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Le journal de la Région Limousin N° 91 MARS 2011

parcours territoires

en limousin et pas ailleurs

Un nouveau pacte territorial

les entreprises et le durable

La Région vient de s’engager auprès de l’ensemble de ses territoires pour trois ans de projets dans tous les domaines. p. 6

Limousin entreprises durables regroupe les entreprises régionales engagées dans le développement durable au quotidien. p. 3

Amandine Auxéméry

UNE pro de l’Entraide

Elle a tout lâché pour créer son entreprise avec 110 projets pour les jeunes. Lire en page 5

culture

les dix choix de la rédaction p. 14

www.region-limousin.fr

Le renouveau par la formation Douze élèves venus de toute la France suivent une formation unique en France.

p. 10

La tapisserie et l’art contemporain

Pour redonner toute sa place à l’art de la lisse, Aubusson fait appel aux créateurs contemporains.

p. 9

LA TAPISSERIE RETROUVE SES COULEURS La tapisserie d’Aubusson est riche d’une histoire de plus de 500 ans. Elle est aujourd’hui en passe de retrouver sa place parmi les arts d’exception. Avec l’aide de la Région, de jeunes lissiers vont bientôt renouveler la tradition et le monde de l’art contemporain redécouvre également les possibilités qu’offre l’art de la lisse. Lire page 8


en limousin et pas ailleurs

les trois innovations régionales

Sothys En Corrèze, ce leader mondial de la cosmétique s’est engagé sur les aspects environnementaux et sociaux de son activité.

Led, en pleine lumière

Silab Le fournisseur d’actifs naturels issus de plantes a ouvert une crèche pour les enfants des salariés.

Développement durable Quatorze entreprises locales montrent la voie en

s’engageant pour l’environnement et les bonnes pratiques sociales. Elles ont choisi ce nom, Led, pour le symbole. Led comme les ampoules très basses consommations à LED (Limousin entreprises durables), l’avenir de l’éclairage, un nouveau standard en passe de s’imposer. Les quatorze entreprises de Limou­ sin entreprises durables entendent bien, elles aussi, montrer la lumière au tissu économique local pour l’aider à préparer au mieux les changements à venir. Elles étaient six au départ du projet en 2008 à vouloir s’organiser pour répondre aux enjeux du développement du­ rable et de la responsabilité sociale. Un an plus tard, le jeune consortium intégrait huit autres entreprises.

Nouvelles responsabilités La responsabilité sociétale (ou sociale) des entreprises (RSE), c’est l’inté­ gra­tion dans leur fonctionnement et leur activité des préoccupations sociales, environnementales et éco­ nomiques dans leurs activités. La dé­ marche consiste pour elles à prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leur activité pour adopter les meilleures pra­ tiques possibles et contribuer ainsi à l’amélioration de la société et à la protection de l’environnement. Elle couvre, par exemple, la qualité glo­bale des filières d’approvision­ne­ment, de la sous-traitance, le bien-être des salariés, leur santé, l’empreinte éco­ logique de l’entreprise, etc.

Alia 300 produits référencés. Tous les produits fabriqués près de chez vous que vous ne connaissez pas forcément. 26 entreprises

Fromage creusois, maca­ ron, distilleries, torréfac­ teur, foie gras, miel… L’Alia (associa­ tion Limousine des industries agroa­ limentaires) regroupe bon nombre de fabricants du secteur sous une bannière commune : Produit en Limousin. La Lettre avait annoncé la création du regroupement l’an der­ nier. Depuis, la jeune marque a pro­ gressé en poursuivant toujours son premier objectif : faire connaître aux Limousins les produits qui sont fabriqués à côté de chez eux. Signe des temps, le label « Fabriqué en Limousin » trouve une résonnance

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dans les nouveaux comportements des consommateurs. Les membres du mouvement des « locavores », en pleine expansion, recherchent les produits fabriqués localement. Les locavores veulent rester vigilant pour éviter d’acheter des produits qui ont fait de nombreux kilomètres et favoriser l’économie locale. Le thème de la relocalisation de l’économie est plus que jamais d’actualité. Les mesures régionales visent à développer l’offre locale mais encouragent aussi la valori­ sation des produits locaux. L’Alia a d’ailleurs signé un contrat de pro­

La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

Objectif Vendre les produits Limousins en Limousin mais aussi faire connaître aux monde entier les produits de la région, c’est l’objectif de l’Alia.

grès avec le conseil régional pour aider les entreprises à « vendre la Région et ses produits », leur per­ mettre d’innover en développant de nouveaux produits mais aussi à former et à recruter ses salariés.  n

Chez Sothys par exemple, au départ du projet, tous les salariés ont été sensibilisés à la démarche environ­ nementale. Mesurer les impacts Il est vrai que l’entreprise s’est beau­ coup engagée sur ce terrain avec l’ouverture de jardins botaniques en Corrèze. « Du coup, nous avons pu entreprendre diverses démarches : le tri des déchets, la réalisation d’un diagnostic énergétique sur nos sites industriels, l’analyse infrarouge des pertes énergétiques des bâtiments, une mesure de la pollution atmosphérique d’une unité de production… » L’entreprise s’est également fait labellisée ISO 14001, un label

garant des engagements environ­ nementaux explique Yann Pacreau, Responsable de la démarche chez Sothys. Comme le résume Sophie Moreno de Geonat, spécialisé dans la forma­ tion dans le secteur de l’environne­ ment « On ne peut plus avancer sans prendre en compte les gens avec qui on travaille et l’environnement dans lequel on évolue. On ne peut plus se concentrer uniquement sur les objectifs économiques. Si on veut garantir des structures pérennes, nous devons nous engager dans des stratégies plus durables. LED propose dès aujourd’hui les outils pour mettre cette démarche en place, étape par étape ». n


Votre nouvelle lettre du Limousin Région Plus de quatre ans après les derniers

changements de la Lettre, voici la nouvelle formule rafraîchie, plus lisible, plus complète. Votre journal a changé, vous l’aurez remarqué. Au début de l’été dernier, nous avons enquêté parmi vous pour savoir si votre journal régional reflétait bien vos envies et si vous trouviez qu’il remplissait bien sa mission : vous informer sur l’action régionale. Verdict : la Lettre est devenue un rendez-vous qui compte pour les Limousins. Mais elle sert aussi de lien pour les Limousins qui habitent à travers le monde. On compte près de 4000 abonnés aux 4 coins de la planète, de la Chine aux États-Unis en pas­

sant par les Émirats Arabes Unis. Les Limousins expatriés comptent souvent sur la Lettre pour garder le contact avec leur région. Vous avez un stop-pub ? Abonnez-vous ! Ce premier numéro est diffusé dans toutes les boites aux lettres de la région, même celles qui affichent un autocollant stop-pub. Mais si

vous avez un autocollant stop pub sur votre boîte aux lettres ou que votre facteur sait que vous refusez En chiffres la publicité, vous ne recevrez pas les prochains numéros. e La solution : abonnez-vous par mail à source d’information lalettredulimousin@cr-limousin.fr sur l’action ou par courrier en écrivant à régionale. Abonnement Lettre du Limousin

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27 boulevard de la Corderie n 87031 Limoges cedex.

Un commentaire, une réaction ? lalettredulimousin@cr-limousin.fr Retrouvez la Lettre sur region-limousin.fr

De l’or Un médaillé d’or des Olympiades des métiers du lycée Maryse Bastié de Limoges reçoit les félicitations du président de Région.

Éditorial

jean-paul denanot président du conseil régional du limousin

82%

des limousins lisent la lettre.

DEUX mois en limousin

Fière de son avenir Riche de son histoire, la Région Limousin veut être fière de son avenir. De l’activité historique de la porcelaine est née la filière céramique qui a donné naissance à un pôle de compétitivité reconnue et un centre Européen de la Céramique que nous allons bientôt inaugurer. De notre patrimoine culturel naissent des actions touristiques majeures qui alimentent notre économie. Peinture, musique, théâtre, art contemporain, musées, sites archéologiques, créations diverses constituent des lieux de visite associés aux richesses naturelles des paysages et aux lieux dépositaires de notre savoir-faire industriel. Une action très spécifique née de la volonté partagée de la Région, de l’État, du Département de la Creuse et de la communauté de communes d’Aubusson Felletin est présentée dans cette première édition de « La Lettre du Limousin » nouvelle formule. Après la reconnaissance par l’UNESCO, de la tapisserie d’Aubusson comme patrimoine immatériel de l’Humanité, nous allons reconstituer une filière de production. Et cela commence par la formation de lissiers que la Région finance très majoritairement, mais aussi par le fonds de création de la cité de la tapisserie dont le premier appel à projet à vu plus de 600 dossiers présentés. n

en bref DR

Politique économique MARS À MAI Nous en parlions dans notre précédent numéro, le schéma régional de développement économique du Limousin va être élaboré dans les prochains mois. Première étape, les réunions de travail du conseil régional avec ses partenaires vont commencer dès ce début mars et se poursuivre jusqu’en mai. Les chantiers de cette réflexion vont poser les bases des orientations des politiques publiques de développement économique pour les prochaines années. Dans les thèmes traités, on trouvera la valorisation des ressources territoriales et les modes de vie de demain, la mondialisation et les mutations économiques, l’innovation en réponse aux attentes de la société.

va permettre de donner une visibilité supplémentaire au centre international d’art et du paysage, référence dans le domaine de l’art contemporain.

Exportation

4 au 8 avril La Région emmène

Culture C’est le début des travaux sur l’île de Vassivière pour réaliser des résidences d’artistes. Le projet était prévu depuis que la partie basse du château a été libérée pour son aménagement. Le château de Vassivière est une belle pièce, croisement d’architecture du XVIIe et du XIXe siècle. Plus de 700 mètres carrés d’aménagements sont prévus : un restaurant, un atelier d’artiste de 200 mètres carrés et des appartements. Le coût total du projet atteint les 1,2 millions d’euros et

ses pôles de compétitivité et dix entreprises limousines au plus gros salon industriel du monde à Hanovre en Allemagne. Le Hannover Messe regroupe le fleuron de l’industrie de 64 pays. C’est la France qui est à Hannover messe

l’honneur cette année. L’objectif pour le monde économique Limousin : remplir ses carnets de commande, ouvrir de nouveaux marchés, montrer les dernières innovations régionales.

Insertion

AVRIL À JUILLET La Région va tester son nouveau dispositif d’accompagnement des jeunes : « SAS orientation active pour l’emploi des jeunes ». Cette expérimentation va permettre de la calibrer au mieux pour l’étendre ensuite à tout le Limousin. Le SAS doit permettre aux jeunes bénéficiaires, en trois mois, de se mobiliser pour leur insertion professionnelle, pour acquérir une qualification, trouver un emploi ou mettre en œuvre un projet.

