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Parlons clair numéro 100

Parlons Clair est un éphéméride mensuel de l’actualité internationale, sans prétention à

l’exhaustivité, fait de commentaires brefs et incisifs, faciles à lire et stimulant la réflexion critique : nous disons ce que la « grande presse » de gauche et de droite, ne dit pas. Seule ligne éditoriale, les choix du « Collectif Polex », communiste, anticapitaliste sans ambages, anti-impérialiste sans concession : parce que le mouvement progressiste a trop souffert des dérives opportunistes, conciliatrices, nées du carriérisme politicien et de l’absence de principes. Nos analyses sont les points de vue personnels de communistes, signées de leurs auteurs, en toute responsabilité, en toute liberté, sans allégeance à l’égard d’une quelconque organisation, parti ou groupe : l’obéissance irréfléchie à des hommes, des états, des partis, comme s’ils ne pouvaient pas se tromper ou trahir leur idéal originel, a coûté très cher au mouvement révolutionnaire ; il n’y a pas de sauveurs suprêmes, dirigeants ou partis omniscients. La diversité des militants est une richesse.Ce bulletin mensuel électronique est envoyé chaque mois gratuitement à plus de 3300 abonnés. Il vous suffit de nous signaler votre volonté pour cesser de le recevoir(arrêt de souscription). Mais vous pouvez aussi nous transmettre ( inscription ) l’e-mail d’un ami que cela peut intéresser, et vous reporter aux analyses détaillées de l’association sur son site ( http://www.collectif-communistepolex.org/ ) . Notre seul souci est de stimuler la réflexion militante sur les questions internationales.

SOMMAIRE Le Collectif communiste Polex demande l'arrêt de l'offensive de l'armée française au Sahel C'est aux Maliens et à l'Union africaine de rétablir la sécurité dans la région Hollande, « Dux Imperator » à la télévision française FRANCIS ARZALIER Le 6 février 2013, POLEX, en partenariat avec l’Ambassade de Cuba, organisait une rencontre-débat sur le thème : « Indépendance nationale et internationalisme en Amérique latine. Quels enseignements pour les pays européens ? » DOMINIQUE DIONISI République Tchèque : élections présidentielles OTA LEV SOMMAIRE BULLETIN

LE COLLECTIF COMMUNISTE POLEX DEMANDE L'ARRÊT DE L'OFFENSIVE DE L'ARMÉE FRANÇAISE AU SAHEL C'EST AUX MALIENS ET À L'UNION AFRICAINE DE RÉTABLIR LA SÉCURITÉ DANS LA RÉGION


