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L’avenir est renouvelable ! Le journal en ligne de l’alliance « Non au nucléaire » édition 01/2013

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Actualités énergie

Il faut une date butoir pour la sortie du nucléaire ! L’alliance « Non au nucléaire » salue le fait qu’aucune autorisation générale ne pourra plus être accordée pour de nouvelles centrales nucléaires, conformément à la stratégie énergétique 2050. Il manque toutefois une réglementation claire concernant la mise à l’arrêt des centrales nucléaires existantes. La mise en consultation sur la stratégie énergétique 2050 s’est terminée fin janvier. Le paquet de mesures ne contient pas de réglementation claire pour les centrales nucléaires existantes. Construites à l’origine pour une durée de vie de 30 ans, le risque d’accident des vieux réacteurs augmente d’année en année. La sécurité de la population suisse reste par conséquent menacée et le tournant énergétique entravé pour plusieurs années. Dans sa prise de position, l’alliance demande une limitation de la durée de fonctionnement des réacteurs en activité en Suisse à 40 ans, tout en accordant la priorité à la sûreté de ces installations. Les centrales de Mühleberg et de Beznau I+II doivent être retirées du réseau sans attendre : la listes de leurs défaillances est trop longue et leur conception ne permet plus de respecter les exigences actuelles en matière de sécurité. © Parlamentsdienste 3003 Bern

 La réponse à la mise en consultation de l’alliance « Non au nucléaire »

La CEATE-CN lance la « transition énergétique allégée » La Commission de l’énergie du Conseil national (CEATE-CN) souhaite pousser le PS à retirer son initiative Cleantech via une révision anticipée et ponctuelle de la loi sur l’énergie. Actuellement, quelque 22 000 projets photovoltaïques attendent une promotion que permet la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC). « L’initiative Cleantech permettra de débloquer l’énergie solaire et © OptimaSolar Genossenschaft d’empêcher le blocage complet de la construction de 10 000 installations jusqu’en 2016 », explique Beat Jans, conseiller national socialiste et l’un des initiateurs de l’initiative Cleantech. Celle-ci exige qu’au moins 50 % de notre approvisionnement énergétique proviennent d’énergies renouvelables à partir de 2030. La CEATE-CN propose maintenant un compromis sous la forme d’une révision ponctuelle de la loi sur l’énergie qui entraînerait une réduction sensible de la liste d’attente RPC, pour le photovoltaïque également, avant la mise en vigueur de la stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral. « C’est la transition énergétique allégée », ajoute Beat Jans. Toutefois, le comité de l’initiative se prononcera sur un retrait de l’initiative Cleantech seulement après le processus législatif.  La proposition de la CEATE-CN en détail  L’initiative Cleantech


Japon : pas de décision immédiate en vue Favorable à l’énergie nucléaire, le nouveau Premier ministre du Japon , Shinzo Abe, entend décider de l’avenir des centrales nucléaires japonaises en activité au cours des trois prochaines années. La majorité de la population reste favorable à un abandon définitif du nucléaire. « Il est malheureux de constater que le nouveau Premier ministre et les ministres qu’il a nommés veulent imposer © Jeremy Sutton-Hibbert/ Greenpeace la poursuite de l’utilisation de l’énergie nucléaire », déplore la journaliste spécialisée Kaori Takigawa. Face à la presse, Shinzo Abe a expliqué que le gouvernement décidera si les centrales nucléaires existantes pourront ou non être de nouveau raccordées au réseau en se basant sur des normes de sécurité scientifiques. Il ne sera pas non plus possible de prendre une décision immédiate à propos du remplacement et de la construction de nouvelles centrales nucléaires. Pour une large partie de la population, il n’est toutefois pas question de relancer le nucléaire. « Chaque vendredi, des milliers de personnes continuent à manifester devant la résidence du Premier ministre. 8,2 millions de signatures ont été recueillies pour l’abandon du nucléaire », explique Kaori Takigawa. « Cette pression d’en bas est déterminante, car le nouveau gouvernement ne peut pas simplement ignorer ces voix ».  24 Heures: Le Premier ministre envisage de nouveaux réacteurs

