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Sommaire Archibat n°19

R e v u e m a g h r e´ b i n e d  a m e´ n a g e m e n t d e l  e s p a c e e t d e l a c o n s t r u c t i o n

E´DITORIAL

5

ARCHIBAT NEWS

6

ACTUALITE´ NATIONALE

10

ACTUALITE´ INTERNATIONALE Inauguration de La Cite´ du Design a` St-Etienne

12 18

RE´ALISATION Ae´roport International Enfidha, Zine El Abidine BEN ALI

22

COLLOQUE Quelle pre´sence pour larchitecture italienne au Maghreb?

26

Espaces de bureaux ■

Quartiers daffaires, la bonne formule ?

Les baˆtiments de bureaux face aux enjeux e´nerge´tiques

Le bureau, ouvert ou ferme´ ?

31

DIPLOˆME ■ La mosque´e vue autrement

82

PATRIMOINE ■ Urgent : sauver Testour !

84

CONCOURS ■ Les tunisiens invite´s a` Mini maousse ■ Concours national darchitecture : Sie`ge du Ministe`re de lIndustrie, de lEnergie et des PME TECHNIQUE & CONSTRUCTION ■ BATIMAT 2009 proˆne lefficacite´ e´nerge´tique

94

LINVITE´E ■ Daousser Chennoufi, architecte

98

32 38 42

Le lac vu par Siemens

44

Sie`ge de Tunisie Leasing

48

Les fausses jumelles Tunisiana

52

Intelligence et innovation, sie`ge de la BIAT 56

La mode, un support dexpression

60

AILLEURS Retour au centre : les chantiers dune remise a` niveau du Caire

Ame´nager et manager autrement

■ ■ ■

Reconversion : re´nove´, transforme´ un baˆtiment retrouve´

Villa BH, Volumes, lumie`re et paysage Mohamed Ben Slama Marianne Catzaras Maison&Objet 2010

106 110 112 114

66 LIVRES ET LIVRAISONS 70

Entretien avec Bertrand J. Sigwalt,DG de Nestle´ Tunisie ■

102

ARTS ET DE´CO

Un baˆtiment vitrine sie`ge de Boukhater a` Tunis

88 90

76

116


E´ditorial Bureaux de la société Draw Link Group (Dubaï)

ARCHIBAT Revue maghrébine à parution semestrielle, publiée par : ABC Architecture Bâtiment et Communication, sa 19, Rue 8300, Imm. Luxor I, Br. M/2 Montplaisir 1073 Tunis Tél. : 216 71 904 467 - 71 907 952 Fax : 216 71 902 485 E-mail : archibat.com@planet.tn

Site web : www.archibat.com.tn

Directrice de publication

Amel SOUISSI TALBI Ont collabore´ a` ce nume´ro :

Nada EDHIFI Pierre-Arnaud BARTHEL Olfa BELHASSINE Fourat BINOUS Md Zied GANNAR Inès DIMASSI KHIRI Fériel LEJRI Ons NAJJAR MANSOUR Ons SAKJI SMAOUI Nos remerciements pour leurs collaborations :

Karim BEN AMOR Samir MAKHLOUF Céline SAVOYE Mémia TAKTAK Membres fondateurs

Leïla AMMAR Ali DJERBI Amel SOUISSI TALBI Achraf BAHRI MEDDEB Morched CHABBI Denis LESAGE Publicite´ :

ABC : Architecture Bâtiment et Communication : Zouhaira TALBI REBAI Emna BEN ROMDHANE TOUMI

Conception et re´alisation graphique

Agence MIM Tél. : (216) 71 950 344 / 330 Impression FINZI USINES GRAPHIQUES Les articles publiés dans cette revue, et les idées qui peuvent s’y exprimer n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.Tous droits de reproduction, réservés pour tous pays. Les textes et photos reçus et leurs envois impliquent l’accord de l’auteur pour leur libre publication.

