DiptYque 2 extraits

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DiptYque #2

- revue littéraire et artistique semestrielle Hiver 2010- 2011 Lumières intérieures

DiptYque revue littéraire et artistique

Versant 2 : Lumières intérieures


Ami, où que tu sois, ne t’arrête pas; Il faut sans cesse aller de lumière en lumière Ami; arrête là. Si tu veux lire encore, Va, toi même deviens l’écriture et l’essence” Angelus Silesius Le Voyageur chérubinique

Cette apostrophe s’adresse sans aucun doute à vous, chers lecteurs de Diptyque. Au moment de clôturer ce numéro par son éditorial, elle m’est littéralement « apparue » comme la meilleure entrée en matière pour ce qui ne sera pas des constats de fin d’année, mais des voeux de nouvel an. Deux-mille-onze a remplacé deux-mille-dix dans la date de livraison du numéro deux de DiptYque. Comme la lumière a remplacé l’ombre, l’espoir réinvestit les jours en les rallongeant. N’était-ce finalement pas le destin de ce numéro consacré aux lumières intérieure de naître en hiver, là où la clarté entame sa lutte cyclique contre la pénombre des étés finissant?

Oui, à l’invite de Silesius ne cessons d’aller de lumière en lumière, des textes aux oeuvres rassemblées en ce numéro. Dès son préambule, vous explorerez un dossier monté par Le Scriptorium de Marseilles de Dominique Sorrente : Lumières de Toscane en Provence... Auteurs italiens et français croisent leurs pas et leurs regards parmi les sentes et hauteurs de l’Isle sur la Sorgue, de Fontaine de Vaucluse et au Mont Ventoux. Voix à la Une jetant leurs lueurs polyphoniques sur nos pages. Davantage d’artistes pour davantage de cristaux colorés dans les lumières kaléidoscopique de cette thématique : intériorité des lieux ou des personnes de Clarisse Rebotier et Brahim Metiba, vieillesse immobile parcourue de zébrures incandescentes de Grégoire Philippidis, paysages d’un grain qu’on dirait peints de Jacques Vandenberg, poésie in blue de Danièle Colin à l’enfance d’ombres chinoises d’Anastassia Elias, lèvres pulpeuses d’un sac poubelle aux aurores de Raphaële Colombi, effilochures et textures d’Anne Huart. Œuvres picturales de Jean-Marie Denis, de Solange Knopf, d’Annik Reymond, de Marie Herckberg : sobriété ou profusion interrogent notre sens de la justesse et de l’éveil. Dès la couverture due à Pierre Gaudu, deux songes se mêlent en une lutte d’où rêves et sèves intimes nous raniment.

Edito

Certes DiptYque fait la part belle à la poésie, mais ce sont bien dix nouvelles et récits qui s’égrènent de pages en pages, sans ordre autre que de subtiles correspondances avec des oeuvres posées comme des lampes basses. Effleurant le fantastique ou l’étrange, traçant des itinéraires de pierres sacrées ou de jours finissants, nous donnant à voir les éclats des révoltes ou les lueurs de rémission. Tout comme dans notre premier numéro, notre anthologie de poésie consacrée cette fois aux lumières intérieures se propose comme un livre au sein du livre. Y figurent des auteurs de tous les horizons de la francophonie, jeunes ou plus établis, mais chacun inspiré de ce souffle presque charnu des lumières qu’ils côtoient au quotidien dans leur rapport à l’écrit. Entre cent autres, c’est à l’écho des vers de Véronique Daine, que je vous invite à cheminer, comme en écho de Silesius…. Ma mère ma toute petite c’est un matin du corps battu, un matin de fractures et de fragilités, un matin de la nuit poumon un matin de nudité aussi, un matin de nos nudités, nos effroyables nudités un matin de l’étrange douceur de ces nudités, même devant la mort un matin de l’étrange douceur du rejoindre Amis, surtout ne vous arrêtez pas, continuez de vous rejoindre dans ces voyages, dans vos lectures, dans vos plumes et vos pinceaux. Revenez-nous pour nos prochains numéros aux thématiques en miroir. Deux-mille onze ne fait que commencer….

Florence Noël 18 janvier 2011

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Solange Knopf

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Voix à la Une Chaque numéro de DiptYque s’ouvre sur une voix ou plusieurs voix particulières, voix à entendre malgré les pas qui se pressent, les cieux qui filent, les marches qu’on dévale, les trains à prendre, la vanité de tout. Voix résonnant avec la thématique du numéro. Pour ce deuxième numéro de DiptYque, un recueil dans la revue, un concert polyphonique et bilingue, baigné des lumières intérieures de Provence et de Toscane.

De Toscane en Provence Lumières d’un Jumelage au

Scriptorium

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Préface d’un atelier en mouvement

PAR DOMINIQUE SORRENTE

D’un paysage à l’autre, écrire en mouvement comme on relie des pages inconnues. Le pari de nos mots échangés : celui des couleurs qui s’ignorent encore mais se devinent complémentaires. Notre désir de jumelage poétique est fait de cette matière-là à inventer ensemble.

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Il faut imaginer un quadrillage de l’existant, sous parois numériques. Le sentiment confus mais permanent que le noyau de poésie qui donne souffle recule sans cesse de soi-même parce que les temps actuels sont ce qu’ils sont. Gestes marchandisés, technologie prenante de chaque instant, machinales répliques… Dans cette usure éprouvée, face aux obsessions de contrôle qui se paieraient bien d’une mise en conformité des nuages et de leurs humeurs, nous nous sentons poètes, avec notre part d’insurgence, nos désirs d’incise et de lenteur, nos foucades et nos effrois, nos scènes d’abandon mais poètes aussi, apprenants et lucides, refusant les escamotages du réel qui réclame en son multiple, en ses énigmes et ses appels insaisissables, nous éprouvons le sentiment qu’il nous faut apprendre à écrire, dans la façon nouvelle que nous cherchons, toujours à l’œuvre, en travers de l’époque. Se fondre dans l’indistinct, comment le pourrions-nous ? Mais que faire d’un culte du à part qui nous éloignerait de la poignée de mains familière, fraternelle ? C’est ainsi que le Scriptorium est né et a vécu depuis 1999 de cet instinct en quête de coïncidences à trouver. Comme sémaphore d’incandescence, lieu intermittent de la parole. Entre les noirs des brouillages caverneux et les signaux qui, d’un intervalle à l’autre (tel est le nom donné aux rencontres thématiques du groupe), nous remuent, nous orientent. Dans ce parcours chaotique, incertain, toujours à reprendre, nous avons appelé des temps particuliers. Des moments collectifs où faire naître un croisement de voix avec le pari que de ces rapprochements suscités, désirés pouvait naître un jeu de vibrations inédites. Le jumelage entre poètes venus de Toscane et poètes du Sud de la France est une belle manifestation de cette ferveur dessinée là, d’abord à Pistoia en 2009, puis en Provence en 2010. Après l’expérience vécue en Toscane, en ateliers de traduction, à travers lectures et échanges, conduits grâce à Paolo Fabrizio Iacuzzi, la Bibliothèque San Giorgio et la


Voix à la Une commune de Pistoia, il s’est agi de partager avec nos amis italiens réunis par l’Accademia del Ceppo un temps de perceptions mais aussi de concrétisations poétiques, cette fois en Provence, arrière-pays et littoral. Écrire en mouvement dans des lieux éprouvés : tel a été le parti-pris de ces journées de jumelage retour du Scriptorium, entreprises à l’Isle sur la Sorgue, à Fontaine de Vaucluse et au mont Ventoux, en amitié avec l’association Poïéo, puis dans les ports de Marseille de Malmousque et du vallon des Auffes, point d’ancrage du Scriptorium. Les textes qu’on lira ici sont les traces de cette aventure bilingue d’avril 2010, vécue à plusieurs voix. Maura del Serra, Laurence Verrey, Angèle Paoli, Martino Baldi, Paolo Fabrizio Iacuzzi, Olivier Bastide, André Ughetto et moi-même ; ce sont huit auteurs, de nationalité italienne, suisse et française, épaulés par les traducteurs, interprètes, accompagnateurs, Ilaria Tagliaferri, Valérie Brantôme, Francesco Dreoni, Moreno Fabbri, Yves Thomas, Mario Passerini, qui ont éprouvé les chants variables des eaux et des terres rencontrées, qui ont accueilli l’emprise de ces paysages et construit des gestes en commun dans les rues et sur les chemins de traverse. À leur manière, et par exemple dans le demi-cercle qu’ils formèrent, sur un flanc de neige du Ventoux, peut-être ont-ils appelé de leurs vœux l’avènement d’un temps où la poésie trouvera sa place à la table commune. Selon l’utopie revendiquée dans le texte de parole première du Portrait de groupe* n’est-il pas écrit : « L’aventure a déjà commencé. Demain, sur les routes du vaste monde, ils partent à la rencontre, le cœur devenu différent, l’esprit relié. Cette voix de la poésie que bâillonnait l’empêchement de l’ordinaire du jour se fait entendre à nouveau. Hasard incandescent. Et chacun à son pas rejoint les parvis. Le rire aux lèvres, nous sommes avec vous de ces quelques-uns qui œuvrent pour qu’habiter la terre signifie. » ? C’est une telle disposition secrète qui a prévalu en ces jours de l’heureux inattendu. Une jointure inédite pour nous relier au monde. Les poèmes que DiptYque nous a fait l’amitié d’accueillir dans son sommaire portent cette marque que nous nous réjouissons d’échanger. Mener l’obscur à la lumière, rendre la lumière à l’obscur : dans l’alternance des saisons et des mots, quelque chose circule. Et puis soudain, un rare surgissement. Le bras qui se dégage, le corps qui se tend et trouve une percée. Les voix amies qui s’ensoleillent. Il nous plaît de toucher à cette évidence-là pour respirer à nouveau dans l’ouvert. ___________________ * L’ouvrage Le Scriptorium Portrait de groupe en poésie (18€) peut être commandé directement aux éditions BoD (http:// www.bod.fr/index.php?id=1786&objk_id=335131). Pour connaître la vie de l’association, vous pouvez consulter le blog www.scriptorium-marseille.fr

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André Ughetto Origine

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De loin venue obtenue d’un creuset de forge d’orages sur les reliefs calcaires et cassés : karstiques

aux grottes inviolées quels trésors elle brasse sous les orbites vides de dragons pétrifiés gardiens

(comme chez Léonard ils ferment le pays vallée close sur ce qui l’ouvre…)

longtemps après mois ou années elle est admise à l’ascension des cheminées qui l’émancipent faille insondable qui la hisse à la surface de son gouffre

bue et filtrée par terre émue aux semences sauvages : si vaste l’impluvium qu’on ne sait pas quels chemins fissurés la détournent la drainent pareille aux âmes qu’un Hermès aide à descendre vers l’Hadès quels réservoirs la ralentissent dans les viscères de la terre quelles lenteurs la purifient retiennent son humeur réduisent à soupirs sa grondeuse impatience quelles cavernes amplifient les échos de ses chutes et de quelles figures elle devient sculpteur dedans sa traversée millénaire des matières

frais volcan vert devient magma d’eau douce Laure liquide extasiée d’ivresse printanière blanc chaos éruptif énergie que la nuit ancienne avait accumulée dans ses tuyaux étroits (administrée à l’étiage quand le gouffre se calme par de pérennes sages griffons latéraux) que faire de la force en son joyeux furor, qui négocie mais ne transige pas avec l’amante de la rive ? des seuils mis en travers amadouent son élan en disciplinent la cascade au peigne fin, seuil d’une liberté n’ayant pour droit que pente.


Voix à la Une Martino Baldi Traduction Angèle Paoli, Olivier Bastide, André Ughetto,

Déjà dans le jardin de Pétrarque chaque chose, si l'on veut bien y prêter attention, commande son contraire. Le capitaine Alexandre intime, d'une voix altérée : le lieu du combat est ailleurs. À Vaucluse, le courant dévale violent dans la vallée, fuyant la quiétude du miroir dans lequel se mirer est une joie. Le mystère de la source, rendue éternelle au nom de la douceur, est au contraire le hurlement des eaux furibondes, froides et rageuses. Puis nous montons au Ventoux, sur les vestiges des géants qui nous ont précédés. Des démons glacés semblent avoir marqué de leur empreinte le corps de la montagne. Le mal s'écaille à fleur de pierre. La montagne est un immense ossuaire brisé par un marteau sans nom et sans maître. Je fais des photos, je parle, je plaisante, je discute, je bois une verveine, je me promène. Comme un touriste sur un champ de bataille, le jour qui suit la tragédie. Nous repartons. Nous glissons en auto parmi les cerisiers et en même temps une voix lointaine, grave et insistante, pareille à une basse continue, me murmure le poème, mon ami, mon hypocrite ami, le poème est ascension furieuse. Et moi, je n'ai pas le courage de me retourner, par crainte de reconnaître les morts qui grimpent avec peine vers la cime.

