Page 1

Le Book 1


14 rue Charles V

75004

Paris

Tél. 01 57 42 50 57

redaction@ruedespommiers.com

WWW.RUEDESPOMMIERS.COM SARL au capital de 5500 € - RCS PARIS - SIRET 494 674 401 00018 - NAF 924Z

2


Som m aire Pre s s e

5

Edition

53

Inte rne t

77

Corporate

83


PRESSE

5


6


7


8


9


10


11


12


13


14


15


16


17


18


19


20


21


22


23


24


25


26


27


28


29


30


31


32


33


34


35


CONSEIL AUX FAMILLES

3

HUn soir je lui ai apporté un petit pot de vinaigrette..•" Ils s'aimaient t ant. Le jo ur où Yvonn e est morte, Henri, son mari, s'est effondré pour ne jamais se relever...

faire rire, pour le ramener un sentiments passent par peu à la vie, mais souvent on d'autres biais. On lui apporte avait l'impression qu'il ne des chocolats. Puis des petits nous entendait pas. Particu- plats car il n'arrive pas à lièrement quand son fils était manger la nourriture de l'hôpital. "Un soir, je me soulà . " ' e s t arrivé quelques La communication entre viens, je lui ai apporté un pemois après les obsèques. père et fils n'a jamais été ai tit pot de vinaigrette que En plein cœur de l'été, sée, cette fois elle n'existe j'avais fabriqué moi-même Laurent reçoit un coup de fil : plus. "J'étais la seule q u'il car celle de la cantine était "votre père est hospitalisé" . écoutait encore. faite à l'huile d'olive Henri n'est plus que l'ombre et il détestait ça. Il de lui -même . A peine vin'aimait pas non plus la vant. Tra nsp are n t. Depuis , 1 vin a i quinze jours que son fils est greffe en vacances, il a décidé de ... <0 ... ne plus s'alimenter. De se 1 tau t laisser mourir. Sans elle, la prête. Il vie lui semble impossible. é ta i t très difLes semaines passant, son ficile. Il état s'aggrave, compliqué ne parpar un œdème pulmonaire . La parole l'abandonne en lait déjà même temps que ses derplus à cette nières forces . Très vite, il époque mais ça l'a fait soune marche presque plus. " On a bien dû rire. " s'avouer à nous La vinaimêmes que c'était grette est la fin, se souvient restée Clara, qu'il ne sur la voulait plus vivre table . et qu 'il laissait la maladie l'em porter. C'était révoltant. " Ses petits enfants, très Le soir même, c'est l'alarme . rapidement, Henri fait un malaise, il faut trouvent trop dur de le réanimer. "J'avais l'imvoir leur grand-père ne pas J'aurais aimé reno uer les pression qu'on l'arrachait à lutter. Ils cessent de lui rendre visite . Et le temps liens entre les deux mais je la mort. Qu'on l'obligeait à n'aijamais su comment. J'a u- vivre, c'était terrible alors passe ainsi. rais a ussi aimé lui dire que je que l ui n'avait plus qu'une Des faux semblants l'aimais mais son mutisme envie c'était aller retrouver Un mois, deux mois. Peu à rendait les choses impos- sa belle" , raconte Clara. Il a survécu encore trois peu, les mots se font rares. sibles. tt "On s'évertuait à trouver des Il a fallu trouver des dériva- jours. Sous perfusion. La fa histoires à lui raconterpourle tifs . Des faux semblants. Les mille est là en permanence .

C

A se passer le relais. "C'est là que j'ai réussi à lui dire je t'aime, un soir où j'étais seule avec lui. Je ne sais pas si il a entendu mais moi ça m'a fait du bien", souffle Clara. Aujourd'hui, elle regrette de ne pas avoir bénéficié d'un accompagnement psycholo-

gique : "Le médecin psychiatre était tout le temps débordé, il fallait faire le siège de son bureau pourlui parler. J'aurais surtout voulu savoir comment aider mon cousin à parler à son père car c'est lui q ui a le p l us so uffert etj e n'ai rien pu faire ... " C. B.

Accompagner des personnes en fin de vie Régis Decaix est professeur deyoga. Durant un an, par le biais des

« Petits Frères des Pauvres », il a accompagné des personnes en fin de vie. ~

Quel étaitvotre rôle? Notre rôle était de soutenir l'entourage car c'est lui surtout qui estdans la détresse. Les gens ont besoin de quelqu'un qui les écoute car c'est une situation extrêmement dure à vivre. La mort estdemanière constante à la maison.

~ C'est de neplus pouvoir communiquer avec le malade qui est le plusdur à vivre ? Oui ça et la culpabilité. L'entourage s'enveut d'être en souffrance, d'en avoir marre. ~

Qu'est ce quelesmalades attendent de leurentourage? Le malade n'attend pas grand-chose. Il ne comprend pas trop ce qui lui arrive. J'ai connu par exemple un malade du Sida qui, par l'évolution de la maladie, pouvait faire de moins en moins de choses. Donc, pousser son fauteuil roulant pour faire une balade dehors, c'était énorme. C'est une bouffée d'oxygène dans les deux sens du terme. L'entourage doit surtout assurer une présence. C'est très important car, on ne se rend pas toujours compte, mais quand on est alité on est trèssouvent seul. y a-t-il deschoses à dire? Il n'y a rien à dire, on est là pour passer une heure ou deux. Il ne faut pas s'obliger à dire quoi que ce soit. ~

~ On dit qu'il faut quel'entourage soit le plus détaché possible car sinon le malade ressent une forme de pression angoissante... Durant l'année que j'ai passé avec les « Petits Frères des Pauvre »son bénéficiait d'un accompagnement psychologique et c'est ce que l'on nous répétait tout le temps.

Propos recueillis par ChristelleBERTRAND

à va re écoute- - - A uilherand-Granges - 04 75 41 58 14

Roblot

no

mission

pompes

funèb

A ontélimar .. 04 75 51 93 56 A Privas .. 04 75 65 85 85 A Romans .. 04 75 72 58 83 A Romans sur Isère .. 04 75 02 35 12 A Tain l'Hermi age • 04 75 08 16 40 A Tournon sur Rhône .. 04 75 OS 0545 A Valence - 04 7 43 40 0 o accompagner e s

marbrer

e

pré

li 0

a

Il C

e

f u n é r a I r e

r:

i

!

www. ro b loUr 274862830

36


CONSEIL AUX FAMILLES

5

Préparer la cérémonie Que vous choisissiez l'inhumation ou la crémation, un service religieu x ou pas, l'organisation des funérailles ne doit pas se faire à la va-vite. Exigez toujours un devis et des bons de commande . 'e st souvent se ul q ue l'on doit faire face aux premières démarches . A moins que le décès ait lieu dans u n centre de santé ('), l'inhumation, ou la crémation, doit être accomplie dans le s six jours ouvrables (dimanches et jo urs fériés non compris) . Le temps passe vite . Une dé rogation peut être accordée par le préfet du département du lie u de l'inhumation. Mais c'est rare. Voici quelques pistes pour choisir une entreprise, avoir une idée des prix pratiqués et trouver des aides financières .

C

CHOISIR UNE ENTREPRISE Il existe souvent des ententes entre les mairies et des sociétés de pompes funèbres. La liste des sociétés habilitées doit être affichée dans les mairies, les locaux d'accueil des chambres mortuaires et des chambres funéraires privées. Si vous décidez de vous adresser à une autre société, des questions s'imposent : la date d u décès et le lieu de l'inhumation, le prix pour u n cercueil équipé, le coût pour le corbillard et les porteurs ainsi que le nombre de porte urs. Un devis écrit, détaillé et chiffré, est obligatoire ... et gratuit! Il doit faire apparaître le prix TIC de chaque fourniture ou prestation et doit permettre de différencier

les fournitures et services dis pensés par l'entreprise de ceux effectués par des tiers. Il doit enfin séparer les prestations obligatoires de celles qui ne le sont pas. Le bon de commande reprend le contenu du devis, afin de permettre la comparaison des deux documents en cas de litige. Par ailleurs, il faut savoir que dans un établissement de santé public ou privé, le dé pôt et le séjour en chambre mortuaire est gratuit pour les trois premiers jours. Le corps peut rester 6 jours dans cet établissement dans l'attente d' une inhumation. La plupart du temps, des ententes existent entre des sociétés funé raires, des centres de soins et des maisons de retraite . Enfin , n'oubliez pas q ue si vo us êtes sa lariés vous avez droit, au minimum, à deux jours de congés pour le décès de votre conjoint ou de la personne avec qui vo us étiez pacsé et un jour pour le décès de l'un de vos deux parents.

LE FINANCEMENT Pour faire face aux frais, vous pouvez éventuellement bénéficier d'aides partielles ou totales : de la Sécurité sociale pour une personne encore en activité, de la mutuelle du dé funt, de la compagnie d'assurances d u défunt s'il avait souscrit une assurance -vie et de la banque d u défunt s'il avait une assurance décès. Si rien n'avait été prévu par le défunt,l'habitude et la tolérance autorisent de régler les frais d'obsèques en utilisa nt les biens de la personne dé funte . Sur autorisation de la famille et après accord de la banque une somme jusqu'à concurrence de 3 050 € peut être prélevée par l'entreprise sur le compte d u défunt. Enfin, si les ressources de la famille sont insuffisantes, le

maire de la commune du lie u de décès prendra en charge le coût et l'organisation des obsèques.

LE PRIX DES OBSÈQUES Voici quelques exemples : à partir de 400 ou 500 € pour un cercueil, ce à q uoi il faut ajou ter environ 350 € au minim um pour le personnel transportant, plus de 200 € pour le corbillard et p lus de 250 € pour les démarches et honoraires. 1 200 € donc, dans le cas d'un enterrement au plus bas prix. Évidement les tarifs grimpent dès que l'on demande des prestations supp lémentaires. L'association française d'information funéraire (organisme indépendant de tout syndicat, fédération, société commerciale, structure gou-

vernementale ou as sociation) répond gratuitement à to utes les questions. Les renseignements et le s conseils sont communiqués par le site Web (www.afif.asso.fr) et la messagerie (infos@afif.asso.fr) ; la permanence téléphonique 24 heuresl24 : 01 45 44 90 03; u n e réponse aux co urriers après accord té léphonique (AFIF - 9 rue Chomel - 75007 Paris) . N 'ou b lie z pas qu'au frais d'obsèques peuvent s'ajouter d'autres dépenses : la cérémonie religieuse, une parution dans la presse, les faire part.Ies compositions florales, un e urne cinéraire, l'achat d'une concession en cimetière, etc. Christelle BERTRAND

-+ (*) Une maison deretraite estconsidérée comme étant ledomicile delapersonne défunte.

LA FORCE D'V R LA PR XIMITÉ DE NOS RÉPONSES 7 JI 7

Pré ent

va

ôté

24H /24 274862831

37


CONSEIL AUX FAMILLES

10

Financer ses obsèques de son vivant C'est un produ it d'assurance en plein boum. En 5 ans, le nombre de décès couvert s par un cont rat de prévoyance a été mult iplié par deux. Sachant que le nombr e de décès en France devrait augment er pour passer de 538 000 en 2000 à 800 000 en 2050, les compagnie s d'assurance ont fait exploser l'offre.

Michel Kawnick Vice-président de l'association française d'infonnation funéraire (AFIF) ~ Quels sontlesconseils que vous donneriez auxsouscripteurs d'une assurance décés ? De faire trèsattention au type decontrat qu'on leur propose. Parfois les contrats n'ont rien à voiravec le discours deleurs vendeurs. Dans les contrats simples de financement des obsèques, par exemple, le devis prévu est toujours réactualisé à la mort du souscripteur. Or, l'inflation funéraire depuis 10 ans est de troisfois supérieure au coût de la vie. Nous recommandons aussi fortement que certaines dépenses ne soient pas inclues dans le contrat comme le séjour et le transport en chambre funéraire. Ce sont 80 % des décès qui ont lieu dans un établissement de soin et ces établissements doivent respecter la gratuité pour l'hébergement du corps. ~ Plusieurs opérateurs funéraires proposent des assurances décés, dans quelle mesure peuvent-ils le faire? Ils agissent comme intermédiaire en accord avec une société d'assurance. Nous recommandons, quel que soit le contrat, de payer parchèque au nom dela compagnie d'assurance et de ne rien signer si ce n'est pas réglé par chèque.

~

Quelles dispositions prendre pour que le contrat soit assuré? Il faut prévenir ses proches, le dire à un mandataire, faire savoir qu'un contrat obsèques existe. On peut l'intégrer à son livret de famille puisque celui-ci est systématiquement réclamé par la mairie. Il faut savoir qu'il y aurait entre 10 et 15 % de contrats souscrits qui ne seraient jamais demandés auprès des assurances, qui se gardent bien de le dire, parce que personne dans l'entourage n'était au courant. Propos recueillis par Olivier OELAHAYE

'assurance vie permettait déjà de réserver une partie du capital à ses obsèques. Cependant, rien dans le contrat ne garantissait que la personne bénéficiaire utiliserait tout ou partie de cet argent à l'organisation des funérailles. L'assu rance décès , elle, le permet. C'est même sa vocation, qu'elle se nomme contrat obsèques, livret obsèques , convention obsèques, etc.

