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Le magazine du nouveau montréalais

Gratuit

Décembre / Janvier 2008

w w w. r e u s s i r i c i . c o m

Julius Grey,

l’avocat des causes

nobles

Guide d'achat d'une

Voiture d'occasion

Où se diriger en cas de problèmes

de santé ? Comment

On s'arrache

les infirmières au Québec

économiser 15% de sa facture de chauffage


En Décembre 2006, l'organisme Diversité artistique de Montréal (DAM) a été crée pour assurer la reconnaissance et l'inclusion des artistes professionnels de toutes origines dans le réseau culturel montréalais. Depuis, DAM réalise son mandat à travers différentes actions de sensibilisation et divers projets, dont un répertoire d'artistes en ligne. DAM croit que la diversité des expressions culturelles représente une richesse importante pour l'évolution de la vie culturelle montréalaise. Cependant, un simple regard posé sur les programmations des institutions culturelles de notre ville suffit pour constater le peu de place qui est consacré à ces formes d'expressions. C'est à travers le soutien de ses membres que DAM peut s'agrandir. En tant que membre, vous manifesterez votre appui à la cause que défend notre organisme, vous recevrez notre bulletin électronique et des informations sur nos activités. De plus, votre adhésion à notre organisation vous donnera le droit de vote lors des assemblées générales, notamment pour l'élection du conseil d'administration.

Renseignements Diversité artistique Montréal 3450, rue Saint-Urbain Montréal (Québec) H2X 2N5 (514) 280-3581 diversiteartistique@gmail.com

Diversité

Ar t istique

Montréal


Éditeur Mehdi BENBOUBAKEUR Co-éditeurs Nosra CHIHANI Hassan SERRAJI Rédacteur en chef Hassan SERRAJI Journalistes Hassan SERRAJI Deborah JUSSOME Abdoulay SISSOUKO Valérie SIMARD Nadine ALCINOR Meriem BENACHENHOU Marc-André SABOURIN Aude JIMINEZ Chroniqueurs Yves ALAVO Di-Anne ROBIN Anna-Maria ZAIDMAN Correcteurs Philippe DRAINVILLE Mounir BEN AHMED Directeur Artistique Mehdi BENBOUBAKEUR Graphistes Nosra CHIHANI Mehdi BENBOUBAKEUR Photographe Mehdi BENBOUBAKEUR Publicité Mehdi BENBOUBAKEUR Abdou DIAW Impression Litho Mille-Îles Distribution Diffumag Index des annonceurs SAJE Montréal centre 02 DAM 03 Ville de Montréal 04, 09, 21, 23 Clarté Vidéo 23 Centre Génération Emploi 25 Collège O’Sullivan 35 imozaik 36 Rédaction 514 573-6454 redaction@reussirici.com Publicité 514 975-9835 publicite@reussirici.com

réussir ici inc. www.reussirici.com


Décembre / Janvier 2008

Édito 7 Les points sur les « i » La vie dans l'arrondissement 8 Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce

Montréal Express

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Vivre à Montréal EN COUVERTURE

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Julius Grey, l’avocat des causes nobles

8

11

D'origine juive polonaise, Julius Grey se définit lui-même comme «un universitaire internationaliste sans appartenance ethnicoreligieuse.» Brillant étudiant à McGill et Oxford, il a réussi un parcours professionnel parfait. Il exerce le noble métier d'avocat «pour défendre les faibles », selon ses propres propos. Très médiatisé, ce brillant intellectuel a marqué et marquera à jamais son temps par sa philosophie de la vie résumée en deux mots amour et pardon.

26

16 Comment économiser 15% de sa facture de chauffage

18 Guide d'achat d'une voiture d'occasion

20 Où se diriger en cas de problèmes de santé ?

22 Patrick et Valéria adoptent Montréal

Travailler à Montréal 26 Les jobs qui marchent : On s'arrache les infirmières au Québec

Étudier à Montréal 30 La médecine, c'est pour tout le monde!

Sortir à Montréal 31 Le cœur de la ville 31 Cinéma du Parc : Le septième art «underground»

32 Agenda

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33 L'orchestre symphonique des musiques du monde Des origines diverses et une belle harmonie

Travailler à Montréal

30

On s'arrache les infirmières au Québec

Les Chroniques 6 Le coin du lecteur 24 Au travail 34 Carte blanche


Le coin du lecteur Les courriels des lecteurs Félicitations pour votre initiative ! J'ai bien hâte de mettre la main sur votre première parution et surtout d'en informer les étudiants de notre programme. Je travaille à la francisation et à l'intégration des nouveaux arrivants allophones à l'École de langues de l'Université de Montréal. Votre revue semble être un bel outil qui va aider nos usagers à faire leur place le plus tôt possible dans leur société d'accueil… Patricia - École de langues,ministère de l'Immigration et des Communautés Culturelles (MICC), Université de Montréal

Je vous félicite pour la création et la réalisation de ce magazine et de ce site Internet. Quelle belle initiative ! Avanthier, je vous écoutais, Stéphane Gendron et toi, sur les ondes de XM Radio 172, j'ai apprécié votre conversation. Je suis originaire de Rennes (Bretagne) en France et j'ai immigré au Québec au début du mois de juin 2005. Avant je travaillais dans un Institut de Recherche en Télécommunications en tant que technicien en électronique… Je pense que le magazine que vous avez créé sera très important pour chaque immigrant. Eric - St-Denis sur Richelieu

C'est avec plaisir que j'ai pr is connaissance du 1er numéro du Magazine Réussir ici et, plus particulièrement, de votre éditorial "Un rêve d'enfant". Mes ancêtres sont arrivés au Québec il y a un peu moins de 400 ans, leur histoire m'informe qu'ils n'ont pas toujours eu la vie facile, elle m'informe aussi que leur dure lutte pour survivre me permet aujourd'hui de réaliser mes rêves. J'ai eu du bonheur à lire qu'avec la sortie de "Réussir Ici" vous êtes en train de réaliser l'un de vos rêves d'enfant: votre grande curiosité et vos questionnements multiples vous ont conduit là où vous êtes aujourd'hui. Je vous en félicite sincèrement ! Je suis maintenant un homme heureux d'avoir vécu dans une maison ouverte sur la communauté: quand mes enfants vivaient à la maison, leurs amis de toutes les origines se rassemblaient chez nous, il y avait toujours de la place, et de la soupe, pour tout le monde. Maintenant, quand je regarde tous ces jeunes devenus adultes, je suis fier d'eux, je suis fier des contacts qu'ils poursuivent, je suis fier de

6 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

voir leurs enfants se voisiner et jouer ensemble. Je n’ai jamais débarqué dans l'aéroport d'un pays étranger pour y refaire/continuer différemment ma vie: j'imagine, par ce que j'entends et par ce que je lis, que ça doit être extrêmement difficile, qu'il doit y avoir beaucoup d'obstacles à franchir, que la peur de l'inconnu doit prendre énormément de place, etc. J'admire votre cheminement, j'admire le mouvement que vous avez entrepris, avec d'autres, pour donner un coup de main aux nouveaux arrivants: je pense qu'on a plus de pouvoir sur sa vie quand on est bien informé - si les nouveaux arrivants sont plus et mieux informés, leur arrivée chez nous en sera facilitée. Vivre, travailler, étudier et sortir à Montréal m'apparaissent comme des thèmes très intéressants pour entrer tranquillement dans la ville, y consulter des ressources aidantes, croiser des personnes enrichissantes: comme le dit le "Mot des associés": "Nous aspirons à faire de Réussir ici un outil d'information, une source de bons conseil qui saura vous rendre l'intégration plus rapide et réussie."… Encore une fois, Monsieur le Rédacteur en chef, je suis heureux d'avoir trouvé votre magazine sur mon chemin: j'ai eu la chance d'y lire un morceau de votre rêve et de partager avec vous, et votre équipe de travail, des informations pertinentes pour donner un coup de main aux personnes qui arrivent à Montréal. Je vous félicite pour le chemin réalisé et je souhaite longue vie à votre entreprise. André Pellerin- Montréal

Un grand merci. Un magazine qui tombe à pic et qui, j'en suis sûr, fera tache d'huile. Très utile. Bravo pour cette belle initiative. Ibrahima Diallo, Doyen de la Faculté des Arts, Sciences et Administration des Affaires Collège universitaire de SaintBoniface, Winnipeg, Manitoba

Bravo Hassan et bravo à toute l'équipe! Une idée formidable! Bonne chance de la part de l'équipe du Comité d'adaptation de la main-d'œuvre - Personnes immigrantes (CAMO-PI) Nadia Lakrouz

Dans le blog de Hassan … merci pour votre article. Il m'a énormément touché. Vous possédez une

plume exceptionnelle. Par ailleurs, je vous informe de mon intention d'organiser, dès ce printemps, un colloque national à Huntingdon portant sur l'immig ration en région et l'intégration des diverses communautés, en insistant sur l'apport exceptionnel et positif de cette immigration. Il s'agit - à mon avis - d'une planche de salut pour nos régions du Québec. J'espère que vous pourrez y prendre une part active. On lance l'organisation dès la semaine prochaine à l'Hôtel de Ville. Au plaisir. Stéphane Gendron, maire de Huntingdon

… merci pour cette initiative… pour revenir aux Ordres (ou devrais-je dire désordres), je ne m'étalerai pas plus làdessus, car c'est un sujet maintes fois développé surtout par les nouveaux arrivants. Il faut être efficace à chercher une solution à ce problème et ça passe selon moi par le lobbying et les médias pour arrêter cette hypocrisie collective de la soi-disant “pénurie de main d'œuvre” alors qu'à côté est en train de se former au Québec le ghetto le plus instruit au monde!!! L'action passe par briser les arguments des Ordres (ils ne veulent pas abaisser les standards ce qui est du nombrilisme). Ainsi, il faut sensibiliser la classe politique à ce problème. C'est mon avis… bonne continuation Adlan, Montréal

Je tiens à vous féliciter pour cette initiative. Je vous souhaite plein de réussites à travers cette fenêtre que vous offrez et que vous offrirez à vos lecteurs dont je fais partie déjà… je suis en train de vivre ma quatrième année dans ce beau coin du monde et je dois avouer que ce sont les quatre années les plus enrichissantes de ma vie. J'ai eu beaucoup d'expériences que j'ai partagées à travers des chroniques sur des sites web, j'ai vécu des hauts et des bas, j'ai tantôt galéré, j'ai tantôt réussi et je continue mon périple d'immigrant. J'ai pu écrire mon tout premier romanre c u e i l p e rs o n n e l ( p re s qu e u n e autobiographie), un don que je me suis découvert une fois arrivée dans la belle province en cet hiver de 2003. Juste pour vous dire merci du fond du cœur pour la création de cette fenêtre à travers laquelle nous aurons une vue sur le comment “réussir ici”. Kabi, Montréal


Editorial

Les points s u r

Hassan SERRAJI Rédacteur en chef hassan.serraji@reussirici.com

MDesoassociés t Nous sommes fiers de vous annoncer que Réussir ici inc., s o c i é t é é d i t r i c e d e v o t re magazine, a gagné, par le biais de Mme Nosra Chihani et M. Mehdi Benboubakeur, respectivement coéditrice et éditeur, la bourse (8.500 $) de la fondation du maire de Montréal pour ses volets entrepreneurial et multiculturel ainsi que la subvention Jeunes Promoteurs (12.000 $) du SAJE Montréal Centre en collaboration avec la Corporation de Développement Économique et Communautaire de Côte-desNeiges - Notre-Dame-de-Grâce. Cette reconnaissance récompense le travail de qualité et les efforts de toute une équipe et vient à point nommé pour encourager Réussir ici à aller de l'avant dans sa mission.

l e s

« i »

J'aurais aimé vous parler de la journée du lancement de Réussir ici au MAI (Montréal, arts interculturels), le 15 octobre. J'aurais aimé vous parler des premiers pas de votre magazine dans la métropole et de l'accueil enthousiaste des lecteurs. J'aurais aimé vous parler de mes différentes entrevues à la télé, à la radio et dans la presse écrite. J'aurais aimé vous parler des premières réunions de la rédaction qui rassemble des plumes d'ici et d'ailleurs. J'aurais aimé vous parler de cette ambiance chaleureuse qui règne dans l'équipe de Réussir ici. J'aurais aimé vous parler de tant de choses et vous faire partager la joie et le bonheur de tous ceux qui ont rendu le rêve de Réussir ici une réalité. Pourtant, je ne vais pas vous parler de tout cela, par dépit. En effet, depuis le lancement de votre nouveau magazine et à chaque rencontre avec un collègue journaliste pour une entrevue, la question sur les accommodements raisonnables jaillit de nulle part : « Que pensez-vous des accommodements raisonnables? Quelle est votre position sur le sujet? Une réponse s'imposait… Ce n'est pas que nous voulions éviter le sujet. Mais c'est que notre position est tellement évidente dans notre démarche que nous avons été frustrés, pour ne pas dire exaspérés, que nos confrères des médias ne l'aient pas vue. Notre réponse à tout ce débat qui secoue la belle province est toute simple : c'est la création de Réussir ici inc., une entreprise de médias, qui véhicule un message limpide : la plupart des problèmes liés à l'immigration trouveront leur solution dans le travail. En d'autres termes, l'intégration des immigrants passe par l'emploi. Le grand défi du Québec est de créer les conditions nécessaires à l'intégration dans un métier ou une profession des nouveaux arrivants. De notre côté, toute l'équipe de Réussir ici s'évertuera à fournir une caisse à outils à tous ceux qui ont décidé de joindre leur destin à celui de leur nouvelle terre d'accueil pour faciliter leur atterrissage. Nous allons aussi véhiculer un nouveau discours positif et pragmatique qui offre des pistes de solutions faisables et accessibles. En somme, Réussir ici aspire à devenir un outil d'information et une source de bons conseils pour rendre l'intégration plus facile et réussie.

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Réussir ici

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La vie dans l'arrondissement

Visite guidée de l'arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce Par Deborah JUSSOME deborah.jussome@reussirici.com

15 heures 30. La ligne 535 de la Société de transport de Montréal se range devant la Plaza Côte-des-Neiges. Si près du point de départ et l'autobus est déjà bondé. Il ne prend que quelquesuns des nombreux passagers attendant en file. Les autres embarqueront dans les prochaines navettes. À cette heure de la journée, elles se suivent à un rythme quasi incessant.

