubles et accessoires Vitra, un beau tapis berbère, quelques jolies cartes marines un peu usées, deux ou trois plantes, un plaid acheté chez Jonathan Adler et des objets chinés aux puces suffisent à faire de votre salon un coin chic dans lequel on se sent bien (comme sur l’illustration de Paolo Mariotti sur la page de droite). Une pièce à vivre qui n’est pas faite pour montrer qu’on est riche, mais simplement imprégné de cette culture du XXe siècle, celle de notre époque. C’est ce petit supplément d’âme qui fait la richesse d’IDEAT, ce côté un peu chic mais non prétentieux, qui permet de reconnaître tout de suite le magazine. C’est la raison pour laquelle il marche bien : plus de 85 000 exemplaires OJD à chaque numéro, avec de magnifiques annonceurs et de belles marques qui y voient un bel écrin pour passer leurs jolies publicités. Du reste, avez-vous remarqué que, dans IDEAT, même les publicités sont belles ? IDEAT L’A, « ce petit supplément d’âme… Comme une gaieté, comme un sourire... Qui paraît nous dire “viens”... Quelque chose qui danse en toi... Ce je-ne-sais-quoi que d’autres n’ont pas et qui nous met dans un drôle d’état… Cet indéfinissable charme, cette petite flamme… » * Merci à vous de nous lire si régulièrement. Merci de croire encore au papier et aux beaux magazines. Merci de votre soutien si fidèle. Place à la rentrée ! Une jolie rentrée déco qui nous donne envie de vivre et d’être bienveillants avec nos proches… Moi, je pars « taper sur mes tonneaux ». * ☺ * Paroles de Ella, elle l’a, écrites par Michel Berger en 1987 et chantées par France Gall. À bientôt, Laurent Blanc Éditeur & fondateur d’IDEAT laurentblanc@ideat.fr

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ID-PAOLO’S TOUCH

Un Žquilibre subtil entre jolis clichŽs dans lÕair du temps et gožts personnelsÉ

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Couverture © GIORGIO POSSENTI-VEGA MG 1/©DIDIER DELMAS 2/© MICHEL DENANCÉ 3/© MAXIM SCHULZ 4/© PETER FEHRENTZ

ID-IDEAT EN ALLEMAGNE !

IDEAT SORT EN ALLEMAGNE LE 13 SEPTEMBRE

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© PETER FEHRENTZ

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1/ Laurent Blanc, fondateur et éditeur du magazine IDEAT. 2/ La Fondation Jérôme Seydoux–Pathé de l’architecte Renzo Piano à Paris. 3/ L’Elbphilharmonie de Hambourg par Herzog & de Meuron. 4/ Bettina Billerbeck, directrice de la rédaction allemande d’IDEAT.

IDEAT EST DEVENU UNE MARQUE INTERNATIONALE Le 13 septembre, IDEAT lance son édition allemande avec le groupe Gruner + Jahr, filiale de Bertelsmann. Deuxième licence après la Chine, lancée il y a trois ans, cette édition outre-Rhin confirme l’ambition internationale de notre ligne éditoriale. Parce qu’IDEAT a su créer une combinaison unique de sujets dans l’air du temps, qu’il demeure le premier magazine lifestyle en France et la référence pour l’univers du mobilier contemporain, parce qu’il reflète toutes les facettes du design, de la décoration d’intérieur et de l’architecture, IDEAT est devenu le magazine d’une génération cosmopolite, d’une tribu urbaine au goût sûr et une source d’inspiration transversale. Cette édition allemande va trouver une place de choix dans le panorama actuel de la presse de décoration germanique. Plus moderne, plus décontractée, plus esthétique, plus curieuse que les autres, elle saura séduire toute une génération avide de découvertes, qui aime voyager et pour qui la création, quelle qu’elle soit, est un vecteur d’enrichissement personnel et d’ouverture sur le monde. Willkommen bei IDEAT Deutschland !

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FRANCE CENTRE 28  ID DÉCORATION, 28000 CHARTRES, 0237219435

CORSE 20  HALL DÉCOR / DÉCORS DIFFUSION, 20600 BASTIA, 0495308727

EST 21  VILLA MEDICIS BK SCÈNE, 21000 DIJON, 0380589490 25  CAGNETTA HOME CONTEMPORAIN, 25870 GENEUILLE, 0381577077 51  BOUTIQUE HG DÉCORATION, 51100 REIMS, 0326026565 51  DANIELLE FANCONY, 51074 REIMS, 0326404281 54  GD CRÉATION, 54600 VILLERS LES NANCY, 0383286217 54  JVD MAISON VARRY, 54000 NANCY, 0383373266 57  BERSHEIM CRÉATION, 57200 SARREGUEMINES, 0387983107 57  MAISON FRISCH, 57000 METZ, 0387361652 67  LA CHAISERIE, 67007 STRASBOURG, 0388256250 67  LES ATELIERS MARC K, 67600 SELESTAT, 0388921338 89  HARMONIE  DIDIER CHARVIN, 89100 SENS, 0386650207

GRAND OUEST 22  L’ATELIER BETHENCOURT, 22000 SAINT BRIEUC, 0296338899 29  CHARME DU LOGIS, 29000 QUIMPER, 0298556073 35  ATELIER BOUTIQUE IMPRESSION BOUILLET, 35000 RENNES, 0299793290 35  INTRA DOMUS, 35400 SAINT MALO, 0299816994 37  BAYABARCAT, 37000 TOURS, 0622711612 44  ATELIER DU BOIS, 44840 LES SORINIÈRES, 0240332694 44  LEJEUNE DÉCO, 44000 NANTES, 0251250825 56  ART CONCEPT, 56800 PLOËRMEL, 0297720437 56  CATHERINE COEFFIC, 56270 PLŒMEUR, 0222990135 56  L’ATELIER DE MICHEL, 56000 VANNES, 0297472363 56  TISSUS DURET, 56100 LORIENT, 0297642848 86  BIEN ÊTRE DE SEGERON, 86000 POITIERS, 0549410651 86  YVES ROBERT, 86100 CHATELLERAULT, 0549931472 87  DÉCORATION CONSEIL, 87000 LIMOGES, 0555103898

ÎLE DE FRANCE

13  QUESTIONS D’INTÉRIEUR, 13100 AIX EN PROVENCE, 0442644568 13  SIÈGES PARDIGON, 13760 SAINTCANNAT, 0442572825 14  L’ATELIER DU RIDEAU, 14800 TOUQUES, 0231889816 34  GAETAN CAPANO, 34000 MONTPELLIER, 0467640317 66  SOPHIA DÉCORATION, 66000 PERPIGNAN, 0468349041 66  TOUTENTISSUS, 66330 CABESTANY, 0468508880 83  CAPOBIANCO DÉCORATION, 83140 SIX FOURS LES PLAGES, 0661342674 83  CÉCILE DERUELLE, 83330 LE BEAUSSET, 0494987026 83  LES DÉCORATEURS DU SUD, 83600 FRÉJUS, 0494171252

SUD OUEST 16  DÉCO CHARENTES, 16100 COGNAC, 0545327148 17  INTÉRIEUR DÉCORATION, 17100 SAINTES, 0546920048 17  OCTANT DESIGN, 17000 LA ROCHELLE, 0546818007 17  RYSER, 17285 PUILBOREAU, WWW.RYSER.COM 19  TISSUS BEYLIE ET FILS, 19100 BRIVE LA GAILLARDE, 0555240303 31  ACTE B, 31800 SAINT GAUDENS, 0561959888 31  DESIGN ET MATIÈRES  EMMANUEL DELAYRE, 31410 TOULOUSE, 0624861217 31  FLANELLE DÉCORATION, 31000 TOULOUSE, WWW.ANALIADECO.COM 33  ATELIER DU FAUTEUIL, 33000 BORDEAUX, 0556982222 33  DÉCORATION CONSEIL, 33170 GRADIGNAN, 0555103898 47  VILLA D’OUEST, 47550 BOÉ  AGEN, 0553668676 65  GÉRARD PELEGRY, 65000 TARBES, 0562931228 81  JEU DE FIL  ALBO FLOTTARD, 81100 CASTRES, 0563592940

SUISSE FRIBOURG ATELIER ID, 1633 VUIPPENS, 026/9153182 ATELIERS DENIS GACHET, 1669 NEIRIVUE, 079/4780854

GENÈVE ARTIS INTERIOR DESIGN, 1201 GENÈVE, 078/7070508 BORELLA VOGUE, 1207 GENÈVE, 022/700167 ESPACE CONCEPT, 1207 GENÈVE, 022/7001440 LIVING TRADITION, 1204 GENÈVE, 022/3119751

GRISON

75  L’ATELIER DÉCO, 75016 PARIS, 0140719634 75  VAN DEN BROUCKE, 75011 PARIS, 0148053666 77  BAYADÈRE, 77300 FONTAINEBLEAU, 0176430510 77  RAM, 77100 NANTEUIL LES MEAUX, 0160232648 78  STOCK DÉCOR, 78140 VELIZY VILLACOUBLAY, 0139465026 92  LA MAISON BINEAU, 92300 LEVALLOIS  PERRET, 0147571600 92  DERETA, 92240 MALAKOFF, 0146567505 94  ALAIN MADAR CRÉATION, 94140 ALFORTVILLE, 0698270564 94  IMAGINE, 94210 LA VARENNE SAINT HILAIRE, 0148834593

KRAMERS WINE & DESIGN, 7270 DAVOS PLATZ, 081/4206033

LIECHTENSTEIN ALLURE, 9490 VADUZ, 033/701367

NIDWALD ATELIER MACK, 6370 STANS, 041/6106013

VALAIS NORD / NORMANDIE 59  DEMEURE DE FAMILLE, 59910 BONDUES, 0320760077 59  TISSUS DASSONVILLE, 59650 VILLENEUVE D’ASCQ, 0320252828 59  TON SUR TON, 59140 DUNKERQUE, 0328592499 60  DERRIÈRE LE RIDEAU, 60200 COMPIÈGNE, 0344869496 62  ESPACE RIDEAUX, 62100 CALAIS, 0321360750 62  HONNAY DÉCORATION, 62520 LE TOUQUET PARIS PLAGE, 0321058035 62  LIONET DÉCOR, 62500 SAINT OMER, 0321393131 62  MEUBLES BODART, 62240 DESVRES, 0321916444

RHÔNE  ALPES 38  NATACHA, 38000 GRENOBLE, 0476877117

ARTS DÉCOS CRÉATION SA, 1936 VERBIER, 027/7715181 AU BONHEUR DES DAMES, 3963 CRANS MONTANA, 027/4814434 CHALET DE FAMILLE, 3963 CRANS MONTANA, 027/4812340 MORET OLIVIER, 1991 SALINS, 027/2073748

VAUD COMME À LA MAISON, 1006 LAUSANNE, 021/6014660 DÔME, 1295 MIES, 022/3627470 MOYARD, 1110 MORGES, 021/8115400 PASSION DÉCO, 1400 YVERDON, 024/4251653 PINKDESIGN, 1660 CHÂTEAU D’OEX, 079/4740362 REICHENBACH, 1131 TOLOCHENAZ, 021/8045000 VIQUERAT DÉCORATION, 1815 CLARENS, 021/9642221

SUD EST 06  FAJ DÉCORATION / L’ AFFAIRE DES DOUBLES RIDEAUX, 06400 CANNES, 0492980295 06  JOSEPH PEREIRA, 06140 VENCE, 0609834092 06  RAN DÉCO, 06400 CANNES, 0493992826 13  CÔTÉ MAISON, 13210 SAINT REMY DE PROVENCE, 0432620911

ZURICH BEL INTÉRIEUR, 8050 ZURICH, 044/3103979 ROSA INNEDEKORATIONEN, 8006 ZURICH, 079/6045274 SPHÄRA ROLF BACHMANN, 8810 HORGEN, 044/7701933

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Collection : Molitor

SHOWROOM CASAMANCE 13 RUE DU MAIL  75002 PARIS  SHOWROOM.PARIS@CASAMANCE.COM


12-14, rue Jules-César, 75012 Paris. Tél. : +33 (0)1 44 75 79 40. Fax : +33 (0)1 44 75 79 49. www.ideat.fr

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ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO Rédacteurs : Béatrice Andrieux, Anne-France Berthelon, Geneviève Brunet, Giovanna Castelli, Bérénice Debras, Alfred Escot, Francesca Esposito/Living RCS, Serge Gleizes, Marie Godfrain, Katinka Hyllested, Léa Janvier, Pierre Lesieur, Antoine Lorgnier, Élisa Morère, Marzia Nicolini, Nathalie Nort, Ian Phillips, Beatrice Rossetti, Sabrina Silamo, Olivier Waché. Photographes : Filippo Bamberghi, Gianni Basso / Vega MG, Beppe Brancato/Living RCS, Germana Costanza Lavagna, Didier Delmas, Duende, Piero Gemelli, Alessandra Iannello/Living Inside, Stephan Juilliard/Tripod Agency, Young-Ah Kim, Antoine Lorgnier, Yves Samuel, Germain Suignard, Birgitta Wolfgang/Sisters Agency. Illustrateurs : Susan Hunt Yule, Le Duo, Paolo Mariotti, Vincent Poinas. Photogravure : Alloscan, groupe Amalthéa. Impression : Roularta Printing (Belgique).

SERVICES ADMINISTRATIFS ET FINANCIERS Directeur administratif et financier : Céline Rhodes. Tél. : +33 (0)1 84 17 30 23. Comptable : Tuan-Minh Bui. Tél. : +33 (0)1 86 95 00 24. tbui@ideat.fr Assistants comptables : Pratheeba Jegatheesan. Tél. : +33 (0)1 44 75 55 02. pjegatheesan@ideat.fr Sandy Ratiaray. Tél. : +33 (0)1 44 75 74 32. sratiaray@ideat.fr Assia Belaoua. compta@ideat.fr

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* IDEAT ISSN1294-9485, is published monthly, 7 times per year (except February, May, July, September, December) by IDEAT EDITIONS LS Distribution Logistics A/S ExpressMag, 8275 Avenue Marco Polo, Montréal, QC H1E 7K1, Canada.


L’ A U T R E C O N V E R S A T I O N

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DÉPARTEMENT CONSUMER MAGAZINES, CATALOGUES ET SUPPLÉMENTS PRESSE PRODUCTION VIDÉO – VENTE DE CONTENU LIFESTYLE Directeur : Christian Chevassus. Tél. : +33 (0)1 44 75 74 31. cchevassus@ideat.fr Chef de projet : Florence Moreau. fmoreau@ideat.fr

DÉPARTEMENT WEB Traffic manager : Maxime Sapowicz. Tél. : +33 (0)1 44 75 76 35. msapowicz@ideat.fr Community manager : Fanny Liaux. Tél. : +33 (0)1 44 75 74 27. fliaux@ideat.fr

SITE E-COMMERCE, THE GOOD CONCEPT STORE Responsable e-commerce : Sourida Bounpieng. Tél. : +33 (0)1 44 75 76 40. sbounpieng@thegoodconceptstore.com au Printemps de l’Homme. 64, boulevard Haussmann 75009 Paris. Tél. : 01 42 82 55 75. Manager : Adrien Monteil. amonteil@thegoodconceptstore.com IDEAT 129 Ce magazine contient sur la diffusion kiosque et abonnés FM : 2 offres d’abonnement à IDEAT (une brochée et une jetée) ; sur la diffusion kiosque et abonnés IDF : un catalogue Printemps Maison ; sur la diffusion abonnés FM : une offre Rue des étudiants ; sur une sélection d’abonnés FM : un communiqué de presse annonceurs.

© ADAGP, pour les œuvres de ses membres, Paris 2017.


Italian Masterpieces CANAPÉ GRANTORINO. DESSINÉ PAR J.M. MASSAUD. SALONE DONNA ELENA, PALAZZO CORSINI, FIRENZE. poltronafrau.com Paris 29 Rue du Bac +33 1 42227449


SOMMAIRE 129 - Septembre - Octobre 2017 SUR NOTRE COUVERTURE : Dans un antique palais sicilien transformé en maison d’hôtes par le studio GumDesign, deux fauteuils de Gastone Rinaldi en velours rouge, comme au théâtre, invitent à assister à une mise en scène symbolique (p. 208).

66

© FILIPPO BAMBERGHI

17

PAOLO’S TOUCH L’œil de notre illustrateur Paolo Mariotti

26

44

NEWS DESIGN > Woud, la nouvelle branche du design danois > Malherbe Édition, la poésie du béton > Saba, 100 % cosy, 100 % joli > Descamps, lumière et sérénité > Design Parade Toulon/Hyères : vox populi, vox Dei > N/7, le labo créatif de Vincent Sheppard > Bross à la table des grands

62

NEWS ARCHI Charlotte Perriand : l’intégrale d’une progressiste

64

NEWS ART > La Biennale de Lyon sous le signe du nomadisme > Benjamin Millepied et ses réflexions chorégraphiques > Black is beautiful à la Tate Modern > Bill Viola sculpte le temps au Guggenheim de Bilbao

72

NEWS PHOTO Momenta, moment unique à Montréal

74

NEWS STORE Silvera lands in London

76

NEWS SHOPS > Paris vu d’Ailleurs > Art, design, archi... Margaux Keller touche à tout

80

NEWS SHOP VINTAGE À Marseille, un design bien carrossé

82

NEWS TABLES > Le Camondo, une cour pavée d’histoire > A felicidade à Paris, avec le chef Raphaël Rego

74 80

© DAVID CLEVELAND

CONTEMPORARY NEWS


PRÊT-À-PORTER & ACCESSOIRES | LONGCHAMP.COM


ID-SOMMAIRE

86

NEWS HÔTELS > Blomet les bains > Hôtel de Tourrel, l’accord parfait à Saint-Rémy > Henrietta, à Londres : un negroni et au lit !

92

NEWS BOOKS Spécial déco

CONTEMPORARY DESIGN 96

ENTRETIEN Avec le designer Patrick Norguet

102 PORTRAIT Ron Gilad : un anticorporate chez Danese 106 JEUNE DESIGNER Les jolis projets de Julien Renault 108 WORKSHOP STUDIO Raw Color dans ses murs 116

96 142

© YOUNG-AH KIM

© KAREL BALAS / HENRIETTA HOTEL

86

GENESIS Toan Nguyen, la fibre design de Fendi Casa

120 CRAZY BD Barcelona, le label hors norme 124 SHOPPING Rose & Co. 130 BIRTHDAY Le mobilier de bureau italien haut de gamme d’i4 Mariani 133 BRAND Tacchini : le savoir-faire de l’édition 136 USINE Poliform, entreprise polymorphe 142 ICÔNE Le fauteuil Gala de Franco Albini 144 LEÇON DE CHOSE Le rocking-chair

CONTEMPORARY LIFESTYLE 162 ARCHITECTE D’INTÉRIEUR Tristan Auer, l’archi booké

28

© RBC

152 THEMA In the wood for love


75 ans de design, d’une vision moderniste d’avant-garde à un design profondément contemporain pour la maison et le bureau. Toujours intemporel. Toujours authentique.

1954 Florence Knoll, Architecte et Designer 2016 Florence Knoll Collection – Rela x

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Photo: Gionata Xerra

Paris — Showroom Knoll, T 01 44 18 19 99 / Amiens — Meubles Roger, T 03 22 95 48 69 / Bidart — Designa, T 05 59 47 55 11 / Bordeaux — Galerie Tourny, T 05 56 44 35 48 — Agora T 05 56 06 05 86 / Clermont Ferrand — Primo, T 04 73 26 03 03 / Colmar — Quartz, T 03 89 23 20 48 / Guérande — Casa Ligne, T 02 40 24 32 99 / La Rochelle — Octant, T 05 46 41 80 07 Lille — Emotions, T 03 20 57 99 0, Loft, T 03 20 78 03 02 / Lyon — Création Contemporaine, T 04 78 62 78 34 / Marseille — Danand, T 04 91 37 68 25 / Metz — Formes et Couleurs T 03 87 37 90 90 / Montpellier — RBC Design Center, T 04 67 02 40 24 / Mulhouse — Quartz, T 03 89 66 47 22 / Nancy — D I M, T 03 83 35 58 34 / Nice — Loft, T 04 93 16 09 09 Pays de Gex — Casa Design, T 04 50 42 33 33 / Perpignan — Isotta, T 04 68 35 11 20 / Reims — Homeage, T 03 26 04 33 46 / Rouen — Lignes, T 02 35 59 01 02 / Royan — Monique Delage Décoration, T 05 46 38 86 72 / Strasbourg — Galerie K, T 03 88 32 63 46 – Pyramide, T 03 88 37 31 95 / Toulouse — 2B Design, T 05 61 52 99 02 / Tours — By Loft, T 02 47 29 21 00


ID-SOMMAIRE

DOSSIER

E N FA N T S

220 © GERMAIN SUIGNARD © PHOTO DOSSIER ENFANTS : JELTJE JANMAAT/HOUSE OF PICTURES/BASSET IMAGES

Design, mode, déco, rien n’est trop beau pour les petits fans de lifestyle !

Bureau-maison pour une petite fille de 2 ans. Les papillons en papier ont été fabriqués au Népal pour l’Atelier Sukha. PHOTO : JELTJE JANMAAT/HOUSE OF PICTURES/BASSET IMAGES DESIGN : SUKHA ATELIER

167 DOSSIER ENFANTS 168 NEVER TOO MUCH Tout pour les enfants 178 BRAND Nidi fabrique le nid des ados 180 PORTRAIT Les vacances éternelles de Blomkål 182 DESIGN Pedrali, le made in Italy pour les tout-petits 184 MODE > Pom d’Api, un pied royal ! > 10is, pas de paillettes pour les (mini) sportifs 188 MUSÉE Dix mois de fête à la Galerie Party au Centre Pompidou 190 CRÉA Posters à colorier ou la nouvelle OMY-mania 192 BOOKS Notre sélection de livres jeunesse 194 LIFESTYLE & STYLE Un univers de rêve pour les little creatures

232

208 HOME 1 À Catane (Sicile) : les hôtes du palais Asmundo di Gisira 220 HOME 2 À Paris : l’appartement-galerie de Sandra Benhamou 232 HOME 3 À Paris : les toiles de Didier Gomez 242 HOME 4 À Paris : atmosphère cinétique

258 HOME 6 À Copenhague : cabanes au féminin pluriel 266 HOME 7 À La Baule-Escoublac : Back to the 70’s 274 HOME 8 À Malibu : Initiales B.B.

30

© STEPHAN JULLIARD

250 HOME 5 À Milan : un classique revisité


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ID-SOMMAIRE

313 280 HÔTEL DESIGN Le National : la chambre des métiers 287 DOSSIER PAPIERS PEINTS & PEINTURES Poésie murale 297 DOSSIER TISSUS Parures d’intérieur 304 NEWS L’actualité de trois éditeurs : Houlès, Sunbrella et Jab 306 ZOOM 1 Pierre Frey : une maison tapissée de belles histoires 308 ZOOM 2 Larsen : nature is beautiful 313 DOSSIER CARRELAGES Les belles heures de la céramique 323 DOSSIER TAPIS La fibre arty 324 NEWS Panorama des nouveautés 330 GENESIS cc-tapis tisse un nouveau lien 332 FOCUS Une histoire de tapis... belges

358

335 DOSSIER CANAPÉS Canopée des canapés 354 FOCUS Les bonnes recettes de Jori

CONTEMPORARY TRIPS 358 URBAN SPIRIT Good morning Saigon ! 376 HYPE AREA Copenhague centre : quartier capital 382 WEEK-END ARTY Designblok, la Prague Design and Fashion Week

388 ROAD TRIP Iran, escapade persane

404 JET LAG Bruno Borrione à travers ses voyages 410 MAIS ABONNEZ-VOUS DONC À IDEAT ! 426 VILLAGE PEOPLE Le Milan de l’entrepreneuse J. J. Martin

32

© YOUNG-AH KIM

397 SPOTS Sélection de nos adresses worldwide


U R ID

SOMMAIRE WEB IDEAT

T. F EA R

+S

PARIS DESIGN WEEK DU 8 AU 16 SEPTEMBRE Cette année, la Paris Design Week, articulée autour de Maison & Objet, prend une nouvelle ampleur avec la participation de ténors du design et des événements partout dans la capitale. IDEAT sera présent sur tous les fronts afin de vous faire partager, en direct sur notre site Ideat.fr et nos réseaux sociaux, les plus beaux stands du salon ou la révélation de la collection réalisée à quatre mains par Hay et Ikea (photos).

HOME CHEZ SANDRA BENHAMOU Régulièrement, Ideat.fr vous emmène dans les coulisses de la rédaction de votre magazine préféré. Ce printemps, nous avons ainsi assisté au shooting de l’appartement parisien de la décoratrice Sandra Benhamou qui a réalisé, entre autres, le si joli hôtel Castelbrac à Dinard. Retrouvez notre photographe et notre styliste en action pour immortaliser la belle démonstration à domicile du grand talent de Sandra Benhamou.

WORKSHOP STUDIO CHEZ RAW COLOR Parfois, nous aimerions consacrer 50 pages à un sujet… Mais comme un magazine de 1 000 pages est difficile à transporter, nous vous proposons d’apprécier sur notre site les images que nous n’avons pas pu faire tenir dans la version papier. C’est le cas du reportage Workshop Studio sur le duo néerlandais Raw Color, formé par deux éminents coloristes, réalisé dans leur sublime maison-atelier d’Eindhoven.


yvesdelormeparis.com


Tissus, Papiers-peints, Tapis, Mobilier & Accessoires

FRANCE 01- LES INTERIEURS DE PHILIPPE GAZAGNES 01172 Cessy 0450416364 06- MR JOSEPH PEREIRA 06140 Vence 0493580750 13- DERVIEUX ESPACE DÉCORATION 13200 Arles 0490960239 14- OPTION AMEUBLEMENT 14000 Caen 0231857575 ELLEOUET DÉCORATION 14800 Deauville 0231871701 19- CHRISTINE & DIDIER EYMARD 19110 Bort-les-Orgues 0555960801 27- MARIE DE BIASIO 27400 Acquigny 0232403292 29- IDÉES 29930 Pont-Aven 0298060378 33- FORNIAUX 33000 Bordeaux 0556814152 ATELIER DU FAUTEUIL 33000 Bordeaux 0556982222 35- FOUGERAY CHRISTIAN 35400 Saint-Malo 0299818657 V.B.A DÉCORATION 35760 Montgermont 0299231741 37- ATELIER DU DECOR 37270 Montlouis/Loire 0247508272 41- BOURGOIN LES ATELIERS 41000 Blois 0254506506 OLIVIER SIMONIN/SCARLETT DECORATION 41100 Vendôme 0254731646 ERIC MORAND 41210 Montrieux-en-Sologne 0254982596 44- AD.2S 44115 Haute-Goulaine 0240062748 L’ ATELIER DE CÉCILE 44500 La Baule 0240241280 MICHEL DENIS DÉCORATION 44780 Missillac 0240883391 45- LE VOLTAIRE 45800 Saint-Jean de Braye 0238215565 49- L’HARIDON 49100 Angers 0241883979 MIGNOT BERTY 49700 Doué-la-Fontaine 0241590268 50- POUTAS DÉCORATION 50700 Valognes 0233401815 51- BOULEY DÉCORATION 51100 Reims 0326499970 53- CHEZ TEMPOREL 53000 Laval 0634322981 54- NICOLE LHOTTE 54000 Nancy 0383364840 56- DELVILLE CREDEY 56000 Vannes 0297472143 CONCEPT’HOME 56860 Sene 0297543589 59- YVES DELORME 59000 Lille 0320066009 REMY MOTTE 59491 Villeneuve-d’Ascq 0320898891 JACQUES FAYOLLE 59670 Cassel 0328405691 DEMEURE DE FAMILLE 59910 Bondues 0320760077 60- DECORUM 60100 Creil 0344647070 63- MICHEL & PIERRE PERRIER 63130 Royat 0473358913 64- LEICEAGA 64122 Urrugne 0559262945 69- TOSCANE 69002 Lyon 0472402392 74- DELETRAZ DÉCORATION 74100 Annemasse 0450383139 DÉCORATION TISSOT NAVARRO 74120 Megève 0450589838 DESIGN D’AZUR 74410 Saint-Jorioz Lac Annecy 0450680399 75- SEINE INTERIEUR 75007 Paris 0984342240 GARNERO 75015 Paris 0145314056 DECO D’AME 75017 Paris 0155379053 77- LA MAISON BELLIFONTAINE 77300 Fontainebleau 0160700859 83- FRÉJUS PEINTURE 83700 Saint-Raphaël 0494404775

84- CATHERINE AUFFRET 84800 L’Isle-sur-la-Sorgue 0675374924 86- DIDIER BERGER 86000 Poitiers 0549880890 86- S.E.R. YVES ROBERT 86100 Châtellerault 0549931472 92- GALEO 92700 Colombes 0147845590 94- IMAGINE DÉCORATION 94210 La Varenne Saint-Hilaire 0148834593 98- PLEIN SOLEIL DÉCORATION 98000 Monaco 37793304202

BELGIQUE BOJOLI by Josephine de Wild 2900 Schoten 0496 23 45 68 BURIGAT DECORATIE 9000 Gand 09 233 95 75 INGRID DEJANS INTERIEUR 8310 Bruges 050 34 60 81 JP DEMEYER - ROOIGEM 8310 Sint-Kruis-Brugge 050 59 98 44 L DECORATION INTERNATIONALE 7500 Tournai 0479 59 64 98 LE JARDIN DE NANIE 4000 Liège 04 232 14 41 LE TRI LOGIS 1180 Bruxelles 02 633 36 78 LES TISSUS DU SABLON 1000 Bruxelles 02 502 48 60 MM INTERIORS 8620 Nieuwpoort 0477 31 47 84 NEOO SELON NEO 9000 Gand 09 265 07 65 OVS DECORATIE by Olivier Van Speybroeck 8300 Knokke 050 62 78 60 REBECCA VERSTRAETE 2000 Anvers 03 334 73 94 ROUGE DE CHINE 1380 Lasne 02 653 80 48 SCOPES DESIGN 9150 Rupelmonde 03 771 57 21 TRENDSON INTERIEUR 2800 Malines 015 21 02 60 VICTORIA MARIA INTERIOR DESIGN 1050 Bruxelles 0476 44 17 90

GRAND DUCHE DU LUXEMBOURG LUCIEN SCHWEITZER 1930 Luxembourg 00352 2361621

SUISSE REYMOND DÉCORATION SA 1226 Thonex-Genève 0223483233 CHEVALLEY PIERRE 1224 Chene-Bougeries 0223491610 GALLI DECORATION SA 1211 Genève 3 0228183999 DUPIN 1820 1227 Les Acacias/Genève 0223044464 GRAS & CIE 1211 Genève 1 0227326464 FALSARELLA STEFAN 1006 Lausanne 0213128705 DECORIS GMBH 8044 Zurich 0433170606 VIQUERAT DENIS 1815 Clarens 0219642221 DANIEL MARTI INTERIORS 3780 Gstaad 0337449475

TUNISIE COLLECTION PRIVÉE 2070 La Marsa 98304852

pierrefrey.com


Emilienne & Jean, 30 rue d’Hauteville - Paris


Š Getty Images/Shutterstock


Le voyage

Le voyage by Kuoni c’est se laisser porter pour découvrir le monde en toute sérénité. En agences de voyage et sur kuoni.fr


n o s

a d r e s s e s

01 ▪ L es i ntér i eu rs S tép h a n e B e rge r ▪ Gex ▪ 0 4 5 0 4 1 6 3 6 4 02 ▪ M ar i e - L au re d éco rs ▪ So is s ons ▪ 0 3 2 3 7 4 2 7 6 0 06 ▪ M e u b le s D e To n ge ▪ M ougi ns ▪ 0 4 9 3 9 5 8 5 0 0 06 ▪ Etat d ’esp r i t ▪ Ni ce ▪ 0 4 9 3 6 2 6 0 5 3 06 ▪ L a m ag ie d u d écors ▪ Ni ce ▪ 0 4 9 3 8 7 1 9 1 5 06 ▪ D &K I nter i ors ▪ Ca nnes ▪ 0 4 9 3 3 9 0 6 5 5 06 ▪ J os e p h Pe rei ra ▪ Ve nce ▪ 0 4 9 3 5 8 0 7 5 0 08 ▪ R i q u el ▪ C h a r lev i lle ▪ 0 3 2 4 3 3 3 6 6 2 13 ▪ A u f i l d e s mat i è re s ▪ A i x e n Provenc e ▪ 0 9 8 3 3 3 1 9 5 3 13 ▪ J ean - M ic h el Ro ss el lo ▪ M ars e ill e ▪ 0 4 9 1 7 5 0 5 1 2 14 ▪ S tu d i o ELC Desi gn ▪ D e auv il l e ▪ 0 6 1 6 7 9 4 6 1 7 16 ▪ Ve nt d ’Est ▪ Angou lêm e ▪ 0 5 4 5 3 8 4 8 0 4 20 ▪ H ar m o n i e d éco rat io n ▪ Po rto Ve cchi o ▪ 0 4 9 5 7 0 3 0 7 0 27 ▪ B o d in d é corat io n ▪ L ouv ie rs ▪ 0 2 3 2 4 0 5 4 1 6 28 ▪ I D D é co rat io n ▪ C hartres ▪ 0 2 3 7 2 1 9 4 3 5 30 ▪ G al e r i e Je a n - Lo u i s Fa ges ▪ N î m e s ▪ 0 4 6 6 2 7 1 1 9 4 30 ▪ Pr is m d e sign im m o b il i e r ▪ N îm es ▪ 0 4 6 6 6 4 8 3 3 0 31 ▪ B e sso n ▪ To ul ous e ▪ 0 5 6 1 5 2 2 9 0 3 33 ▪ D au r y ▪ B o rdeaux ▪ 0 5 5 6 8 1 7 3 6 4 33 ▪ L’ateli er d u fa u te u il ▪ B orde a ux ▪ 0 5 5 6 9 8 2 2 2 2 33 ▪ C h r i sto p h e Roy d é co rat i on ▪ A rcac hon ▪ 0 5 5 6 2 2 5 4 4 4 35 ▪ V BA ▪ M o ntger m ont ▪ 0 2 9 9 2 3 1 7 4 1 37 ▪ Ateli e r d u d éco r ▪ Tours ▪ 0 2 4 7 7 5 1 7 4 1 37 ▪ L au r i n e d é co ▪ Cha mb ray l es To urs ▪ 0 2 4 7 8 0 4 6 0 0 40 ▪ S oc i été n o u vel le P P M ▪ Mo nt de M arsan ▪ 0 5 5 8 7 5 9 0 6 6 41 ▪ S car l ett d écorati o n ▪ Ve ndô m e ▪ 0 2 5 4 7 3 1 6 4 6 44 ▪ Ateli e r d u b o i s ▪ L es So rini è res ▪ 0 2 4 0 3 3 2 6 9 4 49 ▪ H u d o n d é co rat i on ▪ C hem i ll é Me lay ▪ 0 2 4 1 3 0 7 1 3 1 49 ▪ H u d o n d é co rat i on ▪ C hem i ll é Me lay ▪ 0 2 4 1 3 0 7 1 3 1 50 ▪ M ais o n d es O r m es ▪ B arnevi l le Car teret ▪ 0 2 3 3 0 4 3 7 1 9 59 ▪ D emeu re d e fam il l e ▪ B o ndue s ▪ 0 3 2 0 7 6 0 0 7 7 62 ▪ D elc ro i x d écorati o n ▪ N oe ux le s Mi ne s ▪ 0 3 2 1 2 6 3 8 3 8 62 ▪ D elc ro i x d écorati o n ▪ A r ras ▪ 0 3 2 1 5 9 6 8 4 7 62 ▪ H o n n ay d é corat io n ▪ L e To uq uet ▪ 0 3 2 1 0 5 8 0 3 5 64 ▪ G azel d éco rate u rs ▪ B iar ri tz ▪ 0 5 5 9 2 2 0 0 2 2 65 ▪ Pe l eg r y ▪ Ta rb es ▪ 0 5 6 2 9 3 1 2 2 8 67 ▪ L’ar t d e v iv re ▪ St ra sbo urg ▪ 0 3 8 8 1 6 2 0 0 4 67 ▪ Ateli e r M arc K ▪ Sé le stat ▪ 0 3 8 8 9 2 1 3 3 8 69 ▪ Ateli e r Je a n - Mi c h el B i ts ch ▪ C aluire ▪ 0 4 7 8 2 3 2 2 3 8 69 ▪ G r i ffay ▪ Lyo n ▪ 0 4 7 2 9 1 2 7 2 7 72 ▪ A r t istyl e ▪ L e M a ns ▪ 0 2 4 3 7 5 5 5 0 0 74 ▪ D elet ra z d é co rat i on ▪ A nne m a ss e ▪ 0 4 5 0 3 8 3 1 3 9 74 ▪ D éco rat io n Ti ss ot Navar ro ▪ M egève ▪ 0 4 5 0 5 8 9 8 3 8 74 ▪ D esig n d ’A zu r ▪ S a i nt- Jo rioz ▪ 0 4 5 0 6 8 0 3 9 9 75 ▪ G ar n e ro ▪ Par is ▪ 0 1 4 5 3 1 4 0 5 6 75 ▪ M S B o u ti q u e ▪ Pa ri s ▪ 0 1 4 3 1 3 3 0 1 4 76 ▪ Ateli e r 1 3 ▪ Rou en ▪ 0 2 3 5 1 4 0 1 9 5 76 ▪ A u t rem e nt ▪ Rou en ▪ 0 2 3 5 8 9 3 7 2 4 78 ▪ To u t a u tre c h os e ▪ Ve rs ai l les ▪ 0 1 3 9 5 0 1 8 7 0 79 ▪ Ateli e r M ajo re ll e ▪ C h auray ▪ 0 7 5 7 5 4 1 5 1 1 83 ▪ L es d écorateu rs d u S u d ▪ Fré jus ▪ 0 4 9 4 1 7 1 2 5 2 83 ▪ D éco r d e Fran ce ▪ Hyère s ▪ 0 4 9 4 6 5 3 2 9 7 85 ▪ L’estam p il l e d é co rat io n ▪ L e s s able s d’O lonne ▪ 0 2 5 1 2 1 1 2 2 8 86 ▪ Yves Ro b er t ▪ C hâte ll era ult ▪ 0 5 4 9 9 3 1 4 7 2 91 ▪ T iffa ny d é co rat io n ▪ B runoy ▪ 0 1 6 0 4 6 4 4 8 8 92 ▪ A rab esq u e d éco ▪ A nto ny ▪ 0 9 8 1 4 9 0 2 0 6 Monaco ▪ P le i n So l ei l ▪ + 3 7 7 9 3 3 0 4 2 0 2 B elgi qu e ▪ L e Tr i lo gi s ▪ B r uxe ll es ▪ + 3 2 2 6 3 3 3 6 7 8 B elgi qu e ▪ Mi n i ox ▪ Wate rl oo ▪ + 3 2 2 3 5 1 3 1 1 1 B elgi qu e ▪ Vi kn ava ▪ L a sne ▪ + 3 2 2 6 5 3 8 0 4 8 Tuni si e ▪ To u t au tre ch o s e ▪ Tu nis ▪ + 2 1 6 7 1 2 7 5 8 8 0 Ma roc ▪ M ad u rel ▪ C as abl anca ▪ + 2 1 2 5 2 2 3 6 2 5 8 3 Su iss e ▪ Em e r y ▪ Etoy ▪ + 4 1 2 1 8 0 7 3 2 1 3 Su iss e ▪ Travau x en C o u rs ▪ G enève ▪ + 4 1 2 2 3 4 5 1 1 8 1 Su iss e ▪ G al l i ▪ G e nève ▪ + 4 1 2 2 8 1 8 3 9 9 9 Su iss e ▪ Reym o nd Dé co rat i on ▪ T ho nex ▪ + 4 1 2 2 3 4 8 3 2 3 3 Su iss e ▪ A n n o ▪ Wäde nswil ▪ + 4 1 4 4 7 8 6 1 2 1 1


w w w . n o b i l i s . f r


Contemporary news parce qu’être curieux, c’est bien !


Guggenheim (Bilbao)

Tate Modern

MAC

(Londres)

(Niterรณi / Rio de Janeiro)

TIMA

(Paris)

(Imabari)

Palazzo Grassi (Venise)

New Museum

Elbphilharmonie

Guggenheim

Centre Pompidou

(New York)

(Hambourg)

(New York)


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Woud, la nouvelle branche du design danois Par Alfred Escot

Jusque-là experts dans le secteur de la grande distribution, Mia et Torben Koed ont créé une marque de mobilier et d’accessoires spécialisée dans l’édition de jeunes talents. Rencontre.

W

oud ? Pas besoin de toucher du bois pour parier dessus. Des miroirs équipés de tablettes pour ranger ses cosmétiques ou faire pousser des plantes dans la salle de bains, des étagères qui semblent suspendues à un fil, des garde-robes qui laissent

apparaître les vêtements… Avec ses meubles modestes et bien pensés, la nouvelle marque danoise s’est fait un nom. Le design de ses produits, elle le confie à de jeunes talents, comme le Finlandais Kasper Nyman qui a conçu spécialement pour elle la chaise en bois Mono, dont le siège forme un cône. « Cette génération pose un nouveau regard sur le monde. Elle apporte l’idée en plus qui distingue un produit sur le marché, même s’il faut du temps pour la développer », explique Mia Koed, cofondatrice et directrice artistique de Woud. Deux ans et demi ont été nécessaires pour sortir Mono des cartons, avec la contribution d’un fabricant danois. Du temps gagné, puisque la marque présente à la rentrée quatre nouvelles versions sur le même principe, dont un fauteuil et un tabouret de bar. Avec ce petit quelque chose de scandinave qui tient dans la simplicité des lignes et l’utilisation d’un bois clair, chauffé pour obtenir cette forme ergonomique d’un seul tenant. « Les icônes du design danois, tout le monde les connaît. Ce que nous voulons, c’est proposer de la nouveauté », se défend Mia Koed qui, dans une ancienne vie, sélectionnait des meubles pour des marques françaises de la grande distribution. En 2014, elle décide avec son mari, Torben Koed, de fonder une société qui leur permettra de vendre « leurs produits ». Trois ans plus tard, Woud est distribuée dans vingt-cinq pays et sa boîte mails est inondée de propositions de designers, à l’image du fondateur du studio danois Made By Michael et de sa fameuse penderie Töjbox qui était, à l’origine, un projet d’études. « Nous adorons feuilleter les books pour trouver le croquis qui deviendra un produit de notre catalogue, mais nous nous occupons aussi du marketing, des réseaux sociaux, du design des stands sur les salons... C’est un vrai challenge », conclut, enthousiaste, Mia Koed.

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Ensemble fauteuil, pouf et canapé Nakki en velours du Finlandais Mika Tolvanen.


MINI HATCH. ÉDITION BLACKFRIARS. Disponible en 3 & 5 portes. Inclus dans l’édition : Toit ouvrant panoramique. GPS écran 6,5". Bluetooth. Volant multifonctions. Jantes en alliage 17". Détecteur de pluie. Projecteurs Full LED avec feux de jour Omega. Radar de recul.

À PARTIR DE 295€/ MOIS.* 36 MOIS. SANS APPORT. ENTRETIEN INCLUS. * Exemple pour une MINI ONE 102 HATCH 3 Portes Édition Blackfriars. Location Longue Durée sur 36 mois et pour 30 000 km intégrant l’entretien et l’extension de garantie. 36 loyers linéaires : 294,04 €/mois. Offre réservée aux particuliers, valable pour toute commande d’une MINI ONE 102 HATCH 3 portes Édition Blackfriars jusqu’au 30/09/2017 dans les MINI STORES participants. Sous réserve d’acceptation par MINI Financial Services - Département de BMW Finance - SNC au capital de 87 000 000 € RCS Versailles B 343 606 448 TVA FR 65 343 606 448. Courtier en Assurances immatriculé à l’ORIAS n°07 008 883 (www.orias.fr). Consommation en cycle mixte : 4,7 l/100 km. CO2 : 109 g/km selon la norme européenne NEDC. L’extérieur de ce véhicule comporte des équipements de série ou en option en fonction de la finition. Modèle présenté : MINI COOPER HATCH 5 Portes Édition Blackfriars au prix de 339,41 €/mois. Consommation en cycle mixte selon la norme européenne NEDC : 4,8 l/100 km. CO2 : 111 g/km.


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Malherbe Édition, la poésie du béton Par Serge Gleizes

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« Béton désarmé ». C’est le nom de la dernière ligne de mobilier et de sculptures dessinée et lancée par Hubert de Malherbe et Arnaud Deverre lors des Designer’s Days 2017. Une nouvelle gamme surprenante d’originalité et de luxe pour la marque française créée en 2015.

A

priori, le béton ne brille pas par sa transparence et sa légèreté. Et pourtant, c’est tout le contraire qui se dévoile dans cette ligne destinée à devenir une marque grand public. « Le béton est l’arme principale pour faire exister nos créations,

mais c’est aussi une matière qui désarme par sa simplicité », confirme Hubert de Malherbe, séduit par les belles aspérités de ce matériau caméléon, traité dans son jus ou bullé, fibré ou encore associé à l’acier ou à des pierres fines, pour devenir matière de meubles du plus bel effet. Moulée dans un béton élagué de toute sa rudesse, la douzaine de pièces teintées dans la masse se décline en consoles, étagères, tables basses et tables de salle à manger… « J’avais déjà réalisé des pièces similaires pour les boutiques Christian Dior Couture, poursuit-il, et cette nouvelle production a fait ressurgir des souvenirs de mon enfance. J’ai grandi à Versailles, dans des appartements où il n’y avait nulle trace de béton. C’est lors de mes vacances sur les plages de Normandie que j’ai découvert le matériau, alors que nous jouions dans les bunkers, dont le côté hostile m’avait toujours largement intrigué. » Si une certaine austérité reste la ligne directrice de cette gamme créée avec Antoine Courtiol, les designers lui ont apporté de la douceur, de la rondeur, et en ont fait des meubles légers, lisses et féminins, incrustés parfois de citrine et de rubis… « Tout est réalisé de manière artisanale, précise Hubert de Malherbe ; le béton a la viscosité du miel et son dosage est fait au gramme près, avec un sable hydrophobe de très grande qualité et un gravier spécifique. » Parallèlement à Malherbe Édition, qui

1/ Table Trèfle, réalisée en un seul bloc. Le béton blanc fibré a été coulé par Antoine Courtiol. 2/ Table basse Facet, avec son plateau en béton moulé d’un seul tenant. Saisissant contraste du béton blanc et des rubis polis qui donne un effet de perspective. 3/ Avec ses pieds en béton, cette table haute et son plateau en ébène sont les points forts de la nouvelle gamme de Malherbe Édition. © GILLES TRILLARD

a été créée en 2015 avec l’un des fondateurs du magazine culturel Les Inrockuptibles, Arnaud Deverre, également passionné de design et de créations à forte charge émotionnelle, Malherbe Design essaime depuis vingt-cinq ans des œuvres fortes et originales dans le monde entier et est devenue leader en termes de retail.

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Malherbe Édition. 64, rue de Rome, 75008 Paris. Tél : 01 53 42 48 48.


TOGO création Michel Ducaroy, modèle culte depuis 1973. Banquettes, angle et pouf. Créés et fabriqués en France. Catalogue : www.ligneroset.fr


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« Quilt » de Saba, 100 % cosy, 100 % joli Par Alfred Escot

La marque italienne décline son art de vivre dans une collection de mobilier qui allie confort et design. Focus sur « Quilt », sa dernière création et son matelassage maison.

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e quilt. Un accessoire déco des plus tendance dont le designer Sergio Bicego s’est inspiré pour créer une nouvelle gamme d’assises au look chaleureux et contemporain. Sur les canapés et fauteuils « Quilt » (« courtepointe » ou « édredon » en français) de la

marque Saba, pas de motif patchwork folklo, mais au contraire, des tons unis bien dans l’air du temps, comme un rouge terre brûlée ou un vert explosif. « Nous avons choisi une palette qui évoque le Far West, car le quilt est un objet artisanal d’origine anglo-saxonne alors principalement fabriqué par des femmes [il pourrait en réalité remonter à l’Égypte ancienne, mais sa confection était traditionnelle dans l’Ouest américain, NDLR] », justifie Amelia Pegorin, propriétaire et directrice artistique de Saba, entreprise basée dans les environs de Padoue, comme beaucoup d’autres éditeurs et manufactures de la Botte. Et si Saba sort du lot ces derniers temps, c’est d’abord parce que sa patronne sait se fier à son instinct. « Notre tâche est d’observer, de nous nourrir d’images, de nous imprégner de couleurs et de mode. Cela demande une part d’intuition, relève-t-elle, particulièrement fière de ce nouveau lancement. Je craque pour la version fauteuil, on peut s’y asseoir confortablement à deux pour créer un moment intime de partage et, quand on y est seul, c’est un vrai cocon. » Les formes rondes et accueillantes, les lignes géométriques, le mélange de ce qu’elle nomme « féminité et rationalité » : voilà comment Amelia Pegorin décrit en quelques mots l’identité de toute la collection Saba, que cette autodidacte, qui n’a pas étudié l’architecture ni le design, a réussi à développer avec l’aide de quelques designers fidèles et de sa fille, Alessandra Santi. Directrice de la communication, celle-ci s’en amuse : « Il est vrai que nous sommes une entreprise dirigée par des femmes. Cela doit certainement se ressentir dans notre catalogue. » Avec « Quilt », cette année, une innovation technique a de nouveau été accomplie pour permettre à l’édredon piqué de motifs matelassés de recouvrir à la fois le siège et le dossier des assises. Un petit nid douillet que pourront s’offrir les inconditionnels du made in Italy l’hiver prochain.

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Canapé, fauteuil, dormeuse ou pouf, « Quilt » se décline en une collection d’assises qui, comme le reste du catalogue Saba, oscille entre féminité et rationalité. Un catalogue qui, depuis 1989, n’a cessé de se renouveler. Depuis les canapés d’angle ou en îlots, typologies assez communes, des étapes ont été franchies récemment en termes de créativité. Comme en 2016 avec la gamme de fauteuils « Grace », bijoux indoor ou outdoor ornés de cercles en métal baroques.


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Descamps, lumière et sérénité Par Serge Gleizes

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Créée en 1802, Descamps défend depuis six générations l’élégance à la française avec un linge de maison tissé dans des matières nobles et naturelles, mélangeant motifs floraux, rayures, points plumetis. Critères que reprend la prochaine collection, « Palais d’hiver ».

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es draps, des couettes et des oreillers, des peignoirs, des nappes, des cotons doux comme une caresse, des éponges délicieusement enveloppantes… déclinés dans

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des unis très chics, des rayures ou des motifs graphiques discrets, des jeux de

ganses, des fleurs stylisées… Inspirés par les verrières, les serres et les architectures d’extérieur, motifs végétaux et dessins graphiques se calquent ainsi sur les couleurs d’une nature dense et sophistiquée. À la tête de ces lignes sur lesquelles planent lumière, sérénité et douceur, Florence Baudoux, la talentueuse directrice artistique, insuffle chaque saison ses idées avec un dynamisme communicatif. « Aujourd’hui, la décoration et le linge de maison sont des moyens pour exprimer sa personnalité, dit-elle. À l’heure où nos métiers accaparent tout notre quotidien, nos intérieurs sont devenus des refuges et il est primordial de s’y sentir bien. Le linge de maison participe à cette quête d’harmonie. » Si les collections témoignent de l’air du temps et des courants artistiques qui ont traversé les décennies (révolutionnaire Primrose Bordier qui apporta dans les années 60 la couleur au linge de maison jusque-là blanc ou écru), elles restent toujours très proches des exigences fondatrices : matières délicates, finitions ouvragées, palettes de couleurs sophistiquées. Et si les unis, imprimés damassés, dessins floraux, rayures, points plumetis, point de bourdon, jour poinçon, piqûre sellier… inscrivent la marque dans un joli classicisme (telle la fleur de lys, emblème de la ville de Lille et blason de la maison), l’entreprise (dont la boutique de New York fut inaugurée par Ingrid Bergman) impose aujourd’hui son style unique et innove en s’appuyant toujours sur son passé. Cette philosophie suivie par les autres marques que contrôle la société d’investissement Astrance Capital (Jardin secret, Jalla, la licence Tommy Hilfiger Home, Pantone, Laura Ashley, Bassetti et Zucchi) fait ainsi du linge de maison un secteur capital de la décoration.

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1/ Linge de lit Percale en 94 fils/cm2, ici présenté en bleu lavande, pour une allure graphique et élégante. 2/ Éponge et peignoirs Exquise : un modèle en nid-d’abeilles, raffiné, rappelant la noblesse des linges anciens. 3/ Draps de bain La Mousseuse aux couleurs chaudes et apaisantes, entre tradition et innovation : le joli classicisme à la française par Descamps.


ID-NEWS DESIGN

Design Parade : vox populi, vox Dei Par Anne-France Berthelon

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À la villa Noailles, en mode, photo, design ou architecture d’intérieur, un Prix du public récompense les jeunes talents, au même titre que ceux décernés par le jury, et fait, au passage, mentir le prétendu fossé entre les initiés et les non-initiés.

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ès les années 30, la villa Noailles construite par Mallet-Stevens s’est imposée comme une plateforme pour les avant-gardes architecturales et artistiques, mais également sociétales,

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puisque Marie-Laure (de Noailles) ne jurait que par l’exercice en plein air, à une époque

où cette pratique healthy était loin d’être répandue dans les cercles d’artistes parisiens. La transformation de la villa en centre d’art par Jean-Pierre Blanc perpétue ce double engagement. En premier lieu, à travers le caractère pointu des quatre festivals qui s’y déroulent et en font une formidable rampe de lancement pour les jeunes talents. En second lieu, à travers l’instauration d’un Prix du public qui démontre que les projets les plus expérimentaux, souvent abordés comme de vrais marqueurs de l’évolution des modes de vie, parlent aussi aux non-initiés. Belle

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leçon que les Romains résumaient par « vox populi, vox Dei (la voix du peuple est la voix de Dieu) ». Pour la seconde édition de Design Parade Toulon, présidée par le bouillonnant Vincent Darré, c’est le projet d’architecture d’intérieur intitulé « La Chambre sur l’eau » d’Emmanuelle Simon qui a recueilli les suffrages des visiteurs. Il s’agit d’un lit-îlot, traité dans une veine Art déco contemporain : une arche habillée de lin tressé faisant office de tête de lit, de cadre pour miroir et de séparateur d’espace est posée sur une estrade en bouleau, elle-même installée sur un tapis multifrises évocatrices d’ondes. Le tout est travaillé dans un camaïeu de tons grège et sable, très Élysée époque Pierre Paulin. Pas de doute, cette diplômée de Camondo, ex-chef de projet chez Pierre Yovanovitch, et Jean-Marie Massaud, est un nom à suivre ! Pour la 12e édition de Design Parade Hyères, présidée par Inga Sempé, le Prix du public est allé à Arthur Hoffner, formé à l’école Boulle et à l’Ensci, et dont la lampe Ring My Bell est déjà éditée chez Cinna. Avec Être ou ne paraître, il réhabilite une typologie d’objets désuets et souvent kitsch : les fontaines d’intérieur. En détournant bols en céramique, entonnoirs en plastique et tuyaux en PVC dans lesquels passent des liquides aux couleurs de sirops, il invente de nouveaux totems domestiques, aussi désirables que des vases Memphis. Vox populi, vox Dei, assurément.

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1/ et 3/ Emmanuelle Simon a gagné le Prix du public de la Design Parade Toulon grâce à son projet d’archi intérieure « La Chambre sur l’eau ». 2/ et 4/ Arthur Hoffner a remporté celui de la Design Parade Hyères avec ses fontaines d’intérieurs Être ou

ne paraître qu’il transforme en totems domestiques.


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Born to be Plage = Né pour la plage


ID-NEWS DESIGN

N/7, le labo créatif de Vincent Sheppard Par Guy-Claude Agboton

Cette année, le label de design belge Vincent Sheppard fête ses 25 ans. Plutôt que d’attendre le quart de siècle pour changer d’image, la société a ouvert au sein de son entreprise, dès 2015, N/7, un nouvel espace de création.

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’atelier N/7, c’est son nom, est un laboratoire créatif. Non pas que le label Vincent Sheppard ne s’autorisait pas à l’être, mais cette division N/7 a été voulue pour concevoir des produits prenant le risque de s’écarter des consensus de style. Façon

de permettre au design ou, en tout cas, au designer, de s’exprimer plus fort. Si Vincent Sheppard est connu pour son travail du Lloyd Loom, qui consiste à enrouler du papier kraft autour d’un fil métallique pour le tisser ensuite – une technique de fabrication qui a 100 ans cette année –, la maison d’outdoor fait aussi beaucoup de mobilier d’intérieur et pas seulement dans ce matériau. Au sein de l’atelier-laboratoire N/7, dès septembre, les tables Groove dessinées par le designer belge Alain Gilles (voir Ideat #128) vont plutôt illustrer l’idée qu’il peut exister des tables basses autrement qu’impersonnelles et monochromes. Disponibles en quatre tailles différentes et en plusieurs hauteurs, elles ne sont pourtant pas « bêtement » gigognes. On peut en disposer plusieurs dans une même pièce sans forcément les mettre côte à côte. Le but de l’atelier N/7 n’est pas de faire des objets pratiques qui rendent uniquement service. Ils doivent aussi dispenser une certaine esthétique. D’où le choix du marbre Marquina ou du plus beau Carrare, finement nervuré. Selon le designer bruxellois, ses interlocuteurs se sentent très concernés par le design qu’ils connaissent fort bien. Pour Coralie Claeys, présidente de la société, « les besoins et les goûts des consommateurs changent constamment, donc Vincent Sheppard adapte les techniques traditionnelles aux désirs des amateurs de design et d’architecture intérieure. » Elle ajoute : « Nous voulons être une marque qui continue de surprendre. » Cette volonté s’appuie sur le travail des artisans qui servent la maison. Ce qui fait qu’il y a, dit-on, chez Vincent Sheppard, une histoire de fait main et de matériaux naturels derrière chaque pièce de mobilier de l’atelier N/7. Ces tables, chaises et luminaires doivent durer, donc pas d’extravagances. Le regard y dénote au contraire de fortes réminiscences rétro, entre le design italien et scandinave. Nouveau luminaire Mini ou nouvelle chaise Kiki, c’est kif-kif, avec le rotin qui prime.

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Ci-dessus Les tables Groove du designer Alain Gilles, pour le label belge N/7, exploitent la finesse du marbre Marquina ou de Carrare. Ci-dessous La chaise Kiki, avec son assise en rotin naturel et ses pieds en métal, évoque une inspiration rétro, mi-italienne, mi-scandinave.


Enfin à la maison.

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ID-IDEAT & PORSCHE

Porsche, écrin lifestyle Apr•s une présentation remarquée lors du dernier Salon de Gen•ve, la Porsche Panamera Sport Turismo se dévoile petit ˆ petit au grand public. Ë Paris, le prestigieux constructeur allemand a fait appel ˆ IDEAT pour lui confectionner un pop-up store sur mesure, en m•lant ic™nes du design contemporain et références ˆ lÕhistoire sportive de la marque automobile. Par Julien Moro

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apitale mondiale de l’art de vivre et de l’élégance, Paris a été la première ville choisie par Porsche pour présenter au public français son tout premier shooting break. Début juin, la Panamera Sport Turismo a été exposée durant trois jours dans un

magnifique pop-up store spécialement conçu par IDEAT Éditions / The Store. Dans l’environnement raffiné de la place du Marché-Saint-Honoré, la belle sportive était entourée de marques de mobilier iconique du XXe siècle (Knoll, Vitra, USM, Flos, Nanimarquina…), le tout agrémenté de livres d’art et d’architecture ainsi que de délicates maquettes de bateaux et de voitures. Une sélection qui ne doit rien au hasard : la Panamera Sport Turismo se révèle un véritable concentré lifestyle, adapté à la ville comme aux voyages au long cours, tout en conservant en toute occasion un caractère de véritable sportive. Ce mariage audacieux repose sur des performances remarquables, qui surprendront même les passionnés de la marque, et un gain indéniable de volume et de praticité par rapport à sa petite sœur, la Panamera berline. Qui a dit qu’il n’était pas possible de charger un meuble chiné aux puces de Saint-Ouen dans sa Porsche ? À l’intérieur, le constructeur a fait le choix de 4+1 places (avec sièges arrière rabattables), une grande garde au toit et un espace aux jambes généreux. Ajoutez à cela un coffre de 520 litres * et vous obtiendrez une météorite taillée aussi bien pour la ville que pour de longues distances. Ce bijou est d’ores et déjà disponible à la commande, pour une livraison à l’automne. The good concept ! * 425 litres pour la Panamera Sport Turismo 4 E-Hybrid.

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Entre maquettes de Riva et livres d’architecture, la Panamera Sport Turismo, première sportive à proposer 4+1 places, a été présentée en juin dernier dans son concept-store éphémère « The Store by Porsche », sorte de cabinet de curiosités contemporain inédit, place du MarchéSaint-Honoré à Paris.


