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Service Commun de Documentation

Premières journées du réseau MEDICI

Réseau MEDICI – Nancy : INPL et MSHL – 1er et 2 février 2010 CR par Paul-Emmanuel Bernard et Valérie Mallet


Sommaire 1.Les enjeux. Réinventer l’édition scientifique publique........................................................................3

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1.1 Accueil par Gerhard Heinzmann - Directeur de la MSH Lorraine - et Jacques Ducloy qui représentera Jean-Pierre Thomesse - Délégué régional de la DRTT Lorraine. Présentation des journées par Marin Dacos (Directeur du Cléo, fondateur de revues.org). Salle Gallé (bâtiment de la Présidence).........................................................................................................................................3 1.2 Les enjeux de l'édition scientifique publique, par Michèle Ballinger (qui représentera Laurence Bénichou Responsable du service des publications scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle)............................................................................................................................................3 1.3 Évolutions du cadre éditorial public, table ronde animée par Francis André (Mission pour l'information scientifique et technique et le réseau documentaire - Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche).............................................................................................................4 2.Seconde journée. Nouvelles compétences pour nouveaux métiers....................................................6 2.1 L’article du futur – intervention d’Eric Lichtfouse.........................................................................6 2.2 Restitution des ateliers.................................................................................................................8

Résumé MEDICI est un réseau, interdisciplinaire et inter-organismes, qui a pour vocation de réunir la communauté française des professionnels de l’édition scientifique publique. Il a pour mission d'engager une action transversale qui vise à rassembler les connaissances et les techniques spécifiques à l’édition scientifique pour les faire partager par tous et à générer des actions de formation. Ces premières journées réunissant des professionnels de l’édition et des bibliothèques (tous les acteurs de la chaîne éditoriale) avaient pour but d’échanger sur l’édition scientifique publique.

Paul-Emmanuel Bernard et Valérie Mallet – Le cadre de l'édition scientifique publique


1. Les enjeux. Réinventer l’édition scientifique publique

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1.1 Accueil par Gerhard Heinzmann - Directeur de la MSH Lorraine - et Jacques Ducloy qui représentera Jean-Pierre Thomesse - Délégué régional de la DRTT Lorraine. Présentation des journées par Marin Dacos (Directeur du Cléo, fondateur de revues.org). Salle Gallé (bâtiment de la Présidence) Entre Guthenberg et « le Journal des Savants », il s’est écoulé un siècle mais aujourd’hui, la mutation scientifique devrait prendre moins d’un siècle. Il faut revisiter les pratiques professionnelles élaborées dans le dernier millénaire. Les outils numériques sont au cœur de la fabrication de l’UDL. Réfléchir à une maison d’édition commune pour l’UDL est l’invitation qu’a lancée le Recteur lors de l’inauguration de Nancy université. Le désir de la Lorraine est de s’introduire désormais dans un paysage national. Le Réseau MEDICI se veut rassembleur. Trois questions restent à résoudre : financière, juridique et philosophique. Qui paye les coûts d’accès à l’information électronique (l’éditeur, le client ou l’institution) ? Comment définir la relation entre la propriété intellectuelle et l’open access ? Les structures de l’information ont autant d’importance que celles du savoir. Aucun éditeur ne maîtrise la filtration du savoir et l’internationalisation s’impose.

1.2 Les enjeux de l'édition scientifique publique, par Michèle Ballinger (qui représentera Laurence Bénichou Responsable du service des publications scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle). Aujourd’hui, nous sommes bousculés par l’introduction du numérique en réseau. Il faut essayer de faire avec les éditeurs et il faut développer un nouvel état de l’art.

Paul-Emmanuel Bernard et Valérie Mallet – Le cadre de l'édition scientifique publique


Au Musée, nous avons 4 périodiques à alimenter, 7 collections de monographies, 20 permanents et 7 rédacteurs. Nous sommes dans le cadre scientifique, dans le cadre public et dans le domaine académique donc soumis à l’évaluation. Nous répondons à une mission de service public réglementée. L’édition scientifique fonctionne avec des procédures d’évaluation scientifique que ce soit pour les articles ou les monographies de leur soumission à leur publication. Et une fois publiés, ces articles ou ces monographies doivent suivre des procédures d’évaluation bibliométriques. L’édition publique se rapporte à la circulaire de mars 98 dite circulaire Jospin.