Enquête Vous êtes passionné de longue date par le Limousin ou vous découvrez seulement maintenant la région ? Soyez tous les bienve­ nus sur le blog limousinquiestu. Durant plusieurs mois, ce blog va présenter des dizaines de questions traitant de l’iden­ tité de la région Limousin ; des questions auxquelles vous êtes invité à répondre en fonction de vos centres d’intérêt, de votre inspiration, de votre perception et de votre connaissance de la région... Exprimez-vous et partagez vos commentaires, vos photos, vos vidéos sur le blog : www.limousinquiestu.fr Chiffres Le Limousin est au top sur le bilan social. Le bilan annuel de l’observatoire du dialogue social (OOIS) place le Limousin comme la première région de France pour le « lien social ». L’étude annuelle de l’OOIS s’appuie sur une batterie d’indicateurs comme les chiffres de la délinquance, la création du nombre d’associations, le taux de vote aux élections… N° 91 MARS 2011 La lettre du limousin

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actualités

Ils produisent autrement

Petite laine Séverine Ruijmaert a monté son activité de laine Angora en Creuse avec le réseau Diva.

Agriculture Diva, le réseau d’aide aux

nouveaux projets en milieu rural a 3 ans et vient de fêter son 500e projet. Bilan.

En chiffres 15 200 exploitations en limousin 1 300 salariés et un milliard d’euros de chiffre d’affaires ! 3 ans d’existence pour diva 540 porteurs de projets 40 structures partenaires du réseau

Les nouveaux venus dans le réseau Diva sont de tous horizons et dans toutes les situations professionnelles. On voit d’anciens salariés, des demandeurs d’emploi et pour l’ensemble, une moyenne d’âge plutôt jeune avec un petit 35 ans. Un changement de vie, un citadin qui reprend une exploita­ tion… toutes les personnes qui font appel au réseau ont un projet de vie bien à eux. Diva permet de réinstaller des familles dans des exploitations et de développer une agriculture de proximité. C’est par exemple le cas de Simon Codet Boisse, le 500e projet accueilli par le réseau. Après une vie profession­ nelle bien remplie dans le milieu culturel, il revient à Oradour-surVayres pour monter son projet de maraîchage bio en complément des gîtes dont ses parents lui ont confié la gestion. Depuis 3 ans, les principales struc­

comprendre

Le budget du conseil régional pour 2011 finances Un exercice d’équilibriste pour préser­

ver les politiques régionales. Le budget 2011 est le premier budget de la mandature où s’expriment les choix politiques du nouvel exécutif. Mais c’est aussi le premier budget voté après la réforme très défavorable de la fiscalité locale voulue par l’actuel gouvernement.

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La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

tures agricoles de la région se sont regroupées pour accompagner les initiatives de diversification des productions en milieu rural. À l’heure de ce premier bilan, ce sont les projets de maraîchage bio avec vente directe sur les marchés qui prédominent. La demande dans le secteur est énorme et le Limousin est loin d’être autonome. Les projets comme celui de Simon Codet Boisse ont un bel avenir dans le réseau. Valoriser nos productions Mais au regard de la diversité des projets qu’on voit émerger depuis la création du réseau, on peut se dire que les possibilités sont assez larges pour les futurs créateurs : productions de petits fruits, petits animaux, projets autour de la laine et de sa valorisation, produits du miel, transformation de viandes… Pour Claude Trémouille, vice-pré­ sident du conseil régional chargé

de l’agriculture, « Diva permet de valoriser et de multiplier nos productions. Nous aidons ainsi le monde agricole à mettre de la valeur ajoutée sur ses produits. Dans le contexte actuel de l’agriculture, cela reste notre première priorité. » Le secteur agri­ cole est fragile. C’est pour mettre en place des alternatives aux grandes

Un changement de vie, un citadin qui reprend une exploitation… toutes les personnes qui font appel au réseau ont un projet de vie bien à eux. productions traditionnelles que le réseau Diva a été créé. Un autre objectif de Diva rejoint des préoc­ cupations très actuelles. Produire pour pouvoir consommer « local » est un des défis de l’agriculture aujourd’hui.

Depuis la première idée Tous les acteurs régionaux du sec­ teur de l’agriculture font partie du réseau. Ils accompagnent les projets depuis la première idée jusqu’à la réalisation et suivent ensuite les nouveaux exploitants pendant quelques années pour assurer la

pérennité de leur activité. Des jeunes qui s’installent, des pro­ ductions dans tous les domaines vendues localement et des exploi­ tations qui proposent des produits de qualité et développent l’emploi… c’est un peu tout cela que permet de faire le réseau Diva. n

Comment agit le conseil régional La Région a créé le réseau Diva pour aider à la diversification des activités en milieu rural. Diva permet d’obtenir un accompagnement personnalisé et un financement pour aider à réaliser son projet qu’il soit agricole ou partiellement agricole. Diva s’adresse aux porteurs de projets qui souhaitent créer ou développer de nouvelles productions, mettre en place des services, créer leur propre activité… Pour en savoir plus, appelez le conseil régional au 05 55 45 19 68 ou 05 55 45 54 86.

Le contexte

La réflexion

La réforme de la fiscalité locale est entrée en action. Elle prive la Région de toute autonomie fiscale. En effet, pour la première fois depuis 1989, la Région ne vote pas de taux de fiscalité directe. Elle fixe uniquement les tarifs des taxes sur les cartes grises et sur les permis de conduire. D’autre part, le gouvernement a gelé l’ensemble des dotations versées aux collectivités locales. Le budget de la Région ne peut donc même pas suivre l’inflation. Le nouvel exécutif n’a plus que 3 ans pour agir, il doit aller vite et lancer dès cette année les nouvelles politiques pour lesquelles il s’est engagé lors des élections.

Malgré dans ce contexte plus que difficile, aucune grande politique régionale n’est délaissée. Les pôles formation et aménagement du territoire absorbent comme chaque année l’essen­ tiel des dépenses. C’est là qu’on trouve le fonctionnement des lycées publics, travaux de maintenance et de rénovation, ou le soutien du conseil régional à la formation profes­sionnelle, à l’enseignement supérieur et à la recherche. Mais il y a aussi le réseau TER à entretenir, moderniser et déve­lopper et la Région participe à de nombreux programmes routiers. Le conseil régional est également le premier soutien au développement économique régional. 


parcours

Une professionnelle de l’entraide Création En octobre 2009, Amandine Auxéméry a créé Entr’aide services avec l’aide

de 110 projets pour les jeunes. Récit d’un parcours atypique.

Bio express

Quand Amandine a quitté son bou­ lot d’ingénieur à la SNCF pour créer une entreprise de services à la personne, sa grand-mère n’a pas compris. Passer d’un poste de manager avec 25 personnes sous sa direction à celui de femme de ménage a quelque chose de dérou­ tant... Mais la jeune entrepreneuse assume : « le Limousin me manquait, je voulais revenir à Nexon où j’ai mes attaches et je rêvais de créer une entreprise. J’ai pensé aux services à la personne parce que j’aime le relationnel et qu’il y avait un manque dans ce domaine ».

Un parcours atypique En congé sabbatique pour créer son entreprise, elle réalise une étude de marché et détermine les activités à proposer : ménage, jardinage, bri­ colage, garde d’enfants, soutien sco­ 2008 Prend un congé laire et soutien informatique. Son prévisionnel en poche, elle sollicite sabbatique. la banque qui lui accorde immédia­ tement un prêt de 8000 €. Elle bé­ 2009 Crée Entraide néficie également d’une subvention de 110 projets pour les jeunes. « Les services personnes de 110 projets m’ont très et quitte bien conseillée quand j’ai eu besoin la SNCF. 1981 Naissance en Limousin.

d’embaucher ». Car, passés les 6 pre­ miers mois, les demandes explosent en jardinage. « J’ai recruté des jardiniers en CDD que j’ai aidé en faisant la petite main » explique Amandine qui n’avait que peu d’expérience dans ce domaine. Le ménage et les gardes d’enfants sont actuellement les activités principales de sa société qui emploie deux salariées à temps partiel. Pour sa part, elle s’occupe du soutien scolaire et informatique, d’une partie du ménage, et gère la boîte. Quant à jongler d’une activité à une autre, elle s’y est parfaite­ ment adaptée. « Je cherche avant tout à répondre aux besoins locaux. Si les gens ont besoin d’aide dans un domaine, je le propose ». C’est ainsi qu’elle a développé la garde d’enfants après l’école. À terme, Amandine souhaite se consacrer à la direction de l’entreprise. « Mais je garderai le soutien scolaire car mes méthodes donnent de bons résultats ». Avec son contact facile et sa détermination à toute épreuve, nul doute qu’elle doit parvenir à sortir des enfants de l’échec scolaire ! n

Entraide Les partenaires de 110 projets pour les jeunes accompagnent aujourd’hui encore Amandine dans son activité.

www.entraide-services.fr 06 24 51 54 82

initiatives

400 projets qui font le Limousin de demain

Comme Amandine, les jeunes de 18 à 30 ans sont nombreux à avoir des idées géniales. Avec « 110 projets pour les jeunes », la Région a décidé de miser sur eux pour défricher de nouvelles activités économiques. Lancé à titre expérimental en 2009, ce dispositif a permis d’insérer 66 jeunes. Devant ce succès, la Région pérennise l’action. Entre 2011 et 2014, elle souhaite sélectionner 400 initiatives économiques « qui font le Limousin de demain » afin de les guider vers leur réalisation, qu’il s’agisse d’un projet de création d’entreprise ou d’un projet de nouvelle activité au sein d’une entreprise existante. Chaque projet sélectionné recevra un accompagnement et une aide financière pouvant atteindre 15 000 €. Toutes les propositions sont étudiées ! 

De l’or pour les Olympiades

Quatre médailles dont deux en or, c’est le bilan excellent de la délégation limousine aux 41e Olympiades des métiers dont la finale nationale s’est déroulée en février dernier à Paris. Il aura fallu trois jours intensifs d’épreuves pour départager les candidats venus de toute la France. Julien Mercier, lycéen au sein de l’établissement Maryse Bastié et le binôme composé de Jonathan Latour et Julien Jalouneix, lycéens à l’EATP d’Égletons ont chacun emporté la victoire dans leurs disciplines. 

Un conseil régional des jeunes tout neuf

Rendez-vous sur

www.110projetspourlesjeunes.fr

Les nouveaux jeunes conseillers régionaux vont pouvoir tenir leur première séance plénière le 2 avril prochain. Ils prennent leur fonction pour deux ans et vont pouvoir choisir les dossiers dont ils vont s’occuper : solidarité, environnement, social, culture... Mais la première approche de leur travail sera la participation au festival de musique Vach’ment jeune porté par leur institution début avril.  

n

L’action 43 % 31 % 26 %

Malgré les contraintes, le budget total pour 2011 est pratiquement reconduit avec 460 millions d’euros contre 462 millions d’euros en 2010. Les engagements de l’exécutif sur ses nouvelles politiques vont pouvoir être tenus avec le lancement, dès cette année, des actions pour l’emploi et la formation des jeunes. Mais 2011 verra aussi le soutien renforcé aux filières de production de la région, à l’économie sociale et solidaire ou à la filière bois, tout comme à l’université, la recherche et les pôles de compétitivité. La ligne TER Limoges-Ussel va pouvoir bénéficier d’importants travaux et les rénovations de la RD941 et de l’axe Tulle-Aurillac n vont débuter. N° 91 MARS 2011 La lettre du limousin

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territoires

Le nouveau pacte territorial Aménagement Tous les pays

et les parcs naturels du Limousin viennent de signer avec la Région, l’État et les départements de la Creuse et de la Corrèze pour 3 ans de nouveaux projets. Tour d’horizon.

