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AGENDA CONCERTS NORAh jONES 12.09 fuN. 30.09

forest national - bxl ancienne belgique - bxl

support act : walk the moon

TORI AmOS 02.10 “the gold dust orchestral tour” featuring het metropole orkest

palais des beaux-arts - bxl

tél. 02 507 82 00 • www.bozar.be

RIChARD hAwlEy 12.10

ancienne belgique - bxl

TAmE ImpAlA 16.10

ancienne belgique - bxl

ThE GASlIGhT ANThEm 21.10

ancienne belgique - bxl

support act : blood red shoes

DIONySOS 01.11

ancienne belgique - bxl

GOTyE 01.11 - sportpaleis - anvers support act : jonti

bON IvER 02.11

lotto arena - anvers

hOT ChIp 03.11

ancienne belgique - bxl

GRIzzly bEAR 04.11

ancienne belgique - bxl

ThE CRANbERRIES 04.11

lotto arena - anvers

AlAbAmA ShAkES 09.11

ancienne belgique - bxl

ARChIvE 13.11

forest national ( club ) - bxl

wIThIN TEmpTATION 13.11 - sportpaleis - anvers “elements”

DjANGO DjANGO 15.11 mOTÖRhEAD 20.11

ancienne belgique - bxl brielpoort - deinze

special guest : anthrax suport act : diaries of a hero

SkuNk ANANSIE 23.11 RufuS wAINwRIGhT 27.11

lotto arena - anvers ancienne belgique - bxl

and his band

jASON mRAz 29.11

forest national ( club ) - bxl

“tour is a four letter word”

GOSSIp 30.11

lotto arena - anvers

DEEp puRplE 03.12

forest national - bxl

ARNO 19.12

ancienne belgique - bxl

SAEz 23.04.2013

ancienne belgique - bxl

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PLUS D’INFOS SUR

TICKETS : WWW.PROXIMUSGOFORMUSIC.BE 0900 2 60 60 * ( 0,5 EuRO / mIN TvA COmpRISE ) * EXCEPTÉ POUR LES CONCERTS À L’ANCIENNE BELGIQUE


© Siliconcarne

Sous ses allures de bulldozer des ondes, lestée d’une audience béton cimentant son statut de première radio de France, la station française RTL, par-delà son package Gerra/Zemmour/ Bouvard, s’octroie quelques frondes rhétoriques. Ainsi du journaliste Jean Michel Aphatie (chef du service politique et directeur adjoint de la rédaction) qui, faisant quotidiennement mentir son nom à l’heure du petit-déjeuner - pas de pitié pour les croissants, s’entend dire non par le toutvenant de la classe politique française (portant un Grand Ecu de protection du faucon +6 en dextérité). Aphatie pose des questions qui iront invariablement se heurter aux murs, qui seront méticuleusement esquivées quoiqu’il advienne, pour finir biaisées en des déclarations prêtes à porter sur les sujets où vient mourir le ressac de l’écume des jours. Un art de la fugue, du ni-ni, un sacre de la langue de bois. C’est l’exercice de la pelote basque et du jeu de paume : épater la galerie. La différence peut paraître légère, pourtant l’homme s’est fait, avec le sourire, une spécialité de relanceur : mais vous ne répondez pas à ma question! Et Jean-Michel de continuer à renvoyer la balle, d’user du droit de suite dont notre profession semble oublier plus souvent qu’à son tour l’existence, fût-ce donc pour entendre siffler ce vent de l’esquive dont le politique a fait profession. La singularité du “vous ne répondez pas”, c’est déjà de rétablir une tonalité sur une ligne d’échange où le politique répond aux abonnés absents. Comprenez-les, ils ou elles ont autre chose à faire, il y a davantage de pia-pia à pipauter, de ni-ni à museler et de battre le fer des cuis-cuis de Twitter. L’Amour, L’Argent, Le Vent. Ces deux ou trois derniers mois, de cet instable perchoir, le présent billet d’humeur, cette pollution nocturne, épinglait des cacatoès (Burgalat et Tellier récemment), des perruches et autres inséparables. Dans leurs hoquets grinçants, leurs simagrées, rien d’important en somme à se mettre sous la dent, juste des peanuts de l’époque. De toute façon, préférant se mettre sous l’ardent, sous le feu roulant des questions des artistes à l’œuvre, ces enfants de la balle, on s’exposera plus volontiers à la matière de l’art et de la manière. Dans cet entre-deux, entre nous soit dit, les soubresauts caractériels de notre époque hyper connectée, autant dire déconnectée de tout. Ou comment retrouver le fond de jeu du sens de la vie en ses morcellements, par-delà les effets de moirés cybernétiques. C’est la question que soulève en substance notre philosophe maison Daniel Franco au sein de son Cosy Corner; se coltinant les trébuchements de L’Entre (page 4), il donne malgré lui le la, le diapason. Où les interlocuteurs se perdent. Où les connexions se sont perdues. Car que ce soit Barbara Carlotti qui parle de son métier («il devient vraiment rare de trouver des passionnés dans le monde de la musique aujourd’hui»), les Liars qui se réfugient dans une cabane pour jouer à se réinventer, partout Mes Indiens s’ensavanent / leurs cris sont de silex (Guy Goffette, Clair d’automne). Carlotti : «je pense que quand on fait de la musique, qu’on est artiste au sens large, on a décidé de rester en enfance toute sa vie. On joue sur scène, on essaye des choses, on crée des personnages, on apprend tout le temps, on n’est pas dans une attitude très concrète par rapport à la vie. On a cette espèce de qualité enfantine d’être au monde. On assume ce côté un peu défaillant de ne pas vouloir se prendre en charge. (...) Je préfère lire des livres, chanter, jouer du piano. » Si c’est ça exister trop; l’astreinte.

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C’est aussi le trio Arlt qui, prenant la balle au bond, suivant son intuition que le verbe crée plus qu’il ne désigne, récite des incantations, malaxe dans le creuset de la langue. Sing Sing : «Ça peut paraître prétentieux mais j’aimerais saisir un mystère plutôt que de le fabriquer. J’aime bien qu’un morceau continue à se dérober. Qu’une chanson ne soit pas de la communication. Une de mes grandes influences, c’est ma grand-mère qui raconte n’importe quoi du début à la fin de la journée, qui soliloque, qui peut te sortir des phrases du genre « si ça continue, je vais sortir en éléphant ». Ce que je cherche à recréer, finalement, c’est moins du mystère que de l’étonnement.» Dans cette lecture paranoïaque des choses, dans la ville électrique que dégorge A Place To Bury Strangers, comme chez les Liars qui pour tromper l’ennui, se réinventer pour exister, se réapproprient une part d’eux-mêmes liée à la surprise, c’est la question du comment faire pour aborder de front les sensations ; fût-ce par le truchement des ordinateurs, face à des logiciels, ils interjettent appel. L’atteindre. Qui va à la chasse perd sa place. Pour que les choses, durant des éclaircies, se répondent, brièvement semblent trouver leur place, leur résonance exacte. Et puis tant pis si aussitôt dîtes, aussitôt pfuiiit. Il est flou Afflelou, il est flou. Je n’ai pas encore été me mirer dans les glaces du Cosmopolis de Cronenberg mais j’en croise chanceusement quelques velvet héroïnes. Il est bientôt cinq heures du matin, bientôt l’heure de Jean-Michel Aphatie. La call-girl (une chasseuse de démons niveau 35) s’est présentée à minuit précise. L’ayant faite asseoir en sous-vêtements en un rocking-chair Charles & Ray Eames, la poupée s’en balance tandis que j’écrase ce billet dans le cendrier. Hélas, il y eût tromperie sur la marchandise, l’athlète du beau sexe ne parle pas français. Mon anglais approximatif limite les jeux de langue. D’ailleurs les échanges sont sommaires, bientôt elle ne pipera mot. Courte paume ou longue paume, elle attend son heure. Post-scriptum (resté sur le carreau) : Miranda, appelle-moi dès la pause du miroir sans tain effectuée dans ton nouvel appartement. J’ai envie de te voir beurrer des tartines, j’ai envie que tu passes la main dans tes cheveux, que tu files un bas; j’ai envie de tomber à pic enfin, tu vois tu sais. Scotty, un autre Cosmopolitan s’il te plaît, tu seras gentil! Texte : Fabrice Delmeire

Pour deux personnes  : Filets de Diablo III (Blizzard Entertainment), une cuillère à soudre de Cosmopolis (David Cronenberg), Guy Goffette (une douzaine). Aromates : L’Entre (Bin Kimura, édition Jérôme Million), L’Amour, L’Argent, Le Vent (Barbara Carlotti, Atmosphériques), LIARS (‘WIXIW’, Mute) à Feu la figure (Arlt doux, Almost Music). Un paquet de cacahuètes grillées salées. Jean-Michel Aphatie (L’invité du jour, RTL), faire revenir. Laisser mariner une escort girl d’importation dans un Rockingchair Eames (Vitra). Un miroir sans tain de 180cmx120cm, 4 Cosmopolitans, des mains. Une paire de bas. Une limousine. Twitter est une marque déposée. Tous les autres spécimen de volatiles ont été prêtés par le Zoo d’Anvers. Aucun animal n’a été blessé durant l’écriture de ce billet.

année 18 • juillet / août 2012

Colofon www.rifraf.be Année 18 nr. 182 rifraf est une édition de B.Z.&T. bvba Adegemstraat 19 2800 mechelen e.r. mieke deisz pas en janvier et août rifraf sept sort le 16 août rédaction fabrice delmeire tél 0486/31 74 63 fabrice.rifraf@skynet.be

insertions publicitaires Mieke Deisz Tél. 015/42.38.76.-0485/802.257 advert.rifraf@skynet.be deadline reservation: 1 août Agenda tél 015/42.38.76 agenda.rifraf@skynet.be deadline:5 août

collaborateurs nicolas alsteen, le dark chips, Jean-Baptiste de Clerfayt, patrick foissac, daniel franco, Laurent Grenier, Gery Lefebvre, Anne-Lise Remacle, eric therer, fabrice vanoverberg,... Dessins : Issara Chitdara

Layout peggy schillemans layout.rifraf@skynet.be Imprimerie: Corelio printing, anderlecht Abonnements agenda.rifraf@skynet.be Belgique: 13 euro France: 25 euro (une année: 10 nrs) compte: 320-0133796-06 communication: RifRaf F + nom + adresse

“Réalisé avec l’aide de la Communauté française de Belgique - Direction générale de la culture Service des Musiques”


Texte : Fabrice Vanoverberg

Texte: Daniel Franco I Photo: www.siliconcarne.be

Pas si fou.

A l’heure où la Pologne co-organise l’Euro 2012 de foot, le moment est (enfin) venu de parler d’un label de Varsovie, en l’occurrence la maison Monotype Records, dont six CD et deux vinyles sont récemment sortis. ★ ★ ★ Chargée, et une récente newsletter nous promet une bonne dizaine de sorties supplémentaires, l’actualité du label nous vaut la superbe découverte de la musicienne autrichienne Mia Zabelka, pour un disque (‘M’) œuvre de son unique personne - mais quel disque ! Basées sur un violon électrique rejoint par l’électronique et des micros de contact (mais aussi sa voix, nous y reviendrons), ses circonvolutions épousent les musiques du vingtième siècle en un arc majeur. Imaginez un peu, sur la même galette, vous retrouveriez une ‘Sequenza’ de Luciano Berio où Mia Zabelka reprendrait à la fois le rôle du compositeur et de la muse Cathy Berberian, mais aussi des échappées dans la musique concrète reposant sur les pizzicati de son violon, alors qu’en entremets, un voyage Kosmische règlerait la note vers l’audelà, vous avouerez qu’on ne peut imaginer plus belle proposition. En jolie prime, quelques échos à la Bela Emerson viennent compléter l’enchantement, sans même évoquer les multiples fantômes peuplant son univers, de Laurie Anderson à Tuxedomoon en passant par György Ligeti. N’en jetez plus... ★ ★ ★ Après un tel déchainement d’ambiances, il est bien difficile de revenir sur terre, ou plutôt de simplement écouter des disques davantage dans la norme - encore que ce terme ne veuille pas dire grand-chose dans le contexte. Signature habituelle du magazine Wire, Dan Warburton a un jour emporté tous les CD d’Al Margolis (alias If, Bwana) de sa collection, les a transférés dans son ordinateur où il a manipulé chaque titre pour qu’il dure exactement 45 minutes. Une flopée de manipulations numériques plus tard, le tout a été édité en une seule séquence musicale (ou bruitiste, c’est selon) jouée, la veille d’un concert à Gand, dans la cuisine de Phill Niblock - d’où son titre. Intéressant théoriquement, mais sans plus. ★ ★ ★ Le troisième titre nous emmène entre Japon (Toshimaru Nakamura) et Angleterre (John Butcher) pour quatre titres où le saxophone du second rejoint la table de mixage du premier. Jouant les premiers rôles dans l’entrelacs digital du Japonais, le free jazzman imprime de son instrument des contours audelà des bruits du réel. Le résultat est surprenant, entre souvenirs lointains des premiers modems de l’ère Internet (joué au sax, c’est stupéfiant), sirène d’un vieux ferry quittant le port de Liverpool dans la brume, volatile sous amphets ou alarme en fusion post-intrusive. Reste à leur ‘Dusted Machinery’ de convaincre au-delà du premier étonnement, avec pour seul juge de paix le temps qui passe. ★ ★ ★ La tournure vire - nettement - à l’ambient sur ‘Artificial Field Recordings’ de Mirt, alias Tomasz Mirt, et pour tout dire (mais sans doute n’est-ce que mon goût personnel), le résultat est nettement plus avenant. Car, disons-le, le producteur polonais ne se contente pas d’aligner les clichés perdus dans le désert synthétique, loin s’en faut. Au contraire, une très belle chaleur sonore se dégage de ses soundscapes, enregistrés sur bande à l’été 2011. Imprégnés d’éléments épars et superbement intégrés les uns aux autres (field recordings, Wurlitzer, synthé modulaire…), les sept plages anonymes de l’album varient les échos du large à foison, même si quelques rares instants sibyllins viennent chatouiller l’enthousiasme. Pas de quoi empêcher la recommandation absolue d’au moins cinq tracks sur les sept. ★ ★ ★ Derrière l’étrange pseudo de LHZ+H se cachent quatre musiciens allemands ou autrichiens (Carl Ludwig Hübsch, Franz Hautzinger, Philip Zoubek, Thomas Lehn) respectivement au tuba, à la trompette (+ delay), au piano et au synthé analogique. Leur écoute demande la plus grande concentration dans un lieu éloigné de tout bruit parasite. Multipliant les variations noise à composante jazz, les quatre épisodes de ‘Scope’ étalent leur science de l’introspection, oseraisje écrire lentement mais sûrement - en aucun cas docilement. Tels des savants au bord de l’autisme dont la science n’est pas à mettre entre toutes les oreilles, l’ensemble germano-autrichien déroule ses idées à son rythme - qui, parfois, explore une certaine idée de l’énergie (le morceau-titre), vous aurez compris qu’il n’est guère porté sur des rapides propices au rafting. ★ ★ ★ L’ultime CD de la sélection nous ramène dans l’Hexagone auprès d’eRikm et Michel Doneda. Improvisées aux Journées Electriques d’Albi en 2009, les imbrications entre l’électronicien marseillais et le saxophoniste toulousain fascinent nettement plus qu’elles ne repoussent - ou alors, elles font repousser les idées et les conventions. Au-delà de l’apparent chaos sonore de leur ‘Razine’, on sent l’immense complicité qui lie les deux artistes, ainsi que - ô que c’est agréable - le plaisir intégral qu’ils ont eu à partager leur incongruité dans ce monde tellement formaté. Sans cesse en recherche de rythmes explosés, dans une incessante transformation des textures, la paire française livre un exercice en totale liberté, loin de toute convention formelle multi-répétée.

J’ai lu tout récemment l’Entre, un des ouvrages traduits en français du phénoménologue et psychiatre coréen, japonais d’adoption, Bin Kimura. Kimura fait un usage original et décalé des notions typiquement husserliennes de « noétique » et « noématique ». Noétique est un adjectif dérivé de « noèse », qui signifie l’acte de la pensée. Noématique est dérivé de « noème », qui désigne l’objet de la pensée. En phénoménologie, toute noèse est corrélée à un noème. Cela signifie que les tirs de la pensée finissent toujours par rencontrer une cible, qu’il y a une sorte d’impossibilité constitutive pour la pensée de tirer à blanc ou à balles perdues. Kimura, en revanche, investit cette dichotomie du biais de la polarité entre activité et passivité. La noèse est le pôle actif et procède de ce que Kimura appelle le « fond de la vie ». Le sujet noétique est par conséquent un sujet centrifuge. Il puise dans son propre fonds et agit dans et en direction du monde. Le sujet noématique, à l’inverse, est un sujet centripète. Il capture au vol des signes qui flottent dans l’environnement mondain, des informations par l’entremise desquelles il se constitue une mémoire et d’où il extrait des éléments de savoir. Kimura pense que de nombreuses pathologies mentales procèdent d’une dissonance voire plus radicalement d’une coupure entre le sujet noétique et le sujet noématique, c’est-à-dire entre la partie du sujet qui est immergée dans la vie comme fond propre mais dérobé, et l’autre partie du sujet qui est tendue vers le monde, c’est-à-dire la vie déjà manifestée mais qui n’est pas d’emblée

mienne et qu’il convient par conséquent que je m’approprie. Pour illustrer la concordance entre sujet noétique et sujet noématique, Bin Kimura consacre un chapitre – le chapitre 4 du livre – à la musique, plus exactement à la musique jouée, c’est-à-dire la musique examinée du point de vue de celui qui la produit. Je cite : « Comme tout acte humain, la musique émane de l’acte de vivre. Elle est, sans doute, une activité vitale aussi fondamentale que de manger, de dormir et de se reproduire. On peut reconnaître dans le chant ou la danse un jaillissement de la vie sous sa forme primitive ou originelle. […. ] Nous introduisons ici deux termes techniques pour faciliter les descriptions à venir : l’aspect agissant de l’exécution musicale sera dit « noétique » tandis que la conscience de l’acte sera dit « noématique ». Le noétique concerne l’acte musical présent, instant après instant, en tant qu’activité vitale et immédiate. L’aspect noématique est la musique rendue consciente, et il est essentiel à la constitution d’une cohésion de la musique comme rapport entre le passé et l’avenir. Il peut s’agir dans cet aspect de la musique actualisée dans la mémoire comme musique déjà jouée ou de la musique anticipée par l’imagination et qui va être jouée. » Ce que Kimura dit ici de la musique vaut aussi bien de la vie en général. C’est-à-dire que la vie est à la fois quelque chose que le sujet vivant produit ou extériorise et quelque chose qui semble exister indépendamment de lui et par rapport à quoi il doit sans cesse se positionner et se décider. Idéalement, ces deux aspects de l’existence sont censés s’accorder comme les deux temps de la respiration se relayant et formant un cycle. Mais il arrive que le cycle soit rompu. Kimura s’interroge moins sur l’origine d’une telle rupture que sur sa nature, qu’il retraduit sous la forme d’un déséquilibre entre les parts respectives de ce qu’on pourrait appeler la vie rentrante et la vie sortante. Il survient un dérèglement entre la vie telle que le sujet la « joue » et la vie telle qu’il la trouve dans le « jeu du monde ». Les deux jeux lui apparaissent comme incompatibles. C’est cette incompatibilité vécue entre le soi profond et le monde perçu qui d’après Kimura conduit le sujet à se réfugier dans la folie, plus spécifiquement dans la schizophrénie. Ces dernières semaines ont été riches en compétitions sportives. Le tournoi de Rolland Garros s’est achevé il y a peu par la victoire de Rafael Nadal et ces jours-ci a lieu le Championnat d’Europe de Football. J’ai regardé ce soir le match Portugal / Pays-Bas et à un certain moment, alors que je pensais à l’écriture de cette chronique sur Bin Kimura, Cristiano Ronaldo s’est fait prendre le ballon par un joueur néerlandais. Il a immédiatement rebroussé chemin. Au lieu de fuir les joueurs de l’équipe adverse tout en lançant régulièrement des œillades pour localiser ses pairs, comme il l’avait fait jusque-là sur une bonne moitié du terrain, il s’est mis à courir derrière les joueurs néerlandais, plus précisément derrière celui qui chaque fois réceptionnait le ballon. En dépit de leur enchaînement immédiat, je me suis rendu compte que ces deux actions – et les compétences qu’elles mobilisaient - étaient radicalement différentes. Si Bin Kimura a raison, un jour cela arrivera : on verra Cristiano Ronaldo ou un autre courir jusque dans le carré des onze mètres et à la grande stupéfaction du public décocher dans les filets ce but purement imaginaire dont bien peu d’amateurs de foot – les lecteurs de Rif Raf exceptés – seront capables de rendre raison. Tous en effet concluront que Cristiano Ronaldo a perdu la boule. Bien peu auront compris qu’il aura au contraire gardé au pied le ballon invisible inlassablement dégagé depuis ce fond de terrain que Bin Kimura appelle tout simplement le « fond de la vie ».     L’Entre – une approche phénoménologique de la schizophrénie, édition Jérôme Million, coll. Krisis, 2000


Texte : Le Dark Chips

Texte : Eric Therer

Rebooté, formaté, enfermé à double tour, longtemps, voici comment l’ancienne civilisation avait decidé de soigner l’infâme, le Dark Chips. Sans relache, il avait tapé, tapé et tapé encore sur la porte de sa cellule, c’était sa façon d’aimer. Aimer à croire qu’une bonne âme un jour lui rendrait sa liberté. L’impression d’une éternité et enfin le sauveur. Le Dark le remercia comme il se devait, se débarrassa de son corps et sourit. Il avait jeté un regard sur ce nouveau monde et savait déjà que rien n’avait changé. Lui non plus . « Je n’étais qu’un gamin irritant, menteur et roux » Aphex Twin.

Rubrique destinée à évoquer un lieu, une ville ou un endroit, ‘Sounds & Sites’ ne se veut pas un itinéraire descriptif exhaustif mais plutôt l’esquisse d’un lieu où la musique puise ses racines ou manifeste son émergence. ‘Sounds & Sites’ ne veut nullement dresser une cartographie complète des lieux sonores mais répondra à des envies ou des coups de sonde.

Kraak – Do Not Bend !

Conseil 1. Si vous mettez sur pied une compilation electro-funk et que vous voulez être pris au sérieux, ne débutez jamais votre sélection par Alliance Ethnik. Devinez ce qui ouvre ‘Watergate11’ de Mladen Solomun ? ★ ★ ★ ‘Too High to move’ rassemble des remixes down tempo du duo The Quiet Village. Et je dois bien avouer que c’est le genre de merde qu’on écouterait bien pour un soin corps visage en institut de beauté. Je ne vais jamais en institut de beauté. ★ ★ ★ Derrière le Nicholas Desamory, Bussman de son vrai nom, se cache un gars ambitieux. Habile aux machines, touchant aux arrangements de cellos, c’est pourtant sur l’art du mélange que ‘Like you’ fait la grimace. ‘Patterns et cordes’ de Nicholas comme ‘Soleil et lune’ de Charles Trenet, voués à ne jamais se croiser. ★ ★ ★ Dans ‘Purple Legacy’, le producteur Gemmy se fait plaisir avec ses potes Joker et Guido. Et offre à son label flambant neuf, (World of Wonders), une compilation de rodage avec 5 ans de productions g-funk et dub. Tout en instru et loin d’être dégueulasse. ★ ★ ★ Quand il est d’humeur sombre, Rene Pawlowitz devient Shed. Et lorsque Shed voit noir, il devient ‘The Killer’. Chef d’accusation : construction d’un album de tech syncopé, sombre et évidemment brillant. Circonstances aggravantes : association de malfaiteurs sur (50Weapons). ★ ★ ★ The Analog Roland Orchestra. Au moins, le propos est clair et les intentions honnêtes, il s’agira de Vintage. Et puisqu’on est tous de grands gosses on se laissera avoir, au fil des plages, à la déclinaison des styles. ‘Home’ est un album « comme à la maison », ce qui explique peutêtre pourquoi les Allemands oublient parfois qu’ils ont des invités. ★ ★ ★ Nous sommes-nous penchés un jour sur la schizophrénie dans la musique ? Ou lorsque François Boulanger oublie qui il est vraiment. Ce n’est pas vraiment que la bizarrerie sonore de ‘Retina Waves’ nous déplaise, mais semble fusionner à jamais Cupp Cave et , jusqu’ici symboles de la bipolarité du Belge. L’électrothérapie ? ★ ★ ★ « Les parents du petit Van She Idea of Happiness sont priés de venir chercher leur progéniture à l’accueil.. », le plus tôt sera le mieux… ★ ★ ★ Alors si j’ai bien compris le concept, BAR25 serait un film à but touristique qui, à travers quelques portraits, raconte que la vie à Berlin n’est pas toujours facile mais qu’on si sent bien, et que surtout, on y est libre. Libre de produire n’importe quoi si j’en crois sa bande-originale. ★ ★ ★ Conseil 2. Si vous voulez faire plaisir à vos ados, offrez leur ‘Hospitality Summer Drum&Bass2012’. De Netsky à Logistics, il y a tout ce qu’ils kiffent grave en matière de son. Conseil 3. Partez en vacances sans eux. ★ ★ ★ Pour ceux qui repasseront l’oral d’allemand en septembre, et qui ne veulent pas mourir idiot, ‘Modeselektion vol2’ pourrait être salutaire. Un peu le catalogue de (Monkeytown Records) dressé par Modeslektor, beaucoup de talents réunis sur une seule plaque : Clark, Mouse on Mars, Prefuse 73, bla bla bla (ce dernier n’est pas un groupe allemand)… ★ ★ ★ Rien qu’à la vue de la pochette de ‘Ghettos & Gardens’ par Justin Martin (Français trop rigolo), j’ai envie de dire… Next ! ★ ★ ★ Des années que (Anticon) repousse les lois du Hip-Hop. Mais à force de trop pousser, on s’isole, on s’éloigne, plus personne pour nous suivre. Une aubaine pour Doseone qui se déleste de tout potentiel suiveur en prenant mille longueurs d’avance avec ‘G Is For Deep’. Génie solitaire. ★ ★ ★ Assez étonné de voir (Kompakt) faire dans le ludique mais pas désarçonné pour autant quand c’est un Danois qui s’y colle. La house ludique, devenue spécialité scandinave et sujet de ‘Tipped Blows’. Taragana Pyjarama, ça serait Animal Collective qui joue à la Gameboy, et qui en oublie parfois (souvent) de chanter. Same player shoot again. ★ ★ ★ Joie encore, lorsque deux maisons de bonnes réputations fulminent un imminent mauvais coup. (D-Edge) et (The Electric Pickle) aux manettes d’un plan destiné à conquérir le monde ! Mouououououoaaahh… Rire lugubre dans la nuit, celui de Luke Solomon, sinistre maître de cérémonie de ce projet diabolique, nous rappelle que nous sommes peu de chose face au dance-floor et ‘Cutting Edge’ de faire l’apologie des plus beaux poulains de l’écurie. ★ ★ ★ Parce que chez le finnois Vadislav Delay, le plus est l’ennemi du bien, je me dois de respecter sa précision. Un Ep ‘Espoo’, 2 titres complètement dingues ! Et le label (Raster-Noton) qui tient là un diamant trop rare ! ★ ★ ★ Ricardo Villalobos et Max Loderbauer réinventent ‘Zug’ de Conrad Schintzler. Trois personnes pour accoucher de ça ? Sérieusement ? ★ ★ ★ Finalement, j’irais bien me faire un soin corps et visage. A condition d’y amener ‘Air Texture Vomule II’. Les masseuses auraient pour noms Loscil et Rafael Anton Irissari et les drogues seraient comprises dans le forfait « Minceur et fermeté ». ★ ★ ★ Le premier album de Dewalta Wander sur (Haunt) est, comment dire, d’une esthétique minimaliste et chaleureusement jazzy. Exactement, oui… de le soupe. ★ ★ ★ Et ce n’est pas Tom Barman qui me contredira, vaut mieux sortir n’importe quoi que de ne rien sortir du tout. Et c’est (Tartelet Records) qui tease ses nouvelles sorties sur ‘Contemporary’. A boire et à manger dans cette house toutes percussions devant ! Conseil 4. Cessez de sortir n’importe quoi ! ★ ★ ★ Depuis 5 ans, Jamie Jones a acquis un sérieux savoir-faire dans l’art de dompter une foule, la malaxer, la triturer et de s’en servir comme cobaye. Fort de ces expérimentations, l’Anglais rassemble des titres aussi simples qu’implacables sur ‘Tracks From The Crypt’. Plus house tu meurs. ★ ★ ★ Alors que le taux d’humidité de la Belgique se rapproche dangereusement de celui de l’Ecosse, y a encore des types qui osent nous narguer avec du balearic ! Les mecs de Kokolares essaieraient de nous faire croire sur ‘Bara Bröst’ qu’il y a un microclimat en Bavière ? ★ ★ ★ Et puis si vous aimez le Zouk , le Baile Funk, la Dubstep ou encore ce genre de crasses, jetez vous dans les rayons du label (Rinse). Vous y attend le ‘2’ de Roska et Brackles, Dj londonien qui aura donné à sa compil’ mixée son propre nom. Musique à partouzes ? Pas certain. ★ ★ ★ Et j’ai enfin trouvé plus cinglé que les mecs de (Robot Elephant Records )! Je me lamentais de leur absence sur les tablettes ce mois-ci mais c’était sans compter sur (Something In Construction), qui sort le grand jeu et me livre en pâture le corps d’une jeune vierge. Ni une, ni deux, je croque et je craque, et vous avouer que je n’avais plus rien entendu d’aussi dégueulasse que Visions of Trees depuis longtemps. N’est pas Beach House qui veut. ★ ★ ★ La vérité, ça fait plez’ !

Kraak, initialement dénommé (K-RAA-K)3, lance ce mois-ci un cri d’alarme. Brugeois d’origine mais installé à Gand depuis longtemps, le label fête cette année son quinzième anniversaire. Il a réalisé à ce jour plus de quatrevingts productions propres et a édité en un même nombre de livraisons la publication Ruis. Constituée sous forme d’ASBL, il n’est pas contesté et pas contestable que cette petite structure ne s’est jamais contentée de vendre des disques, fussent-ils dévolus à un marché parallèle indépendant, mais davantage et surtout, elle s’est engagée corps et âme dans la promotion de musiques en marge en assurant elle-même l’organisation de concerts et de festivals (les célèbres festivals Kraak) ou en s’associant à d’autres structures pour le faire. Agissant comme défricheur, oeuvrant avec flair pour la trouvaille inédite et faisant montre d’une curiosité rare, Kraak a souvent été le premier à révéler en Belgique des artistes qui furent ensuite accueillis ou repris par des plates-formes plus importantes ou plus commerciales. Ainsi, retiendra t-on, en vrac, les noms de Wolf Eyes, Animal Collective, Six Organs of Admittance, Kurt Vile, Ducktails, ou encore plus récemment Sublime Frequencies… Parallèlement à cette dimension internationale, Kraak a joué la carte régionale en assumant son rôle d’ambassadeur et de relais local pour toute une série d’artistes originaires des Flandres tels Köhn, Ignatz, Kiss the Anus of a Black Cat, Dolphins Into The Future, Tuk, Floris Vanhoof, Gerard Herman. En échange de cette mission, Kraak a reçu des subsides du gouvernement flamand depuis plusieurs années. Renouvelant sa demande de subsides structurels pour les cinq prochaines années, il vient de se voir porter un coup de canif à la gorge. Désormais repris dans un classement aussi idiot qu’absurde (selon des critères flous et mal définis) dont la paternité en revient au ministre en charge de la culture, Joke Schauvliege, le label arrive en soixantième place tandis que l’enveloppe fermée des subsides a été distribuée aux organisations jusqu’à la… 59ème place. C’est un coup dur, mais également profondément injuste. Kraak a d’ores et déjà réagi et organisé la protestation. Des médias tels De Standaard ont relaté l’affaire dans leurs colonnes. Des artistes (Aaron Moore de Volcano The Bear, Jürgen De Blonde..) et des promoteurs (l’agence Toutpartout, Recyclart…) se sont manifestés pour soutenir le label. Si le subside devait s’éteindre dans son intégralité, cela signifierait la disparition pure et simple de beaucoup de petits concerts et la suppression de la parution du magazine Ruis. Kraak subsisterait très certainement comme organisation sans but lucratif mais également sans fonds structurels lui permettant de rémunérer ses frais de fonctionnement et la charge d’un petit mais nécessaire personnel. Il nous appartient, rédacteurs et lecteurs, de soutenir à notre tour Kraak. Si, demain, la scène musicale indépendante de notre pays devait se vider d’un de ses plus fervents acteurs, il en résulterait une perte importante pour tous les amateurs d’authenticité que nous sommes. Enraciné dans une pensée qui se refuse à assujettir l’artiste à son audience ou à son éditeur, Kraak représente cette irréductible mouvance qui refuse toute prostitution et toute compromission. Pour l’heure, Kraak s’en remet à son crédo ; ne pas plier ! ----------------------------------------------------------------Un disque : Bear Bones, Lay Low : ‘El Telonero’, Kraak Vénézuélien installé à Bruxelles, Ernesto Gonzalez est un nomade atypique qui confectionne une musique en chambre à partir de moyens de fortune tels des synthés analogiques. L’ensemble de ses ritournelles secrètes s’avère construit et s’éloigne du bric à brac souvent de mise dans ce type de démarche. Cette sortie récente reflète assez bien le type de production qui peinerait à trouver un label chez nous dans l’hypothèse où Kraak viendrait à revoir ses activités. Dont acte.


06

Texte : n An i cnoel- a L iss e a lRsetm ea ec nl e

Se réinventer, plomber l’ennui, risquer de tout perdre pour mieux progresser. Les Liars n’en sont pas à leur coup d’essai. Leur discographie est un circuit exigeant où s’enchaînent virages serrés, lignes droites en faux plat et descentes subversives. Le récent ‘WIXIW’ (prononcer ‘Wish You’) tranche une nouvelle fois

dans l’art. Les Liars y abordent les sensations, le rapport à l’autre, l’amour et l’amitié. En plongeant au cœur des rapports humains, les trois Américains se retrouvent confrontés à leur propre personnalité : versatile, fantasque et aventureuse. Avec ce sixième album, les Liars s’imposent définitivement comme une des plus grandes formations du 21ème siècle. Capable d’accoster le beat et de battre le riff sur l’autel des musiques alternatives. Énorme performance.

Avant de parler du disque, peut-on s’attarder sur son titre ? Que signifie le palindrome ‘WIXIW’ ? Angus Andrew (chant, bidouillages et programmations) : « Au départ, on pensait intituler l’album ‘Wish You’. Mais pendant les sessions d’enregistrement, on a pris le pli de l’abréger en un palindrome un peu abstrait : ‘WIXIW’. On doit donc lire ‘Wish You’. Comme tout palindrome, on peut l’épeler dans les deux sens. Cette dualité trouve son prolongement dans la signification du titre. A première vue, le fait de souhaiter quelque chose, c’est assez positif. Pourtant, cela peut aussi prendre des directions totalement contradictoires : on peut ainsi dire « I wish you were here » ou «  I wish you were dead ». Chaque jour, on rencontre ce genre d’antinomie dans nos vies. Nos actions ne peuvent se réduire à quelque chose de positif ou de négatif. Cela va nécessairement dans les deux sens. Et puis, ce titre est symbolique. Pendant la conception de l’album, il nous est arrivé de travailler des heures sur un morceau pour, finalement, revenir à notre point de départ. Cela peut sembler aberrant, mais je reste convaincu qu’on apprend énormément d’un tel cheminement. Partir d’un point et revenir exactement au même endroit, ça peut sembler inutile. Mais, entre les deux, on a parcouru du chemin, on a appris des trucs. C’est exactement ce qui nous est arrivé quand on s’est jeté dans le grand bain des musiques électroniques... »

Wish You Were Here Au niveau du son justement, ‘WIXIW’ se caractérise par ses structures synthétiques, ses programmations et ses beats électroniques. Pourquoi choisir d’évoluer en ce sens ? Angus Andrew : « On a toujours ressenti le besoin d’explorer de nouvelles façons d’appréhender notre musique. Ce n’est pas nouveau. Avant d’attaquer l’enregistrement d’un disque, on s’impose toujours des défis avec une idée fixe : prendre des risques. Tourner en rond, chercher un certain confort et répéter indéfiniment une formule éprouvée, ça ne nous intéresse pas. Et puis, des raisons pratiques sont venues appuyer notre décision. On voulait enregistrer et produire l’album par nos propres moyens. Ne pas faire de démos, ne pas courir de studios en studios. On a donc cherché à foncer droit au but en essayant de réaliser un disque avec un son susceptible de nous exciter. De satisfaire notre volonté de changement. Pour y parvenir, on a utilisé des ordinateurs. C’était une manière de se débrouiller seul et à moindre coût. Pas question, cette fois, de débourser des sommes dingues pour acheter des micros bling-bling et louer les services d’un ingé son hors de prix. » Les fans de la première heure vous voyaient comme un groupe à guitares. Ils risquent quand même de prendre un méchant coup dans la tronche avec ce nouvel album... Angus Andrew : « On ne s’est absolument pas préoccupé de cet aspect-là des choses. A vrai dire, ce n’est même pas un souci. On voulait d’abord éviter de stagner. On s’est laissé la liberté d’évoluer au gré de nos envies. C’est assez égoïste, mais je reste convaincu que les gens qui apprécient notre musique vont comprendre notre démarche. Notre esthétique, c’est le changement perpétuel. Être là où on t’attend, ça reste le pire des scénarios. » ‘WIXIW’ est-il l’expression d’un ras-le-bol du rock et du post-punk en général ? Angus Andrew : « Pas nécessairement. Le fait est qu’avec nos deux derniers albums (‘Liars’ et ‘Sister World’, ndr), on a épuisé toutes les formes d’expérimentation envisageables avec des instruments traditionnels. On est arrivé au bout d’un truc. On a essayé d’inverser et de repenser la structure des chansons, mais à un moment, on retombait systématiquement sur nos pattes.

