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10 CHANGER IDÉES QUI VONT

PR DU P OGRAMM DES ENTATH E LO NE À L'I I G E S 2 N NTÉ 014

VOTRE VIE

LE VENT QUI FAIT bouger les Inuits PAROLES D’OLYMPIENS SUPPLÉMENTS bénéfiques ou dangereux?

DESTINATIONS HIVERNALES À FAIRE RÊVER

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Sommaire JANVIER 2014

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Destinations hivernales à faire rêver Les flocons s’accumulent sur les raquettes et skis de fond posés sur la terrasse. À l’intérieur, le feu crépite dans l’âtre et réchauffe les joues rougies. Après une belle journée de randonnée, rien de tel qu’une soirée passée au chalet, au cœur de la forêt. Voici huit idées de camps de base hivernaux au Québec.

04 En ligne 06 Espace libre 08 Tous azimuts 16 Express-O2 18 Projet Karibu : l’autre Plan Nord Quatre guides professionnels vont skier 2 000 kilomètres, entre Montréal et Kujjuuaq, en autonomie complète pendant 100 jours.

TE NO

20 10 idées pour changer votre vie cette année 24 DOSSIER : le ski hors-piste 28 Québec Plein Air inc. CAHIER TONIK 30 Un ultra-marathon… mais pourquoi? 32 Paroles d’olympiens 34 Le sommeil, l’« aliment » suprême 36 Suppléments de multivitamines, bénéfiques ou dangereux? 38 Six destinations pour le snowkite 40 Destinations hivernales à faire rêver Huit idées de camps de base hivernaux au Québec. 42 Skier au cœur du Caucase 44 Le vent qui fait bouger les Inuits © Hôtel des Premières Nations

ÉQUIPEMENT 48 Accessoires d’hiver géniaux 50 Manteaux d’hiver 52 Agenda de l'hiver 54 L’actualité en 140 mots ou moins espaces.ca janvier 2014

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D’ATHLÈTE… À TRIATHLÈTE Au Canada, le triathlon a connu une croissance de plus de 300 % dans les cinq dernières années, un enthousiasme auquel la World Triathlon Corporation (WTC) a répondu en introduisant au Québec deux compétitions de sa bannière Ironman. Serez-vous du nombre bientôt? [recherche mot-clé : triathlète]

Vos entrainements deviennent sérieux? Les instruments qui mesurent votre niveau d’engagement sont tout aussi rigoureux. Voici la récente cuvée de montres à tout faire. [recherche mot-clé : montre]

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Chercher L’INSPIRATION

Trouver pour chaque édition les sujets qui vont vous inciter à

sortir de chez vous et à profiter du plein air n’est pas toujours facile. Mais lorsqu’une personne comme Mylène Paquette débarque dans vos bureaux avec toute son énergie, la tâche devient un peu plus facile. La première fois que j’ai rencontré Mylène, elle était venue nous expliquer son projet de traverser l’Atlantique à la rame en solitaire. Wow! C’est à peu près tout ce qu’on a trouvé à dire. C’était il y a environ trois ou quatre années. Au fil du temps, son projet a été remis à quelques reprises, le temps de trouver tout le financement nécessaire à sa réalisation. Nous lui avions alors assuré notre plein support pour relater ses exploits dans nos pages et sur nos médias numériques. Elle mérite pleinement la frénésie médiatique qui a entouré son incroyable aventure. En lisant les différents papiers que nous avons écrits sur elle (voir sur notre site Web et dans cette édition en page 8), on prend la mesure de la détermination qu’elle a du avoir pour réussir à donner ses premiers coups de rame, mais aussi de l’immense dépassement de soi dont elle a fait preuve pour traverser un océan complet… seule! Au moment où vous lirez ces lignes, d'autres aventuriers d’ici s’attaqueront à des projets tout aussi titanesques : le projet Karibu (voir en page 18) et aussi celui de l’équipe de XPAntarctik (voir notre édition de novembre 2013, sur notre site Web ou en page 55). Ces histoires sont tellement inspirantes, que je me demande pourquoi je ne suis pas déjà en train de planifier ma prochaine aventure. Bonne inspiration! Christian Lévesque, rédacteur en chef @chrislevesque

TENTER L’EVEREST SANS OXYGÈNE

Dans notre édition de novembre 2013, le texte sur la tentative de Monique Richard de faire le sommet de l’Everest par son côté nord sans oxygène aurait dû mentionner que sa tentative s’est arrêtée au camp 2. Voici dans ses propres mots : « Mon intention était de le faire sans oxygène, mais pendant la phase d'acclimatation, plusieurs événements m'ont dissuadée... Par exemple, le chef de l'équipe qui ne me laissait qu'un seul sherpa au lieu de deux... Ensuite, des conflits au sein de l'équipe, ce qui n’a pas aidé sur le plan psychologique. Aussi, mon acclimatation allait se faire par les mêmes étapes que les autres membres de l'équipe qui tentaient la montagne avec de l’oxygène. Alors au camp 2, j'ai décidé que c'était trop mal encadré et dangereux pour faire cette tentative sans oxygène. »

Janvier 2014 :: Vol 19 :: No 3 ÉDITEUR : Stéphane Corbeil (scorbeil@espaces.ca) RÉDACTEUR EN CHEF : Christian Lévesque (clevesque@espaces.ca) JOURNALISTE  : A ntoine Stab (astab@espaces.ca) COLLABORATEURS : Maxime Bilodeau, Evelyne Deblock, Barclay Fortin, Evans Parent, Guillaume Roy, Frédérique Sauvée.

PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE : © Getty Images REVUE ESPACES PUBLICITÉ :

Vincent Cloutier, Directeur des ventes vcloutier@groupeserdy.com / 450 672-0052, poste 401 Jonathan Marcotte, Conseiller aux ventes Publications jmarcotte@espaces.ca / 450 672-0052, poste 426 David Mene, Conseiller aux ventes Publications dmene@espaces.ca / 450 672-0052, poste 428

ABONNEMENT ET SERVICE À LA CLIENTÈLE

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ABONNEMENT / TARIFICATION (LIVRAISON À DOMICILE) :

1 an / 6 numéros : 18$ • 2 ans / 12 numéros : 32$ (taxes, manutention et frais d’envois inclus). Libeller le chèque ou mandat-poste au nom de « Revue Espaces » à l’adresse indiquée ci-dessous.

DESIGN : Sève création www.seve.ca RÉVISION : Hélène Paraire

6 boulevard Desaulniers, bureau 500 Saint-Lambert (Québec) J4P 1L3 info@espaces.ca www.espaces.ca Tirage : 70 000 exemplaires distribués là où sont les amateurs de plein air. La revue ESPACES est la publication plein air ayant le plus grand tirage au Québec. La revue ESPACES est publiée six fois par année par Groupe Espaces, une division de Serdy Media. PROPOSITIONS D’ARTICLES. ESPACES accueille avec plaisir et attention toute proposition d’articles et de photographies. Communiquez avec le rédacteur en chef pour en discuter. Le matériel non sollicité sera retourné si accompagné d’une enveloppe affranchie. ESPACES n’est pas responsable des textes, photographies ou autre matériel envoyés à son attention. Si vous ne conservez pas la revue ESPACES pour vos archives personnelles, veuillez vous assurer de la transmettre à un ami ou de la recycler. Les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne sont pas nécessairement partagées par l’éditeur. Certaines activités présentées dans ESPACES comportent des risques importants de blessures pour ceux et celles qui les pratiquent. ESPACES et ses journalistes, collaborateurs, photographes et les autres membres de l’équipe ne recommandent pas la pratique de ces activités aux personnes qui n’en maîtrisent pas les techniques et habiletés requises. ESPACES n’est pas responsable des informations contenues dans les publicités. Toute reproduction du matériel publié dans ESPACES est interdite sansl’autorisation de l’éditeur. La forme masculine utilisée dans cette publication désigne aussi bien les femmes que les hommes. Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec 2014. Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada 2014.

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PHOTO : Tim Kemple


TOUT AZIMUTS

MYLÈNE PAQUETTE

PAR ANTOINE STAB

La navigatrice québécoise a terminé sa traversée de l’Atlantique à la rame en solitaire après 129 jours de mer. Partie d’Halifax le 6 juillet dernier, elle a atteint les côtes bretonnes le 12 novembre, après avoir ramé 2 700 milles nautiques (environ 5 000 kilomètres). Elle devient ainsi la première rameuse nord-américaine à réussir cet exploit.

Comment vous sentiez-vous à votre arrivée? Je ne comprenais pas encore très bien ce qui se passait. J’avais encore de la difficulté à saisir l’ampleur de la médiatisation de mon aventure. En fait, on est tous un peu surpris des proportions que cela a pris. J’ai dû refuser une trentaine d’entrevues lors de mon arrivée, car c’était trop. Le premier jour, j’en ai réalisé 15 rien qu’avant de débarquer de mon bateau, puis deux conférences de presse, une quinzaine le soir... Au total, je me suis adressée à environ 60-70 médias. En anglais, en français. Je mélangeais les phrases. Je me sentais comme un citron que l’on presse. Le lendemain, j’ai limité le tout à huit. J’étais trop fatiguée. Je n’ai dormi que deux heures lors de mes deux premières nuits. Je n’arrivais pas à m’endormir. Le lit ne bougeait pas comme sur l’océan… Vous vous êtes blessée plusieurs fois, notamment une commotion cérébrale. Dans quel état physique étiez-vous à votre arrivée? Très fatiguée. J’ai passé un bon moment à l'hôpital de Bretagne Sud à passer tous les tests : scanneurs, électroencéphalogramme, etc. J’ai aussi rencontré un psychologue, celui qui s’occupe des navigateurs internationaux quand ils finissent le Vendée Globe. Je me suis sentie comme une V.I.P.! Ensuite, le problème s’est situé au niveau de mes jambes : les muscles qui permettent de se tenir debout étaient atrophiés, notamment au niveau de mes hanches, les abducteurs et les mollets, parce que mes jambes étaient souvent pliées ou en position pour ramer. J’ai aussi eu la plante des pieds enflée, car pendant quatre 8

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mois, je n’ai jamais vraiment mis mon poids sur mes pieds. Tout cela rendait ma marche difficile. Je ne me sentais pas autonome pour faire cent mètres toute seule! Même me tenir debout était compliqué. Je me sentais faible. J’ai perdu du poids et je ne pouvais pas lever de grosses charges. Après mon choc à la tête, deux semaines avant mon arrivée, j’étais épuisée. Cette traversée était-elle plus difficile que vous l'imaginiez? Oui, mais ce n’est pas la chose la plus difficile dans laquelle j’ai mis les pieds. L’été dernier, j’avais fait un voyage en voile avec plusieurs personnes. Il n’y a rien de pire que de ne pas s’entendre avec quelqu’un qui est sur le même bateau... Dans les moments durs, je me disais : « C’était pire l’année passée! » Vous avez quand même subi des conditions climatiques compliquées… J’ai eu 30 dépressions, dix tempêtes avec des vents à plus de 55 nœuds (environ 100 km/h), dix chavirages. Mais au-delà de se faire brasser, cela m’a appris l’humilité. On a beau chialer ou rager, c’est toujours la mer qui a le dernier mot. Il faut être prudent, car tu risques ta vie. Mais ne pas tout prendre au sérieux et avoir un bon sens de l’humour m’ont aidé à passer au travers de ces moments-là. J’avais aussi des petits moyens pour créer des moments magiques, cocasses ou ridicules en faisant des bulles à savon. Tous les jours, je me demandais quelles étaient les cinq bonnes choses de la journée. Mais il n’y avait parfois rien de bon. Je faisais des bulles dans ma cabine. Je me disais : « Tout le monde pense que je rame,

alors que je suis pris dans une tempête, coincée dans ma cabine à faire des bulles ». C’était complètement absurde! Vous dites avoir pensé à abandonner, surtout au début de la traversée, dans les eaux canadiennes où vous ne pouviez pas ramer. Qu'est-ce qui vous a fait tenir et continuer? Je n’ai pas de mérite : c’était tout simplement impossible de revenir. J’étais obligée de renoncer… à ne pas renoncer! Continuer vers le nord pour Terre-Neuve aurait été plus difficile que d’établir une route vers le Gulf Stream. Pour croire encore en mes chances, je me suis mise à prendre les choses une à la fois, jour après jour. L’objectif était d’atteindre le Gulf Stream, comme un âne après sa carotte. J’essayais toujours de l’atteindre, mais je n’y arrivais pas. J’étais censée le faire au bout de deux semaines. Cela m’a pris deux mois, et au moment de l’attraper, je l’ai perdu très rapidement, en cinq jours. Je n’avais pas de chance. Mais je me suis toujours concentrée sur la journée en cours, une par une, étape par étape. C’est comme ça que j’ai relevé les défis. Qu'est-ce que vous avez appris sur vous-même durant cette traversée? L’attitude est la seule que l’on peut contrôler. Il faut que ces leçons me suivent, car je suis une fille chialeuse en général. Il faut que je puisse garder une bonne attitude. J’aimerais conserver ces leçons et les appliquer dans la vie de tous les jours. On dirait que c’est plus simple, seule sur l’océan. Même si tu es bien entourée par ton équipe de sol, tu dois arrêter de te plaindre. Il n’y a personne pour te prendre dans les bras et te consoler. Il faut que je conserve cette attitude. J’ai appris à développer mon humour. Je peux être drôle! La créativité aussi. Je me souvenais que j’étais très bonne en création artistique plus jeune. Mon talent de photographe est un peu revenu à la surface. À la toute fin de la traversée, je n’avais plus d’électricité. Je ne pouvais plus prendre de photos vidéo. Je me suis rendu compte que j’avais besoin de créer. J’ai donc commencé à réparer plein de choses, même si cela n’était pas nécessaire. Pas trop difficile ensuite de les quitter et de retourner dans cette solitude de navigatrice? Non, cela ne m’a pas fait de peine. Le lendemain de cette rencontre, j’ai ouvert les ballots. Ma sœur me demandait : « Pourquoi tu ne les ouvres pas tous? Il y a peut-être de la crème glacée! » J’avais du café et plein d’autres choses : des fruits, des viennoiseries, des légumes. Un rutabaga. Je ne savais pas quoi faire

© Collection personnelle

129 JOURS SUR L’OCÉAN


avec ça! J’ai étiré cela pendant deux semaines. J’avais plein de petit bonheur tous les jours. Quand le Queen Mary II a accosté à Southampton, des passagers m’ont envoyé des messages, publiés des photos et des vidéos sur les réseaux sociaux. J’ai donc surfé là-dessus pendant trois semaines au moins. Je n’ai pas éprouvé de tristesse après leur passage. Avant votre départ, vous nous disiez : « Quand je suis sur mon bateau, je ne pense ni au passé, ni au futur, mais au moment présent. Je suis dans une espèce de transe, où je ressens mieux ce qui m’entoure, l’environnement, les étoiles. Je ne pense pas à ma déclaration d’impôts! » Vous avez pu ressentir cette transe? C’est vrai, je n’ai pas pensé à mes impôts! J’ai ressenti cette transe une bonne partie du voyage, surtout quand ça allait bien et que je pouvais avancer. Les meilleures journées sont celles où j’ai ramé. Les plus difficiles, celles où j’étais enfermée. Les gens mettent beaucoup l’accent sur : « Hey, tu as vraiment ramé! » Moi j’aimerais mieux qu'on dise : « Hey, c’était tough de rester enfermée! ». Plus vous avanciez, plus on sentait que les gens s'intéressaient à vous, postaient des messages d'encouragement sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous avez pu également constater cet engouement? Je parlais tous les jours aux personnes responsables de mon compte Twitter et Facebook. Elles me donnaient le feedback de ce qui se passait sur les réseaux sociaux : le nombre de partages, d'admirateurs, leurs gouts pour telles ou telles photos. J’avais des données, mais pas nécessairement de commentaires. J’ai peut-être eu une dizaine de courriels avec une cinquantaine de commentaires chacun. Je pouvais deviner l’engouement, mais ce n’était pas tangible. Je ne pouvais me connecter sur les réseaux sociaux moi-même. J’envoyais, tôt le matin, des courriels à mon équipe au sol, dans lequel je dictais le texte et j’indiquais l’heure de publication.

Comment ça se passe la vie en mer? Les journées où je ramais, je me levais vers 7 ou 8 heures. J’étais en phase avec le soleil, malgré le fait que je marchais à l’heure internationale. Vers 9 h, j’avais fini mon déjeuner et je faisais ma job de communication : choisir les meilleures photos de la veille pour les envoyer sur les réseaux sociaux. Puis, vers 11 h, je m’alignais pour ramer deux blocs de trois heures. Quand les conditions étaient bonnes, je faisais deux fois quatre heures, avec une pause au milieu. J’arrêtais de ramer une fois le soleil couché. J’ai pu ramer quelques fois de soir, quand je pouvais planter mes deux rames dans l’eau en même temps, ce qui n’est pas simple quand on ne voit pas les vagues et la houle. Je finissais toujours la journée avec mon rapport météo à Rimouski. L'un des objectifs de cette traversée était « de parler de la mer, de sa fragilité, des nombreux déchets qui y sont déversés ». Qu'est-ce que vous avez pu observer sur le milieu et la faune marine? Ce qui m’a vraiment impressionnée, c’est le nombre de déchets. J’en voyais beaucoup, une grosse quantité, surtout quand je suis arrivé sur le Gulf Stream. La mer est un milieu vivant. Il y a tellement d’espèces animales! J’ai pu en observer quelquesunes : des oiseaux tout le temps, des dauphins régulièrement, une quarantaine de baleines. Certains me suivaient, comme un globicéphale. Quand ils entraient en contact avec moi, je leur donnais un nom, une petite personnalité. Je pense que le public aimait ça : Velcro, Dentine, Pépin. J’essayais de trouver des noms en lien avec le vécu que j’avais avec eux. Je voulais les personnaliser pour que les gens s’attachent à ces espèces, y prêtent davantage attention. Il faut les protéger. La mer n’est pas juste qu’un grand désert d’eaux tumultueuses et dangereuses. Ce n’est pas non plus juste une frontière entre deux pays. Je pense qu’en partageant mon aventure, en étant généreuse d’informations de ce que j’ai vu et vécu, les gens seront peut-être enclins à prendre de meilleures décisions. Pas seulement les individus, mais aussi les

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entreprises. Pour moi, quelqu’un de courageux, c’est une personne qui met ses culottes et qui se demande si l'on peut faire des choix plus responsables en matière d’environnement. Dans l’océan Pacifique, il y a un phytoplancton pour 26 particules de plastique microscopique... On se pose des questions sur la provenance du cancer, mais on a du plastique et on en mange. On se nuit nous-mêmes en portant préjudice à la mer. J’espère avec le temps articuler de mieux en mieux mon message pour pouvoir véhiculer de l’information. En étant partenaire avec Québec Océan, cela me donne beaucoup d’informations et de forces pour m’exprimer devant des gens dans différents milieux et parler de la mer un peu partout. Avez-vous déjà réfléchi à un autre projet d’aventure? Mon prochain projet sera à la voile. Je suis en période de réflexion mais aussi d’approbation. Il faut que l’équipe au sol et les parents soient d’accord. Je me réserve encore la surprise. On en parlera en temps voulu. Mon commanditaire principal, l’entreprise Bio-K+, me garde pour les cinq prochaines années. Sa demande, c’est que je navigue, pour pouvoir les représenter. C’est une méchante tape dans le dos! Je ne pensais pas que cela allait m’arriver. Je suis contente de l’ensemble de mes partenaires : Cushe, Zora, Bio-K+. Je suis chanceuse, car c’est tellement difficile de trouver des commanditaires au Québec!. Quelle suite allez-vous donner à cette aventure? Plusieurs films vont être réalisés : un documentaire de 45 minutes pour l’émission Océania sur Explora, et 12 minutes pour l’émission Découvertes. Il y a également le livre : j’aimerais publier un livre qui raconte mes cinq dernières années. J’ai écrit beaucoup de textes durant toute cette période. Je voudrais en publier une partie. Il va y avoir beaucoup de produits dérivés. Je n’aurais pas le temps de m’ennuyer, sauf de l’océan! m  ylenepaquette.com

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TOUT AZIMUTS

OÙ TOMBERA LA NEIGE CETTE ANNÉE? PAR FRÉDÉRIQUE SAUVÉE

Difficile de dire quelles sont les régions du Québec qui recevront la plus grande quantité de neige cette saison. On peut tout de même se fier à des estimations basées sur les précipitations moyennes des années précédentes.

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elon René Héroux, météorologiste à Environnement Canada : « Il est presque impossible de prévoir avec certitude la météo qu’il fera en hiver, et encore moins les précipitations de neige qui dépendent des variations du climat ». Une seule chose est sûre selon lui : « Les hivers sont de plus en plus tardifs et les précipitations, de plus en plus liquides, même en plein hiver!» Peut-on tout de même se fier aux cumulatifs de neige annoncés par les stations de ski chaque hiver? « Il faut rester très prudent par rapport à ces données, dit-il. Elles sont émises par les stations elles-mêmes, qui ont tout intérêt à ce qu’elles soient bonnes… et elles ne donnent la tendance que d’un seul hiver ».

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ême son de cloche chez Mario Daniel, de Ski Média, un organisme qui scrute les conditions de neige dans les stations du Québec. « On peut enregistrer 50 centimètres sur les pistes, mais si cette bordée est suivie d’un redoux, la neige va tout de suite fondre sous les skis. On devrait peut-être mieux observer désormais les stations qui ont les meilleurs systèmes de fabrication de neige pour savoir où aller skier. Car aujourd’hui, la meilleure garantie pour une station, c’est son arsenal de canons pour contrer les aléas de ame Nature… »

STATISTIQUES EN VRAC 3,2 degrés Celsius : c’est la hausse moyenne de température que connaissent nos hivers canadiens depuis 1948, année des premiers enregistrements météorologiques. 676 cm : c’est la quantité de neige reçue à la station du Mont-Sainte-Anne lors de l’hiver historique 2007-2008.

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n peut tout de même faire un bilan de l’enneigement des dernières années au Québec et mettre en lumière quelques régions qui se distinguent : « Lanaudière est, par exemple, une région qui a connu de bonnes précipitations de neige depuis plusieurs années », poursuit Mario Daniel. Ses stations ont réussi à garder leur neige au sol et offrir un bon tapis blanc aux skieurs. Même chose pour la région de Québec et de Charlevoix. Par contre, les Cantons-de-l’Est souffrent ces derniers hivers d’une fluctuation des températures qui fait fondre la neige rapidement. Les stations arrivent tout de même à s’en sortir grâce à leur neige fabriquée. » Enfin, dans la région du Saguenay, la station du Mont-Édouard semble à l’abri de la pluie, elle qui est protégée par les rigueurs du nord : « Fin février 2013, il est tombé 150 cm de neige en six jours au mont Édouard, se souvient Claude Boudreault, directeur de la station. Avec l’influence du fjord voisin, on se situe dans une zone de dépression qui apporte une quantité de neige incroyable chaque hiver, entre 630 et 700 cm en moyenne. Des mordus de ski de poudreuse vont même jusqu’à dormir dans leur auto devant la station pour être les premiers à fouler les pistes après une tempête! ».

Cumulatif de neige pour la saison hivernale 2012-2013 (source MétéoMédia) :

18e hiver le plus chaud : c’est le classement de la saison dernière qui a enregistré une moyenne de 1,6 degré Celsius supérieure à la normale.

© Sergiy Tryapitsyn / Thinkstock

5 septembre 2013 : c’est la date de la première chute de neige au Québec cette saison, dans la région de la Baie-James.