Jude Pierre

Pour Jude Pierre, chauffeur du circuit depuis 1993, rien ne vaut le plaisir de monter la pente ouest du Mont-Royal. « J'aime son côté multiculturel, et le fait qu'il y a tant de choses à faire et à découvrir », dit-

8 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

Avec 9% de la population montréalaise dont presque 85% de moins de 65 ans, l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce symbolise à lui seul le cœur de la ville ! Une simple balade en autobus montre la diversité et la richesse de cet arrondissement emblématique reconnu par ses différentes institutions et ses monuments historiques. il. En effet, avec sa population avoisinant les 180 000 habitants, dont 45% d'immigrants, l'arrondissement CDN-NDG se distingue des autres. Il laisse aux visiteurs l'impression que la diversité y a rendez-vous: marchés, restaurants et autres commerces typiques sont autant de témoignages des communautés qui y sont installées, surtout dans le centre névralgique de l'arrondissement, entre les rues JeanTalon et Queen-Mary, là où l'on retrouve, par ailleurs, les librairies chics, les cafés, les terrasses où, l'été, visiteurs et riverains aiment se prélasser. Des institutions de renommée Quand on prend le temps de s'arrêter dans ce périmètre, de regarder au loin, on voit la grande tour de l'Université de Montréal. Elle veille sur les grandes institutions environnantes qui font la renommée de Côte-des-Neiges : l'Hôpital Juif, l'Hôpital Sainte-Justine, le Collège Jean-de-Brébeuf, l'Université de Montréal, l'École des

hautes études commerciales (HEC) et l'École Polytechnique. « Ici, c'est l'endroit par excellence où l'on rencontre le plus d'étudiants », fait remarquer Jude Pierre. Après Queen-Mary, « l'autobus se vide, on revient au calme, signale notre chauffeur. Ceux qui habitent par là ont leur propre moyen de locomotion. » Le coin inspire la paix et la sérénité. À droite, la montagne surplombée par l'Oratoire Saint-Joseph, édifice le plus élevé de la ville, reçoit chaque année plus de deux millions de pèlerins et visiteurs. À gauche, le cimetière Notre-Damedes-Neiges, construit en 1854, est le plus grand cimetière catholique du Canada. Sur la rue Queen-Mary, un transfert vers la ligne d'autobus 166 nous conduit à l'ouest, jusqu'à l'entrée de Notre-Dame-de-Grâce. Certes, dans l'ensemble, les vingt-deux kilomètres carrés constituant l'arrondissement restent uniformes, par le côté multiethnique, la place qu'y occupe


La vie dans l'arrondissement

aux revenus supérieurs à la moyenne montréalaise. Ils se déplacent bien moins en transport en commun, contrairement à CDN. D'un point de vue architectural, ses bâtiments sont plus anciens que chez son voisin de l'Est. NDG garde un cachet villageois, avec ses rues étroites, sa verdure abondante et les nombreux parcs qui y sont aménagés. Le quartier occupe par ailleurs une place enviable du fait qu'il abrite l'immense campus de l'Université Concordia, l'Hôpital Catherine Booth de l'Armée du Salut

ainsi que l'Hippodrome de Montréal, longtemps connu sous le nom de Blue Bonnets et situé sur le boulevard Décarie depuis 1905. L'arrondissement CDN-NDG mérite que l'on s'y arrête. Il y a une multitude de choses et de gens à y découvrir. Il est aussi l'arrondissement des innovations : le 5 juin 2007, on y a inauguré le premier toit vert accessible aux citoyens. Celui-ci est aménagé sur l'immeuble de la maison de la culture et de la bibliothèque de Côte-desNeiges.

Le coin du lecteur Chères lectrices et chers lecteurs réagissez à nos articles, faites nous des remarques et adressez-nous vos critiques. Votre avis nous est très précieux. N'hésitez pas aussi à nous faire des suggestions de reportages et d'articles. Posez aussi vos questions directement à nos collaborateurs dans les différentes rubriques de Réussir ici. C'est votre magazine.

redaction @reussirici.com

l'anglais, la qualité des services offerts dans les quatre grandes bibliothèques mises à la disposition des citoyens et la proximité avec les centres d'achats locaux. Pourtant, on constate très vite que Côte-des-Neiges et Notre-Damede-Grâce se différencient en plusieurs points. Un havre de paix « Mon trajet est plus tranquille. J'embarque surtout des retraités paisibles », prévient d'emblée Daniel Laverdière, qui fait le trajet depuis un peu plus de deux ans. Située sur un plateau plat, la zone NDG est caractérisée par des résidents


La vie dans l'arrondissement L’ENTRETIEN Michael Applebaum, le maire de CDN-NDG Celui qui s'est retrouvé en politique, en 1993, pour contrer la fermeture d'une patinoire dans son quartier est Michael Applebaum, l'actuel maire de CDNNDG et membre du conseil d'agglomération de Montréal. Il se définit lui-même comme un businessman pragmatique. Cet Idéaliste et non moins travailleur s'est confié à Réussir ici pour raconter sa vie et celle de son arrondissement où il s'est installé depuis l'âge de 21 ans.

Abdoulay SISSOUKO Hassan SERRAJI

Comment vous êtes-vous retrouvé en politique? Par pur hasard. Je suis issu d'une famille de travailleurs. Mon grand-père tenait une cordonnerie. Dès l'âge de 16 ans, je gérais le magasin familial avant d'ouvrir le mien à 18 ans. Depuis lors, je suis devenu un businessman touche-à-tout… En 1993, j'ai entendu dire que la mairie allait fermer la patinoire du parc Mac Donald, non loin de chez-moi. J'étais contre cette décision. J'ai appris que la meilleure façon pour montrer mon désaccord, c'était de me présenter au conseil et de poser une question. J'ai reçu un accueil glacial à la réunion du Conseil d'arrondissement de la part du maire de l'époque. Du coup, j'ai décidé de me présenter aux élections pour faire entendre ma voix et celle des autres citoyens. J'ai réussi à gagner les élections et depuis 6 ans je suis le maire de l'arrondissement CDNNDG.

Vous étiez un homme d'affaires prospère et vous avez laissé tomber l'argent et la fortune pour vous occuper des affaires de l'arrondissement? C'est vrai, je ne gagne pas beaucoup d'argent mais j'aime ce que je fais. L'argent n'est pas tout dans la vie. J'ai toujours aimé faire la différence dans ma vie, et la politique me donne le pouvoir de la faire au quotidien.

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Mais pourquoi Côte-des-Neiges? C'est là où j'ai fondé ma famille quand j'avais 21 ans. De plus, cet arrondissement m'inspire beaucoup. C'est le lieu d'arrivée ou de transition de plusieurs générations d'immigrants. L'immigration vous tient beaucoup à cœur… Oui, le Canada est un pays d'immigrants. Je me rappelle toujours l'histoire de mon grand-père qui, au début du siècle dernier, habitait en Allemagne. Il a décidé d'immigrer, en 1911, après avoir vu dans un bureau de poste une affiche du premier ministre canadien de l'époque qui invitait les gens à immigrer. Mon grand-père s'est dit que si le premier ministre du pays invite en personne les gens à venir s'installer chez lui, c'est que c'est le meilleur pays au monde. Quelle est votre conception de la gestion d'une population multiculturelle ? Je me dis que tout le monde est égal. Tous méritent les mêmes services, doivent être traités de la même façon et avoir les mêmes chances pour réussir. Il faut que les gens comprennent que l'immigration est importante. Le Canada ne serait certainement pas ce qu'il est aujourd'hui sans les immigrants. C'est en ce sens que je dis souvent que Côte-des-Neiges, c'est l'avenir du Québec… Quand j'étais jeune, j'allais manger dans un fast-food et de temps en temps on mangeait chinois en famille. Regardez aujourd'hui toutes les variétés de cuisines étrangères qui existent à Montréal. Cette richesse culinaire et culturelle contribue aussi à changer la qualité de vie des citoyens. Que fait la Mairie pour faciliter l'intégration des immigrants ? Nous octroyons plus de 2,9 millions de dollars à des associations qui œuvrent dans le domaine communautaire pour aider la population. Depuis 2005, nous avons rénové au moins onze parcs. Nous avons créé une bibliothèque interculturelle qui fa i t é g a l e m e n t o f f i c e d e c e n t re communautaire où sont logées les associations permanentes. Nous avons a u s s i c o n st r u i t u n a u t re c e n t re communautaire dans le parc de La Savane

en faveur des populations démunies de ce secteur qui compte environ sept cents familles. Ces deux projets ont coûté plus de onze millions de dollars. Nous prévoyons construire plus de trois cents unités en transformant des zones industrielles en logements sociaux. Nous allons aussi créer un centre sportif communautaire à Saint-Raymond au coût de 4,2 millions de dollars. Nous avons également un programme de 287.000 $ baptisé contrat-ville destiné à résoudre des problèmes sociaux, à l'intégration des communautés et à remédier au décrochage scolaire. En plus de ce financement, nous avons mis en place un fonds spécial d'environ 200.000 $ pour aider les démunis. Dans le même sens, je suis en train de créer la Fondation du maire.

Questionnaire de Proust Si vous n'étiez pas maire, qu'auriezvous aimé faire comme métier ? Je me suis toujours dit qu'après avoir gagné beaucoup d'argent, j'irais dans un pays pauvre pour aider la population locale car je trouve que plus on est riche moins on pense aux autres. Or, il est important d'aider son prochain. Si vous deviez vivre dans un autre pays, lequel choisiriez-vous ? Le Canada, c'est mon pays. Certes à un moment donné j'étais tenté d'aller faire des affaires aux États-Unis, mais j'y ai renoncé car je veux que mes enfants aient des valeurs canadiennes. Quel est votre rêve ? L'un de mes oncles m'a dit un jour : «Michael tu sais comment réaliser tes rêves? » Je lui ai répondu : « non ». Il m'a dit : « Ne dors pas, il faut travailler ». Je ne suis pas quelqu'un qui rêve. Dans quel pays aimeriez-vous passer vos prochaines vacances ? Je compte voyager en Europe avec ma femme pour fêter nos vingt-cinq ans de mariage... Quelle est la personnalité politique qui vous inspire le plus? Aucune. Est-ce qu'on a besoin de s'inspirer de quelqu'un ? Quel est votre objectif politique? Je suis content de faire ce que je fais actuellement et je ferai mon travail jusqu'à ce que la population en décide autrement. Cela dit, le fédéral m'intéresse beaucoup.


La vie dans l'arrondissement

L'école des Nations au service desnouveaux arrivants nadine.alcinor@reussirici.com

À l´abri des caméras de télévision et loin du débat existentiel dans lequel est plongé le Québec, l´école des Nations, à Côte-des-Neiges, revendique le slogan «Grandir ensemble» comme outil d'encadrement de la diversité culturelle pour favoriser l'intégration des enfants d'ici et d'ailleurs.

Il est trois heures, la cloche a sonné, c'est la fin des classes. Au premier regard, l'école primaire située rue Vézina, à Côte-desNeiges, n'a rien de particulier. Les élèves sortent, certains courent, d'autres marchent, ils jasent. Ils sont nombreux et leurs origines sont diverses : Bangladesh, Pakistan, Cameroun, Russie, Maroc, Ukraine, Népal, et la liste est longue. On se rend vite compte que ces élèves sont à l'image du quartier multiethnique où ils habitent. Miser sur les ressemblances De plus, leur lieu d´apprentissage porte un nom symbolique : l'école des Nations. « C'est les Nations Unies ici ! » déclare en souriant la directrice. Originaire de Québec, Caroline Guay travaille à Montréal depuis une douzaine d´années. La diversité ne la surprend pas, « c´est l´homogénéité qui paraîtrait bizarre. » Selon elle, dans dix ans toutes les écoles de Montréal ressembleront à celle-ci. Elle travaille à l'école des Nations depuis deux ans et a côtoyé des gens de partout. De la femme voilée au juif hassidique, les accommodements se vivent pour elle tous les jours, et paisiblement. « On valorise d'abord la complémentarité et nous mettons l´accent sur les ressemblances et la cohésion plutôt que sur un détail qui risquerait de blesser quelqu´un. » Les barrières Mais au-delà des différences culturelles, il reste les barrières linguistiques et c´est de loin le plus gros défi à relever. Selon la

Commission scolaire de Montréal, à l´école des Nations, on compte 32 langues parlées sur un total de 561 élèves. Pour Caroline Guay, « il faut parler français pour devenir un citoyen actif qui progresse au Québec. » C´est d´ailleurs le mandat que s´est donné l´école des Nations, fondée il y a une dizaine d´années sur les bases de la loi 101. Dans la charte des droits et responsabilités de l´institution, on retrouve une phraseclé : « Je m´exprime en français en tout temps et avec tout le monde à l´école. » Engagement auquel doivent se soumettre l´enfant et le parent en signant le document complet. « On souhaiterait que les enfants pratiquent le français à la maison mais ce n´est pas toujours évident », souligne la directrice. Dans ce quartier, la majorité des gens des quatre coins du monde s´expriment d´abord en anglais plutôt qu´en français. Le P.E.L.O. « Selon moi, tous les enfants doivent parler au moins trois langues », mentionne Mme Guay en parlant du français, de l´anglais et de la langue d´origine de l´élève. En effet, à l´école des Nations, tout comme dans la plupart des écoles primaires et secondaires de Montréal, on offre le programme P.E.L.O. (le programme d´enseignement de la langue d´origine). Développé depuis 1978 par la Commission scolaire de Montréal, il consiste à enseigner les langues d´origine, à l'extérieur des heures de cours, aux enfants qui souhaitent améliorer les rudiments de leur langue maternelle, de l´espagnol à l´arabe en passant par le

Par Nadine ALCINOR

tamoul, le vietnamien et le créole. « J´aime apprendre de nouveaux mots de ma langue d´origine… et j'aide ma mère, qui suit des cours de français, à apprendre la langue du Québec », raconte, amusée, une élève de neuf ans d´origine indienne qui suit des cours à l´école des Nations. Selon Caroline Guay, c'est très courant de voir des élèves aider leurs parents à apprendre le français. De plus, l´apprentissage de la langue d´origine sert de point d´ancrage à l´enfant qui peut par la suite intégrer plus facilement de nouvelles notions : « C´est comme une petite fleur, coupez-lui les racines et elle ne pourra pas se développer. » Citoyens de demain Afin de maîtriser le français, on invite également les jeunes à s´impliquer dans d i f fé re n t e s a c t i v i t é s s c o l a i re s et parascolaires. La formation d'un Conseil d´élèves pour les jeunes de 2e et 3e cycle permet d'expérimenter la mise en candidature, la campagne électorale et le vote au bureau de scrutin. Les dix élèves choisis deviennent ainsi les représentants de leurs classes. Soutenus par deux enseignants et deux professionnels, ils discutent de sujets variés allant des sorties durant l´année au code vestimentaire. Tout cela dans un seul but : l'apprentissage de la démocratie et la citoyenneté responsable. Les parents de ces nouveaux arrivants sont aussi encadrés s'ils le désirent avec un cours d'éducation à la citoyenneté. Décembre / Janvier 2008

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Réussir ici

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Montréal Express Les stages DECOUVRIR

C’est au Studio Ubisoft à Montréal que M. Sam Hamad, entouré d'un groupe de dirigeants d'entreprises, de représentants syndicaux et de partenaires du marché du travail, a lancé, le 8 novembre 2007, les stages DÉCOUVRIR. DÉCOUVRIR permettra de créer 3.000 places de stages dans quelque 750 entreprises d'ici 2010. Ces stages seront offerts dès janvier 2008 aux jeunes de moins de 25 ans, sans emploi. L'objectif des stages DÉCOUVRIR est d'offrir à ces jeunes des stages de qualité qui leur permettront de valider leur choix de carrière ou de vivre une expérience de travail. « Alors que de plus en plus d'entreprises éprouvent des problèmes à recruter du personnel, 27.000 jeunes de moins de 25 ans sont prestataires du programme d'aide sociale. C'est une situation inacceptable. Le gouvernement et les entreprises ont une responsabilité partagée en vue d'assurer l'accessibilité des jeunes au marché du travail. Le succès de ce projet repose sur la mobilisation des entreprises, lesquelles permettront de faire découvrir à un jeune un métier ou une profession, d'éveiller leurs ambitions et de réaliser leurs rêves », a déclaré le ministre Sam Hamad. Place au spectacles!