A l’heure où la récession économique raréfie les grands projets à travers le monde, des espaces de bureaux  thème de notre présent dossier  ne cessent d’être construits partout en Europe, en Amérique, en Asie et au Maghreb. Ceux qui continuent à investir en temps de crise sont à notre avis les plus audacieux. Car même s’ils engagent leurs capitaux en gardant en tête les conseils des théoriciens de l’économie qui recommandent de préparer la reprise en recourant à trois options, l’ouverture de chantiers de construction, la formation des ressources humaines et la communication, ils prennent tout compte fait de gros risques. Ce sont eux à qui nous devrons, dans quelques mois, une reprise financière internationale. En Tunisie, des immeubles de bureaux de belle facture architecturale viennent d’émerger au Lac, au Centre-ville, à la Charguia et à la Cité El Khadra. Nouveau sous nos cieux, les concepteurs commencent à réfléchir leurs projets en fonction de préoccupations environnementales : intégration de l’énergie solaire, isolation phonique et thermique des parois, éclairage basse tension, création d’écrans végétaux… La récente réglementation thermique tunisienne visant les bâtiments de bureaux, les technologies innovantes mais aussi la sensibilité par rapport aux enjeux climatiques poussent les entreprises à de nouveaux comportements. A un usage responsable et citoyen du bâtiment, secteur qui deviendra chez nous à l’horizon 2030 premier consommateur d’énergie. Et parce que le développement humain prête une attention particulière à l’individu, à son bien-être et à son confort, des patrons, comme ceux de la multinationale Nestlé, n’ont pas lésiné sur la dépense pour offrir à leurs employés un siège convivial, chaleureux, ponctué d’espaces ouverts baignés de lumière et de couleurs, des lieux dédiés à la détente, à l’échange et aux réunions informelles. Le design et l’ergonomie contribuent à créer non seulement une identité forte mais deviennent dans ce contexte-là les moteurs d’une meilleure productivité ! Justement, c’est l’architecture d’intérieur qui a ouvert les portes de Dubaï, à l’architecte tunisien Daousser Chennoufi (récompensé par le Prix Cityscape Dubaï pour l’Hôtel Bab B’har et pour le meilleur projet d’aménagement intérieur d’un espace commercial). A la base de sa success story, deux concepts intelligents. Tout d’abord, être à l’écoute des besoins, des opportunités et des évolutions de la ville. Ensuite, suivre les commandes dans leurs moindres détails, communication, architecture, mobilier et exécution en interne avec son équipe multidisciplinaire. Un jour peut-être, dans les bureaux d’architectes et d’urbanistes tunisiens, des artistes seront associés en amont à la réflexion sur des projets. Des artistes de grand talent, tels le peintre Mohamed Ben Slama et la photographe Marianne Catzaras, que nous présentons dans la partie Art et Décoration de notre revue. Grâce à leur imaginaire fertile et au sens de la liberté qui habite leur univers, les artistes ne peuvent que pousser les projets vers plus de rêve, de fantaisie et de poésie ■

Amel Souissi Talbi

VISA N° 2796 Dépôt légal : décembre 2009

Tu n i s i e

Autre publication de ABC

déco maison art de vivre

Archibat n°19 - 12.09 5


Archibat News Archibat News

RFR, DÉMARRAGE DES TRAVAUX DE LA PREMIÈRE PHASE DU PROJET

Station Tunis Marine

L’année 2010 sera marquée par le démarrage des travaux de la première tranche du projet du réseau ferroviaire rapide (RFR), dont le coup d’envoi a été donné, le 10 décembre dernier, par le Président de la République lors de l’inauguration de la ligne du métro léger de La Manouba. Ce projet qui sera réalisé par la Société du réseau ferroviaire rapide de Tunis permettra de répondre à la forte demande de déplacement, de maîtriser le développement du transport individuel et de participer au décongestionnement du centre-ville. Il s’agit, en outre, d’améliorer la fluidité de la circulation en vue d’optimiser la consommation d’énergie, réduire la pollution et développer un système de transport multimodal par l’aménagement de stations de correspondance et l’aménagement, à proximité, de parkings pour inciter les automobilistes à l’utilisation du transport collectif. Le coût global du projet du réseau ferroviaire rapide est estimé à 3 200 millions de dinars tunisiens. Il constitue l’un des principaux projets du 11ème plan de développement économique et social (2007/2011) et s’inscrit dans le cadre du programme de modernisation des réseaux du transport en commun dans le Grand Tunis.

« Projet Bardo » repense le musée dans sa totalité et affiche de grandes ambitions pour en faire une destination privilégiée des visiteurs. DESERTEC : LE SOLEIL DU SAHARA, L’ÉNERGIE DE DEMAIN Le projet DESERTEC consiste à installer plusieurs milliers de m² de panneaux solaires dans le désert du Sahara. Ce projet concerne plusieurs pays, notamment la Tunisie, la Libye, l’Algérie, le Maroc. La technologie utilisée reposerait sur l’énergie solaire thermique. Le montant total de l’opération s’élèverait à environ 400 milliards d’euros. Ce projet, que certains qualifient de « projet énergétique du Siècle », consiste à convertir le soleil du désert saharien en électricité. DESERTEC sera mené par une douzaine d’entreprises en majorité allemandes sous l’égide du réassureur allemand Munich Re. Les recherches sur l’énergie solaire par les grands pays sont une sorte de quête de l’or, avec pour objectif de trouver le trésor dont l’humanité entière va avoir grand besoin : une énergie inépuisable et aisément disponible. Le monde se fait ainsi lentement à l’idée que l'énergie fossile arrive à sa fin.

CONVENTION ENTRE LE MUSÉE DU BARDO ET LE MUSÉE DU LOUVRE Le Musée du Bardo vient de signer une convention avec le Musée du Louvre afin de sceller des relations dans le domaine des échanges de personnels et de compétences, de la recherche et de la coopération. Des échanges d'œuvres, des événements d'ordre culturel sont aussi prévus. A rappeler que le Musée du Bardo rentre dans une opération d’envergure d’extension, de restructuration du plus prestigieux Musée tunisien. En redonnant de la visibilité au Musée, l’objectif de cette mise à niveau est d’attirer 1,7 millions de visiteurs par an et d’en faire une locomotive du tourisme culturel. Le Musée sera agrandi de plus de 8 000 m² tout en répondant aux normes internationales. Il pourra désormais accueillir des activités pédagogiques et récréatives comme les cafés, les restaurants, les boutiques et les librairies spécialisées, le tout en préservant les caractéristiques architecturales de cet ancien palais.

