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Formation

Prévenir, guérir

ou subir

Dans un contexte où le métier de carreleur est de plus en plus complexe, la connaissance des textes (DTU, CPT, ATec) et leur mise en œuvre sont un véritable plus, tant pour les salariés que pour les chefs d’entreprises. Pour cela, des formations nouvellement créées permettent à tous d’acquérir ou de développer les savoirs et les compétences sur le sujet.

L

es carreaux céramiques évoluent dans leur nature (pleinement vitrifiés) et dans leur format (de plus en plus grands), entraînant dans la mouvance de nouveaux produits de collage ou de jointoiement. Les textes de mise en œuvre valident, ou non, ces avancées techniques. Ainsi, il est difficile pour une entreprise de carrelage de suivre parfaitement et en permanence l’évolution des dits textes. C’est ce qu’a confirmé une étude menée entre 2004 et 2005 par la Direction de la Formation de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) auprès des entreprises de carrelage : celle-ci démontre qu’en matière de besoin de formation continue, les entrepreneurs carreleurs indiquent de manière formelle que la connaissance et la mise en œuvre des textes, pour l’ensemble de leur personnel, constituent une priorité essentielle dans la stratégie de leur entreprise. L’Union Nationale des Entrepreneurs Céramistes du Bâtiment (UNECB-FFB) a pris en compte cette attente. Sa Commission Formation a donc établi un cahier des charges courant 2006 et contacté différents organismes de formation. L’Afecbat, organisme de formation déclaré, a été choisie à l’automne 2006 pour mener cette action. Alain Tesson, son directeur, a établi les premiers référentiels, conformément à la demande de la profession. En décembre 2006 débutaient les premières sessions de formation. Le sujet est vaste : il existe une quinzaine de textes qui régissent le métier de carreleur. Une telle quantité d’informations et le temps à passer pour comprendre l’articulation des clauses

techniques et leur application sur le terrain peuvent quelquefois décourager et faire hésiter à s’engager dans la démarche. Il s’agit alors pour Alain Tesson de leur faire comprendre que connaître et respecter les normes, est un plus économique : « Je leur démontre que les textes normatifs leur imposent des devoirs, mais leur donnent aussi des droits. » Un vrai plus La connaissance des textes et le respect de leurs clauses techniques sont réellement importants dans l’exercice de la profession : ils sont incontournables pour assurer les ouvrages, servent d’appui pour les prescriptions techniques, sont une référence de qualité auprès des clients et un bon vecteur d’image pour l’entreprise qui connaît bien son sujet. Ils sont aussi un moyen d’éviter les désordres et font office de support d’arbitrage en cas de litige. Si la prise en compte des textes en amont du chantier peut apparaître comme une contrainte, c’est toutefois une action préventive nécessaire. Elle constitue le langage commun à tous les intervenants du chantier. D’autre part, les bureaux de contrôle formulent leur avis selon les préconisations des normes, le risque pour l’entreprise est d’avoir un avis défavorable en cas de non-respect des Règles de l’Art, celuici empêchant la réception du chantier. Mais comme dit Michel Droin, Président de la commission technique de l’UNECB : « Mieux vaut prévenir que guérir ».

Tour de France De nombreuses sessions de formations seront organisées sur la période de septembre à décembre 2007. Elles concernent les villes de Montpellier, Valence, Gap, Besançon, Brest, Quimper, Ajaccio, Metz, Rennes, Nan-

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tes, Dijon, Auxerre.

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Pour en savoir plus : Association Française des Entrepreneurs Céramistes du Bâtiment, 9, rue La Pérouse, 75784 Paris, tél. 01 40 69 58 22


Un investissement gagnant Si l’intérêt de ces formations ne fait aucun doute, la principale difficulté rencontrée par l’Afecbat concerne la programmation des sessions : il s’agit pour les entrepreneurs de prévoir et d’intégrer ces journées de formation dans le planning de l’entreprise : « Bien que convaincus de la nécessité de cette formation, certains n’envoient pas leurs métreurs, leurs conducteurs de travaux ou leurs compagnons carreleurs en stage de formation du fait de l’urgence à boucler des études ou à terminer des chantiers. En revanche, certaines entreprises envoient en formation la totalité de leur personnel ou réservent un ou plusieurs stages complets de dix à douze participants. Cette méthode permet de développer une réelle culture d’entreprise », conclut Alain Tesson. À noter que ces formations sont éligibles aux financements habituels de la formation continue (plan de formation, DIF, période de professionnalisation). Le mot de la fin appartient à Jacques Vinet, Président de l’UNECB-FFB, à l’origine de cette action : « La formation est vitale pour la progression sociale et économique de nos salariés et ne doit pas être considérée comme une obligation, mais bien comme un réel investissement, avec le retour qu’en attendent nos entreprises ».

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Trois profils, trois cibles, trois intérêts ! Les formations dispensées par l’Afecbat se déroulent sur un ou deux jours selon les modules. Chacune de ces formations est déclinée à destination de trois profils de stagiaires : • Les chefs d’entreprises, métreurs et conducteurs de travaux ; • Les responsables d’équipe et les carreleurs confirmés ; • Les carreleurs débutants. Les sessions sont très actives, Alain Tesson préférant une formule dynamique et participative plutôt que de longs exposés oraux. Il identifie trois cibles à atteindre dans la perfection : • L’analyse de la cohérence des renseignements techniques pour un chantier donné ; • La capacité de préparer le chantier in situ ; • La réalisation de l’ouvrage. Durant les formations, l’intérêt des stagiaires porte régulièrement sur trois points • Être sûr de bien faire ; • Pouvoir répondre avec précision aux questions qui se posent sur le chantier ; • Pouvoir se justifier avec les bons arguments, notamment lorsque les intervenants contestent à tort le travail de leur entreprise. Pour débuter le tour d’horizon des textes normatifs, l’Afecbat a choisi d’aborder les règles de la pose scellée qui obéit à des contraintes spécifiques. Ces sessions de formation sont l’occasion pour les entrepreneurs et les carreleurs de mettre à plat leurs habitudes de travail, et d’en vérifier la conformité par rapport aux clauses techniques des textes. L’explication des règles de l’art et leur rapprochement avec des situations de chantier permettent à chacun de mieux appréhender son métier, et de transmettre les bonnes informations aux collaborateurs ou aux autres intervenants. À l’issue du stage, qui s’achève par une étude de cas, le résultat est immédiat : le stagiaire a acquis la bonne maîtrise des textes normatifs et peut d’ores et déjà mettre à profit ses nouvelles compétences.

Le bon profil Le parcours d’Alain Tesson, 53 ans, témoigne d’une grande expérience qui légitime totalement son action dans la formation. Il a d’abord passé huit années, de 1980 à 1988, en tant que technico-commercial dans le domaine du carrelage. Il a ensuite créé son entreprise de carrelage en mars 1988. Il a honoré dans le même temps un mandat professionnel en qualité de Conseiller de l’Enseignement Technologique. En 2005, il a transmis son entreprise − Batipose Carrelage à Chartres (28) et au Mans (72) − en pleine croissance et forte de 40 collaborateurs. Enfin, en août 2006, il a suivi un stage en individuel de formation de formateurs, où il a pu perfectionner la pédagogie et les techniques d’animations de stages.

S.M.

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