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SOMMAIRE Limousin : générations 2027, un avenir d’avance…………………………1 Par le président de la Région Calendrier de l’élaboration du SRADDT……………………………………………………….2

1 – La concertation et la cohérence au cœur de la démarche .. 3 • •

Une forte implication des acteurs limousins.............................................. 3 Le souci de cohérence du SRADDT .................................................................. 4

2 – La construction d’un scénario volontariste....................... 5 • • •

Hypothèses d’évolution et enjeux ..................................................................... 5 4 scénarios ......................................................................................................................... 6 Le scénario EFG, une vision volontariste du Limousin à 20 ans12

3 – Trois défis, deux principes et une méthode : les fondements de la stratégie régionale ...................................................15 • • •

Les trois défis ................................................................................................................. 15 Les deux principes d’action ................................................................................ 16 La méthode proposée : le pacte territorial ............................................... 17

4 – Les trois défis et leur déclinaison ..................................18 • • •

Le défi démographique ........................................................................................... 18 Le défi énergétique et climatique .................................................................... 24 Le défi de l’ouverture et de la mondialisation ........................................ 27

Tableau synthétique………………………………….……………………………………...………...31

Annexes - Décret relatif au schéma régional d'aménagement et de développement du territoire - Les comptes-rendus :

Le schéma régional des infrastructures et des transports Les synthèses des conférences prospectives La conférence de citoyens sur le changement climatique en Limousin Le rapport des groupes de travail thématiques Quatre scénarios pour le Limousin, les conclusions des travaux prospectifs du SRADDT Les comptes-rendus des rencontres partenariales Les comptes-rendus des rencontres territoriales

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Limousin : générations 2027, un avenir d’avance Pour préparer l’avenir du Limousin, anticiper sur les mutations qui vont influer sur son développement et pour construire les politiques adaptées au contexte de demain, la Région Limousin a engagé une vaste réflexion prospective au travers d’un Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT). Encadré par la Loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement Durable du Territoire (en date du 29 juin 1999), la réalisation de ce type d’exercice permet de réfléchir ensemble à notre avenir, avec tous les acteurs institutionnels, les forces vives et les citoyens, afin d’anticiper et de donner un cadre de référence global et cohérent à l’action publique et la rendre ainsi plus efficace. Avec « Limousin, génération 2027 », j’ai tenu à poursuivre la recherche d’une construction partagée du futur, démarche commencée avec « Limousin 2007 » et poursuivie avec « Limousin 2017 », en souhaitant que ce nouvel exercice soit aussi utile et structurant que les précédents. Aussi, dès son lancement, j’ai souhaité que la concertation la plus large possible accompagne la réalisation de ce SRADDT. La phase de diagnostic et de prospective a mobilisé plus d’une centaine de personnes, experts ou représentants des collectivités locales, de l’Etat, des organismes consulaires, du monde associatif, d’entreprises, de l’université ou des territoires. Leurs travaux ont permis d’identifier trois grands défis auxquels la région devra faire face pour poursuivre durablement son développement. Le défi démographique, avec l’importance pour la vie de nos territoires de poursuivre et amplifier le regain de population que la région a enfin retrouvé. Accueillir davantage et s’en donner les moyens en conservant un territoire attractif, solidaire, où la qualité de vie, la grande qualité environnementale et le dynamisme d’une économie qui investit sur le capital humain sont facteurs d’attractivité. Le deuxième défi, celui de l’énergie et du réchauffement climatique, est un défi planétaire que le Limousin ne peut ignorer. Au-delà de notre contribution à la nécessaire réduction des Gaz à effet de serre, réduire notre dépendance aux énergies fossiles et s’adapter au changement climatique ne peut que contribuer au « mieux vivre » de chacun et conforter l’image d’excellence environnementale de la région. Enfin, le troisième défi est celui de l’ouverture et de la mondialisation. Ce fait majeur s’impose à tous, dans toutes ses composantes, économiques ou sociétales. La mondialisation est porteuse de menaces, mais elle peut aussi être source d’opportunités pour la région. S’inscrire résolument dans cette société globalisée et en être acteur, essayer d’en tirer profit plutôt que la subir, accueillir la grande vitesse, s’ouvrir et intégrer les réseaux européens, jouer des échanges de bonnes pratiques, sont des pistes pour tourner la page de la résignation. Ces défis et les premières orientations ont été au cœur des débats menés avec les partenaires et dans tous les territoires de projets. Plus de deux mille personnes ont pu donner leur avis sur ces défis, faire part de leur expérience et proposer des solutions opérationnelles au cours notamment des 18 réunions publiques organisées dans la région. Ces rencontres territoriales, très riches, ont permis de renforcer notablement ce projet de charte, qui est soumis aujourd’hui à l’avis des conseils généraux et du CESR, et transmis pour observation à l’Etat et aux régions limitrophes avant d’être mis à la consultation publique. A l’issue de cette période, le conseil régional adoptera le SRADDT et inscrira dans son Agenda 21 les actions relevant de ses politiques et à même d’affronter les trois défis. La loi ne donne pas au SRADDT de caractère prescriptif, et la Charte ne s’impose pas aux documents d’urbanisme ou de programmation existants. Pour autant, cette charte, issue d’une très large concertation, permet de dessiner à grands traits les orientations stratégiques à moyen terme. Je souhaite qu’elle puisse servir de référence à l’action publique future, qu’elle offre aux différents acteurs les éléments pour mieux anticiper, choisir ensemble les chantiers prioritaires et jouer de leurs complémentarités pour coopérer et relever ensemble les défis de demain. Cette gouvernance exemplaire, le pacte territorial, est gage d’efficacité et d’efficience collective, au service et pour le bénéfice de tous les habitants de la région.

Jean-Paul Denanot

Président du conseil régional du Limousin 1


CALENDRIER DE L’ELABORATION DU SRADDT

Phase prospective

- décembre 2006 20 réunions de groupes de travail thématiques prospectifs - avril 2007 Elaboration des 4 scénarios

- octobre 2007

Phase stratégique

Elaboration d’un avant-projet de charte - mars 2008 6 rencontres partenariales - mai 2008 18 rencontres territoriales - octobre 2008 Consultation légale

mars 2009

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Le décret relatif au SRADDT (voir texte en annexe), qui encadre précisément les différentes phases de son élaboration, laisse les Régions libres de fixer les modalités d’association des différents acteurs. La Région Limousin pour sa part a souhaité une réelle implication des Limousins dans l’élaboration de cette stratégie pour l’avenir et a pour cela mobilisé différents outils. Le cadre de référence global que se veut être le SRADDT suppose également une cohérence avec les différentes stratégies régionales, qui a été l’objet d’une attention toute particulière en Limousin.

1 – La concertation et la cohérence au cœur de la démarche • Une forte implication des acteurs limousins -

un comité stratégique largement ouvert aux divers partenaires

Le comité stratégique comprend 140 partenaires institutionnels (représentants des activités économiques et sociales, associations…) et territoriaux. Il est réuni à chaque étape décisive du SRADDT (lancement, réaction au diagnostic et aux scénarios, remarques sur le contenu de la charte et préparation de l’après SRADDT). Sa contribution est collective lors de ces réunions et individuelle par la participation de ses membres aux groupes de travail et les apports écrits.

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des groupes de travail productifs

Lors de la phase prospective, cinq groupes de travail d’une vingtaine de personnes chacun se sont retrouvés quatre fois. Traitant de démographie et société, économie, territoire, climat-énergie et gouvernance, identité et image, les représentants de l’Etat, des territoires, des divers secteurs économiques, associations et autres experts ont produit des tendances, hypothèses et enjeux qui ont permis l’élaboration de scénarios. Un sixième groupe axé sur les transports a suivi une démarche semblable par la suite. Ces 120 personnes ont également commenté et enrichis ces scénarios lors d’une rencontre spécifique. Elles se sont ensuite retrouvées, lors de la phase stratégique, dans des rencontres partenariales pour faire des propositions d’architecture de charte et de chantiers ou d’actions. Trois groupes se sont réuni chacun deux fois à cet effet en réagissant sur un avant-projet de charte, qui a alors été réécrit.

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un SRADDT au plus près des Limousins

C’est sur l’avant-projet remanié, et principalement sur les trois défis, que les participants aux rencontres territoriales ont été invités à réagir. Ces rencontres territoriales, ouvertes à tous, se sont déroulées sue les territoires de projet du Limousin, c’est-à-dire les 16 pays, deux communautés d’agglomération et deux PNR, et ont mobilisé presque deux milliers de personnes. Les territoires ont ainsi pu se positionner vis-à-vis du SRADDT, et les citoyens pu donner corps aux trois défis en attirant l’attention sur les points importants et en proposant de nouvelles actions. Ces apports ont été intégrés dans la charte.

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des citoyens informés et acteurs

Le SRADDT, qui cherche à mettre en place les conditions d’un futur limousin le plus agréable à vivre possible, concerne chaque Limousin. C’est pourquoi des outils ont été mis en place pour sensibiliser les citoyens à l’importance de réfléchir à l’avenir du territoire et pour recueillir leurs avis et attentes. La sensibilisation passant par l’information, 6 conférences prospectives correspondant aux 6 thèmes des groupes de travail ont été proposées. Les principaux enjeux du Limousin ont ainsi été mis en relief par des experts (les enjeux climatiques et énergétiques par Pierre Radanne, le devenir des campagnes par Philippe Perrier-Cornet, l’économie présentielle par Laurent Davezies, la société française de demain par Julien

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Damont, gouvernance, identité et image des territoires par Patrick Moquay), aidant les citoyens et décideurs présents à prendre conscience des choix à faire pour le futur. Ces conférences ont été mises à disposition de tous sur le blog du SRADDT (www.crlimousin.fr/2027/), comme de nombreux documents et articles prospectifs sur différents sujets. La veille prospective réalisée à l’attention des partenaires du SRADDT a ainsi été autant que possible partagée avec le plus grand nombre. Ce blog a également fait part pas à pas l’actualité du SRADDT, tenu au courant tout un chacun des différentes étapes, en invitant à commenter les différents apports. Des contributions et avis notamment sur les scénarios ont ainsi pu être recueillis et nourri le débat amenant au choix du scénario souhaité. En termes de participation, les Limousins ont pu faire part de leurs rêves, craintes et visions de la région dans 20 ans en répondant à un appel à projets artistiques. Ces œuvres, qui pointent des enjeux particuliers du Limousin et font réagir, ont été exposées et seront amenées à illustrer le document du SRADDT. Finalement, une conférence des citoyens a été organisée pour recueillir l’avis d’une vingtaine de personnes sur le changement climatique en Limousin. En amont de la rédaction de la charte, l’exécutif régional a en effet souhaité associer un panel de sa population à la définition de ses orientations en matière climatique et énergétique. Après une formation et des réunions publiques, les panélistes ont rédigé un avis et des recommandations qui ont pour la plupart été intégrées dans la charte (défi climatique et énergétique). En sus de ces outils, les Limousins ont pu contribuer au SRADDT lors des rencontres territoriales et pendant la période de consultation légale (voir la liste en annexe).