Quartier

des

Montréal aura son Quartier des spectacles en 2012. La Ville de Montréal a d é vo i l é ré c e m m e n t l e p l a n d'urbanisme relatif à la revitalisation du secteur de la Place des Arts. Le plan d'urbanisme prévoit le réaménagement de la rue Sainte-

12 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

Catherine et la création de quatre grands espaces publics consacrés aux festivals. Réalisés en quatre phases, les travaux devraient débuter en août 2008 et prendre fin en 2012. Le coût total du projet est évalué à 120 millions de dollars. Le Quartier des spectacles accordera la priorité aux piétons en réduisant des voies de circulation et en élargissant les trottoirs. De la verdure et du mobilier urbain seront ajoutés. Selon la Ville de Montréal, le projet entraînera d'importantes retombées pour les festivals présentés chaque année dans le secteur.

suit : Afrique (27 %), Europe (26 %), Asie (26 %) et Amérique (21 %). Les Québécois auront accès à davantage de médecins

Un peu plus d'immigrants

Le Québec accueillera entre 46.700 et 49. 000 immigrants en 2008, soit environ 1 000 de plus qu'en 2007. C'est ce que prévoit le plan d'immigration du Québec déposé le 1er novembre dernier par la ministre de l'Immigration et des Communautés Culturelles, Yolande James. Cela constitue la première phase d'un plan de trois ans qui portera ce nombre à 55.000 en 2010. « Je me suis engagée à ce que les ressources nécessaires accompagnent cette hausse, car je suis pleinement consciente qu'en plus d'un Québec ouvert sur le monde, les citoyens veulent aussi s'assurer que nous avons les moyens de bien accueillir, de bien intégrer et de bien franciser les nouveaux arrivants », a souligné la ministre. L'ensemble des admissions prévues pour 2008 se répartit comme

Le 16 octobre dernier, le Collège des médecins du Québec annonçait un assouplissement pour les médecins ayant fait leur formation à l'étranger et détenant un permis restrictif. Ce type de permis, délivré à des médecins parrainés par des établissements du Québec, impose des restrictions quant aux lieux où les médecins peuvent pratiquer, aux actes professionnels qu'ils sont autorisés à poser et est assorti d'un stage d'évaluation; de plus, ce permis doit être renouvelé annuellement. L'assouplissement proposé par le Collège permettra aux médecins, après cinq (5) renouvellements, de faire une demande de permis régulier. Selon le Collège des médecins, cet assouplissement, sans ajouter de nouveaux médecins, permettra à la population du Québec d'avoir davantage accès à des médecins. Le Collège estime que 175 médecins, parmi les 389 titulaires d'un permis restrictif, pourront bientôt demander un permis régulier et ainsi offrir leurs services sur l'ensemble du territoire québécois. Portraits d'ailleurs L'exposition du concours de photos Portraits d'Ailleurs, organisée par l'organisme Journalisme pour les droits humains (www.jhr.ca), s'est déroulée du 2 au 17 novembre au café l'Utopik. Le thème de l'exposition, le portrait de l'Autre, avait pour but de rappeler que les êtres humains sont au cœur de la


Montréal Express défense des droits humains... Les photos, plus de cent au total, présentaient au public des visages d'ici et d'ailleurs dans tous leurs états. Mentorat Québec

Le 6 novembre 2007 s'est tenu le 5e colloque de l'organisme Mentorat Québec, sous le thème : « Le mentorat : un enjeu de société ». Mme Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés, a ouvert le colloque en abordant le mentorat sous l'angle de la solidarité intergénérationnelle et de l'apport du travailleur aîné dans la pérennité des entreprises. Le panel qui a suivi a porté sur les enjeux politiques, économiques et sociaux du mentorat dans les secteurs privé et public et dans le monde syndical. Puis deux blocs d'ateliers ont permis de discuter, entre autres, des thèmes suivants: l'éthique en mentorat, la formation des mentors, l'instauration et l'évaluation d'un programme de mentorat dans une entreprise. Mentorat Québec est un organisme à but non lucratif fondé en 2002. Cet organisme s'est donné comme mission de faire connaître le mentorat et de développer une culture mentorale dans le monde du travail. Pour plus d'informations, visitez le site de M e n t o r a t Q u é b e c , www.mentoratquebec.org Gala des Prix Club Avenir 2007

Pour la quatrième année consécutive, ce samedi 3 novembre à l'Auditorium du Collège Ahuntsic de Montréal, la Fondation Club Avenir, un organisme philanthropique sans but lucratif, a tenu son gala de remise des prix d'excellence aux personnes de la communauté algérienne qui se sont distinguées par des réalisations exceptionnelles. La cérémonie de cette année a pris la forme d'une grande fête

où plus de trois cent cinquante personnes, membres de la communauté algérienne au Canada et amis de l'Algérie, sont venues assister à un spectacle haut en couleur. La Fondation veut ainsi encourager l'intégration par l'excellence et l'entrepreneurship. Les lauréats pour cette année, M. Peck, Dr. Bounatiro, M. Boulahfa, Belakehal et Mme Aït Hamouda reçoivent les prix 2007 pour leurs réalisations exceptionnelles. Prix femmes Québec

d'affaires

du

jeunes professionnels marocains (AJPM) et la Jeune chambre de commerce haïtienne (JCCH) ont organisé une table ronde pour débattre de L'implication des communautés culturelles à la vie civique et politique. Selon les organisateurs, ce sujet est d'actualité vu que la présence déterminante des jeunes d'origine ethnoculturelle ne se reflète pas encore dans l'espace public. Un grand nombre d'entre eux rencontrent encore des difficultés criantes sur le marché du travail. Ces difficultés d'intégration semblent également importantes dans la vie politique, lorsqu'on examine les groupes de jeunes qui ont le plus d'influence dans cette sphère publique. Cette conférence a vu la participation de panélistes de qualité représentant les partis politiques, le milieu communautaire et intellectuel au Québec. Novembre.doc

Mme Andrée Ménard, fondatrice et directrice générale de Promotion, Intég ration, Société nouvelle (PROMIS), a été honorée lauréate dans la catégorie cadre ou professionnelle employée par un organisme à but non lucratif, lors du prestigieux gala Prix Femmes d'affaires du Québec qui a eu lieu le 17 octobre dernier. Fondée en 1988, PROMIS offre une variété de services nécessaires à une intég ration socio-économique harmonieuse des nouveaux arrivants. Ses services ont été développés en réponse aux besoins des diverses communautés d'immigrants et en font une organisation unique au Québec. Pour toutes infor mations complémentaires, n'hésitez pas à consulter son site Internet : www.promis.qc.ca Communautés culturelles et vie civique et politique Le 25 novembre 2007, la Chambre de commerce latino-américaine du Québec (CCLAQ), l'Association des

Le Hold-up de l'eau

Pendant tout le mois de novembre, le Ciné-Campus de l'Université de Montréal a consacré sa programmation au documentaire. Deux conférences, une discussion et six films ont été présentés . Accrédité en tant que festival par la Régie du cinéma du Québec, ce qui permet de présenter des films en première, Novembre.doc se donne pour mission de proposer des documentaires engagés qui suscitent la réflexion. Les 20 et 21 novembre, la série « À vos ressources, citoyens » a présenté en programme double les documentaires Le Doigt dans l'œil, de Julien Fréchette et Le Hold-up de l'eau, de Neil Doherty. Les 27 et 28 novembre, dans le cadre de la série « Misère dorée », les documentaires El-Ejido la loi du profit, de Jawad Rhalib, Bonnes à tout faire d'Hélène Choquette, ainsi que Mardi Gras : Made in China et Intimidad de David Remon et Ashley Sabin, ont été projetés. Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici 13


Publireportage

Patrice Starace

Coordonnateur Entrepreneunariat autonome

Le programme STA du SAJE Montréal Centre Le Service d'aide aux jeunes entreprises du Montréal Centre est une firme de gestion conseil dont la mission est de stimuler, de favoriser et de soutenir le démarrage et l'expansion des petites et moyennes entreprises. L'un de ses services phares est le programme de Soutien au Travail Autonome (STA). Patrice Starace, responsable de cet incitatif à la création de son propre emploi, nous livre toutes les explications. Qu'est-ce que le programme STA? Le soutien au travail autonome du SAJE Montréal Centre est un programme financé par Emploi Québec, qui favorise et encourage les personnes qui veulent se lancer en affaires comme travailleur autonome. Il leur apporte deux types de soutien conjoints : un soutien technique sous forme de formation au plan d'affaires, de conseils et d'accompagnement au démarrage durant une période de deux ans, mais également un support financier qui découle de leur statut personnel. Nous pouvons en outre mentionner, qu'au-delà du concept d'affaires mis de l'avant, de l'esprit d'entreprise manifesté, des fonds disponibles apportés dans le projet, le promoteur éprouve souvent le besoin d'être encadré, et cela tout au long des étapes qui vont de la conceptualisation de son

14 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

idée d'affaires, en passant par la préparation de son plan d'affaires et le démarrage effectif de ses activités. Le programme STA offre donc cet appui essentiel au bon déroulement de la mise sur pied de son projet. Qui peut bénéficier du programme STA? Po u r ê t re é l i g i b l e i l fa u t p r i n c i p a l e m e n t , s o i t ê t re s u r l'assurance-emploi, soit avoir été sur l'assurance-emploi durant les 3 dernière années, être actuellement sur l'assistance emploi ou être à faibles revenus. De plus, le projet doit être domicilié sur les territoires couverts par le SAJE Montréal Centre. Ensuite, il faut démontrer, d'une part, que le projet envisagé par le promoteur s'insère dans les orientations sectorielles d'Emploi Québec, mais aussi qu'il lui permette de créer son emploi et de pérenniser ses activités à terme.

Comment peut-on bénéficier du programme STA? Toute personne porteuse d'un projet qui répond aux conditions d'éligibilité d'Emploi Québec est invitée à participer à une séance d'information organisée régulièrement dans les locaux du SAJE Montréal Centre. Animée par un conseiller en gestion, cette séance explique le rôle joué par le SAJE Montréal Centre, et présente en détail le contenu de cette mesure. En outre, elle montre aux aspirants entrepreneurs comment préparer leur sommaire de projet, et planifier aussi l'ensemble des démarches à suivre. Quelles sont donc ces démarches à suivre? Afin de pouvoir présenter un projet, le candidat doit valider ses démarches auprès de son agent d'Emploi-Québec, et obtenir à cette fin une fiche de suivi qui confirme son éligibilité au programme STA.


Publireportage Une fois celle-ci obtenue, l'aspirant entrepreneur doit ensuite préparer un sommaire de projet, qui décrit à la fois le concept d'affaires, le marché visé, les moyens et actions pour rejoindre la clientèle, l'évaluation du coût de démarrage prévu, ainsi que toutes les démarches relatives à son projet. Le promoteur prend, par la suite, rendez-vous avec un conseiller du SAJE Montréal Centre, afin de pouvoir réviser son projet et se préparer à le présenter au prochain Comité de sélection STA. Après décision et acceptation du Comité de sélection, le candidat reçoit une réponse très rapidement, et devient participant à la mesure. Une fois que le promoteur devient participant, quelles sont les autres étapes à suivre? Au début, le participant assiste à une formation de plus de quarante heures qui va lui permettre d'élaborer un plan d'affaires, l'outil privilégié pour le démarrage d'un projet. Ainsi, grâce à ces ateliers de formation, les candidats sont accompagnés pas à pas dans la réalisation de leur plan d'affaires. Ensuite, le projet passe à un comité d'approbation suivi d'une période d'accompagnement et de mise en œuvre du plan d'affaires, conjuguée à des activités de réseautage organisées par une association d'entrepreneurs autonomes dénommée Synaxis. Et comment ça se passe pour le soutien financier ? Complément du support technique au démarrage du projet, le soutien financier est accordé aux personnes éligibles pour une durée maximale de cinquante-deux semaines, et diffère selon le statut personnel du promoteur. SAJE MONTRÉAL CENTRE Siège social 5160, boulevard Décarie, bureau 820 Boîte postale 22, Montréal, QC, H3X 2H9 Station de métro : Snowdon TEL. : 514-485-SAJE (7253) TÉLÉC. : 514-485-4933 COURRIEL : info@sajemontrealcentre.com www.sajemontrealcentre.com

Dalila Benhaberou-Brun, inf., M.Sc. Son entreprise est spécialisée en recherche clinique Www.webclinicalresearch.com

Avant de bénéficier du programme du SAJE Montréal Centre, j'avais une bonne idée d'affaires que je n'arrivais pas à concrétiser faute de moyens et d'encadrement. Et dès le premier jour de la formation, en mars 2006, dans le cadre du programme STA, j'ai entamé la rédaction de mon plan d'affaires. En effet, la qualité du soutien technique (conseils en fiscalité, comptabilité, marketing, etc.) m'a mise aussitôt à l'aise. De plus, au démarrage, j'arrivais à peine à un chiffre d'affaires de 200 à 300 $ mensuellement. Donc, sans le pendant financier du programme STA, je n'aurais jamais pu m'en sortir toute seule. Et ce n'est pas que mon projet ne marchait pas, loin de là. J'ai profité de ces premiers mois pour faire de la prospection, établir des contacts et sonder les besoins de mes futurs clients. La preuve, j'ai atteint mes objectifs financiers dès le mois de décembre 2006, soit 9 mois après le début officiel de mes activités. En somme, le programme STA était ce coup de pouce nécessaire pour faire décoller mon projet, j'en suis certaine. Flore Gisèle Boni, diplômée en système d'information géographique à l'UQAM. Son entreprise offre des services en géomarketing et système d'information géographique (SIG). www.sigconsultca.com

Début 2006, mon contrat avec la Ville de Montréal a pris fin et j'étais en congé maternité. J'en ai profité pour décider

décider le lancement mon affaire. En le lancement de mondeaffaire. En effet, effet, il besoin y a un réel besoin mon il y a un dansréel mondans domaine domaine est très pardéveloppé ailleurs très qui est parqui ailleurs aux développé aux Etats-Unis et faire qui Etats-Unis et qui commence à se commence à l'être partout dans le sentir partout dans le monde. Mais monde. Mais après j'avais réflexion,l'intime j'avais après réflexion, l'intime conviction se lancer conviction que meque lancer pour pour mon mon propre compte, même si bonne j'avais compte, même si j'avais une une bonne idée d'entreprise, aurait été idée d'entreprise, était très difficile. Et très difficile. Et je n'aurais jamais pu le je n'aurais jamais pu le faire sans faire sans l'aide du SAJE Montréal l'aide du SAJE Montréal Centre. Centre.

Justement, avec aveclele programme Justement, programme STASTA j'ai j'ai reçu beaucoup d'informations reçu beaucoup d'informations etet le le soutiend'un d'unconseiller conseillerce cequi quim'a m'aaidé aidé soutien à à faire des choix judicieux, à monter faire des choix judicieux, à monter un un bon pland'affaires d'affairesetet àà acquérir bon plan acquérir diverses connaissances fiscalité, diverses connaissances en comme la en comptabilité, en marketing, etc. fiscalité, la comptabilité, le marketing, pourpour se lancer en affaires. J'ai puJ'ai aussi etc. se lancer en affaires, pu m e c o n n e c t e r a u r é s eau aussi me connecter au réseau professionnel SYNAXIS SYNAXIS et et surtout me professionnel concentrer sur sur mon entreprise concentrer entreprise durant une année entière, grâce à l'aide financière.Cela Cela m'a donné une financière. m'a donné une aisance au travailau considérable. aisance travail considérable. Mehdi JELLOULE, Master en Recherche et développement de produits industriels. Son entreprise est spécialisée dans le domaine de l'optimisation des processus de fabrication.