On a donc décidé de se priver de ces instruments, de tenter quelque chose de complètement nouveau. Et puis, ces derniers temps, j’écoutais essentiellement des disques de musique électronique. L’un dans l’autre, l’idée a pris forme. » Appréhendez-vous vos chansons différemment en créant la musique avec des logiciels et des ordinateurs ? Angus Andrew : « On appréhende ça autrement parce que c’est totalement différent. En comparaison avec les guitares, l’approche électronique est bien plus abstraite. Il n’y a pas de relation entre le son rendu et un mouvement du corps, par exemple. Quand on commence à composer avec un ordinateur, c’est impossible d’anticiper la direction d’une chanson. Pour poser la voix, on avance un peu à l’aveuglette, presque déconnecté. Les points de repère habituels (batterie, piano, etc.) ne sont pas là. Tout ça implique forcément d’appréhender la musique autrement. » Le son de ‘WIXIW’ est totalement en phase avec l’esthétique musicale défendue par le label Mute (Depeche Mode, The Normal, Richie Hawtin, etc.) Vous y avez pensé en composant les nouveaux morceaux ? Angus Andrew : « On a toujours ressenti une certaine fierté à l’idée d’être signé sur Mute. On apprécie la plupart des artistes signés sur le catalogue du label. Donc, dire qu’on n’y a pas songé, ce serait mentir. On a d’ailleurs bénéficié des conseils avisés de Daniel Miller, le boss de Mute. Il nous a appuyés dans notre démarche en nous apprenant les trucs et astuces du bidouilleur en herbe. (Souire) On se sent proche des racines musicales véhiculées par cette structure. » ‘WIXIW’ a-t-il modifié votre processus créatif ? Angus Andrew : « Pour cet album, on a joué la carte de la complicité en essayant de travailler en bloc. Par le passé, on abordait les chansons individuellement en se voyant plus tard pour échanger nos idées. Cette fois, on a commencé à travailler ensemble dès le début. Personne ne s’est mis à l’écart pour enregistrer des trucs. La différence est énorme. Ça demande d’interagir directement avec les autres. » Pour commencer l’enregistrement du disque, vous êtes partis vous enfermer dans une cabane. Vous ressentiez le besoin de travailler à l’écart du monde ? Angus Andrew : « Ce qui nous a poussé à louer cette cabane dans la montagne, c’est d’abord l’envie de se retrouver à trois. Finalement, le seul problème auquel nous étions confronté, c’était de faire de la musique ensemble. Le chalet était tellement petit qu’on a proscrit le mot « intimité » pendant quelques jours… (Sourire). Se retrouver là-bas, c’était aussi une façon d’échapper à l’influence de Los Angeles, son ambiance et ses distractions. On était complètement immergé dans la création. » Pour promouvoir la sortie du premier single (‘N°1 Against The Rush’), vous avez publié une vidéo illustrant la journée d’un tueur en série. Ce thème de la mort, de la peur au quotidien tend à s’imposer comme une thématique récurrente dans l’œuvre des Liars. Cette menace invisible était aussi palpable sur le précédent ‘Sister World’… Angus Andrew : « Pour ce nouvel album, on s’est davantage attaché à retranscrire des sentiments personnels. Il n’était pas tant question des menaces et des peurs inhérentes à la vie en société. Par le passé, on a appuyé sur ces notions à travers des thèmes singuliers. Cela pouvait aller de l’existence supposée des sorcières au quotidien menaçant des rues de Los Angeles. Cette fois, on a laissé parler notre vécu, notre ressenti. ‘WIXIW’ est, de loin, notre album le plus introspectif. »


Texte: laurent grenier La première chanson du disque (‘The Exact Colour Of Doubt’) parle d’amitié. S’agit-il de vos relations au sein des Liars ? Angus Andrew : « Ce morceau évoque en partie notre relation dans le groupe. Par extension, plusieurs chansons du nouvel album abordent cette thématique de la relation à l’autre. » Est-ce difficile de rester de bons amis quand on bosse dans un groupe, qu’on traîne tout le temps ensemble ? Angus Andrew : « Je ne trouve pas que cela soit particulièrement difficile à vivre. On se prend rarement la tête. On ne s’énerve jamais. On a énormément de respect les uns pour les autres. On est conscient que chacun participe à façonner l’identité des Liars. On apporte tous notre pierre à l’édifice. Et, avec le temps, on a appris à vivre ensemble, à s’accorder du temps. On se comprend assez bien. » Angus, sur cet album, tu chantes plus que jamais. Parfois, tu te fais même crooner. Comment expliquer cette évolution dans ta façon de chanter ? Angus Andrew : « Déjà, je ne gueule pas. (Sourire) J’ai surtout essayé de coller au mieux aux thèmes introspectifs abordés sur le disque. Je n’ai pas pris de cours de chant ou changé mon fusil d’épaule. Je pense que c’est d’abord lié à l’atmosphère qu’on a cherché à distiller à travers ‘WIXIW’. » On a souvent l’impression que certains albums des Liars entretiennent des connexions privilégiées. Au regard de votre discographie, quel serait l’album le plus proche de l’esthétique défendue par ‘WIXIW’ ? Angus Andrew : « Pour moi, ce ne serait pas tant une question d’esthétique. Plutôt un sentiment, un feeling. J’ai envie de rapprocher ‘WIXIW’ de l’album ‘Drum’s Not Dead’. Dans les deux cas, on a fait face à l’inconnu. On s’est retrouvé confronté à une autre façon d’appréhender la musique, à une autre façon de faire les choses. On poursuit dans cette direction : la continuité dans le changement. (Sourire) » Suivez le guide : www.liarsliarsliars.com

Liars ‘WIXIW’ Mute/Pias

La musique des Liars a toujours été liée à l’expérience, à l’état d’esprit des troupes. A cet égard, la formation newyorkaise a toujours neutralisé l’ennui, recherchant l’excitation en toutes choses. Réputé pour son approche expérimentale, ses guitares abrasives et sa force de frappe mutante, le trio, désormais installé sous le soleil de Los Angeles, déplace une nouvelle fois les attentes. Ses guitares au placard, le groupe s’en va louer une cabane dans la montagne. Isolé du monde, il découvre les joies des drogues synthétiques, les pilules, les modulations de fréquences, le dance-floor au grand air, l’extase à l’état pur. De retour en ville, les Liars peaufinent le délire et parachèvent leur grand œuvre. Ce nouvel album transpire. Il sent la moiteur des nuits d’été, le malaise du bitume, l’exaltation des métropoles. ‘WIXIW’ est un album à part. A vivre à l’endroit ou à l’envers (‘MIXIM’). A lire dans un sens ou dans l’autre. C’est une transe tellurique, un délire psychotique. Le virage pris par les Liars peut heurter les consciences, ulcérer les extrémistes du riff et ébranler les négationnistes du beat. Il peut rendre dingue. En attendant, Angus Andrew, Aaron Hemphill et Julian Gross restent fidèles à eux-mêmes. Leurs habitudes expérimentales sont ici magnifiées par le prisme d’un trip mystique et de paroles cryptiques. ‘WIXIW’ est un album de nuit, un truc à écouter à la lueur des bougies. Ou sur la route, quand les lumières de la ville réfléchissent une autre réalité. Bizarre et exaltante. (na)

on stage 02/11 - Orangerie (Botanique), Bruxelles

07

On les avait déjà repérés à l’automne dernier. Alors qu’on bâfrait à pleines

mâchoires les frasques de l’Experimental Tropic Blues Band et de son disque le plus abouti question déglingue, un petit combo de Tournai dézinguait à tout crin une dizaine de pépites garages qui n’avaient rien à leur envier. Deux saisons et quelques rotations d’un

vinyle déjà culte - pochette démente, toutes copies écoulées - plus tard, ces jeunes trentenaires (ou quasi) creusent encore plus profond le même sillon cradingue et entretiennent leurs rêves à l’huile de moteur. On peut l’écrire en gras, en bien cochon, ils jouent désormais dans la même division que tous ces groupes crasseux signés chez In The Red ou Goner Records. Dit autrement, avec l’élite des garagistes actuels.

Thee Marvin Gays

Charles Vanderborght (batterie) : « J’ai rencontré Yan aux études. Je faisais un baccalauréat en communication. Lulu, c’est la copine d’un copain avec qui on avait monté d’autres groupes avant. » Yannick  Bataille (guitare) : « C’est Cédric (Delaunoy, guitare, ndr) et moi qui nous connaissons depuis le plus longtemps, plus de dix ans maintenant. On faisait du roller ensemble. Dès que j’ai eu ma première guitare vers seize ans, vingt minutes après, j’étais dans un groupe avec lui. Après, j’ai joué dans d’autres groupes plus punks, hardcore. J’écoutais les Minor Threat, Bad Brains, Circle Jerks. Avec Ced, on a aussi un deuxième groupe de garage qui s’appelle les Cognac Girls. Pour les Marvin Gays, l’idée c’était de faire du rock’n’roll avec de la bonne patate dedans et c’est pourquoi Charles nous a rejoints à la batterie. »

Naturellement crade Charles  : « Je viens d’un univers plus pop. On s’est prêté des disques. J’écoutais plein de trucs sixties, les Beatles, les Stones, le Velvet Underground. A côté de ça, c’était les débuts des Black Lips. Ils n’étaient pas encore vraiment connus. Ça nous a enthousiasmés mais on ne s’est pas dit qu’on allait copier ça. Notre son garage est venu naturellement, à force de brasser nos influences. La scène garage en ce moment est vraiment cool et excitante avec des gars comme Ty Segall, Indian Wars, Thee Oh Sees. » Lulu  Delfosse (basse) : « Moi, j’écoutais même des trucs de rock progressif. Grand Funk. Un peu de krautrock aussi, Can. Et beaucoup de punk 77, 78. » Débarque alors ce premier disque… Charles  : « On avait enregistré une démo six-titres qui est tombée dans l’oreille d’un type à La Rochelle (Frantic City Records, ndr) qui nous a proposé de faire un truc. Au départ, on pensait simplement sortir un 45 tours puis finalement on a enregistré dix morceaux qui se tenaient bien. » Ce disque, vous l’avez enregistré à Toulouse. Comment vous-êtes vous retrouvés là-bas ? Yannick  : « En fait, il y a un mec là-bas (Lo Spider, ndr) qui enregistre pas mal de bons petits groupes français, les Magnetix entre autres. Je l’avais rencontré alors que j’étais en tournée avec le groupe du copain de Lulu, Maria Goretti. C’était vraiment pas cher du tout, trois cents euros pour deux jours, et on savait que c’était l’assurance d’avoir un son bien particulier qui nous plaisait. On l’a recontacté, on lui a demandé s’il était intéressé et il l’était. » Charles : « Le gars du label nous a aussi conseillé d’aller réenregistrer là-bas parce que le son de nos démos était un peu trop propret. » Précisément, vous avez fait comment pour salir votre son ? Charles  : « Déjà, on est passé du numérique à l’analogique. Il y a un côté naturellement crade en travaillant sur bandes. » Yannick  : « Et puis, on a enregistré en conditions live alors que les démos avaient été enregistrées séparément. On a gagné en spontanéité. Là, le mec, il fait d’abord tous les instrus puis il pose les voix au-dessus et après, si tu veux, il te rajoute une troisième ou une quatrième guitare et c’est plié. » Charles : « C’est un petit local minuscule. Les micros repissent partout, ça fait un son super homogène. Après, il dit aussi que les défauts, ça rend la musique vivante. Il y a plein de pains sur ce disque que, du coup, on a laissés. Il s’est aussi occupé du mixage mais on n’avait pas de droit de regard. Il nous l’a envoyé trois mois plus tard et c’était sans appel. » Il y a des choses que vous auriez changées ? Charles : « On sent que ce disque a été enregistré rapidement. Deux ou trois jours de plus, ça n’aurait pas été mal. Ça n’est pas un disque qui respire beaucoup. »

En même temps, est-ce qu’un disque garage doit être enregistré autrement que dans l’urgence ? Yannick :  « Je pense qu’il n’y a pas de règles. Il y a des mecs qui font du garage et qui ont un son super propre, où tout est bien fait, nickel, au poil et d’autres qui te font des trucs tout crades qui sonnent aussi bien. » Charles :  « Quand tu vois que c’est Mark Ronson qui a produit le dernier Black Lips... A mon avis, ils n’ont pas dû avoir deux jours en studio mais un mois payé par Vice à refaire et refaire des prises. » Yannick :  « Et au final, c’est moins terrible que ce qu’ils faisaient avant. » Il y a un producteur avec qui vous aimeriez travailler, Jon Spencer ? Yannick : « Non, pas vraiment. Maintenant, si c’est lui qui propose… » Charles : « Faire la popote à la maison, c’est cool. Sinon, Steve Albini pour un son bien abrasif, ça serait cool aussi mais je ne sais pas si ça correspond vraiment à notre style. » Ce nouvel Ep, vous l’envisagiez différemment de l’album ? Yannick  : « Non, ce sont les mêmes recettes, sauf qu’on a passé le même temps en studio pour deux fois moins de morceaux. » Charles : « Du coup, on a eu un peu plus de temps pour rajouter des overdubs, notamment quelques guitares à l’envers. Pour le prochain album, on va essayer de prendre plus de temps, de soigner les arrangements. Que ça sonne un peu moins comme un espèce de live enregistré. » Vous pourriez comme les Black Lips dont vous parliez tout à l’heure rajouter du saxophone comme ils l’ont fait sur leur dernier disque ? Yannick : « Du saxo, peut-être pas mais si un gars nous propose un chouette truc avec un instrument bizarre, ouais, bien sûr. » Charles : « Du violon, un banjo, ça serait cool mais il faut que ça serve le morceau. » C’est quoi ce titre ‘Iron Maiden’ ? Yannick :  « Charles est super fan d’Iron Maiden et dans le morceau, il y a ce passage épique qui nous a fait penser à ce groupe, même si ça n’a rien à voir. » Charles : « On aime bien porter des t-shirts tout pourris de groupe metal, genre Black Sabbath, Immortal, c’est un peu tromper les gens. » Vous soignez particulièrement les artworks. Yannick :  « Ouais, c’est super important. Il y a tellement d’excellents disques dont la pochette craint, dont tu sens que ça a été fait à la hâte, pressé par des délais. Pour l’album, c’est un bon pote illustrateur, Robignole, qui l’a faite. » Charles :  « Tu ne fais pas un disque tous les ans, autant en être content de A à Z, même si ça prend deux mois de plus. Pour l’Ep, c’est la copine de Robignole qui s’en est chargée. Elle nous avait proposé un premier truc qui était chouette mais qui ne collait pas vraiment au disque. Donc, on lui a redonné du temps pour arriver à cette pochette qu’on trouve super. » Un disque : ‘It’s Easier To Be Dumb’ (Kizmiaz Records)

on stage 06/07 Water Moulin, Tournai ( + Strange Hands) 07/09 DTG Festival, Monceau-Saint-Waast, Nord de la France Début octobre Festival “Comme à la maison”, Maison des musiques, Bruxelles.


08

Texte : laurent grenier

Dans ‘Mon Dieu Mon Amour’, elle pose la question « comment peut-on exister trop ? ». Elle répondra que c’est une chanson d’apesanteur, un moment d’extase, une mélodie qui nous bouleverse. « C’est ça exister trop,

ce sont ces émotions trop fortes qui nous arrivent, qui font qu’on se demande comment c’est possible, comment ça pourra encore nous arriver ». C’est exactement ce qu’on ressent à l’écoute de ‘L’Amour, L’Argent, Le Vent’. On tient là un disque impérial qui nous scotche de A à Z, manifestement le grand-œuvre de son auteur. Un disque aventureux qui trouve sa source dans les contradictions insondables de ce monde. D’après la bio, ce disque serait né de voyages… Barbara Carlotti : « Je suis partie du principe que je voulais écrire ce disque à l’étranger. J’avais besoin de partir, de sortir de mes repères. Ça ne voulait pas dire que j’allais écrire de la musique du monde. L’idée, c’était d’aller trouver d’autres sonorités, de faire des rencontres qui allaient m’inspirer. J’ai fait les démarches nécessaires pour aller en résidence à l’étranger. A l’époque, j’écoutais beaucoup de tropicalisme, Os Mutantes, Chico Buarque, Caetano Veloso. J’aimais le mélange entre les instruments traditionnels et le côté beaucoup plus pop, international. C’était l’idée pour cet album, faire quelque chose d’un peu plus grandiloquent, aéré. Je suis d’abord partie au Brésil avant d’aller au Japon, où je me suis initiée au chant de geisha, où j’ai travaillé sur un koto. Après, on est aussi partis en Inde avec les musiciens. »

On doit pouvoir associer d’autres choses à la chanson. Ce qui compte, c’est que mes chansons, à travers la musique ou un vers, dévoilent des indices de l’émotion que j’ai ressentie. C’est comme les morceaux de Dylan. Qui comprend vraiment ce qu’il a voulu dire ? » La poésie est quelque chose qui te touche ? Barbara Carlotti : « J’aime bien ça, oui. On a eu de longues discussions avec Bertrand Belin là-dessus. Quand on fait de la chanson, on aime les formes courtes, imagées. Baudelaire est toujours ma référence ultime. A douze ans, mes deux chocs étaient Etienne Daho et Baudelaire. Ça m’a tenu. Ça me tient toujours. Il y a une forme de classicisme chez Baudelaire que j’aime bien et en même temps, c’est sulfureux et plein de contradictions, c’est chatoyant et mélancolique. Ce sont des choses dans lesquelles je me reconnais. » Ça me renvoie à la chanson ‘Rimbaud’ d’Audrain. Barbara Carlotti : « Elle est magnifique cette chanson. J’étais ravie qu’il pense à moi sur ce titre. Il arrive à délivrer une image de Rimbaud super belle, à traduire cette odeur d’Abyssinie, de cale de bateau. » Parlant de poésie, je trouve ce disque traversé de vers assez fulgurants, comme « Tu pourrais soulager des marines ». Barbara Carlotti : « Ce sont des images. Ici, ça renvoie à Marylin. Au fait que quand je pense à elle, je pense à des concerts qu’elle a donnés devant des marines, je voulais donner un côté très sexuel et sulfureux au personnage que j’ai créé pour cette chanson. On sent qu’il est méprisé. Je voulais exprimer ça, cet espèce de mépris qu’on a parfois pour des gens qui sont très beaux et admirés. Je voulais traiter de la figure de la femme perdue et fatale en même temps, à la fois fragile et impressionnante. Après, j’écris les choses très simplement, je ne me pose pas tant de questions, elles sortent naturellement, en même temps que je compose le morceau. Je ne termine jamais un texte avant que la musique soit finie. Celui-ci, j’en avais fait une ébauche après avoir relu ‘Rose Poussière’ de Jean-Jacques Schuhl. Particulièrement le passage sur Zazou, personnage un peu superficiel mais fascinant. Et puis ‘Ouais, Ouais, Ouais, Ouais’, je trouve ça formidable comme titre de chapitre. » Ce rapport aux autres formes d’expression semble important pour toi. Barbara Carlotti : « Oui, bien sûr. Après la tournée de ‘L’Idéal’, j’avais un peu de temps et pas beaucoup d’argent. On m’a proposé de faire des ateliers de création radiophoniques. J’ai travaillé sur deux idées. D’abord sur le dandysme et tous ces écrivains d’une certaine idée de la littérature, ces personnages qui se mettent en scène dans leurs écrits. J’aime bien ce monde de sophistication littéraire. Ensuite, j’ai un peu bossé sur les rock-critics, ce qui était une évidence puisque étant dans le milieu, on n’arrête pas de lire des chroniques, de vivre dans cette mythologie-là. Jean-Jacques Schuhl, je l’avais d’abord lu pour le dandysme parce que dans ‘Rose Poussière’, il y a quand même pas mal de choses sur la tenue physique. Après, c’est aussi le père d’une certaine forme de journalisme. Eudeline, Beigbeder, tous ces mecs-là se sont complètement référés, inspirés de ‘Rose Poussière’ qui décrit des concerts de Pink Floyd, la mort de Brian Jones, qui est vraiment dans la mythologie du rock au quotidien. Je me suis payé le luxe d’aller interviewer Jean-Jacques. C’était vraiment super. On est devenus copains. » En parlant de mythologie du rock, tu dis dans ‘Nuit Sans Lune’, « John Lennon est mort, j’ai froid ». Barbara Carlotti : « C’est vrai. Avec Daho et Baudelaire, c’est ma troisième idole de jeunesse. Avec mon cousin, on faisait du piano quand on était petits et on s’était acheté toutes les partitions de John Lennon. De temps en temps, je le réécoute. Récemment, j’étais complètement grippée chez moi, j’ai ressorti ces vieilles partoches racornies et j’ai joué du Lennon pendant trois jours. Ça m’a fait un bien fou. » En même temps, est-ce qu’il y a une certaine nostalgie ou pas ? Barbara Carlotti : « Non, pas du tout. Je ne suis pas nostalgique d’une époque, d’un âge d’or. Je pense qu’à chaque période, on a un peu les mêmes souffrances. On pense toujours que c’était mieux avant mais moi, j’aime l’époque dans laquelle je vis. Elle a ses aspects désagréables et contraignants mais j’ai la chance de vivre ce que j’ai envie de faire. » S’il n’y en a pas par rapport à un âge d’or, peut-être qu’il y en a par rapport à l’enfance, un thème récurrent du disque. Barbara Carlotti : « Non plus. Mais je pense que quand on fait de la musique, qu’on est artiste au sens large, on a décidé de rester en enfance toute sa vie. On joue sur scène, on essaye des choses, on crée des personnages, on apprend tout le temps, on n’est pas dans une attitude très concrète par rapport à la vie. En tant qu’artiste, on a cette espèce de qualité enfantine d’être au monde. On assume ce côté un peu défaillant de ne pas vouloir se prendre en charge. » Tu confirmes donc « les jeux d’adultes sont des jeux de brutes ». Barbara Carlotti : « Oui, gamin, à part sous la contrainte, il n’y a pas de violence. Le monde adulte est brutal. On est obligé de vivre, de gagner sa vie. Moi, je m’en fous de gagner ma vie, ça fait partie du jeu et je m’y plie mais j’aimerais bien me débarrasser de ce problème. Je préfère lire des livres, chanter, jouer du piano. » La scène, c’est quelque chose que tu aimes ? Barbara Carlotti : « Je ne m’y suis jamais sentie aussi bien. Je me suis même mise au clavier. Je me suis libérée du rôle de simple chanteuse. Sur scène, c’est utile vu les arrangements assez riches du disque. » La meilleure illustration de ces arrangements plus luxuriants est la fin quasi psychédélique de ‘Nuit Sans Lune’. Comment l’expliques-tu ? Barbara Carlotti : « C’était une réelle volonté d’aller vers des choses plus arrangées, davantage de densité. Ici, l’influence, c’est Bowie. En fait, on a vraiment travaillé ce morceau en groupe. L’idée, c’était aussi de pouvoir faire des concerts un peu plus appuyés. J’avais envie de quelque chose de puissant, d’avoir un son. Sur un morceau comme ça, en ramenant des cordes, des mellotrons, des synthés, tu te déploies vraiment. »

Voyage, voyage

Ce sont ces résidences qui expliquent les quatre ans entre ‘L’Idéal’ et cet album ? Barbara Carlotti : « Les quatre ans, c’est parce que j’ai quitté 4AD. Ils avaient changé d’équipe, ça devenait compliqué. Je n’avais plus vraiment d’interlocuteur. Après, j’ai mis beaucoup de temps à trouver un label, notamment en France. La conjoncture étant difficile, ils n’ont pas tendance à faire confiance aux artistes. J’ai vraiment en un moment de grand découragement, au moment où tous les labels m’ont dit non, c’est nul, il faudrait enlever un mot par là, couper un pont ici. Là, tu ne comprends pas. T’as presque envie de leur dire, écrivez-moi les singles que vous attendez. Je peux retravailler des choses, je suis beaucoup revenue sur les arrangements mais il faut que les arguments qu’on t’avance ne soient pas aussi ineptes que ceux que j’ai entendus. Il n’y a pas de règles pour faire une chanson qui marche et malgré tout, les gens essayent d’en trouver et de te les imposer. Pour se rassurer et pouvoir se dire qu’ils vont vendre. Ça devient vraiment rare de trouver des passionnés dans le monde de la musique aujourd’hui. Pour beaucoup ce sont des gens qui viennent du marketing et qui ont une pression telle qu’ils en viennent à douter d’eux-mêmes, de leurs propres goûts. Au final, ils arrivent à te dire, ça me plait vraiment mais ça ne marchera jamais, désolé. » Concrètement, tu peux illustrer l’influence de ces voyages sur un morceau ? Barbara Carlotti : « Je n’aurais jamais écrit ‘L’Amour, L’argent, Le Vent’ si je n’avais pas été au Brésil. Parce que ça raconte le braquage que j’ai vécu. Ça faisait quinze jours que j’étais là. On avait décidé d’aller à la plage. En prenant une route entre deux favelas, on s’est fait attaquées par des gamins. La personne qui m’accompagnait s’est retrouvée avec un schlass immense sous la gorge et moi avec une mitraillette sur le bide. Je n’avais rien sur moi, à part un tout petit sac avec quelques billets et le carnet dans lequel je notais des idées de morceaux. C’était une drôle d’expérience, parce que pour eux, on représente l’argent, l’envie. Ça te confronte à une situation sociale hyper âpre alors que tu es dans un pays hyper beau et luxuriant. C’était d’autant plus étrange pour moi que je n’avais plus rien, pas de label et que je représentais quelque chose que je n’étais pas. J’ai essayé de rassembler ce dont je me souvenais et de m’inspirer de cet incident. Quand je dis « des gosses jouent non loin de là à des jeux d’adultes », c’est vraiment ça, ce sont toutes ces contradictions que j’ai essayé d’exprimer dans la chanson. » La personne qui entend le vers « L’amour, l’argent, le vent, toutes ces choses qu’on ne devrait pas avoir sur soi », ne va jamais comprendre ça s’il ne connaît pas l’histoire. Barbara Carlotti : « Ce n’est pas grave. Une chanson n’est pas faite pour expliciter clairement les choses. Il y a une forme de poésie que j’assume totalement. Ça doit être un peu évanescent.

Barbara

Carlotti

Un disque : ‘L’Amour, L’Argent, Le Vent’ (Atmosphériques / Pias)

on stage 18 juillet Francofolies de Spa / 19 juillet Francos Juniors de Spa


T e x t e   : g e r y l e f e b v r e © Ya n n O r h a n

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Dans la culture japonaise, le « ma » représente l’intervalle, l’espace sensoriel, l’espace-temps entre deux choses, deux notes par exemple. Un silence qui n’en est pas un. Ariane Moffatt fait du vide son terrain de jeu et

explore les interstices et les failles dans des compositions pulsionnelles, sensuelles et tribales portées par des arrangements audacieux. De l’électro-pop syncopée aux ballades lancinantes, la montréalaise joue à l’alchimiste avec ses machines et donne à ses expérimentati-

ons sonores un pouvoir ensorcelant. Avec ‘MA’, Ariane Moffat décolle vers l’album majeur qui la propulsera au-delà de son orbite francophone. Tu viens en droite ligne de Paris où tu as joué il y a quelques jours au Silencio, le club le plus hype du moment dans lequel David Lynch s’est investi notamment au niveau du design. C’était une expérience particulière de jouer là-bas ? Que représente l’univers de Lynch pour toi ? Ariane Moffatt : «C’était juste assez chic mais pas chiant comme endroit ! Le club est magnifique, le contexte pour jouer, c’est privé donc c’est vrai que c’est peut-être moins de l’ordre du happening. Je te dirais bien maintenant que c’était pas la folie ! Mais l’expérience était bien. Moi, depuis le début, dès que j’ai connu l’endroit, son prestige et surtout l’association avec Lynch, ça m’a branché. J’aime son univers, cette espèce d’offrande à l’imaginaire, il n’y a pas beaucoup de cinéastes qui nous proposent ça. On se place où on veut et comme on veut, puis on y va, c’est pas tout dans le bec ! Puis c’est aussi très inspirant musicalement. Je regarde ma chanson ‘Walls Of the World ‘, je me rappelle en studio, dans le passage à la fin qui se défait un peu en petits morceaux, je voyais du Lynch sur le bord de la route au milieu de la nuit. Bon c’est pas tout l’album mais j’ai ce souvenir sur ce passage-là en particulier. » Venons-en à ‘MA’. Des critiques au Québec où ton album est sorti en février parlent de « plus grand album pop québécois de la présente génération ». Ici en Belgique ou en France, on parle aussi beaucoup de Monogrenade. Comment te positionnes-tu par rapport à cette génération musicale québécoise ? Ariane : « Monogrenade, je les aime beaucoup. Mais eux c’est vraiment la nouvelle génération. Moi je me considère encore un peu plus vieille que cette « nouvelle nouvelle » génération. Peutêtre que cette étiquette renvoie à une pop qui n’a plus nécessairement de frontières, où on ne sent plus qu’on est dans une mouvance québécoise très signée, où on est beaucoup plus affranchi d’une sonorité très locale, folklorique même. En ce qui me concerne, j’aimerais que ça soit ça que ça veuille dire en tout cas. Moi ça fait quand même 10 ans, je ne suis pas la relève, je suis plutôt la marraine des nouveaux petits jeunes ! (Rires) Quand je regarde les femmes auteur-compositeur qui commencent en ce moment et qui font partie de cette nouvelle génération, je me dis que ça ne doit pas être évident. Alors que j’étais dans la partie où on pouvait encore avoir une vraie fan-base avant l’espèce de sur-instantanéité,  « d’éphémérité » qui s’est imposée et à laquelle j’ai échappé. » Que t’a apporté le fait de concevoir cet album seule, en quasi autarcie ? As-tu eu des doutes en progressant dans le processus créatif quant au fait d’aller trop loin sans regard extérieur ? Ariane : « C’était un fantasme, un besoin, une envie de dire : « Je peux le faire ». J’ai toujours poussé assez loin mes maquettes et j’avais envie de voir ce que ça ferait de garder le contrôle quasi jusqu’au bout. Bien sûr j’ai parfois eu des doutes mais j’ai résisté à l’envie de flancher et de le faire écouter trop tôt à trop de monde. Je ne suis pas partie dès le départ avec l’envie de tout faire toute seule. Ca s’est imposé progressivement. Le but c’était vraiment d’aller voir jusqu’où je pourrais aller seule, pas d’être une éponge pour les opinions de tout le monde. » Est-ce qu’à l’ère du numérique, et a fortiori quand on est seule face à son projet, on ne flippe pas un peu devant l’immensité des possibilités offertes par les machines ? Ariane : « Cet infini-là est vertigineux, effectivement. On se dit qu’on est en train de mettre tellement d’énergie dans un truc alors que ça aurait pu être des milliers d’autres choses… Mais il ne faut pas se figer devant toutes ces possibilités-là. Ce n’est qu’un album, il y en aura d’autres… Je n’ai pas eu nécessairement envie que tout soit trop beau ou trop propre sur ce disque. Le défi c’était surtout de donner de la chaleur à tout ça. On est derrière une souris, les neurones bouillonnent, mais il faut arriver à insuffler de la passion et de la sensualité dans ces beats. » Alors que tu as toujours chanté en français, ‘MA’ est un disque bilingue, moitié français, moitié anglais. Le rapport à la langue au Canada est, comme en Belgique d’ailleurs, un sujet assez sensible. Comment cette ouverture vers l’anglais a-t-elle été perçue au Québec ? Ariane : « J’avais bien préparé mon coup, je pense, parce que j’ai fait un album de reprises en anglais (‘Trauma’) pour une série télé où je revisite notamment REM, Cohen, Dylan, etc… C’était quelque part une carte de visite insidieuse, mon cheval de Troie ! L’album a été accueilli peut-être moins fort au niveau critique parce que c’étaient des reprises et venant d’une auteur-compositeur… mais le public a beaucoup adopté ça. Et c’était une façon de faire passer qu’il y avait cette réalité anglo-saxonne que j’avais envie d’exprimer. Après, ça s’est inscrit dans le processus créatif. Quand j’ai commencé ‘MA’, j’étais en recherche et création, j’allais au studio tous les jours, je voulais juste explorer, apprendre les machines, et y’avait des choses qui sortaient tantôt en anglais, tantôt en français. J’ai vraiment laissé les choses venir. Mais je ne perds jamais une occasion de rappeler que

L’Alchimiste

Ariane Moffatt

je suis une ambassadrice du français et que mon identité première est francophone. Je n’ai donc pas eu de lettres d’insultes, à part peut-être une ou deux de gens extrémistes ! (Rires) » Et au niveau des textes, est-ce qu’il y a des choses qui sortent plus spontanément en anglais qu’en français ? Ariane : « En tout cas, j’ai été surprise de réaliser que ce n’étaient pas les mêmes choses qui sortaient de moi dans une langue ou dans l’autre. Les chansons en anglais sont plutôt dans un registre plus grave, plus sombre. En français, c’est plus perché, plus aérien. Niveau contenu, j’avoue que le fait d’être moins intime avec l’anglais semble induire que je peux davantage m’autoriser à jouer des personnages, digresser de ma nature pour inventer des scénarios. En français, je me mentirais si j’allais trop loin et je reste plus proche de mon intimité profonde. Au niveau sonorité, musicalité, c’est sûr qu’on n’aborde pas les choses de façon similaire en français ou en anglais. Par exemple dans ma chanson ‘Rules Of Legal Love’ , il y a des phrases qui sont « shoutées » comme «Could I be more cruel », je sais que je serais pas aussi à l’aise avec ça en français. » Est-ce qu’on t’a reproché d’aller vers l’anglais pour élargir ta fan-base précisément ? Ariane : « On m’a effectivement beaucoup questionné sur cette démarche. Ce que je réponds, c’est que ça partait du local, de Montréal, de mon quartier... Voyons, quatrième album et personne ne connaît Ariane Moffatt dans le milieu anglophone de Montréal, c’est « weird » ! Comme en Belgique peut-être, tout est très cloisonné culturellement. Le milieu de la musique francophone a complètement une autre façon de travailler. Le milieu anglophone est plus communautaire, plus axé sur le « rest of Canada » et les US. Au Québec s’est formé une infrastructure très québécoise. Ca ne se mélange pas tant. Parfois un peu avec les musiciens accompagnateurs, Robbie Kuster, le gang à Patrick Watson, Karkwa, il y parfois des vrais liens. Mais pour en revenir à ma démarche, je suis beaucoup moins dans la performance et la finalité du succès que j’ai pu l’être. Même si c’était bien de l’être, je suis une fille « sport » ! (Rires) J’ai la chance de pouvoir retourner dans mon Québec sans rien prendre pour acquis et d’avoir un peu d’assises qui me permettent de partir après dans des plans un peu plus casse-cou ! Chez nous j’ai beaucoup plus de notoriété qu’en Belgique et en France mais je ne me comporte pas comme une « star ». Ce que je voudrais, ce n’est pas nécessairement être une star ici aussi mais de gagner un peu contre l’industrie, sans vouloir être amère. Casser ce mur pour me rendre aux gens, avoir les outils possibles pour faire plus de scène, pour avoir une diffusion qui me permette de gagner cette bataille pour aller à la rencontre des gens.» Un disque : ‘MA’ (Sony Music) Suivez le guide : www.arianemoffatt.com


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Texte: Bram Vermeersch i Trad. : Fabrice Vanoverberg

Cold Specks

Résidente de Londres, la Canadienne Al Spx ne formule pas d’espoirs insensés à la sortie de son premier album ‘I Predict A Graceful Expulsion’ sous son pseudonyme de Cold Specks. Le risque est toutefois grand que le public accroche à son univers mûr, en dépit du jeune âge de son auteur (24 ans). Le moment était venu de saisir notre téléphone et d’appeler l’Amérique.

Exorcisme émotionnel Al Spx : « Je suis pour l’instant à la Nouvelle Orléans, ça fait deux semaines qu’on fait la première partie des Great Lake Swimmers. Hier, on a joué à Austin, Texas, c’était géant et jusqu’à présent, tout se passe bien. » Ce qui me frappe sur ton premier disque, c’est qu’il sonne plus mûr que ce que ton âge réel laisse supposer, comme si tu écrivais des chansons depuis des années. Al : « Tous les morceaux de mon album ont été écrits quand j’étais encore ado. J’ai posé les bases il y a des années. J’avais des tonnes d’idées mais ça m’a pris des lustres pour qu’elles évoluent dans le bon sens. » On dit que les field recordings d’Alan Lomax ont eu une grande influence. Al : « Quand j’étais en studio pour ‘I Predict A Graceful Expulsion’, j’ai énormément écouté les enregistrements d’Alan Lomax. Je me sens très proche de tous ces chanteurs qu’il a documentés, de tous ces gens qui faisaient ça par amour. Ils n’en avaient rien à battre d’une carrière musicale, c’était très pur. C’est ce que j’entends dans cette musique. ‘Southern Journey’ est une des compilations d’Alan Lomax qui m’impressionne le plus. » Ta musique est influencée par la soul bluesy du sud des Etats-Unis. Al : « J’adore l’esprit ancien de Sam Cooke, par exemple. Il a quelque chose de pacifique. Sa musique est magnifique, aussi. Ca vaut également pour James Carr, le chanteur soul de Memphis qui a écrit ‘The Dark End Of The Street’. Il m’obsède. » Quand tu étais enfant, tu étais fascinée par la musique de ton père qui vient de l’est de l’Afrique. Ressens-tu cette vibe dans ta musique ? Al : « Pas spécialement. Hamza El Din est une inspiration, c’est vrai. Il a joué en 1964 au Newport Folk Festival; Joan Baez, Bob Dylan et The Grateful Dead l’ont remarqué et il jouait d’un instrument à cordes que j’adore, l’oud. »

Accepter la perte Ton disque s’intitule ‘I Predict A Graceful Expulsion’. Ta musique est-elle une forme d’exorcisme soft? Al: « J’essaie surtout d’écrire des titres intemporels, peu importe que ma musique soit douce ou clean. Appelons ça un exorcisme émotionnel. » Dans chaque article à ton sujet, on retrouve le terme doom soul. Al: (rires) « Au départ, c’était une blague. Quand j’ai créé ma page Facebook, j’ai sucé un genre de mon pouce pour décrire ma musique: doom soul. La blague vit depuis sa propre vie. » Tu as emprunté ton nom Cold Specks au chef-d’œuvre ‘Ulysse’ de l’écrivain irlandais James Joyce. Al: « ”Born all in the dark wormy earth, cold specks of fire, evil, lights shining in the darkness.” Quand j’ai lu ça, je savais que j’avais trouvé mon nom de scène. Cold Specks : ça correspond bien au ton de mon album. » Tu as fait écouter ton disque à ta famille ? Al: « Non. Je n’ai aucune idée de ce qu’ils en pensent, ce n’est pas un sujet de conversation entre nous. Parce que ma famille n’aime pas que je fasse de la musique ? Je préfère ne pas approfondir le sujet si ça ne te dérange pas. C’est une histoire de famille que je ne veux pas ressasser. » Passons à quelqu’un qui t’a aidé à faire ce disque, Rob Ellis, qui a bossé avec PJ Harvey, Anna Calvi et Marianne Faithfull. Que t’a-til apporté d’essentiel ? Al: « Je pense que je fais désormais beaucoup plus attention à ma manière de chanter. J’ai appris qu’il ne faut pas crier quand on

chante. On peut garder la note d’une manière plus belle et plus douce, ça a beaucoup plus de force que simplement chanter fort. » Tu chantes “I’m a goddamn believer” (je suis une fichue croyante). En Dieu, en la vie, en la nature? Al: « La foi, l’amour et la mort, ce sont les thèmes du disque. J’essaie de rester vague sur la foi. Certains passages sont des allusions à la Bible mais il ne faut pas prendre ça au premier degré. L’amour ? Une phrase comme “sons and daughters, may you kill what my blind heart could not” est très émouvante, je trouve. Ca parle d’un garçon que je connaissais quand j’étais ado. Ce n’est pas toujours simple d’être amoureux de quelqu’un. La mort ? Certains morceaux parlent d’accepter la perte d’un proche, mais aussi de ton identité et de l’environnement qui t’est familier. » Quitter le Canada pour Londres, ça fait quoi ? Al: « Difficile au début. Vraiment. Par rapport à Toronto, Londres est tellement grande. Mais j’aime Londres, la ville me manque quand je suis en tournée. » Al Spx est un pseudonyme. Les lecteurs de RifRaf peuvent-ils connaître ton vrai nom ? Al: « Non, je préfère ne pas dévoiler mon vrai nom à des inconnus. Ca me met mal à l’aise. Mon nom de scène est confortable, même s’il n’a pas vraiment de sens. Al est un surnom qu’on me donne depuis toujours, Spx est juste une autre façon d’écrire Specks. Très commercial, hein. (rires) »

Cold Specks ‘I Predict A Graceful Expulsion’ Mute/Pias Al Spx (quel blase!), c’est d’abord ce genre de Canadian dream dont raffolent les canards. Depuis une banlieue de Toronto qui n’existe sur aucune carte, une fille-de-rien dans une famille longue comme le bras, pas du genre à s’attarder sur les bancs du savoir normé parvient, après un déluge d’accrocs, à poser une empreinte inaltérable au ‘Later With Jools Holland’: du storytelling sur mesure pour faire chouiner chez Oprah Winfrey ou pour un remake aux œstrogènes de ‘Good Will Hunting’. ‘I Predict A Graceful Expulsion’ est pourtant de ces rarissimes disques qui font croire aux contes de Noël transatlantiques. Par l’entremise d’un heureux hasard et du producteur Rob Ellis (Anna Calvi, PJ Harvey, Marianne Faithfull), il nous est donné d’écouter une voix qui charrie l’or et les corps (« Take my body home », exhortation caressante de ‘The Mark’) avec la même conviction profonde qu’une Mirel Wagner qui aurait adopté l’ocre de la soul plutôt que la rêche outre-tombe, que la Macy Gray d’antan, complètement démaquillée. À la deuxième écoute, les stigmates apparaissent déjà : ‘Heavy Hands’ est un brasier qu’on n’a aucune envie d’éteindre, ���Hector’ un halètement salutaire. Les fêlures de cette fille, qu’on raillait plus tôt, on s’agenouillerait pour en connaître toute l’amplitude, tant elle parvient à faucher sur pied cette part de nous qui préfère veiller tard. « I Am, I Am A Goddam Believer » : à l’avenir, quand vous deviserez meilleurs espoirs féminins, on prend le pari que vous rugirez Colds Specks plutôt que Lianne La Havas. (alr)

on stage 28/08 Feeërieën, Parc de Bruxelles (w/ Spookhuisje) 30/09 Botanique, Bruxelles

Texte : eric therer

A Place Bury St

Avec un nom qui en soi est déjà une énigme, A Place To

Bury Strangers, charrie son angoisse au gré d’âpres déambulations urbaines. Son univers sonore est à la mesure de ses appréhensions existentielles. Comment survivre dans le ventre de la ville ? Comment témoigner de cette survie au quotidien ? Oliver Ackermann, frontman d’APTBS, tente une esquisse de réponse.

