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Sommaire

UNE EXIGENCE DE SOLIDARITE ENTRE LES TERRITOIRES ET ENTRE LES LIMOUSINS...............................3 1 - Un regain démographique qui ne comble pas les déséquilibres territoriaux une population en légère croissance ................................................................................ 5 une croissance alimentée par l’apport migratoire.............................................................. 7 la persistance du déséquilibre est-ouest ........................................................................... 9 2 - Des solidarités réelles et déterminantes pour l'avenir pauvreté et exclusion : des risques réels, des acteurs en alerte ..................................... 11 le handicap : une capacité d’accueil exemplaire, le défi du vieillissement ....................... 15 délinquance : un espace épargné ................................................................................... 17 diversité culturelle : l’enjeu de l’accueil et de l’intégration ............................................... 19 parité hommes-femmes : une marge de progrès dans tous les domaines et une opportunité ....................................................................................................................................... 21 face au vieillissement, le besoin de solidarité intergénérationnelle.................................. 23 3 - L'organisation territoriale en construction un puzzle territorial en recherche de cohérence ............................................................. 27 une coopération territoriale qui s’appuie sur des réseaux ............................................... 29 un Limousin de plus en plus ouvert sur le monde ........................................................... 31 une solidarité territoriale aidée par un système de redistribution..................................... 35 4 - L'évolution des formes de la citoyenneté et de la participation démocratie représentative : un électorat plutôt mobilisé ................................................. 37 un monde associatif vivier de citoyenneté en redéfinition ............................................... 39 un accès à l’information de plus en plus performant ....................................................... 41 participation citoyenne : des initiatives pertinentes encore peu nombreuses .................. 43 Internet : un nouveau support pour l’exercice de la citoyenneté..................................... 45

Synthèse des enjeux............................................................................................... 47

LE LIMOUSIN FACE AUX EXIGENCES D'EPANOUISSEMENT ET DE QUALITE DE LA VIE .............................49 1 - Un maillage en services à préserver et à optimiser services de base : une couverture assurée par une centaine de bourgs......................... 51 équipements intermédiaires : l’enjeu de l’autonomie des bassins et de la mobilité ......... 53 des fonctions métropolitaines supérieures à renforcer .................................................... 55 2 - Accessibilité : des progrès notoires, des enjeux d'adaptation infrastructures et transports : un désenclavement à parachever ..................................... 57 TIC : la préoccupation continue de la performance et de l’équité.................................... 59 mobilité : l’offre de transport face à l’évolution des modes de vie.................................... 61 3 - Une offre de services plutôt performante habitat : le défi de la qualité ............................................................................................ 63 une offre de soin à conforter ........................................................................................... 67 formation : un potentiel de très bon niveau ..................................................................... 69 culture : une vitalité remarquable, une adaptation à anticiper ......................................... 71 des atouts dans le domaine des sports de nature et de haut niveau............................... 73 une difficile conciliation des temps.................................................................................. 75

Synthèse des enjeux............................................................................................... 77

Diagnostic prospectif du SRADDT – février 2008

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VERS UNE ECONOMIE DURABLE ........................................................................................................79

1 - Diversité et ouverture des bases de l'économie limousine agriculture et forêt : un socle essentiel face aux défis du futur ........................................ 81 un tissu industriel diversifié mais à renforcer ................................................................. 87 un secteur tertiaire qui rattrape progressivement son retard ........................................... 91 l’économie limousine dans la mondialisation .................................................................. 93 2 - Des champs économiques en devenir des atouts touristiques à affirmer .................................................................................... 95 économie de la connaissance : des chemins vers la performance.................................. 99 économie de l’environnement : un potentiel.................................................................. 101 économie du vieillissement : la légitimité et l’ambition limousines ................................. 103 économie résidentielle : des perspectives à pérenniser ............................................... 105 3 - Primauté de l'homme dans l'économie : des enjeux d'adaptation économie sociale et solidaire et entreprenariat responsable: des valeurs montantes ... 107 adaptabilité des ressources humaines comme gage d’une économie dynamique ........ 109

Synthèse des enjeux............................................................................................. 111

LE LIMOUSIN FACE A LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ............................................113 1 - L'impact du changement climatique 2 - L'impératif de la réduction des gaz à effet de serre gaz à effet de serre : un profil régional spécifique......................................................... 117 la nécessité et l’opportunité de la maîtrise énergétique................................................. 119 l’optimisation des déplacements : des efforts à amplifier .............................................. 121 3 - L'essor des énergies renouvelables

Synthèse des enjeux............................................................................................. 125

LE LIMOUSIN ET LA PRESERVATION DE LA BIODIVERSITE ET DES RESSOURCES .................................127 1 - Un patrimoine naturel riche à préserver et à valoriser des paysages expression de l’identité limousine........................................................... 129 une biodiversité riche mais menacée............................................................................ 131 des zones naturelles remarquables .............................................................................. 133 2 - Des ressources naturelles à mieux prendre en compte l’eau, une ressource essentielle.................................................................................... 135 un air de qualité ............................................................................................................ 137 état des sols : deux menaces à contenir ...................................................................... 139 gestion des déchets : le Limousin doit continuer à être exemplaire .............................. 141 3 - Une maîtrise de l'espace, garant de sa qualité une artificialisation de l’espace à mieux contrôler ......................................................... 143 foncier : les enjeux d’une gestion collective et plus rigoureuse ..................................... 145

Synthèse des enjeux............................................................................................. 147

Diagnostic prospectif du SRADDT – février 2008

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I.

UNE EXIGENCE DE SOLIDARITE ENTRE LES TERRITOIRES ET ENTRE LES LIMOUSINS

Le Limousin connaît depuis quelques années un regain démographique, qui constitue une véritable rupture pour la région. Les nouvelles populations ne se répartissent pourtant pas de façon à combler les déséquilibres territoriaux. Les déséquilibres limousins, dans leur composante sociétale, amènent à prendre conscience de l’importance des solidarités, qui seront d’autant plus nécessaires demain. Ils interrogent aussi les solidarités territoriales dans toutes leurs formes, qu’une organisation territoriale en construction promeut. Socles des solidarités, les formes de la citoyenneté et de la participation évoluent vers plus de diversité et s’appuient sur des moyens technologiques nouveaux.

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Evolution de la densité de population du Limousin entre 1891 et 1999

Densité de population (hab/km²) 100 et plus 90 - 100 80 - 90 70 - 80 60 - 70 50 - 60 40 - 50 30 - 40 20 - 30 moins de 20

Source : Le peuplement du Limousin 1846-1999, INSEE Limousin, 2000

Evolution de la population limousine selon le scénario central Année Nombre d’habitants

2005 723 808

2010 730 071

2015 734 341

2020 736 353

2025 737 295

Source : Insee, modèle Omphale base 2005

2030 738 225


I . 1 - UN REGAIN DEMOGRAPHIQUE NE COMBLE PAS LES DESEQUILIBRES TERRITORIAUX I . 1 – Un regain QUI démographique qui ne comble pas les déséquilibres territoriaux une population en légère croissance er

Avec 723 800 habitants au 1 janvier 2005, le Limousin apparaît comme l’une des régions les moins ème ème peuplées de France métropolitaine, se classant au 21 rang de la population française et au 209 rang de l’Europe à 266 régions. Si la région a perdu le quart de sa population au cours du XXème siècle, un début de retournement de tendance est constaté entre 1999 et 2005 : la population du Limousin croît désormais, gagnant 2100 personnes par an depuis 1999 contre une perte moyenne de 1300 habitants/an sur la période 1990-99. La hausse de la population limousine, qui s’établit à 0,29 % par an entre 1999 et 2005, est toutefois inférieure de moitié à la moyenne nationale (0,62% pour la métropole). Ce sont les régions du sud de la France et de l'arc atlantique qui connaissent les hausses les plus importantes. Le Limousin, comme l'Auvergne, est dans une position intermédiaire par rapport aux régions du nord de la métropole qui, elles, connaissent des hausses moins soutenues. Si les tendances démographiques récentes se poursuivent (stabilité du taux régional de fécondité par âge au niveau de 2005, baisse de la mortalité au même rythme qu’en France métropolitaine, maintien des migrations au rythme de la période 1990 à 2005), le Limousin compterait 738 225 habitants en 2030 (+2 % entre 2005 et 2030). En matière de perspectives de croissance démographique, la région se situerait ainsi ème en 17 position, c’est-à-dire loin derrière les grands gagnants que seraient le Languedoc-Roussillon, MidiPyrénées et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mais elle ne ferait plus partie du peloton de queue, constitué des 1 régions orientées à la baisse à l’horizon 2030 : Champagne-Ardenne, Lorraine et Bourgogne .

1 Source : Horizon 2030 : légère hausse de la population limousine, Focal n° 42, INSEE Limousin, décemb re 2007 (http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/rfc/docs/focal42.pdf)

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Soldes naturels et migratoires en Limousin depuis 1962

Source : Insee, recensements de la population, EAR 2004 et 2005

Une croissance démographique dépendante principalement de la fécondité et du niveau des migrations

Source : Insee, modèle Omphale base 2005

Le Limousin en avance sur les autres régions en matière de vieillissement

Tableau 2 : Age moyen et structure des populations par âge

Structure par âge en 2005 (en %) Structure par âge en 2030 (en %) Age Age moyen Age moyen Moins de Plus de Dont plus moyen Moins de Plus de Dont plus en 2030 sans en 2005 20 ans 20-59 ans 60 ans de 80 ans en 2030 20 ans 20-59 ans 60 ans de 80 ans migrations Languedoc-Roussillon 40,7 Midi-Pyrénées 40,9 PACA 40,5 Rhône-Alpes 38,2 Pays de la Loire 38,9 Aquitaine 41,1 Alsace 38,0 Bretagne 40,0 Corse 41,5 Poitou-Charentes 41,6 Ile-de-France 36,6 Centre 40,2 Franche-Comté 39,0 Picardie 37,6 Haute-Normandie 38,0 Basse-Normandie 39,8 43,5 Limousin Nord-Pas-de-Calais 36,7 Auvergne 41,7 Bourgogne 41,1 Lorraine 38,9 Champagne-Ardenne 38,9 France métropolitaine 39,0 Source : Insee, modèle Omphale

23,5 22,8 23,7 25,8 25,6 22,7 25,1 24,4 21,8 22,7 26,1 24,3 25,1 26,9 26,3 24,9 20,2 27,9 21,9 23,2 24,7 25,1 24,9

52,4 53,3 52,5 54,3 53,3 53,3 56,2 52,7 53,4 52,3 57,4 53,0 53,9 54,6 54,5 52,7 52,0 54,4 53,2 52,6 54,9 54,4 54,3

24,1 23,8 23,8 19,9 21,1 24,0 18,8 22,8 24,8 25,1 16,5 22,8 21,0 18,5 19,2 22,4 27,9 17,7 24,9 24,1 20,4 20,5 20,8

5,3 5,5 5,4 4,1 4,7 5,5 3,5 4,9 5,3 5,8 3,6 5,2 4,4 3,8 4,1 4,9 7,0 3,7 5,7 5,6 4,0 4,5 4,5

43,6 43,6 43,6 41,6 43,1 44,8 42,3 44,0 46,0 45,8 39,2 44,5 43,4 42,3 43,0 44,9 46,5 40,9 45,9 46,0 43,8 44,1 42,6

21,8 21,6 21,8 23,8 23,0 20,7 21,8 21,9 18,4 20,2 24,8 21,5 22,3 23,3 22,4 21,1 19,0 24,4 19,8 19,9 21,1 21,2 22,6

46,7 47,3 47,1 48,5 46,3 46,2 50,1 45,8 47,2 44,6 52,7 45,6 46,9 47,7 47,7 45,1 45,0 49,4 45,2 44,8 48,1 47,2 48,1

31,5 31,1 31,1 27,7 30,7 33,1 28,1 32,3 34,4 35,2 22,5 32,9 30,8 29,0 29,9 33,8 36,0 26,1 35,0 35,3 30,8 31,7 29,3

Source : Insee, modèle Omphale base 2005

7,4 7,5 7,9 6,9 7,5 8,1 5,9 7,6 8,4 8,8 5,9 8,3 7,7 6,5 7,2 8,2 9,5 5,9 9,1 9,0 7,1 7,8 7,2

44,4 45,1 44,2 42,9 42,4 45,3 43,7 43,0 46,7 44,9 42,3 43,5 43,0 41,6 42,3 43,0 46,8 40,7 45,5 44,5 43,7 43,1 43,2


I . 1 – Un regain démographique qui ne comble pas les déséquilibres territoriaux une croissance alimentée par l’apport migratoire2 Le gain de population en Limousin est le fait d’un solde migratoire positif : s’établissant à + 0,61 % de 1999 à ème 2005, celui-ci place le Limousin au 6 rang des régions françaises pour l'attractivité démographique, juste derrière la façade sud. Les flux migratoires sont orientés du nord vers le sud : une personne sur quatre provient de l’Île-de-France tandis que la première région de destination des émigrants limousins est l’Aquitaine. Cet excédent migratoire touche principalement les populations de plus de 30 ans. Le Limousin bénéficie notamment de la sédentarisation de populations en fin de carrière. Quoiqu’en progression régulière, les installations permanentes de Britanniques demeurent minimes : environ 0,5 % de la population limousine, et 4 % des migrants. En revanche, le solde migratoire reste déficitaire pour la tranche d’âge des 20-29 ans : - 5,7 % entre 1990 et 1999, - 9,2 % de 1999 à 2004. Les arrivées de jeunes en provenance d'autres régions augmentent pourtant, mais moins vite que les départs. Dans sa globalité, ce solde migratoire vient compenser un solde naturel (différence entre les naissances et les décès) toujours déficitaire malgré un indicateur conjoncturel de fécondité en légère hausse : 1,60 enfant par femme en 2003, contre 1,53 quatre ans plus tôt. Ce taux demeure le plus faible des régions françaises, et le Limousin et l'Auvergne restent les seules régions à connaître un solde naturel négatif. En effet, l’élévation modérée de la fécondité ne se traduit pas directement par une hausse de la natalité en raison de la diminution du nombre de femmes en âge de procréer dans la région. Or, selon le scénario central d’évolution de la population, cette diminution va s’accélérer (cf. tableau), faisant entièrement reposer la croissance de la population limousine sur l’apport migratoire, comme l’illustre le 3 scénario dit « sans migrations » (cf. graphique) .

La question de l’intégration des nouveaux habitants, et donc du lien social, est alors primordiale. On notera ici que la Région a été pionnière en donnant d’importants moyens à sa politique d’accueil, basée sur l’aide à la construction et à la concrétisation de projets professionnels et sur le soutien local par le biais des Pôles Locaux d’Accueil (PLA). Outre la question de l’emploi des nouveaux arrivants, c’est la présence d’activités de services de loisirs et de lieux de vie, notamment pour les enfants, et la construction d’un réseau social qui conditionnent l’ancrage durable sur le territoire. Si de nombreuses politiques et structures soutiennent les deux premières, la dernière condition dépend à la fois des efforts des nouveaux habitants et de la volonté des Limousins. L’association Solidarité Millevaches est dans ce cadre exemplaire : elle réveille les solidarités endormies, tisse du lien social, anime un travail de partenariat avec les associations, pouvoirs publics et acteurs économiques et sociaux, pour aider les nouveaux arrivants, avec ou sans projet, dont certains n’ont parfois pas préparé leur arrivée et rencontrent des problèmes administratifs comme de voisinage.

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Source : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/publi/e_RP-2005.html Les projections sont réalisées à partir du modèle Omphale développé par l’Insee. Cette méthode consiste à simuler l’évolution des effectifs par sexe et âge d’une population à partir des trois composantes : la natalité, la mortalité et les migrations. Les projections démographiques reposent sur des hypothèses relatives à l’évolution des naissances, des décès et des soldes migratoires annuels. Les hypothèses du scénario central sont les suivantes : - les taux de fécondité par âge sont maintenus à leur niveau de 2005, - la mortalité baisse au même rythme qu’en France métropolitaine, - les quotients migratoires calculés entre 1990 et 2005 sont maintenus sur toute la période de projection. Les scénarios alternatifs proposent une variante à la hausse ou à la baisse pour à chaque fois l’une seule des trois composantes. Le détail des hypothèses est disponible sur www.insee.fr/limousin. 3

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Une croissance démographique forte dans les agglomérations depuis 1990 LE BLANC

LE BLANC

LA CHATRE

MONTMORILLON

LA CHATRE

MONTMORILLON MONTLUCON

MONTLUCON

GUERET

BELLAC

GUERET

BELLAC

CONFOLENS

CONFOLENS AUBUSSON

AUBUSSON

ROCHECHOUART LIMOGES

ROCHECHOUART LIMOGES

USSEL

NONTRON

TULLE PERIGUEUX

MAURIAC

BRIVE-LA-GAILLARDE

TULLE PERIGUEUX

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA

USSEL

NONTRON

BRIVE-LA-GAILLARDE

SARLAT-LA-CANEDA

GOURDON

MAURIAC

AURILLAC

GOURDON

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE RGP 1999 et EAR// Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Evolution démographique entre 1990 et 1999 en %

Evolution démographique entre 1999 et 2006 en %

-5 à 5

18 à 55 5 à 18

-5 à 5

-13 à -5

18 à 63

-13 à -5

-50 à -13

5 à 18

-30 à -13 non renseigné

Renforcement des aires urbaines d'ici à 2030

Evolution démographique sur 2005 - 2030 dans les principales aires urbaines en % +13,8 +6,6

Evolution démographique sur 2005 - 2030

dans les départements hors des principales aires urbaines en % -5,5 -7,7 -9,1

0

20

40

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE, modèle Omphale base 2005 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites


I . 1 – Un regain démographique qui ne comble pas les déséquilibres territoriaux la persistance du déséquilibre est-ouest Ces évolutions récentes montrent une situation territoriale contrastée. Si la Haute-Vienne connaît un léger rajeunissement, la Corrèze vieillit plus vite et la Creuse reste marquée par la baisse démographique. Ces profils sont fortement liés au niveau d’urbanisation et de périurbanisation des territoires. Si la part de la population vivant dans des communes urbaines est moins élevée que dans l’ensemble français (61 % contre 82 %), elle progresse régulièrement. Le désenclavement autoroutier, relativement récent dans la région (A20 et dernièrement A89), permet aux pôles de Limoges et Brive d'étendre leur périphérie à des communes plus éloignées et à ces communes d'accroître leur attractivité. Les recensements effectués en 2004 et en 2005 montrent une population à la hausse dans la plupart des communes périurbaines enquêtées. Ceci se traduit par des migrations importantes de la trame rurale vers les aires urbaines, singulièrement celle de Limoges qui attire notamment une large part des jeunes en formation. Ainsi les redistributions de population s'opèrent-elles principalement de l'est de la région, à forte dominante rurale, vers l'ouest, plus urbanisé et plus attractif. 4

Cette tendance a, selon l’INSEE, de fortes chances de se prolonger jusqu’en 2030. Les projections à cette date décrivent un renforcement très net des deux principales aires urbaines, soit une augmentation de population comprise entre 10 % et 18 % pour Limoges et entre 4 % et 9 % pour Brive, tandis que la Creuse risque de perdre entre 7 % et 10,5 % de sa population et la Corrèze hors Brive (mais avec Tulle) entre 3 % et 7 %. Pourtant, le gain migratoire serait plus prononcé dans le rural que dans l’urbain : l’espace à dominante rurale, dans lequel vivent 38 % des Limousins, concentrerait près de la moitié de la croissance migratoire de la région sur les 25 prochaines années, matérialisant une attractivité du territoire rural plus forte qu’au niveau national. Mais celle-ci est loin de compenser le déficit des naissances sur les décès, beaucoup plus prégnant que dans l’espace rural français. Cela étant, les perspectives pourraient être légèrement moins défavorables sur le PNR de Millevaches, qui perdrait « seulement » 5 % de sa population en reconduisant des mouvements migratoires qui étaient déjà plus favorables dès 1990. Globalement, les différences d’évolution selon les départements s’expliquent essentiellement par les distorsions de solde naturel : rapporté à la population, le déficit naturel est quatre fois plus important en Creuse qu’en Haute-Vienne – l’écart tenant au poids beaucoup plus élevé des personnes âgées. Ces projections de population alertent notamment sur la nécessité d’un haut niveau d’accueil : avec un 5 déficit de main d’œuvre estimée à 6% d’ici à 2015 , les migrations telles qu’elles sont envisagées par l’INSEE (+ 4 % d’ici à 2030 dans l’hypothèse le plus haute) ne suffiraient pas à combler le déficit.

En savoir plus Horizon 2030 : légère hausse de la population limousine, Focal n° 42, INSEE Limousin, décembre 2007 : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/rfc/docs/focal42.pdf Limousin : horizon 2030, projections de population, dossier, INSEE Limousin, décembre 2007 : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/publi/dos10-2007.pdf

4

5

Les différentes projections sont basées sur la structure par âges et sexes de 2005 et différents taux de fécondité, mortalité et des quotients migratoires plus ou moins hauts. Source : Potentiel de main d’œuvre en diminution à l’horizon 2015 en Limousin, Focal n° 4, INSEE Limo usin, mai 2004

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Précarité et exclusion : des cantons ruraux plus fragiles

Saint Sulpice les Feuilles

Mézières sur Issoire

Bellac

la Souterraine

Magnac Laval

le Dorat

Châteauponsac

Bessines sur Gartempe

Rochechouart

Saint Laurent sur Gorre

Oradour sur Vayres Saint Mathieu

Châlus

Chambon sur Voueize

Jarnages

Guéret

Evaux les Bains

Ahun Chénérailles

Pontarion

Saint Sulpice les Champs

Aubusson

Bellegarde en Marche

Auzances

Bourganeuf Royère de Vassivière

Limogesle Palais

Limoges

Saint Léonard de Noblat

LimogesPanazo l

LimogesIsle

Aixe sur Vienne

Boussac

Guéret-Nord

GuéretSud-Est

Ambazac

LimogesCouzeix

St JunienOuest

Châtelus Malvaleix

GuéretSud-Ouest

Bénévent l'Abbaye

Laurière

Nieul

St JunienEst

Saint Vaury

le Grand Bourg

Nantiat

Saint Junien

Bonnat

Dun le Palestel

Eymoutiers

Pierre Buffière

LimogesCondat

Felletin

la Courtine

Châteauneuf la Forêt

Nexon

Sornac Eygurande

Saint Germain les Belles

Bugeat

Treignac

Saint Yrieix la Perche

Meymac

Lubersac

Ussel-Est

Ussel UsselOuest

Uzerche

Vigeois

Donzenac

Tulle Campagn e Nord

Beynat

Brive la Gaillarde Sud-Ouest

Bort les Orgues

Neuvic

Egletons

Tulle

Lapleau

Tulle Campagn e Sud

Malemort sur Corrèze

Brive la Larche Brive la Gaillarde Gaillarde Sud-Est

Corrèze

Seilhac

Juillac Ayen

Crocq

Gentioux Pigerolles

la Roche Canillac Saint Privat

Argentat

Meyssac

Mercoeur

Beaulieu sur Dordogne

0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : DRASS d'après INSEE-CAF-MSA 2002 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

cantons ruraux en difficulté

cantons de la 2ème couronne des villes

villes

cantons ruraux intermédiaires

cantons périurbains épargnés

capitale régionale

- cantons ruraux en difficulté : population âgée, peu diplômée, aux faibles ressources ; taux de chômage de longue durée et de RMIstes les plus forts du Limousin - cantons ruraux intermédiaires : population âgée et encore très agricole, très peu diplômée, aux revenus faibles ; moins de chômage de longue durée et de bénéficiaires de l'API et du RMI qu'en Limousin - cantons de la 2ème couronne des villes : population légèrement plus âgée et plus diplômée qu'en LImousin, vivant plutôt en famille que de manière isolée ; moins de bénéficiaires d'allocations sociales qu'en région - cantons périurbains épargnés : population plus jeunes, active et diplômée qu'en Limousin, bénéficiant de revenus moyens les plus élevés de la région - villes : population active bénéficiant d'une politique sociale plus marquée (taux de logements HLM élevé) ; taux d'allocataires de l'AAH, de l'API et du RMI légèrement supérieurs aux taux limousins.


I . 2 – DES SOLIDARITES SOCIALES REELLES ET DETERMINANTES POUR L’AVENIR I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir pauvreté et exclusion : des risques réels, des acteurs en alerte 6

Malgré des salaires horaires nets moyens nettement plus bas que la moyenne, le revenu médian mensuel par unité de consommation (1 098 Euros) n’est inférieur en 2004 que de 2% à celui de la province, plaçant le ème ème Limousin au 15 rang des 21 régions françaises hors Ile-de-France. La région occupe la 4 place en ce 7 qui concerne le revenu disponible brut par habitant et dépasse de 3,5% la moyenne provinciale, du fait des 8 revenus de transfert . La faiblesse des salaires doit également être relativisée par un faible coût de la vie en région (par exemple, le prix de vente des maisons et appartements anciens est inférieur de 36% à ceux de la France provinciale en 2003/2004). Cette moyenne cache toutefois de fortes disparités : par rapport à la province, le revenu de Haute-Vienne ème ème département sur 88), celui de Corrèze inférieur de 300 Euros (49 ) et est supérieur de 400 Euros (23 ème celui de Creuse inférieur de 200 Euros (84 ). L'analyse territoriale au niveau des cantons limousins fait apparaître encore plus nettement l'opposition rural/urbain : les revenus médians les plus élevés sont localisés dans les proches périphéries des grands centres urbains, les revenus les plus faibles se trouvent dans les cantons très ruraux de la Creuse et du plateau de Millevaches. 9

Cette typologie est également mise en évidence lorsque on analyse la précarité au niveau régional. On observe ainsi que les cantons ruraux -caractérisés par une baisse démographique, une population âgée et peu diplômée et un fort taux de non-imposition - sont globalement plus touchés par la précarité, restant entendu qu’ils sont reconnus « en difficulté » seulement lorsque s’additionnent de forts taux de chômage de longue durée et de bénéficiaires du RMI. La frontière est néanmoins floue, puisqu’une dizaine de cantons sont passés d’une catégorie à l’autre entre 1996 et 2002. Les phénomènes d’exclusion et de pauvreté sont alors peu visibles et spécifiques : fort isolement, faiblesse des revenus, précarité de certains agriculteurs, détresse psychologique, et ce d’autant que la dévitalisation rurale et le recul de la présence des services publics touchent d’abord les espaces plus fragiles, et donc la Creuse et le nord de la Haute-Vienne du fait des problèmes de mobilité. En revanche, les publics concernés (surtout les salariés, petits exploitants et retraités) peuvent compter sur des loyers moins élevés, à l’autoproduction et au « système D ». Certains exclus de la ville sont donc tentés de s’installer dans ces espaces ruraux, mais ils restent touchés par la pauvreté. Dans les cantons des villes, le niveau de précarité est plus critique mais le taux de population concernée plus limité (sauf à Limoges), grâce à l’offre d’emploi et à la politique sociale. Si l’on se réfère à une approche par minima sociaux, c’est-à-dire en occultant les Sans Domicile Fixe et autres « grands exclus », on remarque que les bénéficiaires sont proportionnellement moins nombreux qu’au niveau national (2,4% de la population de 20 à 59 ans touche le RMI, contre 3% en France, 5,6% de la population est concernée par la Couverture Maladie Universelle contre 7% en France). Ces observations ne concernent toutefois pas l’AAH (Allocation Adultes Handicapés) et l’ASV (Allocation Supplémentaire du minimum Vieillesse).

6

Le revenu médian est le revenu qui partage exactement en deux la population : la moitié de la population dispose d’un revenu plus élevé que le revenu médian, l’autre moitié d’un revenu moins élevé.

7

Celui-ci correspond au revenu primaire (total des sommes perçues à titre de rentes ou en rémunération de toute occupation) augmenté des transferts reçus (prestations sociales) et diminué des impôts et des cotisations sociales versées. Concrètement c'est la part du revenu primaire qui reste à la disposition des ménages pour la consommation et l'épargne.

8

Source : Tableaux économiques du Limousin, INSEE Limousin, édition 2007.

9

Les indicateurs retenus : indice de vieillissement, part des ménages d’une personne, part des familles monoparentales, taux de sans diplôme, taux de scolarisation des 20-24 ans, taux d’étrangers, taux de HLM, taux de foyers fiscaux non-imposés, taux de chômage de longue durée, taux de bénéficiaires du RMI, de l’API, de l’ALS, proportion de bénéficiaires dont le quotient familial est inférieur à 300 euros par mois, revenu médian.

11


Disparités au regard de la précarité : poids des bénéficiaires du RMI

0

75

150

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : DRASS // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Part des personnes de 20 à 59 ans couvertes par le RMI en 2006 en % 4 - 6,15 2,75 - 4

2,5 - 2,75 2,25 - 2,5

France métropolitaine : 3,29 % Limousin : 0,9 %

Personnes couvertes par le RMI en 2006

228 984 120 000 50 000 6 228


I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir Les bénéficiaires du RMI, qui sont deux fois plus nombreux qu’en 1990, se féminisent et vieillissent, même si les 25-34 ans restent majoritaires et concernent de plus en plus de familles monoparentales ou nombreuses. Les acteurs en première ligne de la lutte contre les exclusions sont les pouvoirs publics, les professionnels du travail social et les associations, secondés par les citoyens. En Limousin, les services déconcentrés de l’Etat et les collectivités (principalement les départements) souffrent, selon le CESR (Conseil Economique et Social Régional), d’un manque de circulation des informations d’une administration à l’autre qui grève leur efficacité. L’ensemble des politiques publiques doivent aussi être mieux mobilisées (transport, habitat, lutte contre l’illettrisme, insertion par l’économie, développement culturel…). Le réseau Alerte en Limousin, composé des professionnels et d’une soixantaine d’associations sur les trois départements, permet une rencontre constructive et dynamisante de plusieurs approches et maille le territoire assez efficacement, surtout en Haute-Vienne. Riches en initiatives, ces acteurs ont un traitement parfois innovant de l’exclusion vis-à-vis du territoire national, comme par exemple en Haute-Vienne (précurseur notamment de « la carte santé », à l’origine de la CMU). On notera cependant que les associations, indispensables compléments à l’action sociale des pouvoirs publics, craignent de plus en plus une augmentation ou une aggravation des situations de précarité, auxquelles elles ne pourraient plus faire face étant donné leur relative perte de moyens financiers et humains. Les principales faiblesses régionales concernent, selon le CESR, le manque d’entreprise d’insertion en Creuse et celui, récurrent, de formules appropriées de garde d’enfants permettant la conciliation de la vie privée et professionnelle. En termes prospectif, c’est l’avenir des systèmes de redistribution et des territoires ruraux qui posent le plus question. En effet, si l’évolution du chômage ou du nombre de handicapés n’est guère prévisible, on remarque tout de même que les différentes aides dépendent des marges de manœuvre financières des départements et de l’Etat, qui, comme pour les retraites par exemple, sont tendanciellement plutôt à la baisse. Pour les territoires ruraux en difficulté, le risque est également réel que leur situation ne s’améliore guère : s’ils n’attirent pas de population, a fortiori de population jeune et diplômée (qui, selon les projections de l’INSEE, préfèrera encore les périphéries des villes) et si aucun système de solidarité ne vient les appuyer, le recul de services publics qui en résultera pourra fragiliser davantage encore leurs populations précaires.

13


Localisation des structures d'accueil des handicapés en 2007 LA CHATRE

MONTMORILLON

La Souterraine

Le Dorat

MONTLUCON

Roches Noth

Saint-Martial-sur-Isop

GUERET BELLAC

Evaux-les-Bains Le Grand Bourg

Ahun

CONFOLENS

Saint-Junien

Saint-Laurent-les-Eglises

Rilhac-Rançon

AUBUSSON Le Monteil-au-Vicomte

ROCHECHOUART

LIMOGES

Verneuil-sur-Vienne

Isle Bosmie-l'Aiguille Les Cars

Felletin

Saint-just-le-Martel

Feytiat

Eyjeaux

Boisseuil

Eymoutiers La Courtine

Neuvic-Entier

Nexon

Peyrelevade

Chamberet

Sornac

NONTRON

Eygurande

USSEL Glandon

Lubersac

Condat-sur-Ganaveix Chamboulive

Beyssac Saint-Bonnet-la-Rivière

Saint-Aulaire

Bort-les-Orgues

Allassac

TULLE

Saint-Viance

PERIGUEUX

Liginiac

Sainte-Fortunade

BRIVE-LA-GAILLARDE Ligneyrac

Meyssac

Servières-leChâteau

MAURIAC Rilhac-Xaintrie

Argentat

Altillac

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA

Isle

0

9

18

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : DRASS // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Principaux types d'établissements et services Etablissements et services d'hébergement foyer de vie foyer d'hébergement

Etablissements et services de travail protégé entreprise adaptée (atelier protégé) établissement d'aide par le travail (CAT) Etablissements d'éducation spécialisée

foyer d'accueil polyvalent

établissement pour enfants ou adolescents polyhandicapés

maison d'accueil spécialisée

institut médico-éducatif

limites de pays


I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir le handicap : une capacité d’accueil exemplaire, le défi du vieillissement Avec des taux d’équipement (nombre de lits pour 1 000 adultes de 20 à 59 ans) de 1,59 en maison d’accueil spécialisée (MAS), de 2,55 pour les foyers de vie ou de 4,64 en centre d’aide par le travail (CAT) contre respectivement 0,44, 1,29 et 2,90 pour la moyenne nationale, le Limousin est devenue l’une des principales régions françaises en termes de capacité d’accueil des adultes handicapés. L’accueil des enfants handicapés tient également une grande place, avec des taux d’équipement global (lits et places d’enfants handicapés pour 1000 jeunes de moins de 20 ans) de 11,05 contre 8,61 pour la moyenne française. La capacité d’accueil est en nette augmentation sur la période 1995-2005 (+ 168 places en CAT, + 4 personnes en moyenne par atelier spécialisé, + 77 places en MAS) et cette hausse intéresse d’abord le public limousin. En effet, l’attractivité extra-régionale de ces structures diminue quelque peu : celles de Corrèze notamment sont moins peuplées d’extra-régionaux et plus particulièrement de Franciliens qu’elles ne l’étaient il y a 10 ans (bien que ces publics restent majoritaires en MAS par exemple). Ceci est également vrai pour la Creuse, la Haute-Vienne ayant toujours eu quant à elle un ancrage beaucoup plus local. Le niveau d’équipement est toutefois loin d’être homogène sur l’ensemble régional. La Corrèze propose le plus grand nombre de places toutes structures confondues et présente le plus fort taux d’équipement (21,15), alors que les 2 400 places de la Haute-Vienne ne représentent qu’un taux d’équipement de 12,22, dépassé par la Creuse qui n’offre pourtant qu’un millier de places. Un des principaux défis de l’accueil d’adultes handicapés en Limousin dans les prochaines années concerne la prise en charge de leur vieillissement : la proportion des 50 ans et plus dans toutes les structures d’accueil a plus que doublé entre 1995 et 2001, il a même quadruplé dans les ateliers protégés, et la tendance ne va pas s’inverser, posant ainsi avec acuité la question du type de structure adaptée et des moyens de leur réorientation vers ces établissements.

Le niveau d’équipement explique la forte proportion de travailleurs handicapés en Limousin, plus importante qu’au niveau national. En termes d’insertion, on constate actuellement un accroissement de l’activité des personnes handicapées, qui ne remet cependant pas en cause la tendance globale, selon laquelle 2/3 des personnes touchant l’AAH (allocation adultes handicapés) sont inactives. Globalement, la demande d’emploi des travailleurs handicapés limousins reste en effet importante et préoccupante : 43,2% sont inscrits depuis plus d’un an (contre 27,6% pour l’ensemble des demandeurs d’emploi) et 48,8% de ces demandeurs sont non qualifiés (contre 34%). Or cette situation évolue faiblement, seule une baisse des chômeurs de longue durée a été récemment observée. En Limousin, le taux d’emploi est inférieur aux 6% exigés par la loi : il se situe autour de 3,5% si on calcule le nombre de travailleurs 10 handicapés par rapport à l’effectif assujetti, contre 4,4% au niveau national . Les mesures sont pourtant nombreuses et se multiplient, laissant par là espérer une amélioration de la situation. Diverses initiatives en la matière sont également remarquables, et on citera pour exemple l’existence d’un PRITH (Programme régional d'insertion des travailleurs handicapés) en Limousin, qui est un des premiers de France, et dont l’objectif est de rendre cohérent l’ensemble des politiques en faveur des 11 12 13 travailleurs handicapés : Etat, Région, ANPE, AFPA , Assedic, AGEFIPH , FIPHFP .

En savoir plus Prith Limousin : http://www.pdith87.com/pg004.html

10

Source : Programme Régional d'Insertion des Travailleurs Handicapés en Limousin. Association de formation professionnelle des adultes 12 Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées 13 Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique 11

15


Nombre de crimes et délits constatés en 2005

Vols

Infractions économiques et financières Escroqueries, faux et contrefaçons Délinquance économique et financière Infractions à la législation sur les chèques Crimes et délits contre les personnes Homicides et tentatives

Coups et blessures volontaires

Autres atteintes volontaires contre les personnes (dont menaces et chantage) Atteintes aux mœurs (dont viols et agressions sexuelles) Infractions contre la famille et l’enfant Autres infractions

Total des crimes et délits

Taux de criminalité (pour 1000 habitants) Rang

HauteVienne

Creuse

Corrèze

France métropolitaine

Limousin

3 816

1 566

9 008

14 390

2 138 506

1 188

336

1 486

3 010

3 18 680

989

275

1 323

2 587

291 076

109

45

87

241

19 039

90

16

76

182

8 565

834

321

1 393

2 548

354 836

8

4

7

19

2 107

375

130

554

1 059

148 855

223

86

412

721

108 933

118

49

189

356

41 284

110

52

231

393

53 657

2 587

565

3 230

6 382

963 816

8 425

2 788

15 117

26 330

3 775 838

36

23

42

37

62

81

96

65

21

///

Source : Tableaux économiques du Limousin, Insee Limousin, édition 2007


I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir délinquance : un espace épargné En termes de justice, le Limousin est globalement aussi bien doté qu’au niveau national : le nombre de notaires et d’huissiers, bien que stable alors qu’il augmente en France, est réparti conformément à la population sur les trois départements et l’effectif des magistrats a crû de 12 % entre 2001 et 2005 (13 % au niveau national). Seuls les avocats, qui relèvent des professions libérales, font quelque peu défaut : le Limousin ne rassemble en effet que 0,6% des avocats de la métropole, soit un taux de 36 pour 1000 habitants (74 en France métropolitaine), le chiffre descendant à 14 en Creuse. Il est vrai que le Limousin détient en effet le deuxième taux de criminalité le plus bas de France (chiffres de 2005), juste après l’Auvergne. Les vols par exemple sont deux fois moins nombreux en Limousin qu’en France – et la Creuse est le département métropolitain où ce taux est le plus faible. En outre, depuis 2002, la délinquance générale diminue (-6,5 %), comme au niveau national (-8,2 %). Sur cette période, la tendance à la baisse de la délinquance de voie publique se confirme (-4,5 %). Le nombre de vols (plus de la moitié des infractions constatées) diminue également (-5,6 %). En revanche, le Limousin connaît une hausse importante des actes de destruction ou dégradation de biens privés et publics (+21,9 %). Ce type d’infractions constitue ainsi un peu plus de 10 % des délits avérés. Le nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants continue de croître (+13,2 %), même s’il diminue en Creuse, et c’est le motif de condamnation qui a le plus augmenté entre 2000 et 2004 (+89 %). Les infractions économiques et financières, qui représentent plus de 10% des délits constatés en 2005, augmentent sur la région (et tout particulièrement en Corrèze) alors qu’elles diminuent au niveau national (-3,4 %). Enfin, les crimes et délits contre les personnes ont connu en 2005 une évolution similaire à celle constatée au niveau national (+9,7 %) ; ils représentent près de 10 % des infractions et correspondent surtout à des actes de violence et peu à 14 des agressions sexuelles .

En termes prospectifs, si la hausse de population telle qu’envisagée pose la question de l’accueil (principalement en ville) et de l’accompagnement, notamment judiciaire, une autre tendance est à mettre en avant : la judiciarisation des conflits. Aujourd’hui émergente, cette tendance risque en effet de se développer et d’entraîner à la fois un climat social tendu et un recours plus systématique au tribunal ou à des médiateurs, recours auquel le Limousin n’est pas préparé.

14

Source : Tableaux économiques du Limousin, INSEE Limousin, édition 2007

17


La population étrangère dépasse les 10 % dans trois quartiers de Limoges

Dans le quartier de La Bastide-Beaubreuil, la population étrangère représente 15 % de la population totale. Deux autres quartiers dépassent les 10 % : la ZUP de l'Aurence et Corgnac. Les quartiers de Landouge, le Puy-Las-Rodas et CHU comptent moins de deux étrangers pour 100 habitants. Les communes périphériques en hébergent peu, autour de 1 % à 2 %.

Source : Atlas des agglomérations du Limousin, INSEE, édition 2005

10 % d'étrangers dans le quartier Georges Pompidou à Brive

Dans le quartier Georges Pompidou, une personne sur dix est étrangère. Il s'agit du taux le plus élevé de l'unité urbaine gaillarde. Il est du même ordre de grandeur que le quartier de Corgnac à Limoges. Mis à part ce quartier, la population étrangère est plutôt implantée dans la partie nord-ouest de Brive. À Malemort, elle ne représente qu'à peine 2 % de la population totale.

