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Rédactrice en chef : Natou Seba PedroPedro-Sakombi

Rédactrices: Sokhna AmarAmar-Dioury Annette Ndaya Mutombo Pauline Nziamu Lomata Sabrina Ben Mansour Annabelle EpéeEpée-Bizongo Pauline Diboma Dikaha Ramata Sam Founé Camara

PartenairesPartenaires-rédaction : Bana Mboka Sista Diaspora Nana Harmonie

Partenaires : AfroAfro-Insolent Bel’Africa Media Ouadaï Cosmetics Ethnic Cosm’ethic

Graphisme et design: design: RHA a. a.s.b.l. Founé Camara


Editorial : Entre tradition et modernité Reine à la Une – Kadija Pâté ou la noblesse d’esprit peule Reine de notre histoire – Ranavalona Ière, l’intransigeante ContempoContempo-Reine – Rencontre avec Otitié Okiri BiblioBiblio-royale – Eric Essono Tsimi : les meilleurs auteurs africains NatuNatu-reine – Tissage : les 10 commandements La Santé de Sa Majesté – Tout sur les vergetures Etoffes de reine – La magie des imprimés africains Interview de Virginie Ayissi Les p’tits princes et moi – Les dangers du « co-dodo » Le roi et moi – Nana Harmonie s’exprime: faut-il glorifier le célibat ? Roi coup de cœur – Marcus Garvey : 125 ans. Les nouvelles nouvelles du Royaume – Marieme Faye Sall, la first lady noire Rwanda : 50 ans d’indépendance Nkosazana Zuma : congrats to the Queen AfroAfro-society – Les mariées d’Edo Land, le corail en fête Les femmes afros se parlent : Interview des animatrices Escapades Royales – Les îles africaines (suite) : les Comores Paroles à nos ReinesReines-lectrices – Dans la peau d’une femme aux mœurs légères Sa majesté en toute intimité – Dire « NON » avec « glam’ » AfroAfro-disiaque – Le retenir à tout prix : à la mode de chez nous ! Les griots de la reine – Conte : Kiya et la forêt du djinn (1ère partie)


Par Natou Seba Pedro-Sakombi Directrice de la publication Rédactrice en Chef

Très chères Reines-lectrices, honorables Rois-lecteurs, Deux mois, c’est long ! Mais nous espérons vous avoir suffisamment gâtés dans le précédent numéro de RHA-Magazine que pour avoir su vous faire patienter. Nous voilà donc pour un nouveau numéro et le plaisir de vous retrouver avec d’autres surprises reste incomparable. Ces deux mois de préparation durant lesquels toute l’équipe s’est donnée corps et âme dans le seul et même but de vous satisfaire ont été certes longs, mais ils nous ont permis de dénicher pour vous les sujets vous permettant de replonger dans l’univers majestueux des Reines & Héroïnes d’Afrique. Historiques ou modernes, elles restent celles dont le parcours ne cesseront de vous épater et vous pousseront davantage à crier ce leitmotiv déjà si familier : Oui, la femme noire et rentrée dans l’histoire (et certains d’entre vous de rajouter), oui la femme noire est l’histoire ! La femme noire est l’histoire, à coup sûre, et cette vérité se dépeint merveilleusement bien lorsque nous parcourons la vie de Khadidja Poulo Pâté. Lorsque l’on a traversé tant d’épreuves dans sa vie, le fruit de ses entrailles ne peut qu’être béni. Et lorsque l’on observe attentivement le déroulement des évènements, nous ne pouvons plus renier cet attachement à nos propres réalités et à nos valeurs ancestrales. Ranavalona Ière en sait certainement quelque chose, et elle serait la première à nous rappeler que nul ne devrait nous pousser à vivre loin de nos racines. Cette vérité, les jeunes femmes d’Edo Land l’ont cultivée…Voilà pourquoi elles continuent à s’enraciner dans leur coutume ancestrale, vouant aux cérémonies matrimoniales un respect sacré ! Et la modernité dans tout cela ? Témoin indissociable de notre lutte pour demeurer enracinés à nos valeurs, elle fait partie inhérente de notre quotidien. Par conséquent, il nous faut impérativement retourner aux sources de toute chose, du moins si nous ne voulons pas que la vie moderne nous éloigne de nos mœurs et croyances originelles. Ne faut-il pas suivre la voie et observer les protagonistes de « Comme il était au commencement » voire écouter l’expérience de l’auteure de l’ouvrage, Otitié Kiri ? Renaître pour se conjuguer au présent sans perdre un regard sur le passé et assurément se bâtir un futur extraordinaire, sans conflit et sans mal être, c’est de ça qu’il s’agit ! La vie nous accorde toujours cette chance de nous révéler là où nous n’avions pu nous manifester, et c’est là qu’il nous faut prouver au monde que nous pouvons faire mieux qu’aucun(e) autre. C’est cette chance qu’elle a daigné accorder à Mariem Sall, première first lady noire, en qui les mamas sénégalaises pourront incontestablement se reconnaître. Faire co-exister tradition et modernité : Nkosazana Zuma bien ce tandem…Mais il y a un juste milieu ! Pour le saisir, ouvrons nos oreilles et écoutons ce que disent les reines et héroïnes des temps modernes…La parole leur est notamment donnée avec et grâce à Syonou et Olfa, le temps d’une émission radio. Pour le saisir encore, sans juger avec subjectivité, tentons de comprendre celles qui ont décidé d’assumer le titre de « femme facile ». Est-ce cela que nous éloigner de nos mœurs ? Si nous hésitons, apprenons à écouter chanter les griots de la reine…De la cour de Sa Majesté, écoutez-les narrer l’histoire de Kiya et du djinn de la forêt… On y parle de choix, de mœurs, de liberté et de bien d’autres choses…Que ceux qui ont des oreilles et l’entendement nécessaire en apprennent la morale… Nous y sommes déjà…sentons-nous libres de gambader dans les couloirs qui mènent aux chambres secrètes du palais des Reines et Héroïnes d’Afrique…ce palais nous le connaissons, c’est notre berceau, c’est notre Afrique…Là où peuvent parfaitement se concilier le passé, le présent et le futur, car il existe une symbiose possible entre tradition et modernité. Natou Seba Pedro-Sakombi


Rha-Magazine 2012


Par Tamara Sam Rédactrice pour RHA-Magazine

Amadou Hampâté BÂ, a considérablement marqué l’esprit des Africains. Ecrivain, né entre 1900 et 1901 à Bandiagara, chef-lieu du pays Dogon et capital de l’empire Toucouleur (Fondée par El Hadji Omar Tall), il est le fils de Hampâté et de Kadidja Pâté Poullo Diallo. Doté d’une intelligence pétillante, pieux et généreux, Amadou Hampâté Bâ a surement hérité ses qualités de sa mère Kadidja. D’ailleurs, il le dit lui-même dans son livre intitulé « Amkoullele l’enfant Peul » : Tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons nous le devons une fois seulement à notre père, mais deux fois à notre mère. Avec l’histoire de Kadidja Pâté Poullo Diallo, nous vous proposons le récit d’une Reine et Héroïne d’Afrique qui vécut au temps où les miracles se produisaient encore, où les sorciers jetaient des sorts et où les hommes se battaient avec des arcs, des flèches et des sabres. C’est le récit d’une Reine et Héroïne d’Afrique peule.

Le père de Kadija, Pâté Poullo Diallo était un grand « Silatigui », c’est-à-dire un grand chef spirituel aux facultés hors du commun. En effet, il possédait le don de lire sur les visages, de communiquer avec les animaux et connaissait quasiment tous les mystères de la brousse. Sa mère, Anta Ndiobdi, est une femme d’une beauté époustouflante, aux traits fins, au teint clair et aux longs cheveux noirs. C’est une femme de caractère, de lignée noble et ce que l’on appelle une « reine de lait ».

Pâté Poullo et Anta ont eu de leurs union 6 enfants dont la belle Kadidja. Elle grandissait en véritable « fille à papa » et obtenait tout ce qu’elle désirait car sa famille vivait dans l’aisance. Elle reçut une éducation presque masculine tout en gardant sa féminité. A 12 ans elle a déjà été demandée en mariage plusieurs fois par de grandes familles nobles Toucouleurs. Chez les peuls, se marier à l’âge de 17 ou 18 ans et un signe de malédictions. A 12 ans, chaque femme peule doit être mariée. Et souvent, il existe une grande différence d’âge entre les époux.


Lorsque ces familles apprirent qu’Anta, la mère de Kadidja, souhaitait donner sa fille en mariage à Hampâté, un Peul noble du Fakala devenu boucher, elles prirent très mal la chose. Et c’est à partir de là que Kadidja connut toutes les misères du monde, victime des sortilèges de jeteurs de sort, de noueurs de cordes et autre marabout. Beaucoup de personnes étaient en effet jalouses et s’opposaient catégoriquement à leur union. Toutefois, de leur mariage naitra 3 enfants : Gabdo qui ne vivra que 6 mois, Amadou, et Hammadoun qui vivra jusqu'à l’âge de 15ans. Des épreuves très difficiles à supporter pour une seule femme ! D’autres phénomènes maléfiques ne tardèrent pas à faire leur apparition. On raconte que chaque jour, l’on retrouvait des grenouilles attachées aux arbres de la cour ou encore des cordes nouées. La guerre des sortilèges était déclarée… ! Les mauvais sorts finalement destinés à séparer les deux époux avaient porté leur fruit. Et pour cause, peu de temps après la naissance de Amadou, Kadidja ne pouvait plus supporter la présence de son mari Hampâté jusqu’au point où elle le haïssait et fuyait le domicile conjugal. Hampaté ne reconnaissait plus sa jeune femme vivante et enjouée. Khadija devint morose et irritable et son mari décida pour finir de lui rendre sa liberté. Peu de temps après les évènements s’enchainèrent et notre jeune reine perdit son père Pâté Poullo (qui emporta avec lui les secrets et la plupart de ses connaissances) ainsi que son frère aînée Amadou Pâté . Elle perdit par la suite son ex-mari et cousin Hampâté. Ses deux garçons étaient alors âgés de 3 et 5 ans. A peine avait-elle retrouvé sa liberté que les demandes en mariage du clan des Toucouleurs El hadji Omar et du clan des Thiam affluèrent.

Le choix de Kadidja fut porté pour un jeune homme déjà marié deux fois, Tidjani Amadou Ali Thiam. Kadija choisit Tijdani car elle le connaissait déjà. Il faut savoir que les Tall et les Thiam étaientt deux clans rivaux. Lorsque le clan des Tall apprit cela, tous étaient furieux et pour eux, le choix de la belle Kadidja était une véritable provocation, et la guerre des sortilèges recommença. Peu après que Tidjani eut demandé la main de Kadidja, le père de Tidjani, qui était le chef de la province du Louta, décéda et Tidjani hérita du Turban. Les problèmes reprirent de plus belle pour notre héroïne jusqu’au point où les mauvaises langues disaient d’elle qu’elle était malchanceuse et portait malheur. Nous ne sommes sans ignorer que les Africains sont très superstitieux, et ce depuis toujours. Ils sont superstitieux au point où même ce qui est naturel devient surnaturel. La jalousie aidant, le mariage de Kadidja et Tidjani prit toute une année avant d’être conclu. Ce qui était énorme, car un mariage pouvait être conclu en une heure, même en l’absence des futurs mariés."La jalousie rend féroce lorsqu’elle est impuissante."

Lorsque le mariage fut enfin conclu Tidjani adopta Amadou, le fils de Kadija, qui devint alors l’héritier principal de Tidjani. Kadidja étant la troisième épouse de Tidjani, les deux co-épouses lui déclarèrent la guerre car pour elles Kadidja était responsable de l’adoption d’Amadou. Jusque-là, s’il faut résumer le récit de la vie de Kadidja Pâté Poullo, c’est cet espoir qui ressurgit sans cesse qui nous marque, bien que la vie qu’elle mène est très éprouvante.


Blancs, qui a cette époque prirent le pouvoir sur une grande partie du continent. Courageuse et déterminée à revoir son cher mari, Kadidja s’acheta un costume d’homme au complet : culotte bouffante, bottes, grand boubou et sous boubou, turban et sabre et se déguisa. Elle était méconnaissable ! Elle attendit la nuit et se rendit dans le quartier des blancs accompagnée de Beydari son « frère ».

Dandji, sœur d’Amadou Pâté, Djandji, que t’arrive-t-il aujourd’hui Pour tenter, par curiosité, par une obscurité profonde, D’entrer dans une maison maudite

Rappelons-nous par cette occasion ce célèbre proverbe africain qui dit :« L'espoir est le pilier du monde. »

Que de méchants chiens noirs gardent nuit et jour ? Djandji, que t’arrive-t-il, ? Dis-le-moi !

La vie de Kadidja n’a pas fini d’être mouvementée, car entre sortilèges et jalousie voici maintenant qu’elle apprend le décès de sa mère Anta N’diobdi. Après le deuil, Kadija, qui est enfin mariée s’apprête à rejoindre son mari. Mais elle reçoit un courrier lui informant qu’une révolte avait eu lieu dans la Province du Louta dont son mari est le chef. Et peu de temps après la révolte, plus personne n’avait des nouvelles de Tijani. « Je ne suis pas une Femme a me laisser abattre » dit-elle face à cette terrible épreuve. Elle décida donc de quitter la maison et elle donna un délai de trente jours à sa belle-mère pour enfin retrouver son mari. Elle en informa et ses frères et tous la soutenaient. Et comme on dit chez les Peuls : « Avant de mettre un scorpion dans sa bouche, il faut avoir bien disposé sa langue » Kadidja, armée de bénédictions et de son talisman, était enfin prête à commencer les recherches.

Grace à l’association qu’elle créa et à ses membre elle réussit à obtenir plusieurs informations très importantes, dont le fait que son mari avait été emprisonné par les

L’histoire raconte que grâce à Bouraima Soumare, un brigadier-chef (sa femme faisait partie de l’association que Kadija avait créée) elle put voir son mari, mais cela n’a pas été chose facile. Elle dût faire preuve de force et de détermination face au brigadier-chef. Elle lui aurait dit : « JE SAIS QUE MON MARI EST DERRIERE CETTE MURAILLE ! SI j’ALLAIS CETTE NUIT MEME TIRER SUR LES GLANDES GENITALES DU COMMANDANT ET QUE J’EN REVIENNE VIVANTE ME MONTRERAIS-TU MON MARI ? » Si le brigadier avait refusé, Kadidja se serait sûrement suicidée. Et pour la première fois, les différences entre Peuls et Toucouleurs ou encore entre les clans Tall et Thiam disparaissaient étaient mises de côtés. Tous les officiers, émus et au nom de Dieu acceptèrent que Kkadija revoit enfin son mari. Elle réussit donc à revoir Tijani. Il était amaigri, plein de sueur, sale, mais grâce à Dieu il était vivant et en bonne santé. Kadija était vraiment heureuse et s’empressât de donner la nouvelle a sa belle-mère et retourna


voir son mari presque aussi souvent qu’elle le pouvait. Tijani qui était au départ à la prison civile de Bandiagara fut transféré à la prison de Bougouni. L’on fit ce choix car Bougouni était une ville où les Peules et les Toucouleurs étaient moins présents que les Bambaras. Une dure épreuve pour Kadidja qui ne pouvait plus communiquer avec son mari. Kadija décida néanmoins de rejoindre Tijani à Bougouni, et c’est de là qu’ elle créa son village et y creusa deux puits, un hangar et quelques petites cases. On appela son village « Foulamousso », ce qui signifie « Le village de Femme Peule ». Elle devint la confidente des femmes bambaras qui l’appréciaient beaucoup. Elle les coiffait, les écoutait et leurs donnait des conseils. Elle pouvait à nouveau voir son mari et faisait des allers retours entre Bandiagara et Bougouni. Tout se passait bien pour notre Reine et Héroïne d’Afrique, son mari avait bientôt purgée sa peine et elle était devenue une véritable commerçante. Nul ne pouvait imaginer qu’elle était l’épouse d’un prisonnier, encore moins lorsqu’elle tomba enceinte. Mais le calme n’allait pas durer car tout s’assombrit une fois encore lorsqu’ elle apprit qu’un chef laptots avait voulu abuser de l’une de ses « deux filles », Nassoumi. Elle se précipita sur le bateau et voulut en savoir plus et menaça le laptot de ne plus jamais recommencer , sinon, il aurait affaire à elle, en personne ! Le chef laptot n’accepta pas qu’une femme puisse lui parler ainsi devant ses officiers gifla Khadidja. Elle, n’étant pas femme à se laisser abattre, et malgré sa grossesse très avancée, lui lança une marmite, qui se trouvait là. La bagarre continua de plus belle, jusqu'à ce qu’un bateau leur vienne au

secours. Le Laptot condamné.

fut immédiatement

Peu de temps après, notre Reine mit au monde son troisième enfant, un garçon qu’elle nomma Mohamed El Ghaali. Kadidja vivait hereuse, et toute sa famille était réunie. Ellle s’entendait mieux avec ses coépouses mais ces dernières restaient secrètement jalouses et lui en voulait car son fils Amadou devait être l’héritier premier de Tijani THIAM. Elles attendirent que Tijani partent quelques temps à Tombouctou et elles décidèrent de rejeter Kadija. Or, à l’époque, une personne que le mari avait désigné pendant son absence pouvait décider de divorcer de la femme sans l’accord ni la présence du mari. Consciente de ce pouvoir, l’une des coépouses annula le mariage de Kadidja et Tijani, et lui ordonna de quitter la maison. Sans même perdre une seconde, Kadija quitta le domicile de son mari. Tijani fut averti et essaya de retenir sa femme-servente qu’il aimait tant, mais Kadidja refusa. Par conséquent, il décida d’écouter son cœur, de divorcer des deux coépouses et de rejoindre Kadidja. Il se sentait désormais à l’abri de toute complication familiale. Cependant, un autre malheur de tarda pas d’arriver : Kadidja perdit son fils Hammadoun qui avait 15 ans à peine. Il ne lui restait plus que son fils Amadou. KADIJA vivra longtemps et très heureuse. On retiendra d’elle qu’elle était une femme belle, pieuse, prête à tout pour aider les siens et prête à tout pour son mari. Une femme qui ne baissa jamais les bras face aux épreuves et qui gardait toujours espoir. Une femme ambitieuse, qui créa elle-même son propre village, une femme fière et courageuse. C’est ainsi que la voyait son fils, le grand écrivain et ethnologue Amadou Hampâté Bâ. Il ne tarira


jamais d’éloge à l’égard de sa mère, une femme qui à coup sûre a été un modèle et un exemple de détermination pour lui. Ne dit-on pas que derrière chaque grand homme se cache une grande femme ? C’était le récit de la vie de Kadidja Pâté Poullo Diallo, une reine et une héroïne d’Afrique. Un exemple pour nous toutes les femmes.