L’efficacité énergétique vaut la peine : l’exemple de Genève L’efficacité énergétique est au centre du modèle commercial des Services Industriels de Genève (SIG). Le marché de l’énergie du futur à la genevoise : un modèle de réussite. Au début de l’année, les SIG ont été récompensés pour leurs efforts dans le domaine de l’efficacité avec le Watt d’Or de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Ils avaient déjà reçu en 2011 le renommé prix suisse de l’énergie © BFE Bundesamt für Energie pour leur programme d’économie d’énergie éco21. « Si le gaspillage d’électricité diminue, Genève accroit son indépendance énergétique et sa compétitivité », explique Cédric Jeanneret, responsable du programme éco21. « Notre rôle n’est pas de construire toujours plus de centrales et de réseaux ou d’acheter de l’électricité à l’étranger pour que les Genevois la gaspillent. Au contraire, nous voulons devenir leaders d’une utilisation plus efficace de l’électricité, avant d’y être contraints par les nouveaux cadres législatifs. »  Les lauréats du prix suisse de l’énergie Watt d’Or 2013  Le programme éco21 des SIG L’avenir est renouvelable ! Le journal en ligne de l’alliance « Non au nucléaire » édition 01/2013

Voici énergie : le tournant énergétique est en cours Une plate-forme Web de SuisseEnergie et de l’Agence des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (A EE) met en lumière le tournant énergétique. Bien que le processus politique du tournant énergétique ne soit pas encore terminé, il est déjà en cours. Les nombreux projets lancés par des particuliers, des entreprises, des villes et des communes dans le domaine © EW Ursern des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique présentés sur la plate-forme « Voici énergie » en sont la preuve. On y trouve par exemple le plus haut parc éolien d’Europe qui a été installé sur le Gütsch (UR). « Notre stratégie était, dès le départ, d’exploiter tout le potentiel du vent », explique Markus Russi, chef d’exploitation de l’Elektrizitätswerks Ursern. « Alors que certains se contentent de parler d’énergies renouvelables, nous construisons les installations nécessaires et exploitons notre potentiel ! » De nouveaux projets sont ajoutés régulièrement à la plate-forme Web.  www.voici-energie.ch

Plainte pénale contre les centrales nucléaires de Leibstadt et de Gösgen L’Association Trinationale de Protection Nucléaire (ATPN) et Greenpeace ont déposé une plainte pénale pour faux dans les titres auprès du Ministère public de la Confédération contre les exploitants des centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt.

© Greenpeace

Un pas de plus a été franchi pour déconstruire le mythe du nucléaire bon marché. La plainte dénonce le fait que les exploitants des centrales nucléaires concernées manipulent leur bilan pour donner l’impression que les coûts sont moins élevés qu’ils ne le sont en réalité et qu’ils prévoient un montant insuffisant pour la gestion des déchets nucléaires. « Les valeurs présentées dans les bilans des exploitants de centrales nucléaires sont plus élevées que les montants réellement versés au fonds de désaffectation et au fonds de gestion des déchets radioactifs », explique Rudolf Rechsteiner, de l’ATPN. « Voilà comment ils s’y sont pris : d’une part, ils présentent les futurs frais pour la gestion des déchets comme de la fortune (actifs), bien qu’il s’agisse d’obligations de paiement, donc exactement le contraire d’actifs ayant de la valeur. D’autre part, la fortune est inscrite au-dessus de la valeur marchande du côté des actifs du bilan. » Le Ministère public de la Confédération a transmis la plainte aux autorités de poursuite pénale des cantons de Soleure et d’Argovie.  Le dossier concernant la plainte (PDF)


Point fort

Les actes valent tous les discours

La population n’a pas attendu les politiques pour démarrer le tournant énergétique Alors que la politique nationale est encore en train de débattre la politique énergétique à adopter, des communes, des associations et des particuliers ont déjà entamé le tournant énergétique. Trois exemples du canton de Soleure montrent ce qu’il est possible de réaliser.

