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#0 fev 2012

LA GUERRE DU FAST FOOD KFC/STARBUCKS

Interview du chef

Jean françois piège dit tout

EN BREF

Trucs & astuces du mois La mondialisation à manger L’heure du petit déjeuner

FRA:5,50€/BEL:6,20€/LUX:6,20/UK:7€/USA:8€

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edito En journalisme, un éditorial, est un article qui reflète la position de l’éditeur ou de la rédaction sur un thème d’actualité. Il peut aussi servir à mettre en valeur un dossier publié dans le journal. Originellement cantonné aux premières pages des journaux de presse écrite, l’éditorial se retrouve aussi dans des émissions de radio et de télévision, sur des sites web d’information et sur des supports multimédias. Il est généralement signé par le rédacteur en chef du journal mais peut aussi être confié à un représentant privilégié de la rédaction, appelé éditorialiste. Pour les publications qui font preuve d’objectivité ou de neutralité dans leurs articles, l’éditorial constitue un espace de liberté où s’exprime un certain point de vue. Il ne faut cependant pas confondre l’éditorial avec les billets et les articles dits « de commentaire » ou « d’humeur », destinés à faire connaître les positions personnelles de son auteur, qu’il soit rédacteur en chef, grand reporter ou chroniqueur. Ainsi, dans un éditorial, l’auteur s’exprime rarement à la première personne alors qu’il peut le faire dans un texte d’humeur ou d’opinion. En journalisme, un éditorial, est un article qui reflète la position de l’éditeur ou de la rédaction sur un thème d’actualité. Il peut aussi servir à mettre en valeur un dossier publié dans le journal. Originellement cantonné aux premières pages des journaux de presse écrite, l’éditorial se retrouve aussi dans des émissions de radio et de télévision, sur des sites web d’information et sur des supports multimédias. Il est généralement signé par le rédacteur en chef du journal mais peut aussi être confié à un représentant privilégié de la rédaction, appelé éditorialiste. Pour les publications qui font preuve d’objectivité ou de neutralité dans leurs articles, l’éditorial constitue un espace de liberté où s’exprime un certain point de vue. Il ne faut cependant pas confondre l’éditorial avec les billets et les articles dits « de commentaire » ou « d’humeur », destinés à faire connaître les positions personnelles de son auteur, qu’il soit rédacteur en chef, grand reporter ou chroniqueur. Ainsi, dans un éditorial, l’auteur s’exprime rarement à la première personne. Il ne faut cependant pas confondre l’éditorial avec les billets. Jeanne Wilmot & Rémi Winterhalter


on mange quoi ce mois-ci ?

The Breakfast Club

p. 8

Les graphistes du monde entier se sont penchés sur le repas le plus important de la journée...

Flag Food

p. 10

La mondialisation qui se mange !

Dossier du Chef

p. 15

Jean-François Piège est à l’honneur ce mois-ci !

Typefood

p. 20

La typo c’est bien, la typo qui se mange c’est mieux.

Scandwiches

p. 26

Un sandwiche, un scanner, de l’art.

Dans les vieux pots de Colette

p. 28

Colette raconte la pomme joyeuse

A boire et à manger

p. 30

Aujourd’hui, deux gros dossiers : KFC et Starbucks

Cooking on the radio Adresses Ce qu’on aime ce mois-ci...

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p. 36 p. 38 p. 40


the breakfast club Le petit déjeuner est le premier repas de la journée, celui qui se prend au lever. Selon les époques et les cultures, son menu et son appellation sont variés. À partir du XIXe siècle, l’appellation « petit déjeuner » a supplanté celle de « déjeuner » dans certaines régions, spécialement en France. Le petit déjeuner est le repas le plus important et les graphistes du monde entier l’ont bien compris. En photo, en dessin, explosé, rigolo, atypique, en hommage... Voici un article à la gloire du p’tit déj’ qui va changer votre vision du matin... Par Alice Demars

BREAKFAST AT CHEERIO’S

SURFIN ORANGE JUICE

© John Huck

© Kris Hello

© Brock Davis

tu t’es vu quand tu ptit dej ?

C’est le matin qu’il y a les meilleurs vagues, Brock Davis le sait. Mais le matin, c’est le jus d’orange qu’il prend.

Kris Hello voit Audrey Hepburn avec des Cheerios et du lait... chez Tiffany’s, tout simplement.

www.brockdavis.com

www.krishello.com

explosion de saveurs

Nouveau projet captivant réalisé par l’artiste Jon Huck, le concept : des centaines d’anonymes partagent, en photo, leur petit-déjeuner. www.john-huck.com

© Power Pig

© Alvaro Tapia

© Marlinn Network

On regarde quoi ce matin ?

May the breakfast be with you

Que les Jedis du petit déjeuner se rassurent, l’artiste Power Pig a vaincu le côté obscur de la force... avec du lait.

Alvaro Tapia Hidalgo prends tous les jours sont ptit déj devant la tété. Un jour il a décidé d’illuster ce moment

Tous les ans, chez Marlinn Network, une agence de communication visuelle aux Etats-Unis, il y a un petit déjeuner que partagent tous les gens de la boîte. Cette année, ils ont décidé d’en faire une vidéo, un peu spéciale... Le faire exploser au ralenti. Un beau spectacle.

www.power-pig.ca

www.alvarotapia.com

www.vimeo.com/brutonstroube/breakfastinterrupted

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VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE MONDIALISATION ? À l’occasion du dernier Sydney International Food Festival, l’agence WHYBIN/TBWA, Sydney, Australia a réalisé une création originale pour acceuillir et faire saliver les visiteurs. Il sagit de drapeaux du monde entier sous forme de nourriture propre à chaque pays. Maintenant beaucoup d’entre vous seront probablement en désaccord avec certains des aliments choisis pour symboliser un pays particulier, mais gardez à l’esprit qu’il peut être difficile non seulement d’utiliser la nourriture qui représente le pays, mais travaille aussi avec la conception actuelle de l’indicateur (par exemple, la carambole pour les étoiles). Et c’est pour le fun ! Ne le prenez pas trop au sérieux. Maintenant beaucoup d’entre vous seront probablement en désaccord.

Royaume-Uni Scone, Crème, Confiture Liban Lavash, fattouche & herbes Italie Basilic, spaghetti & tomates Corée du Sud Makis, sauce aigre douce & sauce salée Inde Poulet au curry, riz basmati Chine Pitaya & carambole

USA Hot-dogs, ketchup & moutarde Japon Riz & saumon Brésil Feuilles de bananier, citron vert, ananas & fruits de la passion Grèce Feta & olives Nouvelle Zélande Tourte & sauce Thailande Sauce chili, copaux de noix de coco, crabe bleu

Turquie Loukoums Espagne Paella (riz & chorizo) Suisse Jambon fumé & gruyère Vietnam Rambutan, lychee & carambole France Bleu, brie & raisin Indonésie Riz & curry épicé

WHYBIN/TBWA, Sydney, Australia

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dossier de chef Rendu célèbre auprès du grand public par l’émission Top Chef sur M6, le cuisinier Jean-François Piège, qui a ouvert la brasserie Thoumieux et une table raffinée couronnée d’emblée de deux étoiles Michelin, a été élu « chef de l’année » l’année dernière par la revue professionnelle Le Chef, organisatrice du trophée. Aujourd’hui, il est sur le point d’ouvrir un restaurant gastronomique dans le 8ème arrondissement de Paris. Entre son bistrot, Top Chef et son nouveau projet, il a réussi a nous accordé quelques minutes pour le Dossier du chef. Par Benjamin Dupré