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Par Annette Ndaya Mutombo Rédactrice pour RHA-Magazine

Madagascar, cette magnifique île africaine peut se targuer comme bien des pays du continent africain de compter dans son histoire des reines qui ont marqué leur époque. Parmi celle-ci, Ranavalona Ière est sans conteste une souveraine qui restera à jamais une figure emblématique de l’histoire malgache. A la fois saluée pour sa position protectionniste face aux désirs d’expansion coloniale des occidentaux, et en même temps décriée pour ses méthodes cruelles et autoritaires, Ranavalona Ière est une de ces femmes hors du commun dont le souvenir ne peut laisser indifférent. Son accession au trône N’étant pas de sang royal à l’origine, à première vue rien de prédestinait Ranavalona à devenir reine. Nous sommes au 18ème siècle, sous le règne du roi Andrianampoinimerina de Merina. Celuici était parvenu à s’imposer sur le royaume de Madagascar réunifié après de longues luttes tribales. C’est à cette époque que les Britanniques et les Français, pris dans leur élan de conquête de l’Afrique, découvrent cette magnifique île de Madagascar. Le roi Andrianampoinimerina se montre ouvert à la venue des Occidentaux et voit surtout l’opportunité d’apprendre d’eux. Mais son ouverture et sa tolérance ne sont pas vues d’un bon œil par les prêtres et autres dignitaires voulant préserver les traditions malgaches. Ce mécontentement mena jusqu’à un complot de meurtre orchestré par l’oncle du roi en personne. Et ce complot fût déjoué par un homme qui avertit le roi. Celui-ci, en remerciement, adopta la fille de celui qui lui avait sauvé la vie. C’est ainsi que Ranavalona, qui à l’origine se prénommait Ramavo entra dans la famille royale et épousa Radama Ier, le fils du roi.

Radama Ier monta sur le trône en 1810 et poursuivit la politique d’ouverture de son père par rapport aux Occidentaux. Ce qui a encouragé l’arrivée de missionnaires britanniques et de ce fait la propagation de la religion chrétienne parmi les malgaches. Les missionnaires se sont aussi attelés à l’éducation de la population. Après 18 ans de règne, le roi Radama Ier meurt prématurément des suites d’une maladie, sans héritier. Ranavalona et lui n’avait pas eu d’enfants. Sa mort annonça une lutte de pouvoir entre la reine et le neveu du roi, le prince Rakatobe. Mais la reine réussit à neutraliser son rival avec le soutien de ses partisans. Une fois montée sur le trône, elle s’assure de ne plus avoir de rivales en les éliminant. Un règne sans partage Ranavalona Ière est une dame de fer aux idées bien arrêtées, et qui au contraire de ses prédécesseurs considère la venue des occidentaux comme une réelle menace. Elle décide de rompre les accords établis avec les Britanniques et les Français. En 1829, les Français passent à l’offensive et attaquent l’île sous la conduite de l’amiral Gourbeyre. Les troupes de la reine parviennent à battre les Français. En guise d’avertissement les têtes coupées des vaincus sont plantées sur des piques et disposés le long de la côte. Cela calmera les velléités françaises pendant un temps. Cependant en 1845, les Français s’allient à leurs rivaux Britanniques pour attaquer


l’île de nouveau, et une fois encore ils seront repoussés par les troupes royales. Ranavalona leur réclama même des compensations financières pour les attaques subies. Ces différentes tentatives d’incursions auront pour conséquence de rendre la reine très méfiante vis-à-vis des Occidentaux. Elle va de ce fait limiter les échanges commerciaux avec eux. Cette décision ne sera pas sans effets sur l’économie de l’île. La reine va aussi se dresser contre l’influence européenne du point de vue religieux en s’en prenant aux missionnaires britanniques. Elle s’oppose fermement à ce que le christianisme soit répandu parmi son peuple. De cela, en découle une chasse aux sorcières car les Malgaches convertis sont traqués et tués, considérés comme des traîtres à la patrie. Le rôle des missionnaires doit se limiter à l’éducation. Ranavalona aurait clairement exprimé sa position dans une lettre adressée à ces derniers : « À tous Européens, Anglais Français,

les ou

En reconnaissance du bien que vous avez fait à mon pays, en enseignant la sagesse et la connaissance, je vous exprime tous mes remerciements. J'ai pu être témoin de ce que vous avez été pour Radama, mon prédécesseur, et, depuis mon avènement, vous avez continué à rechercher le bien de mes sujets. Aussi je vous déclare que vous pouvez suivre toutes vos coutumes. N'ayez aucune crainte, car je n'ai nullement l'intention de modifier vos habitudes. Mais si je vois quelques-uns de mes sujets vouloir changer le moins du monde les règles établies par les douze grands rois, mes ancêtres, je n'y saurai consentir ; car je ne permettrai pas que les hommes viennent changer quoi que ce soit à ce que j'ai reçu de mes ancêtres, dont j'ai accepté, sans honte et sans crainte, toutes les idées. Il vous est

loisible d'enseigner à mon peuple la science et la sagesse ; mais quant à ce qui est de toucher aux coutumes des ancêtres, c'est un vain travail, et je m'y opposerai entièrement. Aussi, en ce qui concerne la religion, soit le dimanche, soit la semaine, les baptêmes et les réunions, j'interdis à mes sujets d'y prendre part, vous laissant libres, vous, Européens, de faire ce que vous voudrez. Signé : Ranavalonamanjaka » Dans son désir de maintenir les traditions ancestrales, Ranavalona n’hésite pas à utiliser la violence et, pour des raisons punitives et économiques aussi, à réduire plusieurs de ses sujets en esclavage. Ce qui lui vaut jusqu’à présent une réputation de femme autoritaire et cruelle. Cependant elle ne rejette pas tout ce qui vient de l’occident. Au contraire, avec le concours de Jean Laborde, ingénieur et par la suite consul de France à Madagascar, Ranavalona va investir dans le développement industriel. Jean Laborde va diriger les travaux de construction d’une cité industrielle et métallurgique nommée Mantasao près de la capitale Antananarivo. Il va également superviser la fabrication des armes à feu pour l’armée, mais aussi d’autres produits utilitaires comme le savon, la céramique, le papier… De plus, Jean Laborde va aussi former des menuisiers, charpentiers et autres corps de métier. Une des plus belles œuvres de Laborde est sans doute le l’immense château que Ranavalona lui demande de construire, le Rova de Manjakamiadana situé sur une des plus hautes collines de la ville. A côté de cela, elle s’investit dans l’éducation et fait éditer un dictionnaire anglais-malgache. Le régime autoritaire de Ranavalona n’est pas du goût de tout le monde, notamment des Européens vivant sur l’île, mais aussi d’une frange du peuple malgache. Au sein même de sa famille, son propre fils Rakoto complota contre elle avec la complicité de Jean Laborde et d’un marchand français. Mais avertie par ses espions, la reine


déjoua le plan et laissa la vie sauve à son fils et à Jean Laborde.

trône. Durant trois décennies, Ranavalona parvint à conserver son île des ambitions des deux grandes puissances coloniales de l’époque. D’un côté, elle est considérée comme une nationaliste et une patriotique. Cette réplique célèbre adressée aux missionnaires Britannique : « Je ne ressens ni honte ni crainte au sujet des coutumes de mes ancêtres ! »

Le château de Rova Manjakamiadena

démontre son souci de préserver les coutumes et traditions de son pays. De l’autre côté, elle est vue comme un despote cruel qui pour asseoir son autorité, n’hésita pas à s’en prendre à ses propres sujets. Vous l’aurez compris les opinions sont partagées selon la lecture faite de l’histoire de sa vie. Personnage controversée certes, Ranavalona Ière n’en reste pas moins une souveraine emblématique pour son pays et mérite sa place au panthéon des grandes Reines de l’Afrique.

Références : •

http://www.notablebiographies.co m/supp/Supplement-MiSo/Ranavalona-I-Queen-ofMadagascar.html

http://www.historyworld.net/wrld his/PlainTextHistories.asp?historyi d=ad26

http://www.historyworld.net/wrld his/PlainTextHistories.asp?historyi d=ad26ancestrale.

Rakoto, fils et successeur de Ranavalona Ière

Un bilan controversé Ranavolana Ière décède le 16 août 1861 après 33 ans de règne. Son fils lui succédera et portera le nom de Radama II. Il n’aura pas l’occasion de régner aussi longtemps que sa mère et se fera assassiner 1 an après son avènement au


Interview réalisée par Ramata Sam - Rédactrice pour RHA-Magazine

Otitié Kiri est l’auteure du roman « Comme il était au commencement », paru aux Éditions l’Harmattan, et qui a fait partie des ouvrages que nous vous recommandions vivement dans le numéro précédant de RHAMagazine. D’origine camerounaise, Otitié vit en France depuis une dizaine d’années et y a poursuivi des études de Langues Étrangères Appliquées. Élevée dans la foi chrétienne et catholique, elle se définirait comme une personne spirituelle mais pas religieuse, préférant les choses réelles et les personnes vraies. Et quand bien même Otitié fut élevée dans une culture judéo-chretienne, elle reste très ancrée dans les traditions africaines et déclare se sentir à l’aise partout, se considérant avant tout comme une femme Africaine. Notre nouvelle collaboratrice, Ramata, a eu le privilège rencontrer cette personnalité riche et simple en même temps, l’espace d’une matinée à Paris. De cette rencontre est né cet échange enrichissant, fruit du partage d’un moment exaltant dans la présence d’une reine d’Afrique des temps modernes. Ramata : Otitié Kiri, merci pour ce privilège que vous nous faites en nous accordant cette interview. La première question qu’on a envie de vous poser c’est « Quelle est la signification de votre prénom, Otitié-Kiri » ? Otitié Kiri : (grand sourire) Ce n'est ni un prénom, ni un nom, mais un nom de baptême. C'est une expression qui veut dire "étoile du matin". ‘Otitié’ veut dire ‘étoile’ et ‘kiri’ veut dire ‘l'aube, le matin’. Je suis africaine et je suis donc très ancrée dans la tradition spirituelle du baptême. Acquérir un nom de baptême est une manière de renommer la personne lorsque

celle-ci entre dans une nouvelle période de sa vie. Ramata : Parlons de votre livre « Comme il était au commencement ». Qu’est-ce qui vous a incité à écrire cette œuvre ?

Otitié Kiri : C’était avant tout le besoin de mettre des mots sur des problématiques qui me touchaient. Il s’agissait en somme de coucher noir sur blanc les paradoxes de mon identité écartelée entre des valeurs africaines et un mode de vie occidental. Une fois que le bébé est né, j’ai eu envie de partager l’expérience. J’étais apaisée! Mon


livre est en réalité un témoignage, même si j'ai voulu romancer les choses pour que ce ne soit pas trop personnel. On pourrait même croire que c'est une autobiographie puisque je parle de moi, mais pour parler de quelque chose de plus grand que moi, car en réalité ce qui me touche touche beaucoup d'autres Africains. Je raconte un parcours. C'est la quête spirituelle et identitaire de quelqu’un qui comme moi vit en occident. Il faut savoir qu’il y a une sorte de choc entre ce que nous portons en nous et qui est notre bagage "Il y a le noyau et la chair du fruit, et on ne peut dissocier la chair du fruit." Ramata : La couverture de votre ouvrage est très belle. On y voit un soleil qui se couche derrière les montagnes d’

une ville urbaine. Otitié, pouvez-vous nous expliquer le choix de cette couverture?

Otitié Kiri : (sourire) Je m'appelle Otitié Kiri, l'aube pour moi n'est ni totalement le jour ni totalement la nuit. L'aube est un état de changement et c'est justement de cela dont il est question dans le livre : d’une personne qui est entre deux matrices, deux façons de faire, de voir et d'être, à plusieurs stades de sa vie. Pour le soleil, c’est tout simplement parce que je suis africaine! (rire). J’ai moi-même choisi l'image de la couverture, elle a été réalisée par une soeur qui a tout de suite compris ce que je voulais transmettre à mes lecteurs. L'image est en deux plans : le premier plan est un paysage urbain, une ville classique. Mais dans l’arrière-plan, il y a des montagnes derrière lesquels se lève

(être noir, avoir les cheveux crépus, etc…) et l'environnement dans lequel nous vivons, qui finalement renie beaucoup de ces choses qui font partie de nous. Quand tu es africain et que tu grandis dans un contexte qui ne t’est pas favorable, tu ressens le devoir, en tant qu'individu, de faire un travail personnel pour éviter le conflit. C’est donc de toutes ces démarcheslà dont je parle, de façon romancé, et en incluant la religion, car il est beaucoup question de spiritualité.

et se couche le soleil. On part d’une chose pour aller vers autre. Ces deux plans placés côte à côte représentent la situation que l'on vit aujourd’hui. Dans beaucoup de tradition spirituelle, la montagne est un

endroit où l’on s'élève spirituellement. Ramata : Pourquoi avoir choisi le titre "Comme il était au commencement »?

Otitié Kiri : Tout simplement parce que nous sommes dans une période de changement. Lorsque l’on se trouve dans une telle période, c'est l'occasion de se décider à suivre la direction que l'on a envie de donner à sa vie, ou le sens que l'on veut donner à son existence. Ramata : Dans votre livre, les deux protagonistes, Esther et Sylvia sont sœurs. La première est réfléchie, introvertie, tandis que la seconde est créative et passionnée. L'une se livre à une quête onirique qui l'a conduite au coeur de


Otitié Kiri : Parce que j’étais malade!! (éclat de rires). Il y avait en moi un malêtre, quelque chose qui pesait, et il fallait que je trouve un moyen pour le traduire, pour le rendre concret. Beaucoup de choses étaient présentes en moi et se sont de plus en plus révélées. Il fallait que je mette des mots sur "des choses". Ramata : A qui s'adresse "Comme il était au commencement?

Otitié Kiri : Il s'adresse à tous les Rois et

La charmante Otitié Kiri aux côtés de Ramata de RHA-Magazine

son africanité au moment où l'autre embrasse la religion chrétienne. Pouvezvous nous décrire les personnages ?

Otitié Kiri : Les personnages font partie de moi. Je suis africaine et il est question pour moi de m’auto-guérir. Chacun a ses moyens, la mienne c'est l’écriture. Silvia c'est une fille qui vit très bien dans ce monde et qui aime faire la fête. C'est une fille pleine d'amour mais aussi très à fleur de peau. Esther est une fille très réfléchie, intelligente, très rationnelle et très spirituelle. Elle voit venir les choses et a le rôle de guider. Tous les personnages qui les entourent sont des caricatures de personnes que l'on connait tous dans son entourage. Je ne suis pas quelqu’un de militant, sinon il y a certainement des choses que je ne laisserais pas passer. En tant que femme nous sommes amenées à rassembler les gens autour de nous.

Reines, et à toutes les personnes qui ont été dans le même cas que moi. Tout le monde peut lire ce livre car il parle à tout le monde, mais comme pour beaucoup de choses, il ne parle pas à tout le monde de la même manière. Par exemple: pour certains de mes amis athées, la lecture de ce livre a été un message philosophique. Ramata :Y'a-t-il un message, voire une morale dans l’ouvrage?

Otitié Kiri : Quand on est l'auteur d'un écrit et qu'on le publie, je pense que l’œuvre ne nous appartient plus. Ramata : Le dernier mot d’Otitié pour les lectrices et lecteurs de RHA-Magazine...

Otitié Kiri : Tu es Africain(e), aime-toi et ne renie pas les tiens. Tu dois t'aimer et aimer l'Afrique car où que tu sois tu seras Africain(e). Cela ne doit en aucun cas être un poids mais une force. RHA-Magazine remercie Otitié Kiri pour cette interview plus qu’enrichissant. Photos :

Ramata : Pouquoi avez-vous ressenti le besoin d’écrire ce livre?

Afrochic, RHA-Magazine


Le dramatuge camerounais Eric Essono Tsimi dresse un classement des meilleurs talents de la littérature africaine de ce début de XXIe siècle.

L

’objectif, en établissant ce classement, n’est pas de remettre en cause la certitude que vous avez d’avoir rencontré votre meilleur auteur, lu votre meilleur livre, pour la première décennie du siècle. De gustibus et coloribus, non disputandum! Simplement, il peut être utile d’indiquer au lecteur qui ne consomme pas énormément de littérature quelles peuvent être les plus grandes réussites littéraires de l’heure, que ce soit des succès de librairie ou des succès d’estime. Seuls les auteurs s’étant épanouis durant cette décennie (2001-2010) sont considérés. La régularité dans la production est également un critère sur la base duquel je me suis déterminé, en prenant garde à ne pas me limiter aux écrivains de langue française. Enfin, tous les auteurs retenus dans ce classement ont publié au moins un roman ou un recueil de nouvelles et ont été récompensés par des prix prestigieux. Qu’appelle-t-on écrivain africain? Au-delà de la sélection forcément ardue, la difficulté réside surtout dans la définition de l’auteur africain que, entre double appartenance et schizonévrose identitaire, délimitent plusieurs frontières qui se superposent et s’anéantissent. La plupart des auteurs majeurs du continent, notamment au XXe siècle, étaient édités en France, en Grande-Bretagne, aux EtatsUnis d’Amérique... Hormis les auteurs sud-africains, il y a une ambiguïté qui frappe la production de la plupart de nos écrivains, qui sont souvent appelés «écrivain français d’origine camerounaise» (Mongo Béti) ou «écrivain français d’origine marocaine» (Tahar Ben Jelloun). Au sens du présent classement, les écrivains africains sont ceux qui se réclament du continent, soit par leur thématique soit par leurs déclarations. La production littéraire africaine «intra muros» reste outrageusement débile (au sens premier de «faible») et imbécile (au sens étymologique de «sans force»), le Nigeria s’illustrant comme un cas exceptionnel, tant en quantité qu’en qualité. L’Afrique du Sud aussi, évidemment… Comme si la littérature était avant tout un privilège bourgeois qu’on pourrait corréler aux performances économiques!

