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- Sanctuaire Santa Maria della Misericordia (Santa Chiara) - Petit temple Sant’Antonio Saludecio - Eglise San Girolamo - Sanctuaire Madonna del Monte - Sanctuaire et musée du bienheureux Amato San Giovanni in Marignano - Eglise Santa Lucia - Eglise San Pietro San Leo - Cathédrale - Paroissiale Santa Maria Assunta - Couvent de Sant’Igne Saint-Marin - Basilique du saint - Borgo Maggiore, église Beata Vergine - Valdragone, sanctuaire Santa Maria Sant’Agata Feltria - Eglise San Francesco della Rosa - Eglise Madonna di Romagnano - Eglise et couvent San Girolamo Santarcangelo di Romagna - Paroissiale San Michele Arcangelo - Couvent des Capucins - San Vito, sanctuaire Madonna di Casale - Collégiale - Couvent et église Sante Caterina e Barbara Talamello - Eglise San Lorenzo - La chapelle Torriana - Saiano, sanctuaire Beata Vergine del Carmine Verucchio - Collégiale - Villa Verucchio, couvent San Francesco - Paroissiale San Martino

Modena Bologna Ravenna

Forlì Cesena Rimini San Marino

Principales distances Amsterdam, 1405 km

Madrid, 1856

Bologne, 121 km

Berlin, 1535 km

Munich, 680 km

Florence, 178 km

Bruxelles, 1262 km

Paris, 1226 km

Milan, 330 km

Budapest, 1065 km

Prague, 1089 km

Naples, 586 km

Copenhague, 1770 km

Stockolm, 2303

Rome, 343 km

Francfort, 1043 km

Vienne, 887 km

Turin, 493 km

Londres, 1684 km

Zurich, 645 km

Venise, 235 km


Riviera di Rimini Travel Notes

Provincia di Rimini Assessorato al Turismo

Ă€ la dĂŠcouverte des lieux spirituels du territoire de Rimini


Riviera di Rimini Travel Notes collection de publications touristiques éditée par Provincia di Rimini Assessorato al Turismo Dirigeant Symon Buda

Textes Rita Giannini et Pier Giorgio Pasini Rédaction Marino Campana Bureau de presse et communication Cora Balestrieri Crédits photographiques Archives photographiques de la Provincia di Rimini Nous remercions les photographes F. Vicini, M. Bottini, I. Rinaldi, L. Liuzzi, R. Giannini, T. Mosconi, PH Paritani, M. Fantini, F. Montalti, F. Nanni, A. Sgarbi, W. Leonardi, O. Taddei

Conception graphique Relè - Tassinari/Vetta (Leonardo Sonnoli) coordination Michela Fabbri Photo de couverture Montefiore Conca, fresque de l’église de l’Ospedale della Misericordia du XVe siècle photographie de Tonino Mosconi Traduction Béatrice Provençal Link-up, Rimini Mise en page Litoincisa87, Rimini (Licia Romani) Impression Graph, Pietracuta di San Leo - RN Première édition 2013 À la découverte des lieux spirituels est une publication touristico-culturelle à diffusion gratuite

Un remerciement particulier à Tonino Guerra pour la concession de l’utilisation des dessins inspirateurs - le petit poisson et la pomme coupée en deux - des marques Riviera di Rimini et Malatesta & Montefeltro, appliqués sur toute l’image coordonnée du matériel de communication de l’Assessorat du Tourisme de la Province de Rimini. Tous droits réservés Provincia di Rimini Assessorato al Turismo

Avec la participation de


À la découverte des lieux spirituels du territoire de Rimini 7

Introduction

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Chapitre I Les diocèses du territoire 1. Le diocèse de Rimini 2. Le diocèse de Saint-Marin - Montefeltro

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Chapitre II La cathédrale du diocèse de Rimini 1. Le Temple des Malatesta et sa religiosité éclairée et antique

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Chapitre III Les cathédrales du diocèse de Saint-Marin - Montefeltro 1. San Leo: la plus ancienne 2. Saint-Marin et Pennabilli

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Chapitre IV Les saints patrons 1. Les saints Marin et Léon 2. Saint Gaudence Saint Antoine de Padoue

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Chapitre V Les lieux franciscains 1. Santa Maria delle Grazie, à Covignano di Rimini 2. Les lieux franciscains dans la Valmarecchia 3. Les lieux franciscains dans la Valconca Saint François et son voyage de San Leo à Rimini San Francesco della Rosa, à Sant’Agata Feltria Les Capucins et les ordres “modernes”

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Chapitre VI Entre Bénédictins et Mendiants 1. Les Bénédictins et les ordres mendiants 2. Les Augustins et leur église riminaise 3. Les Dominicains et un exemple d’édifice de la Renaissance tardive La “Peinture riminaise du Trecento” Le Christ de l’Agina et l’église homonyme


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Chapitre VII Les couvents féminins 1. Les Clarisses 2. Les Augustines 3. Les sœurs Maestre Pie, les sœurs maîtresses de Sainte Dorothée et les sœurs de l’Immaculée 4. L’ordre des sœurs Maestre Pie dell’Addolorata. De Rimini au reste du monde Le couvent des Saintes Catherine et Barbara, à Santarcangelo

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Chapitre VIII La dévotion mariale 1. La Madonna delle Grazie, à Covignano di Rimini 2. La Madonna di Bonora, à Montefiore Conca 3. Santa Maria delle Grazie, à Pennabilli La Madonna delle Grazie de Pennabilli

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Chapitre IX Les sanctuaires mariaux 1. L’église de la Colonnella, à Rimini 2. Santa Maria dell’oliva, à Maciano di Pennabilli 3. Le sanctuaire Beata Vergine delle Grazie, à Trebbio di Montegridolfo 4. Autres sanctuaires et églises mariaux de la Valconca 5. Le sanctuaire Madonna di Casale, à San Vito di Santarcangelo di Romagna 6. La Vierge protectrice de Rimini 7. Le sanctuaire Beata Vergine del Carmine, à Saiano di Torriana 8. La chapelle de Talamello 9. L’église et le couvent Santa Maria, à Valdragone di San Marino 10. L’église Madonna di Romagnano Autres Vierges miraculeuses

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Chapitre X Art et foi 1. Musées et collections 2. Musée d’Art Sacré de San Leo 3. Musée Diocésain A. Bergamaschi de Pennabilli 4. Musée diffus A riveder le stelle de Sant’Agata Feltria 5. Musée-Pinacothèque de Saint François, à Saint-Marin 6. Musée de Saludecio et du bienheureux Amato Ronconi 7. Musée Ethnographique de Valliano, à Montescudo 4 8. Musée de la Ville, à Rimini


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Chapitre XI De l’an mille au XXe siècle 1. Les églises paroissiales et l’art roman 2. Bref excursus sur l’art sacré du territoire du XIIIe au XVIIIe siècle 3. Dans la République de Saint-Marin, un sanctuaire empreinte de l’architecture contemporaine et du Concile Vatican II

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Chapitre XII Les saints locaux 1. A Rimini 2. Dans le diocèse du Montefeltro 3. Matteo da Bascio, fondateur des Capucins Père Orazio Olivieri della Penna “Lama Testa Bianca” Le bienheureux Amato, de Saludecio à Saint-Jacques-de-Compostelle, sur les traces de saint François

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Chapitre XIII Les saints modernes 1. Les bienheureux contemporains 2. Père Agostino de Montefeltro, illustre savant et prédicateur du XIXe siècle 3. Pasquale Tosi de San Vito, missionnaire et explorateur 4. Le bienheureux Pio, Passioniste à quatorze ans

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Chapitre XIV Les fêtes patronales et religieuses et les rendez-vous 1. Les fêtes patronales et religieuses 2. Les rendez-vous Calendrier des fêtes

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Chapitre XV Itinéraires Itinéraire marial Itinéraire franciscain

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Chapitre XVI Diocèces, cathédrales et lieux de culte

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Bibliographie minimale Avant de partir, visitez notre site 5 www.riviera.rimini.it


INTRODUCTION


Il n’y a pas si longtemps encore, parler de Rimini signifiait pour la plupart des gens parler uniquement de tourisme balnéaire, à savoir, de mer, de plage, de soleil et de divertissement. Aujourd’hui, beaucoup sont enclins à considérer que non loin de la plage, à quelques kilomètres à peine, il existe un territoire au passé glorieux, riche en histoire, en culture, en nature et en lieux de spiritualité. Il en est bien ainsi, en lieux de spiritualité, dans lesquels la religion, qui a créé ici une civilisation diffuse et profondément enracinée, a laissé un riche réseau de témoignages variés, et dans lesquels la nature, sous ses formes les plus authentiques, peut être porteuse d’enchantement, d’étonnement, de désir de contemplation et de prière. Notre voyage conduira les visiteurs dans les espaces du sacré les plus connus et les plus empreints de dévotion du territoire de Rimini et du Montefeltro: cathédrales et monastères, sanctuaires et oratoires, petites églises de campagne et minuscules chapelles votives, des lieux autour desquels la dévotion populaire a également su souvent organiser des moments de rencontre et de fête, pour boire et manger ensemble, pour danser et jouer gaiement, des moments qui marquent l’attachement à la terre-mère et à son créateur ainsi qu’à tous les hommes saints qui en ont été les porte-parole et les témoins.

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CHAPITRE I LES DIOCESES DU TERRITOIRE


Le territoire de la province de Rimini, qui s’étend dans les vallées du Marecchia et du Conca, comprend le diocèse de Rimini et une partie de celui du Montefeltro, ce dernier ayant officiellement pris le nom de Saint-Marin - Montefeltro depuis 1977 pour le fait même d’englober, outre à la haute vallée du Marecchia, une partie de la vallée du Conca, une partie de la vallée du Foglia et tout le territoire de la République de Saint-Marin. Il faut préciser que cette république n’a jamais voulu de siège épiscopal stable sur ses terres par crainte d’éventuelles interférences avec le gouvernement. Ces deux diocèses ont une origine très ancienne: le premier évêque de Rimini, dont il est fait état dans des documents, était dénommé Stemnio (en 313), et le premier du diocèse de Saint-Marin - Montefeltro s’appelait Agatone (en 826). La première évangélisation de tout le territoire semble être due aux saints Marin et Léo, au IVe siècle; mais elle pourrait toutefois remonter à une époque plus lointaine, du moins en ce qui concerne la partie proche de la mer, ouverte aux influences de l’Orient grâce au port de Rimini, dont le trafic était encore important dans l’Empire tardif. En 359, Rimini accueillit un concile (dit Concile de Rimini), voulu par l’empereur Constance II pour définir la nature de Jésus, une question qui opposait alors l’Orient arien et l’Occident catholique, générant de forts contrastes à l’intérieur de l’Eglise et de l’Empire. Ce concile se déroula régulièrement à Rimini et à Seleucia mais ne fut jamais reconnu par l’Eglise. Pendant de nombreux mois, il attira à Rimini plus de quatre cents évêques, avec leur suite: ceci démontre clairement que, dès cette époque, la ville, outre à posséder des structures religieuses et d’accueil adéquates, était en bonne partie christianisée. 1. Le diocèse de Rimini En 1604 - dans le cadre d’une réorganisation complexe des sièges métropolitains et des diocèses suffragants de la région - il fut soumis au siège de Ravenne, dont il dépend aujourd’hui encore. En 1777, le pape Pie VI (originaire de Cesena) détacha neuf paroisses pour les agréger à leur diocèse d’origine. En 1977, le pape Paul VI unit quatre paroisses (Serravalle, Dogana, Faetano, Falciano) au diocèse de Saint-Marin - Montefeltro, attribuant simultanément à celui de Rimini un territoire dans la commune de Sogliano al Rubicone. En 1809, la cathédrale Santa Colomba fut transférée dans l’église San Francesco, connue sous le nom de Temple des Malatesta. Le diocèse est le lieu de naissance du pape Ganganelli 9


en haut Montefiore Conca, le sanctuaire de Bonora

en bas Montescudo, le sanctuaire de Valliano

(Clément XIV, 1769-1774), qui a vu le jour à Santarcangelo di Romagna le 31 octobre 1705; parmi les cardinaux, il faut rappeler Giuseppe Garampi (1725-1792), auteur de la moderne structuration des Archives secrètes du Vatican. Le diocèse recouvre deux régions, l’Emilie-Romagne et les Marches, ainsi que trois provinces, Rimini, Forlì-Cesena et Pesaro-Urbino. Il compte 28 communes, dont 20 dans la province de Rimini, 5 dans la province de Forlì-Cesena et 3 dans la province de Pesaro-Urbino. Les paroisses sont au nombre de 115, dont 99 dans la province de Rimini, 13 dans la province de Forlì-Cesena et 3 dans la province de Pesaro-Urbino. Le séminaire du diocèse de Rimini est dédié à don Oreste Benzi. Né le 7 septembre 1925 à San Clemente, septième de 9 fils, il est entré au séminaire en 1937, à l’âge de 12 ans, et a été ordonné prête le 29 juin 1949. De 1954 à 1969, don Oreste a été le directeur spirituel des jeunes du séminaire mineur de Rimini et vice-assistant de la Jeunesse Catholique locale. En 1968, il a fondé, avec un groupe de jeunes et avec quelques prêtes, l’Association «Communauté Pape Jean XXIII», celle-ci constituant une réalité ecclésiale très active en Italie et dans plusieurs pays du monde. Don Oreste est décédé le 2 novembre 2007. 2. Le diocèse de Saint-Marin - Montefeltro Selon les historiens, son origine semblerait remonter au VIIe siècle, bien que les documents qui mentionnent pour la première fois le titre de “Montefeltro”, se référant précisément au diocèse, et qui établissent avec certitude que l’un de ses évêques, dénommé “Agato”, participa au Concile romain de l’an 826, remontent au IXe siècle. Son premier siège historique et monumental fut la célèbre forteresse de San Leo, dite “Mons Feretrius”, dont dérive le nom de “Montefeltro”. Le 7 juillet de l’an 977, le pape Grégoire V assujettit l’épiscopat de Montefeltro à l’Eglise de Ravenne. En 1050, des motifs politiques poussèrent le pape Léon IX à retirer à l’archevêque de Ravenne sa juridiction métropolitaine sur le Montefeltro; successivement à plusieurs faits politiques, le diocèse fut réinséré dans le siège métropolitain de Ravenne puis soumis au siège 11


en haut Saint-Marin, la basilique du saint

en bas Pennabilli, la cathédrale

de Rome. En 1563, le pape Pie IV, avec l’agrément de Mgr Massari, évêque de Montefeltro, attribua le diocèse au siège métropolitain d’Urbino, constitué un mois plus tôt. Pour des raisons politiques, les évêques du Montefeltro furent obligés d’abandonner San Leo dès la seconde moitié du XIIIe siècle et de s’installer dans plusieurs localités du Montefeltro: Saint-Marin, Talamello, Macerata Feltria, Valle Sant’Anastasio, Montetassi et Pennabilli. En 1569, poussé par le duc Guidobaldo d’Urbino, l’évêque Giovanni Francesco Sormani fut contraint de transférer de San Leo à Pennabilli le siège épiscopal, le chapitre des chanoines et le séminaire en voie de constitution. Ce transfert fut établi en 1572 par une bulle papale de Grégoire XIII. En 1977, un décret de Paul VI donna au diocèse une nouvelle configuration territoriale ainsi que la nouvelle dénomination actuelle de “Saint-Marin - Montefeltro”, le détachant de la juridiction métropolitaine d’Urbino pour l’assujettir de nouveau à celui de Ravenne. Il est dénommé Saint-Marin - Montefeltro car il comprend les territoires de deux Etats: la République de Saint-Marin et l’Italie. Il recouvre 13 communes dans la province de Pesaro-Urbino, 7 dans la province de Rimini et 9 châteaux de la République de Saint-Marin. Il compte 81 paroisses, dont 31 dans la région d’Emilie-Romagne, 38 dans la région des Marches et 12 dans la République de Saint-Marin.

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CHAPITRE II LA CATHEDRALE DU DIOCESE DE RIMINI

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La première église de Rimini à visiter est sans aucun doute la mère de toutes les églises du diocèse, à savoir, celle qui abrite la chaire épiscopale. Il s’agit du Temple des Malatesta. Tout le monde connaît l’importance de cet édifice, celui-ci constituant une pierre angulaire de l’architecture de la Première Renaissance. Il fut voulu par Sigismondo Pandolfo Malatesta, seigneur de la ville, qui, de 1446 à 1460, fit agrandir et “moderniser” par Leon Battista Alberti une ancienne église franciscaine dédiée à saint François (mais d’origine bénédictine et dédiée à la Vierge) pour en faire ‘son’ église, dans laquelle pouvoir enterrer ses ancêtres, ses courtisans, ses capitaines, lui-même et ses proches. Bref, il devait devenir une sorte de grand mausolée dynastique et, parallèlement, l’“église du prince”, construite sans regarder à la dépense pour dépasser en beauté les édifices de l’Antiquité; il devait également exprimer un haut concept de religiosité, tel que le soutenaient les intellectuels de la cour (notamment Leon Battista Alberti), à savoir, être uniquement dédié à Dieu, ou mieux, à la «Divinité». C’est ainsi que toutes les images traditionnelles de vierges et de saints chers à la religiosité populaire en disparurent, remplacées par des chapelles dédiées aux puissances angéliques et par d’autres qui exaltent la beauté du firmament et des arts libéraux, qui évoquent les prophéties des anciennes sibylles et des prophètes, qui glorifient les vertus théologales et cardinales ainsi que les grands Docteurs de l’Eglise (donc, les saints “intellectuels”). 1. Le Temple des Malatesta et sa religiosité éclairée et antique Il semble traduire en tous points le rappel à une religiosité éclairée, pure, antique, valorisée par des formes architecturales et sculpturales empruntées à l’Antiquité; mais, sans aucun doute, élitaire et fortement polluée par l’orgueil du commettant, celui-ci n’ayant pas hésité à y répandre de partout son nom et ses armoiries. Le Temple, merveille de l’Humanisme, écrin réunissant les chefs-d’œuvre de Agostino di Duccio, Piero della Francesca et Matteo de’ Pasti, est certainement davantage le fruit de l’ambition et de l’orgueil de Sigismondo que celui d’une sincère dévotion de sa part. En fait, il fournit au pape Pie II le prétexte pour avancer contre Sigismondo une accusation de paganisme injustifiée qui, jointe à de nombreuses autres, entraîna l’excommunication et la défaite du seigneur de Rimini, l’interruption de la construction du Temple, la dissolution 15


Rimini, le Temple des Malatesta

de cette famille de courtisans, d’humanistes et d’artistes qui avait représenté l’orgueil de la cour malatestienne. L’édifice est visiblement inachevé et, à première vue, son intérieur peut apparaître comme une grande salle vide; le visiteur nécessite d’un peu de temps et d’un examen attentif de ses cycles sculpturaux pour en saisir la beauté et les nombreuses significations spirituelles, souvent dénaturées par la réputation d’édifice hérétique ou païen, voire “érotique” (pour une dédicace présumée à Isotta degli Atti, d’abord maîtresse puis troisième femme de Sigismondo), soutenue par une littérature souvent mauvaise d’époque romantique et de production populaire. Le Temple des Malatesta abrite en particulier deux œuvres, antérieures à la réforme voulue par Sigismondo, qui y ont toujours tenu une place d’honneur: dans l’abside, un crucifix peint sur bois par Giotto à la fin du XIIIe siècle, expression d’une grande concrétude et d’une grande humanité, et, dans la première chapelle de gauche, une petite statue en albâtre représentant la Pietà, œuvre allemande du début du XVe siècle, vénérée sous le titre de “Vierge de l’eau”: c’est à elle que les Riminais, tant de la ville que de la campagne, adressent des prières particulières lors d’époques de faible ou d’excessive pluviosité. Le Temple, qui a reçu en 2002 le titre de basilique, est la cathédrale du diocèse de Rimini depuis 1809. Depuis lors, il est dédié à sainte Colombe, comme la toute première cathédrale; cette dernière, qui était très ancienne et avait subi plusieurs restructurations, avait été utilisée comme caserne par Napoléon et démolie au début du XIXe siècle.

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CHAPITRE III LES CATHEDRALES DU DIOCESE DE SAINT-MARIN MONTEFELTRO

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La situation du diocèse de Saint-Marin - Montefeltro est assez compliquée. Il faut préciser que ce diocèse compte trois cathédrales. L’église cathédrale ancienne est celle de San Leo, secondée (mais non remplacée) dès 1577 par une nouvelle cathédrale, à Pennabilli. Il faut leur ajouter la basilique de Saint-Marin, “concathédrale” elle aussi. Le siège actuel de l’évêque est à Pennabilli. La raison de cette situation doit être recherchée dans l’histoire du territoire, divisé en petites seigneuries rivales, perpétuellement en lutte. Cette rivalité a d’ailleurs longtemps comporté des querelles de clocher. L’évêque du Montefeltro ne parvint pas à avoir de siège stable pendant des siècles, vaguant entre San Leo, Valle Sant’Anastasio (aujourd’hui dans la République de Saint-Marin), Talamello, Macerata Feltria et Pennabilli. Vers 1570, il fut définitivement chassé de San Leo, son siège historique depuis toujours, par le duc Guidobaldo della Rovere, ce dernier considérant la présence de l’évêque, de la curie, de la cathédrale et du séminaire en ce lieu comme un obstacle pour la défense de l’Etat d’Urbino. 1. San Leo: la plus ancienne Quoi qu’il en soit, le siège épiscopal et la cathédrale de San Leo sont les plus anciens. Ici, la cathédrale, dédiée à saint Léon, se dresse, imposante et magnifique, à côté d’un puissant campanile et d’une ancienne et admirable église paroissiale urbaine, dédiée à Santa Maria Assunta. Il s’agit d’un complexe architectural intéressant et splendide, qui nous ramène au Moyen Age le plus profond et le plus pittoresque. L’église remonte au XIe siècle, la cathédrale aux XIIe-XIIIe siècles. Ces édifices en pierre aux formes imposantes et harmonieuses, d’un style roman austère, englobent des éléments architecturaux plus anciens, romains et romans. Leurs intérieurs, très suggestifs, baignent dans une froide pénombre qui invite à la prière et à la méditation. L’atmosphère mystique du Moyen Age est particulièrement perceptible dans la cathédrale, coiffée d’une voûte en pierre soutenue par de gros piliers et par des colonnes, en partie dotées d’embases et de chapiteaux romains de réemploi, et abritant un chœur surélevé sur une crypte typiquement romane. Probablement consacrée en 1173 mais achevée certainement plus tard, c’est un grand édifice à trois nefs entièrement construit en grès. Largement restaurée, elle conserve ses caractéristiques originales et un intérieur solennel. La crypte abrite le couvercle en pierre à deux versants 19


en haut San Leo, la cathédrale

en bas Pennabilli, la cathédrale

du sarcophage qui contenait la dépouille de saint Léon. Selon la tradition, ce saint, ami et confrère de saint Marin, aurait été ordonné à Rimini par saint Gaudence, à la fin du IIIe ou au début du IVe siècle. Selon une légende dépourvue toutefois de toute preuve historique, son corps aurait été prélevé par l’empereur Henri II en 1014 et se trouverait aujourd’hui à Voghenza, dans la province de Ferrare. Conservée dans son sarcophage en pierre, à San Leo, pendant plus de six siècles, sa dépouille aurait été prélevée par l’empereur germanique, dit “le Pieux” pour sa dévotion, avec l’agrément du pape Benoît VII et en contre-partie de la défaite infligée par l’empereur aux Grecs et aux Sarrasins dans le voisinage de Rome, pour être emmenée dans son pays, à Spire, en Allemagne. Mais pendant le voyage, vers Ferrare, les chevaux se cabrèrent et ne voulurent plus poursuivre leur chemin, obligeant l’empereur à laisser ce corps glorieux en ce lieu - qui prendra pour cela le nom de “San Leo di Voghenza” - dont il repartit en disant: “Moi, au cours de mon voyage, je désirais te traiter honorablement: tu habites dans le lieu que tu t’es choisi”. Plus vraisemblablement, le sarcophage contenant les reliques, toujours conservé dans l’église San Leo de Voghenza, y fut laissé lors d’un voyage que l’on faisait accomplir aux reliques sacrées dans les villages et les villes touchés par des calamités naturelles ou des épidémies dans le Haut Moyen Age. En 1953, une relique du saint fut toutefois ramenée à San Leo; elle y est conservée dans une urne en argent avec le couvercle du sarcophage laissé par Henri II dans la cathédrale. La cathédrale jouit d’une “orientation” parfaite, ses absides étant tournées vers l’est, comme tous les anciens édifices chrétiens, et son entrée se trouvant sur la partie méridionale. Le visiteur qui y parvient de la place découvre ses trois belles absides rondes couronnées d’arceaux et ses murs massifs divisés par des parastates. Sur le côté opposé à l’entrée se dressaient les édifices du siège épiscopal, flanqués d’un haut campanile, qui est maintenant isolé. Haut de 32 mètres et remontant lui aussi au XIIe siècle, sa forme extérieure est celle d’un haut prisme quadrangulaire alors que sa forme intérieure est ronde. Les restaurations de 1973 ont permis d’y récupérer d’importantes parties d’un ciboire et d’un pluteus de la fin du VIIIe siècle, provenant probablement d’un édifice sacré précédent: ces intéressantes sculptures sont exposées dans le Musée d’art sacré local. 21