CANTONS-DE-L’EST : Mont Orford – 473 cm Bromont – 504 cm CENTRE-DU-QUÉBEC : Mont Gleason – 235 cm

 BITIBI-TÉMISCAMINGUE : A Mont Vidéo – 122 cm

LAURENTIDES : Mont Saint-Sauveur – 351 cm

OUTAOUAIS : Camp Fortune – 300 cm

Mont Tremblant – 502 cm

LANAUDIÈRE : Val Saint-Côme – 324 cm

MONTÉRÉGIE : Mont Saint-Bruno – 228 cm

MAURICIE : Val Mauricie – 221 cm

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CHAUDIÈRE-APPALACHES : Massif du Sud – 671 cm QUÉBEC : Mont-Sainte-Anne – 402 cm Stoneham – 322 cm CHARLEVOIX : Le Massif – 580 cm Mont-Grand-Fonds – 546 cm

SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN : Mont Édouard – 712 cm Le Valinouët – 529 cm BAS-SAINT-LAURENT : Parc du Mont-Saint-Mathieu – 371 cm GASPÉSIE : Val d’Irène – 550 cm Chic-Chocs (Cap-Chat) – 500 cm

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PROS

PAR FRÉDÉRIQUE SAUVÉE

LA PHOTOGRAPHIE D’HIVER EST UN ART… À LA PORTÉE DE TOUS! IL VOUS SUFFIT D’UNE BONNE DOSE DE PATIENCE, D’OBSERVATION ET DE CES QUELQUES CONSEILS DE PROFESSIONNELS DE LA PHOTO : UNE SAISON FORMIDABLE

Ce que les photographes préfèrent durant cette saison, c’est l’opportunité de se retrouver seuls dans la nature, dans un paysage vierge. L’hiver, la qualité de l’image est souvent meilleure, explique Dominic Boudreault : « Le froid donne une image très nette, contrairement à l'été pendant lequel l'air est teinté d'humidité et de particules de pollution. » Avis aux lève-tard et aux frileux : c’est au petit matin (une demi-heure avant le lever du soleil) et après une nuit très froide que les prises de vue sont les meilleures, selon Guy Boily. « C’est par -22°, -25 °C, lorsque le frimas recouvre les rivières au petit matin, que la magie hivernale opère sous l’œil du photographe. » Quant à Patrice Halley, ce qu’il aime avant tout en hiver, « c'est la possibilité d'utiliser le monochrome avec parfois une tache violente de couleur ou de lumière! »

BRAVER LE FROID… ET LA CONDENSATION

Aucun équipement photo « spécial » pour les conditions hivernales n’est nécessaire : « Les caméras d'aujourd'hui sont beaucoup plus résistantes que les gens le croient, dit Dominic Boudreault. J'ai souvent laissé ma caméra à l'extérieur toute la nuit par des températures de -20, -30 °C pour une longue séquence de timelapse. Le lendemain matin, la caméra était intacte et fonctionnait encore parfaitement. » Seul l’habillement du photographe doit être étudié : couvrez-vous suffisamment pour être capable de rester entre une et trois heures sans bouger dans le froid : gants en néoprène, vêtements qui coupent le vent sans toutefois être en tissu bruyant comme le nylon, bottes qui isolent efficacement les pieds du sol froid. Règle d’or pour le photographe hivernal : apportez suffisamment de piles de rechange pour tenir le temps de votre séance extérieure. Dans le froid, elles ont tendance à se décharger plus vite qu’en conditions normales. Guy Boily conseille aussi d’échanger les piles de votre appareil avant qu’elles ne se déchargent complètement et de toujours en conserver des neuves au chaud dans votre poche. Elles auront tendance à retrouver un peu d’énergie grâce à votre chaleur et pourront être utilisées ultérieurement. Le matériel est également fragile aux variations thermiques! Pour éviter la condensation au niveau du capteur, du viseur et des lentilles, il est important, une fois la séance terminée, de laisser votre appareil dans son sac photo (après avoir préalablement récupéré vos cartes mémoires) et de ne plus y toucher avant qu’il ne se réchauffe et reprenne sa température normale. Cela peut prendre deux heures après une exposition à des températures supérieures à -15 °C et jusqu’à six heures s’il fait autour de -25 °C. Un autre conseil pratique de Dominic Boudreault contre la buée ou la condensation qui peut se former sur l'objectif : « Utilisez un simple “Hand Warmer” qui se vend dans la plupart des magasins de plein air. On le place à l'extrémité de l'objectif, le plus loin possible du boitier de l'appareil, sans obstruer la prise de vue et on l'attache avec un élastique ou un bas. Cela empêche l'objectif de s'embuer durant une longue exposition de nuit par exemple. » 12

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© Dominic Boudreault

CONSEILS DE

Patrice Halley a pour sa part piraté et adapté un système de chauffage à batteries récupéré sur des bottes de ski pour éviter la condensation. Une idée pour les bricoleurs dans l’âme!

DE LA THÉORIE À L’ACTION

Sur la plupart des appareils numériques, le mode « neige » ou « hiver » est un outil instinctif qui apportera de l’éclat à vos photos de paysage enneigé et cela, sans avoir à jouer en mode manuel. L’erreur des débutants en photo hivernale, c’est bien souvent la surexposition. La luminosité inhabituelle d’un paysage immaculé de neige va fausser les cellules de mesure de votre appareil et rendre la neige grise, au lieu de blanche. C’est là que l’histogramme peut vous apporter son aide. Il faut essayer de placer le graphique au centre de l’histogramme (s’il est trop à droite, l’image est surexposée, s’il est trop à gauche, l’image sera sous-exposée). Tenter de déplacer le tout un peu plus vers la droite pour retrouver votre neige blanche. Afin de capter les flocons qui tombent, il faut jouer avec la vitesse de l’obturation. Selon la vitesse de la chute des flocons, testez plusieurs valeurs. Commencez par une vitesse de 1/250 par exemple et ajustez selon la taille des flocons : les gros tombent généralement beaucoup moins vite que les petits! Réussir à reproduire le mouvement de l’eau dans une cascade est une technique relativement facile : on l’appelle « pose lente ». Elle consiste à prolonger au maximum le temps de pose pour « lisser » le mouvement de l’eau. Il faut pour cela utiliser un trépied pour stabiliser l’appareil et programmer un temps de pose allant jusqu’à une dizaine de secondes (selon l’effet de flou escompté). Réglez au plus bas l'ISO et utilisez le mode retardateur afin d’éviter les vibrations du déclenchement. Selon Guy Boily, pour réussir une photo animalière en hiver il faut prévoir son coup : « Par exemple, quand au petit matin, les rayons du soleil viennent frapper la peau d’un animal et que l’on peut capter la légère vapeur qui se dégage de celui-ci, la photo prend une autre dimension. Avec l’atmosphère glaciale, on peut également capter la brillance éclatante de leurs yeux. » Pour les photos d’action (skieurs, randonneurs, traineau à chiens…), le conseil de Dominic Boudreault est simple : « Se mettre en mode continu et prendre beaucoup de clichés! » Patrice Halley ajoute à son arsenal la maitrise du posemètre pour mesurer la lumière incidente : « Vous ne serez ainsi jamais surpris par les contrastes entre vos sujets et le fond blanc qui, en lumière réfléchie, trompe même les systèmes de mesure des appareils les plus sophistiqués. » À propos des photos d’action, il conseille également de photographier à contre-jour pour faire voler la neige autour des skieurs/snowboarders, de repérer une ligne et surtout, de tenter de photographier l'action durant la golden hour : soit tôt le matin ou au coucher du soleil… ou même à l'heure bleue, soit juste après le coucher du soleil en utilisant des flashs. « Cela fait des images qui sortent des sentiers battus. »


9 étapes pour prendre une séquence en timelapse Avant de commencer, Dominic Boudreault recommande de vous assurer que votre appareil photo et votre objectif sont en mode manuel, que la batterie soit chargée à pleine capacité, d'avoir un trépied stable et une carte mémoire avec beaucoup d'espace.

PRISE DE VUE 1 Composez l'image. 2 Exposez l'image. 3 Ajustez votre intervalomètre pour modifier l'intervalle

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auquel les images seront prises.

Démarrez la séquence.

POSTPRODUCTION 5 Ouvrez la séquence d'images dans Lightroom ou dans votre logiciel

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Nos professionnels GUY BOILY est photographe depuis plus de 30 ans. Il est diplômé du

New York Institue of Photography et a travaillé comme conférencier chez Lozeau pendant plus de dix ans. Il donne désormais des ateliers dans plusieurs clubs photo de la province. guyboily.com

PATRICE HALLEY compte parmi les 200 meilleurs photographes

du Canada selon la prestigieuse Fondation Magenta. Depuis 25 ans, il parcourt le monde avec son appareil photo et a plusieurs fois été primé par le magazine National Geographic et Lowell Thomas, entre autres. Il a longtemps vécu dans l’Ouest canadien, mais vient de déménager au Québec et collabore régulièrement à la revue Espaces. patricehalley.com

DOMINIC BOUDREAULT a travaillé pendant cinq ans à la Sépaq

comme technicien multimédia, réalisant plusieurs prises de vue en plein air. Il y a un peu plus d’un an, il a quitté la Sépaq pour s’installer à Vancouver et travaille à temps plein sur les timelapses, sa spécialité. Il travaille désormais pour diverses compagnies et agences du monde pour des publicités, des films et des documentaires (Samsung, LG, BBC, Disney). dominicboudreault.com

favori de traitement d'image.

Ajustez une image et appliquez les modifications à toute la série d'images.

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Ouvrez la séquence dans un logiciel de compilation d'images tels que Adobe After Effects ou Quicktime Pro par exemple.

Exportez la séquence dans un format vidéo compatible avec Youtube ou Vimeo pour publication sur le Web.

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Ne vous laissez pas décourager par le résultat.

À LIRE

La photo de paysage Par Daniel Dupont | www.danieldupont.ca 191 pages | 39,99 $ The Art of the Photograph Par Art Wolfe & Robert Sheppard | Amphoto Books 256 pages | 34,95 $

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LES ESSENTIELS PAR L’ÉQUIPE ÉDITORIALE

Symbioz Idéale pour les terrains techniques, cette raquette repousse le concept de raquette rigide. Toute en souplesse, sa courbure s’ajuste au terrain pour permettre aux crampons de s’agripper fermement. Renforcée de carbone pour ajouter de la force à l’armature, sa cale de montée est intégrée à la fixation, ce qui permet une montée parfaite, peu importe la personne qui portera la raquette, laquelle s’ajuste à tous les pieds en moins de deux. Son système d’attache du pied est facile à adapter à n’importe quelle botte. Une seule grandeur toutefois, ce qui pourrait ne pas convenir à ceux qui désirent partir avec un gros sac à dos. Poids : 980 g par raquette. TSL, Symbioz | 299 $ | tsloutdoor.com

Radiator La compagnie montréalaise Kombi tente de se tailler une place dans les vêtements chauffants en améliorant son gant chauffant. Une simple pression sur un bouton situé au bas du pouce permet de sélectionner l’une des trois intensités de chaleur. La batterie rechargeable au lithium-ion vous gardera au chaud jusqu’à cinq heures à sa température basse de 7oC (deux heures et demie à sa température élevée de 14oC). Isolation en Primaloft et membrane en nylon qui résiste à l’eau et qui respire bien. L’ensemble est un peu plus lourd qu’un gant traditionnel, mais la qualité des gants Kombi nous fait pratiquement oublier ce détail, surtout lorsqu’il fait très froid et qu’on est seul à ne pas geler des doigts dans les remontées mécaniques! KOMBI, Radiator | 200 $ | kombisports.com

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EXPRESS- 02 BONBONS DE SAISON

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PAR BARCLAY FORTIN

Pendant une saison de ski de fond, il faut faire au moins une randonnée mémorable qui nous en met plein la vue et représente un beau défi pour nos jambes! Voici quatre destinations qui ont ce qu’il faut pour devenir votre plus belle sortie de l’hiver.

MONTRÉAL Petite merveille Sur papier, le Centre de la nature du mont Saint-Hilaire n’a rien de bien excitant pour les skieurs. Difficile de s’emballer à l’idée de visiter un endroit où il n’y a que huit kilomètres de pistes à se mettre sous les skis. Mais en arrivant sur place, on est charmé par la quiétude des lieux et la beauté de la montagne. Puis on est conquis par ses étroits sentiers tracés uniquement pour le pas classique qui nous conduit au cœur de la montagne. À visiter quand les conditions sont bonnes, car l’entretien est plutôt minimaliste. OÙ : Centre de la nature du mont Saint-Hilaire, 422 chemin des Moulins, Saint-Hilaire INFO : 450 467-1755 • centrenature.qc.ca

© Sergiy Tryapitsyn

OUTAOUAIS Formidable labyrinthe

QUÉBEC Gagner ses galons Le Centre Plein Air Castor est situé sur la base militaire de Valcartier. Alors pour y accéder, il faut franchir une guérite gardée par une sentinelle. Mais ça vaut la peine, car on a affaire à un centre de ski de fond de haut calibre, capable de mettre à rude épreuve n’importe quel skieur. Le centre est particulièrement attrayant pour les adeptes du pas de patin, car la totalité de ses 80 kilomètres de pistes comporte un couloir pour cette technique. Cela représente aussi un avantage pour ceux qui font du pas classique : ils peuvent s’aventurer dans les sentiers les plus difficiles en étant sûrs d’avoir de l’espace pour manœuvrer dans les descentes corsées. On a également l’assurance de skier dans des conditions optimales puisque les sentiers sont entretenus avec une rigueur... militaire. 16

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Pour une courte randonnée, partez à l’assaut du mont Brillant, du côté sud du réseau de sentiers. Il y a là quelques sentiers tracés à flanc de montagne qui sont à la fois exigeants et agréables. Pour travailler encore plus, foncez vers le nord, à travers une magnifique forêt de conifères, et allez manger au relais se trouvant dans ce secteur. Poussez jusqu’aux pistes du Centre de biathlon Myriam-Bédard, qui sont adjacentes à celles du centre Castor. Conçus pour la compétition, ces sentiers-là sont particulièrement pentus et tortueux, mais tracés uniquement pour le pas de patin. OÙ : Centre Plein Air Castor, base militaire de Valcartier INFO : 418 844-3272 • centrecastor.com

Le club de ski fond Nakkertok possède à Cantley un réseau de sentiers si touffu qu’on dirait un labyrinthe. Et quel bonheur de vagabonder là-dedans, en style classique ou en pas de patin, en profitant des nombreux croisements de pistes pour improviser son trajet en cours de randonnée! Nakkertok est un club privé, mais ces pistes sont accessibles à tous. Il suffit de déposer sa contribution dans une boite installée à l’extérieur de son pittoresque chalet d’accueil. OÙ : Club de ski de fond Nakkertok, 900 avenue Gatineau, Cantley INFO : nakkertok.ca

SHERBROOKE Musique classique Une randonnée de ski, c’est comme une pièce musicale. Pour que ça soit vraiment agréable, il faut qu’il y ait des montées et des descentes, des moments plus tranquilles suivis de passages excitants et des surprises en cours de route. C’est exactement ce qu’offre la vingtaine de kilomètres de pistes du club Plein Air Coaticook. On y fait du ski du bon vieux temps, dans d’étroits sentiers réservés au style classique passant par une variété surprenante de paysages et représentant un beau défi pour le skieur moyen. OÙ : Plein Air Coaticook, tout au bout du Chemin Lacourse, Coaticook INFO : pleinaircoaticook.ca


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ENTREVUE ///

PROJET KARIBU

L’AUTRE PLAN NORD © Courtoisie

PAR ANTOINE STAB

Partis le 27 décembre dernier, quatre guides professionnels en tourisme d’aventure vont skier 2 000 kilomètres, entre Montréal à Kujjuuaq, en autonomie complète pendant 100 jours. Une aventure en hommage à l’expédition Québec 80, réalisée par cinq Québécois en 1980. Une autre époque, mais un même défi. Entrevue avec les quatre « frères et sœurs d’expédition » du projet Karibu. Comment présenteriez-vous le projet Karibu? Jacob Racine : C’est une aventure humaine avec quatre personnes issues du tourisme d’aventure qui veulent rendre hommage à des gens qui ont réalisé des exploits dans le passé, mais que l’on a oubliés. On veut mettre sur le devant de la scène le potentiel québécois, de notre territoire. Une expédition, ce n’est pas juste un drapeau que tu plantes sur le sommet d’une montagne. C’est aussi le trajet que tu accomplis et le partage avec tes camarades et le public.

Mon hiver au soleil, mon EKILIB! Rando

Perrmis du Québec

Costa Rica 11 au 18 mars Cuba Pinar del Rio 23 au 30 mars

Vélo

Cuba Holguín en boucles

8 au 15 février, 15 au 22 mars, 12 au 19 avril Guadeloupe 17 au 24 février Costa Rica 11 au 18 mars Cuba Pinar del Rio 23 au 30 mars

Membre de

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Bruno-Pierre Couture : Cette expédition a déjà été réalisée en 1980 par cinq Québécois : 2 000 km en 133 jours avec des vents de 120 km/h et des températures autour de -40°C. On veut en parler à travers cette nouvelle aventure, car le grand public ne les connait pas. C’est souvent le cas avec les expéditions québécoises : elles font de grandes choses, mais on n’en parle très peu. Surtout à cette époque-là où le plein air était moins populaire et pratiqué par des barbus! Marie-Andrée Fortin : On veut aussi montrer l’attrait de jouer dehors, comme c’est facile d’accéder à notre territoire. En hiver, il n’y a pas de mauvaises températures, mais simplement une mauvaise façon de se vêtir. On a déjà commencé à partager ces valeurs et ces principes dans des conférences dans les écoles. La transmission est un volet important de notre aventure. Comment réagissent les enfants lors de ces conférences? B-R C : Hallucinant! Je crois que c’est en train de déraper... Les écoles attendent juste ça, qu'on leur propose des choses. Leur réaction a été de suite de vouloir mettre notre projet à profit. Cela stimule tout le monde, autant les jeunes, les professeurs, que nous. Sébastien Dugas : L’un de nos objectifs était de donner le gout aux jeunes de nous suivre, pour créer un lien avec nous. Après la conférence de présentation, on réfléchit avec les professeurs sur les possibilités de communication, que cela soit à travers les blogues, capsules vidéo et audio ou appels directs dans les classes... À la fin, on retournera en classe pour faire un bilan de ce que l’on a vécu. Cela permet aux jeunes de nous suivre sur l’ensemble du projet, aux professeurs de faire des liens entre leurs enseignements et notre expédition. C’est un support pédagogique adaptable, en fonction des classes, des âges et des thématiques : le français, la géographie, l’éducation physique. Avec Projet Karibu, on peut faire un lien avec les cultures, les communautés amérindiennes, l’interprétation du territoire, les moyens de communication... Comment est né le Projet Karibu? JR : En 2010, lors d’un séminaire de l’AEQ (Aventure Écotourisme Québec), j’ai rencontré Claude Duguay, guide et professeur d’éducation physique. En parlant avec lui et d’autres, il a lâché entre deux silences : « Moi, en 1980, je suis parti de Montréal et j’ai skié jusqu’à Kujjuuaq ». J’étais impressionné! Il m’a raconté les grandes lignes de l’expédition, leurs équipements de l’époque, comme les skis en bois fartés au goudron, la réussite de cette expédition au bout de la troisième tentative puis jamais retentée en ski de fond depuis... À l’hiver 2012, je parle de cette conversation avec Bruno-Pierre. Il me répond que l’on pourrait essayer de refaire cette expédition, dès l’an prochain! Moi, j’étais sûr que, pour l’hiver 2013, c’était trop tôt. En octobre 2012, Bruno-Pierre me dit qu’il connait peut-être quelqu’un de sérieux qui pourrait embarquer avec nous : c’était Sébastien.


B-R C : Je connaissais Sébastien depuis notre formation de guide d’aventure au Cégep de Saint-Laurent. Je le voyais comme un élément essentiel pour calmer nos ardeurs, quelqu’un capable de faire le pas en arrière pour mieux juger de la situation et ne pas foncer tête baissée. Sébastien a tout de suite embarqué. MarieAndrée, je l’ai rencontrée la première fois au festival plein air de Montréal au parc Jean-Drapeau. Elle était présente au kiosque du Cégep Saint-Laurent. On s’est parlé et cela a immédiatement fonctionné, comme une évidence. Marie-Andrée met tout en œuvre pour atteindre son objectif. Dans l’équipe, c’est l’élément qui vient rassembler les autres autour du projet commun. Quels sont les défis qui vont se présenter devant vous? B-R C : Il y a plein de niveaux de difficulté différents. Au départ, on va emprunter le Petit Train du Nord. On va inviter les gens à skier avec nous. C’est drôle, mais cela pose un problème légal, car les skidoos ne nous veulent pas là. La gestion de l’itinéraire va être en soi un défi. On en a tracé un, mais va-t-il rester le même? Ce n’est pas sûr. Il y a la question du timing. Si on part trop tôt ou trop tard, il y a des risques pour que les lacs ne soient pas gelés... Enfin, au niveau des averses de neige, il y a deux sections où l’on ne veut absolument pas être pris en pleine tempête : le Réservoir Gouin – Chibougamau, et Mistassini – Monts Otish. SD : La première partie va être la plus difficile du périple, la zone d’adaptation pour développer une routine. Il va falloir passer d’un mode préparatoire aux conditions du terrain, avec l'acclimatation au froid. La météo, très variable fin décembre. Il se peut qu’il y ait des endroits sans neige, des plans d’eau pas gelés. Quels sont vos espoirs et vos attentes pour cette aventure? M-A F : Moi, je n’ai jamais vu Kujjuuaq. En plus, je vais économiser le prix d’un billet d’avion pour y aller! Mais sinon, une fois que l’on va laisser « la civilisation » derrière nous, il y aura un long moment. C’est une chance inouïe! Il n’y a presque personne. On va traverser de grands territoires de chasse, rencontrer les communautés autochtones du côté de Mistassini. Ça va être intense! Avez suivi une préparation physique et mentale spécifique pour cette expédition? M-A F : Elle s’est faite avec mon amie Geneviève Charest, kinésiologue, thérapeute sportive et professeur d’éducation physique au Cégep de Sherbrooke. Elle nous a fait une évaluation physique au départ, puis elle a monté un programme et un suivi mensuel avec des entrainements spécifiques pour chacun. Mais de par notre activité professionnelle de guide, qui nous amène à faire de multiples activités de plein air, on a une condition et un entrainement progressif, surtout basé en force et en intervalle. On ne le fait pas dans un gym, mais on l’intègre à travers notre saison de guidage. B-R C : On va trainer chacun un traîneau de 150 livres. Cela impressionne beaucoup les gens, mais les lois de physique font que ça glisse bien. Cette expédition n’est pas un défi physique. N’importe qui pourrait embarquer avec nous.

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La forme physique, on va aller la chercher pendant le voyage. La difficulté est surtout dans la tête : se lever tous les matins et repartir sur nos skis. M-A F : Concernant la préparation mentale, on s’est vraiment découvert au niveau de l’organisation. On n’a pas senti le besoin à faire de la consolidation d’équipe, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a jamais de frictions dans le groupe. Peut-être que sur place, il y en aura. Mais on a tous fait des affaires qui nous ont poussés en dehors de notre zone de confort. Chacun sait comment il réagit dans des conditions difficiles. Ce n’est pas un élément qui nous rend craintifs sur la bonne marche de l’expédition. B-R C : Avant le projet, on ne se connaissait pas tous. Je crois que c’est une force : tu as toujours du respect pour les gens que tu ne connais pas. On est tous guides, on a tous un savoir-vivre. On ne va pas se crier après. S'il y a un problème, on va essayer de le régler. Sur quoi va se jouer la réussite de l’expédition? BM-A F : Peut-être sur les maladies, les blessures, mais surtout sur les éléments naturels : une température qui ne nous permet pas d’avancer, une rivière que l’on va devoir éviter. Mais cette expédition est très flexible. On s’adaptera en fonction des contraintes, qu’elles soient topographiques ou météorologiques. B-R C : Je pense que cela va se jouer dans l’équipe, sur notre capacité de prendre des décisions et les bonnes. SD : La discipline, non pas sévère, mais efficace et progressive. Ne pas tomber dans les excès. Ne pas aller trop vite et être rapidement brulé. Être rigoureux dans notre progression, ne pas prendre de retard, arriver aux étapes clefs dans les temps avant que les lacs et les rivières ne dégèlent. Il va y avoir beaucoup de redondances dans l’expédition : la nourriture, le montage et le démontage du campement... Il va être important de tasser cette routine. Avez-vous des projets après expédition? J R : On va continuer nos conférences, encore davantage qu’avant notre départ. On aura encore plus de choses à raconter. Mais le gros projet, c’est la réalisation d’un film documentaire. Fait à partir d’images que l’on aura tournées entre nous et des images par une équipe spéciale, qui viendra nous rejoindre sur quatre points du parcours. L’équipe de tournage fera des photos et des vidéos, des entrevues, un retour sur chaque section de l’expédition... Cela va permettre d’avoir un œil extérieur et professionnel sur ce que l’on vit. Le réalisateur va pouvoir raconter notre expédition de manière construite, pour ensuite la présenter au grand public. Pour les suivre durant leur expédition ou faire un don : projet-karibu.com

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10 POUR CHANGER IDÉES VOTRE VIE PAR ANTOINE STAB

© Sergey Novikov

Le début d’une nouvelle année marque la période des bonnes résolutions. Cette année, faites en sorte qu’elles soient fermes et constructives.

