Suite Apollinaire - Jacques Demarcq

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Jacques Demarcq

S U I T E A P O L L I N A I R E

Ce

qui

reste



J acques D emarcq

Suite Apollinaire

Ce

qui

reste


l’apollinaire zinziator zonans

Bestiaire autour d’Orphée l’étourneau te répond tel un malin assez d’être ivre en des pitiés de gauche adroite ô volubiles qui voudraient diriger des automates résumé en oiseau ce siècle de progrès n’est qu’un conte en l’air un avion se pose et voici qu’en descend le Saint Père la religion seule fait peau neuve sa contagion a des surplus pleins les cuisines du bourrichon le monde à la télé résonne de millions de vieilles pies v.i.p. ou pigeons qui prient épris de paix au prix des dictateurs rapaces qui par Essor Total prospèrent dans leur pays réduit à la trique nécessaire est-ce le pain blanc qu’annonçaient les hirondelles aux ibis disparus d’Égypte devenus des hôtels entrez clients nos marabouts de fric vous ficellent des promesses d’espèce plus sonnante que la psychanalyse ou la messe il est bien des flamants qui se disent w’allons jusqu’à la Belgique réchauffés par l’effet de serres du grand aigle Amérique si soudain l’ongle Sam vers l’Onu pousse un cri ils ont faim les petits faudrait leur envoyer du riz


débarque en Samolie une charivéritable armada ça fait verser des armes aux courtisans d’Al-Qaïda et toi phénix boucher qui premier te charcutes saute avec la queue qui se presse dans l’autobus sitôt ressuscitant des vocations autour tu renais pour descendre un deux avions chacun sa tour aussi célèbre est l’oiseau Troc chez les anthropologues contre un lot de roquettes une cargaison de drogue quant à vous pihis longs qui bradez vos pantalons jean de Chine une seule jambe suffira aux rescapés des champs de mines mais voici apercevant très haut son adversaire la colombe faut qu’on lui dit-elle calligramme une table ronde l’oiseau-rire et les paons sur le cul l’acclament sifflant des vers d’alcool pour vous fouetter le chant belles âmes

aigle ibis pie pihi pigeon hirondelle phénix faucon pâtissent avec l’époque marabout paon colombe rapace rire et Troc se concrétinisent en humanisme

2005


Yaka

(un appeau dans ton nom attire tant d’oiseaux déjà en tes vers permets-moi Guillaume d’introduire un quatuor de masques aviaires dans la collec d’art africain de ton pigeonnier boulevard Saint-Germain)

le grand-duc de Verreaux n’est ni noble ni chouette il n’est qu’énorme et la nuit d’un vol s i l e n c i e font peur ses zoneill s bl ues ses zensorc -- és z -- ux

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l éc iq et e ér s on même et ses petits cousins rapaces le cannibale faut-il croire le sorcier Picasso qui suggère il pourrait bien s’en prendre à nous humains ses frères 2016


Suku sa tête est aussi ronde qu’un œuf posée sur un niiid de raphiiiA un ZoiZeau perché en pique-bœuf se penche pour v0. ir qu’est-ce qu’il y nia

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ses yeux sont los sa bouche ouverte son visage d’une pâleur de MORT un g zombie peut-être ou ANCêTRE mais le nez d’un enfant qui dort

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tu t’interroge ? avec tes potes lorsqu’un vieillard enfile le cAsque et devant vous gamins gigote ¿ vous promettant d’un air fanta ?que de vous le SZiiiier vot’ Zoi Zeau le tailler pointu comme un bec il sort en riiiant un SZ i Zeau çui qui criiera n’est pas un mec

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et vos corps saigné.• sur la paille de se recroqueviller en bn ule autour danse et boit fait ripaille le villAAAge arrivé en foule la fatigue bientôt vous assnmme marmn ts mn urants dont tous se marrent dormant jusqu’à 3 jours plus tard d’^^ nù paraît-il éclorez ¿

!-!Omme ?


