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Destination

Un très grand cru de l’œnotourisme Art, design, architecture, tout est dédié au vin, classé AOC, et aux plaisirs des sens dans les trois régions de la Rioja. Et tout y est exceptionnel. Les prestations gastronomiques et hôtelières y sont d’un niveau remarquable. Derrière chaque pied de vigne, le touriste, choyé et enivré, découvre un enchantement. Stéphane Jarre

En Rioja Alavesa, sur terre la vigne, sous terre un labyrinthe de caves ’histoire et la géographie ont placé ce terroir au Pays basque, mais, abrité par les montagnes de Toloño, il est tourné vers la Rioja. Autour de Laguardia, petite cité perchée sur sa colline, dont l’église Santa Maria de Los Reyes a conservé son portique polychromé tel quel – le seul de toute l’Espagne –, la terre est calcaire et le climat plus continental toutefois qu’ailleurs. Laguardia, 1 500 habitants et 400 caves, dessous et alentour. C’est dire si l’œnotourisme peut y trouver son compte. Il suffit d’aller au Centre thématique du vin de la Villa Lucia pour en prendre la mesure. Le lieu est enchanteur : de vieux matériels savamment alignés guettent les visiteurs, qui pourront se laisser emporter sitôt entrés par un conte projeté en 4D mettant en valeur cette Terre des rêves, En tierra de sueños. Une promenade didactique à

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travers le musée évoque bien entendu la culture de la vigne et la fabrication des vins en s’appuyant sur des objets authentiques, apprenant à distinguer les vins par leur couleur ou se livrant à des expériences olfactives et aromatiques. La Villa Lucia dispose d’espace de conférences d’une capacité pouvant de 500 personnes. A Laguardia, il y a l’embarras du choix, côté caves et dégustations. La bodega Palacio, à la fois cave, hôtel (mais de 12 chambres) et restaurant (60 places), a plus d’un siècle et des allures de villa romaine. Les groupes (jusqu’à 50 personnes) y sont accueillis dans un cadre raffiné, pour visiter, en 45 mn, la cave et ses 12 000 tonneaux, les cuves, le laboratoire de dégustation (15 places) et tout ce qui concourt à la production de 3 millions de litres de vin par an. De l’autre côté de Laguardia, la cave Ysios, imaginée

www.spain.fr www.laguardia-alava.com www.villa-lucia.com www.bodegaspalacio.com www.ysios.com www.bodegasvaldelana.com www.hotelvilladelaguardia.com www.lahuertavieja.com www.hotelcollado.com

par l’architecte réputé Santiago Calatrava, fait comme une ondulation à travers champs et vignes. L’architecture, en Alava, sert le vin sur des plateaux d’argent, ou dans des bâtiments bien étranges, comme celui de Frank Gehry pour la Bodega Marqués de Riscal, à El Ciego. Dans un genre plus traditionnel, mais tout aussi original, avec son labyrinthe de caves et plus

de cinq siècles d’existence. Un petit musée et des idées à revendre pour admirer le paysage de vignobles au contour de l’Ebre, notamment en juin où l’on marie vins et étoiles au milieu des vignes, ou revivre une histoire faite de pèlerins en route pour Compostelle, d’outils viniviticoles du XIXe siècle et de troupes espagnoles à abreuver pendant la guerre de Flan-

dres. Une sacrée expérience, à vivre en groupes (jusqu’à 60 pax). Retour à Laguardia pour dormir, à l’hôtel Villa de Laguardia, délicieux établissement, avec un spa magnifique, oléo et vinothérapies pour la détente, la ville perchée et les vignobles pour horizon. Un pied-àterre raffiné. A table, deux adresses conviennent parfaitement aux groupes : La Huerta Vieja, une cuisine copieuse et une salle immense parfaitement adaptée aux groupes, et El Castillo, restaurant de l’hôtel Collado, au cœur de la vieille ville, avec menus savoureux et cadre élégant, mais moins de places. n

En Rioja alta, le vin comme un art digne d’un musée n Haute Rioja, l’influence atlantique se fait sentir, non sans impact sur la viticulture. Mais pour tout comprendre de cet art, la visite du musée et des caves Vivanco Dinastía, à Briones, est un passage obligé que personne ne regrettera. Cinq générations de Vivanco s’y sont succédé, transformant la vigne en fortune, leur permettant d’amasser des œuvres d’art savamment disposées et de collectionner tous les objets, à travers le monde, se rapportant à la vigne et au vin, des plus insolites (4 000 tire-bouchons !) aux plus anciennes, des Romains à nos jours. Le musée, d’une exceptionnelle richesse, reçoit 150 000 visiteurs par an et constitue la première destination touristique de la province de La Rioja. Les caves, im-

