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éteignez vos télés hd Virez nagui et ses copains Calmez votre fièvre acheteuse Ouvrez vos yeux et vos mains Maintenant il est temps de toucher, sentir, voir et expérimenter. revu ne vous fera pas de promesses. Pas de votes, de likes ni de tweets à la clé. Ce carnet, vous ne devez rien en attendre. Seulement un aiguillon destiné à piquer la curiosité en ces temps d’apathie générale. Des participants hétéroclites pour une production qui l’est tout autant, sur des sujets aussi inutiles qu’indispensables. C’est ce que revu vous propose. Pour traverser des mondes différents et les interprétations du réel et du rêve, il vous faudra momentanément vous défaire de certaines idées et vous laisser aller à la curiosité la plus primaire…puis tourner la page. Ce simple geste vous transférera immédiatement ailleurs pour tout recommencer. Qu’ils soient engagés, optimistes, désenchantés, libertaires ou traumatisés, tous les sujets ont leur place dans revu.

éVEIL ET RéSISTANCE! C’est un appel auquel nous répondons. Une idée à transmettre. Libre à vous de passer votre chemin, cette tribune ne racolera pas l’auditoire. Elle l’agressera au contraire, piquant les habitudes d’un quotidien en crise dont tout le monde s’accommode.

Maurice Schwab


HRT


éveil & résistance

GLOSSAIRE RAISONNé DE L’ARCHITECTE DU XXIs Agriculture urbaine [agricultura] n.f. la tyrannie par le «vert». Architecture [architectus] n.m. Plus q’un métier, une profession de foi. Attique n.m. Aie aie aie. Acoustique [akoustikê tekhnê] n.f. Laissé pour compte. Béton banché [bitumen] n.m. Une solution de remplissage. Contexte [contextus] n.m. Synonyme de prétexte. Collaboration [collaboratio, -onis] n.f. Rédemption. Corbusier [corbu] n.p. Le Jésus-Christ de l’architecture. Café [caffé] n.m. Une nécessité. Développement durable n.m. Synonyme de développement rentable. Discours architectural [discursus] n.m. Chant lyrique de jouissance. DCE abr. Douloureuses Conséquences d’Erreurs. Enduit n.m. La voix du peuple. Energie [energia] n.f. «Have got the power ! » Espace tampon [spatium tampus] n.m. Espace tampax ! Filtre [filtrum] n.m. Outil Photoshop. Frank Llyod Wright n.p. Le Steven Spielberg de l’architecture. HQE abr. Modèle intéressant pour dictats intéressés. Intégration [intégratio, -onis] n.f. Unification des masses. Joint n.m. Dispositif de lutte contre les phénomènes de fissuration. Jour [diurnum] n.m Nuit. Limite [limes, -itis] n.f. Ligne physique ou mentale à dépasser. Lumière [lumen, -inis] n.f. Source de vie. Mixité n.f. Relatif à un mélange homogène. Mixité sociale n.f. Stratégie Benetton. Mixité fonctionnelle n.f. Stratégie B# ton. Maître d’ouvrage [tyrannus] n.m. Synonyme d’Esclavagiste. Nature [natura] n.f. 0% de matière urbanique. Nuit [nox, noctis] n.f. Jour. Ombre [umbra] n.f. «Auprès de mon arbre, je vivais heureux» PLU abr. Poussée Locale d’Urticaire. Permis n.m. De tuer. Programme [programma] n.m. Mais si, ça va passer... RT2015 abr. Manifeste engagé d’ingénieurs consanguins.


Je manque de temps. Je n'arrive pas à assouvir toutes mes envies. Pourquoi parfois le temps semble passer tellement vite ? Plaisir. échéance. J'en veux plus. Dans quels cas passe-t-il lentement ? Ennui. Attente. Donc pour avoir le temps d'accomplir plus de choses, Je me dois de n'en accomplir aucune.