PLUS EFFICACE QUE LES MÉDICAMENTS La pratique régulière du sport (au moins trois heures par semaine) réduit le risque de mortalité d’environ 30 %. Sans excès, l’activité physique a un effet bénéfique contre le stress et l’anxiété, améliore votre sommeil, les fonctions cardiovasculaires et pulmonaires du corps et toutes composantes de votre corps (muscles, squelette, cerveau…). ESSAYEZ LA COURSE MINIMALISTE Nos chaussures modernes, avec des supports et semelles renforcés, entraveraient la foulée naturelle du corps. Certains coureurs affirment même que passer au minimalisme leur éviterait de ressentir des douleurs musculaires et des maux de dos. Si vous décidez de l’essayer, cela prendra une phase de transition pour réapprendre à courir : attaque du milieu ou de l’avant du pied au lieu du talon, raccourcissement de la foulée.

CROSSFIT : PLUSIEURS SPORTS EN UN SEUL Créé dans les années 70 aux États-Unis, le CrossFit est une méthode d’entrainement combinant plusieurs activités : la gymnastique, l’haltérophilie, la course et l’endurance. L’idée est de développer le maximum de compétences athlétiques, regroupées autour de dix thématiques : cardiovasculaire et respiratoire, musculaire, force, souplesse, puissance, vitesse, agilité, psychomotricité, équilibre et précision. LES BIENFAITS DE LA MARCHE Pratiquée régulièrement (au moins 30 minutes par jour), la marche a de nombreux avantages : réduction du risque de maladies cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux, baisse de la tension artérielle, diminution du taux de cholestérol, augmentation de la densité osseuse et prévention de l’ostéoporose. Selon un rapport du directeur du département américain de la Santé, les marcheurs vivraient plus longtemps et auraient une meilleure qualité de vie. C’est aussi un outil efficace pour lutter contre le stress. FAITES QUELQUES EXERCICES AU TRAVAIL L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de pratiquer au moins 30 minutes d’activités physiques par jour. Quelques exercices peuvent se faire en toute discrétion au bureau : assis sur la chaise, travaillez vos abdominaux en soulevant de quelques centimètres vos pieds joints, pendant 10 secondes. Tonifiez vos jambes en les mettant, parallèles au sol et tendues, pendant cinq secondes. MIEUX DORMIR Suivez ces quelques conseils pour retrouver un rythme de sommeil efficace et récupérateur : -A  doptez des horaires de sommeil réguliers, votre corps anticipera et programmera ses mécanismes du sommeil. - É vitez les écrans de télévision ou d’ordinateur avant d’aller vous coucher. L'exposition à la lumière des écrans réduit la production de mélatonine, plus souvent appelée « l’hormone du sommeil ». - Couchez-vous dès les premiers signes du sommeil : paupières lourdes, bâillements. Cet état dure en moyenne 15 minutes. Si vous résistez, vous devrez attendre environ 90 minutes pour le prochain cycle de sommeil. UNE DOUCHE FROIDE + BAIN CHAUD CONTRE LES COURBATURES Après un exercice physique, prendre une douche froide va tonifier vos muscles en améliorant la circulation du sang. Un bon bain chaud permettra, grâce à son effet relaxant, de réduire les courbatures. En combinant les deux, une (rapide) douche, puis un bain chaud salé (environ 20 minutes), vous mettrez toutes les chances de votre côté pour bien récupérer de votre effort physique. PRIVILÉGIER LE SIROP D’ÉRABLE AUX AUTRES SUCRES C’est l’Institut de nutrition de l’université de Laval (INAF) qui le dit : le sirop d’érable serait meilleur pour la santé que les autres sucres comme le miel, la mélasse ou le sirop de maïs. Riche en polyphénols qui permet de mieux réguler le taux de glucose dans le sang, le sirop d’érable limiterait ainsi le développement du diabète (de type 2), de l’obésité et des maladies cardiovasculaires. BIEN CHOISIR SON EAU 60 % de notre corps est constitué d’eau. C’est un élément important pour notre organisme. Mais, toutes les eaux ne se valent pas : - l’eau du robinet : bien que propre et réglementée, cette eau contient en général beaucoup de chlore pour éliminer les bactéries. Installer un filtre sur son robinet permet d’enlever les problèmes de gout et les substances indésirables. - l’eau minérale : l’eau la plus consommée au monde a des vertus thérapeutiques. Elle permet de corriger des déséquilibres ou de combler des carences. Mais un excès de minéraux peut avoir l’effet inverse. À consommer avec modération. - l’eau de source : faiblement minéralisée, elle n’a pas de conséquence pour l’organisme. NE SAUTEZ PAS VOTRE DÉJEUNER Sauter régulièrement son petit-déjeuner augmenterait de 27% les risques d'avoir une crise cardiaque. Cela peut même conduire à l’obésité, l’hypertension, un fort taux de cholestérol et de diabète, et peut mener à une crise cardiaque. Ce premier repas améliore la concentration, la mémorisation et a une influence directe sur notre corpulence : les personnes qui prennent un bon déjeuner tous les jours ont un indice de masse corporelle (IMC) plus faible.

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SOYEZ AU DÉPART e DE LA 5 ÉDITION !

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Photo Camirand

L’hiver, dans la région de Québec, c’est le temps parfait pour s’éclater. Il tombe une quantité remarquable de neige et vous pouvez profiter de chaque flocon d’une foule de façons, et ce, à seulement deux pas du Vieux-Québec. Skiez, faites de la raquette, patinez, puis, après une journée en plein air bien remplie, évadez-vous dans un chalet ou un hôtel avec spa. Pas étonnant que tant de gens soient fous de l’hiver !

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HORS/ PISTE, HORS/ LA/LOI? © Courtoisie

PAR GUILLAUME ROY

Au Québec, on peut faire du ski hors-piste dans certains parcs de la Sépaq et dans plusieurs autres montagnes, mais le cadre réglementaire du ministère de l’Éducation, du Loisir et de Sports (MELS) du Québec interdit techniquement sa pratique dans les stations de ski. Alors que l’engouement pour le sport augmente et que les initiatives de développement se multiplient, les choses s’apprêtent à changer. Au printemps dernier, l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ) tenait son congrès annuel sous le thème « Entreprendre, c’est réussir ». Pendant ce congrès, un concours d’idées entrepreneuriales a eu lieu « où l'on demandait aux stations des idées pour promouvoir le développement de l'industrie », explique Yves Juneau, président-directeur général de l’ASSQ. Avec son projet de développement d’un secteur de ski hors-piste libre d’accès en partenariat avec la Coop Accès ChicChocs, c’est le parc régional de Val-d’Irène qui a gagné le concours dénommé les Dragons du ski. « Actuellement, le cadre réglementaire (géré par la Direction de la promotion de la sécurité, un département du MELS) prévoit que le ski hors-piste est interdit, souligne toutefois M. Juneau. Le fait que ce soit un projet de ski hors-piste qui ait gagné notre concours amène une dimension particulière. » Le Règlement sur la sécurité dans les stations de ski alpin, qui découle de la loi sur la sécurité dans les sports, dit en fait ceci : « Respectez toute signalisation et tout avertissement, et ne vous aventurez jamais hors piste ou sur des pistes fermées ». Selon Théophile Cartier, directeur général de la station de ski Val-d’Irène, c’est le vocabulaire employé qui fait défaut. En mentionnant le terme « hors-piste », le règlement fait plutôt référence au périmètre de sécurité de la station, et non pas au sport qu’est le ski de randonnée, aussi connu sous le nom de « ski touring ». « On remarque une baisse d’achalandage dans les centres de ski. Les skieurs cherchent l’action, à être libres, et à être moins encadrés. Le ski hors-piste nous 24

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ramène à la base, pour voir nos capacités, chercher notre propre ligne, notre propre voie », soutient Guillaume Molaison, vice-président de la Coop Accès Chic-Chocs qui a réalisé l’aménagement du secteur hors-piste à Vald’Irène. Le Massif de Charlevoix a fait la même lecture de la situation alors qu’en 2011, la station ouvrait un secteur de ski hors-piste sur le mont à Ligori pour répondre à une demande de la clientèle. Selon Frédéric Sujobert, le directeur général de la station, la terminologie fait défaut dans la réglementation, mais le ski hors-piste n’est pas interdit en soi selon son interprétation. Il y a plutôt un vide dans la loi. Le Massif a donc ouvert son secteur de ski hors-piste avec des normes de sécurité très strictes et jusqu’à maintenant, personne ne s’est plaint. « C’est nouveau pour tout le monde et pour répondre aux interrogations, nous avons entrepris les démarches avec le comité de sécurité de l’ASSQ, qui travaille avec le MELS, pour clarifier la situation. Et il y a une volonté de toutes les parties d’établir une façon sécuritaire et acceptable pour développer le hors-piste », explique Frédéric Sujobert. C’est surtout les questions de sécurité qui nuisent à l’établissement de secteurs hors-piste, car ces secteurs sont souvent plus isolés et parfois réservés aux experts. De plus, le règlement stipule que toutes les pistes incluses dans le domaine skiable doivent être patrouillées. Comme seuls les skieurs avertis se lancent à l’assaut de tels terrains, le secteur hors-piste au Massif est plus sécuritaire que le reste du domaine skiable, estime Frédéric Sujobert. « D’abord, il faut mériter la descente, car ça prend au moins 15 minutes pour s’y rendre. Il y a donc moins de monde sur les « pistes », les skieurs y sont plus expérimentés et les interventions sont très rares », dit-il. L’an dernier, il n’y a eu que deux interventions banales au Massif. Et le secteur est quand même patrouillé, moins qu’ailleurs dans la station, même si les avertissements stipulent le contraire. Les skieurs qui s’aventurent dans les secteurs hors-piste doivent toutefois être conscients des risques encourus et ils doivent s’y préparer en conséquence. De son côté, Val-d’Irène doit composer avec une situation particulière, car la montagne n’est ouverte que du vendredi au dimanche. Pour s’assurer de répondre à la réglementation en vigueur en ce qui a trait aux pistes patrouillées, Théophile Cartier souhaite que le secteur hors-piste soit dissocié de la station de ski et qu’il soit


considéré comme d’autres secteurs que l’on retrouve en Gaspésie. « Même lorsque la station sera fermée, on s’engage à secourir les blessés une heure après leur appel dans le secteur hors-piste », ajoute-t-il. « Ce qui est spécial, c'est que le ski hors-piste soit interdit dans le cadre de l'opération d'une station de ski, mais que ça ne soit pas interdit pour un opérateur de ski de randonnée. Moi je vais essayer de trouver des façons qui permettront d'aller de l'avant, mais il faut tenir compte de la loi. Notre souhait n’est pas de se retrouver en position hors-la-loi », commente le PDG de l’ASSQ. Pour Luc St-Jacques, responsable du marketing de la station Owl’s Head, qui ouvre également un secteur hors-piste cet hiver, la question de sécurité est similaire à ce qu’on retrouve dans les parcs à neige. « On dit qu’on n’a pas le droit de faire de culbute à l’envers, mais comment peut-on empêcher les jeunes d’en faire? Pour réduire les risques, on met des règlements qui doivent être suivis par les skieurs », dit-il. Dans le cas du secteur hors-piste, il est clairement indiqué qu’ils y entrent à leurs propres risques et qu’ils doivent respecter des règles de sécurité. Juste au sud de la frontière, c’est ainsi que fonctionnent plusieurs stations de ski comme Jay Peak et Sugarloaf. Pourquoi pas au Québec? Au départ, dans les parcs à neige, les risques étaient méconnus, puis, après quelques expériences, on a fait un guide de bonnes pratiques qui encadrent ces activités. C’est exactement ce que cherche à faire Val-d’Irène. « Notre but avec notre projet-pilote est de faire des recommandations au Ministère pour créer une procédure de gestion des risques. Ensuite, on veut réaliser un manuel de bonnes pratiques de ski hors-piste approuvé par le MELS et les assurances », souligne Théophile Cartier. Ce futur guide de bonnes pratiques définira comment aménager un secteur horspiste de façon durable, comment baliser les accès et les issues de secours, comment afficher la signalisation, quelles sont les règles à respecter et comment faire de la prévention. Par exemple, le ski hors-piste doit se pratiquer en groupe de trois au

ATTENTION

Le ski hors-piste comporte des risques inhérents. Vous pouvez en réduire les dangers en suivant ces conseils : / Prévoyez un téléphone cellulaire ou une radio. / Portez un casque et des lunettes. / Skiez/surfez toujours en groupe d’un minimum de 3 personnes. / Vérifiez en amont avant de sortir du secteur. / Évitez ce secteur après 14 h. / Les mineurs doivent être accompagnés d’un adulte.

cas où arriverait un accident. De plus, de la surveillance pourrait permettre à ces secteurs d’êtes sécurisés, sans être toutefois patrouillés comme une piste normale. Pour l’instant, les assureurs soutiennent les stations en voyant la « tolérance » du Ministère. « Le Ministère s’intéresse au développement du ski hors-piste et il étudie présentement la portée de la réglementation dans ce secteur. Ces études n'étant pas encore terminées, le Ministère préfère réserver ses commentaires sur la question », a soutenu Bryan St-Louis, responsable des relations avec la presse au MELS.

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La science du ski hors-piste PAR GUILLAUME ROY

Depuis quelques années, le ski hors-piste ne cesse de gagner en popularité, mais le nombre de secteurs accessibles et sécuritaires limite sa pleine expansion. Afin de remédier à la situation, la Coop Accès Chic-Chocs a développé une expertise dans le développement de secteurs de ski hors-piste qui vise à maximiser les sensations des skieurs tout en conservant la biodiversité. Des champs de neige, il n’y en a pas à tous les coins de rue au Québec. Et il est plutôt rare de trouver de belles percées naturelles sur une montagne sauvage qui permet de skier de manière sécuritaire. Dans une sapinière par exemple, la régénération en sous-étage fait en sorte qu’il est presque impossible d’y skier. Les adeptes du hors-piste sont donc souvent confinés aux champs de neige. Et les sites reconnus commencent à être surexploités : il est de plus en plus difficile de « dévierger » une piste.

En 2009, le Chic Chac, la Vallée Taconique, Ski Chic-Chocs, Eskamer et Vertigo aventures, cinq entreprises gaspésiennes, ont décidé de prendre les choses en main et de fonder la Coop Accès Chic-Chocs afin de créer un outil de développement commun pour favoriser les activités de plein air dans les Chic-Chocs. Dans un premier temps, la coop s’est concentrée sur l’aménagement de secteur de ski horspiste. Démarrée de manière modeste, l’entreprise a acquis beaucoup d’expérience au cours des quatre dernières années en diversifiant les domaines skiables. Pendant sa formation en génie forestier à l’Université Laval, Bruno Béliveau, maniaque de ski et chargé de projet pour la coopérative, ne cessait de se poser des questions sur l’aménagement des sous-bois réalisés en centre de ski. « Comment peut-on garantir une bonne qualité de glisse et maintenir de bonnes quantités de neige? Comment peut-on maximiser l’expérience du skieur en la renouvelant continuellement? Comment peut-on mettre en place un aménagement qui perdurera dans le temps? » se demandait-il.

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Avec les premiers contrats d’aménagement de ski hors-piste, la coop a pu mettre en application les principes sur lesquels elle avait réfléchi : « Par le passé, quand on aménageait des sous-bois traditionnels, on coupait les jeunes tiges en sous-étage et on gardait les gros arbres, dit-il. Aujourd’hui, dans les forêts que l’on aménage, on garde beaucoup plus de tiges à l’hectare et on conserve les jeunes tiges », dit Bruno Béliveau. La pérennité des sous-bois traditionnels dans les forêts de conifères est particulièrement vulnérable, car la coupe des jeunes repousses élimine la relève. « On essaie de voir les principales caractéristiques de la forêt pour que ça se poursuive dans le temps », ajoute-t-il. Ainsi, la Coop travaille à maintenir les essences et la diversité d’âge des arbres. Mais l’aménagement de secteurs de ski hors-piste n’est pas qu’une question de biodiversité et de pérennité. C’est aussi une question de plaisir. « On est à l’écoute de ce que la forêt nous suggère à la base afin de trouver le meilleur compromis 26

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entre la pérennité de la forêt et le plaisir du skieur », souligne de son côté Guillaume Molaison, vice-président de la coopérative et propriétaire du Chic Chac à Murdochville. Le design des aménagements est donc fort différent dans des milieux où la poudreuse est de mise que dans un sous-bois traditionnel. « On ouvre des corridors avec plusieurs ilots pour créer des choix de virages et de plus grands rayons. Ainsi, en fonction de la pente et du degré d’inclinaison, le skieur peut prendre assez de vitesse pour flotter et améliorer l’expérience de glisse », explique Guillaume Molaison. « Et en plus, c’est mieux adapté à différents types de skieurs, car les virages ne sont pas trop serrés », ajoute Bruno Béliveau. La Gaspésie d’abord La coopérative a d’abord mis en place une stratégie pour développer le ski horspiste en Gaspésie. Ainsi, de nouveaux secteurs de ski hors-piste ont vu le jour sur les monts York et Porphyre, à Murdochville, dans Vallée Taconique et dans un secteur


communautaire, sur le mont Lyall. « On va donner le mérite aux élus, car ils nous ont écoutés et ils nous ont fait confiance. Ils ont même réaffecté des fonds publics vers nos activités », dit Bruno Béliveau. Cette année, des sommes du programme de développement régional et forestier ont été utilisées pour développer de nouveaux secteurs. Plus de 90 000 $ ont été investis pour les aménagements sur le mont Lyall au cours des trois dernières années, dont 20 000 $ cette année. Mais au-delà des sommes nécessaires pour effectuer le travail, plusieurs contraintes bureaucratiques ralentissent les processus pour obtenir les autorisations nécessaires à la réalisation des aménagements. Et encore une fois, le soutien des élus est nécessaire. Pour Allen Cormier, préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, il ne fait aucun doute que la neige est un de leurs meilleurs outils de développement régional : « Notre produit d’appel est le parc de la Gaspésie et nous devons y greffer d’autres activités, comme le ski hors-piste, pour assurer la diversification de notre offre touristique », dit-il. Dans la Vallée Taconique, à Mont-Saint-Pierre, la coop a développé de nouveaux

secteurs pour diversifier l’offre de ski hors-piste. « On voulait offrir un défi plus relevé avec une pente plus forte où l'on retrouve une forêt plus mature », explique Giovanni Mancini, président de la coopérative et de la Vallée Taconique. « Nos aménagistes, qui sont des skieurs et des ingénieurs forestiers, ont développé, au fil des ans, une vision qui permet de maximiser la conservation et l’expérience de ski », précise-t-il. Tranquillement, la Coop gagne en notoriété et commence à recevoir des mandats à l’extérieur de la Gaspésie. En 2012, l’équipe de Bruno Béliveau a participé à l’amélioration des aménagements du secteur de ski hors-piste au Massif de Charlevoix, sur le mont à Ligori. « Pour offrir une expérience de qualité et sécuritaire à nos skieurs, on voulait que ça soit fait dans le sens du monde. Ça prend une expertise particulière pour ouvrir une « piste » dans un terrain très accidenté », a commenté le directeur général de la station, Frédéric Sujobert. Au boulot! Sur le terrain, l’équipe de la Coop Accès Chic-Chocs est composée de quatre à six abatteurs manuels dirigés par un contremaitre. Comme le travail est très dangereux,

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le plan d’urgence est toujours bien défini. « C’est un travail difficile et dangereux, mais pour des skieurs, c’est un travail extrêmement valorisant. On est toujours excité. On a toujours hâte de voir de quoi la piste aura l’air en hiver. Ce qui fait qu’on travaille avec le sourire, car ça nous connecte avec notre passion », affirme Bruno Béliveau. L’automne dernier, c’est à Val-d’Irène, dans la vallée de la Matapédia, que l’équipe de la Coop Accès Chic-Chocs a mis son expérience à profit pour développer le secteur de la zone Blanche, sur la montagne voisine. « Ce sont les meilleurs dans le domaine », estime Théophile Cartier, directeur général de la montagne, qui souligne que l’aménagement forestier est un monde totalement différent du ski. Dans la phase 1 du développement de ce secteur, trois « pistes » principales comprenant plusieurs couloirs ont été aménagées. Cout de l’opération : 20 000 $. Si l’achalandage est à la hauteur des attentes, une phase 2 viendrait ajouter quatre autres « pistes » dans ce secteur.

L’an dernier, la coop a aussi commencé à intégrer des modules et des plateformes aériennes pour créer des parcours « super naturels », comme ce que l’on retrouve dans la compétition Red Bull Supernatural. De tels parcours ont été construits sur le mont York, dans la Vallée Taconique et à Val-d’Irène. « On veut que les gens ne soient pas gênés de faire la distance pour venir nous voir », lance Guillaume Molaison. L’aménagement de secteur de ski hors-piste, « c’est une science où il y a des paramètres à l’infini! On en apprend tous les jours », selon Guillaume Molaison. Dans le futur, la Coop Accès Chic-Chocs souhaite faire bénéficier les autres régions de l’expertise qu’elle a développée « avec des fonds publics ». Elle travaille déjà avec différentes stations de ski du Québec sur de nouveaux secteurs qui devraient apparaitre au cours des prochaines années. Des projets d’expansion du domaine skiable à Jay Peak et à Sugarloaf sont aussi dans la mire des aménagistes du hors-piste. espaces.ca janvier 2014

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QUÉBEC PLEIN AIR INC. PAR GUILLAUME ROY

Il y a deux ans, Sophie Boyer, une jeune entrepreneure de 26 ans, a racheté l’entreprise Audvik, qui conçoit et fabrique des manteaux d’hiver au Québec depuis 1979. Son plan : rajeunir la marque et la faire connaitre aux quatre coins du Québec… et plus encore! À la fin des années 1970, deux enseignants en éducation physique de la Montérégie voulaient créer une marque spécialisée pour leurs étudiants afin qu’ils profitent au maximum de l’hiver et de leurs cours en plein air. C’est ainsi qu’Audvik prenait naissance, d’abord à partir de leur propre maison, puis dans des boutiques spécialisées. Il y a deux ans, Sophie Boyer a eu vent que les propriétaires voulaient se départir de la compagnie, car ils avaient un autre projet entrepreneurial. Fraichement diplômée de l’Université de Sherbrooke en administration des affaires, elle a fait le grand saut. « J’ai toujours voulu travailler dans ce domaine, mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi tôt », témoigne

la jeune sportive qui a été dans l’équipe nationale de ski de fond pendant quelques années, et qui a aujourd’hui l’opportunité d’embaucher sa mère à forfait! Réputés comme étant des produits confortables et chauds fabriqués au Québec, les manteaux Audvik cadraient avec les valeurs de Sophie : « J’ai eu un coup de cœur pour les produits et j’ai voulu les faire connaitre », dit-elle. L’entrepreneure compte garder la collection Héritage qui a fait la renommée de la marque, mais elle veut aussi la rajeunir. D’abord fabriqués dans le petit village de Saint-Clet, les manteaux sont aujourd’hui produits par des soustraitants, le temps que l’atelier maison soit prêt dans ses locaux d’Ahuntsic, l’an prochain. C’est alors que quatre ou cinq couturières se joindront à l’équipe de trois travailleurs chez Audvik. Fais avec des matériaux de haute technologie, les manteaux sont à la fois 100 % imperméables et respirants. Audvik propose des modèles sportifs,

© Audvik

AUDVIK LE CHIC TECHNIQUE mais compte surtout sur la clientèle de professionnels actifs pour se démarquer. Coupes ajustées, chaleur et confort sont au rendez-vous pour ces manteaux qui se détaillent entre 400 et 600 $. Cette année, les modèles vedettes sont le Monaco, pour les femmes, avec une coupe cintrée et une surpiqure au coude, à l’épaule et à la taille. Du côté des hommes, le modèle New York offre une coupe classique et un style européen. À ce jour, on retrouve 30 points de vente au Québec, et Sophie Boyer veut atteindre 50 détaillants dès l’an prochain. D’ici cinq ans, elle veut s’implanter dans les boutiques de sport aux quatre coins de la province, pour ensuite trouver des débouchés dans le reste du Canada, aux États-Unis et même en Scandinavie.

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FABER RAQUETTES PERFORMANTES DEPUIS… 1870!