Gulgag Orkestar est sorti il y a plus de cinq ans, Flying Club Cup il y a quatre ans. Quels sentiments as-tu vis-à-vis de tes précédents albums avec le recul que tu as aujourd’hui ? J’y vois une évolution. Sur Gulag Orkestar, j’étais très jeune, je jouais vite, de façon assez erratique, frénétique. Je peux aujourd’hui y entendre mon enthousiasme, ma fraîcheur chose dont je ne me rendais pas compte à l’époque quand je l’ai enregistré. Enfin, j’avais dix-huit ans ! J’imagine que j’avais encore toute cette fougue adolescente en moi (rires). Sur Flying Club Cup, j’étais plus posé, plus concentré sur ce que je faisais. Retourner à la composition et à l’écriture après tout cela, après ces mois de tournée, c’était très dur. J’ai eu une sorte de crise identitaire : je ne savais plus comment je devais sonner, qui j’étais musicalement parlant et comment atteindre le son dont je rêvais, celui que je voulais intimement trouver. C’était paralysant. J’ai passé beaucoup de temps à me demander comment j’allais réécrire de la musique.

label, Pompeii Records. Quand j’enregistre, je ne veux pas qu’on m’envoie de mails pour savoir où j’en suis. Je ne veux pas qu’on me contacte, à part si c’est pour parler du temps qu’il fait (rires). J’ai besoin qu’on me foute la paix. Tu te sentais pris dans une baïne (traduction littérale de « rip tide », ndlr) ? (Rires) Oui, en quelque sorte. Pour être honnête, c’est pour ça que j’ai appelé l’album ainsi. A l’époque, j’essayais de trouver une certaine stabilité. Ton label t’en donnes une ? Pour l’instant, Pompeii Records n’est qu’une émanation de Beirut. Ce n’est que moi. Pourquoi avoir quitté le label 4AD ? Vous ne vous entendiez plus ? Non, pas du tout. On ne s’est pas quitté fâchés. Les gens des labels font leur boulot, et chez 4AD, ils le font plutôt très bien. Ce sont de super mecs, mais à un moment donné, ils ont besoin d’avoir des résultats, que tu sortes un album. C’est normal, c’est une entreprise. J’avais besoin de me détacher de ça. Quand je leur ai dit que je partais, je pense qu’ils étaient tristes. Ils m’ont dit « tu es sûr de vouloir faire ça ? ». Et effectivement, j’en étais sûr.

Tu avais peur du résultat ? Totalement. Cela m’a vraiment pris des mois pour surpasser cette peur. C’était une véritable crise interne. Tout ce que je composais ou écrivais me terrifiait. C’est pour ça que je me suis isolé dans une petite cabane dans le nord de l’état de New York en plein hiver. C’était vers Woodstock paraît-il ? Oui... Mais ce n’était pas du tout une tentative de ma part de me la jouer hippie (rires)

Comment les choses fonctionnent-elles chez Pompeii Records alors ? Tu te donnes des ordres à toi-même ? (Rires) Oui, pour l’instant, c’est plus ou moins cela. Mais quand toute la promo de The Rip Tide sera terminée, quand j’aurai fini la tournée qui arrive, j’aimerais essayer de développer le label. J’adore la musique brésilienne et j’ai écouté pas mal de trucs super récemment. Pourquoi ne pas essayer de trouver les gens qui font cette musique et tenter de faire quelque chose avec eux ? Ce n’est qu’un projet évidemment...

Il y a eu un emballement assez incroyable autour de toi et de ta musique. Tout le monde t’attendait un peu au tournant d’une certaine manière... Et comme c’est très difficile de faire de la musique en faisant abstraction de ce que les gens pensent... Non, c’est impossible en effet. Je crois que ce que je ressentais à l’époque, c’était une sorte de fossé entre ma musique et moi. Quand tu rentres dans ce système de sortir des disques publiquement, tu crées un fossé entre toi et le public et un autre entre toi et ta propre musique. C’est ce qui me terrifiait je pense. Cette idée que la musique ne me transcende plus de façon intense. C’était très bizarre.

Qu’est-ce que tu penses d’un groupe comme WU LYF qui a refusé toutes les propositions de labels pour rester maîtres de sa musique ? Wu quoi ? WU LYF. C’est un groupe de Manchester. Je trouve ça plutôt chouette. Tyler The Creator n’en fait qu’à sa tête lui aussi. Il fait tout lui même, il produit ses propres vidéos... Quand je le vois avec Odd Future, je me dis que les labels sont vraiment à côté de la plaque parfois. Ils ont été très amoindris par l’arrivée de la musique digitale

Et puis tu portes Beirut sur tes épaules tout seul... La pression doit être assez lourde ? Oui, mais à un moment donné, je me suis dit « si quelqu’un doit me mettre la pression pour terminer cet album, c’est moi ». C’est d’ailleurs pour ça que j’ai voulu crée mon propre

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Tu crois que ce genre de jeunes groupes peut changer l’industrie de la musique ? J’imagine oui. Les temps changent, je trouve ça plutôt rassurant. J’avais peur de me lancer là-dedans en créant Pompeii Records mais je savais qu’il fallait que je le fasse. J’angoissais à l’idée d’être à la fois un musicien et un businessman mais pour l’instant, ça va.

Pompeii et Beyrouth sont toutes les deux des villes qui ont été détruites... C’est fascinant hein ? (rires). À chaque fois que quelque chose à l’air prometteur, une guerre éclate ou quelque chose de mauvais arrive. Tu devrais aller jouer sur les ruines de Pompeii... Ça serait génial ! On a failli jouer à Beyrouth plusieurs fois mais les concerts sont tombés à l’eau pour des raisons de planning je crois. Quand tu as sorti March Of The Zapotec/Holland, beaucoup de gens ont été assez surpris. Certains n’ont probablement pas compris ce qu’était ce double ep mi-mexicain, miélectro... Je crois que certains ont eu peur (rires). Ce qu’ils n’ont pas forcément compris, c’est que j’essayais seulement de montrer d’où je venais. Les titres d’Holland sont le genre de musique que je faisais quand j’avais seize ou dix-sept ans. Les gens étaient un peu choqués. Pendant des mois après cela, dès que je donnais une interview, on me demandait « alors c’est ce genre de musique que tu vas faire maintenant ? » alors que c’est au contraire celle d’où je viens. March Of The Zapotec était un projet que j’avais en tête depuis des années. J’aime entendre ma voix sur différents types de musique et c’était fascinant d’être porté par une fanfare mexicaine de vingt personnes.

© Jean Hasrt

Tu parlais d’un son dont tu rêvais tout à l’heure. Tu crois que tester plein de styles différents comme avec March Of The Zapotec fait partie du processus qui t’a permis de le trouver ? Tout à fait. J’avais besoin d’essayer toutes ces choses. Tout ce temps passé à tester des styles, à conduire de nouveaux projets était nécessaire pour arriver à ce que je voulais faire. Et puis un matin je me suis réveillé en me disant « oh, je sais exactement comment Beirut doit sonner » (rires).

Jean-François Piège

Ça te plaît d’être ton propre patron ? Oui ! Je suis très autocentré en ce moment (rires)

Tu donnes cette impression d’être quelqu’un qui suit son chemin sans vraiment se préoccuper de ce qu’il se passe à l’extérieur parfois... C’est ce que tu penses ?