Source : Atlas des agglomérations du Limousin, INSEE, édition 2005


I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir diversité culturelle : l’enjeu de l’accueil et de l’intégration Au recensement de 1999, on dénombre 26 216 immigrés en Limousin, soit 0,6 % de la population immigrée de l'hexagone. Nés à l'étranger, près des deux tiers de ces immigrés ont gardé leur nationalité d'origine, tandis que le tiers restant est devenu français par acquisition. Depuis 1962, le nombre d’immigrés augmente alors que la population régionale diminue, ce qui induit une part d'immigrés croissant au fil des années, contrairement à ce que l’on observe au niveau national. Cependant, la proportion reste faible, s'établissant à 3,7 % en 1999, soit deux fois moins que le taux national, qui est de 7,4 %. Le Limousin se situe ainsi au dix-septième rang régional pour le taux de population immigrée. Aux courants les plus anciens en provenance du Portugal puis des pays du Maghreb, d’Asie du Sud-Est et d’Afrique noire, ont succédé des migrations de Turquie et des pays de l’Est de l’Europe. Cependant, en 1999, un immigré sur deux vient d’Europe, un sur quatre du Portugal et un sur cinq du Maghreb. Les personnes d’origine britannique quant à elles sont estimées à 8000 en 2005 (dont plus de la moitié en résidence secondaire ou en bi-résidentialité), et ne représenteraient donc que 2,5 % des habitants des communes à dominante rurale et moins de 0,5 % de la population régionale, l’impression relative de sur15 représentation étant due à leur forte concentration sur les franges ouest et nord de la région. Les Limousins de nationalité étrangère se caractérisent notamment par leur jeunesse. Près de 22 % d’entre eux ont moins de 20 ans et seulement 16 % sont âgés de 60 ans ou plus. L’académie de Limoges accueille par ailleurs de nombreux jeunes étrangers : 0,6 % des étudiants étrangers sont inscrits dans ses universités, contre 1 % de l’ensemble des étudiants, ce qui fait un écart relativement faible (elle se situe dans la moitié 16 des académies accueillant proportionnellement le plus d’étrangers). La population étrangère réside pour les trois quarts dans les pôles urbains, notamment dans l’agglomération de Limoges, qui en rassemble plus du tiers. Cette concentration est également valable à une échelle plus fine, avec une forme de ségrégation spatiale dans certains quartiers. Le type d’habitat dépend fortement du pays d’origine et de l’ancienneté de la migration. Les immigrés d’Europe du Nord et du Sud ont pu accéder autant que les Limousins à l’habitat individuel (la maison est le cadre de vie de 80 % des ménages italiens et de 90 % des originaires du Royaume-Uni ou des Pays-Bas). A l’inverse, près des trois quarts des ménages maghrébins et 85 % des ménages turcs résident en immeubles collectifs, dans des logements construits pour leur très grande majorité avant 1975. Les immigrés, notamment les asiatiques, ont plus recours à l’habitat locatif social (29 % logent dans une HLM contre 11 % des ménages limousins), et, malgré un bon niveau général de confort, ils disposent d’un nombre plus restreint de pièces par personne. Le taux d’activité des immigrés est globalement semblable à celui des Limousins, mais inclut de grandes différences selon le sexe (-16 points pour les femmes) et l’origine. Leur moindre qualification (46 % d’ouvriers, dont de nombreux ouvriers non qualifiés, contre 27 % pour les Limousins), la proportion importante d’emplois précaires (20 % contre 15 %) et un chômage beaucoup plus élevé (24 % contre 11 % pour la région et 22 % pour les immigrés de France) témoignent de conditions difficiles sur le marché du 17 travail, notamment pour les jeunes et les femmes . D’ailleurs, à niveau de qualification équivalent, les immigrés sont plus que les autres confrontés au chômage. En matière d’intégration, la tendance à long terme est, en France, au déclin de la xénophobie. Si certains évènements, comme les émeutes urbaines, peuvent ponctuellement infléchir cette courbe, des facteurs tels que le renouvellement générationnel (les jeunes générations étant plus tolérantes que leurs aînées), l’augmentation du niveau de vie ou l’évolution générale des valeurs donnent à penser que cette tendance de long terme est pérenne. Elle ne doit toutefois pas cacher une xénophobie peut-être minoritaire mais malgré 18 tout bien réelle et se traduisant de plus en plus en actes. Au niveau régional, c’est la capacité d’accueil des Limousins qui est questionnée. On ne peut savoir aujourd’hui si les Limousins sont plus ou moins tolérants et ouverts que les autres, mais, étant donné les réels et importants besoins de main d’œuvre étrangère dans les années à venir, la capacité d’intégration fera demain la différence pour réussir ou non dans de bonnes conditions le développement de la région.

En savoir plus Atlas des populations immigrées, INSEE Limousin et Fasild, décembre 2004 : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/rfc/docs/dos03-2004.pdf 15

Source : L’accueil et l’installation des nord-européens en Limousin, l’exemple des Britanniques, F. Depierre et F. Guitard, Région Limousin et Université, 2006. 16 Source : ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni0423.pdf 17 Source : Atlas des populations immigrées, INSEE Limousin et Fasild, décembre 2004 18 Source : Futuribles n°319, 2006

19


Un taux régional d'emploi des femmes parmi les plus importants

50,13

56,02

57,43 58,89

56,74

62,89

56,07 60,56

60,53

61,55

60,99

59,50

59,64

59,13

60,81

59,42 60,30

58,22 59,26

53,40 51,03

49,03

0

75

150

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE 2005 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Taux d'emploi féminin en 2005 en % 60 - 63 57,5 - 60 51,50 - 57,5 49 - 51,5 France métropolitaine : 57,80 % Limousin : 60,81 %

Le taux d’emploi féminin reflète la façon dont une économie utilise ses ressources en main-d’œuvre féminine. C’est la proportion de femmes de 15 à 64 ans disposant d’un emploi (population active féminine occupée au sens du recensement) parmi l’ensemble des femmes du même âge.


I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir parité hommes-femmes : une marge de progrès dans tous les domaines et une opportunité En termes d’accès aux responsabilités politiques, le Limousin progresse (92 femmes sont maires en 1999, contre 34 en 1995) tout en restant, pour certains indicateurs, dans la moyenne française (12 % de femmes maires) et, pour d’autres, largement en retrait (deux députées et aucune sénatrice). Dans la fonction publique territoriale, la région s’illustre en 2000 par un fort taux de féminisation des catégories A (74 % contre 58 % en France) et par une présence plus importante dans les filières techniques (46 % contre 38 %) et sportive (32 % contre 23 %), ce malgré une répartition générale conforme au niveau national, avec la prédominance des femmes dans les filières administratives, culturelles, sociales et de santé. Ces persistances se traduisent aussi par la sur-représentation des femmes parmi les employés (77,4 % en 1999, 75,5 % en France) et le maintien de métiers majoritairement exercés par des hommes en Limousin : aucune Limousine n’est électricienne, conductrice d’engins, pompière ou bouchère par exemple en 1999. Mais, dans le même temps, les hommes sont de plus en plus nombreux à être secrétaires, standardistes ou agents d’entretien ; seuls les métiers de sages-femme et puéricultrice restent presque exclusivement féminins en Limousin. L’égalité professionnelle n’est donc pas atteinte, comme le confirme l’écart de salaire : le salaire d’un 19 homme est supérieur de 12 % à celui d’une femme en 2005 . Plus faible qu’au niveau national (19,7 % pour la métropole et 17,7 % pour la province), l’écart n’a pas baissé depuis 2002, et son niveau tient principalement à un salaire horaire net masculin bien inférieur à la moyenne nationale. Cependant, le Limousin est avantagé par la part importante de son secteur semi-public : il est une des deux seules régions à afficher un écart inférieur à 10 % entre les salaires masculins et féminins pour les mêmes emplois. Le décalage est nettement plus prononcé chez les cadres : le salaire d’un cadre masculin est supérieur de 22,5 % à celui d’une femme occupant la même position – alors que l’écart ne dépasse pas 4,5 % entre employés hommes et femmes. De plus, en Limousin comme dans le reste de la France, les femmes sont sousreprésentées dans les postes d’encadrement puisque 30 % seulement des cadres sont des femmes. Enfin, l’ancienneté accentue les différences : si, depuis 2002, les disparités entre hommes et femmes se sont réduites durant les premières années d’activité, elles se maintiennent en fin de carrière. Des efforts importants ont été réalisés dans le système éducatif et la recherche : notion d’égalité des chances inscrite dans le cahier des charges de nombreuses formations, actions en direction des centres de formation des apprentis… Pour autant, les femmes sont de moins en moins nombreuses au fur et à mesure que le niveau d’études s’élève : elles représentent 60% des élèves en terminale générale, 52,3 % des étudiants mais sont minoritaires en troisième cycle. Elles se dirigent par ailleurs de façon différenciée selon les filières : 49 % en série scientifique en terminale, 21,25 % de l’effectif de l’apprentissage, 2 % de la branche mécanique… Les femmes sont également toujours majoritairement concernées par le temps partiel souvent non choisi, à hauteur de 29,5 %, contre 5,5 % des Limousins en 1999, chiffres proches des moyennes nationales. Cela va de pair avec une gestion des temps qui leur est défavorable : elles disposent de temps libres et de loisir inférieurs à ceux des hommes, mais assument une charge domestique toujours beaucoup plus importante en temps, malgré un petit rééquilibrage (3h48 par semaine pour les actives contre 1h59 pour les actifs et 20 4h47 contre 2h55 pour les inactifs). La recherche de la parité, notamment dans l’emploi, est à la fois une tendance lourde sur les cinquante dernières années et un réel enjeu pour le Limousin. Outre un droit, elle constitue un facteur potentiel d’attractivité pour la région : permettre aux couples bi-actifs de travailler en Limousin et de le faire dans de bonnes conditions (conciliation des temps professionnels et personnels…) offrirait un réel avantage comparatif à la région. On notera également que l’accès plus important des femmes à l’emploi qualifié et diversifié pourrait répondre à des besoins actuels et futurs en ressources humaines. En savoir plus Femmes et hommes, regards sur la parité, INSEE, édition 2004 : http://www.insee.fr/fr/ppp/sommaire/FHPARIT04.PDF

Femmes, hommes : différences et inégalités, Economie et Statistiques n°398-399, mars 2007 : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/femmes_et_hommes.asp Les femmes en Limousin, OREF du Limousin, décembre 2003 Les femmes en Europe : Similitudes et différences, la revue n°40, INSEE Limousin, mars 2003 Observatoire de la parité : http://www.observatoire-parite.gouv.fr/portail/list_chifrescles.htm

19 20

Source : Salaires : le Limousin ne rattrape pas son retard, Focal n° 41, INSEE Limousin, novembre 200 7 Source : Les femmes en Limousin, OREF du Limousin, décembre 2003

21


Part des plus de 60 ans par commune en 1999 MONTMORILLON Saint Sulpice les Feuilles

Mézières sur Issoire

BELLAC Châteauponsac

Saint Mathieu

Saint Laurent sur Gorre

Aixe sur Vienne

Oradour sur Vayres

Châlus

Pontarion

Royère de Vassivière

Eygurande Bugeat

USSEL

Corrèze

Seilhac

Tulle*

Donzenac

Brive la Gaillarde*

Beynat

Lapleau la Roche Canillac

Neuvic

Bort les Orgues

MAURIAC

Saint Privat Argentat

Meyssac

Mercoeur

Beaulieu sur Dordogne

SARLAT-LA-CANEDA

Egletons

TULLE

Malemort sur Corrèze Larche

Ussel*

Uzerche

Juillac Ayen

Crocq

la Courtine

Treignac

Vigeois

Auzances

Sornac

Meymac

Lubersac

BERGERAC

Felletin

Châteauneuf la Forêt

Saint Yrieix la Perche

Bellegarde en Marche

Gentioux Pigerolles

Eymoutiers

Pierre Buffière

Saint Germain les Belles

PERIGUEUX

Aubusson

AUBUSSON

de Noblat

Nexon

NONTRON

Saint Sulpice les Champs

Bourganeuf

Limoges*

Evaux les Bains

Chénérailles

LIMOGES Saint Léonard

ROCHECHOUART

Chambon sur Voueize

Jarnages

Guéret*

MONTLUCON

Boussac

GUERET Ahun

Ambazac

Nieul

Saint Junien*

Châtelus Malvaleix

Bénévent l'Abbaye

Laurière

Nantiat

Saint Vaury

le Grand Bourg

Bessines sur Gartempe

Bellac

CONFOLENS

Rochechouart

la Souterraine

Magnac Laval

le Dorat

Bonnat

Dun le Palestel

0

10

AURILLAC

20

Km

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

En % 40 - 72 30 - 40

Part des plus de 60 ans en 2030

20 - 30 4- 20

Dans les départements hors des principales aires urbaines (en %) 43 - 45 35 - 43 Dans les principales aires urbaines (en %) 30 - 35 25 - 30

0

20

40

Km

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE, modèle Omphale, scénario central // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites


I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir face au vieillissement, le besoin de solidarité intergénérationnelle Le Limousin est la région la plus âgée de France et l’une des plus âgées d’Europe, tous les indicateurs le confirment : son indice de jeunesse (ratio entre les moins de 20 ans et les plus de 60 ans) s’établit à 0,7 (contre plus de 1 dans la majorité des autres régions), 1/3 de la population a plus de 60 ans (contre 1/5 en France), la moyenne d’âge s’établit à 43,5 ans (39 ans en France, et l’écart est important avec la seconde région, à 41,7 ans)… Ce vieillissement s’explique d’abord par le déficit de naissances, puis par l’émigration des jeunes de 20 à 29 ans, qui quittent le Limousin pour poursuivre des études ou trouver un emploi. L’importance de l’écart avec les autres régions tient ensuite au fait que ce phénomène a commencé plus tôt : le Limousin est aujourd’hui en avance sur le reste de l’Europe puisque c’est la population des plus de 75 ans qui connaît la plus grande augmentation (+ 13 % entre 1999 et 2004). Selon le scénario central de l’INSEE pour 2030, le Limousin restera la région la plus âgée de France métropolitaine et conservera la part la plus importante de 60 ans et plus et de 80 ans et plus. Et, alors que l’on comptait 4 jeunes (moins de 25 ans) pour un senior il y a 30 ans, le rapport n’est aujourd’hui que de deux contre un et l’équilibre sera atteint dans 30 ans. Ce vieillissement continu pose la question du devenir, au niveau national, des systèmes de redistribution et plus particulièrement des retraites. Si l’on se dirige bien vers un allongement de la durée du travail, un des enjeux pour le Limousin sera sa capacité à former, accompagner et employer ces actifs, ce qui par ailleurs pourrait participer à résoudre les besoins futurs en main d’œuvre. La géographie des personnes âgées peut également s’analyser selon une lecture rural/urbain : actuellement 50 % des personnes de plus de 75 ans résident dans une commune rurale, contre 44 % de la population dans son ensemble. Ceci pose d’ores et déjà des questions de dialogue entre les générations, qui risque d’évoluer dans les années à venir. L’INSEE estime en effet que, d’ici 2030, le nombre de seniors augmentera 4 fois plus vite dans l’espace urbain que dans l’espace rural (ce qui n’empêchera pas les campagnes de rester plus âgées que les villes, mais pose la question de la nécessaire adaptation de l’environnement urbain). Les tendances au regroupement générationnel à plus petite échelle (quartiers, « Sun City » ou villes de retraite …) pourraient alors s’affirmer et avoir des conséquences sur la solidarité intergénérationnelle. Le risque existe en effet que, comme aux Etats-Unis, des « villes de retraite », équipées comme de luxueuses résidences de vacances, adaptées aux personnes de plus de 55 ans et surtout réservées à elles seules, se développent, sous cette forme ou sous une autre. Ce dialogue intergénérationnel sera néanmoins plus que nécessaire pour faire face aux enjeux sociaux du vieillissement que sont les risques de gérontocratie et d’isolement des personnes âgées. Dans le premier cas, c’est la prévalence des intérêts des personnes âgées au point de vue financier et politique qui est soulignée. Certes, en Limousin, les risques sont moins importants qu’ailleurs en termes financiers : le revenu fiscal médian par unité de consommation vis-à-vis du reste de la population n’est favorable aux 60-74 ans que de peu – et pas en Creuse – et devient défavorable aux plus de 75 ans. En revanche, le pouvoir électoral des 60 ans et plus sera d’autant plus réel (35 % des votants en 2005, 45 % en 2030 que leur participation est importante, puisque l’INSEE désigne un « âge citoyen » entre 40 et 79 ans, pour lequel les taux de participation se situent entre 69 % à 70 %. Si on ne peut discuter des choix électoraux, on peut tout de même s’interroger sur les décisions qui seront prises lorsque l’électorat senior représentera près de la moitié de l’électorat national (à partir de 2030) : assistera-t-on par exemple à la création d’un lobby des retraités ? On peut craindre par exemple que le souci de se concilier l’électorat âgé conduise les autorités locales à mettre en œuvre des politiques écartant, par le jeu de la contrainte budgétaire, les mesures en faveur des plus jeunes comme les crèches, les zones d’activités, etc. – comme c’est déjà le cas dans des villes de Bretagne, de Pays de la Loire ou du Midi, où les retraités ont poussé à la fermeture des bars et restaurants à 23 heures ou au développement de mesures sécuritaires. Aujourd’hui, il est vrai, le poids des associations françaises de retraités est limité, contrairement aux EtatsUnis, et leur action se limite à la « veille parlementaire ».

23


Déjà plus âgé, le Limousin prendra moins de ride que les autres régions

Source : INSEE, modèle Omphale, scénario central, in Limousin : horizon 2030, projections de population, dossier n°10, INSEE Limousin, décembre 2007

Pyramides des âges en 2005 et 2030 en France métropolitaine

en Limousin

Source : INSEE, modèle Omphale, scénario central, in Limousin : horizon 2030, projections de population, dossier n°10, INSEE Limousin, décembre 2007

Evolution des conditions de vie des personnes âgées en communauté

60/74 ans 75/89 ans 90 ans et plus

2,1% 7,1% 21,3%

60/74 ans 75/89 ans 90 ans et plus

1,6% 7,7% 26,8%

90/74 ans 75/89 ans 90 ans et plus

1,4% 6,7% 29%

seul En 1982 18,4% 31,3% 26,9% En 1990 18,2% 33,8% 29,6% En 1999 19,9% 35,9% 34,3%

Source : INSEE Limousin

chez un enfant

en couple

8,1% 20,9% 31,4%

71,3% 40,6% 20,4%

1,9% 9,6% 21,5%

78,3% 48,9% 22,1%

1,3% 4,3% 12,8%

77,4% 53% 23,8%


I . 2 – Des solidarités sociales réelles et déterminantes pour l’avenir Dans le second cas, c’est au contraire l’exclusion des personnes âgées, l’amenuisement de leur vie sociale, qui se profile. Sans aborder ici la question des personnes vivant en structure collective, âgées de plus de 85 ans dans leur grande majorité et ayant une vie sociale particulière, on remarque que certaines populations cumulent ce qui peut être considéré comme des signes de précarité et de solitude. 64 % des titulaires de l’Allocation Solidarité Vieillesse (qui permet d’atteindre un revenu égal au minimum vieillesse) sont en 2002 des personnes isolées en Limousin, alors que la part de ces dernières dans l'ensemble de la population limousine des 65 ans ou plus n'est que de 23 %. Dans les années à venir cependant, l’ASV devrait perdre de son attractivité, du fait de la généralisation du travail des femmes (qui cotisent) et de l’amélioration des couvertures vieillesse. A long terme en revanche, la question des revenus des personnes âgées se reposera. En ce qui concerne plus précisément la cohésion sociale, l’implication des personnes âgées dans les associations révèle une vie sociale importante. Des données nationales montrent ainsi qu’en 2002, les 60-69 ans sont les adhérents d’associations les plus nombreux (58 % d’entre eux adhèrent contre 45 % pour l’ensemble) et que, parmi eux, 46 % font partie d’au moins deux associations, contre 38 % de l’ensemble des adhérents. Cette forte participation à la vie sociale, qui n’a pas de raisons de s’essouffler par la suite, ne suffit pourtant pas à elle seule à cacher l’existence de phénomènes d’isolement de certaines personnes âgées. On remarque en effet qu’en 2000, un quart des ménages seniors habitant des communes rurales ne dispose d’aucun magasin d’alimentation à proximité immédiate de son domicile, et 12 % d’entre eux n’ont ni 21 transports en commun ni véhicule personnel . Si cette situation ne présage pas des liens entretenus avec la famille ou les voisins, elle traduit tout de même un moindre lien avec les commerçants, qui jouent un rôle important dans la sociabilité des personnes âgées.

En savoir plus Isolement relationnel et mal-être, INSEE Première n°931, novembre 2003 Les personnes âgées aujourd’hui et demain, Focal n°8, INSEE Limousin, octobre 2004 Diagnostic sur le vieillissement en Limousin dans le cadre du réseau Sen@er, Région Limousin, 2007

21

Source : Diagnostic sur le vieillissement en Limousin dans le cadre du réseau Sen@er, Région Limousin, 2007

25


Intercommunalités et territoires de projets en 2007 INDRE

CHER

VIENNE

ALLIER

CHARENTE

PUY DE DOME

BEAULIEU

LANOBRE

DORDOGNE SALAGNAC

CANTAL

0

LOT

10

20

Km

périmètres des Pays

PNR des Volcans d'Auvergne PNR Périgord-Limousin

PNR Millevaches en Limousin périmètres des départements

Conception et réalisation SIG Région Limousin janvier 2007 // Sources : DGCL 2007 // Fond cartographique : Route 500 ©IGN - Paris 2007 - Reproduction et diffusion interdites

EPCI de Corrèze

CA de Brive

CC Bugeat-Sornac Millevaches au cœur CC Juillac - Loyre - Auvezère CC Lembron Val d’Allier CC Lubersac-Auvézère

CC Tulle et Cœur de Corrèze

CC Ussel-Meymac-Haute-Corrèze CC Vézère - Causse

CC de Bort les Orgues, Lanobre et Beaulieu CC de Ventadour

CC de Vézère Monédières

CC des Gorges de la haute Dordogne CC des Monédières

CC des Portes du Causse

CC des Villages du Midi Corrézien

CC des trois A : A20, A89 et Avenir CC du Bassin d’Objat

CC du Canton de Beynat

CC du Doustre et du Plateau des Étangs CC du Pays d'Argentat

CC du Pays de Pompadour CC du Pays d’Eygurande CC du Pays d’Uzerche CC du Plateau Bortois CC du Sud Corrézien

EPCI de Creuse

CC Auzances - Bellegarde en Marche CC de Aubusson - Felletin

CC de Bourganeuf - Royère de Vassivière CC de Bénévent Grand Bourg CC de Chénérailles

CC de Guéret - Saint Vaury CC de Marche Avenir

CC de la Petite Creuse CC des Deux Vallées

CC des Sources de la Creuse

CC du Carrefour des Quatre Provinces CC du Haut Pays Marchois

CC du Pays Creuse Thaurion Gartempe CC du Pays Dunois

CC du Pays Sostranien

CC du Pays de Boussac

CC du Plateau de Gentioux

CC d’Evaux les Bains et de Chambon sur Voueize

EPCI de Haute-Vienne

CA de Limoges Métropole

CC Ardour - Rivallier - Gartempe CC Bandiat Tardoire Avenir CC Brame-Benaize

CC Briance Combade

CC Gartempe - Saint Pardoux

CC Monts d'Ambazac et du Val du Taurion CC Porte d'Occitanie CC Vienne Glane

CC de Braince - Roselle CC de Noblat

CC de la Basse Marche

CC de la vallée de la Gorre CC de l’Issaure

CC des Monts de Châlus

CC des Portes de Vassivière CC du Haut Limousin CC du Martoulet

CC du Pays de Nexon

CC du Pays de Saint-Yrieix

CC du Pays de la Météorite CC du Val de Vienne

CC l’Aurence et Glane Développement


I . 3 – L’ORGANISATION TERRITORIALE CONSTRUCTION I . 3 –EN L’organisation territoriale en construction un puzzle territorial en recherche de cohérence Les différentes lois votées au cours des dix dernières années en termes d’aménagement du territoire, de décentralisation et de démocratie de proximité ont certes précisé les cadres de l’intervention publique, mais aussi renforcé sa complexité. On remarque une opacité dans l’enchevêtrement des compétences (renforcé par la possibilité pour les collectivités de déterminer elles-mêmes leurs compétences) et dans la confusion qui règne dans la situation des titulaires du pouvoir, des intérêts qu’ils défendent et des responsabilités réelles qu’ils peuvent assumer (cumul des mandats). 22

La région Limousin se distingue cependant par deux points : d’une part sa couverture en EPCI et territoires de projet, d’autre part sa recherche d’une articulation progressive, quoique lente, entre les différents échelons, illustrée par la signature coordonnée des contrats de Pays par les partenaires. Longtemps en retard en matière d’EPCI, le Limousin se situe aujourd’hui dans la moyenne nationale, avec 92 % des communes et 97,2 % de la population concernées en 2005. Le taux de couverture en Pays s’élève quant à lui à 99,31 %, ce qui en fait la deuxième région après la Bretagne. Les 16 Pays reconnus fin 2004 n’excluent en effet que 19 communes de Creuse et Corrèze, qui ont fait le choix de n’adhérer qu’au seul 23 PNR de Millevaches. Ce dernier, qui s’étend sur les trois départements, partage des enjeux des espaces ruraux fragiles avec le PNR du Périgord-Limousin, parc interrégional Limousin et Aquitaine. La Région s’est fortement mobilisée depuis 2001 pour aider à l’émergence et à l’organisation des territoires, sous forme de moyens financiers à travers des contrats territoriaux, mais aussi d’appui technique et méthodologique mis à leur disposition à travers ses services. Elle a également poussé à des contractualisations territoriales les plus efficaces possibles : l’Etat, la Région et les trois Départements 24 ont été cosignataires, début 2002, de la convention d’application du volet territorial du CPER et de ce fait, les contrats des 16 Pays ont été signés en même temps et dans les même termes par les partenaires. Dans tous les cas, la mise en place d’une intercommunalité, la réalisation d’une charte de Pays et la contractualisation ont conduit les acteurs locaux à définir ensemble des stratégies territoriales qui, dans certains domaines, ont débouché sur des programmes d’action plus cohérents. La recherche de cette cohérence est un enjeu de taille : l’incohérence et l’illisibilité freinent l’efficacité et la compréhension du système par la population, et ce quel que soit le devenir des différentes collectivités. On ne sait pas où en sera dans 20 ans le processus de décentralisation, ni le poids qu’aura l’Europe, ni ce que cela induira pour les régions (importance, découpage…), mais différents niveaux coexisteront, et de leur entente dépendront leur lisibilité, leur efficacité et donc leur attractivité. Ce contexte de transfert et de répartition des compétences se double d’une demande de partenariat (partage et mutualisation, dialogue, transparence). Les collectivités, plus familières d’une culture du fonctionnement pyramidal hérité du fonctionnement de l’Etat, ont à s’accommoder de cette demande de nouvelle gouvernance, qui procède d’un fonctionnement en réseau et de la culture de la gouvernance, autant revendiqué par les socioprofessionnels et les nouvelles générations que facilité par l’usage de nouveaux outils (Internet…) – tous éléments qui impactent les relations entre élus et habitants.

Les principales compétences des différentes collectivités : Communes et groupements de communes : Urbanisme et transports Enseignement Action économique Logement Action sanitaire et sociale Culture et sports

Départements

Régions

Action sociale, solidarité, logement Aménagement de l’espace, équipement Culture, patrimoine Action économique

Développement économique (rôle de coordination) Aménagement du territoire et planification Formation initiale et professionnelle Culture et sports Santé

Source : vie-publique.fr

22 23 24

Etablissements publics de coopération intercommunale Parc naturel régional Contrat de Plan Etat Région

27


L'inscription du Limousin dans des réseaux locaux

NIORT

POITIERS

GUERET

LA ROCHELLE

LIMOGES ANGOULEME

TULLE

BRIVELA-GAILLARDE

SOUILLAC

GOURDON CAHORS

0

40

80

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Réseaux de villes et Commissariat du Massif central 2007// Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Réseaux de villes Association Limoges - Poitiers Villes d'Oc et du Quercy Limousin Axe Majeur Aires 198

Autres réseaux Communes concernées par le Schéma du Massif central


I . 3 – L’organisation territoriale en construction une coopération territoriale qui s’appuie sur des réseaux Cette nouvelle gouvernance s’incarne au niveau régional dans deux exemples emblématiques, Dorsal et le Corrézium, ainsi que, sur un autre plan, dans le réseau Limousin Axe Majeur. Le premier est un projet collectif visant l’accès au haut débit des Limousins aux meilleures conditions. Il a su fédérer dans un cadre complètement neuf différents acteurs régionaux (le comité syndical est composé du Conseil Régional, des trois Conseils Généraux, de la Ville de Limoges, la Communauté d’agglomération de Brive et des Communautés de communes de Guéret et Tulle). Le Corrézium quant à lui marque la volonté, nouvelle, de Brive et Tulle de travailler ensemble. Observant à l’échelle des deux EPCI des intérêts communs grandissants (convergence des profils socioéconomiques, intégration des bassins de vie) et des offres juxtaposées, les collectivités ont décidé d’organiser des mutualisations et complémentarités, dans l’idée de pouvoir ainsi dépasser leur offre de ville moyenne et proposer une offre au niveau régional, renforçant ainsi la place de leur ensemble dans l’espace sud-ouest du Massif central. En termes plus institutionnels, il existe en outre un réseau associant les quatre principales villes du Limousin, nommé Limousin Axe Majeur. Crée en 1998, il est partie prenante de Dorsal et développe des coopérations notamment culturelles, dont le Concours international de piano Francis Poulenc est l’illustration. Cette volonté de coopération dépasse également les frontières régionales, avec l’implication de différents territoires limousins dans des réseaux plus larges. Le plus large de ces réseaux concerne le Massif central. Créé en 1985, il regroupe les 6 régions et 22 départements du massif ; son comité de massif est composé d’élus, d’acteurs économiques et d’associations. Il a rédigé en 2005 un « schéma interrégional d’aménagement et de développement », fixant des axes communs de travail et a mené des projets communs au sein du Programme Opérationnel du Massif Central (POMAC). L’Auvergne et le Limousin en sont le noyau dur. A un autre niveau, les réseaux de villes permettent de mener des projets et réflexions avec les villes des régions voisines. Le Limousin est ainsi relié aux villes de Poitou-Charentes et du Sud-Ouest par le biais de l’Association Limoges – Poitiers et des Villes d’Oc et du Quercy. Le premier réseau est né en 1998, sur la volonté initiale de favoriser le renforcement de l’axe Limoges – Poitiers. Après une première phase de consolidation des rapports, illustrée par des échanges entre directions générales et services et des actions touristiques communes, la coopération se traduit depuis 2005 dans des propositions communes autour de la LGV (Ligne à Grande Vitesse) et dans la mise en place d’une réflexion sur les enjeux métropolitains de la zone, tiraillée entre de grandes agglomérations françaises et dont la géographie sera redéfinie par les nouveaux moyens de transport. Cette réflexion associe Limoges au réseau Aire 198 (Angoulême, La Rochelle, Niort et Poitiers), et est menée conjointement par les services de l’Etat et des collectivités. Le réseau Villes d’Oc et du Quercy, créé également en 1998, regroupe Cahors, Brive, Montauban, Gourdon et Souillac. Visant à consolider l’armature urbaine le long de l’axe A20 en renforçant les liens et coopérations entre les villes, il a favorisé des échanges au niveau des services des collectivités, notamment culturels et informatiques. Ces échanges continuent, en attendant de développer des projets d’envergure. Une autre façon de travailler ensemble consiste dans la coopération par projets. Moins institutionnelle et plus opérationnelle, celle-ci répond davantage à un besoin précis qu’à une volonté politique, mais développe les mêmes habitudes de gouvernance. On peut citer dans ce cadre l’implication de la région dans le 25 SAGE , qui associe également la Région Poitou-Charentes et bientôt les départements. Un autre exemple est le « Réseau Grand Ouest commande publique et développement durable », qui réunit depuis 2006 41 collectivités territoriales et EPCI des régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, ainsi que des collectivités avoisinantes des régions Limousin et Basse-Normandie notamment. Ce réseau vise à animer une dynamique interrégionale sur l’intégration de critères environnementaux, sociaux, éthiques, équitables dans la commande publique ; ouvert à tous les acteurs intéressés, il est composé d’élus, de techniciens, d’associations et d’entreprises.

En savoir plus Les réseaux de ville en France : http://www.reseaux-de-villes.org/reseaux.htm

25

Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de la Vienne

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I . 3 – L’organisation territoriale en construction un Limousin de plus en plus ouvert sur le monde La coopération internationale, pour des raisons différentes de celles évoquées il y 30 ans (le développement des territoires a pris le pas sur la paix), est une nécessité absolue : la capacité pour un territoire à s’inscrire durablement dans une culture globale des échanges détermine en grande partie ses chances de convertir les gains de compétitivité en un développement régional plus équilibré et une cohésion sociale renforcée. Le Limousin l’a compris, qui démontre une belle vitalité en la matière et a ainsi acquis des habitudes lui permettant d’être d’ores et déjà engagé dans une dynamique de professionnalisation de la coopération, chantier des années à venir. Indépendamment des « jumelages », il existe en Limousin trois principales formes de coopération : la coopération décentralisée, la solidarité internationale et la participation aux programmes européens. En termes de coopération décentralisée, la Région a établi des accords avec huit régions partenaires situées en Pologne, Allemagne, Italie, Roumanie, Russie, Tunisie, Espagne et Burkina Faso. Ces accords prévoient la conception et la mise en œuvre d’actions relevant des champs d’intervention de la Région et font par ailleurs appel à des compétences locales, associatives ou institutionnelles, pour en assurer la maîtrise d’œuvre. Au fil des années, ces relations institutionnelles ont servi également de cadre à la naissance et à la pérennisation d’échanges très divers, qui ont concerné différentes populations du Limousin (étudiants, acteurs économiques et culturels, enseignants, élus…) par l’intermédiaire de nombreuses associations, institutions ou entreprises. A ces partenariats s’ajoutent les actions de coopération décentralisée menées par les départements et les quatre grandes villes, qui ont globalement les mêmes objectifs et modalités. En 2005, une vingtaine d’autres territoires sont ainsi concernés. Les liens avec l’Europe restent majoritaires (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Portugal, Espagne, mais aussi République tchèque), mais l’Afrique (Burkina et Mali), l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Québec), la Russie, la Biélorussie et le Japon sont également présents. Le plus ancien de ces partenariats date de 1969, mais ils se sont surtout développés dans les années 1990, les plus récents (2003) actant l’ouverture planétaire des collectivités limousines (Burkina et Japon). Concernant la solidarité et la coopération internationales, la création d’un fonds régional d’aide aux micro-projets de développement (FRAMP) et d’un cahier des charges invite les acteurs régionaux à proposer des projets structurants et véritablement responsabilisants pour leurs partenaires. Entre 2006 et 2007, ce FRAMP a subventionné 36 projets dans 19 pays différents (Niger, Sénégal, Palestine, Pakistan, Ukraine, Vietnam, Haïti, Brésil…). Les territoires émergents, s’ils sont peu concernés par les partenariats de coopération décentralisée, sont par contre liés au Limousin au travers du FRAMP et plus encore de l’université. En 2007, l’Université de Limoges développe en effet des partenariats avec 135 universités 26 réparties dans 58 Etats sur les cinq continents . En matière d’aide humanitaire enfin, l’intervention de la Région se concentre sur des situations de crise et d’urgence. Les programmes européens sont un autre cadre pour les coopérations transnationales. Parmi eux, les programmes Interreg sont les plus représentés. En 2000-2006, le Limousin a participé à deux espaces de coopération transnationale (Interreg 3B) : l’Espace atlantique et l’Espace sud-ouest européen (SUDOE). 27 28 Cinq organismes limousins (CESRL , ENSCI , Communauté de communes Haut limousin…) ont été chefs de file de projets menés dans le cadre du premier, et le second a permis à quelques 11 organismes de monter des projets de coopération avec un réseau de 43 autres organismes et institutions français, espagnols et portugais dans le cadre de 7 projets transnationaux. Les habitudes de travail en partenariat, d’échange de compétences et de méthodes ainsi acquises par les collectivités et acteurs régionaux ne peuvent depuis 2007 perdurer que sur l’espace SUDOE. Ces limites ne s’appliquent pas pour les coopérations interrégionales (Interreg 3C). Sur cette même période 2000-2006, on recense deux projets 29 individuels : COTOUR, visant à renforcer le tourisme en tant qu’outil de développement régional, et REGIO Com, qui œuvre pour la valorisation interrégionale des politiques de promotion des fruits et légumes du sud de l’Europe. Mais le projet le plus emblématique de ce programme européen est le réseau RURAL INNOVA (devenu RURACT depuis 2007), dont la Région est chef de file. Avec des membres dans toute l’Europe (14 partenaires issus de 8 Etats-membres dont la Lituanie et la Hongrie), il propose d’enrayer la dévitalisation des espaces ruraux en échangeant bonnes pratiques et expériences destinées à valoriser l’accueil de nouvelles populations, les activités économiques innovantes, les services à la personne et la prospective comme facteurs de développement rural. 26

Source : http://www.unilim.fr/ Conseil Economique et Social Régional Limousin 28 Ecole Nationale Supérieure de Céramique Industrielle 29 Coopération approfondie entre autorités publiques ou organismes publiques équivalents sur un sujet lié à la politique de développement régional. 27

31


I . 3 – L’organisation territoriale en construction Complètent par ailleurs ce dispositif sept coopérations dans le cadre de Leader+ impliquant nombre de communes, communautés de communes et pays, ainsi que huit coopérations dans le cadre d’Equal impliquant plus des Conseils Généraux ou des organismes (CNASEA, Université, association…). En total, les programmes européens ont lié le Limousin avec plus d’une centaine de partenaires étrangers 30 différents : il y a là un enjeu à pérenniser des coopérations et une dynamique d’échanges hors du cadre proposé par l’Union Européenne, qui peut évoluer. Forte de ce bilan et de l’envie des territoires de renforcer l’ancrage du Limousin dans une Europe élargie et un monde ouvert, la Région a fait le choix d’intégrer la coopération interrégionale dans les programmes 31 européens FEDER en en faisant son cinquième axe . Ce choix démontre une volonté forte d’ouverture : le Limousin est en effet une des 10 seules régions européennes ayant fait ce pari. Il s’agit pour cet axe 5 de diffuser et démultiplier la valeur ajoutée des expériences de coopération interrégionale déjà engagées, de stimuler et faciliter l’accès, notamment pour les acteurs infrarégionaux, aux démarches de coopération interrégionale par un accompagnement de proximité, et de susciter des partenariats transnationaux capables de se mobiliser sur des politiques et des programmes communautaires ciblés. Ce dernier enjeu généralise l’expérience d’ELIARE (Expérimentation limousine d’accompagnement vers la recherche européenne), le dispositif accompagnant les acteurs limousins de la recherche et de l’innovation souhaitant 32 répondre à des appels à proposition communautaires dans le cadre du PCRD : l’idée est de préparer dès aujourd’hui les acteurs limousins à avoir recours aux coopérations transnationales pour chercher un financement communautaire, ce qui risque d’être obligatoire après 2013.

Toutes ces coopérations permettent au Limousin non seulement de mobiliser les financements européens en faveur du développement régional, mais aussi de renforcer sa notoriété et la compétitivité de ses acteurs, de rendre l’Europe et le monde plus accessibles et plus généralement de préparer un avenir sans frontière plus citoyen et responsable.

En savoir plus Annuaire des acteurs et opérateurs, Coopération décentralisée et solidarité internationale en Limousin, 2007

30 31 32

Source : tableau général des coopérations en Limousin, Délégation à la coopération Source : PO FEDER - DOMO Programme-cadre pour la recherche et le développement technologique

33


I . 3 – L’organisation territoriale en construction une solidarité territoriale aidée par un système de redistribution Au niveau de la Région, la répartition du volet territorial du CPER, la mobilisation de crédits sectoriels et la majoration des taux de subvention pour les pays ruraux font l’objet depuis 2007 de principes visant à l’équité entre les territoires. Cela se traduit tout d’abord par le choix de consacrer une enveloppe importante et prédéterminée aux 2 PNR (la Région étant leur principal financeur), ainsi qu’une enveloppe identique pour les agglomérations, les Pays d’agglomérations et les 16 autres Pays. Cette dernière est calculée, pour les Pays ruraux, pour moitié sur la base de la population et pour moitié sur la base de la superficie, alors que seule la population est prise en compte pour les autres territoires. Le niveau de crédits sectoriels a quant à lui été revu, avec un ratio plus favorable aux agglomérations, tenant ainsi compte d’une plus forte mobilisation de ces crédits par celles-ci. En sus de ces enveloppes, des mécanismes de péréquation basés sur des indicateurs statistiques à même de traduire les disparités entre les territoires et donc leur fragilité ont été mis en place. Les quatre critères sont l’effort fiscal et la richesse des territoires, la richesse de la population et le dynamisme économique du territoire. Ce système de solidarité répond à un souci d’équité basé sur une situation datée ; il sera à adapter en fonction de l’évolution des dynamiques territoriales. Il risque également d’être amené à évoluer selon les stratégies choisies (concentration…) et se heurtera de plus en plus à des contraintes budgétaires. Son existence et son développement ont néanmoins été pointés comme un enjeu pour l’avenir du Limousin.