Depuis 1870, l’entreprise Faber est passée par la fabrication de mocassins, de bâtons de crosse, de canots et de raquettes en babiches. Pour Guy Faber, président de l’entreprise, le secret a toujours été de faire des produits de qualité qui évoluent continuellement. La technologie derrière la Sommet, la raquette de haute technologie la plus légère pour les terrains montagneux, est en développement depuis 8 ans. D’abord implanté sur une raquette en bois hybride, le tamis WTD à aile de traction breveté réduit

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considérablement le poids de la raquette et améliore la traction. Avec un poids de 3,5 livres et moins, cette raquette fabriquée au Québec se vend entre 215 et 230 $ selon la taille choisie. L’entreprise Faber, qui a des origines autochtones, est basée à Loretteville. Après avoir vécu le boom de la raquette à la fin des années 70, alors qu’il existait une trentaine de manufacturiers de raquettes au Québec, la crise économique et le manque de neige ont épargné seulement deux manufacturiers dans la province,

dont Faber. « Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir survécu tout ce temps », souligne le propriétaire. Le défi au cours des prochaines années pour l’entreprise qui emploie 20 personnes, sera de maintenir les ventes, peu importe la quantité de neige qu’on recevra : « Notre marché est loin d’être mort, mais c’est quand il neige qu’on vend nos raquettes! », note Guy Faber qui subi les contrecoups de trois hivers avec peu de neige. Les 50 000 paires de raquettes produites annuellement sont écoulées à 75 % au Canada, mais aussi aux États-Unis et en Europe. En plus des raquettes pour la montagne et la randonnée, depuis quelques années, Faber s’est ouvert à un nouveau marché : la course en raquette.


Plus grand évènement multisports d’hiver au monde 22 février au 9 mars 2014 Plaines d’Abraham, Québec

Première mondiale Entrez dans l’histoire !


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redécouvrez les joies de l’hiver ! Le Pentathlon des neiges est devenu, depuis sa création, l’un des fleurons du tourisme hivernal dans la CapitaleNationale. Chaque année, les gens d’ici, tout comme ceux venus d’ailleurs, participent en grand nombre aux activités sportives qui s’y déroulent. Pour les familles, les sportifs amateurs et les athlètes de haut calibre, il s’agit d’un grand rendez-vous dans le décor enchanteur des plaines d’Abraham, véritable écrin de nature au sein de la ville de Québec. Cette année, les organisateurs ont voulu marquer le coup du 10e anniversaire de l’évènement en innovant avec la présentation du tout premier Triathlon d’hiver, les 8 et 9 mars 2014. Souhaitons que cette première mondiale donne lieu à une nouvelle tradition, tout aussi populaire que le Pentathlon!

Plus que jamais, la région de la Capitale-Nationale se positionne comme une destination hivernale de choix. Parée de sa belle couverture de neige, elle offre des conditions exceptionnelles pour la pratique de sports, à la plus grande joie des amateurs de plein air

qui peuvent, le soir venu, profiter de la vie culturelle riche et animée de Québec. Nous vous attendons donc en grand nombre à cette grande fête des sports d’hiver!

Agnès Maltais

Marie Malavoy

Pascal Bérubé

Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale Ministre responsable de la Condition féminine Ministre responsable des régions de la Capitale-Nationale et de la ChaudièreAppalaches

Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport

Ministre délégué au Tourisme

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Le décor enchanteur des plaines d’Abraham, des épreuves intenses, des performances de haut niveau : depuis 10 ans, le Pentathlon des neiges est devenu une tradition qui réunit tant les sportifs émérites et amateurs que les spectateurs passionnés de sports d’hiver. Le 10e anniversaire est souligné en grand, avec la tenue du 1er Québec ITU Triathlon d’hiver. Si Québec est déjà bien établie sur la scène sportive internationale, ce nouvel événement permettra sans aucun doute à la ville de rayonner davantage. Véritable capitale hivernale, Québec est l’endroit de prédilection pour la naissance de ce nouveau sport enlevant combinant raquette, patin de vitesse et ski de fond.

Encore une fois cette année, une programmation des plus exaltantes attend les compétiteurs et les spectateurs, tant à l’occasion du Pentathlon des neiges que du Québec ITU Triathlon d’hiver. D’autant plus que les participants profiteront de la toute nouvelle patinoire réfrigérée pour livrer leurs performances. Je tiens à saluer le travail des organisateurs et la prouesse des athlètes qui relèveront le défi cette année. La Ville de Québec est fière de contribuer à vos succès. Bonne chance à tous!

Régis Labeaume Maire de Québec

dix ans de plaisir et plusieurs autres à venir Le Pentathlon des neiges existe depuis 10 ans et c’est depuis 2008 qu’il s’est installé et s’est développé au cœur même de Québec et du parc des Champs-de-Bataille. Cet évènement est exemplaire à plusieurs égards. Rassembleur, gratuit, faisant place tant à l’élite qu’à la participation populaire, voilà un bel exemple du mariage réussi entre les vocations sportives et récréatives (voire ludiques) du parc. Les plaines d’Abraham accueillent bon an mal an 200 évènements de toutes sortes et de toutes tailles dont la toute première édition du Québec ITU Triathlon d’hiver, en mars prochain. Chacun est bien sûr unique en son genre mais le Pentathlon se démarque par sa capacité à convier la population à une grande fête du jeu

et de la performance. Il n’y a qu’à voir ce qui y est réalisé et le plaisir qu’y prennent grands et moins grands pour constater à quel point cet évènement s’harmonise bien à un lieu, le parc, qui est le poumon de la ville. Dirigé et organisé par une petite équipe tenace autant qu’efficace, le Pentathlon est passé en quelques années du statut d’un évènement relativement modeste à celui d’un grand évènement populaire. Nous saluons cette aptitude à se renouveler et à s’adapter aux besoins des uns et des autres. Souhaitons qu’il en soit encore ainsi pendant plusieurs années! André Beaudet Secrétaire-directeur général Commission des champs de bataille nationaux

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Une programmation des plus exaltantes !

André Beaudet Secrétaire-directeur général Commission des champs de bataille nationaux

Véritable capitale de l’hiver L’Office du tourisme de Québec est fier de s’associer au Pentathlon des neiges et au Québec ITU Triathlon d’hiver. Plus que jamais, avec la présentation du 10e Pentathlon et du tout premier Triathlon 100 % hivernal sanctionné par l’ITU, Québec continue de s’affirmer comme une véritable capitale de l’hiver. Poudreuse étincelante et toujours abondante, la neige d’ici se prête à une multitude d’activités et est également à l’honneur lors d’évènements et de festivités. Misant sur un

calendrier d’activités urbaines hivernales sportives, culturelles et festives tant intérieures qu’extérieures qui s’étend de la mi-décembre à la mi-mars et surtout sur des attraits touristiques forts, l’hiver à Québec, c’est plus qu’une saison ! Félicitations aux organisateurs et bienvenue à tous les participants ! Pierre Tremblay Président du conseil de l’Office du tourisme de Québec

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Pentathlon

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Le plus grand évènement multisports d’hiver au monde ! 4

Le Pentathlon des neiges a connu depuis ses débuts en 2005 une croissance fulgurante. De 65 participants à la première édition, ce sont plus de 5000 qui sont attendus en 2014 pour célébrer le 10e anniversaire de cet évènement unique au monde, créé par le beauportois Jean-Charles Ouellet. La recette du succès : un évènement accessible à tous, d’une qualité inégalée, sur un site exceptionnel. Du défi des familles et amis Merrell au volet élite, en passant par les défis scolaires et corporatifs, tous peuvent participer et profiter de l’engouement pour l’évènement.


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■ Compétition sportive où sont complétées, à tour de rôle, en continu, les cinq disciplines suivantes : vélo, course, ski de fond, patin et raquette ; ■ Le départ est donné avec l’étape de vélo. Le chronomètre s’arrête à la fin de l’épreuve de raquette. Le temps de transition entre les étapes est compté ; ■ Un pentathlon se complète en solo (seul), en tandem (relais à deux) ou en équipe (relais de trois à cinq personnes) ;

CONCOURS

■ Les changements d’équipement et/ou de coéquipiers entre les étapes s’effectuent dans la zone de transition ; ■ Plusieurs défis sont offerts, de calibre et de distances variables (6 à 42 km), afin d’assurer l’accessibilité à tous ; ■ Selon le défi choisi, le temps de chaque étape varie de 10 à 60 minutes ; ■ Des participants âgés de 23 mois à 81 ans y ont déjà participé ; ■ L’évènement se déroule sur les plaines d’Abraham à Québec, en surplomb du fleuve St-Laurent.

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Pentathlon des neiges 101

La patinoire Depuis 2008, l’équipe du Pentathlon des neiges fabrique, spécialement pour l’évènement, un anneau de glace naturelle pour ses compétitions. En 2011, l’organisation offre gratuitement sa patinoire en la rendant accessible au patinage libre tout le mois de février.

Patinoire réfrigérée en 2014 : heureux 10e anniversaire ! Dans sa vision de Québec, Capitale mondiale de l’hiver, jumelée à l’engouement pour le Pentathlon des neiges et la première mondiale du Québec ITU Triathlon d’hiver, la Ville de Québec a installé, avec la collaboration de la Commission des champs de bataille nationaux, un nouvel anneau de glace réfrigéré de 420 mètres, au même endroit où était située, depuis 2008, la patinoire naturelle du Pentathlon des neiges. En plus d’être utilisée par les pentathlètes et triathlètes lors du 10e Pentathlon des neiges, la patinoire est accessible gratuitement à tous, et ce, tous les jours de 10 h à 22 h, jusqu’à la mi-mars.

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10 ans d’Histoire 6

2008

L’avant 2005

Dans le cadre des festivités s dudu 400e anniversaire de Québec, Québec, le Pentathlon des neiges déménage sur les plaines d’Abraham et devient un évènement de la programmation tion officielle. L’organisation yabrique fabrique un nouvel anneau de glace e de 500 mètres spécifiquement spécifiquement pour l’évènement. Présenté à guichet fermé, les 1350 participants et milliers de spectateursonfirment confirment populala la popularité et l’engouement pour l’évèènement. Le cycliste Raphaël Raphaël Gagné remporte sa 3e victoire e thlète consécutive alors que la triathlète Magali Tisseyre remporte la palme chez les dames.

Depuis plusieurs années, Jean-Charles Ouellet participe, été comme hiver, à plusieurs activités multisports, dont un challenge hivernal nommé le Raid à 4 pattes, organisé par le club de vélo de montagne Québec Sportif. Les participants franchissent le fil d’arrivée en passant littéralement sous une corde… à 4 pattes. Jean-Charles prend plaisir à ces épreuves et croit en la possibilité de créer un évènement multisports d’hiver accessible à tous. C’est à la fin de 2004, lors d’un souper familial, que naît officiellement le Pentathlon des neiges!

2005

2007

Une soixantaine de passionnés sont au départ du 1er Pentathlon des neiges alors présenté au Lac-Beauport. L’évènement est éclaté sur trois zones de transition. La famille Ouellet et quelques amis, dont Pierre Gendron, toujours membre du C.A. de Pentathlon des neiges, se chargent de tout : du balisage au transport des équipements dans les différentes zones de transition, jusqu’au chili maison d’après course! Jocelyn Vézina et Chantal Bégin sont les premiers champions de l’histoire du Pentathlon des neiges.

Le 3 mars, 350 participants prennent le départ du 3e et dernier Pentathlon des neiges tenu au Lac-Beauport. Le volet relais-équipe voit alors le jour. Les équipes sont autonomes et doivent transporter leurs coéquipiers entre les zones de transition étalées autour du lac. Dû à la violente tempête de la veille, jumelé au trafic occasionné par le transport des équipiers, Lac-Beauport est paralysé par un bouchon monstre.

A le d év hive hi MaM 20 auat P


du s du ec, ébec, s es un mation ion brique que ace e ment ent nté 50 de opulaulaévèèëlaël e toire ète thlète rte s.

2011 Avec ses 3900 inscrits, le Pentathlon des neiges devient le « plus grand évènement de plein air hivernal hiv au Canada ». Après Marie-Pierre M Raymond en 2010 chez les dames, c’est auau tour t du triathlète Charles Perreault de remporter un 2e titre.

2012

2013

2014

L’Union Internationale de Triathlon (ITU) confirme le Pentathlon des neiges comme le « plus grand évènement multisports d’hiver au monde ». Près de 4000 enthousiastes participent aux différentes courses. Originaire du Nouveau-Brunswick, l’olympien Joël Bourgeois est champion chez les hommes.

Un nouveau record de participation est établi avec près de 4800 participants. En préparation pour un projet de patinoire réfrigérée, la patinoire passe d’une longueur de 500 à 420 mètres. Deux biathlètes de l’équipe nationale du Canada sont couronnés : Claude Godbout chez les dames et Marc-André Bédard chez les hommes. Victor Langlois, 23 mois et 11 jours, devient le plus jeune pentathlète de l’histoire !

Plus de 5000 participants sont attendus au 10e anniversaire du Pentathlon des neiges, qui profite de l’occasion pour bonifier sa programmation avec l’ajout de la première mondiale du Québec ITU Triathlon d’hiver. La Ville de Québec installe une patinoire réfrigérée sur les plaines d’Abraham.

7


TriAThlon

Première mondiale du Québec ITU Triathlon d’hiver

T

Les 8 et 9 mars 2014 sera présentée la première mondiale du tout nouveau format de triathlon d’hiver de l’Union Internationale de Triathlon (ITU). Le Québec ITU Triathlon d’hiver est composé de trois disciplines hivernales : la raquette, le patin et le ski de fond.

Les compétitions du Québec ITU Triathlon d’hiver se tiendront dans le cadre enchanteur des plaines d’Abraham. Les athlètes du volet groupes d’âges, accessible à tous, s’élanceront le samedi 8 mars alors que les élites et les paratria­ thlètes seront à l’œuvre le lendemain. Tous compléteront un parcours de 25 km. Entrez dans l’histoire et participez à la première mondiale du Québec ITU Triathlon d’hiver. DévEloppEmEnt Du QUébec ITU TrIaThlon d’hIver L’ITU est la fédération internationale qui sanctionne, entre autres, la pratique du triathlon d’été tel que présenté aux Jeux olympiques. Fort du succès connu avec le triathlon d’été, l’objectif ultime de l’Itu est de mener le nouveau triathlon d’hiver jusqu’aux Jeux olympiques!

« Sur un site historique comme les plaines d’Abraham et grâce à l’expertise des organisateurs du Pentathlon des neiges, tout est en place pour écrire une nouvelle page de la merveilleuse histoire du triathlon », a déclaré la présidente de l’ITU et membre du Comité international olympique, Mme Marisol Casado. L’évènement de Québec servira de base promotionnelle au développement du sport. D’ailleurs, au lendemain de l’évènement, les délégués de l’ITU ainsi que les représentants des fédérations nationales de triathlon se réuniront à Québec pour discuter du développement de la nouvelle discipline et de l’établissement d’un réseau mondial de triathlon d’hiver.

Parmi les favoris du Canada

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Claude Godbout

Marc-André Bédard

Pierre-Yves Gigou

• 27 ans, née à Lévis, Québec • Membre de l’équipe nationale de biathlon • 2013 : Championne, Pentathlon des neiges élite • 2013 : Championne du monde, Courses à obstacles • 2012 : Double médaillée, Championnats canadiens • 2007 : Double médaillée, Jeux du Canada

• 28 ans, né à Beauport, Québec • Membre de l’équipe nationale de biathlon • 2013 : Champion, Pentathlon des neiges élite • 2012 : Triple champion canadien de biathlon • 2010 : 10e position, Jeux olympiques de Vancouver • Triple médaillé, Championnats du monde junior

• 27 ans, né à Tours, France (réside au Québec depuis 2007) • 2013 : 13e position, Championnat du monde triathlon longue distance ITU de Belfort • 2013 : 1er chez les 25-29 ans et 18e toutes catégories confondues, Ironman Mont-Tremblant • 2012 : 6e chez les 25-29 ans et 48e au Championnat du monde Ironman d’Hawaii


■ Compétition sportive où sont complétées, à tour de rôle, en continu, les trois disciplines suivantes: raquette (5 km), patin (12 km) et ski de fond (8 km) pour un total de 25 km ; ■ Le départ est donné avec l’étape de raquette. Le chronomètre ne s’arrête qu’à la fin de l’épreuve de ski de fond. Le temps de transition entre les étapes est compté ; ■ Le Québec ITU Triathlon d’hiver se complète en solo (seul) ; ■ Les changements d’équipement entre les étapes s’effectuent dans la zone de transition ; ■ Le Québec ITU Triathlon d’hiver est la première mondiale de la discipline ; ■ Des athlètes de plusieurs délégations internationales ont déjà confirmé leur participation au volet élite ; ■ Tous peuvent s’inscrire au volet groupes d’âges ; ■ L’évènement se déroule sur les plaines d’Abraham à Québec, en surplomb du fleuve Saint-Laurent.

UNE TÉLÉD IF NATIONALFUSION INTERNAT E ET IONALE Grâ

ce à n officiel, IC otre diffuseur I une émiss Radio-Canada, ion toute spéciale sur la prem iè re m o n Québec IT diale du UT sera diffus riathlon d’hiver le monde ée partout dans sur le Explora et s chaînes RDI, TV5 mond e.

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triathlonhiverquebec.com

Triathlon d’hiver 101

De l’international Sylvie Becaert • 39 ans, née à Annecy, France • 2010 : Vice-championne olympique par équipe, Jeux olympiques de Vancouver • 2009 : Championne du monde par équipe mixte • 2007 : Vice-championne du monde par équipe • 2006 : Médaillée de bronze par équipe, Jeux olympiques de Turin • 2003 : Championne du monde, Sprint individuel

René Laurent Vuillermoz • 37 ans, né à Aoste, Italie • Trois sélections olympiques - 2010 : Vancouver, Canada - 2006 : Turin, Italie - 2002 : Salt Lake City, États-Unis • Deux podiums, individuel, Coupe du monde de Biathlon • Six fois champion d’Italie

Kamila Borutova • 38 ans, née à Boskovice, République Tchèque • Record Guiness : Distance parcourue en ski en 24 h : 333 km • 2013 : Championne du Czech Ski tour • Worldloppet : 2012 : Marcialonga, Italie : 8e 2011 : Gatineau : Médaille d’or 2002 Jizerska, Rép. Tchèque : Médaille d’or • 2002 : Championne Euroloppet XC Series

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PROGRAMMATION

DATE

ÉVÈNEMENT

DISTANCE

8 h 30

Défi courte distance Merrell - Solo et tandem

26 km

Samedi 22 février

11 h 30

Défi des familles et amis Merrell

6 km

13 h

Défi longue distance - Solo et tandem

42 km

Dimanche 23 février

9h

Défi courte distance Merrell - Équipe

26 km

13 h

Défi longue distance - Équipe

42 km

Mercredi 26 février

10 h 30

Tournoi invitation scolaire RSEQ - Primaire

9 km

Tournoi invitation scolaire RSEQ - Secondaire Benjamin

16 km

Tournoi invitation scolaire RSEQ - Secondaire Cadet et juvénile

22 km

Jeudi 27 février

Samedi 1er mars Dimanche 2 mars

10

HEURE DÉBUT

10 h 30

9h

Tournoi invitation collégial du RSEQ Défi universitaire et éducation aux adultes

13 h

Défi corporatif

12 h

Journée santé et services sociaux

25 km

25 km


DATE Samedi 8 mars

HEURE DÉBUT

ÉVÈNEMENT

DISTANCE

Groupes d’âges

25 km

10 h

Élite - Femme

25 km

12 h

Paratriathlon

8 km

13 h 30

Élite - Homme

25 km

8h 11 h 14 h

Dimanche 9 mars

-VOUS INSCRIVEZ ANT! TEN DÈS MAIN es.com

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11


ALLEZ-Y À FOND. MEC.CA | MEC QUÉBEC | MEC MONTRÉAL | MEC LONGUEUIL

Merci à nos partenaires Présentateur Pentathlon

Signataires

Publics

Médias

Andrew Querner

Pour vous inciter à repousser vos limites cet hiver, nous nous associons au 10e Pentathlon des neiges de Québec. Vélo, course, ski, patin et raquette : préparez-vous à vivre votre meilleur Pentathlon avec la coopérative Mountain Equipment Co-op.


p.34

LE SOMMEIL

L’« ALIMENT » SUPRÊME

D’OLYMPIENS Des athlètes d’ici se confient sur leurs ambitions et leur préparation. p.32

p.30

Un ultra-marathon… mais pourquoi? p.36

SUPPLÉMENTS DE MULTIVITAMINES BÉNÉFIQUES OU DANGEREUX?

© Yan Lev / Thinkstock

Andrew Querner

PAROLES


COURSE À PIED

UN ULTRAMARATHON…

EN PARALLÈLE DES NOMBREUX ÉVÉNEMENTS DE COURSES QUI FLEURISSENT AU QUÉBEC, SE DÉVELOPPENT ÉGALEMENT LES ULTRAMARATHONS; CES COURSES AUX DISTANCES D’AU MOINS 50 KILOMÈTRES… ET SOUVENT BEAUCOUP PLUS! POURQUOI CE TYPE D’ÉVÉNEMENT SE MULTIPLIE-T-IL? QU’EST-CE QUI PLAIT À CES COUREURS D’ENDURANCE?

MAIS POURQUOI? © Darren Stevenson

PAR ANTOINE STAB

L

’ultra-marathon n’est pas une discipline sportive uniforme : elle renferme de nombreuses réalités. C’est un nom un peu fourre-tout où l’on retrouve aussi bien les courses de sentiers (trail) comme les 65 km de The North Face Ultra Trail Harricana de Charlevoix (UTHC) ou le Vermont 100 Mile Endurance Run (160 km) aux États-Unis, des épreuves sur route comme la Course Trans-Montréal (60 km qui traversent l’île de Montréal d’ouest en est) ou encore des ultra-marathons intérieurs (comme les 50 km organisés sur des pistes d’athlétisme à Québec, Sherbrooke et Montréal). Le plateau des courses est large, avec des distances et des temps d’épreuves différents; des parcours et des terrains variés; des courses avec ravitaillement, en semi-autonomie ou en autonomie complète. Chaque course d’ultra a son identité propre, une signature unique et attire des publics et des coureurs différents. La force de l’ultra, c’est que tous les coureurs peuvent trouver chaussure à leur pied. Mais, encore faut-il être prêt à subir le défi physique et endurer le défi mental. Sylvain Burguet en sait quelque chose. Fin octobre 2013, il a couru 246 km (soit la distance de six marathons!), de Montréal à Québec, en 41 heures : « Plus que la performance sportive, je voulais sortir de ma zone de confort pour voir ce qu’il y a après, découvrir qui l’on est véritablement au fond de soi. L’ultra, c’est une culture du dépassement. On ne peut pas tricher sur son état de forme, ou jouer un personnage. On joue cartes sur table ». José Nicolas dit la même chose, lui qui est coureur et directeur de la Trans Gaspesia 2014, une nouvelle épreuve de course à pied (la première du genre par étapes au Canada) de 280 km à faire en sept jours… en autonomie totale : « Sur le parcours d’un ultra, on est seul avec soi-même. Il n’y a personne à blâmer. On est le seul responsable de son état, mais c’est dans la difficulté que naissent les souvenirs impérissables... » 30

janvier 2014 espaces.ca

« L’Homme a la capacité d’accomplir beaucoup de choses », estime Sébastien Roulier, coureur d’ultra depuis deux ans et vainqueur de la Cat 50 miles Trail Race, un 80 km à Ipswitch, Massachusetts, avec un nouveau record de l’épreuve (6 h 10:54). « Mais cela demande une bonne dose de motivation et une force mentale bien développée. » Est-ce accessible à tout le monde? La plupart des participants interrogés répondent par un « oui, mais… ». Oui, le monde de l’endurance est à la portée de tous les coureurs. Richard Ferron, un coureur d’ultratrail québécois qui a participé avec son ami David MacDonald, en septembre 2013 à la Gore-Tex Transalpine Run, une course de 260 km en huit étapes, dans les Alpes d’Europe en est convaincu : « Les courses d’ultra sont pour tous les publics, à condition d’être suffisamment entrainé et préparé. Au niveau amateur, il y a une grosse composante de marche, contrairement à l’élite qui vise un temps précis ou une place précise sur la feuille de résultats. » Mais… il faut se donner les moyens de réussir. Cela demande rigueur, investissements et discipline personnelle. « Il faut être dédié à cela. On ne se s’improvise pas coureur d’ultra quelques jours avant la course. C’est un projet qui doit s’étaler sur du long terme. Il faut être rigoureux et investi », dit Sylvain Burguet. Même discours chez Sébastien Roulier : « Courir un ultra demande une part de folie. Il faut vraiment avoir l’envie de courir 80 km, mais aussi un aspect réfléchi en ce qui concerne la préparation physique et mentale ». Pas de demi-mesure pour ce type d’effort.

des sorties, le goût pour la chose vous poussera à en faire plus : 10 km, 15 km, un demi-marathon (21 km) et enfin le marathon. De l’avis de tous, la distance du 42,195 km reste un moment clef dans la vie d’un coureur. On se souvient de la date, du lieu et du temps de son premier marathon. Mais, pour certains coureurs, cette étape, aussi importante soit-elle, n’est pas une fin en soi, mais le départ vers de plus longues distances. Comme l’explique Sébastien Côté, directeur général de l’UTHC : « En course, le sentiment d’accomplissement est vite atteint. On veut toucher au plus près les limites de notre corps et de notre mental ». On comprend mieux pourquoi le mot qui revient dans la bouche de tous les ultra-marathoniens, c’est le dépassement de soi. Une fois la barrière du marathon tombée, la nature humaine vous pousse à chercher de nouveaux défis. Alors, pourquoi ne pas s’inscrire sur un 50 km ou un 50 miles (80 km)? « Comme coureur, on est toujours dans la recherche de l’après, confie Richard Ferron. On veut toujours aller plus loin, plus haut, plus fort. Avec la popularité croissante des marathons, une frange des coureurs veut pousser plus, courir de plus longues distances ». Les épreuves d’ultra ont donc surfé sur l’augmentation de participation aux marathons. « On peut se représenter le monde de la course à pied comme une pyramide », compare Michel Lampron, directeur de course de La Chute du Diable Mountain Hardwear / Montrail (trail de 1, 5, 10, 25 et 50 km). « Au sommet, il y a l’ultra-marathon. La base des coureurs ayant augmenté, cela a entrainé petit à petit une augmentation de la taille de la pyramide jusqu’à sa pointe ».