Rénovation La très belle halle couverte de Larche réalisée lors des précédents contrats passés avec la Région accueille marchés et manifestations

C’est devenu un exercice de style cette signature avec son ballet de parapheurs qui passent de main en main. Les par­ tenaires financiers d’un côté (la Région, l’Etat, deux départements) et de l’autre toutes les structures qui portent les projets sur l’ensemble du Limousin : 16 pays et 2 parcs naturels régionaux. Les contrats de territoires, c’est un engagement à réaliser une liste de projets précis à l’échelle des Pays et parcs sur 3 ans. Ce sont les troi­ sièmes du genre et ils ont déjà prouvé leur effet en transformant le Limousin. Les réalisations qu’ils permettent portent sur tous les do­ maines qui font la vitalité d’un « bas­ sin de vie ». Cette appellation éso­ térique désigne un endroit où l’on

vit, se déplace, où l’on cherche des services, de la culture, des loisirs… Ce sont les actuels Pays, ces struc­ tures apparues il y a une dizaine d’années qui travaillent en étroite

Cinq projets phares sur les 800 à réaliser

• À Châlus en Haute-Vienne : un pôle d’activité touristique à la gare. • À Crozant, l’aménagement touristique de la vallée des peintres de la Creuse. • Dans le Pays de Combraille, plusieurs projets de maisons de santé pluridisciplinaires. • Dans le Pays Vézère-Auvézère, la salle culturelle de Lubersac. • Sur le parc naturel régional de Millevaches, un fond d’actions culturelles locales.

Un appel citoyen Économie Vingt citoyens pour

penser l’économie de demain. Soyez l’un d’entre eux ! Provenant d’horizons di­ vers, vingt citoyens vont travailler ensemble. Au bout de plu­ sieurs semaines d’échanges, de do­ cumentation et de rencontres avec des experts, ils rendront leur avis au politique. À charge ensuite pour celui-ci de le traduire en actions. Cet exercice va être organisé en Limousin dans les prochains mois. Il contribuera aux débats en cours sur les grandes orientations à prendre dans les domaines de

l’économie, de la formation et de l’aménagement du territoire. Ces réflexions, la Région les mène déjà avec ses partenaires. Elle a voulu aller plus loin avec cet exer­ cice de participation citoyenne. Les questions auxquelles ces vingt citoyens vont se confronter nous concernent tous : comment faire face à l’augmentation du coût de l’énergie, comment l’anticiper et inventer de nouveaux modes d’organisation, de vie, de production…  n

Présentez votre candidature

en contactant le 05 87 21 20 69 renseignements sur region-limousin /assises

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collaboration avec tous les échelons locaux pour en faire émerger les projets. C’est pourquoi ces contrats de terri­ toires sont aussi complets. Dans les

La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

précédentes éditions, la construc­ tion de centres aqua-récréatifs ou de médiathèques dans les princi­ pales villes des trois départements a souvent compté parmi les plus gros projets. Les maisons de santé Dans cette version 2011, ce sont les projets de maison de santé qui s’imposent. Pour que chacun puisse trouver des professionnels santé près de chez lui, la Région a poussé à couvrir les territoires ruraux de ces complexes qui regroupent mé­ decins, kiné, infirmières, dentistes… Autre politique phare de la Région depuis plusieurs années, les pôles locaux d’accueil qui permettent l’ac­ cueil de nouvelles populations. Dix pays en sont dotés.

Les pôles locaux facilitent l’installa­ tion des nouveaux arrivants en leur fournissant un appui personnalisé quel que soit l’état d’avancement de leur projet personnel et profession­ nel. Ils mettent à leur disposition toute une offre de services avec les activités à reprendre, les logements disponibles ou des informations complètes sur les services, les loisirs. Au total, parmi les 800 projets que ces contrats vont permettre de réaliser, on trouvera les domaines aussi divers et variés que le déve­ loppement touristique, les services à la petite enfance, la politique d’accueil de nouvelles populations, les chartes forestières de territoires, les diagnostics énergétiques de bâtiments publics à l’échelle du territoire… n

En chiffres

43,2 millions d’euros sur 3 ans.

800 actions prévues.

Participation Une conférence de citoyens pour apporter une réflexion sur les actions à mener dans les prochaines années.


trois questions à... Gilles Pallier vice-président du conseil régional chargé des transports

« 2011 est une année décisive pour le transport ferroviaire en Limousin » Le Limousin est en pleine négociation pour redéfinir l’offre de trains régionaux des années à venir. Et surtout, dès décembre, la Région invente une nouvelle façon de prendre le train.

Brive-Tulle le futur du TER

Tulle Brive

Transport Depuis plusieurs années, la région met

au point le transport de demain. Dernière innovation, Passeo, le billet unique qui facilite vos déplacements. Il y a encore quelques an­ nées, pour aller de Brive, la capitale économique à Tulle, la capitale administrative, ou inver­ sement, on prenait forcément sa voiture. Un trajet pas toujours très agréable vous attendait, près de 30 km sur une route dans les col­ lines, mais toujours préférable à la version train. Les gares excentrées, peu de bus pour s’y rendre et une voie vieillissante qui ralentissait les trajets avec, pour couronner le tout, des horaires pas forcément adaptés. Et pourtant, les Corréziens se dépla­ cent. Si l’on compte tous les modes de transports, 17000 personnes circulent par jour entre leurs deux centres. Le potentiel est donc plus que conséquent et c’est pour cela que le conseil régional à pris les choses en main.

Changement Une voie rénovée, plus de trains plus confortables, de meilleurs horaires et maintenant un billet plus simple… En quelques années, entre Brive et Tulle, tout a changé. Les TER ont été remplacés, comme dans l’ensemble du Limousin. Puis, la voie a été complètement rénovée. Les travaux ont apporté un peu plus de confort. Alors seulement il a été possible de revoir les horaires et de multiplier les circulations entre les deux villes pour arriver à près de 35 allers-retours dans la journée. Unique Aujourd‚hui, la nouvelle étape, c’est le billet unique. Passeo, c’est son nom permet de prendre le bus à Brive ou Tulle, le train (TER ou Corail Intercités) et à nouveau le bus.

Inutile donc de multiplier les titres de transports, on gagne en sim­ plicité, en temps et en liberté de déplacements. Et avec le nombre de trains qui circulent chaque jour entre les deux villes, il est plus facile de se déplacer : on prend le train comme le bus. Nouvelles gares La dernière étape, ce sera quand les travaux des deux gares seront termi­ nés. Fin 2011, les Tullistes pourront prendre possession de leur nouvelle gare, plus facile d’accès et permet­ tant mieux le passage d’un mode de transport à un autre. Il faudra attendre 2014 pour que les Brivistes voient la fin de leurs travaux dont le projet est très ambitieux puisqu’il vise à revoir complètement le quar­ tier de la gare.  n

Confort Le trajet Brive-Tulle dans un fauteuil, c’est ce que propose près de 30 fois par jour le TER.

La Liaison Brive-Tulle, c’est un laboratoire des transports en commun pour le Limousin ? Il est certain que nous avons réussi à créer un nouveau service qui n’existe, pour le moment, nulle part ailleurs en Limousin. Que ce soit pour les travaux effectués sur les lignes, l’augmentation du nombre de circulations par jour et aujourd’hui, le billet Passéo. Nous avons simplifié la vie des usagers et permis d’augmenter considérablement la fréquentation. Prendre le train sans se poser la question des horaires, comme entre Brive et Tulle, c’est ce que vous allez proposer sur le réseau Limousin ? C’est ce que nous appelons le cadencement. Nous nous y

Énergie La Région Limousin, l’Ademe et

l’État lancent un appel à projets pour soutenir la rénovation de bâtiments de bureaux et de services économes en énergie. étude a montré que les bâtiments de services et de bureaux représentent 28 % des consommations énergé­ tiques et 15 % des émissions de gaz à effet de serre. Ambition L’objectif de cet appel à projets est particulièrement ambitieux. Les bâtiments neufs dits « à basse énergie » et la rénovation de bâ­ timents pour les rendre « basse consommation » font diminuer la facture énergétique de 40 % en dessous du plafond prévu par la règlementation thermique.  n

Cela vaut aussi pour les grandes lignes ? Oui, la logique est la même. Lorsque vous descendrez d’un train grandes lignes, nous ferons en sorte que vous trouviez des trains régionaux en gare qui vous amènent à votre destination sans délai d’attente. Et inversement, votre train régional vous fera arriver quelques minutes avant le départ de votre train grandes n lignes.

Comment agit le conseil régional

Des bureaux économes

Dix propositions seront retenues avec cet appel à projets, le premier du genre en Limousin. Ils bénéficieront d’une aide finan­ cière et d’un suivi énergétique mais surtout doivent ouvrir la voie à un nouveau type de bâtiments. L’enjeu est de taille pour tout le secteur de la construction. Il est le plus gros consommateur d’énergie avec 43 % des consommations éner­ gétiques tous secteurs confondus et représente à lui seul 25 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau national. En Limousin, une

préparons depuis quelques temps déjà. Mais il fallait attendre cette année pour pouvoir le faire. C’est pourquoi 2011 est une année déterminante pour le transport ferroviaire en Limousin. Nous renégocions les accords que nous passons avec la SNCF pour la circulation des trains régionaux. Les liaisons doivent être plus cohérentes avec des correspondances dans les minutes qui suivent un départ ou une arrivée. Et sur les principales lignes régionales, il faut suivre l’exemple de BriveTulle. On doit pouvoir prendre nos trains sans se poser la question de l’horaire et donc avec des liaisons régulières.

Durable Le chantier de la maison régionale des sports montre l’exemple. La rénovation du bâtiment est labellisée haute qualité environnementale.