Saint-Marin, la basilique du saint

2. Saint-Marin et Pennabilli Les deux autres “concathédrales” appartiennent à d’autres époques et présentent naturellement des formes très différentes. La cathédrale de Pennabilli, ancienne église San Bartolomeo aujourd’hui dédiée à saint Pie V, fut construite sur l’ordre de l’évêque Sormani au XVIe siècle; achevée en 1584, après sept ans de travaux, elle fut consacrée en 1588. Sa construction marque le transfert du siège du diocèse de San Leo à Pennabilli. Sa façade, plus récente, domine la piazza Vittorio Emanuele; elle n’a été réalisée qu’en 1914, en briques d’Imola. L’édifice a été récemment restructuré, retrouvant toute son ancienne splendeur. Il conserve plusieurs œuvres d’art dont certaines sont d’attribution incertaine. La cathédrale de Saint-Marin, édifice très ancien que les Sanmarinais dénomment «église paroissiale», a été refaite en 1838 par l’architecte bolonais Antonio Serra, ses élégantes lignes néoclassiques contrastant avec l’ambiance médiévalisante de la ville. Eglise principale de la ville de Saint-Marin, dédiée au patron de la ville et de l’Etat, la basilique se dresse sur le piazzale Domus Plebis. Une curiosité: elle est représentée sur les monnaies de dix centimes d’euros de Saint-Marin. Elle est érigée sur une ancienne église paroissiale du IVe siècle alors dédiée au diacre saint Marin, dont l’existence est attestée par des documents de 530 et de 885 ainsi que par un acte de donation de 1113. Son grave état de délabrement en entraîna la restructuration, de 1826 à 1838; elle fut ainsi inaugurée le 5 février 1838 puis élevée au rang de basilique mineure le 21 juillet 1926 par le pape Pie XI. Ses trois nefs intérieures se composent de seize colonnes corinthiennes formant un grand promenoir semi-circulaire autour de l’abside. Le maître-autel est orné d’une statue de saint Marin réalisée par Tadolini, élève de Canova. Les reliques du saint, retrouvées le 3 mars 1586, sont conservées sous l’autel, alors qu’une partie d’entre elles furent données à l’île de Rab, en Croatie, son lieu natal. Le crâne de saint Marin se trouve dans la châsse sacrée, un buste reliquaire en or et en argent placé depuis 1602 sous le maître-autel. La châsse est exposée au public lors des cérémonies et des processions importantes. Le campanile se dresse entre la basilique et l’église San Pietro adjacente, qui, selon la tradition, aurait été le premier oratoire construit par Marin en l’honneur de saint Pierre. L’imposante structure du campanile, d’époque romane, fut remaniée au XVIe siècle. 22


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CHAPITRE IV LES SAINTS PATRONS

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Les premiers évangélisateurs de la zone sont incertains. Selon une ancienne tradition hagiographique, cet honneur en reviendrait à saint Gaudence d’Ephèse, considéré comme le premier évêque de Rimini, qui figure au concile de Rimini en 359. Ajoutons toujours à cela la légende des saints Marin et Léon, considérés comme les vrais premiers évangélisateurs de Rimini et du Montefeltro. Saint Gaudence serait arrivé à Rimini alors que Marin et Léon, par leur prédication, auraient déjà converti de nombreux païens. Marin et Léon seraient restés avec l’évêque Gaudence pour parfaire leur œuvre, se méritant respectivement l’ordination de diacre et de prêtre, avant de devenir des ermites et des propagateurs de la Nouvelle Parole dans l’arrière-pays, y fondant les communautés qui portent leurs noms, Saint-Marin et San Leo, sur le mont Titano et sur le mont Feltrio. 1. Les saints Marin et Léon Provenant de la Dalmatie, Léon et Marin avaient débarqué à Rimini dans la seconde moitié du IIIe siècle. Marin était né à Lopar, sur l’île de Rab, dans le nord de la Dalmatie, actuelle Croatie. Il mourût à Saint-Marin en 366. Selon la tradition, il aurait fondé, en 301, la plus ancienne république du monde, la République de Saint-Marin, qui porte son nom. La légende raconte que Marin, tailleur de pierres de son état, vint en Italie en 257, avec Léo, pour rebâtir les murs de Rimini et pour fuir les persécutions contre les chrétiens entreprises par l’empereur Dioclétien. Ils furent ainsi envoyés pendant trois ans sur le mont Titano pour extraire et travailler la pierre. Puis Marin et Léo, ou Léon, se séparèrent. Le premier revint à Rimini, l’autre se réfugia sur le mont Feltrio, où il prêcha avec grâce et simplicité, fondant une petite communauté chrétienne - qui deviendra plus tard un diocèse chrétien - puis édifiant une église, autour de laquelle naîtra un village qui prendra le nom de San Leo. Léon ou Léo, est considéré comme le premier évêque de Montefeltro, bien que le diocèse n’ait été reconnu qu’en 826 (comprenant alors les vallées du Marecchia, du Foglia et du Savio). Le saint mourût de la peste en 360, quelques années avant Marin, et, actuellement, le couvercle de son sarcophage est conservé dans la cathédrale de San Leo. Marino resta à Rimini plus de douze ans. Outre à s’y consacrer au travail matériel, il y répandait la parole du Seigneur, et nombreux furent les habitants de Rimini à s’approcher de la foi chrétienne. Mais une femme arriva de la Dalmatie prétendant être son épouse légitime; après avoir tenté en vain de le séduire, elle s’adressa aux autorités romaines. Marin décida de s’enfuir de Rimini, remonta la val25


Rimini, église San Giuliano, le martyre du saint de Paolo Veronese

lée du fleuve Marecchia, puis l’un de ses affluents, le ruisseau San Marino, parvenant à son premier refuge, la grotte de la Baldasserona. Après un an, il fut découvert par des éleveurs qui ébruitèrent la nouvelle. La femme se rendit encore auprès du saint, qui s‘enferma alors dans son refuge et resta sans nourriture pendant six jours. Le sixième jour, la femme renonça à ses intentions, revint à Rimini et y confessa avoir agi contre un saint, et donc, contre le Seigneur. Marin abandonna ainsi son refuge, remonta le mont Titano et y construisit une petite cellule ainsi qu’une église dédiée à saint Pierre. Mais un homme, dénommé Verissimo, fils de la propriétaire du terrain sur lequel se dressait le mont, protesta contre la présence du saint. Marin demanda au Seigneur de freiner le comportement du jeune qui, au même instant, tomba à terre, paralysé. La femme demanda pardon au saint en échange de sa conversion, de son baptême et d’une petite parcelle de terre où Marin aurait voulu être enterré. Verissimo retrouva toutes ses facultés et la plupart de ses proches se convertirent. Gaudence, évêque de Rimini, convoqua Léo et Marin pour leur exprimer sa reconnaissance, ordonnant le premier prêtre et le second diacre. La légende raconte qu’à son retour de Rimini, Marin rencontra un ours qui avait dévoré son âne, cher compagnon de travail. Il ordonna alors à l’animal de remplacer l’âne dans les travaux pénibles et humbles pour le reste de sa vie. Alors que de nouvelles persécutions reprenaient à Rimini, Marin mourût sur le mont Titano le 3 septembre de l’an 301 apr. J.-C. Toujours selon la tradition, avant de quitter la vie terrestre, Marin appela auprès de lui les habitants du village né sur le mont Titano et prononça ces mots: “Je vous laisse libres des deux hommes”. Pour Marin, ces deux hommes étaient l’empereur et le pape, l’un souverain de l’empire et l’autre de l’Etat pontifical. Ces paroles sont depuis toujours considérées comme le fondement de l’indépendance de la République de Saint-Marin. La légende de saint Marin est un mélange de réalité historique et de fantaisie. Elle est transmise par la Vita Sancti Marini, texte hagiographique rédigé vers la fin de l’an 900. Il existe toutefois d’autres versions de la vie du saint. Par exemple, la célèbre phrase Relinquo vos liberos ab utroque homine serait pour certains le fruit d’une conception médiévale du pouvoir et ne remonterait pas aux IIIe-IVe siècles. Née d’un moment historique auquel les premières libertés de Saint-Marin étaient menacées, elle aurait été accouchée d’un juriste 27


en haut Rimini, l’église San Giuliano

en bas Rimini, l’église San Giovanni Battista

ou d’un patriote local désirant donner un fondement légal au mythe de la liberté perpétuelle. Toutefois, la légende a fini par devenir fondamentale pour l’histoire et pour l’indépendance de la petite république. 2. Saint Gaudence Premier évêque de Rimini, saint Gaudence est de toute façon le principal protecteur du diocèse riminais, saint Léon celui du diocèse de Montefeltro et saint Marin celui de la république homonyme, dont il est considéré le fondateur. A Rimini, saint Gaudence a été associé dès le Haut Moyen Age à d’autres patrons: les saints martyrs Colombe, Innocence et Julien. Les noms de ces saints sont inscrits dans le livre des anciens statuts de la ville, ceux-ci en établissant les fêtes et les réjouissances; d’importantes églises leur étaient alors dédiées (dont la cathédrale pour sainte Colombe), détruites au XIXe siècle à l’exception de celle dédiée à saint Julien. Cette dernière est une ancienne abbaye bénédictine, refaite au XVIe siècle, qui conserve le corps du saint et arbore, dans l’abside, le dernier grand chef-d’œuvre de Paolo Veronese (1588) représentant le martyre du saint. L’une de ses chapelles latérales abrite également un beau tableau sur bois de 1405 (œuvre de Bittino da Faenza) qui narre “par des figures” la suggestive légende de saint Julien. L’actuelle église Santa Rita, qui était par le passé dédiée à saint Marin, conserve quatre grands tableaux de Giorgio Picchi, de 1595, représentant un mystérieux épisode de la légende su saint: celui d’une femme possédée qui prétendait être son épouse. L’iconographie concernant les saints patrons de Rimini n’est pas très riche mais il faut signaler que les premières monnaies de Rimini sont caractérisées par les effigies des saints Gaudence et Julien, saints dont il existe également un portrait collectif. Celui-ci se trouve dans la partie inférieure d’un retable d’autel de Cosimo Piazza, peint en 1611 pour une église de Capucins ayant été démolie et placé actuellement dans l’église San Giovanni Battista: saint Gaudence et saint Julien y soutiennent au premier plan un modèle réduit de la ville; les autres saints sont derrière eux, sur l’arrière-plan de la mer, avec saint Antoine de Padoue. 28


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Rimini, le petit temple Sant’Antonio

Saint Antoine de Padoue Ce saint ‘moderne’ a été ajouté aux protecteurs ‘historiques’ du diocèse de Rimini en 1599. De nombreux autres enrichiront plus tard la liste (Nicola da Bari en 1633, Nicola da Tolentino en 1672, Filippo Neri en 1703, Francesco di Paola en 1735, Emidio en 1787), sans ne jamais atteindre la popularité de saint Antoine. Selon une tradition du début du XVIe siècle, il aurait longtemps séjourné à Rimini, y faisant de nombreux miracles. Les plus célèbres d’entre eux sont celui des poissons, venus sur le rivage pour y écouter l’un de ses sermons, et celui de la mule affamée, qui s’agenouilla devant le saint-sacrement. Le premier est également raconté dans les Fioretti de saint François, la référence à Rimini étant généralement reconnue sans difficulté, alors que plusieurs villes revendiquent le second. La troisième décennie du XIIIe siècle est généralement donnée comme période de la présence de saint Antoine à Rimini, lorsque la ville était infestée par l’hérésie patarine. Mais, localement, l’époque du début de sa dévotion est attribuée au début du XVIe siècle, alors que la ville était en émoi, tant pour le passage sous la domination directe de l’Eglise que pour les revendications malatestiennes, et troublée, comme tout l’Etat de l’Eglise, par une mauvaise administration diffuse et par une inquiétude qui devaient rapidement aboutir à la condamnation au bûcher du dominicain Jérôme Savonarole (1498) et à la grande réforme protestante de l’augustin Martin Luther (1517). La construction d’un petit temple dédié à saint Antoine sur l’ancien forum de Rimini (actuelle piazza Tre Martiri) remonte à 1518, ce lieu étant traditionnellement considéré comme celui du miracle de la mule. Plusieurs fois refait (la dernière après le tremblement de terre de 1672), ce temple se dresse encore devant l’église dite des «Paolotti» (les frères Minimes de saint François de Paule), dont l’ancienne abside conservait un beau retable du Guerchin (1659) représentant saint Antoine de Padoue (actuellement auprès du Musée de la Ville). Dans l’abside de l’église actuelle, refaite après la guerre, les deux miracles riminais sont illustrés par de grandes fresques réalisées par des élèves de Achille Funi (1972). Par contre, l’église érigée vers le port pour rappeler le miracle du sermon aux poissons a été détruite pendant la guerre.

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CHAPITRE V LES LIEUX FRANCISCAINS


Les lieux les plus adaptés au recueillement et à la prière sont occupés par les couvents franciscains des Mineurs de l’Observance et des Capucins, qui se dressent presque toujours dans des endroits splendides et isolés favorisant la méditation et le contact avec la nature. 1. Santa Maria delle Grazie, à Covignano di Rimini Le sanctuaire franciscain Santa Maria delle Grazie a été construit au XIVe siècle, dans les bois qui recouvraient alors la colline de Covignano, aux portes de Rimini. Il est facile de s’y rendre en voiture mais conseillé de le rejoindre par la petite montée de la Via Crucis qui, partant de via Covignano, débouche sur le parvis de l’église; caractérisé par de nombreux cyprès, ce lieu offre une vue splendide sur la ville et la mer. La petite montée est bordée par les quatorze stations du chemin de croix. Ses chapelles se comptaient parmi les plus anciennes, ou étaient peut-être même les plus anciennes du monde; refaites et complétées au XVIIIe siècle par des scènes en relief, elles ont été détruites pendant la dernière guerre; reconstruites dans les années cinquante, elles sont ornées de nouveaux bas-reliefs en céramique réalisés par le sculpteur riminais Elio Morri. 2. Les lieux franciscains dans la Valmarecchia La route de la vallée du Marecchia, qui relie Rimini au Montefeltro, est extrêmement riche en mémoires franciscaines. Parcourue par saint François en 1213, elle conserve les témoignages de son passage. Selon la tradition, le saint, se rendant à Rimini, s’arrêta dans une forêt au pied de la colline de Verucchio et accomplit quelques miracles à l’endroit où se dressait un petit ermitage dédié à la Sainte Croix. Parmi ceux-ci, le silence ordonné aux moineaux pour un recueillement plus profond pendant sa prière et le jaillissement d’une source guérisseuse. Miracle plus éclatant encore, celui de son bâton qui, enfoncé dans le sol, prit rapidement racine, devenant plus tard un immense cyprès. L’ermitage fut transformé en couvent, flanqué de l’église Santa Croce. Ce lieu, à Villa Verucchio, isolé et peuplé d’oliviers et de cyprès, est aujourd’hui encore particulièrement suggestif et empreint d’une grande spiritualité. Des eaux curatives y jaillissent à courte distance, évoquant le miracle de la source, alors que le cloître du couvent est dominé par le cyprès planté par le saint, gigantesque monument végétal auquel les botanistes, accréditant la légende, attribuent au moins huit cents ans. Il présente une hauteur d’environ 25 m et un tronc de plus de 7 m de circonférence. 33


en haut Villa Verucchio, le couvent San Francesco

en bas Santarcangelo di Romagna, le couvent des Capucins

Un autre couvent rappelle le passage de saint François dans la vallée. Ce petit édifice, situé au pied de San Leo, dans la localité de Sant’Igne, se développe autour d’un cloître de dimensions modestes, dominé par le clocher-arcades de l’église adjacente dédiée à la Sainte Vierge. Consacrée en 1244, l’église présente une seule nef et un petit transept dont la partie droite conserve un segment du tronc de l’orme, abattu en 1662, sous lequel François aurait prêché. L’ensemble, qui offre une architecture rustique et simple, se trouve dans un lieu isolé et splendide, au sein d’un riche paysage verdoyant. Il accueillait alors une forêt dénommée “Santegna”, puis dite de “Sant’Igne” pour un feu qui aurait miraculeusement indiqué à saint François la route pour rejoindre Mons Feretrius (l’ancien nom de San Leo). Sant’Igne signifierait ainsi “Saint Feu”. Le couvent de Sant’Igne n’accueille désormais plus de moines, tout comme le beau couvent franciscain de Montemaggio, dans la même commune de San Leo, à présent confié à une communauté de récupération. Il se dresse lui aussi dans un lieu verdoyant mais ses origines ne vantent pas la présence de saint François car il remonte au XVIe siècle. Son église, au porche Renaissance très harmonieux, fut commencée en 1546 et consacrée en 1554. Aujourd’hui fermée, elle conserve un intérieur richement décoré, dominé par un plafond à caissons du début du XVIIIe siècle, des autels aux retables en bois ouvragé et doré et aux magnifiques devants d’autel ou paliotti en plâtre polychrome. A l’intérieur, une belle croix en bois polychrome du XVIe siècle, donnée par une duchesse d’Urbino, peut-être Lucrèce d’Este, épouse de François-Marie della Rovere. Le couvent, avec ses deux cloîtres, est tout aussi remarquable. Le cloître inférieur, doté d’un puits octogonal en grès, permet d’accéder à une glacière souterraine des plus suggestive. Bien que détruit, il ne faut pas oublier l’important complexe franciscain de Santarcangelo di Romagna, alors formé d’une église gothique et de son couvent. L’église, qui survécut à la suppression de cet extraordinaire ensemble, fut initialement transformée en une fabrique de pipes et abrite aujourd’hui l’école élémentaire qui donne sur la piazza Ganganelli. Elle contenait de splendides œuvres d’art, désormais conservées au Musée historique et archéologique. Par contre, la colline abrite encore un couvent des Capucins du XVIIe siècle et l’édifice adjacent de l’église Santa Maria Immacolata. 34


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en haut San Leo, le couvent de Sant’Igne

en bas San Leo, le couvent de Montemaggio

3. Les lieux franciscains dans la Valconca Les Franciscains possédaient également un important couvent à Mondaino, localité célèbre pour ses monastères. Construit au XIIIe siècle, le couvent des Franciscains est situé à la sortie du petit centre, dans la localité de Formosino, sur la charmante colline homonyme, et a préservé l’atmosphère toute simple qui caractérise les lieux franciscains. C’est ici que Lorenzo Ganganelli, originaire de Santarcangelo, devenu pape sous le nom de Clément XIV, prit l’habit franciscain. Quant à l’ancien couvent des Clarisses, aujourd’hui délabré, il se dresse dans le centre historique, facilement identifiable grâce à son église caractéristique qui ouvre sur la rue principale. Il est doté de nombreux édifices et possède un vaste jardin. Il accueillit sœur Elisabetta Renzi, devenue bienheureuse, fondatrice de l’Institut des «Maestre Pie dell’Addolorata». Grâce à un legs testamentaire de Bernardino Carboni, citoyen de Mondaino, l’église fut édifiée en 1624, avec le couvent de clôture des Clarisses, sur les fondations de l’ancien oratoire de l’Hôpital des Pèlerins de Santa Maria delle Grazie, de la fin du XIIIe siècle. Il reste de celui-ci une fresque significative représentant la Vierge du Lait, du XIVe siècle, et quelques vestiges architecturaux dans la partie inférieure de l’édifice. L’église, restructurée en 1750, présente d’élégantes formes baroques d’ordre ionique, un beau clocher de style mauresque, témoin de la renommée et de la richesse du couvent, et un maître-autel dominé par un tableau, représentant la Vierge, saint François et les saints protecteurs du monastère, orné d’un beau cadre baroque en bois doré. Elle conserve également un précieux chœur en bois provenant du couvent franciscain voisin du mont Formosino.

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en haut Mondaino, oratoire Santa Maria delle Grazie, la fresque de la Vierge du Lait

en bas Mondaino, l’église des Clarisses

Saint François et son voyage de San Leo à Rimini Sait François s’arrêta à San Leo le 8 mai 1213. Le pays était en fête pour la cérémonie d’investiture du chevalier Montefeltrano II, fils de Buonconte da Montefeltro. A cette occasion, le saint tint un sermon sur le thème d’une chanson d’amour de l’époque: “L’amour auquel je m’attends est si grand que toute peine est pour moi un plaisir’’. Le comte Orlando de’ Cattani, seigneur de Rocca di Chiusi, dans le Casentin, qui se trouvait parmi les illustres personnages présents à la cérémonie, lui offrit ses propres terres sur le mont de La Verna, lieu adapté à la réflexion et à la contemplation. C’est là-haut, à plus de 1100 mètres d’altitude, lieu dans lequel il fonda l’Ermitage de La Verna, que le saint reçut les stigmates sacrés en 1224. La donation fut effectuée à usage libre, car François n’avait pas coutume d’accepter de propriété nec domum nec locum nec aliquam rem, et légalisée uniquement après la mort du saint, le 2 juillet 1274, par les fils du comte Orlando. A San Leo, la pièce du palais Nardini dans laquelle eut lieu, selon la tradition, la rencontre entre le saint et son bienfaiteur, est encore visible. La profonde spiritualité de François conquit presque tous les hobereaux de la zone qui, bien que ne modifiant que légèrement leurs coutumes agressives et violentes, soutinrent les fondements franciscains et voulurent en grande partie se faire enterrer revêtus de l’habit des “cordeliers” (à savoir, des Tertiaires franciscains). Selon la tradition, lors de son voyage dans la vallée du Marecchia pour rejoindre Rimini, saint François accomplit plusieurs prodiges et s’arrêta à Sant’Igne et à Villa Verucchio, lieux dans lesquels furent édifiés de petits couvents qui se comptent parmi les plus anciens de la province franciscaine.

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Sant’Agata Feltria, l’église San Francesco della Rosa

San Francesco della Rosa, à Sant’Agata Feltria L’église ainsi dénommée se trouve à côté de la forteresse Fregoso, à Sant’Agata Feltria, avec laquelle elles est reliée par un passage privé et caché. La tradition veut qu’elle ait été édifiée sur l’emplacement d’une chapelle qui aurait accueilli François, le saint d’Assise, lorsqu’il voyagea de l’Ombrie à San Leo - lieu dans lequel le seigneur de Chiusi, touché par sa profonde spiritualité, lui donna le mont de La Verna - avant de se diriger à Verucchio - où vit encore le cyprès né de son bâton planté dans le sol - et de rejoindre la ville de Rimini, pour gagner plus tard celle de Bologne. Son passage pourrait être le fruit d’une légende qui a traversé les siècles mais l’histoire est toutefois vraisemblable car Sant’Agata se trouvait sur des voies de communication alors très fréquentées. Quoi qu’il en soit, la dévotion pour le saint fut depuis si forte qu’elle poussa les habitants à agrandir la chapelle, lui donnant les formes qu’elle présente aujourd’hui. Pour sûr, elle est liée à la très ancienne présence des frères franciscains dans le territoire de Sant’Agata, précisément dans la localité de Cella Fausti. Consécutivement au délabrement de ce couvent, la communauté attribua aux Franciscains, à titre de résidence, la forteresse Fregoso, lieu dans lequel ils demeurèrent jusqu’en 1820. Ils y édifièrent alors l’église, à une nef, en en réalisant la sobre façade en briques grâce à l’utilisation des matériaux de l’ancien couvent abandonné. L’église, décorée de stucs baroques, abrite trois autels, un bénitier sculpté en pierre, dont la base est datée 1532, provenant de l’église San Francesco ai Piani, des bancs portant les armoiries des anciennes familles locales et un orgue remontant à la seconde moitié du XIe siècle. Sa dénomination est l’objet de plusieurs interprétations mais sa véritable origine demeure un mystère.