Pourquoi Pompeii d’ailleurs ? C’est encore un nom de ville... Je suis obsédé par les noms de villes ! (rires) Je ne sais pas pourquoi mais ils sont poétiques à mes yeux. Je n’aligne pas des noms de ville pour prouver que j’ai voyagé ou conquis le monde, que je suis allé là, là et là. Ça n’a rien à voir. C’est juste la sonorité de ces noms, la poésie qu’ils contiennent. À l’époque où j’habitais encore chez mes parents à Santa Fe, je peignais des noms de ville sur le mur de ma chambre. Le mur en était plein. Je ne peux pas t’expliquer pourquoi, je n’en sais rien ! (rires) Même quand il a s’agit de choisir le nom de Beirut, ce n’était pas pour sa signification politique.

Oui, tu n’en fais qu’à ta tête d’une certaine manière... Tu as commencé très jeune avec ce disque totalement improbable pour un mec de dix-neuf ans. À cet âge là, tout le monde devait s’attendre à ce que tu prennes une guitare et monte un groupe de rock et toi, tu as dégainé ta trompette... (Rires) Oui, j’imagine que ce n’est pas vraiment ce qu’on attendait de moi. Le truc, c’est que la pulsion est trop forte

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à la fois ta passion et ton job, tu ne sais plus où est la frontière. Tu finis par avoir envie de faire un break, d’arrêter de jouer pendant quelque temps. J’ai beaucoup réfléchi mais la musique est le seul truc que je sais faire et qui m’anime. Il a fallu que j’aille m’enfermer dans une cabane tout seul pendant des mois pour réaliser ça (rires).

pour être contrôlée parfois. Je crois qu’il faut que je remercie mon insomnie chronique. Sans elle, rien de tout cela ne serait arrivé. Quand j’étais ado à Santa Fe, j’avais ces énormes insomnies qui me tenaient éveillé toute la nuit. C’est pour ça que je me suis mis à bricoler sur mon ordinateur, parce que la nuit passe plus vite quand on est occupé. C’était mon propre monde, celui qui s’ouvrait tard le soir quand tout le monde était au lit. Je m’inventais une vie d’une certaine manière qui débutait dès que le soleil se couchait.

Pourquoi être allé t’enfermer seul là-bas justement ? Historiquement parlant, j’ai toujours enregistré de cette façon. J’ai besoin d’être seul, enfermé à double tour quelque part. Je suis incapable d’enregistrer à Brooklyn. Il y a trop de distractions et je ne suis pas quelqu’un qui reste concentré facilement quand il y a trop de tentations. Avant, quand je voulais enregistrer, je filais au Nouveau-Mexique, dans le désert, où je peux écrire au calme. Cette fois-ci, j’avais envie de changer. Je me suis dit qu’il fallait que j’essaie quelque chose de nouveau. Je crois que j’avais cette idée un peu romantique de vouloir habiter une cabane en plein milieu des bois, en ermite (rires). Là-bas, il n’y avait que moi et la neige – tellement de neige que je ne pouvais même plus sortir la voiture de l’allée de la maison ! J’étais bloqué là-bas, coupé du monde. Quand il fallait aller acheter des trucs à manger, c’était comme partir faire un trek en montagne ! C’était marrant, je me suis laissé emporter par cette vie là et j’ai adoré. Je lisais près de la cheminée, je fumais la pipe avec un verre de scotch à la main... (rires) Je me suis même acheté un chien, un beagle ! C’est très cliché tout ça !

La nuit est un moment où on se sent protégé en plus, ça doit aider pour créer... C’était rassurant. C’est la que j’ai découvert que j’avais cette voix là.

" ca serait genial ! On a failli jouer a Beyrouth plusieurs fois mais les concerts sont tombes a l’eau pour des raisons de planning je crois " Vraiment ? Ouais. J’essayais des choses. J’ai fini par m’enregistrer et je me suis dit « hé, je ne savais pas que je pouvais chanter comme ça ! » (rires). Ça a un côté un peu enfantin de faire tout ça en douce la nuit, un peu comme quand on se relevait enfant quand les parents étaient couchés pour aller regarder la télé discrètement... C’est un peu ça ouais – une petite prise de risque en quelque sorte. C’était ma chasse-gardée, quelque chose qui n’était qu’à moi et que je faisais en secret de tous.

© Neville Beau

Ni même parce que cela sonnait exotique ou universel. J’ai pratiquement sorti ce nom par hasard d’un chapeau et je l’ai gardé parce qu’il sonnait bien. J’ai failli appeler le groupe Pompeii puis Bilbao avant cela ! (rires) Les gens me demandent souvent pourquoi j’utilise autant de nom de ville dans ma musique en général, mais en fait je pense qu’ils ne les voient pas de la même façon que moi je les vois.

et il leur a fallu du temps pour se réveiller et essayer de rattraper leur retard. Maintenant, ils sont obligé d’écouter les groupes, d’y faire attention (rires). Je trouve ça très ironique. Sérieusement, il vous a fallu un demi-siècle pour vous rendre compte de ça les gars ? (rires)

On ne t’a pas entendu depuis trois ans. J’imagine que tout le monde te demande ce que tu as fait pendant tout ce temps... Ce qui s’est passé, c’est que je me suis retrouvé embarqué dans une tournée qui a duré un peu trop longtemps. J’aurais dû arrêter, j’aurais dû dire non.

Le célèbre foie gras poêlé du chef

Carrément, mais je me suis promis quelque chose quand j’étais là-bas : ne pas écrire un album folk hivernal doux. L’État de New York toujours et on a enregistré pendant deux semaines non-stop sans voir le soleil. Tu te rappelles quand je te disais que j’étais un ermite...

C’est ce que tu as fait pourtant, non ? J’ai le souvenir que tu as annulé une partie de ta tournée après la sortie de l’EP... Non, je crois que le dernier concert que j’ai annulé, c’était en Allemagne il y a au moins quatre ans. J’étais très malade, je ne pouvais pas jouer... Hum... Attends, maintenant que j’y repense, je crois que tu as raison, j’ai annulé des dates pendant cette tournée mais c’est parce que je n’en pouvais plus. Je ne pouvais pas continuer. Je tournais depuis tellement longtemps. Je perdais de vue l’important. J’en suis même venu à me demander « est-ce que je peux continuer à faire ça ? Est-ce que je peux tenir encore dix ans comme ça, est-ce que c’est possible ? ». Quand la musique est

The Rip Tide sonne plutôt comme un album d’été... Et pourtant on a enregistré la plupart des voix et des chœurs en plein hiver. C’était au mois de février dernier. Je sais que c’est très étrange par rapport aux sonorités de l’album mais je te jure que c’est vrai. Quand j’ai eu finies toutes les chansons, on s’est enfermé dans un studio dans le nord de l’État de New York toujours et on a enregistré. Tu te rappelles quand je te disais que j’étais un ermite ? Quand j’ai eu finies toutes les chansons...

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Tu disais avoir été très angoissé à l’idée de recommencer à enregistrer mais on dirait que tu t’es bien amusé quand même... Je ne rigolais pas quand je te disais ça. J’ai vraiment lutté pour terminer cet album. Quand il a fallu enregistrer les voix, je ne pouvais pas le faire. Je ne pouvais pas chanter. Tout ce que je chantais me paraissait nul. Il ne se passait pas un jour sans que je change les paroles. Je sombrais un peu dans la folie... J’étais à Albuquerque à cette période et Griffin (Rodriguez, producteur de l’album, ndlr) a fini par venir pour me mettre des coups de fouet ! (rires). Il m’a dit « allez maintenant, tu y vas. Je ne veux entendre aucune protestation, chante ! » (rires) Il m’a littéralement assis sur une chaise et m’a obligé à terminer l’album. Le jour où ça a fait tilt, où tout m’a enfin paru à sa place, c’était génial.