LE PLAN SOLAIRE TUNISIEN, UN PROJET AMBITIEUX DE MAÎTRISE DE L’ÉNERGIE Le plan solaire tunisien (PST) est un projet dont l’objectif principal est le développement des énergies renouvelables en Tunisie. Il s’étend sur la période 2010-2016 et s’inscrit dans le cadre de projets internationaux comme le plan solaire Méditerranéen et le projet DESERTEC. Le plan solaire tunisien consiste en l’extension du programme actuel du Prosol thermique notamment dans l’hôtellerie et autres bâtiments collectifs, le lancement, à partir de janvier 2010, d’un nouveau programme Prosol électrique et le développement du photovoltaïque concentré pour le marché local et l’exportation, de l’énergie éolienne, de l’efficacité énergétique, de la cogénération, de la biomasse pour la production de l’énergie et enfin la mise en place des structures d’études, d’appui et de soutien à sa réalisation. L’économie d’énergie attendue correspondra à 22% de la réduction globale de la consommation énergétique nationale en 2016. Le PST traduit la volonté de promouvoir des actions concrètes d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables et Projet d’extension du Musée du Bardo


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confirme l’ambition de la Tunisie de devenir un espace international de production et d’exportation industrielles et énergétiques. Parmi les projets pilotes du PST figurent le projet, « Soleil de Nefta », le projet « Eco-village de Zarzis-Jerba » et l’optimisation énergétique du projet d’aménagement de la gare de Sousse. SITE INTERNET DU MINISTÈRE DE L’EQUIPEMENT

Le Ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire vient de se doter d’un portail Internet moderne et riche en contenu. Il pourrait constituer un outil de travail pour les acteurs publics et privés œuvrant dans le secteur BTP. Accessible depuis l’adresse : www.mehat.gov.tn, le portail fournit des informations et des documents de référence, en textes réglementaires et en liens vers des sites Internet (sites nationaux, établissements sous-tutelle…). On peut également y trouver la liste des différents intervenants dans le secteur du BTP par spécialité : bureaux d’études, ingénieurs conseils, contrôleurs techniques, géomètres experts, ainsi que la liste des organismes professionnels du secteur. LIGHT+BUILDING Du 11 au 16 avril 2010 à Francfort se tiendra le plus grand Salon au monde réunissant sous un même toit l’éclairage, l’électrotechnique, domotique et automatisation du bâtiment. Grâce à son offre interdisciplinaire, ce Salon est un rendez-vous phare de la branche professionnelle impliquée dans la construction. Destinée aux créateurs, usagers, techniciens, organisateurs de projets, investisseurs ou architectes, le Salon Light + Building offre un tour d’horizon du marché de l’éclairage. Sur une surface brute de 241 000 m² et quelque 2.200 exposants, plus de 167.000 visiteurs sont venus au salon en 2008. Ils se sont laissé convaincre par l’offre des secteurs d’éclairage, d’électrotechnique, de domotique et d’automatisation du bâtiment. Pour plus de détails sur le Salon, consultez le site du bureau Messe Frankfurt au Maghreb : www.salonconseil.net ou www.messefrankfurt.com

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Sicep Tunisie, zone industrielle de Sibkha

VILLES DURABLES AU MAGHREB ET EN MÉDITERRANÉE : ENTRE ENJEUX OPÉRATIONNELS ET ENJEUX SCIENTIFIQUES Injonction désormais incontournable, le développement durable connaît une diffusion accélérée sur la rive Sud de la Méditerranée, notamment sous la pression de bailleurs de fonds qui conditionnent leur aide au respect de certains indicateurs. La mise en œuvre des premiers projets d’éco-quartiers au Maroc ou l’élaboration de politiques sectorielles plus environnementales illustrent bien ces évolutions. Comment les objectifs de durabilité transforment-ils la fabrique des villes du monde arabe ? Comment sont-ils réappropriés aux échelles régionales, nationales, locales ? Le « durable » est-il vecteur d’un renouvellement des modes de faire la ville, ou observe-t-on surtout des éléments de continuité derrière le credo du changement ? Quels retours d’expérience peut-on faire de la décennie écoulée et quels enseignements en tirer tant pour les chercheurs que pour les acteurs opérationnels ? C’est pour débattre autour de ces questions que l’IRMC organise du 29 au 31 janvier 2010 à Tunis une rencontre scientifique sur les enjeux du développement durable des villes au Maghreb et en Méditerranée. SALON CARTHAGE 2010 La dixième édition du Salon International de la Construction et du Bâtiment Carthage se tiendra du 26 au 30 mai 2010 au Parc des Expositions International du Kram. Ce Salon est placé sous l’égide de la Fédération Nationale du Bâtiment (UTICA) et du Centre Technique des Matériaux de Construction de la Céramique et du Verre (CTMCCV). La Société des Foires Internationales de Tunis qui organise tous les deux ans ce Salon International annonce, une promotion intensive qui sera entreprise sur le marché maghrébin. Lieu de découverte en matière de nouveaux produits de bâtiment et espace de présentation et d’échange, le Salon réunit tous les professionnels du secteur de la construction. NOUVELLE UNITÉ DE BÉTON PRÉCONTRAINT EN TUNISIE La Sicep S.p.a., entreprise leader en Italie dans les secteurs de la production de systèmes préfabriqués en béton armé précontraint conforte sa présence en Tunisie, à travers la société Sicep Tunisie, avec l’implantation d’une usine de production, de 60 000 m2, dans la nouvelle zone industrielle de Sibkha, à 15 kms de Kairouan. Les domaines d’application vont du bâtiment industriel et commercial aux infrastructures (poutres de pont, etc.) et aux bâtiments publics. www.siceptunisie.com.tn


