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Le magazine des acteurs du développement en basse-normandie

recherche I innovation I entrepreneuriat I N°53 / juin 2013

dossier 10 >13

CANCER : ARCHADE ouvrira en 2016 Le centre européen en hadronthérapie va constituer un nouveau point fort de la recherche médicale en Basse-Normandie. Les études pour la réalisation du bâtiment, ici en perspectives, construit sur le site du GANIL, seront lancées d'ici à la fin de l'année.

et aussi Recherche > Le système qui détecte les cellules cancéreuses > 4 Entreprises > Innovations sans contact > 6 Pôles et filières > Mov’eo, version business > 9 Mutations > Les bonnes idées de l'automobile > 16/17

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Le magazine des acteurs du développement en basse-normandie N°53 / juin 2013

agenda

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Juillet Passerelles r&d franco-britannique Le laboratoire de recherche de l'ESITC Caen, en partenariat avec la MIRIADE organise une journée dédiée à l'éco-construction. La thématique principale de cette journée sera « Recyclage des déchets issus du secteur de la construction et Utilisation des déchets recyclés dans les matériaux de construction ». Cette journée permet la mise en relation des laboratoires et entreprises françaises et britanniques. Programme : • Matinée conférences sur les enjeux du recyclage des déchets de la construction, coté français (ADEME) et coté anglais (Environnemental Agency) suivie de témoignages d’entreprises. • Après-midi rendez-vous, programmés à l’avance, entre des laboratoires et des entreprises. Le 2 juillet à Caen Renseignements : Laurent Lecoeur lecoeur@miriade-innovation.fr - 02 31 53 34 43

Forum international sur l'incubation Dans le cadre du projet Bridge, Normandie Incubation, en partenariat avec la MIRIADE organise le forum international sur l'incubation. Cette journée offre l’opportunité aux jeunes entreprises innovantes européennes de se rencontrer et d’échanger entre elles. Programme : • Table ronde « méthodes de détection et d'incubation », avec des partenaires Français, Anglais et Norvégiens • Table ronde « méthodes d'accompagnement » avec des partenaires internationaux • Espace dédié au savoir-faire des entreprises innovantes participantes Le 3 juillet à Caen Inscriptions : www.normandie-incubation.com

Speed dating des entrepreneurs La CCI Centre et Sud Manche propose, en 2013,  aux entrepreneurs récemment installés  un cycle de « Petits Déjeuners des entrepreneurs ». Un moment convivial pour rencontrer d’autres entrepreneurs, échanger ses expériences, développer son réseau professionnel, ainsi qu’une intervention sur un thème de gestion d’entreprise. Ces réunions s’adressent aux entreprises immatriculées depuis moins de trois ans. Le prochain petit déjeuner des entrepreneurs s’intitule « Speed-Dating : découvrez d’autres entrepreneurs ». Le 4 juillet de 8h30 à 10h à la CCi Centre et Sud Manche

Workshop on adaptation and learning in control and signal processing Congrès organisé par le Groupe de recherche en informatique, image, automatique et instrumentation de Caen. L'université accueille la 11ème édition d'ALCOSP et la 5ème édition de PSYCO. La première conférence porte sur les aspects « adaptation et apprentissage »

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dans les systèmes de commande et en traitement des signaux. La seconde porte sur les systèmes de commande sujets à des phénomènes non linéaires périodiques. Ce congrès vise à réunir chercheurs, enseignants et industriels. Du 3 au 5 juillet à Caen – Université Campus 1 Public : spécialisé Renseignements : http://alcosp-2013.sciencesconf.org/ et http://psyco-2013.sciencesconf.org/

Débat public : parc éolien La Commission particulière du débat public « Par éolien en mer de Courseulles-sur-Mer » organise jusqu’au samedi 20 juillet 2013, 11 réunions publiques sur le département du Calvados pour donner l'occasion à tous de s'informer et de s'exprimer sur le projet. 75 éoliennes offshores seront implantées en mer à une distance de 10 à 16 km du littoral pour gagner une puissance énergétique totale de 450 MW qui sera transportée jusqu'à la terre par un câble souterrain. Découvrez le programme des réunions publiques et exprimez – vous sur : www.debatpublic-eolien-en-mer-courseulles.org

18ème Colloque GANIL Ce colloque a pour ambition de présenter et de discuter la recherche effectuée au GANIL et dans les installations similaires de la communauté internationale. Il permet aux chercheurs du monde entier, utilisateurs des installations du GANIL d’échanger sur leurs avancées en présentant leurs travaux les plus récents. C’est un lieu propice au rassemblement de toute la communauté pour faire le point sur les besoins, les connaissances actuelles et les études à venir et élaborer des programmes scientifiques liés au GANIL et à SPIRAL2. Du 23 au 27 septembre 2013 à Port en Bessin Public : professionnel

Octobre Quinzaine de l’innovation Quinzaine de l’innovation

Septembre Appel à candidatures on your marks Vous souhaitez booster votre projet innovant ? Participez à la 4ème session du séminaire « formation - action »  On your marks ! Cette initiative vise à accélérer les projets innovants, grâce à un accompagnement personnalisé de leurs porteurs pendant 3 jours. Parrainages, ateliers collectifs, rencontres individuelles avec un réseau d’experts, présentation devant un comité de professionnels… Autant d’exercices grandeur nature qui permettent de valider son projet et son potentiel économique. Prochaine édition fin novembre 2013. Renseignements et inscriptions (jusqu'à fin octobre 2013) sur le site www.synergia.fr ou en contactant Dagmar Van Cauteren (dagmar.vancauteren@synergia.fr).

Le 60e congrès du CNER à Lisieux Le 60e congrès du CNER (fédération nationale des agences de développement et des comités d’expansion économique), dont Calvados Stratégie et Orne Développement sont membres, accueillera cette année 500 participants (élus, chefs d'entreprises, décideurs, développeurs économiques) et de nombreux experts et personnalités politiques, économiques, sociales du développement économique territorial se retrouveront autour du thème, « France 2020 : la croissance par les territoires ». Les 19 et 20 septembre à Lisieux (Calvados) Pré-programme disponible sur le site du congrès : www.weezevent.com/60e-congres-du-cner

La 2ème édition de la quinzaine de l’innovation en Basse-Normandie se déroule du 7 au 22 octobre. Cette opération permet aux laboratoires, universités, organismes de recherche, collectivités locales et entreprises de valoriser leurs démarches innovantes. Parmi les nombreux évènements proposés en région, prenez date notamment pour : • La Fête de la Science en Basse-Normandie du 7 au 13 octobre (Renseignements sur www.relais-science.org) • Le Village des Sciences à Caen les 12 et 13 octobre (Renseignements sur www.relais-science.org) • La remise des prix du Concours de l’Innovation « Y’a d’l’idée » le 22 octobre (Renseignements sur www.miriade-innovation.fr)


sommaire#numéro 53 juin 2013 recherche

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Le Mémorial sous tous les regards Le musée caennais étudie le comportement des visiteurs et bénéficie d'une reconstitution virtuelle.

entreprises innovantes

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Navire du futur à Cherbourg Le chantier Allais pilote un projet dédié à l'éolien offshore.

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pôles et filières 

Le cheval normand à l’export Les professionnels lancent un programme d’actions ciblant en priorité la Chine et les Etats-Unis.

dossier

Cancer : ARCHADE à la pointe de la recherche

10 à 13

Le futur centre va contribuer à faire de l’innovation en radiothérapie un nouveau point fort de la Basse-Normandie.

europe

Pay2You Places : le shopping par géolocalisation

14-15

mutations

16-17

Les bonnes idées du secteur automobile réunion de chantier

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Les énergies marines renouvelables en travaux à Cherbourg

tribune

le bâtiment a aussi besoin De R&D Innovations rime souvent avec nouvelles technologies, penser « Nouvelles Technologies » c’est souvent penser : informatique, biologie, médecine, atome, chimie, cristaux, nanomatériaux, une foultitude d’objets tous plus petits et virtuels les uns que les autres. Au-delà de tous ces secteurs en plein mutation, voire révolution, il en est un plus visible, plus vaste qui opère sa mutation technique. Tiraillé entre la tradition, la pérennité et d’énormes contraintes sociétales et réglementaires, le bâtiment est et sera encore pour de nombreuses années dans une tourmente le condamnant à un effort sans précédent de recherches et de développement. Ce secteur à forte valeur ajoutée territoriale sous contraintes sociétales liées aux multiples évolutions de nos modes de vie (familles, loisirs, déplacement, enjeux agricoles…) et environnementales (consommation d’énergie, de matériaux, de terres agricoles,…) doit prendre en charge son destin. La part de valeur ajoutée attribuée aux entreprises de construction diminue d’années en années au profit des fabricants de matériaux, eux-mêmes très inventifs et très en amont sur les évolutions évoquées. Les matériaux se sont révolutionnés en 20 ans, un bâtiment pourra bientôt se construire avec une perceuse, une boulonneuse, mais que restera- t-il au constructeur en terme d’autonomie, de savoirfaire ? Non, la Recherche & Développement n’est pas « réservée » aux domaines des hautes technologies, ni aux industrielles, elle peut et doit être appropriée par les entreprises de construction. Le potentiel de gain de productivité et de croissance serait à la hauteur de ce secteur qui emploie 1 300 000 personnes générant un chiffre d’affaires de 130 MM€. Le mot à retenir, s‘il y en est un pour ce faire, c’est « collaborer », avec les prescripteurs, les fournisseurs, les universitaires, les laboratoires, les architectes, la société civile, la recherche & développement, débute par-là, par la collaboration et un certain positionnement décomplexé vis-à-vis des technologies dites « Hautes ». Les enjeux financiers sont à la hauteur du défi.

Gilles Florentin Président de la CMEG

N°53 / juin 2013 L e m a g a z i n e d e s a c t e u r s d u d é v e l o p p e m e n t e n b a s s e - n o r m a n d i e Directeur de la publication : Fabrice Le Vigoureux (Synergia) / Rédacteur en chef : Yves Régnier (Synergia) / Conseil scientifique : M. Beauvais (CRBN), M.Buléon (MRSH), M. Dosseur (Relais d'sciences), M. Eustache (Cyceron), M. Goujon (CNRS), M. Gauduchon (Centre François Baclesse), M. Goutte (ENSICAEN), M. Sineux (UCBN), M. Staley (GANIL) / Comité de rédaction : Mme André (CRBN), Mme Bourdet (MIRIADE), Mme Cours Mach (ENSICAEN), Mme Cuenin (OSEO), Mme Ermessent (Orne développement), M. Gauvin (DIRECCTE), M.Gondard (ISPA), M. Jacquet (MRSH), Mme Jeanne (UNICAEN), M.Lebourgeois (CG50), Mme Lemaitre (GANIL), M.Meligne (CESER), M. Piquet (GANIL), Mme Peyron (MIRIADE), Mme Tencé (CNRS), M. Veron (UCBN) / Contact Connexions : Zoé Vanacker (Synergia) 02 31 46 73 76 - zoe.vanacker@synergia.fr / Conception, rédaction, photos et mise en page : aprim-caen.fr / Impression : Le Révérend / Tirage : 12 000 exemplaires / N° ISSN : 1632 - 9341.