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menses et sciemment pensées, font aussi partie de la visite, avec guide français s’il vous plaît. Mais il ne manque pas de caves plus petites en Haute Rioja, à même d’accueillir des groupes. Chez Miguel Merino à Briones, la famille produit un vin très soigné, des rouges tempranillo, mazuelo, graciano... qui fournissent 40 000 bouteilles par an, après sévère sélection. Le père et le fils ont chacun leurs recettes, le premier laissant vieillir plus longuement en tonneau sa production, le second préférant l’embouteiller plus vite. Tout le jeu consiste à savoir quelle génération le palais du dégustateur préfère... Le village d’à côté, San Vicente de la Sonsierra, est connu pour sa procession de pénitents qui se flagellent au

sang durant la semaine sainte en partant de l’église du XVIe siècle, perchée sur la colline. Dans le village, les caves d’Abel Mendoza accueillent avec simplicité et générosité les visiteurs curieux de découvrir des vins variés et rares, notamment des blancs qui ne sont pas si courant en Rioja (8 % de la production). Maïte Fernandez Mendoza ne tarit pas d’explications sur la production (70 000 bouteilles par an) et surtout le travail que cela représente. Dans la famille Mendoza, mari et femme, on aime l’authenticité et la tradition. En retournant en ville, à Haro, on ne quitte pas pour autant la viticulture. Ici, des vignerons français, fuyant le phylloxéra ont trouvé à poursuivre leur activité, acheminant même leur ma-

tériel par la voie ferrée. Nombre de caves se sont d’ailleurs installées autour de la gare. Les caves Roda ou encore Bilbainas, par exemple, immenses encore, avec une architecture ancienne rénovée et adaptée peuvent accueillir des groupes de touristes et leur expliquer comment vieilles vignes et technologie moderne peuvent faire bon vin. Pour dormir en pleine région vinicole, l’hôtel Los Agustinos, à Haro, ne manque pas de cachet. Ancien couvent du XIVe siècle, il propose des chambres agréables et confortables aménagées dans les anciennes cellules. En ville, à Logroño, capitale de la Rioja, l’hôtel F & G à, au bord de l’Ebre est tout indiqué, notamment pour des excursions en étoile à travers les vigno-

bles. A la fois fonctionnel et moderne, il dispose de 72 chambres disposées autour d’un patio, d’un spa pour ses clients et de salles de conférence. Côté restauration, il y a aussi d’excellents choix, des restaurants à tapas plein le centre-ville de Haro ou encore la Vieja Bodega, qui sert des spécialités locales dans un cadre vaste et campagnard, à Casalarreina. n

www.dinastiavivanco.com www.miguelmerino.com jarrate.abelmendoza@gmail.com http://roda.es www.bodegasbilbainas.com www.fghotels.com www.hotellosagustinos.com

En Navarre, patrimoine et terroir d’exception a Navarre, des Pyrénées à l’Ebre, a l’avantage de bénéficier d’une double dénomination vinicole. La plus réputée (DOC) s’applique aux Rioja, tandis que les vins de Navarre bénéficient d’une reconnaissance (DO) qui n’enlève rien à leur qualité. Du côté d’Olite, en outre, la culture figure en bonne place avec cet étonnant palais royal, lieu touristique le plus fréquenté de la Navarre. Il a bénéficié d’une rénovation de grande ampleur dans sa partie la plus récente (XVe), tandis que l’aîle du XIIe siècle est occupée par l’hôtel Parador (43 chambres), où il fait bon dormir dans un décor historique remarquable. Le patrimoine roman est aussi magnifiquement servi par la chapelle Santa Maria de Eunate, ermitage octogonal au milieu des champs. C’est aussi la tranquillité que proposent les caves Pagos de Araiz, au nord d’Olite, perdues au bout d’un chemin de transhumance. Outre l’heureux raffinement associant vin et art, le groupe Masadeu permet d’offrir aux visiteurs qui l’auront réservé une séance de taïchi sur une terrasse aménagée au beau milieu du vignoble planté en l’an 2000. Sur ces terres difficiles, l’entreprise a choisi de respecter l’environnement, évitant engrais chimiques et insecticides, exploitant les technologies de pointe pour accompagner le développement de la vigne. Au printemps, des randonnées à travers le vignoble, d’une cave à l’autre, avec dégustation et re-

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pos sont également proposés par la cave Pagos de Araiz. En Navarre, il est possible de combiner des formules touristiques associant vins et saveurs, par exemple avec la route de la truffe noire, le musée du vin d’Olite, des dégustations de vins locaux. Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle mènent aussi à travers villes et champs, offrant des étapes sympathiques, à l’image de cet hôtelauberge Jakue, avec dortoirs pour pèlerins et chambre confortables pour d’autres clients, dont une perchée dans un platane à plusieurs mètres au-dessus du sol, pour les fidèles du barde breton Assurancetourix. L’agro-hébergement Bei.tu, dans un ancien couvent de Beire, au sud d’Olite, est aussi une solution, notamment pour les groupes de jeunes. Plus exclusif, avec sa cave transparente, le restaurant Enekorri de Pampelune, avec sa magnifique cave de verre et sa cuisine gastronomique, réalise une synthèse parfaite de la Navarre, de ses richesses gastronomiques et de son goût pour le design et l’art. n

www.turismo.navarra.es www.rutadelvinodenavarra.com www.parador.es/fr/parador-de-olite www.pagosdearaiz.com www.museodelvinodenavarra.com www.jakue.com www.bei-tu.com www.enekorri.com

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Reportaje de la visita a la Ruta del Vino de Navarra