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Voix à la Une Olivier bastide

ÉCRIRE LE VENTOUX La montagne est permise si le regard apprend la pierre et sa respiration, si les bergers et charbonniers habitent notre marche. Je fais le vœu d’être homme sous son auspice. La tentation de l’ange surprend au détour des mots. Être chant et bêtes au sommet du mont quand s’ouvrent au vent nos bouches. Je ne peux dire si la rondeur des nuages est bonhomie. Je vais sans plus me questionner. Mon pas est calme. J’écris ce que veut l’instant. En retrait du sommet, la masse des nuages impose son ombre. Le mont demeure dans son immobile blancheur, guetteur serein de nos tourments. La terreur des gens d’en bas dure peut-être encore. J’en cherche trace au travers de la brume en bout de combe. Mon ami prédit la mémoire et l’espoir. Je mourrai et ne mourrai pas, car la terre, le vent, le sel auront saisi mon insistance. Dans le levant d’autres soleils, je transpercerai les planches de mon cercueil. Je serai vivant d’outre-tombe.

APOSTILLE à Elly Par les eaux et le pierrier, la femme aimée est principe de poésie. Elle anime l’emprunt des choses. Son âme est mon écorce.

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Laurier

Dominique Sorrente

Il faut tout un temps pour mâcher, toute une vie à chercher la juste couronne. La feuille n’a pas cette pratique laborieuse, hésitante, elle va son étirement, se lisse, apprend plus tard la courbe dure qui dialogue avec l’eau de pluie.

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Par la fenêtre du Musée, un poète absent se penche. C’est au deuxième étage, l’écran cathodique compose désormais sans lui. Un monde de bibliothèque a établi ses classements des temps anciens, Monde sous clefs faisant la pose en rayonnages. Un pied de visiteur pile l’effondrement des preuves ; Un doigt, trempé au miel, joue à la salve d’avenir. Et le temps actuel cligne de l’œil qui ne croit guère à ces formules proférées sous hypnose. Pourtant le jour fut dit. Il y a des bruitages au dehors, puis un lâcher de trilles sur la branche. Le saccage des entrailles hésite à se faire poème. La nuit sépara nos draps si longtemps, écrit la page toute seule.


Annik Reymond

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Le juste

Je ne prétends pas qu'il y ait, en matière de création, un juste et un faux dont je serais en mesure de donner la clé; ce juste que je recherche, il ne l'est que pour moi dans l'instant où il se laisse entrevoir, et peut-être aussi pour quelque regard aux semblables résonances. Ce juste, c'est la trace d'une correspondance fragile et éphémère entre ce que je ressens, ce dont j'ai conscience et ce que je trace. Lorsque cet alignement se produit, c'est une détonation silencieuse, un éblouissement de l'intérieur. C'est pour ce rare instant que je crée. ANNIK REYMOND

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Baptista des Caraïbes

Claudine Tondreau Il peut rester des heures au bord de l’étang, à scruter la peau de l’eau. L’eau est là, ellemême, à regarder le ciel. Et le ciel regarde Robert. Tous trois forment un triangle où je n’existe pas. Simplement je nourris Robert, je cure l’étang une fois l’an et le ciel, ma foi, j’en subis les caprices comme tout le monde. L’étang est le centre. C’est l’oeil du paysage. Les roseaux battent comme des cils les jours de grand vent. Et Robert l’observe alors par la fenêtre. Robert ne bouge plus. Plus rien chez lui ne trahit la vie. Il n’émet aucun son. Heureusement que le frigo vrombit tel un vieux moustique fatigué. Sans lui le silence serait total. Parfois je m’assieds à côté de Robert, l’été, et nous contemplons l’étang qui fait sa peau douce. Les algues et les nuages dessinent une carte de géographie : les algues représentent les continents, les nuages les océans. Les roseaux, avec leurs tiges embrouillées, figurent la forêt vierge. Ainsi, Robert continue à voyager par le vaste monde. Je sais qu’il est content, même s’il ne dit rien. S’il n’y avait cet oeil, au milieu de la pelouse, je ne pourrais garder Robert avec moi car pour Robert, c’est une compagnie. Pour ainsi dire, l’étang et lui, ils se comprennent. Robert est tout ridé. L’étang, lui aussi, parfois se ride. On dirait qu’ils ont le même


Raphaële Colombi

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« Dans cette heureuse nuit Je me tenais dans le secret, personne ne me voyait, Et je n’apercevais rien Pour me guider que la lumière Qui brûlait dans mon cœur. » Extrait des Cantiques de l’âme de Saint Jean de la Croix


Sylvie Durbec « Tant que le monde restera neuf chaque matin » AU VIF DU MONDE, Soutine-monologue Zeno Bianu, Marc Feld, édition Dumerchez, 2010

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D’abord dire que ce livre est singulier : inventer une langue-Soutine (Zeno Bianu), une peinture-Soutine (Marc Feld), ce n’est ni commun, ni facile tant le peintre Chaim Soutine a une présence forte dans nos mémoires et dans l’histoire de la peinture du XX°siècle. Ce livre n’est donc ni un recueil poétique, ni un texte théâtral illustré. C’est d’autre chose qu’il s’agit. Donner voix. Donner corps. Donner un livre. Trois hommes pour ce beau travail. Un poète, un peintre et un éditeur. Il s’agit d’entendre un « guerrier de l’émerveillement » et de voyager en sa compagnie au long d’une centaine de pages. Mais aussi en compagnie de deux « éclaireurs » que sont Zeno Bianu et Marc Feld. Ecrire Soutine, peindre Soutine, comme d’autres, la mer ou les montagnes. Entrer dans l’oeuvre par le je du peintre, par sa couleur, par son silence aussi que traduit le travail de Marc Feld. Écrire Soutine, comme on interprète Bach ou Albeniz, en démultipliant par le jeu son existence en autant de stations et de déambulations pour en saisir la puissance et la fragilité : « chez moi tout est peint en dansant », fait


Anthologie poĂŠtique

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verso la lumière ce qui se rencontre un jour sur la page l’herbe les graviers l’épiphanie au seuil enserre le noir qui ferme un carillon de fenêtres et de lettres les murs n’enlèvent rien à l’aura à l’orage tondre l’herbe living hand par l’esprit je sais cela la clairière la verrière verso la luce ce qui court dans la plaine remplace l’amour je sais cela la terreur l’amour demande à ne pas se perdre l’abîme la pluie le pare-brise

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Nathalie riera

tant d’opacités où nous sommes où pas un seul secret nous détient derrière les fleurs ? ce qui choit ce qui menace sans embrasement la chair corps ce fruit de prophéties les chevaux sellés dès les enclos nous habitent les sonates en sourdine raso terra force fêlure va du vert au noir grand ouvert dans l’éclat hennit l’air l’horizon du cheval peaufine où flanche la beauté s’affadit le galop peaufine le vivant dans une verdure de fureur des voix aux dessins d’oiseaux à cheval dans le paysage te font partir même dans le doute ne vouloir plus trembler du vert à l’horizon que tu cherches que tu crées stries de bleus lys ondulations du chemin


ile Eniger

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Toujours le sens de l'épine et de l'épure. La croisée des mondes, sa lumière sur les vignes. L'étrange voix d'air par la bouche des feuilles. La traverse des nuits empruntée chaque soir. La neige gantée qui recoud les terres. Le ruisseau d'impatience en ses chaussures d'eau. La petite robe rouge dans la vigueur du jour. L'homme qui rentre par le chemin du soir. L'odeur chauffée des sueurs. Ces choses maintes fois dites, faites. La vie dans ce méli-mélo qui va sans instructions. Est-ce là le battement sidéral du panier quotidien ? L'ange a un rire d'alouette quand il ne répond pas.

Elle étendait sa lessive. Avait levé les yeux pour interroger le temps. C'était un matin ni plus ni moins matin. Rien d'autre qu'un ciel et son poids de jour. Puis il y avait eu ce mouvement d'air sur ses mains. Quelque chose la touchait. La reconnaissait. La nommait. Quelque chose venu de loin. Du bout du bout. Qui la faisait vivante. Une jubilation levée d'une vieille racine. Quelque chose qui ouvrait les fers, la journée, la vie. Qui la portait jusqu'en haut. Une confiance. L'origine et le but. Elle enfin réunie. Souviens-toi la joie, avait-elle dit. Souviens-toi la joie. Puis elle avait continué à étendre son linge. Elle n'avait pas expliqué cet instant, sa plénitude. Elle n'avait pas les mots. Elle avait gardé la force et la lumière.


Brigitte Célerier

Colère, ruée en fuite, les quitter, dégringoler vers la mer, gorgée de plaintes, suis tant frégate l’Incomprise, comme dit Papa la mer doucement s’endort, souvenir des rayons du soleil qui s’enfoncent en elle, lumière glissant sur le clapot, petits éclats qui dansent, et les larmes qui voulaient venir, paralysées par honte, jouent avec ce pointillé mouvant, la mer m’accueille, et la paix, et lentement, sur le noir qui vient, se plaquent, émergent, lumineux, leurs corps et leurs visages, et monte l’amour que nous nous portons, je le crois, qui m’emplit, me baigne, me dilate, délice, chaleur je m’y abime, laisse venir souplesse, humilité, et je m’en reviens, vers les reproches.

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françois teyssandier

Corps noué enraciné A la flamme qui le consume Sous le joug pesant du soleil Comme pierre lestée de mots Silex durci par le feu Qui perfore sans relâche La terre en travail de moissons futures Dans la lente montée des sèves Lumière tout empennée D’écume et de sang Qui gicle des vagues Et des miroirs aveugles Etrave acérée du soleil Qui fend par le travers Les vents en marche Et la chair opaque des songes Dans la nuit qui s’empourpre Et brûle de désirs L’incandescente et froide Clarté de l’éclair Eperonne l’âpre parole Et le rire narquois De ceux qui n’ont plus d’ombres A saisir à combattre

Extraits de “Gravir la lumière”

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Michèle Dujardin Couloir de lumière

couloir de lumière, murs pleins entre deux portes closes - sécurité des lieux, main calme posée sur le ventre qui dort le visage est sans fenêtre, le ciel loin, imaginé perdu derrière la porte, celle qui vibre sous le poids des voix tassées contre elle, de l’autre côté cela distrait la lumière, au milieu, la secoue, elle vient frapper à l’autre porte, celle aux verrous et capitons de cuir paume ronde, frisson audible dans la plainte, pétale tombé de l’hiver sourd, sur le ventre qui dort pas de ligne brisée, de géométrie qui blesse - les bras ont arrondi le temps, l’ont replié en aile par dessus des rêves, nus et délavés, orphelins de mère, endormis là contre une joue absente les mots-sexe ont ouvré la juste fente, à l’endroit où ils déposèrent le sens - l’eau est grasse, immobile, deux doigts y filent un cap, espérance doublée sur un tapis de langue, repue dans ses fourrures : lumière comble, donne rythme

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Véronique Daine

Ma mère ma toute petite

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Ma mère ma toute petite c’est un matin de petit bleu, un matin d’été fatigué, avec le doux de cette fatigue, le doux de sa muqueuse et de sa nuit c’est un matin d’utérus et de poumon Ma mère ma toute petite mon souffle s’enfonce lentement dans mon corps, dans des galeries de mon corps, des couloirs qui se perdent dans la terre Ma mère ma toute petite dans le sous-bois ou les jardins, des pies crient vers le soleil, crient les poings vers le soleil et c’est Santiago ou Madrid, ma mère ma toute petite, c’est de la pellicule militaire, de la douleur à la rétine Toutes les mères les sœurs du monde sont là, ma mère ma toute petite, mais moi, je ne sais rien, j’ai juste des écoulements d’amour avec Thérèse et Hadewijch dans le ventre et le ventre qui s’écoule miel dans les mains qui veulent encore de lui Ma mère ma toute petite, ma sans-abri les choses ont vieilli en quelques instants Comme tes seins ressemblent aux miens à présent, petits sacs desséchés et inutiles Si amoureux pourtant nos seins sur la pellicule militaire Si amoureux nos seins vers le soleil Ma mère ma toute petite sois sans peur, j’ai vieilli bien avant toi et des lieux de l’amour sont sans parole, sans douleur à la rétine. On y calcine utérus et poumon mais des histoires y commencent, qui sont aussi nos histoires. Des amours sans porte ni fenêtre, sans lieu où dormir, des amours qui sentent l’urine et la sueur et qu’on recoud sous des lumières livides, mais des amours qui sont aussi nos amours, ma mère ma toute petite, des amours qui sont nos amours parce qu’ils sont juste d’avant mourir.