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recherche

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Université de Caen et Centre Hospitalier Public du Cotentin (CHPC)

Le système qui détecte les cellules cancéreuses Partenariat médical, scientifique et industriel, le programme VALTRICYT propose une avancée unique dans le diagnostic précoce des cancers.

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e scanner à lames est installé depuis le 17 avril dans l'un des deux bureaux mis à disposition du GREYC Equipe image par le CHPC de Cherbourg. Jusqu’à maintenant (et depuis 15 ans), les chercheurs du laboratoire de recherche de l'université de Caen et le service d'anatomie pathologique du CHPC travaillaient sur un microscope classique équipé d'une caméra numérique, ou se rendaient à Caen, pour utiliser le scanner du CHRU. Grâce au projet de télémédecine régional, porté par Françoise Galateau-Sallé et financé par la Région et l'Europe, Cherbourg dispose de l'un de ces scanners, capables de numériser une lame cytologique en deux minutes, contre deux heures auparavant ! « Ces images de très haute définition (96 000 pixels/pouce au grossissement x40) permettent au pathologiste de voyager au milieu de milliers de cellules, à la manière de Google Earth », précise Abderrahim Elmoataz, directeur de l’équipe Image. Surtout, elles sont destinées à être traitées, analysées, triées et comparées grâce à un système informatisé développé par l’équipe image du GREYC et l'hôpital.

1 000 cellules par seconde C'est l'objet du programme VALTRICYT : VALidation du TRI cellulaire informatisé en CYTopathologie Tumorale (www.valtricyt@free.fr). Un programme de recherche, financé par la Région

Une partie de l’équipe image du GREYC et les praticiens de l’hôpital de Cherbourg présentent le logiciel de traitement des cellules.

et l’association Cœur et Cancer de Cherbourg, lancé en 2010 pour automatiser la détection des cellules cancéreuses. Son but : améliorer la performance du diagnostic précoce en cytopathologie tumorale. Les médecins de l’hôpital ont appris à l'ordinateur à analyser les images ; le GREYC a apporté la solution technique. « Le logiciel est capable d’analyser l’image et de repérer en quelques secondes les cellules anormales avec une précision supérieure à celle de l’œil humain (1), s’enthousiasme Michel Lécluse, biotechnologiste en cytométrie à l’hôpital. On traite aujourd’hui 1 000 cellules par seconde et demain, on ira beaucoup plus vite encore. » L’entreprise Datexim, créée en 2011 par des chercheurs de l’équipe image pour industrialiser ses travaux, s’apprête à commercialiser le logiciel (ARCTIC). L’équipe de recherche, l’hôpi-

Une équipe impliquée localement Le GREYC (Groupe de REcherche en Informatique, Image, Automatique et Instrumentation de Caen - unité mixte de recherche UCBN-ENSICAEN-CNRS) est l’un des plus grands laboratoires de recherche bas­-normands, avec 230 collaborateurs. Il compte aujourd’hui 8 équipes de recherche aux thématiques spécifiques. Parmi celles-ci, l’équipe image a développé des compétences fondamentales dans le traitement et l’analyse d’images. Sur les sites délocalisés de la Manche (Saint-Lô et CherbourgOcteville), elle compte 2 professeurs, 4 maîtres de conférences, 5 doctorants et un ingénieur de recherche. Elle s’implique localement dans la diffusion de la culture scientifique : organisation de congrès (Conférence internationale sur l’image et le traitement du signal, ICISP 2014 à Cherbourg) et opération « chercheurs au collège ».

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tal et l’entreprise cherchent désormais à appliquer le système à la cytologie gynécologique. « Les enjeux sont immenses, en termes économiques et scientifiques », promet le Dr Elie, chef du service d’anatomie pathologique de l’hôpital. n (1)

En phase de validation, 98,5% des cellules cancéreuses ont été reconnues et 2,5% des cas considérés comme normaux ont été repérés comme atypiques.

Abderrahim Elmoataz (GREYC), Dr Elie et Michel Lécluse (service d’anatomie pathologique de l’hôpital de Cherbourg) devant le nouveau scanner à lames.

CONTACTS > Université de Caen Basse-Normandie Abderrahim Elmoataz, professeur, GREYC Equipe image abderrahim.elmoataz-billah@unicaen.fr / 06 76 08 40 06 www.greyc.fr

Centre hospitalier public du Cotentin Michel Lécluse, biotechnologiste en cytométrie au service d’anatomie pathologiste michel.lecluse@gmail.com www.ch-cotentin.fr


recherche

MÉMOIRE PROSPECTIVE

Le Mémorial sous tous les regards Du comportement des visiteurs à la reconstitution virtuelle du musée, des nombreux chercheurs étudient le Mémorial de Caen sous de multiples aspects.

I

Invisibles, cachés dans le noir des décors ! Par dizaines, des capteurs ont été installés le long des parcours. Sans qu'ils le sachent, les comportements des dizaines de milliers de visiteurs du Mémorial sont regardés, enregistrés puis analysés. Qu’ils se rassurent, de façon totalement anonyme. « Grâce à ces petites machines, on observe le temps qu’ils passent devant un texte, un film, une photo. On peut ainsi vérifier la pertinence de leur parcours et le corriger si nécessaire », se félicite Stéphane Grimaldi, directeur général du musée caennais. Baptisé « Matrice », le projet, porté par le Centre d’histoire du XXe siècle (Paris 1 / CNRS) et labellisé « Investissement d’avenir », vise à analyser expérimentalement la distinction entre l’attraction passive provoquée par les images et l’attraction active provoquée par les textes. « Des enquêtes de satisfaction existent mais on ne sait rien de l’utilité sociale du Mémorial », constate son directeur général. A la tête du projet, unique en France comme en Europe, Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS Université Paris 1 Panthéon Sorbonne mais aussi président du Conseil scientifique du Mémorial, collecte déjà les premiers résultats des capteurs : « tout cela marche à condition que l’on ait une démarche transdisciplinaire, que le questionnement soit commun entre historiens, sociologues, neuroscientifiques… .» Dans le même temps, le musée a fait l’objet

d’un autre minutieux travail de relevés et de calculs. Au final, et après des semaines de travail, un Mémorial virtuel est né, sous la direction de Philippe Fleury, directeur du Centre interdisciplinaire de réalité virtuelle (CIREVE) de l’Université de Caen Basse-Normandie, dans le cadre des travaux menés par l‘unité Inserm du professeur Eustache.

Au service de la mémoire prospective Tout y est : le hall d’entrée du musée Mémorial, la grande photo du Mur de Berlin, les multiples espaces de visite… « Le modèle est interactif avec toutes les possibilités de la réalité virtuelle : expériences en salle immersive, musée virtuel consultable à distance etc. », commente Philippe Fleury. A ses côtés, Francis Eustache, directeur du laboratoire de neuropsychologie et de neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire, se félicite : « au-delà de l’aspect technique, c’est un très beau projet pour Caen. » Des expérimentations sur la mémoire prospective vont pouvoir commencer. Devant les images, Denis Peschanski se réjouit lui aussi. « Ce Mémorial virtuel est fondamental, il revêt un champ énorme de potentialités. On a l’illustration de la fécondité de ce type de collaboration. » n

Une image du Mémorial virtuel… comme dans la réalité.

CONTACTS > Mémorial de Caen Stéphane Grimaldi, Directeur Général sgrimaldi@mémorial-caen.fr / www.memorial-caen.fr

CIREVE Philippe Fleury, Directeur philippe-fleury@unicaen.fr www.unicaen.fr/cireve/

CNRS Université Paris 1 Panthéon Sorbonne Denis Peschanski, Directeur de la recherche denis.peschanski@univ-paris1.fr

Unité Inserm-EPHE-UCBN U1077 Neuropsychologie et neuroanatomie Francis Eustache, Directeur eustache-f@chu-caen.fr www.u1077.caen.inserm.fr

en bref

Distinction « Captil » : la nouvelle tête chercheuse Le jury du concours « Têtes chercheuses » a fait son choix : le nouveau lauréat du Prix Musée Schlumberger est le Groupe de Recherche en Informatique, Image, Automatique et Instrumentation de Caen (GREYC). Pour attirer l'attention du grand public, et des jeunes, sur l'importance de l'électronique, ils ont imaginé « Captil », un dispositif interactif où le spectateur devient acteur pour mieux comprendre comment une machine peut transformer son environnement en un monde numérique à l'aide de

capteurs. Il sera présenté au public lors de la Fête de la Science en octobre 2013. Contact : www.relais-sciences.org

Expertise Une chaire d’excellence au LCS Dans le cadre d’une Chaire d’Excellence Région Basse Normandie – FEDER, le Laboratoire Catalyse et Spectrochimie accueille le Dr. R.F WORMSBECHER. Précédemment Directeur des Recherches Exploratoires chez Grace Davison (Columbia,  MD USA), il mettra son expertise industrielle au service de projets développés à l’interface des équipes du LCS.

Cycéron Les effets de l’alcoolodépendance étudiés Les 37èmes journées de la Société de Neuropsychologie de Langue Française se sont déroulées à l’Université de Caen en mai dernier sur le thème de l’alcoolodépendance. Depuis maintenant une dizaine d’années, l’équipe Inserm U1077 dirigée par Francis Eustache étudie les effets de la consommation chronique d’alcool sur la cognition et le cerveau. Hélène Beaunieux et Anne Lise Pitel sont pionnières dans le domaine et ont maintenant acquis une réputation internationale. Les participants bénéficient d’examens

très approfondis du cerveau qui sont réalisés au centre Cyceron.

Brevet Un nouvel adhésif dentaire Une équipe du Laboratoire de Chimie Moléculaire et Thio-organique (LCMT, laboratoire CNRS, ENSICAEN, Université de Caen) a mis au point un adhésif dentaire très résistant qui fixe rapidement et durablement les prothèses dentaires. Cette innovation fait l’objet d’un brevet international qui pourra trouver des applications dans des domaines tels que la dentisterie restauratrice et la médecine. Contact : Magali Tencé (magali.tence@dr19.cnrs.fr)

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entreprises innovantes

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Innovations sans contact Après la billettique et le paiement, trois projets innovants développent de nouvelles applications grâce à la technologie du sans contact. Témoignages.