C’était l’impétuosité de la jeunesse. Pour The Rip Tide, j’avais une idée bien plus précise de ce que je voulais faire. Or, il se trouve que j’ai un groupe de musiciens professionnels, de types qui savent comment jouer de leurs instruments. Je sais jouer de la trompette et tout, je suis content de mon jeu, mais mes musiciens peuvent faire beaucoup mieux que moi. Je leur ai donné ce que j’avais écrit et je les ai regardé jouer en les dirigeant de l’autre côté de la vitre. Je hurlais « allez, plus fort, encore, continuez ! » (rires). C’était fascinant de les voir faire ça et de pouvoir me concentrer uniquement sur les parties vocales. C’était fascinant de les voir faire ça et de pouvoir me concentrer uniquement sur les parties vocales.

" Les titres du groupe Holland sont le genre de musique que je faisais quand j’avais seize ou dix-sept ans. Les gens etaient un petit peu choques. "

Ta voix est encore une fois impressionnante sur cet album... J’avoue que je suis encore assez étonné de certaines prises de voix. Vocalement, j’ai fait des choses sur cet album que je ne me pensais pas capable de faire. Sur quels titres ? Sur Goshen par exemple. Ma voix est totalement à nue sur ce titre. Elle est totalement exposée, crue. Il n’y a aucun effet, pas de reverb, rien. Juste le piano et ma voix à travers la pièce. La mélodie est assez intense. Je l’avais gardé pour la fin parce que je n’arrivais pas à enregistrer la partie vocale pour cette chanson. Je m’y suis remis quand je suis revenu à Brooklyn. Griffin m’a servi un verre de scotch, il m’a dit « bois-le et va chanter ». J’ai essayé de me défiler une fois de plus en disant « non mais ma voix n’est pas super aujourd’hui… » et il m’a dit « tu bois ce verre et tu vas chanter ! » (rires) Finalement je l’ai fait et on a gardé la seconde prise.

Tu écris des partitions quand tu composes ? Plus maintenant. Je crois que je ne sais plus le faire. J’ai arrêté de le faire à mes quatorze ans. Quand tu as sorti March Of The Zapotec/Holland, beaucoup de gens ont été assez surpris. Certains n’ont probablement pas compris ce qu’était ce double ep mi-mexicain, miélectro... Je crois que certains ont eu peur (rires). Ce qu’ils n’ont pas forcément compris, c’est que j’essayais seulement de montrer d’où je venais. Les titres d’Holland sont le genre de musique que je faisais quand j’avais seize ou dix-sept ans. Les gens étaient un peu choqués. Pendant des mois après cela, dès que je donnais une interview, on me demandait « alors c’est ce genre de musique que tu vas faire maintenant ? » alors que c’est au contraire celle d’où je viens. March Of The Zapotec était un projet que j’avais en tête depuis des années. J’aime entendre ma voix sur différents types de musique et c’était fascinant d’être porté par une fanfare mexicaine de vingt personnes.

Quand le premier single de The Rip Tide est sorti, j’ai été bien plus frappée par Goshen, la face B, que par East Harlem... Goshen a quelque chose d’extrêmement touchant et de très brut à la fois... Oui, je trouve aussi. Tu sais, sur la pochette du single, un des chiens est à moi. C’est celui qui est au fond vers la droite, pas celui qui a une tête bizarre au premier plan. Celui-là, il a mordu mon batteur ! Il a un nom de ville lui aussi ? Tu veux que je te dise son nom ? Tu vas te moquer de moi... Ok, il s’appelle Cousteau (rires) Et tu veux savoir comment s’appellent mes chats ?

Comment fais-tu pour expliquer à ton groupe le son que tu veux alors ? Écoute, pour te dire la vérité, je suis le genre de mec qui beatbox les percussions à son batteur ! (rires) Il m’écoute, me regarde avec un air interloqué et au bout d’un moment, il finit toujours par comprendre ce que j’essaie de lui dire ! Je fais pareil pour la basse.

Vas-y ! Charles de Gaulle et Orly ! (rires)

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© Jean Hasrt

Tu as vraiment quelque chose avec la France... Pour en revenir à The Rip Tide, il me semble qu’il y a quelque chose de bien plus classique dans les arrangements par rapport à tes précédents albums – je me trompe ? C’est vrai. J’ai eu une approche assez différente. Avant, sur Gulag Orkestar, je ne contrôlais rien. C’était juste un tourbillon de cordes et de cuivres. Il fallait que ça sonne fort, déglingué.

Pourquoi tu n’essaies pas toi-même de jouer de la batterie ou de la basse ? Parce que je ne sais pas en jouer ! J’essayais avant, mais maintenant, je me contente de mimer. (rires).

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ECRIRE DONNE FAIM !

Bien vu ! Hand Made Font est une agence de design installée en Estonie. Leur idée, faire de la typographie avec tout et n’importe quoi : fourrure, feu, bois… et bien sûr avec de la nourriture, beaucoup de nourriture. Du fromage au caviar en passant par le ketchup, les grains de café et la viande hachée… Ces fonts sont disponibles en lignes sur leur site : www.handmadefont.com. La radio ce que je faisais depuis six ou sept ans ! Je me suis dit : « Super, on a gagné, on va pouvoir faire des disques ! ». L’avantgarde new-yorkaise découvre le breakdance, les breakbeats et le rap faubourgs. les plus pauvres de la ville. Les beaux quartiers se mêlent aux bas-fonds pour ce qui sera le flirt le plus créatif...

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JE scanne, j’ empile, je mange Vous connaissez certainement Jon Chonko comme l’homme aux sandwiches. A moins bien sur que vous ne sachiez pas ce qu’est un sandwich. C’est assez simple à comprendre : ouvrez l’imprimante/scanner, placez votre sandwich face à la vitre, scannez. Chonko a numérisé plus de 220 sandwichs pour son site web, l’étape suivante logique étant de tous les empiler pour en faire un universel & géant. Son nouveau livre savamment baptisé « Scandwiches » sortira prochainement chez powerHouse Books. Nous vous tiendrons bien sur informés. Durant les années 80, le hip-hop devient peu à peu un mouvement jeune d’ampleur mondiale. Kurtis Blow se souvient : « Quand j’ai entendu pour la première fois Rapper’s Delight », j’étais stupéfait d’entendre à la radio ce que je faisais depuis six ou sept ans.

Jon Chonko scandwiches.com

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LA POMME HAPPY Ce moi ci, mère grand revient. Elle a décidé de ressortir ses photos de la pomme, fruit culte par exellence, le plus simple et abstrait comme le plus perfide et complexe et technologique. Un mobilier ancien adapté aux espaces, des sièges et des fleurs personnalisent l’ambiance et confèrent un caractère plus intime à la maison. Le besoin d’une extension se faisant très vite sentir, le bâtiment est agrandi dès 1970 les plans. M. Jacques Perret, architecte à Genève. La création de la tour d’angle, qui imite avec succès l’architecture existante, permet l’ouverture d’une nouvelle salle dallée, avec un petit bassin, qui s’ouvre sur le jardin, ainsi que l’agrandissement du fruit.

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Durant les années 80, le hip-hop devient peu à peu un mouvement jeune d’ampleur mondiale. Kurtis Blow se souvient : « Quand j’ai entendu pour la première fois « Rapper’s Delight », j’étais stupéfait d’entendre à la radio ce que je faisais depuis six ou sept ans ! Je me suis dit : « Super, on a gagné, on va pouvoir faire des disques ! ». L’avantgarde new-yorkaise découvre le breakdance, les breakbeats et le rap, issus des faubourgs les plus pauvres de la ville. Les beaux quartiers se mêlent aux bas-fonds pour ce qui sera le flirt le plus créatif des années 80.