Bwaba

plane Douh ô l ’é p e rv ie r au d’Orphée non pas Guillaume de va n t d’u n c ort è g e mais de masq arb ues dansant oré s a u pa r d e s g r i c lt e u r s

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2016


Ligbi

OUGE le calao dans son BEC R ix de coco n n’écrase pas la uile du palmier à h non mais celle bien plus utile car de sa sève vain des rêves on distille ce le e ou malafou le vin de palm les gosiers sous propre à calmer trop de s n leil e c’est en Afriqu ue q u jour il masti un mor Ceau d répand la g NUIT GE A M LU P n so et que t devant le mas son bec pendan e pendi(e mâl s’arrondit en ap ie ue ☾une s’ennu q el u q ù o s ca au

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t qu’une aile condor cet ois ine en couple ils volent ils n’on

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l’avion qui des rrière œufs e d nous n d’oiseaux o s bom dans tes écrits ju ba squ’à ton r ami reno irci du b énin c es ’ t malin

u ais-t écr i v s éaire e es lin oési sèch la p ntes est e poi mme ues d o c uniq rien ples ge q u i f a i s an e en qui fuit chan aon exem s t ledpuit de tatu t pour le trait de lsa n t p ro té son goû r ou ofo rès tôt no tre e e e pr pénè tu avais t r un pte scul te é s de poète assassin dai prophéties an raison aux dem is à n tu tu croya bénile plu s étrangeme n t f o u d a n s tes poèmes o u tes c o n t e s s ’est hélas vér ifié

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le 15 août 1928 Marie-Thérèse 19 ans en colonie de vacances à Dinard


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moi 47 ans à l’hôtel avec épouse et fils pour suivre mon jeune modèle 2011


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pas eu besoin d’attendre qu’à zurich tzara me charrie avec son accent roumain imitant l’alssachien « arp à barbe d’arbre arp a un oiseau dans le petit téléphone » j’étais déjà dans les bois les couches de planches avec sophie et poussait la forêt couvaient les oiseaux

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à strasbourg où suis né à l’âge suis revenu décorer d’arbres champignons le sous-sol de l’aubette sophie rêvait sophie peignait souple elle dansait au ciné-bal et sophie a construit une maison au pied du bois de meudon où jadis Croniamantal rencontra Tristouse Ballerinette où dans du plâtre ensuite j’ai sculpté berger des nuages la forêt qui se meut sous les caresses d’ombres d’oiseaux


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tourne en as ent qui enpséom è e me c a mm de ei endanc er tient ui c s g a i iné pà un le s ’a fa c ns fi a a ’ d re sés a tm d n nt é x ad m ola anais qui au nfa v thre m p i a i b e r e pr n u èz by end s a ap ngs a soe n tr ’ai fait le h m joue oe d v ts d p –um ’un r l ed cirq lde ev a ue a c och t applaudsi el e àp tahie accr m s on a a t a s b e iel l ri u j’ mai nuolléoisea e u m c a n a r rm ite en trtans erfo atapkes its f igh ss u h y l t n e o p a t fre end t pla e n e hape fro an en bu s d mw ce s a e u t z l i t o p ob o nt bau m nl sd’air urnoyabake lero boca o t n u a josephine t s ù s n a e l isti obi ceon si viv nts nes d asom u flo s lig e s l er lle lled h eui re-ca t s a e s th res wig oèmes de cummin p x e u a h ttres in t ue l