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1/ L’univers décoratif décliné sur mesure pour ac-

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cueillir la Porsche Panamera Sport Turismo a fait la part belle aux références de l’histoire du design, parmi lesquelles le fauteuil Egg d’Arne Jacobsen (1958, Fritz Hansen). 2/ Les clients étaient invités à découvrir la Panamera Sport Turismo en avant-première européenne (hors salon) à Paris, place du Marché-Saint-Honoré. 3/ Marc Ouayoun, directeur général de Porsche France, entouré de Colas Henckes, son directeur marketing, et de Laurent Blanc, éditeur et fondateur du magazine IDEAT. 4/  Tout comme Porsche est emblématique de l’industrie automobile de luxe, les grands éditeurs de mobilier contemporain tels que Flos, Vitra, Smeg, Gufram, USM ou Unopiù défendent cette même idée de design intemporel et de perfection dans les détails. 5/  L’Asymmetric Lounge Chair d’Harry Bertoia (1952, Knoll), un chefd’œuvre d’aérodynamisme… et un baby-foot signé Porsche. 6/ Une silhouette sculpturale : l’allure athlétique de cette voiture de sport se remarque particulièrement à l’arrière . Pour mieux attirer les regards, le bandeau lumineux avec ses feux en relief à LED est doté de feux stop 4 points.

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ID-IDEAT & PORSCHE

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1/ Quand technicité absolue rime avec bon goût ou

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quand Porsche rencontre Vitra, éditeur de mobilier iconique des XXe et XXIe siècles. 2/ Jouxtant la Panamera Sport Turismo, un concentré de technologie qui pèse près de 2 tonnes, quelques graciles maquettes de bateaux de compétition ; la même passion a animé leurs designers respectifs. 3/  Des explications sur mesure pour des clients d’emblée séduits par ce nouveau concept : la Panamera Sport Turismo se différencie de la berline par 5 mm de plus en hauteur, une configuration 4+1 places (4 places en option) et bien sûr un coffre plus généreux offrant de 425 L à 1 390 L (sièges arrière rabattus). Un spoiler actif (Porsche Active Aerodynamics - PAA) prolonge le pavillon, une première sur ce type de véhicule. 4/ L’histoire de la marque a toujours été liée à la compétition automobile. Porsche vient d’ailleurs de fêter sa 19e victoire (et la 3e d’affilée !) aux 24 Heures du Mans, le 18 juin dernier. 5/ Chopard, partenaire fidèle, rend hommage à ces performances à travers des modèles de montres en édition limitée. 6/ L’association subtile de la performance et du confort : deux caractéristiques difficiles à marier pour une voiture de sport… et pourtant la spécialité de la gamme Panamera.

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Sportive, confortable et surtout inclassable. Nouvelle Panamera Sport Turismo. Elle ne ressemble à aucune autre et pourtant il s’agit d’une authentique Porsche. Unique en son genre, la nouvelle Panamera Sport Turismo fait figure de pionnière sur le segment des berlines premium. Sa configuration (4+1 sièges) ainsi que son coffre modulable offrant jusqu’à 520 litres* ont été pensés pour répondre aux exigences d’un style de vie actif et sportif. Sans compromis, ce nouveau modèle offre tout ce dont vous avez besoin : services connectés, design avant-gardiste, motorisations performantes et sensations typiquement Porsche.

Gamme Panamera Sport Turismo - Conso. mixte : 2,5-9,5 l/km - Émissions de CO2 : 56-218 g/km. Selon le NCCE (Nouveau Cycle de Conduite Européen). *Jusqu’à 425 litres sur la Panamera 4 E-Hybrid Sport Turismo.


ID-NEWS DESIGN

Bross à la table des grands Par Guy-Claude Agboton

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Fondée en 1981, la firme installée près d’Udine présentait, lors du dernier Salon de Milan, l’un de ces stands emblématiques d’une offre sans chichis mais loin d’être austère. Des pièces, des tables notamment, faites pour exister.

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n n’en peut plus de toutes ces tables basses ! » Cet emportement de la designer française Andrée Putman stupéfia un jour un journaliste. Que voulait-elle dire ? Simplement qu’on se lasse d’elles quand, oubliées près d’un canapé,

elles n’ont pour raison d’être que leur seule mission : être sombres, basses et alourdies d’une pile de journaux inamovibles ou de livres qu’on feuillette à peine plus. Un élément de décor inerte réduit à sa plus simple expression. Il existe heureusement des éditeurs de tables basses qui, sans être extravagantes, dégagent une aura supérieure à leur fonction, a fortiori dans l’atmosphère d’un salon ou d’un hall d’hôtel. L’italien Bross est de ceux-là. Mais il n’y a pas de mystère : pas de design sans designers. Qui fait appel à l’Italien Giulio Iacchetti depuis trois ans tient la promesse d’un produit sûr. Lui-même fondateur du label Internoitaliano, il y diffuse nombre de pièces du quotidien, originales, mais qui n’oublient pas leur rôle. Sa nouvelle table Beleos offre au regard, sous son grand plateau de verre, la belle structure de son piètement d’acier, hommage subtil à Jean Prouvé. Le genre à donner envie d’investir dans des matériaux nobles, plateau en chêne ou en marbre de Carrare. Iacchetti est aussi à l’aise avec les formats, lui qui adapte son Ademar autant en coffee table qu’en version huit places

1/ Le designer italien Luciano Marson a conçu pour Bross une curiosité : Six, qui introduit une nouvelle typologie de table basse avec ses cinq podiums hexagonaux de différentes hauteurs sur lesquels on peut aussi s’asseoir. 2/ L’Allemand Michael Schmidt propose une table Mika au piètement ultrafin : un mikado d’acier tubulaire ultragraphique. Rien de tel pour éviter la banalité sans verser dans l’étrangeté. 3/ Ademar, de Giulio Iacchetti, dans sa version coffee table.

autour d’un plateau rond pour s’y voir de face. Le profil de ce dernier est fin comme une feuille, ainsi que l’affectionne notre époque. Table basse ou à manger, il réside souvent une légère friction entre le marbre du plateau et le chêne ou le noyer Canaletto du piètement. D’autres collaborations existent avec des designers à la signature moins connue – l’Italien Luciano Marson, l’Allemand Michael Schmidt –, mais qu’importe pour les acheteurs. Ceuxci peuvent d’ailleurs aller apprécier des pièces du catalogue dans l’espace de co-working, Spaces, que Bross a récemment meublé près du palais Garnier à Paris. Michael Schmidt a aussi sorti la gamme « Nora », des sièges dont le bois est sculpturalement courbé. Giulio Iacchetti, encore lui, nous redonne la leçon du produit simple mais magistral avec Gisa, une chaise dont le dossier et l’assise semblent tenir comme par magie sur les montants en bois. Il faut toujours en enlever pour que ce soit parfait.

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ID-NEWS ARCHI

L’intégrale de Charlotte Perriand Par Marie Godfrain

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1/ Bibliothèque Nuage de Charlotte Perriand, conçue pour l’agence Air France de Londres. 2/ En attendant le tome 4 de la monographie sur l’architecte et designer française. 3/ Article du Journal de l’ameublement (février 1957) montrant un ensemble signé Charlotte Perriand, composé d’une banquette, de tables basses, de plateaux et d’étagères.

Le gendre de Charlotte Perriand, Jacques Barsac, à la tête de ses archives, est aussi son plus grand spécialiste. Voilà dix ans qu’il a commencé à élaborer une monographie de 2 240 pages qui retrace toutes les réalisations de l’architecte et designer. Alors qu’il prépare le quatrième et dernier tome de son Îuvre compl•te (aux Éditions Norma), à paraître l’année prochaine, il évoque la portée de la carrière de cette progressiste engagée... Cette monographie est née de l’idée que nous n’avons qu’une vision parcellaire du travail de Charlotte Perriand. Quel est le fil conducteur de ses 75 ans de carrière ? La plupart des gens ne connaissent que les années 50 et ont oublié qu’elle avait imaginé

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du mobilier à base de tube dès 1928. Dès la fin des années 20, Charlotte Perriand a été célèbre puis régulièrement oubliée. À travers cette monographie exhaustive, j’ai voulu prendre la mesure de l’épaisseur de son œuvre. Depuis dix ans, je mène une véritable activité archéologique en me plongeant dans diverses archives. Le fil conducteur est son engagement social, l’énergie qu’elle a déployée pour inventer et développer la modernité pour tous. Sa carrière est définitivement ancrée dans le XXe siècle ; elle a toujours anticipé et suivi l’évolution du monde.

Vous travaillez sur le quatrième tome consacré à la station de sports d’hiver des Arcs. Une phase essentielle de sa carrière ?

Mais la fonction de ses projets s’accompagnait aussi d’une grande sensibilité aux arts ?

Au fil des pages se dessine aussi le portrait d’une infatigable créatrice.

Outre une fonction bien précise, Charlotte tenait à apporter une sensibilité et une culture dans son travail d’architecte d’intérieur. Elle a notamment mis en lumière Julio Le Parc, sculpteur et peintre argentin, alors totalement inconnu.

Charlotte était dans l’invention permanente. Six mois avant sa mort, elle organisait toujours la scénographie de son exposition au musée Fernand Léger de Biot (dans les Alpes-Maritimes). Toute sa vie elle a évolué en restant fidèle à ses idéaux.

La grande spécialité de Charlotte, c’était l’architecture pour le loisir. Selon mes sources, avec Les Arcs, elle a été la première femme à imaginer l’urbanisme complet d’une ville, certes de loisirs. Elle avait mûri ce projet dès les années 30 lorsqu’elle a eu l’idée d’une résidence à la montagne en multipropriété. Hélas, quasiment toute son architecture d’intérieur a disparu… Sauf dans les livres.


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ID-NEWS ART BIENNALE DE LYON

Biennale de Lyon, sous le signe du nomadisme Par Sabrina Silamo

La 14e édition de la Biennale de Lyon convoque cette année une soixantaine d’artistes internationaux. Sous le commissariat de la directrice du Centre Pompidou-Metz, la thématique des « mondes flottants » donne à voir les risques d’uniformisation d’un monde globalisé.

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lus de soixante artistes envahiront, dès le 20 septembre prochain, trois sites à Lyon : la Sucrière, le musée d’Art contemporain et le Radome de Richard Buckminster Fuller (1967), sorte de biosphère accueillant une installation de Céleste

Boursier-Mougenot. Élaborée par Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz, cette 14e édition s’inspire de l’écrivain Édouard Glissant, créateur du Tout-Monde, pour qui « la pensée archipélique convient à l’allure de nos mondes. Elle en emprunte l’ambigu, le fragile, le dérivé. Elle consent à la pratique du détour ». La commissaire a donc imaginé six archipels dessinant ces fameux « Mondes flottants » qui reflètent notre modernité marquée par la mondialisation et la dissolution des identités. Parmi ces six îlots, « Cosmogonies intérieures » permet de revoir, entre autres, La Fin de Dieu, une toile ovoïde de Lucio Fontana, qui participe à l’événement dans le cadre des manifestations organisées pour ses 40 ans ; tandis que « Flux et Reflux » présente une œuvre de George Brecht, l’un des membres fondateurs du Fluxus. À l’instar de ce mouvement né dans les années 60, soucieux de supprimer les frontières entre l’art et la vie, Emma Lavigne brise les limites du white cube et invite à une déambulation, expérimentale et sensorielle, au cœur de la création contemporaine. La suivre dans ces mondes flottants, c’est aussi découvrir les chorégraphies d’Ola Maciejewska (inspirée de la danse serpentine de Loïe Fuller, 1896), les performances de Lygia Pape et les musiques d’Ari Benjamin Meyers (collaborateur de Dominique Gonzalez-Foerster ou de Tino Sehgal). De multiples manifestations accompagnent cette Biennale parmi lesquelles « Rendez-vous » qui présente dix artistes émergents à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne ou l’exposition de Lee Ufan au couvent de la Tourette, construit par Le Corbusier en 1959. 

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L’œuvre du plasticien et musicien Céleste Boursier-Mougenot, Clinamen, présente un paysage à la fois visuel et auditif, apaisant et fascinant. © CHRISTIAN MARKEL, CÉLESTE BOURSIER-MOUGENOT

« Les Mondes flottants ». 14e Ždition de la Biennale de Lyon, du 20 septembre 2017 au 7 janvier 2018.


ID-HUGUES CHEVALIER & IDEAT

À l’occasion des 20 ans du fauteuil Ying dessiné en 1997 par l’architecte Chafik Gasmi, Hugues Chevalier & IDEAT vous proposent de gagner deux exemplaires de ce grand classique du design du XXe siècle.

Modèles présentés : fauteuils Ying, bois cacao brillant, cuir A052 beige pleine fleur Prix unitaire 3 700 € TTC. Paire 7 400 € TTC.

Bulletin de participation au jeu-concours Hugues Chevalier & IDEAT

Vos coordonnées Nom / Prénom Adresse

Code postal Ville Pays Téléphone E-mail Ces informations seront utilisées par IDEAT ÉDITIONS. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amené à recevoir des offres de nos partenaires. Si vous ne le souhaitez pas, cochez cette case. ❑ Conformément à la loi Informatique et Libertés du 06/01/1978, vous disposez d’un droit d’accès, de modification et de suppression des données vous concernant.

Pour participer au jeu-concours Hugues Chevalier & IDEAT, c’est très simple : il vous suffit de remplir le bulletin de participation ci-contre et de le renvoyer à  : IDEAT ÉDITIONS – JEUCONCOURS HUGUES CHEVALIER – BP 60310 - 75563 Paris Cedex 12 jusqu’au 31 octobre 2017 (cachet de La Poste faisant foi).

Vous pouvez aussi participer en ligne sur Ideat.fr Un tirage au sort sera réalisé mi-novembre 2017 pour désigner l’heureux(se) gagnant(e) qui sera contacté(e) par Hugues Chevalier pour se faire livrer la paire de fauteuils Ying à l’adresse de son choix. Jeu réservé à la France métropolitaine uniquement. Extrait du règlement : jeu gratuit sans obligation d’achat organisé du 25/08/2017 au 31/10/2017 par IDEAT ÉDITIONS pour Hugues Chevalier. Ce jeu est ouvert à toute personne majeure vivant en France métropolitaine. Hugues Chevalier prendra contact avec le gagnant afin d’organiser la livraison à l’adresse de son choix en France métropolitaine. Détail du lot à gagner : 2 fauteuils Ying dessinés en 1997 par l’architecte Chafik Gasmi, bois cacao brillant, cuir pleine fleur, fauteuils d’inspiration Art déco. L 73 cm x P 88 cm x H 85 cm, Valeur du lot : 7 400 euros (prix public TTC). La participation au jeu implique l’acceptation du règlement déposé chez maître Proust, huissier de justice à Paris. Ce règlement est disponible dans son intégralité sur simple demande à l’adresse suivante : IDEAT ÉDITIONS, jeu-concours, 12-14, rue Jules-César, 75012 Paris.


ID-NEWS ART

Réflexions chorégraphiques Par Serge Gleizes

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Réalisée par le chorégraphe Benjamin Millepied et la plasticienne Barbara Kruger, et présentée au Studio des Acacias, à Paris, sous la direction de Paul-Emmanuel Reiffers, l’exposition « Reflections Redux » mêlera émotions sensorielles et artistiques fortes. Un des événements off, et pourtant phares, de la FIAC.

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ous faire partager l’émotion de la scène et de cet art incarné qu’est la danse, mais d’une manière désincarnée, tel est l’un des nombreux talents de Benjamin Millepied,

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danseur étoile du New York City Ballet et aujourd’hui chorégraphe à la tête de la

compagnie L.A. Dance Project. Son trop bref passage à la direction de la danse de l’Opéra de Paris a tout de même généré des découvertes inouïes, dont la sublime Crystal Pite, chorégraphe star hors de nos frontières et jusqu’ici boudée à l’intérieur. Un autre des talents de cet amoureux des rencontres transversales est d’avoir orchestré « Reflections Redux » avec la plasticienne américaine Barbara Kruger, connue pour ses détournements d’images publicitaires dénonçant la société de consommation, et Paul-Emmanuel Reiffers, fondateur du Studio des Acacias et président de l’agence de communication Mazarine. Cette performance-exposition mêlant hologrammes, vidéos, jeux de lumière et musique tire son origine de Reflections (2013), une création de Benjamin Millepied en collaboration, déjà, avec l’artiste

américaine. « Deux points de vue cohabitent : montrer le travail de Benjamin d’une part et voir comment ce dernier flirte avec la scénographie de Barbara Kruger d’autre part », explique Matthieu Humery, commissaire de l’exposition. Sur deux grandes toiles affichant des slogans – « Stay » ou « Think of me thinking of you » –, les danseurs apparaîtront en hologrammes, selon la scénographie d’Olivier Massart, directeur artistique de Mazarine-La Mode en images. « L’idée, c’est de générer des rencontres, confirme Paul-Emmanuel Reiffers, de faire fusionner la musique, la danse, l’art. » L’exposition cadre également avec la philosophie que défend le mythique Studio des Acacias, ancien studio Harcourt qui a vu passer de grandes signatures de la photographie et que le président de Mazarine a rouvert en 2014, le transformant en un lieu contemporain d’échange, d’expérimentation et d’expositions.

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1/ « Reflections Redux », de Benjamin Millepied (chorégraphe), Barbara Kruger (plasticienne) et Paul-Emmanuel Reiffers (fondateur du Studio des Acacias). 2/ Le Studio des Acacias, situé à Paris, dans le XVIIe arrondissement.

« Reflections Redux ». Au Studio des Acacias, à Paris, du 20 octobre au 12 novembre. Tél. : 01 58 05 49 83. Studiodesacacias.com


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ID-NEWS ART

Black is beautiful Par Sabrina Silamo

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Cette exposition à la Tate Modern est une occasion rare de découvrir rassemblées de nombreuses œuvres qui ont changé le visage de l’Amérique au moment où le mouvement de revendications pour les droits civiques des Afro-Américains était à son apogée.

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ls s’appelaient Romare Bearden, Norman Lewis, Lorraine O’Grady ou encore Betye Saar. Entre 1963 et 1983, ces artistes ont contribué à la reconnaissance des droits civiques des Afro-Américains. Aujourd’hui, une exposition leur rend hommage en analysant comment

leurs œuvres ont anticipé ou accompagné les revendications des militants du Black Power. Le parcours débute en 1963, année où le pasteur Martin Luther King martèle son « I have a dream » devenu légendaire. Prononcé lors de la Marche pacifique sur Washington pour l’emploi et la liberté, son discours devient le cri de ralliement des citoyens qui, inspirés par l’indépendance nouvellement acquise de certains pays d’Afrique, défendent l’identité noire. Ils réclament l’égalité dans une Amérique encore fortement imprégnée de critères racistes issus

1/ Black Children Keep Your Spirits Free, de Carolyn Mims Lawrence. 2/ Did the Bear Sit Under the Tree, de Benny Andrews.

« Soul of a Nation: Art in the Age of Black Power ». À la Tate Modern de Londres. Jusqu’au 22 octobre.

de la ségrégation. Parmi eux, certains artistes multiplient les supports (peintures murales, sculptures de dreadlocks…) et les points de vue. Certains reproduisent le portrait des héros du jour, leaders politiques (Martin Luther King, Malcolm X ou Angela Davis), musiciens (John Coltrane) ou sportifs (Andy Warhol produit une sérigraphie de Muhammad Ali), d’autres véhiculent des messages plus politisés. Benny Andrews (1930-2006) est de ceux-là. En 1969, il peint un Afro-Américain près du drapeau national, les deux poings levés (Did the Bear Sit Under the Tree). Car l’heure est au combat depuis que le même Benny Andrews a cofondé la Black Emergency Cultural Coalition pour protester contre l’exposition « Harlem On My Mind », organisée au Met de New York, dédiée à la vie culturelle et artistique de ce quartier et où ne figure aucun artiste noir… Tout aussi engagée, Carolyn Mims Lawrence, membre du collectif the African Commune of Bad Relevant Artists (AfriCOBRA), utilise des couleurs psychédéliques pour peindre des tableaux truffés de messages à caractère social.

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t i a r d u a f l i # !

u o f e ĂŞtr


ID-NEWS ART

Bill Viola, sculpter le temps Par Sabrina Silamo

Ç Je suis nŽ en m•me temps que la vidŽo È, affirme Bill Viola, 66 ans. Par conséquent, en présentant les films iconiques qui jalonnent la carrière de l’artiste new-yorkais, cette exposition au musée Guggenheim de Bilbao révèle aussi l’évolution des techniques audiovisuelles.

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e parcours débute avec un écran à double face. Lorsqu’il pivote, apparaissent alter-

n’est pas qu’il a vu son propre reflet, c’est qu’il n’a pas vu l’eau, déclare Bill Viola. C’est

Image extraite d’un des cinq écrans du polyptyque vidéo Catherine’s Room (2001) de Bill Viola. Il s’agit d’une référence au Sainte Catherine de Sienne et Quatre Sœurs du tiers-ordre dominicain, d’Andrea di Bartolo (1389-1428), qui les peignit en cinq panneaux sur un support de bois (prédelle). Chez Viola, si chaque personnage s’adonne à une tâche habituelle, à travers la fenêtre, le temps se déroule selon le rythme des saisons : deux temporalités différentes coexistent. © BILL

le point capital. L’eau est la clé. » Car l’eau, qui faillit l’engloutir lorsqu’il tomba d’une

VIOLA / PERFORMER : WEBA

nativement un homme récitant des cantiques et le reflet du visiteur. Comme un avertissement, cette installation semble signaler que chaque film ne fait que témoigner du

monde tel qu’il est, enrichi de références à l’histoire de l’art (comme dans The Greeting, un tableau en mouvement, sous forme d’installation vidéo, inspiré de La Visitation, peinte par Pontormo vers 1528) et à la vie familiale de l’artiste. Dès la deuxième salle, se dresse une colonne formée de deux téléviseurs dont les écrans diffusent les images de sa mère mourante, sur son lit d’hôpital, et celles de la naissance de son fils. Cette réflexion autour de l’apparition et de la disparition est l’une des plus fréquemment abordées par l’artiste, notamment à travers un élément récurrent : l’eau. Ainsi, dans The Reflecting Pool (1977-79), Bill Viola se filme sautant dans une piscine. Mais avant de pénétrer dans l’eau, sa silhouette se fige avant de se fondre progressivement dans le paysage. « L’une des choses dont il est important de se rendre compte dans l’histoire de Narcisse est que son problème

barque, à 6 ans, n’est jamais dangereuse chez Viola. Elle véhicule un message mystique, voire religieux. Dans Tristan’s Ascension, créé en 2005 pour illustrer le Tristan et Isolde de Wagner, un homme en tunique blanche gît sur une dalle avant d’être emporté sous l’action du déluge qui soulève et aspire son corps, laissant le spectateur face à un écran vide et noir. Dix minutes hypnotiques pour résumer le cycle de la vie…

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GARRETSON / PHOTO : KIRA PEROV

« Bill Viola Rétrospective ». Au musée Guggenheim de Bilbao. Jusqu’au 9 novembre.


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ID-NEWS PHOTO MONTRÉAL

Momenta, moment unique à Montréal Par BŽatrice Andrieux

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Pour sa 15e édition, le Mois de la photo de Montréal opère sa mue et se transforme en Momenta – Biennale de l’image. Nouveau nom et nouvelles orientations pour un événement majeur au Canada, qui réunit 38 artistes originaires de 17 pays. Photographies et vidéos s’exposent dans les lieux phares de la ville.

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epuis sa création, en 1989, le Mois de la photo s’exprimait dans toute la ville de Montréal et apportait un vent de fraîcheur au médium photographique. Sur le modèle de son « cousin » parisien, il avait déjà lieu tous les deux ans. Et, comme lui, il a com-

mencé à ronronner. Pour qu’il retrouve un second souffle, la nouvelle direction a repensé son développement et ses perspectives. La 15e édition présentait le bon timing avec une invitation lancée au commissaire indépendant franco-roumain, ancien directeur du FRAC Languedoc-Roussillon, Ami Barak. Face à la thématique « De quoi l’image est-elle le nom ? », celui-ci s’est intéressé à la notion de pièce à conviction photographique, articulée autour du principe de l’image fixe et en mouvement. Si la programmation annonce la participation d’artistes internationaux comme celles du Roumain Mircea Cantor pour la partie vidéo, de la Sud-Africaine Zanele Muholi (au Centre Clark), de l’Américaine Taryn Simon (au musée d’Art contemporain) ou des Français Valérie Mréjen et Melik Ohanian (au centre d’art contemporain Optica), on notera une riche présence canadienne avec la jeune artiste Meryl McMaster – née d’une mère écossaise et d’un père indien –, dont les œuvres (au musée des Beaux-Arts) évoquent le rapport à ses racines et à la nature via des performances. Frédéric Lavoie aborde la dimension fictionnelle de l’image à partir d’un document d’époque en y ajoutant une bande-son. Enfin, on retiendra la Québécoise Anne-Marie Proulx, qui crée des univers poétiques où mots et images représentent un point de départ pour atteindre de nouvelles évocations narratives. Exposées à l’espace Occurrence, ses œuvres convoquent photographies et archives comme pour mieux réfléchir à la portée des images.

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1/ My Deepest Sympathies de l’artiste suédoise Hanna Liden. 2/ Phoebe extrait de la série « Desvestidas » du Mexicain Luis Arturo Aguirre. 3/ Keeper’s Crossing par la Canadienne Meryl McMaster.

« De quoi l’image est-elle le nom ? » Momenta – Biennale de l’image. À Montréal, du 7 septembre au 15 octobre 2017. Momentabiennale.com


ID-NEWS STORE

Silvera lands in London* Par RŽmi Pernet

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C’est l’histoire d’une enseigne devenue en vingt-cinq ans une référence en matière de marques de design ultrapointues et la référence en France pour la vente du mobilier contemporain. Au tour de Londres de profiter de l’offre remarquable des fondateurs, Fabienne et Paul Silvera.

C

’est avant tout une aventure familiale que poursuivent Fabienne et Paul Silvera lorsqu’ils créent l’enseigne qui porte leur nom en 1990. Au fil des années, les marques référencées s’accumulent, les points de vente se multiplient, les projets abondent. Plus

de vingt-cinq ans plus tard, le résultat est plus que probant : dix showrooms aux meilleures adresses parisiennes, dont deux écrins récents, Silvera Faubourg-Saint-Honoré et le tout nou-

bue des espaces plus intimes et se prolonge en escalier pour inviter au niveau inférieur. Les ma-

1/ La devanture bleue de la nouvelle boutique Silvera, dans King’s Road, en plein cœur du quartier de Chelsea. 2/ En vitrine, l’ensemble que forment les deux suspensions Ring Light de Lee Broom, le canapé Standard de Francesco Binfaré pour Edra, les tables d’appoint Iso-1 et Iso-B de POOL chez Petite Friture et le tapis Visioni de Patricia Urquiola pour cc-tapis est parfait pour attiser la curiosité des Londoniens.

tériaux bruts comme la brique ou le béton, mêlés aux feutrines et au laiton brossé de la bou-

© DAVID CLEVELAND

vel espace du Printemps de la Maison où Silvera présente la crème de sa sélection. Alors, quand une ancienne collaboratrice propose ses services depuis Londres, le duo considère l’opportunité avec sérieux, d’autant que la place de leader qu’occupe la marque en France n’est plus à prouver. C’est en plein cœur de Chelsea, dans King’s Road, qui rassemble les plus belles enseignes, que Silvera s’est fait une place de choix. Quartier chic par excellence où les Français sont bien représentés, aux côtés d’autres nationalités d’expatriés qui ont trouvé dans ces rues typiquement anglaises un équilibre entre tradition et éclectisme. C’est d’ailleurs ce qui semble avoir guidé Patrick Jouin et Sanjit Manku pour l’aménagement de ce concept-store de 500 m2 répartis sur deux niveaux. Les deux associés de l’agence Jouin Manku ont joué avec les éléments d’architecture déjà existants pour concevoir différents univers au profit des 500 marques présentées. Pièce maîtresse de la boutique, une magnifique bibliothèque en chêne teinté distri-

tique, mettent en valeur le mobilier présenté. Pour enrichir l’offre, une sélection d’objets et d’accessoires de marques pointues choisie par les spécialistes des tendances du design qui ont fait la réputation et le succès de l’enseigne, sera complétée d’éditions limitées et d’exclusivités à suivre de près sur le compte Instagram dédié : @silveraconceptstore. Cette nouvelle adresse a tout pour s’imposer comme the new place to be à Londres. Quel parcours !

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Silvera Londres. 241-245 King’s Road, Londres. Silveraltd.co.uk * Silvera débarque à Londres.


photo credit: Erick Saillet Claude Cartier DĂŠcoration ad: Designwork

Moroso Spa Udine Milano London Amsterdam KĂśln New York Seoul www.moroso.it Agence Imar t T + 33 5 637 73030 agenceimar t@agenceimar t.fr Misfits sofa system by Ron Arad, 2007 Moon armchair by Tokujin Yoshioka, 2011 Fishbone low table by Patricia Urquiola, 2012


ID-NEWS SHOP PARIS

Paris vu d’Ailleurs Par Marie Godfrain

Quelques mois d’existence et déjà une belle réputation pour Ailleurs, la nouvelle boutique de déco de la rue Saint-Nicolas, dans le quartier du faubourg Saint-Antoine. Avec un goût sûr et une sélection de pièces à prix mesurés, Régis Godon-Dilla renouvelle le genre.

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ne porte en fer vert amande face à une cour arborée, des carreaux de ciment grisés et un mur à la peinture décapée par l’usure du temps… Régis Godon-Dilla nous amène incontestablement ailleurs dans le temps et dans l’espace, aux anti-

podes de ce qu’est devenu le faubourg Saint-Antoine. « Je cherchais un endroit qui ait de la gueule. J’ai monté le projet avec une mise de fonds ultraminime », dit-il. Dans sa boutique aux faux airs d’un Merci plus intuitif (il fut longtemps collaborateur du conceptstore parisien), il s’amuse à proposer des meubles et objets sur la tangente. Ni totalement désuets, ni entièrement folkloriques, parfois vintage, il chine des pièces « touchantes ».

Il souhaite : « Casser le côté nickel des intérieurs parisiens avec mes trésors du quotidien », comme des canapés Gervasoni, des coussins brodés, des fauteuils en rotin. Arts de la table, textiles, cadeaux, meubles, cet hiver, un second espace dédié à la chambre et au bain ouvrira. Spécialiste de la céramique, cet inlassable chineur a rapporté des assiettes noir et blanc graphiques de la maison portugaise Casa Cubista, des terres cuites japonaises de Nobue Ibaraki… dans lesquelles il plonge des bouquets signés Arôm, le (fantastique) fleuriste du quartier. « J’habite le faubourg Saint-Antoine depuis vingt ans et c’est via ma perception du quartier que j’ai pu imaginer Ailleurs. Parce que je connais bien la clientèle et grâce à mon réseau, j’ai pu ouvrir cette adresse unique fermée depuis quarante ans, qu’une agence du coin m’a présentée. Puis un architecte d’intérieur m’a aidé à en tirer parti », raconte Régis Godon-Dilla à une restauratrice venue, en voisine, acheter une lampe et quelques verres pour son salon de thé. Dans la discussion, ils en viennent à évoquer une collaboration… Car c’est au coup de cœur que fonctionne cet homme heureux, désormais à la tête de sa propre boutique de décoration.

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Ci-dessus La boutique Ailleurs propose des objets et du mobilier étonnants, touchants, que Régis, le propriétaire, prend plaisir à chiner. Ci-dessous La vitrine accueillante du magasin situé dans le faubourg Saint-Antoine.

Boutique Ailleurs. 17, rue Saint-Nicolas, 75012 Paris. Ailleurs-paris.com


ID-NEWS SHOP

Un chausseur sachant rêver… Par Marie Godfrain

La designer Margaux Keller a récemment livré Des Ailes aux Pieds, la boutique d’un chausseur, à Aix-en-Provence. Une collaboration représentative de cette nouvelle génération touche-à-tout, qui navigue entre art, design et architecture d’intérieur.

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ntre dessiner des lieux ou des objets, la génération montante a choisi… de ne pas choisir ! Beaucoup de jeunes designers ne se cantonnent plus aux objets et imaginent également les espaces pour lesquels ils les conçoivent. Parmi eux, Margaux

Keller, qui a repensé dernièrement une boutique de chaussures aixoise : Des Ailes aux Pieds. Si la Marseillaise d’origine est diplômée de l’école Boulle en architecture d’intérieur, elle s’est d’abord fait connaître pour son mobilier à la palette et aux formes régressives. « Mon premier projet a été pour un salon de coiffure dont je ne devais dessiner qu’un meuble. Petit à petit, j’ai fini par créer tout le lieu. Je propose toujours une vision adaptée à la réalité du terrain et d’interroger l’usage », détaille la designer. Elle a même fait tendre cette philosophie vers une expérience holistique en proposant aussi aux clients des services de massage et de pose de vernis à ongles. « J’ai donc imaginé pour la boutique une circulation spécifique, tout en plaçant l’objet chaussure au centre. Pour ce faire, j’ai dessiné des écrins en bois naturel et en laiton brossé ou poli, en forme d’ailettes. » À contre-courant de la fast fashion, Margaux Keller suggère de resacraliser joyeusement l’acte d’achat dans cette boutique qui vend des marques comme La Botte Gardiane ou Tanya Heath et ses talons amovibles. « J’ai réfléchi à la façon d’insérer cette adresse dans son environnement, c’est pourquoi j’ai travaillé sur des matériaux et des couleurs propres à la région. Un bleu

À Aix-en-Provence, la boutique Des Ailes aux Pieds a été repensée par Margaux Keller, qui a placé la chaussure au centre de son nouveau concept d’acte d’achat, avec des services de massage et de pose de vernis. © LAURE MÉLONE

chaleureux, un rouge brique, un sol blanc en Bolon, matériau tissé élégant mais pas minimaliste… » Forte de cette expérience, Margaux poursuit son incursion dans la scénographie de boutiques à Paris, avenue de l’Opéra, chez le parfumeur Gellé Frères, pour qui elle a imaginé un boudoir du XXIe siècle. « Un lieu cohérent, ergonomique, dans la poésie », mantra qu’elle compte souvent répéter dans les années qui viennent…

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Des Ailes aux Pieds. 85, avenue Armand-Lunel, 13100 Aix-en-Provence. Tél. : 04 42 54 46 54. Des-ailes-aux-pieds.fr


ID-NEWS SHOP VINTAGE

À Marseille, du design bien carrossé Par Marie Godfrain

Rachel Szymkowicz vient d’investir un ancien garage avec l’idée d’en faire un établissement hybride. Entre agence immobilière et boutique de mobilier vintage, bienvenue chez Espaces Atypiques !

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n pleine mutation, l’univers de la distribution est à l’affût de nouvelles pistes pour toucher une clientèle de plus en plus volatile. Depuis quelque temps, Rachel Szymkowicz, à la tête de la boutique marseillaise de mobilier vintage

Skandhaus, habillait les sites mis en vente par l’agence immobilière Espaces Atypiques. Une collaboration qui se prolonge durablement depuis cet été au sein de Skandhaus by Espaces Atypiques, une adresse qu’elle vient d’ouvrir place Lulli, toujours à Marseille. L’agence proposera donc ses biens dans un ancien garage entièrement décoré par Rachel de meubles vintage, à vendre eux aussi. Deux arches en pierre rythment cet espace tout en longueur, paré d’une alternance de béton et de plâtre, et nappé de ciment au sol. Ce volume lumineux et très brut contraste avec l’élégance des pièces exposées, la vitrine dans laquelle les biens à vendre défilent sur un écran et le coin living où sont reçus les clients de l’agence. À travers sa sélection, Rachel veut montrer une certaine « européanité » du design vintage. Elle chine des meubles de la Scandinavie à l’Italie en passant par l’Allemagne, des années 50 à nos jours. Des pièces uniques très haute couture comme l’ensemble bureau et chaise de Kai Kristiansen ou celui en laiton d’esprit Stilnovo déniché dans un hôtel florentin. Au total, 70 % de mobilier d’époque et 30 % de contemporain composent l’offre de Rachel qui s’ouvre aux créations d’aujourd’hui petit à petit, avec des luminaires de Dan Yeffet et des céramiques d’Eden Hevroni, les nouveaux classiques. « Mon sujet, c’est l’âme de la maison », définit Rachel qui, outre son travail d’antiquaire, apporte aussi des conseils en aménagement. « Mais je ne suis pas décoratrice. Je suis là pour donner le ton, installer une ambiance, pour proposer des interventions comme un acupuncteur sur un patient : pour montrer le potentiel d’un lieu », prévient-elle. Mission accomplie !

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Grâce à la sélection de Rachel Szymkowicz, qui a une prédilection pour le design européen, Skandhaus by Espaces Atypiques fait tomber les cloisons entre mobilier et immobilier. Parce que l’une ne va pas sans l’autre, les deux activités se mettent en valeur, dans une interactivité fructueuse.

Skandhaus by Espaces Atypiques. 22, place Lulli, 13001 Marseille.


ID-NEWS TABLE PARIS

Bonne conduite Par Nathalie Nort

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Dans la course aux terrasses de l’été 2017, Le Camondo, installé dans l’ancien garage de l’hôtel particulier éponyme, transformé en musée, profite d’une idéale cour pavée et des derniers rayons de la saison.

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oute une génération d’étudiants en architecture intérieure s’en souvient : leur école fut d’abord installée dans l’illustre demeure d’une richissime lignée d’aristocrates,

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léguée à l’Union centrale des arts décoratifs en tant qu’authentique panorama de

l’art français du XVIIIe siècle. Bien qu’ayant migré boulevard Raspail en 1987, ladite école en porte toujours le nom. Ils se souviennent aussi que dans les communs, en l’aile gauche de l’hôtel particulier reconstruit à la Belle Époque, se tenait la remise aux automobiles – les cours avaient lieu dans l’aile droite, jadis réservée aux écuries. Le restaurant, installé dans ce garage peu ordinaire, profite ainsi d’une cour pavée initialement destinée à l’entretien et au lavage des landaulets et autres limousines Panhard collectionnées par le comte Moïse de Camondo. Au sous-sol, les cuisines remplacent dorénavant l’atelier de mécanique. En mode jardin d’hiver, l’agencement imaginé par la jeune agence Favorite – à l’instar du Coq Hôtel – évince la frontière entre intérieur et extérieur. Le haut volume mis en valeur par les anciens piliers, les poutrelles d’acier et les caissons du plafond d’origine provoque immédiatement l’adhésion. Central, le vaste bar opère comme une colonne vertébrale, dominé qu’il est par une structure de verre et de laiton et par un grand lustre en un ensemble qui habite ingénieusement l’espace. Sa carrosserie est le fruit d’un travail remarquable avec les artisans des Céramiques du Beaujolais et un clin d’œil aux splendides cuisines du musée. Pauline d’Hoop et Delphine Sauvaget ont adossé aux lambris contempo-

1/ Le bar du Camondo met en lumière, via son lustre grandiose et ses poutrelles d’acier, le haut volume de la pièce. 2/ La cour pavée, anciennement lieu d’entretien de limousines, fait le bonheur des clients caressés par la douceur de fin d’été.

rains de grandes banquettes tandis que devant les baies vitrées, les canapés se prêtent à des tablées plus informelles. Sans prétention, la cuisine a néanmoins la niaque d’un jeune chef prometteur. À 25 ans, Alexis Le Tadic rêve d’emporter prochainement le morceau de MOF en charcuterie : son pâté en croûte est un délice et le reste de sa carte roule tranquillement les mécaniques de la bistronomie. Les desserts portent la signature Michalak. La tarte au yuzu est le meilleur raccourci vers un après-midi buissonnier.

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Le Camondo. 61 bis, rue de Monceau, 75008 Paris. Tél. : 01 45 63 40 40. Menus déjeuner : 30 € ou 38 €. À la carte : 50 € environ.


RCS Paris n° 493 455 042 – BPCE, intermédiaire en assurance inscrit à l’ORIAS sous le n° 08 045 100 – Crédit Photo : Diane Sagnier – Réf. : 07/2017 –

BPCE – Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 155 742 320 € – Siège social : 50, avenue Pierre-Mendès-France - 75201 Paris Cedex 13

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ID-NEWS TABLE

A felicidade * Par Vanessa Chenaie

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Le jeune chef franco-brésilien Raphaël Rego ouvre une troisième adresse à Paris, une jolie salle de vingt couverts dans laquelle il exprime mieux que jamais sa singularité. D’alliances surprenantes en raffinements exotiques, OKA invite à un voyage métissé, où tous les sens sont tenus en éveil, avec générosité.

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ans le plus grand réservoir de biodiversité du monde qu’est la forêt amazonienne, un cuisinier cueille ses saveurs. Si Raphaël Rego, chef de 33 ans, réussit à nous faire voyager, ce n’est pas seulement parce qu’il travaille des produits qui nous sont peu fami-

liers – farine de banane verte, champignons d’Amazonie… – mais surtout parce qu’il les associe sur un rythme syncopé : il laisse la place à toute une mélodie de couleurs et de textures, un enchaînement d’accords enrichis par la beauté des mots dont il cadence la présentation de ses plats. Un condiment obtenu après des jours de cuisson, une épice cueillie à la bonne saison... Raphaël vous livre des brins de secrets, de ceux qu’il tient de la bouche même des indiens Yanomami qui vivent aux confins du Venezuela et du Brésil. Savamment, le tucupi (un extrait de jus de manioc) voisine avec l’açai (fruit d’un palmier), le gingembre se lie à l’huile de coco et même les cacaos de l’île de Combu s’en mêlent… Tous les composants de votre assiette deviennent l’expression d’une culture amérindienne dont vous devenez le récipiendaire. La vaisselle en terre brésilienne (par Hideko Honma et Cyril Dennery) exprime elle-même ce mariage d’authenticité et de raffinement. Le décor, par Caroline Tissier, évoque l’intensité du « continent » brésilien fait de bleu et d’ocre jaune, de transparences et de luxuriance. Au-delà de la surprise de l’exotisme, de la subtilité des cuissons et de l’intensité corsée des jus, l’inventivité des contrastes révèle la belle maîtrise de cet ancien élève de Ferrandi qui a choisi la cuisine sur le tard mais avec l’acharnement du passionné. Ses deux premières tables, Maloka Alma Brasileira (ouverte en mars 2014) et Maloka Fogo e Brasa (2017) apparaissent à présent comme les brillantes prémices d’un art qui trouve ici sa maturité. Comme la bossa-nova est, selon Jobim, « une musique de chambre populaire », Raphaël Rego, grand technicien pourvu d’une âme de poète, est l’Orfeu negro de la gastronomie : et une palme d’or, lui aussi. * Le Bonheur, chanson d’Antônio Carlos Jobim.

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1/ Le chef Raphaël Rego, en pleine préparation d’un de ses plats qui font la renommée de sa cuisine. 2/ La salle de son restaurant OKA, où les couleurs dominantes du Brésil, le bleu et l’ocre jaune, sont élégamment rappelées sur les murs et le mobilier. © JULIE LIMONT

OKA. 1, rue Berthollet, 75005 Paris. Tél. : 01 45 87 16 17. Okaparis.fr Déjeuner : menu à partir de 35 €. Dîner : menu à partir de 75 €.


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ID-NEWS HÔTEL PARIS

Blomet les bains Par Nathalie Nort

Sans s’éloigner de l’Art déco inscrit dans son ADN, un hôtel du sage XVe arrondissement parisien revoit aujourd’hui sa copie, grâce à l’intervention de l’architecte d’intérieur Bruno Borrione et de l’architecte Vincent Bastie, qui ont su cultiver habilement les codes de l’appartement bourgeois.

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vec ses commerces désuets cachés au détour de rues désertes, ses balcons normands et la vigne vierge qui court sur les murs, il flotte dans le XVe arrondissement un parfum de province tranquille à peine réveillée de la sieste. Ici, derrière la façade

tout en balustres et bow-windows, l’Hôtel Eiffel Blomet prend peu à peu ses marques après d’ambitieux travaux menés par les architectes Vincent Bastie (Les Bains, Le Roch…) et Bruno Borrione (lire p. 404). À quelques pas du Bal Blomet – l’historique Bal nègre, cabaret haut en couleur des Années folles – qui vient lui aussi de faire peau neuve, le quartier semble vouloir se rappeler à la mémoire des artistes. Quatre-vingt-sept chambres, dont neuf suites, reprennent les codes de l’Art déco qui prévalait lorsque la Ruche et l’esprit de Montparnasse vivaient leurs heures les plus fantasques et bohèmes. « J’ai voulu rester dans la citation de ce style intemporel, avec un parti pris d’ensemblier propre à l’époque, tout en m’écartant du pastiche », explique l’architecte d’intérieur Bruno Borrione, déjà rodé au luxe hôtelier avec Starck pendant des années ou chez Anne-Sophie Pic à Valence et au Prince de Galles à Paris. Le palissandre, le raphia et le bronze donnent une allure chic aux têtes de lit, traitées comme des alcôves, en tons pastel. « J’ai tendance à appliquer le même soin du détail, dessiné ou choisi, quels que soient le projet et le budget », résume ce diplômé de l’école Boulle, aujourd’hui professeur à Camondo. Neuf suites monopolisent les étages supérieurs, prolongées de petites terrasses délicieuses avec vue sur la ville. La salle du petit déjeuner s’étend elle aussi sur un patio et l’immeuble s’est enrichi en sous-sol d’une agréable piscine assortie d’un spa et d’une salle de fitness. Ne reste plus qu’à se jeter à l’eau !

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Un hommage à l’Art déco et à l’esprit joyeux des Années folles.

Hôtel Eiffel Blomet. 78, rue Blomet, 75015 Paris. Tél. : 01 53 68 70 00. Hoteleiffelblomet.com


ID-NEWS HÔTEL RÉGION

L’accord parfait Par Nathalie Nort

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En plein cœur de Saint-Rémy-de-Provence, un hôtel de poche conjugue passion du design et vins d’auteur.

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’amour des vieilles pierres et du bon vin peut mener loin : au cœur des Alpilles chères à Nostradamus et à Van Gogh, dans « un petit village international, jeune et très haut de gamme », renchérit Ralph Hüsgen. C’est après avoir parcouru les

plus beaux vignobles de France et de Navarre que ce Munichois œnophile et sa compagne, l’architecte Margot Stängle, sont littéralement tombés sous le charme de l’an-

1/ Le toit-terrasse de l’hôtel de Tourrel qui abrite aussi une piscine. 2/ Une des suites au mobilier design (ClassiCon). 3/ Le restaurant où officie le chef Laurent Brunacci.

cien hôtel particulier Tourrel d’Almeran, bâti par une famille de notables de Saint-Rémy, au XVIIe siècle. Sitôt retrouvée la structure originelle de cet authentique bijou provençal, que subliment les murs de grès, l’escalier renversant et le secret d’une cour intérieure, le couple avait « l’envie d’en faire un petit hôtel pour connaisseurs, intime, calme, très préservé bien qu’en ville, avec, depuis une terrasse, une vue sur les toits de l’église Saint-Martin ». D’emblée, leur idée de marier le très actuel à quelque chose d’historique prit alors tout son sens, d’autant que le projet s’annexa rapidement à la bou-

Hôtel de Tourrel. 5, rue Carnot, 13210 Saint-Rémyde-Provence. Tél. : 04 84 35 07 21. Detourrel.com 7 chambres de 250 € à 690 €.

langerie attenante. Le restaurant et sa cave désirable s’imposèrent ainsi comme une ouverture sur la rue par de grandes arcades vitrées, sobrement contemporaines. Depuis l’an dernier, le chef Laurent Brunacci s’y est installé. Sa cuisine regarde autant la Méditerranée que les garrigues et s’accorde à la passion de Ralph pour les vins d’auteur, que celui-ci déniche dans une région qui compte quelque 34 appellations alentour. De 30 à 65 m2, les sept suites de l’hôtel sont des modèles d’élégance sans esbroufe, où la technologie se fait discrète tandis que les matériaux rendent hommage à la noblesse des lieux. La sélection du mobilier (ClassiCon) apporte la caution design de belle facture voulue par Margot, après avoir retrouvé le cachet historique du bâtiment. Cerise sur le château, une petite piscine couronne le toit. Une halte rafraîchissante et délicieuse avant de partir à la découverte des nombreux trésors provençaux.

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Beatrice Venezi, Chef d’orchestre, et la cuisine Genius Loci.

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ID-NEWS HÔTEL LONDRES

Un negroni et au lit ! Par Nathalie Nort

Le Brexit ? Même pas peur ! Depuis 2010, le trio de l’Experimental multiplie avec brio les ouvertures dans la capitale anglaise. Dernière en date, l’hôtel Henrietta : the place to be à Covent Garden.

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l y a dix ans, trois amis, Olivier Bon, Romée de Goriainoff et Pierre-Charles Cros, changeaient la cartographie des nuits parisiennes en ouvrant leur Experimental Cocktail Club, dans le quartier Montorgueil. Spiritueux racés, barmen-dandys et playlist rétro sonnaient l’avènement

du speakeasy. Une douzaine de bars et restaurants plus tard (Ballroom, Beef Club, Bachaumont, Grand Pigalle, Joyeux Bordel…), l’aventure est devenue une success-story écrite entre Paris, Londres, Ibiza et New York. La French touch du cocktail faisait des émules pendant que le trio voyait toujours plus grand, plus chic, plus loin. Après un Grand Pigalle parisien, leur deuxième hôtel ouvre à Londres, ville de cœur, où ils se sont associés à Xavier Padovani. Architecte et designer attitrée du groupe, Dorothée Meilichzon livre une partition haute couture ultradessinée, bourgeoise mais audacieuse : deux immeubles victoriens réunis en un, 18 chambres et suites spacieuses, couronnées d’une terrasse qui surplombe les toits de l’église Saint-Paul. Dans leur folie oversize, les têtes de lit empruntent aux façades londoniennes leurs colonnes antiques, frontons, chapiteaux et portiques néoclassiques. Les doubles plinthes en marbre soulignent l’espace avec élégance, à l’instar des salles de bains aux hauts plafonds, baignées de lumière. En laiton brossé, les lampes ajoutent une note actuelle, assortie aux rondeurs des assises. « J’aime faire du sur-mesure, explorer formes et matériaux inédits. Ici, chaque chambre utilise une palette de quatre couleurs, différente à chaque étage. Un cauchemar pour les artisans ! » commente la presque trentenaire au sortir de ce chantier de dix-huit mois. Le restaurant rend hommage à l’histoire de Covent Garden – potager de l’abbaye de Westminster, puis marché des quatre saisons – dans une palette country : calepinage de terre cuite, herbiers, camaïeu de verts. À la manière d’une véranda où camperaient des sièges sixties (les Carimate de Vico Magistretti) et des tables aux formes aléatoires. Depuis l’ouverture de son restaurant à Fitzrovia, il y a cinq ans, le jeune chef Ollie Dabbous aimante le tout-Londres. Avec ou sans Brexit.

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Henrietta sait se faire désirer… Notamment grâce à sa décoration, confiée à Dorothée Meilichzon, l’architecte attitrée du trio infernal créateur de lieux trendy hautement inspirants. © KAREL BALAS

Henrietta Hotel. 14-15 Henrietta Street, Londres. Tél. : +44 203 794 5313. Henriettahotel.com


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ID-NEWS BOOKS

Par Marie Godfrain

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French touch !

Dévorer des yeux...

Le minimalisme est un humanisme

The New Chic : French Style from Today’s Leading Interior Designers, collectif, Rizzoli, 240 p., 55 €.

Appetizer, New Interiors, Designs and Concepts for Food Places, Gestalten, 256 p., 45 €.

Joseph Dirand, Intérieur, de Joseph et Adrien Dirand, Rizzoli, 248 p., 60 €.

Il est parfois difficile de mesurer l’influence des Français sur la scène mondiale. Cet ouvrage de l’éditeur américain Rizzoli offre un aperçu de la décoration hexagonale qui a su se renouveler grâce à des ambassadeurs comme Gilles & Boissier, Pierre Yovanovitch, Isabelle Stanislas ou Charles Zana. Des intérieurs somptueux mais jamais intimidants, des écritures variées mais toujours pertinentes, servies par des matériaux intemporels. On passe de la patine colorée d’India Mahdavi au glamour seventies de Thierry Lemaire : autant de variations de cet esprit français incarné dans les pages de ce beau livre.

C’est en 1996 que les décorateurs se sont imposés dans le milieu de la restauration, lorsque Jacques Garcia a aménagé le très glamour hôtel Costes. Vingt ans plus tard, les restaurants du monde entier font appel à des décorateurs pour plonger leurs clients dans des ambiances hautement désirables. Appetizer nous fait voyager dans les plus beaux restos et bars de la planète. Du Sketch d’India Mahdavi, dans un esprit boudoir, au très steampunk Truth Coffee Roasting du Cap ; du Leo’s Oyster Bar de San Francisco, et sa déco exotico-vintage, à la mexicaine ultracolorée La Fonda… ce livre est un régal pour les yeux !

Dès ses débuts, l’architecte d’intérieur Joseph Dirand a imposé sa patte. Des matériaux nobles avec une prédilection pour le marbre, une attirance pour la monochromie, souvent blanche, parfois noire, et un soupçon d’or et de courbes Art déco pour adoucir son propos. Puis il a injecté de la couleur et une pointe d’exubérance, comme chez Monsieur Bleu, son restaurant du Palais de Tokyo, ou plus récemment chez Loulou, au musée des Arts décoratifs. C’est ce parcours sans faute que l’on découvre sous l’objectif d’Adrien Dirand, qui rend un bel hommage à son frère dans cette monographie d’une rare élégance…

Le royaume du style

Intérieur, mode d’emploi

Paris à Costes

Living in Style : Amsterdam, de Mendo, teNeues, 220 p., 49,90 €.

150 Best Interior Design Ideas, collectif, HarperCollins, 480 p., 33 €.

Beaumarly, collectif, Assouline, 188 p., 80 €.

Spécialisé dans l’art de vivre, teNeues poursuit le tour du monde des plus beaux intérieurs avec sa collection « Living in Style ». Ici, les auteurs ont passé à la loupe Londres, Paris et Amsterdam. La capitale des Pays-Bas propose une forme de syncrétisme architectural. Toutes les époques, tous les styles se marient dans des intérieurs singuliers : le béton avec des tableaux de l’âge d’or hollandais ou des pièces contemporaines noyées dans des plantes vertes au cœur d’une vieille usine en brique. En bonus, les adresses d’hôtels où vous pourrez séjourner pour une délicieuse expérimentation.

Comment penser et construire l’identité d’une pièce, quels matériaux choisir, comment utiliser au mieux un papier peint, comment jouer avec la lumière naturelle ou un miroir… 150 intérieurs (essentiellement américains, c’est le bémol du livre), aménagés par des spécialistes, livrent leurs secrets et sont décortiqués dans les moindres détails dans des textes et des croquis très didactiques. Idéal pour passer de la théorie à la pratique et appliquer chez soi les préceptes des décorateurs afin de faire de sa maison un sweet home fonctionnel, lumineux et confortable...

Dans la famille Costes, on connaissait Jean-Louis, à la tête de l’hôtel et du café du même nom ; mais moins bien son frère, Gilbert, pourtant tout aussi influent avec le groupe Beaumarly qu’il a créé et dans lequel on retrouve le Café Marly, l’Hôtel Amour, le Germain, Chez Castel… Au total plus d’une douzaine parmi les plus chics adresses parisiennes dessinées par les stars India Mahdavi, Jakob+MacFarlane, M/M, Portzamparc, Xavier Veilhan… Un ouvrage à la hauteur de ces lieux grâce à des contributeurs, des recettes et des photos qui rendent hommage à cette quintessence du lifestyle parisien du XXIe siècle.


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ID-ENTRETIEN

« Sans aller jusqu’à dire que mon travail est politique, je veux proposer aux gens un produit honn•te, juste, qui fonctionne…  » Patrick Norguet

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Le designer Patrick Norguet le 27 juin 2017 à Paris, dans son appartement, assis sur sa chaise Nicolette (Ethimo), mixant savamment pour l’outdoor aluminium et teck.


ID-ENTRETIEN

Le designer français Patrick Norguet, 48 ans, s’est imposé depuis dix-huit ans par la discrétion, mais pas celle des timides. Opiniâtre, ce bosseur est devenu une référence française pour les grands éditeurs de design, en Italie, en Suède ou au Japon. Mobilier, architecture intérieure, objets, il dessine tout, nanti d’une forte expertise technique, laquelle ne bride pas son goût des formes et des atmosphères, avec l’humain au centre de ses préoccupations. Que lui faudrait-il de plus pour durer ? Propos recueillis par Guy-Claude Agboton Portraits Young-Ah Kim pour IDEAT

En quoi consiste votre travail ? L’objectif de mon job, c’est d’avoir une relation avec des entreprises pour faire des produits innovants, qui créent de la valeur en faisant tourner des usines. C’est ça qui m’intéresse. Je ne suis pas dans une démarche d’auteur ou d’artiste. Mon travail est vraiment contextuel. Qu’il s’agisse d’Ethimo ou d’Arflex Japan, je dois d’abord comprendre l’histoire des entreprises. J’apporte ensuite des solutions qui permettent de développer des marchés avec des innovations. Cela me nourrit plus que de mettre mon nom en

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avant. Le temps du designer star est révolu. Il faut plutôt être efficace auprès des marques en créant des relations pérennes au sein d’une économie complexe et mondialisée. Sans aller jusqu’à dire que mon travail est politique, je veux proposer aux gens un produit honnête, juste et qui fonctionne.

Quelle question revient toujours en interview ? « D’où vient votre inspiration ? » Je réponds que je n’en ai pas, ou que c’est la vie : des rencontres, des gens, des matières, des usines, des voyages… Mon inspiration, c’est simplement de me lever le matin. Je pourrais enrober cela dans un beau discours, mais cela ne me ressemble pas. Je fais ce métier, difficile, par passion. On pourrait d’ailleurs parler de la reconnaissance du designer en France. Cette profession remplit les magazines, mais derrière il y a un vrai vide. Il serait temps de parler de la rémunération des designers. Mon approche au milieu de tout ça, c’est de créer des énergies positives.

Pourquoi cette étiquette d’autodidacte, alors que vous ne l’êtes pas ? Les premiers papiers écrits sur vos débuts restent parfois gravés dans le marbre  ! J’ai effectivement un C.A.P. de tourneur-fraiseur, ce qui me sert tous les jours. Puis j’ai fait une école d’ingénieurs et intégré l’École supérieure de design industriel (ESDI), à Paris. Après ma formation, pour subvenir à mes besoins, j’ai travaillé deux ans pour Vuitton, une période passionnante. Mais vingt

« Le temps du designer star est révolu. Il faut plutôt être efficace auprès des marques en créant des relations pérennes dans une économie mondialisée. »

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ans après, on dit encore « Patrick Norguet, un designer qui a commencé dans la mode ». C’est le grand raccourci. Je ne suis pas un designer qui envoie juste un croquis. J’aime le détail et l’aboutissement, l’engagement sur un an ou deux pour arriver sur le marché avec un produit optimal, du concept à l’ingénierie.

Vous connaissez d’ailleurs bien l’univers du luxe. Dès 2001, je franchissais la frontière entre design et mode. À cette époque, je collaborais avec Giulio Cappellini. C’est lui qui m’a permis, comme à d’autres nombreux designers, d’avoir mon passeport pour Milan. Grâce à lui, j’ai pu émerger. En 2001, j’ai réussi l’association de Cappellini avec Pucci : Giulio voulait un canapé et des fauteuils et, à Beaubourg, j’avais découvert un livre sur le couturier Emilio Pucci, dont j’ignorais le talent de graphiste. Je me suis dit que ce serait fructueux d’associer design et mode à la Fiera de Milan. Au final, le canapé Rive Droite et son fauteuil ont eu un succès incroyable.

Qu’avez-vous voulu apporter dans le monde des hôtels ? Olivier Devys, fondateur d’Okko en 2008, m’a demandé de réinventer l’hôtellerie. Lui venait du groupe Accor. À ce moment-là, il s’est retrouvé à monter une start-up dans


son garage. Et bien que je ne sois et ne serai jamais un spécialiste de l’hôtellerie, il a fallu repenser, par exemple, la réservation d’une chambre et remettre l’individu au centre. Nous avons nettoyé ces fonctions primaires que sont « réserver  » ou «  recevoir sur un comptoir ». Ces tâches coûtent cher à l’hôtellerie. Des gens travaillent la nuit rien que pour vérifier des réservations… On a donc dégagé tout ça et récupéré du budget. Du coup, au Okko Hotels, il n’y a pas de minibar, mais si à deux heures du matin, j’ai une fringale, je vais à la cuisine du Club et je me sers. Le lendemain, personne ne me demandera rien. Installer une ergonomie différente pour davantage d’autonomie dans les hôtels, c’est juste pour qu’on s’y sente bien.

En contrepartie, est-ce qu’on ne s’y sent pas un peu seul ? Il faut supprimer les fonctions dans lesquelles les gens s’emmerdent, car le métier de l’hôtellerie, c’est avant tout recevoir avec le sourire. Après, il y a un concept et de la décoration à inventer, c’est vrai.

Le confort, pour vous, c’est quoi ? Le confort, c’est la clé. Un ensemble de conditions  : une approche visuelle, de la réassurance, de l’ergonomie. C’est aussi de l’affection, de la générosité, plein de

« Le statut de designer n’existe pas en France. C’est un vrai drame. Combien vivent de leur métier à Paris ? Une dizaine, pas plus. » choses qui, au final, traduisent une réaction confortable à un produit.

