Page 101

Tout comme la Constitution de 1958 qui le confirme dans son article premier : «  La République respecte toutes les croyances  ». La notion de respect semble d’ailleurs bien étrangère à cette initiative, puisqu’elle ne la mobilise jamais. Autour de ce personnage, l’initiative réunit des personnalités se présentant comme des « citoyens libres » farouchement opposés aux «  faiseurs et défaiseurs identitaires de tous bords  ». Une étrange alliance entre des figures allant de la tonitruante réac Élizabeth Lévy à Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo et de la crèche Baby Loup, en passant par l’ancienne ministre sarkozyste Fadela Amara ou la philosophe Élisabeth Badinter. On trouvait aussi parmi eux Gilles Clavreul, actuel délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, dont les déclarations montrent une appréhension du racisme à géométrie variable. Il marquait ainsi, dans Libération,

son opposition aux collectifs dédiés à la lutte contre l’islamophobie ou contre la racisme anti-Noirs qu’il jugeait « communautaristes  » et «  victimaires  », les invitant plutôt à « se féliciter que la France ait aboli l’esclavage ». Circulez, y a rien à voir. Ce premier meeting du Printemps républicain se déroulait le 20 mars dernier dans une salle de concert du 20e arrondissement sous les auspices de sa maire socialiste Frédérique Calandra. Son discours d’ouverture portait des accents incantatoires que l’on entend plutôt, habituellement, du côté de la droite extrême : « La patrie et la laïcité ne sont pas des mots sales ! » En filigrane de toutes ces interventions, une rhétorique de combat avec un mot d’ordre : ne jamais avoir peur de se voir qualifier de raciste ou d’islamophobe. Ce qui, en cette veille de journée internationale de lutte contre le racisme, ne manquait pas de saveur.

Profile for Regards Regards

Trimestriel Printemps 2016  

Trimestriel Printemps 2016  

Advertisement