Qui va, au terme du siècle courant, succéder à Naguib Mahfouz, Farah Nurrudin, JM Coetzee, Wole Soyinka, Mariama Bâ? Ces classiques des classiques, qui ont donné leurs lettres de noblesses, passez-moi la facilité du tour de phrase, aux littératures africaines. Qui sont ceux dont on parlera encore dans 90 ans? Les 10 que je préfère : 10. Leila Abouzeid

L’auteure marocaine de Last Chapter n’est sans doute pas l’écrivaine la plus prolifique et la plus inoubliable qui soit. J’ai eu un


vrai coup de cœur pour son Année de l’éléphant. Leila Abouzeid n’est pas spécialement connue parce qu’elle est surtout traduite aux Etats-Unis, où elle a connu un beau succès d’estime. 9. Unity Dow

n’empêche, Léonora Miano écrit d’excellents livres, avec sa plume qui rappelleHamidou Kane ou le style par trop académique de son compatriote camerounais, l’excellent Gaston-Paul Effa. L’auteur des Aubes écarlates a fait, en quatre livres publiés en l’espace de cinq ans, une entrée en fanfare dans le cercle des très grands. Si cela perdure, si elle se diversifie et réussit à se réinventer dans ses prochains textes, elle est partie pour être à la littérature africaine ce que Samuel Eto’o est au football africain: un phénomène international. Ces âmes chagrines, publié chez Plon, est présenté comme un grand cru.

6. Yasmina Khadra Le Botswana ne réussit pas uniquement au plan économique et social. Unity Dow, magistrate émérite, est aussi une écrivaine de talent. Sa thématique, dans les cinq romans qu’elle a écrits à ce jour, parcourt et recouvre les problèmes posés par la mondialisation dans nos sociétés africaines, le fléau du sida, ou la condition féminine. Elle a reçu plusieurs distinctions littéraires, aux Etats-Unis notamment. Son dernier roman, Saturday is for funeral, a été publié à Harvard Press. A lire absolument: Les cris de l’innocente. 8. Ex aequo: Ananda Devi et Kossi Efoui L’une est Mauricienne, l’autre Togolaise. Tout ce que Ananda Devi et Kossi Efoui ont en commun, en plus d’être Africains, c’est d’avoir été distingués par le Prix des cinq continents. Ils restent à mon sens des espoirs plus que des talents définitivement incontournables.

7. Léonora Miano

En France, son succès ne se dément pas depuis de nombreuses années, mais c’est depuis les années 2000 et son ralliement à Sarkozy que de nombreux Africains ont découvert l’œuvre de cet Algérien au pseudonyme si féminin. Yasmina Khadra est le seul dans ce classement à écrire des polars haletants qui n’envient rien aux maîtres américains du genre. Depuis 2001, chacun de ses romans a reçu une distinction littéraire majeure, Les Hirondelles de Kaboul, par exemple, a été primé en Algérie, au Koweït, élu meilleur livre de l’année 2008 par le San Francisco Chronicle.

5. Noviolet Bulawayo La compatriote de Petina Gappah a reçu en juillet 2011, le Caine Prize for african writing qui est doté de près de 8 millions francs CFA (environ 12.000 euros) et d’un mois de résidence à l’université de Georgetown (Washington, Etats-Unis). Son Hitting Budapest est un chef-d’œuvre. Son style n’est pas suffisamment osé, coloré, vivant, il exhale par moments les recettes d’écriture bien assimilées. Il


4. Zukiswa Wanner

l’écrivain africain de langue française le plus traduit. 1. Chimamanda Adichie

L’œuvre de sa compatriote sud-africaine Zakes Mda me parle davantage, mais celleci a été accusée de plagiat à plusieurs reprises. Zukiswa Wanner, en revanche, est une écrivaine pleine de promesses qui sait dire l’Afrique du Sud post-apartheid. Avez-vous lu The Madams? Amour, sexe et bonheur garantis.

3. M.G. Vassanji Ce Kényan de naissance, qui a grandi en Tanzanie, est davantage connu au Canada. Et c’est justement sur la chaude insistance d’amis canadiens que j’ai fait sa découverte. De M.G. Vassanji, je ne connais pour l’instant que sa Troublante Histoire de Vikram Lall (Giller Prize en 2004) qui m’avait été offerte. Mais en sus de tout le bien qu’on en dit, c’est suffisant pour le faire figurer dans notre liste.

2. Alain Mabanckou Son dernier livre, publié chez Grasset, a été assez décevant; cela goûtait du réchauffé, il y manquait la folie, la variété et l’originalité de Bleu Blanc Rouge ou des Mémoires d’un Porc-épic.Alain Mabanckou reste pourtant l’un de nos plus fiers auteurs! Le Congo nous avait donné le plus beau poète francophone (Tchicaya U’tamsi), il nous avait révélé le dramaturge le plus puissant de sa génération (Sony Labou Tansi), il nous offre à présent le romancier le plus étincelant. Enseignant aux USA, ce grand promeneur a commencé son périple littéraire dans le très prestigieux L’Harmattan. Il a flirté avec le mythique Présence Africaine, a pris du galon chez Serpent à plumes, a été confirmé au Seuil et consacré chez Grasset, en raflant au passage bien des prix littéraires les plus courus en France et dans la Francophonie. Il est sans doute

Pourquoi elle plutôt que Helon Habila ou Segun Afolabi, tous Nigérians? Parce qu’il fallait choisir, et c’est à elle que va ma préférence. Il a suffi d’un livre qui ne m’avait jamais été recommandé, au sujet duquel je n’avais lu aucune critique, pour en tomber amoureux: L’Autre moitié du soleil. Dans son recueil de nouvelles Thing around your neck, Chimamanda Adichie réussit à entremêler traditions et cultures dans des histoires très actuelles. Outre cela, celle qui fut lauréate du Prix Orange (l’un des prix littéraires les plus prestigieux au Royaume uni, doté de 34.000 euros) en 2007 est fortement engagée dans les combats de son époque. Une intellectuelle comme on les aime, qui avait reçu en 2005, le Commonwealth writers prize pour son premier roman, L’Hibiscus pourpre. Si l’on considère enfin qu’elle est la benjamine (née en septembre 1977) qu’elle a eu un parcours universitaire impressionnant honoré «des plus grandes louanges» académiques, elle est sans doute l’écrivaine de sa génération qui domine le mieux notre époque. Sortir de la complainte et de la négritude Les écrivains africains actuels sont souvent inaudibles, pétrifiés dans leur zone de confort, confinés dans les classes où on les programme ou chez les spécialistes qui les étudie, atones dans nos propres médias, inexistants face aux intellectuels occidentaux. Et quand, comme Gaston Kelman qui, Dieu seul sait pourquoi, n’aime pas le manioc, ou Calixthe Beyala,


l’«afrofrançaise», ils donnent de la voix, c’est de manière fort sélective qu’ils s’indignent, c’est surtout qu’ils ont cassé leur plume et ont cessé de nous épater par leurs créations. Les littératures africaines sont trop jeunes pour se satisfaire de ce qui a été fait au siècle dernier. Mongo Beti, par exemple, est le bâton de maréchal de la littérature camerounaise, une espèce d’autorité de principe, un écrivain

lumineux qui surclasse, depuis 1958, tous les autres écrivains camerounais; il y a lui et en deçà il y a les autres, qu’un monde sépare. Eric Essono Tsimi Source : http://www.slateafrique.com


Règles simples à suivre pour entretenir son tissage et préserver ses cheveux Par l’équipe de RHA-Magazine

Il n’y a rien de pire qu’un tissage de textures différentes de votre vraie chevelure. Si vous ne parvenez pas à coiffer vos cheveux pour imiter la texture de vos mèches, trouvez au moins un tissage qui ait la même couleur que vos vrais cheveux !

N’attirez pas les regards sur vous pour la mauvaise raison. Si vous ne parvenez pas à bien cacher les tresses de votre tissage, il est temps de l’enlever ou de trouver un plan B pour se coiffer : un foulard ou casquette peut-être ?

Avec l’usure et les coups de peigne, votre tissage peut se défaire, il faut y remédier. Mais sous aucun prétexte, il ne faut laisser sa rangée de tissage pendouiller, le bout d’un fil dépassant comme un rescapé accroché à une bouée de sauvetage.

Trop de femmes quittent leur salon de coiffures avec un mal de tête parce que leurs tresses sont trop serrées ou mal cousues. Nous avons été toutes témoins ou victimes de cette situation. Cela est non seulement douloureux, mais peut aussi provoquer de l’alopécie localisée.

. Un tissage de qualité a un éclat naturel, il n’est donc pas nécessaire de l’alourdir avec une tonne de produit. Cela ne fera que lui donner l’air plus artificiel encore. Plus la chevelure de votre tissage à l’air légère et rebondissante, plus il a l’air authentique ! N’est-ce pas Oprah Winfrey ?

Chaque tissage a des besoins différents selon sa qualité et sa texture. Par exemple, un tissage bouclé pourrait avoir besoin


d’un conditionneur sans rinçage pour réduire les frisottis alors qu’un tissage lisse pourrait avoir besoin d’un hydratant léger ou rien du tout. Cela varie ! Alors de grâce, faites vos recherches et surtout n’hésitez pas à poser plein de questions à votre coiffeuse.

Maximiser la durée de vie de votre tissage en le protégeant bien la nuit au coucher, en évitant les excès de produits et de traitement à chaud mais surtout en le nettoyant régulièrement. Demandez à votre coiffeur la fréquence shampooing et après-shampooing de votre type de tissage.

Nous avons toutes été choquées à la vue de cette photo de Naomi Campbell qui circule sur Internet. Alors les Reines, vous pouvez épargner ce sort à vos cheveux en

entretenant bien vos tempes et votre cuir chevelu. Il existe plein de produits et d’astuces pour éviter les chutes. Par exemple, massez-vous les tempes, la nuque et le cuir chevelu avec une huile, comme l’huile d’olive ou de jojoba, imprégnée d’une plante stimulante, comme le romarin pour stimuler le cuir chevelu et éviter les chutes de cheveux.

Nous savons que la tentation est très grande de faire durer la coupe de Sa Majesté, car après tout, on ne change pas une équipe qui gagne. Mais il est recommandé que vous gardiez vos extensions ou tissage pour une période allant de 6 à 8 semaines maximum. Audelà, vous courez le risque que vos vrais cheveux se matifient et se collent aux extensions, que votre cuir chevelu soit irrité ou simplement de perdre vos cheveux.

Nous ne parlons pas ici d’avoir une préférence pour un style particulier, mais plutôt de cette notion que vous avez besoin d’avoir un tissage ou des extensions pour être belle. Oui, un tissage n’est pas une extension de vous mais juste un accessoire comme votre sac à main ou votre rouge à lèvres. Vous pouvez donc vous en passer quelque temps pour faire respirer vos cheveux. Après tout, quand tout est dit et fait, la vraie beauté n’est-elle pas intérieure ? Sources : Beaute.afrik.com


LA SANTÉ DE SA MAJESTÉ

LES VERGETURES Inesthétiques et difficiles à camoufler, les vergetures zèbrent les parties bombées du corps. A quoi sont-elles dues et quels sont les moyens de les atténuer et de les combattre efficacement? Par l’équipe de RHA-Magazine

Comment vergetures ?

reconnait-on

des

Les vergetures sont des "dépressions cutanées" en lignes ou en zébrures. Elles apparaissent généralement sur les zones

de stimuler la régénérescence, la production et l'organisation des fibres collagènes et élastiques et de les rendre plus résistantes aux étirements auxquels elles sont soumises. Peut-on les atténuer ou les effacer ?

rebondies du corps (hanches, fesses, seins, cuisses...) lors des périodes de modification hormonale et de distension de la peau (grossesse, adolescence...) ou de certaines conditions de vie (prise ou perte de poids, pratique d'un sport de haut niveau...). Mais dans certains cas plus rares, les vergetures peuvent être liées à une quantité anormale de cortisone et de ses dérivés au niveau de la peau (traitement local par des crèmes) ou du sang (prise de comprimés de cortisone). Y a-t-il des moyens pour éviter les vergetures ? Tout d'abord, il faut éviter les prises de poids ou les amaigrissements brutaux, l'automédication de cortisone locale ou orale... Lorsqu'il existe un risque incontournable tel que la grossesse, il est recommandé, outre la surveillance du poids et du régime alimentaire par un gynécologue, d'effectuer des "roulerpalper" sur les zones à risque (seins, hanches, abdomen...), c'est-à-dire de pétrir doucement la peau, sans provoquer de douleur, environ 5 à 10 minutes par jour avec une crème hydratante et mieux, avec du beurre de karité pur. Ceci a pour effet

Les vergetures sont assimilables à des cicatrices et elles ont donc un caractère définitif. On peut souvent les atténuer par des moyens médicaux : crèmes ou lotions à base de vitamine A acide, peelings ou microdermabrasion. Le mode de fonctionnement de toutes ces techniques est sensiblement le même : provoquer une exfoliation des couches superficielles de la peau afin de stimuler la régénération des couches profondes. Ces traitements doivent être effectués préférentiellement l'hiver car ils sont irritants (afin d'éviter l'apparition de taches au soleil) et toujours sous contrôle médical. Certains lasers permettent aussi d'atténuer les vergetures mais leur utilisation doit être réservée à des professionnels entraînés. Enfin, les chirurgiens plasticiens proposent des techniques de plastie, notamment au niveau de l'abdomen, consistant à tendre la peau, un peu comme pour un lifting. Que penser des crèmes ou des huiles qui promettent de les effacer de manière douce ? Aucune étude scientifique validée n'a fait la preuve de leur efficacité. Elles contiennent des substances diverses allant des simples émollients (glycérine, vaseline...) aux extraits placentaires, en passant par les vitamines, le silicium... Leur principal intérêt semble résider dans leur pouvoir hydratant et une peau bien hydratée est une peau plus solide et plus ferme.


Par l’équipe de RHA-Magazine

Pour l’été 2012, la grande tendance est aux couleurs de l’Afrique ! Allons donc faire un tour du côté de la haute couture occidentale pour voir ce que ça donne: Matières fluides, imprimés tribaux, colliers géométriques et foulards multicolores, le style est passé de Navajo à African Queen ! Burberry a été le premier à lancer le mouvement avec son défilé printemps-été 2012. On a pu contempler des jupes drapées à imprimé africain, des trenchs couleur asperge ornés d’un patchwork au motif batik, ou encore une fine ceinture enfilée sur un corset de rafia tressé. Défricheur de tendances, le célèbre magasin anglais Topshop n’a pas mis longtemps avant de comprendre que l’inspiration africaine serait LE hit de cette année, et a sorti de nombreuses exclusivités pour l’occasion. Même chose pour Paul Smith et Mulberry, chez qui on retrouve une ligne de sacs au caractère afro. Plus récemment encore, Acne a suivi le pas en collaborant avec l’artiste sculpteur Daniel Silver. Leur « collection capsule » est un véritable hommage au mélange ethnique, avec des couleurs vives et des imprimés tribaux. Et pour celles dont le budget est un peu serré ces temps-ci, pas de panique, la tendance s’est rapidement propagé et est déjà arrivé jusqu’à votre H&M préféré.


Marni ! Et oui, c'est donc cette marque italienne qui a succédé à Versace depuis

le 8 mars dernier. La

collection a été conçue par la directrice de la marque : Consuelo Castiglioni pour le printemps/été 2012. Résultat : des imprimés à gogo et de toute sortes (africains, ethniques, graphique ou encore tribal), le tout associé à des couleurs plus ou moins vives, mais sans excès façon color block parfait pour un début de printemps. La collection a été conçue pour femmes et hommes, et comprend également bijoux, sacs, chaussures et foulards. Cette collaboration peut s'avérer intéressante, bien que la marque Marni soit très peu connue du grand public par rapport aux anciennes collaborations chez H&M.


Voilà pour ce qui est de l’analyse des tendances de cet été par l’équipe de RHA-Magazine… Mais ce n’est pas fini ! Nous vous invitons à lire cet article ô combien réaliste et pertinent de notre partenaire Sista Diaspora… De son œil extra-critique, elle nous offre un détour extraordinaire de la manière dont les maisons de haute-couture occidentale sont allées puiser leur inspiration du côté des gardes-robes ethniques…


Quand l'Afrique devient tendance sur les podiums des Fashion weeks Par Sista Diaspora – Partenaire et Rédactrice de RHA-Magazine (www.sistadiaspora.com)

Lorsqu’on évoque le mot ethnique, on parle de culture, de cosmétique et surtout, en ce moment, de mode. La mode ethnique revêt des acceptions assez contrastées, cela va de l’imprimé azteques au collier en bois coloré en passant par les tenue en Wax , Bazin, Kente ou encore Bogolan pour ne citer que les plus populaires. Depuis environ 4ans, il y’a un engouement assez remarquable sur le wax. Au départ, il etait timidement représenté par Solange Knowles, qui regulièrement portait les tenues de la talentueuse créatrices de la marque Boxing Kitten de Maya Amina Lake qui a été à l’origine de la nouvelle visibilité du wax que d’autres stars et célébrités se sont arrachées l’été 2010. Gwen Stéfani qui a lancé sa marque de prêt-à-porter L.A.M.B avait elle aussi proposé une collection où le wax était utilisé, et depuis ça n’arrête plus ! Juano Oliva, pour sa collection été 2010, avait lui aussi réinventé le wax en lui donnant des coupes psychédéliques et franchement intéressantes. Les imprimés africains sont la tendance de cette été et ce, même en russie, où les robes amples de nos mamans sont devenues le must-have ! De grands noms de la mode tels que Burberry ou Jean-Paul Gauthier ont également été pris dans la folie du wax. Et tout cela à suffit à susciter un nouvel intérêt chez tous ces afro-descendants qui ont été bercés dans du wax ou qui ont été accrochés aux dos de leurs mère avec du wax. Ainsi, ils ont retrouvé le goût à le porter, ce qui est paradoxal, mais la mode, et seule la mode et les tendances peuvent un jour vous faire remettre une vieille tenue que vous aviez oubliée dans le fond d’un placard. D’ailleurs il n’y a pas que les tissus qui inspirent les créateurs des grandes villes de la mode mais aussi les tenues traditionnels de certains.