• Le souci de cohérence du SRADDT -

l’intégration des schémas stratégiques régionaux

Le SRADDT a été construit avec le souci permanent de cohérence avec les plans et schémas régionaux existant. Ainsi, le SRIT (schéma régional des infrastructures et des transports) constitue le volet « transports » du SRADDT, élaboré parallèlement aux travaux prospectifs thématiques du SRADDT. De même, les réflexions engagées sur les problématiques climatiques et énergétiques au travers du Plan climat régional (inscrit au CpER 2007-2013 et piloté par l’Ademe et le Conseil régional) ont nourri le diagnostic et les propositions du deuxième défi du SRADDT. Les autres schémas en cours d’élaboration, dont celui des usages des TIC et le cadre de référence sur l’innovation sont également ancrés dans les orientations du SRADDT et les valeurs du développement durable. Les orientations des plans et schémas existants, qui avaient bénéficié d’une concertation avec les partenaires concernés, ont également été prises en compte dans le SRADDT. Peuvent notamment être cités le SRDE (schéma régional de développement économique) et le PRDF (programme régional de formation). De manière opérationnelle, pour le Conseil régional, les objectifs du SRADDT se déclinent dans son Agenda 21. Celui-ci fixe des actions que la collectivité va mener afin d’accompagner un développement et un aménagement durables de son territoire, en accord avec ses compétences. L’agenda 21, démarche de progrès continu, est un outil qui permettra de faire vivre la charte du SRADDT : le programme d’actions de l’Agenda 21 évoluera tout au long des 10 ans selon les actions menées et les objectifs atteints.

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l’articulation avec les différentes stratégies territoriales

La cohérence a également été recherchée avec les stratégies des différents territoires, dans le but de vérifier leur efficacité dans le cadre des orientations du SRADDT. Des échanges d’information avec les responsables des SCOT en cours d’élaboration ont ainsi eu lieu, notamment lors des réunions de préparation du SRADDT.

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La cohérence avec les chartes de Pays a quant à elle été examinée lors des rencontres territoriales et s’est révélée réelle. Deux rencontres avec les régions voisines ont également permis de s’assurer que les orientations respectives n’étaient pas contradictoires, et que le futur pouvait, et même devait, s’envisager de façon commune, notamment dans le domaine des transports. Les autres collectivités territoriales quant à elles ont suivi de près les travaux en veillant à ce que leurs projets et les orientations du SRADDT s’articulent.

2 – La construction d’un scénario volontariste L’exercice de prospective qui caractérise la démarche de SRADDT a amené à esquisser des futurs possibles pour le Limousin à vingt ans, à l’horizon 2027 (4 scénarios). Ces représentations du moyen terme ont servi d’appui à la Région pour formuler des choix et définir ainsi la ligne stratégique de la Charte du Schéma régional (le scénario EFG).

• Hypothèses d’évolution et enjeux La construction de scénarios pour le Limousin à un horizon de vingt ans repose sur une méthode qui croise et articule les résultats des travaux des groupes de travail et des éléments extérieurs d’expertise prospective. Des éléments de contexte internes et extérieurs ont ainsi été identifiés, et séparés en trois ensembles : le socle de tendances lourdes invariantes, les éléments de contexte extérieurs variables et les éléments internes variables. Les données de prospective invariantes, que chacune des pistes de scénarios proposées prend en considération au même niveau (mais auquel chaque scénario peut répondre par des adaptations différentes, en fonction des choix politiques qui seront faits en Limousin), sont internationales ou nationales, mais ont toujours des traductions limousines. On citera par exemple l’augmentation du nombre de ménages et du besoin en logements, la recherche d’un équilibre entre projet professionnel et projet de vie, la mondialisation de l’économie, la réorientation de la PAC actuelle, le réchauffement climatique, la baisse des marges de manœuvre budgétaires publiques et la multiplication des usages des TIC. Chaque esquisse de scénario présentée ci-après prend par ailleurs en compte des données variables du contexte extérieur, aux contours différents de scénario à scénario. Ce sont les données de prospective pour lesquelles il n’existe pas en l’état de certitude – ou de consensus – sur les évolutions à vingt ans. Intégrées dans les combinaisons d’hypothèses, elles contribuent à caractériser les scénarios les uns par rapport aux autres. Par exemple, les possibles devenirs de l’Europe économique et politique, de l’agriculture ou encore de l’avancement de la décentralisation en France ont été pris en compte. Enfin, restent les variables internes, celles sur lesquelles peuvent peser les acteurs régionaux. Parmi celles-ci, les scénarios présentés jouent sur les variations concernant entre autres l’accueil des hommes et des activités, la maîtrise foncière, l’intermodalité des transports et la coopération entre territoires. Ce travail par les groupes de travail thématiques d’identification de variables a été suivi de la construction d’hypothèses thématiques. Les groupes de travail ont produit chacun, sur le thème qui les concernait, trois hypothèses distinctes, telles qu’énoncées dans le tableau ci-dessous : Thèmes des groupes

Les hypothèses thématiques à l’horizon 2027

Démographie et société

Une société fragile dans un espace démographique dynamique

La solidarité organisée au niveau régional

Economie

L’économie résidentielle

L’affirmation de secteurs industriels

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Développements différenciés et solidarités essentiellement locales (balkanisation ou archipellisation) L’économie de la connaissance


Une région d’équilibre, cohérente et solidaire, qui joue la complémentarité de ses territoires L’insouciance énergétique

Territoire Climat et énergie Gouvernance, identité et image

La région modèle de gouvernance

Des territoires « autonomes » avec une faible coopération Une adaptation « à minima » Une coopération institutionnelle laborieuse et palliative

La campagne résidentielle généralisée La région dynamique « Facteur 4 » Des territoires concurrents qui favorisent illisibilité et incohérence

Cela a permis de mettre en relief les mutations importantes du Limousin, ses enjeux et des points de vigilance particuliers. On peut ainsi citer : -

en termes démographiques et sociétaux : la reprise fragile de la démographie, dépendante des migrations, le déséquilibre persistant rural/urbain, le vieillissement continu, la sensibilité des territoires ruraux aux phénomènes de précarité, l’évolution de l’usage et de l’utilisation des TIC, l’importance de la mobilité, des temporalités difficiles à concilier surtout pour les couples bi-actifs…

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en termes territoriaux : la persistance de l’étalement urbain et de la dispersion de l’habitat dans l’espace rural, la difficile gestion du foncier, l’impact de la réorientation de la PAC sur les territoires, la gestion de l’espace et les paysages, le difficile maintien d’une couverture en services de base, les conflits d’usage dans le rural, le besoin en logements, la nécessité de clarifier le maillage du territoire et de renforcer la cohésion territoriale…

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en termes économiques : l’importance des pôles de compétitivité et de l’économie de la connaissance, l’arrivée à l’âge de la retraite de nombreux chefs de TPE et PME, le potentiel de l’économie présentielle et de l’économie sociale et solidaire, l’adaptation de l’appareil de formation aux nouveaux métiers.

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en termes climatiques et énergétiques : le réchauffement climatique, l’augmentation du coût de l’énergie, une production exponentielle des déchets, une vulnérabilité en matière d’eau et de biodiversité…

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en termes institutionnels : la baisse des marges de manœuvre budgétaires publiques, la multiplication des niveaux de décision, une revendication croissante de participation et transparence entre acteurs, le niveau de décentralisation …

Un croisement entre les hypothèses a permis de formaliser des pistes pour quatre scénarios.

• 4 scénarios -

les partis pris d’élaboration des scénarios

Les scénarios sont des images possibles du Limousin de 2027, spatialisées. En aucun cas ils n’ont de valeur prédictive. Pour les rendre plus aisément compréhensibles, les images retenues peuvent être parfois caricaturales. Elles permettent de mettre en évidence les contraintes prévisibles et/ou possibles, d’identifier des marges de manœuvres, des leviers. L’exercice des scénarios n’a pas pour objet de prédire l’avenir, mais bien d’imaginer des futurs possibles. Pour les acteurs locaux, l’intérêt est d’évaluer leur faisabilité, leur coût tant financier qu’humain : le parti pris retenu a donc été de faire varier essentiellement les conditions internes, en essayant toutefois de déterminer pour chaque scénario sa dépendance aux variables externes.

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Les ruptures majeures (de type conflit armé, crise économique majeure etc.…) ont été délibérément écartées devant l’impossibilité de les identifier et, a fortiori, de les traiter. En termes de contenus, tous les scénarios présupposent une poursuite du regain démographique, et un renforcement du rôle des villes.

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les scénarios

Spatialisation des hommes en 2027 Scénario A

Scénario B

Une région d’équilibre

Une région multipolaire, peu coopérative

Peuplement 1999 Sce INSEE

Bellac Guéret Limoges

Aubusson Ussel Tulle

Brive-laGaillarde

Scénario C La diffusion des hommes et des activités

Densité de population (hab/km²) 100 et plus 90 - 100 80 - 90 70 - 80 60 - 70 50 - 60 40 - 50 30 - 40 20 - 30 moins de 20

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Scénario D Des pôles urbains actifs, une campagne ressource et récréative