35


Participation aux élections présidentielles

Participation aux élections municipales

Nombre de votants parmi les électeurs en %

Nombre de votants parmi les électeurs en %

Elections de 2002

Elections de 2001

76 - 80 74 - 76

74,5 - 84

France métropolitaine : 75,08 % Limousin : 76,40 %

69- 74,5

69 - 74

France métropolitaine : 71,75 % Limousin : 76,31 %

62,5 - 69

58- 69

0

125

250

52 - 62,5

0

Km

Participation aux élections régionales

Nombre de votants parmi les électeurs en %

Nombre de votants parmi les électeurs en %

Elections de 2004

Elections de 2004

72 - 78 63 - 66 55 - 62

250

Km

Participation aux élections cantonales

67 - 71

125

67 - 73,4 63,5 - 67

France métropolitaine : 66,32 % Limousin : 69,85 %

60,5 - 63,5 0

125 Km

250

53,7 - 60,5

France métropolitaine : 64,64 % Limousin : 66,06 % 0

125

250

Km

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Observatoire des territoires, BEEP// Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites


I . 4 – L’EVOLUTION DES IFORMES DE LA CITOYENNETE ET DE LA PARTICIPATION . 4 – L’évolution des formes de la citoyenneté et de la participation démocratie représentative : un électorat plutôt mobilisé Parler de démocratie représentative revient tout d’abord à se demander qui sont les élus. Et la caractérisation des élus limousins peut présager d’un certain décalage avec la population. En premier lieu, la parité hommes-femmes n’est guère respectée : parmi les 9 députés, on ne compte que 2 femmes ; quant aux chiffres régionaux pour le niveau communal, s’ils restent meilleurs que la moyenne 33 française (6,7% des maires sont des femmes en France en 2001) , ils sont loin d’être satisfaisants (la 34 Haute-Vienne, le département le plus avancé en la matière, présente 13,7% de femmes parmi ses maires) . La pyramide des âges des élus affiche de son côté des écarts significatifs. Si la moyenne d’âge des maires limousins (60 ans) est proche de la moyenne nationale (59,8 ans) et varie très peu selon les départements, l’âge moyen des conseillers généraux (56 ans) est un peu plus contrasté, avec une moyenne de 54 ans en Haute-Vienne, 56 en Creuse et 59 en Corrèze. Cependant, ce décalage n’est visiblement pas un frein important pour les citoyens limousins, qui votent globalement plus que la moyenne française. Les dernières élections régionales, cantonales et municipales ont ainsi affiché un taux de participation pouvant dépasser de 10 points les chiffres de la France métropolitaine. Ces bons chiffres s’expliquent en particulier par la forte proportion de personnes âgées en région, qui sont les catégories votant le plus en général. Parmi les trois départements et pour les quatre dernières élections, c’est la Corrèze qui arrive en tête avec un taux de participation moyen de 75,3 %, suivie par la Haute-Vienne (71,6 %) puis la Creuse (69,6 %).

En savoir plus Eurostat : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page?_pageid=1996,45323734&_dad=portal&_schema=PORTAL&screen=welco meref&open=/sdi_gg/sdi_gg_pub&language=fr&product=sdi_gg&root=sdi_gg&scrollto=0

33

Source : http://www.observatoire-parite.gouv.fr/portail/guide.htm

34

Source : enquête réalisée pour le diagnostic sur le vieillissement dans le cadre de Sen@er, 2007.

37


Des associations encore plus présentes en rural LA CHATRE

MONTMORILLON

MONTLUCON

GUERET BELLAC

CONFOLENS AUBUSSON

ROCHECHOUART

LIMOGES

NONTRON

USSEL

TULLE MAURIAC

PERIGUEUX BRIVE-LA-GAILLARDE

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA 0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE/CRES Limousin // Fond cartographique : Route 500 et FLA ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Part des emplois des associations dans l'emploi total par Pays en 2005 en % 12 - 15 9 - 12 5-9 2-5


I . 4 – L’évolution des formes de la citoyenneté et de la participation un monde associatif vivier de citoyenneté en redéfinition Historiquement, le Limousin est empreint d’un grand dynamisme associatif. Aussi dense que varié, le monde associatif limousin est issu d’une tradition séculaire caractérisée par un esprit de sociabilité très développé. La foi en un avenir meilleur, alors liée au contexte socio-économique favorable, a joué sur l’engagement des individus dans le bénévolat (dynamiques syndicales, mutualistes et politiques). Aujourd’hui, dans un contexte où le Limousin n’occupe plus la même place au niveau économique ou démographique, le tissu associatif ne bénéficie plus de la même dynamique. On observe pourtant une augmentation récente du nombre d’associations, favorisée par l’anniversaire de la loi 1901, qui a participé à rendre les dispositifs d’information sur les associations et la vie associative plus performants. En phase avec le contexte actuel, l’information est disponible selon des dispositifs souples et informels, la création d’associations est simplifiée. L’indice de bénévolat (nombre de bénévoles pour 1000 habitants de 18 à 70 ans) est de 5,8 pour le Limousin, ce qui le place au 12ème rang des régions françaises35. Le taux d’engagement dans les associations est à peu près équivalent dans toutes les tranches d’âges. Les jeunes, sous des formes qui leur sont propres, sont aussi généreux en temps que les autres catégories sociales, il semblerait même que le bénévolat augmente chez les étudiants, alors qu’il reste globalement stable sur l’ensemble des Français. Outre la simplification de la création d’associations, on observe au niveau national comme au niveau régional deux tendances : une mise en réseau des associations et une redéfinition du fait fédératif. Les associations sont en effet de plus en plus liées entre elles, et souvent de façon informelle, d’association à association, notamment en utilisant les TIC. Cela ne se fait certes plus comme autrefois, quand la volonté de faire ensemble permettait la constitution de grandes fédérations associatives, mais prend une dimension plus ponctuelle et limitée dans le temps, ce qui n’empêche pas des engagements forts. Cette évolution est à mettre en rapport avec l’engagement des bénévoles qui prend les mêmes caractéristiques, amenant certains à parler d’une « crise du bénévolat ». Les problèmes de recrutement pour les tâches de direction, liés particulièrement à la peur des responsabilités, notamment civiles ou pénales, ainsi que la mise en concurrence d’associations au sein d’un même secteur, en sont une autre facette. Pour autant, le secteur a aujourd’hui pris la mesure de ces évolutions et est en train de les répercuter sur les conditions d’adhésion ou le management, en favorisant la formation des bénévoles et le travail en équipe, pour un relais plus facile. Les principales préoccupations portent plutôt sur la tendance à s’engager dans la vie associative à des fins de valorisation personnelle. Cette tendance, qui va de pair avec une plus grande diversité des associations, semble a priori contradictoire avec l’idée de devoir et de projet collectif, qui fondait l’engagement associatif autrefois. Les grandes fédérations ont en effet longtemps participé de l’identité des personnes, créé un lien social fort, alors qu’aujourd’hui le nombre de personnes attirées par tel ou tel événement prend de plus en plus d’importance, avec le risque de réduire la création de lien social au simple événement. Cette contradiction n’est pourtant qu’apparente, puisque les fédérations associatives apportent une réflexion sur les valeurs et le sens que réclament un jour ou l’autre ces nouvelles associations. L’optimisme reste de mise pour les prochaines années : la loi de 1901 reste très pertinente dans un contexte économique et social libéral36. Au demeurant, le secteur associatif est un vivier de la citoyenneté et un creuset d’acquisitions de savoir-faire (négociation, communication, comptabilité…). Il remplit de ce fait un rôle souvent délaissé par les autres acteurs publics. On observe ainsi que la part de l’emploi associatif est inversement proportionnelle au niveau d'équipement moyen des communes du Limousin : dans certains territoires ruraux de la région, les emplois dans les associations représentent jusqu'à 15% de l'emploi total37. C’est en cela que l’existence du tissu associatif et son développement sont un véritable enjeu, et peut-être d’autant plus pour le Limousin s’il souhaite accueillir de nouvelles populations pour se développer et partager son développement avec chacun. Pour remédier à la relative crise du bénévolat mentionnée plus haut et tenter d’encourager l’action des associations, la Région comme d’autres partenaires s’engage : au-delà des subventions habituelles, elle propose en effet un dispositif de soutien aux projets et à l’emploi associatifs. Une attention particulière est accordée aux projets portés par des groupements d’associations ou présentés dans le cadre d’une coopération inter-associative, incitant à la mise en réseau. La région soutient également le Dispositif Local d'Accompagnement des structures d’utilité sociale (DLA). Ce dispositif vise à accompagner les bénévoles dans leurs missions de responsables d'associations en les aidant à consolider les activités et les emplois de leurs structures. En savoir plus L’économie sociale et solidaire en Limousin, INSEE Limousin – CRES, février 2008. La France associative en mouvement, Cerphi, octobre 2007 : http://www.cerphi.org/pdf_publications/LaFranceAssociative2007.pdf 35 36 37

Source : Le bénévolat – volontariat : quelles évolutions ?, CESR Limousin, juin 2007 Source : CPCA Limousin données CLAP INSEE 2005

39


Les organismes d'orientation et les points énergie, deux exemples de dispositifs d'accès à l'information

POITIERS

LA CHATRE

MONTMORILLON MONTLUCON

BELLAC

GUERET

CONFOLENS AUBUSSON ROCHECHOUART

LIMOGES Association Limousine pour le Développement des Energies Renouvelables

Association Energies pour Demain

NONTRON

USSEL

TULLE

PERIGUEUX

BRIVE-LA-GAILLARDE

Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement

MAURIAC

Maison de l'habitat

BERGERAC

SARLAT-LA-CANEDA

0

AURILLAC 10

20

Km

Organismes d'information, d'orientation et d'accueil (hors dispositifs mis en place dans les établissements scolaires) Mission Locale Centre régional d'Information Jeunesse

Association Limousin pour le Développement des Energies Renouvelables Bureau d'Information Jeunesse Point d'Information Jeunesse

Centre d'Aide à la Décision (sur l'alternance) Point Alternance

La Cité des métiers

Points Information Energie

Points Information Energie

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : ADEME et Région Limousin// Fond cartographique : FLA ® IGN Paris 2007 - Reproduction et diffusion interdites

Syndicat départemental d'électrification de la Creuse


I . 4 – L’évolution des formes de la citoyenneté et de la participation un accès à l’information de plus en plus performant L’un des enjeux majeurs de la gouvernance est l’accès du plus grand nombre à une information de qualité. La création de lieux de débat et de conditions pérennes d’accès à l’information, voire à la formation lorsque cela est nécessaire, se développe : centres d’information sur le droit des femmes, à l’environnement, permanences juridiques, centres de ressources au développement durable… Il revient aux collectivités d’adopter une démarche en phase avec cet enjeu, par ailleurs assigné à nos sociétés par la communauté internationale lors des Conférences de Rio en 1992 et de Johannesburg en 2002. En Limousin, de nouveaux outils et initiatives voient le jour pour atteindre cet objectif. On peut citer, parmi d’autres : - la mise en place d’un réseau de CPIE (Centres permanents d’initiatives pour l’environnement) s’adressant à tous pour informer sur les enjeux liés à la préservation de l’environnement (CPIE de la Corrèze et des Pays Creusois). Les CPIE sont secondés dans cette tâche par les Points Info-Energie qui informent sur les gestes simples permettant de réduire la consommation d’énergie, apportent des éléments d’information pour déterminer les choix énergétiques, informent sur les énergies renouvelables, leur coût et leurs avantages…Les Points Info-Energie sont au nombre de 6 en Limousin. Ils ont des homologues dans toutes les régions françaises. - le CRIDFF (Centre régional d’information et de documentation des femmes et des familles) a pour objectif d’accueillir, d’écouter et d’informer gratuitement les femmes, les familles et le public en général sur les droits 38 (famille, vie quotidienne, travail, violences conjugales...) . - la conférence de citoyens, comprenant des formations destinées à un public restreint sur le changement climatique ; - la Cité des métiers à Limoges, qui est un espace d’informations et de conseils sur les métiers et la vie professionnelle. Regroupant divers organismes, elle met à disposition de tous les moyens nécessaires à la conduite de projets professionnels. - LISE (Limousin information service entreprises), centre de ressources regroupant et diffusant toutes les informations utiles à la création, au développement, à la transmission et à toutes les étapes de la vie de l’entreprise. - des cybercentres accessibles à tous. Le Conseil Régional du Limousin a ainsi soutenu le déploiement de Points Publics Multimédia depuis 1998. Cela a permis la labellisation d’une quarantaine de projets et la 39 création de plus d’une cinquantaine d’espaces. Par comparaison, le Nord-Pas de Calais, avec cinq fois plus d’habitants, propose environ 140 points d’accès, soit une offre moindre par habitant.

38

Il est labellisé Point Info Famille pour toute la Haute-Vienne et informe et accompagne les femmes dans leur recherche d’emploi et de formation de façon individualisée. Il est agréé Point Relais Conseil en Validation des Acquis de l’Expérience et est membre du réseau des Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles. Il assure des permanences juridiques à Limoges, Bellac, SaintJunien, Saint-Léonard, Saint-Yrieix, Brive, Tulle, Guéret, La Souterraine, sur rendez-vous ou par téléphone. Les permanences du Service Emploi-BAIE , Point Relais Conseil sont assurées à Limoges, Brive, Tulle, Saint-Yrieix et La Souterraine.

39

Il s’agissait de proposer des ressources techniques et humaines dédiées aux TIC à des structures existantes (collectivités, associations). Ces projets bénéficient d'un soutien financier (investissement et fonctionnement), d'une coordination et d’une animation réseau, d’un suivi individuel des animateurs et des usages.

41


I . 4 – L’évolution des formes de la citoyenneté et de la participation participation citoyenne : des initiatives pertinentes encore peu nombreuses Pour aller plus loin que la seule information, il existe des organes institutionnels de la citoyenneté et de la participation. Ces organes regroupent une multitude de dispositifs, allant des conseils de quartier aux budgets participatifs en passant par les conseils de développement local. Ils s’incarnent en Limousin à travers une demi-douzaine de formes. Outre le CESR, les conseils de développement de Pays et agglomérations et les conseils de quartiers, rendus obligatoires aux termes de la loi, le Limousin présente trois initiatives remarquables, recensées par l’ADELS (Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale). Il s’agit tout d’abord du Conseil des sages de Brive, qui n’est pas forcément très original dans la forme puisqu’il en existe une petite centaine en France, mais qui présente la particularité d’héberger l’Association nationale des Conseils des sages, ce qui prouve une réelle dynamique. Le Limousin s’illustre également par son Conseil Régional des Jeunes, non unique en France mais dynamique, et qui, rappelons-le, a pour but d’offrir un espace de dialogue entre les jeunes et l’institution régionale, d’associer les jeunes à la réalisation des politiques publiques régionales qui leur sont dédiées et de proposer un espace d’initiatives. C’est aussi une des rares régions à avoir proposé, en 2007, une Conférence de citoyens, sur la question du réchauffement climatique. Ce dispositif est habituellement mis en œuvre à d’autres échelles. L’Agenda 21, outil qui sert de cadre de cette conférence, est d’ailleurs de plus en plus utilisé pour des expérimentations de participation en Limousin : le Conseil Général de la Haute-Vienne et celui de la Corrèze, la Ville de Limoges et des villages comme Beynat ont ainsi créé des « ateliers » participatifs. Si d’autres régions sont beaucoup plus motrices dans le domaine de la démocratie participative, on remarquera tout de même que près de 1 400 Limousins appartiennent à un conseil de développement, dont plus de la moitié ne sont pas des élus. Ces chiffres donnent une indication de la vitalité du mouvement, même s’il faut relativiser : les conseils de développement se sont surtout investis dans la période d’élaboration de la Charte de Pays. Aujourd’hui l’implication de ces conseils est moindre – alors que les GAL 40 LEADER apparaissent quant à eux plus actifs. Cet intérêt en France pour la participation, de la part des décideurs comme des citoyens, est un phénomène perceptible depuis ces dernières années : élus locaux, acteurs de l’éducation populaire, citoyens non spécialistes de la question s’intéressent de plus en plus aux formes de renouveau de la démocratie locale et de la démocratie de manière générale – et ce notamment parce que chacun est de plus en plus confronté à ces dispositifs et sent bien que ce qui existe ne préfigure que très partiellement ce qu’il serait possible de faire ou de revendiquer.

En savoir plus Adels : http://www.adels.org/ Le conseil régional des jeunes du Limousin : http://www.region-limousin.fr/crj/ Le conseil sage de Brive : http://www.brive.net/10120.php Les Groupes d’Action Locale français : http://www.una-leader.org/ La conférence de citoyens sur le changement climatique en Limousin : http://www.region-limousin.fr/IMG/pdf/avis-citoyens.pdf

40

Les GAL : Les bénéficiaires de l’initiative européenne « Leader+ » sont constitués en Groupes d'Action Locale (GAL). Il s'agit d'un ensemble de partenaires composé d'acteurs publics (élus des collectivités locales ou représentants d’autres établissements publics...) et d'acteurs privés (entreprises et leurs structures représentatives, chambres consulaires, coopératives, associations...). Dans le programme Leader+, l'instance décisionnelle (Comité de programmation) du GAL doit être constituée d’au moins 50% d'acteurs privés.

43


I . 4 – L’évolution des formes de la citoyenneté et de la participation Internet : un nouveau support pour l’exercice de la citoyenneté La demande de participation citoyenne s’exprime aussi sur le Net. On peut ainsi citer, parmi les blogs, qui contribuent au développement culturel au même titre que les petites associations, une petite dizaine de blogueurs citoyens limousins (blogs de lycéens sur leurs actions, blogs politiques, blogs d’entreprises, blogs d’information…) qui animent un débat local. Cette mouvance est comparée à celle des radios libres autrefois. On notera aussi la présence de 8 rédacteurs limougeauds (sur 20 863) chez Agoravox (plateforme européenne de journalisme citoyen à grande échelle). Jour après jour, les technologies de l’information pénètrent davantage la vie quotidienne, et de manière très profonde, transformant de nombreuses habitudes dont la participation à la vie publique en permettant, par exemple, aux citoyens de donner avis et expertise dans des projets d’aménagement et de développement local (débats, enquêtes de satisfaction…). Les responsables territoriaux sont conscients des évolutions rapides des pratiques et des besoins de leurs administrés. Ils devinent que les mutations technologiques s’accélèrent, que des territoires virtuels (où un grand nombre de communications, transactions et échanges de toutes natures se déroulent désormais en continu) se constituent parallèlement au monde réel, et que ces transformations réinterrogent avec acuité la gouvernance locale. Or aujourd’hui, on observe encore des blocages pour penser la relation entre politiques publiques et TIC. Cette relation, pourtant nécessaire, est notamment freinée par le décalage entre la classe politique et le reste de la société, qui risque d’entraîner un développement autonome du cyberespace, sans régulation. Il s’agit alors pour les élus d’être désormais capable de flexibilité permanente et de remise en cause, ce qui n’est ni évident ni habituel.

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SYNTHESE DES ENJEUX

L’évolution démographique est fragile pour les territoires ruraux (vieillissement de la population, perte de population), déjà plus sensibles aux phénomènes de précarité. Æ améliorer la solidarité et la complémentarité des fonctions entre territoires du Limousin.

Les exclusions (isolement, incompréhension…) risquent de s’accentuer dans un contexte de déséquilibre grandissant entre territoires dynamiques démographiquement ou non, jeunes et âgés, riches et pauvres. Le risque de tensions intergénérationnelles existe également. Æ favoriser le mieux-vivre ensemble et les solidarités locales, développer les échanges et la communication entre Limousins, prévenir l’isolement et lutter contre lui, assurer une place à toutes les générations. •

Le développement actuel et futur du Limousin repose sur le solde migratoire, qui selon le scénario central de l’INSEE, génèrera une croissance de population estimée à 2% pour 2030, quand le déficit de main d’œuvre pour 2015 est déjà estimé à 6%. Æ développer une politique d’attractivité offensive notamment en direction des actifs, construite sur une offre d’accueil intégrée : logement, activité économique, services (notamment à l’enfance), culture, formation l’accompagner du renforcement de la capacité d’accueil des territoires et travailler à l’intégration de ses populations nouvelles. •

L’enchevêtrement des compétences mêlé à la confusion institutionnelle entraîne une perte d’efficacité de l’action publique dans un contexte de raréfaction des moyens. Æ clarifier les compétences de chacun et promouvoir le travail en partenariat. •

Aujourd’hui, gouverner demande de recourir à des stratégies ouvertes, à l’organisation en réseaux des acteurs (réseaux de villes, réseau Massif central, réseaux communautaires…). De plus, la bonne insertion du Limousin et des Limousins dans un environnement mondialisé nécessite différentes formes d’échanges. Æ renforcer l’ouverture du Limousin sur son environnement, par le biais de coopérations locales, interrégionales et transnationales, mais aussi par l’encouragement des échanges culturels (solidarité internationale, mobilité étudiante…). ● Le dynamisme des organes de participation diminue ; le mouvement associatif accuse une perte de vision collective des projets et une tendance à l’individualisation des projets, mais en même temps une autre participation est en germe avec de nouveaux outils et initiatives. Æ donner aux associations et organes de participation les moyens de jouer leur rôle de vivier de la citoyenneté. ● Un nouvel Internet voit le jour où chacun consomme, produit, reçoit et distribue, qui favorise le partage de la culture et dissémine les savoirs et l’expertise. A contrario, c’est également le théâtre de nouveaux rapports de force qui demandent une meilleure maîtrise collective. Æ positionner les acteurs publics dans un monde élargi par le numérique, permettre à chaque citoyen de devenir un contributeur actif de la société de l’information, et à chaque territoire d’être apprenant et innovant.

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II .

LE LIMOUSIN

FACE AUX EXIGENCES D’EPANOUISSEMENT ET DE QUALITE DE LA VIE

Important critère de qualité de vie, l’offre de services limousine présente un maillage pertinent mais fragile. L’accès aux services a connu d’importants progrès avec la construction d’infrastructures de transports et de télécommunication, mais il reste à adapter constamment dans ses modalités. Quant aux services en eux-mêmes, ils sont globalement plutôt performants et à quelques ajustements près répondent aux besoins des Limousins.

49


Une centaine de communes composent un fin maillage du territoire LA CHATRE

MONTMORILLON Saint Sulpice les Feuilles

Mézières sur Issoire

BELLAC

Rochechouart Saint Mathieu

Saint Laurent sur Gorre

Oradour sur Vayres

Aixe sur Vienne

Châlus

Pontarion

Felletin

Eygurande Bugeat

USSEL

Corrèze

Seilhac

Juillac Tulle*

Donzenac

Brive la Gaillarde*

Egletons

TULLE

Neuvic

Bort les Orgues

Lapleau la Roche Canillac

Malemort sur Corrèze Larche

Ussel*

Uzerche

Vigeois

Ayen

Crocq

Sornac

Meymac

Lubersac

Auzances

la Courtine

Treignac

Saint Yrieix la Perche

Bellegarde en Marche

Gentioux Pigerolles

Châteauneuf la Forêt Saint Germain les Belles

PERIGUEUX

Aubusson

Eymoutiers

Nexon

NONTRON

Saint Sulpice les Champs

AUBUSSON

Royère de Vassivière

Saint Léonard de Noblat

Pierre Buffière

Evaux les Bains

Chénérailles

Bourganeuf

Limoges*

Chambon sur Voueize

Jarnages Ahun

Ambazac

LIMOGES

MONTLUCON

Boussac

Bénévent l'Abbaye

Laurière

Nieul

ROCHECHOUART

Saint Vaury

le Grand Bourg

Bessines sur Gartempe

Nantiat

Saint Junien*

Châtelus Malvaleix

GUERET Guéret*

Châteauponsac

Bellac

CONFOLENS

la Souterraine

Magnac Laval

le Dorat

Bonnat

Dun le Palestel

MAURIAC Saint Privat

Beynat

Argentat

Meyssac

Mercoeur

Beaulieu sur Dordogne

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA 0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Zonages urbains et ruraux de 1999

Niveau d'équipement des communes

Commune appartenant à un pôle d'emploi de l'espace rural Commune appartenant à la couronne d'un pôle d'emploi de l'espace rural

10

Commune appartenant à un pôle urbain

6-9

Commune monopolarisée appartenant à une couronne périurbaine Commune multipolarisée Autre commune de l'espace à dominante rurale

Limites de Pays Chefs lieux de cantons


II . 1 - UN MAILLAGE EN SERVICES II . 1 A– PRESERVER Un maillage ET en OPTIMISER services à préserver et optimiser services de base : une couverture assurée par une centaine de bourgs L’installation, le maintien ou la disparition des équipements de base que sont l’école, les commerces alimentaires, les professions de santé, les banques, le bureau de poste et le salon de coiffure, sont des éléments clés de la vie locale, surtout en milieu rural. En Limousin, le maillage de services est plutôt solide. Le taux d’équipement est relativement élevé, plus important pour chaque service que dans le rural isolé au niveau métropolitain. Ce niveau d’équipement s’explique en partie par les besoins d’une population âgée et dispersée sur le territoire. On trouve ainsi 6 pharmacies pour 10 000 personnes contre 4 en France, et un bureau de poste sur 40 % des communes, contre 30 % en France. La boulangerie est également présente dans près de 40 % des communes de la région, profitant aux quatre cinquièmes de la population régionale. En revanche, la moitié des 520 communes du rural isolé ne possèdent pas de structures d’enseignement primaire, ce qui s’explique par leur petite taille (180 habitants en moyenne). Mais, pour limiter le nombre de communes sans école, ultime rempart à la désertification, le recours au regroupement pédagogique intercommunal est fréquent ; ainsi, en Corrèze, le nombre de communes isolées proposant ce dispositif est supérieur au nombre de communes possédant l’ensemble des classes élémentaires. Cependant, malgré ces taux élevés, la proportion de la population desservie sur place n’est guère supérieure à la moyenne française. Concernant la pharmacie par exemple, 8 % des ruraux limousins qui n’en disposent pas sur place en sont éloignés de plus de quinze minutes, contre 5 % seulement sur l’ensemble de la France. La dynamique de création / disparition de services est quant à elle mitigée : on observe en effet, de 1999 à 2006, la stabilisation du nombre de boulangeries (mais une perte en milieu rural), la création de supermarchés et de banques et la disparition d’épiceries : - deux épiceries sur cinq ont disparu depuis 1995, et l’implantation d’une supérette ou d’un supermarché n’a pallié ces fermetures que pour 14 % d’entre elles. - en dix ans, le nombre d’agences bancaires a augmenté d’un tiers en Limousin, et deux équipements sur cinq se sont implantés dans le rural isolé, renforçant ainsi la couverture. - en dix ans, le nombre de salons de coiffure a augmenté de plus de 50, dont plus de la moitié en milieu rural. Ce sont pourtant les communes urbaines et périurbaines initialement non équipées qui en ont le plus profité, le rural perdant en parallèle une quinzaine de commerces. Au total, les chefs-lieux de cantons de l’espace rural disposent tous des 10 équipements de base, affirmant ainsi leur rôle structurant des campagnes. Une quarantaine d’autres communes sont également bien équipées, dessinant au total une centaine de bourgs qui déterminent le maillage de l’espace rural isolé. Reste que plus d’un tiers des communes du rural isolé, en l’occurrence les plus petites (moins de 300 habitants), ne possèdent aucun des 10 principaux équipements.41 Cette situation plutôt favorable est pourtant précaire, elle dépend certes de l’engagement des acteurs publics en faveur des services publics, mais surtout de la masse démographique à desservir : à titre d’exemple, l’implantation de certains services comme les pharmacies exige un quota minimum de population. Il est par ailleurs entendu que, d’ici à 20 ans, les personnes âgées résideront de plus en plus en ville (l’INSEE estime que d’ici 2030, le nombre de seniors augmentera quatre fois plus vite dans l’espace urbain qu’en milieu rural42) : la survie d’un certain nombre de services de proximité sera liée à la capacité d’attraction de nouveaux habitants, ainsi que, dans une moindre mesure, à leur adaptation aux nouveaux besoins, afin de faire face, notamment pour les épiceries, à la concurrence des pôles. De plus, le vieillissement affecte également la démographie des entreprises de services et d’autres solutions restent à imaginer pour rendre l’exercice de tel ou tel métier plus attractif en zone rurale.

41

Source : Les commerces et services en rural depuis dix ans, Focal n° 30, INSEE Limousin, septembre 2006

42

Source : Les personnes âgées aujourd’hui et demain, Focal n°8, INSEE Limousin, octobre 2004

51


Des bassins moins autonomes dans le nord de la région Saint-Gaultier

Le Blanc

Chauvigny

Saint-Benoît-du-Sault

Aigurande

Saint-Sulpice-les-Feuilles Le Dorat

L'Isle-Jourdain

Châteaumeillant

La Châtre

Argenton-sur-Creuse

Montmorillon

Lussac-les-Châteaux

Neuvy-Saint-Sépulchre

Dun-le-Palestel

Montluçon Châtelus-Malvaleix

Boussac

Commentry

La Souterraine Saint-Vaury

Guéret

Châteauponsac

Évaux-les-Bains

Bessines-sur-Gartempe

Bellac

Confolens

Bénévent-l'Abbaye Auzances

Ambazac

Saint-Junien

Chabanais

Bourganeuf

Aubusson

Limoges Saint-Léonard-de-Noblat

Felletin

Aixe-sur-Vienne

Rochechouart

Piégut-Pluviers

Commentry

Châlus

Giat

Eymoutiers Châteauneuf-la-Forêt

Nexon

Pierre-Buffière

Ussel Treignac

Nontron Saint-Yrieix-la-Perche

Arnac-Pompadour

Objat

Bort-les-Orgues Seilhac

Égletons

Neuvic

Ydes

Tulle

Allassac

Riom-ès-Montagnes Mauriac

Terrasson-Lavilledieu Brive-la-Gaillarde

Argentat

Vayrac Sarlat-la-Canéda

La Tour-d'Auvergne

Meymac

Uzerche

Lubersac

Thiviers

Excideuil

Pontaumur

Crocq

Biars-sur-Cère

Souillac

Aurillac Saint-Céré

0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Score d'autonomie des bassins de vie

unité urbaine 1999 de 30 000 habitants ou plus et leur référentiel rural complémentaire fortement autonome autonome faiblement autonome dépendant DEPARTEMENT_

Limites de pays Ville centre d'un EPCI défini comme pôle structurant

Ussel et Meymac font partie du même pôle structurant, comme Aubusson-Felletin, Ambazac-Bessines et Eymoutiers-Saint-Léonard-de-Noblat.


II . 1 – Un maillage en services à préserver et optimiser équipements intermédiaires : l’enjeu de l’autonomie des bassins et de la mobilité En dehors des agglomérations de Limoges, de Brive et de leurs couronnes, 43 bassins de vie structurent l’espace limousin, dont 24 gravitent autour de pôles de moins de 3000 habitants. Il s’agit de territoires homogènes à l’intérieur desquels les habitants accèdent à l’essentiel des commerces et services. Ces services, dits « intermédiaires », comprennent les magasins de vêtements, les librairies, l’ANPE, la maison 43 de retraite, le dentiste ou encore le lycée . C’est à l’intérieur de ces bassins de vie que s’organise la vie 44 quotidienne des habitants, ce sont des « espaces vécus » . Ces bassins sont moins peuplés et plus étendus que sur l’ensemble de la métropole. La mobilité est ainsi plus forte en Limousin qu’en Auvergne par exemple, où les bassins de vie, qui comprennent une population légèrement inférieure, sont beaucoup plus petits. Globalement, le temps d’accès à l’ensemble des équipements ou à l’emploi est de 19 minutes en Limousin, soit 3 minutes de plus que la moyenne métropolitaine. Les communes des bassins de Châlus, Auzances et Eymoutiers sont globalement les plus éloignées des équipements. Mais, pour certains services, l’écart avec la moyenne française est plus marqué : c’est ainsi que les limousins mettent 6 minutes de plus que les Français dans leur ensemble pour atteindre les équipements de santé ou un établissement d’enseignement. Si le trajet est plus court pour les habitants des bassins de Saint-Vaury ou de Tulle, il est aussi plus long à Eymoutiers ou Evaux-les-bains. 19 bassins de vie (soit 44%) sont considérés comme autonomes (avec un bon niveau d’équipements et d’emploi compte tenu de leur poids démographique). Si deux bassins seulement sont considérés comme dépendants (Nexon et Allassac), la moitié d’entre eux restent faiblement autonomes, parce qu’ils sont liés à des villes proches (Meymac par exemple) ou qu’il s’agit de bassins périurbains (tels Aixe-sur-Vienne ou Ambazac). Pour renforcer l’autonomie des bassins de vie et créer un réel effet d’entraînement des pôles locaux sur leur périphérie rurale, la Région a décidé d’aider 19 pôles structurants, qui sont en fait 19 centres de bassins de vie. Les communes éligibles à la signature d’un Contrat de pôle structurant sont les pôles urbains de plus de 2000 habitants agglomérés hors communauté d’agglomération ou unités urbaines se rattachant à une agglomération, avec un maximum de 2 pôles par pays.

En savoir plus Les commerces et services en milieu rural depuis 10 ans, Focal n°30, INSEE Limousin, 2006 : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/rfc/docs/focal30.pdf Accès à l’emploi et aux services : una analyse des bassins de vie, Focal n°14, INSEE Limousin, 2006 : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/rfc/docs/focal14.pdf "Les bassins de vie, au cœur de la vie des bourgs et petites villes", Insee première n° 953, avril 200 4 : http://www.insee.fr/fr/ffc/ficdoc_frame.asp?ref_id=ip953

43

Les équipements servant à définir les bassins de vie sont : des équipements concurrentiels (hypermarché et supermarché, vétérinaire, banque, magasin de vêtements, magasin de chaussures, librairie, magasin d’électroménager, magasin de meubles, droguerie, grande surface non alimentaire, marché de détail) ; des équipements non concurrentiels (gendarmerie, perception, notaire, ANPE, maison de retraite, bureau de poste, crèche ou halte-garderie, installation sportive couverte, piscine couverte, école de musique, cinéma) ; des équipements de santé (médecin, infirmier, pharmacie, masseur-kinésithérapeute, dentiste, ambulance, maternité, urgences, hôpital de court séjour, hôpital de moyen et long séjour) ; et des équipements d’éducation (collège, lycée général et/ou technologique, lycée professionnel).

44

dont le centre répond notamment à la question : « quel est le centre fréquenté lorsque tel ou tel service est absent de la commune considérée ? ».

53


Les aires urbaines limousines moins bien pourvues que leurs voisines Limoges

Brive

Tulle

Guéret

Poitiers

Emploi total en 1999 102 180 36 546 14 598 12 917 86 908 Variation de l’emploi total 1990-1999 +1,3 +3,3 -4,5 +2,6 +13,6 (en %) Fonctions métropolitaines 5 911 1 751 566 336 5 821 supérieures en 1999 Variation 1990-1999 des fonctions +13,7 +17,7 +18,9 -9,7 +25,9 métropolitaines supérieures (en %) Taux d’emplois supérieurs en 1999 5,8 4,8 3,9 2,6 6,7 (en % des emplois) Taux d’emplois supérieurs en 1990 5,2 4,2 3,1 3 6 (en % des emplois) Rang en 1999 de l’aire urbaine en 32 78 175 232 33 nombre d’emplois supérieurs Source : Recherche, télécommunicatoins et transports en vedette, La revue n° 238, INSEE Limousin, décembre 2002

Les 11 catégories de fonctions métropolitaines supérieures - services aux entreprises : cadres des services aux entreprises - recherche : ingénieurs et cadres techniques de recherche - commerce : cadres des commerces de gros et interindustriel - banque-assurance : cadres des banques et des assurances - transports : ingénieurs et cadres des transports - art : artistes et emplois supérieurs artistiques, artisans d’art - gestion dans l’industrie : cadres de direction, d’administration et de finance - information : cadres et emplois supérieurs de l’information - commercial dans l’industrie : ingénieurs et cadres commerciaux - télécommunications : ingénieurs et cadres des postes et télécommunications - informatique dans l’industrie : ingénieurs et cadres de l’informatique. Source : Onze fonctions pour qualifier les grandes villes, INSEE Première n°840, mars 2002

Niort

56 342 +7,4

ClermontFerrand 171 541 +3,3

3 823

13 190

+28,1

+20,2

6,8

7,1

5,7

6,1

41

16


II . 1 – Un maillage en services à préserver et optimiser des fonctions métropolitaines supérieures à renforcer L’armature urbaine limousine repose sur les aires urbaines que sont l’agglomération de Limoges, secondée par l’agglomération de Brive, les chefs lieu de département (Tulle et Guéret), ainsi qu’Ussel et Saint-Junien. 45 Ces aires urbaines regroupent aujourd’hui environ 64 % de la population régionale et gagneraient, selon les scénarios de projections de l’INSEE, entre 5 % et 11 % de population d’ici 2030 (pour une évolution de 2 % sur l’ensemble de la région pour le scénario central). En ce qui concerne l’influence et le rayonnement de ces principaux ensembles urbains, un recours à l’analyse des fonctions métropolitaines supérieures s’avère utile : le pourcentage d’emplois métropolitains supérieurs dans l’emploi total constitue un bon indicateur du rôle stratégique d’une agglomération et de son entrée en « métropolisation ». Les fonctions métropolitaines supérieures regroupent des emplois de haut niveau qui, par leur fort contenu intellectuel ou technique, ou leur pouvoir décisionnel, concourent au développement économique de l’ensemble de la ville. Ces emplois de cadres supérieurs, ingénieurs, chercheurs ou enseignants de l’enseignement supérieur ont été classés en 11 fonctions caractéristiques du rôle économique des grandes villes (cf. page de gauche).

L’analyse des fonctions métropolitaines supérieures montre que le Limousin n'a pas connu une dynamique aussi vigoureuse que la plupart des régions de l'arc atlantique. En effet, entre 1990 et 1999, l'ensemble constitué par les six aires urbaines de la région a gagné environ 1 100 emplois métropolitains supérieurs, ce qui représente une progression de 14 %, légèrement en deçà de celle de l'ensemble des aires urbaines françaises (+14,8 %) et deux fois inférieure à celle des aires urbaines du Grand Ouest. La faiblesse de l'armature urbaine limousine évoquée plus haut constitue sans doute un premier facteur explicatif. Mais le dynamisme économique est aussi en cause, de même que la faible part des grandes entreprises et la forte composante manufacturière de l’industrie (le processus de transformation demeure souvent limité et repose sur une main d’œuvre spécialisée). Quant aux activités tertiaires, elles sont tout juste en passe de combler leur déficit. C’est donc très logiquement que la région accuse une sousreprésentation des fonctions supérieures liées à la recherche, à l’informatique dans l’industrie ou aux services aux entreprises et souffre d’un manque de cadres commerciaux dans les établissements industriels. En revanche, elle apparaît relativement mieux pourvue vis-à-vis de la France métropolitaine en emplois supérieurs relevant de la gestion administrative ou financière dans l’industrie, des télécommunications et des transports. Limoges reste un cas isolé en matière de fonctions métropolitaines, tandis que Brive et Tulle ne constituent que des points d’appui très relatifs, avec des spécificités fonctionnelles marquées. Dans ce contexte, le fait que les aires urbaines limousines aient vu leur taux d’emplois métropolitains supérieurs progresser autant que le taux moyen de l’ensemble des 354 aires urbaines du pays constitue plutôt une bonne surprise. Pour les années à venir, la concentration de l’emploi et des services sur les unités urbaines, comme 46 c’est le cas pour Limoges , risque de se prolonger. Elle aura pour conséquence un vraisemblable renforcement des fonctions supérieures, notamment pour la capitale régionale : l’agglomération a tous les atouts en main (pôles de compétitivité, services, dynamisme démographique) pour créer des emplois très qualifiés et attirer de nouveaux établissements, et ainsi utiliser pour son développement économique le 47 dynamisme de l’économie résidentielle , qui fournit aujourd’hui 42 % des emplois de l’aire urbaine. Le développement des relations entre Brive et Tulle, qui d’ici à 20 ans pourront constituer une seule aire urbaine, semble être de nature à renforcer l’armature urbaine. L’accès à ces fonctions supérieures passe également par l’amélioration de la liaison avec la métropole mondiale qu’est Paris. Ce renforcement peut être un atout face à la concurrence des grandes aires urbaines voisines, qui pourraient à l’avenir faire éclater l’architecture urbaine limousine, mais il ne sera efficace que s’il est complété par l’organisation de complémentarités avec ces aires voisines (coopération, mise en réseau…).

45

Un espace urbain, ou espace urbain multipolaire, est, en France et selon la définition de l'INSEE, un ensemble continu d'aires urbaines et de communes dites multipolarisées, c'est-à-dire dont au moins 40% de la population résidente active travaille dans l'une ou l'autre de ces aires urbaines. 46 Source: L’aire urbaine de Limoges, Focal n°38, INS EE Limousin, juillet 2007 47 Théorie selon laquelle base productive (la rémunération des facteurs locaux de production de la valeur ajoutée créée localement) est désormais moins importante que les autres sources de revenu que sont devenus les salaires associes aux emplois publics, les pensions de retraite, les prestations sociales, ou le revenu des « résidents non recensés » (résidents secondaires, touristes, …).