Ci-contre, Anna Wintour en trench « waxé » Burberry

Cet avènement du wax, bien que passager comme toutes les modes, permet surtout de remettre en lumière et faire découvrir des créateurs qui travaillent cette étoffe depuis longtemps et qui souvent ont été délaissés par le milieu de la mode occidentale. On considérait leur création comme étant trop exotique, et on ne peut leur en vouloir sur ce point, vu le fossé qui existe entre les deux univers. Rappelez-vous, le Bogolan cet imprimé originaire du Mali obtenu grâce à une technique de coloration particulière, avait lui aussi été repris par Oscar de la Renta à l’occasion de sa collection Printemps/été 2008. L’ Afrique est Fashion, l’Afrique est tendance. Oui, nous pouvons arborer nos tenues en wax coloré ou bazin sans crainte des regards hébétés ou des afflux de questions. C’est tendance, donc tout le monde se tait ! A côté de cela, il serait souhaitable que cet engouement profite à long terme à tous les jeunes créateurs qui viennent de se lancer dans l’aventures du wax, Kente ou Bazin, et que cela puisse donner naissance à une veritable industrie prospère et pérenne. Ci-contre, La collection « Bogolan » d’Oscar de la Renta

Certains évoquent à tord ou à raison un plagiat du patrimoine vestimentaire africain. Pour le bazin ou le bogolan, ça peut être vrai, mais dans le cas du wax, bien qu’il soit produit également en Afrique, son plus gros producteur et distributeur de référence reste Vlisco qui est une marque hollandaise. Voyez-vous, la « des-appropriation » du patrimoine n’est pas à imputer à cette nouvelle mode dans ce cas précis, mais comme pour beaucoup de choses qui concernent les afro- descendants, à nousmêmes !

A droite, les pieces de la marque L.A.M.B de Gwen Stefani


Parcours d’une d’une designerdesigner-modéliste hors pair Interview réalisée par Annabelle Epée-Bizongo – Rédactrice pour RHA-Magazine

Virginie Ayissi, est une jeune jeune créatrice de mode résidant à Paris, spécialisée dans dans le cuir et la fourrure. fourrure. Ses Ses matières de prédilection prédilection en hiver et la soie en été. Aujourd’hui, son défi, c’est d’offrir à ses clientes des articles de qualité conçus et fabriqués en en région parisienne et dont les matières premières sont sélectionnées en France. France. Une véritable aubaine pour toutes celles qui rêvaient de se vêtir vêtir en ayant la certitude de la qualité de leur achat. RHARHA-Magazine : Parle-nous de toi. Si tu devais te présenter en quelques mots ? Virginie Ayissi

Rêveuse d’origine camerounaise mais de nationalité internationale de 39 ans,

mariée, maman de deux anges, je vis à Paris depuis une dizaine d’années.

RHARHA-Magazine

Ton parcours professionnel (ta formation), as-tu toujours voulu faire de

lamode, ton métier ?

Virginie Ayissi

Titulaire d’un master bac+5 en gestion d’entreprise et commerce et international à

Bucarest, j’ai débuté ma carrière (parallèlement à mes études) en tant qu’assistante logistique import export pour ALCATEL à Bucarest. J’ai continué dans le même domaine mais en tant que responsable aux Pays-Bas et à Paris. Malheureusement je ne vous ferai pas rêver en disant que j’ai toujours voulu faire de la mode. Ca c’est révélé à moi comme une évidence il y’a deux ans. Sans me poser de question, j’ai suivi l’appel du métier toute cette douce folie m’a menée où je suis aujourd’hui (sachant que le chemin est encore long).

RHARHA-Magazine

Peux-tu nous présenter ton activité ?

Virginie Ayissi

Je propose deux activités bien distinctes, la confection de deux collections, une de

prêt-à-porter et une « couture » réalisable à la commande. La deuxième activité est la confection sur mesure. Je me suis rendue compte en observant ma famille et mes amis, qu’en réalité, le prêt-à-porter qu’on trouve dans les boutiques ne va pas à tout le monde. De surcroit, la population est en pleine mutation, nous sommes de plus en plus grands, métissés…. Les grandes enseignes ne suivent pas avec leurs tableaux de gradations, on se retrouve alors avec des pantalons taille basse pas adaptés aux cambrures des noirs, des vestes avec les manches trop courtes, etc.…


RHARHA-Magazine

Tu dis souvent avoir une passion pour le cuir, peux-tu nous en dire plus

surcette fascination pour le cuir ?

Virginie Ayissi

Les parfums, les textures et surtout le fait que ce soit une matière qui s’embellit en

vieillissant, c’est pas génial ça ?! Quand on pense qu’un t-shirt en s’abime au bout de 3 passages en machine, franchement mon choix est vite fait. C’est une matière agréable à couper, difficile à coudre, j’aime la difficulté alors je m’éclate !

RHARHA-Magazine

Le monde de la mode est assez fermée et souvent discriminatoire. Il est

souvent difficile de s’y faire un nom, une place. Chaque jour, qu’est ce qui te pousse à y croire ?


Virginie Ayissi Ayissi

Justement, je crois que j’y arrive parce que je n’y pense pas ! En fait, je ne considère

pas ma profession comme un travail, mais plutôt comme une distraction. Imaginez une petite fille qui joue à la poupée, c’est moi dans mon atelier. Je suis comme un enfant, je ne pense qu’à jouer, et ça doit certainement amuser mes interlocuteurs et leur donner envie de jouer avec moi, c’est contagieux…

RHARHA-Magazine

Pour

la

confection de tes modèles, quelles sont tes sources d’inspirations ?

Virginie Ayissi

Les hommes

et femmes que je croise, les situations de la vie, un sourire, un bruissement de feuille, un nuage dans le ciel, une ombre sur le sol, le toucher d’une matière….tout est prétexte, tout est source, un rien me suffit.

RHARHA-Magazine

En quoi,

est-ce un défi pour toi, de confectionner, fabriquer tes articles enFrance avec des matières premières d’origine françaises ?

Virginie Ayissi

Ca coûte cher,

donc forcément c’est revendu cher, c’est un frein mais je m’accroche pour prouver qu’on peut faire avec ce qu’on a sous la main quelque soit la région dans le monde, on n’a pas forcément besoin d’importer.

RHARHA-Magazine

Tu

organises grand nombre d’évènements : ventes privées, défilés…Peux-tu nous parler, de tes sentiments et de la motivation qui t’envahit à chaque évènement ?

Virginie Ayissi

Comme je l’ai dit plus tôt, c’est l’apothéose de mes jeux de poupées. Cela me permet

de redescendre dans le monde vrai et de savoir si le fruit de mon imagination couplé à celui de mes 10 doigts apporte un peu de bonheur aux autres. Cela me permet aussi de voir mes créations en mouvement sur un corps vivant au lieu de mes mannequins en bois. C’est une super ambiance à chaque fois, j’en profite un max même si je reste en backstage. Les mannequins avec qui je travaille sont géniales, mes équipes techniques aussi. Et puis je suis en contact direct avec mes clientes, je peux leur expliquer mes différents choix, mon concept, je les fais entrer dans mon univers, j’aime et elles adorent, tout le monde est content, que demander de plus ?

RHARHA-Magazine

En tant que femme noire (en France), est-ce un challenge pour toi de voir

laréalisation de tes projets ?

Virginie Ayissi

Ce n’est pas facile, dire le contraire serait un gros mensonge. Par contre, j’ai choisi

de faire abstraction de cet aspect des choses et de foncer en me considérant tout simplement comme


une styliste qui doit faire ses preuves, imposer son style et sa marque et vivre de son métier. Et ça marche ! Je pense que j’embarque tellement bien dans mon monde qu’on est juste dans mon monde, sans couleur, ni race, ni nationalité.

RHARHA-Magazine

Entant que designer, quel conseil donnerais-tu à toutes celles qui souhaitent

se lancer dans la mode ?

Virginie Ayissi

Croire en soi est la première condition. Ensuite il faut savoir exactement ce qu’on

veut faire, suivre son intuition, peaufiner son style, et TRAVAILLER sans relâche ! Il n’y a pas d’autres secrets que le travail.

RHARHA-Magazine

Penses-tu contribuer à la revaloriser l’image de la femme noire ?

Virginie Ayissi

J’espère donner un exemple de courage et de liberté de choix. On n’est pas

cantonné à faire de l’ethnique parce qu’on est africain, on n’est pas non plus obligé de faire des robes à fil d’or et d’argent avec des plumes de paon et des queues de lézards du Tibet pour montrer qu’ on fait de la couture ! Ma haute couture est dans la qualité des vêtements que je livre à mes clients (matière somptueuse, travail soigné, imagination et technique mises au service de la cliente, donc un vêtement parfaitement adapté)

RHARHA-Magazine

Selon toi, qu’est ce qui caractérise la femme noire ?

Virginie Ayissi

Pour moi, la femme noire est la plus courageuse des femmes, en général, elle porte

une famille entière à bout de bras… elle se bat sans se poser de questions, pas le temps de déprimer, elle avance et basta! Vive les femmes noires!

Contacts Contacts: Virginie Ayissi : contact@cuirshowroomprive.fr Communication: Irène Fasseu communication@cuirshowroomprive.fr Website: www.virginieayissi.com Email: contact@cuirshowroomprive.fr


Par l’équipe de RHA-Magazine

Le « co-dodo » ou « co-sleeping » n’a pas fini de faire polémique ! Une récente étude parue dans la revue ‘Pediatrics’, démontre que dormir avec bébé serait potentiellement dangereux pour sa santé mais également pour son développement psycho-affectif :

Un niveau d’oxygène plus bas

R

éalisée à partir de l’observation de 40 bébés dormant avec leurs parents au moins cinq heures par nuit, cette enquête est parvenu au résultat suivant : dormir avec bébé dans son lit compromettrait son système respiratoire. De fait, les bébés observés présentaient un niveau d’oxygène plus bas que celui des quarante autres bébés dormant dans leur berceau à cause de la chaleur du lit parental. Occasionnellement, une baisse du niveau d’oxygène n’est pas fatale pour l’enfant, mais elle devient un danger si le bébé y est soumis régulièrement. Des risques d’étouffement

U

ne autre conséquence critique du co-dodo que soulève cette étude est le risque d’étouffement. Les bébés dormant dans le lit parental seraient davantage susceptibles d’être recouvert d’un drap, une couverture, un coussin ou d’un habit des parents. D’après une étude de l’INVS (Institut national de veille sanitaire), 18% des bébés décédés partageaient le lit de leurs parents. Enfant et couple ne font pas bon ménage

N

on seulement le co-sleeping serait néfaste pour la santé du bébé, mais en plus il ne serait pas sans impact psychologique pour l’enfant. Selon les psychologues, dormir avec son enfant serait mauvais pour son développement et son autonomie : « Lorsque l'enfant prend l'habitude de cette proximité corporelle avec les parents durant la nuit, il devient très difficile pour lui d'y renoncer et de s'endormir tout seul ». Par ailleurs, partager le lit parental irait également à l’encontre de l’intimité du couple : « Il est important que la femme « défusionne » avec son bébé. D'autant plus que le lit parental est un lieu intime. L'enfant ne doit pas être au milieu de ses parents, au risque d'écarter petit à petit l'homme ».


Par Nana Harmonie – Partenaire de RHA-Magazine - Tiré du blog « Nana Harmonie s’exprime » (http://nanaharmonie.blogspot.com)

Le dernier numéro d’Essence met en première page la sublime Nia Long et ses deux garçons avec un titre très accrocheur :

« Célibataire, satisfaite et élevant ses garçons » ! ana Harmonie est tombée sur un article qui donnait un avis des plus intéressants quant à cette « glorification » de la mère célibataire. En effet, la bloggeuse, Nojma Muhammad, a soulevé un sujet délicat. Peut-on glorifier la mère célibataire ?

N

Ayant été mère célibataire elle-même pendant une grande partie de sa vie, elle ne veut en aucun cas les diminuer ni les bafouer en donnant son avis. Toutefois, dans son analyse, elle se demande si un magazine avec une renommée telle que Essence touchant une très grande population afro américaine devrait « mettre sur un piédestal » le statut de mère célibataire ? Nia Long, dans l'article, répond qu’être mère célibataire c’est « Ok », car elle-même a été élevée par une mère célibataire (ce qui prouve la responsabilité d'une mère envers ses enfants). Il est difficile d’inculquer l’importance du mariage à ses enfants, tant qu’ils

verront leur mère toujours en tant que "mère célibataire". Nous devons ÊTRE le meilleur exemple pour nos enfants, dit Nojma. En vantant ainsi la mère célibataire, ne donnons-nous pas un exemple malsain à nos filles qui par la suite pourraient reproduire le même exemple pensant qu’être mère célibataire est une situation « attrayante » ? De plus, quel message donnons-nous à nos fils ? Que les femmes n’ont plus besoin d’eux pour maintenir un foyer sain et équilibré ? Posonsnous les bonnes questions ! N’engendrons-nous pas ainsi un état d’esprit néfaste, en particulier en ce qui concerne les générations à venir ? Il est vrai que la plupart des mères célibataires n’ont pas choisi d’être dans cette situation et ne le souhaite pas pour leurs enfants. Alors est-ce une bonne chose de glorifier ce statut ? Où mettons-nous le symbole de la famille unie et soudée composée d’une mère aimante et d’un père protecteur ? Notre bloggeuse précise que son article n’a rien contre la « mère célibataire », mais qu’elle met en doute la manière dont ce statut est mis en avant. Être une mère célibataire n’a rien de glamour, selon ses propres dires.


Qu’en pensez-vous ? Réagissez à cet article. Nana Harmonie s’exprime aimerait avoir votre avis ! Pour ceux qui comprennent l’anglais, voici le lien de l’article http://thyblackman.com/2012/07/02/glorifying -single-mothers/

(N’hésitez pas à réagir à cet article sur le blog « Nana Harmonie s’exprime »)


Par Natou Seba Sakombi- Rédactrice en chef de RHA-Magazine

Ce mois-ci, nous avons choisi de couronner le grand Marcus Mosiah Garvey Roi coup de cœur de RHA-Magazine ! Nous affectionnons particulièrement cette figure emblématique et mondiale de la lutte pour l’égalité raciale et avons tenu à lui rendre un hommage pour les 125 ème anniversaires de sa naissance. Ce grand nom de la grande Nation Noire est à l’origine de l’UNIA (Universal Negro Improvement Association), premier mouvement international de masse regroupant les Noirs du monde. C’est son nom que l’on retient lorsque l’on évoque le nationalisme noir et c’est lui qui fut l’initiateur du mouvement "back to Africa" dans les années 20. Fièrement, nous rendons donc honneur à l’un des pères du panafricanisme, Marcus Garvey, un Roi et un Héros incontestable d’Afrique. Merci Monsieur Garvey !

D

ernier enfant d’une famille 11 enfants, Marcus Garvey voit le jour le 17 août 1887 à St Ann’s Bay en Jamaique. A l’âge de 14 ans, il abandonne ses études pour travailler dans une imprimerie où il participera à la première grève du syndicat des imprimeurs jamaicains, et c’est à ce moment-là que l’on entend parler de lui pour la première fois. C’est également à cet époque qu’ il édite son journal, « The Watchman ». Soucieux de développer ses projets, Garvey quitte la Jamaïque pour trouver un emploi au Costa-Rica. Sur place, il fait face pour la première fois de sa vie à la discrimination raciale et prend désormais conscience des conditions désastreuses dans lesquelles vivent les Noirs dans le monde. Il pense que les travailleurs noirs devraient s’organiser en syndicats et réclamer de meilleures conditions de travail. Dans ses journaux, il dénonce la discrimination et des conditions de vie des travailleurs au CostaRica et à Panama. Le gouvernement costaricain voit rapidement d’un mauvais œil les activités de

de Garvey et l’expulse du pays. De retour en Jamaique, il lance l’UNIA (Universal Negro Improvment Association), un mouvement international pour l’amélioration de la vie des Noirs. Peu de temps après, il quitte la Jamaïque pour Londres, afin d’y suivre sa sœur qui y travaille en tant que gouvernante. Il va y créer le journal "The African & Orient Review. En 1914, il fonde l’UNIA dont la devise est "un Dieu, un but, une destinée". En 1916, l’UNIA est transféré à Harlem à New-York. Garvey ouvre alors des centaines de succursales dans d’autres pays à forte population noire. Grâce à ses talents oratoires et à un don extraordinaire de leadership, il parvient à convaincre ses auditeurs sur la formation d’un "nouvel homme nègre", fier de sa couleur et aspirant à l’union des peuples noirs dispersés dans le monde. "Negro World", le journal qu’il publie en anglais, en français et en espagnol de 1918 à 1933, atteint les communautés noires internationales et même les villages les plus éloignés d'Afrique. Il y traite de l'histoire des héros noirs et met en exergue la richesse de la culture africaine. Selon Garvey, les Noirs ne seront respectés que lorsqu’ils seront


économiquement indépendants et forts. Il visualise une économie noire au sein du capitalisme blanc et met sur pied les "Negroes Factory Corporation" et la "Black Star Line" en 1919, compagnie de transport maritime opérant

entre les U.S.A, les Antilles et l’Afrique. Mais la compagnie essuie échec et fait faillite suite à une malgérance.

Toutefois, l’UNIA va davantage s’agrandir avec l’organisation d’une conférence en 1920, réunissant les représentants de 25 pays pendant un mois à NewYork. Le meeting est une grande réussite et Garvey est au sommet de sa popularité. La conférence se clôt par un défilé de plus de 50 000 personnes dans les rues de Harlem dont Garvey est lui-même à la tête. Les membres de l’UNIA sont alors estimés à plus de 6 millions à travers le monde. L'UNIA organisera 7 autres conférences internationales entre 1920 et 1938 dont 5 à New-York et 2 à la Jamaïque. La dernière sera organisée au Canada en 1938. Garvey ne se limite pas là et se lance dans un projet fort ambitieux : il signe des accords avec le Libéria pour des terres en faveur des Noirs originaires des Etats-Unis, des Caraïbes et d’Amérique du Sud. Il a pour projet de fonder une "nation centrale pour la race noire". L'UNIA serait transféré au Libéria et le gouvernement libérien accorderait une aide financière pour la construction d'écoles et d'hôpitaux. On projette également la liquidation des dettes libériennes, l’installation d'une population noire qui contribuerait à développer l'agriculture et mettre en valeur les ressources naturelles. Le Libéria se montre très emballé au départ mais, sous la

pression des puissances coloniales de l'époque, revient sur sa décision. Les terres promises à Garvey sont finalement octroyées à la firme américaine Harvey Firestone très influente au Libéria et soutenue par le gouvernement américain. Ce qui vaudra à Garvey de se faire des ennemis seront non seulement ses méthodes controversées en affaires, mais aussi sa doctrine encourageant la séparation "raciale" entre Noirs et Blancs. Sous l’influence de ses ennemis ; Garvey et d’autres membres de l’UNIA sont accusés de tentative de fraude sur les actions de la Black Star Line. Il est condamné à 5 ans d’emprisonnem ent, mais n’en écopera que de deux, gracié par le président Coolidge. Garvey sera ensuite expulsé en tant qu'étranger indésirable. Il rentre en Jamaïque en novembre 1927 et continue à s’impliquer dans les activités de l’UNIA. En 1935, le siège de l’UNIA est à nouveau déplacé à Londres où Marcus Garvey continuera son œuvre. Malgré ses efforts considérables, le mouvement perdra de son ampleur. Il meurt d’une hémorragie cérébrale le 10 juin 1940.


