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Informations Avril 2014

Trimestriel 2014/05 - N°116

7 bonnes raisons de partager son pain... La malnutrition, une urgence silencieuse

La Centrafrique souffre !

Comment pardonner ?

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www.selfrance.org

Une action chrétienne dans un monde en détresse


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ÉDITORIAL

7 bonnes raisons de partager son pain avec celui qui a faim ? Pourquoi pas 5, pourquoi pas 10 ? Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble, quant à moi, que nous avons au moins 842 millions bonnes raisons de partager notre pain. C’est beaucoup, je vous le concède, mais chaque individu qui, ici-bas, souffre de la malnutrition ou de la faim, est en soit, une bonne raison d’agir ! Pour autant, les choses ne sont pas si simples. La réponse au problème de la faim est un sujet complexe. De nombreux facteurs entrent en ligne de compte. Les enjeux sont internationaux, ils nous dépassent, c’est pourquoi ils nécessitent la mobilisation de tous et de chacun. Le partage des ressources n’est pas la seule façon d’intervenir, c’est l’une des conditions nécessaires et indispensables. Nous devons agir par tous les moyens qui sont à notre disposition, utiliser tous les leviers qui nous permettront de vaincre les résistances. Il faudra du temps, mais c’est le cumul d’initiatives qui nous permettra de répondre aux besoins. Aujourd’hui, c’est pour les enfants de l’école du Sénégal présentée dans ces pages, que nous sollicitons votre intérêt. En leur apportant des repas (et bien plus que cela  !), vous contribuerez à faire d’eux des hommes et des femmes solides, capables de résister à la maladie et de travailler dur pour subvenir euxmêmes à leurs propres besoins. En faire des « hommes debout » c’est leur rendre leur dignité de créature de Dieu. N’est-ce pas là une raison suffisante pour agir ? Soyez bénis en Lui, Claude Grandjean Président du SEL

SOMMAIRE P2 :

Editorial. Questions à Patrick Guiborat

P3 :

Dossier : La Malnutrition, une urgence silencieuse / 7 bonnes raisons de partager son pain avec celui qui a faim

P8 :

Projets Ticket-Repas : Et si vous souteniez cette cantine scolaire ?

P10 : Parrainage : Le ballon, un moyen de rebondir ! / « Cette journée aux Philippines m’a secouée ! » / Comment pardonner ? P14 : Défi Michée : Football, téléphones portables et industrie textile P15 : Commerce Equitable : Consommer équitable et plus encore P16 : La page est à vous P17 : Nouvelles P19 : Secours d’urgence : La Centrafrique souffre, nos partenaires agissent !

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Questions à Patrick Guiborat, Directeur général du SEL

Que faut-il dire de plus sur un thème aux bourreaux de leurs aussi vaste et récurrent que la faim ? proches ? Avant tout chose, il me semble qu’il faut dire et redire que la faim n’est pas une fatalité ! Il est important de se rappeler aussi que la terre créée par Dieu peut produire suffisamment pour nourrir ses habitants. Aggravé par les désordres climatiques croissants, ce sont souvent des déséquilibres économiques internationaux ou locaux, voire des injustices, qui sont à l’origine de la souffrance de millions d’être humains (les dernières statistiques estiment qu'environ 842 millions de personnes souffrent encore de la faim). J’aimerais souligner pourtant que là où agissent nos partenaires, grâce à votre générosité, la faim recule concrètement et durablement.

Ma première réaction en lisant ces témoignages me ramène au thème de la dernière journée du SEL dans les Eglises « Ils ont quelque chose à partager avec nous » ! Je crois que nous avons beaucoup à apprendre ici de ce qui se vit là-bas. La force et le pouvoir du pardon vécus au Rwanda sont une belle leçon de foi, d’humilité mais aussi d’espoir ; j’aimerais adresser cet espoir aux chrétiens de Centrafrique qui vivent actuellement une situation particulièrement complexe. J’ai pu rencontrer dernièrement le Président de l’Alliance Evangélique Centrafricaine et peux vous dire que le nécessaire travail de réconciliation et de pardon fait partie d’ores et déjà des préQue ressentez-vous à la lecture des occupations des partenaires du SEL à nombreux rapports de jeunes enfants l’œuvre là-bas. parrainés au Rwanda qui ont pardonné