David Maréchal et Éric Goujou > Nearforge

Coralie Ardillon > Adymic

Objets communicants  identifiés

La publicité  qui se la joue !

D

epuis février 2 0 1 3 , N ea rforge imagine d e s sy s t è m e s interactifs complets pour des clients du secteur du tourisme et de l’événementiel. « Nous concevons de nouveaux usages que la technologie NFC permet de concrétiser, en développant de nouveaux objets communicants » , explique David Maréchal, l’un des six fondateurs de cette start-up issue de NXP, par essaimage. Nearforge a ainsi conçu Nearwall, un concept de parcours composé de panneaux d’exposition. « Le visiteur répond à des questions en posant sa carte NFC devant la réponse imprimée sur le tableau, souligne Éric Goujou, commercial de l’entreprise. En fin de parcours, le visiteur peut valider ses réponses et notre client est capable d'analyser et valoriser les données visiteurs collectées grâce à notre back-office. » Après avoir réalisé le stand de l'IRQUA Normandie au dernier salon de l’agriculture, Nearforge a séduit les organisateurs du premier Forum du Tourisme Numérique qui s’est tenu à Deauville, en mars dernier. « Nous serons présents, avec le pôle TES, au Consumer Electronic Show de Las Vegas, en janvier 2014, afin d’y présenter nos services et nos produits », conclut David Maréchal. n

F

ondée en février par Coralie Ardillon, diplômée de l'IAE de Caen (Université de Caen), et Gaëtan Rebut, diplômé de Supinfo Caen, la société Adymic conçoit, diffuse et gère pour ses clients des jeux-concours et des loteries publicitaires sur mobile Apple ou Androïd. « Nos applications NFC permettent à des annonceurs (entreprises, collectivités, institutions, associations...) d'insérer leur nom, marque, produit ou service dans des contenus mobiles ludiques et attractifs, précise Coralie Ardillon. Nous construisons alors, pour une durée limitée, des campagnes promotionnelles et/ou des événements spécifiques plus dynamiques et modernes basées sur le jeu. » Des petits jeux qui peuvent avoir différents usages marketing : promotion, fidélisation, sensibilisation, enquête clients… Au moment où le marché de la publicité mobile est en forte expansion, le jeu permet à une marque de devenir plus sympathique aux yeux des consommateurs. Ce nouveau format publicitaire plus ludique et impliquant (1) compte déjà, parmi ses premiers clients, l’enseigne Carrefour Market, pour laquelle elle a développé l’application « Carrefour Market Jeux ». n (1) En marketing, l'achat « impliquant » correspond à un achat pour lequel, le client a une forte attraction. L’achat d’une paire de baskets sera fortement impliquant pour un adolescent, par exemple.

CONTACT > Nearforge David Marechal, Fondateur david.marechal@nearforge.com / 02 31 45 31 50 www.nearforge.com

CONTACT > Adymic Coralie Ardillon, Fondatrice coralie.ardillon@adymic.com / 02 50 01 14 11 / www.adymic.com

Edouard Daubin > DigitHealth

Une « appli » pour s’informer  sur les médicaments

L

CONTACT > DigitHealth Edouard Daubin / edouard@digithealth.com / 06 60 10 59 33 / www.digithealth.com

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’application pour iPhone lookSanté, développée par digitHealth, entreprise fondée en juin 2011 par Édouard Daubin, permet à son utilisateur de lire en « langage patient » le contenu de la fiche d’un médicament (indications, contre-indications, effets indésirables, prescriptions...) rien qu’en lisant le code barre de la boîte. « J’ai passé plus de deux ans à constituer ma base de données regroupant tous les médicaments du marché, précise Edouard Daubin. Elle est certifiée par la fondation Health On The Net (HON), en partenariat avec la Haute Autorité de Santé (HAS), contrairement aux informations médicales que les gens consultent sur les sites médicaux en ligne. » Avec lookSanté, un patient peut même être alerté par SMS pour qu’il prenne son médicament à l’heure prévue. Avant que le grand public utilise son application, il en propose une autre sur iPad aux pharmaciens, baptisée leconseil.ph. « Cet outil d’assistance va les aider à faire les entretiens en officine prévues par la nouvelle convention pharmaceutique, pour s’assurer que les patients souffrants de maladies chroniques suivent bien leur prescription. » n


entreprises innovantes

François Allais / MSIS Chantier Allais

Un navire du futur pour l'éolien offshore Le chantier Allais avance dans le sens du vent. Le constructeur naval cherbourgeois pilote un projet national de « navire du futur » dédié à l'offshore éolien. Son nom : Navalis.

Propulsion au gaz naturel

Navalis sera plus sûr, plus propre et moins gourmand en énergie que les crewboats actuels.

C

La carène du catamaran Navalis est encore en phase d’études dans les ateliers cherbourgeois. « Nous devons relever plusieurs défis techniques : concevoir une carène confortable pour des techniciens non amarinés, sécuriser au maximum les opérations de transfert de personnel à proximité du pylône et réduire la consommation énergétique et les émissions de CO2 du navire », complète François Allais. Les premiers essais en bassin de carène seront réalisés en septembre. Commencera ensuite la phase d’intégration d’une propulsion GNL (2), sachant qu’il n’y a aucun moteur au gaz naturel adapté aux crewboats sur le marché. « On suppose qu’il existera fin 2015 puisqu’une nouvelle réglementation internationale limitera les émissions de particules des navires dans la zone d’exploitation des éoliennes au 10 janvier 2016. » Quant on vous dit « navire du futur »… n (1)

herbourg, Porte de la Saline. Chantier Allais est implanté depuis 2005 dans la base navale, aujourd’hui ouverte aux entreprises. C’est ici que se dessine la carène du futur crewboat destiné à transporter les techniciens sur les parcs éoliens en mer, en France et en Europe. « Depuis 28 ans, nous construisons des crewboats (navires de transport de personnel) pour l’offshore pétrolier, explique François Allais,

président de MSIS Chantier Allais. En 2012, nous avons pris la tête d’un groupe d’entreprises (1) candidat au programme « navire du futur » lancé dans le cadre des Investissements d’avenir. Ce projet de crewboat innovant, baptisé Navalis, destiné aux énergies marines renouvelables, a séduit également l’Agence de développement et de maîtrise de l'énergie (ADEME), qui apporte 2,5 millions d'euros, sur un budget de 7 M€. »

Chantier Allais, GDF Suez, TSM Windcat, Paulstra groupe Hutchinson, ACEBI, Marinelec Technologies, DNV France et un laboratoire de recherche, l’IRSEEM (Institut de recherche en systèmes électroniques embarqués, de l’Ecole d’ingénieurs de Rouen). (2)

Gaz Naturel Liquéfié.

CONTACT > MSIS Chantiers Allais François Allais, Président 06 80 85 96 42

en bref

Société LCS La lentille de contact du futur Une lentille de contact confortable comme une lentille souple, avec la qualité visuelle d’une lentille rigide, qui s’adapte quasi instantanément aux yeux… C’est la nouvelle innovation du fabricant de lentilles caennais Laboratoire Contact Service. Emmanuel Veillard, président de la société LCS, a mis en place, en 2010, un département R&D à l’origine du développement de cette nouvelle lentille de contact dite « hybride », protégée par 2 brevets et commercialisée depuis début 2013

sous la marque déposée EyeBridTM. Un nouvel investissement de Go Capital, en avril dernier, a permis à LCS de se renforcer. Contact : www.laboratoire-lcs.com

Fête de la Science Intégrez l’Espace Entreprises Depuis 5 années consécutives, Synergia, en partenariat avec le GANIL et Normandie Incubation, présentent l’Espace Entreprises au Village des Sciences de la Fête de la Science. Cet espace dédié aux entreprises permet d’illustrer, au travers de témoignages et de rencontres, les liens entre la

recherche et l’entrepreneuriat. Si vous êtes une entreprise innovante et si la R&D tient un rôle essentiel dans votre activité : manifestez votre intérêt pour intégrer l’Espace Entreprises les 12 et 13 octobre à Caen. Contact : zoe.vanacker@synergia. fr / 02 31 46 73 76

Microélectronique

filière microélectronique normande par la promotion et la mise en réseau des acteurs, des compétences et savoirfaire auprès des clients, des financeurs, des développeurs économiques, des institutionnels et des étudiants. NMA regroupe une vingtaine d’adhérents pour un total d’environ 750 salariés et un chiffre d’affaire total cumulé estimé à 200M€.

Les entreprises en association Depuis janvier 2013, des professionnels caennais de la microélectronique sont réunis au sein de Normandy Microelectronics Association (NMA) pour construire un écosystème favorable au développement de la 7


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pôles et filières

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Filière équine

Le cheval normand va cravacher à l’export À 14 mois des Jeux Equestres Mondiaux, les professionnels du secteur, via le Conseil des chevaux de Basse-Normandie, lancent un programme d’actions vers les marchés extérieurs. Cibles prioritaires : la Chine et les Etats-Unis. La filière équine française affiche une balance commerciale déficitaire, avec des exportations au pas et des importations qui galopent (archives aéroport de Deauville).

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arfum de marketing international sur le cheval normand. À partir de cette année, la marque « Normandy Horse » va voyager hors frontière, notamment aux USA et en Chine. Créée par le Conseil des chevaux de Basse-Normandie (1), elle servira de signature à une panoplie d’actions programmées pour 2013 – 2014, pour une meilleure visibilité internationale. « A un an et demi des Jeux Equestres Mondiaux (2) il fallait engager la dynamique. Les JEM vont amplifier l’impact de nos premières actions », commente Anne Jumaucourt, responsable du développement international au Conseil des chevaux.