Par Sandrine Tullier

A boire

et a manger

L’ aile ou la cuisse ?

Un petit café ?

Bien avant Mark Zuckerberg, des lustres avant Steve Jobs, un autre ‘ricain a changé la vie de ses concitoyens du monde avec sa propre recette du succès. Pas de distinctions militaires greffées au torse, son titre colonel est juste honorifique pour sa contribution à la cuisine américaine, même si ce Papa Noel de la volaille mériterai une plaque sur Hollywood Poulevard. Fricote s’est immiscé dans les coulisses du KFC, et promis, vous ne verrez plus le poulet frit de la même manière.

Un mobilier ancien adapté aux espaces, des sièges et des fleurs personnalisent l’ambiance et confèrent un caractère plus intime à la maison. Le besoin d’une extension se faisant très vite sentir, le bâtiment est agrandi dès 1970 sur les plans de M. Jacques Perret, architecte à Genève. La création de la tour d’angle, qui imite avec succès l’architecture existante, permet l’ouverture d’une nouvelle salle dallée, avec un petit bassin, qui s’ouvre sur le jardin, ainsi que l’agrandissement des lieux d’exposition aux premier et deuxième étages. En 1995, le Conseil décide d’entreprendre d’importants travaux pour aménager l’ensemble des soussols et construire de nouveaux espaces en profondeur, qui offriront un espace d’entreposage, une salle de séminaire, où se donne l’enseignement sur l’art d’Extrême-Orient de la Faculté des Lettres de l’Université de Genève, et quatre salles d’exposition. Ces dernières accueillent chaque année des trésors de nos réserves et des expositions extérieures provenant de collections privées ou publiques d’Europe, des Etats-Unis, de la Chine ou du Japon.

Depuis 71 ans , le « Bucket » trône sur la table et se partage entre convives et doigts salés. Un moment de vie banal, familial et convivial, derrière lequel se cache une succès store de notre siècle, à ranger entre René la Taupe et Facebook. Harland David Sanders n’est pourtant pas encore le « Colonel » lorsqu’il se lance corps et âme dans l’ American Dream. Successivement militaire puis cheminot et vendeur d’assurances, le philanthrope du poulet frit ne trouve sa voie que passé un certain âge, en inaugurant sa station essence-table d’hôte. Effet boule de neige en plein Kentucky. Le bouche-à-oreille fait le job et le poulet prend son envol au delà des frontières de l’état. L’histoire est en marche.

La boisson qui vient de loin Les travaux avaient été confiés au bureau Baillif & Loponte, et la muséographie à M. Alain Gruber. Le raffinement luxueux des étages est conservé avec des sols pavés de marbre du Simplon et des boiseries précieuses de cerisier sombre ou d’érable clair. Un soin particulier est aussi accordé aux couleurs des murs pour mettre en valeur tous les styles d’objets. Afin d’agrémenter la terrasse et offrir à nos visiteurs un écrin de verdure adapté aux collections, un jardin japonais est aménagé en 2004 à l’occasion de la célébration du quarantième anniversaire des Collections Baur.

Bon à s’en lêcher les doigts En 1957 débarque le seau à poulet, plus communément appelé « BucketR », symbole d’un passage à la vitesse supérieure du « Kentucky Fried Chicken ». Les franchises se multiplient à travers le pays, et reprennent la fameuse recette du colonel. Une recette composée de onze herbes et épices à ce jour encore tenue secrète. La mixture enrobe les vrais morceaux de poulet en civil et la magie opère. La viande cuite à coeur est tendre, et la panure salée et épicée nous fait résonner un ancien slogan de l’enseigne : « bon à s’en lécher les doigts ». Spécialistes et journalistes fantasment sur la composition exacte de cet enrobage équilibré comme il faut, et de sa méthode de cuisson. Estce vraiment si important ? On préfèrera pour notre part le bavoir au savoir !

Faire de Starbucks Coffee le premier fournisseur de cafE de qualitEe supErieure dans le monde. La réalisation en est confiée à M. Pierre Rambach, architecte et co-auteur de publications sur l’art du jardin en Extrême-Orient. En 2008, les problèmes de conservation occasionnés par le manque d’isolation des murs extérieurs ainsi que la vétusté du mobilier ont convaincu le Conseil de Fondation d’entreprendre de nouveaux travaux dans les salles du deuxième étage, consacrées à l’art japonais. Le

Aujurd’hui le KFC est aussi le Krefeld Football Club en Allemagne de l’ouest, mais surtout et avant tout une bonne part de l’offre de restauration rapide mondiale. On trouve aujourd’hui plus facilement un KFC et ses ailes qui piquent qu’une cabine téléphonique. En Asie ou même en Amérique du Sud, le PFK (poulet frit du Kentucky comme l’appellent

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La hiérarchie jusqu’ici bien figée entre « Noirs » et « Blancs est ébranlée. Afrika Bambaataa fonde la « Zulu Nation », en s’inspirant des Zoulous anticolonialistes d’Afrique du Sud. La « Zulu Nation » embrasse toutes les facettes du hip-hop : breakdance, graffiti, rap et DJing.

vienne de plus en plus nombreux découvrir les trésors rassemblés par cet homme d’affaires suisse qui fut un pionnier en son temps, que ce soit pour ses entreprises ou ses choix artistiques. Durant les années 80, le hip-hop devient peu à peu un mouvement jeune d’ampleur mondiale. Kurtis Blow se souvient : « Quand j’ai entendu pour la première fois “Rapper’s Delight », j’étais stupéfait d’entendre à la radio ce que je faisais depuis six ou sept ans ! Je me suis dit “Super, on a gagné, on va pouvoir faire des disques ! ». Trois semaines durant, ils vont secouer la ville avec leur mélange punk, ska et reggae. Mais ils y diffusent aussi l’esprit contestataire de la classe ouvrière anglaise. Le punk et le hip hop découvrent leurs racines communes dans le ska, le reggae et la culture DJ des immigrants jamaïcains.

© Chris Chombaut

Starbucks propose Egalement sur ses lieux de vente des produits complEmentaires a la consommation de cafE : tasses, cafetiEres, objets dEcoratifs. 28

© Getty/James Pataguel

Le Bucket Trois semaines durant, ils vont secouer la ville avec leur mélange punk, ska et reggae. Mais ils y diffusent aussi l’esprit contestataire de la classe ouvrière anglaise. Le punk et le hip hop découvrent leurs racines communes dans le ska, le reggae et la culture DJ des immigrants jamaïcains. La hiérarchie jusqu’ici bien figée entre « Noirs » et « Blancs » est ébranlée. Afrika Bambaataa fonde la « Zulu Nation », en s’inspirant des Zoulous anticolonialistes d’Afrique du Sud.

La marque à la sirène Le mouvement de Bambaataa va consolider cette jeune culture et lui donner une orientation anticoloniale et universelle. La musique devient l’instrument de la tolérance et la fraternité entre les peuples. Fermée depuis mai 2010, la Fondation Baur, musée des arts d’Extrême-Orient, rouvrira grandes ses portes au public le 17 janvier 2012. La création même des « Collections Baur » nécessita d’importants aménagements architecturaux et, depuis son inauguration en 1964, le musée a connu plusieurs campagnes de rénovation que nous voulons. rappeler ici. Alfred Baur avait fait l’acquisition d’un hôtel particulier construit au début du XXe siècle par Marie Micheli-Ador dans le quartier des Tranchées. Soucieux de garantir l’intégrité de ses collections chinoises et japonaises et de les rendre accessibles à un large public, le collectionneur avait recherché un écrin intime qui permettrait de présenter non un musée mais une demeure privée, de ne pas « séparer la collection de l’habitation ».