Actualite´ nationale Actualite´ nationale

Carthago Ceramic, un avenir prometteur Pour présenter ses nouveautés, Carthago Ceramic, filiale du groupe Poulina Holding, a organisé des « journées portes ouvertes » en novembre dernier, au Tanit Center. L’objet de cette manifestation était de présenter la nouvelle gamme de céramique mais aussi le béton cellulaire ou thermo pierre, produit de technologie allemande importé de Turquie que la société compte fabriquer en Tunisie. A l’occasion de cet évènement, son directeur général, M. Taieb KETARI, nous a fait le plaisir de nous accorder cet entretien. Archibat : Pourquoi avoir choisi de lancer la nouvelle filiale Béton Cellulaire ? Notre objectif c’est de nous orienter vers la fabrication d’un matériau, performant du point de vue thermique et acoustique. Le béton cellulaire se vendra avec un label écologique grâce aux produits naturels disponibles en Tunisie qu’on va utiliser pour sa fabrication. Il n’est pas énergivore car sa fabrication nécessite peu d’énergie en comparaison avec la brique et le parpaing. Déjà très utilisé au nord de l’Europe, il commence à être utilisé dans le bassin méditerranéen et nous sommes les premiers à l’utiliser dans les pays du sud de la méditerranée. Notre challenge est d’inciter les gens à utiliser ce matériau que nous importons actuellement et que nous envisageons de produire localement dans les deux prochaines années. Nous serons en mesure alors de proposer sa commercialisation à des tarifs très compétitifs.

céramique, d’élargir notre gamme de production et de dupliquer les capacités de production afin de satisfaire des nouveaux marchés en Europe et dans d’autres continents. Archibat : Vous vous êtes installés en Chine, quelles sont les raisons de ce choix ? La direction générale a toujours souhaité s’implanter en Chine afin de cerner les avantages et les inconvénients du marché chinois. On a fondé la société SICMA financée par Carthago dans le but de réaliser une première société de transformation d’acier. On a réalisé une usine de mise en bouteille de l’huile d’olive tunisienne, ainsi qu’une chaine de production des équipements pour briqueterie. Ce premier pied à terre en Chine sera une plate forme pour tout le groupe Poulina. Archibat : Quelles sont les perspectives de développement de Cartago Ceramic ? Vous comptez miser sur le local ou l’international ? Dans une année on aura une panoplie de produits de carreaux de céramique de haute gamme à présenter avec toutes les typologies de produits qui sont réalisés en Europe. Carthago se développe également dans l’industrie de la briqueterie en tant que producteur d’équipements et fabricant de briques. Une briqueterie sera réalisée en 2010 à Lazizia en Libye ainsi que deux unités de briqueterie en Tunisie à Bir-Mcherga et à Gafsa où se trouve aussi l’usine du béton cellulaire vu la proximité de la matière première et pour faciliter l’export vers la Libye.

Archibat : Vous avez récemment signé un contrat avec LARIA, une marque italienne pour la fabrication des carreaux céramiques extrudés. Pourquoi ce partenariat et en envisagez-vous d’autres ?

Archibat : Comment se positionne Carthago Céramique par rapport aux concurrents locaux et par rapport à l’offre de produits de céramique d’importation disponibles en Tunisie ?

Avec LARIA, fabricant de carreaux extrudés, on a signé un accord de partenariat industriel et commercial qui consiste en première phase à réaliser une unité de fabrication de grès étiré. Les travaux de chantier de cette unité, située à Agareb (gouvernorat de Sfax), ont déjà commencé et s’achèveront dans 9 mois. Avec cette unité de fabrication les italiens vont se relancer sur le marché européen. Cette alliance nous permettra d’avoir un appui en Italie, de complémenter notre expérience dans le carreau en

Par analyse des capacités de production, nous sommes bien leaders sur le marché local des carreaux en céramique. Jusqu’à présent les produits importés ont pris une part du marché importante, c’est pour cela qu’on est entrain d’évoluer pour créer et fabriquer des produits haute gamme avec un design innovant. Nos produits sont similaires à ceux de l’importation, reste à faire un effort de communication par les moyens de presse et en participant à des foires en Tunisie et au Maghreb ■

Showroom de Carthago Ceramic au Tanit Center

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Actualite´ internationale Actualite´ internationale