Passeo peut être acheté en gare de Brive et de Tulle ainsi qu’à la boutique Libéo à Brive. Pour être plus proche des besoins de déplacement des utilisateurs, ce service se décline en 2 titres de transport : le Passeo jour, à 7€, pour les personnes voyageant de façon occasionnelle dans la journée, et le Passeo mensuel (domicile – travail) pour les personnes qui sont amenées à se déplacer de façon régulière dans le cadre de leur activité professionnelle. Le prix maximum de cet abonnement, pour cette première année, est de 69,40 € (mais 50 % est remboursable grâce à la prime transport). Dès le 28 mars, toutes les infos sur PASSEO : www.passeo.fr

en bref

La Région Limousin accompagne ses départements dans leur mission d’insertion. L’insertion est une des missions principales des conseils généraux. Chacun d’entre eux doit établir un pacte territorial d’insertion pour prévoir au mieux les actions dans ce domaine pour les années à venir. La Région va intervenir avec la Corrèze pour faciliter la formation des personnes bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active), de celles qui travaillent dans les métiers des aides à domicile et des jeunes en emplois passerelles. La Creuse vient de compléter son réseau à 2 x 2 voies gratuit. Avec l’ouverture du dernier tronçon de la route Centre Europe Atlantique, la Creuse est aujourd’hui en 2x2 voies gratuites d’Est en Ouest et du Nord au Sud. Les 12 500 véhicules (dont 2 500 poids lourds) qui empruntent quotidiennement ses 90 km peuvent bénéficier de conditions de sécurité et de confort optimales. N° 91 MARS 2011 La lettre du limousin

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© Service communication mairie d’aubusson

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La tapisserie d’Aubusson retrouve ses couleurs Renouveau Formation, art contemporain, nouveau musée : la nouvelle Cité de la tapisserie met en place ses actions pour redonner une place de choix AUX lissiers. a transmission du savoir-faire est problématique pour la tapisserie d’Aubusson et ce, de longue date. Bruno Ythier, nouveau conserva­ teur du musée de la tapisserie JeanLurçat ne s’en étonne pas : « ici, il n’y a rien d’écrit nulle part. La tradition est orale de part en part. J’ai déjà travaillé sur des artisanats moins riches historiquement et techniquement que celui d’Aubusson. Habituellement, il y a toujours eu quelqu’un pour fixer les codes de la profession. Cela constitue le point de repère de la tradition. Et on choisit ou non de s’en écarter. À Aubusson, tout se fait par la transmission au sein de l’atelier ». Et lorsque les ate­ liers disparaissent les uns après les autres, le nombre de dépositaires

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La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

du savoir-faire diminue. La tradition s’appauvrit et finirait par s’éteindre. La tapisserie d’Aubusson a toujours connu des alternances de périodes fastes et de creux. Alors que la pre­ mière partie du XXe siècle avait mar­ qué un renouveau de l’art lissier, le dernier quart de siècle a amorcé un déclin certain. La tapisserie employait un peu plus de 2000 personnes sur Aubusson et Felle­ tin autour des années 1900. On ne compte plus aujourd’hui qu’une dizaine d’ateliers en activité et trois manufactures, l’ensemble totalisant aux alentours de 150 emplois. Des projets bien définis C’est tout le sens du label de l’Unesco obtenu en 2009. La tapisserie d’Au­

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busson a été reconnue patrimoine culturel immatériel de l’humanité. « Ce label est certes une reconnaissance fondamentale, explique Emmanuel Gérard, directeur de la Cité de la tapisserie, mais il faut le comprendre comme ce qu’il est, c’est-à-dire, un signal d’alarme. La reconnaissance de l’Unesco intervient lorsqu’un élément essentiel de la culture mondiale est menacé de disparition. » C’est un collectif composé des pouvoirs publics et des lissiers eux-mêmes qui avaient dé­ posé la demande. La reconnaissance de l’Unesco est venue appuyer la volonté très forte d’un nouveau développement de la tapisserie. Le label acquis, cinq années s’ouvrent durant lesquelles devra être proposé

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un plan d’actions, faute de quoi, il est perdu. À Aubusson, ce délai est inutile. « Il y a une unanimité des partenaires sur les directions dans lesquelles travailler » affirme Emmanuel Gérard. Le projet est maintenant bien fixé. La cité de la tapisserie a été créée pour cela début 2010 sous forme de syndicat mixte. Elle regroupe l’ensemble des acteurs qui interviennent sur le secteur, professionnels, collectivités et consulaires. La Cité est là pour créer la vision commune qui faisait défaut jusqu’à présent et porter les projets de redynamisation de la ta­ pisserie. Avantage non négligeable, la structure permet en outre d’aller chercher des fonds comme ceux de l’Europe ou de répondre à des ap­

pels à projets de l’État comme celui du label « Pôle d’excellence rurale » doté de financements spécifiques. La volonté des collectivités et des Aubussonnais de « sauver » la tapis­ serie date de quelques années déjà mais là une dynamique a été trou­ vée. Le projet comporte trois dimen­ sions : économique, patrimoniale et créative. C’est ce que résume un des acteurs majeurs, Jean-Jacques Lozach, président du conseil général de la Creuse : « trois problématiques essentielles se posent à nous : transmettre le savoir-faire et aider la profession à se structurer, arriver à mobiliser des ressources artistiques d’excellence en mesure de repositionner la tapisserie d’Aubusson sur le marché de l’art contemporain, com


En chiffres

500

ans d’histoire reconnue par le label de l’Unesco.

Jean-Paul Denanot

7,2

« Nous montrons qu’il est possible, grâce aux jeunes de construire l’avenir d’une filière ».

millions d’euros sont prévus pour la cité de la tapisserie.

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c’est lE nombre d’élèves à la formation de lissier mise en place par la Région.

1 Jean Fourton,

« une vue qui regarde » était exposé à l’hôtel de ville d’Aubusson en 2008.

2 Apprendre directement auprès de ceux qui possèdent l’expérience, c’est ce que permet la formation de lissier. 3 Les outils du

lissier, le peigne, le grattoir et les flûtes.

La volonté des collectivités et des Aubussonnais de sauver la tapisserie date de quelques années déjà mais là, une dynamique a été trouvée. » muniquer pour sensibiliser le monde de l’architecture et de la décoration, les galeries et les collectionneurs ». Assurer l’avenir La formation était le premier point sur lequel travailler. C’est la pierre angulaire d’un futur développe­ ment possible de la filière. Depuis plus de 20 ans il n’y avait plus de formation de lissier à Aubusson. Avec le conseil régional et le Greta de la Creuse, un programme de deux ans sanctionné par un certi­ ficat académique de compétences a été mis en place. À la rentrée dernière, la première promotion d’étudiants s’est assise devant des métiers à tisser dans les locaux de l’École nationale supérieure d’art de Limoges-Aubusson (voir article p. 10). Les cours doivent donner une approche complète des exigences modernes du métier de lissier aux stagiaires. La maitrise du tissage est évidemment l’aspect central de la formation. Mais la capacité d’in­ terprétation d’un carton est toute aussi importante. En effet, le tissage d’une tapisserie originale débute par

le dessin d’un carton par un artiste que le lissier va interpréter. « Le dialogue entre le lissier et l’artiste est essentiel. Nous ne formons pas des techniciens mais des lissiers complets qui vont devoir travailler dans le monde de l’art autant que dans celui de l’artisanat » rappelle JeanNoël Saintrapt, un des responsables de la formation. Autre dimension essentielle de la formation : la ges­ tion d’une entreprise avec des cours de gestion et de marketing. Ce sont ces élèves qui devront constituer la prochaine génération de lissiers d’Aubusson. C’est pour­ quoi ils sont également incités à tester leurs affinités pour monter à plusieurs leurs futurs ateliers à la sortie de l’école. L’art contemporain Autre volet essentiel, la connexion avec le monde de l’art. La tapis­ serie reste méconnue des artistes contemporains. Pour pallier ce défi­ cit de notoriété, un appel à création contemporaine doté d’un prix a été créé. Il a rencontré un succès inespéré avec près de 350 dossiers

déposés par des artistes du monde entier et un écho très favorable de la part des galeries. « Permettre à la tapisserie de se réinscrire dans la modernité et de trouver sa place auprès des acteurs du marché de l’art constitue une nécessité absolue » note ainsi Emmanuel Gérard. Pour compléter le paysage, le projet de déménagement du musée Jean Lurçat va bientôt passer à la phase de réalisation. Ce sera également l’occasion d’ouvrir au public les riches collections que le musée n’a pour l’heure pas la place de montrer. Même s’il attire environ 20 000 visiteurs chaque année, ses espaces d’expositions sont devenus ina­daptés à la découverte de la tapisserie et de son histoire. C’est en 2014 qu’il devrait voir le jour avec l’ouverture de la Cité de la Tapisserie dans un espace à sa dimension sur les hauteurs de la ville.  n

trois questions à... président du conseil régional du Limousin

Quelle place pour la tapisserie d’Aubusson en Limousin ? Nous sommes dans une région qui compte beaucoup de savoir-faire d’excellence mais la tapisserie est, avec la porcelaine, un des deux arts majeurs du Limousin, pour lequel il est reconnu dans le monde entier. C’est pourquoi nous sommes membre fondateur du syndicat mixte de la Cité de la tapisserie. En tant que tel, nous sommes particulièrement engagés dans ce projet global qui va redonner toute sa place à ce savoir-faire. Quelle part la Région prendelle sur les différents projets de la cité de la tapisserie ? Le conseil régional est concerné à plus d’un titre. Il s’agit d’abord d’une filière économique à sauver dans un premier temps et à développer par la suite en lui offrant de nouvelles perspectives. En second lieu, la formation des générations futures de lissiers joue un rôle essentiel dans cette sauvegarde. Là encore, la Région est au cœur de ses compétences puisqu’elle

a en charge la formation professionnelle. Enfin, le projet de Cité de la tapisserie mobilise une troisième compétence régionale, celle de l’aménagement du territoire. C’est à ce titre que dans le contrat de projets ÉtatRégions qui se poursuit jusqu’en 2013, nous nous sommes enga­ gés aux côtés des autres par­ tenaires, pour la réalisation du nouvel espace dédié au musée de la tapisserie. Pourquoi la Région s’est-elle particulièrement investie dans la nouvelle formation ? Il est vrai que nous avons tout fait pour la mettre en place rapidement et dans les meilleures conditions et que nous la finançons à 85 %. En premier lieu, nous avons là l’occasion de redynamiser une filière en exerçant une des compétences régionales parmi les plus importantes. Mais surtout, nous montrons qu’il est possible, grâce aux jeunes de construire l’avenir d’une filière essentielle pour notre identité, ce qui me semble être le meilleur des messages à faire n passer.

En savoir plus ?

www.region-limousin.fr

Connecter la tapisserie au monde de l’art contemporain : un appel à projet au résultat étonnant. L’histoire reste fameuse à Aubusson. On a longtemps cru que la dame à la Licorne, une des plus célèbres tapisseries au monde aurait été tissée à Aubusson. Mais les historiens ont démontré qu’il n’en a rien été. Les ateliers aubussonnais ne furent même pas chargés de sa restauration. La cité entretient des rapports assez ambigus avec cette œuvre. C’est pour cela que le jury de l’appel à projet de création de tapisserie contemporaine n’a pas beaucoup hésité devant le projet de licorne de l’artiste Nicolas Buffe. Son œuvre reprend le thème de l’animal mythique et lui adjoint une tête et des pattes en céramique, convoquant le second savoir-faire d’excellence du Limousin. Cette licorne pourrait d’ailleurs rappeler à certains une vache, qui, pour n’être ici pas rousse, n’en reste pas moins un symbole de la région. Cet appel à projets annuel permettra de redonner à la tapisserie toute sa place dans le champ de l’art contemporain.

Aubusson cité internationale de la tapisserie et de l’art tissé Tél. : 05 55 69 27 27 www.cite-tapisserie.fr

© cité de la tapisserie

N° 91 MARS 2011 La lettre du limousin

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regard SUR aubusson

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1 Dom Robert propose une nature exubérante dans toute son œuvre. © R. Godrant.

2 Philex. Cette oeuvre réalisée pour les 150 ans du timbre allie la tapisserie au travail sur le granit. Les artistes plasticiens Gérard et Jean-Michel Crinière travaillent ces deux arts Creusois. Collection permanente du musée départemental de la tapisserie. granit sablé et tapisserie d’Aubusson 1999 - dim. 175 x 408 cm. Passion Chaque élève lissier travaille sa propre tapisserie sur un métier qu’il va garder pendant les deux ans de la formation.