Travailler avec des éditeurs italiens, est-ce comme avant ? Non, c’est dans une continuité relativement solide. Le travail de beaucoup d’entreprises est de retrouver confiance vis-à-vis de la concurrence et la conserver. Il leur faut aussi trouver du sens dans ce qu’elles font. Je ne fais pas tourner l’usine pour sortir des merdes qui ressemblent à d’autres merdes.

Avoir McDonald’s comme client vous a valu quelques critiques. Avec McDonald’s, je fais juste mon travail. Quand vous avez un studio, vous avez besoin de clients. Vous ne vendez pas votre âme au diable. Vous avez toujours des convictions. Ce qui m’intéresse consiste à réaliser des projets dans lesquels je me sens à l’aise et auxquels j’apporte quelque chose. Le projet avec McDonald’s a commencé il y a cinq ans. Première réaction dans le paysage français : la malbouffe. Moi, j’ai rencontré des gens plutôt passionnants qui ont fait de McDonald’s en France un business model pour le reste du monde. Même si on parle de malbouffe, ils ont nettoyé les choses. On prend moins de

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1/ La chaise lounge Gran Kobi (Alias, 2016) existe cette année en version outdoor. 2/ Le concept Okko Hotels : exploser les codes de l’hôtellerie. 3/ Le design et l’architecture intérieure de Patrick Norguet chez McDonald’s sont repris à New York. © SND / RENAUD CALLEBAUT 4/ Le fauteuil Blanche (Arflex Japan, 2017), incarnation de la french touch en Asie. © SND

risques à aller manger chez McDo que dans certaines sandwicheries du coin de la rue.

Où vous situez-vous dans cet empire ? En général, je travaille pour des sociétés plutôt destinées à une élite. Je trouve important qu’un designer s’implique et s’engage dans une entreprise comme McDonald’s pour apporter quelque chose de mieux.

S’agit-il d’apporter un autre son de cloche à propos d’une société qu’on critique facilement ? Il y a un an, Jean-Pierre Petit (directeur des marchés internationaux leaders chez McDonald’s, NDLR) m’a appelé pour me dire que ce qu’on avait réalisé pour la France allait être exporté aux États-Unis. Cette année, j’y suis allé quasiment toutes les semaines. Vous arrivez en Amérique en tant que petit Français qui vient d’un petit pays pour parler de design avec toute une direction. Au début, vous n’êtes pas crédible. Pourtant on vient d’ouvrir le deuxième lieu pilote à New York. Du coup, les réseaux sociaux new-yorkais parlent d’une «  french touch  », réinjectée dans le monde américain pur jus du McDo. C’est délicat et captivant. Pour ces projets, je dessine tout. J’ai appelé Artemide pour les lampes et Alias pour les chaises, afin d’éviter la merde fabriquée ailleurs à trois francs six sous.

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ID-ENTRETIEN

1/ 1999, un designer inconnu met le feu chez Cappellini avec la Rainbow Chair, qui entre dans les collections du MoMA (New York). 2/ Polypropylène renforcé de fibre de verre et frêne courbé, la chaise empilable Fox (Pedrali, 2017) incarne le top de l’outil industriel italien.

Vous êtes un peu le roi du siège…

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Vous faites des choses dans des univers différents comme si c’était juste un emploi du temps. Point barre. Oui, c’est mon emploi du temps. Point barre. J’ai la chance de faire un travail qui me rend heureux tous les soirs. Pour moi, s’il y a un succès, c’est celui du produit. À un moment donné, je lâche l’histoire et le produit vit tout seul.

L’art design, cela vous tente ? Non, je connais déjà. J’ai commencé par un produit de galerie, la chaise Rainbow, en 19992000. Deux mois après, elle entrait dans les collections du MoMA de New York. Des galeristes m’ont appelé, mais cela ne me tente pas. Ma passion, c’est l’outil industriel.

Que faites-vous en ce moment ? Je suis en train de travailler sur les espaces de restauration du siège de McDonald’s, à Chicago. C’est une sorte de campus dans le nouveau quartier de Meat Market. Je poursuis aussi ma collaboration avec Okko Hotels : nous terminons deux hôtels, à Strasbourg et à Toulon, qui ouvriront dans deux ans. J’entretiens toutes ces collaborations sur le long terme, d’Ethimo à Lea Ceramiche en passant par Arflex Japan. Et je réfléchis à un autre projet, personnel, global, pour élargir le spectre, avec d’autres gens.

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Non, non, non !. En ce moment, je travaille avec Artemide sur des luminaires qui sortiront dans quelques mois. Je dessine des lunettes et plein d’autres choses encore. Si la Mecque du design reste en Europe, en Italie, à Milan, on y fait surtout du siège et du canapé. Aux États-Unis, l’approche de la discipline est beaucoup plus globale. Le parrain de ma fille, qui est directement parti là-bas quand on a fini nos études de design à Paris, le vérifie encore chaque jour.

Quelle reconnaissance du designer observe-t-on en France ? Ça ne bouge pas. C’est un vrai drame. Alors pour moi, ça va. Je travaille avec dix personnes. J’ai une agence qui fonctionne. Mais combien vivent de leur métier à Paris ? Une dizaine, pas plus. Ce métier n’est absolument pas reconnu. Le statut de designer n’existe pas en France. Cela vient aussi de l’hypocrisie de toutes ces entreprises pour lesquelles on travaille tous. Je le dénonce parce qu’il est urgent de se montrer de plus en plus ferme. Il faudrait que des designers s’associent et décident ensemble d’arrêter de signer des contrats à 3 % de royalties. Si la distribution est minable, la ou le designer va recevoir 600  euros par trimestre, après avoir bossé comme un chien pendant un an ou deux. Je ne connais pas d’autre métier qui fonctionne comme ça. Personne dans la mode n’accepterait de travailler ainsi. C’est un vrai sujet économique et politique.

« On ne fait pas investir à la légère 500 000 euros dans la fabrication d’un moule… »

Vous aimez les volumes enveloppants, en couleurs, mais les choisissez-vous ? Oui. La couleur, c’est comme le choix d’un mot ou d’une note dans une partition. Elle permet d’imager les choses et d’en renforcer le langage. Par la couleur, on diffuse un message différent. C’est un code supplémentaire, comme quand un pâtissier finit son enrobage et dépose une fraise dessus (rires). C’est basique ce que je dis, mais la couleur est vraiment un moyen de communication.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme dans votre métier ? Les gens, l’humain, partager. C’est la clé. Avoir la capacité d’apporter une idée, un concept, une histoire, de la mettre sur la table, de créer autour une énergie fédératrice et de tout faire ensuite pour amener cette idée à maturité. C’est un travail d’équipe passionnant. En Italie particulièrement. En France, à l’heure du déjeuner, on va manger n’importe quoi au coin de la rue. Là-bas, c’est un vrai rituel. Ils sont plus jouisseurs. L’envie de faire des choses ensemble est une force italienne que, j’espère, ils vont conserver. La chance de mon activité, c’est de pouvoir prendre le temps de réfléchir, parce qu’on ne fait pas investir à la légère 500 000 euros dans la fabrication d’un moule.

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Ron Gilad Un anticorporate chez Danese

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Le designer israŽlien Ron Gilad, nouveau directeur de la crŽation de Danese, label historique du design italien prŽsidŽ par lÕarchitecte Ð fonceuse Ð Carlotta de Bevilacqua, sort tranquillement dix produits et une exposition autour de lÕADN maison.

de la vie quotidienne. « Ici, j’essaie de respecter le passé

Par Guy-Claude Agboton

montés à la surface. Ron Gilad a ensuite organisé une

A

exposition lors de la dernière Fiera de Milan, qui souli-

mais sans le célébrer », avoue le designer s’inspirant des valeurs de Danese. Pour lui, le cendrier Cubo de Bruno Munari les incarne parfaitement. Pour commencer, le designer a créé dix pièces en fouillant dans quinze ans de ses recherches personnelles. Idées et prototypes sont re-

ssis sereinement, clope au bec, dans le jardin

gnait bien le lien entre ses propres recherches et l’ADN

du siège milanais de Danese, Ron Gilad, avec

de Danese. Montrer où il en était lui importait, sans se

l’air du chirurgien qui vient d’opérer, nous ex-

précipiter. Tant pis pour la presse qui attend. D’ailleurs,

plique : « En arrivant, j’ai réduit le catalogue de 80 %. »

la Fiera pourrait avoir lieu tous les deux ans selon lui.

Sa mission ? Créer de nouvelles pièces tout en faisant re-

Mais il faut produire et le montrer… « C’est le capita-

découvrir les anciennes. L’ADN de Danese, éditeur his-

lisme », lâche-t-il. Chez Danese, dans la grande salle, il

torique du design italien, c’est l’objet du quotidien bien

voulait faire sentir des choses, comme le lien entre l’ob-

pensé. Il évoque les maîtres du design transalpin tels que

jet et sa surface. Dans la bibliothèque, l’exposition évo-

Bruno Munari ou Enzo Mari. C’est Franco Meneguzzo

quait ensuite les formes des objets et leurs imperfections,

qui a dessiné le logo de Danese, récemment un peu mo-

sujet traité par Enzo Mari.

difié par Gilad. Ces dernières années, le label s’est da-

Concrètement, Ron Gilad a dessiné par exemple des cor-

vantage concentré sur le luminaire, proximité avec le

beilles à fruits, ni rondes ni concaves : « J’adore plancher

spécialiste Artemide, autre propriété de Carlotta de Be-

sur des objets usuels et sur les perceptions qu’on en a. »

vilacqua et de son mari Ernesto Gismondi. Ron Gilad

Il fait reposer les fruits en suspension sur un réseau de

doit, de fait, ramener Danese vers les objets et accessoires

lignes métalliques. Pour en arriver là, le designer prend

1/ Portrait du designer israélien Ron Gilad, à la tête de la direction de la création de Danese. © MIRO ZAGNOLI 2/ et 3/ Œuvres de l’exposition de Ron Gilad pour Danese, autour du thème de l’ADN maison. Elles traduisent la volonté du designer de repenser les objets du quotidien. Cela donne des coupes à fruits aériennes, cousines de bougeoirs insolites, des classiques de la maison.


The Place we Live

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ID-PORTRAIT

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un matériau et le sculpte jusqu’à ce que sa fonction ap-

quand on lui parle de marchés étrangers. À New York, il

paraisse de façon évidente. Ces coupes à fruits en bois

se produisait en partie lui-même, dans un milieu pauvre

oscillent entre le Circuit 24 et la croix catholique. Un

en éditeurs du calibre de ceux avec qui il a commencé à

jour, Alison, l’une de ses amies à Los Angeles, en a ache-

collaborer en Italie. Ron Gilad mesure aussi ce que veut

té une. Rapportée à la maison, sa petite fille de 3 ans,

dire être perçu comme outsider intellectualisant, dans un

Alma, lui demande : « C’est quoi ? » Elle lui répond :

marché où le design évoque plus du produit pur que de la

« C’est un bol. » «Super ! » répond l’enfant, même pas

culture. Il ne s’est pas abîmé dans le rôle du créateur seul

surprise. Sans préjugés, elle l’enregistrait comme un bol.

sur son rocher. Il a toujours recherché les moyens tech-

L’histoire enchante Gilad qui pense pourtant souvent à

niques d’innover, même quand ses créations semblaient

déconstruire. Il a la chance de travailler avec des gens qui

seulement arty. Abonné de bonne heure aux collabora-

savent à qui ils ont affaire. « La chose importante pour

tions avec les éditeurs italiens, il a paradoxalement in-

le designer, c’est de savoir jusqu’à quel point exercer le

tégré Danese avec, en poche, un bon carnet d’adresses

sens du compromis », ajoute-t-il. Pas celui où l’on perd,

de fournisseurs… italiens.

mais celui où l’on échange. Pour lui, il s’agit de main-

Sa petite équipe chez Danese sait qu’elle n’est pas en face

tenir ou de perdre sa « dignité ». Il se corrige : « Euh…

d’un individu qui débarque. « Je conserve mon identité

identité. » En travaillant avec un éditeur industriel, il lui

propre en restant le seul qui fait les dessins. Je ne veux

faut respecter les coûts de production. « En même temps,

surtout pas de quelqu’un qui développe mes projets »,

vous n’avez pas forcément envie d’adhérer parfaitement

confesse-t-il, sûr de lui. En fin d’après-midi, alors que

au système, vous pouvez un peu briser le cadre, et étendre

Ron Gilad avoue qu’il n’a jamais été optimiste, on lui

les possibilités. Mais vous êtes dans une société et pas là

dit qu’il améliore une certaine réalité autour de lui. Il

pour faire de l’art », conclut-il. Il n’aurait pas voulu non

le conteste au motif que changer le monde n’est pas du

plus que le design industriel l’assèche. Il préfère rester,

tout son but, lequel est de faire des recherches person-

s’il le faut, « enfantin ». Ce n’est pas mission impossible,

nelles, pour sa propre satisfaction, et pour se surprendre.

Ron Gilad jouit d’une grande liberté chez Danese. Et le

Et il se trouve que ça plaît. Convaincre les gens de cette

fait d’avoir quelques contraintes lui permet de terminer

façon peut le rendre très heureux. Au passage, il renvoie

ses projets plus rapidement. « C’est le meilleur moyen

les journalistes à leurs bureaux pour ce qui est de la si-

de conclure en étant respectueux. Je ne dis pas ça pour

gnification de son travail. Il a lu suffisamment de ques-

être poli, je ne le suis pas », précise-t-il.

tions-réponses le concernant ou de sujets sur lui sans

Ses années américaines sont aussi un atout pour Danese.

avoir été consulté… Au fond, Ron Gilad connaît son af-

Le nouveau directeur de la création n’est pas dépassé

faire. Donc, qui va piano va sano.

1/ Sans provocation, Ron Gilad joue avec les symboles, même religieux. 2/ Il en fait des coupes à fruits en bois. 3/ Ses nouveaux objets font écho à l’ADN de Danese : ils sont aussi esthétiques que pratiques, un brin intellos, comme le sont les photophores ou les vide-poches. 4/ À l’image du marque-page, tous font partie des références de la marque.

4


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1

2

Les jolis projets de Julien Renault Designer français installé à Bruxelles, l’impeccable Julien Renault qualifie curieusement ses projets de « chouettes ». Loin de toute fantaisie sympa, ses réalisations soulignent plutôt une vérité nue et implacable. Celles d’un quasi-artisan à l’ascétisme heureux.

œuvres. En 2015, ses panneaux acoustiques, légers, sortent

Par Guy-Claude Agboton

société belge A&B (Atmosphère et Bois), spécialisée dans l’ar-

«J

106

chez ABV. Ses bougeoirs et ses portemanteaux de la collection « Punched », faits de bouchons de canalisation en tôle emboutie, sont édités par le suédois Hem. Chez qui il poursuit aujourd’hui avec l’imparable table en bois Log, dénuée d’aspérité. Deux ans de travail ! Plus tard, lors d’un projet associant 13 entreprises à 13 designers, le Français choisit la chitecture intérieure en bois recyclé. « J’ai conçu un système

’ai toujours bricolé avec mon père et fabriqué des

constructif avec toute une collection derrière », explique-t-il

choses de mes mains. Même si être designer n’est

à propos de sa ligne « Board » constituée d’un banc, d’une

pas être artisan, j’ai constamment eu besoin d’avoir

chaise et d’une table. Le petit sofa agrémenté d’un coussin,

un lien direct avec la production », nous avoue Julien Re-

pour être inhabituel, n’en est pas moins formidable. Quant

nault. Il lui est ainsi arrivé de vendre lui-même 300 lampes

à la conception de sa superbe table d’appoint Power, il col-

de sa fabrication. Dès le lycée, près de Versailles, il intègre

labore avec la société Van Den Weghe / Items, experte dans

une section arts appliqués. Bachelier, il s’inscrit en école d’art

l’intégration de prises électriques dans des marbres de pan-

à Reims, option design, et, en quatrième année, il effectue un

neaux muraux, pour l’en équiper. Depuis 2016, il coopère

stage de six mois chez les frères Bouroullec. Il file ensuite, via

avec Kewlox. En Belgique, ce nom est synonyme d’étagère

Erasmus, durant une autre demi-année à l’École cantonale

pas chère, sans clou ni vis. Venu chez Kewlox faire des pho-

d’art de Lausanne (Écal). Puis, le jeune Français, sentimen-

tos, Julien Renault a fini par élaborer des produits et refondre

talement engagé auprès d’une créatrice de bijoux, s’installe

le site Internet. Son rangement Mist, en verre opaque serti

à Bruxelles. Loin du réseau parisien, il nous parle produit

d’un cadre noir, est très différent de l’étagère Tracks, conçue

concret, direction artistique et photo. Ancien assistant des

à partir de chutes de bois. Quand il précise que tout est fa-

designers belges Alain Berteau ou Sylvain Willem, il a tra-

briqué en Belgique, il souligne l’impact du design sur le ter-

vaillé en mêlant les genres, notamment en matière de photo,

ritoire en termes de population et d’emplois. Pour lui, il est

domaine qu’il a approfondi à l’Écal. « Souvent, mon premier

aussi important d’être à l’usine de Namur qu’au Salon du

dessin est déjà très pictural », signale-t-il pour évoquer ses

meuble de Milan. Et pas comme un designer en visite.

1/ La table Log (Hem) fait l’éloge du minimalisme et a ainsi l’avantage de s’adapter à tous types d’intérieurs. 2/ Le marbre du modèle Power (Van Den Weghe) confère à cette table d’appoint une esthétique singulière entre lignes rondes et droites. 3/ Le mélange des genres dans le design, Julien Renault en a fait sa spécialité. © LOTHAIRE HUCKI

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Raw Color dans ses murs U R ID

T. F EA R

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Sous la bannière Raw Color, Daniera ter Haar et Christoph Brach mènent une collaboration en matière de photographie et de design graphique au sein de leur studio d’Eindhoven, aux Pays-Bas, depuis 2007. Leur façon de travailler se reflète dans la décoration de leur nouvelle maison-atelier au cœur de l’usine repensée par Piet Hein Eek. On y retrouve un langage visuel innovant qui exprime un goût et une compréhension de l’utilisation de la couleur et des propriétés des matériaux. Par Toon Lauwen / Photos Gianni Basso/Vega MG

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D

aniera et Christoph ont emménagé dans le RAG building à Eindhoven, une ancienne station de pompage de l’usine Philips, qui fut le premier projet mené à bien par le cabinet d’architecture de Piet Hein Eek et Iggie Dekkers. Eek et Dekkers

ont conservé la logique de l’architecture originale de cet ex-bâtiment industriel, tout en attribuant de nouvelles fonctions à ses différents éléments. Cette démarche correspond tout à fait à l’approche habituelle de Piet Hein Eek : travailler avec les matériaux, les techniques, le savoir-faire et le potentiel existants, mais avec une volonté de créer de nouvelles formes. Eek et Dekkers ont donc divisé l’immense édifice en deux parties et construit une voie privée entre elles afin que le soleil brille au cœur de la bâtisse. Depuis la cuisine et le séjour, de larges portes coulissantes s’ouvrent sur la véranda, sous un plafond à caissons en béton. Daniera et Christoph se sont inspirés du caractère industriel des lieux pour concevoir leur espace. Dans la cuisine et le séjour, l’impact des structures en acier, de l’îlot central et de l’escalier est accentué par la peinture noire qui les recouvre. Cette pièce fondamentale projette donc une image particulièrement graphique. Renforcée par le

Page de gauche Daniera ter Haar et Christoph Brach dans leur atelier-maison installé dans une ancienne usine Philips, dont l’architecture a été récemment modifiée par le duo Piet Hein Eek-Iggie Dekkers. Ci-dessus Coloristes, les propriétaires des lieux ont souhaité récupérer un maximum de lumière en favorisant les structures ouvertes.

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ID-WORKSHOP STUDIO

1

2

choix de profilés en acier contenant des panneaux de sous-couche et des plaques en fibres dures perforées. La rigidité de ces lignes qui s’entrecroisent est contrebalancée par les teintes gris-bleu et la sobriété des matériaux, la gaieté du plan de travail en marbre blanc de la cuisine et la chaleur de la texture des panneaux en bois des portes.

Couleur et nature Si la plupart des clichés des émissions de décoration ne peuvent s’appliquer ici, pour Daniera et Christoph, la cuisine constitue malgré tout « le cœur de la maison ». Et ce sont ses éléments et ceux de l’escalier qui attirent le plus fortement le regard et qui définissent le design intérieur tout entier. Daniera et Christoph ont veillé à contrebalancer la dureté du béton et de l’acier en ajoutant de la texture et de la couleur à cet environnement. Par exemple, la sous-couche de la cuisine a également été utilisée pour la partie nuit et pour les portes du séjour, lequel expose fièrement quantité de prototypes de leurs propres créations, de travaux d’autres designers d’Eindhoven et de marques qui font appel à Raw Color. Les rideaux roses transparents, en particulier, confèrent à l’espace une touche de légèreté et de raffinement. Ces panneaux de laine fine ont été teintés à l’aide de pigments

110

1/ Ces rideaux de laine fine diffusent une lumière rose sur le tapis préféré des propriétaires, qu’ils ont acheté à Istanbul et qui se révèle une source d’inspiration. 2/ La structure des ouvertures et de l’escalier en acier noir rappelle celle de la cuisine, comme un leitmotiv.


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Le design puriste de cette SieMatic sans poignée, avec son esthétique lisse aux joints invisibles, met en avant le choix des matériaux de grande qualité : l’acier inoxydable poli associé à la laque mate en « gris graphite ». L’ouverture des portes d’une simple pression du doigt ne laisse aucune trace même sur les surfaces mates grâce au nouveau revêtement AntiPrint de SieMatic. www.siematic.com/pure

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ID-WORKSHOP STUDIO

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naturels. Leur forme est due au système d’accrochage particulier conçu par Raw Color. Le studio est devenu maître dans l’exploitation de la couleur sur tout support, qu’il s’agisse de panneaux textiles, de papiers peints ou de tapis, un savoir-faire remarqué lors de leur exposition à la Design Week de Londres l’an dernier, à l’Aram Gallery. Le salon est meublé d’un canapé en laine gris-bleu, simple mais élégant, une réplique du célèbre BR 02 de Mart Visser (Spectrum), et d’une Slow Chair rose signée Ronan & Erwan Bouroullec (Vitra). L’élément le plus remarquable reste le tapis au motif géométrique composé de lignes perpendiculaires vertes et ocre sur fond vert clair. Le ton est donné par la sobriété des couleurs : vert clair, ocre, bleu pétrole et rose alternent avec les accents naturels du bois, du rotin et du liège.

Géométrie rythmique La clarté contribue au rythme et aux nuances du décor. Alors que la plupart des maisons possèdent ici ou là un coin pour empiler ce qui traîne, ici tout est propre et bien rangé. La structure géométrique des étagères modulaires de Hay permet de classer facilement piles de magazines, jeux et autres livres. Là où la chambre dégage une impression assez

112

1/ Des étag•res qui permettent d’organiser livres et documents de travail avec une certaine rigueur. 2/ Les couleurs des accessoires et du mobilier viennent contrebalancer le caract•re industriel de l’espace. Au fond, lampe sur pied Tripode G6 (Santa & Cole).


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Séduction à l’italienne


ID-WORKSHOP STUDIO

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neutre, la salle de bains offre une image plus riche et raffinée avec ses surfaces en marbre blanc luisant et l’émulsion beige satiné de ses murs. « L’astuce dans notre maison repose

2

sur l’utilisation de la hauteur », explique Daniera. Dans le hall, les lignes de la rampe d’escalier noire soulignent l’impression de mouvement vers le haut. Le hall se situe à l’intersection de l’entrée, du séjour et de la partie nuit à l’étage et du studio en dessous. « Nous voulions créer un espace de travail agréable. Et c’est ce qui a le plus influencé le design de la maison. Grâce à l’excavation d’une ancienne salle des machines, nous avons pu ajouter un demi-étage supplémentaire au studio. » Sur la mezzanine, Daniera et Christoph ont créé une petite salle de réunion proposant une table, des livres, des rangements et une kitchenette. Un escalier mène au studio photo et à la salle informatique au niveau inférieur. Le premier bénéficie de la lumière supplémentaire qu’apportent les très larges ouvertures. « C’est particulièrement vrai pour la grande fenêtre installée à notre demande par Eek et Dekkers dans le studio. » Cette fenêtre est une copie de celles de l’étage du dessus. « La lumière indirecte en fait un endroit parfait pour juger objectivement des couleurs et pour les séances photo qui nécessitent un mélange de lumière naturelle et d’éclairage artificiel. C’est ce qui insuffle de la vie à la lumière. »

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1/ On retrouve disséminés dans la maison des prototypes de créations des propriétaires ou des marques avec lesquelles ils collaborent. 2/ En tant que coloristes, graphistes et photographes, la lumière représente leur matière première.


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ID-GENESIS

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Six Shades of Palmer, la fibre

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Tout a commencé par une discussion entre Toan Nguyen, designer, et Alberto Vignatelli, président et fondateur du Luxury Living Group, qui diffuse entre autres Fendi Casa. Le propos : créer une ligne de canapés d’une grande légèreté, et donc décalée des collections actuelles de la maison. Propos finalisé avec le canapé Six Shades of Palmer, histoire de compléter la gamme Fendi Casa « Contemporary Collection » et d’aller à contre-courant de ce que l’illustre marque italienne présente depuis plus de vingt ans.

approche différente du canapé pour apporter de nou-

Par Serge Gleizes

Fendi Casa sous un autre angle, reprend le designer, où

À

le luxe ne serait pas forcément synonyme de surenchère

velles idées en termes de volumes et de matériaux utilisés,

2

raconte Toan Nguyen. Alberto Vignatelli est également un passionné et, avec lui, les échanges sont toujours très riches. On ne travaille jamais sur un cahier des charges fermé, qui serait le fruit d’une froide analyse marketing, on est davantage dans l’instinct et la discussion. » Parallèlement aux requêtes d’une clientèle plus traditionnelle acquise depuis de nombreuses années à la griffe italienne, à son grand classicisme et à son confort optimal, il existe des collections qui offrent une vision plus contemporaine du luxe. « Six Shades of Palmer consiste à faire découvrir

la base, l’objectif était élémentaire : rendre in-

décorative mais au contraire de lignes rigoureuses et sans

visible la structure portant les coussins d’assise,

ostentation. Le lien avec la mode reste néanmoins très

et visible celle qui supporte les coussins des dos-

important, tout comme l’amour que porte la maison à

siers, afin de rendre évidente la simplicité constructive du

l’artisanat, au fait main, au sur-mesure, à la dimension

sofa. « En réalité, depuis le début de ma collaboration

graphique et chromatique, et au refus de céder à une

avec Fendi Casa en 2012, je n’ai cessé de proposer une

forme de nostalgie. » Faisant partie du Luxury Living

1/ Six Shades of Palmer illustre un renouveau pour la prestigieuse marque italienne qui adopte un style plus contemporain. 2/ Et ce, grâce au designer français Toan Nguyen qui collabore avec Fendi Casa depuis 2012. © ANDREA BASILE


3

design de Fendi Casa Group (leader dans l’ameublement de luxe, installé à

harmonie totale. « Je suis extrêmement satisfait du résul-

Forlì, dans le nord de l’Italie, dans un somptueux palais

tat, confirme Toan Nguyen. Toute la légèreté du dessin

du XVIIe siècle, le Palazzo Orsi Mangelli), la vocation

original a été respectée, les assises semblent suspendues

de Fendi Casa est en effet d’exercer le même attrait pour

et les pieds d’une apparente fragilité soutiennent le ca-

la décoration que Fendi pour la mode ; à savoir meubler

napé sans aucun pied antérieur central. Et surtout sans

les espaces de la même façon que la prestigieuse griffe ro-

aucun compromis avec le confort et la stabilité. » Cette

maine – créée par Adèle et Eduardo Fendi en 1925 dans

obsessionnelle fidélité au manufacturé se retrouve dans

un petit atelier de maroquinerie à Rome – a habillé des

la qualité irréprochable des velours, des nubucks et des

générations de femmes. Et cela à travers une image gla-

tissus, dans le mélange pertinent des tonalités pastel et

mour et urbaine qui englobe des collections aussi bien

des rouges dégradés, dans ce sens naturel du métissage

classiques que contemporaines.

et d’une radicalité élaguée de sa froideur qui cadre avec la formation et la philosophie du designer né à Paris en

Toute la modernité du fait main

1969 et diplômé de l’ENSCI-Les Ateliers de Paris en

Pour ce dernier-né de la gamme, les sources d’inspira-

1995. Riche d’une expérience depuis plus de vingt ans

tion restent vagues pour ne pas dire multiples, voire

avec les plus grandes marques réputées du design italien,

contradictoires. Après analyse, elles résultent d’un sub-

il débute à Barcelone dans l’agence d’Alberto Lievore,

til jeu de nuances, en l’occurrence l’Art nouveau pour

puis poursuit sa carrière à Milan chez Antonio Citterio

la fluidité des courbes végétales, les années 20 notam-

où il collabore à divers projets (Axor Hansgrohe, B&B

ment pour le croquis des pieds et enfin le Bauhaus pour

Italia, Flos, Iittala, Kartell, Technogym, Vitra…) et tra-

la radicalité des lignes industrielles. Au final, c’est d’une

vaille aujourd’hui en Europe, en Amérique du Nord et

3/ Le point fort du modèle Six Shades of Palmer est d’offrir une impression visuelle de légèreté grâce à la discrétion de sa structure portant les coussins d’assise. Aérien, il n’en oublie pas de rester confortable et résistant.

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ID-GENESIS

en Asie (Dedon, Laufen, Lema, Busnelli…). Seul bémol

FENDI CASA EN CHIFFRES

peut-être, ne pas avoir dévoilé, dès le lancement de Six

> Date de création : 1987. > Lignes diffusées : « The Contemporary Collection », « Fendi Outdoor », « Fendi Casa Ambiente Cucina ». > Marques diffusées par le Luxury Living Group : Fendi Casa, Bentley Home, Trussardi Casa, Heritage Collection, Signature Collection, Bugatti Home, Ritz Paris Home Collection, Bagagerie le Ritz Paris, SmartLine Collection. > Chiffre d’affaires en 2016 : 120 M€, affichant une progression de 12 % par rapport à 2015. > Exportation : 40 % en Asie, 50 % en Europe, au Moyen-Orient et aux États-Unis. > Nombre de showrooms : 12 répartis à Milan (2 boutiques plus un nouveau point de vente au 3, via Monte Napoleone), Milano Marittima, Forlì (2 boutiques), Paris, Londres, Miami (2 boutiques), Los Angeles et New York. Le groupe possède également des bureaux à Moscou et à Pékin.

Shades of Palmer, ses nombreuses modularités élaborées en fonction d’un minimum de paramètres. Et cela afin de le diffuser sur de nouveaux marchés dont celui, fondamental, du contract (l’hôtellerie et la restauration). Bémol oublié durant le dernier Salon du meuble de Milan, où Six Shades of Palmer a été présenté avec ses premières, simples et néanmoins prometteuses compositions, en attendant la création d’une prochaine version du sofa… Reste le risque de sombrer dans la facilité lorsque l’on travaille pour une marque depuis plus de six ans ? « Pas de danger, rétorque le designer, car même si j’ai été contacté pour compléter la gamme Fendi Casa et lui apporter une autre vision des choses, chaque projet est une discussion et une remise en question permanente, à condition de rester pertinent, fidèle et cohérent avec l’esprit de la marque, tout en essayant de convaincre ceux qui n’y ont pas encore adhéré. Toute création est le fruit d’une cohabitation, d’une forme de collaboration. Et celle-ci a été, encore une fois, très fructueuse. »

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L’ensemble canapé et tables basses Six Shades of Palmer a été présenté à Milan pendant le dernier Salon du meuble dans le nouveau showroom Fendi Casa, Via Monte Napoleone.

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BD Barcelona, le label BD Barcelona, label de design espagnol fondé en 1972, est plus qu’un éditeur arty. En visitant son siège barcelonais, serti de perles signées des cadors du design industriel, de Dalí ou encore de Gaudí, on découvre que l’ADN de la maison, c’est la résistance culturelle. Hier contre Franco, aujourd’hui contre le design uniformisé.

conseil des mêmes fondateurs, toujours actionnaires et

Par Guy-Claude Agboton

nous explique d’emblée que le premier désir des fonda-

Photos Germana Costanza Lavagna pour IDEAT

teurs, trois ans avant la fin du franquisme, était de pal-

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toujours architectes et designers. D’où la symbiose avec le directeur artistique Ramón Úbeda et le responsable de l’équipe technique Otto Canalda. Le duo s’occupe de la création mais sait aussi faire des livres, comme celui sur l’histoire de la maison paru cette année, ou encore une campagne de publicité. Au Q.G. de BD Barcelona, dans le quartier de Poblenou, le directeur Jordi Arnau

1/Le Showroom Gallery Shop de l’éditeur de mobilier BD Barcelona, à Barcelone. 2/ De gauche à droite, Lluís Clotet, Otto Canalda, Mireia Riera, Yolanda Bassat, Jordi Arnau, Oscar Tusquets Blanca, Ramón Úbeda, les fondateurs et actionnaires de l’entreprise. 3/ Jordi Arnau, directeur général de BD Barcelona.

lier l’absence de mobilier moderne digne de ce nom pour

as de design « buzz-ness » chez BD Barcelona.

aménager leurs premiers projets d’architectes. La socié-

En 1972, le cercle d’architectes – également de-

té s’est appellée d’abord Boccaccio Design. Puis elle est

signers – à l’origine de la maison d’édition, de-

devenue BD Ediciones de Diseño et, en 2017, BD Bar-

venue BD Barcelona, regroupe les membres du Studio

celona. Les initiales BD sont restées. Ce sont celles de

PAR. Ils sont les pionniers de la culture du design espa-

Boccaccio Design, de Bocaccio, une boîte de nuit qui fut

gnol : Lluís Clotet, Oscar Tusquets Blanca, Pep Bonet,

pour Barcelone ce que le Studio 54 sera pour New York

Cristian Cirici, Mireia Riera et Anna Bohigas. L’histoire

et un catalyseur où des artistes frayaient avec des écri-

retient aussi en photos le nom de managers de l’époque,

vains tels que Marco Vargas Llosa ou Gabriel García

tels que Xavier Carulla, moustaches et pantalon pattes

Márquez aux côtés de jeunes architectes assoiffés de li-

d’eph. Quarante-cinq ans plus tard, Jordi Arnau, l’ac-

berté. C’est le propriétaire de la boîte, Oriol Regàs, qui

tuel directeur général, est l’interlocuteur numéro un du

finance les débuts du label. « Appartenir à ce groupe,

3


4

5

6

hors norme c’était vivre à rebours de l’ordre établi dans tout le reste

atteindre 5 mètres, qui aurait été refusée partout ailleurs.

de l’Espagne », raconte Jordi Arnau avec une sorte d’ad-

« Une œuvre d’art industriel », selon le directeur artis-

miration retenue dans la voix. Il nous rappelle d’ailleurs

tique Ramón Úbeda, ou quand une feuille d’aluminium

que tout cela se passe dix ans avant la fameuse Movi-

se transforme en carton international ! Elle a été lancée

da madrilène. Le week-end, apprend-on, ces architectes

sans que l’éditeur ne s’inquiète de problèmes de trans-

pouvaient rejoindre Paris et enchaîner huit séances de

port, de stockage ou de taille de magasins. Jordi Arnau

cinéma d’affilée… de films interdits en Espagne. « Les

ne nie pas, malgré cette liberté, de devoir évidemment

architectes à l’origine de BD Barcelona étaient l’expres-

se tenir au courant des évolutions du marché, mais sans

sion même d’une contre-culture », poursuit le directeur

les considérer comme un diktat. C’est par l’audace et la

général. À cette époque, montrer un corps nu sur une pu-

conviction que BD Barcelona a rejoint de bonne heure

blicité pour une lampe ou éditer le vase Shiva d’Ettore

le cercle des fabricants d’icônes. En 1981, le label édite

Sottsass, en forme de phallus, était passible de prison.

le mobilier de l’architecte Antoni Gaudí, loin d’être aussi

Aujourd’hui, BD Barcelona est toujours soucieuse de li-

populaire qu’aujourd’hui. La production de ce mobilier

berté. Financièrement indépendante, la firme, dirigée par

en chêne, conçu au départ uniquement pour les maisons

ses fondateurs, peut se permettre de produire une étran-

Calvet et Batlló, à Barcelone, s’est faite sans rogner sur

geté telle que le fauteuil Leda, réalisé d’après le tableau

la qualité artisanale. On la retrouve dans le cadre déli-

Femme à tête de roses (1935) de Salvador Dalí. L’in-

rant du miroir de la maison Calvet. Et tous ces produits

fluence du marché pèse moins, selon Jordi Arnau, que le

de designers, d’architectes et d’artistes ultracréatifs édi-

désir de faire librement du design. Ici, quand le projet est

tés par BD Barcelona, y compris les plus extravagants,

risqué, on le réalise quand même. Fanfaronnade ? Non.

servent à quelque chose. C’est le cas du canapé en forme

La preuve avec Extrusions, la table du designer allemand

de bouche, celle de Mae West en l’occurrence, conçu à

Konstantin Grcic : une feuille d’aluminium pouvant

l’origine par Dalí et réalisé par les ateliers du décorateur

4/ Les frères Campana devant leur buffet Aquário. © BD BARCELONA 5/ Ettore Sottsass avec son vase Shiva. © BD BARCELONA 6/ À travers son travail, Jaime Hayón donne la banane… Avec son fauteuil tout en courbes Gardenias, par exemple. © NIENKE KLUNDER 7/ Collection de vases « Showtime » de Jaime Hayón. © BD BARCELONA

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ID-CRAZY

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Jean-Michel Frank pour le petit théâtre-cinéma privé pa-

de Doshi Levien (2014) ou Aquário (2016) des frères

risien du baron de l’Espée. Dès 1972, Oscar Tusquets re-

Campana. Certains produits flirtent avec l’art comme les

prend l’idée avec l’artiste pour l’installer au musée Dalí

vases de la collection à succès « Showtime » du designer

de Figueras, et 300 premiers Saliva Sofa sont produits.

espagnol Jaime Hayón. Mais ces buffets, pour originaux

En 1994 sort le Dalilips, la dernière version du canapé,

qu’ils soient, remplissent parfaitement leur fonction au

non seulement optimisé mais aussi plus réaliste.

quotidien. La relève est plus qu’assurée. Au showroom, il suffit de voir côte à côte le fauteuil Gardenias de Jaime

Retour vers le futur

Hayón, sa table Monkey en béton ou le fauteuil Couture

Ces pièces spéciales sont fabriquées dans un réseau local

de Färg & Blanche pour s’en convaincre. Un surprenant

d’environ cent cinquante ateliers. L’un d’entre eux, la

défilé. « Nous veillons à ce que, chez nous, les designers

fonderie Exametal, spécialiste de la cire perdue, est à une

puissent exprimer leur style afin de préserver notre diffé-

demi-heure d’ici, vers Sant Adrià de Besòs. Là-bas, avec

rence, qui nous rend compétitifs. Pour cela, il faut, au dé-

Miquel Piqueres, administrateur de l’atelier, on découvre

part, que le designer ait un vrai esprit qui puisse s’implan-

comment l’ouvrier et artisan Bassirou peaufine les fini-

ter chez nous », décrypte Jordi Arnau.

tions des pieds anthropomorphes du fauteuil Leda. Sur

BD Barcelona est passée à travers la crise espagnole qui a

une table, d’étincelantes poignées de portes Rhinocéros at-

vu certains perdre jusqu’à 80 % de leur chiffre d’affaires.

tendent elles aussi une dernière finition. Avec ses lampes ou

L’entreprise exporte évidemment, à hauteur de 30 % vers la

son sofa Vis à Vis de Gala, BD Barcelona fait ainsi perdu-

Chine actuellement, d’ou l’utilité d’un showroom à Londres,

rer l’œuvre de Dalí designer. Même permanence d’icônes,

véritable plateforme des affaires. La Chine apprécie le fait-

certes plus discrète, avec la très moderne lampe Olvidada,

main. Jordi Arnau en déduit le futur. « Soit vous faites des

de Pepe Cortés, un modèle de 1976 oublié dans un tiroir

milliers de chaises à 80 euros, soit vous faites de la grande

jusqu’en 1984. À cette époque, le tabouret Duplex de Ja-

qualité et de l’artisanat. » Pour lui, acheter de la qualité

vier Mariscal, très eighties, devient lui aussi emblématique

s’apparente à un investissement. On achète aussi par désir.

de la créativité de BD Barcelona, laquelle ne se tarit pas,

Très tôt, rien n’a arrêté les acheteurs du miroir Mirallmar

du banc Poeta en aluminium perforé d’Alfredo Häberli au

d’Eduard Samsó, autre grand best-seller rejoint par la collec-

délirant buffet Tout va bien (2009) d’Antoine + Manuel.

tion « Showtime » de Hayón. Le regard un peu songeur, fixé

Le buffet de salle à manger ? Voilà un type de meuble ul-

sur la lampe Olvidada de Pepe Cortès, Jordi Arnau conclut :

traclassique qui, ici, s’enflamme avec les projets Shanty

« Elle n’est absolument pas datée. C’est la clé. »

Page de gauche Fauteuil et banc de la collection « Gardenias Indoor » de Jaime Hayón, lampadaire Olvidada de Pepe Cortés et le Dreams Cabinet de Cristian Zuzunaga. © MANU DA COSTA 1/ Buffet Shanty du duo Doshi Levien. © MANU DA COSTA 2/ Vases Happy Susto de Jaime Hayón. © BD BARCELONA 3/ et 4/ À la fonderie Exametal, sous-traitant de l’éditeur, l’ouvrier-artisan Bassirou s’occupe des finitions de l’incroyable fauteuil Leda réalisé à partir d’une peinture de Salvador Dalí.

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ID-SHOPPING

Rose & Co. Roudoudou, collier de bonbons élastiqué, angélique ou demi-cerise confites ? Une sélection déco aux accords délicats pour une harmonie suave terriblement douce ! Par Anne-France Remy

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1/ Lampadaire Faces en hêtre et tissu Kvadrat, 595 €. Colonel. 2/ Portemanteau Hang It All en acier et bois laqué, design Charles et Ray Eames (1953), 269 €. Vitra chez Silvera. 3/ Suspensions Bon Ton, design Cristina Celestino, 408 €. Torremato. 4/ Chaise Nerd en chêne, design David Geckeler, 349 €. Muuto. 5/ Lampe Panthella Mini en acrylique, design Verner Panton, 375 €. Louis Poulsen. 6/ Tabouret Bishop en céramique émaillée, 950 €. India Mahdavi. 7/ Fauteuil East River en chêne, cuir et tissus, design Hella Jongerius, 1 850 €. Vitra chez The Good Concept Store au Printemps de l’Homme (3e étage).

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ID-SHOPPING

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1/ Photographie Sterrenbos de Lars Van de Goor, à partir de 79 €. YellowKorner. 2/ Suspensions Ambit en aluminium, design studio TAF Architects, 169 €. Muuto. 3/ Sofa Palazzo du studio de création de Rubelli, velours de Dominique Kieffer, 7 900 €. Rubelli Home. 4/ Lampe de table FlowerPot (1969) en aluminium laqué, design Verner Panton, 288 €. AndTradition. 5/ Chaise Beetle, design Enrico Fratesi et Stine Gam, 839 €. Gubi. 6/ L’Oiseau en céramique, design Ronan et Erwan Bouroullec, 89 € l’un. Vitra. 7/ Table basse en marbre, à partir de 245 €. Ferm Living.

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ID-SHOPPING

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1/ Photographie Teatro de la Caridad Cuba d’Aurélien Villette, à partir de 89 €. YellowKorner. 2/ Suspensions Bell en porcelaine, design Mark Braun, 230 € pièce. Northern Lighting. 3/ Assise double Seat red + pink, en métal laqué et toiles colorées, design Fien Muller et Hannes Van Severen, 3 190 €. Colonel. 4/ Tabouret Radice en frêne teinté rouge, design Sam Hecht, 440 €. Mattiazzi chez Portobello. 5/ Lampe de table Sara en verre soufflé, design Dan Yeffet, 385 €. Gallery S. Bensimon.

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ID-BIRTHDAY

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i 4 Mariani, B to B only

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Un parcours singulier et des stratégies audacieuses ont permis à i 4 Mariani de se hisser parmi les leaders du mobilier de bureau haut de gamme. L’entreprise italienne, à l’activité exclusivement contractuelle, fête son soixantième anniversaire en 2017. Retour sur un chemin sillonné loin des sentiers battus.

histoire est jalonnée de choix, de réussites, mais aussi

Par Pierre Lesieur

dont le succès va définir son ADN jusqu’à nos jours :

C

un meuble à usage professionnel sur lequel le cuir est

de moments difficiles comme la crise de 2008 qui a sérieusement ébranlé le marché. » Si tout commence en octobre 1957, c’est au début des années 60 que i 4 Mariani démarre l’élaboration d’un catalogue de meubles, au départ résidentiels. Son nom, la compagnie se le fait d’abord par une utilisation récurrente du cuir. En 1969, elle lance le fauteuil de bureau Tucroma (toujours édité)

’est à quatre frères, artisans et fondateurs de

omniprésent. En 1976, l’entreprise investit sa nouvelle

l’entreprise, que i 4 Mariani doit son nom.

usine de la Brianza, qu’elle occupe encore. « C’est là que

Une aventure familiale dont la deuxième gé-

nous avons commencé à ne fabriquer que du mobilier de

nération va prolonger l’histoire jusqu’à nos jours. Mais

bureau », souligne Stefano Mariani. Car c’est bien dans

soixante ans après sa création, le petit atelier d’à peine

ce secteur que la société va finalement s’imposer dans les

100 m2 d’où sortaient une à une des chaises capitonnées

années 80, développant parallèlement son activité à l’ex-

a bien changé. Et l’entreprise artisanale est devenue l’un

port vers les cinq continents. « Ces années furent celles

des fleurons du mobilier professionnel en Italie. Une

de la globalisation de notre offre par la conquête de nou-

success-story au parcours parfois tumultueux, comme

veaux marchés, poursuit Stefano Mariani. Mais un autre

l’explique Stefano Mariani, actuel administrateur de la

moment fondateur a été l’implantation de notre dépar-

société créée par son père et ses trois oncles : « Notre

tement contractuel, en 1995. » Plus qu’un tournant, ce

1/ Les quatre frères à l’origine de la société ont petit à petit passé le flambeau à une deuxième génération qui perpétue la gestion familiale d’i 4 Mariani, comme cela est souvent le cas en Italie. 2/ La chaise pliante Clap, l’une des nouveautés 2017.

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3

4

choix stratégique va constituer un véritable acte clé pour

en 2017, il y a le fauteuil Planet, emblématique de

l’entreprise dont l’activité va progressivement devenir

notre savoir-faire, précise Stefano Mariani. Ce genre

exclusivement dédiée à l’univers du contract. « Au fil

de produit demande un gros investissement matériel et

des années, nous avons participé directement à de plus

une grande connaissance du cuir. Nous voulions tout

en plus de projets d’envergure comme des aéroports, des

particulièrement créer cette pièce pour nos 60 ans. »

immeubles de bureau ou encore des hôtels. »

Si le canapé Fusion, la chaise pliante Clap, la console Equa ou encore l’étagère Grid figurent parmi les autres

Rétrospective(s)

nouveautés de l’entreprise, celle-ci prépare par ailleurs

Une réussite qui va conduire i 4 Mariani à abandonner

quelques surprises pour célébrer son anniversaire. Outre

la prospection auprès des particuliers dans les années

l’aménagement d’une galerie où seront présentées les

2000, comme l’explique Valerio Mariani, le directeur

plus fameuses pièces de sa production depuis les an-

des ventes et frère de Stefano : « Nous avions distribué

nées 70, elle éditera prochainement un livre souvenir.

nos meubles dans un réseau de points de vente pendant

Et quand on lui demande de dresser un bilan de ces

une vingtaine d’années avant de concentrer notre acti-

soixante premières années, Stefano Mariani se montre

vité sur les projets. C’est un choix qui a bouleversé nos

philosophe : « Nous avons eu la chance de nous dé-

priorités. La visibilité de nos canapés dans les magasins

velopper dans la région de la Brianza où le mobilier

comptait finalement moins que notre capacité à nous

relève plus de la foi que du simple objet. Cela a forgé

adapter aux attentes des architectes. » Cette stratégie

notre attitude dans la vie comme au travail. Cela nous

privilégiant les « projets » n’empêche pas i 4 Mariani

a conduits à croire que faire de belles choses permet de

de soigner chaque année son catalogue avec de nom-

durer longtemps. » Dans la force de l’âge, i 4 Mariani

breuses nouvelles références. « Parmi nos nouveautés

a effectivement encore de beaux jours devant elle.

3/ Le fauteuil Planet, autre apparition au catalogue cette année. 4/ Tucroma, un fauteuil dessiné au tournant des années 70 par Guido Faleschini qui signe l’ADN d’i 4 Mariani : le meuble en cuir à usage professionnel.

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STYLE

St

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ID-BRAND

Tacchini

Le savoir-faire de l’édition

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L’entreprise familiale créée par Antonio Tacchini en 1967 fête ses 50 ans cette année. Elle confie aujourd’hui son catalogue à des designers du monde entier, sans perdre de vue ses racines italiennes. Focus sur une nouvelle collection fonctionnelle et élégante.

de Noé Duchaufour Lawrance, et celle du trio suédois

Par Alfred Escot

de designers internationaux, la dernière collection de

C

Tacchini évoque des lignes à la Gio Ponti, la rigueur d’un

Claesson Koivisto Rune, il ne reste plus qu’à observer en détail ses créations.

Se fier à la qualité de l’objet

1/ Le canapé Face to Face du Maltais Gordon Guillaumier réinterprète le confident inventé au XIXe siècle. 2/ Table basse Soap de Gordon Guillaumier. © ANDREA FERRARI

Présentée à Milan en avril dernier et dessinée par un pool

’est une des familles les plus discrètes de la

Mies van der Rohe, la fantaisie d’un Fornasetti, et traduit

Brianza, ce coin d’Italie du nord, entre Côme

surtout son souci de proposer un mobilier qui réponde

et Milan, où se concentrent quelques-uns des

chaque fois un peu plus à l’évolution des usages. Comme

plus célèbres éditeurs de mobilier. Antonio Tacchini,

souvent, la formule a été confiée à des habitués de la

le patriarche, a laissé la place à la deuxième généra-

maison, tels que le duo de designers britanniques Pearson-

tion, aujourd’hui à la tête de l’entreprise qui porte son

Lloyd qui collabore avec elle depuis plus de dix ans. D’une

nom. Peu médiatiques comme leur père, Giusi et Mauri-

manière générale, concernant son travail avec Tacchini,

zio, respectivement fille et fils d’Antonio, accordent peu

Tom Lloyd parle d’« intelligence du produit » : « Nous ré-

d’interviews. Et communiquent à peine sur l’histoire de

fléchissons beaucoup aux espaces communs, qu’il s’agisse

la marque : sur son site, quelques rares informations

d’espaces de travail ou de halls d’hôtels, nous aimons que

sont lâchées au milieu d’un verbatim qui vante la qua-

les gens puissent se rencontrer, discuter entre eux, s’ins-

lité de la production de l’entreprise et compare sa phi-

taller comme ils le veulent », explique celui qui présente

losophie avec celle qui se trouve aux racines du design

cette année, avec son partenaire, un espace modulable

italien, notamment avec le travail d’Achille Castiglioni.

nommé Ischia, du nom d’une île au large de Naples : trois

« La force de l’idée », « le savoir-faire », « la sélection

banquettes arrondies couleur terracotta, accompagnées

des matériaux » : des valeurs dont se revendiquent de

d’une cloison et d’un bout de canapé qui laissent la pos-

nombreux éditeurs de design et tout particulièrement les

sibilité aux utilisateurs d’imaginer la composition de leur

Italiens ! Pour en savoir plus sur cette maison très ita-

choix, de créer le « paysage » qui convient le mieux à la

lienne, mais qui compte dans son catalogue des signa-

fonction du moment. « Le sens de l’art », c’est une autre

tures françaises, comme celles de Christophe Pillet ou

des qualités que Tom Lloyd apprécie chez Tacchini : « Le

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ID-BRAND

design est une réponse émotionnelle à une problématique.

Elle aime faire appel aux designers avec lesquels elle s’en-

Avec Maurizio et Giusi, on se sent très libres d’apporter la

tend bien », analyse-t-il. Et si elle leur laisse, aux dires de

nôtre », ajoute-t-il. Également dessinés par PearsonLloyd,

certains, « une grande liberté », ce qui lui permet de miser

les paravents en tissu Nebula (Kvadrat), lancés il y a deux

ainsi sur une gamme de mobilier en perpétuelle évolution,

ans, ressortent d’ailleurs cette année dans deux nouvelles

Tacchini n’oublie pas de se revendiquer du design italien

versions customisées par des artistes, l’une revêtue de dé-

du XXe siècle et des maestri qui en sont aujourd’hui les

cors signés Jean Dunand (une des grandes figures de l’Art

étendards. Achille Castiglioni ou Franco Albini ne sont pas

déco) et l’autre, de dessins de l’Italienne Lucia Pescador.

que des références citées à l’intérieur des briefs donnés aux

Histoire de doter ces objets aux lignes déjà fantaisistes

designers, car depuis quelques années, certaines pièces de

d’une charge affective supplémentaire.

la période sont rééditées. « Ne pas confondre le style et la mode, le design et la simple production en série » : c’est

La parole aux designers

le propos de cette gamme un peu à part dans l’univers de

Né à Malte, Gordon Guillaumier a étudié en Angleterre, en

la marque, qui lui permet d’offrir une deuxième vie à des

Suisse et en Italie : à l’instar de PearsonLloyd, il fait partie

pièces appartenant au patrimoine italien. Les chaises Ba-

de ces designers qui planchent sur les évolutions de notre

bela, par exemple, sorties pour la première fois en 1958

société, comme en témoigne son nouveau canapé Face

et dessinées pour être facilement empilées pour former

to Face, belle réinterprétation d’un meuble du XIXe : le

une tour, sont d’Achille et Pier Giacomo Castiglioni, tout

confident. « Cette fois, c’est moi qui ai proposé à Maurizio

comme le fauteuil San Carlo, avec ses cylindres en guise

Tacchini l’idée d’un canapé qui permet de s’asseoir l’un en

de dossier. La lampe articulée en métal E63 (1963) est

face de l’autre et non côte à côte, comme si on s’apprêtait

quant à elle signée Umberto Riva. De Franco Albini, le

à regarder la télévision. Je savais que Giusi et lui aiment

célèbre architecte de l’immeuble rationaliste milanais La

revisiter les classiques, les rafraîchir », explique le designer.

Rinascente, la firme a choisi de rééditer le fauteuil aux

Nouvelle coqueluche du design scandinave, le Suédois

pieds croisés Bianca, datant de 1939, dans la lignée du

Jonas Wagell a lui aussi parié sur le rétro. À travers son

cultissime Barcelona (1929, Knoll) de Mies van der Rohe.

canapé et son fauteuil Roma, selon lui, ce sont « les lignes

Sans compter le mobilier contemporain de Gianfranco

du design italien des années 50 » qui s’expriment. Ces deux

Frattini, disciple de Gio Ponti, qui s’inspire de l’esprit du

assises de tailles différentes, modernes et confortables, ont

maître pour donner naissance à des tables aux couleurs

aussi pour avantage de mettre en valeur les compétences

lumineuses, des fauteuils bergère et des canapés capitonnés.

techniques de Tacchini : « Quand j’ai découvert l’usine, j’ai

Ces créations ont pour point commun de porter en elles

été épaté par son architecture moderne et par le savoir-faire

la culture italienne qui vise, depuis la première moitié du

des ouvriers, leur souci du détail… Ce sont de grands

XXe siècle, entre autres, à donner un supplément d’âme aux

spécialistes du mobilier rembourré », confie celui qui a

objets fabriqués en usine. Côté matériaux, c’est la même

gardé certains réflexes typiquement nordiques tels que la

volonté de proposer des pièces qui se marient facilement

simplicité des formes. Une « ligne » pas tout à fait étrangère

les unes avec les autres, grâce à des tonalités harmonieuses

à l’ADN de la firme italienne, comme le souligne Gordon

et des finitions qui vont bien ensemble. Une vraie « collec-

Guillaumier : « Tacchini mélange ce type d’inspiration avec

tion » destinée aux amoureux du design, pour reprendre

son identité latine. Sa direction artistique est sentimentale.

le terme de Gordon Guillaumier.

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2 1/ Cloison cannée du système modulaire Ischia du duo de designers PearsonLloyd. 2/ Paravent pour bureau de PearsonLloyd et composé de tissu Nebula dont le motif avait été dessiné par Jean Dunand (Kvadrat). 3/ Canapé de la collection « Roma » de Jonas Wagell. © ANDREA FERRARI

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2A FB Deco – Porto-Vecchio 06 Le Cannet – Calixtone 06 Nice – Jolie Maison Décoration 12 Rodez – Maison de la Peinture 12 Villefranche De Rouergue – Badia Decor Maison de la Peinture 13 Aix en Provence – Mercadier 13 St Remy De Provence – Côté Maison 14 Deauville – Droguerie Levillain 15 Aurillac – Cantal Prodeco 16 Angoulême – Couleur Et Tissus 16 Chateaubernard – Grassin Decors 17 La Rochelle-Aytré – PNS Oury 17 La Rochelle-Puilboreau – Grassin Decors 17 St Martin de Ré – L’étoffe Marine 17 Vaux sur Mer – Grassin Decors 21 Dijon – Les couleurs de Marie 22 Erquy – Reginea Peinture 22 Saint Cast Le Guildo – Ohier 28 Chartres – Les décors de Maité 29 Audierne – L’Art et la Bannière 29 Brest – Références Couleurs 29 Concarneau – Emoi et Toit 30 Nîmes – Les Papillons 30 Uzes – Home Interior 31 Toulouse – Coppel Peinture 31 Toulouse – Maison de la Peinture 31 Toulouse – Monalysa 33 Bordeaux – Docks Design 33 Bruges – Bouron 33 Langon – Sandrine Caillias 33 Lège Cap-Ferret – Le Grand Orme 34 Lunel – Lilipinso 34 Montpellier – For Interior Living 35 Cesson Sévigné – Symphonie des couleurs 35 Rennes – Garance 37 Chambray les Tours – Laurine Tours 37 Tours – Ton sur Ton 38 St Martin D’hères – Gratianopolis 40 Mont-de-Marsan – My only Home 41 Blois – Azura 42 Le Coteau – Domaine de la Peinture 44 Nantes – Lejeune Décoration 44 Orvault – Le Roy Décoration 45 Checy – Caseine 45 Orléans – Nuance Royale 46 Gourdon – Decors 2 Mains 47 Agen Boe – Atelier Dabos 47 Pardaillan – Beverley Hindle 49 Angers – Laurine Angers 49 Saint Lambert des Levées – Laurine Saumur 53 Ernée – Mury 56 Carnac – Art’Home 56 Hennebont – Honeywood 56 Lorient – L’Atelier du Peintre 56 Vannes – La Maison Verlinde partenariat avec 57 Gaubiving – Mi Figue Mi Raisin 59 Lille – Mercadier 64 Biarritz – Itoiz Fabien 67 Souffelweyersheim – Areal 69 Ecully – Papiers Peints Direct 69 Lyon – Couleurs D’Antan 72 Le Mans – Signes d’Intérieur 73 Aime – Comptoir d’Ambiance 75 Paris 11ème – Vandenbroucke Paris 75 Paris 13ème – S’tiles 75 Paris 15ème – Infini Legno 75 Paris 17ème – Nel’s 76 Le Havre – Couleurs Et Compagnie 76 Rouen – Mercadier 78 Le Pecq – Créative Déco 78 Mantes la Jolie – Citron Bleu 79 Chauray – Atelier de Majorelle 81 Castres – Maison de la Peinture 86 Poitiers – Grassin Decors 92 St Cloud – La maison de Céline 94 Maisons Alfort – Infini Legno


ID-USINE

Poliform

Entreprise polymorphe Avec les années, l’entreprise italienne est peu à peu passée des systèmes de rangement à une offre globale pour l’aménagement intérieur. Plongée dans son univers au cœur de la Brianza… Par Olivier Waché / Photos Germana Costanza Lavagna pour IDEAT

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ne famille, deux marques, quatre usines. Société fondée en 1970 sur la base d’une entreprise artisanale de mobilier, elle-même née en 1942, Poliform est encore la propriété de la famille Spinelli. Alberto et Aldo Spinelli, et Giovanni Anzani, des

cousins, en tiennent aujourd’hui les rênes, mais sont déjà épaulés par huit de leurs enfants représentant la troisième génération, qui occupent divers postes au sein de l’entreprise. Initialement expert dans les bibliothèques et les systèmes de rangement, cet empire familial a peu à peu évolué en intégrant dès 1996 la société Varenna, spécialisée dans la cuisine haut de gamme. En 2006, Poliform entame un véritable virage en se lançant à l’assaut des assises en général, et des canapés en particulier. Une décision de bon sens selon Marco Spinelli, le responsable du département de R&D du groupe : « Nous utilisions jusqu’alors des modèles d’autres marques pour accompagner nos systèmes de rangement. Nous manquions vraiment d’assises pour offrir une solution globale d’ameublement. Nous avons donc décidé de commencer à produire nos propres canapés, puis d’autres assises et du mobilier de complément, comme les tables basses, les consoles… » Comme pour le reste de l’offre, Poliform se tourne alors vers des designers pour imaginer ses canapés : Paola Navone, qui signera en 2006 Airport, le premier modèle, encore au catalogue, puis Paolo Piva, Carlo Colombo

1/ Immense espace de 13 000 m2, le Poliform Lab, signé Carlo Colombo, est le centre de la création et de la communication du groupe. 2/ Marco Spinelli, l’un des enfants d’Aldo Spinelli, est le responsable du département de R&D du groupe. 3/ Sa sœur Simona Spinelli, responsable du département Style, règne sur l’agencement des showrooms et flagship-stores ainsi que des stands des divers salons et sur les catalogues. 4/ Dans l’usine qui produit les assises, le travail de la main est essentiel. Ici, une couturière assemble les pièces. 5/ Si la vérification des peaux s’effectue aujourd’hui avec une machine spécifique, certaines nécessitent encore une méthode traditionnelle. 6/ Poliform propose une large gamme de revêtements. Les assises de la maison sont à 60 % recouvertes de tissu et à 40 % de cuir. 7/ Il faut quelques années de pratique pour maîtriser les gestes et le travail de tapissier.