Le ventre de la ville Dans quelles conditions ‘Worship’ a t-il vu le jour ? Oliver Ackermann : « Dion, notre bassiste, et moi avons écrit un tas de morceaux sur une période d’environ un mois sans trop savoir où nous allions. Pour l’essentiel, nous avons enregistré l’album dans l’endroit où je vis. C’est une sorte de hangar, un bâtiment semi-industriel qui a été transformé pour partie en espace de vie. Nous sommes treize personnes à y vivre. Le bâtiment comporte un tas de pièces et de recoins. Nous en avons utilisé certains pour l’enregistrement. Nous avons enregistré dans la cage d’ascenseur, la cage d’escalier ainsi que dans des vestibules et de très petites pièces. A chaque fois, le son s’en trouvait affecté de manière différente. Parfois, c’est l’écho d’un puits qui résonne. Parfois, l’endroit où nous nous sommes logés était tellement réduit que le son saute à la gorge tellement il étouffe. » Où se trouve ce bâtiment ? Olivier Ackermann : « Il est situé à Brooklyn. J’ai trouvé cet endroit en 2005. Au début, il s’agissait d’un espace de ème répétition limité au 2 étage. Par après, j’ai décidé d’y vivre et d’y travailler. Plusieurs personnes se sont jointes à ce projet. On y organise également des événements culturels. » Vous venez de signer avec Dead Oceans, un petit label affilié à Secretly Canadian. Votre précédent album avait été réalisé chez Mute. Qu’est-ce qui explique ce changement de maison de disque ? Olivier Ackermann :  « La relation de travail avec Mute s’est bien déroulée. Par après, Mute a été repris aux EtatsUnis par EMI lequel à son tour a connu des difficultés financières parce qu’il opérait une réorganisation. Quoiqu’il en soit, nous nous sommes trouvés sur la sellette, notre contrat n’ayant pas été prorogé, nous nous sommes subitement retrouvés libres d’aller avec qui nous voulions. On est rentrés en contact avec Dead Oceans, un petit label qui était en train de s’établir et cherchait de nouvelles voies. Le label est établi à la fois en Indiana, à Bloomington et à Austin au Texas. » Bloomington, Indiana est une de ces petites villes universitaires typiques du Middle West américain qui déborde d’énergie. La connais-tu ? Olivier Ackermann : « Nous y avons joué il y a environ trois, quatre mois. Nous en gardons un très bon souvenir. Les gens y sont très sympas, plus détendus que dans les grandes villes. » APTBS a également joué en Colombie. Quelle a été la réaction du public local à l’égard de votre musique qui


Texte : eric therer © Alex Lake

e To Strangers est profondément urbaine et nordiste ? Olivier Ackermann :  « En Colombie, il y a systémiquement un homme armé à l’entrée de chaque magasin important, de chaque restaurant ou brasserie. Et pourtant, on ne sent pas de débordement palpable, il y a comme une maîtrise du sang froid chez tous ces types. Nous avons joué dans un musée. Des adolescents martelaient les vitres en hurlant pour pouvoir rentrer. A l’inverse, on a joué dans un stade rempli de vigiles. Malgré cela, il n’y a eu aucun incident. On sent une excitation très forte à l’égard de la musique chez les jeunes, comme un instinct de vie indomptable. » ‘Worship’, le titre de votre album, est lourd de sens. Qu’avez-vous voulu exprimer plus particulièrement ? Olivier Ackermann : « Le terme est évidemment sujet à de multiples interprétations. Il a une dimension quasi-universelle. Au départ, c’était juste le titre d’un morceau. On l’a repris pour nommer l’album car le mot est simple, il débouche sur beaucoup d’interrogations… » Ce n’est un secret pour personne que votre musique se nourrit énormément des influences de musiques des eighties. Qu’est-ce qui vous fascine dans cette période et cette culture ? Olivier Ackermann : « Plus jeune, au moment où j’ai commencé à jouer de la guitare, je suis rentré en contact avec toute cette culture musicale. A l’époque, je vivais dans une petite ville de Virginie où ceux qui écoutaient ce type de musique ne couraient pas les rues. Au début, c’est mon frère qui m’a amené vers le post-punk avec des groupes comme Dead Kennedys, Minor Threat, Circle Jerks. Plus tard, j’ai découvert les drogues et en même temps Ministry, My Bloody Valentine et Jesus & Mary Chain. Il semblait alors que cette musique était le seul compagnon crédible à nos escapades. On s’emmerdait ferme, il n’y avait pas grand-chose à faire : aller dans les bois avec un peu d’alcool, faire gueuler la stéréo portable, traîner… Avec Slowdive, il y avait soudainement autre chose, un monde derrière le monde… » Vous avez fini par jouer avec Jesus & Mary Chain en 2007. Qu’en avez-vous retenu ? Olivier Ackermann :  « Au début, j’étais tout fou, je n’en croyais pas mes yeux. Et puis, une fois qu’on a partagé la même scène, les choses se sont un peu désacralisées. Quand bien même, je les regardais jouer et je me sentais très touché par cette proximité. Tout ce que j’avais adulé dans ma jeunesse m’était tout d’un coup donné à voir sous un autre angle, une dimension subitement réelle… »

A Place To Bury Strangers ‘Worship’ Dead Oceans/Konkurent Troisième album pour ce trio de Brooklyn qui vit le jour dans les entrailles de Brooklyn à l’orée des années 2000. Depuis son second album ‘Exploding Head’ sorti il y a trois ans, APTBS a connu un changement de label, de batteur et de bassiste, Dion Lunadon (The True Lovers) remplaçant Jono Mofo parti sous d’autres cieux. Qu’à cela ne tienne, le groupe s’en sort raffermi. Il a affiné son son pour le pousser dans ses recoins les plus touffus et les plus serrés. ‘Worship’ poursuit et s’inscrit dans la continuité d’une musique qui doit beaucoup à l’héritage de l’époque constituée par la charnière de la fin des eighties et du début des nineties, surtout à Jesus And Mary Chain et, dans une moindre mesure, à des groupes du mouvement shoegaze tels Slowdive ou Ride. La musique d’APTBS est profondément et intensément urbaine. Elle pourrait servir de bande son pour une nouvelle de Raymond Caver ou pour le ‘Fat City’ de Leonard Garner tant la densité qui la sous-tend maintient l’auditeur dans un état de constante tension. (et)

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Lianne

La Havas

Jeune chanteuse londonienne inspirée et douée, Lianne La Havas a très vite démontré son habilité à écrire des chansons simples mais amplement bien construites. Elle le fait avec

aisance et avec cette légèreté qui caractérise ceux qui vont de l’avant sans se donner pour autant des airs. Pour l’heure, Lianne conserve sa simplicité et demeure très accessible. Après quatre singles remarquables, ‘Is Your Love Big

Enough ?’, son premier album au titre en forme de question existentielle, sortira début juillet. Petite conversation au téléphone depuis une chambre d’hôtel anonyme en guise de présentation.

Lianes havanaises Comment ‘Is Your Love Big Enough ?’ a t-il vu le jour ? Lianne La Havas : « C’est un album qui a pris plusieurs années avant de voir le jour. J’avais fait la rencontre de Matt Hales à Londres il y a quelques années par l’intermédiaire d’une personne que nous connaissions en commun. Très vite, nous avons travaillé ensemble sur des maquettes de chansons. Par la suite, il a déménagé à los Angeles. J’ai continué à écrire de mon côté puis je l’ai rejoint là-bas pour terminer le travail que nous avions entrepris. Nous avons enregistré dans son grenier. Hormis une chanson qui a été enregistrée à Londres, le reste l’a été chez lui. Le travail de production final a été en partie réalisé à New-York. Notre relation a été très collaborative, très fructueuse. » Le titre de ton disque renvoie à la thématique de l’amour auquel il semble que l’on ne cesse jamais de demander des preuves… Lianne : « On peut le voir de cette façon. L’amour présente tellement de facettes différentes que l’on ne peut le réduire à un thème unidimensionnel. En choisissant ce titre, j’ai consciemment voulu parler de la façon dont l’amour m’avait affecté dans ma vie. Il y a très certainement - je ne m’en cache pas - une partie autobiographique dans ces chansons. D’autres ont un sens plus littéral et ne me concernent pas vraiment. » Dans quelle mesure la littérature exerce t-elle une influence sur ce que tu fais ? Lianne : « La littérature a toujours été une de matières enseignées que je préférais. A l’école, j’aimais les histoires et la poésie. Plus tard, je me suis tournée vers les romans et vers certains auteurs comme William Blake. Récemment, j’ai lu ‘Life of Pi’ que j’ai adoré. L’art de raconter une histoire n’est pas aisé. Il présente des similitudes avec celui d’écrire une chanson. En tournée, j’emporte toujours un livre avec moi. Il reste parfois caché au fond de mon sac car le temps me manque souvent pour me consacrer entièrement à la lecture. » Ton père est d’origine grecque. En quoi cet héritage t’a t-il influencée ? Lianne : « Ce n’est pas tant l’origine géographique de mon père comme telle qui a été déterminante mais le fait qu’il est lui-même musicien. Enfant, je l’entendais jouer toutes sortes d’instruments à la maison. Je pouvais l’écouter des heures entières, j’étais parfois fascinée. C’est lui qui m’a ouvert les oreilles sur toutes sortes de musiques, du jazz à la world en passant par le reggae. Il m’a poussée très tôt à jouer un instrument. » Qu’en est-il de ta mère qui, elle, est d’origine jamaïcaine ? Lianne :  « Ma mère est plutôt une fan de r n’ b et de soul. Elle écoutait les Fugees, Gill Scott et Michael Jackson. Ses goûts sont complémentaires à ceux de mon père. » Tu figures à l’affiche du légendaire North Sea Jazz Festival qui se tiendra début juillet à Rotterdam. Que ressens-tu à l’idée de jouer là-bas ? Lianne : « C’est évidemment pour moi un immense honneur. Je suis à la fois très fière et très excitée d’y participer. Si l’on m’avait dit étant plus jeune qu’un jour je serais à l’affiche de ce festival, je ne l’aurais pas cru. J’ai grandi en écoutant plusieurs des têtes d’affiche qui ont fait sa célébrité. » Parallèlement à ces grandes scènes, on t’a vu fouler celles d’endroits plus modestes comme le Café de La Danse à Paris pas plus tard qu’avant-hier… Lianne :  « C’est complémentaire. A Paris, j’ai reçu une réaction très amicale et chaleureuse à ma prestation. On s’y sent vite à l’aise. C’était un bon public. Aux Etats-Unis, l’espace est plus grand, dans tous les sens du terme. Il implique inévitablement une distance entre les gens et les lieux mais aussi le fait qu’il faille disposer de temps pour y circuler et pour y voyager. » On t’a vu partager la scène avec Bon Iver. Qu’en as-tu retenu ? Lianne : « En fait, j’ai ouvert pour lui au cours d’une tournée américaine l’année dernière. Je sais que certains médias ont rapporté le fait qu’on avait joué ensemble mais il n’en est rien ! Je suis une grande fan de Justin Vernon, j’ai beaucoup de respect pour son travail. Sur le plan humain, Justin est une merveilleuse personne. Il est possible que nous collaborions ensemble dans le futur mais actuellement rien n’est encore établi. » Un disque : ‘Is Your Love Big Enough ?’, Warner Bros Records

on stage 08/07, North Sea Jazz Festival, Rotterdam, Pays-Bas


12

Texte : laurent grenier © Julien b ourgeois

On rencontre d’abord Sing Sing et Eloïse dans l’arrière-boutique d’une poissonnerie de Schaerbeek. Mais, rapidement, on décide d’aller faire l’interview au musée de la bière, à trois rues de là. L’endroit

insolite correspond bien à l’univers étrange de leurs disques. Construit sur les répétitions, économe en mots, décharné musicalement, vécu physiquement, ‘Feu La Figure’ reprend les choses là où ‘La Langue’ les avait laissées mais les aborde désormais en trio, avec davantage d’urgence et d’électricité. C’est surtout Sing Sing qui s’en expliquera, tenant le crachoir pour

défendre ses enjeux langagiers, son intuition que le verbe crée plutôt qu’il ne désigne. En l’occurrence, une chanson française cérébrale et tactile, vraiment singulière, dont les mots résonnent à chaque écoute un peu plus différemment, un peu plus profondément. Sing Sing (guitare, voix) : « On s’est rencontré il y a six ans. Eloïse chantait beaucoup à capella où jouait avec des musiciens de passage, surtout dans les bars, des chansons anciennes, du douzième, treizième, quatorzième siècle. Moi, j’étais au début d’un répertoire solo. On s’est rencontrés à une carte blanche d’un ami commun. Son univers m’a intrigué. Par de nombreux hasards, on s’est recroisés plusieurs fois dans les mois qui ont suivi. Finalement, elle m’a demandé de l’accompagner à la guitare sur un ou deux concerts et il s’est passé quelque chose. J’ai ressenti une espèce de magnétisme. Du coup, on a décidé de continuer à faire des trucs ensemble, naturellement. »

qu’on avait découvert grâce à son travail sur les derniers disques d’Eric Chenaux, un songwriter canadien avec lequel Eloïse collabore. On s’est rencontrés. On a parlé de plein de trucs : de Jean-Claude Vannier, de musique psychédélique française et, aussi, beaucoup de musique arabe. On avait à la fois suffisamment de points communs et de différences pour que ça puisse ouvrir des perspectives nouvelles. » Qu’est-ce qu’il a apporté ? Sing Sing : « Le plus important, c’est qu’il a permis que Mocke ne soit pas derrière la console et se concentre pleinement sur son rôle de musicien, qu’il puisse rêver le disque de l’intérieur.

Si tu continues, je vais monter sur une chèvre

Pourtant, pour ce deuxième album, vous affichez clairement un passage au trio avec Mocke du groupe Holden. Sing Sing : « Il était déjà sur ‘La Langue’ comme réalisateur. Il jouait aussi quelques guitares additionnelles. J’ai toujours été fan de son jeu de guitare. C’est quelqu’un avec qui on avait des conversations de bistrot. On parlait de bouquins, on s’échangeait des disques. Il a une façon assez oblique de comprendre la musique qu’il écoute qui me fascine. Il représentait aussi pour nous le moyen de ne pas se laisser piéger par l’incarnation d’un couple qui s’exprime en tant que couple. Lors des premiers concerts à trois, il était très réservé. Puis au fur et à mesure qu’il prenait de l’aisance, les morceaux de ‘Feu La Figure’ ont commencé à se créer comme des échanges entre nous. Je dialogue maintenant autant avec sa guitare qu’avec la voix d’Eloïse. » Concrètement, qu’est-ce que ça change dans la manière d’aborder ou d’écrire les morceaux ? Sing Sing : « Je ne sais pas si ça implique des changements dans l’écriture à proprement parler. Par contre, pour moi, il n’y a pas eu de moment où j’ai écrit ‘La Langue’ : j’ai écrit des chansons pendant cinq ans et à un moment, il y en a eu assez pour faire un disque. Mocke est arrivé à ce moment-là et la différence avec ‘Feu La Figure’, c’est qu’il a bossé sur des chansons qui ne lui appartenaient pas depuis très longtemps. La méthode de travail qu’on a utilisée sur ce nouveau disque existait donc déjà sur le précédent, mais en promesse seulement. Si Mocke apporte vraiment une différence, c’est plutôt au niveau de l’urgence, de l’adrénaline dans lesquelles sont nées les chansons. Là, j’arrive avec un riff, deux accords et tout le monde se met à improviser sur le truc et l’affaire est bouclée très rapidement. Le morceau ne s’élabore plus du tout en chambre par moi tout seul. » C’est quoi cette manière oblique de comprendre la musique de Mocke? Eloïse Decazes (voix) : « C’est plutôt une manière oblique de la rêver, une manière étrange de relier toutes les musiques qui l’excitent, toutes celles qu’il aime. La façon transversale dont il s’y engage est étonnante et intrigante. » Autre changement par rapport au premier album enregistré dans des conditions plutôt lo-fi, le passage au studio, au Canada. Sing Sing : « L’Hotel2Tango ressemble à une maison avec un peu plus de matos. L’idée d’aller enregistrer là-bas, c’était moins celle d’aller en studio que de s’isoler un peu plus loin. Finalement, on a un peu peur du studio, du grand-méchant loup qui viendrait hygiéniser le truc. D’un autre côté, je ne souhaite pas tomber dans le culte du lo-fi pour le lo-fi, ça n’apporterait rien non plus. Ce qui nous a motivés, c’est surtout la possibilité de travailler avec Radwan Ghazi Moumneh

Je savais aussi que c’était quelqu’un qui pouvait travailler dans l’urgence et rester assez brut en studio. Radwan est fantastique. T’arrives au studio, il te dit de prendre quelques amplis et de jouer. Il te tourne autour, il installe des trucs, il commence à enregistrer que tu ne t’en rends même pas compte. Il n’est pas du tout intrusif. » Eloïse : « Radwan n’a pas été là comme une autorité de studio. Il a été là pour rattraper les choses quand, tout d’un coup, il y avait trop d’inquiétude. » Sing Sing : « Et aussi, pour saisir les beaux moments. Ceux que tu trouves toi-même beaux par après mais que sur le moment tu ne perçois pas tels quels parce que tu n’as pas le recul nécessaire. Je crois beaucoup à ça : ce que tu trouves n’est pas à l’endroit où tu le cherches. Si t’es tout seul, tu continues à fouiller dans ton endroit et ça peut devenir obsessionnel. » Est-ce que, par exemple, l’électrisant trip final de ‘Chien Mort, Mi Amor’ résulte d’un de ces égarements ? Sing Sing : « Euh. Ça devait être moins long au départ. Sur scène, ce morceau peut être plus long ou raccourci, ça dépend. On avait déjà sorti ce titre sur un 45 tours où le final ne durait qu’une minute, pas cinq. Ici, on a improvisé ce final en studio mais l’idée, c’était d’avoir de la matière pour pouvoir recouper, retravailler par après. Finalement, Radwan a décidé de tout garder. Il nous a dit que c’était notre identité, qu’il fallait assumer, que si l’on devait être francs, autant l’être jusqu’au bout. C’est important pour moi parce que j’aimerais que chaque disque soit le témoignage du moment où on l’a enregistré. S’il était resté des choses qui ne plaisaient sur le disque, je n’y serais pas retourné, je l’aurais sorti avec ces erreurs. C’est comme ça que je me sens à ma place. » Dans une interview que vous accordiez pour le premier album, vous disiez que ‘La Langue’, ça n’était pas uniquement le langage mais aussi le muscle. Quelle est la part de physique dans ce nouveau disque ? Sing Sing : « Dans toutes les chansons, je crois qu’il y a ce double enjeu de la langue comme prise de parole et aussi comme organe avec lequel on roule une pelle. Il y avait peut-être un point de vue plus éthéré sur ‘La Langue’ que sur ce disque où je ressens vraiment les chansons comme des jeux physiques, comme une façon sensible d’expérimenter le langage. J’ai appris ça récemment, en Argentine, ils ne disent pas jouer de la musique mais toucher la musique. Je trouve ça très beau. Ça implique que tu ne la fabriques pas mais que tu la reçois, que tu la malaxes. Au bout d’un moment, le sujet des chansons devient lui-même ce rapport un peu instable à la matière. » Rapport à l’animalité aussi. Ce disque aurait pu s’appeler ‘Bestaire’. Sing Sing : « ‘Feu La Figure’ c’est un peu la fin de la figure humaine. En fait, il n’y a pas de réel animal dans ce disque. Il y a quelqu’un qui est comparé à une sauterelle, à un rhinocéros mais ce sont toujours des idées. L’idée que le langage échoue à désigner les choses et en même temps que le langage les crée. J’ai toujours l’impression que ce verre n’est un verre que parce que je l’appelle un verre. Qu’avant que je l’appelle un verre, c’est un truc complètement abstrait. Maintenant, je n’ai pas de discours à avoir sur la parole, je ne suis pas un prof. » T’as étudié le sujet ou lu des livres là-dessus ? Sing Sing : « J’ai lu récemment des livres sur le sujet parce que je me suis rendu compte que c’était quelque chose qui m’obsédait. Je retire des essais sur la question ce que j’en comprends, c’est-à-dire pas tout. J’interprète. J’ai une lecture un peu paranoïaque des choses et j’ai systématiquement l’impression que ça parle toujours de cette fonction du langage. Je finis par me faire une espèce de philosophie cuisinée maison.» Vous répétez certaines phrases quasiment ad libitum, comme sur ‘Revoir La Mer’. Sing Sing : « Quasiment toutes les chansons de ‘La Langue’ et de ‘Feu La Figure’ sont bâties sur des répétitions mais elles ne sont pas toutes aussi spectaculaires que sur ‘Revoir La Mer’. Ça vient aussi d’un goût pour la ritournelle. C’est comme dans les vieux blues où juste un mot change de temps en temps. Il y a un truc litanique, un truc de mantra, d’hypnose. Et l’envie aussi de ne pas faire de remplissage. Parfois, quand j’entends une chanson, je trouve un vers fulgurant et tout le reste inutile. Après, je me rends compte aussi que le même propos répété trois ou quatre fois (trente-six sur ‘Revoir La Mer’, ndr) rejoint mes enjeux langagiers, que le sens même du propos peut changer, se diluer, s’enrichir à chaque nouvelle répétition. » Est-ce aussi une manière d’entretenir un mystère ? Sing Sing : « C’est le risque qu’on prend. Mais j’espère que non. Rien ne m’emmerde plus que le mystère fabriqué. Ça peut paraître prétentieux mais j’aimerais saisir un mystère plutôt que de le fabriquer. J’aime bien qu’un morceau continue à se dérober. Qu’une chanson ne soit pas de la communication. Une de mes grandes influences, c’est ma grand-mère qui raconte n’importe quoi du début à la fin de la journée, qui soliloque, qui peut te sortir des phrases du genre « si ça continue, je vais sortir en éléphant » ou « si tu continues à m’emmerder, je vais monter sur une chèvre ». Ce que je cherche à recréer, finalement, c’est moins du mystère que de l’étonnement. » Au rayon des influences, tu cites souvent Michaux. Pour ‘La Connaissance Par Les Gouffres’ ? Sing Sing : « Pour le caractère incantatoire de la parole. Personnellement, j’ai eu un rapport aux drogues plus ou moins heureux. Mais en tant que groupe, on n’a pas un rapport aux drogues très intime. On n’écrit pas, on ne joue pas sous drogues. Sous alcool, oui. L’alcool, c’est important comme accélérateur de température, comme mythologie aussi. Mais plutôt une mythologie rabelaisienne que bukowskienne. » Un disque : ‘Feu La Figure’ (Almost Musique/V2)


special festivals

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Dour Festival . Rock Herk . 10 Days Off . Power Festival . Ronquières Festival Reggae Geel . Esperanzah . Dranouter Festival . Lokerse Feesten . Micro Festival Wead Festival . Feest In Het Park . Pukkelpop . Les Nuits Secrètes Rock En Seine . Cabaret Vert + agenda

Dour Festival

12 - 15 juillet

Plaine De La Machine à Feu, Dour

St. Vincent Logée au cœur du Borinage, au milieu des terrils, la commune de Dour est dépourvue de toutes facilités. L’héritage du charbonnage et la décentralisation des activités industrielles ont laissé des traces dans le tissu économique de cette région assise entre la frontière française et la cité du Doudou. Mais m’biau, ici on sait recevoir ! Ouais gros, à Dour, les gens ont un cœur gros comme ça. Et le festival local est le seul événement de l’été où il peut encore se passer quelque chose. Pas encore aseptisée, la manifestation vibre toujours au rythme de ses festivaliers. Au Dour Festival, on peut voir une stripteaseuse servir des calamars, un type qui, pendant quatre jours, promène son chien en peluche. On peut discuter tranquillement avec les gens du bar, échanger des sourires et de vieilles histoires (voir l’historique de la programmation et les archives insensées du festival). On peut aussi prendre un bain de boue ou se rouler dans la poussière avec un type qui se prend pour un coléoptère. Dour est un monde à part. Avec ses 6 chapiteaux et une imposante scène en plein air, le festival est une sérieuse alternative, un des seuls moyens d’échapper aux affiches interchangeables des autres manifestations estivales. Faut dire qu’avec 200 groupes programmés, le Dour Festival n’y va pas avec le dos de la cuillère. Ici, pas de barrière entre les genres, pas de frontières entre les gens : l’harmonie est totale. Personne ne s’étonnera de rencontrer un Macédonien punk-à-chien fan de hip hop. C’est-nor-mal. Tous les styles musicaux sont ici représentés. Comme d’habitude, impossible d’aller tout écouter, à moins de gérer le don d’ubiquité. Pour vous aider à trancher un peu dans la programmation pléthorique, le RifRaf se penche sur une petite sélection aussi subjective qu’alléchante. Du côté de la pop moderne, on se réjouit de croiser la route de Caribou, The Rapture, Baxter Dury, Poliça, Team Me, Givers ou St. Vincent. A Dour, la chanson française se chante autrement (avec le gourou Sébastien Tellier, La Femme ou François & The Atlas Mountains) et la musique électronique se danse du matin au soir (Squarepusher, Rone, Adam Bayer, DJ Koze, Lone, Pantha Du Prince, Mount Kimbie, Ben Klock, Koan Sound, Ikonika, Clark, Actress, Shlomo ou James Blake et son attirail de DJ). Les artistes belges sont omniprésents (BRNS, School is School, The Experimental Tropic Blues Band, Dan San, Lefto, V.O., The K., Do Or Die, The Hickey Underworld, Great Mountain Fire). Et si on espère, cette fois, couper aux caprices de la météo et aux orages, on n’échappera pas aux coups de tonnerre électrique annoncés sur la Plaine de la Machine à Feu (Napalm Death, Meshuggah, Crowbar, Suicidal Tendencies, Red Fang, Baroness, Amenra, Cerebral Balzy, Heaven Shall Burn). Les amateurs de hip hop, eux, peuvent déjà se frotter les mains. Le retour de Black Star (Mos Def et Talib Kweli), des Dilated Peoples et de Pharcyde comptent parmi les grandes attractions de l’été. Et puis, il y aura d’autres distractions (Doom, Grems, 1995, Puppetmastaz, Dope D.O.D., Speech Debelle, C2C). D’obédience rock’n’roll ou post-punk, les guitares tiennent toujours la corde (Hanni El Khatib, The Ex & Getatchew, Dinosaur Jr., Kurt Vile & The Violators). Et puis, à côté du reggae (Barrington Levy), du ska (The Skatalites), de la soul (Nick Waterhouse) et du funk (Dâm-Funk), le Dour Festival aligne quelques solides têtes d’affiche (Franz Ferdinand, The Flaming Lips, Bon Iver, Battles, Black Box Revelation, Selah Sue ou Nada Surf). Du reste, d’après le site Last FM, le festival est « le meilleur endroit du monde pour faire des découvertes musicales ». Ben alors… Combien ça coûte ? En regard des autres grands festivals, la débourse reste totalement abordable. 100 euros le pass 4 jours (117 avec le camping). 50 euros la journée (60 avec camping), voilà de quoi largement rentabiliser l’accès aux sept scènes quotidiennes ! S’y rendre ? Fan de la SNCB ? Vous avez déjà votre ticket ? Ce n’est plus le Pérou, c’est le Nirvana, des navettes gratuites sont prévues depuis la gare de Saint-Ghislain. Pour les accros au plein d’essence, prendre la E19 direction Bruxelles - Paris ou la E42 Liège - Namur - Charleroi - Mons - Paris jusqu’à la sortie 26 (Dour). Un jeu de piste fléché vous mènera au sacré Graal quelques kilomètres plus loin.

www.dourfestival.be

Jeu 12 juillet

Sam 14 juillet

The Last Arena Kaer (Starflam), La Ruda, Black Box Revelation, Selah Sue, Franz Ferdinand, Nero (live) ClubCircuit Marquee Steak Number Eight, Juveniles, Merdan Taplak, School Is Cool, Great Mountain Fire, Caribou, Rone, Joris Voorn, Adam Beyer, Max Cooper Dance Hall Compact Disk Dummies, Souleance, Nick Waterhouse, Owiny Sigoma Band, Shaka Ponk, Scuba, Squarepusher, Clark, Herrmutt Lobby Magic Soundsys tem The Peas Project, La Phaze, Montevideo, Mickey Moonlight, Breakbot (live), Busy P, SebastiAn (dj-set), Feadz Petite Maison Dans La Prairie Roscoe , La Femme, CasioKids, Plants and Animals, Dan San, Agoria presents Forms Red Bull Elektropedia Balzaal Murdock 10th anniversary, Wilkinson, Fred V & Grafix feat. Script MC, S.P.Y. feat. MC Lowqui, London Elektricity & Mc Wrec, Danny Byrd, DJ Hype feat. Daddy Earl, Die & Break

The Las t A rena BaliMurphy, Les Fils De Teuhpu, Barrington Levy, Nada Surf, Bon Iver, Dilated Peoples ClubCirc u i t Marqu ee Kapitan Korsakov, The Bots, Spector, Stuck In The Sound, The Pharcyde + Live Band, Little Dragon, The Shoes, Club Cheval (dj-set - Canblaster vs Sam Tiba vs Panteros666 vs Myd), Brodinski vs Gesaffelstein Dance Hall Sunrockers, Cornel Campbell & Soothsayers, Marcel & Son Orchestre, Andrew Tosh, Midnite, Parov Stelar Band, DJ Koze, Ben Klock, Marcel Dettmann, Kolombo Magic Sou nd s ys t em Pomrad, Dimlite, DâM-FunK, DOOM, Lunice, Dorian Concept, Tnght, LeFtO 10th anniversary P etite Ma i s on Dans L a P rai ri e BRNS, Poliça, Frànçois & The Atlas Mountains, The War On Drugs, Destroyer, Kurt Vile And The Violators, T. Williams, Julio Bashmore, Mosca, GoldFFinch, Surfing Leons Cannibal Stag e Dirty Fingers, Defeater, Cerebral Ballzy, Caliban, Do Or Die, Skarhead, Heaven Shall Burn, Punish Yourself, Audio, The Panacea vs Limewax, Counterstrike Red Bull Elektropedia Balzaal Untitled presents Kastor & Dice feat. MC Swift, Subscape, Bar9, Figure, Gemini – Circus presents (feat. Krafty MC) Brown & Gammon, Doctor P, Flux Pavilion, Cookie Monsta, Funtcase

Ven 13 juillet The Last Arena Doomtree, 1995, Roots Manuva, Dinosaur Jr., Ministry, Black Star (Mos Def aka Yassin Bey & Talib Kweli) ClubCircuit Marquee Vegas, Willow, The Inspector Cluzo & The Fb’s Horns, The Hickey Underworld, Against Me!, Sébastien Tellier, BATTLES, Foreign Beggars, Friction & Linguistics, Datsik, Delta Heavy Dance Hall Kaizer Place, Klub Des Loosers, Speech Debelle, A.S.M. (A State Of Mind), Puppetmastaz, Pantha Du Prince, Jack Beats (live), Caspa, Congorock, Mumbai Science Magic Soundsys tem Murkage, Seth Gueko, Ubuntu Soundsystem, Kanka, Jahtari Riddim Force, The Twinkle Brothers, Zion Gate Hi-Fi feat. Ras Abubakar, Miniman, Ras Mc Bean, Anthony John & MC Prince, The Dubateers feat. Charlie P/ U Brown + Starkey Banton, Reality Shock Soundsystem feat. Kris Kemist, Aqua Levi, Erroll Bellott, Solo Banton, Dixie Peach Petite Maison Dans La Prairie The Tangerines, V.O., Malibu Stacy, Hanni El Khatib, Fanfarlo, St. Vincent, Godflesh, Actress, araabMUZIK, DJ Food, DJ Odilon Cannibal St age Castles, Rise & Fall, Headcharger, Your Demise, Municipal Waste, Architects, Napalm Death, Meshuggah, The Experimental Tropic Blues Band, Mad Sin Red Bull Elektropedia Balzaal Richard Colvaen, Sun Glitters, Ikonika, Pinch, Shlohmo, Mount Kimbie, Teengirl Fantasy, James Blake (dj-set), Lone, Space Dimension Controller (dj-set), The Chain

Dim 15 juillet The Las t A rena The Computers, Sexion d›Assaut, The Abyssinians, Tiken Jah Fakoly, The Flaming Lips, The Bloody Beetroots (dj-set) ClubCirc u i t Marqu ee Wallace Vanborn, Team Me, Givers, Chairlift, Baxter Dury, The Subways, The Rapture, Atari Teenage Riot, Grems & PmpDj Dance Hall Rohan Lee & Band, Rod Taylor + Positive Roots Band, Broussaï, Dub Syndicate, The Skatalites, Finley Quaye, Max Romeo, Feed Me With Teeth, Switch Magic Sou nd s ys t em Pablo Andres, Dope D.O.D., Disiz, Assassin, Orelsan, C2C, Dj Kentaro P etite Ma i s on Dans L a P rai ri e The K., Turbowolf, Red Fang, Ufomammut, Amenra, Baroness, Kvelertak, The Ex & Getatchew, Rich Aucoin, Devilman, DJ Scotch Egg Cannibal Stag e KomaH, Textures, Deez Nuts, Rise Of The Northstar, Deez Nuts, Lofofora, Crowbar, Suicide Silence, Suicidal Tendencies, Bulls On Parade (Rage Against The Machine-tributeband), Machine Gun (plays AC/DC)


14

Rock Herk

13 - 14 juillet

Herk-De-Stad Il fallait bien que ça arrive un jour, le Rock Herk n’est plus gratuit. Rien de scandaleuse en soi, la nouvelle est d’autant plus rassurante que les prix annoncés sont des plus démocratiques au vu de l’affiche proposée. Bien en-deçà des tarifs prohibitifs d’autres grandes manifestations estivales, le combi deux jours est proposé à 32 euros (ou 40 euros camping inbegrepen) et le ticket pour un jour est facturé 20 brouzoufs. Excellente à sa bonne vieille habitude, la programmation de la main stage balance entre du très lourd qui rameute la foule de rockers grunge (Dinosaur Jr), pop sixties avec une touche de shoegaze (The Ravonettes), hipsters ricaines (Dum Dum Girls), pop DIY catchy (We Have Band) et French Touch 2.0 (Yuksek). Une belle affiche, à la fois cohérente et excitante. A peine moins alléchante, la veille verra Felix Da Housecat ou Feadz soigner leurs apparitions fluorées qui secouent les puces. Outre la scène principale, une seconde mise sur pied par le magazine Vice nous offre quelques noms qui foutent bien la gaule (au pays des Eburons, quoi de plus normal). Entre un vendredi électronique en compagnie d’Eskmo (Ninja Tune), du Bristolien dubstep Joker ou du magnifique The Gaslamp Killer (vendredi) et un samedi punk qui sautille (Architects, Gallows, The Death Set), les écoutilles vont en prendre pour leur grade. Hell yeah, que de bonnes raisons de filer aux confins du Limbourg et du Brabant flamand, c’est à une bonne demi-heure de Bruxelles et à peine plus de Liège. Et bon anniversaire au Rock Herk, 30 ans et toutes ses dents !

Ven 13 juillet Main St ag e Faisal, Raving George, The Subs, Tocadisco, Les Petits Pilous Vice Clu b Bar9, Electric)Noise(Machine, Tomba, TC, Joker, Eskmo, The Gaslamp Killer

Sam 14 juillet Main St ag e We Have Band, Black Box Revelation, Yuksek, Mustard Pimp, The Raveonettes, Polaroid Fiction, Dinosaur Jr., Dum Dum Girls Vice Clu b Emalkay, Trolley Snatcha, Campus, Drumsound & Bassline Smith, Gallows, Architects, Steak Number Eight, The Death Set, While She Sleeps

www.rockherk.be

10 Days Off

13 - 23 juillet

Vooruit, Gand

Ven 13 juillet L’occasion faisait le larron, les « Gentse Feesten » ont mis au monde une créature intéressante au milieu des litrons de bières et des tonnes de frites. 10Daysoff est son petit nom et nous plaire est sa fonction. C’est donc dans une ville en constante ébullition (dès que juillet pointe le nez) que les plus fins palais viennent se délecter des mets électroniques les plus soignés. 10 jours de son, pour un jour off avant le final (reculer pour mieux sauter ?) et c’est le Vooruit qui régale. Profitezen, le lieu n’ouvre qu’à 23h, vous êtes à deux pas du centre historique, visitez ! Dans l’ordre d’une montée d’exta, les 10days ouvrent en fanfare le 13 juillet avec la venue de Dj Koze, à la fois vintage et à la pointe, chic et crade, Tic et Tac. Le 14, on sort le dico Norvégien/Français pour Lindstrøm (on vous les présente? Nan…) et un live des Bruxellois de Montevideo. Les 15 et 16, le festival sortira sa carte “tauliers”, respectivement sur des continents différents, Len Faki et Richie Hawtin. Un Matthew Herbert et un Etienne de Crécy plus tard, c’est le jeune Anglais Anthony Williams aka Addison Groose qui passe en cuisine, buffet du 19 juillet. Grosse sensation de l’année ! Plus installés, ce 20 juillet, c’est Booka Shade qui déménage ses platines de Berlin en terres flamandes avec le talent qu’on leur connaît déjà. Comme son nom ne l’indique pas John Talabot vient de Barcelone, et comme tout bon Catalan, il ne fait rien comme les autres, tant mieux pour les festivaliers du 21 juillet. Le 22 on souffle, on inspire fort pour plonger en apnée et ne retrouver la surface que le 24 juillet à 14h : The Magician, Jacques Renault & Co. De toutes les contrées, de toutes les couleurs, un Belge est à l’appel chaque soir, pour préciser. Amuzment’ hé… Où ça ?  Vooruit de Gand, via l’E40, près de la gare de « Gent Sint Pieters ». Combien ? 16 boules en prévente, 20 à la caisse et une formule avantageuse à 75 euros.

www.10daysoff.be

Lemakuhlar, Pachanga Boys, DJ Koze, Salva

Sam 14 juillet Rory Phillips, Montevideo, Lindstrøm, Moonlight Matters, The Lovely Jonjo

Dim 15 juillet Dan Drastic, Matthias Tanzmann, Len Faki, Kr!z

Lun 16 juillet Ambivalent, Gaiser, Richie Hawtin, Paco Osuna

Mar 17 juillet Nosedrip, Holy Other, When Saints Go Machine, Matthew Herbert, goldFFinch

Mer 18 juillet Ultravid, Compact Disk Dummies, Polydor, Etienne De Crécy, Ed & Kim

Jeu 19 juillet Lapalux, Africa Hitech, Kutmah, Teebs, Addison Groove, Gullfisk

Ven 20 juillet Compuphonic, Maceo Plex, Booka Shade (dj-set), Red D & Maxim Lany (b)

Sam 21 juillet Borat & Lorin, The Time & Space Machine, John Talabot, Mark E

Lun 23 juillet Guy-Ohm, The Magician, DJ Harvey, Jacques Renault, Down + Out, Sheridan


présente F E S T I VA L

O F

N E W

T R A D I T I O N S

3›4›5›AUGUST›2012

SeaSick Steve the WaterboyS goran bregovic With the Wedding and funeral band bart PeeterS abSynthe Minded Sergent garcia tinariWen

kadril  levellerS the kyteMan orcheStra balkan beat box  iMany the iMagined village  SPinviS belloWhead  School iS cool the WalkaboutS  boy & bear het zeSde Metaal  ane brun donavon frankenreiter ceilí MoSS  W.victor  kaPitein Winokio blaudzun  guido belcanto  tref leWiS floyd henry  blue flaMingo MandolinMan  anSatz der MaSchine lieven tavernier & White velvet the delta SaintS  WalliS bird  SurPluz analogik  bloedend hart Peut-être deMain  flanderS ethno Senne gunS  orch. int. du vetex Merdan taPlak live and Many More

tickets via

+32(0)70 / 25 20 20 (€ 0,30 / min.)

www.festivaldranouter.be


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Power Festival

20 - 21 juillet

La Louvière Après avoir investi le stade du Tivoli l’an passé, le Power Festival opère un retour aux sources puisqu’il se déroulera à nouveau sur la Place Communale, laquelle a été remise à neuf. Mettant en avant une multitude de styles allant du punk au math rock en passant par le ska, la pop ou le rockabilly, l’affiche sera une fois de plus alléchante, vu que les organisateurs ont réussi à attirer quelques très belles têtes d’affiche, à commencer par les mythiques Damned, figure de proue de la scène punk anglaise qui fête ses 35 ans d’existence tout en continuant d’afficher une énergie folle. Au rayon des valeurs sûres, on suivra avec intérêt les prestations psychobilly de Klingonz et de King Kurt, tout en arrosant de guinness le set punk celtique des Mahones. On ne peut également que vous inviter à goûter au métal sombre des français de Eths ou à l’excellent math rock de Pneu. Histoire de se prendre un délire pas du tout prise de tête, il y aura également Guérilla Poubelle qui vous balancera son punk déconnant. Comme d’habitude, le Power Festival se fait fort de promouvoir des artistes belges de talent, ce qui devrait nous valoir d’excellents moments. Outre les excellents Drums Are For Parades dont on a déjà vanté en ces pages le cocktail heavy punk noisy groovy, on pointera tout particulièrement Deepshow et son stoner abrasif, Komah qui s’érige en héritier de Machine Head, les déjantés Hell-O-Tiki dont le rock garage surf est pour le moins déjanté, les bien rockab The Last Row sans oublier les louvièrois de For 24 Lives dont le post rock aux inclinaisons math rock et prog est des plus convaincants. Du caviar à la louche, que je vous dis ! Tarifs En prévente, il vous en coûtera 10 euros pour vibrer le 20 juillet, 15 euros pour vous éclater le 21, tandis que le ticket combo pour les deux jours vous reviendra à seulement 20 euros. A noter que les prix susmentionnés seront majorés de 5 euros si vous achetez votre ticket sur place.

www.powerfestival.be

Ronquières Festival

28 - 29 juillet

Ronquières Voilà l’été, toujours l’été, et les nouveaux festivals bourgeonnent : à Ronquières, il faudra désormais s’incliner devant la musique, pour peu qu’une affiche truffée de groupes de notre mère patrie et de groupes internationaux clinquants, clairement bâtie pour le grand public ne vous rebute pas. Pour goûter aux meilleurs fruits de saison, il serait d’ailleurs sage d’éviter définitivement la prune chaude chez mémé Thérèse : le samedi, Metronomy dépliera ses nappes, beats et vocalises contagieux vers 15h pour une date estivale unique en Belgique. Le dimanche, il faudra se radiner tout aussi tôt pour assister à la grand messe (rock’n roll, smokey eye turquoise et lancer de boulettes avec les cheveux) de Romano Nervoso, tout récemment adoubés par l’Idole des Jeunes au Sport Paleis. Afin d’attiser vos ardentes pulsions, un petit verre de ‘Milk & Honey’ façon pop tropicale avec l’affriolante Hollie Cook, rejetonne du batteur des Sex Pistols, devrait amplement remplir le deal. Et comme vous êtes (presque) majeurs et vaccinés, on ne racontera d’ailleurs à personne qu’on vous a surpris à briguer le sweatshirt d’un des petits gars de 1995, ou collé-serré avec le bichon de Julien Doré pendant le set des Party Harders…ah bon, vous n’aviez pas la permission de minuit ?