Partenaires du SEL Le Défi Michée veut mobiliser les chrétiens contre l’extrême pauvreté, notamment en les encourageant à interpeller les gouvernants au sujet de leur engagement pris en 2000 de réduire l’extrême pauvreté de moitié d’ici 2015 (Objectifs du Millénaire pour le Développement). Depuis 1983, ARTISANAT SEL s’inscrit dans une démarche de commerce équitable pour permettre à des femmes et des hommes de vivre dignement de leur travail par l’échange économique. Distincte du SEL, l’association agréée entreprise solidaire fait vivre aujourd’hui plusieurs milliers d’artisans et de producteurs à travers le monde. Les dons faits au SEL vous permettent de recevoir un reçu fiscal donnant droit à une réduction d’impôts (66%, ou 75% aux Ticket-Repas, ou 60% pour une entreprise) ; vous pouvez aussi nommer le SEL bénéficiaire d’une assurance vie. De plus, par le compte abrité à la Fondation du Protestantisme (47 rue de Clichy, 75311 Paris cedex 09), vous pouvez attribuer un legs à cette Fondation (en mentionnant « pour le SEL ») ou, pour la déduction ISF, en lui envoyant un chèque à son ordre et à son adresse, et en mentionnant au verso « pour le SEL ». Une action chrétienne dans un monde en détresse Le SEL est une association protestante de solidarité internationale qui fonde son action sur une vision responsable de l’engagement chrétien en vue de réduire la pauvreté dans les pays en développement. Les actions Vous recevez peut-être pour la première Association Service d’Entraide qu’il entreprend visent à améliofois notre journal. Si vous souhaitez être et de Liaison tenus au courant de nos activités, vous rer les conditions de vie de per157 rue des Blains - 92220 BAGNEUX pouvez vous abonner au prix indiqué cisonnes et de populations en Tél. 01 45 36 41 51 - Fax 01 46 16 20 86 dessous. situations de pauvreté, dans une Si vous ne souhaitez pas recevoir notre contact@selfrance.org perspective d’autonomie.

A NOS NOUVEAUX LECTEURS

Créé par l'Alliance Evangélique Française en 1980, le SEL déploie des activités basées sur l'enseignement biblique qui associe la Parole et les actes afin de transmettre l'amour de Dieu. C’est pourquoi le SEL travaille en partenariat avec des organisations chrétiennes locales, responsables des projets qu’elles élaborent et mettent elles-mêmes en œuvre. Le SEL mène une action humanitaire : le financement qu’il octroie à ses partenaires s’inscrit donc dans ce cadre ; ceux-ci déploient leur action au-delà des différences de religion, d’opinions politiques ou d’origines ethniques et en prenant en compte l’ensemble des besoins physiques, économiques et spirituels des bénéficiaires finaux. © photos : SEL (sauf mention)

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Mise en page : J. Maré Impression : IMEAF - La colline 26160 La Begude de Mazenc Tél. 04 75 90 20 70 CPPAP N°1116H80951 (30/11/2016)

N°ISSN 1145-2269 Directeurs de la publication : Prix du n° : 1 € Claude Grandjean et Patrick Guiborat Abonnement : 4 € Responsable de la rédaction : Nathalie Dobozy Abonnement de soutien : 20 € Sécrétariat de rédaction : Rachel Colosimo Comité de Rédaction : Rachel Colosimo, Nathalie Dobozy, Isabelle Duval, Patrick Guiborat, Ann Hatava, Daniel Hillion, Véronique Lavoué, Coralie Omodéi, Yves Turquais

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Chers amis, Voilà un titre bien surprenant…


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PROJETS DE DÉVELOPPEMENT

La malnutrition, une urgence silencieuse

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Elles sont là, fidèles au rendez-vous. Nombreuses mais patientes, berçant, nourrissant ou simplement admirant leur bébé lové dans leurs bras. Ce sont des mamans, venues de près ou de loin pour suivre le programme de nutrition que dispense le Centre de santé Keru Yakaar, à Dakar. Leurs bébés ont un triste point commun : ils souffrent de malnutrition. Tabitha, médecin et responsable du comité des consultations du centre, nous reçoit avec son équipe pour nous en parler.