EXPOSITION UNIVERSELLE DE SHANGHAI 2010 Sous le thème « Meilleure ville, meilleure vie », l’Expo 2010 de Shanghaï qui se tiendra du 1er mai au 31 octobre 2010, sera l’occasion de découvrir les potentialités de la vie urbaine du 21ème siècle. D’ici 2010, 55% de la population mondiale vivra dans les villes. La perspective de la vie urbaine future est un sujet d’intérêt global qui concerne toutes les nations. Etant la première Expo Universelle sur le thème de la ville, Shangaï 2010 constituera pour les pays participants l’occasion d’échanger leurs expériences en termes de développement urbain, d’explorer les nouvelles approches relatives à l’habitat urbain et au développement

durable. 70 millions de visiteurs du monde entier sont attendus durant les six mois de son déroulement et 200 pays et organisations devraient participer à l’évènement qui sera l’un des moments forts de l’année 2010. Dans le choix des thèmes de leurs pavillons les participants sont tenus d’interpréter le contenu thématique selon leurs propres contextes et d’apporter leur contribution à la mise en œuvre et à l’approfondissement des thèmes de l’Expo à travers des présentations et d’autres formes de manifestation. Le pavillon tunisien qui sera organisé par le CEPEX, occupe 1000 m² et se situe près de l’une des plus grandes entrées du site de l’exposition. ECO2 CITIES : LES VILLES DURABLES DU FUTUR La Banque Mondiale vient de lancer un nouveau programme pour la réalisation des villes du futur, économiquement et écologiquement durables. Intitulé « Eco2 Cities », ce programme vise la modification du développement des villes en évitant une croissance propice à l'utilisation inefficace de l'énergie et des ressources.

Ce programme fait partie de la nouvelle stratégie urbaine de la Banque Mondiale qui préconise, en outre, de réduire la taille de la ville et d’éviter le style de vie consumériste de ses habitants. En effet, des villes compactes, bien gérées et bien aménagées sont à même d’offrir à leurs résidents une meilleure qualité de l’air, de l’eau, des systèmes sanitaires performants et des centres de soins accessibles, sans oublier évidemment le respect de l’environnement et l’attractivité socio-économique. Considérant que l’urbanisation des pays en voie de développement, qui concentreront 90% de la croissance urbaine mondiale, est le défi majeur du 21ème siècle, le programme Eco2 Cities a pour objectif d’encourager ces pays à penser développement durable et écologie. Pour cela, la Banque Mondiale mettra à leur disposition le référentiel Eco2, adaptable aux conditions locales de chaque ville. Une assistance technique, vérification des infrastructures, analyse de la forme urbaine, des politiques et des réglementations et l'utilisation de la méthode du coût complet sur le cycle de vie sont autant d’outils qu’offre la Banque Mondiale pour encourager une planification urbaine durable. Selon ce programme, parmi les villes exemplaires au niveau de la planification durable, on peut citer, les villes comme Stockholm, Curitiba ou Yokohama. La thématique de l’Expo de Shangai 2010 « Meilleur ville, meilleur vie » est décidémment d’une actualité brûlante. MASDAR CITY, UN PROJET FUTURISTE Qualifié par ses concepteurs de « première ville durable du monde », le projet Masdar City aux Emirats Arabes Unis, propose un principe novateur d’ombrelles tournesols qui suivent le mouvement du soleil pour fournir de l'ombre et capturer la chaleur puis se ferment pour la relâcher durant la nuit. Ce concept est l'une des inventions imaginées par LAVA (Laboratory for Visionary Architecture, fondé par Chris Bosse,Tobias Wallisser et Alexander Rieck), vainqueur de la consultation internationale sur l'architecture du centre de Masdar, une ville zéro carbone, sans voitures, durable et entièrement alimentée par des énergies renouvelables. Les concepteurs affirment qu’ils ont inventé un principe écologique adaptable dans le monde entier puisqu’inspiré de la nature et utilisant les technologies les plus avancées. Il faudra attendre 2016 pour vérifier la réussite de cette ville en matière de développement urbain durable et pouvoir comparer son efficacité énergétique avec les villes qui utiliseront les concepts plus modestes du programme Eco2 Cities de la Banque Mondiale.

Masdar City : Concept d’ombrelles tournesols imaginés par LAVA


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Actualite´ internationale Actualite´ internationale

BURJ DUBAÏ : LA PLUS HAUTE TOUR DU MONDE Un coût estimé à 1M d’euros, 160 étages, 828 mètres de hauteur et une visibilité à plus de 95 Km à la ronde, tels sont les chiffres astronomiques qui illustrent toute la grandeur de la plus haute tour du monde, Burj Dubaï. Située au nouveau quartier «Downtown Burj Dubaï» cette tour compte 1000 appartements, 49 étages de bureaux et un luxueux hôtel Armani aux étages inférieurs.

mais le promoteur Emaar a poussé les concepteurs à aller toujours plus haut et à battre tous les records. C’est ainsi que Dubaï peut se targuer aujourd’hui d’avoir sur son sol la tour la plus haute du monde qui n’est pas près d’être dépassée sur le court terme. Considéré comme la nouvelle référence en matière de gratte-ciel, Burj Dubaï donne des idées aux concepteurs qui pensent désormais à la prochaine étape : construire une tour de 1Km de haut. Cependant, ils devront revoir leurs ambitions à la baisse, du moins le temps de la crise économique qui vient de mettre tous les chantiers au ralenti et spécialement ceux de Dubaï. L’Emirat, lourdement endetté ne pourra pas honorer tous ses contrats et devra se contenter de finir ses projets en cours avant de repenser à concrétiser ses fantaisies. CASA ART : RETOUR AUX SOURCES POUR CHRISTIAN DE PORTZAMPARC