L’industrie KFC La « Zulu Nation » embrasse toutes les facettes du hiphop : breakdance, graffiti, rap et DJing. Le mouvement de Bambaataa va consolider cette jeune culture et lui donner une orientation anticoloniale et universelle. La musique devient l’instrument de la tolérance et la fraternité entre les peuples. Fermée depuis mai 2010, la Fondation Baur, musée des arts d’Extrême-Orient, rouvrira grandes ses portes au public le 17 janvier 2012. La création même des « Collections Baur » nécessita d’importants aménagements architecturaux. depuis son inauguration en 1964, le musée a connu plusieurs campagnes de rénovation. Alfred Baur avait fait l’acquisition d’un hôtel particulier construit au début du XXe siècle par Marie Micheli-Ador dans le quartier des Tranchées. Soucieux de garantir l’intégrité de ses collections chinoises et japonaises et de les rendre accessibles à un large public, le collectionneur avait recherché un écrin intime qui permettrait de présenter non un musée mais une demeure privée, de ne pas « séparer la collection de l’habitation ».

© Chris Chombaut

© Distrib food, Hand K

Durant les années 80, le hip-hop devient peu à peu un mouvement jeune d’ampleur mondiale. Kurtis Blow se souvient : « Quand j’ai entendu pour la première fois “Rapper’s Delight », j’étais stupéfait d’entendre à la radio ce que je faisais depuis six ou sept ans ! Je me suis dit : “Super, on a gagné, on va pouvoir faire du puolet ! ».

© Distrib food, Hand K

Des recettes reprises meme en dehors du marche francais.

© Distrib food, Hand K

choix se porte alors sur le bureau d’architectes Bassi Carella. Notre but était de conserver l’élégance et l’excellence qui avaient régi les travaux précédents et abouti à l’atmosphère unique de notre musée. Avec l’appui du Conseil de Fondation qui a approuvé chaque étape du travail, l’équipe du musée s’est attelée à cette nouvelle tâche avec les architectes La nouvelle présentation des collections japonaises aurait certainement séduit Alfred Baur par son raffinement et l’aurait incité, si ce n’avait pas été déjà le cas, à devenir collectionneur  ! Nous souhaitons que notre public passionné

les québécois) est le leader sur le créneau du poulet « take home ». Dans l’hexagone, un des 1ers marchés européens, KFC France y va même de ses innovations : Boxmaster le best est seller ou Brazer, et son poulet cuit au four. Devoir de mémoire : le logo de la chaîne rend toujours hommage au au chef du poulailler et répand son portrait dans tout le globe, ce qui fait du colonel Sanders la deuxième personnalité la plus reconnaissable au monde d’après une étude indépendante. Un colonel qui dirige son empire depuis le paradis des gallus domesticus.

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Pour le public en général, un logo est le point de repère lui permettant de faire le lien entre les produits et les services qu’offre une entreprise. Existe-t-il un meilleur moyen d’évaluer l’efficacité d’un logo d’une compagnie que d’en examiner son évolution à travers les années ? Voici un article qui montre les changements graphiques de différents logos d’entreprises bien connues à travers le monde. En espérant que ceux-ci pourront vous inspirer par l’efficacité qu’ils ont connu dans le passé et dans le présent à travers leur secteur d’activité respectif !

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cooking on the radio Par Dwight Fu

au petit dejeuner

au dejeuner

au gouter

au diner

KING KRULE - KING KRULE

BLOCKHEAD - MUSIC BY CAVELIGHT

M83 - HURRY UP, WE’RE DREAMING

THE BLACK KEYS - EL CAMINO

” On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ”, disait Rimbaud. King Krule – Archy Marshall pour l’état civil – n’est pas tout à fait ce ceux-là. S’il a mis ses parents en pétard cet été en emmenant sans leur dire sa petite copine au MIDI Festival de Hyères et avoue s’être fait virer de quelques établissements avant d’intégrer une prestigieuse école d’art londonienne, le jeune Anglais analyse posément sa plongée sans filet dans l’industrie de la musique lorsqu’il répondait encore au doux nom de Zoo Kid. “ Je trouve que c’est une expérience très intéressante. La plupart des paroles de cet EP parlent de ça justement, cette impression étrange d’être jeté dans un immense océan. Je suis sorti de l’école pour entrer sans aucune sécurité dans ce monde. C’était assez violent, d’autant plus que ce n’est pas normal : je ne devrais pas être là aussi jeune j’imagine, mais je ne préfère pas y penser ”, dit-il d’une voix à peine audible, la tête rentrée dans les épaules. Celles-ci, aussi frêles soient-elles, portent un poids de dix tonnes : l’emballement médiatique. A peine sorti du nid, Marshall a grandi sous l’oeil affolé de labels qui voyaient déjà en lui la fière relève des retraités The Streets et de leur meneur de jeu, Mike Skinner, héros absolu de l’adolescent. Sa première chanson, Marshall l’a écrite à 8 ans et, s’il ne préfère pas se souvenir de son titre, il avoue s’être toujours laissé emporter par le songwriting, un besoin naturel pour un gamin qui a préféré l’intimité de sa chambre aux terrains de foot. “ Plus jeune, j’étais fasciné par la composition, explique-t-il. La musique est la façon la plus adaptée et la plus légale que j’ai trouvée pour exprimer ma colère. C’est très libérateur. ”  Enregistré entre un studio de Londres et la maison de ses parents, où il vit encore, King Krule transpire l’agressivité retenue. “ J’appelle ça de la blue-wave. Ça résume bien ce que je fais : il y a le côté agressif du post-punk et de la no-wave et celui, plus doux, du blues et du jazz ”. Espérons que le jeune Anglais y gagnera en (a)plomb et n’y perdra pas de plumes.

Dans le civil, Blockhead est marchand de beats : les siens, enregistrés à l’ancienne sur une batterie en peau, qu’il échantillonne ensuite pour créer un tapis rythmique mouvant pour la crème du hip-hop underground américain. S’il est surtout connu pour ses prouesses derrière le rap ténébreux d’Aesop Rock, il a également mis sa science du beat instable au service de Murs, Mike Ladd, Cannibal Ox ou Slug (Atmosphere). Déjà décrit par la presse américaine comme ” le nouveau DJ Shadow ”, ce fan new-yorkais de Portishead impressionne sur cet album dissident du hip-hop, qui évoque aussi souvent les lumineuses BO de RZA (Ghost Dog, surtout) que des compositeurs néoclassiques comme Moondog ou Steve Reich, eux aussi sorciers farceurs en recherches rythmiques. Laidback et fluides, d’une sérénité contagieuse, ses longues plages mélancoliques s’accommodent parfaitement d’une météo pourtant imprévisible : brumes de scratches, orages brutaux de cordes, bonace de groove élastique, tout ici invite à la surprise, au dépaysement, au rejet de toute routine. Incroyablement ambitieux dans son jeu sur l’espace, les tempos, les matières, les arrangements et les instruments, Music by Cavelight séduit pourtant par la modestie et la malice de son exécution : musique savante et complexe, mais qui parle avec une voix d’enfant. Le genre de ” symphonie adolescente pour le diable ” qu’aurait peut-être tentée Brian Wilson s’il était né à Brooklyn dans les années Reagan-sida, crevard et les pieds dans un sable radioactif.