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ID-USINE

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et Giuseppe Viganò. Mais c’est surtout la contribution de Jean-Marie Massaud qui changera les choses. « Jean-Marie a su développer une offre cohérente, dont le best-seller est le modèle Bristol, créé en 2013, poursuit Marco Spinelli. À l’heure actuelle, l’activité canapés a fortement progressé et représente, avec les compléments comme les tables basses, 30 % du chiffre d’affaires. » Poliform est ainsi en train d’évoluer d’une société de production de bibliothèques et de systèmes de rangement vers une entreprise globale, capable de meubler un intérieur en intégralité. « Il ne manque plus dans notre portfolio que l’outdoor et la salle de bains, poursuit Marco Spinelli. Aujourd’hui, Night System (l’offre pour la chambre), Day Collection (l’offre séjour) et Sofa Collection (assises et compléments) représentent chacun un tiers de l’activité de Poliform. Mais notre attention se porte sur les canapés, qui connaissent une forte croissance. »

120 cuisines par semaine Poliform est installée dans la Brianza, cette région d’Italie au nord de Milan où se concentre une grande partie de la production du mobilier national. Mais la marque y a implanté pas moins de quatre sites de production et son Poliform Lab, à moins de 5 km de distance les uns des autres. C’est dans la petite ville d’Inverigo que l’on trouve la majorité d’entre

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1/ Un fauteuil Mad Joker, signé Marcel Wanders, en cours de fabrication. 2/ Tout est question de détails, comme cette couture sur le dossier qui signe le fauteuil Ventura Lounge, de Jean-Marie Massaud. 3/ Manuel Bettinelli, le responsable de la Sofa Division, pose ici au milieu de son domaine parmi les centaines de mètres de tissus stockés. 4/ Rien n’échappe à la sagacité des équipes Poliform. À chaque étape de la fabrication, tout est vérifié, mesuré, pour un rendu parfait. 5/ et 6/ Dans l’usine Varenna, les cuisines s’enchaînent sans toutefois se ressembler, puisque chaque projet est unique. 7/ Le style jusqu’au bout : le bâtiment qui abrite l’usine est signé Paolo Piva. 8/ Dans cette partie de l’usine, les caissons sont fabriqués sur une chaîne automatisée. Une autre ligne est réservée aux produits spécifiques, avec une production principalement manuelle.


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eux, tous signés de l’architecte Paolo Piva, à l’exception de l’usine de canapés, le seul bâti-

POLIFORM EN CHIFFRES

ment qui n’appartient pas à Poliform. Côté organisation, chaque site est spécialisé dans un

> Année de création : 1970 > 4 unités de production : 70 000 m2 (Night System), 33 000 m2 (Varenna), 10 000 m2 (Day Collection), 8 000 m2 (Sofa Collection) > Poliform Lab : 13 000 m2 à Inverigo (dont un showroom de 3 500 m2) > Effectif : 650 personnes, présence dans 80 pays à travers 72 flagship-stores et 800 points de vente dans le monde > CA 2016 : 155 M€ (80 % réalisé en Italie) > Agent pour la France : Agence Helven. Tél. : +33 4 75 09 13 20.

type de produits. Varenna, par exemple, dispose de son usine, où sont fabriquées jusqu’à 120 cuisines par semaine. Ici, la production est semi-automatisée : les panneaux découpés à la commande sont stockés d’une semaine sur l’autre pour produire les caissons à la chaîne. Une partie est réservée aux commandes spéciales ou aux opérations nécessitant la main de l’homme, comme le travail des façades en bois, la préparation des plans de travail qui, chez Varenna, reposent sur un cadre métallique, une spécificité maison. L’activité cuisine représente 40 % du chiffre d’affaires.

Un atelier taille XXL Autre usine, autre ambiance. Du côté de celle consacrée aux canapés et aux assises, n’étaient les trois machines de découpe des tissus, et celle, flambant neuve, permettant à la fois de vérifier, de couper et de collecter les pièces de cuir, on se croirait volontiers dans un immense atelier de tapisserie. Ici, le personnel s’affaire pour coudre les pièces qui vont habiller les carcasses des fauteuils et des canapés, produites par des partenaires locaux. Dans une pièce

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ID-USINE

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spécifique attenante à l’atelier, le cuir est précieusement conservé. Il représente 40 % de la production d’assises de Poliform. « Nous recevons des peaux chaque jour, pour un montant total équivaut à plusieurs centaines de milliers d’euros, indique Manuel Bettinelli, le responsable de la Sofa Division. Nous travaillons six cuirs différents, qui proviennent tous d’Europe, parce que les peaux sont plus grandes qu’en Amérique du Sud par exemple. »

Le temple de la crŽation L’autre spécificité, c’est le Poliform Lab. Cet espace, imaginé il y a cinq ans par Carlo Colombo, abrite un showroom de 3 500 m2 présentant dans une exceptionnelle mise en scène l’offre de Poliform et de Varenna. Il permet de prendre la mesure des créations signées Jean-Marie Massaud, Rodolfo Dordoni, Emmanuel Gallina, Marcel Wanders… Le lieu reçoit la visite des architectes, des décorateurs et des équipes commerciales du groupe. C’est là également que se trouvent l’équipe marketing et communication, le studio photo pour les prises de vue et le département contract. Ce dernier, qui assure les prestations sur mesure, réalise 15 % du chiffre d’affaires du groupe. Une activité développée il y a une douzaine d’années qui fait chaque jour davantage la démonstration du savoir-faire maison.

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1/ Chaque semaine, les cuisines et les autres produits sont expédiés depuis les usines. Poliform exporte 80 % de sa production, en Europe et en dehors. 2/ Simona Spinelli pose ici dans son bureau, entourée des objets, matières et couleurs qui l’inspirent. 3/ et 4/ Dans le showroom du Poliform Lab, les cuisines Varenna s’exposent aussi ! Elles sont signées Paolo Piva et Carlo Colombo.


New expressions for interior decoration wallanddeco.com

Essential Wallpaper

Contemporary Wallpaper

Style Colors

left wall

back wall

ceiling


ID-ICÔNE

Le fauteuil Gala de Franco Albini Grand maître du rationalisme italien, l’architecte et designer transalpin Franco Albini (1905-1977) n’en était pas moins exempt de tout dogmatisme. Faire le siège de la villégiature parfaite lui a permis d’expérimenter le rotin, tout en restant fidèle à son dessin. Simplicité des lignes, économie de moyens et zéro chichi, telle est Gala, l’une des icônes de l’éditeur italien Bonacina 1889. Par Guy-Claude Agboton

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uatre ans après avoir conçu le fauteuil Margherita, plus simple, Franco Albini récidive avec le Gala, plus enveloppant, avec l’aide de Gino Colombini, son double au studio, pour l’éditeur Vittorio Bonacina. Il trône tout de suite dans

les vitrines du grand magasin milanais La Rinascente, ou dans le célèbre grand hôtel Villa d’Este de Cernobbio. Sur les photos de famille des Albini, dès 1909, on aperçoit ce même genre de fauteuil, bien assis sur sa base à quatre pieds. Arrière-petit-fils d’un pionnier de l’industrie de la soie, Albini a grandi dans la maison familiale de Robbiate (Brianza), acquise par son grand-père architecte qui l’agrandit d’une centaine de pièces. Albini a modernisé la tradition du rotin, aidé en cela par l’évolution de la technologie pour courber le matériau. Le rotin du Gala suggère de lui-même la villeggiatura, une

tradition de vacances à l’italienne, romaines, qui trace sa trajectoire de l’Antiquité aux pièces de théâtre de Carlo Goldoni via les villas palladiennes de Vénétie. En 1936, Albini analyse son propre travail comme la somme de « rythmes paisibles et de compositions larges et sévères, obtenues avec des moyens simples et rigoureux, et non au moyen de richesses de matériaux et d’une abondance de détails précieux ». Le Gala répond en tout point à ces critères. Les modèles Margherita et Gala trônent également au MoMA à New York, au musée d’Art de Philadelphie, au musée des Beaux-Arts de Montréal, au Vitra Design Museum en Allemagne et au musée du Design à Milan. Pour Gio Ponti, Albini – qui a travaillé trois ans à son studio – est « l’homme des architectures silencieuses, mesurées, autonomes, respectueuses, presque détachées, empreintes de pureté, de clarté, de substance, de vérité ». Ponti lui trouve une élégance innée, heureuse et constante. « Ses créations ont la clarté et la finesse d’une calligraphie. Avec lui, la légèreté est aérienne », écrivit le maestro. Ce qui, considérant Gala, vaut certificat.

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Ci-dessus Portrait de Franco Albini, véritable icône du design italien du XXe siècle. © IRVING PENN FOUNDATION

Page de droite Dès la réception, les clients de l’hôtel Fasano à Rio de Janeiro peuvent admirer le fauteuil Gala en rotin. Tabouret des Eames (Vitra).

En vente, sur commande, chez Silvera : – naturel : 7 344 € ; – laqué : 8 172 €. Tél. : 01 53 63 25 10.


ID-LEÇON DE CHOSE

Le rocking-chair Amusante ou méconnue, l’origine de nos objets quotidiens nous fait voyager dans le temps. À travers leur histoire se lit celle des usages et de nos modes de vie. Chronique d’un objet annoncé. Par Anne-France Berthelon / Photomontage Vincent Poinas

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ne rumeur ou plutôt un fake, pour reprendre une terminologie à la mode, attribue à tort à Benjamin Franklin la paternité du rocking-chair, ce siège transposant dans le monde des adultes le mouvement de balancier parfaitement antistress que procurent aux nou-

veaux-nés les berceaux. Ce fauteuil à bascule, reprenant le dossier à barreaux si emblématique de la chaise Windsor, était déjà présent en Angleterre au début du XVIIIe siècle. Or, dans ces années-là, l’inventeur du paratonnerre et illustre homme politique américain n’était encore qu’un enfant... No comment. Si le terme « rocking-chair » est entré en 1787 dans l’Oxford English Dictionary, c’est l’Amérique qui lui a donné ses premières lettres de noblesse design et culturelles, aux XIXe et XXe siècles. Ébénistes rigoureux, les shakers en ont fait l’un de leurs meubles signature, tandis que Tennessee Williams l’a fait monter sur scène dans bien des pièces. Avec RAR (Rocking Armchair Rod Base), Charles et Ray Eames l’ont de leur côté transformé en icône du design. Loin d’être enfermé dans le cliché de la véranda New Orleans, le rocking-chair est devenu après-guerre un exercice de style moderniste, notamment au Danemark. En 1944, Hans J. Wegner a puisé dans sa culture mondiale des chaises pour concevoir son modèle J16 qui fusionne deux archétypes : la chaise Windsor et la Slat Back Chair des shakers. En 1953, un autre designer danois, Ib Kofod-Larsen, osait une relecture carrément plus connotée fifties avec Penguin, lequel vient d’être habillé de tissus Pierre Frey pour une édition spéciale exposée

cet été à la Villa Rose, à Paris. La nouvelle génération n’est pas en reste : lors de 3Daysofdesign début juin, Anker Bak, jeune designer basé à Copenhague, présentait Nest chez Carl Hansen & Son. Cet ingénieux fauteuil à bascule au look d’œuf a la particularité de se déplier-replier en un tournemain, comme une poussette. L’idée lui est venue en voyant sa sœur s’obstiner à faire entrer dans sa cuisine un siège vintage déglingué pour allaiter. Une anecdote qui rappelle combien l’ADN du siège à bascule est proche de celui du berceau et combien le design répond encore à sa vocation historique : apporter une solution.

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Un vrai plaisir d’enfance procuré par une typologie revisitée par les designers depuis sa création…


ID-IDEAT & LAND ROVER

Range Rover Velar, l’éveil des sens Le nouveau venu de la gamme Range Rover, le Velar, débarquait à Paris en juillet. IDEAT et Land Rover ont convié à un déjeuner exclusif au restaurant Apicius quelques personnalités influentes du monde du design et de la création pour qu’elles puissent le découvrir en avant-première. Compte rendu d’un moment délicieux. Par Giovanna Castelli / Photos Young-Ah Kim

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près une rapide apparition une nuit d’avril sur le toit du BHV Marais, le Velar, comme une star, posait ses valises pour la deuxième fois en France un matin ensoleillé de juillet. Des directeurs d’agence, une architecte d’intérieur, un galeriste

de design et des éditeurs de mobilier contemporain, ils s’apprêtaient tous à apprécier en avant-première ce nouveau venu de la gamme Range Rover, dans la cour du célèbre restaurant parisien Apicius. Complices, notre éditeur Laurent Blanc et l’équipe de Land Rover ont pensé les convier à un déjeuner sous les bons auspices du chef étoilé JeanPierre Vigato. Des discussions créatives autour de la gastronomie et du design (automobile en particulier) se sont naturellement engagées. La sobriété des lignes sophistiquées de ce véhicule puissant a surpris la plupart des invités. Le chef Vigato, de son côté, était intrigué par le parfum du cuir des intérieurs qui « chatouille les narines et éveille les sens », comme l’un de ses plats créatifs. Victoria Wilmotte, ambassadrice française de la marque, en a profité pour dévoiler la nature de l’objet inspiré du Velar qu’elle a imaginé, une incroyable valise. Pour découvrir cette sorte de « petite voiture, avec une carrosserie et des roues, réalisée avec la technique de l’emboutissage », comme elle la définit, rendez-vous à la Cité de la mode et du design, à Paris, du 8 au 16 septembre !

1/ et 7/ Le Velar dans les jardins du restaurant Apicius, à Paris. 2/ Photo de groupe avec les personnalités du monde du design invitées par Land Rover et IDEAT, autour du directeur marketing et relations extérieures de Land Rover, David Bucher. 3/ Intérieur du Velar dans sa version UK avec… conduite à droite ! 4/ Extraordinaires poignées rétractables du Velar. 5/ Une poupe émotionnelle au design incroyablement réussi. 6/ Victoria Wilmotte, designer mais aussi ambassadrice française du Range Rover Velar.

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ID-IDEAT & LAND ROVER

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1/ Pierre-François Le Louët (à gauche), président de l’agence de communication NellyRodi et Rémi Depoix, fondateur de Céréalis et du Festival automobile international. 2/ Anne-France Blanc, cofondatrice du magazine IDEAT. 3/ Laurent Blanc (à gauche), fondateur et éditeur des magazines IDEAT et The Good Life, avec Laurent Denize d’Estrées, fondateur de l’agence de communication 14 Septembre, et Gilles Bonan, président du directoire de Roche Bobois. 4/ Le Range Rover Velar est une star à l’aise dans les jardins du restaurant étoilé parisien Apicius. 5/ Selon Jean-Pierre Vigato, chef étoilé du restaurant Apicius, la gastronomie et le design du Velar ont un effet commun sur l’éveil des sens. 6/ Isabelle de Ponfilly, directrice générale de Vitra France. 7/ Sandra Benhamou, la talentueuse architecte d’intérieur. 8/ Déjeuner autour du thème du design dans le grand salon d’Apicius. En bas à gauche, notre rédactrice en chef, Vanessa Chenaie. 9/ Emmanuel Gagnez (à gauche), président-directeur général de Sammode (luminaires), et Jacques Barret, fondateur de la galerie de design Triode et spécialiste (entre autres) de Finn Juhl.

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expormim.es

Twins outdoor collection designed by MUT Design Photographer: KlunderBie Š


Contemporary life

parce que la vie avec du style, c’est chic !


Famille ÇHipsterÈ

Famille «Arty»

Famille «Healthy»

Famille «Urban chic»

Famille «Rétro»

Famille «Bobo»

(Londres)

(Madrid)

(Paris)

Famille «Business»

Famille ÇHippie chicÈ

Famille «Fashion»

(Shanghai)

(Amsterdam)

(New York)

(Berlin)

(Los Angeles)

(Milan)


ID-THEMA

In the wood for love Marqueté, laqué ou sérigraphié, le bois sous forme de panneaux ou de parquets crée des décors graphiques. Déployé contre les murs ou étendu au sol, il joue pour l’occasion les boiseries ou les tapis inclassables. En parfaite harmonie avec les lignes douces d’un mobilier contemporain, il impose une fois encore sa modernité. Styliste Alessandro Pasinelli Photos Beppe Brancato / Living RCS


Panneaux décoratifs Agarikon, Velada et Paratonic de la série « Wood Wall Art » : bandes de noyer, de chêne et de sapin façonnées à la main, peintes et traitées à l’huile, en Oklahoma, design Roaming Roots. Lampadaire C2020 de la ligne « Années 50 » avec base en marbre de Carrare, bras en métal verni et laiton poli (Stilnovo). Canapé M.a.s.s.a.s. revêtu d’une housse en tissu amovible, design Patricia Urquiola (Moroso). Petit coussin Avalon

Terre d’H en cachemire (Hermès) et grand coussin Composition 6 en lin mélangé de Studio Testo (Arcarreda). Table basse Smoke en acier satiné et marbre de Carrare de Nika Zupanc (Sé Collections). Vase-sculpture Talea en lamelles de vinyle, design Daniele Papuli (Dilmos). Tapis Core en laine et lin, design Maja Johansson (Kasthall). Fauteuil Elliptic en rotin, design Clémentine Chambon, Design Percept, collection « Contemporaine » (Bonacina 1889).


ID-THEMA

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Page de gauche Fauteuils Chelsea en orme, recouverts de velours Web, design Rodolfo Dordoni (Molteni&C). Table d’appoint Split Low en laiton brossé et marbre-onyx de deux coloris, design Francesco Meda (Rossana Orlandi). Vase-sculpture Talea en lamelles de vinyle, design Daniele Papuli (Dilmos). Tabouret haut Frank en frêne massif peint en turquoise, design Markus Johansson (Mogg). Lampadaire Sampei en acier et fibre de verre, design Davide Groppi et Enzo Calabrese (Davide Groppi). Parquet en chêne Outside Spring (20 x 20 cm), collection « Bisazza Wood », en versions

naturelle, peinte et gravée au laser, design Kiki Van Eijk (Bisazza). Ci-contre Miroir Medallion n° 3 en laiton et métal, design Rooms (Rossana Orlandi). Lit Lifesteel avec tête de lit en cuir, design Antonio Citterio (Flexform). Parure de lit Nite et Rem en coton, plaid lie de vin Douce et plaid Woca (Society). Table d’appoint Panna Cotta en acier et marbre de Carrare, design Ron Gilad (Molteni&C). Plafonnier Mondrian Glass Ceiling en laiton et verre de Murano, design Massimo Tonetto (Venice M). Parquet et boiserie marquetés Progetto et Grandi Classici, en iroko finition Nature (Itlas).


Coiffeuse Selene en bois laqué et laiton satiné, ornée d’un miroir biseauté, dont la base est en marbre noir Marquina, et pourvu d’un éclairage à LED, design Pietro Russo (Gallotti & Radice). Applique Tolomeo Micro en aluminium, Michele De Lucchi et Giancarlo Fassina (Artemide). Vase haut Ming Iris en céramique émaillée, ligne « Oriente Italiano » (Richard Ginori). Petit vase en cristal et onyx rose, design Aldo Bakker (Atelier Swarovski Home). Chaise Stay

en acier doré et revêtu de velours, design Nika Zupanc (Sé Collections) chez Rossana Orlandi. Tapis Gardenia 1 Beige en laine noué à la main, design India Mahdavi (Nilufar Edition). Portemanteau mural Memoir en aluminium noir satiné et laiton, design Jakub Zak (Dante Goods and Bads). Bahut Free en bois laqué, design Carlo Colombo (Poliform). Au mur, revêtement en bois recomposé Alpi Tarsie 2 White incrusté de losanges, design Piero Lissoni (Alpi).


Niceone

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Fauteuil Piña avec pieds en frêne massif verni, structure en tige d’acier et coussins revêtus de tissu Kvadrat, design Jaime Hayón (Magis). Meuble de salle de bains Milano avec vasque en céramique, finition Talco, structure en acier noir mat et tiroirs en chêne, design Andrea Parisio et Giuseppe Pezzano (Ceramica Cielo). Mitigeur de la série « AL/23 » (Aboutwater). Miroir Galileo en bronze et acier galvanisé, design Mario Ferrarini (Living Divani). Serviette de bain Solotuo en éponge de coton (Zucchi Bassetti). Applique Costanza en aluminium avec

abat-jour en polycarbonate sérigraphié, design Paolo Rizzatto (Luceplan). Table d’appoint pivotante Vico en bois laqué, design Saverio Incombenti (Mogg). Vase Lime Flush en porcelaine, design Christine Rathmann, collection « Hot Spots » (Rosenthal). Baignoire Shui Comfort en résine LivingTec, design Paolo D’Arrigo (Ceramica Cielo). Robinet sur pied série « AL/23 » en acier chromé verni mat, design Piero Lissoni (Aboutwater). Cloison recouverte de modules en chêne de 30 x 30 cm, collection « Mosaici d’Asolo 3D » (CP Parquet).


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Chariot de bar Come As You Are en acier brossé avec plateau en verre trempé, design Christophe de la Fontaine (Dante Goods and Bads). Table Oskar avec plateau en marbre blanc de Carrare et piètement en chêne massif teint en noir, design Vincent Van Duysen (B&B Italia). Chaises Achille entièrement revêtues de tissu, design Jean-Marie Massaud (MDF Italia). Vase Cuttings en matériaux recyclés, bois et Formica, design Martino Gamper (Nilufar Edition).

Soupière Ovale en céramique, série « Oriente Italiano Malachite », de Richard Ginori. Suspension Brass 95 en laiton martelé mat, design Paola Navone (Gervasoni). Parquet Biscuit, en chêne Civita 1695, design Patricia Urquiola (Listone Giordano). Sur toutes les photos, enduit décoratif à base de chaux Ecocemento de Oikos Group. Merci à Ada Paola Giuzio pour sa collaboration.


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ID-ARCHITECTE D’INTÉRIEUR

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Tristan Auer, l’archi booké Présent au prochain salon Maison & Objet (du 8 au 12 septembre) en tant que Créateur de l’année, Tristan Auer vient de boucler la rénovation du rez-de-chaussée de l’Hôtel de Crillon, à Paris, et prépare celle du Carlton, à Cannes. Peu préoccupé par sa réussite (et pourtant…), se tenant à distance du microcosme de la décoration, partageant sa vie entre sa propre agence d’archi intérieure et la Wilson Associates-Atelier Tristan Auer, il croit plus que tout aux rencontres, à l’incidence de l’architecture sur notre avenir et à la diffusion de messages apaisants. Par Serge Gleizes

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à vivre surtout lorsque l’on est fils unique. « J’ai été élevé par des femmes, raconte l’architecte d’intérieur

litaire, et de son père, qui aurait préféré une école de

1/ Les Bains – hôtel, restaurant, boîte de nuit –, une adresse mythique des années 80 dont il fallait saisir l’âme et l’essence avant d’envisager sa refonte tout en restant ouvert à l’air du temps.

commerce. « Cela leur a coûté une fortune, dit-il, mais

© GUILLAUME GRASSET

et designer, et c’est sans doute ce qui explique que mon ambition n’est pas obsessionnelle et que je n’ai pas l’âme d’un tueur. » Années 90 : nouvel envol pour la capitale. Il s’inscrit à l’école Penninghen (ESAG) au grand désespoir de sa mère, qui le voyait médecin mi-

j’ai toujours été un ovni dans ma famille. Dans ces années-là, être architecte d’intérieur était presque ringard. En 2000, tout a changé. À l’école, nos premiers exercices pratiques consistaient à plancher sur des dessins de nus. Assis chacun sur notre tabouret, en face de notre carton, nous rougissions chaque fois que nous regardions le modèle. Mais, peu à peu, j’ai appris à me

aissance à Metz, dans un milieu aisé, mais

libérer, à ne plus être dans la maîtrise, mais plutôt dans

sans plus. À la maison, on ne parle pas de

l’instinct, à aimer mes croquis imparfaits. Si j’ai fait

philosophie quotidiennement, par contre on

Penninghen, c’est pour le graphisme en 3D, pour étu-

baigne dans une culture populaire et dans les plai-

dier la transformation des volumes et leur incidence

sirs simples, comme les vacances en camping. Départ

sur le comportement humain. Car tout dessin est un

pour Aix-en-Provence. Divorce des parents. Pas facile

acte social, culturel et politique. » Toujours parisien,

2/ Tristan Auer décrit son travail comme « proche de celui des ensembliers des années 20 », cherchant davantage à créer une ambiance, un univers, qu’une décoration référencée. À l’écoute de ses clients, il apprécie surtout l’aventure que représente chaque engagement. 3/ Pour ce projet résidentiel de 200 m2 aux Invalides, l’archi d’intérieur a associé art contemporain et mobilier de collection. © OLIVIER AMSELLEM


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Tristan Auer vit aujourd’hui dans le quartier de Pigalle

Holly Hunt, Contardi ou Ozone, ce grand anxieux

avec sa femme et ses deux enfants, de 13 et 14 ans,

adore se remettre en question – et en danger –, histoire

et collectionne les voitures anciennes : Alvis, Delage,

de casser les codes. Les projets atypiques dans lesquels

Aston Martin…

il se lance avec la même passion le prouvent, comme du

Ses rêves d’enfant ? Une maison idéale, déjà. «  Notre

consulting en œuvres d’art et en design de vêtements,

créativité se décide en fonction de ce que l’on a vécu

la création de nouveaux concepts ou d’un futur labo-

entre 7 et 8 ans », explique-t-il. Aujourd’hui, il songe à

ratoire. Il a notamment créé le poste de directeur artis-

une pièce toute noire, « pour la non-couleur, le repli, le

tique au sein de Wilson Associates, une agence d’archi-

calme ». La foi ? Oui, en une manière de se comporter,

tecture basée à Dallas qui a ouvert un bureau parisien

en une éthique qui diffuserait un message apaisant, une

en 2015 et en possède déjà huit autres dans le monde.

morale issue de ses lectures favorites, celles de l’agriculteur et essayiste Pierre Rabhi. « Je crois en l’avenir,

Conciergerie vs salon de coiffure pour dames

dit-il. Je suis optimiste par nature et par conviction. Je

Avec Maison & Objet, c’est la consécration, tout en gar-

n’ai jamais fantasmé sur la réussite. Je suis heureux de

dant les pieds sur terre. D’où le bar qu’il a conçu au

ce que je fais et n’ai jamais pris un projet pour l’argent

centre du stand qui lui est consacré pour présenter son

ou la reconnaissance, mais plutôt pour les rencontres. »

travail : « Non seulement pour rendre le lieu convivial,

L’ennui ? Il ne connaît pas, surtout depuis qu’il a monté

mais surtout pour montrer que mon métier ne se ré-

son agence en 2002, après avoir été remercié par celle

sume pas à faire un restaurant, un hôtel, une maison,

de Philippe Starck, où il avait passé quatre ans, après

mais aussi de l’objet, un habitacle. » La démonstration

deux ans chez Christian Liaigre. Depuis 2002, paral-

se poursuit avec l’habillage de l’intérieur d’une Ferrari

lèlement aux chantiers privés et publics, au mobilier et

308 GT4 de 1978. Il poursuit : « Ce stand est une vi-

aux luminaires qu’il dessine pour Pouenat, Taillardat,

trine pour raconter mon parcours, pour décrire mon

4/ 5/ et 6/ Pour l’établissement hôtelier caraïbéen The Cotton House, installé sur l’île Moustique, Tristan Auer reconnaît s’être inspiré du style d’Oliver Messel, un directeur artistique et costumier britannique, actif dans les années 40, 50 et 60, oscarisé, et dont un ton de vert porte le nom… Toute une époque remise au goût du jour !

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ID-ARCHITECTE D’INTÉRIEUR

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métier qui consiste parfois à réaliser une séquence de

d’une DS qui est devenue la limousine du palace. Le tout

film. Pour dire également ce que signifie l’art de vivre

a été élaboré avec la fine fleur de l’artisanat d’art français.

aujourd’hui, pour expliquer d’où vient l’inspiration. »

Autre grande réussite, l’hôtel Les Bains, lieu mythique

Dans son cas, essentiellement des magazines de mode

des nuits parisiennes des années 80, pour lequel il rem-

ou d’ouvrages qui cultivent une certaine forme d’« ines-

porta le concours sans sombrer dans le pastiche. « C’était

thétique » : « Je me suis toujours méfié de mes goûts. Je

le rêve de nombreuses agences de se voir confier ce chan-

ne lis jamais la presse déco, c’est souvent contre-pro-

tier. Nous avons pris beaucoup de risques. Le budget

ductif. La mode est plus futile, plus légère, plus saison-

un peu court nous a contraints à nous creuser les mé-

nière et, du coup, plus inspirante. »

ninges pour travailler sur une nouvelle idée du luxe. »

Pour l’Hôtel de Crillon, relooking du rez-de-chaussée.

Résultat : les récompenses pleuvent, dont celle du meil-

Trois semaines de dessin, cinq mois d’échanges pour faire

leur hôtel européen décerné en 2015 par Sleeper Eu-

du lieu un palace différent des autres grandes adresses

ropean Hotel Design Awards. Son avenir ? Des villas à

de la capitale. C’est-à-dire un rendez-vous très parisien,

Saint Barth’, l’Hôtel Scribe à Paris, des hôtels à Dubaï

nanti d’une nouvelle notion de service, afin de faire de

et sur l’île Moustique, sans oublier le mythique Carlton

chaque séjour une expérience unique. « La décoration

à Cannes qui sera traité dans un esprit Riviera-Grace

s’est faite en fonction de ces paramètres, explique-t-il, et

Kelly, un chantier gagné en présentant une composi-

notamment à partir des plans de 1909, l’année de la ré-

tion de feuilles et de fleurs aux tonalités roses et grises

novation de ce lieu qui s’appelait à l’origine L’Hôtel des

poudrées. Une grande attention sera portée au dressing,

Voyageurs. » Il y a ajouté un espace exclusivement mas-

pensé comme une loge de théâtre, « car au Carlton, on

culin, un barbier, un cigare lounge : L’Étincelle, un salon

se montre, on se change plusieurs fois par jour. Il est

cireur, un boudoir (pour la dégustation de spiritueux)

important de penser les lieux en fonction des histoires

et un salon de coiffure. Il a même réaménagé l’intérieur

qu’ils enferment », conclut-il.

1/ et 2/ Tristan Auer s’est chargé de la rénovation du rez-de-chaussée de l’Hôtel de Crillon, dont la conciergerie et le salon cireur, aux côtés de trois autres décorateurs, sous la direction artistique de l’architecte Aline Asmar d’Amman. Son approche à lui, très « cinématographique » à travers la recherche d’un cadre et de plans, a été mise au service de la création d’univers plutôt masculins. 3/ Et même l’aménagement de l’habitacle de la DS de l’hôtel ! © PHILIPPE GARCIA

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5.1 COLLECTION

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Photo by Rafael Vargas

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DOSSIER

E N FA N T S

Design, mode, déco, rien n’est trop beau pour les petits fans de lifestyle !

Bureau-maison pour une petite fille de 2 ans. Les papillons en papier ont été fabriqués au Népal pour l’Atelier Sukha. PHOTO : JELTJE JANMAAT/HOUSE OF PICTURES/BASSET IMAGES DESIGN : SUKHA ATELIER


ID-KIDS NEVER TOO MUCH

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1/ Lampe murale métallique, 549 €. Woud. 2/ Chaise enfant Série 7, empilable, design Arne Jacobsen, 478 €. Fritz Hansen chez Silvera. 3/ Bureau Moon Rocket pour les petits spationautes, en bois recyclé, design Xo – In My Room 829 €. Léo Le Pirate. 4/ Fauteuil Big Trône, en bois, 495 €. Blomkål. 5/ Lit Petipeton évolutif, en bois peint, à partir de 650 €. Laurette.

Sélection réalisée par Anne-France Remy

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6/ Mobile Scala, en bois naturel, 45 €. Livingly. Léo Le Pirate. 7/ Pouf long Essaouira, en coton, 89 €. Nobodinoz. 8/ Panier de rangement en forme de requin, 19,99 €. Alinéa. 9/ Lampe à poser Wood Lamp, design TAF Architects, 165 €. Muuto. 10/ Figurine Batman, en vinyle, de 21 cm, 49 €. Artoys x Leblon-Delienne. 11/ Draisienne Cruise, en bouleau et plastique recyclé, 199 €. Wishbone sur Smallable.com

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1/ Étagère Babou, en fil de métal et pin, 79 €. Rose in April. 2/ Canapé Bocca à l’échelle 1/6, design Studio 65, 215 €. Vitra (pour la collection de miniatures). 3/ Applique Signal à un bras, design Jean-Louis Domecq, 202 €. Jieldé sur Madeindesign.com 4/ Bureau Victor, en métal laqué et bois, design Pierre-François Dubois, 699 €. Hartô. 5/ Chaise Nœud rose, design Nika Zupanc, 159 €. Fleux. 6/ Lit d’enfant à monter sans outil, design Christoffer Martens Erstererster, 1 150 €. FR66.

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7/ Armoire Culte vieux rose, idéale pour les petites chambres, 1 045 €. Laurette. 8/ Suspension Ankara, en acier laqué, design Constance Guisset, 303 €. Matière Grise. 9/ Chaise Little Big, réglable en hauteur, design Big-Game, 155 €. Magis. 10/ Lampe Néon Flamant rose, 66 €. Sunnylife sur Madeindesign.com 11/ Cuisinière en bois rose, 195 €. Bloomingville sur Smallable.com

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ID-KIDS NEVER TOO MUCH

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1/ Suspension Original 1227, design George Carwardine, Ø 15 cm, 129 €. Anglepoise. 2/ Tapis Manhattan (65 x 100 cm), en laine, 59 €. Made.com 3/ Mappemonde rotative lumineuse, 149 €. Persona Grata. 4/ Pupitre d’écolier vintage, en bois et métal, 249 €. Chouette Fabrique. 5/ Platine Crosley, 99 €. Chez Smallable. 6/ Lit Bun Van réinventé par Circu. À l’intérieur : plusieurs rangements, un lit, un bureau et un canapé… 36 930 € quand même ! Circu.

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1 0 -I S . C O M


ID-KIDS NEVER TOO MUCH

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1/ Rangement Mini Library, disponible en version horizontale ou verticale, 600 €. Œuf NYC chez Silvera. 2/ Suspension Cherry, en aluminium, design Daniel-Emma, 390 €. Petite Friture. 3/ La chaise haute évolutive Tripp Trapp. À partir de 6 mois. 189 €. Stokke. 4/ Lampe à poser Vapeur, design Inga Sempé, 220 €. Moustache. 5/ Chaise enfant Puppy dalmatien, design Eero Aarnio, à partir de 67 €. Magis. 6/ Lit suspendu Cloud Bed. À partir de 3 500 €. Lago.

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© Ferm Living

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Le Family Concept Store Une sélection unique de créateurs venus des quatre coins du monde et de nombreuses exclusivités. Plus de 600 marques en mode & design pour toute la famille. Smallable, 81, rue du Cherche Midi, Paris 6ème www.smallable.com

© Pap er mi nt


ID-KIDS NEVER TOO MUCH

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1/ Suspension Dalston, en aluminium et acier, design Sam Hecht et Kim Colin, 450 €. Wästberg chez Kos Lighting. 2/ Lit Pillow conçu pour les enfants de tous âges… à partir de 1 390 €. Nidi chez Silvera. 3/ Coussin crocodile Pacheco, 19 €. AM.PM. 4/ Bureau d’écolier Régine, 180 €. Chaise d’écolier Suzie, 150 €. Les Gambettes. 5/ Vélo Little Tokyobike, la version miniature de l’iconique city-bike japonais, de 3 à 6 ans, 296 €. Tokyobike.

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MAGASINTIMBERLANDFAMILYCLUBCOM

MADE FOR THE MODERN TRAIL

Timberland and

are trademarks of TBL Licensing LLC. © TBL Licensing. All rights reserved. LIC50049

are trademarks of TBL Licensing LLC. ©2017 TBL Licensing. All rights reserved.

Timberland and


ID-KIDS BRAND

Dans le nid des ados

L’éditeur de mobilier pour enfants Nidi se tourne vers les adolescents et propose une gamme qui les accompagnera jusqu’à l’âge adulte. Bourrée de détails, « Nidi for Teens » a tout compris de la complexité de cette période…

comme qualité inhérente au monde de l’adolescence,

Par Marie Godfrain

sofa sur roulettes Bug, quant à lui, peut être déplacé à

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Nidi propose des modèles qui s’adaptent en fonction des heures, des expériences et de la vie qui passe. Par exemple, le bureau William est constitué de plusieurs hauteurs de plateaux qui se déboîtent facilement ; le loisir dans la chambre. La collection propose également

arents, enseignants et éditeurs sont unanimes :

des combinaisons originales, notamment autour d’un

l’adolescence est un âge difficile. Nidi, pas effrayé

chiffonnier arrimé à un portemanteau débarrassé de ses

par ce challenge et déjà rompu au monde de l’en-

façades, et qui permet d’exhiber sa garde-robe ou une

fance avec sa ligne « Kids », vient d’élargir sa proposition

tête de lit moelleuse, idéale pour les heures passées à

au mobilier pour ados. « Nos designers ont décliné l’uni-

bouquiner, à téléphoner, discuter ou surfer sur les écrans.

vers ludique et coloré des enfants à celui, plus changeant,

En fait, à travers une multitude de détails, Nidi raconte

propre à l’adolescence. Nous avons dessiné les contours

chaque chambre comme une histoire : les bureaux Leo

d’un monde chamarré construit autour du mode de vie

– aux étagères et boîtes amovibles – et Secret – avec ses

de ses habitants et avons pensé des solutions qui évolue-

tiroirs cachés ; ou d’autres détails esthétiques comme

ront avec le temps et les usages, accompagnant les ados

ceux de la bibliothèque Surfy, avec ses lignes arrondies

à travers les différentes étapes de leur jeune existence »,

et son miroir en pied ou encore le nouveau papier peint

explique Michele Rosolen, directeur marketing de la

aux dessins abstraits. L’astucieux système Loop est sans

marque, à l’occasion du lancement de la gamme « Nidi

doute le plus emblématique de la collection : un procé-

for Teens ». « Lorsque nous concevons nos produits,

dé complet de bibliothèque et de dressing sur mesure

nous prenons soin d’écouter les désirs et les besoins de

qui, refermé sur lui-même, peut jouer la box in the box

leurs destinataires. Il faut que l’espace reflète les com-

(pièce dans la pièce). Une cabane magique dans laquelle

portements, les goûts, les rêves... » Avec la versatilité

se cacher à l’abri du monde !

Les chambres et bureaux de la marque italienne Nidi sont pensés pour que l’adolescent s’épanouisse dans un univers qui lui ressemble, avec du mobilier design, personnalisable et pratique grâce à de nombreuses solutions de rangement.


POMDAPI.FR


ID-KIDS PORTRAIT

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Les vacances éternelles de Blomkål Le jeune fabricant et éditeur a ouvert un immense espace où sont exposées ses collections de mobilier scandinave et organique pour enfants et adultes. Le trio à sa tête y a aussi imaginé une pièce consacrée à la restauration et un studio de création où sont dessinés des projets sur mesure…

lancé une gamme sur mesure. Nous nous adaptons à la de-

Par Marie Godfrain

pour s’offrir un tournant Art déco avec le palissandre qui

mande du client et sommes capables de fabriquer tout le mobilier en bois d’une maison, du dressing jusqu’à la cuisine », explique Loanah.

DŽpaysement garanti À la rentrée, ils vont aussi dévier de leur ligne scandinave viendra rejoindre le bouleau sur les établis de leur atelier.

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n n’échappe pas à son destin familial. De son

Un espace incroyable de 2 000 m2 à l’ombre d’un parc ar-

père menuisier, Romain Faget a hérité la passion

boré en surplomb d’un méandre de la Touvre. Étonnant

du bois. Il y a quatre ans, il a décidé de se lancer,

lieu hybride qui rassemble des ateliers, un studio de créa-

avec sa compagne Loanah et son frère Bastien, dans l’édi-

tion, des bureaux et une immense boutique de déco pour

tion et la fabrication de mobilier pour enfants. Fauteuil en

adultes et enfants. Outre la collection Blomkål, Loanah a

bois dont le haut du dossier s’achève en tête de cerf, miroir

sélectionné des objets, des meubles et des vêtements signés

en cannage aux formes organiques, cabane en bouleau…

House Doctor, Bloomingville et Nobodinoz dans un décor

Leur collection pour la jeunesse est revigorante avec son

alliant murs bruts, plantes vertes, détails régressifs et jolies

esprit scandinave et fifties. De plus, elle est 100 % made in

mises en scène. Louchant vers un concept-store dans lequel

France, réalisée dans leur atelier charentais de Gond-Pon-

il fait bon flâner pour dénicher tout un tas de petits tré-

touvre, dans la banlieue d’Angoulême. Mais ces millenials

sors, cet espace ne néglige pas la pause restauration légère :

refusent alors de se laisser enfermer dans une chapelle et,

club-sandwichs, bagels, tartes, brunchs tous les dimanches

après une première vie dans leur boutique angoumoisine

et apéros au spritz tous les jeudis. « On a voulu recréer une

nommée Mum, Dad and Me, ils déménagent à l’hiver 2015

sensation de vacances, que les gens qui arrivent ici soient

dans une ancienne usine de feutres en brique, se rebaptisent

complètement dépaysés, oublient leur quotidien pour en-

Blomkål et complètent leur collection pour enfants d’une

visager sereinement leur espace de vie. » Un lieu et un état

ligne pour les adultes. « Plus récemment, nous avons aussi

d’esprit comme on aimerait en voir fleurir davantage.

1/ Se rapprochant du concept-store, l’atelier des trois compères de Blomkål, dans la banlieue d’Angoulême, invite à tous les plaisirs avec, aussi, son espace de restauration. 2/ Loanah, Romain, son compagnon, et Bastien, le frère de celui-ci : le trio fondateur. 3/ Outre sa propre activité de fabricant et d’éditeur pour petits et grands, Blomkål convie dans son atelier des marques comme House Doctor, Bloomingville ou Nobodinoz.

Blomkål. 144, route de Vars, 16160 Gond-Pontouvre. Tél. : 05 45 94 15 90. Blomkal.com


ID-KIDS DESIGN

Le made in Italy pour les tout-petits

Avec ses lignes et ses couleurs ludiques, la chaise Snow Jr de Pedrali introduit le design italien dans l’univers de l’enfant.

transalpine et Fioravanti reçoivent un prix lors du Salon

Par Alfred Escot

ligne Monica, qui est aussi la fille du fondateur de cette

’est une petite chaise qui a toutes les qualités

minaires made in Italy. Quelques années et un Compas-

d’une grande. Dans le jardin d’enfants Bim-

so d’Oro plus tard (prix parmi les plus prestigieux de la

BamBum de Tirana, en Albanie, elle est même la

Botte décerné cette fois à l’assise Frida, signée de nou-

vedette d’un nouvel espace coquet pour les bambins, aux

veau par Fioravanti), l’entreprise décide donc d’adap-

côtés de la table homonyme conçue sur le même prin-

ter le concept de la chaise Snow dans une version pour

Les chaises Snow Jr participent à la réussite du projet BimBamBum, des designers Juri Iaboni et Nanelda Priftaj du studio IPDAA. Réalisé dans une école située à Tirana, en Albanie, ce jardin d’enfants permet aux tout-petits d’évoluer dans un univers propice à l’échange, aux expériences et à l’épanouissement personnel.

cipe, mais avec des pieds renforcés par de l’aluminium.

enfants. « C’est sa solidité et son look sympa qui nous

Pedrali.it/fr

Des pieds et pourquoi pas des jambes, car selon Monica

ont convaincus », se souvient la dirigeante. Le pari ?

Pedrali, présidente de la marque familiale, en plus d’une

Transformer Snow pour qu’elle convienne à l’usage des

palette de couleurs pastel, c’est aussi « sa forme rigo-

tout-petits. « Ce n’était pas qu’une question d’échelle, il

lote » évoquant une silhouette humanoïde qui a permis

a fallu renforcer certaines parties de l’objet, notamment

à la Snow Jr de s’imposer dans le petit monde du de-

pour des raisons de sécurité », poursuit-elle. Gagné. De-

sign pour enfant. Tout commence en 2007, lorsque le

puis, la Snow Jr a remporté plusieurs marchés publics,

jeune designer Odo Fioravanti conçoit son premier pro-

donc celui de Tirana. Prochaine étape pour les deux

jet pour l’éditeur, la chaise Snow, entièrement fabriquée

objets phares de la marque ? « Meubler des lieux où

en plastique, dans un mélange particulièrement résis-

se rencontrent le public des maisons de retraite et celui

tant de polypropylène et de fibre de verre. L’entreprise

des écoles maternelles, comme il en existe en Scandina-

italienne s’est spécialisée depuis 1963 dans le mobilier

vie. » Une belle idée qui se concrétisera peut-être un de

en aluminium. N’empêche, grâce à ce modèle, la firme

ces jours dans le sud de l’Europe.

du meuble de Milan. « Sa forme simple et ergonomique a plu, tout comme la qualité de sa fabrication », sousociété produisant exclusivement des meubles et des lu-

C

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ID-KIDS MODE

Un pied royal !

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Depuis 1973, Pom d’Api fait courir les parents autant que les enfants. Qualité pour les uns, nouvelles tendances pour les autres, cette jolie marque de chaussures a tout pour plaire. Par Élisa Morère

N

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pour le grand magasin du Printemps. Environ 5 000 paires, prototypes inclus, en sortent chaque année. C’est l’usine tunisienne appartenant au groupe Shoemakers depuis plus de vingt ans qui prend le relais pour la production à grande

1/ 2/ et 3/ Chez Pom d’Api, résistance rime avec tendance. 4/ Modèle Patex Braided. 5/ Modèle Trip Twist Iseo Glitter.

échelle (un hit model peut atteindre 20 000 paires vendues par an !). Pour les parents, l’intérêt porté à Pom d’Api tient

ids douillets pour les petons jusqu’à 12 ans, les

surtout dans la fabrication de ces chaussures, laquelle est

chaussures Pom d’Api ont leurs adeptes depuis la

validée par l’Union française de la santé du pied ! Parfois,

création de la marque il y a quarante-quatre ans.

près de 200 opérations sont nécessaires sur un seul modèle.

Les petits Beckham, les loustics de la famille Ben Affleck,

Ajoutez la qualité des cuirs italiens extérieurs, avec tannage

la miniprincesse de Suède en sont dingues. La blondinette

végétal s’il vous plaît et doublures en peau, les zips japonais

royale apparaît même régulièrement chaussée de la my-

autobloquants cachés d’une peausserie et les renforts de

thique bottine Trip. Fourrée de bon gros mouton retourné,

soutien pour éviter que le soulier ne s’avachisse ! Un gamin

cette bottine Pom d’Api existe pourtant depuis quinze ans,

pourra cavaler toute la journée et parcourir des kilomètres

mais elle ne cesse de s’améliorer. Plus souple côté semelle

sur des semelles solides et protégées par un rembourrage

et plus facile à enfiler par un pitchoun de 5 ans grâce au

intérieur amovible, qui permet d’agrandir l’espace réservé

zip arrière qui empêche la neige de s’introduire. Avouez

au pied qui s’allonge toujours trop vite. Évidemment, un

qu’en Suède, ça peut aider ! Cette marque française s’est

œil sur les tendances, les designers maison posent broderies,

ainsi forgé une réputation en conservant depuis ses dé-

élastiques, vernis et sérigraphies sur cuir selon la saison.

buts une qualité impeccable, relevée de modèles tendance

Vingt-cinq boutiques existent en France, dix autres à

piqués aux adultes. Les prototypes sont conçus dans un

l’étranger, dont Moscou. Londres va bientôt se doter d’une

atelier à Chambretaud (en Vendée), qui crée pour chacun

adresse. Parions que les petits princes britanniques George

un moule spécifique. Coupeurs, monteurs, quinze techni-

et Charlotte chausseront prochainement leur Poppy Apple

ciens produisent en plus des séries limitées, notamment

miniformat et maxifashion…

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© archi media

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ID-KIDS MODE

Pas de paillettes pour les (mini) sportifs

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Les enfants aussi ont droit à de véritables chaussures sportives, mais pas question de bêtifier : 10is mise sur la sobriété !

épouser étroitement la forme de son modèle. Résistante, la

Par ƒlisa Mor•re

fabriquer 10is en Thaïlande, pays de l’hévéa, où il existe un

A

vrai savoir-faire en vulcanisation moulée. La chaussure en

semelle fusionne carrément avec la toile des sneakers, ce qui empêche les déchirements intempestifs. « Nous faisons

rnaud Bayeux tient 10is (lire « tennis » en VF) à

toile est comme croisée avec un véritable soulier, offrant du

l’œil, en tant que directeur général et directeur du

maintien et de l’ergonomie. » Fermées par un double Velcro

style pour les marques de chaussures enfants du

matelassé pour plus de confort, dotées d’un capot avant

groupe Shoemakers (dont Pom d’Api, voir p. 184) : « On

protecteur, ces chaussures sportives colorées en orange

s’inspire beaucoup des modèles pour adultes, même si nos

ou marine se destinent à un usage quotidien ou intensif. Il

chaussures ont leur spécificité. Un petit, en effet, court

existe environ quinze modèles par saison, doublés de toile

beaucoup, et son pied doit être maintenu à l’arrière. Aussi

de coton bio l’été. Ceux doublés en cuir sont cependant

nos produits sont-ils tous adaptés à sa croissance, qui n’est

fabriqués en Europe dans l’usine du groupe. On note sur

pas la même selon l’âge de l’enfant. » Créé en 2012, le label

nos tablettes un futur best-seller : la Base Ball. Calqué sur le

urbain et contemporain 10is se veut également intemporel.

principe de la célèbre balle avec ses coutures piquées main à

Alors surtout, ni rose, ni bleu layette, ni paillettes ! « Ici,

l’extérieur et jointées en piqué-retourné, son design pousse

le design est tiré des baskets de ville pour adultes – mais

le concept jusqu’au bout, avec un gros fil encore une fois

pas du monde sportif –, avec un twist scandinave, épuré.

surpiqué par-dessus. Un nouveau modèle très original et

Et nous sommes partis d’un système de vulcanisation pour

techniquement tout aussi intéressant, puisque sa semelle

le montage », explique Arnaud Bayeux. Rare en version

en caoutchouc contient des copeaux de bois recyclé. Petit

enfant, il s’agit là de la Rolls de la basket : le caoutchouc

risque : que des parents jaloux exigent évidemment la Base

naturel tiré de l’hévéa est pressé dans un four où il vient

Ball 10is en pointure 44 !

Les mod•les qui font des envieux chez les parents. 1/ Ten Base Lo Cut. 2/ Ten Base Wool. 3/ Ten C Mid Lace Sakura. 4/ Ten Base Ball Camel.

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Prendre soin de la lumière


ID-KIDS MUSÉE

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Dix mois de fête à la Galerie Party Sur la mezzanine de l’espace enfants du Centre Pompidou, les designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard, du studio GGSV, reçoivent les 3-10 ans dans un extravagant décor de jeux. Rempli d’accessoires, il se révèle être, à l’usage, un vrai labo ludico-culturel. Une belle métaphore du Centre qui fête ses 40 ans.

y posant leurs œuvres. Pour ce faire, GGSV a confectionné

Par Guy-Claude Agboton

plorateurs, leur fait découvrir, comme dans une galerie, les

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toute une famille d’éléments de jeux en mousse, sculptés à la main. Bouts, tubes, nœuds ou bases, ces objets rendent hommage à Dali, Magritte, Buren, Raynaud ou Pesce. Tout s’assemble, s’enchâsse ou se visse pour donner naissance à de singulières créations. À peine arrivés, les parents s’y mettent aussi. La « Galeroom », maisonnette mi-Jean-Pierre Raynaud, mi-Memphis, construite à la taille des petits exobjets qu’ils ont manipulés. L’entrée dans la rotonde gon-

xtravagant, drôle, esthétique, graphique, référen-

flable étonne, d’autant que sous nos pieds se projette, sur

cé : c’est la ligne directrice conçue et suivie par les

un véritable écran-dance-floor, l’image animée des objets

designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard, afin

imaginés par GGSV. Il est troublant de voir à quel point ils

d’immerger totalement les enfants dans leur décor onirique.

ont réussi pour les enfants ce qui est très recherché dans le

Pour être à la hauteur des 40 ans du Centre Beaubourg, ils

décor des boutiques de mode, voire des fashion shows en

voulaient bien davantage qu’un simple miniparc de loisirs.

quête d’images « instagrammables ». En attendant, avec un

C’est pourquoi, le couple s’est inspiré de deux personnages

naturel confondant, les Noé et les Zoé de 2017 s’ébattent

inventés, Gellaé et Séphante, pour élaborer leur scéno-

sur le sol du dance-floor comme des miniperformeurs désin-

graphie. Faisant partie des murs, on dit que ces deux-là

hibés. La Galerie Party n’est pas pour autant un endroit où

auraient construit le lieu en récupérant des éléments archi-

l’on court en criant. Les enfants sont trop occupés à créer.

tecturaux de Beaubourg et en puisant dans la collection

À partir du 9 septembre et jusqu’au 8 janvier 2018, même

d’art moderne… Les minots visiteurs s’engagent dans le

décor mais nouveau jeu, pensé par l’artiste chinois Liu Bolin.

jardin tapissé d’une moquette façon Memphis. Un édicule

Sa consœur, la Française Morgane Tschiember, reprendra

vert pistache, entre fontaine et gâteau d’anniversaire, trône

le flambeau du 20 janvier au 5 mars 2018. Une folie qui

devant l’entrée. Toute la journée, les enfants, géniaux cu-

« déménage » ? Mieux que ça, la Galerie Party intégrera les

rateurs d’un jour, dressent une installation permanente en

collections du Centre Pompidou.

1/ À la Galerie Party, au Centre Pompidou, les enfants découvrent le jardin fantastique imaginé par les designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard du studio GGSV. 2/ Tout comme les adultes, les jeunes adolescents ont droit à leur lieu d’exposition, la « Galeroom », maisonnette à la taille des visiteurs en quête d’aventure et de savoir. © MICHEL GIESBRECHT

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www.ondarreta.com

LANA design: Yonoh Studio


ID-KIDS CREA

OMY-mania

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Deux graphistes dipl™mées des Arts déco ont fondé leur marque de posters géants et autres accessoires déco ˆ customiser ˆ lÕaide de simples crayons de couleur. Le nouveau passe-temps des branchés...

pour s’imposer en quelques années sur le marché du do

Par Alfred Escot

dos ou sacs banane, stickers, décalcos... rien n’échappe

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it yourself, pardon, du « craft » comme on appelle en 2017 ces activités manuelles, qui consistent à personnaliser les objets du quotidien. Nappes, sets de table et vaisselle d’anniversaire, carnets, cartes postales, sacs à aux crayons noirs de ces créatrices tout-terrain qui en-

e chez Colette jusqu’au parc de La Villette en

chaînent par ailleurs les collaborations sur les terri-

passant par l’hôtel Mama Shelter, on voit leurs

toires de la mode, de la cosmétique et du lifestyle. Le

coloriages géants partout en ce moment. OMY,

coloriage ? Grâce à elles, tout le monde s’y met. Quand

c’est d’abord l’histoire de deux passionnées diplômées

la très chic marque de vêtements pour enfants Bonton

des Arts déco qui décident de monter leur propre boîte.

fête son anniversaire, elles en signent la scénographie.

Jeunes mamans, elles sont à la recherche d’un produit

Une chasse aux œufs est organisée chez Colette avec le

à part qui permettrait à la fois de développer la créati-

chocolatier À la Mère de famille ? Elles en sont aussi.

vité des enfants et d’apporter un peu de fantaisie dans

Là où on les attendait moins, en revanche, c’est dans les

l’univers de la déco. L’idée des posters XXL (3 mètres de

espaces de travail de l’agence de communication Wee-

long !) à colorier vient de là, d’abord inspirée des plans

match, dans la station de radio parisienne Rinse ou car-

des grandes villes du monde, ce qui permet aux bam-

rément... au MoMA. Une « OMY-mania » qui a pour

bins d’apprendre à reconnaître les monuments célèbres

avantage de s’exporter jusqu’à New York, donc, tout

de chacune d’entre elles, tout en s’amusant. « C’est aussi

en pratiquant la proximité quand il s’agit de fabrica-

une façon de partager une activité commune en famille,

tion. « Tous nos fournisseurs sont situés à quelques ki-

puisqu’on s’adresse à tous les âges, de 3 à 99 ans », s’ac-

lomètres de notre studio de création, pour ne pas dire

cordent Elvire Laurent et Marie-Cerise Lichtlé, les deux

dans le quartier », précisent à ce propos Elvire Laurent

instigatrices d’OMY (pour « Oh my god »). Phénomène

et Marie-Cerise Lichtlé. Les nouvelles Warhol du dyna-

de mode mis à part, il leur a fallu beaucoup de talent

mique dixième arrondissement parisien ?

1/ Le poster XXL d’OMY permet aux petits comme aux grands de reconnaître les monuments célèbres de grandes villes du monde (Paris, Londres, New York…) en les coloriant. 2/ Elvire Laurent et Marie-Cerise Lichtlé, les deux fondatrices inventives d’OMY.

Omy-maison.com

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NOUVEAUTÉS

2018

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ID-KIDS BOOKS

Les adultes auront autant de plaisir que les enfants à feuilleter ces livres dédiés au design et à l’architecture. Merci à la librairie « Les Enfants sur le toit » (Paris XVIIIe) pour son aide précieuse dans la sélection de ces ouvrages ! Par Marie Godfrain

L’aventure au coin de l’école

Une brève histoire de l’architecture

Plans et merveilles

Le Royaume de minuit, de Max Ducos, Sarbacane, 64 p., 16,50 €.

Où vivent les hommes ?, de Cécile Guibert Brussel et Lise Herzog, Éditions du Patrimoine, 52 p., 17 €.

Dessine-toi une maison, de Thibaud Herem, Nathan, 204 p., 16,90 €.

Passionné d’architecture, Max Ducos a livré plusieurs albums jeunesse dédiés à des icônes de la discipline, comme Jeu de piste ˆ Volubilis, qui convoque plusieurs bâtiments. Cette fois-ci, il situe son histoire d’amitié et d’aventures dans une école dessinée par Jean Prouvé. Une allusion très discrète puisqu’il n’y sera jamais fait mention et, pourtant, c’est bien cette architecture la véritable héroïne de ce livre magnifiquement illustré, exaltant au fil des pages la beauté du quotidien.

Suivre l’histoire de l’humanité à travers son habitat. Ce livre passionnant invite à une promenade chronologique à travers des édifices représentatifs de l’histoire de France, du paléolithique à aujourd’hui, des abris sous roche à la maison écologique. Illustré par les dessins intemporels de Lise Herzog, il permettra aux parents d’apprécier néanmoins le lexique spécifique qui récapitule les termes essentiels de l’histoire de l’architecture, du mur pignon au puits canadien.

Pour comprendre le métier d’architecte, rien de tel que de mettre les mains dans le cambouis. Entre pages blanches avec pour seules guides quelques lignes d’explications ou feuilles noircies de dessins aboutis qui serviront de cadre, mais aussi notions d’architecture, bâtiments iconiques et focus sur des détails d’une maison, ce cahier de dessin très épais, dont on ne se lasse pas de tourner les pages, embrasse tous les champs de l’architecture...

Numéro Détective

DRÔLE DE MAGAZINE POUR LES 7-12 ANS

QUI A INVENTƒ LE CLUEDO ?

60 PAGES

D’HISTOIRES, DE JEUX & D’ATELIERS !

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RƒDIGER UNE LETTRE ANONYME PRƒLEVER LÕA.D.N. DÕUNE BANANE...

Designimé

Design du quotidien

Une année avec Georges

Designimaux, d’Ingela P. Arrhenius – Atelier SAJE, Marcel & Joachim, 14 p., 14,90 €.