55


Le dĂŠsenclavement du Limousin : les principales voies de communication et leur accessibilitĂŠ en 2007


II . 2 – ACCESSIBILITE : DES NOTOIRES, DES ENJEUX D’ADAPTATION II . PROGRES 2 – Accessibilité : des progrès notoires, des enjeux d’adaptation infrastructures et transports : un désenclavement à parachever La mise en service progressive des sections d’autoroute et de routes à 2x2 voies, accompagnée de l’amélioration du réseau secondaire, permet désormais de relier quasiment toutes les communes au chef-lieu de leur département en moins d’une heure de voiture. Quelques zones au relief plus accentué font encore exception, notamment le plateau de Millevaches où il faut compter environ un quart d’heure de plus. Entre Limoges, les deux autres chefs-lieux de département, Guéret et Tulle, et Brive, le trajet ne demande généralement pas plus d’une heure, et une majorité du territoire est à moins de 20 min d’une ligne ferroviaire TER régulière. Ce progrès en accessibilité s’est accompagné d’une amélioration très nette de la sécurité routière : l’année 2006 confirme la tendance observée depuis 4 ans, en Limousin et au plan national, à la baisse du nombre d’accidents et de tués (un peu moins de 20% en Limousin depuis 2001), 48 avec cependant l’augmentation du nombre de blessés graves (+50 %). Les autoroutes jouent également un rôle important dans l’interconnexion des régions. La gratuité de l’autoroute A20 entre Vierzon et Cahors en fait un itinéraire nord-sud privilégié. Dans la région, il s’agit de la liaison le plus empruntée du point de vue du trafic. En deuxième lieu vient l’itinéraire est-ouest de la Route Centre-Europe-Atlantique, bientôt terminée en Limousin. Sur l’autoroute concédée A89, la mise en service est encore trop récente pour que le trafic ait pris sa pleine mesure, d’autant que l’ensemble de l’itinéraire n’est pas encore achevé. Cette ouverture régionale ne peut se concevoir sans la mise en service de lignes ferroviaires rapides, complémentaires de la route. Le Limousin a fait de l’amélioration de la desserte ferroviaire l’une de ses toutes premières priorités : l’accès vers Paris est en cours de modernisation, de même que la ligne Bordeaux-Lyon. Aujourd’hui, l’axe nord-sud, routier comme ferré, est performant, tandis que l’axe est-ouest reste, sur le plan ferroviaire, médiocre. Dans le même temps, une ligne grande vitesse (LGV) entre Limoges et Poitiers est planifiée, elle mettra Limoges à deux heures de Paris et connectera le Limousin au réseau européen à grande vitesse. Elle pourrait avoir des conséquences économiques et sociales importantes, notamment en termes de foncier (attractivité vis-à-vis de Paris) et de rapprochement avec les villes de Poitou-Charentes dans différents domaines. On rappellera par ailleurs que l’ouverture à la concurrence de l’ensemble des services ferroviaires pour le trafic passagers est prévue en 2010. La connexion du Limousin à l’international se fait aussi par voie aérienne : le trafic de l’aéroport LimogesBellegarde a doublé depuis 2000, s’établissant en 2005 à 1 000 passagers par jour en moyenne. Le marché international européen est très dynamique, et une étude prévoit des taux de croissance à l’horizon 49 2023 de 5% par an pour les déplacements domestiques au sein de l’Europe occidentale . Il est dopé par les lignes aériennes « low cost » vers la Grande-Bretagne, dont le succès risque tout de même d’être entravé par l’augmentation du coût de l’énergie. Ces chiffres record n’excluent pas de bons résultats sur les lignes intérieures. Quant au second aéroport de la région à Brive, avec 22 000 passagers annuels en moyenne, il devra attendre son transfert en limite du département du Lot pour voir ses chiffres évoluer. Cette évolution sera d’autant plus favorable que le transport aérien sera organisé en complémentarité avec LimogesBellegarde et les aéroports des régions voisines. La possibilité de se raccorder aux grands couloirs d’échanges interroge quant à elle la valorisation des flux économiques traversant le territoire. Actuellement, les zones d’activités sont concentrées le long des axes de communication. L’offre ferroviaire tout particulièrement doit être pensée pour servir au mieux l’attractivité économique : l’accessibilité à la grande vitesse, la qualité des infrastructures et le fret ferroviaire sont concernés, alors même que la question de l’avenir de ce dernier en Limousin est posée par un projet de restructuration du fret.

En savoir plus Schéma régional des Infrastructures et des Transports DRE Limousin : http://www.limousin.equipement.gouv.fr/ZZ_DRE/institutionnel/pr%C3%A9sentation_DRE.htm

48 49

Source : DRE Source : Evolution du transport aérien, Ernst et Young / CAT’Sud, mai 2006

57


Couverture TNT et éligibilité au haut débit (hors satellite) LA CHATRE

MONTMORILLON

MONTLUCON

GUERET BELLAC

CONFOLENS

AUBUSSON

ROCHECHOUART

LIMOGES

NONTRON

USSEL

TULLE

MAURIAC

PERIGUEUX

BRIVE-LA-GAILLARDE

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA 0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2008 // Sources : Axione et CSA 2008// Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Noeuds de raccordement abonnés DORSAL : répartiteur téléphonique dont la proximité conditionne l'éligibilité à la télévision par ADSL

Fibre optique DORSAL

Couverture TNT (hors HD)

!

sites pour lesquels ont été déterminés des critères de non-éligibilité au haut débit en état actuel du déploiement hors technologie satellitaire

Cette carte est issue d'une simulation informatique et est donc non exhaustive et sujette à des variations selon les lieux


II . 2 – Accessibilité : des progrès notoires, des enjeux d’adaptation TIC : la préoccupation continue de la performance et de l’équité L’accessibilité à des services innovants et l’ouverture du Limousin sur le monde ne relèvent pas seulement des infrastructures de transport, mais aussi et de plus en plus des infrastructures de télécommunication. La couverture régionale dans ce domaine est en constante progression. En effet, la prise de conscience du problème de sous-équipement date du tout début des années 2000 : manque structurel d’infrastructures permettant l’acheminement de données numériques, impact négatif du monopole de France Telecom, problème de l’interconnexion aux réseaux nationaux à très haut débit qui nécessite des liaisons de plus de 100 km. Face à cette situation qui entraîne une offre restreinte de services télécoms performants, des transmissions d’informations très lentes voire impossibles (musique, vidéo…), une forte concentration urbaine des offres (88 % du territoire et 48,7 % de la population ne disposent alors d’aucune offre haut débit) et des tarifs qui peuvent être trois à quatre fois supérieurs à ceux de zones plus denses, un syndicat mixte est créé en 2003 pour résoudre ces difficultés. Du nom de DORSAL (Développement de l’Offre Régionale de Services et de l’Aménagement des télécommunications en Limousin), ce projet collectif exemplaire à l’échelle européenne a pour ambition de rendre le haut débit accessible à tous les Limousins aux meilleures conditions. Les travaux ont débuté en 2005 et, fin 2007, le dernier pylône est posé : plus de 1000 km de fibre optique ont été déployés, le dégroupage du Limousin s’est considérablement accéléré (cela concerne 75% des foyers en 2007, contre 18% en 2005), des opérateurs locaux ont émergé, le réseau WiMax a été entièrement déployé, et il ne resterait en 2007 que 4 % de la population limousine non couverte par les services haut débit. Les collectivités ont trouvé une dynamique numérique à travers DORSAL, la boucle régionale a servi d’amorce et cette dynamique se poursuit avec l’élaboration d’un schéma régional des usages et des services. Celui-ci définira les efforts à fournir pour rester performant dans ce domaine, en partant du constat qu’aujourd’hui DORSAL a réalisé l’infrastructure principale et qu’il s’agit à présent de mettre en œuvre une infrastructure de collecte et de desserte au plus près de l’utilisateur final. Pour ce qui concerne la téléphonie mobile, autre constituante des TIC, la phase I du plan gouvernemental en faveur de la téléphonie mobile de deuxième génération (GSM) porté par les Conseils Généraux a pris fin en 2007, avec la couverture de la majeure partie des zones blanches. Une phase II, prise en charge en totalité par les opérateurs, est en cours. La question de la télévision numérique terrestre (TNT) reste quant à elle posée : par manque d’émetteurs régionaux pour la TNT, il y a un risque de disparition d’une identité locale. En effet, la population en périphérie des grandes agglomérations risque d’être couverte par des émetteurs des régions limitrophes, entraînant de fait la non-réception des émissions locales. Par ailleurs, une partie de la population limousine se trouvera en zone blanche TNT. L’accessibilité à la TNT devrait se faire par une technologie satellitaire (TNT SAT), impliquant l’achat d’un modem pour l’usager. Reste que la couverture régionale en infrastructures n’est jamais que la première pierre pour l’accès de tous aux TIC. La seconde étape concerne en effet la formation à ces outils, l’usage qu’il en est fait, notamment tout ce qui touche à l’e-administration. En termes prospectifs, cet effort vers l’e-administration est porteur : un Français sur deux utilise les services publics sur Internet en 2006, et le taux de connexion aux sites de l'administration se stabilise depuis 2 ans à un niveau élevé (75 %). Ce succès s’explique par des gains de temps en termes de déplacement et de délais postaux mais aussi parce qu’Internet réduit certaines contraintes associées à l'administration 50 (horaires, disponibilité) et permet à l'usager de bénéficier d'un fonctionnement « à la carte » . Le développement de l’administration électronique est ainsi sollicité par plus d’un tiers des Français, et l’usage, 51 encore très faible, des Limousins devrait augmenter fortement dans les prochaines années.

50 51

Source : http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/260907_eadministration.htm Source : http://www.xitimonitor.com/fr-fr/comportement-internaute/regions-francaises-mai-2007/index-1-1-2-94.html

59


II . 2 – Accessibilité : des progrès notoires, des enjeux d’adaptation mobilité : l’offre de transport face à l’évolution des modes de vie La concentration dans les villes (limousines et voisines) de l’emploi et des services spécifiques, ainsi que l’éloignement de plus en plus important du lieu de travail sont deux des causes de l’augmentation de la mobilité. A titre d’exemple, la mobilité individuelle tous modes confondus s’élève en 2006 à 3,91 déplacements par habitant et par jour sur l’agglomération de Limoges (chiffre aussi important qu’à Grenoble et plus important qu’à Toulouse). Pour les transports en commun, on observe ainsi au niveau national que l’on est passé de 52 114 milliards de voyageurs/km en 1988 à 136 milliards en 2005, soit une augmentation de 16% . Ainsi, le fort investissement de la Région dans les TER (Transports Express Régionaux) s’est traduit par une augmentation significative de la fréquentation de ce mode de transport depuis 2003 (+ 4,65% entre 2003 et 2004, +7,5% entre 2004 et 2005). En ce qui concerne les voitures individuelles, le trafic a également augmenté, et dans des proportions proches : le nombre de voyageurs au kilomètre atteignait en France 727 53 milliards en 2005 contre 490 milliards en 1985, soit une augmentation de 67 % . Le coût croissant de l’énergie peut néanmoins laisser envisager pour les années à venir un recours plus massif aux modes collectifs de transport. 54 Selon le rapport « Prospective transports 2050 » , cette tendance devrait se ralentir par la suite, la croissance de la mobilité se tassant du fait de la stagnation du temps libre et des vitesses. La principale évolution dans ce domaine, qui se présente comme une tendance lourde, est la complexification de la mobilité, se traduisant par deux points : la modification des motifs de déplacements et la généralisation de la « mobilité zigzagante ». Dans la France de province, on remarque en effet que le motif travail baisse pour plafonner à 20 % des motifs de déplacements, tandis que l’école se stabilise à 30 % et que les loisirs et autres augmentent pour représenter désormais la moitié des motifs de déplacement. Cette part du motif travail pourrait encore baisser avec le déevloppement du télétravail. De plus, en dessinant des trajets incluant de nombreux arrêts, en multipliant les déplacements en circuits, cette mobilité, observée au niveau national, correspond à un souci d’optimiser le temps de déplacement par la façon d’ordonner dans le temps des trajets de toute façon nécessaires (travail, accompagnement, chalandise) et se réfère donc à des usages de la ville et des territoires perçus comme une offre globale de services. Conséquence de cette complexité, le clivage bien connu heures de pointe/heures creuses s’émousse. Les heures creuses se font de moins en moins nombreuses, mais les heures de pointe sont toujours présentes. Ce constat est bien entendu surtout valable pour les véhicules individuels, il est plus modéré pour les transports en commun, du fait notamment de leur plus faible niveau de service en dehors des heures de pointe. Ces nouvelles pratiques de la mobilité quotidienne constituent autant de défis pour les autorités organisatrices de transport, responsables de sa gestion, qui offrent souvent des services en décalage avec les nouvelles demandes, notamment du fait du coût élevé de cette adaptation. Les autorités sont en effet fortement sollicitées pour élargir leurs services, que ce soit en termes d’horaires ou en de solutions proposées, et pour les adapter à des demandes de plus en plus variées, qui sont : - le renforcement des services d’information et de tarification, pour les déplacements occasionnels, - des exigences de confort et de sécurité de la part d’une clientèle habituée à se voir proposer une large variété de services et donc des prestations à haut niveau de qualité et plus personnalisées. Ces exigences de différenciation, de diversification, de flexibilité ou encore de souplesse, longtemps perçues comme irrecevables, sont aujourd'hui des défis pour les transports en commun. La prise en compte de ces évolutions dans les politiques de transport participera à l’amélioration de la qualité de vie et de services des Limousins. En savoir plus Démarche prospective transports 2050, Conseil général des Ponts et Chaussées, 2006 : http://www.region-limousin.fr/2027/docs/transport_2050.pdf Fiche de synthèse sur les nouvelles temporalités et leurs conséquences sur la mobilité quotidienne : http://www.region-limousin.fr/2027/docs/temporalit%c3%a9s_mobiblite.pdf 52 53 54

Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATTEF13601&tab_id=354 Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATTEF13601&tab_id=354 Conseil général des ponts et chaussées

61


Des prix de l’immobilier nettement inférieurs aux niveaux nationaux Maisons anciennes

Corrèze Creuse Haute-Vienne Limousin France - province

Prix moyen (euros) 108 000 68 000 112 000 95 000 147 000

Prix de la pièce (euros) 24 000 16 000 25 000 21 000 31 000

Surface de terrain (m2)

Appartements anciens

2 800 4 600 3 000 3 600 1 800

Corrèze Creuse Haute-Vienne Limousin France - province

Prix moyen (euros) 79 000 63 000 67 000 68 000 107 000

Prix du m2 (euros) 1 200 900 1 100 1 100 1 800

Surface habitable (m2) 65 70 60 61 59

Source : Preval/fichiers des notaires, période du 01/04/2004 au 31/03/2005, in Politiques de l’habitat en Limousin, DRE, octobre 2005

Une montée des prix plus faible pour les appartements anciens Maisons anciennes

ème

Appartements anciens

Indice des prix base 100 au 4 trimestre 2000 Source : Preval/fichiers des notaires/INSEE, in Politiques de l’habitat en Limousin, DRE, octobre 2005


II . 3 – UNE OFFRE DE SERVICES PLUTOT PERFORMANTE II . 3 – Une offre de services plutôt performante habitat : le défi de la qualité Dans l’optique de l’amélioration de la qualité de vie des Limousins et de l’accueil durable de nouvelles populations, la problématique de l’habitat est majeure. La facilité d'accès au logement est un critère important d'implantation des ménages. Aujourd’hui, l’habitat présente quelques handicaps récurrents, avec en premier lieu la persistance de phénomènes d’insalubrité, surtout en milieu rural. Si l’on note une diminution sensible de l’inconfort au cours des années 90, les logements en Limousin restent globalement de moins bonne qualité qu'au niveau national. En 1999, 18,4 % d’entre eux ne disposaient pas de tous les éléments de confort et 36 % pour le 55 parc locatif privé . Le nombre de logements potentiellement indignes est estimé en 2003 à 36.000, soit 12,5%, contre 9,4% en France. Le phénomène de vacance est également important, notamment en centre bourg : 9,2 % des logements limousins sont vacants contre 6,1 % en France (RGP 99). Si la vacance présente des tendances récentes à la diminution en milieu rural, la vacance de longue durée pourrait augmenter dans les villes centres. Ces deux phénomènes sont confortés par des blocages subsistants, liés aux difficultés de repérage du « mal habiter » en milieu rural et de sensibilisation des propriétaires, souvent très âgés, aux besoins de réhabilitation, souvent coûteuse. Les faibles ressources des ménages pèsent, plus gravement en Limousin que dans d’autres régions, sur les difficultés à faire des travaux (le logement reste le premier poste de dépense des ménages). On observe par ailleurs un problème d’adaptation du parc, qui provoque un certain manque de disponibilité, en locatif, en accession et pour l’accueil de publics spécifiques : stagiaires, travailleurs saisonniers. Une forte concentration de l’offre de logements sociaux est également notable : environ 45% des logements sociaux régionaux sont en effet situés sur la seule commune de Limoges, ce qui soulève aussi des questions de solidarité territoriale liées à la répartition de la mixité sociale. En effet, la mobilité des ménages, bien que de niveau inférieur au niveau national, a beaucoup augmenté sur les 10 dernières années (mobilité professionnelle, séquences de vie) et participe au risque de ségrégation entre les classes moyennes en périphérie et les populations les plus pauvres et les plus riches en centre. Répondre à ces différents enjeux sera un premier défi pour le Limousin, dont le parc de logements est en pleine transformation. En 2004, le Limousin compte 327 500 résidences principales, soit 16 000 de plus qu’en 1999 ; le taux de croissance annuel a connu, entre 2003 et 2004, une nette accélération. Or, par référence à l’évolution du taux d’occupation par logement, on estime les prévisions de hausse à 3,8 % d’ici 2015 et ce même en cas de stagnation de la population. Cette hausse, toute relative vis-à-vis des situations des régions voisines, est très visible en Limousin du fait d’un marché auparavant atone. Ces constructions sont principalement individuelles, à hauteur de 70% en 2004, un taux relativement stable depuis 1990 et qui n’est pas particulièrement susceptible d’évoluer dans les prochaines années. Les Limousins, comme les Français, souhaitent dans leur grande majorité acquérir une maison, avec pour principale motivation une surface habitable plus importante. Si l’on ajoute le vaste réservoir d’accédants à la réduction de la taille des ménages, on comprend que le secteur du bâtiment soit moteur de l’emploi, en région comme en France : 8 millions de citadins français déclarent vouloir quitter la ville et une majorité de propriétaires d’appartement souhaitent acquérir une maison ; par ailleurs, en Limousin, le nombre de 56 ménages devrait augmenter de 12 % d’ici 2030 , pour une hausse de 2 % de la population. Certes, les prix de l’immobilier se ressentent d’un récent phénomène d’inflation : la valeur moyenne d’un bâti rural acheté par un non agriculteur est passée de 58,3 k€ en 1997-1998 à 94 k€ en 2002-2003 (+ 61%) ; une maison en Creuse coûtait en moyenne 24,4 k€ en 1993 et 105 k€ aujourd’hui. Mais ce mouvement ne doit pas faire oublier que les niveaux de prix de l’immobilier limousin restent parmi les plus abordables et qu’accéder à la propriété nécessite moins d’années de cotisation de salaires qu’autrefois.

55

De source fiscale (FILOCOM), la baisse de l’inconfort se poursuit mais reste relativement élevée en Limousin

56

Selon le scénario central de l’INSEE

63


Un nombre de logements vacants en baisse pour la moitié des cantons

Saint Sulpice les Feuilles

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : DRE Limousin SRAS 2005 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Mézières sur Issoire

Bellac

la Souterraine

Magnac Laval

le Dorat

Bessines sur Gartempe

Rochechouart

Saint Laurent sur Gorre

Oradour sur Vayres Saint Mathieu

Châlus

Saint Sulpice les Champs

Limo ge sIsle

-7 à 0

Crocq

< -7 Part des logements vacants

Sornac

dans les résidences principales en 1999 (%)

Eygurande

Saint Germain les Belles

15 à 20

Bugeat

Treignac

Saint Yrieix la Perche

Meymac Uzerche Corrèze

Seilhac

Vigeois

7 à 14

la Courtine

Châteauneuf la Forêt

Lubersac

Auzances

0à7 Felletin

Eymoutiers

Nexon

entre 1999 et 2003 en % > 14

Bellegarde en Marche

Gentioux Pigerolles

Pierre Buffière

Limo ge sCo nda t

Aubusson

Evolution du nombre de logements vacants

Evaux les Bains

Ahun

Royère de Vassivière

Saint Léonard de Noblat

Limo ge sPan azol

Chambon sur Voueize

Jarnages

Chénérailles

Pontarion

Limo ge sle Pa la is

Limoges

Aixe sur Vienne

Boussac

Bourganeuf Limo ge sCo uzeix

St Ju nien Ouest

Guére t-N o rd

Guéret Guére tSud -E st

Bénévent l'Abbaye

Laurière

Châtelus Malvaleix

Guére tSud -Ou est

Ambazac

Nieul

St Ju nien Est

Saint Vaury

le Grand Bourg

Châteauponsac

Nantiat

Saint Junien

Bonnat

Dun le Palestel

Usse l-Est

Ussel

7,5 à 10

Bort les Orgues

Neuvic

Egletons

10 à 15

Usse lOuest

5 à 7,5 1,5 à 5

Juillac Donzenac

Ayen

Tulle

Tu lle C am pag ne No rd

la Roche Canillac

Tu lle C am pag ne Sud

Malemort sur Corrèze

Larche Brive la Brive la rd e Gaillarde Gailla Sud -E st

Lapleau

Beynat

Argentat

Brive la Gailla rd e Sud -Ou est

Meyssac

France métropolitaine : -0,3% Limousin : +5,3%

La vacance recouvre des situations hétérogènes : rotation (entre deux occupants, logements neufs avant occupation...), obsolescnece, transformation (travaux, succession...), vacance expectative (attente d'affection, rétention). La définition fiscale de la vacance diffère de celle de l'INSEE.

Saint Privat

Mercoeur

0

Beaulieu sur Dordogne

10

20

Km

Des logements locatifs sociaux peu nombreux

Saint Sulpice les Feuilles

Mézières sur Issoire

Bellac

la Souterraine

Magnac Laval

le Dorat

Bessines sur Gartempe

Saint Junien

Rochechouart

Oradour sur Vayres Saint Mathieu

Aixe sur Vienne

Châlus

Saint Sulpice les Champs

Eymoutiers

Part de logements locatifs sociaux

Crocq

dans les résidences principales en 2003 (%) > 10

la Courtine

7,5 - 10 Eygurande

Meymac Uzerche Corrèze

Seilhac

5 - 7,5

Bugeat

Treignac

Saint Yrieix la Perche

Vigeois

Auzances

Sornac

Saint Germain les Belles

Lubersac

Bellegarde en Marche

Felletin

Châteauneuf la Forêt

Nexon

Aubusson

Gentioux Pigerolles

Pierre Buffière

Limo ge sCo nd at

Evaux les Bains

Ahun

Royère de Vassivière

Saint Léonard de Noblat

Limo ge sPan azo l

Limo ge sIsle

Chambon sur Voueize

Chénérailles

Pontarion

Limo ge sle Pa la is

Limoges

Boussac

Jarnages

Bourganeuf Limo ge sCo uze ix

Saint Laurent sur Gorre

Gué re t-No rd

Guéret Gué re tSud -E st

Bénévent l'Abbaye

Laurière

Châtelus Malvaleix

Gué re tSud -O uest

Ambazac

Nieul

St Ju nien Oue st

Saint Vaury

le Grand Bourg

Châteauponsac

Nantiat

St Ju nien Est

Bonnat

Dun le Palestel

Egletons

Ussel

2-5

Usse l-Est

<2

Usse lOue st

Neuvic

Bort les Orgues

Juillac Ayen

Donzenac

Tu lle C am pa gn e No rd

Lapleau

Tu lle C am pa gn e Sud

Malemort sur Corrèze

Larche Brive la Brive la rde Gaillarde Gailla Sud -E st

Tulle

Beynat

Brive la Gailla rde Sud -O uest

Saint Privat Argentat

Meyssac

France métropolitaine : 15,2% Limousin : 10,8%

la Roche Canillac

Beaulieu sur Dordogne

Mercoeur

0

10 Km

20


II . 3 – Une offre de services plutôt performante Le rythme de construction dépasse les besoins des ménages, il n’y a donc pas de crise régionale du logement. La question se pose plus en termes de qualité que de quantité : sur quels sols construire, c'est-à-dire avec quels choix urbains : empiètement sur des cultures ou des friches, densification ou étalement…? Quelle prise en compte des demandes de modularité (espaces thématisés et appropriables différemment par les membres de la famille, capables de répondre à la cohabitation entre les âges et à la recomposition de familles) et du vieillissement (répondre au souhait des personnes âgées de rester le plus longtemps possible chez elles dans de bonnes conditions) ? Quelle formation de la main d’œuvre locale aux nouvelles exigences qualitatives et environnementales ? On notera ici que le parc de logement est aujourd’hui très consommateur d’énergie et émetteur de gaz à effet de serre (parc ancien, grands logements…) et que la prise en compte des contraintes énergétiques devrait donc générer un nouveau marché considérable en terme de réhabilitation ou d’équipement ainsi que des économies importantes pour les ménages.

Nombre de logements financés en opération PLUS en 2006 individuels collectifs Corrèze 72 0 CA de Brive 69 28 CC de Tulle 10 0 Creuse 48 0 CC de Guéret 10 0 Haute-Vienne 73 3 CA de Limoges 38 108 Les données relatives aux départements excluent celles des communes déjà renseignées. PLUS : prêt locatif à usage social Source : Le journal de l’Observatoire régional de l’habitat en Limousin n°7, DRE, novembre 2007

En savoir plus Les besoins en logements augmentent plus vite que la population, Focal n°21, INSEE Limousin, 2005 : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/rfc/docs/focal21.pdf Analyse prospective sur l’activité du bâtiment en Limousin, DRE, décembre 2006 Le journal de l’Observatoire régional de l’habitat en Limousin n°7, DRE, novembre 2007 Politiques de l’habitat en Limousin, DRE, octobre 2005

65


Le Limousin mieux pourvu que la moyenne en pharmaciens et infirmiers, mais sous doté en chirurgiens-dentistes et en masseurs-kinésithérapeutes chirurgiens dentistes

pharmaciens

masseurskinésithérapeutes

infirmiers

Ile-de-France

84

117

108

700

26

Champagne-Ardenne

57

110

66

712

28

Picardie

41

99

66

633

18

Haute-Normandie

40

100

61

623

27

Centre

49

112

71

590

23

Basse-Normandie

42

92

70

758

30

Bourgogne

51

115

80

766

28

Nord-Pas-de-Calais

50

104

103

689

24

Lorraine

63

95

74

739

33

Alsace

78

100

79

847

34

Franche-Comté

52

110

67

813

35

Pays de la Loire

57

97

84

705

25

Bretagne

68

104

109

886

28

Poitou-Charentes

50

113

79

712

25

Aquitaine

77

116

111

796

28

Midi-Pyrénées

82

120

121

938

29

Limousin

53

146

92

1048

27

Rhône-Alpes

69

122

115

770

34

Auvergne

69

130

103

856

27

Languedoc-Roussillon

78

132

143

818

31

PACA

92

135

150

997

29

Corse

85

119

143

841

23

France

68

114

102

770

28

Source : données Adeli, Dees

sagesfemmes


II . 3 – Une offre de services plutôt performante une offre de soin à conforter Avec 580 établissements sanitaires (hospitaliers, centres de soins, laboratoires et pharmacies), dont 19 er centres hospitaliers, le Limousin présente au 1 janvier 2006 un bon niveau d’équipements. En ce qui concerne l’hospitalisation, on recense ainsi environ 1320 lits dédiés à la médecine (dont une écrasante majorité sont publics), environ 1330 lits à la chirurgie (dont 740 publics) et près de 230 pour l’obstétrique57 gynécologie . Plus de la moitié des lits sont localisés en Haute-Vienne, 27 % en Corrèze et 17 % en Creuse. Ce niveau satisfaisant d’équipements lourds, qui permet une bonne prise en charge les patients, va toutefois se heurter au risque de déficit de professionnels de santé, lié à la démographie médicale. Les 13 000 er professionnels de santé qui exercent, au 1 janvier 2006, leur activité en Limousin, à titre libéral ou salarié, portent en effet les enjeux suivants : - médecins : 2 458 professionnels, soit une densité de 327 pour 100 000 habitants contre 340 au niveau national. La population de médecins porte deux enjeux majeurs : la sous-représentation des spécialistes (152 pour 100 000 habitants contre 174 en France) et la moyenne d’âge (47,3 ans pour les généralistes, 48,6 pour les spécialistes) qui fait craindre des difficultés importantes dans les années à venir s’ils devaient ne pas être remplacés, surtout en Creuse. - infirmiers : 7 556 professionnels, ce qui assure une bonne couverture (1050 pour 100 000 habitants, contre 768 sur l’ensemble de la France). Le mode d’exercice des infirmiers (84 % des effectifs sont salariés) laisse prévoir le départ en retraite de 33 % des effectifs des structures sanitaires d’ici 2013, soit en moyenne 1 469 départs par an : 19 % partiront entre 2005 et 2010, 13,6 % entre 2011 et 2015. Comme pour les médecins, la pénurie est déjà réelle, spécifiquement au sein des structures hospitalières. La vacance des postes est plus marquée en Creuse, dans les territoires à dominante rurale et dans les structures accueillant les personnes âgées. - masseurs-kinésithérapeutes : 663 professionnels, soit une densité de 93 pour 100 000 habitants, contre 100 en France. Indépendamment de cette sous-dotation, la moyenne d’âge est élevée et peu d’étudiants formés en Limousin exercent ensuite en région. Un des enjeux est alors la fidélisation des professionnels de santé, qui permettra d’éviter la fuite de ces jeunes formés en Limousin et de compenser le manque d’attractivité du territoire pour les professions médicales. Le territoire est également confronté, dans un contexte de vieillissement démographique et d’évolution des modes de vie, à des besoins d’adaptation de l’offre aux besoins de santé et de consolidation des réseaux et filières de soins aux personnes âgées. En 2005, les 202 000 personnes âgées de 60 ans et plus représentent 27,8 % de la population limousine et les plus de 80 ans 7 %, soit environ 50 000 personnes. Pour les accueillir lorsque la dépendance devient importante, le Limousin dispose de 130 58 59 EHPAD , maisons de retraites et logements foyers . Ce niveau d’équipement est d’ores et déjà faible : 88 lits en maison de retraite pour 1000 seniors contre 94 lits en France, 14 logements pour 1000 personnes de plus de 75 ans contre 35 en France. Et, malgré des efforts récents sur les maisons de retraite, notamment en Creuse et en Haute-Vienne (augmentation de 11 % du nombre de lits entre 1998 et 2003, contre 3 % en France), les enjeux sont importants. Ce sont en effet les personnes dépendantes qui augmenteront le plus d’ici 2030 : les plus de 80 ans 60 représenteront près de 9,5 % de la population, soit environ 70 000 personnes. Et si 15 % de ces personnes très âgées sont hébergées dans des structures spécialisées comme c’est est le cas aujourd’hui, c’est 3 000 personnes de plus qui seront concernées. Ce chiffre pourra être plus important si l’aide au maintien à domicile n’est pas elle aussi renforcée : la baisse à terme du nombre d’aidants, du fait de divorces, de l’éloignement familial ou de l’activité professionnelle des femmes, est en effet à envisager. C’est donc bien à une hausse des demandes de services à la personne et de santé qu’il faudra faire face. Afin de répondre à ces enjeux, une meilleure organisation du système de soin est prévue, à travers des équipements de proximité tels que les maisons de santé pluridisciplinaires. Ces dernières visent plus précisément à améliorer la qualité et développer le champ de l’exercice professionnel et la qualité de vie des professionnels de santé, et conforter l’accessibilité, la continuité, la coordination et la permanence des soins. Enfin, les acteurs de la santé sont confrontés à d’autres enjeux sanitaires que sont le renforcement de l’offre de santé face aux risques d’exclusion et aux besoins de solidarité, et le développement d’une politique de prévention, déjà impulsée. 57

Source : FINESS Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes 59 Source : http://www.sanitaire-social.com/ 60 Selon le scénario central de l’INSEE 58

67


Répartition des lycées Cher

Indre

Allier

Vienne MAGNAC LAVAL

LE DORAT

LA SOUTERRAINE

SAINT-VAURY GUERET

BELLAC

Charente BOURGANEUF

SAINT-JUNIEN

VERNEUIL SUR-VIENNE

Dordogne

AHUN

AUBUSSON FELLETIN

Puy de Dôme

SAINT-LEONARD DE-NOBLAT

USSEL

MEYMAC SAINT-YRIEIX LA-PERCHE

NEUVIC

NAVES

VOUTEZAC

EGLETONS

TULLE

BORT-LES ORGUES

Cantal

Lot

0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Région LImousin // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Type d'établissements en 2007

Etablissement d'enseignement général et technologique

Etablissement d'enseignement professionnel Section professionnelle d'un établissement d'enseignement général et technologique Section technologique d'un établissement d'enseignement professionnel

Etablissement d'enseignement général et technologique agricole

Etablissement d'enseignement professionnel agricole


II . 3 – Une offre de services plutôt performante formation : un potentiel de très bon niveau Le Limousin présente une offre de formation initiale de très bon niveau, qui fait dire que les élèves ont ici un peu plus de chance de réussite scolaire qu’ailleurs. Concernant le bac, le taux de réussite global s’élève ainsi en 2006 à 84,4 %, contre 81,9 % en France. Ce chiffre est le meilleur jamais enregistré et il fait suite à une hausse continue depuis 1995, les bons résultats limousins dépassant ceux de l’ensemble français 61 depuis 2003 . Le score est d’autant plus remarquable que le taux de bacheliers est lui aussi plus élevé qu’en France métropolitaine : 66,9% contre 62,5% (2005), tandis que le taux de scolarisation des jeunes de 16 à 19 ans est, en 2000, le plus élevé de France : 90,6% contre 83,7%. Ces bons résultats s’appuient notamment sur une offre riche : 21 lycées d’enseignement général et technique, 21 lycées professionnels, proposant près de 40 formations différentes, 8 lycées d’enseignement agricole et un établissement régional d’enseignement adapté maillent efficacement le territoire. Singulièrement, la formation professionnelle du Limousin promeut un accès facile pour tous, l’innovation pédagogique (auto-formation, visioconférence…), l’insertion professionnelle en adéquation avec les besoins économiques et la qualité (démarche qualité, démarche de labellisation). On peut également avancer un fort taux d’encadrement, le nombre de postes salariés pour 1000 jeunes de 3 à 19 ans étant en 2007 de 164 en Corrèze, 155 en Creuse et 163,6 en Haute-Vienne, soit toujours plus qu’en France métropolitaine (130,8), ou le niveau des dépenses d’éducation, qui s’élèvent en 2001 à 16 200 62 euros par jeune (la plus forte valeur après la Corse, la moyenne nationale étant de 14 100 euros) . Un autre point positif de l’appareil de formation limousin est la qualité des spécialisations offertes par l’Université et les écoles d’ingénieurs, qui attirent ainsi le tiers de leurs étudiants de l’extérieur. Globalement, 63 64 la qualité du système et la présence de pôles rares et ciblés (ENSCI , ENAD …) rendent compte d’un solde migratoire positif d’élèves. Mais la région est aussi marquée par la forte mobilité géographique des jeunes à la fin de leurs études. Tous les niveaux de formation sont concernés et, pour les sortants du supérieur, on constate des taux record de départ. Ce flux est certes à rapprocher de la faiblesse de l'offre d'emploi limousine, notamment pour les postes de cadres, mais il souligne aussi l’enjeu de l’information et de la sensibilisation des jeunes sur les débouchés et les initiatives de rentrée dans la vie active. En ce qui concerne la formation continue des salariés et demandeurs d’emploi, le Limousin dispose d'un système très développé (657 organismes, nombreux domaines couverts), bénéficiant en outre de mesures en faveur de l'individualisation de la formation, notamment à travers la Validation des Acquis de l'Expérience et la Formation Ouverte et à Distance. On peut notamment évoquer la Cité des métiers à Limoges, qui, dans un contexte d’allongement de la durée du temps de travail et la transformation rapide de métiers, aide à s’orienter et se former tout au long de la vie. Son accès est par contre assez inégal : si le taux d'accès à la formation des entreprises de plus de 10 salariés atteint 23,83 %, il reste faible dans les entreprises de 10 à 19 salariés (6,7%). Des efforts sont également entrepris en termes de sécurisation des parcours, par exemple avec la mise en œuvre d’actions de rémunération des stagiaires sans ressources en Limousin. En termes d’équipements, et compte tenu des projections de l’INSEE qui prévoient peu d’évolution pour les moins de 20 ans (20 % de la population aujourd’hui, 19 % en 2030), les besoins d’équipement resteront vraisemblablement les mêmes. Leur localisation peut en revanche sembler plus incertaine, les établissements pouvant être amenés, s’ils suivent la population, à se concentrer sur quelques zones. Des évolutions sont également attendues dans les manières d’enseigner, avec un recours plus 65 important aux TIC. L’université de Limoges et l’AFPA semblent ici bien préparées, elles dispensent déjà des formations à distance par internet. On remarque aussi dès à présent la nécessité de développer des partenariats entre la communauté éducative (enseignants, formateurs, familles, monde professionnel) et les élus locaux ; cette nécessité risque d’aller croissant. En savoir plus Plan Régional pour le Développement de la Formation Géographie de l’école : http://www-education-gouv-fr.aw.atosorigin.com/pid53/evaluation-et-statistiques.html Observatoire des territoires, Diact : http://www.territoires.gouv.fr/indicateurs/portail_fr/indicateurs_fr/p33_frreg.php?region=74 61

Source : http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/publi/e_baccalaureat-2006.htm Source : Observatoire des territoires (http://www.territoires.gouv.fr/indicateurs/portail_fr/indicateurs_fr/p33_frreg.php?region=74) 63 Ecole Nationale Supérieure de Céramique Industrielle 64 Ecole Nationale d’Art Décoratif 65 Association pour la Formation Professionnelle des Adultes 62

69


Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Musique et Danse en Limousin, Région Limousin // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Lieux de diffusion culturelle en 2007

Types de lieux de diffusion Café concert Centre culturel Espace pluridisciplinaire Salle polyvalente Théatre Salles de cinéma

Localisation des festivals de la saison 2006

Festivals saison 2006 Site d'un festival multipolaire Site festivalier unique


II . 3 – Une offre de services plutôt performante culture : une vitalité remarquable, une adaptation à anticiper La prise de conscience depuis les années 80 des enjeux de la culture au sens large a eu des effets très positifs, notamment sur l’offre artistique. Celle-ci est en effet relativement riche, elle ne souffre d’aucun manque important au niveau régional et se distingue même sur quelques points. L’offre cinématographique tout d’abord, composée de 28 établissements actifs et de 67 salles, est conforme aux besoins de sa population ; elle représente 1,2 % de l’offre nationale66, à l’égal de la population limousine dans la population française. Il en est de même pour les 10 musées de France (sur 1180) et les 37 salles de spectacle. Parmi ces dernières, on notera le Centre Dramatique National du Limousin, la Scène Nationale d’Aubusson et les Scènes Conventionnées de Tulle, Bellac et Limoges, qui ont leurs homologues dans les autres régions – ainsi, bien entendu, que le Zénith de Limoges (quatorzième Zénith de France), qui, avec une capacité d’accueil de 6 000 places, est un atout de taille pour la région. Cette offre culturelle est complétée par plus de 400 monuments historiques classés, chiffre qui peut paraître faible au regard de ceux des autres régions, mais qui est en fait relativement important étant donné la taille du Limousin et sa population (2,3 % de l’offre nationale, contre 1,2 % de sa population). Enfin, une cinquantaine de festivals animent la région, dont près de quarante ont lieu en été. Le Limousin a d’autre part acquis une renommée importante dans le domaine des arts plastiques, qui fait ailleurs figure de parent pauvre des politiques culturelles territoriales. La région dispose en effet de plus de 10 structures spécialisées dont quatre centres d’arts (soit plus de 10% de l’offre provinciale) et une artothèque. L’offre en enseignement artistique est également satisfaisante : le Limousin compte une école nationale d’art, un conservatoire à vocation régionale et trois à vocation départementale, ainsi que l’Académie théâtrale qui devient un établissement d’enseignement supérieur délivrant des diplômes nationaux supérieurs de comédien. Le livre constitue un autre atout culturel notable en Limousin, où l’engouement pour la lecture ne faiblit pas. Il se traduit par une activité importante des salons du livre (à Brive et Limoges), un réseau d’éditions régionales conséquent et surtout une fréquentation remarquable des bibliothèques : outre le succès de la BFM (où s’enregistre la moitié des prêts régionaux), c’est 30 % de la population desservie qui est inscrite, soit près du double des chiffres nationaux, et les dépenses d’acquisition des bibliothèques s’élèvent à 3,7 Euros par habitant desservi en 2004, contre 2,7 en province ou en France. Ce niveau d’offre culturelle repose en particulier sur l’investissement régional : la Région a dépensé en 2006 12,4 Euros par habitants au titre de la culture, soit plus du double de la moyenne nationale. Ce dispositif est renforcé par les aides aux emplois associatifs et à la culture et par une commission régionale du film. Cependant, si cette offre est quantitativement satisfaisante, la question reste posée pour les années à venir de son adéquation aux demandes des publics cible que sont les seniors, les jeunes et les migrants actifs. Toutes ces offres sont et seront en effet de plus en plus confrontées à des enjeux d’adaptation vis-à-vis des nouveaux besoins et pratiques culturels. Une étude prospective67 estime ainsi que les sorties, comme facteur prioritaire de socialisation des jeunes, seront pénalisées par la « sociabilité numérique » au sein des nouvelles générations, à travers les forums, les messageries instantanées ou encore les jeux en réseau. Dans les années à venir, on peut craindre que certaines formes du spectacle vivant feront l’objet d’une certaine désaffection de la part des jeunes générations. Le déclin sera sans doute moins marqué pour les pratiques les plus rares, du fait de la taille déjà restreinte de leur public, mais des effets générationnels négatifs peuvent aussi toucher certains types de spectacles comme la danse. Le patrimoine devrait aussi manifester au cours des prochaines années un léger recul, les visites de musée et d’exposition risquent de subir un effet d’âge négatif qui frappera les générations anciennes en fin de cycle de vie. Cet effet provoquera une baisse du niveau général de pratique que les nouvelles générations, dans l’ensemble sous-consommatrices de patrimoine, ne parviendront sans doute pas à compenser, à moins qu’une politique éducative et culturelle ambitieuse ainsi que l’intégration des nouvelles technologies ne viennent infléchir cette tendance. Il semble réaliste de supposer que les usagers de la radio et de la télévision pourraient même à terme enregistrer un recul auprès des prochaines générations. Pour autant, la vision la plus réaliste de l’avenir de la télévision consiste à considérer qu’elle sera consommée autrement : émission à la demande, plus souvent sur un écran d’ordinateur ou une console de jeux. L’aspect technologique devient ainsi de plus en plus central dans la détermination des pratiques culturelles et vient brouiller les frontières entre les différents champs culturels, imposant à terme une nécessaire redéfinition de l’ensemble des pratiques. Le recul généralisé annoncé pour les pratiques culturelles « traditionnelles » est, en ce sens, peut-être moins un recul du niveau général de pratiques ou une perte de diversité qu’une inefficacité des définitions anciennes de ces pratiques, trop centrées sur la notion de support matériel pour parvenir à en capter la réalité à l’avenir. Ce mouvement de dématérialisation pourrait également aller jusqu’à modifier la raison d’être de certains équipements, par exemple des médiathèques, à l’heure du téléchargement de livres et de vidéos. 66 67