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en haut Saludecio, le couvent des Hiéronymites

en bas Sant’Agata Feltria, l’église San Girolamo

Les Capucins et les ordres “modernes” Le fondateur des Capucins est le Frère Matteo da Bascio, né à Pennabilli vers 1495. Franciscain de la branche des Observantins, dans le couvent de Montefiorentino, près de Frontino, il fut ordonné prêtre en 1525. Désirant retourner à la rigueur franciscaine primitive, il quitta le couvent et obtint du pape Clément VII le privilège de porter une bure longue et rêche, comme celle de François d’Assise, mais avec une capuche plus longue et plus pointue, d’observer la règle dans une pauvreté absolue, de vivre en ermite et de prêcher librement. Critiqué et défini comme un prédicateur itinérant excentrique, il eut toutefois rapidement de nombreux imitateurs parmi ceux qui désiraient rétablir l’esprit franciscain original. Son exemple est à l’origine de l’ordre des Frères Mineurs Capucins, approuvé en 1528 par la bulle papale Religionis zelus. Le choix “rigoriste” de Frère Matteo da Bascio fut âprement contesté par beaucoup mais marqua significativement le mouvement de réforme de la vie religieuse du XVIe siècle. Le territoire accueillait à l’époque de nombreux couvents capucins, dont il ne reste aujourd’hui que les structures de Rimini, Saint-Marin, Santarcangelo, Montefiore Conca et Sant’Agata Feltria. Le XVIe siècle vit également la diffusion d’autres ordres, tels que les Jésuites et les Théatins, dont les couvents, bien qu’importants, disparurent lors des suppressions de la fin du XVIIIe siècle. Rimini abrite encore l’église des Jésuites, à côté de leur ancien collège, utilisé pendant presque un siècle comme hôpital et siège actuel du Musée de la Ville; sont également à admirer les belles églises des Carmes (San Giovanni Battista) et des Servites (Santa Maria dei Servi), refaites au XVIIIe siècle. Un autre ordre a complètement disparu: celui des Hiéronymites. De tous ses importants couvents, il n’en reste que deux, dédiés à saint Jérôme (Gerolamo ou Girolamo). Celui de Saludecio, à côté de la porte du pays, conserve son église intacte et de beaux retables du XVIIe siècle. L’autre est à Sant’Agata Feltria, son église abritant d’importantes œuvres d’art dont un magnifique retable de l’école de Pietro da Cortona qui représente une Vierge à l’Enfant entourée des saints Jérôme, Christine, François et Antoine de Padoue, de 1640 env.; il s’agit du seul tableau vraiment “baroque” de tout le territoire, dû à la magnificence des marquis Fregoso, seigneurs de Sant’Agata à partir de 1506.

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CHAPITRE VI ENTRE BENEDICTINS ET MENDIANTS

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Le Moyen Age a enregistré une incroyable floraison d’ordres réguliers “mendiants”, à savoir, soumis à une règle de vie précise qui les obligeait, entre autre, à la pauvreté. Ils étaient favorisés par l’Eglise pour contraster la propagande du paupérisme des Cathares et des Vaudois ainsi que pour suppléer à l’ignorance du pauvre clergé séculier et à l’indolence des riches monastères bénédictins. 1. Les Bénédictins et les ordres mendiants Les monastères les plus anciens de la zone appartenaient aux Bénédictins, protagonistes, pendant des siècles, de la religiosité, de la culture et de l’économie de tout le territoire, territoire qu’ils avaient souvent contribué à bonifier, déboisant des forêts et asséchant des marais, notamment dans la basse vallée du Conca. En crise à la fin du premier millénaire, les Bénédictins furent remplacés par des ordres plus modernes et plus actifs dans l’apostolat, comme ceux des Franciscains, des Augustins, des Dominicains et des Servites, qui s’épanouirent largement jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Mais l’œuvre d’évangélisation et de développement de tous les ordres réguliers connut un temps d’arrêt consécutivement aux lois napoléoniennes qui en décrétèrent la suppression, entraînant la confiscation des couvents et de leurs possessions de la part de l’Etat. Seuls les Franciscains, mieux enracinés dans la société locale et plus proches de la mentalité et de la dévotion populaires, réussirent par la suite à reconquérir, ou mieux, à racheter, quelques-uns des couvents qu’ils possédaient avant les suppressions napoléoniennes et les abolitions analogues liées à l’Unité d’Italie. Nous ne rappellerons donc ici qu’un seul des nombreux monastères bénédictins qui existèrent en ces lieux, pour le site, des plus caractéristique, dans lequel il fut édifié et pour la curiosité que sa visite peut stimuler. Il s’agit du monastère dédié à Sant’Angelo, fondé au XIIe siècle, à une certaine altitude, précisément sur le Sasso Simone, dans la haute vallée du Marecchia. Ce lieu, extrêmement suggestif, domine un horizon infini extraordinaire; sans aucun doute favorable à la contemplation et à la prière, le site était toutefois difficilement accessible et très isolé, plus adapté à un ermitage qu’à un monastère. En fait, en l’espace d’un siècle, une série d’hivers particulièrement rigides et l’ouverture de nouvelles routes de pèlerinage plus aisées contribuèrent à sa déchéance, définitivement 45


Covignano di Rimini, l’église San Fortunato (Santa Maria di

Scolca) et l’Adoration des mages de Giorgio Vasari

décrétée par la peste de 1348. Il fut supprimé par le pape Pie II qui, en 1462, l’agrégea au monastère de Piandimeleto, tout proche et beaucoup plus accessible. Une petite église dédiée à l’archange saint Michel y survécut quelques siècles encore, fréquentée lors des foires d’été. Seule une grande croix en évoque aujourd’hui la mémoire. Si les monastères des Bénédictins, des Augustins, des Dominicains et des Servites ont aujourd’hui disparu du territoire, quelquesunes de leurs églises ont toutefois survécu comme églises paroissiales confiées au clergé diocésain. Par exemple, l’église San Giuliano, à Rimini, était une église abbatiale bénédictine (des “Bénédictins noirs”); riche en œuvres d’art, c’est l’actuelle église paroissiale du faubourg homonyme. Aux Bénédictins (mais “blancs”, à savoir, les Olivétains) appartenait également l’église Santa Maria di Scolca, sur la colline de Covignano, près de Rimini, devenue paroissiale sous le nom de San Fortunato. Cette dernière conserve une harmonieuse structure architecturale Renaissance et, dans l’abside, une peinture pouvant être considérée comme l’un des chefs-d’œuvre du maniérisme: un retable représentant l’Adoration des mages, peint en 1547 par Giorgio Vasari. L’artiste fut accueilli par l’abbé de Scolca, qui lui corrigea et fit transcrire par un moine son manuscrit sur les Vies des meilleurs architectes, peintres et sculpteurs italiens, la première et véritable histoire de l’art italien, imprimée pour la première fois à Florence en 1550. 2. Les Augustins et leur église riminaise Voulant citer d’autres exemples, l’église San Giovanni Evangelista de Rimini, dite église Sant’Agostino, l’une des églises les plus grandes et les plus importantes des Augustins, est également devenue paroissiale; c’est aujourd’hui la seule du centre historique. Cette église mérite une visite et plus d’une réflexion: l’architecture de son vaste intérieur a été transformée et enrichie de précieux stucs, de retables et de fresques des XVIIe et XVIIIe siècles mais sa structure générale et son haut campanile sont encore ceux du XIIIe siècle. Par ailleurs, la partie absidale conserve deux admirables cycles de fresques 47


en haut Rimini, l’église San Giovanni Evangelista (Sant’Agostino)

En bas Pietracuta di San Leo, le couvent dominicain

de l’“école de Rimini du Trecento”. Les histoires de la vie de la Vierge Marie sont narrées dans la chapelle du campanile et celles de la vie de saint Jean l’Evangéliste dans l’abside, alors que le mur du fond représente un puissant Christ en majesté ainsi qu’une superbe et très douce Vierge à l’Enfant. De la décoration de cette église et de la même école de Rimini du Trecento, à laquelle appartenaient les peintres Giovanni, Giuliano et Zangolo, actifs dès les toutes premières décennies du siècle, font également partie un crucifix peint sur bois, placé sur le mur droit de la nef, et une grande fresque fragmentaire représentant le Jugement dernier, actuellement conservée au Musée de la Ville. Ces œuvres, idéalement réunies et positionnées, fournissent une indication sur leur fonction ‘didactique’ et catéchétique, recherchée par leurs commettants avant même que par leurs exécutants, et sur la spiritualité du message transmis à travers les figures peintes. 3. Les Dominicains et un exemple d’édifice de la Renaissance tardive En ce qui concerne les Dominicains, il faut signaler l’imposant et élégant édifice, ou mieux, la partie restante, de leur couvent de Pietracuta, dans la commune de San Leo, qui domine le Marecchia du haut d’un étroit et long plateau dit “Il Monte”. Il est flanqué d’une modeste église, dite “Del Monte”, dédiée à Notre-Dame du Rosaire, qui y est fêtée le premier mai. L’ensemble formé par l’église et le couvent, aux formes nettes et harmonieuses, se propose comme un espace de méditation et de spiritualité. Le couvent, dont on peut encore apprécier l’élégante façade, avait été construit au début du XVIIe siècle grâce à des donations de Giovanni Sinibaldi, citoyen de Rimini. Il fut achevé en 1664 et supprimé en 1812.

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en haut et en bas, à droite Rimini, une fresque de l’“école de Rimini du Trecento”

dans l’église San Giovanni Evangelista (Sant’Agostino)

en bas, à gauche Montefiore, un crucifix du XIVe siècle dans l’église San Paolo

La “Peinture riminaise du Trecento” Dès le début du XIVe siècle, les murs de nombreuses églises des ordres mendiants furent ornés de fresques extraordinaires réalisées par de nombreux peintres de Rimini. Ceux-ci furent très actifs en Romagne et dans les Marches pendant toute la première moitié du siècle, travaillant même dans de nombreuses localités de l’Emilie et de la Vénétie. Leur peinture est originale et précocement moderne: ils surent en effet assimiler les nouveautés du langage de Giotto qu’ils avaient vu travailler probablement à Assise et certainement à Rimini, lorsqu’il peignait dans l’église San Francesco le splendide crucifix qui y est encore conservé et qui remonte à la fin du XIIIe siècle (et peut-être un cycle de fresques qui fut détruit lorsque cette église fut restructurée pour être transformée dans le Temple des Malatesta). Parmi leurs chefs-d’œuvre les plus importants et les plus célèbres, il faut citer la décoration de la chapelle de l’église San Nicola, à Tolentino, et, en Emilie, la décoration du réfectoire de l’abbaye de Pomposa ainsi que celle de l’abside de l’église Santa Chiara, à Ravenne, dont les œuvres sont aujourd’hui au Musée National de Ravenne. Pour trouver une décoration significative de ces peintres sur notre territoire, il faut se rendre à Rimini, dans l’église San Giovanni Evangelista (dite Sant’Agostino) préalablement citée. Elle conserve deux cycles de fresques qui, dissimulés par des enduits du XVIIIe siècle, n’ont été récupérés que dans les années vingt du XXe siècle. Mais encore, auprès du Musée de la Ville, celui-ci conservant, outre à une grande fresque représentant le Jugement dernier provenant de la même église San Giovanni Evangelista, des polyptyques, des peintures et des crucifix sur panneaux de bois. Cette “école de Rimini du Trecento” a eu pour protagonistes les peintres Neri, Giuliano, Giovanni, Pietro et Baronzio. La plupart de leurs chefs-d’œuvre se trouvent actuellement dans les plus grands musées du monde mais plusieurs œuvres sont encore conservées à Rimini et dans le territoire, à Montefiore, Verucchio et Villa Verucchio, Santarcangelo, Misano Adriatico, Talamello, San Leo et Pennabilli.

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Misano Adriatico, le Christ de l’Agina

Le Christ de l’Agina et l’église homonyme Le Christ de l’Agina est l’une des œuvres les plus anciennes de l’école de Rimini du Trecento. Il a été conservé pendant des siècles dans la belle petite église de l’Agina, située dans la campagne de la commune de Misano Adriatico, sur un coteau bordé par le ruisseau homonyme, à quelques mètres de la route nationale SS 16 Adriatica. Cet édifice vante un passé des plus noble. Il fut détruit par un tremblement de terre à la moitié du XVIIIe siècle et reconstruit grâce à l’intervention des chevaliers de Malte. Son mur ouest abrite en fait une plaque représentant la croix des chevaliers. L’oratoire tout simple, fait de briques nues, est enrichi d’un élégant clocher-arcades. L’église a abrité, jusqu’en 1962, la prestigieuse croix en bois dénommée justement le Christ de l’Agina, de l’école de Rimini du Trecento. Aujourd’hui, la croix peut être admirée sur l’autel de l’église paroissiale de Misano Adriatico dédiée à l’Immaculée Conception. Cette œuvre d’art et de foi, récemment restaurée, vaut vraiment la peine d’être vue.

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CHAPITRE VII LES COUVENTS FEMININS

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Le territoire des deux diocèses abrite plusieurs couvents franciscains encore actifs, de fondation lointaine ou plus récente, dont les structures sont flanquées d’églises intéressantes pour leur architecture et leurs objets mobiliers. 1. Les Clarisses Naturellement, les monastères féminins ne manquent pas non plus. Il faut notamment citer celui de Santa Maria Maddalena, à Sant’Agata Feltria, des sœurs pauvres de sainte Claire, c’est-à-dire les Clarisses. Les sœurs clarisses s’établirent dans le monastère actuel en 1561, lorsque le pays de Sant’Agata et leur ancien couvent furent emportés par un éboulement. Ayant réussi à se mettre à l’abri, elles furent accueillies dans cet édifice qui appartenait à la famille Fregoso. Au cours des siècles, le monastère connut un grand épanouissement, mais en 1810, lors des suppressions napoléoniennes, les sœurs, privées du couvent, durent retourner dans leurs familles. Le monastère fut destiné à un usage civil, mais une sœur, Anna Giordani, loua le bras le plus ancien de l’édifice, préservant ainsi le chœur et l’église. En 1814, avec le retour du pape Pie VII à Rome, les Clarisses regagnèrent également leur monastère. La loi de 1866 sur la confiscation de tous les biens ecclésiastiques marqua toutefois une autre période difficile. Bien qu’il leur fut concédé un délai de quarante jours pour quitter le monastère, les Clarisses réussirent à y rester mais sans ne plus disposer du droit d’admettre de nouvelles sœurs à la prise de voile et à la profession, afin de parvenir à l’extinction de la vie claustrale. Au début du XXe siècle, de nouvelles jeunes commencèrent à y entrer et la vie communautaire reprit de l’essor. En 1930, la communauté adopta la première Règle de sainte Claire. En juillet 1951, un incendie se déclara dans le chœur du monastère provoquant de très graves dommages, dont la destruction d’un magnifique crucifix de l’école de Giotto. Les archives très importantes conservant de nombreux parchemins médiévaux relatifs à la communauté et au territoire du Montefeltro furent heureusement épargnées. L’aile la plus ancienne du monastère, abritant actuellement l’hôtellerie, a été récemment soumise à d’importants travaux de restructuration. On ne peut s’abstenir de mentionner un phénomène qui se vérifie depuis ces deux dernières décennies, à savoir, un nouveau fleurissement de vocations de jeunes filles arrivant de tous les coins d’Italie. Ce cas anomal, qui est par ailleurs étudié, a permis de passer du risque d’extinction à une communauté monastique d’environ vingt religieuses. 55


en haut Valdragone di San Marino, le monastère Santa Chiara

en bas Pennabilli, le monastère Sant’Antonio da Padova

Les Clarisses sont également présentes à Rimini, dans le couvent San Bernardino, au centre de la ville. L’église homonyme adjacente, conçue au XVIIIe siècle par l’architecte riminais Giovan Francesco Buonamici, présente des statues extérieures en stuc de Carlo Sarti et abrite d’importants tableaux de Donato Creti. Au sein de la République de Saint-Marin, le cadre verdoyant de solitude et de silence du château de Borgo Maggiore accueille l’actuel monastère Santa Chiara de Valdragone. Construit dans les années 60 du siècle dernier, il a remplacé l’ancien monastère du XVIIe siècle situé en ville, dans la partie haute du mont Titano, d’un grand intérêt architectural. Le lieu particulièrement suggestif offre au regard de beaux jardins qui épousent les contours du terrain en pente. L’église du nouveau couvent est également dédiée à sainte Chiara di Favarone di Offreduccio, née à Assise en 1193 et fondatrice des Clarisses. Les religieuses y mènent une vie contemplative mais sont actives dans la préparation d’icônes et d’hosties, dans des travaux de broderie et de couture ainsi que dans l’accueil de groupes de prière. 2. Les Augustines Le monastère Sant’Antonio da Padova, de Pennabilli, est, quant à lui, augustin. Ses religieuses, actuellement peu nombreuses, mènent aussi une vie contemplative et s’adonnent à la préparation d’hosties, à la réparation de rosaires et de petits cadres, à la restauration d’icônes et de peintures su bois, à la peinture de cierges pascaux, à l’accueil de groupes et de personnes à la recherche d’un lieu de recueillement et de silence. Le couvent se dresse dans l’ancienne forteresse de Billi qui, par le passé, constituait une communauté séparée du château de Penna qui lui fait face. Giovanni Lucis, tel que le confirment tous les documents, fut le premier fondateur du couvent des Sœurs de la Ville, conformément à l’écusson placé à l’intérieur de la porte. La donation de Lucis fut solennellement conclue par un acte de 1518 et la première fondation du monastère peut être établie à la précédente année 1517. Le monastère Sant’Antonio accueillit des religieuses appartenant à plusieurs ordres: Humiliées (15171571, tot. 54 ans), Sans Règle (1571-1624, tot. 53 ans), Dominicaines (16241816, tot. 192 ans), Augustines (de 1816 à aujourd’hui). 56


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Saludecio, l’église San Girolamo

3. Les sœurs Maestre Pie, les sœurs maîtresses de Sainte Dorothée et les sœurs de l’Immaculée Sant’Agata Feltria abrite l’Institut religieux des sœurs maîtresses de Sainte Dorothée alors que Coriano, Rimini et d’autres nombreuses localités sont le siège de l’Institut religieux des sœurs Maestre Pie dell’Addolorata, très présent également à l’étranger, qui s’occupe depuis ses débuts d’éducation, comme le voulut sa fondatrice. La maison-mère des sœurs Maestre Pie est à Coriano, lieu de sépulture de la fondatrice, la bienheureuse Mère Elisabetta Renzi. Misano Mare est par contre le siège de l’Institut des sœurs de l’Immaculée, fondé par don Domenico Masi, qui s’occupe d’enfants et de personnes âgées, gérant parallèlement une accueillante maison de spiritualité dans l’ancien couvent San Girolamo, à Saludecio, adjacent à l’église homonyme. 4. L’ordre des sœurs Maestre Pie dell’Addolorata. De Rimini au reste du monde Il fut fondé dans le territoire de Rimini, précisément à Coriano, en 1839, par Mère Elisabetta Renzi, née à Saludecio en 1786 et ayant par la suite vécu à Mondaino avec sa famille. Fille de Giambattista Renzi de Saludecio et de Vittoria Boni d’Urbino, elle entra au monastère augustinien de Pietrarubbia, mais successivement aux suppressions napoléoniennes de 1810, elle fut obligée de le quitter et de retourner dans sa famille. Le Seigneur, dit-elle, l’appela à Coriano pour aider un groupe de femmes consacrées à l’éducation des jeunes filles. C’était l’année 1824. Quinze ans plus tard, elle fonda son ordre. Elle mourut à Coriano en 1859. Avec son institut, Mère Elisabetta voulait créer en Romagne une structure pour promouvoir l’éducation humaine et religieuse des jeunes filles, des femmes et de leur famille ainsi que des enfants dans le besoin. Son projet était né de l’observation directe de la réalité sociale, économique et religieuse de l’époque, et l’Eglise, y voyant une intention de promotion sociale et éducative, approuva immédiatement le nouvel institut; celui-ci développa rapidement le nombre de ses membres, de ses écoles, de ses oratoires et de ses orphelinats. En l’espace de quelques temps, de nouveaux sièges furent créés à Sogliano al Rubicone, Roncofreddo, Faenza, Savignano sul 59


en haut Coriano, le couvent et l’institut des Maestre Pie dell’Addolorata

en bas Saludecio, le couvent des Hiéronymites

Rubicone, Cotignola, Mondaino et Urbino. L’aspiration de Mère Elisabetta était d’étendre l’action de l’institut au-delà des frontières de la Romagne et de pouvoir exercer son œuvre d’éducation et d’assistance dans tout pays comptant des pauvres et des personnes dans le besoin ignorés par les institutions publiques. La première grande occasion fut offerte dans le second après-guerre par la rencontre de la Mère supérieure générale de la congrégation avec l’évêque de la Louisiane, auquel elle manifesta sa proposition de constituer un groupe missionnaire aux Etats-Unis. L’évêque, qui voulait instituer depuis longtemps une école pour enfants défavorisés, accepta la proposition. La sortie de la guerre toute récente et l’avènement du maccarthysme à partir des années 50 avaient plongé les USA dans une situation intérieure difficile, multipliant les nombreux problèmes matériaux, sociaux et idéologiques qui travaillaient le monde américain d’alors. Les classes défavorisées étaient les premières à souffrir des conséquences. Ainsi, un groupe de 13 religieuses de la maison-mère de Rimini s’embarqua pour un long et aventureux voyage à destination de la Louisiane, monde pour elles complètement inconnu. Dès lors, les sœurs des Maestre Pie commencèrent à ouvrir des missions dans de nombreuses parties du monde, pays dans lesquels les enfants étaient plus facilement les victimes d’injustices sociales, de pauvreté et d’analphabétisme. Cette ouverture les a conduites au Mexique, au Brésil, au Bangladesh, au Zimbabwe, aux Philippines et en Albanie. Leur ligne multiethnique, d’équité et de justice sociale, qui s’inspire des préceptes de Jean XXIII, a été également relancée et appuyée par le pape Jean-Paul II, qui a béatifié Mère Elisabetta en 1989. A Coriano, la maison-mère de l’Institut Maestre Pie, qui est visitable, abrite un musée consacré à la bienheureuse. Il réunit des documents et des objets remontant aux origines de l’Institut, ainsi que de précieux objets en or et en argent réalisés ici-même. Une chapelle de l’église Madonna dell’Addolorata adjacente abrite la dépouille mortelle d’Elisabetta.