Patrick Packwood Extraits de “Les yeux fermés” 3.

2.

parfois le sentier de lumière insomnise sur un scénario écrit sur un tableau noir avec la craie des regrets des peurs

la lumière paradoxale se divise se subdivise encore encore en écran multicellulaire

chemin qui tourne sur lui-même pour négocier dans la souffrance les courbes grinçantes des points d’interrogation

pour se partager à l’aiguillage de l’âme

spirales de spirales évanouies aux premiers rayons de l’aube à l’épuisement trouble

éclats noirs des terreurs lueurs des leurres doux de l’inassouvi ternes reflets du jour fulgurances étranges de souche inconnue marquise récurrente sur les rails fous de l’esprit au repos jusqu’à la prochaine fourche encore jusqu’à la dernière qui mène à la gare du petit matin

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Kouki ROSSI Demain l’Amazone On est venu cette nuit mourir à ta porte Sans relâche je suis venue à ton seuil et tu n’as pas ouvert Comme un vrai homme pourtant tu riais et pleurais Toi le Père Noël Le porteur de pain de mains apaisantes de lendemains dorés Toi buveur de sourires et de vins Dénicheur de frissons Goûteur de miels de fiels dans le lit des ridules miennes Toi Le diseur de poèmes Fantasque décousu Fabricant de nos hasards tu n’as rien entendu Ni les sonneries éperdues les cailloux au carreau non plus les chiens rendus fous de tant de fracas Fracas de mon amour à tes portes cochères

Pénétrées dans l’obscur les bêtes hurlaient plus fort puis j’ai crié ton nom au monde noir Si noir qu’il est devenu bleu Je suis morte à ta porte cette nuit en chienne Tu m’as laissée éparpillée sur le trottoir et tu lisais probable ton journal Au petit matin Froide j’en ai fait des bateaux Embarquée dans les rigoles fendues par la sagaie nouvelle d’un soleil couronné J’ai souri

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Sabine Huynh Les pelures

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Les pelures de pommes de terre tachent doigts, mains, avant-bras figure d’enfant fatiguée, bouillies dans l’eau brunâtre mal écrasées sous la spatule fendue les saucisses de Toulouse saignent dessus devant les regards baissés les frères se donnent des coups de pied la mère est absente mais sa voix crie le mal qu’ils ne lui font pas seul le père se sert la fillette attend le moment des phrases lues sous la couette des trésors trouant l’obscurité la porcelaine de ses dents au fin fond de la nuit des familles luit.


Il ne faudra pas confier à ses beaux yeux sombres & lumineux mes rêves pénibles Mais debout, effacé par l’univers qui va trop vite veiller de loin sur les diamants de son cœur sur sa voix sur ses paupières chaudes

Même si les quatre consonnes ne font plus entendre le bruit des anges

Quand sa bouche soulèvera une autre lumière plus légère plus cachée

La grâce passe entre les gouttes sur ce visage que le Nom visite.

entre les fenêtres de sa chambre.

& que du sang sèche aux murs des maisons

Hachem

La jeune femme

Pascal Boulanger

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Sébastien Ecorce

(…) Taches flottantes et libérées Dans l’écart palpitant Le geste nerveux Pulsionnel

De petites pulsions ou circuits

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Elémentaires

Dessiner la forme Jaillir fuser la faire

Déjoue la présence Pour l’intensité

Le mouvement Pour l’agitation (…) Fourrage du

Sanglier

Durer en sa disparition Brillante

Ce parfum des viandes Qui monte en suspension

La maintenir lyrique

Vers les narines de la

Dans son passage

Conscience

(…) Dans l’épaisseur Cette animalité de la puissance

Ce qui reste dans

De la peinture

Le franchir les obstacles


je me laisserai consumer par ce feu blanc qui me broie

Juliette Zara

cette attente indicible en stigmates sur la croix je me ferai expansion silencieuse dans le dehors vacant mon cri muet déchirera le voile ce point dans le saint des saints invisible dans l’arche vide je m’écorcherai l’âme contre le mur d’un corps en ruine je me laisserai envelopper par les flammes de sa parole je me ferai lune en révolution pour éclairer ma nuit folle enchaînée par l’attente qui me brûle dans le dedans de lui je me ferai langue et lame pour qu’il me brandisse je m’écrirai révélation et je serai nue quand le voile bleu de la nuit aura quitté mes épaules et alors il dira mon nom

« Les armes quand les chuchotements se taisent Tirent mon humanité sur une croix et les larmes Ont puisé une vie dans leurs veines racinaires » J’ai regardé ton énigme et ses bourgeons Ta douleur intestine et cette poussière d’or Devant ton rire je voudrais comprendre Comment la lumière pourrait disparaître Dans le creux de ta main close J’ai senti tout à coup ta douleur Nichée là où tu l’avais dit Et je suis tombée Dans ta mort Que tu gardais secrète Dans le creux de ta main close

Enigme

Il dira mon nom

Je me ferai point minuscule et incandescence fragile

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Fragments de Voix (extraits)

Thélyson Orélien

IV

III

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Je serai poète de faubourgs minijupes en extase sens jubilatoires Ma fumée tapageuse à stupeur de songes gluants Le néant transfiguré éparpillé jusqu’à l’audace de l’étincelle Mémoire mutilée déchiquetée sous la terreur chaos frénétique comme des seins de femme ayant allaité le monde dans la métamorphose des dieux somnambules Dommage le temps par degré d’averses se déménage quelque fois quelque part de la quiddité des eaux Commémoraison musicienne frappée de transes épileptiques

Le vent pleure dans le sommeil des rues rêve à nos conquêtes d’ile nos corps à corps Les eaux transportent nos rêves des étincelles en fuites Je tourne le temps et m’entretiens avec le soleil V Terre inégale enfoncée dans un massif de songe Terre jonchée de contrastes Le clair de lune tomba dans le bleu pur comme un morceau de ciel Quelquefois la démarche du silence n’est qu’une corvée d’étreintes Nuits réverbères de flaques promeneuses comme grêles de piano mon tango abracadabrant


jack Keguenne

fond d'œil un tremblement (la lumière ne se dépense pas en ligne droite) retenir l'ordre des paroles, le moment d'un sourire déterminer l'abrupt d'un souvenir, le devenir à convaincre aux horizons inaccoutumés des augures dorénavant quelques rides pourtant, et le soir déjà venu

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♦ il n'y a pas d'innocence et l'ombre ne fait pas de miracle à la pâleur émue fournir l'arsenal indigo

♦ bleu comme le vitrail d'une cathédrale le pli à l'aisselle au creux du ventre, des enchaînements d'été des blés blonds en garantie d'audace (lait, miel et abondance) monter n'indique pas de lueur risquer accueille les profondeurs ardentes


Alain Helissen

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Fragment 1.

Fragment 3.

De la figure du tout je n’aurai rien gardé que des lambeaux abstraits recollés mais sans goût de reconstitution

Je / vois / si près / coupures tranchées / sous / les / ciseaux dé / voilant / les / colonnes comme / totems / as / sortis

J’ai laissé les couleurs chevaucher des fragments perdus de l’origine

Fragment 2. Et puis je suis sorti du paysage j’ai vu mes vers couverts de vert fondus décomposés J’épelle des mots absents J’appelle encore des noms disparu sous les lés D’en réclamer la liste me coûte la peau du temps

Je vois superposées les strates similaires d’une généalogie pétrie d’un tronc commun Et taches violacées marquer l’éclaboussure

Fragments 4. La déchirure des blocs en leurs socles mêlés Le rouge a pris le pas figé là trace informe J’ai évoqué le sang mais ne sais quelle scène le fit gicler ici où je n’ai qu’une plume pour en fixer l’histoire


Michel Gerbal

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Flaque dans la ruelle. Crêtes volcaniques à l’Est. Côte brûlée au Nord-Est nuages dans la mer. Empreinte calcinée d’une semelle de géant vers les rias de l’Est. Neige, groupes de neige, troupetons de neige. Là où était - la mer - là où sera la flaque, la rue, le Sud, le Nord : neige.

*

A été décidé, par Platon et par Thomas au nom de l’art des aiguilles du mélèze quand elles fusent armées et marchés de bannir la poésie du poème.

*

... et a l’assaut de la banalité en entourant de bandes l’appareil-photo Lumix Leica XM-400

*

Par quoi sera remplacé le chant du chant ? Par quoi le sens glissera-t-il vers la plaie libre, l’heureuse (thym, feuilles de carottes), par quoi le mouvement sera-t-il borné —

Toi ! toi, tu as renverséd’un coup ! la herse gravante au bord de l’omoplate tu as brûlé- d’un doigt ! la sentence là.

*


Clarisse Rebotier

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Dolores Polo

Cellule blanche. Comme un glacier. Rien n’est nécessaire. Tout est haut. Rendu plus haut par l’exiguïté. Je ne veux rien se disait-elle. Se le répétait aussi autant de fois qu’elle le voulait, le matin, le soir, elle était toujours seule, surtout au lit, dans ce lit monacal qui entre le sol et le sommier avait l’espace d’une valise et au-delà de la valise jaune bien cachée, ses pieds au-dessus du lit qui dépassaient comme des pieds de morte, est-ce que le moine, le dernier qui avait dormi là, avait des jambes fines ou des jambes torses, et son visage se renversait-il, pleurait-il, avait-il trouvé la mort dans son sommeil et la douleur avant de mourir, ou le désir, plus savant que lui et qui lui faisait tourner la tête de gauche et de droite ? Tôt levée. La première. Paroi de la montagne dressée. A glisser le long de la petite fenêtre. Je glisse. Rien ne tient. La cellule n’a pas de miroir. Ablutions dans la salle de bains commune. Le paon, la cour aux poules, un reste de lune qui aurait pu être jeté là, comme une graine ou un os que de petits chiens parmi les poules seraient venus la nuit ronger et si je songe aux chiens c’est qu’ils hurlent la nuit depuis le dîner que nous faisons durer, est-ce hurler à la mort quand d’une ferme à l’autre ils pleurent et gémissent sur le sort vague qui est le leur et celui de leur maître et le mien comme si je pouvais me cogner aux murs et que sans miroir l’horizontal n’existe pas ni l’image ni la profondeur, il faut tout inventer y compris les chiens qu’on ne fait qu’entendre. D’objets ? Que la rose du jardin. Mise dans un verre. Accueil muet. Je ne sais qui. Je garderai la rose. Ce qu’elle se disait. Ce qu’elle a fait. Jusqu’au bout de la fleur. Quand d’elle il n’y eut plus. Que fragments comme des ongles. Des peaux. Puis des cendres. Elle a cueilli un matin. Avant tous les autres. Les quelques jours où ils n’étaient plus que quatre dans le Monastère, une deuxième rose avec hésitation, croyant trop prendre, avec précaution craignant que son élan ne lui fit couper un bouton aussi, elle avait levé les yeux vers la rangée de fenêtres, la sienne ouverte, sa culotte et son soutien-gorge qui séchaient, elle le savait mais d’en bas on apercevait juste un bout de tissu rouge, elle savait encore qu’un peu à gauche du verre, il y avait un tout petit cadre avec la photo de ses enfants, eux aussi comme une rangée de fenêtres sur un fond blanc, l’ordinateur, l’imprimante et les cahiers tenaient tout le reste et on les aurait dit rangés par une sage écolière, la seule qui faisait désordre et qui d’ailleurs changeait constamment de place, qu’elle prenait dans sa main parfois pour en remonter le