UNIQUE EN FRANCE Douze élèves débutent une formation à la tapisserie d’AubussoN

Sur le métier, ils vont remettre cent fois leur ouvrage

N

adia a fait les beaux-arts de Nantes puis elle est devenue professeur en collège après avoir passé le Capes d’arts plastiques. Il a fallu qu’elle démissionne de l’Éducation Nationale pour venir suivre la for­ mation à Aubusson. Le fait est assez rare pour être souligné. Avec sa fille, elle a laissé sans état d’âme la région parisienne pour s’installer à Aubusson. Les élèves de la nou­ velle formation de lissier sont très motivés. « La formation qu’on nous propose ici est unique. C’est tout sauf

le simple apprentissage d’une technique. Ici, on apprend la tapisserie d’Aubusson avec tout l’héritage et le savoir-faire que cela implique » explique la jeune femme. La formation de lissier a débuté à la dernière rentrée de septembre. C’est le lycée Eugène Jamot d’Aubusson et les locaux de l’École nationale d’art de Limoges-Aubusson qui abrite la classe des apprentis lissiers. Une bonne moitié des douze stagiaires est venue de toute la France, attirée par l’originalité de la formation et le projet de renouveau porté par

la Cité de la tapisserie. Le reste des élèves vient d’Aubusson et travail­ lait parfois dans les manufactures locales mais était désireux de se former à tous les aspects du métier. L’intitulé exact montre toute la complexité du métier : « assistant concepteur, réalisateur et promo­ teur d’un produit tissé ». Les deux années de la formation ont été pensées pour offrir un enseigne­ ment complet, à la fois artistique et technique. La pratique du tissage est évidemment centrale. Dans la grande salle de cours, chaque élève

3 Un regard amusé sur les codes de la

tapisserie : le bonhomme Bic se tient devant un carton numéroté d’une figure traditionnelle de tapisserie, la verdure. Modèle de tissage. Philippe Favier, Le Bic émissaire, (détail), tapisserie, laine, 1,40 x 1,60 m. Atelier Courant d’Art, Aubusson. Collection du Musée départemental de la tapisserie. © R. Godrant

4 Le musée de la tapisserie à Aubusson donne la part belle à Jean-Lurçat, le créateur qui a su renouveler l’art lissier de la seconde moitié du XXe siècle.

a son propre métier sur lequel il fait peu à peu progresser son travail. Les professeurs se succèdent, les lissiers d’Aubusson qui ont accepté de venir dispenser leur expérience également. Tous assoient chez leurs élèves une solide culture, essen­ tielle pour dialoguer ensuite avec les artistes et comprendre leur travail. Mais ils expliquent aussi la spéci­ ficité de la tapisserie d’Aubusson et transmettent leur petit bout de ces 500 ans d’histoire qui en font la richesse. Ensemble, ils tissent le renouveau de cet art unique. n

5 Dom Robert dans une étape essentielle du travail qui mène à la tapisserie : la réalisation du carton. © R. Godrant.

6 Les mains du lissier pendant le tissage. Un travail de précision qui s’enrichit au fil du temps. Un lissier progresse toute sa carrière. © C. Andoque.

QUESTIONS & rÉponses D’où vient la tapisserie d’Aubusson ?

de basse lisse, la chaîne se trouvant tendue sur un plan horizontal, le tissage se fait de façon horizontale.

n L’origine remonte probablement à une valorisation locale de la laine par les paysans creusois et à la rencontre de marchands Flamands. On retrouve en Flandre et dans le Creuse la basse lisse et la même sainte patronne (Sainte-Barbe). Les premières tapisseries connues d’Aubusson ont été tissées par les frères Augeraing (1501).

des fils horizontaux et des fils verticaux de couleur, en laine ou soie, parfois de fils d’or ou d’argent.

Comment fait-on une tapisserie ?

Qu’est-ce qu’on appelle « basse lisse » ?

n Il faut d’abord une maquette puis un « carton », ce dernier est un modèle grandeur nature de la tapisserie dessiné le plus souvent sur un carton qui indique les couleurs et le motif. Le lissier interprète ce modèle. Sur son métier, il entrecroise

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Qu’est-ce que le « tufté » ?

n Deux grandes techniques très différentes existent dans la fabrication des tapisseries : la Haute-lisse et la Basse-lisse. La tradition aubussonnaise et felletinoise a toujours utilisé la basse lisse. Le métier de haute lisse est vertical. Avec le métier

La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

Certains tapis dits d’Aubusson sont en fait réalisés à partir de tissu imprimé. De même, les tapis « tuftés » fabriqués à Aubusson-Felletin ne sont pas réalisés selon le savoir-faire traditionnel de basse lisse mais avec une technique très différente qui n’a rien de locale. Il y a également le « tufté main » ou « hand tuft » faits à l’aide d’un pistolet à laine. Des fibres de laine sont imbriquées à travers une fibre de toile tendue puis encollées au dos. Plus rapide, cette technique donne évidemment une

qualité sans comparaison avec la véritable tapisserie. Le syndicat des artisans lissiers souhaite intensifier son action de veille afin que la mention « tapis d’Aubusson » ne soit pas usurpée.

Comment agit le conseil régional Le conseil régional est un des partenaires principaux du projet de renouveau de la tapisserie. Il a mis en place et finance la formation des futurs lissiers à 85 %. Il est membre du syndicat mixte de la Cité de la tapisserie et participe pour 30 % à son fonctionnement. C’est également un des porteurs du projet de nouveau musée de la tapisserie qui verra le jour en 2014. Il sera un de ses principaux financeurs aux côtés de l’État, du département de la Creuse et des collectivités locales. n

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Expérience Patrick Guillot travaillant sur un métier monumental dans son atelier.

passion Une dizaine d’ateliers reste encore en activité.

Un lissier d’aujourd’hui

C’

est dans sa maison à Aubusson que Patrick Guillot, 55 ans, a ins­ tallé son atelier. Sur les murs du salon, entre les jouets des enfants et la télé, des tapisseries modernes signées du maître les lieux. Né dans la capitale de la tapis­ serie, Patrick rejoint l’École natio­ nale des arts décoratifs (ex-ENSA) après son cursus scolaire. Diplômé, il travaille pendant 15 ans en tant qu’employé de plusieurs artisans. Au début des années 90, une société américaine lui propose un poste de formateur en Chine. Il part dans le fin fond du Shandong et rentre 10 ans plus tard avec femme et enfant. « La Chine était une expé­rience pas­sionnante mais je  rêvais de m’instal­ler à mon compte  à Aubusson ». Il investit dans 3 métiers à tisser et le matériel de départ. Ses premières commandes arrivent, des choses classiques, bouquets de fleurs... Puis vient la

renommée, des peintres font appel à lui, il remporte des commandes publiques. Il s’investit également dans le Syndicat de sa profession et, avec d’autres lissiers en activité, y insuffle une nouvelle dynamique. Secrétaire de 2006 à 2007, il brigue ensuite la présidence. Il devient éga­ lement élu consulaire. « J’étais très inquiet. Mais il y a eu une prise de conscience avec la création de la Cité, la mise en place de la formation... » raconte celui qui va bien­ tôt prendre des élèves en stages. « Travailler à plusieurs derrière un métier à tisser est courant, surtout pour une importante commande  publique ». Crise oblige, l’esprit col­ lectif s’est quelque peu émoussé. Sachant qu’il faut compter un mois de travail pour un mètre carré de tapisserie, le prix d’une grande œuvre atteint des sommes consé­ quentes.  n http://tapisserieaubussonpatrickguillot.com

l’avis de... Patrick Guillot président du Syndicat des artisans lissiers et élu à la Chambre de Métiers.

« Nous travail­lons beaucoup moins les copies d’anciens au profit des peintures contemporaines ». Pouvez-vous nous expliquer la spécificité de la tapisserie d’Aubusson ? La tapisserie d’Aubusson-Felletin est une technique spécifique de tissage, permettant de faire de la tapisserie et des tapis ras. Ce savoir-faire unique, résultat de 500 ans d’histoire était en voie de disparition, avec moins de 10 ateliers artisanaux et quelques entreprises qui travaillent sur les produits dérivés. Plus personne ne s’installait ! Les élus ont bien compris le danger puisqu’ils ont mis en place une structure coordinatrice, la Cité internationale de la tapisserie et de l’art tissé (syndicat mixte). Comme il n’existait plus de formation depuis 20 ans, nous avons participé à la création

de cette nouvelle classe (voir article p. 9) avec le Greta de la Creuse, financée par la Région. Elle rassemble 12 élèves lissiers, formés à la technique ancestrale, pour deux ans d’études. Quels peuvent être les débouchés pour la tapisserie d’Aubusson aujourd’hui ? Aujourd’hui, la clientèle rassemble des particuliers, qui veulent une tapisserie réalisée à partir d’une peinture qu’ils apprécient, des artistes qui veulent créer des modèles pour les vendre, des grandes entreprises, des institu­ tions qui passent des appels d’offres ainsi que les structures publiques (écoles, musées et médiathèques), au titre du 1 % dédié

à l’acquisition d’œuvres contemporaines. La Région agit sur ces deux derniers leviers, en incitant aux commandes publiques. Le création prend une nouvelle importance. Peut-on parler de renouveau de la tradition ? En effet, aujourd’hui, nous travail­ lons beaucoup moins les copies d’anciens au profit des peintures contemporaines. Tout en gardant notre savoir-faire, nous élargissons également le choix des matériaux. Ainsi je travaille en ce moment avec des fils métalliques un tissage aéré qui sera intercalé entre deux vitres pour laisser passer la lumière. On parle ici de vitro-tapisserie, un procédé totalement nouveau. n

N° 91 MARS 2011 La lettre du limousin

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politique

LES cinq tribunes des groupes du conseil régional parti socialiste groupe présidé par

Gérard Vandenbroucke conseillers régionaux Sylvie Achard Sylvie AucouturierVaugelade Gérard Audouze Catherine Beaubatie Patricia Bordas Stéphane Cambou Christèle Coursat Nathalie Delcouderc-Juillard Jean-Paul Denanot Shamira Kasri Alain Lagarde Catherine L’Official Armelle Martin Gilles Pallier Philippe Reilhac Michèle Reliat Jean-Marie Rougier Bernard Roux Andréa Soyer Claude Trémouille