Source : chiffres 2007 ministère culture http://www2.culture.gouv.fr/deps/fr/index-stat.html Prospective culture http://www2.culture.gouv.fr/deps/pdf/prospective/culture_prospective_2007-3.pdf

71


Localisation des bassins de natation en 2007 MONTMORILLON MONTLUCON

GUERET BELLAC

AUBUSSON

CONFOLENS LIMOGES ROCHECHOUART

NONTRON

USSEL

TULLE PERIGUEUX

MAURIAC

BRIVELA-GAILLARDE

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA

0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : RES-MJSVA-octobre2007 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Bassin avec une surface inférieure à 250 m2 Couvert Découvert Bassin avec une surface >= à 250 m2 Couvert Découvert Temps de trajet aux bassins couverts de plus de 250 m2 existants : 5 minutes 10 minutes 15 minutes 20 minutes

Projets de bassins couverts >=250 m2 Temps de trajet aux bassins couverts en projet : 5 minutes 10 minutes 15 minutes 20 minutes

Nombre d'habitants par commune en 1999 Plus de 50 000 De 15 501 à 50 000 De 7 501 à 15 500 De 3 501 à 7 500 De 1 501 à 3 500 De 501 à 1 500 Moins de 500 Limites des Pays


II . 3 – Une offre de services plutôt performante des atouts dans le domaine des sports de nature et de haut niveau L’accès à une pratique sportive, de loisir ou de compétition, est un autre critère de la qualité de vie. Et sur ce point le Limousin est sur la voie de l’exemplarité. En premier lieu, la région un haut niveau d’équipement : plus de 5 000 équipements sportifs dont environ 1 500 espaces et sites de pratiques de pleine nature et plus de 1 000 équipements couverts. Les équipements les plus nombreux sont les terrains de grands jeux (plus de 720 sur le territoire) et les courts de tennis (plus de 620 dont près de 100 couverts). Viennent ensuite les boulodromes (plus de 320 dont une trentaine couverts) et les terrains extérieurs de petits jeux collectifs (plus de 320 équipements)68. Le Limousin contribue à améliorer l’accessibilité aux équipements sportifs structurants au plus grand nombre, notamment par le biais des bassins couverts de natation qui sont généralement ouverts à un large public (clubs, scolaires, particuliers tout au long de la vie...). Après réalisation des quatre projets en cours, 84 % des Limousins seront situés à moins de 20 minutes d’un bassin de natation couvert, contre 74,5 % actuellement (cf. carte). De plus, six projets de restructuration ou de reconstruction de bassins couverts vont permettre d’améliorer la qualité des équipements et de répondre ainsi aux nouveaux besoins des Limousins (60 % des bassins de natation couverts ont plus de 30 ans). Dans le domaine des sports de nature, le Limousin est particulièrement bien doté. Ses milieux naturels privilégiés ont permis la mise en valeur de 7 700 km de sentiers balisés, 23 rivières navigables et 12 000 ha de plans d’eau. Les sports de nature représentent ainsi 400 sites de pratique, 488 clubs, 20 000 licenciés répartis dans plus de 40 disciplines, 220 000 pratiquants estimés et 574 éducateurs sportifs déclarés. L’offre est principalement orientée autour de l’équitation, de la randonnée pédestre et du cyclisme, avec quelques spécificités départementales : le canoë-kayak et le motocyclisme en Corrèze, la pêche sportive et le motocyclisme en Creuse, le golf et la plongée en Haute-Vienne69. De nombreuses manifestations sportives contribuent à l’animation et au développement économique des territoires : en 2006, la manifestation « Les gendarmes et les voleurs de temps » ont attiré sur un week-end 5 000 participants et 2 500 accompagnateurs, représentant plus 400 000 € de retombées. D’une manière générale, le développement des sports de nature, notamment parce qu’il correspond à une demande croissante notamment des seniors, est un enjeu pour le Limousin. La progression de plus de 24,5 % de la pratique licenciée de sports de nature qu’a connue le Limousin entre 2000 et 2006 pourrait bien traduire une tendance lourde, alors que sur la même période, l’ensemble des licences sportives n’augmentent que de 8 %. Les Limousins comme les touristes sont de plus en plus demandeurs et la marge de progression est encore importante pour la région puisque 31 habitants seulement sur 1000 sont licenciés de sports de nature quand ce taux atteint les 39 pour 1000 au niveau national. Cette marge est plus importante en Creuse et Haute-Vienne, la Corrèze étant en avance sur ce point. L’appropriation culturelle de cette tendance sportive et touristique doit être développée en Limousin pour permettre de structurer l’offre notamment par l’intermédiaire de formations et de créations d’emplois. Les Limousins apparaissent un peu plus sportifs que les Français dans leur ensemble : près de 180 000 licences ont été délivrées sur le territoire en 2006 soit 24,8 licences pour 100 Limousins, contre 23,5 en France. Le Limousin représente 1,21 % des licences nationales, pour 1,15 % de la population. Ce chiffre est d’autant plus important que la structure par âge de la région est plutôt défavorable à la pratique sportive. La progression du nombre de licences augmente d’ailleurs plus vite qu’au niveau national : +8,03 % entre 2000 et 2006 en Limousin contre 7,63 % en France70. Les 2 900 clubs sportifs agréés en 2006 – soit en moyenne près de 4 clubs sportifs par commune – témoignent de l’animation locale que le sport engendre sur le territoire. Cette dynamique sociale qui anime la vie des territoires contribue fortement à la qualité de vie des Limousins. Par ailleurs, l’offre sportive associative est diversifiée en Limousin avec près de 90 fédérations représentées. Le Limousin s’illustre ensuite sur le plan du sport de haut niveau. La région compte en effet 54 sportifs de haut niveau, dont certains ont participé à la récolte de titres mondiaux en sports individuels, tels que Laurent Escurat médaillé d’argent aux jeux paralympiques de Sidney, Cyril Jonard, champion du monde et médaillé d’or aux jeux paralympiques d’Athènes… Les deux clubs phares que sont le CSP en basket et le CABCL en rugby, vainqueurs de coupes d’Europe, assurent un spectacle sportif de haut niveau, important pour le rayonnement sportif du Limousin. Le haut niveau s’illustre aussi par la formation de jeunes avec 7 pôles espoirs : natation, rugby, basket-ball, judo, handball, cyclisme et athlétisme et deux centres de formation en rugby. La formation destinée à l’encadrement des pratiques (CREPS), la formation universitaire (STAPS) et la recherche (CDES, renommé au niveau national voire international) permettent aux Limousins d’avoir une offre de formation professionnelle sportive riche et diversifiée. En savoir plus http://www.region-limousin.fr/IMG/pdf/Point_sur_Sport_de_nature_version_telechargeable_.pdf 68 69 70

Source : RES-MSJS-11 octobre 2007 Source : Observatoire du sport en territoires limousins Source : MEOS-MSJS

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II . 3 – Une offre de services plutôt performante une difficile conciliation des temps Une demande sociale de plus en plus vive sollicite la capacité des territoires à offrir des services permettant une meilleure conciliation des temps et donc une meilleure qualité de vie. Les grandes modifications économique et sociale, aidées des innovations technologiques, transforment en effet les rythmes de vie, principalement urbains, et posent deux questions : celle de la possible concordance des temps (la désynchronisation se fait de plus en plus forte entre les temporalités individuelles, les temporalités traditionnelles de la société et les temporalités de travail) et celle des villes en continu (fonctionnant 24 heures sur 24) qui fait débat. En France, comme en Limousin, on observe le décloisonnement croissant des sphères du travail et du horstravail, l’intensification et la densification du travail, la chasse aux temps morts et la généralisation de la flexibilité (horaires décalés et irréguliers). Cette transformation des temporalités est appuyée par le souhait de devenir sujet de sa propre existence (individuation) et d’accéder facilement à tous les services, mais aussi par l’entrée des femmes sur le marché du travail et l’avènement du temps libre. Dans ce contexte, la demande d’un accès étendu aux services se fait jour. Une demande qui est éclatée et diversifiée, alors que l’offre urbaine, les administrations, les commerces, les services, les transports restent encore dans une large mesure structurés en fonction de rythmes traditionnels : les musées, les bibliothèques n’ouvrent ainsi bien souvent que jusqu’à 18 heures. Cet accès aux services peut également prendre une forme dématérialisée (e-commerce, e-administration), demandant là encore des efforts d’adaptation. C’est notamment en répondant à cette demande que le Limousin sera plus attractif : l’enjeu est aussi celui de l’accueil et plus particulièrement des couples bi-actifs. Or, pour répondre à ces besoins, la région a encore de grandes marges de progrès, même si des efforts pour la garde des enfants par exemple ont été faits. En 2003, on compte ainsi 65 établissements d’accueil collectifs et leur capacité s’accroît rapidement (+22 % entre 1999 et 2003 contre 8 % en France métropolitaine) sans pour autant être complètement satisfaisante (610 places en crèches sont proposées en 2003 contre 650 inscrits, la Haute-Vienne étant la 71 seule capable de satisfaire la demande) . De son coté, l’ouverture des services en horaires atypiques, en soirée ou de nuit, est loin d’être aussi répandue que dans les grandes agglomérations, mais c’est une tendance qui risque de toucher les villes limousines à terme : des commerces et autres services privés, voyant leur intérêt, ont en effet développé une activité en continu ; le « 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 » se banalise, mettant progressivement fin à la perception de la nuit ou du dimanche comme un temps de repos social. Il y a là pour la région un enjeu de développement. Il s’agit de trouver un équilibre entre adaptation aux nouveaux besoins et condition de vie des salariés et de résoudre les futurs conflits (entre des individus, des groupes ou des territoires qui ne vivent pas aux mêmes rythmes) et inégalités (entre usagers et employés, ou entre ceux qui ont les moyens de s’offrir de tels services et les exclus.).

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http://www.insee.fr/fr/insee_regions/limousin/publi/e_mode-garde-2005.html

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SYNTHESE DES ENJEUX •

Du fait d’une évolution démographique défavorable, la couverture en services de base risque de se dégrader dans certaines zones rurales.  renforcer, outre une politique d’attractivité et d’accueil, l’adaptation de ces services aux nouveaux besoins et élargir la capacité d’exercer (autres services proposés, à domicile, animation…). •

Malgré une densité médicale plutôt forte, le renouvellement du personnel pose problème, et des « zones blanches » d’accès aux soins existent et risquent d’augmenter.  assurer à tous l’accès aux soins dans des conditions correctes.

Une demande croissante pour la pratique du sport est exprimée, notamment par les seniors. Elle devrait être plus forte demain. Le Limousin a des atouts pour le développement des sports de nature qui restent encore peu valorisés.  favoriser l’accès aux sports et structurer une offre jouant un rôle dans la préservation des paysages et dans l’animation et le développement économique des territoires. •

L’offre de services intermédiaires de proximité reste à peine suffisante (l’autonomie des bassins de vie n’est pas satisfaisante partout), or c’est un critère d’attractivité pour le rural environnant.  conforter les pôles structurants, à travers leur offre de service (y compris activités culturelles, sportives…) mais également dans leur tissu économique, concourant en cela au renforcement de leurs fonctions de services. •

Alors que la connaissance et la reconnaissance d’une région passe entre autres par un ensemble urbain lisible et fort, on observe en Limousin un rayonnement limité de Limoges et de Brive (néanmoins ouverte sur le Sud ).  renforcer le marketing territorial et un rayonnement métropolitain profitant à la dynamique régionale : veille sur les fonctions métropolitaines supérieures nécessaires, collaboration avec les villes voisines, hiérarchisation des fonctions. •

Les temporalités changent et, de plus en plus, leur prise en compte est un critère de qualité de vie, notamment pour les couples bi-actifs.  encourager les politiques de conciliation des temps, les mesures en faveur de la parité et le télétravail. •

Le parc de logement limousin ne répond pas entièrement aux attentes d’aujourd’hui (habitat indigne, inconfort) et le secteur n’est pas spécialement préparé aux exigences de demain.  accompagner les efforts des acteurs régionaux en termes de politique de l’habitat, promouvoir la modularité, l’adaptation au vieillissement démographique, la performance environnementale et lutter contre l’insalubrité. •

L’équipement en infrastructures de TIC est à la fois facteur d’attractivité et de développement. Or les infrastructures actuelles, bien que performantes, risquent de ne plus être adaptées à tous les usages de demain (télémédecine, télétravail…).  offrir à tous les Limousins le meilleur accès possible aux TIC, proposer des services publics en phase avec l’âge numérique. •

L’appareil de formation limousin présente une qualité et un maillage performants, mais il doit faire face à la transformation des métiers, à des taux records de départ de ses jeunes diplômés et à une certaine sous-utilisation.  développer les connaissances et moyens de formation tout au long de la vie, créer les conditions d’un développement régional équilibré en termes d’offre de formation, valoriser le maillage de l’offre de formation. •

Le désenclavement du Limousin est largement entamé, mais la région est confrontée à de mauvaises connexions ferrées Est/Ouest et n’a pas de connexion au réseau ferré grande vitesse, tandis que l’accès interne aux routes principales est encore problématique dans certaines zones.  poursuivre l’ouverture du Limousin vers l’extérieur, notamment par des dessertes ferroviaires plus performantes, permettre à tous l’accès aux services tout en favorisant la mobilité interne, y compris en milieu rural, à travers des modes de transport innovants.

77


III .

VERS UNE ECONOMIE DURABLE

Le Limousin, qui représente 1,2% de la population française, contribue au produit intérieur brut (PIB) national à hauteur de 0,98%. En terme d’emplois, il se situe à un niveau relativement favorable en France (1,2% des emplois nationaux, taux d’emploi de 64 % soit deux points de plus qu'au niveau national) et en Europe. La modestie de l’économie limousine s'explique notamment par la forte représentation des activités à faible valeur ajoutée (agriculture extensive, industrie manufacturière, emploi public). Cependant, le développement du secteur tertiaire marchand, principale source de valeur ajoutée, permet un rattrapage partiel du retard. La diversité de l’économie régionale, qui marie insertion dans une économie mondialisée et ancrage local, ainsi qu’un tissu économique composé pour l’essentiel de PME et TPE, assurent une certaine stabilité. La durabilité de cette économie repose également sur sa capacité à innover et s’adapter, et sur ce point le Limousin présente de nombreux champs économiques prometteurs. En misant sur ses ressources humaines, sur l’économie sociale et solidaire et sur l’entreprenariat social et responsable, en concordance avec les objectifs du développement durable, le tissu économique limousin favorise une économie plaçant l’homme au centre.

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La place majeure de l'agriculture et de la forêt en Limousin LA CHATRE

MONTMORILLON

MONTLUCON

GUERET BELLAC

CONFOLENS AUBUSSON

ROCHECHOUART

LIMOGES

USSEL

NONTRON

TULLE MAURIAC

PERIGUEUX BRIVE-LA-GAILLARDE

AURILLAC SARLAT-LA-CANEDA 0

10

20

Km

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Corinne Land Cover, France, IFEN, 2004 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Occupation du sol en 2000 (Corine land cover niveau 3)

Zones agricoles hétérogènes

Cultures permanentes :

Systèmes culturaux et parcellaires complexes

Vignobles

Surfaces essentiellement agricoles, interrompues par des espaces naturels importants

Vergers et petits fruits

Forêts :

Terres arables :

Forêts de feuillus

Terres arables hors périmètres d'irrigation

Forêts de conifères

Prairies : Prairies

Forêts mélangées Autres occupations du sol (zones urbanisées, zones commerciales ou industrielles...)


III . 1 – DIVERSITE ET OUVERTURE DES BASES DE L’ECONOMIE LIMOUSINE III . 1 – Diversité et ouverture des bases de l’économie limousine agriculture et forêt : un socle essentiel face aux défis du futur72 L’agriculture occupe un peu plus de 50 % du territoire limousin en 2005, soit 3 % des surfaces agricoles utilisées (SAU) nationales. Elle joue donc un rôle clé dans l’occupation des sols, même si, tendanciellement, ce rôle diminue régulièrement, 7000 ha, soit 4 %, ayant ainsi été affectés à un autre usage entre 1999 et 2002 (urbanisation, jardin, routes…). La tendance est inverse pour la forêt, dont les surfaces ont été multipliées par 3,6 tout au long du XXème siècle : la forêt couvre aujourd’hui 33,4 % du territoire, contre 29 % en France.

Malgré une réduction de 36 % de ses effectifs entre 1988 et 2000 et de 15% entre 2000 et 2005, le secteur agricole représente 6,9 % des actifs limousins en 2005, soit presque le double de la moyenne française ou de l’UE des 15. Cette situation est toutefois loin d’être stabilisée puisque le renouvellement des générations et le choix de la destination du foncier libéré par les retraités restent d’actualité : rappelons qu’en 2000, les trois quarts des agriculteurs de plus de 50 ans, dont les exploitations équivalaient à 20 % de la SAU, ne savaient pas qui allait leur succéder. Le nombre d’exploitations agricoles (15 400 en 2005) a chuté d’un tiers entre 1988 et 2000, mais cette baisse ralentit : -18% entre 2000 et 2005, ce qui est dû principalement à des restructurations et une modernisation. Parallèlement, les superficies des exploitations augmentent durablement sur le long terme : de 23 ha en 1979, la SAU (surface agricole utilisée) moyenne s’établit à 76 ha en 2005 pour les exploitations professionnelles, contre 45 ha en France. Les disparités départementales restent marquées, avec près de 90 ha en Creuse contre 60 en Corrèze et 80 en Haute-Vienne. La tension persiste donc entre cette tendance lourde à l’extension et le maintien d’un nombre important d’exploitants et d’emplois agricoles. Ce maintien est pourtant un enjeu pour la région, car la localisation des activités agricoles et forestières, concentrées sur les zones rurales fragiles, joue un grand rôle dans le dynamisme des territoires ruraux. A ce titre, les évolutions de la politique agricole à l’horizon 2013 sont porteuses d’inquiétude. L’agriculture est aussi un secteur économique de poids : la valeur ajoutée agricole en 2003 représente par exemple 4,4 % de la valeur ajoutée régionale, contre 2,4 % en France. Pourtant, des progrès sont encore certainement possibles, en s’orientant sur des spécialisations autres que l’élevage de broutards, à faible valeur ajoutée. Une grande partie de la SAU est en effet dédiée à l’élevage, principalement bovin : 67 % sont des surfaces toujours en herbe. Le Limousin possède ainsi près de 1,1 millions de têtes en 2003, soit 5,6 % de l’effectif national, et le rayonnement de la race limousine est mondial. Mais ces atouts sont encore insuffisamment exploités et les filières de commercialisation et de transformation de la viande bovine sont relativement peu structurées. Ces productions dominantes sont complétées par la production d’ovins, qui, malgré une baisse continue, représente 7 % du cheptel national, et un élevage équin en plein développement. Les cultures sont presque exclusivement dédiées à l’élevage. Les cultures fruitières, modestes dans l’absolu, présentent quelques particularités remarquables : la Corrèze détient le premier rang des départements pour la production de framboises et le cinquième pour les noix. Celles-ci sont labellisées par une AOC, traduisant un ancrage marqué des signes de qualité. Aujourd’hui, avec la labellisation des pommes en 2005, un tiers des agriculteurs se trouve ainsi en démarche de qualité certifiée. La demande de qualité s’accompagne d’exigences environnementales, qui appellent l’intégration de critères environnementaux dans la conduite d’exploitation, le développement de chartes ou de certifications d’entreprises. Les impacts de cette demande sociale sont potentiellement nombreux et divers. Il y a en effet différentes visions de l’environnement possibles selon que l’on privilégie la production d’agrocarburants, la protection de la nature et de la biodiversité ou la protection des ressources en eaux utiles. 73

En Limousin, ce mouvement s’incarne notamment à travers 300 fermes en Agriculture Biologique en 2006 . Le chiffre, qui a fortement augmenté depuis 1996 (94 exploitations), ralentit depuis 2004 en raison de la fin des Contrats Territoriaux d’Exploitation et d’une rémunération encore faible malgré une demande forte des consommateurs français (la moitié des produits est importée). La prise en compte des exigences environnementales sous-tend également l’élargissement du rôle des agriculteurs et la valorisation, au-delà de leur fonction nourricière, de leur activité d’entretien des paysages, d’animation rurale et plus globalement de développement local.

72

Sources : http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/ ; Tableaux économiques du Limousin, INSEE Limousin, édition 2007 ; , http://www.industrie-limousin.org/rubrique12.html Source : IFEN (http://eider.ifen.fr/Eider/series.do)

73

81


Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Agreste, recensement agricole de 2000 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Les productions agricoles en France et en Limousin

0

80

160

Km

0

20 Km

Orientation technico-économique des communes

40

Afin de comparer des productions agricoles de nature différente, on traduit chacune d'elles en une unité commune à l'aide de coefficients de marge brute standard (MBS), qui représentent la différence entre la valeur standard de la production et les coûts spécifiques associés à cette production. Chaque coefficient se rapporte à un hectare de culture ou à une tête de cheptel. On calcule la marge brute standard des différentes productions, ainsi que la marge brute totale de l'exploitation. La part relative des MBS des différentes productions dans la MBS totale permet de classer chaque exploitation dans une orientation technico-économique des exploitations (OTEX) en fonction de sa spécialisation.

fruits et aitres cultures permanentes

polyélevage orientation herbivoress

céréales et oléoprotagineux

bovins lait

polyélevage orientation granivores

cultures générales

bovins viande

grandes cultures et herbivores

maraîchage

bovins mixtes

autres associations

fleurs et horticulture diverse

autres herbivores

pas d'agriculture

viticulture d'apellation

granivores

non renseigné

autre viticulture

polyculture


III . 1 – Diversité et ouverture des bases de l’économie limousine En lien avec cette ouverture des fonctions de l’agriculture, les exploitations pratiquant le tourisme à la ferme, la vente directe ou les prestations de services mobilisent en effet plus d’emplois par exploitation que les autres. Elles sont environ 1700 en Limousin à développer une activité d’accueil à la ferme et 170 d’entres elles pratiquent en 2007 la vente directe labellisée « Bienvenue à la ferme », ce qui répond ici plus 74 spécifiquement à la demande de circuits courts et d’une économie de proximité . La diversification des productions, en chute constante (elle concerne 41% des exploitations françaises en 1988, seulement 75 20% en 2005 en Limousin) est ainsi quelque peu atténuée par la diversification des activités . L’économie agricole limousine est directement dépendante de l’évolution des politiques européennes et mondiales (PAC, OMC) ainsi que des demandes du marché, notamment marché du broutard vers l’Italie. La spécialité bovine allaitante et la production de qualité limousine sont à la fois un atout (spécialisation, économie d’échelle, reconnaissance) et un risque : évolution de l’offre et de la demande mondiale de viande bovine, risques sanitaires – ESB, fièvre catarrhale – évolution des aides PAC.

En termes prospectifs, la politique communautaire va inéluctablement vers une réduction sensible des aides directes (élargissement de l’Europe à 27, remise en cause du poids prépondérant de la PAC dans le budget de l’Union Européenne, …) et une redéfinition des critères d’éligibilité des aides européennes (rôle environnemental ou d’aménagement du territoire des productions…). Ces modifications de la PAC vont avoir des conséquences sur les équilibres économiques de l’ensemble des exploitations limousines comme sur l’ensemble de l’agriculture européenne. L’agriculture limousine s’est construite récemment autour des outils et des financements de la PAC (critères extensification, nombre de droits à prime ovine ou bovine, …). Il va falloir qu’elle s’adapte à une nouvelle situation où le marché et l’économie semblent être des critères prépondérants d’évolution. Au niveau des marchés, des changements d’équilibres structurels sont en train de s’amorcer avec une demande alimentaire mondiale croissante ainsi que le développement de nouveaux marchés non alimentaires pour l’agriculture tel que les biocarburants. Une des conséquences de cette évolution est l’augmentation inévitable des prix des céréales, de l’alimentation humaine, de l’alimentation animale et par conséquent du prix des viandes. Cette augmentation des prix déjà partiellement constatée, combinée à la créativité des industries agroalimentaires, font progressivement évoluer les habitudes de consommation. Quel sera le niveau de consommation de viande rouge ou de céréales en France et dans le monde à un horizon de 20 ans ? Un nouvel équilibre planétaire dans la répartition des productions agricoles va inéluctablement s’instaurer pour satisfaire des besoins alimentaires en croissance et en pleine mutation. Comme les autres agricultures, l’agriculture limousine devra s’adapter à ces mutations. Dans ce contexte, la diversification de l’agriculture régionale se présente comme une nécessité pour multiplier les sources de revenu mais également pour se positionner et structurer des filières qui pourront constituer des éléments de la richesse de demain.

En ce qui concerne la filière bois, ses effectifs s’élèvent à 3,9 % des effectifs régionaux, représentant ainsi le poids le plus important dans la structure d’emploi des régions françaises. Cette importance tend cependant à diminuer : les effectifs ont connu une baisse de 6 % entre 1999 et 2005, même si toutes les branches ne sont pas concernées de façon identique. La filière bois limousine connaît en effet, du fait du développement récent de sa forêt, des handicaps liés à la concurrence internationale, au morcellement de la forêt privée, aux réseaux de desserte insuffisants ou au faible nombre d’industries de transformation. Les synergies sont naissantes, comme l’illustre la restructuration en 2006 de l’interprofession limousine du bois et l’émergence d’un pôle Forêt-Bois Massif Central. A ces contraintes s’ajoute l’enjeu d’adaptation à l’exigence de qualité formulée par les consommateurs de 76 produits forestiers, qui a favorisé la multiplication par près de trois du nombre d’adhérents à PEFC entre 2004 et 2005. La surface certifiée a ainsi rattrapé son retard pour atteindre 10 % de la surface totale. Le développement du bois-construction (augmentation des effectifs de 1,3 % entre 1999 et 2005) ou l’utilisation de la biomasse à des fins de production d’énergie répondent quant à eux aux préoccupations grandissantes liées à l’environnement.

74 75 76

Source : chambre régionale d’agriculture Source : http://www.cr-limousin.fr/IMG/pdf/Diversification_des_exploitations-2.pdf Programme de reconnaissance des certifications forestières

83


De bonnes performances économiques pour la filière en Limousin Limousin

Travail en forêt Travail mécanique du bois Industrie papetière Fabrication de meubles Bois construction Commerce du bois Ensemble

25,4 19,1 13,5 5,5 10,2 7,6 13,1

Productivité du travail (milliers d’euros) 47,2 45,6 49,3 34,2 47,9 47,7 46,1

Chiffre d’affaires à l’exportation (%) 10,2 20,9 11,9 9,9 1,7 2,1 9,5

18,1 12,8 19,7 8,3 8,9 8,9 12,4

52,1 44 58,8 42,7 47,5 51,9 48,8

8,7 21,1 31,5 12,5 1,2 9,6 15,9

Taux de marge (%)

Taux de valeur ajoutée (ù)

Taux d’investissement (%)

30,6 26,4 14,8 12,1 25,8 9,4 20,7

32,4 27,4 28,8 32,7 40,7 10,6 30,2

19,8 20,8 17 14,3 24,8 24,4 20,1

41,5 29,7 24,8 29,4 38,2 16,7 29,5

France métropolitaine

Travail en forêt Travail mécanique du bois Industrie papetière Fabrication de meubles Bois construction Commerce du bois Ensemble

Champ : entreprises dont au moins 80% des salariés travaillent en Limousin, et autres entreprises au prorata des effectifs travaillant en Limousin

Source : INSEE FICUS 2005


III . 1 – Diversité et ouverture des bases de l’économie limousine Mais le secteur forestier est confronté à une autre exigence d’adaptation, celle au changement climatique. 77 Si l’on suit un scénario relativement optimiste du GIEC , on voit en effet par exemple que l’aire de répartition du hêtre comme de l’épicéa (notamment aux basses altitudes) pourrait fortement régresser d’ici 2100 à cause de l’augmentation de déficits hydriques. Les sécheresses plus nombreuses auraient pour effet d’augmenter la vulnérabilité des feuillus et résineux aux insectes, aux pathogènes, aux gels…A ceci s’ajoutent des incertitudes sur la capacité d’adaptation à la compétition avec de nouvelles espèces 78 herbacées ou ligneuses ou sur les équilibres avec les nouveaux organismes pathogènes. Au niveau forestier, l’augmentation probable du prix des énergies et des matériaux ouvre certes des perspectives de valorisation de la ressource. Mais des progrès restent à réaliser sur la rationalisation de l’offre bois énergie (qualité des produits, présentation, pouvoir calorifique, facilité d’utilisation), sur la rationalisation des filières (constitution de réseaux professionnels, de produits homologués…), sur le développement de la culture forestière et de ses pratiques. La forêt reste en Limousin beaucoup plus un refuge patrimonial qu’une source de richesse. Son morcellement et sa dispersion posent la question de l’accessibilité et limitent les possibilités d’exploitation forestière. Ces questions d’organisation foncière et de représentation devront être résolues pour qu’une réelle valorisation de la ressource se développe. L’agriculture et la forêt limousine sont des constructions de l’histoire. Elles vont être amenées à évoluer pour répondre aux nouvelles attentes, aux nouveaux choix de la société et au nouveau cadre que dessinera le changement climatique. Mais il serait dommage d’envisager l’évolution des domaines agricole et forestier sous la seule entrée de l’économie de marché. L’agriculture et la forêt disposent de surfaces limitées non extensibles. Les potentialités d’optimisation de rendement ou d’exploitation ne seront pas infinies. De plus, les évolutions de l’agriculture et de la forêt doivent être considérées sous les aspects de la production d’environnement (stockage de carbone, gestion de la ressource en eau), la construction de paysage et l’aménagement du territoire (tourisme, loisirs…). Ces trois composantes sont centrales dans les orientations et décisions à prendre.

En savoir plus Schéma Régional de Développement économique Agreste : http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/ INRA : http://www.inra.fr/ Evaluation de la politique de modernisation des exploitations et des filières, Tercia consultants-Interface-AcerRégion Limousin, octobre 2006 Forêt limousine n°46, octobre 2006

77 78

Le scénario B2 du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat Sources : Forêt limousine n°46, octobre 2006 ; For êts de France n°509, décembre 2007

85


Répartition des établissements de 20 à 100 salariés en 2005 NEVERS

ISSOUDUN CHATELLERAULT

CHATEAUROUX SAINT-AMAND-MONTROND LE BLANC

POITIERS

LA CHATRE

MONTMORILLON MONTLUCON

GUERET

BELLAC CONFOLENS

AUBUSSON RIOM ROCHECHOUART

LIMOGES CLERMONT-FERRAND

ANGOULEME

NONTRON

USSEL

TULLE MAURIAC

PERIGUEUX

BRIVE-LA-GAILLARDE

SAINT-FLOUR AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA

BERGERAC

GOURDON

FIGEAC

CAHORS

0

VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE

10

20

Km

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE 2005 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Nombre d'établissements de 20 à 100 salariés 116

28 4

Secteurs commerce

Zones d'emploi

industrie

préfectures et sous-préfectures

construction services


III . 1 – Diversité et ouverture des bases de l’économie limousine un tissu industriel diversifié mais à renforcer 79 En 2005, l’industrie limousine emploie 38 350 salariés répartis dans quelque 2 045 établissements. Cela représente 1,2 % de l’effectif salarié industriel national (même poids que la population). La force essentielle de cette industrie repose sur un large spectre d’activités qui diminue sa sensibilité à des déséquilibres profonds affectant l’un ou l’autre des secteurs. Quelques grands domaines regroupent cependant la majorité des emplois : si l’électronique et la céramique sont placées sous les feux de l’actualité par la mise en place de deux pôles de compétitivité en 2005, la mécanique et l’agroalimentaire apparaissent également comme des industries fortes dans la région. L’emploi régional a nettement diminué dans la première moitié des années 1990 et on assiste depuis 2002 à une nouvelle réduction des effectifs. Si la chimie ou l’industrie des composants électriques et électroniques ont vu leurs effectifs progresser sur les 10 dernières années (respectivement +31 % et +28 %), l’ensemble du tissu industriel a enregistré en 2003 une perte de plus de 1300 emplois, dont près de 900 ont concerné des entreprises de plus de 20 salariés. Cette morosité, particulièrement observée pour l’habillement-cuir et l’industrie automobile, s’est confirmée en 2004. Le chiffre d’affaires augmente quant à lui dans tous les secteurs, tandis que le taux de valeur ajoutée, qui évolue de façon différenciée, reste supérieur à celui de la France dans les secteurs du textile (38 % contre 27 %), de la métallurgie (35 % contre 18%), de la porcelaine (28 % contre 17 %) et de la pharmacie (38 % contre 25 %). A contrario, les taux de valeur ajoutée de l’électronique et des équipements du foyer, bien qu’en évolution, sont très inférieurs aux taux nationaux. La réduction des effectifs révèle les points faibles de l’industrie régionale, notamment la structure du portefeuille d’activités, où dominent les secteurs traditionnels et activités de sous-traitance axés sur des marchés fortement concurrentiels. A l’exception notable des industries électriques et électrotechniques et de la filière céramique, les industries reposant sur une recherche forte dans les procédés et les produits sont peu présentes, sinon absentes. Autre point faible, la dispersion des activités fait que la masse critique est rarement atteinte. Associée à la rareté des grands donneurs d’ordres ayant une action structurante sur le tissu industriel, cette absence de masse critique freine les possibilités d’organisation industrielle pour mieux atteindre les marchés nationaux et internationaux. Si l’on considère les entreprises elles-mêmes, on constate dans de nombreux secteurs industriels une faiblesse du tertiaire interne qui limite les capacités d’adaptation tant individuelles que collectives. Par ailleurs, de nombreux responsables de PMI méconnaissent les technologies clés concernant leurs activités, technologies seules susceptibles d’assurer leur pérennité sur le long terme. Enfin, le vieillissement d’un nombre important de chefs de PME et TPE familiales met en évidence l’enjeu majeur de la création/reprise d’activité. Cependant, malgré la réduction récente des effectifs, le secteur industriel se situe plus dans une logique de mutation que de déclin, par transition progressive entre des activités traditionnelles menacées et des activités dynamiques en voie d’organisation. Il dispose pour cela d’atouts importants, capables de le soutenir dans son effort de structuration. Ainsi, l’industrie régionale peut compter sur des coûts salariaux inférieurs de 12 % à la moyenne des autres régions françaises de province et surtout sur une main d’œuvre qualifiée, soutenue par un dispositif complet et efficace de formation. En termes géographiques, les contrastes infrarégionaux sont évidents. La zone d’emploi de Limoges possède une industrie diversifiée et concentre 40 % des salariés ainsi que les trois plus gros établissements de la région (Legrand, Madrange et Renault Trucks). Le bassin de Brive-Tulle constitue le second pôle d’activités, avec 30 % de l’emploi industriel et une prépondérance de l’agroalimentaire. L’industrie briviste dispose d’une main d’œuvre relativement jeune et qualifiée et s’appuie sur des secteurs porteurs. A Tulle, l’armement et l’automobile sont en perte de vitesse. Plus à l’est, la zone d’emploi d’Ussel est très tournée vers l’exploitation du bois, mais a su accueillir d’autres secteurs comme la filière pharmacologique. Rochechouart est la seule zone d’emploi qui présente une réelle spécialisation industrielle sur le secteur papier-carton-emballage. Au nord et à l’est, les zones de Guéret, Bellac et Aubusson présentent des profils assez proches, avec la prédominance du travail des métaux, de la mécanique et de la métallurgie. Le contraste persiste donc entre l’ouest et le sud de la région, bien desservis et dotés d’industries phares et les 80 espaces ruraux du nord et de l’est, marqués par la dépendance à quelques grands établissements .

79 80

Sources : Insee Focal 25 et L’industrie en Limousin http://www.industrie-limousin.org/rubrique4.html

87


III . 1 – Diversité et ouverture des bases de l’économie limousine les grands enjeux des principales branches industrielles

81

. mécanique, métallurgie, automobile (9 060 salariés) : soumis à des contraintes très fortes de technicité et de coûts de production, ce secteur, qui affiche tout de même, entre 1999 et 2005, une forte hausse des exportations de l’équipement automobile (de 3 % à 9 % en valeur), devra compenser la concurrence mondiale par un effort de productivité, l'innovation dans l'organisation et l'augmentation des capacités opérationnelles des sous-traitants. L’acquisition de compétences fortes pourra se faire dans le cadre d’organisations en réseaux (Viaméca, Mecanic Vallée, Pôle Métal Corrèze…). http://www.industrie-limousin.org/rubrique10.html . agroalimentaire (6 750 salariés) : par la diversité de leurs produits et leur localisation, les entreprises agroalimentaires jouent un rôle important dans l’aménagement du territoire. Le secteur présente un bilan plutôt positif, même si son taux de valeur ajoutée (19,5 %) et sa productivité se situent en retrait des valeurs nationales. Il occupe une place de choix dans l’industrie limousine, quel que soit la faiblesse des liens avec l’agriculture régionale. http://www.industrie-limousin.org/rubrique6.html . équipements électriques et électroniques (6 000 salariés) : un ensemble stratégique, mais soumis à une concurrence mondiale, ce qui impose de renforcer les avantages comparatifs. La recherche&développement joue ici un rôle crucial. La création du pôle de compétitivité Elopsys peut ainsi se révéler comme un atout clé, par sa capacité à structurer des programmes de R&D coopératifs. http://www.industrie-limousin.org/rubrique9.html . papier, carton, emballage (3 050 salariés) : un secteur essentiel en Limousin, vis-à-vis de la valorisation de la ressource forestière. Largement dépendantes de capitaux étrangers, les grandes unités industrielles doivent conforter en permanence leur productivité, face à une concurrence sur les marchés comme sur les approvisionnements. http://www.industrie-limousin.org/rubrique13.html . produits minéraux, dont porcelaine et céramique (3 000 salariés) : à l’origine du développement industriel du Limousin au XIXe siècle, cette activité affiche une position stratégique (céramiques techniques), mais aussi une fragilité face à la concurrence, ce qui lui imposera de moderniser son outil industriel. L’innovation sur les produits et sur les procédés (pôle de compétitivité Pôle Européen de la Céramique) peut être à même d’enrayer la spirale négative. http://www.industrie-limousin.org/rubrique11.html . chaîne graphique (2 600 salariés) : un pôle économique important mais fragilisé par un contexte très concurrentiel. Il doit répondre à des enjeux majeurs d’investissement, de veille technologique et de formation – par le développement des réseaux et des rapprochements. http://www.industrie-limousin.org/rubrique14.html . textile, habillement, cuir (2 180 salariés) : un secteur pénalisé par rapport à l’importation, spécialisé dans des niches d’activité, et qui doit rechercher un nouveau souffle dans l’innovation technique, la création et une coopération plus poussée entre les entreprises. http://www.industrie-limousin.org/rubrique7.html . équipements du foyer (1 650 salariés) : un ensemble disparate, qui subit la concurrence internationale. Les PMI limousines doivent jouer la carte d’une politique de niche, appuyée sur une grande créativité et la recherche de solutions de distribution originales. http://www.industrie-limousin.org/rubrique8.html . chimie, plastiques, caoutchouc (1 600 salariés) : ce secteur présente des perspectives mitigées. Affectées par l’augmentation du cours du pétrole et la concurrence internationale, les entreprises sont 82 amenées à conduire une politique de diversification des marchés . http://www.industrie-limousin.org/rubrique15.html . pharmacie (700 salariés) : le plus petit des secteurs industriels de la région, il a connu une forte évolution depuis 10 ans et son développement repose sur une valorisation accrue de la recherche. http://www.industrie-limousin.org/rubrique16.html En savoir plus Observatoire des secteur d’activité, Prisme : http://www.prisme-limousin.fr/obs_fsa.php 81 82

Chiffres de 2005 (Limousin Expansion) avenir industrie chimique http://www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/dossiers/sect/avenir.htm

89


Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Part du secteur tertiaire dans la valeur ajoutée en 2006

En pourcentage 77,5 - 81 71,8 - 77,5 68,4 - 71,8 64,4 - 68,4

0

100

61,3 - 64,4

200

Km

Part des services aux entreprises dans la valeur ajoutée en 2006

En pourcentage 16,5 - 24,5 14,5 - 16,5 12,7 - 14,5 11,3 - 12,7 10,2 - 11,3

0

100 Km

200


III . 1 – Diversité et ouverture des bases de l’économie limousine un secteur tertiaire qui rattrape progressivement son retard83 Bien qu’en croissance régulière, le secteur tertiaire reste en Limousin moins présent qu’au niveau national : 56 % de l’emploi total, contre 60,3 % en France. En ce qui concerne le commerce, 8 400 établissements, soit 1,1% du parc national en 2005, maillent la région et les deux tiers d’entre eux appartiennent au commerce de détail. Parmi les activités principales, la vente d’habillement arrive en tête (9% des unités commerciales du Limousin), suivie des produits pharmaceutiques et des épiceries. Globalement, le commerce de détail est resté relativement stable sur les dernières années, mais les évolutions sont très variables selon les secteurs : les magasins de bricolage, d’optique et d’équipement du foyer ont augmenté entre 1999 et 2005 (+71% pour le bricolage), ce qui est conforme à la tendance nationale (augmentation du temps libre, besoins liés aux nouveaux modes de vie…). En revanche, le nombre d’épiceries, de quincailleries et de magasins d’électroménager a diminué, notamment sous l’effet de l’essor des grandes surfaces, visible partout en France mais plus particulièrement en Limousin, suréquipé en la matière. Dans ce contexte, le commerce de proximité, qui revêt une dimension particulière et porte des enjeux spécifiques dans un territoire marqué par les faibles densités de population, est aujourd’hui confronté à une adaptation nécessaire mais délicate, face au développement de nouveaux services et modes de commercialisation. L’ensemble des services non financiers (services aux particuliers, activités immobilières, services aux entreprises, éducation, santé et action sociale) ont pris quant à eux leur essor sur cette même période. Le poids des entreprises de services aux particuliers place le Limousin au cinquième rang des régions françaises. Depuis cinq ans, leur nombre a augmenté de 4 %, contre 9 % il est vrai au niveau national. Mais c’est surtout l’augmentation des services aux entreprises qui traduit un phénomène de rattrapage. Compensant la perte d’emplois industriels, du fait notamment de l’externalisation de certaines fonctions, cette hausse, régulière (près de 6% l’an), est supérieure à la moyenne française. Toutefois, et bien qu’en progression, de nombreux domaines, notamment les services consacrés à la recherchedéveloppement, les prestations de conseil et les activités informatiques sont encore sous-représentés en Limousin. Leur croissance est moins rapide que dans d’autres régions en raison du recours plus faible des PME aux prestations externes. De ce fait, le poids de ce secteur apparaît encore faible comparé à celui des aires de Toulouse, Bordeaux, Poitiers, Tours et Orléans. Plus généralement, l’évolution des effectifs a davantage touché les services opérationnels (sécurité, nettoyage…), qui comptent 2 000 salariés de plus qu’il y a cinq ans, que les services à haute valeur ajoutée.