Chambre sans miroir

Nouvelle inédite extraite du recueil «Chienne de plainte» « J’ai donné un nom à ma souffrance et je l’appelle ‘chienne‘, - elle est tout aussi fidèle, tout aussi importune et impudente, tout aussi divertissante, tout aussi avisée qu’une autre chienne. »- Nietzsche -

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Guidu Antonietti di Cinarca

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Mocajo

Angèle Paoli

Elle ouvre les yeux. Le noir est intense. Elle ne distingue autour d’elle ni la forme de l’espace ni la configuration des lieux les plus proches. Où peut-elle se trouver ? Depuis combien de temps est-elle là ? Que fait-elle dans cette nuit pareille à la plus obscure des nuits ? Elle a beau solliciter sa mémoire, elle ne sent qu’un immense vide, un vide d’une intensité sombre qui l’empoigne tout entière. Un vide vide de sens et d'échos. Elle se frotte les yeux et hasarde ses mains sur son corps pour en palper les contours. Elle veut renouer avec ses propres limites, ses propres frontières. Son cou lui semble frêle. Ses seins, menus et fermes, lui rappellent les pommes rondes d’un verger. Le verger de la tenuta ? La Tenuta ! Tenuta Mocajo. Où était-ce ? D’où ce nom lui vient-il ? Des fleurs ailées papillonnent dans ses yeux. Des fleurs ailées, d'un mauve carmin mêlé de pourpre et de violine, cherchent à se frayer un chemin à travers les membranes de ses paupières. Des images surgissent, myriades d'ocelles tirées des profondeurs. Elle se frotte les yeux, caresse l'ovale de son visage, redessine la forme de sa bouche, lèvres disjointes, légèrement fendillées, tâtonne le long de ses hanches. De ventre, elle n’a point et son pubis imberbe est tout juste une fente close sur la douceur de la chair. Quel âge peut-elle avoir ? Elle n’en a pas la moindre idée. Il lui semble qu’à son réveil elle est identique à celle qu’elle croyait avoir laissée la veille. La veille ? Quand s'est-elle endormie ? Combien de temps a duré son sommeil ? Une nuit ou plusieurs milliers de nuits ? Des nuits innombrables, indissolublement soudées les unes aux autres, parfaitement identiques depuis les origines jusqu’à ce jour. Elle ne peut distinguer les limites du temps, pas davantage les siennes propres. Elle sent monter jusqu'à elle une étrange humidité à laquelle se mêle une odeur de salpêtre. Une humidité sournoise qui gagne ses os, et se fraie doucement un passage sous sa peau. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que sont devenus les siens ? Depuis combien de temps se trouve-t-elle là, enfermée dans le noir de cette nuit d’encre, terriblement silencieuse ? Elle en est là de son questionnement lorsqu’un rai de lumière filtre autour d’elle. Elle suit des yeux la ligne lumineuse. Son regard est conduit jusqu’à une mince lucarne qui lui fait face et qu'elle n'avait pas distinguée jusqu’alors. Le rai de lumière et ses multiples lucioles lui permettent de discerner peu à peu d’autres formes. Des lignes sombres et sobres, des voûtes et des arceaux, la brillance mate de la pierre sur le mur opposé au sien. Et, plus loin, un ovale ou peut-être un demi-cercle. Où se trouve-t-elle ?


Georges Guillain ♦ Timotéo Sergoï ♦ Jean-Luc Wauthier ♦ Jérôme Ferrari Dominique Sorrente ♦ Angèle Paoli ♦ Christine Jeanney

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PAR

Sylvie Durbec ♦ Phlippe Leuckx ♦ Angèle Paoli Florence Noël ♦ Sylvie Salicetti ♦ Brigitte Célerier


Compris dans le paysage de Georges Guillain par Sylvie Durbec Dès le livre en main, plusieurs singularités : la couverture et dès l’ouverture, les deux citations, l’une de Bob Sheppard, et l’autre de Vassili Grossman. L’une met l’accent sur la beauté d’un paysage et l’autre évoque le mot figures pour désigner les corps humains, « 100 figures, 200 figures ». La première citation se termine ainsi : « Mais c’est devant qu’il faut regarder. » Et puis il y a l’italique qui est utilisé dans tout le recueil, depuis les citations jusqu’à la coda. Le titre, les mots de Sheppard, la fermeture éclair sur le dessin nous rapprochent d’un lieu, perdu dans le « …moutonnement des Vosges », le camp de concentration du Struthof, nom que je ne découvre écrit qu’après avoir lu tous les textes, puisqu’il figure à la page 10, soit juste avant les citations. Nom d’un lieu perdu, à retrouver, à tenter d’apercevoir. Il n’est pas anodin que je ne l’aie pas vu. Voir, il s’agit donc de voir. Des jardins. il y aurait des jardins des fleurs des papillons des murs les gestes d’autrefois le bleu des fours des torchons épaissis de pâte les noms La beauté et les figures. Beauté d’un paysage. Mais Georges Guillain parle aussi une langue où la faiblesse des mots s’inscrit contre ce qui se voit et qui cache ce qui a été là. l’écrire pour me souvenir Voir, c’est aussi passer à travers le vert/le rouge/tout le mûri/, pour ceux qui n’ont pas fait partie des figures et qui ont à mener une vie, leur vie : une vie ordinaire sans rien sans souvenirs immondes sans grincements de dents

C’est de cette vie-là que part celui qui écrit devant ce paysage rempli d’absence et devant cette couleur devenue majuscule : oui ROUGE je l’écris cherche les mots/hésite après dans les failles ce qu’on entend/du Rouge/ici les lettres le détachent/un bloc dont se fissure la présence entre les maisons bien assises sur la place qu’on traversait encore ingénument le soir/ leur toit/ROUGE/et/ le saisissement de se voir/ là/dans le tremblement/l’effarement/ de la phrase (…) Alors Georges Guillain invente une ponctuation, un rythme qui parle d’un lent retour, d’une montée vers une hauteur prête à disparaître. Tout en avançant sur cette route, doutant de tout ce que pauvrement (je) il possède il égrène des cailloux d’ombre et la page ressemble à un ciel brûlé d’étoiles. Les figures deviennent présences et les fleurs elles-mêmes se peuplent de mots hésitants à leur redonner poids. Jusqu’à cette fin d’été qui conduit à l’automne et au froid du camp :

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ture à partager cette quête de l’écrire et du dire poétique. Ce passeur naïf

Sorrente l’affirme haut et fort, la vocation du poète est ouverture au monde, geste de transparence et non d’opacité, elle « œuvre en commun, hic et nunc, pour mettre en lumière le réel. »

« Les continents se fracturent ; les neiges se dispersent» constate Dominique Sorrente, « L’univers invoque la vibration de l’origine. Dure journée pour un passeur naïf ». (Poésie en habits d’Arlequin, 1998). Ce vers sonne comme le faire-part du Scriptorium de Marseille. Fondé symboliquement fin 1999, au passage des deux millénaires, le Scriptorium se définit au fil des événements qu’il organise comme «un lieu-dit de paroles croisées, marqué du signe de la poésie», lieu de partage d’écriture, de jumelage avec la grande fraternité poétique, lieu de confiance où surgira en prophétesse instinctive la parole créatrice, le verbe agissant au cœur des relations humaines. Lieu militant qui « récuse autant la marginalisation des poètes que l’hyper-individualisme contemporain ». Sur son site « http://www.scriptorium-marseille.fr/ » Dominique

Quant à nous, lecteurs, nous garderons à l’esprit, derrière les gestes de jumelages et les stratégies de passeurs, cette résidence première du poète, le mystère, sa réalité soupesée comme espoir. L’hypothèse de sa rencontre comme jauge de la justesse, toujours quémandée : « C’est ma capacité à rejoindre le sacré – d’un autre lieu, d’une autre main – qui fera tenir mon poème ou, au contraire, le ruinera ». Que ce dialogue avec le sacré emprunte les voies de la gravité lyrique ou de la malice impertinente du troubadour, il ne cesse de désorienter nos repères de lecteurs. C’est l’abandon des formes apprises qui nous permettra de rejoindre, au cœur de la poésie de Dominique Sorrente, notre propre part de mystère.

105 ⦆ Dominique Sorrente, Pays sous les continents, Editions MLD, 2010 ⦅

* L’ÉCRITURE CONTRE LES FORTERESSES Carnets de Marche d’Angèle Paoli

Les livres ne sont pas faits pour être lus. Selon son meilleur destin, le livre libère, meurtrit, pénètre, indiffère, vit ou meurt c’est selon. Il brûle, coule à pic au fond de la mare au diable, finit confisqué dans le port d’Alexandrie, il s’offre sur l’étagère basse de la bibliothèque prévue à cet effet, tendant sa tranche cartonnée aux griffes

du chat heureux. Il tombe des mains, nulle envie de le ramasser. Il est parfois le seul à pouvoir nous porter secours. Ainsi de ces fractures d’amour qui nous laissent pantelants comme des cordes au bout desquelles se balance l’autre moitié de nous-mêmes. La narratrice, amante délaissée et écrivain, a


sous la peau. (p. 120) L’écriture contre les forteresses, mais encore ? La question demeure, avec elle l’encre/l’ancre de ce que la littérature a de plus beau à dire : le silence. « Un jour le monde avait ton sourire ». Ce vers de James Sacré, n’est-il pas habile à résumer toutes les histoires d’amour, ces nostalgies que ne prolonge que la littérature ?

Foisonnement et unité. Multiplicité et simplicité de la veine. Ombre et lumière du verbe. À quelle race appartiennent pour finir ces Carnets de marche ? À la race des livres qui ne sont pas faits pour être lus. Les grands livres ne sont écrits que pour être relus.

⦆ Angèle Paoli, Carnets de Marche, Les Éditions du Petit Pois, Béziers, juillet 2010 ⦅

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Les Tentatives de Brigitte Célerier Notes critiques de l’édition numérique Tentative de parler de Christine Jeanney ... Christine Jeanney collabore à des revues, dont celle de Publie.net http://www.publie.net/fr «D’Ici là». Elle a publié en décembre 2007 aux Éditions ArHens, un roman que je devrais lire compte tenu du goût que j’ai pour ses textes «Charlémoi», vient de publier en septembre 2010 aux Éditions Quadrature un recueil de nouvelles, «Une heure dans un supermarché» et chez Publie.net trois textes. ... dans «Voir B et autour» En novembre 2009, la première chose que j’ai lu d’elle : «Voir B et autour», sur la peinture, la fascination, un homme (le peintre), une ville : B, deux femmes – texte complexe et tendu.

Le peintre revient pour visiter, anonyme, une rétrospective de ses œuvres. Ses réflexions, ses souvenirs, et intercalées, insérées, la description des œuvres. Il y a la ville qu’il découvre, l’atelier, un journaliste qui vient l’interroger, la femme Lyne qui s’en est allée et à laquelle il pense, un livre qui raconte une rupture, et de l’autre côté de la cour, une femme dans un atelier, à la porte toujours ouverte, un sculpteur, d’autres artistes, plus un regroupement qu’une communauté. Il y a une femme Galathée qui peint une ville oppressante, et qu’il prend en affection, en compassion : «Je l’ai vue comme une détenue qui agite ses chaînes, dans l’espoir que les maillons cèdent. Quelqu’un qui se berce, s’hypnotise avec les tintements que provoquent ses sursauts.». Il y a la maladie, l’incapacité de peindre, les deux femmes, la guérison, le travail dans l’atelier partagé


Anne D’Huart

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Loïc Marchand

Lynch & Lights Dévoilante. Après avoir effleuré – abstractive – la surface granuleuse d’un pseudo-planétoïde, un

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moment confondue avec la figure hallucinée d’un personnage flottant à quatre-vingt-dix degrés. Eraserhead. Après avoir sous-entendu – surréelle – une connivence entre un machiniste délabré, l’artificielle horizontalité de l’homme auparavant entrevu et une vie embryonnaire. Après avoir accompagné – liquide – le plongeon de cette dernière, née d’un cri muet du second, dans les tréfonds d’une flaque peut-être issue des manipulations grinçantes du premier. Fondu au noir. Remontée vers une ouverture dont le blanc vif gagne à l’entour puis décroît. Jusqu’à céder la place aux contrastes d’une tête déjà connue, anxieuse, et de son improbable buisson capillaire.

