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Antilles Guyane

Numéro2

BatiMag

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CONSTRUIRE, RÉNOVER, EMBELLIR

BTP, un secteur plus et mieux connecté que jamais Des actions structurantes pour une Guadeloupe dynamique

Ressources

alternatives et énergies

renouvelables en Guyane


GUADELOUPE MARTINIQUE SAINT-MARTIN

Viviès Petit-Pérou LES ABYMES

0590 20 85 85

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BatiMag97 - Numéro 2

ZAC de Beausoleil 2

Route de Blanchet

Place d’Armes

Quartier Laugier

CC Dillon

BAIE-MAHAULT

GOURBEYRE

LAMENTIN

RIVIÈRE-SALÉE

FORT-DE-FRANCE

0590 20 85 85

0590 41 00 00

0596 57 41 41

0596 68 41 48

13 rue de Griselle - SAINT-MARTIN 0590 77 35 02

0596 75 15 15

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Édito Toujours concerné par les enjeux, les perspectives de développement, les investissements et les préoccupations des acteurs du BTP, BatiMag97 continue à informer ceux, professionnels ou pas, que ce secteur touche de près ou de loin.

Dans le cadre du développement durable, les rédactions des trois départements se sont penchées sur des problématiques locales : performance et transition énergétiques, traitement des sargasses, plan unique des déchets, gestion de l’eau…

Ce deuxième numéro invite à explorer les avancées technologiques qui percent dans les entreprises du bâtiment et de la construction. En pleine transition vers la numérisation et la digitalisation, le secteur se veut plus et mieux connecté que jamais. Ce virage s’appuie sur des outils nouveaux qui font naître des métiers et évoluer des pratiques. Gros plans donc sur le BIM, les drones, l’impression 3D…

Le magazine, témoin de la dynamique économique de l’archipel de la Guadeloupe, a souhaité relayer cette évolution en mettant l’accent sur des actions structurantes et des chantiers à venir ou déjà engagés tels que la Karukera Bay à Pointe-à-Pitre, l’émergence d’un nouveau site réunissant complexes touristiques et de loisirs au Moule, le déploiement de la fibre optique… La parole a aussi été donnée à l’Ordre des architectes qui expose sa position sur la loi Elan récemment promulguée.

En Martinique, le magazine s’est aussi intéressé à un projet qui se concrétise chaque jour un peu plus, la norme tropicale humide. Protocole technique pertinent ayant pour ambition de revoir les bases du mode constructif dans notre environnement.

Enfin, les articles consacrés à la Guyane, territoire particulièrement engagé dans la préservation de son patrimoine environnemental, traitent du développement d’éco quartiers, de matériaux respectueux de la planète… On voit ça ensemble !

BatiMag97 est une publication de la société Media55 Directeurs de la publication Salim Mirous - Pascal Frémont - contact@batimag97.com Régie publicitaire Martinique : Pascal Frémont - 0696 81 31 33 - contact@batimag97.com Yan Brunel - 0696 06 53 10 - yb.batimag97@gmail.com Guadeloupe / Guyane : Salim Mirous - 0690 06 96 65 - salimmirous@batimag97.com Rédaction : Martinique : Marlène François Guadeloupe : Valérie Esnault - Guyane : Thierry Maquaire Conception et réalisation : BatiMag97 Conception des publicités : Frédéric Lemaire - Rachid Kernis Photos : Martinique : Hugues Moray - Guadeloupe : Bruno Michaux Vignes Guyane : Thierry Maquaire - Crédits photos : Epfa Guyane - Shutterstock Impression et logistique : Corelio Printing Keerstraat 10, 9420 Erpe-Mere, Belgique - www.corelioprinting.be Suivez-nous sur www.batimag97.com

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BatiMag97 - Numéro 2

Dépôt légal : Juin 2018 - ISSN en cours - La reproduction d’articles et illustrations édités par BatiMag97, même partielle, est interdite.

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Sommaire

CAPTER 10

Actus d’ici et d’ailleurs

CONCEVOIR 17 18 26 36 41 46 51

Les outils numériques dans la filière du bâtiment BIM, une méthodologie En pratique, le BIM aux Antilles Impression 3D, une technologie de reproduction En construction, où en est-on ? Drones, prendre de l’altitude dans la construction Désamiantage robotisé

ASSAINIR 52

De l’air ! Ventilation et extraction de fumée

PARCOURIR 60 Livres

RÉHABILITER 64

Travaux de réhabilitation de Trénelle

TRAITER 74

Les systèmes de peintures en extérieur

MAÎTRISER 85 94

Vers une norme tropicale Bois Duramhen, retour d’étude sur le bois

ÉLABORER 102

Plan de prévention et de gestion des déchets de Martinique

OPTIMISER 110 117 124

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BatiMag97 - Numéro 2

Vers la performance énergétique des bâtiments Kebati, porte-parole de la construction durable Bâtiments performants : retour d’expérience Projet Greenwater, la SARA plus verte

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Sommaire

ANTICIPER 130

La case à vent pour mettre des vies à l’abri

FORMER 134

Formations CMA orientées vers le BTP et le Bâtiment

CONSTRUIRE 140

Anticiper la construction d’une piscine

RÉNOVER 151

Loto du Patrimoine : trois bâtiments concernés aux Antilles/Guyane

GUADELOUPE RÉAGIR 162 168 175

Loi Elan : le point de vue des architectes Le Plan EAU DOM et contrats progrès : solutions au problème de l’eau ? Sargasses : appel à projet

DÉPLOYER 184 190

La fibre optique : où en est-on ? Valoriser la nature pour mixer les énergies renouvelables

BÂTIR 198 205

Le projet Royal Key au Moule Karukera Bay : le projet ambitieux du front de mer de Pointe-à-Pitre

GUYANE CAPTER 216 Actus

BÂTIR 222 230

Comment construire la ville équatoriale durable ? Utiliser un matériau de tradition, la brique

MODULER 238

Énergies renouvelables : la Guyane, exemple à suivre ?

ERRATUM Page 142 BatiMag97 numéro 1 : Amiante la gestion des déchets dangereux, une réelle problématique. Mr Nicolas Francius, Ingénieur de prévention de la DIECCTE de Martinique, nous demande d’apporter la correction suivante : … « LA DIECCTE n’est pas un organisme agréé, il s’agit d’un service déconcentré de l’Etat, qui gère certes la problématique amiante via de l’information et des contrôles. Nous ne dispensons pas non plus de formation pour travailler en présence d’amiante ».

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CAPTER

Actus D’ici...

La FTPE s’installe au Carbet La fédération des très petites entreprises de Martinique et la Ville du Carbet ont signé une convention pour recevoir une permanence au Nord Caraïbe, depuis mai 2018. L’objectif ? Aider les porteurs de projet de création d’entreprises et les associations à finaliser leurs projets en rapport avec la recherche de financements.

... et d’ailleurs Total et Saint-Gobain collaborent pour créer une filière dédiée au recyclage de polystyrène Les quantités d’emballages en polystyrène mises sur le marché en France se montent à 110 000 tonnes chaque année. Total et Saint-Gobain, aidés par le

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BatiMag97 - Numéro 2

concernerait les quatre premiers arrondissements de la capitale, situés au cœur de Paris, rive droite, avec « la création d’une zone de circulation extrêmement restreinte, avec des navettes électriques autonomes ».

Route 100 % recyclée

Concours CUBE En mai 2018, la DEAL a présenté les résultats de l’audit énergétique réalisé sur ses bâtiments du site de Pointe de Jaham. Une occasion de sensibiliser l’ensemble des agents à l’importance des économies d’énergies sur leur lieu de travail et de les inciter à participer au concours CUBE 2020 (usages bâtiments efficaces 2020). En effet, la DEAL Martinique s’est portée candidate à cette compétition d’économie d’énergie entre les bâtiments publics.

Actus

syndicat national des fabricants des produits laitiers et Citeo (spécialisée dans la réduction de l’impact environnemental des emballages), tentent de concevoir une solution de recyclage visant l’économie circulaire de ces produits. Le processus démarre par la collecte d’emballages, l’application de solutions techniques de recyclage et la promotion de cette matière recyclée, moyennant un coût acceptable. Ainsi, le polystyrène trié et préparé serait utilisé dans des unités industrielles de production de plastique de Total. D’autres sources de déchets, venant notamment du secteur de la construction, seraient également utilisées. Cette année, 4 000 tonnes de produits contenant au moins 20 % de polystyrène recyclé devraient être fabriqués. D’autre part, une filiale de Saint-Gobain collecte les chutes de produits d’isolation en polystyrène expansé qu’elle réincorpore dans sa production. C’est dans ce cadre qu’elle collabore avec Total pour partager sa connaissance des gisements des déchets de construction en PSE potentiellement recyclables via cette filière.

La maire de Paris souhaite piétonniser le centre historique de la capitale Le projet s’inscrit « dans une prochaine mandature », a indiqué l’entourage de la maire à l’AFP, si toutefois Anne Hidalgo se représente et se fait réélire en 2020. Elle a affirmé que, dans ce cas, le projet serait mené en collaboration avec les services de police et les responsables municipaux concernés. Ce projet

Une filiale de Vinci, Eurovia, spécialisée dans la construction d’infrastructures de transport et d’aménagements urbains, vient de finaliser une route 100% recyclée, la première du genre au niveau mondial. La voie a été construite sur une portion d’un km de l’A10 - entre Pons et Saint-Aubin- dans le cadre d’un grand chantier autoroutier de rénovation. C’est grâce à l’expertise de la société dans le recyclage des matériaux de voirie, combinée à la production d’une usine mobile spécialisée dans le recyclage de produits de rabotage des enrobés que l’expérimentation a été rendue possible. Des travaux de réfection pourraient être envisagés à partir de matériaux issus de la déconstruction de chantiers. Les avantages sont nombreux : préserver partiellement des ressources naturelles, réduire le transport et la logistique et donc agir sur l’empreinte carbone des travaux..

Fluides frigorigènes : bon augure Un réexamen de la F-Gas est prévu pour 2022. Le bon fonctionnement actuel de la réglementation ne devrait pas accélérer son déploiement initial. Il semblerait qu’à l’issue d’une rencontre avec les représentants de la commission et ceux de l’industrie, la DG Clima soit satisfaite de sa mise en place. On noterait une vraie prise de conscience du marché et donc un glissement vers des fluides frigorigènes à faible pouvoir de réchauffement planétaire (PRP ou GWP). L’attribution des quotas, en revanche, semble poser problème. A ce jour, aucune interdiction supplémentaire ni accélération dans le calendrier prévu n’ont été évoquées.

Risque de pénurie de certains métaux impliqués dans la transition énergétique En juillet 2017, la Banque mondiale présentait une étude soulignant les énormes besoins de minerais et de métaux associés à la transition « bas carbone » au niveau mondial. La fabrication en masse de batteries lithium-ion pourrait engendrer une très forte augmentation des besoins en lithium mais aussi en aluminium, cobalt, manganèse, nickel et acier. Selon une étude réalisée en 2018 par McKinsey, le CRU et le BRGM, plusieurs de ces métaux rares (cobalt, terres rares, nickel et tungstène) pourraient connaître une situation de pénurie dans les prochaines années. En France, des travaux d’analyse et de cartographie - en métropole et en outremer - s’avèrent d’autant plus nécessaires qu’il existe un risque avéré d’instabilité des cours des matières premières nécessaires à la transition énergétique. Les technologies capables de devenir des solutions « d’économie bas carbone » ne cessent d’évoluer et n’ont toujours pas atteint le stade définitif. Aussi, l’utilisation de ressources minérales dépend de choix et d’investissements encore à définir (batteries Li-ion, batteries au vanadium, piles à combustibles).

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CAPTER

Actus

Le plus long pont maritime du monde en Chine En plus du plus long pont du monde toutes catégories confondues (plus de 160 km), la Chine possède désormais le plus long pont maritime qui relie HongKong (via l’île de Lanteau), l’ex-comptoir portugais de Macao et la ville de Zhuhai, en Chine continentale. Inauguré en octobre 2018, ce pont mesure 57 kilomètres de long, une partie passe par un tunnel

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sous marin creusé à 46 mètres sous le fond de la mer et a exigé la mise en œuvre d’îles artificielles. Le chantier pharaonique a duré neuf ans et a coûté 17 milliards d’euros, sa structure a été conçue pour durer 120 ans. Selon un quotidien hongkongais, le trajet, qui prend actuellement 4 heures par voie terrestre, va passer à moins d’une heure environ.

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CAPTER

Actus

La maison de la radio inscrite aux monuments historiques Le bâtiment rond aux dimensions hors-normes pour l’époque (100 000 m2), qui abritait le siège de la radio-télévision publique, emblématique de l’architecture des années 1960, a été conçu par l’architecte Henry Bernard, à qui l’on doit aussi le Palais de l’Europe à Strasbourg. «Cette inscription reconnaît aussi la singularité de la conception de la Maison de la radio, qui a permis son adaptation à toutes les évolutions technologiques de l’audiovisuel et de l’acous-

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tique», souligne la direction de Radio France, qui avait demandé ce classement au ministère de la culture. La rénovation du bâtiment est toujours en cours, dans le cadre d’un projet imaginé par le cabinet ArchitectureStudio (auteur du Parlement européen à Strasbourg et de l’Institut du monde arabe, avec Jean Nouvel). La dernière phase des travaux est prévue pour l’été 2019, dix ans après le début, avec une facture finale estimée (en 2017) à 432,1 millions d’euros.

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CAPTER

CONCEVOIR

Actus Les tours en bois en nette croissance Les projets de tours en bois se multiplient, alimentés par la promesse de bénéfices environnementaux et encouragés par de nouvelles techniques de construction. L’un des plus hauts bâtiments en bois du monde se dresse à Vancouver, il s’agit du UBC Brock Commons qui accueille 404 étudiants de l’université de Colombie Britannique. Ce bâtiment compte 18 niveaux, fait 54 m de haut et occupe une surface totale de 15 120 m². Il s’agit d’une construction mixte bois/ béton. La structure bois s’appuie à la fois sur les cœurs en béton et sur la dalle béton du premier étage. Le bois n’est visible qu’à l’extérieur, au rez-de-chaussée et au dernier niveau. Ailleurs, il est encapsulé dans des plaques de plâtre afin d’optimiser la protection anti-incendie. 20 000 litres assurent l’alimentation de sprinklers durant 30 minutes si l’approvisionnement en eau de ville venait à manquer. La tour de Mjøs en Norvège, toujours en construction sera, avec ses 18 étages et un toit perché à 85,4 mètres, le plus haut bâtiment en bois au monde. Son ouverture est prévue en mars 2019. Selon une ONG spécialisée dans le design urbain durable, d’autres projets encore plus ambitieux ont été avancés, tels que l’Abebe Court Tower à Lagos (87 mètres).

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BIM Des outils numériques pour soutenir la modernisation de la filière du bâtiment Le Plan transition numérique dans le bâtiment (PTNB) concerne le développement des outils nécessaires afin d’accompagner la mutation numérique dans ce secteur. Effectivement, le paysage actuel des secteurs de l’ingénierie et de la construction ne cesse d’évoluer, notamment grâce au développement de nouvelles technologies numériques : drones, scan 3D, BIM, réalité augmentée, impression 3D... En appliquant ces technologies - qui s’appuient sur de nouveaux outils - les entreprises conçoivent, réalisent et suivent les projets de manière à les faire entrer dans une nouvelle ère. Celle d’une transition qui affiche déjà de réelles perspectives en termes économiques, mais aussi de réduction des délais de construction, d’amélioration de suivi et de respect des normes environnementales.

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CONCEVOIR

Le BIM, une méthodologie de référence En anglais, l’acronyme BIM signifie «Building Information Modeling (ou Management ou Model)» qu’on traduit en français par «Informations des données du bâtiment», mais plus prosaïquement, on utilise le terme maquette numérique. Il s’agit, non pas d’un logiciel, mais d’un processus de travail collaboratif autour d’une maquette numérique paramétrable. Conçue avec des logiciels «métiers» (All plan, Tekla, Revit… tous compatibles avec le format IFC) intégrant des informations techniques et physiques (matériaux, procédés…), la maquette numérique s’enrichit également de caractéristiques fonctionnelles que chaque intervenant intègre tout au long des phases d’un projet. Cette banque de données s’assortit de l’interface visuelle (la maquette virtuelle) qui matérialise le projet afin de le rendre lisible par tous les acteurs. Ainsi conçue, elle se positionne au centre du processus de travail collaboratif.

Démarrage du protocole ? Traditionnellement, le maître d’ouvrage, commanditaire d’un projet, établit le programme traduit éventuellement dans une maquette numérique initiale qui définit les volumes, les surfaces, les grandes lignes du projet. La maquette fait ensuite d’innombrables va-et-vient entre les intervenants (architecte, bureau d’étude, entrepreneur, bureau de contrôle, économiste…) qui ressaisissent généralement les données avec les risques d’erreurs que cette méthode comporte et la perte de temps qu’elle génère. Avec le BIM (en niveau 3), la maquette numérique reste centralisée, accessible en temps réel par les différents acteurs qui, tels des satellites, échangent, complètent, optimise les données avec un flux d’informations consultables tout au long du cycle de vie du bâtiment.

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Trois niveaux de maturité existent dans le BIM : Niveau 1 : chacun utilise sa propre maquette numérique et travaille de façon déconnectée. Avec ses propres données, il élabore et fait évoluer sa maquette individuellement (très proche de la méthode traditionnelle). Niveau 2 : la maquette numérique (dans un format lisible par tous) est partagée par l’ensemble des acteurs mais l’interaction ne se fait pas en temps réel. Un BIM Manager* est chargé de collecter, vérifier, commenter voire uniformiser les données apportées par chacun avant de les diffuser et de les intégrer à la maquette numérique. Niveau 3 : la maquette numérique centralise les données. Stockée sur un cloud, elle est accessible à tous et admet des interventions en temps réel de tous les intervenants. Ce niveau 3, bien qu’étant théoriquement, techniquement applicable, l’est difficilement dans la pratique puisque l’humain ne peut traiter simultanément le flux d’informations généré par les différents intervenants. En revanche, ce degré de niveau fonctionne très bien sur des réseaux locaux de type LAN regroupant tous les acteurs.Via un cloud, la présence d’un BIM Manager est souhaitable.

* Le BIM Manager est désigné pour suivre un projet, définir les modalités de collaboration, coordonner les actions de chacun afin de faire évoluer la maquette numérique. Il ne s’agit pas d’un nouveau métier mais d’une compétence qui s’acquiert avec l’expérience. Cette fonction de management du BIM peut être attribuée alternativement à plusieurs acteurs selon les stades d’avancement : l’architecte au démarrage, puis l’économiste, puis l’entreprise générale... Il peut être assisté d’un BIM coordinateur ou BIM pilote représentant des parties prenantes dans un projet.

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CONCEVOIR

Prévoir pour mieux gérer

Les métiers restent, la méthode change

Intégré dès la phase de conception, le BIM permet de prendre en considération des éléments déterminants exploitables par la suite. En effet, la maquette numérique stocke des données relatives aux matériaux, aux méthodes de fabrication, à la pose, mais aussi des informations sur le comportement mécanique et le fonctionnement du bâtiment selon différents paramètres (environnemental, domotique, énergétique..). Ce vivier de paramètres sert à pratiquer des simulations qui, à termes, prévoient les coûts de consommation, d’entretien, de maintenance, de rénovation et même de démolition …

Le BIM ne modifie pas le cœur des métiers de la construction, il modifie la façon d’appréhender le processus de travail en fluidifiant les échanges entre les acteurs d’un même projet. Il ne révolutionne pas non plus le produit fini mais dicte une méthodologie afin d’optimiser sa réalisation et prévoir son exploitation. Si le BIM n’a de sens que s’il est porté par l’ensemble des intervenants du projet, l’impulsion du maître d’ouvrage est essentielle à sa mise en place. Pour lui, le BIM représente un outil hyper précieux qui va l’aider dans des prises de décision au moment de la conception (respect du budget), dans le planning de réalisation (respect des délais) et surtout dans l’exploitation du bâtiment. Effectivement, la maquette numérique assure, en fin de chantier, de disposer d’un état exhaustif du patrimoine (équipements et ouvrages), permettant d’optimiser l’exploitation et la maintenance des infrastructures ainsi qu’une connaissance précise de leur état tout au long du cycle de vie.

Le BIM répond à chaque étape du projet : • En conception : visualisation, communication entre tous les intervenants, contrôle de cohérence du bâtiment avant sa construction, chiffrage précis et rapide, • En réalisation : optimisation du chantier, réception et précision du dossier des ouvrages exécutés numérique. • En exploitation : entretien, maintenance, rénovation, démolition.

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CONCEVOIR LE SPÉCIALISTE DU PLAN

Une répartition à revoir

QUARTZ, CÉRAMIQUE & PIERRE SINTÉRISÉE LAPITEC

Actuellement, le ratio moyen est le suivant : 25 % servent à la conception (esquisse, avant-projet sommaire, avant-projet définitif) et à la construction, et 75 % représentent l’exploitation, la maintenance et la déconstruction sur toute la durée de vie (soit environ 50 ans).

RÉSISTANT AUX UV NETTOYAGE FACILE

La réflexion suivante s’impose : les honoraires de conception sont actuellement mal répartis car beaucoup trop concentrés sur les phases tardives de conception (le dossier PRO/DCE concentre généralement plus de 60 à 70% du montant total des honoraires). Faire la conception en BIM oblige les architectes et ingénieurs à une plus grande précision de leur projet dès les phases de démarrage (APS, APD). Et pour être pleinement efficace, il faudrait que la répartition des honoraires des concepteurs soit modifiée pour tenir compte du surplus de travail que le BIM réclame en phase précoce.

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Bimini Savoir-faire et réactivité, deux atouts déterminants pour Bimini La construction modulaire depuis 27 ans Première société à avoir développé le concept modulaire aux Antilles, la société Bimini continue à répondre rapidement avec des constructions sur mesure aux quatre coins de la Martinique et de la Guadeloupe. Voici un aperçu des chantiers de l’année 2018 : - L’école transitoire de Rivière-Salée a accueilli, en toute sécurité, les élèves en novembre dernier pour une période de deux à trois ans, le temps de mettre en conformité parasismique leurs deux écoles primaires. Les structures modulaires rassemblent treize salles de classe, un bureau administratif et un réfectoire qui s’étendent sur 1350 m2 - Le gymnase du site universitaire à Schoelcher constitué d’un ensemble de locaux répartis sur 250 m2 - Le lycée de Sainte-Marie, une installation de 2700 m2 comprenant cinq bâtiments, sera livré dans les prochains jours - Les locaux du «service urbanisme» de la ville de Ducos, un chantier de 350 m2 - Les bases vie implantées sur la centrale thermique ALBIOMA au Moule - Les classes et locaux sociaux du Centre de Formation des adultes à Baie-Mahault -… Des hangars et des réservoirs sur mesure, parasismiques et para-cycloniques Outre des structures modulaires, Bimini propose également une gamme complète extensible de hangars à structure métallique rapidement opérationnels et facilement convertibles en locaux agricoles, commerciaux ou en infrastructures sportives. Bimini fabrique également des kits de réservoirs métalliques étanches (de 1,25 m3 à 4000 m3) destinés au stockage de produits liquides. Livrés en pièces détachées, ils sont assemblés sur site et sont démontables à la demande.

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Location de structures modulaires temporaires Afin de répondre au plus vite à des besoins événementiels, temporaires, imprévus ou urgents, Bimini dispose d’un parc locatif de bâtiments modulaires et de containers dédiés. Quels que soient le secteur d’activité, la nature et la durée des besoins, les structures modulaires entièrement équipées (électricité, plomberie, sanitaire, climatisation avec accès aux PMR…) de 15 à 1500 m2 peuvent aussi être configurées et aménagées sur mesure dans des délais très courts.

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CONCEVOIR

En pratique, le BIM aux Antilles Rencontre avec Jérome Rocher et Régis Guermeur qui, en tant qu’experts et formateurs chez BIM Caraïbes, tentent de faire émerger cette méthodologie. Nos questions, leurs réponses :

Comment percevez-vous l’évolution du BIM aux Antil es ? RG : On y vient. Les deux plus gros chantiers des Antilles se font en BIM : le CHU de la Guadeloupe et l’aéroport de la Martinique. Autres exemples, la CTM a lancé des appels d’offre portant sur des relevés topographiques et quelques postes sont requis en BIM, notamment pour la numérisation des bâtiments existants. Avec l’objectif d’établir une banque de données permettant d’appréhender la rénovation et de gérer la maintenance de ses bâtiments, l’armée (au niveau national) s’intéresse aussi à la modélisation 3D de son patrimoine.

A quels technologies et outils numériques le BIM fait-il appel ? Le BIM s’appuie sur des outils numériques et des technologies récentes

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JR : Le BIM s’appuie sur des outils numériques et des technologies récentes dans la préparation de projets de construction, de rénovation et d’agrandissement. Ainsi, par exemple, la technologie embarquée par drones opère des relevés « photogrammétriques ». Actuellement, on peut également utiliser la technologie du laser 3D terrestres ou aéroportés (Lidar) qui réalisent des relevés « lasergrammétriques » (acquisition de données 3D par nuage de points). Des scanners 3D modélisent l’existant avec des relevés de cotes, etc. La réalité virtuelle autorise la visite, l’exploration, l’interaction et l’amélioration du projet avant sa construction. Et avec la réalité augmentée, sujet star au dernier salon du BIM à Paris, une étape supplémentaire dans le perfectionnement est franchie : superposer un modèle 3D à une image réelle pour un aperçu instantané, explicite, précis (puisque géolocalisé). Appliquée à la maintenance, la réalité augmentée met à la disposition d’un technicien tous les paramètres exploitables dans son travail. Elle permet même, à travers des parois, de «voir» des circuits afin d’y détecter une défaillance. Sur simple « clic », la référence de la pièce à remplacer apparaît instantanément sur tablette et la commande s’enregistre automatiquement dans la foulée ! Attention, le BIM reste un outil, il aide et améliore la production mais seul, il ne peut rien produire.

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CONCEVOIR

Devez-vous encore sensibiliser des entreprises aux avantages du travail en BIM ? RG : Oui, il nous tient à cœur d’expliciter cette méthodologie qui représente tant d’avantages pour tous les intervenants et à toutes les étapes d’un projet. Le BIM change la façon de travailler des maîtres d’ouvrage, architectes, ingénieurs et entrepreneurs. Il leur permet de collaborer et d’ajouter des informations pertinentes très tôt dans le projet, lorsque les modifications n’ont pas encore de conséquences financières graves. En autorisant les analyses et simulations de performances énergétiques et environnementales, le BIM améliore aussi la production de bâtiments moins énergivores, plus confortables et plus sûrs, c’est-à-dire mieux inscrits dans leur temps.

Y a-t-il des niveaux de développement dans le BIM ?

Etant donné la précision et le niveau d’information des maquettes numériques, celles-ci deviennent de véritables « avatars » du bâtiment

RG : Oui, dès la conception, le maître d’ouvrage (ou l’AMO - assistant maître d’ouvrage) détermine le LOD (level of development), soit le niveau de détail et d’information des éléments contenus dans la maquette numérique tout au long du processus conception / réalisation. Ce niveau de développement (sur une échelle de 100 à 700) va déterminer la précision géométrique des objets du modèle 3D mais aussi la nature et la quantité d’informations contenues dans ces mêmes objets. Par exemple en LOD 100, un mur n’est modélisé que par son volume extérieur. A LOD 400, sa composition sera détaillée avec les épaisseurs et caractéristiques des différentes couches qui le composent. A LOD 500, les références fournisseurs des produits sont mentionnées, à LOD 600/700, les besoins en maintenance, la rénovation et les informations nécessaires au recyclage et développement durable des équipements sont intégrés. Etant donné la précision et le niveau d’information des maquettes numériques, cellesci deviennent de véritables «avatars» du bâtiment. Le BIM rend alors possible les simulations en temps réel (thermiques, d’ensoleillement, acoustiques…) qui, auparavant, nécessitaient de re-modéliser le bâtiment chaque fois. L’intérêt pour le maître d’ouvrage qui souhaite utiliser le BIM en phase d’exploitation maintenance est de déterminer dès la conception les informations qui lui seront nécessaires tout au long de la vie du bâtiment pour que celles-ci soient intégrées à la maquette numérique DOE qui lui sera remise lors de la livraison du bâtiment. Bref, on peut affirmer que le BIM construit, analyse et teste un bâtiment en temps réel avant même de poser la première pierre. Cet outil novateur sert également à vérifier l’adaptation et la cohérence d’un projet, de tester des options (avant prise de décisions) et de mieux communiquer avec un client.

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CONCEVOIR

La méthodologie représente un certain coût, comment peut-elle devenir rentable ? RG : Par rapport à ce qui se fait traditionnellement, travailler en BIM requiert un effort supplémentaire au niveau de la préparation. Le BIM n’a pas pour vocation de modifier la loi MOP, qui régit le processus de construction depuis plus de 30 ans, mais il permet de mieux la respecter. Car il faut bien l’admettre, aujourd’hui, pour gagner un marché, des entreprises n’hésitent pas à sous-évaluer des postes en comptant sur des travaux supplémentaires pour compenser. Avec le BIM, le calcul est juste de A à Z. Grâce à la synthèse numérique, on dénombre beaucoup moins de «surprises» et le nombre de travaux supplémentaires est grandement limité. De plus, en superposant les modèles des différentes spécialités (architecture, structure, fluides...), la maquette numérique prévient et détecte les collisions éventuelles donnant lieu à des réajustements. Ainsi, en phase de construction, aucune modification de dernière minute ne menace la productivité ni les finances. D’ailleurs, en BIM, le dossier d’ouvrage exécuté n’enregistre que très peu d’aléas rencontrés lors de la construction.

Siège CAESM © BIM Caraïbes

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Publireportage Équipe Centr’Etanche Martinique

Centr’Etanche Des Solutions fiables pour l’étanchéité et l’isolation

Quels sont vos domaines d’interventions ? Depuis sa création en 2006, Centr’Etanche représente, dans le secteur de l’étanchéité, l’une des principales entreprises aux Antilles Guyane. Nous réalisons toutes solutions d’étanchéité, toitures terrasses accessibles ou non, jardinières et voiles enterrés… par membranes bitumineuses et, à base de résine, salles de bain, parkings non isolés, piscines carrelées… En apportant des solutions fiables et durables, nous sommes devenus un acteur essentiel dans le secteur du bâtiment en Martinique, Guadeloupe et Guyane.

Existe-t-il des qualités essentiel es pour réussir dans ce domaine ? La rigueur, bien sûr, mais il faut aussi s’entourer d’une équipe d’applicateurs formés et professionnels, sachant mettre en œuvre les membranes d’étanchéité selon un cahier des charges bien précis, régies pour la plupart par le CSTB. Toutes nos réalisations étant soumises à garantie décennale, il faut garder à l’esprit que nous intervenons en zone soumise aux fortes contraintes liées aux risques naturels : vents extrêmes, fortes précipitations et séismes. Afin d’écarter tout risque de sinistralité, nous appliquons exclusivement des produits sous avis technique, dans les règles de l’art et en respectant scrupuleusement les consignes de mise en œuvre du fournisseur. Cette maîtrise d’application et notre rigueur garantissent nos ouvrages durant dix ans, sans crainte de sinistre dû aux conditions extrêmes propres à nos régions.

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Équipe Centr’Etanche Guadeloupe

Nous appliquons exclusivement des produits sous avis technique

Quelles sont vos autres priorités ? Le respect des délais et l’environnement. Afin d’être réactifs, nous disposons en permanence d’un stock suffisant pour répondre à toutes demandes, et des collaborateurs qui répondent présents depuis des années, et pour certains, depuis la création de la société. Une équipe qui maîtrise et connaît précisément les produits et les techniques de pose. En ce qui concerne l’environnement, Centr’Etanche détient le Label RGE, donc QUALIBAT, permettant d’intervenir sur des chantiers HQE de rénovation, et qui ouvre les droits à l’éco-prêt à taux zéro et au crédit d’impôt.