Il fait chaud. Il y a des palmiers, la mer à deux pas, la montagne à trois, des tremblements de terre cachés sous les pieds. Nous ne sommes pas en Californie mais à Antibes : après l’enregistrement de son nouvel album Hurry up, We’re Dreaming et avant de replonger dans la cadence infernale des tournées, Anthony Gonzalez est revenu y passer de paisibles vacances. “ J’ai toujours eu le sentiment que ma musique était moins forte, moins belle que celle des autres. Quand j’écoute les Fleet Foxes ou Emeralds, je me dis que je ne suis qu’une merde. Je commence à mieux le vivre, mais j’ai toujours eu du mal à m’assumer. J’ai envie de beaucoup de choses, à tel point que j’ai parfois l’impression d’avoir perdu mon temps : je me dis que j’aurais pu faire davantage, ça me ronge. Plus j’évolue, plus j’ai envie d’expérimenter, de me lancer dans des projets un peu fous, un album de hip-hop, un album sataniste, des musiques de jeux vidéo. Si je devais mourir demain, je serais fier de ce que j’ai fait mais surtout dévasté de ne pas avoir eu le temps d’en faire plus. ” S’il mourrait demain, Anthony Gonzalez aurait au moins eu le temps de réaliser un caprice mégalomane que plus personne, en période de crise du disque et de castration des ambitions, n’ose s’octroyer : un double album. Un projet “ un peu fou ”, Hurry up, We’re Dreaming ? Un disque totalement dingue, plutôt. Réalisé avec Justin Meldal-Johnsen, notamment bassiste de Beck ou de Nine Inch Nails, fondé sur le concept de dialogue invisible entre les songes de deux enfants, le très variable mais très cohérent Hurry up, We’re Dreaming est un album bigger than life. “ Quand tu écoutes My Bloody Valentine ou Sonic Youth, tu as l’impression que le soleil te brûle la peau. Nous avons voulu quelque chose d’assez fort, qui fasse parfois saigner les oreilles, une musique qui rende difficile de se concentrer sur autre chose. Quelque chose à bout de souffle, qui te pèse mais qui t’inspire, te fascine et t’accapare. ” Ce blockbuster pop choquera certains esthètes mais ravira les amateurs de grandiloquence belle et assumée.

Les lignes ont commencé à bouger l’an dernier avec Brothers, le sixième album du groupe. Des vidéos comiques, une paire de tubes indés, la hype qui s’en mêle et des ventes mondiales qui dépassent le million et demi d’exemplaires. Les Black Keys ont alors franchi un palier. Leur nouvel album, El Camino, pavé d’or, pourrait bien les mener au sommet. Des chansons tubesques, le genre qu’on entendra dans des pubs télé pour des voitures suréquipées et qui rendront les foules folles en concert, il en existe un paquet sur ce disque : du rock’n’roll à l’américaine, sexy, souple et nerveux, ultramélodique et top groovy, avec des guitares sur le gril et des choeurs de filles du Tennessee.

Albums : Hurry Up, We’re Dreaming (2011) Saturdays  = Youth (2008) Label : Naïve ilovem83.com

Albums : El Camino (2011) Brothers (2010) Label : Alive Records theblackkeys.com

Albums : Music By Cavelight (2010) The Music Scene (2008) Label : Ninja Tune ninjatune.net/blockhead

Albums : King Krule (2010) Label : House Anxiety Records kingkrule.bandcamp.com

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El Camino s’annonce déjà comme un futur classique. L’album sort une semaine après la réédition de l’album Some Girls des Rolling Stones (celui avec “ Miss You, la la la ”) et ça tombe assez bien : les deux disques sont de la même veine, gonflée, du rock’n’roll qui fait danser. “ C’est mon album préféré des Stones, avoue Pat Carney (le batteur), je suis sûr qu’on a écouté Miss You en enregistrant El Camino. ” – “ Oui, on a écouté les Stones des seventies. Et Clash, The Sweet, Jonathan Richman, les Cars, des groupes avec des chansons catchy. Tout ça nous a inspirés pour ce disque ”, ajoute Dan. Le duo a enregistré El Camino en quarante jours dans le studio monté par Dan à Nashville. “ Une éternité pour nous ”, commente-t-il (ils avaient bouclé leur deuxième album, l’inaltérable Thickfreakness, en quatre jours, mix compris). Les quinze premiers jours pour la musique, le reste pour les textes et les mélodies, mitonnés avec le producteur hit-maker Brian Burton, aka Danger Mouse (moitié de Gnarls Barkley, entre autres). La collaboration entre Danger Mouse et les Black Keys avait débuté en 2004 pour l’enregistrement d’un album de la vieille légende Ike Turner – projet avorté pour cause de décès d’Ike Turner. C’est la troisième fois que Danger Mouse travaille sur un album des Black Keys, et il leur rend bien.

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adresses Par Chloé Paillot

paris

C’est l’histoire d’une gars qui trace sa route, entre technicité et cuisine d’instinct avec pour mot d’ordre la simplicité. La simplicité des produits mais aussi celle de recettes artisanales avec désormais un restaurant « Le comptoir de Brice ». Un restaurant très chaleureux -qui lui ressemble- où l’on échange depuis le zinc d’une cuisine tout en transparence et des tablées de bois brut. C’ est au cœur du marché couvert St Martin, à Paris, que Brice Morvent a choisi de poser ses casseroles ! C’ est ici qu’il aimait flâner à la recherche de bons produits de saison, sources de son inspiration. C’ est donc là qu’il a choisi de partager chaque jour sa passion pour la cuisine et le goût, en toute simplicité. Le « Comptoir de Brice » est né d’ un rêve, celui de rassembler autour d’une cuisine ouverte les passionnés du goût. Espace d’ échange, de convivialité et de partage, c’ est ici que vous découvrirez la cuisine de Brice. Avec ce restaurant, ses chroniques sur M6 et ses ateliers cuisine, le chef est devenu hyperactif. Une fougue qui est peut-être la marque d’un futur poids lourd. Cette tête-là me dit quelque chose… Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est le mec de Top chef 2010, celui que tout le monde aimait bien, le Lyonnais cool qui parlait lentement, qu’avait la larme facile, le déconneur, le demi-finaliste. C’est Brice (Morvent) ! D’ailleurs, c’est écrit dessus. Alors comme ça, il a ouvert un comptoir dans le marché Saint-Martin. C’est pas du luxe, ça va peut-être dégeler l’atmosphère entre la charcute et les poireaux. Il y a de la bonne humeur dans l’équipe, du corbières rosé Ollieux-Romanis (4 € le verre), une grande cuisine carrelage inox et quelques tables. Pour des tapas (dans les 4-12 €) et des plats de marché, de proximité donc : gaspacho, salade niçoise, pissaladière, ratatouille confite servie avec une fougasse aux olives, pizza aux truffes, nems de veau, un burger le week-end (15 €), du crumble citron meringué, des cookies macadamia/ cacao, un petit pot cacao/lavande en dessert… Formule 18-23 €, carte 28 €. Tous les plats sont à emporter, mais c’est plus marrant sur place. Et Brice fait aussi atelier de cuisine pour les aficionados, le samedi de 15h30 à 17h.