La Vie en design, de Céline Delavaux et Stéphane Kiehl, Actes Sud Junior, 72 p. 16,90 €.

Georges, magazine bimestriel, 60 p., 9,90 € le numéro ou 57 € l’abonnement annuel.

Avec l’œil en éventail, comme disait Charlotte Perriand, les designers sont de fins observateurs du monde qui les entoure et éprouvent bien souvent leur âme d’enfant pour s’inspirer et créer meubles et objets. Une base idéale pour concevoir ce livre animé dont chaque page dévoile la source d’inspiration d’une icône du design (le fauteuil Îuf de la couverture, la Ball Clock ou le Marshmallow Sofa) dans un volet à soulever ou à rouler. Inutile de se passionner pour le design pour apprécier cet ouvrage qui est avant tout un livre pour enfants à manipuler.

Le design, cela peut être des canapés italiens hors norme ou des fauteuils scandinaves fabriqués main. C’est surtout l’art de bien dessiner les choses du quotidien. Céline Delavaux a sélectionné dix objets iconiques (jeu de construction Kapla, bouteille de Perrier, aspirateur Dyson, stylo Bic, radio Tykho...) dont elle décrypte la genèse avant de prolonger chaque histoire dans la page suivante avec une sélection des créations les plus marquantes de cette typologie. Cet ouvrage a obtenu le prix du « Livre d’art et du documentaire » au Salon du livre jeunesse de Montreuil.

Entre le cahier d’activités, la BD et le magazine pour les kids, Georges est comme une malle aux trésors dans laquelle on vient piocher ses bonheurs. Mais sa plus grande qualité, c’est son style. Ce bimestriel indépendant s’attache à montrer le meilleur du graphisme d’aujourd’hui sous l’œil avisé de sa directrice artistique, Stéphanie Lasne, et de son éditrice-fondatrice, Anne-Bénédicte Schwebel. À tel point que les organisateurs du Festival du Havre leur ont confié leur projet jeunesse… et que la maison d’édition vient de lancer un nouvel opus pour les 3-6 ans : Graou.


© SMALL WORLD, D’ANNE GEDDES, TASCHEN

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1/ Applique murale Potence, design Jean Prouvé (1950), 1 250 €. Vitra. 2/ Veilleuse Ananas, en vinyle moulé, à LED, 79,90 €. Bianca and Family. 3/ Robe Mini Me en laine mélangée, de 4 à 16 ans, 99 €. Zadig & Voltaire. 4/ Fauteuil Panda, scoubidou sur structure en acier, 119 €. The Rocking Company. 5/ Baskets montantes en cuir métallisé, du 22 au 34, à partir de 89 €. 10is. 6/ Tabouret-guéridon Smartix en peuplier, plusieurs choix de hauteurs, de couleurs et de styles de pieds, à partir de 99 €. Blomkal.

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1/ Mobile Nuage aux gouttes d’or, 45 €. The Butter Flying sur Smallable.com 2/ Tapis de jeu, plaid ou déguisement Ours polaire, 95 €. The Conran Shop. 3/ Berceau en métal et bois certifié FSC, gris charbon, 535 €. &Me chez Léo Le Pirate. 4/ T-shirt en coton – « Rimay Kull Ayki ! » signifie « Hello ! » en langue quechua –, 34 €. Tinycottons. 5/ Bottines Fan-Fan en nubuck, fourrées, du 19 au 23, 79 €. Pom d’Api.

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1/ Minicartable, bretelles matelassées, 50 €. Bakker Made With Love. 2/ Petite veste grise, à partir de 89 €. Carrément Beau. 3/ Lampe de table Binic, design Ionna Vautrin, 139 €. Foscarini. 4/ Doudou Taxi NYC jaune, 113 € l’unité. Œuf NYC sur Smallable.com 5/ Banc Skateboard, en bois et métal, 169 €. Leçons de Choses. 6/ Bottines 6 pouces pour enfant, 110 €. Timberland.

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Small World – Big Success Toute la force artistique de la photographe australienne réside dans cet ouvrage qui souligne la beauté et la fragilité de notre humanité : Anne Geddes signe ici un hommage saisissant. Par Rémi Pernet

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i le nom d’Anne Geddes est pour beaucoup rattaché aux années 90, il faut bien reconnaître que ce qui aurait pu n’être qu’une mode est devenu un véritable phénomène. L’histoire, digne d’une success-story, débute dans les années 80, entre Hong

Kong et l’Australie où Anne Geddes prend ses deux filles en photo pour réaliser ses cartes de vœux. Très vite, l’exercice se transforme en commandes à répétition. C’est son deuxième livre, Down in the Garden (1996) qui lance sa carrière internationale et en fait par la même occasion l’une des auteures les plus vendues. Deux ans plus tard, Until Now (1998), publié en huit langues, se classe dans les meilleures ventes (numéro 1 en France). Cette même année, Anne Geddes ouvre son studio photo à Auckland en Nouvelle-Zélande. Dès lors, tous ses ouvrages connaîtront un succès commercial incroyable tout en gagnant la reconnaissance de la profession avec un nombre de prix inimaginable. En 2004, Miracle, un ouvrage élaboré en collaboration avec Céline Dion, est publié simultanément dans vingt-deux pays, restant six semaines en haut du classement des meilleures ventes selon le New York Times. Si son approche et son style ont révolutionné la photographie d’enfants, ils en ont aussi fait l’une des photographes les plus connues de notre époque. Très proche de son thème de prédilection, l’engagement d’Anne Geddes pour la défense et la protection de l’enfance est à la hauteur de son succès. Depuis 1991, date du premier calendrier, le Geddes Philanthropic Trust a récolté plus de 5,7 millions de dollars. 2018 ne dérogera pas à la règle avec le vingt-septième calendrier de la photographe. Small World est son septième ouvrage. Le livre revient sur trente années de carrière, des années 80 à aujourd’hui, avec de nombreux clichés inédits. Une rétrospective touchante qui rend hommage à l’engagement et à la vision de cette artiste singulière.

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Small World de Anne Geddes aux éditions Taschen, 49,99€.


Bologne - Italie

25-29 Septembre, 2017

Hall 26 - Stand A188-B189


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Le tour du monde d’une génération Plus de cinq millions d’enfants en France et à travers le monde grandissent dans une chambre meublée par la marque Gautier. Fort de ce constat, l’inventeur de la chambre d’enfant, en 1960, s’est associé au travail du photographe John Thackwray pour réaliser une formidable galerie de 52 portraits d’enfants dans 16 pays visités. Le projet Tribe réaffirme, si besoin était, combien ce concept imaginé par Gautier s’est démocratisé dans le monde, et ce quels que soient le continent, le pays ou la culture. Tribe by GAUTIER

Mariam, Maroc

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Catherine, ƒtats-Unis

Zoe, Royaume-Uni

Mohamed, Arabie saoudite

Artur, Belgique

Le fabricant de mobilier vendéen Gautier, inventeur de la chambre d’enfant en 1960 grâce au visionnaire Patrice Gautier, porte cette famille de produits dans son cœur depuis toujours. Ce concept a marqué son histoire et construit sa réputation en France et dans le monde entier.

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Jaiden, Canada

La chambre d’enfant et d’adolescent, c’est bien sûr cet espace intime que l’on construit à son image, où l’on grandit, se réfugie, s’épanouit, s’amuse, travaille, où l’on est soi-même, avec sa culture, ses croyances, ses traditions. Mais pas seulement.

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Pari, Royaume-Uni

Michael, ƒtats-Unis

Jennifer, Suisse

Firas, Arabie saoudite

Comme un symbole, la chambre d’enfant, son déploiement, son histoire parallèle avec chaque pays, chaque région de la planète, nous parle aussi de ce monde où les cultures, les sociétés cohabitent, mais où les enfants deviennent, eux aussi, universels par les nouvelles technologies qui les rapprochent.

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Juliana, Bulgarie

Violetta, Russie

Amélie, La Réunion

Anika, Canada

Cette impression d’enfant universel portée par les réseaux sociaux est-elle une réalité ? Qu’est-ce qui unit ces générations ? Et qu’est-ce qui les sépare ? Avec ce concept unique, ce travail coloré, positif et conscient interroge donc ce que nous sommes, ce que nous voulons bien montrer et ce que nous cachons, mais aborde aussi la variété des habitats et des différences culturelles qui composent notre planète. Un voyage passionnant.

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C’est en découvrant John Thackwray, photographe et réalisateur qui a axé son travail personnel sur les problématiques d’identités culturelles chez les jeunes, qu’est venue à David Soulard, le patron de Gautier, l’idée d’immortaliser ses rencontres et de les partager. Retour sur cette fructueuse collaboration où l’univers de l’enfant est au cœur des préoccupations. Le concept Tribe part du principe qu’aujourd’hui les gens se reconnaissent en termes de tribus. Un Berlinois de Kreuzberg et un Parisien du XIe n’ont que faire des frontières de langue ou de culture ; leurs références sont les mêmes. L’avez-vous vérifié ?

Comment définiriez-vous votre travail ? John Thackwray : À mi-chemin entre la photographie sociale et l’anthropologie visuelle. Je documente l’humain au travers des mutations de ses modes de vie et de ses cultures, partout sur Terre.

Comment cette idée de tour du monde My Room Project vous est-elle venue ? J. T.  : C’est le fruit d’un long processus qui a duré six ans (de 2010 à 2016). J’étais curieux de la façon dont le monde change. J’ai photographié et questionné tous mes candidats à propos de leur vie et des problèmes auxquels ils doivent faire face  : la violence, la pauvreté, la religion, la condition féminine, l’écologie. Dans chaque pays, j’ai interviewé 40 à 60 jeunes, de 18 à 30 ans – dont la moitié devait être des femmes  –, riches et pauvres, modernes et traditionnels, citadins et vivant à la campagne, étudiants, ingénieurs, agriculteurs, pêcheurs, chauffeurs de taxi ou ménagères. Le projet terminé représente en tout 1 200 jeunes de 55 pays. J’y ai consacré beaucoup de temps et d’énergie. Si on avait fait les mêmes photos avec les parents de mes candidats, il y a vingt ans, cela aurait donné quelque chose de complètement différent. Le monde change tellement vite ! Je pense qu’il est important de documenter le mode de vie de ma génération. Je suis convaincu que ces photos seront très précieuses à l’avenir.

David Soulard : Une chose est sûre, dans tous les pays du monde, l’enfant n’a pas beaucoup de place dans sa chambre, il optimise son espace et vit de plus en plus sur son lit. En outre, les couleurs, aussi bien des parquets que des murs, sont assez présentes, ce qui explique le succès de nos collections dont les finitions sont neutres.

Quand Gautier est venu vous solliciter, avez-vous hésité ? J. T. : Ils m’ont contacté en 2014. Nous avons discuté pendant plusieurs mois pour rendre cette idée de collaboration concrète et réalisable. À aucun moment je n’ai eu d’hésitation. C’était une belle aventure humaine au long cours qui m’était proposée, par une société française, éthique et responsable.

Ce tour du monde a-t-il influencé vos nouvelles collections ? D. S.  : Oui, nous avons ainsi créé, pour le dernier Salon du meuble de Milan, une collection ado, «  Nuance  », qui allie le confort et l’intimité de l’enfant sur son lit, en jouant avec un paravent-tête de lit modulable, pour lui permettre d’inventer son univers. Chaque ado peut ainsi typer son monde à lui avec nos meubles, qui est souvent un mix de culture locale avec des passions mondiales.

Comment vous y êtes-vous pris pour sélectionner ces enfants ? J. T. : Ça n’a pas été très difficile. La plupart du temps, ce sont les responsables de magasins dans chaque pays qui ont assuré la coordination locale. Ils ont une clientèle fidèle, parfois depuis une ou deux générations avec qui ils ont noué des relations de

confiance. Toutes ces familles se sont pris au jeu du projet Tribe, avec beaucoup d’entrain et de plaisir.

Qu’attendez-vous de l’opération sur les réseaux sociaux ? D. S.  : Les réseaux sociaux permettent aux ados du monde entier de communiquer mais aussi de « Liker », en même temps, les mêmes choses. De nombreuses personnes que nous rencontrons nous disent  : «  J’ai dormi dans du Gautier quand j’étais petit… et j’en ai un bon souvenir.  » Au-delà de la marque, les réseaux sociaux vont nous permettre d’identifier et d’unifier ce réseau d’enfants Gautier qui a « bien grandi » dans nos meubles, notre tribu.

Y a-t-il des rencontres qui vous ont marqué plus que d’autres ? J. T. : En Russie, je me souviens que les parents de Violetta ont pris un jour de congé pour pouvoir réaliser la photo. Il leur tenait à cœur qu’elle porte le costume traditionnel russe, pour représenter leur pays de la meilleure manière possible. Au Liban, la petite Zoya vivait et continue à vivre dans une reconstitution exacte de la chambre Gautier montrée dans les catalogues…

Cette opération de communication va-t-elle aboutir à une autre collaboration entre vous ? D. S.  : Oui, oui, nous sommes toujours en contact, et le travail ne fait que débuter dans l’étude de ce que tous ces jeunes ont pu confier à John de leur vie et audelà. Il nous reste de nombreux territoires à parcourir puisque Gautier exporte dans 65 pays, donc la tribu ne fait que commencer… sous le regard bienveillant de John !

Pour suivre l’actualité de Tribe rendez-vous sur Tribebygautier.com et sur Myroomphotos.com


© PHOTOFOYER

Ci-contre Un chien minéral guette les amateurs de terrasse intérieure dans un cadre classique. Page de droite Dans la chambre SantÕAgata, deux fauteuils de Gastone Rinaldi (1956, Rima) en velours rouge, comme au thé‰tre, invitent à assister à la mise en scène symbolique de lÕhistoire de sainte Agathe, patronne de la ville.


Ë Catane (Sicile)

Les hôtes du palais Faire d’un antique palais sicilien une maison d’hôtes, haut de gamme et contemporaine, tel était l’objectif de ce projet hôtelier. Le studio GumDesign s’est inspiré de nombreux personnages mythologiques et de légendes siciliennes pour raconter, à travers six chambres, une nouvelle histoire. Bienvenue à l’Asmundo di Gisira ! Texte Léa Janvier / Photos Filippo Bamberghi


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a maison d’hôtes Asmundo di Gisira à Catane, en Sicile, se déploie dans un palais du XVIIIe siècle installé à un angle de la magnifique place Mazzini, qui arbore des arcades sur ses quatre côtés et est située à quelques pas seulement de la cathédrale. La

propriété s’étend sur une surface d’environ 400 m2, distribuée autour d’une petite cour centrale. Les balcons et terrasses surplombent la place ainsi que les trois rues bordant l’édifice. Ce projet hôtelier impliquait d’adapter et de transformer ce qui était autrefois une demeure noble de particuliers. Le concept, qui s’inspire des mythes et légendes de la ville de Catane, se reflète désormais au travers d’un ensemble d’architectures, de mobilier contemporain et de souvenirs qui immergent les voyageurs dans une expérience authentique. L’approche conservatrice adoptée en matière d’aménagement intérieur avait principalement pour objectif de retrouver la distribution initiale, tout en adaptant la villa à de nouvelles fonctionnalités et exigences nécessaires à la réception du public. Bien qu’en très mauvais état, tous les éléments historiques ont été restaurés, à l’instar des encadrements de fenêtres, du bois décoré et des plafonds en stuc ou ornés de fresques. Les planchers d’origine ayant disparu, c’est un parquet en chêne composé de lattes de 7 x 15 cm, posées en chevrons, qui les a remplacés. Choisi dans une finition noire, mate, ce parquet de la gamme des sols continus a été fourni et installé par Kerakoll Design. On le retrouve dans l’ensemble des espaces, à l’exception de la cour centrale, où des carreaux de ciment décorés du début du XXe siècle, découverts dans la mezzanine, ont été réutilisés. Ces derniers figurent désormais aussi sur les murs des salles de bains de certaines chambres.

Des mythes plein la maison La légende de Billonia a inspiré toutes les parties communes. Les architectes ont cherché à y reproduire l’atmosphère de jardins anciens, rappelant justement le personnage

1/ La décoration de la salle à manger s’inspire de la légende de la jeune Billonia qui cachait sa pauvreté en portant des vêtements chatoyants. Fleuriste, elle parcourait les parcs de la ville et les kiosques à musique en quête de quelques pièces. 2/ Les balcons du palais donnent sur la belle place Mazzini. 3/ Dans ce vestibule, une toile du peintre sicilien Sergio Fiorentino résonne avec le cactus en arrière-plan et la détrempe bleue du mur du fond. 4/ Le bar, interprété par l’artiste Rossana Taormina, raconte l’histoire du bâtiment sous les traits d’un homme, dont le portrait est relié par des fils à une carte fixée sur le mur adjacent. Le vert profond ajoute au pittoresque. 5/ La chambre Proserpina représente la renaissance du printemps… Une structure en métal et tissu divise cette chambre dédiée à la déesse des saisons.

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1/ Cette chambre est dédiée à Uzeta, un chevalier victorieux fictif du XIXe. Le Foot de Gaetano Pesce et l’alligator en céramique représentent le duel puis la défaite des géants. 2/ Une légende raconte les origines de l’éléphant de Catane, qui, depuis 1239, est le symbole de la ville. Selon celle-ci, à la fondation de la cité, des animaux féroces ont été mis en fuite grâce à un éléphant chevauché par le mage Héliodore. La chambre Eliodoro est la plus petite des six. La tête de lit a été réalisée par le potier Alessandro Iudici en carreaux imitant la peau du pachyderme. Les tables de chevet évoquent ses défenses. Du plafond, aux décors de stuc, descend une boule chromée vintage ornée de lentilles qui projettent une lumière filtrée sur les murs, qui symbolise la présence du magicien. 3/ Selon la légende, un immense amour unissait Acis, fils du dieu Pan, protecteur des forêts et des bergers, à Galatée, une magnifique nymphe marine. Après avoir été éconduit par la belle, jaloux, le cyclope Polyphème jeta un énorme rocher arraché à l’Etna sur Acis et le tue. Les pleurs de Galatée provoquent la compassion des dieux qui, pour soulager son tourment, transforment Acis en une rivière qui coule de l’Etna jusqu’à la plage. Les deux lits au milieu de la chambre Aci et Galatea représentent les deux amoureux. Entre eux, un panneau de bandes de tissu entrelacées, sous l’œil de Polyphème évoqué par un grand miroir au plafond. La porte coulissante du dressing décorée disparaît derrière un miroir à facettes qui figure la rivière Acis. Page de droite En entrant dans la chambre Sant’Agata, le visiteur se retrouve devant une mise en scène, où le voile du lit à baldaquin, en référence à la sainte, est suspendu entre le tapis rouge et le plafond lumineux. Les grandes toiles, sur les côtés, représentent des dévots chantant Viva Sant’Agata.

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Ci-contre Le flamant rose qui veille sur la fontaine de la maison est une sculpture de Domenico Pellegrino. Page de droite Proserpina, équivalent romain de la déesse grecque Perséphone, protégeait le travail des paysans dans les champs, faisait mûrir les fruits et le blé et couvrait les terres de fleurs et d’herbes. Proserpina est l’une des suites les plus vastes et la seule qui donne sur la terrasse. En entrant, une grande structure de métal et de tissu, représentant une cabane, délimite l’espace de nuit. Tenant le rôle principal de la pièce, elle laisse au second plan le reste du mobilier, sous les peintures XIXe du plafond.


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Page de gauche 1/ Dans la chambre Aci et Galatea, un petit gadget fixé au mur permet de voir et d’entendre ce qu’il se passe à l’extérieur grâce à un périscope et à un petit cor. 2/ Les murs arborent un ton cendré inspiré de celui des élévations extérieures. 3/ La salle de bains de la chambre Colapesce a été peinte tout en bleu. Elle s’agrémente de carreaux de ciment récupérés d’autres pièces de la maison. L’applique Pistillino (Valenti) colorée en rouge ressort comme une anémone de mer. 4/ Même les douceurs proposées aux hôtes adoptent la technique du stuc… Ci-contre Fauteuils à bascule Comback de Patricia Urquiola (Kartell). Vases en céramique typiques de Caltagirone en forme de têtes de Maures.


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de la belle et jeune Billonia, qui distribuait des fleurs et répandait la joie entre le parc Bellini et la cathédrale, à la fin du XIXe siècle. En empruntant l’accès principal, les visiteurs découvrent d’abord une petite pièce où les accueille une toile du peintre Sergio Fiorentino (voir IDEAT #127). Depuis l’entrée, une large porte donne sur la réception, dans laquelle un volume assez bas – en comparaison de la hauteur sous plafond – sert de couloir vers l’une des chambres. Entièrement recouvert de miroirs anciens, au tain abîmé, il abrite la fontaine de la villa. À côté, trône un flamant rose mesurant plus de quatre mètres, sculpté par l’artiste sicilien Domenico Pellegrino. Le bureau vintage et la bibliothèque accueillent les hôtes dans cette réception à l’ambiance informelle, menant vers un large hall, à droite, et vers la cour intérieure, à gauche. Dans le séjour, utilisé pour les petits déjeuners, on peut admirer le plafond en stuc d’origine ainsi qu’un papier peint imaginé par l’artiste suisse Daniel Egnéus, inspiré par les légendes et par les lieux. Cette salle à manger mène au bar. Tous deux s’ouvrent sur la grande terrasse qui surplombe la place Mazzini. La réception conduit à la cour centrale, où une grande verrière est venue fermer un espace initialement ouvert, laissant entrer la lumière. Le sol a été conçu à partir de carreaux de ciment originaux. Les sculptures en pierre ont été restaurées et une couleur cendrée, typique des élévations extérieures, recouvre les murs. Les six chambres sont distribuées tout autour de cette cour. Ici, les formes et les symboles s’inspirent des mythologies qui mettent en scène des personnages au destin tragique : Proserpine, Uzeta, Colapesce, Acis et Galatée, Héliodore et sainte Agathe… Gabriele Pardi, architecte, et Laura Fiaschi, designer, depuis le studio GumDesign basé près de Pise, croisent dans ce projet toutes leurs compétences qui vont du design graphique à l’architecture en passant par le design d’objets. Ici, ils ont recréé tantôt une ambiance XIXe de jardins à l’ancienne, tantôt un esprit baroque ou Liberty.

Ci-dessus Inspirée par la version catanaise de la légende de Colapesce, cette chambre reproduit une scène de théâtre : une grande boîte entièrement tapissée de papier peint représente les abysses dans lesquels le jeune homme avait l’habitude de plonger pour découvrir des trésors. Mis au défi par le roi, Colapesce plongea dans la mer avec un morceau de bois qui remonta seul à la surface, carbonisé, donnant la preuve tangible, au sacrifice de sa vie, que sous les eaux de la Sicile le feu qui alimente l’Etna brûle bien. Deux draps de velours rouge font office de rideau de scène. Au fond, la salle de bains bleue, à laquelle ont été ajoutés des carreaux de ciment récupérés d’autres pièces de la maison.


13 AIX-EN-PROVENCE AU FIL DES MATIÈRES 0983331953 - 13 MARSEILLE SÉRIÈS DÉCORATION 0491372495 - 16 L’ISLE D’EPAGNAC UNIKALO CHARENTE 0545205959 - 22 MINIHY-TREGUIER AR DÉCO 0296923627 - 26 VALENCE - BOURG DE PÉAGE MA PIÈCE UNIQUE BY FOYERS DE FRANCE 0475723844 - 30 NIMES THEROND DÉCORATION 0466627600 - 31 TOULOUSE FLANELLE DÉCORATION 0561213220 - 33 BORDEAUX SORAIN & STYLES 0556510165 - 34 MONTPELLIER-LE CRÈS DOM DÉCO CRÉATION 0467034597 35 FOUGÈRES PINTO ET FILS 0299992374 - 35 RENNES / MONTGERMONT VBA DÉCORATION 0299231741 - 35 SAINT-MALO FOUGERAY 0299818657 - 36 CHATEAUROUX BARRAUD 0254344160 - 37 CHAMBRAY-LÈS-TOURS DÉCOR 37 0247378728 38 ECHIROLLES CAP COLOR 0438700700 - 42 SAINT-ETIENNE SIGNE INTÉRIEUR 0477343200 - 42 SAINT-GENEST-LERPT EPARVIER 0477505900 - 42 SAVIGNEUX CAPAROL CENTER SAGRA 0477968585 - 45 ORLÉANS CPPO BCL DÉCOR 0238620148 - 50 AVRANCHES LEGRAND CERBONNEY 0233891908 - 50 GRANVILLE SOLMUR GRANVILLE 0233503319 - 51 REIMS HALL DU PAPIER PEINT 0326400067 - 53 CRAON STÉPHANE COTTEVERTE 0243078306 - 53 LAVAL COLORISME 0243694328 - 54 NANCY NICOLE LHOTTE 0383364840 - 56 LORIENT AVENUE 115 0297216372 - 56 VANNES / SÉNÉ CONCEPT HOME 0297543589 - 57 FAMECK P.P.M 0382581607 - 57 SARREBOURG MILDÉCOR 0387032434 - 59 LILLE ORMERAY 0320500250 - 61 LA FERTÉ MACÉ RAIMBAULT 0233381258 62 NOEUX-LES-MINES DELCROIX 0321263838 - 62 SAINT-OMER LIONET DÉCOR 0321393131 - 64 BIARRITZ ITOIZ DÉCOR 0559232292 - 65 TARBES PÉLEGRY PEINTURES 0562931228 - 69 CALUIRE ATELIER BITSCH 0478232238 - 69 VILLEFRANCHE SUR SAÔNE MAT & BRILLANT 0474680304 72 LE MANS COLORISME 0243161076 - 73 CHAMBÉRY-VOGLANS COULEURS DE REV 0479342170 - 74 ANNEMASSE L’ATELIER DES PEINTRES 0450375080 - 75 PARIS AU FIL DES COULEURS 0145447400 - 75 PARIS BHV MARAIS - 75 PARIS INFINI LEGNO 0145321848 - 75 PARIS LES PEINTURES XVIIIÈME 0142510507 - 75 PARIS RECA DÉCORATION 0143182020 - 75 PARIS VANDENBROUCKE 0148053666 - 76 ROUEN NODAL 0235725051 - 78 SAINT-GERMAIN-EN-LAYE INSPIRATIONS DÉCORS 0134510357 - 83 FRÉJUS LES DÉCORATEURS DU SUD 0494171252 85 LA CHÂTAIGNERAIE LOGIDÉCOR 0251696733 - 92 ANTONY MARIETTE DFD 0169317919 - 92 ISSY-LES-MOULINEAUX COLORS AND WALLS 0647314845 - 92 NEUILLY-SUR-SEINE LA MAISON BINEAU 0147571600 - 94 MAISONS ALFORT INFINI LEGNO MAISONS ALFORT 0143762431

collection SPECTRA dessin PARQUET

Showroom PARIS 6 bis, Rue de l’Abbaye 75006 Paris (Saint-Germain-des-Prés) showroomparis@arte-international.com Showroom CANNES L‘Européen 1390, Avenue du Campon 06110 Le Cannet showroomcannes@arte-international.com

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Appartement-galerie L’architecte d’intérieur Sandra Benhamou écume salles des ventes et antiquaires pour dénicher les classiques italiens du XXe siècle qu’elle marie à des photos contemporaines et du design d’aujourd’hui. C’est dans cet esprit joyeux, curieux et gourmand qu’elle a livré des projets résidentiels à Paris et à Londres, des campings à Fréjus et à Biscarrosse et même un hôtel à Dinard (Castelbrac). Chez elle, dans le VIIe arrondissement, c’est avant tout cet amour des artistes et des designers qui s’exprime librement ainsi qu’un savoir-faire subtil, perceptible par les initiés. Par Marie Godfrain / Photos Germain Suignard pour IDEAT

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Page de gauche Lampe sur pied, en verre et métal, de Pierre Cardin (1969, Venini), chinée par la décoratrice Sandra Benhamou chez Piasa. Ci-contre Dans la salle à manger dont le parquet en point de Hongrie a été conservé, la maîtresse de maison a joué avec les couleurs acidulées en transparence. Les chaises Superleggera de Gio Ponti (Cassina) sont disposées autour de la table Eros d’Angelo Mangiarotti (Agapecasa, 1971). Au-dessus, suspension n° 604, dite « Moon » (1969), de Gino Sarfatti. Deux appliques en verre attribuées à Carlo Scarpa (Venini) encadrent le miroir. Sur la cheminée, céramiques chinées d’Ettore Sottsass, d’Andrea Branzi, de Georges Jouve et de Bruno Gambone.


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vec 15 % de logements vacants, Paris est truffé d’appartements vides, laissés à l’abandon. Lorsqu’on lui a proposé d’occuper tout un étage d’anciens bureaux à deux pas de l’Assemblée nationale, la décoratrice Sandra Benhamou n’a pas

hésité très longtemps. Elle a mis en branle son joyeux imaginaire et son goût pour se projeter dans cet espace qui allait devenir un immense appartement familial et contemporain de 330 m2. « C’est simple, ici, j’ai tout restructuré, car j’ai souhaité rompre avec

le caractère haussmannien du lieu », explique Sandra en s’arrêtant sur ce travail relativement complexe pour le néophyte. Par exemple, la décoratrice a déplacé la cuisine du fin fond de l’appartement jusque dans la pièce qui jouxte la salle à manger. Perfectionniste, elle a tout dessiné dans les moindres détails, notamment le sol de sa cuisine bleu foncé, qu’elle a souhaité en marbre noir et marbre de Carrare selon une disposition en opus incertum (irrégulière). Elle a tracé jusqu’à la forme des poignées de portes intégrées dans les meubles, détail graphique que l’on retrouve sur les placards des chambres et du dressing, comme un gimmick réservé aux initiés. « Je ne voulais pas vivre dans un lieu pompeux, j’ai donc appliqué de la couleur pour décontracter ce vaste appartement. Je suis allée piocher dans la gamme de peintures Le Corbusier issue de ses recherches chromatiques », détaille celle dont la spécialité est le grand écart entre passé et présent, entre histoire et monde contemporain, lesquels dialoguent effectivement en toute décontraction dans sa demeure. Fidèle des ventes aux enchères de la maison Piasa, des galeries parisiennes Christine Diegoni ou Alexandre Guillemain ou encore de 2021, une enseigne du marché Paul-Bert aux puces de Saint-Ouen, elle sait

1/ Luminaire Bells de Ronan et Erwan Bouroullec (Galerie Kreo). 2/ Suspension n° 2109-16 de Gino Sarfatti (1971, Arteluce). Au premier plan, fauteuil ABCD (Artifort), en face, chauffeuse CM190 (Thonet), les deux de Pierre Paulin. À gauche, fauteuil du Brésilien Sergio Rodrigues. Au fond, au-dessus d’une console de Gio Ponti, photo de la série « Untitled Film Still » de Cindy Sherman. 3/ Desserte 900 d’Alvar Aalto (Artek). Bouteille et coupe au crochet d’Anne-Claire Petit. Au mur, dessin de Christian Marclay. Applique attribuée à Carlo Scarpa (Venini). 4/ Lampe de Pierre Cardin et bibliothèque LB 7 de Franco Albini (Poggi). Vases de Bruno Gambone (à droite), d’Angelo Mangiarotti (à gauche). 5/ Dans le salon, sous la photo Does Andy Warhol Make You Cry ? de Louise Lawler, console d’Ettore Sottsass et lampe Micro d’Achille Castiglioni. Tapis Vernade (Manufacture Cogolin).

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Page de gauche Le canapé Sesann de Gianfranco Frattini (Tacchini) impose sa présence grâce à sa belle couleur safran. Tables basses de Gianfranco Frattini. À droite, derrière la lampe de Gino Sarfatti, tableau de Meredyth Sparks. Ci-contre Dans le couloir, au premier plan, une Tree Light de Ron Arad (Zeus Noto) voisine avec une version du célèbre buffet de Gerrit Rietveld, chiné chez Christophe Dupouy au marché aux puces Paul-Bert (2021). Dessus, masque africain (Lucas Ratton). Au-dessus, tableau Stardust de Gary Simmons (Metro Pictures Gallery). Sur les murs, peinture rose PoLyCro de la gamme « Polychromie Le Corbusier » (Keim). Au fond, rideau Brochier (Jules & Jim).


Dans sa cuisine réalisée sur mesure, Sandra Benhamou a, entre autres, conçu le sol, un « opus incertum » (un assemblage irrégulier) à base de chutes de marbre de Carrare et de marbre noir. Céramiques d’Ettore Sottsass. Suspension de Gino Sarfatti et table Blanco de Jacopo Zibardi (Zanotta). Chaises Superleggera de Gio Ponti (Cassina).


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1/ Sur cette table d’India Mahdavi dans la salle à manger, lampe de Hella Jongerius (Galerie Kreo) sous une photo de Nan Goldin. 2/ Dans la chambre de Sasha, photo des Rita Mitsouko par Youri Lenquette (galerie Addict), suspension de Gino Sarfatti et applique de Cini Boeri. Tête de lit et placards sur mesure. 3/ Dans la chambre de Nia, appliques de Gino Sarfatti (galerie 2021). 4/ Salle de bains en carrelage créée sur mesure par Sandra Benhamou. Ci-contre Dans la chambre des parents, photo Nuit de Noël de Malick Sidibé. Fauteuil CM197 de Pierre Paulin (Thonet).


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marier les classiques italiens, dont elle raffole, à des pièces contemporaines des Bouroullec ou de Hella Jongerius qu’elle déniche à la Galerie Kreo. Ce style, elle l’applique chez ses clients, de l’hôtel Castelbrac à Dinard jusqu’à une étude notariale parisienne. Chez cette collectionneuse se côtoient une lampe Cardin en verre coloré translucide, beaucoup de luminaires de Gino Sarfatti et des céramiques d’Ettore Sottsass : « J’adore accumuler, je chine très souvent chez les antiquaires, mais j’ai beaucoup de mal à revendre, alors je stocke ou je bouge les pièces d’un endroit à l’autre de l’appartement. Et parfois il m’arrive de déménager certaines choses dans ma maison normande. J’ai commencé à collectionner par passion des pièces de Gio Ponti, Carlo Scarpa et Ettore Sottsass. J’aime leur travail sur le graphisme, la recherche de volumes, l’espace et l’objet. Je raffole aussi des luminaires de Sarfatti, qui a travaillé ses objets en petite édition, comme des œuvres d’art, et dont l’éclairage met incroyablement en valeur peintures et photos. » Car l’autre passion de Sandra Benhamou, c’est l’art contemporain, et notamment la photo, qu’elle a commencé à acquérir lorsqu’elle vivait à New York et fréquentait la galerie Metro Pictures. Louise Lawler, Malick Sidibé, Nan Goldin et Cindy Sherman composent le panthéon de la décoratrice qui a parsemé ses murs de ces œuvres rares. À Paris, elle fréquente les galeries Addict, Air de Paris, Frank Elbaz ou Lucas Ratton. Après cinq mois de travaux pour reconstruire les volumes et chiner les pièces qui composent son intérieur, elle s’est installée avec son mari et ses trois enfants dans ce vaste nid lumineux, chaleureux, instinctif, où l’esthétique glamour pop des sixties et seventies est parfaitement maîtrisé.

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1/ À côté de la lampe de Frank Gehry, l’œuvre Colère de lunette (1970) d’Arman. Coussins Lindell & Co. 2/ Meuble dressing dessiné par Sandra Benhamou, laqué mat et brillant avec plateau en palissandre. Suspension Stilnovo et vide-poches en céramique d’Ettore Sottsass.


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Ci-contre Le designer Didier Gomez assis dans la salle à manger de son appartement parisien, situé en plein cœur du Marais. Table Dining d’Eero Saarinen (1957, Knoll). Chaise Panton (1960) de Verner Panton (Vitra). Page de droite Un jardin privé exceptionnel de 300 m2 a été réalisé en collaboration avec le paysagiste Alain Le Baron Trevel. Le mobilier en teck sur le patio provient de chez Pacific Compagnie.


À Paris

Chez Didier Gomez Legende

Après la redécouverte d’une série d’œuvres d’art acquises jadis et totalement oubliées, l’architecte d’intérieur Didier Gomez a repensé son appartement parisien autour de ces toiles, impatient d’engager avec elles de nouvelles « conversations ». Par Ian Phillips / Photos Stephan Julliard / Tripod Agency


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l y a quelques années, l’architecte d’intérieur parisien Didier Gomez a reçu un coup de fil improbable lui rappelant qu’il avait loué, dans les années 90, un garde-meuble en Normandie. Éberlué, il était incapable de se souvenir de ce qu’il y avait entre-

posé. Sa visite a révélé qu’il contenait principalement une série de tableaux à motifs géométriques achetés pendant sa jeunesse. « À l’époque, j’avais un appartement aux Invalides avec surtout des fenêtres et quasiment pas de murs, raconte-t-il. Du coup, je ne les ai jamais sortis et n’ai donc jamais vécu face à eux. » Lorsqu’il les a déroulés, il a découvert des toiles signées d’artistes tels que Victor Vasarely, Donald Judd ou Yánnis Móralis. À la vue de ces œuvres, il a décidé de redécorer son intérieur autour d’elles. Mesurant 190 m2, son appartement est situé au rez-de-chaussée d’un immeuble du XVIIe siècle, dans le Marais. Après la Seconde Guerre mondiale, il avait été transformé en usine pharmaceutique et Didier Gomez se souvient qu’il était encore peuplé de machines lorsqu’il le visita une première fois en 1996 : « Les fenêtres étaient bouchées. Aucune lumière du jour ne traversait. » Néanmoins, il a été immédiatement séduit par les quatre mètres de hauteur sous plafond et par la possibilité de créer un jardin privé de 300 m2, ce qu’il a fait

avec l’aide du paysagiste Alain Le Baron Trevel, dans un esprit champêtre. « Comme si le jardin avait eu une structure, mais qu’il avait depuis été envahi », révèle-t-il. Quant à l’intérieur, Didier Gomez lui avait d’abord donné une note ethnique. Les murs étaient peints en vert pistache et marron chocolat, et on y retrouvait des vases chinois offerts par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, un tabouret malien et un masque du Congo. « Je me suis rendu compte que j’avais envie de changer, besoin de plus de couleurs, de vivacité », confie-t-il. Aujourd’hui, le décor s’articule essentiellement autour d’œuvres d’art. Pour Didier Gomez, la plus importante est celle de Cy Twombly, installée dans le salon. Afin de

1/ Une photo de Candida Höfer trône au-dessus du bureau en wengé dessiné par le maître des lieux. 2/ Dans la salle à manger, deux tableaux l’un au-dessus de l’autre signés Giacomo Balla sont accrochés à gauche de la porte-fenêtre. 3/ Dans le salon, une lampe en céramique turquoise des années 50 est posée sur une table One Shape de Marie-Christine Dorner (Ligne Roset). Au mur, deux panneaux en bois sculpté d’une église du XVIIe siècle en Bourgogne. 4/ Dans un autre coin du salon, au fond, un fauteuil de la Sécession viennoise. 5/ Deux peintures abstraites signées Victor Vasarely. Deux canapés Belem signés Didier Gomez (Cinna). Le fauteuil blanc est le célèbre modèle Ruban conçu par Pierre Paulin en 1965 (Artifort). À droite, fauteuil en métal Bertoia Diamond (1952) de Harry Bertoia (Knoll).

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Ci-contre Un plafonnier en laiton des années 70 domine une table à manger de la collection « Pedestal » imaginée par Eero Saarinen en 1957 ainsi que des chaises Panton, baptisées du nom de leur créateur, Verner Panton. Le tableau est une œuvre de Donald Judd, tandis que la colonne en bois provient d’un château anglais du XVIIIe siècle. Page de droite Dans un coin du salon, on retrouve le tabouret Butterfly de Sori Yanagi (Vitra), le lampadaire Solveig d’Avril de Pastre (Cinna) et des vases et objets chinois et japonais devant le tableau Mindanao, peint par Vasarely en 1955.


Ci-contre Dans la pièce qui sert de salon télé et de bureau, l’huile sur toile est signée Émile Baes (1879-1954), un peintre qui a participé à la décoration des paquebots Le Normandie et Le France. Le canapé Nils (Ligne Roset) et le tapis en feutre sont des créations de Didier Gomez, tandis que les tabourets proviennent d’Afrique. 1/ Le piano fait partie des passions du propriétaire. 2/ Dans le salon, deux fauteuils noirs de Jacques Adnet campent sous le tableau Assis chiffre du peintre grec Yánnis Móralis. Tables basses en noyer américain Pebble, de Nathan Young (Cinna). Les deux canapés Belem ont été dessinés par Didier Gomez (Cinna). 3/ Un tableau de Cy Twombly surplombe une table en bois peint du XVIIIe siècle, un élément architectural en bois doré provenant d’une église bourguignonne et une lampe Les Héritiers. 4/ Le maître de maison devant l’une des portes-fenêtres du salon.


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mettre ces œuvres en valeur, leur propriétaire a opté pour une prédominance de gris, à laquelle il a ajouté quelques touches de couleurs sous forme de coussins et de fauteuils. En matière de tissus, on retrouve des flanelles, textile tout particulièrement affectionné pour son évocation de l’univers masculin : « J’aime que cela symbolise les tailleurs et le costume pour homme, et j’adore le tweed pour les mêmes raisons. » Le mobilier, lui, juxtapose quelques-unes des créations de Didier Gomez, une paire de fauteuils signés Jacques Adnet et des icônes du design de Pierre Paulin, Harry Bertoia ou Charles et Ray Eames. Ou encore un siège canné datant du mouvement de la Sécession viennoise (1892-1906), dont l’assise tombe en miettes. « Je l’ai gardé, parce qu’il n’allait pas avec le reste, dit-il. Je trouve intéressant l’effet produit par la présence d’un objet discordant, qui interroge. J’apprécie aussi les choses abîmées. Ça donne l’impression que le décor a été construit un peu par hasard, au fur et à mesure. » Didier Gomez a également intégré quelques pièces plus classiques, retrouvées à côté des tableaux, dans le garde-meuble. Parmi elles, deux panneaux sculptés du XVIIe siècle provenant d’une église bourguignonne, un ensemble de fauteuils Louis XV et une console XVIIIe en bois peint. Il a gardé une paire de colonnes, qui faisait partie du décor précédent. « Je n’arrive pas à m’en séparer, admet-il. C’est l’emblème de tout ce que j’aime dans la décoration, qui commence avec la Grèce antique. » Un autre objet d’importance est le grand piano, qui occupe un coin du salon. Avec le trapèze, dont il est aussi amateur, la musique fait partie de ses passions. Dans sa jeunesse, il avait envisagé une carrière de chanteur d’opéra. Aujourd’hui, il joue du piano quotidiennement. « Cela m’apporte de la sérénité. Et puis, il n’y a pas beaucoup de domaines où l’on peut continuer de progresser avec l’âge », dit-il en souriant.

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1/ Dans la salle de bains, un sol en béton fait ressortir un meuble avec vasque et des panneaux en wengé. Suspensions PH Artichoke de Poul Henningsen (Louis Poulsen), baignoire Agape, robinetterie Hans Grohe et miroir The Conran Shop. 2/ Une série de photos de Florian Müller apporte une note de douceur à la chambre, tout comme les rideaux en feutre Kvadrat.


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© STEPHAN JULLIARD / TRIPOD AGENCY

Cinna & IDEAT vous offrent le magnifique canapé Belem * dessiné par Didier Gomez pour Cinna, vu dans notre reportage (p. 232)

* Coussins non contractuels. À choisir dans le catalogue Cinna.

Bulletin de participation au jeu-concours Cinna & IDEAT Vos coordonnŽes Nom / Prénom Adresse

Code postal Ville Pays Téléphone E-mail Ces informations seront utilisées par IDEAT ÉDITIONS. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amené à recevoir des offres de Cinna. Si vous ne le souhaitez pas, cochez cette case ❑. Conformément à la loi Informatique et Libertés du 06/01/1978, vous disposez d’un droit d’accès, de modification et de suppression des données vous concernant.

Pour gagner au jeu-concours Cinna & IDEAT, c’est très simple : il vous suffit de remplir le bulletin de participation ci-contre et de le renvoyer à : IDEAT ÉDITIONS – JEU-CONCOURS – BP N°  38 108 - 75563 Paris Cedex 12. Jusqu’au 31 octobre 2017 (cachet de la Poste faisant foi). Un tirage au sort sera réalisé début novembre 2017 pour désigner l’heureux gagnant qui sera contacté directement par Cinna pour se faire livrer son canapé Belem à l’adresse de son choix (France métropolitaine uniquement).

Vous pouvez aussi participer en ligne sur ideat.fr Extrait du r•glement : jeu gratuit sans obligation d’achat organisé du 25/08/2017 au 31/10/2017 par IDEAT ÉDITIONS pour Cinna. Cinna informera le gagnant via son adresse e-mail inscrite sur le bulletin ou par courrier. Dès accusé de réception de cette notification, Cinna prendra contact avec le gagnant afin d’organiser la livraison à l’adresse de son choix en France métropolitaine. Détail du lot à gagner : grand canapé Belem, design Didier Gomez, structure mécano-soudée habillée de bois, pieds en fonte d’aluminium laqués Epoxy noir équipés de patins, 3 coussins de dos en tissu Canvas laine 124 Argent + 2 coussins 35 x 35 cm, intérieur plumes, en Harald Canard 1355. Dimensions : L 210 cm P 97 cm H 80 cm. Valeur du lot : 4 262 € TTC (prix public TTC). La participation au jeu implique l’acceptation du règlement déposé chez maître Proust, huissier de justice à Paris. Ce règlement est disponible dans son intégralité sur simple demande à l’adresse suivante : IDEAT ÉDITIONS, jeu-concours, 12-14, rue Jules-César, 75012 Paris.


Ë Paris

Atmosphère cinétique

De son appartement de la rive gauche, l’auteure, traductrice et conseillère en communication Yumiko Seki a entièrement supervisé la rénovation. Un effort particulièrement important a été porté sur la lumière, jusqu’à faire de cet espace décoré d’icônes du design une œuvre d’art totale. Par Serge Gleizes Photos Didier Delmas pour IDEAT


Page de gauche Yumiko Seki dans son salon. Ci-contre Autour d’une table de salle à manger de Pucci De Rossi (2002), chaises MŽribel avec assise en paille de Charlotte Perriand (1950) (Galerie Downtown-François Laffanour). Sur la table, vase Puppy de Jeff Koons. Au fond, console en marbre de Carrare réalisée sur mesure (Studio Scandinave). Applique de Serge Mouille. À gauche sur le mur, toile Currency Wars, Euro 5 old de l’artiste chinois Xu Qu (Almine Rech Gallery). Parquet Versailles (Bohemian Works).


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’ai également habité la rive droite, mais j’ai toujours aimé ce côté-ci de la Seine, raconte Yumiko Seki. Dans le choix d’un lieu de vie, l’exposition est capitale, mais ce qui me paraît plus important encore, c’est l’orientation de

la rue. Elle détermine l’ambiance générale. » Dans ce bel espace aux murs blancs dans lequel domine la lumière du jour, le parquet Versailles en chêne contraste avec l’accent contemporain de cet appartement. L’autre détail qui concourt à l’originalité de cet intérieur tient aux plafonds, dont les corniches lumineuses ont été créées par Éric Michel et Akari-Lisa Ishii, artistes de la lumière. « Avant le début de la rénovation, j’ai réalisé une foule de croquis et de maquettes, explique Yumiko Seki, et j’ai dessiné l’intérieur de tous les placards ainsi que l’aménagement des meubles de la cuisine. L’espace a été conçu en fonction des pièces d’art. Ce sont elles qui ont donné la tonalité générale. » Pour l’agencement intérieur, la propriétaire s’est rapprochée de l’architecte suédois Mikael Klatzkow qui a pris en charge l’ensemble du gros œuvre. Passionnée par les créations de lumières, mais adorant aussi cuisiner, elle a ouvert la cuisine sur le salon et en a fait un espace contemporain et convivial avec des astuces de rangement originales, comme un porte-bouteille mural. Au mur de cette même pièce, un tableau signé Xu Qu, œuvre géométrique réalisée à partir d’un détail de billet de cinq euros, dialogue avec le diptyque de photos de Frank Perrin représentant un paysage architectural fictif constitué d’éléments

Page de gauche Dans l’entrée, trois tabourets africains. Sur le radiateur, vase d’Andrea Branzi. Au-dessus, photo extraite de la vidéo Atomic City de Frank Perrin. Au fond, miroir Ultrafragola d’Ettore Sottsass (Centro Studi Poltronova). À gauche, chaise Picnic de Junya Ishigami (Living Divani). Au mur, photos Ruins Post Capitalism de Frank Perrin. Ci-dessus Dans le salon, le canapé fait sur mesure a été recouvert d’un tissu Kvadrat. À gauche, fauteuil de Jean Royère. Au centre, Unique Table de Ron Arad. Au plafond, installation lumineuse Five Skies d’Éric Michel.

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Ci-contre Sur la cheminée, vases Testa de Pucci De Rossi et, sur la table basse, un autre de Gaetano Pesce. Au mur, deux portraits de Yumiko de Maurice Marty. Fauteuil de Jean Royère. Page de droite Dans la chambre, bureau et fauteuil Base Building Chandigarh de Pierre Jeanneret. Au mur, photo La Clairière de Tom Fecht (Galerie Downtown-François Laffanour). Sur l’étagère, objets en argent et en bois d’Andrea Branzi. Au premier plan, sculpture mouton de François-Xavier Lalanne.


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(des représentations d’édifices par exemple) prélevés sur des petites coupures du monde entier. Avec un subtil sens des proportions et des couleurs fondues, Yumiko Seki a égale-

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ment disposé du mobilier venant de l’une de ses vies passées : grand miroir lumineux d’Ettore Sottsass, fauteuil de Jean Royère, table de Pucci De Rossi, tables basses de Ron Arad, pièces uniques de Junya Ishigami, chaises de Pierre Jeanneret ou Charlotte Perriand, qui s’était initiée à l’esprit de l’artisanat japonais dès 1940.

ƒcriture, aquarelle et exposition Née à Tokyo, Yumiko Seki s’est installée en France en 1982 et parle un français impeccable. Après des études littéraires, elle devient interprète et se passionne pour le cinéma. Elle travaille alors au bureau parisien de la chaîne de télévision japonaise NHK, réalise des reportages et des documentaires sur des sujets culturels et sociaux. Et, depuis, cette joueuse dilettante de piano jazz s’intéresse à d’autres domaines d’expression, comme l’aquarelle, qu’elle a longtemps pratiquée pendant ses vacances et qu’elle poursuit désormais avec une passion soutenue. Sa première exposition a eu lieu en avril dernier dans un espace d’art du quartier chic de Ginza, à Tokyo. Aussi férue d’écriture, elle a publié en 2005 son premier roman, Chaud-froid, aux éditions Jean-Claude Lattès, inspiré de sa rencontre avec la culture française. Un rayon de lumière du soleil levant en somme.

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1/ Deux lampes de chevet Escape (Karboxx) voisinent avec la photo Evening, « Finis Terrae », de Tom Fecht. Sur le radiateur, œuvre en métal du sculpteur grec Takis. Dessus-de-lit Yves Delorme. Coussins Descamps. 2/ Sur l’iMac, une vidéo de l’artiste Éric Michel. Valet de nuit du sculpteur Pucci De Rossi.


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Ci-contre L’avocate Marzia Ghigliazza a conçu sa maison milanaise avec l’aide de la décoratrice Beatrice Rossetti. Page de droite Dans le bureau, tapis années 30 d’Alberto Levi Gallery (Milan). De Franco Albini pour Cassina : table 833 Cavalletto (1950) et chaise 832 Luisa (1949-55). Lampe AS1C (Nemo, 1969) de Franco Albini, Franca Helg, Antonio Piva et Marco Albini. Lounge Chair des Eames (Vitra, 1956). Bibliothèque sur mesure. Lampe Tolomeo de Michele De Lucchi (Artemide). Table d’appoint vintage de la galerie Fragile (Milan). Fauteuil Albenga de Gustavo Pulitzer (Arflex, 1954) en velours vert de Silva (Milan). Sur la commode d’Ico Parisi, duo de lampes vintage et toile de l’artiste israélien, Eran Shakine.


À Milan

Un classique revisité Cette villa, que la décoratrice d’intérieur italienne Beatrice Rossetti a rénovée et meublée, rassemble tout le bon goût de sa propriétaire, l’avocate Marzia Ghigliazza. Stuc et moulures s’y donnent rendez-vous dans le plus pur style milanais. Et forment un écrin de choix pour le mariage raffiné du mobilier contemporain avec quelques pièces historiques. Par Francesca Esposito / Living RCS / Reportage Beatrice Rossetti / Photos Piero Gemelli


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lle a les cheveux courts et un sourire contagieux qui s’accompagne d’un sens de l’humour très raffiné. Marzia Ghigliazza, jeune avocate en droit de la famille, regarde dehors à travers une grande baie vitrée, dans son appartement milanais

situé au premier étage d’un bâtiment des années 20, à proximité du Parco Papa Giovanni Paolo II. Cette villa de près de 200 m2, en comptant la terrasse, qui abritait autrefois un chef d’orchestre et une chanteuse d’opéra, a conservé son ADN, son esthétisme simple et son grand potentiel. « Il n’y a pas eu ici de bouleversement architectural, seulement quelques réajustements pour modifier l’utilisation des espaces, explique la propriétaire des lieux. Beatrice Rossetti, la décoratrice d’intérieur, a préservé les parquets et la porte d’origine, ainsi que les moulures des fenêtres. Tout le reste a été remodelé à mon goût. » Au fil de la visite des pièces desservies par un long couloir, sont mis en exergue objets et éléments de décoration recueillis au fil des ans. S’y côtoient tous les grands noms du design, avec notamment les Italiens Achille Castiglioni et Vico Magistretti, mais aussi le Danois Arne Jacobsen et l’Américain Charles Eames. D’autres pièces ont, quant à elles, été trouvées par hasard, au marché aux puces de Jaffa, à Tel-Aviv, dans une galerie du Marais, à Paris, ou dans une boutique du quartier Esquilino, à Rome. « Dans cet intérieur, j’arrive à préserver un équilibre entre mon passé et mon présent. C’est un coffre-fort qui me protège, il est empli de souvenirs, de témoignages de mes deux ados – Giuseppe et Tommaso – et de mon compagnon… c’est un ensemble très éclectique. » Même si elle voyage souvent pour son travail entre Bruxelles, Londres et Berlin, Marzia Ghigliazza vit ici depuis quatre ans, après y avoir effectué une vraie refonte et passé une longue période à rechercher des matériaux avec Beatrice Rossetti. « La première chose a été le papier peint, qui est signé Cole & Son et Morris & Co. Ensuite, nous avons dû penser à tous les détails :

1/ Dans le salon. Poufs vintage, canapé Maralunga de Vico Magistretti (Cassina). Au mur, toile de Veronica Botticelli. 2/ Dans le couloir. Papier peint Hicks’ Hexagon (Cole & Son). Console et tabouret sixties. Lampe-globe Dioscuri de Michele De Lucchi (Artemide). Miroir scandinave trouvé chez Mauro Bolognesi. Suspension Parentesi (1971) d’Achille Castiglioni et Pio Manzù (Flos). 3/ Portemanteau fifties de Luisa Delle Piane (Milan). Œuvre de Rossella Fumasoni. 4/ Papier peint Thistle (Morris & Co.). Lampadaire années 30 (galerie Fragile). Ottoman de la Lounge Chair des Eames (Vitra). Suspension Stilnovo. 5/ Dans le salon, appliques chinées à Tel-Aviv. Table SuperElliptique de Piet Hein, Bruno Mathsson et Arne Jacobsen (Fritz Hansen). Chaises Cab de Mario Bellini (Cassina) et paire de Medea de Vittorio Nobili (Tagliabue). Suspension Peggy Futura du Hangar Design Group (Vistosi). Fauteuil à bascule Sgarsul de Gae Aulenti (Poltronova). Lampadaire AJ d’Arne Jacobsen (Louis Poulsen). Tapis Filikli des années 20 (galerie Altai).

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Sur la terrasse, mobilier Marni fabriqué en Colombie en édition limitée. Et une flore très riche composée, entre autres, d’oliviers, de sauge, de romarin, d’hortensias, d’azalées, de glycine, de petits pins… tous originaires de la Ligurie.


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les nuances de couleurs sur les murs, dans des tonalités neutres allant du gris poussière au gris tourterelle, la soie recouvrant les câbles électriques des lampes et le parfum de chaque pièce. » Thé vert dans la chambre, bois de santal et bergamote dans le salon, ou encore ambre et épices dans l’entrée donnant sur le bureau, espace le plus utilisé de la maison avec la cuisine. Marzia Ghigliazza conduit ainsi ses visiteurs à droite à gauche, en empruntant le long couloir central, un corridor neutre rehaussé ici et là de lampes, d’œuvres d’art et d’objets emblématiques. « Je suis tombée amoureuse de certains d’entre eux, à l’instar du rocking-chair Sgarsul, qui a constitué le premier projet de design industriel de Gae Aulenti (Poltronova, 1962). Je lui ai rendu visite pendant des années à la galerie Fragile de Milan. Et puis il y a les suspensions Peggy Futura, en édition limitée, imaginées par le Hangar Design Group pour Vistosi et conçues spécialement pour le café du musée Guggenheim de Venise. » Et aussi beaucoup d’autres petits objets que Marzia Ghigliazza a rapportés de ses multiples voyages, comme ces couverts entraperçus dans un tiroir qui viennent des marchés aux puces du ghetto, le quartier juif de Rome, ou cette collection de globes terrestres dans la chambre à coucher. Enfin, la terrasse donnant sur la cour du bâtiment regorge de plantes. Autour de la série limitée de mobilier Marni, fabriquée en Colombie dans le cadre d’un projet de design à vocation caritative, on retrouve ainsi des magnolias, des oliviers, de la sauge, du romarin, des hortensias, des azalées, de la glycine et deux petits pins, tous originaires de la Ligurie, région d’Italie où Marzia Ghigliazza puise ses souvenirs d’enfance. « Je suis ici chez moi, mais c’est un peu comme un atelier. La journée, je reçois des clients et j’organise des réunions avec les deux cabinets pour lesquels je travaille, confie-t-elle. Quand vient le soir, c’est le moment de l’écriture et des tâches administratives. Et aussi, bien sûr, des souvenirs. »

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1/ À l’entrée du long couloir, papier peint Thistle de John Henry Dearle (Morris & Co.). À l’autre bout, papier peint Hicks’ Hexagon (Cole & Son). Par terre, des œuvres de Rossella Fumasoni et Veronica Botticelli. Les suspensions proviennent de marchés aux puces à Paris, Milan et Rome. 2/ Papier peint Palm Leaves (Cole & Son). Lit Matteograssi. Banc recouvert de tissu Loro Piana. Dressing sur mesure. Au sol, deux œuvres de Veronica Botticelli.


À Copenhague

Cabanes au féminin pluriel Au nord de la capitale du Danemark, la cofondatrice de la marque de mode APOF – A Piece of Favourite, Frederikke Hviid, a transformé une ancienne maison ordinaire en une imposante villa. Une attention particulière a été portée aux lignes épurées, aux détails et à la luminosité. Sans compter la cabane pour sa fille dans le jardin ! Par Katinka Hyllested Photos Birgitta Wolfgang / Sisters Agency

Ci-contre Frederikke Hviid vit ici avec son mari et leurs trois enfants. Page de droite Dans le salon, canapé d’angle Kalejdoroom. Bibliothèque sur mesure. Table basse fifties qui suit Frederikke depuis des années. Au mur, le collage en tissu est l’œuvre de Pernille Egeskov.


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rederikke a récemment créé la marque de mode APOF avec sa sœur Kathrine Hviid. Toutes deux ont reçu une formation de designers, puis se sont spécialisées dans les vêtements en Lyocell, « une fibre naturelle fabriquée à partir d’eu-

calyptus », explique Frederikke, qui sont ensuite vendus en ligne sur leur webshop. Les journées de Frederikke sont bien remplies. Après le travail, la détente en famille dans la maison en bois rénovée il y a quelques années n’en est que plus appréciable. Les origines de cette habitation remontent aux années 60. D’apparence assez ordinaire, avec ses 120 m2, sa brique jaune, ses petites fenêtres carrées, elle bénéficiait d’une grande parcelle

avec vue sur les champs. Le point de départ idéal pour une transformation profonde. Le rêve a pris forme grâce à un espace désormais adapté au mode de vie et aux exigences des Hviid. Pour en arriver là, il a fallu relever le défi d’élaborer un plan qui permette une rénovation d’ampleur et un agrandissement qui se développe notamment sur deux niveaux principaux. « En collaboration avec un architecte, nous avons cherché à quoi pouvait ressembler notre future maison, et nous avons choisi d’avancer par étapes », explique Frederikke. La famille a d’abord décidé de s’attaquer à la construction d’origine en démolissant cloisons et plafonds bas. Puis des séparations pourvues de grandes portes coulissantes ont été créées afin de gagner de la place et amplifier la sensation d’espace apportée par les nouveaux plafonds hauts. La cuisine a été déplacée dans ce qui est devenu le cœur de la maison. « Quand nous avons terminé la rénovation, nous avons emménagé et commencé à construire une extension en bois sur un côté avec un étage », explique Frederikke. Aujourd’hui, l’ensemble mesure 230 m2 et est baigné de lumière. Un point essentiel pour sa propriétaire : « Nous vivions auparavant en appartement, où je ressentais un vrai manque de luminosité. » Le couple voulait aussi exploiter au maximum la vue

1/ Croquis et outils de travail de la cocréatrice, avec sa sœur, de la marque de mode APOF – A Piece of Favorite. 2/ Frederikke n’a pu résister à ce petit nichoir en papier journal et en tissu dégotté à Paris. 3/ Vêtements et accessoires Whiite sur des patères Muuto. 4/ Les roses jaunes du jardin ont trouvé leur place dans ce vase en argent Minotti. 5/ Autour de la maison, le couple a construit une grande terrasse en bois. À gauche, la cabane à outils est discrètement incorporée à l’ensemble.