Vos élus au travail Ce jeudi 10 février, alors que sur la place Tahrir, au Caire, les Égyptiens écrivent l’Histoire, sui­ vant en cela l’exemple Tunisien, sur le plateau de TF1 un Prési­ dent de la République, empêtré dans ses échecs, nous racontait... des histoires ! Certes, tous les Présidents, avec plus ou moins de réussite, ont utilisé les médias pour faire pas­ ser leurs messages… Mais de là à organiser pareille parodie ! Un plateau-panel soit disant re­ présentatif, trié sur le volet, osant tout juste poser « sa question », ne répondant pas, ou si peu. Un « journaliste » sans mordant ni curiosité, réduit au rang de « pas­ seur de plats »… Et un Président égal à lui-même : beau parleur bien sûr, félicitant chacun, donnant raison à tous, « comprenant » bien tout le monde, la compassion à fleur de lèvres et la main sur le cœur... Comme d’habitude, exploitant une nouvelle fois un fait divers tragique, il nous a « refait le coup » de l’insécurité, pointant du doigt le laxisme proclamé des uns, l’incompétence affirmée des autres, oubliant simplement qu’il est en charge depuis longtemps, lui, Ministre de l’Intérieur d’abord, Président de la Répu­ blique ensuite, de trouver à ces problèmes les bonnes solutions. Comme d’habitude encore, il nous a « rejoué le numéro » des déficits publics, oubliant de

rappeler qui les a creusés, mais justifiant ainsi les suppressions de postes dans la santé ou l’édu­ cation ! Comme d’habitude toujours, il nous a interprété le « lamento » des 35 heures, à ses yeux res­ ponsables de tout, oubliant de rappeler que les Allemands, qui travaillent annuellement moins que les Français, sont pourtant en passe de réaliser des records à l’exportation... et justifiant ainsi par avance les nouveaux efforts qui nous seront demandés, aux citoyens comme aux collectivités. Et puis, avec l’air contrit qu’im­ posait la situation, il a moralisé sur le thème de « l’État irrépro­ chable » de « l’État économe »… alors que dans nos mémoires flottent encore les relents de l’affaire Woerth ou les petits arrangements entre « amis » sur fond de jet privé et de vacances au soleil. Toute cette mise en scène, ce rabâchage exaspérant, pour en arriver à cet acte de foi : tout ira mieux demain, si les Français ac­ ceptent de dégrader leur modèle social, acceptent la « culture du résultat », acceptent un travail plus long, plus précaire, toujours remis en cause, éventuellement moins rémunéré ! Comment ne pas comprendre la colère des uns, le désenchan­ tement des autres, ce sentiment d’injustice aujourd’hui durable­ ment installé. Comment s’éton­

ner de la perte de confiance qui dans la population se généralise, de ce « désamour » qui touche aujourd’hui, disent les sondages, toutes les catégories d’élus, du Président de la République aux élus locaux. A nous, élus locaux, d’expliquer inlassablement les atteintes portées à nos collectivités, l’ab­ surdité de la réforme territoriale adoptée, le « gel » des dotations d’état. À nous de respecter les engage­ ments raisonnables que nous avons pris pour un mandat efficace, utile à nos concitoyens, respectueux de leur cadre de vie. À nous de travailler pour chacun d’entre eux, dans la transparence et la concertation, avec le souci du possible, avec pragmatisme et détermination. Et c’est bien ainsi que nous agissons, pour assurer à notre Limousin ce développement « durable », économique, social et environnemental, auquel nous aspirons. La tâche est évidem­ ment considérable. Les attentes le sont tout autant. L’emploi constitue bien la priorité des priorités, emplois pour tous, emploi pour les jeunes notamment. Travail de fourmis, nous redis­ cutons avec tous les partenaires, le schéma de développement économique, industriel, artisanal et agricole : aides à l’emploi et au développement des entre­

prises, soutiens à l’innovation et aux secteurs potentiellement créateurs d’emplois, conditions d’évolution de l’activité vers des pratiques plus respectueuses de l’homme et de l’environnement, promotion de l’économie soli­ daire et sociale... Nous redéfi­ nissons nos priorités en matière de formation en tenant compte des évolutions technologiques, sociales et environnementales.

Mais c’est bien pour cela que nous sommes élus : pour travailler. Et c’est ce que nous faisons. Avec plaisir. Avec passion.  »

Et nous travaillons à la réalisa­ tion des conditions sine qua non de ce développement écono­ mique, la mise en place des infra­structures et équipements indispensables au développe­ ment : haut et très haut débit, ligne ferroviaire à grande vitesse, ensemble des dessertes du territoire. C’est dire que le travail ne manque pas et que cette Lettre du Limousin, aussi complète soit-elle, ne peut qu’en donner un simple aperçu! Mais c’est bien pour cela que nous sommes élus : pour travailler. Et c’est ce que nous faisons. Avec plaisir. Avec passion. n

Pour contacter le groupe du Parti Socialiste tél. : 05 55 45 00 77

union pour un mouvement populaire groupe présidé par

Raymond Archer conseillers régionaux Jean-Paul Adenis Françoise Beziat Francis Comby Marie-Claude Lainez Frédérique Meunier Michèle Suchaud Jean-Pierre Tronche Nathalie Villeneuve-Delage Vincent Turpinat

Les choix de l’attractivité Lors de la Commission perma­ nente du 3 Février, le président a annoncé qu’il préparait la mise en place d’une formation dans le secteur sanitaire et social spécifique aux soins et aides à apporter pour accompagner les personnes frappées de dépen­ dance. Il a même précisé qu’elle serait implantée en Creuse à La Souterraine. C’est une très bonne idée que notre liste avait avancée dans son programme en mars dernier sans avoir précisé la localisation de la formation. Le président avait fait précéder cette annonce du constat selon lequel on ne retenait pas en Limousin les jeunes que l’on formait dans le secteur sanitaire et social et qu’il fallait bien trouver une réponse. C’est d’abord le constat que les incitations financières, assorties de conditions telles que l’engagement de servir un certain nombre d’années dans les établissements limousins, ne marchaient pas d’abord

parce que l’on n’applique pas les sanctions, comme dans d’autres domaines d’ailleurs. C’est ensuite le constat du manque d’attractivité du Limou­ sin. Pourtant le dernier recen­ sement de l’INSEE paraissait redonner le moral même aux plus pessimistes. Il annonçait qu’à un horizon que seul les plus jeunes peuvent imagi­ ner, le Limousin gagnerait de la population mais, ni au point de devenir une colonie de peuple­ ment, ni au point de relever brutalement la densité démogra­ phique des zones rurales. On sait déjà que le Limousin peine à retenir ses jeunes diplômés et que la fuite des jeunes de moins de 29 ans est plus importante que le nombre de ceux qui arrivent. Dans le domaine médical en particulier, les établissements publics et privés ont du mal à retenir les personnels et à en accueillir. C’est la traduction d’un climat général. Une autre analyse de

Pour contacter le groupe UMP, tél. : 05 55 45 19 38

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La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

réalisation des infrastructures urgentes : routes, LGV, très haut débit. Il faut des moyens. Oui. Faisons des choix ! Le Conseil Régional n’est pas là pour accom­ pagner par des micro subven­ tions tout ce qui est dèjà financé par d’autres collectivités ni pour se charger de compétences qu’il n’a pas. Puisque le président prépare la possibilité pour le Conseil Régio­ nal d’emprun­ ter, que cette future capacité d’emprunt serve Tout doit être sacrifié sur au financement l’autel de l’attractivité. des équipe­ Arrêtons de vivre refermés ments struc­ sur nous-mêmes.» turants. Alors le Limousin pourra sortir de l’isolement de ces états de fait pour orienter les politiques conduites en Région et être aussi attractif que d’autres territoires moins bien dotés en Limousin. Tout doit être sacrifié ressources naturelles. sur l’autel de l’attractivité. n Arrêtons de vivre refermés sur nous-mêmes. Les activités et la population donc l’emploi vont de pair. Il faut accélérer la l’INSEE plus ancienne quant aux données sur lesquelles elle s’appuie, puisqu’il s’agit de l’année 2007, traite de l’encadre­ ment en Limousin. Il est infé­ rieur à la moyenne nationale et à la moyenne des régions françaises hors Ile de France. Que du négatif direz-vous ! Que propose-t-il pour améliorer les choses ? Je propose que l’on tire effectivement les conséquences


europe écologie LES VERTS

groupe présidé par

marc horvat conseillers régionaux Jean-Bernard Damiens Ghilaine Jeannot-Pagès

S’indigner utile Avenue Bourguiba, place Tahrir, ces lieux inconnus jusqu’alors sous nos latitudes seront liés dorénavant au courage incroyable des citoyens Tunisiens, Égyptiens, Syriens, Jordaniens, Marocains, Algériens, Yéménites qui face aux chars exigent encore la démocratie, images renouvelées de Tian’anmen ou Berlin, contre un parti qui s’arroge le droit d’une pensée unique au nom de tous. Ceci dit, ces événements tant espérés éclairent le plus condamnable soutien et la proxi­ mité de la France avec les dicta­ tures de ce monde. In extremis, les livraisons d’armes et de maté­ riel de répression sont stoppées pour ne pas sombrer

de l’amoral au criminel. Bien que la poignée de main d’un élu d’une démocratie vaille autant qu’une compagnie de mobiles locaux par la légitimité qu’elle confère au dictateur qui la reçoit. Pensée unique qui laisse se répandre la pauvreté dans nos propres villes et nos campagnes, précédée par le chômage, la précarité, la hausse des coûts de la nourriture, du chauffage et du logement. La santé gratuite, clame notre chef de l’état devant 8 millions de téléspectateurs, chacun reconnaîtra là le mensonge, tant la privatisation larvée s’étend sur nos services publics. Les enseignants, les magistrats, les avocats et les policiers sont

dans la rue, les escadrons se font porter pâle par défaut de droit de grève, pendant que des tableaux volés sont retrouvés chez un très proche de N. Sarkozy, dont les

Les Verts continuent de propo­ ser, de travailler, de soutenir la transition nécessaire vers une société réellement durable, juste et solidaire. n

…Mais les élus Europeécologie-les verts continuent de proposer, de travailler, de soutenir la transition nécessaire vers une société réellement durable, juste et solidaire. »

ministres et ex-ministres n’en finissent pas de s’embourber dans des affaires sordides et le « CAC 40 » ne cesse de grimper. Mais les élus Europe-Écologie-

Pour contacter le groupe Europe Écologie Les Verts, tél. : 05 55 45 17 22

ADS MEL groupe présidé par

Jacqueline LhommeLéoment

Alternative Démocratie SocialistE

conseiller régional jean daniel

mouvement écologiste limousin

Ça suffit ! Faire de la formation un outil de développement et d’attractivité du Limousin est un de nos objectifs. Dans le cadre de l’élabo­ ration du contrat de plan régional des formations professionnelles, l’État nous dit le partager. Mais comment le croire quand, en même temps, il annonce la suppression de 159 emplois dans l’académie pour la rentrée prochaine ? Suppressions de filière, d’option ou de classe à Aubusson, Égletons, La Souterraine, Ussel, Saint Junien, Saint Yrieix, Tulle, etc. : c’est l’offre de formation sur le territoire que le gouvernement

C’est une nouvelle et grave dégradation du service public de formation. Une dégradation qui affecte l’ensemble des services publics, à tel point même que magistrats et policiers, par nature réservés, sont amenés à dénoncer Depuis des années, la droite massivement désengage l’État de ses un manque missions fondamentales de moyens leur et veut contraindre, avec la réforme territoriale, les autres collectivités interdisant de remplir correc­ à faire de même. » tement leurs missions. Depuis des

réduit en profondeur. Suppressions d’autant plus intolérables qu’elles nous sont imposées sans considération des investissements réalisés dans les lycées dont nous avons la charge.

années, la droite désengage l’État de ses missions fondamentales et veut contraindre, avec la réforme territoriale, les autres collectivités à faire de même. Les coupes sombres dans les budgets, les réformes tous azimuts, qui fragilisent encore plus le tissu social, ça ne peut plus durer. Il faut en finir avec cette spirale infernale. n

Pour contacter le groupe Alternative démocratie socialiste et Mouvement écologiste Limousin, tél. : 05 55 45 19 45

terre de gauche

Parti communiste français Parti de gauche Nouveau parti anticapitaliste

groupe présidé par

Christian Audouin conseillers régionaux Stéphane Lajaumont Véronique Momenteau Laurence Pache Joël Ratier Pascale Rome