Ma société n'aurait pas pu être rentable dès le premier mois. D'autant plus que j'avais une méconnaissance du système juridique et fiscal du Québec. Le programme STA m'a permis, d'abord, de combler une lacune dans mon profil, surtout la partie liée à la vente, au marketing et à la gestion. J'ai pu me consacrer à 100% à mon projet, sinon c'aurait été très difficile de travailler à temps partiel pour subvenir à mes besoins tout en montant mon affaire. Car financièrement, au début, je ne pouvais pas être rentable. J'ai réalisé un profit avoisinant les 1000$ par mois, de mars à juin 2007. Ce n'est qu'en juillet 2007 que j'ai pu me rapprocher à mes objectifs financiers, soit 3500 à 4000 $ mensuellement. Décembre / Janvier 2008

I

Réussir ici

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Vivre a Montréal

Comment économiser

15%

de sa facture

de chauffage meriem.benachenhou@reussirici.com

L'hiver à Montréal, c'est froid dehors et chaud dedans. Mais à quel prix ? Sur une facture annuelle d'énergie de 1000 $, jusqu'à 150 $ peuvent être liés à des pertes d'énergie dues à des infiltrations d'air. En somme, de l'argent jeté en l'air. Heureusement, des mesures simples et peu coûteuses peuvent être prises par tout un chacun pour passer l'hiver au chaud dans son nid sans se déplumer !

Je vis dans une passoire ! « Quand j'ai déménagé dans mon nouvel appartement, un 5½ de 900 pi2 à l'Est de Montréal, c'était l'été et tout allait bien, mais dès que j'ai commencé à chauffer à la fin de l'automne, ça n'allait plus du tout ! Explique Pierre un locataire originaire de Montréal. J'avais beau augmenter le chauffage, rien à faire, il faisait toujours froid dans l'appartement, c'était comme si je chauffais l'extérieur. Je l'ai bien senti cette année-là aussi bien dans mon confort que dans mon porte-monnaie puisque j'ai payé 1200 $ en électricité alors que je payais avant à peine 1000 $ pour un logement équivalent. » Le cas de Pierre est loin d'être unique et concerne un bon nombre de Montréalais, d'après Lisa-Marie Hein, conseillère en efficacité énergétique à Option Consommateurs. Les logements locatifs à Montréal sont pour la plupart vieux, ils ont été construits avant 1970 avec des matériaux de construction qui ne répondent pas aux normes d'isolation actuelles. « Le manque d'isolation, poursuit Madame Hein, engendre des problèmes de perte de

chaleur, ce qui cause de l'inconfort et pousse les occupants à abuser du chauffage. » D'après l'Agence de l'efficacité énergétique du Québec, la mauvaise étanchéité d'une habitation peut faire grimper la facture totale d'énergie de 15 % par année et peut lui causer une détérioration précoce due à l'humidité. Chauffer ou ne pas chauffer, telle est la question ! Bon nombre des nouveaux arrivants sont confrontés pour la première fois à la réalité "hivernale" montréalaise et ne savent pas forcément quels comportements adopter. Certains d'entre eux, craignant que le chauffage ne leur coûte trop cher, auront tendance à chauffer au minimum et à utiliser plus de lainages et de couvertures pour se tenir au chaud. D'autres, habitués à la chaleur de leur pays d'origine, vont au contraire surchauffer leur domicile ce qui n'est pas pour autant mieux. « Pourtant, insiste Madame Hein, personne n'est obligé de vivre l'hiver dans l'inconfort. On a le droit d'être confortable chez nous sans que ça ne nous ruine ! »

Meriem BENACHENHOU

16 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

Il suffit pour cela de prendre des mesures simples et peu coûteuses pour améliorer l'isolation de l'habitation et d'adopter certains comportements écoefficients. Ce faisant, votre confort sera amélioré et votre facture…allégée ! L'isolation en deux temps trois mouvements Madame Hein propose d'abord de détecter les fuites d'air de l'habitation. Pour cela, il suffit de balader une chandelle ou un bâton d'encens allumé autour des fenêtres et des portes ainsi que le long du bas des murs. Si les flammes de la chandelle (ou la fumée de l'encens) vacillent, c'est qu'il y a une fuite d'air à cet endroit. Il suffit ensuite de colmater les fuites d'air détectées. Pour les fenêtres, on peut utiliser un calfeutrant permanent ou provisoire (pour 3 à 6 $). Si vous n'avez pas besoin de certaines fenêtres durant l'hiver, vous pouvez les condamner en appliquant une pellicule transparente qui se tend à l'aide d'un séchoir à cheveux (5 à 30 $). Comme l'explique Madame Hein, « l'air qui sera emprisonné


Vivre a Montréal entre la pellicule en plastique et la fenêtre agira comme isolant et empêchera le froid d'entrer. » Si vous pensez condamner plusieurs fenêtres (ou portes) pour l'hiver, prenez soin de garder libres deux ouvertures opposées afin de permettre l'aération de l'habitation (cf. Encadré). Pour isoler les portes, il faudra installer ou changer le seuil de porte et installer des coupe-froid ou des coupe-bise. Pierre a suivi ces conseils et il ne l'a pas regretté: en plus de se sentir beaucoup mieux chez lui, il a économisé 10% sur sa facture d'électricité. Madame Hein insiste sur l'importance que le locataire se sente responsable de l'appartement qu'il habite. En effet, certains nouveaux arrivants sont réticents à l'idée de payer pour un appartement qui n'est pas le leur, même si ces coûts sont minimes. « Pourtant, en faisant cela, vous ne donnez pas de l'argent au propriétaire mais vous sauvez de l'argent sur votre propre facture d'électricité. » Éconologis: un programme pour les revenus modestes Si vous êtes admissible aux critères du programme Éconologis, vous pouvez recevoir, comme 2500 autres foyers montréalais, la visite gratuite d'un conseiller et d'un technicien en efficacité énergétique qui vous donneront des conseils personnalisés et effectueront divers travaux tels que le calfeutrage de vos fenêtres, l'installation de seuils et de coupe-froid pour vos portes, l'installation de produits économiseurs d'énergie, etc. Ils remplaceront également vos thermostats mécaniques par des thermostats électroniques qui sont beaucoup plus stables et qui permettent d'économiser jusqu'à 10% des coûts de chauffage. Pour savoir si vous êtes admissible au programme et pour connaître les autres programmes disponibles, communiquez avec Option Consommateurs au 514-598-7288 ou avec Équiterre au 514-522-2000, poste 290.

N'ayez plus la phobie de perdre votre chaleur: aérez ! Beaucoup d'immigrants pensent que l'hiver arrivé, il n'est plus permis d'ouvrir les portes et les fenêtres de la maison, sous peine de voir toute la chaleur sortir à l'extérieur et du coup avoir des factures de chauffage encore plus élevées. Ce mythe, très tenace chez certains nouveaux arrivants, est tout simplement faux, dit Madame Hein, conseillère en efficacité énergétique à Option Consommateurs. L'activité humaine, la cuisine, les plantes, le séchage du linge à l'intérieur sont autant de facteurs qui créent de l'humidité dans l'air. Et chauffer de l'air humide consomme plus d'énergie que chauffer de l'air sec ! Il est alors très important d'aérer la maison régulièrement pendant l'hiver, en ouvrant deux portes ou fenêtres opposées pour créer un courant d'air. Et n'ayez pas peur de perdre la chaleur puisque l'aération ne fait chuter la température ambiante que d'un degré au maximum, et qu'après avoir chassé l'humidité, il faudra moins d'énergie pour chauffer l'air sec! Trucs pour économiser de l'énergie : fermez les rideaux durant la nuit et ouvrez-les le jour remplacez les vieux thermostats mécaniques par des thermostats électroniques ne chauffez pas inutilement les pièces inoccupées et prenez soin de toujours garder leurs portes fermées lorsque la maison est vide, abaissez la température de 2 à 3 degrés. chauffez partout uniformément ou se créer des zones de chaleur et fermer les portes. 20 degrés quand vous êtes à la maison et 17 la nuit et quand vous n'êtes pas à la maison. Les signes d'une mauvaise isolation en hiver (Source: Société Canadienne d'Hypothèque et de Logement) les murs sont froids au toucher. les planchers sont froids.

les frais de chauffage sont élevés. la chaleur n'est pas répartie uniformément dans toute la maison. des moisissures prolifèrent sur les murs. Quels sont les endroits stratégiques à inspecter pour rendre votre maison étanche ? (Source: Agence de l'efficacité énergétique du Québec) lla trappe d'accès au vide sous toit et plafonniers lle pourtour des éléments qui traversent le plafond jusqu'au vide sous toit (fils et conduits de plomberie et de ventilation, etc.) lles portes lles ventilateurs d'extraction (hotte de cuisinière, par exemple) lla fente à lettres lla jonction entre la lisse basse des murs et la solive de bordure au pourtour extérieur des planchers lles entrées de canalisation dans les murs extérieurs ll'avaloir du sol lles fissures dans les fondations lles prises de courant lles fenêtres lla cheminée Savez-vous que lle chauffage représente environ les deux tiers de la consommation d'énergie d'une résidence lla mauvaise étanchéité de votre maison peut faire grimper votre facture totale d'énergie de 15 % par année et peut lui causer une détérioration précoce due à l'humidité lplus du quart des pertes totales de chaleur d'une maison provient des fenêtres lles appareils électroménagers représentent 21% de votre consommation électrique lla quantité d'énergie utilisée au Québec est beaucoup plus importante que celle de pays présentant les mêmes conditions climatiques tels que la suède ou la Norvège

Vos photos de Passeport en 04 minutes

514-376-7127 Photo passeport

Photo citoyenneté

7127 St-Michel, Mtl. C.I.N. Et Carte soleil (Métro St-Michel) Photo / Vidéo Mariage


Vivre a Montréal

Guide d'achat d'une

Voiture

d'occasion hassan.serraji@reussirici.com

À moins d'être un expert, acheter une voiture d'occasion n'est pas une mince affaire pour le commun des mortels, surtout pour quelqu'un qui ignore la réalité du marché de l'occasion au Québec et qui ne s'y connaît ni dans les marques locales ni dans le cadre réglementaire et légal qui régit ce genre de transactions.

À ces difficultés, il faut ajouter le fait que le consommateur, qui est inondé par la publicité et les offres, n'est pas à l'abri des histoires d'arnaques ! « Sur 225 195 demandes de renseignements qu'a enregistrées, en 2005-2006, l'Office de la protection du consommateur (OPC) au Québec, 19 824 ont concerné l'achat d'automobiles usagées, explique Jean-Jacques Préaux, porteparole de l'Office. Cela représente 8,8% des demandes totales, et c'est énorme comme pourcentage. » Établir un budget La première chose à faire avant d'entamer le magasinage, c'est celle d’établir un budget. « Il est important de déterminer quel type d'automobile correspond le mieux à vos besoins, à vos goûts et à votre budget. Vous pouvez consulter les magazines ou les organismes de protection du consommateur spécialisés dans le secteur de l'automobile afin de connaître les marques de voitures qui peuvent vous convenir », précise le porte-parole de l'OPC. De plus, une voiture engendre des dépenses supplémentaires qui vont grever votre budget familial comme le permis, l'immatriculation, l'assurance, les pneus d'hiver, etc.

Enfin, « il ne faut pas courir derrière les aubaines, car, en général, une voiture moins chère que le prix moyen du marché est souvent accidentée ou mal entretenue. Donc une aubaine risque de vous coûter cher en frais de réparation », prévient Georges Iny, d i re c t e u r d e l ' A s s o c i a t i o n d e s propriétaires d'automobiles (APA). Choisir une voiture fiable Une fois le budget établi, il faut choisir la marque de voiture qui vous convient le plus. La consultation du guide autos du magazine Protégez-Vous, réalisé avec le concours de l'APA, est fortement recommandée car il offre une liste d'une quarantaine de modèles qui représentent les meilleurs choix dont les prix varient de 4000 à 15 000 $. Il faut surtout prêter une attention particulière à la liste des voitures à éviter, appelées communément les citrons. Par ailleurs, ce guide dresse un rapport complet des marques de voitures avec les avantages et les inconvénients de chacune. « L'intérêt de ce guide est d'aider le consommateur à éviter les citrons et surtout à faire un choix éclairé. Car si vous connaissez les points faibles de la voiture que vous allez acheter, vous allez prévoir les dépenses de réparation et d'entretien

Hassan SERRAJI

18 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

nécessaires pour la protéger », explique le directeur de l'APA. Acheter d'un particulier ou chez un concessionnaire ? Il est toujours recommandé d'acheter d'un particulier en qui on a confiance pour réduire les coûts des intermédiaires. « Néanmoins, il faut faire attention aux annonces des faux-particuliers dans les journaux et les sites web. En effet, l'enquête annuelle de l'APA, en 2007, a démontré qu'une annonce sur cinq provient d'un concessionnaire déguisé », précise Georges Iny. Ainsi, pour les nouveaux arrivants qui n'ont pas encore développé un réseau de connaissances, il est recommandé de faire affaire avec un concessionnaire réputé. Les plus connus dans la région de Montréal sont H. Grégoire (www.hgregoire.com) et Autoprix (www.mtlautoprix.com) qui, en plus d'offrir une grande gamme de choix, facilitent le financement et offrent un bon rapport qualité-prix. On peut aussi se fier à la liste des concessionnaires disponible sur le site Internet de l'APA « qui est établie suite à une enquête sur le terrain, explique le directeur de l'APA.


Vivre a Montréal

Les voitures à éviter selon l'enquête de Protégez-Vous, avril 2007 - Chevrolet Cavalier et Pontiac Sunfire 2000 et 2001 munies de moteur 2,4 Twin Cam et de la boîte manuelle - Chrysler, Modèles munis du 2,7L-V6 - Chrysler Town & Country, Dodge Caravan et Grand Caravan, Plymouth Voyager et Grand Voyager 2000 - Kia Sportage 2000-2002 - Mazda MPV 2000 et 2001 - Saturn Vue, Modèles munis de la transmission à variation continue - Volswagen Passat Autres modèles à éviter - Isuzu Rodeo et Trooper, toutes les années Toutes les Cadillac, sauf l'Escalade et la CTS, toutes les années.