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1/ Dans le salon, coussins Christina Lundsteen. 2/ Frederikke avec sa fille Stella, 4 ans, dans la cuisine. 3/ Devant la chambre, la terrasse et ses fauteuils noirs Ikea PS Vågö. 4/ Chaises fifties (Lauritz.com). Déco murale composée de boules en papier découpé et de vases fleuris. Ci-contre Le feu de camp, dans le jardin, est aussi aménageable en barbecue.


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et aérer toutes les pièces. De grandes baies se sont naturellement imposées. Un sens de l’ouverture qui se développe jusqu’à l’étage où les portes se font rares. Les aînés peuvent

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néanmoins se retirer au rez-de-chaussée tandis que Stella, la petite sœur de 4 ans, profite de sa chambre au même étage que celle de ses parents. Dans cette extrémité de la maison, au calme, son lit offre une vue sur le ciel et les étoiles grâce aux grandes fenêtres venues là aussi s’imposer.

Entre épure et hippie chic Frederikke a fait de sa maison autant un point de rassemblement qu’un lieu où chacun peut trouver son intimité. Un espace meublé avec goût et travaillé dans les détails. L’élégance épurée que Frederikke recherche d’ailleurs au départ est régulièrement contrecarrée par son inclination pour un style hippie plus décontracté. C’est entre ces deux pôles que sont choisis couleurs, tissus, coussins, pièces d’art et autres lampes. Le flanc sud de la maison bénéficie désormais tout du long d’une grande terrasse en bois qui donne accès à la fois à la cuisine, au salon, au bureau et à la chambre parentale. En été, elle joue le rôle d’une extension supplémentaire où la famille passe beaucoup de temps. Côté est, le carrelage a permis de créer un espace où jouer au ping-pong et au basket. Il s’est aussi révélé une surface sur laquelle dessiner à la craie. Dans le jardin, un feu de camp a été installé pour apprécier la vie en plein air tout au long de l’année. Stella peut profiter de sa propre cabane, construite par Frederikke avec le bois restant du chantier. Portes et fenêtres de l’ancienne demeure y ont trouvé un espace de recyclage tout indiqué. « Je ne pouvais pas supporter que tout ce bois se perde et je voulais donner à Stella une chose que je n’ai jamais eue. Elle a désormais sa propre petite maison, mais en bois recyclé ! » conclut la designer.

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1/ La cabane de Stella fabriquée à partir de bois recyclé et éléments restants du chantier de la maison principale. 2/ Derrière la porte coulissante de sa chambre, la petite Stella profite d’un tableau noir sur lequel dessiner. 3/ Stella et Frederikke.


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Ci-contre Prani et Emmanuel dans leur salon. Page de droite Un tableau de famille du XIXe siècle veille sur l’entrée aux murs couleur Radis noir (Ressources), qui contrastent avec le marbre clair du sol. Table Mangousta (Kappa). Tapis 70’s. Luminaire de Pierre Folie. Sofa de la collection « Djinn » d’Olivier Mourgue.


Des murs orange et vert foncé créent le décor idéal de cette villa familiale implantée dans le nord-ouest de la France, entre les pins et la mer, et inscrite dans une époque architecturale marquante. Les propriétaires jouent ainsi avec les années 70, qui s’y expriment en toute harmonie. Par Marzia Nicolini / Photos Alessandra Ianniello / Living Inside


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ituée dans le quart nord-ouest de la France et répertoriée comme l’une des plus longues d’Europe et des plus belles du monde, la plage de La Baule a fait la popularité de sa commune. C’est là qu’Emmanuel et Prani ont posé leurs yeux il y a

deux ans et qu’ils sont tombés sur une villa fascinante datant des années 70, inspirée du travail de l’architecte français Bernard Boesch (1914-2005). Après un coup de foudre pour cette demeure qui avait conservé tout son charme et de nombreux meubles, les travaux de rénovation ont commencé. Rien d’invasif, plutôt une série d’ajustements. Ils souhaitaient, par exemple, créer un espace de vie ouvert en supprimant le mur de séparation entre la cuisine et le séjour. Pour ce couple de restaurateurs, la cuisine se devait d’être un élément central, empreint de joie et de convivialité. L’environnement extérieur a été entièrement repensé, comme l’explique Prani : « Nous avons utilisé du pin local pour la terrasse et avons creusé une piscine. » La villa présente un mélange intelligent entre une disposition rationnelle et des détails plus créatifs. Située sur un terrain de 1 000 m2 et mesurant environ 400 m2, la maison possède un sous-sol avec toutes les commodités (garage et buanderie) et s’élève ensuite sur deux étages. Ce qui est surprenant, et qui a retenu l’attention d’Emmanuel et Prani, c’est l’usage audacieux des couleurs. Des murs orange alternent avec d’autres peints en vert foncé ou gris intense : c’est l’expression directe d’une époque où oser était la norme, et dans une large mesure ! Le bâtiment est conçu pour accueillir une famille, ce qui avait son importance pour Emmanuel et Prani, parents de trois enfants : Mathis, Valentina et Violette. « Toutes

1/ Le séjour affiche un vert profond baptisé ThŽ de Chine (Ressources). Au premier plan, Lounge Chair et ottoman de Charles et Ray Eames en cuir chocolat (1960). Réédition de 1972 du Foot du designer Gaetano Pesce (B&B Italia). Table basse artisanale en banian et suspension en raphia, les deux de Thaïlande. Tableau signé du peintre Jules Paressant. Toutes les céramiques sont de Dominique Pouchain, potier français entre 1970 et 2000 à Dieulefit (26). Rocking-chair RAR (1970) de Charles et Ray Eames (Herman Miller). 2/ Appliques des 70Õs Pistillo du Studio Tetrarch (Valenti). Le plafond est couvert de liège d’origine. 3/ Dans la salle à manger, étagère en teck (1962) de Poul Cadovius. Chaises DSW blanches de Charles et Ray Eames (Vitra). Celles en contreplaqué sont signées Norman Cherner (USA). Suspensions 70Õs orange Bubble du designer Verner Panton. Tapis syrien. 4/ Lampe Pipistrello de Gae Aulenti (Martinelli Luce). 5/ Depuis la cuisine tout droit sortie des années 70.

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Ci-contre Le bureau accueille un secrétaire danois des années 70 de Borge Mogensen, une chaise des Eames, deux guitares américaines : une Martin et une Gibson, une poterie française (1960) d’Albert Thiry, un casque Ruby et une suspension Bubble de Verner Panton. Page de droite Le long du mur de la salle à manger, un ensemble en teck (1962) du Danois Poul Cadovius converse avec la table, elle-même de nationalité danoise. Les chaises DSW blanches sont signées Charles et Ray Eames (Vitra), celles en contreplaqué moulé, Norman Cherner (USA, 1960). Deux suspensions orange des années 70 de Verner Panton. Sur les étagères, plusieurs créations en céramique d’Asie voisinent avec une sculpture intitulée Hommage ˆ Buren (1990) de Jules Paressant. Sur la table, vases en acrylique des seventies (Guzzini). Tapis syrien.


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les maisons que nous avions visitées jusque-là étaient typiques du XIXe siècle, divisées en petites pièces. Celle-ci était différente. Construite par une famille de commerçants du coin, elle possédait de vastes espaces intérieurs. Au début des années 70, il n’y avait pas la crise, et l’architecture des résidences était calquée sur le modèle américain : très confortable et attractif pour une famille. Sans compter la proximité de la mer et de la plage, un plus à ne pas négliger. Nous ne sommes qu’à 300 mètres de l’Océan et à 100 km de la ville de Nantes. » Pour ce qui est de la décoration, l’ambiance est totalement vintage, en hommage aux années 70 et à leur esthétique joyeuse, parfois bizarre. L’espace intérieur se révèle idéal pour exposer des meubles d’hier et d’aujourd’hui, de France et d’ailleurs. Des pièces de

1/ Dans la chambre, accrochée au mur, la lampe à lave originale des années 70 domine le lit et une Saarinen Side Table en marbre des années 80 d’Eero Saarinen (Knoll). Dans le renfoncement, la poterie représentant un taureau (1960) est signée Cloutier. 2/ Siège Pastille créé par le designer finlandais Eero Aarnio en 1968 (Adelta). 3/ Réédition du Cactus de Guido Drocco et Franco Mello (Gufram) des 70’s. Sac à main Yves Saint Laurent.

designers très connus comme Verner Panton ou les époux Eames côtoient des choix plus élitistes, comme les œuvres d’art signées Albert Thiry ou Dominique Pouchain. Le décor est très chaleureux et intime, notamment grâce au liège et au daim sur les plafonds qui donnent un sentiment d’authenticité, tandis que les ouvertures sur la verdure procurent un sentiment puissant de communion avec la nature (un autre critère recherché par les architectes des 70’s). La « meilleure » pièce ? Au dire de la maîtresse de maison, le séjour a droit à cette distinction étant donné « son volume et la vue magnifique sur les pins offerte par ses baies vitrées ». La grande terrasse et la piscine sont également des lieux clés de cette propriété, surtout au moment du coucher de soleil. « Quand le soleil décline derrière les arbres, tout est alors plongé dans des couleurs absolument magiques. »

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2017 – Crédits photos : Studios Garnier, iStock. RCS Niort 331566620 –

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Ce n’est pas le récit d’un raz-de-marée mais celui d’un coup de foudre pour un banc de sable… Angeleno depuis des années, le musicien Mike D, des Beastie Boys, a opté pour un nouveau mode de vie, plus proche de la mer et plus en retrait, avec sa famille. Ami de l’architecte Barbara Bestor, il lui a demandé de concevoir un havre célébrant la vie californienne. Par Léa Janvier / Photos Duende

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Page de gauche L’architecte Barbara Bestor s’est chargée de repenser l’architecture de la maison composée au départ de bungalows, pendant que les propriétaires se sont chargés de la décoration. Ci-contre La maîtresse de maison a travaillé sur la suppression de l’opposition intérieur-extérieur en introduisant notamment de grandes ouvertures et des miroirs.


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l y a treize ans, Michael Louis Diamond (dit Mike D, membre fondateur du groupe de hip-hop The Beastie Boys) et sa femme, Tamra, réalisatrice de films et documentaires, vivaient dans une belle et grande maison coloniale espagnole, dans le quartier de Los

Feliz, à Los Angeles. Un rêve californien de trois étages, avec piscine et vue imprenable sur la ville, près d’Hollywood et de Silver Lake. Il leur suffisait de traverser la rue pour se promener au Griffith Park avec leur chien et y croiser tous leurs proches. À la naissance de leur premier enfant, l’envie de déménager se fit sentir. À cette époque, des amis leur firent découvrir une plage isolée qu’on ne peut atteindre que par des sentiers accidentés, le type de spots que les connaisseurs ne dévoilent qu’à leurs proches. Michael en garde un souvenir émerveillé : « Seules quelques personnes avaient gagné ce banc de sable. Les enfants jouaient avec les dauphins. Et des vagues parfaites pour surfer se brisaient juste là… À l’horizon, nous pouvions voir toute la baie de Santa Monica et, les jours de beau temps, Palos Verdes, jusqu’à Santa Catalina. Ce fut enivrant. Nous y avons passé tellement de temps que les premiers mots de David ont été « plage » et « océan ». Avant même que nous nous en rendions compte, nous désirions une maison. » Tombés amoureux de cette plage, ils ont cherché un endroit à proximité, un projet qui permettrait un jour aux enfants (ils attendaient leur second fils, Skyler) d’aller chez leurs copains à vélo ou à la plage tout seuls. Ils découvrirent ainsi une grande maison de plain-pied avec un jardin qui s’étendait jusqu’à un verger, avec pour voisinage un cheval au milieu d’un champ. Malgré l’organisation irrationnelle de la propriété (une maison de trois chambres reliées à quelques bungalows) encerclée par une horrible clôture, elle les séduit. Tamra démolit l’affreuse clôture, mais très vite s’imposa la nécessité d’unifier ce qui était devenu un mélange incohérent de bâtiments. Les architectes sollicités proposaient d’abattre toutes les structures afin de construire un projet de toutes pièces. « Cela demandait beaucoup plus d’argent et de

1/ et 3/ L’esprit cabane de plage habite l’intérieur comme l’extérieur de la maison. 2/ Le nombre de couches de peinture nécessaires pour obtenir le jaune de la porte d’entrée a failli décourager le peintre… 4/ Chaises DCM des Eames (Vitra) et Saarinen Dining Table d’Eero Saarinen (Knoll). 5/ Le séjour s’illumine de suspensions sphériques Bocci. Les chaises proviennent d’Amsterdam Modern, un antiquaire de Los Angeles qui propose aussi ses pièces sur Internet. La couverture des murs et plafonds de panneaux et lattes de bois participe à l’ambiance informelle de la maison.

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patience que prévus. Nous en avons donc parlé à notre amie Barbara Bestor qui avait des enfants et comprenait comment nous souhaitions habiter l’espace. Elle maîtrisait les contraintes budgétaires. Conclusion : Barbara s’occuperait de l’architecture ; moi, de l’intérieur, en étroite collaboration avec son équipe. Je suivais déjà les travaux de notre maison de Brooklyn, donc je savais que je pouvais gérer le chantier », rapporte Michael. Depuis quinze ans, Barbara Bestor accompagne la tendance bohème chic née dans le nord de Los Angeles, à Silver Lake. Un nouvel art de vivre qu’elle a théorisé dans son ouvrage Bohemian Modern. Liée au monde de la musique, elle construit les maisons, bureaux et restaurants les plus trendy de la ville : le siège de la marque de casques audio Beats by Dr. Dre ou le conservatoire de Silver Lake. La maison principale ne communiquait pas bien avec l’extérieur. L’ingénieuse solution de Barbara consista à élever la partie centrale pour créer une seule et même grande pièce, entièrement ouverte sur la terrasse et le jardin, et de la doter d’un sol clair. Elle a aussi inversé l’inclinaison du toit vers l’intérieur. De son côté, Michael a imposé sa palette : « Nous aimons les couleurs audacieuses. Le jaune vif de la porte d’entrée a presque conduit notre peintre à

1/ Tapis en laine, meuble en bois naturel, suspension en verre et linge de lit en coton : le choix des matériaux dénote une envie d’authenticité. 2/ Comme un tableau sur le mur de l’une des salles de bains, l’ouverture donne sur le jardin et une partie de la maison, un ancien bungalow sur pilotis… 3/ Mike D a dû adapter les motifs du papier peint Brooklyn Toile qu’il a créé pour la marque Flavor Paper et qui recouvre les murs de l’abri de piscine transformé en salon.

démissionner, tant le nombre de couches nécessaires pour obtenir l’effet souhaité fut élevé, mais le résultat me rend quotidiennement heureux. Tout comme les carreaux flashy des salles de bains et les portes céruléennes de l’abri de piscine. Avec la société Flavor Paper, je venais de dessiner un papier peint baptisé Brooklyn Toile pour notre maison de New York. L’adaptation de la version Malibu, avec des scènes de plage, s’est révélée très facile. » Barbara a travaillé la confusion des frontières « intérieur-extérieur » en ajoutant des puits de lumière et des fenêtres hautes, et en prolongeant à l’intérieur l’aspect des murs extérieurs. Le même tissu a été utilisé pour recouvrir les coussins d’assise et de dossier de banquettes installées de chaque côté de la baie vitrée, sur un coffrage en bois à l’intérieur, en béton à l’extérieur. Si les contraintes participent de la création, elles esquissent parfois la direction à prendre.

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Le National La chambre des métiers

Au pied du Conservatoire national des arts et métiers, l’art de vivre a pris corps sous la bannière du National. Cet hôtel flambant neuf s’inscrit comme un kaléidoscope d’effets spéciaux, un scénario original sophistiqué où s’illustrent trésors d’imagination, savoir-faire et techniques de pointe. Une belle découverte. Par Nathalie Nort / Photos Jérôme Galland

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Fluides, harmonieusement dessinés, les lignes et matériaux mettent en exergue le travail des artisans. En un savant façonnage, la pierre taillée souligne avec majesté la belle perspective du hall d’entrée.


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ans ce haut Marais qui ne cesse de faire le beau,

hall, théâtralisé dans le granit sombre et le calcaire imma-

l’Hôtel national des Arts et Métiers était, en ce début

culé, emprunte à l’Art déco une dramaturgie qui s’évapore

d’été, l’outsider qui marque des points. Loin du faste

subitement dans un jardin d’hiver. Au fond, le bar se vit

surmédiatisé d’un palace légendaire rouvrant ses portes au

comme une énigmatique caverne, l’antre rêvé d’un herbo-

même moment, la métamorphose de deux immeubles hauss-

riste déjanté – l’Herbarium – incarné par Oscar Quagliarini,

manniens en une chic adresse pour initiés se jouait en sour-

le barman milanais au savoir de parfumeur. Le Ristorante et

dine mais non sans suprême élégance. Le challenge esthétique

sa cuisine affairée, ouverte à tous les regards, communique

du lieu relevé par le talentueux designer Raphael Navot – re-

avec la Cicchetteria, un comptoir à tapas italiens mi-salon

péré par David Lynch qui lui confia l’iconoclaste décor du

mi-terrasse. Dans les deux cas, la carte crédite les trésors de

club Silencio – n’y est pas étranger. Heureux hasard de notre

la Botte : une mozza di bufala (500 g !), un poulpe croustil-

visite, Francis Ford Coppola en personne jouait la guest-star

lant ou une piccata qui appellent naturellement au partage

sur mesure. En fin connaisseur (sa propre compagnie hôte-

entre amis. Dans le rôle du restaurateur, Julien Cohen (Cail-

lière, The Family Coppola Hideaways, ne compte que des pé-

loux, Grazie, Pizza Chic, Marzo…), ici associé au tandem

pites), le réalisateur du Parrain se fondait dans le décor, goû-

du branché Bambou, n’a pas eu besoin d’ajouter les sous-

tait l’aura singulière qui s’en dégage. Le Penthouse, la plus

titres pour faire valoir la qualité des produits.

belle suite de l’hôtel, avait tout pour le retenir : 100 m2, des

Si l’endroit impressionne par son casting haut de gamme,

mensurations d’appartement parisien éclaboussé de lumière

c’est toutefois la combinaison superlative des techniques, des

naturelle et paré d’objets choisis avec soin. Quelques marches

savoir-faire et des artisanats mis en œuvre qui force le res-

plus haut, le superbe rooftop bar réservé aux résidents offre

pect. Complexes ou simplement bruts, les matériaux choi-

360° de vues imprenables en plein cœur de la capitale.

sis donnent leur identité propre à chacun des espaces : pierre

Plus bas, à l’ombre de l’église Saint-Nicolas-des-Champs, le

taillée, variation de cuivres oxydés et de bois brûlé, torchis

1/ Belvédère à 360°, le bar en rooftop, de par sa taille modeste, est prioritairement réservé aux résidents de l’hôtel. 2/ Au rez-de-chaussée, deux autres bars, l’Herbarium ou, ici, la Cicchetteria, offrent des alternatives pour boire un verre au salon, au comptoir ou en terrasse. À l’heure de l’apéro, c’est cocktails et cicchetti, comme en Italie ! 3/ L’effet bluffant du cuivre oxydé : des centaines de tubes assemblés en une courbe voluptueuse dessinée par Raphael Navot, l’architecte des lieux.


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et enduits au naturel, béton banché, lin peint à la main ou

ont gagné en fluidité, effaçant les nivellements pour mieux

encore acier noirci à chaud... sans oublier cette splendide

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dilater les espaces. Totalement ouvert, un sous-sol de 250 m

« Forêt de bois de bout » (en bois debout) par Oscar Ono,

promet de beaux événements privés dans ses courbes orga-

plancher vernaculaire à la façon d’un atelier oublié.

niques qui s’évadent vers un escalier admirablement dessiné

« Je suis le contraire d’un designer industriel », affirme Ra-

dans le marbre. Sauvegardé pour sa patine, un autre escalier

phael Navot. Diplômé de la très cotée Design Academy

qui monte dans les étages profite d’un recadrage et d’éclai-

d’Eindhoven (Pays-Bas), cet Israëlien sait mettre en adéqua-

rages subtils. Le confort apporté aux 70 chambres, en une

tion fonction et émotion, aborde chaque plan d’un storytel-

dizaine de typologies différentes, est pesé dans ses moindres

ling minutieux en sublimant la matière brute. À l’instar de

détails tant dans la literie que dans le dessin du mobilier sur

son mentor Li Edelkoort, son style défricheur et anticonfor-

mesure. Insolites, le terrazzo sert de console et le béton ban-

miste semble se nourrir d’une imagerie primitive. Trois ans

ché s’invite en tête de lit.

durant, le National fut pour lui un fantastique champ d’ex-

C’est toutefois la notion environnementale qui inscrit le bâ-

périmentation. Associé à l’expertise complémentaire de Da-

timent dans une ère nouvelle. Pour respecter les normes

niel Vaniche (l’architecte et ingénieur à la tête de l’agence

strictes en la matière, un système de géothermie profonde a

DVVD), le résultat se révèle détonnant dans un paysage hô-

été privilégié. L’installation du pompage hydraulique assure

telier parisien pourtant largement prescripteur. Au creux du

ainsi un refroidissement autonome du réseau de climatisa-

bâtiment, la double verrière qui s’ouvre sans bruit vers le

tion. Une démarche vertueuse guidée par l’attention extrême

ciel est un ouvrage d’ingénierie contemporaine qui fait taci-

au principe de durabilité. Investisseur avisé, Samy Marcia-

tement écho aux avancées technologiques du XIXe siècle, dé-

no (et son Clé Group), déjà à l’origine de l’Hôtel Bachau-

crites au musée des Arts et Métiers, de l’autre côté de la rue.

mont après avoir fait une solide carrière dans le prêt-à-por-

Grandes amplitudes et circulations continues, les volumes

ter, a placé la barre très haut. On dit simplement : bravo !

1/ En une dizaine de typologies différentes, les chambres et suites (20 à 60 m2), certaines avec balcon, offrent une panoplie soignée : béton banché, textiles (Rue Hérold) et mobilier choisis (Moroso, Nathan Anthony, Sol&Luna), parquet à chevrons… 2/ Le Penthouse, de 100 m2, a sa propre terrasse, une cuisine-salle à manger et un salon TV. 3/ Le hall débouche sur le jardin d’hiver sous sa verrière escamotable où le végétal (Kali Vermes) est très présent. 4/ Le terrazzo impose en beauté l’agencement des salles de bain.

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Papiers peints & peintures Poésie murale Cet automne, les fabricants de papiers peints délaissent les stricts motifs géométriques et l’inspiration Art déco pour donner naissance à des décors oniriques, luxuriants, dont l’exotisme nous fait nous échapper du quotidien… Dossier réalisé par Marie Godfrain


Floral vintage La fleur est sans conteste le motif le plus intemporel de l’histoire du papier peint… Cette saison, les éditeurs puisent dans leurs archives pour exhumer roses, tulipes, marguerites et feuillages qui confèreront leur charme suranné à une pièce.


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Page de gauche Papier peint Bloom Grey (Majvillan). 1/ Papier peint vinyle sur support intissé Una Bella Storia, collection « Talamone » (Elitis). 2/ Papier peint Atacama (Farrow & Ball). 3/ Papier peint Ballet (Wall & Decò). 4/ Papier peint Organic, collection « New Elegance » (Hooked on Walls). 5/ Papier peint Kristina Music Room (Liberty Art Fabrics Interiors chez Edmond Petit). 6/ Papier peint Botanica (Devon & Devon). 7/ Papier peint Alicia, collection « Beautiful Traditions » (BoråsTapeter chez Au Fil des Couleurs).

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Fait main Crayonné, peint, dessiné, tagué… À l’aquarelle, à la gouache, à l’encre ou encore au crayon de couleur… À l’ère du toutnumérique, le papier peint joue la carte de l’imperfection et réintroduit la main de l’homme. Une note organique qui apportera de l’humanité à un intérieur.


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Page de gauche Papier peint Apaches (Casamance). 1/ Papier peint Kaleidos (Wall & Decò). 2/ Papier peint Trait de génie (Pierre Frey). 3/ Papier peint Jackson (London Art). 4/ Collection de peintures tons pleins « Forestine » à associer aux papiers peints de la marque (Ressource). 5/ Papier peint Graffiti All Over Velvet Fabric (Timorous Beasties). 6/ Papier peint Impasto Magenta (Designers Guild). 7/ Papier peint Les Carreaux (Hermès).

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Paradis perdus En vogue depuis quelques annŽes, la tendance exotique abandonne sa na•vetŽ et rev•t un air nostalgique pour mieux habiller les intŽrieurs. Des paradis perdus aux teintes dŽlicates, lŽg•rement passŽes, qui dŽgagent une vŽritable poŽsie.


ID-PAPIERS PEINTS & PEINTURES TENDANCES

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Page de gauche Imprimé sur papier intissé Jardins parisiens, collection « Les Dessins 3 » (Pierre Frey). 1/ Papier peint Great Ormond Street (Little Greene). 2/ Papier peint Bahamas (Bien Fait). 3/ Papier peint Colibri bleu (Chantemur). 4/ Papier peint Singita (Cole & Son chez Au Fil des Couleurs). 5/ Papier peint Tropical Clouded Leopard (Timorous Beasties). 6/ Papier peint Amazone, collection « Cosmopolitan n° 2 » (Nobilis). 7/ Papier peint Caraïbes (Le Presse Papier).

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Trompe-l’œil La qualité qu’apportent les dernières technologies d’impression numérique autorise aux papiers peints de singer d’autres matériaux comme le marbre, le bois, le carrelage ou la peinture… Des effets de texture qui permettent par exemple d’afficher une ombre de palmier ultraréaliste sur un mur blanc. Des traits d’humour à parsemer dans son intérieur !


ID-PAPIERS PEINTS & PEINTURES TENDANCES

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Page de gauche Papier peint Old Gloucester Street (Little Greene). 1/ Papier peint 17210EWC, collection « Essential Wallpaper » (Wall & Decò). 2/ Papier peint Palm Shadow (Au Fil des Couleurs). 3/ Papier peint 218634, collection « Neo Royal », de Marcel Wanders (BN International). 4/ Papier peint panoramique à motif marbre Cipolin Vert (Koziel). 5/ Papier peint Tivoli-Pirate (Tenue de Ville). 6/ Papier peint Boiserie anglaise (Koziel). 7/ Papier peint Mosaïc gris (Chantemur).

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Polar and Polar Perch (Modular Systems) Designed by Pearson Lloyd

LE PARTENAIRE MOBILIER DE L’ARCHITECTE RETROUVEZ TOUTES NOS ADRESSES SUR WWW.SILVERA.FR - contact@silvera.fr - Home, offices & more SILVERA ESHOP – KLÉBER – BASTILLE – BAC – UNIVERSITÉ – KIDS – SAINT GERMAIN – BEAUGRENELLE – PRINTEMPS MAISON – FAUBOURG SAINT HONORÉ – NEW LONDRES


Fauteuils Clinton, du designer Luca Scacchetti, recouverts de Trevira CS Tatami, coloris Acqua (Rubelli Casa).

Tissus Parures d’intérieur Palettes de couleurs, univers graphiques, variété des fibres… les plus fameux éditeurs de tissus déclinent, encore cette année, leurs savoir-faire à travers des collections toujours plus désirables. Sachant insuffler l’esprit de leur maison dans leurs créations, ils poursuivent, chacun avec son style et ses références, leur quête d’inventivité, d’élégance et d’harmonie. Pour réinventer votre intérieur, voici les tendances 2017-2018. Par Serge Gleizes


Inspiration nature La nature apparaît toujours aussi présente dans les collections de cette saison, réinterprétée sous différentes formes : impressions de ciels, motifs botaniques, couleurs délavées, fleurs stylisées, retranscrivant ainsi le goût de l’exotisme, le retour aux sources et à une certaine sérénité.


ID-TISSUS TENDANCES

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Page de gauche Coussins Fronds et Roof Garden (Skinny laMinx). 1/ Collection « Lilaea » en 100 % soie (Harlequin). 2/ Coussins en velours Rêverie (Descamps). 3/ Satin de lin imprimé Danse des Cyprins, collection « Voyage à Kyoto-Shi » (Misia). 4/ Parure de lit Luke et plaid Copenhagen (Madura). 5/ Parure de lit et coussins de la collection « Terra Bianca » (Madura). 6/ Satin de coton imprimé Fritillaria Malachite, collection « Tulipa Stellata » (Designers Guild). 7/ Coussins en lin imprimé, collection printemps-été 2017 (Bianka Leone).

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Tissages graphiques Impressions géométriques, tonalités fondues, hommage à l’architecture sont également les points forts de collections très urbaines dans lesquelles se devinent la symbolique et l’esthétique des années 20 à 60, traitées de manière moins radicale.


ID-TISSUS TENDANCES

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Page de gauche Velours Indiana (Houlès). 1/ Fauteuil recouvert de tissu Reverso. Tissu Molitor (rideau), collection automne-hiver 2017-2018 (Casamance). 2/ Tissu Fujin (rideaux), chaise (modèle Pleine Lune) recouverte de tissu Helong (Pierre Frey). 3/ Collection « Eleganza » (Jab Anstoetz). 4/ Jacquard de coton Tessere en coloris Blue Cucumber (Dedar). 5/ Collection « Lucia » en lin tissé de fils argentés ou cuivrés (Élitis). 6/ Broderie de laine sur lin Humor, collection « Cartoon » (Boussac). 7/ La nouvelle collection de coussins Heytens.

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Revival 50’s Lignes, motifs et couleurs des années 50 sont également les thèmes de cette saison que les éditeurs singularisent d’une manière légère et subtile, comme si le temps les avait bonifiés, sans doute parce que les inspirations planent du côté des îles lointaines et dans cet art du métissage qui caractérise les tissages d’aujourd’hui.


ID-TISSUS TENDANCES

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Page de gauche Fauteuil recouvert de velours de coton Cuba, collection 2017 (Sahco). 1/ Fauteuils Easy Chair de Robin Day recouverts de tissu Mercurio, collection « Rubelli Venezia » (Rubelli). 2/ Jacquard Megaprisme céleste (Créations Métaphores). 3/ Collection « Reflex » de Raf Simons (Kvadrat). 4/ Motif Tropical Jungle, collection « Evasions » (Lelièvre Signature). 5/ Rideau Taffetas XXL, collection « Project n° 6 », et fauteuil recouvert du tissu Dandy, collection « Project n° 7 » (Nobilis). 6/ Tissus Oswald, Wrangell, Dunstan et Curtis (Larsen). 7/ Plaid et coussins Viking Cheverny (Toiles de Mayenne).

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ID-TISSUS NEWS

Houlès : effets nacrés

Sunbrella passe à l’intérieur

Jab : pour toute la maison

Du lin sous toutes les coutures, telle est la tendance amorcée en janvier dernier par l’éditeur de passementerie (son cœur de métier), de tissus d’ameublement et de fournitures pour tapissiers Houlès. La preuve avec Ixos, un natté brut très chic, Issey, un velours rustique décliné dans une palette de vingt-neuf coloris, et Ilaya, une toile très souple. La maison a également lancé un velours chenillé Indiana (photo arrière-plan) et un natté aspect lin Inca (photo premier plan), les deux dotés des propriétés FibreGuard grâce auxquelles les taches disparaissent comme par magie après le passage d’un chiffon humide. L’éditeur propose toujours de sublimes passementeries, dont la ligne Art déco « Palladio » inspirée du vestiaire féminin, avec des franges perlées, moulinées, de la mousse – de nouveau en vogue –, des guipures et des effets nacrés et métallisés qui font vibrer embrasses et galons. S.G.

Tissages sur coton bicolore, broderies en viscose, dessins ikats… Toute la poésie des Mille et une nuits plane sur la saison automne-hiver de la marque Jab Anstoetz. Mais son autre point fort réside dans les fibres antitaches (traitées Oeko-Tex) de la gamme « Francis by FibreGuard », travaillée dans une inspiration Art déco, ainsi que dans des tissages filtrant les rayons UV des stores enrouleurs, des stores plissés et des parois japonaises. Parallèlement à ses créations textiles haut de gamme, la marque s’occupe également de toute la maison en diffusant des collections de tapis, de moquettes et de revêtements de sol de grande qualité. Elle ne s’arrête pas là puisqu’elle propose également une ligne de mobilier, une de tringles à rideaux et une autre enfin de revêtements muraux. De quoi agrémenter son intérieur… S.G.

13, rue du Mail, 75002 Paris.

La marque de tissus outdoor américaine Sunbrella annonce son arrivée sur le marché de l’indoor, en même temps que le lancement d’une nouvelle famille de produits conçus pour séduire un public d’esthètes. Motifs graphiques d’influence scandinave, tons naturels, camaïeux de blancs, rose poudré et carreaux « masculins » : ce nouveau cahier d’inspiration, glané dans les capitales d’Europe, devrait séduire les décorateurs et les designers, mais pas seulement. « Nous voulons montrer que nos tissus peuvent être utilisés à l’intérieur sur du mobilier et des coussins, mais aussi, avec un peu d’imagination, en bagagerie ou dans le prêt-à-porter », explique Mélanie Bernard, directrice du design chez Sunbrella. Installée à Wasquehal (59), près de Lille, l’entreprise à l’origine fabricante de stores utilise la technique bicentenaire du métier Jacquard et produit elle-même ses propres fils à partir d’une matière acrylique teintée dans la masse. A.E.

Tél. : 01 83 79 06 00.

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ID-TISSUS ZOOM 1

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Pierre Frey, une belle maison C’est plus une maison qu’une société, car c’est surtout, aujourd’hui encore, une entreprise familiale qui défend un état d’esprit, une vision, une philosophie, et focalise son développement sur le dessin, tout en restant fidèle aux valeurs qui l’ont nourrie et à sa passion pour la création.

« Aujourd’hui, nous focalisons notre développement sur le

Par Serge Gleizes

5 000 coloris, 1,5 million de mètres de tissus vendus par an

P

dessin fait main, reprend Patrick Frey, sur le papier peint et le revêtement mural, mais aussi sur le meuble textile, la moquette et le tapis sur mesure. C’est-à-dire que nous travaillons de plus en plus sur une offre globale. » Pierre Frey, c’est 7 000 références, dont de 400 à 500 nouveautés par an, et 85 modèles de canapés : 70 % du chiffre d’affaires est réa-

ierre Frey, c’est toute la beauté de l’imprimé, des

lisé à l’international. Depuis le début, la griffe véhicule dans

couleurs, des jacquards, des damas, des moires, des

le monde entier l’excellence à la française, vertu qui a attiré

lins, des cotons, des soies et des laines naturelles.

sous son aile d’autres grandes maisons défendant le même

C’est également tout un savoir-faire au service de la belle

savoir-faire : Braquenié, qu’elle a rachetée en 1991, avant

ouvrage. Depuis plus de quatre-vingts ans, la maison par-

Fadini Borghi et Boussac, en 2004, et Le Manach en 2013.

ticipe à la décoration des plus somptueuses demeures du

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monde et d’établissements publics, hôtels, ambassades, pa-

Une histoire de famille

laces, musées et institutions culturelles. « Nous ne sommes

Pierre Frey voit le jour à Douai en 1903. Premier emploi à

pas des décorateurs, mais des fabricants de tissus », rela-

17 ans, en tant que coupeur pour les tissus d’ameublement

tivise Patrick Frey, fils unique du fondateur, pour lequel la

Burger, à Paris. En 1933, il reprend la direction de la mai-

transmission reste une valeur fondamentale, surtout dans

son Lauer et rencontre le dessinateur Jean Chatanay avec

une entreprise familiale. En témoigne la collaboration de

qui il fonde sa première société en 1934, Chatanay et Frey.

Vincent, l’un de ses trois fils, en tant que directeur général

Édités par deux décorateurs, Jacques et Henri Barroux, les

du groupe, de Pierre, l’aîné, responsable de la création

premiers imprimés voient le jour. Fort de ce succès, Pierre

de Boussac et directeur de la communication, et celle de

Frey rachète les parts de son associé, fonde la maison Pierre

Matthieu, le troisième, basé à Singapour, aux manettes du

Frey en 1935 qui s’installe l’année suivante à son adresse

développement de la filiale asiatique qui couvre treize pays.

définitive. Dans les années 50, il fait preuve d’une créativité

1/ Patrick Frey (au centre), fils unique du fondateur, et ses trois fils (de gauche à droite) : Matthieu, Vincent et Pierre. 2/ Esquisses de motifs bleus pour le travail préparatoire à la création d’une étoffe ou d’un papier peint.


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tissée de belles histoires débordante. L’enseigne commence à exporter ses créations

sollicite pour ses collections Ken Scott, le grapheur Toxic,

en Suisse, en Angleterre, en Belgique et aux États-Unis. En

Vincent Darré ou le studio Andrée Putman. Pendant de nom-

1969, Patrick, son fils, rejoint la société. Il devient directeur

breuses années, il confie la communication à son épouse,

de la création en 1975, puis président l’année suivante. La

Lorraine, et, en 2003, la responsabilité du patrimoine de la

fibre du beau et la passion pour les arts décoratifs lui ont été

maison à l’historienne du textile Sophie Rouart, qui dirige

également transmises par sa mère, Geneviève Prou, artiste

un véritable petit musée abritant plus de 25 000 documents,

textile et femme de goût qui avait travaillé pour la maison et

allant du XVIe siècle à aujourd’hui. En 2016, nouvelle consé-

dont le père, René Prou, était un décorateur renommé dans

cration avec l’exposition « Tissus inspirés, Pierre Frey », qui

les années 30. Nouvelle consécration en 1976 : Pierre Frey

s’est tenue au musée des Arts décoratifs de Paris.

6

fait partie du Comité Colbert. Passionné par les rencontres, les voyages, les livres et les arts de toutes sortes, Patrick Frey,

De plain-pied dans le contemporain

confirmant son talent de visionnaire, lance sous sa griffe, de

Les collections sont toujours aussi fortes et originales, à

1983 à 1997, des lignes d’accessoires, de sacs, de vaisselle,

l’image de la ligne de papiers peints « Guizhou », inspirée

de carrelage, de coussins, de nappes et autres foulards. Son

par le travail de broderie des femmes des tribus chinoises

premier showroom, dessiné par Andrée Putman, date de

Miao, qui se coordonne au textile Maoming, en juste

1980. Neuf ans plus tard, la maison rachète l’usine de tissage

contrepoint de la ligne « Natecru », créée par Patrick Frey

Denimal, anciennement Margueroy, fondée en 1938 dans

dans les années 80 et relancée en 2016, mélange de tons

le nord de la France, aujourd’hui labellisée « entreprise du

naturels et écrus, de lin, de laine, d’alpaga, de coton, de soie,

patrimoine vivant ». De nombreuses filiales voient le jour,

de cachemire et de chanvre. Chez Boussac, la couleur est

aux États-Unis, en Angleterre, en Suisse, en Allemagne, en

partout, de même que les motifs graphiques inspirés des

Italie, à Dubaï et, tout récemment, à Singapour. À l’instar de

eighties, qui s’harmonisent aux broderies réalisées sur des

son père qui faisait travailler les décorateurs d’Alavoine &

matières brutes. Magnifique également, la ligne de velours

Compagnie, de Mauny et de Beranger, mais aussi Charles de

dessinée par India Mahdavi chez Pierre Frey, lequel a éga-

Beistegui, Elsa Schiaparelli, Jean-Denis Malclès, Jacqueline

lement signé le décor du bateau Cachemire, naviguant sur

Guidoux-Desfontaines ou Geneviève Prou, Patrick Frey

la Seine et sur sa belle histoire…

3/ Sur le canapé, textile Maoming. © ANNEEMMANUELLE THION 4/ Les nouveautés Fadini Borghi, marque du groupe Pierre Frey : damas Lazlo, velours Lecco… 5/ Dans la collection de papiers peints et de revêtements muraux « Guizhou », le panneau Yunnan (quatre lés) reproduit une œuvre à l’encre de Chine d’Hélène Mongin. 6/ La collection revisitée « Natecru » de Patrick Frey rassemble des lins, lainages, cachemires et soies. © YVES DURONSOY

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ID-TISSUS ZOOM 2

Larsen, nature is beautiful

C’est un bel hommage à la nature que rend Ariane Dalle pour la dernière collection de Larsen, ligne de tissus d’ameublement américaine dont elle assure la direction artistique depuis 2009, parallèlement à celle de Manuel Canovas, autre marque du groupe anglais Colefax. Éloge de la sobriété, des effets de matières et de textures, de croisements de fils, de motifs graphiques et de couleurs douces.

retrouve dans la nature est à mon avis nécessaire pour

Par Serge Gleizes

toucher, écouter… » Si la jeune femme est exaltée par

P 308

se ressourcer dans nos univers urbains et gris », dit-elle. Cette observation minutieuse de notre environnement, Ariane Dalle la poursuit chaque saison en y mettant sa touche personnelle. Car cette passionnée de tissages, de couleurs et de matières l’est également de la sensation ressentie au toucher des fibres qu’elle caresse parfois les yeux fermés pour évaluer leur sensualité. « Pour chaque collection, mes sens partent en vadrouille pour dénicher de nouvelles idées, poursuit-elle. Il faut regarder, son métier, c’est qu’elle sait y concentrer tout ce qu’elle

our décliner le monde végétal et minéral dans sa

aime et qui l’inspire : les voyages, les rencontres, les

justesse, Ariane Dalle a réinterprété sur les fibres

photos, les documents anciens et modernes, les graffitis,

textiles les lignes irrégulières d’écorces d’arbres,

les échappées dans les musées, les pages d’un livre, les

les nervures de feuilles, les roches magmatiques, les

émissions à la radio, comme « Le masque et la plume »

pierres fossilisées… Évocation poétique et abstraite

sur France Inter ou un documentaire sur Arte, et tout

d’une nature qui est chez Larsen une source inépui-

dernièrement la série des huiles sur toiles de Jean Du-

sable d’inspiration, traitée dans de subtils contrastes,

buffet, intitulées Texturologie et peintes dans les an-

des nuances mates et brillantes, des tissages et des bro-

nées 50. Sa dernière grande émotion fut l’exposition au

deries travaillés dans des verts, des blancs lumineux

musée du Jeu de Paume de l’artiste américain vidéaste

et des tons feutrés de bois. « Cette palette que l’on

Peter Campus qui explore la perception du corps dans

Pour créer sa nouvelle collection, l’actuelle directrice artistique de l’éditeur de tissus Larsen, Ariane Dalle, a cherché du côté de la nature et de la minéralité. Au début de son activité de designer textile, le fondateur de la marque, l’Américain Jack Lenor Larsen, confrontait ses motifs à l’architecture moderniste.


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© KAREL BALAS

ID-TISSUS ZOOM 2

l’espace ainsi que toute la programmation de la Galerie

Philadelphia College of Textiles, aux États-Unis. S’en-

Camera Obscura. « Ma curiosité est perpétuellement en

suit une première embauche de trois ans chez Jack

éveil, cela nourrit la créativité. Mais j’essaie toujours de

Lenor Larsen, architecte et tisseur à New York. « J’ai

conserver d’une collection à l’autre un fil rouge spéci-

eu la chance de commencer mon aventure textile

fique pour que tous nos clients identifient parfaitement

auprès de lui en 1997 et de comprendre cet univers

notre marque. »

unique. Ce fut une expérience inoubliable », raconte-telle. Ici, la création de tissus, ou plutôt l’« architecture

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La beauté des choses simples

textile », est issue de techniques de tissage à la fois

Chez Larsen, la rigueur des dessins épouse la sobriété

industrielles, manuelles et artisanales, de technologies

des couleurs, et cela depuis 1952, date de la création

innovantes d’impression, de broderies modernes… et

de cette belle entreprise américaine. Cette philosophie

la créativité apparaît dans les jeux d’armures, les croi-

va de pair avec la sensibilité de la directrice artistique,

sements de fils et les effets d’impression. Cet esprit,

dont le travail se rapproche d’une conception très wa-

la directrice artistique l’entretient en créant à chaque

bi-sabi de la création, c’est-à-dire qu’elle affectionne

fois des lignes inédites qu’elle dessine avec ses deux

les matières authentiques et nobles, sans ostentation,

collaboratrices, Isabelle Valcke et Laure Magoutier,

la beauté et l’élégance des choses simples. Dans les ori-

dans l’atelier-loft de la rue Royale. Le groupe Colefax

gines d’Ariane Dalle valsent le chaud et le froid. Elle a

a quitté tout récemment son adresse légendaire du 39

vu le jour en Provence, mais son grand-père, tisseur de

Brook Street, à Londres, pour Pimlico Road, un quar-

lin, vivait dans le Nord de la France. Après des études

tier investi par les agences d’architecture intérieure, les

d’histoire à Avignon, elle poursuit son cursus à Paris

galeries d’antiquités et de décoration. Voici donc un

à l’Atelier de Sèvres, puis aux arts appliqués, dans la

lieu en osmose avec les collections chic et modernes

section textile, qu’elle enrichit d’une équivalence au

que Larsen dessine pour des univers éclectiques.

Ariane Dalle aime les tons naturels. L’élégance de ses étoffes passe par la noblesse des matières et une recherche d’authenticité.


Le beau commence ici

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Papier peint « Paper41 » de la marque 41zero42, coloris Jane et sol « Yaki » en porcelaine impression numérique HD, coloris Carbo Rtisan.

Les belles heures de la céramique Plus que jamais, la céramique joue d’effets incroyables. Formats, couleurs, motifs… Le matériau multiplie les pistes pour se coordonner à nos intérieurs, sublimer les espaces et les animer. Découverte des tendances du moment… Par Olivier Waché


XXS/XXL

Du très grand format qui peut atteindre trois mètres de longueur à l’ultrapetit, comme la mosaïque, on peut l’affirmer : pour la céramique, la taille compte ! Chaque tendance défend ses valeurs : effet d’espace pour la version XXL, et cocooning pour le XXS. La tendance est aussi à agrandir des motifs ou des formats pour forcer le trait et accentuer l’effet.


ID-CARRELAGES TENDANCES

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Page de gauche Mosaïque de verre Albert, 10 x 10 cm, design Ferruccio Laviani (Bisazza). 1/ Grès cérame aspect marbre Aged Dark Nature, collection « Xlight Premium », 120 x 250 cm (Porcelanosa). 2/ Mosaïque de verre, 10 x 10 cm, 5 matériaux, 257 couleurs et une combinaison des collections « Vetrina », « Doro », « Concerto », « Perle » et « Metal » (Mosaico+). 3/ Carrelage hexagonal en grès cérame, collection « Cocciopesto », Ø 60 cm, 20 finitions (Ornamenta chez David B). 4/ Grès cérame fin non émaillé, collection « Storie », 120 x 240 cm, divers coloris, design Giorgia Zanellato & Daniele Bortotto (Cedit). 5/ Grès cérame fin Cardoso Grigio, coloré dans la masse, format hexagonal (existe en mosaïque 3D et briquette), collection « Realstone » (Ragno). 6/ Plaque céramique pour sol, mur et façade, collection « Seta », 100 x 300 cm, épaisseur 3 ou 5 mm, 4 coloris (Laminam). 7/ Grès cérame, motif marbre, collection « Maxfine », 300 x 150 cm, finition Arabescato (FMG).

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Matières à relief La céramique a ceci de formidable qu’elle autorise toutes les audaces créatives. Avec les nouvelles technologies, inventer des motifs en creux et en relief est possible et permet d’animer les murs de la plus belle des façons.


ID-CARRELAGES TENDANCES

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Page de gauche Revêtement en pierre, collection « Le Pietre Incise Palladio », 60 x 60 cm, dessin de moulure palladienne, design Raffaello Galiotto (Lithos Design). 1/ Marbre Tribale à effet maille tressée, collection « Cesello », design Raffaello Galiotto (Lithos Design Domino). 2/ Grès cérame en 3D, collection « Rombini », motif Triangle, design Ronan et Erwan Bouroullec (Mutina). 3/ Grès cérame structuré, aspect béton, collection « Capoeira », 59,7 x 29,5 cm (Décocéram). 4/ Grès cérame fin Quarzite coloré dans la masse, effet 3D, collection « Realstone » (Ragno). 5/ Céramique pâte blanche à effet métallisé, collection « Geom Metal », 18 x 20 cm (Alea chez Carrément Victoire). 6/ Grès cérame Deco Smock, effet pierre, aspect brut, finition mat, collection « Nord », 20 x 20 cm (Fap). 7/ Revêtement à effet 3D marbre ou bois, collection « Moonlight » (Arcana).

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Couleurs & motifs Plus que jamais, les revêtements céramiques offrent matière à expression. Pour cela, fabricants et designers rivalisent d’imagination et proposent des motifs géométriques, inspirés du monde de la mode ou de la décoration en imitant papiers peints, tissus…


ID-CARRELAGES TENDANCES

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Page de gauche Carreau de ciment Square, 20 x 20 cm, coloris Brazilian Agata Rossa, design Fernando et Humberto Campana (Bisazza). 1/ Grès cérame, 6 dessins géométriques différents, collection « Numi », design Konstantin Grcic (Mutina). 2/ Pierre de lave Coral Red Shiny Crystal, 6,5 x 40 cm (File under Pop). 3/ Céramique en pâte blanche à motifs Florilège, imitant les tapisseries chinoises, 135 x 180 cm (Novoceram). 4/ Grès cérame Tartan, effet tissu, collection « Tailor Art » (Ceramica Sant’Agostino). 5/ Faïence Joyce pour salle de bains et cuisine, uni en 20 x 40 cm ou décor azur en 20 x 20 cm (Portoceram chez Point.P). 6/ Grès cérame porcelaine Lola, impression numérique HD, collection « Paper 41 » (41zero42 chez Surface). 7/ Grès cérame teinté dans la masse, aspect graphique, collection « 80’s », 20 x 20 cm, design Memphis (Ornamenta).

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Vintage twistŽ C’est dans les vieux pots… Pour le revêtement, l’adage vaut aussi. Le retour aux valeurs sûres incite les fabricants à proposer des carrelages à l’aspect carreaux de ciment, voire de véritables modèles mais aux décors actualisés. Cette année marque aussi le grand retour du terrazzo, qui, lui aussi, se décline dans de nouveaux coloris, pour un usage plus contemporain.


ID-CARRELAGES TENDANCES

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Page de gauche Porcelaine à effet terrazzo, collection « Venezia », 29,75 x 29,75 cm, divers décors et coloris (Aparici). 1/ Grès cérame pleine masse Lewtrenchard, collection « Odyssey », 29,8 x 29,8 cm, bleu sur gris (Original Style). 2/ Mosaïque de marbre Herald, collection « Mosaic », plaque de 30 x 30 cm (Original Style). 3/ Terrazzo Chamdo, 30 x 30 cm, divers coloris, unis ou à motifs (Couleurs & Matières). 4/ Carreau de ciment Bossa anthracite, 20 x 20 cm, divers coloris et motifs (Mini Labo et La Maison Bahya). 5/ Carreaux de ciment Paisley, design Piyush Suri, 20 x 20 cm (Carocim). 6/ Carreau de grès cérame Triennale, designers Gio Ponti et Alberto Rosselli (Marazzi). 7/ Grès cérame Roche Acero Ston-Ker, effet carreau de ciment, 59,6 x 59,6 cm (Porcelanosa).

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w w w. d i u r n e . c o m


Tapis New Visioni de Patricia Urquiola (cc-tapis). © LORENZO GIRONI

Tapis : la fibre arty Si les éditeurs de tapis continuent de puiser dans les savoir-faire traditionnels d’ici et d’ailleurs, gages de qualité, c’est aux artistes et aux designers qu’ils font appel pour se réinventer. Panorama des collections 2017, inspirées par les arts et les arts déco. Par Alfred Escot


Impressionnisme délicat

Néoclassicisme revisité

Land art

Une collection de tapis dessinée et éditée par une artiste, c’est le propos de la marque britannique chic et romantique Deirdre Dyson. Portant le nom de sa créatrice (et celui de son mari, Sir James Dyson, inventeur de l’aspirateur sans sac… ce qui s’appelle être complémentaires), celle-ci propose uniquement des modèles de sa production, qu’ils soient noués à la main au Népal ou tuftés en Écosse ; c’est au choix du client. La dernière source d’inspiration de Deirdre ? « Une promenade bucolique » qui s’incarne dans une gamme aux motifs végétaux et géométriques mélangés (photo : Pinnacle), le tout dans des tons pastel et des matières naturelles comme la laine et la soie. Cette collection « Vista » est tout simplement un flot de douceur à poser par terre.

Depuis 2012, Bougainville possède un bureau d’études qui revisite les grands thèmes des tapis d’Aubusson et de la Savonnerie, que des artisans exécutent en reproduisant fidèlement les techniques de tissage de ces deux manufactures françaises prestigieuses. Un voyage dans le temps que l’éditeur installé depuis 1936 au Cannet, dans les Alpes-Maritimes, complète à présent avec des créations plus contemporaines, mais fabriquées selon les mêmes procédés. Tel le modèle Abaya (photo), composé de fils de laine, de soie et de fibres d’orties, teintés à la demande du client et noués à la main sur mesure, aux dimensions qu’il désire. La « haute couture » de l’édition, interprétée à travers un joli thème : les reflets de l’eau à la surface d’un lac.

Ils peuvent être noués sur des métiers verticaux, suivant un dessin effectué au préalable sur du papier quadrillé. Ils peuvent aussi être tuftés sur un canevas en coton, à l’aide d’un pistolet. Ou bien tissés sur des métiers horizontaux, modèle à l’appui. Quelle que soit la technique employée pour les réaliser, les tapis de la maison Serge Lesage sont le fruit d’une collaboration entre des artisans du nord de l’Inde et sa directrice artistique Frédérique Lepers qui élabore depuis plus de dix ans les motifs de tapis pour ainsi dire uniques, puisque tous fabriqués à la main. Parmi les derniers travaux remarquables de la maison, le modèle Land (photo), qui éveille l’imaginaire grâce à un décor de paysage stylisé et mystérieux.

Deirdredyson.com

Editionbougainville.com

Sergelesage.com

EN BREF À chacun son tapis ! Séduire en proposant une pièce unique, c’est l’objectif de Serge Lugassy. De l’écheveau au produit fini,

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© CYRILLE MARTINI

© COLIN PEACOCK

ID-TAPIS NEWS

l’entrepreneur entend maîtriser la totalité de la chaîne de production de modèles qu’il réalise sur mesure, à la demande du client. D’où la variété de styles offerte par son

enseigne La Manufacture du Tapis Design. Soie, lin, laine, coton, mohair, bambou ou bananier, les nombreux matériaux employés permettent des textures et des effets

de matière tout aussi originaux que les formes imaginées dans cet atelier parisien. La Manufacture du Tapis Design : 34, rue de Bassano, 75008 Paris.


W W W. S E R G E L E S AG E . C O M

BOUTIQUES Serge LESAGE : 06 / CHAIX DECORATION / 04 93 88 52 02 ¥ 14 / DESIGN CONTEMPORAIN / 02 31 74 76 90 ¥ 17 / OCTANT DESIGN / 05 46 41 80 07 ¥ 18 / MEUBLES GORDET / 02 48 24 17 72 ¥ 44 / LES INTERIEURS STER / 02 51 76 98 51 ¥ 44 / VIA JULIO / 02 28 16 08 32 ¥ 49 / 3D DECO / 02 41 81 09 23 ¥ 56 / DELVILLE CREDEY / 02 97 47 21 43 ¥ 62 / LIONET DECOR / 03 21 39 31 31 ¥ 63 / ENVIE DÕINTERIEUR / 04 73 91 51 93 ¥ 64 / LACLAU MEUBLES ET DECORATION / 05 59 80 08 22 ¥ 67 / HOME CONTEMPORAIN / 03 88 32 78 02 ¥ 67 / MEUBLES HAAG / 03 88 93 00 42 ¥ 67 / REVE DÕINTERIEUR / 03 88 27 89 49 ¥ 73 / MADELON / 04 79 68 50 60 ¥ 74 / AMBIANCE SOLEIL / 04 50 45 59 97 ¥ 75 / BOUTIQUE SERGE LESAGE BHV / 01 42 74 05 48 ¥ 75 / SHOWROOM SERGE LESAGE RASPAIL / 09 67 43 05 03 ¥ 75 / TOPPER / 01 45 77 80 40 ¥ 76 / OKXO - LA SUITE / 02 35 71 73 02 ¥ 84 / INOVE CINNA / 04 90 86 48 10 ¥

Editeur de Tapis


© BRUNO CLERGUE

ID-TAPIS NEWS

Modernisme chic

SurrŽalisme irrŽvŽrencieux

Abstraction douce

Certains tapis sont aussi beaux au sol qu’au mur. C’est le cas de tous les modèles de la designer et architecte irlandaise Eileen Gray (1878-1976). Le très chic label allemand ClassiCon a eu la bonne idée de les ressortir en accord avec le détenteur des droits de la créatrice, Zeev Aram, éditeur et distributeur de design à Londres. Résultat, chacun de ces huit trésors textiles est confondant de beauté et de qualité. Ils sont suffisamment grands pour influer sur toute l’atmosphère d’une pièce, appartement haussmannien, loft, maison, bureau ou boutique. Leur modernité saisit, différente de la création contemporaine, en ce qu’elle reflète la peinture d’une époque, de Rietveld à Kandinsky. Il y en a un, le Wendingen rug (photo) qui se choisit les yeux fermés. C’est moins dur. G.-C.A.

En 1987, Nanimarquina soufflait un vent nouveau sur le secteur de l’édition de tapis en s’associant avec des designers de renom qui ont confectionné avec elle des pièces au look inédit, jouant avec les formes, les textures, les couleurs, jusqu’à révolutionner la typologie avec Flying Carpet, en trois dimensions, signé par le jeune duo ibérique Ana Mir et Emili Padrós. Pour fêter les 30 ans de cette vertueuse entreprise espagnole qui aide à lutter contre le travail des enfants dans les pays où elle a implanté sa production, le designer star Jaime Hayón a dessiné quatre modèles un peu déjantés (photo), dont un destiné à l’accrochage sur un mur. À noter également, une collaboration exclusive avec le site Madeindesign.com, afin de présenter une gamme de kilims revisités par les frères Bouroullec, en noir et blanc.

Ouverte rue Jacob au début des années 80, la Galerie Diurne présente, à la manière d’une galerie d’art, les réalisations de son fondateur Marcel Zelmanovitch, grand amateur d’abstraction et d’art africain. Conçues dans l’atelier parisien de ce personnage à l’élégance d’un autre temps et nouées à la main par des artisans vivant en Inde ou au Népal, les œuvres de la Galerie Diurne se définissent comme aussi fonctionnelles que décoratives, aussi belles posées au sol qu’accrochées au mur. D’où leurs textures si particulières décrites comme n’étant « ni complètement souples ni complètement rigides ». Voyage onirique dans la Californie des seventies, la nouvelle série de Zelmanovitch, sobrement intitulée « Cali », pose en plus un regard sensible sur la présence poétique de la nature dans un contexte urbain.

Classicon.com

Nanimarquina.com

Diurne.com

EN BREF Art tribal Parmi les nouveautés du fabricant Toulemonde Bochart, beaucoup de propositions collent à la tendance. Casbah

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(photo), en coton et rayonne, joue par exemple la carte du graphique d’inspiration ethnique, avec en prime, un aspect délavé bien dans l’air du temps. Plus audacieux,

Wild se veut une relecture arty du tapis-peau de vache à travers un patchwork en chevrons réunissant des peaux de bête. Il fallait y penser… Soho, quant à lui, est un

modèle en fibres 100 % recyclées, façonné à l’attention des écolos qui souhaitent ajouter une touche de green dans leurs intérieurs. Toutlemondebochart.fr


“Unravel” de la Collection Vista E X C L U S I V E

C A R P E T S

A N D

R U G S

www.deirdredyson.com


© LUIS BELTRAN

ID-TAPIS NEWS

ƒditions collector

NŽocubisme

Sur les pas de Delaunay

Célèbre entreprise hongkongaise, Tai Ping a fêté ses 60 ans l’an dernier et ne cesse d’innover, depuis la fabrication au siècle précédent du pistolet à tuft qui permet aux artisans de crocheter directement les fils sur une toile canevas. Cette année, la collection « Galerie » renoue avec les origines de la marque en éditant trois œuvres signées Stéphanie Coutas, une décoratrice qui a passé son enfance en Asie : Versailles, un modèle d’inspiration néoclassique, conçu à l’origine pour son appartement, et le diptyque Aphrodite et Arès, deux réalisations aux proportions gigantesques qui mêlent les références à la mythologie grecque et à la philosophie orientale. Jadis, Tai Ping a édité les travaux d’Arik Levy, de Gilles & Boissier, d’Agnès Comar ou de Miguel Chevalier.