Parlons clair numéro 100

Les communistes ne peuvent avoir aucune complaisance pour les groupes armés intégristes qui ont imposé par la terreur leur volonté aux populations du Nord-Mali. Cette nébuleuse de groupes armés, formés de combattants et de chefs de guerre de diverses nationalités, est bien armée grâce aux bénéfices des trafics qu’ils pratiquent au Sahara depuis des années (de migrants, de drogue, d’otages rançonnés) et à l’aide financière des monarques pétroliers arabes du Golfe, d’inspiration intégriste (et proches des USA et de l’Occident), le Qatar et l’Arabie Saoudite. Les groupes « djihadistes » du NordMali, très divers, ont en commun l’idéologie intégriste, instrumentalisation de la religion musulmane au profit d’une vision politique ultra-réactionnaire. L’intégrisme « djihadisme-islamisme » n’est pas une variété de l’Islam, c’est une forme de fascisme contemporain au pays musulman, dirigé avant tout contre les peuples du continent africain et du Moyen-Orient, avec la complaisance, et parfois le soutien direct des puissances politiques et financières de l’Occident (Qatar, et derrière lui, les USA !) : ce fut le cas au Maghreb, en Egypte ; c’est le cas en Syrie et au Sahara malien aujourd’hui. Nous comprenons fort bien le désir de la grande majorité des Maliens de se débarrasser, y compris par les armes, des bandes armées et délinquantes qui ont envahi le nord du pays. Mais cela ne peut nous faire approuver l’intervention militaire de la France, qui a affirmé dès les premiers jours aller bien audelà de l’aide ponctuelle annoncée par le Conseil de Sécurité de l’ONU : le Président Hollande et le gouvernement Ayrault mènent une guerre, avec des milliers de soldats français, dont les objectifs affirmés sont la reconquête de l’immensité saharienne, sans limitation dans l’espace ni dans le temps. La France, puissance impérialiste en déclin, veut y restaurer ses prérogatives de « chasse gardée » militaire (bases, et accords d’encadrement et d’ingérence), diplomatique, et plus encore économique (minerais et sources d’énergie). Toujours imprégnée de son passé colonial, la France officielle, qu’elle soit dirigée par la droite ou le Parti Socialiste, veut écarter de ce pactole les nouveaux concurrents, surtout les Chinois (déjà présents au Niger, ou en Algérie), y compris par la guerre, comme en Libye. Ces objectifs de l’impérialisme français sont aventureux sur le plan militaire : malgré les coups de clairon nationalistes des journalistes dévoués à tous les pouvoirs, droite et PS, la guerre au sol peut durer des années face à une guérilla intégriste. Nous ne pouvons que nous féliciter de voir le syndicat des journalistes dignes de ce nom, SNJ-CGT, dénoncer courageusement le « ton va-t-en-guerre » et les « images d’Épinal » que nous déversent tous les jours les télévisions et radios publiques et privées. Les objectifs français sont tout autant irréalistes sur le plan géopolitique. La France impérialiste n’a plus les moyens de mener cette reconquête africaine