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Elle est organisée en métiers dans les BAP. Elle répond aux missions de diffusion de l’IST et est soumise aux réglementations publiques. Certains organismes publics à vocation scientifique ou culturelle ont pour mission explicite de diffuser les connaissances qu’ils contribuent à élaborer ou de faire connaître au public les œuvres dont ils sont dépositaires. La circulaire réglemente l’édition publique pour qu’elle ne fausse pas la concurrence. Le service éditorial a pour fonction de garantir la validité des procédures. La diffusion est maîtrisée dans le domaine public, dans le domaine privé non. Et dans ce modèle, les résultats scientifiques sont revendus aux lecteurs. Donc, les scientifiques financent l’édition alors qu’ils ont produit eux-mêmes de l’information scientifique. Les enjeux sont dans la maîtrise de la diffusion de l’édition publique. L’indépendance intellectuelle des scientifiques passe par la maîtrise de la diffusion.

1.3 Évolutions du cadre éditorial public, table ronde animée par Francis André (Mission pour l'information scientifique et technique et le réseau documentaire - Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche). La rentabilité est très faible dans l’édition de la Recherche. Les chiffres d’affaire tournent autour de 43 % et les exemplaires vendus se situent autour de 300. Voir le rapport sur l’édition scientifique française à cette adresse : https://ist.cemagref.fr/actualites/ressources-documentaires/periodiques/revues-en-sciencessociales/ledition-scientifique-francaise-en-shs La diffusion est plus efficace dans le privé que dans le public. Dans le privé, c’est un tiers des titres. Il y a des déséquilibres qui amènent à penser que l’édition de recherche ne va pas très bien surtout dans l’édition publique. Paul-Emmanuel Bernard et Valérie Mallet – Le cadre de l'édition scientifique publique


Est-ce qu’il faut considérer l’augmentation de la production ? Celle des moyens ou celle de la lisibilité ? Il ya aussi beaucoup d’injonctions paradoxales au sein de l’AERES. Les scientifiques préfèrent lire des articles plutôt que des monographies comme lecteurs ou comme auteurs car les monographies ne sont pas valorisées dans la gestion de leur carrière. On peut donc se demander si le livre scientifique est un créneau d’avenir.

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Ce qui a manqué à l’édition scientifique, ce sont des compétences au niveau de l’édition et également un manque de pilotage. Il manque aussi des outils et un état de l’art qui permettent à certaines maisons d’édition d’avancer. La logique de plateforme doit être au-dessus des établissements. En terme de politique éditoriale, il y a au sein des presses universitaires, deux SAIC importants : celui de Franche-Comté et celui de Rennes mais il y a des problèmes de rentabilité. Une fiche comptable existe pour évaluer les coûts des ouvrages selon la circulaire Jospin. Du côté du privé, les éditeurs se servent du travail de relecture qui est fait par les secrétaires des labos or cette charge n’est pas évaluée alors que les éditeurs privés en profitent. Les presses des universités sont de quel côté ? Recherche ou valorisation ? Doivent-elles être un appui à la Recherche car les chercheurs n’ont plus le temps ? Les partenariats privés-publics évoluent et rien n’est figé. Dans les revues, la chaîne de la valeur repose sur la sélection des revues ou la réécriture des articles. Pour les monographies, on refuse mais on est moins exigeant en matière de sélection. On fera réécrire et on valorisera la diffusion commerciale. Les valeurs fondatrices sont : qualité, indépendance, accessibilité, pérennité des archives. La pérennité relève du domaine public. Pour l’indépendance, on a intérêt à maintenir une édition diverse avec de nombreux comités éditoriaux. Il faut sortir de l’endogamie institutionnelle car cela ne fait pas avancer la recherche. Le privé est compétent dans la diffusion. Est-ce notre métier de diffuser ? Il ne faut pas entrer dans des modèles de rentabilisation à « la Elsevier ». Il faut négocier l’exploitation commerciale et qu’elle soit limitée dans le temps. Il faut négocier au plus juste les embargos. Dans les B.U., les bibliothécaires travaillent sur les métadonnées et les métiers intermédiaires changent. On va vers une spécialisation. Il faut créer une communauté d’éditeurs pour avoir des données propres. Il faut être capable de prendre des microdécisions et d’avoir des compétences économiques. Car il y a actuellement une très grande technicité de la chaîne de l’édition.