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Notes Bwaba. Au Burkina Faso, env. 300 000. Masque-planche, 140 cm, coll. part. Ligbi. Au Ghana, env. 20 000. Masque Yangaleya, bois, cuir, pigment, h. 29 cm, Musée Barbier-Muller, Genève. Yaka. Au Congo, en Angola, env. 400 000. Masque, bois et pigment, h. 23 cm, The Menil Collection, Houston. Suku. Au Congo, en Angola, env. 200 000. Masque-heaume, bois, raphia, pigment, h. 45 cm, Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, Belgique. le delaunay. Tour Eiffel, 1910, h/t, 116 x 81 cm, Staatliche Kunsthall, Karsruhe ; Le manège de cochons, 1922, h/t, 248 x 254 cm, Mnam ; Rythme n° 1, 1938, h/t, 529 x 592 cm, Mam Ville de Paris. Et « Les fenêtres », 1913, in Calligrammes, dédié à « R. D. » ; La Prose du Transsibérien…, 1913, enluminé par Sonia. les picasso. « Constellation », in Carnet 30, été 1924, encre, paru dans La Révolution surréaliste, n° 2, janv. 1925 ; et « Les Fiançailles », 1908, in Alcools, dédié à Picasso. Figure (Monument pour Apollinaire), oct. 1928, maquette réalisée par Julio González, agrandissement en acier de 1985, Musée Picasso, Paris. Baigneuse, 15 août 1928, h/t, 24,5 x 35 cm, Musée de Rennes. l’arp. Forêt. Formes terrestres, 1916, relief, bois peint, 32,7 x 19,7 x 7,6 cm, National Gallery, Washington ; Formes d’oiseau, 1922, relief, bois, 69 x 22,5 x 6 cm, coll. part. ; Bouteille et oiseau, Configuration ailée, c. 1925, relief, bois peint, 52 x 55,5 x 6,3 cm, Mam&c, Strasbourg. Également, Berger des nuages, 1953, bronze, 320 x 123 x 220 cm, Fondation Arp, Clamart ; Tristan Tzara, Cinéma calendrier du cœur abstrait maisons, Au sans pareil, 1920 ; Jean Arp, Jours effeuillés, Gallimard, 1966. les calder. Untilted, métal et bois peint, 205,5 x 244 cm, 1938, coll. part. ; Snow Flurry, 1948, métal peint, 101,5 x 208,5 cm, Calder Foundation, New York ; et Bird, c. 1951, boîtes de conserve et fil de cuivre, 51 x 63,5 x 40,5 cm, Museum of Contemporary Art, Chicago. Michael Webster a collaboré à la traduction.



Jacques Demarcq Né en 1946, Jacques Demarcq vit à Paris ou voyage. Il a été postier, journaliste, prof de lettres, membre de la revue TXT, éditeur et critique d’art, producteur de radio, prof de design. Il est toujours écrivain et traducteur. Aux éditions Nous, il a publié Les Zozios et Avant-taire, et traduit E. E. Cummings, Gertrude Stein, Andrea Zanzotto. Chez Corti, a paru Nervaliennes ; à l’Atelier de l’agneau, Rimbaldiennes ; chez Clémence Hiver, Seghers, à La Nerthe, d’autres Cummings. « Suite Apollinaire » est un extrait de La Vie volatile, à paraître aux éditions Nous en avril 2018 pour le centenaire d’un autre livre.



La revue Ce qui reste RALENTIR POÈME

Un poème est un pont jeté en travers du temps Jean-Michel Maulpoix

Prendre le temps de lire un poème est un acte de résistance libérateur, une manière de rester dans l’instant présent, d’échapper à la fuite en avant permanente que nous impose le rythme de notre époque. C’est reprendre sa respiration avec l’inspiration des autres. La revue Ce qui reste, coéditée par Cécile A. Holdban et Sébastien de Cornuaud-Marcheteau, vous propose de marquer cette pause en vous faisant découvrir chaque semaine un auteur. La création n’étant pas que langage, la revue ouvre également son espace à des artistes plasticiens.

© Juin 2016 — Jacques Demarcq La revue Ce qui reste pour la présente édition www.cequireste.fr — revue.cequireste@gmail.com


Jacques Demarcq

S U I T E A P O L L I N A I R E

Ce

qui

reste


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