Tarifs : 35 euros pour une journée, 55 euros pour le weekend, 65 euros pour le weekend avec camping. Gratuit pour les moins de 12 ans : c’est votre petite sœur qui va être ravie que vous l’emmeniez voir M Pokora sans devoir casser sa tire-lire! Itinéraires : En voiture, depuis Bruxelles : E19 Bruxelles - Mons (sortie Feluy, direction plan incliné de Ronquières sur 4km ou sortie Nivelles Sud - direction Ronquières sur 5 km). Depuis Liège : E42 Liège - Mons (sortie Seneffe, direction Ronquières sur 10 km). En train : s’arrêter à la station Nivelles ou Braine-le-Comte. Quatre navettes TEC toutes les heures à partir de ces deux gares emmèneront gratuitement les festivaliers sur le site (de 10 heures à 4 heures le samedi et de 13 heures à 1 heures le dimanche).

Sam 28 juillet BÂBORD  Inc.ognito, Hippocampe Fou, Stereo Grand, Bikinians, 1995, Raggasonic, JoeyStarr, Caravan Palace. TRIBORD  Recorders, Metronomy, Montevideo, Skip The Use, Ozark Henry.

Dim 29 juillet BÂBORD  Acta, Romano Nervoso, Hollie Cook, Izia, Triggerfinger, Milow, IAMX, TRIBORD  Noa Moon, Absynthe Minded, Jali, Joshua, Julien Doré, Brigitte, M. Pokora.

www.ronquieresfestival.be

Reggae Geel

3 - 4 août

Geel

Ven 3 août Le plus vieux festival de reggae d’Europe rempile cet été. Avec ses 30.000 visiteurs et son affiche qui aligne à chaque fois les meilleurs grands crus du son made in Kingston, Reggae Geel est devenu une petite institution question musique roots, dancehall, ragga, dub, ska et rocksteady. Bonnes ondes obligent, tout ce qui sera à vendre sur le site (restauration, boissons, boutiques) sera orienté commerce équitable et développement durable. A l’affiche, question légende, y’aura cette année Bob Andy (arrangeur fou qui a tenu résidence au mythique Studio 1), John Holt et King Jammy’s. D’autres locomotives comme Peter Metro, Shabba Ranks, Mr. Vegas et le DJ de la BBC Robbo Ranx seront aussi de la partie. On notera la présence de Tommy Far East, un DJ japonais de ska ayant de l’énergie à revendre. Parait que c’est pas banal et mérite franchement le coup d’oeil. La scène belge sera aussi représentée avec Uphill Sound, King Flashman, Ivory Sound, Ionyouth, Uman et bien d’autres.

C’est par où Kingston? Pour y aller, vous pouvez acheter vos tickets en prévente sur le site Internet: 22 euros (vendredi), 27 euros (samedi) ou 37 euros (deux jours). Sur place: 30 euros (vendredi), 35 euros (samedi) ou 45 euros (deux jours). Notez que les enfants en-dessous de 12 ans ne paient pas. Pour se rendre au festival, les organisateurs encouragent les transports en commun. En arrivant à la gare de Geel, pour seulement 2 euros vous aurez un ticket pour la navette qui vont conduira sur le site du festival, et le camping sera entièrement gratuit. En voiture, faudra descendre à la sortie 24 (‘Geel Oost’) sur la E313. Le reste sera bien fléché.

www.reggaegeel.com

Bounce danc ehall: Shabba Ranks, Cham, Uman, Peter Metro, Squiddly Ranking, Robbo Ranx Skaville Circus: Tribute to Studio 1, King Flashman, Mr Fried G, Earl Gateshead 18” Corner: King Alpha, Jah Voice, Word Sound & Power

Sam 4 août Main s tage: Sunrockers, Bob Andy, Tanya Stephens, The Mighty Diamonds, Linval Thompson, Pablo Moses, Alborosie, Johnny Osbourne, John Holt, Tiken Jah Fakoly Bounce Danc ehall : Downbeat International, Civalizee Foundation, Ivory Sound, Bong Productions, Uphill Sound, Cromanty Sound, Mr. Vegas Skaville Circus: Bless the Mic Poetry Posse feat. King Flashman, Elli, Jah Free Amos & Erick Judah, David Katz, Tiny T, Tommy Far East 18” Corner: King Jammy’s, Ionyouth


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Esperanzah!

03 - 05 août

Abbaye de Floreffe (Namur) Pendant 3 jours, l’abbaye de Floreffe va se transformer en un festival de musiques métissées, de respect de notre planète et du commerce équitable, le tout dans une ambiance familiale et bon enfant. Pour l’affiche, les organisateurs se sont transformés en saint Nicolas en nous offrant des valeurs sûres comme les indispensables CocoRosie, les Anglais amoureux des musiques traditionnelles basques Crystal Fighters, le folk-rock australien de Xavier Rudd, les Balkan Beat Box avec leur mix d’électro et de sonorités venues du Moyen-Orient, ou encore la fusion du jazz manouche et des beats électro de Caravan Palace. De plus, une vingtaine de troupes d’artistes de rues viendront vous étonner, une série de films seront projetés et le souk vous permettra de goûter à toutes les saveurs du monde. Les jeunes parents se réjouiront des infrastructures mises en place pour leurs bambins. On notera l’engagement citoyen d’Esperanzah! avec son ‘Village de la justice climatique’ et sa ‘Place aux possibles’, histoire de construire un monde meilleur et plus durable. En pratique En prévente, le pass 3 jours coûte 63 euros, le ticket pour un jour est à 30 euros et le camping à 12 euros. Sur place, ce sera 80 euros pour les 3 jours, 38 euros pour la journée et 15 euros pour le camping (gratuit pour les moins de 12 ans). Pour y aller en transport en commun, c’est tout simple. Une fois arrivé en train à la gare de Namur, prenez le bus n°10 direction Châtelineau, arrêt 20 minutes plus tard à la place communale de Floreffe (horaires sur www.infotec.be). En voiture: prenez la E42, sortie n°12 direction Malonne-Floreffe. Des solutions pour les vélos via le Ravel et le covoiturage sont proposées sur le site web du festival.

www.esperanzah.be

Dranouter Festival 02 - 05

Dranouter

août

Jeu 02 août Changement effectif d’appellation mais pas d’orientation pour le festival de Dranouter qui continue à drainer les amoureux de musique folk internationale et flamande, qu’elle soit actuelle ou retro, avec une volonté d’ouverture vers la pop, le rock, le jazz ou la musique du monde. Quatre jours et trois scènes pour se faire tatouer le blues du toujours vert Seasick Steve sur les phalanges, se la jouer exotica au son des 78 tours de Blue Flamingo, devenir une Ziegfeld girl avec Nomad Swing & The Dipsy Doodles , ou virer electro ludico-organique avec Chapelier Fou. Les férus d’Arcade Fire ne devraient pas trop perdre leurs jeunes face à Boy & Bear, les amateurs de british humour savoureront les reprises du Ukulele Orchestra of Great Britain. Et pour tous ceux qui ne seraient pas rassasiés parmi les nombreux fiddlers et accordéonistes, douceur nordique du côté d’Ane Brun ou plongée dans la poésie indietronica d’Ansatz der Maschine devraient suffire à vous créer de beaux souvenirs. Swinguez, maintenant !

Tarifs  Le prix des tickets baisse, crise oblige. Un ticket pour le jeudi se monnaie à 25 euros, les autres jours le ticket unique est à 50 euros. Un ticket duo (vendredi + samedi ou samedi + dimanche) est désormais à 80 euros, et le weekend de trois jours à 100 euros. Pour avoir un accès au camping, comptez 15 euros supplémentaires, et l’affaire est dans le sac ! Itinéraires  En train descendre à la station d’Ypres et emprunter un bus qui fait la navette entre la gare et Dranouter toutes les heures. En voiture, A19 Kortrijk – Ieper (Courtrai – Ypres), sortie Zonnebeke / à gauche direction Ypres. Au rond-point, tout droit direction Heuvelland. Deuxième rond-point, tout droit. Troisième rond-point, direction Dikkebus, première rue à gauche. Traverser la voie ferrée Dikkebus (N375). Toujours tout droit jusqu’à Dranouter. Grand parking gratuit disponible sur le chemin du camping, village inaccessible à la circulation à partir du jeudi matin.

PALACE : Ceilí Moss, W. Victor, Fiddler’s Green

Ven août KAYAM : Balaxi Orchestra, The Imagined Village, Goran Bregovic & The Wedding and Funeral Band, Absynthe Minded, Seasick Steve PALACE: Barefoot & The Shoes, Surpluz, Analogik, Epsylon CLUBTENT: Lewis Floyd Henry, Tref, Spinvis, Bellowhead, Blue Flamingo

Sam 04 août KAYAM: The Ukulele Orchestra of Great Britain, Het Zesde Metaal, Kadril, School is Cool, Balkan Beat Box, Bart Peeters, Levellers PALACE: Bloeden

Hart, Peut-être demain, Nowad Swing & The Dipsy Doodles, Wallis Bird, Gravel Unit CLUBTENT: MandolinMan, Ansatz Der Maschine, Imany, Boy & Bear, Blaudzun, Chapelier Fou

Dim 05 août KAYAM: Guido Belcanto, The Walkabouts, Donavon Frankenreiter, Tinariwen, Sergent Garcia, The Waterboys, The Kyteman Orchestra PALACE: Varioatic, Sarah Perri, Senne Guns, The Crooked Fiddle Band, Taraf Dékalé CLUBTENT: Faran Flad, Lieven Tavernier & White Velvet, The Delta Saints, Ane Brun, The Black Seeds, Red Hot Chili Pipers

Lokerse Feesten

03 - 12 août

Lokeren

38ème édition déjà pour ces agapes lokerenoises qui ont acquis une belle gueule d’incontournables en érigeant principalement les vieilles gloires en spécialité locale. En effet, plus fort que Marty McFly et sa DeLorean kittée, les Lokerse Feesten offriront cette année encore un retour vers le futur à un prix défiant toute concurrence. Après une mise en jambes le vendredi 3 août avec la pouponne Selah Sue chaperonnée par les pionniers du rave Orbital, le voyage dans le temps commencera réellement le samedi 4 avec un Bryan Ferry à qui le statut d’icône sied décidément à merveille. Don’t Stop The Dance, quelle transition, pour The Magician qui clôturera la soirée avec ses mix et ses recettes à succès. Un autre grand moment de cette édition est programmé pour le mardi 7 puisque l’unique concert belge de la tournée des Beach Boys se déroulera dans la cité waeslandienne pour une soirée qui transcendera autant les générations que la nostalgie. Si votre stock de DHEA est épuisé, pas de souci, les organisateurs ont pensé à vous puisque débouleront encore Suede (08), Echo & The Bunnymen, P.I.L. et The Specials (09) aux côtés desquels School Is Cool et Black Box Revelation joueront les blanc-becs de service. Le 10, si vos hanches et vos rotules en plastic ont tenu le coup, The Charlatans et New Order viendront donner un dernier coup de scalpel dans vos rides ou vos illusions d’adolescent. Cerise sur le gâteux, UB40 clôturera le festival le 12 en revisitant un répertoire qu’on ne présente plus. pratiques Du 3 au 12 août, Grote Kaai, 25 euros /jour (20 euros le 12/8, 35 euros le 7/8), 115 euros/abonnement. Vous venez aux Lokerse Feesten en voiture ? Utilisez alors le service de navettes. Chaque jour de 18h30 à 2h30. Dimanche 01/08 à partir de 17h00. Prix : 2 euro par personne (aller-retour). Vous pouvez vous garer sur la zone industrielle E17/1 (Zelebaan). Suivez les indications à partir de la sortie d’autoroute et à hauteur des autres voies d’accès vers Lokeren.

www.lokersefeesten.be

Ven 3 août ‘T Hof van Commerce, Selah Sue, Damian ‘JR GONG’ Marley, Orbital

Sam 4 août Arid, Milow, Bryan Ferry, The Magician

Mar 7 août The Beach Boys, The Australian Pink Floyd show

Mer 8 août School is cool, Black Box Revelation, Suede, Gorillaz Sound System

Jeu 9 août Echo & The Bunnymen, P.I.L., The Specials

Ven 10 août The Charlatans, Röyksopp, New Order, Trentemöller (dj-set)

Sam 11 août Zombie Nation live Kraantje Pappie


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Micro Festival

03 - 04 août

Espace 251 Nord, Liège Hey Tchantchès, c’est déjà la troisième édition de ce petit festival sympatoche comme pas deux quinze août en Outremeuse. C’est sûr, cette année encore, il faudra en être. Pour la somme de 10 euros la soirée ou 15 euros le ticket combi, c’est l’assurance de s’en foutre plein les oreilles sans se crever le portefeuille. Si la grosse innovation de l’année dernière avait été de quitter l’esplanade Saint-Leonard pour le centre d’art contemporain Espace 251 Nord, en 2012, c’est bien le passage à deux jours de festival qu’il faut retenir. Preuve évidente d’un certain succès (le festival était sold-out l’an dernier). Espérons donc que le Micro conserve l’ambiance qu’on lui connaissait, celle d’un public bon enfant et connaisseur. Question programmation, c’est déjà gagné. Les Normands dingos de Gablé seront dans la place et raviveront le souvenir d’un passage remarqué aux Ardentes 2011 (le meilleur du festival, pour l’auteur de ces lignes). Mais aussi le saxophoniste américain timbré Colin Stetson (celui qu’on entend chez Timber Timbre, c’est lui). JauneOrange présentera aussi ses nouveaux poulains, l’Animal Collective liégeois, les fantastiques Leaf House. A côté de ces immanquables, The Chap, The Monsters, Tim Exile, Bloodshot Bill, Räpe Blossoms complètent une affiche de très grande qualité. Pour rejoindre le festival En train : descendre à la gare Liège-Guillemins et prendre la ligne de bus TEC 1 ou 4 jusqu’à l’Esplanade Saint-Léonard. De là, quelques centaines de mètres à pied vers la rue Vivegnis. En voiture : une fois arrivé à Liège, suivre la direction autoroute Maastricht, avant d’emprunter le Quai Saint-Léonard et de rejoindre l’Esplanade Saint-Léonard qui dispose d’un parking. Vous pouvez toujours tenter de vous garer dans la rue Maghin ou dans ses envions.

www.microfestival.be

Wead Festival

10 - 12

août

Château des Tilleuls, Havelange Le foyer des jeunes de Havelange organise chaque année, le deuxième week-end d’août, le week-end d’août dingue. Le WEAD est un festival pépère et convivial sis au coeur d’un joli village... Il fêtera cette année sa 28ème édition. Outre le cabaret du vendredi soir, les festivités comprennent deux jours de concerts et misent sur une ambiance conviviale. La soirée du vendredi offre aux jeunes participants des ateliers musicaux locaux de se produire dans des conditions techniques professionnelles afin de présenter un florilège de leurs créations mêlant musique, percussions, danse, mise en scène et décors mobiles « hand made ». L’affiche du samedi se concentre sur des concerts pop rock made in Communauté française de Belgique. Issus du circuit des MJ’s, Insiders ou Cosy Nesty feront leurs « premières armes ». Les autres forces vives du bataillon sont pour la plupart dores et déjà connu de ceux qui arpentent les salles et plaines du royaume : Hudson, Driving Dead Girl, Romano Nervoso, Von Durden Party Project ou encore Primitiv. La journée du dimanche se pare quant à elle de l’adjectif « festive » et convie au banquet Kawa Dub Band, Skating Teenagers, Alek et les Japonaises, The Moon Invaders, Balimurphy et Kermesz à l’Est. Le prix du ticket par jour est de 15 euros (12 en prévente), le sésame pour 2 jours plafonne à 25 euros (20 en prévente).

www.weadfestival.be

Feest in het Park

23 - 26 août

Donkvijver, Oudenaarde

Jeu 23 août

Retardé de deux semaines par rapport à l’édition précédente, celle de son quinzième anniversaire, le Feest in het Park attendra le dernier week-end d’août pour déployer ses nombreuses forces vives. Avec plus de soixante groupes répartis sur les quatre jours, l’affiche a de quoi régaler les estomacs les plus gourmands, jugez plutôt. Dès le premier jour, on enfilera la tenue dancefloor de combat, entre les stars nationales Goose et Felix Da Housecat en passant par Bare Noize, un des meilleurs potes de Skrillex au passage. Un changement de costume plus tard (ou plus tôt), aucun risque de monotonie à craindre, puisque le bon vieux reggae de Barrington Levy effluvera l’ambiance de ses odeurs épicées, alors que la très white soul Trixie Whitley viendra confirmer tout le bien qu’en pense le grand Daniel Lanois. Dès le lendemain, pas question de glander dans la paille, direction la scène où les principaux noms seront Arsenal, Cassius, Erol Alkan et De Jeugd Van Tegenwoordig (ami flamand, si tu nous lis, on t’aime). Les aficionados de Grand Theft Auto IV et Gran Turismo 5 seront même en terrain familier avec le Frenchie Kavinsky et son hit ‘Nightcall’. Et oui, les enfants sont formidables. Le samedi, c’est ravioli et affiche people. Des noms ? Mr et Mme Danny Mommens, alias Vive La Fête, mais aussi ‘t Hof van Commerce (ami flamand,…), Mr Scruff, Aeroplane, Groove Armada (en DJ-set) et, cerise sur le koekje, The Dandy Warhols. Le dimanche à la sortie de la messe, moins de noms ronflants au programme (mais l’entrée est à 5 Euros !), hormis éventuellement Absynthe Minded, l’occasion de (re)découvrir le dancehall de Beenie Man ou les soundsystems teutons Sentinel et Warrior Sound.

Goose, Fat Freddy’s Drop, Jah Cure, Felix da Housecat, Trixie Whitley, Shy Fx ft. Stamina mc, Friction, Barrington Levy, Customs, Danger, Bare Noize, Killsonik, Fred V & Grafix, The Slackers, Kastor & Dice, DJVC...

Are you ready to party ? Le combi trois jours (je-ve-sa) coûte 83 roros jusqu’au 20 juillet (le ticket un jour est à 37). Passée cette date, il vous faudra débourser dix sous en plus pour le combi, alors que la journée demeure au même prix. Le jour même, prévoir 45 euros pour obtenir son précieux sésame. Tu prends ta tente et ton matelas ? Le camping te reviendra à 15 euros. Tu dois revoir ta géo ? Audenarde se trouve toujours entre Gand et Tournai (mais Google Maps est ton ami).

Dim 26 août

www.feestinhetpark.be

Ven 24 août Arsenal, Cassius, Erol Alkan, De Jeugd Van Tegenwoordig, Kavinsky, The Magician, Jah Mason, Dope D.O.D, Hazard, Kraantje Pappie, Cutline, Dillinja, Feadz, Murdock ft. Jenna G, Major Look...

Sam 25 août The Dandy Warhols, Groove Armada (dj-set), Sizzla, Aeroplane, Mr. Scruff, Vive La Fête, ‘t Hof Van Commerce, David Rodigan, Drumsound & Bassline Smith, Housemeister, School Is Cool, Partyharders, N-Type, Riton, 100% Dynamite, Chef› Special...

Absynthe Minded, Beenie Man, Merdan Taplak, The Inspector Cluzo & The FB Horns, Internationals, Sentinel, Warrior Sound, Silverbullet, Waxfiend...


présente

INFO & TICKETS

LOKERSEFEEST

EN.BE

THE BEACH BOYS • NEW ORDER • MARCO BORSATO • UB40 • BRYAN FERRY DAMIAN ‘JR GONG’ MARLEY • MACHINE HEAD • IN FLAMES • SELAH SUE • MILOW ARSENAL • BLACK BOX REVELATION • The ROOTS • SUEDE • THE SPECIALS • P.I.L. GORILLAZ SOUND SYSTEM • RÖYKSOPP • ORBITAL • TRENTEMÖLLER (DJ-SET) THE AUSTRALIAN PINK FLOYD SHOW SAXON • MINISTRY • DIO DISCIPLES • ZOMBIE NATION • THE SUBS • THE MAGICIAN • ECHO & THE BUNNYMEN ARID • THE CHARLATANS • ABSYNTHE MINDED • INTERGALACTIC LOVERS • KRAANTJE PAPPIE • GERS PARDOEL ‘T HOF VAN COMMERCE • AKS • SCHOOL IS COOL • DE MENS • LUC VAN ACKER • REGI SOUND OF STEREO • EPPO JANSSEN • TRASH RADIO • DIRK STOOPS

GROEP MAHY N.B. ARTWORK ONLY TO BE USED WHEN A VINGETTE ISN’T PRINTABLE. THIS IS A SIMPLIFIED ARTWORK. SPECIAL INSTRUCTIONS

Bacardi Tim Clarke BAC069/05v2 Bacardi Visual Identity Bacardi Together 3col Landscape SP/GH Amanda Hopkin ARTWORK VERSION No. TBC Illustrator CS3 12/11/10

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PRINT COLOURS

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Date

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GENT - LOKEREN


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Pukkelpop

16 - 18 août

Kiewit, Hasselt

Santigold © Sean Thomas

Alt-J

Début mai, le Pukkelpop nous annonçait par réseaux sociaux interposés que tous les tickets du samedi s’étaient déjà vendus comme des petits pains. Journée à guichet fermé. L’info a ses bons côtés : les événements tragiques de l’été dernier n’ont visiblement pas entamé la motivation des festivaliers. Tout le monde est chaud boulette pour sprinter entre les 8 podiums parachutés sur les vertes campagnes de Kiewit. Il faut bien reconnaître que les noms cités pour le troisième jour sont costauds (Dave Grohl vient pousser la gueulante avec ses Foo Fighters, The Black Keys et The Hives, eux, entendent défendre la cause rock’n’roll à grande échelle). Mais l’annonce de ce soldout fait peur. Elle laisse entrevoir la possibilité d’une île : L’Angleterre. Impossible, évidemment, de ne pas songer à Glastonbury et à tous ces festivals affichant soldout avant même d’avoir annoncé le moindre nom. On redoute vraiment ce phénomène…  En attendant, le programme concocté par les organisateurs du Pukkelpop a belle allure. Il louvoie entre têtes d’affiche incontestables, valeurs sûres, retours en (dis)grâce (The Stone Roses, Bush, The Afghan Whigs, Grandaddy ou Jacques « Les Rythmes Digitales » Lu Cont) et découvertes musicales attisées par le vent de la hype. La programmation du festival s’est toujours portée à la pointe des musiques alternatives. Et cette nouvelle édition ne fait pas exception à la règle. Toutefois, il convient de faire un peu le ménage (il y a beaucoup de buzz pour rien). Le jeudi 16 août, si vous appréciez les trips cosmiques, la pop mutante et les lutins islandais, Björk est de passage dans le Limbourg. Ailleurs, on s’en remet aux bonnes volontés

Jeu 16 août Main Stage

Netsky Live - Björk - Bloc Party - Santigold - Bush - Zornik

Marquee

Mark Lanegan Band - Feist - The Gaslight Anthem -  Hot Chip - The Horrors - Frank Ocean - Tinie Tempah Of Monsters And Men - The Jezabels - The Bony King Of Nowhere & Friends

de Mark Lanegan, Feist, Santigold, Alt-J, Flying Lotus, Django Django, Bowerbirds ou The Horrors. Le deuxième jour, on veut bien suivre les rivières pour jeter un œil au concert de Lykke Li. Mais on s’excitera un peu plus en compagnie des ineffables Eagles Of Death Metal. Pour la soul et le blues, on ne passera pas à côté des performances de Charles Bradley et Willis Earl Beal. Ce même jour, dans la case de l’oncle folk, le Tallest Man On Earth devrait également rencontrer les faveurs de la gente féminine. Enfin, le samedi, quand on n’a pas de ticket, on passe à côté de Wilco, Lower Dens, The Shins, Refused, Stephen Malkmus, Magnetic Man ou Buraka Som Sistema. Ah ben oui, ça fait mal quand même…    Combien ça coûte ? Le prix du ticket comprend aussi le camping et les transports en commun (train/bus). Hors frais de réservation, le tarif est le suivant (en prévente) : 79 euros pour une journée ; combi trois jours : 155 euros. S’y rendre ? Le plus simple (et le plus écologique) est de prendre le train jusque Hasselt. Kiewit est la station suivante, située à environ 500 mètres du site du festival. En voiture, prendre la E314 ou la E313, direction Hasselt, prendre la sortie 29 (Houthalen-Helchteren), puis suivre la fragrance festivalière.

www.pukkelpop.be

Ven 17 août Main Stage

Chase & Status (dj set) And Rage - The Stone Roses -  Lykke Li - Keane - Eagles Of Death Metal - Two Door Cinema Club - Maxïmo Park - Blood Red Shoes - Freaky Age

Marquee

Sam 18 août Main Stage

Foo Fighters - The Black Keys - The Hives - The Shins -  All Time Low - The Cribs - The Joy Formidable - Balthazar

Marquee

The Afghan Whigs - Jamie Woon - Goose - Grandaddy - Band Of Skulls - Kimbra - The Walkmen - Oberhofer  - Dog Is Dead

Dizzee Rascal - Wilco - Miike Snow - Ofwgkta - Bob Mould Performs ‹Copper Blue› - Stephen Malkmus And The Jicks - The Van Jets - Howler - Dry The River

Dance Hall

Dance Hall

The Shelter

The Shelter

Laurent Garnier Lbs - Dada Life - Flux Pavilion - Borgore - High Contrast Feat. Jessy Allen & Dynamite Mc Koan Sound - The Zombie Kids - Scntst - Mumbai Science

Boiler Room

Boiler Room

Castello

Castello

Castello

Club

Club

Club

Dance Hall

Nero (dj set) - Sub Focus (live) - Modeselektor - Example - Modestep - Dirtyphonics - Labrinth - Chiddy Bang

The Shelter

Social Distortion - Apocalyptica - Me First And The Gimme Gimmes – Steak Number Eight - Young Guns Bleed From Within - Touché Amoré - The Computers

Boiler Room

Flying Lotus - Rustie (live) - Dorian Concept -  Ghostpoet - Chromatics - Alt-J - Stay+ - No Ceremony/// Tune-Yards - The Big Pink - Lianne La Havas - Django Django - Minus The Bear - Bowerbirds - Cloud Nothings

Wablief?!

Vive La Fête - Isbells - De Mens - Creature With The Atom Brain - Bed Rugs - Mad About Mountains Great Mountain Fire

Digitalism (live) - Andy C: Alive - Carl Craig Presents 69 (live) - Camo & Krooked (live) - Sebastian (live) - Jakwob (live) - Bassnectar - Sound Of Stereo (live) Ggood Riddance - Every Time I Die - Baroness - Letlive. - Cancer Bats - Skindred - Deaf Havana -  Fidlar - Yashin Mark Ronson (dj set) - Knife Party - Crookers - Len Faki - Brodinski - Nina Kraviz - Doorly - Raving George Ben Ufo - Pangaea - Pearson Sound - Joy Orbison - Apparat Band - Kap Bambino - Com Truise - Vondelpark - Breton - Pollyn Charles Bradley & His Extraordinaires - The Tallest Man On Earth - Fink - We Are Augustines - Friends Willy Moon - Zulu Winter - Willis Earl Beal

Wablief?!

Customs - Gorki - Wallace Vanborn - Merdan Taplak - Drive Like Maria - Reiziger - Geppetto & The Whales - The Me In You

Magnetic Man - Buraka Som Sistema - Gesaffelstein (live) - Benga (live) - Major Lazer - Ms. Dynamite Loadstar (live) - Disclosure Refused - Billy Talent - Enter Shikari - Ghost -  Graveyard - Pulled Apart By Horses - Trash Talk The Jim Jones Revue - Devil Sold His Soul - Ceremony A-Trak - Diplo - Tiga - Jacques Lu Cont - Feed Me -  Gemini - Dillon Francis - P Money - Ego Troopers Blawan - Hudson Mohawke - C2C - SX - Lower Dens - Light Asylum - Man Without Country - Troumaca Sleigh Bells - The Antlers - Patrick Watson - Jessie Ware - Daughter - Jamie N Commons - Oscar & The Wolf

Wablief?!

Amatorski - Diablo Blvd. - Fence - Marco Z - Kiss The Anus Of A Black Cat - Flying Horseman - Coem


CONCERTS Gratuit 12

9

DE B 0 KMS R 6 UXELLE DE T0 KMS S OUR 35 NAI DE MKMS ONS

(France)

ZITA SWOON GROUP SOCALLED STEVE SMYTH ORCHESTRA OF SPHERES DONAVON FRANKENREITER

EWERT & THE TWO DRAGONS DON RIMINI BATTLES THE CONGOS MAX ROMEO BAXTER DURY CLUB CHEVAL

DEUS GREAT MOUNTAIN FIRE THE MASONICS SHANGAAN ELECTRO THE MAMYS AND THE PAPYS RADICAL SUCKERS

ORELSAN CAMILLE ZEBDA LEE SCRATCH PERRY

BENOIT CARRE THEATRE DE CHAMBRE THE MINUTES

COLIN STETSONTHE DUSTAPHONICS CHARLES BRADLEY AND HIS EXTRAORDINAIRES

Réseau Ticketnet // www.ticketnet.fr Réseau France Billet // www.fnac.com Réseau Digitick // www.digitick.com

19/06/12 17:48

t û o a 2 1 & 1 1 n / Von durden

Hy p r Hudso u M I l a B / s r e tHe Moon InVsatd/ roMano nerVoso KerMesz à l’e d gIrl / prIMItIV drIVIng deaJaponaIses aleK et les est / CorBIllard ers / Cosy n sKatIng teenag / ze MIddle Klass / InsIders Kawa duB BanddJ Vastapan + dJ BurundI BlaCK + + dJ Mr.sKut

entrées

1 jour: 15€ (prévente: 12€) 2 jours: 25€ (prévente: 20€)

(uniquement prévente FdJH et night & day - www.librairie.be)

Moins de 12 ans: gratuIt

éditeur responsable: Mickaël LECOMTE - Foyer Des Jeunes asbl - Rue de Hiéttine, 6 - B-5370 HAVELANGE - Création graphique: Mickaël LECOMTE

S_RIFRAF_140*100.indd 1


22

Les Nuits Secrètes

03 - 04 - 05 août

Ven 03 août

Aulnoye-Aymeries

Chez nos voisins français, voici un « petit » festival qui a su se trouver une identité propre entre grande scène gratuite, scène du jardin à prix rikiki et parcours secrets en bus (lieux inédits, groupes non dévoilés à l’avance). Cerise sur le gâteau, il y est encore possible d’y voir des groupes qu’on aime ou d’y faire des découvertes dans des conditions adéquates, loin des débarquements de masse. Le vendredi, on optera pour le bel enchaînement entre l’afro-modernité de Zita Swoon Band, le charme cockney de Baxter Dury et les circonvolutions de Battles ou bien la wild card de la grande scène avec Orchestra of Spheres, des néo-zélandais branques aux beats arc-enciel, entre Sun Ra et pop acide. Le samedi, on sera en plein dilemme entre les harmonies vocales folk d’Ewert and the Two Dragons, nos nouveaux chouchous estoniens et l’occasion d’évaluer à l’aune de la scène les morceaux à peine sortis de l’œuf de Tom Barman et ses comparses. Dimanche, on finira sur les rotules avec une apothéose: Shangaan Electro pour remuer du popotin, The Dustaphonics pour finir gorgés de rock’n roll et de groove côté cour, mais surtout côté jardin, Colin Stetson, saxophoniste au pouvoir hypnotique et Charles Bradley & His Extraordinaires, grand monsieur à la soul très communicative. Heureux enfin ceux qui aboutiront dans l’antre de Steve Smyth lors de leur virée dans le magical bus, ils vivront sans doute une parenthèse de songwriting habité. Comme il y a fort à parier que ces Nuits ne seront plus secrètes très longtemps, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Tarifs: Moins cher, c’est illégal ! Grande scène : gratuit • Scène du jardin : Pass de 3 jours à 32 euros / tickets d’un jour à 14 euros • Parcours secrets : (réservation obligatoire – places limitées) : 6 euros le parcours / personne. Itinéraires: Depuis Bruxelles, Aulnoye-Aymeries est à 1h30 de route environ. Prendre l’E19 direction Mons puis la sortie Mons-Ouest pour rejoindre la R5 vers Maubeuge / Frameries / Quaregnon / Jemappes. Continuer sur la N6 puis sur la N2 une fois le territoire français atteint. À hauteur de Maubeuge continuer sur la D2602 puis la route de Landrecies / Grand Rue / Rue d’Aulnoye (D959). Au rond-point, première sortie sur Rue Jean-Jaurès (D33). Prendre à gauche la rue de l’hôtel de ville puis à droite la rue Louis Blanc.

Grande scène: Orelsan, Don Rimini, Orchestra of Spheres. Scène du jardin: The Minutes, Zita Swoon Group, Baxter Dury, Battles.

Sam 04 août Grande scène: dEUS, Donavon Frankeireiter. Scène du jardin: Ewert and the Two Dragons, Camille, Socalled, Great Mountain Fire, Club Cheval.

Dim 05 août Grande scène: Zebda, Shangaan Electro, The Dustaphonics. Scène du jardin: Colin Stetson, Charles Bradley & His Extraordinaires, Lee Scratch Perry, Max Romeo, The Congos. Parcours secrets: Great Mountain Fire, Ewert and the Two Dragons, Benoit Carre, Socalled, Steve Smyth, Mudibu, Théâtre de chambre – 232U, Michael Jablonka.