avec ses seuls moyens et à son seul profit. Comme ce fut le cas à l’issue de la guerre en Libye, cela ne pourra aboutir qu’à la création d’une zone d’influence sahélo-saharienne au profit de l’Occident en général, et en premier, de l’impérialisme étatsunien dominant. Nous n’ignorons pas les concurrences entre impérialismes occidentaux en Afrique du Nord-Ouest. Mais cela ne peut en aucun cas nous entraîner à approuver l’impérialisme français contre celui de Washington, Doha et Riyad, instrumentalisant les mouvements intégristes. Nous sommes opposés à toute forme d’impérialisme, à commencer par celui de notre propre gouvernement. L’entrée en guerre de la France est une hypocrite manipulation de l’opinion : le pouvoir socialiste a lancé et poursuivi, seul, la guerre au Mali pour redorer son blason en faisant oublier dans une aventure consensuelle (avec l’appui de la droite et du Front National !) la politique d’austérité, de destruction des industries, de « flexibilité », dont il est responsable. A l’issue de deux semaines de guerre, l’offensive des groupes armés intégristes vers le sud du Mali, qui a servi de justification initiale à l’intervention française, n’existe plus. Nous sommes donc, plus encore qu’auparavant, opposés à la guerre de conquête menée par la France au Sahara. La capacité de nuisance des groupes armés intégristes au Nord-Mali reste grande. La France, expuissance coloniale, n’est pas qualifiée pour reconquérir cet espace à son profit, pas plus que les autres puissances occidentales, ou leurs affidés africains de la CEDEAO (Ouattara, Compaoré, etc.). Les seuls qualifiés à décider du sort du Mali sont les citoyens maliens et leurs représentants librement désignés, dès que possible. Le rôle des partenaires extérieurs, France, USA, CEDEAO, ne peut être en aucun cas de profiter de l’état de faiblesse de l’état malien pour s’en rendre maîtres. Elle peut être tout au plus d’aider à la reconstruction des forces armées du pays, à sa survie économique, et plus tard à son développement économique et notamment industriel : n’oublions pas que l’effondrement des états africains a été, notamment au Mali, la conséquence des privatisations et de l’austérité budgétaire imposées par le FMI. Et le sous-développement, le chômage, la pauvreté et l’émigration qui en découlent sont la source de l’intégrisme. L’action pour débarrasser le Nord-Mali et le pays dans son ensemble des groupes armés intégristes ne peut être le fait que des Africains qu’ils menacent, sous le strict contrôle de l’Union Africaine et non pas de la seule CEDEAO, et concertée entre tous les pays riverains concernés (Mali, Mauritanie, Algérie, Niger, Nigéria, etc.), en aucun cas soumise aux volontés des puissances occidentales. La Chine, la Russie, l’Amérique Latine, l’Afrique du Sud, etc. sont tout aussi concernées par cette situation que la France ou les USA, et doivent pouvoir l’exprimer dans le cadre de l’Assemblée Générale de l’ONU. COLLECTIF COMMUNISTE POLEX Paris, le 31 janvier 2013