Guyane : 97 Les champs Virgile

Centr’Etanche Martinique : ZAC des Coteaux Sainte-Luce 0596 58 40 55

La Carapa - Montsinery 0694 41 95 18 centretanche@orange.fr Guadeloupe : 25 Parc d’activité de Jabrun - Baie-Mahault 0590 89 45 20 centretanchesarl.guadeloupe@orange.fr

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CONCEVOIR

Chaque acteur identifié par mot de passe laisse une trace de la moindre action

Existe-t-il des risques de piratage de données sensibles ? A qui incombe la responsabilité en cas d’erreurs ainsi que la propriété intellectuelle ? JR : La mise en sécurité des données est un sujet très sensible, plus particulièrement encore si elles concernent des bâtiments militaires, aéronautiques, de haute-sécurité… Leur sauvegarde se fait sur des serveurs internes protégés. Stade Sainte Marie © BIM Caraïbes

En revanche, la démarche BIM nécessite des échanges d’informations via internet et donc potentiellement piratables ou « espionnables ». Cependant des solutions existent car on peut choisir le pays dans lequel sont stockées les données et des dispositifs de sécurisation par cryptage peuvent être mis en place. Quant à la responsabilité engagée d’interventions sur la maquette numérique, elle est relativement simple à déterminer. La maquette étant placée sur une plateforme collaborative, chaque acteur identifié par mot de passe laisse une trace de la moindre action. RG : Si la question de la responsabilité est d’une importance capitale, il en a va de même pour la propriété intellectuelle des données partagées ne bénéficiant pas à l’origine d’une protection légale (méthodes, procédés, savoir-faire…). En effet, en 2014, il a été décidé de rendre le BIM obligatoire à compter de 2017 pour les collectivités publiques, projet abandonné en 2016 au bénéfice d’une forte incitation. Aussi, la maquette numérique poursuit-elle son évolution dans une brume et un flou absolus d’un point de vue juridique et réglementaire. Cependant, qui dit BIM dit mode collaboratif, et cela n’est pas sans conséquence. Il faut accepter ce changement de paradigme dans le mode constructif, accepter l’idée du partage de données…

2 magasins : Lamentin et Ducos Catalogue sur internet : www.tchalian-boulonnerie.fr Une équipe dynamique et compétente à votre service.

Z.I. de la lézarde - 97232 Lamentin et ZAC La Marie - 11 rue Raymond Berger 97224 Ducos

Tél : 0596 511 631 - Fax : 0596 510 564 - Mail : contact@tchalian.fr 34

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CONCEVOIR

L’impression 3D : une technologie de reproduction Les marqueurs sont unanimes, cette technologie est en pleine croissance. Les prévisions à l’horizon 2020 varient légèrement mais se situent entre 11 et 21milliards de dollars. Plusieurs cabinets d’études envisagent des augmentations plus marquées avec un marché estimé de 16 à 21 milliards de dollars depuis 2018. Et selon la société américaine d’études de marché, MarketsandMarket, la construction 3D devrait générer un chiffre d’affaires de plus de 56 millions de dollars, d’ici 2021.

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CONCEVOIR

Une entreprise installée en Martinique nous explique l’engouement pour cette technologie.

Impression 3D, de quoi s’agit-il ? Différents types de technologies existent, la plus courante consiste à extruder de la matière fondue

Estelle Hilaire : D’une technique qui existe depuis une trentaine d’années, alors réservée à la recherche et au développement, et depuis moins de dix ans, elle se répand rapidement et devient de plus en plus performante. L’impression 3D se base sur la modélisation d’un objet virtuel 3D en couches 2D de très fines épaisseurs. Celles-ci sont déposées une à une, les fixant sur les précédentes, pour reconstituer très précisément un objet. Les buses (d’où sort le matériau) se déplacent en général selon 3 axes (hauteur, profondeur et largeur). Différents types de technologies existent, la plus courante consiste à extruder de la matière fondue. Le filament plastique enroulé sur des bobines chauffe lorsqu’il arrive à la pointe de la buse avant de déposer le matériau fondu. C’est de la fabrication additive, au contraire de la fabrication soustractive qui enlève de la matière (fraisage, tournage…). En fait, on n’enlève pas de couches, on en ajoute !

Justement quels matériaux peut-on utiliser en impression 3D ? E H : Une imprimante n’est pas polyvalente, elle est conçue pour un seul type de matériau. Celle que nous utilisons le plus couramment reproduit des objets en plastique (couches de 0,2 mm, en général) à base d’amidon de maïs, donc bio-sourcé, recyclable et qui ne laisse pas d’empreinte carbone. Mais des imprimantes travaillent aussi le métal, la résine, la cire, le silicone, la céramique, le bois (sciure mélangée à du plastique), le sable (base du verre). D’ailleurs, dans le Sahara, un chercheur a utilisé la chaleur du soleil à travers une lentille pour faire fondre du sable et réaliser des œuvres d’art en verre. A partir de chocolat, sucre, farine, il est également possible de réaliser des aliments. Sur la Lune et Mars, la NASA envisage même d’imprimer à partir de poussières de planètes additionnées d’un liant.

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CONCEVOIR

A partir de quel modèle travail ez-vous ? E H : L’impression ne peut se faire qu’à partir d’un modèle 3D numérique (fourni, scanné ou créé). Pour passer à l’objet physique, nous avons besoin de sa modélisation virtuelle. Certains corps de métiers, comme les architectes et les dentistes, travaillent déjà avec des modélisations, ce qui facilite la tâche ! D’autre part, il existe des bibliothèques d’objets 3D libres de téléchargement.

Dans quels secteurs intervenez-vous en Martinique ? E H : La technologie commence être connue et les entreprises font appel à nous pour des trophées, des enseignes, des objets publicitaires, des moules, des pièces détachées… Récemment, une entreprise aéronautique de métropole s’est tournée vers nous pour fabriquer une pièce de toute urgence. De plus en plus d’entreprises automobiles, informatiques, électriques… disposent d’un stock virtuel permettant de reproduire des pièces à l’identique. Résultats, pas de coûts de transport et des délais de livraison beaucoup plus courts. Nous imprimons aussi les maquettes de bureaux d’architectes, des prototypes de designers, des prothèses et des orthèses pour le secteur médical. Pour les prothèses dentaires, nous utilisons des résines bio-compatibles solidifiées par laser. Les particuliers s’adressent à nous pour réparer, reproduire une pièce cassée ou même créer une pièce personnalisée. Nous pouvons répondre à toutes demandes, du moment qu’elles ne dépassent pas 30 x 30 x 60 cm. Au-delà, il faut passer par de l’assemblage.

Que pouvez-vous nous dire sur l’impression 3D en construction ? William Caster : Le procédé est identique : la machine, plus grande, est aussi plus sophistiquée et le matériau diffère. Le béton (béton à prise rapide, mortier, céramique, argile…) est déposé par couches de 3 à 4 cm d’épaisseur. Les structures métalliques sont aussi très prometteuses avec la confection rapide et automatique d’éléments de grandes dimensions, parfaitement optimisés du point de vue structurel. Dès la conception des projets, des éléments tels que les passages de gaines, les interstices pour façades végétalisées, les réserves pour le câblage (qu’un robot peut d’ailleurs poser)… peuvent déjà être intégrés dans le modèle. Si la maquette numérique l’a prévu, l’imprimante reproduit à l’identique. J’ajouterai que le paramètre parasismique est tout à fait compatible avec ce type de construction, puisque le «sillon» du béton dans les parois est posé selon un mouvement conçu d’après les fréquences émises lors d’un séisme.

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L’impression 3D en construction, où en est-on ? Les dernières réalisations en impression 3D viennent du monde entier. Et il semble que chaque pays se sert de la technologie selon des approches très différentes. En Chine, des machines surdimensionnées posées sur rail impriment des éléments de construction et les assemblent ensuite, de façon traditionnelle. Des Australiens impriment des briques de construction dans un temps record. En Russie, des rails installés autour du terrain de construction, servent à porter des bras robotiques qui déposent les couches de béton. De part et d’autre de la buse, des truelles aplatissent les couches extrudées. L’Université de Nantes, Bouygues Construction et Lafarge Holcim ont développé un robot qui dépose sur site, directement, deux couches de mousse polymère expansive et une troisième de béton. La mousse isole, le béton (+ ferraillage) constitue la structure porteuse parasismique. A Amsterdam, un robot à 6 axes, doté d’une soudeuse géante, a permis de souder, couche par couche, des tiges métalliques (4,5 tonnes d’acier inoxydable et 1100 km de fil). Ces structures en acier tridimensionnelles ont permis de construire le pont sans avoir recours à un échafaudage. Le pont (12,5 m L x 6,3 m l) relie les deux berges d’un canal. Une technique assez similaire a été utilisée pour construire un gratte-ciel. En fait, l’imprimante fabrique le premier étage, y grimpe ensuite et entame la fabrication du deuxième et ainsi de suite. En mars 2018, une startup américaine a présenté le prototype (breveté) d’une maison imprimée en 3D en béton et ce, en 24 h seulement. Elle fait 60 m2 et reviendrait à 8000 $. La société promet de baisser le

prix à 4000 $. L’entreprise souhaite pallier la pénurie de logements dans certains pays défavorisés et réagir urgemment après des catastrophes naturelles. En même temps à Nantes, une entreprise pointue a réalisé le premier logement habitable imprimé en 3D. Il n’a fallu que 54 heures au robot géant mis au point par l’Université pour imprimer les murs de ce pavillon de plain-pied de 95 m², actuellement occupé. En Italie, des entreprises se penchent déjà sur des imprimantes géantes capables de réaliser des maisons à partir de matériaux sourcés localement et d’utiliser l’énergie solaire, éolienne ou hydraulique afin d’équiper des régions n’ayant pas accès à l’électricité.

Les perspectives économiques La croissance de l’industrie de l’impression 3D s’appuie sur une quantité d’arguments très positifs. Le premier étant sûrement le gain de temps. Un chantier traditionnel de 2 semaines passe à 3 ou 4 jours en impression 3D, tout en réduisant la pénibilité, les risques et le niveau sonore. La construction de parois se fait sans échafaudage, ni coffrage. L’impression 3D permet aussi d’optimiser les formes afin de limiter la quantité de matière. Et comme il s’agit d’une technologie additive, elle n’utilise que la quantité nécessaire à la construction, sans gaspillage ni déchets. Bref, la technique est propre, permet de construire in situ, maîtrise les quantités, génère peu de déchets et requiert moins d’énergie électrique : autant de facteurs qui réduisent les coûts.

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Nous accompagnons toutes les entreprises, quelle que soit leur taille

Publireportage

La défiscalisation prolongée jusqu’en 2025 : une nouvelle bienvenue pour les entreprises Forte de son analyse des enjeux propres à la réalité de chaque département d’Outre-mer et d’une expertise aussi solide qu’éprouvée, la société Ecofip réalise des opérations d’investissements en Loi Girardin Industriel depuis plus de 15 ans. Des conditions attractives qui s’adressent à des entreprises souhaitant réaliser des investissements neufs et productifs dans le cadre de leurs activités. Rencontre avec Grégoire de Vergeron.

Qu’en est-il de la défiscalisation en loi Girardin pour les entreprises du BTP ? Les nouvelles sont plutôt bonnes. Confirmé par la Loi de Finances 2019, ce dispositif de défiscalisation pour les entreprises a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2025 dans les Départements d’Outre-Mer. Une excellente nouvelle pour les entreprises du BTP et de la construction qui pourront se faire accompagner dans l’acquisition de biens neufs à moindre coût, contribuant ainsi au soutien économique de nos régions.

Vous pouvez rappeler le principe de la loi Girardin ? Bénéficier de 30% d’aide fiscale

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Il s’agit d’un dispositif fiscal d’aide à l’investissement en Outre-Mer très efficace qui permet à une entreprise de BTP souhaitant acquérir du matériel neuf (machines, outillages, véhicules…), de bénéficier sous certaines conditions, via Ecofip, d’environ 30 % d’aide fiscale, un gain de trésorerie immédiat. Le matériel loué durant cinq ans est cédé à l’exploitant en fin d’opération, en échange d’un paiement résiduel symbolique.

Grégoire de Vergeron, Directeur d’Ecofip

Ecofip assure un suivi personnalisé, de la mise en place du montage financier jusqu’à la fin de l’opération. Et afin de compléter l’apport ou financer l’investissement, le client peut aussi compter sur l’intervention d’Ecofip auprès des banques ou organismes de crédit.

Existe-t-il des critères d’éligibilité à la défiscalisation ? Oui, les investissements portent sur des biens productifs et corporels neufs, amortissables par nature et doivent être exploités dans des secteurs d’activités prévus par la loi : activités extractives, agriculture, bâtiment et travaux publics, transport, artisanat, industrie… Ecofip s’adresse à tous les entrepreneurs, quelle que soit la taille de leurs investissements, de quelques milliers à plus d’un million d’euros (au-delà de 250 000 €/programme, notamment, un agrément doit être délivré par l’administration fiscale). Notre maîtrise de la chaîne de défiscalisation nous permet d’assurer un accompagnement et un suivi personnalisé des dossiers tout au long de l’opération.

Le groupe Ecofip est-il présent sur chaque département ? Oui, l’organisation du groupe Ecofip est structurée pour garantir réactivité et proximité. Et afin d’assurer la réussite de chaque montage financier, nos équipes maîtrisent parfaitement les particularités des marchés locaux : tissu économique, législation, écosystèmes…

Ecofip Martinique Immeuble Phénix Zac du Lareinty Le Lamentin 0596 51 22 22

Ecofip Guadeloupe Immeuble Les Tropiques Voie Verte - ZI de Jarry Baie-Mahault 0590 32 77 76

Ecofip Guyane Entrée de la Roseraie 2 Route de la Madeleine Cayenne 0594 39 15 56

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CONCEVOIR

Des structures en acier tridimensionnelles ont permis de construire le pont sans avoir recours à un échafaudage

Qu’attend-on pour construire plus avec cette technologie ? Actuellement, la législation française n’a pas encore normalisé la construction 3D. La méthode doit encore faire ses preuves afin que les pouvoirs publics la considèrent comme un véritable procédé de construction. Seuls des avis techniques existent actuellement, ils se basent sur des tests de résistance dans tout type d’environnement et de tenue dans le temps. Un espoir : un type de béton fibré (plus résistant), normé en France et en Europe, permettrait d’être reconnu résistant et donc accepté par les compagnies d’assurances. D’autant que cette technologie autorise de maîtriser des paramètres comme la présence ou la taille d’alvéoles, l’épaisseur des parois, susceptibles d’améliorer les performances thermiques et acoustiques. Des solutions ne manquent pas pour adapter cette technique aux problématiques concernant la résistance mécanique et l’isolation.

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CONCEVOIR Des concentrés de technologies Les drones embarquent toutes sortes d’outils relevant de technologies diverses : GPS, caméras infra-rouge, scanners laser, imagerie 3D, etc. Associés à des logiciels performants, ils étendent drastiquement le champ d’opérations et augmentent les capacités d’analyse d’une entreprise. En un mot, c’est une énorme valeur ajoutée qu’ils apportent au secteur de la construction.

Des applications à tous les étages !

Drones

Ou comment prendre de l’altitude dans la construction Aujourd’hui, les drones ne se limitent plus aux activités militaires ou de loisirs, ils offrent un potentiel d’applications qui constituent des opportunités étonnantes pour les entreprises des secteurs de l’ingénierie et de la construction.

Lorsque l’on entend parler de drones dans le secteur de la construction, la première tâche qui vient à l’esprit est la prise de mesures. Mais les drones sont capables de faire bien plus : inspecter des sites, assurer la sécurité d’équipes, permettre des modélisations, construire des structures, déceler des défauts de construction… La mesure, les cotes Comme il est possible d’équiper les drones de caméras de tous types liés à des logiciels puissants, hautement technologiques, les captations permettent de relever quantité de données qui, converties, intéressent plus d’un secteur : géomètres et topographes évidemment, mais aussi les services d’aménagement de territoire, d’urbanisme, et même l’agriculture. La prise de vue aérienne numérique - l’orthophotographie - est une image sans distorsion, caractérisée par une échelle uniforme sur toute sa surface. Selon le logiciel utilisé et le mode de captation, l’image obtenue est bi/tridimensionnelle. Un assemblage superposé à un géo-référencement révèle une cartographie très précise. Aujourd’hui, on réalise aussi des cotes avec une tolérance de mesure de l’ordre de 1 à 3 cm, et parfois en dessous d’un centimètre pour des zones très localisées. Après mappage, les dispositifs (caméras + logiciels) enregistrent les coordonnées 3D de millions de

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Augmentent les capacités d’analyse d’une entreprise points d’un terrain. Un outil appréciable pour calculer des volumes, des profondeurs et établir une modélisation 3D parfaite donnant lieu à des plans d’architecture et d’aménagement sur site extrêmement précis. Les applications concernent de nombreux domaines : agriculture de précision, foresterie, mines et carrières, routes et chemins de fer, inspection des infrastructures et des lignes électriques, ainsi qu’en archéologie. Cette visualisation automatique en temps réel (sans devoir se rendre sur le site) est largement utilisée par les bureaux d’études qui travaillent avec le BIM. Actuellement, la technologie LiDAR (Light detection and ranging), une technique de télédétection par laser, permet de réaliser des mesures de haute précision et de représenter un environnement en temps réel dans un nuage de points au cours d’une mission drone. La détection Avec une caméra thermique infrarouge, l’analyse offre un diagnostic complet d’un bâtiment avec détection de déperditions d’énergie (idéale pour déceler les «passoires thermiques»), de zones humides, de moisissures, de ponts thermiques, de défauts dans des conduites… Une assistance précieuse au service de la construction durable. Autre avantage de l’orthophotographie, le survol de sites dangereux, très végétalisés, encombrés ou inaccessibles à pied.

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CONCEVOIR

40 ans

d’expertise unique au service de votre bien-être

Le spécialiste en froid industriel et climatisation Maîtrise du froid et de l’humidité

Avec un matériel plus léger, il est tout à fait possible de constater un sinistre, d’inventorier un stock de matériel en hauteur, de vérifier l’avancement d’un chantier et la qualité du travail fourni. Le drone étant autonome, ses trajectoires préprogrammées donnent des comparatifs ultra-précis dans le temps. La sécurité Le secteur de la construction est le plus touché par les accidents graves. En survolant et en inspectant des sites qui semblent présenter des risques pour les ouvriers, le drone a un rôle préventif et sécuritaire.

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L’assistance « livraison » La livraison par drone, chère à Amazon, Rakuten ou la Poste, connaît encore pas mal de ratés à résoudre : sécurité, autonomie, charge… En revanche, à l’intérieur d’un périmètre restreint, sécurisé et par temps sec et calme, un drone autonome peut tout à fait se déplacer verticalement afin d’assister une équipe de construction dans la livraison de petit outillage entre étages. De quoi limiter les risques de chutes durant des travaux en hauteur. Certains modèles récents peuvent enfin réaliser des tâches courantes dans le secteur de la construction à condition de rester basiques et légères : transport de petit matériel, pose de canalisation, travail dans des espaces réduits inaccessibles aux ouvriers, serrage de boulons et vis…

Étude de projets et conseils techniques

LOGIKERA : 32 500 m3 de Froid Négatif + 11 500 m3 de Froid Positif.

Bureau d’étude interne Installation et mise en œuvre Contrat d’entretien

Fort de son expérience en froid industriel et en climatisation, notre bureau d’étude garantit la conception, l’installation et un conseil technique de qualité pour tout projet de froid industriel, de climatisation, en résidentiel, collectif, tertiaire et en climatisation commerciale et industrielle.

Crédit photo © Fondation Clément

FONDATION CLÉMENT : climatisation et déshumidification très haute précision.

CGSS GUYANE : climatisation avec des MULTI SPLIT VRV.

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Mars 2018.

La surveillance Evidemment, le drone s’impose aussi comme moyen de surveillance sur les chantiers et les sites. Et ce, 24 h/24. Comment ? A l’aide de drones géostationnaires filaires reliés à un câble d’alimentation au sol (de 20 à 30 mètres) et équipés de zooms superpuissants permettant une surveillance permanente captive. De quoi déceler des vols, des effectifs manquants…

Nettoyage, entretien, traitement Des drones conçus pour pulvériser des produits liquides à la verticale et à l’horizontale sont aujourd’hui utilisés dans le traitement de toitures (mousses…), dans l’entretien, la protection ou le nettoyage (hautepression) de surfaces et façades. Ainsi, une pompe puissante au sol est reliée par un tuyau de 30 mètres au pulvérisateur du drone. Ce type de dispositif, opérationnel en quelques minutes, permet un accès facile et rapide de zones difficilement accessibles comme les toits. Des applications pour la mise en peinture verront le jour prochainement.

C O M M U N I C AT I O N & D I G I T A L

Un exemple : selon des relevés topographiques avec estimation de différentes hauteurs et pentes, un opérateur français et son partenaire Caterpillar ont réussi à détecter les quantités de terre soulevées afin d’optimiser l’utilisation de véhicules de chantier.


CONCEVOIR

Le désamiantage robotisé ?

Vers une révolution technologique dans le secteur de la construction Plusieurs rapports font état d’un marché du drone global qui pourrait avoisiner douze milliards de dollars d’ici quelques années* dans les secteurs de l’industrie et de la construction. Des aéronefs capables de voler sans pilote offrent l’opportunité encore peu exploitée de simplifier les processus et de réaliser des économies. Pas étonnant donc que cette tendance s’amplifie dans le futur, au rythme du développement des applications professionnelles. * Selon les analyses du cabinet Gartner et relayées par BPI France

Piloter un drone, que dit la loi ?

Bien que la majorité des drones soient autonomes, un pilote doit être prêt à reprendre le contrôle de l’appareil à tout moment

L’arrivée massive de ce type d’engins s’est accompagnée de problématiques : respect de la vie privée, question du survol de zones sensibles, dégâts humains et matériels en cas de perte de contrôle… Ces risques ont imposé un cadre d’utilisation et des compétences minimales pour les piloter. En effet, bien que la majorité des drones soient autonomes, un pilote doit être prêt à reprendre le contrôle de l’appareil à tout moment. Il doit aussi maintenir un contact visuel constant avec son aéronef. Et bien sûr il doit se mettre en conformité avec la loi. Les règles qui régissent leur utilisation sont issues du secteur de l’aviation. Et il faut savoir que la réglementation a changé depuis le 1er juillet 2018.

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Pour pouvoir exercer une activité de pilote dans le cadre de l’usage professionnel de drones (liés à une activité commerciale), il faut être titulaire d’une licence délivrée après réussite d’un examen théorique et d’une formation pratique obligatoirement réalisée dans un centre de formation. De même, dans le cadre d’une exploitation commerciale, et peu importe l’appareil volant utilisé, il est obligatoire de déclarer son activité auprès de la DGAC (direction générale de l’aviation civile). Tous les drones professionnels doivent d’ailleurs être homologués par la DGAC.

L’alternative : s’adresser à des prestataires de services

La réglementation de l’activité et l’importance de l’investissement dans un matériel adéquat a pour corollaire le développement important d’un marché de prestataires de services de plus en plus spécialisés.

Moins de temps et moins cher Plus de sécurité pour les opérateurs Il aura fallu deux ans de travaux pour faire naître une solution de désamiantage robotisé. Les travaux, en partie financés par une subvention d’état de 100 000 euros issue du PRDA (plan de recherche et développement sur l’amiante) et par la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) à hauteur de 50 000 euros, ont permis de réaliser un robot de désamiantage. Effectivement, l’idée a été amorcée par une entreprise de désamiantage sur béton qui a monté sur une minipelle robotisée un bras doté d’une ponceuse sur rail. Equipée d’un scanner et de capteurs gérés par un logiciel intelligent, la machine est aujourd’hui capable de se situer dans une pièce, de réaliser une cartographie en 3D (avec analyse et repérage de l’espace), et de l’envoyer à l’opérateur se trouvant en dehors de la zone de confinement. Ce dernier lui indique sur l’écran la surface à décaper et le robot, non pas téléguidé, mais parfaitement autonome, enregistre les consignes de l’opération, se positionne, contourne les obstacles et exécute les tâches de ponçage en aspirant les poussières à la source mises ensuite sous cloche. Un compte-rendu du travail effectué est adressé à l’opérateur.

L’outil a été conçu pour être transportable puisqu’une fois plié, il tient dans une palette, pour pouvoir être rapidement nettoyé et décontaminé selon les prescriptions en vigueur. La pratique robotisée engendre aussi des gains de temps et de coût considérables quand on sait qu’un opérateur ne peut travailler plus de six heures par jour, décontamination comprise. De plus, le rendement s’en voit également accru puisqu’en une heure, le robot accomplit la tâche qu’un opérateur met une journée à réaliser.

Cet outil - qui garantit une diminution radicale de l’exposition des opérateurs amiante aux tâches les plus émissives de leur travail (ponçage de colle, plâtre ou peinture...) - propose ainsi une nouvelle approche des chantiers de désamiantage et des procédés de dépose de matériaux. Un concept intelligent visant à sortir définitivement l’humain de la zone de confinement en limitant son intervention à la programmation et au contrôle du robot.

Très intéressée par les perspectives d’amélioration des conditions de travail d’un secteur dangereusement exposé, la Carsat n’a pas hésité à subventionner ce proejt. Car si le robot diminue considérablement l’exposition des salariés à l’amiante, un autre projet est mis en avant : la réduction de postures pénibles à l’origine de troubles musculo-squelettiques comme de transporter et porter une ponceuse contre un mur ou jusqu’au plafond.

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ASSAINIR

De l’air ! Ventilation dans les cuisines professionnelles Dans les cuisines d’établissements professionnels, la chaleur générée par la cuisson des aliments et par les appareils électroménagers augmente inévitablement la température ambiante. L’environnement chaud, nocif pour la santé, rend aussi le travail pénible. Aussi, est-il obligatoire d’installer des systèmes de ventilation et d’extraction dans ces locaux afin d’en extraire la chaleur, l’air impur (polluants, odeurs, particules de graisse et vapeurs..), de réduire l’humidité produite par la préparation et la cuisson, de respecter les exigences nécessaires à la santé, à l’hygiène et au confort et de renouveler l’air intérieur. Afin d’atteindre correctement ces objectifs, il est nécessaire de mettre en place des systèmes d’extraction et de traitement de l’air. Ces dispositifs garantissent l’expulsion des odeurs, des graisses et de la chaleur vers l’extérieur afin que la cuisine et les zones adjacentes soient dépolluées. Ces mesures d’hygiène maximales permettent de prévenir les risques de toxi-infections alimentaires collectives tout en assurant des conditions de confort et de sécurité pour le personnel.

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ASSAINIR

Quels sont les grands principes de fonctionnement des hottes ?

En matière de ventilation, quelle est la réglementation ? Les cuisines professionnelles doivent répondre à une réglementation en matière de ventilation qui se résume comme ceci : • La RSD règlement sanitaire département • Le CT code du travail • Le RSCI/ERP Règlement de Sécurité contre l’Incendie dans les établissements recevant du public La ventilation est essentiellement conçue pour éliminer les graisses et les vapeurs d’eau dégagées par la cuisson. Les produits de la combustion ne représentent qu’une part infime de l’air ambiant dans les cuisines. Dans un même local, l’évacuation de l’air vicié par les produits de combustion des appareils non raccordés doit être réalisée naturellement ou mécaniquement. L’évacuation naturelle de l’air vicié est réalisée par un ou plusieurs orifices disposés à au moins 1,80 m au-dessus du sol et à la base d’un conduit vertical débouchant hors toiture. Les produits de combustion des appareils de cuisson non raccordés peuvent être captés par une hotte placée au-dessus de ces appareils. Celle-ci doit être raccordée à un conduit d’évacuation de section appropriée. Lorsque la cuisine est ouverte sur la salle accessible au public, les espaces où sont installés les appareils de cuisson doivent comporter des dispositifs d’extraction mécanique des buées et vapeurs. Lorsque l’amenée d’air est mécanique, son fonctionnement doit être asservi à celui de l’extraction.

Comment déterminer les débits d’air ? Les débits d’air peuvent être déterminés par différentes méthodes. Quelle que soit la méthode, il convient de vérifier que les débits obtenus respectent

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les valeurs exigées par les règlements sanitaires départementaux et le cas échéant, par la réglementation thermique. Le calcul des débits doit satisfaire deux exigences : assurer le transfert vers l’extérieur des chaleurs sensibles et latentes dégagées par les appareils de cuisson et permettre l’évacuation des polluants générés par la cuisson après captation et filtration de ceux-ci. Plusieurs méthodes existent pour calculer les débits d’air. L’une se calcule en fonction du nombre de repas servis simultanément, la deuxième en fonction d’une vitesse de passage dans la surface libre comprise entre le bas de la hotte et le plan de cuisson et la troisième respecte la norme NF EN 16282-1 qui se base sur les dégagements calorifiques et le flux convectif de chaque appareil de cuisson. Il convient de s’assurer que les débits obtenus respectent les valeurs minimales exigées par l’article 64.2 du Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT) pour un local à pollution spécifique.

Deux éléments essentiels composent la ventilation d’une cuisine professionnelle : • la captation des polluants (graisses et fumées) • la compensation (de l’air extrait) Et différents systèmes et principes permettent de mettre en place la ventilation : • Des hottes statiques ou motorisées à simple flux Une méthode de captation traditionnelle qui permet de capter les polluants seulement. Le ventilateur d’extracteur combiné à une hotte (statique ) peut être installé de façon déportée, en extérieur ou directement à l’intérieur du plénum de la hotte (motorisée). Dans cette configuration, la compensation doit être mise en place par des systèmes indépendants. Mais ce principe a l’avantage d’être très abordable.

ment vers le plénum de captation de la hotte pour garantir une meilleure efficacité de captation. Le système consiste à introduire un certain volume d’air au niveau du plénum situé au nez de la hotte. Ce volume d’air sera soufflé à haute vitesse au travers d’orifices installés sur la longueur de la hotte. Ce qui va provoquer deux phénomènes : un entraînement du volume d’air à proximité de la hotte et le rabattage de la chaleur des polluants vers les filtres. Deux actions permettant de faciliter la captation et de diminuer la quantité d’air nécessaire à l’évacuation de l’air vicié.

La compensation doit être mise en place par des systèmes indépendants

• Des hottes à compensation A l’instar de la hotte statique, la hotte à compensation permet de capter les polluants par un ventilateur déporté. Le caisson de compensation diffuse de l’air compensé par la visière de la hotte. En fonction de l’espace libre disponible à l’avant de la hotte, il est possible de définir la bonne vitesse de soufflage en évitant toute perturbation du flux d’extraction des polluants ou la création d’une zone d’inconfort pour le travailleur. Ses avantages ? Le coût d’investissement peu élevé, l’encombrement minime grâce au système de diffusion intégré dans la hotte. • Des hottes à induction simple flux La hotte à induction introduit un flux d’air directe-

L’air extrait des locaux doit être rejeté à au moins 8 m de toutes fenêtres ou de toutes prises d’air neuf pour éviter une reprise d’air pollué. L’air extrait des locaux à pollution spécifique doit en outre être rejeté sans recyclage. Les prises d’air neuf doivent être placées à 8 m de toute source éventuelle de pollution, notamment de véhicules, de débouchés de conduits de fumée, de sortie d’air extrait BatiMag97 a rencontré une entreprise spécialisée dans ces systèmes de ventilation pour cuisines professionnelles. Elle assure le dimensionnement, l’orientation et l’accompagnement de l’installateur jusqu’à la finition du système. Son gérant, Monsieur Sandy Vaubien-Hammadi, assure les prestations de A à Z.