Les travaux de construction du gratte-ciel ont nécessité 6 ans de travail et le concours de trois sociétés : la compagnie sud-coréenne Samsung Engineering & Construction, le groupe belge BESIX et la société émiratie Arabtec. Le cabinet américain Skidmore, Owings and Merrill et Adrian Smith FAIA, RIBA comme designer consultant associé ont conçu un bâtiment à la base en forme de Y en tenant compte des effets du vent et des mouvements sismiques. Entamé depuis 2004, le projet avait pour ambition initiale de dépasser les 508 m de la tour de Taipei (Taiwan)

Aujourd'hui, l'image d'une ville ne dépend pas seulement de son héritage mais aussi de sa créativité. C’est pour positionner Casablanca comme une grande métropole mondiale, qu’un concours international a été lancé, pour la conception du futur Centre des Arts Vivants de Casablanca, Casa Art. Des architectes de renom, associés à des architectes marocains, Franck Ghery (USA) et Saad Benkirane, Mecanoo (Pays-Bas) et Abderrahim Sijelmassi, Christian de Portzamparc (France) et Rachid Andaloussi, Rem Khoolas (Pays-Bas) et Mustapha Chakib, Zaha Hadid (Irak) et Omar Alaoui et Aziz Lazrak, ont participé à l’appel lancé par la ville et la Fondation des Arts Vivants. Le jury a été séduit par la modernité, l’esthétique, la fonctionnalité et l’accessibilité du projet Portzamparc/ Rachid Andaloussi. Il s’agit là d’un retour aux sources pour le lauréat du prix Pritzker 94, né à Casablanca en 1944. Le complexe s’étendra sur 24 000 m² pour une enveloppe prévisionnelle d'environ 104 millions d'euros. Basé sur l’alternance des hauteurs, des couleurs, des matériaux et des styles architecturaux, le projet répond au concept d’« îlots ouverts » inventé par Christian de Portzamparc dans les années 80. Il comprendra entre autres une salle polyvalente de 1800 places, un black box de 400 places annexé à un auditorium de 600 places, une librairie, des galeries d’art, des restaurants, des cafés et des locaux de répétition ouverts au public. Ce projet situé à la prestigieuse Place Mohamed V, ambitionne de devenir le plus vaste équipement culturel d’Afrique.

Projet du futur Centre des Arts Vivants de Casablanca, Casa Art

14 Archibat n°19 - 12.09


Actualite´ internationale LE CAIRE S’OFFRE ZAHA HADID

Stone Towers

Lauréats d’un concours international courant juin 2009, Zaha Hadid Architects et Buro Happold réaliseront le futur Parc des Expositions du Caire, « Cairo Expo City » qui prendra place entre le centre ville et l’aéroport du Caire. L’architecte d’origine irakienne s’est déclarée “très heureuse de travailler au Caire’’, étant “ fascinée par les mathématiques et les arts du monde arabe’’. Le projet qui s’étalera sur 450 000 m² sera réalisé pour le compte de l’Organisation générale des expositions et foires internationales (GOIEF) et comprendra un centre international d’expositions et de conférences, un centre commercial, une tour d’affaires et un hôtel. Au niveau de la conception, Zaha Hadid s’est inspirée de la topographie de la vallée du Nil. Fidèle à sa griffe, elle a privilégié des formes fluides faites de masses arrondies démesurées et de longues cavités vitrées. L’architecte s’est également vu octroyer un autre projet au Caire, les « Stone Towers ». Rooya Group a sollicité Zaha Hadid pour la conception de ce complexe de bureaux et de commerces de 525 000 m². Un hôtel d’affaires cinq étoiles avec des appartements, des jardins et une place appelée «Delta» sont également inclus dans le programme. Là encore, Zaha Hadid s’est référée à la culture égyptienne antique en choisissant de créer des tours ordonnées selon un rythme géométrique, mais individuellement différenciées, avec des textures diverses et des décrochements successifs mettant au jour des jeux d’ombres et de lumières. Futur Parc des Expositions du Caire


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Inauguration de La Cite´ du Design a` St-Etienne Début octobre, St-Etienne a dévoilé sa Cité du Design, une plate-forme qui a pour vocation de faire du design un outil de recherche, de création et d’innovation au service des acteurs économiques et institutionnels et des entreprises publiques et privées.

conception climatique, philosophie, art, design, programmation urbaine…) a permis d’aboutir à un projet cohérent. Le résultat obtenu respecte l'histoire du lieu mais n’hésite pas à en bousculer la rigueur. La grille d'entrée et le portail ont été conservés comme les bâtiments de fabrication et de machines, la place d’armes et les jardins qui ont été réhabilités, pour ensuite faire place à la création de bâtiments contemporains : la Platine et la Tour observatoire. La Tour observatoire est l’élément pionnier de cette conversion. Repère fort et identifiable, il fera connaitre le site aux citoyens et leur offrira une perspective inédite sur la ville. L’autre point fort de la transformation est la Platine qui est l’élément catalyseur de l’ensemble du site. Corps lisible et indépendant à l’architecture épurée, elle regroupe les lieux collectifs de la Cité du Design. Elle est recouverte d’une peau novatrice et adaptative issue de technologies très avancées. Sa structure est une sorte de résille unitaire, à la fois toiture et parois, formées d’une maille tridimensionnelle de profilés métalliques de taille réduite. La Platine s’intègre parfaitement dans le site en transfigurant l’existant grâce à un réseau multiforme de passages végétaux et d’amples ouvertures. Conçue comme une rue publique, elle sert, en outre, de connexion entre les activités communicatives et les programmes spécifiques qui s’inscrivent dans les bâtiments historiques.