« Un enfant peut manger à sa faim et être malnutri » La malnutrition est un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme. Un enfant peut manger à sa faim, et être malnutri. Car ce qui est important c’est ce qui compose les repas. Le manque d’équilibre alimentaire, dans les deux premières années de la vie, provoque des carences qui elles-mêmes auront des conséquences irréversibles : retard de croissance, handicap intellectuel, cécité, vulnérabilité aux maladies…

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PROJETS DE DÉVELOPPEMENT

« La malnutrition peut s’exprimer de plusieurs manières » Il y a les conséquences directement visibles comme l’insuffisance pondérale, l’émaciation (rapport entre le poids et la taille), le retard de croissance. Un ventre gonflé, des cheveux décolorés, des œdèmes, une forme d’apathie… peuvent également en être les signes.

«  Ici c’est surtout la maigreur et le retard de croissance que nous observons chez les bébés » nous explique Evodie, une des responsables du programme de nutrition, en nous montrant des photos de bébés bénéficiaires du programme. La malnutrition provoque des carences en nutriments (iode, fer, vitamine A, zinc) qui ont des conséquences graves. Une forte carence en vitamine A est une cause de cécité. Même modérée, elle entraîne des déficiences du système immunitaire, rendant l’enfant moins résistant à de simples maladies telles que la rougeole ou la diarrhée qui tuent chaque année des milliers d’enfants. L’anémie (carence en fer) provoque une diminution du quotient intellectuel d’environ 9 points et plus largement entrave le développement psychomoteur et cognitif de l’enfant. La carence en iode a, elle aussi, un impact sur le développement intellectuel tandis que le zinc joue un rôle essentiel dans le système immunitaire et la croissance. La carence en zinc augmente le risque de diarrhée, de pneumonie, de malaria et contribue au retard de croissance. 4

La pauvreté, première responsable de la malnutrition « Parfois les choses ne se passent pas bien, malgré nous. Nous avions un enfant qui était vraiment dans le rouge, en plus de malnutrition, il souffrait d’asthme. Mais nous arrivions à bien le suivre et nous avions beaucoup d’espoir pour cet enfant. Il voulait se battre pour vivre. Pourtant nous avons perdu cet enfant. Il était faible et n’a pas pu combattre sa maladie. Ce fut très dur pour nous. » poursuit Evodie. « L’origine principale de la malnutrition est indéniablement la pauvreté, nous assure Tabitha, mais elle n’est pas la seule responsable et s’imbrique dans un ensemble de causes.  Tous les efforts d’une mère pour trouver

ce dont ses enfants ont besoin peuvent être réduits à néant par des facteurs économiques, politiques et socioculturels. » Très schématiquement  : une famille pauvre, dans un pays en développement, ne reçoit aucune aide de son pays. Cette famille n’a pas accès aux ressources en quantité et qualité suffisantes  : terre, éducation, emploi, revenu, technologie. Sa situation économique est donc instable ce qui provoque de l’insécurité alimentaire. Elle vit souvent dans un environnement insalubre et a moins facilement accès aux services de santé. Tous ces facteurs contribuent à


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PROJETS DE DÉVELOPPEMENT

«  Nous faisons une distribution de lait aux mamans qui viennent au centre mais nous nous assurons aussi qu’elles ont bien compris les quantités à respecter et nous suivons de près ce qu’elles ont donné à leur bébé pendant la semaine écoulée  » nous livre Constance, une infirmière, également responsable du programme de nutrition de Keru Yakaar.

la vulnérabilité et à l’apparition de maladies, ce qui entraîne des situations de malnutrition. Par conséquent, les membres de cette famille n’ont pas de capital suffisant pour élever leur niveau social. Ils restent dans ce contexte de pauvreté et entretiennent les causes qui mènent à la malnutrition et aux maladies. «  C’est un cercle vicieux. » Manque d’éducation, traditions, grandes familles, négligence, maladie physique et/ou mentale de la mère ou son décès lors de l’accouchement sont autant de causes de la malnutrition. « C’est une réalité que nous palpons ici tous les jours. » raconte Tabitha.

