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ROMAIN PETROT

UNE ÉCOLE DE PIERRE - Volume 1 -


UNE ÉCOLE PRIMAIRE EN PIERRE DE TAILLE À MARSEILLE - ANCRAGE ET FRANCHISSEMENT -


- RAPPORT DE PFE 2018 ROMAIN PETROT

DE 1 ALTO - ENCADRANTS SIMON RODRIGUEZ-PAGÈS MARTINE WEISSMANN JEAN MAS

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REMERCIEMENTS INTRODUCTION 1 - LA COMPRÉHENSION D’UN LIEU 1.1 MARSEILLE, VILLE MÉDITERRANÉENNE 1.2 LE PANIER, UN VILLAGE DANS LA VILLE 1.3 LA PLACE DU REFUGE, UN POTENTIEL À RÉVÉLER 2 - LE PROJET ARCHITECTURAL 2.1 PROGRAMME, OBJECTIFS ET IMPLANTATION 2.2 FIGURE, TYPOLOGIES ET ARCHÉTYPES 2.3 CONSTRUIRE EN PIERRE DE TAILLE CONCLUSION BIBLIOGRAPHIE

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REMERCIEMENTS

Je souhaite tout d’abord remercier mes directeurs d’études Simon Rodriguez, Martine Weissmann et Jean Mas, pour leur encadrement ce semestre et pour tous leurs conseils qui m’ont permis de mener ce projet à terme. Merci à mes parents, Anne et Jean-Marc, pour leur soutien tout au long de ces études aussi éprouvantes que passionnantes. Enfin, je remercie mes camarades et amis Carla, Céline, Juliette, Louise, Kim, Guillaume et Théophile pour tous les moments fabuleux que nous avons partagés ces dernières années.

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«Concevoir et construire sont pour moi une seule et même chose. J’aime l’idée que la forme soit le résultat de la construction et du matériau.» Andrea Deplazes.

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INTRODUCTION Le projet de fin d’études est pour moi l’occasion d’une synthèse de cinq années d’études de l’architecture, mais aussi une porte vers le futur et le monde professionnel. Pour cet exercice, j’entends développer une pensée constructive du projet architectural. Si le schéma urbain et l’insertion dans un tissu existant sont primordiaux, j’accorderai une importance particulière aux questions relatives à la matérialité, à la technique et aux détails constructifs du bâtiment. L’architecture trouve sa finalité dans sa dimension construite, c’est là qu’elle prend tout son sens. Ainsi, il convient d’intégrer ces considérations dès la conception afin d’atteindre une adéquation espace/structure de qualité. Marseille est une ville que j’affectionne singulièrement pour son esthétisme et pour sa situation exceptionnelle sur la Méditerranée. Cité pleine d’histoire et de poésie, je décide aujourd’hui d’y revenir avec un regard d’architecte. Forte d’un héritage culturel riche, Marseille est actuellement en profonde mutation urbaine. Il me semble donc passionnant de me plonger au coeur de son plus vieux quartier et de participer à cet élan, qui vise à tourner Marseille vers l’avenir, tout en respectant ses racines. C’est dans le quartier du Panier que je décide d’agir, en proposant un projet d’école primaire, répondant au besoin de la ville dans ce domaine. Une pensée constructive forte, pour un programme symbolique aux enjeux importants, au coeur du plus vieux village de France. Ce projet sera l’occasion de réinterpreter la pierre comme matériau de construction contemporain. Comment construire un bâtiment qui se veut ouvert sur la ville avec un matériau qui revendique la masse ? Comment construire une école en pierre de taille, résolument moderne, dans un quartier historique et dense comme le Panier ? Nous présenterons d’abord le contexte marseillais et analyserons les particularités du site avant d’expliquer le projet architectural. Ce travail est le fruit d’un engagement constant et minutieux. Je suis très heureux de vous le présenter dans les pages qui suivent.