Du retard sur nos voisins Le constat, il est vrai, pointe un réel retard français sur la scène internationale. Dans un contexte économique très concurrentiel, et alors que le marché intérieur sature, la filière française offre un visage timoré hors frontières et une balance commerciale déficitaire, avec des exportations au pas quand les importations galopent. Un recul qui n’a rien à voir avec la qualité intrinsèque de nos produits. « Nos voisins, Allemands, Néerlandais ou Belges présentent une offre mieux marketée », souligne Anne Jumaucourt. Par exemple, les transactions sur le selle français se développent sur des places étrangères comme la Belgique…

Chine et USA en priorité Les professionnels s’en sont alarmés en 2010, après une mission internationale à Lexington (USA), lors des derniers Mondiaux. « Un déclic. Sur place, la délégation a senti le potentiel du marché américain. » A partir d’un diagnos-

tic réalisé en 2012 (3), le Conseil des chevaux a planché sur un programme d’actions pour 2 ans. Les Etats-Unis et la Chine sont les deux pays cibles retenus. « Le premier, parce que nous avons des partenariats au Kentucky et que la mise en place d’un studbook (registre d’élevage) du selle français pour le marché US depuis 2011, commence à porter ses fruits. Des marchands américains sont prêts à commercialiser nos chevaux. » La race « selle français » a tout pour séduire les adeptes du « hunter », discipline d’obstacles très populaire en Amérique. La Chine est l’autre cible prioritaire : « Les investisseurs locaux s’intéressent de plus en plus aux chevaux. Là-bas, les perspectives de croissance pour les sports équestres et les courses sont fortes. »

Un salon international à Caen ? La marque « Normandy Horse » va donc packager deux types d’actions. D’une part, « du « push marketing », où il s’agira de se déplacer physiquement sur les marchés qui nous intéressent » ; d’autre part « du « pull marketing », via des opérations menées en Normandie » (lire en encadré). En collaboration avec la Région Pays de la Loire, un « Normandy Horse Manager Export » a été recruté en Chine. Formé en France, il est le VRP de la filière à Pékin. Autre action de taille : le lancement, pendant les JEM 2014, d’un salon international à Caen, destiné aux professionnels. « L’objectif sera de le renouveler tous les deux ans et d’en faire une référence internationale. » Lancement également d’un club export, pour accompagner les entreprises sur les marchés cibles et CONTACTS >

Le conseil des chevaux de Basse-Normandie rassemble les acteurs Conseil des chevaux de la filière équine régionale. En Basse-Normandie, la filière pèse de Basse-Normandie 12 000 emplois. C’est le Conseil des chevaux qui, le premier, a porté Anne Jumaucourt le projet de candidature de la région à l’organisation des Jeux Equestres International Project Manager Mondiaux. (2) Du 23 août au 7 septembre 2013, à Caen, Saint-Lô, Montanne.jumaucourt@chevaux-normandie.com Saint-Michel, Haras-du-Pin, Deauville. (3) Etude financée par des fonds 02 31 27 78 55 / www.chevaux-normandie.com FEDER (Europe) et la Région Basse-Normandie. (1)

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leur proposer des services à l’international. En projet encore : la présence sur des salons et concours à Pékin, Hong Kong et en Floride ; des séjours de formations pour les étrangers en Normandie ; une école internationale du trot au Haras du Pin (2014)… Une feuille de route ambitieuse, pour deux ans et plus, si affinités. « Nous évaluerons en 2014 les suites à en donner. Cette stratégie est conçue pour les pros et devra se décliner avec eux. » n

Un « Normandy Horse Manager Export » a été recruté en Chine. Formé en France, il est le VRP de la filière équine normande à Pékin.

Un plan marketing pour 2013 – 2014 : Budget estimé : 600 000 € >> Actions en « push » • Présence sur des événements : Salon de Pékin (oct.2013), CSI de Hong Kong (fév. 2013), concours de Wellington (Floride, hiver 2014). • Club d’entreprises exportatrices : accompagnement, promotion, formation… • Normandy Horse Manager Export : un poste créé à Pékin

>> Actions en « pull » • Normandy Horse Training : offre de formations en Normandie pour les étrangers, création d’une école internationale de trot au Haras du Pin. • Normandy Horse Tour : tourisme d’affaires, accueil organisé de délégations de professionnels étrangers en Normandie. • Normandy Horse Business Center : création d’un lieu de rassemblement pour la vente de chevaux (haras de Saint-Lô). • Normandy Horse International Trade Fair : création d’un salon international du cheval à Caen, pour les professionnels.


pôles et filières

AUTOMOBILE

Mov’eo, version business Désormais, l’orientation « marché » est clairement affichée au pôle de compétitivité Mov’eo. Un nouvel outil, baptisé Mov’eo Développement, s’adresse directement aux entreprises.

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ui aux projets collaboratifs mais ils doivent désormais déboucher sur du business ! Partout en France, dans les pôles de compétitivité, la nouvelle feuille de route commence à produire ses effets. A l’échelle de ses trois régions, le pôle de compétitivité automobile, à vocation mondiale, Mov’eo (lire ci-dessous) met en musique cette nouvelle orientation. Approuvée par son conseil d’administration du 6 juin dernier, la stratégie vise à proposer des services pour lesquels les PME/PMI ou ETI (Entreprises de taille intermédiaire) ne sont pas forcément équipées (montage de projets, études de marché, gestion de contrats…). « Mov’eo Développement » sera le nouvel outil du pôle. « Ce sera un service payant qui sera là pour accompagner les entreprises dans leur recherche de supports pour leur business »,explique le nouveau président du pôle pour la Basse-Normandie.(1)

Rapprocher les projets R&D du marché La nouvelle activité du pôle sera confiée à Alexandre Wahl, directeur du CNRT Matériaux, qui a déjà traduit cette activité avec CNRT Services. « Ce sont de vrais services à valeur ajou-

tée que nous allons apporter à nos adhérents. Avec « Mov’eo Développpement », on veut changer le modèle économique. C’est plus qu’une évolution, c’est un changement de culture », poursuit Jean-Yves Goblot. Les projets collaboratifs seront toujours la raison d’être du pôle mais il s’agit de les transformer le plus possible vers le business. « L’idée est de maintenir l’activité industrielle autour du monde automobile au sens large » , ajoute Nicolas Jeanne, chargé de projets au pôle. Traductions : passer de l’invention à l’innovation, mesurer les retombées économiques, rapprocher les projets de R&D du marché… « Il faut que cela active le cercle vertueux vers de l’activité ou au moins le maintien de l’emploi », affirme le nouveau président bas-normand. Un contrat de performance permettra de suivre l’évolution et de mesurer les retombées économiques de « Mov’eo Développement ». n

Dans les locaux du pôle Mov’eo, Nicolas Jeanne, chargé de projets, et Jean-Yves Goblot, président pour la BasseNormandie du pôle automobile (à droite). (1)

Jean-Yves Goblot, directeur de la recherche d’Acome, succède à Frédéric Guernalec, président de Quertech.

CONTACTS > Pôle Mov’eo Nicolas Jeanne chargé de projets nicolas.jeanne@pole-moveo.org 02 31 46 22 79 www.pole-moveo.org

en bref

Filière équine « Normandy Horse » à Cologne Sous une bannière commune, « Normandy Horse », les acteurs bas-normands de la filière équine (1) présenteront les atouts de la  région et ceux des activités liées au cheval, ainsi que les opportunités d’implantation à destination des entreprises au prochain Spoga Horse. Ce salon professionnel international des équipements du cheval et du cavalier, des soins et aliments des équidés, accueille chaque année à Cologne (Allemagne) plus de 400 exposants venus du monde entier.

Contact : www.spogahorse.com et www.hippolia.fr (1) Cette opération de promotion et de prospection s’inscrit dans le cadre du volet international du Projet Territorial des Jeux Equestres Mondiaux de 2014. Elle est coordonnée par la Région et la MIRIADE, avec une forte implication des agences de développement économiques (Orne Développement, Calvados Stratégie et Synergia) et en lien étroit avec le pôle de compétitivité Hippolia et le Conseil des Chevaux de BasseNormandie.

Logistique La FCL-BN s’informe sur le projet de Honfleur Dans le cadre du développement du « Parc  d'Activités Calvados Honfleur », la Fédération des Clubs Logistiques de Basse-Normandie (FCL-BN) s'est rapprochée de

Concerto Développement (une convention a été signée) afin que les membres de la filière puissent bénéficier d'une information détaillée sur le projet de création d'un parc d'activités logistiques. Contact : www.logexpert-bn.com.

Filière bois Un forum Franco-québécois De nombreux spécialistes français et québécois vont débattre et échanger sur le renouvellement du patrimoine forestier, les forêts de proximité et la politique territoriale, l’utilisation du bois dans la construction, les nouveaux produits issus du bois et pour terminer, sur la formation et la

mobilité professionnelle. Un rendez-vous à ne pas manquer la filière bois bas-normande, selon Professions Bois. Contact : inscriptions sur www.professionsbois.com.

Énergies Marines La filière normande à Dublin La SPL West Normandy Marine Energy présentera la filière des Energies Marines Renouvelables (EMR) de Basse-Normandie lors de la 4ème conférence internationale sur les énergies marines (ICOE), du 17 au 19 octobre 2013 à Dublin. Contact: www.west-normandymarine-energy.fr

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Le magazine des acteurs du développement en basse-normandie N°53 / juin 2013

dossier

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Cancer : ARCHADE place la Basse-Normandie à la pointe de la recherche Le centre de recherche en hadronthérapie ARCHADE ouvrira ses portes fin 2016, au Nord de Caen. Un outil implanté au sein d’un plateau unique en Europe, qui va contribuer à faire de l’innovation en radiothérapie un nouveau point fort de la Basse-Normandie.

Les plans du futur bâtiment ARCHADE viennent d'être dévoilés. Le centre sera construit sur le campus Jules Horowitz (GANIL). Il ouvrira ses portes en 2016.

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50 000. C’est le nombre de nouveaux cas de cancers diagnostiqués chaque année en France. Un chiffre qui suffit à prendre la mesure des enjeux liés à la recherche et à la mise au point de nouvelles formes de radiothérapies. C’est dans ce contexte qu’ARCHADE va voir le jour, sur le Plateau Nord de Caen, d’ici quatre ans. Le projet est né dans les traces de l’association ASCLEPIOS, créée en 2004 par le Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC) François Baclesse et le CHU de Caen pour porter le projet de création d’un centre clinique en hadronthérapie (lire ci-contre). Si le projet Etoile, à Lyon, avait finalement été retenu par le ministère de la Santé, la réflexion s’est poursuivie en Basse-Normandie, à l’initiative de la Région. 10

ARCHADE (Advanced Resource Centre for Hadrontherapy in Europe) en est le fruit. Centre de recherche et de formation dédié à l’hadronthérapie par ions carbone, mais aussi centre de traitement par protonthérapie et projet industriel : le programme, d’un montant de 120 millions d’euros au total, est unique en Europe, tant par sa nature que son environnement. « ARCHADE sera situé à proximité de laboratoires comme GANIL, LARIA, ou encore CYCERON, qui sont impliqués dans son programme de recherche scientifique, mais aussi à deux pas du CLCC François Baclesse, du CHRU ou encore de l’Université de Caen Basse-Normandie, c’est-à-dire au cœur de l’écosystème caennais dans les domaines de la physique nucléaire et du bio-médical, sou-

ligne Philippe Lagalle, directeur du projet. L’architecte a été désigné fin 2011. Les études d’avant-projet définitif vont maintenant être lancées, en septembre, pour un dépôt de permis de construire à la fin du premier trimestre 2014 ». La construction du bâtiment, sur un terrain de 1,3 hectare situé sur le site même du GANIL, devrait s’achever à la fin du premier trimestre 2016.