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Santarcangelo di Romagna, le couvent des Saintes Catherine et Barbara

Le couvent des Saintes Catherine et Barbara, à Santarcangelo L’imposant couvent occupe une bonne partie du centre historique, ouvrant sur l’élégante piazza Monache et s’étendant dans les rues adjacentes, sur une surface de 9900 m2. Il appartient à plusieurs époques historiques mais permet une lecture de ses différentes stratifications, coiffées par l’harmonieuse coupole de l’église réalisée par Bibiena. Le monastère des sœurs bénédictines camaldules, ordre claustral, fut fondé en 1505. La ville confia à sa fondatrice, sœur Obbedienza de Rimini, un édifice préexistant. Grâce à un nombre d’adeptes croissant, il dût être agrandi au XVIIe siècle. En 1738, après cinq ans de travaux, la nouvelle église à plan octogonal fut consacrée à côté de l’ancienne entre-temps démolie. L’architecte Ferdinando Galli Bibiena, qui travailla avec son fils Antonio, fut le premier architecte ducal des Farnèse à Parme. Après les suppressions napoléoniennes, l’édifice fut rouvert par sœur Angela Molari, fondatrice de la Congrégation des Filles de l’Immaculée Conception. Au couvent fut annexé le palais Fattorini adjacent et l’ensemble a été restauré tout récemment. Aujourd’hui, les Filles de l’Immaculée Conception, présentes depuis 150 ans, et les sœurs franciscaines des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie poursuivent leur mission spirituelle et sociale. Les deux instituts, bien que l’un de droit diocésain et l’autre de droit pontifical, se sont unis en 2007. Pensant au lendemain, les sœurs ont décidé de rendre le couvent disponible et utilisable de la part de la ville et des gens. Le tout a abouti à une première convention avec la clinique Luce sul mare, celle-ci possédant également un siège auprès de l’Hôpital Franchini de Santarcangelo, pour accueillir les familles des malades. Mais il ne sera pas ouvert que pour eux. Les sœurs ont également mis en œuvre un projet de restructuration pour l’ouverture d’une hôtellerie destinée aux visiteurs, aux touristes et à tous ceux qui voudront partager les rythmes et les atmosphères du couvent. Le jardin, qui restera le cœur du monastère, sera également réaménagé pour devenir un potager botanique et un jardin; les écoles, les citoyens et les visiteurs pourront en jouir et y participer activement. Naturellement, selon la tradition monastique, ce sera aussi un jardin des pensées et chacun pourra y accéder à des heures définies pour se consacrer à la lecture et laisser éventuellement son livre au couvent.

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CHAPITRE VIII LA DEVOTION MARIALE


Dans les diocèses de Rimini et de Saint-Marin - Montefeltro, l’ancienne dévotion mariale a toujours été très développée, comme le démontrent également les dédicaces des églises paroissiales, dont au moins un quart est dédié à la Vierge. Les centres habités comme les petits bourgs isolés abritent d’importants édifices dédiés à la Vierge. Il s’agit d’oratoires, de chapelles, d’ermitages, de petits et de grands sanctuaires s’affirmant comme des centres de grande spiritualité et maintenant souvent vivant le souvenir de miracles et d’apparitions. Il est impossible de fournir une liste de tous les lieux dans lesquels la pitié mariale a été et est encore vivante ou qui ont été le siège d’événements prodigieux liés à la Vierge. Voici donc les principaux, pour un parcours spirituel de profonde intensité. 1. La Madonna delle Grazie, à Covignano di Rimini A Rimini, il faut avant tout signaler le sanctuaire franciscain dédié à la Madonna delle Grazie (Notre-Dame des Grâces), qui se dresse à la périphérie de la ville, sur la colline de Covignano. En ce lieu, qui domine la ville et la mer de sa faible hauteur, invitant au recueillement et à la prière, une première chapelle fut construite en 1290, à l’endroit où, quatre ans auparavant, un jeune berger aurait gravé sur un tronc une image de la Vierge, achevée par des anges accourus pour remédier à l’inexpérience de ce sculpteur improvisé. Le simulacre prit ensuite la voie de la mer et arriva à Venise, où il est encore conservé et vénéré comme la “Madone de Rimini” dans l’église San Marziale. Le sanctuaire a pris son aspect actuel dans les années soixante du XVIe siècle; son maître-autel est dominé par une belle Annonciation du peintre ombrien Ottaviano Nelli, peinte vers 1430, très vénérée, comme en témoignent les nombreux ex-voto. Les œuvres les plus significatives du sanctuaire Madonna delle Grazie se trouvent dans la partie gauche de l’église. Le splendide plafond en bois ouvragé en forme de carène de bateau est admirable. La porte d’entrée est ornée d’une fresque représentant l’Assomption de Marie et la première chapelle abrite un retable qui accueillait 33 statuettes en albâtre représentant les apôtres et les différents personnages du calvaire du Christ. Elles furent vendues au début du XXe siècle pour financer la restauration de l’ensemble. Conservées en Allemagne, elles représentent le joyau d’art le plus admiré du musée de Francfort. La seconde chapelle abrite un retable en bois du XVIIe siècle avec saint Antoine alors que la troisième conserve un crucifix du XVe siècle. Dans le chœur, à droite, se trouve le sépulcre de Antonio Alvarado, secrétaire de l’empereur Charles VI, tertiaire franciscain, œuvre de Carlo Sarti. Au centre de l’église, une “Nativité de Jésus”, de 65


en haut Covignano di Rimini, Ottaviano Nelli, L’Annonciation, sanctuaire Santa Maria delle Grazie

en bas Montefiore Conca, le sanctuaire Madonna di Bonora

Giovanni Laurentini, dit Arrigoni; sur la porte qui conduit à la sacristie, la “Déposition” de Diego Rodriguez, du XVIIe siècle. L’entrée dans le couvent permet d’admirer un petit cloître reconstruit après les destructions de 1943. Les murs conservent des fragments de terres cuites modelées par l’artiste bolonais Carlo Sarti en 1700 pour les 14 chapelles du chemin de croix. Un édifice fait construire par Alvarado lui fait face. 2. La Madonna di Bonora, à Montefiore Conca Le sanctuaire marial le plus célèbre et le plus fréquenté de l’arrière-pays riminais de la vallée du fleuve Conca est dédié à la Madonna di Bonora (Notre-Dame de Bonora), à Montefiore Conca. Il a été construit autour d’une image de la Vierge qui allaite, fait peindre par l’ermite Bonora Ondidei dans une petite cellule qu’il s’était construite dans les bois et qu’il laissa en héritage aux Tertiaires franciscains en 1409. Le sanctuaire doit sa structure actuelle à la dévotion de deux prêtres, les frères Pio et Tommaso Sanchini, qui répandirent le culte de cette Vierge dès le début du XXe siècle. Récemment restauré et doté d’équipements pour l’accueil de groupes de pèlerins, il conserve de nombreux ex-voto documentant toute une série de grâces obtenues par les fidèles. L’image mariale conserve toute l’atmosphère archaïque du XIVe siècle et domine l’église du maître-autel, témoignant de siècles de dévotion et de prière qui attirent jusqu’à 500 000 fidèles par an. Le tout remonte à la fin du XIVe siècle, lorsque Bonora Ondidei de Levola di Montefiore se retira sur le mont Auro pour se consacrer à la prière. Il vécut dans la localité de Villa San Martino, dans une maison de trois pièces dont une aménagée en chapelle, décorée de fresques représentant Jésus, la Vierge et des saints. Cette image de la vierge est restée intacte au fil des siècles, devenant un objet de dévotion. Vénérée sous le titre de Mère de la Grâce Divine, elle y est représentée allaitant l’Enfant assis sur ses genoux. Elle porte une robe de couleur rouge et un manteau bleu clair, enrichi d’une étoile rayonnante sur la poitrine. Ce fut Bonora lui-même qui donna, par un acte notarié du 7 octobre 1409, le terrain, la maison et la chapelle au Tiers-ordre de la pénitence de saint François. Les frères restèrent dans 66


Pennabilli, le sanctuaire Santa Maria delle Grazie

la chapelle de Bonora jusqu’en 1652, date à laquelle le pape Innocent X supprima les petits couvents, attribuant le couvent et l’église au monastère des sœurs tout d’abord dites Converties, puis de Sainte Marie-Madeleine et enfin du Cœur de Jésus de Rimini. En 1796, les lois napoléoniennes entraînèrent la fermeture de la structure mais les pèlerinages y continuèrent. En 1833, un fait extraordinaire amplifia la réputation de ce lieu: le premier miracle. Annunziata Rossi, gravement malade, avait été condamnée par les médecins. Elle se rendit alors, non pas sans fatigue, devant l’image de la Vierge pour y prier intensément et retourna chez elle, complètement guérie. Ce fut le premier miracle historiquement constaté successivement à un procès canonique régulier engagé par la Curie diocésaine de Rimini. 3. Santa Maria delle Grazie, à Pennabilli Le sanctuaire Santa Maria delle Grazie, à Pennabilli, dans la haute vallée du Marecchia, est un lieu religieux très fréquenté du diocèse du Montefeltro. Il conserve l’image mariale la plus célèbre du diocèse dite de la Vierge des larmes, ou des Grâces, de Pennabilli, pour ses larmes miraculeuses versées dès 1489. La fresque, des plus suggestive, représente la Vierge assise, recouverte d’un manteau bleu clair aux décorations jaunes; elle tient dans la main gauche un petit chardonneret symbolisant la passion du Christ alors que, da la main droite, elle soutient l’enfant Jésus, debout sur son genou droit, qui regarde sereinement vers le spectateur. Au-dessus, les représentations de l’Annonciation et d’un jardin fleuri, symbole de la Virginité de Marie, et, en haut, le Père éternel bénissant avec le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe. Dans l’histoire, l’image est la protagoniste de nombreux événements miraculeux, à commencer par celui du vendredi 20 Mars 1489, célébré chaque année comme le “Beau Vendredi”, lorsqu’elle versa plusieurs larmes de l’œil droit en la présence de nombreuses personnes. Emerveillés et incrédules, certains voulurent sécher ses larmes avec des mouchoirs, mais celles-ci continuèrent de couler sur sa joue, laissant une trace sur le doux visage. C’est à elle que nous consacrerons l’approfondissement ci-après. 69


en haut Pennabilli, l’oratoire Casa Fanchi

en bas Pennabilli, l’église de Torre di Bascio

La Madonna delle Grazie de Pennabilli L’image mariale la plus célèbre du Montefeltro est celle de Pennabilli, que l’on vit pleurer le troisième vendredi de mars 1489. Il s’agit de l’image de la Vierge vénérée sous le titre de Santa Maria Novissima delle Grazie, ou plus simplement, Madonna delle Grazie (Notre-Dame des Grâces), peinte vers 1432 dans l’église des Augustins dédiée à saint Christophe, du XIe siècle. Le prodige des larmes de Marie suscita une grande impression et beaucoup d’agitation dans tout le territoire. Il fut alors interprété comme l’avertissement pieux et maternel de futurs malheurs, malheurs qui, en effet, ne tardèrent pas à se manifester sous forme de guerres, sièges et pillages. En 1517, lors de la guerre déclarée par Laurent de Médicis à François Marie Della Rovere, Pennabilli fut assiégée par les Florentins, mais, le 17 février, la Vierge apparut sur le mur d’enceinte de la ville, faisant fuir les assiégeants. La Vierge apparut de nouveau sur les murs de Pennabilli, pour en protéger les habitants, le 22 février 1522. Les troupes, commandées par Giovanni dalle Bande Nere, s’installèrent sous les murs, tentant la capitulation de la ville. Le duc d’Urbino conseilla à la population d’abandonner la ville, se réfugiant lui-même auprès de la forteresse de Sassocorvaro. Tout le monde s’enfuit, à l’exception de 14 soldats. La nuit venue, alors que les ennemis rôdaient autour des murs pour essayer de pénétrer dans le château, la Vierge, entourée d’anges et tenant son fils dans les bras, réapparut dans une grande lumière. La ville fut de nouveau sauve. Après cet autre miracle, les habitants, reconnaissants, agrandirent l’église San Cristoforo et, en 1528, déposèrent l’image dans un bel édicule en marbre de goût Renaissance, enrichi et presque caché au XVIIe siècle par une plus grande structure en bois baroque richement ouvragée. Au fil des siècles et jusqu’à nos jours, la Vierge fut plusieurs fois invoquée pour la réalisation de demandes de protection. Pendant la dernière guerre, en juin 1944, la population implora l’aide de la Vierge pour empêcher l’évacuation de la ville ordonnée par le commandement allemand et l’ordre fut révoqué. Le 21 septembre de la même année, alors que l’armée allemande se retirait en minant les ponts stratégiques du territoire pour les faire sauter, les habitants du pays se retrouvèrent de nouveau devant la Vierge des Grâces pour

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en haut Pennabilli, l’église de Miratoio

en bas, à gauche Cà Romano di Pennabilli, la Madone du Rectangle de neige

en bas, à droite Pennabilli, le monastère Sant’Antonio da Padova

lui demander d’exaucer leurs prières et promettant de restaurer le sanctuaire. Le commandement allemand ne fit sauter qu’une partie des mines amorcées. Il existe plusieurs témoignages d’habitants de Pennabilli concernant des guérisons et des miracles survenus par l’intercession de la Vierge. Digne d’attention, pour la notoriété des événements, est la grâce accordée au capitaine de la marine Filippo Zappi, qui participa, avec Nobile, à l’exploration du Pôle Nord à bord du dirigeable “Italia” en 1928. Une fois atteint le Pôle, l’atterrissage fut impossible et, sur la route du retour, le dirigeable heurta contre le pack et la cabine de contrôle se détacha lors de l’impact. Des 16 membres d’équipage, dix furent éjectés sur la glace et l’on perdit toute trace des six personnes restées à bord. Après le terrible désastre, les survivants s’installèrent dans la tente “rouge” dans l’attente des secours. Plusieurs jours après, Zappi quitta la tente avec deux autres compagnons, affrontant les glaces par une marche désespérée. Prostré, sous l’emprise du froid et du désespoir, il repensa à sa mère, Elmira Manduchi, qui était de Pennabilli, et à la maison maternelle, près de l’église Sant’Agostino; il repensa aux miracles de la Vierge, lui promettant qu’il serait allé la remercier si elle lui sauvait la vie. Entre-temps, les équipes de secours sauvèrent les survivants de la tente rouge et commencèrent les recherches de son groupe, qu’elles retrouvèrent et sauvèrent 48 jours plus tard. L’image est toujours très vénérée. Le troisième vendredi de mars, dit “le Beau Vendredi”, est pour Pennabilli un jour de fête et de célébrations solennelles. Le culte de la “Vierge des larmes”, proclamée “Reine du Montefeltro”, s’étend à tout le territoire diocésain, l’église Sant’Agostino ayant été officiellement déclarée “Sanctuaire marial du diocèse” en 1950. La visite de cette église peut être suivie par la découverte des églises, des oratoires, des chapelles et des autres lieux religieux du territoire communal, chacun d’eux possédant sa propre spécificité.

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CHAPITRE IX LES SANCTUAIRES MARIAUX


Le XVIe siècle a enregistré une forte reprise de la dévotion mariale dans tout le territoire. Il commença par un miracle public sensationnel aux portes de Rimini, au premier mille de la via Flaminia. L’intervention de la Vierge empêcha en effet qu’un pèlerin, injustement accusé de meurtre, fut exécuté. C’était l’année 1506. Les Riminais voulurent immédiatement y fonder un sanctuaire pour honorer et conserver dignement l’image sacrée de la Vierge à l’Enfant qui se trouvait à côté de l’échafaud préparé pour l’exécution, à laquelle le miracle fut attribué; ils voulurent aussi que ce sanctuaire soit à jamais de propriété publique: il s’agit de l’église de la Colonnella. Ce miracle fut suivi par les apparitions de la Vierge de Pennabilli (1517, 1522) et par celle de Maciano, en 1523, près de Pennabilli. Là, la Vierge apparut à une certaine Giovanna de San Leo, une femme pauvre et un peu niaise (mulier semifatua comme la définissait le notaire épiscopal qui en recueillit la déposition), lui demandant de faire construire une église dans le lieu de son apparition. Ce qui fut fait. Vingt ans après, une apparition de la Vierge est bien documentée sur la frontière entre les diocèses de Rimini et du Montefeltro, à Trebbio di Montegridolfo. Ici aussi, tel que la Vierge l’avait demandé, une église fut construite. Le dernier miracle du XVIe siècle dans le territoire de Rimini survint dans la commune de Santarcangelo di Romagna, à Casale di San Vito, en 1593, devant une modeste image de Marie peinte dans une petite chapelle de campagne, rapidement transformée en un grand sanctuaire (voir plus loin). D’autres épisodes miraculeux se succédèrent au fil des années, donnant naissance à plusieurs lieux de culte, et ce, même dans le centre de Rimini, où de fastueux autels furent dressés dans les églises des Carmes (San Giovanni Battista), des Servites (Santa Maria dei Servi) et San Domenico (détruite) pour Notre-Dame du Carmel, Notre-Dame des sept douleurs et Notre-Dame du Rosaire. 1. L’église de la Colonnella, à Rimini C’est un bel édifice, achevé en 1514, qui conserve encore l’image miraculeuse et demeure une propriété communale. Jusqu’à l’Unité d’Italie, la magistrature municipale a participé à toutes ses plus importantes célébrations. L’église est ainsi dénommée pour l’existence d’une colonne milliaire romaine, soit pour l’image sacrée peinte sur un pilier ou une partie d’une petite colonne. Son portail raffiné est attribué à Giovanni 75


en haut Rimini, l’église et l’image de la Madonna della Colonnella

en bas Maciano di Pennabilli, le couvent et l’église Santa Maria dell’oliva

Bernardini da Venezia. A l’intérieur, l’élégante décoration des murs en terre cuite blanche, du XVIe siècle, est de Bernardino Giuritti, de Ravenne. De grande importance, la Vierge à l’Enfant du XVe siècle, d’auteur inconnu, à laquelle sont dédiées plusieurs plaques à l’intérieur de l’église. Leurs inscriptions se réfèrent à l’image prodigieuse, à l’édification de l’église, au couronnement et au transfert sur l’autel. 2. Santa Maria dell’oliva, à Maciano di Pennabilli En l’espace de quelques années et grâce à la contribution de toutes les communautés environnantes, une des plus belles églises Renaissance du Montefeltro, Santa Maria dell’oliva, fut construite à Maciano, à l’endroit où avait eu lieu l’apparition. Il s’agit d’un monument d’un intérêt extraordinaire sous de nombreux aspects; du point de vue artistique, ses splendides architectures manifestent la diffusion, dans tout le Montefeltro, des formes harmonieuses de la Renaissance d’Urbino. Le portail porte la date de 1529, année de l’achèvement de l’édifice. La garde de l’église fut aussitôt confiée aux Franciscains (frères mineurs observantins); dès 1553, ils la flanquèrent d’un grand couvent, composé de nombreuses salles, de cellules, de magasins et d’une belle bibliothèque (dont la porte portait la date de 1635); les derniers libres furent vendus il y a moins de cent ans par un frère un peu naïf, qui y gagna peu d’argent mais beaucoup d’humiliations, de dénonciations et de procès. A côté, un cloître lumineux aux arcs spacieux. Ses colonnes auraient été données aux frères par une certaine comtesse Oliva et proviendraient de l’une des propriétés de celle-ci, à Antico. Mais il s’agit d’une légende récente, née pour justifier le titre d’«oliva» donné à la Vierge et les formes architecturales de l’église, identiques à celles de l’église d’Antico. Les lunettes de son porche abritent des fresques de la vie et des miracles de saint François; malheureusement, il ne reste que quelques lunettes lisibles d’un ensemble qui devait être imposant. Celles-ci témoignent l’implication dans cette œuvre de toutes les communautés de la zone, finalement unies par le désir d’honorer saint François d’Assise. En effet, chaque fresque portait le nom de l’offreur, ceux des communautés de Penna, de Maciano et de 76


en haut Trebbio di Montegridolfo, le sanctuaire Beata Vergine delle Grazie

en bas San Giovanni in Marignano, l’oratoire Santa Maria

Soanne étant encore lisibles. Elles éclaircissent par ailleurs le mystère lié à un peintre de Pennabilli, Giovanni Bistolli, qui les a exécutées de manière échelonnée, en 1656, 1657, 1658 et 1659, tel qu’il le déclare. Les scènes bien construites et pittoresques, avec des paysages et des portraits très vifs, démontrent un certain talent de l’artiste, les éléments plus ingénus semblant être surtout dus à des interventions de restauration du XIXe siècle. 3. Le sanctuaire Beata Vergine delle Grazie, à Trebbio di Montegridolfo A l’intérieur de l’église de Trebbio, l’autel est orné d’un beau retable représentant l’apparition miraculeuse de la Vierge. Il fut peint sur la base des témoignages des mêmes voyants, Antonia Ondidei et Luca Antonio di Filippo, en 1459, pratiquement “en temps réel”, par le peintre Pompeo Morganti, peintre de la Renaissance originaire de Fano. L’intéressant arrière-plan représente la vue de Montegridolfo, avec son château, ses murs, sa tour et ses campagnes. 4. Autres sanctuaires et églises mariaux de la Valconca La Valconca abrite de nombreux sanctuaires mariaux. Nous avons déjà parlé de l’ancien sanctuaire Madonna di Bonora, à Montefiore Conca, qui accueille aujourd’hui encore des pèlerins parvenant de toute l’Italie. Nous avons également déjà mentionné le sanctuaire Beata Vergine delle Grazie, à Montegridolfo, très vénéré par la population locale, érigé après les deux apparitions de la Vierge, au XVIe siècle. Nous vous conseillons de poursuivre votre route à destination de Saludecio, siège du plus récent sanctuaire Madonna del Monte. Sur une colline de la rive droite du Conca, la commune de Gemmano abrite une église dénommée sanctuaire Madonna di Carbognano; elle fut construite vers 1260, lorsqu’un groupe de frères franciscains édifia, sur les ruines d’un ancien temple romain, un petit couvent consacré à saint François. En 1500, l’église fut dédiée à la Vierge. Très populaire, elle accueillit des milliers de pèlerins, poussés par la prière et par les grâces reçues. Cet afflux de fidèles contribua à des collectes de 79


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en haut Montegridolfo, l’église San Rocco

en bas Carpegna, le sanctuaire Madonna del Faggio

fonds qui permirent d’agrandir l’église au fil du temps. Au XVIIIe siècle, une petite chapelle mariale fut construite à San Clemente; toute en briques, elle présente une base octogonale et des parastates. Il faut aussi signaler l’oratoire Santa Maria, à San Giovanni in Marignano, aux formes élégantes offrant un porche à grandes arcades. Dès la sortie de la province, Carpegna abrite le sanctuaire Madonna del Faggio, le plus ancien de la Valconca. 5. Le sanctuaire Madonna di Casale, à San Vito di Santarcangelo di Romagna Immédiatement après les premiers événements miraculeux, survenus à partir de 1596, un grand sanctuaire marial dédié à la Visitation fut également construit à Casale. Il s’agissait d’une église grandiose, commencée en 1596 et achevée en 1605; détruite lors de la retraite allemande en 1944, elle a été reconstruite en 1964 sous des formes modernes. Actuellement confiée à la garde des Passionnistes, elle s’élève le long de l’ancienne voie Emilia, près de San Vito, dans la localité de Casale di Santarcangelo. On y vénère le bienheureux Pio Campidelli, un jeune Passionniste (voir le paragraphe qui lui est consacré plus loin) qui offrit sa vie pour sa terre de Romagne. 6. La Vierge protectrice de Rimini A la suite de toutes ces manifestations miraculeuses, la Ville de Rimini ajouta la Vierge à la liste de ses saints protecteurs. En 1696, une statue de la Vierge en bronze fut installée à l’angle du mur de l’hôtel de ville, ornée d’un baldaquin, également en bronze, et d’une lanterne que les commis de la mairie, en livrée, devaient allumer tous les soirs à l’Ave Maria, et, lors de certaines occasions, au son de trompettes. Il serait trop long de rappeler tous les lieux dans lesquels la dévotion mariale est encore forte. Nous vous en signalons ici quelquesuns, sites “mineurs”, mais suggestifs et d’une grande beauté. Ils se trouvent dans les communes du territoire de Rimini, à l’exception d’un seul, dans la République de Saint-Marin. 81


en haut, à gauche Le bienheureux Pio Campidelli

en haut, à droite Rimini, piazza Cavour, la Vierge protectrice de la ville, sur la façade du palais Garampi

en bas Saiano di Torriana, le sanctuaire Beata Vergine del Carmine

7. Le sanctuaire Beata Vergine del Carmine, à Saiano di Torriana Saiano, dans la commune de Torriana, abrite un petit sanctuaire érigé sur un éperon rocheux, presque sur la grève du Marecchia, à côté d’une tour cylindrique d’époque romane. Il est dédié à la Bienheureuse Vierge du Carmel, dont il conserve, sur l’autel, une représentation plastique d’une grande douceur, probablement du XVe siècle. C’est à elle que les femmes de la vallée, notamment celles sur le point d’accoucher, adressaient leurs prières. Ce lieu, auquel est attribué une autre apparition de la Vierge, est la destination de nombreux pèlerinages. Accessible par une route pittoresque côtoyant le fleuve, on y parvenait autrefois en traversant le cours d’eau à l’aide d’échelles jetées sur des chariots en guise de pont; c’est pour cette raison que de nos jours, en été, une passerelle, dite Ponte delle Scale, est placée sur le Marecchia. Ne pas manquer d’admirer la splendide porte d’entrée en bronze exécutée par Arnaldo Pomodoro, célèbre sculpteur originaire de Morciano di Romagna, et dessinée par le poète Tonino Guerra, qui a fortement appuyé la restauration du sanctuaire et le rétablissement de la passerelle d’été. 8. La chapelle de Talamello A Talamello, dans le Montefeltro, dans une position verdoyante et isolée, peu avant le cimetière du pays, s’élève une chapelle, splendide exemple d’art gothique tardif. Construite en 1437, elle est entièrement revêtue de fresques réalisées par Antonio Alberti, peintre ferrarais. C’est une petite chapelle de campagne voulue par un Franciscain, Giovanni Seclani, évêque du Montefeltro, qui y est représenté agenouillé devant la Vierge et son Enfant, parmi de nombreuses images de saints et sous des scènes représentant l’Annonciation, l’Adoration des Mages et la Présentation au Temple. A l’époque, la chapelle était précédée d’un portique à quatre arcades ouvert, pour l’accueil des voyageurs et des pèlerins. Nombre d’entre eux ont gravé sur les murs peints leur nom et la date de leur passage, parfois même leur provenance ou leur destination, selon une mauvaise habitude invétérée qui, pour une fois, nous a cependant fourni de précieux éléments pour comprendre la fréquentation du lieu. 82