Scénario A : Une région d’équilibre « Des dynamiques territoriales convergentes » Les acteurs limousins mettent à profit un contexte extérieur favorable pour développer ensemble les atouts de la région qui sont mis au service de tous les territoires. Descriptif détaillé : Les acteurs limousins et particulièrement leurs collectivités ont su définir ensemble un projet de solidarité territoriale. Au-delà de leurs divergences, ils sont parvenus à définir quelques grands objectifs et à se répartir les opérations à mener, aboutissant à renforcer le maillage territorial, organisé autour de pôles urbains dynamiques et d’un réseau de bourgs structurants, aux fonctions clairement hiérarchisées. Fort de ce positionnement, le Limousin a progressivement trouvé sa place dans le concert des régions françaises voire européennes, soutenant le rôle de sa métropole et jouant les complémentarités des territoires. La coopération entre territoires a permis d’éviter les concurrences économiques improductives, et de développer les différents secteurs économiques en parallèle : une agriculture de qualité et performante en termes de développement durable (bio, circuits courts…), une économie de la connaissance qui a su émerger dans quelques pôles, la poursuite du développement de l’économie résidentielle et touristique, la très forte émergence de l’économie du vieillissement et la structuration du secteur de l’économie sociale et solidaire. Les partenariats public-privé se sont également développés. Accompagné par des systèmes de solidarité organisés au niveau régional, ce développement économique profite à la plus grande part du territoire régional. La réflexion sur les fonctions urbaines et la relation rural-urbain, a permis de redéfinir les cartes des répartitions des services, et de repenser leur accessibilité, répondant ainsi de manière différenciées selon les territoires, et proposant des solutions variées aux populations : non pas « tout partout », mais ce qu’il faut, là où il le faut. Cet important travail permet de trouver progressivement des réponses aux conflits d’usage, lié à une re-densification du territoire. L’attractivité de la région se maintient avec l’arrivée de jeunes actifs. La population se répartit de façon plus homogène sur le territoire, aidée par une organisation des transports et des déplacements privilégiant l’intermodalité. La société limousine, poussée par des contraintes énergétiques fortes, aidée par un climat de confiance et les coopérations entre acteurs, a vite cherché à s’adapter au changement climatique. Stratégies des acteurs : - Une gouvernance organisée au niveau régional (redistribution, instances de débat, expérimentations) - Une forte coopération entre les différents territoires - La valorisation des réussites, culture de la transparence Eléments de contexte extérieur facilitant le scénario : * Une Europe dynamique structurée autour de ses régions * Une décentralisation achevée et favorable aux initiatives locales * Un contexte économique favorable, qui permet de réguler les disparités sociales Forces et faiblesses du scénario : Le point fort réside dans la notion de « solidarité territoriale organisée » ; l’assise du scénario sur les coopérations régionales et autres formes de gouvernance devrait lui permettre de résister aux crises. Au titre des faiblesses, il faudra être attentif : - à la capacité de l’agriculture de se transformer suite à l’abandon de la PAC, et à l’impact de cette mutation sur la structuration du territoire - au fait qu’une bonne coopération entre territoires ne présage pas de la solidarité entre les groupes et les personnes.

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Scénario B : Une région multipolaire, peu coopérative « Le Limousin des bassins de vie » Plusieurs territoires, bien structurés autour d’un pôle, continuent d’attirer les hommes et les activités ; les fruits du développement leur reviennent en priorité. La faible coopération entre acteurs et les positions défensives et concurrentielles des territoires ne permet pas aux moins dynamiques de partager cette croissance. La « balkanisation » est en marche*.

Descriptif détaillé: Les territoires du Limousin ont développé des stratégies concurrentes pour optimiser leur chance de développement. Collaboration et coopérations ne sont guère de mise, chacun cherche d’abord à développer son propre secteur, se préoccupant peu du devenir de ses voisins. Dans ce contexte, les territoires les mieux organisés et les plus dynamiques, possédant déjà d’importantes aménités et très volontaires pour un développement local, enregistrent de belles réussites. Malgré des initiatives ponctuelles, l’acteur régional n’est pas parvenu à assurer la cohérence du Limousin, confronté à la disparité de ses territoires et au manque de coordination. Les moteurs du développement sont diversifiés mais limités et fortement polarisés. Les agglomérations concentrent les fonctions stratégiques et les pôles structurants jouent leur rôle sur leur territoire. Le développement des TIC participe du développement des territoires (via le télétravail par exemple). Ce fonctionnement organisé à l’échelle des bassins de vie a également eu des conséquences sur la capacité des acteurs à s’emparer des enjeux : la prise en compte des ségrégations, la lutte contre le changement climatique, l’équilibre entre rural et urbain, l’étalement de l’habitat ou l’organisation des transports n’ont ainsi pas pu faire l’objet de politiques publiques coordonnées et efficaces. Stratégies des acteurs : - Faible capacité de gouvernance à l’échelle régionale - Des stratégies de développement pensées à l’échelle des bassins de vie, une gouvernance locale, et une faible coordination des stratégies entre les territoires - Une logique de polarisation des activités Eléments de contexte extérieur facilitant le scénario: Une décentralisation favorable aux territoires locaux ou non aboutie Forces et faiblesses du scénario : En cas de choc économique, la polarisation risque de faire prendre du retard par rapport aux autres régions à plus forte cohésion : la région aurait une plus faible capacité à faire face (faible coopération au niveau régional) ; l’effondrement d’un secteur économique sur un territoire par exemple ne pourrait pas facilement être compensé par un système de solidarité régional. A contrario, l’organisation en bassins de vie autonome est favorable au développement de circuits courts, sous réserve que le Limousin attire toujours des populations en nombre suffisant pour constituer des marchés locaux rentables.

* La notion de « balkanisation » (territoires en position défensive et concurrente) s’oppose à celle d’« archipellisation » (bassins distincts mais coopérants sur des projets définis), qui, dans ce scénario, reste ponctuel.

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Scénario C : La diffusion des hommes et des activités « La qualité de vie, facteur d’attractivité » L’attractivité du Limousin se poursuit et la campagne résidentielle se généralise. Elle se traduit par un phénomène d’étalement important, à partir des grands axes, qui n’est pas sans incidences sur la gestion de l’espace et des paysages.

Descriptif détaillé: Dans une Europe de plus en plus dense, le Limousin a misé sur ses ressources en espaces naturels et sur son taux d’équipement pour attirer de nouveaux arrivants. Une politique d’accueil très volontariste et ambitieuse a ainsi été menée à différentes échelles par les acteurs du territoire. Elle est appuyée par la dynamique métropolitaine, un niveau satisfaisant d’équipement et de services sur le territoire, et une forte politique touristique. La région joue beaucoup de son image de marque de territoire à haute qualité de vie. Les nouveaux résidents sont plutôt des retraités. Leur présence a entraîné la création d’activités de services aux personnes (économie résidentielle), puis le développement de petites entreprises de production, ce qui a permis le maintien et l’arrivée de jeunes ménages dans les espaces ruraux les plus attractifs. Ces derniers répondent à la demande de ces nouveaux habitants, orientée vers le modèle « maison individuelle – jardin - voitures », fortement consommateur d’espace. Les outils de gestion du foncier, trop lourds et contraignants, sont peu mobilisés, et la cohérence à grande échelle n’est pas recherchée. Le lien social, encouragé par des politiques et la présence de retraités actifs et de jeunes ménages qui participent au développement de l’économie sociale et solidaire, connaît quelques défaillances. Les habitants cherchent en effet à se regrouper « entre soi », les arrivants, d’horizons divers, plébiscitent aussi le calme dans une maison isolée. L’implication des Limousins n’est pas évidente, les instances de participation, qui n’ont pas investi le « cyberespace » (pourtant développé), se réduisent à quelques conseils de développement dynamiques, surtout le fait de professionnels et d’associations. Ce scénario génère des conflits d’usage, les activités économiques, de loisirs, d’habitat et de protection de la nature se disputant le sol. Face à l’incapacité des pouvoirs publics de réguler ces conflits, la judiciarisation se généralise. La hausse des mobilités infrarégionales et le développement de l’habitat individuel pèsent sur la qualité de l’environnement (pollution, consommation importante d’espaces naturels, banalisation des paysages, perte de biodiversité…). Stratégies des acteurs : -

Des stratégies de développement basées sur l’attractivité résidentielle et touristique La poursuite de politiques d’accueil ambitieuses et volontaristes La constitution d’une véritable image de marque limousine Faibles coopérations entre territoires

Eléments de contexte extérieur facilitant le scénario: * La poursuite de l’attrait pour le rural * Un contexte énergétique faiblement contraignant Forces et faiblesses du scénario : A l’atout de la forte densité de population répondent un problème de gestion du foncier et des risques forts d’une ségrégation spatiale, sociale, fonctionnelle (centres-villes) et générationnelle. En termes de résistance face aux variables extérieures, le scénario est fragile vis-à-vis du prix de l’énergie et du foncier. Le fait qu’il repose sur l’économie résidentielle peut quant à lui à la fois être considéré comme une faiblesse (elle dépend, plus que d’autres, de la bonne santé générale de l’économie et du maintien des systèmes de redistribution sociaux) et comme une force (elle ne subit pas les délocalisations et fluctuations du marché mondial).

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Scénario D : Des pôles urbains actifs, une campagne ressource et récréative S’appuyant sur des zonages précis, le Limousin est engagé vers une partition entre des villes bien équipées, agréables à vivre, qui concentrent les activités, les services, les hommes, et une campagne restituée principalement à la nature et aux activités touristiques liées. Descriptif détaillé: Seuls les espaces les plus dynamiques et les mieux desservis ont pu se développer. Appuyé par des dispositifs efficaces et coordonnés (aides publiques, outils de planification, projets d’infrastructures…), le développement économique et résidentiel est orienté vers les espaces urbains et les secteurs les plus densément peuplés. Cette politique volontariste s’est accompagnée d’une forte maîtrise de l’étalement urbain, de programmes d’habitat et plus généralement d’une attention toute particulière à la qualité de vie en ville (espaces verts, transports collectifs, déplacements doux, gestion des temps rythmes de vie, services de proximité…), qui ont accompagné le retour des populations rurales et périurbaines vers les centres. Ceci est particulièrement valable pour les personnes âgées, nombreuses du fait d’un vieillissement prolongé de la population. Les agglomérations de Limoges et Brive-Tulle jouent clairement un rôle de locomotive régionale, et travaillent dans un réseau de métropoles organisé. Cette concentration et le développement du travail en réseaux dynamisent l’économie, notamment celle de la connaissance. Le secteur des services à la population et de l’économie résidentielle a baissé, entraînant un recul de l’attractivité des espaces ruraux. Ceux-ci ont globalement continué à perdre de la population, pour stagner au niveau du rural isolé d’aujourd’hui, mais c’est surtout le périurbain éloigné qui a perdu en densité relative. Parallèlement l’affirmation d’enjeux environnementaux forts aux niveaux international et européen a mobilisé ces espaces ruraux pour la maîtrise de l’environnement. Dans ce cadre, les acteurs ruraux (publics et privés, agriculteurs et autres) deviennent peu à peu des producteurs de biens et services environnementaux. Un zonage précis des campagnes leur permet de se partager les vocations d’espaces naturels protégés de grande qualité, de production, principalement agricole et forestière, et de loisirs. Cette campagne récréative se compose d’espaces de proximité correspondant aux loisirs des urbains proches, de quelques espaces d’attractivités spécifiques, aménagés, et d’un tourisme « vert » plus diffus. Cette partition limousine est favorable à la baisse des migrations alternantes, qui est un souhait fort des habitants, qui se sont saisis des enjeux du changement climatique et ont ainsi modifié leurs comportements. Cet engagement est nourri par des politiques favorisant la participation et l’implication des citoyens limousins, dont le fort développement des conseils de quartiers ou de la "e-démocratie" est un exemple. Stratégies des acteurs : - Une gouvernance volontariste qui soutient en priorité les espaces urbains, doublée d’une forte protection des espaces naturels - Une forte coopération entre les territoires urbains et un partage de compétences clair - Un zonage précis du territoire régional Eléments de contexte extérieur facilitant le scénario: * Une Europe des métropoles * Une politique urbaine pertinente * Des politiques environnementales fortes aux niveaux international et européen Forces et faiblesses du scénario : Du fait d’un regroupement des activités, les investissements publics sont plus performants. D’un autre côté, rendre les villes vraiment durables dans un contexte de densification demande de grands travaux d’urbanisme et une politique volontariste de l’habitat (notamment social). Et la mise en œuvre de ce scénario peut rencontrer des résistances fortes de la part des populations. En termes de résistance face aux variables extérieures, ce scénario est très sensible aux crises urbaines et aux variations des prix du foncier en ville. Il suppose également que le phénomène des migrations vers le rural s’épuise ou puisse être régulé, et que le Limousin peut être attractif « sans le rural ». Il possède par contre des atouts vis-à-vis d’une crise énergétique ou climatique.