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Philippe Zaffran , Architecte

L’équipe PZA

PZA « Le métier d’architecte m’a toujours offert cette formidable liberté de pouvoir m’exprimer. Aujourd’hui, la diversité des projets ne fait que renforcer mon plaisir dans l’acte de bâtir. » Quelques-unes de nos réalisations récentes ou en cours :

création de surface de plancher en mezzanine. Un espace central à l’opération est créé permettant aux visiteurs d’être guidés et aux utilisateurs de se retrouver autour d’un lieu convivial et commun. > Photo 3, page 54

Construction/extension et réhabilitation d’une vil a au François

Immeuble de 30 logements collectifs à Fort de France

L’objectif étant de créer des espaces intérieurs supplémentaires et des volumes plus importants. La ventilation ainsi que l’éclairage naturel ont été les sujets prédominants de cette conception. Les lignes architecturales tendues, les volumes décalés à l’image de pontons de navire, les casquettes et les pergolas constituent le vocabulaire architectural de cette villa. > Photo 2, page 54

Appartements de type T1 à T3. Afin de respecter le tissu urbain existant, ce bâtiment en R+4 reprend les modénatures et volumes de l’architecture typique Créole : bardage, bois, appuis de fenêtre, toitures deux pentes, lambrequins, garde-corps, volets… Les volumes décalés des façades permettent une lecture de l’immeuble à taille humaine. > Photo 4, page 55

Immeuble de 20 logements collectifs à Fort de France

Immeuble de 33 logements collectifs à Fort de France

Trois bâtiments conçus pour respecter l’échelle urbaine du site. Le choix des matériaux en façade permet une lecture très qualitative des bâtiments, mêlant verre, appareillage de pierres naturelles, bois exotique, et aluminium gris anthracite. Les lignes générales horizontales de l’immeuble dynamisent la façade et les terrasses cylindriques font effet de dialogue avec un bâtiment remarquable existant sur le site. > Photo 1, page 54

Cette opération en R+5 sur sous-sol (parking) se distingue par son implantation remarquable, face à la baie de Fort de France : au total 66 logements en deux phases. L’architecture maritime est très présente dans la conception de ce projet : hublots, toiture cintrée à l’image d’une coque de bateau renversée, et offrant un très grand volume pour les appartements du dernier niveau, garde-corps… > Photo 5, page 55

Pôle d’activités mixtes (industriel et bureaux) au Lamentin Sur plus de 7 000 m2 de plancher, ces bâtiments sont conçus pour fonctionner de façon indépendante et en toute autonomie les uns des autres. Les hauteurs permettent une liberté de stockage et de

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Philippe Zaffran Architecte Immeuble Objectif 3000 - Acajou Sud - 97232 Le Lamentin 0596 30 12 26 - 0696 74 14 74 www.philippe-zaffran-architecte.fr

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Philippe Zaffran Architecte

4 - Immeuble de 30 logements collectifs à Fort-de-France

1 - Immeuble de 20 logements collectifs à Fort-de-France

2 - Villa au François

3 - Pôle d’activités mixtes au Lamentin 58

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5 - Immeuble de 33 logements collectifs à Fort-de-France 59


PARCOURIR

Livres La gestion technique du bâtiment Profession Architecte d’Isabelle Chesneau Editions Eyrolles

Isabelle Chesneau a réuni 35 professionnels exerçant leur activité dans le domaine de la construction. Depuis l’insertion des diplômés dans le secteur de la maîtrise d’œuvre jusqu’à la réception de l’ouvrage en passant par les règles de la profession libérale, les pratiques contractuelles, l’influence de l’environnement réglementaire, l’enjeu de l’économie du projet et de l’agence et la direction de chantier, les différentes facettes théoriques et pratiques de l’exercice du métier font toutes l’objet d’une analyse précise et documentée, reconstituant au plus près l’écosystème professionnel auquel appartient l’architecte. Cet ouvrage s’adresse aux étudiants des écoles d’architecture, aux candidats à l’habilitation à la maîtrise d’œuvre en son nom propre, aux futurs diplômés des filières de formation aux métiers de la construction, aux professionnels de la construction et de l’urbanisme collaborant avec les architectes.

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de Christophe Lavergne et Marc-Antoine Micaelli Editions Dunod

Quel sera l’impact des technologies numériques sur l’immobilier d’entreprise ? L’immeuble connecté changet-il le travail qu’on y accomplit ? En s’appuyant sur des exemples autant que sur les recherches pilotées par les industriels du secteur des technologies numériques, les auteurs démontrent ici chiffres, modèles et études à l’appui - que l’option est économiquement bénéfique. D’où le choix d’y investir, déjà opéré par de grands opérateurs spécialisés. Illustré par des interviews de professionnels, l’ouvrage révèle trois approches économiques : les deux premières reposent sur les stratégies que les utilisateurs et les différents opérateurs fondent sur l’actif physique : l’immeuble connecté, ses usages et ses services. La troisième montre comment rentabiliser l’investissement immobilier en s’appuyant sur les informations du marché.

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Le très haut débit

De grands chantiers pour développer la Martinique

constitue un enjeu majeur en matière d’attractivité du territoire de développement économique et de bien-être de la population. Ainsi, dans le cadre du déploiement de réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné, la CTM met en place une infrastructure de desserte structurante caractérisée par : • Environ 100 000 prises à construire • Un investissement public d’environ 140 M€, dont 34,5 M€ (FEDER) • Un réseau de près de 4 500 kilomètres à déployer. Objectif du projet « MARTINIQUE TRES HAUT DEBIT », cibler la couverture à horizon 2022, de l’ensemble des foyers et entreprises martiniquais en Très Haut Débit en fibre optique (FTTH) sur l’ensemble du territoire. Les travaux ont démarré au mois de novembre sur la commune de Case Pilote.

La Collectivité Territoriale de Martinique vous informe sur les chantiers qu’elle mène ainsi que sur l’état de circulation sur les routes départementales et nationales

www.collectivitedemartinique.mq

Lycée Schœlcher vue 3D du projet

Rendez-vous sur notre site : www.collectivitedemartinique.mq

La reconstruction du lycée Schœlcher un projet emblématique de la CTM. Objectif : accueillir les élèves, le corps professoral et l’équipe éducative dès la rentrée 2020 dans un établissement moderne répondant à toutes les exigences de sécurité, et notamment un niveau de protection sismique maximal. Le lycée comportera des locaux administratifs, une salle de théâtre, des classes préparatoires aux Grandes Ecoles ainsi que des salles banalisées, des salles de Travaux Pratiques, un gymnase, une piste d’athlétisme, des cuisines, un réfectoire… Coût global, plus de 80 millions d’€ (70 millions financés par la Collectivité, 10 millions financés par l’Etat), ce projet fait intervenir 14 entreprises locales et s’inscrit dans une démarche de développement durable avec notamment : • La recherche d’un label Haute Qualité Environnementale (Ecoconstruction/ Eco gestion/ Confort/ Santé). • Une clause d’insertion, les entreprises s’engageant sur un total de 28 735 heures de travail réalisées par des publics éloignés de l’emploi. Le haut niveau de protection sismique des bâtiments permettra également au lycée de jouer un rôle stratégique dans le cadre de la réponse de la Martinique à un séisme majeur. Les opérations de déconstruction des bâtiments se sont déroulées entre juin et août 2017. Ils sont été suivis des travaux de soutènement, terrassements, voieries et réseaux divers. Les travaux de gros-œuvre ont démarré en 2018 et avancent conformément au planning, avec à fin 2018, plus de 27 M€ déjà mobilisés sur le chantier. 62

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RÉHABILITER

Travaux de réhabilitation du quartier de Trénelle

Sensible à la spécificité créole de ces quartiers Serge Letchimy en parlait comme d’une « mangrove urbaine » et c’est à son initiative que cette vaste opération d’aménagement a été lancée voilà une quinzaine d’années. Le projet de réhabilitation du quartier est mené par la ville de Fort-de-France et son mandataire la SEMAFF, en partenariat avec la DEAL, principal financeur des opérations de RHI (Résorption de l’habitat insalubre).

Dans l’ensemble, les occupants sont très attachés à leur quartier et se sentent concernés par l’opération de réhabilitation

Dans son ensemble, l’opération de réhabilitation comportait trois tranches opérationnelles : - la réalisation d’une voie sur berge le long de la Rivière Madame en trois tronçons d’aménagement - le réaménagement du reste du quartier inscrit dans la RHI (Résorption de l’habitat insalubre) scindé en six phases, la première d’entre elles étant Citron-Chapelle - le site de relogement définitif de Morne-Coco qui accueillera des familles originaires (propriétaires) du quartier Trénelle délogées dans le cadre du traitement de la RHI. Avec quelque 2 500 habitants (estimation), le site est très peuplé. Dans l’ensemble, les occupants sont très attachés à leur quartier et se sentent concernés par l’opération de réhabilitation. Il est donc essentiel d’améliorer l’habitat pour privilégier le maintien sur site. Quels sont les objectifs de cet aménagement ? - supprimer l’habitat insalubre (environnement dégradé, insuffisance de fondations) et améliorer le quotidien des habitants - assainir, sécuriser, valoriser le quartier et conforter les constructions soumises aux risques d’inondation, sismique et de mouvement de terrain - réaliser une voie de désenclavement qui résoudrait les problèmes de rejets d’eaux usées, d’éclairage et d’aération, les dépôts d’ordures sauvages Ainsi, l’aménagement consiste, entre autres, à construire des enrochements bétonnés, à mener des travaux de déblais et de remblais et des ouvrages hydrauliques de traversée afin de canaliser les eaux du quartier de Trénelle, à installer un éclairage publique… Nous avons rencontré Catherine Paul-Joseph et Philip Eadie de la Semaff qui font le point.

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Plus jamais ça …

RÉHABILITER

Où en est-on ? Catherine Paul-Joseph : Les maisons proches du lit de la rivière ont été démolies afin de conforter les berges et libérer un accès pour toutes les équipes de secours. Les personnes déportées sont relogées provisoirement depuis quelques années. Cette nouvelle année devrait voir les premiers coups de pioche de cette vaste opération de relogement définitif. La poursuite du chantier permettra de désenclaver Trénelle Citron. Des travaux sont effectués aux alentours de la chapelle Citron. L’objectif étant de raccorder les habitations à l’eau et l’électricité avec des compteurs aux normes, étant entendu qu’aujourd’hui encore, les branchements de fortune sont toujours en service. Les maisons étant enchevêtrées les unes aux autres, ce travail s’avère fastidieux

Études de sol pour le dimensionnement des fondations Dimensionnement d’ouvrages de confortement Études d’assainissement Essais de sols en laboratoire Essais géophysiques

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Preventis Des formations pour aider à sauver des vies

Les entreprises ont pour obligations de fournir et d’assurer un équipement adapté

Les chutes en hauteur surviennent dans tous les secteurs d’activité mais dans celui de la construction, elles représentent la deuxième cause d’accidents graves (pour la plupart mortels). Les entreprises en subissent des conséquences lourdes : psychologiques, financières, judiciaires. Afin de réduire drastiquement les prises de risques, il existe des moyens préventifs que la société Preventis met en avant dans certaines de ses formations. Selon la nature du travail et la hauteur à laquelle interviennent les travailleurs, les entreprises ont pour obligations de fournir et d’assurer un équipement adapté et de mettre en place des éléments de protection collective que sont les gardecorps, les nacelles élévatrices, les plateformes de travail, les échafaudages… Des dispositifs capables de réduire sensiblement la gravité d’une chute. En cas d’impossibilité technique de recourir à ces mesures de protection collective, des équipements de protection individuelle (systèmes d’arrêt de chutes tels que des harnais) sont envisageables. Rencontre avec Guy-André Montredon et Bernard Mucret.

Dans le cas d’accidents graves, peut-on réellement évoquer des négligences ? Malheureusement oui, et tout particulièrement chez les artisans, les travailleurs les plus impactés par ces chutes (qui ne sont même pas répertoriés dans les chiffres de la sécurité sociale). Au quotidien, et en tant que coordinateurs SPS, nous constatons encore des mesures inadéquates dans des situations précises sur les chantiers et de graves négligences chez les artisans et les ouvriers d’entreprise.

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Contrôle des installations électriques

Ces formations sont-elles obligatoires ? Oui, le Code du travail prévoit que les employeurs se doivent de veiller à la sécurité de leurs employés. D’informer et de former à l’utilisation des protections afin qu’ils puissent identifier les situations et adopter la protection adéquate. En cas de non-respect, les impacts sont multiples, sur le plan humain, sur le plan économique et sur le plan juridique. Car n’oublions pas qu’un chef d’entreprise engage sa responsabilité civile, voire pénale. Un accident fatal sur un chantier met en péril la suite des travaux, entraîne un réel traumatisme de l’ensemble de l’équipe, autant d’éléments ayant pour corollaires des pertes financières importantes.

En quoi consistent ces formations ? Nous accompagnons dans la démarche de prévention, aidons à évaluer et à maîtriser les risques professionnels, analysons les situations de travail, expertisons l’organisation et les procédés et préconisons des mesures préventives aux situations dangereuses constatées.

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RÉHABILITER

Avez-vous établi un calendrier ? CPJ : La finalisation de la voie sur berge est attendue pour 2021 et les mises aux normes de Trénelle Citron pour le premier trimestre de cette année. Ce qui permettra à chaque propriétaire de disposer de ses propres compteurs. Philip Eadie : Parallèlement, des travaux seront menés afin de régulariser la partie habitat, un travail très dense également. Tous les terrains appartiennent à la ville de Fort-de-France et font l’objet de baux de location, en d’autres termes, les habitants sont propriétaires du bâti mais pas du terrain. Actuellement, la ville de Fort-de-France et la Semaff se concentrent sur la rétrocession des terrains aux occupants, opération qui transite par leur raccordement effectif au réseau d’assainissement et à la question sismique du plan de prévention des risques. Ultérieurement, lorsque la situation sera clarifiée, tous les terrains - déjà construits - seront vendus à coût modéré. Une opération légitime dans la mesure où la ville a investi dans la voierie et a entrepris des travaux de réhabilitation. Loin de vouloir faire de la spéculation foncière, la ville tient à délivrer - moyennant des prix tout à fait abordables - des accès à la propriété, et avec eux, la possibilité de gérer les biens (vendre, léguer, rénover, emprunter ou louer). Cette régularisation prend aussi une forme d’intégration des occupants de Trénelle dans la société foyalaise.

Qu’adviendra-t-il des habitations abandonnées ? PE : Pour ce qui est des maisons abandonnées, vétustes et détruites, des choix seront faits selon la constructibilité des terrains. On pourra envisager la destruction ou la reconstruction de nouveaux logements, la mise en place d’espaces urbains, ou carrément l’aménagement d’activités économiques (surtout des entreprises de services). La réhabilitation - selon une chirurgie urbaine - se fait dans la spontanéité mais, autant que possible, avec l’adhésion de la population. Il n’est nullement envisagé de raser pour faire des immeubles mais plutôt de régénérer des quartiers de la ville en concertation avec les nouvelles générations. Nous travaillerons avec elles et pour elles afin de développer des structures convenables.

Régénérer des quartiers de la ville en concertation avec les nouvelles générations

Quelle est la réaction des habitants ? CPJ : D’une façon générale, la population adhère à toutes les initiatives. Il s’agit d’une reconnaissance de la ville à leur égard en tant qu’occupants d’un quartier et qu’à ce titre, nous souhaitons améliorer leur habitat…

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HABITANTS DU NORD, PRÉSERVEZ VOTRE ENVIRONNEMENT ! ESSAINIA TRAITE ET RECYCLE LES MATIÈRES ISSUES DE VOTRE FOSSE SEPTIQUE.

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Agenda

des Salons nationaux et internationaux

France architect@work - Paris Septembre 2019 architect@work - Marseille Du 5 au 6 juin 2019 Batimat France - Paris Du 4 au 8 novembre 2019 Ideo Bain - Paris Du 4 au 8 novembre 2019 Interclima - Paris Du 5 au 8 novembre 2019 Bâtir - Nice Du 9 au 18 mars 2019 Preventica - Lille Congrès & salon pour la prévention des risques professionnels et l’optimisation des conditions de travail - Juin 2019 Salon de la construction en bois et de l’habitat durable - Grenoble Mars 2019 BIO & Co - Besançon Salon de la construction saine : éco-habitat et énergies renouvelables Du 5 au 7 avril 2019

Allemagne Farbe Ausbau & Fassade - Cologne Salon de la peinture Du 20 au 23 mars 2019

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ISH Francfort Salon du sanitaire et de la climatisation Du 12 au 16 mars 2019 CEB (Clean Energy Building) - Karlsruhe Salon professionnel international des énergies renouvelables et des bâtiments énergétiquement efficaces Du 19 au 20 juin 2019 BAUMA - Munich Salon professionnel international des machines et des équipements de construction et des véhicules de chantier Du 8 au 14 avril 2019

Belgique SECURA - Bruxelles Salon de la gestion des risques Mars 2019 Architect@work Belgium - Courtrai Du 9 au 10 mai 2019 Matexpo - Courtrai Salon des techniques, des machines et du matériel pour bâtiment, industrie et travaux publics Du 11 au 15 septembre 2019

Espagne Construmat - Barcelone Du 14 au 17 mai 2019

Brésil

La plateforme de traitement des matières de vidange et des boues issues de l’Assainissement Non Collectif (ANC) est un projet INNOVANT et ECOLOGIQUE pour le Grand Nord.

Expo Arquitetura Sustentavel - Sao Paulo Salon international de la construction durable Du 9 au 12 avril 2019

Canada ISARC - Banff Symposium international sur l’automation et la robotique dans les industries du bâtiment et de la mine Du 21 au 24 mai 2019 ROOFTECH - Montréal Salon des toits et couvertures Du 16 au 17 avril 2019

États-Unis ESX - Indianapolis Salon de la sécurité Du 2 au 6 juin 2019 Buildings NY - New York Salon des produits et services pour l’immobilier, la rénovation, la réhabilitation du bâtiment Du 2 au 3 avril 2019 Lightfair International - Philiadelphie Salon international et conférence sur l’éclairage Du 19 au 23 mai 2019

Vidangeurs, Essainia vous permet d’accomplir votre mission de bout en bout ! Avec notre plateforme localisée au plus près des gisements, accessible à des horaires adaptés, les prix de votre transport sont optimisés et votre productivité augmentée !

UN RÉEL ENJEU ENVIRONNEMENTAL POUR LA MARTINIQUE : • Réduire l’empreinte carbone de l’activité de collecte des boues grâce à une réduction du temps de trajet • Réduire l’incidence importante de la pollution diffuse des rivières et des côtes de l’île • Permettre aux institutions un meilleur suivi des déchets collectés grâce aux moyens de traçabilité mis en place par ESSAINIA Valoriser les boues issues de l’Assainissement Non Collectif (ANC)

Bourg - Lieu-dit Habitation Duhaumont 97225 Le Marigot Du lundi au vendredi : de 6H00 à 17H00 Le samedi : de 6H00 à 15H00 Mail : essainia@vilea.fr Téléphone : 0596 426 960 Fax : 0596 427 995 73


TRAITER

La technologie au cœur des systèmes

de peintures en extérieur

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TRAITER Le processus de protection se déroule en plusieurs étapes qui reposent sur la sélection d’une technologie adéquate et des conditions de préparation de la surface à traiter. Le traitement doit répondre à la norme internationale ISO 12944 « Peintures et vernis - Anticorrosion des structures en acier par systèmes de peinture ». Sur des supports métalliques :

Comment définir un système de peinture ? Préparation du système Il s’agit d’un ensemble de couches de peinture (compatibles entre elles) à déposer sur un support déterminé. La fonction principale de ce système est de protéger l’acier contre la corrosion. Une peinture seule ne pouvant remplir cette fonction, il faut constituer un système de plusieurs couches distinctes (primaire, intermédiaire et finition) qui sera appliqué sur une surface adéquatement préparée.

La préparation de la surface, les produits utilisés et l’épaisseur globale du système dépendront surtout du subjectile à protéger et du milieu ambiant. Toute recherche commence impérativement par une étude de corrosion qui établit l’impact de la corrosivité environnementale à laquelle est soumise la structure à traiter. Plusieurs facteurs interviennent dans la définition de la classe de corrosivité : taux d’humidité, exposition (salinité, rayons UV…) et type de surface. Ainsi seront déterminées les spécifications techniques portant sur : • type de produits à utiliser pour une protection optimale • nature, nombre et épaisseur des couches • le processus de préparation de la surface, une étape déterminante dans l’optimisation de la résistance : une normalisation sert à définir les méthodes (ISO 8501-1) qui vont du décapage léger au nettoyage-décapage en profondeur, au moyen d’outils de nettoyage électriques, à la flamme ou sous haute pression • les intervalles de recouvrement.

Sélection d’une technologie adéquate et des conditions de préparation de la surface à traiter

La couche de primaire (impression) est destinée à exercer une adhérence optimale avec une action inhibitrice de corrosion. L’intermédiaire optimalise l’imperméabilité et assure une liaison entre deux couches, éventuellement constitue un fond coloré propice à un bon recouvrement. La couche de finition permet d’obtenir la couleur, la brillance et le recouvrement désirés. Elle résiste aux UV, garde une bonne tenue chimique, agit contre la salissure et rend le support parfaitement imperméable.

Le mot d’ordre : résister Les structures métalliques (exposées à l’air libre, à l’eau ou au sol) requièrent une protection capable de résister aux méfaits et aux dommages de la corrosion durant une période déterminée dans un environnement précis.

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Après étude, la classe de corrosivité est définie. La norme ISO 12944 prévoit cinq catégories de corrosivité selon l’environnement, de C1 (très faible) à C5 (très élevée) et qui correspondent à des atmosphères allant d’une faible pollution à des zones côtières à forte salinité. Elle répertorie aussi trois catégories relatives à un système immergé dans l’eau ou enfoui dans le sol.

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TRAITER Dans un feu cellulosique (lorsque les carburants sont du bois, du papier ou des plastiques), l’acier non protégé va atteindre cette température de 550°C en 17 minutes. Protégé, l’acier atteindra cette même température selon la stabilité au feu demandée (de 30 à 120 minutes). Le procédé ? En cas d’élévation anormale de la température dans un bâtiment (au-delà de 250300°C), la peinture intumescente va s’expanser La catégorie de corrosivité définie est ensuite introduite dans un logiciel et complétée par : le type de support, la nature des travaux (rénovation ou neuf), la localisation, la classe de durabilité. Ces critères de bases permettent à une association telle que l’ACQPA* de préconiser un protocole du « système anticorrosion » et de délivrer une certification du travail une fois terminé et vérifié. Le logiciel livre une fiche extrêmement précise des produits composant le système, du type de préparation de la surface, de la spécificité du primaire, du nombre et de l’épaisseur des couches, des conditions atmosphériques conseillées durant la pose, du mode d’application, du délai de séchage et de recouvrement. Suivies à la lettre, (et pour autant que l’épaisseur des couches ait été respectée et vérifiée), les prescriptions techniques du référentiel donnent lieu à un agrément. Ce certificat garantit la durabilité du système. * Ce genre d’organisme certificateur rassemble les corps de métier concernés, les fabricants de peinture, les bureaux d’ingénierie et de contrôle et atteste la conformité à des exigences établies au sein de référentiels. Il participe à l’obtention de la performance finale attendue en matière de durabilité. Le champ d’application visé recouvre les travaux de protection sur structures, matériels et équipements utilisés dans les domaines du génie civil, du bâtiment, et de l’industrie.

et former une «boursouflure» thermiquement isolante pouvant atteindre 100 fois l’épaisseur de peinture sèche. De quoi ralentir l’échauffement de l’acier et retarder le moment où il atteint sa température de ruine.

Sur des façades : Afin de définir un système de peinture adéquat sur une façade, il faut impérativement passer par un examen précis et détaillé du chantier. En fonction de la nature du support, du subjectile et des désordres constatés (farinage, éclats, fissures, micro-organismes, cloquage, lézardes…), la typologie recevra une solution esthétiquement et techniquement performante. Comme pour les supports métalliques, les façades en béton doivent subir une préparation adéquate et précise afin de garantir résistance, durabilité et stabilité de la formule appliquée. Les peintures de façade comportent deux indices : D pour « décoration » et I pour « imperméabilité ».

Système ignifuge intumescent Dans une situation d’incendie, l’acier chauffe et perd sa résistance structurelle dès lors qu’il atteindra sa température critique, vers 550°C.

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Socamat Alternatives au désherbage industriel, des machines agricoles efficaces SOCAMAT est une entreprise réactive et dynamique, spécialisée dans la distribution et la réparation de matériels agricoles et travaux publics. Ses principales marques sont : SAME DEUTZFAHR, FALC, HARDI, et KOMATSU.

Renforcement de la réglementation phytosanitaire

Très concernée par le renforcement de la réglementation phytosanitaire, Socamat propose une alternative au désherbage chimique, avec un ensemble de nouvelles machines dont les performances en coupe et en arrachage sont efficaces sur de grandes surfaces, tout en respectant l’environnement. SAME Frutetto + broyeur FALC Un tracteur de 80-100 CV agile et confortable qui passe aussi bien entre les rangs à forte densité de plantation que sur les terrains irréguliers. Le broyeur est conçu pour sectionner l’herbe et les rebus végétaux. Il est placé à l’avant du tracteur pour un contrôle maximal des opérations de broyage.

RoboGREEN Outil haut de gamme destiné aux professionnels de l’entretien du vert. Adapté aux pentes, il assure un travail aisé en toute sécurité pour le chauffeur. Ses caractéristiques : fiabilité, robustesse, rendement et polyvalence. Robot radiocommandé (avec une portée de 300 m) qui, grâce à sa petite taille et ses performances, peut agir là où d’autres machines sont impuissantes. L’opérateur peut moduler à tous moments, à partir de la radio commande les paramètres de vitesse d‘avancement de direction et de contrôle de la machine. Tracteur agricole Deutz fahr + Broyeur d’accotement Un tracteur tout mécanique de 120 ch.

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Remorque à banane Recoban 48 Robuste et simple d’utilisation, la nouvelle remorque pour la récolte de bananes, est entièrement galvanisée. Elle est équipée d’un système d’abaissement pour faciliter le chargement des régimes sans perdre de temps.

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TRAITER

Le revêtement décoratif, à vocation esthétique, comprend trois classes : - D1 : souvent des films transparents hydrofuges et lasures de béton qui conservent l’aspect de la façade, mais pas forcément sa couleur. - D2 : masquent l’aspect du support. Il s’agit de films minces, opaques qui masquent le fond, souvent des émulsions acryliques ou vinyliques, de peintures pliolite, aux siloxanes ou minérales. - D3 : les plus épais appliqués à raison 1 à 5 kg/ m2. Il s’agit de revêtements semi-épais (RSE) et de revêtements plastiques épais (RPE) Les peintures classées D1 et D2 relèvent de la norme DTU 59.1, la classe D3 dépend de la norme DTU 59.2. Les revêtements classés I1 à I4 font l’objet de normes de performance applicables selon la norme DTU 42.1.

Les revêtements d’Imperméabilité

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Le classement européen EVWA correspond à la norme NF EN 1062 équivaut à la NF DTU 42.1. En France, les classements D et I sont toujours appliqués. E : Épaisseur du revêtement (mesurée en micromètre : millionième de millimètre) V : Perméabilité à la vapeur d’eau. W : Perméabilité à l’eau liquide. A : Résistance à la fissuration.

L’absorption de chaleur induite peut générer une évaporation de l’eau et engendrer une augmentation de la pression sous le revêtement

Souvent formulés pour être très souples et imperméables à l’eau, ces produits sont classés selon leur degré de résistance à la fissuration. Le risque sismique étant très élevé aux Antilles, les bâtiments subissent des secousses entraînant des fissurations. Cet aléa est déterminant sur la classe de peinture à appliquer en façade (rénovation et neuf). La NF DTU 42.1 garantit un revêtement adapté aux traitements de microfissures allant de 0,2 mm à 2 mm (I1 : 0,2 mm, I2 : 0,5 mm, I3 : 1 mm, I4 : 2 mm). La norme peut aussi imposer un décapage spécifique des anciens fonds avant l’application de peintures de classe I2 à I4 sur un ancien fond supérieur à 300 microns.

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Selon leur classification, les systèmes se composent d’un fixateur, d’un intermédiaire et d’une ou de deux couches de finition ayant des épaisseurs différentes.

Les dernières innovations technologiques

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La question des couleurs Aux Antilles, même si les couleurs soutenues sont très appréciées en façade, elles ne sont pas sans risques. En effet, les revêtements de couleur franche exposés au rayonnement solaire direct absorbent davantage la chaleur que ceux de nuances plus claires. Exposées aux mêmes conditions, des différences de température de 20 à 30 °C peuvent ainsi être observées entre une surface blanche et une surface sombre. Outre des problèmes liés à la déformation du support, des dilatations et des chocs thermiques sont susceptibles de provoquer des fissures. De plus, sur des supports poreux comme le béton et la maçonnerie, l’absorption de chaleur induite peut générer une évaporation de l’eau et engendrer une augmentation de la pression sous le revêtement.

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TRAITER

Des réponses haute technologie existent Afin de s’affranchir de ces inconvénients, l’ajout de composants permet de modifier le coefficient d’absorption solaire en réfléchissant efficacement la lumière visuelle, les rayons IR et UV. Cette amélioration de TSR (taux de réflexion solaire) entraîne une réduction substantielle de la température du revêtement, réduisant le risque de fissuration du support. Du coup, le film de peinture est moins sollicité par les chocs thermiques et moins sujet aux dégradations, ce qui augmente sa durabilité et la pérennité des supports. L’autre avantage s’inscrit dans le développement durable. Car en réduisant sensiblement l’échauffement de l’enveloppe d’un bâtiment, sa température intérieure chute (jusqu’à 10°C), améliorant le confort thermique intérieur, la performance énergétique qui se traduit par une forte diminution des coûts de climatisation.

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La « Norme tropicale », pour demain…

Les nanotechnologies au cœur des avancées Les nanotechnologies permettant de fabriquer, observer et mesurer les structures et systèmes correspondant à un nanomètre (1 milliardième de mètre) trouvent des applications dans la peinture. Ainsi, grâce à cette technologie, il est possible de combiner l’effet hydrofuge de peintures avec la microstructure de surface offrant une résistance très poussée à l’encrassement. La surface de contact entre l’eau et les salissures extrêmement réduite et l’adhérence limitée au maximum ont pour corollaire, sous la pluie, de faire perler l’eau et les salissures sur la façade qui reste toujours propre et sèche.

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Rencontre avec Didier Déris, Président du Cobaty de la Martinique.

Lors des ateliers du BTP, l’un des axes de progression définis était la Norme tropicale. Êtes-vous toujours attaché à son développement et pourquoi ?

Nos constructions sont régies depuis des années par des normes et des règlementations inadéquates

La plupart des normes mondiales et donc, de celles qui régissent la conception et la mise en œuvre des bâtiments de nos régions, ne tiennent pas compte ni de la spécificité de nos habitats, ni de notre mode de vie, ni de notre climat.Tout simplement parce qu’à l’origine, elles ont été développées dans des territoires à climat tempéré pour être ensuite adaptées à nos régions. Celles-ci sont soumises (pourtant) à un climat tropical caractérisé par des conditions très différentes en termes d’ensoleillement, d’humidité, d’épisodes pluvieux importants, de séismes, de phénomènes cycloniques… Bref, malgré les problématiques radicalement différentes de celles des climats tempérés, nos constructions sont régies depuis des années par des normes et des règlementations inadéquates. Nous avons tenté d’y palier par la réalisation de règles mieux adaptées. Les «règles Antilles» portant sur la façon de mettre en œuvre les ouvrages sont malheureusement devenues obsolètes. La RTAA DOM traite de l’aération et de l’acoustique dans les logements et ensuite, la RTM (spécifique à la Martinique), relative à la thermique dans les logements, les commerces et les bureaux. Ces normes sont insuffisantes et ne tiennent pas compte de tous les problèmes.

Quelle serait donc la bonne question à se poser ? Il s’agirait de se poser cette question : «quelle est la bonne façon de construire sous les tropiques ?» Afin de trouver une réponse, revenons aux fondamentaux en prenant en compte chacun des facteurs climatiques et des risques inhérents à nos régions. Le risque cyclonique n’est visé que par l’euro code 1.4 et le DTU 35 2 pour le calcul. En revanche, il n’existe aucune norme de génie para-cyclonique. Nos constructions sont soumises à différents aléas et sollicitations telles que le cyclone, le séisme, la pluie, l’humidité, la submersion, la houle, la corrosion, les attaques de xylophages (termites, champignons…).

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Pour les assureurs, cet ensemble de normalisations et de règlementations représenterait un moyen radical d’augmenter la résilience des bâtiments face aux catastrophes naturelles

Nous bâtissons sur des sols soumis à des contraintes très lourdes : inondations, glissements de terrain, liquéfaction, sols meubles, etc. Et enfin, nos bâtiments doivent supporter un climat difficile chaud, humide… Le principe, très français, est que chaque point doit faire l’objet d’une norme spécifique (quand elle existe). On a donc une norme sismique - qui ne se préoccupe nullement des exigences cycloniques - dans laquelle on trouve un classement des bâtiments en fonction de l’enjeu auquel ces bâtiments ont à faire face alors qu’il n’existe rien de tel dans la norme cyclonique. Encore une fois, à part des recommandations, aucun document règlementaire n’existe ni sur le génie parasismique, ni sur le génie para-cyclonique. Objectivement, ne serait-il pas temps d’établir un seul document tenant compte de l’ensemble de la problématique qui permettrait de concevoir, calculer, réaliser, entretenir, maintenir et démolir nos bâtiments dans le respect des contraintes de notre environnement ? C’est le sens exact de la norme tropicale ! Elle amorcerait notre prise de conscience, nos réflexions, nos études, pour revoir intégralement le mode constructif dans l’environnement tropical. Elle répondrait aux questions dans un contexte durable, écologique et économique : - comment concevoir les bâtiments (architecture adaptée, respect de l’environnement, conception parasismique et para-cyclonique, fraîcheur, nuisance…) - avec quels matériaux construire (production, certification, empreintes carbone, déconstruction, recyclage…) - comment construire (respect des aléas, des problèmes thermiques, acoustiques…) - comment entretenir et maintenir les bâtiments (utilisation de matériaux résistant aux dégradations, sélection de matériaux dont le prix et la facilité de l’entretien et de la maintenance sont pris en compte dès l’appel d’offre…) - comment déconstruire (matériaux recyclables, non dangereux pour l’environnement…).