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en haut Talamello, les fresques de Antonio Alberti à l’intérieur de la chapelle

en bas Valdragone di San Marino, le sanctuaire Santa Maria

9. L’église et le couvent Santa Maria, à Valdragone di San Marino Au sein du territoire de la République de Saint-Marin, il est intéressant de visiter le sanctuaire Santa Maria et son couvent. La structure se trouve à Valdragone, dans un lieu très suggestif au pied du mont Titano. Son nom se rattache à une légende médiévale selon laquelle la localité aurait été infestée par un dragon. L’église, qui a été construite avec le couvent, présente un beau portique de style Renaissance. On y vénère une Vierge du XVe siècle, de facture flamande, représentée sur un beau polyptyque du siècle suivant, commissionné à l’atelier riminais de Coda, et plus tard enrichi de gravures et de dorures. A travers les siècles, l’image sacrée de la Vierge, représentée entre les saintes Barbara et Catherine, est devenue l’objet d’une grande dévotion. La Vierge y est dite de la poire, pour le fait qu’elle offre une poire à l’Enfant Jésus, geste symbolique de l’amour divin pour l’homme, dont l’origine iconographique est liée à l’Europe du Nord; cette Vierge serait également associée à la légende du miracle des roses. On raconte en effet que jusqu’en 1442, à Saint-Marin, la Vierge n’était jamais mentionnée dans les prières et que, pour cela, les roses ne naissaient pas dans le territoire. Un prêtre pieux attribua la cause de ce phénomène au fait qu’aucun monastère n’y avait été construit malgré la disponibilité d’un legs considérable. Les prédications du religieux furent écoutées et la construction d’un oratoire fut entreprise dans le lieu de refuge du dragon, d’où le toponyme de la zone. Le prêtre offrit à l’église un tableau représentant une Vierge à l’Enfant. Ce geste suscita une vive émotion et le culte de la Vierge attira bientôt de grandes foules. Il semble que les Malatesta, craignant toujours une insurrection, n’aient toutefois pas accepté ce fait et aient fait enlever le religieux pour le conduire à Rimini. Mais, dans la nuit, les pentes du mont se seraient couvertes de rosiers et les soldats, qui auraient décidé de pendre le religieux, ne purent mener à terme leur action car les cordes s’accrochèrent aux épines de rose. Histoire et légende se confondent dans le témoignage d’une plaque 85


en haut Valdragone di San Marino, la Vierge de la poire auprès du couvent Santa Maria

en bas, à gauche Valdragone di San Marino, le couvent Santa Maria

en bas, à droite Romagnano di Sant’Agata Feltria, l’église Madonna di Romagnano

sur la place et dans l’ancienne coutume d’y célébrer un pèlerinage en juin, portant des roses blanches. Le culte de la Vierge fut l’implication constante des frères de l’ordre des Servites de Marie, qui achevèrent la construction de l’église et du couvent. En 1692, l’église subit d’importantes transformations et, en 1710, elle fut dédiée à Notre-Dame des sept douleurs, celle-ci ayant été peu avant nommée patronne de l’ordre des Servites, et à saint Filippo Benizi. Aujourd’hui, le couvent a été choisi comme siège du président de la Fédération des Servites de Marie d’Italie et d’Espagne. 10. L’église Madonna di Romagnano Dans le diocèse de Saint-Marin - Montefeltro, la Vierge de Romagnano fait l’objet d’une grande vénération. A Romagnano, hameau important de la commune de Sant’Agata Feltria bien qu’aux portes de la ville de Sarsina, il existait, bien avant l’an mille, une communauté chrétienne avec son église paroissiale. Celle-ci connut toutefois une phase de déclin au XVIe siècle, jusqu’à son écroulement lors de l’inondation de 1557. Il n’en resta que l’abside, qui peut encore être admirée, avec des voussoirs et d’autres pierres de l’édifice original placés à présent dans l’église plus récente. On raconte qu’en 1563, le matin du jeudi 8 avril, la Vierge serait apparue à une jeune bergère dénommée Agata. Dès lors, le lieu commença à être très fréquenté et, plus de quatre siècles après ce fait, qui fut le plus prodigieux de toute la vallée du Savio, le lieu est encore très vénéré. L’église fut reconstruite dès 1564-1565, se présentant comme la plus grande du diocèse après la cathédrale de Sarsina et devenant même le sanctuaire marial le plus important du même diocèse. Aujourd’hui, c’est également l’église de référence de la paroisse de Sapigno-Romagnano. Pour des problèmes de stabilité, elle fut restructurée et redimensionnée par rapport à sa forme originale vers 1805. D’importants travaux de récupération ont été effectués en 1963, à l’occasion du IVe centenaire de l’apparition, ainsi que la reconstruction complète du presbytère et du chœur. Le moderne clocher a été ajouté en 1971. L’église et le presbytère ont été entièrement rénovés au début de l’an 2000 pour accueillir les nombreux fidèles et les cérémonies en l’honneur de l’apparition sacrée.

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en haut Pennabilli, Madonna delle Grazie

en bas, à gauche Trebbio di Montegridolfo, le sanctuaire Beata

Vergine delle Grazie, l’Apparition de la Vierge

en bas, à droite Rimini, Santa Maria della Misericordia (Santa Chiara)

Autres Vierges miraculeuses En juillet 1796, les yeux d’une modeste image de la Bienheureuse Vierge dans l’attente de l’accouchement, peinte par Costa et conservée dans l’oratoire de l’ancienne confraternité San Girolamo, à Rimini (à présent dans l’oratoire San Giovannino), commencèrent “à bouger”. Le phénomène fut constaté par les hommes de confiance de l’évêque et par l’évêque même, suscitant de l’émerveillement, de l’enthousiasme et de grandes manifestations de foi dans tout le diocèse. Une autre Vierge vénérée à Sant’Agata Feltria, dans l’église des Capucins, bougea les yeux. La Vierge Immaculée, réalisée par le peintre Angelo Angeloni, de Pennabilli, en 1786, dite justement «Madonna dei Cappuccini», bougea les yeux plusieurs fois, de septembre 1796 à juin 1850. Depuis, elle est l’objet de l’affection et du culte de nombreux fidèles. Le procès concernant ses prodiges fut rédigé dans un volume de 224 pages puis envoyé à la Sacrée Congrégation des Rites, à Rome, qui donna son autorisation à la publication. Un exemplaire de ce volume est conservé auprès du couvent des Capucins de Sant’Agata Feltria. A cette époque, plusieurs miracles analogues eurent également lieu à Rome et dans de nombreuses localités de l’Etat pontifical: plus de 120 miracles furent en effet dénombrés et approuvés par des procès canoniques. Ce phénomène dura plusieurs mois et Pie VI décréta, pour le 9 juillet, la fête des “Prodiges de la Bienheureuse Vierge Marie”. L’arrivée des troupes napoléoniennes à Rimini, à partir de février 1797, empêcha la diffusion des reproductions de ces Vierges miraculeuses et de leur culte. En 1850, une copie de la Vierge de San Girolamo, placée dans la chapelle des anciennes Clarisses de Rimini, commença aussi à “bouger les yeux”. Les manifestations de foi que ce prodige, constaté par tous, suscita dans le territoire, furent une fois encore très nombreuses; la renommée et la dévotion pour cette Vierge se répandirent même rapidement de toutes parts, car le miracle se répéta régulièrement pendant huit mois consécutifs. Il s’agit de la Vierge, encore très vénérée sous le titre de Santa Maria della Misericordia, qui se trouve sur le maître-autel du sanctuaire homonyme, dit sanctuaire Santa Chiara, construit en son honneur en 1852. Comment expliquer ces prodiges? Il semble que la Vierge, à la veille de l’invasion de l’armée napoléonienne et de celle des troupes piémontaises, ait voulu assurer sa présence vigilante et sa protection maternelle.

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CHAPITRE X ART ET FOI


1. Musées et collections L’art a toujours été une servante fidèle de la religion et les artistes ont toujours été des interprètes efficaces de la religiosité de leur époque. Naturellement, les lieux riches de spiritualité sont aussi souvent des lieux riches d’art. Les images sacrées qu’ils renferment sont souvent d’importants témoignages, non seulement de dévotion et de religiosité, mais aussi de culture, de civilisation et d’histoire. Ce n’est pas précisément le thème du présent ouvrage mais le lecteur aimera peut-être trouver dans ses pages un complément d’informations artistiques qui ne pourra qu’enrichir les indications précédemment fournies. Nous allons donc nous tourner en particulier vers les musées et vers certaines églises puisque nous nous sommes déjà arrêtés, bien qu’à grands traits, sur la plupart des sanctuaires et des églises ainsi que sur leurs œuvres d’art. Le territoire compte bien cinq musées réunissant un bon nombre d’œuvres d’art sacré importantes: à San Leo, à Pennabilli, à SaintMarin, à Saludecio et à Rimini. Font également partie d’un insolite musée itinérant, conçu par le poète Tonino Guerra et intitulé I luoghi dell’anima (Les lieux de l’âme), certains coins de spiritualité des plus particuliers. Il s’agit de Il Rifugio delle Madonne abbandonate (Le Refuge des Madones abandonnées) de Pennabilli, auprès de l’Orto dei Frutti dimenticati (Le Jardin des fruits oubliés), qui réunit des images de la Vierge réalisées par des artistes locaux pour rappeler les madones qui ornaient autrefois les petites chapelles des routes de campagne. Un autre espace encore, également conçu par le poète Tonino Guerra, à savoir, l’église de La Madonna del Rettangolo di neve (soit, de la Madone du Rectangle de neige), à Ca’ Romano, dans la commune de Pennabilli, reconstruite après un tremblement de terre dans le lieu indiqué justement par la Vierge, par le biais de la neige. 2. Musée d’Art Sacré de San Leo A San Leo, le Musée d’Art Sacré conserve plusieurs tableaux intéressants d’époques variées ainsi que de nombreuses sculptures en pierre du Haut Moyen Age, provenant du territoire, de la cathédrale et de l’église paroissiale. Cette structure reflète ainsi l’histoire et le passé de cette terre. La Salle lapidaire accueille d’anciennes pièces sculpturales de la ville (VIIIe-XIIIe siècle). La Salle des peintures sur bois représente les débuts de l’histoire picturale du territoire: un crucifix du XIVe siècle, le 91


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en haut, à gauche San Leo, le Musée d’Art Sacré

en haut, à droite Pennabilli, le Musée Diocésain A. Bergamaschi

en bas Sant’Agata Feltria, le Musée diffus A riveder le stelle

tableau de la Vierge à la Pomme de Catarino di Marco da Venezia (1375 env.) et le tableau d’une Vierge à l’Enfant de Luca Frosino (1487-1493). La Salle du tabernacle tire son nom de la grande œuvre en bois, provenant du couvent franciscain de Sant’Igne, qui constitue, grâce à ses gravures et à ses peintures raffinées, l’un des objets les plus singuliers de la Renaissance dans le Montefeltro. A l’époque la plus représentée, le XVIIe siècle, est consacrée une salle qui expose de nombreux tableaux, en grande partie réunis grâce aux dispositions liturgiques du Concile de Trente. 3. Musée Diocésain A. Bergamaschi de Pennabilli Le Musée Diocésain “A. Bergamaschi” de Pennabilli réunit un matériel de grande valeur exposé dans une quinzaine de salles: meubles, tableaux, retables, cadres, céramiques, vases sacrés et reliquaires. Ils composent une collection précieuse, voulue par l’évêque Antonio Bergamaschi, qui, en 1962, comprit toute l’urgence de réunir les nombreuses œuvres d’art du territoire du diocèse de Montefeltro, souvent en proie à l’incurie et au rafle, surtout dans les églises et dans les chapelles plus distantes et isolées. Un signe de clairvoyance apte à récupérer les éléments fondamentaux de la culture d’un peuple, témoignages de foi qui racontent le dialogue entre Dieu et l’homme. Le musée restructuré conserve des œuvres d’artistes tels que Benedetto Coda, Giovan Francesco da Rimini, Guido Cagnacci, Nicolò Berrettoni, Carlo Cignani, Giovanni Francesco Guerrieri da Fossombrone et d’artistes des ateliers de Casteldurante, romain et romagnol. Il abrite également une riche collection d’objets liturgiques et de parements sacrés, sculptures, majoliques et pièces d’argenterie. Le tout est exposé d’une manière très originale, dans la volonté de se conformer aux paroles de Jean-Paul II: “Les musées ecclésiastiques ne sont pas des dépôts de pièces inanimés mais d’infinies pépinières dans lesquelles le génie et la spiritualité de la communauté des croyants se perpétuent dans le temps”. 4. Musée diffus A rivedere le stelle de Sant’Agata Feltria Un autre itinéraire de l’esprit, composé de plusieurs dioramas insolites, soit de scènes de réflexion religieuse, a été réalisé, en plus de 93


en haut Sant’Agata Feltria, le Musée diffus A riveder le stelle

en bas Saint-Marin, le Musée-Pinacothèque de Saint François

trois ans de travail, à Sant’Agata Feltria, sous la direction du maître créchiste Marco Fantini. Il s’agit de l’original musée diffus dénommé A rivedere le stelle, qui réunit des œuvres parmi les plus significatives de sculpteurs créchistes italiens et espagnols. La plupart de ces “aires de réflexion” sont situées dans le chef-lieu même, à Sant’Agata. Le parcours peut commencer des pièces attenantes à la suggestive église San Francesco della Rosa, méritant déjà à elle seule une visite puisqu’elle présente les vestiges d’une église-ermitage dans laquelle pria le saint d’Assise en 1213, de passage à Sant’Agata. Autre site: le Palazzo Fregoso, ancien siège de la mairie, dont le rez-de-chaussée abrite le Théâtre Mariani, qui y fut aménagé au XVIIe siècle. Mais encore, une scénographie superbe: le couvent San Girolamo. Et, hors de la ville, les fascinantes localités de Rosciano, Pereto, Maiano et Badia Mont’Ercole. 5. Musée-Pinacothèque de Saint François, à Saint-Marin A Saint-Marin, le Musée-Pinacothèque de Saint François conserve de nombreux objets liturgiques et tableaux de provenance franciscaine, dont deux beaux retables de Girolamo Marchesi da Cotignola, du XVIe siècle. Il est aménagé dans les galeries qui constituaient le cloître du XVe siècle de l’ancien couvent franciscain, fondé en 1361 et édifié par les maîtres cômasques. Inauguré en 1966, il comprend la section d’art sacré et la pinacothèque. Il expose les œuvres les plus significatives du riche patrimoine artistique du couvent et d’autres églises franciscaines: peintures sur bois et sur toile, une précieuse fresque provenant de l’église adjacente, mobilier, objets et parements du XIVe au XVIIIe siècle, autant de témoignages sur l’histoire des moines et sur leur rôle dans l’évolution de l’art et de la culture dans la république. Parmi les précieux accessoires liturgiques, il faut mentionner un encensoir et sa navette en argent, datés du début du XVIe siècle et attribués au célèbre orfèvre Antonio Fabbri, (1450-1529), graveur et ambassadeur auprès du Saint-Siège, lié à Cellini et à Raphaël. A signaler, la très élégante fresque de l’Adoration des Mages attribuée à Antonio Alberti da Ferrara, qui constitue l’une des œuvres d’art les plus anciennes de la république; elle a été réalisée de 1430 à 1437, 94


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en haut Saint-Marin, le Musée-Pinacothèque de Saint François

en bas Saludecio, le Musée de Saludecio et du bienheureux Amato Ronconi

pour l’“Autel des Rois mages” de l’église qui faisait partie d’un plus grand ensemble sacrifié lors de la restructuration du XVIIIe siècle. La pinacothèque accueille également des œuvres de valeur dont deux retables de Girolamo Marchesi da Cotignola (Ravenne 1472 env. - Rome 1540 env.), représentant la Conception avec les saints Augustin et Anselme (1512), et une Vierge en majesté entourée de saints (1540). Le premier tableau offre l’une des représentations les plus anciennes du mont Titano, l’autre, l’une des premières et efficaces images idéales de saint Marin, qui y est représenté soutenant et “protégeant” la ville. Deux autres petits tableaux précieux au fond d’or, attribués à Niccolò di Liberatore dit l’Alunno (1430 env. - 1502), représentent des couples de saints franciscains dont saint Bonaventure avec saint Antoine de Padoue et le pape Nicolas IV avec saint François. 6. Musée de Saludecio et du bienheureux Amato Ronconi A Saludecio, le Musée de Saludecio et du bienheureux Amato conserve des œuvres provenant essentiellement du pays et en bonne partie liées au culte du bienheureux Amato, dont de précieux retables du XVIIe siècle de Guido Cagnacci et du Centino. Une salle expose des tableaux, des statues, des reliquaires, des ornements religieux, des lanternes et des bâtons de procession qui proviennent de l’église paroissiale et d’anciennes confréries laïques et qui expriment fort bien la religiosité de la zone tout en faisant comprendre la grande importance de la localité dans la vallée du Conca aux XVIIe et XVIIIe s. De grande valeur sont ses nombreux calices en argent et surtout ses tableaux dont Le pape saint Sixte et La procession du Saint-Sacrement de Guido Cagnacci (1628), les Saints Antoine abbé et Antoine de Padoue de Giovan Francesco Nagli dit le Centino (1650 env.) et La décollation de saint Jean-Baptiste de Claudio Ridolfi (1630 env.). Une seconde salle est consacrée au culte du protecteur de la localité, le Bienheureux Amato Ronconi (XIIIe siècle), dont le corps est vénéré dans la chapelle droite de l’église paroissiale. La salle abrite des pièces d’argenterie des XVIIe et XVIIIe siècles, dont la plupart de fabrication romaine, et une grande quantité d’ex-voto “historiques”. L’église fait également partie du musée, sa crypte, aménagée dans une belle pièce en sous-sol, exposant d’anciens 97


en haut Saludecio, le Musée de Saludecio et du bienheureux Amato Ronconi

en bas Valliano di Montescudo, l’église Santa Maria del Soccorso

parements liturgiques, des statues dévotionnelles originaires de Faenza et plusieurs tableaux. La “draperie” soutenue par des anges située sur le maître-autel de la crypte est une œuvre de Antonio Trentanove, sculpteur de Rimini qui, de 1798 à 1800, modela tous les stucs de l’église. 7. Musée Ethnographique de Valliano, à Montescudo A Valliano di Montescudo, le petit mais précieux Musée Ethnographique de Valliano, qui rend hommage à la vie des paysans, est installé dans l’ex-presbytère de l’ancienne et intéressante église Santa Maria del Soccorso, ex-église paroissiale, qui fait également partie intégrante du musée. Le matériel exposé, qui provient entièrement du territoire de Montescudo et de la localité voisine de Monte Colombo, a été disposé en privilégiant le thème de l’importance de la maison dans le monde paysan et des différentes activités qui y étaient exercées. Il offre une grande variété d’objets authentiques bien conservés et de photographies illustrant le parcours anthropologique. Une forte ouverture sur la religiosité paysanne et populaire, et notamment sur la dévotion mariale, y est témoignée par les œuvres conservées dans l’église, partie significative du musée. Elle conserve de belles fresques du XVe siècle, en partie votives, un simulacre très vénéré de la Vierge du Rosaire, des toiles des XVIe et XVIIe siècles ainsi que de nombreux et précieux ex-voto. 8. Musée de la Ville, à Rimini A Rimini, une grande partie des tableaux du Musée de la Ville provient d’églises supprimées aux époques napoléonienne et postunitaire; outre aux peintures du Trecento, il faut rappeler, entre autres, un chef-d’œuvre de Giovanni Bellini, une peinture sur bois de Ghirlandaio, des toiles de Cagnacci, du Centino, du Guerchin et de Cantarini. Le musée réunit des tableaux et des sculptures, des céramiques et des médailles, des monnaies, des inscriptions et des fragments architecturaux provenant de la ville et de son territoire. La salle dite “du Jugement” accueille une grande fresque du XIVe siècle, représentant le Jugement dernier, qui provient de l’église 98


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Rimini, le Musée de la Ville

augustinienne San Giovanni Evangelista. C’est l’une des œuvres les plus anciennes (1310 env.) et les plus importantes de l’Ecole de Rimini du Trecento, active dans la première moitié du siècle en Emilie-Romagne, dans les Marches et en Vénétie. Le musée possède des œuvres de Giovanni, de Giuliano et de Pietro da Rimini, les trois principaux peintres de l’“école”, dont le développement coïncida avec l’ascension au pouvoir des Malatesta. Nombre d’armoiries et d’inscriptions en pierre concernent cette famille, notamment Sigismondo Pandolfo (1417-1468), qui fit construire le Castel Sismondo et le Temple. Le musée conserve presque toute la série de médailles malatestiennes fondues pour lui par Pisanello et par Matteo de’ Pasti, comptant parmi les chefs-d’œuvre les plus précieux de cet art, et un Jeune porte-blason de Agostino di Duccio provenant du Temple des Malatesta, à l’instar du tableau de la Pietà, peint par Giovanni Bellini vers 1470, véritable fleuron du musée. Au XVIIe siècle remontent deux magnifiques petits tableaux de Francesco Maffei ainsi que plusieurs chefs-d’œuvre de Simone Cantarini, du Guerchin et de deux grands peintres locaux: Guido Cagnacci (1601­-1663) et Giovan Francesco Nagli, dit «le Centino» (1605­ 1675 env.). Du premier, le musée possède des oeuvres très suggestives, comme Saint Antoine Abbé et La vocation de saint Mathieu, une Cléopâtre et un splendide Portrait de moine médecin; du second, quelques toiles et quelques retables caractéristiques de son style sec et pieux.

