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Comment choisir? Les courbes de ton corps et les siennes. J’ai réalisé que je ne souhaitais plus rien. J’avais atteint le terme de ma sagesse. Vous deux m’étiez devenues indifférentes, et encore plus, le désir. Je n’avais plus de désir. J’aimais mieux évoquer l’étreinte d'une prostituée que vous deux. Tamare a cassé le robinet, et j'ai fermé les yeux. A ce moment-là, je voulais tellement que tout finisse, que j’ai fermé les yeux et commencé à attendre. Je sais que c’est triste. Et je sens bien que maintenant vous êtes alliées. Pourtant, je n’étais pas votre ennemi. Quant à toi, – S’adressant à la Journaliste. – peut-être parce que tu étais plus jeune, tu as compris et tu es partie. Mais Tamare! Mon Dieu! Nous parlions tous les jours, sans qu’il soit nécessaire de se voir. Elle était mon monde chimérique et quand elle a voulu devenir réelle, sa magie a disparu. – A la Journaliste. – A toi, je n’aurais jamais pu dire ce que j’écrivais à Tamare. – A Tamare. – Cette réalité que tu as mise dans ma vie m’a ôté l’usage de la parole. Aussi, dans ce village, dans la maison, je me suis tu. Je n’avais rien à dire à cette inconnue, à cette chair qui ne voulait rien de plus qu’être prise, pétrie de mes doigts, pénétrée et blessée. C’est ce qui s’est passé quand tu m’as transporté dans la réalité. Pour toi, je suis devenu aveugle et muet, parce que là, au lit, tu avais disparu et notre relation, à ce moment, est devenue ordinaire, alors que, auparavant, elle était comme éthérée. Tu étais irréelle, Tamare! Tu m’as entraîné dans la banalité, et c’est pour cela que tu dois payer. Tu payes maintenant, non? – Le téléphone de la Journaliste sonne. – Décroche ce téléphone! J’ai fini. Je n'ai plus rien à dire! LA JOURNALISTE: Oui, c’est moi, qui d’autre ce peut-être? C’est difficile à dire. Tu n’as pas enregistré la conversation. Rien du tout? Pourquoi? Pour moi, tout est bien. Le microphone? Quoi, le microphone? Non! Pas du tout! ça a l’air d’être un accident. Non! Elle ne semble pas très bien, mais je ne suis pas là pour la consoler. Elle aurait pu rester, mais elle ne l’a pas fait. Donc, je pense qu’on ne met personne en prison. O.K. C’est ainsi. – A Tamare. – L’homme dont je t’ai parlé, il est de la police. L’HOMME:

A la Journaliste. – Non! Pas ça! Tu n’as rien compris de ce que je t’ai

dit. Elle ne me laissera jamais sortir d’ici. Pourquoi, ma douce? Ton parfum? Des bêtises! Quoi? Dis-lui qu’elle peut garder le silence et que tout ce qu’elle dira pourra être utilisé contre elle. Dis-lui, chérie! Je n’aimais que toi! Elle? Et son amour, lourd et sombre, avec un bruit de chaînes! Non, je veux être libre, petite! Dis-le lui ! – A Tamare. – Pourquoi, Tamare? Pourquoi? TAMARE: Je dois comprendre que tu as fait ton choix. Restes-tu? - 24 -

L'Interview  
L'Interview  

piece de theatre

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