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1 - LA COMPRÉHENSION D’UN LIEU


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1.1 - MARSEILLE, VILLE MÉDITERRANÉENNE « En face de moi, je voyais cette magnifique Marseille, cette ville du Midi par excellence. Elle est placée au fond d’un amphithéâtre formé par des rochers arides comme tous ceux de la Provence. » Stendhal.

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Bassin du Vallon des Auffes

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Ce projet de fin d’études prendra place au coeur de Marseille, plus vieille ville de France et grand port ouvert sur le bassin méditerranéen. Ce choix de me vient d’une sensibilité particulière pour les paysages des villes méridionales que je n’ai cessée de nourrir depuis mon plus jeune âge.

- Statut : Chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et capitale de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. - Superficie : 241 km², dont 100 km² d’espaces naturels. - Population : Deuxième ville de France avec 861 635 habitants (2015). Métropole d’Aix-Marseille-Provence, environ 1 8O0 000 habitants. - Densité : 3 581 hab./km². - Grand port économique : 1er port français pour le fret et 3ème port européen pour les passagers.

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Carte de la France avec la région PACA et la ville de Marseille

Plan du bâti de l’agglomération marseillaise

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Une ville chargée d’histoire Marseille, anciennement appelé Massalia, puis Massilia par les Romains, est la plus vieille cité de france. Elle fut fondée en 600 avant J.C. par des marins grecs venus de la ville de Phocée. Devenue romaine après sa conquête par Jules César en 49 av. J.C., elle sera l’une des places majeures de l’Église romaine dans le sud-est de la France. Au Moyen Âge, Marseille perd de son influence et connaît des temps troubles qui s’achèvent au XVème siècle lorsque la ville devient française, avec un rôle dans l’affirmation de la puissance royale et le développement du commerce méditerranéen. Marseille deviendra une place forte à partir du XVIème siècle sous l’impulsion de François 1er puis Louis XIV qui y fit construire le Fort Saint-Jean et le Fort Saint-Nicolas. Le début du XVIIIème siècle marque durement la ville, la peste de 1720 fait 30 000 morts sur une population de 90 000 habitants. Cependant, le port de Marseille acquiert une notoriété mondiale. Avec l’essor du commerce, la démographie explose et situe Marseille au 3ème rang des villes françaises. En 1839 est inauguré l’Arc de Triomphe qui marque l’entrée de la ville au niveau de l’actuelle porte d’Aix. La cité se modernise avec l’arrivée de l’eau de la Durance et connaît un essor industriel considérable avec des huileries, savonneries, minoteries et manufactures de tabac qui s’adossent au port plus que jamais dynamique. L’accès au centre-ville est facilité par l’édification de la gare Saint-Charles en haut du boulevard d’Athènes. Marseille compte 500 000 habitants au début du XXème siècle. De nombreux immigrants sont attirés par cette ville au fort potentiel économique. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la ville est sévèrement détruite. S’ensuit une période de reconstruction marqué par des architectes modernes comme Le Corbusier ou encore Fernand Pouillon qui reconstruit le quartier du VieuxPort en utilisant une pierre locale (pierre de Fontvieille). À partir des années 1980, Marseille entame sa mutation économique en développant des activités qui la placent à la pointe de la technologie et la repositionnent en tant que centre économique de premier plan.

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Plan de Marseille en 1575, Braun et Hogenberg, Civitates Orbis Terrarum, II-12