83

Sources : Tableaux économiques du Limousin, INSEE Limousin, édition 2007 et http://www.industrielimousin.org/IMG/pdf/27_28_services_entreprises.pdf

91


Part des promesses d'emplois liées aux investissements directs étrangers dans la population active

1,37 0,93

0,91 0,77

1,2

1,15

1,98 1,48

0,79 0,93

0,53

1,08

0,68

0,19

0,78

1,49

0,62 1,76

0,52

0,68

1,22

0,05

0

75

150

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : AFII 2002-2006// Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Pour 1000 actifs 1,49 - 1,98 1,15 - 1,49 0,79 - 1,15 0,19 - 0,79 0,05 - 0,19

L’investissement productif étranger mesuré par l’Agence Française des Investissements Internationaux (AFII) comptabilise les seuls projets dits d’investissements internationalement mobiles (excluant la distribution et le tourisme) réalisés par des entreprises et générant des créations d’emplois. Les promesses d’emplois correspondent à des emplois créés ou maintenus. Ces promesses d’emplois sont rapportées ici à la population active.


III . 1 – Diversité et ouverture des bases de l’économie limousine l’économie limousine dans la mondialisation L’inscription internationale de l’économie limousine, bien que modeste en valeur vis-à-vis des autres régions françaises, prend de plus en plus d’ampleur. Certes, les exportations régionales ne représentent, en 2006, que 0,41 % des exportations nationales (soit 1,57 milliards d’€ environ) et les importations 0,34 % (1,44 milliards d’€). Les unes comme les autres ont pourtant très fortement augmenté sur les dix dernières années : les importations ont été multipliées par 2,56 avec une accélération depuis 2002 (+68,5 %) et les exportations par 1,75 entre 1995 et 2006. Cette progression des exportations est d’ailleurs l’un des scores les meilleurs de la France des régions. Le commerce extérieur du Limousin est principalement orienté vers l’Europe (75 % des échanges), et cela depuis plusieurs années, comme c’est d’ailleurs le cas au niveau national. Depuis dix ans, de nouveaux clients comme la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Russie sont apparus. Les exportations vers les pays émergents tels que la Chine, le Brésil ou bien l’Inde restent encore marginales. Pour les fournisseurs de la région, la hiérarchie se modifie et de nouveaux pays apparaissent. Le poids des importations provenant d’Allemagne, d’Italie et des États-Unis augmente. Mais la Chine, la Pologne, la Hongrie ou encore le Chili trouvent également leur place dans le hit-parade des fournisseurs. L’inscription du Limousin dans la mondialisation économique peut aussi se mesurer à l’aune de l’importance des capitaux étrangers dans les entreprises. Certes, le poids des nouvelles implantations étrangères reste largement inférieur aux valeurs nationales, puisque la part « promesses d’emplois » liées aux IDE (investissements directs à l’étranger) dans la population active ne s’élève qu’à 0,19% en 2006, pour une moyenne métropolitaine de 0,96 % : en la matière, le Limousin se situe à l’avant-dernier rang régional, devant la Corse mais loin derrière les autres. Parallèlement pourtant, plus du quart des salariés de l’industrie limousine travaillent dans des entreprises à capitaux majoritairement étrangers, entreprises qui réalisent également le quart des investissements de l’industrie régionale. Ce poids relatif est très important dans le secteur automobile, dans l’industrie chimique et la pharmacie. Au travers de grands groupes internationaux (International Paper, Smurfit, SCA…), il est particulièrement fort dans le secteur du papier-carton et joue un rôle important dans le domaine de l’emballage. Les établissements industriels de ces groupes sont soumis à une concurrence interne et externe au groupe. Leur avenir est fortement dépendant de considérations stratégiques qui ne prennent pas en compte le poids économique de ces établissements dans le contexte limousin. Il en est d’ailleurs de même pour les entreprises sous-traitantes en général. Au nombre de 220 en Limousin, elles emploient 12 000 salariés soit près du tiers des emplois industriels régionaux. La sous-traitance concerne tous les secteurs d’activité et dépend d’entreprises du monde entier, qu’elle soit dite « de capacité » (travaux et prestations dépassant les capacités de production du donneur d‘ordre du fait notamment de l’augmentation des commandes) ou « de spécialité » (prestations apportant au donneur d’ordre des solutions techniques dont il ne dispose pas). Parmi les 9 principaux donneurs d’ordre en Limousin, figurent ainsi 4 entreprises françaises (dont Legrand), deux américaines, une allemande, une 84 suédoise et une anglaise . La tendance lourde de la dépendance croissante de l’économie régionale au marché mondial ne doit pourtant pas faire oublier qu’un quart des emplois en 2001 relèvent de la fonction publique est le premier employeur de la région (pour un taux légèrement supérieur à la moyenne française), ce qui relativise la dimension fragilisante de la mondialisation sur les emplois limousins. Le développement de l’économie présentielle représente un atout en parallèle. Au total, la place et la qualité des services et des productions destinés au marché régional contribuent à limiter les effets des turbulences dues aux marchés internationaux sur l’emploi régional, assoit l’attractivité limousine.

84

Source : L’industrie en Limousin, 2006

93


Le faible poids de l'économie touristique limousine en France

4,2

1,7

1,8 1,8

1,4

29,7

2,6 3,2

4 3,7

2,8

1,2

2,1

Répartition régionale des effectifs salariés dans le secteur touristique français fin 2005 en % 12,5 - 29,7

1,9 0,7

4,4 - 12,5

1,6

2,8 - 4,4

12,5

1,4 - 2,8 0,6 - 1,4

4,4 10,5

3,8

0

100

3,8

0,6

200

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : UNEDIC // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

1,7

0,9

0,5 1,6

0,2

23,6

0,7 1,4

5 4,2

0,5

Répartition régionale du produit de la taxe

0,8

1,1

de séjour* nationale en 2005 en % 8- 23,6

2,8 0,4

5-8 0,8

1,7 - 5

17

0,9 - 1,7 0,2 - 0,9

7,5 2,9

0

110

220

* dont taxe de séjour forfaitaire

16,5 8,1

0,8

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Ministère de l'intérieur // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites


III . 2 – DES CHAMPS ECONOMIQUES III . EN 2 – DEVENIR Des champs économiques en devenir des atouts touristiques à affirmer Le Limousin a des atouts touristiques indéniables, qui devraient prendre encore plus de valeur à l’avenir, mais qui ne génèrent pas encore une économie à la hauteur de ses potentialités. Aujourd’hui, les 8900 emplois saisonniers ou permanents du tourisme (entre 6400 en hiver et 12200 en haute saison) représentent 4 % de la population active régionale85 et 0,7% des effectifs nationaux de la branche (pour 1,2 % de la population nationale). Ce chiffre est en augmentation sur le long terme, il a été multiplié par 2,3 entre 1989 et 2003, mais ne connaît pas d’évolution majeure depuis. Un emploi sur 3 concerne l’hébergement marchand. Concernant l’hôtellerie, 673 recrutements sont prévus en 2008, (100 de plus qu’en 2007 mais 400 de mois qu’en 2004). En définitive, plus de 10 % des recrutements prévus en Limousin en 2008 s’inscrivent dans le champ du tourisme.86 En termes de revenus, le tourisme génère 5,5 % du PIB régional (contre 6,6 % pour la France), soit 0,4 % du produit touristique national. Le Limousin occupe ainsi le dernier rang des régions françaises – position relativisée lorsque ce revenu est rapporté au nombre d’habitants puisqu’il obtient alors la 17ème place (en termes de ventilation de la consommation touristique intérieure des résidents par région). Le chiffre d’affaires du tourisme reste tout de même supérieur à celui de l’agriculture (4,3% du PIB régional87). Le Limousin est ainsi en marge des fréquentations touristiques françaises. Pourtant, l’évolution du secteur est globalement positive, avec une augmentation du nombre de nuitées de près de 70 % entre 1992 et 2002 et un regain d’activités depuis 2005, dont profite principalement la Haute-Vienne. Cette augmentation reste limitée en raison d’un parc d’hébergement marchand sous-représenté : en 2006, les nuitées des résidents français en hébergement marchand représentent 27% contre 31% en France88. La part des lits hôteliers est très inférieure à la moyenne nationale (15,6% des lits en hébergement marchand contre 24%). Le Limousin se situe dans la moyenne nationale pour la part des lits offerts dans l'hôtellerie de plein air, les aires naturelles de camping ou les campings à la ferme (54% des lits marchands89). L’hôtellerie de plein air représente la première capacité d'accueil en hébergements marchands du Limousin. Toutefois, mise en perspective avec le nombre de jours d’ouverture, l’offre en meublés présente le potentiel de nuitées le plus important. 18,4% de l’offre marchande en Limousin est constituée par les meublés (15,3% en moyenne nationale) et 3% par les chambres d’hôtes, ce qui place le Limousin en première position nationale pour le ration nombre de chambres d’hôtes par habitant. Le Limousin présente enfin la particularité de disposer d’une offre relativement importante en villages vacances (8,6%, près de 2 fois supérieure à la moyenne nationale). En revanche, le poids des hébergements non marchands (résidences secondaires, amis, famille) est très important en Limousin où ils représentent 78 % des lits touristiques, soit 8 points de plus qu'au niveau national. Toutes formes d'hébergement confondues, la durée moyenne de séjour en Limousin est comparable à la moyenne nationale (environ 5 jours). Toutefois, ce chiffre masque des disparités, les très longs séjours (essentiellement en résidence secondaire) et les courts séjours (moins de 4 jours) sont plus nombreux en Limousin (60 % de courts séjours en Limousin, 54 % en France pour l’été 2007). Ces particularités s’expliquent d’une part par la proportion importante de séjours non marchands, propices à des séjours plus longs (52 % de séjours en famille en 2006, contre 54 % en moyenne nationale) et d’autre part, à la proximité géographique d’une part importante des clients français (5,5 % viennent du Limousin et 32 % résident dans les régions limitrophes). A titre d’exemple, près de 15 % des clients de gîtes en location directe en 2007 sont limousins, avec une durée moyenne de séjour proche de 4 jours (environ 10 jours pour les autres régions). Les touristes en hébergement marchand privilégient les hébergements haut de gamme, que ce soit les hôtels ou les campings. Le taux d’occupation des campings 3 et 4 étoiles dépasse en 2007 de près de 7 points celui des campings 1 et 2 étoiles. La demande de plus en plus forte pour les emplacements locatifs va aussi dans ce sens86 (34,4 % de taux d’occupation contre 15,9 % pour les emplacements nus).

85

Source : Près de 9000 emplois salariés liés au tourisme en Limousin, Focal n°29, INSEE Limousin, septembre 2006

86

Source : Etude besoin de main d’œuvre, CREDOC, 2008

87

Mémento du tourisme 2007 (données 2006)

88

Suivi du déplacement touristique des Français, TNS SOFRES pour le Ministère en charge du tourisme

89

Système d’information touristique du CRT Limousin

92

Source : Enquêtes CDT 2007

95


Une capacité d'hébergement concentrée dans quelques lieux MONTMORILLON MONTLUCON

GUERET

BELLAC

Nombre de lits touristiques * 1832 - 3847

CONFOLENS

849 - 1831

AUBUSSON

366 - 848 119 - 365

ROCHECHOUART LIMOGES

2 - 118

Conception et réalisation SIG Région Limousin janvier 2008 // Source : CRT 2007// Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

<2 Aménités touristiques

NONTRON

Routes touristiques

USSEL

Plus beaux villages de France Plans d'eau de plus de 100 ha Pays

TULLE MAURIAC

PERIGUEUX

BRIVE-LA-GAILLARDE

0

SARLAT-LA-CANEDA

BERGERAC

10

20

* Le lit touristique est une unité rendant compte de la capacité d'accueil de personnes adultes. Quand les réelles capacités ne sont pas connues, un indice est appliqué. On compte ainsi par exemple deux lits touristiques pour une chambre d'hotel ou une chambre d'hôte, trois lits touristiques pour un emplacement nu de camping et quatre pour un emplacement locatif.

AURILLAC Km

Les gîtes ruraux, socles d'un tourisme rural diffus MONTMORILLON MONTLUCON

Types d'hébergements Chambres d'hôtes et gîtes

Chambres d'hôtes (364)

GUERET

BELLAC

Gîtes d'étape ou de séjour (59) Gîtes ruraux (1500) Hameaux de gîtes (111)

CONFOLENS

Campings

AUBUSSON ROCHECHOUART

Aires d'accueil de camping-car (84) Aires naturelles de camping (32)

LIMOGES

Campings à la ferme (12) Autres Auberges de jeunesse (5) Clévacances (276)

NONTRON

USSEL

Hôtellerie de plein air (184) Hôtels (266) Résidences de tourisme (3) Structures polyvalentes d'hébergement (22) Villages de vacances (23)

TULLE PERIGUEUX

MAURIAC

Aménités touristiques Routes touristiques

BRIVE-LA-GAILLARDE

Plus beaux villages de France Plans d'eau de plus de 100 ha

BERGERAC

SARLAT-LA-CANEDA

0

10 20 AURILLAC Km

Pays


III . 2 – Des champs économiques en devenir Ces éléments d’état des lieux devraient s’améliorer dans les années à venir ; la base de l’attractivité touristique existe et ne demande qu’à être valorisée, ce qui est une question d’équipement, mais aussi de gouvernance et de professionnalisation. Outre son environnement préservé, son cadre et sa qualité de vie, le Limousin possède en effet des éléments de richesse patrimoniale. Son héritage monumental et architectural s’apprécie au regard de la multitude de vestiges gallo-romains, des ruines médiévales (Tours de Merle), des châteaux (à Turenne, Bort-les-Orgues, à Boussac, à Chénérailles...) et des collégiales comme à Saint-Léonard ou d’abbayes comme l’abbaye cistercienne d’Aubazine. Une partie de ce patrimoine est valorisée dans le cadre d’itinéraires thématiques, reprenant le tracé de prestigieuses routes historiques notamment la route de Saint-Jacques et celle de Richard Coeur de Lion. Plusieurs villages et bourgs caractéristiques sont estampillés « plus beaux villages de France », parmi lesquels Collonges-la-Rouge, Curemonte, Turenne et Mortemart. En ce qui concerne le tourisme industriel et culturel (écomusées d’art et de traditions populaires, parcs et jardins, musées présentant un savoir-faire comme la porcelaine ou la distillerie), 1012 sites sur les 40 présents en Limousin ont enregistré plus de 10 000 entrées92 en 2007. Parmi ceux-ci, le musée de la Tapisserie a accueilli plus de 25 000 visiteurs en 2007, le musée Adrien Dubouché 19 000, le Scénovision 16 500 et les Pans de Travassac 14 800.

Le tourisme rural a ainsi toutes ses chances demain. Il profitera ainsi certainement des futurs seniors, qui représenteront 28 % de la population des pays développés en 2010. Caractérisés par une grande mobilité, une appétence pour les séjours plus longs et plus répartis, les seniors génèrent une dépense touristique supérieure à la moyenne. Mais le vieillissement oblige à penser différemment certaines installations, à répondre à des besoins spécifiques de services et à faire intégrer au marketing touristique des aspects tels que la certification et la labellisation ou le risque zéro. Cela est aussi valable pour les sports et loisirs de nature, déjà importants en Limousin et qui peuvent devenir un véritable levier pour le développement économique régional. Enfin, un effort particulier est porté par les acteurs touristiques pour mieux accueillir les familles, et notamment élargir l’offre d’activités et d’animations à destinations des enfants. Le besoin d’interactivité lié à la pratique informatique et une demande de médiation plus ludique sur les sites, posant le besoin d’animateurs spécialisés, seront également à prendre en compte. Globalement, le développement des technologies informatiques et numériques seront de plus en plus constitutives du tourisme du futur : le GPS par exemple permet déjà le ciblage d’information en fonction de l’endroit où l’on se trouve et permettra demain de connaître la disponibilité de l’hôtel le plus proche en temps réel. Il faut ajouter aussi le désir de rencontrer davantage l’habitant, de partager avec lui une culture locale, ce qui n’est pas contradictoire avec le besoin d’autonomie. La tendance à l’étalement des vacances et au court séjour, déjà visible en Limousin, devrait également se renforcer. Toutes ces tendances mènent à une segmentation de plus en plus forte des clientèles et au besoin d’y répondre finement, ce qui constitue un défi pour le secteur en Limousin. La région reste tout de même a priori avantagée par le climat, le changement climatique conduisant vraisemblablement à la recherche d’une campagne verte et fraîche. Sans doute profitera-t-elle également du leadership français, qui à l’horizon 2020 pourrait attirer 30 % de touristes en plus, et ce même si la Chine brigue la première position mondiale. Reste que les principales préoccupations pour le développement du secteur sont la chute des effectifs agricoles, le vieillissement des acteurs touristiques, l’évolution des comportements vis-à-vis des transports et l’évolution des politiques européennes. Il s’agit bien là de l’avenir même des campagnes93.

En savoir plus Schéma Régional de Développement économique Schéma Régional de Développement touristique Poids économique du tourisme en France , mémento du tourisme 2007 : http://www.tourisme.gouv.fr/fr/z2/stat/memento/att00017247/2_poids_eco.pdf Veille info tourisme Limousin : http://www.veilleinfotourisme.fr/43777401/0/fiche___pagelibre/&RH=AME&RF=LIM Le sport : un levier pour le développement durable des territoires, Aires-EtD, mai 2007 : http://www.projetdeterritoire.com/spip/Documents/notes_etd/note_sport_0507.pdf Les sports de nature, diagnostic territorial et perspectives de développement, Observatoire du sport en territoires limousins, décembre 2007 : http://www.cr-limousin.fr/article.php3?id_article=2020 Diagnostic sur le vieillissement en Limousin dans le cadre du réseau Sen@er, Région Limousin, 2007 Observatoire régional du tourisme : http://www.tourismelimousin.com/fr

93

Source : Le tourisme rural en prospective, Source

97


Efforts de recherche des régions et résultats en 2004 Nombre de chercheurs 72 589

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : OEB, INPI, OST, INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdite

20 000

1 000 107

Nombre de brevets déposés 3 167

1 228 176 Part de la DIRD dans le PIB en % 0,09 - 0,93 0,04 - 0,09 0,02- 0,04 0,009 - 0,02 0,0005 - 0,009

0

110

220

Km

Part des demandes de brevets déposées sur la DIRD en 2003

0,52

0,46

0,460 0,89

0,75

0,34

0,38 0,36

0,61

0,63

0,58 0,72

0,48

En pourcentage 0,866 - 1,74 0,627- 0,866

0,71 0,91

0,26

0,375 - 0,627 0,22 - 0,375

0,53

0,31 0,22

0,42 0,31

1,74

0

100 Km

200


III . 2 – Des champs économiques en devenir économie de la connaissance : des chemins vers la performance Le Limousin mise de plus en plus sur les compétences des ressources humaines des entreprises et leur capacité à se doter d'une organisation apprenante. Malgré une part encore très faible de l’immatériel dans la production de richesses limousines, les efforts sont prometteurs, qui encouragent l’innovation et le caractère collectif du mode de production de la connaissance : décloisonnement recherche-production, mise en relation avec les partenaires extérieurs, mise en réseau de l'entreprise. Certes, et bien qu’en légère augmentation, le poids de la recherche régionale en France reste modeste : en 2004, le Limousin pèse 0,37% de la dépense intérieure de la recherche et du développement (DIRD) (contre 0,3% en 2001), et 0,64% de cette même dépense enregistrée en province. Le nombre de brevets en 2003 plafonne à 0,8% du total national (0,7% en 2001) et 1,1% du total de province, la majorité relevant de l’entreprise Legrand. De même, avec 0,5% des effectifs nationaux pour la recherche privée en 2002 (soit 1 000 salariés) et 0,4% pour la recherche publique (650 chercheurs regroupés principalement à l’Université), le Limousin se situe au 18ème rang des régions françaises pour le nombre de personnes affectées à la recherche. Pour autant, lorsque ces chiffres sont relativisés par le faible poids de l’économie limousine, on remarque que la DIRD limousine est une des plus productive des régions françaises : rapporté à la DIRD régionale, le nombre de demandes de brevets déposées en 2003 place ainsi le Limousin en seconde position88. En ce qui concerne le soutien à l’innovation et le transfert de technologies, le Limousin présente des dispositifs importants. Dès 1999, un incubateur technologique destiné à recueillir des entreprises innovantes a été créé à l’université et a depuis été renforcé par des allocations d’incubation. Le lien entre les besoins technologiques des entreprises et les ressources disponibles, en région et hors région, est assuré par des interfaces généralistes (Réseau de Développement de Technologies) ou plus spécialisées : regroupés au sein de la Technopole Ester, 5 Centres Régionaux d’Innovation et de Transfert de Technologies ont pour mission de faire progresser le niveau technologique des PME-PMI dans les domaines des biotechnologies, de l’agroalimentaire, des céramiques, des télécommunications et du traitement de surface. Le nombre de projets financés par Oséo-Anvar est ainsi honorable (3 % du total national en 2004, pour un montant d’aides équivalent à 1,5 % de l’ensemble), mais il est globalement limité par le faible taux d’encadrement et une certaine insuffisance de culture entrepreneuriale de l’innovation, en raison de la part importante qu’occupe la petite entreprise. Indépendamment de ces progrès, les meilleurs résultats sont attendus dans les domaines d’excellence limousine, c'est-à-dire les pôles de compétitivité et l’économie numérique. Outre les 4 pôles interrégionaux auxquels le Limousin est associé (Sciences et systèmes énergie électrique, Viaméca, Cancer bio-santé, Viandes et produits carnés), deux pôles de compétitivité, soutenus par la Région, représentent des dynamiques collectives qui doivent permettre de créer une synergie entre entreprises, laboratoires de recherche et structures de transfert et également de doper les partenariats public-privé, comme cela a été le cas avec la création d’un groupement d’intérêt scientifique entre l’entreprise corrézienne Photonis et un laboratoire du CNRS. Le pôle Elopsys, pôle européen des hautes technologies « micro-ondes, photonique et réseaux sécurisés », doit permettre à la région de se positionner comme le pôle de référence sur ce secteur très spécialisé. L’activité dans ces domaines représente 18 % de l’emploi industriel régional et plus de 25 % des exportations. Ces axes et développements sont portés par des entreprises et organismes régionaux d’envergure mondiale et s’appuient sur une capacité de recherche de tout premier plan à travers le laboratoire XLIM, reconnu au niveau international (360 chercheurs). Le Pôle Européen de la Céramique (PEC) a pour ambition de devenir le principal pôle européen dédié aux céramiques et traitements de surface. Il rassemble, entre le Limousin, le Centre et les régions de Tarbes et de Cavaillon, 5 000 personnes dans 57 entreprises adhérentes, 500 personnes dans 5 laboratoires et 150 personnes dans 6 centres technologiques. Sur le territoire limousin, 30 entreprises adhérentes et 1 621 salariés sont recensés en 2006 et la majorité des centres de transfert de technologie sont localisés en région. Aux moyens de l’Université89 s’ajoutent les compétences de l’ENSCI90, ainsi que celles de l’ENSIL91, de l’AFPI92 et d’un lycée professionnel. A terme, les partenaires du pôle entendent miser sur les céramiques high-tech en privilégiant 4 axes : l’énergie, l'optique, le bâtiment, la santé. En matière d’économie numérique, le Limousin dispose également de quelques atouts, dont le Pôle e-design. Offrant une formation spécifique en design numérique, il est aussi un acteur important de la recherche et des échanges dans le domaine des TIC et aide les porteurs de projets, notamment à travers les « Carrefours des possibles » organisés annuellement. C’est lui qui porte le Webdesign International Festival, manifestation réunissant les éléments représentatifs de la communauté créatrice mondiale (plus de 8 000 visiteurs et 14 nationalités en 2006). En savoir plus Schéma Régional de Développement économique http://www.industrie-limousin.org/IMG/pdf/11_12_technologie.pdf

88

Source : INPI et BESR-RD, ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche laboratoire des Sciences des Procédés Céramiques et de Traitement de Surface et Groupe d’Etudes des Matériaux Hétérogènes 90 Ecole Nationale Supérieure de Céramique Industrielle 91 Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Limoges 92 Association de Formation Professionnelle de l’Industrie Limousin 89

99


III . 2 – Des champs économiques en devenir économie de l’environnement : un potentiel L’environnement est partout en France une base d’activité économique en développement. En région, cette dynamique constitue une tendance émergente, comparativement à Rhône-Alpes par exemple. Elle est basée à la fois sur un réseau de clubs, instituts, écoles et laboratoires spécialisés et un appui aux nouvelles valorisations des ressources du vivant. Dans le domaine de la gestion de l’eau et de l’environnement, il existe un réseau d’entreprises créatrices d’activité (45 entreprises, 620 salariés), composé d’organismes de formation, de laboratoires de recherche, de bureaux d’études d’ingénierie et de conseils, prestataires de services auprès des entreprises ou des collectivités publiques et des concepteurs ou fabricants d’équipements. Regroupés au sein du « Pôle 93 Environnement du Limousin », les membres de ce réseau partagent certains services, développent des collaborations génératrices d’affaires et communiquent afin de mieux se faire connaître des donneurs d’ordres et clients potentiels publics ou privés. Ce pôle de compétences s’appuie sur l’université, avec 3 laboratoires ayant comme thématique commune l’étude de l’environnement : le Crideau (sciences sociales), le LCSN (chimie verte pour des composés en pharmacologie), le GRESE (mobilité des éléments métalliques dans l’environnement). Il s’appuie aussi sur l’ENSIL et l’Office international de l’eau (OIEau), situé à Limoges et qui dispose d’un centre de formation spécialisé à La Souterraine. L’OIEau est au service des organismes privés et publics pour les aider à développer leurs compétences dans le domaine du traitement de l’eau potable et des eaux usées ; son centre de formation attire chaque année plus de 4 000 stagiaires ingénieurs, techniciens et opérateurs au 94 niveau national et international . Indépendamment de ce réseau, 15 nouvelles filières permettant d’augmenter la valeur ajoutée de l’industrie du vivant en Limousin (futur pôle de compétences) sont à l’étude, parmi lesquelles : - la filière locale chanvre - les panneaux isolants à base de fibres naturelles pour la construction - le succédané de tourbe à partir de bois - le bioéthanol à partir de bois - les filtres à base d'écorces ou de sciure - les copeaux de chênes - les bioplastiques à base de bois - les plastiques photosensibles bactéricides - les médicaments anti-cancéreux - la filière herbothérapie - la châtaigne gastronomique et les châtaigniers - les taillis à courte rotation ou très courte rotation pour l’épuration - la valorisation énergétique des déchets d'abattage. Ces pistes d’avenir pour le Limousin peuvent être regroupées en quatre grands champs d’application : les cosmétiques/santé, la plasturgie, les agro-matériaux et les énergies renouvelables.

93

Source : http://www.limousin-environnement.fr/ Source : http://www.industrie-limousin.org/rubrique30.html

94

101


III . 2 – Des champs économiques en devenir économie du vieillissement : la légitimité et l’ambition limousines Le vieillissement du Limousin, région la plus âgée de France, pèse sur le développement économique, notamment dans la perspective du renouvellement de la main d’œuvre, au niveau du nombre d’actifs et en particulier de la transmission des entreprises. De même, le coût de la prise en charge du vieillissement entrave les marges de manœuvre des collectivités. La volonté des acteurs régionaux est pourtant de renverser ce handicap en atout et d’en faire un vecteur de développement régional ; cette ambition est notamment illustrée par l’installation d’un groupe de travail spécialisé, animé par la Région. La réflexion ainsi conduite s’inscrit dans la dynamique de « Sen@er » (silver economy network of european regions), réseau européen qui vise à faire du lobbying auprès des institutions européennes pour que le vieillissement soit pris en compte dans les politiques, à identifier les entreprises proposant des produits et services adaptés aux seniors, ainsi qu’à aider les acteurs des différentes régions (laboratoires de recherche, PME…) à répondre aux appels à projets du Programme Cadre de Recherche et de Développement 95 technologique . Une nouvelle perspective s’est ouverte au Limousin pour approfondir la problématique avec la participation au projet Interreg « Dart » (declining aeging and regions transformation), en cours d’instruction. Ce serait un autre lieu d’échange sur les bonnes pratiques, avec la participation de techniciens à des ateliers de travail sur les services sociaux et de santé et l’innovation dans l’éducation et le marché du travail. Ces échanges et réflexions doivent amener à faire du vieillissement en Limousin un levier économique. De fait, les seniors sont un vivier très important de l’économie présentielle, principalement à travers les services à la personne, mais aussi le tourisme ou d’autres activités : dans tous les cas, c’est un nouveau marché qui apparaît, avec une population cible ayant des exigences et besoins particuliers. Les seniors demandent plus globalement des services leur permettant de bien vieillir, services qui restent encore à développer, ce qui fait aussi du vieillissement un levier de l’innovation et de l’économie de la connaissance. C’est en tout cas le pari du Pôle domotique de Guéret, qui expérimente l’intégration de la domotique pour le maintien à domicile des personnes âgées. Labellisé « pôle d’excellence rurale » en 2006 lors de sa création, il articule ses objectifs autour de trois axes : - renforcer les compétences domotiques du territoire en développant la formation initiale et continue et en améliorant la connaissance des techniques et des problématiques - soutenir la demande pour développer les entreprises locales - améliorer la visibilité du territoire et favoriser le développement d’activités économiques nouvelles. Les actions qu’il mène ou compte mener dans ce cadre sont diverses. On citera par exemple la création d’une licence professionnelle domotique et d’un incubateur/pépinière permettant l’accès et le partage des ressources en la matière, le développement de produits et services packagés à destination des personnes à mobilité réduite afin de stimuler la demande privée ou encore l’expérimentation de ces produits en centre d’accueil des personnes dépendantes. Les résultats attendus d’ici 2010 en termes économiques sont l’émergence d’un marché supplémentaire pour les entreprises estimé à 5,8 millions €, la création ou 96 l’implantation de 15 entreprises et la création de 50 emplois directs . Le pôle domotique a d’ailleurs reçu en 2007 le prix de bonnes pratiques décerné par les 17 régions constituant le réseau Sen@er. Ce prix récompense chaque année les projets remarquables par leur degré d’innovation, leur caractère exemplaire et transférable et leur niveau de relation avec la « sylver economie ».

95

Programme pluriannuel qui rassemble la quasi-totalité des sources de financement communautaires pour la recherche et le développement technologique. 96 Source : Diagnostic sur le vieillissement en Limousin dans le cadre du réseau Sen@er, Région Limousin, 2007

103


Des bassins de vie à forte orientation résidentielle Saint-Gaultier Chauvigny

Neuvy-Saint-Sépulchre

Argenton-sur-Creuse

MONTMORILLON

Saint-Sulpice-les-Feuilles Le Dorat

L' Isle-Jourdain

Commentry

GUERET

Évaux-les-Bains

Saint-+éloy-les-M

Bessines-sur-Gartempe Bénévent-l'Abbaye

CONFOLENS

Bourganeuf

AUBUSSON

Saint-Georges-de-Mo

Saint-Junien

LIMOGES

ROCHECHOUART

Saint-Léonard-de-Noblat

Châlus

Nexon

Giat

Eymoutiers Châteauneuf-la-Forêt

Rochefort-Monta

Pierre-Buffière

Bourboule

NONTRON

Treignac Saint-Yrieix-la-Perche Lubersac

Thiviers

Excideuil

Objat

USSEL

Meymac

Uzerche

Arnac-Pompadour

Brantôme

Pontaumur

Crocq

Felletin

Aixe-sur-Vienne

Piégut-Pluviers

Saint-Gervais-d'Auve

Auzances

Ambazac

Montbron

MONTLUCON

Souterraine

BELLAC Châteauponsac

eneuil-sur-Bonnieure

Châtelus-Malvaleix Boussac

Dun-le-Palestel

Saint-Vaury

Roumazières-Loubert Chabanais

Châteaumeillant

Aigurande

Saint-Benoît-du-Sault

Lussac-les-Châteaux

Châtre

Allassac

La Tour-d'Auvergne

Bort-les-Orgues Seilhac

Egletons

Neuvic

Ydes

TULLE MAURIAC

PERIGUEUX Saint-Astier

Riom-ès-Montagnes

BRIVE-LA-GAILLARDE Terrasson-Lavilledieu

Argentat

Montignac

Vergt

Vayrac Biars-sur-Cère

Bugue

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA Saint-Cyprien

Souillac

Saint-Céré

Lalinde Belvès

0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source :INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Orientation des bassins de vie Bassins agri-alimentaires à tendance agricole Bassins agri-alimentaires à tendance alimentaire Bassins fortement résidentiels et agri-alimentaires Bassins fortement résidentiels et industriels Bassins fortement résidentiels et sans dominance industrielle ou agri-alimentaire Bassins fortement résidentiels et touristiques

Bassins plutôt industriels et monospécialisés Bassins plutôt industriels et non monospécialisés Bassins très industriels monospécialisés Bassins très industriels non monospécialisés Bassins diversifiés Hors champ d'étude


III . 2 – Des champs économiques en devenir économie résidentielle : des perspectives à pérenniser L’économie présentielle, ou résidentielle, est l’économie la plus ancrée dans le territoire, elle n’est pas délocalisable car elle désigne les richesses crées autour des commerces et services à la personne, contribuant au mieux-être des citoyens sur leurs lieux de vie, qu’il s’agisse de leur domicile, de leur lieu de travail ou de loisirs. Les nouveaux habitants, les touristes, les retraités, en venant dépenser sur leur lieu de résidence des revenus acquis ailleurs, favorisent le développement de nouvelles activités, entretenues par tous les habitants par la suite. Cette économie, basée sur les flux captés en région, c'est-à-dire les revenus du territoire (actifs travaillant ailleurs, tourisme…) et les flux extérieurs (retraites, allocations sociales), explique que le Limousin, qui affiche un PIB faible à l’échelle nationale, ait une moyenne de revenus par habitant équivalent à la moyenne française. La mesure de son importance en région est paradoxale : d’un côté, la part de la valeur ajoutée des branches « services aux particuliers » et « commerce » dans la valeur ajoutée régionale est relativement faible (4,3 % et 9,9 % contre 5,3 % et 10 % pour la France métropolitaine en 2006), et d’un autre côté, la part des revenus de transfert (pensions et retraites) dans le revenu fiscal atteint en moyenne 32,35 % en 2004 (36,1 % pour 97 Aubusson), contre seulement 23% pour la France métropolitaine . De plus, dans les deux tiers des bassins de vie des bourgs et petites villes, les emplois se situent majoritairement dans les commerces et les services aux particuliers. Dans la région hors bassins de vie de Limoges ou de Brive, 56 % des emplois relèvent de cette sphère d’activité, soit 4 points de plus qu’en France. Elle représente même 87 % des 98 emplois du bassin de vie de Saint-Vaury et 70 % de celui de Tulle . Le premier décalage entre la création de valeur ajoutée et les revenus de transfert peut s’expliquer par une difficulté de l’offre à répondre pleinement à la demande, comme cela est le cas pour les services à la personne (le nombre de particuliers employeurs a été multiplié par 2,5 entre 1994 et 2006). L’importance des emplois concernés par cette économie confirme quant à elle la tendance nationale, qui est, pour les services à la personne en tous cas, nettement à la hausse : entre 1994 et 2006, le nombre de salariés a été multiplié par 2,5 (un peu moins en équivalent temps plein) pour atteindre 1,5 millions de salariés, et sa croissance reste soutenue. Le marché, estimé en France à 11,58 milliards € en 2006, concerne, outre les personnes âgées ou dépendantes (cf. économie du vieillissement), le ménage, le soutien scolaire, la garde d’enfants et d’autres services (coiffure, bricolage…). Ce sont le soutien scolaire et les services ménagers qui ont connu la plus forte croissance en 2006 (+15 % et +12 %), sachant que les services liés à la maison sont les plus utilisés mais aussi les moins créateurs de richesse. D’ici à 2010, la valeur ajoutée devrait augmenter du fait de l’importance grandissante du secteur privé dans le domaine (10 % en 2006, 20 % attendus en 2010), au détriment du secteur associatif. Les perspectives de développement sont d’autant plus importantes que la consolidation, verticale et horizontale, des différents 99 acteurs comme la notoriété de l’image de marque des enseignes sont en bonne voie. Le Limousin devrait plus particulièrement bénéficier, pour l’accueil de flux de transfert et de flux touristiques, de sa position dans le Massif Central. Avec des ressources naturelles importantes et un taux d’équipement suffisant, cas unique en Europe, il sera de fait de plus en plus convoité. La pérennité de ce type d’économie est cependant questionnée sur le long terme. Si le Limousin a accueilli 1870 retraités par an entre 1999 et 2004, avec un solde positif de 790 nouveaux habitants retraités par an, il faut rappeler qu’une économie résidentielle dépend de la bonne santé générale de l’économie et du maintien des transferts sociaux, mis à mal par l’avenir compromis des retraites et le coût induit par le vieillissement.

97

Source : observatoire diact : http://www.territoires.gouv.fr/indicateurs/portail_fr/indicateurs_fr/p33_frreg.php?region=74 Source : Accès à l’emploi et aux services : una analyse des bassins de vie, Focal n°14, INSEE Limousin , 2006 Source : Ineum Consulting/ESSEC

98 99

105


Part des établissements relevant de l'économie sociale et solidaire en 2001

12,3

11,7

11,8 11,2

9,9

9

12,1 9,1

Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

12,5

15

12,2

13,2

11,2

En pourcentage 12,5 - 15

13,1

11,5 - 12,5 11,2

13,7

9,9 - 11,5

11,5

8,2 - 9,9 France métropolitaine : 11,43 % Limousin : 11,20 %

10,6 12

9,6 10,3

8,2

0

110

220

Km

Part des établissements relevant de l'économie sociale et solidaire en Limousin en 2001

14,72 %

8,89 %

10,65 %

0

20 Km

40 L'économie sociale et solidaire recouvre quatre grandes familles : les coopératives, les mutuelles, les associations et les marges.