Parlons clair numéro 100 SOMMAIRE

HOLLANDE, « DUX IMPERATOR » À LA TÉLÉVISION FRANÇAISE Il y a deux mille ans, les généraux de l’Empire romain, revenus de leurs sanglantes conquêtes en Germanie barbare, étaient admis à recevoir « le triomphe » avec leurs légionnaires dans Rome, à traverser la « ville éternelle » aux applaudissements d’une plèbe enthousiasmée par le pillage et l’esclavage des provinces vaincues. Le chef de guerre victorieux pouvait alors se faire proclamer Empereur à la tête de ses armées. Notre Président, qu’on disait auparavant Flanby, se prend aujourd’hui pour César. Il a organisé luimême son triomphe au Mali « libéré », avec le concours des télévisions hexagonales à son service : on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et ses larbins. Ils ont encensé jusqu’à la nausée le « Chef de guerre » : ses avions ont aplati quelques dizaines de véhicules tous terrains, tant qu’ils étaient concentrés à Gao, et ailleurs ; ses soldats, venus de France ou des pays voisins, ont roulé jusqu’à Tombouctou sans un coup de feu quand les baroudeurs narco-djihadistes se sont égayés dans le désert, refusant le combat inégal. Nos spécialistes chevronnés de la brosse à reluire à la télévision, qui déshonorent le métier de journaliste, ont commenté en boucle les images de Hollande « libérateur du Mali », descendant de l’avion au milieu d’officiels empressés, l’enthousiasme en gros plan de quelques citoyens de Tombouctou et leurs « mamans » hurlant leur joie de voir revenir les colons « toubabous ». Ceux parmi nous qui connaissent un peu Bamako ont à l’inverse, remarqué quelques rares vues de « trottoirs » défoncés, vierges de spectateurs, quand passait le cortège « hollandais », et d’une Place de l’Indépendance à moitié vide quand le « chef » venu de Paris délivrait son message ampoulé de victoire. Décidément, le ridicule ne tue plus, à Bamako ni à Paris. Une simple suggestion à notre Président, à ses ministres : pourquoi ne pas aller tenter un triomphe télévisé devant nos usines qui ferment, à Florange, à Aulnay, à Amiens, clamer aux chômeurs que l’on n’a pas d’argent pour les salaires ou les retraites, ni quelques centimes pour les RMIstes, puisqu’il faut bien trouver les milliards nécessaires pour défendre les intérêts des actionnaires d’Areva, ces humanistes… FRANCIS ARZALIER SOMMAIRE

LE 6 FÉVRIER 2013, POLEX, EN PARTENARIAT AVEC L’AMBASSADE DE CUBA, ORGANISAIT UNE RENCONTRE-DÉBAT SUR LE THÈME : « INDÉPENDANCE NATIONALE ET INTERNATIONALISME EN AMÉRIQUE LATINE. QUELS ENSEIGNEMENTS POUR LES PAYS EUROPÉENS ? » Cette initiative réunissait 75 personnes, dont de nombreux jeunes (17 à 35 ans). On notait que 12 nationalités, sans compter Cuba et la France, étaient représentées dans la salle Alejo Carpentier : Italie, Espagne, Venezuela, Bolivie, Canada, Arménie, Liban, Syrie, Mexique, Belgique, Equateur, Algérie. Orlando Réquiero Gual, Ambassadeur de Cuba, ouvrait la rencontre en présentant le bilan de la 3ème assemblée générale de la CELAC (Communauté des Etats Latino-Américains et Caraïbéens) qui réunit les 33 pays de cette zone du monde et compte 600 millions d’habitants. A l’exception des USA et du Canada, délibérément mis à l’écart dès la création de la CELAC, en Décembre 2011 à Caracas. Un acte historique de portée mondiale. Exposé d’une très grande clarté et d’une richesse d’informations sur le sujet contrastant avec le silence assourdissant de tous les médias français sur le sujet. A l’issue des débats, de nombreux participants – notamment les plus jeunes - n’ont pu s’empêcher de dire leur désapprobation des méthodes de la presse dès qu’il est question des progrès notoires de la démocratie en Amérique latine. Françoise Germain-Robin, journaliste (L’Humanité), très au fait de l’épineux sujet du nationalisme et des séparatismes en Belgique, mettait en lumière les origines et les conséquences politiques de ces