Notre position dans la Caraïbe serait-elle déterminante pour devenir experts ? Sans aucun doute. Au centre des régions concernées, nous sommes les mieux placés pour devenir chefs de file. D’autant que notre expérience et notre maîtrise de certains risques (notamment en matière de renforcement parasismique) renforcent notre prééminence dans ces domaines. Cette formidable opportunité - à saisir absolument - s’appuierait aussi sur le développement de laboratoires capables de certifier des matériaux et de centres techniques locaux, capables de produire de la recherche sur tous les éléments de cette norme tropicale. A partir de ces data, nous pourrons élaborer, valider des solutions techniques innovantes et asseoir notre position de pilote mondial de la norme tropicale. Fort de ce savoir-faire, nous pourrons adapter nos constructions à notre climat, d’une part, et d’autre part, nous bénéficierons de toutes les conséquences économiques positives de cette initiative qui nous permettra de maîtriser le marché. Cette norme tropicale n’est pas quelque chose de figé mais plutôt évolutive, capable de s’adapter aux avancées technologiques et aux contraintes du futur.

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Travaux spéciaux de Génie Civil

Justement, quelles seraient ces retombées pour notre région ? Prescriptrice de ce projet de norme tropicale, la Martinique deviendrait une référence mondiale qui impacterait les constructions dans les Caraïbes mais aussi en Afrique, en Asie du Sud Est, dans l’Océan Indien, la Polynésie, l’Amérique du Sud où les problématiques sont globalement les mêmes. Au niveau de la Caraïbe, en installant un bureau certificateur en Martinique, nous pourrions devenir un espace obligé où tous les matériaux caribéens qui souhaiteraient entrer sur le marché européen, voire américain du Nord (moyennant signature de contrats de réciprocité) pourraient (devraient) venir se faire certifier. De la recherche sur matériaux pourrait d’ailleurs être menée dans nos centres ce qui ne manquerait pas de générer de l’emploi sur l’ensemble de l’île.

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Nos Atouts

Où en êtes-vous dans l’élaboration du projet ? Un CERC (dirigé par Yann Honoré et rassemblant des pôles de compétences, dont les syndicats, la Chambre de Commerce et d’Industrie…) a été créé avec l’objectif de développer des méthodologies dédiées à la recherche et au développement dans la construction. Le premier sujet inscrit et piloté par le CERC n’est autre que la norme tropicale dont le Cobaty, bras armé, dirige déjà les opérations de rédaction et de vérification. D’autre part, l’AQC (Agence de la Qualité de la Construction), un organisme géré par l’ensemble des assureurs, et le CERC ont signé un contrat cautionnant les travaux relatifs à la norme tropicale et dont la validation conduirait forcément à la création d’un DTU. Pour les assureurs, cet ensemble de normalisations et de règlementations représenterait un moyen radical d’augmenter la résilience des bâtiments face aux catastrophes naturelles. Avec pour corollaires une nette diminution des dommages et une réduction sensible des indemnités versées par les assurances. Depuis ce début d’année, nous nous sommes déjà mis à la tâche !

Plus de 15 ans d’expérience ! Confortement par gunitage et protection anti-érosion Mur de soutènement Parois clouées Protection atalus et gabions

Vous êtes-vous déjà penché sur cette problématique auparavant ? Oui, au cours des missions de coopération pour la France, j’ai pu travailler sur un projet « inter région ». Avec des partenaires caribéens, il s’agissait de dégager des pistes permettant d’améliorer la construction en tenant compte des risques auxquels nos territoires sont spécifiquement soumis. A l’issue du colloque, outre une piste de coopération, nous avions également élaboré, avec les pays participants, un guide sur la méthodologie. Un outil phénoménal qui contient bon nombre d’informations primordiales qui ne manqueront pas de servir le projet de la norme tropicale.

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Construire sur des bases solides Les fondations vissées sont un procédé bénéficiant de la norme française NF EN 12699. Ce document définit les principes d’exécution des pieux mis en place dans le terrain sans forage ni excavation de matériau. Martin Laberge et Laurence Perez exploitent cette technologie aux Antilles/ Guyane depuis 2010.

Qu’est-ce qu’un pieu vissé ? Il s’agit d’un tube métallique comportant une ou plusieurs hélices à sa base, mis en place dans le sol par vissage sous l’action combinée de forces de rotation et d’une poussée verticale.

Depuis quand existe la technique des pieux vissés ? L’origine remonte à 1830, lorsqu’Alexandre Mitchell utilise les pieux vissés afin d’installer des phares dans des sables mouvants en Angleterre. Fort de son succès avec les phares, Mitchell n’hésite pas à élargir son utilisation à d’autres chantiers, dont la construction de quais océaniques et de ponts. La résistance des tubes et du système explique que certains quais construits à cette époque sont toujours en service de nos jours. Et depuis, les pieux vissés ont fait le tour du monde.

D’où vient votre intérêt pour les fondations métalliques vissées ? Nous avons choisi d’utiliser cette technique après avoir constaté que les pieux vissés répondaient à la problématique de certains terrains difficiles qu’on rencontre aux Antilles et en Guyane. Alternative simple et efficace, ce procédé s’impose là où les techniques traditionnelles sont coûteuses à mettre en œuvre : sols peu porteurs, vaseux, en pente…

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Quels sont les autres atouts des pieux vissés ? Ce type de fondations n’endommage pas le terrain, limite le terrassement, permet de construire sans délai et s’adapte aux structures les plus lourdes comme les plus légères. De plus, la technique d’installation rend possible des interventions dans des endroits exigus ou difficiles d’accès.

Parlez-nous de vos réalisations… Outre les fondations de bâtiments industriels et commerciaux, de maisons individuelles, nous avons stabilisé des ouvrages aux fondations défaillantes, ancré des pontons, des passerelles piétonnes, fixé des éoliennes, fondé des fermes solaires… Des acteurs majeurs de la vie économique antillo-guyanaise nous font confiance : Despointes, GBH, SARA, VINCI Energie, Maisons SATEC, GLM Villas… sans oublier les collectivités locales.

Martin LABERGE martin.laberge@pieuxml.com 0696 31 08 79 - 0694 31 29 42 Laurence PEREZ laurence.perez@pieuxml.com 0696 21 17 24 - 0690 75 42 18 Vos contacts : guyane@pieuxml.com martinique@pieuxml.com guadeloupe@pieuxml.com www.pieuxml.com

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Retour d’étude sur le bois :

Spécialiste de la fabrication sur mesure de menuiseries extérieures en Aluminium et PVC, Samir propose un grand choix de menuiseries : porte-fenêtres, baies coulissantes, jalousies sécurity, gardes-corps, moustiquaires, protections sliding, volets roulants ... SAMIR offre la plus large gamme de vitrage en fonction de vos besoins : isolation acoustique - contrôle solaire - verres feuilletés de sécurité. Nos fenêtres et portes Technal, leader européen des menuiseries aluminium, sont testées aux normes AEV et anticycloniques et proposées dans un large choix de finitions laquées. Toutes ces finitions sont labellisées Qualicoat et Qualimarine afin de garantir la qualité et la pérennité des produits Technal dans le temps.

une aide à la décision de la classe de service

Dans le cadre du projet Pacte Bois Duramhen972*, une conférence technique de restitution des travaux menés s’est déroulée en décembre dernier. Initiée par Anco et S3CB, avec le concours des universités des Antilles, de Clermont Auvergne et de Polytech Clermont-Ferrand, cette étude permettra aux constructeurs de structure bois d’optimiser le dimensionnement de leurs constructions en fonction de l’implantation à partir de la base de données d’humidité du bois en service (facteur essentiel pour le dimensionnement d’un élément bois).

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Des lacunes à combler Dans le secteur de la construction en bois, les professionnels appliquent la norme Eurocode 5 2005 qui se base sur le taux d’humidité relatif de l’air, associé aux températures ambiantes mais qui ne prend en compte que les conditions climatiques de la France hexagonale. Regrettable constat d’un manque de connaissance des humidités des bois aux Antilles françaises. Aucune carte n’existait permettant de prévoir le taux d’humidité atteint par les bois d’œuvre sur sites précis. Par défaut, le bois était considéré en classe de service 3, c’est à dire la plus contraignante puisqu’elle requiert l’emploi d’essences résistant à l’humidité, le recours à des biocides et à des sections importantes… Bref, satisfaire à tous ces critères entraîne des surcoûts par rapport à un bois en classe de service 2, ce qui a pour conséquence de freiner l’utilisation du bois aux Antilles. Or, il s’agit d’un matériau peu transformé, résistant aux séismes qui offre des performances thermiques. Sans compter sur le potentiel énorme de production qu’offrent nos régions.

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La finalité de l’étude est de dresser une carte distinguant des classes de service 2 et 3 pour des constructions en bois extérieurs sous abri. Et ce, en déterminant l’humidité à prendre en compte pour dimensionner les éléments, améliorer leur durabilité et appréhender les comportements de ces structures bois face aux agressions extérieures (vent, séisme, termites, agents de dégradation du bois et xylophages).

Aucune carte n’existait permettant de prévoir le taux d’humidité atteint par les bois d’œuvre sur sites précis

Quel est l’objet de l’étude ? Le projet en question a pour objectif de combler ces lacunes en constituant une base de données orientée sur la teneur en eau des bois en valeur instantanée ou en valeur d’équilibre selon les paramètres de l’air : la température et l’humidité relative.

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Un travail de titan

Pour étayer l’étude, plusieurs relevés de mesure ont été réalisés sur des constructions réparties autour des huit zones météorologiques définies par Météo France. Ces sites sont caractérisés par leur altitude, leur environnement et l’âge de la construction. Les éléments de bois étant caractérisés par leur massivité, le type de revêtement (peinture ou autre), l’essence, l’emplacement, l’orientation, l’exposition des faces. La stratégie consiste en : • l’identification des données de Météo France • le choix des ouvrages et des sites (71) représentatifs de zones bâties et climatiques • les mesures (50 000) d’humidité sur ces sites durant 13 mois sur 300 éléments bois.

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L’analyse a suivi la démarche conventionnelle utilisée en métropole mais elle a aussi été consolidée par des études complémentaires in situ : recensement des essences, prises d’échantillons sur sites, identification des essences par le CIRAD, étuvage avec une mesure de la masse volumique anhydre, passage en chambre climatique et monitoring afin de valider les mesures sur sites. Les approches sur site et les calculs basés sur les données délivrées par Météo France ont permis d’aboutir à des résultats sur les cartes d’humidité d’équilibre du bois pour 12 stations Météo France dans six zones. Tous ces travaux de relevés, d’analyses, de comparaisons et de pondération ont permis de constituer une large base de données sur les niveaux et les variations de teneur en eau des bois en œuvre dans les constructions locales. Ont été écartés de l’étude les éléments influencés par des paramètres singuliers tels que ceux exposés aux vents maritimes d’est, ceux qui n’ont pas séché avant mise en œuvre, les bois massifs aboutés, et ceux portant un revêtement de type peinture.

• Le relevé des taux d’humidité du bois en œuvre sur la base des mesures effectuées in situ • Une carte numérique indiquant l’humidité (équilibre théorique et valeurs instantanées mesurées) du bois permettant le classement en classe de service conventionnelle selon le référentiel NF EN1995-1. Chaque essence de bois listée dans la base de données est dotée d’un lien renvoyant à la fiche technique sur le site web du CIRAD. * Bois Duramhen972 pour « bois durabilité aménagement humidité dans son environnement en Martinique ».

Aboutissement : le logiciel bois Duramhen Il s’agit d’un outil informatique d’aide à la décision de classe de service selon la NFEN 1995-1 qui comporte : • La liste des principales essences présentes sur les îles de Guadeloupe et de Martinique, elles constituent une base de données regroupant les essences utiles pour la profession • Les valeurs d’humidité d’équilibre théorique du bois établies à partir du taux d’humidité relatif de l’air associé aux températures ambiantes de l’air pour les deux îles (courbes) sur la base des données de Météo France

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ÉLABORER

Les procédures et les enjeux

Le Plan de Prévention et de Gestion des Déchets (PPGD), qu’est-ce que c’est ? Élaboration du Plan de prévention et de gestion

des déchets de Martinique

La loi n°2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République dite « loi NOTRe » donne compétence aux régions pour élaborer un plan unique pour la gestion des déchets. Jusque-là, la gestion des déchets était organisée par trois plans : le plan départemental de prévention et de gestion des déchets non dangereux, le plan départemental de prévention et de gestion des déchets issus de chantiers des bâtiments et des travaux publics et le plan régional de prévention et de gestion des déchets dangereux. La loi instaure un unique Plan de Prévention et de Gestion des Déchets qui a pour objet de coordonner à l’échelle territoriale, les actions entreprises par l’ensemble des parties prenantes concernées par la prévention et la gestion des déchets et concerne tous les déchets :

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Comment est-il élaboré en Martinique ? La CTM a choisi de co-construire le Plan avec les acteurs de la gestion des déchets en Martinique dans le cadre d’une démarche de concertation au travers :

« Loi NOTRe » donne compétence aux régions pour élaborer un plan unique pour la gestion des déchets

- dangereux, non dangereux et inertes, - produits dans la région par les ménages, les activités économiques, les collectivités, les administrations, - collectés ou traités dans une installation de collecte ou de traitement de déchets, utilisés en substitution de matière première, - importés et exportés.

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Afin de répondre à ce nouveau cadre législatif en vigueur, la CTM reprenant les compétences de l’ex Conseil général et l’ex Conseil régional a lancé la procédure d’élaboration de ce plan unique.

- d’une instance réglementaire : la Commission Consultative d’Elaboration et de Suivi du Plan (CCES) constituée des représentants des collectivités en charge des déchets, des organisations professionnelles, des services de l’Etat des associations de protection de l’environnement, des éco-organismes, des associations œuvrant dans la thématique des déchets, des associations de consommateurs. - de l’information régulière du grand public via la mise en ligne d’éléments d’avancement des travaux du Plan de Prévention et de Gestion des Déchets de Martinique (PPGDM) et d’une adresse mail dédiée : plandechetsmartinique@collectivitedemartinique.mq

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ÉLABORER

- l’organisation d’ateliers de concertation qui ont porté sur le traitement des déchets résiduels, la valorisation matière des déchets non dangereux et non inertes, la prévention des déchets, la gestion des déchets dangereux, la valorisation organique des déchets non dangereux et non inertes et la gestion des déchets du BTP. - 118 acteurs, professionnels, associations, institutionnels, collectivités publiques y ont participé. Ces ateliers de travail ont permis de partager le diagnostic, d’aborder les questions prégnantes pour le territoire et de discuter des objectifs du Plan.

Quels sont les enjeux pour les entreprises martiniquaises ? L’atteinte des objectifs nationaux fixés impose d’optimiser l’organisation de la gestion des déchets sur notre territoire. Nos contraintes, fortes et connues, sont d’abord réglementaires sur la base de 2 principes :

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Nos contraintes sont également structurelles : les faibles gisements tant potentiels que réellement collectés compliquent la mise en place, voire fragilisent la pérennité des installations de recyclage et valorisation. L’absence de filières locales pour certains déchets impacte tant les flux à traiter que les coûts inhérents au traitement. Dans le contexte martiniquais, l’élaboration du PPGD est une véritable opportunité pour l’ensemble des professionnels de développer une stratégie commune, ambitieuse

Développer une stratégie commune, ambitieuse et structurante pour le territoire

- La responsabilité du producteur ou du détenteur : le professionnel comme tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d’en assurer ou d’en faire assurer la gestion, conformément à la réglementation. Il est responsable jusqu’à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers (article L541-2). Les producteurs de déchets doivent choisir des filières conformes à la réglementation et s’assurer de la bonne fin de leur élimination ou valorisation. - La responsabilité élargie des producteurs (ou REP) : (article L541-10 CE ) qui fait obligation aux producteurs, importateurs et distributeurs de certains produits visés, éléments et matériaux entrant dans leur fabrication de pourvoir ou de contribuer à la

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gestion des déchets qui en proviennent. Cette responsabilité est assurée selon un schéma individuel ou collectif, avec la mise en place d’éco-organismes que les producteurs, importateurs et distributeurs financent et auxquels ils transfèrent leurs obligations.

et structurante pour le territoire, en faisant remonter via les organismes consulaires et fédérations professionnelles qui siègent à la CCES, tous leurs besoins en équipements, propositions d’actions et toutes réflexions en vue d’améliorer la gestion des déchets.

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Quelles sont les étapes du PPGD de la Martinique ? La démarche en cours est encadrée par le code de l’environnement et distingue 5 grandes phases : 1/ l’élaboration du Projet de Plan qui comprend un état des lieux de la gestion des déchets, une prospective à 6 et 12 ans de l’évolution de leur production, la définition d’objectifs en matière de prévention, de recyclage et de valorisation des déchets, l’étude de scénarios et la rédaction du projet de plan à partir du scénario retenu 2/ la consultation administrative sur le projet et Plan pour recueillir l’avis de la CCES, de la Conférence

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ÉLABORER Les DD collectés sont exportés pour valorisation ou élimination. Les matériaux inertes sont autant que possible réemployés sur le même chantier ou sur un chantier à proximité avec ou sans traitement, à la place de matériaux naturels d’extraction de carrières. Quand ils ne peuvent l’être, ces déchets inertes sont valorisés par recyclage sur plateforme de Batimat Recyclage au Lamentin pour ensuite être utilisés en sous-couches routières (44%), réincorporés pour les fraisats d’enrobés dans les deux centrales (11%), utilisés en couverture d’ISDND en cours de réaménagement final (6%). Les 39% restant sont stockés à l’Installation de Stockage de Déchets Inertes (ISDI) de Batimat Recyclage au Lamentin.

Territoriale de l’Action Publique, des autorités organisatrices en matière de collecte et de traitement des déchets, du préfet de région et des collectivités de Guyane et Guadeloupe 3/ l’avis de la Commission Régionale de l’Autorité Environnementale après arrêt du Projet de Plan par l’Assemblée Plénière de la CTM 4/ l’enquête publique qui permettra à la population de donner son avis sur le projet de Plan 5/ la validation du Plan par l’Assemblée plénière de la CTM. Ces phases seront accompagnées par la réalisation de l’analyse environnementale du PPGDM. Démarche qui permettra de visualiser les impacts actuels et futurs des déchets sur l’environnement de la Martinique.

ZOOM sur les déchets du BTP : Quels sont les types de déchets produits par le BTP ? Les déchets du BTP peuvent être classés en Déchets Non Dangereux (DND) : bois, béton, plâtre, ferraille, cartons, plastiques, en Déchets Dangereux (DD) comprenant certaines peintures, les solvants, les huiles de vidange, les terres et sédiments pollués, l’amiante et en Déchets inertes (terres non polluées, graves, fraisât, béton, brique, verre plat, …).

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Les déchets de chantiers constituent environ 30% du gisement global de déchets de la Martinique Comment est organisée la gestion des déchets du BTP ? L’état des lieux réalisé dans le cadre de l’élaboration du PPGDM a d’ores et déjà permis de pointer les difficultés à connaître les quantités de déchets produites par la profession et les différences entre les quantités identifiées et le gisement total calculé sur la base de ratios ou d’estimations. Ainsi, le gisement est estimé à 270 000 t (56 % dans le bâtiment et 44 % dans les travaux publics), dont 228 000 t de déchets inertes (84%), 37 500 t de DND (14 %) et 4 500 t de DD (2 %) (Chiffres 2016). Seules 88 000 t sont observées sur les installations. La typologie des DND du BTP (métaux, plâtre, bois, plastiques, emballages, vitrage, déchets végétaux) est très variable d’un chantier à l’autre. En l’absence de tri systématique sur les chantiers, les déchets non dangereux non inertes sont majoritairement enfouis en Installation de Stockage des Déchets Non Dangereux (ISDND). Par ailleurs, le manque de filières de valorisation locales pour certains DND (plâtre, bois, canalisations plastiques, laine de roche,..) rend leur gestion complexe et ne permet pas à ce jour d’assurer un suivi et la valorisation de ces déchets.

Quels sont les objectifs réglementaires ? • Stabilisation de la production de déchets du BTP à l’horizon 2020 (Plan national de prévention des déchets 2014-2020) • Objectif d’atteinte de 70% de valorisation des déchets inertes et déchets non dangereux du BTP (directive UE et Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte(LTECV)) • Exemplarité des collectivités : priorité à l’utilisation des matériaux issus du réemploi, de la réutilisation ou du recyclage de déchets dans les appels d’offre (LTECV) • Objectif de diminution des quantités stockées (R.541-41-2 code de l’environnement) • Obligation de reprise pour les distributeurs de matériaux de BTP des déchets issus des mêmes types de produits que ceux qu’ils commercialisent (Art L.541-10-9 code environnement et décret du 10/03/2016). Quels sont les enjeux pour le BTP ? Les enjeux sont conséquents pour le secteur et comprennent tant l’amélioration de la connaissance des flux de déchets que l’augmentation des performances de recyclage par, notamment : l’obligation de tri de déchets de chantiers, la priorisation de l’utilisation des matériaux recyclés localement, le maillage du territoire en déchetteries ouvertes aux professionnels, la mise en place des filières de valorisation avec les distributeurs.

L’avancement du PPGDM ? A ce jour, l’état des lieux, l’étude prospective aux échéances, la définition des objectifs et l’étude des scénarios ont été réalisés et présentés en CCES respectivement les 06/07/2018 et 20/11/2018. Lors de la deuxième réunion de la Commission Consultative d’Élaboration et de Suivi (CCES) du Plan unique de Prévention et de Gestion des Déchets porté par la Collectivité Territoriale de Martinique tenue le 20 novembre dernier, le scénario du futur plan déchets a été sélectionné parmi les deux étudiés. Il s’agissait de définir les capacités du territoire et les moyens à mobiliser pour permettre à la Martinique de respecter les orientations et les objectifs réglementaires en matière de prévention et de gestion des déchets. A été sélectionné un scénario ambitieux permettant de donner des perspectives capables de dépasser le niveau de performance réglementaire et de tendre vers l’exigence européenne en termes de développement d’une économie circulaire et de réduction de production de déchets. Le projet de Plan est en cours de rédaction à partir du scénario retenu. Il précisera les actions à mettre en œuvre par chaque acteur pour l’atteinte de ces objectifs. Il fera l’objet d’un prochain article. Le Plan de Prévention et de Gestion des Déchets de la Martinique devrait être adopté définitivement fin 2019.

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SolutionS Conciergerie en bâtiment Mélanie Le Moil et Thomas Gonzalez

Être disponible et surtout efficace en dénichant les opérateurs appropriés

Rencontre avec Thomas Gonzales, à la tête de la société SolutionS qu’il qualifie de conciergerie en bâtiment.

Quels sont les avantages de passer par une conciergerie en bâtiment ?

Qu’entendez-vous par ce terme ?

Les particuliers sont d’ores et déjà intéressés par ma démarche qui leur permet de ne pas se préoccuper de problèmes liés à la construction. Je travaille aussi en sous-traitance, comme intermédiaire, pour des entreprises qui souhaitent se décharger de la coordination des opérations pour mieux se concentrer sur leur cœur de métier. Certains entrepreneurs font aussi appel à mes services avec un objectif commercial : « vendre leurs services ».

J’ai constaté que particuliers et professionnels recherchent ponctuellement un accompagnement dans une ou plusieurs étapes de leurs projets de construction ou de rénovation. De la conception du projet ou en cours de chantier. Cette large plage d’intervention peut concerner le montage de dossiers de financement, la réalisation de plans et études, la sélection de matériaux ou de systèmes constructifs, le suivi d’un chantier… Exactement à l’instar d’un concierge d’hôtel, il s’agit de réagir vite à la demande de son client, d’être disponible et surtout efficace en dénichant les opérateurs appropriés : corps de métier, bureau d’étude, architecte, financier, ingénieur… Selon les contraintes d’un calendrier (souvent serré), ma mission est de mener à bien le projet. Bref, j’apporte les solutions et les conseils sur le terrain.

Il semble que votre intervention ail e bien au-delà de la mise en relation… Oui, évidemment, la plupart des opérations débutent par une mise en relation entre le client, les intervenants et entrepreneurs concernés. Ensuite, il s’agit d’avancer. A la demande, je me positionne comme interlocuteur exclusif pour certaines étapes ou sur l’ensemble du projet, parfois, de la conception à la remise des clefs.

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Quel est votre outil principal ? Le carnet d’adresses ! Dans le cadre de ces missions, l’efficacité est guidée par la réactivité. Aussi est-il primordial de disposer de contacts diversifiés et fiables.

Vos honoraires représentent un surcoût, comment le justifiez-vous ? Ce surcoût est très souvent ramené à zéro puisque la fréquence de mes interventions permet de bien négocier les prix. D’autre part, un chantier suivi professionnellement, se termine plus rapidement. Enfin, la preuve que je m’adapte aux besoins de mes interlocuteurs, c’est que mes chantiers oscillent entre 3 000 et plusieurs millions d’euros.

SolutionS thomas@solutions.mq - 0696 88 14 41

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OPTIMISER

Vers la performance énergétique

• Design raffiné et smart • 19 dB(A) seulement • Gaz réfrigérant R-32 et technologie Blue Evolution • Catégorie énergétique A+++ • Pilotage à distance depuis votre smartphone

des bâtiments Parmi les grandes thématiques du Développement durable dans le bâtiment, on relève bien sûr la rénovation thermique.

• Design miroir en V • 20 dB(A) bas niveau sonore • Détection de fuite de réfrigérant • Catégorie énergétique A++ • Pilotage à distance depuis votre smartphone

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OPTIMISER

La loi Elan comprend des dispositions visant à accélérer la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires avec plusieurs objectifs successifs de réduction des consommations : -40 % en 2030, -50 % en 2040 et -60 % en 2050.

Le bâtiment, premier secteur consommateur d’énergie finale Tant dans le logement que dans le tertiaire, la performance énergétique constitue un des enjeux environnementaux, économiques et sociétaux. Une efficacité qui répondra à un double objectif de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre ainsi que des dépenses liées à l’énergie.

Travailler sur de la construction neuve permet d’intervenir en amont et d’intégrer au mieux le projet dans son environnement. Un projet mieux appréhendé, restera cohérent dans l’optimisation des performances énergétiques. En phase d’esquisse déjà, il est intéressant d’intégrer les grands principes du bio-climatisme dans la réflexion globale : orientation du bâtiment, implantation par rapport aux vents dominants et à la course du soleil, circulation de l’air, porosité des façades, taille et nature des ouvrants, isolation, protections solaires, couleurs et nature des matériaux de construction, végétalisation de l’environnement… Un ensemble d’éléments susceptibles de tracer les lignes directrices dont le maître d’œuvre ou l’architecte se saisissent afin d’élaborer le projet. Les solutions dites «actives» cherchent à optimiser les flux et les ressources. Elles se présentent sous la forme de systèmes technologiques qui mesurent, contrôlent et régulent les échanges et les apports d’énergie. Si ce type de réflexions et de questionnements semblent couler de source, les maîtres d’œuvre - qui ont souvent d’autres problématiques à gérer (accès handicapés, incendies, financiers…) - voient un grand intérêt à travailler en collaboration avec des cabinets spécialisés en performance énergétique.

Catalogue sur internet : www.tchalian-boulonnerie.fr

Travailler sur de la construction neuve permet d’intervenir en amont et d’intégrer au mieux le projet dans son environnement

L’évolution des réglementations thermiques et l’exigence de performance énergétique voient émerger de nouvelles compétences et des activités spécifiques. Lorsqu’il est question de l’aspect environnemental et durable d’un projet, notamment d’optimisation énergétique, il est possible de faire intervenir des bureaux d’études cabinets spécialisés tant sur du bâti neuf que sur de la réhabilitation.

Sur le neuf Les solutions dites «passives» visent à diminuer la consommation d’énergie des équipements pendant l’exploitation du bâtiment et de l’impact lié à la fabrication des matériaux. Elles concernent essentiellement la conception ou la rénovation de l’enveloppe du bâti, l’architecture et l’équipement du bâti, dont l’efficacité consiste à protéger l’espace intérieur des apports de chaleur extérieurs qui proviennent principalement du fort rayonnement solaire en climat tropical.

Le DPE : une radiographie énergétique d’un bâtiment. Le DPE (diagnostic de performance énergétique) concerne tout bâtiment, ou partie de bâtiment, clos et couvert dans lequel de l’énergie est utilisée afin de réguler la température intérieure. Il est effectué lorsqu’un bien est proposé à la vente ou à la location mais peut aussi être réalisé à tout moment par une entreprise souhaitant réduire ses dépenses en énergie.

Livraison en Guadeloupe possible en 24h (avion) ou 72h (bateau)

40 ans d’expérience Une équipe dynamique et compétente à votre service.

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Z.I. de la lézarde - 97232 Lamentin et ZAC La Marie - 11 rue Raymond Berger 97224 Ducos Tél : 0596 511 631 - Fax : 0596 510 564 - Mail : contact@tchalian.fr

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OPTIMISER - Bureaux / commerces avec une surface climatisée supérieure à 50 m² Le certificat DPE devait être réalisé avant le 28 juin 2015 dans : - Bâtiments publics avec une surface climatisée supérieure à 500 m2 - Bâtiments à usage de bureaux, de commerce, d’enseignement, d’hôtel et de santé avec une surface climatisée supérieure à 50 m2. En réhabilitation Un audit énergétique peut être réalisé pour évaluer le niveau de performance d’un bâtiment existant. Il concerne tant le bâti que les équipements de consommation et le confort des occupants. L’audit du bâti consiste à évaluer des paramètres tels que l’étanchéité à l’air, l’isolation, les protections solaires du bâtiment et d’apporter des solutions afin de limiter tout apport de chaleur et d’humidité considérablement impactant sur la consommation de la climatisation. L’analyse des équipements est réalisée grâce à des mesures électriques et permet d’identifier les principales sources de consommation afin d’envisager des solutions d’optimisation (gestion, régulation,…) ou un remplacement par des équipements plus performants (LED, climatisation A++,…). L’analyse du confort hygrothermique se fait grâce à des capteurs de température et d’humidité placés dans des zones représentatives du bâtiment afin d’identifier, par exemple, des problèmes éventuels de surchauffe. Mesure électrique sur un tableau électrique dans le cadre d’un audit énergétique © OC2 Consultants et Bureau Veritas

Ainsi, le DPE volontaire permet d’élaborer une série d’aménagements susceptibles de réduire les factures énergétiques, voire de bénéficier d’aides spécifiques. Le certificat DPE est obligatoire pour toute transaction immobilière de type vente ou location pour : - Logements existants avec au moins une chambre climatisée

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Sur les éléments constructifs peut aussi s’opérer une STD - simulation thermique dynamique, un outil de conception puissant qui permet de simuler le comportement thermique d’un bâtiment - sur une année entière - et d’évaluer le besoin de climatisation influencé par des paramètres tels que la course du soleil, l’orientation et la protection des façades, la composition des parois. Ce dispositif décèle précisément des sources d’apport de chaleur (donc des anomalies) susceptibles d’être traitées par des dispositifs d’amélioration qui permettent de réduire les consommations de climatisation et engendrent une meilleure maîtrise des coûts. Cet outil permet de calculer et chiffrer l’impact de ces solutions.

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OPTIMISER

OPTIMISER

Kebati STD d’une maison réalisée avec le logiciel Designbuilder © OC2 Consultants

Il s’agit d’établir un état des lieux des consommations, du profil de charge durant la journée et la nuit. De réaliser des mesures de confort (températures dans les zones de stockage, dans les zones de travail, taux d’humidité, surchauffe éventuelle, renouvellement de l’air, vitesse du flux d’air…). Des paramètres qui déterminent le confort sur le plan thermique et qui servent de base à la mise en place de solutions.

Bref, pour trouver les clefs spécifiques génératrices d’une meilleure maîtrise de l’énergie, voici les étapes essentielles : - mesurer les consommations et établir un diagnostic précis - préconiser les changements à apporter - mettre en œuvre les actions (installation d’équipements alternatifs, remplacements d’équipements énergivores…) - suivre l’évolution et les performances.