Implacable. Censément absente des ruelles aveugles. Nécessaire, cependant, au cheminement du doc-

teur. À la découverte du calicot bien lisible : « The Terrible Elephant Man ». Obscurité de l’échoppe abandonnée, qu’ouvre le retour du montreur et de son acolyte. La mèche d’une lampe-tempête qu’on réveille. Dont le globe terne suffit à les guider le long d’un couloir lépreux. Vers une souillarde aux parois de briques. Là, une flamme en cage dont l’afflux de gaz ranime l’ardeur. Impossible dès lors, pour le visiteur, de se fondre dans la suie de la muraille. D’échapper à ce que cesse bientôt de cacher un simple rideau. De contenir ses émotions envers celui qu’on oblige à se lever, à s’écarter d’un pauvre brasero soulignant – comme à contrecoeur – sa difformité.

Étrang(èr)e. Ocre, à perte de vue. Baignant les vastes solitudes d’un monde lointain. L’arène gor-

gée d’Épice. Orangeant jusqu’aux sombres distilles des Fremen. Découpant sous l’horizon, par-delà Paul Muad’Dib, toute une théorie de leurs silhouettes. Que la chaleur rend floue. Coups sourds du marteleur. Frémissements révélateurs, exponentiels, des sables d’Arrakis – Dune. Avant le soulèvement attendu. En émerge Shai-Hulud. Implacable reptation du ver géant, dont l’héritier des Atréides gravit les anneaux tavelés. Éclat jaunâtre des innombrables dents tapissant la caverne ombreuse par laquelle se nourrit le Faiseur. Crépitement d’arcs fulgurants venus rythmer la messianique chevauchée.


À l’écran

Mariane Brunschwig

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Ils m’ont dit “il faut quatre ans”. Ils m’ont dit aussi “tu verras, on t’entourera”. Mais il n’y a rien eu à entourer. Ils sont venus, se sont agités. J’ai dû faire des efforts pour marcher dans leur danse et ils ont dit: “je ne sais pas comment dire, tu vois ce que je veux dire”. Ils ont voulu me distraire. C’est Nelly qui a pris les devants. Elle a absolument voulu m’emmener au cinéma. C’était leur manière de me tirer vers la lumière. “Ca t’enlèvera tes idées noires”. Et puis, c’est devenu l’engrenage. Nelly s’est targuée de succès: “elle avait meilleure mine en sortant, tu sais!” Tous ceux que j’avais rencontrés au moins une fois sur cette terre et qui avaient appris la nouvelle, ont voulu faire leur B.A. en m’entraînant au cinéma. J’ai eu honte pour eux. J’ai coupé court très vite. Ils auraient tant voulu que je pleure. Moi je n’ai pas été triste. Je n’ai pas fait ce qu’ils attendaient. J’ai été ennuyée, gênée de l’avoir perdu. Pourtant je l’avais regardé consciencieusement pour l’avoir avec moi pendant toute la journée avant qu’on ne l’enterre. Il avait des cheveux cassants comme du verre. Ses yeux n’étaient pas tout à fait fermés. Il était pâle et mal rasé et il faisait froid dans sa chambre. Je lui ai parlé longuement et je n’ai pas pleuré qu’il ne réponde pas. Mais dès que je l’ai quitté, il a été perdu. Je l’ai cherché pendant tout le temps qu’a duré l’enterrement parce que je n’avais rien à faire et je l’ai cherché encore après, partout. J’avais cette gêne de perte installée en moi comme une mouche dans l’œil. Je fouillais mes poches, disais “zut de zut!”, soulevais mes livres, et regardais dans les placards. Chercher était devenu un tic. Je ne pouvais m’empêcher d’être à tout instant aux aguets et j’étais prête à le trouver tôt ou tard devant moi. J’ai refusé le piège des photos. Or elles se sont mises à fleurir sur tous les meubles, dans tous les livres. J’ai dû quitter famille, amis, tant ils étaient pétris de larmes et de vieux papiers. J’ai été chassée de la maison et des pays de connaissance. J’ai enragé de leurs retrouvailles avec mon frère en cadre, moi qui l’avais perdu. Ils en ont fait une marionnette: - “si Alex était là,...” “Tu aurais honte, s’il te voyait!” Chacun s’est reconstruit sur l’image du mort, s’est acheté une dignité, a filé dans son coin une nouvelle trame de vie sur la mort de mon frère. Il y a eu beaucoup trop de monde, des ombres. J’ai été tourmentée par une seule question : Mais enfin où ai-je bien pu mettre mon frère? Je me suis concentrée. J’ai convoqué son regard, ses mots, sa voix. Rien ne s’est présenté. Je lui ai


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....Où la lumière pleut

« Vous tendez une allumette à votre lampe et ce qui s’allume n’éclaire pas. C’est loin, très loin de vous, que le cercle s’illumine. » René Char

Isabelle Guilloteau

Rien d’autre ne m’obsède que la mort.

Le temps me dure. Vingt quatre heures d’agonie quotidiennement renouvelées. Pas une seconde où la pensée de la mort ne me quitte. Envahissante, elle colonise mes pensées et mes gestes. Je ne sais pas ce qui me pousse encore à me lever et à reprendre cette même route chaque matin, malgré la fatigue, l’épuisement, le tarissement des joies éphémères, la raréfaction des espoirs. L’impérieuse nécessité de me blottir contre les fantômes du passé ? Un défi lancé aux ombres qui m’appellent au pied des falaises ? L’illusion d’une lueur au-delà du cap ? Les tempêtes ont emporté mes remparts, détruit mes piliers. Depuis le séisme de la mort de ma mère, les répliques ont fait vaciller jusqu’à mes fondations. Je suis une funambule perdue dans les ténèbres. L’aube n’est plus qu’une promesse trompeuse, ma nuit d’orpheline n’en finit pas de retomber. Plus rien ne me porte vraiment au-dessus des champs de ruines et j’emprunte invariablement le même parcours semé de cadavres. Sur le bord de la route, un bouquet de fleurs artificielles me rappelle Sonia, nos jeux d’enfance, nos courses dans la lagune, son visage ensanglanté entre mes bras, le jour de l’accident. A la sortie du village, les croix du cimetière me transpercent, tandis que ma mère s’y décompose chaque jour davantage. De l’autre côté du cap, les remparts de Saint-Malo, au-dessus desquels mon amour s’est envolé, figent mon horizon sur un mur infranchissable. Depuis son départ, je n’ai plus la force de rouler d’une traite jusqu’au lycée. Je dois m’arrêter dans la lande, contempler le soleil levant sur les bruyères, m’abreuver d’embruns. Un rituel


Jacques Vandenberg AULNE

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KaOs mais debout

Jean Bourgeois

Un train à vapeur qui t’emporte dans la brume. Une plage de temps libre, une langue de sable, une mer qui s’endort. Des vagues un peu molles sous un ciel encore à tendre. Du linge au soleil. Un bateau qui s’en va pour ne jamais revenir. Un autre qui n’en mène pas large. Des lignes sur un cahier à petits carreaux et, derrière, quelqu’un à la fenêtre qui ne passera pas l’hiver. Des pêcheurs bredouilles qui se demandent est-ce que c’est ça une vie. Un miroir et son alouette. Un espoir déçu mais vivant, toujours. Un drapeau d’aucun pays flottant dans le vent, libre. Tout ce qu’on dit dans ce qu’on ne dit pas. Tout ce que les mots racontent d’une histoire illisible. Un dictionnaire à écrire sur le sens de nos vies. Des images, des mots du passé qui dessinent un avenir où tout n’est pas si noir, parce qu’il ne faut pas mourir, parce que vivre est précieux, dit-on. Une mémoire vive qui n’oubliera jamais rien. Où chaque souvenir sera toujours un cadeau, un présent, un aujourd’hui à sourire, quelque chose encore à faire, à cultiver, parce qu’on ne sait jamais. Deux mains douces pour y poser une bouche. Des yeux fermés pour imaginer un vaste monde. Un silence qui prend tout. Un cri pour le rompre. Une déchirure éternelle. Un orage intérieur. Un univers à l’envers. Une chaîne d’arpenteur pour en prendre la démesure. Une plume légère pour écrire des mots d’amour, et qui ne servirait qu’à ça. Une adresse où les envoyer. Oui mais l’adresse est perdue. Oui mais les mots sont les mêmes. Quand je dessine je pense à tout ça. Je trace des figures, des visages comme des paysages. Des enfances de lumière que la nuit va manger. Le sentiment confus qu’il n’y a pas de route, seulement des chemins de fortune. Des enfances la mort sous la peau. Je fume, j’efface, et je ne parle qu’à moi. C’est mauvais, souvent. Aussi âcre que cette poudre de saule au bout de mes doigts. Je recommence, je fume, j’efface encore, et tu pars pour toujours. C’est la vie. Ça fait mal, c’est comme ça. Ventre de pierre. Je barbouille le papier, histoire de m’occuper à autre chose que ce qui me hante. Et du noir émerge un chaos enlaçant sa douleur. Des papillons en lambeaux. La pluie du chagrin. Des chiens errants reniflant la blessure. Les entités blanches d’une galaxie défunte. Les serpents nichés dans mon crâne. Un chaos sans violence pourtant, et qui ne serait pas


Danièle Colin

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Ils avaient passé la nuit à l’hôtel « Isla Negra » sur les contreforts du cerro Artillera à Valparaiso. Elle était partie au petit matin, alors que l’aube grise commençait à peine à pénétrer la chambre. L’atmosphère y était trouble, l’air sentait l’iode, le sexe et l’alcool. Sur la table du salon elle lui avait laissé un mot avec son numéro de téléphone. Il savait déjà qu’il la rappellerait car sa tâche était longue et exigeante. Elle requérait de la rigueur, de la méthode et du sentiment. Couché sur le lit de la chambre, les yeux au plafond, il se rappela son enfance et toujours le même souvenir. Sa mère, ses sœurs et sa grand-mère sont penchées sur lui, leurs visages souriant en contrejour. Leurs longs cheveux d’or filtrent des poussières de soleil et déposent sur son front d’enfant la chaude caresse d’un premier jour d’été. La pièce, sa chambre probablement, est inondée d’une lumière douce et enveloppante. Puis après plus rien. Ses souvenirs se sont figés à la mort de sa mère quand il avait neuf ans, laissant sur la rétine de sa mémoire la trace de ce flash doux et entêtant. A partir de ce jour-là la lumière ne fut plus jamais la même. Elle devint froide et délavée, un vulgaire faisceau blanc dont il ne ressentait plus l’énergie électriser chaque particule de son corps. Il se leva pour aller au balcon fumer une cigarette. Dans sa tête tournaient les chiffres du numéro de téléphone d’Angelica : il les ajoutait, les divisait, les multipliait en les intégrant dans des combinaisons mathématiques complexes. Comme avec toutes les autres auparavant il espérait par Angelica retrouver la lumière et mettre fin à l’obscurité de ses jours. De l’hôtel, construit à flanc de colline sur une excroissance de terre, il avait une vue dégagée sur toute la baie. Ce matin-là les cargos, l’air et l’océan lui semblèrent immobiles et presque transparents. Un court instant, il crut à un décor de théâtre. Le soleil, jusque là accroché aux grues du port, progressa sur la colline, diffusant sur les toits de la ville sa lumière grise et sale. Un rayon s’attacha à son torse et glaça tout son corps. L’image d’un gisant de marbre traversa son esprit et le vida soudain de toute énergie. Il retourna se coucher. Rapidement, il s’assoupit et fit un rêve étrange. Il marchait au milieu des ruines d’Ephèse avec en arrièreplan, dans l’obscurité naissante du crépuscule, un chœur de murmures incessants. Il lui était difficile d’en situer précisément l’origine. Les voix étaient lointaines et affaiblies même si parfois elles semblaient toutes

Trace d’un flash

Mathieu Rivat

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Qu’est-ce que DiptYque ?

Diptyque est une revue littéraire et artistique semestrielle créée en 2010, qui comme son nom le suggère, explore chaque année deux versants d’une même thématique. Publiée sous forme papier, elle a, via le blog http://DiptYque.wordpress.com, son antenne numérique, proposant des sélections d’extraits, mais complétant aussi le contenu par des sons, des vidéos, des liens, les actualités des contributeurs et diffusant les appels à contribution.