L’autre facteur qui explique le développement de l’ultramarathon, c’est le fait que ces courses marquent une évolution naturelle dans la progression du coureur. Peut-être qu’en commençant à courir un 5 km, on ne s’imagine pas en faire plus. Pourtant, au fil des pas et

L’ULTRA-MARATHON COMME LIEN SOCIAL Qu’est-ce qui peut pousser ces coureurs, marathoniens ou non, à faire le pas supplémentaire, passé les 42 km? « Difficile à dire, car il y autant de profils qu’il y a de coureurs, répond Sébastien


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11/27/13

11:39 AM

ENTREPRISE FAMILIALE

Côté. Ils viennent chercher une réussite à l’objectif de distance qu’ils se sont fixé. Il y a derrière cela, une soif d’accomplissement et de reconnaissance ». Cette reconnaissance, elle peut venir de la communauté de coureurs que l’on rencontre pendant les courses. « J’y ai rencontré des gens formidables, se souvient José Nicolas. Avec de belles valeurs, comme l’entraide. Il m’est arrivé de courir avec des inconnus, mais on jasait ensemble quelques kilomètres. » Il ne faut pas minimiser l’importance de ce sentiment d’appartenance, surtout à une époque où les sphères traditionnelles de la société, que sont la famille, le travail, la politique, la religion, ont vu leur influence baisser. L’ultra (et le sport en général) rassemble autour d’une activité commune un groupe d’individus qui partagent les mêmes valeurs de vie. Michel Lampron le confirme : « L’ultra est un milieu très socialisant. On ne court pas tout seul dans son coin. C’est un milieu simple et sain, pas encore affecté par l’esprit de compétition ». Une communauté avec ses têtes d’affiche, comme l’Espagnol Kilian Jornet, triple vainqueur de Ultra-Trail du Mont-Blanc (environ 170 km sur des sentiers autour du plus haut sommet d’Europe), des professionnels commandités. Tout cela a permis de créer une certaine émulation autour de l’ultra. « On n’est plus le “fou du village” quand on court. La course est devenue un élément de lifestyle reconnu et moins marginalisé, qui a toute sa place dans un mode de vie normal et sain », poursuit Michel Lampron. Et comme l’explique Matthew Nelson, coureur et directeur de la Trans Gaspesia 2014 : « Cela a permis de démystifier l’endurance. Le grand public a pu se rendre compte que c’était possible. C’est la même mécanique que dans le monde de l’alpinisme. Personne ne pensait que l’on pouvait atteindre le sommet de l’Everest, jusqu’au jour où quelqu’un y est arrivé, puis un autre, puis un autre… Cela a débouché l’horizon et ouvert le champ des possibilités ». Enfin, les ultra-marathons participent aussi à la découverte du territoire et de la région où ils se déroulent. C’est donc un outil de tourisme intéressant, notamment pour attirer des coureurs du monde entier : « De plus en plus d’agences de voyages proposent des formules de voyage avec un événement sportif, un marathon ou une course de trail. Des jumelages et partenariats internationaux se tissent entre les courses pour attirer des coureurs de partout dans le monde. Mais ça reste encore très limité au Québec. Il n’y a pratiquement que des Québécois dans nos courses provinciales. » Ici, l’ultra est encore une niche trop peu développée pour permettre d’organiser des événements économiquement viables. Pour Daniel Desrosiers, organisateur du Ultimate XC (festival de course à pied avec des courses de 5 et 13 km en cross country et 11, 21, 38, et 60 km en trail) : « La communauté québécoise de l’ultra est petite, environ 150 à 200 coureurs. Pour moi, elle n'est pas en croissance. Elle est même saturée. Économiquement, organiser une course d’ultra est très dispendieux et pas viable. On est obligé de la coupler avec des distances moins longues pour attirer d’autres coureurs ». Une opinion partagée par Michel Lampron, du moins sur l’aspect financier : « Il est difficile de faire de l’argent avec les ultra-trails. Organiser le 50 km m’a couté de l’argent, mais je suis rentré dans mes frais avec les autres distances. En revanche, j’ai l’impression que le nombre de coureurs longues distances est en progression. Une cinquantaine de coureurs ont défilé sur mon 50 km, dont une vingtaine pour la première fois ». Dans le même esprit, les organisateurs de l’UTHC vont augmenter le nombre d’inscription pour le 65 km à 200 coureurs, en plus des 50 places soumis à la loterie. Les questions économiques n’ont donc pas l’air de décourager les acteurs du milieu qui vont continuer de répondre à la demande par une offre variée. De nouvelles courses et de nouvelles distances se greffent à des événements déjà existants, sont d’ores et déjà annoncées au calendrier 2014, qui en comptait déjà une dizaine en 2013 : la Trans Gaspesia 2014, un 120 km au Festival Ultimate XC, un 80 km pour La Chute du Diable. Les organisateurs de l’UTHC proposeront un 80 km dès 2014, mais réfléchissent également à un 100 ou 120 km pour 2015.

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PAROLES D’OLYMPIENS

À quelques jours du début des 22es Jeux olympiques d’hiver, à Sotchi en Russie, des athlètes québécois se sont confiés sur leur ambition et leur préparation. En voir plus sur espaces.ca.

PAR ANTOINE STAB

Dominique Maltais Planche à neige (snowboardcross) DANS QUEL ÉTAT D’ESPRIT ÊTES-VOUS AVANT LE DÉBUT DE CES JEUX? C’est un événement auquel tu penses très souvent, car tu t’y prépares depuis des années. Mais j’essaye de ne pas y penser tout le temps, de ne pas me concentrer uniquement là-dessus. C’est surtout fin janvier, lors du dernier camp d’entrainement en Autriche que je serais à 100 % tournée vers les Jeux. D’ici là, je respecte ma feuille de route sans bruler les étapes. Le risque quand on se focalise sur le décompte quotidien avec une compétition, c’est de vouloir trop en faire. Il faut savoir rester dans sa zone. QUELS SONT VOS OBJECTIFS? Faire une course comme je les aime, avec mon plein potentiel. Ce sera sûrement mes derniers JO. Je vais tenter de finir en beauté, terminer comme il se doit. Je suis très excitée et impatiente d’y être, mais j’essaye de retarder les choses au maximum, car j’en ai déjà fait plus que ce qu’il me reste encore à faire. COMMENT S’EST DÉROULÉE VOTRE PRÉPARATION? Cela fait quatre ans que je m’y prépare! J’ai beaucoup travaillé pour être prête le jour J. J’ai corrigé mes points faibles. Rien n’a été laissé de côté : le physique, la tactique, le mental, le matériel. Comme une artiste, j’ai répété mes gammes pour offrir le meilleur récital possible. Depuis avril 2013, je suis en avance sur mes étapes de préparation. Ça va super bien!

DANS SON IPOD Avicii, la chanson Uprising de Muse, le dernier album de Pink avec la chanson Try, The Killers, Fiesto. LECTURE DE CHEVET La biographie de Georges Saint-Pierre, Le sens du combat, dans laquelle il raconte comment il gère la pression, la compétition, l’agressivité... UN PÉCHÉ MIGNON J’aime beaucoup le poisson, et notamment la morue. C’est facile à préparer et c'est bon, surtout avec du quinoa. UN ACCESSOIRE INCONTOURNABLE Durant les entrainements, je ne me sépare jamais de ma montre Polar pour mesurer les zones d’effort, les calories brulées, le cardio... CE SERA VOTRE TROISIÈME OLYMPIADE, L’EXPÉRIENCE ACQUISE VOUS SERVIRA ASSURÉMENT POUR ABORDER CETTE COMPÉTITION… 2006 et 2010 furent deux expériences complètement différentes. J’ai gagné la médaille de bronze aux Jeux de Turin alors que je n’envisageais aucun résultat. Tout était nouveau. À Vancouver, je savais à quoi m’attendre, surtout quand il s’agit de prendre part à une compétition dans son propre pays. J’étais prête, mais rien ne s’est passé comme prévu. C’est du passé. Maintenant, avec le recul et ce que j’ai accompli, je n’ai pas besoin de prouver quoi que ce soit.

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janvier 2014 espaces.ca

VOUS AVEZ REMPORTÉ QUATRE TITRES DE COUPE DU MONDE (2006, 2011, 2012 ET 2013). EST-CE UNE PRESSION OU UNE FORME DE MOTIVATION EN PLUS? Cela donne de la confiance. Ça valide tout le travail fait à l’entrainement. Ça paye de bien faire ses devoirs! La pression? Non, pas vraiment. J’ai envie d’avoir du plaisir, faire une belle course, profiter d’être dans un pays totalement différent. Mes trois dernières saisons furent très bonnes, mais je ne me considère pas comme « la personne à battre ». COMMENT JUGEZ-VOUS LE PARCOURS ÉLABORÉ PAR LES ORGANISATEURS? C’est un beau parcours, long et exigeant, avec beaucoup de virages et de grandes sections de glisse. Il y a un gros saut final pour impressionner les foules, difficile à négocier après 1 min 30 s de course à 70 km/h. Je connais le parcours. Je l’ai testé lors d’une manche de la Coupe du monde, la saison dernière. J’ai aimé l’expérience. SUR QUOI VA SE JOUER LA RÉUSSITE DES ÉPREUVES ET DE CES JO? Avoir un bon départ. Être concentrée sur ce que je fais. Ne pas se laisser affecter par l’environnement là-bas : les médias, la pression...

Alexandre Bilodeau Ski de bosses DANS QUEL ÉTAT D’ESPRIT ÊTES-VOUS AVANT LE DÉBUT DE CES JEUX? Excité devant cette belle aventure qui arrive. C’est ma dernière expérience olympique et je l’aborde sans stress ni pression, mais avec une hâte d’y participer et d’en profiter au maximum. COMMENT PERCEVEZ-VOUS VOS DERNIERS JEUX? Comme une motivation en plus, pas comme un facteur de stress supplémentaire. J’ai obtenu un bon résultat aux JO. Ma carrière de skieur ne dépendra pas de cette dernière présence. Je vais juste en profiter, peu importe le résultat. QUELLES SONT VOS AMBITIONS? Obtenir la médaille d’or et idéalement faire la meilleure descente sur le parcours. VOUS AVEZ GAGNÉ L’OR À VANCOUVER. COMMENT ARRIVE-T-ON À SE MOTIVER APRÈS CELA? Je suis quelqu’un de très compétitif. Ma médaille d’or de Vancouver, c'est du passé. Je regarde vers le futur et j’en veux toujours autant, sinon plus! Être tenant du titre n’est pas une source de pression pour moi. Quoi qu’il arrive à Sotchi, le titre de 2010 va rester. Je m’en vais à la conquête d’un deuxième titre, tout simplement.

© Courtoisie

ENTRAÎNEMENT


© Courtoisie

SUR QUOI VA SE JOUER LA RÉUSSITE DE LA COMPÉTITION? D’arriver dans un bon état d’esprit. La seule chose que je veux reproduire de Vancouver, c’est mon état d’esprit : serein, en profiter et rendre l’expérience agréable. Je dois avoir envie de skier et non pas de supporter une pression supplémentaire.

© Mike Ridewood

DANS SON IPOD J’aime bien Papa Roach mais j’écoute de tout! Tout dépendamment de mon état d’esprit. LECTURE DE CHEVET Financial Accounting, pas très excitant mais comme je poursuis mes études universitaires à l’Université Concordia, c’est un incontournable! PLAT PRÉFÉRÉ AVANT L’ENTRAINEMENT Je mange souvent trois bons repas et des petites collations tout au long de la journée : des fruits, des barres tendres. UN PÉCHÉ MIGNON Les sushis. UN ACCESSOIRE INCONTOURNABLE Mon vélo de route

QU’EST-CE QUE L’EXPÉRIENCE DES DEUX OLYMPIADES PRÉCÉDENTES VOUS APPORTE DANS VOTRE PRÉPARATION? Chaque expérience olympique est unique. À la suite de ma déception à Turin en 2006, j’ai réalisé ce que représentait un cycle olympique, d’avoir passé aussi près d’une médaille et d’avoir à attendre quatre ans pour pouvoir le refaire. Ce n’est pas facile! C’est à ce moment où j’ai appris le plus. Les années d’entrainement suivantes m’ont donné beaucoup d’expérience. Je suis revenu fort à Vancouver et je suis encore plus prêt pour Sotchi. COMMENT S’EST ORGANISÉE VOTRE PRÉPARATION? Ce cycle olympique est différent. En 2012, je me suis concentré sur l’entrainement puisque j’étais plus loin de la compétition. Depuis, j’ai évolué et j’ai changé en tant qu’athlète. Je connais davantage ce que j’ai besoin de travailler et je suis plus efficace lorsque j’ai mes skis dans les pieds. Je suis rendu à un certain point dans ma carrière où je dois écouter mon corps. Mon équipe et moi essayons de bien équilibrer l’entrainement sur piste et hors piste pour éviter les blessures. J’ai un nouveau coach depuis Vancouver. On a appris à se connaitre dans les trois dernières années, mais depuis, on se complète bien et on a maintenant la même vision du sport, de la compétition et des résultats convoités. UN AUTRE QUÉBÉCOIS, MIKAËL KINGSBURY, FAIT PARTIE DES MEILLEURS MONDIAUX EN SKI DE BOSSES. COMMENT DÉFINIRIEZ-VOUS VOTRE RELATION AVEC LUI? C’est une compétition qui est saine, on s’entraine ensemble, mais il reste qu’on convoite tous les deux le même résultat. Qu’il y ait deux Canadiens qui performent bien sur la scène internationale fait seulement augmenter le niveau de qualité et de compétitivité du sport au Canada. C’est une belle vitrine pour le ski acrobatique et ça peut même motiver la relève!

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SOMMEIL

LE SOMMEIL,

L’« ALIMENT » SUPRÊME

PAR MAXIME BILODEAU

© Yanik Chauvin

Il faut bien dormir pour rehausser son niveau de performances. Ça semble aller de soi, mais la science ne fait que commencer à faire la lumière sur l’importance du sommeil pour les athlètes. Et il y de quoi être intrigué!

Depuis 2006, une petite révolution s’opère auprès des athlètes olympiques canadiens. Peu importe la discipline qu’ils pratiquent ou leurs chances de monter sur le podium, chaque athlète jouit d’une planification personnalisée de son sommeil. Le but : minimiser les impacts négatifs du manque de sommeil sur les performances. Dans le cadre d’un programme de recherche financé par À nous le podium, le Canada est l’un des seuls pays à se préoccuper à ce point du sommeil de ses olympiens. Cette approche atypique, on la doit en grande partie au Dr Charles Samuels, directeur médical du Centre for Sleep and Human Performance de Calgary qui est la tête dirigeante de ce vaste projet. S’il a été recruté pour travailler sur ces questions, c’est parce que le sommeil est un problème récurrent chez les athlètes : « Au début, les entraineurs ont commencé à réaliser que les athlètes surentrainés affichaient invariablement les symptômes d’un trouble de sommeil. Le voyage a aussi été identifié comme un facteur majeur dans la dégradation de la performance au cours d’une saison », souligne celui qui occupe également le poste de conseiller du sommeil pour l’équipe de hockey les Flames de Calgary.

Dans une étude publiée en 2008, le Dr Samuels constatait que le sommeil fait défaut chez la grande majorité des athlètes élites. Qu’ils soient de jeunes adolescents impliqués dans un programme de sportétudes ou des adultes matures qui évoluent dans une cellule de haute performance, environ quatre athlètes sur cinq ont un sommeil déficient. Au cœur de la récupération sportive

À la base, le sommeil est tout aussi important que la nutrition et l’activité physique. Ils forment à eux trois ce que certains qualifient de « piliers d’une vie saine ». Selon le Dr Samuels, le sommeil doit avant tout être vu par le sportif comme le moyen de récupération par excellence : « Le sommeil est à la base de la récupération. C’est 34

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l’état physiologique dans lequel le corps et le cerveau se régénèrent. La récupération est la clé des effets positifs de la nutrition et de l’activité physique. » À l’inverse, plusieurs conséquences fâcheuses découlent de la perturbation de l’état normal du sommeil. Par exemple, des études rapportent une baisse des performances à la suite de quelques nuits de privation partielle de sommeil. Bien que leurs capacités physiques ne soient pas clairement affectées, les athlètes perçoivent l’effort comme plus pénible. Au niveau cognitif, métabolique et adaptatif, le dérèglement du sommeil est aussi néfaste. La mémoire, la concentration et les capacités d’apprentissage sont perturbées. Le contrôle du poids corporel, l’appétit et le bilan énergétique sont chamboulés. La réponse aux stimuli d’entrainement et la guérison des blessures sont altérées. L’incidence de maladies infectieuses augmente. Bref, les capacités d’entrainement et de maximisation du rendement de l’athlète sont considérablement compromises. Tout cela amène le Dr Samuels à reconsidérer l’idée voulant que les athlètes s’entrainent trop. À son avis, ils ne sont pas victimes de surentrainement, mais plutôt de sous-récupération. Et il est convaincu que c’est en s’attaquant à tous les aspects reliés au sommeil que les athlètes pourront ultimement régler ce problème.

Une question de synchronisme

Lorsqu’on parle de nos besoins en sommeil, c’est souvent en insistant sur la nécessité de dormir plus ou moins huit heures par nuit. Rarement toutefois le meton en lien avec l’ensemble de nos rythmes biologiques. Selon Nicolas Cermakian, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et professeur agrégé à l’Université McGill, nous disposons tous d’une horloge biologique située dans le cerveau. Celle-ci gouverne l’ensemble de nos fonctions physiologiques, dont celles impliquées dans les cycles d’éveil et de sommeil. « La régulation du sommeil est beaucoup plus complexe, tient toutefois à nuancer l’expert en chronobiologie. Ce processus dit circadien n’en est qu’en partie responsable. » « Dans les faits, chacune des cellules qui constituent notre corps est dotée de sa propre horloge biologique qui lui sert à mesurer le passage du temps.


Collectivement, ces milliers de petites horloges sont gouvernés par celle située dans le cerveau qui, elle-même, est sensible à son environnement », poursuit-il. Cette réceptivité au milieu dans lequel l’organisme évolue explique en grande partie pourquoi il tend à se détraquer lors de situations extrêmes comme un décalage horaire. Cela explique également comment des stimuli comme l’exposition à la lumière, les repas ou l’activité physique agissent comme zeitgebers, ou synchronisateurs de l’horloge interne. « Ces éléments contribuent tous à l’hygiène de l’horloge interne », souligne d’ailleurs le chronobiologiste. Les athlètes seront heureux d’apprendre que leur horloge biologique affecte directement leurs performances. Plusieurs études démontrent que l’heure de la journée à laquelle un sportif s’entraine influence à la hausse ou à la baisse ses différentes qualités athlétiques. Bien que la fin de l’après-midi semble constituer le moment idéal chez plusieurs, aucun consensus n’existe en la matière. Nicolas Cermakian soutient par ailleurs que le chronotype – le fait d’être davantage à son meilleur le matin ou le soir – joue pour beaucoup dans cette question. L’heure de la journée peut également influencer la réponse du corps à l’entrainement, du moins en théorie. Car, s’il est prouvé que certains médicaments (contre le cancer entre autres) agissent différemment selon le moment de la journée auquel ils sont administrés, il se pourrait aussi très bien que la cascade d’événements physiologiques qui découle d’un entrainement soit plus ou moins prononcée selon le moment de la journée auquel il est effectué.

© Greg Epperson

Chose certaine, le sommeil du sportif mérite toute l’attention qui lui est portée. Après tout, le tragédien William Shakespeare le qualifiait déjà dans Macbeth, il y a plusieurs siècles de « bain du labeur douloureux, baume des âmes blessées, second service de la grande nature, aliment suprême du banquet de la vie! »

PHOTO : ÉRIC MOREAU

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NUTRITION

Suppléments de multivitamines BÉNÉFIQUES OU DANGEREUX?

QUE CE SOIT PAR DÉSIR DE COMBLER UN APPORT NUTRITIONNEL INADÉQUAT, POUR PRÉVENIR CERTAINES MALADIES OU SIMPLEMENT POUR SE MAINTENIR EN BONNE SANTÉ, LES MULTIVITAMINES SONT PROBABLEMENT LES SUPPLÉMENTS LES PLUS POPULAIRES AUPRÈS DE LA POPULATION. AVEC LA PLUS GRANDE DISPONIBILITÉ ET VARIÉTÉ ALIMENTAIRE, ON EST DÉSORMAIS RAREMENT DÉFICIENT EN VITAMINES ET MINÉRAUX. ALORS, CES SUPPLÉMENTS SONT-ILS AUSSI BÉNÉFIQUES QUE L’ON POURRAIT LE CROIRE POUR LA SANTÉ ET LA PERFORMANCE DES ATHLÈTES? Depuis 2004, les multivitamines sont considérées comme des produits de santé naturels. Même s’il y un numéro d’identification NPN (numéro de produit naturel) inscrit sur la bouteille, Santé Canada vérifie seulement si le produit satisfait à certaines normes de fabrication et d’innocuité, sans vérifier les allégations thérapeutiques fournies par les fabricants de ces produits. On ne devrait donc pas se fier aveuglément aux déclarations des fabricants. De plus, les ingrédients d’un supplément de multivitamines varient beaucoup d’une marque à l’autre, tout comme la qualité. Les ingrédients et les quantités peuvent ne pas correspondre à ce qui est écrit sur l’étiquette. Par exemple, Santé Canada vérifie que la concentration de vitamines et minéraux ne devrait pas être en dessous de 10 % de celle inscrite sur l’étiquette, mais tolère des concentrations en vitamines dépassant 50 à 65 % et des concentrations en minéraux dépassant 10 % de celles inscrites sur l’étiquette. Si les ingrédients excèdent l’AMT (Apport Maximal Tolérable), il y aura une augmentation du risque d’effets secondaires ou de toxicité. Les besoins quotidiens de chacun en nutriments peuvent différer selon le sexe, l’âge, la condition de santé et le niveau d’activité physique.

QUELS SONT LES VITAMINES ET MINÉRAUX À VÉRIFIER SELON VOTRE CONDITION?