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Subventions A l’instar des constructions neuves, ces projets de réhabilitation sont éligibles à des subventions. Notamment par le biais du programme territorial des maîtrises de l’énergie - dispositif qui regroupe la CTM, l’ADEME, le SMEM, l’EDF… - et qui accompagne les maîtres d’ouvrage dans des études spécifiques et dans tout investissement permettant d’atteindre des performances énergétiques significatives.

Porte-voix de la construction durable (ou éco-construction) dans la zone Caraïbe Définition de la construction durable : toute construction ou rénovation qui, tout en assurant la qualité de vie des occupants, maîtrise ses impacts sur l’environnement et assure une performance énergétique optimale, en utilisant autant que possible les énergies renouvelables et les ressources naturelles et locales.

> Merci à Tom Chabillon (OC2 Consultants) pour sa collaboration et ses conseils experts.

L’analyse des équipements est réalisée grâce à des mesures électriques et permet d’identifier les principales sources de consommation 117


OPTIMISER

Ses actions visent à faire progresser la connaissance sur la qualité environnementale des bâtiments en milieu tropical

Le Programme Territorial de Maîtrise de l’Energie lance pour la 3eme année consécutive son Appel à Projets

Visite d’un bâtiment de logements en construction en containers recyclés et toiture végétale, Projet Eco Logis 972

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Un engagement fort

Des missions et des objectifs

Kebati est une association engagée pour une meilleure prise en compte de la qualité environnementale des bâtiments. Ses perspectives portent sur la préservation des ressources et la transition écologique en Martinique (voire en Caraïbes) en traitant l’impact environnemental, l’efficacité énergétique et le confort thermique. Ses actions visent à faire progresser la connaissance sur la qualité environnementale des bâtiments en milieu tropical et accompagner la montée en compétence du territoire. Pour y parvenir, elle souhaite devenir un centre de ressources susceptible de partager les bonnes pratiques et des retours d’expériences, tant vers les entreprises du bâtiment de plus en plus sensibles à la promotion d’un habitat différent, économe en énergie, respectueux de l’environnement que vers le grand public afin que la population s’approprie efficacement les bâtiments à sa disposition.

Kebati se mobilise à la fois pour le grand public et les professionnels : - regroupement et mise à disposition de ressources documentaires sur son site : www.kebati.com - organisation d’événements sur la construction durable (conférences, afterworks,…) - organisation de visites de sites exemplaires - partage d’actualités sur sa page Facebook.

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Son statut neutre et indépendant lui permet aussi de se positionner comme interlocuteur dans les concertations publiques. L’association a publié son avis sur la PPE de Martinique (programmation pluri-annuelle de l’énergie) et ne cache pas sa volonté de participer à une concertation sur la révision de la RTM (réglementation thermique de la Martinique).

RÉNOV ATION

DU PARC IMMOBILIER DE MARTINIQUE

ENERGÉTIQUE Pour candidater à l’Appel à Projets édition 2019, nous vous invitons à prendre l’attache du PTME pour être accompagné dans votre projet de rénovation énergétique. Pour récupérer le dossier de candidature

www.martinique.ademe.fr/onglet «Appel à projets»

Remise des dossiers

14 juin 2019

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Métal Iso Un bouclier contre la chaleur et le bruit

L’économie atteint alors 46%, soit (presque) la moitié du coût réel de l’installation

Le toit est vecteur de 65% des apports de chaleur dans l’habitat. Métal Iso est la première tôle de couverture et de bardage doublée d’un isolant réflecteur. Ce produit novateur cumule les avantages et les économies : • en réfléchissant les UV, il favorise la fraîcheur à l’intérieur de l’habitat • en amortissant les ondes sonores jusqu’à 23 dB, il harmonise l’ambiance acoustique • en réduisant les besoins en climatisation, il favorise l’économie d’énergie • il ne craint ni l’eau, ni l’humidité, ni les nuisibles • il garde durablement ses propriétés d’isolation • il génère d’autres économies : un seul transport de marchandise et une seule action de main-d’œuvre pour la pose de la couverture et celle de l’isolation • il est disponible sur tous types de tôles • il est primé par l’EDF et Agir Plus Par le biais de la prime Agir Plus, EDF rembourse 12 €/m2. Sans avance de fonds, sans dépôt de dossier, le montant est déduit sur la facture (sous réserve de l’installation par un professionnel agréé AGIR Plus d’EDF). Pour une rénovation du toit, elle se complète d’un dispositif fiscal de crédit d’impôts (CITE) de 30% de la somme payée pour les travaux. L’économie atteint alors 46%, soit (presque) la moitié du coût réel de l’installation (tôle +isolation). Pourquoi se priver d’économies qui riment avec écologie ?

Biométal Parc d’activité du Robert 0596 65 14 44 www.biometal-martinique.com

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© KAZACOM

Dans un contexte de transition énergétique, l’isolation prend toute son importance puisque la climatisation représente 35 % de la consommation totale d’énergie électrique d’un foyer. Métal Iso apporte une solution innovante.

Parc d’activité du Robert. 97231 Robert

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Retour d’expérience sur des bâtiments performants Pour passer de la théorie à la pratique, un retour d’expérience été réalisé par le biais d’une étude menée par l’ADEME, en collaboration avec la DEAL et la CTM, sur des bâtiments ayant fait l’objet d’une démarche environnementale et qui dépassent les ambitions de la réglementation thermique Martinique. Cet exercice qui porte sur l’efficacité énergétique, l’impact environnemental et le confort a pour objectifs de collecter les retours chiffrés, d’analyser les problématiques rencontrées, de relever des points critiques et d’amener à la préconisation de matériaux, d’installations, d’évaluer les fonctionnements et la maintenance d’équipements. En un mot, de mettre en avant les enseignements tirés de cette étude.

Huit bâtiments à la loupe Les résultats de l’investigation ne se veulent pas exhaustifs dans la mesure où ils découlent d’une étude réalisée sur seulement huit bâtiments ayant suivi une démarche performante à l’heure actuelle en Martinique. Le panel porte donc sur huit bâtiments construits entre 2009 et

2017 : cinq sont des bureaux climatisés et trois - locaux scolaires et commerciaux - sont ventilés naturellement. Il s’agit de bâtiments tertiaires accompagnés par l’ADEME, en assistance à maîtrise d’ouvrage en phase de conception et de travaux. Quels objectifs ? A l’issue des démarches environnementales, l’objectif était de voir si la qualité et la performance atteignent le niveau des attentes. Et ce, sur différents sujets : l’enveloppe du bâtiment, les usages (systèmes de climatisation et de ventilation, éclairage…) et le confort. Il semblait également important de prendre en compte un paramètre souvent négligé en phase de conception, l’appropriation des bâtiments par les usagers. Quels dispositifs ? Dans le cadre d’un audit énergétique, ces bâtiments ont été instrumentés de manière à enregistrer les mesures électriques et évaluer les différents postes de consommation. Le résultat des analyses demande à être pondéré selon les commentaires des usagers. Aussi, se pose la question de la juste adaptation des outils de mesure supposés évaluer le confort ressenti par les usagers…

Tous les secteurs devraient être concernés par la recherche d’une optimisation de la maîtrise en énergie. Et malgré leur faible représentativité, les entreprises, collectivités et industrie étaient, en 2015, les plus gros utilisateurs d’électricité avec près de 48 % de la consommation électrique globale martiniquaise (chiffres OMEGA 2015).

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Rencontre avec Agathe Camboly, ingénieure en énergie bâtiment à l’ADEME.

Quels sont les retours enregistrés ? Avant tout, je tiens à insister sur le fait que l’étude et l’instrumentation ayant été réalisées sur huit bâtiments, on ne peut en tirer de conclusions péremptoire. Il faut plutôt y trouver des clefs permettant de corriger certaines erreurs. Globalement, on a constaté que l’ensemble des bâtiments avait été bien conçu. Au niveau de la toiture, l’isolement a permis de limiter considérablement les déperditions thermiques, avec un impact positif sur la consommation des bâtiments climatisés et le confort des occupants. Un des points faibles observés concerne la protection des façades où, selon la période de l’année (en fonction de la course du soleil), les casquettes, débords de toiture ou brisesoleil n’offraient pas de protection solaire suffisante au niveau des vitrages pourtant à faible facteur solaire. Du coup, le rayonnement direct du soleil a pu poser des embarras de chaleur et d’éblouissement pour certains usagers exposés. En terme d’éclairage, on s’est rendu compte que certains bâtiments présentaient une intensité lumineuse trop élevée, due à un surdimensionnement de l’éclairage par rapport aux préconisations du code du travail générant surconsommations et inconfort visuel. Afin de se protéger de cet excès de luminosité, les usagers ont donc trouvé des moyens «rustiques» pour occulter partiellement l’éclairage. On a aussi relevé que certains bâtiments en ventilation naturelle avaient fait l’objet d’incompréhensions quant à leur orientation, supposée bénéficier du potentiel maximal de prise au vent. Ainsi, à cause d’un léger décalage par rapport à l’orientation prescrite, le confort attendu n’était pas au rendez-vous et il a fallu envisager l’installation d’une climatisation. Quelques équipements se sont révélés inadaptés à l’utilisation à cause de commandes trop compliquées, mal positionnées, inaccessibles… Ces imprévus, ces défauts décelés à l’utilisation semblent

pourtant faciles à éviter à condition d’impliquer, en amont de la construction, tous les utilisateurs du bâtiment et de mettre l’utilisateur au centre des préoccupations afin de penser des équipements ergonomiques et faciles à gérer. Leurs besoins doivent être entendus afin de pouvoir être anticipés.

Existe-t-il des modalités pour que les usagers s’approprient réellement des bâtiments ? Justement, un certain nombre de remarques récurrentes semblent provenir d’un manque d’appropriation des bâtiments par les usagers. En règle générale, les bâtiments livrés sont performants. Et idéalement, ils devraient continuer à l’être après intégration des occupants. Par conséquent, il serait utile de leur réserver un « mode d’emploi » des commandes essentielles : gradation de l’éclairage, réglage de la température, consigne de la climatisation, modalité de la ventilation, gestion des énergies… Ces postes sont à la base des dérives énergétiques imprévues observées sur les courbes de charges de consommation la nuit ou le week-end. Ces dérapages ont été enregistrés principalement sur les bâtiments non équipés de coupure automatique et représentent environ 15 % des consommations du poste climatisation du bâtiment. Parmi les axes d’amélioration, on peut préconiser l’identification d’une personne qui accompagnerait les occupants afin de les informer, les conseiller et répondre à leurs questions pour les amener à maîtriser l’environnement dans lequel ils évoluent. Les maîtres d’ouvrage pourront prendre la pleine mesure de ces résultats et faire en sorte que les bâtiments ayant entrepris la démarche de la performance énergétique tirent les bénéfices de leurs efforts.

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OPTIMISER

BatiMag97 a rencontré Nathalie Chillan, Responsable communication, et Henri Roche du département Energies Nouvelles de la Sara, afin de faire un point.

Avec le projet Greenwater,

SARA Martinique

Les projets envisagés dans la dynamique Energies Nouvelles sont-ils conditionnés à des critères bien précis ? Henri Roche : Oui, les points essentiels qui caractérisent ces projets, au-delà de l’obligation de s’avérer rentables, sont conditionnés à un partenariat (impliquant une coresponsabilité), au soutien - c’est-à-dire à l’acceptation sociale et sociétale - des collectivités locales et enfin, ils doivent contribuer au développement d’emplois locaux.

la SARA va faire couler de l’eau plus verte

En quoi consiste le projet Greenwater développé en Martinique ?

Chaque année, la SARA investit des millions d’euros dans la modernisation de son matériel et de ses outils de production, la consolidation de sa sécurité, la protection et l’amélioration de son environnement. Depuis plusieurs années, la SARA, concernée aussi par le développement durable, mise sur d’autres ressources que les énergies fossiles en s’orientant vers de nouvelles sources énergétiques. C’est ainsi que la dynamique Energies Nouvelles, impulsée voici quelques temps, se matérialise par plusieurs projets sur les trois territoires desservis par la Sara.

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Ce projet, qui répond évidemment à une problématique économique de coût d’utilisation dans un processus de production, permet surtout de prélever moins d’eau potable sur le réseau public, laissant ainsi plus de ressource à la population. Une action vertueuse qui s’inscrit dans le développement durable et la protection environnementale. Greenwater ouvrira aussi la possibilité de maintenir l’activité de la SARA en cas de coupure d’eau.

Quelle quantité d’eau consomme la raffinerie ? Chaque heure, la raffinerie prélève du réseau d’eau 20 m3 (soit 20 tonnes). Et ce, 7 jours/7 durant toute l’année. Ce qui nous place en tête de la consommation d’eau en Martinique. Il s’agit donc pour la Sara de substituer l’eau du réseau domestique par une eau brute industrielle traitée sur place pour une utilisation sur place. L’usine a opté pour un prélèvement d’eau de mer qui subira une batterie de traitements qui en feront une « eau brute industrielle ». Ainsi, par le principe de l’osmose inverse, l’eau sera d’abord dessalée et ensuite déminéralisée (débarrassée des autres sels minéraux) afin de pouvoir alimenter les chaudières de l’usine.

SARA Martinique

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OPTIMISER

Une action vertueuse qui s’inscrit dans le développement durable et la protection environnementale La quantité d’eau prélevée dans la mer permettra d’obtenir - après traitement 20 m3/h d’eau industrielle plus 5 m3/h d’eau de service (utilisée, entre autres, pour le lavage de pétrole brut, le nettoyage des réservoirs) de quoi couvrir la totalité de nos besoins. En sortie de l’osmoseur, les eaux concentrées en sel seront mélangées aux eaux épurées par la station de traitement de SARA conduisant à une eau de salinité proche de l’eau de mer avant rejet.

Où se trouve le site de pompage ?

A quelle réglementation la SARA est-elle soumise ? L’usine est une ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement) et en cela, doit se conformer au Code de l’environnement. Elle est assujettie à la directive « Seveso seuil haut » (classe AS) dont un arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation prévoit des procédures, des mesures de sécurité, des contraintes ainsi que des prescriptions en ce qui concerne le pompage et le rejet dans l’eau de mer : quantité d’eau prélevée et rejetée, charge des eaux, normes des effluents par rapport au milieu, traitements spécifiques…

La SARA fait un geste fort au niveau de l’environnement, aura-t-il une incidence économique ?

TARIFS COMPÉTITIFS

CONSEIL ET ACCOMPAGNEMENT

QUALITÉ

CONDITIONNEMENT LOCAL

STOCKS

EXPERTISES TECHNIQUES

RÉACTIVITÉ

TRAITEMENT DÉCHETS DANGEREUX

PROXIMITÉ

LIVRAISON

La question est complexe car le calcul l’est tout autant… Cependant, il faut admettre que la Sara n’enregistrera pas d’économies avant longtemps. En fait, le dispositif global s’avère extrêmement onéreux : miser sur un procédé de prélèvement d’eau de mer suppose un équipement et du matériel pointus capables d’alimenter en continu des unités de dessalement et de déminéralisation. Un tel dispositif ne peut pas tolérer de rupture d’approvisionnement et doit accomplir ses fonctions de manière optimale et permanente 24h/24.

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Le pompage de l’eau de mer va se produire au-delà du point de rejet, très précisément sur un site où la SARA avait installé un dispositif servant de réserve d’eau en cas d’incendie et doté d’un système de pompage puissant (700 m3/h). Fort heureusement, le dispositif n’a jamais dû être utilisé pour éteindre un feu, et aujourd’hui, il va servir d’unité de pompage pour alimenter l’osmoseur en place.

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OPTIMISER

Pile à hydrogène D’où la nécessité d’y subordonner un circuit complémentaire qui se substituera au circuit principal en cas d’anomalie, de maintenance, de réparation. Un tel déploiement a un coût… La facture globale de cette nouvelle unité est évaluée à dix fois la consommation annuelle d’eau de la SARA. Sachant que notre consommation approche le million d’euros, faites le calcul, les économies ne sont pas encore à l’ordre du jour.

Le projet Greenwater comporte-t-il d’autres étapes qui s’inscrivent dans le développement durable ? Oui, si le prélèvement de l’eau de mer constitue la première phase de notre plan, la SARA a déjà élaboré des étapes ultérieures. La première consiste dans la mise en place d’un filtre planté végétal qui sera arrosé par l’eau en sortie de notre station de traitement des eaux résiduaires (TER). Actuellement, des prélèvements d’échantillons et des analyses systématiques vérifient si les eaux rejetées répondent aux normes réglementaires. Mais à l’aide de ce filtre planté - sorte de tapis de végétaux- une filtration supplémentaire va pouvoir générer une eau épurée prête à être réinjectée dans l’osmoseur. On évoque carrément l’économie circulaire. Mieux, l’eau traitée et filtrée par des végétaux aura une autre incidence. Nettement moins chargée en sel, elle allègera le travail de l’osmoseur et modérera son usure. Enfin, notre objectif sera réellement atteint lorsque nous enclencherons la troisième phase du projet qui consiste à récupérer les eaux pluviales. Cette technique est actuellement à l’étude…

Le projet Energies Nouvelles initié par la Sara met en avant la volonté de l’entreprise de s’impliquer sur les trois territoires avec des perspectives de développement différentes

Dépôt Jarry

Quels sont les autres grands projets portés par Energies Nouvelles ? Le projet Energies Nouvelles initié par la Sara met en avant la volonté de l’entreprise de s’impliquer sur les trois territoires avec des perspectives de développement différentes.

Quand ces projets seront-ils opérationnels ? Le prélèvement de l’eau de mer est prévu dans le courant du premier trimestre 2019. Le phasage de la deuxième étape est amorcé, le pilote du filtre planté est installé et testé actuellement par notre partenaire. Il s’agit d’analyser son développement et sa sensibilité dans le milieu afin d’optimiser l’action des filtres sur les eaux industrielles, l’entretien... La récupération des eaux pluviales se fera dans la foulée. Bientôt, la Sara sera productrice autonome de son eau, une ressource précieuse sur notre île.

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Ainsi, en Guyane, à Mana, c’est un projet de centrale solaire qui devrait voir le jour très prochainement. La centrale fonctionnera au moyen de panneaux photovoltaïques et de pile à hydrogène. Celle-ci prendra le relais du dispositif photovoltaïque lorsqu’il ne sera pas productif. La centrale sera à même de fournir de l’électricité nuit et jour à toute la région de l’ouest guyanais. Un projet à forte génération d’emplois. En Guadeloupe, où il est question de mix énergétique, un des projets se fonde aussi sur la pile à hydrogène. L’objectif est de disposer de champs photovoltaïques producteurs d’électricité afin d’électrolyser de l’eau et en extraire l’hydrogène qui sera stocké et alimentera des piles pour produire de l’électricité.

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ANTICIPER

Risques cycloniques Le choix de la case à vent pour mettre des vies à l’abri Aujourd’hui aux Antilles, les constructions conformes à la réglementation doivent pouvoir résister à des vents de 240 km/h. Or, lors des passages dévastateurs des ouragans Irma et Maria dans les îles du Nord, des pointes ont été enregistrées à plus de 340 km/h, imprimant ainsi des efforts deux fois plus importants. Les prévisions font état d’une récurrence de phénomènes aussi violents, voire plus. La question de la conception des infrastructures dans nos régions se pose. Faut-il revoir les normes ? Probablement, mais mieux vaut aussi anticiper en construisant plus résistant et en prévoyant (quelle que soit la structure) une pièce où se replier en cas d’ouragan.

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ANTICIPER Cette réflexion fait appel au concept de la « case à vent », pièce ou construction dédiée qui, « antan lontan », permettait aux occupants d’une maison de se mettre à l’abri. Dans les Habitations, la « case à vent » accueillait aussi les populations plus vulnérables qui y rejoignait les propriétaires durant le passage du cyclone tropical. Il s’agissait bien souvent d’un vaste local dédié, semienterré, en pierres dont les ouvrants se bloquaient de l’intérieur. Réhabiliter, moderniser ce principe de la « case à vent » afin de l’intégrer dans les constructions actuelles semble logique et s’avère raisonnable. Il peut s’agir d’une pièce de l’habitation couverte d’une dalle en béton et dotée d’une porte renforcée. Un cellier ou une salle de bains, par exemple, peuvent parfaitement convenir. Il est essentiel de faire dimensionner son projet par un bureau d’étude qui prévoira des niveaux de sécurité supérieurs aux normes actuelles, de faire vérifier les techniques de pose et d’utiliser des matériaux dont l’efficacité n’est pas remise en cause. Dans des bâtiments existants, le concept peut être adapté si le matériau de construction le permet. Après un diagnostic professionnel, l’étude déterminera une zone adéquate répondant aux contraintes de la mise en œuvre d’une telle structure et en préconisera les renforcements nécessaires au niveau des ouvrants et de la couverture (dalle cyclonique). Si la construction est en bois, et quelle que soit sa charpente, il existe heureusement une alternative sensée, la case à vent indépendante où se confiner en cas de cyclone. Effectivement, solutions rapides et économiques, ces abris préfabriqués en béton armé monobloc avec porte et fenêtre métalliques blindées, scellées dans la matière sont conçus pour être posés à même le sol, en extérieur. Sortes de bunkers, ils existent en plusieurs dimensions et répondent à de nombreuses configurations telles que rangement de jardin, atelier, chambre d’appoint, buanderie, bureau…

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Sapeb, par exemple, fabrique des abris en forme de cabanes, à la finition ressemblant à du bois, qui se déclinent en trois dimensions. Du plus grand (4 x 2,5 m qui pèse 15,4 tonnes) au plus petit (1,8 x 1,8 m), tous les modèles sont étudiés et confectionnés pour résister à des vents violents de 400 km/h au moins. Ces abris sont bien sûr livrés sur site.

Petit rappel, les normes parasismiques et paracycloniques visent à protéger les personnes avant tout, les bâtiments ensuite, elles ne constituent pas de garantie. Il faut aussi savoir que les efforts cycloniques et sismiques ne se cumulent pas dans le calcul de structures. Un des deux est prépondérant pour dimensionner la structure d’une construction. Ainsi, si les constructions légères (métal et bois) sont plutôt favorables en cas de séisme, elles doivent être dimensionnées pour faire face aux efforts cycloniques. Et sous des vents à 240 km/h, ce style de construction arrive à la limite de sa résistance. Inversement, une construction en béton, si elle a l’avantage de son poids et peut résister à l’arrachement en cas de vents violents, sera dimensionnée pour résister au phénomène sismique. L’effort horizontal doit répondre aux normes Eurocode 8 (une force de 0.4 G). Pour être para-cyclonique, les murs d’une construction doivent supporter une force horizontale de plus de 300 kg/m2. Le béton résiste à 600 kg/m2.

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de métiers et de l’artisanat de région Martinique, une offre globale de services et des formations orientées vers le BTP et le Bâtiment La Chambre de métiers et de l’artisanat de région Martinique (CMAR Martinique) se positionne aujourd’hui aux côtés des Organisations Professionnelles (OP), de la CTM, de l’Etat et de l’Europe au travers de son offre globale de services.

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FORMER Quotidiennement, elle agit pour le développement et la réussite des 10 060 entreprises artisanales de la Martinique. Les deux pôles de compétitivité que sont le pôle économique d’accompagnement des entreprises et l’Université Régionale des Métiers et de l’Artisanat (URMA) se tiennent tous deux auprès des dirigeants d’entreprises et des sociétés entreprises artisanales. Accompagnement des entreprises et sociétés artisanales et de leurs dirigeants Dans une relation de proximité, la CMAR assure un ensemble de prestations essentielles à la structuration des filières artisanales et singulièrement celles du bâtiment et des travaux publics. Avec près de 5 000 entreprises dont 25% dans la conurbation de Fort-de-France, les entreprises du bâtiment occupent la première place dans l’économie martiniquaise. La CMAR propose donc des accompagnements associant conseils et formations, afin d’optimiser les chances de réussite, notamment lors de la conceptualisation de projets de développement et de création d’entreprise. L’offre de services de la CMAR répond sous forme de prestations (expertise, diagnostic, montage de dossiers financiers, business plans, formations, etc) dans le cadre d’un programme d’action individualisé. Par ailleurs, avec l’Université Régionale des Métiers et de l’Artisanat, le secteur artisanal bénéficie d’un outil répondant aux besoins en formation de l’ensemble des futurs acteurs de l’économie artisanale. Toujours d’actualité, la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Martinique, propose également des formations inhérentes à l’activité « Bâtiments, BTP », notamment la formation au risque amiante (sous-section 4) : évaluation et gestion du risque amiante sur les chantiers, adaptation des procédures, définition des modes opératoires… La formation Opérateur de chantier : application des procédures opératoires et de contrôle en cours de chantier. Et surtout les formations qui concernent l’efficacité énergétique et tout particulièrement la qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). La qualification RGE Cette qualification atteste que l’entreprise en charge de travaux répond aux exigences permettant de fournir des prestations conformes en matière de dévelop-

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pement durable et éco-conception tels que les travaux d’efficacité énergétique en rénovation, l’installation d’équipements utilisant des énergies renouvelables… Elle cible les professionnels du bâtiment, artisans, chefs d’entreprise mettant en œuvre les travaux d’amélioration énergétique essentiellement dans le tertiaire (isolation thermique, protection solaire, remplacement de menuiseries, installation de brasseurs d’air, installation de chauffe-eau solaire …). Pour obtenir la qualification RGE : 1. Choisir un label de qualité : il s’agit d’un organisme certificateur correspondant à son activité, telles que Qualibat, Eco-Artisan, Qualifelec… 2. Se former et former ses collaborateurs : au sein de l’entreprise, le chef d’entreprise et au moins un collaborateur devront être formés. Des formations différentes sont disponibles en fonction du domaine d’activité (énergies renouvelables ou efficacité énergétique). 3. Faire sa démarche de qualification : compléter le dossier de certification, la CMAR propose alors un accompagnement gratuit durant cette étape. Le dossier doit ensuite être déposé auprès de l’organisme de certification choisi. 4. Obtenir son certificat et maintenir sa qualification : à l’issue des démarches effectuées et de la validation du dossier, le certificat de qualification est délivré. L’entreprise est alors référencée auprès de particuliers sur le site www.renovation-info-service.gouv.fr et sur le site de la CMAR www.cma-martinique.com 5. Passer un contrôle de réalisation : un contrôle de réalisation sera effectué sur l’un des chantiers réalisés ou en cours dans un délai de deux ans suivant l’attribution de la qualification. Cette qualification RGE offre de nombreux atouts : - visibilité sur les sites internet des différents partenaires - valorisation d’un savoir-faire et d’une qualité des prestations - vis-à-vis de la clientèle, elle offre des avantages financiers (prime EDF, crédit d’impôts pour la transition énergétique (CITE) transformé en prime pour travaux en 2019, Eco-prêt à taux zéro, TVA à taux réduit…). Votre formation continue, celle de vos salariés ou conjoints collaborateurs, est la garantie d’une entreprise artisanale compétitive et performante.

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Avant de creuser, plusieurs points à envisager :

Une piscine aux Antilles ? Bien anticiper la construction La construction d’une piscine exigeant des travaux d’un niveau de préparation et de suivi élevé, il semble indispensable de faire appel à un professionnel. Demande de déclaration, type de piscine, entretien, aspect sécuritaire… Les questions semblent nombreuses et l’investissement est important, aussi vaut-il mieux bien se faire conseiller et accompagner.

• Les formalités administratives • La préparation du terrain • Le choix du bassin • Le revêtement • La sécurité • Les garanties.

© Aquafil

Permis de construire ou simple déclaration ? La construction d’une piscine «familiale» n’est pas soumise à un permis de construire sauf si sa surface excède 100 m2, si un abri de plus d’1 m 80 est prévu ou encore, si sa structure en hauteur la classe dans les «bâtiments» et non plus dans les «constructions». Pour un bassin d’une surface inférieure à 10 m², aucune formalité n’est nécessaire (sauf si elle est située en zone protégée). Au-delà, une déclaration de travaux préalable doit être introduite auprès de la mairie. Il est d’ailleurs conseillé de consulter les services de l’urbanisme de la mairie susceptibles d’imposer des spécificités.

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Si la piscine fait plus de 100 m2, un permis de construire est obligatoire Son obtention dépend du PLU (plan local d’urbanisme) qui définit les règles applicables à un terrain en fonction de sa localisation. Afin d’éviter un refus alors que le terrain se prête à la construction d’une piscine, le propriétaire doit s’assurer que celle-ci se situe à au moins trois mètres des clôtures des voisins ou d’une voie publique. Cette distance peut être réduite selon les modalités du PLU en vigueur dans la commune.

Se conformer au règlement d’un lotissement ou d’une copropriété qui peut comporter des spécificités

La déclaration préalable : Cette déclaration est une démarche incombant au propriétaire qui peut éventuellement se faire assister par son piscinier. De quoi s’agit-il ? D’un formulaire à retirer, à compléter et à déposer au Service de l’Urbanisme de sa mairie (document disponible aussi sur internet https://www.formulaires.modernisation.gouv. fr/gf/cerfa_13703.do).

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Divers documents doivent accompagner le formulaire complété : plan de situation du terrain, notice décrivant le terrain et projet et plan d’ensemble coté en trois dimensions… Tous ces éléments peuvent être fournis par le piscinier. Dans les 15 jours qui suivent le dépôt, et durant toute l’instruction, un extrait de la déclaration détaillée est affiché en mairie.

Il convient aussi de se conformer au règlement d’un lotissement ou d’une copropriété qui peut comporter des spécificités concernant l’installation d’une piscine.

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CONSTRUIRE

Quel impact sur les impôts ? Au même titre que tout autre addition de construction, une piscine de plus de 9 m2 - fixée au sol et impossible à déplacer autrement que par démontage - impacte les impôts locaux (taxes foncières et d’habitation) dans la mesure où elle augmente la valeur locative de l’habitation.

Quels sont les dispositifs de sécurité obligatoires ? Le propriétaire est tenu d’équiper sa piscine privée (quelle que soit sa taille) de dispositifs de sécurité visant à prévenir les risques de noyade. Il a le choix entre ces 4 équipements : • Barrière de protection infrarouge (bornes à faisceaux) • Alarme de détection de chute sonore • Couverture de sécurité (bâche) • Clôture Aucun contrôle n’est effectué mais si ces dispositifs de sécurité requis par la loi ne sont pas installés, le propriétaire s’expose à une amende pouvant monter à 45 000 euros, sans compter le risque pénal dans le cas d’un accident impliquant un enfant de moins de cinq ans. Autre obligation incombant au constructeur ou à l’installateur de la piscine : il est tenu de fournir au propriétaire une note technique informative sur le dispositif de sécurité retenu.

piscines autoportantes gonflables, piscines en bois avec structure en acier galvanisé (avec ou sans renforts), piscines en kit… Toutes ont pour particularité d’être posées sur le sol ou être semi-enterrées. Théoriquement, leur installation ne nécessite que très peu, voire pas du tout, de terrassement mais leur montage demande des notions de bricolage. L’impact sur le jardin d’une piscine hors-sol est plus léger que celui d’un modèle enterré. Les piscines enterrées ou semi-enterrées Il existe plusieurs types de construction selon les matériaux : béton armé, inox, panneaux à assembler ou coque de piscine. Une piscine maçonnée en béton armé reste le nec plus ultra. Personnalisable (dans la forme, les dimensions, la profondeur), elle est aussi extrêmement résistante et offre un vaste choix de revêtements.

Il existe plusieurs types de construction selon les matériaux : béton armé, inox, panneaux à assembler ou coque de piscine

Quels sont les types de piscine ? Les « hors-sol » Sous ce terme générique, existent divers modèles :

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Les panneaux préfabriqués (acier, résine ou béton) facilitent grandement la construction et raccourcissent les délais. En général, le fond du bassin est constitué de béton armé et l’étanchéité est assurée par un liner ou une membrane.

Les monocoques en polyester (à base de résine et de fibre de verre) sont fabriquées d’un seul tenant selon des formes standard. Les dimensions de ces piscines sont limitées aux impératifs du transport. La livraison et la pose de la coque supposent un accès facile au chantier ainsi qu’un aménagement des abords afin de fixer l’ensemble en terre. Le revêtement détermine l’aspect final du bassin, son étanchéité et impacte l’entretien. Aujourd’hui, la membrane armée est préférée au liner traditionnel, notamment pour sa résistance et son 143


CONSTRUIRE

© Leroy Merlin excellente étanchéité. Les piscines en béton peuvent être enduites d’un mélange de ciment, de liant et d’adjuvants, utilisable aussi pour lisser les parois du bassin avant la pose d’un autre revêtement. Il peut s’agir d’enduit hydrofuge, silico-marbreux, de béton ciré… Pour l’originalité et la créativité des motifs et les couleurs, les carrelages en grès, en céramique, en pâte de verre, en pierres naturelles sont inscrits dans les tendances de ces dernières années. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’aux Antilles, région sismique, les risques de fissurations sont réels et peuvent entraîner une perte d’étanchéité. Le polyester stratifié (couches successives de fibre de verre et de résine) s’avère très robuste, très épais et s’applique sur toutes les formes de piscine. La couche de finition est assurée par une double couche de résine teintée dans la masse : le gel coat.