Suivre mamans et bébés, une vraie solution ! Les programmes de nutrition ont prouvé leur efficacité dans l’amélioration durable de la situation nutritionnelle des enfants. Chez les enfants de moins de 2 ans, l’accent est mis sur l’allaitement maternel qui n’est pas toujours systématique.

Une maman qui suit le programme de nutrition du ce n t re d e K e r u Ya k a a r témoigne :

triments qui est surveillé. D’où la distribution de fer ou de vitamine A dans les centres de santé ou à l’école. La malnutrition sévère ou modérée est traitée par la distribution de farine enrichie, de bouillie, de mélange lait-huile-sucre. Les mamans sont sensibilisées et éduquées sur leur rôle en matière de nutrition.

« J ’ a i d é j à p e rd u d e u x enfants. C’est pour ça que j’emmène ma fille ici. Je viens depuis 5 semaines et je vois la différence. Ma fille a pris du poids. Elle est née toute petite, je ne pouvais pas l’allaiter. Ici on me donne du lait et c’est bon pour mon bébé. Elle va mieux.  J’écoute les conseils, on m’explique, on m’encourage. » Rachel Colosimo Chargée de communication Internet et Editions

Quelques chiffres (2011) : • 101 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’insuffisance pondérale soit environ 1 enfant sur 6 de cette tranche d’âge.

« Beaucoup de mères qui viennent ici au centre, n’ont pas conscience du rôle de l’allaitement. Elles ne sont pas éduquées dans ce sens. Parfois, elles n’allaitent qu’une ou deux fois par jour leur nouveau-né ce qui le met rapidement en situation de danger de mort.»

• En Afrique sub-saharienne, cela représente 1 enfant sur 3 de moins de 5 ans.

Chez les enfants de moins de 5 ans, c’est l’apport en micronu-

Source : Rapport UNICEF 2013, Améliorer la nutrition de l’enfant

• 52 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aigüe, modérée ou grave. • 5% (29 millions) souffrent de malnutrition sévère. • L’Inde compte le taux d’émaciation le plus élevé avec 20% des moins de 5 ans qui en sont atteints.

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PROJETS DE DÉVELOPPEMENT

7 bonnes raisons de partager son pain avec celui qui a faim ! Même si le nombre de personnes souffrant de la faim a diminué de 17% depuis les années 1990, 14% de la population mondiale sont encore concernés par ce fléau soit 842 millions de personnes ! De bonnes raisons de combattre la faim, il y en a beaucoup mais nous avons décidé de vous présenter ici les 7 plus marquantes.

La faim rend malade Par ailleurs, la malnutrition est étroitement liée à la santé d’une personne. Des carences en nutriments peuvent être la cause de toutes sortes de maladies comme la cécité (carence en vitamine A), l’anémie (carence en fer) ou encore le retard mental (carence en iode). Malnutrition et infection exercent une influence négative l’une sur l’autre. Les infections affaiblissent le métabolisme et la digestion, ce qui entraîne un état de malnutrition. La malnutrition, quant à elle, va affaiblir le système immunitaire ce qui augmente le risque d’infections.

On estime qu’entre 250 000 à 500 000 enfants ayant des carences en vitamine A deviennent aveugles chaque année. La moitié de ces enfants devenus aveugles décéderait dans les 12 mois. (Source : OMS)

Les conséquences d’une carence alimentaire avant 2 ans sont irréversibles Les conséquences de la faim en dehors de la sensation provoquée et du manque d’énergie latent  sont nombreuses, touchent toutes les tranches d’âges et affectent beaucoup de domaines. Dès les premiers jours de la vie, une alimentation insuffisante a des conséquences graves et parfois irréversibles sur le futur d’un nouveau-né. Elle affecte le développement physique et intellectuel d’un enfant et entamera de manière significative son capital humain, soit l’ensemble de ses capacités à travailler ou produire pour lui-même ou pour les autres dans sa vie d’adulte.