Plan de Marseille au XIXème siècle

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Une mutation urbaine : Euroméditerranée Depuis 1995, la ville de Marseille, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Conseil général des Bouches-du-Rhône entreprennent un grand chantier de rénovation urbaine visant à inscrire Marseille dans la compétition internationale en en faisant une métropole européenne. Euroméditerranée, plus grande opération de rénovation urbaine d’Europe du Sud, engage la réhabilitation d’un périmètre de 480 hectares au coeur de la métropole marseillaise. Cette opération engage la construction d’infrastructures, d’espaces publics, mais aussi de bureaux, logements, commerces, hôtels, équipements culturels et de loisirs entre le port de commerce et la gare TGV (voir carte ci contre). Opération de développement économique, Euroméditerranée veut aussi promouvoir la mixité sociale et culturelle. C’est là que cette opération trouve ses limites : en développant de nombreux partenariats privés, la composition de la population risque de changer. Le projet est mal reçu par les habitants de Marseille qui craignent un creusement des inégalités sociales. On remarque par exemple que les quartiers du Panier et une partie du IIIème arrondissement ne sont pas concernés pars les opérations de rénovation. Aussi, ces créations de logements et de bureaux vont engendrer une explosion démographique, alors que le nombre d’écoles primaires reste insuffisant pour accueillir tous les nouveaux arrivants. Cette opération urbaine ambitieuse, promouvant le renouveau économique dans un respect de l’environnement soulève quelques réserves. C’est dans ce contexte que mon projet viendra s’implanter.

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Photo de Marseille Euroméditerranée depuis la mer

Quartier du Panier Secteur Euromediterranée

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1.2 - LE PANIER, UN VILLAGE DANS LA VILLE

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Photo d’une ruelle du Panier

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Description générale Le Panier est un quartier de Marseille situé sur la butte des Moulins sur la rive nord du Vieux-Port. C’est la partie la plus ancienne du site d’implantation historique de la colonie grecque 600 ans av. J.C. On dit de ce quartier qu’il est le plus vieux village de France. Il se situe dans le IIème arrondissement de Marseille (24 724 habitants - densité : 4 906 hab./km2) et est considéré comme un monde à part entière. Il tire son nom d’une rue, qui elle-même avait pris le nom d’une auberge populaire dans le quartier. C’est historiquement un quartier populaire qui a accueilli successivement les immigrés à Marseille (Italiens, Arméniens, Maghrébins). Longtemps considéré comme un quartier pauvre et malfamé, il tend à se gentrifier depuis une vingtaine d’années avec l’installation d’activités culturelles à proximité et les réhabilitations menées sur les bâtiments vieillissants. Cependant, le Panier reste toujours un quartier à la population mixte. Ses limites sont floues, mais on peut quand même distinguer le coeur du Panier par son tissu très dense et hétérogène. Une seconde couronne de bâtiments vient ensuite faire le lien avec le reste de la ville et notamment le Vieux-Port.

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Carte de Marseille montrant le quartier du Panier et la place du Refuge en rouge

Cathédrale de la Major Mucem

Fort Saint-Jean

Mairie

Ombrière de Nomran Foster

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Hôtel de Ville

La Vieille Charité

Carte montrant les lieux culturels à proximité de la place du Refuge


Caractéristiques morphologiques Le Panier est un village dans la ville tant son type de bâti, son plan de masse et sa situation contrastent avec le reste de Marseille. Ce quartier se situe sur la butte des Moulins, à la topographie très marquée. On y circule dans des ruelles aux pentes abruptes ou à travers d’étroits escaliers qui nous permettent de gravir la colline et de passer de place en place. Les petites rues aux façades colorées font du Panier un lieu pittoresque qui incarne l’âme de Marseille. L’étroitesse de ces passages est accentuée par des bâtiments hauts, en général de quatre étages, qui s’élèvent entre 12 et 14 mètres. Ceux ci sont construits en pierre et recouverts d’enduit à la chaux. L’ensoleillement y est donc assez faible et les vis-à-vis très forts. Le quartier du Panier comporte quatre places publiques principales : la place de Lenche, la place des Moulins, la places des Pistoles et la place du Refuge. Si les trois premières ont des qualités propres et complémentaires, la dernière est en attente de qualifications. C’est sur cette place du Refuge que se porte mon intervention avec pour projet de requalifier les espaces communs disponibles et de créer un bâtiment ancré dans le site et tourné vers l’avenir.