L

Deux types

de contrat Il existe deux types d'assuranc décès. Le premie est un produit d'épargne dont le funé capital servira à railles. Ce qui est payer une entreimportant car prise de pompes fula famille est nèbres. La société assurée de voir d'assurance auprès de le prestataire te laquelle il est souscrit nir les engages'engage à verser à un ments pris visprestataire une somme du à -vis d'argent qui est fonction du niveau rquoi il est re d'épargne et de sa revalorisation. commandé, avant d'y souscrire, L'entreprise de pompes funèbres de bien déterminer ses choix choisie n'est tenue d'assurer un quant au caractère civil ou reliservice qu'à hauteur du capital. gieux des obsèques, du mode de Evidemment, ce capital peut sépulture et du budget que l'on s'avérer insuffisant si les prix du souhaite y consacrer. C'est seule prestataire ont augmenté depuis ment en ayant établi toutes ses la date de signature du contrat. Il volontés qu'un établissement de peut être aussi trop élevé et, dans pompes funèbres peut établir un ce cas, le solde est reversé aux devis. Le devis accepté, reste à en bénéficiaires. L'autre type de définir le financement avec un contrat est dit de « prestations assureur et à établir avec lui une d'obsèques à l'avance ».Il garan- convention où seront scrupuleutit non seulement le financement sement consignées toutes ses vomais éga lement l'exécution des lontés. Même si de nombreuses

co mp agnies privilégient un partenariat avec un opérateur funéraire, la loi Sueur de 2004 offre au souscripteur la possibilité, à tout moment , de changer d'opérateur et de modifier plusieurs modalités de son contrat.

Les autres formules D'autres formules existent qui peuvent satisfaire le plus grand nombre puisque 80 % des per sonnes intéressées par une pré voyance funéraire ne désirent qu'une simple couverture finan cière des frais d'obsèques. Ceux ci peuvent être réglés en utilisant les biens de la personne défunte. Le maximum autorisé de prélè vement est de 3 049 €, somme supérieure à la moyenne des dé penses d'obsèques. De son vivant, après avoir établi un devis auprès d'une entreprise de pompes funèbres, on peut aussi tout simplement approvi sionner un livret d'épargne ou un compte bancaire de la somme O. O. équivalente au devis.

• ran port de corps

• ompe ~ unèbrl;;S • harnbr Funérair • arbr rie

av ml ct apre mi c Il biërc

• D émarches -o1'm lit é ontrat ob. èques

38


CONSEIL AUX FAMILLES

12

Vous optez pour le don d'organes

Le testament: attention aux pièges Au contraire de certaines idées reçues, l'écriture d'un testament et sa nécessaire validité exigent des règles bien précises. Sont, en effet, dépourvus detoute valeur juridique, les testaments écrits surordinateur ou sur machine à écrire. Ouant aux dernières volontés, enregistrées sur bande audio ou vidéo, elles n'ont pas davantage de valeur. Le cinéma propose certes cette version des faits, mais elle n'est en rien valable. Il est, en revanche, beaucoup plus sûr de rédiger un testament olographe, moyen le plus utilisé par les Français pour transmettre leurs biens. Ecrit à la main, ce testament devra impérativement être daté et signé. Il est également préférable de le débuter par l'expression suivante : "Ceci est mon testament" et de ne surtout pas laisser place à l'interprétation. Pas d'emploi du conditionnel, donc, mais des phrases claires et limpides comme : "Je lègue tel bien à telle personne". Reste, enfin, la solution la plus simple afin d'éviter tout problème : remettre son testament olographe à un notaire. Il sera ainsi en lieu sûr et le notaire pourra le faire enregistrer au fichier central des dispositions des dernières volontés. Toujours avec un notaire, il vous est possible de rédiger un testament dit authentique. Il est rédigé en présence de deux notaires ou d'un notaire assisté de deux témoins et est conservé par le notaire. A noter, et cela est d'importance, que les témoins en question ne doivent en aucun cas être des proches du testateur ni de ses légataires. Ultime obligation, le testament authentique est parfois obligatoire lorsque l'auteur du testament veut reconnaître un enfant naturel. B. D.

Q

entend eureux ?

st ce qu'on

Des principes et quelques règles, c'est ce qu'il faut impérat ivement connaît re avant d'envisager le don d'or ganes.

CE QUE STIPULE LA LOI ... Régi par des principes fonda mentaux (gratuité, consentement préalable et anonymat), ce don est également réglementé par le code de la santé publique qui distingue le prélèvement sur une personne vivante ou décédée. Dans ce dernier cas, cinq conditions sont obligatoires : la personne disparue ne doit pas s'y être opposée de son vivant, un certificat de décès doit avoir été établi, le prélèvement doit être effectué à des fins thérapeutiques ou scientifiques, les médecins ayant constaté le décès et ceux qui pratiquent le prélèvement ne peuvent appartenir aux mêmes services, une restauration décente du corps du défunt doit être effectuée. En ce qui concerne les personnes vivantes qui souhaitent autoriser le don d'organes après leur mort, une première exigence s'impose : s'adresser à la faculté de médecine la plus proche de son domicile ou à la Fédération française des donneurs afin d'y rédiger une déclaration de don manuscrite, datée et signée . Comme on l'a souligné, aucune publicité ne devra être faite et aucun paiement to léré. Le donneur, enfin, ne peut connaître l'identité du receveur et vice-versa, à la seule exception d'une nécessité thérapeutique.

... ET CE QUE VIVENT LES CHIRURGIENS Son témoignage s'apparente à un cri du cœur, lui qui se bat depuis des années pour dé velopper le don d'organes dans notre pays. Coordinateur du programme des greffes pulmonaires à l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, Redha Souilamas s'exaspère vite face aux textes juridiques en vigueur. "Règn e en effet une grande hypocrisie et il est d'ailleurs faux de dire qu'une personne décédée peut automatiquement donner ses organes. Ce n'est pas comme ça q ue cela se passe: on demande toujours aux proches de la victime le ur consentement. Or, et c'est assez humain, ils son t souvent gênés de prendre une telle décision etpréfèrent refuser si ils ne connaissaient pas les réelles intentions de la victime. "

Test gratu it' de votre audition

à but non médical

Essa i gratu it**

Au t r e curiosité sur laquelle in siste le docteur Souilamas, " le poumon est au jourd'hui le paren t pauvre de la greffe. Sachez que cela ne représente que 13 % des dons et que nous n'effectuons q ue 25 greffes chaque année" , La raison est simple : si une personne admise à l'hôpital est en coma dépassé, ses proches auront jusqu'à 48 heures de réflexion pour autoriser la greffe du foi , d'un rein ou encore du poumon. En revanche, s'il s'agit d'un arrêt cardiaque, il est interdit par la loi de greffer un po u mon. "Il ne faut donc pas s'étonner de la rare té des dons, conclut Redha Souilamas, d'autant qu'à chaque fois qu'une intervention est possible, trois hôpitaux différents en France sont en concurrence, alors qu'on se bat pour la même chose... "

Essayez gratuitement le nouveau Delta de Oticon

des appareils auditifs numériques nouvelle génération en prêt 15 jours chez vous

• 12

Paiement en

fois sans frais' "

Prenez rendez-vous sans attendre: - - - - - - - - - - - -

VALENCE

ROMANS

GUILHERAND-GRANGES

21, rue Chevandier 45, place Jacquemart 227, av. de la République (près du Pont Mistral) 10, rue de I1ndustrie 04 75 05 07 90 0475413202 0475814965

39

Benjamin DANET


40


PARENTS

Le parcours du combattant Les parents d'enfants atteints de troubles de l'apprentissage, que les symptômes soient graves ou légers, se retrouvent souvent seuls et désemparés face au problème. Il se passe parfois des années avant que les institutions médicales ou scolaires s'intéressent à eux. Claire témoigne des années de galère à se battre contre des moulins à vent...

Quels ont été les premiers signes préoccupants? u an d on est parent, on vit avec un petit calendrier dans la tête . Parce qu'on a lu des bouquins ou discuté avec des copines , on sait à quel âge notre enfant doit s'asseoir, marcher, parler... Sacha, lui, ne s'asseyait pas au bon âge, ne tenait pas debout quand il aurait fallu. Quand j'en parlais au médecin, il me disait : "ça viendra, il est un peu paresseux". A 6 mois , Sacha a fait un ec zéma très important qui a cassé sa courbe de croissance. Sa prise de poids et l'évolution de sa taille ont été stoppées . J'ai pensé que l'évolution psychologique s'en était aussi ressentie. Mais le médecin ne confirmait pas. Il me répondait que je m 'inquiétais trop. Pourtant Sacha est né fin no vembre 2001 et n 'a marché qu'en mai 2003 , ce qui faisait 16 mois d 'écart avec un enfant né en janvier 2001.

Q

Ça doit être extrêmement stressant de ne pas être entendu? C'est super inquiétant surtout de ne pas avoir de réponse. A deux ans et demi Sacha ne parlait pas du tout. Même ses grands-parents se posaient des questions . Quand j'en ai discuté avec le médecin, il m 'a dit que c'était parce que je lui parlais anglais depuis tout petit. .. Mais ça n 'expliquait pas les problèmes psychomoteurs.

Quand il est entré à l'école, les instituteurs vous ont-ils aidée? Je me suis dit : maintenant qu'il est entre les mains de professionnels de la petite enfance , ça va aller mieux. Mais personne n'était spécialiste des problèmes infantiles . On me disait : "ça va aller, quand il va parler ça va être un déclic ",

Vous n'imaginiez pas consulter quelqu'un d'autre? J'ai toujours pensé qu'il fallait faire quelque chose , mais quoi? Quand le médecin dit : "il n 'y a pas de problème" , on fait quoi? Aller voir quelqu'un d 'autre? Mais quelle spécialité? Un psy ? On me disait qu'il était trop petit. Seul son père se posait des questions comme moi. Surtout au niveau du langage car il inversait les syllabes.

L'école l'a-t-elle fait évoluer? La rentrée s'est très mal passée . Il ne voulait pas aller à l'école, se roulait par terre , pleu-

rait toute la matinée . La directrice m'a carrément dit "gardez-le chez vous". Elle m'a conseillée un psychiatre que je suis allée voir. A la fin de la consultation, il a dit à Sa cha : "tu déstabilises madame untel, ça n'est pas bien". Et il a ajouté: "Ça va, on voit qu'il n'est pas maltraité mais il faut lui laisser le temps de grandir". A cette époque , Sacha avait sa propre langue . Quand j'ai demandé à son institutrice : "Il a bien réussi quelque chose cette année?Elle m 'a répondu: oui, à resterlà . "Dans le carnet de santé, toute la partie sur les apprentissages, "connaît-il les 4 couleurs" , etc, était laissée vide par le médecin.

eu de frère. Autre chose , quand Sacha a passé le test avec la psychomotricienne , elle s'est rendue compte qu'il ne maîtrisait pas les couleurs mais elle m 'a dit" là, il s'estmoqué de moi ". Elle n'y a pas cru.

Vous dit-on quand même quelque chose d'intéressant? Oui, on me conseille des séances de psychomotricité. Mais là encore, ça ne s 'est pas très bien passé. Je ne savais rien de ce que la thérapeute faisait avec mon enfant. Un jour, alors qu'elle me faisait un compte-rendu, j'ai sorti mon carnet pour pouvoir ensuite le retranscrire fidèlement à mon mari. Elle l'a très mal pris , elle m'a dit "il n'y a pas à prendre de notes ". A cette époque , Sacha voyait aussi un psychologue qui me disait que le problème venait de moi. Il me posait des dizaines de questions pour savoir comment ça allait avec mon mari. C'est finale ment par la maman d 'un copain de Sacha qui avait le même genre de problème que j'ai enfin trouvé un bon psychomotricien. Et là , pour la première fois , j'ai été écoutée et les choses se sont vraiment améliorées .

Vous mettez ça uniquement sur le compte de ce nouveau psychomotricien ? Sacha (à droite) avec son petitfrère le jour de la rentrée au CP en septembre 2DD7.Photo DR

Quand est-ce que vous avez commencé à entrevoir une solution? Quand il est entré chez les moyens . Déjà il ne faisait plus de crises. L'instit, cette année-là, était super. Elle m 'a convoquée pour me dire que les apprentissages de la première année n 'avaient pas du tout été ac quis. Elle m 'a parlé de blocages. Pour la première fois , je rencontrais quelqu'un d 'extérieur qui était inquiet. Je l'ai d 'ailleurs remerciée .