Rock en Seine

24 - 26 août

Domaine National de Saint-Cloud

Prenant ses quartiers aux portes de Paris, le Rock en Seine a lieu chaque année le dernier week-end d’août dans le Domaine national de Saint-Cloud et son affiche n’ergote pas quand il s’agit d’aligner les noms qui claquent. Picorons parmi les trois journées proposées. Espérant aller mieux prochainement (Get Well Soon), vendredi les badauds panseront leurs plaies existentielles à l’aide d’un effet Placebo tout en sirotant une tisane Sigur Ros. The Shins seraient bien inspirés de nous rejouer quelques-uns de leurs tubes de poche ayant brillé au firmament de la pop moderne ; leur récent Port of Morrow plongeant dans un ennui profond. Un sentiment que nous inspire le chic hype et fake de Kitsuné représenté par Citizens! Bloc Party fera quant à lui des gaufres et les pois sauteurs de Dionysos régaleront l’assemblée de moulte cabrioles. On se consolera avec les Crane Angels, dignes ambassadeurs de la maison Talitres ridiculisant sur leurs propres terrains ces équipes qu’on a connu naguère avec de meilleurs attaquants : I’m From Barcelona et Polyphonic Spree. La grande qualité du songwriting de Beth Jeans Houghton, jeune Anglaise de 22 ans à la voix tout aussi angélique que mûre et des rythmes échappés de Talking Heads ou Dirty Projectors font quant à eux poindre une des révélations 2012. Samedi, les épuisants Australiens de The Temper Trap balanceront à la grosse louche leurs machins à base de synthés gonflés à bloc. Maximo Park pourra compter sur son énergie contagieuse pour défendre un dernier album dressant un bilan globalement positif. Tom Barman et sa bande et Caravan Palace seront dans la place. Speech Debelle, rappeuse britannique signée chez Big Dada, posera ses galères et ses états d’âme sans minauderies sexy. Le flow de Childish Gambino saura lui donner la réplique. Agoria devrait mettre le feu aux poudres : l’an dernier, dans la catégorie «mix

au millimètre», son mix ‘Fabric 57’ avait enflammé nos cortexs. Les pétards pirates d’Eagles Of Death Metal feront rire de bon coeur. Après avoir précédemment joué avec son frérot à « c’est celui qui le dit qui l’est » côté backstage de ce même Rock En Seine, Noel Gallagher y défendra cette année quelques chansons bien foutues. Quant au van des Black Keys, il est stationné sur le parking du succès. Le duo a fermé la porte du garage pour prendre la direction du stade. On restera bon supporter à l’heure de mater leur prestation sur écran géant. Dimanche : les Parisiens de Stuck in The Sound dont on avait aimé la rage un peu crade et les débuts fougueux et forcément bancals. Comptez sur eux pour ressusciter Nirvana et Sonic Youth, imiter Vampire Weekend. Mêlant l’électro-pop un peu kitch avec une pop élevée au grain indie rock, Foster The People caresse nonchalamment des ambitions semblables. Au festival du beat érotique, du groove sournois, Friends remporterait la palme du meilleur suiveur de School Of Seven Bells, pour le côté pop glacée et très chic.Vous aimez les histoires de revenants? The Waterboys, The Dandy Warhols et Grandaddy hanteront le festival. Y en un peu plus (Greenday), j’vous le mets? Sous vos applaudissements, Passion Pit et son électro-pop réjouissante, ses hits fluorescents. Hype, hype, hype, hourra ! Et puis Beach House, bien sûr; Beach House évidemment! Un groupe qui sait se rendre essentiel en vous tatouant sur les phalanges enjoué et inquiet sans savoir laquelle des deux mains a sa préférence, ça vous ferait croire aux miracles. Le billet pour une journée coûte 49 euros. Le pass trois jours s’arrache pour 109 euros. Le camping, réservé aux détenteurs d’un forfait trois jours, est dores et déjà complet. Snif. Il vous reste la possibilité de vous replier sur le camping du Bois de Boulogne où vous pourrez faire un safari photos (prière de confier les enfants au festival Mini-Rock, formation accélérée pour devenir un parfait petit rocker)! Sinon, une légende urbaine raconte qu’il y a moyen de se loger à Paris. Tu le crois, ça?  Les possibilités de parking aux abords du Domaine sont très limitées. Mieux vaut prévenir que guérir. Quant aux expressions parisiennes à la mode cette semaine-là, il sera prudent d’appeler Yann Barthès ou Pedro Winter avant de prendre la route.

www.rockenseine.com

Cabaret Vert

23 - 26 août

Charleville-Mézières / Square

Est-ce qu’il serait fier de sa ville natale, le trafiquant d’armes d’Abyssinie ? Estce qu’il se bidonnerait à la lecture du sous-titre de l’événement, éco-festival rock et territoire. Terroir, on aurait pigé que l’andouillette aurait tenu un rôle prépondérant dans l’affaire mais territoire ? D’ailleurs, pour un éco-bazar qui se dit hors des sentiers battus, adversaire de la malbouffe et de la mauvaise bière, on s’attendait à une affiche plus alter pour le coup, genre la Zaz ou La Rue Kétanou (sans déc’). Là, à part le Manu Chao qui s’aligne le même soir (le jeudi) que les Eagles Of Death Metal (?), on va de surprises en surprises. Entre les deux scènes, le village associatif et les arts de rue, on chope des noms comme s’ils avaient été tirés d’un chapeau et on se demande un peu quel est le fil conducteur d’une programmation vraiment

bigarée. Vendredi, saumon grillé bio et tartiflette Carrefour. Joey Starr et les Dandy Warhols. Public Ennemy et Birdy Nam Nam, Toots & The Maytals et le rock peroxydé et eigthies de La Femme (qui vaut surtout pour les pochettes non censurées de ses 45tours). Samedi, foie gras et hamburgers. Dionysos et Franz Ferdinand (la vraie réjouissance du festival). Orelsan et The Love Me Nots (l’autre vraie réjouissance bien rock’n’roll). Digitalism et Agnostic Front. Dimanche, jour du seigneur et abstinence. Charlie Wintson et Caravan Palace. La Villa Ginette et Barcella. Charlie Fabert et le messianique Daniel Darc (un psaume Daniel, un psaume, please). Les tarifs: sont difficiles à suivre. Hors frais de location, ça donne : Pass 4 jours : 75 euros (prévente) / 82 euros (jour-même) • Pass 3 jours (vend, sam, dim) : 50 / 57 euros • Billet 1 jour (jeu, ven, sam) : 29 / 33 euros • Billet 1 jour (dim) : 5 euros (c’est braderie, Daniel, un psaume, please) S’y rendre: un chemin de croix (Daniel, please!)  - 2 heures de Bruxelles, une heure de Charleroi. Il existe plein de formules de bus à prix variables. Formule 4 jours en all-in (A/R + pass) : 115 euros depuis Bruxelles et Charleroi.

www.cabaretvert.com


FRI. AUG. 3rd - SAT. AUG. 4TH

catch a vibe at:

zandstraat GEEL - BELGIUM

2012

TIKEN JAH FAKOLY ALBOROSIE MR. VEGAS SHABBA RANKS CHAM THE MIGHTY DIAMONDS JOHN HOLT JOHNNY OSBOURNE PABLO MOSES

/08 donkvijver

23 24 25 26

LINVAL THOMPSON

BACKED BY: LLOYD PARKS WE THE PEOPLE BAND

BOB ANDY TANYA STEPHENS

STUDIO ONE TRIBUTE FEATURING: LONE RANGER JIM BROWN CARLTON LIVINGSTONE ALPHEUS WINSTON FRANCIS

KING JAMMY PETER METRO & SQUIDDLY RANKS UMAN LEROY SMART SUNROCKERS DOWNBEAT THE RULER ROBBO RANX EARL GATESHEAD KING ALPHA JAH VOICE WORD SOUND & POWER IONYOUTH TINY T TOMMY FAR EAST SKAMANIANS BONG PRODUCTIONS UPHILL SOUND IVORY SOUND CROMANTY SOUND CIVALIZEE FOUNDATION MR. FRIED G. DAVID KATZ BLESS THE MIC FEATURING: KING FLASHMAN NYABINGHI WORKSHOP

ERICK JUDAH ELLI MC: DJ RABBIE

JAH FREE AMOS

TICKETS AND INFO AT WWW.REGGAEGEEL.COM

presented

by

oudenaarde

THE DANDY WARHOLS ARSENAL : GOOSE : CASSIUS FAT FREDDY'S DROP : SIZZLA GROOVE ARMADA (DJ-SET) JAH CURE : TRIXIE WHITLEY : KAVINSKI EROL ALKAN : ABSYNTHE MINDED 'T HOF VAN COMMERCE : BEENIE MAN AEROPLANE : VIVE LA FETE : MR SCRUFF CUSTOMS : SCHOOL IS COOL : JAH MASON SHY FX ft. STAMINA : DAVID RODIGAN KRAANTJE PAPPIE : DOPE D.O.D. : FRICTION DRUMSOUND & BASELINE SMITH & many more / check www.feestinhetpark.be Tickets : www.feestinhetpark.be Single Day Ticket : 23/08 : 24/08 : 25/08 : €37 VVK Sun 26/08 : Free entrance via www.nieuwsblad.be/feestinhetpark WE-ticket : VVK: €73 till 20/06 : €83 till 20/07 : €93 from 21/07

CT Cars De Blauwe Vogel Eke-Nazareth www.citroen-eke.be

Website

AFRO CARIBBEAN FESTIVAL 10-11 aug 2012 Park ‘t Paelsteenveld Bredene

Zion Train Postman

Sweet Coffee Tamikrest

Buscemi & Squadra Bossa La Makina del Karibe Pedrito Calvo Jr. y su Orquesta Maguaré

Pura Vida / Bazaar d'Orient Maanzaad / Wrong 'Em Boyo East End Rock DJ Satanic Samba DJ Bob

CultuurdienstBredene V.U.: Eddy Gryson, AGB, Kapelstraat 76, 8450 Bredene Design: magnavision.eu @AfroCaribbean_ www.afrocaribbean.be Foto: Daniël de Kievith

Gratis inkom

REPUBLYK VORT’N VIS & GENET RECORDS PRESENT:

10 11 12

AUGUST 2012

FRIDAY 10 AUGUST

ABORTED AGNOSTIC FRONT CONGRESS CORROSION OF CONFORMITY DEATH BY STEREO FUNERAL FOR A FRIEND KNUCKLEDUST KYLESA MUCKY PUP NORMA JEAN SKARHEAD

THE CHARIOT COKE BUST DEAN DIRG DUKATALON FOR THE GLORY HOMER MIDNIGHT SOULS THE MONGOLOIDS SYDNEY DUCKS TAKE OFFENSE WITHDRAWAL

SATURDAY 11 AUGUST

THE BLACK DAHLIA MURDER EYEHATEGOD GRAND MAGUS IGNITE MXPX ALLSTARS PIG DESTROYER SCRAPS SHAI HULUD SICK OF IT ALL TRAPPED UNDER ICE UNEARTH

CORNERED HELLBASTARD MAN VS HUMANITY NEMEA PIANOS BECOME THE TEETH REIGN SUPREME STILLXSTRONG TRC TRUTH AND ITS BURDEN WHATEVER IT TAKES WISDOM IN CHAINS

SUNDAY 12 AUGUST

BOLT THROWER CONVERGE CROWBAR DARKEST HOUR DEEZ NUTS RISE AND FALL SET YOUR GOALS 7 SECONDS TERROR

BRUTALITY WILL PREVAIL CATTLE DECAPITATION CRUEL HAND THE DEATH OF ANNA KARINA DEFORMITY INCANTATION NAYSAYER A STRENGTH WITHIN THIS IS HELL TOXIC HOLOCAUST VACCINE WHERE: CROSSROADS OF POPERINGSEWEG AND HAZEWINDESTRAAT, IEPER, BELGIUM

WWW.IEPERFEST.COM IEPERFEST: PROUD WINNER OF THE OVAM GROENEVENT AWARDS 2010 (OUTDOOR) & 2011 (INDOOR)!

GENETRECORDS.COM

VORTNVIS.NET

IEPER.BE


24

festivals*gigs*parties 19 juillet:

OLT 2012 1 juillet - 7 septembre Rivierenhof, Deurne

Maga Bo& film, performance, expo, …

20 juillet:

Finders Keepers B-Music Night, T-Woc, Back & Forth, Chrome Brulée, Andy Votel, DJ Sofa, Untrezt label Night

26 juillet:

Laurent Blondiau & friends

27 juillet:

Velotronix, DJ Coconuts, Akale Wube, Analogik, Djouls

2 aug: Chaos Of The Haunted Spire ft Sickboy & Mirko Banovic juillet: juillet: juillet: juillet: juillet:

Patti Smith Los Lobos, Los Lonely Boys Yevgueni, Walrus Rumer C.W. Stoneking, Douglas Firs, The Dump Brothers 13 juillet: Figli di Madre Ignota 14 juillet: Raymond Van het Groene- woud, Roy Aernouts, Roosbeef 16 juillet: Alela Diane & Wild Divine, School Is Cool, Isbell 17 juillet: Portishead 25 juillet: Scala 26 juillet: Lamb 27 juillet: Les Truttes 28 juillet: Loreena Mkennitt 30 juillet: The Roots 1 août: Thurston Moore, Gavin Friday 2 août: Xavier Rudd 3 août: Dynamo Zjoss, Krema Kawa 10 août: Maguare 14 août: Steel Pulse 15 août: OMD 17 août: Major Tom 18 août: Trixie Whitley 19 août: Sergent Garcia, Calle 13 24 août: Manollo Manouche 27 août: Sigur Rós 29 août: Soulsister 31 août: Meuris vs De Leeuw 5+6 sept: Daan simple quintet 7 sept: Absynthe Minded op enl uc ht t h e a t e r. b e

Royal Park Music Festival 1 - 29 juillet

Kiosque, Parque Royale, Bruxelles

1 juillet:

Aurelia, Pick Up Jam Session

8 juillet:

Frown-I-Brown

15 juillet:

Adjazz, Ruby Land

29 juillet:

Tangram

ro ya l p a r k m u si c f e st i v a l . b e

Recyclart Holidays 28 juin - 10 août

Recyclart,

Bruxelles

5 juillet: T &T, Ward & film, performance, expo, … 6 juillet:

Ion Din Anina, Bombino, Filastin & Nova, Group Ses Beats, Hassan K,…

12 juillet:

Malaikat Dan Singa Trio& film, performance, expo, …

13 juillet:

Débruit live band, Fulgeance, Paul White & Mo Kolours, Squeaky Lobster

5 -14 juillet 5 juillet:

Sjock Festival Bijloke, Gent

Paco De Lucia, Miguel Zenon

Quartet

6 juillet: Jim Hall - Scott Colley Duo, Brad Mehldau Trio, Gretchen Parlato, Ifa y Xango 7 juillet: Wayne Shortet Quartet, Dave Douglas & Joe Lovano Quintet, Fabrice Alleman New Quartet, Combo 42

Orchestre TP Mikili, LeBlanc, Romare, Shangaan Electro, Djub, Wasted Matter

8 juillet: Melody Gardot, The Bad Plus ft Joshua Redman, Robin Verheyen New York Quartet, Ninety Miles

9 aug:

11 juillet:

3 aug:

1 5 6 7 8

Gent Jazz

Tip Toe Topic

10 aug:

Ensemble au Recyclart, Eklektiker, San Soda, Gerd, Kong & Gratts

rec y c lar t.be

Les Ardentes 5 - 8 juillet

Parc Astrid de Coronmeuse, Liège

Antony and the Johnsons and Metropole Orchestra, Liesa Van der Aa

12 juillet:

Damien Rice, Tindersticks,

Amatorski

13 juillet:

Rodrigo Y Gabriela and C.U.B.A., Jamaican Legends with Ernest Ranglin, Monty Alexander and Sly & Robbie, Gabriel Rios solo

14 juillet:

Larry Graham & Graham Central Station, D’Angelo, STUFF, DJ Troubleman

gentjazz.com

Rock Zottegem 6 + 7 juillet

5 juillet: Morrissey, Patti Smith, White Lies, The Ting Tings, Dionysos, Edward Sharpe & The Magnetic Zeros, Warpaint, Caravan Palace, Soko, Maverick Sabre, School Is Cool, Birdpen, Shearwater, Here We Go Magic, Sallie Ford & The Sound Outside 6 juillet: Marilyn Manson, Booka Shade Live, Balkan Beat Box, Far East Movement, Erol Alkan, Mike Skinner (Dj Set), Beardyman, Madeon, Pretty Lights, Housse De Racket, The Hickey Underworld, Twin Shadow, The Magician, Ed Kowalczyk (Of Live), Great Mountain Fire, Theophilus London, Meek Mill, Carbon Airways, Juveniles, Brns, Kennedy’s Bridge, The Peas Project, Eptic, Kastor & Dice, Glyph, The Offenders, Jerikan 7 juillet:

50 Cent, The Jon Spencer Blues Explosion, Joeystarr, Brigitte, Mr.Oizo, Pony Pony Run Run, Dub Fx With Flower Fairy & Cade, Kavinsky, Death In Vegas, Joshua, The Experimental Tropic Blues Band, Dan San, Rustie, Joker, True Tiger Live, Rednek, Morning Parade, Absynthe Minded, Jonathan Wilson, Romano Nervoso, Noa Moon, Blake Worrell, Hippocampe Fou, Raving George, Kill Frenzy, Divine, Big Moustache Bandits, Supreems, Dc Salas Vs. Issa Maiga, Matterhorn, The Klaxx Aperos Urbains

8 juillet: Cypress Hill, M83, Hubert-Felix Thiefaine, Rodrigo Y Gabriela & C.U.B.A., Rufus Wainwright & Band, Yeasayer, Milow, I Blame Coco, Sharon Van Etten, The Bony King Of Nowhere & Friends, Hollie Cook, Francois & The Atlas Mountains, Roscoe, The Parlotones, Gaetan Streel

Zottegem

6 juillet: Bed Rugs, Geppetto & The Whales, Heideroosjes, Sepultura, Triggerfinger, The Human League, The Subs 7 juillet: White Sneakers Go, Kapitan Korsakov, De Mens, Gavin DeGraw, Arsenal, Alanis Morissette, The Cult, Soulfly, Dirk Stoops rockzottegem.be

Patersdreef Festival 6 + 7 juillet Tielt 6 juillet:

Ed & The Gators, Hideaway, Louis King & CC Jerome’s Jetsetter

7 juillet:

6 - 8 juillet

Poeyelheide, Gierle

6 juillet:

Demented Are Go, Frantic Flintstones, Cenobites

7 juillet: Hank 3, The Nomads, Gizzelle, Moonshine Reunion, Bob Wayne, Hipbone Slim And The Kneetremblers, The Urban Voodoo Machine, The Dirt Daubers, Hëtten Dës, The Bad Backbones, Jizzlobber, The Dirty Denims, Kings Of Outer Space, Rebel Yell, The Sonic Beat Explosion 8 juillet: The Jon Spencer Blues Explosion, The Sonics, The Blasters, The Bellfuries, The Rob Ryan Roadshow, Voodoo Swing, Fifty Foot Combo, Thee Vicars, The Lonesome Drifters, Knocksville, Kneejerk Reactions, Thee Spivs s jock.com

LaSemo 6 - 8 juillet

l’Île de l’Oneux, Hotton

6 juillet: Emir Kusturica & The NoSmoking Orchestra, Têtes Raides, David Bartholomé, Barcella, Gilles & Ca Dépend, Thomas Fersen, Cédric Gervy, The Human God, Orryflammes, Les Superluettes, Compagnie du Mirador 7 juillet: Zaz, Babylon Circus, Great Mountain Fire, Cécile Hercule, Onda Vaga, Jali, Les Déménageurs, Antoine Hénaut, Les Males Propes, The Human God, Orryflammes, Don Fiasko, Shake That, Les Superluettes, Mario, Queen Of The Circus, Filiophile, Human Sound System, Trollandia 8 juillet: Alpha Blondy, Debout Sur Le Zinc, La Ruda, Boulevards des Airs, Qw4rtz, Sarah Carlier, Onda Vaga, GiedRé, Shake That, Murgafanfare Agrum!, Les Superluettes, Mario, Queen Of The Circus, Human Sound System, Trollandia las emo.be

Pelmel Festival 7 juillet

Centre Nerveux, Ottignies

Hands Off the Barmaid, Tiny Legs Tim, Johnny Clark & The Outlaws, Dede Priest, The Yardbirds

René Binamé, Les Males Propres, Bonne Question, Idirad, Les Caricoles, Hypothetical Continent

paters dreef.be

pelmelf es ti v a l.be

Cactus Festival

Vijverfestival

6 - 8 juilllet

7 juillet

Minnewaterpark,

Brugge

6 juillet:

Vintage Trouble, Trixie Whitley, Shantel & Bucovina Club Orkestar, EmilianaTorrini, Paolo Nutini, Razorlight

7 juillet:

Kurt Vile &The Violators, CW Stoneking & His Primitive Horn Orchestra, Low, Zita Swoon Group, Grant Lee Buffalo, Black Box Revelation, John Hiatt &The Combo, Yeasayer

8 juillet:

SX, Woven Hand, Aloe Blacc, Absynthe Minded, The Kills, Chris Cornell, Daniel Lanois

cactus .be

Park Gemeentehuis, Dilbeek

Bed Rugs, Sherman, Willow, Sioen, Gabiel Rios, Nadiem Shah, W. Victor, Café Con Leche, The Moon Invaders, Antwerp Gipsy Ska Orkestra vijverf es tiva l.be

Ostend Beach Dance Fest 7 juillet

Strand, Oostende

Felix da Housecat, Sound of Stereo, Mumbai Science, Neon, Davidov, DJ Prinz & Jerry May Maxim Lany, Wolfpack, DJ for Life, Sigma ft MC Darrison, Murdock, Eptic, NGA Sound, TLP aka Troubleman, Sake, B-Kay, DJ’s Twelve & Mad D, Duuub, Copyright, Dimaro, Yamo, Laurent Wery,


25 Mr. Moustache & Smith Davis, Buscemi, Soulspinnas & Benji, Dynky Toys, Sensei os te nd b ea c h . b e

Beachland 7 juillet

Strand, Blankenberge

Kraantje Pappie , Regi, Fatty K, De Hoop, Puresang ft D.MC, Vince! Nova, Dimaro, Peter Luts, DJ Wout, Tony Star aka Sterretje, David (Dm), Dimitri Wouters, Jan Vervloet, Laurent Wéry, X-Tof, DJ Roma, Mousa, David - The Original Level Dj, Jean Delaru, Digitalf*Nk, Christophe, Seelen, Declaim, Nico Morano, Stijn Vm, Raffa Ciello, Audiophonic, Chichou, D-Star Vs Fabjan, Funtcase & Krafty MC, Drumsound & Bassline Smith, Sub Zero & Felon Mc, Original Sin & Tantrum Desire, P0gman, Eptic B2B Syndaesia, Tito & Echo Virus, Harmony, Stykz, Speedwagon, Pointblank, Z-Nox, Mc Messenjah, Yves Deruyter, Jan, Jan Vervloet, Marko, Sven Lanvin, Philip, Jean Delaru, Gert, A-Tom-X, Liberty, Jimmy Goldschmitz, Sam, D-Block & S-TeFan, Brennan Heart, Frontliner, Alpha 2, Ambassador Inc., The Viper, Transfarmers, Q-Ic, Fatty K, Mc Chucky, Liberty, Teka B, Jacknoize, Kosmik, Damien, Brian C, Miss Faction, Phasetonerz, Vendetta, Feyn & Robin, B C-Rious, Insæne, Martinez & Lorenzo, DJ Michel, Altavoces, Dj Ives , Greg Bouvi

Custom Show & Rock’n Roll Tonight Grand Place, Auvelais

7 juillet:

Saturday The Same Thing, Dandy Shoes, Tommy Green and The Blues Machine, The Baboons, Howlin Bill, Abbey Road

8 juillet:

Rockin’ and Drinkin’ Guys, Little Roman and The Dirty Cats, Liptease And the Backstreet Crackbangers, Ghost Highway

mj ta m i ne s. b e

10 Days Off

11 juillet

13 - 23 juillet

Steenstraat, Grote Markt, centrum, Bruxelles

Reena Riot, Spookhuisje, Mad About Mountains, Love Like Birds, Horses On Fire, Polaroid Fiction, André Brasseur, Het Groot Geweld; Senne Guns en Wannes Capelle, Raymond Van Het Groenewoud, The Me In You, David Bartholomé, Sioen, Lili Grace, Kiss The Anus Of A Black Cat, … feestinbr uxelles.be

Dour Music Festival 12 -15 juillet voir page 13

Rock Herk 13 + 14 juillet

voir page 14

Brosella Folk & Jazz 14 + 15 juillet

22 juillet:

Groentheater, Laken

14 juillet:

Dhafer Youssef Quartet, Hans Mortelmans, Beverly Jo Scott’s Woody 100 Project, Susheela Raman, Assad Family Quartet, Oratnitza & Kipri, The Shee

15 juillet:

Bruxelless Jazz Orchestra, David Linx, Maria João, Nicolas Kummert Voices, Lighthouse, Jon Irabagon & Barry Altschul, Ambrose Akinmusire Quintet, Hendrik Vanattenhoven, European Jazz Trumpets

Graslei & Korenlei,

Gent

13 - 15 juillet

Voetbalterrein, Peer

13 juillet:

Helmut Lotti & Roland’s Super Allstar Enlightening Music Machine, Howlin’ Bill, The Devilles, The Bottle Comets John Kay & Steppenwolf, Kenny Wayne Shepherd, Nick Lowe, The Soul Rebels, Keb’Mo’Band, John Mooney & Bluesiana, 24 Pesos

15 juillet:

B.B.King, El Fish, Ten Years After, North Mississippi All Stars, Hamilton Loomis, Lightnin’ Guy & The House Rockers, Philippe Menard

brbf.be

21 juillet:

Fatback Brass Band, Shakara United, Poutrelles Fever, DJ 4T4, Carlito & Foxy & Shizzle

14 - 23 juillet

BRBF

Blues Group

Café Con Leche, La Chiva Gantiva, Discobar Galaxie, DJ Nadiem Shah

Polé Polé

voir page 14

16 juillet:

20 juillet:

bros ella.be

14 juillet:

bea c hl a nd . b e

7 + 8 juillet

Feest In Brussel

John Fogerty, Jon Amor

14 juillet:

Sly Stone tribute, Kaer, Xperimento, Baciamolemani, DJ Radio Chango Soundsystem

15 juillet:

J To The C & The Bad Mothas, Liquid Sun Orchestra, Txarango, Mucho Gusto, DJ Duuub

16 juillet:

The Royal Funk Force, Orchestre Nationale du Vetex, The Skatalites, Civalizee Foundation

17 juillet:

Wahwahsda, Xaman Ak, Mokkomba, DJ Rakesh

18 juillet:

Mongoose, Tomi Y Su Timbalight, Bongo Botrako, Mo & Benoelie

19 juillet:

Collieman Might Sunscape Crew, Internationals ft Liza Accoe, Postmen, Turntable Dubbers The Globalista Combo

Tio Pepe & The Bordellos, Luie Lover, La Sonore Libre, Quique Neira, DJ TLP

23 juillet:

Juntacadaveres, Buritaca, Los De Abajo, Buscemi & Squadra Bossa

polepole.be

Boomtown 17 - 21 juillet Kouter & Handelsbeurs, Gent 17 juillet:

Marco Z, School Is Cool, Dorian And The Grays, Cape Coast Radio, Slow Club, Lili Grace, ’t Hof Van Commerce, Kimya Dawson, Kira Kira, Stealing Sheep, I Got You On Tape

18 juillet:

De Mens, Statue, Orchestra Of Spheres, Brontosaurus, Deer, Renée, Liesa Van Der Aa, Sunday Bell Ringers, Love Like Birds, Creature With The Atom Brain

19 juillet:

Hong Kong Dong, Vive La Fête, Kalisto Bay, Pruikduif, Sir Yes Sir, Geppetto And The Whales, Isbells, Het Zesde Metaal, Flying Horseman, Frankie Rose, Little Trouble Kids

20 juillet:

Great Mountain Fire, Steak Number Eight, Sioen, The Herfsts, Safi &Spreej, Maze, Vincent & Jules, Humble Flirt, Absynthe Minded, Gruppo Di Pawlowski, V.O., Manngold De Cobre, Eefje De Visser

21 juillet:

Beuzak, Willow, The Hickey Underworld, Are We Serious?, Natives, Bed Rugs, Hypochristmutreefuzz, Horses On Fire, Kapitan Korsakov, Wallace Vanborn, Roosbeef, Anton Walgrave, Gravenhurst

boomtownli v e .be


26

festivals*gigs*parties Francofolies 18- 22 juillet

Spa

Is Cool, ‘t Hof van Commerce, Arsenal, LMFAO, Mika, Jim Maniacs winner, Simi Nah, Mastercab, Box, Wonkap, Nightlife Ninja’s

29juillet: Tom Dice ft Iris, De Mens, Gabriel Rios, Daan, Ozark Henry, Texas, Jim Maniacs winner, Jesse Ashfield, Iris, Newton, The Fortunate few suiker r oc k.be

TaZ 26 juillet - 4 août

Oostende

26 juillet: 27 juillet:

Ronquières Festival 28 + 29 juillet voir page 16

Rising Festival 28 juillet

Sarah Carlier, Pony Pony Run Run, Cali, Yuksek, Jean-Louis Murat, Lisa LeBlanc, Chloé du Trèfle, …

22 juillet:

th eater aanz ee.be

1 août:

19 juillet:

Kiss And Drive, Malibu Stacy, Juilleten Doré, MAKYzard, Balimurphy, Soldout, Ga¨tan Streel, The Waow, …

20 juillet:

Jsohua, Selah Sue, Chilly Pom Pom Pee, AKS, Superlux, Hollywood Porn Stars, Dan San, Rover, Buenas Ondas, …

21 juillet:

Jean-Louis Aubert, Arid, Von Durden, Roscoe, Vegas, Great Mountain Fire, Oldelaf, Surfing Leons fy Miss Eaves, …

fr a nc o fol ie s. b e

Irie Vibes Roots Festival 20 + 21 juillet

Handzame

20 juillet:

Jah Shaka, Blackboard Jungle Soundsystem

21 juillet:

Michael Prophet & Dub Asante Band, Earl 16, Chotokoeu, Skabone 14, Buritaca, Kevin Isaacs & Tallawah, Iron Ites

g r e e nfor wa r d. b e

Powerfestival 20 + 21 juillet voir page 16

21 juillet

28 juillet:

Bruxelless Up! Soundsystem, Ricardo Ribeiro Quintet, Kayhan Kalhor & Erdal Erzincan, Astillero Tanog, Emel Mathlouthi, Narasirato, Balaxy Orchestra, Fatoumata Diawara, The Barons Of Tang, Red Baraat, Larry Harlow & The Gerardo Rosales Orchestra ft Louisito Rosario: A Tribute To The Fania Era, Magic System Best Of Tour 2012, Addictive TV, Nortec Collective presents Clorofila, Max Le Daron

29 juillet:

Lala Njava, Coreyah, Marco Flores, Bonga, Kel Assouf, Flavia Coelho, Dissidenten, Molotov, Zita Swoon Group

Karim Baggili Sextet, Arts de rue, La Mal Coiffée, Orkestar Braka Kadrievi, Dédé SaintPrix, Odemba OK Jazz All Stars Papa Noël

28 juillet

Groentheater, Bruxelles

Sweet Savage, Channel Zero, Status Quo, Alice Cooper, Jim Maniacs winner, Shellcase, Spoil Engine

Nouvelle Vague, Floating Points, BRNS, Matias Aguayo, Meridians, Mo & Grazz & Big Band, Flying Horseman, Tom Kerridge, Gerry Read, Presk, Locked Groove, Sleepers’ Reign, 22 Tracks ft Jameszoo, Pomrad, Nosedrip, Alex Deforce & Jazz Neversleeps, Phonetics, Mezzdub, Kong & Gratts, Onda Sonora, Funky Bompa & DJ Reedoo, Cupp Cave, Voltron, Borealis, The Devilles, Airplaine, Requake & Orphans, Errorism, Ed & Kim, From Harlow to Spits, Lucas Caroso Fo-Real, Bamboo Avenue, Estatik, 1984, I-Mazing Sound, Fuller, Arrestar, The Farmer Matavolta, Malfunktion, DJ Smalzz

28 juillet:

brukselliv e.be

m u zi ek p u b l l i q u e . o r g

Suikerrock Tienen

26 juillet:

Philip Sayce, The Union, Triggerfinger, ZZ Top; Jim Maniacs winner, Epic Lane, Vienna

27 juillet:

Luc van Acker, School

Ian Pooley, Lefto, Faisal, Mr.

4 août:

Wolf People, Get Cape. Wear Cape. Fly, Fence, BRNS, Benny Zen & The Syphilis Madmen, Float Fall, The Dukes, The Bony King Of Nowhere, Lewis Floyd Henry, Mad About Mountains, Oh Burgundy, Charles Frail, Head Full Of Flames, Elephant Elephants, Sleep Party People, Cashmere, Dans Dans, The Plumps, Fungus, The Guru Guru, Pomrad

kis s myaf f.be

Soulsister, The Scabs, Therapy?, Willow, Gers Pardoel, Vive La Fête, Spit It Out

3 août:

DJ Cluts, Daan, Yves V, Dimitri Vegas & Like Mike, DJ Jelle, No Rulez, Skyve, The Oddword, Ego Troopers, Kastor & Dice, Mr.Polska, Radio Modern, DJ Dombret

4 août:

Ozark Henry, Discobar Galaxie, DJ Mario, Kapitein Winokio, Bandits, Lady Linn, Heather Nova, AKS, Dr. Lektroluv, …

cas ablancaf es tival.be

Reggae Geel 3 + 4 août voir page 16

Micro Festival 3 + 4 août voir page 18

Festival Dranouter 3 - 5 août voir page 16

M-idzomer

Esperanzah

2 - 5 août

3 - 5 août

2 août:

M, Leuven

CocoRosie, Renée

3 août: José James, Jazzanova, Lefto 4 août: Absynthe Minded, Intergalactic

Bruksel Live

C-Mine, Genk

Critical

Lovers, The Me In You

Muntplein, Bruxelles

26 - 29 juillet

3 août:

2 août:

Kobe Louis Charles, Captain Steel, Maguaré, Kid Creole AndThe Coconuts, Hugo Mendez –Sofrito

3 + 4 août

Abdij, Hemiksem

27 - 29 juillet

sfinks.be

B.United

1 - 4 août

Sfinks Mixed Festival 27 juillet:

AFF

Casa Blanca

Geppetto & The Whales, De Mens, Triggerfinger, Bed Rugs, Intergalactic Lovers, Until Broadway, …

Boechout

s trandf uif.be

Manau, Bernard Minet, Cre Tonnerre, Balimurphy, The Waow, De Frigobox Toeristen, Pilgrims, 14Weeks,Whylanders, Belly Button, Too Much & The White Nots ris ingf es tival.be

Camping Sauvach, Hudson, Amadou & Mariam, Experimental Tropic Blues Band, Skip The Use, Perry Rose, …

The Whatevers, Bram Willems, Jonez, Tronico, T-Flash

Thy-le-Château

Pasmans Deluxe, Statue, … Stoomboot, Statue, De Kift, Ephi Ciel/Dez Mona, …. 28 juillet: Yinoji, Gerrit Valckenaers, Aroma Di Amore, Jangle Boist/Rudy Ttrouvé Octet, … 29 juillet: The Bathroom Singers, Ten Adem, Gerrit Valckenaers, Statue, Tout Puissant Mukalo, … 30 juillet: Big Noise, L. Van der Aa, B.Kruismans, … 31 juillet: Floris Schillebeeckx en Koor, Thé Lau, … 1 août: The Bucket Boyz, … 2 août: Blue Monday People, Serge Feys & Jan de Smet, … 3 août: Andrea Voets, Serge Feys Trio, Tip Toe Topic, … 4 août: Geert Waegeman, Hans Beckers, Luc van Acker, …

18 juillet:

4 août:

5 août:

Spinvis, Isbells, Amatorski

m-idzomer.be

Strandfuif 2 - 4 août Festivalweide, Glabbeek

voir page 16

Les Nuits Secrètes 3 - 5 août voir page 22

Polé Polé Beach 3 - 5 août

Strand Zeebrugge

3 août:

Buscemi, Discobar Galaxy, Soul Shakers, TLP, Gaetano Fabri, Rakesh, ...

2 août:

4 août: Turntable Dubbers, Gunther

3 août:

5 août:

Sick Of It All, Heideroosjes, Boysetsfire, The Rocket Radar: Drumsound and Bassline Smith, Skism, Brookes Brothers ft Dynamite MC, Sigma, Cutline, Murdock, Tantrum Desire, Congo Natty aka rebel mc, tenor fly & nanci correia, Major Look ft crystal clear & mc stapleton, Zomboy, KG & Erb N Dub, Syndaesia, Brownz

Lamoot & Superstaar DJ’s, Bobalicious, ... DJ 4T4, Radio Desperado,...

polepole.be

Gouvy Jazz 3 - 5 août Gouvy

Ferme de la Madelonne,


JauneOrange présente

3 août:

Romane, Harold Mabern Jazz Quartet, Veronique Hermann Sambin Band, Laurence Kabatu Quartet, Daroux - Petrucciani - Schiavone French Trio, Toine Thijs Quartette Français

4 août:

Belgium Jazz Big Band, Jose Luis Gutierrez Quartet, Trio Winterstein, Randy Brecker & Franco Ambrosetti Reunion Band, Eric Fusillier Jazz Quartet, Sack O-Woe, Robyn Bennett & The Bang Bang Quintet

5 août:

Clare Free Blues Quartet, Gerry Mc Avoy’s Band Of Friends, John Lee Hooker Jr Blues Band, Big Pete Pearson & The Gamblers, Lightnin’ Bug, Tex Band

g o uv y. eu/m a d e l o n n e

Mxpx Allstars, Nemea, Pianos Become The Teeth, Pig Destroyer, Reign Supreme, Scraps, Shai Hulud, Sick Of It All, Stillxstrong, Trapped Under Ice, Trc, Truth And Its Burden, Unearth, Whatever It Takes, Wisdom In Chains

12 août: Bolt Thrower, Brutality Will Prevail, Cattle Decapitation, Converge, Crowbar, Cruel Hand, Darkest Hour, The Death Of Anna Karina, Deez Nuts, Deformity, Incantation, Naysayer, Rise And Fall, Set Your Goals, 7 Seconds, A Strength Within, Terror, This Is Hell, Toxic Holocaust, Vaccine ieper fest.c om

BSF

Lokerse Feesten

10 - 21 août

3 - 12 août

Place des Palais, Bruxelles

10 août:

voir page 16

Paulusfeesten 9 - 15 août

Oostende

Fischer-Z, Orchestre International du Vetex, Steak Number Eight, Bed Rugs, Discobar Galaxie, Customs, Geike, Yevgueni, De Mens, Tarrus Riley, … p a u l us fe e st e n . b e

Antilliaanse Feesten 10 + 11 août

Blauwbossen,

Hoogstraten

10 août: Morgan Heritage, Henry Santos, Carimi, Ferre Gola, Bella Mondo, Celso Piña, Destra, Havana d’Primera, Staff Des Leaders, Locomondo, KLC Clave Cubana 11 août: Tony Dize, Luis Enrique, Martin Elias, Destra, Naks Kaseko Loko, Locomondo, Kola Loka, Angeles, Xamanek, Punky Donch, Recruitz Soca Band a n ti l l i a a nse f e e st e n . b e

Ieperfest 10 - 12 août

Festivalterrein, Ieper

Willow, Roscoe, John Cale & Band, Charlie Winston 11 août: Dan San, Sharon Corr, Stephan Eicher and The Lost & Found, Benabar 12 août: The Experimental Tropic Blues Band, The Stranglers, Catherine Ringer, Iggy & The Stooges Mont Des Arts, Bruxelles

11 août:

Dissonant Nation, Dream Catcher, Geike 12 août: Madé J, Lawen Stark & The Slide Boppers, Crystal & Band, Drugstore Cowboys, John Lewis Trio, Voola & The Jayhawks 13 août: Substitute, The Sneakers, Stahlzeit 14 août: Dafuniks, Disiz La Peste, Orelsan 15 août: Perry Rose, Balimurphy, Thomas Fersen 16 août: Moon Invaders, Zion Train, Alborosie 17 août: Hudson, Gush, Shaka Ponk 18 août: Rover, Skip The Use, Pony Pony Run Run 19 août: Smoo, Inna Modja, Vive La Fête Place du Musée, Bruxelles

10 août:

10 août: Aborted, Agnostic Front, The Chariot, Coke Bust, Congress, Corrosion Of Conformity, Dean Dirg, Death By Stereo, Dukatalon, For The Glory, Funeral For A Friend, Homer, Knuckledust, Kylesa, Midnight Souls, The Mongoloids, Mucky Pup, Norma Jean, Skarhead, Sydney Ducks, Take Offense, Withdrawal 11 août: The Black Dahlia Murder, Cornered, Eyehategod, Grand Magus, Hellbastard, Ignite, Man Vs Humanity,

Ann Arbor, Too Much & The White Nots, Bjørn Berge 11 août: Mina Tindle, Alpha 2.1, David Bartholomé 12 août: Mochelan, Makyzard, Gandhi 13 août: Montparnasse, Adam Cohen, Maria D 14 août: The Mash, Driving Dead Girl, Elvis Black Stars 15 août: Coffee Or Not, Kiss & Drive, Anna Aaron 16 août: Kid Noize, Elisa Jo, Juveniles 17 août: Vincent Scarito, Mathilde Renault, Dick Annegarn 18 août: Christine and The Queens, Mademoiselle Nineteen & Benjamin Schoos, Sarah Carlier 19 août: Anouk Aiata, Clare Louise, Claire Denamur bsf.be

Wead 11 + 12 août: voir page 18

Espace 251 Nord Rue Vivegnis, 251 www.microfestival.be

4000 LIÈGE

B

10/15 euros

Préventes : FNAC / La Carotte / Livre aux Trésors / Free record shop / L’Enseigne du commissaire Maigret


28

festivals*gigs*parties Melkrock 12 août

Watewy, Tielt

Mr.Gerrymanders, Denvis And The real Deal, Nitrovolt, Bearwolf beav er fest.be

Bucolique Ferrières Fest 24 + 25 août

Château de Ville-My

samedi 07 juillet Micrologue, Joff Logartz, Gomez/Rey/ Barokskky, Earl Grace, Fady One, Pierre, Deg @ Fuse, Bruxelles, fuse.be Strange Hands @ Water Moulin, Mouscron, watermoulin.bandcamp.com Madsen @ Rockhal, Esch/Alzette, Lux, rockhal.lu

dimanche 08 juillet Wonderfull Band @ ABC Rock’nRoll, Liège, abc-rocknroll.be

Zion Train, Steak Number Eight, Bed Rugs, Renée, Kapitein Winokio, Polaroid Fiction, Berlaen, Steven H, Tiny Legs Tim, Reena Riot, Elco, Radio Topkaas, Luc Dufourmont m el k r o c k . c o m

Alcatraz Festival 12 août

Brielpoort, Deinze

Warbringer, Hell, CrimsonGlory, primordal, Testament, Iced Earth, Immortal a l ca tr a zmu si c . b e

lundi 09 juillet The Animals & Friends @ Spirit of 66, Verviers, spiritof66.be

mardi 10 juillet 24 août:

Alex Gopher, Clara Moto, Compuphonic, Kolombo, Attar!, Disco Maffia

25 août:

Montevideo, Joshua, Great Mountain Fire, Dan San, Elvis Black Stars, BRNS, Stereo Grand, Gaëtan Streel, Recorders, KermesZ à l’Est, Human Sound System, DJ Grounchoo

24 - 26 août

16 - 18 août

centre, Verviers

Rock Op Het Plein

De Palmas, Pavlov’s Dog, Beverly Jo Scott, Sirius Plan, Solaris, Elvis Black Stars, Noa Moon, The Original Blues Brothers Band, Perry Rose, Jacques Stotzem, …

17 août

fiestac ity.be

voir page 20

St-Maartensplein,

Wervik Gazzomind, De Mens, Daan, Squarelectric vs DJ Regi ro ck o p he t p l e i n . b e

Rock En Seine 24 - 26 août voir page 22

Festival d’Art 17 - 22 août

Huy

lundi 02 juillet

Mixtuur Christian Zehnder Quartett, Jomion & Les Uklo’s, … 19 août: Nguuyên Lê, Laïla Amezian TriOde, … 20 août: Maguaré, Renaud GarciaFons, … 21 août: Eric Legnini & The Afro Jazz Beat, … 22 août: L’Orchestre Internationale du Vetex, Tuur Florizoone & Didier Laloy

Ian Siegal & The Mississippi Mudbloods ft Luther & Cody Dickinson, Alvin Youngblood Hart @ Spirit of 66, Verviers,  spiritof66.be Herbert Grönemeyer @ Rockhal, Esch/ Alzette, Lux,  rockhal.lu