Quelles sont les contraintes à prévoir ? - Quel que soit le type de piscine envisagé, l’importance de la stabilité est primordiale. En effet, l’implantation est conditionnée à un sol stabilisé (bon sol)

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qui empêchera tout mouvement du bassin. Certains terrains peuvent requérir une étude de sol et exiger des fondations, un nivellement, un terrassement et, la plupart du temps pour des piscines hors-sol, une dalle stabilisatrice. - Le local technique doit être raccordé à l’électricité - Sauf s’il s’agit d’un modèle à débordement requérant un niveau d’eau constant, la piscine n’exige pas d’être raccordée directement au réseau d’eau. - Le rejet des eaux usées (vidange et lavage de la piscine) se fait via le raccordement au réseau des eaux pluviales.

Quelles garanties couvrent la construction d’une piscine ? La garantie décennale est obligatoire. Souscrite par le constructeur de la piscine, elle engage sa responsabilité durant dix ans à l’égard de son client qui sera couvert en cas de dommage sur le gros œuvre du bassin. Ce qui signifie que l’assurance peut prendre en charge les réparations des éléments endommagés ou le remboursement du client.

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CONSTRUIRE

© Leader Pool

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© MGP Piscines

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Froid Express Des climatiseurs traités pour résister au temps et aux sargasses L’arrivée massive de sargasses représente une catastrophe sanitaire, environnementale et économique. En pourrissant, ces algues dégagent du sulfure d’hydrogène (H2S), gaz toxique qui attaque les équipements électriques, frappés par un processus d’oxydation accélérée. Parmi les appareils les plus touchés, les climatiseurs qui, pour assurer les échanges thermiques, utilisent des matériaux tels que le cuivre, l’aluminium, l’argent… des métaux très sensibles à la corrosion au H2S. Froid Express services a mis en place un traitement protecteur qui s’applique sur des appareils neufs sans altérer les échanges thermiques. Quelques mots d’introduction pour comprendre le processus Lorsque le H2S entre en contact avec les échangeurs (ailettes en alu fixées sur les tuyaux de cuivre dans lesquels circule le fluide frigorigène), il les corrode, les détériore, provoquant ainsi des fuites de gaz. C’est la partie intérieure du climatiseur qui s’altère le plus rapidement car l’humidité de l’air ambiant se condense sur l’échangeur et amplifie la corrosion. Enrayer le phénomène d’oxydation passe par un traitement complet en atelier Les parties électriques des climatiseurs neufs sont d’abord isolées. Chaque élément (intérieur et extérieur) passe ensuite dans un sas de nettoyage où un détergent biodégradable les débarrasse de toute graisse afin d’optimiser l’adhérence du traitement. Une fois secs, les échangeurs sont accrochés en cabine où leurs cosses en cuivre reçoivent une couche d’apprêt (orange) suivie d’un traitement anticorrosion (bleu métallisé) sur l’ensemble. 100 % du serpentin en cuivre et le moindre interstice des ailettes aluminium reçoivent cette peinture enrichie de particules d’aluminium qui optimise l’échange et accroît les performances de 20 %. Pour des raisons environnementales, les produits de traitement sont solubles à l’eau, les flux de nettoyage sont canalisés vers une station d’épuration et la cabine est équipée de filtres à charbon actif qui

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Garantie anticorrosion complémentaire de 3 ans sur les échangeurs des climatiseurs traités

retiennent les particules durant la projection. Après la pose d’un vernis protecteur sur les cartes de circuits imprimés, le climatiseur est remonté à l’identique. Ce traitement chirurgical blinde les climatiseurs contre la corrosion, quelle que soit son origine (air salin, sulfure d’hydrogène, humidité…) et double la durée de vie de l’appareil. Moyennant une majoration de prix équivalant à un simple démontage/remontage, Froid Express services offre une garantie anticorrosion complémentaire de 3 ans sur les échangeurs des climatiseurs traités.

Froid Express 469 ZI de la Lézarde - Immeuble Talic - Le Lamentin 0596 50 67 77 www.froidexpress.com

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CONSTRUIRE

RÉNOVER

Loto du patrimoine

La garantie décennale porte sur deux aspects du travail : le gros œuvre (béton armé, génie civile) et l’aménagement (canalisations, étanchéité, filtration…). Sur l’appareillage, les constructeurs sont tenus de respecter la loi en offrant deux ans de garantie.

Piscines naturelles aux Antil es, est-ce envisageable ? Les piscines naturelles (les plus écologiques) étant creusées dans le sol, son eau est filtrée et oxygénée grâce à un écosystème dont l’équilibre est assuré par des plantes et un ensemble de bactéries. Mais la quantité d’UV et les températures élevées augmentent le risque de prolifération de bactéries. Au-delà de 25°C (en permanence), l’équilibre biologique est menacé. Bref, l’écosystème mis en place pour l’épuration de l’eau ne peut pas survivre à une eau si chaude. En effet, les plantes succombent…

Perspectives : normes, environnement, domotique La préservation de l’environnement constitue une priorité pour les professionnels de la construction de piscines qui s’orientent vers des structures « basse consommation ».

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Dans cet esprit, on constate d’ailleurs aussi une diminution de la taille des piscines (et donc le volume d’eau nécessaire au remplissage). Aujourd’hui, elles se destinent plus à des activités ludiques qu’à la pratique de la natation. Le fonctionnement et l’entretien respectent les nouvelles normes et se voient facilités par l’automatisation et la gestion de tâches à distance. En effet, la domotique (et la piscine connectée) s’inscrit dans une triple logique de confort, d’économie d’énergie et de contrôle des risques. Ainsi sont gérés : le niveau d’eau, le taux de pH, le taux de désinfectant, l’éclairage, la durée de filtration, la gestion de la pompe (toujours moins énergivore)… De quoi rationnaliser les coûts au maximum.

Trois bâtiments concernés aux Antilles/Guyane Le Loto du Patrimoine a été initié afin de récolter des fonds destinés à la Fondation du Patrimoine qui assure l’entretien de monuments en péril (historiques ou non). Le premier tirage de ce loto a eu lieu à l’occasion des « journées européennes du patrimoine », le 14 septembre 2018. Un Loto qui devrait se renouveler chaque année et dont une partie des gains financeront la restauration de quelque 270 bâtiments. Parmi ces sites, 18 monuments en péril seront prioritaires, dont cinq se situent en Outremer.

Les LED ont remplacé avantageusement les ampoules à incandescence : non seulement leur durée de vie est plus longue, mais ils réduisent également la consommation énergétique de l’installation. Au niveau du traitement de l’eau, l’électrolyse au sel, quasi généralisée, offre un traitement moins agressif que le chlore et propose une utilisation simplifiée et un coût d’entretien moins élevé.

Habitation Bisdary

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Maison du receveur © Le Figaro

La maison d’Aimé Césaire en Martinique, l’Habitation Bisdary en Guadeloupe, la Maison rouge de Saint-Louis à La Réunion, la Maison du receveur des douanes en Guyane et la Sucrière Soulou à Mayotte. Le soir du tirage, le «Loto du patrimoine», avait enregistré 30 % de mises en plus par rapport à un tirage classique du loto. La somme versée à chacun d’eux n’est pas encore fixée. Elle dépendra sûrement du montant des travaux et de l’urgence patrimoniale sur le bien.

Quels bâtiments aux Antil es-Guyane ?

Un Loto qui devrait se renouveler chaque année et dont une partie des gains financeront la restauration de quelque 270 bâtiments

La maison d’Aimé Césaire en Martinique C’est par donation que la maison d’Aimé Césaire, patrimoine emblématique de la Martinique, est devenue la propriété de l’Institut Aimé Césaire. Classée

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aux monuments historiques depuis 2014, elle s’avère malheureusement en très mauvais état. Son inscription dans la liste des sites prioritaires pour le Loto du patrimoine pourra financer une partie des travaux d’un futur musée, estimés à un million d’euros. Ce serait rendre un bel hommage à ce grand homme qu’était Aimé Césaire. Poète, dramaturge, essayiste, homme politique, il a incontestablement marqué son époque par ses actions en tant que député rapporteur de la loi sur la départementalisation et maire de Fort-de-France durant 56 ans. Il a fait l’acquisition de cette maison vers la fin des années 1960. Toute son œuvre sera valorisée dans ce musée qui abrite encore des objets et souvenirs de l’homme politique et de l’écrivain et qui seront d’ailleurs utilisés pour compléter la scénographie autour de sa vie et de son œuvre. La dépendance servira probablement d’espaces d’échanges, de rencontres et d’événements culturels liés à sa mémoire.

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Savane, couverture et bardage bois

COALYS Au service de tous les projets de construction et de restauration dans les règles de l’art Coalys, une entreprise spécialisée qui œuvre dans la construction et la réhabilitation de bâtiments illustrant parfaitement le talent de ses artisans. Rencontre avec les dirigeants.

Après une expérience de 10 ans aux Antil es, comment orientez-vous votre futur ? Marché prémium de construction de villas de caractère

Coalys consolide sa réputation d’expert en réhabilitation du patrimoine historique et architectural antillais. Si des restaurations d’édifices (dont certains sont classés) tels que l’Habitation Clément en Martinique attestent des compétences de l’entreprise, elles avalisent aussi son orientation de plus en plus marquée vers un marché prémium de constructions de villas de caractère. La société complète d’ailleurs son offre de nouveaux métiers pratiqués avec une grande connaissance des matériaux et du savoir-faire traditionnel.

Quels corps de métier intègrent votre société ? Coalys regroupe des artisans d’art en charpente, menuiserie, couverture, ferronnerie, agencement, et tout récemment, en taille de pierre, peinture patrimoniale et un service de tournage-fraisage destiné d’avantage à l’industrie. Des professionnels ultraqualifiés formés dans les filières d’excellence qui assortissent leurs compétences et leurs connaissances architecturales à une parfaite maîtrise des techniques autorisant des conceptions au design très actuel.

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La construction de vil as de caractère fait-elle appel aux mêmes règles de l’art que la restauration ?

Médiathèque de Sainte-Luce, couverture et aménagement

Le « bien construire » repose sur des valeurs et des qualités inscrites dans l’ADN de nos artisans qualifiés et motivés par l’idéal esthétique et architectural. Leur savoir-faire se déploie dans la sélection d’essences de bois, le mixage de matériaux de couverture (tuiles, zinc, cuivre, bardeaux, ardoises…), la conception de pièces de ferronnerie, la précision du façonnage, les finitions à la feuille d’or ou des patines…

Vous faites se côtoyer les méthodes traditionnelles et les technologies actuelles ? Oui, le savoir-faire de tradition étant soutenu par des outils numériques innovants et pointus (logiciels, drones…), nous sommes amenés à réaliser des plans 3D, des modélisations… Ce dispositif précis favorise la réplique de pièces uniques sur mesure : portes anciennes, jalousies, ouvrages de ferronnerie, pièces de deck, meubles, portails…

Comment le groupe Coalys se déploie-t-il actuellement ? Nous sommes présents en Martinique et en Guadeloupe, ainsi qu’à Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Nos artisans et experts, tous passionnés et interactifs, collaborent à des missions qui dépassent le cadre des monuments historiques pour s’articuler autour de nouveaux projets de constructions de qualité, destinés à une clientèle en quête d’excellence. Charpente bois traditionnelle Coalys Martinique : martinique@coalys.eu

Coalys Saint-Martin : sxm@coalys.eu

Coalys Guadeloupe : guadeloupe@coalys.eu

Coalys Saint-Barthélemy : sbh@coalys.eu

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RÉNOVER

Dès ce premier trimestre 2019, la maison d’Aimé Césaire fera l’objet de travaux. En attendant l’ouverture du musée, la fondation Aimé Césaire et la ville de Fort-de-France ont décidé d’ouvrir les portes du domicile situé au 131 de la route de Redoute. L’Habitation Bisdary en Guadeloupe A Gourbeyre, l’Habitation Bisdary a été fondée par les Jésuites qui y ont créé une sucrerie en 1704. La propriété s’étendait sur près de 250 hectares. Après la Révolution française, elle devint une « habitation nationale » et propriété de l’État. Ouragans et incendies ont ravagé les bâtiments typiques de l’architecture coloniale qui restent l’un des grands témoignages de l’histoire industrielle et coloniale de la Guadeloupe. En contrebas de la terrasse nord, les vestiges d’une bonifierie - où l’on sépare les grains de café de leur pulpe avant de les faire sécher - sont conservés. Le chemin d’accès, les terrasses et les murs de soutènement, ainsi que les vestiges de l’aqueduc ont été inscrits aux monuments historiques fin 2007. Lieu de mémoire incontestable, l’habitation, partiellement classée, réclame de lourds travaux de restauration.

La Maison du receveur des Douanes en Guyane En Guyane, c’est la maison du receveur des Douanes qui a été retenue. Construite vers 1870, elle est située au cœur du quartier officiel de l’administration pénitentiaire de Saint-Laurent du Maroni, en bordure du fleuve autour d’un jardin à la française. Ossature en bois et murs en brique constituent ce bâtiment, initialement composé d’un bâtiment principal et de dépendances. La maison qui abritait à l’origine le médecin-chef du bagne de Saint-Laurent, était placée à côté de la résidence du gouverneur et faisait face au débarcadère où accostaient les navires pénitentiaires. La maison a sûrement été cédée par l’administration pénitentiaire à la douane afin d’accueillir le receveur lors de la fermeture du bagne en 1946. Elle est inscrite au registre des monuments historiques depuis mars 2016. Et c’est la mairie qui a soumis sa candidature au Loto du patrimoine, une aubaine qui pourrait permettre de rendre au quartier son charme d’avant. Actuellement, son état de conservation est très préoccupant, le bâtiment ayant été fortement dégradé par le climat, le temps et fragilisé encore par un incendie à l’étage.

Habitation Césaire 156

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GUADELOUPE RÉAGIR 162 168 175

Loi Elan : le point de vue des architectes Le Plan EAU DOM et contrats progrès : solutions au problème de l’eau ? Sargasses : appel à projet

DÉPLOYER 184 190

La fibre optique : où en est-on ? Valoriser la nature pour mixer les énergies renouvelables

BÂTIR 198 205

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Le projet Royal Key au Moule Karukera Bay : le projet ambitieux du front de mer de Pointe-à-Pitre

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Aujourd’hui, nous construisons ensemble notre CHU de demain

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4 Le lieu : Perrin aux Abymes

Le nouveau CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE de la Guadeloupe sera construit à Perrin aux ABYMES, sur un terrain de près de 19 hectares. Ce nouvel hôpital sera construit sur une surface de 84 398 m2 SDO.

4 Un chantier aussi complexe et technique qu’une centrale nucléaire ! Quelques chiffres 4 1865 Places de parking (visiteurs : 709 ; personnel : 1156) 4 Une quarantaine de Corps d’Etats Techniques pour un effectif prévisionnel maximal de 700 personnes/ jour en 2020 4 125 Centrales de Traitement d’Air (CTA) de 1500 à 24000 m3/h 4 12656 points physiques GTC/GTB (alarme, signalisation, commande, réglage, comptage, …) pour Electricité, Plomberie, FM, CVC, Elévateurs, … 4 Production d’ECS : 30000 litres à 60°C par jour, taux de couverture solaire 80% 4 155 Capteurs solaires pour une surface totale de 270 m²

4 Le projet retenu

Un nouvel Etablissement doté d’une capacité d’accueil de 618 lits et places avec : 4 Pour la Médecine : 200 lits, 30 places de jour et 15 places de dialyse 4 Pour la Chirurgie : 87 lits et 15 places de jour 4 Pour le Pôle Mère-enfants : 100 lits et 20 places de jour 4 Pour les Soins critiques : 149 lits et 2 places de grands brûlés.   

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RÉAGIR

Loi ELAN adoptée et promulguée : Le point de vue des architectes La loi ELAN a été publiée au Journal Officiel du 24 novembre 2018. Cette loi portant l’Evolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique (ELAN) dont l’objectif affiché est de « construire plus, mieux et moins cher » est pourtant loin de faire l’unanimité chez les professionnels. Les architectes, en particulier, ont depuis le début pointé les conséquences graves de la loi sur la qualité architecturale et le cadre de vie, en entérinant une approche erronée du logement et une déréglementation des marchés publics.… Sur cette prise de position, Le Conseil Régional de l’Ordre des Architectes de Guadeloupe est solidaire des actions du CNOA1.

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Principes de la loi ELAN Réformer les procédures et le domaine normatif • encadrer mieux les procédures contentieuses contre les permis de construire pour lutter contre les recours abusifs et plus généralement en facilitant le traitement des contentieux en matière d’urbanisme qui retardent la réalisation des opérations • faciliter la mobilisation du foncier public. Favoriser l’évolution du secteur du logement social • proposer une réforme structurelle du secteur du logement social, pour le consolider sur la durée et qu’il réponde mieux à ses missions • réorganisation et regroupement des organismes HLM, tout en tenant compte des spécificités de chaque territoire • simplification du cadre juridique applicable aux bailleurs sociaux ainsi que la facilitation de l’accession sociale à la propriété pour les locataires HLM par la vente de certains logements sociaux • favoriser la mobilité et la mixité sociale, dans le parc social comme dans le parc privé en augurant la mise en place d’un « nouveau bail mobilité ». Réguler l’offre de location privée • lutter contre les marchands de sommeil proposant des logements indignes à la location • prévenir et résorber plus rapidement les copropriétés dégradées, afin d’éviter l’enchainement des problèmes liés à l’insalubrité et à l’insécurité • encadrement des loyers privés, dans les zones tendues et sur la base du volontariat des collectivités locales • possibilité de réquisition de locaux vacants pour permettre l’hébergement de personnes à la rue

• augmenter le nombre de logements proposés à la location dans les secteurs touristiques en appliquant de fortes pénalités aux locations touristiques jugées abusives. Améliorer le cadre de vie et réduire la fracture territoriale • accompagner la rénovation des centres villes dégradés des villes moyennes • mobiliser localement tous les acteurs publics et privés pour la rénovation des logements et améliorer le cadre de vie des habitants • favoriser l’implantation de commerces de proximité dans les centres urbains et réguler leur implantation à l’extérieur, sans prévoir pour autant un gel systématique de ces derniers. Réduire la fracture énergétique et numérique • obligation de travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments tertiaires pour atteindre les objectifs du Plan Climat • lutter contre les « zones blanches » de téléphonie • accélérer le déploiement du très haut débit sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2022. Remerciements à Michael Marton, 1er vice président du Conseil Régional de l’Ordre des Architectes de Guadeloupe CNOA1 : Conseil National de l’Ordre des Architectes.

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La loi ELAN adoptée : ce qui va changer pour les architectes Jusque là principalement encadré par la loi du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée, dite loi MOP, le droit de la construction publique est directement affecté. La Loi Elan supprime l’obligation de concours pour bailleurs sociaux et les CROUS lorsque le montant du marché de maîtrise d’œuvre ayant pour objet la construction d’un bâtiment est supérieur au seuil de 221 000 euros HT. Avec ce concours, l’acheteur devait choisir, après mise en concurrence et avis du jury, un plan ou un projet, notamment dans le domaine de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’architecture et de l’ingénierie ou du traitement de données. Pour les architectes cela signifie une réduction de la mise en concurrence au simple montant des honoraires et non à la qualité de la réflexion architecturale donc de notre cadre de vie.

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La Loi Elan généralise la conception-réalisation La loi MOP reposait sur le principe de la distinction entre la fonction de maître d’œuvre et celle de l’entrepreneur chargé de la réalisation de l’ouvrage même si la loi prévoyait quelques dérogations étendues au fil des années. Avec la loi ELAN, les bailleurs sociaux pourront utiliser librement la conceptionréalisation : cette procédure devient une procédure de droit commun dans le cadre de la réalisation de logements sociaux. Les CROUS aussi pourront l’utiliser librement jusqu’au 31 décembre 2021. Il sera également possible d’utiliser la conception-réalisation pour la construction d’un bâtiment neuf dépassant la réglementation thermique en vigueur. Le processus de conception réalisation fait que l’architecte devient un co-traitant de l’entreprise et est soumis à la loi économique de l’entreprise mandataire. Ceci signifie une réduction drastique du champ de la conception ainsi que de la mission qui permet à l’architecte de défendre les intérêts du maître d’ouvrage public face à l’entreprise.

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Réactions et prises de parole : revue de presse La Loi Elan réduit le champ d’intervention des architectes Les coopératives d’utilisation de matériel agricole (les CUMA) sont désormais dispensées de recours à un architecte pour toute opération de constructions dont la surface de plancher est inférieure à 800 m2. Actuellement le recours à l’architecte est obligatoire pour l’établissement du projet architectural et paysager (PAPE) d’un permis d’aménager d’un terrain d’une surface supérieure à 2500 m2. Avec la Loi Elan un aménageur pourra désormais faire appel à un paysagiste concepteur. Ces deux dispositions sont entrées en vigueur immédiatement. La Loi Elan réduit le rôle des architectes des bâtiments de France (ABF) Les « ABF » ne pourront plus s’opposer à l’apparition d’antennes ou d’armoires techniques liées aux installations téléphoniques dans les zones protégées, autour des monuments classés en particulier. Ils ne pourront plus non plus empêcher la démolition (et le remplacement) de bâtiments jugés insalubres et dangereux, s’ils sont situés dans ces périmètres. Seul l’avis des ABF est désormais requis alors ces travaux étaient soumis à leur accord. Suite à l’adoption définitive de la loi ELAN et à l’application immédiate de certains articles, l’ordre des architectes va continuer et renforcer ses actions de sensibilisation auprès des élus, des aménageurs et de bailleurs sociaux afin d’essayer d’éviter les dérives dommageables pour la qualité de notre cadre de vie…

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Nombre d’associations d’architectes diverses n’ont cessé d’alerter sur les dangers de la loi ELAN. Le collectif « Ambition Logement », qui rassemble des associations d’usagers, de protection du patrimoine et de l’environnement, et des professionnels du secteur de la construction déplore un « texte servant avant tout les intérêts financiers des grands groupes et des promoteurs ». Tribune parue dans le journal Le Monde, signée par huit architectes lauréats du Grand Prix de l’architecture : « Avec la loi ELAN, l’architecture est réduite à portion congrue. » « Les équipements publics, les logements sociaux seront ainsi construits sans aucune règle spécifique applicable à la maitrise d’œuvre. » « Cette régression traduit en premier lieu, une méconnaissance des fondements même du projet d’architecture et mènera à une perte de savoir-faire mortifère pour l’architecture en France. » « Nous avons besoin dans notre pays de plus d’architecture, nous n’avons pas besoin d’un projet de loi qui réduit l’architecture au pire à une autorisation d’urbanisme, au mieux à un supplément d’âme. » « La Loi Elan piétine l’architecture » - Jean-Claude Martinez, président de la Mutuelle des architectes français (MAF) « La loi ELAN (…) tend à rendre optionnelle la présence des architectes sur les chantiers et tout au long des projets. » « Ainsi, l’intérêt public de l’architecture se limiterait maintenant au permis de construire. » « Cela ne permet pas de faire les économies annoncées : les honoraires des architectes pèsent à peine 3 % du bilan global d’une opération immobilière. » « Les architectes ne défendent pas des intérêts corporatistes. Ils défendent la culture et l’ambition que doit avoir leur pays pour la création de la ville de demain. »

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Plan EAU DOM et contrats de progrès :

On estime aujourd’hui à plus de 50% les fuites sur le réseau, avec certaines zones où la perte atteint 70% ! Résultat : des coupures d’eau régulières, des endroits privés d’eau au quotidien, des tours d’eau pour essayer de répartir la consommation et des situations souvent critiques. La répartition est de plus inégale selon la position par rapport aux conduites d’eau, l’eau est globalement produite en Basse-Terre et la consommation la plus forte en Grande-Terre… Les gestionnaires de l’eau n’ont plus les moyens financiers d’assurer leurs missions d’entretien et de comptage car bon nombre d’abonnés ne payent plus leurs factures, exaspérés ou profitant d’une organisation défaillante (certains n’en ont même jamais payé ou reçu !).

enfin des solutions au problème de l’eau en Guadeloupe ? Alors que les ressources en eau sont importantes et suffisantes (7000 m3 par an et par Guadeloupéen contre 3000 m3 en métropole !), plus de 60 millions de m3 d’eau potable sont produits sans pour autant assurer une distribution permanente à tous les usagers. L’état des lieux est sans appel : le réseau est dans un état catastrophique. Sur un territoire où les conditions climatiques sont extrêmes, les infrastructures vieillissent plus vite que dans des zones tempérées. Or le réseau guadeloupéen vieux de plus de 50 ans n’a jamais été entretenu par le passé. De l’Etat aux communes et aux gestionnaires de l’eau, les responsabilités sont partagées et indéniables. Résultat, la casse est généralisée et les structures fuient de partout.

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Un Plan d’actions prioritaires et des contrats de progrès signés avec les intercommunalités

De l’Etat aux communes et aux gestionnaires de l’eau, les responsabilités sont partagées et indéniables

Face à cette crise majeure, le 24 septembre 2018, l’État, la Région et le Département ont signé une convention d’engagements mutuels pour une sortie durable de la crise de l’eau en Guadeloupe, avec deux objectifs principaux : faire cesser les tours d’eau dans les meilleurs délais et permettre la restauration d’une gestion durable et transparente des services d’eau sur l’archipel. Moule barrage de Letaye

Avec un plan d’actions prioritaires de 71,4 millions d’euros, l’État, la Région, le Département et les collectivités compétentes unissent leurs efforts pour réaliser les investissements nécessaires à la suppression des tours d’eau. En outre, Etat, Région et département se sont entendus pour conditionner leur aide à la signature des Contrats de progrès avec les collectivités et les opérateurs responsables de la distribution de l’eau. Ces contrats sur 5 ans imposent d’avoir des objectifs quantifiables et contrôlables, les aides étant conditionnées à l’atteinte de ces objectifs. En résumé : les investissements sont financés si, en contrepartie, la collectivité compétente s’engage à rétablir sa capacité d’exploitation. Formation et gestion des personnels, remplacement de compteurs, relevés réguliers, facturation, recouvrement… sont quelques-unes des nombreuses actions à mettre en œuvre pour y parvenir. Le 1er contrat de progrès a déjà été signé par MarieGalante, le 2e est en cours pour Cap Excellence, ceux concernant le Nord Basse-Terre et le Grand Sud Caraïbe devraient être signés en avril 2019.

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Réservoirs d’eau

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Moule barrage de Letaye

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Avec un plan d’actions prioritaires de 71,4 millions d’euros, l’État, la Région, le Département et les collectivités compétentes unissent leurs efforts pour réaliser les investissements nécessaires à la suppression des tours d’eau 170

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Le contrat signé par Marie-Galante le 3 février 2018 est le fruit d’un travail concerté inédit entre les cofinanceurs leur permettant de coordonner l’accompagnement d’un plan d’actions établi sur une durée de 5 ans. Il repose sur 4 axes : • Améliorer le pilotage des services • Tendre vers une gestion financière saine • Améliorer la performance technique du service d’eau potable • Améliorer la performance technique du service d’assainissement. Le plan d’actions prévoit un financement de 7M€ sur la période 2018-2022. Les premiers travaux concerneront le réservoir de la Treille et les canalisations de Saint-Louis.

Grands travaux La Région assurera la maîtrise d’ouvrages de travaux structurants. Elle est engagée sur 17 chantiers à hauteur de 36 millions d’euros pour la période 20182020. La phase d’études étant achevée -le premier chantier sera lancé en décembre avec la sécurisation du captage de Beaugendre (Bouillante/Vieux-Habitants)- la phase opérationnelle commence en 2019, avec de nettes améliorations de la distribution d’eau potable attendues… Parmi les grands chantiers qui commencent en 2019 et qui devront être achevés au deuxième trimestre 2020 : • Le renouvellement de 7km de réseau d’eau potable à Gourbeyre 7km de réseau, à renouveler en priorité, ont été pré-identifiés entre le réservoir de Grand Camp et le pont du Galion, en incluant Vieux-Chemin, secteur fortement défectueux. L’opération vise à améliorer l’alimentation des quartiers en aval du réservoir de Grand Camp. En limitant les fuites, cette opération permettra aussi de remobiliser de l’eau pour d’autres quartiers.

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Renouvellement du réseau

• Le renouvellement sur 4,5km du feeder* de Vernou et connexion au feeder de Belle-Eau Cadeau L’usine de Vernou dessert des quartiers de PetitBourg, Baie-Mahault et Pointe-à-Pitre, soit environ 24 000 habitants. Cet outil est donc stratégique, mais la canalisation en aval de l’usine est fortement défectueuse. Cette opération, en limitant les fuites sur les secteurs cités, permettra de mobiliser de la ressource pour d’autres territoires en difficulté. * Les feeders sont des pompes placées dans les conduites d’eau. • La sécurisation du système de distribution sur la commune de Capesterre-Belle-Eau Les quartiers de Fonds Cacao et Routhiers sont sujets à des coupures d’eau régulières. Ils sont alimentés par le feeder de Belle-Eau Cadeau, avec un petit réservoir de stockage fortement dégradé, ce qui est pénalisant pour le fonctionnement de cette conduite stratégique qui dessert la Grande-Terre. Les travaux visent à restructurer la distribution en eau potable dans ces secteurs en créant des réservoirs et des surpresseurs.

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Et aussi… • Le renouvellement de 15 km de canalisations sur Capesterre-Belle-Eau • La séparation des étages de distribution de Caraque et de Grands-Fonds Gosier • La réhabilitation du réservoir de Leroux • Le renouvellement de 5km fonte grise entre Basse-Terre et Saint-Claude • La sécurisation des captages de Trou à Diable.

Sargasses : appel à projets

De son côté, le conseil départemental s’est engagé depuis 2014 dans un premier plan de secours en eau potable dont les travaux devraient s’achever avant fin 2019. Deux nouveaux chantiers sont prévus au niveau de l’usine de Vernou à Petit-Bourg et à Sainte-Rose avec le renouvellement de canalisations dans certains quartiers. Concernant le Plan Eau, la collectivité est engagée sur 16 opérations à hauteur de 20 millions d’euros dont le renouvellement de 15 km de réseaux d’eau potable dans les Grands-Fonds de Gosier, la rénovation et la restructuration de l’usine de traitement d’eau potable de Belle-Eau Cadeau à CapesterreBelle-Eau, et les renouvellements de canalisations à Vieux-Habitants et à Bouillante.

L’afflux important et continu d’algues sargasses qui affecte actuellement les côtes des Caraïbes et des États-Unis est le pire depuis 2011. Leur impact économique se compte en millions d’euros, notamment dans l’industrie du tourisme et les émissions de sulfure d’hydrogène (H2S) et d’ammoniaque (NH3) qui y sont associées ayant un effet significatif sur la santé des populations côtières. En Guadeloupe, les zones les plus touchées sont les Îles du sud (Les Saintes, Marie Galante et la Désirade), La Riviera du Levant et le secteur compris entre Goyave et Capesterre Belle-Eau : 30 sites prioritaires d’échouages identifiés sur lesquels ont été déployés autant de chantiers de ramassage au plus fort de la crise. Rappelons que les sargasses - compte-tenu du fait que c’est un phénomène dont on sait qu’il est maintenant récurrent - ne peut pas relever du régime de catastrophe naturelle qui revêt un caractère exceptionnel.

Face à une population désabusée, L’État, la Région et le Département s’engagent également à contribuer au rétablissement de la confiance des usagers en apportant une information rigoureuse, transparente et accessible sur l’état des secteurs de l’eau et de l’assainissement en Guadeloupe, avec le concours des EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale). Un site internet géré par l’Office de l’eau devra informer en temps réel chaque citoyen, notamment sur les travaux en cours ou programmés et sur la qualité de l’eau. Autre projet : la publication en janvier des « chiffres clés de l’eau » qui permettront aux usagers de faire des comparaisons entre les territoires. Rendez-vous dans 2 ans ?