La VITAMINE A (rétinol) est une vitamine liposoluble importante pour la vision et la fonction immunitaire. L’efficacité d’absorption du rétinol est très élevée (70 à 90 %) et un apport trop important peut augmenter le risque d’anomalies du foie ou de malformations congénitales. Considérant les risques reliés aux doses excessives, il est déconseillé de prendre plus de 3000 UI de rétinol via les suppléments. Optez plutôt pour des aliments riches en ß-carotène, comme les courges, les carottes, le cantaloup, les patates douces, et le brocoli. La ß-carotène est convertie en vitamine A par le corps et (outre des changements inoffensifs de la couleur de la peau) un apport élevé ne sera pas toxique comme peut l’être le rétinol. 36

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© Gang Liu

PAR EVELYNE DEBLOCK, M.SC., DT.P. NUTRITIONNISTE DU SPORT

Les VITAMINES DU GROUPE B, dont la vitamine B1 (thiamine), B2 (riboflavine) et B3 (niacine), contribuent à la production d’énergie et le métabolisme des glucides, protéines et lipides. Des doses plus importantes présentent un faible cout pour les fabricants et sont généralement inoffensives, car elles sont faiblement absorbées et rapidement excrétées dans l’urine. Le folate (vitamine B9) aurait une action protectrice contre les maladies cardiovasculaires, le cancer et les malformations du tube neural chez le fœtus. Même si un excès (>1000 µg/jr) pourrait masquer une carence en vitamine B12, il est peu probable de dépasser cette dose et il est même conseillé de prendre 400 µg d’acide folique en plus des aliments (produits céréaliers enrichis, légumes verts foncés, légumineuses) pour les femmes en âge de procréer et pour éviter les risques d’anémie. Une carence en vitamine B12 (cobalamine) peut entrainer de la faiblesse, de l’essoufflement et des fourmillements dans les jambes. Les multivitamines contiennent au moins 6 µg de vitamine B12 et parfois davantage, ce qui est aussi sécuritaire. Enfin, l’ingestion de grandes doses (plus de 2000 mg/jr) de vitamine B6 (pyridoxine) pourrait provoquer l’apparition d’une neuropathie sensorielle et de lésions dermatologiques. Pour un apport optimal en vitamines du groupe B, on devrait favoriser la viande, la volaille, le poisson et des céréales à déjeuner enrichies, car aucun effet délétère n’a été noté avec des apports élevés provenant des aliments. La VITAMINE C (acide ascorbique) agit comme antioxydant et joue un rôle dans la synthèse du tissu conjonctif et l’absorption du fer. Les carences sont rares en raison du taux d’absorption élevé et les risques liés à un apport excessif sont faibles. On peut observer des effets délétères comme de la diarrhée et des troubles gastro-intestinaux avec des doses de plus de 3000 mg par jour. Les sources de vitamine C sont les agrumes, tomates, pommes de terre, fraises, épinards et crucifères. La VITAMINE D (calciférol) est une vitamine liposoluble synthétisée par la peau exposée aux rayons UVB du soleil ou ingérée sous forme alimentaire (chair des poissons gras, jaunes d’œufs, lait, yogourt, jus

d’orange enrichi). Elle facilite l’absorption du calcium et du phosphore pour la santé de la masse osseuse et joue un rôle dans la stimulation du système immunitaire et la croissance musculaire. Selon l’Endocrine Society, un supplément de 1500 à 2000 UI/jr serait sécuritaire et même nécessaire pour contrer les carences chez beaucoup d’athlètes. La VITAMINE E ( -tocophérol) est une vitamine liposoluble qui agit comme antioxydant et la carence est très rare. Aucun effet délétère n’a été lié à la consommation de vitamine E présente naturellement dans les aliments (huiles végétales, noix…), mais un apport excessif (plus de 400 UI par jour) provenant de suppléments peut être dangereux au niveau sanguin. Pour être sécuritaire, il est préférable de s'en tenir à un supplément de moins de 100 UI. La VITAMINE K agit sur la coagulation sanguine et aurait un rôle dans la prévention de l’ostéoporose. Il est rare d’observer une carence malgré un nombre restreint d’aliments contribuant à l’apport en vitamine K (chou vert, épinard, laitue, choux de Bruxelles, brocoli, huile de soya et canola). Aucun effet délétère n’a été lié à un apport élevé provenant d’aliments ou de suppléments chez les individus en santé. Toutefois, si vous recevez des anticoagulants (coumadin), il faut limiter l’apport en vitamine K. Le CALCIUM joue un rôle important dans la santé osseuse et son absorption diminue avec l’âge. En cas de carence, celui-ci se résorbe du squelette afin de conserver la concentration sanguine, altérant ainsi la santé des os avec un risque accru de fracture. Cependant, un excès (>2500 mg/jr) peut causer des calculs rénaux et diminuer l’absorption du fer, du magnésium, du phosphore et du zinc, des nutriments importants pour les gens actifs. L’efficacité d’absorption du calcium provenant des suppléments est optimale lorsque les doses de calcium sont de 500 mg ou moins, alors on devrait favoriser des sources alimentaires comme le lait, le yogourt, le fromage, le tofu préparé avec du sel de calcium, du jus d'orange enrichi, le chou ou le brocoli. Le CHROME potentialise l’action de l’insuline et pourrait donc améliorer la tolérance au glucose. Un apport important reste sécuritaire et pourrait être bénéfique pour les diabétiques.


Le FER est un élément qui assure le transport de l’oxygène et par conséquent, une carence se manifestera par une diminution de la capacité physique. Le fer est souvent déficient chez les végétariens et les athlètes féminines, d’où l’importance de favoriser quotidiennement un apport en fer via les viandes, volailles, poissons, légumineuses, graines de citrouille, céréales à déjeuner enrichies et épinards. Le MAGNÉSIUM contribue à la santé osseuse et au maintien de la concentration intracellulaire de potassium et de calcium. L’apport en magnésium est généralement déficient, malgré un apport alimentaire provenant des noix, légumineuses et du chocolat noir. Une carence en magnésium peut entrainer de l’hypocalcémie, interférer avec le métabolisme de la vitamine D et causer des crampes musculaires. Avec des doses beaucoup plus élevées que l’AMT >350 mg/jr (AMT), on peut causer de la diarrhée, nausées et crampes abdominales. Il est inutile d’obtenir du PHOSPHORE via les suppléments, car un apport excessif pourrait diminuer l’absorption du calcium, du fer, du cuivre et du zinc, sans compter que l’alimentation en fournit suffisamment. Le POTASSIUM est nécessaire au fonctionnement cellulaire et a une incidence sur la transmission nerveuse, la contraction musculaire et le tonus vasculaire. En cas de carence en potassium, le chlorure de potassium utilisé dans les suppléments pourrait contribuer à réduire la pression artérielle, mais ne sera pas utile pour prévenir les calculs rénaux et la perte osseuse comme le citrate de potassium provenant des fruits et légumes le ferait. En effet, le citrate de potassium est transformé en bicarbonate dans l’organisme et agit comme tampon en neutralisant les acides générés par les aliments riches en protéines. Un excès peut causer de l’arythmie cardiaque, d’où la raison pour laquelle la quantité de potassium dans les multivitamines devrait être basse. Favorisez plutôt les aliments riches en potassium comme les légumineuses, pommes de terre, tomates, courges, épinards et le yogourt.

Le ZINC est un élément essentiel à la croissance et au développement lié au métabolisme des glucides, protéines et lipides, sauf que les carences sont rares. Il faut éviter de prendre régulièrement des suppléments contenant plus de 30 mg de zinc, car combiné aux sources alimentaires (viandes, volailles, légumineuses, produits laitiers), vous dépasserez l’apport maximal tolérable (40 mg), l’absorption du cuivre et du fer en sera affectée et cela pourrait avoir un impact négatif sur le système immunitaire ou même occasionner de l’anémie. Les vitamines et minéraux ont plusieurs fonctions essentielles dans le corps, mais cela ne signifie pas qu’un supplément de multivitamines va fournir tous les bénéfices espérés. Par exemple, bien que la vitamine A soit nécessaire à la vision, si vous n’êtes pas sévèrement déficient en vitamine A, le fait de prendre des suppléments de rétinol ne vous aidera pas à mieux voir et pourrait même être dangereux pour votre santé en cas de surdose. À moins d’être prescrite ou conseillée par un professionnel de la santé qui juge que votre alimentation est déficiente ou que votre condition santé est problématique, la supplémentation en multivitamines n’aurait pas de valeur thérapeutique. Cependant, si vous suivez un régime amaigrissant de moins de 1500 kcal, un apport adéquat en certains éléments nutritifs peut s’avérer difficile à atteindre et une multivitamine pourra être bénéfique pour combler les besoins nutritionnels. De plus, si vous êtes une personne très active, vos besoins en vitamine du groupe B, en vitamine D, en antioxydants, en fer et en magnésium peuvent augmenter, et un supplément peut être envisageable selon les recommandations d’un professionnel de la santé. Les sources alimentaires seront toujours plus sécuritaires qu’un supplément et le meilleur moyen de préserver sa santé et d’optimiser sa performance consiste à combiner une alimentation variée, équilibrée, et en quantité suffisante. Si vous décidez de prendre un supplément, alors prenez le temps de bien choisir votre produit.

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BIEN CHOISIR SON SUPPLÉMENT

On ne peut malheureusement pas juger d’un produit en fonction de son prix, car il est possible de trouver des produits de qualité à faible coût. Le nombre, la nature et la concentration des vitamines et minéraux contenus dans un comprimé variant considérablement d’un produit à l’autre, il peut être dangereux de prendre un supplément sans l’avis d’un professionnel. Voici donc quelques suggestions pour des suppléments équilibrés et sécuritaires :

• Klean Multivitamin (Klean Athlete) • Activ-x women/men (Platinum) • Total Balance (Xtend-Life Natural Products) • Daily Multi Kirkland Signature (Costco) • One-a-day women/men (Bayer)

GATINEAULOPPET.COM

• Centrum Performance (Centrum) • Multi Femme/Homme actif(ve) (Adrien Gagnon) • Opti-men/women (Optimum nutrition) • Armor-v (Muscle pharm) • Daily formula (Universal Nutrition) espaces.ca janvier 2014

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PROFI T UR

R * GUID E V

CTIF PO EA

6 DESTINATIONS DE SNOWKITE

PAR FRÉDÉRIQUE SAUVÉ

DE L'HI ER

© Kiteshop Réservoir Baskatong

Voler sur la neige est une sensation inoubliable. Cet hiver, on a choisi pour vous six des meilleurs sites de glisse de la province.

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LAC DES DEUX-MONTAGNES — OKA (LAURENTIDES) Ultra connu des « kitesurfeurs » montréalais, ce site des Basses-Laurentides est également très apprécié des « snowkiteurs », car il a plus d’un atout pour lui : facilité d’accès, qualité de l’environnement de glisse, mais aussi de nombreux services offerts sur place. Éric Marchand, ancien champion québécois de la discipline et propriétaire de la boutique et école de kite Aérosport, a depuis longtemps fait du lac des Deux-Montagnes son site de prédilection : « C’est un vaste plan d’eau gelé en hiver, très agréable à sillonner, et cela, grâce à la constance de son vent d’ouest. Assurément l’un des plus beaux au Québec! Depuis la plage enneigée du parc national d’Oka, qui est selon moi le meilleur point de départ en snowkite, on peut facilement se rendre jusqu’à Vaudreuil situé en face du lac et même Saint-Placide par la rivière des Outaouais ». Mais ce qu’on aime par-dessus tout à Oka, c’est le confort des services offerts par le parc de la Sépaq. Pas besoin de chausser ses bottes dans l’exiguïté de l’auto, il y a sur place le beau chalet chauffé du Littoral avec des toilettes, une cafétéria pour se désaltérer et même des douches. Un petit luxe non négligeable par grands froids! (frais d’entrée au parc : 6,50 $)

2

LAC SAINT-PIERRE (POINTE-DU-LAC) — TROIS-RIVIÈRES (MAURICIE) Qui n’a jamais rêvé d’accompagner les surfeurs que l’on voit glisser sur la neige lorsque l’on roule sur la 40 en direction de Québec? Aussi accueillant en été qu’en hiver, le site de la Pointe-du-Lac est une destination très populaire, située à 30 minutes du centre-ville de Trois-Rivières. Deux points de départ voisins sont

utilisés par l’école de kite Wax Design : la halte routière du Lac-Saint-Pierre et la plage Bozo Beach, comme son équipe l’appelle. Avec une plage au dénivelé progressif et un haut fond sur 200 mètres, ce sont tous deux d’excellents endroits pour les débutants. Attention toutefois aux lames de glace! On se trouve ici sur le fleuve et la glace peut parfois se figer en formant des irrégularités impardonnables pour les moins expérimentés. Le vent, généralement d’ouest, est souvent de bonne qualité. À noter que le site est assez fréquenté en hiver et que le stationnement de la halte du Lac-Saint-Pierre est limité à deux heures.

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RÉSERVOIR BASKATONG — GRANDS-REMOUS (OUTAOUAIS) Le nom du réservoir Baskatong ne dit probablement rien à personne… sauf aux tripeux de kite d’Outaouais. Plutôt méconnu, même parmi la communauté, ce spot est situé à une heure de route de Mont-Laurier, au nord de la ville de Grand-Remous. La boutique et école Kite Shop s’est implantée à l’extrémité d’une péninsule, La Pointe à David, le meilleur endroit pour décoller. On y trouve une longue plage de sable qui se recouvre de neige en hiver. Le terrain de jeux du réservoir est immense et les vents d’ouest sont formidables. David Lafrance du Kite Shop apprécie particulièrement les bancs de neige qui se forment chaque hiver : « Lorsque le niveau d’eau du réservoir baisse, des montagnes de roche forment de superbes tremplins pour les sauts. Même chose sur les rives, après que la déneigeuse soit passée. » On accède facilement à la Pointe-à-David en se stationnant au bout de la péninsule, à proximité de la boutique. On peut marcher 60 mètres puis dérouler sa voile au milieu de l’immense réservoir blanc de neige.

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© Jovana Milanko

LA BAIE DES HA! HA! (SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN) Les bons sites sont nombreux dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. On pensera évidemment au lac Saint-Jean, une véritable mer intérieure qui promet des heures de plaisirs sur la banquise, ainsi que le fjord lui-même. Mais ce n’est pas pour rien que la Coupe du Québec de ski cerf-volant s’est déroulée à plusieurs reprises dans la Baie des Ha! Ha!, à l’est de Chicoutimi. Réputé pour ses vents forts, le site présente un relief complètement plat ainsi qu’un incroyable panorama sur le Fjord et ses cabanes de pêcheurs sur glace. Pour ajouter à la longue liste de ses qualités, la Baie des Ha! Ha! connait une saison hivernale précoce qui y pointe le bout du nez bien avant que dans le reste du Québec et assure des conditions météo rarement décevantes.

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BAIE DE GASPÉ (GASPÉSIE) « La Baie de Gaspé offre un terrain de jeux de 10 km2 avec un vent nord-ouest constant entre 15 et 30 nœuds, des falaises à grimper, des windlips et une très grande quantité de neige », décrit Guillaume Beaudoin, un mordu du sport qui place assurément l’endroit dans son top 5 des meilleurs sites au Québec. Situé en contrebas du Musée de la Gaspésie, à proximité immédiate de tous les services du centre-ville, le site de snowkite de la baie de Gaspé offre aussi des paysages féériques. C’est également le cas des autres lieux de kite en Gaspésie. Parmi les meilleurs et les plus beaux, on soulignera le barachois de Carleton (une lagune soufflée par les vents), ainsi que l’incontournable lac Matapédia et ses champs vallonnés voisins, une contrée accueillante qui jouit d’excellentes conditions météo pour glisser tard en saison (jusqu’à avril souvent). Sur le chemin de la Gaspésie, on pourra s’arrêter dans le coin de Rimouski qui propose d'intéressants lieux de snowkite.

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BAIE DE SEPT-ÎLES (CÔTE-NORD) Pour ceux qui sont amoureux des paysages nordiques de la Côte-Nord en hiver, la région de Sept-Îles est un site merveilleux pour la pratique du snowkite. Le meilleur emplacement se trouve dans le fond de la baie de Sept-Îles, là où la glace gèle rapidement (début janvier) et en profondeur. Ce terrain de jeux offre 12 km2 de glisse sur une épaisse couche de neige fraiche. Les meilleurs vents viennent du sud et de l’ouest. L’accès au lieu se situe derrière l’atelier de réparation Laforge (1167 boulevard Laure), là où une roulotte chauffée avec micro-onde est ouverte aux amateurs. Que demander de plus?

© Aleksander Trankov

© Kiteshop Réservoir Baskatong

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Encore plus de plaisirs d’hiver avec une nuitée en oTENTik parcscanada.gc.ca/lamauricie

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Me voyez-vous ? Je suis devant un trésor caché du parc national de la Mauricie !

CAN you FIND Me?

Even more winter fun with an oTENTik overnight stay parkscanada.gc.ca/lamauricie

I’m standing in front of a lesser-known jewel found in La Mauricie National Park!

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HÔTEL-MUSÉE PREMIÈRES NATIONS

PROFI T UR

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CTIF PO EA

Destinations hivernales à faire rêver

DE L'HI ER

© Stéphane Groleau

PAR FRÉDÉRIQUE SAUVÉE

Les flocons s’accumulent sur les raquettes et skis de fond posés sur la terrasse. À l’intérieur, le feu crépite dans l’âtre et réchauffe les joues rougies. Après une belle journée de randonnée, rien de tel qu’une soirée passée au chalet, au cœur de la forêt. Voici huit idées de camps de base hivernaux au Québec. LA BANNIK – DUHAMEL-OUEST (ABITIBI-TÉMISCAMINQUE) bannik.ca

ESKER NATURE – SAINT-PAUL-DEMONTMINY (CHAUDIÈRE-APPALACHES) eskernature.com

CANOPÉE-LIT – SACRÉ-CŒUR (CÔTE-NORD) Canopee-lit.com

Située sur les rives enneigées du lac Témiscamingue, tout près de Ville-Marie, La Bannik invite les skieurs et adeptes de la raquette à faire un arrêt dans l’un de ses treize chalets luxueux et confortables (de 2 à 15 personnes). Après une belle journée d’effort dans les sentiers du Domaine de la baie Gillies par exemple (13 km de raquette – 7 km de ski de fond – 35 min en auto depuis la Bannik), rien de plus beau que de reposer les muscles endoloris dans le spa (spa privé pour certains des chalets). Sur place, plusieurs activités pour les familles sont offertes afin que tout le monde profite des merveilleux paysages : glissade sur tubes, pêche blanche, patinoire sur lac, etc.

Un hébergement avec accès direct au parc régional des Appalaches, mais dans le confort d’un grand chalet, ça vous dit? Situés à Saint-Paul-de-Montminy, les nouveaux chalets Esker Nature proposent un espace au design épuré avec un nombre incalculable de fenêtres donnant sur la nature environnante. Les petits luxes qui viennent avec : foyer au gaz, planchers chauffants, machine Nespresso... Et pour ceux qui voudraient chausser les raquettes sans attendre, le parc régional des Appalaches voisin offre plus de 70 km de sentiers ainsi que la randonnée hors-piste et la trottinette des neiges.

Le concept est simple : passer la nuit dans une maisonnette perchée dans les arbres! Mais l’expérience se révèle bien plus complète et confortable que l’on peut l’imaginer. Tout d’abord, parmi les nouvelles constructions, certaines sont dotées d’un toit transparent à travers lequel on peut observer les étoiles une fois la nuit tombée. Le petit-déjeuner préparé avec soin par Julia est déposé tous les matins à 8 h devant la porte (un service de panier pique-nique est également proposé pour les marcheurs). Enfin, le site offre un accès rapide à une multitude d’activités hivernales comme la randonnée en raquette ou en ski nordique dans les sentiers du parc national du Fjorddu-Saguenay, ou encore l’escalade de glace.

CHALETS DE MÔH – MONT-GRANDFOND (CHARLEVOIX) Cabaneaucanada.ca

HÔTEL-MUSÉE PREMIÈRES NATIONS

© Stéphane Groleau

Tous beaux, tous nouveaux, cinq chalets en bois rond d’inspiration « trappeur » ont poussé dernièrement dans Charlevoix. Nichés au creux des bois, ils sont idéalement situés à deux pas (en raquette ou en ski de fond) de la station Mont Grand-Fonds, une destination de choix pour la glisse en hiver (ski alpin : 14 pistes et sous-bois, ski de fond : 140 km, raquette : 20 km). Les chalets (de 4 à 8 personnes) sont tous pourvus de commodités de luxe (barbecue, spa extérieur, salle de jeux pour enfant selon les chalets) et la décoration est superbement travaillée. Laissez-vous tenter par une fin de semaine bien loin du refuge rustique!

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CHALET EXP – PARC NATIONAL DES MONTS-VALIN (SAGUENAY-LACSAINT-JEAN) sepaq.com L’offre d’hébergement s’élargit dans le parc national des Monts-Valin cet hiver. Trois nouveaux chalets EXP (capacité : deux personnes) ont poussé dans le secteur de la Baie-d’Alexis. Ceux-ci viennent compléter la liste d’hébergements du parc qui compte déjà trois chalets nature (quatre pers.) accessibles en raquettes, ski nordiques et navette, mais également trois camps rustiques (quatre pers.) et huit refuges, dont le nouveau pavillon Dubuc, une belle bâtisse en bois rond des années 1950, qui accueille les randonneurs hivernaux pour la nuit. Parmi ce choix, les chalets EXP sont caractérisés par l’abondance de fenêtres mettant en lumière les paysages nordiques de ce coin de pays.


© Stéphane Groleau

HÔTEL-MUSÉE PREMIÈRES NATIONS

Vous avez déjà entendu parler des maisons en paille sans jamais avoir eu l’occasion de les tester? Voici une bonne raison pour vous rendre en Outaouais, à Kazabazua, dans les chalets Solisterra afin de passer une nuit des plus écologiques (jusqu’à 16 personnes par chalet). Ces constructions en paille (recouvertes d’un enduit) sont extrêmement bien isolées et produisent elles-mêmes leur énergie grâce au soleil. Petit plus : vous pourrez faire cuire vous-même votre petit-déjeuner dans le four à pain qui trône dans le chalet. À proximité, le mont Sainte-Marie propose du ski alpin, de la raquette ainsi que du ski de fond.

Cet hiver, offrez-vous une esCapade en pleine nature.

Photos : Mathieu Dupuis

CHALETS SOLISTERRA – MONT-SAINTE-MARIE (OUTAOUAIS) solisterra.ca

L’ambiance du parc est unique, chaque sentier vous amènera  à des points de vue spectaculaires. Pensez aux bruits et aux  odeurs de la mer ainsi qu’à la caresse du vent marin hivernale.  C’est beau, calme et reposant...

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Conçue pour reconstituer l’habitat traditionnel et le faire découvrir au public, la maison longue nationale du peuple wendat permet désormais aux aventuriers les plus curieux d’y séjourner une nuit sous la surveillance du gardien des trois feux (nécessite la réservation d’une nuit à l’hôtel). Savourant thé du Labrador, pain banique et chocolat chaud, on passe la soirée à écouter des contes et légendes traditionnels avant de s’endormir paisiblement au son de vent qui souffle sur les parois d’écorce. Possibilité de faire une randonnée nocturne en raquette.

parcsquebec.com     1 800 665-6527

Sur leS traceS deS dernierS nomadeS

CHALETS EN BAS DES PISTES – VAL D’IRÈNE (GASPÉSIE) val-direne.com

FiLm-ConFérEnCE

Petite station qui gagne à être connue, Val d’Irène propose du ski alpin de qualité dans une intimité désormais rare au Québec. Il faut bien sûr s’éloigner des grandes villes pour aller y skier, mais la station dispose de tous les services essentiels, dont l’hébergement dans de beaux chalets situés au pied des pentes (de quatre à huit personnes). Très pratiques, ils permettent de vivre une fin de semaine clé en main et ski à la porte! Il ne faudrait pas perdre une minute pour profiter des exceptionnelles accumulations de neige qui s’abattent chaque hiver sur la région (ce qui permet de skier jusqu’à la fin avril). On apprécie également les sentiers de raquette et de ski de fond de la station (raquette : 9 km, ski de fond : 15 km), accessibles gratuitement! un payS déSormaiS ouvert Sur le monde

© Sepaq, François Lapointe - Parc national des Monts-Valin

PARC NATIONAL DES MONTS-VALIN FiLm-ConFérEnCE

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2013-11-22 11:27:34


SKIER AU CŒUR DU CAUCASE Texte et photos par Evans Parent

C’est soulagés que nous arrivons finalement à notre auberge. Après un tête à queue en bonne et due forme de notre chauffeur de taxi, de nombreuses collisions évitées de justesse avec des vaches, de multiples virages en épingle sur une route enneigée et sans aucun garde-fou, nous voilà enfin à Gudauri. Je suis accompagné d’un ami, Alexis, et de mon père – Richard – pour ce premier voyage au Caucase. Avec une altitude de plus de 1 900 m, Gudauri s’avérait un choix naturel comme camp de base pour amorcer notre périple. Ce petit village de montagne, hôte de la station de ski du même nom, est l’épicentre du ski en Géorgie. Bien qu’il ne soit pas reconnu pour son potentiel skiable, ce pays partage la chaine du Caucase avec la Russie. Cette immense chaine de montagnes n’a pourtant rien à envier aux Alpes. En plus d’abriter le mont Elbrouz, la plus haute montagne en Europe, elle s’étend sur près de 1 100 km et sur une largeur de 160 km. Alors que nous débarquons nos bagages, déjà une cinquantaine de centimètres de neige couvre le sol et les flocons qui emplissent le ciel tombent toujours abondamment. Notre première journée de ski en station fut encore meilleure que dans les livres : ciel bleu, pas de vent et peu de skieurs sur les pentes. Excités comme des enfants, nous enchainons les descentes dans des conditions exceptionnelles! Construite sur les pentes du mont Sadzele, la station est un curieux mélange de modernité et d’enracinement dans la culture locale. À côté des zones d’embarquement des remontées mécaniques flambant neuves se trouvent de petites cabanes qui abritent de vieilles dames vendant des souvenirs tricotés à la main ou de la bière aux touristes. Au cours de la journée, nous rencontrons un groupe de joyeux lurons français qui nous recommande

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d’aller visiter un monastère situé de l’autre côté de la vallée, laquelle offre de belles possibilités de ski.

patience et le pouce pointé vers le ciel, il est possible de se faire embarquer afin de revenir à Gudauri.