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Les places publiques du Panier

Place de Lenche

Place du Refuge

Place des Pistoles

Place des Moulins

Place du Refuge

Coupe sur le quartier du Panier

13.5 m 11.0 m 8.5 m 6.0 m 3.5 m

Coupe d’une rue typique du Panier

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1.3 - LA PLACE DU REFUGE, UN POTENTIEL À RÉVÉLER

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Photo de la place du refuge

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Présentation du site La place du Refuge se situe en plein coeur du quartier du Panier, sur le flanc ouest de la butte des Moulins, dans la pente en direction de la cathédrale de la Major. Elle est bordée par la rue des Honneurs au nord, la rue du Refuge à l’est, la rue des Repenties au sud et la rue Baussenque à l’ouest. Cette place était anciennement occupée par plusieurs bâtiments qui couvraient l’ensemble de l’espace aujourd’hui libre : le couvent des Repenties sur la quasi-totalité du terrain, et un îlot de logement donnant sur la rue Baussenque à l’ouest. Le couvent des Repenties fut construit dès 1630 pour accueillir les femmes ayant eu de mauvaises vies souhaitant se repentir. Il fut détruit au fil des siècles, laissant des espaces vides dans le tissu urbain. Seule la partie nord de ce bâtiment est toujours présente. Elle abrite de nos jours une petite bibliothèque de quartier. L’îlot 9 s’est quant à lui effondré dans les années 1980 pour cause d’insalubrité et n’a toujours pas été reconstruit. C’est actuellement un terrain en friche. Ces différentes démolitions ont laissé des espaces vides, dont les proportions et les géométries ont créé un grand espace résiduel dans le tissu urbain. Depuis une vingtaine d’années, les habitants du quartier sont dans l’attente d’une requalification de ce délaissé, porteur d’un réel potentiel de respiration dans un tissu aussi dense. Quelques projets menés par des associations sont en cours, mais les budgets proposés sont trop faibles pour réaliser une réelle intervention qualitative sur ce lieu. Ainsi, l’objectif de ce projet sera d’investir cette place pour y construire une école primaire et requalifier les espaces publics qui l’entoureront. De plus, je prends la décision de supprimer le bâtiment existant de l’actuelle bibliothèque pour pouvoir aménager l’équipement scolaire et l’espace public de manière plus cohérente. Le projet se compose donc d’un équipement scolaire et d’une petite bibliothèque de quartier.

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Ilôt 9

Couvent des Repenties

Plan de l’ilôt au XVIIème siècle

24.10

Rue des Honneurs

29.14

22.30 25.80

24.10 BIBLIOTHÈQUE DU PANIER

Rue Baussenque

30.70

21.30 FRICHE ILOT 9

25.30 PLACE DU REFUGE

Rue du Refuge

21.30

29.30 PLACE HAUTE

Rue des Repenties

24.10 26.00 00.00

25.30 PLACE J-C IZZO

24.10

26.00

Plan actuel de l’Ilôt

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Un vide résiduel

?

Des espaces publics non hiérarchisés

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24.10

Rue des Honneurs

29.14

22.30 25.80

24.10 BIBLIOTHÈQUE DU PANIER

Rue Baussenque

30.70

21.30 FRICHE ILOT 9

25.30 PLACE DU REFUGE

Rue du Refuge

21.30

29.30 PLACE HAUTE

Rue des Repenties

24.10 26.00 00.00

25.30 PLACE J-C IZZO

24.10

Automobile et piéton Piéton

26.00

Principaux flux sur le site

4600 m2

Le site sans la bibliothèque actuelle

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Conclusion Dans le IIème arrondissement de Marseille, au coeur du quartier du Panier, le plus vieux village de France, se trouve un espace vide, de grande dimension par rapport au tissu, qui n’est pas rendu qualitatif pour les habitants du quartier comme pour la ville de Marseille. Constatant un manque d’équipement scolaire à Marseille dans un contexte de développement intense de la ville, j’ai décidé de concevoir le projet d’une école primaire et d’une bibliothèque au coeur du Panier.