DiptYque car les contributeurs sont invités à participer d’emblée aux deux numéros “miroirs” de la revue (un par semestre), DiptYque pour souligner sa vocation de promouvoir autant des contributions littéraires qu’artistiques (peintures, gravures, photographies, créations, collages…), DiptYque enfin, car un certain attachement à une juste représentation homme-femme est mis en oeuvre. Les appels à contributions sont très ouverts et tous types sollicités : poétiques, récits, nouvelles, chroniques, instantanés prosaïques, billets sous forme de journal, articles critiques sur un auteur ou une oeuvre, essais ou réflexions. La sélection se tiendra cependant scrupuleusement à la ligne du thème à la Une. Le tout tendant à présenter un contenu cohérent de format livre, d’un coût unitaire de 10 euros (13 euros prix librairie). La double thématique en diptyque prévue pour les deux prochains semestres se déclinera selon ces deux versants : - La thématique du numéro d’été de DiptYque (numéro 3) à paraître en juillet 2011 : Entre-deux Les soumissions sont à remettre pour le 20 mai au plus tard. [Réflexion, micro-essai, textes poétique ou en prose, photos, oeuvres plastiques traitant de l’entre-deux, espace intermédiaire, intervalles, franchissement, mise en suspens, temps d’altérité en rencontre, tension d’éloignement, road récit, temps de pérégrination, le silence, la mise en retrait, le temps de pause .....] - La thématique du numéro d’hiver de DiptYque (numéro 4) à paraître en janvier 2012 : Entrelacs Les soumissions sont à remettre pour le 15 septembre au grand plus tard. [Réflexion, micro-essai, textes poétique ou en prose, photos, oeuvres plastiques traitant de l’enlacement, les liens étroits, les entrelacs, les arabesques, les liens intimes, mystérieux ou mystiques, les jonctions, les connexions visibles ou invisibles, les destins liés,....] L’adresse de soumission est : revuediptyque@yahoo.fr Toute soumission doit comprendre une mini-bio du contributeur en deux lignes (dont le lieu de résidence, l’année de naissance), un résumé de la bibliographie et l’adresse d’un site si existant). Nous demandons d’envoyer une contribution de un à dix textes pour un ensemble ne dépassant pas trois pages A4 par numéro. Parmi ceux-ci une sélection sera opérée sur des critères de qualité et d’exigence. Les oeuvres visuelles (peintures, photographies, collages, ...) doivent être envoyées dans un format correct (min 300 DPI). L’artiste effectuera une première présélection dans ses oeuvres avant de les communiquer. Le comité de sélection est constitué de Florence Noël, Stéphane Méliade, et de tout collaborateur épisodique qu’il nous conviendra de consulter. L’éditeur responsable est : Florence Noël /11 rue Bois des Fosses/ 1350 Enines/ Belgique.

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Et l’Abonnement ? Pour s’abonner à la revue semestrielle papier « Diptyque », chaque numéro d’environ 140 pages, vous pouvez choisir la formule « papier » de 20 euros/an (qui vous proposera aussi une version numérique) ou celle « numérique » seule de 8 euros/an. Concernant l’abonnement papier, un forfait de frais de port sera désormais ajouté pour permettre la viabilité financière de la revue. Il sera de 5 euros par abonnement.

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Parrainage Économisez ces frais d’abonnements en parrainant de nouveaux abonnés. Pour ce faire, demandez à vos amis qui s’abonnent sur votre conseil (quelle que soit la formule papier ou numérique) de signaler votre nom comme parrain dans leur mail d’abonnement. Ces frais vous seront décompté sur l’abonnement courant pour autant que vous n’ayez pas encore payé ou sur l’abonnement prochain. Diminution des frais de port pour les payements par virement bancaire Les abonnés non belges qui choisiront le virement bancaire plutôt que le chèque comme moyen de paiement seront exonérés de deux euros de frais de port. Coût librairie La revue sera mise en dépôt dans certaines librairies. Le coût unitaire sera de 13 euros pour tenir compte de la marge prise par les libraires. Les lieux de dépôts seront signalés sur le site. Comment concrètement s’abonner ? Veuillez copier et remplir dans votre courrier électronique le formulaire ci-dessous qui reprend vos coordonnées complètes et l’envoyer à l’adresse de revuediptyque@yahoo.fr avec comme sujet «abonnement».

Pour le paiement, deux moyens s’offrent à vous : - La solution préférentielle pour ceux qui peuvent faire un virement bancaire sans surcoût: IBAN : BE36 0016 0838 4581 BBAN : 001-6083845-81 BIC : GEBABEBB - Envoyer un chèque au nom de Florence Noël à l’adresse suivante: Revue Diptyque Florence Noël éditrice 11 rue Bois des Fosses 1350 Enines BELGIQUE Dans les deux cas, mettre en communication le nom et l’adresse d’abonnement et une adresse e-mail. Lors de la réception des chèques ou paiements, les abonnements seront confirmés par e-mail. Les numéros sont aussi achetable à la pièce, en cours d’année : 5 euros pièce par numéro numérique ou 13 euros pièce par numéro papier. Le surcoût est dû à la majoration des frais d’éditeur lié aux frais d’encaissement de chèques, aux frais de port, aux recommandes de tirages. Formulaire d’abonnement à renvoyer à l’adresse revuediptyque@yahoo.fr Abonnement à la revue semestrielle DiptYque : Type d’abonnement choisi (papier/numérique) : Nombre d’abonnement(s) : Parrainage : Nom : Prénom : Adresse d’abonnement: Rue et n°: Localité : Code postal : Pays :


Collaborateurs de ce numéro d’Hiver 2010-2011 Loïc Marchand, est né en 1967 et est professeur de lettres en Bretagne. A publié un essai narratif consacré aux traductions des textes de Lewis Carroll dans les pages d’Alambic (n°2, automne 1992), et beaucoup plus récemment deux nouvelles dans la revue Dissonances (n°17, hiver 2009 & n°18, été 2010). Thomas Vinau est né en 1978. Il vit au pied du Luberon avec sa petite famille. Cultive les miettes. Derniers titres parus en 2010 : Le noir dedans édition Cousu main, Tenir tête à l’orage éditions N&B, Fuyard debout édition Gros textes. À suivre sur etc-iste.blogspot.com Jean Bourgeois, est né en 1954, vit à Angers. Dépose plus ou moins régulièrement textes et images sur Souriredureste.blogspot.com Arnaud Delcorte est Professeur à l’Université de Louvain et aux Facultés Universitaires St Louis à Bruxelles. Il a publié deux recueils de poèmes. Il a participé au collectif « Poètes pour Haïti » à paraître à L’Harmattan. Claudine Tondreau est romancière belge, née en 1949. Elle a vécu de nombreuses années en Afrique et réside en Hesbaye. Auteur de romans « Paspalum », « L’œil du crocodile » Editions Le Cri. Elle anime des ateliers d’écriture à Bruxelles et Paris (Aleph écriture). Elle adore le réalisme magique dans tous les domaines de l’existence. Véronique Daine, poétesse belge, est née en 1964. Elle vit et enseigne dans le sud de la Belgique. Elle a publié plusieurs recueils de poésie aux éditions l’Arbre à parole et l’Herbe qui tremble. Stéphane Méliade, écrivain français, né en 1964 auteur d’une douzaine de livres jeunesse. Écrit en poésie (publié sur des revues en ligne principalement) et des nouvelles (publication dans « Nouvelle Donne ») anime aussi des ateliers d’écritures interscolaires. http://stephane.meliade. over-blog.fr/ Mathieu Rivat, auteur français, 29 ans, né à Aix-en-Provence, travaille à Paris après avoir beaucoup voyagé, notamment en Amérique Latine (Chili et Bolivie). A parcouru aussi l’Équateur et l’Argentine et écrit depuis peu pour des revues. Nourrit un goût tout particulier pour la littérature latino, Bolano et autres. Camille Phillibert-Rossignol, auteure française, nouvelliste et créatrice du fanzine graphique punk toi et moi pour toujours. Nouvelles publiées dans Des mois et des mots, Et leur musique jusque tard. Contributions dans la revue l’angoisse. Expositions: avatars à l’Elac, vertiges, roman interactif sur minitel aux immatériaux à Beaubourg. Exposition méliXmélo galerie Madé, vidéo et poèmes. Performance texte et danse, spectacle Brèves Urbaines à Micadance 2009. Participe à des ateliers d’écriture. http://camillephi.blogspot.com Philippe Leuckx, poète et critique littéraire et cinématographique belge, né en 1955. Il a publié une trentaine de recueils dont, entre autres “Une espèce de tourment?”, “Touché cœur”, “Sans l’armure des larmes”, “Rome rumeurs nomades”, “Selon le fleuve et la lumière” et des monographies consacrées à des poètes belges. Michel Brosseau, né en 1966, à Cholet. Enseigne à Orléans. Thèse de doctorat consacrée au Sens chez le héros romanesque célinien. A publié un récit aux éditions Publie.net, Mannish Boy, ainsi que deux polars aux éditions du Barbu. Participation régulière aux revues de création numérique D’ici là, et Chos’e. Présentation de ses chantiers d’écriture sur le site « à chat perché ». http://www.àchatperché.net/ Sylvie Durbec, écrivain, poète, traductrice française. Publiée depuis plus d’une dizaine d’années (Grandir, Fayard, Dumerchez, GramontRitter, Cousu main etc.… et traduite en italien, Fughe, aux éditions Joker) en littérature jeunesse et adulte. A reçu en octobre 2008 le prix Jean Follain pour un texte publié en 2009 chez l’éditeur Jacques Brémond, Marseille, éclats et quartiers. Anime depuis 2008 la Petite Librairie des Champs à Boulbon : http://lapetitelibrairiedeschamps.blogspot.com François Teyssandier, né en 1944 est français. Comédien, puis enseignant. A publié 3 pièces de théâtre et 2 recueils de poèmes (dont Livres du songe aux éd. Belfond). A publié des nouvelles dans Nota Bene, Roman, Brèves, Moebius, Rue Saint Ambroise, et des poèmes dans une vingtaine de revues en France et en Belgique. Vit à Paris et se consacre aujourd’hui entièrement à l’écriture. Cathy Garcia, née en 1970, poète, artiste interdisciplinaire, revuiste française (Nouveaux Délits, créée en 2003), vit à St Cirq-Lapopie (Lot). Dernières publications : Eskhatiaï (Ed de l’Atlantique), Etats du Big Bang, Ed. Nouveaux Délits, Trans(e)création ou l’art de sabrer le poulpe et la pulpe, Ed. Dlc. Ses blogs : http://delitdepoesie.hautetfort.com/ - http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfort.com/ Photos http://imagesducausse.hautetfort.com/ Revue Nouveaux délits : http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/ Denis Heudré est né en 1963, français, il participe à la rédaction de biographies de poètes bretons dans l’encyclopédie libre sur internet Wikipé-