Soleure, Cité de l’énergie Tandis que le tournant énergétique fait l’objet de débats au niveau de la politique fédérale, d’autres sont passés à la vitesse supérieure. Erich Kästner a écrit « Les actes sont plus éloquents que tous les discours » et cette devise est appliquée par de nombreux particuliers et communes. Par exemple, plus de 300 communes participent au programme « Cité de l’énergie ». Celles-ci s’engagent

volontairement dans un processus complet qui les conduit via plusieurs étapes vers le label « Cité de l’énergie » et ainsi, à long terme, vers une politique énergétique communale durable. Toutes les Cités de l’énergie réunies comptent environ quatre millions d’habitants et économisent chaque année quelque 120 000 tonnes de CO2 et 305 gigawattheures d’électricité. Soleure fait partie de ces villes exemplaires. Selon le maire Kurt Fluri, la ville a décidé de participer au programme en 2004 : « A l’époque, nous développions des idées avec Regio Energie Solothurn – nos services industriels – dans le but de sensibiliser la population aux questions énergétiques. » Après la décision du conseil communal, le programme devient obligatoire pour les autorités. Depuis lors, Soleure a déjà été certifiée trois fois. « Le programme se développe très bien et nous sommes parvenus à augmenter peu à peu notre degré de mise en œuvre pour atteindre 66 % », résume Kurt Fluri. Afin de pouvoir porter le label Cité de l’énergie, une commune doit avoir adopté ou réalisé au moins 50 % des mesures possibles dans les domaines de l’aménagement

Le bâtiment d’exploitation d'un agriculteur biologique à Soleure: 68.3 kWp, 448 m2, rendement annuel env. 68’000 kWh. © OptimaSolar Genossenschaft

Système solaire combiné sur le toit du gymnase à Luterbach (SO): 97 kWp, 606 m2, rendement annuel env. 94’000 kWh. © OptimaSolar Genossenschaft

La Confédération a développé la stratégie énergétique 2050 afin de garantir l’approvisionnement énergétique des prochaines décennies. La mise en consultation de ce projet vient de se terminer et le Conseil fédéral est en train de rédiger un message qu’il présentera au Parlement cette année encore.

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du territoire, de la mobilité, de l’approvisionnement et de la dépollution, de l’efficacité énergétique des bâtiments, de l’organisation et de la communication. Le maire explique : « Notre objectif est d’obtenir un jour l’European Energy Award® Gold. » Jusqu’à présent, 22 communes ont atteint le degré de mise en œuvre de 75 % nécessaire. « Le label crée une concurrence positive entre les communes, mais pour nous, il ne s’agit pas d’un concours de beauté, c’est la cause qui compte », explique Kurt Fluri. De l’avis du maire de Soleure, le plus gros potentiel se situe dans le développement du chauffage à distance et de l’assainissement énergétique des bâtiments publics. Regio Energie prévoit également une grande installation solaire. La société coopérative solaire La société coopérative privée « OptimaSolar » mise également sur l’énergie solaire depuis mai 2011. Elle construit et exploite des installations solaires et, selon son président Max Bobst, compte aujourd’hui 386 actionnaires, ainsi qu’un capital de 2,4 millions de francs. « Nous avons connu une croissance exponentielle jusqu’à présent et, alors que nous travaillons à titre bénévole, notre succès nous a confrontés à nos limites. » C’est pourquoi les projets en cours ont été amenés à terme correctement avant que de nouveaux chantiers soient entamés à partir de fin janvier. Une autre installation de 110 kW sera ensuite raccordée au réseau dans une halle industrielle de Gerlafingen. « Lors de notre AG, nous allons déposer une motion visant à organiser à plein temps le travail relatif à la société coopérative et à développer des succursales dans toute la Suisse », annonce Max Bobst. Avec cette croissance si rapide, n’encourt-on pas le risque de ne bientôt plus trouver d’objets d’investissement appropriés ? Max Bobst répond par la négative : « L’offre de toits est bien plus importante que nos moyens financiers. L’OFEN parle de 400 km² de surfaces de toit


Point fort

Chronique

dont 20 % conviennent à des installations solaires. OptimaSolar n’a encore reçu aucune RPC, mais est bien organisée quand il s’agit de vendre une plus-value écologique. Elle prévoit une majoration de 19,5 centimes par KWh, ce qui en ferait toujours le fournisseur d’électricité solaire le plus avantageux de toute la Suisse.