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la lecture critique des scénarios

Les quatre scénarios sont le produit de l’assemblage des différentes hypothèses formulées par les groupes de travail. Ces quatre scénarios sont plausibles, chacun est tendanciel avec une dominante plus ou moins marquée. Ils reflètent en effet des évolutions structurelles (économiques, sociétales, territoriales, organisationnelles, etc.), plus ou moins prégnantes. Ces quatre scénarios ont fait l’objet de nombreuses discussions pour conduire à une synthèse opérante dans le cadre de l’élaboration de l’avant-projet de charte. Parmi ces quatre scénarios, le B et le C contiennent trop d’éléments ‘’repoussoirs’’ pour constituer une base acceptable de travail. L’absence de coopération, la concurrence entre les territoires, l’absence de stratégie globale dessinent ainsi un scénario B globalement peu efficient. Le scénario C est discrédité par l’absence de gestion de l’espace et ses conséquences sur l’environnement et les paysages que génère à terme la diffusion non raisonnée des hommes et des activités, il est par ailleurs très coûteux. Ces deux scénarios contiennent néanmoins des éléments à retenir, que sont l’idée de multipolarité du scénario B et la politique d’accueil volontariste du scénario C, celle-ci gagnant à être mieux maîtrisée. Les scénarios A et D, quant à eux, sont nettement plus volontaristes mais ne sont pas exempts de critiques. Le scénario A est jugé ambitieux, idéal voire idéaliste, peutêtre « trop beau pour être vrai », et ne contenant pas de vrais choix : contenter tout le monde et donc ne pas trancher obère toute stratégie. Le scénario D, bien que reflétant un tendanciel lourd, ambitieux dans ses choix de développement recentré sur les agglomérations et efficace en termes de politiques publiques, est porteur de risque pour le monde rural qui pourrait atteindre des niveaux critiques de peuplement et de cohésion. Une synthèse des éléments majeurs de ces scénarios, qui reste dans les limites du réaliste tout en répondant aux grands enjeux du Limousin a ainsi été rédigée : ce scénario prend le nom de « EFG », comme Équilibre, Forces et Gouvernance.

• Le scénario EFG, une vision volontariste du Limousin à 20 ans Une région d’Equilibre, s’appuyant sur ses Forces, modèle de Gouvernance Descriptif détaillé: À partir d’une vision partagée du territoire régional et de son devenir, les collectivités limousines ont défini et adopté un Pacte territorial qui clarifie l’intervention de chacun sur des projets structurants pour le territoire et permet de surmonter les concurrences improductives. Le nombre de chantiers ouverts, volontairement limité, a permis de concentrer et de mutualiser les efforts sur quelques grandes priorités et donc d’optimiser les ressources disponibles. Les résultats en sont aujourd’hui visibles en termes d’infrastructure et de transport (LGV et intermodalité, des zones d’activité référencées au niveau européen, couverture TIC), d’accès aux services (réseau de pôles structurants qui irriguent le territoire rural), ou de développement économique (zones touristiques clairement identifiées qui ont fait l’objet d’actions ciblées et coordonnées, économie de la connaissance concentrée sur les pôles universitaires et scientifiques, renforcement de l’économie sociale et solidaire). Le Limousin est renforcé par ces coopérations, il acquiert une visibilité et une image plus positive au niveau européen. Dans ce contexte, les agglomérations ont continué de se développer fortement et assurent le rôle de locomotive régionale : population, emplois et services de haute qualité se concentrent dans les espaces urbains. Cette concentration dans les espaces

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urbains et le développement du travail en réseaux au niveau national dynamisent l’appareil productif, notamment l’économie de la connaissance et du vieillissement. Une politique volontariste d’accueil de nouvelles populations nécessaires au renouvellement de la main d’œuvre et de maîtrise de l’étalement urbain a accompagné cette croissance forte, une attention toute particulière est portée à la qualité de vie en ville (espaces verts, transports collectifs, déplacements doux, gestion des temps - rythmes de vie, services de proximité). Sous l’impulsion des acteurs publics, un réseau de pôles structurants dynamiques s’est constitué, assurant à leur bassin de vie une bonne couverture en services et équipements de proximité, bien relayé par le maillage d’infrastructures notamment en termes d’usages et de services des TIC. Organisés autour de ces pôles structurants, les territoires ruraux ont concentré leurs efforts de développement sur les atouts propres de leur territoire, en cohérence avec les priorités d’intervention définies au niveau régional. L’affirmation d’enjeux environnementaux forts aux niveaux international et européen a mobilisé des espaces ruraux pour la maîtrise de l’environnement à la faveur notamment des anticipations de l’évolution de la PAC. Dans ce cadre, les acteurs ruraux deviennent peu à peu des producteurs de biens et services environnementaux, le spectre de la friche généralisée est oublié. La définition des fonctions territoriales dominantes des territoires, en particulier ruraux, permet de se partager les vocations d’espaces naturels protégés de grande qualité, de production, principalement agricole et forestière, et de loisirs. Cette campagne à vocation plus récréative se compose d’espaces de proximité correspondant aux loisirs des urbains proches, d‘espaces d’attractivités spécifiques, aménagés, et d’un tourisme « vert » plus diffus. La concentration d’activités et de populations sur le maillage de pôles urbains structurants permet aux agriculteurs de valoriser une partie de leurs productions. Ce développement équilibré entre espaces urbains et espaces ruraux tire sa robustesse des complémentarités et des solidarités qui ont été affirmées et assumées, des instances d’observation et de concertation garantissent le respect de ces équilibres. Cette dynamique de travail en commun, comme le développement des partenariats publicprivé, par la confiance et le poids qu’elle donne aux acteurs limousins, se double vite d’une logique d’ouverture, avec des coopérations renforcées avec les régions voisines et une forte implication des citoyens dans la vie publique, notamment par les nouveaux moyens offerts par les TIC. Cette dynamique s’incarne tout particulièrement dans la recherche du facteur 4 : la société limousine, poussée par des contraintes énergétiques fortes et aidée par un climat de confiance et les coopérations entre acteurs, a en effet vite cherché à s’adapter au changement climatique, en particulier par la maîtrise des transports au travers d’une organisation efficace.

« EFG », une synthèse volontariste qui fixe l’horizon à 20 ans du Limousin. Le scénario « EFG » prend en compte les enjeux essentiels pour l’avenir du Limousin, il propose des modes d’intervention propres à assurer la cohésion sociale et territoriale. La large concertation qui a accompagné la finalisation de la Charte n’a pas remis en cause cette vision volontariste du Limousin en 2027, mais elle a permis de préciser certains aspects du développement souhaité, notamment pour les territoires ruraux où l’accent doit être mis sur l’importance du maintien d’une bonne qualité de vie en assurant un niveau de service satisfaisant, en particulier en matière de transport. L’assise économique de ces territoires fragiles doit être renforcée, et la vocation d’espace de production peut également prendre consistance par le développement de la production d’énergie renouvelable et plus généralement de la valorisation de la ressource. D’autre part, EFG propose des priorités et des modes d’intervention nouveaux au service de la réalisation des cinq finalités du développement durable auxquelles le triptyque Équilibre, Forces et Gouvernance fait écho favorablement.

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Forces et Équilibre s’expriment notamment au travers du maillage territorial, avec la reconnaissance du fait urbain en Limousin et de son rôle moteur. Les agglomérations se développent fortement, elles concentrent emplois, services, et fonctions métropolitaines à fort effet d’entraînement. La recherche d’équilibre territorial est affirmée au travers du soutien aux pôles structurants (ou pôles d’équilibre) et du réseau qu’ils constituent, ils irriguent l’espace rural en emplois, équipements et services de proximité. De même dans le domaine économique, la région a des forces clairement identifiées avec les pôles de compétitivités, leurs effets d’entraînement sont importants, dans les agglomérations notamment. C’est le renforcement de l’économie sociale et solidaire, comme le maintien d’un bon tissu artisanal et commercial dans le milieu rural qui permet d’assurer cet équilibre territorial. EFG met également l’accent sur l’urgence d’instaurer un développement durable, notamment en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique. Le Limousin n’est pas isolé, et sa taille modeste ne le met pas à l’abri des conséquences du réchauffement : il doit pouvoir prendre sa place dans les actions à conduire d’urgence au niveau national et international. Enfin, l’action publique est recentrée sur les aménités propres à chaque territoire, l’importance d’appliquer un nouveau mode de gouvernance à l’échelle régionale est réaffirmée : la coopération, la mutualisation, l’anticipation et la contractualisation doivent permettre de conjuguer les forces pour optimiser les résultats et améliorer la visibilité institutionnelle.

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3 – Trois défis, deux principes et une méthode : les fondements de la stratégie régionale Le projet de Charte propose des orientations stratégiques pour converger vers le scénario EFG, à échéance de 10 ans. Cette traduction opérationnelle des réflexions prospectives propose des objectifs et des actions à mener prioritairement pour atteindre ce Limousin futur. Le choix et la définition des objectifs proposés dans ce projet s’appuient sur les travaux des groupes prospectifs qui ont permis de mettre en évidence les grands enjeux régionaux, et d’imaginer leurs conséquences notamment au travers des différents scénarios envisagés. Sont ainsi apparues clairement trois ruptures majeures qui n’avaient pu être anticipées dans les termes où elles le sont aujourd’hui, trois changements par rapport à un passé récent et qui sont autant de défis pour l’avenir : la poursuite de la reconquête démographique, la prise en compte du réchauffement climatique, la nécessaire ouverture du Limousin dans le cadre de la mondialisation. Cette nécessaire inscription décomplexée dans la mondialisation, l’engagement pour le facteur 4 et l’impératif de poursuivre le développement de la région en s’appuyant sur une démographie plus dynamique a fait consensus durant les rencontres partenariales et territoriales. Avec « EFG », les impératifs d’efficacité et de solidarité s’expriment au travers de deux principes : s’appuyer sur nos forces, d’une part, et la recherche d’équilibre territorial et social d’autre part. Enfin, la mise en œuvre des politiques publiques s’opère en recherchant une meilleure coordination et coopération des acteurs, notamment au travers d’un pacte territorial. Les deux principes, comme la méthode proposée, a également globalement fait consensus pendant la phase de concertation.