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Renouvellement du réseau

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L’appel à projets Face à cette situation, le 3 octobre 2018, en concertation avec les services de l’État, l’ADEME, la DEAL, la Délégation à la recherche et à la technologie et avec l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), l’Appel à projets « Recherche, développement et innovation » sur la problématique des échouages d’algues sargasses a été lancé. Cet appel à projets a pour objectif d’apporter des solutions pragmatiques et enrichir les connaissances quant à ce phénomène qui affecte les îles du bassin caribéen. Différents acteurs de la Caraïbe et d’Europe ont manifesté leur intérêt et leur souhait d’être associés ou de suivre activement les résultats de la démarche. L’appel comprend 4 thèmes…

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1. Caractérisation des sargasses : physiologie, génétique, biochimie, morphologie, démographie Ce thème mettra l’accent sur l’identification des différentes espèces et la détermination de leur origine, de leurs caractéristiques comportementales, de leurs schémas de reproduction et démographiques et des interactions écologiques associées. Il faudra également identifier les facteurs d’augmentation de la prolifération, tels que l’influence de l’Amazonie et des fleuves africains, ainsi que les apports chimiques associés, y compris ceux de contaminants tels que le cadmium, l’arsenic, la chlordécone, etc. 2. Prévision de la formation des bancs de sargasses et des trajectoires en mer et en proche littoral Ce thème examinera l’accumulation des bancs de sargasses, leur trajectoire en haute mer et les options pour le développement de systèmes d’alerte opérationnels pour l’échouage d’algues et leurs effets possibles sur le site. Les candidats doivent élaborer des stratégies de recherche qui peuvent améliorer la fiabilité et la précision des outils de prévision existants. Cela impliquera l’extension des bases de données, des techniques analytiques, l’exploration de nouvelles sources d’images, ainsi que des investigations de vérification sur le terrain qui recouperont les prévisions avec les connaissances locales et l’échouage réel.

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30 sites prioritaires d’échouages identifiés sur lesquels ont été déployés autant de chantiers de ramassage au plus fort de la crise

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3. Techniques de collecte en mer et au sol et procédés de traitement et de valorisation innovants - La partie collecte concernera à la fois la recherche industrielle et le développement expérimental. Son objectif sera de proposer des méthodes et des technologies innovantes et peu coûteuses pour protéger les plages des apports massifs d’algues en les collectant en mer près du rivage, dans les sédiments côtiers ainsi que sur les plages. Des tests devront être effectués sur des échouages réels et évalués sur le terrain dans l’ensemble des opérations clés. Afin de réduire les coûts de transport, ils devraient également évaluer la faisabilité de mesures de réduction des coûts (prétraitement) telles que le séchage et le compactage. - La partie valorisation utilisera la recherche fondamentale et appliquée pour explorer les moyens de valorisation des sargasses. Parmi les options possibles : l’utilisation dans la production d’énergie, l’agriculture (à l’exclusion de l’épandage direct), le développement de biomatériaux et l’extraction de molécules bioactives de grande valeur (y compris les produits phytopharmaceutiques).

La santé environnementale, avec un accent particulier sur les récifs coralliens, les mangroves, les zones humides, les herbiers marins, les espèces emblématiques, les tortues et les espèces de pêche. Les influences socio-économiques, y compris le tourisme, la pêche et les conséquences économiques sur les entreprises en raison des maladies de la maind’œuvre et les impacts concomitants sur le secteur de l’assurance. Pour tenter d’atténuer l’impact des efflorescences de sargasses, les actions du thème 4 devront s’appuyer sur un large éventail d’intérêts des parties prenantes, notamment des organisations gouvernementales, non gouvernementales, sectorielles, commerciales et universitaires.

Depuis le mois de mai 2018, une « Mission sargasses » a été mise en place par le préfet

4. Impacts économiques, sanitaires et environnementaux et stratégies de gestion et d’adaptation Ce thème vise à préciser les impacts des sargasses et à définir des solutions et des stratégies d’adaptation qui peuvent atténuer les effets négatifs. Dans ce contexte, des études d’impact seront nécessaires en ce qui concerne… La santé humaine, maladies (exposition au H2S, NH3, stratégies de détection et seuils d’alerte), cinétique de la dégradation des sargasses et des gaz libérés, questions épidémiologiques…

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En attendant les résultats de l’appel à projets…

Depuis le mois de mai 2018, une « Mission sargasses » a été mise en place par le préfet. Cette mission est interministérielle (tous les services, agences et établissements publics de l’Etat concernés) et partenariale (toutes collectivités). Elle se réunit chaque semaine sous la présidence du souspréfet - le « coordinateur sargasses » - et aborde toutes les questions en lien avec les sargasses : niveaux d’échouages et d’enlèvement, information sur le volet sanitaire, accompagnement de l’État pour faciliter l’enlèvement rapide des sargasses (aide aux collectivités pour l’achat de matériel d’enlèvement et indemnisation des collectivités qui ont recours à des moyens privés d’enlèvement), etc. Dans ce cadre, un groupe d’experts a été mis en place. Il est chargé d’émettre un avis sur toute technique nouvelle d’enlèvement et de valorisation.

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128 entreprises ont été concernées pour 235 salariés avec une estimation des pertes évaluée à 1.3M€ Il est en relation étroite avec la Région dans le cadre de l’appel à projets lancé en octobre. La Mission Sargasses a mis en place, avec la CCI, un guichet unique destiné à aider les entreprises impactées par les échouages. 128 entreprises ont été concernées pour 235 salariés avec une estimation des pertes évaluée à 1.3M€. Une réponse réactive a été proposée autour de l’organisation d’un guichet unique assuré par la CCI des îles de Guadeloupe associant la DRFIP, la CGSS, la CGRR, la DIECCTE, BpiFrance Guadeloupe et l’IEDOM. Des enquêtes individuelles et un soutien au cas par cas, ont pu donner lieu à la suspension des poursuites, l’établissement de moratoires, l’allocation d’aide à l’activité partielle, etc. Au plus fort de la crise deux communes ont fait le choix de procéder à des fermetures ou à des délocalisations temporaires : Goyave et Petit Bourg. Ces mesures préventives et très limitées dans le temps

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ont été gérées en étroite relation avec le rectorat. La « mission sargasses » travaille actuellement à la finalisation d’un plan d’éloignement des populations dans l’hypothèse d’exposition durable aux phénomènes d’échouage.

Calendrier de l’appel à projets Sargasses • 15/01/2019 : Date limite de soumission des propositions • 31/01/2019 : Contrôle d’éligibilité • Fin avril 2019 : Évaluation scientifique (réunion) • Mai 2019 : Décision de financement • Sept 2019 : Début des projets Réunion de lancement.

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100 % du territoire guadeloupéen équipé

en fibre optique d’ici 2022 : où en est-on ? A l’heure où subsistent encore de grandes inégalités dans l’accès au haut-débit sur le territoire guadeloupéen, la collectivité régionale a fait le choix de la fibre (FttH - fiber to the home : la fibre « jusqu’à la maison ») pour 100% des foyers. Pour atteindre ses objectifs, elle s’est dotée d’une Direction du Numérique qui contribue au développement de nouvelles activités en Guadeloupe au travers de 2 services : déploiement des infrastructures et accompagnement des entreprises vers la transition numérique.

2019-2022 : la région entreprend le déploiement des infrastructures de la fibre optique Après avoir actualisé le schéma d’aménagement numérique du territoire qui décline les ambitions et les orientations, la région est entrée en 2018 dans la phase opérationnelle. Partout où les opérateurs privés sont présents (Orange, Canal+, etc.) la région ne peut pas intervenir directement : c’est le cas du sud Grande-Terre, du centre et de la côte au vent de la Basse-Terre. Mais la région s’est engagée en revanche à fournir le Très Haut Débit dans les autres zones - dites Zones d’initiative publique - soit le nord Grande-Terre, les Iles du sud et la côte sous le vent, essentiellement des territoires ruraux. Une procédure de commande publique a été lancée fin 2017 afin d’assurer l’interconnexion des îles du sud par un câble sous-marin en fibre optique et renforcer des liaisons qui n’étaient assurées qu’au moyen de faisceaux hertziens, trop dépendants des conditions météo. En 2018, la Région a publié des appels d’offre pour la conception, la réalisation et l’exploitation du réseau. Les offres seront analysées au cours du 1er semestre 2019 suivies de plusieurs phases de négociations. La fin du chantier est prévue à l’horizon 2022-2023 : tout le monde aura accès au très haut débit (+ de 30Mbits/sec) à cette date.

Un câble sous-marin va relier les Saintes et Marie Galante… Les travaux sous-marins en direction des îles du Sud seront réalisés en 2019. La mise en œuvre d’un câble sous-marin nécessite la mobilisation de moyens spéci-

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fiques tels qu’un navire câblier pour la pose (la fabrication du câble est en cours). Il comportera 24 paires de fibres optiques répondant ainsi aux besoins et permettant d’anticiper toutes les options en matière de haut débit. Sur un linéaire total immergé de 118 km, son coût est de 10 millions d’euros. Ce marché a été attribué à Orange, qui possède 6 navires câbliers, dont deux sont parmi les plus récents au monde. La mise en service du câble est prévue au dernier trimestre 2019.

… Et les zones d’initiative publique non desservies En parallèle, la région a entrepris le déploiement d’infrastructures fixes numériques en FttH sur l’ensemble de la zone d’intervention de la Région Guadeloupe de manière à rendre éligible, à horizon 2022, l’ensemble des foyers et entreprises de Guadeloupe au très haut débit. Ceci représente une intervention sur 88 000 foyers répartis sur 28 communes.

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En attendant, les usagers devraient voir leur connexion internet améliorée grâce au « bon débit » (entre 8 et 30 Mbits/sec) à l’horizon 2020. C’est le deuxième objectif affiché de la collectivité qui sera obtenu notamment par la technologie 4G, via les offres de box, comme pour le téléphone. SFR est actuellement en pointe sur cette technologie. A cette date, il y aura donc davantage d’antennes relais et donc de bande passante. Une fois la fibre installée, la commercialisation de nouvelles offres se fera via les opérateurs privés Orange, SFR, Digicel….

Parallèlement à ce grand programme d’infrastructures, la Guadeloupe doit se préparer aux transformations socio-économiques que la fibre et le très haut débit pour tous vont induire. L’arrivée et la généralisation de la fibre vont créer en effet de nouveaux services et de nouveaux usages ayant des applications dans la vie de chacun. De la télémédecine à la simplification adminis-

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tourisme.

Une procédure de commande publique a été lancée fin 2017 afin d’assurer l’interconnexion des îles du sud par un câble sous-marin en fibre optique

Développement des projets numériques des entreprises et des administrations

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trative, tous les secteurs vont être impactés avec une mutation à accompagner. Si certains emplois sont appelés à disparaître, de nombreux autres métiers vont émerger avec la création de services adaptés pour accompagner ce développement numérique. Outre une nécessaire et inéluctable mutation dans notre vie quotidienne, la fibre renforcera aussi l’attractivité de l’archipel, notamment en matière de

Au travers du FEDER et des fonds régionaux, la région accompagne déjà les porteurs de projets sur le volet numérique : des projets où l’innovation est un facteur déterminant mais aussi pour des projets en relation avec la modernisation des outils de travail, l’amélioration de la compétitivité et le développement du e-commerce. Santé, éducation, économie et gestion environnementale sont les 4 thématiques prioritaires. Parmi les axes de développement retenus par la région on trouve ainsi par exemple : - le soutien aux « actions collectives dans le secteur numérique », portées par les clusters et associations locales ; - un appel à projets sur la thématique environnementale « innovation numérique pour une Guadeloupe durable » ;

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La Fibre : késako ? - un appel à projets ou soutien des projets « concourant au maintien à domicile » ; - la sensibilisation et l’accompagnement des collectivités locales à la mise en œuvre de l’open data ; - le début des travaux d’élaboration d’un plan de GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) territoriale sur les besoins en compétences des entreprises du numérique ; - le début des travaux de développement et consolidation d’une offre de formation ouverte et à distance ; - la création d’un réseau d’espaces de coworking en réponse aux nouvelles formes de travail ; - un dispositif « chèques TIC » lancé en 2018, afin d’aider les TPE dans cette transition : une procédure simplifiée pour acquérir du matériel informatique par exemple. Pour structurer et valoriser ce nouvel écosystème, la Région s’appuie sur l’Observatoire du numérique créé en 2014, un portail web* des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) accessible à tous les publics concernés (entreprises, étudiants, associations, etc.). Outre les appels à projets, chacun peut y retrouver les aides et dispositifs d’appui aux entreprises, des offres d’emploi, de stages, de formations spécifiques ainsi que toutes les actualités et évènements liés au numérique sur le territoire. * www.guadeloupe-numerique.fr Le chemin vers le très haut débit et le « tout numérique » semble enfin promis aux Guadeloupéens dont beaucoup « rament » encore aujourd’hui avec l’ADSL… Télécharger sa musique ou un film full HD en quelques minutes, profiter de la télévision HD et 3D, ne plus débrancher ses installations à l’approche d’un cyclone : vivement 2022 !

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La fibre optique est la technologie la plus récente en matière d’accès à Internet. En pratique, elle permet le transfert des données à grande vitesse via la lumière. Cette dernière transite par un câble contenant des fils de verre ou de plastique aussi fins que des cheveux. Le déploiement de la fibre nécessite la création d’un nouveau réseau totalement indépendant, que cela soit du réseau téléphonique ou du câble. Sur ce réseau, les données peuvent être transmises rapidement sur des centaines voire des milliers de kilomètres. Le développement de la fibre va de pair avec l’évolution des usages et des besoins croissants des individus (particuliers et entreprises). On notera toutefois que l’installation de la fibre optique est généralement observée dans les zones à forte densité de population. Cela s’explique notamment par les coûts liés au déploiement d’une telle technologie. (source : Orange)

Le chemin vers le très haut débit et le « tout numérique » semble enfin promis aux Guadeloupéens dont beaucoup « rament » encore aujourd’hui avec l’ADSL…

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Les énergies renouvelables :

La géothermie C’est l’énergie la moins chère et la plus stable, qui -si elle est bien gérée- est pratiquement inépuisable ! Elle peut produire de l’électricité 7 jours sur 7, 365 jours par an. En Guadeloupe, la société américanoisraélienne ORMAT a racheté l’usine de géothermie de Bouillante en 2016. Actuellement l’usine produit 6% de l’électricité de Guadeloupe mais avec les gros investissements en cours et l’expertise d’Ormat, leader sur le marché depuis plus de 50 ans, la part de la géothermie va augmenter progressivement pour fournir à terme environ 15% du mix énergétique.

vers l’indépendance énergétique de la Guadeloupe ? Les outre-mer sont souvent considérés comme le laboratoire des énergies renouvelables et sont pionniers en la matière. La loi de transition énergétique de 2015 a fixé aux autorités ultramarines un objectif ambitieux : 50 % d’énergies renouvelables en 2020 et l’autonomie complète en 2030. Le décret n°2017-570 validant la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) de Guadeloupe 2016-2023 a fixé les orientations de la politique énergétique du territoire pour une transition vers une économie décarbonée. La Guadeloupe a fait le choix de valoriser l’ensemble de ses atouts naturels lui permettant ainsi de recourir à une diversité d’énergies renouvelables (géothermie, éolien, hydro-électricité, solaire, biomasse). La part des énergies renouvelables dans le mix électrique du territoire augmente régulièrement et atteint 20% en 2018.

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Le solaire C’est l’énergie de l’avenir ! Le souci : c’est une énergie intermittente puisque liée à l’ensoleillement, il faut donc stocker l’énergie avec des batteries, ce qui a un coût. Cependant cela revient beaucoup moins cher qu’auparavant grâce notamment à la baisse des coûts des matériels, ce qui la place à peu près au même niveau que le nucléaire sur les grandes fermes solaires. C’est aussi l’énergie renouvelable qui se développe le plus rapidement. En Guadeloupe, les fermes photovoltaïques sont visibles un peu partout à Petit Canal, à Basse Terre, à Marie Galante et aux Saintes et produisent environ 5% du mix global. C’est une technologie simple mais elle est aussi grande consommatrice de foncier, ce qui incite à limiter son développement au sol sur de petits territoires comme nos îles. Leur taille est donc limitée à 4 hectares. En revanche l’axe de développement sur les toitures est plus intéressant. Si aujourd’hui le photovoltaïque concerne surtout les entreprises ou les administra-

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Eoliennes Amar tions comme la Région, l’avenir est à l’autoconsommation pour les personnes privées également. Plafonnant aujourd’hui à 5%, le solaire devrait atteindre 15% du mix à l’horizon 2030.

L’éolien Les premières éoliennes sont apparues en 1993 à la Désirade. Aujourd’hui on compte 12 fermes (Grande-Terre, La Désirade, Marie-Galante et Les Saintes) pour une production de 60MWh soit 3% de l’électricité totale. Avec des conditions climatiques favorables, cette part pourrait être beaucoup plus importante mais le développement se heurte à deux contraintes : les réticences de la population -les éoliennes sont souvent considérées comme une nuisance esthétique voire sonore dans le paysage- et l’interdiction d’installation à proximité du radar météo du Moule. Toutefois, une nouvelle ferme va être mise en service à Sainte Rose et des projets sont à l’étude pour le nord de Grande-Terre et Marie Galante. De grosses PME nationales privées comme Quadran et Akuo sont partie prenante. Moins spectaculaire mais allant dans le renforcement de l’éolien : les anciennes éoliennes de petite taille sont régulièrement rem-

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Bagasse

La biomasse

de développement d’environ 65 MW supplémentaires d’ici 2023. Actuellement, seule la bagasse, résidu de canne à sucre est valorisée comme source d’énergie. L’usine thermique du Moule en particulier doit fonctionner à la bagasse en remplacement du charbon avec un objectif de production de 43 MW d’ici 2023. La part des énergies renouvelables dans la production d’électricité passera ainsi de 20,5 % à 35 %. A terme toutes les usines à charbon vont passer au « tout biomasse ». C’est pourquoi il est impératif de développer toutes les sources existantes sur le territoire : déchets verts, paille, sciures, déchets de coupe et même une partie des ordures ménagères récupérables grâce à la technologie du tri optique.

En Guadeloupe, les fermes photovoltaïques sont visibles un peu partout

La biomasse correspond à l’ensemble de la matière organique d’origine végétale ou animale. Elle est utilisée à des fins énergétiques pour la production d’électricité, de chaleur et de froid. L’un de ses atouts est d’être renouvelable : il n’y a pas de risque de pénurie à plus ou moins long terme, comme c’est le cas pour les énergies fossiles. Cette ressource est aussi un facteur de développement économique en plus de l’autonomie énergétique du territoire. Le développement de la biomasse-énergie constitue un des axes prioritaires de la politique énergétique régionale de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE). Elle prévoit l’utilisation de la biomasse en priorité en substitution du charbon et a permis d’identifier sur le territoire guadeloupéen un potentiel

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placées par de plus grosses et plus puissantes (on appelle cela le « repowering ») comme cela a été récemment le cas à la Désirade. En 2019, le parc désiradien de la Montagne produira plus de deux fois la consommation électrique de l’île en multipliant par 3 la production d’énergie, tout en divisant par 4 le nombre d’éoliennes.

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du covoiturage et des transports en commun, l’indispensable travail sur le long terme concernera la généralisation du véhicule électrique. Aujourd’hui encore chères, il se vend quand même une cinquantaine de voitures par an, mais elles se développeront significativement à l’horizon 2030. Et le but sera atteint le jour où les Guadeloupéens rechargeront les batteries de leur voiture électrique avec l’énergie qu’ils produiront eux-mêmes… L’autoconsommation, chiche ? Ferme photovoltaique Guenette Mais la transition énergétique ne pourra pas se faire sans une profonde modification des comportements. Du côté des particuliers, les incitations à faire des économies d’énergie via de grandes campagnes de communication comme en 2018 tendent à porter leurs fruits : la consommation a tendance à baisser ou du moins à stagner. Le choix de matériels plus écologiques (normes A+++ en électro-ménager, lampes LED, chauffe-eau solaire, etc.) rentre dans les mœurs même si ce n’est pas suffisant. Dans le domaine du BTP, les pratiques de construction évoluent vers le « bâtiment exemplaire » dans le neuf et la rénovation : nouveaux matériaux isolants aussi bien pour les toits que pour les murs, démocratisation des panneaux photovoltaïques… Le gros point noir reste les transports, les plus gros consommateurs d’énergie ! Outre le développement

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Le futur parc éolien de Sainte Rose : une nouvelle génération d’éoliennes Le parc comptera 8 éoliennes réparties sur 12.000 m2 pour une puissance cumulée de 16 MW et devrait produire 35 gigawatt-heure, l’équivalent de la consommation de 17.000 personnes. Dotées de turbines anticycloniques adaptées aux conditions climatiques extrêmes de la région, les éoliennes de Sainte-Rose pourront résister à des vents cycloniques de 150 km/h et disposeront d’un système de stockage sur batteries (« Energy Management System »), couplé à un « smart grid » (réseau d’électricité intelligents), pour sa gestion. Avec l’installation de cette centrale éolienne d’un budget global de 50 millions d’euros, financé par Valorem (65%), la Caisse des Dépôts (30%) et Guadeloupe-EnR, une société d’économie mixte locale (5%), la Guadeloupe se positionne comme la locomotive de l’énergie renouvelable aux Antilles françaises.

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Urbanisme et tourisme : le projet ROYAL KEY au Moule Un projet d’urbanisme d’envergure, d’une superficie de 7 hectares, qui réunira sur un même site complexes touristiques et de loisirs, services et commerces de proximité et quartier résidentiel de standing, est en train de sortir de terre sur la presqu’île de la Baie, idéalement située à l’entrée de la ville du Moule. Il intégrera un centre de Thalassothérapie et Spa Serge Blanco.

BatiMag97 a rencontré Jean-Michel Daveira, Directeur des territoires et des filiales de la SEMSAMAR, partenaire du projet et propriétaire du foncier.

Qui est à l’origine du projet ROYAL KEY ? L’opération d’aménagement du site emblématique de la presqu’ile de la Baie du Moule est le fruit d’un partenariat réussi entre la SEMSAMAR et la Ville du Moule. La vision affirmée de la commune était de s’appuyer sur le potentiel touristique de ce site exceptionnel, laissé à l’état de friche hôtelière depuis 1998, pour relancer le tourisme sur son territoire, et en faire un axe majeur de développement. Ce foncier, acquis par la commune en 2007, a été cédé à la SEMSAMAR en 2011, avec pour mission de mettre en œuvre cette vision de développement touristique du territoire.

Quand a débuté la mise en œuvre de ce projet ? Ce n’est qu’en 2015, au terme d’un long processus de maitrise foncière, que la SEMSAMAR a pu engager l’aménagement de cette opération propre, et lancer le projet ROYAL KEY sur les 7ha de la presqu’île de la Baie du Moule. Ainsi, depuis 2015, la SEMSAMAR y aménage et construit un grand pôle de vie, de loisirs et de tourisme, en partenariat avec la Région et la Ville du Moule. Totalement intégré dans la vision globale d’aménagement et de développement portée par la ville, le projet est un maillon de la séquence d’entrée de ville et est inscrit directement dans son Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD). Ce projet intègrera un centre de thalassothérapie-spa sous enseigne « Serge Blanco », de nombreux commerces et services de proximité, ainsi qu’une large offre de logements neufs accessibles à tous (résidences de standing, résidence sociale et résidence en location-accession).

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Où en sont les différents programmes immobiliers et leur commercialisation ? L’aménagement est terminé sur la moitié résidentielle Est du site, et d’ores et déjà les 132 appartements et villas (intermédiaire ou standing) livrés préfigurent la qualité et le soin apportés à l’ensemble du site. En décembre 2017, ont été inaugurées les résidences « Atlantis Bay » (18 appartements T2 et T3), « Coconut Grove » (17 villas T4), « Ocean Front » (24 studios et appartements T2).

Quel est le calendrier de construction des autres programmes ? Une autre tranche comprenant 84 lots est en cours de construction et sera livrée en 2018/2019. Elle verra l’offre résidentielle s’enrichir de 50 appartements à la location en intermédiaire, et de « Mangrove Gallery », véritable îlot au cœur du site regroupant 6 appartements et 20 locaux à usage professionnel ou commercial dédiés aux services de proximité, aux commerçants et professionnels de santé. Et enfin, avec leur vue mer imprenable, les 14 lots à bâtir de haut standing du lotissement « Atlantis Waves » viendront parachever une offre diversifiée de 220 lots en 3 ans.

A quel moment la thalasso Serge Blanco sera-t-elle construite ? La livraison du complexe Hôtel-Thalassothérapie-Spa Serge Blanco est prévue en 2020, et sera suivie de près en 2021 par 2 résidences de Tourisme (la résidence « l’Or Bleu » de 30 appartements et la résidence « Corail » de 80 appartements), ainsi que par l’ « Esplanade », véritable belvédère et cœur d’animation touristique du site, dans la continuité du boulevard maritime auquel le site est relié par une passerelle piétonne accédant au spot de surf. Le point final de cet aménagement d’ensemble verra en 2022 l’achèvement de « Bay Towers », deux majestueuses tours, signal d’entrée de ville.

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France-Martinique-Guadeloupe

En quoi ce projet s’inscrit-il dans une perspective de développement durable ? Le projet d’ensemble, y compris sa composante Hôtel - Thalassothérapie, s’impose comme projet écoresponsable et environnemental, et un volet entier y est consacré dans le cadre des études préalables. Au-delà, un des objectifs est de créer à travers ROYAL KEY un quartier de ville exemplaire : un modèle en terme d’ « énergie circulaire » autour du photovoltaïque (toitures, candélabres solaires...) et de l’ « électromobilité » notamment.

Quelles sont les répercussions attendues au niveau de l’offre touristique ? En créant le premier centre de thalassothérapie de la Caraïbe francophone, la Guadeloupe a le potentiel pour devenir la figure de proue de l’expertise française dans la santé et la remise en forme par l’eau de mer, sur toute la zone caraïbe et nord-américaine. En proposant une thalassothérapie sous les tropiques, la destination Guadeloupe va pouvoir conquérir une part du marché que les pays nord-africains ont investi depuis 20 ans. Cet hôtel-thalasso sous ligne « Serge Blanco » est, par ailleurs, un projet touristique structurant pour la Guadeloupe, et singulièrement pour la ville du Moule en tant que pôle d’équilibre économique du Nord Grande-Terre. Il propose une offre touristique unique dans la Caraïbe particulièrement innovant, complémentaire à l’offre existante en terme d’équipement et d’hôtellerie. Il est également cohérent avec la fréquentation répétitive que connait l’archipel. Il contribue à la diversification du « produit touristique Guadeloupe », par des équipements à rayonnement international, à l’instar du Mémorial Acte ou de l’aménagement de la baie du Pain de Sucre aux Saintes ; sites qui ont valu à notre archipel 2 satisfécits, et pour lesquels la SEMSAMAR a œuvré aux côtés de la Région, de l’Etat et des collectivités.

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Karukera Bay et l’aménagement du front de mer, quartier historique de Pointe-à-Pitre

Qui peut investir dans les différents programmes de ROYAL KEY ? La « Foncière de la Baie », qui porte les murs du projet ainsi que les subventions allouées par la Région et l’Europe, est une opportunité unique d’investissement pour des institutionnels nationaux voire internationaux et le secteur privé local. Pour les particuliers, ROYAL KEY offre d’ores et déjà plusieurs opportunités d’investissements immobiliers, à leur portée… mais également orientées sur un secteur économique local porteur, endogène et résilient : le tourisme !

Guadeloupe Port Caraïbes, le représentant de l’Etat, le Président de la Région Guadeloupe et l’ensemble des partenaires ont signé le 6 avril 2018 un protocole destiné à préfigurer la réalisation de « Karukera Bay », projet de front de mer de Pointe-à-Pitre. Qu’en est-il de ce projet ambitieux qui devrait métamorphoser et réhabiliter « la porte d’entrée de l’île » ?

Le centre de Thalasso et Spa Serge Blanco, véritable locomotive du projet Serge Blanco, à travers sa société SBLC, est reconnu comme l’un des pionniers de la thalassothérapie en France et dispose d’une expérience de plus de vingt ans dans ce domaine. Le projet s’ancre dans un positionnement d’avenir : le tourisme de santé préventive et de remise en forme et se démarquera des « spas de bien-être». Avec deux piscines, un spa marin, trois restaurants, une grande salle de séminaire dédiée au fitness et au sport ainsi qu’un hôtel quatre étoiles de 102 chambres, complété par 125 appartements en résidence de tourisme, le complexe face à la mer présente les conditions d’implantation idéales : emplacement littoral et climat marin.

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L’objectif de Guadeloupe Port Caraïbes est de « fixer davantage sur le territoire la valeur portée par les passagers de la croisière, de créer une meilleure intégration du port dans l’agglomération et au-delà de mieux le relier à l’archipel ». En effet la volonté de lancer cet énorme chantier repose sur plusieurs constats. Pour Yves Salaün, Président du directoire de Guadeloupe Port Caraïbes, l’activité croisière - en pleine expansion dans la zone caraïbe - va être freinée en Guadeloupe, voire régresser en raison de la vétusté de la zone portuaire de Pointe-à-Pitre, l’absence d’offres commerciales, de restauration et de divertissements en ville. Avec plus de 700 emplois sur l’archipel et l’accueil aujourd’hui de 350 000 croisiéristes, même si les DOM ont commencé à rattraper leur retard, ils occupent encore une position inférieure à leur potentiel sur ce marché. La Guadeloupe doit donc renforcer sa position sur le marché d’autant que le développement touristique

durable est un objectif prioritaire des politiques publiques pour les outre-mer. A terme, le projet doit créer les conditions pour la croissance de l’activité croisière, et notamment de l’activité port base qui génère des retombées économiques importantes sur le trafic aérien et la logistique terrestre allant des vols à l’avitaillement et les nuitées d’hôtel.

A terme, le projet doit créer les conditions pour la croissance de l’activité croisière

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Mettre en valeur le patrimoine exceptionnel et unique de la Guadeloupe

Le projet KARUKERA BAY présente une vision globale de développement économique du front de mer à travers plusieurs axes : les paquebots « nouvelle génération » nécessitent des infrastructures adaptées que le port ne possède pas encore, il devra donc les créer. Un certain nombre d’activités portuaires actuellement

implantées sur le secteur de la Promenade (pilotage, lamanage, remorquage, siège du GPMG) seront déplacées et regroupées. La darse, cœur historique portuaire de Pointe-à-Pitre sera réaménagée pour être reliée par une voie piétonne au Mémorial ACTe, au nouveau marché, au Yacht Club ainsi qu’à la nouvelle zone commerciale. Ses installations accueilleront tant la petite que la grande plaisance. La Promenade, principal lieu d’amarrage des bateaux de croisière donne sur la vieille ville et accueille les touristes descendant des paquebots. Ses équipements vieillissants seront transformés et feront d’elle le centre touristique de la ville en liaison directe avec le centre-historique et le front de mer. Le Terminal de croisière et son nouveau « pier » (quai) accueilleront simultanément deux navires de 345 mètres et leurs passagers. Et enfin, le parc nautique (Guadeloupe Grand Large) sera installé au nord du front de mer (zone de Lauricisque). Il proposera une nouvelle offre de services, une zone commerciale et de restauration, un amphithéâtre…

les terminaux 1 et 2, le réaménagement des espaces publics autour de la Darse, et le tracé du Green Loop (La Voie Verte) reliant le front de mer aux quartiers limitrophes de Pointe-à-Pitre. A moyen et long terme suivront le développement de la Promenade et la construction du nouveau « pier » (quai). D’ores et déjà, un léger aménagement de la darse de Pointe-à-Pitre vient d’être achevé et le marché d’assistance à maitrise d’ouvrage pour le management du projet KARUKERA BAY a été attribué à la SEMAG.

Bien que le montant du budget ne soit pas encore arrêté, on parle d’une estimation de 200 millions d’euros, dont 60 pour la réalisation d’une nouvelle gare maritime. C’est en effet l’enveloppe pour des travaux de ce type dans d’autres parties du monde. Les aménagements de chaque zone pourront intervenir progressivement. Ils seront étudiés en tenant compte des financements mobilisés (publics-privés, porteurs du projet), de l’évolution des besoins et des conditions du marché. Le projet qui s’inscrit dans un horizon de moyen-long terme (15-20 ans) n’en est qu’à ses débuts et les études préliminaires ne font que commencer. Au-delà des travaux de préfaisabilité, les actions à court terme vont concerner notamment l’amélioration de la zone de transit des passagers à l’interface ville-port entre

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A quoi ressemblera le front de mer du futur ? LA DARSE La Darse est le cœur historique portuaire de Pointe-à-Pitre, véritable lieu de rencontres et d’échanges des visiteurs et des résidents. Les réaménagements prévoient de mettre en valeur la Darse en la reliant par une voie piétonne au Mémorial ACTe, à la place de la Victoire, au nouveau marché, au Yacht Club ainsi qu’à la nouvelle zone commerciale située près des quais. Les installations de la Darse accueilleront tant la petite que la grande plaisance. LA PROMENADE La Promenade est le lien essentiel entre l’espace croisière, la Darse et le centre historique de Pointe-à-Pitre. Ces trois quartiers urbains du front de mer seront transformés pour accueillir une zone commerciale et ludique. Un nouvel hôtel de 80 à 120 chambres ancrera la Promenade face à l’océan à proximité du Mémorial ACTe et de la Darse. Un parking sur trois niveaux, le long du quai Ferdinand de Lesseps, complètera cet aménagement.