Choses à faire avant et pendant l'achat Conseils de l'Office de la protection du consommateur  Lors d'une visite chez un commerçant, faites-vous accompagner par quelqu'un qui s'y connaît en mécanique et examinez le véhicule en détail. Puisque cette personne n'est pas impliquée dans la transaction, elle découvrira peut-être des défauts qui vous auraient autrement échappé ;  Demandez le nom et le numéro de téléphone de l'ancien propriétaire; c'est votre droit. Discutez avec lui de l'état de son ancienne voiture. Puisqu'il n'en est plus propriétaire, il n'a aucun intérêt à vous cacher les défauts possibles de l'automobile ;  L'étiquette apposée sur chaque

un spécialiste. « Il faut considérer la somme déboursée pour l'inspection, de l'ordre de 75 à 100 $, comme un investissement », explique Georges Iny. Vous avez aussi la possibilité de faire inspecter votre voiture dans un garage agréé par l'Association canadienne des automobilistes (CAA). Deux ultimes vérifications s'imposent à tout consommateur averti. La première, c'est celle des voitures qui ont fait l'objet d'un rappel du fabricant disponible sur le site Internet du ministère du Transport du Canada (www.tc.gc.ca) Car il se peut que votre modèle soit rappelé pour un défaut de fabrication. La deuxième c'est de consulter le Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM au : www.rdprm.gouv.qc.ca) pour savoir si la voiture appartient au vendeur ou si elle a été hypothéquée. Et dernier conseil, celui à mille pièces de Jean-Jacques Préaux, « il ne faut jamais signer sur-le-champ. Prenez le temps de dormir avec la proposition du vendeur. La nuit porte conseil. »

automobile d'occasion vendue par un commerçant contient des informations précieuses, lisez-la bien ;  N'achetez jamais un véhicule d'occasion sans l'avoir essayé sur la route ;  Négociez le prix en tenant compte des défauts que vous avez découverts et du coût des réparations nécessaires pour rendre le véhicule en bon état ;  Si vous acceptez les conditions du commerçant, il signera en premier le contrat écrit avant de vous le remettre. Lisez-le bien. Avant de le signer, exigez que le vendeur inscrive au contrat ou sur l'étiquette toutes ses déclarations : les réparations effectuées sur le véhicule depuis qu'il en a la possession ou les réparations qu'il désire exclure de la garantie avec l'évaluation des coûts. N'oubliez pas que votre signature vous engage et

Je veux changer de carrière Notre collaboratrice Anna Maria Zaïdman, conseillère en carrière et formatrice depuis 15 ans répondra aux questions des lecteurs concernant les choix de carrières, le changement de carrière ou toute autre décision en lien avec la vie professionnel. am.zaidman@reussirici.com

C h r o n i q u e

Nos agents effectuent des visites anonymes chez les concessionnaires. » Inspecter le véhicule et vérifier son origine Une fois votre choix du véhicule fait, inspectez la voiture avant de conclure l'achat. Être accompagné d'un garagiste en qui vous avez confiance s'impose. Sinon, l'APA peut vous recommander

qu'à moins d'une entente spécifique, vous ne profitez d'aucune période de réflexion pour annuler la transaction ;  L'étiquette et le contrat indiquent la garantie offerte par le commerçant. En vertu de la loi sur la protection du consommateur, seuls les véhicules mis en marché depuis moins de cinq ans et ayant parcouru moins de 80 000 km bénéficient d'une garantie légale de bon fonctionnement incluant le coût des pièces et de la maind'œuvre. La durée de cette garantie varie selon l'âge du véhicule et le nombre de kilomètres parcourus. Cependant, la loi permet au commerçant d'exclure de la garantie certains défauts spécifiques à la condition d'inscrire sur l'étiquette les réparations à faire et l'évaluation du coût pour les réparer ;  Demandez le manuel du propriétaire.

J’aimerais souhaiter une joyeuse période des Fêtes à toutes les lectrices et à tous les lecteurs du magazine Réussir ici

Emmanuel Dubourg Député de Viau Adjoint parlementaire au ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale Vice-président de la Commission de la culture www.emmanueldubourg.ca


Vivre a Montréal

Où se diriger en cas de problèmes

de santé ?

Les portes d'entrée du système de santé au Québec

hassan.serraji@reussirici.com

Se retrouver dans le labyrinthe du système de santé local relève des fois du casse-tête chinois. Ainsi, plusieurs nouveaux usagers de la santé au Québec, ne sachant à quel saint se vouer, se dirigent directement à l'urgence. Alors qu'au fait, appeler Info-Santé ou consulter le CLSC de son arrondissement serait plus judicieux.

Dans la vraie vie, c'est la galère ! « Une fois, je me suis coupé le gros orteil dans un escalier électrique, raconte Marc nouvellement arrivée de Belgique. Ne sachant pas quoi faire, je me suis dirigé vers l'urgence de l'hôpital Maisonneuve. Une fois inscrit au tri, une infirmière a nettoyé ma blessure puis m'a conseillé de rentrer chez moi et de consulter le lendemain un CLSC pour une injection du Tétanos car, vu l'engorgement du service, je risquais d'attendre toute la nuit. J'étais frustré et je ne comprenais pas la réaction de l'infirmière. En fait, par la suite, je lui ai donné raison. Le lendemain, je me suis pointé très tôt au CLSC de Saint-Léonard où j'ai eu mon injection 30 minutes après mon inscription à la réception. Un vrai service VIP ! » L'histoire de Marc est éloquente à plus d'un titre. Faute de comprendre le fonctionnement du système de santé, plusieurs personnes vivent des situations similaires et se retrouvent

à l'urgence, alors qu'elles devraient faire appel à une autre porte d'entrée ! Appeler Info Santé, la première porte d'entrée « Théoriquement, quelqu'un qui a un problème de santé devrait se diriger, selon la gravité de son cas, à l'une des trois portes d'entrée du système, explique Delfino Campanili, organisateur communautaire dans les CLSC depuis 20 ans. Si une personne souffre d'un malaise ou qu'il ne sait pas ce qui lui arrive, appeler Info-Santé serait l'idéal pour l'aider à comprendre les symptômes de son malaise. Ainsi, il sera orienté vers le meilleur service. » En effet, en appelant à Info Santé une infirmière spécialisée répond aussi vite, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Elle s'enquiert au téléphone de l'état de la personne souffrante. Elle détermine, suite à un questionnaire précis, ce qu'il faut faire : aller au CLSC, à une clinique sans rendez-

Hassan SERRAJI

20 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

vous ou aux urgences. Le CLSC, la porte d'entrée désignée « Si, le cas échéant, la personne souffrante ne peut pas résoudre son malaise par téléphone, il faut suivre les recommandations d'Info-Santé, conseille Delfino Campanili. Il faut aussi préciser que c'est au CLSC qu'on offre à la population des services de santé et des services sociaux dans une approche de prévention. Dans des propos plus simples, le CLSC est LA porte d'entrée du système de santé et de services sociaux au Québec. » En effet, au CLSC on peut avoir a c c è s à u n d i a g n o st i c p l u s rapidement car les cas traités y sont moins compliqués qu'à l'urgence d'un hôpital. Le patient aura aussi la c h a n c e d e c o mp re n d re s o n problème de santé physique ou mental et d'être mieux aiguillé vers le service de santé le plus adéquat. « Néanmoins, il est judicieux d'appeler au préalable au CLSC de votre


Vivre a Montréal ar rondissement pour vér if ier la disponibilité des médecins et des ressources », clarifie Suzanne Caron, agente d'information au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Montagne. Les cliniques-réseau, les cliniques privées sans rendezvous et les urgences « Il faut savoir aussi que la majorité des CLSC ne sont ouverts, en général, que de 8 à 20 heures, du lundi au vendredi, et de 8 à 16 heures le samedi, rappelle l'organisateur communautaire. En dehors des heures d'ouverture, il faut soit se diriger à une clinique-réseau ou une clinique privée sans rendez-vous, s'il y en a d'ouvertes. Sinon, l'urgence est l'ultime recours. » Ainsi, « la liste des 14 cliniques-réseau est disponible sur le site Web de l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal (www.santemontreal.qc.ca), précise Suzanne Caron. Ces cliniques offrent des services de radiologie et de laboratoire pour les cas urgents. Elles sont accessibles, sans rendez-vous, 7 jours sur 7, même les jours fériés. » « Il faut donc avoir le réflexe de visiter le CLSC de votre localité et de connaître le numéro de téléphone d'Info-Santé, explique l'agente d'information du CSSS. Une fois au CLSC, une foule d'informations pratiques est disposée dans des dépliants comme la liste de tous les services de santé qui existent dans l'arrondissement. »

Comment retrouver les ressources en santé dans votre arrondissement ?

D'un clic, consultez le site web de l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal : www.santemontreal.qc.ca Cela vous permettra d'avoir chez vous :  le numéro d'info santé  les coordonnées du CLSC de votre arrondissement  les cliniques-réseau de Montréal  la liste des hôpitaux avec urgences  la liste des hôpitaux pour enfants

Visitez notre site internet

www.reussirici.com

Lancement 15 Janvier 2008

Le saviez-vous? Besoin d'un bac vert pour votre recyclage? D'un formulaire de logement à prix modique? D'une vignette de stationnement pour votre quartier? C'est à tout cela, et bien plus encore, que servent les Bureaux Accès Montréal (BAM). Il en existe treize, installés aux quatre coins de la ville. Sur place, des préposés sont là pour vous fournir les documents dont vous avez besoin et pour répondre à vos questions : où se trouve le bureau de poste le plus proche? Comment puis-je inscrire mes enfants à la bibliothèque? C'est également ici que l'on peut se procurer la Carte Accès Montréal qui, pour sept dollars, offre des rabais intéressants dans tous les lieux de loisirs de la ville (Jardin botanique, centres sportifs, cinémas…). Cette carte est individuelle et dure une année. Pour trouver le BAM le plus proche de chez vous, consultez le site suivant : www.ville.montreal.qc.ca


Vivre a Montréal

Patrick et Valéria adoptent

Montréal

Quitter sa famille, dénicher un appartement, trouver un emploi, apprendre une autre langue: pas facile de s'installer dans un nouveau pays. Chaque semaine, les internautes peuvent suivre Patrick et Valéria Piceda, deux immigrants brésiliens établis à Montréal, grâce à un projet de Radio-Canada International qui témoigne de l'impact d'Internet dans le processus d'intégration.arrondissement serait plus judicieux.

Va l é r i e S I M A R D valérie.simard@reussirici.com

22 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

forum de discussion sur l'immigration au Canada, ont établi des contacts avec des blogueurs brésiliens établis au Québec et ont loué leur appartement à partir de São Paulo. « Internet est un point fondamental dans notre processus d'intégration », souligne Patrick.

Puis, le projet J'adopte un pays leur a offert de nouvelles opportunités. Un couple de Bromont les a invités à venir les visiter. Un autre les a accompagnés à l'Île Sainte-Hélène.

Photo : collaboration spéciale RCI

Le 18 juillet 2007, Patrick et Valéria Piceda arrivaient au Québec. Leur départ du Brésil tout comme leur arrivée à Montréal ont été filmés par Hector Vilar, présentateur et réalisateur à Radio-Canada International (RCI). Initiateur du projet J'adopte un pays, il suivra le couple jusqu'en janvier prochain et réalisera une série de 20 vidéos, appelées webisodes, diffusées sur le site de RCI (www.rcinet.ca). « Le projet est né de deux idées qui sont apparues en même temps, explique Hector Vilar, lui-même immigrant d'origine brésilienne établi au Québec depuis six ans. RCI a manifesté le désir d'accompagner des immig rants dans leur processus d'intégration. Et moi, j'avais envie de développer des productions pour le web. » Le journaliste a rencontré Patrick et Valéria en janvier dernier au Brésil. Il les connaissait déjà par l'entremise du blogue que le couple alimente depuis quelques années (http://patrickevaleria.blog.com/). Il a tourné une courte vidéo et a présenté le projet à RCI. « La vidéo a eu un succès fou!, lance-t-il, encore incrédule. C'est devenu comme une grosse boule de neige. Ça m'étonne. Au départ, ça ne devait être qu'un projet pour le web. C'est devenu un projet multimédia et multi langues. Mais, nous ne sommes qu'une petite équipe et nos moyens techniques sont limités. » Quand le journaliste leur a proposé son projet, Patrick et Valéria ont tout de suite accepté. Tous deux ont d'ailleurs beaucoup utilisé Internet pour préparer leur arrivée à Montréal. Ils ont participé à un


Vivre a Montréal Une Montréalaise d'origine italienne leur a fait découvrir le marché JeanTalon. « À partir du moment où c'est médiatisé, ce n'est plus pareil, reconnaît Hector Vilar. On essaie de trouver comment ne pas trop provoquer les choses. C'est difficile. On ne trouvera toutefois pas un job à Patrick. Mais, d'avoir la machine de Radio-Canada derrière, ça aide. » Apprendre le français… et l'anglais Analyste de sécurité des réseaux infor matiques, Patr ick est présentement à la recherche d'un emploi. Valéria, qui détient pour sa part une formation en éducation physique, compte s'inscrire en réadaptation physique à l'Université de Montréal. D'ici là, ils se concentrent sur l'apprentissage non seulement du français, mais aussi de l'anglais. « C'est ce qu'on trouve le plus difficile, affirme Valéria. Mais, tu ne peux pas être un professionnel ici si tu ne parles pas français et anglais. » Patrick et Valéria entendent beaucoup parler du projet J'adopte un pays. Leurs aventures sont suivies au Québec, au Brésil et même ailleurs dans le monde. « Des gens m'envoient des courriels pour avoir de l'information sur l'immigration au Québec, indique Patrick. J'ai même reçu un courriel d'une personne du Congo. » Le projet fera des petits. RCI entend poursuivre l'aventure en accompagnant des familles indienne et marocaine dans leurs processus d'immigration au Canada.

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Chronique

L'obligation d'accommodement

au travail

Di-Anne di-anne@reussirici.com

Au travail!

avec Di-Anne

Di-Anne a une expérience de 10 ans de militantisme au sein du syndicat des employés de soutien de l’université Concordia. D'abord comme déléguée syndicale et comme agente de griefs. Ensuite, pendant quatre années, elle a occupé le poste de vice-présidente à la condition féminine avant d’en avoir assuré la présidence pendant deux ans. Elle a piloté entre autres le dossier de l'équité salariale pour les syndicats de l'université. Di-Anne vient de terminer un certificat en relations du travail.