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CHAPITRE XI DE L’AN MILLE e AU XX SIECLE

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Ces siècles, très importants pour l’histoire de l’art sacré dans le territoire de Rimini, ont laissé un patrimoine riche et précieux que nous dévoilent les vallées, les villes et les petits bourgs. Cet art est le témoin d’une spiritualité à la fois ancienne et profonde. Ne pouvant indiquer dans ces pages un parcours complet, nous nous sommes limités aux œuvres les plus significatives sous l’aspect dévotionnel et, contextuellement, sous les profils historique et artistique. 1. Les églises paroissiales et l’art roman Santarcangelo di Romagna, Verucchio, San Leo et Ponte Messa di Pennabilli abritent d’anciennes églises paroissiales dont on ne peut omettre la visite. Ce sont les filles de la diffusion du christianisme dans les territoires malatestien et du Montefeltro, diffusion des plus précoce si l’on considère le rôle, non secondaire, du port de Rimini dans les trafics avec l’Afrique et l’Orient à l’époque romaine tardive et les étroits rapports de la ville avec son arrière-pays. Des documents médiévaux attestent un dense réseau de paroissiales, antérieures aux Xe et XIIe siècles, établies dans les lieux les plus populeux et les plus importants le long des routes qui reliaient la ville aux principaux centres: les célèbres et importantes voies consulaires Emilia et Flaminia, la via Aretina (aujourd’hui Marecchiese), la Flaminia Minor, ou Via Regalis (à destination des Marches). La plupart de ces églises ont été détruites mais celles qui restent sont dignes d’être mentionnées. La plus ancienne d’entre elles est la fascinante église de Santarcangelo di Romagna, dédiée à l’archange saint Michel. Située à un kilomètre de la localité, c’est une église à une nef dont l’intérieur, bien proportionné et lumineux, présente les caractéristiques de l’art byzantin de Ravenne du VIe siècle, comme l’abside polygonale, les murs en briques minces et les fenêtres cintrées. Son utilisation au fil du temps est témoignée par le clocher, remontant au XIIe-XIIIe siècle, et par le cippe supportant l’unique autel: une sculpture du Haut Moyen Age de goût barbare représentant des rameaux feuillus et un rapace soulevant un petit quadrupède. Sur un coteau ombragé par les oliviers de Villa Verucchio se dresse l’admirable et rustique architecture romano-gothique de l’église paroissiale San Martino, au pied du rocher de Verucchio, chef-lieu malatestien au passé villanovien. La paroissiale la plus caractéristique est celle de San Leo. Dédiée à Santa Maria Assunta, elle a été construite au XIe siècle sur un édifice sacré d’au moins deux siècles, tel que le démontre son élégant ciboire. Elle borde la place du pays par trois absides de goût lombard cou103


en haut Santarcangelo di Romagna, l’église paroissiale San Michele Arcangelo

en bas, à gauche Verucchio, l’église paroissiale San Martino

en bas, à droite San Leo, intérieur de l’église paroissiale Santa Maria Assunta

ronnées d’arceaux alors que son entrée est latérale. En effet, sa façade, à l’instar de celle de la splendide cathédrale adjacente dédiée à saint Léon, est tournée vers l’est et surplombe un précipice. Son intérieur à trois nefs est divisé par des piliers et des colonnes de remploi aux chapiteaux romains. Le ciboire du duc Orso, en calcaire blanc, a été recomposé sur le chœur surélevé; il est soutenu par quatre colonnes aux beaux chapiteaux de même époque et décoré d’une longue inscription s’étirant sur tout le périmètre et mentionnant le nom du commettant, le duc Orso, et la date, entre 881 et 882. Remontant le cours du Marecchia, nous rencontrons la paroissiale de Ponte Messa, dans la commune de Pennabilli, bel exemple d’architecture romane de la fin du XIIe siècle. Dédiée à saint Pierre, elle se dresse également sur un édifice de culte construit au moins deux siècles plus tôt. Elle a conservé sa fonction de paroissiale, avec les fonts baptismaux, jusqu’à la moitié du XVIe siècle, tombant ensuite dans le déclin. Les nefs furent destinées à des usages agricoles, elle perdit l’abside, le toit, le clocher et la partie supérieure de la façade, qui furent refaits à des époques diverses. Son intérieur, aujourd’hui très élancé, est divisé en trois nefs par des piliers aux arcs en plein cintre et présente un chœur surélevé abritant la crypte; dans le chœur, la table de l’unique autel repose sur un cippe romain. L’intéressante façade se caractérise par des poutres de bordure horizontales et des parastates formant un treillage quadrangulaire ainsi que par un beau portail devancé par un protiro. Ce petit édicule, comme certains chapiteaux intérieurs, est richement décoré d’animaux fantastiques et monstrueux de goût ‘barbare’. Parmi les autres églises anciennes de structure romane bien conservées, il faut citer l’oratoire Santa Marina, aux belles formes stylisées, construit en 1191 à Novafeltria, sur un éperon rocheux. La même commune abrite, à Secchiano Marecchia, la très ancienne église paroissiale Santa Maria in Vico. A Casteldelci, il faut mentionner l’ancienne église Santa Maria in Sasseto, dont l’intérieur conserve d’anciennes fresques de l’école de Rimini, et la paroissiale dite de Casteldelci, actuelle propriété privée. Laissant la vallée du Marecchia pour celle du Conca, mérite une visite l’église San Salvatore, de structure romane. Elle s’élève dans 104


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en haut Pennabilli, l’église paroissiale San Pietro à Ponte Messa

en bas, à gauche Novafeltria, l’oratoire Santa Marina

en bas, à droite San Leo, l’église paroissiale Santa Maria Assunta

la campagne du territoire de Rimini, sur la route qui conduit à Ospedaletto et à Cerasolo Ausa. Construite aux VIIIe et IXe siècles, elle a subi plusieurs interventions et a été partiellement refaite. Son intérieur conserve toutefois une abside du XIIIe siècle et des chapiteaux en pierre reproduisant des formes et des entrelacements décoratifs typiquement byzantins. Jusqu’à la fin du XIIIe siècle, la zone de Coriano faisait en effet partie des territoires gouvernés par l’Eglise de Ravenne. Montant vers Montescudo, Trarivi nous dévoile les ruines d’une ancienne église médiévale, ex-abbaye bénédictine du IXe siècle. Gravement endommagée lors de la dernière guerre, elle abrite aujourd’hui le Musée de la Ligne gothique orientale. A Onferno, dans la commune de Gemmano, nous parvenons à l’église paroissiale Santa Colomba, actuellement désaffectée. Elle accueille le Musée naturaliste de la Réserve d’Onferno et des Grottes. Dans la localité de Pieggia, du territoire de Mondaino, il faut signaler l’église paroissiale Sant’Apollinare, du VIe siècle. 2. Bref excursus sur l’art sacré du territoire du XIIIe au XVIIIe siècle L’image picturale la plus ancienne du territoire est représentée par le fragment, limité au visage du Christ, d’un crucifix monumental de la cathédrale San Leone, peint en 1205 et actuellement conservé auprès du Musée d’Art Sacré de San Leo. Relativement au XIVe siècle, il faut se référer au crucifix de Giotto, dans le Temple des Malatesta, et aux œuvres de l’“école de Rimini du Trecento”, à laquelle nous avons consacré un approfondissement. Le XVe siècle est quant à lui bien représenté par le Temple des Malatesta de Rimini et par les œuvres qui y sont conservées, dont l’incontournable fresque de Piero della Francesca, datée de 1451, représentant Sigismondo Pandolfo Malatesta agenouillé devant saint Sigismond. Mais il ne faut pas non plus négliger l’extraordinaire céramique conservée à Santa Maria d’Antico, à Maiolo, représentant une Vierge bénissante à l’Enfant réalisée par Andrea della Robbia: un véritable chef-d’œuvre encore méconnu de la fin du XVe siècle. Le “meilleur” XVIe siècle est représenté par les peintures ri107


en haut Trarivi di Montescudo, les ruines de l’abbaye bénédictine

en bas, à gauche Maiolo, l’église Santa Maria di Antico, Vierge à l’Enfant de Andrea ou Luca della Robbia

en bas, à droite Maiolo, l’église Sant’Apollinare

minaises de Giorgio Vasari, dans l’ex-abbaye de Scolca (San Fortunato) et dans le Temple des Malatesta, alors que les témoins du XVIIe siècle sont les tableaux de Cagnacci et de Centino, non rares dans les églises locales et conservés dans les musées précédemment cités de Rimini, Saludecio et Pennabilli. Le XVIIe siècle “baroque” compte ici un chef-d’œuvre à ne manquer pour aucun motif, le retable de Pietro da Cortona, dans l’église San Girolamo de Sant’Agata Feltria, dans la haute vallée du Marecchia. Pour le XVIIIe siècle, il faut signaler les belles églises riminaises des Augustins (San Giovanni Evangelista), des Carmes (San Giovanni Battista), des Jésuites (del Suffragio) et des Servites (Santa Maria in Corte), cette dernière étant enrichie de stucs dorés de Antonio Trentanove et d’importants retables bolonais de Albani, de Massari et de Gandolfi. Dans la Valconca, nous citerons en particulier deux œuvres. L’une dans la commune de Monte Colombo, dont l’église San Martino conserve un intéressant tableau du XVIIIe siècle représentant saint Martin, de Brancaleoni. La seconde est à San Clemente, dans l’église homonyme, construite en 1836 sur une précédente du XIVe siècle. Elle abrite une toile de Giovanni Battista Costa, important peintre riminais du XVIIIe siècle, représentant la Sainte Famille. La Valmarecchia réunit de nombreux témoignages artistiques des XVIIe et XVIIIe siècles. Ne pouvant tous les citer, nous signalons les grands retables et quelques sculptures en bois dans l’église paroissiale San Biagio, à Sartiano di Novafeltria, et plusieurs tableaux conservés dans les collégiales de Santarcangelo di Romagna et de Verucchio. 3. Dans la République de Saint-Marin, un sanctuaire empreinte de l’architecture contemporaine et du Concile Vatican II Saint-Marin abrite une église moderne de grande importance historico-architecturale digne d’une visite. Il s’agit du sanctuaire Beata Vergine della Consolazione, également connu comme église Beata Vergine, qui se trouve à Borgo Maggiore, dans la très ancienne République de Saint-Marin. Propriété de la confraternité homonyme, elle joue par ailleurs aujourd’hui le rôle d’église paroissiale. 108


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Borgo Maggiore di San Marino, l’église Beata Vergine

L’architecte qui l’a conçue est l’un des plus prestigieux et des plus célèbres de l’histoire de l’architecture italienne et européenne. Il s’agit de Giovanni Michelucci, architecte et urbaniste parmi les plus importants du XXe siècle, célèbre pour avoir conçu, entre autre, la gare Santa Maria Novella de Florence et l’église de l’Autoroute du Soleil. Pour les motifs cités, l’église de Michelucci, à Borgo Maggiore, est soumise aux lois de protection du patrimoine et fait partie des programmes d’étude universitaires, représentant une œuvre plus mûre par rapport à celle très célèbre de l’autoroute, à proximité de Florence. Avec l’église de Saint-Marin, Michelucci s’insère dans un contexte historique très précis, à savoir, postérieur au Concile Vatican II. Selon les décrets du Concile, la messe n’est plus en latin et le prête n’est plus tourné vers la croix mais il est face au peuple, il n’est plus uniquement un intermédiaire entre l’homme et Dieu mais il fait partie de la communauté même. L’architecte a donc positionné l’autel en le tournant vers le peuple et n’a pas prévu de longues nefs conduisant à la croix. L’église est dorénavant considérée comme la rencontre de la communauté, celle de la République de Saint-Marin étant l’une des premières, sinon la première, dans le monde, à avoir été entièrement conçue dans cette nouvelle direction. La construction de l’église a été entreprise en février 1964 alors que sa consécration a eu lieu le 11 juin 1967. Le complexe présente un plan trapézoïdal irrégulier, avec une série de parcours intérieurs qui se développent autour de la salle principale, celle-ci se trouvant à environ quatre mètres au-dessous du niveau de la route. L’entrée s’y fait par un narthex, d’où partent deux parcours: l’un conduit directement à l’intérieur, au niveau du matroneum, l’autre, par un escalier couvert, côtoie le parvis conduisant à la salle inférieure. La couverture de l’édifice, initialement en plomb, aujourd’hui en cuivre, se compose de deux pans reposant sur des arcs paraboliques. L’édifice n’est pas isolé mais intégré dans un plus vaste environnement, ouvert vers le territoire avoisinant, conformément à sa conception de lieu destiné aux relations sociales: une sorte de petite ville dans laquelle favoriser le dialogue intérieur et le dialogue extérieur.

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CHAPITRE XII LES SAINTS LOCAUX

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Le Haut Moyen Age nous présente toute une série de saints dont le souvenir est uniquement confié à d’anciennes traditions incertaines, comme sainte Paola de Roncofreddo, jeune bergère dont on ne connaît que quelques légendes poétiques, ou comme saint Arduino et saint Venerio, respectivement prête et abbé, qui auraient vécu à Rimini au Xe siècle. 1. A Rimini

Le sévère saint Aldebrando, prévôt des chanoines, appartient par contre au XIIIe siècle. L’hagiographie le voudrait impliqué dans la prédication anti-patarine mais il ne cherchait probablement qu’à défendre les privilèges et les biens matériels de l’Eglise riminaise contre les usurpations de la commune. Contraint à quitter la ville, il devint évêque de Fossombrone, y mourant en odeur de sainteté vers 1250. Au même siècle appartient le bienheureux Amato de Saludecio, agriculteur, pèlerin et fondateur d’un hospice pour pèlerins, mort vers l’an 1300 après l’un de ses voyages religieux à Saint-Jacques-de-Compostelle. Voir sur les pages précédentes le musée qui lui est consacré. Presque contemporains sont Gregorio Celli et Giovanni Gueruli de Verucchio, l’un ermite augustinien l’autre chanoine, et le bienheureux Simone Balacchi de Santarcangelo, Dominicain. Le chanoine Gregorio Celli, né à Verucchio en 1225, encore très vénéré, mourut en pleine vigueur à 118 ans. C’est au pape Ganganelli, soit Clément XIV, que l’on doit sa béatification. Après sa mort, une mule se serait présentée pour transporter sa dépouille au couvent Sant’Agostino de Verucchio, dans lequel Galeotto Malatesta fit construire un sarcophage et une chapelle pour ses saintes reliques, celles-ci se trouvant à présent dans la collégiale de Verucchio. Nombreux sont les miracles attestés dès 1600. Très significative est la figure de la bienheureuse Chiara de Rimini, morte en 1326: une béguine sans règle, zélée et pénitente après une conversion soudaine faisant suite à une vie déréglée, mystique et active dans des œuvres de charité, fondatrice d’un monastère pour femmes pauvres sous le titre de Santa Maria Annunziata, puis «degli Angeli», supprimé en 1797. La dispersion et les transferts de reliques de saints et de bienheureux consécutifs aux suppressions napoléoniennes et à la Seconde Guerre mondiale sont les motifs pour lesquels peu d’entre eux bénéficient aujourd’hui d’une dévotion particulière. Nous citerons le bienheureux Gregorio Celli de Verucchio, le bienheureux Simone Balacchi de Santarcangelo, dont la dépouille est conservée dans une chapelle de la collégiale, 113


en haut Santarcangelo di Romagna, la collégiale, chapelle du bienheureux Simone

en bas, à gauche Saludecio, le Musée du Bienheureux Amato

en bas, à droite le bienheureux Gregorio Celli

destination de nombreux fidèles invoquant sa protection, et le bienheureux Amato, vénéré dans la paroissiale de Saludecio, dont le procès de canonisation est en cours. Un riche musée adjacent à l’église, partie intégrante de l’exposition, lui est consacré. Depuis le XIVe siècle ou presque, il semble que l’Eglise de Rimini n’ait pas proposé aux fidèles l’exemple d’autres figures remarquables pour leur spiritualité et leur sainteté. Il n’y a en effet pas d’autres saints ou bienheureux locaux jusqu’à l’âge moderne, à l’exception du frère aîné de Sigismondo Malatesta, Galeotto Roberto, seigneur de Rimini de 1429 à 1432. Galeotto Roberto, dans l’ardeur de son zèle religieux, négligea les problèmes de gouvernement au point d’être rappelé aux “devoirs de son état” par le pape, mais après sa mort précoce (peu après vingt ans), il fut proclamé bienheureux par le peuple. Nous ignorons à ce propos quelle fut l’influence de la famille malatestienne et des Franciscains (c’était un tertiaire franciscain); il bénéficia toutefois d’un culte important, appuyé par de nombreux miracles. Ce culte s’affaiblit après la translation de ses restes dans l’église San Francesco (en 1687) pour s’éteindre complètement au début du XIXe siècle. 2. Dans le diocèse du Montefeltro Naturellement, le diocèse du Montefeltro a eu lui aussi ses saints. A Miratoio, dans la commune de Pennabilli, les reliques du bienheureux Rigo (Enrico) sont encore vénérées. Elles se trouvent à l’intérieur de l’ancien couvent-ermitage augustinien, digne d’une visite, dans lequel il mourut en 1347, après une longue vie de solitude et de pénitence. Dans la même commune de Pennabilli, il faut rappeler avec respect et vénération frère Matteo da Bascio, le fondateur des Capucins, béatifié en 1625, dont traite le prochain paragraphe. Toujours dans le Montefeltro, bien que légèrement en dehors du territoire de la province de Rimini, le corps du frère dominicain Domenico Spadafora est conservé et vénéré à Montecerignone. Maître de théologie, il fonda le couvent des Dominicains local, où il vécut trente ans et mourut en 1521. Il a été proclamé bienheureux quatre siècles plus tard, en 1921. 114


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Villa Verucchio, le couvent San Francesco

3. Matteo da Bascio, fondateur des Capucins Né en 1495 près du château de Bascio, aujourd’hui dans la commune de Pennabilli, Matteo, tel que le précise un manuscrit, était “de grande taille, au visage long et maigre, il riait peu et n’avait pas un tempérament gai”. Un chroniqueur capucin qui l’avait connu en 1543 affirma même que c’était “un homme aux manières rudes et pas du tout sociable, ceci étant dû à son caractère naturel qui le faisait sombrer dans la mélancolie”, ces aspects étant appropriés à la Règle des Capucins qu’il voulut absolument créer. En 1515, il entra au couvent franciscain de Montefiorentino, près de Frontino, où il fut ordonné prêtre. Il s’impliqua dans l’évangélisation des villages du Montefeltro par une prédication aux tons apocalyptiques et pénitentiaux qui le rendit célèbre dans la zone. Il proposait en particulier le respect de la règle franciscaine, dénonçant souvent sa non-observation de la part de ses confrères. En 1525, à la suite d’une insatisfaction et d’une agitation croissantes, il décida de quitter le couvent pour se rendre à Rome et demander au pape Clément VII l’autorisation de suivre l’exemple de François dans sa vie de pauvreté et de prédication itinérante. Le pape l’autorisa à conduire une vie d’ermite hors des couvents, suivant la règle franciscaine à la lettre et prêchant sans demeure fixe, vêtu d’un nouvel habit à capuchon en pointe cousu à la tunique, sans scapulaire. Il lui imposa, pour seule obligation, de se présenter chaque année, à l’occasion du chapitre, devant le ministre provincial des Observantins en signe d’obéissance. En avril 1525, les Franciscains des Marches tinrent leur chapitre et Matteo s’y rendit pour son acte de soumission mais fut arrêté comme apostat. Une fois libéré, il reprit sa prédication, ayant toujours plus de disciples, sans en avoir toutefois fini avec ses aventures avec les institutions ecclésiastiques. Il continua malgré tout sa vie de prédicateur pénitentiel, récalcitrant et prophétique dans toute la péninsule. Il s’exprimait par de simples phrases rythmées de façon à pouvoir être également compris par les illettrés, il faisait chanter de petites chansons pieuses, il “prêchait le crucifix” et concluait en criant “les pêcheurs en enfer”. Il mourut le 6 août 1552, à Venise, alors qu’il se reposait dans un coin du campanile de l’église San Moisè qui lui avait été offert pour la nuit. Il eut une sépulture commune mais son corps fut exhumé le 3 octobre et transféré dans l’église San Francesco della Vigna des Observantins où il commença à être vénéré comme saint. 117


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Pennabilli, la cloche de Lhasa à côté de trois roues à prières tibétaines

Père Orazio Olivieri della Penna “Lama Testa Bianca” Bien que la béatification ne lui ait pas été reconnue, père Orazio Olivieri de Pennabilli accomplit une œuvre d’évangélisation et de communion très importante. Le frère capucin avait quitté la ville malatestienne, où il était né en 1680, pour fonder, pour la première fois, une mission au Tibet. A Lhasa, il créa un excellent rapport avec les moines et la population. Il y porta une imprimerie et écrivit un dictionnaire italo-tibétain, qui fut également traduit en anglais. Les religieux tibétains, qui ne tardèrent pas à l’estimer énormément, le surnommèrent “Lama Testa Bianca”. Le dictionnaire, dont on avait perdu toute trace, a été récemment retrouvé. Une cloche emmenée au Tibet par père Orazio, a été découverte en 1994, le son en ayant été enregistré et amené à Pennabilli. Le 15 juin 1994, Sa Sainteté Tenzin Gyatso, XIVe dalaï-lama, en visite à Pennabilli à l’occasion du 250e anniversaire de la mort du missionnaire, écouta les tintements de la cloche. Ainsi, en exil depuis 1959, il put entendre, grâce au souvenir de père Orazio, un son de sa terre bien aimée. Sur sa maison, dans la via Olivieri, deux plaques rappellent la figure du missionnaire capucin et la visite du dalaï-lama. Le bienheureux Amato, de Saludecio à Saint-Jacquesde-Compostelle, sur les traces de saint François Amato Ronconi, né en 1226, fréquenta le couvent franciscain de Formosino, près de Mondaino, puis choisit, comme François, de mener une vie errante, se rendant cinq fois au sanctuaire de Saint-Jacques-deCompostelle, en Espagne. Il portait une robe de pèlerin, maintenue par un lacet en cuir, une besace pour l’aumône et la coquille des pèlerins de Compostelle autour du cou. Lorsqu’il ne voyageait pas, il accueillait et nourrissait les pèlerins chez lui. Si les provisions manquaient, un miracle se produisait, comme celui des raves qui, plantées dans le potager le matin même, avaient déjà grossi lorsqu’il ordonna d’aller les récolter. Lors de son cinquième pèlerinage, un ange lui prédit sa mort. A son retour, il donna tous ses biens et s’éteignit. C’était l’an 1292. Nombreux furent ceux qui, touchant son corps, qui ne s’était pas décomposé, retrouvèrent la santé; les gens commencèrent ainsi à l’appeler «bienheureux», titre qu’il reçut de l’Eglise en 1776. Parmi ses prodiges, la protection du petit pays pendant la guerre. L’instruction de sanctification s’est conclue par la publication de la positio de la part de la Congrégation pour les causes des saints.