• Les trois défis 1. Amplifier le regain démographique : Le constat relevé dans les récentes analyses démographiques effectuées par l’INSEE est celui d’un regain démographique, durable mais peu élevé, qui situe aujourd’hui le Limousin au 6ème rang des régions françaises pour son attractivité. Sachant la fragilité de ce renouveau, il s’agit de s’employer à conforter et à amplifier ce mouvement qui repose essentiellement sur un solde migratoire positif. Les orientations proposées pour relever ce défi, au-delà d’une politique d’accueil et de prospection de nouvelles populations, développent trois objectifs : rendre le territoire plus attractif, contribuer à l’épanouissement humain et renforcer ses bases économiques. 2. Affronter le défi énergétique et climatique dans le respect des engagements de réduction de GES (Gaz à Effet de Serre) dans l’optique du Facteur 4 : Le réchauffement climatique et l’enchérissement des énergies fossiles constituent des ruptures majeures qui nécessitent l’implication de tous. Le Limousin doit prendre sa part à ce qui constitue certainement un des plus grand défi mondial que l’humanité ait à relever au XXIème siècle. Plus largement, il s’agit d’inscrire l’action de la Région dans la perspective du Développement Durable : le Limousin dispose dans ce domaine de solides arguments, liés au caractère « préservé » de son territoire et la qualité de son cadre de vie, à sa taille qui favorise la proximité des hommes, ou aux initiatives multiples. 3. Affirmer un Limousin ouvert, connu et reconnu, l’inscrire dans la mondialisation : Il s’agit là autant de l’ouverture du territoire dans ses composantes physiques (infrastructures) que dans ses pratiques humaines : propension à l’accueil, esprit d’ouverture, mais aussi développement des partenariats ou des coopérations 15


interrégionales. Il s’agit de rendre le Limousin ouvert, et donc visible au plan national et européen. La mondialisation est un fait, si elle est porteuse de menaces, elle présente aussi des opportunités réelles pour notre région, l’ouverture et le volontarisme est plus efficace que le repli sur soi pour tirer parti de ces opportunités. Ces trois défis ne sont pas indépendants les uns des autres, ils interfèrent positivement entre eux, se nourrissent et répondent favorablement aux cinq finalités du développement durable qui structurent cette charte : - épanouissement humain et accès pour tous à une bonne qualité de vie - préservation de la biodiversité, protection des milieux et ressources - lutte contre le changement climatique et protection de l’atmosphère - cohésion sociale et solidarité entre les territoires et entre générations - dynamique de développement selon des modes de production et de consommation viables. Ces trois défis constituent l’armature du projet de Charte. Ils sont déclinés en priorités et en objectifs, qui eux-mêmes répondent à deux principes : la recherche d’équilibre et la valorisation des forces des territoires.

• Les deux principes d’action - Le principe de la valorisation de nos forces : sociétales, territoriales, économiques et environnementales - forces sociétales : la principale force du Limousin repose sur les femmes et les hommes qui le composent. La confirmation du regain démographique, le dynamisme migratoire, la prise en charge du vieillissement de la population, l’attention face aux risques d’exclusion, la qualité de vie dans notre région, le dynamisme associatif sont autant d’atouts à mettre en valeur pour la région. - forces territoriales : en affichant clairement les agglomérations comme locomotives du développement régional et les pôles structurants ou d’équilibre comme moteurs du développement rural, le Limousin hiérarchise et fortifie son maillage territorial. - forces économiques : le Limousin a des atouts reconnus (pôles de compétitivité, filières d’excellence, dispositif de formation, université, présence forte de l’économie sociale et solidaire, tissu de TPE/PME…) et des potentialités (économie résidentielle, économie de la connaissance…) sur lesquels il appuie son développement économique. - forces au plan de l’environnement et du cadre de vie : le Limousin renforce les qualités environnementales et paysagères de son espace et s’inscrit dans l’objectif « Facteur 4 ». Il garantit ainsi au plan européen son caractère d’espace préservé et bien équipé, gage de qualité de vie, et facteur déterminant de son attractivité.

- Le principe de recherche d’équilibre La valorisation des forces des territoires ne peut être maximisée au niveau régional que si elle s’accompagne d’une recherche d’équilibre, d’une reconnaissance de la complémentarité des territoires, seul gage de la cohésion sociale et territoriale. Agglomérations et territoires ruraux ont de plus en plus conscience que leurs intérêts peuvent être complémentaires : reconnaître les agglomérations comme locomotives du développement régional doit avoir des répercussions positives sur le monde rural par les effets d’entraînement induits; inversement, l’attractivité maintenue des zones rurales ne peut que conforter les pôles urbains les plus dynamiques.

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• La méthode proposée : le pacte territorial La concertation, et notamment la rencontre avec les territoires de projet, a largement relayé ce souhait d’une gouvernance exemplaire au travers du pacte territorial. Anticiper, jouer des complémentarités entre les acteurs, mutualiser, collaborer et choisir ensemble les domaines d’intervention prioritaires sont gage d’efficacité collective et de rationalité dans l’intervention publique. La taille de la région incite à réunir ses forces dans une ambition commune : le Limousin a encore plus besoin que les autres régions de cette solidarité interne. Cette méthode de gouvernance partagée est une réponse possible à la baisse des marges de manœuvre financières des acteurs publics. C’est aussi, compte tenu de l’image très positive que cette contractualisation peut véhiculer, un vecteur puissant d’une notoriété forte, exemplaire, au service de l’attractivité de la région. Dans un contexte de baisse des marges de manœuvre financières des collectivités, cette charte de gouvernance est source d’économie ; par la mutualisation, elle peut permettre d’atteindre des niveaux d’intervention plus efficaces pour des projets structurants, favoriser les mises en réseau, les partenariats public-privé et contribuer à leur meilleure visibilité extrarégionale

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4 – Les trois défis et leur déclinaison • Le défi démographique « Amplifier le regain démographique » Accueillir davantage et s’en donner les moyens en conservant un territoire attractif, solidaire, où la qualité de vie, la grande qualité environnementale et le dynamisme d’une économie qui investit sur le capital humain sont facteurs d’attractivité. Le développement actuel et futur du Limousin repose sur le solde migratoire, qui si les tendances observées aujourd’hui se poursuivent, génèrera une croissance de population estimée à 2% pour 2030. Cette croissance, qui rompt avec le déclin des années précédentes, est porteuse d’espoir, bien qu’inférieure à la moyenne nationale. Elle est néanmoins encore insuffisante pour faire face aux déséquilibres géographiques et aux conséquences du vieillissement de la population limousine. La priorité est donc de permettre aux jeunes Limousins de rester, mais aussi d’accueillir de nouvelles populations à un niveau nettement plus important que celui observé aujourd’hui. Cela implique de développer l’accueil par des démarches de prospection, notamment en direction des actifs et des jeunes ménages, et de l’accompagner par un renforcement de la capacité d’accueillir des territoires. Cette prospection ne peut se baser que sur une attractivité effective du territoire limousin : il s’agit de la renforcer, avec pour arguments les possibilités d’épanouissement personnel, un dynamisme économique s’appuyant sur les Limousins et une qualité de vie sur tous les territoires.

Le Limousin doit tout d’abord être capable d’offrir à tous ses habitants les conditions de leur épanouissement, ce qui se traduit aussi localement par des territoires dynamiques et bien équipés. L’accès à la connaissance et à la culture est un exemple : permettre à chacun de voir des spectacles mais aussi d’en créer, développer la formation tout au long de la vie ou encore rendre les usages et services des TIC accessibles à tous profite aux habitants et au territoire. La culture, outre son impact en termes d’image et de développement économique, génère également du lien social, d’autant plus primordial en Limousin que le vieillissement de la population, l’isolement géographique et l’arrivée de nouveaux habitants (d’autres régions et pays) sont des facteurs de risques d’exclusion. Pour se prémunir de ces risques, il s’agit de favoriser le mieux-vivre ensemble et les solidarités locales, développer les échanges et la communication entre les Limousins, prévenir et lutter contre l’isolement et assurer une place à toutes les générations. Il y a place ici pour l’innovation, l’imagination et l’expérimentation. Parmi les outils mobilisables, les associations, qui génèrent une dynamique sociale et sont terreau de citoyenneté, sont à encourager. L’implication de la société civile doit être favorisée par la recherche accrue de transparence dans l’information, et le développement d’outils spécifiques de concertation et de participation. Les services et les loisirs sont le premier secteur concerné par cet objectif d’épanouissement des Limousins dans des territoires vivants. Leur accès ne pourra pour autant jamais être aussi facile en zone rurale qu’en agglomération ; les solutions se trouvent plus dans la mutualisation et la souplesse (aménagement d’horaires, itinérance, services sur les lieux de travail, télétravail…) que dans l’équipement systématique, non viable économiquement. De fait, l’expérimentation est à encourager afin de trouver les solutions les plus efficientes pour améliorer l’accès et la qualité des services aux personnes. 18


Pour que cette vitalité soit alimentée par l’installation de nouveaux habitants, l’offre de logement est un argument décisif : le parc de logements limousin doit pouvoir permettre l’accueil et le maintien de population dans de bonnes conditions, ce qui signifie mieux répondre aux attentes actuelles et se préparer aux exigences de demain. En termes de quantité, l’augmentation de l’offre de logements en milieu rural, principalement en locatif, est nécessaire. A destination aussi bien des familles que des jeunes, elle peut prendre la forme de logements sociaux, de logements collectifs attractifs en centre bourg ou d’acquisition-réhabilitation de logements vacants. En termes plus qualitatifs, des offres en logement collectif, structures intermédiaires et aménagements domotiques sont à imaginer pour s’adapter plus spécifiquement au vieillissement.