Une ascension de plus de 1 000 m est requise afin d’accéder à ce monastère juché tout en haut d’une crête séparant la Géorgie de l’Ossétie du Sud. La remontée se fait sans trop de problèmes et nous profitons de cette première journée de randonnée pour admirer pleinement les paysages à couper le souffle qui s’étendent tout autour de nous.

Le terrain est tout simplement immense et n’est exploité que par une petite poignée d’étrangers comme nous, venus pour profiter de ce que les gens du coin laissent complètement intouché! Après avoir passé deux jours à skier une infime partie du potentiel du ski hors-piste à partir de la station, nous décidons de partir vers Stepantsminda, ville située un peu plus au nord d’où il est supposément possible de faire des sorties à ski.

Les trois moines résidant au monastère semblent fort heureux de notre présence et nous invitent à les rejoindre à l’intérieur. L’endroit qu'ils partagent est plutôt exigu, mais nous nous installons tous les six autour du petit poêle à bois. Comme aucun d’entre eux ne parle vraiment bien ni anglais ou français, nous devons nous rabattre sur un peu de russe, d’allemand, et sur un dictionnaire anglais-géorgien. Mais nous faisons beaucoup de mimiques et de gestes afin de nous faire comprendre! Deux des moines n’ont pas quitté le monastère depuis plus de deux ans. Ils ne sont pas coupés pour autant de la civilisation puisqu’ils reçoivent fréquemment des visiteurs et qu’ils peuvent communiquer par cellulaire à partir de leur monastère! Après nous avoir offert du thé et des biscuits, ils finissent par sortir du vin rouge ainsi que du whisky que des pèlerins leur apportent. Les échanges deviennent de plus en plus cordiaux au fur et à mesure que se vident les verres! Nous devons même les arrêter de remplir nos verres afin de pouvoir effectuer la descente en toute lucidité! Les jours suivants, nous explorons plus en profondeur le terrain accessible en ski hors-piste à partir de la station de ski. Du sommet de la station, il est possible d’effectuer des descentes de plus de 1  700 m de dénivelé jusqu’à une route en lacet donnant derrière la station. De là, avec un peu de

Notre trajet entre Gudauri et notre nouvelle destination se fait à l’intérieur d’une Lada Niva ayant certainement connu de meilleurs jours! Alors que nous traversons des tunnels aucunement éclairés et que nous croisons des voitures tous phares éteints et que notre chauffeur évite dans un impressionnant slalom les nombreux nids-de-poule, j’en suis à croire que la partie la plus dangereuse de ce voyage n’est pas liée au ski, mais au transport en auto! Nous finissons par arriver à destination où notre hôtesse, Nadzi, nous accueille avec un anglais approximatif, mais très fonctionnel. Nous sommes ses premiers clients de l’année. Sa bonne humeur et son accueil chaleureux parviennent presque à nous faire oublier qu’il ne reste pratiquement plus de neige au sol. Pour ajouter à notre malchance, il se met à pleuvoir plus tard en soirée. Après avoir passé une journée complète à regarder la pluie tomber avec intensité et à boire du vin local sur la terrasse de notre hôtesse, nous décidons d’aller explorer le potentiel skiable autour de Juta. À 2 150 mètres d’altitude, ce petit village de montagne est l’un des villages habités à l’année le plus haut d’Europe.


Ce plan n’enchante guère Nadzi puisqu'à la suite des derniers épisodes de pluie, de très grosses avalanches sont descendues sur la route. Nous décidons donc de partir tôt le matin afin de profiter de la froideur et d'éviter le réchauffement et les cycles d’avalanche naturels qu’il entraine. La route n’est pas ouverte jusqu’à Juta en hiver. À partir d’où la route cesse d’être déneigée, une randonnée de 15 km et une ascension de près de 500 m nous attendent. Nous comprenons mieux la crainte de Nadzi et la raison pour laquelle la petite route n’est pas déneigée en hiver alors que nous traversons les multiples couloirs d’avalanche. La pluie des derniers jours a déclenché des coulées de neige ayant déposé par endroit plus de trois à quatre mètres de neige sur la route. Nous nous rendons sans problème jusqu’au village où Soso, notre hôte, nous attend patiemment. Nous comprenons rapidement que notre dictionnaire ainsi que nos meilleures mimiques seront nécessaires!

cheval qui se fout éperdument de notre présence pour aller faire quelques virages avant le souper sur la petite montagne surplombant Juta.

pour réaliser les diverses tâches liées au maintien de leur troupeau et qu’ils se servent d'outils datant du siècle dernier.

Autant le potentiel skiable de Stepantsminda était décevant, autant celui de Juta est impressionnant. Le village est ceinturé par des couloirs, bols et arêtes et peut satisfaire n’importe quel skieur pendant des semaines.

Nous quittons Juta après seulement trois jours. Un nouvel épisode de pluie est prévu et nous ne voulons pas traverser les nombreux couloirs d’avalanche avec des conditions instables. Nous sommes donc repartis au matin alors que la pluie arrivera en après-midi. Une imposante avalanche a d’ailleurs été déclenchée et a bloqué la route que nous comptions prendre. Après un peu plus d’une heure d’attente, la police a fini par mentionner que des travailleurs ont pu dégager les débris.

Puisqu’il n’y a aucune nourriture fraiche qui est transportée durant l’hiver à Juta, l’alimentation provient principalement des troupeaux, de produits laitiers, de pain, de viande, de pâtes et de conserves. Malgré toute l’ouverture d’esprit dont on doit faire preuve, il est quand même surprenant de se faire servir un macaroni au fromage avec de la choucroute et des cornichons pour déjeuner!

Sa femme, Katuna, nous montre avec fierté notre chambre. Sous leur maison se trouve l’étable où leur troupeau d’une vingtaine de vaches passe la nuit. Elles peuvent ainsi chauffer un peu la maison!

Les températures chaudes donnent à la neige de superbes conditions de ski de printemps. Malheureusement, la stabilité du manteau neigeux n’est pas réconfortante. Nous décidons donc de nous contenter des pentes moins abruptes et moins exposées aux risques d’avalanche et de reporter à une prochaine visite les faces plus impressionnantes surplombant le village.

Le village est minuscule et semble tiré d’une autre époque. Il n’y a que 18 habitants à Juta et ils sont dans de petites maisons rapiécées qui ont subi les effets du temps. Nous chaussons nos skis à côté d’un

Nous passons nos soirées à échanger du mieux que nous pouvons avec nos hôtes. Leur vie quotidienne ressemble étrangement à celle de nos fermiers, à la différence près qu’ils n’utilisent aucune machinerie

Tous les chauffeurs courent alors vers leur voiture et démarrent en trombe! Le nôtre ne fait pas exception et se met à dépasser furieusement toutes les autos qu’il peut. Les dépassements se font fréquemment à trois voitures de large, comme si un trophée attendait les pilotes au bout de la route! Tandis que notre chauffeur réalise un énième dépassement en klaxonnant, je suis enfin convaincu que le transport en taxi est la partie la plus dangereuse du voyage! Evans Parent est un skieur-globetrotteur commandité par Outdoor Research, Scarpa, Prana, Rottefella, Gregory et K2 Skis. Vous pouvez suivre ses dernières aventures sur son blogue au snowchasers.blogspot.ca


/// ENTREVUE

LE VENT QUI FAIT BOUGER LES INUITS

© Guy Laflamme

PAR GUILLAUME ROY

Comment tirer avantage des huit longs mois d’hiver et de la glace à perte de vue dans le Grand Nord? La réponse passe en partie par le ski cerf-volant, selon l’administration régionale Kativik qui cherche à favoriser les saines habitudes de vie et à créer des emplois durables dans ce coin reculé. Dans le village le plus septentrional du Québec, une faible neige est balayée par les vents du nord qui soufflent à plus de 40 km/h. La neige est tombée toute la nuit et 15 cm de poudreuse compactée par le vent couvrent la baie. Des formes bleues, rouges, vertes, blanches et jaunes parcourent la baie d’Ivujivik. En regardant de plus près, on aperçoit des skieurs tractés par des cerfs-volants de toutes les couleurs. Une vue spectaculaire pour les curieux villageois qui ne connaissaient pas ce qu’était le ski cerf-volant quelques heures auparavant. Ils devront s’y faire, car quand on commence à faire du ski cerf-volant, ça change complètement la façon de voir le monde. Chaque fois que le vent souffle, les connexions dans le cerveau réagissent différemment, et la seule chose qui importe est de savoir s’il vente assez fort pour se faire tracter sur des skis. Ça m’arrive chaque fois qu’une brise souffle sur ma joue et je suis toujours impressionné de voir à quelle vitesse les néophytes deviennent accros à ce sport haut en couleur. « C’est tellement le fun, que je ne veux plus jamais gaspiller de belles journées de vent », témoigne Aulla Quannaluk, cinq jours après sa première session de ski cerf-volant. Et il n’est pas le seul : depuis 2006, plus de 1 500 personnes ont été initiées à la pratique du ski cerf-volant dans 15 communautés du Nunavik et du Nunavut. Avec un territoire immense pour pratiquer ce sport, pas surprenant que les deux premiers mots que j’ai appris en Inuktitut ont été alianattuk (avoir du plaisir) et anuri (vent). J’ai rencontré Aulla en avril dernier lorsque je lui ai enseigné le ski cerf-volant à Ivujivik. J’avais toujours voulu aller dans le Nord, mais avec les prix exorbitants du transport, je n’en avais jamais eu l’opportunité. Quand l’occasion s’est présentée, c’était ma chance de réaliser un rêve : découvrir la légendaire culture inuite, tout en partageant mes connaissances sur un sport... dans le vent!

LE VÉLO DES NEIGES Le programme de ski cerf-volant dans le Nord a pris forme dans la tête de Guy Laflamme en 2001. La première fois qu’il a essayé un Paraskiflex, une voile de conception québécoise, il a été déconcerté de voir à quel point c’était facile à manœuvrer. « C’est comme un vélo des neiges. Ça prend moins de 30 minutes à contrôler. Tous les Inuits devraient en avoir un », avait-il songé à l’époque. Mais Guy n’avait jamais été dans le Nord. C’était simplement une idée qui venait de germer. Il a alors entrepris de se faire quelques contacts dans les communautés nordiques dans le but de lancer un projet pilote. Six ans plus tard, ses efforts sont récompensés : avec l’aide d’un professeur à Kangirsuk, Guy Laflamme a réalisé un programme d’initiation d’une semaine au ski cerf-volant. « C’était alors comme si le cirque débarquait en ville! » se rappelle-t-il. À Kangirsuk, l’équipe de Guy Laflamme avait entendu parler que la corporation Makivik, qui administre les fonds provenant des revendications territoriales dans le Nord, tiendrait sa rencontre annuelle plus tard le même mois. Une occasion en or pour présenter le programme de ski cerf-volant à tous les maires du Nunavik et du Nunavut en plaidant l’excellente opportunité de faire bouger les jeunes tout en leur faisant découvrir leur territoire. Quelques semaines plus tard, il partait pour Igloolik avec son équipe. « Après notre première semaine de ski à Igloolik, on a ramassé l’équipement pour rentrer à la maison. Les Inuits nous ont dit : “C’est la journée la plus triste”. Ça n'avait pas de sens d’aller les exciter avec un nouveau sport, les former et de finalement partir avec tout l’équipement », explique Guy Laflamme. Pour que le projet soit durable, les communautés souhaitant lancer le programme doivent maintenant investir dans l’achat d’équipements complets. À Ivujuvik par exemple, la communauté a acheté 12 voiles de grandeurs différentes et plusieurs paires de skis et de bottes. L’équipement peut ainsi être utilisé par toute la communauté. Puis, une équipe d’instructeurs vient former un maximum de gens intéressés. « Le ski cerf-volant attise la curiosité. Parfois, plus de 30 personnes veulent se faire former par jour! », dit Guy Laflamme. Et les Inuit apprennent rapidement : traditionnellement, ils ont toujours appris par imitation. Même si la majorité d’entre eux n’ont jamais skié ou manié un cerf-volant, ils filent à toute allure sur la neige, le sourire aux lèvres… après seulement 30 minutes. SUITE PAGE 46

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En fait, le nom initial du programme était The Arctic Smile Program : « Quand les jeunes manient le cerf-volant pour la première fois, et qu'ils réalisent à quel point c’est facile de voler, un gros sourire jaillit. Et quand ils commencent à skier, ils ne veulent plus s’arrêter. Il faut presque leur enlever le cerf-volant des mains pour pouvoir enseigner à quelqu’un d’autre! Le but du programme est d’amener les jeunes à faire des activités de plein air. C’est bon pour la santé et c’est bon pour le moral », soutient Guy Laflamme, l’initiateur du programme qui a été rebaptisé Arctic Wind Riders (AWR). Pour Aulla Quannaluk, le ski cerf-volant est aussi synonyme de liberté : « C’est exaltant. C’est excitant. Quand je fais du ski cerf-volant, je suis pleinement éveillé, car mes muscles et mon cerveau fonctionnent à toute allure. C’est une excellente façon de repousser ses limites. Quand je suis dans la baie, je fais de l’exercice et je respire de l’air frais. Ça me fait du bien et ça me garde à distance des activités négatives ». Taalia Saanaq Nauya, une jeune mère de 21 ans, pense la même chose : « Ça transforme mon énergie négative en énergie positive. Je n’aimais pas le vent avant, mais maintenant, c’est mon ami. Ça me donne de l’énergie ». L’ADMINISTRATION RÉGIONALE KATIVIK PREND LE RELAIS Avec les années, le programme est devenu tellement intéressant, que l’administration régionale Kativik (ARK) a décidé d’investir dans un projet pilote en 2011. « Le sport prenait de l’ampleur et plusieurs communautés demandaient des formations », explique Nancianne Grey, la directrice du service des loisirs de l’ARK. Depuis ses débuts, l’objectif principal du programme est de former des instructeurs afin d’assurer la survie de cette passion. Lors de la visite d’instructeurs du « Sud », de jeunes leaders sont identifiés et formés pour devenir instructeurs à leur tour. Ainsi, le ski cerf-volant devient plus qu’un passe-temps; c’est aussi un emploi saisonnier de rêve. Selon Guy Laflamme, « ce programme aide les jeunes à devenir des meneurs et favorise l’implication sociale dans leurs communautés. Même si ce sont des emplois saisonniers, les jeunes apprennent des compétences recherchées qui sont transférables à d’autres activités. Par la suite, ils pourraient créer leur propre emploi à plein temps, en enseignant le ski cerf-volant en hiver, et le kayak ou le vélo de montagne en été par exemple. » D’abord supporté par des commanditaires comme le transporteur aérien First Air, le programme est aujourd’hui entièrement géré par l’ARK. Sur le terrain, deux emplois d’instructeur sont créés dans chaque communauté afin que le sport prenne racine. Le projet pilote, qui a commencé avec cinq communautés en

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LE PROGRAMME DES SOURIRES ARCTIQUES

2011 (Kuujjuaq, Quartaq, Kangirsujuaq, Kangirsuk et Puvirnituq) est devenu une année plus tard, le « Programme de ski cerf-volant du Nunavik » en prenant de l’expansion dans les communautés de Georges River et d’Ivujivik. Sept des 14 communautés du Nunavik ont maintenant des clubs de ski cerf-volant! Mais le sport doit être pris en charge par les communautés pour assurer sa survie. La source principale de financement, qui provient du Programme pour des collectivités plus sûres géré par la corporation Makivik, a été renouvelée pour 2014, mais rien ne garantit le financement pour les années à venir. Ce programme, également connu sous le nom inuit Ungaluk, avait vu le jour dans le but de créer une alternative à la construction d’un centre de détention au Nunavik. Depuis 2007, ce fonds distribue 10 M$ annuellement dans des projets faisant la prévention du crime dans la région. « Lorsque les jeunes sont actifs, ça réduit les incidences de crimes et ça contribue à instaurer de saines habitudes de vie », dit Nancianne Grey. À compter de cette année, les communautés devront fournir des statistiques sur la réduction du crime pour obtenir du financement. « Il y a trop de monde qui veut le même argent! soutient Andrew Epoo, assistant technique du service des loisirs de l’ARK et coordonnateur du programme de ski cerf-volant. Nous avons de la difficulté à convaincre le programme de financer notre projet, car ils ne voient pas d’aspect culturel dans ce sport. De mon côté, j’en vois plusieurs, car les skieurs doivent apprendre à lire le vent et les conditions de glace. Ou tout simplement passer plus de temps dehors! » Le maire d’Ivujivik, Mattiusi Iyaittuk, qui est également un artiste de renommée internationale, abonde dans le même sens : « Le ski cerf-volant aide les gens de ma communauté à apprendre des choses qu’ils n’apprennent pas à l’école. Sans ces formations, plusieurs personnes ne se rendraient pas sur le territoire ou sur la glace pour apprendre à faire la différence entre un bon endroit et un endroit dangereux pour jouer. Quand tu fais du ski cerf-volant, tu dois utiliser tous tes muscles. Ça rend les gens plus habiles et en santé au lieu de rester assis toute la journée à regarder la télévision ou jouer avec des ordinateurs. Toutes les communautés devraient avoir accès à ce programme! » Signe de l’aspect culturel du sport nouvellement arrivé dans le Nord, des skieurs inuits ont demandé s’ils pouvaient avoir des voiles complètement blanches pour aller chasser les phoques dans la baie. « Sans motoneige, c’est difficile de se déplacer sur le territoire. Et comme elles coutent très cher, un cerf-volant peut donner la liberté nécessaire aux jeunes pour aller où ils veulent », commente Guy Laflamme. L’histoire de Michael Petagumskum est un bon exemple du mariage entre le ski cerf-volant et la culture inuite. Résidant à Kuujjuaq, Michael est un fanatique de chasse et de camping. Quand des instructeurs sont venus à son école secondaire en 2012, ils ont présenté des vidéos qui l’ont tout de suite charmé. Depuis, il fait du ski cerf-volant dès qu’il a un moment de libre. « Parcourir le territoire est ce qu’il y a de plus merveilleux à faire dans le Nord. C’est pourquoi j’adore le ski cerf-volant », dit le jeune homme de 18 ans. Il est rapidement devenu un des leaders de son club local. En 2011, il est devenu instructeur et il peut sauter à plus de trois mètres dans les airs!


SKI DE FOND À LA SÉPAQ

DES COMPÉTITIONS POUR ÉCHANGER Pour bâtir et partager les expériences entre les communautés, Arctic Wind Riders a lancé un championnat de ski cerf-volant dans le Nord en 2008. Celui-ci est tenu au Nunavik ou au Nunavut, les skieurs testent leurs habiletés dans des courses en triangle ou de longues distances et des concours de vitesse maximale. En 2012, l’ARK lança le premier championnat de ski cerf-volant du Nunavik à Kangiqsujuaq, où deux skieurs de chaque communauté sont invités à participer. En avril 2103, ils ont répété l’expérience et 16 skieurs provenant de six communautés ont pris part au championnat. « Faire la course avec des compétiteurs du Nunavik a été une expérience extraordinaire », a commenté Michael Petagumskum, qui a terminé 2e en 2012 et 3e en 2013. Pour Aulla Quannaluk, qui avait commencé à faire du ski cerf-volant seulement une semaine avant la compétition, ce fut une opportunité sans pareille d’apprendre de ses pairs. Même si le programme vise à faire bouger les jeunes, tout le monde y trouve son compte. Parlez-en à Lucasssie Turkirqi, 54 ans, de Kangiqsujuaq, qui a fini 4e du lors du championnat de 2013. ET LA SUITE… Au final, l’ARK souhaite aider les communautés à devenir autonomes. « Nous voulons maintenant devenir indépendants des instructeurs du Sud », explique Nancianne Grey. Pour l’ARK, c’est le temps de passer à la prochaine étape. Guy Laflamme est du même avis : « Le programme a bien évolué. Il y a maintenant assez de jeunes qui ont l’expertise pour opérer des clubs locaux et les gestionnaires connaissent le potentiel du sport. » Alors, que reste-t-il à faire? « Il y aura toujours du travail à faire pour promouvoir le leadership et l’estime de soi chez les jeunes afin d’assurer la poursuite du programme », ajoute-t-il. Cet hiver, l’ARK organisera deux formations intensives pour les instructeurs, au lieu de miser sur le grand public, afin qu’ils gagnent en autonomie et qu’ils transmettent leur passion dans leurs communautés respectives. De plus, la tenue d’un championnat a également été confirmée. Après cet hiver, l’ARK aura accompli son but de former des entraineurs compétents, estime Andrew Epoo. « Le projet de ski cerf-volant a initialement été conçu pour intéresser les communautés. Nous voulions les aider à démarrer des clubs afin qu’ils soient gérés localement, et non pas créer une structure régionale. Ça sera le temps pour les communautés de prendre les choses en main », dit-il. Selon ce dernier, il y aura toujours des moyens pour financer un club de ski cerf-volant même sans l’intervention de l’ARK. Depuis qu’il a 13 ans, il fait des demandes de financement de toutes sortes. Il sait où est l’argent et comment faire pour l’obtenir. Il veut maintenant partager ses connaissances avec les communautés pour assurer la survie des clubs locaux.

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DES PROJETS FOUS!

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Alors que le programme devient mature, de nouveaux projets voient le jour. Guy Laflamme rêve aujourd’hui d'une expédition de 800 km qu’il souhaite réaliser avec les Inuits. « Je pense à une expédition qui partirait d’Akulivik jusqu’à Kuujjuarapik sur la côte d’Hudson et à une autre de Kangirsuk à Aupaluk sur la côte d’Ungava. Je suis convaincu que l’on pourrait recruter au moins 30 skieurs pour ce genre de voyage ». En 2005, il a participé à une expédition pilote de 500 km avec dix autres skieurs entre Chisasibi et Waskaganish. Quoi d’autre dans la mire pour les adeptes de ski cerf-volant dans le Grand Nord? Le tourisme. « Imaginez faire un voyage de ski cerf-volant pour se rendre au cratère du Pingaluit à partir de Kangiqsujuaq! rêve à son tour Andrew Epoo. C’est le genre de projet qui a un fort potentiel de développement touristique. » Andrew Epoo a déjà une idée en tête pour trouver du financement : « Avec la Corporation de développement régional Kativik, un entrepreneur n’a besoin que de 20 % du financement pour sa première année d’opération. Il faut seulement savoir à qui parler et quel formulaire remplir », dit-il. Lorsque j’y suis passé, j’ai initié 40 personnes au ski cerf-volant sur une population de 360. Du coup, Ivujivik doit faire partie des villes avec un des plus hauts taux de « kiteskieurs » dans le monde, avec 11 % d’initiés!