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CHAPITRE XIII LES SAINTS MODERNES

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Le territoire de Rimini compte de nombreuses figures spirituelles importantes. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’Eglise leur manqua toutefois d’égards, bien que certaines d’entre elles fissent déjà l’objet de biographies imprimées, et il fallut attendre la fin du XVIIIe siècle pour reconnaître officiellement leur sainteté. Ce furent les papes “romagnols”, Clément XIV de Santarcangelo (le pape Ganganelli qui abolit l’ordre des Jésuites, auquel la ville a dédié la piazza Grande et l’arc de triomphe), Pie VI et Pie VII de Cesena qui les inscrivirent dans le registre des bienheureux, après avoir constaté le culte ancien dont ils faisaient l’objet. Après la guerre, l’utilité pastorale de proposer aux fidèles l’exemple de personnalités qui se sont distinguées par leur vie a été comprise et, plus récemment, plusieurs bienheureux, laïques et religieux, ont été officiellement proclamés. 1. Les bienheureux contemporains Nombreux sont les bienheureux contemporains dans la province de Rimini. Parmi eux, Pio Campidelli, jeune Passionniste mort en 1889, béatifié en 1985, né à Poggio Berni où sa maison peut être encore visitée. Puis il faut citer sœur Elisabetta Renzi, éducatrice, née à Saludecio en 1786, morte en 1859 et béatifiée en 1989, dont nous avons parlé à page 59; sœur Maria Rosa Pellesi, tertiaire franciscaine de Sant’Onofrio, morte en 1972, béatifiée en 2007; et un laïque, l’ingénieur Alberto Marvelli, mort en 1946 et béatifié en 2004. D’autres personnes ont été proclamées vénérables, alors que les procès de canonisation de Amato Ronconi, Pio Campidelli et Alberto Marvelli sont en cours: ce dernier est particulièrement célèbre et vénéré pour son engagement social et ses nombreuses initiatives de charité. 2. Père Agostino de Montefeltro, illustre savant et prédicateur du XIXe siècle Dans la seconde moitié du XIXe siècle, père Agostino de Montefeltro se distingua dans le diocèse de Saint-Marin et Montefeltro. Né à Sant’Agata Feltria le 1er mars 1839, où sa maison située dans la via Giannini est visitable, il s’appelait Luigi Vicini. Franciscain, illustre savant et prédicateur, il fut considéré comme un bienfaiteur du Risorgimento pour son soutien et sa promotion des idéals de liberté et de patrie. Homme de caractère, ce fut un religieux mais aussi et surtout un homme de culture très important, fortement engagé dans les événements politiques liés à l’unité d’Italie. Célèbre pour ses sermons, il ne dédaignait pas parler de 121


en haut Santarcangelo di Romagna, le Musée Historique Archéologique

en bas, à gauche sœur Elisabetta Renzi

en bas, à droite père Agostino da Montefeltro

sujets très délicats pour l’époque, comme la patrie et la politique, s’attirant les critiques et les accusations de tous les milieux. Né en 1839, aîné d’une famille aisée, il fut ordonné prêtre à 22 ans. En 1867, il entra dans une profonde crise morale et religieuse, s’enfuyant d’abord avec une jeune fille à Florence et à Milan puis se réfugiant, seul, en Suisse, où il tenta le suicide. Sorti de sa crise en 1870, il retrouva sa vocation et décida d’entrer dans l’ordre des Frères mineurs prenant le nom de père Agostino de Montefeltro. C’est à cette période que se répandit sa réputation de brillant orateur, capable d’attirer des personnes d’éducation et d’extraction sociale différentes. Ses sermons les plus célèbres furent prononcés pour le Carême de 1889 à Rome, dans l’église San Carlo al Corso, suscitant beaucoup de bruit et d’enthousiasme et finissant même par être publiés. Dans le domaine social, il contribua par ses discours à préparer le terrain à la Rerum Novarum du pape Léon XIII et promut plusieurs initiatives à Pise et dans sa province, où il fonda une Ecole populaire, plusieurs Ecoles normales et l’Institut de Marina di Pisa pour orphelines. Il fonda une congrégation de sœurs, les Filles de Nazareth, qui professe la Règle du Troisième Ordre Régulier de saint François. Il mourut à Pise en 1921. Quelques années plus tard, en 1939, son procès de béatification fut mis en œuvre, initialement repoussé pour le jugement négatif sur sa jeunesse. En 2007, la congrégation des Filles de Nazareth présenta de nouveau la demande sur la base de nouveaux documents retrouvés dans la bibliothèque des Pères franciscains à Florence. 3. Pasquale Tosi de San Vito, missionnaire et explorateur Il s’agit d’un Jésuite qui poussa jusqu’aux tribus des PeauxRouges d’Amérique et aux Esquimaux de l’Alaska, menant une action passionnée de missionnaire et d’explorateur. Il était né dans la paroisse de San Vito di Santarcangelo en 1837. Ordonné prêtre diocésain en 1861, Tosi entra dans la Compagnie de Jésus l’année suivante. Il vécut par la suite vingt ans parmi les Peaux-Rouges des montagnes Rocheuses et douze ans chez les Esquimaux de l’Alaska, apprenant des dizaines de dialectes locaux. Il put ainsi élaborer une grammaire esquimaude et un dictionnaire esquimau-anglais qui furent plus tard publiés par le gouvernement fédéral 122


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San Vito di Santarcangelo di Romagna, le sanctuaire Madonna di Casale

des Etats-Unis. Il entreprit également un long voyage d’exploration au-delà du détroit de Behring, où aucun européen n’était jamais arrivé. Tombé malade, il mourut dans la capitale de l’Alaska en 1898. 4. Le bienheureux Pio, Passionniste à quatorze ans Dans le diocèse de Rimini, Pio Campidelli est l’une des figures très suivies les plus chères et les plus aimées des fidèles de la Romagne du Sud. Né à Poggio Berni, hameau de Trebbio, en 1868, quatrième de six enfants, bonne âme dès son plus jeune âge, il était enclin à la prière et à l’étude. On le voyait souvent enlever les pierres de la chaussée pour éviter les jurons des passants. Il connut les Passionnistes à 12 ans et décida aussitôt de suivre cette route mais fut invité à attendre à cause de son jeune âge. Finalement, en 1882, il entra au couvent et prit l’habit de Passionniste, donnant à tous le témoignage d’une vie cohérente et heureuse et se distinguant pour son extraordinaire dévotion à l’Eucharistie, au Crucifix et à la Vierge. Il ne parvint pas à l’ordination car il fut atteint de tuberculose. Il mourut le 2 novembre 1889, tel qu’il l’avait prédit, âgé d’à peine 21 ans. Pendant sa maladie, il avait plusieurs fois répété: “J’offre ma vie pour l’Eglise, pour le souverain Pontife, pour la congrégation, pour la conversion des pécheurs et particulièrement pour le bien de ma Romagne bien aimée”. Il fut enterré auprès du cimetière de San Vito mais la dépouille de celui qui était défini comme le “petit saint de Casale” fut transportée dans le sanctuaire de Casale en 1923. Le 21 mars 1983, le pape Jean-Paul II l’a proclamé Vénérable reconnaissant dans sa vie les marques claires de la sainteté. Le 6 décembre 1984, le miracle obtenu par sœur Maria Foschi par l’intercession de Pio a été approuvé. En 1985 a eu lieu la reconnaissance de ses ossements, trouvés dans un état de conservation parfaite. Le 17 novembre 1985, il a été déclaré bienheureux par le pape. L’Eglise le commémore le 2 novembre, alors que les congrégations passionnistes en célèbrent le culte le 3 novembre.

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CHAPITRE XIV LES FETES PATRONALES ET RELIGIEUSES ET LES RENDEZ-VOUS

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1. Les fêtes patronales et religieuses A Bellaria Igea Marina, le 9 février est la fête de Sainte Apollonia, patronne de la ville. Inauguration officielle le samedi puis, pendant deux semaines, succession d’événements de nature culturelle, spectacles et animations, dont le Palio des quartiers et La veillée de sant’Apollonia avec musique et danses traditionnelles. La foire homonyme est un rendezvous qui attire également les nombreux hôtes qui visitent chaque année la ville à l’occasion de sa fête patronale. La riche programmation propose par ailleurs les célébrations de la Saint-Valentin en l’honneur des amoureux. Casteldelci célèbre le 2 septembre la Fête de la Sainte Vierge, avec procession et célébrations liturgiques. A Cattolica, dont le nom, en grec, signifie “église paroissiale”, le 30 avril est la date d’une fête religieuse en l’honneur du patron de la ville, Saint Pio V; il s’appelait Michele Ghisleri et était né en 1504 dans un village près de Tortona, dans la province d’Alessandria. Son premier acte, comme pape, fut de distribuer aux pauvres les sommes habituellement destinées aux fêtes organisées pour l’élection du pape. Il fit de nombreuses réformes liturgiques, comme le missel et le bréviaire tridentins. Après son élection, il décida de garder, comme marque d’humilité, la bure de son ordre dominicain, et l’habit papal passa du rouge au blanc. Coriano et ses hameaux accueillent plusieurs fêtes religieuses. En août, l’ancienne fête de Passano en l’honneur du bienheureux Enrico d’Ungheria, mort en ce lieu le 1er août d’une année imprécise du XIIIe siècle. La journée, à laquelle participent entre autre de nombreux anciens citoyens, prévoit plusieurs rites sacrés et un dîner convivial. A Ospedaletto, en septembre, Fête de Notre-Dame de la Miséricorde, traditionnelle cérémonie religieuse avec procession solennelle et fête prévoyant musique folklorique, danses, jeux et stands gastronomiques. A Cerasolo et à Mulazzano, en septembre, deux journées de fête distinctes en l’honneur de la Vierge du Soleil, manifestation religieuse avec rites sacrés et fête. En octobre, à Sant’Andrea in Besanigo, Fête de NotreDame du Saint-Rosaire, dont les moments sacrés culminent par une procession solennelle. A Gemmano, vers le 20 janvier, ainsi qu’à Coriano, Fête de Saint Sébastien martyr, patron du pays. La fête de Carbognano, dans la commune de Gemmano, est dédiée à Saint Vincent et se tient tous les 1er mai, depuis 1982. La procession s’achève par une messe puis le rendez-vous est avec les stands gastronomiques et la musique d’un orchestre romagnol. 127


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en haut Novafeltria, l’église de Ca’ Rosello

en bas Sartiano di Novafeltria, l’oratoire San Biagio

A Misano Adriatico, ainsi qu’à Maiolo, le 3 février est la fête de Saint Blaise l’Arménien, patron des deux communes. Ce saint est le protecteur de la gorge et des cordes vocales. Ainsi, à la SainteBlaise, comme la veille, lors de la fête de la Chandeleur, les cierges sont bénis dans de nombreuses églises. Le prêtre place les deux bougies bénites, croisées sous le menton, sur la gorge de ceux qui désirent la bénédiction. Ceux-ci s’agenouillent devant l’autel alors que le prêtre proclame: “Par l’intercession de saint Blaise, évêque et martyr, que Dieu te libère des maux de gorge et de tout autre mal. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen”. A Misano Adriatico, le rendez-vous est le Lundi de Pâques, pour la Fête de l’Agina. Saintes messes le matin puis stands gastronomiques, musique et danses traditionnelles à partir de midi. Cette fête, qui a plusieurs siècles, avait été un temps supprimée mais un groupe de citoyens, sous la direction du curé, lui a redonné son ancien sens de religiosité et de communauté. Le Vendredi saint, elle est précédée par une procession suivie d’une dégustation de pâtisseries locales et de vin. A Misano Monte, un autre important rendez-vous de caractère religieux est représenté par la Fête du Crucifix, qui se célèbre le 26 août depuis plus de cent ans. Le 29 septembre, Mondaino fête son patron, Saint Michel Archange, auquel est dédiée l’église paroissiale, la plus importante du pays. Construite au XVIIIe siècle sur l’emplacement d’un temple dédié à Diane, elle conserve plusieurs tableaux intéressants de l’école des Marches remontant aux XVe et XVIe siècles. Le 5 août, Mondaino fête la célébration de la Vierge de la Neige, dans l’église du Tavollo. A Morciano, la fête du patron Saint Michel Archange est le 29 septembre. Pendant plusieurs jours du mois de mars, à partir de la deuxième semaine, la tradition millénaire annonçant le printemps est reprise lors de la Foire de la Saint-Grégoire; par le passé, elle se déroulait auprès du monastère San Gregorio in Conca, fondé vers 1060 par saint Pierre Damien. Le 11 novembre, Monte Colombo fête son patron, Saint 129


en haut, à droite Secchiano Marecchia di Novafeltria, l’église paroissiale Santa Maria in Vico

en bas Maiolo, l’église Santa Maria di Antico

Martin de Tours, auquel est dédiée l’église paroissiale, très endommagée lors de la Seconde Guerre mondiale car située sur le tracé de la Ligne Gothique. Novafeltria fête les Saints Pierre et Paul le 29 juin, auprès de l’église qui leur est dédiée. Le noyau original du pays remonte approximativement à 950, avec la construction de l’église San Pietro in Culto, édifiée avec d’autres paroissiales de la vallée lors du processus d’évangélisation du Montefeltro. Dans le même territoire communal, le hameau de Miniera di Perticara est le cadre, en août, de la Fête de la Vierge de Miniera, pour commémorer la Sainte Vierge de Ca’ del Tozzo, symbole et lumière des mineurs. Elle comprend toute une série de rendez-vous dont des célébrations religieuses, expositions photographiques, soirées dansantes, concerts de musique, spectacles pyrotechniques, gastronomie et manifestations variées. Quant au hameau de Secchiano Marecchia, il fête, en deux moments, Notre-Dame des Grâces, dite aussi de la Miséricorde. Le dimanche après Pâques, à Ca’ Rosello, où se trouve le charmant petit oratoire sur la placette, et, le 15 août, lors de la fête patronale à Santa Maria in Vico. Le Vendredi saint est célébré depuis des centaines d’années à Montefiore Conca par une procession dramatique traditionnelle très célèbre. Le cortège formé par les encapuchonnés des congrégations, par le Cyrénéen qui porte la croix, par les soldats romains, par les anges et par d’autres figures de la Passion du Christ, part du couvent des Capucins sur le mont Auro et s’achève dans l’église du XVe siècle de l’Hôpital de la Miséricorde du centre historique - riche en fresques précieuses - où la statue du Christ mort est déposée. Les costumes, les flambeaux et la musique de la fanfare font de ce rite un moment de religiosité et de culture populaire de grande suggestion. Dans ce même lieu, le patron Saint Paul, auquel est dédiée l’ancienne église du centre historique, est fêté le 25 janvier. Saint Roch, patron de Montegridolfo, est fêté le 16 août. A Pennabilli, Notre-Dame des Grâces est célébrée le Beau Vendredi, troisième vendredi de mars, par la commémoration des 130


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en haut San Leo, le monastère de Sant’Igne

en bas Poggio Berni, l’église Sant’Andrea

larmes miraculeuses versées par la Vierge le troisième vendredi de mars 1489. On peut lire sur une plaque dans l’église San Cristoforo: «A la postérité. Cette image de la Mère de Dieu, annonciatrice de la future calamité, prise de compassion pour son peuple, versa des larmes qui se renouvelèrent trois et quatre fois après avoir été essuyées, tel que les annales écrites par des témoins oculaires en font foi, l’année du Seigneur 1489, le 20 mars». La manifestation comprend la Sainte Messe, célébrée par l’évêque, et une procession. Pennabilli célèbre son patron, Saint Pie V, le 5 mai, par une grande fête de la cathédrale qui lui est consacrée, avec des célébrations liturgiques et des moments de prière. Dans le même lieu, suggestive Procession des Hébreux le Vendredi saint, organisée par la Confraternité de la Miséricorde. La procession part de l’ancien oratoire Santa Maria della Misericordia et serpente dans le centre historique. Le 15 août, auprès de la Madonna delle Grazie, c’est-àdire dans l’église Sant’Agostino, la plus célèbre de Pennabilli, a lieu une messe avec une homélie de l’évêque et un discours du maire en l’honneur des citoyens émigrés. En fait, cette célébration est dénommée Fête du retour mais, par tradition, c’est une fête à la fois religieuse et laïque partagée par tout le monde. Les hameaux de Pennabilli sont aussi traditionnellement liés à d’anciennes fêtes religieuses; l’un d’eux, Maciano, fête Saint Pascal le dimanche le plus proche du 16 mai, par des célébrations religieuses et laïques. A Ponte Messa, tout le hameau travaille pour la Fête de la paroissiale de San Pietro in Messa, le dimanche après le 15 août. A Scavolino, l’évêque célèbre la messe et bénit le matériel agricole le 1er août de chaque année pour la Fête de la Communauté. Poggio Berni fête son patron, Saint Georges, le 23 avril. Rimini est le siège de plusieurs fêtes religieuses. Le patron, Saint Gaudence, se fête le 14 octobre de chaque année. Tous les deux ans, cette fête prend le nom de Fête du faubourg de Saint André, où s’élève l’église paroissiale dédiée au saint. Elle représente le moment auquel la ville, après l’été, retrouve ses origines et ses traditions, célé133


en haut Talamello, l’église du Poggiolo

en bas Verucchio, la collégiale

brant aussi la fête de son histoire. Nombreux sont les rendez-vous dont des messes et la procession, le matin du 14 octobre, avec la statue et les reliques du saint, en la présence de l’évêque du diocèse; mais encore, animations, musique, expositions, rencontres, visite guidées, stands et gastronomie. Le quartier de la Colonnella célèbre la Bienheureuse Vierge de la Colonnella le 25 mars, jour de l’Annonciation. La Ville de Rimini, qui détient le droit de patronage sur l’église, envoyait habituellement une représentation de deux conseillers, mais cette coutume s’est perdue depuis l’Unité d’Italie. A Covignano, le Sanctuaire delle Grazie, côtoyé par le cloître franciscain du XVIe siècle, accueille toutes les fêtes mariales et une importante Via Crucis le Vendredi saint; celle-ci part de la croix en marbre au pied de la colline et suit le parcours des 14 édicules en céramique de l’artiste riminais Elio Morri. Ici, comme dans d’autres couvents franciscains, le 2 août est la Fête du Pardon d’Assise. Chaque année, dans la première moitié du mois de juin, la fête de Saint Antoine de Padoue se tient à Rimini, auprès du Pont de la Résistance, dit des Miracles. Une fête populaire et religieuse de deux jours pour évoquer le passage du saint à Rimini et ses miracles. Le pont, où saint Antoine aurait parlé aux poissons, devient le cœur de la manifestation. Les célébrations commencent le vendredi soir par des cortèges et des arrêts dans d’autres lieux chers au saint, comme l’église des Paolotti et la chapelle du saint sur la piazza Tre Martiri, où il accomplit le miracle de la mule. Le samedi prévoit des excursions, expositions, rencontres, laboratoires, musique, stands et le grand final des fontaines lumineuses s’allumant à minuit. Le patron de Riccione est Saint Martin, le 11 novembre. Trois jours de fête et de cérémonies religieuses avec procession et messe en la présence de l’évêque. Dans le Vieux Riccione, le premier week-end après Pâques, la paroisse San Martino célèbre Alessio Monaldi, vécu à la fin du XVe siècle et vénéré comme bienheureux. Bien que son processus de béatification n’ait jamais été achevé, il est considéré comme un bienheureux 134


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en haut San Giovanni in Marignano, l’église Santa Lucia

en bas San Leo, le campanile et la cathédrale

par la ferveur religieuse des croyants pour ses nombreux miracles. La fête du 8 mai représente l’une des plus anciennes fêtes religieuses de la province; elle est dédiée au bienheureux Amato Ronconi, franciscain du tiers ordre qui vécut à Saludecio au XIIIe siècle, dont le corps est vénéré dans la paroissiale. Cette fête remonte à 1448, tel que le décrit Giuseppe Malatesta Garuffi dans la “Vita del Beato”, publiée en 1693. Les célébrations se poursuivent le dimanche suivant par une procession dite de la Tomba di Pesaro, pèlerinage qui a lieu depuis des siècles. Les fidèles du village de Tavullia (l’ancienne Tomba, dans la province de Pesaro et Urbino) portent en procession l’image de la Vierge, conservée dans leur église, jusqu’au sanctuaire du bienheureux Amato à Saludecio. Tous les trente ans, Saludecio est le cadre d’une fête fastueuse en l’honneur du bienheureux, l’urne contenant ses restes étant alors portée en procession sur une charrue tirée par des bœufs, de l’église à sa maison natale. Toujours à Saludecio, la Fête de Saint Vincent se déroule auprès de l’église-sanctuaire Santa Maria del Monte, le deuxième dimanche après Pâques. Le treizième jour de chaque mois, de mai à octobre, des pèlerinages s’effectuent depuis le début du XXe siècle auprès de l’église Santa Maria del Monte pour commémorer les apparitions de la Vierge de Fatima, qui eurent lieu le 13 de ces mois. Le 23 novembre, San Clemente fête son patron homonyme, évêque de Rome, troisième successeur de Pierre de 88 à 97 apr. J.-C., auquel est dédiée la paroissiale. C’est ici qu’est né don Oreste Benzi, en 1925, prêtre fondateur de la Communauté Papa Giovanni XXIII, décédé en 2007. A San Giovanni in Marignano, deux fêtes unissent le sacré et le profane, dont l’une dédiée au patron, Saint Jean-Baptiste, et l’autre en l’honneur de Sainte Lucie. Vers le 13 décembre et pendant trois jours, la ville s’anime grâce à la Foire de Sainte Lucie, la plus ancienne célébration de la localité et, depuis le XIXe siècle, l’un des principaux rendez-vous annuels de la vallée du Conca. La fête est également dite “de la lumière”, en tant qu’annonciatrice, en termes spirituels, de la fin des ténèbres et de la naissance du Sauveur. Le calendrier de la foire comprend des rites religieux, 137


en haut Sant’Agata Feltria, l’église Madonna del Soccorso

en bas, à gauche Montefiore Conca, l’église San Paolo

en bas, à droite Torriana, l’église San Vicinio

des dégustations gastronomiques et des spectacles au théâtre Massari. Toujours à San Giovanni in Marignano, tous les mois de juin, vers le 24, jour du saint, la fête du patron homonyme se décline en plusieurs journées et prend le nom de La Nuit des Sorcières; elle fait revivre les traditions et les atmosphères d’une Romagne ancestrale, qui unissait le sacré et le profane pour chasser la peur des démons et le mauvais sort. A San Leo, le 1er août, fête du patron Saint Léon conjointement à la Fête du diocèse du Montefeltro. Dédiée au saint, la cathédrale de la localité est un splendide exemple d’art roman. La journée alterne les célébrations religieuses et des manifestations dans le centre historique avec représentations de fanfares, feux d’artifice tirés de la forteresse de Francesco di Giorgio Martini et spectacles de la tradition médiévale. Encore à San Leo, auprès du couvent franciscain de Sant’Igne, célébration de la Fête du Pardon d’Assise, tous les 2 août, selon la tradition de tous les lieux franciscains. En septembre, Sant’Agata Feltria fête Notre-Dame des Capucins par une procession solennelle dans les rues du petit centre et une soirée de feux d’artifice. Lors de la fête, le bas-relief, également dénommé “la Vierge des hirondelles”, y est porté en procession. Il est conservé dans l’église autrefois dite de la Bienheureuse Vierge des Grâces, dédiée à saint Jérôme. Il y fut amené lorsqu’un paysan, qui labourait son champ, le trouva non loin du couvent. La légende raconte qu’à la découverte de l’image, les bœufs s’agenouillèrent; il fut ainsi porté en procession à l’église San Girolamo et depuis, le rite se répète chaque année. Le 5 février, Sant’Agata Feltria fête également sa patronne, Sainte Agathe. Messe, procession et fête civile, accompagnée par l’interdiction, qui se maintient depuis la nuit des temps, de travailler et de se divertir. Elle se fête en famille, priant avec la communauté pour l’intercession de la sainte et la protection de la ville qui lui est dédiée. Son culte est très suivi depuis que les seigneurs Fregoso achetèrent une précieuse relique de la sainte, conservée dans la collégiale, alors que son corps est à Catane, où Agathe naquit en 230 et mourut martyrisée en 251. Restant à Sant’Agata Feltria, le dimanche précédant le 15 août est le jour de la Fête de la Madonna Succurrente, auprès 138