Partenaire de RHA-Magazine


Par Pauline Diboma Dikaha – Rédactrice pour RHA-Magazine

La République du Sénégal n’avait jamais connu de première dame “pur jus” comme le disent certains. Mais voilà qu’avec la victoire de Macky Sall, plusieurs se réjouissent de ce que celle qui possède désormais les clés du palais soit 100% noire ! D’après « Jeune Afrique », les dernières occupantes du Palais de la République, résidence officielle du chef de l’Etat, présentaient toutes la particularité d’avoir des origines étrangères et, pour certaines (disons-le clairement sans tergirverser), la peau blanche. Mais qui est la discrète et magnifique Madame Macky Sall ? De quelle manière marquera t-elle la différence avec les anciennes first ladies ?

A

lors que les violences dans le pays vers fin février (durant le premier tour de l’élection présidentielle) avaient fait 3 morts ainsi qu’une centaine de bléssés, plusieurs présageaient un deuxième tour tourmenté. Mais au contraire, le calme pris le dessus. Selon Olusegun Obasanjo, le processus de vote a été "libre, transparent ouvert et équitable". "Vive le Sénégal, qui une fois encore a fait preuve de sa maturité au continent africain et au monde entier", disait l'ancien président nigérian. Après les troubles qui ont précédé les élections, la démocratie sénégalaise sortait grandie des présidentielles 2012. Abdoulaye Wade qui avait été fortement contesté pour s'être représenté, a finalement poursuivi la tradition initiée avant lui par Abdou Diouf et Léopold Sedar Senghor. Marieme Faye Sall est l’épouse du quatrième président du Sénégal, Macky Sall, élu le dimanche 25 mars 2012. « Enfin une femme noire d’origine sénégalaise au pouvoir ! » a tout de suite dit le peuple. Originaire de Diourbel, Marieme Faye Sall est née à Saint-Louis en 1969 de père sérère et de mère peuhle. Quatrième enfant d’une famille de huit enfants, elle avait déjà choisi de rester femme au foyer lorsqu’elle rencontrait son ambitieux époux en 1992 alors qu’elle était encore au lycée. De cette union sont nés 3 enfants, 2 garçons et une fille. Femme de nature simple, son visage n’est pas familier, on l’a à peine aperçue pendant la campagne électorale. Marieme Sall aime vivre discrètement, en retrait de son mari, une situation qu’elle a choisi volontairement. Elle consacre la plupart de son temps à sa famille, et en femme préventive, elle a toujours été à l’avant-garde quant à la protection des siens. Caractérielle, elle n’hésite pas une seconde à s’interposer contre les tentatives de déstabilisation de

son ménage et à affronter contre vents et marrées les vautours et briseuses de couples qui convoitent sa place. D’après une amie proche de la première dame, elle serait follement amoureuse de son mari, et se montre toujours aux petits soins pour lui (à noter au passage la classe et la fraicheur que dégage Monsieur Macky Sall…et oui, la First Lady est passé par là). Interrogé par RFI sur son épouse, Marieme Faye, Macky n’a pas lésiné sur les compliments sur la femme de sa vie : « Mon épouse est une charmante sénégalaise que j’ai connue à Diourbel pendant une de mes tournées d’exploration. Je lui ai dit d’ailleurs : ‘ Je n’ai pas trouvé du pétrole, mais je t’ai trouvée.’ Je pouvais me consoler de cette découverte. Oui, elle est sénégalaise, Mariéme Fall ! Je l'appelle Mariéme Sall maintenant. Le Faye, je l’ai mis entre parenthèses.» déclarait le nouveau Président du Sénégal qui se révèle être un grand romantique ! Tout cela fait d’elle une très grande sensation auprès du peuple sénégalais et surtout auprès des femmes sénégalaises qui se reconnaissent, pour la première fois, « entièrement » dans leur first lady. Certains n’hésitent pas à la comparer à Simone Gbagbo, mais à la différence de l’ex-première dame ivoirienne, elle n’est pas impliquée dans les affaires politiques de son mari. Si influence il y a, celle-ci s’exerce avec discrétion et dans le cadre domestique. Le site Futursmédia cite une amie du couple qui dit : «Je ne dirais pas qu’elle ressemble à Simone Gbagbo, mais elle a un ascendant sur son mari. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, Macky prend le soin de l’en aviser, sinon elle s’interpose.»


Par Pauline Diboma-Dikaha – Rédactrice pour RHA-Magazine

I

l y a cinquante ans, le chef de l'État avait pour nom Grégoire Kayibanda. Il était le cofondateur d'un parti aux fondements racistes, le Parmehutu, ouvertement soutenu par l'administration coloniale et l'Église catholique. En presque trois ans, sous le couvert d'une « révolution sociale » érigée en totalitarisme mathématique, une épuration des élites tutsies qualifiée par le gouverneur Harroy d'« opération chirurgicale » avait été mise à l'œuvre. Elle prendra la forme de massacres qui perdureront jusqu'en 1964 avant de connaître un retour de flamme au début des années 70. Peu à peu, le régime Kayibanda sombrera dans l'incohérence et se mettra à dévorer ses propres enfants. Il sera renversé en 1973. La reconstruction et la renaissance du Rwanda pouvaient donc se lire comme la longue et patiente tentative de refondation d'une indépendance avortée. Les vingt années qui suivront seront celles d'une marche inexorable vers le génocide. Côté pile, le pouvoir du général Habyarimana cultivait à

usage extérieur l'image d'une gouvernance intègre, modeste et pieuse. Côté face : un régime de quotas ethniques, de régionalisme et de népotisme sous l'étroit contrôle de son noyau dur, l'Akazu, matrice opérationnelle du Hutu Power. La suite atroce ne se raconte plus… Le gouvernement rwandais n’a donc guère l’intention de célébrer cette période marquée par les violences ethniques. Au Rwanda, les jours à venir seront consacrés à la réflexion, au deuil de toutes les victimes, celles que l’on peut commémorer et celles que l’on doit taire. Et même si quelques Belges seront les bienvenus à titre individuel, aucun ne sera invité à titre officiel, l’ancien colonisateur étant tenu responsable du conflit hutu-tutsi. Le président Kagamé, a appelé les anciennes puissances coloniales à respecter la dignité des pays africains dans un discours à Kigali :


« Il nous faut retrouver la dignité et l’identité que nous avons perdues, d’abord sous le colonialisme et puis, paradoxalement, après les indépendances ».

éanmoins, le bilan du Rwanda reste tout à fait spectaculaire, et ce, dans quasiment tous les domaines. Kigali peut prétendre à l’excellence : ses villes sont propres, la sécurité y est assurée, les services publics fonctionnent et est encore plus remarquable car la corruption y est rare. La capitale a réalisé presque 8% de croissance annuelle depuis 2005, et jusqu’à 8.8% en 2011 pendant que le reste de l’Afrique subsaharienne a vu son PIB croitre seulement de 5%. De 2000 à 2011, le revenu moyen par habitant y a doublé, passant de 227 à 467 euros. Le taux d’inflation (5,7 % en 2011) est nettement inférieur à celui de ses voisins de la Communauté de l’Afrique de l’Est, même si les prix alimentaires ont bondi de 20,5 % de décembre 2010 à décembre 2011. Enfin, avec plus de 56 % de femmes parmi les députés, le Rwanda est politiquement le pays le plus féminisé au monde ! Le Rwanda projette un programme baptisé « Vision 2020 », qui devrait le transformer d’ici à huit ans en un pays « à revenu intermédiaire », ce qui, dans le jargon de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), le mettrait au niveau du Ghana ou de l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, la croissance n’est pas tout à fait assez forte pour maintenir le pays sur cette trajectoire, mais le cadre d’action est là, qui a pour ambition de faire du Rwanda un Singapour africain !! De tels efforts devraient certainement porter ses fruits…


Une nouvelle Reine à l’honneur : la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, qui a été élue le dimanche 15 juillet présidente de la Commission de l'Union Africaine lors d'un sommet à Addis Abeba. La victoire a été proclamée à l'issue d'une bataille sans précédent contre le gabonais Jean Ping, pour ce poste clé de l'institution continentale. Elle a prêté serment mardi 17 juillet à Adis Abeba, siège de l’institution. Par Sista Diaspora – Partenaire et rédactrice pour RHA-Magazine (www.sistadiaspora.com)

C

ette membre éminente de l’ANC(African National Congress) est originaire du Natal, une province zoulou où elle a effectué sa scolarité en Science Botanique et Zoologique et approfondi ses études médicales à l’université . Pendant ses années d’études, elle militera en souterrain, vu l’interdiction de son parti par le régime raciste Afrikaner au pouvoir.

béninois a déclaré :"Maintenant nous avons la présidente de la Commission de l'UA, Mme Zuma, qui va prendre les destinées de cette institution qui est notre bras opérationnel".

En 1978 elle sera contrainte à l’exil en GrandeBretagne en raison de ses actions avec l’ANC. Elle y obtiendra ensuite son diplôme de Docteur en Médecine et retrouvera le continent-mère en travaillant dans un hôpital du Swaziland. C’est d’ailleurs là qu’elle rencontrera son futur époux et futur président d’Afrique du Sud, Jacob Zuma.

Nkosazana Dlamini-Zuma accède à 63ans à la direction de la principale institution de l’Union Africaine. Un précédent sommet n’avait pas pu les départager elle et son adversaire Jean Ping, qui briguait sa réélection à ce poste qu’il occupe depuis 2008. C’est donc à l’issue de 4 tours qu’elle l’aura remporté, mais non sans heurt et sans avoir créer de vives divisions entre les partisans des pays anglophones et francophones. C’est notamment ce qui avait permis à Jean Ping d’être provisoirement reconduit à ses fonctions jusqu’à ce qu’elle l’emporte.

En 1992, elle fit parti de la délégation des membres de l’ANC donc elle dirigea la section de la Santé. Elle deviendra la première Premier Ministre noir de la Santé dans le gouvernement de Nelson Mandela en 1994. C’est Nkosazana qui sera à l’origine de l’interdiction du tabagisme dans les lieux publics en 1999. La même année où Thabo Mbeki arrivera au pouvoir, elle sera nommée Ministre des Affaires Etrangère, poste qu’elle occupe toujours sous la présidence de son ex-conjoint.

La ministre sud-africaine est arrivée en tête aux trois premiers tours de scrutin dimanche soir devant Jean Ping, sans toutefois réunir la majorité requise de deux-tiers des voix. C’est au quatrième tour, qu’elle a alors obtenu 37 voix, soit trois voix de plus que la majorité des deux-tiers des délégations, qui étaient de 34 voix. Thomas Boni Yayi a également réagit en disant que "L'Afrique a parlé d'une seule voix. Il n'y a pas eu de perdant ni de gagnant. C'est l'Afrique toute entière qui a gagné".

Son élection à suscité les réactions les plus enthousiastes, non seulement en Afrique mais aussi parmi d’éminent membres de l’Union Africaine : Thomas Boni Yayi, le président

Le président Zuma, qui ne peut qu’être fier, s’est exprimé également en déclarant: «Cela signifie énormément pour l'Afrique (...) pour le continent, pour l'unité, et pour le pouvoir des femmes",


le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré : « Nkosazana Dlamini-Zuma est une combattante de la liberté, pas une bureaucrate ni un diplomate ». Il avait également appelé à la mesure et au calme quant aux risques de division que cela provoquerait : «le continent est suffisamment fort pour ne pas être fissuré par une élection entre deux personnes". C'est une bonne chose pour l'Afrique australe. Nous (en Afrique australe) n'avions jamais eu ce poste", se félicitait, tout sourire, un membre de la délégation du Zimbabwe auprès de l'AFP Nkosazana Dlamini-Zuma s’est également efforcée d'apaiser les craintes d'une main-mise de l'Afrique du Sud, la locomotive économique du continent, sur l'organisation. "L'Afrique du Sud ne va pas déménager à Addis pour venir diriger l'Union africaine, ce sera Nkosazana Dlamini-Zuma, si je gagne, qui viendra ici, pas l'Afrique du Sud", a-t-elle déclaré. La rédaction de Reines et Héroïnes d’Afrique est bien entendue enthousiasmée par cette première et espère qu’elle contribuera au rayonnement de notre continent.


Par Natou Seba Pedro-Sakombi – Rédactrice en Chef de RHA-Magazine

Qu’elles sont belles les mariées d’Edo Land ! Vêtues de corail de la tête aux pieds, elles perpétuent fièrement leur tradition ancestrale, vielle de plusieurs siècles. Et si nous nous intéressions de plus près à ces magnifiques mariées Edo ? En quoi consiste leur coutume matrimoniale et pourquoi le corail y est si présent ?

P

lusieurs théories et thèses ont été apportées quant à l’origine du peuple Edo. Cependant, nous retiendrons essentiellement qu’il s’agit de cette population qui, sur les côtes ouest africaines, fonda un empire s’étendant jusqu’à l’ouest du Nigéria sur les régions que nous connaissons aujourd’hui comme Oyo, Ondo, Ogun, Ekiti et Lagos States. La partie-est de l’empire s’étendait à travers le fleuve Niger, dans les régions commerciales d’Onitsha. L’empire des Edos rejoignait alors l’Océan Atlantique jusqu’à l’ancien Royaume du Dahomey, le Bénin actuel. En juin 1963, vers l’ouest du Nigéria, un nouvel état voyait le jour: Bendel State. Il avait été formé par les provinces du Bénin et du Delta et sa capital était Benin City. Mais durant la guerre civile, les Biafrans envahirent la région et Bendel State devint la République du Bénin. Mais en 1976, l’état reprit le nom de Bendel, après que les troupes nigérianes réussirent à neutraliser les

Biafrans. Mais en 1991, l’Etat de Bendel connut une scission, se séparant en deux états distincts : Edo State (ou Edo Land) et Delta State, jusqu’à ce jour. La capitale d’Edo Land est Benin City, et bien que l’état possède son propre gouvernement, le pouvoir suprême revient à l’Oba (chef) du Royaume du Bénin (à ne pas confondre avec la République du Bénin, anciennement connu comme le Royaume du Dahomey) et qui garde une forte influence sur la population Edo pour laquelle il a une nature semidivine.

Le mariage chez les Edo

L

Le mariage est célébré chez les Edos depuis des centaines d’années. D’ailleurs, l’un des mots les plus anciens du lexique Edo est « oronmwen » et signifie « mariage ». Avant 1897, les jeunes filles étaient prêtes à marier dès l’âge de 15 ans. Les jeunes gens des deux sexes se rencontraient et se


faisaient la cour lorsqu’ils allaient puiser de l’eau à la rivière ou durant les jeux organisés les soirs de pleine lune que l’on appelait « eviontoi ». Parfois, les parents allaient eux-mêmes à la quête de l’épouse idéale pour leur fils. Ce choix pouvait même déjà se faire à la naissance de la petite fille. Au moment où ils envoyaient leurs félicitations, les parents pouvaient en même temps faire parvenir des présents à la future belle-famille pour annoncer leur future demande ! Avant d’engager leur fils, la belle-famille se lançait dans toute une série d’investigations : elle s’informait sur les éventuelles maladies génétiques de la famille, sur sa réputation, sur un passé criminel éventuel, etc…Ces enquêtes faisaient partie de l’étape appelée « ivbuomo », littéralement « quête de l’épouse ». Cette étape franchie, venait le moment où la belle-famille envoyait des présents à la mère de la future mariée, en présence de toute la famille. Une date pouvait alors être décidée et la cérémonie que l’on appelle « iwanien omo » (discussions autour du mariage, du prix de la dot, etc…) devait avoir lieu à huit-clos, au domicile de la future mariée. Toute une série de rituels, qui variaient de famille en famille, entourait cette partie de la cérémonie du mariage. En général, la mariée était assise aux pieds de son père durant tout le déroulement. Chaque famille se choisissait un porte-parole qui se chargeait de discuter et de négocier les propositions de la famille de la future mariée. Une fois les pourparlers conclus, les parents de la fille accompagnaient la mariée,

l’ « ovbioha » au domicile de l’époux avec toutes ses affaires. Pendant ce temps, famille et amis attendaient l’arrivée de la mariée au domicile de l’époux tout en célébrant autour d’un verre. Un évènement (prévu d’avance bien sûr) venait en général calmer ces festivités : les invités recevaient un message leur annonçant qu’ un obstacle sur la route avait bloqué la mariée. Le marié devait ôter cet obstacle en libérant une somme d’argent, sans quoi il risquait de ne pas voir sa belle venir. Si le montant que l’époux avait remis convenait, on pouvait entendre une voix crier : « OVBIOHA GHA MIEN ARO-ARO», ce qui signifie « La mariée peut être fière ! Et elle est fière ! ». Dès son arrivée, la mariée devaitt se prêter à la cérémonie de l’« ikpoboovbioha » ou du « lavage des mains ». Un membre de sa famille, une femme d’âge mûr en général, lui lavait les mains dans un bol plein d’eau contenant des pièces d’argent. Ses mains étaient ensuite essuyées avec un mouchoir neuf ; les pièces et le mouchoir lui appartenaient à la fin du rituel. C’était tout pour le jour du mariage. Quelques jours après la cérémonie, la jeune mariée était présentée à l’autel familial afin que l’on prie pour elle. S’en suivait une visite bien curieuse de sa belle-mère et d’autres femmes de la famille de son mari. Elles venaient lui réclamer le drap de sa nuit de noce afin de vérifier si celuici est bien tâché de sang, preuve que la jeune mariée était bien vierge. Si le drap était


ensanglanté, on couvrait la mariée de toutes sortes de présents et d’argent. Si ce n’était pas le cas, une cérémonie spéciale devait se faire : la jeune mariée devait se confesser devant les anciennes de sa belle-famille et donner les noms de tous les hommes avec qui elle avait couché avant son mariage. Ces confessions n’étaient jamais rapportées à son époux, mais elle devait faire vœux de fidélité, de sincérité et d’honnêteté envers son époux et sa belle-famille en présence des anciennes. Ceci étant fait, la mariée devenait un membre à part entière de la famille de son époux.