III . 3 – PRIMAUTE DEIIIL’.HOMME DANS L’ECONOMIE : DES ENJEUX D’ADAPTATION 3 – Primauté de l’homme dans l’économie : des enjeux d’adaptation économie sociale et solidaire et entreprenariat responsable: des valeurs montantes Avec des références à des principes tels que la liberté d’adhésion, la gestion démocratique, le but non lucratif et la primauté de l’homme sur le capital, l’économie sociale et solidaire est moteur d’une nouvelle façon de faire de l’économie. Elle s’affirme aujourd’hui comme un véritable secteur et un vivier économique, qui prend un poids de plus en plus important. Les groupements de personnes jouant un rôle économique, c’est-à-dire les coopératives, mutuelles et associations qui la composent, représentent en effet en France 100 environ 760 000 établissements, 1 712 000 salariés et 12 % du PIB . En Limousin, l’économie sociale et solidaire rassemble 7 500 établissements (chiffre de 2001, sous-estimé, car certaines petites structures ne sont pas immatriculées dans le répertoire Sirene). Elle représente ainsi 11% des établissements totaux, ce qui est conforme à la moyenne nationale. Ces établissements emploient 25 700 salariés, soit 11,5 % de l’emploi total régional, avec une prédominance du secteur associatif. Les associations sont ainsi une force économique à part entière et on hésite de moins en moins à employer le terme d'"entreprises associatives". En 2001, 19 100 salariés travaillaient dans les associations, soit 8,6% de 101 l'emploi total du Limousin . Cette économie sociale et solidaire est bien répartie sur le territoire régional ; sa concentration est moindre que pour les autres secteurs des services publics ou privés. Sa diffusion est également bonne en termes de branches d’activité, puisqu’elle est présente dans des secteurs aussi divers que l’agriculture (coopératives), 102 le crédit et l’assurance, l’éducation, la santé, le secteur social, etc . Son importance correspond à la montée de l’entrepreneuriat responsable : de plus en plus d’entreprises sont qualifiables de « sociales » par leurs utilisateurs (personnes fragilisées…), leurs salariés (entreprises d’insertion…), la nature des biens et services offerts (commerce équitable, environnement…) ou un mode de gouvernance participatif (Scop, Scic…), ou cherchent à répondre à des critères de développement durable 103 comme la parité ou la transparence . Les perspectives de l’économie sociale et solidaire recoupent celles, à la hausse, des services à la personne. Cependant, la position de certaines entreprises sur un secteur non marchand, notamment des associations d’aide à domicile, les oblige à s’adapter rapidement à un secteur de plus en plus concurrentiel et à acquérir une capacité entrepreneuriale pour maintenir la place prépondérante quelles occupent aujourd’hui. Par ses finalités, le développement de l’économie sociale et solidaire est également un gage de cohésion sociale et de solidarité pour la région. Cette nouvelle façon d‘entreprendre est au cœur de tendances lourdes. On peut par exemple citer la volonté de répondre à la persistance de problèmes sociaux ou environnementaux, la recherche de sens chez les jeunes diplômés ou cadres expérimentés ou l’émergence chez les consommateurs de nouveaux besoins et attentes. Elle est officialisée par l’élaboration de normes, comme la future norme ISO 26000, qui intégrera les acquis des normes ISO 9001 (management de la qualité) et ISO 14001 (management de l’environnement) et des normes de l’OIT (Organisation internationale du travail). On compte actuellement 80 sites certifiés ISO 14000 en région et, sur les 160 entreprises engagées en France dans la procédure de certification, 17 sont limousines : le Limousin est leader au niveau du nombre d’engagements et à terme du 104 nombre de reconnaissances de ce type . La progression de l’épargne salariale labellisée investissement 105 socialement responsable en est un autre exemple. Les acteurs publics entendent encourager cette économie plus responsable. Ainsi la Région encourage-telle, à travers le Programme Régional de Management Environnemental et la bonification des aides économiques des PME, les comportements environnementaux (traitement des déchets, certification…), l’égalité des chances, la formation pour tous et l’implication au développement local (par le biais de mécénat, adhésion à des réseaux…), tous critères porteurs d’avenir pour les entreprises. En savoir plus L’économie sociale et solidaire en Limousin, dossier, INSEE Limousin, édition 2003 L’économie sociale et solidaire en Limousin, dossier, INSEE Limousin-CRES, édition 2007 Chambre régionale de l’économie sociale : http://www.creslimousin.org/ 100

Source : http://www.cncres.org/creseco.php Source : L’économie sociale et solidaire en Limousin, dossier, INSEE Limousin, édition 2003 Source : L’économie sociale et solidaire en Limousin, dossier, INSEE Limousin, édition 2003 103 Source : France active (http://www.franceactive.org/) 104 Source : www.123environnement.fr 105 Source : http://www.lefigaro.fr/epargne-solidaire/20071023.WWW000000397_lepargne_salariale_se_fait_responsable.html En savoir plus : http://www.franceactive.org/fiches/ffa.php 101 102

107


Seule la zone d’emploi de Limoges maintiendrait sa population active Zones d’emplois

Population active en 1999

Scénario de base en 2015

Evolution 19992015 en %

Bellac

15 700

13 300

-15,3

Tulle

31 800

27 000

-15,1

Aubusson

15 900

13 600

-14,5

Ussel

14 500

12 500

-13,8

Guéret

34 800

31 500

-9,5

Rochechouart

14 700

13 600

-7,5

Brive

53 300

50 700

-4,9

Limoges

125 200

124 600

-0,5

LIMOUSIN

305 900

286 800

-6,2

Source : INSEE, recensement de la population et projection Omphale, in Focal n°4


III . 3 – Primauté de l’homme dans l’économie : des enjeux d’adaptation adaptabilité des ressources humaines comme gage d’une économie dynamique Les transformations au sein des entreprises concernent, outre la prise en compte de critères sociaux et environnementaux, les hommes eux-mêmes : les métiers (qualifications, compétences et secteurs) ne sont pas les mêmes aujourd’hui qu’hier et seront encore différents demain, la place des ressources humaines évolue tant dans le management (participation…) que dans la création de valeur ajoutée (économie de la connaissance). Par conséquent, les liens avec les autres acteurs de la recherche et de la formation se développent. Globalement, au niveau national, le fonctionnement du marché du travail devrait être modifié par l’arrivée en fin de carrière des générations nombreuses nées entre 1945 et 1975. L’inflexion de la population (arrêt de la croissance puis légère décroissance) ne devrait se produire qu’à partir de 2010-2011, avec un maximum en 2012. Ce retournement plus tardif que prévu ne se traduira pas par des pénuries massives de main d’œuvre : il existera encore des ressources sous-utilisées du côté des chômeurs, des femmes, des jeunes et des seniors. L’hypothèse la plus probable est celle d’une situation plutôt équilibrée, avec des tensions fortes sur certains métiers et dans certains bassins d’emploi (cela ne permettra pas de résorber les déséquilibres 106 locaux, quantitatifs et qualitatifs, entre offre et demande de travail) . En Limousin, tout en sachant qu’il est très difficile d’anticiper la structure en besoins de main d’œuvre, la situation du marché du travail risque d’être tendue en 2015, surtout sur les zones d’emploi de Bellac, Tulle, Aubusson et Ussel (cf. tableau). 107

Le vieillissement pose en outre la question de la transmission des entreprises , importante dans un contexte de prédominance des PME et TPE, généralement moins préparées que les plus grandes structures. Or, grâce notamment aux efforts des chambres consulaires et de la Région, les petits patrons se préoccupent de la transmission de leur affaire plus tôt qu’il y a quelques années. Le taux de reprise est l’un ème des meilleurs de France : en 2003, la région était en 5 position avec un taux de 20 %. Les difficultés de recrutement quant à elles concerneront principalement les métiers de cadres polycompétents, les métiers fonctionnant comme des marchés professionnels où les personnes peuvent facilement passer d’une entreprise à l’autre, et les métiers d’aides et de soins aux personnes fragiles. Elles devraient aussi perdurer au sein des métiers où les conditions de travail et les faibles perspectives 108 professionnelles conduisent les salariés en place à préférer exercer d’autres activités . Les trois grandes évolutions des métiers prévues pour 2015 porteraient ainsi tout d’abord sur la baisse importante des effectifs dans les emplois faiblement qualifiés de l’industrie et, dans une moindre mesure, du bâtiment et des travaux publics. Parallèlement, dans certains secteurs comme le bâtiment, l'industrie ou le tertiaire administratif, l'évolution technologique entraînera de forts gains de productivité et favorisera donc la création d'emplois à forte valeur ajoutée, principalement pour des cadres. Une autre évolution concerne la polarisation des qualifications dans les activités de services et le développement des emplois tertiaires qualifiés liés à l’organisation, la gestion et l’administration des entreprises au sens large, l’informatique comptable et la communication (principalement les activités de services aux entreprises). Finalement, l’accroissement des emplois de services à tous les niveaux de qualification est attendu : agents d’entretien et de sécurité, aides à domicile et assistantes maternelles, aides soignantes et infirmières. Les cinq domaines professionnels des services concentrant l’essentiel des emplois entre 2005 et 2015 seront en effet les services aux particuliers, la santé et l’action sociale, les transports et la logistique, 109 les métiers administratifs et le commerce et la vente . Etant donné la diversité des situations, d’un métier à l’autre, d’un secteur à l’autre, d’un bassin d’emploi à l’autre, la coordination des acteurs est un des prérequis pour que s’élaborent de nouvelles règles d’ajustement sur le marché du travail. Pour ce faire, le rôle de l’appareil de formation est essentiel. Des moyens sont et seront à mettre en œuvre afin de permettre au système de formation dans son acception globale de jouer son rôle au service du développement économique de la région, c’est-à-dire de permettre la cohérence entre les besoins de qualification et l’offre de formation (anticipation des métiers de demain), d’aider l’investissement des entreprises dans les ressources humaines et de générer des synergies, ou interactions créatrices, entre entreprises, recherche et formation. L’exemple des pôles de compétitivité est intéressant en la matière.

106

Source : La Franc active en 2050 : même nombre d’actifs, plus de personnes âgées, synthèse n°63, INSE E, avril 2007 Source: Potentiel de main d’oeuvre en diminution à l’horizon 2015 en Limousin, Focal n°4, INSEE Limou sin, mai 2004 108 Source : Les métiers en 2015, Centre d’Analyse stratégique – DARES, janvier 2007 (http://www.regionlimousin.fr/2027/docs/rapport_metiers_2015.pdf) 109 Source : Lettre d’information n°3, Prisme 107

109


SYNTHESE DES ENJEUX •

Du fait de la forte présence agricole, le devenir des territoires ruraux est fortement dépendant de la PAC et du renouvellement de générations.  préparer l’après-PAC, aider à l’installation des jeunes ● Les consommateurs attendent une agriculture de qualité et de proximité à des prix accessibles.  favoriser une agriculture innovante en termes de techniques de production et de distribution, une agriculture durable qui s’inscrit dans son territoire. •

Dans une économie mondialisée, les risques liés à la monoproduction et à la seule fonction productive des agriculteurs augmentent, alors que de nouvelles fonctions sont assignées aux agriculteurs.  encourager la diversification, préserver nos paysages.

La forêt limousine arrive à maturité, mais son exploitation est freinée (grand nombre de propriétaires, petites surfaces…) et, du fait du changement climatique, elle risque d’évoluer dans les années à venir.  accompagner les gestionnaires forestiers dans le développement d’une gestion durable et collective ainsi que dans l’anticipation de l’impact du réchauffement climatique ; poursuivre la structuration de la filière bois, en faveur du développement du bois construction et du bois énergie. •

Le Limousin possède des atouts touristiques qui ne génèrent pas une économie à la hauteur de leurs potentialités.  poursuivre les efforts en équipement, gouvernance et professionnalisation, adapter l’offre au vieillissement de la population, favoriser l’interactivité, développer le tourisme rural. •

Le Limousin est la région de France la plus âgée et les seniors ont des besoins et attentes spécifiques.  faire du vieillissement un levier économique : services à la personne, services adaptés à la demande, développement de la recherche, innovation et formation. ● Les besoins régionaux en services sont grandissants (cf. vieillissement), la prise en compte d’aspects sociaux et environnementaux dans les activités économiques est à la fois une exigence de plus en plus forte et un gage de qualité de vie. L’économie sociale et solidaire en particulier est capable de répondre à ces enjeux, elle est en Limousin un secteur non négligeable et en essor.  soutenir l’économie sociale et solidaire et appuyer l’économie marchande pour une meilleure prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux. ● Les flux touristiques et de transfert sont importants en Limousin, et l’offre en termes de services à la personne et de commerce ne suffit plus pour répondre à la demande et ne génère donc pas encore la valeur ajoutée dont elle est porteuse. soutenir le potentiel de l’économie présentielle, lui permettre de générer une nouvelle économie productive. ● Le taux de création d’entreprise est faible en Limousin, et de nombreux chefs de TPE et PME arrivent à l’âge de la retraite.  faciliter la transmission et la reprise d’entreprises et intensifier l’appui à la création d’entreprise. ● Les nombreuses PME n’ont pas une taille suffisante pour atteindre seules des marchés nationaux (veille, lisibilité…) et internationaux.  encourager l’organisation en réseaux des PME et les rapprochements d’entreprises, favoriser l’accès des PME à l’international (en terme de R/D, ressources humaines, marchés). ● Les différentes branches de l’industrie limousine sont plus ou moins résistantes à la concurrence internationale.  accroître leur compétitivité et limiter leur vulnérabilité par une bonne insertion dans l’économie mondialisée. ● En termes d’économie de la connaissance, le Limousin possède de vrais atouts, mais son poids est encore trop faible pour répondre aux objectifs de Lisbonne.  renforcer, notamment pour les PME, les liens entre recherche et production, la mise en réseaux des entreprises et de la recherche, la présence ou l’accès aux fonctions supérieures et les efforts financiers (DIRD).

111


IV .

LE LIMOUSIN

FACE A LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le changement climatique est avéré et peut avoir différents impacts sur le Limousin. Pour l’affronter, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui ont en Limousin un profil spécifique, est nécessaire. La maîtrise énergétique et le recours aux énergies renouvelables, initiées en région, en sont quelques traductions.

113


Les écarts climatiques des températures maximales entre les moyennes constatées ces 30 dernières années et l’hiver 2050

Source : projection selon un scénario modéré, http://climat.science-et-vie.com/carte/carte.php


IV . 1 - L’IMPACT DU CHANGEMENT IV CLIMATIQUE . 1 – L’impact du changement climatique

La planète se réchauffe. La température moyenne globale à la surface de la terre s’est accrue d’environ 0,6°C à 0,8°C au cours du XXe siècle. Ell e devrait augmenter de 1,4°C à 5,8°C d’ici la fin d u siècle si rien n’est fait. Depuis l’ère industrielle, l’accélération a été brutale : +0,5°C au moins en cent trente ans. Le niveau moyen global des mers s’est élevé et la charge thermique des océans a augmenté. Les premiers signes du changement climatique sont déjà visibles : inondations, tempêtes, désertification, dissémination des maladies, disparition d’espèces animales… L’impact économique de tels évènements n’est pas négligeable et commence à être étudié de près par les grandes compagnies d’assurances. En effet, en trente ans, le coût de ces catastrophes est passé de 10 à 50 milliards de dollars par an. Il convient d’y ajouter le coût des migrations consécutives à ces catastrophes ou changements, qui concerne tant les régions de départ que d’arrivée (accueil de populations), ou encore les conséquences d’une diminution de la durée d’enneigement pour le secteur touristique ou du développement de maladies et de parasites en agriculture et en forêt. En France, le réchauffement observé est d’environ 0,8°C au XXe siècle, avec des augmentations plus marquées au sud (1°C) qu’au nord (0,6°C). L’évoluti on du climat du Limousin, assez semblable à celle du Sud-Ouest, est nette sur les 20 dernières années : la région a gagné de façon régulière 1°C en moyenn e. Si cette tendance reste stable (+1°C sur 20 ans), o n peut envisager des changements tels que la réduction du nombre de jours de gel par an (27 jours contre 38 aujourd’hui), les gelées ayant lieu sur une période plus courte, c’est-à-dire entre le 26 novembre et le 13 mars et non plus entre le 17 novembre et le 4 avril. A l’inverse, les jours de canicule risquent de devenir plus nombreux, avec par exemple 29 jours dépassant les 30°C à Limoges ville (19 en moyenne actuellement). Cette augmentation sera générale (Limoges Bellegarde comptabilisera dans cette hypothèse 12 jours de canicule contre 8 aujourd’hui) et concernera une période plus longue de mai à septembre. On peut citer comme conséquence agricole de ce réchauffement 110 l’avancement de la date de récolte des pommes, 17 jours plus tôt. Ces hypothèses de Météo France indiquent également une tendance possible à l’augmentation des précipitations en automne et une diminution des précipitations au printemps et en été.

En savoir plus Plan Climat régional Les rapports du GIEC Météo France

110

Source : http://www.region-limousin.fr/2027/index.php/2007/04/02/70-projections-climatiques-pour-le-limousin-pour-2025

115


Emissions départementales en 2000 6000 4000

kteCO2

2000 0

Haute-Vienne

Creuse

Corrèze

-2000 -4000 -6000 -8000 Agriculture / sylviculture

Industrie manufacturière

Transports

Résidentiel / tertiaire

Transf ormation d'énergie

Autres

Puits

Source : Solving France d’après CITEPA, départements 2000

Emission des GES des différents secteurs en France et en Limousin en 2000 kteCO2 en France

Agriculture / sylviculture Industrie manufacturière Transports Résidentiel / tertiaire Transformation d’énergie Autres Puits Total

176 386 132 056 140 381 122 237 76 549 7 911 -144 493 511 027

Parts sectorialles en France 27 % 20 % 21 % 19 % 12 % 1%

100 %

Source : Solving France

k kteCO2 en Limousin 5 380 2 769 2 008 1 938 227 282 - 5 865 6 738

Parts sectorielles en Limousin 43% 22% 16% 15% 2% 2%

100%


IV . 2 – L’IMPERATIF DE LA REDUCTION DES GAZ A EFFET DE SERRRE IV . 2 – L’impératif de la réduction des gaz à effet de serre gaz à effet de serre : un profil régional spécifique La lutte contre le changement climatique impose de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). A la suite du sommet de Rio, une convention cadre des Nations Unies complétée par le protocole de Kyoto engage les pays signataires à réduire à l’horizon 2008-2012 le niveau de leurs émissions de GES. L’Union Européenne a fixé cette réduction à 8 % par rapport à 1990, la France s’engageant pour sa part à contenir ses émissions au niveau de celles de 1990. En juillet 2005, la France, prolongeant ses engagements, a défini une stratégie visant à diviser par quatre ses émissions à l’horizon 2050. Les engagements s’appliquent aux 6 gaz à effet de serre du protocole de Kyoto : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et les gaz fluorés (hydrofluocarbures, perfluocarbures et hexafluorure). En 2000, le Limousin a émis 7 M teCO2 de ces 6 gaz, ce qui représente 1,3% des émissions nationales (pour moins de 1% de son PIB et 1,2% de sa population). Ses émissions par habitant (9,5 teCO2/ habitant) sont donc plus importantes qu’au niveau national (8,7 teCO2/habitant). Ce niveau a priori élevé est à mettre en perspective : tout d’abord la faible densité démographique de la région (42 hab/km2 contre 108 à l’échelle nationale) influence directement la dispersion de l’habitat et par là la contribution marquée des secteurs des transports (16%) et du bâtiment (15%), bien que proportionnellement moins contributeurs qu’à l’échelon national (respectivement 21% et 19%). L’agriculture est responsable de 43 % des émissions régionales, contre 27 % en moyenne pour la France. Elle est ainsi le premier secteur d’activité émetteur, alors que sa consommation d’énergie fossile ne représente que 7 % des émissions de CO2. Elle est suivie par l’industrie et quasiment à part égale par les transports et le résidentiel/tertiaire (cf. schéma).

En ce qui concerne la répartition par type de gaz des émissions régionales, le Limousin présente un profil très particulier. Si le dioxyde de carbone reste majoritaire, il est présent dans une bien moindre proportion que pour la moyenne française (40% des émissions, contre 69%), du fait de la part importante qu’occupent le méthane et le protoxyde d’azote. On retrouve ici l’originalité régionale : du fait du rôle majeur de l’agriculture (culture avec engrais, fermentation entérique, déjections animales), le méthane représente 33 % des émissions régionales (contre 13 % en France) et le protoxyde d’azote 26 % (contre 16 % en France). En termes prospectifs, les contraintes imposées par les nécessités de la lutte contre le changement climatique (émissions de CH4 et N2O dans l’élevage) devraient aboutir à une évolution du contexte de l’élevage en Limousin. On peut ainsi imaginer la modification du mode d’élevage avec une plus grande valorisation des sous-produits (méthanisation des lisiers et fumiers) et donc un recours à la stabulation, ou bien une amélioration des pratiques (agriculture biologique). Dans tous les cas, le Limousin doit préparer l’adaptation des comportements au changement climatique et lutter contre ce dernier, avec les moyens décrits dans le Plan Climat.

En savoir plus Plan Climat régional

117


Répartition des émissions énergétiques sectorielles entre 1990 et 2002

Source : Solving France d’après Ademe – DGEMP

Répartition des émissions régionales de CO2 (fossile et autres) par secteur d’activité en 2000 3000 2500

en kteCO2

2000

CO2 autre

1500

CO2 fossile

1000 500 0 Agricult ure / sylviculture

Industrie manufacturière

Transports

Résident iel / tertiaire

Transformation d'énergie

Aut res

Source : Solving France d’après DGEMP

Consommations finales sectorielles d’énergie en Limousin en 2002 900 800 700 600 500 400 300 200 100 0 Résidentiel et tertiaire

Charbon

Transports

Produits pétroliers

Industrie

Gaz

Agriculture

Electricité

Source: Solving France d’après ADEME - DGEMP.


IV . 2 – L’impératif de la réduction des gaz à effet de serre la nécessité et l’opportunité de la maîtrise énergétique Les activités humaines sont responsables de l’augmentation des GES, à commencer par les émissions de CO2. La courbe de la combustion des combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon) suit précisément celle de l’accroissement du CO2 dans l’atmosphère. Les énergies fossiles sont donc la cible de toutes les actions de lutte contre le changement climatique, car leur consommation conduit inévitablement à un déstockage du carbone géologique (mines de charbon et gisements pétroliers) en CO2 atmosphérique. Si l’on évoque également les dangers de l’émission de méthane dans l’élevage et les milieux naturels, cela ne doit pas masquer le fait que la problématique actuelle du changement climatique est liée à l’important déstockage de carbone qui a eu lieu tout au long de l’ère industrielle avec la consommation des énergies fossiles. La maîtrise de l’énergie est un des enjeux prioritaires du développement durable. Il s’agit en effet de limiter les ressources utilisées, en particulier les ressources non renouvelables, et de diminuer les impacts environnementaux liés à la production et à la consommation d’énergie, tout en répondant aux besoins élémentaires tels que le chauffage, l’alimentation en électricité des logements et des processus de production, le transport, etc. En 2005, la France a consommé 276 Mtep, soit 2,6 % de la consommation mondiale, et produit 138 Mtep (dont 117 Mtep nucléaires) soit 1,3 % de la production mondiale. Le Limousin consomme quant à lui 111 annuellement 2,2 Mtep, soit 0,8 % de la consommation française . Globalement cette consommation a augmenté entre 1999 et 2002, même si elle est estimée selon des modes quelque peu différents : alors que la population diminuait de 1 %, les consommations d’énergie fossile croissaient de 19 %, provoquant directement une augmentation de 13 % des émissions énergétiques. Le transport routier, selon la méthode de calcul choisie, est à la fois le premier secteur émetteur (45 % des émissions énergétiques fossiles en 2002) et celui connaissant une plus forte progression (+6 points entre 1999 et 2002). Il est, comme ailleurs, encouragé par un étalement urbain croissant et par l’utilisation de plus en plus fréquente de la voiture individuelle. Le seul CO2 issu de la consommation d’énergies fossiles contribue ainsi en 2000 à 89 % des émissions des transports, contre 74 % des émissions du résidentiel/tertiaire et 24 % des émissions de l’industrie manufacturière. En ce qui concerne le secteur résidentiel, les risques d’augmentation des émissions énergétiques fossiles sont réels, surtout si elles sont corrélées avec une hausse démographique. La consommation du secteur progresse en effet de manière mécanique, résultat de l’accroissement de la population et de l’abaissement du nombre d’occupants par logement, mais aussi d’un recours accru aux équipements électriques et électroniques (chauffage électrique et pompes à chaleur, climatisation, informatique et multimédia, électroménager…). Un des moyens de la juguler est l’encouragement à l’efficacité énergétique des bâtiments, au travers de la RT 2005 (régulation thermique qui vise à terme à faire disparaître du marché les produits de construction ou équipements techniques obsolètes en termes de performances énergétiques) et des diagnostics de performance énergétique exigés pour les constructions neuves. La mise en œuvre en région d’actions de promotion et de sensibilisation comme le réseau Espace Info Energie ou la conduite de diagnostics énergie dans les collectivités va dans ce sens. Elle a déjà permis d’obtenir des résultats significatifs (500 contacts par an, environ 500 projets soutenus en 6 ans), et sera renforcée par les dispositifs du Plan Climat. En savoir plus Plan Climat régional Contribution au diagnostic réalisé en vue du Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire : impact des enjeux climatiques et énergétiques, Ademe, octobre 2007 : http://www.region-limousin.fr/2027/docs/rapport_ademe2007.pdf

111

Source : Ademe

119


Des déplacements domicile-travail de plus en plus longs LA CHATRE

MONTMORILLON

MONTLUCON

GUERET BELLAC

CONFOLENS AUBUSSON

ROCHECHOUART

LIMOGES

NONTRON

USSEL

TULLE MAURIAC

PERIGUEUX BRIVE-LA-GAILLARDE

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA 0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : INSEE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Aire urbaine en 1968 Aire urbaine en 1975 Aire urbaine en 1982 Aire urbaine en 1990 Aire urbaine en 1999


IV . 2 – L’impératif de la réduction des gaz à effet de serre l’optimisation des déplacements : des efforts à amplifier En 2002, le secteur des transports est le premier consommateur d’énergie fossile avec le résidentiel tertiaire. C’est le plus vulnérable à la raréfaction des énergies fossiles, mais aussi celui qui dépend le plus d’autres secteurs : localisation de l’habitat et des services, comportements des citoyens… Contrairement à l’habitat, qui peut voir sa performance énergétique progresser rapidement et qui va tendanciellement dans ce sens, les transports ne verront pas leur part diminuer si facilement. La tendance lourde est en effet à une augmentation de la mobilité, principalement automobile : en 2005, 88 % des ménages français sont motorisés (contre 51 % en 1966), les déplacements obligatoires s’allongent et les 112 déplacements courts sont de plus en plus nombreux . Et même si la mobilité ralentit progressivement depuis le début de la décennie (stabilisation du trafic en 2004 113 et baisse de 1,4 % en 2005 ), les déplacements touristiques et la circulation individuelle en voiture personnelle, par leur ampleur et leurs conséquences, restent des problématiques majeures au regard du changement climatique. Sur ces deux points, le Limousin ne se démarque guère. Comme ailleurs, les distances domicile-travail s’allongent (la distance moyenne parcourue pour se rendre au travail est passée de 7 à 9 km entre 1990 et 1999, et de 8 à 10 km au niveau national) et les flux deviennent de plus en plus importants, en lien avec la périurbanisation : le nombre d’actifs ayant un emploi en dehors de leur commune ou aire urbaine de résidence croît régulièrement). Aussi, pour accompagner un changement de société profond et long sur les déplacements, il est utile, dans un premier temps, d’optimiser ces déplacements, afin de concilier droit à la mobilité et contrainte énergétique. Du fait du caractère rural du Limousin, une grande diffusion des transports en commun n’est pas envisageable, mais d’autres solutions existent. Des initiatives prennent d’ores et déjà leur essor. On peut ainsi citer le transport à la demande, les plans de déplacements d’entreprises, ou le développement des pôles d’échanges. Réunissant en un seul endroit l’ensemble des réseaux de transport, les taxis, les véhicules particuliers et les deux roues, le CIEL (Centre intermodal d’échanges de Limoges) a été un succès dans la capitale régionale. La Souterraine, Aubusson et Egletons ont également développé leurs propres pôles d’échange ; sont en projet ceux d’Uzerche, Bellac, Tulle et Brive. Ces pôles participent du développement de l’intermodalité, qui doit permettre d’optimiser l’ensemble des réseaux de transport en commun en Limousin. Ils illustrent la nécessité d’un travail commun de toutes les AOT (Autorités Organisatrices de Transport) pour avancer dans le même sens et proposer une offre la plus souple possible et économiquement intéressante. Les efforts entrepris en termes de billettique et de cadencement participent aussi à la valorisation des transports en commun. Enfin, la complémentarité de l’offre sera valorisée à travers la Centrale de mobilité, qui a pour objectif d’informer sur l’offre de transport en région et d’indiquer les horaires et les moyens de transports pour tout trajet sur le territoire régional. Ces efforts sont à poursuivre et d’autres voies seront peut-être à explorer, comme celles plus radicales des villes qui ont exclu la voiture de leurs centres, ou une maîtrise renforcée de l’étalement urbain (densification des centres à proximité de la gare). Plus globalement d’ailleurs, la région doit se préparer en la matière à de nombreux changements, sachant que l’on peut imaginer demain des coûts de transport encore plus élevés, un accès payant aux routes, le développement du fret ou la généralisation de l’e-economie et du télétravail : le nombre de salariés travaillant à distance pourrait passer au niveau mondial de 650 millions en 2004 à 850 millions en 2009, soit 114 un salarié sur 4 .

En savoir plus Schéma régional des Infrastructures et des Transports

112

Source : La mobilité urbaine en débat, cinq scénarios pour le futur Éditions du Certu, collection Débats N° 46, Crozet Y., Orfeuil J.P., S.Wachter S. 2005 113 Source : http://www.statistiques.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/SESP_EN_BREF_10_cle2c2b28.pdf 114 Source : IDC (http://www.atelier.fr/statistiques/2009,teletravailleurs,representeront,quart,population,active,mondiale-30644-19.html)

121


LA CHATRE Cher

Indre

MONTMORILLON Vienne

CC Gartempe Saint Pardoux CC Haut Limousin

Charente

Nieul

Saint Mathieu Oradour sur Vayres

CC Vallée de la Gorre

CC Monts de Châlus

Châlus

CC Oradour Saint Mathieu

CA Limoges Métropole

Aixe sur Vienne

Châteauneuf la Forêt

CC Pays de Saint Yrieix

AUBUSSON

Bellegarde en Marche

Felletin

Royère de Vassivière

Auzances

Crocq

CC Plateau de Gentioux Pigerolles

CC Briance Combade

CC Sources de la Creuse

la Courtine Eygurande

CC Pays de Pompadour

Seilhac

CC Bassin de la Loyre

CC A20 A89 Avenir

Ayen CC Bassin d'Objat

TULLE

CC Pays de Tulle

Donzenac Malemort sur Corrèze

BRIVE-LA-GAILLARDE

Larche CC Vézère Causse

CC Portes du Causse

CC Canton de Beynat

CC Plateau Bortois

CC Gorges de la Haute Dordogne

Bort les Orgues

Neuvic

CC Bort Lanobre Beaulieu

Lapleau CC Doustre et Plateau des Etangs

MAURIAC

la Roche Canillac

CC Pays d'Argentat

Beynat

CA Brive la Gaillarde

Egletons

Corrèze

Juillac

Meymac

CC Ventadour Doustre Luzège

CC des Monédières

Vigeois

USSEL

CC Ussel - Meymac Haute Corrèze

CC Bugeat Sornac Millevaches au Coeur

Corrèze

Uzerche

CC Pays d'Eygurande

Bugeat

CC Vézère Monédières

CC Pays d'Uzerche

CC Lubersac Auvézère

Puy de Dôme

CC Haut Pays Marchois

Gentioux Pigerolles

Treignac

Lubersac

PERIGUEUX

CC Auzances Bellegarde

CC Chénérailles

CC Portes de Vassivière

CC Martoulet

Saint Yrieix la Perche

Dordogne

Chénérailles

Sornac Saint Germain les Belles

Evaux les Bains

CC Aubusson Felletin

Eymoutiers

CC Briance Roselle

CC Issaure

NONTRON

Ahun CC C.I.A.T.E. Thaurion Gartempe

Bourganeuf

Saint Léonard de Noblat

CC Pays de Nexon

MONTLUCON

CC Chambon Evaux les Bains

Chambon sur Voueize

Jarnages

Saint Sulpice les Champs

CC de Noblat

Pierre Buffière Nexon

Creuse

CC Bourganeuf Royère de Vassivière

LIMOGES

GUERET

Pontarion

Ambazac

CC Carrefour des Quatre Provinces

CC Guéret Saint Vaury

CC Bénévent Grand Bourg

Laurière

Haute Vienne

CC Val de Vienne

Saint Laurent sur Gorre

Saint Vaury

CC Monts d'Ambazac et Val du Taurion

CC Aurence Glane Développement

Saint Junien

CC Pays de la Météorite

CC Portes de L'Occitanie

Nantiat

CC Vienne Glane

ROCHECHOUART

Bessines sur Gartempe

Boussac

Châtelus Malvaleix CC Petite Creuse

Bénévent l'Abbaye

CC Ardour Rivalier Gartempe

Allier

CC Pays de Boussac

Bonnat

le Grand Bourg

BELLACChâteauponsac

Mézières sur Issoire

CONFOLENS

la Souterraine

Magnac Laval

le Dorat

Dun le Palestel

CC Pays Sostranien

CC Brame - Benaize CC Basse Marche

CC Deux Vallées

CC Pays Dunois

Saint Sulpice les Feuilles

CC Marche Avenir

Saint Privat

Cantal

Argentat

Meyssac

CC Villages du Midi Corrézien

CC Sud Corrézien

Mercoeur

Beaulieu sur Dordogne

SARLAT-LA-CANEDA

AURILLAC

Lot 0

10 Km

Parc éolien de Peyrelevade

Possibilités d'implantation

Repères administratifs et territoriaux

Implantation favorable

Préfectures et sous-préfectures

Implantation possible sous réserve

Chefs-lieux de cantons du Limousin

Implantation défavorable

Limites de Parcs Naturels Régionaux

20

Conception et réalisation SIG Région Limousin - septembre 2005 // Sources : Conseil Régional / Météo France - 2004 / DIREN Limousin - 2005 // Fond cartographique : Bd Carto ©IGN - Paris 2005 // Reproduction et diffusion interdites

L'éolien en Limousin : un parc et des possibilités d'implantation


IV . 3 – L’essor des énergies renouvelables IV . 3 – L’ESSOR DES ENERGIES RENOUVELABLES

Face au risque d’épuisement des ressources fossiles (pétrole et gaz notamment), le développement de la production d’énergie à partir de sources renouvelables constitue un enjeu majeur. Le caractère local des énergies renouvelables offre trois intérêts : diminuer les émissions de GES, réduire la dépendance énergétique vis-à-vis des combustibles fossiles importés et s’ajuster au mieux aux consommations locales. Depuis 2000, la région s’est engagée sur le développement des énergies renouvelables au travers du PERLLES (Programme Energies Renouvelables Limousin de Lutte contre l’Effet de Serre). Elle est d’ailleurs, sur cette question, exemplaire : elle produit 50 % de son électricité à partir d’énergies renouvelables, ce qui est cinq fois plus que la moyenne française, et ce pourcentage est en hausse alors que la France, qui s’est engagée à produire 21 % de son électricité à partir d’énergies renouvelables en 2010, voit leur part réelle décliner chaque année (14 % en 2004, 9 % en 2005). La région s’est fixé un objectif de production supplémentaire en 2013 allant de 160 GW/an (si la demande électrique est maîtrisée) à 860 GW/an, dans le respect des directives européennes. Afin de réaliser cet objectif, elle mise sur le développement de l’hydraulique, de l’éolien et de la cogénération à partir de gaz naturel ou biomasse. Actuellement, l’essentiel de l’électricité produite en Limousin est d’origine hydraulique et l’essentiel de son développement est attendu dans la réhabilitation de sites anciens de petite ou moyenne puissance ou l’optimisation du rendement du parc énergétique existant. L’actualité concerne plus trois autres sources d’énergie renouvelable : l’éolien, le solaire thermique et le bois. Il n’existe pour l’instant qu’un parc éolien de 6 éoliennes à Peyrelevade, mais des permis de construire ont été signés pour de nouveaux sites et un Schéma régional de l’éolien favorise de nouvelles implantations. Celui-ci a notamment recensé les zones les plus favorables à ces implantations (cf. carte) et, basé sur le principe que le développement de l’éolien peut s’étaler sur de nombreuses années, il a commencé à préparer les esprits à ces changements dans le paysage. Le solaire thermique quant à lui est accessible à tous et peut, en Limousin, fournir 60 % des besoins en eau chaude sanitaire et jusqu’à 40% des besoins de chauffage. Il est rentable sur le long terme, mais l’investissement élevé reste assez dissuasif et lui confère actuellement moins de succès que le bois par exemple. Ce dernier cumule en effet l’avantage d’être abondant en Limousin, stockable, très calorique et neutre pour l’environnement : dès lors qu’il est issu de forêts gérées durablement, il contribue à la diminution des GES en absorbant le dioxyde de carbone. Plus de 90 chaudières bois à alimentation automatique sont aujourd’hui recensées en région, pour une puissance installée de 190 MW, dont 138 en entreprises. La consommation annuelle totale de bois de chauffage (bûches, granulés, plaquettes et déchets) est estimée à 250 ktep, sur 670 ktep/an consommés par les ménages limousins toutes énergies confondues. Le développement de l’utilisation du bois énergie est par ailleurs inscrit au Plan Bois, qui vise notamment à répondre au problème actuel d’accessibilité d’une grosse partie de la ressource.

En savoir plus Plan Climat régional Contribution au diagnostic réalisé en vue du Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire : impact des enjeux climatiques et énergétiques, Ademe, octobre 2007 : http://www.region-limousin.fr/2027/docs/rapport_ademe2007.pdf Schéma Région Eolien Cartographie des zones de développement de l’éolien en Limousin : http://www.region-limousin.fr/article.php3?id_article=1832

123


SYNTHESE DES ENJEUX

● Les secteurs des transports, du résidentiel-tertiaire et de l’industrie consomment à eux seuls 96% des énergies fossiles utilisées en Limousin alors que ces énergies se raréfient et émettent des GES.  économiser l’énergie dans l’habitat et les bâtiments publics, adapter la politique des transports, économiser l’énergie dans l’industrie.

● Le principal émetteur de GES en Limousin est le secteur agricole.  favoriser une agriculture durable en Limousin. ● Le changement climatique risque d’avoir des coûts et dommages environnementaux, matériels, financiers mais aussi humains (inégalité devant les risques, santé, modifications des comportements…).  Prévoir et favoriser l’adaptation du Limousin et des Limousins aux changements climatiques.

125


V.

LE LIMOUSIN

ET LA PRESERVATION DE LA BIODIVERSITE ET DES RESSOURCES

Un des principaux atouts du Limousin est son environnement, riche et préservé. La préservation et la valorisation de son patrimoine naturel et de ses ressources, notamment en eau, exige une maîtrise de l’espace. Des outils de planification existent, leur utilisation n’est pas encore généralisée.

127


Les unités paysagères limousines LA CHATRE

CHER

INDRE

MONTMORILLON

VIENNE

Les gorges de la Creuse et les collines du Guéretois

La Basse-Marche

Le plateau de Bénévent-l'Abbaye / Grand-Bourg

BELLAC

CONFOLENS

Les monts d'Ambazac et de Saint-Goussaud

Les monts de Blond

CHARENTE

GUERET

Le bassin de Gouzon

Le plateau de Rochechouart

Le massif de Guéret

Les collines d'Aubusson / Bellegarde

Le plateau de Millevaches USSEL

Les monts de Fayat La plateau d'Uzerche

Le massif des Monédières

Les hauts plateaux corréziens

DORDOGNE

Le pays des buttes calcaires et des terres lie-de-vin BRIVE-LA-GAILLARDE

Le causse corrézien

SARLAT-LA-CANEDA

PUY DE DOME

Le plateau de la Courtine Le mont Gargan

NONTRON

Le pays de Crocq / Felletin

Le pays de Vassivière

Les collines limousines de Vienne-Briance

Les monts de Châlus

La Basse Combraille

AUBUSSON

LIMOGES

ROCHECHOUART

MONTLUCON

Le massif de Toulx-Sainte-Croix

Limoges et sa campagne résidentielle

PERIGUEUX

ALLIER

Le Bas-Berry et la vallée de la Petite Creuse

Les gorges de la Dordogne

TULLE

La campagne résidentielle de Tulle

MAURIAC

Brive et ses environs Le bassin de Meyssac

LOT

La Xaintrie

CANTAL

AURILLAC

La vallée de la Dordogne 0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Paysages en Limousin, DIREN-Région-Université, 2005 // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdite

Les unités paysagères limousines Les paysages de la montagne Les paysages de campagne - parc Les paysages de la marge aquitaine


V . 1 - UN PATRIMOINE NATUREL A PRESERVER ET A VALORISER V . 1RICHE – Un patrimoine naturel riche à préserver et à valoriser des paysages expression de l’identité limousine Le Limousin, ensemble historique homogène, présente une identité remarquable : ses terres acides émergent des pays calcaires environnants au nord, à l’ouest et au sud (Berry, Poitou, Angoumois, Périgord et Quercy). Il n’en est pas moins varié, puisque trois grands types d’ambiances paysagères peuvent être distingués : une ambiance sous influence montagnarde, une ambiance de campagne-parc et une ambiance de marges aquitaines. Les ambiances paysagères sous influence montagnarde, le plus souvent au-dessus de 500 mètres d’altitude, sont à dominante forestière. Elles se traduisent par un assemblage de croupes boisées, de dépressions humides, de prairies à l’herbe dense et de murets de blocs de granite. Elles sont aussi marquées par la rareté des hommes, disséminés en fermes isolées et petits villages ou regroupés dans les bourgs et villes modestes autour de la montagne. Les ambiances paysagères de la campagne-parc occupent, au nord et à l’ouest, la périphérie du cœur montagneux de la région, à des altitudes inférieures à 500 mètres. Les hommes sont plus nombreux, les villes plus importantes (Limoges, Brive, Tulle…), les communications plus faciles, les horizons plus dégagés, les forêts plus petites et plus espacées. Le chêne est très présent, les pâtures dominent mais les cultures trouvent une place non négligeable tandis que les vergers font leur apparition. Une étroite marge aquitaine, enfin, rattache le Limousin au grand Sud-Ouest français. La diversité paysagère tient ici à la variété des roches sédimentaires : les bassins sont découpés en une multitude de collines largement anthropisées. L’ensemble de ces paysages sont la résultante d’une double évolution dans les systèmes agricoles (abandon de la polyculture) et dans la place donnée à l’arbre, avec un taux de boisement passé de 10 % dans l’entre-deux-guerres à plus de 30 % aujourd’hui et contribuant à uniformiser, du moins en apparence, les espaces. Leurs principales forces sont les roches, le panel de couleurs, une architecture préservée de grande qualité, des arbres isolés et épanouis et une eau omniprésente. Pour valoriser les paysages, il s’agit tout d’abord de les rouvrir aux horizons autrefois dégagés de la montagne limousine, ce qui implique une agriculture dynamique. La montagne doit également lutter contre son enrésinement et se diversifier, afin notamment de combattre l’uniformisation des milieux. Quant à la campagne-parc, sa qualité devrait être renforcée par l’intégration au paysage les aménagements routiers et par le renouvellement des structures arborées, en évitant la destruction systématique des haies. Plus globalement, il conviendra aussi de prendre en compte les enjeux paysagers que portent la qualité du bâti, industriel, agricole ou résidentiel. Si ces actions prennent le contre-pied de quelques tendances (urbanisation, extension forestière…), elles se révèlent pertinentes dans le cadre d’une demande de plus en plus forte et exigeante de paysage et plus généralement de campagne loisir et ressource.