C'est à ce moment-là que vous avez entamé un parcours médical? Oui. Je prends alors rendez-vous avec la psychologue scolaire. Elle me parle d'autisme . Moi, j'étais contente qu'au moins on mette un nom sur le problème. Puis , elle est venue observer Sacha dans sa classe et pendant la récréation. Elle s'est rétractée pour à nouveau me servir le registre de la mère stressée. A la même époque, j'ai aussi pris rendez-vous au Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) de ma ville , puis dans le service neuropédiatrique « Unité de lanqaqe » de l'hôpital Trousseau à Paris pour faire un bilan complet. Quand je relis aujourd'hui les bilans qui ont été effectués à l'époque .. . Il Y a des erreurs énormes comme le fait que le frère de mon mari était handicapé mental. Or Philippe n'a jamais

Non, j'ai aussi acheté des cahiers d 'activités et on a fait les exercices tous les jours ensemble avec Sacha. Je lui ai aussi raconté les problèmes que j'avais eus quand j'étais petite. À 8 ans, je ne savais pas descendre les escaliers. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas faire de vélo .

Ça lui a fait du bien? Oui, les différences entre lui et les autres se sont atténuées. Ce trimestre, il a bien réussi ses évaluations. Certains de ses camarades ont été pris en charge par le Rased (Réseaux d 'aides spécialisées aux élèves en diffi culté) et pour lui ils ont estimé que ça n 'était pas nécessaire.

Pendant tout ce temps, comment lui avez-vous expliqué les choses? Il me demandait : "pourquoi je ne peux pas parler comme les autres ?" Ettoutcequeje pouvais lui dire c'est : "on va trouver un médecin pour t'aider" . Mais comme on n 'avait pas d'explication, je ne pouvais pas lui en donner. Et pendant ce temps , l'instit me di sait: "il manque de limites .. . "

....... -......... .• Z

Z ft

...

Qu'en tirez-vous comme enseignement pour votre métier de prof? Souvent quand je vois des élèves en diffi culté , machinalement je me dis : "pourquoi 5 est-ce que ça n'a pas été détecté plus tôt". • Maintenant, je connais les difficultés . Propos recueillis par Christelle BERTRAND

SZO-5

41


Poser un diagnostic Pour diagnostiquer convenablement le trouble de son enfant, il est nécessaire de suivre un certain nombre d'étapes pour déterminer notamment si la cause est médicale ou psychologique.

"T

rop d'enfants sont mal partis dès le dé but de leur parcours médical. " Suite à un diagnostic trop hâtif, l'enfant - ainsi que les parents - est embarqué sur une mauvaise piste. En effet, il ne sert à rien de l'envoyer directement chez un psychologue s'il a des pro blèmes d 'audition. Résultat : dans le meilleur des cas une énorme perte de temps ; dans le pire des cas, le problème n 'est pas identifié. Afin de diagnostiquer convenablement le trouble de l'enfant, il faut suivre un parcours médical précis qui commence par la consultation du médecin généraliste. Sur ce point, Olivier Revol, pédopsychiatre et directeur du centre des troubles d'apprentissage de l'hôpital neurologique de Lyon, est catégorique. "Une fois un trouble détecté chez l'enfant en difficulté à l'école - par les parents, l'institutrice' le médecin scolaire ou le psychologue scolaire, il faut se rendre d'abord chez le gé néraliste ou le pédiatre, insiste-t-il. Le médecin de famille, c'est le pivot du suivi médical ! D'ailleurs, depuis quelques années, les généralistes ont effectué un effort considérable de formation quant aux troubles liés à l'échec scolaire. " Première étape dans le diagnostic : déterminer sila cause du trouble est médicale ou psy chologique. Il s'agit avant tout de se rendre

compte si l'enfant dispose de tous les outils pour apprendre « normalement ». On vérifie donc tout d'abord son audition (chez l'ORL) et sa vision (chez l'ophtalmologue). Est ensuite effectué un bilan médical global. En fonction de celui-ci et des symptômes de l'enfant, le médecin traitant l'oriente chez le ou les spécialistes adaptés ou dans un centre référent pour les troubles du langage et des apprentis-

sages . Ces centres de consultation multidisciplinaire sont attachés à des éq uip es hospitalières universitaires. Si le problème ne s'avère pas médical, l'enfant peut alors être envoyé chez un psychologue. A savoir, un souci d'ordre médical peut entraîner des troubles psychologiques. Dans ce cas, la consultation du psy complète un éventuel traitement. Yannick DEMOUSTIER

....... -......... .•

Quel traitement pour quelle maladie? Dyslexie 'orthophoniste procède à des tests, notam ment celui de l'Alouette. En fonction d'un nombre d'erreurs faites à la lecture de ce texte, il peut déterminer si l'enfant est dyslexique. Le traitement consiste à trouver des alternatives d'apprentissage qui varient en fonction du type de dyslexie (phonologique ou lexicale). L'essentiel? Que ces techniques d'apprentissage deviennent automatiques pour l'enfant.

L

Précocité Elle est déterminée par le niveau de Quotient intellectuel Weschler. Le test WPPSI (Weschler preschool and primary test of intelligence) est adapté pour les enfants de moins de 6 ans. Le WISC (Weschler intelligence scale for children) pour ceux de plus de 6 ans. Il n'existe bien entendu aucun « traitement » pour l'ErP, seulement des conseils pédagogiques, et des entre tiens psychologiques. La précocité pouvant entraîner des troubles tels la dépression ou l'an xiété. ({ L'ErP a déjà peur de la mort à l'âge de 3 ans, car il en comprend déjà le caractère définitif, alors qu'un enfant non précoce éprouve ce sentiment à 6 ans », précise Olivier Revol.

Trouble déficit de l'attentionlhyperactivité (TDAH) " il faut bien comprendre que l'hyperactivité est un symptôme", souligne Olivier Revol. il est donc nécessaire de déterminer à quels moments l'enfant devient hyperactif . Si celui-ci se montre perturbateur lors de certaines activités seule ment, il peut souffrir de dépression, de troubles anxieux ou être tout simplement précoce . L'enfant qui souffre d'un déficit de l'attention est agité dans la totalité de ses activités. Seuls les centres spécialisés sont en mesure de diagnosti quer le TDAH. Afin de déterminer avec certitude qu'il en souffre réellement, on utilise le plus souvent l'échelle de Conners qui comprend un questionnaire soumis à toutes les personnes côtoyant régulièrement l'enfant. Une foisle TDAH détecté, est alors pres crite la Ritaline. Ce médicament ne peut pas être donné à des enfants hyperactifs qui ne souffrent pas de troubles de l'attention. Leur cas pourrait empirer alors.

Dyspraxie Les dyspraxies sont diagnostiquées à l'aide d'un bilan psychomoteur. il faut ensuite faire suivre à

L-----

l'enfant des rééducations spécialisées adaptées auprès d'un psychomotricien ou d'un ergothérapeute pour essayer d'améliorer ses perfor mances.

Autisme

Z

Diagnostiqué à l'aide d'une échelle d'évaluation de comportement autistique, l'autisme ne peut être traité. Les moyens sont palliatifs. Il doit être suivi en institution spécialisée: inter nat spécialisé, externat médico-éducatif, hôpital de jour ou Centre d'accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) . Lorsque l'intégration est possible dans la vie normale, l'enfant est inscrit dans un réseau de soins (halte garderie, crèche, école). La consultation de tous les spécialistes mention nés ci-dessus est remboursée par la Sécurité sociale à l'exception du psychomotricien et de l'er gothérapeute. Il existe également des Centres médico-psychopédagogiques (CMPP) entièrement gratuits.

Z ft

...

11

Y.D. Oliv ier Revol a publié un ouvrage sur le sujet : «Même pas grave !» (Ed. Je Lattès). -------'

-

SZO-11

42


43


LA RÉPONSE SCOLAIRE

"Les enfants sont tous différents" Toutes deux travaillent en Isère. Patricia est institutrice en CP à Saint-Etienne-de-Crossey. Monique Tixier est psychologue scolaire dans le secteur de Saint-Laurent-du-Pont. Interview croisée.

...

U Z

Quel est votre rôle dans la prise en charge des enfants qui connaissent des troubles de l'apprentissage? Patricia: on essaie d'abord de cerner d'où peut venir le problème . On rencontre tout de suite les parents . Mais pour un enfant qui a du mal à lire, par exemple, je ne m'alarme pas avant mars/avril. Les enfants sont tous diffé rents. Comme lorsqu'ils apprennent à marcher, il faut leur laisser du temps. Aucun scientifique ne pourra vous dire comment un enfant apprend à lire. Il peut être plus auditif ou plus visuel. En tant que maîtresse de CP, je dois donc lui donner tous les outils possibles pour qu'il trouve son chemin. Monique Tixier: d'abord, rencontrer les équipes enseignantes chaque fois qu'il y a des difficultés. Rencontrer les familles aussi, et dresser un bilan avec eux. Analyser tout ce que j'ai pu constater pour proposer l'aide adéquate, que ce soit dans le cadre du RASED ou avec des spécialistes. Je travaille avec 17 écoles, 1 700 enfants, 69 classes, soit entre 70 et 80 instituteurs et, dans l'ensemble, cela se passe bien.

.... ..-... ... C Z

1.

Pensez-vous que l'école remplit sa mission face à ces élèves en difficulté? Patricia: un enfant qui a du mal à avancer, l'école peut l'aider. Mais elle ne peut pallier les grosses difficultés. Auc un enfant ne se res semble, ils viennent de milie ux sociaux diffé rents, ont des problèmes psychologiques différents ... On fait de notre m ieux . Les enseignants manquent parfois aussi de formation face aux élèves en réelle difficulté. Les réseaux d'aides, eux, sont complètement surchargés . Ils ont tellement d'écoles à s'oc -

cuper qu'ils ne peuvent pas venir de façon as sid ue. Monique Tixier: oh oui! Sur le terrain, on travaille énormément. Il y a même de plus en plus de concertation entre tous les partenaires. La difficulté que l'on peut rencontrer par exemple, c'est le nombre d'enfants en difficulté par classe. Sur 27 enfants, quand vous en avez 3 qui ont des troubles importants, ça fait déjà beaucoup. En Isère, sur 7 postes de psychologues scolaires, 2 sont vacants. On me demande d'aller faire des bilans à 100 ki lomètres. Alors quand vous me demandez si l'école remplit son rôle, je dis qu'elle fait plus que son maximum, l'Ed ucation nationale, c'est autre chose.

Quelles attentes rencontrez-vous chez les parents? Patricia: j'avais une maman, par exemple,

qui avait peur que sa fille passe à côté de quelque chose. Elle était très bonne en classe mais sa mère avait peur q u'elle s'ennuie ! Les parents, je trouve, sont de plus en plus stressés par rapport à la scolarité de leurs enfants. Surtout les parents dont les enfants n 'ont pas de problème ! Mais tant mieux s'ils s'intéressent. Plus les parents se préoccupent de la scolarité de leurs enfants, mieux les enfants apprennent. Monique Tixier : les parents sont souvent at tachés à l'idée d 'une école ordinaire et peu vent avoir du mal à accepter que leur enfant suive un cursus différent. Mais le problème n 'est pas tant leurs attentes que le fait qu'ils les exposent. Chaque fois que les parents sont impliqués, sont acteurs, et font part de leurs attentes, cela se passe très bien. Olivier DElAHAYE

L'école, ses échecs, son RASED

12

Soit un enfant E en difficulté scolaire D. Ajoutons-y un instituteur 1qui cherche une solution S pourl'aider. Mais voilà, aucune solution S ne fonctionne. Comment 1peut-il faire pour que D n'entrave pas les chances de E? 1peut, par exemple, prévenir le RASED de sa circonscription ... Les RASED (Réseaux d'aides spécialisées auxélèves en difficulté), créés en 1990 , ont deux missions: prévenir, guérir. Prévenir les difficultés préjudiciables à la progression dans le cursus scolaire. Guérir ou plutôtremédier auxdifficultés lorsqu'elles s'avèrent durables. Composé d'un maître encharge de la pédagogie, d'un maître chargé desaides à dominante rééducatives et d'un psychologue scolaire quieffectue le suivi et le bilan psychologique, ce dispositif s'inscritdans le but assigné à l'Education nationale: maintenir le pluspossible lesenfants dans le milieu scolaire ordinaire, parmi leurscamarades. « Le principe engrande maternelle notamment, c'est de se demander: est-ce quel'enfanta les capacités d'êtreélève? », explique Michel Roure, inspecteur de l'Education nationale à Grenoble. Ainsi, l'aide est apportée dans l'école, pendant le temps scolaire et l'élève continue à fréquenter sa classe. Sursa réelle efficacité, le RASED fait polémique. On a pulire certaines critiques, notamment celles deChristian Maire, maître formateur, dans lescahiers pédagogiques denovembre 2004 : « Faisons le tourdequelques salles desmaîtres et tendons l'oreille. Nous y entendons alors parler d'unestructure trop lourde et contraignante, d'unmanque dedisponibilité, del'insuffisance dunombre deprise encharge, d'un lieu refuge pourenseignant nevoulant plusde classe, d'uneabsence d'investissement dans les écoles, de réponses et de solutions aléatoires... » D'ailleurs, en2005, une circulaire ministérielle annonce la création d'unprogramme complémentaire, le PPRE, Programme personnalisé deréussite éducative. Peut-être pour pallier les insuffisances du RASED et promettre à tous les enfants E la « réussite éducative » R. O. D.