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2 - LE PROJET ARCHITECTURAL


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2.1 - PROGRAMME, OBJECTIFS ET IMPLANTATION

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Photo de la place du Refuge

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P R O G R A M M E D E L’ É C O L E P R I M A I R E - ACCUEIL -

- R E S TA U R AT I O N -

Pa r v i s 2 0 0 S a s d ’e n t r é e 1 2 H a l l d ’a c c u e i l - i n f o r m a t i o n - a t t e n t e 6 0

Salle à manger Sanitaires 16 Lavabos 10 Ve s t i a i r e s 1 6 Salle à manger 320

- A D M I N I S T R AT I O N / V I E P É DA G O G I Q U E -

O ff i c e c u i s i n e

Attente parents 6 Bureau de direction 14 Salle des professeurs 40

Hall de livraison 12 Décartonnage 14 Bureau responsable de site 14 Réserve 10 O ff i c e d e r é c h a u ff a g e 6 0 Plonge 40 Stockage vaisselle propre 12 Ve s t i a i r e s f e m m e s 8 Ve s t i a i r e s h o m m e s 8 Buanderie 8 R é s e r v e p r o d u i t s d ’e n t r e t i e n e t m a t é r i e l s 1 0 Local déchets tampon 14

Sanitaires 16 Réserve scolaire 14 - ACTIVITÉS Salle de classe 10 x 60 = 600

- ACTIVITÉS SPÉCIFIQUES -

- MAINTENANCE / ENTRETIEN -

S a l l e d ’é v o l u t i o n m o t r i c e 1 4 0 Linéaire de rangements 10 Salle de stockage matériels10

Locaux de rengement sur cours de récréation 20 Local entretien (répartis) 6 - S TAT I O N N E M E N T S -

Bibliothèque - centre documentaire Espace bureau animateur 10 Espace de lecture 35 Espace jeux de société et livres 65

Local deux-roues abrité 20 Stationnement livraisons 20

Salle arts plastiques 60 Stockage arts plastiques 15

- E S PA C E S E X T É R I E U R S Espace de récréation 400

S a l l e d ’a c t i v i t é p o l y v a l e n t e 6 0 Stockage salle polyvalente 20 Salle Informatique 60

- MÉDICO-SCOLAIRE -

Salle R.A.S.E.D 30

E s p a c e d ’a t t e n t e 6 Bureau psychologue - Médecin scolaire 12

PROGRAMME DE LA BIBLIOTHÈQUE - H A L L D ’A C C U E I L - 6 0 - SALLE D’EXPOSITION - 60 - S A L L E P O LY VA L E N T E - 6 0 - BUREAUX - 24 - MANUTENTION - 20 - P R Ê T E N FA N T + S A L L E D E L E C T U R E - 2 0 0 - P R Ê T A D U LT E + S A L L E D E L E C T U R E - 2 0 0 - PRÊT AUDIO VIDÉO - 60 - S A L L E I N F O R M AT I Q U E - 6 0