LA CITÉ DU DESIGN : LIEN ENTRE PASSÉ ET FUTUR Edifiée sur le site emblématique d’une ancienne manufacture nationale d’Armes, la Cité du Design combine réhabilitation et création contemporaine : elle se déploie sur deux constructions contemporaines et trois bâtiments industriels réhabilités datant du XIXème siècle. Avant d’être lauréats du concours, les architectes Fin Geipel et Giulia Andi de l’agence berlinoise LIN ont séjourné 3 semaines sur place afin de comprendre l’importance de la manufacture dans la ville. Un cercle international de consultants issus de disciplines diverses (structure,

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Les associations patrimoniales de la ville se sont opposées à la démolition d'une petite partie de ces bâtiments. Le chantier s’en est trouvé ralenti mais la polémique a été rapidement réglée grâce à la parfaite entente entre le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage, Saint-Etienne assurant un soutien politique total et inconditionnel aux concepteurs. L’introduction de deux nouveaux édifices s’est donc faite sans altération des bâtiments existants: le bâtiment de l’horloge accueillera en résidence des artistes grâce à la création de cellules d’hébergement et comprendra les locaux d’administration ainsi que les bureaux de la Biennale internationale Design. Le bâtiment des Ateliers techniques accueillera ces derniers, comme son nom l’indique, ainsi que des fonctions publiques.


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Celui des ateliers pédagogiques regroupera quant à lui l’accueil, les ateliers, les salles de cours et les espaces de recherche média. Tout le mobilier destiné à ces espaces a été conçu et dessiné par deux jeunes designers diplômés de l’Ecole supérieure d’Art et de Design de Saint-Etienne. LA PLATINE : UN BÂTIMENT ÉCO-RESPONSABLE Avec un coût de 64 millions d’euros, la Cité du Design se devait d’être un modèle de responsabilité écologique et d’amortissement des coûts sur le long terme. La Platine a été conçue comme une succession d’espaces inter-climatiques énergétiquement autonomes. Elle est recouverte d’une enveloppe constituée de 12 types de panneaux interagissant avec les espaces intérieurs. Cette peau assure la protection et les besoins divers comme la ventilation, la lumière et la production d’électricité. Graduée et réactive, elle est composée de 14000 triangles équilatéraux de 1.20 m de côté. La modulation de ces éléments oscille entre opaque et vitré, isolé ou inter climatique, ouvert ou intime et permet une répartition de la lumière naturelle en fonction des utilisations des locaux. Des panneaux solaires photovoltaïques et expérimentaux y ont été intégrés pour développer et expérimenter des matériaux énergétiques innovants. Chaque panneau réinjecte l’énergie qu’il produit dans le réseau global et contribue à diminuer la charge des unités de production fossile d’énergie électrique. La sous-face du bâtiment est occupée par un puits canadien et un plancher réversible chauffant/rafraîchissant permet d’accroître le ressenti de confort thermique des occupants. Le dispositif est complété par un système de géothermie. La Cité du Design répond aux normes HQE, EDF et l’ADEME assureront son suivi énergétique sur 2 ans. LA CITÉ DU DESIGN : UN PROJET VIVANT La Cité du Design se veut lieu de rencontre entre le public amateur de design, les professionnels et les étudiants. Un consortium enseignement supérieur a été créé et visera l’ouverture de filières universitaires doctorantes, l’élaboration d’un corpus théorique et historique conséquent et la constitution de publications scientifiques de référence et de revues spécifiques. Le public pourra également s’approprier la Cité à travers des visites guidées, des rencontres économiques, des conférences universitaires et des ateliers gratuits pour les enfants. La programmation des lieux évoluera au rythme des saisons avec pour évènement phare la Biennale Internationale Design St-Etienne en novembre 2010. La Cité du Design signe la requalification d’une zone urbaine et l’on s’attend à ce qu’elle en devienne un facteur de développement global en facilitant le démarrage d’entreprises et de productions innovantes ■ N.E.


C&R Agence MIM : 71 950 330

MARBRERIE DE L’OUEST Rue de la laine, Zone Industrielle - Bir El Kassäa 2013 - Ben Arous - Tunisie Tél. : +(216) 71 383 220 / +(216) 71 389 752 - Fax : +(216) 71 382 296 E-mail : mdo@mdo.com.tn


Re´alisation re´alisation

Ae´roport International Enfidha, Zine El Abidine BEN ALI Premie`re concession ae´roportuaire en Afrique du Nord Situé entre les sites touristiques de Sousse et de Hammamet, à proximité de la zone industrielle et du port en eau profonde d’Enfidha, le nouvel Aéroport International Enfidha Zine El Abidine BEN ALI dote la Tunisie d’une infrastructure moderne à la hauteur de ses ambitions économiques et de son rayonnement international.

L’AÉROGARE PASSAGERS

EXCELLENT EXEMPLE DE PARTENARIAT

Avec sa surface couverte de 87 500 m², l’aérogare offre une bonne qualité de service et permettra d’accueillir près de 7 millions de passagers par an. Elle est caractérisée par une architecture résolument moderne associant béton, métal et verre. La toiture en aluminium, décomposée en bandes cintrées de différentes hauteurs, permet de diffuser la lumière naturelle dans toute l’aérogare.