Naritake, 31 rue des Petits-Champs, Paris (1er). Ouvert du lundi au samedi de midi à 15 h et de 19 h à 22 h. Lamen entre 8 et 12 €. Tél. : 01 45 75 88 63

Au Comptoir de Brice, Marché couvert Saint-Martin, Paris (Xe). Ouvert tous les jours de 11 h à 20 h, sauf lundi. Formules entre 18,50 et 23 €. Tél. : 01 45 75 88 63

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Un nouveau restaurant français haut de gamme a ouvert en août dans le quartier de Mar Mikhaël. Chez Sophie est le premier projet de deux frères et soeurs : Samir et Sophie (diplômée de l’Institut Paul Bocuse). Ce restaurant « gastronomique » propose un menu français dont la structure est conçue à l’italienne avec une section « Primi Piatti » (premiers plats, habituellement servis après l’entrée) et qui change selon les saisons. Il propose également des vins français, italiens et libanais. Les épices et autres ingrédients utilisés dans la préparation des plats sont importés d’ Italie, ce qui, selon les propriétaires, « ajoute une pincée de saveurs méditerranéennes aux recettes traditionnelles françaises ». « Notre clientèle est diversifiée ; le lieu accueille aussi bien des gourmets de notre génération que des repas d’affaires et des déjeuners de femmes ». L’addition oscille entre 60 dollars pour le déjeuner et 85 dollars pour le dîner.

© Keith Alfrost

© John T.

© Keith Alfrost

Hawthorne’s Cafe

Hawthorne’s Café, à Philadelphie, l’un des seul restaurant où bons plats, serveurs agréables et bonnes bières riment ensemble. Leur choix est énorme : elles viennent des States ou du monde entier. Les connaisseurs s’y sentiront chez eux. Pour les autres, l’ ice tea fait maison vaut le détour. Avec quoi manger tout ça ? Des bons plats qui s’ accordent tous avec ces boissons. La « Turkey BLTM », dinde bien rôtie tranchée finement avec de la salade, du Brie (hello les Frenchies !) et quelques frites ; le tout accompagné d’ une douce vinaigrette comme on aime. Les plats sont constitants donc le patron, « Cliff », accepte de faire les doggie bag. Pour les lève tard, il y a un Brunch, à tester absolument : pancakes à tomber, omelette accompagnée de bacon avec des saucisses et une bonne salade de fruits. Et si le restaurant et bondé, Cliff offre le café pour attendre. Les concepteurs de Hawthorne’s Café, Chris Fetfatzes et Heather Annechiarico, ont réussi à réunir dans un endroit agréable de la bonne bouffe pour les épicuriens servie par un staff de qualité. Les épices et autres ingrédients utilisés dans la préparation des plats sont importés d’ Italie, ce qui, selon les propriétaires, « ajoute une pincée de saveurs méditerranéennes aux recettes traditionnelles françaises ». Hawthorne’s Café est l’ un des seuls restaurants à Philadelphie où la convivialité américaine est de mise. Testé et recommandé et apprécié par votre magazine préféré... et nous sommes exigeants ! Hawthorne’s Café, qualité choix. L’addition oscille entre 15 dollars pour le déjeuner et 35 dollars pour le déjeuner, si vous ne restez que pour boire un verre, c’est entre 3 dollars et 8 dollars.

Chez Sophie, Pharoun, Beirut, Liban. www.chezsophie-lb.com

BAKER DI CHIRICO

© Thimbo Clarkus

On file aujourd’ hui chez Naritake, une toute nouvelle cantine de Little Japan qui place très haut la barre du ramen parisien. Il suffit de voir la file d’attente qu’ il y avait à 11h45, après moins d’une semaine d’ouverture. Le téléphone japonais fonctionne à plein, c’est bon signe… Le ramen (prononcez « lamen » à la japonaise), c’est le grand bol de nouilles de blé au bouillon assaisonné de sauce soja ou de miso que les Nippons avalent en deux coups de baguettes, dans les rues, les centres commerciaux, les gares, le métro. Ce plat populaire par excellence, tarifé une poignée de yens, n’ est autre qu’ un emprunt assez récent (début XXe) aux voisins chinois. Makoto Saegusa, patron de quatres restaurants de ramen au Japon, dont le rêve était de planter ses baguettes à Paris. C’ est chose faite. Et bien faite : nouilles fraîches maison, bouillon de porc à la recette tenue secrète, miso de qualité, viande de porc fondante… Je vous conseille de déguster les ramen au porc rôti (châshû) avec bouillon miso. Le décor tout d’orange vêtu et la vitre à travers laquelle vous permet de regarder le chef préparer votre plat ; la subtile saveur provient du fait que le bouillon est agrémenté de graisse de porc. N’oubliez pas d’agrémenter votre plat avec un œuf mollet (ajitama) mijoté dans un bouillon de sauce de soja ou de ciboule pimentée (karanegi).

CHEZ SOPHIE

© Diane Ferbus

© Thom B.

© Diane Ferbus

AU COMPTOIR DE BRICE

© Thom B.

NARITAKE

ailleurs

Hawthorne’s Café, 738 South 11th Street, Philadelphia, PA, États-Unis. www.hawthornescafe.com

Daniel Chirico est un boulanger très reconnu en Australie et à l’ occasion de l’ ouverture de son second magasin dans le pays, l’ agence Fabio Ongarato, March Studio et les designers PAM ont collaboré pour concevoir l’ ensemble de l’identité et de l’architecture retail de la seconde boutique qui a ouvert près de Carlton, à Victoria. Baker Di Chirico, 149 Fitzroy Street, St Kilda VIC 3182, Australie. www.bakerdichirico.com/australia/victoria

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ce mois-ci on aime... Par Diane Lisarelli

TEA TIME

© Johnny Bigoude

L’artiste Todd Borka a recréé l’univers de Photoshop sur ses assiettes. Des visuels rigolos qui reprennent les codes du logiciel d’Adobe. Todd Borka fait des tutos. toddborka.com

© Bertrand Marlet

© Todd Borka

PHOTOSHOP IRL

De jolies tasses, design ou rigolotes, faits par des créateurs du monde entier pour changer l’heure du thé chez mamie. www.botw.com

UN PETIT ENCAS ?

© Ed Bing Lee

© Epic Meal Time™

UNE FAIM DE LAINE

Avec de la laine, l’artiste Ed Bing Lee est parvenu à créer toute une série de plats et de standards de la cuisine. Une série de visuels alléchants à découvrir...

www.epicmealtime.com

www.ed-binglee.com/whool

JOYEUX NOEL !

MEAT AMERICA

© John Tember-Tholt

© Sarah Fay/Justin Colt

Epic Meal Time est une websérie qui a débuté sur Youtube en 2010 conçue par un groupe montréalais dans laquelle ils font de la cuisine poussée à l’extrême. Les membres de ce groupe font des mets copieux et riches en calories avant de les manger avec passion.

Deux artistes, Sarah Fay et Justin Colt ont eu la bonne idée de donner un coup de pep’s à nos papiers cadeaux !

De jolis portraits en viande, pour changer des robes. Créés par John Tember-Tholt.

www.kickstarter.com/sarahf-justinc/burgerwrapper

www.tembertholt.com

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illustration : Hector Delavallée

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CREDITS Rédacteurs en chef Jeanne Wilmot & Rémi Winterhalter

Directeur de création Vincent Glad

Directeur artistique Thomas Brunel

Directeur de production Gérard Langlais

Assistante rédaction Natacha Desbar

Ayant collaborés Michel Dobrazil, Agnès Not, René Joly, Charles Sabat, David Maul, Guillaume Pelletier, Daphné Labeille, Clémence Thune, Bénédicte Lefranc, James Patageul, Edward Weston, Ronald MacDonald, Roger Auger

Photos couv Jeanne Wilmot & Rémi Winterhalter

Graphisme & maquette Jeanne Wilmot & Rémi Winterhalter

Contact 34 rue Jean Jaurès 75011 Paris 0143679032 www.croque-monsieur.com

Abonnement 6 mois / soit 6 numéros pour 28 € (au lieu de 33 €) 12 mois / soit 12 numéros pour 55 € (au lieu de 66 €) Mlle.

Mme.

Mr.

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Croque monsieur