Le divorce à Edo Land était très mal perçu et placé au même titre que l’adultère. Cette conception des choses a également évolué de nos jours où nous assistons, comme dans toutes les cultures, à une montée en flèche des divorces.

C’est donc de cette manière que le mariage se concluait à Edo Land, mais aujourd’hui, les coutumes ont quelque peu changées, car le Christianisme, l’Islam et le style de vie à l’occidental sont venus apporter leurs touches. Ainsi, il ne sera pas étonnant de constater que le mariage coutumier à Edo Land ait lieu le même jour que le mariage chrétien, musulman ou civil. Et vous l’aurez certainement compris, beaucoup de jeunes femmes aujourd’hui préfèreraient mourir que passer par la fameuse visite des anciennes!

Le corail en fête

A Un gâteau de mariage « typique », touche de modernité, témoin de la fierté et du respect des traditions du peuple d’Edo Land

Il faut tout de même noter que chez les Edo, la remise du drap de la nuit de noce était un moyen de préserver leurs jeunes femmes de la prostitution et de la débauche. D’ailleurs, les filles Edo étaient souvent considérées comme les plus vertueuses, pieuses et fidèles à leurs époux. Les tribus voisines rêvaient souvent de les épouser !

Edo Land, le corail est synonyme de jour de fête ! Depuis les temps anciens, le peuple du Royaume du Dahomey était connu pour posséder un talent particulier pour l’orfèvrerie et la joaillerie. Et chez les Edo, on a une passion pour le corail ! Le corail orne les cheveux, les vêtements, les accessoires, …tout y passe ! Et on peut à peine imaginer le temps que cela peut prendre pour réaliser une coiffure aussi élaborée que celles des mariées Edo Land. Le port du corail n’implique pas uniquement les grandes cérémonies, on peut en porter tous les jours. Par contre, les gros colliers en corail sont plutôt réservés pour les grandes cérémonies telles que les mariages. Aujourd’hui, la modernité permet de créer toutes sortes de bijoux et d’accessoires en corail, ce qui profite aux femmes Edo qui pour rien au monde n’abandonneraient leur tradition.


Le corail, de son nom scientifique « phylum coelenterata », est un animal de la famille des cnidaires, vivant généralement en colonies d'individus (les polypes) et construisant tout au long de leur vie un squelette extérieur à partir de minéraux présents dans l'océan. Ce sont ces minéraux que l’on utilise en joaillerie sous leur forme polie. Chez les Edo, on distingue deux types de corail : l’ « ekan », d’apparence légèrement grisâtre, porté par tout un chacun et l’ « ivie », plus précieux et surtout porté par les chefs Edo. L’ivie étant de qualité supérieure, il peut être poli à souhait jusqu’à donner des pierres aux couleurs allant du rouge ou à des teintes plus rosées. Selon une légende transmise oralement, le corail aurait été introduit au Bénin par l’Oba (chef) Ewuare qui vécut en 1400 avant J-C et qui l’aurait volé à la déesse de la mer à Ughoton (Gwatto). Mais cet endroit était aussi connu comme la porte de l’ Europe, ce qui attribue l’introduction du corail aux Portugais et aux Espagnols qui seraient arrivés au Bénin. Il faut également rappeler que l’utilisation de l’ekan et de l’ivie se fait aujourd’hui encore sous la supervision de l’Oba du Bénin, car certaines formes de corail sont destinées aux chefs uniquement. Le type de corail que l’on trouve sur le territoire d’ Edo Land est très différent de

celui trouvé dans le nord du Nigéria, à Yoruba Land par exemple ou dans les régions de l’est du Nigéria. L’utilisation du corail est donc primordiale lors d’une cérémonie de mariage Edo, et ce mélange entre respect des traditions et modernité a donné matière à imagination aux créateurs, coiffeurs, joailliers, maroquiniers, couturiers, etc…Ainsi, il n’est pas rare de tomber sur des parures, des coiffures ou des accessoires ornés de corail absolument magnifiques! Pour admirer ces œuvres éblouissantes, nous vous invitons à visiter la page facebook : « Traditionnal Wedding (Edo) » http://www.facebook.com/TraditionalWedd ingsEdo)

Sources : http://www.edonation.net


Par l’équipe de RHA-Magazine

Depuis juin 2012, les femmes afros ont enfin leur émission sur le web ! En effet, chaque mardi soir, vous pouvez désormais écouter l’émission « Les femmes Afros se parlent », lancée par la chaîne de radio Afro-Insolent du polémiste panafricain Kemi Seba. Se voulant interactive et l’écho de la femme afro moderne, les auditrices sont parfois invitées à intervenir gratuitement par téléphone afin de débattre ou donner leurs avis sur les nombreux thèmes traités, et touchant plus particulièrement la femme afro-descendante. RHA-Magazine a tenu à rencontrer pour vous les deux animatrices de l’émission, Syonou et Olfa, car si leurs voix sont déjà devenues familières aux oreilles de milliers d’auditrices, il nous tarde de mieux connaître ces deux reines et protégées de l’écurie Afro-Insolent ! RHA-Magazine : Syonou et Olfa, pouvezvous rapidement vous présenter aux lectrices et lecteurs de RHA-Magazine ? Syonou : Je me prénomme Syonou et je suis l’une des animatrices de l’émission « Les Femmes Afros se Parlent ». Je suis d'origine centrafricaine, mais j’ai grandi à Montpellier et vis en région parisienne depuis une dizaine d’année environ. Récemment, j’ai repris mes études d’Architecture que j’ai dû interrompre il y a quelques années pour des raisons personnelles… Olfa : Je suis Olfa, une simple martiniquaise de 25ans. De région parisienne, j’ai toujours été proche de ma communauté et j'ai toujours eu envie d'élever nos consciences. Je suis passée par des études littéraires, en y intégrant notamment les arts plastiques et la psychologie. Ce qui fait ma personnalité : être là où l'on a besoin de moi et aller de l'avant. RHA-Magazine : Comment vous êtes-vous retrouvées un jour animatrices de l'émission "Les femmes afros se parlent"? Syonou : En tant que femme afro, j’ai toujours ressenti ce besoin d’exprimer à haute et intelligible voix ce qu’est le combat de la femme afro dans ce monde, sans pour autant adopter une attitude victimaire. « Les femmes Afro se parlent » nous offrait enfin cette opportunité, je l’ai saisie !!!

Olfa : J'ai rencontré Kemi Seba, lors de mon premier voyage en Afrique, et il se trouve que ma destination était le Sénégal. Il m'a été impossible de venir au Sénégal sans rencontrer l'Homme que je définirai comme mon grand frère spirituel... Lorsque nous nous sommes rencontrés, et que j'ai vu son équipe, sa famille, et la radio, je me suis dite : Je m'y verrai tellement! Alors, de fil en aiguille, nous avons discuté, échangé, jusqu'au jour ou Kemi m'a dit : "Olfa je te verrai bien en tant que chroniqueuse, dans la rubrique : "Les femmes afros se parlent" ! J'ai sauté sur l'occasion, et me voici. RHA-Magazine : L'émission fait partie des programmes que propose la radio AFROINSOLENT dont le Rédacteur en Chef est le polémiste et prédicateur panafricain Kemi Seba. N'êtes-vous pas confrontées à de la controverse vu la sulfure dont est entouré le personnage? Syonou : Bien évidemment, nous sommes confrontées à la méfiance de certains, les médias ont une lourde responsabilité dans cette diabolisation autour de Kemi Seba. Toutefois, si nos proches reconnaissent en nous les qualités que sont la droiture, le sens de la justice et celui du discernement, ils doivent alors se poser les bonnes questions dont « quelles sont les raisons qui font que nous décidons de collaborer avec Kemi Seba ? »… Olfa : Si je disais non, je serai une menteuse! (rires). Ce qui est sûr c'est que lorsque je parle de


ce qui est en cours, notamment la construction du village Dallaal Diam, des projets à venir, de l'implication de Kemi Seba dans tout cela, et de la longueur de son parcours; les gens me disent : "Wouaw !" Et ensuite ils me disent "mais qui est-il vraiment? " Je leur réponds, et beaucoup évoluent quant à l'image préconçue qu'ils ont de lui. Je ne me fie uniquement à mon intuition, donc, je suis lancée et je ne suis pas prête de changer d'avis. RHA-Magazine : Un petit mot sur Kemi Seba et les rapports professionnels que vous entretenez: est-ce un Rédacteur en Chef sévère, exigeant ou au contraire, il se montre cool et vous laisse manager l'émission "comme des grandes"? Syonou : Kemi Seba est avant tout exigeant avec lui-même, de ce fait, il l’est forcément avec nous et c’est ce qu’il faut. Il n’aime pas le dilettantisme, nous non plus.

Syonou : Nous n’avons de rôle prédéfini. Nous discutons ensemble et voyons comment nous répartir les différents points du thème abordé. Nous avons une liste de sujets préétablie même si nous ne nous y tenons pas toujours. Il peut aussi nous arriver de surfer sur l’actualité et de changer le thème de l’émission à la dernière minute. Olfa : Et bien, on essaie d'être le plus cohérentes possible avec les thèmes et nos personnalités respectives. On a une liste de thèmes d'avance et on pioche pour former notre planning au mois. Et puis on fait en sorte aussi d'être dans l'air du temps, on suit un minimum la tendance. RHA-Magazine : Dans « Les femmes afros se parlent », traitez-vous uniquement des sujets qui ont attrait à la femme afro? Les femmes d'autres cultures ou races pourraient-elles aussi y trouver leur intérêt? Syonou : Nous traitons principalement des sujets qui ont attrait à la femme afro car nous estimons que les autres femmes ont déjà leurs supports médiatiques. Et même sans ça, nous souhaitons parler de ce qui nous concerne. Nous n’avons pas peur de dire que nous focalisons sur la femme afro. Mais comme la femme afro est avant tout une femme, par syllogisme, il se peut que les autres femmes se retrouvent dans les sujets abordés car certains parmi eux restent universels.

Néanmoins, nous avons carte blanche quant au choix des sujets abordés même si Kemi Seba se réserve parfois le droit de contester l’agencement… Olfa : (rires) Et bien, j'ai été agréablement surprise de voir la liberté qu'il nous laissait. Le connaissant perfectionniste, je pensais que pour les débuts il allait nous diriger un maximum. Au lieu de ça, il est à l'écoute, il nous dit lorsque ça ne va pas, et s'il n'est pas compris il change sa façon de s'exprimer. On est très indépendantes! J'aime lui demander conseil tout de même, c'est important. RHA-Magazine : Comment se répartissent vos rôles? Expliquez-nous brièvement la manière dont vous choisissez et préparez vos thèmes…

Olfa : Pas uniquement, c'est vrai que nous nous devons de ramener à notre culture les sujets entamés puisque ce sont des sujets qui nous parlent, et qui nous concernent directement Syonou et moi. Mais en effet, toutes les femmes peuvent se retrouver dans nos chroniques, car avant d'être des femmes afros, de telle ou telle religion, de tel ou tel milieu, nous sommes femmes et par conséquent toutes les femmes peuvent se sentir concernés et intervenir . Personne n'est exclu chez nous. RHA-Magazine : A quelle difficulté avezvous été ou êtes-vous encore confrontées par rapport à l'émission? Syonou : Je dirai le timing, car même si nous avons une liste de sujets préétablie, c’est un travail minutieux que d’extraire la substance d’un sujet. Nous disposons de peu de temps d’une émission à l’autre et l’exercice est donc de produire de la qualité et de fournir un travail rigoureux dans un temps restreint… Olfa : La difficulté est de gérer les imprévus... Une coupure de téléphone, les invités qui se désistent en dernière minute,...


RHA-Magazine : Syonou et Olfa, la place de la femme afro est primordiale dans votre vie privée, tout comme dans l’émission que vous animez. Finalement, que souhaitez-vous transmettre comme message premier aux femmes afrodescendantes qui vous écoutent? Syonou : Le message premier que nous souhaitons transmettre aux femmes qui nous

par excellence à mes yeux. Je vais m’arrêter sinon, je prendrai la journée. (rire) Sinon, je dirai Werewere Liking car elle représente la polyvalence et la richesse intellectuelle. J’ajouterai à cela, Maya Angelou, que j’aime, car elle a eu un lourd vécu et elle s'est relevée grâce à son courage. De plus elle est généreuse, elle est engagée pour son peuple mais avec douceur. On a des points en communs à ce niveau. Et puis elle évolue sans cesse... RHA-Magazine : Quelle vision globale portez-vous sur la femme afro actuelle et que pensez-vous lui apporter avec votre émission radio? Syonou : Pour ma part, je considère que la femme afro est encore sous le joug de l’aliénation que l’esclavage et la colonisation ont engendré, même si cette dernière tend à se délester de cela petit à petit. Pointer le doigt sur ce qui nous affaiblit fait partie à mon sens, du processus de guérison. Nous ne prétendons pas détenir les solutions, nous souhaitons simplement mettre « carte sur table » et nous montrer honnêtes vis-àvis de nous-mêmes… Olfa : Je pense que la femme afro est aujourd'hui cultivée, indépendante, et engagée; L'émission de radio sert à mettre en lumière cela, et par la même occasion traiter les relations que nous avons avec le monde qui nous entoure, car ces relations sont complexes...

écoutent est celui-ci : Nous ne sommes vouées ni à l’échec, ni à la médiocrité, soyons déterminées à réussir ce que nous entreprenons !!! Olfa : Le premier message que je veux lancer c'est : "Gardons notre culture et élevons nous, et surtout faisons attention à notre image."

RHA-Magazine :Quelles sont les femmes afros qui vous inspirent et pourquoi? Syonou : Pour ma part, les femmes qui m’inspirent au quotidien sont nombreuses et sont des anonymes comme des célèbres…Donc je citerai dans un premier temps ma mère car elle m’a transmis l’estime de soi. En ce qui concerne les femmes célèbres, je citerai Aminata Traoré qui est selon moi est une amazone des temps modernes. C’est une femme qui en plus d’agir, fait entendre à travers sa voix, la voix de millions de femmes africaines. C’est une militante hors pair !!! Olfa : Comme le dit Syonou, ma mère est l’exemple de courage, de droiture, de générosité

RHA-Magazine :Est ce que les hommes vous écoutent? Si oui, pourquoi selon vous? Syonou : Dans la mesure où nous recevons des encouragements de leur part, nous pouvons supposer qu’ils nous écoutent et qu’ils soutiennent notre démarche. Et même s’ils ont parfois la critique sévère à l’encontre de la femme noire, je pense qu’ils ont vraiment envie d’être fiers de celle-ci. Olfa : Oui, il y a des hommes qui nous écoutent, je pense qu'ils sont simplement curieux, et qu'ils veulent (pour certains) savoir comment retrouver leurs femmes, après cette évolution et cette nouvelle prise de pouvoir. RHA-Magazine : L'émission a démarré début juin 2012. Quels sont les meilleurs moments que vous avez eu à vivre à l'antenne jusqu’à présent? Syonou : Pour moi, les meilleurs moments concernent les échanges avec les auditeurs/auditrices. J’aime l’interaction qui s’en dégage.


Olfa : Les meilleurs moments, ce sont ceux que nous passons avec les auditeurs, à échanger. RHA-Magazine : Il est vrai que la libre antenne reste l’un des éléments qui fait la force et le succès de votre émission, mais vous faites également participer d’autres femmes en tant qu’invitées. Comment s’effectue le choix de ces guests? Syonou : Pour l’instant, nous prospectons dans notre entourage car il y a toujours « l’amie d’une amie » dont le profil nous intéresse… Olfa : Le choix de nos invitées se fait en fonction du thème, et de l'apport qu'elles feront à l'émission. RHA-Magazine : Un dernier mot pour celles et ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de vous écouter: pourquoi devraient elles/ils se connecter tous les mardis soir pour écouter « Les femmes afros se parlent »? Syonou : Parce que c’est à mon sens une émission avant-gardiste faite par nous et pour nous les afros. À l’instar de votre magazine, nous souhaitons mettre à l’honneur la femme afro et quelque part, lui rendre ses lettres de noblesses…

Olfa : Nous connecter tous les mardis soirs, c'est nous permettre de parler ensemble, et de lancer des appels lorsque le sujet le permet. AfroInsolent c'est la libre antenne ou l'on peut dire ce qu'on veut, c'est le moment où l'on peut se lâcher, c'est la Liberté ! C’est exact ! Et comme le souligne si bien Olfa, « Les femmes afros se parlent » est un moment intense de liberté où la femme afro-descendante peut être entendue par des milliers d’auditeurs chaque semaine. Et d’ailleurs Syonou nous le rappelle parfaitement bien : il s’agit de mettre à l’honneur la femme afro et lui rendre ses lettres de noblesse. Apprendre sur le passé de la femme afro, vivre son présent et préparer son futur, c’est l’aspiration de notre magazine. Mais lorsqu’il s’agit d’avoir la parole et d’échanger entre nous, nous ne pouvons que vous encourager à vous connecter à l’émission « Les femmes afros se parlent » ! L’équipe de RHA-Magazine remercie les deux animatrices de l’émission de nous avoir accordé cette interview. Nous nous connectons donc tous les mardis soir sur www.kemi-seba.com dès 21h (heure de Paris).


Les cartes postales sont variées comme autant d’invitations à la baignade et au farniente, ou à la découverte. Il y a la mer, le sable chaud, les palmiers et les cocotiers ; il y a aussi les forêts équatoriales, les chefferies Bamileke, l’architecture du pays Dogon, les circuits en pinasse sur le fleuve Niger, les safaris et les randonnées sahariennes, sahariennes, les découvertes des vestiges de Kemet, etc… Les plus grands tours opérateurs opérateurs s’accordent s’accordent à le dire : l’Afrique dispose d’un potentiel riche de tourisme de nature, d’écotourisme et de tourisme culturel. Tous les deux mois, mois, RHARHA-Magazine vous propose une escapade sur les plus beaux sites que nous offre notre magnifique royaume. Le temps est à la rêverie, mais rêvez bien ! Rêvez pour vivre la réalité…Partez, le plus vieux continent du monde est à vous ! Dans la série des îles îles africaines, africaines, nous nous poursuivons avec les Comores !


Quand en 1500 le Portugais VASCO DE GAMA, à la recherche de la route des Indes, franchit les limites du continent africain et découvre l’Océan indien, il n’arrive pas dans un monde inhabité. Situé dans l’Océan Indien, à l’entrée nord du Canal du Mozambique, à 8500 km de la métropole, à 750 km de la côte Sud-Est de l’Afrique et à 500 km de la côte Nord-Ouest de Madagascar, l’Archipel des Comores se compose de quatre îles suivantes : Grande-Comore : " Ngazidja " Anjouan : " Ndzuani " Mohéli : " Mwali " Mayotte : " Maoré "

290 374

Mohéli Mayotte

P Moroni , capitale des Comores est située sur l' île de la Grande-Comore.