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SALLES DE CLASSES

BIBLIOTHÈQUE

PARVIS DE L’ÉCOLE

ESPACE PUBLIC

COUR DE RÉCRÉATION RÉFECTOIRE

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Le projet architectural développera un équipement scolaire couplé à une bibliothèque de quartier. Comme expliqué précédemment, l’actuelle bibliothèque de quartier génère un espace vide à géométrie résiduelle. Je décide donc de la supprimer pour pouvoir reconstruire un bâtiment qui hiérarchisera et structurera l’espace public d’une manière plus radicale et plus lisible. Comme tout projet d’architecture, les objectifs fixés au début de la conception sont primordiaux. Aussi, le choix de l’implantation aura une importance déterminante sur la pertinence du travail mené. Ainsi, il convient d’exprimer ces objectifs clairement. Ceux-ci résultent d’une lecture raisonnée du site. Ils sont les suivants : - Partitionner l’espace public de manière cohérente. - Hiérarchiser différentes places publiques. - Libérer un parvis pour l’école, en gradin sur le reste de l’espace public. - Créer un parvis pour la bibliothèque de quartier. - Intégrer le bâtiment dans le site par sa forme et sa matérialité. - Explorer l’idée d’une intériorité ouverte. L’implantation choisie répond à la logique des tracés du site et à la volonté d’affirmer une colonne vertébrale de l’est à l’ouest pour délimiter des zones claires. Cette ligne sera le lien entre deux bâtis en pierre situés à l’emplacement de l’ancienne bibliothèque et sur l’îlot 9.

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Espace public attenant à la bibliothèque

PLACE DU REFUGE

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Espace public principal Parvis de l’école

Petite placette Espace public secondaire

PLACE DU REFUGE

Schéma d’implantation


2.2 - FIGURE, TYPOLOGIES ET ARCHÉTYPES

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Photo de la place du Refuge

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Une figure forte La figure est une prise de position formelle vis-à-vis d’un site. Elle cherche à representer de manière abstraite l’idéal spatial du futur batiment. La figure mise en place ici s’apparente à une manivelle, une ligne qui relie deux pôles. Ces deux pôles se trouvent sur l’emplacement de l’ancienne bibliotèque et sur l’îlot 9. Ainsi, le nouveau bâtiment n’empiète pas sur l’espace public qualifié de la place du Refuge. La ligne est l’élément structurant du projet urbain et architectural. Elle vient traverser le site d’est en ouest et hiérachise l’ensemble du nouveau plan de l’îlot. Elle donne également une cohésion au projet d’école : elle est le lien entre les deux corps de bâti en pierre. Aussi, elle partitionne les vides : un parvis pour l’école en gradin sur la place du Refuge, au nord la place du Refuge moins ouverte qui permet de créer une entrée à la bibliothèque, au sud, la place Jean-Claude Izzo, en retrait de l’espace public principal et plus intimiste. Cette figure permet une lisibilité des espaces rapide et claire pour les habitants du quartier. Aussi la figure permet de jouer avec la topographie du site en passant du point haut au poins bas du site à travers le bâtiment. En outre, on peut dire que cette forme revendique un certaine centralité. Si on précise le schéma, la figure devient deux équerres de pierre qui se regardent. Le milieu de la ligne devient alors un centre de symétrie du projet qui se tourne alors vers le centre de l’îlot.

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Deux blocs de pierre posĂŠs au sol et une ligne en franchissement qui les relie

Deux Êquerres de pierre qui se font face et soutiennent un bâtiment en franchissement

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Typologies et archétypes Après ce travail de figure spatiale, le projet d’école primaire est l’occasion de se questionner sur la typologie des espaces éducatifs. J’essaye ici de développer une classe qui dialogue entre l’extérieur et un vide intérieur : l’Atrium. Les classes sont traversantes et sont orientées est/ouest pour une lumière optimale. Ainsi, nous pouvons ventiler naturellement toutes les salles et créer une atmosphère d’apprentissage confortable. L’Atrium, grande pièce centrale, ouverte vers le ciel, est un espace commun important du projet. Les salles de classes et les ateliers se disposent autour de ce lieu qui permet une grande transparence dans l’école et une lisibillité des espaces pour les enfants. En effet, l’élève qui est dans une salle de classe peut voir l’extérieur, mais aussi l’Atrium et même les autres lieux de l’école. Ce projet d’école est aussi l’occasion de questionner les archétypes architecturaux que sont respectivement la cour et le pavillon. La cour, pièce à ciel ouvert, met en scène une verticalité, tandis que le pavillon, toiture qui abrite, joue avec l’horizontalité. Le deuxième bloc de la figure mettra en scène ces deux archétypes. Le réfectoire se situera dans le pavillon tandis que la cour de récréation sera sur la surface de cette toiture. C’est une cour suspendue au milieu du Panier. Les enfants qui y joueront seront en situation exceptionnelle, dans les airs, entourés de bâtiments colorés et magiques.