- '------ - - - - - - - - - - ' SZO-12

44


Les écoles alternatives Il n'y a pas que l'école « classique ». Ases côtés, parfois privées, parfois publiques, existent d'autres établissements, qui proposent d'enseigner autrement. Enseignement à distance ou par Internet, cours de soutien mais aussi pédagogies nouvelles et écoles dites alternatives. Ouvertesaux jeunes trop précoces ou en rupture scolaire, ces dernières permettent souvent de reprendre goût à l'école. Il existe en France plus de 700écoles différentes, indépendantes ou relevant d'un mouvement identifié (Freinet, Montessori, Steiner, etc.) qui accueillent 100 000 enfants, généralement de la

= z... Rien

maternelle au collège, plus rarement au lycée. Exception: le LAP à Paris, Lycée autogéré accueillant chaque année 230 élèves, de la seconde à la terminale, qui ont décidé d'apprendre différemment et où nous sommes allés faireun reportage. Puis, le principal du Collège d'enseignement secondaire Edouard Vaillant à Saint-Martin-d'Hères, Christian Forest, nous explique comment les dispositifs-relais tentent de « repêcher» depuis dix ans les jeunes en rupture de collège. Enfin, nous faisons le point sur le soutien scolaire, pas toujours nécessaire...

Lycée autogéré de Paris (LAP) ~~

n 'indique au promeneur qui passe devantle numéro 393 de la rue de Vau-W girard, dans le 15 e arrondissement de Pafi) ris, non loin de la Porte de Versailles , que ... derrière les hauts murs un peu ternes vit . . (survit?) une des exceptions du système éducatif français : le Lycé e autogéré de Paris. Véritable utopie vivante d'une certaine idéologie soixante-huitarde , le LAP a fêté cet automne ses 26 ans d 'existence. Ce ly cée vraiment pas comme les autres est, avec Saint-Nazaire, Hérouville et Oléron, un des quatre lycées expérimentaux créés en 1982 par le ministre de l'Education nationale de l'époque , Alain Savary, pour des lycéens « décrocheurs » d 'un système trop rigide et des profs voulant enseigner au_ trement.

-_

t1

}

.,

1 \

?"

o

Il

C

Dans ce lycée autogéré, chaque lycéen choisit ou non de participer aux cours.

"La participation de tous aux décisions"

L' u n des principes fondamentaux du LAP : "Le chemin suivi a a utant d'importance que le but à atteindre". Autre principe, d'où le lycée autogéré tire son nom: "La participation de tous aux actions et aux décisions qui se rapportent à la vie de l'établissement " , professeurs et élèves réunis . Pour pouvoir effectuer un reportage a u sein du LAP , le journaliste doit donc très démocratiquement s 'adresser à la commis- sion « Accueil et relations ext érieures » , qui donne ou non son autorisation (Le Dauphiné Libéré l' a obtenue sans problème !), puis se rendre à la réunion de présentation du jeudi matin, où les jeunes désirant s'inscrire a u lycé e , accompagnés ou non de leurs parents, peuvent obtenir to utes les informations nécessaires sur l'établissement et la drôle de vie qui y règne. Ce jeudi-là, assis en rang d 'oignons sur la scène du grand amphithéâtre, les membres de la Commission (professeurs et é lèves mélangés), expliquent à une trentaine de parents et lycéens postulants le fonctionnement d u lycée: ce qu'est un GB (Groupe de base, constitué de trois professeurs et d 'une trentaine d'élèves), une AG 20 (Assemblée générale où les décisions sont prises à la majorité simple) ou une RGG (Réunion générale de gestion, qui centralise une fois par semaine les informations

Photo Natacha CROS/RUE DES POMMIERS

transmises par les groupes de base , les commissions ou la réunion de l'équipe éducative).

"On ne donne pas à manger à quelqu'un qui n'a pas faim" "Il y a liberté de fréquentation ici, explique Diane , une élève de seconde. Chaque ly céen choisit ou non de participer aux cours ou aux activités. "Mais on peut aussi aller dans d'autres cours que ceux de notre filière, rajoute Marion, une brune aux cheveux co urts . C 'est un encouragement à l'autonomie, ce la nous prépare à la fac. " "Et , de toute façon , on ne donne pas à manger à quelqu'un qui n'a pas faim ... " , résume une prof en pull rouge. Les ateliers sont ensuite passés en revue (musique , tennis , piscine, arts, vidéo , etc) et les élèves expliquent leurs projets en cours. Une q uestion, enfin , sur le taux de réussite au bac (seulement 30 % ) et deux ré ponses : "Certains ne sont pas ici pour passer le bac ... " et "m a is on peut AUSSI avoir le bac ici ! " Plus tard, dans l'agréable "cafet" qui donne sur le jardin du lycée , Anna, 16 ans , en seconde depuis septembre , expliquera que c'est sa mère q ui lui a parlé du lycé e et de ses activités extrascolaires après q u 'elle a redoubl é sa-tv : ""J 'aimemaliberté,jene

SZO-20

45

supportais pas d 'avoir 36 personnes sur le dos . Ici , ils sont cool, . . " Lola, 19 ans, en terminale ES, ne regrette pas son ancien lycée Carnot et ses 1 500 élèves: "J'étais déléguée mais je ne supportais plus les rapports hiérarchiques , blessants. Ici , personne ne me pousse et j'ai de super résultats ! " La jolie jeune fille, qui a suivi durant trois ans l' é cole du cirque Fratellini, spécialité trapèze, fil et acrobatie , "et aussi trois ans au Cours Simon ! " , rajoute-t -elle, a désormais 45 minutes de trajet tous les matins mais n 'en a cure. Elle est "heu reuse " au LAP.

Raccrocher à l'école Adrian, 15 ans, a lui aussi peu de nostalgie lorsqu'il pense à son ancien collège: "J e n'avais pas de copains , des résultats moyens et je ne m'endormais jamais avant 3 heures d u matin, raconte-t-il. Ici, l'ambiance est totalement différente, j 'ai des potes et j'ai la pêche ! C'était aussi le seul établissement à proposer à la fois théâtre et vidéo , ce que je cherchais » . Selon lui, le lycée est fait pour "ce u x qui ne veulent p lus du système scolaire ou qui ont des dif ficultés mais qui sont quand même motivés". "Ici, on peut raccrocher à l'école" , ré sume-t-il. François ROUSSElLE


ledau hinè ,

ft

SPECIAL IMPOTS

LIBERE

Le ministre Eric Woerth répond à nos questions en page Z

SUPPLÉMENT GRATUIT AU N° 19741 DU MERCREDI 30 AVRIL 200S

Des chiffres

et des feuilles Ladéclaration derevenus 2008 préremplie est arrivée dans presque tous lesfoyers. Elle devra être renvoyée avant le 30 mai. Lesinternautes peuvent la remplir depuis le 2 surlesitedu gouvernement www.impots.gouv.fr et disposent d'un délaisupplémentaire, fixéau 11 juin pourlescontribuables dela zone scolaire B et la Corse, au 17juinpourceuxdelazone A et au24 juin pourceuxdela zone CetlesDOM. Seuls ceuxquieffectueront une déclaration en ligne pourla première fois bénéficieront d'une réduction d'impôtde20euros, à condition depayer l'impôtenligneoupar prélèvement automatique. L'an dernier, tous les télédéclarants avaient droit à cette ristourne.En 2007, 7,4 millions de personnes ont optépourla déclaration en ligne. Nouveauté cette année, certains contribuables pourront valider leur déclaration par téléphone, en composant le 0811 701 702. Ge nouveau service, expérimenté jusqu'alors dans 5 départements seulement, est destiné auxcontribuables dontladéclaration préremplie ne nécessite ni correction ni complément.Autre innovation, ladéclaration réserve cette année un espace pourreporter lesdispositif prévus par les lois TEPA: les heures supplémentaires exonérées d'impôtsurlerevenu et lesintérêts d'emprunt immobiliers pour l'achat d'une résidence principale, réalisés à compter du 6 mai2007.

375135434---5-x-83-BANQUE RHONE ALPES - SUPPLEMEN-

-BANDEAU 1 ERE PAGE

46


INTERVIEW

2

Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique

"Notre fiscalité ne doit pas être plus élevée que celle de nos voisins" Regro upement impôts/ Trésor , baisse des impôts , fraude f iscale... Le ministr e répond à nos questi ons. Que vaapporter aux contribuables leregroupement ImpôtslTrésor ? La réunion des services des im pôts et du Trésor public dans une direction unique, la direction générale des finances publiques et qui va concerner 130000 agents, est une ré forme emblématique de l'Etat. Elle a quatre objectifs prioritaires : mieux répondre aux at tentes des usagers en leur offrant un guichet fiscal unique, enrichir les prestations apportées aux collectivités locales, offrir un nouvel espace professionnel aux agents, améliorer la performance et l'efficacité des services de l'Etat. Les Français expriment des attentes très concrètes vis-à -vis de nos services. Plus de 80 % des usagers estiment, en effet, que l'organisation actuelle avec, d'un côté les centres des impôts (chargés du calcul de l'impôt) et, de l'autre, les tréso reries (chargées de le recouvrer) est trop complexe. Avec la fusion Imp ôts/Tr ésor, l'Administration offrira un guichet fiscal unique auprès du quel chaque contribuable pourra, dans un même lieu et avec un même interlocuteur, traiter de toutes ses questions, qu'il s'agisse du calcul ou du paiement de l'impôt. Peut-on s'attendre

àune nouvelle baisse des impôts l'année prochaine? Le président de la République a, d'ores et déjà, annoncé que l'imposition forfaitaire annuelle serait supprimée à partir de 2009 . C'est un effort consi dérable qui va donner une bouffée d'oxygène à nos PME. Pour le reste, il faudra attendre cet été et le terme du processus de passage en revue de nos prélèvements obligatoires pour déterminer de l'ampleur et du rythme des baisses d'impôts compatibles avec un re tour à l'équilibre en 2012 . 2010 sera-t-elle l'année du prélèvement à lasource? Nous sommes engagés dans une réforme complète des ad ministrations financières de notre pays, avec la fusion de la direction générale des impôts

et du Trésor public. Et puis, la retenue à la source elle -même n'est pas un sujet simple! Cela crée des coûts de gestion pour les employeurs. Les salariés ont un peu peur que leur em ployeur en sache beaucoup plus qu'aujourd'hui sur leur situation personnelle. Cela ne dispenserait pas l'Administration fiscale d'adresser une dé claration de revenus dans tous les foyers pour régulariser l'im pôt dû. Vous voyez, il y a encore, contrairement à ce qu'on a pu écrire, de nombreux sujets techniques à régler si l'on veut mettre en œuvre cette réforme. Je souligne par ailleurs que plus de 70 % des contribuables paient déjà leur impôt par prélèvement, mensualisation, prélèvement à l'échéance ou paiement par internet.

Acesujet, est-ce que les mesures destinées à faire rentrer les "expatriésfiscaux" ont porté leurs fruits?En faut-il d'autres ? L'attra ctivité du territoire, no tamment en matière fiscale , est au centre de nos préoccupations. Dans une économie ou verte, il n'est, en effet, plus envisageable d'avoir une fisca lité beaucoup plus élevée que chez nos principaux voisins. Nous risquons sinon de voir s'accentuer la fuite des patrimoines et des ta lents . C'est la raison pour laquelle le taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu a été ra mené à un niveau comparable à celui pratiqué dans les autres pays développés, que le "bouclier" fiscal a été créé puis renforcé l'été dernier et que des mesures ont été prises pour al léger l'ISF en cas d'investissement dans des PME. Tout porte à penser que ces mesures, qui visent à éviter que l'imp ôt ait un caractère confiscatoire, ont enrayé les mouvements de "fuites " vers les pays voisins. Il est encore trop tôt pour apprécier si elles ont provoqué des retours en France. Il est essentiel pour cela que les contribuables concernés soient convaincus de leur pérennité. Le Gouvernement étudie de nouvelles mesures qui se raient, non seulement destinées à faire revenir les personnes qui ont quitté le pays, mais également à inciter des personnes étrangères à venir s'installer en France.

Eric Woerth: "Plus de70 % des contribuables paient leur impôt par prélèvement, mensualisation, prélèvement à l'échéance ou paiement par Internet. Photo AFP Acombien chiffre-t-on laperte pour l'Etat due àl'instauration du bouclierfiscal ? Il n'est pas correct d'associer au bouclier fiscal le seul terme de "perte " . Le plafonnement des impôts directs en fonction du revenu est un dispositif nouveau, introduit en 2005 (avec effet pour la première fois en 2007) et considérablement renforcé par la loi du 21 août 2007 relative au travail, à l'emploi et au pouvoir d'achat. Par ce mécanisme, les pouvoirs publics ont décidé de limiter (à 60 %, puis désormais à 50 %) la pression fiscale di recte sur le revenu des mé nages, dans un souci d'équité. Il s'agit donc d'un renonce ment à des recettes qui, si les autres législations s'étaient ap pliquées sans ce correctif, auraient eu, par leur accumulation , un caractère de spoliation. Dans ce contexte, le terme de "perte " est inapproprié . Cela dit , les effets financiers sont donnés, en toute transparence, par les documents bud-

47

gétaires annuels: 185 M € pour 2007 et 810 M € pour 2008. Nous aurons bientôt les résultats définitifs sur 2007, une fois que toutes les de mandes auront été traitées. Je peux, d'ores et déjà, vous dire que cette réalisation est assez proche de la prévision.