La chronique d'aujourd'hui traitera de l'obligation d'accommodement imposée aux employeurs. Il ne s'agit pas d'une loi, bien que cette obligation parte du principe, établi dans les chartes canadienne et québécoise, qui interdit toute forme de discrimination. L'obligation d'accommodement s'est forgée au fil des décisions des tribunaux spécialisés du pays et elle évolue constamment. Q u ' e s t - c e qu ' u n a c c o m m o d e m e n t raisonnable? C'est une mesure mise en place par votre employeur pour permettre l'exercice de vos droits, sans discrimination, distinction, exclusion ou préférence fondée sur l'un des motifs suivants : « (…) la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap » (article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne). Une demande d'accommodement n'est pas une façon d'obtenir des avantages supérieurs à ceux auxquels vous auriez normalement droit mais bien une façon de composer avec les droits et libertés de chacun. Qu'est-ce que l'obligation d'accommodement imposée à votre employeur? Votre employeur a le devoir de s'assurer que les politiques, les règles ou les normes qu'il met en place ne créent pas, dans leur application, de distinction entre vous et vos collègues. Si une politique a un effet discriminatoire, sur un employé ou sur un groupe d'employés, l'employeur se doit d'examiner cette politique. Si elle s'avère nécessaire et neutre dans son ensemble, il n'a pas à l'abolir, mais plutôt à atténuer ou à faire disparaître l'effet préjudiciable. Il doit s'entendre avec les employés touchés pour trouver des mesures alternatives raisonnables. Cette obligation s'arrête lorsque la contrainte pour l'employeur devient excessive. Comment détermine-t-on la contrainte excessive? Une demande d'accommodement implique plus qu'un effort minimal pour trouver des mesures raisonnables. Par contre, les tribunaux ont imposé comme limite la contrainte excessive. Pour évaluer cette contrainte excessive, votre employeur prend en considération certains facteurs, tels les coûts financiers, l'atteinte à la convention collective, les conséquences sur le

24 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici

moral des autres employés, la sécurité, etc. Qui a la responsabilité des mesures d'accommodement? La recherche d'un accommodement repose sur une volonté de compromis. Le succès de la mise en place d'une mesure d'accommodement est la responsabilité de toutes les parties concernées (vous, votre employeur et votre syndicat, s'il y a lieu). À chacun d'agir de façon créative et proactive. L'accommodement peut toucher plusieurs aspects et donc prendre plusieurs formes. J'aimerais vous donner quelques exemples : Vous revenez au travail après une dépression : votre employeur pourrait vous permettre de reprendre le travail progressivement, alléger vos tâches. À la suite d'un accident, vous vous déplacez en béquilles: votre employeur pourrait vous relocaliser ou réorganiser vos tâches pour minimiser vos déplacements. Vous êtes enceinte ou vous allaitez et les tâches que vous exercez pourraient nuire à votre santé ou à celle de votre enfant : votre employeur pourrait vous offrir un autre poste, de façon temporaire, dont les tâches ne mettent pas en danger votre vie ou celle de votre enfant. Votre employeur doit également tenter d'aménager votre horaire de travail pour vous permettre d'aller aux rendez-vous requis par votre grossesse. Ce cas est également couvert par la Loi sur la santé et la sécurité du travail. N'oubliez pas que chaque cas est unique et la solution d'accommodement doit en tenir compte. Une solution négociée est toujours préférable. De cette façon, l'accommodement s'inscrit dans une démarche de compréhension de l'autre et permet aux employés de développer ou de maintenir un sentiment d'appartenance à leur entreprise. Vo u s a v e z f a i t u n e d e m a n d e d'accommodement et votre employeur l'a refusée. Quels sont vos recours? Dans tous les cas, vous pouvez vous adresser à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (www.cdpdj.qc.ca). Si vous êtes syndiqués, vous devez communiquer avec votre représentant syndical. Il vous reviendra de démontrer le lien direct entre la politique, la règle ou la norme au sujet de laquelle vous demandez un accommodement et l'atteinte à vos droits. Votre employeur, quant à lui, devra démontrer que toutes les possibilités d'accommodement ont été considérées et/ou il devra prouver que la contrainte est excessive.


Des services complets et gratuit D'orientation et de préparation

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Tr a v a i l l e r a M o n t r é a l Les jobs qui marchent On s'arrache

les infirmières

au Québec

hassan.serraji@reussirici.com

Le taux de chômage des infirmiers au Québec tend vers zéro! Pourtant, dans un contexte de pénurie de la main-d'œuvre et les perspectives professionnelles très favorables dans le secteur, les conditions d'accès pour les infirmiers formés à l'étranger restent sévères selon plusieurs observateurs qui vont jusqu'à accuser l'ordre des infirmières et des infirmiers de corporatisme. Qu'en est-il vraiment?

Avec un revenu annuel moyen d'emploi à temps plein supérieur à la moyenne, 43 000 $, comparativement à 36.000 $ pour l'ensemble des professions (en 2000), selon les données d'Emploi-Québec, les chercheurs d'emploi sont forcément tentés de devenir infirmier. De plus, les perspectives de car r ière sont prometteuses. Avec l'expérience combinée à une formation universitaire, un infirmier peut devenir superviseur, pour atteindre des salaires qui peuvent dépasser les 72.000 $ annuellement, selon EmploiQuébec. Comment devient-on infirmier? Il faut préciser que les salaires supérieurs des infirmiers sont dus, entre autres, au fait que ces derniers exercent des tâches plus compliquées et névralgiques, comme assister les médecins dans les interventions chirurgicales et autres procédures médicales. Ce qui explique que « pour exercer le métier d'infirmier au Québec, il

faut être titulaire d'un DEC de trois ans ou salles d'accouchement. Ça l'a exonérée de d'un Bac de trois ans », explique Line refaire ce cours », ajoute la responsable de Lacroix, directrice du bureau des l'OIIQ. registraires de l'ordre des infirmières et Une fois l'évaluation terminée, l'Ordre infirmiers du Québec. pourrait imposer au demandeur de Par ailleurs, pour les infirmiers suivre un ou plusieurs cours et/ou de étrangers, la procédure d'adhésion à suivre un programme obligatoire l'ordre passe par une demande d'intégration professionnelle de d'équivalence, q u e l q u e s s e l o n l e s Le coût de l'adhésion à l'OIIQ semaines à c o n d i t i o n s d e Le dépôt à l'ordre coûte 599 $ TTC quelques mois l'OIIQ. « On évalue et les frais d'examen coûtent dans un hôpital la formation, comme 489,99 $ TTC ou dans un l e n o m b re s u i v i Cégep. d'heures de formation L'examen de l'ordre pour tel cours ou autre, puis s'ensuit une « Tous les candidats à l'exercice de la évaluation de l'expérience de travail », profession d'infirmier formés au Québec ou à précise Line Lacroix. l'étranger, son obligés de passer l'examen Ainsi, « pour certains demandeurs, le fait de d'accès organisé par l'Ordre », note ne pas avoir suivi un cours mais d'avoir une Madame Lacroix. expérience professionnelle peut être pris en Ledit examen est offert deux fois par considération. Il me revient l'exemple d'une an, en mars et septembre, précise-t-on à candidate à l'exercice de la profession l'OIIQ. Un candidat a droit à trois d'infirmière qui n'a pas suivi de cours en tentatives pour réussir son examen Obstétrique durant sa formation mais qui a d'accès. Sinon, sa seule alternative est eu par la suite une longue expérience dans les de reprendre les cours.

Hassan SERRAJI

26 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici


Tr a v a i l l e r a M o n t r é a l L'OIIQ fermé aux immigrants? Dernièrement, plusieurs affaires ont défrayé la chronique mettant en cause l'OIIQ, comme l'article signé par Pascal Breton dans La Presse du lundi 25 juin dernier. La journaliste y a révélé qu'une trentaine d'infirmières de l'hôpital Jean-Talon, excédées de voir partir des candidats prometteurs en pleine pénurie de personnel, ont dénoncé la difficulté de l'examen de l'Ordre des infirmières du Québec, mal adapté à la réalité, selon elles. La journaliste cite l'exemple de Hicham Azeddioui qui a raté à trois reprises l'examen de l'Ordre malgré le fait que tous ses collègues vantent sa compétence et son expertise. Et ce, même si après son premier échec, toujours selon l'article de Pascal Breton, Hicham a profité de l'aide qu'offre l'hôpital pour mieux se préparer à l'examen. Il a fait neuf simulations réussies, semblables à celles demandées à l'examen. Mais en vain !

Le cas des diplômés

de l'étranger Selon le site Web de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, la personne qui détient un diplôme d'infirmier ou une formation en soins infirmiers obtenu hors du Québec, et qui désire en faire reconnaître l'équivalence en vue d'obtenir le permis pour exercer comme infirmière au Québec, doit en faire la demande écrite et soumettre un dossier à l'Ordre. En cas de reconnaissance des acquis Si l'OIIQ reconnaît vos acquis, vous exercerez automatiquement votre métier. Mais en général, l'OIIQ précise que toute personne qui n'a jamais exercé au Canada ou aux États-Unis se verra obligatoirement imposer le complément de formation et d'intégration des connaissances en soins infirmiers. En cas de non-reconnaissance ou de reconnaissance partielle des acquis Lorsque le diplôme en soins infirmiers n'est pas reconnu équivalent, il est possible qu'une équivalence partielle de la formation soit accordée. Pour bénéficier d'une équivalence complète de la formation, la personne devra, selon la décision du Bureau, suivre et réussir un ou plusieurs compléments de formation. Néanmoins, selon les directives de

« Je connais ce cas personnellement et vous savez, quand on échoue à un examen, on est mécontent et c'est compréhensible, essaie d'expliquer la directrice du registraire de l'OIIQ. Mais si on compile les chiffres pour les trois tentatives, les candidats issus de l'immigration ont un taux de réussite de 85% contre 97% pour les candidats issus du cursus scolaire québécois. » Du nouveau pour les diplômés à l'étranger Ainsi, dans la perspective d'alléger les procédures d'adhésion aux infirmiers formés à l'étranger, l'OIIQ tente de mettre en place des outils pratiques. « Nous avons d'abord essayé d'alléger les procédures pour réduire le coût et les délais. Avant, les candidats devaient faire une évaluation comparative de leurs études au MICC avant de déposer leur demande d'adhésion à l'OIIQ. Nous avons signé une entente avec le MICC, depuis un an et demi, pour faire de l'Ordre le guichet unique pour les candidats à l'exercice de notre profession. C'est nous qui nous chargeons du transfert des l'OIIQ, vous pouvez exercer, pendant la durée du programme de complément de formation et d'intégration des connaissances en soins infirmiers, et aux seules fins du programme d'intégration professionnelle, uniquement sous la surveillance d'une infirmière, toute activité professionnelle qu'une infirmière peut exercer. Votre titre professionnel sera Diplômée admissible par équivalence (d.a.e.). Vous devrez apposer les initiales « d.a.e. » après votre signature dans les dossiers des clients. Le complément de formation et d'intégration des connaissances en soins infirmiers Selon les directives de l'OIIQ, si vous choisissez de faire votre programme d'intégration professionnelle dans un milieu clinique, neuf étapes devront être complétées, dont sept vous concernent directement, et deux relèvent davantage de l'infirmière responsable du programme et de l'OIIQ. Ces étapes sont : 1.Trouver un milieu clinique ; 2.Faire valider par le registraire de l'OIIQ le choix du milieu clinique ; 3.Rencontrer l'infirmière responsable du programme d'intégration professionnelle ; 4.Élaborer la planification du programme d'intégration professionnelle avec l'infirmière responsable du programme ;

demandes d'évaluation comparative au MICC, énumère Lyne Lacroix. Nous sommes aussi sur le point de lancer la première phase d'un projet qui verra le jour en mars 2008. C'est le Module d'autoapprentissage sur les aspects juridique, déontologique et éthique de la pratique infirmière au Québec. Ce module interactif sera accessible par Internet et permettra aux candidats issus de l'immigration de le consulter depuis leur pays d'origine avant de débarquer ici au Québec. Ce module va les aider à faire l'autoévaluation grâce à des questions de mise en situations. Ils disposeront aussi d'une autocorrection. Cela va impérativement les aider pour mieux comprendre la pratique au Québec. » Ordre des infirmiers du Québec (OIIQ) 4200, boul. Dorchester Ouest, Montréal, QC, H3Z1V4 Numéro sans frais : 1-800-363-6048 Téléphone : 514-935-2501 Télécopieur : 514-935-2055 Courriel : info@oiiq.org Adresse du site : http://www.oiiq.org/

5.Soumettre la planification du programme d'intégration professionnelle au registraire de l'OIIQ ; 6.S'immatriculer à l'OIIQ ; 7.Effectuer le programme d'intégration professionnelle ; 8.L'envoi, par l'infirmière responsable du programme, de l'évaluation du programme d'intégration professionnelle à l'OIIQ ; 9.Le suivi de l'OIIQ selon les résultats obtenus à la fin du programme d'intégration professionnelle. Toujours selon les directives de l'OIIQ, si le programme d'intégration professionnelle est réussi, le statut de candidate à l'exercice de la profession d'infirmière (CEPI) vous sera accordé. Vous pourrez exercer avec ce statut pendant une durée maximale de deux ans. Cependant, afin de maintenir votre statut de CEPI, vous devrez obligatoirement vous présenter à l'examen professionnel de l'OIIQ chaque fois qu'on vous y convoquera. En cas d'échec au programme d'intégration, vous ne pourrez plus exercer et votre dossier sera présenté au comité administratif. Si une prolongation du programme d'intégration professionnelle est nécessaire, vous devrez vous conformer aux conditions et modalités de cette prolongation. Décembre / Janvier 2008

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Les grandes interviews

Julius Grey,

l’avocat des causes

nobles D'origine juive polonaise, Julius Grey se définit lui-même comme « un universitaire internationaliste sans appartenance ethnico-religieuse. » Brillant étudiant à McGill et Oxford, il a réussi un parcours professionnel parfait. Il exerce le noble métier d'avocat « pour défendre les faibles », selon ses propres propos. Très médiatisé, ce brillant intellectuel a marqué et marquera à jamais son temps par sa philosophie de la vie résumée en deux mots amour et pardon. Interview réalisée par Hassan SERRAJI

Qui est Julius Grey? Je suis un avocat universitaire internationaliste, un homme sans appartenance ethnicoreligieuse. Pourquoi insistez-vous sur votre nonappartenance ethnique? Parce que je n'y crois pas et je trouve même que l'ethnicité est dangereuse. Et je suis contre l ' a s p e c t et h n i qu e , p r i v i l é g i é p a r l e multiculturalisme canadien. C'est pour cette raison que j'aime me définir comme un bon citoyen du Québec, du Canada et de la Pologne. Pourtant vous tenez mordicus à votre origine polonaise? C'est plus pour ma sensibilité à la littérature polonaise, à sa poésie qu'autre chose. Je suis originaire de Wroclaw en Pologne. J'ai eu une éducation à la polonaise au sein d'une famille juive non pratiquante. J'aimais la beauté architecturale de ma ville avec ses églises, ses cloches, son université du XVIIe siècle. J'aimais accompagner mes parents à l'Opéra et au théâtre…et le polonais est ma première langue. J'ai ainsi passé une enfance heureuse en Pologne baignée dans une belle lumière … et j'ai toujours considéré la Pologne avec romantisme comme belle et sexy sans être aliéné par mes origines.