La concession de l’Aéroport International Enfidha Zine El Abidine BEN ALI est un excellent exemple de Partenariat Public Privé entre l’Etat Tunisien et TAV Airports. L’Etat ayant alloué au projet 5 800 hectares et pris en charge les réseaux divers en extra-muros (échangeur, amenée d’électricité, d’eau potable, de gaz, de téléphone et construction d’une station d’épuration), le concessionnaire a investi la somme de 550 millions d’euros dans l’exécution de la première phase du projet.

Reliée à l’autoroute A1 et la RN1, l’aérogare dispose d’un parking pouvant accueillir 1238 véhicules et 113 bus. Un viaduc permet la dépose des passagers au départ. La zone d’enregistrement, les formalités à la frontière, les salles d’embarquement et les passerelles d’accès aux avions se situent sur le même niveau. Le stationnement concentrique de 18 avions autour de l’aérogare permet de réduire le temps de parcours des voyageurs. Des installations modernes permettent de sécuriser et d’acheminer près de 4 500 bagages par heure.

Vue générale de l’aérogare - Photo : Med. S. BETTAIEB

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Revêtement au sol en granite, 142 écrans d’affichage


Photo : Fourat BINOUS

L’INFRASTRUCTURE La piste d’une longueur de 3 300 m et d’une largeur de 60 m permettra le décollage des plus gros porteurs comme le nouvel Airbus A380 pour des destinations long courrier. 14 km de voies de circulation permettront aux avions d’accéder aux 14 postes éloignés

Photo : Fourat BINOUS

et aux 18 postes de stationnement au contact de l’aérogare. L’avitaillement des avions s’effectue par un réseau enterré de distribution de Kérosène. Chaque poste avion est équipé de plusieurs prises de Kérosène compatibles avec les types d’avions prévus au plan de stationnement.

Les essais physiques de résistance de la piste et les essais en vol des équipements de navigation aérienne attestent de l’exceptionnelle qualité d’exécution de l’infrastructure et des équipements dont est doté l’aéroport.

Fontaine au niveau départ - Photo : Med. S. BETTAIEB

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Espaces

de bureaux Dans l’imaginaire collectif, les espaces de bureaux sont des espaces fermés et austères, n’offrant aucune interaction avec l’extérieur. Encore mal connus, ils ont pourtant considérablement évolué. Notre dossier thématique se veut un état des lieux de l’évolution des espaces du tertiaire en Tunisie et des nouvelles orientations en la matière. Aujourd’hui, au-delà des impératifs économiques et de la rationalisation des m², l’architecture des bâtiments de bureaux doit à la fois concilier la création d’espaces de travail confortables, efficaces et en même temps la conception d'espaces qui créent une identité forte et qui soient stimulants. Le primat de l’expression architecturale n’est plus à l’ordre du jour. Les enjeux énergétiques et les préoccupations environnementales ouvrent la voie à de nouvelles manières de concevoir et à une architecture plus intelligente et responsable. Une nouvelle réglementation oblige, désormais, les concepteurs à créer des espaces économes en énergie (lire notre article sur les espaces de bureaux face aux enjeux énergétiques). Mais on le verra, à travers plusieurs exemples, cette question est déjà vivace en Tunisie et les architectes en ont une conscience grandissante. En attestent les différents sièges de sociétés présentés tout au long du dossier comme le siège de EPPM au Lac, de Planet immo, de Siemens, de la BIAT ou celui de Tunisiana qui intègrent des solutions intelligentes pour l’économie d’énergie (GTC, climatisation MTA, détecteurs de présence…). La reconversion de bâtiments historiques à valeur patrimoniale, en espaces de bureaux, à l’exemple de la villa TIB ou le siège l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie que nous présentons dans ce dossier, est une démarche de développement durable. C’est aussi une alternative alliant la sauvegarde de la mémoire du passé et le plaisir des lieux qui échappent aux aléas du formalisme. Des réalisations originales proposent un cadre convivial et stimulant, avec une grande dimension symbolique comme celles du nouveau siège de Nestlé à Tunis, où notre intérêt principal s’est porté sur l’avis d’un manager à travers l’entretien avec le Directeur Général, Bertrand.J. Sigwalt. Ons Najjar s’interroge sur la formule à adopter pour assurer fonctionnalité, confort et image de marque des bâtiments tertiaires. Le bureau ouvert ou fermé ? En Tunisie, on commence à peine à se familiariser avec les open spaces qui font partie intégrante du « paysage tertiaire » en Europe. Cependant, remis en cause, les espaces de bureaux ouverts sont à consommer avec modération et en concertation avec les usagers de ces espaces. Les nombreux projets de nouveaux quartiers d’affaires annoncés au Maghreb, nous interpellent. Financés à coup de milliards de dollars par des investisseurs des pays du Golfe, ces projets auront un impact positif sur le développement économique de la Région. Ils présentent autant d’opportunités que de défis urbains sur la ville existante notamment, qu’il faudrait anticiper en regard avec les évolutions et problématiques de durabilité des quartiers d’affaires à l’échelle internationale. Deux échelles différentes, le bureau et le quartier d’affaires, à la fois lieux de travail et de vie, ils montrent un écart flagrant d’enjeux entre une approche ciblée et spécifique et une approche globale et esthétique.


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