Que représente lafraude comme manque à gagner pourl'Etat? Quel que soit son montant exact (entre 29 et 40 milliards d'euros), la fraude constitue malheureusement une réalité ainsi qu'une remise en cause de l'égalité des citoyens devant les charges publiques. C'est pour cette raison que le Président de la République et le Premier ministre m'ont confié la mission de coordonner la lutte contre la fraude aux prélèvements obligatoires et également la fraude aux prestations sociales. Pour renforcer l'efficacité de la lutte contre la fraude, j'ai proposé la création d'un comité national de lutte contre les

fraudes et une délégation na tionale qui auront notamment pour mission de faire progresser les échanges entre les ad ministrations et les organismes en charge de cette mission. Propos recueillis par François ROUSSELLE

Textes Christelle BERTRAND Eric CODER Benjamin DANET Olivier DELAHAYE Yannick DEMOUSTIER Ariane DOLLFUS François ROUSSELLE

Illustrations Damien DUFRENEY


FISCALITE

4

Dans les coulisses de la fraude De l'empl oi d'un e femm e de ménage au noir à l'évasion fiscale massive, la fraude, en France, peut prendre de nombr eux aspects ...

"Tout

.le monde fraude mais pas dans les mêmes proportians" , aime-t -on plaisanter dans les couloirs de la Direction générale des impôts. Deux cents Français seraient impliqués dans l'affaire du Liechtenstein (lire page 3). Selon une étude effectuée en 2006 par le Syndicat national unifié des impôts (SNUI), le manque à gagner pour l'Etat se situe entre 42 et 51 milliards d'euros, petites fraudes et évasion fiscale in cluses. Entre 29 et 40 milliards selon le rapport 2007 du Conseil des prélèvements obligatoires. Un écart qui s'explique par la définition que l'on donne à la fraude fiscale .

Ouverture aisée de comptes en Suisse sur Internet "C'est un débat que les meilleurs spécialistes n'ont toujours pas résolu, nous confie Vincent Drezet, secrétaire national du SNUI. Certains estiment que tout ce qui devrait entrer dans les caisses de l'Etat et qui n'y entre pas constitue de la fraude . D'a utres se focalisent davantage sur la présence d'une réelle mauvaise foi. Juridiquement, en France, la fra ude relève de la première école. » La fraude fiscale se manifeste sous différents aspects. « Petite » , elle se caractérise, par exemple, par un petit

boulot non déclaré le weekend. Plus conséquente, elle se peut se traduire par une évasion fiscale . "Évidemment, les ménages lesplus aisés disposent de davantage de moyens pour échapper au Fisc, insiste Vincent Drezet. D'a utant q u'il est de plus en plus facile de frauder. Aujourd'hui, par exemple, on peut aisément ouvrir un compte en Suisse sur Internet. "

Des fraudeurs inventifs Les entreprises ne sont pas en reste . N ota m m e n t avec la fraude à la TVA ou « fraude carrousel » qui consiste à créer, dans différents États membres, des sociétés qui réalisent entre elles des opérations fictives de revente à perte en se faisant, à chaque fois, rembourser les trop-perçus de TVA. Avant que les administrations fiscales des différents pays ne s'aperçoi-

vent de la supercherie, les so ciétés fraudeuses ont disparu et les trop -perçus de TVA ont déjà été détournés! Débusquer les fraudeurs n'est pas une mince affaire. " Ils sont très inventifs, avoue Vincent Drezet. Ainsi, il est primordial de détecter les nouveaux mécanismes de fra ude . Mais le gros d u travail consiste à recouper les informations afin de détecter des anomalies. Le rôle de la d éla-

tian, quant à lui, est infime. En France, seuls 7 % des ef fectifs (environ 7 000 personnes) de la Direction générale des impôts sont dédiés à la détection des fraudes alors qu'en Allemagne cela repré sente 13 % des effectifs et 21 % aux Etats-Unis. Au total, il y a environ 52 000 contrôles fiscaux par an en France, 15 % des cas ne font l'objet d'aucune sanction. 1 200 passent en correctionnelle. H

Des "people" rattrapés par le Fisc Leur angoisse tient en cinq lettres: DNVSF (Direction nationale des vérifications de situations fiscales). Dans cette structure basée à Paris, une fine équipe decontrôleurs fiscaux traque tout ce qui est clinquant, riche et célèbre ... De grosses ventes dedisques? Un beau cachet au cinéma ? Vous voilà dans l'œil ducyclone fiscal. Quelques exemples de people piégés pour des" indélicatesses" ... ~ MICHEL POLNAREFF C'est le premier évadé fiscal chez les artistes français. Mais lui n'est pas parti pour ne plus payer mais parce qu'il. .. ne pouvait plus payer! En 1973 , après sept ans de gloire , l'étoile tombe de haut quand le Fisc lui reproche d'avoir caché 5,7 millions de francs, soit 3,5 millions de francs d'impôts. En réalité, la somme avait été dé tournée par son homme d' af-

faires. Ruiné, Polnareff quitte la France pour Los Angeles, où il réside toujours, même si l'Administration fiscale a re connu son erreur, 15 ans plus tard ... ~ KARL LAGERFELD Le couturier allemand n'a pas fait dans le banal: en 1999 , il vient directement plaider sa cause auprès du ministre de l'Economie et des Finances de

l'époque, Dominique StraussKahn, pour faire réduire son ardoise fisca le. Et ça marche: elle passe de 87 à 46 millions de francs! Moyennant quoi, Karl Lagerfeld devra payer ses impôts en France, ce qu 'il ne faisait plus depuis 15 ans. ~ FLORENT PAGNY C'est le Robin des Bois de la feuille d 'impôt. Lors q u ' e n 2003, le chanteur se sait traqué par le Fisc , il hurle à tue -tête: " Quitte à tout prendre, prenez mes gosses et la télé/Ma brosse à dent, mon revolver (... ) mais vous n'aurez pas/Ma liberté de penser". Cela enchante la France, mais ne fait pas rire le tribunal de Ver-

48

sailles qui le condamne à six mois de prison avec sursis, 15 000 euros d'amende pour fraude fiscale et 115 000 euros pour détournement d'objets qui devaient être saisis, dont une Bentley, quatre Harley Davidson et 70 bouteilles de vin de grand cru. ~

CHANTAL GOYA

ET JEAN-JACQUES DEBOUT Et de six! En octobre 2007, le couple de chanteurs a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour ne pas s'être acquitté d'un impôt de 253 000 euros en 2000. C'est la sixième fois que le Fisc les avait repé rés ...

~ RICHARD COCCIANTE C'est la condamnation la plus sévère qu'un artiste a pu su bir ... En mars 2006 , le chanteur italien, compositeur de « Notre-Dame de Paris » a été condamné, avec son épouse, à 30 mois de prison dont dix mois ferme pour avoir déclaré une somme insuffisante sur ses impôts 2000. En effet, le Fisc estimait ses revenus à 6 millions d'euros et non à 9 450 euros! Le chanteur pensait être résident étranger, puisqu'il habite, le plus clair de son temps, en Irlande. Cela n'a pas convaincu la justice française.


FISCALITE

6

A quoi servent nos impôts? Chaque citoyen est, en théorie, heureux et fier de payer des impôts sur le revenu, convaincu que sa quote-part contribue à la pérennité et à l'épanouissement de la Nation. Si l'on peut louer ce geste annuel civique, les interrogations demeurent concernant les choix budgétaires de l'Etat. Où atterrit l'argent des impôts? Comment est redistribuée cette énorme manne financière?

En 2007, les recett es ét aient de 292,7 milliard s d'euros, les dépenses de 334 ,7 milliard s d'eur os. Résultat: un déficit de 42 milliards d'euros. La France reste tr ès largem ent endettée. Rapport ée au PIB, c'est -à-dire à la richesse nat ionale, la dette a tr iplé en 25 ans. Et la charge de celle-ci a représent é l'année dernière 39,2 milliard s... e poste le plus important des dépenses concerne l 'e ns e i g n e ment et la recherche , à hauteur de 80,3 milliards d'euros. Un budget qui semble pharaonique au premier re gard. Pourtant, dans l'Education nationale, les personnels enseignants et non enseignants sont plus d'un million et s'occupent de 12 millions d'élèves, dans le premier et le second degré inclus . Un ratio qui devrait se réduire encore pour cause de baisse démographique et une non reconduction des emplois lors des départs à la retraite . Le second poste de dé penses concerne les collectivité s locales qui s'adjugent 49,5 milliards d'euros, pour un effectif de 1,6 million de fonctionnaires territoriaux en décembre 2005 . Si la dé centralisation s'accentue, ce poste de dépense devrait sensiblement s 'infléchir. Déjà, l'entretien des routes nationales est passé sous le giron des conseils régionaux et généraux. Notre armée de métier, l 'engagement de nos troupes en Afghanistan, au T ch a d etc, l'ensemble de la Défense nationale coûte 36,2 milliards d'euros. La

L

DÉPENSES

L L

o L U L

334,7

En milliards d'euros

Enseignement et recherche

80,3

Collectivités territoriales

49,5

Dettes et engagements financiers

40,9

,,;

Défense

36,2

!..

Travail, emploi et solidarité

24 ,3

~ ~

-Il

~

u;

Sécurité et justice

22,0

Union européenne

18,7

Transports, ville et logement

15,9

~ "c "E

46,9

al

,,;

"E

j -o ~

~

dL

RECETTES

TVA

L L

o

L U

292,7

En milliards d'euros

133,5

Impôt sur le revenu

57 ,1

Impôt sur les sociétés

46,1

Taxe intérieure sur les produits pétroliers

18,0

Autres recettes fiscales

11,1

Autres recettes

26,9

DÉFICIT DE L'ÉTAT 42,0

construction d 'un second porte-avions, par exemple , alourdira-t -elle inéluctablement la facture?

La sécurité et la justice culminent à 22 milliards d'euros , un poste quasi équivalent à ceux du travail, de

l'e m p lo i et de la so li d a r it é réunis, soit 24,3 milliards d'euros . Dans le même ordre

président du Conseil, Guy Mollet et de son ministre des Finances et des Affaires économiques, Paul Ramadier, la " tax e différentielle sur les véhicules à moteur ", plus commun ément appelée "vignette auto " , a été créée pour financer le Fonds national de solidarité destiné à garantir un revenu minimum à

toute s les personnes âgées de plus de 65 ans. Elle va très vite perdre sa destination originelle et sera versée, en 1973, directement dans le budget de l'Etat. Un Etat qui décide , en 1980, de taxer également les motocyclettes mais qui abandonne l'idée l'année suivante ! En 1984 il est décidé que les revenus de

d'idées, les transports , la ville et le logement totalise n t 18,7 milliards d'euros , une somme pratiquement identique à celle que l'on verse à l'Union européenne .

Les recettes Quant aux recettes de l'Etat, c'est la TVA qui tient largement le haut du pavé avec 133,5 milliards d'euros . L' im pôt su r le revenu, lui, fait triste mine avec ses petits 57,1 milliards d'euros . Une comparaison qui fait dire à Liêm Hoang-Ngoc el, économiste et maître de conférences à l'Université Paris I, que" la fiscalité fran çaise est injuste, en raison du poids des impôts indirects et de la faiblesse du poids de l'impôt sur le revenu. Celui-ci est le seul impôt progressif mais ne rapporte q ue 16, 7 % des recettes fisca les ", explique t-il. "Le rendement de la T VA représente à l ui seul 51 % des recettes de l'Etat. La T VA est l'impôt le p lus in j uste parce q ue les pauvres lepaientaupremiercentime d'e uro dépensé" . Et d'ajouter : "avec le suffrage un i versel, l'impôt progressif sur le revenu est un pilier essentiel de notre République. Il incarne le principe selon lequel chaque citoyen a droit d'accès au même bien public, mais aussi le devoir de participer à la solidarité nationale selon sa faculté contributive. L 'im p ôt n'est donc pas une punition, à condition d'être juste. Il est un moyen de corriger les inégalités." ~ C> Liêm Hoang-Ngoc estl'auteur decc Vive lesimpôts " (Ed. Grasset, 2007)

ÀPROPOS D'AUTOS Très chères autoroutes A l'origine , les péages étaient censés rembourser la construction des autoroutes. Mais jamais la gratuit é promise ne sera à l'ordre du jour. Et depuis la privatisation en 2006, les tarifs ont explo sé. Début 20 08 , la Cour de s comptes a fustigé le système de

fixation des péages et leurs prix, « illogique et incohérent », incompréhensible pour l'usager. Les conce ssionnair es d'autoroutes ont promi s de rectifier le tir. On attend toujours.