Lettre au président Denanot Favoriser immédiatement la démocratie sociale dans l’entreprise, c’est possible ! Pour nourrir le prochain SRDE (schéma régional de développe­ ment économique) prévu pour 2012, notre groupe a fait des propositions sur la nécessaire conditionnalité des aides éco­ nomiques, mais aussi sur la démocratie sociale dans l’entreprise. Ainsi notre contribution demande au président Denanot de : • « Conditionner toute aide dès le premier euro au respect de

critères sociaux, économiques et environnementaux (…) : on peut évoquer (…) le développement de l’emploi stable, la disparition de l’emploi précaire, le niveau de rémunération de salariés, (…) la recherche de sobriété énergétique, la transparence des comptes, … (et) privilégier les productions de qualité non polluantes, les relocalisations de production, les circuits courts. • Repenser l’utilisation de l’argent public : refuser toute aide à une entreprise rémunérant des actionnaires, plafonner les aides, exiger le remboursement immédiat avec pénalités pour les entreprises qui ne respectent

pas leurs engagements ou délocalisent, (…), tenir compte de l’exonération fiscale dont a bénéficié l’entreprise grâce à la suppression de la taxe professionnelle (…) ». • Inciter les banques à assumer leur rôle en mettant en place « un Fonds Régional de Dévelop­ pement pour l’Emploi et la Formation » associant fonds bancaires et régionaux. • Favoriser la démocratie sociale en donnant voix au chapitre aux salariés : « il peut être mis en place immédiatement, sans coût financier supplémentaire pour la Région, la consultation

L’intégralité de ce courrier est visible sur le site : www.terredegauche.fr. N’hésitez pas à vous inscrire à notre lettre d’informations. »

des salariés des entreprises candidates aux aides. Ils devront être non seulement informés de la demande mais [aussi de] l’usage réel de cette aide », selon des modalités prenant en compte la taille de l’entreprise. n

Pour contacter le groupe Terre de gauche, tél. : 05 55 45 17 26

N° 91 MARS 2011 La lettre du limousin

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agenda

Sanfourche au conseil régional

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exposition Une trentaine d’œuvres

de l’artiste présente une vision renouvelée de son talent.

Un an après sa disparition, cette exposition présente, autour d’une trentaine d’œuvres de l’artiste et du documentaire « Moi, Sanfourche », réalisé par Christophe Gatineau et soutenu par la Région, une vision renouvelée de l’œuvre du peintre. Issues des collections du FRAC, du FACLIM et de l’Artothèque du Limousin, les pièces présentées appartiennent principalement aux œuvres de jeunesse de cet illustre Limousin, extrêmement populaire en son pays mais paradoxalement assez peu connu hors de ses fron­ tières.

À cette occasion, la rubrique « Une semaine, Une œuvre », sur le site de la Région, sera consacrée à l’œuvre de Sanfourche. Lancée depuis sep­ tembre 2010, cette initiative vise à présenter chaque semaine une nouvelle œuvre issue des collec­ tions appartenant à la Région et valorisées par le FRAC-Artothèque du Limousin.  n Limoges Hall de l’Hôtel de Région 27 boulevard de la Corderie

14 mars au 8 avril Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30.

occitan Quelques mots de Limousin en 1912 Le « patois », vu d’ail­ leurs, a toujours donné lieu aux clichés de toutes sortes. En témoigne cette carte postale de 1912 qui accumule les poncifs, ce que remarque très ironiquement un Limousin de l’époque. Notre Limouzi – A lo fermo (soit en graphie dite classique : Nòstre Limosin – a la ferma) dit la carte. Et la légende d’ajouter : Yo jûte nôtré vâcho (Io juste nòstre vacha) : « Je trais notre vache ». La carte est conservée aux Archives Munici­ pales de Limoges. Si l’on y regarde

à deux fois, on s’aperçoit vite que la scène est complètement incohé­ rente : le bidon est au premier plan et non pas sous le pis de la bête, qui est devant la grange et non pas à l’étable, la fermière touche les mamelles d’une seule main, elle s’est coiffée du barbichet de fête (qui était déjà à l’époque un oripeau folklorique) pour vaquer à sa besogne, etc. Ces artifices n’ont pas échappé au regard malicieux du conscrit qui a envoyé la carte le 21 janvier 1912. Il ironise sur l’incongruité de la scène :

La vache qui fournit le lait à toute la garnison !! Espère qué la bujô sayo pléno Béleu qué sirén de lâ classo âvânt (Espere que la buja saia plena / Beleu que sirèm de la classa avant) Autrement dit : « J’attends que la jarre soit pleine / peut-être que nous serons de la classe avant ». On disait « Être de la classe », lors­qu’on faisait sa dernière année de service, ou pour signifier carré­ ment, comme ici, la libération des obligations militaires. Les écritures manuscrites en

occitan, dans la correspondance privée, en ces années là, sont plu­ tôt rares. Ici, il existe évidemment un lien avec le fait que la carte soit légendée en « patois » ; la légende valait comme une sorte d’autori­ sation et en tout cas d’incitation à partager la langue, sur le mode plaisant, avec les correspondants restés au village… n Merci à Jean-Pierre Cavaille de nous avoir rapporté cette histoire sur son blog occitan,

Chaumeil Auberge des Bruyères 05 55 21 34 68

Royère de Vassivière L’atelier

05 55 64 52 22

Les Bistrots d’hiver 2011 servis sur un Plateau Association Pays’Sage

www.pays-sage.net

Dimanche 13 mars Chaumeil La mal coiffée (musique traditionnelle) Royère de Vassivière Une touche d’optimisme (chanson Pop-rock) Les Bistrots d’hiver proposent, chaque dimanche (et certains samedis aussi !), dans les auberges du plateau de Millevaches et de ses alentours, des concerts et des spectacles d’artistes nationaux et régionaux. Mais, avant de se faire plaisir aux oreilles, 2 temps forts rythment la journée du dimanche : tout commence à 11 h 30 avec l’apérotchatche pour débattre de l’actualité, puis vient le temps de se mettre à table (vers 12 h 30) pour un déjeuner aux saveurs régionales et enfin, à 15 h... place au concert ou au spectacle ! Le samedi, rendez-vous dans les auberges dès 19 h pour écouter le concert.

http://taban.canalblog.com

Aubusson Scène nationale d’Aubusson théâtre jean lurçat 05 55 83 09 09

Le festival des 20 ans des scènes nationales mardi 15 mars 18h. Le théâtre Jean Lurçat est le seul à avoir le label scène nationale en Limousin. Ce réseau unique rassemble 70 structures dans toute la France. À l’occasion des 20 ans du label, les soixante-dix scènes nationales vont lever le rideau simultanément sur l’ensemble du territoire pour rendre compte de leur soutien à la création contemporaine. Durant cette semaine, la scène nationale d’Aubusson organise une table-ronde sur la place et les enjeux de la création contemporaine. Cette discussion, animée par Richard Madjarev sera enrichie par la présence d’artistes engagés avec la scène nationale depuis plusieurs années. Jacques

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La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

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livres et disques

les 10 choix de la rédaction 3

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Amélie Chassary, photographe, Véronique Éloy et Jean-Marc Ferrer, textes Les ardents éditeurs

Intérieurs secrets en Limousin Vincey, notre artiste associé Théâtre, Cridacompany, Hala Ghosn, David Gauchard, le Maxiphone collectif et Lucie Castu. Entrée libre.

St Sulpice les Feuilles Cazalibus

05 55 76 16 98

Jean-Christian Michel Vendredi 25 mars JeanChristian Michel, musicien de jazz et compositeur a été un des premiers à marier musique sacrée et jazz dans des arrangements qui ont eu un succès phénoménal : cinq millions de disques, des milliers de concerts dans les plus grandes cathédrales et une foule de fans nostalgiques. Tous ses passages à Limoges affichaient complet des mois en avance. Le Limousin le reçoit de nouveau pour un concert unique dans l’église de St Sulpice les Feuilles. Jean-Christian Michel, à la clarinette, est accompagné par Monique Thus, organiste titulaire de Notre Dame de la Garde de Marseille. Les arrangements de Bach, le concerto d’Aranjuez et ses compositions spatiotemporelles sont magnifiés par une sonorisation et un éclairage sophistiqués pour une lumineuse symphonie.

lui-même auteur de livres pour la jeunesse, dépeint les troubles de ce petit frère meurtri par la maladie de son frère.» La représentation sera suivie d’une rencontre avec le comédien Thomas Gornet qui fera une séance de dédicace de ses nouveaux romans.

Nexon - Chapiteau Cie Le Sirque – pôle cirque de Nexon en Limousin 05 55 83 09 09 www.cirquenexon.com

Le repas Cheptel Aleïkoum Jeudi 24 mars 20 h 30 Entrée libre sous réserve de confirmation au 05 55 58 10 79 Entrez dans l’atmosphère étonnante de ce cabaret participatif sous chapiteau ! Les 7 artistes du collectif Cheptel Aleïkoum préparent Le repas, une création collective où les spectateurs sont aussi acteurs et comme son nom l’indique, cela se passe à table. Un repas surprenant et festif pour 150 personnes maximum et leurs économes, truffé de numéros de cirque sur fond musical où se combinent rencontre, préparation des plats et dégustation, pour finir par la vaisselle.

Limoges Salon des expositions de Limoges

salon de l’habitat régional de Limoges 25 au 28 mars Le thème du salon de cette année sera la prévention des accidents domestiques, de la petite enfance à l’âge adulte. Animations ludiques, simulateurs, conférences et bien sûr de nombreux exposants.

Saint-Yrieix Centre culturel Jean-Pierre-Fabrègue 05 55 08 88 78 / 77 www.saint-yrieix.fr

Tout contre Léo Compagnie du Dagor Mardi 22 mars 19 h. Théâtre Tout public à partir de 10 ans. Avec l’adaptation de ce texte fondateur de la littérature jeunesse, la Compagnie du Dagor emprunte à nouveau les routes du théâtre contemporain pour le jeune public. En défendant l’idée que les enfants ont autant le droit d’être émus que d’être divertis. «Tout contre Léo» est un spectacle traversé par des crises de rires et de larmes, une plongée dans les relations familiales où l’amour, finalement, emporte tout. «Le texte de Christophe Honoré parle ouvertement du sida avec les yeux de l’enfance. La Cie du Dagor en a fait une pièce remarquable où Thomas Gornet,

rencontres qu’il propose : des concerts intergénérationnels et interdisciplinaires. Dans cette nouvelle édition le festival a organisé la rencontre du classique avec le jazz dans un même concert et a imaginé un récital accompagné d’une performance de danse.