Créée à l’origine (en 2004) par José A. Gandía-Blasco pour produire les textiles de sa gamme de mobilier outdoor Gandiablasco, Gan s’est fait une spécialité du tapis tissé en Inde. Là-bas, l’entreprise agit, comme d’autres éditeurs, en faveur de la population locale, notamment en matière d’éducation et de formation. Les designers Héctor Serrano, JeanMarie Massaud ou encore Patricia Urquiola participent depuis à l’élaboration de cette collection qui inclut également des coussins et des assises à poser sur le sol. C’est le cas de la dernière ligne signée Urquiola, Garden Layers (photo), un jardin évolutif pour l’intérieur, propice au cocooning automnal.

Jeune designer textile, Elsa Poux imagine des foulards, des cahiers, des coussins et autres accessoires déco vendus en ligne sur son site Mapoesie.fr. Séduits par les dessins pétillants de la créatrice, les ateliers Pinton, basés à Felletin (23), près d’Aubusson, lui ont demandé d’inventer un tapis dans le cadre d’une collab’ entre elle et cette maison prestigieuse qui fête ses 150 ans en 2017. Une aubaine pour cette admiratrice de Sonia Delaunay, dont Pinton avait déjà édité les réalisations aux côtés de celle de Le Corbusier et de Calder. Fruit de ce partenariat : un nouveau tapis, ƒlŽment (photo), témoignage d’un savoir-faire unique et qui joue sur des effets de matière pour faire croire à un puzzle géant posé sur le sol.

Houseoftaiping.com

Gan-rugs.com

Pinton1867.com

© FRANCIS AMIAND

EN BREF

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Art optique Elle avait déjà réalisé, durant la première moitié du XXe siècle, les dessins de Jean Cocteau, de Jean-Michel Frank et de

Jules Leleu. Grâce à l’opération « Transatlantic design exchange », qui vise à rapprocher les designers américains des savoir-faire français, la célèbre Manufacture Cogolin passe

aujourd’hui sur le métier une nouvelle création d’un certain Jason Miller : Four Corners. Basé à Brooklyn, ce touche-à-tout est venu en France pour s’initier aux différentes techniques de

tissage employées par la maison varoise. Résultat : un hommage au plaid Navajo et au designer David Hicks, lequel figure dans les archives de Cogolin. Manufacturecogolin.com


ID-TAPIS GENESIS

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cc-tapis tisse un nouveau lien La designer néerlandaise Mae Engelgeer ajoute sa touche créatrice et colorée à la belle collection de l’éditeur de tapis le plus trendy et le plus chic du moment.

Caractériser cette collection n’est pas facile, car elle ex-

Par Olivier WachŽ

avec cc-tapis. » Pour l’entreprise aussi, « Bliss » ouvre une

S

nouvelle voie, puisque certains motifs en 3D ont nécessité

prime les nombreuses directions prises. Au final, ce projet m’a permis de donner vie à une “nouvelle version” de ma signature. C’est ce que m’a offert cette collaboration

pécialisée dans le design textile, Mae Engelgeer

de nouvelles techniques. Et la suite s’écrit déjà… « L’ac-

rejoint cette année la famille cc-tapis. La jeune

cueil a été plus que favorable lors du Salon du meuble,

femme, qui a ouvert en 2014 son studio à Ams-

indique Daniele Lora. Mae travaille déjà à de nouvelles

terdam, a été repérée par l’entreprise née en France, ins-

combinaisons de couleurs. Mais pour un nouveau projet,

tallée à Milan dans un tout nouveau showroom, et dont

il faudra attendre 2018 ! »

1/ Le nouveau (très beau) showroom de la marque la plus en vogue du moment, cc-tapis, se situe à Milan, à Piazza Santo Stefano 10. Sobriété, élégance et créativité. © FEDERICO TORRA

2/ La créatrice néerlandaise Mae Engelgeer depuis son studio à Amsterdam, ouvert en 2014, signe la collection « Bliss » de l’éditeur de tapis. © IRIS DORINE

les tapis sont fabriqués artisanalement au Népal. « C’était

330

notre première collaboration avec Mae et une expérience

Un nouvel Žcrin milanais

formidable de travailler avec quelqu’un d’aussi créatif et

Dévoilé en avril dernier, le nouveau showroom milanais

motivé, raconte Daniele Lora, le directeur artistique de

de cc-tapis a pris ses quartiers Piazza Santo Stefano, à

cc-tapis. J’avais découvert son travail en 2016, exposé

quelques pas du Duomo. La discrète adresse s’ouvre sur

chez Ventura Lambrate à Milan. Elle présentait une col-

rendez-vous aux architectes et prescripteurs. Sur 400 m2,

lection de textiles et de tapis que j’aimais vraiment, alors

dont la moitié d’exposition, Fabrizio Cantoni, le fonda-

je l’ai contactée. De son côté, Mae nous suivait sur Ins-

teur et dirigeant avec son épouse Nelcya de cc-tapis, et

tagram. Nous avons évoqué une collaboration, et le pro-

Daniele Lora, ont créé un lieu sobre et élégant au charme

jet est né dans un respect mutuel et une admiration parta-

authentique : murs bruts et sol habillé de bois blanc s’op-

gée de nos styles. » La designer a donc imaginé « Bliss »,

posent aux plafonds XVIIIe. Chaque changement d’espace

une collection de cinq modèles, à poser au sol ou à ac-

ou de niveau est matérialisé par un aplat noir qui souligne

crocher au mur. « Tout a débuté avec l’idée de créer une

les volumes. Bien sûr, chaque pièce expose les créations

forme principale, puis une famille de formes, dans le style

de l’année. En octobre, le lieu accueillera un événement

Memphis, explique Mae Engelgeer. Mon travail n’est ja-

mettant en scène tapis et œuvres d’art provenant de trois

mais centré sur un seul motif, c’est toujours un ensemble.

galeries de Rome, Bologne et Milan.

2


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2017 © Zanotta spa / All rights reserved


ID-TAPIS FOCUS

Une histoire de tapisÉ belges

332

Depuis vingt-cinq ans, Limited Edition fabrique des tapis. RŽcit dÕune histoire belge racontŽe en images par le photographe Frederik Vercruysse.

pistolets à brins. Une fois passés à travers la toile, les fils

Par Alfred Escot

en outre de créer des motifs sur mesure.

T

À l’occasion des 25 ans de l’entreprise, le photographe Fre-

qui dépassent sont coupés aux ciseaux pour obtenir des jeux de reliefs et de textures, une caractéristique de la marque qui contribue à son succès. Ce procédé permet

out commence par des bobines rangées sur une

derik Vercruysse a livré un beau témoignage de ce travail,

mezzanine qui surplombe une salle garnie de mé-

aussi rigoureux que fascinant, à travers vingt-deux images

tiers à tisser, rachetés par Katia Dewitte au début

exposées pour la première fois en avril dernier, à Bruxelles.

des années 90. Ce sont des fils de lin, de laine ou de polyes-

Des clichés qui montrent également le savoir-faire de 2tec2,

ter qui traversent l’espace pour se croiser en cadence sur

marque de tapis et de revêtements en vinyle pour les pro-

les machines. La chaîne et la trame ? Deux affluents d’un

fessionnels, créée à Mouscron en 2004, toujours par Katia

même fleuve : Limited Edition, une manufacture créée

Dewitte, avec son frère James Dewitte. Philippe Hanet, le

ici même, à Mouscron (Wallonnie), par cette passionnée

mari de Katia, est le troisième actionnaire de cette société

d’artisanat contemporain, qui a donné du même coup

décidément familiale, qui s’est poursuivie par le rachat de

une seconde vie à l’ancien magasin de bricolage de son

plusieurs sites de production, pas seulement en Belgique,

père. « À Mouscron, nous avons un passé industriel, mais

et dont le chiffre d’affaires a atteint 30 millions d’euros

presque plus d’usines », regrette l’entrepreneuse qui em-

l’an dernier. « Depuis vingt-cinq ans, nous essayons de

ploie pourtant à elle seule, en 2017, plus d’une centaine

tout fabriquer nous-mêmes, afin de maîtriser la quasi-to-

de personnes. Car en plus du tissage traditionnel que l’on

talité de la chaîne de production. Nous avons même une

nomme « jacquard », Limited Edition est aussi spéciali-

teinturerie sur place », explique Katia Dewitte. Un enga-

sée dans le tapis tufté main (de tuft, « touffe » en anglais),

gement qui, en plus de créer des emplois, est aussi un gage

une technique qui consiste à utiliser un cadre tendu d’une

de qualité du tapis estampillé « Limited Edition ». Ou l’art

toile sur laquelle des artisans piquent la laine à l’aide de

de transformer une passion en vertu.

En haut Trois photos révélatrices du savoir-faire de la marque 2tec2, extraites de la série de vingt-deux réalisées par Frederik Vercruysse à l’occasion des 25 ans de Limited Edition. En bas La collection « Chic », tissée jacquard (45 % lin), existe en 5 coloris naturels en taille standard ou sur mesure. Les fils qui passent sur les métiers à tisser sont teints et traités à la manufacture.


Scenematic by AndrÊ Fu "A flâneur-like interpretation of our urban life..."


NOUVELLE COLLECTION 2018

Canapé Carlton à partir de 1 869€ (eco-part mobilier incluse) Modèle présenté, tissu Napoli bleu foncé/laqué noir mat, 2 679€. Chaise Adelaide à partir de 1 099€ (eco-part mobilier incluse) Modèle présenté, tissu Velvet vert/laqué noir mat, 1 299€.

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Canopée des canapés C’est la rentrée ! Et si vous changiez de canapé ? Pièce maîtresse du salon, bien choisi, il détermine toute l’atmosphère qui irrigue le cœur de la maison. Parmi notre sélection de 30 nouveautés, éditées par des spécialistes exigeants et contemporains, il y a certainement celui qui vous attend ! Par Anne-France Remy


ID-CANAPÉS 2017

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1/ Éléments Mah Jong (créés en 1971 par Hans Hopfer) revêtus de tissus de la collection « Nogaku » dessinée par Kenzo Takada, à partir de 980 €. Roche Bobois. 2/ Tira, design Joachim Nees, à partir de 5 823 €. Rolf Benz. 3/ Mia, design Francesco Bettoni, à partir de 2 740 €. MDF Italia.

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MODÈLE: SHIVA - DESIGN: JEAN-PIERRE AUDEBERT - CONFIGUREZ SUR WWW.JORI.COM/FR/SHIVA


ID-CANAPÉS 2017

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1/ Chantaco, à partir de 4 370 €. Canapés Duvivier. 2/ Fauteuil et canapé « Adelaide », design Henrik Pedersen, à partir de 1 499 € et 1 799 €. BoConcept. 3/ Fauteuil et canapé « Edouard », design Antonio Cittero, 2 720 € et 5 160 €. Table basse Tobi-Ishi, design Edward Barber et Jay Osgerby, 3 819 €. B&B Italia.

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nouveauté. string® system metal shelves. designed by anna von schewen and björn dahlström.

annecy: matière et couleur aix en provence: la maison montigny avignon: rbc mobilier biarritz: cour intérieure bordeaux: mürmurs clermont ferrand: mur chambéry: les egoistes divonne-les-bains: kidslovedesign evian-les-bains: eccetera gallargues: rbc mobilier levallois perret: design’dock lyon: rbc mobilier mâcon: l’atelier poinsot marseille: good design store montpellier: rbc design center nice: baobab nîmes: rbc mobilier orleans: invit&vous bastia: l’appart (furiani) paris 18: l’airde paris paris 15: l’œil du jour (beaugrenelle) paris 17: blou pont l’abbe: fleur de carotte rennes: hall 29 rosny sous bois: l’œil du jour (domus) suresnes: la vie en arts st. germain en laye: studio by st. remy de provence: arum toulouse: trentotto valence: espace contemporain viroflay: l’œil du jour agent: modern living


ID-CANAPƒS 2017

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1/ Super Beam Sofa System, design Patricia Urquiola, à partir de 3 790 €. Cassina. 2/ Palmer, design Toan Nguyen, à partir de 7 950 €. Fendi Casa. 3/ Beau Fixe, design Inga Sempé, 3 152 €. Ligne Roset. 4/ M.a.s.s.a.s., design Patricia Urquiola, à partir de 4 000 €. Moroso.

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ID-CANAPÉS 2017

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1/ Camden, design Rodolfo Dordoni, à partir de 3 732 €. Molteni. 2/ Mondrian, modulable, design Jean-Marie Massaud, à partir de 23 400 €. Poliform. 3/ Madison, à partir de 6 000 € ; tables basses Trio, à partir de 1 350 € ; lampadaire Haussmann, 750 €. Hugues Chevalier. 4/ Bardot, en cuir 3 places, design Draga & Aurel, à partir de 12 000 €. Baxter.

342


Le contemporain au service du quotidien

MR 9160 Retrouvez l’ensemble des collections et les coordonnées du concessionnaire proche de chez vous sur musterring.fr

12 Ð Creissels 29 Ð Quimperlé 12 Ð Sébazac-Concourès 29 Ð Plougastel-Daoulas 13 Ð Marseille (La Penne-sur-Huveaune) 31 Ð Toulouse 17 Ð Saintes 31 Ð Portet-sur-Garonne 17 Ð Puilboreau La Rochelle 33 Ð La Teste De Buch 17 Ð St Pierre d’Oleron 33 Ð Biganos 26 Ð Valence 33 Ð Mérignac 29 Ð Lesneven 34 Ð Béziers

34 Ð Lattes 35 Ð Rennes Montgermont 37 Ð Chambray-lès-Tours 49 Ð Brissac-Quincé 54 Ð Nancy 57 Ð Metz 59 Ð Trith-Saint-Léger 61 Ð Alençon

ElŽgance et confort pour cet ensemble de canapŽs basŽ sur la technologie. RŽglages du dossier et de lÕassise mŽmorisables (tŽlŽcommande par smartphone), larges accoudoirs, 3 variantes de dossier, 9 options de structure en version standard. PossibilitŽ de si•ge chauffant en option. Existe en version angle et en diffŽrentes dimensions.

63 Ð Riom 64 Ð Anglet 66 Ð Saillagouse 68 Ð Barthenheim 69 Ð Lyon (Champagne-au-Mont-d’Or) 76 Ð Isneauville 87 Ð Limoges NOUVEAU 94 Ð Maisons-Alfort


ID-CANAPÉS 2017

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1/ Tama Living, modulable, design EOOS, 11 650 €. Walter Knoll. 2/ Auteuil, en cuir ou en tissu, design Bernard Masson, à partir de 2 690 €. Burov. 3/ Standard, design Francesco Binfaré, à partir de 6 820 €. Edra. 4/ Grand Sofà, design Antonio Citterio, à partir de 5 690 €. Vitra.

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ID-CANAPÉS 2017

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1/ Cosse, design Philippe Nigro, 3 189 €. Cinna. 2/ Lysandre, design Roberto Lazzeroni, à partir de 3 170 €. Mood by Flexform. 3/ Canapé et chauffeuse « Brig », design Nicola Nerboni, 2 450 € et 1 042 €. Bross. 4/ Modern, design Gianluigi Landoni, 7 000 €. Vibieffe.

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ID-CANAPÉS 2017

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1/ Lawrence, design Rodolfo Dordoni, à partir de 12 380 €. Minotti. 2/ Agra, design David Lopez Quincoces, à partir de 4 400 €. Living Divani. 3/ Avio Sofa System, design Piero Lissoni, 11 800 €. Knoll.

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ID-CANAPÉS 2017

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1/ Madison, modulable, à partir de 2 000 €. Fama. 2/ Rosebury, design Emmanuel Gallina, 1 790 €. AM.PM. 3/ Ocean 7 (modèle G158), design Bretz Brothers, à partir de 7 114 €. Bretz. 4/ MR 495, 2,5 places, en cuir, 4 810 €. Musterring.

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ID-CANAPÉS 2017

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1/ Oslo, design Anderssen & Voll, modèle deux places recouvert de tissu Kvadrat, à partir de 2 695 € Muuto chez Modern Living. 2/ Traffic, design Konstantin Grcic, version deux places recouverte de tissu Kvadrat, à partir de 2 760 € Magis. 3/ Lune, canapé modulable, design Jaime Hayón, 6 148 €. Fritz Hansen. 4/ Bellice, design Edward Van Vliet, composition six places en tissu, à partir de 6 150 € Leolux.

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ID-CANAPÉS FOCUS

Les bonnes recettes de Jori Style, confort, innovation. Ce triptyque guide l’entreprise belge depuis plus de cinquante ans. Sa nouvelle collection dans l’air du temps n’oublie rien de ses fondamentaux.

menons des études approfondies des besoins du marché,

Par Olivier Waché

possibles. Linea, par sa sobriété, est un modèle intempo-

E

de nombreux paramètres comme la tendance, le besoin du consommateur, la composition du foyer sont en perpétuelle évolution et rendent les prédictions d’achat imrel, qui s’intègre facilement dans toutes sortes d’espaces,

n Belgique, son pays d’origine, mais aussi dans la

ce qui peut expliquer son succès. » Pour preuve, Linea a

trentaine de pays dans lesquels la marque est dis-

déjà été produit à plus de 30 000 exemplaires, unique-

tribuée, Jori est à la fois synonyme d’assises au

ment dans les ateliers de l’entreprise belge. Un aspect au-

confort personnalisé, d’ergonomie et d’innovation. Créée

quel le dirigeant tient particulièrement : « Je suis persua-

par Juan Jorion en 1963, la société, basée à Wervik, fait

dé qu’il existe un excellent savoir-faire dans d’autres pays

appel, dès le début des années 70, à des designers inter-

que le nôtre. En revanche, produire dans nos propres ate-

nationaux. C’est le cas de Jean-Pierre Audebert, créateur

liers en Belgique nous permet d’être en contact perma-

du canapé Linea, lequel fête cette année ses 20 ans. Pour

nent avec nos maîtres artisans, de suivre chaque phase

l’occasion, Jori en sort une version anniversaire, pour la-

de la production et d’intervenir à tout moment, pour ga-

quelle le designer revisite le style : version cuir ou tissu,

rantir une qualité irréprochable. »

choix entre passepoil ou double couture sellier. Pour Juan

354

Jorion, « lorsque Jean-Pierre Audebert a créé le cana-

Confort et personnalisation

pé Linea en 1997, nous pensions que le modèle devien-

Dans sa recherche de confort, Jori s’est attaché à déve-

drait l’un de nos grands classiques. Mais même si nous

lopper de nombreuses alternatives d’assise et a imaginé

Le designer Jean-Pierre Audebert s’est inspiré de l’Arc de Triomphe pour concevoir ce canapé Linea, aux accoudoirs généreux et ajustables, pour un bien-être optimal.


ses propres solutions technologiques grâce à son centre

connu un grand succès avec notre célèbre fauteuil Relax,

de recherche et développement. Pour ses canapés par

dont le mécanisme est breveté. Sur le plan internatio-

exemple, comme les derniers modèles Gitano, toujours

nal, la marque est devenue une référence en matière de

de Jean-Pierre Audebert, et Tigra, signé Verhaert New

fauteuils relax ultraconfortables. La nouvelle offre de

Products & Services, le secret du confort est « le résultat

lounge chairs, comme les nouveaux modèles Rapsody

du travail méticuleux de nos ingénieurs, qui composent

de Jean-Pierre Audebert ou Prelude de Pocci+Dondo-

l’équipe depuis le début de l’entreprise, explique Juan Jo-

li présentés cette année, traduit le renouveau de ce type

rion. Ils sont spécialisés dans une recherche du confort

de fauteuil. Ils proposent une version revisitée du Relax

optimal. Bien avant sa mise en production, le produit

classique. Mis à part son design recherché, la lounge chair

est soumis aux contrôles les plus sévères, et même testé

offre un confort d’assise optimal, qui est le point fort de

par un panel varié de consommateurs potentiels. » L’en-

la marque. » Pour autant, le style n’est pas oublié chez

treprise propose par ailleurs une personnalisation à la

Jori. Si chacun d’entre nous le compose aujourd’hui à

carte, avec la possibilité pour chaque modèle d’être pro-

sa guise, oubliant le total look pour mixer pièce de de-

duit selon des dimensions spécifiques d’assise, de pro-

sign et mobilier de grande consommation, Jori en tient

fondeur et de hauteur de dossier, mais aussi muni d’élé-

compte et s’adapte. « Lorsque Hugo de Ruiter nous a

ments ajustables et amovibles, tels que le repose-tête, le

proposé son fauteuil Lagom, nous avons été séduits par

repose-pied et le dossier. Exemple de ce confort sur me-

ses lignes nobles et élégantes, indique Juan Jorion. Et son

sure, l’offre du fabricant compte de nombreuses lounge

esprit vintage, vraiment dans l’air du temps. » Chez Jori,

chairs. Une spécificité que Juan Jorion explique ainsi :

la recherche du confort personnalisé a toujours été une

« Dès la fondation de l’entreprise en 1963, nous avons

source d’innovation. Rien n’est laissé au hasard…

Contrastes saisissants pour ce fauteuil Prelude des designers Pocci+Dondoli : une coque stricte et un intérieur douillet, une élégance pointue et une impression sport.

355


Contemporary trips parce que les voyages forment la jeunesse !


Shanghai

Miami

New York City

Londres

Sydney

Moscou

Paris

Rio de Janeiro

Venise


ID-URBAN SPIRIT

« Quand je rentre à Saigon, je suis en voyage… » Marguerite Duras, dans L’ Amant.

358


Fils électriques et deuxroues : les rues de la vieille ville ne sont qu’enchevêtrements.

Good morning Saigon ! Choisir de l’appeler Saigon ou Hô Chi Minh-Ville n’est pas innocent : regarder en même temps vers hier et vers demain est un peu une spécialité locale. Le poumon économique du Vietnam, tout en se réappropriant une part du décorum colonial, se jette avec euphorie dans la modernité. Fascinant contraste. Reportage Geneviève Brunet / Photos Young-Ah Kim pour IDEAT

359


ID-URBAN SPIRIT

1

2

L

3

’arrivée à Hô Chi Minh-Ville rend toujours le visi-

à leur smartphone, ils forment un bloc de jeunesse avide

teur perplexe au moment de traverser la rue pour

de consommation et de luxe. Celle qu’on appelait « la

la première fois. Une ville qui compte en moyenne

Marseille de l’Indochine française » ou « le petit Paris

une moto par adulte et près de 10 millions d’habitants :

de l’Extrême-Orient » louche aujourd’hui avec envie du

faites le calcul. À l’instant où vos pieds touchent le bord

côté de Hong Kong ou de Bangkok. « De la maternelle

du trottoir, il vous semble voir défiler l’ensemble du parc

à la fac, le cours de marxisme-léninisme est toujours

des deux-roues en un flot compact et obstiné. On peut

obligatoire et personne en haut lieu n’ose proposer de le

alors soit rester planté là, à regarder bouche bée passer ces

supprimer, raconte pourtant M. Hien, professeur d’his-

engins chargés au-delà du possible – une famille entière,

toire à l’université de Saigon. En revanche, on ferme les

un réfrigérateur, un arbre en pot… –, soit se lancer dans

yeux lorsque les étudiants arrivent à l’examen avec leur

l’arène. La règle est simple : demeurer calme, avancer

livre pour tricher allègrement. »

tranquillement et ne jamais s’arrêter. On verra alors le

360

flot s’écarter comme un banc de poissons et contourner la

Prendre de la hauteur

chicane humaine avec fluidité, les conducteurs se frôlant,

Le Vietnam postcommuniste, qui se libéralise et s’accorde

se poussant un peu du mollet, klaxonnant sans cesse mais

une véritable économie de marché, saute quelques étapes

ne s’invectivant jamais. Ainsi est Saigon : électrique et

et fait ce qu’il peut avec ses contradictions. Tandis que

débonnaire, turbulente et débrouillarde. Ici, la bonhom-

les galeries d’art contemporain commencent à essai-

mie est de règle et la méthode douce une attitude. Sourire

mer des white cubes dans la ville, la police culturelle

lorsque la situation devient gênante, voire potentiellement

continue de soumettre chaque exposition à la censure.

conflictuelle, ne jamais se mettre en colère et contourner

« Mais finalement, pour les artistes, c’est la contrainte

l’obstacle… La technique est la même en politique. Pas-

qui est intéressante », s’amuse Céline Alexandre, direc-

sée de pays en voie de développement à pays émergent,

trice associée de la galerie Quynh. Les jeunes plasticiens

la République socialiste du Vietnam affiche une crois-

vietnamiens excellent dans le second degré et certains

sance parmi les plus élevées de la planète. Les moins de

lieux tels que le Cu Ru Bar, repaire de l’underground

25 ans représentent 70 % de la population ; accrochés

saigonnais, attisent le désir en faisant mine d’être

1/ Le musée des Beaux-Arts occupe une splendide villa coloniale et abrite une collection aussi éclectique qu’attendrissante. 2/ Le paysage de la ville commence à s’émailler de buildings. 3/ Dans le quartier trendy de Thao Diên, les salles de bains de la Villa Song ont été conçues comme de luxueux boudoirs. Page de droite Tout juste inauguré, l’hôtel The Myst réserve à chaque chambre une rafraîchissante terrasse-jardin ouvrant sur la vie du fleuve.


ID-URBAN SPIRIT

1

3

2

clandestins. Pour comprendre cette fébrile mégapole de

crevettes ou de bœuf, parfumée d’herbes fraîches, le tout

10 millions d’habitants, dont la population croît de plus

assaisonné du fameux nuoc-mâm qui transforme en or

de 200 000 personnes par an, commençons par prendre

gastronomique n’importe quel légume insipide. Les ef-

un peu de hauteur. Depuis le Social Club, par exemple.

fluves et la douce morsure des épices qui s’échappent de

Perché sur le toit de l’Hôtel des Arts Saigon MGallery,

ces cuisines ambulantes se mêlent aux odeurs tenaces du

haut lieu de la branchitude locale, le bar propose une vue

durian et du jasmin, pour donner une mixture d’essences

qui embrasse une ville dense, émaillée d’îlots de verdure,

si particulière qu’elle cueille avec force le voyageur nou-

de gratte-ciel, de quartiers au ras du sol, jusqu’à cette

vellement débarqué. Mais interdire le petit commerce des

boucle de la rivière Saigon sur laquelle s’appuie le centre-

trottoirs revient à vouloir détourner un cours d’eau…

ville. Un bel exemple d’urbanisme hybride. Au pied du

362

bâtiment, les larges avenues tracées par les Français, une

Une Silicon Valley asiatique ?

cathédrale de brique rose, un opéra inspiré de Garnier, un

Autant Hanoi, la capitale, s’affiche comme l’intello, la

hôtel de ville comme une meringue et une poste signée

sérieuse, autant Saigon assume sa frivolité avec panache.

Gustave Eiffel. Sans compter les trottoirs ! Ils étaient la

Les deux villes les plus importantes du pays entretiennent

marque de fabrique du colonialisme tricolore en Asie,

d’ailleurs une vraie rivalité. Pas de plus grand plaisir

l’incarnation vivante du changement. Ceux sur lesquels

pour un Saigonnais que de se moquer de la tristesse des

tout le monde roule encore, dont les dalles ont été soule-

« gens du Nord », qui ne se privent pas de leur côté de

vées au fil des ans par les racines des arbres, et auxquels

mépriser la superficialité des cousins du Sud. Saigon,

les autorités s’attaquent régulièrement, engageant une

qui vit des services et du commerce, rêve de devenir une

grande politique de nettoyage et interdisant aux « restau-

Silicon Valley asiatique tandis qu’Hanoi attire les intel-

rants de poussière » de s’installer. Ces petites échoppes

los et le cinéma. Sur l’immense esplanade faisant face à

accompagnent le quotidien de tous les Vietnamiens, les

l’ancien hôtel de ville, ils sont chaque soir des milliers à

riches comme les pauvres. Elles invitent le passant à

se rassembler. Les jeunes, avec leurs groupes de filles à

s’asseoir sur un minuscule tabouret de plastique rouge

cheveux longs et shorts courts, entament des parades de

pour manger le pho, iconique soupe de vermicelles, de

séduction ; les vieux jouant aux cartes, imperturbables.

1/ La styliste et artiste Ti-a Thuy Nguyen a créé le centre The Factory pour partager avec les habitants de sa ville son amour de l’art contemporain. 2/ La jeunesse saigonnaise se donne rendez-vous au Propaganda Bistro : ambiance décontractée et fresques flirtant avec le réalisme soviétique. 3/ L’Usine est le conceptstore où trouver les bons basiques et de petits objets design made in Vietnam. Page de droite Pour traverser : ne pas se laisser impressionner par la marée de scooters, respirer et foncer !


ID-URBAN SPIRIT

1

2

3

Autour de la cathédrale de brique rose, le tout-Saigon

réfléchir à la manière d’aborder ce défi contemporain,

vient faire son shopping dans les galeries commerçantes

entre préservation et réécritures, entre héritage et émer-

où les marques internationales poussent comme des

gences. Ceux qui se rappellent le très poétique pavillon

champignons. Devant tous les terrains encore en friche,

de Vo Trong Nghia à l’Exposition universelle de Milan

des panneaux annoncent l’imminente naissance d’une

iront voir les constructions de cet architecte qui milite

résidence de luxe, d’une salle de congrès ou d’une uni-

pour reconnecter les habitants avec la couleur verte. C’est

versité. L’îlot colonial est désormais cerné de gratte-ciel

notamment le cas de ses Houses for Trees, des prototypes

rutilants. Partout, des grues et des trous : on creuse le

de maisons conçus comme des cubes de béton dont le

métro, qui devrait être inauguré vers 2020 et a entraîné

toit, tel un pot de fleurs, permet d’y planter des arbres.

la cité dans un très lourd endettement. « La ville est

364

construite sur une mangrove, explique Fanny Quertamp,

SucrŽ-salŽ

chercheuse et géographe installée au Vietnam depuis

Les quartiers préférés de Fanny Quertamp sont ceux qui

1996. La pression immobilière y est énorme et le métro,

bordent la rivière. Les « expats » ne s’y sont pas trompés

qui sera en partie enterré, y fait polémique. » Missionnée

en investissant celui de Thao Dien, ex-fief des Français et

pour réaliser un inventaire du patrimoine, la chercheuse

haut lieu de la tendance, aux jolies maisons coloniales et

a fait partie de ceux qui ont poussé la ville à lancer, en

repaire de tous les coffee-shops, concept-stores et autres

2013, un programme de conservation. Mais « quel est

coiffeurs branchés de la ville. Ainsi pensiez-vous atterrir

le poids d’une bicoque face à un investisseur ? » fait-

dans un décor à la Marguerite Duras, avec cyclo-pousse

elle remarquer. Pourtant, peu à peu, les Saigonnais qui

et chapeaux chinois, que vous voilà plongé dans un

partent chaque matin travailler vers les véritables cités

entre-deux bouillonnant. D’un côté, mégapole pressée

industrielles qui cernent la métropole, Samsung en tête,

de réussir, de l’autre, un tout petit monde où chacun se

prennent conscience de leur patrimoine. Ces rues char-

connaît et où, derrière une modernité effrénée, subsiste la

mantes bordées d’échoppes où l’on marche à l’ombre

douceur de vivre, un charme indéfinissable. Une leçon de

des arbres ont désormais une chance d’être sauvées. Les

dolce vita sur le mode sucré-salé, à l’image de la délicate

urbanistes et les architectes commencent, eux aussi, à

cuisine vietnamienne.

1/ Au Temple Club, ambiance coloniale, cuisine vietnamienne raffinée et clientèle huppée. 2/ Le chef Thanh Cuong Nguyen a fait de Quan Bui l’adresse incontournable de la ville. 3/ La bibliothèque de l’Institut des sciences a gardé intacts son architecture années 60 et ses claustras de béton. Page de droite Dès son élégant lobby, l’Hôtel des Arts distille une atmosphère « Chine des années 30 », avec le twist design et la modernité propres à la marque MGallery Collection.


ID-URBAN SPIRIT

1

2

1/ Dans le quartier de Cholon (Chinatown) : le temple de Thanh That. 2/ Vue depuis l’Hôtel des Arts Saigon MGallery.

SAIGON PRATIQUE Y ALLER

Impression délicieuse

sèche (33 °C en moyenne).

rendre hommage à leur

toujours très proches

Vietnam Airlines

d’être devenu

Mais, en juillet, si l’air

dirigeant, Hô Chi Minh.

de la population.

propose 7 vols

millionnaire en

est plus lourd, les prix

Saigon a alors perdu

Ces guides connaissent

hebdomadaires

empochant sa première

sont plus doux et il

son titre de capitale,

Saigon comme leur

Paris - Hô Chi Minh-Ville

liasse de billets de

ne pleut qu’en fin de

cédant sa place à Hanoi.

poche, et certains parmi

(dont 3 en partage

banque au bureau

journée…

Elle reste pourtant

eux parlent le français.

de code avec Air France)

de change ! Il est utile

le poumon

Tél. : 0 825 897 602.

et des départs depuis

d’avoir sur soi quelques

PROFIL EXPRESS

économique du pays.

Asia.fr

19 villes de province.

dollars américains.

Ancien village de pêcheurs khmers,

PARTIR

RELIRE

confortable et tout

VISA

Hô Chi Minh-Ville

Voir l’essentiel ou

L’Amant et L’Amant

récent Airbus A350

Inutile de demander

s’appelait Saigon

se faire concocter

de la Chine du Nord,

et sa Premium Economy

un visa si le séjour

jusqu’en 1975. Capitale

un séjour sur mesure :

de Marguerite Duras.

qui vient juste de subir

ne dépasse pas

de la Cochinchine entre

Asia, spécialiste de

une évolution, offrant

quinze jours.

1887 et 1901, durant

la destination, propose

REVOIR

plus de services et

Au-delà, il s’obtient

l’Union indochinoise

toutes les options,

Indochine, de Régis

plus d’espace. À partir

par courrier auprès

(l’Indochine française),

depuis le voyage

Wargnier (1992), a été

de 625 € l’aller-retour

du consulat

Saigon fut aussi celle

personnalisé en

partiellement tourné à

en classe économique

vietnamien à Paris.

de la République

individuel, en couple

Hô Chi Minh-Ville. Cyclo,

et de 978 € en Premium.

Tél. : 01 44 14 64 00.

du Vietnam de 1954

ou en famille, jusqu’aux

de Tran Anh Hung (1995),

Tél. : 01 44 55 39 90.

Ambassade-vietnam.com

à 1975, date qui a marqué

escapades en petits

aussi. L’Amant, de

la défaite du Sud

groupes. Le voyagiste

Jean-Jacques Annaud

QUAND ?

et la conquête de cette

envoie chaque année

(1992), adaptation du

LA MONNAIE

La meilleure saison pour

grande ville par le régime

ses experts dénicher

roman de Marguerite

Le dong (VND) se

le sud du Vietnam

du Nord. Les vainqueurs

les meilleures adresses,

Duras, se déroule à

caractérise par son

se situe entre novembre

de la guérilla l’ont

les derniers hôtels,

Saigon, dans l’Indochine

nombre de zéros.

et avril, durant la période

rebaptisée afin de

les nouveaux circuits,

française des années 30.

Vols à bord du très

Vietnamairlines.com

366


© SUSAN HUNT YULE 2017


ID-URBAN SPIRIT

NOS HÔTELS PRÉFÉRÉS À SAIGON

Bien sûr, il y a le Majestic, dans l’iconique ex-rue Catinat, le Caravelle, typique des sixties et, surtout, le Continental, repaire des agents secrets pendant la guerre. Parfait pour un cocktail sous les frangipaniers. Mais la nouvelle génération est diablement intéressante…

1

2

3

4

5

6

Céleste

où la piscine domine

d’antiquités et

Vintage moderne

donnent de façon

Sofitel Saigon Plaza (1)

toute la ville.

d’appareils photo,

The Myst Dong Khoi (3)

rafraîchissante

Il vient de fêter ses

17, Le Duan, District 1.

mais c’est sur le rooftop

Les architectes

sur le fleuve.

18 ans et il tient

Tél. : (+84) 8 3824 1555.

que l’on se précipite

vietnamiens d’A21Studio

6-8, Ho Huan Nghiep

vaillamment son rang.

Accorhotels.com

au coucher du soleil

ont réussi à recréer dans

Street, Ben Nghe Ward,

pour un cocktail

un bâtiment neuf aux

District 1.

Fièrement planté

368

au bord d’une paisible

Trendy

et un plongeon.

façades végétalisées

Tél. : (+84) 8 3520 3040.

artère arborée,

Hôtel des Arts

Au restaurant, organisé

l’ambiance des ruelles

Themystdong

le Sofitel Saigon Plaza

Saigon MGallery (2)

autour d’îlots formés

de Saigon. Des couloirs

khoihotel.com

ne cesse de se

La Chine des années 30,

d’une kitchenette

biscornus, des chambres

réinventer. Toutes

qui voyait débouler

ouverte, règne une très

comme des petites

Colonial

ses chambres ont été

les grands voyageurs,

bonne cuisine asiatique.

maisons avec persiennes

Villa Song Saigon (4)

rénovées en 2013 autour

a inspiré l’ambiance

Chambres moelleuses

et banc de bois

Cette maison bourgeoise

des thèmes du voyage

de ce nouveau venu,

couleur crème,

traditionnel : le vintage

d’inspiration coloniale

et de la cage à oiseaux.

très vite devenu le lieu

mordorée et sable.

s’arrête là. Les matelas,

fait face à la rivière sur

Plus l’ascenseur monte,

de rendez-vous de la

76-78, Nguyen Thi Minh

eux, sont au top de la

laquelle on voit défiler, à

plus les couleurs

jeunesse huppée locale.

Khai Street, District 3.

modernité et les

l’heure du petit déjeuner,

se réchauffent, jusqu’à

Le propriétaire y a semé

Tél. : (+84) 8 3989 8888.

terrasses suspendues

les barges lourdement

déboucher sur le toit

sa collection privée

Accorhotels.com

avec Jacuzzi privé

chargées. Les chambres,


7

avec lits à baldaquin

chambres ou de

Pause nature

Minimaliste urbain

Luxe

et salle de bains-boudoir,

l’équipe ? L’atmosphère

An Lam Saigon River (6)

Fusion Suites (7)

Park Hyatt Saigon

regardent le fleuve

légère et souriante le

Pour quitter un temps la

Design minimaliste,

Ce palace respire

ou le jardin et ses

doit un peu aux trois.

ville, il suffit d’emprunter

bois clairs, philosophie

l’opulence. Tapis persans,

frangipaniers, pour une

Joyeux patchwork de

le bateau de cette

wellness et boulangerie

moquettes profondes

retraite fraîche et calme

carreaux de ciment,

adresse de charme.

dans le lobby :

et chambres classiques.

dans le quartier branché

couleurs acidulées,

Il vous dépose en

ne seriez-vous pas

À l’heure du high tea,

de Thao Dien, à l’écart

kitchenettes et roofbar

trente minutes dans

à Copenhague ou

les sacs Hermès se font la

du centre-ville.

qui offre une finger food

un petit paradis tropical.

à Brooklyn ? Cette

conversation. Le bar 2 Lam

197/2, Nguyen Van

(snack) ad hoc pour

Vastes pavillons, longue

nouvelle adresse tranche

Son – dessiné par Super

Huong Street, Thao Dien

accompagner son verre :

piscine d’ardoise, ombre

avec le style colonial,

Potato, le plus trendy des

Ward, District 2.

c’est l’étape préférée

touffue des arbres

tout en proposant des

archi d’intérieur japonais –

Tél. : (+84) 28 3744 6090.

des familles et des

et brise apportée

chambres vastes et

offre lumières tamisées et

Villasong.com

créatifs en séjour long.

par la rivière. Respirez !

lumineuses et un joli spa.

claustras : on aimerait que

30/57 B, Nguyen Cuu

21/4, Trung Street,

3-5, Suong Nguyet

la pluie ne s’arrête jamais.

Friendly

Van Street, Ward 17,

Vinh Phu Ward,

Anh Street, Ben Thanh

2, Lam Son Square,

Lief Hotel Saigon (5)

Binh Thanh District.

Thuan An, Saigon River.

Ward, District 1.

District 1.

Simple et frais :

Tél. : (+84) 8 6296 4466.

Tél. : (+84) 28 2253 1738.

Tél. : (+84) 28 3925 7257.

Tél. : (+84) 8 3824 1234.

parle-t-on du lobby, des

Liefhotels.com

Anlam.com

Fusionsuitessaigon.com

Saigon.park.hyatt.com

369


ID-URBAN SPIRIT

NOS MEILLEURES TABLES À SAIGON

La cuisine locale a toutes les qualités : fine, légère, diététique, nourrie d’herbes et de légumes frais. Un simple pho dans un petit restaurant de rue est déjà tout un voyage. Des tables les plus traditionnelles aux adresses trendy, attendez-vous à un festival gustatif.

1

2

3

4

5

6

Veggie

32, Vo Van Tan Street,

cuisines occidentale

traditionnelle. On

La carte revisite toutes

Hum (1)

Ward 6, District 3.

et asiatique. Aux convives

s’en lèche les doigts.

les saveurs du Vietnam.

Bondé de tables de filles

Tél. : (+84) 8 3930 3819.

de se composer

98, Nguyen Hue,

29-31, Thon That Thiep

et de jeunes couples,

Humvietnam.vn

un « mariage mixte ».

Top Floor, District 1.

Street, District 1.

143, Nam Ky Khoi Nghia,

Tél. : (+84) 8 6680 0188.

Tél. : (+84) 8 3829 9244.

Shgarden.com.vn

Templeclub.com.vn

Élégant

Bio

Temple Club (4)

Ru Pho Bar (5)

ce végétarien chic est

370

aménagé comme une

Chic

District 3.

grotte végétale autour de

Ly Club Saigon (2)

Tél. : (+84) 8 3930 5588.

comptoirs croulants sous

Une grande maison

Lyclub.vn

les fruits. La carte (mieux

blanche au sol de terre

qu’une ordonnance !)

cuite noire, des nappes

Branché

Imaginé par Luc Lejeune,

La pétillante Nina est

décline ses trésors de

de lin noir et des sièges

SH Garden (3)

de l’agence Noor, il a été le

passée par la Belgique

soupes et de légumes par

de velours safran. À cette

Perchée au sommet d’un

premier grand restaurant

et la Californie avant de

leurs vertus. Le bar voisin,

table huppée, on met

immeuble qui domine

de Saigon où goûter

planter son camp au fond

Bloom (photo), appartient

son plus beau costume

le carrefour le plus couru

une succulente cuisine

de cette impasse où elle

à la même famille. Une

et sa robe de soie pour

de Saigon, cette terrasse

locale dans une ambiance

a introduit le concept

halte fraîcheur bienvenue,

déguster les légumes

très populaire a gardé ses

Shanghai des années 30.

de healthy cuisine. C’est

entre béton ciré

et les fruits de mer que la

vieilles tables de bois et

Décor de film, enfilade

la seule table à Saigon

et lanternes multicolores,

chef Dessi de Vries manie

ses spécialités, échantillon

de salons et de bars,

où déguster des nouilles

avant de passer à table.

à la perfection, entre

délectable de la cuisine

conversations chuchotées.

de riz complet avec les


7

bons légumes bio

jeunesse : irrévérencieuse !

le secret qui a fait

Tél. : (+84) 8 3898 9088.

Tél. : (+84) 8 3848 0144.

de Dalat. Des recettes

Voilà l’adresse pop

de Quan Bui (bui signifie

Quan-bui.com

Cucgachquan.com.vn

ultratraditionnelles

où boire une bière

« authentique »),

servies par des produits

et partager des spring rolls

le restaurant où l’on se

Fun

Connecté

« sourcés » : le rêve.

vietnamiens, dans

bouscule. Ses fidèles y

Cuc Gach Quan

I.D Café

27E, Tran Nhat Duat,

un joyeux décor

retrouvent le goût des

Une maison traditionnelle,

Repérez l’étroit escalier

Tan Dinh Ward, District 1.

de briques taguées et

plats de leur enfance avec

étroite et haute.

et montez à l’étage pour

Tél. : (+84) 8 3848 2034.

de fresques d’inspiration

le petit twist moderne que

Lancez-vous dans les

plonger dans les canapés

Ruphobar.com

réaliste soviétique.

les jeunes Vietnamiens

petits escaliers, élisez

saturés de coussins

21, Han Thuyen, District 1.

adorent. L’adresse

votre table et attendez

et l’ambiance shabby chic

Juvénile

Tél. : (+84) 8 3822 9048.

d’origine, cachée dans l’un

le défilé de plats

de ce coffee-shop parfait

Propaganda Bistro (6)

Propaganda.vn

des coins les plus animés

de la cuisine de famille.

pour venir consulter ses

de la ville, est décorée

Mais, surtout, réservez,

mails et boire un smoothie

Le nom du café annonce la couleur et les serveurs

Authentique

telle une salle à manger

car c’est toujours bondé.

dans un décor fifties

portent des T-shirts

Quan Bui (7)

de maison traditionnelle,

Malgré l’ambiance

envahi de plantes vertes.

marqués de l’étoile jaune

« Les meilleurs ingrédients

pour une expérience

de ruche, l’accueil

34D, Thu Khoa Huan

sur fond rouge. Ici,

et beaucoup d’amour. »

encore plus… authentique.

reste zen et souriant.

Street, District 1.

on prend la température

Le chef Thanh Cuong

17A, Ngo Van

10, Dang Tat,

Tél. : (+84) 8 3822 2910.

de l’état d’esprit de la

Nguyen livre volontiers

Nam Street, District 1.

Tan Dinh Ward, District 1.

Idcafe.net

371


ID-URBAN SPIRIT

NOTRE SHOPPING ART, MODE ET DESIGN À SAIGON

On oublie la fausse laque et les copies de la chaise Tolix proposées à tous les coins de rue, pour se précipiter dans les showrooms de la nouvelle génération de designers. Entre matériaux traditionnels et inspiration design, le made in Vietnam est devenu irrésistible.

1

2

3

4

5

6

InspirŽ

inaltérable. Leurs lignes

épouse, PhanThi Thuy

Tél. : (+84) 2862 819 826.

6/39A, Tran Nao Street 12,

Bruno de Caumont (1)

marient l’art décoratif

Mai, présente les

Dong-gia.com

Ward Binh An, District 2.

Sa maison des fifties est

français et l’inspiration

céramiques de

tout ce dont on rêve. Elle

orientale et leur palette

ce créateur exposé

Design

est aussi le showroom de

subtile est la signature

dans le monde entier.

Espace MdeA (3)

cet architecte d’intérieur

de ce fabuleux coloriste.

Les lignes pures des bols,

La pionnière Michèle

Authentique

qui travaille notamment

Sur rendez-vous.

assiettes ou théières

de Albert, installée ici il y a

MŽkong CrŽations (4)

pour l’hôtellerie et peut

Tél. : (+84) 128 612 0413.

et leurs couleurs subtiles,

vingt ans, connaît tous

Cette association aide

métamorphoser

Caumont-interiors.com

céladon, sable, blanc

les artisans de la région.

les femmes des

neigeux, parfois éclairées

Dans ce grand espace,

campagnes reculées en

une habitation du sol au

372

Tél. : (+84) 37 40 60 09. Gayavietnam.com

plafond. Ses somptueux

Terrien

de lignes bayadères, en

elle expose des objets en

exposant leurs ouvrages.

tapis en laine de

Dong Gia (2)

font des objets qui auront

laque et des meubles en

Ils atterrissent dans

Nouvelle-Zélande et

François Jalov a réalisé

leur place dans nos

bois ou en bambou de très

ce décor fait de palettes

ses carreaux de ciment

toute la vaisselle du

cuisines occidentales.

belle facture, réalisés dans

de bois brut, où il faut

graphiques viennent

nouvel hôtel branché

D’ailleurs, Dong Gia signifie

ses ateliers. On peut aussi

fouiller pour trouver

compléter une collection

de Saigon, The Myst. Ce

« la maison de l’Occident ».

découvrir les créations

des trésors de très

de petits meubles

qui donne envie d’aller

C’est tout dire.

en alu, baroques et

grande qualité : vaisselle

intemporels, réalisés

voir toute sa collection

54, Nguyen Cu, Thao

inspirées, de son célèbre

en bambou, étoles

dans une laque mate

dans le showroom où son

Dien Ward, District 2.

mari Quasar Khanh.

en patchwork d’étoffes


7

indigo, mobiles poétiques

la culture du cacao

Incontournable

en coton et soie aux

manière sélective de la

en papier mâché,

et ouvert cette boutique

Sadec District (6)

tonalités subtiles ou

création vietnamienne :

vélos en bambou et sacs

graphique où les

La 3A Station est

encore pour sa vannerie

dessus-de-lit en quilt,

en vannerie qui ne

emballages de plaques

une friche, ancienne

contemporaine.

écharpes indigo,

dépareraient pas sur le

de chocolat aux saveurs

station de tramway,

Une véritable mine d’or !

T-shirts en coton bio

marché de Saint-Tropez.

très affirmées arborent

investie par la jeunesse

3A Ton Duc Thang,

et objets rigolos.

68, Le Loi Street,

des couleurs différentes

en mouvement. C’est

District 1.

Le décor oscille entre

District 1. 1er étage.

selon la région du

ici que l’on trouvera

Tél. : (+84) 8 3911 7547.

le néo-industriel

Tél. : (+84) 8 2210 3110.

Vietnam où la fève a été

les coffee-shops,

Sadecdistrict.com

et le colonial : bois

récoltée. Pour les

la street-food ou les petits

Gourmand

amateurs de crus corsés :

stylistes qui s’amusent

Addictif

et piliers rouillés, dans

Maison Marou (5)

jusqu’à 78 % de cacao.

à twister la traditionnelle

L’Usine (7)

une ancienne fabrique

Un délicieux parfum

On y déguste aussi

tunique vietnamienne :

Le loft absolument

de vêtements envahie

velouté vous assaille

un mémorable

l’ao dai. Sadec est le

incontournable

par la végétation.

dès que vous franchissez

chocolat chaud et des

concept-store à ne pas

où trouver à la fois

Un rêve bobo.

le seuil de ce temple du

pâtisseries cacaotées.

manquer, pour sa vaisselle

un coffee-shop pour

151/5 Dong Khoi Street,

chocolat. Deux Français,

167-169, Calmette Street.

en porcelaine fine aux

s’offrir un jus ou un petit

District 1. 1er étage.

issus de la banque

Tél. : (+84) 8 7300 5010.

couleurs poudrées signée

déjeuner healthy,

Tél. : (+84) 8 6674 3565.

et de la pub, ont relancé

Maisonmarou.com

Amai, pour ses écharpes

tout en « shoppant » de

Lusinespace.com

sombre, haute charpente

373


ID-URBAN SPIRIT

NOTRE SÉLECTION DE LIEUX D’ART À SAIGON

Un petit tour s’impose au Fine Arts Museum pour une parenthèse « nostalgie », mais il faut garder du temps pour observer la formidable architecture moderniste qui résiste ici et là et pour arpenter la scène artistique locale, enthousiaste et ultravivante.

1

2

3

4

5

6

International

portée aussi par sa

escalier d’acier plié au

Conceptuel

assistante, Tra My

Quynh Gallery (1)

directrice associée,

centre et suffisamment

Dia Projects (3)

(photo), expos et

Pionnière, la

Céline Alexandre (photo),

de hauteur sous plafond

En 2010, l’artiste Richard

performances, et y teste

collectionneuse Quynh

est un incontournable

pour exposer des pièces

Streitmatter-Tran a

de nouveaux concepts.

Pham a ouvert sa

de l’art contemporain,

monumentales. Ce lieu

commencé à s’interroger

1057, Binh Quoi,

première galerie en 2003

pour les grands noms

privé s’est donné une

sur l’interaction entre la

Phuong 28, Binh Thanh.

pour promouvoir

comme pour les

vraie mission éducative

recherche et la pratique

Tél. : (+84) 8 3823 8188.

les peintres, sculpteurs

talents émergents.

à travers des workshops,

artistique, semant à

Diaprojects.org

et vidéastes vietnamiens.

151/3, Dong Khoi Street,

de l’art vivant et des

travers la ville des lieux

Elle est devenue une

District 1. 2e étage.

conférences destinés au

éphémères d’exposition

Passage obligé

véritable institution et

Tél. : (+84) 283 8229 969.

public aussi bien qu’aux

et de rencontre. Il a fini

La Poste centrale (4)

participe régulièrement

Galeriequynh.com

artistes. Outre des expos

par s’installer en 2015,

99,9 % des touristes

de grande qualité,

avec la collectionneuse

passent par ce bâtiment

aux grandes foires de

374

l’art. Les artistes qu’elle

Bouillonnant

un café propose brunch

Thanh Ha Mourgue

construit en 1886 par

a aidés à faire connaître il

The Factory (2)

et cocktails.

d’Algue, au rez-de-

l’administration des

y a quinze ans lui restent

L’espace porte bien son

15, Nguyen U Di, Thao

chaussée sur jardin d’un

Postes françaises à partir

fidèles et sa jolie galerie,

nom : cette galerie a les

Dien Ward. District 2.

immeuble bourgeois des

de plans d’Auguste

située juste au-dessus du

dimensions d’une usine,

Tél. : +(84) 8 3744 2589.

années 60. Il y organise,

Henri Vildieu. Avec

concept-store L’Usine, et

avec un impressionnant

Factoryartscentre.com

épaulé par son

sa charpente métallique


7

supportant une immense

conservateurs de musées

joyeuse ambiance

27-I, Tran Nhat

Contemporaine

verrière signée Gustave

étrangers de passage…

warholienne.

Duat Street, Tan

Tour Bitexco

Eiffel, cette cathédrale

Il leur faut d’abord

240, Nguyen Cong

Dinh Ward, District 1.

Dessiné par l’Américano-

du souvenir est restée

grimper un escalier raide

Tru Street, District 1.

Tél. : (+84) 903 888 431.

Vénézuélien Carlos

en activité. Une ruche

encombré de linge et

Tél. : (+84) 90 664 28 08.

Cthomasgallery.com

Zapata, c’est, depuis

bourdonnante qui

de vélos pour déboucher

vous saute à la gorge

dans ce studio d’étudiants

Juvénile

Nostalgique

gratte-ciel du Vietnam

et où trônent toujours

meublé de bric et

Craig Thomas (6)

Fine Arts Museum (7)

et l’un des 50 buildings

des cartes

de broc. Aux murs :

Il était avocat et s’est

Aménagé dans une villa

iconiques du monde.

géographiques coloniales

des gens qui

transformé en galeriste

coloniale de l’architecte

Cette tour de verre

ainsi qu’un portrait géant

s’embrassent, du trash,

par amour pour

français Rivera (1929), ce

en forme de bouton

de Hô Chi Minh.

du sexe, tout ce que

les jeunes artistes

musée est une halte

de lotus allie à la prouesse

2, Cong xa Paris,

la censure interdit !

vietnamiens. Cet

délicieuse. Sa structure,

technique l’hommage

Ben Nghe, District 1.

Trois amis plasticiens

Américain déniche

métissage franco-chinois

au porte-bonheur national.

animent ce lieu ouvert

les talents et les expose

des maisons familiales,

Son skydeck offre un

Alternatif

aux artistes étrangers et

avec passion dans sa

est remarquable.

panorama incontournable

Cu Ru Bar (5)

à toute la vibe saigonnaise

maison-galerie située

97 A, Pho Duc Chinh,

sur la mégapole.

C’est sur cette terrasse

en y organisant expos

au fond d’une cour.

District 1.

2, Hai Trieu Ben Nghe,

privée que l’on amène les

et concerts dans une

Découvertes en vue.

Tél. : (+84) 90 483 00 90.

District 1.

octobre 2010, le plus haut

375


ID-HYPE AREA

Quartier expressif avec ses maisons multicolores, et animé avec son marché de produits frais ; les locaux et les touristes ne s’y trompent pas en se baladant ici, le long du canal.

Copenhague centre : quartier Contrairement à la plupart des capitales, où il faut s’éloigner du cœur historique pour prendre un bain de hype, le centre de Copenhague cristallise les initiatives créatives et les politiques d’urbanisme ambitieuses. Un périmètre de choix retenu d’ailleurs pour le parcours 3DaysofDesign début juin...

Y ALLER

Par Anne-France Berthelon / Photos Filippo Bamberghi/Photofoyer

Autres informations :

Air France et SAS desservent Copenhague depuis Paris-CDG à partir de 50 € l’aller simple. Visitdenmark.fr Visitcopenhagen.com

D

376

epuis quelques années, Copenhague accapare régulièrement la première place du classement mondial des villes où il fait bon vivre. Si l’on excepte le design et la cui-

HÔTELS

sine, ce sacre récurrent repose bien évidemment sur l’engagement écologique de la

Hotel Alexandra (1)

capitale danoise, qui vise une empreinte carbone neutre en 2025. Cerise sur le Smørrebrød* :

Avec ses 61 chambres

l’eau est si propre que l’on peut se baigner en ville, notamment à Islands Brygge. Ceux qui

meublées de design

en doutent n’ont qu’à observer sa transparence depuis le pont constitué de cinq plateformes

danois vintage et son

circulaires conçu en 2015 par Olafur Eliasson et implanté face au Diamant Noir, la biblio-

lobby façon salon de

thèque royale danoise. « Le Cirkelbroen rend la mer plus proche et encourage les citoyens

maison particulière,

à réduire la vitesse et à prendre un moment de pause. J’espère qu’il deviendra un nouvel es-

l’Hotel Alexandra est

pace urbain, un lieu de rencontre pour se retrouver en ville, faire du vélo, se promener ou faire

l’adresse des amoureux

du jogging tout au long des canaux », affirmait l’artiste danois lors de son inauguration en

du design scandinave.


1

3

2

capital H. C. Andersens

restée dans son jus

aux pétales de roses

et britanniques. Un choix

mobilier vintage aux

Boulevard 8.

Jacobsen depuis 1958...

séchés et le céleri-rave

de 20 bières

ingrédients bio et locaux

Tél. : +45 3374 4444.

Hammerichsgade 1.

rôti, saupoudré de chips

microbrassées vient

de ses avocado toasts

Tél. : +45 3342 6000.

de céleri branche.

renforcer cette belle

ou de son granola maison

Strandgade 108.

« œcuménie » culinaire.

au confit de courgettes

Tél. : +45 3296 3292.

Strandgade 93.

et thé matcha. Un gage

Tél. : +45 3296 3293.

de qualité ? Le chef

Radisson Blu Royal Hotel (2)

RESTAURANTS

Situé en face de la gare,

108 (3)

l’ex-SAS Royal attire aussi

Ouvert l’an dernier

Barr

bien une clientèle

par l’ex-second de

Dernier-né au sein de la

CafŽ Atelier September

étoiles au Michelin,

d’affaires que les

René Redzepi, le 108

famille recomposée de

Bien plus qu’un chef

vient y prendre son petit

inconditionnels d’Arne

démocratise la cuisine

René Redzepi, le Barr a

talentueux doublé d’un

déjeuner tous les matins.