17 août: 18 août:

hu y a r tfest i v a l . b e

Feest in het Park 23 - 26 août

Le Cabaret Vert 23 -26 août

Unsane, Big Business, New Bleeders @ Vooruit, Gent, vooruit.be Gossip @ Rockhal, Esch/Alzette, Lux, atelier.lu Patti Smith @ Rockhal, Esch/Alzette, Lux, rockhal.lu

mercredi 04 juillet The Mars Volta @ Rockhal, Esch/Alzette, Lux

Gilberto Gil @ PBA, Bruxelles, bozar.be Castles, Globul, Dorian, DJ Vincent Cayeux @ Rockerill, Marchienne au Pont

vendredi 06 juillet

voir page 22

Beaverfest 24 + 25 août

mardi 03 juillet

jeudi 05 juillet

voir page 18

Tavigny, Houffalize

Peter Pan Speedrock, Def Americans, Casa de la Muerte, Pretty Lightning,

mercredi 11 juillet Louis King, CC Jeromes Jetsetters @ Spirit of 66, Verviers, spiritof66.be

jeudi 12 juillet

buc olique.be

Fiesta City

Pukkelpop

Thees Uhlmann @ Rockhal, Esch Sur Alzette, Lux, rockhal.lu Bat For Lashes @ den Atelier, Lux, atelier.lu

Wild Boar & Bull, MAKYzard @ BruxellesLes-Bains, Bruxelles ô JUILLETette @ Spirit of 66, Verviers, spiritof66.be Mike And The Mechanics @ den Atelier, Lux, atelier.lu

JR De Montreal, Logeno @ Rockerill, Marchienne au Pont, rockerill.com Milow @ Däichhal, Ettelbruck, Lux, atelier.lu M83 @ Rockhal, Esch/Alzette, Lux, rockhal.lu

vendredi 13 juillet Bouldou & Sticky Fingers @ Spirit of 66, Verviers, spiritof66.be Far East Movement @ den Atelier, Lux

samedi 14 juillet The Narcotic Daffodils, 164 Speed Funk @ JH Basement, Zaventem Lucas Saroso, Isam & Jazzydemon, Pierre, Deg @ Fuse, Bruxelles, fuse.be Arcadium @ Spirit of 66, Verviers, spiritof66. be Blink 182 & All American Rejects @ Rockhal, Esch/Alzette, Lux, atelier.lu

dimanche 15 juillet Dan Cash & The Double Trouble @ ABC Rock’nRoll, Liège, abc-rocknroll.be

lundi 16 juillet Norah Jones @ Neumunster Abbey, Lux, atelier.lu

mardi 17 juillet Bon Iver @ Neumunster Abbey, Lux, atelier.lu

jeudi 19 juillet Les Blondes Blindées, Buchkan, Loox @ Rockerill, Marchienne au Pont, rockerill.com

dimanche 22 juillet Wonderfull Band @ ABC Rock’nRoll, Liège, abc-rocknroll.be

jeudi 26 juillet Globul, Spirit Catcher, Logeno @ Rockerill, Marchienne au Pont,  rockerill.com

dimanche 29 juillet Le Virginien @ ABC Rock’nRoll, Liège, abcrocknroll.be

mardi 31 juillet Thurston Moore @ den Atelier, Lux, atelier.lu

jeudi 02 août Ass, Twilight Zone, Barako Bahamas @ Rockerill, Marchienne au Pont,  rockerill.com

dimanche 05 août Dusty Boots @ ABC Rock’nRoll, Liège, abcrocknroll.be The Chap @ CarréRotondes, Luxemburg, rotondes.lu

jeudi 09 août D.L.C.L.M., Le Laboratoire @ Rockerill, Marchienne au Pont, rockerill.com The Monsters, Ty Segall, Kid Congo and the Pink Monkey Birds @ Trix, Antwerpen, heartbreaktunes.com

samedi 11 août Entrée de Secours, René Binamé, Serge Uthe-Royo, Prince Ringard @ Espace, Noir, Saint-Imier

dimanche 12 août Last Train @ ABC Rock’nRoll, Liège, abcrocknroll.be

mardi 14 août Coffee Or Not @ Espace Catharose, Namur Wilco @ den Atelier, Lux, atelier.lu

mercredi 15 août Odd Future @ den Atelier, Lux, atelier.lu

jeudi 16 août DJ’s Tintin, Luigi @ Rockerill, Marchienne au Pont, rockerill.com

dimanche 19 août Jo Vannerum @ ABC Rock’nRoll, Liège, abcrocknroll.be Santigold @ den Atelier, Lux, atelier.lu

mardi 21 août Of Montreal @ den Atelier, Lux, atelier.lu

jeudi 23 août Globule, Pierre make some noise, Fuckin Chick, Miss Tetanos, Sri.Fa ft Stephen O’Maltine @ Rockerill, Marchienne au Pont, rockerill.com

samedi 25 août Diiv, La Femme @ CarréRotondes, Luxemburg, rotondes.lu

dimanche 26 août Last Train @ ABC Rock’nRoll, Liège, abcrocknroll.be

mercredi 29 août Ed Sheeran @ den Atelier, Lux, atelier.lu

jeudi 30 août DJ Alexandra Vassen, Maya Cox @ Rockerill, Marchienne au Pont, rockerill.com

vendredi 31 août Lezt Zeppelin @ Spirit of 66, Verviers, spiritof66.be


Earteam Absynthe Minded ‘As It Ever Was’

Can

AZ/Universal

‘The Lost Tapes’

Je ne sais pas si dire d’un groupe qu’il fait du pop-rock très pop et accessible, voire même ‘radio-friendly’ pourrait être pris comme un compliment, mais pourtant, je ne vois pas trop comment décrire autrement le cinquième album des Gantois. Les jeunes gens veulent toucher les cœurs, c’est clair – recherchent une certaine douceur, une harmonie, un équilibre parfait – le genre de mélodies légères comme l’air et fluides comme l’eau. Pas un exercice facile d’ailleurs d’être aussi précis et aussi simple. Sauf qu’Absynthe Minded y arrive avec brio. Une voix et quelques riffs de guitares sans fioritures, du rythme enlevé et gracieux, des textes pas trop cons, des morceaux parfaitement construits: rien à enlever. On retrouve la même beauté que dans les plus beaux meubles design, où le dépouillement est le vecteur du raffinement le plus abouti. Bref, une vraie réussite à conseiller à tous les amateurs de pop intelligente. (jbdc)

Spoon/Mute

La vie nous réserve parfois de bien belles surprises comme le démontre la sortie de ces lost tapes de Can. Leur genèse relève quasi du conte de fée dont les fans rabâcheront les oreilles de leurs petits enfants : alors que le musée du rock allemand, acquéreur du studio de Can, procédait au déménagement des précieuses reliques, des bandes ont fortuitement été retrouvées. A l’autopsie, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un ensemble de 30 heures de titres enregistrés entre 68 et 77, dont Irmin Schmidt a extrait la crème, soit 3 heures de matériel inédit réparties sur 3 CDs. On ne trouve ici nulle trace de remplissage opportuniste, mais des titres composés pour des films qui n’ont jamais vu le jour, des compositions qui n’ont finalement pas figuré sur des albums ou encore des titres live, parmi lesquels de fantastiques versions de ‘Spoon’ ou ‘Mushroom’. Si certains titres expérimentaux s’adressent principalement aux afficionados les plus endurcis, d’autres, nettement plus directs, pourront constituer une belle porte d’entrée pour les novices. Car on retrouve ici de pures merveilles de groove répétitif et entêtant se hissant au niveau de ce que l’on peut retrouver sur ‘Ege Bamayasi’ ou ‘Tago Mago’. Là où‘Millionenspel’ et ‘Graublau’ sont des joyaux de kraut dans ce qu’il peut avoir de plus motorik, ‘Midnight sky’ et ‘Barnacles’ se révèlent particulièrement funky - on jurerait qu’ils proviennent de la BO d’un classique blaxploitation; quant à ‘On the way to mother sky’, il verse dans le psychédélisme débridé le plus ahurissant. Dans un registre plus calme, ‘Obscura Primavera’ révèle une grande subtilité, tout comme le très planant ‘Private nocturnal’ et ‘Dead pigeon suite’, dont la trame mélodique est très proche de celle de ‘Vitamin C’. Une véritable mine d’or ! (pf)

Admiral Fallow ‘Tree Bursts In Snow’ Net t werk/V2

Cette fois, ce sera dit sans ambages : les projets de pop ou de folk écossais ont souvent bénéficié chez moi d’un accueil singulier, motivé par un attachement instinctif. De Belle and Sebastian aux Delgados, en passant par Teenage Fanclub ou The Beta Band, ils sont nombreux ces groupes qui, malgré leurs altérités, ont élu une niche douillette dans mes oreilles tant pour leur valeur intrinsèque que pour leur ancrage à Glasgow, Inverness ou Skye. Dès ‘Tree Bursts’, j’ai aussitôt retrouvé chez Admiral Fallow ce sceau indéniable qui me fait léviter chez beaucoup de natifs de la patrie au chardon : un sens de l’intemporalité dans certaines orchestrations, le contraste soigné des voix féminine et masculine (ici multipliée à l’envi, les interprètes masculins ajoutant chacun une touche distincte), la gravité palpable des mots dissimulée en seconde couche sous les mélodies contagieuses pour qui prendra la peine de la décrypter. Dans cette veine, ‘Beetle In The Box’ remplit toutes ses promesses : lorsqu’on s’arrête de scander le refrain à tue-tête on y perçoit une célébration des choses infimes (« Make your mark in your own tiny way/Your own miniature firework display for one ») malgré l’immensité brouillonne : ravissement certain. ‘Old Fools’ vient enfoncer le clou avec un sens de la retenue marquant, ‘Brother’ est une bouleversante façon de réguler une dissension familiale. Tant que d’Aberdeen à Fife, on continuera à laissera pousser librement de si touchantes mauvaises herbes sous les pavés, il y aura toujours un tempérament tendre pour les saisir. (alr)

Anita ‘Hippocamping’

rait pas renié Squarepusher, je pense notamment au second morceau ‘Torso Nudo’, même si d’autres passages se perdent rapidement dans des boucles usantes au bout de la trentième seconde. Et même si elle ne bouleversera pas ton panthéon, ni le mien d’ailleurs, l’œuvre de la productrice suisse (?) nous aura au moins évoqué une madeleine que nous affectionnons tant qu’on y tremperait nos coffrets Warp chaque matin. Garçon, un espresso. (fv)

Barcella ‘Charabia’ Sony

Marre qu’on vous cache tout, qu’on vous dise rien ? Qu’on vous loue le disque trucmuche et la galette machin ? Lisez RifRaf, magasine révolutionnaire qui appelle un phoque un phoque. ‘Charabia’, mot provençal issu de l’espagnol algarabia, signifiant la langue arabe veut par définition dire un langage inintelligible ou un style très confus. Soit quatorze titres qui musicalement oscillent entre le Julien Doré d’‘Ersatz’, le Renan Luce qui chantait ses voisines et le genre guinguette à l’accordéon de l’entredeux-guerres. Soyons clairs, quelques chansons sont vraiment bien écrites, très narratives et plutôt drôles à la première écoute. On pense à cette histoire d’amour entre un stylo et une feuille de papier, à cette ‘Salope’ mélange iconoclaste de Katerine et Souchon, au flow clownesque de ‘Mixtape’ sur lequel très étonnamment vient scratcher Robert Le Magnifique, aux petits seins qui pointent dans ‘Ma Douce’. Mais, si ces morceaux peuvent s’apprécier sur l’instant, il est quasiment impossible de les réécouter tant les effets de surprise se sont évaporés et les possibilités de lecture à d’autres degrés inexistants. Bref, la vérité sur La Palice, quand c’est lisse c’est pas rugueux. (lg)

Belleruche ‘Rollerchain’

Wildrifd

TruThoughts

Camarade lecteur, toi qui es un(e) inconditionnel(le) du versant abstrait d’Aphex Twin ou d’Autechre, j’ai une bonne nouvelle, tu dois immédiatement te pencher sur ‘Hippocamping’, œuvre d’une certaine Anita (dont je t’avoue ne pas savoir grand-chose). Passée l’introduction où tu te croiras infesté de mouches bruyantes, tu découvriras un monde familier, je sais déjà que tu le trouveras peu original et marquant, je te rétorquerai que dans le genre IDM, on n’a pas fait beaucoup mieux ces derniers temps - il est vrai que le style est tombé quelque peu en désuétude. Il est même, avoue-le, des passages très plaisants que n’au-

Les amateurs de TruThoughts savent pourquoi. Les autres préfèrent Vampisoul, Daptone, Stones Throw ou Young Turks pour des questions de bon sens. Belleruche pourrait pourtant changer la donne et rameuter les ouvrières du bon goût vers le label un tiers soul, un tiers world, un tiers hip-hop de Quantic & His Combo Barbaro, Omar ou encore Barakas. De fait, les Londoniens proposent un quatrième album (et ouais, on en apprend tous les jours) d’électronique minimale qui devrait plaire autant aux amateurs de groove décharné à la The XX (‘16 Minutes’, ‘Longer Days, Longer Night’) qu’aux amoureux d’une soul moderne à la Duffy (‘Get More’). Chic but hic : si

l’on se laisse bluffer par les quatre premiers morceaux (entre autres, l’accélération progressive du premier titre ‘Stormbird’), la suite n’évite pas les écueils de la redite et, du coup, souffre d’un léger désintérêt. (lg)

Billions Of Comrades ‘Brass EP’ Billions Of Comrades Production

Avec ce ‘Brass EP’, ce groupe belge nous propose quatre titres enregistrés dans des conditions live. ‘Robots’, le premier morceau, séduit immédiatement avec son côté assez dark, tendu, expérimental et hypnotique qui s’associe fort bien au chant lointain et un rien torturé. De façon générale, d’ailleurs, le groupe génère des ambiances prenantes, aux atmosphères renvoyant au post rock, au post punk (‘Panda’ rappelle un peu Cure), le tout avec un côté noisy et une dimension dansante façon LCD Soundsystem, comme en témoignent ‘Plkts’ et ‘Bruta’. Une chose est claire, sur base de ce maxi, on ne peut qu’encourager Billions Of Comrades à persévérer ! (pf)

Blues Control ‘Valley Tangents’ Drag Cit y/V2

Que les choses soient claires : Blues Control fait presque tout, sauf du blues. Sur son quatrième essai, le duo américain (Lea Cho et Russ Waterhouse) juxtapose des composantes tropicales, jazz, classiques et new age sur une trame instrumentale qui doit tout au rock (progressif, industriel ou psychédélique). ‘Valley Tangent’ est une grande embardée expérimentale orchestrée à la lueur d’une lampe de chevet. On peut entendre beaucoup de choses sur ce disque : une guitare spatiale qui surfe sur les notes d’un synthé carillonnant ou des harmonies mutantes en lévitation sur un tapis de percussions mystiques. Tout ça est un peu étrange, vraiment cinglé, et bricolé avec un doigté d’orfèvre. Dans son (trans)genre, ‘Valley Tangents’ est un excellent moyen d’échapper à la réalité. (na)

Joe Bonamassa ‘Driving Towards The Daylight’ Mascot label Group/Provogue

Véritable icône de la scène blues rock contemporaine, Joe Bonamassa est un virtuose de la six cordes. Mais là où certains pensent que la technique est un but en soit, Joe l’utilise comme outil afin de servir des compositions solides alliant puissance et émotion, ce dont on lui est gré. Adepte de Robert Johnson dont il reprend d’ailleurs avec succès ‘Stones in my pathway’, notre homme décline un uni-

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vers résolument old school, reprenant pas mal de classiques qui sont délivrés avec un habillage très orienté 70s. Si Joe peut composer une ballade de haute volée comme le très touchant titre éponyme, il brille surtout dans un registre plus enlevé, notamment lorsqu’il reprend des classiques comme ‘Who’s been talking’ (Howlin’ Wolf), ‘I got all you need’ (Willie Dixon) ou encore ‘Lonely town lonely street’ (Bill Withers) qui prend des allures zeppeliennes. On décernera également une très bonne note au bien rock ‘Somewhere trouble don’t go’, soit une compo personnelle. L’une ou l’autre faute de goût mises à part - dont une reprise boursouflée de ‘New coat of pain’ de TomWaits, ‘Driving Towards The Daylight’ confirme tout le bien que l’on pense de Joe. (pf)

Boy Android ‘Walk | Run | Flee’ Stickman Records/Konkurrent

Pauvre Hagen Fiedler, cher petit cœur emo, qu’il doit être lourd à porter ton héritage romantique, entre brume et cendre, entre tempête qui fait rage et obscurité qui afflue inévitablement depuis les abysses. Il n’est hélas pas donné à tout le monde d’être Chokebore. Évite donc les affects, ces violons kitschissimes qui clôturent ‘Out In The Mist’, cette position tendue entre la plainte et l’essoufflement que tu adoptes dans ‘Golden Lights’. ‘How come we don’t dance’ ? Il nous prenait par la main, ce morceau, avant qu’en plus de la pedal steel éplorée, tu nous gratifies d’un solo sensé tout ébranler. Un peu de simplicité ne causera pas mort d’homme et tu es le premier à t’en rendre compte. Après ‘Arise’ c’est promis, on ne tombera plus en pâmoison pour les natures rusées. Dans notre balance intraitable, à l’opposé des pertes et fracas, nous garderons une place pour ‘Anatomy Of A Scattered Night’, où l’on sent poindre la sincérité malgré le balai continuel, et surtout pour ‘The Hours’ où une présence féminine semble attendrir tes côtes saillantes pour un mieux. (alr)

Cabadzi ‘Digère et Recrache’ Le Cirque Absent

Avec un titre pareil, ‘Digère Et Recrache’, fallaitil s’attendre à autre-chose qu’à une galette qui en a dans le futal et qui compte bien le faire savoir ? On n’est donc pas surpris en pénétrant l’univers de Cabadzi de découvrir un groupe de hip-hop qui pense avoir digéré tous les aspects du monde moderne pour se permettre de tout recracher avec cette forme de complaisance qui consiste à toujours dégommer les mêmes cibles faciles : TF1, NRJ, Jean-Pierre Pernaud, Michel Drucker, les traders, Rihanna, David Guetta, les hypermarchés, tous responsables de la misère du monde et de sa pauvreté intellectuelle. Reste qu’au-delà de cette hypocrisie criante, de ces revendications anti-tout à la Saez, ce disque de Cabadzi est loin d’être le plus mauvais sorti dans la langue de Houellebecq cette année. Musicalement d’ailleurs, ce flow sur fond de violoncelle et de trompette est plutôt bien foutu et singulier. On pense en même temps à Psykick Lyrikah pour l’austérité et à R.Wan pour la déconne au vingt-cinquième degré (les délicieux ‘J’aime Pas Noël’, ‘LiDL Des Jeunes’ et ‘Piscines Et Gamines En Strings’). Bancal mais pas mal. (lg)

John Cage ‘Sonatas & Interludes’ Decca/Universal

Edgard Varèse ‘Amériques’ Deutsche Grammophon

En revenir au classique. En revenir aux classiques. Les sources, les plateaux. Les ruptures aussi. Tenter les liens entre ce qui fut l’avant-garde hier et ce dont se nourrissent celles


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d’aujourd’hui. Ainsi de John Cage et d’Edgard Varèse. Il y a un peu moins d’un siècle, Varèse rompait avec tous les codes en vigueur en composant ‘Amériques’, une œuvre imprégnée des ambiances de New York et marquée par l’univers industriel moderne auquel il était alors confronté. Varèse utilisa des sirènes et bon nombre de percussions tout en donnant aux instruments à vent des sonorités inouïes, annonçant les musiques électro-acoustiques de l’après-guerre et celles expérimentales des années soixante et septante. Quant ‘Amériques’ fut présenté pour la première fois en concert au Carnegie Hall, il rencontra l’hostilité d’un public non préparé pour ce type de musique. Trente ans plus tard, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, il fut hué avec ‘Déserts’, à l’endroit même où Stravinsky créa le scandale avec ‘Le Sacre du printemps’ et ce malgré les efforts de Pierre Boulez pour faire comprendre son travail. C’est le même Boulez qui fit connaître John Cage à Paris. Cage fut le premier compositeur à tenter de modifier systématiquement le piano pour en tirer des sons nouveaux en le « préparant » avec des matériaux communs comme le caoutchouc et le plastique, des vis et des boulons… Ses ‘Sonates & Interludes’ furent composées à la fin des années 40 mais elles demeurent d’une grande contemporanéité. Cage a insufflé le temps et la durée dans la musique, des notions qui, depuis lors, n’ont cessé de l’accompagner. (et)

Licia Chery ‘Blue Your Mind’ My Major Company

Née en Suisse de parents haïtiens, on sent que la jeune Licia s’est nourrie du meilleur de la Motown, de cette soul 60’s qui fait du bien à l’esprit et au corps. Bonne élève, la chanteuse sait faire sonner les leçons de ses prestigieux aînés américains. Agréable et plaisante comme un chaud soir d’été, l’écoute de ce premier album étonne par sa fluidité. Jamais un à-coup ne vient perturber l’oreille, au contraire les pavillons sont gentillement caressés dans le sens du groove. Sans doute Licia Chery devra-t-elle encore forger ses armes, développer un style plus personnel dans un proche avenir, mais ce premier coup d’essai est franchement une réussite. (jbdc)

Chicha Libre ‘Canibalismo’ Barbes Records/Crammed Discs

Signé sur le label Crammed, vénérable entité bruxelloise et premier rempart mondial pour la sauvegarde de la diversité musicale, le groupe Chicha Libre compresse la ligne du temps pour réhabiliter un style et accoucher d’une œuvre intemporelle. Imaginé par Olivier Conan, un Français exilé à Brooklyn, l’album ‘Canibalismo’ revisite les idiomes chaloupés de la chicha, un dérivé de la cumbia, genre fomenté en altitude, dans les brumes psychédéliques de la cordillère des Andes, par quelques Péruviens ouverts sur le monde (les rythmiques afrocubaines, le rock psyché et autres effluves lointaines comme le jazz ou le blues). Le répertoire façonné par Olivier Conan et ses comparses traine ses mocassins sur les hauteurs du genre. Toutes leurs influences se conjuguent selon les temps imposés par un passé fantasmé. Les guitares surf draguent les congas et quelques orgues paléozoïques se trémoussent sous les tropiques. Les sixties n’ont jamais été aussi proches. Alors, oui, on peut sans doute reprocher à Chicha Libre d’entretenir une irrépressible nostalgie (‘L’Age d’Or’). Mais le groupe ne sombre jamais dans un passéisme illusoire. Ici, on chante et on danse les deux pieds sur (la) terre (de nos ancêtres). « Il ne reviendra plus. L’Age d’Or est révolu. ». Bien vu, l’artiste. (na)

Carlos Cipa ‘The Monarch And The Viceroy’ Denovali Records

Carlos Cipa est un jeune pianiste établi à Munich qui propose sur cet album carte de visite une

Cheek Mountain Thief ‘Cheek Mountain’ Full Time Hobby/Pias

Ce disque, ça n’aurait tenu qu’à moi, je ne l’aurais pas partagé avec vous. Après tout, je vous ai déjà permis d’adopter sans contrepartie l’attendrissant ‘Black Light’ de Diagrams à peine tombé du nid, vous avez déjà pu croquer des pans entiers de Tunng avec leur live à la BBC. Ces deux pépiteslà auraient pu vous occuper longtemps encore, et j’en aurais profité pour vous semer sans espoir d’autres cailloux. J’aurais gardé pour moi seule l’itinéraire qui mène à Kinnafjol (c’est comme ça qu’on pince les fossettes des collines en Islande), gardé clandestins les moments où Mike Lindsay se laisser aller à rugir par-delà le folk (‘Showdown’, impérial), maintenu dans l’ombre ces somptueuses parades épiques où il apprivoise ses amours insulaires (‘Cheek Mountain’ morceau d’une élégance unique dès l’entame, entre fûts tonnants et tintinnabulements délicats ; ‘Strain’ et son beau déferlement quasi militaire à destination des oiseaux). Nous aurions murmuré à l’oreille des entités spectrales (‘There’s A Line’, flottements aquatiques et croyances menaçantes), évoqué l’ère où Black Heart Procession prenait possession de notre âme (‘Attack’ et sa charge émotionnelle chorale et nuancée). Même ne rien faire mais ensemble (‘Nothing’) sur fond de trompette en berne aurait été doux, fécond d’artères nouvelles à sillonner. Mais à l’instant où je vous écris, je me sens si chavirée par cette façon constamment renouvelée qu’a le songwriter de puiser dans son vivier aux contours définis mais à la porosité opportune, qu’il me faut malgré moi disséminer cette nouvelle. Si vous rendez visite au chapardeur de Cheek Mountain, n’alertez pas le plus grand nombre, conservez intactes ces minutes choisies. (alr)

douzaine de petites suites pour piano jouées sur un Steinway à queue. Ses compositions oscillent entre Wim Mertens, en moins répétitif, Michael Nyman, en moins modal, et Michel Legrand en moins flamboyant. Son écriture est limpide mais elle manque encore de chien et de coffre. Elle devra grandir et s’affermir. Pour l’heure, on y perçoit encore tout l’encombrant bagage académique accompagnant ceux qui sortent du conservatoire avec des ambitions plein les yeux. En soi, ce n’est pas une tare tant le disque se révèle très agréable à l’écoute et se laisse apprécier sans encombre. (et)

Cookie Duster ‘When Flying Was Easy’ SQE Music

Brendan Canning, protagoniste des formidables aventures musicales de Broken Social Scene, se paie une petite crise de la quarantaine. Le gars repasse le film de sa vie, reconsidère ses envies et prend le temps de se faire plaisir. Sa dernière lubie ? Ressusciter son tout premier groupe, Cookie Duster. Depuis Toronto, Canning met à contribution les musiciens de la scène locale et pond un album dans la joie et la bonne humeur. ‘When Flying Was Easy’ respire le fun et l’insouciance. Affranchi de toute prétention commerciale, la formation canadienne tricote des chansons décontractées qui ne s’offusquent d’aucune débauche esthétique, allant jusqu’à combiner infusions rock et disco sur quelques mélodies bien funky fresh. A l’heure où l’on écrit ces lignes, Brendan Canning est certainement en train de plancher sur les nouveaux morceaux de Broken Social Scene ou sur un autre projet. Ce mec a toute la vie devant lui. Pourtant, son temps semble compté. Bah, vivement sa crise de la cinquantaine ! (na)

Gaz Coombes ‘Here Come The Bombs’ Kobalt, Music/EMI

Oasis s’est embourbé dans une guerre fratricide, Blur risque de s’éteindre en même temps que la flamme olympique et Supergrass n’est plus. Décidemment, la britpop a pris un sérieux coup dans l’aile... Pourtant, les figures de proue du mouvement restent aux devants de l’actualité. Damon Albarn est omniprésent. Les frangins Gallagher s’en tirent à bon compte (Beady Eye pour Liam, High Flying Birds pour Noel). Plus discret, Gaz Coombes reprend les affaires en solitaire. Sous son nom, le chanteur des fabuleux - il faut bien le dire - Supergrass signe ‘Here Come The Bombs’, un premier effort irréprochable. Gaz chante juste, joue parfaitement de tous les instruments, produit ses chansons et alterne subtilement les ambiances du disque.

On tient donc l’album de l’année ? Absolument pas. Pour la bonne et simple raison qu’on traverse ‘Here Come The Bombs’ sans rien en retenir. On a beau multiplier les écoutes, on ressort de là sans séquelle. Aucune brûlure, aucune cicatrice, pas même une égratignure. Rien. C’est un truc étrange : un bon disque, mais complètement stérile. (na)

Dan Le Sac ‘Space Between The Words’ Sunday Best/Rough Trade

En marge du bon délire initié en compagnie de son acolyte Scroobius Pip, Dan Le Sac immortalise ses talents de producteur sur un album papillonnant sur les contre-allées de la pop anglo-saxonne. Sur ‘Space Between The Words’, le DJ anglais invite une colonie d’artistes à habiller ses bidouillages bariolés de bonnes et de (très) mauvaises idées. Du côté des réjouissances, il y a Merz qui, de sa voix onctueuse, caresse deux chansons étirées entre folk et duvets électroniques (‘Long Night Of Life’ et ‘Zephyr’). On se réjouit aussi de croiser Emmy The Great sur un morceau (‘Memorial’) qui doit autant à Beth Gibbons (Portishead) qu’aux génériques chantés par Shirley Bassey pour le plus célèbre des agents secrets. Le meilleur moment du disque est à mettre à l’actif d’un parfait inconnu, Fraser Rowan, qui concentre les forces du Beta Band et de Talk Talk pour accoucher d’un petit hymne lunaire (‘Breathing Underwater’). Ailleurs, Dan Le Sac craque son slip et débite une bande-son de kermesse portée par une improbable collection de beats putassiers. ‘Space Between The Words’ témoigne de la versatilité du gaillard, capable du meilleur comme du pire. Un disque à moitié réussi et l’affaire est Dan Le Sac. (na)

Drokk ‘Music Inspired By Mega-City One’ Invada/Ber tus

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Geoff Barrow est particulièrement en verve ces derniers temps. Un mois après nous avoir ébahis avec son projet hip hop novateur au sein des Quakers et alors que des nouvelles sorties de Beak et de Portishead sont en gestation, le voilà qui s’associe au compositeur de musique de films Ben Salisbury pour un album hommage à à Mega-City One, soit une mégalopole futuriste et cauchemardesque au sein de laquelle l’implacable juge Dredd tente

vaille que vaille d’imposer la loi. Histoire de tisser cette bande son imaginaire rétro-futuriste, nos deux hommes ont eu recours à des instruments vintage, dont le mythique Oberhiem 2 au son immédiatement reconnaissable. Exclusivement instrumental, cet album génère des paysages sonores tout bonnement exceptionnels, oscillant entre musique cosmique, indus bien glauque et musique de film d’horreur. Drokk, c’est un peu la rencontre entre Tangerine Dream, Blade Runner et l’univers tourmenté de John Carpenter. Les ambiances sont prenantes, tendues et riches, générant aussi bien l’effroi que la félicité pour notre plus grand plaisir. On retiendra en particulier l’éthéré et quasi mystique ‘Exhale’ ou encore le groovy ‘Inhale’, dont la rythmique quasi kraut évoque le meilleur de Can. Remarquable ! (pf)

Dub Pistols ‘Worshipping The Dollar’ Sunday Best Recordings

Navigant dans un genre pas trop remarqué pour son renouvellement et ses virées sonores hors des sentiers battus, les Anglais de Dub Pistols ont l’avantage de secouer les codes des musiques roots. C’est clair que leur mélange de ska et de dub, avec le hip-hop, le punk, la house et l’électro ouvre les esprits et décrasse les oreilles. Sans rentrer dans la fusion bâtarde de styles trop hétéroclites, on sent que les Anglais ont soutiré les meilleures saveurs des genres sus-mentionnés et y ont été à la méthode essais/erreurs pendant des heures pour assembler les meilleures associations. Le flow âpre des lyrics hip-hop se mêle au groove d’une house ensoleillée et gorgée d’effluves bien roots. Puis, sans prévenir, on croirait assister au beau milieu d’un beat déchiré de jungle très fin 90’s à un prêche aussi langoureux que solennel au dieu Jah. Chaque track de ce cinquième album est une explosion de petites découvertes. Aussi festifs que radicaux, les Dub Pistols bidouillent la musique jamaïcaine pour nous la faire écouter sous un tout autre angle. Une putain de bonne démarche. (jbdc)

Eastern Conference Champions ‘Speak-AHH’ The Organisation

On ne peut pas vraiment dire que Eastern Conference Champions ait marqué la pop de ces dernières années. On aurait même plutôt glissé sur leurs sorties précédentes comme sur des savonnettes de second ordre. Après, on n’a pas été les réécouter mais ‘Speak-AHH’ nous donne envie, quand on aura le temps. Ça commence donc en trombe par un morceau à tiroirs qui tourbillonne comme des Walkmen chez qui les guitares tiendraient le haut du pavé. Ça continue avec ‘Hell Or High Water’, une ballade au tambour qui n’est pas sans nous rappeler les débuts fracassants des Cold War Kids sur ‘Robbers & Cowards’. Le reste du disque est à l’avenant, ‘Hurricane’ et ‘Bull In The Wild’ affichent une belle sauvagerie pop tandis que ‘Patience’ renoue avec le mid-tempo au son d’un piano et de quelques chœurs évanescents. ‘How Long’ laisse transparaître des affinités pour les pédales d’effets mais ne tombe pas dans le travers du maquillage qui cache le manque d’inspiration. ‘Offkilter’, un des meilleurs morceaux du disque, voit même poindre quelques cuivres plutôt libres. Au bout du compte et sans avoir l’air d’y toucher, le trio américain nous a livré un album puissamment pop mais suffisamment riche pour qu’on y revienne. Et ça, ma poule, ça n’est pas rien. (lg)

Edward Sharpe & The Magnetics Zeros ‘Here’ Rough Trade

Evidemment, survivre à ‘Up From Below’ ne s’annonçait pas comme une mince affaire.


Earteam C’est que la galette nous avait fait tout un été, pas des plus moches en plus (2009). Sur la foi de quelques tubes comme on n’en avait plus fredonnés depuis des lustres (‘Home’, meilleure chanson pop jamais écrite avec passages sifflés, chorale solaire, tambourins et trompettes ?), on s’était presque convertis aux longues robes pour hommes, aux sandales qui laissent respirer les pieds et aux perspectives d’avenir qu’offre l’élevage de brebis dans une communauté hippie de Californie. Aujourd’hui, Alex Ebert, le gourou démiurge de tout ce bazar, peut remballer son patchouli et sa panoplie d’apprenti-fromager bio. A l’exception du single placé en ouverture (et d’une voire deux chansons plus loin, sortes de croissements parfaits entre Devendra Banhart et les Mamas & Papas), on ne retrouve rien de tout ce qui nous avait fait juré d’emmener ‘Up From Below’ jusqu’à Katmandou. Restent donc des harmonies bronzées en cabines UV et des chansons pour amateurs de régimes véganes : sans chair animale, sans œufs, sans miel, sans lait. Bref, avec pas grand-chose. La déception de l’année. (lg)

El-P ‘Cancer4Cure’ Fat Possum/Turnstile

Producteur, patron de Definitive Jux et ancien membre des séminaux Company Flow, El-P pose aujourd’hui son flow sur les rangs du label Fat Possum. Après avoir signé MellowHype, la structure américaine, habituellement dévouée aux rituels sacrés du blues crasseux, semble se concentrer sur les rénovateurs du hip hop alternatif. Cinq ans après son dernier album, El-P revient secouer le cocotier et agiter les consciences du hip hop. Le vrai, celui qui se réinvente dans la rue, sur le macadam, à la croisée des trottoirs (‘Drones Over Bklyn’). Dompteur de mots, culbuteur de maux, l’artiste tire sur tout ce qui bouge. Autour de lui, les cibles foisonnent : politique, économie, système social, industrie musicale. ‘Cancer For Cure’ entend soigner le mal par le mal. Et quand El-P rappe, le message est sans appel. Sombre, obsédant, agressif et belliqueux. Chirurgien du son, producteur novateur, El-P multiplie les prises de risque - faire chanter le leader d’Interpol (Paul Banks) sur un morceau de hip hop, c’est assez couillu - et les déclarations d’intention. L’artiste s’assied sur l’avenir et pose ses pronostics en invitant quelques figurants au casting : Danny Brown, Mr. Motherfucking Exquire ou Killer Mike sont appelés à gravir les échelons du genre. Celui d’un hip hop mutant, attrayant et intransigeant. (na)

Fun. ‘Some Nights’ Fueled By Ramen

Les kids, on va vous le dire tout de go, fuyez. Fun. l’est tout autant que la première communion de votre petit cousin, celle où il vous faut bien faire la bise à toutes ces vieilles tantes qui sentent l’an quarante. En cinq ans de chroniques, il ne m’était jamais arrivé d’écrire d’un morceau qu’il me faisait penser à Queen. Avec le pompier ‘Some Night Intro’, c’est chose faite et, déjà, on n’a pas envie d’aller plus loin. En réalité, c’est une sorte de ‘Bohemian Rhapsody’ du Grec, i mean du très très pauvre, lol. Pardon, ça n’est pas drôle. La suite non plus. ‘We Are Young’ (featuring Janelle Monae) donne à entendre une espèce de chorale de Shakira qui auraient forcé sur la testostérone pour entamer l’hymne officiel d’une coupe du monde des anciennes gloires. Mais ça n’est pas le plus énervant. Non, le plus pénible, ce sont ces voix trafiquées ou vocodorisées quasiment en permanence. Franchement, on préfère être vieux (et cons). (lg)

The Cinematic Orchestra

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Gong ‘Gong Est Mort, Vive Gong’

‘In Motion #1’

Celluloid/Rough Trade

Ninja Tune/Pias

Gong est une percée cosmique aux ramifications de créature lovecraftienne, mise sur pattes par Daevid Allen (fâcheusement éjecté de Soft Machine pour raisons administratives) en 1967. Au moment d’enregistrer ce premier (mais ipso facto dernier) live du groupe originel au titre on ne peut plus prédestiné, on compte à nouveau en ses rangs, outre le leprechaun australien précité, le guitariste Steve Hillage, le batteur scissionniste Pierre Moerlen et la chanteuse fondatrice Gilli Smyth. Témoignage facetté d’une époque fourmillante chargée en psychotropes, ‘Gong Est Mort, Vive Gong’ reprend en la bousculant la trame de quatre albums majeurs de la formation (‘Camembert électrique’ et la trilogie ‘Radio Gnome Électrique’ : ‘Flying Teapot’, ‘Angel’Eggs’, ‘You’), et les Portes de la perception se retrouvent aussitôt grand ouvertes. On regrette d’ores et déjà de ne vous donner que de maigres jalons de lecture pour cette réédition qui fait voisiner avec fougue jazz, psyché et expérimentation sonore mais quel serait l’enjeu d’un Palais des Glaces dont vous trouveriez l’issue en une minute ? Premier interstice dans cette matière dense, ‘Can’t Kill Me’ atteint définitivement sa cible en poussant des gémissements mi-glaçants mi-ravis et des exhortations sauvageonnes, ‘O Mother’ joue les vignettes rock’n roll, ‘Zero The Hero & The Witch’s Spell’ est un sous-bois étonnamment peuplé, ‘Flute Salade’ un drôle d’intermède pastoral. Ne frémissez plus à l’idée d’entrer dans ce temple branque et brillant. « Poisson ! » (alr)

Stanley Kubrick a dit un jour « qu’un film est (ou devrait être) plus proche de la musique que de la fiction ». Jason Swinscoe, le metteur en son de The Cinematic Orchestra a toujours été intrigué par les liens entre le visuel et le sonore. C’est un euphémisme. Et la citation de Kubrick résume peut-être mieux que n’importe quelle chronique l’approche de Swinscoe sur ce nouveau projet, premier opus d’une série réalisée pour le label Motion Audio. Pour ‘In Motion #1’, il a donc invité certains de ses musiciens et producteurs favoris à créer des bandes originales et autres remakes d’œuvres de référence de réalisateurs avant-gardistes des années 20. Réagissant à ces visuels (avec une mention pour le classique surréaliste de René Clair ‘Entracte’), les musiciens ont écrit pour et avec un quatuor à cordes afin de créer une musique à l’impact émotionnel remarquable et souvent bouleversant. Démarche artistique avant-gardiste, élitiste et snobinarde ? Béophilie à tendance fétichiste ? Intellectualisation outrancière de la musique de film ? Un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout. Mais on s’en fout. La musique est brodée et les silences sont sculptés. C’est fichtrement beau. Emotionnellement puissant. Complexe mais immédiat. Eminemment poétique. Mais jamais poète-pouet. (gle)