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2. Seconde journée. Nouvelles compétences pour nouveaux métiers 2.1 L’article du futur – intervention d’Eric Lichtfouse 2

En préambule, il faut souligner que l’intitulé de l’intervention s’avère trompeur car la partie consacrée à l’article du futur est arrivée en fin d’intervention et a été très écourtée. M. Lichtfouse s’est plus attardé à présenter la politique mise en place pour remonter le facteur d’impact de la revue qu’il dirige. Chercheur à l’INRA depuis 1992, Eric Lichtfouse est éditeur (c’est-à-dire rédacteur en chef) de la revue Agronomy for Sustainable Development depuis 2003. Cette revue est diffusée par EDP. Il est également formateur en rédaction scientifique. Ascension d’une revue mineure. Quand il a pris la tête de la revue Agronomy for Sustainable Development, celle-ci s’intitulait Agronomie, proposait un nombre important d’articles en français à destination des professions agricoles. La thématique prédominante était alors l’agriculture intensive. L’impact factor de la revue était de 0.56 (< 1, ce qui n’est pas bon) ; dans le domaine de l’agronomie, cette revue arrivait en 29 position sur les 59 listées par l’ISI ; les délais de publication des articles étaient très longs… L’INRA envisageait de supprimer la revue. Dans un premier temps, la revue est devenue anglophone avec des articles en direction des chercheurs. Le nombre de numéro est passé de 8 à 4 par an et le nombre de pages de 800 à 600 pages par an. Cette revue subissait de plein fouet la loi du facteur d’impact et se retrouvait prise dans un cercle vicieux. En effet, quand le facteur d’impact d’une revue est faible, celle-ci ne reçoit que des articles refusés ailleurs (l’éditeur peut facilement s’en rendre compte car les articles ne sont pas transmis dans le bon format). Les soumissions sont alors faibles et rares : comme contractuellement l’éditeur de la revue a une obligation de publier un certain nombre d’articles, il n’y a pas de sélection. D’où une baisse de la qualité de la revue, donc moins d’articles transmis, moins de soumissions, moins de sélection… Comment inciter les auteurs à soumettre de bons articles dans une revue médiocre ? Plusieurs leviers peuvent être activés : -

la réduction de nombre de numéros et de pages a été accompagnée par une sélection beaucoup drastique des articles doublée d’une communication intense. Le facteur d’impact est alors passé à 1. EDP a pu communiquer sur cette hausse du facteur d’impact, d’où plus d’articles reçus…

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développer la publication d’articles de synthèse : ces articles sont très lus et par un public plus large donc plus cités. Ces synthèses sont publiées en début d’année car elles sont mieux

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prises en compte et citées dans la comptabilité de l’impact factor. M. Lichtfouse a ainsi lancé des appels à articles de synthèse sur Internet.

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mieux identifier les thèmes des articles fortement cités afin d’encourager et développer la publication d’articles sur ces thèmes.

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identifier les nouvelles thématiques porteuses : l’éditeur a privilégié des articles portant sur des thématiques plus écologiques et a intégré les sciences sociales (par exemple des articles de sociologie sur les populations d’agriculteurs…).

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collaborer avec l’éditeur commercial, notamment en matière de communication.

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être présent sur les colloques, journées d’études… pour faire la promotion de la revue.

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former les auteurs : c’est-à-dire leur expliquer le travail d’éditeur et pourquoi l’éditeur cherche à améliorer l’article.

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mieux corriger les articles.