O

P

U

L

A

T

km² km²

I

O

N

La population des Comores est estimée à 875 000 habitants répartis de la façon suivante : Grande-Comore : 350 000 Anjouan : 300 000 Mohéli : 40 000 Mayotte : 185 000 Leur position géographique a fait des Comores un carrefour entre le monde arabe, l’Afrique noire et le reste de l’océan indien. Les Comoriens sont d’origine Bantou, peuple d’Afrique de l’Est. L’immigration, aux cours des siècles, des divers peuples comme les Malgaches, les Arabes, Chiraziens et mélano-indonésiens vers les îles, a fait des Comores un lieu de métissage. C’est pourquoi il n’existe pas à proprement parler un type comorien mais tout un spectre de métissage.

RELIEF S

U

P

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C

I

E

L’archipel s’étend sur un domaine maritime de 250 km est/ouest et sur 200 km nord/sud. Les Comores représentent une superficie totale de 2234 km² ( un quart de la Corse) répartie comme suit : Grande-Comore Anjouan

1146 424

km² km²

Les îles Comores sont d’origine volcanique et c’est en Grande-Comore que se trouve le volcan Karthala (2361 mètres d’altitude) encore en activité et qui possède le plus grand cratère du monde ( 3 à 8 km de diamètre). D’ailleurs, « les Iles Comores » est la traduction française de « Djazaïr al Qamar » c’est-à-dire les Iles de la Lune, nom donné par les géographes


arabes du Moyen-Age. En effet, les premiers marins arabes arrivés dans l’archipel furent étonnés par l’aspect lunaire du paysage dû à la présence de lave pétrifiée sur les plages de sable blanc. Il est à noter que la superficie de la GrandeComore est supérieure à celle des trois autres îles réunies d’où le nom de Grande-Comore. Toutes les îles sont alimentées par des rivières sauf la Grande-Comore car ses sols volcaniques sont extrêmement poreux et il n’y a donc aucun ruissellement superficiel. Ainsi toute l’eau s’infiltre instantanément mais il existe quelques nappes d’eau douce qui sont pompées. Anjouan est la plus favorisée des trois îles car deux tiers des rivières de l’archipel y coulent.

CLIMAT De type tropical humide, tempéré en altitude, le climat est sous la dépendance des alizés du sudest et de la mousson du nord-ouest. La saison chaude et pluvieuse s’étend de Novembre à Mai et la mousson souffle du Nord-Ouest.(30° Celsius). La saison sèche, de Mai à Octobre, est sensiblement plus fraîche et les alizés soufflent du Sud-Est.(24 °Celsius). La température moyenne annuelle est de 25° Celsius, en effet elle varie peu au cours de l’année. Le maximum atteint en saison des pluies est de 27° et le minimum en saison sèche est de 24°, cependant, à Moroni le thermomètre peut descendre la nuit jusqu’à 14°. Les précipitations sous forme d’averses sont parfois très violentes (moyennes annuelles de 500 à 6000 mm d’eau). L’archipel est à l’écart de la route normale des cyclones et il est donc très peu touché (le dernier cyclone remonte à 1950). LANGUES La langue parlée par les habitants de l’archipel est le comorien. Le comorien est une langue métissée dont la base est le swahili, qui est la langue parlée sur la côte de l’Afrique de l’Est, complétée d’apports de mots arabes, portugais et malgaches. Cependant, chaque île possède son dialecte :

- le shingazidja (le grand-comorien) parlé en Ngazidja (Grande-Comore) est proche du shimwali (le mohélien) parlé dans l’île de Mwali (Mohéli). - le shindzuani (l’anjouanais) parlé à Ndzuani (Anjouan). Le français est la langue utlisée par les enseignants et l'administration comorienne. L’arabe car les Comores étant un pays musulman, tout comorien doit aller à l’école coranique pour apprendre à lire et écrire l’arabe et les principes fondamentaux de l’Islam avant d’aller à l’école française. HISTOIRE Connues depuis l’Antiquité les Comores ont subi à maintes reprises les invasions de tous les peuples qui ont navigué dans l’Océan Indien. Après avoir été islamisées au Moyen-Age par les Arabes qui organisèrent le trafic d’esclaves à destination du Golfe Persique, les Comores ont été soumises au cours des XVIIIème et XIXème siècles à l’influence des souverains Sakalaves venus de Madagascar. Pour échapper à ces invasions, le sultan de Mayotte céda cette île à la France et obtint le protectorat en 1843. Ce protectorat s’étendit ensuite aux trois autres îles (Grande-Comore, Mohéli et Anjouan), l’île d’Anjouan étant la dernière à obtenir le protectorat français en 1886. En 1927 les Comores ont formé une entité distincte rattachée administrativement à Madagascar alors colonie française. Après la seconde guerre mondiale les Comores obtiennent le statut de « Territoire Français d’Outre-Mer ». Le 6 Juillet 1975 les Comores accèdent à l’indépendance unilatéralement sauf Mayotte qui demanda et obtint son rattachement à la France et devint alors « Collectivité Territoriale de la République Française ». Les trois autres îles (Grande-Comore, Mohéli et Anjouan) formèrent la République Fédérale Islamique des Comores.


Depuis 2002 l' archipel des Comores s'appelle officiellement l' Union des Comores (Shikomor Udzima wa Komori en langue comorienne ) RELIGION Les Comoriens sont musulmans sunnites à 99%, en effet, l’Islam est la religion d’Etat puisque les Comores sont une République Islamique. Selon certaines sources, l’introduction de l’Islam aux Comores remonterait au IXème siècle de l’ère chrétienne. Ce sont les Arabes (Yémen, Oman) et les Chiraziens (Perse) qui ont apporté l’Islam dans l’archipel. Chaque ville ou village possède au moins une mosquée avec de hauts minarets qui offrent des vues panoramiques. Des hauts-parleurs puissants transmettent l’appel du muezzin à la prière, les fidèles se rendant ainsi à la mosquée. C’est un Islam modéré et tolérant qui régit les moindres détails de la vie quotidienne.

- Le secteur secondaire, constitué de quelques entreprises alimentaires et de fabrication de meubles, reste largement artisanal et représente moins de 5% de l' économie. - Le secteur tertiaire ou secteur des services (45% de l' économie) est dominé par le commerce de produits importés dont la forte expansion accentue sans cesse le déficit commercial du pays.

ECONOMIE Conséquence de l’instabilité politique, l'Union des Comores n’a jamais réussi à créer les conditions d’un décollage économique. Les Comores souffrent de leur morcellement géographique et manquent d’infrastructures qui pourraient désenclaver les îles. Le réseau routier est en mauvais état. Les moyens de transport réguliers par voie maritime entre les îles et vers Mayotte ont quasiment disparu en 2004 et 2005. - L'économie repose à 40% sur le secteur agricole constitué de cultures vivrière et de trois cultures de rente (clou de girofle, ylang ylang et vanille) qui représentent 90% des exportations. L’effondrement des cours mondiaux de la vanille et le faible niveau d’investissement dans l’agriculture ne permettent pas d' atteindre une croissance économique indispensable au développement du pays. Les îles Comores ne sont pas autosuffisant alimentairement et doivent donc importer en masse la nourriture et les produits manufacturés. La pêche (environ 15 000 tonnes par an) s' est considérablement développée avec la motorisation des bateaux mais reste encore une pêche artisanale.

La situation économique est donc très difficile. Elle est caractérisée par une augmentation de la pauvreté et une détérioration des conditions de vie pour la population ( l'éducation et la santé sont dans un état chaotiques). Aussi, il est à noter que la diaspora comorienne, très solidaire, subvient d'une facon importante, à la survie de la population en envoyant de l'argent au pays et en participant au financement de projets humanitaires. L 'espérance de vie est estimée à 61 ans. Le potentiel touristique des îles reste inexploité alors que les sites naturels sont nombreux et ont conservé toute leur beauté. 1 Franc des Comores = 0.002025 Euro 1 Euro (EUR) = 492 Francs des Comores (KMF) L’ylang-ylang Cette fleur a fait la renommée des Comores car l' huile essentielle qui en est extraite est utlisée par tous les parfumeurs du monde. Cela a donc valu aux Comores le surnom " d' îles aux parfums " La vanille C'est une liane verte de la famille des orchidées. Celle des Comores est considérée comme la meilleure du monde. Elle est obtenue par le biais de la fécondation artificielle.


les fruits pour arrêter la végétation en détruisant la chlorophylle. On les fait ensuite sécher, puis étuver avant de les conserver quelques mois dans des caisses pour concentrer le maximum de parfum. Ensuite, les gousses seront triées et calibrées puis mises en botte destinées à la vente. Le giroflier Les boutons floraux de cet arbre, appelés clous de girofle, se présentent sous la forme de belles baies rouges de la taille d’une petite olive. Au bout de 6 à 7 mois, les fleurs donnent des fruits allongés appelés « gousses » de 15 à 25 cm de longueur.Dès la récolte, on procède à la « mortification » de la vanille verte en ébouillantant

Une fois cueillies elles sont mises sur des nattes au soleil placées dans les cours, les toits-terrasses ou même sur le bord des routes.


Par l’équipe de RHA-Magazine

Confidences pour confidences : les reines lectrices ont la parole ! Pour ce numéro, la parole est donnée à Kira, jeune femme afro-descendante de 29 ans. Cette lectrice fervente de RHAMagazine a accepté de se confier à nous mais en gardant l’anonymat, chose que nous respectons totalement. Au fil des années, on peut dire qu’elle a réussi à se faire une sacrée réputation et elle en est consciente ! Kira est ce que l’on pourrait appeler « une femme facile ». Non pas qu’elle refuse cette appellation souvent pleine de préjugés et de stéréotypes, mais Kira souhaite nous faire part de SA définition de la femme facile. Sans tabou elle se livre et espère qu’avant d’être pointée du doigt, elle et ses semblables, seront désormais traitées avec plus de respect pour ce qu’elles ont choisi d’être. onjour à toutes les lectrices (et bonjour aux

B

figure. Mais comme des Saintes Vierges, j’en ai encore

lecteurs) de RHA-Magazine. Je m’appelle Kira

jamais rencontré, je parlerai plutôt des femmes qui

et vous m’avez tout d’abord demandé de

malgré leur caractère exécrable font que même leurs

définir ce qu’est une femme facile et ensuite de vous

amis cherchent des excuses pour passer un minimum

présenter ma vision des choses sur la question, étant

de temps avec elles, et arrivent toujours par des

moi-même ce qu’on

moyens miraculeux à

pourrait

se trouver des mecs.

appeler

une femme facile.

Le

Pour

commencer,

qu’aucun de ces mecs

moi je peux dire

ne les quitte. De ce

qu’il

fait,

y

catégories

a

deux de

pire,

c’est

elles

ne

connaissent pas de

femmes. Attention,

sensation

je ne dis pas qu’il y

manque, car elles ont

en a une meilleure

toujours

que l’autre. Je dis

pour les satisfaire.

simplement qu’il y

Le deuxième cas de

en a deux, et que

figure, ce sont les

chaque

femmes

catégorie

de un mec

qui

ne

doit accepter la présence de l’autre, afin que les deux

trouvent pas de mecs. Ou plutôt, qui n’arrivent pas à

puissent coexister dans le même monde.

avoir le mec qu’elles veulent. J’en connais une comme ça Elle a tous les mecs de la Terre à ses pieds. Sauf un.

La première, ce sont les femmes qui ont besoin d’aimer

Et comme la vie est bien faite, c’est justement ce « sauf

pour coucher. La Vierge Marie peut être citée en

un » qui l’intéresse. Et la fille en question cherchant à

exemple pour ce premier type de femme. Pour elles, le

tout prix une relation sérieuse, elle refuse de coucher

sexe, c’est forcément une question de sentiments entre

avec tout mec qui n’est pas le « sauf un ». C’est ainsi

deux personnes. Et dans ce cas, il y a deux cas de

qu’elle arrive à deux ans d’abstinence. Mais ça ne la


dérange pas, parce que pour elle, chercher son prince

pas,

je

constate

simplement.

charmant, c’est plus important que coucher. Je ne juge

La

elles. Le

deuxième

plus

catégorie de

souvent,

filles,

ce

c’est

sont

les

première

filles

qui

catégorie

n’ont

pas

qui

besoin

la

juge la

d’aimer

deuxième

pour

.

C’est

coucher. Moi, je fais partie de cette catégorie-là. Moi, je

comme ça que sont apparus des termes tels que

considère que le sexe peut tout simplement être un

« pute », « nympho » (à part évidemment dans des

moment partagé entre deux personnes qui ressentent

situations où la personne est vraiment une pute ou une

une forte envie l’un de l’autre et qui s’attirent

nympho, mais vous avouerez que le ratio (vraies putes

mutuellement,

personnes

ou vrais nymphos)/(femmes qu’on traite de putes ou

n’envisagent pas nécessairement de passer leurs vies

de nymphos) est un ratio assez faible), « traînée »,

même

si

ces

deux

ensemble. Deux personnes

« femme facile », « femme avec des

qui n’ont absolument aucun

morpions ». Je précise que tous ces

avenir

termes ont été employés à mon

l’un

avec

l’autre

peuvent, à mon goût, être un

égard au moins une fois.

cocktail explosif au lit.

D’accord, si être une femme facile signifie considérer le sexe comme

Il y a donc deux catégories de

un moment partagé entre deux

filles, jusque-là tout va bien,

personnes qui ressentent une forte

quelque part tant mieux, si

envie l’un de l’autre sans pour

on était tous pareils, la vie

autant envisager de passer leurs

serait bien ennuyeuse! Le

vies ensemble, oui, je suis une

problème arrive quand ces

femme facile. Non, je ne cherche

catégories

pas

de

filles

à

m’assurer

commencent à se juger entre

que le mec me considère

Mais en même temps j’ai envie de

comme la Sainte Vierge avant

dire, et alors ? Est-ce que ça fait

de baisser ma culotte. Oui, j’ai eu 52 partenaires

pour autant de moi une malpropre ? J’utilise une

sexuels alors que j’ai 29 ans. Sur ces 52 partenaires, il

capote à chaque fois. Même si, d’accord, la capote c’est

n’y en a eu que 5 que j’ai considérés comme des

pas infaillible, je pense que c’est à moi ou à mon

copains plus ou moins exclusifs. Les autres étaient des

partenaire de s’occuper du problème d’infaillibilité de

plans cul plus ou moins réguliers. Je vous choque, je le

la capote et de la possibilité de MST, et certainement

sais. Je continue, ou bien je ne suis plus assez digne… ?

pas à des minettes qui jugent ce qui ne les regarde pas.

LOL…

C’est vrai ça, est-ce que moi je dis que c’est mal d’attendre pour coucher, de ne le faire qu’avec quelqu’un qu’on aime ? Non, je ne dis pas que c’est


mal, je dis simplement que c’est une vision différente

bonheur et notre rapport à la sexualité soient les seules

de la mienne. Et là, je vous pose une question :

visions acceptables ?

comment peut-on être fermé d’esprit au point de penser que notre philosophie de la vie, notre vision du

Certes, il y a soixante ans, il

pour de la merde ? Une « femme facile »

n’en

ou une femme qui rend les mecs fous

était

pas

mamans

ainsi.

Nos

attendaient

le

tellement elle est insupportable

et

mariage et n’avaient pour la

chiante ? Une « femme facile » ou une

plupart qu’un partenaire dans

femme hystérique ? Une « femme facile »

leur vie. Mais aujourd’hui, les

ou une femme qui poursuit les gens dans

mœurs

les

la rue en poussant des hurlements ? Une

possibilité

« femme facile » ou une femme qui

d’expérimenter comme elles

préfère perdre tous ses amis qu’accepter

veulent sans qu’on les attache

qu’elle doit faire des efforts pour changer

à un poteau et qu’on leur lance

son caractère ? Une « femme facile » ou

des

ne

une étoile de mer au lit ? Pour ma part,

expérimenter,

mon choix est assez vite fait. (bon, pour

d’accord, pourquoi pas. Après

l’étoile de mer au lit, ça dépend de la place

tout, ce n’est pas parce qu’on

que le sexe occupe dans notre vie, donc je

peut faire quelque chose qu’on

conviens que ça puisse être discutable…)

femmes

ont ont

pierres.

veulent

pas

évolué la

et

Certaines

doit forcément le faire. Moi j’ai le droit de manger du gombo, mais j’aime pas ça, alors

J’aime le sexe. Et si j’avais la possibilité d’être

je ne le fais pas. Mais je laisse ceux qui mangent des

constamment en couple avec un partenaire fixe qui me

gombos

qui

permettrait d’avoir du sexe et que j’aimerais (et si je

s’autoproclament « les femmes pas faciles » ne peuvent

vivais, par la même occasion, dans le monde de

pas en faire de même ? Pourquoi beaucoup d’entre

Kirikou), c’est ce que je ferais. Mais malheureusement,

elles (je dis pas toutes, la Sainte Vierge par exemple n’a

la vraie vie c’est souvent plus compliqué, et je mets

jamais jugé ma façon de vivre ni de penser) éprouvent-

mon besoin de sexe avant ma recherche de prince

elles le besoin de répandre partout leur venin sur un

charmant. Et pour ceux à qui ça plaît de me traiter de

sujet qui ne les regarde absolument pas ?

femme facile ou de traînée pour cette raison-là, ils

tranquilles.

Pourquoi

celles

n’ont qu’à continuer. Et vous ? Dans quelle catégorie Par ailleurs, est-ce plus condamnable d’être une « femme facile » ou une femme qui prend ses amis

vous placez-vous ?


Par l’équipe de RHA-Magazine

Sans tomber dans le cliché « les hommes sont des animaux, les femmes des êtres asexués », il faut avouer qu’il peut arriver que votre chéri ait envie de faire l’amour, alors que vous, pas du tout. Mais alors, comment se dépatouiller de cette situation embarrassante ?