P. Moineau


l’entend couramment a u j o u r d ’ h u i , e s t synonyme de jeunesse. Elle établit comme beau tout ce qui est frais, jeune, clinquant ; là est le danger.

Lifting

architectural

et grands-mères

en plastique

Parlons de beauté. C’est un fait, nous vivons à une époque où l’apparence prédomine, et par là-même établit en philosophie le culte de la beauté. C e l a a f f i r m e p a r ailleurs une définition de la beauté assez restreinte, comme code universel, fluctuant plus ou moins selon les aléas de la mode internationale. Mais je ne m’étendrai guère sur cet aspect r e s t r i c t i f t r o p largement accepté, là n’est pas le propos. Je ferai ici une sorte de comparaison entre les humains et leurs constructions, comme humble témoignage et piste de réflexion sur un phénomène actuel. La beauté comme on

Les femmes de manière p l u s m a j o r i t a i r e , mais également les hommes, ont donc aujourd’hui recours au lifting, botox ou autres interventions de chirurgie esthétique a f i n d e r e s t e r « beaux », d’apparence juvénile, rentrant dans les critères esthétiques du moment. Ceci à un âge de plus en plus jeune, afin de rester désirable et d’endiguer au plus tôt la marée montante des premières rides, m a i s a u s s i p a r c e que les canons de la beauté semblent inexorablement tendre vers le berceau. I m a g i n o n s - n o u s quelques secondes, e s s a y a n t t o u s d e rester des adolescents prépubères ou encore de ronds poupons déambulants à quatre pattes en costardcravate... Un premier problème assez simple se pose : nous ne ressemblons alors plus à ce que nous sommes vraiment. Nous devenons par ces trucages des mensonges


vivants, grands-pères e n r u t e t m a m i e s c o u g a r s s o u s l e s spotlights d’Hollywood. Mais quelle saveur ! Examinons de près cette beauté et voyons à quel point le sourire est figé, ces pommettes tendues, sans parler de ces seins siliconés devenus imperturbables de nonchalance. Venus en pleure. Certes, l’on désire toujours ce qu’on ne possède pas, mais où est le charme ? Car c’est bien lui en vérité qui nous rend désirable, et il ne dépend pas que d’une plastique standardisée irréprochable... Il en va de même pour nos édifices, lissés d’enduit, pétris de plastique...

Pourtant ces traces du temps, comme les rides de nos anciens, sont une richesse incroyable. Elles sont leur histoire, elles représentent tout ce qu’il y a derrière eux et donc tout ce qu’ils ont à transmettre aujourd’hui. E l l e s l e s a n c r e n t dans le présent et je reprendrai André C o m t e - S p o n v i l l e en disant que bien que mouvant, seul le présent a valeur d’éternité. Lui seul est réel. Alors chérissons les rides de nos grandsmères et écoutons nos vieilles maisons !

Paradoxalement, notre civilisation recherche d e s m a t é r i a u x n ’ a c c e p t a n t p l u s aucune altération, mais la pérennité de nos constructions s’en fait sentir car il ne tolèrent aucun vieillissement, sans parler de leur style. Personne ne peut aujourd’hui affirmer construire pour les siècles à venir. Il semblerait que notre époque n’accepte plus le temps, ses marques, ou toute forme de changement... Sean Calderhead


MoS


Giovanni Sandro


Tous autant que nous sommes avons été confrontés à une clef, chez nous, chez nos parents, chez nos grands-parents. Une clef qui traine dans un tiroir ou dans un pot fourre-tout. Cette clef a perdu tout intérêt dès lors que l’on a établi son inutilité. Mais dans notre grande sagesse, on ne peut se résoudre à s’en séparer. Elle reste là, à forcer son oubli. A plusieurs reprises au cours de notre vie, on la retrouve par hasard. Et comme si par miracle toutes les serrures avaient changé, on la réessaie à divers endroits, dans l’espoir vain de lui trouver un sens. Mais notre erreur est là. Elle n’aura jamais de sens que celui que nous lui trouverons au fond de nous-même. A tous les emmerdeurs, faites-en un porte-bonheur ! Vous laisserez au moins les lapins tranquilles. Mettez-la sur votre porte-clef si ça vous chante, alourdissez encore un peu votre trousseau. Car le salut, si vous le cherchez, ne réside pas en ce que cette clef peut ouvrir, mais bien en la clef elle-même. Si cette clef vous hante, cessez d’en avoir peur bande de lâches ! Prenez-la ou jetez-la ! Faites un choix. Ne la laissez pas moisir dans le fond d’un tiroir.