Parlons clair numéro 100 phénomènes dans ce pays mais aussi, par exemple, en Espagne ou en Italie. Dominique Dionisi, membre du Bureau du Collectif communiste POLEX, exprimait la position de celui-ci sur l’internationalisme, le patriotisme et l’indépendance nationale. Voici l’intégralité de sa déclaration, au nom de POLEX : Comme nous tenons à le rappeler à chaque fois que l’occasion se présente, le propos de POLEX n’est pas de prétendre à une quelconque affirmation péremptoire sur ce que doivent être les choix politiques des pays mais il est des principes fondamentaux qui sont les piliers de POLEX et que nous considérons être, en même temps, les meilleures armes contre la barbarie et la garantie de l’exercice le plus large de la démocratie et du droit des peuples et des pays à disposer, eux-mêmes, de leurs avenirs respectifs. Ces principes fondamentaux sont : La lutte contre tous les impérialismes, d’où qu’ils viennent et quelles que soient leurs motivations. Le respect de l’expression patriotique, à ne pas confondre avec le nationalisme étroit dont, malheureusement, différentes formes ont abouti au fascisme, au nazisme. Nous verrons que si le second n’est plus à la tête ne serait-ce que d’un seul état dans le monde, il n’en est pas de même pour le fascisme. Ou plus exactement les différentes formes de ce dernier. L’internationalisme dont la solidarité internationale entre tous les peuples est l’une des applications les plus perceptibles. Et comme nous le disons dans le nom même de notre collectif, Collectif communiste POLEX, nous affirmons clairement et sans ambiguïté que pour atteindre cette forme de société, le combat pour toujours plus de progrès économique, social et culturel ne peut se mener et aboutir sans avoir comme objectif le renversement du système capitaliste qui, lui, ne connaît qu’un internationalisme, celui de la finance concentrée entre les mains de toujours moins de décideurs. 0,0001% de la population mondiale possède près de 33% des richesses mondiales. Etre anti-impérialiste est le comportement le plus digne que puissent avoir un humain, un groupe ou une nation à l’égard de leurs alter ego. En effet, comment peut-on affirmer qu’on respecte le droit d’un peuple à vivre sur ses terres et selon le mode d’organisation dont il s’est doté quand on use contre lui d’armes de destruction massive aussi diverses que le « gaz moutarde », des pangermanistes mise au point par les laboratoires BAYER avant la 1ère guerre mondiale, « l’agent orange » et le napalm étasuniens contre les populations vietnamiennes, les chambres à gaz des nazis contre les populations de religion juive ou, encore et tout autant criminel, le blocus imposé par les USA contre le peuple cubain, ou Israël contre le peuple palestinien ?! Je rappelle que les USA et Israël agissent dans le plus grand mépris des condamnations officielles de l’ONU. L’impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme sont bien aux antipodes du combat pour la démocratie quand des chefs d’états et de gouvernements occidentaux, choisissent à la place d’un peuple qui sera le président, même par intérim, de tel ou tel autre pays. Tout cela sous couvert du discours « droitdelhommiste ». Un exemple tout récent concerne directement la France : Comment peut-on se dire soucieux du bonheur d’un peuple, même géographiquement éloigné, quand dans un pays on arme et finance des groupes fascistes cachés derrière l’argument religieux et dans un autre on combat ces mêmes groupes ? Être patriote, cela voudrait-il dire que les antifascistes italiens, tués par les « chemises noires » de Mussolini ou les républicains espagnols opposés jusqu’à la mort aux troupes de Franco (le comparse du précédent et d’Hitler) ou les résistants grecs qui payèrent un très lourd tribut à la lutte contre le nazisme, auraient été des êtres à l’esprit fermé, aux idées les plus réactionnaires, les plus réfractaires au progrès social ? Absolument pas ! Ils en étaient le contraire. Et que dire des Résistants en France dont le programme du CNR fait toujours trembler d’effroi le MEDEF!! Le patriotisme est l’expression la plus claire de l’amour qu’on porte à la terre qu’on a sous les pieds parce qu’on y vit et qu’on y travaille. Les portraits de la fameuse « Affiche rouge » sont ceux de polonais, de hongrois, d’italiens, d’un arménien, d’un espagnol. Ils appartenaient à ce qu’on a appelé la « M.O.I », la Main d’Oeuvre Immigrée. Tous vivaient et travaillaient en France. Il ne faut pas oublier que le nationalisme est très souvent imprégné d’idées rétrogrades et toujours dirigées contre l’autre. L’autre, c’est LE responsable de tous nos malheurs alors que le système économique dominant en est la source. C’est alors qu’apparaissent les tentations de séparatisme et le discours nationaliste. Surtout quand on ne veut pas regarder plus loin que le bout de son nez. Ou qu’on vous en empêche en censurant l’information. Au sujet de la censure de l’information, je voudrais ouvrir une parenthèse et saluer, ici, le syndicat SNJ-CGT des journalistes. Il a été amené, récemment, et à ma connaissance il est le seul syndicat de la profession à l’avoir fait, à dénoncer la façon déshonorante, honteuse mais pas du tout innocente à laquelle les médias nationaux se sont pliés dans le traitement de l’information concernant l’intervention