Un enfant sur six, soit 100 millions d’enfants, souffre d’insuffisance pondérale dans les pays en développement. (source : rapport OMS, 2011)

La faim et le traitement contre le sida : un cocktail perdant ! On retrouve ce cercle vicieux chez les personnes infectées par le VIH. Une alimentation insuffisante provoque une perte de poids, des carences nutritives et affaiblissent l’individu. Le système immunitaire ne parvient pas à combattre le virus ce qui augmente la vulnérabilité de la personne aux infections. Les besoins nutritifs du malade augmentent mais ne sont pas satisfaits.

Les besoins énergétiques d’une personne vivant avec le VIH et développant des symptômes augmentent de 20% à 30%. (Source : OMS) 6


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PROJETS DE DÉVELOPPEMENT

La faim et l’échec scolaire : un vrai lien La malnutrition affecte de manière significative l’apprentissage des enfants. Le retard de croissance, qui est un signe de malnutrition chronique chez les enfants, a des conséquences importantes sur les résultats scolaires. Comparés à ceux ne subissant pas de retard de croissance, les enfants en retard de croissance ont des résultats en maths 7% inférieurs aux autres, 19% de risque de ne pas pouvoir lire une simple phrase à l’âge de 8 ans et 12% sont susceptibles de ne pas pouvoir écrire une phrase simple1. D’autre part, en plus d’être fatigués et de ne pas pouvoir se concentrer sur les cours, les enfants malnutris tombent malades plus souvent et par conséquent, ratent plus de jours de classe.

Dans le monde en développement, 66 millions d’enfants en âge d’aller à l’école y vont le ventre vide, dont 23 millions rien qu’en Afrique. (Source  : PAM, Deux minutes pour mieux connaître les repas scolaires, 2012)

La faim : aussi une question d’éducation des mamans Un autre moyen de renverser la tendance est d’éduquer les mamans à allaiter leur enfant et à diversifier, dans la mesure du possible, leur alimentation afin d’apporter les nutriments nécessaires à leur croissance. Parfois la malnutrition d’enfant vient simplement du fait que la maman ne sait pas comment bien nourrir son enfant.

La malnutrition provoque la mort de 3,1 millions d’enfants  de moins de 5 ans chaque année, soit près de la moitié (45%) des causes de décès. (Source : The Lancet 2013)

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Etude Young Lives, 2002, 2006 et 2009 sur 7000 enfants en Inde, Ethiopie, Pérou et Vietnam.

70% des personnes souffrant de la faim sont des agriculteurs L’agriculture familiale est la forme la plus répandue d’agriculture dans le monde. Elle est inextricablement liée à la sécurité alimentaire et peut jouer un rôle primordial dans l’éradication de la faim et de la pauvreté. Donner la possibilité de cultiver la terre aux agriculteurs des pays en développement avec des techniques agricoles et un équipement adaptés est une autre façon de faire reculer la faim.

Si les agricultrices avaient le même accès aux ressources que les hommes, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde pourrait être abaissé à 150 millions. (Source: La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2011)

Des solutions existent ! La faim n’est pas une fatalité. Il existe des solutions au niveau local qui peuvent aider à lutter contre la malnutrition et ses conséquences sur le long terme. Par exemple, un de nos partenaires au Sénégal utilise de la poudre de moringa oléifera pour lutter contre la malnutrition des enfants de moins de 5 ans. Cette plante, très présente en Afrique subsaharienne, contient plus de 90 nutriments dont entre autres 4 fois plus de vitamine C que les oranges ou encore 3 fois plus de fer que les épinards. Ajoutée au repas des enfants, cette poudre améliore la qualité de leur régime alimentaire.. Nos projets de soutien alimentaire TicketRepas permettent aux enfants, à travers la distribution de repas, d’avoir assez d’apport énergétique pour suivre les cours à l’école ou une formation professionnelle pour les plus âgés.