Füxa Electric Sound Of Summer Rocket Girl

Tout n’est pas qu’une histoire de hype. A l’écart du buzz, certains musiciens évitent de s’étaler sur la toile comme de vieux chewing-gums abandonnés au cul d’un banc. Loin des blogs, près du cœur, la musique de Füxa prend soin d’elle. A l’ombre des projecteurs, le groupe de Randall Nieman et Tom Meade donne naissance à ‘Electric Sound Of Summer’, un album fourmillant d’idées éthérées et de détails psychédéliques. Pour boucler ce disque, le duo a récolté des mélopées droguées pendant près d’une décennie. Emballé sous une pochette hideuse (en lice pour le pire visuel de l’année), ‘Electric Sound Of Summer’ laisse éclater ses splendeurs défoncées sur neuf titres agencés autour d’un fameux triptyque : trois reprises sophistiquées, empruntées à quelques génies éclairés. D’abord, une relecture du ‘Cheree’ de Suicide vient rendre hommage à l’œuvre d’Alan Vega et Martin Rev, deux précurseurs avec lesquels Füxa a collaboré par le passé. Plus loin, Sarah Peacok (Seefeel) est invitée à embrasser le ‘Our Lips Are Sealed’ des Go-Go’s. En fin de parcours, c’est Britta Phillips (Luna) qui s’abandonne sur le ‘Some Thing Last a Long Time’ de Daniel Johnston. Cotonneuse et comateuse à souhait, son interprétation défie les lois de l’apesanteur et rejoint les versions de Built to Spill et Beach House au panthéon des reprises de ce morceau langoureux. Pour conduire l’électricité à bon port, Füxa peut aussi compter sur le soutien de redoutables collaborateurs. Mark Refoy (Spiritualized), Dean Wareham (Galaxie 500), Richard Formby (Spectrum) ou Willie Carruthers (Spacemen 3) malaxent les matières premières de cette épopée léthargique. Où textures électroniques vaporeuses et guitares vénéneuses flottent sous un soleil couchant. A la nuit tombée, on n’est à peine surpris : on plonge dans la pénombre. Seul. Heureux. Convaincu d’avoir traversé l’espace et touché les étoiles. (na)

Gaggle ‘From The Mouth Of The Cave’ Transgressive Records/V2

Le mois dernier, dans ma boîte, une invitation en règle à une soirée pyjama souterraine. Le bristol précise : Tenue fantasque exigée, entrée interdite aux mâles. Attirée par les incantations hypnotiques de ‘The Cave’ et complètement emmaillotée dans un plaid vert pomme, j’avais rejoint les entrailles de ce

royaume façonné par des Liliths en technicolor, des suffragettes en rogne, des gorgones aux cordes vocales aiguisées. Au centre, éventée par une M.I.A. recouverte de motifs navajo, trônait Deborah Coughlin, maîtresse incontestée de ces 23 amazones : une véritable ‘Army of Birds’ aux duvets hip hop, rock, electro, en pagaille où chacune pouvait donner libre cours à son courroux. Au milieu de ces inconnues bouillantes, ces girls with balls dans lesquelles elles se reconnaissaient volontiers, Merrill Garbus (tUnE-yArDs) et Lykke Li ne pouvaient s’empêcher de joindre leurs voix au chœur. Missy Elliott affûtait une chorégraphie, les Chicks on Speed mettaient leur grain de poivre aux beats, à leur manière d’Oompas-Loompas lysergiques. Karen O rugissait comme dix avec Yoshimi (OOIOO), Palmolive (Slits, Raincoats) faisait tonner les fûts. Manquaient juste à l’appel de cette transe clanique à la progestérone les Pussycats Dolls, jugées décidément trop lestes pour délivrer la juste dose d’audace aux invitées. De cette nuit indomptée me reste une déconvenue : quand elles ont de tels messages à délivrer, les filles ne devraient jamais hésiter à quitter la cave, où ne subsistent que leurs échos. (alr)

Giant Giant Sand ‘Tucson’ Fire Records

On ne présente plus Giant Sand, le collectif à géométrie variable qui s’articule autour d’Howe Gelb et de sa fièvre créatrice. En 2010, Fire Records a d’ailleurs célébré les 25 ans de la formation via la réédition complète (pas moins de 30 albums !) de sa discographie. Après cette volonté de solder un passé hautement recommandable, un nouveau chapitre s’ouvre aujourd’hui sous le patronyme de Giant Giant Sand. Pas de faute de frappe et un double Giant à la sauce tex-mex pour un super combo de douze musiciens sur ce nouvel album présenté, excusez du peu, comme un « country rock opera ». Et c’est peu dire que les 19 compositions arides et oniriques de l’opus vont nous embarquer pendant 70 minutes dans une virée rocambolesque sur des chemins de traverse musicaux dont Gelb prend un malin plaisir à nous faire mordre la poussière. Avec une rasade de mezcal, c’est tout de suite plus goûtu. Jazz classieux (‘Not The End Of The World’ sublime), valse country, ballade bluesy en deux temps, trois mouvements. Un subtil et épicé coq à l’âne musical dont les compositions ne couchent pas le premier soir. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour en apprécier toutes les subtilités. Faire perdre le goût de l’immédiateté, voilà peut-être à l’époque actuelle une des caractéristiques majeures d’un disque réussi. (gle)

Gossip ‘A Joyful Noise’ Sony

On en est donc déjà au cinquième album des Américains devenus peu à peu des locomotives. Hélas, sur la voie du succès, le groupe semble avoir franchement perdu les wagons qui ont façonné leur renommée. Finis les attitudes punk et les riffs électro-rock. La bande à Beth Ditto a misé sur la pop la plus consensuelle. C’est plat comme le pire des années 80’s. Cela se veut sans doute scintillant comme à l’époque, mais au final c’est juste terriblement ennuyant. Dommage qu’ils se soient perdus en route, j’aimais pourtant bien les débuts de Gossip. (jbdc)

Hildur Guðnadóttir ‘Leyfðu Ljósinu’ Touch

‘Laissez rentrer la lumière’, ainsi pourrait se traduire en français le titre islandais de ce nouvel opus de la violoncelliste Hildur Guðnadóttir. Quand on sait que le disque a été enregistré au cœur du dernier hiver, on mesure à quel point l’appel est impérieux. Il n’est pas pour autant incantatoire ou pressant. Chez Hildur Guðnadóttir, les sollicitations s’énoncent avec délicatesse et hésitation, elles prennent soin de ne jamais forcer l’auditeur dans la découverte de son univers sonore. C’est que son écriture est dépouillée, dépeuplée et intensément nordique. Pour cet album, composé d’un prélude et d’une longue pièce de 35 minutes, Hildur a davantage recouru à sa voix et aux traitements électroniques du son naturellement acoustique de son instrument. Le disque a été enregistré live dans un centre de recherche musicale universitaire avec des micros d’une perfection rare, d’où ce son épuré à l’extrême. (et)

Guided By Voices ‘Class Clown Spots A UFO’ Fire Records

L’histoire de Guided By Voices est ancienne. Ce groupe presque trentenaire qui provient de Dayton, Ohio connut une importante rupture en 2004 après avoir réalisé une grosse quinzaine


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Earteam

d’albums. Sous l’impulsion du label Matador, il se reforma en 2010. Depuis, une tournée fut complétée et les enregistrements ont repris de bon train. Ainsi, rien qu’en 2012, trois albums, dont celui-ci, seront réalisés. Au fond, malgré ses crises et ses remises en cause, G.B.V. est resté ce qu’il a toujours été : un combo décoincé excellant dans l’art de la chanson pop/ rock succincte. Emmené sous la houlette de Robert Pollard, à la fois figure de proue et mentor du groupe, G.B.V. n’a plus rien à prouver et n’a plus rien à se prouver. Malgré les années, il a conservé d’importantes cohortes de fans un peu partout dans le monde même si sa base reste incontestablement américaine. ‘Class Clown Spots a UFO’ s’ajoute à une discographie déjà touffue et n’entend pas renverser l’ordre des choses. Et c’est très bien ainsi. (et)

Glen Hansard ‘Rythm And Repose’ ANTI-

Très populaire dans son Irlande natale, Glen Hansard était jusqu’à présent surtout reconnu en tant qu’acteur (c’est lui qui jouait le guitariste Outspan Foster dans ‘The Commitments’ d’Alan Parker). Musicalement, ce pote de Bono s’affiche comme le frontman de The Frames ou la moitié de The Swell Season qu’il créa avec sa compagne et qui reçut l’Oscar de la meilleur chanson originale pour la composition de la BO du film irlandais ‘Once’. Avec son look de barde irlandais comme en témoigne une pochette très « Iron and Wine », notre homme est donc loin d’être un bleu même si ce ‘Rythm and Repose’ est sa première vraie excursion en solitaire. Et tout porte à croire qu’il y a de l’eau dans la Guiness entre lui et sa douce puisqu’il déchante plus qu’il ne chante sur les onze titres d’un album dont le caractère cathartique n’échappera à personne. Difficile également de passer sous silence la ressemblance vocale plus que troublante avec Cat Stevens. Vous voilà prévenus. Marchand de larmes, Hansard dépose plus qu’il ne balance ses grenades lacrymogènes dans le coffre-fort de ses émotions. Un disque bien balancé entre cette voix qui étreint et des mélodies à la gratte ou au piano qui ne haussent le ton que par la rage du désespoir. Mais aucune envolée d’anthologie cependant. (gle)

The Hives ‘Lex Hives’ Sony Music

Cinq ans après un ‘Black & White Album’ en demi-teinte, les Hives ouvrent à nouveau les portes de la garde-robe : costumes sur les cintres et rock’n’roll sur les tringles. C’est reparti pour un tour. Baptisé ‘Lex Hives’, ce nouvel album se garde bien de surprendre. Les Suédois s’imposent une ligne de conduite et s’autoparodient à l’extrême. Mise en abîme de la mise en abîme, ‘Lex Hives’ tricote du riff conquérant à une cadence industrielle. Le groupe course le gimmick en forçant le trait d’un rock bodybuildé, passé à tout berzingue du garage au stade olympique. Dans les travées, les chansons sont scandées telles des slogans (‘Come On !’, ‘Wait A Minute !’, ‘My Time Is Coming’, etc.). Les guitares fondent sur l’héritage légué par les Ramones et les Stooges. Evidemment, tout ceci alimente quelques fâcheux clichés. Le morceau ‘I Want More’, par exemple, est une resucée à peine déguisée du ‘I Love Rock’n’Roll’ de Joan Jett... Derrière le micro, au confluent génétique de Jim Carrey et Mick Jagger, le charismatique Howlin’ Pelle Almqvist se risque à quelques tours de chant. Grave erreur. Lui, ce qu’il sait faire, mieux que personne, c’est gueuler comme un chat à la queue écrabouillée. Là, n’en déplaise à Brigitte Bardot, on prend encore énormément de plaisir. (na)

Kelly Hogan ‘I Like To Keep Myself In Pain’

Japandroids Celebration Rock Poly vinyl

Les Japandroids abordent leur nouvel album excités comme des rats de laboratoire dopés à l’éphédrine. Toujours à deux contre le reste du monde, Brian King et David Prowse se défendent comme ils peuvent : les amplis dans le rouge, la distorsion à fond les ballons. Ça se passe toujours entre une guitare électrique et une batterie épileptique, toujours à Vancouver, au bord de l’apoplexie. Le successeur de l’excellent ‘Post-Nothing’ ne fait rien d’autre que respecter les engagements de son titre de campagne : ‘Celebration Rock’. Sur ce nouvel album, le duo canadien joue vite (et bien), sue sur des mélodies inflammables, gonfle ses refrains à l’hélium et hurle des onomatopées exagérées. Les Japandroids maîtrisent l’urgence du riff et le poids de la rythmique. Leurs morceaux sont tendus comme des strings : sexy, bien qu’un peu putassiers. Juste comme il faut, en fait. On peut les scander le point levé dans un stade archi-blindé ou les gueuler comme un ivrogne dans l’arrière salle d’un bar malfamé. Ces hymnes incendiaires sont polyvalents et, parfois, bien méchants. Une fois encore, le duo confesse sa passion inébranlable pour le rock. Après une reprise du ‘Racer X’ de Big Black et une relecture de Mclusky (‘To Hell With Good Intentions’), les gars s’attaquent maintenant au Gun Club avec une reprise décapante de ‘For The Love Of Ivy’. ‘Celebration Rock’ s’achève comme il a commencé : sous les déflagrations d’un feu d’artifice. De toute beauté. (na)

de Vic Chesnutt ou d’Andrew Bird, deux des nombreuses figures de la scène americana que la dame d’Atlanta aime à fréquenter. Au-delà des références people, c’est surtout du côté d’Emmylou Harris et de Neko Case que les comparaisons trouveront leur point de chute ce qui n’étonne guère, vu que Hogan a partagé pas mal de temps dans le backing band de la flamboyante seconde. Bien qu’il ne fasse pas avancer la cause de la country pop d’un seul millimètre, le cinquième disque de l’artiste américaine demeure d’une belle constance et témoigne d’un art consommé du songwriting. Evidemment, on est relativement loin du tout récent miracle Cold Specks, dont une seule vidéo sur YouTube suffit à rendre instantanément amoureux, mais ‘I Like To Keep Myself In Pain’ contient un lot de dosettes suffisamment goûteuses pour qu’on se reverse une tasse de temps à autre. What else ? (fv)

Horseback ‘Half Blood’ Relapse

A première vue, on pourrait croire que Horseback est un énième groupe de doom ou de black métal déversant un déluge de riffs ultra rapides et de beuglements pénibles. Il n’en est rien. On peut même dire que cette formation fait figure d’exception et qu’elle pourrait bien plaire à ceux qui n’aiment à priori pas le métal. Car si la culture de Jenks Miller est indéniablement métal et que ses textes ne cessent d’évoquer dieux, guerriers et autres démons, l’univers musical qu’il promeut emprunte des éléments aux rock psyché et au stoner, le tout avec un goût pour les expérimentations en tous genres. ‘Mithras’ou ‘Arjuna’par exemple, n’ont de métal que le chant, la musique faisant quant à elle dans le psychédélisme débridé. ‘Ahriman’est une pure merveille de stoner métal hypnotique, alors qu’un morceau comme ‘Inheritance (the changeling)’explore les penchants les plus aventureux du groupe, prenant la forme d’un drone noisy et obsédant. La pièce de résistance de ce ‘Half blood’,le groupe la réserve pour la fin sous forme de ‘Hallucinegia’,un triptyque de plus de 20 minutes qui porte fort bien son nom, oscillant entre passages éthérés enchanteurs et bad trip flippant façon film d’horreur. Un album assez fascinant, il faut bien le reconnaître. (pf)

The Hundreds In The Hands ‘Red Night’

Anti-

Warp/V2

Donc, Kelly Hogan aime cultiver sa douleur et nous avec, par instants, quand on est en mal

Après un premier opus qui avait placé The Hundreds In The Hands sur la carte des duos

électro-pop qui comptent, Eleanore Everdell et Jason Friedman remettent le couvert en 2012, toujours sur un ton qui envoie le bois tout en conservant une certaine délicatesse. Agissant comme si une fille d’Au Revoir Simone s’était échappée du trio pour se coltiner du côté de Florence & The Machine, voire de Depeche Mode et de Beach House (mais pas sur les mêmes titres), le duo de Brooklyn a également le grand chic de ne pas avoir oublié les compositions en cours de route, qu’elles soient dansantes ou rêveuses. A vrai dire, les points d’accroche sont nombreux sur ‘Red Night’ et alors que tant de disques ne donnent qu’une envie, d’en finir au plus vite, lors de la chronique de ce disque, j’ai laissé les morceaux m’envelopper de leur mystique dancefloor, qui n’est pas uniquement destinée à faire suer à grands coups de bpm et d’infrabasses (malgré quelques grammes de dubstep distillés à gauche et à droite). Oh yeah baby. (fv)

Hungry Kids Of Hungary ‘Escapades’ Mucho Bravado/Rough Trade

Ces zazous de Brisbane (où on ne prépare aucun goulash), on vous prévient, ils ont les crocs. Pas au point de Gaz Coombes et ses pieds nickelés de Supergrass, tout de même : ils ont préféré conserver leur sunshine pop dénuée de toute hormone trop psychédélique, lisse de toute saillie trop noise. «I know, I’ve heard it all before», et pour cause : on a vu le quintet picorer dans les bols et les beats de Vampire Weekend (‘Wristwatch’ et ce riff tribal qu’on ne manque jamais d’apparenter aux New-Yorkais ou l’intro de ‘Scattered Diamonds’), tremper ses biscuits dans le café de Brian Wilson, jouer à la pétanque avec les Byrds et pactiser avec des types décidément trop bien coiffés. On n’est donc pas dupes quant à leur caractère de sweethearts doowop sous influence. Mais comme ils ne manquent pas de cœur à l’ouvrage, on se gardera ‘Escapades’ sous le coude, pour toutes ces secondes oisives entre le monoï et les smoothies à la framboise. « Ooooo Ooooo Ooooo Oooooo If you want to sit with me, well yeah that’s a start». (alr)

Stevie Jackson ‘(I Can’t Get No)’ Banchor y

Il y a du Neil Hannon chez Stevie Jackson. Un goût prononcé pour la pop grand orchestre. Une francophilie certaine. Toutes ces choses auxquelles les âmes sensibles qui chérissent les ‘Silly Love Songs’ quasiment naïves des Wings résistent rarement. ‘(I Can’t Get No)’ est donc taillé pour eux : un grand barnum de pop FM seventies savamment mis en boîte par ce qui n’est pas le premier guitariste venu. De fait, Stevie ‘Reverb’ Jackson est principalement connu pour

gratouiller depuis plus de quinze ans chez Belle & Sebastian, vous savez ce petit groupe écossais… Avec eux, il a aussi écrit quelques morceaux. Pas les plus entendus certes, mais pas les moins bons non plus. Aujourd’hui, c’est donc l’escapade solo. Et ce qu’on y écoute Paul McCartney essentiellement, mais aussi les Kinks grandiloquents et cuivrés d’‘Everybody In Showbizz’, voire Paul Simon (‘Bird’s Eye View’) n’ira donc pas chatouiller les oreilles des hypes électroniques mais s’immiscera durablement, par une science du refrain imparable, dans les pavillons auditifs des audiophiles qui n’ont rien kiffé depuis ‘London Town’. « He had every Beatle record and me i only had one / The ‘Twist and Shout’ EP from 1963 ». Suranné et vraiment charmant. (lg)

Jagwa Music ‘Bongo Hotheads’ Cramned Discs

Le pitch : huit jeunes de la banlieue de Dar Es Salaam en Tanzanie qui récupèrent des vieux Casio tout pourris, savent bouger leurs pèpètes comme pas deux, aiment les musiques de transe et sont dotés d’un sacré sens de la bricole. Ouais, forcément ça vous rappelle quelque chose. Non ? Alors ce disque est pour vous. Il vous en collera une bonne. Par contre, si ces quelques lignes vous évoquent des personnes atteintes de poliomyélite en chaises roulantes qui foutent le feu à chaque concert ou une série de groupes congolais qui s’en est prise aux rockers l’an dernier, vous risquez d’ânonner cette vieille antienne : déjà entendu. Ce bémol ne doit cependant rien enlever aux qualités de cette nouvelle sortie Cramned. Le trip est de très bonne facture, authentique, à vrai dire plus proche des musiques traditionnelles que des bidouilles électroniques de Konono n°1 (‘Jagwa Wawoto Wa Mjini’). Si les claviers crapahutent bel et bien, ils demeurent cependant en retrait des aspects purement percussifs de ce disque. C’est cette force de frappe incendiaire qui mène certains titres à la transe. On s’imagine alors devant une sorte d’Animal Collective à l’africaine et l’on s’abandonne sans retenue aux dix minutes répétitives de ‘Zubeida’. Très, très fort. (lg)

Jaill ‘Traps’ Sub Pop

Voici deux ans, ce trio américain avait signé un joli essai avec ‘That’s how we burn’, soit une collection de titres pop psychédéliques un rien lo fi ayant le chic pour vous flanquer un sourire béat. Dès l’écoute de ‘Waste a lot of things’ en ouverture de l’album, on se retrouve immédiatement en terrain connu. C’est pop, c’est frais, immédiat et ensoleillé. De manière générale, l’ensemble de ‘Traps’ est construit sur la même trame. Au programme de ce délice estival : des mélodie pop enjouées, marquées d’un psychédélisme west coast, un côté indie au niveau des sonorités et une touche d’humour gentiment sarcastique (‘Everyone’s a bitch’), le tout pour un bon moment de plaisir léger et revigorant. Entre les folkeux ‘Horrible things’ ou ‘Madness’, le plus orienté guitares ‘I’m home’, sans oublier le lumineux ‘Ten teardrops’, l’amateur de pop efficace trouvera son bonheur sur un album qui, sans rien inventer, est toutefois terriblement attachant. (pf)

JK Flesh ‘Posthuman’ 3by3

Autant vous le dire tout de suite, si Justin Broaderick (aka JK Flesh) est un ancien de Napalm Death, je n’ai de ma vie jamais écouté la moindre seconde du combo death anglais hormis les cinq secondes que je viens de m’infliger sur le net, je n’ai pas tenu plus longtemps. Ancien membre de ND, mais il y a prescription (de 1985 à 1987), Broaderick est, heureu-


05.09

HannaH CoHen Us

06.09

Poor Moon Us

08.09 16.09

CatHerine GraindorGe Be feat. Hugo Race & Marc Huygens

MalColM Middleton Gb presents Human Don’t Be Angry

les nUits dU soir 2012 : soldoUt - laBiUr 19.09

ann arBor - Gaëtan streel - noa Moon Hélène & les Garçons Be • une production du journal Le Soir en coproduction avec le Botanique

22.09

We Have Band Gb

24.09

dan deaCon Us

30.09

Cold sPeCks Gb

04.10

skiP tHe Use Fr

24.10 29.10

Glen Hansard ie MaxïMo Park Gb

02.11

liars Us

28.11

GriMes Ca

05.12

saUle Be

…et toUte la sUite de l’aGenda 02.218.37.32 – WWW.BotaniqUe.Be

!


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Earteam

sement pour mes écoutilles, assez éloigné de son ancien combo sur ‘Posthuman’ - même si pour les 80 ans de Pépé Albert, il faudra penser à autre chose. Evoquant, dans une certaine mesure, ses autres projets Godflesh et Jesu (ce dernier me parlant beaucoup plus), les atmosphères dark de l’album intègrent une certaine violence qui, toutefois, ne s’évapore pas uniquement dans la brutalité. Tout en empruntant la dramaturgie de Jesu, JK Flesh déploie, ça et là, quelques effets de manche peu essentiels, ils sont toutefois d’un poids relatif face à la viscérale impression que les musiques issues de la scène métal ne doivent nécessairement parler aux seuls aficionados du Hell Fest ou du Gras Pop. (fv)

Gauthier Keyaerts ‘Fragments # 37-43’ Transonic

On doit à Philippe Franck, sémillant directeur de Transcultures et de Citysonics, le lancement de Transonic, un nouveau label qui sera consacré entre autres à l’édition des artistes participant aux manifestations de ces deux structures jumelles. Pour sa première livraison, Transonic a fait appel à Gauthier Keyaerts, aka The Aktivist, musicien bien connu de la scène électronique bruxelloise qui collabore depuis quelque temps déjà avec Transcultures au point d’avoir pris une participation active dans Transonic. Cette collection de fragments reflète assez bien son travail actuel. Il s’agit de petites pièces à la texture perméable et délicate, présentées sous forme de bribes ou d’esquisses. Un rapprochement avec l’image que suggère le titre de certains de ces fragments  telles ces ‘Peintures électroniques’ ou avec l’acte de regarder (‘L’œil sampler’, ‘Ombre chinoise’). Une musique visuelle assurément, mais davantage encore onirique et sensuelle, et ce sans se donner l’apparence d’en avoir l’air. (et)

King Tuff ‘King Tuff’ Sub Pop

Il est des disques qui doivent s’écouter obséquieusement au casque, d’autres en fumant le calumet sur une peau de bête près d’un feu ouvert ou encore ceux qui ne prennent toute leur envergure que lorsqu’ils sont utilisés à donf comme bande son d’un barbecue où des quadras régressifs jouent aux ados attardés. L’album éponyme de King Tuff (aka Kyle Thomas) fait définitivement partie de cette dernière catégorie. Et c’est plutôt un compliment d’ailleurs. Originaire d’un Vermont où les granges sont plus nombreuses que les garages, Kyle Thomas avait d’abord rangé sa carriole dans un cocon aux boiseries folk qui ne lui seyait qu’à moitié. Tel un Charles Ingalls qui aurait troqué sa monture contre une Camaro, Kyle Thomas jette aujourd’hui ses bottes et son chapeau au milieu du barbecue et enfile les fringues de Marc Bolan. Le résultat est une galette qui ne manque pas de panache, à la fois fraîche et tropicale. Un peu primale aussi. Du glam-garage jamais pouilleux et parfois teinté de surf-pop ou de rockabilly avec en highlights des titres comme ‘Bad Thing’ ou le plus mélodique‘Evergreen’. La guitare est rosse, tournoyante, pétaradante et jamais lourdingue. Question panache, l’artwork n’en manque pas non plus. En guise de booklet, un set de cartes dessinées qui évoquent chacune des plages. Redevenu un laboratoire de la musique indie aux States, Sub Pop a retrouvé son flair légendaire en sortant cette plaque qui ne verse jamais dans la caricature. La monarchie américaine a encore de beaux jours devant elle. (gle)

Moss ‘Ornaments’ Excelsior/V2

Quiconque a pu goûter aux plaisirs de ‘Never be scared/ Don’t be a hero’, le précédent opus de ce groupe néerlandais, pourrait être surpris à l’écoute des premières notes de ce nouvel album. Des claviers sobres, en retenue et emprunts d’une majesté solennelle génèrent un aspect introspectif intriguant. Une fois l’intro passée, ‘I am human’ prend son envol et l’on retrouve le côté foncièrement pop et direct que l’on associe à Moss. En fait, avec ce premier titre, on cerne bien l’évolution du groupe depuis deux ans : il est resté lui-même tout en défrichant de nouvelles terres. On leur en saura d’autant plus gré qu’il aurait été tentant de capitaliser sur le succès rencontré par leur précédent album. Au lieu de cela et sans rien renier de ce qui fait sa spécificité (mélodies lumineuses, des touches psyché, un beau jeu de guitare), Moss n’hésite pas à intégrer plus de claviers tout en dessinant des contours volontiers mélancoliques ou tout au moins pensifs, ce qui nous vaut les magnifiques ‘A real hero dies in the end’ et’ ‘Give love to the ones you love’. Et puis on vous conseillerait volontiers ‘Ornaments’ rien que pour le titre qui lui donne son nom, soit une merveille de pop un rien expérimentale et psyché qui connaît une montée en puissance divine. Superbe ! (pf)

Lawrence Arabia ‘The Sparrow’ Bella Union

Depuis que Connan Mockasin, ce Gainsbourg sous LSD, est venu mettre les hémisphères de nos cerveaux sans dessus-dessous, les importations de psychédélisme et de bizarreries néozélandaises sont désormais étroitement surveillées. Lawrence Arabia est la feuille de vigne de son compatriote James Milne qui cultive lui aussi autant le paradoxe que la nostalgie. Son précédent album ‘Chant Darling’ était un modèle du genre sur lequel les ombres de Lennon et d’Elliot Smith planaient dans une allégresse jamais feinte. On ne sera donc pas surpris que l’association de ces deux énergumènes soit le prétexte pour une échappée belle dans l’histoire de la pop classieuse qui clôtura en beauté les sixties. ‘The Sparrow’ est un disque où l’improvisation et la volonté d’une production finement ouvragée et un peu précieuse dialoguent en permanence. Comme les deux vieux du Muppet Show, Gainsbourg et Scott Walker sont omniprésents mais ici ils ne radotent jamais. Si les compositions rivalisent d’élégance et de classe nonchalante, les lunettes violettes et les chemises à fleurs et à jabots ne sont jamais très loin. ‘The Sparrow’ agit ainsi régulièrement comme une bouffée d’air pop qui désinhibe les neurones avec ses refrains surgissant tels des diables de leurs boîtes et des mélodies légères qui éclatent comme des bulles de savon dans l’atmosphère (‘Travelling Shoes’). Certainement pas révolutionnaire mais charmant, délicat et rapidement addictif. (gle)

Lorn ‘Ask The Dust’ Ninjatune/Pias

Lorsqu’on demande à Lorn, alias Marcus Ortega, de se présenter, il déclare laconiquement qu’il est né il y a 10.000 ans et qu’il est le fils d’un arbre et d’un couteau. Soit. Quant à sa musique, il la perçoit comme étant « hantée, huileuse et graisseuse ». Tout cela est plutôt obscur et en même temps décrit bien l’univers musical de notre homme qu’adulent des gens comme Amon Tobin et Gonjasufi. ‘Ask The Dust’ s’avère en effet un album à part, faisant dans l’électronique brute, opaque, dark et menaçante. Il y a un petit peu d’Aphex Twin dans cette façon de générer des atmosphères glauques où se mêlent nappes synthétiques travaillées et beats déstructurés. Si ce nouvel album est tout aussi aventureux que son prédécesseur, il est néanmoins plus direct et accessible, dans la mesure où Lorn intègre ici sa voix - fût-elle bidouillée - et que la dimension mélodique de certains titres est apparente. ‘Weigh me down’, par exemple, est assez séduisant avec sa mélodie fantomatique se dessinant peu et à peu et sa voix lointaine. Assez varié, ‘Ask The Dust’ dessine des paysages souvent étranges, parfois effrayants mais toujours

excitants, notamment avec le majestueux ‘This’ à mi chemin entre BO de Morricone décalée et électro cérébrale contemporaine. Intriguant et captivant dans son étrangeté. (pf)

Los Transatlanticos ‘First Trip’ BBE

Autant d’habitude je suis plutôt ouvert à la fusion entre les musiques traditionnelles et l’électro, ici j’ai du mal à accrocher. Los Transatlanticos, c’est la réunion d’un Croate qui vit à Berlin et d’un pote rencontré à Bogotá en Colombie. Les deux compères s’engagent donc dans l’assemblage du folk des Balkans, des chants amazoniens, des rythmes latinos et du dub jamaïcain. Bizarre et pas très digeste comme cocktail. Si l’idée de base semble intéressante sur le papier, le résultat final déçoit par son manque complet de cohérence. (jbdc)

L.T.D.M.S. ‘insérer titre’ Oxide Tones

Proposition à choix multiple et volonté d’éclectisme pour la nouvelle plaquette de cette formation bruxelloise et cinacienne ayant trouvé refuge sur un label de niche allemand : quatre longues plages immortalisées en quatre lieux par des ingénieurs du son distincts (avec un rendu très inégal suivant les environnements, ‘Douze’ étant enregistré en extérieur). On pensait le postrock relégué à un passé plus ou moins glorieux depuis 2008, en même temps que le mot « fin » du Rhâââ Lovely Festival. À l’écoute d’’insérer titre’ il semblerait qu’il ait encore quelques heures de vol appréciables devant lui pour qui voudrait du rab. Comme dans tout projet adoptant ces codes chers à GY!BE, les morceaux ne manquent pas de sac et ressac (voire d’une grandiloquence un rien excessive par endroits), et la flûte chère à Ian Anderson (Jethro Tull), la trompette ou le saxo, autant qu’une guitare volontiers noise, font ballotter l’auditeur d’une rive à l’autre mais constituent souvent son fil d’Ariane dans cet ample défrichage de terra plus ou moins incognita. On s’égare parfois sur des pistes à perte de vue, mais le voyage est indiscutablement dépaysant ! (alr)

Lylac ‘By A Tree’ Homerecords

Bel univers que celui de Lylac. A la fois disque pour soirée d’été finissant et souffreteux, automnal presque, mais aussi album pour faire l’amour à sa copine. Mélange parfait d’aigreur mélancolique et de suavité exotique donc, ‘By A Tree’ dévoile onze morceaux longs en bouche. A l’ombre des plus grands - difficile de ne pas entendre Leonard Cohen ou Nick Drake, il joue des coudes pour se faire un nom dans la cour des outsiders actuels, quelque part entre

Antony Hegarty et l’excellent Cascadeur. Les chansons tendent, renforcées par l’omniprésence du violoncelle de Thècle Joussaud, vers une certaine forme de lyrisme contenu, presque frustré, forcément étrange et donc, beau (acmé sur ‘What’s Going On’). Dommage toutefois ces quelques morceaux en français. Là, franchement, Amaury Massion passe pour un Julien Clerc qui sortirait sa grosse cavalerie. (lg)

Mangoo ‘Neverland��� Smallstone Records/Ber tus

Sur son premier album, ce quintet finlandais faisait montre d’une belle habileté dans un registre stoner bien fuzz, nullement novateur mais diablement efficace. Avec ‘Neverland’, le quotient qualitatif augmente furieusement dans la mesure où Mangoo élargit son horizon en intégrant des claviers et en optant pour une approche faisant la part belle au psyché, au hard old school et au space rock. Il en résulte un album accrocheur et puissant qui réussit la gageure d’être bien rock, bien puissant et en même temps très pop, voire aérien. ‘Deathmint’, ‘You, robot’ ou l’énorme ‘Datzun’ sont sublimes dans un registre stoner spacey psyché. Si les titres plus typiquement hard sont moins marquants car manquant de cachet, on relèvera par contre la grande beauté des ballades que propose le groupe, notamment ‘You’ et le sublimement hard et bluesy ‘Hooks’. Et puis, sur la fin, il y a également le surprenant ‘Home’, soit un vieux titre de country bien roots. Du solide, donc ! (pf)

Man Without Country ‘Foe’ Coop/V2

Originaire de Cardiff, ce duo propose une pop électronique qui s’inspire de l’esthétique typiquement 80s, mais qui vaut bien mieux que tous ceux qui plagient Duran Duran et piquent l’un ou l’autre gimmick à OMD en pensant être géniaux. D’une part, parce qu’on retrouve ici de vraies chansons, accrocheuses et entêtantes sans être racoleuses. D’autre part, parce que l’album témoigne d’une réelle recherche musicale. C’est ainsi que l’ensemble des titres dégage un côté vaporeux, éthéré, hypnotique et emprunt d’une certaine mélancolie, de sorte qu’un joli contrepoint s’opère entre le penchant pop, direct, voire euphorique des mélodies et le style plus sombre et solennel des arrangements. En réalité, au petit jeu des comparaisons que les chroniqueurs aiment tant, on dirait que Man Without Country pourrait rappeler New Order, The Wake, voire les Pet Shops Boys dans cette façon qu’ont ces groupes d’injecter une dose de gravité et de tristesse dans des titres pop à priori primesautiers. Une belle découverte. (pf)

John Mayer ‘Born And Raised’ Columbia/Sony Music

Véritable star outre-Atlantique, John Mayer est pourtant peu connu dans nos contrées où il squatte surtout les salles d’attente de médecins où s’étalent dans les magazines people ses innombrables frasques et déboires sentimentaux. Si on reconnaîtra rapidement au gaillard une dextérité certaine au maniement de la Fender, il est surtout ce que l’industrie musicale peut créer de pire et de meilleur quand elle met toute sa science à concevoir un jackpot à dollars. Entamée il y a près de dix ans dans une posture plutôt pop que sa gueule d’ange légitimait à merveille, la carrière de John Mayer a aujourd’hui pris fort opportunément des accents plus blues-folk-rock en même temps que l’apparition des premiers cheveux blancs sur le crâne du bellâtre. Adoubé par Clapton, c’est avec le statut de meilleur songwriter/guitariste de sa génération qu’il sort ce nouvel album plus acoustique qu’électrique et rempli de mélodies douces et de chevauchées countrypop-folk qui font des œillades aux cow-girls qui lisent Voici en attendant la diligence. «It gets hard to fake what I won’t be» chante-t-il sur la


Earteam plage titre. C’est là effectivement tout le problème. C’est efficace à défaut d’être authentique. Et surtout idéal pour sonoriser le Super 8 de vos vacances dans l’Ouest américain. (gle)

ME ‘RESERVOIRS’ Volkoren

Boss des labels Volkoren et Sally Forth Records, Minco Eggersmann a à son actif de multiples implications dans des plans musicaux plus ou moins confidentiels. Pour son projet solo sous l’étiquette ME, il cultive un goût prononcé pour les enregistrements dans des lieux originaux. ‘RESERVOIRS’ a ainsi été entièrement mis en boîte dans un château d’eau. Et l’expression « mis en boîte » prend ici tout son sens puisque ce disque est proposé façon bel objet dans une boîte métallique accompagnée de vignettes format Panini pour les textes. Musicalement, en hollandais bon teint, Eggersman débarque sur chacune des plages de l’album avec son frigo-box (synonyme batave pour cold-wave 80’s). Et dès l’introductif ‘Distant Reflections’, on comprend vite que les silences seront aussi essentiels et évocateurs que la musique. Et avec sa voix profonde et torturée à la Mark Eitzel, il tente de sublimer les échecs et les désillusions sur une musique qui rappellera inévitablement aux quadras leurs spleens adolescents. « Mark Hollis et David Sylvian sortez de ce corps ! » a-t-on régulièrement envie de dire ! Les accords plaqués et douloureux répondent aux nappes de synthés pour contrecarrer les mélodies. Un très bon disque, sensible et maîtrisé de bout en bout par un musicien qui aime trop ses classiques pour en faire des caricatures. (gle)

Mere ‘Mere’ Gizeh Records

Sous la bannière Mere (signifiant ‘plus’ en néerlandais) se profile la collaboration entre le clarinettiste basse Gareth Davis, le guitariste Thomas Cruijsen et le batteur Leo Fabriek. A l’origine, le trio s’était réuni pour préparer la bande son d’un documentaire pour la télévision néerlandaise. Ce disque est sa deuxième réalisation. Mere propose une sorte de jazz libre et libéré, spatial et spacieux, où chaque instrument évolue à sa manière. Des rythmes matelassés, un jeu de guitare sur la pointe des doigts et le souffle en apesanteur d’une clarinette hardie. La combinaison fonctionne. Assez en tout cas pour ne pas se laisser enfermer dans un style particulier. On est ici aux confins du jazz et du post post-rock sans qu’il soit possible de nous situer de manière précise outre mesure. (et)

Mission Of Burma ‘Unsound’ Fire Records

On pourra donc écrire les meilleurs jeux de mots cette année : c’est pile au moment où PIL sort son premier disque depuis vingt ans que Mission Of Burma décide d’ajouter une cinquième galette à une discographie entamée en 1981, soit trois ans à peine après la sortie du premier PIL. Et c’est au poil que ça tombe puisque précisément ‘Unsound’ fait penser à PIL, à ce genre de tubes abscons comme ‘Annalisa’, soit des trucs qui déchirent tout sans esquisser le moindre refrain, sans avoir la moindre idée de ce qu’est un pont. ‘This Is Hi-Fi’ en est une parfaite illustration, sorte de chanson tribale, tranchée à vif, abrasive au possible. On sent que les gars ont morflé et c’est tant mieux. Ces guitares aiguisées comme des schlass taillent des brûlots post-punk qu’ont parfois du mal à sortir de leurs amplis et de leurs Garageband des groupes de vingt-cinq ans leurs cadets. Il suffit de les entendre brailler comme des porcs qu’on emmène à l’abattoir des machins aussi branlants et bandants que ‘What They Tell Me’ pour se convaincre que, définitivement, le rock’n’roll, ça vaut toutes les cures de botox du monde. (lg)

Mokoomba ‘Rising Tide’ Zig Zag World

Produit et dirigé par notre Manou Gallo nationale (mais les Ivoiriens ne sont pas d’accords), ‘Rising Tide’ propose un très chouette parcours sur les musiques noires, qu’elles soient de notre temps ou plus traditionnelles. Œuvre d’un combo de six musiciens membres du peuple Tonga, à la frontière de la Zambie et du Zimbabwe, le disque intègre diverses tendances, certaines allant même pêcher hors du continent africain, à l’image de la salsa - tout sauf cliché, ouf - sur ‘Mwile’. En vrac, on y retrouve des traces subliminales de hip hop, une très forte influence de la rumba, mais aussi quelques touches de black jazz, pour un ensemble qui ne souffre pas du moindre artifice. Même si, très honnêtement, le stiff white guy que je suis ne se nourrira pas quotidiennement des musiques de Mokoomba, faute sans doute d’en détenir toutes les clés, j’irai volontiers me replonger dans les eaux des Chutes Victoria pour y retrouver son âme. (fv)

Mystery Jets ‘Radlands’ Rough Trade/Konkurrent

En quête d’un décorum pour son quatrième album, Mistery Jets abandonne les rives de la Tamise. Direction Austin. Dans l’ambiance semiaride du sud des Etats-Unis, les Anglais posent avec des carabines devant un puits de pétrole et accumulent les souvenirs de leur voyage au Texas, un peu comme des touristes japonais : toujours à l’affut du moindre cliché. Sur ‘Radlands’, la britpop vit son rêve américain. Elle porte des santiags et des chemises brodées. Elle allonge ses mélodies dans un vieux rocking chair, et ça grince passablement. Car quand la country et le blues tombent nez-à-nez avec la pop britannique, la prise de tête se vit dans un enchevêtrement de faux-semblants. Les gars se la jouent americana et multiplient les clins d’œil à leur escapade texane (‘The Ballad of Emmerson Lonestar’, ‘Lost in Austin’). Le nouveau single (‘Greatest Hits’) pille carrément l’intro du ‘Proud Mary’ de Creedence Clearwater Revival. Là, il faut s’imaginer la scène : une tranche de rosbif dans le bayou. C’est assez indigeste. Sur la pochette, Mystery Jets pose dans un cadre circonscrit par les frontières de l’Etat à l’étoile solitaire. Franchement, on espère pour eux que c’était un bon voyage. Car, côté musique, c’est vraiment pas terrible. (na)