Parlons clair numéro 100 militaire française au Mali. Il y a quelques jours, Françoise GERMAIN-ROBIN me disait : « On en sait bien plus sur le sujet en écoutant les radios et télés belges !! ». Je referme la parenthèse. Dès qu’on élève un peu son regard et sa pensée on est déjà plus proche de celui qui est de l’autre côté du fleuve ou de la montagne mais aussi parfois à des milliers de kilomètres. Et, ce n’est pas un hasard si, en Europe, les mouvements séparatistes se retrouvent toujours aux côtés de racistes et de xénophobes qui prônent toujours l’exclusion. Des séparatismes dont le ressort est presque toujours l’égoïsme régional et le refus de la solidarité nationale. C’est bien quand on va vers l’étranger ou quand on le reçoit que naît la prise de conscience de la dimension internationale de l’existence humaine. L’internationalisme ne peut se penser sans la solidarité internationale qui lui donne sa taille humaniste. C’est leurs veux ou la

ce que des gouvernements progressistes latino-américains soutenus par la grande majorité de compatriotes ont assimilé et mis en pratique malgré leurs situations internes plus que difficiles. Je parler de Cuba, du Venezuela, entre autres, mais on pourrait aussi évoquer le Brésil, l’Equateur Bolivie.

Pourquoi ces pays, aux superficies très différentes comme, par exemple, le Brésil et l’Equateur ont-ils été capables, malgré leurs différences de niveau de développement, malgré leurs langues différentes, malgré les choix politiques différents de leurs populations respectives, de se retrouver dans une même assemblée, la CELAC ? C’est de la rencontre et de l’échange pacifiques, non colonialistes et non impérialistes des différences que naît l’enrichissement de tous. Quelques exemples de solidarité internationale, expression la plus visible de l’internationalisme, au service des humains et non pas de celui des intérêts financiers d’un petit nombre: Des centaines de médecins cubains interviennent depuis des années en Haïti et bien avant qu’un tremblement de terre, des cyclones et des pluies diluviennes aient quasiment détruit cette île. Des associations qui organisent le convoyage de bateaux remplis de médicaments, de vêtements et de vivres pour le peuple palestinien en faisant fi des canons israéliens. Des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui, de par le monde, signent des pétitions et manifestent pour la libération, aussi bien, de Nelson Mandela, de Mumia Abu-Jamal, le journaliste afroétasunien, des 5 Cubains que nous appelons familièrement « Les Cinq de Miami », des palestiniens emprisonnés dans les geôles israéliennes ou, en remontant dans le temps, je peux aussi citer Sacco et Vanzetti, Ethel et Julius Rosenberg. Plus avant encore, la lettre que Victor Hugo adressait à José Marti dans laquelle il apportait son soutien aux femmes cubaines. Sans oublier, bien sûr, les emblématiques Brigades internationales composées d’hommes venus de bien des points du globe, entre 1936 et 1939, pour combattre le fascisme et parfois mourir loin de chez eux. » Aujourd’hui en Europe, cette Europe supranationale dont les vrais dirigeants, les « fameux  Commissaires européens, qui ne sont pas élus par le peuple mais qui, servilement, obéissent aux ordres des lobbyings financiers et industriels internationaux, mènent droit dans le mur toutes les économies nationales, Portugal, Italie, Grèce, Espagne, et maintenant la France, la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Irlande leur emboîtent le pas. Là, pas question d’internationalisme !! Ou, plutôt, si, mais celui de l’argent, des banques, des fonds de placements tous plus « toxiques » les uns que les autres. Cette dictature de l’argent, du profit, qui étouffe les populations, qui désindustrialise à tout va (en 10 ans, la France a perdu 700 000 emplois dans le secteur métallurgie et sidérurgie) et qui voit chaque jour, oui je dis bien chaque jour, deux agriculteurs français mettre fin à leurs jours et, ce, depuis des années, cette dictature de « l’internationale de la finance » sait très bien que le plus grand obstacle à la poursuite de son entreprise est le droit des peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes. C’est pourquoi cette dictature financiariste veut effacer les états-nations de la carte européenne. Paradoxalement, l’Amérique latine dont chacun des pays a souvent connu une évolution différente - les histoires respectives du Mexique, de l’Argentine ou de l’Uruguay en attestent - et depuis un an, maintenant, ce sont tous les pays latino-américains et caraïbéens qui, dans le respect de leurs histoires, de leurs monnaies respectives et de leurs choix politiques, se sont engagés, au-delà de toute considération d’ordre idéologique dans la construction de la CELAC. Les gouvernements chiliens et cubains n’ont pourtant pas beaucoup de points communs mais c’est ensemble et avec tous les autres états qu’ils ont décidé de tenir les USA et le Canada (donc la Grande Bretagne) hors de la CELAC. Ce constat me ramène, pour conclure, à la question posée dans le titre de cette rencontre-débat : Quels enseignements pour les pays européens ?


Parlons clair numéro 100 Nous sommes là pour en débattre amicalement et dans le respect des uns et des autres. Je vous remercie. DOMINIQUE DIONISI SOMMAIRE

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE: ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES Les élections présidentielles en République tchèque ont eu lieu en janvier 2013. Les présidents de la République tchécoslovaque, et à partir de 1993 de la République tchèque, ont été élus jusqu´à présent par le parlement. C'est la première fois que le président de la République est élu par les citoyens. Pour être candidat, il faut être proposé par 20 députés ou 10 sénateurs ou 50 000 citoyens. Au premier tour, neuf candidats ont été enregistrés. Le Parti démocratique civique (PDC) a proposé son vice-président (auparavant président du Sénat), le TOP 09 son président, également ministre des affaires étrangères; le Parti social démocratique (PSD) son vice-président et sénateur, un personnage populaire; le parti communiste (PCBM) a finalement décidé de ne pas proposer de candidat pour ne pas diviser les forces de gauche; le Parti chrétien démocratique (PCD) a proposé une eurodéputée; deux petits partis et un mouvement non parlementaires ont également proposé leurs candidats.