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PROJET TICKET-REPAS

Et si vous souteniez ce Ils sont 95 enfants, du CP à la 6ème à emprunter chaque jour le chemin de l'Ecole Rennaissance des sourds à Dakar. 95 enfants, heureux d'être là et qui ont besoin de votre soutien pour recevoir un repas complet le midi à l'école. Les enfants, cette école, nous voulons vous les présenter. Sourds et muets Apprendre à lire, écrire, compter, comme les autres enfants, n'était pas une évidence pour ces enfants sourds et muets, surtout au Sénégal ou ce handicap est mal, voire pas du tout pris en charge.

On s'occupe d'eux ! Frustrés de ne pas pouvoir communiquer ou comprendre ce qui se passe autour d'eux, ces enfants sont souvent très agités. Cette école est une chance inouïe pour eux de sortir de l'isolement.

Communiquer, enfin ! Leur premier apprentissage porte sur la langue des signes ! Quel soulagement pour ces enfants de pouvoir enfin communiquer mais aussi de se retrouver avec des enfants comme eux ! Ils apprennent aussi à prier et voient l'intérêt et l'amour que leur porte le personnel de l'école.

Investir les parents L’école met un accent particulier sur l’implication des parents dans la vie de leur enfant. Ces derniers prennent des cours de langue des signes deux fois par semaine. Pour les enfants habitant loin de Dakar, une maison d’accueil rattachée à l’école leur permet d’être hébergés à proximité de l’école. 8


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PROJET TICKET-REPAS

cette cantine scolaire ?

Au programme... 8h30 -12h les enfants ont classe avec une pause vers 10h30 où ils reçoivent un en-cas.12h -14h30 : tous les enfants sont répartis dans 5 ateliers : coiffure, artisanat, sport... Le but : que chaque enfant touche à tout !

Un contexte de pauvreté Les élèves de cette école viennent pour la majorité de familles démunies qui ne sont pas toujours en mesure d’assurer les trois repas quotidiens de leurs enfants. Certains enfants ne mangeaient qu’un morceau de pain entre 8h30 et 14h30.

Dans le cadre des Ticket-Repas, votre soutien permettra à 95 enfants de manger à la cantine tous les jours et aux internes de la maison d’accueil de bénéficier, en plus, du repas du soir pendant 9 mois du 1er octobre au 30 juin. Le soutien du SEL permet : • l’achat des denrées alimentaires pour l’école et la maison d’accueil • le transport des denrées alimentaires • la rémunération d’une cuisinière et d’une aide-cuisinière • la participation aux frais de consommation d’eau • le renouvellement du matériel de cuisine

nt 16 € e m e l u e s Avec par mois,rès réduction d'impôts) ap (environ 4€ 'école soutenez l ce Renaissan e Dakar ! d des sourds

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PARRAINAGE D'ENFANTS

Le ballon, un moyen de rebondir !

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rian est un de ces enfants. Mais deux fois par semaine, après les cours, il enfile sa tenue de sport et se rend au centre d’accueil Compassion. Là-bas, il participe aux activités du centre dont le foot.

© Photo Compassion

Nous sommes vendredi après-midi et les enfants sortent de l’école dans la petite ville d’Almoloya perdue dans les collines de Toluca, au Mexique. Le manque de toute source possible de revenus fait vivre ses habitants dans un grand dénuement. C’est une communauté réduite et très peu d’enfants vont au collège. La culture du maïs est l’activité essentielle de cette communauté et les enfants ont l’habitude d’apporter leur aide. commencé à réfléchir à l’idée d’avoir un programme sportif plus conséquent en complément du programme global.