Un centre de traitement par protonthérapie ARCHADE se verra d’abord équipé d’un minisynchrocyclotron de 2e génération, capable de délivrer des protons, le Proteus one. Dès


dossier

son ouverture fin 2016, le centre sera donc en mesure de traiter ses premiers patients par protonthérapie. Cette nouvelle technique de radiothérapie, par irradiation via un faisceau de protons, a déjà fait ses preuves. Elle s’avère particulièrement efficace pour le traitement de certaines tumeurs, de l’œil ou du cerveau, par exemple. Pourtant, aujourd’hui, moins d’1 % des patients en bénéficient. « Le coût des équipements (25 millions d’euros environ pour un cyclotron) a freiné le développement de la protonthérapie », constate le Professeur Jean-Louis Habrand, directeur scientifique d’ARCHADE. Le centre caennais sera donc le troisième en France à proposer ce traitement, après l’Institut Curie à Orsay, et le centre Antoine Lacassagne, à Nice, qui traitent à eux deux un peu plus d’un millier de patients par an. « Or, les besoins sont bien supérieurs, en particulier pour le traitement des sarcomes du crâne, des tumeurs de la colonne vertébrale ou encore des cancers pédiatriques (1 800 cas par an), ajoute Jean-Louis Habrand. ARCHADE va répondre à cette demande de soins insatisfaite et développer une technique

encore peu répandue en France faute d’équipements ». Quelque 450 patients pourraient ainsi être traités par protonthérapie chaque année en Basse-Normandie.

CALENDRIER ARCHADE 2013 > Début des études pour la réalisation des bâtiments du futur centre ARCHADE

Un véritable projet industriel

2016 > Ouverture d’ARCHADE, Centre Européen de Recherche en Hadronthérapie, à Caen. Le centre sera opérationnel pour traiter des patients par protonthérapie, grâce à l’installation d’un premier cyclotron de 2e génération (proton), le Proteus One, d’IBA. Parallèlement, un cyclotron nouvelle génération, capable de générer des protons et des ions carbone sera mis au point.

Parallèlement, le programme ARCHADE vise à mettre au point un nouveau cyclotron, le C400, qui s’annonce comme une première mondiale. L’innovation résidera dans sa capacité à délivrer à la fois des faisceaux de protons et d’ions carbone, ainsi que dans sa taille, réduite, lui permettant de s’implanter en milieu hospitalier. Son développement pourrait démarrer, dès la rentrée 2013, piloté par Normandy Hadronthérapie, consortium d’entreprises à majorité françaises, dont IBA, leader des cyclotrons à usage médical, fera partie (voir « Les acteurs du projet »). Quelques noms sont déjà évoqués, comme DCNS à Cherbourg, Pantechnik et Sominex à Bayeux. « Les discussions sont en cours, acquiesce Philippe Lagalle. L’objectif

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2018 > Le nouveau cyclotron C400 est opérationnel. Début de la recherche sur les ions carbone et augmentation de la capacité de traitement par protonthérapie.

suite en page 12

FOCUS

Qu’est-ce que l’hadronthérapie ? L’hadronthérapie est une forme innovante de traitement du cancer. Contrairement à la radiothérapie traditionnelle, qui utilise des photons, cette technique utilise des hadrons, en particulier des protons (on parle alors de protonthérapie) ou des ions carbone. La protonthérapie est une technique déjà éprouvée : elle est plus précise et cible la tumeur en épargnant au maximum les organes situés autour. Il existe déjà une trentaine de centres de protonthérapie dans le monde, dont deux en France (à Orsay et à Nice). L’hadronthérapie par ions carbone est, elle, très prometteuse. Comme les protons, les

ions carbone sont plus précis – ils permettent de déposer une dose d’irradiation à l’endroit exact de la tumeur – mais ils seraient aussi plus efficaces et offriraient de diviser jusqu’à trois fois la dose délivrée. Cela implique donc de réduire le nombre de séances d’irradiation nécessaires et par conséquent, le coût des traitements. Cependant, avant d’être étendue, cette technique doit encore être explorée car certaines questions restent encore en suspens : quels types de cancers peuvent être traités ? Quelle dosimétrie à appliquer ? Dans son dernier rapport, paru en février 2010, la Haute Autorité de Santé (HAS) en soulignait la nécessité : l’hadron-

thérapie par faisceaux d’ions carbone doit encore faire l’objet de recherches. Il faut en préciser les paramètres techniques, les modalités d’administration, les caractéristiques des tumeurs traitées… Un contexte qui explique le nombre encore restreint de centres d’hadronthérapie par ions carbone, comme de projets. Sur 40 centres d’hadronthérapie au monde aujourd’hui, seuls 6 disposent d’ions carbone. ARCHADE sera l’un des rares centres à pouvoir tester simultanément et comparer les protons et les ions carbone, sous divers aspects de recherche (technologique, biologique et clinique).

Précision des traitements par hadronthérapie : les tissus et organes sains sont préservés Par protons

Par RAYONS X

cas du traitement d’une tumeur oculaire

Par protons

Par RAYONS X

cas du traitement d’une tumeur cérébrale

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dossier suite de la page 11

Jean-Louis Habrand, directeur scientifique d'ARCHADE et Philippe Lagalle, directeur du projet.

est d’intégrer à ce consortium une masse critique d’entreprises bas-normandes, afin que se dessine naturellement derrière ce projet une véritable filière industrielle, opérationnelle dans la fabrication de cyclotrons ». La démarche est soutenue et accompagnée par NUCLEOPOLIS, le pôle normand des sciences nucléaires et de leurs applications. Deux réunions ont déjà été organisées, en 2012, à Cherbourg et à Caen, avec l’appui des chambres de commerce et d’industrie de Caen et Cherbourg, ainsi que la Technopole de Cherbourg-Normandie, pour faire connaître et valoriser ce projet auprès d’entreprises qui pourraient être amenées à jouer les sous-traitantes. Une fois le premier C400 développé en Basse-Normandie, les entreprises régionales auront acquis les compétences pour une production « en série » (un

cyclotron tous les trois ans environ), alors que l’hadronthérapie est en plein essor à travers le monde. Des centres d’hadronthérapie sont en projet un peu partout, aux Etats-Unis en particulier. « Les études montrent qu’il y a un marché, souligne Daniel Guerreau, qui préside NUCLEOPOLIS. À terme, le projet de développement d’un nouveau cyclotron peut constituer un catalyseur à la constitution d’une filière orientée plus largement vers le nucléaire appliqué à la santé, incluant non seulement l’hadronthérapie, mais aussi les développements liés à l’imagerie médicale et à la production de radiopharmaceutiques. Cette filière ne pourra voir le jour qu’avec, derrière elle, des laboratoires de recherche et des formations adéquates. C’est pourquoi le rôle de NUCLEOPOLIS est aussi d’identifier les besoins dans ce sens ». Le pôle a déjà contribué à faire émerger un nouveau Master International, ouvert depuis la rentrée 2012, dans le domaine du nucléaire, sur le grand ouest. Piloté par l’ENSICAEN et l’école des Mines de Nantes, il comprend un volet consacré au nucléaire appliqué à la santé, dispensé à Caen.

La recherche dédiée à l’hadronthérapie La phase de mise au point du C400 doit durer jusqu’en 2020. ARCHADE disposera alors d’un cyclotron qui lui permettra d’augmenter ses capacités de traitement par protonthérapie

LES ACTEURS DU PROJET L'ASSOCIATION ARCHADE > Animation du projet scientifique Elle regroupe le Centre de Lutte contre le Cancer François Baclesse, le CHU de Caen, l’ENSICAEN, l’Université de Caen Basse-Normandie, le GANIL et NUCLEOPOLIS. SAPHYN (SAnté & PHYsique Nucléaire) > Transfert de technologie Société d’économie mixte ayant pour actionnaires la Région Basse-Normandie (actionnaire majoritaire), l’association ARCHADE, les Conseils généraux du Calvados, de la Manche, de l’Orne, la Communauté d’agglomération Caen la mer, les CCI de Basse-Normandie, ainsi que plusieurs entreprises et la banque CEN.

AU PLAN NATIONAL 

ARCHADE, un investissement et un équipement d’avenir © IBA

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France Hadron fédère, depuis 2011, les acteurs nationaux de la recherche sur l’hadronthérapie, les centres et les projets français, dont ARCHADE. Au titre des « Investissements d’avenir », France Hadron a décroché, en 2012, une enveloppe de 15 millions d’euros, gérée par le CNRS à Caen, pour développement d’une infrastructure nationale de recherche en hadronthérapie, sur plusieurs sites. 5 millions seront consacrés à la filière carbone, dont 900 000 € pour l’adaptation d’une ligne de faisceaux au GANIL et l’achat de détecteurs pour l’équipement de la chambre à vide qui équipera ARCHADE. Destinée à la détection d’ions carbone de 80 à 400 MeV, celle-ci est réalisée dans le cadre de REC-HADRON. Labellisé Equipex, ce projet coopératif, porté par le GIP CYCERON, a également obtenu le fi­nan­cement d’un irradiateur X pour la mise au point des modèles biologiques comme instrument de comparaison avec l’effet des protons et des ions carbone, dont ARCHADE sera équipé. Lire Connexions n°51 >

CYCLHAD > E xploitation commerciale La société créée par SAPHYN et IBA sera chargée d’assurer à terme, l’exploitation commerciale de l'installation d'ARCHADE par la vente de temps de faisceaux aux laboratoires de recherche, centres cliniques et industriels. NORMANDY HADRONTHERAPIE > D  éveloppement et production du cyclotron La filiale d’IBA, entreprise belge leader mondial des cyclotrons à usage médical, a été créée en mai 2010 à Caen. Elle ouvre aujourd’hui son capital aux entreprises, en particulier bas-normandes. Le consortium veut développer le C400, puis le produire en série pour les centres d’hadronthérapie en passe de se créer dans le reste du monde, à raison d’un cyclotron tous les trois ans environ. Des machines qui valent plusieurs millions d’euros.

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Pour Stéphane Bresson et Daniel Guerreau, directeur et président de Nucléopolis, ARCHADE pourrait accélérer le développement d'une filière nucléaire appliquée à la santé en Basse-Normandie.


© IBA

dossier

ARCHADE sera équipé d'un mini-synchrocyclotron pour la production de faisceaux de protons et d'un cyclotron de dernière génération pour la production d'ions carbone.