RÉSULTATS DU PREMIER TOUR Les candidats au second tour étaient : le candidat de gauche, Miloš Zeman du PDCZ (24,21 % de voix) et le candidat ultra Charles Schwarzenberg du TOP 09 (23,40%). L´ancien président du cabinet des technocrates est troisième avec 16,35 % et le candidat du PSD quatrième avec 16,12 %. Les cinq autres candidats ont obtenu un faible pourcentage. Le candidat du PDC n´a obtenu que 2,46 %. C´est une nouvelle débâcle après les élections régionales et sénatoriales pour le PDC qui, après 1989, représentait le principal parti de droite. Entre les deux tours, la droite a attaqué toutes les forces de gauche, surtout le PCBM, et a glorifié le prince Schwarzenberg, l´homme qui a en 1948 quitté la République avec ses parents. Il est rentré au pays après le renversement du régime en 1989 et on lui a restitué châteaux, champs, forêts et étangs. Il est ainsi devenu un des hommes les plus riches du pays. Après avoir été chancelier présidentiel auprès de Václav Havel (1990-1992), il s´est mis aux affaires économiques. Devenu sénateur, proposé par un petit parti de droite, il a été, à partir de 2007, ministre des affaires étrangères proposé par les Verts. En 2009, il était un des fondateurs du parti ultra TOP 09 dont il est le président. Il est partisan du cléricalisme catholique et le continuateur de la politique antipopulaire de Václav Havel. Il est soutenu par les représentants de la grande bourgeoisie tchèque et glorifié en Allemagne et en Autriche surtout par les organisations des Allemands transférés de la Tchécoslovaquie. Une violente propagande a été menée contre le PCBM et M. Zeman qui avait le soutien du PCBM. Dans certaines régions, ont eu lieu les manifestations de protestation contre les coalitions régionales avec les élus du PCBM. Le dimanche, les protestations ont culminé par une manifestation à Prague au cours de laquelle on a pu voir deux cents manifestants avec des transparents grossièrement anticommuniste "Que périssent les communistes révolus, contemporains et futurs". Les manifestations en Bohême sud contre l´institutrice communiste élue et chargée de gérer le secteur de l´enseignement se sont transformées en manifestations contre la coalition régionale PSD – PCBM. L´institutrice a entendu à son adresse des mots tels que "Crève!“ "La mort"! ... Ces manifestations fascisantes rappelaient les années trente du siècle passé. Au cours de la campagne électorale, M. Zeman a obtenu le soutien du PCBM et des syndicats, du président de la République, un soutien plutôt indifférent du PSD et de deux candidats présidentiels qui ont échoué au premier tour. M. Schwarzenberg a obtenu le soutien des riches, de la presque totalité des médias, d´une grande partie des jeunes, des étudiants qui étudient l´histoire récente et contemporaine déformée, d´une partie assez grande des citoyens de certaines grandes villes et de nombreux artistes. Au second tour des élections, le taux de participation n'a été que de 59,1 %. M. Zeman a obtenu 2,717.405 voix (54,8 %), et son rival 45,2 %. Le jour de sa victoire, M. Zeman a proclamé qu´il voulait devenir le président des citoyens pauvres. Il a dit également que "chaque président doit respecter le gouvernement issu des élections libres“

UNE SITUATION ASSEZ DIFFICILE La situation politique après les élections est assez difficile. Le président de la République et le Sénat sont orientés plutôt à gauche, le gouvernement s´appuie sur la Chambre des députés dans laquelle la majorité en faveur du gouvernement n´est plus tout à fait stable. Il faut prendre également en considération que l´adversaire voudra utiliser les centaines de milliers de voix obtenues pour imposer


Parlons clair numéro 100 sa politique droitière dans le pays, notamment dans le domaine de la politique extérieure. Au contraire, le président de la République aura la possibilité de s'appuyer sur les éléments progressistes parlementaires et non parlementaires pour répondre aux intérêts des citoyens les plus pauvres. OTA LEV SOMMAIRE


PARLONS CLAIR N°100 - février 2013