Petite histoire de la vignette auto Votée en 1956 à la demande du

49

la vignette (tour à tour carrée, ronde , hexagonale ou rectangulaire, à garder dans son port efeuille ou à coller !), seront dés o r m a is affect é s au x département s et à la Corse. Elle disparaîtra en 2001 pour les particuliers, les association s et les entrepreneurs individuel s...


FISCALITÉ

12

Investir et payer moins d'impôts Gérant de porte feuilles chez Mirabaud Gest ion SA, filiale parisienne de la banque Mir abaud à Genève, Geoffroy Chati llon répond à nos quest ions.

Geoffroy Chatillon: "II faut être patient carla croissance boursière devrait être là dans la seconde moitié de l'année 2008".

Lorsqu'on alachance dedétenir unportefeuille financier, quelles sontlesdémarches nécessaires afindepayer moins d'impôts ? Les démarches varient selon les individus. Pour les plus fortunés et, notamment, ceux qui sont assujettis à l'ISF, une des solutions est de rechercher à capitaliser dans une enveloppe, tels les contrats de capitalisation ou d'assurance vie. L'objectif fiscal de ces contribuables sera de percevoir le moins de « revenus fiscaux » afin qu'ils mettent en place des mécanismes de plafonnement ou de bouclier fiscal. Ces mécanismes sont faits pour échapper à l'impôt de plus-value puisque la taxation est reportée au jour où il y a rachat. N 'ou blion s pas et c'est une règle immuable , que tant que le souscripteur du contrat ne fait pas de ra chat pour appréhender une partie de ses actifs, il n'y a pas d'imposition. Ilfautdonc être dans une optique delong terme? Le contrat d'assurance vie se place, en effet, dans une op tique de long terme car on bénéficie non seulement du ré gime fiscal de faveur lié au rachat, mais également du ré gime successoral. Ce contrat est un instrument extrêmement souple puisqu'il permet

au souscripteur de récupérer à tout moment les sommes in vesties, sous forme de rachat partiel ou total, tout en sachant, qu'à terme, les capitaux seront transmis dans un cadre fiscal privilégié .

C'est-à-dire? Prenons l'exemple d'un souscripteur assuré qui a moins de 70 ans et qui a deux enfants. Il pourra désigner dans la clause bénéficiaire de son contrat ses deux enfants comme bénéficiaires, vivants ou représentés et, à parts égales, entre eux. A son dé cès, les deux enfants accepteront les capitaux décès et pourront recevoir jusqu'à 152 500 € chacun en exonération totale de droits de succession. Au-delà de cette somme par bénéficiaire, les capitaux dé cès sont taxés à un taux forfaitaire de 20 %. Toute fois, j'attire l'attention de vos lecteurs sur le fait que le souscripteur doit être vigilant sur les frais d'entrée et de gestion qui sont pratiqués.

tions reçues en échange de son apport pendant au moins 5 ans.

Que faut-ilfaire avec son portefeuille lorsque l'on voitl'écroulement des marchés mondiaux? Quelqu'un qui n'a pas u n be soin impératif d'argent à court ou moyen terme ne doit pas vendre . Il doit être patient car la croissance bo ursière devrait être là dans la se conde moitié de l'année 2008, principalement sur les grandes valeurs du CAC 40 . Faut-il setourner vers des placements immobiliers ? Je suis réticent. Cela fait douze ans que l'immobilier est en hausse avec des statis-

tiques q ui frôlent les + 150 % . Il faudra s'attendre à u n réajustement car l'offre de crédit va se réduire fortement, les banques demandant de pl us fortes garanties pour accorder les prêts.

Acheter unappartement, ouune maison, offrenéanmoins des réductions d'impôts ? Oui, mais uniquement dans des cadres de défiscalisassions très réglementées telles les lois Besson, Borloo ou lorsqu'il s'agit de la résidence principale . En effet, sur la ré sidence principale, un sys tème de crédit d'impôt correspondant aux intérêts payés les cinq premières annuités a été mis en place avec des limites maximum sur le

montant des intérêts. A ce titre, l'avantage maximal ann uel de la mesure est de 750 € pour un célibataire et 1 500 € pour un couple sans enfant.

Auvudutauxd'imposition assez élevé dans notre pays, est-il vraiment utiledeseconstituer un portefeuille? Malgré quelques efforts ré cents, la France reste un pays où la fiscalité est lourde. T outefois , nous avons encore quelques enveloppes juridiques et fiscales intéressantes (PEA, contrat d'assurance -vie ou de capitalisation) . Nou s devons rester optimistes et espérer des lendemains plus gais avec une fiscalité allégée.

Quels sont, justement, lestaux defraisacceptables pour unsouscripteur? Cela dépend en partie de la somme investie . Plus vous placez, plus il est facile d'obtenir des frais réduits. Il y a dix ans, les droits d'entrée étaient de l'ordre de 1,5 % à 3,5 % . A ce jour, un souscripteur ne devrait pas accepter des frais d'entrées supérieurs à 1 %. Quelles autres solutions afindepayer moins d'impôts ? Sur un plan purement financier, vous pouvez ouvrir un Plan d'épargne en actions (PEA) . Même si les marchés sont en ce moment assez fluc tuants, la fiscalité y est attractive puisqu'elle n'est que de 11 % (soitla CSG, la CRDS et le prélèvement social) après 8 ans. Si le client n'effectue aucun retrait dans son PEA, les mouvements ne génèrent pas de fiscalité au titre de la plus-value. A la sortie, seuls les prélèvements sociaux sont d us par le client. Ensuite, pour les redevables de l' ISF , ils ont la possibilité d'annuler ou de réduire leur ISF en investissant au capital de PME. Si le contribuable a l'opportunité d'investir dans une PME , 75 % de son investissement sera déductible de l'ISF dans la limite de 50 000 € par an. En contrepartie, il devra s'engager à conserver les ac -

Gérer un portefeuille d'actions, investir, cela implique une fiscalité trèscomplexe, dontil fauttenircompte carsans intégrer cette fiscalité, on risque de passer à côté d'avantages substantiels.

50


FISCALITÉ

15

Pas de miracle pour les retraités... ... Mais des choses à bien savoir! Car les retrai tés ne relèvent pas d'un stat ut fiscal partic ulier. Comme les acti fs, ils sont soumis à l'imp ôt sur le revenu . Horm is pour les indemnit és de départ à la retra it e, qui concernent exclusivement les salariés, il n'existe pas de différence ent re salariés et indépendants

1 - LES PENSIONS DE RETRAITE es pensions de retraites sont imposables à l'impôt sur le revenu au titre des pensions et rentes via gères à titre gratuit (+ 7,1 % de prélèvements sociaux) , après déduction de 10 %. Elles sont exonérées d 'ISF. Les pensions de retraite versées par les différents ré gimes de Sécurité sociale ou les régimes complémentaires (ARRCO, AGIRC ... ) sont , sauf exception, soumises à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Il en est de même pour les pensions que les entreprises versent directement à leurs anciens salariés. Exoné ration: la pension de retraite peut être exonérée d'impôt si son montant ne dé passe pas celui de la pension d'invalidité aux taux mini mums et si vos ressources n'excèdent pas le montant prévu pour l'attribution de l'allocation. Le montant de cette pension d'invalidité s'établit à 3063,62 euros pour 2007. Vos ressources annuelles ne doivent pas excéder 7 635,53 euros pour une personne seule, et 13374,16 euros pour un couple . Ce qui est aussi exonéré (et que vous n'avez donc pas à déclarer) : - la rente d'éducation et les pensions d'orphelin;

L

- l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé et son complément; - la retraite du combattant; - la retraite mutualiste des anciens combattants jusqu'au plafond de 1 649 eu ras (pour 2007); - les majorations de pension pour avoir élevé au moins trois enfants; - la majoration de pension pour assistance d'une tierce personne; - les allocations allouées aux personnes âgées; - les pensions de retraite des régimes de Sécurité sociale: - l'alloca tion supplémentaire du fonds solidarité vieillesse; - les allocations spéciales al louées par l'Etat, les collectivités et les établissements publics aux personnes âgées de plus de 65 ans aux revenus très modestes et ne relevant d'aucun régime vieillesse de Sécurité sociale; - l'APA, allocation personnalisée d'autonomie. Les abattements: les pensions de retraite bénéficient

EN PRATIQUE Exemple de calcul Prenons un couple retraité ayant perçu en 2007 des pensions de 35700 euros pour l'époux et de4 400euros pour l'épouse. Voici le revenu imposable dece foyer fiscal: -Abattement de 10 % sur la pension del'époux (- 3750 euros) -Abattement de 10 % sur la

pension de l'épouse (- 440 euros) Ce qui donne un abattement global de 4010 euros. Mais comme cet abattement est plafonné pour ce foyer fiscal à3 491 euros, le revenu imposable s'élèvera donc à : 35700 + 4 400 = 40100 3 491 = 36 609 euros.

de deux abattements annuels particuliers : - abattement spécifique de 10 'l'o , avec un minimum de 352 € par pensionné et un maximum de 3 446 € par foyer fiscal; - abattement en faveur des personnes âgées de plus de 65 ans au 31 décembre 2007. Son montant dépend de vos revenus imposables: revenu global inférieur à 13370 € en 2006 : abattement de 2 172 € pour une personne seule et de 4344 € pour un couple; re venu compris entre 13 370 € et 21570 € : abattement de 1 086 € pour une personne seule et de 2 172 € pour un couple.

2 - LES RENTES ÀTITRE GRATUIT Ce sont le s re nte s viagères perçues sans contrepartie financière . Elles sont imposables dans les mêmes conditions que les pensions de retraite, soit après l'abattement spécifique de 10 'l'o . Ce sont, par exemple, les rentes

à vie issues de Plans d'Epargne Retraite Populaire (PERP), des contrats Madelin ou du régime Préfon. Particularités des PERP : ces contrats donnent lieu à des avantages fiscaux durant la phase de constitution de l'épargne. De plus, si vous achetez pour la première fois une résidence principale, votre imposition de retraités peut être répartie sur cinq ans.

3 - LES RENTES À TITRE ONÉREUX Ce sont celles qui sont perçues en contrepartie de l'aliénation d'un capital ou d'un bien. Elle s ne sont imposables que sur une partie de leur montant, dé terminé une fois pour toutes d'après l'âge du bénéficiaire au moment où il perçoit les premiers versements de la rente ( << arrérages »). Cette fraction est fixée à : - 70 % si à la date du premier versement, l'intéressé avait moins de 50 ans ;

- 50 'x, s'il avait de 50 à 59 ans inclus; - 40 % s'il avait de 60 à 69 ans inclus. Entrent notamment dans cette catégorie les rentes via gères : - perçues en contrepartie de la vente d'un immeuble ou d'un fonds de commerce (vente en viager) ; - versées au dénouement d'un contrat d'assurance-vie, d'un contrat de capitalisation ou à la sortie d'un Plan d'épargne collectif pour la re traite (Perco) ; - qui résultent de la conversion de l'usufruit du conjoint survivant ; - constituées dans un partage à titre de soulte, pour compenser l'inégalité des lots, et la rente perçue en exécution d'une clause de partage d'ascendant; - rente de survie versée à une personne handicapée après le décès du souscripteur du contrat. Bon à savoir : en cas de mise en retraite anticipée, vous pouvez récupérer le capital investi sur vos contrats d'assurance vie avant terme et sans payer d'impôt.

4 - LES RENTES NON IMPOSABLES Les rentes à titre onéreux issues d'un Plan d'Epargne Populaire (PEP) ou d 'un Plan d'Epargne en Actions (PEA) sont entièrement exonérées d'impôt sur le revenu. Elles sont toutefois soumises aux prélèvements sociaux sur une fraction de leur montant, qui varie en fonction de l'âge du souscripteur. A noter: les retraités pe rce vant des revenus autres que les pensions ou rentes (loyers, intérêts ... ) restent soumis à l'impôt selon les modalités classiques. •

EN DÉTAIL L'indemnité de départ àla retraite Cette indemnité, lors d'une mise à la retraite à l'initiative de l'employeur, est exonérée à hauteur du montant le plus élevé : montant prévu par loi ou la convention collective, 50 % del'indemnité ou 2 fois larémunération annuelle (dans la limite de 5 fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 160 920 euros pour 2007 et 166 380eu-

51

ros pour 2008). Au-delà, elle estimposée au titre des traitements et salaires. L'indemnité de départ volontaire à la retraite (à l'initiative du salarié) estpour sa partexonérée à concurrence de 3 050 euros et imposable au-delà (sauf exonération totale dans le cadre d'un plan social).

Bon à savoir ~ L'imposition de la partie supérieure à 3.050 euros peut bénéficier d'un régime spécial, « l'étalement»: répartition par quart sur l'année 2007 et les 3 suivantes.