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Ouest

COUR PAVILLON

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Est


Référence Dans cette réflexion sur les archétypes architecturaux et la matérialité, le travail d’Alberto Campo Baeza m’a beaucoup inspiré. Dans le projet présenté ci-contre, un bâtiment de bureau dans la ville de Zamora en Espagne, Campo Baeza pousse à leur paroxysme les archétypes de la cour et du pavillon. La cour, pièce à ciel ouvert, se caractérise par un mur d’enceinte en pierre massive, en relation verticale avec le ciel. Tandis que le pavillon se résume à des toitures jouant avec l’horizontalité accentuée par la transparence totale des parois en verre. Ici, l’architecte place le pavillon dans la cour, qui devient donc un enclos. Il construit un édifice sublime de par sa puissance théorique.

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Office in Zamora - 2008/2012 - Alberto Campo Baeza

Office in Zamora - 2008/2012 - Alberto Campo Baeza

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2.3 - CONSTRUIRE EN PIERRE DE TAILLE «L’architecture d’un monastère ne se compose pas en assemblant des bâtiments, mais bien comme une sculpture, dans un bloc plein, massif.» Fernand Pouillon, Les pierres sauvages.

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Photo de la carrière de Fontvielle

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La pierre, un matériau ancestral La pierre fut l’un des premiers matériaux de construction dans le monde. Sa mise en oeuvre relève du monde de la maçonnerie. Elle se construit par assemblage d’unités, de blocs. C’est un matériau qui exprime la gravité et implique un lien fort avec le sol sur lequel il est posé. La pierre revendique la masse. Elle engendre des espaces fermés qui fonctionnent comme des pièces que l’on additionne. La pierre a toujours été un matériau de constructeur. Sa mise en oeuvre a longtemps été un art mais elle fut reléguée au second plan après l’apparition de matériaux manufacturés comme le métal et le béton. Cependant, elle ressurgit ces dernières années car elle répond à une logique de durabilité. C’est une ressource presque inépuisable, contrairement aux autres matériaux évoqués précédemment. Le projet d’école primaire que je soutiens vise à s’intégrer dans le tissu urbain du Panier en respectant ses tracés et ses caractéristiques. Si l’intégration formelle est importante, le choix de la matérialité de l’édifice est déterminante pour la réussite du projet. Le choix que je fais par rapport à cette question est celui de la localité. L’école sera construite en pierre calcaire de la région. Soit en pierre de Fontvieille (pierre calcaire à reflets blonds) avec laquelles ont été construits les bâtiments de Fernand Pouillon sur le Vieux-Port, ou en pierre d’Estaillades, une pierre blanche. Ce matériau est utilisé pour ses qualités d’intégration au site. En effet, Marseille est située dans une région ou les carrières de pierre sont très présentes. Une grande partie du bâti local est en pierre. Dans un univers de pierre, il me semble évident de construire avec ce matériau.