Actus Le président a posé la première pierre du CHU Dans le cadre de son déplacement aux Antilles, Emmanuel Macron a posé la première pierre du nouveau Centre Hospitalier Universitaire (il semblerait qu’il s’agisse plus d’un isolateur parasismique que d’une pierre) le 29 septembre dernier. Déjà très vétuste, le bâtiment avait été ravagé par les flammes il y a plus d’un an. Depuis, le personnel s’organise pour assurer les soins dans des conditions logistiques et sanitaires pénibles. Le chef de l’état a profité de cette visite pour échanger avec les autorités et le personnel hospitalier dont il a vanté « l’exemplarité et la vaillance » dans son discours. Le programme de sa visite sur l’île concernait aussi l’eau et les sargasses.

LE TERMINAL DE CROISIERE Il s’agit dans un premier temps de faire évoluer les terminaux pour maintenir leur attractivité et fonctionnalité. À court terme, de petites améliorations seront apportées aux terminaux, aux quais et aux portes côté ville existants afin de permettre à ces installations de continuer d’accueillir les croisiéristes. La partie supérieure du terminal croisière 1 (Hangar 6) sera transformée en un toit végétal urbain offrant une terrasse avec vue panoramique sur le port. À moyen terme, un nouveau ‘’pier’’ (quai) et un terminal moderne permettront d’accueillir simultanément deux navires de 345 mètres et leurs passagers. Des passerelles déboucheront sur le nouveau terminal conçu et aménagé sur la base d’un bâtiment existant à usage polyvalent. Des parkings, accès cars et taxis seront créés. LE PARC NAUTIQUE Le Parc Nautique (Guadeloupe Grand Large) sera installé au nord du front de mer (zone de Lauricisque). Il a vocation à dynamiser une nouvelle offre de services dans le domaine du nautisme. Le plan d’aménagement prévoit l’implantation de pontons flottants, d’une mise à l’eau, d’une zone commerciale et de restauration, d’un amphithéâtre et d’un parc en front de mer. La zone de stationnement voisine pourra être transformée en un espace multifonctionnel pour accueillir des événements internationaux liés au nautisme (régates, salons).

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Le projet s’engage à offrir des bénéfices directs aux résidents et aux commerçants. Cette zone de vie, génératrice d’activités permanentes, apportera de nouvelles opportunités d’affaires et d’emplois durant les phases de construction et pendant l’exploitation, avec pour les professionnels du BTP différents types de construction à réaliser : un pier, un hall croisière, une bande verte, des toits végétalisés, des parcours piétons, des commerces, des parkings… La clé du succès du développement de Karukera Bay réside bien dans l’optimisation des retombées économiques et sociales pour la Guadeloupe !

C’est le cabinet américain Land Design qui a réalisé les premières maquettes. Depuis 40 ans, ce cabinet d’architectes paysagistes, ingénieurs civils, urbanistes est mondialement réputé pour ses travaux, notamment en matière d’aménagement de front de mer (Asie, Europe, Amérique, Caraïbe, …). * GPMG Grand Port Maritime de la Guadeloupe.

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1.Village marina et parc nautique (+/- 4 500 m2) 2. Gare maritime régionale (+/- 4 000 m2) 3. Parc urbain et « He Green Loop » 4. Nouveau terminal croisière (+/- 12 000 m2) et quai croisière (345m) 5. Terminal croisière existant avec terrasse végétalisée (+/- 3 000 m2) 6. Marché artisanal « Karuland » (+/- 600 m2) 7. Zones de transport terrestre 8. Parking à silo avec espace commercial en rez-de-chaussée (+/- 180 espaces) 9. Promenade et centre commercial (+/- 8 000 m2) 10. Hôtel (+/- 1 000 m2) 11. Base nautique « Grand Yacht » 12. La Darse 13. Pont d’accès piétonnier au musée Mémorial ACTe 14. Zone d’aménagement futur de la ville 15. Musée Mémorial ACTe

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D’ici... Une nouvelle Centrale électrique en Guyane à l’horizon 2023 La centrale actuelle de Dégrad-des-Cannes, mise en service en 1982, a dépassé sa durée de fonctionnement initiale et, n’étant plus conforme aux normes réglementaires d’émissions, ne pourra plus fonctionner au 31 décembre 2023. Il a donc été décidé de la construction d’une centrale électrique hybride dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de Guyane. Ce projet, situé sur le secteur du Larivot (commune de Matoury) sera constitué d’une partie thermique (120 MW) et d’une partie photovoltaïque (10 MW). La demande en énergie (928 GWh en 2017) est en forte croissance, à l’image du territoire avec des prévisions de hausse de 3 à 4% par an pour les 15 années à venir. Même si la Guyane est un territoire avec un très fort taux d’énergies renouvelables (67% en 2017), la centrale thermique permet de compenser les fluctuations de la production hydraulique, tout particulièrement du barrage de Petit Saut qui représente 58% de la production globale. Source chiffres : EDF SEI

6 collèges et 3 lycées en construction avant 2020 Comme l’expliquait Rodolphe Alexandre, Président de la Collectivité Territoriale de Guyane : « Nous sommes aujourd’hui, après l’Île de France, la deuxième région de France en termes de volume de construction

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avec un montant global de 400 millions sur les 5 années à venir. » 3 lycées (Maripasoula, Saint-Georges et Macouria) et 6 collèges (Saint Laurent du Maroni, Saint-Georges, Matoury, Cayenne, Rémire-Montjoly et MontsinéryTonnegrande) permettront d’absorber la croissance

démographique mais également permettre aux jeunes d’étudier au plus près de leur domicile. Actuellement ils sont 35.000 élèves scolarisés dans le second degré et l’évolution démographique de la Guyane nécessitait de façon très urgente un rattrapage du retard structurel constaté depuis plusieurs années.

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CAPTER

Actus

Actus Urbanisation spontanée, plus de 40% des constructions se font sans autorisation d’urbanisme C’est l’un des constats relevés par l’Agence d’urbanisme et de développement de la Guyane (AUDEG) dans une étude publiée en novembre dernier. Cette étude porte sur l’année 2015 et note, sur les 9 communes étudiées, l’installation de 37.287 constructions spontanées, soit le double par rapport à 2001. La situation est très différente d’une commune à l’autre puisque ce chiffre est, par exemple, de 19% à Cayenne contre 80% à Montsinéry-Tonnégrande. Dans l’ouest guyanais, Saint Laurent du Maroni et

Mana, ce chiffre atteint respectivement 59 et 62 %, là encore bien au-delà de la moyenne. L’un des constats de cette étude est le nécessaire renforcement de la police de l’urbanisme afin de lutter contre ce phénomène mais également l’importance d’engager une sensibilisation de l’ensemble des acteurs, dont le grand public afin de gérer au mieux l’urbanisation globale de la Guyane pour les 20 années à venir.

Source : http://www.audeg.fr/ftparuag/aruag/ressources/docs_telechargement/Ob-Hab_6.pdf

Opération d’Intérêt National (OIN*), le premier projet, présenté par la ville de Cayenne et l’EPFA Guyane, sera le parc urbain de la ZAC Palika Présenté comme «un trait d’union entre les habitants et deux communes, Cayenne et Remire-Montjoly» par Denis Girou, Directeur de l’EPFAG, il permettra de désenclaver le secteur par une connexion entre les quartiers tout en facilitant la mobilité. Le parc sera divisé en deux grands espaces : un espace à l’ouest dédié aux équipements sport et loisirs (jeux pour enfants, aires de détente, ilet artificiel avec jeux d’eau, city stade) et un espace à l’est accueillant un parc nature très arboré aménagé avec un sentier de promenade, des aires de pique-nique, un boulodrome ainsi que des parkings vélo à l’entrée et à la sortie du parc.

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*OIN : L’Opération d’intérêt national est une grande opération d’urbanisme partenariale, avec l’engagement prégnant de l’État sur le territoire, considéré comme prioritaire. Elle va permettre de changer de stratégie en matière de développement urbain et d’accélérer la construction de logements et d’équipements pour rattraper le retard de la Guyane. Source : DEAL Guyane

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CAPTER

Actus

Ariane 6 : Le chantier avance Un projet à 600 millions qui permettra à la future fusée de réduire ses coûts de lancement de moitié par rapport à Ariane 5, le chantier devrait s’achever à la fin du 1er trimestre 2019 pour une mise en service effective dans le courant de l’année 2020 (le premier vol d’Ariane 6 est prévu en juillet). L’enjeu est de taille puisqu’il y va de la survie du lanceur européen face, notamment, à la concurrence du projet Space X de l’américain Elon Musk, mais également des lanceurs chinois, russes ou encore brésiliens. Au total, ce sont près de 800 personnes qui s’affairent sur ce chantier qui aura nécessité 55 000 m3 de béton pour sa construction et redonner ainsi un nouvel élan au port spatial européen de Kourou.

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Construire

la ville équatoriale durable Privilégier le long terme afin de permettre aux générations futures de vivre en harmonie avec leur environnement. La Guyane mise sur la construction respectueuse et durable, tout particulièrement par le développement des éco quartiers à Rémire-Montjoly et Cayenne.

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Construire la vil e équatoriale durable en Guyane est un enjeu fort des prochaines années En effet, la Guyane est un territoire en pleine mutation, avec une croissance démographique hors-normes, des besoins en équipements très fort, et des spécificités naturelles, géographiques, économiques et sociales. Cela demande des réponses originales et volontaristes qui ne pourront être apportées que par des collectivités et des acteurs sensibilisés et motivés. Aménager durablement un territoire, c’est trouver un juste équilibre entre préservation des ressources, attractivité du territoire, modernité et pérennité de la vie de quartier. Le concept de ville durable s’appuie sur de nouvelles façons de concevoir et de vivre sur le territoire, en accord avec les attentes de la population : habiter, circuler, travailler, apprendre, communiquer, valoriser les ressources locales... Impulsée par la Direction de l’Environnement, de l’aménagement et du Logement (DEAL), cette démarche de conseil et d’assistance aux collectivités et aux professionnels les aident à traduire ces politiques dans leurs projets, à expérimenter, à innover.

© Urban Water

La vision globale des aménagements sur le territoire permet aussi à la DEAL de disposer de retours d’expérience, de valoriser les tentatives intéressantes, de faire progresser l’ensemble des collectivités, des professionnels et des citoyens pour construire ensemble la ville durable adaptée au contexte amazonien.

Le concept de ville durable s’appuie sur de nouvelles façons de concevoir et de vivre sur le territoire, en accord avec les attentes de la population

Définir la stratégie

Les documents d’urbanisme (Schéma de cohérence territoriale, plan local d’urbanisme) permettent aux collectivités, de fixer leurs objectifs d’aménagement durable à moyen terme : transports, équipements structurants, commerces, habitat, tourisme, communications, espaces naturels, patrimoine, ressources. Le plan-programme initié à Saint-Laurent-du-Maroni est un outil stratégique et opérationnel avec une vision prospective à 20 ans. Les autres documents stratégiques déclineront le plan-programme.

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intervention sur les dents creuses, recyclage urbain. Elles participent à l’économie locale en favorisant le commerce, les services et les équipements de proximité, la mobilité douce, le cadre de vie.

Répondre aux besoins des populations EQ Hibiscus

Cette expérience pourrait être développée sur d’autres territoires à enjeux. C’est à ces niveaux que doit s’afficher la politique volontariste pour permettre une approche différente, mieux adaptée au territoire, et favorisant l’innovation.

Favoriser l’émergence de territoires résilients Les démarches de reconquêtes des centres-villes et de revitalisation des centres-bourgs, en lien avec la préservation du patrimoine, permettent de reconstruire la ville sur elle-même et de favoriser la densification :

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Prendre en compte les besoins des habitants, les usages, permet de créer des aménagements adaptés qui seront mieux appropriés. En effet, les habitants sont les premiers usagers qui s’empareront des espaces et équipements publics, qui les feront vivre et qui contribueront au développement d’une vie sociale harmonieuse. Si le logement social est considéré comme très satisfaisant par ses habitants, l’accessibilité, l’environnement, les espaces publics laissent à désirer. Des pistes sont aussi à explorer pour le logement des plus démunis (auto-construction, auto-réhabilitation) et pour l’accession sociale à la propriété (PSLA).

Revaloriser les quartiers dégradés La démolition, la reconstruction, la réhabilitation de logements et d’espaces publics permettent de

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Si le logement social est considéré comme très satisfaisant par ses habitants, l’accessibilité, l’environnement, les espaces publics laissent à désirer EQ Rémire © EPFA Guyane

© Urban Water revaloriser l’image d’un quartier et de le désenclaver, en l’ouvrant sur la ville. Cela favorise l’implantation de nouveaux équipements et limite la ségrégation sociospatiale. La participation des habitants à l’avenir de leur quartier est un volet fort de la gestion du projet. L’environnement culturel, patrimonial ou social est particulièrement pris en compte dans les projets de renouvellement urbain. La présence et la qualité des infrastructures de transports collectifs complètent le dispositif de connexion à la ville.

Financer Le fonds régional d’aménagement foncier et urbain (FRAFU) est un outil au service des politiques locales de l’habitat et de l’aménagement. Il coordonne les interventions financières de l’État, des collectivités territoriales et de l’Union européenne en vue de faciliter la constitution de réserves foncières et la réalisation des équipements nécessaires à l’aménagement d’espaces déjà urbanisés. L’Agence française de développement (AFD) finance des opérations d’aménagement urbain et des projets de construction de logements qui intègrent les principes de développement durable. La Caisse des dépôts et consignations accompagne et finance les acteurs locaux dans leurs projets d’aménagement et de construction.

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Aménager avec le contexte LES GRANDES MARQUES À PRIX DISCOUNT

L’aménagement neuf est souvent synonyme d’étalement urbain, de perte de territoires agricoles ou naturels ; il est aussi générateur de besoins supplémentaires en termes d’infrastructures, d’équipements et de services. Toutefois, il est incontournable au regard des besoins en Guyane. Les impacts peuvent être partiellement compensés par une meilleure prise en compte du contexte naturel (trames vertes et bleues, biodiversité, topographie, risques) et une intégration adaptée. Aménager de nouveaux quartiers, c’est aussi penser à les connecter à la ville existante (transports), au climat (ombre, aération), aux besoins des habitants et des usagers (accès aux équipements et commerces, mixités).

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Deux quartiers ont été reconnus au niveau national comme pionniers en Guyane et ont obtenu le label Eco quartiers étape 2. Ils sont les germes d’un nouveau type d’aménagement développé notamment dans le cadre des OIN.

Les marques distribuées :

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Rémire-Montjoly : Eco quartier Georges Othily

Cayenne : Eco quartier Hibiscus

C’est ici que le premier label a été donné en 2011 avec d’ambitieux objectifs pour ce quartier de plus de 75 ha qui comptera, à terme, près de 1.500 logements, 2 groupes scolaires, 1 collège qui viendront s’ajouter au lycée déjà existant. C’est une architecture bioclimatique qui sera à l’honneur en privilégiant la ventilation naturelle, des orientations face au vent, un grand respect du relief, des débords de toit larges et des écrans de protection solaire. Pour le mobilier urbain, là encore les matériaux locaux (latérite, brique en terre crue de Guyane, bois …) seront privilégiés à la fois pour le mobilier urbain mais également pour les cheminements.

La ville de Cayenne, avec l’EPFAG, crée un nouveau pôle urbain de 25 ha à proximité de l’Université de Guyane et à moins de 2 kms du centre historique de la ville capitale. Cet éco quartier privilégie les circulations douces avec une grande présence des espaces verts. La volonté est également de favoriser la mixité à la fois sociale et générationnelle. L’implantation sur une zone inondable a permis de transformer une contrainte en atout par la construction d’un bassin de rétention de 3 ha qui est également au cœur d’un parcours sportif devenu, en quelques mois, un lieu de rendez-vous incontournable d’un grand nombre de cayennais désireux d’entretenir leur forme.

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En Guyane la technique de la terre dans le bâti ne fait pas exception et a toujours existé

La brique de Guyane Construire avec un matériau respectueux de l’environnement et de la tradition Dans le monde, la terre, comme la pierre ou le bois, a été un des premiers matériaux utilisés par l’homme pour construire. Facilement disponible, la terre a été mise en œuvre suivant différentes techniques, selon les régions et en fonction de ses caractéristiques.

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Pour améliorer celles-ci, la terre a parfois été additionnée de matériaux d’origine minérale ou végétale ou même animale. Jusqu’au début du XXème siècle, la terre non cuite était encore couramment utilisée dans les campagnes françaises pour bâtir fermes et dépendances. Aujourd’hui on estime que l’habitat d’un tiers de l’humanité est encore en terre. La gamme des techniques de mise en œuvre est variée, mais elles n’ont pas toutes eu le même développement.

On peut citer parmi les plus souvent rencontrées, les techniques décrites ci-dessous :

Une des raisons de l’importance de la terre dans la construction est sa disponibilité et sa proximité du site de réalisation de l’habitat. La mise en œuvre doit être relativement aisée et fait appel à un outillage réduit, souvent d’origine paysanne. Pour ces raisons, la construction en terre crue concerne essentiellement le bâti rural, même s’il existe de nombreux exemples de constructions en terre crue en milieu urbain. En Guyane nous utilisons les terres latéritiques abondantes dans notre région, issue de carrières agréées. Parmi les autres avantages de la terre crue, nous pouvons souligner le peu d’énergie que nécessitent sa fabrication et sa mise en œuvre, ses qualités esthétiques, une bonne inertie thermique permettant la régulation des températures, ses caractéristiques hydriques assurant une constante du taux d’humidité et la salubrité de l’air intérieur, ainsi que ses qualités d’isolant phonique pour le bien-être de l’habitat. Signalons également une bonne résistance au feu, la terre cuit mais ne brûle pas car c’est un matériau incombustible (en cours de classification). Le point faible de la construction en terre crue est sa grande sensibilité à l’humidité et à l’eau. Cela ne réserve cependant pas l’utilisation de la terre crue aux régions sèches, il suffit de prendre les dispositions constructives pour palier l’action érosive de l’eau. « De bonnes bottes et un bon chapeau », telle est la règle essentielle de la réalisation de bâtis en terre crue, c’est-à-dire un mur isolé de l’humidité du sol et protégé des intempéries.

Aujourd’hui on estime que l’habitat d’un tiers de l’humanité est encore en terre

Murs composés d’éléments : - L’adobe : brique de terre crue, moulée et séchée au soleil. - La brique de terre compressée : version moderne de l’adobe, la BTC requiert l’utilisation de presse manuelle, mécanique ou hydraulique. - La brique de terre compressée stabilisée au ciment ou chaux pour la résistance à l’humidité. Murs coffrés : - Le pisé, pour lequel la terre est coffrée entre 2 banches. Murs à ossature bois : - Le torchis, mélange de terre et fibres végétales disposé entre les éléments porteurs en bois d’une construction.

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ENSEMBLE

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BTC (Bloc de Terre Compressé) : est un bloc de terre compacté dans une presse. C’est une approche quasi industrielle de l’adobe, dans la mesure où il y a une standardisation du modèle fabriqué et un accroissement de la productivité liée à l’utilisation de machines, parfois rudimentaires, mais aussi perfectionnées et multitâches. Composition Les BTC sont de la terre tamisée (0,5 à 0,8 mm au tamis) très légèrement humide qui est fortement comprimée à l’aide d’une presse. Les BTCS sont adjuvantées de chaux hydraulique (entre 18 et 22 %). Le mur est chaussé de bonnes bottes quand il repose sur un soubassement qui va faire barrière contre les remontées d’humidité. Ce soubassement doit aussi protéger le mur en terre crue des projections de la pluie sur le sol environnant. Traditionnellement il s’agissait de soubassements en pierre ou briques cuites sur lequels le mur en terre crue était ensuite bâti. Aujourd’hui, un soubassement en béton ou parpaings pleins tels que nous les rencontrons dans nos constructions conventionnelles est utilisé. Quant au chapeau, il s’agit de protéger le mur de l’action de la pluie sur son arase. La protection peut aussi tenir compte des vents dominants et du risque de ruissellement sur le parement du mur. (Débords de toits, auvents et traitement complémentaire de surface par un hydrofuge pour les façades exposées…)

Les différents types de briques BTCS (Blocs de Terre Compressé Stabilisé) : est un bloc de terre stabilisé, répondant à la norme AFNOR XP P13 - 901. Il est composé de terre et de liant, sans aucun traitement chimique ni aucune cuisson, entièrement recyclable, ce produit a un impact sur l’environnement quasi nul.

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Les atouts de la BTCS Ecologique : composée essentiellement de terre latéritique, d’argiles, sable et gravillons et un peu de ciment, fabriquée sans cuisson. Procure du confort : thermique, hygrométrique et phonique excellent grâce à son inertie thermique et sa masse, un mur en BTCS apporte un confort thermique, régulation de l’hygrométrie et isolation phonique. Offre une bonne résistance : la résistance à la compression d’une BTCS s’échelonne selon la norme BTCS 20 (2mpa-20kg/cm²), BTCS 40 (4mpa-40kg/ cm²), 60 BTCS (6mpa-60kg/cm²). Présente un intérêt architectural et esthétique : en cloison, en mur porteur, la BTCS permet une richesse de formes, et de motifs variés dans son utilisation. Simple à mettre en œuvre : la BTCS se monte avec un mortier de terre amendé. Les règles de construction sont simples à suivre. Principales applications de la BTCS Mur porteur, mur de remplissage, cloison, mur capteur, mur trombe, contre cloison. Les atouts de la BTC Écologique : la terre crue est 100 % naturelle. Produite avec seulement 0.2 kwh/m² d’énergie, la MecoBriq est 3 fois plus propre qu’un parpaing et 7 fois plus qu’une brique pleine cuite.

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Économique : la matière première est gratuite, Il n’y a pas de transport, et pas de cuisson. Sur les petits ouvrages, l’absence de mortier réduit les coûts de montage du mur en matériaux et main d’œuvre. Confortable : respirant, la MecoBriq régule l’hygrométrie du bâtiment. Chaude l’hiver et froide l’été, elle régule la température. La BTC est le matériau idéal pour apporter l’inertie thermique dans votre maison. Dans une maison en terre crue, on se sent bien ! Principales applications de la BTC Les briques de terre crue 06.201, permettent de réaliser des cloisons apportant de la masse thermique et régulant l’humidité. Ces briques sont adaptées à la réalisation de murs porteurs et de cloisons massives, ainsi que pour la réalisation de doublages intérieurs. Toutes ces briques se maçonnent de préférence avec des mortiers terre : - Faces supérieure et inférieure lisse (plat) - Faces latérales lisses (chant).

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Construire en BTC c’est contribuer au développement économique du pays en créant parallèlement des logements et des emplois : - Limiter l’importation de main d’œuvre étrangère : main d’œuvre locale à 100%. - Eviter l’importation de préfabrications extérieures : fabrications sur place à 100%. - Ménager l’importation massive de matériaux de construction : la matière est sur place et exploitable à l’infini. - Assurer la formation permanente sur site des intervenants liés au projet, garantissant en local la poursuite des constructions en autonomie.

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3 questions à Stéphane Lambert, PDG de La Brique de Guyane

Aujourd’hui, quelles sont les principales réalisations existantes en Guyane ? Nos réalisations portent essentiellement sur des villas. Plusieurs projets sont également en cours dans l’éco quartier de Rémire. Quelques réalisations dans des locaux professionnels. Assez souvent nous sommes proposés par des architectes. Au-delà nous avons remarqué que plusieurs personnes réalisent des projets en auto-construction.

Spécialiste de la fabrication sur mesure de menuiseries extérieures en Aluminium, Aluver propose un grand choix de menuiseries : porte-fenêtres, baies coulissantes, jalousies sécurity, gardes-corps, moustiquaires, volets roulants ... Aluver offre la plus large gamme de vitrage en fonction de vos besoins : isolation acoustique - contrôle solaire - verres feuilletés de sécurité. Nos fenêtres et portes Technal, leader européen des menuiseries aluminium, sont testées aux normes Aev et proposées dans un large choix de finitions laquées. Toutes ces finitions sont labellisées Qualicoat et Qualimarine afin de garantir la qualité et la pérennité des produits Technal dans le temps.

La BdG a été certifiée au niveau européen, pouvez-vous nous expliquer l’importance de cette reconnaissance ? Cette certification par un tiers habilité permet de garantir que la brique de Guyane respecte la norme NF-EN-771-3. A ce titre la Brique de Guyane devient un matériau utilisable comme le parpaing ou le bois par exemple. C’est donc un matériau local, avec tous les avantages de la terre, utilisable pour les logements, les locaux professionnels et les bâtiments publics.

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Quels sont vos projets de développement ? Maintenant que le produit est abouti l’objectif est d’en augmenter l’utilisation en Guyane. Le déploiement de la connaissance de la brique auprès des différents acteurs de la construction est en cours. La société réalise maintenant la pose des briques de Guyane et teste des procédés innovants.

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Le solaire photovoltaïque et le solaire thermique

Énergies renouvelables : la Guyane, exemple à suivre ?

Eau, soleil, biomasse, éolien, autant de ressources qui font de la Guyane la première région de France dans le domaine des énergies renouvelables, nous vous en proposons aujourd’hui un état des lieux.

L’hydroélectrique en Guyane

Le gisement solaire moyen annuel de la Guyane s’élève à 1222 kWh/m²/an. A titre indicatif c’est environ 20% de moins qu’aux Antilles ou à la Réunion. Les installations situées sur le littoral auront tendance à produire d’avantage que les chiffres indiqués (environ 10% de plus). Notons qu’au cours de ces vingt dernières années, 1 MW photovoltaïque a été installé sur le territoire pour alimenter des sites isolés. Le potentiel de production en photovoltaïque pourrait représenter plus de 100MW en 2030. Le solaire thermique possède pour sa part, un fort potentiel de développement notamment en bénéficiant de l’accroissement de la construction, notamment de logements collectifs et de primes incitatives pour l’installation dans l’existant.

Le réseau hydrographique offre une ressource abondante, des débits importants et la présence de sauts. La production d’électricité en Guyane est portée par les énergies renouvelables avec une part dans le mix énergétique de 62%, dont 54% par l’hydraulique. La situation géographique de la Guyane en fait un territoire électrique qualifié « d’insulaire » puisqu’aucune interconnexion n’existe avec d’autres réseaux. Cet état de fait rend, encore plus qu’ailleurs, essentiel le fait de valoriser les énergies renouvelables sur l’ensemble du territoire.

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Deux types d’installations existent et sont susceptibles de développement : Des centrales dites « au fil de l’eau » (comme la centrale Voltalia de Saut Mama Valentin à Mana), disposant d’une capacité limitée (de l’ordre de 5 MW) ; Des installations de plus grande capacité à l’image du barrage de Petit-Saut qui supposent l’ennoiement de surfaces importantes par la création d’une retenue d’eau. Réalisée dans le cadre du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), une étude a permis d’identifier une soixantaine de projets potentiels pour une production estimée à 150 MW dans les 10 à 15 années à venir. La construction d’un second barrage équivalent à celui de Petit-Saut est à l’étude mais se heurte à de nombreuses contraintes environnementales puisqu’une installation de ce type a de nombreuses conséquences, tout particulièrement par la décomposition de la biomasse dans son réservoir qui émet énormément de gaz à effet de serre.

Une première mondiale avec la construction d’une centrale avec stockage de 55 MW Le 28 mai 2018, l’entreprise HDF Energy a annoncé la livraison, en 2020, de la Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG), un parc solaire de 55 MW situé à proximité de Saint-Laurent du Maroni, s’inscrivant dans les objectifs de la Région en matière d’énergies renouvelables. La grande force de ce projet est qu’il associe les panneaux photovoltaïques à une unité de stockage s’appuyant sur la technologie de l’hydrogène. Le principe de cette technologie est simple : l’électricité photovoltaïque produite sert à hydrolyser de l’eau, produisant de l’hydrogène (et de l’oxygène), stocké sous forme de gaz comprimé dans de grands conteneurs de 12 mètres de long. L’hydrogène ainsi stocké peut ensuite être brûlé dans une pile à combustible pour produire de l’électricité quand les panneaux n’en produisent pas (la nuit ou par temps couvert). La capacité totale de stockage atteindra 140 MW soit davantage que les 129 MW de la batterie géante de Tesla en Australie !

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La biomasse en Guyane La Guyane doit atteindre 40 MW d’ici 2023 afin de respecter les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie de la Guyane (PPE). La biomasse, qui regroupe l’ensemble des matières organiques d’origine végétale ou animale pouvant devenir des sources d’énergie, représentera près de 14 % de l’énergie produite en Guyane, contre moins de 1 % actuellement. Les études menées ces dernières années ont permis d’identifier les différents gisements exploitables notamment issus : • Des défriches agricoles à des fins de constructions immobilières, • Des déchets d’exploitation forestière (ouverture de pistes), • Des déchets de scieries, • De l’exploitation forestière de bois-énergie en complément du bois d’œuvre, • De l’exploitation de forêts à vocation énergétique. Cette diversité de gisements fait de la filière biomasse une filière d’avenir pour le territoire, créatrice d’emplois et présentant un débouché pour le traitement des déchets issus des scieries et des défriches agricoles et à des fins de constructions. L’exploitation des gisements de biomasse est aujourd’hui limitée par certaines contraintes : • Les contraintes de garantie d’approvisionnement, • La gestion des stocks, • Les contraintes économiques (coûts de production, de faibles rendements, tarifs d’achat de l’électricité produite faibles), • Les difficultés de transport, • L’impact environnemental d’une mauvaise exploitation de la forêt (dans le cadre de l’exploitation du bois ou de la défriche agricole) à des fins énergétiques.

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L’éolien en Guyane L’essentiel du potentiel se situe sur la bande littorale avec un régime venteux modeste mais régulier. Un premier projet de fermes éoliennes à Matiti a été retenu dans le cadre d ’un appel d’offre national pour une puissance installée de 9 MW et devrait se concrétiser dans les prochaines années. Le Schéma Régional Eolien (SRE) annexé au Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) a permis de mieux définir le potentiel de cette ressource (évaluée entre 30 et 100 MW) et les zones favorables à son développement.

D’autres pistes ont été étudiées… La géothermie n’est pas une ressource pertinente pour la Guyane de par sa géologie. Les énergies marines sont à étudier et à évaluer ; les côtes guyanaises sont caractérisées par de faibles profondeurs et un envasement naturel très fort limitant d’autant l’usage de l’énergie marine. En effet, ces énergies peuvent mobiliser la force de la marée, de la houle, des vagues, des courants marins ou encore de la différence de températures entre les grands fonds et la surface.

Eau, soleil, biomasse, éolien, autant de ressources qui font de la Guyane la première région de France dans le domaine des énergies renouvelable

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Révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) Celle-ci s’inscrit dans la période 2019-2028. Il s’agit de prioriser les actions à mener afin de pourvoir le territoire guyanais en énergie. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte fixe des objectifs propres aux territoires d’outre-mer : 50% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020 et autonomie énergétique pour 2030. En Guyane la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité atteignait déjà 64% en 2014. L’objectif est de dépasser les 85% d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2023.

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Cette diversité de gisements fait la filière biomasse une filière d’avenir pour le territoire

Les déchets ménagers constituent un « gisement » estimé au global à 110 00 tonnes d’ordures ménagères et 25 000 tonnes de déchets industriels banals (DIB). La quantité moyenne de déchets d’ordures ménagères est, quant à elle, évaluée à 365 kg/hab./an (moyenne nationale : 425 kg/an/hab.). Au regard du gisement global des déchets, les politiques de traitement et de valorisation des déchets suggèrent un fort potentiel de valorisation organique et énergétique (compost, biogaz, production d’électricité, etc.). Toutefois, à ce jour le potentiel n’est pas mobilisé du fait de la faible quantité d’unités de stockage, de tri et de traitement des déchets valorisables.

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