Formation des auteurs. Eric Lichtfouse est également formateur en rédaction scientifique. Ce qui est malheureusement peu développé en France. Pris par le temps, il nous a présenté quelques points intéressants qu’il retire de son expérience de formateur. Qu’est-ce qu’un article scientifique ? Article = outil de communication. Scientifique = nouveauté démontrée et expliquée. L’article scientifique doit donc comporter ces deux éléments. Il s’agit de communiquer, en respectant certaines règles de communication, sur une nouveauté. Cette nouveauté peut prendre différentes formes : nouveau concept, mécanisme, espèce… Il ne faut pas pour autant mettre trop d’informations, travers assez fréquents. 10 résultats présentés dans un article vont occulter LA nouveauté. L’article doit être structuré et l’on peut identifier certaines zones dans chaque partie (résumé/introduction/résultats et discussion/conclusion) où présenter les problèmes et solutions. L’article doit également être organisé spatialement. On sait qu’il y a une différence entre ce que l’œil voit et la manière dont le cerveau l’interprète. Ainsi, les « blancs », les espaces entre les mots et les paragraphes ont une importance. La première et la dernière phrase d’un paragraphe vont apparaître comme plus importantes car l’espace qui les encadre les souligne. L’article scientifique étant outil de communication, il est nécessaire également d’élargir l’audience. S’il est destiné à la communauté scientifique, l’article de recherche doit aussi s’adresser aux autres acteurs de la société et chercheurs d’autres disciplines : spécialistes d’autres domaines, étudiants, médias, acteurs sociaux, acteurs politiques…. Eric Lichtfouse plaide pour que l’introduction des articles contienne une dose de vulgarisation.

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Enfin, Eric Lichtfouse a pu noter des différences culturelles. Ainsi, parmi les « défauts » des francophones, on peut lister : une tendance à rédiger des phrases trop longues, des phrases orphelines, la volonté de ne pas répéter, trop de résultats présentés dans l’article… Avec le numérique, Eric Lichtfouse insiste sur l’importance du titre et de l’abstract. Les articles les plus consultés sur HAL, par exemple, sont les articles dont le titre évoque la nouveauté.

L’article du futur

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Pris par le temps, Eric Lichtfouse n’a malheureusement pas eu le temps de développer ce point. Elsevier avec sa revue Cell propose un exemple de l’article du futur. On peut noter les caractéristiques suivantes : -

format écran (paysage).

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des menus.

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des highlights. Il s’agit des points forts de l’article, des messages importants à destination du grand public et des journalistes également.

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On peut retrouver des interviews en vidéo.

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Résumé graphique.

2.2 Restitution des ateliers •

Gestion du flux éditorial par Christian Brugeron (Asfored)

Cet atelier a porté sur la publication multi-supports et n’avait donc qu’un rapport lointain avec le workflow éditorial. Pendant cet atelier ont été présentés des éditeurs XML et des CMS. •

Diffusion et référencement par Catherine Morel (Inist-CNRS)

Ont été étudiés : les critères de choix des outils de production et les méthodes de production de documents. Concernant le référencement, il est nécessaire de bien structurer le travail en amont et le référencement va se faire tout seul. Sinon, il faut tout reprendre à la main. •

Sensibilisation à la Technologie Wiki pour l'édition. En quoi l'outil wiki est un atout dans le processus éditorial par Thierry Daunois (NIT - INPL)

L’atelier a consisté en un comparatif des freins et avantages des Wiki. •

Ajouter du sens au graphisme éditorial prépresse par Pyramyd

Présentation de la typographie et de ses principales. Ce cours étant déconnecté des question de support, il ne présente pas beaucoup d’intérêt.

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Le droit d'auteur par Anne-Laure Stérin (Juriste en droit des affaires et droit d'auteur ; formatrice, chargée de cours à l'Université Paris Est/Marne-la-Vallée)

Les niveaux de connaissance des stagiaires étant très hétérogènes, Mme Stérin a commencé par un rappel des règles générales sur le droit d’auteur et les exceptions de la DAVDSI concernant les agents publics dans les EPA.

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Compte-rendu journées MEDICI  

Compte-rendu des journées MEDICI sur l'édition scientifique publique

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