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Atouts et inconvénients Récemment, la pierre connaît un nouvel élan dans le monde de la construction. Appréciée pour ses qualités d’inertie thermique, elle s’avère être extrêmement intéressante en ce qui concerne l’énergie grise. L’énergie grise est la quantité d’énergie nécéssaire à la production, au transport, à la mise en oeuvre et à l’entretien du matériau. La pierre étant un matériau naturel, elle nécessite peu de transformations et devient donc attrayante. Une autre de ses qualités est qu’elle est presque inépuisable sur Terre. En effet, la pierre, dans les régions adéquates comme le sud de la France, est présente dans le paysage en grande quantité. Ainsi, elle répond à une logique écologique de protection des ressources, contrairement aux matériaux dits modernes. C’est notamment grâce à Gilles Perraudin que la pierre a commencé à revenir sur le devant de la scène dans le monde de la construction. Grâce à son travail d’architecte, il a réussi à prouver qu’on pouvait encore construire en pierre, que ces techniques de construction n’étaient pas archaïques. Enfin, dans une contexte climatique comme celui de Marseille, construire une école primaire en pierre de taille peut s’avérer être très intéressant du point de vue thermique du fait de son inertie. Elle permet donc de redistribuer de la chaleur l’hiver et de maintenir un température fraîche l’été. L’inconvénient de ce matériau est son prix. C’est un matériau noble, donc cher. Aussi, ses capacités de franchissement sont assez faibles. Il convient donc de le coupler à un autre matériau pour étendre les possibilités constructives.

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De nouvelles possibilités Construire en pierre peut se révéler contraignant. En effet, ses performances en compression sont excellentes, mais sa capacité de franchissement est réduite. La pierre oblige donc à concevoir une architecture avec un certain langage, fait de murs et de percements assez étroits. Cependant, des recherches récentes sur ce matériau associé à du métal ont montré qu’on pouvait augmenter ses capacités de résistance en traction et flexion et ainsi transcender son rôle habituel. Le système de pierre précontrainte ouvre de nouveaux horizons à la construction en pierre. Précontraindre la pierre de la même manière que le béton permet de construire des ouvrages en pierre qu‘on ne pouvait imaginer auparavant. La gare de Marseille Saint-Charles utilise cette technique avec des poteaux en pierre précontrainte de 15 mètres de hauteur qui permettent de reprendre les efforts de la façade et d’assurer la portée de la toiture de la gare.

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Gare TGV - Marseille Saint-Charles

Poteaux de pierres prĂŠcontraintes

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CONCLUSION

Dans ce projet, j’ai réalisé une école primaire couplée à une bibliothèque de quartier au coeur d’un quartier historique de la ville de Marseille. À chaque articulation du projet, un espace public est créé, attribuant au tissu dense des zones de respiration. Le vide est hiérarchisé et partitionné par les éléments bâtis. L’édifice caractérise la nouvelle place du Refuge. Il lui donne des usages et une vitalité. Les habitants du quartier pourront lui trouver de nouvelles fonctions, tandis que les promeneurs et touristes continueront à y flâner. Le bâtiment, fort de sa matérialité puissante, semble être là depuis toujours, avec élégance et sensibilité. Il s’intègre au paysage et au tissu du quartier par le respect des ses tracés. La pierre de taille est un matériau d’avenir, tout comme l’École représente le futur de nos sociétés. Ces deux éléments, qui se réunissent dans ce projet, sont en perpétuelle évolution mais semblent ici se conjuguer avec pertinence. Le devenir de l’École publique en France est un enjeu fondamental pour notre discipline et il est nécessaire que tout projet de cette nature soit réalisé avec le plus grand soint. Ce travail m’a permis de consolider mon écriture et ma sensiblité architecturale dans une recherches constante de précision et de vérité constructive. Les matérialités et les textures ont toutes une histoire propre qu’il convient de respecter pour mieux les interpréter.

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BIBLIOGRAPHIE

2006 Livio Vacchini Capolavori

2008 Andrea Deplazes Construire l’architecture : du materiau brut à l’édifice

2012 Baptiste Lanaspeze Marseille, ville sauvage

1964 Fernand Pouillon Les pierres sauvages

1987 Atelier du patrimoine de de la ville de Marseille Architectures historiques à Marseille

1996 Louis Kahn Silence et lumière

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- Rapport de PFE 2018 -

Profile for ROMAIN BASILE PETROT

PFE - UNE ÉCOLE DE PIERRE - VOLUME 1 - 2018  

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