Le Vigen Jardin de Plaisance

09 81 60 60 99 www.festival1001notes.com

Concert de printemps du Festival 1001 Notes Vendredi 25 mars 19 h. Dans le cadre de la « fête des orchidées » du Jardin de plaisance, le Festival 1001 Notes invite la Camerata Vocale de Brive à se produire dans les serres du Jardin de Plaisance pour un concert «Esprit français». Au programme : Gounod, Fauré , Saint-Saëns, Franck, Duparc, Messiaen. Le Festival 1001 Notes puise sa singularité dans les

Limoges Théâtre de la passerelle 05 55 45 94 00

Le journal d’une femme de chambre Mirbeau Mardi 5 avril 20 h 30. L’œuvre de Mirbeau drôle et subversive dresse une fresque au vitriol de la France de 1900 et des relations ambiguës qui unissent maîtres et domestiques. La bonne, Célestine, devenue patronne dans son petit café de Cherbourg, offre tous les soirs à ses clients un spectacle réjouissant et tonique en les conviant à entrer dans les coulisses du grand spectacle social. Célestine croque avec humour les situations parfois rocambolesques qui ont marqué sa vie et utilise le rire comme bouclier pour se protéger des humiliations propres à sa condition. Octave Mirbeau est un homme indigné, virulent, démystificateur des dogmes et des conventions sociales, en lutte pour un idéal de justice. Avec « le journal d’une femme de chambre », il met en lumière le tragique de la condition humaine en peignant la vie quotidienne. Avec Mauricette Touyéras, Mise en scène, scénographie : Michel Bruzat Lumières, Franck Roncière, Costumes, Dolorès Alvez Bruzat.

Brive 05 55 24 15 23 www.festivalcinemabrive.fr

Le festival du moyen-métrage Du 6 au 11 avril Créés en 2004, les Rencontres du moyenmétrage de Brive se sont imposées comme un espace de rencontre entre le public et les professionnels autour d’un

format encore trop peu diffusé : le moyen-métrage. La programmation très diversifiée, reflète la vitalité de ce format cinématographique : plus de 100 projections, une compétition de films récents, des théma­ tiques, des hommages, des programmations scolaires, des tables rondes, un ciné-concert. Le festival est aussi un moment de convivialité rassemblant grand public et professionnels : présentation des films par leurs réalisateurs, producteurs, comédiens ou techniciens ; rencontres public-équipes autour d’un apéritif, éducation à l’image, débats, découvertes d’œuvres rares… La sélection Européenne présentera entre 20 à 25 films de la production européenne récente. La compétition est ouverte aux films de fiction, documentaires, expérimentaux ou animations sur supports film et vidéo. Le festival est aujourd’hui encore le seul en Europe à être entièrement consacré à ce format.

Limoges Galerie L’œil écoute, 25, Rue Petites Maisons 05 55 32 30 78

DRAC du Limousin, 6 rue Haute-Comédie 05 55 45 66 00

Hôpital mère-enfant de Limoges, 8 avenue Dominique Larrey 05 55 05 55 55

1 Dernières dates pour les bistrots d’hiver, il faut en profiter !

2 Tout contre Léo, un conte pour enfant qui ose s’attaquer à un sujet grave : la maladie. 3 Le festival

estival 1001 notes s’offre un spectacle de printemps avec la camerata de Brive.

4 Trois expositions photos de la même artiste à Limoges. Trois projets différents, trois facettes d’un travail à découvrir.

Premier ouvrage sur les belles demeures du Limousin, réalisé après deux ans de travail. Plusieurs propriétaires ont accepté de participer à une vision chaleureuse et ouverte d’une région trop souvent qualifiée de « secrète ». Les intérieurs contemporains côtoient belles maisons et châteaux du Limousin. 224 pages, 400 photographies, 39 euros.

Christian Rémy Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Multiples »), 2010.

Avec Richard Cœur de lion : Itinéraire Docteur en histoire médiévale et spécialiste des châteaux, Christian Rémy, qui avait déjà publié chez le même éditeur deux très beaux volumes de la Collection « Regards » – Seigneuries et châteaux-forts en Limousin –, propose ici un petit guide sur les pas de Richard Cœur de Lion. Si le lien entre ce guide et le roi Richard est assez ténu, de même qu’est assez artificielle la route touristique qui porte son nom, l’ouvrage du brillant castellologue est en tout point passionnant. Il nous propose quatre circuits englobant un grand quart sud-ouest du département de la HauteVienne : le Pays de Rochechouart, les Monts de Châlus, le Val de Briance et le Pays arédien. Pour chacun des circuits, l’auteur décline une série de villes ou villages remarquables pour leurs richesses patrimoniales comme Châlus, Rochechouart, Solignac ou Saint-Yrieix-laPerche. 104 pages, 15 euros

Mathilde Fraysse 3 expositions photos 8 avril au 21 mai L’exposition « Femmes Chambre » dévoile des portraits de femmes qui semblent prendre soin de leur apparence, se maquillent, s’habillent, mettent des bijoux avec une attention particulière. Elles sont photographiées dans leur lieu de préparation, devant leur coiffeuse, sur une chaise dans la salle de bain. Là où le « rituel contemporain » a lieu. La Drac du Limousin montre le travail issu d’une résidence d’artistes (en cours), dans le cadre du dispositif « Écritures de Lumières » dans un lycée du Limousin. Enfin, la série « portraits-allaitements » exposée à l’hôpital mèreenfant, soutenue par une bourse artistique de la Région Limousin, montre un portrait artistique, documentaire et sensible sur l’allaitement aujourd’hui.

Anne Paceo Anne Paceo/batterie, Joan Eche-Puig/ contrebasse, Leonardo Montana/piano

TriphaseE Empreintes Le trio emmené par la désormais célèbre batteuse compte déjà 5 ans d’aventure et de vie commune. Il livre ici un conte musical où se révèlent ses trois personnalités, trois empreintes qui commencent à compter dans l’univers du jazz. Disque en vente après les concerts ou sur boutique.ebl-laborie.com.

N° 91 MARS 2011 La lettre du limousin

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portrait

BTP au féminin

Morgane Roblet, élève au Lycée des Métiers du Bâtiment de Felletin a décro­

ché le prix de l’Apprentissage au féminin décerné par la Région Limousin.

27, boulevard de la Corderie 87031 Limoges Cedex 05 55 45 19 00

Directeur de la publication Jean-Paul Denanot Responsable de la rédaction Sybille Mangin Rédacteur en chef Guillaume Fontaine Rédaction Emmanuelle Mayer Nicolas Y Photos Vincent Chédeville - Guillaume Fontaine Sauf mention contraire, avec la collaboration des services et agences de la Région

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L’entreprise Rivet Presse Édition est labellisée Imprim’vert. Elle respecte un cahier des charges strict sur le recyclage de ses déchets et la composition de ses encres. La Lettre du Limousin est imprimée sur du papier recyclé avec des encres végétales. ISSN N° 0151-2587 365 000 exemplaires

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Féminin Chef de chantier ou conducteur de travaux, des jobs très masculins que Morgane compte bien faire évoluer.

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, Morgane a tou­ jours aimé bricoler. « J’’étais curieuse de voir mon grand-père, électricien, et mon père travailler dans le bâtiment, je voulais faire moi-même les travaux ». Alors à la fin du collège, cette Tourangelle décide de quitter la voie générale pour un BEP puis un Bac professionnel en aménage­ ment et finition du bâtiment. Là, elle prépare le concours des Meilleurs apprentis de France et rafle la médaille d’or, remise par le Président du Sénat et quelques mi­ nistres. Passionnée, elle refait tous les murs de la maison familiale : papiers peints, enduits décoratifs… « Mes parents m’ont décrit leurs envies et je leur ai fait des propositions » raconte la jeune femme de 22 ans. Pour autant, elle ne se voit pas ouvrière toute sa vie. Dans cet univers masculin, cette brune menue détonne. « Certains travaux sont très durs physiquement, comme les enduits projetés ou les rénovations de façades. Cela dit, on prend l’habitude de porter des sacs de 25 kg ! ». Son Bac en proche, elle décide donc de poursuivre avec BTS dans la même branche, afin d’être en mesure de diriger les chantiers. Elle

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prochain dossier

Comme tous mes copains de promo, au début, nous n’étions pas ravis d’aller en Creuse. Mais les profs nous ont dit « vous allez voir, dans deux ans, vous regrettez le coin » et c’est vrai que c’est agréable.  »

rejoint le LMB de Felletin. « Comme tous mes copains de promo, au début, nous n’étions pas ravis d’aller en Creuse. Mais les profs nous ont dit « vous allez voir, dans deux ans, vous regretterez le coin » et c’est vrai que c’est agréable. Pour moi qui viens de la ville, ça repose, on souffle. Et puis on créé des liens, on s’attache au territoire ». En alternance avec le lycée, elle est apprentie au sein de la société De Buschère (groupe BH) à Tours, chez ses parents. « Je me prépare au métier de conducteur de travaux car j’adore le contact

La lettre du limousin N° 91 MARS 2011

humain, le lien avec la clientèle. Je suis les réunions avec les architectes, prépare les fournitures, organise le chantier des gars… ». « Gars », le mot est lâché… Sur les 170 salariés de l’entreprise, deux femmes seule­ ment travaillent sur des postes de chantiers. Par contre les métiers de chef de chantier et conducteur de travaux commencent à se féminiser. « Au début, les gars me prenaient un peu à la rigolade. Mais je me suis aperçue que le fait d’être une femme était un atout. Par exemple, quand un ouvrier n’est pas d’accord, il me le dit de manière plus douce que si j’étais un homme. Le dialogue est moins agressif ». Stagiaire en Sardaigne Dans le cadre de sa formation, Morgane a tenté le concours de l’Apprentissage au féminin, organisé par la Région Limousin. Le but : soutenir les apprenties du Limou­ sin qui exercent des métiers tradi­ tionnellement masculins. Elle a été sélectionnée avec 12 autres filles. Le prix : une bourse de 800 € et un stage à l’étranger. Morgane s’est ainsi envolée du 18 septembre au 8 oc­ tobre dernier en Sardaigne, où elle a été accueillie dans un cabinet d’ar­

chitecture. Avec son chef Giovanni, l’assistant Fabio et l’étudiante ita­ lienne Luana, Morgane a réfléchi au réaménagement de la plage d’Alghero à grand renfort de Photoshop « Ce projet était un concours européen. Mes collègues là-bas disaient toujours que je représentais l’Europe » sourit Mor­ gane, qui a pu observer le fossé culturel dans le monde du travail. « On travaillait jusqu’à 20 heures parfois, personne ne comptait ses heures, mais c’était une atmosphère de travail beaucoup plus détendue qu’en France, avec la sieste du début d’après-midi ». Le soir, elle retrouvait les 11 autres gagnantes du concours pour se raconter leurs journées, cha­ cune dans leur branche : pâtisserie, mécanique auto, boucherie, agri­ culture… Après son BTS, Morgane envisage de suivre une Licence pro. « Cela me fait un peu peur parce que c’est difficile mais je rêve de partir plusieurs mois à l’étranger et pour cela, je dois avoir une licence car c’est le diplôme reconnu dans tous les pays ». Elle se verrait bien par­ faire son anglais au Canada avant de rentrer au bercail conduire les travaux de maisons individuelles. Pourquoi pas en Limousin… n

Bio express 1989 Naissance

L’ÉCO CONSTRUCTION EN LIMOUSIN SORTIE DU NUMÉRO 92 LE 16 MAI

2007 BEP Aménagement et finition du bâtiment, Médaille d’or au concours « Un des Meilleurs Apprentis de France » 2009 Bac pro Aménagement et finition du bâtiment, entrée en BTS au Lycée des métiers du bâtiment de Felletin. 2010 Lauréate du concours Apprentissage au féminin

Région Limousin Une chance à saisir


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