Dire deux fois oui au tournant énergétique le 3 mars : une chance unique pour l’industrie bernoise

Max Bobst ne craint pas non plus un relâchement prochain de l’intérêt de coopérateurs potentiels : « Nos actionnaires sont issus de différents milieux: des particuliers, des communes, des entreprises et des organisations, et leur nombre grandit dans toute la Suisse. Beaucoup d’entre eux ne sont pas là uniquement pour des raisons idéologiques. Ils considèrent également leur participation comme un placement. Le système fonctionne comme suit : après avoir effectué son versement, chaque coopérateur doit attendre 730 jours avant que son capital ne rapporte 2 %. La société coopérative évite ainsi que les pionniers financent l’ensemble du travail d’édification. Comme le rendement est supérieur à 2 %, la valeur des actions augmente. Des entrepreneurs pour une énergie durable L’initiative « Énergies Nouvelles Soleure » se bat depuis 2011 en faveur d’une nouvelle approche pour l’approvisionnement énergétique. L’association regroupant 22 entreprises à ce jour aimerait influencer les processus publics et politiques. Son président Michel Aebi explique : « Nous sommes d’avis que l’approvisionnement énergétique pourrait être organisé de manière décentralisée et plus efficace. Nous devons parvenir à créer une économie circulaire. » Afin de sensibiliser le grand public, les entreprises ayant fondé une association en janvier 2013 organisent des expositions lors de la Foire d’automne de Soleure ou des manifestations destinées au monde politique, aux médias ou au grand public. Ces trois exemples montrent que le tournant énergétique, comme toute plante, commence à pousser par le bas. Pour de telles initiatives populaires, on emploie en anglais le terme imagé de « grassroots movement ».

Jürg Grossen, conseiller national vert’ libéral BE, Frutigen

L’initiative « Berne renouvelable » et le contre-projet représentent une énorme chance pour le canton de Berne, mais aussi pour les régions rurales telles que celle dont je suis originaire, l’Oberland bernois. Nous disposons ici de toutes les ressources nécessaires et d’un potentiel incroyable afin de participer de © zvg manière active au tournant énergétique et d’en profiter sur le plan économique. On trouve chez nous de l’eau, du soleil, du bois et du biogaz en abondance. En outre, nos entreprises en bâtiment sont de premier ordre en matière de qualité, d’innovation et d’efficacité en comparaison internationale également. Au lieu de miser sur ce potentiel, des milliards quittent chaque année le canton de Berne pour l’étranger afin d’assurer notre approvisionnement énergétique. Le peuple bernois dépense à l’heure actuelle des milliards pour des sources d’énergie fossiles qui ne sont pas extraites chez nous. Celles-ci occasionnent d’importants dégâts à l’environnement lors de leur extraction et de leur consommation. L’alarmisme des opposants aux projets, qui mettent une nouvelle fois en garde contre le coût élevé du tournant énergétique, est donc sans fondement. Les investissements consacrés à l’assainissement énergétique des bâtiments et aux énergies renouvelables devraient être opposés aux coûts exorbitants et en constante croissance des sources d’énergie fossiles et de l’uranium. Mais même cela ne serait pas encore correct, car nos enfants tireront aussi un avantage de ces investissements, mais pas du pétrole brûlé et des déchets nucléaires ; au contraire, ceux-

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ci représentent une charge énorme pour l’environnement et la société future. Grâce à l’installation photovoltaïque sur le toit de notre entreprise à Frutigen, nous produisons d’ores et déjà suffisamment d’électricité par an pour couvrir entièrement la consommation de nos 30 employés, de ma maison qui abrite cinq personnes, ainsi que des 40 000 kilomètres parcourus par nos véhicules électriques. Notre objectif devrait être de viser ce qui est possible techniquement et durablement et qui crée de surcroît des emplois. Les entreprises locales profiteront du tournant énergétique, surtout grâce à la possibilité d’exporter ultérieurement leur savoir-faire dans d’autres cantons ou à l’étranger. Enfin, la votation représentera une énorme chance pour le canton de Berne et l’industrie de la région, mais enverra également un signal à la Berne fédérale : lorsque nous voterons le 3 mars sur l’initiative « Berne renouvelable » et sur le contre-projet, nous déciderons également indirectement de la nouvelle stratégie énergétique 2050 de la Confédération qui va dans la même direction. Autrement dit, celui ou celle qui votera oui le 3 mars, votera également oui à l’abandon de l’énergie nucléaire en Suisse, une décision respectueuse du climat.  www.enreberne.ch Impressum Rédaction et graphisme: Service Médias Alliance « Non au nucléaire » Falkenplatz 11, Case postale 5815, CH-3001 Berne medias@non-au-nucleaire.ch www.non-au-nucleaire.ch

L'avenir est renouvelable  

Journal-en-ligne de l'alliance "Non au nucleaire"

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