Lexique mais aussi de proposer du temps de faisceaux en ions carbone aux chercheurs. « Par rapport aux protons, nos connaissances des effets des rayonnements des ions carbones restent limitées, remarque Jean-Louis Habrand, le directeur scientifique d’ARCHADE. Il nous faut encore explorer la dose physique à délivrer, les modes d’administration, les tumeurs sur lesquelles ils s’avèrent efficaces… ». Or, à l’heure actuelle, la communauté scientifique manque de temps de faisceaux en ions carbone pour mener ces investigations. Seul le GANIL en propose, mais il reste uniquement dédié à des expérimentations en physique. Avec 1 200 heures de temps de faisceaux pour la recherche, le centre caennais sera à même de satisfaire la communauté scientifique. « Caen sera alors en pole position auprès des équipes de recherche locales, nationales voire internationales, estime Philippe Lagalle. Certaines sont constituées – 25 ont été recensées par France Hadron (lire l’encadré) – les autres ont trois ans pour le faire ». La Basse-Normandie disposera donc, à partir de 2020, d’un centre de radiothérapie conventionnelle avec François Baclesse, de l’irradiateur X de REC-HADRON (lire l’encadré) et, avec ARCHADE, d’un mini-synchrocyclotron de 2e

génération pour la production de faisceaux de protons et d’un cyclotron de dernière génération pour la production d’ions carbone. Le tout sur un même site, au nord de l’agglomération caennaise. Une configuration, sans équivalent en Europe, qui va renforcer le potentiel de R&D du territoire. ARCHADE pourrait bien faire de l’innovation en radiothérapie l’un des éléments forts de la région et de Caen, une référence internationale dans le domaine.n

Hadronthérapie Cette nouvelle forme de thérapie contre le cancer utilise un faisceau de particules, les hadrons (protons ou ions carbone). Elle permet de cibler avec précision la tumeur et d’y déposer l’énergie nécessaire, tout en épargnant les tissus sains situés autour. Elle est particulièrement efficace sur les cancers inopérables ou radiorésistants.

Protonthérapie Technique de radiothérapie, initiée dans les années 70, utilisant uniquement des protons. CONTACTS > Philippe Lagalle directeur du projet ARCHADE 02 31 45 52 91 p.lagalle@baclesse.fr

Jean Louis Habrand directeur scientifique d’ARCHADE 02 31 45 52 91 jl.habrand@baclesse.fr

Daniel Guerreau Président de NUCLEOPOLIS 02 31 45 25 14 daniel.guerreau@nucleopolis.fr www.nucleopolis.fr

• Protons / Ions carbone Les protons et les ions carbone sont des hadrons, des particules subatomiques qui peuvent être accélérées grâce à un cyclotron. Ce faisceau de particules est utilisé, en hadronthérapie, pour irradier et détruire les cellules cancéreuses. • Cyclotron Le cyclotron est l’accélérateur de particules qui délivre un faisceau de particules, des protons ou des ions carbone dans le domaine de l’hadronthérapie.

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europe

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PAIEMENT MOBILE

Pay2You Places : le shopping p Après la mise en place de son porte-monnaie virtuel Pay2You, le Crédit Mutuel Arkéa (1) veut expérimenter un système de paiement mobile associé à un bouquet de services et d’offres commerciales, basé sur la géolocalisation. Soutenu par le Fonds Unique Interministériel et labellisé par les pôles de compétitivité Finance Innovation, Transactions Électroniques Sécurisées et Images & Réseaux, Pay2You Places implique une entreprise et un laboratoire basnormands : Digital Airways et le GREYC à l’ENSICAEN.

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rès d’un Français sur deux est aujourd’hui équipé d’un smartphone ; ils seront plus de 71% en 2015 (2). L’évolution rapide de ces mobiles et leur démocratisation ouvrent la voie à de nombreuses expérimentations pour apporter des services innovants aux usagers. La technologie sans contact NFC, développée depuis 1994, à Caen notamment, promet ainsi de belles avancées. « Mais elle tarde à s’imposer. Dans le cadre du paiement, elle nécessite des mobiles et des terminaux compatibles, ainsi que des accords commerciaux entre les opérateurs télécom et les banques, observe Mehdi Ouchia, au Service Innovations du Crédit Mutuel Arkéa (1). En revanche, une autre solution de paiement mobile, pouvant associer un bouquet de services, est possible à partir d’un accès à Internet et d’une fonction de géolocalisation. C’est de ce constat qu’est né Pay2You Places ». Le projet consiste à développer un système s’appuyant sur l’utilisation d’un smartphone comme mode de paiement dans les commerces physiques, avec identification du client grâce à sa position géographique (voir l’infographie). « Cette alternative au NFC requiert juste l’installation pour le client d’une application spécifique sur son smartphone, aucun changement d’équipement n’est à prévoir pour le commerçant », précise Mehdi Ouchia. Parallèlement, le projet prévoit que l’analyse croisée des données de géolocalisation et des informations de paiement, associée aux campagnes de marketing définies par les commerçants, permette la dif14

Une application signée Digital Airways

Franck Lefèvre, directeur de Digital Airways

CONTACT > Digital Airways Franck Lefèvre, directeur 02 33 35 11 11 franck.lefevre@digitalairways.com www.digitalairways.com

Depuis sa création, il y a une dizaine d’années à Argentan, l’entreprise Digital Airways (12 salariés) a développé des connaissances dans le développement d’applications pour smartphones. Membre du pôle de compétitivité Transactions Electroniques Sécurisées (TES), près duquel elle dispose d’une antenne depuis septembre 2012 sur le campus EffiScience, la PME s’implique régulièrement dans des projets collaboratifs. « Les partenariats nous permettent d’élargir nos relations avec des entreprises et des laboratoires, au-delà de la région, et d’envisager ainsi d’autres types de collaborations futures pour aboutir à la mise en œuvre et à la commercialisation de nouveaux produits », indique Franck Lefèvre son dirigeant. Dans le cadre du projet Pay2You Places, « le développement de l’application, qui constitue notre cœur de métier, rappelle Nicolas Silberzahn, co-fondateur de Digital Airways, nous offre une visibilité très intéressante ».

L’expertise « sécurité » du GREYC

L’équipe « monétique et sécurité » du GREYC.

Pay2You Places s’appuie sur l’utilisation de données sensibles (données de paiement et informations de géolocalisation notamment). La sécurité et la confidentialité sont, dès lors, un enjeu majeur du dispositif. « En matière de géolocalisation, la loi autorise pour l’heure à fournir une position mais on ne peut pas « tracer » la personne », rappelle Ndiaga Faye, ingénieur de recherche au sein de l’équipe monétique du GREYC. Sous la houlette de son collègue Joan Reynaud et du Professeur Marc Pasquet, sa mission, dans le projet, consiste à « identifier les risques et à préconiser des solutions dans le domaine de l’application du projet ». « Pay2You Places nous offre l’opportunité d’éprouver nos méthodes sur un nouveau mode de paiement mobile, et de confronter les expertises, souligne Joan Reynaud. Et un projet comme celui-ci, qui nous permet de rencontrer d’autres partenaires, nous ouvre aussi la voie vers d’autres terrains de recherche ». CONTACTS > GREYC (Université de Caen – ENSICAEN – CNRS) Joan Reynaud, ingénieur de recherche / 02 31 53 81 85 / joan.reynaud@ensicaen.fr Ndiaga Faye, ingénieur de recherche / 02 31 53 81 04 / ndiaga.faye@ensicaen.fr


europe Cette rubrique est cofinancée par l'Union européenne. L'Europe s'engage en Basse-Normandie avec le Fonds européen de développement régional. UNION EUROPÉENNE

par géolocalisation Comment ça marche ?

-1Le caissier saisit le montant de l’achat.

-2Les données transitent via le système monétique. Le montant s’affiche sur le smartphone le plus proche, équipé de l’application.

fusion d’offres commerciales personnalisées vers les smartphones des clients. « L’objectif est d’enrichir le shopping avant, pendant et après l’acte d’achat », résume Mehdi Ouchia.

Un prototype en 2013 Le projet implique à la fois des travaux sur la géolocalisation pour améliorer la précision des smartphones, en particulier en lieux couverts, sur la monétique pour relier les réseaux traditionnels avec un portefeuille électronique, sur la recommandation avec l’utilisation de méthodes adaptées pour la composition d’offres personnalisées, ainsi que sur les usages et le marketing associés à l’utilisation des réseaux sociaux. Le projet Pay2You Places est soutenu par le Fonds Unique Interministériel (FUI) et labellisé par trois pôles de compétitivité : France Innovation, Transactions Electroniques Sécurisées et Images & Réseaux. Les travaux ont débuté en janvier 2012. « La première année a été consacrée à des enquêtes marketing et des études techniques préliminaires en vue de définir le périmètre du projet. 2013 constitue l’année des réalisations avec, dès le premier semestre, un prototype de la fonction de paiement mobile et la publication de plusieurs articles issus des travaux

-3Le détenteur du smartphone accepte la transaction, et saisit son code PIN. Il est invité, à cette étape, à partager son achat sur les réseaux sociaux.

de recherche. Au cours du second semestre, les résultats d’études marketing qualitatives seront exploités pour définir et prototyper un bouquet de services à valeur ajoutée lié à la diffusion d’offres personnalisées », détaille Mehdi Ouchia.

Sécurité et confidentialité, l’enjeu majeur Le projet rassemble l’expertise de huit partenaires, dont celles de deux équipes bas-normandes (lire ci-contre) : l’entreprise Digital Airways, à Argentan, spécialisée dans le développement d’applications pour smartphones et l’équipe monétique et biométrie du GREYC pour l’identification des risques et la préconisation de solutions en raison de l’utilisation de données sensibles, concernant à la fois le paiement et la géolocalisation. Aussi, l’évolution des règles fixées par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) sera déterminante dans le succès du projet. De même que l’adoption du service par les consommateurs et les commerçants. Sans oublier l’impact de l’équipement généralisé de la technologie NFC pour les nouvelles cartes bancaires distribuées en France. À suivre… n

-4Le commerçant reçoit sur son terminal la confirmation de la transaction. -5Impression du reçu.

L’Europe parmi les financeurs Labellisé par trois pôles de compétitivité – France Innovation, Transactions Électroniques Sécurisées (TES) et Images & Réseaux – le projet Pay2You Places bénéficie d’un financement dans le cadre du 12e appel à projets du Fonds Unique Interministériel (FUI), à hauteur de 515 000 € mais aussi de fonds européens FEDER de l’ordre de 223 000 €, couvrant une partie des coûts engagés par les partenaires normands du projet.

CONTACT > Crédit Mutuel Arkea Mehdi OUCHIA, service Innovations / 02 29 05 88 04 mehdi.ouchia@arkea.com

1) Le Crédit Mutuel Arkéa est composé des fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central, ainsi que d’une vingtaine de filiales spécialisées (Suravenir, Fortuneo, Financo, Federal Finance, Monext, Arkéa Assistance, etc.). Son siège social est implanté au Relecq-Kerhuon (Finistère). (2) Etude ZénithOptimedia, 2013.