Le poids de la société La société occidentale a beaucoup influé sur nos mœurs africaines, au point où nous nous sommes basées sur les us et coutumes de la fameuse période pré-68 où le plaisir féminin était un tabou et qui a été remplacée par la culture des tops sexuels, de l’orgasme multiple et des rencontres orgiastiques. Ces dérives sociétales ne doivent pas nous façonner, dans un sens comme dans l’autre. Il n’est pas honteux de jouir et de faire l’amour pour une autre raison que la procréation, de la même manière qu’il n’est pas ridicule ou anti-féminin de ne pas avoir en avoir envie. Rassurez-vous, dans nos sociétés africaines, et aussi ancienne soient-elles, le plaisir sexuel féminin n’a jamais été tabou et un homme digne de ce nom ne vous quittera pas juste parce que vous ne remplissez pas le feu devoir conjugal pendant un temps.

aussi liée à nos émotions : êtes-vous triste, déprimée, lassée de vous-même ? Votre couple bat-il de l’aile ? Osez affrontez la vérité, cela vous soulagera. Les bonnes vielles excuses Rien de pire qu’une bonne liste d’excuses quand on n’a pas la force de dire la vérité. Attention, on ne vous les donne pas pour les utiliser, mais pour que vous constatiez le ridicule de la chose. « J’ai une grosse journée demain ! » -pour parfaire cette excuse, certaines prennent un air mutin et disent, justement, que demain soir, elles seront toute à lui. « Je ne me sens pas bien, j’ai mal au ventre/au crâne » - un classique, par essence indémodable, donc, mais si périmé en même temps.

La vérité nue La plus belle preuve d’amour est parfois la franchise. Il serait dommage que vous soyez obligée de mentir à votre chéri-coco à chaque fois que vous n’en avez pas envie. Si Monsieur n’est pas trop susceptible, osez lui dire simplement les choses, en précisant que cela ne vient pas de lui. Après tout, une envie ça ne se contrôle pas ! Quand s’inquiéter ? Nous ne sommes pas des machines, il est naturel de ne pas toujours être prête à faire l’amour. Cependant, lorsque le manque d’envie est systématique et se répète dans le temps, il est souvent révélateur de quelque chose. La libido est

« Désolée d’avoir à le dire comme ça, mais je préfère être sincère avec toi, ce n’est pas la bonne période du mois » - à moins que vous ayez un faible pour les énergumènes, il y a peu de chances pour qu’il aille vérifier que ce que vous dites est vrai. Dans le cas où vous auriez une envie soudaine le lendemain, prétendez que vos règles viennent de finir. « Je suis vraiment bien avec toi, tu sais… La plupart des hommes sont des pervers mais pas toi. Tu es une perle rare ! » - à lui susurrer dans l’oreille, lovée dans ses bras. Il est peu probable qu’il osera faire la moindre approche après cela, au risque de passer pour un odieux personnage et un cochon.


« On s’est disputé tout l’après-midi ! Désolée, mais je n’ai pas la tête à ça ! » - les plus vicieuses pourront même pousser la stratégie jusqu’à provoquer une fâcherie quelques minutes avant l’heure du coucher. Oooh les vilaines ! Ce n’est pas digne d’une reine ça vraiment ! « J’ai eu une journée horrible, je suis épuisée…Je suis bien contente de retrouver mon lit » -à associer à un grand sourire enfantin, un bâillement outrancier et un frottement des yeux des deux mains.

Celles qui n’ont plus d’autres choix que la « technique de castration » Quand on n’a ni l’envie de dire clairement les choses, ni la force d’inventer un mensonge, il reste encore quelques pistes à explorer, pour les plus téméraires, car le but de la manœuvre est ici lui couper son envie…de manière momentanée. Mais comment font-elles ? Elles mettent le même parfum que sa mère en sortant de la douche. (Radical !) Elles portent un pyjama aux motifs enfantins, si possible rapiécé auquel elles associent des chaussettes, pour un maximum d’effet. Elles frottent sensuellement leur jambe non épilée à la sienne, si possible quelques jours après un rasage en règle. Elles se couchent avec des bigoudis ou la tête pleine de beurre de karité: autant joindre l’utile à l’agréable ! Elles parlent sans s’arrêter et saoule le doudou de paroles, jusqu’à épuisement.

Et si vous vous laissiez convaincre ? Avant-propos : Ne vous forcez jamais à avoir un rapport sexuel non consenti au départ, même avec votre homme. Par respect pour vous et pour une sexualité épanouie, vous vous devez de dire non lorsque vous le désirez, un point c’est tout. N’allez pas contre votre nature, même s’il vous semble parfois plus facile de vous abandonner à lui plutôt que de créer un conflit. Vous pourriez en souffrir, même inconsciemment, des années après et pire, votre chéri le ressentirait. Propos : Roooooh, laissez-vous tenter ! Y a quoi la reine ? Les hommes sont souvent plus visuels que les femmes. Le simple fait que vous vous couchiez à côté de votre compagnon peut lui donner envie, et cela se remarquera directement au niveau de son…euh…au niveau anatomique. Au contraire, beaucoup de femmes ont besoin qu’on les caresse, qu’on s’occupe d’elles, pour provoquer l’excitation. Si vous sentez que vous n’êtes pas totalement réfractaire, laissez un peu votre homme vous prendre en main. Au lieu de lui dire non, dites-lui : « J’aimerai qu’on s’occupe de moi ce soir… ». Libre à vous de refuser par la suite d’aller plus loin si vous voyez que, non, définitivement, ça ne fonctionne pas, mais l’expérience nous a souvent démontré le contraire…Ce n’est pas pour rien que quelqu’un a chanté : « un petit frein pour démarrer, une caresse pour décoller… ».


par Ramata Sam - Rédactrice pour RHA-Magazine

Il existe plusieurs des secrets bien gardés dans les traditions orales africaines pour retenir son homme ! Et selon les pays d’Afrique, les astuces vont changer, mais vont tout de même se ressembler, surtout au niveau des ingrédients et des recettes. Attachez vos ceintures les reines, cet article va certainement vous faire bondir….de joie ! Commençons par découvrir certaines plantes aphrodisiaques depuis la nuit des temps :  Le piment : riche en vitamines A et C, il donne de l’énergie au corps et contribue à dilater les vaisseaux sanguins. Egalement riche en capsaicine, élément irritant de la plante, et pourtant, la clé des bienfaits sexuels du piment, et cela, les femmes africaines l’ont bien compris depuis des millénaires. Ne nous étonnons donc pas de voir le piment accompagner la plupart de nos plats, présenté en poudre, pilé, en sauce ou sous une autre forme. A retenir les reines : le piment possède des effets bénéfiques pour la santé et donne de l’énergie nécessaire à la gymnastique charnelle.

 La verveine appelée « la plante de l’amour »stimule la circulation sanguine et augmente l’envie .

 La cardamome est une plante herbacée originaire d’Asie que l’on retrouve notamment dans le pain d’épice. Depuis des siècles, les Arabes l’ont ajouté à leurs cafés pour une meilleure digestion et pour bénéficier des propriétés aphrodisiaques que l'on prête à cette plante. Elle stimule le système nerveux et combat la fatigue. Cette action tonifiante est à l'origine de sa réputation quant à son pouvoir d'augmenter le désir sexuel.

 La cannelle est l’épice aphrodisiaque la plus ancienne ,utilisée depuis la nuit des temps

 Les graines de moutarde, connues pour stimuler les glandes sexuelles.  Le gingembre : sa forme évocatrice, son gout exotique, son pouvoir épicé, tout est réuni pour être le meilleur des stimulants sexuels. Le piment, pour diverses autres raison, reste excellent pour la santé !

 Le ginseng : remède puissant et des plus naturels pour réparer les trouble de l’érection.


 Le ginkgo biloba : améliore la circulation sanguine, traite les problèmes de peau et traite les dysfonctions érectiles.

La recette « Ginger » ou « philtre d’amour » Les ingrédients qu’il vous faut :

 Le bois bandé : utilisé depuis des années en Afrique et aux Antilles, c’est une écorce naturelle provenant d’un grand arbre, le « richeria Grandis », qui permet de provoquer des poussées de désir chez la femme.

    

Du gingembre Du jus d’Ananas 2 citrons verts De la poudre de cannelle Du sucre

Epluchez les gingembres, râpez-les au-dessus d’un saladier et mixez. Ajoutez le jus des 2 citrons verts, puis l’eau. Laissez macérer pendant 1 à 2 h. Filtrez le jus de gingembre, ajoutez le jus d’ananas, puis le sucre et la poudre de cannelle. Mélangez et laissez au frais jusqu’à utilisation. Simple, bon pour la santé et facile à faire, vous serez néanmoins surpris du pouvoir de ce petit philtre d’amour ! Offrez un verre à votre cher et tendre et prenez-en vous-même pour un cocktail explosif ! Il est à noter que la plupart des plantes dites aphrodisiaques contiennent différentes sortes d’alcaloïdes (substances organiques azotée d’origine végétale à caractère alcalin ) (le premier alcaloïde découvert a été la morphine). C’est donc à partir de ces produits naturels précités que les femmes africaines ont pu concocter des recettes dites secrètes, et en voici une :

Même si vous y voyez une recette toute banale, sachez que si nos mères en ont fait usage, c’est qu’elles ont prouvé leur efficacité. Et comme le dit un célèbre proverbe: « Le coeur d'une mère est l'école de l'enfant »

Source : www.sambamara.com


Conte africain, narré et illustré par Founé Camara - Rédactrice pour RHA-Magazine

C

’était un matin de la saison des pluies, une matinée douce et rayonnante qui semblait prédire une belle journée. Peu après le repas du matin, le tamtam du village retentit deux coups, puis un trois coups, c’est le message de disparition d’une personne dans la forêt. Il ne fallut que quelques minutes pour savoir de qui il s’agissait. Les femmes de la maison fondatrices du village déambulaient dans tous le village, avec des cris, des pleurs et hurlaient :Kiyaoooo, Kiya ! KiyaooooKiya ! Kiyaoooo Kiya ! C’était la même ambiance que celle d’un décès. On disait que Kiya avait été enlevée par le djinn de la forêt. La forêt avait été maudite depuis l’arrivée de ce djinn. Et d’après le marabout du village, ce djinn était venu hanter la forêt à la recherche de sa défunte femme. Rongé par la tristesse et aigri par la douleur, il capturait chaque femme qui s’aventurait seule dans cette forêt.

Le calvaire du présent En fait, les choses avaient commencé bien avant la cohue du village. Dans l’intimité de l’aube, Kiya avait regardé pour la dernière fois sa tanière. C’est comme ça qu’elle appelait sa case de jeune épouse, car elle s’y isolait autant qu’elle pouvait, pour y être seule, se retrouver. C’est les yeux rivés vers la natte tressée du plafond qu’elle avait pour habitude de rêver. Ces rêves, étaient les seuls moyens de s’évader de son présent. Dans ces rêves, elle se remémorait le passé synonyme de joie et s’imaginait son futur lueur d’espoir. Kiya ne quittait sa case que par nécessité ou pour fuir son mari. Quand c’était son tour, ce fameux tour, Kiya ne

manquait pas d’idée pour se défaire de cette obligation. Tout était bon pour décourager ce mari patient et qui n’attendait que Kiya tombe amoureuse de lui. Soit elle rentrait tard du fleuve ou du champ, soit elle s’endormait chez la doyenne de la maison, ou encore elle était malade. Mais tous ces stratagèmes ne donnaient que plus d’intérêt à Kiya aux yeux de ce mari qui refusait encore et toujours de la répudier. Face à ce désarroi de ne pouvoir faire comprendre à cette homme quelle était malheureuse à ses côtés, Kiya décida de bouleverser son destin en fuguant.


Kiya n’avait pas dormi de la nuit, elle n’avait fermé l’œil que pour tromper Fifi, la jeune qui dormait à ses côtés quand c’était le tour de ses coépouses de partager la couche du mari. Elle rassembla avec délicatesse et détermination ses effets les plus précieux, à savoir une djoré (tissu traditionnel en coton) tissé par sa mère, le miroir que lui avait légué sa grand-mère et la flute que lui avait offert son bien aimé. A cet instant, tout était prêt. Tout dormait dans le village sauf les esprits. Elle se disait juste qu’il valait mieux périr dans la forêt maudite, que ne pas être libre de ses idées et projets. Pour s’encourager, elle pensa à sa vie, celle qu’elle aurait souhaitée, avec Amadou, le berger Poulo (peul). Son mariage avec l’homme qu’elle n’aime pas vient d’une promesse (laydou) faite par sa famille. Kiya avait été promise à cet homme en guise de reconnaissance, car lui et ses troupes avaient protégé le village d’une invasion étrangère. Et de cette année une seule fille vit le jour de tout le village et c’était Kiya. Pour les sages du village, cette naissance fut un signe divin, Kiya était la récompense à attribuer à cet homme de bravoure. Voilà comment à sa naissance le destin de Kiya fut scellé.

L’heureuse enfance Son passé était source de bonheur et d’insouciance. En effet Kiya, venait d’une autre contré, la contré des TAROUFANA, le dernier lieu où elle avait ri de joie. Kiya était la dernière fille de Siya, première femme de Modibo le chef du village. Cadette d’une fratrie de 7 enfants Kiya était choyé et aimé par tous. Comme de coutume, Kiya avait été élevé par sa grand-mère maternelle, surnommée Saké (valeureuse). Cette dernière, était d’une autre tribu. Femme de caractère, elle avait su préserver son héritage culturel en refusant de parler une autre langue que la sienne, le Souraké (Maure). De cette grand-mère « étrangère »Kiya, tient son amour de la liberté et de l’aventure. Le village de

Kiya était grand et cosmopolite, y cohabitait plusieurs ethnies : des Soninkés comme elle, des Pulars, des Bobos, des Djarinkés, des Sourakés et des Malinké. C’est chez les Pulars que Kiya rencontra son âme sœur, Amadou, le jeune berger de la tribu de Poula Fouta. Amadou était élancé et d’allure gringalet, il était plutôt discret. Kiya l’avait souvent croisé en allant chercher de l’eau au fleuve pour mama (grand-mère en Soninké) Saké, mais elle le trouvait inintéressant car il semblait introverti et effacé. Kiya voulait un homme avec du caractère et du cœur, mais surtout ouvert ! Ces traits de caractère étaient importants pour elle, car hélas dans sa tribu les hommes étaient des despotes familiaux et considéraient la femme comme l’aînée de leurs enfants. Etrange relation se disait Kiya, leurs femmes ressemblaient parfois même à des esclaves. Pour sûr, elle ne voulait pas être ce genre femme servile à la merci d’un pantalon ! Cependant il y avait quelques exceptions comme son défunt Kissima (grand père) Lakami, il était sage et très admirateur de la valeur féminine. Excepté sont divin Dieu, Kiya ne voulait être soumise à personne et mama Saké lui avait toujours donnée raison là-dessus. Mama Saké avait pour habitude de lui dire : « une femme est précieuse, sa valeur est naturelle, celui qui la possède doit la chérir et la protéger. Et en tant que femme tu te dois de faire valoir et scintiller toutes ces qualités ! » C’est dans ce genre de phrase dans lequel Kiya avait été bercé …Mais cette phrase-là, Kiya l’adorait, elle lui faisait se sentir importante et l’aidait à se construire en tant que femme !

La rencontre de l’amour Dans les villages africains, les événements d’une famille était ceux de tous. Tous les villageois étaient conviés aux fêtes de mariage, aux « Gnounognouté » (prise de pantalon, c’est-à-dire passage de l’adolescence à la vie d’homme), aux


deuils, etc. C’est à l’occasion d’un gnounognouté, que Kiya eut l’occasion de découvrir celui qui deviendra l’amant de ses soirées et l’homme de ces rêves. Après la cérémonie et les danses traditionnelles, les aînés s’en allaient à leur occupation et laissaient les jeunes gens se divertir ensemble. A cette occasion elle put découvrir les talents d’orateurs d’Amadou, et l’admiration que lui portaient ces camarades de fédé (bande d’amis) pour sa bravoure et sa connaissance de la savane. Kiya elle n’avait jamais traversé la rive pour aller dans les champs de brousse (djéri), mais allait rencontrer quelqu’un qui y allait et connaissait les lieux comme sa poche. Ce dernier suscita un intérêt pour la demoiselle. Malgré elle, Kiya n’allait pas cultivé dans les djéri. Les longs trajets pour les hommes et les plus courts pour les filles, c’était une règle imposée par son grand-père qui se voulait être équitable entre les deux sexes. Les filles de sa maison paternelle l’enviaient pour cette « chance », mais Kiya, elle, aurait tout fait pour y aller. En effet, c’était une faveur, car elle évitait la pénible marche pour atteindre ces champs de brousse et ses longues heures de souffrances courbée sous un soleil de plomb. Amadou l’avait aussi remarqué, lors de la danse des jeunes filles. C’était la seule qui avait autant de boucles d’oreilles et de scarifies de beauté sur le corps, preuve de sa bravoure. En effet autant de piercings et de tatouages ne pouvaient qu’être le reflet de la bravoure d’une femme, se disait-il. De plus elle était la seule qui fixait le public avec un grand sourire à chaque pas de danse. Kiya aimait Amadou pour tout ce qu’il était, il était charmant et très cultivé sur la nature et les peuples. D’ethnie peule, Amadou avait des traits

fins et un teint crémeux. Berger, il était aventurier et ouvert d’esprit. Amadou avait toujours voyagé, ces parents étaient restés longtemps dans le village de Kiya, uniquement par contrainte. Ils n’avaient plus de cheptel. Des bandits de la savane leurs avaient tout volé, maintenant pour vivre ils devaient s’occuper et emmener paitre les troupeaux des villageois. Les jeunes gens avaient pour habitudes de se voir au crépuscule, près du fleuve et derrière le gros baobab. Kiya lui parlais de ses rêves, elle voulait voyager à travers les savanes, les dunes et les fleuves, escalader des montagnes et se baigner dans Guédji (l’océan). Amadou, l’écoutait et parfois se moquait d’elle : « la Soninké et ses projets d’aventurière mais qui n’avait jamais quitté son village ». Lui voulait retourner sur les traces de ces aïeux. Amadou la faisait voyager de contré en contré, à travers ses histoires. Il lui parlait de la mystérieuse Tombouctou, surnommée la perle du désert, de Mopti la pirogue des cultures, de Ségou l’empire des guerriers Bamana (littéralement « refus de l’autorité ») et de pleins d’autres encore. Ils avaient tous deux en commun, l’amour de leur peuple respectif et des autres, pour eux la différence des autres ajoutait un intérêt à découvrir.

A suivre au Magazine…

prochain

Illustrations : Founé Camara

numéro

de

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Dakar, mai 2012 Graphisme : RHA asbl

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Né d’une idée originale de Kemi Seba www.kemi-seba.com

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