Jacobsen. Ce dernier

« locavore » New Nordic via

ouvert ses portes début

esthète, Frederik Bille

Gothersgade 30.

a en effet à la fois signé

une approche néobistro.

juillet, sous la houlette du

Brahe est un alchimiste

Tél. : +45 2629 5753.

l’architecture de l’hôtel

Dans un ancien entrepôt

chef Thorsten Schmidt,

des lieux et un agitateur

et dessiné le mobilier,

aux murs en béton brut

dans les anciens locaux de

d’élégantes idées

Menu Space (4)

notamment les fauteuils

réaménagé avec une belle

Noma, reconfigurés par

disruptives. Dans les

Signé Norm.Architects,

Egg et Swan. Parmi les

simplicité par Space

Snøhetta. La carte revisite

adresses qu’il crée, tout

le nouveau showroom de

260 chambres, le must

Copenhagen, on hésite

les plats traditionnels

est sélectionné avec une

cette dynamique marque

demeure la suite 606,

entre le tartare de bœuf

scandinaves, germaniques

exigence absolue, du

danoise de petits objets

Rasmus Kofoed, trois

377


ID-HYPE AREA

5

© MIKKEL ADSBØL

4

6

2015. Il est vrai que, dans cette capitale à taille humaine, la culture du vélo semble aussi

et luminaires intègre un

innée que le dessin d’une chaise iconique ou la cuisine à base de produits locaux, ce qui n’est

café et un espace de

pas peu dire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 450 km de pistes cyclables urbaines sur les-

coworking. Pas en plein

quelles, aux heures de pointe, matin et soir, les feux de circulation sont synchronisés avec la

centre à proprement

vitesse des vélos (20 km/h). Autre indice green qui ne trompe pas : seuls 29 % des habitants

parler, mais il suffit de

possèdent une voiture, selon le site VisitDenmark, et 56 % se servent de leur vélo quotidien-

sauter dans une navette

nement. Certes, à l’exception de rares marques spécialisées dans les bolides de niche, comme

fluviale pour rallier la zone

Zenvo, le Danemark n’a pas de constructeur automobile généraliste national, ce qui réduit

portuaire de Nordhavn...

considérablement le pouvoir des lobbys et rend, de facto, les rues plus silencieuses et respi-

Hamborg Plads 2.

rables. Mieux, les infrastructures suivent puisque, en une décennie, treize ponts ont été

378

construits en pleine ville. Depuis l’été 2016, Inderhavnsbroen, nouveau pont pour piétons

Apollo Bar

et cyclistes au nom imprononçable, aux parapets jaunes, verts et turquoise, relie ainsi Nyhavn

& Kantine (5)

(le canal creusé au XIIe siècle pour permettre aux marchands de transporter directement les

Depuis fin avril, Frederik

denrées au cœur de la cité) à Christianshavn. À une extrémité de ce chef-d’œuvre d’ingénie-

Bille Brahe a ouvert, au

rie, un canal de carte postale avec alignement de petites maisons multicolores fait face au

sein de l’Académie royale

bâtiment en brique rouge de la Kunsthal Charlottenborg. Dans cette extension du Palais

des beaux-arts et du

royal qui abrite l’Académie des beaux-arts et accueille des expositions temporaires, Frede-

musée Kunsthal

rik Bille Brahe, le jeune et brillant chef du Café Atelier September, qui vient par ailleurs de

Charlottenborg, une

collaborer avec Mette Hay pour la collection « Hay Kitchen Market », a ouvert fin avril

cantine healthy où les

l’Apollo Bar & Kantine : des plats du marché à 6 euros à se damner, cuisinés avant tout pour

tables communales

les étudiants, mais accessibles à tous, et un bar-restaurant sur cour pavée où il n’est pas rare

vintage côtoient les


7

8

9

chaises Result rééditées

occasionnel dans

hésité à sortir de sa zone

collaboration avec

3DaysofDesign, elle y

par Hay et les suspensions

l’ancienne pharmacie

de confort en présentant,

Frederik Bille Brahe.

présentait les dernières

PH d’origine de Poul

Saint-Paul de la rue

dans son flagship-store de

Impossible de ne pas

étagères de Muller Van

Henningsen. L’Apollo

Fredericiagade. Une

Bredgade, l’ingénieux

craquer pour les épaisses

Severen ainsi que les

Bar propose des tapas

réussite, car les superbes

fauteuil à bascule repliable

planches à découper

lampes et céramiques

raffinées revisitées par

boiseries de 1878

du jeune designer Anker

en plastique, déclinées

de Birgitte Due Madsen

ses soins où les légumes

contrebalancent

Bak (photo).

dans des coloris aussi

et Jonas Trampedach.

tiennent une place de

de façon sophistiquée

Bredgade 21.

mode que le bordeaux

Gothersgade 30.

choix. Une adresse

l’épure des meubles,

Tél. : +45 6447 2360.

ou le gris perle.

Tél. : +45 2662 6306.

encore confidentielle

objets et cosmétiques

mais déjà culte.

de la marque.

Hay House (8)

Charlottenborg,

Fredericiagade 57.

La boutique historique

Nyhavn 2.

Tél. : +45 3140 6030.

de Hay, située dans un

Studio x Viaduct (9)

systèmes de rangement

appartement surplombant

Kirstine Meier Carlsen a

créés par Peter Lassen

SHOPPING

Carl Hansen & S¿n (7)

la place Kongens Nytorv

installé sa microboutique

en 1982 (36 modules et

Frama Studio Store (6)

Éditeur de la plupart des

– nœud central de

de design dans

42 couleurs...) et ses

Niels Stroyer

grands noms du design

Copenhague –, est un

l’arrière-salle du Café

rééditions de Verner

Christophersen,

danois, de Hans Wegner

environnement idéal pour

Atelier September en

Panton, Montana a

cofondateur et DA de

à Kaare Klint, en passant

la nouvelle collection

partenariat avec le

inauguré un nouveau

Frama, a installé son

par Poul Kjærholm, Carl

« Hay Kitchen Market »,

showroom londonien

showroom de 12 pièces

concept-store et café

Hansen & Søn n’a pas

conçue en étroite

Viaduct. Lors des

dans un superbe hôtel

Østergade 61. Tél. : +45 4282 0820.

Montana (10) Réputé pour ses

379


ID-HYPE AREA

© ENOK HOLSEGAARD

10

© DAVID STJERNHOLM

11 12

de croiser le photographe péruvien Mario Testino. À l’autre extrémité du pont Inderhavns-

particulier où vécut Hans

Designmuseum

broen attend une île urbaine avec quarante food trucks garés à l’année dans un ancien en-

Christian Andersen.

Danmark (12)

trepôt de stockage de papier, juste à côté du showroom &Tradition. À peine plus loin siège

Bergsgade 76.

Situé dans LA rue des

le restaurant 108, ouvert par Kristian Baumann. Cet ex-second de René Redzepi – le chef

Tél. : +45 6473 3211.

antiquaires (voir R.B.

qui a placé Copenhague en orbite culinaire avec Noma** – peut s’enorgueillir d’avoir déjà

CULTURE

au no 66), ce musée offre

confié la création des couverts au studio de design local Table Noir, renforçant la « pollini-

Etage Projects (11)

une analyse historique

sation » croisée entre food et design. En attendant l’ouverture programmée cet automne du

Etage Projects n’a que

passionnante du design

futur Noma 2.0 dans une ferme urbaine en lisière du quartier libre et autogéré de Christia-

quatre ans, mais Maria

danois avec l’exposition

nia, René Redzepi a pour sa part installé tout l’été, sous le pont de Knippelsbro – soit à

Foerlev – qui a accueilli la

« The Danish Chair,

moins de 500 mètres de la place Kongens Nytorv et de ce temple du design danois qu’est

première exposition de la

an International Affair ».

le grand magasin Illums Bolighus –, un restaurant pop-up baptisé sobrement Under the

Néo-Zélandaise Sabine

Comme le faisait

Bridge. On lui doit aussi depuis peu la création de l’application Vild Mad, permettant d’iden-

Marcelis ou la récente

remarquer Signe Byrdal

tifier tout ce qui est comestible dans notre environnement quotidien, villes incluses. Une in-

confrontation de chaises

Terenziani, fondatrice des

vitation au jeu de piste version IIIe millénaire, disponible sur les plateformes mobiles de Goo-

« Back 2 Back » de Fredrik

3DaysofDesign, la culture

gle et d’Apple, à télécharger avant de décoller pour se sentir un peu plus local, cela va de

Paulsen – caracole déjà

du design se lit déjà dans

soi ! Une certitude : Copenhague a beau être un sanctuaire de design 50’s, comme le prouvent

dans le top 5 mondial des

l’ingénieux système

notamment les hôtels Radisson Blu Royal et Alexandra, l’innovation et la créativité s’y

galeristes de design selon

de cartels coulissants

épanouissent aujourd’hui plus que jamais.

le New York Times.

de l’exposition.

Borgergade 15E.

Bredgade 68.

Tél. : +45 2623 3240.

Tél. : +45 3318 5656.

* Une épaisse tranche de pain de seigle beurrée, généralement garnie de crevettes, de saumon et d’aneth. ** Élu no 1 au World’s 50 Best Restaurants en 2010, 2011, 2012 et 2014, Noma a fermé l’an dernier et doit rouvrir cet automne.

380

Johansen, notamment,

raflé pour le 108 une étoile au guide Michelin après à peine un an d’existence. Et d’avoir


ID-WEEK-END ARTY

Designblok, la Prague Design and Fashion Week Non, Prague ne se résume pas seulement à l’Art nouveau, au cubisme et au baroque ! Une scène design éclectique, pleine de poésie, fleurit aussi. Oscillant entre la tradition twistée de la Bohême d’hier et une touche d’humour et d’absurdité kafkaïenne, elle se découvre au Designblok, du 26 au 30 octobre.

382

D

es bottes en céramique transformées en vase,

rendez-vous annuel depuis 1999. « Au début, explique

un lustre composé d’os en verre, une bougie en

la directrice Jana Zielinski, c’était un petit événement

forme de bouteille d’eau… Maxim Velcovský

destiné aux designers et aux architectes. C’est devenu l’un

a plein d’idées sous sa crinière légendaire. Designer et

des plus grands festivals de design de l’Europe centrale

fer de lance de la création tchèque, il est aussi directeur

et de l’Est ! Le Parc des expositions (Výstavište Praha),

artistique de la marque locale de luminaires en verre

de style Art nouveau, est le lieu principal de Design-

Lasvit, née en 2007. Sous la pluie de lumières du nou-

blok. Il accueillera des designers et des marques de plus

veau showroom, Maxim raconte : « À mes débuts dans

de vingt pays, dont Artemide, Vitra et Lasvit. 70 % de

l’entreprise, j’ai mis en avant la création locale avec des

l’espace est dédié aux designers. Nous essayons d’aider

pointures comme René Roubícek et Borek Šípek. J’ai

les producteurs locaux en les soutenant. » Pour cette

aussi établi des collaborations avec de jeunes créatifs et

dix-neuvième édition, la thématique est « Food & Slow

des designers étrangers reconnus. » Parmi eux, les frères

life ». Maxim Velcovský (toujours lui !) et Veronika Ji-

Campana, Nendo, Maarten Baas, Kengo Kuma, Zaha

rouskova y créeront une installation spéciale aux côtés

Hadid... « Il y a dix ans, poursuit Maxim, les usines de

de Richard Hutten (Krehký), Olgoj Chorchoj (Bomma),

verre de Bohême étaient en train de fermer. Aujourd’hui,

Frank Tjepkema (Preciosa), Jan Plechac et Henry Wiel-

elles renaissent grâce à une transformation du verre en lu-

gus (Nespresso)… Enfin, un jury composé de Rossana

mière et en objet design. » À quelques pas du showroom,

Orlandi (fondatrice de la fameuse galerie milanaise qui

le duo Dechem (dans la vie comme au studio) raconte

porte son nom), François Leblanc (Gallery S. Bensimon,

justement « des histoires à travers le verre de Bohême ».

à Paris) et Adam Štech (Okolo, à Prague), entre autres,

Reportage BŽrŽnice

Grâce à des techniques anciennes, ils réalisent des lampes

sélectionnera les lauréats du concours des étudiants en

Debras / Photos Yves

en verre et des vases raffinés aux couleurs brouillées. Ces

design et mode exposés. Un beau panel qui prouve bien

Samuel pour IDEAT

souffleurs de style seront présents au Designblok, un

que le vent tourne du bon côté à l’Est !


1

2

S’il a une tête à chapeau, c’est plutôt avec les casquettes que Maxim Velcovský (2) jongle tous les jours : professeur à l’Académie des Arts, d’Architecture et de Design (UMPRUM), il est aussi directeur artistique de la maison Lasvit où il collabore avec des designers externes. Il signe également certaines créations Lasvit, dont les lampes Frozen (1) ou Memento Mori exposées au showroom. Chez Kantýna (6 et 7), les pièces de bœuf ou de porc remplacent les billets et les lingots d’or… L’ancienne banque a été transformée avec brio en boucherie-restaurant par l’architecte Rudolf Netík. On y mange debout autour de la longue table en marbre ou confortablement assis sur les chaises dessinées par l’architecte. Kantýna est la dernière adresse du groupe de restauration Ambiente (qui est à Prague ce que les Costes sont à Paris), dont le restaurant Eska (5) fait partie. Ce restaurant-boulangerie fait le bonheur des palais gourmands. Ses assiettes de produits locaux sont twistées par des saveurs du Grand Nord. Prague semble se réveiller d’un long sommeil sous les pavés et dans le tumulte mécanique des trams (3 et 4). Il était temps.

4

5

3

6

7

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ID-WEEK-END ARTY

1

2

Ne pas rater la décoration design du café du Centre d’art contemporain DOX (2) ni la boutique DOX by Qubus qui vaut à elle seule le détour. Ou encore celle du restaurant Eska (1) dont les faux radis poussent au plafond ! Ils font la paire à la ville comme au bureau. Bien dans leurs baskets Botas 66, Jan Kloss et Darina Zavadilová (4) continuent de développer cette marque de tennis de la Tchécoslovaquie communiste. Entièrement relookées et vitaminées, elles égaient désormais les pieds des branchés pragois grâce à une sympathique palette de couleurs. Les couleurs, justement, Lavmi (3) en met plein les murs avec ses papiers peints et ses abat-jour aux influences un brin scandinaves. Dans un autre chapitre, les fondateurs de PageFive, František Kast et Štepán Soukup (5), déroulent leurs livres de design, graphisme, art, architecture et photographie en anglais et en tchèque. Ils proposent également des affiches et sérigraphies d’étudiants ou de jeunes diplômés de l’Académie des Arts, d’Architecture et de Design (UMPRUM), pour ne citer que cette école. Côté culture underground, le Palác Akropolis (6) reste l’une des références dans la musique et le théâtre. Son bar-restaurant a des allures de Vingt mille lieues sous les mers.

4

5

384

3

6


7

8

Dans le quartier de Vinohrady, Pavilon (7) rassemble plusieurs marques de design, dont Modernista présentant des reproductions de mobilier des meilleurs designers du pays du siècle dernier. Jakub Jand’ourek et Michaela Tomišková du studio Dechem (8) dans la cour de leur atelier, qui se visite sur rendez-vous (Dechemstudio. com), situé à quelques encablures du Centre privé d’art contemporain DOX. Cofondé par Leoš Válka qui en est aussi le directeur, le lieu accueille la sculpture monumentale de 42 mètres de long, Gulliver Airship (10). Posée sur le toit fin 2016, elle est signée par l’architecte Martin Rajniš en collaboration avec Leoš Válka. La sculpture voisine avec une installation de David Cerný, dont les œuvres parsèment la ville. L’artiste a aussi cofondé la MeetFactory (12), une usine à création où les disciplines artistiques se côtoient et se complètent. Excentrée dans un no man’s land urbain, entre une bretelle de voie rapide et un chemin de fer actif, mieux vaut s’assurer de la programmation avant d’y aller. Plus centrale, la Galerie nationale - Veletržní palác (11) propose ses collections permanentes et des expositions temporaires dont celle d’Ai Weiwei jusqu’en janvier prochain. Le showroom Nanovo (9) se focalise sur le mobilier du XXe siècle.

10

11

9

12

385


ID-WEEK-END ARTY

Y ALLER

Pernerova 49, Prague 8.

DOX - Centre for

Kolbenova 616/34,

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Field

locaux ainsi que des

Lavmi

Le chef Radek Kašpárek

sérigraphies de Maria

Ces papiers peints,

compose un chant de la

Makeeva.

tissus et abat-jour

nature qui lui a valu sa

Smetanovo náb. 334/4,

donnent du peps à

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œuvres du street-artiste

Dépassant le cadre de la

Botas ont sauté à pieds

par les Espagnols GCA,

Jakub Matuška.

peinture, le cubisme s’est

joints dans le XXIe siècle

Pavilon

e

a des allures de grande

U Milosrdnych 12, Prague 1.

imposé au XX siècle dans

quand deux étudiants

Cet ancien bâtiment

maison avec son salon-

Tél. : +420 222 316 999.

le mobilier et l’architecture

de l’AAAD ont décidé

indus’ accueille une flopée

bibliothèque et son

Fieldrestaurant.cz

pragois. Le musée, dans un

de les revamper. Jan

de marques de design,

bâtiment cubiste, présente

Kloss et Jakub Korouš

dont Modernista qui

restaurant aux larges baies

386

Zlatnická 12, Prague 1.

champs grâce à un menu

vitrées. Service agréable

MUSƒES - GALERIES

ces créations étonnantes.

ont transformé ce

reproduit les icônes

et visites de la ville gratuites.

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Ovocný trh 19, Prague 1.

cas d’étude en deux

du design tchèque.

Senovážná 4, Prague 1.

Ð Veletržn’ pal‡c

Tél. : +420 778 543 901.

boutiques (dessinées

Vinohradská 1200/50,

Tél. : +420 234 622 600.

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Czkubismus.cz

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Krížkovského 18,

nationale Veletržní palác

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PageFive

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Nanovo

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Cette librairie-kiosque

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poussent sous le plafond

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ID-ROAD TRIP

Iran

Escapade persane 35° 40’ 51’’ Nord 51° 24’ 50’’ Est

PortŽ par les rŽcits de Marco Polo et au cÏur de lÕactualitŽ internationale depuis des dŽcennies, lÕIran fascine. Destination touristique en vogue, le pays rec•le bien des merveilles historiques et culturelles, mais sa vraie richesse est celle de son peuple, accueillant, curieux et rŽsolument tournŽ vers lÕavenir. Reportage texte et photos Antoine Lorgnier

388


JOURS 1 & 2

TÉHÉRAN De prime abord, la capitale iranienne n’a rien pour séduire : rues embouteillées, foule compacte, architecture sans intérêt, peu de monuments… Étape obligée plutôt qu’escale de charme, la ville se livre peu à peu une fois la première impression négative passée. Notre regard est soudain attiré par des femmes portant le foulard a minima sur une longue chevelure descendant jusqu’aux reins. Toutes ou presque se sont fait refaire un petit nez retroussé à l’américaine. Lunettes de soleil, vêtements et chaussures de marque s’accommodent fort bien des codes vestimentaires rigoureux imposés par les mollahs. La police des mœurs, très active sous l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, a reçu pour consigne de lâcher du lest, et la jeunesse en profite. Les restaurants branchés foisonnent et sont pris d’assaut. Des lieux de fêtes, tolérés ou non, éclosent un peu partout. La ville trépigne, mais à condition d’y rester plusieurs nuits et d’être introduit, cette soif de vivre échappera à la plupart des visiteurs. Il reste quelques beaux monuments : le palais du Golestan, où siégeaient les rois qadjar (1786-1925), et le palais de Sa’dabad, ancienne résidence de la famille de Mohammad Reza Pahlavi, dernier shah d’Iran. Ces deux dynasties ont légué l’essentiel des joyaux de la couronne qui se découvrent dans les coffres de la Banque centrale. Quant au musée archéologique d’Iran, de l’architecte et archéologue français André Godard, il abrite de nombreux trésors exhumés de cette terre qui connut bien des conquêtes sans jamais renoncer à sa culture persane. Page de gauche À Téhéran ou à Ispahan, les femmes adoptent un port du foulard a minima. 1/ Le palais du Golestan, siège du pouvoir des rois de la dynastie qadjar. 2/ Au pied des monts Elbourz, Téhéran compte près de 10 millions d’habitants. 3/ Les jardins de Fin, près de Kashan, ont été conçus comme une version terrestre du jardin d’Éden. 2

1

3

389


ID-ROAD TRIP

JOURS 3 & 4

ISPAHAN Abü, notre chauffeur, avale les kilomètres de désert entre Téhéran et Ispahan pour nous emmener à Kashan, au jardin de Fin, le plus célèbre du pays. Clos de murs, parsemé de cyprès, il est source d’émerveillement et lieu de pique-nique. Voici enfin Ispahan, capitale de l’Empire perse sous la dynastie des Safavides du XVIe au XVIIIe siècle. De cette période faste, et de celles qui ont précédé, la ville a gardé nombre de monuments qui font tout son charme. Pour en prendre la mesure, nous nous posons place de l’Imam, en face, la mosquée du Cheikh Lutfallah ; à droite, la mosquée Jame Abbasi (ou mosquée du Chah) et ses deux minarets se confondant avec le bleu du ciel ; derrière, le palais d’Ali Qapu ; à gauche, l’entrée du grand bazar. En fin de journée, les habitants viennent y prendre le frais, les enfants jouent dans la fontaine alors que les parents cherchent un coin de pelouse pour le fameux pique-nique. En journée, vous les trouverez à bavarder à l’ombre des arches des ponts Chahrestan, Allahverdi Khan et Khaju qui enjambent la rivière Zayandeh, bien souvent à sec aujourd’hui. Avant de visiter l’immense mosquée du Vendredi, nous demandons une petite pause à notre guide. Direction le quartier arménien de la Nouvelle-Djoulfa. À notre grande surprise, nous y découvrons une multitude de restaurants branchés jouxtant la magnifique cathédrale de Vank (ou cathédrale Saint-Sauveur) où les fresques à la fraîcheur incroyable semblent répondre à celles, tout aussi belles mais plus guerrières, du palais de Chehel Sotoun, ou palais aux Quarante Colonnes. 1

2

390

1/ Le bazar d’Ispahan bruisse jour et nuit d’une folle activité. 2/ Le pont Allahverdi Khan, plus connu sous le nom de pont aux Trente-trois Arches, date de 1608. 3/ Détail décoratif de l’un des quatre iwans (porches voûtés formés par de grands arcs en tiers-point) de la mosquée du Vendredi. 3


1

3

2

JOURS 5 & 6

YAZD Dans Le Devisement du monde (écrit en 1298), Marco Polo qualifie Yazd de « bonne et noble cité » qu’il visita en 1292. Attiré par le travail de la soie, le commerçant-voyageur arpentait sans le savoir l’une des plus vieilles villes du monde. Fondée vers 3000 av. J.-C. au milieu du désert, il fallut, pour l’alimenter en eau, creuser à la main un complexe hydraulique souterrain de plusieurs centaines de kilomètres, qui subsiste de nos jours. Autre réalisation du génie humain, les célèbres badgir, ou « tours du vent », qui coiffent les maisons. Hautes de cinq ou six mètres, elles captent la fine brise qui se déploie sur le désert en soirée afin de rafraîchir les intérieurs. Pour les admirer, nous grimpons sur le toit du café des Arts, au cœur de la vieille ville, avant de plonger dans les entrailles d’un yakhchal, sorte de puits profond et sombre dans lequel la glace pouvait être stockée pendant des semaines. C’est sans doute cette ingéniosité face aux éléments qui inspira Zarathoustra pour fonder le zoroastrisme vers le VIe siècle av. J.-C. Cette religion est toujours pratiquée et le Temple du Feu (Ateshkadeh), où brûle une flamme depuis plus de mille cent ans, accueille chaque jour une foule de pèlerins. En revanche, ce qui a disparu, c’est l’utilisation des « tours du silence » où les corps des défunts étaient livrés aux vautours. L’endroit, poignant de simplicité, se visite. Incontournable, la grande mosquée Jame, commencée sous la dynastie Bouyides, au XIVe, est parée de décors de faïence d’une rare délicatesse.

1/ Les deux minarets de la mosquée Jame sont les plus hauts d’Iran. 2/ Les « tours du vent » sont une originalité architecturale de la ville de Yazd. 3/ La mosquée Jame, exemple raffiné du style azari en architecture perse, s’orne des deux plus hauts minarets d’Iran.

391


ID-ROAD TRIP

1

JOURS 7 & 8

CHIRAZ Au jardin d’Eram, Benjamin, chanteur populaire iranien, fait des selfies avec ses fans, de jeunes femmes en voile noir et d’autres moins dissimulées. Il est venu chercher l’inspiration sur les tombeaux des deux plus grands poètes persans : Saadi (1210-1291), auteur du Jardin de roses, et Hafez (~1325-1390), dont les poèmes chantent les plaisirs de la vie. Leurs mausolées sont très fréquentés et il n’est pas rare d’y entendre des gens réciter des poèmes. Chiraz diffère par cette culture omniprésente et la beauté des lieux, peu nombreux, toujours précieux : la mosquée Nasir-ol-Molk, à visiter tôt le matin, lorsque le soleil traverse les vitraux de la salle de prière et projette des rais de couleurs sur les tapis et les colonnes ; la maison Qavam (1879-1886) émerveille par ses décors intérieurs ; la mosquée Shah Cheragh et sa coupole tout en miroirs. Même le site de Persépolis, capitale de l’Empire perse achéménide fondé par Darius Ier en 521 av. J.-C., surprend par sa simplicité. Pourtant, ici, tout ne fut que démesure. La montagne fut creusée et aplanie, de gigantesques temples y furent édifiés par les ouvriers et les artisans les plus habiles de l’Empire. Rasée par les troupes d’Alexandre le Grand en 330 av. J.-C., la ville a gardé des vestiges qui témoignent de ce raffinement extrême, en particulier les sculptures murales des soldats et des rois. Un travail d’une finesse qui renvoie aux bas-reliefs géants ornant les falaises de Naqsh-e Rostam où furent creusées les tombes de Darius Ier et de ses successeurs. 1/ Pour visiter le mausolée de Shah Cheragh, les femmes doivent se voiler intégralement. 2/ Si la ville de Chiraz est réputée pour ses tapis, le bazar mérite le détour. 3/ Les bas-reliefs de Persépolis témoignent d’un Empire perse administré avec sagesse et intelligence.

392

2

3


Y ALLER

se fait attendre et les

et de confort.

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Chiraz

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plus pratiques de la ville.

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Chiraz, Ahvaz, Ispahan,

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découvrir Téhéran, Kashan,

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Ispahan, Yazd et Chiraz

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spécialisés de Téhéran

Pour le reste, la rénovation

mais manque d’animation

installé dans un ancien

ou d’Ispahan. L’Iran est

393


ID-PUBLI COMMUNIQUƒ

2

1

3

Bahreïn, la révélation La foire ArtBAB a dévoilé au monde la singularité culturelle de ce minuscule pays du Golfe. De galeries pointues en adresses tendance, le royaume de Bahreïn devient un hub artistique incontournable.

D

du cabinet d’architectes SOM (One World Trade Center à New York, Burj Khalifa à Dubaï…) et le

’un côté, l’Arabie saoudite. De l’autre, le Qatar. Et au milieu, Bahreïn, qui cache derrière ses

décor années 30 inspiré

gratte-ciel une culture artistique pleine de vitalité. Le Block 338, à Manama (la capitale),

du paquebot Le

Y ALLER

Normandie est signé

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quotidien au départ de

Fourseasons.com/

gine, a évolué. Elle est aujourd’hui florissante, avec des œuvres très variées, de la calligraphie à l’art

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L’unique boutique-hôtel

en est la vitrine : ce miniquartier lifestyle regroupe des maisons typiques reconverties en ga-

Art Space, ou expérimentaux comme Malja. » Au-delà de ses frontières, Bahreïn a percé grâce à la

394

du pays se trouve au

foire Art Bahrain Across Borders, alias ArtBAB, lancée en 2016 : un mélange de galeries (dont la

HÔTELS

cœur du Block 338.

Maddox Gallery de Londres et la XVA Gallery de Dubaï en 2017), d’artistes locaux et internatio-

Manama

On aime sa jolie piscine

naux, de conférences pointues et de sections originales comme The Floating World, dédiée à la vidéo.

Four Seasons Hotel

entourée de palmiers

« ArtBAB contribue à faire progresser le marché de l’art, à multiplier les lieux d’exposition sur place

Bahrain Bay (8)

et son orangerie idéale

et à l’étranger, mais aussi à favoriser l’éducation à l’art », rappelle Kaneka Subberwal, fondatrice et

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6

7

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Saffron-By-

expositions, un marché

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Jena/722171577806038

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Théâtre national

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Sar

Al-Manama (2)

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Kitchen (5)

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Moyen-Orient : le peintre

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bahreïnien Nasser

space

artistes. Le Bahreïnien

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Sur papier, certainement, et sur d’autres supports qui n’existent pas encore.

La presse a déjà beaucoup changé. C'est même le média qui a le plus évolué. Aujourd'hui, vous êtes 95 % à nous lire sur papier au moins une fois par mois*. Demain, pour vous accompagner, nous évoluerons encore. Mais ce qui ne changera pas, c'est la qualité du travail de nos journalistes. C'est et cela restera notre cœur de métier. Et nous trouverons toujours le moyen de vous rendre accessible une information de qualité qui vous procure du plaisir. Notre évolution ne se fera pas sans votre avis, exprimez-le sur demainlapresse.com

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#DemainLaPresse D E M A I N L A P R E S S E . C O M

pour l'ACPM - R.C.S. Paris B 378 899 363 - *Source : ACPM ONE 2015-2016.

Où lirez-vous la presse quand les ordinateurs auront disparu ?


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Nos adresses préférées

WORLDWIDE Qu’il s’agisse d’une architecture conceptuelle, environnementale, culinaire ou familiale, la destination d’un lieu de villégiature invite par essence à un dépaysement des sens volontiers recherché. De San Francisco à l’île de Hainan, en Chine, de Madrid à Pella, en Italie, en passant par le Maroc, bienvenue dans ce que le monde a de meilleur à vous offrir ! Par Bérénice Debras, Nathalie Nort, Rémi Pernet et Olivier Waché

Le Sanya Flavour, restaurant du village Club Med de Sanya, situé sur l’île de Hainan, en Chine. © DATOU AKA DAVID LEE

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© DOUGLAS FRIEDMAN

SAN FRANCISCO

LEO’S OYSTER BAR Installé en plein cœur du Financial District, à un bloc de l’emblématique Transamerica Pyramid qui domine la skyline de San Francisco, Leo’s Oyster Bar est le dernier-né du Big Night Restaurant Group, dont les adresses sont parmi les plus belles et les plus courues de la ville. Consacré justement plus beau restaurant de l’année 2016 par le fameux magazine américain Bon Appétit, ce bar à huîtres n’a rien à envier aux meilleures ambiances de la série Mad Men. Les designers Ken Fulk et Jon de la Cruz livrent un décor raffiné, mélange du Beverly Hills des fifties et du style Tiki, sans jamais tomber dans le kitsch. Les 40 couverts en paraissent davantage grâce aux différents salons créés

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© DOUGLAS FRIEDMAN

© DOUGLAS FRIEDMAN

par les décorateurs. De fait, chaque place est enviable, qu’elle soit le long du bar en laiton et onyx rose, sous les appliques en forme de coquillages ou dans les deux salles recouvertes de papiers peints tropicaux (disponibles à la demande sur le site du restaurant) avec détails en rotins. L’atmosphère est idéale pour profiter de la carte imaginée par la chef Jennifer Puccio, à la tête des menus des adresses du groupe, tous primés par le San Francisco Chronicle. Outre des huîtres de la côte Ouest et de la côte Est, la carte propose aussi palourdes, crabe, homard ou caviar à déguster seuls ou dans des plats signatures comme le « Leo’s Louie » ou le « New England Style Lobster Roll ». Mais l’expérience du lieu ne serait pas complète sans un verre à la main. La carte des cocktails, des vins et des champagnes, dont une grande partie est disponible au verre, dispose de bien des atouts pour la meilleure dégustation des blancs de blancs français. R.P. 568 Sacramento Street, San Francisco. Tél. : +1 415 872 9982. Leossf.com


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SANYA (CHINE)

CLUB MED LE FUNNY PREMIUM Les temps changent, le Club Med aussi. Exit les tentes Trigano des débuts ou le village des Bronzés à la fin des années 70. Le groupe a, depuis 2004, entamé sa mue vers le haut de gamme et les resorts d’exception dans le monde entier. Racheté par le chinois Fosun en 2015, c’est justement dans ce pays que le Club s’est également implanté dès 2010 et se développe aujourd’hui. Après les stations de ski de Yabuli et de Beidahu, le resort de Guilin et son jardin de sculptures, c’est à Sanya, au sud de l’île de Hainan, que le Club a posé ses valises en 2016. Ce quatrième village a pris place sur 12 hectares, avec sans doute la plus vaste plage privée de la région. C’est ici un hôtel Kempinski de 384 chambres qui a été « clubmédisé », soit six mois pour le mettre aux normes de la marque au trident, un exercice confié au Studio Hertrich & Adnet. « Nous travaillons depuis longtemps dans l’hôtellerie et depuis une douzaine d’années avec le Club Med, rappelle Marc Hertrich. Nous sommes très attachés à favoriser la culture locale, les artisans. La volonté, à Sanya, était de lier mer et végétal, de jouer sur les éléments naturels et d’introduire de la couleur. Nous avons pris beaucoup de plaisir à rénover le lieu, c’était à la fois un challenge technique, esthétique et opérationnel. De plus, les Chinois apprécient la French touch et attendaient de nous une vision. » Si les chambres ont subi un changement de couleur, le lobby, lui, a connu de vrais aménagements, avec sa mappemonde de verdure suspendue ou son ouverture sur la mer de Chine auparavant masquée par les arbres. Le Sanya Flavour, le principal restaurant, fait la part belle aux éléments : terre, bois, feu, eau. Le Deer Bar, quant à lui, aux accents marins, abrite les cuves dans lesquelles est fabriquée la bière locale. Sept salles de karaoké, trois de mah-jong, un club pour les enfants, de vastes piscines, de multiples activités sportives et culturelles, un spa et une salle de sport attendent des visiteurs – de 60 à 70 % chinois –, souvent en famille, qui effectuent un séjour de quatre jours en moyenne. D’autres ouvertures verront le jour en Chine, de même que vont se développer des JoyView, des établissements à proximité des grandes villes destinés à y passer le week-end. En Chine comme ailleurs, la rentrée n’empêche pas de penser aux prochaines vacances… O.W. 236, Sanya Bay Road, Hainan, Chine. Tél. : 04 88 92 29 85 (conseiller Club Med). Clubmed.fr


MADRID

CIEUX À DEUX Les très médiatiques jumeaux Torres font forcément tout en double. Dans la foulée étoilée de leur restaurant Dos Cielos, au 24e étage de l’hôtel Meliá Barcelona Sky, et de leurs records d’Audimat sur la première chaîne espagnole, les voici en piste dans les anciennes écuries du Palacio de los Duques (dorénavant Gran Meliá), au cœur du Madrid des Habsbourg. Sur ses deux niveaux, le décor emprunte autant à Vélasquez (impériale, la salle supérieure se privatise) qu’à l’esprit contemporain, forçant la chic métaphore du cuir et de la brique à cru. L’assiette de haute voltige exprime la quintessence de produits d’exception — petits pois en jus de jamón, millefeuille chou et truffe, rare saint-pierre meunière…  — sur une cave qui compile la péninsule en 166 références. Le menu dégustation en neuf sauts (75 €) est la bonne affaire avec vue sur le couvent Santo Domingo. N.N. Dos Cielos au Gran Meliá Palacio de los Duques. Cuesta Santo Domingo, 5. Tél. : +34 915 41 67 00. Melia.com

PELLA (ITALIE)

CASA FANTINI LAKE TIME L’eau, bien sûr, est le fil conducteur de ce resort discret, posé sur les rives du lac d’Orta dans les montagnes du Piémont. Comment pouvait-il en être autrement ? Inauguré cet été, le lieu a été imaginé par Daniela Fantini dont la famille crée les robinetteries Fantini Rubinetti, depuis 1947, à Pella même. L’architecte Piero Lissoni a signé l’hôtel habillé de pierres et de bois, conjuguant les époques d’hier et d’aujourd’hui à travers un bâtiment ancien et un autre, contemporain. Avec seulement 11 chambres et suites (toutes donnant sur le lac et la mystérieuse île San Giulio), la Casa Fantini a des airs de maison de famille s’animant autour d’un salon et d’une cuisine. Dehors, le jardin accueille une piscine à l’ombre d’un mur de pierre. Tout ici semble harmonieux, jusqu’au temps qui s’écoule lentement au milieu de ce paysage invitant à la détente et à la méditation. B.D. Piazza Motta Angolo Via Roma 2, 28010 Pella. Tél. : +39 0322 969 893. Casafantinilaketime.com

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MAROC

VILA BEA À mi-chemin entre Tanger et Rabat, dans le nord du Maroc, le petit village de pêcheurs Moulay Bousselham se partage entre l’Atlantique et la lagune de Merja Zerga, une réserve naturelle d’oiseaux migrateurs en Afrique du Nord. C’est dans ce cadre incroyable qu’un couple de Français a inauguré en 2014 une maison d’hôtes ouverte sur l’Océan (le projet initial était au Brésil… d’où Vila avec un seul L). Vila Bea tire parti de tous les avantages de son environnement et accueille ses convives dans un style marocain pop imaginé par ses propriétaires. Ils ont eu l’idée d’associer du mobilier de grandes signatures du design comme Fritz Hansen, Vico Magistretti, Pierre Paulin ou encore Noé Duchaufour-Lawrance à des carreaux de ciment inspirés de Verner Panton grâce au savoir-faire des artisans marocains. Le bleu domine et répond à l’Océan que les deux immenses terrasses ne font que sublimer, mais certaines pièces plus flashy apportent une touche pop à l’ensemble. De quoi donner à chacune des sept suites un style unique. Les grandes pièces communes, aménagées pour faire le lien avec l’extérieur, sont idéales pour profiter de tous les services disponibles lorsque la Vila est privatisée. R.P. 41, Front de Mer, Moulay Bousselham. Tél. : +212 (0)5 37 43 20 87. Vilabea.com


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Dessiné en 1951, le fauteuil Sawbuck est une des nombreuses créaƟons du designer danois Hans J. Wegner, mais une des rares pièces offrant autant d’invenƟvité dans ses assemblages. Sa concepƟon s’inspire de la forme des chevalets à bûche, d’où son nom et son extraordinaire robustesse. Depuis sa créaƟon, elle n’a jamais cessé d’être produite par le fabricant Carl Hansen.

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Bruno Borrione L’architecte d’intérieur Bruno Borrione a longtemps travaillé avec Philippe Starck. Il dessine des hôtels, des maisons, des restaurants dans le monde entier et cumule les heures de vol. S’il vient d’aménager l’Hôtel Eiffel Blomet, à Paris (voir p. 86), et la Villa Loiseau des Sens, à Saulieu (Bourgogne), il a aussi, entre autres, repensé les espaces publics de l’hôtel Prince de Galles, à Paris, et conçu la table gastronomique parisienne d’Anne-Sophie Pic, fort de sa complicité avec la chef triplement étoilée. Du luxe facile à vivre, joyeux, dessiné par celui qui croit toujours au tourisme de niche. Propos recueillis par Marie Godfrain

Le meilleur roman de voyage ?

Une histoire qui vous est arrivée dans un avion ?

J’ai bien aimé Berezina, de Sylvain Tesson, un voyage de Moscou à Paris sur de vieilles motos russes avec tout ce que cela implique de froid, de neige et d’intempéries, sur les traces de la Grande Armée. Il y a deux types de voyages : aller quelque part, et parfois se rendre compte que cela vous ennuie, ou aller d’un endroit à un autre, et c’est le trajet qui est important, les gens que l’on rencontre.

J’allais à Marrakech, avec la jambe dans le plâtre, après un accident, quand un père de famille a fait une crise d’épilepsie à côté de moi. Non seulement je ne pouvais pas l’aider, mais il s’est mordu la langue et il pissait le sang… Heureusement, un médecin présent dans l’avion a réussi à le remettre sur pied.

Votre compagnie aérienne fétiche ? Un explorateur ? J’ai toujours été fasciné par la conquête des pôles et la confrontation avec l’adversité : le froid, le manque de vivres… Le récit de voyage de l’explorateur polaire norvégien Roald Amundsen m’a marqué. Je suis aussi fasciné par les voyages en mer, qui forcent le respect. C’est la dernière frontière. Aujourd’hui, on va en groupe sur le sommet de l’Everest et en croisières aux pôles Nord et Sud. Naviguer seul est l’ultime aventure.

Je voyage souvent avec Air France. À force de cumuler les heures de vol, je suis devenu très privilégié. Je vais être très snob, mais rien ne vaut l’avion privé. Pas de problème de bagage, de douane, de queue à l’aéroport...

Le plus beau voyage ? Pour la splendeur des paysages : le Groenland ! Je n’imaginais pas la banquise et les icebergs aussi beaux. Sinon, dès que je pose les pieds sur le sol mexicain, je suis heureux.

Un film ? Découvert à 18 ans, Stalker, de Tarkovski, raconte un incroyable périple. Après une catastrophe, des gens sont aimantés par une zone interdite. C’est le voyage de l’autorisé vers l’interdit, le process pour atteindre ce but.

Votre mode de transport favori ? Vélo, voiture, cheval... J’ai fait 500 kilomètres à cheval en Roumanie pendant une semaine. J’ai trouvé ce rythme intéressant. J’étais parti en Transylvanie, dans une région préservée de la modernisation. On avait l’impression de traverser un environnement du XIXe siècle : pas de routes, des villages plantés au bord des chemins, des plaines et des forêts sans barrières.

« Pourquoi aller à Cancún ou à Miami pour s’enfermer dans un hôtel avec piscine ? »

Ce qui vous gêne dans le voyage contemporain ? Je m’interroge sur l’utilité pour les gens d’aller si loin. Pourquoi gagner Cancún ou Miami pour s’enfermer dans un hôtel avec piscine ? Il y en a de très beaux au Pays basque, sur la côte espagnole ou sur la Côte d’Azur… Cela me dépasse. Le très maigre argument de la découverte des civilisations et des cultures est complètement faux. Quand vous allez à South Beach, à Miami, qu’il n’y a personne sur la sublime plage et que les piscines sont bondées, vous vous posez des questions. Alors soyons clairs, on part au bout du monde pour profiter d’une main-d’œuvre moins chère.

Le voyage que vous rêvez de faire ? J’ai découvert en Écosse une compagnie qui propose des traversées à bord d’anciens voiliers, des trois-mâts, pour des voyages assez longs : du cap Horn au cap de Bonne-Espérance par exemple. On participe à la vie du bateau, avec l’équipage, et l’on sait qu’il va certainement se passer quelque chose.

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La ville la plus intéressante à découvrir ? Je nourris une passion pour Beyrouth et Mexico, où je me sens chez moi. Elles partagent un mélange d’organisation et de bordel généralisé, un grand brassage, de la très bonne cuisine, un climat assez tempéré… Des villes riches architecturalement, où je pourrais vraiment vivre.

Où se cache la ville du futur ? Je l’imagine assez effrayante. En Europe, nous avons essayé de préserver des cités à taille humaine. Mais allez à Lagos, au Caire ou à Kinshasa… C’est sur ce modèle peu réjouissant que vont se développer les centres urbains. En Chine, on m’a convié dans des « petites » villes de 15 millions d’habitants…

parents, de ses camarades d’école, de ses petites amies, c’est le souvenir de la jeunesse. Un lieu sans une histoire personnelle n’a pas le même intérêt.

Vous ne partez pas en vacances sans emporter… J’ai la sale habitude de toujours emporter des dossiers. Certains ont fait cinq fois le tour du monde sans avoir été ouverts ! Ils pourraient être titulaires d’une carte Flying Blue ! Sinon, je pars toujours avec un carnet de croquis…

Des souvenirs d’enfance en vacances ? Mon père ayant décidé d’apprendre l’anglais, nous sommes partis en Angleterre et aux États-Unis. Les choses passionnantes découvertes au-delà des frontières m’ont donné le goût du voyage, que j’ai transmis à mes filles.

Une ville dont vous ne vous lasserez jamais ? Paris. Je ne m’en lasse pas et suis toujours content d’y retourner. J’ai pensé que vivre à Londres serait agréable, mais j’en suis revenu. Entre son histoire, ses spectacles, sa cuisine et ses pistes cyclables, Paris est un bon condensé de la ville idéale.

Vos dernières vacances ? C’était au ski, mais ça ne m’intéresse pas. On veut rentabiliser son forfait et ses skis. En général, je reviens blessé, crevé… ou les deux ! C’est fini.

Vos prochaines vacances ? Votre hôtel favori au bout ou au cœur du monde  ? J’ai été ébloui par l’hôtel Amanpuri, à Phuket, très monumental et noyé dans la végétation, avec une vue incroyable. Et à Mexico, l’hôtel Camino Real, dans le quartier de Polanco, dessiné par Ricardo Legorreta, est assez dingue, ses volumes, son ambiance…

Comment doit, selon vous, évoluer l’hôtellerie ? Les hôtels subissent la concurrence d’Airbnb. Il leur faut développer une identité, qu’ils ne soient plus interchangeables. Il faut accepter de ne pas plaire à tout le monde et se tourner vers des niches et des tribus.

Si vous étiez voyagiste, que proposeriez-vous ? Les gens aiment partir pour ne rien faire. Il faut donc imaginer des hôtels avec une architecture reposante, des services performants, un personnel disponible mais discret : que ces hôtels soient une aide à l’oisiveté.

Votre plage fétiche ? Toutes celles de la Riviera Maya au Mexique, entre Tulum et Cancún. Ce sont des kilomètres de plages désertes à la sortie de resorts pleins de gros Américains tout rouges. L’eau y est cristalline, le sable est blanc, c’est paradisiaque. Il y a aussi l’île de Houat, vers Belle-Île, au sud de laquelle s’étire une immense plage de sable.

La destination qui vous a le plus déçu ? En France, Deauville et Trouville. À l’étranger : le Maroc. Je suis allé à Fez, Marrakech, Casablanca, Rabat… Il y règne une atmosphère néocolonialiste qui m’a mis extrêmement mal à l’aise.

Votre souvenir le plus fort ?

J’aime partir à Quiberon, en Bretagne, m’adonner à quelques activités, dont manger des coquillages. J’aime me balader face au vent du large.

Avec nos filles, à Baalbek, au Liban, pendant l’occupation syrienne, nous avons traversé la montagne depuis Beyrouth et passé les cols avec un chauffeur. Il y avait de la neige, on était en short. Après avoir croisé des postes de contrôle syriens sur la route, on est arrivés dans la plaine de la Bekaa, puis à Baalbek, un endroit époustouflant. La ville était vide, tenue par le Hezbollah. On est entrés dans un restaurant, les gens nous regardaient… Nous avons visité tous les sites archéologiques. Au final, c’était moins désagréable que d’aller à Fez.

Où sont vos racines ?

Les précautions à prendre à l’étranger ?

Je ne sais pas si j’en ai. Ce n’est pas un concept auquel j’adhère. Bien qu’originaire du nord de l’Italie, je suis aussi à l’aise dans les plaines néerlandaises qu’au bord du lac de Côme. Les seules racines, c’est la nostalgie de ses

Ne pas être habillé comme un touriste. Je suis comme les Dupont et Dupond dans Tintin, j’aime me déguiser avec le costume du pays pour passer inaperçu. J’ai lu dans une interview que pour circuler dans les quartiers populaires sans problème, il fallait simplement revêtir un T-shirt de Bob Marley…

Quelles sont vos habitudes de voyage ? J’ai horreur des dépliants et magazines de ces chaînes qui vous rappellent sans cesse que vous êtes à l’hôtel. Je fourre toujours tout dans un tiroir.

Où et comment vous ressourcez-vous ?

« Il règne au Maroc une atmosphère néocolonialiste qui m’a mis très mal à l’aise. »

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Valence, Quiberon, puis la Catalogne, une région que je ne connais pas.

Le voyage est-il synonyme d’ouverture d’esprit ? Avec l’âge, je me le demande… C’est une ouverture d’esprit si on l’a décidé. C’est un peu vain d’imaginer que l’on peut découvrir une culture en une semaine. Il est illusoire de croire qu’on peut y entrer quand on n’en voit que le côté plaisant...


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& Tradition : Andtradition.com 10is : 10-is.com 2tec2 : 2tec2.com 41zero42 : 41zero42.com A Aboutwater : Fantini.it Alea : Aleaexperience.com/fr Alinéa : Alinea.fr Alpi : Alpirubinetterie.com/fr AM.PM : Laredoute.fr Amini : Amini.it Anglepoise : Anglepoise.com Aparici : Aparici.com/fr Arcana : Arcanatiles.com/fr Arcarreda : Arcarreda.it Artemide : Artemide.it Artifort : Artifort.com Atelier Swarovski Home : Atelierswarovski.com Au Fil des Couleurs : Aufildescouleurs.com B B&B Italia : Bebitalia.com Bakker made with love : Bakermadewithlove-shop.com Baxter : Baxter.fr BD Barcelona : Bdbarcelona.com Bianca & Family : Bianca-and-family.com Bianka Leone : Bianka-leone.com Bien Fait : Bien-fait-paris.com Bisazza : Bisazza.com Blomkal : Blomkal.com BN International : Bnint.com Bonacina 1889 : Bonacina1889.it BoråsTapeter : Borastapeter.se Bosa : Bosatrade.com Boussac : Pierrefrey.com/marque/ boussac Bretz : Bretz.de Bross : Bross-italy.com Burov : Burov.com C Cappellini : Cappellini.it Carocim : Carocim.com Carrément Beau : Carrementbeau.com Carrément Victoire : Carrement-victoire.com Casamance : Casamance.com Cassina : Cassina.com CC Tapis : Cc-tapis.com Cedit : Ceditceramiche.it Ceramica Cielo : Ceramicacielo.it

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Ceramica Sant’Agostino : Ceramicasantagostino.it/fr Chantemur : Chantemur.com Christina Lundsteen : Christinalundsteen.com Chouette Fabrique : Chouettefabrique.fr Cinna : Cinna.fr Circu : Circu.net Cole & Son : Cole-and-son.com Colonel : Moncolonel.fr Couleurs & Matières : Couleurs-et-matieres.fr CP Parquet : Cpparquet.it Creations Métaphores : Creations-metaphores.com D Dante Goods and Bads : Dante.lu David B : Davidb.paris Davide Groppi : Davidegroppi.com Décocéram : Decoceram.fr Dedar : Dedar.com Descamps : Descamps.com Designers Guild : Designersguild.com Devon & Devon : Devon-devon.com Dilmos : Dilmos.com Duravit : Duravit.fr Duvivier : Canapesduvivier.fr E Edmond Petit : Edmond-petit.fr Edra : Edra.com Elitis : Elitis.com F Fama : Fama.es Fap : Fapceramiche.com Farrow & Ball : Eu.farrow-ball.com Fendi Casa : Fendi.com Ferm living : Fermliving.com File under Pop : fileunderpop.com Flexform : Flexform.it Flos : Flos.com FMG : Irisfmg.it Foscarini : Foscarini.com FR66 : Fr66.com Fritz Hansen : Fritzhansen.com G Gallery S.Bensimon : Gallerybensimon.com Gallotti & Radice : Gallottiradice.it Gautier : Gautier.fr Genbyg : Genbyg.dk Gervasoni : Gervasoni1882.it Gubi : Gubi.com Gufram : Gufram.it

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Harlequin : Harlequin-uk.com Hartô : Hartodesign.fr Hermès : Hermès.com Heytens : Heytens.com Hooked on Walls : Hookedonwalls.com Houlès : Houles.com Hugues Chevalier : Hugueschevalier.com

Made in Design Madeindesign.com Made.com : Made.com Madura : Madura.fr Magis : Magisdesign.com Majvillan : Majvillanstore.com Malherbe Édition : Malherbe-edition.com Manuel Canovas : Manuelcanovas.fr Marazzi : Marazzi.fr Marni : Marni.com Martinelli Luce : Martinelliluce.it Matière Grise : Matieregrise-decoration.fr Mattiazzi : Mattiazzi.eu MDF Italia : Mdfitalia.com Mini Labo : Minilabo.fr Minotti : Minotti.com Misia : Misia-paris.com Moda International : 6, passage de la BouleBlanche, 75012 Paris. Tél. : 01 44 75 42 80 www.moda-int.com Mogg : Mogg.it Molteni : Molteni.it Molteni&C : Molteni.it/fr/ Moroso : Moroso.it Mosaico+ : Mosaicopiu.it Moustache : Moustache.fr Musterring : Musterring.com Mutina : Mutina.it Muuto : Muuto.com

I Ikea : Ikea.com I 4 Mariani : I4mariani.com India Mahdavi : India-mahdavi.com Itlas : Itlas.com/fra J Jab : Jab.de Jonathan Adler : Jonathanadler.com Jori : Jori.com K Kalejdoroom : Kalejdoroom.dk Kasthall : Kasthall.com Knoll : Knoll-int.com Kos Lighting : Koslighting.eu Koziel : Koziel.fr Kvadrat : Kvadrat.dk L La Maison Bahya : Bahya-deco.com Lago : Lago.it Laminam : Laminam.it Land Rover : Landrover.fr Larsen : Larsenfabrics.com Laurette : Laurette-deco.com Lauritz : Lauritz.com Leblon Delienne : Leblon-delienne.com Leçons de Choses : Leconsdechoses.com Lelièvre : Lelievre.eu Léo Le Pirate : Leolepirate.com Leolux : Leolux.fr Le Presse Papier : Le-presse-papier.fr Les Gambettes : Lesgambettes.fr Liberty Art Fabrics : Libertylondon.com Ligne Roset : Ligne-roset.com Limited Edition : Le.be Listone Giordano : Listonegiordano.com Lithos Design : lithosdesign.com Little Green : Littlegreen.fr Living Divani : Livingdivani.it London Art : Londonart.it Louis Poulsen : Louispoulsen.com Luceplan : Luceplan.com

N Nidi : Nidi.it Nilufar Edition : Nilufar.com Nobilis : Nobilis.fr Nobodinoz : Nobodinoz.com Norma Editions : Editions-norma.com Northern Lighting : Northerlighting.no Novoceram : Novoceram.fr O Omy design : Omy-maison.com Original Style : Originalstyle.com/fr Ornamenta : Ornamenta.com P Pedrali : Pedrali.it Pernille Egeskov : Pernilleegeskov.dk Persona Grata : Persona-grata.com Petite friture : Petitefriture.com Pierre Frey : Pierrefrey.com PointP : Pointp.fr Poliform : Poliform.it Pom d’Api : Pomdapi.fr Porcelanosa : Porcelanosa.com

Porsche : Porsche.com Portobello : Portobello-decoration.fr R Ragno : Ragno.fr RBC Avignon 38, boulevard Saint-Roch, 84000 Avignon. Tél. : 04 90 82 52 56 RBC Gallargues-leMontueux 1, avenue de la Fontanisse, 30660 Gallarguesle-Montueux. Tél. : 04 66 73 30 00 RBC Lyon – Cube Orange 42, quai Rambaud Quartier Confluence, 69002 Lyon. Tél. : 04 72 04 25 25 RBC Montpellier – Design Center 609, avenue RaymondDugrand, Quartier Port Marianne, 34000 Montpellier. Tél. : 04 67 02 40 24 RBC Nîmes 1, place de la Salamandre, 30000 Nîmes. Tél. : 04 66 67 62 22 Ressource : Ressource-peintures.com Roaming Roots : Roamingroots.co Roche Bobois : Roche-bobois.com Rolf Benz : Rolf-benz.com Rose In April : Roseinapril.com Rosenthal : Rosenthal.fr Rossana Orlandi : Rossanaorlandi.com Rubelli : Rubelli.com Rubelli Home : Rubelli.com S Saba : Sabaitalia.it/fr Sahco : Sahco.com Sanderson : Sanderson-uk.com Sé Collections : Se-collections.com Skinny laMinx : Skinnylaminx.com Siltec 51, rue de Miromesnil, 75008 Paris. Tél. : 01 42 66 09 13 www.siltec-mobilier.com Silvera : Silvera.fr/eshop.fr Silvera Bastille 41, rue du FaubourgSaint-Antoine, 75011 Paris. Tél. : 01 43 43 06 75 Silvera Beaugrenelle 12, rue Linois, 75015 Paris. Tél. : 01 40 59 42 80 Silvera Kléber 58, avenue Kléber, 75116 Paris. Tél. : 01 53 65 78 78 Silvera Outdoor 34, quai d’Austerlitz, 75013 Paris. Tél. : 01 72 15 12 00 Silvera Université 47, rue de l’Université, 75007 Paris. Tél. : 01 45 48 21 06

Silvera Wagram 41, avenue de Wagram, 75017 Paris. Tél. : 01 56 68 76 00 Smallable : Smallable.com Society : Societylimonta.com Solari Udine : Solari.it Stilnovo : Stilnovoitalia.it Stokke : Stokke.com Sunbrella : Sunbrella.com T Tacchini : Tacchini.it Tau Ceramica : Tauceramica.com Tenue de Ville : Tenuedeville.com The Conran Shop : Conranshop.fr The Rocking Company : Therockingcompany.fr Timberland : Timberland.fr Timorous Beasties : Timorousbeasties.com Tinycottons : Tinycottons.com Toiles de Mayenne : Toiles-de-mayenne.com Tokyobike : Tokyobike.com V Venice M : Venicem.it Vibieffe : Vibieffe.com Vincent Sheppard : Vincentsheppard.com Vitra : Vitra.com Vittorio Bonacina : Bonacina1889.it Voltex Bordeaux 49, cours GeorgesClémenceau, 33000 Bordeaux. Tél. : 05 56 30 15 30 Voltex Marseille 167, rue Paradis, 13006 Marseille. Tél. : 04 91 53 52 52 Voltex Paris 29, boulevard Raspail, 75007 Paris. Tél. : 01 45 48 29 62 Voltex Toulouse 8, rue du Canard, 31000 Toulouse. Tél. : 05 61 25 64 37 W Wall & Decò : Wallanddeco.com Walter knoll : Walterknoll.de Woud : Woud.dk Y YellowKorner : Yellowkorner.com Z Zagid & Voltaire : Zadig-et-voltaire.com Zucchi Bassetti : Zucchibassetti.com


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SPÉCIAL ARCHITECTURE

L E P LU S L I F E ST Y L E D E S M AGA Z I N E S D E D ÉCO Hors-série architecture n° 10 - Septembre 2017

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ID-VILLAGE PEOPLE

Le Milan de J.J. Martin Passionnée de brocante, J.J. Martin collectionne les tissus imprimés vintage depuis de nombreuses années. C’est donc tout naturellement que cette Californienne installée à Milan a lancé La DoubleJ., une ligne de vêtements conçue à partir de réimpressions de ses tissus fétiches. En septembre, elle ouvre avec Dimore Studio un pop-up store où ils présenteront ensemble leurs collections… Propos recueillis par Marie Godfrain

fresques que j’ai jamais vues. Très différente des écoles de Los Angeles…

© LA DOUBLEJ.

Une ville alternative ? Aucune autre ville en Italie permet de travailler entouré de gens créatifs et d’avoir si vite accès à la mer et à la montagne. D’autres sont plus belles, mais son dynamisme est unique, surtout ces cinq dernières années.

Satiro, Chiesa Santa Maria della Passione ou Chiesa Sant’Antonio Abate. Parfois j’emporte mon ordinateur et je m’installe sur les bancs pour écrire. Les horaires d’ouverture ne sont pas réguliers, comme toute chose en Italie !

L’objet le plus emblématique ? Les fauteuils de Gio Ponti, les Vespa, la papeterie Raimondi et les sacs à main de Fontana.

Quel est votre quartier favori ? Brera ou les 5Vie : j’aime les vieilles rues étroites pavées et les beaux appartements classiques.

Où trouver les meilleurs cocktails ? Tous les cocktails de Maurizio, au Bar Basso.

La dernière tendance milanaise ? Ma marque, La DoubleJ. (rires). J’ai vu à la garden party d’Angela Missoni plusieurs femmes porter nos modèles. Les motifs vintage résonnent bien avec l’exubérance italienne !

À Milan, le monde envie… Le style inimitable des Milanais. Ils glissent à vélo habillés de costumes ajustés, avec leurs chaussures brillantes, et sont toujours impeccables pour prendre l’avion.

Où trouver les meilleures douceurs ?

Une habitude ?

Chez Gattullo, où j’achète les gâteaux pour les anniversaires de mes employés. J’aime aussi les sfoglie au miel de la Pasticceria Cucchi, qui fut mon bureau officieux durant treize ans, avant le lancement de ma marque. Monsieur Cucchi, toujours derrière sa caisse, est adorable !

L’aperitivo, bien sûr ! Les Milanais le pratiquent avec générosité : ils ne se contentent pas de servir une poignée de cacahuètes. Une autre curiosité de Milan : il y a plus d’architectes que de chauffeurs de taxi. Tout le monde ici est architecte !

Quel est votre plat milanais favori ?

Partie, qu’est-ce qui vous manque ?

Les plats typiques sont la côtelette et l’osso bucco… Végétarienne, je préfère les plats des régions plus pauvres, où la viande était rare, comme dans les Pouilles. Mais les Milanais excellent dans le risotto au safran.

Sa petite envergure et son charme. J’ai l’impression de connaître tout le monde. C’est une ville amicale, où on ne passe pas des heures dans une voiture ou un taxi, ce qui me rend folle à Londres, Paris, New York ou Los Angeles.

Votre cantine ?

Quel est votre bar d’hôtel fétiche ?

Al Pont de Ferr sur les Navigli.

Celui du jardin de l’hôtel Bulgari. C’est le signe que le printemps est là !

Un souvenir du dernier Salone ?

Une odeur…

Le lancement de « La DoubleJ. Housewives », une collection d’assiettes en porcelaine et de linge de maison en lin décorés d’imprimés vintage empilés sur une immense table avec une explosion de couleurs et de motifs.

Celles du jasmin et de la glycine qui sont très communs ici et dégagent un parfum divin sur toutes les terrasses de Milan, même la nôtre.

Le plus beau bâtiment historique ? La Torre Velasca, que je vois de ma terrasse. J’adore son esprit brutaliste d’après-guerre.

Un couturier ? Monsieur Armani, avec ses vêtements bien coupés épurés et ses pommettes saillantes, est une métaphore de la ville. Miuccia Prada représente une facette plus frivole et inattendue, audacieuse et rigoureuse à la fois.

Quel palazzo vous inspire le plus ? Je nourris une obsession pour une école de la Via Passione installée dans un palazzo du XVIIIe. Son plafond est doté des plus belles

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Où allez-vous pour faire un break ? J’aime me balader dans les églises vides aux plafonds peints comme Santa Maria presso San

Quelle est votre rue favorite ? Via Vivaio. C’est l’exemple typique de l’architecture fin de siècle, avec ses façades Liberty et ses énormes appartements classiques. J’aime aussi les grands immeubles de la Viale Majno, tapissés de verdure au printemps et en été. Milan passe du gris au vert en un instant.

Votre « lieu secret »… Je ne traîne habituellement pas dans les cimetières, mais j’adore le Cimitero Monumentale. J’y ai fait un break à la fin de la dernière fashion week et je me suis perdue dans son jardin et ses balcons sculptés…


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