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dia. Il a créé le site “Tout Rennes en Poésie”. Publie ses poèmes dans de nombreuses revues telles “La Page Blanche”, “Nouveaux délits”, “Microbe”, “Mots à Maux”, “Le Moulin de Poésie”, “Soleils et Cendre”, “Point Barre”, “Littérales”, “Les carnets d’Eucharis”. http://dheudre.over-blog.com. Ghislaine Leloup, est née le 1er février 1956. Enfance en Normandie près d’Omaha Beach. Vit à Paris. Études de littérature à Paris IIISorbonne. Travaille depuis 1983 dans le milieu artistique et culturel. Engagée dans le tissu associatif, elle est aussi rédactrice dans une revue humanitaire. Membre du P.E.N. Club France. ghyslaine-leloup2@orange.fr Louis Raoul, est un poète français né en 1953 à Paris. Il a publié plus d’une dizaine de recueils chez Encres Vives, Traces, Bartavelle, L’Harmattan, Opales /Pleine Page, Le Manuscrit, N&B/Pleine Page, Clapàs, Chloé des Lys et Ex Aequo. Eric Dubois, né en 1966 à Paris. Auteur, lecteur-récitant et performeur avec l’association Hélices et le Club-Poésie de Champigny sur Marne. Auteur de plusieurs recueils aux éditions Encres Vives, « Estuaires » (2006) aux éditions Hélices, « C’est encore l’hiver » aux éditions Publie.net, « Le canal », « Récurrences » (2004), « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le Manuscrit, entre autres. Participations à de nombreuses revues, Responsable de la revue de poésie « Le Capital des Mots ». http://www.ericdubois.fr / http://ericdubois.over-blog.fr / http://le-capital-des-mots. over-blog.fr Juliette Zara, née en 1973 à Paris et vit depuis l’automne 2009 en Bretagne avec sa famille. Elle s’exerce sur le métier et tisse ses jours de mots qu’elle donne à lire sur son blog Enfantissages. http://enfantissages.free.fr/ Ile Eniger, Poète et romancière, vivant dans un minuscule village de l’arrière-pays niçois, entre le feu et la glace. A publié une vingtaine de recueils ou de romans aux éditions Alternatives et Culture, Corporandi, Cosmophonie, Chemins de plume, Collodion, La Libre Feuille, Amapola. Partage son temps entre revues littéraires et poétiques, participation Abrégé d’Histoire Littéraire Français/Roumain, lectures publiques, conférences, cafés littéraires, salons du Livre, ateliers d’écriture et spectacles poétiques avec la Cie La Dégaine Rêve. http://un-violon-sur-la-mer. over-blog.com Loyan (Laurent Campagnolle), né le 23 janvier 1970, à Orthez (Béarn, Pyrénées-Atlantiques), vit à Rouen. Poète, éditeur (Fondateur en 2000 des éditions d’Aldébaran) et photographe, il a publié quatre recueils notamment aux éditions Clarisse. Il expose aussi ses photographies. www.loyan.fr Dominique Sorrente, né à Nevers en 1953. Professeur en culture et sciences humaines, il vit à Marseille. Une vingtaine de livres jalonnent son parcours dont Pays sous les continents, un itinéraire poétique (1978-2008), éditions MLD. Tour à tour, Prix G.L.M, A. Artaud, L. Guillaume, L. Bérimont. Il contribue à de nombreuses revues françaises et internationales. Une exposition rétrospective lui a été consacrée à la Fondation Saint-John Perse en 1999, année où il fonde le groupe du Scriptorium, ancré dans le port du vallon des Auffes à Marseille. http://www.scriptorium-marseille.fr Michèle Dujardin est née à Marseille. Elle a publié en 2007 aux Éditions du Seuil un récit poétique : Abadon. http://abadon.fr/ Sébastien Ecorce, poète, né le 21 juin 1972 en région parisienne. Enseignant chercheur en Philosophie politique, éthique à Science Po Paris et à l’université Denis Diderot Paris VII. Publications dans le cadre d’ouvrages bibliophiles, livres d’arts, autour de peintres : Benrath, Duvillier, Dado ; dans des revues numériques : Sitaudis.com et Liminaire. Série “ Canto “ diffusée pour la première fois en Mai 2010 sur France Musique dans l’émission de Véronique Sauger, Contes du jour et de la nuit. Xavier Lainé, né en 1956 ; kinésithérapeute, praticien Feldenkrais, chanteur, écrivain, il vit à Manosque, France. Depuis 1989, il participe régulièrement à la revue Filigranes. En 1997, il crée “L’Itinéraire des poètes”, à Manosque, puis la revue “22 Rue du poète” qui deviendra “22 (Montée) des poètes”. A publié, en septembre 2009, « La mille et unième nuit, c’était hier », aux éditions L’Harmattan. http://www.atelierdupoete.unblog.fr/ Roland Dauxois, peintre et auteur français vivant à Lyon, auteur de recueils dont le dernier L’UNIQUE VEINE est paru aux éditions le Vampire Actif en 2007. Participe à des expositions collectives et individuelles de peinture. Fait des lectures publiques, sur des scènes slam et à la radio. Nombreuses publications en revues. http://www.flickr.com/photos/rolanddauxois/ et http://rolanddauxois.blogspot.com/ Zur (Nicolas (Zur)strassen) poète belge, philosophe, a publié un recueil, Néganthropiques- dits/fractions de bipèdes, aux éd.MaelstrÖm réévolution, a écrit de nombreux articles dans des revues “poélitiques”. http://intercession.over-blog.org/ Isabelle Guilloteau, française, habite en Bretagne, professeure de lettres en lycée, publiée dans la revue Dissonances (n° 16 et 17) dans la revue Chimères (n°70). Lauréate de concours de nouvelles celui des éditions Grimal en avril 2009 pour le texte “Annihilation” et celui du festival les Escales de Binic, en mars 2010, avec “Rendre l’âme à la mer”. Publiée dans un recueil collectif, “Si la vie est cadeau”, aux éditions Max Milo, en novembre 2010. Nathalie Riera est née en avril 1966, vit en Provence, auteur d’essai. La parole, derrière les verrous aux Editions de l’Amandier (2007), de recueils de poésie ClairVision aux Editions Publie.net et Puisque beauté il y a, éditions Lanskine (2010) d’articles critiques et notes de lectures


notamment dans la revue La Pensée de Midi/Actes Sud ou sur des sites consacrés à la poésie contemporaine et arts plastiques ainsi que revuiste avec la revue mensuelle numérique Les Carnets d’Eucharis qu’elle anime depuis mars 2008 http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com Brigitte Célerier est française et vit à Avignon. Elle tient un site « Paumée » où elle écrit prose et poésie et où elle chronique la vie culturelle de sa ville et les lieux numériques qu’elle parcourt assidûment. http://brigetoun.blogspot.com/ France Burghelle-Rey est française, professeur de lettres classiques, a publié dans une vingtaine de revues, écrit près de dix recueils et collabore avec le peintre Georges Badin pour des livres d’artistes. http://france.burghellerey.over-blog.com/ Marie Hercberg est une artiste peintre française qui vit à Roanne. Après l’obtention du diplôme des beaux-arts de l’école de Mâcon, a enseigné l’art plastique en cycle secondaire. Spécialisée dans l’art thérapie auprès de personnes déficientes mentales. Aujourd’hui, se consacre entièrement à son art. http://www.marieh-peinture.com Annik Reymond est née en 1958, vit et travaille en Haute-Savoie, diplômée de l’ESBA (HEAD) Genève. Enseignante d’arts plastiques, a travaillé comme graphiste et illustratrice. Expositions récentes : Allevard, Isère, sept. 10, collective. Galerie Arcade Chausse-Coq, Genève, nov. 10. Prévue : La Pinacothèque, Genève, oct. 11. http://annik-reymond.org Raphaële Colombi, plasticienne, née en 1963 à La Ciotat, française, habitant Paris. Allie photographie et peinture dans son travail. http:// rcolombi.free.fr/ http://in-errances.blog.lemonde.fr/ Nicolas Vasse, poète, peintre, photographe, né le 29 avril 1979, résidant près de Douai (59), France, présent sur facebook, ses blogs sont réunis sur la plate-forme netvibes : http://www.netvibes.com/nicolas-vasse#General Guidu Antonietti di Cinarca est né en 1950 à Ajaccio, Corsica. Il est architecte libéral à Aix-en-Provence. Il est aussi artiste plasticien et photographe. Ses photographies en noir et blanc : http://www.fotolog.com/dicinarca/ ses aquatintes : http://aquatintesenlignedeguidu.blogspot.com/ Solange Knopf, est une artiste belge, née a Ixelles (Bruxelles 1050) en 1957, vit et travaille à Bruxelles. http://solangeknopf.com Jean-Michel Deny, est un artiste peintre et auteur grenoblois. http://jm-deny.over-blog.com/ Patrick Packwood, est un poète québecquois, co-fondateur des soirées La Poésie du thé (Montréal, 2005). Ses poèmes sont publié sur le site Francopolis, dans les revues Steak Haché, L’Ascaris, Consigne et Alter texto, dans le recueil-souvenir de la journée Gilbert-Langevin 2003, ainsi que dans l’anthologie “Sur les récifs” des Publications Verlamer en 2004. “portraits paysages”, publié en 2006 par La Petite Fée, est son premier recueil de poèmes. Marianne Brunschwig est francaise, travaille et vit à paris, née en 1960. Spécialisée dans le genre de la Nouvelle, certaines sont publiées dans la revue “Rue Saint Ambroise”, d’autre ont paru dans les journaux des sans-abri comme “le Réverbère” ou le journal “Le Monde. Marianne fait partie du comité de lecture de la Revue “Rue Saint Ambroise”. Sabine Huynh est née en 1972 à Saïgon, elle a grandi à Lyon, puis vécu ailleurs. Poète, écrivain, traductrice littéraire, docteur en linguistique. Poèmes et nouvelles publiés en revues et anthologies depuis l’an 2000. Premier roman, La Mer et l’enfant, à paraître en France en 2011. Vit à Tel Aviv. https://sites.google.com/site/sabinehuynhspace/home Grégoire Philipidhis, photographe français, a été directeur artistique de presse et d’agences de publicités en 1979, en 1995 se consacre à la photographie de mode et de personnages. Il développe depuis 2002 un travail photographique personnel basé sur le portrait, qui est devenu aujourd’hui son activité principale (expositions à Paris, Pékin, Le Havre, Istanboul, Genève,…) www.philipidhis.com Clarisse Rebotier, photographe française, de 33 ans. Elle travaille à Paris et ses photos paraissent entre autres dans Le Figaro, Libération, La Croix, France Culture, Le Courrier de l’Atlas... distribuées par l’agence de Bayard Presse : http://www.photociric.com. Anastassia Elias est née en 1976 en Russie où elle a fait des études philologiques, puis journalistiques. Après s’être installée en France en 2001, elle se tourne vers l’illustration jeunesse avec différentes techniques : peinture, dessin et collage. Ce travail aboutit à deux publications, deux livres pour enfants : « Grand-mère arrose la lune » en 2006 et « Les yeux d’Yseut » en 2007. Parallèlement, elle participe à diverses expositions. Lionel-Edouard Martin est né dans la Vienne en 1956, poète et romancier, Lionel-Édouard Martin est à ce jour l’auteur d’une vingtaine de livres. Longs séjours à l’étranger. Vit et travaille en Martinique depuis 1998. Anne d’Huart est une plasticienne belge formée à l’Ecole des Arts de Braine-l’Alleud, elle se passionne pour des projets créatifs multiformes, de préférence hors des sentiers battus. Particulièrement intéressée par la lumière, elle explore actuellement de nouveaux chemins en photographie. http://www.flickr.com/photos/anne-minerve/ Jack Keguenne est un poète, romancier et essayiste belge né en 1957. Il a publié une vingtaine de livres dont, récemment, Notes sur l’amour, essai, Ordre d’apparaître, poèmes, et Presque blanc — notes sur la mer du Nord et la peinture d’Eric Fourez, essai (tous parus aux éd. aesth. en 2009). En parallèle, il a mené pendant 25 ans une carrière d’artiste plasticien traçant une écriture imaginaire nommée calligraphismes. Brahim Metiba est né en 1977 en Algérie, résidant en France depuis 10 ans et ayant la double nationalité Franco-Algérienne, est venu à la