52


EDITION

53


54


55


56


57


58


59


60


61


Jean-Claude

Gaudin par Éric Coder

Maire de Marseille, Bouches-du-Rhône C’est « une histoire d’amour éternelle et banale », comme le chantait Dalida. Une histoire d’amour entre une ville impertinente, bouillonnante, indomptable et un maire iconoclaste, vibrionnant et matois. L’histoire d’une vie. À 25 ans, Jean-Claude Gaudin devient le plus jeune conseiller municipal de sa génération. En 1995, à 56 ans, il accède au poste de premier magistrat de la cité. Le sénateur UMP et vice-président du Sénat est le quarante-deuxième homme à la tête de la ville de Marseille. Son bureau, construit sous Louis XIV, se trouve au premier étage de l’Hôtel de ville et surplombe le Vieux-Port. Une vue magnifique. Voilà une belle ascension pour ce petit-fils et fils de maçon que rien, sinon une ambition et un appétit gigantesques, ne prédestinait à une telle carrière politique. Car Marseille ne s’offre pas au premier venu. D’ailleurs, la ville ne semble s’être véritablement donnée qu’à deux maires, Gaston Defferre et Jean-Claude Gaudin, les deux personnalités les plus emblématiques du pays de la bouillabaisse. Avant eux ? Pas de souvenir. Après eux ? L’inconnu. Deux phares, deux balises, deux étoiles polaires incontournables de la Cité phocéenne.

CV express Maire de Marseille depuis 1995 / Parti politique : Union pour un mouvement populaire (UMP) / Date et ville de naissance : 8 octobre 1939, à Marseille / Diplômes : Faculté de Lettres d’Aix-en-Provence / Fonctions occupées : Député des Bouches-du-Rhône (1978-1989), président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (1986-1998), sénateur des Bouches-du-Rhône (1989-1995, réélu en 1998), vice-président du Sénat (depuis 1998), ministre de l’Aménagement du territoire, de la Ville et de l’Intégration (1995-1997), président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (depuis 2000).

70

62


71

63


Jean-Claude

Gaudin

« À la Noël, mon père faisait un ou deux pâtés qu’on dégustait dans notre quartier de Mazargues, là où j’habitais, et où j’habite toujours. »

Mon meilleur uvenir et mon pire so de maire… suis arrivé à « Le jour où je coup plus au Be . la mairie ur moi que important po à l’Assemblée n tio ec mon él nationale. »

À ses débuts, monsieur le Maire enseignait l’histoire et la géographie. En 1964, l’animateur Jean-Pierre ssassinat de Foucault est même l’un de ses élèves. Affable, « En 1996, l’a t, 14 ans, Nicolas Bourga blagueur, Jean-Claude Gaudin promène sa gouaille r un jeune poignardé pa . ne ai oc relevée à la sauce Pagnol avec une franche bonhomie. ar ine m Français d’orig mais e, in ha la llé C’est un personnage entier au sommet d’une ville Le FN a disti t publicaines on les valeurs ré fière. Et s’il dévore la politique avec gourmandise, , rie ans à la mai résisté. En 13 » son coup de fourchette est légendaire. « J’adore ir.  en souv c’est mon pire les pâtes au pistou, l’anchoïade, la brandade de morue et les pieds paquets », se délecte-t-il. « À la Noël, mon père faisait un ou deux pâtés qu’on dégustait dans notre quartier de Mazargues, là où j’habitais et où j’habite toujours. » Jean-Claude Gaudin vit encore dans la maison qui était celle de ses parents. « La grande différence aujourd’hui, c’est que ces pâtés, je les achète chez le traiteur. Il me semble que la jeune génération accorde moins d’importance aux repas alors que moi, je prends le temps de déjeuner régulièrement chez Rose, près de l’Opéra. Elle a 80 ans et propose une cuisine toujours aussi savoureuse », dit-il. Sourire sincère, poignée de main chaleureuse, Jean-Claude Gaudin est un séducteur. Un seul accroc à son revers, mais celui-là lui colle à la peau comme le pansement du capitaine Haddock : en 1988, deux ans après son élection à la présidence du Conseil 72

64


Marseille Nombre d’ha

Vue sur le Vieux-Port des fenêtres de l’Hôtel de ville.

bitants : 826

700 lllet 2005) Superficie : 24 0,62 km² Département : Bouches-du-Rh ône (13) Principaux m onuments et sites historiques : La basilique No tre-Dame de la Garde, la basilique du SacréCœur, le Vieu x-Port, les cala nques, le stade Vélodr ome. Principaux év énements ou manifestat ions annuelle s : Le Mondial La Marseillaise à Pétanque, les Feux de la Sa int-Jean, le Festival de Marseille, le Fe stival Africa fête Mar seille. (estimation IN

SEE au 1er jui

régional PACA, il se représente aux législatives. Pour sauver des sièges à droite, il accepte des accords de désistement réciproque avec le Front national. Un choix pragmatique et non idéologique. Depuis, il traîne ce choix comme un boulet. Pour Marseille, les ambitions de Jean-Claude Gaudin sont toujours intactes. Il projette « la construction d’un palais de la glace et de la glisse, fonctionnant à l’énergie solaire ». Sur le port, il envisage l’édification d’un nouveau Palais des Congrès. Il est aussi question de l’agrandissement du Vélodrome ainsi que de la construction d’un musée des civilisations méditerranéennes, musée qui donnerait ses chances à la ville pour être désignée capitale européenne de la culture en 2013. « Et si je rêve un peu, au-dessus de l’Estaque, je me verrais bien ériger un immense aquarium, avec laboratoire intégré et un cursus universitaire portant sur les sciences de la mer. » Mais le maire connaît aussi les priorités : « Marseille n’est pas née de la dernière pluie; elle a 2 600 ans ! Construite par strates de populations différentes, elle abrite aujourd’hui une jeunesse conciliante, pas du tout, comme on le dit, dressée contre la police ou les élus. Je mène cependant un combat difficile contre le chômage. Là où il recule le plus, c’est dans les quartiers nord, et j’en suis fier. » Compte tenu de la situation géographique, le maire accorde aussi un soin particulier aux liens de la ville avec les pays du Maghreb : « On est en face d’Alger ; la ville est jumelée avec Marrakech et je suis même grand officier de l’ordre de Wissan Al Alaoui. » Au chapitre des arts de la table, Jean-Claude Gaudin cultive la convivialité. « Il est rare au Sénat qu’on saute un repas », s’amuse-t-il. « Les banquets qu’on faisait avant ont quasiment disparu. On mange beaucoup moins. » « Pendant la cohabitation, dit-il songeur, je déjeunais copieusement à Matignon avec Balladur et Pasqua. Aujourd’hui, quand je rencontre Fillon, c’est juste pour un petitdéjeuner. Même chanson à l’Élysée : « Rondelles de saucisson et gouda ! » L’époque est décidément à la rupture. 73

65


66


67


68


69


70


71


72


73


74


75


76


INTERNET

77


78


79


r On adore

Mode

Beauté

Sexo

psycho

r Espr it

Côté cuisine

M aman

Évasion

decQ

Bien-être

Astre

Je ux

Video

I denti fi ez -v ous! pseudo

Devenez membr

Rec herche r Découvrez

Patrick Bruel en toute intimité... sur efleadore.com

C

G

Envoyer il une ami e

Ë!J im primer

C'est à l'angle de la rue des Dames et de la ru e Dulong, métro Rome , que l'on tro uve l'air le plus pur de la capitale. En avril dern ier, Cat herine No gier y a ouve rt un e grotte d e sel. 20 tonnes de pie r re ont été amenées d'Eu rope de l'est et collées soigneusement de fa çon à r eco uvrir les mu rs .

Poussez la porte, entrez dans la grotte, allongez-vous et respirez ... Dès les premiè res inspi rations, on sent comme un d rôle d'ai r pu r s'immisce r dans nos poumons. Ce son t les ions négatifs cont enus dans le sel . Ils agissent comme un enti-st ress.

Petit cou rs de sciences naturelles : la v ie m ode rne et en éle ctriques, augmente les

parti culie r l'utilisatio n d'appa reils émissions d'ions positifs.

Les ordi nateu rs , les ph oto copieu rs , les téléphones et les tissus synthétiques so nt auta nt de "poll ueurs" éle ct riques qui dét ruisent les ions négatifs r om pan t ainsi l'équilib re natu rel . Or un ai r pau vre en ions négatifs peut être la cause de mal-être , de mau vaise humeu r , de capacités.

lassitude , et

de

la diminution des

La Grotte de Sel pe rmet don c de fai re le plein d'ions négatifs.

Conjuguée avec un peu de musicothérapie et un soupçon d'aromathérapie (de la mandarine rouge pour relaxer), et le tour et joué. Env olée la fatigue , le st ress, les r hum es et les sinusites...

On ressort légère, souriante mais surtout propre de l'intérieur, co m m e si t out cet ai r pu r n ous avait la vé les poumons. Idéal quand on a décidé d'a rrête r de fume r . Et si ça n' est pas enco re assez, C ristal zen it propose aussi des massages ou des cou rs de sophrologie.

Ch ris telle Be rtrand

80


81


82


CORPORATE

83


84


85


86


87


88


89


La gestion n'est désormais plus un secteur uniquement masculin. Chez SGAM, les femmes gérantes apportent leur différence, qui contribue au succès de l'entreprise. Quatre success stories.

La Gestion d'actifs

au féminin

Quatre questions aux gérantes de SGAM

' _ 'J~_ç1Qre._I~_~?p~_çtS!r~!~gJg~~J~~_.rD~!J~r· __~_~ En quoi le métier de gérante vous permet-il de vous

Je ne me serais pas autant dépensée si cela avait été

épanouir?

le cas. Sans dout e, par le passé, j 'avais le sentiment

J 'aime manager une équipe, et lorsqu'elle travaille

qu 'il fallait que je travaille davantage qu 'un homm e. Le

bien et atteint ses objectifs, c 'est une grande satis-

plus difficile, pour une femme, reste le fait de co nc ilier

fact ion . J 'ai toujours apprécié le métier de gérant en

vie professionnelle et vie familiale . Pour ce faire, je me suis

tant que tel : sélectionner des valeurs, générer de la per-

permis de faire des pauses pendant quelques années.

formance, même si cela n'arrive pas tout le temps! Plus généralement, c'es t l'industrie qui me plaît, le travail est

Votre jugement est-il influencé lorsque vous sélec-

toujours plus varié dans un univers non figé. Lorsque je

tionnez dans vos fonds des titres d 'entreprises

gérais plus directement des fonds sur les marchés émer-

dirigées éventuellement par des femmes?

gents, j'ai beaucoup aimé voyager dans de nombreux

Sans doute suis-je plus encline à les examiner de

pays, mais j'ai toujours essayé de garder un certain équi-

plus près. Ça att ire mon atte ntion. Mais au bout du

libre entre ma vie professionnelle et personnelle, surtout

co mpte , seule importe la perform ance.

lorsque mes enfants étaient petrts . Au final, J'ai eu cinq enfants sans pour autant trop mettre en péril ma carrière !

Pensez-vous qu'une femme gérante d 'actifs a un statut particulier dans la finance?

Le marché sur lequel vous êtes est-il très masculin

Dep uis 2001, Sarah Pohlinger, 47 ans, est à la tête des Marchés Actions Internationaux - Européen et Émergents.

Elles travaillent peut-être un peu différemment.

de vo tre point de vue?

Elles sont plus intuitives. Aussi, les femm es ont plus

Bien que le monde de la finance soi t dominé par

de facilité à admettre qu 'elles ont co mmis une erreur...

des hommes, je n'ai jamais été victime de sexisme.

En quoi le métier de gérante vous permet-il de vous

Votre jugement est-il influencé lorsque vous sélec-

épanouir?

tionnez dans vos fonds des titres d'entreprises

Je suis parti culièrement épanouie lorsque les clients

dirigées éventuellement par des femmes?

ach ètent mon produit et lorsque la perform ance du

Je dirige le Woman J Fund et gère plus de 24 M €

fond s exce lle.

d'actifs à fin novembre 2007. Ce fonds s'intéresse aux entreprises qui mettent en avant les femmes et qui ci-

Le marché sur lequel vous êtes est-il très masculin

blent leurs besoins. Nous ne prenons pas nos décisions

de votre point de vue?

en fonction de la direction féminine d 'une compagnie.

Je ne pense pas avoir été victime de sexisme au travail. Il ya une telle co nce ntration d 'homm es dans

Pensez-vous qu 'une femme gérante d'actifs a un

le milieu de la ges t ion d 'act ifs au Jap on qu e le fait

statut particulier dans la finance?

d 'être une femm e att ire l' att ention et joue peut -être

Non , c'est une arène où tout le monde peut jouer un

parfois en ma faveur.

rôle. Cependant , j 'espère voir plus de femm es gérantes de fond s dans l'avenir et ce serait form idab le s'il y en avait davantage qu i postu laient à ces postes.

90

Miki Kudo, gérante, travaille chez SGAM Japon dep uis 17 ans.