28 Décembre / Janvier 2008 I Réussir ici


Les grandes interviews Comment s'est passée votre immigration? Après trois jours de voyage par avion, via Vienne et Londres, nous sommes arrivés ma famille et moi, le 12 février 1957, à l'aéroport de Cartierville de Montréal, là où est présentement l'usine de Bombardier. Ce fut une belle journée d'hiver pleine d'émotions et de retrouvailles chaleureuses d'une partie de ma famille installée dix ans auparavant à Montréal. Une journée belle avec aussi un sentiment partagé, du fait d'avoir laissé mon autre grand-mère e n Po l o g n e . Un e e x p é r i e n c e extraordinaire. J'étais heureux à l'arrivée. Deux jours plus tard, je suis allé à l'école anglophone car les écoles francophones étaient presque fermées aux immigrants non-francophones et catholiques. À l'époque, c'était différent. En général, les députés québécois n'étaient pas favorables à l'immigration. Par exemple, les juifs marocains, même francophones, étaient interdits à l'école francophone. Donc, le 14 février, j'ai fait mon entrée à l'école dans Côte-des-Neiges. Là-dessus, j'ai une anecdote révélatrice. Ma tante avait entendu qu'on rétrogradait automatiquement les enfants immigrants d'une année à l'école. Donc, elle nous a conseillé de mentir pour être accepté à la bonne classe. Suite à ce mensonge, je n'ai pas perdu une année scolaire. Comme quoi des fois un mensonge tout à fait sage est utile. À quoi faites-vous allusion? Je suis contre le formalisme juridique d a n s c e r t a i n e s a f fa i re s l i é e s à l'immigration qui rejette systématiquement le mensonge. Car l'application des règles mécaniques du droit, ce n'est pas la justice. Je suis contre la technicalité de la règle de droit. Des fois, un mensonge est valable si sa raison d'être n'est pas malhonnête mais plutôt pour éviter une injustice. Revenons à vos premiers jours d'immigration à Montréal. Comment c'était? Je disais que la transition était bonne car j'étais un bon élève. Quoique, au tout début, les trois premiers mois furent difficiles à l'école dans une classe anglophone, langue que je ne comprenais pas. J'étais cet élève muet et triste qui subissait les moqueries cruelles de la part de certains élèves. Ce qui me poussait à r ê v e r d e r e n t r e r e n Po l o g n e . Heureusement que dès que j'ai

commencé à avoir du succès scolaire, les choses se sont replacées. Pour être plus précis, à 13 ans j'ai changé d'école, à ma 7e année primaire, pour fréquenter l'école Iona dans Snowdon. Je n'avais plus aucun doute. Je me sentais tout à fait chez moi. Et c'est là que j'ai appris le français pour devenir parfaitement trilingue. Le succès scolaire a représenté pour vous un tournant important? Effectivement, le succès scolaire a représenté pour moi un point de nonretour. Je me rappelle qu'après une belle soirée où j'ai été consacré premier d'école, j'ai compris que je ne retournerai jamais en Pologne et que c'était pour moi la fin de l'immigration. Pourquoi insistez-vous à donner une fin à votre immigration? Je défends l'idée que l'immigration doit être temporaire pour celui qui la vit. En effet, le sens de mon immigration était de devenir citoyen à part entière. Et je ne crois pas au statut d'immigrant éternel. À un moment donné, il faut se sentir chez soi. Quand on décide de s'installer quelque part, il faut être actif. Partout où je suis passé, à Paris, à Londres ou à Varsovie, je me suis toujours senti chez moi par l'action et en m'impliquant socialement. À quoi est dû le succès de votre vie? J'étais un enfant aimé par mes parents, ce qui m'a inspiré beaucoup de confiance en moi. J'ai eu aussi beaucoup de succès académique. Par ailleurs, je suis toujours prêt à me remettre en question et j'ai toujours eu un certain recul par rapport aux événements de la vie. Je me suis toujours senti un peu à part. Je cherche continuellement un sens à la beauté des choses autour de moi. Je contemple beaucoup et je ne me sens pas comme faisant partie de ce que je regarde. Il y a aussi le rôle qu'on joué mes histoires d'amour dans ma vie, dont celle de mon épouse. En résumé, l'amour et le savoir, le désir d'être aimé et d'aimer, plus le désir de savoir m'ont aidé à faire les bons choix. D'ailleurs, j'aimerais vivre le plus longtemps possible juste par curiosité, pour savoir ce qui va se passer. Vous donnez l'impression d'avoir été toujours heureux? En somme, j'ai aimé chaque étape de ma vie, sauf une période de doute en 1971. Après deux années de vie estudiantine excitante, active et enrichissante comme président de l'association des étudiants de l'université McGill, tout s'est arrêté.

Un silence total qui m'a attristé. Je suis parti à Oxford pour poursuivre mes études. Là aussi, j'étais triste au début. Pas d'amis ni de choses à faire. Mais les choses se sont replacées au début de l'année 1972 grâce, entre autres, à un accident de voiture, début févier 1972. J'ai failli mourir. Ça ma totalement changé. Par la suite, j'ai passé une année et demie représentant la plus belle période de ma vie, pleine de lumière… …qui vous a mené au métier d'avocat? C'était toujours mon plan. J'avais un ami dont le père, un avocat criminaliste, me fascinait par ses contes. Il y a aussi le fait que j'ai été marginalisé au début de mon immigration à l'école. Cette expérience déterminante m'a poussé à avoir tendance à sentir la détresse des gens faibles et à vouloir les défendre. Donc, depuis mon enfance, je rêvais d'être écrivain et avocat pour la justice et pour défendre les gens contre la tyrannie. Comment réagissez-vous au débat actuel sur les accommodements qui secoue le Québec? Les accommodements sont nécessaires pour les individus, pas pour les groupes. Les différences sont de nature individuelle. Je suis contre les lois exceptionnelles, les écoles privées, etc. Tout comme je ne suis pas content, par exemple, quand je vois des enfants élevés dans le communautarisme. Autrement dit, il faut accommoder l'individu qui débarque au Québec car le moment de l'immigration est dur à vivre. En effet, une période de transition s'impose durant laquelle il faut encourager le nouvel arrivant en lui disant qu'on l'accepte tel qu'il est tout en l'aidant à apprendre la langue officielle et à s'accommoder à la culture et à la société locale. Ceci dit, Il y a, d'un côté, l'obligation de l'État et de la société pour faciliter l'accueil de l'immigrant, et de l'autre, par son attitude, l'immigrant doit cesser graduellement de se sentir différent et immigrant. En somme, chaque immigrant se doit de s'ajuster plus que les Québécois de souche. En contrepartie, la société québécoise se doit de s'ajuster collectivement en acceptant les valeurs culturelles des immigrants qui vont enrichir le Québec. En d'autres termes, si je suis devenu Québécois anglophone et francophone, j'ai aussi injecté en contrepartie un peu de mes origines polonaises dans le Québec. Décembre / Janvier 2008

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Étudier a Montréal

La médecine, c'est pour tout le monde!

marcandre.sabourin@reussirici.com

L'auditorium B-0245 de l'université de Montréal est bondé. Plus de 200 élèves écoutent attentivement la Docteure Tannenbaum présenter les symptômes d'une patiente, puis lèvent la main pour suggérer des diagnostics. Nous sommes dans un cours de médecine... pour le grand public!

Depuis le mois d'octobre dernier, l'Université de Montréal, en partenariat avec les Belles soirées, offre Médecine pour tous, une mini école explorant le vaste domaine de la santé. Le concept : une série de six conférences abordant plusieurs sujets orientés autour d'une même ligne directrice. Par exemple, le titre de la session d'automne est Comprendre et favoriser le mieux-vieillir et les exposés touchent des questions aussi variées que le cerveau, la nutrition, la longévité des femmes, etc. La démocratisation de la médecine « L'idée de Médecine pour tous, explique le Dr Jean Rouleau, doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, c'est de rapprocher l'université de la communauté, de partager les connaissances avec le public et de répondre à ses questions. » Car des interrogations sur le domaine de la santé, tout le monde en a, mais les réponses ne sont pas toujours faciles à trouver. Aux yeux du Dr Robert Thivierge, professeur agrégé au Département de pédiatrie et chargé de projet pour le bureau du doyen de la Faculté de médecine, « les médias véhiculent beaucoup d'informations parmi lesquelles il n'est pas toujours évident de faire le tri. » Médecine pour tous vient en quelque sorte « systématiser l'information pour le citoyen. » Pour relever ce défi de taille, une équipe de chercheurs et de cliniciens vulgarisent les dernières découvertes médicinales pour les transmettre à la population sous forme de

cours. Ainsi, pas besoin de connaissances scientifiques, ni « d'aucun préalable » pour assister à Médecine pour tous, souligne la directrice des Belles soirées, Nicole Cardinal. Un concept populaire Le concept des mini écoles de médecine est très répondu en Amérique du Nord, plus particulièrement aux États-Unis et dans le Canada anglais. Depuis quelques années, l'Université McGill offre un programme semblable, mais l'Université de Montréal est la première institution à offrir un cours de médecine grand public en français sur l'île de Montréal. Ces cours connaissent un succès monstre. En effet, plusieurs universités affichent complet pour la saison 2007. L'Université de Montréal n'en est toutefois pas rendue là. « Présentement, nous accueillons entre 200 et 300 personnes par conférence, mais nous avons les capacités d'en recevoir jusqu'à 750 », précise Mme Cardinal. Ces petits groupes ont cependant l'avantage de « favoriser le contact entre le public et le conférencier. » Comment expliquer cet engouement? « La santé touche tout le monde, d'une manière ou d'une autre », rappelle Dr Rouleau. Mme Cardinal reprend ce propos avec un exemple sur le vieillissement : « Tout le monde a un corps, tout le monde vieillit et bien des gens accompagnent quelqu'un dans le vieillissement. C'est la responsabilité de tous et de chacun de connaître son corps. » Une vision que semble partager Suzanne,

Marc-André SABOURIN

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l'une des étudiantes de Médecine pour tous. « Je vois des gens vieillir autour de moi, s'isoler. En venant ici, je socialise, j'en apprends plus sur moi et je développe des outils pour mieux vieillir », dit-elle sincèrement. De bons élèves, de meilleurs patients « C'est une expérience que j'adore », exprime avec enthousiasme Dre Cara Tannenbaum, l'une des conférencières du programme. Cette spécialiste en gériatrie, qui n'en est pas à sa première conférence grand public, est chaque fois « impressionnée par les connaissances des personnes présentes. » De plus en plus de gens, particulièrement les babyboomers, « ont soif de connaissances pour prendre leur santé en main », croit-elle. En offrant ces connaissances, « Médecine pour tous » aide à développer de meilleurs patients. Qu'est-ce qu'un bon patient? Pour Dre Tannenbaum, « c'est une personne qui cherche à comprendre ses symptômes, sa maladie et qui participe activement au traitement, tout en communiquant avec le médecin. » Dans les années qui viennent, la Faculté de médecine de l'Université de Montréal va tenter de multiplier les contacts avec le grand public. Le Dr Rouleau souhaite même voir un programme comme Médecine pour tous se déplacer dans les centres communautaires. D'ici là, il reste encore de la place dans la salle B-0245. Le thème de la session d'hiver: la douleur chronique.


a Montréal Billet culture Sortir Cinéma du Parc Le septième art « underground » Le cœur de la ville Aude

JIMINEZ

aude.jiminez@reussirici.com

Chers amis lecteurs, pour cette première avec vous dans Réussir Ici, j'ai envie de parler de ce petit bout de Montréal raconté si bien par Christian Mistral : le Square St-Louis. Dans son livre Coco, Léon et Mulligan, paru chez Boréal cet automne, Christian Mistral nous donne un portrait juste et touchant des paumés et autres sans-abri qui vivent là, et que nous croisons à la sortie du métro Sherbrooke. Ce petit coin du quartier le Plateau, juste au nord du centre-ville, c'est un vrai coup de cœur, celui qui a fait que je me suis dit : oui, je veux vivre ici, à Montréal, y faire ma vie, poser mes valises une bonne fois pour toutes. Sa fontaine, sa joueuse de harpe l'été, et ses belles couleurs l'automne…ce lieu est des plus romantiques, comme sorti du temps. Dans le livre de Christian Mistral aussi, les personnages, Coco et Léon, décident de rester dans le quartier. Ils aiment l'ambiance des lieux où ils côtoient toutes sortes de drôles de sbires, poètes, prostituées, artistes ratés, un peu comme eux. Et l'on suit ce couple bizarre, tordu jusqu'aux dernières pages, qui dévoilent leur lien et nous touchent profondément. Après avoir lu ce court roman plein de tendresse, vous ne traverserez plus le « Carré St-Louis » avec le même regard. Garanti.

Il s'en est fallu de peu pour que les cinéphiles montréalais perdent un de leurs joyaux. Mais, il y a un an, le Cinéma du Parc a été sauvé du naufrage. Proposition de sortie dans un cinéma « underground », dans tous les sens du terme.

Va l é r i e S I M A R D

valerie.simard@reussirici.com

Roland Smith

Situé dans le troisième sous-sol du complexe La Cité, au centre-ville de Montréal, le Cinéma du Parc est le dernier cinéma souterrain de Montréal. Il est aussi l'un des rares indépendants. L'an dernier, les cinéphiles ont cru devoir faire leur deuil de ce cinéma reconnu pour sa programmation internationale axée sur le cinéma indépendant et les films d'auteur. En difficultés financières, le cinéma, alors propriété de Daniel Langlois, peinait à rivaliser avec les géants multisalles, principalement l'AMC Forum, érigé tout près et qui a décidé d'ouvrir ses portes au cinéma documentaire et indépendant. « C'était le cinéma le plus cool à Montréal, écrivait Jean-Christophe Laurence, journaliste culturel à La Presse, au moment de la fermeture du Cinéma du Parc. La seule place en ville à programmer, dans la même semaine, du cinéma d'auteur, des documentaires pointus et des films d'horreur des années 70. » Puis, est arrivé Roland Smith. Ancien directeur général des Cinémas Famous Players pour le Québec, Roland Smith a également été propriétaire de plusieurs salles consacrées au cinéma de répertoire telles que le Verdi, l'Outremont et L'Autre cinéma. En octobre 2006, le Cinéma du Parc rouvre ses portes. Sa vocation reste la même. Le cinéma conserve son look chaleureux et intimiste. Pas de néons, d'arcades, de pizzas ou de hot-dogs pour attirer la clientèle. Le cinéma mise plutôt sur sa programmation. En un an, il a présenté 32 documentaires, 81 films de fiction et sept rétrospectives. Il a reçu huit festivals, dont le Festival du film

roumain de Montréal et les 10 e Rencontres inter nationales du documentaire. Le public peut régulièrement y voir des films qui ne sont projetés nulle part ailleurs à Montréal. Au cours de la dernière année, 75 films projetés au Cinéma du Parc l'ont été en exclusivité. Des films qui sont présentés le plus souvent dans leur version originale, avec sous-titres français ou anglais. Le cinéma présente aussi des expositions. La dernière en lice a été celle de l'artistepeintre Ani Müller. Le Cinéma du Parc n'a cependant pas toujours eu cette orientation. Ouvert dans les années 70, il avait alors pour mandat de divertir les résidents du complexe La Cité, lequel offre également une piscine, un centre de conditionnement physique et des boutiques. Le cinéma a commencé par présenter des films à succès avant de se tourner vers le cinéma de répertoire. Bien que les menaces de fermeture aient plané à plusieurs reprises, le Cinéma du Parc a survécu. Il compte maintenant une armée de fidèles qui aiment bien se tapir dans l'une de ses trois salles pour visionner des films argentins, italiens, français, américains ou chinois. Le Cinéma du Parc est situé au 3575, avenue du Parc, au nord de la rue Sherbrooke. Les tarifs sont de 10$ pour les adultes, 7$ pour les étudiants et les 60 ans et plus, et 5$ pour les enfants de 12 ans et moins. Les mardis, ainsi que du lundi au vendredi avant 18h, le tarif est de 7$ par adulte. Il est possible d'acheter ses billets à l'avance en ligne au www.cinemaduparc.com. Décembre / Janvier 2008

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Agenda Agenda Agenda Les Grands Ballets Canadiens de Montréal Pour la 42e année consécutive, les Grands Ballets Canadiens de Montréal reviennent avec le spectacle de Casse-Noisette, un classique du temps des fêtes. Ce ballet de Tchaïkovsky éblouit par sa féerie et vous transporte dans un monde magique. Présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, du 15 au 30 décembre. Information : 514-842-2112 ou 1-866-8422112; www.pda.qc.ca

Le Planétarium de Montréal Le Planétarium de Montréal vous offre plusieurs spectacles : Draco le dragon céleste propose un voyage de découvertes des constellations pour les 4 à 7 ans; A la recherche de galactium fait découvrir notre galaxie et la Voie lactée aux 7 ans et plus; et Saison de lumière montre comment, depuis le début de l'humanité, des traditions et des fêtes célèbrent le retour de la lumière au cœur de l'hiver (à partir de 9 ans). I n f o r m a t i o n : 514 - 8 72 - 4 5 3 0 ; www.planetarium.montreal.qc.ca

Sorties au musée pour les enfants Pourquoi pas une sortie au musée avec les enfants! Des ateliers de création sont offerts pour la période des fêtes dans divers musées : Au Musée du Château Ramezay, les enfants s'amusent à créer des cartes et des décorations de Noël. I n f o r m a t i o n : 514 - 8 61 - 37 0 8 ; www.chateauramezay.qc.ca Au Musée McCord, ce sont des boules de Noël que les enfants sont invités à créer. Information : 514-398-7100; www.museemccord.qc.ca/ Et au Musée des Beaux-Arts de Montréal, en plus d'admirer une quarantaine d'arbres de Noël décorés par divers groupes ethniques, les enfants sont invités à un atelier de fabrication d'anges pour le sapin de Noël et à des concerts de Noël. I n f o r m a t i o n : 514 - 2 8 5 - 16 41 ; www.mmfa.qc.ca/fr

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Le choix d'Yves Alavo La culture non officielle au MAI (Montréal, arts interculturels) Le MAI : 514-982-1812.

solitaire et déraciné de sa terre natale. Cette œuvre unique est inspirée par plusieurs formes de danses et de mouvements contemporains, africains, indiens et asiatiques.