Le second pilier du regain démographique est l’emploi : tout ce qui nourrit le développement d’une économie dynamique, durable et innovante doit être renforcé. Favoriser l’accès à l’emploi, notamment des jeunes, ne peut pas, en Limousin, reposer que sur le seul emploi salarié « classique », les initiatives et la culture d’entreprendre doivent être des moteurs de l’économie régionale. De nombreux chefs de PME et TPE partent à la retraite, il est nécessaire d’anticiper la transmission et de former les salariés à leur possible investissement dans la reprise d’entreprise. La meilleure façon de préparer les plus jeunes à l’avenir pour maintenir l’activité sur le territoire est de développer la culture du projet et la culture d’entreprendre. Les nouveaux métiers, les nouvelles organisations et formes de gouvernance d’entreprises, comme l’économie sociale et solidaire, doivent être favorisées. L’importance du capital humain se vérifie aussi dans le besoin accru de recentrer l’aide aux entreprises sur des services aux entreprises, et notamment sur l’immatériel. Cela signifie par exemple soutenir l’ingénierie d’organisation et de commercialisation, la gestion des ressources humaines, une définition plus systématique des stratégies d’évolution des entreprises, et développer les usages et services des TIC pour les entreprises. Finalement, placer l’homme au cœur du développement des entreprises et le considérer comme le moteur de l’économie c’est faire confiance à la principale ressource du Limousin : les Limousins eux mêmes. Pour cela toute l’offre de formation doit être au service du développement économique de la région, le travail des femmes encouragé, et l’orientation des jeunes plus personnalisée, adaptée aux territoires (qualifications, secteurs d’activité…). De plus, la responsabilité sociale des entreprises doit être favorisée, de même que la pluri compétence et la pluriactivité, dont les avantages ne concernent pas que le tourisme ou les sports, secteurs les plus cités en la matière.

Une organisation équilibrée du territoire est un autre gage d’attractivité : quand le maillage des équipements est pensé collectivement pour être optimisé, l’aménagement des communes maîtrisé, les patrimoines préservés, le territoire gagne en qualité. Cette ambition doit d’être portée sur tout le Limousin. L’organisation de l’équilibre régional passe tout d’abord par un maillage territorial qui fait référence pour la mise en œuvre des différentes politiques publiques, avec d’une part les agglomérations motrices, d’une autre les pôles structurants de l’espace rural (à définir collectivement et à faire évoluer dans le temps) et finalement un maillage de bourgs assurant les services de base. Parce qu’un développement efficace se doit d’être solidaire, cette hiérarchisation et cette approche différenciée des territoires est doublée d’une concertation et d’une recherche de complémentarité renforcée. Les principes de sélection (on fait ce que l’on sait le mieux faire et ce qu’il y a le plus besoin de faire) et de mutualisation (on partage les services en termes de coûts et de retombées) doivent guider l’action : on ne peut pas tout faire partout. Dans le domaine des infrastructures et transports, cela se traduit notamment

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par la coordination des autorités organisatrices de transport afin de mieux connecter les différents réseaux. Cet équilibre requiert finalement la maîtrise du foncier, collective elle aussi, nécessaire pour préserver un espace naturel de qualité mais fragile. L’actuelle dispersion de l’habitat est source de difficultés pour les communes qui éprouvent de fait de grandes difficultés à financer les équipements ruraux (raccordement aux réseaux, desserte de services) et adapter leurs services collectifs, notamment les transports en commun. Les communes doivent donc se donner les moyens de mieux maitriser leur espace en recourant plus systématiquement aux documents d’urbanisme. Pour une meilleure efficacité et cohérence, ces documents doivent être en lien et être élaborés à une échelle permettant de faire des choix stratégiques et d’atteindre des masses critiques, ce qui encourage les PLU intercommunaux par exemple. La recherche d’adéquation entre besoins et ressources en foncier doit permettre notamment de réserver les espaces nécessaires à l’agriculture, en restreignant la spéculation foncière qui agit au détriment de l’installation agricole. Cette maîtrise de l’espace est la condition de la valorisation des ressources environnementales, qui, avec les autres richesses patrimoniales « identitaires » sont constitutives d’un territoire de qualité où il fait bon vivre, donc accueillant.

Les objectifs à remplir pour répondre à ce défi sont ici repris et enrichis d’exemples de déclinaisons opérationnelles envisageables. Cette liste, qui reprend des propositions faites lors des rencontres partenariales et territoriales, est bien sûr non exhaustive.

Développer l’accueil et l’accompagner Organiser et développer les démarches de prospection des hommes et des activités • • • • • …

Mettre en place une stratégie de prospection Communiquer plus et de façon plus ciblée (étudiants, actifs, familles) Prioriser par filières, types d’activité Mener des démarches communes avec les régions voisines Professionnaliser les acteurs de l’accueil et proposer un interlocuteur unique d’accueil

Renforcer une offre d’accueil globale et adaptée aux territoires • • • • …

Généraliser les analyses de besoins sur les territoires Mettre en valeur les territoires pour les habitants, lutter contre l’auto-dénigrement Travailler ensemble pour proposer une offre globale (logement, services…) Proposer un document unique d’accueil

Organiser un territoire solidaire et attractif Organiser l’armature urbaine des bourgs structurants aux agglomérations • • •

Asseoir l’équilibre régional sur un maillage optimisé de pôles structurants dans les territoires, les organiser en complémentarités Développer les complémentarités et les mutualisations des territoires, appliquer les principes de sélection et de mutualisation Renforcer la qualité urbaine (valorisation paysagère des espaces publics, lutte contre les nuisances, réhabilitation de logements) 20


• • • • …

Renforcer les fonctions métropolitaines des agglomérations de Limoges et de Brive Mutualiser les réflexions sur l’aménagement de bourgs (valorisation du commerce et de l’artisanat, rénovation et amélioration de l’habitat) Rationaliser l’implantation des zones d’activité Renforcer la place de l’appareil de formation au service de la cohésion territoriale de la région (formations délocalisées, positionnement des antennes universitaires et de la Cité des Métiers…)

Lutter contre la dispersion de l’habitat et l’étalement urbain • • • …

Sensibiliser les acteurs locaux et les accompagner pour mobiliser les documents d’urbanisme (pédagogie et ingénierie), favoriser les échanges de bonnes pratiques et d’expériences entre communes Généraliser les documents d'urbanisme (Scot, PLU...) dans leurs usages et dans leur vision globale, favoriser les PLU intercommunaux Rechercher la cohérence entre les différents schémas de planification territoriale

Offrir des infrastructures et transports répondant aux besoins de mobilité des personnes et marchandises • • • • • • • • …

Faciliter le passage d’un réseau à un autre en créant des complémentarités entre les lignes (coordination des AOT régionales et interrégionales, billettique unique, pôles d’échanges, coordination des offres de transports en commun) Mettre en place des conférences des autorités organisatrices de transports Expérimenter le transport à la demande en rural Terminer la couverture haut débit du Limousin Adapter plus finement l’offre à la demande (meilleure connaissance des utilisateurs des transports, des déplacements en Limousin) Mettre en place un cadencement plus important ou des dessertes rythmées Coordonner les moyens de transport avec la future LGV Maintenir la qualité des infrastructures de transport

Préserver et valoriser la qualité des patrimoines naturels et culturels (paysage, eau, bâti, savoir-faire…) • • • • • • • …

Préserver une agriculture qui maintienne les paysages (favoriser les petites exploitations, l’installation de jeunes, la diversité des productions et leur valorisation) Favoriser la requalification du bâti en mettant en œuvre les chartes paysagères Valoriser les savoir-faire et productions "identitaires" (agriculture, métiers...) Intéresser les habitants à leur patrimoine pour le faire vivre Restaurer et maintenir la qualité des milieux aquatiques et naturels (cf. Directive Cadre sur l’Eau ) Améliorer la gestion des déchets Préserver la biodiversité

Offrir à chacun les conditions d’épanouissement dans des territoires vivants Renforcer le lien social et les solidarités locales par l’innovation sociale • •

Promouvoir le lien intergénérationnel, les actions intergénérationnelles (crèches et maisons de retraites, courses contre garde d’enfants…) et interculturelles (échanges de savoir) Soutenir le monde associatif (professionnalisation) 21


• • • •

Développer les lieux de sociabilité Développer des modes de citoyenneté et de participation, impliquer la société civile Lutter contre les exclusions Aménager la ville pour tous (personnes âgées, handicapés, jeunes enfants…)

Développer l’accès à la culture et à la connaissance • • • …

Soutenir la pratique d’activités culturelles et artistiques pour tous les publics, l’accès de tous aux spectacles, encourager la création Mettre la formation au service des hommes et des femmes de la région, développer les liens entre les acteurs de l’éducation Développer les usages et services TIC pour la population

Faire de l’habitat un atout pour la qualité de vie • • • • • …

Favoriser l’accès au logement pour les jeunes en milieu rural Adapter l’habitat au vieillissement de la population (petits logements collectifs pour les seniors, domotique, modularité) Favoriser l’acquisition-réhabilitation des logements vacants Proposer des logements collectifs attractifs en centre bourg Accompagner les efforts des acteurs régionaux en termes de politique de l’habitat

Offrir à tous les habitants un accès satisfaisant aux services et loisirs • • • • • • • • • • • • •

Encourager la mutualisation des services Encourager l’expérimentation pour améliorer les services aux personnes Permettre une couverture médicale suffisante (maisons de santé, maintien des médecins) Assurer la formation des personnels paramédicaux en adéquation avec les besoins des territoires Proposer des services aux actifs sur leurs lieux de travail Développer les formes de travail à domicile (télétravail, indépendants…) Encourager la souplesse des services publics (itinérance, complémentarité, mutualisation) Soutenir le commerce et l’artisanat en zone rurale Développer l’offre de services à la petite enfance (assistantes maternelles à domicile, crèches aux horaires souples, maisons de l’enfance…) Permettre le maintien à domicile des personnes âgées (domotique, accompagnement) Proposer des petits logements collectifs avec les services intégrés pour les personnes âgées, encourager les familles d’accueil Structurer l’offre de sport, la rendre plus visible et accessible (pistes cyclables vers les aménagements sportifs en périurbain), accentuer la communication sur cette offre toute l’année et en direction des Limousins Promouvoir les évaluations globales des services (impact social, territorial…) et les intégrer dans les réflexions d’aménagement

Renforcer l’emploi et le développement économique en investissant dans l’innovation et le capital humain Promouvoir les initiatives et la culture d’entreprendre • •

Sensibiliser les étudiants à la création d’entreprises Former les salariés à leur possible investissement dans la reprise d’entreprises

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• • •

Informer sur la nécessité d’anticiper la transmission, l’accompagner en favorisant les capacités d’innovation des nouveaux chefs d’entreprise Promouvoir l'Economie Sociale et Solidaire Promouvoir et accompagner les nouveaux métiers