"

La dimension humaine est très enrichissante... En quoi le métier de gérante vous permet-il de vous

Votre jugement est-il influencé lorsque vous sélec-

épanouir?

tionnez dans vos fonds des titres d'entreprises

C'est très stimulantd'effectuer un défrichage des peti-

dirigées éventuellement par des femmes?

tes et moyennes valeurs afin de découvrir la pépite de de-

Cela peut en effet éveiller ma curiosité. Mais, en ce

main et d'accompagner ses dirigeants dans le temps. La

qui concerne mes choix définitifs, je reste bien entendu

dimension humaine, prépondérante dans mon domaine,

objective.

est très enrichissante. Pensez-vous qu'une femme gérante d'actifs a un staLe marché sur lequel vous êtes est-il très masculin

tut particulier dans la finance?

de votre point de vue?

Les femmes disposent sans doute d'une sensibilité

Je n'ai pas connu de sexisme dans ma carrière.

plus large que les hommes. C 'est primordial, notamment

Globalement, il y a beaucoup de femmes dans les small

dans mon secteur des petites et moyennes valeurs.

et mid caps en France, alors qu 'en Allemagne c'est un secteur dominé davantage par les homm es.

Beryl Bouvier di Nota, gérante small caps européennes, travaille à Paris.

En quoi le métier de gérante vous permet-il de vous

Votre jugement est-il influencé lorsque vous sélec-

épanouir?

tionnez dans vos fonds des titres d'entreprises

Le Fonds investit au sein de s marchés émergents.

dirigées éventuellement par des femmes?

L'opp ortun ité de participer à un processus de dévelop-

Tout dépend du type d'affaire ou du type de femme.

pement qui affecte 65% de la population mondiale rend

Par exemple, les femm es dirigeantes qui sont créatri-

le travail entho usiasmant et épano uissant.

ces d 'entreprises sont particulièrement impliquées. Celles qui héritent doivent êt re examinées au cas par

Le marché sur lequel vous êtes est-il très masculin

cas comme tout dirigeant de seco nde génération . De

de votre point de vue?

toutes les façons, j'utilise le même critère d' évaluation

Le sexisme est moins présent aujourd'hui qu'en

pour tou s, lorsque j' évalue un ou une dirigeante, qu' il

1968 , lorsque j 'ai début é. À l'époque, j 'étais la seule

leile soit ou pas au capital de son entreprise.

femm e dans la pièce. Il y avait autant de c hances que l'on me demande un café que mon avis. Aujourd 'hui,

Pensez-vous qu 'une femme gérante d'actifs a un

il y a peu de femm es cadres dirigeantes. D'un e part ,

statut part iculier dans la finance?

parce qu 'elles ne sont form ées pour ces postes que

Généralement, la performance, la longévité de l'équi-

depuis qu elques générations et sont donc encore peu

pe de management et le processus d 'investissement

nombreuses à accéder au so mmet. D'autr e part , et

co nst it uent les c ritè res pr inc ipaux dans la sélect ion

c 'est là qu 'intervient le sexisme, parce que les homm es

d 'un gérant d'act ifs.

Penny Fol ey, 62 ans, travaille chez TCW à Los Angeles dep uis 1990. Elle co-gère le Worldwide Opportunities Fund, qui totalise plus d'l Md-ê d'actifs sous gestion .

sont plus à l'aise de choisir co mme co nfidents ou successe urs des homm es dans un cadre professionn el.

Brigitte Le Bris, responsable de l'activité Global Fixed lncome and Currencies, gère 1,35 Md€.

Sylvie Bourdeau gère près de 900 M€ d'actifs, vianotamment la gamme Arcancia Label.

91

Grace Ho , responsable de la stratégie Immobilier en Asie, gère près de 168 M€.


92


93


94


95


-

Interview Philippe Fuchs -

Plutôt rare, aujourd’hui, de concilier passion personnelle et activité professionnelle ! Un luxe que va s’offrir durant quelques mois Philippe Fuchs lors de son ultra marathon de 10 000 kilomètres, Paris-Pékin. A 57 ans, ce chercheur en réalité virtuelle à l’Ecole des Mines de Paris, distille son savoir tout en accumulant les kilomètres. A son palmarès : Paris-Barcelone en 1992, Palaiseau-le Cap Nord trois ans plus tard avec 3 200 kilomètres effectués en 8 semaines et Paris-Athènes lors des derniers Jeux Olympiques avec, cette fois, 2 400 kilomètres parcourus en seulement six semaines !

Pour quelles raisons avez-vous cette fois décidé de joindre votre métier à votre passion et d’y associer Dassault Systèmes ? « Dassault Systèmes est le partenaire idéal. En tant que chercheur en réalité virtuelle, je les connais depuis longtemps et mets en œuvre leurs solutions logicielles au sein de mon laboratoire de l’Ecole des Mines. Lorsque j’ai découvert leur programme de mécénat « Passion for Innovation », je me suis dit que c’était une excellente manière de trouver de l’aide pour assouvir ma passion. Grâce à leur soutien, je disposerai d’une aide logistique et d’une assistance technique tout au long de mon périple. Au delà des données recueillies, Dassault Systèmes a accueilli un nouveau filleul dans son programme de mécénat en fournissant à l’Institut des Sciences du Mouvement à Marseille des solutions de simulation en 3D afin de lancer un projet ambitieux de 3 ans  : la modélisation 3D bioréaliste du pied humain. Et je suis dans ce programme le premier cobaye !

Philippe Fuchs dévoile ici ses motivations Enfin, Dassault Systèmes a réuni toutes ses initiatives (sportive, scientifique et humanitaire) au sein du sportives ainsi que les raisons de son partenariat V+R Challenge en faveur de l’association Sport Sans avec Dassault Systèmes. Frontières qui va nous permettre d’associer le réel et le virtuel. Je porterai le défi couru dans la réalité et tous « Associer enfin le virtuel et le réel » mes kilomètres seront transformés par Dassault

96


mon principal partenaire, je m’appuies sur deux entreprises (Intempora et Polar) qui mettent à ma disposition des logiciels permettant de mesurer, de capturer et de synchroniser toute une série de données issues de différents capteurs (fréquence cardiaque, cadence, données GPS). A mon retour, nous serons en mesure de revivre ma course avec ces données, minute par minute, et elles viendront enrichir la recherche. Ces informations sont essentielles pour l’Institut des Sciences du Mouvement Marseille, qui je le rappelle, va se lancer dans un ambitieux projet en mettant au point une modélisation 3D bioréaliste et virtuelle du pied, et sur celui de l’université Jean Monnet de Saint-Etienne qui, de son côté, fera une étude physiologique tout au long de mon parcours. Un parcours à vocation humanitaire, également, au travers de l’opération montée en faveur de Sport Sans Frontières.

Systèmes en aide pour l’association, tandis que dans le monde virtuel, les internautes pourront eux-aussi participer à un défi similaire et offrir les kilomètres virtuels parcourus par leurs avatars. Pour le chercheur que je suis, c’est passionnant ! Cela fait des années qu’on tente d’opposer les deux alors qu’il y a une vraie complémentarité.

Je suis très heureux de la dynamique qui s’est créée en moins de 5 mois autour du V+R Challenge et ravi de la passion de tous les partenaires qui se sont joints à ce défi. Dassault Systèmes a mis en place ce projet au service de la solidarité en s’appuyant sur des technologies très innovantes en terme de 3D sur internet.

Certaines des technologies comme la transformation de photos 2D en environnement 3D sont tout juste isEn termes de résultats scientifiques ? sues de leur recherche et développement et c’est pour Bien entendu. Le fait que Dassault Systèmes s’associe eux un véritable défi de les mettre aussi vite à à mon marathon aidera à comprendre que la 3D peut- disposition du grand public. être utile dans le monde du sport. Grâce à ces technologies, on parviendra à mieux connaître la stratégie et Enfin, lorsqu’on à comme moi couru à travers le monde, l’intuition du sportif dans certains de ses gestes. Les on mesure à quel point la misère affecte le destin des résultats sont instructifs et feront avancer les choses. enfants. J’espère donc que la réalité virtuelle incitera La 3D temps réel et la réalité virtuelle n’en sont qu’à les gens à s’investir en faveur de Sport Sans Frontières, leur début dans le sport. Nous explorons de nouvelles une association très dynamique. voies dans l’analyse biomécanique en 3D et les résultats ne manqueront pas d’intéresser de nouveaux Il ne me reste plus qu’à répondre aux attentes et partenaires. arriver à Pékin entre le 8 et le 24 août, dates des Jeux Olympiques, et de leur offrir 10 000 kilomètres ! On sent dans votre projet Paris-Pékin une vraie complémentarité entre les différents partenaires ? C’est ce que je recherchais. Hormis Dassault Systèmes,

97


Dassault Systèmes leader de la modélisation et de la simulation 3D scientifique

-

Ces logiciels répondent à deux des principales préoccupations des industriels : gagner du temps pour être le premier et gagner de l’argent pour être le plus compétitif. Ne plus utiliser de prototypes permet de réaliser des économies sur la maquette elle-même, mais aussi sur le temps nécessaire aux nombreux réajustements. De plus, le monde virtuel permet très rapidement de tester de nombreuses solutions avec un risque zéro. Leader en matière de modélisation et de simulation 3D temps réel dans la production industrielle où l’intérêt de la 3D est définitivement établi, Dassault Systèmes est désormais convainvu que le modèle 3D pourrait aussi rendre de grands services dans la science du vivant. Ce nouveau défi est complexe à relever et le V+R challenge s’inscrit dans cette dynamique de recherche. En associant l’Institut des Sciences du Mouvement (ISM) de l’Université de la Méditerranée à son savoir-faire avec la solution de simulation SIMULIA, c’est une réelle avancée scientifique et technologique qui est visée : La simulation du pied humain.

Depuis 1981, Dassault Systèmes élabore des solutions de modélisation et de simulation scientifique 3D temps réel qui permettent à des entreprises de toutes tailles de concevoir et de produire les objets de notre quotidien. Depuis la bouteille d’eau minérale jusqu’à l’avion de ligne en passant par les jouets ou les téléphones portables, rien ne se crée sans la modélisation 3D qui a été une évolution majeure de la R&D dans tous les Un pied : secteurs industriels. c’est 26 os, 16 articulations, 107 ligaments et 20 mus-

cles. Il supporte le poids du corps en 7 points et durant Le modèle 3D est la représentation informatique par- la marche s’allonge de plus d’un demi-centimètre. faite d’un objet réel. La précision géométrique, ainsi que l’ensemble des caractéristiques physiques Si on ajoute une structure mécanique complexe, due y compris ses propriétés mécaniques en font un principalement aux nombreuses liaisons et contacts « jumeau » électronique. Il ne reste plus qu’à des os , de la chair et des tendons, on commence à manipuler ces jumeaux dans les logiciels de découvrir l’ampleur d’un tel projet. De plus, chaque pied Dassault Systèmes intégrant les lois de la physique est unique, ses dimensions variables, il évolue dans pour approcher la réalité au plus près. le temps et suivant la nature du terrain, ses appuis plantaires sont différents.

98


«On réalise alors que la représentation Mais même si les algorithmes sophistiqués incorporés numérique intégrale du pied est un défi dans les produits SIMULIA permettent des simulations formidable lancé aux scientifiques.» poussées aussi proches que possible de la réalité, on

doit comprendre que les caractéristiques du pied étant Un autre projet, lui aussi unique au monde est associé très variables d’un individu à l’autre celles-ci rendent à ce défi : étudier en 3D le pied d’un ultra-marathonien l’étude complexe et longue. de la manière la plus réaliste et la plus exhaustive possible. Les équipes de recheche vont ainsi mesurer Plusieurs années de travail acharné vont être nécesdes paramètres tels que la vitesse, les déplacements, saires pour affiner le modèle et le rendre applicable à la longueur de la foulée, la cadence, les forces et pres- tout un chacun. C’est aussi ce qui rend unique ce prosions qui s’exercent durant la course, tout jet. On peut déjà deviner les nombreuses applications comme les chocs lors de l’atterrissage du pied sur le possibles d’un modèle 3D bioréaliste du pied humain : sol. Ces mesures faites avant le départ vont donner prévention et traitement des accidents, élaboration de une modélisation qui va être en permanence réajustée prothèses et amélioration des performances. en confrontant les résultats aux données biométriques recueillies tout au long du parcours. Après son La modélisation de la chaussure, notamment de la sepériple, la foulée et le pied de Philippe Fuchs seront à melle, et l’étude du pied chaussé pourraient déboucher nouveau étudiés. Une course aussi longue pouvant la sur la recherche et le développement de chaussures modifier. Ces données ne seront validées que plu- mieux adaptées à la course. sieurs mois après, afin de découvrir si ces changements sont définitifs. La simulation réaliste 3D a ainsi désormais toute sa place dans la découverte d’innovations intéressant le «Au défi réel de Philippe Fuchs correspond plus grand nombre.

ainsi le défi virtuel sur ordinateur.»

99


14 rue Charles V

75004

Paris

Tél. 01 57 42 50 57

redaction@ruedespommiers.com

WWW.RUEDESPOMMIERS.COM SARL au capital de 5500 € - RCS PARIS - SIRET 494 674 401 00018 - NAF 924Z

100


Agence Rue des Pommiers: Le Book  

Agence Rue des pommiers des textes, des photos et des recherches icono. Une vraie rédaction à votre service.

Advertisement
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you