La chorégraphe Alexandra “Spicey” Landé, présente Restrospek, du 18 au 20 janvier 2008. C'est à la fois une réflexion sur l'identité du mouvement Hip Hop et sur le cheminement personnel de la chorégraphe. Présente sur la scène montréalaise depuis plus de 12 ans, Alexandra Landé insuffle aux danses urbaines un esprit nouveau de création, notamment en proposant des passerelles avec le théâtre. Avec ses neuf interprètes énergiques et t a l e n t u e u x , e l l e c o n t r i b u e à l a reconnaissance du Hip Hop sur nos scènes professionnelles. Notons, encore cette fois, que Veronica Melis, ancienne professeure à l'École Nationale de Théâtre, a accepté avec passion d'être le mentor d'Alexandra dans le cadre du Programme d'accompagnement du MAI.

La compagnie Black Theatre Workshop présente au MAI comme chaque année sa production principale. Il s'agit cette saison de Blood Claat écrit et interprété par Dibi Young, qui examine de manière très crue le passage difficile à la vie d'adulte d'une jeune fille de 15 ans à Kingston, Jamaïque.

Gustavo Cabili et Katia MakdissiWarren présenteront Orient-Tango, une rencontre musicale entre l'Amérique du Sud et le Moyen-Orient, plus particulièrement entre l'Argentine et le Liban/Québec. C'est une série de trois concerts originaux où les deux compositeurs s'associent pour nous offrir une musique contemporaine métissée. Violon, violoncelle, oud, percussions, voix, bandonéon, piano, contrebasse. La première soirée est un rendez-vous de musique orientale, de musique improvisée et de jazz. La deuxième soirée nous transporte de Buenos Aires à Montréal, du tango à la musique contemporaine. Enfin, la soirée de clôture réunit les deux ensembles pour fusionner toutes ces esthétiques musicales. Katia est ma cousine, je vous recommande fortement Orient Tango. L'arbre nomade est le nouveau spectacle de la chorégraphe Reena Almoneda Chang. Ce spectacle explore les thèmes de l'immigration et de l'identité et s'appuie sur la création d'un rituel artistique. Le deuil, provoqué par la perte d'un membre de la famille, sert ici de métaphore pour la perte des racines culturelles, symbolisées par l'arbre

L'absence / La auscencia est un projet international canado-mexicain où se croisent la danse, les arts visuels et de la vidéo. La chorégraphe Hinda Essadiqi s'associe aux danseurs Erin Flynn et Aladino Blanca, ainsi qu'à Francisco Candelas, artiste visuel et vidéaste mexicain qui présente son travail pour la première fois au Canada. La galerie du MAI servira de décor pour une installation chorégraphique intime et poétique, où trois personnages évoluent à l'intérieur d'un appartement où se manifeste le poids de l'absent. Éclats nocturnes, présenté dans le cadre du Fe st i v a l Ac c è s A s i e , e st u n p ro j et multidisciplinaire qui réunit six artistes qui s'inspirent et interprètent collectivement les œuvres de Khosro Berahmandi, peintre dont les toiles sont dédiées à la figure féminine. Sur scène, on retrouve Geneviève, chorégraphe et interprète, Shuni Tsou, flûtiste, Ziya Tabassian, percussionniste et Nicolas Caloia contrebassiste, ainsi qu'un film muet de Shahin Parhami. A son tour, Khosro leur répond simultanément en créant directement sur scène. Enfin, pour clôturer la saison en beauté, le MAI accueillera la compagnie Sinha Danse, pour un programme triple. Roger Sinha, chorégraphe et directeur artistique, nous dévoilera en première mondiale sa nouvelle création en collaboration avec Natasha Bakht, Thread. À partir d'haïkus créés par les chorégraphes, Thread explore la dualité de l'Occident et de l'Orient, leurs dissonances, leurs ressemblances et leurs apports mutuels. Les pièces Loha et Still complèteront le programme. Une soirée sous le signe de la rencontre entre danse contemporaine, danse indienne et multimédia à ne pas rater. Un évènement qui aura lieu dans le cadre du mois du Patrimoine asiatique, au printemps, mai 2008. De plus, le MAI présente cette année dans le cadre du Conseil des arts de Montréal (CAM) en tournée, deux spectacles. Celui du chorégraphe Gaétan Gingras, Manitowapan et Asa Nisi Masa de Ganesh Anandan et Alex Cattaneo. Ces artistes performeront chacun dans six Maisons de la Culture pour augmenter la visibilité des artistes de la diversité à travers Montréal. La mise en œuvre de cette programmation a pu avoir lieu grâce à la en collaboration du Mois de la Photo à Montréal, du Festival Accès Asie, du Studio 303, du Mois de l'histoire des noirs, des Journées de la Culture et de Diversité Artistique Montréal.


Le coup de cœur de la rédaction

L'orchestre symphonique des musiques du monde

Des origines diverses et une belle harmonie C'est en discutant avec le portier de son immeuble, ancien violoncelliste de l'orchestre symphonique de Moscou, que Joseph Milo et Lucy Ravinsky décidèrent de créer l'orchestre symphonique des musiciens du monde. Depuis, le groupe qui réunit plus de 50 musiciens enchaîne les succès. A travers cet entretien, Lucy Ravisnky nous raconte avec beaucoup d'émotion l'histoire de cette extraordinaire aventure musicale qui mérite bien d'être soutenue. Abdoulay SISSOUKO Hassan SERRAJI Comment est née l'idée de créer l'orchestre symphonique des musiciens du monde ? D'abord, il y a ma rencontre, en 2000, avec mon mari Joseph, qui était chef d'orchestre en Israël avant d'immigrer à Montréal via New York, en 1972. Je n'avais jamais auparavant évolué dans le monde formel de la musique. C'est vraie que j'étais écrivaine mais je travaillais surtout dans le domaine de la finance, de l'immobilier et du marketing. À l'époque, Joseph Milo, qui auparavant ét ait le chef d'orchestre s y mp h o n i qu e d e s j e u n e s musiciens de Montréal, de 1975 à 1978, était très impliqué dans le microcosme musical à Montréal. En 2002, une amie de Joseph m'a recommandée auprès de l'orchestre Chambre McGill, l'un des plus célèbres au Canada, pour assainir ses finances. La même année, j'ai produit un concert pour Joseph Milo à l'occasion du festival des arts de Saint-Sauveur qui était un immense succès. Ensuite, en 2005, il y a cette rencontre qu'a eu Joseph avec le portier de notre immeuble. A travers une discussion anodine, mon époux a découvert que son interlocuteur était en fait un ancien violoncelliste de l'orchestre symphonique de Moscou et que toutes les portes étaient fermées à Montréal pour la plupart des musiciens immigrants. Joseph a été bouleversé par cette histoire. Il m'a confié que ce genre de choses devait changer. Ce jour-là, on a décidé de former l'orchestre symphonique des musiciens du monde,

pour donner la chance à tous ces grands talents éparpillés la possibilité de pratiquer leur art. Comment avez-vous procédé ? Je me suis chargé de la gestion administrative et Joseph de la direction musicale. Un mois plus tard, nous avons créé une association à but non lucratif avec un numéro de charité. Joseph a soumis l'idée à Marcel Tremblay, conseiller municipal de CDN-NDG qui l'a trouvée intéressante et a donc décidé de nous soutenir. Il a ainsi mis son attaché de presse à notre disposition pour nous introduire dans le milieu des médias. Entre-temps, la Ville de Côte-Saint Luc nous a prêté gratuitement un auditorium pour nos répétitions. Comment avez-vous recruté les musiciens ? Fin 2005, nous avons commencé par une opération d'affichage dans toutes les facultés de musique, au conservatoire, dans les collèges, etc. Puis nous avons mené un travail colossal de relations publiques auprès des médias comme les chaines de télévision et les journaux communautaires de Montréal. Nous diffusions nos messages

dans différentes langues car il fallait coûte que coûte toucher ces musiciens issus de l'immigration. Au terme de cette campagne, nous avons pu trouver 25 musiciens avant janvier 2006. Nous avons par la suite loué des partitions pour les répétitions. Nos concerts ont commencé à être couverts par les médias, notamment anglais. Nous avons ainsi eu droit à une page entière dans le Globe & Mail. Après cet article, nous avons reçu des appels de tout le pays, (Toronto, Edmonton, Montréal, etc.). Ce passage dans ce journal national, nous a également permis de rencontrer d'autres musiciens. En trois semaines nous sommes passés de 25 à 45 musiciens. Dans la foulée, trois documentaires ont été réalisés sur

notre orchestre. Cet engouement médiatique nous a donné une plus grande visibilité. À travers mes contacts, j'ai aussi fait la rencontre d'Erika Phare, chef de la chorale du collège Vanier qui nous a invités à nous produire, le 11 mai 2006. C'était notre premier concert. La cathédrale était pleine de monde. Et nous avons profité de cette grande affluence du public pour annoncer notre premier concert gala qui était prévu le 7 juin 2006, à la salle Oscar Perterson à Concordia Loyola. Cinq jours avant cette prestation, The Gazette, sous la plume d'un grand journaliste, a publié un reportage d'une page sur notre orchestre. Les retombées ont été fabuleuses parce que nous avons dû refuser 200 spectateurs, faute de places. Parlons des musiciens. Comment s'est faite la rencontre avec eux ? C'est merveilleux. La plupart travaillaient juste pour subvenir à leurs besoins. Ils n'avaient pas de place pour jouer. Je vous raconte juste le cas de Vénus-Fu, notre maîtresse de concert, premier violon. Elle été « dans la misère artistique », selon ses propres propos. Elle est restée cinq ans sans jouer dans un orchestre. Se joindre à nous lui a rendu la vie pleine de bonheur… Je garde des dizaines de lettres de musiciens qui relatent leur joie et leur bonheur à jouer au sein de l'orchestre symphonique des musiciens du monde. Et chaque fois qu'un nouveau membre intègrait l'orchestre, la magie était palpable dans les salles de répétitions et de galas… Des couples se sont formés et tous les musiciens sont plus confortables, intégrés et heureux. Quels sont vos projets pour le futur ? Depuis mai 2006, nous avons réalisé onze performances incluant des concerts c o m m a n d i té s p a r H y d ro - Q u é b e c , Patrimoine-Québec et la CDEC de Côtedes-Neige-Notre-Dâme-de-Grace. Et nous prévoyons de plus en plus de concerts et de festivals comme à Québec pour les 400 ans de la ville, à Ottawa et à Vancouver pour les jeux de 2010. L'OSMM est un OSBL avec un numéro de charité 514-484-7428, 514-510-1826 www.musiciansoftheworld.ca Décembre / Janvier 2008

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Chronique

Contextes culturels communs

en 2008

Pour ce numéro de Réussir ici, j'ai préféré vous offrir une chronique différente, une présentation qui illustre, sans autre démonstration, la composition de ce qui est notre vie culturelle organique, non dans les structures, mais bien dans son tissu réel. La lacune la plus flagrante, c'est le manque de volonté éditoriale de la part des médias dominants qui ne couvrent que la culture officielle, bafouant par là-même le droit du public à l'information. Aussi, je consacre ma chronique à rectifier cet état de choses. Yves ALAVO

Après le théâtre en 2006-2007, le Montréal, arts interculturels (MAI) propose cette saison une Série consacrée à la danse, en cinq spectacles inédits, avec cinq chorégraphes à différentes étapes de leur carrière: Aboubacar Mané, Alexandra «Spicey» Landé, Reena Almoneda Chang, Hinda Essadiqi et Roger Sinha. Tous ces artistes vivent et travaillent à Montréal, et contribuent à faire de notre ville une grande métropole de la danse à travers le monde. Influencés par des gestuelles plurielles ou par leurs échanges avec des artistes internationaux, ces chorégraphes déconstruisent et recombinent des cultures à travers le corps en mouvement. À travers cette Série de danses, l'objectif du MAI est de produire un impact significatif sur la discipline et de nous proposer une diversité de spectacles qui rendent compte de l'étendue des pratiques interculturelles contemporaines, incluant la danse afrocontemporaine, les danses urbaines, la danse afro-asiatique, la danse contemporaine inspirée du théâtre physique et la syntaxe entre danse contemporaine, ballet occidental, danse classique indienne et arts martiaux. Ainsi, la saison a démarré en beauté avec Leaf to the Whirlwind, du 10 au 28 octobre 2007, en collaboration avec le Teesri Duniya Theatre, dont c'est la 26e saison. Chorégraphié par Aparna Sindhoor, ce spectacle a réuni, en plein automne, interprètes indiens et montréalais et a combiné le langage théâtral et une inter prétation contemporaine du

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Bharatanatyam, une danse classique de l'Inde. Ce texte évoque la résistance des femmes dans les conflits armés. C'est le premier d'une série contre la guerre proposée par le Teesri Duniya Theatre. Le chorégraphe Aboubacar Mané nous a présenté, du 14 au 18 novembre 2007, sa nouvelle création, Djahilya où il poursuit sa réflexion sur les conflits individuels et collectifs, déclenchés par la peur de l'Autre. Formé en Côte d'Ivoire, Aboubacar puise dans sa double culture mandingue et québécoise pour développer un langage chorégraphique qui s'inspire autant du ballet traditionnel africain que des nouveaux médias. Le chorégraphe Roger Sinha a accepté d'être le mentor d'Aboubacar, dans le cadre du Programme d'accompagnement du MAI. Le Théâtre de l'Utopie revient au MAI. Il a monté, du 29 novembre au 15 décembre 2007, un texte issu du répertoire théâtral roumain, Le Père Léonida et la Réaction, d'Ion Luca Caragiale adapté et mis en scène par Cristina Iovita. Avec cette farce politique, Cristina propose une incursion dans l'imaginaire roumain et une mise en parallèle avec la situation politico-sociale actuelle au Québec. Les autres événements artistiques et pleins de surprises qui vont faire la une du MAI durant l'année 2008 sont présentés dans l'agenda de ce numéro.

Le MAI est au 3680, rue Jeanne Mance Téléphone 514-982-1812.


Mercredi 23 janvier, de 17h à 21h Samedi 9 février, 10h à 15h


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