… Développer l’offre et l’organisation des services aux entreprises •

• •

Développer les usages et services TIC pour les entreprises (sensibilisation des PME à l’utilisation du haut débit, raccordement des zones d’activités au haut débit, hiérarchisation des projets d’investissement en très haut débit, développement des services TIC) Offrir des services d'appui "packagés" et personnalisés (offre immobilière, accès aux fonctions spécialisées type commercialisation, aide à l’immatériel, accès au fret ferroviaire) Renforcer l’équipement de certaines zones d’activités

Valoriser la ressource humaine • • • • •

Renforcer la formation comme levier de développement économique de la région Favoriser la pluri compétence et la pluriactivité Créer les conditions d’une meilleure information sur les métiers (faire des efforts pour une orientation des jeunes : personnalisée, adaptée au territoire, cf antennes de la Cité des Métiers) Organiser des évènements sur l’innovation et les ressources humaines basés sur des expériences locales et internationales Promouvoir la responsabilité sociale des entreprises

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• Le défi énergétique et climatique

« Affronter le défi énergétique et climatique »

Le défi de l’énergie et du réchauffement climatique est un défi planétaire que le Limousin ne peut ignorer. Au-delà de notre contribution à la nécessaire réduction des gaz à effet de serre, réduire notre dépendance aux énergies fossiles et s’adapter au changement climatique ne peut que contribuer au « mieux vivre » de chacun et conforter l’image d’excellence environnementale de la région. Le changement climatique est réel, mais n’est pas une fatalité : le Limousin s’engage comme la France à contribuer aux efforts planétaires en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par quatre en 2050. L’atteinte de cet objectif passe par l’évolution des activités économiques et de nos modes de vie, et donc par une implication de tous les acteurs du territoire. Au-delà de notre contribution, réduire notre dépendance aux énergies fossiles et s’adapter au changement climatique ne peut que contribuer au « mieux vivre » de chacun et conforter l’image d’excellence environnementale de la région.

La lutte contre le changement climatique peut aussi être une opportunité et un levier pour le développement économique régional. Le Limousin est considéré comme un territoire à haute qualité environnementale, qui sait se développer en préservant et valorisant ses ressources naturelles (bois énergie, bois construction, gestion raisonnée des cours d’eau), et qui s’engage à poursuivre dans cette perspective (méthanisation, valorisation de la biomasse). Le défi climatique peut également être à l’origine d’innovation et de richesses pour le tissu économique : recherche et développement de nouvelles technologies liées aux énergies renouvelables ; mise en place d’une offre de services en matière d’écoconstruction et d’éco-rénovation ; adaptation des métiers du bâtiment ; développement de nouvelles filières pour des éco-matériaux (chanvre, laine, paille) ; utilisation rationnelle de l’énergie pour une performance environnementale renforcée des entreprises. La population limousine, comme ailleurs, affirme de plus en plus son besoin d’une consommation de produits de qualité, frais et locaux. L’agriculture périurbaine, les circuits courts, la maîtrise globale d’une filière (produits finis) et les pratiques agrobiologiques sont autant de chantiers à favoriser pour répondre à ces attentes. Ce sont également de réelles opportunités pour le monde agricole au vue des évolutions qu’il va connaître (PAC). Ces opportunités sont à consolider avec d’autres champs d’initiatives comme la production d’énergie d’origine solaire et éolienne.

La population limousine souhaite également un avenir qui, à qualité de vie égale, rime avec économie d’énergie et plus grande autonomie vis-à-vis des énergies fossiles. La construction des bâtiments neufs et la rénovation de l’existant sont des secteurs clés pour réduire la consommation d’énergie. Relevant en grande majorité de la sphère du privé, les initiatives individuelles doivent être accompagnées par de l’information et de la sensibilisation, et par des programmes financiers adéquats. En parallèle, les constructions publiques et les programmes de logements sociaux doivent donner l’exemple dans leurs investissements pour montrer que le mieux-vivre et les économies d’énergie peuvent se conjuguer. Pour relever le défi climatique, le transport des personnes est également une problématique centrale dans notre région. Des solutions existent, que les personnes 24


habitent près de leur lieu de travail (transports collectifs urbains, voies cyclables, pedibus) ou qu’elles en soient éloignées (covoiturage, transport à la demande, télétravail, billettique unique, centrale de mobilité) ou qu’elles aient besoin de se déplacer dans le cadre de leurs loisirs. Les initiatives sont à renforcer ou à imaginer sur certains territoires. Au-delà de ces alternatives à la voiture individuelle et sur du plus long terme, un aménagement approprié au sein des espaces habités est souhaitable. Les documents d’urbanisme se révèlent alors des outils efficaces pour lutter contre l’étalement urbain et densifier les lieux de vie autour des offres de transport. Le transport des marchandises peut également être optimisé par la mise en place de sites de regroupement permettant l’utilisation de fret ferroviaire, alternative à développer pour diminuer la part du transport routier. Les propositions données précédemment permettent au Limousin de lutter contre le changement climatique en dynamisant le territoire. Mais les conséquences du changement climatique ont déjà un impact sur nos ressources naturelles. Il est donc utile de préparer le Limousin aux changements induits par les évolutions climatiques, notamment en faisant évoluer les modes de gestion de nos forêts et cultures, et notre manière d’utiliser nos milieux aquatiques et naturels. Enfin, pour un impact réel des projets soutenus par les pouvoirs publics, il est indispensable que l’ensemble de la population soit prêt à modifier ses comportements et s’approprie les dispositifs. Dans ce sens, des sensibilisations aux enjeux climatiques et aux alternatives mises en place s’imposent.

Les objectifs à remplir pour répondre à ce défi sont ici repris et enrichis d’exemples de déclinaisons opérationnelles envisageables. Cette liste, qui reprend des propositions faites lors des rencontres partenariales et territoriales, est bien sûr non exhaustive.

Faire de la lutte contre le développement économique

changement

climatique

un

levier

de

Développer les « éco-activités » • • • • • • …

Optimiser les débouchés de la ressource bois : construction, industrie et énergie Développer la production d’électricité par des sources d’énergies renouvelables diversifiées Accompagner les entreprises aux nouveaux métiers de services liés à cette problématique : développement d’une offre de services en matière d’écoconstruction et d’éco-rénovation Soutenir la recherche et développement sur les technologies actuelles, les énergies renouvelables ou d’avenir Créer un pôle d’éco construction Encourager les entreprises au management environnemental

Encourager le développement des activités agricoles durables Optimiser la production fourragère et la consommation d’intrants : valoriser les effluents et la biomasse, améliorer l’efficacité énergétique des exploitations, renforcer leur autonomie (économies d’énergies fossiles, limitation des phytosanitaires et des engrais) ● Encourager l’évolution des activités en direction de pratiques agrobiologiques ● Encourager la pluriactivité et la diversification des exploitations • Favoriser l’agriculture périurbaine et les circuits courts ●

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• • …

Accompagner et évaluer les expérimentations en matière d’énergie : méthanisation, agrocarburants, dans un cadre d’utilisation en interne de l’exploitation Encourager l’entretien des puits de carbone (gestion forestière)

Economiser l’énergie et réduire la dépendance des Limousins aux énergies fossiles Economiser l’énergie dans les bâtiments • • • • • •

Conduire des programmes de rénovation de l’existant Substituer les énergies fossiles par des énergies renouvelables (solaire, bois, géothermie, éolien…) Encourager la construction économe en énergie, promouvoir les lotissements HQE Accompagner les professionnels du bâtiment à se former aux nouvelles pratiques Donner les moyens aux citoyens de faire évoluer leurs comportements Accompagner des programmes exemplaires en matière de logement social, imaginer des modalités innovantes de financement

Adapter les politiques des transports •

• • • • …

Développer et faire connaître les offres alternatives innovantes aux transports individuels (offres de loisirs en relation avec les acteurs touristiques, offres en direction des grands évènements culturels et sportifs, PDE et PDA, étude sur le télétravail, covoiturage organisé au niveau de la commune, parking de covoiturage, transport à la demande) Mettre en place des conférences des AOT (Autorité Organisatrice de transports) Développer et encourager l’usage du fret ferroviaire (travail au niveau des zones d’activités pour « massifier » les flux, création de 2 ou 3 hubs, véritables plateformes intermodales) Avoir une approche intégrée urbanisme et transport (planification, PDU, densification des centres autour des offres de transport, site de regroupement pour optimiser le recours au fret ferroviaire) Développer et promouvoir les transports doux dans les villes (pedibus, voies cyclables, schéma directeur d’accessibilité)

Préparer le Limousin aux changements induits par les évolutions climatiques Se préparer aux conséquences du changement climatique • Encourager les changements de comportement des citoyens et professionnels • Sensibiliser les citoyens et les décideurs • Mettre en place un observatoire du changement climatique …

Limiter les conséquences du réchauffement climatique sur les milieux naturels et la ressource en eau • • …

Restaurer et maintenir la qualité des milieux aquatiques et naturels, notamment au regard de la directive cadre sur l’eau et du schéma national sur la biodiversité Evaluer l’influence du changement climatique sur les milieux naturels et identifier les actions à mener pour y faire face ou le limiter

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• Le défi de l’ouverture et de la mondialisation

« Affirmer un Limousin ouvert, connu et reconnu »

S’inscrire résolument dans la société globalisée et en être acteur, essayer d’en tirer profit plutôt que la subir, accueillir la grande vitesse, s’ouvrir et intégrer les réseaux européens, jouer des échanges de bonnes pratiques, sont des pistes pour tourner la page de la résignation.

La mondialisation est un fait, une réalité qui s’impose à tous. Vouloir être acteur

de la globalisation, c’est prendre acte de cette réalité et essayer d’en tirer avantage plutôt que la subir ; c’est avoir confiance dans ses atouts propres, et essayer de les mettre à profit. Les évolutions du monde contemporain sont profondes et rapides. S’adapter en continu à ces changements demande d’acquérir une capacité collective à développer le potentiel de création et d’innovation du Limousin. En la matière, le Limousin a des forces à faire valoir : pôles de compétitivité, filières économiques, organismes de formation, laboratoires et centres de recherches, université et écoles supérieures, dont l’ambition doit être d’intégrer les réseaux internationaux. Par ailleurs, s’adapter aux changements suppose de disposer d’outils d’observation, d’analyse et d’anticipation, dont les résultats devraient bénéficier à l’ensemble du tissu économique, permettant notamment aux TPE-PME d’avoir accès aux transferts de technologie. En corollaire à la stratégie d’adaptation par l’innovation, il est nécessaire de faciliter l’accès des acteurs économiques limousins aux différents marchés, par la mise en place d’outils partagés de prospection de marchés extérieurs. Simultanément, il s’agit d’attirer des investissements extérieurs, qu’ils soient français ou étranger. L’ouverture nécessite également de disposer d’infrastructures de communication rapides, modernes et confortables. Si beaucoup de progrès ont été réalisés au cours de la dernière décennie, il reste impératif d’achever les liaisons externes, et de se connecter aux réseaux européens : réseau ferré à grande vitesse, raccordement du fret ferroviaire Limousin aux réseaux de fret nationaux et européen, mais également dans le domaine routier, achèvement des liaisons routières (Poitiers-Limoges, RCEA, Limoges-Périgueux) et autoroutières (liaison A10/A20). Dans le domaine aérien, les efforts pourraient porter sur un objectif d’amélioration et de complémentarité de l’offre de transports aériens visant à la pérennisation et la diversification des aéroports existants.