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photo sur le tard. Inspiré par la photographie humaniste, après une première série dédiée à l’histoire de la solitude d’une femme, http://summilux. net/forums/viewtopic.php?p=416342#416342, il a réalisé une série de diptyques dont le but est de montrer la transversalité du sentiment et de l’esprit, indépendamment du sexe, origine ou âge de la personne qui les porte. Pierre Gaudu est un artiste peintre et photographe français né à Fécamp, autodidacte de formation, il vit actuellement à Grenoble où il s’adonne entièrement à son art, en vit depuis plusieurs années. Depuis 1975, il participe à de nombreuses expositions. Son site : http://pierre-gaudu.overblog.com/ Pascal Boulanger est français, né en 1957, bibliothécaire. Il publie des chroniques dans des revues, parmi lesquelles, “artpress” et “Europe”.Il est l’auteur d’une quinzaine de livres (poésie/critique) et notamment de : “Tacite” (Flammarion), “L’émotion L’émeute” (Tarabuste), “Fusées et paperoles” (L’Act Mem) et récemment “Un ciel ouvert en toute saison” (Le Corriddor bleu). Catherine Ysmal est née à Paris et est installée à Bruxelles depuis une quinzaine d’années. Philosophie, littérature et poésie construisent son univers ; elle se partage entre fiction et réalité, images et couleurs. Elle termine actuellement un roman. Textes parus dans la revue Dissonances en octobre 2010 et mai 2011. Raymond Alcovère, auteur français, né en 1956 à Montpellier où il vit et travaille, a 3 romans publiés à son actif : “Fugue baroque”, “Le sourire de Cézanne”, et “Le bonheur est un drôle de serpent”, un recueil de poésie : “L’aube a un goût de cerise” et une trentaine de nouvelles parues dans des revues, recueils et romans collectifs. http://raymondalcovere.hautetfort.com Jean-Marc La Frenière est un poète canadien, né au Québec, à Beloeil, en 1948. Habite depuis quinze ans à St-Ferdinand, dans la région des Bois-Francs. Il a publié six recueils de poésie dont le dernier «J’écris avec la terre», est sorti aux Éditions Chemins de Plume à Nice en 2010. Dolorès Polo est née à Santa Fe, après une enfance passée en Argentine, partage désormais son temps entre la France et l’Angleterre. Auteur d’une dizaine de courts romans et récits traduits en portugais et en anglais, contrebassiste. Les troubles politiques qui ont agité son pays ayant provoqué, dans les années 80, l’emprisonnement de plusieurs membres de sa famille et l’assassinat de son père, avocat, elle a fait le choix d’écrire exclusivement en français, langue que sa mère, d’origine charentaise, lui avait enseignée. Paolo Fabrizio Iacuzzi est né à Pistoia en 1961 ; il vit à Florence où il travaille pour une maison éditoriale. Poète, essayiste, critique littéraire, promoteur d’événements culturels, il est également directeur artistique du Prix littéraire national du Ceppo (Pistoia) et membre fondateur du Centre international Jorge Eielson et administrateur du Fonds Piero Bigongiari de la bibliothèque San Giorgio de Pistoia. Parmi les recueils de poésie publiés : Magnificat (Quaderni del Battello Ebbro,1996), Jacquerie (2000), Patricidio (2005) et Rosso degli affetti (2008) chez Nino Aragno Editore. Site web : www.paolofabrizioiacuzzi.it Maura del Serra est née à Pistoia en 1948. Elle enseigne la littérature comparée à l’Université de Florence. Poète, dramaturge, traductrice et critique littéraire , elle publie en 2006 chez Marsilio (Venise) L’opera del vento, qui regroupe, aux côtés de poèmes inédits, l’ensemble de son œuvre poétique de 1965 à 2005. En 1985, elle est lauréate du Prix littéraire du Ceppo. Son dernier recueil, Tentativi di certezza est paru en 2010 aux Éditions Marsilio. Angèle Paoli est née à Bastia en 1947. Après une carrière dans l’enseignement, elle se consacre à l’écriture et à la « revue littéraire, artistique & cap-corsaire » Terres de femmes qu’elle a créée en 2004 avec son mari Yves Thomas. Elle a publié en 2007 chez A Fior di Carta, (Barrettali Haute-Corse), Noir Écrin et Manfarinu, l’âne de Noël, aux éd. Les Aresquiers, À l’aplomb du mur blanc (2008) et Corps y es-tu ? (2009), Lalla ou le chant des sables, récit-poème (éd.Terres de femmes, 2008), Le Lion des Abruzzes, récit-poème (éd. Cousu Main, 2009) et Carnets de marche (Éd. du Petit Pois,Béziers, 2010). Martino Baldi est né à Pistoia en 1970. Bibliothécaire, docteur en littérature italienne contemporaine, il est organisateur de spectacles et d’événements culturels. Critique littéraire et cinématographique, il est également poète, ses écrits sont parus en ouvrages collectifs et revues. Il a publié en 2005 aux Éditions Atelier un recueil de poèmes intitulé Capitoli della commedia. Il est membre du jury du prix littéraire du Ceppo-Pistoia. André Ughetto est né en 1942 à l’Isle-sur-la-Sorgue. Poète, traducteur de poésie, critique littéraire, conférencier. Membre de la rédaction des revues Autre Sud et Les Archers à Marseille, collabore aux revues Sorgue (à l’Isle-sur-la-Sorgue) et Osiris (Old Deerfield, Massachusetts, USA). En poésie sont parus Qui saigne signe (SUD-Poésie, 1990) et Rues de la forêt belle, (éd. Le Taillis Pré, 2004) ainsi que la traduction, avec Philippe Jaccottet, de l’ouvrage de Piero Bigongiari, Les remparts de Pistoia (Éd. la Différence, 1992). Danièle Colin est originaire de Strasbourg, elle est documentaliste et pratique la photographie, le photomontage et la poésie sur son site http:// grain-de-sable.tsukinokeshi.over-blog.com/ Laurence Verrey est née à Lausanne en 1953. Elle vit à Morges en Suisse, où elle enseigne le français aux étrangers en voie d’intégration. Membre du jury du prix Schiller depuis 2008, elle a publié proses et recueils poétiques, dont Le Cantique du Feu (L’Aire 1986, prix Schiller 1987), D’Outre-Nuit (Éditions Empreintes,1993), Pour un Visage (L’Aire 2003), Vous nommerez le jour (éd. Samizdat 2005). Une brève


transe de cailloux (L’Aire, 2008). Son dernier recueil, Un seul geste est paru aux Éditions Empreintes en mai 2010. Site web : www.laurenceverrey.ch Olivier Bastide est né en 1962. Instituteur dans le Vaucluse, docteur es Lettres, il collabore avec la danseuse et chorégraphe Elena Berti. Parmi ses publications, figurent aux Solicendristes Certitude première (2001), L’Arpenteur (2002), BestiAire (2002), Le Matamore sous l’étoile (2008) ; Articles de ménage et de bazar (Polder 2002) ; chez Encres vives, Sédimentaires~Originaires (2003), Traverse (2005), Dans le ventre bleui du soufre, après le vent furieux, advint le jour (2010, collection Encres blanches) ; chez Klanba Éditions, Le Bouilleur de cru (2006). Kouki Rossi est née au Maroc en 1961 Elle vit actuellement en Vaucluse, livre régulièrement ses écrits sur son blog : Koukistories.blogspot.com Michel Gerbal est un poète et dramaturge français. Il consacre l’essentiel de sa vie à la composition d’une écriture longue - et de quelques autres poèmes. Son recueil Eldorado a obtenu le prix Val-de-Seine 2002. Mathieu Brosseau est un poète français né en 1977 à Lannion. Bibliothécaire, il vit en région parisienne. Il est membre des comités de rédaction des revues L’étrangère et Fusées. Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie. Ses prochains livres à paraître sont “La Confusion de Faust” aux éditions Le Dernier Télégramme (mars 2011) et “Uns” aux éditions du Castor Astral (Juin 2011, préface de Jean-Luc Nancy). Alain Helissen est français, né en 1954. Il vit à Sarrebourg. Poète, chroniqueur dans plusieurs revues (dont Diérèse, Traversées et CCP) et sur quelques sites poétiques (Poézibao, Sitaudis, Libr’critique)), il dirige depuis 2000 la collection de poésie « Vents Contraires » chez VOIX éditions. Parmi ses dernières publications : « On joue tout seul » (Corps Puce, mars 2010), « Metz in Japan –digest- », livre boîte d’allumettes (VOIX éditions, 2010), « Passages », livre d’artiste réalisé avec le plasticien Max Partezana, tirage limité à 12 exemplaires, printemps 2010 et « Acanthes », livre d’artiste réalisé avec le collagiste Claude Ballaré (DROSERA, 2010) On peut consulter son blog pour en savoir plus : http:// alainhelissen.over-blog.com Thélyson Orélien est un poète francophone Haïtien. Il vit à Montréal. Il a débuté dans la chanson pour ensuite s’adonner à l’écriture poétique. Il a publié en collectif aux Éditions de l’Hèbe, en Suisse «Les couleurs de ma terre» qui lui a valu le Prix International Jeunes Auteurs -PIJA. Finaliste du Prix Arthur Rimbaud de la Fondation Emile Blémond pour «L’ombre qui colle à mes pas». On retrouve certains de ses textes dans plusieurs publications dont la «Nouvelle anthologie de la jeune poésie d’aujourd’hui» de la Maison de Poésie de Paris, dans «Le Persil» journal littéraire avant-gardiste de la Suisse romande, dans le collectif «Ancre des dattes» aux Éditions Page Ailée et dans l’Anthologie «Poètes pour Haïti» paru chez l’Harmattan.­Il étudie à la Faculté des Arts et des Sciences de l’Université de Montréal. Sylvie Saliceti, née Ecuvillon, en 1966 à Saint-Julien en Genevois Sylvie-E. Saliceti vit à Marseille. Avocate, puis notaire, elle ne cesse d’écrire en parallèle, publiant dans quelques revues d’abord (La porte des poètes, Anthologies Flammes vives, Autre Sud…) jusqu’à ce qu’elle obtienne le premier prix poétique 2007 de l’Association Internationale des Belles Lettres. Depuis elle a publié un roman et des recueils de poésie dont son dernier recueil « Lettres Tibétaines » sortira aux éditions Flammes Vives. En mars 2009, elle a été honorée du Prix de l’Alliance Française de Genève. Florence Noël est une poète belge vivant dans le Brabant Wallon, née en 1973, a publié dans de nombreuses revues et anthologies, anime des ateliers d’écriture, fondatrice de Francopolis, actuellement revuiste de Diptyque. http://pantarei.hautetfort.com http://diptyque.wordpress.com

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Hiver 2010- 2011 Lumières intérieures

- revue littéraire et artistique semestrielle DiptYque #2

Sommaire Hiver 2010-2011 Edito : Florence Noël (1) Voix à la Une (3-17) De Toscane en Provence, Lumières d’un Jumelage au Scriptorium avec : Paolo Fabrizio Iaccuzi, Maura Del Serra, André Ughetto, Angèle Paoli, Martino Baldi, Laurence Verrey, Olivier Bastide et Dominique Sorrente. Nouvelles et récits de : Claudine Tondreau, Baptista des Caraïbes (20-23) Camille Philibert Rossignol, Or, la larme (27-30) Dolores Polo, Chambre sans miroir (89-90) Angèle Paoli, Mocajo (92-95) Marianne Brunschwig, À l’écran (114-115) Stéphane Méliade, Oncques ne vit visage plus ardent (117-120) Isabelle Guilloteau, Où la lumière pleut (124-126) Raymond Alcovère, - À Travers le corps (130-131) Jean Bourgeois - KaOs mais debout (132-133), Mathieu Rivat - Trace d’un flash (137-140) Anthologie poétique (37-87) des Lumières intérieures avec : Nathalie Riera, Loyan, Lionel Edouard-Martin, Ile Eniger, Louis Raoul, Eric Dubois, Brigitte Célerier, Thomas Vinau, Zur, François Teyssandier, Michel Brosseau, Michèle Dujardin, Véronique Daine, Patrick Packwood, Kouki Rossi, Jean-Marc La Frenière, Sabine Huynh, Pascal Boulanger, France

Burghelle-Rey, Roland Dauxois, Nicolas Vasse, Cathy Garcia, Sébastien Ecorce, Mathieu Brosseau, Juliette Zara, Arnaud Delcorte, Philippe Leuckx, Catherine Ysmal, Thélyson Orelien, Xavier Lainé, Jack Kéguenne, Denis Heudré, Alain Hélissen, Michel Gerbal Chroniques des Lumières intérieures et articles critiques de : Sylvie Durbec, Philippe Leuckx, Angèle Paoli, Sylvie Saliceti, Florence Noël Les Tentatives de critique de l’édition numérique de Brigitte Célerier (108-109) Un écho littéraire à Lynch par Loïc Marchand (112113) Un écho poétique de Florence Noël à une oeuvre de Pierre Gaudu (122-123) Une humeur de Xavier Lainé (134) Au gré des pages, oeuvres des artistes : Pierre Gaudu, Solange Knopf, Annik Reymond, Grégoire Philipidhis, Marie Hercberg, Raphaële Colombi, Anastassia Elias, Clarisse Rebotier, Guidu Antonietti Di Cinarca, Anne d’Huart, Jean-Michel Deny, Brahim Metiba, Jacques Vandenberg, Danièle Colin.

http://diptyque.wordpress.com/