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mutations

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INNOVATIONS

Les bonnes idées de l’ Elles travaillent toutes pour le secteur automobile, directement ou indirectement. Toutes entreprises (Inteva, Acticap et Manuplast) ont su engager des démarches pour progresser. Mot

Avec le renfort d’un laboratoire Aux portes de Thury-Harcourt, l’équipementier automobile Inteva utilise le savoir-faire du CNRT, le laboratoire caennais spécialisé dans les matériaux, pour faire progresser son activité R&D.

Tarek Ziad, directeur du plan stratégique du groupe Inteva.

D

ans nos voitures, les concepts de moteurs des lève-vitres électriques, des sièges ou des toits ouvrants motorisés ont de fortes chances de sortir du site Inteva d’Esson, situé aux portes de Thury-Harcourt. Membre du pôle Mov’eo, l’entreprise de 360 salariés appartient à un groupe américain leader dans la conception, la production et l’assemblage des modules ouvrants motorisés et de cockpits (tableau de bord) pour véhicules. Inteva c’est 42 sites dans 18 pays sur 4 continents, avec plus de 8 000 employés. A Esson (un des trois sites français), spécialisé dans la production de moteurs électriques (doté d’une capacité de production de 16

16

millions de moteurs par an), le site héberge le centre d’expertise pour le groupe (40 personnes). Une référence ! « Dans nos objectifs stratégiques, notre volonté est de renforcer le site dans son rôle de centre d’expertise mondiale de conception moteur. Pour cela, nous avons souhaité engager des partenariats avec les laboratoires, les écoles d’ingénieurs et universités de Basse-Normandie en accueillant des doctorants pour nous aider à explorer des voies de solutions innovantes, compétitives et à forte valeur ajoutée pour nos clients », explique Tarek Ziad, directeur du plan stratégique de la ligne produits moteurs & électronique du groupe. Le dernier concept moteur s’oriente vers la réduction de masse et de taille, ce qui demande des recherches intenses. « Il faut travailler et réfléchir constamment pour concilier les performances techniques (poids, acoustique, puissance, robustesse, sûreté de fonctionnement) et économiques (coûts matière et procédés) », poursuit le directeur du plan stratégique. L’intégration d’un doctorant a été mise en place dans le cadre d’une convention CIFRE (1) avec le partenariat de l’école d’ingénieurs ENSICAEN et le CNRT Matériaux, accompagnée par la Miriade dans un délai très raisonnable. « Ce sont des échanges gagnantgagnant », confie Tarek Ziad. L’industriel réfléchit déjà à l’apport de nouveaux étudiantschercheurs pour 2014 et 2015. n Le dispositif CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche) subventionne toute entreprise qui embauche un doctorant pour le placer au cœur d'une collaboration de recherche avec un laboratoire public.

(1)

CONTACTS > Usine Inteva www.intevaproducts.com Tarek Ziad, directeur du plan stratégique du groupe / tziad@intevaproducts.com

Plus forts à Face à la crise, Acticap Industries est chefs d’entreprise. Objectif : s’unir et

«

R

ester visibles ! » La volonté des trois chefs d’entreprises est clairement affichée. « Cette alliance amène de la puissance et des moyens », souligne Hervé Printant, le président d’Acticap Industries, la nouvelle entité née fin 2012 du regroupement de trois industriels aux savoirfaire complémentaires : Activetech (bureau d'étude et d'ingénierie en plasturgie à SaintContest), Cap Group (mécanique de précision à Argences et Lisieux) et SICAP Electronique (électronique près de Granville). Désormais intégrateur industriel, Acticap Industries « gère un projet, du concept au produit fini industriel grâce à une approche globale et pluridisciplinaire ». Si le secteur automobile est le point commun des trois entreprises, l’objectif d’Acticap est d’attaquer le secteur aéronautique. Au total, la nouvelle entité affiche 230 salariés et


mutations

automobile

ST-CONTEST ESSON LA FERTÉ-MACÉ

font face à un secteur malmené par la crise et pourtant ces trois d’ordre : innover pour résister.

La performance partagée par tous

Le 20 juin, journée automobile : innovation et performance

Chez le plasturgiste Manuplast, dans l’Orne, l’amélioration de la compétitivité passe par le « Lean management ». Formée à ce concept, toute l’entreprise est engagée.

Le rendez-vous est à noter : organisée par la Miriade (Mission régionale pour l’innovation et l’action de développement économique), une journée (le jeudi 20 juin) sera dédiée au secteur automobile, axée sur la performance de la filière. Innovation et performance seront au cœur des interventions, des débats et des tables rondes. Cette journée se déroulera à l'ESAM Caen/Cherbourg. CONTACTS > MIRIADE www.miriade-innovation.fr

Yves Triboulet responsable Pôle Territoires et International 02 31 53 34 44 / 06 71 51 51 22 triboulet@miriade-innovation.fr

Christian André chargé de mission Entreprises et filières 02 31 53 34 60 / 06 71 51 92 23 andre@miriade-innovation.fr

trois

«

née de la volonté commune de trois proposer une seule offre globale. 25 millions d’euros de chiffre d‘affaires. Tous les quinze jours, les trois chefs d’entreprise, qui se connaissaient déjà grâce aux différents réseaux (Sotraban, Aria), se retrouvent. La stratégie est discutée ensemble, un directeur commercial a été mis en commun, même la base de données clients a été croisée. Hervé Printant est catégorique : « plus on reste dans son coin, plus on crève dans son coin. Face aux mutations, on ne peut plus rester avec l’ancienne façon de faire, isolé. A nous d’ouvrir le plus de portes pour trouver le plus de business possible ! » Déjà, de petits projets voient le jour, d’autres sont dans les tuyaux. « Chez nos clients, l’écho est favorable. » n CONTACTS > Acticap industries Hervé Printant, Président / 02 50 30 80 36 herve.printant@acticap-industries.com acticap-industries.com

N

ous voulons progresser par le bon sens et montrer que la démarche d’amélioration continue concerne aussi les PME », présente MartinPierre Rapeaud, Président-directeur général et directeur industriel de Manuplast. A Fimbrune, près de La Ferté-Macé, c’est toute l’entreprise (82 salariés) qui vit à l’heure du « Lean management ». Décliné dans tous les secteurs de l’usine, le concept, inspiré du système de production de Toyota, vise la recherche permanente de l’amélioration. «  Depuis toujours, tous nos processus sont orientés dans ce sens. C’est pourquoi nous avons développé une organisation pour qu’elle soit toujours plus efficace, performante et moins coûteuse, tout en améliorant les conditions de travail », ajoute le dirigeant. Spécialisé dans l’extrusion-soufflage et l’injection (le secteur automobile représente 40 % de son activité), Manuplast, de la conception grâce à son bureau d’études intégré - à la production de pièces techniques et d’emballage, propose un large éventail de produits (réservoirs, cuves, balises de signalisation, bouées, conduits d’air…). Au-delà des pièces réalisées,

Baptiste Ripoche, Johann Prieux et Martin-Pierre Rapeaud

toute l’attention est portée sur le salarié. « Notre approche est centrée sur l’homme », précise le Pdg. Au cœur des préoccupations, la sécurité, les conditions de travail, l’ergonomie, la suppression du gaspillage… Formée au concept, toute l’entreprise est engagée. Les réunions trimestrielles le prouvent. « Chacun a un rôle à jouer, il faut amener du positif par le travail collaboratif. Un problème qui se pose devient une opportunité. On travaille beaucoup sur les bonnes pratiques et l’on découvre des talents », ajoutent Baptiste Ripoche, responsable production et lean manager, et Johann Prieux, directeur adjoint, responsable qualité et développement durable. « La vie est trop courte pour travailler triste », dit un slogan de Manuplast. «  Nos clients voient le sourire chez nos salariés, le premier indicateur de réussite d’une telle démarche », constate le Pdg. n CONTACTS > Manuplast Martin-Pierre Rapeaud, Pdg et directeur industriel / mprapeaud@manuplast.fr www.manuplast.fr

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réunion de chantier

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Quai des Flamands à Cherbourg

Les énergies marines bientôt à quai LÉGENDE

ZONES D’EXTENSION Terre-plein Grande Rade Quai des Flamands

Terre-pleins existants dédiés

(Hub logistique et espace industriel)

Embranchement ferroviaire Accés routier 2x2 voies

À Cherbourg, les travaux d'extension du quai des Flamands ont commencé. Le port se prépare à recevoir les activités liées aux futurs parcs éoliens et hydroliens en mer.

à

l'Est de la petite rade de Cherbourg, les manoeuvres de dragage ont commencé. Deux fois par jour, un tir d'explosif attaque la couche de schiste, à 13 mètres sous le niveau de la mer. Maître d'ouvrage du projet, Ports Normands Associés (PNA), propriétaire et gestionnaire du port, prépare l'arrivée des activités liées aux énergies marines renouvelables (EMR). Il s'est engagé à libérer 38 hectares d'emprises foncières portuaires et à construire un quai renforcé en continuité de ces terre-pleins. « Idéalement situé à proximité des futurs parcs français et anglais, Cherbourg dispose d’un port

Repères • 2013-2014 : extension du quai des Flamands Février à août 2013 : dragage, déroctage et tirs sous-marins Été 2013 : construction du quai Octobre 2014 : livraison à Alstom 25 M€ • 2014-2015 : déviation du réseau ferré et des voiries portuaires 15 M€ • 2015-2016 : extension des terre-pleins en grande rade 60 M€

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technique. Mais à la différence d’un port d’essuffisamment profond, d’une bonne desserte LÉGENDE tuaire, les fonds marins de Cherbourg sont aussi terrestre, d’une qualité de sol pour des charges Z O N E S D ’ constitués E X T E N S I O N de roche. D’où le recours à l’explosif. lourdes et d’un savoir-faire technique », résume Jean-Michel Sévin, directeur général de PNA. EtTerre-plein « Grande CelaRade complique un peu les opérations, mais surtout du foncier : 38 hectares sont immédiate-Quai desau final, le terre-plein est bien plus performant Flamands ment disponibles pour accueillir les deux usines en ce qui concerne les tassements », apprécie de fabrication de pâles et de mâts d'Alstom, ainsiTerre-pleins le existants maîtredédiés d’œuvre. Le nouveau quai, d’une lonet espace industriel) que le hub d'assemblage des éoliennes, avant(Hub logistique gueur de 220 m dans le prolongement du quai leur implantation au large de Courseulles-sur-Mer.Embranchement actuelferroviaire et 100 m en retour (sur la largeur), sera 39 hectares seront encore gagnés sur la grandeAccés routier donc dimensionné pour supporter des charges 2x2 voies rade, en continuité de l'existant, pour permettre lourdes. Par ailleurs, le remblai extrait permet le déploiement des activités de l'hydrolien, à d’approfondir la souille (zone de stationnement l'horizon 2015-2016. « A terme, on augmente des navires à quai) à 14 m, pour accueillir les futurs navires à grand gabarit spécialisés dans d'un tiers la surface actuelle du terre-plein des l’installation de fermes offshore. n Flamands et on double le linéaire de quai. »