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en haut Talamello, l’église San Lorenzo

en bas, à gauche Saiano di Torriana, sanctuaire Madonna di Saiano

en bas, à droite Montefiore Conca, l’église San Paolo

de l’église homonyme située sur le haut-plateau entre Mont’Ercole et Sant’Agata, sur l’ancienne route qui reliait Sarsina à Perticara et à Rimini. Initialement, il s’agissait d’une petite chapelle dite “Serre de la défaite”, édifiée parce que les habitants de Sant’Agata, grâce à l’intercession de la Vierge, réussirent à battre l’ennemi. Le nom donné à la nouvelle église, édifiée en 1520, s’explique également par le fait qu’elle abritait une Vierge à laquelle plusieurs miracles furent attribués. Santarcangelo di Romagna est le cadre de deux fêtes traditionnelles dédiées à Saint Michel Archange et à Saint Martin. La première, lors du week-end coïncidant avec le 29 septembre, dédiée à l’archange et dite également Foire aux oiseaux, pour son exposition d’oiseaux chanteurs à l’aube. La seconde a lieu lors du week-end coïncidant avec le 11 novembre. Cette journée de fête dédiée à saint Martin, patron de la ville, a été étendue aux communes voisines de la vallée du Marecchia: Poggio Berni, Verucchio et Torriana. Initiatives religieuses et profanes se succèdent lors des deux fêtes qui, pour leurs gros marchés traditionnels, sont dénommées «Foires». Elles sont très anciennes, liées dès l’époque romaine à la nécessité d’affronter les passages de saison et les changements de vie associés à la terre et au travail des champs. La Foire de la SaintMartin s’est par ailleurs enrichie de traditions populaires européennes, dont l’exorcisme et la raillerie de l’adultère qui lui a également valu son nom de Foire des cornus. Une belle paire de cornes est ainsi pendue sous l’arc dédié au pape Ganganelli, afin de donner son verdict au passage du cornu. Le tout alors que les ménestrels tiennent leur rassemblement national et racontent en chantant les histoires de l’Italie et du monde. A Talamello, le 10 Août, fête de Saint Laurent, le patron, auquel est dédiée l’église, et, le lundi de Pentecôte, Fête du Saint Crucifix. Un crucifix du XIVe siècle de l’“école de Rimini du Trecento” y est alors porté en procession, attirant des fidèles de toute la zone. La croix en bois, d’empreinte giottesque, est conservée sur le maître-autel de la paroissiale San Lorenzo du XVIIe siècle, celle-ci abritant également une Vierge à l’Enfant du XVe siècle et un autre crucifix en bois du XVIe siècle. La croix provenait de l’église de Poggiolo, dans les campagnes de Talamello; cette dernière, assez détériorée, était flanquée d’un couvent augustinien, édifié en 1300, aujourd’hui détruit. 141


en haut République de Saint-Marin, Corpus Domini sur la piazza della Libertà

en bas, à gauche Pompeo Batoni, Saint-Marin relève la république

en bas, à droite Francesco Menzocchi, saint Marin

Le dernier week-end d’août, Torriana fête Saint Vicinio, son patron, lui consacrant une messe et une procession solennelle complétées par des moments de musique, de danse et de jeux. La Vierge du Carmel est par contre célébrée le 15 août dans le hameau de Saiano. Depuis des siècles, la traditionnelle Fête de l’Assomption commence le matin tôt par un pèlerinage à pied avec récitation du Rosaire, suivi par une matinée de messes et de prières collectives. L’après-midi, dédié au profane, offre aux participants de la musique et des dégustations de pastèque, de pâtisseries locales et de vin. A Valliano di Montescudo, Fête de la Vierge du Secours. Les deux journées de fête, qui coïncident avec le 15 août, prévoient des messes et des moments conviviaux, des stands, de la musique et des danses traditionnelles. Feux d’artifice le soir du 15 août. A Verucchio, célébration solennelle du bienheureux Gregorio Celli, le dernier dimanche de mai, avec messe et procession. Les messes sont dites dans la collégiale qui conserve sa dépouille intacte, après le transfert de celle-ci de l’église des Augustins, désacralisée; cette dernière abrite encore deux petits sanctuaires dédiés au bienheureux, dont l’un d’époque malatestienne. Restant à Verucchio, auprès du couvent San Francesco, le 2 août est la date de la célébration de la Fête du Pardon d’Assise, comme dans toutes les églises et tous les monastères franciscains. Lors de cette journée, l’indulgence plénière est accordée. Le 3 septembre, la République de Saint-Marin fête Saint Marin, auquel la tradition attribue le fondation de la première communauté à cette même date. Après une messe solennelle célébrée dans la basilique du saint, la relique de saint Marin est portée en procession dans les rues du pays. La fête se poursuit mettant l’accent sur des caractères plus populaires: le palio des arbalètes, les jeux de drapeaux, le défilé historique, les concerts de l’Orchestre symphonique et de la fanfare et, tard dans la soirée, les feux d’artifice et autres manifestations. Le 5 février est une autre fête religieuse importante de la république, dédiée à Sainte Agathe, copatronne de l’Etat avec le diacre saint Marin et saint Quirino. Cette fête est liée à l’anniversaire de la libération de la république de l’occupation du cardinal Alberoni. A cette 142


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Rimini, l’église San Giovanni Evangelista (dite Sant’Agostino)

occasion, la république fut protégée par sainte Agathe, qui est ainsi fêtée le même jour. Dans la république, une grande importance est également donnée à la fête en l’honneur de la Sainte Vierge, à Valdragone, le deuxième dimanche après Pâques. Hors de la province, le dimanche successif au 15 août, Monte Carpegna célèbre la Fête de la Madonna del Faggio par une procession, une messe et de riches moments d’animation populaire avec jeux, musique et gastronomie. 2. Les rendez-vous Rimini accueille le rendez-vous annuel, en avril-mai, des composants de Rinnovamento nello Spirito Santo, le mouvement ecclésial catholique appartenant au courant spirituel du Renouveau charismatique, qui part de l’expérience d’une nouvelle Effusion du Saint-Esprit. Né successivement au Concile œcuménique Vatican II en 1967, il s’articule en Italie comme une association privée reconnue par la Conférence épiscopale italienne, principalement composée de laïques mais comprenant aussi des ministres ordonnés et des personnes consacrées. Le rendez-vous riminais, qui a lieu chaque année, est leur manifestation la plus importante. Il s’agit de la Convocation nationale des Groupes et des Communautés, soit 4 journées, entre les mois d’avril et de mai, auxquelles participent en moyenne vingt mille personnes dont invités et rapporteurs, leaders de mouvements ecclésiaux, témoins du Renouveau, cardinaux et évêques, autorités civiles et politiques, représentants de nombreuses confessions chrétiennes. Le programme des journées se décline en plusieurs points dont la prière communautaire charismatique, la prière d’intercession pour la guérison et la libération, la liturgie eucharistique quotidienne, les confessions, les moments d’adoration eucharistique ainsi que des conférences, des tables rondes sur des thématiques culturelles, des spectacles, des concerts, des témoignages, des connexions vidéo, des expositions et des présentations de livres. Rinnovamento nello Spirito Santo - Via degli Olmi, 62 - Roma. A Rimini, la dernière semaine d’août est chaque année marquée par le Meeting pour l’amitié entre les peuples. Né en 1980 145


en haut Montefiore Conca, l’église San Simeone

en bas, à gauche Morciano di Romagna, les ruines de l’abbaye San Gregorio

en bas, à droite Gemmano, le sanctuaire Madonna di Carbognano

sur l’initiative de quelques amis riminais qui partageaient l’expérience chrétienne, il visait à promouvoir la rencontre entre personnes de fois et de cultures différentes et à apporter à Rimini tout ce que la culture de l’époque avait de beau et de bon. Depuis, il accueille chaque année des personnages de la politique, des managers de l’économie, des représentants des religions et des cultures, des intellectuels et des artistes, des sportifs et des protagonistes de la scène mondiale. La manifestation, qui est devenue au cours des années l’un des festivals les plus fréquentés au monde, se décline en sept journées de rencontres, expositions, spectacles et événements sportifs axées sur des histoires d’hommes. Dès ses débuts, le Meeting, qui est une fondation, a misé sur le désir de beauté, de vérité, de justice et d’idéals que, don Luigi Giussani, fondateur du mouvement de Communion et Libération, avait défini comme expérience élémentaire, terrain commun pour la rencontre et le dialogue. Chaque édition du Meeting, organisée et gérée par des milliers de volontaires de l’Italie et du monde, accueille les témoins de nombreuses confessions dont des Hébreux, des bouddhistes, des orthodoxes, des musulmans et des athées qui se rencontrent autour d’un titre, pour parler d’économie, d’art, de littérature, de science, de politique, de problèmes sociaux et de musique, dialoguant avec des institutions, des représentations diplomatiques, des organismes publics et privés. Les éditions vantent 800 000 présences de plus de 20 nationalités, 4000 volontaires, plus de cent rencontres avec plus de 250 rapporteurs, des dizaines d’expositions, spectacles, événements sportifs sur une surface aménagée de 170 000 m2, 1000 acteurs de l’information accrédités, plus de 200 partenaires et sponsors. Meeting Rimini - Via Flaminia, 18 - Rimini.

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en haut Sartiano di Novafeltria, l’église San Biagio

en bas, à gauche Rimini, l’édifice roman de l’église paroissiale San Salvatore

en bas, à droite Saludecio, Claudio Ridolfi, Notre-Dame de la Miséricorde

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en haut, à gauche Rimini, le monastère Natività di Maria (San Bernardino)

en haut, à droite Covignano di Rimini, le couvent et le sanctuaire Santa Maria delle Grazie

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en bas, à gauche Rimini, le couvent des Minimes «Paolotti» et le sanctuaire Sant’Antonio da Padova

en bas, à droite Rimini, les restes de la cathédrale Santa Colomba


Calendrier des fêtes Date dates variées du calendrier marial 20 janvier 25 janvier 3 février 3 février 5 février 5 février 9 février 2e semaine de mars 3e vendredi de mars

Lieu Covignano (Rimini), sanctuaire delle Grazie Gemmano Montefiore Conca Misano Adriatico Maiolo Sant’Agata Feltria République de Saint-Marin Bellaria Igea Marina Morciano di Romagna Pennabilli

Type de fête Toutes les fêtes mariales

Saint Sébastien martyr Saint Paul Saint Blaise l’Arménien Saint Blaise l’Arménien Sainte Agathe Sainte Agathe Sainte Apollonia Saint Grégoire Beau Vendredi, Notre-Dame des Grâces 25 mars Rimini, église de la Colonnella Bienheureuse Vierge de la Colonnella Vendredi saint Covignano (Rimini), Via Crucis (Chemin de croix) sanctuaire delle Grazie Vendredi saint Montefiore Conca Réévocation en costumes d’époque Vendredi saint Pennabilli Procession des Hébreux lundi de Pâques Misano Adriatico Fête de l’Agina dimanche après Pâques Secchiano Marecchia, Notre-Dame des Grâces Ca’ Rosello (Novafeltria) dimanche après Pâques Vieux Riccione Bienheureux Alessio Monaldi 2e dimanche après Pâques Saludecio Saint Vincent 2e dimanche après Pâques Valdragone Fête de la Sainte Vierge (République de Saint-Marin) 23 avril Poggio Berni Saint Georges 30 avril Cattolica Saint Pie V entre avril et mai Rimini Convocation nationale Rinnovamento nello Spirito Santo 1er mai Carbognano (Gemmano) Saint Vincent 5 mai Pennabilli Saint Pie V 8 mai Saludecio Bienheureux Amato Ronconi 13e jour de chaque mois, Saludecio, église Vierge de Fatima de mai à octobre Santa Maria del Monte dimanche coïncidant Maciano (Pennabilli) Saint Pascal avec le 16 mai dernier dimanche Verucchio Bienheureux Gregorio Celli de mai lundi de Pentecôte Talamello Très Saint Crucifix 1ère moitié de juin Rimini, pont de la Resistenza Saint Antoine de Padoue et centre historique 24 juin San Giovanni in Marignano Saint Jean-Baptiste, La Nuit des Sorcières 29 juin Novafeltria Saints Pierre et Paul août Miniera di Perticara Vierge de Miniera (Novafeltria)

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août 1er août 1er août 2 août 2 août 2 août 5 août 10 août dimanche précédant le 15 août 15 août 15 août 15 août 15 août 16 août dimanche après le 15 août dimanche après le 15 août 26 août dernière semaine d’août dernier week-end d’août septembre septembre septembre 2 septembre 3 septembre 29 septembre 29 septembre 29 septembre

Passano (Coriano) Scavolino (Pennabilli) San Leo Covignano (Rimini), sanctuaire delle Grazie San Leo, couvent de Sant’Igne Verucchio, couvent San Francesco Mondaino Talamello Sant’Agata Feltria

Bienheureux Enrico d’Ungheria Fête de la Communauté Saint Léon Pardon d’Assise

Pennabilli Saiano (Torriana) Valliano (Montescudo) Secchiano Marecchia, Santa Maria in Vico (Novafeltria) Montegridolfo Monte Carpegna

Fête du retour Notre-Dame du Carmel Madonna Succurrente Notre-Dame des Grâces

Ponte Messa (Pennabilli)

Fête de l’église paroissiale de San Pietro in Messa Fête du Crucifix Meeting pour l’amitié entre les peuples Saint Vicinio Notre-Dame de la Miséricorde Notre-Dame des Capucins Vierge du Soleil

Misano Monte Rimini Torriana Ospedaletto (Coriano) Sant’Agata Feltria Cerasolo, Mulazzano (Coriano) Casteldelci République de Saint-Marin Mondaino Morciano di Romagna Santarcangelo di Romagna

octobre

Sant’Andrea in Besanigo (Coriano)

14 octobre

Rimini

11 novembre 11 novembre 11 novembre 23 novembre 13 décembre

Monte Colombo Riccione Santarcangelo di Romagna San Clemente San Giovanni in Marignano

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Pardon d’Assise Pardon d’Assise Vierge de la Neige Saint Laurent Notre-Dame du Secours

Saint Roch Madonna del Faggio

Fête de la Sainte Vierge Saint Marin Saint Michel archange Saint Michel archange Saint Michel archange, Foire des oiseaux Notre-Dame du Saint-Rosaire Saint Gaudence (tous les 2 ans Fête du Faubourg Sant’Andrea) Saint Martin de Tours Saint Martin Saint Martin, Foire des cornus Saint Clément Sainte Lucie


CHAPITRE XV ITINERAIRES

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Itinéraire marial

Bellaria Igea Marina

Santarcangelo di Romagna Rimini

Poggio Berni Torriana

Verucchio Riccione

Talamello Novafeltria Sant’Agata Feltria

San Leo Maiolo

Repubblica di San Marino

Pennabilli AR

Carpegna

Misano Adriatico

Montescudo Monte Colombo San Clemente fiume Conca Gemmano

Casteldelci

Coriano

Morciano di Romagna

Montefiore Conca

Cattolica

San Giovanni in Marignano Saludecio

Mondaino

Montegridolfo

fiume Marecchia

Carpegna Saludecio - Sanctuaire Madonna del Faggio - Sanctuaire Madonna del Monte Gemmano San Giovanni in Marignano - Sanctuaire Madonna di Carbognano - Oratoire Santa Maria Montefiore Conca Saint-Marin Bellaria - Sanctuaire Madonna di Bonora - Sanctuaire IgeaSanta MarinaMaria di Valdragone Montegridolfo Sant’Agata Feltria - Sanctuaire Beata Vergine delle Grazie de Trebbio - Eglise Madonna di Romagnano Pennabilli - Eglise des Capucins - Sanctuaire Madonna delle Grazie Santarcangelo di Romagna Santarcangelo di Romagna - Eglise Santa Maria dell’Oliva de Maciano - Sanctuaire Madonna di Casale di San Vito Rimini Rimini Talamello Poggio Berni - Couvent et sanctuaire Santa Maria delle Grazie - La Chapelle - Eglise de la Colonnella Torriana Torriana - Sanctuaire Madonna della Misericordia Sanctuaire Madonna di Saiano - Verucchio (Santa Chiara) Riccione - Oratoire San Giovannino Talamello Novafeltria Sant’Agata Feltria

Casteldelci

San Leo Maiolo

Pennabilli

Coriano

Repubblica di San Marino

Misano Adriatico

Montescudo Cattolica Monte Colombo San Clemente fiume Conca San Giovanni Gemmano Morciano in Marignano di Romagna Montefiore Conca

AR

Mondaino fiume Marecchia

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Saludecio Montegridolfo


en haut Petrella Guidi di Sant’Agata Feltria, l’église Sant’Apollinare

en bas, à gauche San Giovanni in Marignano, l’église San Pietro

en bas, à droite Montefiore Conca, l’église San Paolo

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Saludecio

Carpegna

Montegridolfo

Mondaino fiume Marecchia

Itinéraire franciscain

Bellaria Igea Marina

Santarcangelo di Romagna Rimini

Poggio Berni Torriana

Verucchio Riccione

Talamello Novafeltria Sant’Agata Feltria

San Leo Maiolo

Repubblica di San Marino

Casteldelci

Misano Adriatico

Montescudo Monte Colombo San Clemente fiume Conca Gemmano

Pennabilli

Coriano

Morciano di Romagna

Montefiore Conca

AR

Mondaino

Cattolica

San Giovanni in Marignano Saludecio Montegridolfo

fiume Marecchia

Mondaino - Couvent des Clarisses (non visitable) Rimini - Couvent et sanctuaire Santa Maria delle Grazie - Couvent Santo Spirito - Monastère Natività di Maria Vergine (San Bernardino) - Couvent des Minimes «Paolotti» et sanctuaire Sant’Antonio da Padova San Leo - Couvent de Sant’Igne - Couvent de Montemaggio (non visitable)

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Sant’Agata Feltria - Monastère Santa Maria Maddalena Saint-Marin - Monastère Santa Chiara di Valdragone Santarcangelo di Romagna - Couvent et église San Francesco (détruits) - Couvent des Pères capucins - Monastère des Sœurs franciscaines des Sacrés-Cœurs Verucchio - Couvent San Francesco


CHAPITRE XVI DIOCESES, CATHEDRALES ET LIEUX DE CULTE

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Eglise catholique Les diocèses Diocèse de Rimini via IV Novembre, 35 - Rimini www.diocesi.rimini.it Diocèse de Saint-Marin - Montefeltro piazza Giovanni Paolo II - Pennabilli www.diocesi-sanmarino-montefeltro.it Les cathédrales Basilique - Temple des Malatesta via IV Novembre, 35 - Rimini Basilique de Saint-Marin piazzale Domus Plebis, 1 - San Marino Cathédrale de Pennabilli, Paroisse San Pio V Papa piazza Vittorio Emanuele II - Pennabilli Cathédrale de San Leo piazza Dante Alighieri - San Leo A Rimini, les communautés catholiques étrangères ont la possibilité d’effectuer des fonctions liturgiques auprès des sièges suivants: - communauté roumaine: via Bonsi, auprès des sœurs de Sant’Onofrio; - communauté sénégalaise: auprès de l’église de la Colonnella; - communautés ukrainienne, philippine et latino-américaine: auprès de l’église Madonna della Scala. Edifices de culte d’autres confessions Eglise chrétienne évangélique via Portogallo, 3 - Rimini via Jano Planco, 9 - Rimini Eglise adventiste du septième jour via delle Piante, 28/a - Rimini (Celle)

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Rimini, l’église orthodoxe de l’Entrée de la Mère de Dieu au Temple

Eglise chrétienne évangélique (des frères) via Forzieri - Rimini (San Giuliano) Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Mormons) via del Capriolo, 12 - Rimini (Grotta Rossa) Eglise évangélique vaudoise via Trento, 63 - Rimini Mosquée de la Communauté islamique corso Giovanni XXIII, 100 - Rimini Paroisse orthodoxe de l’Entrée de la Mère de Dieu au Temple via Emilia, 1 - Rimini (Celle) Prieuré Notre-Dame de Lorette (Lefevbre) via Mavoncello, 25 - Rimini (Spadarolo) Salle du Règne des Témoins de Jéhovah via Rosmini, 35 - Rimini (Marebello) Communauté juive Via Mazzini, 95 - Ferrare Via De’ Gombruti, 9 - Bologne Synagogue: Via Delle Scuole, Pesaro Cimetière: Colle San Bartolo, Pesaro

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en haut Novafeltria, l’église de Uffogliano

en bas, à gauche Montefiore Conca, l’église de l’Ospedale della Misericordia

en bas, à droite Rimini, le sanctuaire Madonna della Misericordia (Santa Chiara)

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en haut Mondaino, l’église San Michele Arcangelo

en bas, à gauche Mondaino, le couvent des Clarisses

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en bas, à droite Monte Colombo, l’église San Martino


Bibliographie minimale A. Emiliani, Chiesa città campagna, Rapporto della Sopr. per i Beni Art. e Stor., n. 27, Alfa ed., Bologna, 1981 C. Curradi, Pievi del territorio riminese fino al Mille. Luisè ed., Rimini, 1984 Arte e santuari in Emilia Romagna. Silvana ed., Milano, 1987 P. G. Pasini, Guida per Rimini. Maggioli ed., Rimini, 1989 Storia illustrata di Rimini, I-IV. Nuova Editoriale Aiep, Milano, 1990 Il Santuario delle Grazie di Pennabilli, atti del convegno. Pennabilli, 1991 P. G. Pasini, La pittura del Seicento nella Romagna meridionale e nel Montefeltro, in La pittura in Emilia e in Romagna. Il Seicento. Nuova Alfa ed., Bologna, 1992 R. Giannini, T. Mosconi, I Sentieri magici della Valmarecchia, Touring Club, Milano, 1995 Il Montefeltro, 1, Ambiente, storia, arte nelle alte valli del Foglia e del Conca. A c. di G. Allegretti e F. V. Lombardi, Comunità Montana del Montefeltro, Pesaro, 1995

P. G. Pasini, Arte in Valconca, I-II. Silvana ed., Milano, 1996-1997 Medioevo fantastico e cortese. Arte a Rimini fra Comune e Signoria. A c. di P. G. Pasini, Musei Comunali, Rimini, 1998 Il Montefeltro, 2, Ambiente, storia, arte nell’alta Valmarecchia. A c. di G. Allegretti e F.V. Lombardi, Comunità Montana dell’Alta Val Marecchia, Pesaro, 1999 P. G. Pasini, Arte e storia della Chiesa riminese. Skira ed., Milano, 1999 E. Brigliadori, A. Pasquini, Religiosità in Valconca. Silvana ed., Milano, 2000 P. G. Pasini, Il Tempio malatestiano. Splendore cortese e classicismo umanistico. Skira ed., Milano, 2000 A. Venturini, I. Rinaldi, Monumenti di Fede, Segreteria di Stato per il Turismo, RSM, 2000 P. G. Pasini, Il Museo di Stato della Repubblica di San Marino, Motta, Milano, 2000 Arte ritrovata. Un anno di restauri in territorio riminese. A c. di P. G. Pasini, Silvana ed., Milano, 2001 162


B. Cleri, Antonio Alberti da Ferrara: gli affreschi di Talamello. San Leo, 2001 P. G. Pasini, Presenze d’arte negli edifici sacri di Rimini e del Riminese. Provincia di Rimini, 2003 Seicento inquieto. Arte e cultura a Rimini. Cat. a c. di A. Mazza e P. G. Pasini, Motta ed., Milano, 2004 Arte per mare. Dalmazia, Titano e Montefeltro. Cat. a c. di G. Gentili e A. Marchi, Silvana ed., Milano, 2007 L. Liuzzi, San Leo Città Fortezza, Arti Grafiche Ramberti, Rimini, 2008 L. Giorgini, La bellezza e la fede. Itinerari storico-artistici nella diocesi di San Marino-Montefeltro. Castel Bolognese, 2009 R. Giannini, Musei nel riminese tra arte, storia e cultura. Provincia di Rimini, 2011 R. Giannini, Malatesta & Montefeltro: in viaggio nelle colline riminesi. Provincia di Rimini, 2011

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- Sanctuaire Santa Maria della Misericordia (Santa Chiara) - Petit temple Sant’Antonio Saludecio - Eglise San Girolamo - Sanctuaire Madonna del Monte - Sanctuaire et musée du bienheureux Amato San Giovanni in Marignano - Eglise Santa Lucia - Eglise San Pietro San Leo - Cathédrale - Paroissiale Santa Maria Assunta - Couvent de Sant’Igne Saint-Marin - Basilique du saint - Borgo Maggiore, église Beata Vergine - Valdragone, sanctuaire Santa Maria Sant’Agata Feltria - Eglise San Francesco della Rosa - Eglise Madonna di Romagnano - Eglise et couvent San Girolamo Santarcangelo di Romagna - Paroissiale San Michele Arcangelo - Couvent des Capucins - San Vito, sanctuaire Madonna di Casale - Collégiale - Couvent et église Sante Caterina e Barbara Talamello - Eglise San Lorenzo - La chapelle Torriana - Saiano, sanctuaire Beata Vergine del Carmine Verucchio - Collégiale - Villa Verucchio, couvent San Francesco - Paroissiale San Martino

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Principales distances Amsterdam, 1405 km

Madrid, 1856

Bologne, 121 km

Berlin, 1535 km

Munich, 680 km

Florence, 178 km

Bruxelles, 1262 km

Paris, 1226 km

Milan, 330 km

Budapest, 1065 km

Prague, 1089 km

Naples, 586 km

Copenhague, 1770 km

Stockolm, 2303

Rome, 343 km

Francfort, 1043 km

Vienne, 887 km

Turin, 493 km

Londres, 1684 km

Zurich, 645 km

Venise, 235 km


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