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1-FLASQUE CLASSIC Classique, mais toujours aussi pratique, cette flasque toute ronde de la marque Innate saura préserver votre boisson alcoolisée préférée des rigueurs extérieures. Et quelle allure vous aurez sur les sentiers en la sortant de votre poche pour vous rincer le gosier! Fabriquée en acier inoxydable sans plomb, cette flasque est l’accessoire indispensable à toute personne raffinée qui se respecte. INNATE, Flasque Classic | 17 $ | innate-gear.com 2-G2 Enfin des lunettes que vous n’aurez pas peur de casser! Le travail conjoint d’ingénieurs scientifiques et d’athlètes de sports extrêmes a mené à la création de ces lunettes uniques, jugées incassables. Toutes les pièces, montures, branches et verres, ont été conçues à partir de composants élastiques hauts de gamme. Bref, des lunettes immortelles! Votre responsabilité est maintenant de ne plus jamais les oublier! GLORYFY, G2 | 190 $ | gloryfy.com 3-BOTTILLONS LA CORDÉE DUVET Vieux comme le monde, le concept des bottillons (ou mouflons) de duvet est toujours un accessoire chaud et réconfortant pour les pieds, que ce soit au coin du feu dans un refuge, sous la tente en camping d’hiver ou même dans le luxe d’un chalet. Avec leur semelle de PVC et leur coquille de polyester résistante à l’eau, ils vous porteront dans la neige jusqu’aux toilettes extérieures sans avoir à vivre le supplice de remettre vos bottes encore mouillées... Doux et chauds (70 % de duvet, 30 % de plumes), les bottillons entourent nos pieds d’un bien-être sans pareil avant de se coucher. LA CORDÉE, Bottillons La Cordée duvet | 35 $ | lacordee.com 4-GUIDE 10 Voici un essentiel pour les maniaques de technologies! Plus jamais vous ne jurerez contre la batterie de votre téléphone cellulaire qui s’épuise avec le froid. Goal Zero propose un kit de recharge solaire pour piles et équipements électroniques dotés de port USB comme les tablettes, téléphones ou GPS. Loin d’être miraculeux, le Guide 10 permet tout de même de redonner vie à votre appareil en deux à quatre heures par grand soleil. Le panneau solaire se trouve dans une pochette pliable et facilement transportable dans votre sac à dos. Jamais le plein air n’aura été aussi luxueux! GOAL ZERO, Guide 10 | 160 $ | goalzero.ca 5-SÉCHOIR ÉLECTRIQUE HOTDRYER Fini la désagréable impression de plonger ses pieds dans des bottes mal séchées depuis la veille alors qu’une autre longue rando en raquette, ski nordique ou ski alpin nous attend! Le séchoir électrique Hotdryer est une petite machine bien efficace qui souffle de l’air chaud en profondeur à l’aide de ses deux souffleurs et réchauffe en un rien de temps l’intérieur de vos bottes, mais aussi de vos mitaines ou de votre manteau. L’appareil se branche à un chargeur universel, ainsi qu’à l’allume-cigare de l’auto. Un indispensable pour frileux. SIDASSPORT, Hotdryer | 60 $ | sidassport.com 6-COURSE R1 Rien ne peut vous arrêter de courir, même pas la slush qui fond dans les caniveaux? Partez tout de même couvert et au sec avec ces guêtres en softshell et en néoprène (au niveau de la bordure). Résistantes à l’eau, faciles à enfiler (avec leur velcro à l’avant) et ajustables à n’importe quel type de chaussure (de course, de randonnée, de raquette grâce à un cordon élastique à faire passer sous la semelle), ces guêtres Louis Garneau vont devenir vos meilleures alliées cet hiver. LOUIS GARNEAU, Guêtres Course R1 | 35 $ | louisgarneau.ca 7-APEX HD Avez-vous vu ce troisième œil pousser au milieu de vos lunettes de ski? À vrai dire, il s’agit d’une ingénieuse caméra haute définition de 1080 pixels (à 30 images par seconde ou en mode 720p à 60 fps) qui permet de filmer et de prendre en photo vos meilleurs moments de glisse. Plus discrète que la GoPro, cette caméra n’en possède pas moins de nombreuses qualités : capteur de 12 mégapixels avec un objectif grandangle f/3.2. La capture audio est prise en charge par un microphone paré d’une technologie Wind Guard réduisant les bruits de soufflement. Plusieurs filtres sont disponibles pour s’adapter aux conditions météorologiques. Totalement génial! LIQUID IMAGE, Apex HD | 400 $ | liquidimageco.com

Disponible dans les boutiques de plein air spécialisées www.mammut.ch

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///É QUIPEMENT

MANTEAUX D’HIVER PAR L’ÉQUIPE ÉDITORIALE

NORTH STAR Idéal pour ceux qui désirent affronter le froid hivernal durant de nombreuses heures, ce produit québécois fait à 80 % de duvet canadien blanc et 20 % de plumes aura de quoi vous tenir au chaud jusqu’à des températures de -50 ºC. Ses huit poches extérieures et les deux intérieures permettent de ranger l’essentiel ou de se réchauffer les mains. La fourrure de coyote est amovible, la jupe pare-neige, les pouces « ninja » en tricot solide, les bandes réfléchissantes à l’avant et à l’arrière, le capuchon isolé en forme de tunnel avec son double rabat-tempête avec gouttières, les ouvertures latérales pour donner accès aux poches de pantalons, la bande de micropolaire au cou ainsi que le foulard intégré au col sont autant de petits détails bien pensés et bien réalisés. Dans ce manteau, on se sent bien, au chaud et fonctionnel. Le tout est lavable à la machine (tissu extérieur déperlant 83 % polyester / 17 % coton protégé avec un traitement ultra-fresh et doublure intérieure 100 % polyester). Pouvoir de gonflement de 650 (1 once de duvet remplit un espace de 650 pouces cubes). Poids : 5,3 lb avec 363 gr de duvet pour la grandeur médium. QUARTZ NATURE, North Star | 950 $ | quartznature.com

MONACO La compagnie Audvik revient en force et en beauté au Québec (voir notre texte en page 8). L'élégante silhouette de ce manteau donne le ton à la collection de l’année. Il ne sera pas le plus chaud de votre garde-robe, mais il fera sensation dès que vous le porterez. Son tissu fait de 85 % de nylon et 12 % de Spandex lui octroie une allure sportive assurée. Respirant et imperméable (10 000 mm), son isolant synthétique Exkin Air 200 g. lui procure une protection contre le froid qui est adéquate aux températures moins extrêmes. La fermeture à glissière avant avec double curseur et son rabat avec boutons pressions cachés, le capuchon amovible et les poignets intérieurs en micropolar, font qu’on l’aime instantanément. Longueur dos : 85 cm. AUDVIK, Monaco | 600 $ | audvik.bigcartel.com

COMPULSION 3L Pour les skieurs qui n’ont pas peur de passer sous les cordes pour goûter à la poudreuse, la combinaison de ce manteau et de ce pantalon est géniale. Imperméable de la tête aux pieds, respirant grâce à la technologie Dry.Q, jupe du manteau amovible, poches intérieures, chamois au menton, bretelles amovibles sur le pantalon, grandes ouvertures avec Zip sur les jambes pour un maximum de ventilation. Peu importe la quantité de neige qui tombera, vous serez assuré de ne pas en avoir à l’intérieur de vos vêtements grâce à cette combinaison. MOUNTAIN HARDWEAR, Compulsion 3L | Manteau : 650 $ Pantalons : 500 $ |mountainhardwear.ca 50

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TOURNÉE MONDIALE

DU FESTIVAL DU FILM

DE MONTAGNE

DE BANFF GATINEAU | MARDI 21 JANVIER | 19H Maison de la culture de Gatineau, salle Odyssée

TOURNÉE QUÉBEC 2014 21 JANVIER AU 14 MARS Présentateur provincial

MONTRÉAL | MERCREDI 22 JANVIER AU SAMEDI 25 JANVIER | 19H Université du Québec à Montréal, salle Marie-Gérin-Lajoie QUÉBEC | DIMANCHE 26 JANVIER | 14H ET 19H Salle Albert-Rousseau SHERBROOKE | MERCREDI 29 JANVIER | 19H Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, salle Maurice O’Bready

Un événement

LES MEILLEURS FILMS DE MONTAGNE AU MONDE !

RIMOUSKI | JEUDI 30 JANVIER | 19H Salle Desjardins-Telus DRUMMONDVILLE | LUNDI 3 FÉVRIER | 19H Maison des arts Desjardins de Drummondville, salle Léo-Paul-Therrien SAINT-JÉRÔME | MARDI 4 FÉVRIER | 19H Polyvalente de Saint-Jérôme, salle André Prévost LAVAL | MERCREDI 5 FÉVRIER | 19H Maison de la culture, théâtre des Muses CHICOUTIMI | JEUDI 6 FÉVRIER | 19H Polyvalente Charles Gravel, auditorium Daniel-Vaillancourt

Ski Touring, Mt. Shuksan © Grant Gunderson

LONGUEUIL | LUNDI 10 FÉVRIER | 19H Théâtre de la ville, salle Pratt & Whitney GRANBY | MARDI 11 FÉVRIER | 19H Le Palace TROIS-RIVIÈRES | MERCREDI 12 FÉVRIER | 19H Salle J.-Antonio-Thompson

PARTENAIRES MÉDIAS

LÉVIS | JEUDI 13 FÉVRIER | 19H Auditorium du Cégep Lévis-Lauzon BAIE ST-PAUL | VENDREDI 14 MARS | 19H Hôtel La Ferme

www.banffquebec.ca

Tournée Banff au Québec


AGENDA DE L’HIVER///

un minigolf sur glace et plus encore! (514 688-7808 • festivolant.com)

26 JANVIER

PAR L'ÉQUIPE ÉDITORIALE

JANVIER

14 AU 19 JANVIER

// COUPE DU MONDE DE SKI ACROBATIQUE Val-Saint-Côme, Lanaudière Quelques semaines avant les Jeux olympiques d’hiver, à Sotchi en Russie, allez applaudir les meilleurs skieurs acrobatiques lors des épreuves de sauts et de bosses, notamment nos athlètes québécois : Alexandre Bilodeau, Mikaël Kingsbury, les soeurs Dufour-Lapointe... Près de 150 compétiteurs, provenant de plus de 20 pays, participeront à cette compétition internationale, dernière épreuve de qualification olympique. (450 883-0701 • valsaintcome.com)

7 AU 9 FÉVRIER 2014

// LES NUITS POLAIRES DE TROIS-RIVIÈRES Trois-Rivières Pour la septième fois, la Chouette, emblème et mascotte de ces Nuits polaires, revient réchauffer le corps et le cœur des habitants de Trois-Rivières et les nombreuses personnes qui font le déplacement.

Des plus jeunes aux plus vieux, des plus frileux aux plus aventureux, chacun pourra trouver son compte dans la grande variété des festivités proposées : des spectacles et activités au chaud ou à l’extérieur, de la glissade, un mur d’escalade. Également, deux Défi Polaire Sport Expert pour les plus actifs même en hiver : un volet course à pied (19 janvier) avec 2,5 km, 5 km ou 10 km sur une boucle de 2,5 km et un volet Crossfit (20 janvier). (819 378-2009 • nuitpolaires.ca)

24 AU 26 JANVIER

// FESTI-VOLANT Grandes-Piles, Mauricie Festivolant, c’est la fête où les cerfs-volants de toutes les grandeurs et couleurs, les adeptes du ski de traction et de paramoteurs s'envolent, au-dessus du Saint-Maurice, dans un décor enchanteur : la rivière gelée, terrain de jeux tout désigné pour les activités d'hiver. La programmation de cette 13e édition est riche et pour toute la famille : un village nordique, atelier de confection de cerfs-volants, patinage libre, spectacle musical, concours de sculptures sur glace, une gigantesque glissade en rafting ou en traineau,

// MARATHON INTÉRIEUR DE SHERBROOKE Sherbrooke Pour tous les coureurs orphelins de marathon en hiver, voici le remède. La boutique JOGX, située à Dorion-Vaudreuil, organise des marathons intérieurs dans trois villes du Québec : Québec (8 décembre 2013), Montréal (2 mars 2014) et Sherbrooke, au stade intérieur de l'Université de Sherbrooke. Que ce soit pour seulement 1 km, 10 km, 21 km, un marathon ou 50 km, l’idée reste la même : vous courrez sur une piste d’athlétisme ovale autant de tours qu’il est nécessaire pour parcourir la distance choisie, et ce, à l’abri des contraintes climatiques extérieures. Attention toutefois à ne pas attraper le tournis : à Sherbrooke – où la piste fait 200 mètres –, il faut compter cinq tours de piste pour le kilomètre, 50 pour 10 km, 105,5 pour le demi-marathon, 211 pour un marathon et 250 pour 50 km! (marathons-interieurs.com)

31 JANVIER AU 9 FÉVRIER

// FESTI-GLACE Rivière de L’Assomption, Joliette La traditionnelle fête des patineurs est de retour pour une 32e édition. Partagez les plaisirs de l’hiver avec famille et amis sur les neuf kilomètres de couloir glacé de la rivière L’Assomption tout en profitant de la programmation festive. Avec ses cinq jours d’activités gratuites, le Festi-Glace est un incontournable des hivers lanaudois! (450 755-1651 • festiglace.ca)

FÉVRIER

8 ET 9 FÉVRIER

// MARATHON CANADIEN DE SKI DE FOND Entre Gatineau et Lachute Lancé en 1967, le Marathon canadien de ski de fond est la plus longue randonnée de ski en Amérique du Nord et la plus ancienne, totalisant 160 kilomètres – divisés en cinq étapes quotidiennes d’environ 16 kilomètres –, le tout étalé sur deux jours, sur une piste ouverte une seule fois dans l’année. Le tracé, pour la plupart sur des terres privées, est aménagé dans un cadre enchanteur, dans l’ouest des Laurentides. Mais ici pas de compétition, l’important est de participer. Cet événement est une rencontre amicale, familiale et non une véritable course. Chacun est libre de choisir la catégorie qui lui convient, sans avoir à faire tout le trajet. Environ 1 500 skieurs participent au marathon chaque année. (819 483-0456 • csm-mcs.com)

GUIDE DES ITINÉRAIRES DE RANDONNÉE ALPINE DES CHIC-CHOCS Avec ses 52 photos et 11 cartes, il ouvre les portes d’un extraordinaire terrain de jeu québécois : l’arrière-pays des Chic-Chocs. Un territoire rempli de descentes gorgées de poudreuse, de couloirs abruptes et de sous-bois athlétiques, dans un environnement vierge et pur. Il couvre une région de 3 500 km2 et décrit plus de 130 descentes uniques dans les Chic-Chocs en plus d’y trouver des informations essentielles relatives aux procédures d’urgence, à la météo et au respect de la faune environnante. Disponible dès maintenant dans les librairies et boutiques spécialisées de sports et loisirs plein air. Commande en ligne sur WWW.ESPACES.CA dans la section BOUTIQUE

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14 AU 16 FÉVRIER

// LA GRANDE TRAVERSÉE Casino de Charlevoix Entre L’Isle-aux-Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive, cette compétition de canots sur glace fait partie du Circuit québécois de canot à glace. Seule épreuve se déroulant en eau salée, cette course rappelle la légendaire traversée de la poste d’antan alors que le


canot était l’unique moyen de transport des insulaires. Plus de 45 équipes du Québec et d’ailleurs (Calgary, Chicago, France, etc.) prennent part à cette épreuve, affrontant courants, marées, glace et frasil. (grandetraversee.com)

14 AU 16 FÉVRIER

// GATINEAU LOPPET Gatineau Fort de plus 3 000 participants chaque année, la Gatineau Loppet est le plus grand événement de ski de fond au Canada, avec huit parcours différents : en style classique (5, 16, 27 et 51 kilomètres) et en style libre (2, 10, 27 et 51 kilomètres). Nouveauté en 2014, l’épreuve accueillera le championnat canadien de Loppet longue distance (en style libre cette année), pour permettre aux skieurs élites d’avoir un événement de haut niveau en milieu de saison. (819 778-5014 poste 232 • gatineauloppet.com)

15 FÉVRIER

// DEMI-MARATHON DES GLACES Rougemont Après les premières éditions du demi-marathon des érables au mont Saint-Grégoire en avril 2013, le demi-marathon des vergers à Rougemont en septembre 2013 et le demi-marathon des microbrasseries à Beloeil en novembre dernier, l’année 2014 repart de plus belle pour les Courses gourmandes avec un nouvel événement de la série, le demi-marathon des glaces, à Rougemont. Toujours le même concept de course : courir 1, 5, 10 ou 21 kilomètres puis découvrir et déguster un produit du terroir régional : la pomme et (surtout!) le cidre de glace. (demimarathondesglaces.ca)

15 ET 16 FÉVRIER

// BARBEGAZI Esplanade Financière Sun Life du Parc olympique, Montréal À l’ombre du stade, 38 ans après les Jeux olympiques d’été, Barbegazi, festival hivernal de sports d’action, tentera, pour sa deuxième édition, de raviver une nouvelle fois l’esprit sportif des lieux, en accueillant des skieurs, planchistes, motoneigistes et bucherons à Montréal. Au programme de ces deux jours de festivités : des athlètes de partout dans le monde (Canada, Québec, Europe, etc.) viendront concourir dans les compétitions de snowboard, freeski et snowskate sur plusieurs modules (rails, rampes d’escalier). Le grand public pourra également s'initier à ces sports, sécurisés. Il y aura aussi une démonstration de motoneige freestyle et un concours de bucherons. Le spectacle sera musical avec une ambiance assurée par des animateurs. (barbegazifest.ca)

15 ET 16 FÉVRIER

// FESTI-VENT SUR GLACE Saint-Placide, Laurentides Conçu au départ pour susciter l’intérêt des touristes et faire connaitre la petite municipalité de Saint-Placide, le Festi-Vent sur glace est vite devenu le plus grand festival hivernal de cerfs-volants au Canada, un incontournable de l’hiver aussi bien pour les amateurs de cerfs-volants que pour les profanes. Cette grande

fête du vent, 16e édition du nom, permet de découvrir les meilleurs cerfs-volistes nationaux, d’assister aux combats de Rokkaku (tous les cerfs-volants décollent en même temps, le dernier en l'air a gagné), de s'initier aux cerfs-volants de puissance et de visiter les ateliers de fabrication. (450 258-4517 • festi-vent.com)

16 FÉVRIER

// DEMI-MARATHON HYPOTHERMIQUE DE MONTRÉAL Parc aquatique Un demi-marathon en plein hiver, ce n’est pas banal. Pourtant, le Demi-marathon hypothermique de Montréal soufflera en 2014 ses 10 bougies. Pour s’y lancer, il faut une bonne dose de courage... ou d’inconscience! En plus de la distance, il vous faudra gérer des conditions hivernales délicates : un parcours entièrement glacé dans le parc Jean Drapeau, le vent, les flaques d’eau gelée... On ne saurait trop vous conseiller d’être correctement équipé, notamment en crampons, avant de vous lancer dans cette galère! (events.runningroom.com)

e e r r u u t t n n e e v v a a ’ ’ LL ?? tt’’iinnttéérreessssee

16 FÉVRIER

// FESTIVAL DE LA RAQUETTE Mauricie Organisé chaque année par la Fédération québécoise de la marche, le festival de la raquette se tiendra, pour sa 9e édition, en Mauricie, sur le sentier national de la Mauricie et au parc national de la Mauricie, région reconnue pour la beauté de ses paysages et la qualité de son enneigement. Plusieurs choix de randonnées, de difficultés (facile et intermédiaire), de longueur (entre 3 et 13 km) et de durées (entre 2 h 30 et 5 h 30) sont proposés. L’accueil des randonneurs se fera à l’Auberge Le Flores de Shawinigan, à Sainte-Flore. Coût de la journée : entre 10 et 20 $, selon que vous soyez ou non membre de la Fédération et selon la date de votre inscription. (514 252-3157 • fqmarche.qc.ca)

22 FÉVRIER

// DÉFI CANOT À GLACE BOTA BOTA Montréal Le Défi canot à glace Bota Bota Montréal, qui fait partie du Circuit québécois de canot à glace, est de retour pour une deuxième année. Les eaux glacées du fleuve Saint-Laurent accueilleront cet événement unique à Montréal pour réunir les amateurs de sensations fortes et de sports extrêmes. Le départ du Défi Canot à glace Montréal se fera au Yacht Club de Montréal, situé au quai de l’horloge. Puis, les embarcations parcourront une boucle de 4 km, entre le bassin de l’Horloge, l’Île Sainte-Hélène et le Canal Lachine, toujours le long des rives, pour que les spectateurs puissent les suivre tout le long. En 2013, pour son retour après plus de 20 ans d’absence dans la métropole, plus de 7 000 spectateurs s’étaient déplacés pour admirer les athlètes à l’œuvre. (514 826-2050 • canotaglace.org)

SOYEZ DANS L’AGENDA

Vous organisez une activité spéciale, un événement de plein air ou souhaitez nous en suggérer un? Annoncez-le directement à notre communauté sur www.espaces.ca

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ou moins! EN 140 MOTS PAR L’ÉQUIPE ÉDITORIALE

© Vélo Québec

CIRCUIT DE RAQUETTES DU QUÉBEC

La Corporation des Challenges en Plein-Air du Québec, un organisme de promotion d’activités sportives, veut populariser encore plus le volet sportif de la raquette en créant le Regroupement des Courses de Raquette du Québec. Composé de 10 promoteurs indépendants, ce nouveau regroupement combinera leurs évènements pour créer un circuit de 10 courses dès cet hiver. L’objectif est de populariser la course en raquette dans un circuit bien organisé. À vos raquettes!

GUIDE VÉLO POUR CAMPS DE VACANCES Enfin, le vélo de montagne bouge au Québec! Réalisé par Francis Tétrault, un passionné du sport qui est maintenant chargé de projet pour le vélo de montagne chez Vélo Québec, voici un nouveau guide technique destiné aux camps de vacances et à tous ceux intéressés par le vélo de montagne, sa pratique et son aménagement. De la planification, à la construction et l’entretien des sentiers, il deviendra un outil indispensable pour développer la pratique du vélo de montagne un peu partout dans la province. Pour le télécharger gratuitement, rendez-vous sur le site de Vélo Québec : velo.qc.ca/montagne/guidecamps

MA VIE APRÈS LE SPORT

© Courtoisie Télé-Québec

Alors que les Jeux olympiques débuteront sous peu, Télé-Québec propose dès le 7 janvier 2014 une série documentaire sur la vie de 30 athlètes après leur carrière d’athlète. De Sylvie Bernier, à Jean-Luc Brassard, en passant par Guy Carbonneau, Josée Chouinard, Hugo Girard, Émilie Heymans, Annie Pelletier et Stéphane Richer. L'émission sera animée par Paul Houde. À voir les mardis à 19 h 30, dès le 7 janvier 2014.

© Nadofotos

RobeTowl

RAID INTERNATIONAL GASPÉSIE Voici votre chance de participer à un raid de calibre international tout près de chez vous! L’équipe de Endurance Aventure proposera du 11 au 14 septembre 2014 un raid de 3 jours de 250 à 300 km à faire par étape en équipe de deux ou de quatre. Au cours de ces trois jours, vous devrez combiner la marche, la course en sentier, l’orientation, le vélo de montagne, le kayak en lac et rivière, la nage, des épreuves de cordes et plusieurs autres surprises non dévoilées encore. On y attend des participants venus d’une dizaine de pays. Réservez tôt : les frais d’inscription augmentent au fur et à mesure que la date du départ se rapproche. raidinternationalgaspesie.com 54

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Si vous aimez le pouvoir absorbant des populaires serviettes PackTowl, vous adorerez ce peignoir qui fait à la fois une serviette qui absorbe quatre fois son poids en eau. Fait de 85 % de polyester et 15 % de nylon, ce peignoir se lave à la machine et sèche rapidement. Ses deux poches sont assez grandes pour accepter une bouteille d’eau de 1 litre. Vous ferez des jaloux! CASCADE DESIGNS, RobeTowl | 80 $ | cascadedesigns.com

HARRICANA : 80 KM

Pour ceux qui n’en ont pas eu assez de faire la distance de 65 km l’an dernier, les organisateurs de l’Ultra-Trail Harricana de Charlevoix proposeront en 2014 un parcours de 80 km (avec 2 200 mètres de dénivelé positif!), qui sera l’un des parcours les plus longs de l’est du Canada en semi-autonomie. harricana.info


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BIOM HIKE est une botte tout-terrain rigoureuse qui allie la traction d’une botte de randonnée de classe mondiale et la fonctionnalité du MOUVEMENT NATUREL®. Ses caractéristiques incluent un profil anatomique arrondi au bout du pied et au talon, une construction efficace près du sol, une traction agressive et la sensation de marcher pieds nus.


Janvier 2014 / Espaces  

Espaces est le plus important média de plein air au Québec. Notre mission : proposer aux adeptes d'activités de plein air, d'aventure, de vo...

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