Off ! Off ! Vice/The Alternative Distribution Alliance

Après s’être fait remarquer en sortant une poignée de singles à la puissance dantesque, Off! nous propose un premier album on ne peut plus explosif. Véritable ode à la sauvagerie, au chant primal, aux percus brutales et aux riffs abrasifs, ce disque ultra concis - 16 titres pour moins de …. 16 minutes - nous vaut un punk hardcore sauvage teinté d’influences garage. C’est brut, basique au possible, pas foncièrement novateur et cela captive totalement tant le groupe croit en ce qu’il fait. Vu qu’il est impossible de dégager un titre en particulier de par l’unité d’ensemble et la brièveté des compos, on ne peut que vous encourager à vous taper l’album dans son entièreté, plusieurs fois d’affilée, afin de vous rendre compte de quel bois Off ! se chauffe. Franchement, cela fait du bien par où ça passe ! (pf)

PacoVolume ‘Massive Passive’ Discograph/Pias

Je vous en avais déjà parlé dans ces mêmes colonnes il y a 6 ans déjà, quand le Français PacoVolume avait sorti son premier album. Déjà séduit à l’époque par la première fournée, autant vous dire que le deuxième couvert a fini de me

conquérir. Alors qu’à ses débuts, Paco enregistrait tous les instruments seul dans son appart’ avec ProTools, aujourd’hui il s’est fait des copains et a décidé d’aborder une approche plus brute de décoffrage. Son pop-rock enregistré live et sans retouche, nourri à tous les (bons) râteliers (on note par-ci par-là des touches de Sonic Youth, My Bloody Valentine, Bloc Party, Editors, Pavement) s’en retrouve plus couillu, plus massif - et surtout plus épique. On a l’impression tantôt d’être pris dans une mêlée de rugby, bousculé de toute part tantôt, sur des morceaux plus posés, on se sent bercé, certes, mais par une jeune maman un peu trop vive et maladroite. Cette excitation permanente, cette volonté de tout boucler dans l’urgence, cette impatience est le fil conducteur de l’album: l’énergie du rock à l’ancienne, avec la simplicité déconcertante des meilleures mélodies pop. Si vous ne m’avez pas suivi il y a 6 ans, va falloir s’y mettre fissa au PacoVolume. (jbdc)

Para One ‘Passion’ Because/Grand Blanc

Jean-Baptiste de Laubier (qui se fait appeler Para One derrière les platines) s’est fait connaître pour avoir produit les albums de TTC, le groupe français de hip-hop chic et indé. Surfant sur la hype et le succès, il a remixé Daft Punk, Justice, Bloc Party et produit Birdy Nam Nam. Question CV, on peut dire qu’il assure. Avec son quatrième album, le Français enfonce le clou question déstructuration du son à la Aphex Twin tout en gardant un sens du groove tout à fait déconcertant. Les loops, les beats et samples zarbis fusent dans tous les sens, et pourtant y’a toujours une ligne de basse ou un filet de voix langoureux qui fait maintenir le cap à ce navire musical qui, pourtant, de loin, paraissait bien mal embarqué et peu stable. On applaudit la performance de l’artiste et on tombe sous le charme de cette sensualité abrupte et caractérielle qui pourtant semble toujours tomber juste. On en redemande même une fois le disque fini. Tout à fait le genre d’expérience qu’on devrait entendre plus souvent. (jbdc)

Peaking Lights ‘Lucifer’ Domino/V2

Autoproduit avec l’aide de l’ingé-son de Oneohtrix Point Never et Yeasayer, le troisième épisode de Peaking Lights lasse bien vite. En dépit de quelques tentatives honorables du côté de Beach House (‘Beautiful Son’) ou de Broadcast (mais on est vachement loin de l’excellence façon feu Trish Keenan), ‘Lucifer’ s’essouffle dans un creux midtempo dont ressortent des éléments remarquables par trop épars. Non qu’on y décèle la moindre trace de putasserie - mais par moments, on aurait bien vite fait de tomber du côté facile de la force façon Katy B, juste qu’un trop-plein de monotonie tend à immobiliser la barque sur une rivière sans courant. Ne reste plus qu’à sauter par-dessus bord en espérant qu’un couillon ne soit pas allé piquer notre collection dream pop sur la plage. (fv)

Peter & The Lions ‘Postcards From Home’ Home Records/Amg

Ils sont légion, ces musiciens de province qui hantent les arrière-salles de troquets jusqu’à des heures indues. Qu’on ne se méprenne pas : leur motivation tient plus souvent à la quête de l’alchimie aléatoire de la jam du vendredi soir qu’à une volonté de reconnaissance éphémère. Certains tracent

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S H E A R WAT E R

05/07/12 Les Ardentes – Liège

KURT VILE & THE VIOLATORS 07/07/12 Cactusfestival – Brugge 14/07/12 Dour Festival – Dour

SX

08/07/12 Cactus Festival - Brugge 18/08/12 Pukkelpop - Hasselt

WOODEN SHJIPS 09/07/12 4AD – Diksmuide

KISS THE ANUS OF A BLACK CAT 11/07/12 17/07/12 28/07/12 18/08/12 08/09/12 29/09/12

Feest In Brussel - Bruxelles Trefpunt - Gent Meadownight – Brecht Pukkelpop - Hasselt Deep In The Woods – Heer L a Zone – Luik

LOVE LIKE BIRDS 11/07/12 18/07/12 04/08/12 08/08/12 30/08/12 12/10/12

Feest In Brussel - Bruxelles Boomtown - Gent Vama Veche – Brugge Parkconcerten – Lommel Feeërieën – Brussel Turnhout 2012 – Turnhout

CARIBOU

12/07/12 Dour Festival – Dour

P I N G P O N G TA C T I C S

15/07/12 Zomer van Antwerpen – A’pen 21/07/12 Charlatan - Gent

DOPE D.O.D

15/07/12 Dour Festival – Dour 24/08/12 Feest In Het Park – Oudenaarde

A WINGED VICTORY FOR THE SULLEN 15/07/12 De Kreun - Kortrijk 12/09/12 DOKarena - Gent ATA R I T E E N A G E R I O T 15/07/12 Dour Festival – Dour

K I M YA D A W S O N

17/07/12 Boomtown - Gent

RAPE BLOSSOMS

17/07/12 Trefpunt - Gent 04/08/12 Microfestival - Liège 03/11/12 Rock Glabbik - Opglabbeek

KIRA KIRA

17/07/12 Boomtown – Gent

SLOW CLUB

17/07/12 Boomtown – Gent

ORCHESTRA OF SPHERES 18/07/12 Boomtown - Gent

METRONOMY

28/07/12 Ronquières festival – Ronquières

PICTUREPLANE

11/08/12 Wastelands Festival - Gent

LOWER DENS

18/08/12 Pukkelpop - Hasselt

THE DEEP DARK WOODS 05/09/12 Magic Mirror – Bruxelles

NILS FRAHM

12/09/12 DOKarena – Gent

HOWLIN RAIN + TU FAWNING 14/09/12 Leffingeleuren – Leffinge

BLACK DICE

15/09/12 AB Club – Bruxelles 02/10/12 De Kreun - Kortrijk

TORCHE

21/09/12 Magasin 4 – Bruxelles

T H E B L A C K AT L A N T I C + E F 27/09/12 Magic Mirror – Bruxelles

DOPE BODY

19/10/12 Magasin 4 – Bruxelles 26/10/12 4AD - Diksmuide

MOON DUO + CARLTON MELTON 23/10/12 Trix – Antwerpen

BEACH HOUSE

18/11/12 AB – Bruxelles for more concerts : www.toutpartout.be Independent since 1994 Toutpartout agency Labelman Lazarijstraat 87 3500 Hasselt - Belgium Phone: +32(0)9.233.06.02 info@toutpartout.be http: www.toutpartout.be


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Earteam

malgré tout une carrière discr��te mais nourrie sur ce seul postulat, sans essaimer toutefois leurs mélodies plus loin que nos frontières. Le débonnaire mais prolifique Pierre Léonard (Where is China?, Glasnotes, Leo, Sing Sing) est de cette trempe-là. Liégeois, fidèle aux amitiés musicales nées de 30 ans de carrière, et tombé avec une telle joie dans la marmite de pop jaillie des années 60 et 70 qu’il n’a de cesse de la célébrer, il remet aujourd’hui en selle Peter and The Lions, projet initié en 1991. Sur ‘Postcards From Home’, tel un monsieur loyal qui ménage la chèvre, le chou, et presque tous les instruments, il nous bal(l)ade à travers 28 moments alanguis et volontiers nostalgiques : on songe souvent à un Todd Rundgren avec moins de fragilité vocale et de mascara, parfois à un Randy Newman de Meuse. Entreprise tout à fait louable dans son genre, mais qui manque parfois d’un rien de contraste pour nous laisser sans voix. (alr)

PG. Lost ‘Key’ Black Star Foundation

PG. Lost creuse une veine ramonée jusqu’à l’os. Le quatuor suédois arpente les méandres ultra-codifiés du post-rock. Les gars escaladent des montagnes russes avec des guitares pour seuls harnais de sécurité. Les montées sont abruptes, les descentes vertigineuses, les cimes noyées sous des orages de distorsion. Cette ascension est parfaitement exécutée : elle respecte scrupuleusement les codes du genre (calme plat-crescendo-climax). Le principal problème de PG. Lost, ce sont les autres. Explosions In The Sky, Godspeed You! Black Emperor et Mogwai ont déjà tout écrit. Dans ses meilleurs moments, ‘Key’ s’élève au niveau de ses maîtres. Le reste du temps, c’est un peu redondant. (na)

The Pond ‘s/t’ One Lit tle Indian Records/Konkurrent

Vous n’imaginez pas notre émoi lorsqu’on a retrouvé le sillage d’une énigmatique ondine des marais : on les croyait à tout jamais évaporées depuis qu’Elysian Fields en avait accueilli une, particulièrement incandescente sous les traits de Jennifer Charles, dans ‘Queen of The Meadow’. Malgré une ambigüité moins tangible, Kathryn Williams, incarnation vocale de The Pond, nous attire aisément dans ses rets. Il n’y a pas meilleur appât que ‘Carved’ en ouverture d’album : on se perd avec ravissement dans ses contours sinueux. On continuera nos tentatives d’approche envers cette créature sibylline à la voix acidulée par des rythmes traditionnels mais grisants dans ‘The River’ : à une cérémonie du Maypole, ce morceau ferait sans doute virevolter avec conviction n’importe quelle demoiselle du cru. Il ne faudrait pourtant pas juger The Pond inoffensif ou exclusivement versé dans la candeur, comme le laisserait supposer ‘Circle Round a Tree’ : ‘End of the Pier’, hérissé sous les beats coupants malgré les gazouillements laisse transparaître une facette presqu’aussi clinique que celles de Karin Dreijer Andersson (The Knife). On n’aura donc pas trop de dix morceaux pour apprivoiser ce groupe qui prend plaisir à nous faire osciller entre beats sophistiqués et réminiscences folk, entre morsures et chatouillis. (alr)

Public Image Limited

Paul Simon ‘Graceland’ Legacy/Sony Music

25ème anniversaire et réédition à la hauteur de cet événement pour le ‘Graceland’ de Paul Simon, un jalon phare dans sa carrière discographique. Il n’est pas possible de saisir la pleine portée de ce disque si l’on ne se replace pas dans le cours de l’époque à laquelle il est sorti, en 1986. On est alors au moment le plus sévère du régime d’apartheid qui sévit en Afrique du Sud sous la férule de Piet Botha. L’ANC, le Congrès National Africain qui milite pour l’égalité des citoyens noirs et blancs, a décrété le blocus culturel et il est devenu inconvenant de se rendre dans le pays. Paul Simon ignore les consignes et part à la rencontre de musiciens noirs des townships pour y enregistrer un disque qui restera dans les annales de l’histoire de la pop. Le terme ‘world music’ n’est pas employé comme il l’est aujourd’hui et pourtant c’est bien d’une rencontre interculturelle, intercontinentale que naîtra ce disque. Le guitariste et chanteur new-yorkais y convie entre autres Joseph Shabalala, le leader de Ladysmith Black Mambazo, un groupe de vocalistes perpétuant l’héritage du peuple Zulu. Sans vraiment l’avoir voulu, Paul Simon va faire connaître cette culture sud-africaine noire qui jusque là était demeurée largement méconnue en occident. ‘Graceland’ atteindra la troisième place de l’US Billboard et recevra le Grammy Award de l’album de l’année. Le dvd qui accompagne cette luxueuse réédition reprend, outre les clips vidéos d’origine, les témoignages des musiciens qui nous instruisent sur le contexte de sa réalisation. Aujourd’hui, l’apartheid n’est plus et les querelles qui ont entouré la problématique de l’embargo culturel ont été évacuées par le temps. Demeure ce témoignage gracieux et impérieux d’une période qui vit naître des alliances musicales qui aideront, à leur manière, le monde à devenir meilleur. (et)

‘First issue’, ‘Metal box’ ou encore ‘Flowers of romance’, mais on ne verse pas non plus dans les abîmes d’un disque comme le désastreux ‘That what is not’. L’accrocheur ‘One drop’, à la rythmique reggae dub obsédante, est un très bon titre festif, tandis que dans un registre dub post punk plus dark, ‘Deeper water’ est lui aussi excellent. S’essayant avec succès au dub downtempo, PIL se fait plaisir et nous fait plaisir en renouant avec les expérimentations d’autrefois, comme sur le légèrement dérangé ‘It said that’, ou avec ‘Out of the woods’, qui fait dans le dub trippant et hypnotique. Si certains titres voient notre ami John cabotiner un peu trop ou se lancer dans des exercices qu’il maîtrise mal - il ne sera clairement jamais un expert en drum’n bass, l’ensemble est toutefois des plus solides. (pf)

Reptar ‘Body Faucet’ Luck y Number/Cooperative Music/V2

A l’heure où la pop se réinvente par détournements successifs et appropriations rétrogrades, certaines chapelles s’essoufflent inexorablement. Ces dernières années, on a vu des guitares plonger dans la piscine post-punk. Emmaillotées dans un caleçon Fred Perry, elles séchaient tout l’après-midi sous le soleil de la savane. A la nuit tombée, elles s’abandonnaient aux néons flashy d’une soirée rétro, se dandinant mollement sur des hymnes synthétiques. Les quatre musiciens de Reptar accumulent ces clichés comme le mélomane compulsif collectionne les 45 tours. Pour appréhender la musique de ces Américains, on peut additionner les traits de caractère les plus agaçants de Vampire Weekend, Yeasayer, Passion Pit et Animal Collective. Avec ‘Body Faucet’, on touche à un point de non retour. Des harmonies vocales aux percussions africaines, tout est ici décalqué avec le savoir-faire d’un mioche aux avant-bras plâtrés. (na)

Royal Thunder ‘CVI’

‘This Is Pil’

Relapse

Cargo Records

Relapse est connu pour son ouverture d’esprit, lui qui met en avant des albums métal qui ne le sont pas vraiment (voir la chronique de Horseback dans ce même numéro). En sortant le premier album de ce quatuor américain, le label fait honneur à sa réputation, vu que ‘CVI’ mêle une culture de base métal à des influences hard old school, stoner, prog et blues sudiste. Original, l’ensemble l’est pour le moins et sur le plan de la technique musicale, le groupe assure totalement. Malgré toutes ces qualités, je

Cela faisait 20 ans que PIL n’avait plus sorti d’album. On ne sait pas si c’est par passion pour la musique où de façon plus prosaïque pour faire face à un redressement fiscal que John Lydon est sorti de sa retraite mais, à la limite, peu importe pour autant que la musique soit bonne. Car ‘This is Pil’ est effectivement réussi, tenant globalement bien la route et comprenant plusieurs excellents morceaux. Certes, on n’atteint ici jamais le sublime comme sur

ne parviens pourtant pas à entrer dedans car le tout a un côté énorme, baroque, virant au pompiérisme, que ce soit au niveau des riffs ou sur le plan du chant de Mlny Parsonz qui a tendance à en faire des tonnes. (pf)

Sigur Ros ‘Valtari’ EMI

Sigur Ros, le quatuor islandais capable de congeler les geysers et de faire chanter un ange comme s’il se donnait un coup de marteau sur le petit doigt en montant une étagère IKEA, est de retour. Perso, et après avoir été un fan de la première heure, on avait décroché depuis belle lurette. Le côté mystico-lyrique d’opérette et l’émotion qui clignote à force d’être systématiquement surlignée avaient eu raison de notre passion originelle. Sigur Ros était en passe de remplacer Enya ou Enigma chez tous les masseurs holistiques et les centres Yves Rocher de la planète. Que les fans même les plus intégristes me jettent de l’huile essentielle de fenouil bouillante si je suis complètement à côté de la plaque. Qu’en est-il aujourd’hui ? Les pianos aqueux de ‘Fjögur Piano’ résument assez bien le propos. Sigur Ros propose aujourd’hui aux gynécologues un disque qui pourrait servir de bande originale à toutes leurs échographies. Bon, OK, c’est de la provocation. Mais on n’a jamais dit que ça n’était pas un compliment. Cette musique amniotique, fœtale, est peut-être l’occasion d’un re-birth musical. Moins de passages chantés, moins d’expérimentations, ‘Valtari’ est plutôt une synthèse entre les récentes productions du groupe aux mélodies plus accessibles et les expérimentations bruitistes des débuts. Mais il ouvre aussi de nouvelles perspectives. Les percussions sont le plus souvent délaissées par exemple comme sur ‘Ekki Mùkk’ où le crépitement d’un vieux grammophone est le seul fil conducteur. On l’aura compris, le nouveau-né ne sautera pas tout de suite dans les flaques de liquide amniotique. Mais, il commencera peut-être par se contempler dedans. Avant lui aussi de succomber et de se laisser inconsciemment bercer. Ou pas. (gle)

Singtank ‘In Wonder’ Warner Music France/Warner

« Égérie, égérie ! Est-ce que j’ai une gueule d’égérie ? ». Celle qui nous harangue depuis son balcon, faussement naïve, c’est Joséphine de La Baume, vaporeuse épouse de Mark Ronson, drapée au choix dans un petit haut Zadig et Voltaire ou une combinaison Agent

Provocateur. Ça se pourrait, honeypie, et c’est pourquoi après avoir joué la comédie, tu nous octroies une galette bricolée avec ton frangin Alexandre (mi-Droopy mi-enfant du siècle, souvent plus convaincant que toi) sous la houlette de Nelle Hooper (Björk, U2, Madonna). Soyons clairs: j’ai la bouche acerbe mais elle est loin de pécher totalement, votre petite fantaisie. On y déniche même d’attrayantes bulles pop nacrées : ‘Give It To Me’, son clip digne de Barbarella et son côté cheesy certifié, ‘DickSmith ‘ avec un bel équilibre langoureux, ‘Sirens’ agrafée finement au revers. Ça nous ferait presque oublier quelques croutes d’infâme arrogance ici et là : on évitera de gratter. Ne te morfonds pas pour eux, ami lecteur. Que comme moi, tu adhères en partie à leur proposition ou non, ça se vendra au quintal chez Colette : les modeuses vont se l’arracher comme un it-bag, les autres seront forcément surpris de fredonner quelques taglines sous leur douche. (alr)

Skintologists ‘Dubble Trubble’ Melodica/Kudos Records/Rough Trade

Mélopée à cocktail profilée pour les patios impersonnels d’hôtels bling-bling, la musique des Skintologists malaxe des composantes indolentes pour laisser vibrer quelques rythmes indolores. On peut glisser ‘Dubble Trubble’ dans toutes les oreilles du monde. Personne ne va s’affoler. Hybride inoffensif imaginé à la croisée du reggae et du funk, ce disque culmine sur les hauteurs des mélodies aseptisées : un truc à cadenasser dans un attaché-case. Et à balancer au large d’une île déserte. (na)

Sleeppers ‘Keep Focus’ At(h)ome/Oh Lord !

Formé voici plus de vingt ans, Sleeppers a d’abord évolué dans un registre métal pour peu à peu trouver sa propre voie et développer un style qui lui est propre. ‘Keep focus’, son sixième album, est particulièrement représentatif de l’évolution de ce groupe français, sortant des sentiers battus du métal pur et dur pour intégrer des aspects prog, stoner ou simplement rock, à l’instar du très accrocheur ‘Blackout’, sorti en single. Abouti et varié, l’ensemble est solide de bout en bout et comporte plusieurs très belles réussites. ‘Keep focus’, à la structure impalpable particulièrement saisissante, ouvre l’album en force, suivi de l’ultra puissant ‘Now you are’. On aime également beaucoup le superbement épique ‘Hidden beauties’ rehaussé de piano et de bidouillages électros ainsi que ‘Skin’ alternant couplets apaisés et refrains bruts très stoner ou encore l’atmosphérique ‘Divide’ qui affiche des inflexions post punk, tendance Cure à l’époque de ‘Pornography’. Clairement le meilleur album qu’ils aient jamais sorti. (pf)

Slow Magic ‘Triangle’ LebensStrasse/Rough Trade

Franchement, on aimerait parfois qu’ils s’achèvent pour de bon, cette ère des mascarades (les casques de Daft Punk, 1993, tout de même !), ce règne des clips remplis de lensflare, cet empire fantasmagorique de la géométrie qui nous fait compter jusqu’à trois, de préférence en dégradé. Bien sûr qu’on pourrait tout à fait s’abandonner, consciemment ou non, sur ces beats ludiques qui ne déméritent pas, ces faux remix de Beach House (‘Toddler Tiger’ où on s’attend à tout instant à discerner Victoria Legrand, sans succès), ces parenthèses dreampop miroitantes dans l’air du temps (‘Youths’ et ces chœurs juste en filigrane, notamment). Mais on ne veut désormais plus placer toute sa foi dans les hologrammes : les artistes qu’on plébiscite, on aime les voir prendre corps, compter leurs rides à mesure que s’égrènent leurs morceaux, les sentir basculer, les savoir amoureux ou terrassés. À la fin de ‘Triangle’, restera de Slow Magic une esquisse désincarnée aussitôt


Earteam enfouie dans les sables, qu’importe que le soleil se couche à cet instant-là. (alr)

Van Dyke Parks ‘Clang Of The Yankee Reaper’ ‘Discover America’ ‘Song Cycle’

The Soundtrack Of Our Lives ‘Throw It To The Universe’

Bella Union/V2

Haldern Pop/Rough Trade

Groupe mythique de la scène musicale suédoise depuis 1995, The Soundtrack Of Our Lives reçut un jour un vrai baiser de la mort en étant adoubé par Noel Gallagher qui déclara que le groupe était le présent, le passé et le futur du rock’n’roll. Et même si Jacques Séguéla himself n’aurait pas osé un slogan aussi foireux, on n’en voudra guère au joyeux Noel d’avoir un peu de mal avec son Bescherelle musical. Il n’empêche que le sextet emmené par le mystique Ebbot Lundberg ne s’est jamais vraiment remis de cette comparaison avec un Oasis déjà à la ramasse à l’époque. Après un double best-of sorti fin 2011, le groupe revient avec un album qui est annoncé comme son testament musical. Chantage au suicide ou réalité, l’avenir nous l’apprendra, mais ce ‘Throw It To The Universe’ ne nous incitera guère à être plus conciliant à l’heure du Jugement Dernier. Les treize compositions déclinent folk acidulée, rock psyché et pop sixties avec toujours ce sens très aiguisé de la mélodie. Le hic c’est que tout ça donne furieusement l’impression d’avoir déjà été entendu des dizaines de fois dans le passé. Un gloubiboulga de clichés qui ne mérite que l’Extrême-Onction. RIP. (gle)

Sam Sparro ‘Return To Paradise’

Regina Spektor ‘What We Saw From The Cheap Seats’ Warner

Autant le dire tout de suite, le sixième album de Regina Spektor déchire – mais est-ce vraiment une surprise? Produit et écrit en collaboration avec Mike Elizondo (qui a bossé avec Fiona Apple), on y retrouve tous les ingrédients qui font le succès de l’Américano-Russe: de la pop toute en finesse, subtile, aigre-douce à souhait, pleine de mélancolie et de malice. Toujours cette voix sans ostentation posée sur des accords timides au piano et des ballades sur lesquelles on aimerait accompagner Regina jusqu’au bout du monde. A l’instar d’une Fiona Apple, d’une Joan Baez ou d’une Joni Mitchell, la jeune femme continue de se forger sa place

album, Lawen Stark et ses Slide Boppers s’offrent un bon gros trip vintage. Plaisant, mais totalement hors du temps. (na)

Julia Stone ‘By The Horns’ EMI

Producteur et contributeur DE LEGENDE (on le criera jamais assez) des plus grandes musiques pop(ulaires) américaines des 50 dernières années, Van Dyke Parks a participé à tant d’albums mythiques qu’une simple chronique ne suffirait pas à faire entrer. Parolier sur le ‘Smile’ des Beach Boys, producteur et arrangeur de Tim Buckley, Randy Newman, The Byrds, Rufus Wainwright ou, plus récemment, l’extra-terrestre ‘Ys’ de Joanna Newsom, le musicien américain n’a plus de comptes à rendre à personne et au passage, sa place dans la trinité aux côtés de Burt Bacharach et Phil Spector est déjà réservée. Non content d’apporter son exceptionnelle patte aux disques des autres, Parks est également l’auteur de six albums solo, dont les trois premiers viennent de connaître une très heureuse réédition. Œuvre de 1968, ‘Song Cycle’, mythique bien plus que rentable en son temps, n’a pas pris une seule ride, tant ses échos psychédéliques renvoient au Pink Floyd période ‘The Pipers At The Gates Of Dawn’ qu’à l’approche folk d’un Jim O’Rourke. Incontournable, on vous le disait. Quatre années plus tard, Parks nous emmenait en voyage sur ‘Discover America’ - révélant une toute autre approche de sa talentueuse musicalité. Alors que l’opus précédent était majoritairement de sa plume (excepté une reprise de Randy Newman et une de Donovan), ce second effort comportait uniquement des chansons traditionnelles américaines, majoritairement écrites entre les années 1920 et 1940. Evidemment, Parks y a déposé une touche toute personnelle, celle que nous avons tant admirée chez Harry Nilsson ou Ry Cooder, et au final, sa réappropriation de ces seize classiques tient nettement plus du génie ultime que du simple phagocytage. Ultime étape du voyage, ‘Clang Of The Yankee Reaper’ (1975) explore un peu plus en profondeur le versant calypso de l’œuvre de VDP. Tout en démarrant sur une fausse piste - la seule signée par Parks himself - qui explique une bonne partie de l’intérêt que ses pages ont toujours porté à Lambchop, l’album est peut-être le moins indispensable du lot. Bien que toujours parfaitement écoutable en 2012, la majorité des titres n’offre pas totalement le trip aventureux de ses deux prédécesseurs - le bronze, ce n’est toutefois pas si mal, surtout quand on a déjà eu droit à une double médaille d’or. (fv)

EMI

L’Australien Sam Sparro aime se la jouer funky. Costumes kitsch 70’s et petite moustache rétro, sa musique est à l’image de son look: de loin, on la devine ridicule, mais à l’écoute, c’est un concentré de jouissance presque naïve et d’esprit festif. Reprenant tous les codes du disco hédoniste d’il y a 35 ans, Sam Sparro frappe dans les mains en rythme, danse en tournant sur lui-même (classe les mocassins en croco mec!) et mouline gentillement des bras sur des lignes de synthés dégoulinantes. Son électro passéiste fait revivre les meilleurs moments de la virilité un brin réactionnaire des crooners d’antan. Du vintage ad nauseam, certes, mais tellement assumé et vécu dans la joie que cela en devient communicatif. Pourtant, à y regarder de plus près, on dirait bien que tous ces gimmicks passéistes révèlent une certaine modernité, lâchée par touches subtiles. Sans être la galette de l’année, le deuxième album de Sam Sparro se sauve par son incroyable générosité gorgée de bonnes ondes. (jbdc)

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aux Walhalla des chanteuses US. Rien à redire, Regina est parfaite. (jbdc)

Lawen Stark and The Slide Boppers ‘On The Run’ Drunkabilly Records/Music Shock

C’est l’histoire d’un Bruxellois qui vit en décalage spatio-temporel. Lawen Stark rêve de l’Amérique d’après-guerre, de Memphis, de rockabilly, des studios Sun, de cheveux gominés et de bananes grosses comme ça. Chez lui, tout est fait à l’ancienne. Des chansons aux photos sépia du livret, on surfe en plein délire rétrograde (à côté Kitty, Daisy & Lewis, c’est de la gnognotte). Balancé avec passion et respect des traditions, ‘On The Run’ idéalise une époque révolue, un temps que les moins de cinquante ans tentent aujourd’hui de se réapproprier lors de soirées rétros (Radio Modern) où l’on swingue déguisé en Elvis. Avec cet

Tout récemment remarquée sur le web pour sa très réussie reprise du ‘Bloodbuzz Ohio’ de The National, on a connu pire comme référence, Julia Stone en est à son second coup d’essai, très majoritairement transformé - normal, vous me direz, pour une Australienne. Ce qui frappe au premier abord, c’est la voix juvénile de l’artiste de Down Under, qui toutefois n’en abuse pas à démesure - peut-être est-ce dû au léger voile, très charmant, qui lui donne toute sa personnalité. Certes, son ‘By The Horns’ est d’une sagesse certaine qui vise à ne pas choquer le tout venant - et ça fonctionne, son précédent ‘Down The Way’ a été triple disque de platine au pays - mais il ressort de ses dix titres un charme troublant, tel la vision d’un album de David Hamilton. (fv)

Mathias Stubo ‘Mathias Stubo’ BBE

Mathias Stubo, c’est le genre de génie musical précoce qui fascine. Remarqué dans son pays pour ses performances jazz dès l’âge de 12 ans, le jeune Norvégien d’à peine 20 ans nous sort déjà son deuxième album. Mais attention, on est ici plutôt dans le génie tourmenté tant l’album est ‘conceptuel’ dirons-nous. Il y a, sur le CD, 20 pistes divisées en 2 parties reflétant je-ne-sais-quelle abstraction mentale. Au final, on y croise le meilleur comme le pire. Pour apprécier, faut plutôt voir la galette comme un labo de recherche et développement, ou une thèse de doctorat sur le thème: peut-on mélanger les synthés 70’s les plus étranges avec les rythmes contemporains les plus déstructurés? Pas toujours audibles, mais souvent prometteuses, ses expériences musicales ont le mérite d’être très inventives. Néanmoins une musicalité aussi radicale rend l’écoute franchement difficile, voire même assez pénible. Disons qu’il faut réserver l’œuvre de Mathias aux esthètes les plus aventuriers. (jbdc)

Susanna ‘Wild Dog’ Rune Grammofon

On s’était habitué à ce que Susanna fasse corps avec son Magical Orchestra, sorte d’appendice naturel et nécessaire à la pleine incarnation de sa personne. Depuis quelques an-


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Earteam

nées, elle s’est affirmée sous l’auspice de son seul prénom mais aussi, plus rarement, en y accolant son nom de famille : Susanna Wallumrød. Quoiqu’il en soit de ses identités respectives, Susanna maintient intacte sa faculté à écrire des chansons graciles et concises. Ainsi, sur ce nouvel album, en aligne t-elle une dizaine en un peu plus d’une demi-heure à peine. Ce qui nous est donné à entendre ici ne tient pas dans la reprise de morceaux d’autrui et n’est pas le fruit d’une formule duo (celle qu’elle poursuit avec Morten Qvenild au sein du Magical Orchestra ou celle plus récente avec Giovanna Pessi sur le label ECM), mais s’incarne comme étant la pleine mesure de son travail personnel de compositrice. Entre d’éventuelles nominations pour des prix décernés dans son pays, la Norvège, et des tournées en compagnie de Bonnie ‘Prince’ Billy, notre chanteuse nordique nous prouve qu’elle peut réaliser tout simplement, quand le besoin s’en fait sentir, un bon disque. (et)

Sweet Lights ‘Sweet Lights’ Highline

Je ne le connais évidemment pas personnellement, mais à écouter ce qu’il fait, Shai Halperin semble être l’archétype du vrai bon gars. Avec son projet solo nommé Sweet Lights, l’ancien membre des War On Drugs et des Capitol Years nous livre une version onirique d’une Amérique mythique. Des accords éthérés, une voix à peine murmurée, des brouettes de sons kaléidoscopiques, une production au millimètre: il n’en fallait pas plus pour être aux anges. Sans jamais tomber dans les clichés, les facilités ou les ficelles éculées, l’homme nous livre ses mélodies en toute simplicité. On le sent sincère et généreux, prêt à partager ses anecdotes de voyages à la façon d’un Kerouac. Et tant pis s’il ne raconte que des histoires qui se sont passées pas bien loin, avec son charisme si particulier on verrait l’épicerie du quartier comme un Eldorado lointain. On se sent flotter entre deux couches moelleuses d’Amérique, l’esprit calme et serein. Une sensation divine. (jbdc)

Le Ton Mité ‘Version d’un ouvrage traduit’ Ky thibong

Il s’agit d’un vinyle. Sa pochette, blanche, est ornée d’un gros visage jaune qui pleure des larmes de cerf, imprimé façon sérigraphie. En soi, l’emballage est déjà un objet. L’écoute du disque éveille plus avant notre curiosité. Comptines farfelues, chaconnes minimalistes, ritournelles pittoresques… on hésite à mettre un nom sur ces petites chansons désopilantes. Ca tâtonne, ça se cherche, ça fouille, ça trifouille, ça se secoue le cocotier. On évolue ici dans un monde à part, à la fois renfermé dans sa bulle et éclaté sur le dehors. Le Ton Mité est le projet de McCloud Zicmuse, un musicien originaire d’Olympia francophile et franchouillard. Cette ‘Version d’un ouvrage traduit’ s’est échafaudée à différents moments et endroits. En fait d’ouvrage, il s’agit plutôt d’un pêle-mêle témoignant de rencontres et d’amitiés nomades. Le disque s’avère au final très attachant, comme le fut à une toute autre époque ‘La Fossette’ de Dominique A. (et)

Van der Graaf Generator ‘Alt’ Cherr y Red/Ber tus

Il y a plus de quarante ans, le combo Van der Graaf Generator marquait de son empreinte la musique dite alors ‘progressive’. Emmené sous la houlette du talentueux Peter Hammill,

Simone White ‘Silver Silver’ Honest Jon/Konkurrent

C’est le temps des excuses. Oui, c’est vrai, on a eu tord de contempler Simone White comme une énième manieuse de babioles acoustiques. Avec son quatrième album (‘Silver Silver’), l’Américaine impose sa griffe majestueuse sur un trip aérien de haute volée. Toujours hébergée sur Honest Jon, le label de l’omniprésent Damon Albarn (Blur, Rocket Juice & The Moon), la chanteuse s’aventure aux extrémités d’une musique hybride. Là où se bousculent les fantômes du blues, les cliquetis électroniques et les reflets bleutés du jazz. L’œuvre vibre dans un certain dépouillement, mais rive ses mélodies enivrantes dans les sous-bois de la pop. ‘Silver Silver’ est un disque exigeant et accessible, tellement léger qu’il pourrait s’envoler. Mais pas comme un Boeing ou un engin propulsé par de puissants moteurs. Non, plutôt comme le sac en plastique du film ‘American Beauty’. On touche ici à la poésie des choses simples. De passage, Andrew Bird vient siffler quelques mots sur une plage éponyme (‘Silver Silver’) bouleversée par la présence de son violon. Ailleurs, les chansons esquissent des paysages bucoliques, inondés de lumière, fouettés par une brise chaude, presque torride. Impossible de se mouvoir sous le soleil brûlant de ‘Silver Silver’. L’immobilité s’impose : écouter et ne rien faire. Préférer l’introspection à la transpiration. L’amour à l’affection. Même la pochette du disque brille d’une certaine perfection : un ange étendu sur le sable, une guitare, un sombre héro de la mer, le ciel bleu et un cul nu. C’est le paradis sur terre. (na)

le groupe sombra dans l’oubli à la fin des années 70. Reformé en 2005, il tente vaille que vaille de se redonner des couleurs. L’album ‘Alt’ est le résultat de sessions où l’improvisation a largement dominé. Force est de constater que le génie n’est plus vraiment de la partie et que la magie n’opère plus comme avant. Seuls les fans de la première heure y trouveront leur compte. (et)

ter sans stress comme un joint qui tourne de main en main. Après, c’est plus le genre de compile qu’on entend en fond sonore que le disque que l’on écoute religieusement, tant aucun track n’attire suffisamment l’attention par son originalité. Tout le monde s’amusera et profitera de l’ambiance, certes, mais de là à en faire la soirée de l’année, il y a encore de la marge. (jbdc)

Various

Visioneers

‘The Array – Volume 3’

‘Hipology’

Nang

BBE

Depuis sa création, le label anglais Nang sort chaque année une compile des meilleurs crus de leur meilleurs poulains. On y retrouve tout un panel métissé de DJ venus d’aussi loin que l’Argentine (Toomy Disco) ou la Russie (Unclepasha). Moins exotique, on notera aussi la présence du Britannique Phil Oakey des Human League. Sans vraiment casser des briques, la house moulée à la grosse louche disco et fourrée aux funky beats à l’ancienne présentée ici se laisse siroter peinard. C’est plaisant, doux et sensuel, et ça se laisse écou-

Moitié de la constellation drum’n’bass 4Hero, le producteur Marc Mac déterre ses influences musicales sous le patronyme Visioneers. Grand brassage de références soul, dub, jazz et hip hop, ‘Hipology’ rassemble des petits morceaux de vie : de grandes inspirations collées les unes aux autres sur une mixtape à fragmentation. Vision cultivée et éclatée des origines musicales du DJ londonien, cette mosaïque s’essouffle inexorablement sur sa longueur. Un peu trop « easy listening » pour être complètement smoothie. (na)

Denison Witmer ‘The Ones Who Wait’ Asthmatic Kit t y Records

Asthmatic Kitty Records nous avait habitués à des disques, comment dire, plus… étouffants, moins faciles à respirer. Mais aussi, du coup, autrement plus excitants une fois pris au piège de leurs moiteurs toxiques et de leurs sautes d’humeur délétères. Plutôt coutumiers du freak folk de feu Grampall Jookabox ou des bizarreries claustrophobes de DM Stith, on ne s’attendait donc pas à ce point au grand air qui dégage les bronches et soigne le cancer, à ce genre de folk pour papy gâteau. L’affaire, toutefois, ne manque pas d’allure et on jurerait les deux premiers morceaux tout droits sortis du cerveau de génie de Nick Thorburn (Mister Heavenly) lorsqu’il officie au sein d’Islands. Le reste, qui s’apprécie d’autant plus que les écoutes répétées font leur œuvre, a cependant tendance à lasser. Entre les épanchements de lap steel (‘Your Friend’), le sempiternel banjo (‘Influence’) et les soubresauts d’une trompette malingre (‘Every Passing Day’), on finit toujours pas avoir l’impression désagréable d’être en cure dans un de ces sanatoriums du siècle passé avec vue sur les écureuils et double ration d’ennui. Beau mais (un peu) chiant. (lg)

The Young ‘Dub Egg’ Matador/Beggars

Merde, j’ai trop écouté ce disque. Six ou sept fois en quinze jours, c’est beaucoup trop pour en écrire une chronique décente. Mais voilà, il trainait dans l’autoradio et je l’y ai laissé. Cela veut-il dire que l’opus est une tuerie ? Même pas. A peine les six sur Pitchfork. Mais bon, l’avis d’une fourche, qu’est-ce ça peut foutre après tout ? Au fond, c’est sur Matador et ça devrait suffire. Des guitares au charbon. Beaucoup d’électricité. Peu de paroles. Un zeste de country (‘No Way Out’), mais pour le reste, surtout Kurt Vile et Yo La Tengo. Ou comment torcher, sans réelles effusions, dix chansons entre la murder ballad (‘The Mirage’) et le trip drogué à la reverb (‘Plunging Rollers’). Depuis, je suis passé à autre chose et je sais que je n’y reviendrai pas, il faut être honnête. Reste que rock couillu m’a donné envie d’aller réécouter The Brimstone Howl, combo autrement burné. Cool, donc. (lg)


28-29 JUILLET PLAN INCLINÉ

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Issue 182 - juillet 2012 FR