Exister dans la compétition territoriale demande aux acteurs locaux de recourir à des stratégies ouvertes, de valoriser et densifier leur organisation en réseaux dans une logique de projet et de solidarité (réseaux de villes,

réseaux d’acteurs professionnels…). Renforcer les coopérations locales et interrégionales mais aussi transnationales est donc une priorité, qui concerne les acteurs tant économiques (entreprises cherchant à atteindre la taille critique), qu’institutionnels (coopération entre villes et /ou territoires pour acquérir ou mutualiser certaines fonctions). Impliquer les territoires et les acteurs dans des réseaux régionaux, interrégionaux et internationaux devient dès lors un élément clé de la stratégie d’ouverture et de l’innovation territoriale. A ce titre, on peut citer l’implication du Limousin et de ses acteurs dans des réseaux européens. L’implication conjointe des acteurs publics et privés dans la définition et la réalisation d’actions communes, permet d’obtenir de meilleurs résultats. Favoriser les complémentarités et liens entre ces acteurs devient dès lors un élément clé de la stratégie d’ouverture et de mise en réseau ; à ce titre le « pacte territorial » doit jouer un rôle facilitateur. 27


Mutualiser méthodes et outils permet aux décideurs publics et privés d’améliorer leur efficacité, leur réactivité et leur pertinence dans l’exercice de leurs fonctions. Cette plus value de la mise en réseau réside dans la capacité qu’aura le Limousin à capitaliser l’information et la mettre à disposition de l’ensemble des acteurs

L’ouverture va de pair avec la nécessité de définir clairement son positionnement : se faire connaître et reconnaître, renforcer l’identité de la région, c’est savoir qui l’on est, ou l’on va et acquérir ainsi une plus grande lisibilité, tant en interne qu’en externe. Exister dans la compétition territoriale passe également par une recherche continue de l’excellence. Parmi ses atouts comparatifs, le Limousin dispose d’un espace de qualité et d’une taille qui favorise la proximité (un récent classement basé sur des indicateurs de santé sociale le place au premier rang des régions françaises). Il peut dès lors développer une stratégie de différenciation mettant le « mieux-vivre » au cœur de l’excellence Limousine. Au-delà de ses compétences « traditionnelles », il peut envisager une approche où qualité rime avec modernité . Le premier axe de cette stratégie pourrait ainsi être de faire de la qualité de vie et de la haute qualité environnementale un élément de différenciation de la région : label qualification environnementale des territoires, promotion du patrimoine culturel limousin… Cette stratégie de différenciation et d’identification de la région doit être fortement soutenue par une communication en adéquation avec les ambitions affichées précédemment. Le Limousin souffrant de trop de confusion de son image, une telle communication passe nécessairement par la mise en place et le développement d’actions coordonnées de promotion. Enfin, comment faire connaître le Limousin sans reconnaître et s’appuyer sur le rôle de locomotive que joue sa capitale régionale ? Le renforcement du rayonnement métropolitain de ses agglomérations devient dès lors un objectif stratégique pour l’ensemble des acteurs.

Les objectifs à remplir pour répondre à ce défi sont ici repris et enrichis d’exemples de déclinaisons opérationnelles envisageables. Cette liste, qui reprend des propositions faites lors des rencontres partenariales et territoriales, est bien sûr non exhaustive.

S’inscrire dans un environnement mondialisé et être acteur de la globalisation S’adapter en continu aux changements en développant le potentiel de création et d’innovation •

• • • • • •

Développer l’attractivité de l’Université et des écoles supérieures (écoles d’ingénieurs, école nationale supérieure des arts…) : mise aux standards internationaux des équipements, développement des réseaux universitaires et de chercheurs, faire connaître les filières d’excellence du Limousin Conforter les pôles de compétitivité régionaux notamment en valorisant les projets porteurs Soutenir la recherche et les transferts de technologie Détecter et accompagner les créateurs d’entreprises ou d’activités innovantes Créer un pôle d’éco activités Amplifier la mobilité (dont internationale) et l’esprit d’ouverture des professionnels, des étudiants Mettre en place un observatoire de la mondialisation 28


• Développer l’économie de la fonctionnalité • Développer la culture de l’évaluation, la veille informationnelle et prospective …

Favoriser l’accès des différents acteurs aux marchés • • • • …

Porter à connaissance la dimension internationale des entreprises limousines, Diffuser les bonnes pratiques auprès du tissu économique régional Prospecter les marchés extérieurs Attirer des investissements extérieurs

Achever les liaisons externes, se connecter aux réseaux européens • • • • • •

Se connecter au réseau ferré à grande vitesse, accueillir la ligne à grande vitesse et en tirer parti Achever les désenclavements routiers (Poitiers- Limoges, RCEA, étude RN2) Rendre les aéroports limousins plus accessibles Coordonner les aéroports limousins (mutualisation des moyens et des ressources humaines, complémentarités et coordination des offres) Améliorer l’offre de transports aéroportuaires (pérennisation des lignes existantes, diversification) Raccorder le fret (ferroviaire) en Limousin au réseau de fret européen et aux pôles de développement nationaux (cf. Nantes, Bordeaux…)

Valoriser et densifier les réseaux dans une logique de projet et de solidarité Impliquer les territoires et les interrégionaux et internationaux • • • • …

acteurs

dans

des

réseaux

régionaux,

Etre moteur de réseaux européens sur le défi du vieillissement et de l’innovation en milieu rural (Sen@er, RURACT...) Développer et donner du corps aux réseaux de villes Développer la coopération décentralisée Développer les coopérations avec le Massif central et l’Arc atlantique

Capitaliser l’information et la mettre à disposition • • • …

Diffuser des méthodes et des outils de partage de la connaissance, partager des méthodologies Mettre en place des actions partagées de veille informationnelle Organiser des réseaux d’échanges et de partage de la connaissance dans les domaines d’excellence du Limousin

Favoriser les complémentarités et liens entre acteurs, publics et privés, et entre filières et secteurs • • • • • …

Développer les partenariats publics privés Développer les liens entre entreprises innovantes et traditionnelles Mutualiser les services (pour les TPE, les communes) Pérenniser les contacts au sein des pôles de compétitivité Diversifier les marchés visés

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Se faire connaître et reconnaître, renforcer l’identité régionale Développer des actions coordonnées de promotion • • • • • …

Elaborer une stratégie de communication touristique commune (catalogue commun des produits) Renforcer la communication économique Coordonner les acteurs intervenant au niveau de la promotion du Limousin Diversifier et élargir les médias utilisés Favoriser les organisations communes d’évènements de dimension internationale

Renforcer le rayonnement métropolitain des agglomérations • • • …

Encourager la complémentarité entre les agglomérations limousines et l’insertion des villes dans d’autres réseaux Accueillir la grande vitesse et en tirer parti Organiser et populariser des évènements de dimension nationale et internationale

Développer une stratégie de différenciation en mettant le « bien-vivre » au cœur de l’excellence limousine • • •

Faire de la qualité de vie et de la haute qualité environnementale un élément de différenciation de la région Proposer une qualification environnementale objective des territoires (label) Faire connaître les productions intellectuelles du Limousin, mettre en valeur le patrimoine culturel limousin (littéraire, architectural, artistique…)

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DEFI DU REGAIN DEMOGRAPHIQUE ORIENTATIONS Développer l'accueil de nouvelles populations et l'accompagner

Organiser un territoire solidaire et attractif

Offrir à chacun les conditions d'épanouissement dans des territoires vivants Renforcer l’emploi et le développement économique en investissant dans l’innovation et le capital humain

OBJECTIFS STRATEGIQUES Organiser et développer la prospection des hommes et des activités Partager une culture de l’accueil, construire une offre d'accueil globale et adaptée aux territoires Organiser l'armature urbaine des bourgs structurants aux agglomérations. Lutter contre la dispersion de l’habitat et l'étalement urbain Offrir des infrastructures et transports répondant aux besoins de mobilité des personnes et des marchandises Préserver et mettre en valeur la qualité des patrimoines naturels et culturels (paysage, eau, bâti, savoir-faire...) Renforcer la cohésion sociale et les solidarités locales par l’innovation sociale Développer l'accès à la culture et à la connaissance Faire de l’habitat un atout pour la qualité de vie Offrir à tous les habitants un accès satisfaisant aux services et aux loisirs Promouvoir les initiatives et la culture d'entreprendre Développer l'offre et l'organisation de services aux entreprises Valoriser la ressource humaine

DEFI CLIMATIQUE ET ENERGETIQUE Faire de la lutte contre le changement climatique un levier du développement économique Réduire la dépendance des Limousins aux énergies fossiles Préparer le Limousin aux changements induits par les évolutions climatiques

Développer les « éco-activités » Encourager le développement des activités agricoles durables Économiser l’énergie dans les bâtiments Adapter la politique des transports Se préparer aux conséquences du changement climatique Limiter les conséquences du réchauffement climatique sur les milieux naturels et la ressource en eau

DEFI DE L'OUVERTURE et de la MONDIALISATION S'inscrire dans un environnement mondialisé et être acteur de la globalisation Valoriser et densifier les réseaux dans une logique de projet et de solidarité

Se faire connaître et reconnaître, renforcer l’identité régionale

S'adapter en continu aux changements en développant le potentiel de création et d’innovation Favoriser l'accès des différents acteurs aux marchés Achever les liaisons externes, se connecter aux réseaux européens Impliquer les territoires et les acteurs dans des réseaux régionaux, interrégionaux et internationaux Capitaliser l’information et la mettre à disposition Favoriser les complémentarités et liens entre acteurs, publics et privés, et entre filières et secteurs Développer des actions coordonnées de promotion Renforcer le rayonnement métropolitain des agglomérations Développer une stratégie de différenciation en mettant au cœur de l’excellence limousine le « mieux-vivre »

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Projet de charte du SRADDT de la Région Limousin  

Le projet de charte, construit à partir des rencontres partenariales et territoriales, a été mis à consultation à partir d'octobre 2008.

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