En savoir plus Paysages en Limousin, de l’analyse aux enjeux, DRE-Université de Limoges-Région Limousin, 2005 : http://diren.dev.e-services.fr/donnees/frame.asp?page=index

129


Biodiversité : les zones d'intérêt en Limousin LA CHATRE

MONTMORILLON

MONTLUCON

GUERET BELLAC

CONFOLENS AUBUSSON

LIMOGES

ROCHECHOUART

NONTRON

USSEL

TULLE MAURIAC

PERIGUEUX BRIVE-LA-GAILLARDE

AURILLAC

SARLAT-LA-CANEDA 0

10

20

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : DIREN // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Arreté de protection de biotope Zones Natura 2000 ZNIEFF ZICO


V . 1 – Un patrimoine naturel riche à préserver et à valoriser une biodiversité riche mais menacée Au niveau mondial, la montée en puissance des civilisations modernes et de leurs technologies a provoqué un processus de disparition des espèces et habitats naturels ou semi-naturels, entraînant une érosion accélérée de la diversité biologique. Si, dans ce cadre, le Limousin reste relativement préservé, il a lui aussi déjà connu une perte de biodiversité à cause de la disparition progressive de certains milieux remarquables tels que les forêts feuillues anciennes, les landes sèches et les zones humides (dont les tourbières) du fait de leur transformation volontaire ou de leur manque d’entretien. De plus, la raréfaction d’espèces emblématiques (écrevisses à pattes blanches, truite fario) résulte pour partie de l’artificialisation de la morphologie des cours d’eau : étangs, seuils, barrages. Les espèces animales, avifaune notamment, connaissent également cette perte de biodiversité, parfois de manière spectaculaire. Cela a encouragé la Région, à la suite d’initiatives européennes, à cibler des espaces remarquables pour la conservation précise d’oiseaux sauvages (Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux) et d’habitats naturels, faune et flore sauvages (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique). Ces zones, dont certaines ont été labellisées Natura 2000, se distinguent en Limousin par la place de la forêt (55 % contre 39 % en France). La Corrèze est le département le plus concerné par les sites 115 Natura 2000, il comprend par exemple plus de la moitié des zones de protection d’habitats . Sur la base des inventaires ZICO, des zones de protection spéciale ont été définies en 2006. Elles couvrent 5 % du territoire régional (87500 ha). Selon les sites, les principales espèces à protéger sont précisées ciaprès. Zones de protection spéciale : principales espèces d’oiseaux rencontrées sur les sites ayant justifié la création de la zone Étang des Landes

Bondrée apivore, Busard cendré, Busard des roseaux, Busard Sain-Martin, Grue cendrée, Héron pourpré, Marouette poussin, Oenicdème criard Gorges de la Dordogne Aigle botté, Bondrée apivore, Busard cendré, Busard Saint-Martin, Circaète Jean-le-Blanc, Faucon pèlerin, Hibou grand-duc, Milan noir, Milan royal Plateau de Millevaches Alouette lulu, Engoulevent d'Europe, Busard cendré, Circaète Jean-le-Blanc, Pie-grièche écorcheur, Chouette de Tengmalm Source : DIREN Limousin, mai 2006

La conservation, dans le cadre des ZNIEFF, de 34 000 ha d’habitats naturels répartis sur 33 sites répond quant à elle au besoin de protéger différents milieux, dont les landes et tourbières d’intérêt communautaire. Les landes ont en effet perdu beaucoup de leur intérêt avec l’élevage de bovins, qui a progressé au détriment de la brebis limousine. Nombreuses landes et tourbières (malgré leur évolution lente) ont ainsi disparu et d’autres sont vouées à disparaître à moyen terme. Les milieux aquatiques et marais, abritant une végétation et une vie animale particulièrement riche et dense, sont une autre cible de préservation, suivis par les pelouses, à fort intérêt entomologique, les prairies (inondables, montagnardes…) et certaines forêts 116 (hêtraies à houx, chênaies, châtaigneraies…) . Ce zonage est complété par des arrêtés de biotope, qui fixent les mesures visant à favoriser la conservation des biotopes nécessaires à l’alimentation, à la reproduction, au repos ou à la survie d’espèces protégées. Ces zones sont au nombre de 13 en Limousin.

En savoir plus Conservatoire régional des espaces naturels du Limousin : http://www.conservatoirelimousin.com/ Limousin Nature Environnement : http://www.lne.asso.fr/

115 116

Source : DIREN ( http://diren.dev.e-services.fr/donnees/nature/natura_2000/directive_habitats/N2000_Occup_sol_07_2007.pdf ) Source : Conservatoire Régional des Espaces Naturels du Limousin (http://www.conservatoirelimousin.com/)

131


Les 45 parcs naturels régionaux de France

Source : Fédération des PNR de France, http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/fr/decouvrir/parcs.asp


V . 1 – Un patrimoine naturel riche à préserver et à valoriser des zones naturelles remarquables L'inventaire des ZNIEFF (zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes au plan écologique, essentiellement dans la perspective d'améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d'aide à la prise en compte de l'environnement dans l'aménagement du territoire. Leur actualisation validée en 1999 a vu leur nombre augmenter (elles sont aujourd’hui 378) et, dans une moindre mesure, leur superficie. Les quelques surfaces retirées le doivent pour 81 % à une dégradation due à l’action de l’homme, dont 83 % à l’enrésinement. C’est principalement sur cette base qu’ont été mis en œuvre, en Limousin, les dispositifs suivants (hors Natura 2000 et arrêtés de biotope) : - deux PNR - deux réserves naturelles nationales, bientôt trois - cinq réserves naturelles volontaires ou régionales - 312 ha du Conservatoire du littoral et des rivages lacustres - 1 477 ha gérés par le Conservatoire des espaces naturels du Limousin (CREN). Les deux parcs naturels régionaux (PNR Périgord-Limousin et PNR de Millevaches en Limousin) concourent à la politique de protection de l'environnement, d'aménagement du territoire, de développement économique et social et d'éducation et de formation du public. Ils développent donc une approche globale de leur milieu, qu’ils valorisent. Une réserve naturelle nationale est une zone délimitée et protégée juridiquement pour assurer la conservation d'éléments du milieu naturel d'intérêt national ou la mise en œuvre d'une réglementation communautaire ou d'une obligation résultant d'une convention internationale. La réserve naturelle est reportée en annexe du Plan Local d'Urbanisme ou du plan de sauvegarde et de mise en valeur, ainsi qu’en annexe des documents de gestion forestière. Son homologue régionale est un espace naturel présentant un intérêt particulier pour la faune, la flore, le patrimoine géologique ou paléontologique ou, d'une manière générale, pour la protection des milieux naturels. Elle est créée à l'initiative du Conseil Régional ou à la demande des propriétaires concernés. La décision de classement est ensuite prise en précisant les limites, les actions, activités, constructions, installations, modes d'occupation des sols qui y sont réglementés ou interdits, la durée du classement ainsi que les modalités de gestion et de contrôle. Le Conservatoire du littoral, qui mène une politique foncière visant à la protection définitive des espaces naturels et des paysages sur les rivages maritimes et lacustres, a quant à lui déterminé la manière dont doivent être aménagés et gérés, par des collectivités, les sites qu'il a acquis. Enfin, le CREN assure quatre missions de connaissance (inventaires, analyses), protection (achats de sites, conventions), gestion et valorisation. Il gère aujourd’hui 100 ha de terrain répartis sur 50 sites, et en possède un tiers. En termes de superficie concernée, ce dispositif de protection peut sembler limité au regard de la valeur environnementale de l’espace limousin. Il faut cependant remarquer que la région est moins concernée que d’autres par certains risques. Seuls sept sites industriels font l’objet d’un classement SEVESO et l’agriculture limousine est essentiellement basée sur des activités relativement non polluantes. De la même manière, il n’existe pas de risques naturels, sinon lors des sécheresses, des inondations et de la formation de cavités. Préserver cette richesse reste pourtant un enjeu de taille, tant pour la préservation générale de l’environnement et le maintien d’une activité agricole durable et extensive, que pour la valorisation de cet atout : dans une Europe demain sur-densifiée, les espaces naturels de qualité prendront en effet de la valeur et représenteront un facteur d’attractivité de plus en plus important.

En savoir plus Conservatoire régional des espaces naturels du Limousin : http://www.conservatoirelimousin.com/

133


La qualité des cours d'eau limousins

Possibilité d'atteinte du bon état* des eaux** en 2015 Respect des objectifs, bon état Doute Délais et actions supplémentaires nécessaires Non qualifié Masses d'eau fortement modifiées***

* Le bon état est atteint lorsque les bons états chimiques et écologiques sont atteints. Il synthétise les états hydrologiques, morphologiques, biologiques et physico-chimiques. Les masses d’eau en Limousin sont majoritairement déclassées à cause de leurs mauvaises qualités morphologiques et hydrologiques dont l’amélioration nécessite de longs délais. ** Les très petits cours d'eau sont représentés pour le bassin"Loire-Bretagne", et non pour le bassin "Adour-Garonne".

0

20

40

*** Masse d’eau de surface qui, par suite d’altérations physiques dues à l’activité humaine, est fondamentalement modifiée quant à son caractère. Du fait de ces modifications, la masse d’eau ne peut atteindre le bon état. Les activités ne peuvent être remises en cause pour des raisons techniques ou économiques, les objectifs à atteindre sont alors ajustés : elle doit atteindre un bon potentiel écologique.

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : Agences de l'eau Adour-Garonne et Loire-Bretagne // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Les outils de gestion de la ressource "eau" en Limousin

Sedelle, Cazine et Brezentine

Cher amont

Gartempe

Tronçons hydrographiques Contrats de rivieres En cours d'exécution En cours d'élaboration

Sioule Vienne

SAGE En phase d'exécution En phase d'élaboration

Vallee de la Veyre - Lac d'Aydat

Haute Dordogne

Les zonages des contrats de rivière représentés ici sont des zonages administratifs (et non hydrographiques).

* Les très petits cours d'eau sont représentés sur la zone "Loire-Bretagne", et non sur la zone "Adour-Garonne".

Cere aval

0

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Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : SANDRE // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites


V . 2 – DES RESSOURCES NATURELLES A MIEUX PRENDRE EN COMPTE V . 2 – Des ressources naturelles à mieux prendre en compte l’eau, une ressource essentielle L’eau est l’enjeu majeur de ces prochaines années à l’échelle de la planète, mais aussi en Europe. L’imperméabilisation des sols, la pression croissante à laquelle est soumise la ressource du fait des modes de consommation et de production et la menace que font courir les pollutions sur sa qualité rendent cette ressource d’autant plus précieuse. 95% des cours d’eau et 90% des nappes phréatiques mondiaux sont pollués par des pesticides. Dans ce cadre, le Limousin présente des avantages certains et tout d’abord celui de la quantité, élevée comparativement à la moyenne française. La région compte en effet 9 000 km de rivières, 12 000 étangs, 7 500 ha de milieux humides et 2 bassins hydrographiques majeurs (Adour-Garonne pour 40 % du territoire et Loire-Bretagne pour 60 %). Ce réseau dense est alimenté par une pluviométrie élevée. Les cours d’eau limousins bénéficient d’une très bonne qualité physico-chimique (bonne à très bonne pour 117 74,3% des cours d’eau, contre 55,8% des cours d’eau de France métropolitaine en 2002 ), mais pâtissent d’une mauvaise qualité hydrologique te morphologique, notamment pour le réseau hydrographique secondaire, à plus faible débit. Les trois principales causes sont les modifications hydrologiques et morphologiques (ouvrages barrant le lit des cours d’eau), la pollution domestique (absence ou mauvais fonctionnement des stations d’épuration) et un tissu industriel composé avant tout de petites entreprises qui disposent rarement de système de traitement. Sur les 146 masses d’eau « cours d’eau » du Limousin, 65% sont touchés par des dégradations de la morphologie et 61% par des perturbations 118 hydrologiques . La pollution induite se traduit par une problématique d’eutrophisation progressive quasi générale des plans d’eau. L’eutrophisation conduit souvent à des interdictions de baignade du fait de la présence de cyanobactéries, menaçant alors le tourisme local. De son côté, l’alimentation en eau potable présente une certaine vulnérabilité relative à la qualité (eaux agressives et sensibles aux pollutions accidentelles ou chroniques du fait de la faible protection des multiples captages se traduisant par des non conformités bactériologiques) et à la quantité en période de sécheresse prolongée (absence de ressources issues de nappes phréatiques ou profondes). Face à ces problèmes, les acteurs de l’eau se sont engagés à agir pour la préservation et la restauration des fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques (conserver les zones humides, assurer la continuité des berges…), la réduction des pollutions diffuses et la préservation de la qualité des eaux, la gestion quantitative de la ressource en eau, la gestion intégrée et solidaire de la ressource 119 et des milieux aquatiques, à travers le SAGE Vienne et les contrats de rivière, ainsi que l'exploitation des réseaux départementaux de suivi et d'évaluation de la qualité des eaux de rivière. Ils ont ainsi à élaborer un diagnostic de leurs territoires respectifs afin de fixer leurs objectifs propres et les actions appropriées : travaux d’assainissement, gestion de la ressource en période d’étiage, lutte contre la pollution par les produits phytosanitaires… Préserver et protéger le réseau hydrographique pour conserver au Limousin le label de qualité de ses cours d’eau et les attraits touristiques d’une région nature, « pays de l’arbre et de l’eau » sont des enjeux majeurs pour les acteurs locaux et la population régionale. Il y a également, là aussi, matière à renforcer l’attractivité régionale dans les prochaines années, l’eau devenant une ressource de plus en plus rare. En termes prospectifs, si la préservation de la qualité de l’eau dépend directement de l’homme, des interrogations demeurent quant aux impacts du changement climatique sur la ressource. La lutte contre le changement climatique trouve donc, ici encore, des arguments.

En savoir plus DIREN : http://diren.dev.e-services.fr/donnees/frame.asp?page=index SAGE : http://www.region-limousin.fr/article.php3?id_article=355&var_recherche=sage Forum régional de l’eau en Limousin Convention d’application eau dans le cadre du CPER 2007-2013

117 118 119

Source : http://eider.ifen.fr/Eider/series.do Source : état des lieux réalisé dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre Européen sur les bassins. Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux

135


Nombre de jours avec au moins un dépassement du seuil de protection de la santé humaine pour l'ozone en 2006 (120 ug/m3 en moyenne sur 8 heures consécutives) Rhone-Alpes PACA Poit ou-Charente Picardie Pays de la Loire Nord-Pas-de-Calais M idi-Pyrénées Lorraine Limousin Languedoc-Roussillon Ile-de-France Haut e-Normandie Franche-Comté Champagne-Ardennes Centre Bretagne Bourgogne Basse Normandie Auvergne Aquitaine Alsace

0

20

40

60

80

100

120

Source des graphiques : BDQA, AASQA-ADEME-IFEN, Code de l’environnement

Moyenne annuelle de concentration en SO2 en 2006 (ug/m3) Rhone-Alpes PACA Poitou-Charente Pays de la Loire Nord-Pas-de-Calais M idi-Pyrénées Lorraine Limousin Languedoc-Roussillon Ile-de-France Haute-Normandie Franche-Comté Champagne-Ardennes Centre Bretagne Bourgogne Basse Normandie Auvergne Aquitaine Alsace

0

2

4

6

8

10

12

Moyenne annuelle de concentration en NO2 en 2006 (ug/m3) Rhone-Alpes PACA Poitou-Charente Picardie Pays de la Loire Nord-Pas-de-Calais M idi-Pyrénées Lorraine Limousin Languedoc-Roussillon Ile-de-France Haute-Normandie Franche-Comté Champagne-Ardennes Centre Bretagne Bourgogne Basse Normandie Auvergne Aquitaine Alsace

0

5

10

15

20

25

30

35

40

Valeurs limites pour la protection de la santé humaine


V . 2 – Des ressources naturelles à mieux prendre en compte un air de qualité La qualité de l’air limousin, mesurée par LIMAIR, est relativement bonne, puisque les valeurs limites n’ont jamais été atteintes, les seuils d’alerte ont toujours été respectés et les objectifs de qualité sont respectés pour l’ensemble des polluants à l’exception de l’ozone. Une attention particulière doit pourtant être portée à quelques polluants qui, contrairement à d’autres en baisse constante, stagnent (poussières) ou augmentent (ozone), avec les conséquences sur la santé que cela implique. Le dioxyde de souffre (SO2) fait heureusement partie des premiers. Avec une concentration moyenne mesurée de 3 µg/m3 sur l’ensemble du Limousin depuis 1998 (contre 5 µg en moyenne annuelle sur l’ensemble des agglomérations en 2005), le SO2 ne peut être considéré comme un polluant majeur. Un tissu industriel peu dense et une baisse générale des teneurs en SO2 sur le plan national (carburants et combustibles « basse teneur » en souffre, réglementation industrielle…) favorisent cette faible concentration sur la région limousine. Les concentrations en dioxyde d’azote (NO2) suivent une courbe semblable. Entre 1992 et 2004, les concentrations en dioxyde d’azote ont baissé d’environ 40 % dans la plupart des agglomérations ; si l’on considère les 6 dernières années, cette baisse est de l’ordre de 17 % et l’année 2005 confirme ce progrès. Cette baisse provient notamment des modifications des pots catalytiques des véhicules, qui constituent les principaux émetteurs de ces polluants. Le Limousin se distingue ici légèrement par des évolutions de concentrations en NO2 observés principalement en période hivernale. L’utilisation massive de l’énergie fossile (chauffage domestique) et la diminution du rendement des moteurs thermiques favorisent la hausse des concentrations. La moyenne de NO2 entre 1998 et 2001 est de 19 3µg/m3 pour un maximum mensuel de 40 3µg/m3 sur une des villes de la région (la valeur limite est de 50 3µg/m3). Ces évolutions restent à surveiller, car le dioxyde d’azote est un gaz irritant qui pénètre dans les plus fines ramifications des voies respiratoires et peut provoquer des troubles chez l’asthmatique et chez l’enfant. Il intervient également dans le processus de formation d’ozone dans la basse atmosphère et contribue au phénomène des pluies acides. Les évolutions de concentrations de particules en suspension, quant à elles, restent stables depuis la création du réseau de surveillance de la qualité de l’air. Les particules les plus fines représentant les risques les plus importants pour la santé (elles peuvent, surtout chez l’enfant, irriter les voies respiratoires inférieures et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble), des mesures de réduction des émissions sont prévues en France, incluant en particulier le renforcement des valeurs limites d’émissions des véhicules légers de diesel. L’ozone est le polluant majoritaire sur la région. Il est très largement responsable des indices de qualité de l’air les plus élevés. Les variations d’ozone sont dues en grande partie aux variations climatiques et en particulier à l’ensoleillement, ce qui explique les pics de l’été 2003. Cette pollution s’observe également surtout dans les régions périurbaines et rurales sous le vent des agglomérations, elle résulte du transport des polluants. Au-delà des pics saisonniers, on constate en France une augmentation du niveau de fond. Depuis 1994 les concentrations ont ainsi augmenté de 30 % à 50 %, tant en zone rurale que dans les agglomérations et ce malgré la baisse des émissions des polluants précurseurs de l’ozone. La moyenne entre 1998 et 2001 s’établit en Limousin à 47 µg/m3 pour un maximum mensuel de 74 µg/m3 120 (le maximum national, enregistré en Ile-de-France en août 1998, étant de 340 µg/m3) . L’ozone pénètre facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus fines, il provoque la toux et une altération pulmonaire, 121 surtout chez les enfants et les asthmatiques, ainsi que des irritations oculaires .

En savoir plus IFEN : http://www.ifen.fr/acces-thematique/air.html ADEME : http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12617

120 121

Source : http://www.infoxygene.com/dossiers/article.php?id=4 Source : http://www.limair.asso.fr/LIMAIR/sommaire.html

137


Sites et sols pollués en France en 2006

539

181

197 61

297

153

380

250

60 92

163

77

87

60 48

78

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190 158

174

80

7

0

100

200

Km Conception et réalisation SIG Région Limousin décembre 2007 // Source : BASOL, IFEN // Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdites

Nombre de sols pollués en 2006

Répartition régionale des sols pollués français en 2006 en %

297

7,7 - 14 2,4 - 7,7

Nombre de sols pollués en France en 2006 : 3876

1,6 - 2,4 0,2 - 1,6 Un site pollué est un site présentant un risque pérenne, réel ou potentiel, pour la santé humaine ou l'environnement du fait d'une pollution résultant d'une activité actuelle ou ancienne sur ce site, généralement d’origine industrielle. Les anciennes zones minières et les zones fortement industrialisées sont les plus concernées


V . 2 – Des ressources naturelles à mieux prendre en compte état des sols : deux menaces à contenir 122 Le sol, support du développement humain et de la plupart des écosystèmes terrestres, est un milieu complexe et multifonctionnel. Il joue un rôle économique de premier plan notamment dans l’alimentation des populations. Il est également reconnu pour son rôle environnemental, dans les problématiques du changement climatique ou dans la protection des autres ressources en raison notamment de ses capacités de dépollution et de stockage. Les sols sont menacés par différents types de dégradation liés à la surexploitation agricole, aux pollutions industrielles, à l’épandage des boues de station d’épuration… Ces pressions sont à l’origine de problèmes environnementaux de mieux en mieux identifiés. En juin 2002, la Commission européenne a dressé la liste des 8 principales menaces pesant sur les sols européens : l'érosion, la diminution des teneurs en matières organiques, la contamination, l'imperméabilisation, le tassement, la diminution de la biodiversité, la salinisation et les inondations et glissements de terrain. Le Limousin doit quant à lui être plus particulièrement vigilant vis-à-vis de deux menaces : la pollution de ses sols et les émissions radioactives naturelles. En 2006, 48 sites sont qualifiés de pollués en Limousin et ce chiffre augmente régulièrement : il a été multiplié par plus de 5 depuis 1994. Parallèlement, des progrès sont heureusement enregistrés dans leur traitement, une vingtaine de sites ont été diagnostiqués et traités depuis 2004, mais, pour la seule Corrèze, plus de 2 000 sites, recensés comme potentiellement pollués, restent encore à évaluer. Dans le même registre, le nombre d’installations soumises à autorisation fluctue autour de 700 depuis 1994, l’année 2006 marquant l’émergence d’une diminution, avec 614 installations recensées. Parmi celles-ci, on compte 12 installations classées SEVESO 2, soit 1 % total national. On note par ailleurs une augmentation globale du nombre de ces installations, alors même qu’il diminue globalement en France. Le second point noir majeur des sols limousins est leur teneur en radon, gaz radioactif lié aux roches granitiques des massifs anciens. Pour ces raisons géologiques, la radioactivité naturelle est supérieure à la moyenne des régions françaises : la concentration moyenne de radon dans les unités d’habitation s’élève en 1999 à 223Bq/m3, avec des disparités entre la Creuse (262 Bq/m3) et la Haute-Vienne (204 Bq/m3), mais dépassant dans tous les cas la moyenne française de 90 Bq/m3. Les pouvoirs publics ont retenu la barre de 1000bq/m3 comme seuil de dangerosité justifiant la prise rapide de mesures correctrices, mais il est souhaitable d’entreprendre des actions pour les bâtiments existants dès 400 bq/m3 et une valeur de 200 bq/m3 est retenue pour les constructions neuves. Etant donné les risques sanitaires liés à ces émissions radioactives et l’évolution préoccupante de la concentration de radon, qui augmente partout depuis 1997, des mesures ont été prises avec l’élaboration d’un Plan radon. En ce qui concerne les autres menaces pour les sols, le Limousin apparaît relativement bien préservé. Il est tout d’abord plutôt peu sensible aux phénomènes d’érosion, qui constituent la principale menace pesant sur les sols européens. Les coulées boueuses par exemple, dont la fréquence est un bon indicateur d’une érosion chronique, n’ont été importantes qu’en 1992 et ont retrouvé depuis des fréquences semblables à celles observées dans les années 1980 : seulement 74 communes, soit 10 %, ont été touchées depuis 1985, contre 32 % à l’échelle de la France métropolitaine. En 1998, seules deux zones apparaissent comme plus vulnérables : autour de Limoges, où une zone d’aléa à l’érosion des sols a été modélisée mais reste virtuelle grâce à la stabilité des terrains, qui possèdent une forte quantité de matière organique, et le sud du Limousin qui, malgré un aléa faible, présente un problème de stabilité du substrat. Plus généralement, les risques naturels (inondations, sécheresses, séismes…) sont faibles en Limousin ; 27 % des communes (203) ont été touchées au moins une fois depuis 20 ans (hors tempête de 1999), ce qui est peu relativement aux 66 % des communes françaises. Parmi ces risques, les inondations, crues et coulées de boue sont les plus fréquentes (199 communes concernées), suivies par les mouvements de terrain non liés à la sécheresse, sans pour autant que l’on remarque une augmentation des fréquences. La sensibilisation à ces risques évolue positivement, 60 communes disposent en 2003 d’un Plan de Prévention des Risques ou assimilé approuvé et ce chiffre a été multiplié par 2 en 10 ans. C’est un point d’autant plus encourageant que le changement climatique risque de bouleverser ces données et d’accroître les risques naturels même dans des régions comme le Limousin.

122

Source : IFEN (http://eider.ifen.fr/Eider/series.do)

139


Un effort inégal de valorisation des déchets ménagers

Part des déchets valorisés dans les ordures

ménagères reçues dans les installations en 2004 84 - 100 62 - 84 39 - 62 16 - 39 0 - 16

France métropolitaine : 57,85 % Limousin : 56,73 %

0

110

220

Part des déchets triés, incinérés avec récupération d'énergie, utilisés pour la production de méthane et pour la fabrication de compost dans la quantité totale de déchets reçus dans les installations de traitement des ordures ménagères. Les déchets sont ceux mis en décharge autorisée, c'est-à-dire dans des lieux de stockage de déchets qui ont fait l'objet d'une autorisation préfectorale au titre des installations classées pour la protection de l'environnement. La donnée est recensée au lieu de traitement, sur le seul champ des ordures ménagères, c'est-à-dire ne comprenant ni la collecte sélective effectuée en déchetterie, ni la production de déchets verts et d'encombrants, ni les décharges recevant moins de 3 000 tonnes par an. Dans le contexte du développement durable, la valorisation des déchets permet de limiter l’impact des décharges sur l’environnement et d’améliorer l’éco-efficacité de l’économie.

Km Conception et régalisation SIG Région Limousin janvier 2008 // Source : ADEME// Fond cartographique : FLA ® IGN Paris 2007 - Reproduction et diffusion interdites

Un nouvel axe pour la valorisation des déchets : les ressourceries et recycleries

Ressourceries et recycleries * membres du réseau en 2006 1

* Une recyclerie ou ressourcerie gère, sur un territoire donné, un centre de récupération, de valorisation, de revente et d’éducation à l’environnement. Son activité est inscrite dans le schéma de gestion des déchets du territoire.

0

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Km Conception et régalisation SIG Région Limousin janvier 2008 // Source : www.recycleries-ressourceries.org // Fond cartographique : FLA ® IGN Paris 2007 - Reproduction et diffusion interdites


V . 2 – Des ressources naturelles à mieux prendre en compte gestion des déchets : le Limousin doit continuer à être exemplaire 129 En 2004, la France produit en moyenne 380 kg d’ordures ménagères par habitant, le Limousin 370. La ème position des régions les moins productrices. Il n’en a pas toujours été région se positionne ainsi en 8 ainsi. La production de déchets municipaux et assimilés a par exemple connu en Limousin une évolution différente de la production française : alors que cette dernière n’a cessé de croître entre 1993 et 2000 et stagne depuis, la hausse en Limousin a été beaucoup plus brutale (elle a été multipliée par deux entre 1993 et 2000) puis la courbe est ensuite redescendue, matérialisant des progrès récents. Ces progrès régionaux sont peut-être plus importants en matière de gestion des déchets que de réduction de la production, comme cela apparaît dans l’analyse les différents traitements des déchets municipaux (ordures ménagères et déchets des collectivités) : 44% sont incinérés, contre 30 % en France, mais la totalité des quantités incinérées donne lieu à récupération d’énergie depuis 2000. L’incinération reste pourtant le traitement le plus coûteux, le plus difficile à maîtriser au niveau environnemental et se trouve être la filière qui crée le moins d’emplois. La fabrication de compost occupe quant à elle 4 % des quantités traitées, ce qui est peu face aux 10 % français, mais qui augmente régulièrement. Le taux de valorisation énergétique atteint 43,8% en Limousin, contre 27,7 % en France en 2004. 38 % sont stockés (contre 46 % en France) et les 18% restants représentent les quantités triées en vue d’un recyclage, ce qui est un bon résultat (le tri ne concerne que 13 % des quantités traitées en France). Dans ce domaine du tri, la région a fait de gros efforts, elle a par exemple rattrapé son retard concernant la proportion de population desservie par une déchèterie, passant de 41 % à 70 % entre 1999 et 2001 quand la France métropolitaine passait de 56 % à 73 %. En 2006, le parc de déchèteries compte 76 installations en fonctionnement. Les déchets dangereux quant à eux, estimés à 29 120 tonnes en 2006, ont largement diminué depuis 1997 (environ 35 000 tonnes). Cette tendance, contraire à la hausse observée au niveau national, est le résultat du précédent Plan d’Elimination des Déchets Industriels spéciaux en Limousin (PREDILIM), qui s’attachait principalement à la gestion des déchets industriels spéciaux. La mise aux normes réglementaires ainsi que la mise en place de programmes de management environnementaux dans ces entreprises a favorisé la réduction du tonnage de DD (déchets dangereux). Aujourd’hui ce sont les déchets dangereux diffus (de l’artisanat, des ménages, de l’agriculture, des patients en auto-traitement…) qui posent le plus de problèmes et qui nécessitent donc une meilleure gestion (collecte, élimination, information et sensibilisation des producteurs). Si les actions déjà engagées se maintiennent, sans mesures nouvelles, le gisement des déchets dangereux totaux est estimé en 2016 à 28 578 tonnes et son taux de collecte à 89 %. Ces déchets dangereux sont majoritairement éliminés ou valorisés à l’extérieur de la Région. Ainsi, 87 % de déchets dangereux issus des gros producteurs en 2006 sont transportés vers des sites de traitement appropriés situés en dehors du Limousin. La production globalement en hausse sur une longue période des déchets, qu’ils soient dangereux ou non, constitue une menace qui doit être prise au sérieux car ses effets non contrôlés peuvent toucher les océans, les nappes souterraines, les eaux de surface, les sols, l’atmosphère. Des moyens ont ainsi été mis en œuvre, comme les Plans départementaux d’élimination des déchets qui reprennent l’objectif du Plan national de prévention de stabiliser les tonnages de déchets à 2008, ou le Plan Régional d’Elimination des Déchets Dangereux qui vise à prévenir ou réduire la production et la nocivité des déchets. Des actions sont également menées par les industriels, comme l’utilisation de matières d’emballage plus légères, permettant de réduire le tonnage collecté alors même que le nombre d’emballages augmente très fortement du fait de la hausse du nombre de personnes seules (plats individuels, portions individuelles…). Pour les petites entreprises, un outil de collecte et de gestion des déchets dangereux a été mis en place (Récup’R). Le secteur des BTP a aussi des dispositifs spécifiques. Dans ce domaine comme dans d’autres, les consommateurs (ménages, collectivités, entreprises…) ont, par leurs choix d’achats et de comportements, leur mot à dire.

En savoir plus Ademe : http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12614 Plan départemental d’élimination des déchets de la Haute-Vienne Plan départemental d’élimination des déchets de la Corrèze Plan départemental d’élimination des déchets de la Creuse Plan régional d’élimination des déchets dangereux

129

Source des données : IFEN et Ademe

141


Des départements limousins peu artificialisés

Taux d'artificialisation en 2003 77 15 - 25 10 - 15 6 - 10 2-6

France métropolitaine : 8,27 % Limousin : 5,40 %

0

100

200

Km

La superficie « artificielle » d'un territoire comprend les espaces non revêtus (chantiers, décharges, cimetières) et revêtus (bâtiments, parkings, routes, jardins d'agrément. Elle est rapportée à la superficie départementale.

Conception et régalisation SIG Région Limousin janvier 2008 // Source : SCEES, enquête TERUTI// Fond cartographique : FLA ® IGN Paris 2007 - Reproduction et diffusion interdites

Une artificialisation grandissante du Sud et du Nord-Ouest

Evolution du taux d'artificialisation entre 1993 et 2003 26 à 47 15 à 26 0 à 15 -18 à 0 -46 à -18 France métropolitaine : 17,4% Limousin : 12,8 %

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Km Conception et régalisation SIG Région Limousin janvier 2008 // Source : SCEES, enquête TERUTI// Fond cartographique : FLA ® IGN Paris 2007 - Reproduction et diffusion interdites


V . 3 – LA MAITRISE DE L’ESPACE DE SA QUALITE V ,. GARANT 3 – La maîtrise de l’espace, garant de sa qualité une artificialisation de l’espace à mieux contrôler L’occupation de l’espace limousin connaît de nombreux changements, dont le premier et le plus irréversible est l’artificialisation, c’est-à-dire la transformation de zones naturelles, agricoles ou forestières en habitat et espaces verts associés, infrastructures, équipements sportifs et de loisirs et autres bâtiments divers. Ces surfaces artificielles couvrent en 2004 environ 5,5 % du territoire limousin et, bien que ce chiffre puisse sembler faible, il n’est pas si loin de la valeur nationale de 8,27 % (la région la plus urbanisée, l’Ilede-France, se situe à 21%) et surtout il affiche une croissance rapide, dont le rythme, 15% entre 1994 et 2004, est voisin de la moyenne nationale, alors que la région a connu une croissance de population moindre. Cette artificialisation est très intimement liée à l’habitat individuel : en 2001, l’habitat individuel, espaces 2 bâtis et non bâtis confondus, s’étendait en France sur 18 600 km (environ 550 en Limousin), soit davantage 2 2 que le réseau routier permanent (10 700 km en France, 420 km en Limousin). En moyenne, depuis 1992, 2 l’extension de l’habitat individuel a nécessité en France environ 330 km supplémentaires chaque année, 2 alors que, sur la période 1982-1990, le besoin annuel moyen était de 275 km seulement. Ces superficies 2 supplémentaires concernent essentiellement des pelouses et autres superficies en herbe (130 km par an en 2 moyenne), les superficies prises par les bâtiments eux-mêmes progressant de 90 km /an. Si cette analyse est également valable pour le Limousin, des petites variations s’observent quant à la destination des nouveaux sols artificiels : entre 1993 et 2003, les routes et parkings ont augmenté leur superficie de 10 % en région comme en France mais les espaces bâtis ont gagné 17 % en Limousin contre 12 % en France et les sols artificiels non bâtis (jardins, pelouses…) 25 % en Limousin, contre 17 % en France. Cette artificialisation des sols limousins s’est effectuée au détriment des landes (-20 % sur cette période), des cultures pérennes (-19 %) et annuelles (-16 %) et des arbres, haies et chemins (-5 %). Globalement les zones agricoles fluctuent entre 1993 et 2004 autour de 51% du territoire. L’artificialisation a de nombreuses incidences sur l’environnement : perte de ressources naturelles (en 124 Limousin, les zones naturelles représentaient 43 % de la surface en 1995 et seulement 41% en 2004), fragmentation des habitats naturels par les infrastructures et entrave au déplacement de certaines espèces animales, imperméabilisation des sols et augmentation du risque d’inondation, dégradation des paysages… Toutefois, face à cette tendance globale, on observe l’émergence d’une volonté de maîtrise, traduite par exemple dans la proclamation du ralentissement du rythme de la consommation d’espaces naturels et 125 agricoles par l’urbanisation comme objectif de la stratégie nationale de développement durable.

En savoir plus IFEN : http://www.ifen.fr/

124

D’après l’enquête TERUTI (SCEES) cf http://eider.ifen.fr/Eider/series.do Sources : http://www.ifen.fr/uploads/media/de80.pdf et http://www.ifen.fr/acces-thematique/territoire/occupation-des-sols/indicateurssol/artificialisation-des-sols.html?taille=1 125

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0

20

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Km

PLU intercommunal

POS

Documents communaux

Carte communale

en vigueur

PLU

en vigueur en cours de modification ou de révision

en vigueur en vigueur en cours de révision en cours d'élaboration

en cours d'élaboration

Schémas directeurs en vigueur SD du Pays de Brive SD du Pays de Tulle SD de l'Agglomération de Limoges SCOT en cours d'élaboration SCOT de Guéret SCOT de Tulle SCOT de Brive SCOT de Limoges (SIEPAL)

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Conception et réalisation SIG Région Limousin janvier 2008 // Source : DRE Limousin, CC Guéret, CA Brive, SIEPAL, Pays de Tulle// Fond cartographique : Route 500 ® IGN Paris 2008 - Reproduction et diffusion interdite

Documents d'urbanisme en janvier 2008


V . 3 – La maîtrise de l’espace, garant de sa qualité foncier : les enjeux d’une gestion collective et plus rigoureuse L’extension urbaine, principale cause d’artificialisation des sols, est aussi une des causes des conflits d’usage des sols. Entre environnementalistes, entreprises, agriculteurs, associations de loisir et résidents, les tensions et conflits pour une ressource de plus en plus précieuse se multiplient, en Limousin comme en France. Selon l’évolution du système d’acteurs dans les territoires (services de l’Etat, collectivités, syndicats, associations, consommateurs, système judiciaire, …), le mode de gestion du risque choisi, l’impact des technologies (outil de mobilisation, diminution des nuisances…) ou encore la place du droit, ces conflits 126 peuvent à l’avenir prendre différentes formes . Ils ne peuvent en tout état de cause se pacifier que dans le cadre d’une véritable vision foncière à long terme, qui est un enjeu de développement régional et qui permet aussi l’anticipation et l’accompagnement des évolutions possibles du territoire. La prise en compte des questions foncières constitue en effet un préalable à la mise en oeuvre des diverses politiques publiques : habitat, développement économique, prévention des risques, déplacements, protection des espaces naturels, préservation des paysages, maintien de l’activité agricole et plus généralement aménagement et développement durables. Plus spécifiquement, maîtriser le foncier se révèle nécessaire pour gérer les interfaces urbain/rural, préserver et mettre en valeur les ressources naturelles du Limousin, éviter le gaspillage et le mitage du foncier et atténuer les risques de déséquilibres territoriaux. Aujourd’hui, différents outils existent, dont les plus connus sont les documents d’urbanisme, principalement les PLU (Plans Locaux d’Urbanisme, anciens POS ou Plans d’Occupation des Sols) et les cartes communales. En France, ces documents sont de plus en plus présents : 60% des communes sont concernées en 2005 et la proportion de population couverte, qui a augmenté de 19 % entre 2003 et 2005, atteint aujourd’hui 94,5%. Cette dynamique touche également les SCOT (Schémas de Cohérence Territoriale, élaborés à l’échelle d’une aire urbaine) puisque 118 périmètres ont été arrêtés entre début 2002 et mi 2003, 49 entre mi 2003 et début 2005 et 92 demandes de financement d’études ont été posées en 127 2005 . En Limousin, la tendance est la même, mais elle prend des proportions moindres, du fait notamment du nombre important de petites communes rurales qui n’ont pas toujours les moyens d’établir une carte communale, comme cela est le cas dans les territoires français les plus ruraux. On recense ainsi, début 2007, environ 370 communes (soit 41 %) dotées d’un PLU, POS ou carte communale, validé ou en cours d’élaboration ou de révision. La Haute-Vienne détient le record de couverture (environ 70 % des communes), suivie par la Corrèze (40 %) et la Creuse (10 %) – ceci en cohérence avec les taux d’urbanisation des départements. On peut également noter que la Creuse compte encore en 2006 une proportion plus importante de POS que de PLU, au contraire de ses voisins. Le Limousin s’inscrit par ailleurs totalement dans la tendance à l’élaboration de SCOT, puisque Guéret et Tulle, dont les aires urbaines ne dépassent pas 50 000 habitants, sont volontaires, alors que des régions 128 voisines ont des aires urbaines importantes dénuées de vision territoriale commune . Etant donné l’évolution attendue des tensions sur le sol, ce mouvement de maîtrise du foncier s’avère déterminant pour l’avenir. Cette gestion comprendra de plus en plus un important travail en commun, afin de 129 prendre autant que possible le problème en amont. Ce travail collectif devra associer la SAFER , acteur incontournable pour le foncier rural, les collectivités, les lobbies et groupes d’intérêt et les particuliers.

126

Source : Conflits d’usage dans les territoires, rapport du commissariat général du Plan, groupe Manon, 2005 Source : Dguhc (http://www.nouveaupermisdeconstruire.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=60 ) 128 Source : DRE Limousin 129 Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural 127

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SYNTHESE DES ENJEUX •

Le Limousin a la chance d’être une région très préservée, et l’attractivité et la qualité de vie exigent le maintien d’une haute qualité environnementale (campagne loisir et ressource).  maintenir et renforcer les efforts en termes de paysage et de protection et mise en valeur des zones naturelles remarquables. •

Le Limousin connaît une perte de biodiversité (notamment des zones humides) qui reste en l’état modérée, mais risque de s’accentuer.  conserver les éléments de biodiversité spécifiques. • Malgré des atouts spécifiques, la région est vulnérable, en matière de qualité et de quantité d’eau.  renforcer les efforts de gestion de cette ressource conciliant les intérêts de tous les acteurs, et la valoriser. • La production exponentielle de déchets est coûteuse pour l’environnement et les collectivités.  renforcer les actions en matière de gestion des déchets (à la source et traitements). •

L’artificialisation des sols est continue, les problèmes d’étalement urbain et de mitage persistent, les conflits pour l’usage du sol ont tendance à augmenter.  renforcer les documents de planification à la fois dans les usages (toutes les communes) et dans leur vision globale (SCOT) avec une réflexion spécifique et commune à tous sur la localisation de l’habitat.

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REMERCIEMENTS Ce diagnostic prospectif s’appuie aussi sur les conclusions des groupes de travail prospectifs. Il a été réalisé par la Délégation aux Etudes, à la Prospective et à l’Evaluation

avec la collaboration des services de la Région et de Pascal Prévot, Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt du Limousin Benjamin Coly, Chambre Régionale de l’Economie Sociale du Limousin Patrick Leresteux, Conférence Permanente des Coordinations Associatives Limousin Marie-Christine Crespy, Délégation Régionale aux Droits des Femmes et de l’Egalité Bernard Vareille, Université de Limoges Bernard Valadas, Université de Limoges Isabelle Veyriras, Limousin Expansion Jean Autier, Programme Régional d'Insertion des Travailleurs Handicapés en Limousin Mickael Cueille, Chambre de Commerce et d’Industrie Lionel Eclancher, Direction Régionale de l’Equipement qui ont procédé à des relectures attentives.

L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques, la Direction Régionale de l’Equipement, la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, le Comité Régional du Tourisme et la Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie sont également remerciés pour leur aide en ce qui concerne les données.

Le cabinet RCT en a assuré la relecture finale.

Diagnostic prospectif du SRADDT – février 2008

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Diagnostic prospectif du SRADDT de la Région Limousin  

Diagnostic prospectif du SRADDT de la Région Limousin

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