Un quai renforcé Qui dit EMR dit manutention et transbordement de charges lourdes. Pour répondre aux rythmes de la production industrielle et de l'activité logistique, le futur quai aura une capacité de portance de 15 tonnes par m2, soit deux à trois fois plus qu'un quai conventionnel. La solution technique consiste à réaliser un quai en « paroi moulée », plus résistant qu’un quai sur pieux. « Il s’agit en fait de deux murs de béton, reliés par des tirants d’acier et des butons pour ancrer l’ensemble, explique Bertrand Marsset, directeur de l’aménagement et de l’environnement de PNA. De part et d’autre, on met en œuvre des remblais (sable, limon et schistes), extraits du sol sous-marin. » Port 2000 a utilisé la même

En vidéo Ports Normands Associés 02 31 53 34 61 www.pna-ports.fr


ÉvÉnements

petit-déjeuner synergia 31 mai 2013 Sur le territoire de Caen la mer (35 communes), la filière nautique est une réalité. Installées, pour certaines, dans la pépinière et pôle de compétences Norlanda, les entreprises vont aussi chercher de nouveaux marchés.

E

ntre le canal de Caen à la mer et l’Orne, la pépinière Norlanda peut afficher fièrement ses couleurs. « 15 entreprises, 60 emplois et 2,5 millions de chiffre d’affaires cumulé », calcule Nicolas Géray, directeur des pépinières de Caen la mer à Synergia. Depuis 5 ans, date de l’ouverture de Norlanda, la filière nautique, volonté affichée de Caen la mer, s’affirme sur le territoire. « Nous sommes convaincus que Caen la mer a une carte à jouer sans aller sur le même terrain que Cherbourg ou la Bretagne », explique Daniel Françoise, vice-président de la communauté d’aggloméra-

rendez-vous miriade 7 au 22 octobre 2013 Du 7 au 22 octobre 2013, la Quinzaine de l’innovation est le grand rendez-vous des initiatives en région autour de l’innovation. Pour bâtir le programme, les projets des acteurs du territoire sont les bienvenus.

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pération réussie, opération renouvelée ! Initiée par l’Etat et la Région Basse-Normandie (aux côtés de Forces 50 Orne Développement et Synergia), la Quinzaine de l’innovation est reconduite cette année. Comme l’an dernier, elle se déroulera sur tout

De gauche à droite : Arnaud Blosseville, Arnaud Lample, François Piquet, Daniel Françoise, Jérôme Morio, Antoine Brugidou et Nicolas Géray.

Les complémentarités de la filière nautique tion en charge du développement économique. Appelées à témoigner, les entreprises, présentes au petit-déjeuner et installées à Norlanda, ont toutes montré les liens qui peuvent se nouer entre elles de par leur proximité. Les bateaux à chenille d’Iguana Yachts ont ainsi bénéficié des apports techniques d’Oléosystem, de CAMS et de Shoreteam. « Petite structure, nous avons besoin de compétences complémentaires », réagit Antoine Brugidou, président de la société. De son côté, Jérôme Morio, gérant d’Oléosystem, spécialiste de l’hydraulique, évoque ses nouveaux marchés (construction de ponts, industrie automobile)

et apprécie la localisation de la pépinière. « Il manque juste une cale de mise à l’eau », plaide-t-il. Lui aussi présent sur d'autres secteurs, le co-gérant de Shoreteam, spécialiste du composite, Arnaud Lample, ajoute : « la clé est la diversification, donc l’apport de nouvelles compétences. A Norlanda, il y a un intérêt pour des projets collaboratifs. » Enjeu majeur des prochaines années, l’arrivée des EMR (Energies marines renouvelables) pourrait apporter un flux nouveau d’activités, intéréssant ces entreprises. « C’est un potentiel fabuleux, pas encore exploité, avec des pistes d’investigations à défricher », souligne François Piquet,

directeur général de West Normandy Marine Energy, la filière bas-normande des EMR. Arnaud Blosseville, président de Tidalys n’a pas attendu pour créer une hydrolienne flottante : « au-delà des compétences, il faut l’envie. » Au bout du canal, à Ouistreham, une base de logistique et de maintenance pour le champ éolien de Courseulles-sur-Mer, est attendue. Un signe de plus pour la filière. n L’innovation ouverte ou innovation distribuée est un terme développé, à partir de 2003, par Henry Chesbrough, professeur et directeur du Center for Open Innovation à Berkeley, USA. (2)

CONTACT > Synergia

Nicolas Géray Directeur des pépinières d’entreprises Caen la mer/Synergia - 02 31 46 73 79 nicolas.geray@synergia.fr

Quinzaine de l’innovation : appel à contributions le territoire bas-normand pendant deux semaines. La manifestation permet aux laboratoires, universités, organismes de recherche, collectivités locales et, bien sûr, entreprises de valoriser leurs démarches innovantes. A tous ces acteurs de proposer animations, conférences, ateliers, portes ouvertes… afin de faire découvrir leurs projets dans l’innovation. Différentes thématiques (matériaux, agroalimentaire, numérique, éco-construction, santé, développement durable) ont été imaginées. Il leur suffit de déposer une fiche d’inscription sur ces thèmes (1). Tous les événements retenus intégrant la Quinzaine seront labellisés et bénéficieront d’une communication régionale dédiée.

L’idée développée par la MIRIADE, coordinatrice de l’événement, est de montrer l’innovation dans ce qu’elle a de plus concret et de plus matériel mais aussi de plus large : nouveaux services, nouveaux usages, nouvelle façon de penser l’organisation des entreprises ou l’innovation territoriale. La BasseNormandie fourmille d’imagination, de créativité et de projets. n • Quinzaine de l’innovation : du 7 au 22 octobre 2013 (1) Pour s’associer à la Quinzaine et compléter la fiche projet, suivre le lien : http://webfp.crbn.fr (Nom de l’espace : quinzaine / Mot de passe : ficheprojet) Les fiches doivent parvenir au plus tard le 1er juillet 2013 à l’adresse suivante : eve@miriade-innovation.fr

CONTACT > MIRIADE

Nadège Eve / 02 31 53 34 55 / eve@miriade-innovation.fr

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portrait

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Ascension d’un cerveau Elle a démarré sa carrière avec un DUT de Biologie. Béatrice Desgranges est devenue, depuis la nomination de son directeur à la tête de Cyceron, directrice adjointe de l’unité Inserm « Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine ». Sa passion : la mémoire et ses troubles.

A

lzheimer est son quotidien de travail. « En cas de maladie, toutes les activités cognitives que nous aurons eues au cours de notre vie retarderont les symptômes, explique Béatrice Desgranges directrice adjointe de l’Unité de neuropsychologie du CHU (1). Dans les années 1990, des chercheurs ont découvert, par le biais d’autopsies, que certaines personnes âgées avaient déclaré la maladie sans qu’aucun symptôme ne se soit vraiment manifesté. » Un phénomène lié à la réserve cognitive. La création de cette dernière et son impact sont des sujets d’étude de l’unité de neuropsychologie. « Nous cherchons à voir comment une bonne réserve cognitive peut retarder l’arrivée de la maladie et comment la mesurer », explique-t-elle.

Au début des neurosciences

Créée au 1er janvier 2002 sous la forme d’une Equipe Mixte de l’Inserm (en partenariat avec l’Université de Caen Basse-Normandie), l’Unité U1077 s’intéresse spécifiquement aux bases cérébrales de la mémoire humaine et de ses troubles. C’est la seule unité de recherche travaillant sur ce thème en France et l’une des rares en Europe à ce niveau d’expertise. L’Unité, qui compte une centaine de personnes, est localisée pour moitié au CHU Côte de Nacre (en lien avec plusieurs services cliniques et notamment le Centre Mémoire Ressource et Recherche), pour l’autre dans les locaux du GIP Cyceron dont elle est une équipe constituante.

La carrière de Béatrice Desgranges lui assure certainement quelques années de réserve cognitive d’avance. Fin des années 70, la jeune biologiste travaille en tant que laborantine avant de reprendre ses études. « Je m’ennuyais », explique-t-elle. Elle choisira d’étudier la psychologie à Caen, mais ira faire son DESS à Paris. « Il n’existait pas encore à Caen. » C’est là-bas qu’elle découvrira la neuropsychologie, « l’une des branches de la psychologie qui se rapprochait le plus de mon esprit scientifique ». A l’époque, une science nouvelle. La maladie d’Alzheimer est également peu connue. « Les docteurs avec qui je travaille se rappellent qu’à ce moment-là, peu pensaient croiser des malades qui en seraient atteints, durant leur carrière. » Elle reviendra à Caen réaliser un stage, au CHU, qui marquera son orientation professionnelle. « J’y ai rencontré des personnalités importantes pour moi ». Elle y décrochera rapidement un poste de psychologue dans les services de neurologie et neurochirurgie. Mais elle choisit de ne pas s’arrêter là et reprend (1)

de nouveau ses études. « Peut mieux faire », se dit-elle alors.

Premier chercheur de l’unité En 1996, elle obtient son doctorat dont le mémoire, dirigé par Francis Eustache, établit un lien entre la neuropsychologie et l’imagerie cérébrale dans la maladie d’Alzheimer. Elle poursuivra en passant le concours de chercheur. Et tandis que Francis Eustache prendra la direction de l’unité, qu’il recentrera sur la neuropsychologie, l’imagerie et les maladies cérébrales, elle deviendra le premier chercheur de cette unité.

Depuis, l’unité de 30 personnes s’est étoffée, réunissant une centaine de membres et s’est enrichie de deux chercheurs supplémentaires. En janvier, son directeur ayant pris les rênes de Cyceron, elle a été nommée directrice adjointe pour le décharger. « Nous travaillons depuis longtemps ensemble, nous avons les mêmes méthodes et les mêmes centres intérêts. » Une suite logique de son parcours. n CONTACT >

Béatrice Desgranges Laboratoire de Neuropsychologie / CHU Côte de Nacre 02 31 06 51 96 desgranges-b@chu-caen.fr www.u1077.caen.inserm.fr

Unité U1077 (Université de Caen - Inserm - EPHE)

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Connexions Normandie (Juin 2013)