En tout cas s’il y a bien une chose dont vous pouvez être sûr, c’est que personne n’est dupe. Dire que vous cherchez cette clef est un mensonge ! Vous savez qu’elle vous appelle. Vous n’avez juste pas le courage de vous en saisir. Nous autres avons beaucoup de chance. Cette clef était déjà dans notre berceau. Notre seul mérite a été de ne pas s’en détacher au fil du temps. Mais quelle envie avons-nous de la partager ! Seulement c’est impossible. Chacun doit, au détour d’un grand ménage, faire son choix. J’espère de tout mon coeur que vous le ferez, quelle que soit son issue. Mais ne mentez plus. Vous serrez heureux ou malheureux, optimiste ou pessimiste, mais la grande tromperie est à terre. Celle selon laquelle les circonstances, événements ou contextes sont décisifs. Arrêtez de nous emmerder. Soyez celui ou celle que vous avez envie d’être au fond de vous, car cette personne-là, au fond, c’est vous.

P. Moineau


Savador Gerico


IDENTITÉ Dans l’héritage architectural qui nous vient du Moyen-Age, la Tchétchénie propose sa part de monuments : tours d’habitation, tours de défense, lieux de culte et sites funéraires. Selon des études du XXe siècle et selon la population locale, il existait en Tchétchénie plus de 200 tours militaires, près de 700 tours d’habitation, 300 sépultures et 88 lieux de culte. Depuis le XIX siècle on constate une destruction massive du patrimoine architectural de la Tchétchénie. Cette destruction se traduit en trois époques : - La guerre du Caucase (1840-1859) - La déportation du peuple (1944) - La guerre russo-tchétchène (fin XX – début XXI s)

«Si vous trouvez l’histoire des tchétchènes, brûler la ou ils mourront avec fierté.» (J. Staline)


PERDUE.

Ruslan Arsanoukaev, archéologue, historien nous en fait un témoignage dans son ouvrage, Le grand catalogue des Pétroglyphes tchétchènes : « … Pendant la guerre du Caucase (1840-1859), la plupart de ces villages de tours ont été détruits par l’armée russe. Certaines tours ont complètement disparu. La population a pu utiliser les blocs de pierre provenant des tours endommagés ou détruites pour construire des mosquées et des maisons. Seules les tours militaires et d’habitation qui se trouvaient dans les vallées de hautes montagnes sont restés debout, intactes. La destruction des tours de montagne a repris en 1944, après la déportation forcée de tout le peuple tchétchène au Kazakhstan et en Asie centrale. Puis vient la guerre russo-tchétchène contemporaine, elle éclate en 1994 et marque une étape décisive dans la destruction massive des monuments datant du Moyen-Âge. Aujourd’hui, il ne reste plus en ce lieu qu’un tas de pierres. Avec la « seconde guerre » contemporaine, initiée en l’automne 1999, les bombardements massifs opérés par l’aviation russe, suivis de tirs d’artillerie, ont laissé peu d’espoir de poursuivre des recherches sur les sites médiévaux dans les montagnes tchétchènes» A travers de ces faits historiques on peut déplorer que le grand empire a non seulement colonisé cette région mais a aussi endommagé la culture et le témoignage historique du pays en faisant disparaître l’identité du peuple.

ZeRo


une ĂŠdition faite main

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revu - numéro zéro - mars 2014