Au centre d’accueil, le sport est utilisé pour apprendre aux enfants à être responsables, à s’engager et à c o n s i d é re r l’ i n t é g r i t é Brian vient d’une famille comme une valeur essenbrisée. Abandonné par son tielle. Les enfants sont père à l’âge de 7 ans il er Brian (1 plan) lors d’un tournoi de foot gagné par encouragés à bien se coms’est alors beaucoup renson équipe. porter, à être disciplinés et fermé. Sa mère travaille dur et par conséquent s’absente sou- « Au travers des activités sportives, à appliquer ces principes dans de nous avons vu Brian développer la nombreux aspects de leur vie. Cela vent. confiance en soi, la responsabilité représente un réel changement. Les et l’identité. Il vient régulièrement Églises, partenaires de Compassion Un contexte difficile au centre d’accueil et il sait que sa dans la vallée de Toluca, forment pour beaucoup d'enfants discipline et son comportement sont des jeunes qui s’investissent dans importants pour faire le sport, les études, le Au Mexique, 3 enfants sur 10 vivent partie d’une équipe » travail, et s’engagent Au centre dans des familles monoparentales. ajoute le frère Pilar. pour leur famille et le d’accueil, le sport Seigneur. La désintégration de la famille est est utilisé pour très commune et a pour origines la Le foot : apprendre aux migration, le divorce, les problèmes Pour Brian, le football économiques, l’alcool et la violence une stratégie enfants à être n’est pas seulement un conjugale. Les conséquences sur les loisir. Il lui a donné l’ocresponsables, à enfants sont dévastatrices. Ils sont L’équipe de foot fait parcasion d’appartenir à une s’engager et à généralement laissés seuls ou bien tie de la stratégie du proéquipe, d’avoir des buts considérer deviennent facilement délinquants, gramme de santé dans l’intégrité comme et des aspirations. Brian toxicomanes, alcooliques ou voyous. la région de Toluca, pour a commencé comme une valeur laquelle des bilans tous les autres enfants essentielle. Brian lui aussi a été indiscipliné et médicaux réguliers sont de sa communauté, en rebelle. « A présent l’Église a comblé effectués ainsi qu’un jouant au foot dans une beaucoup de ses besoins émotion- déparasitage deux fois l’an. Un apport rue poussiéreuse avec quatre cailloux nels », dit le frère Pilar, le directeur en vitamines et des traitements pour signaler les buts et n’importe du centre d’accueil où il se rend. « Il contre la malnutrition sont également quel objet pouvant faire office de peut recevoir l’aide et l’attention dont fournis en parallèle du programme balle. A présent Brian fait des rêves il a besoin ». sportif. L’an dernier, de nombreux pour son avenir, il rêve d’intégrer centres d’accueil ont participé à des une équipe professionnelle… tournois avec beaucoup de succès. Texte tiré du blog de Compassion Suite à cela, les responsables ont 10

CENTRÉ SUR CHRIST – POUR L’ENFANT – EN COLLABORATION AVEC L’ÉGLISE


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PARRAINAGE D'ENFANTS

« Cette journée aux Philippines m’a secouée » Les récents événements aux Philippines, m'ont rappelé une visite que j'avais faite là-bas, il y a quelque temps... Ce n’était pas un pays que je rêvais de visiter. J’aurais préféré la Thaïlande, le Bangladesh, même l’Indonésie…

M

ais dès ma première journée à Manille, en visite dans un centre d’accueil Compassion, je ne regrette pas d’être là ! Linda, directrice du centre depuis 10 ans, nous accueille dans la chaleur étouffante de son bureau. Avec 6 équipiers et une vingtaine de bénévoles elle encadre 300 enfants parrainés. C’est samedi et le centre est ouvert de 8h à 20h pour accueillir les enfants le matin ou l’après-midi. Ils sont une vingtaine dans chaque salle de classe que nous visitons. Chaque samedi, Linda et ses collègues proposent un culte puis une réunion d’information aux parents des enfants parrainés. Elle y aborde tous les sujets utiles, comme la santé, l’hygiène, les abus (les abus verbaux et physiques des enfants sont fréquents, nous dit Linda, qui n’hésite pas à aborder ces thèmes avec les parents). Nous voyons la salle pleine, surtout de mamans, souriantes qui nous saluent. Avec deux collègues et une responsable du centre, nous partons rendre visite à la famille de John Padilla, 6 ans, un des enfants parrainés de ce centre. Moi qui m’étais fait une idée des Philippines comme un pays relativement développé, j'ai été bien surprise... Pour arriver chez John, il faut rentrer dans un bidonville où les « maisons » ont été construites l’une après l’autre, à côté ou par-dessus, en bois, en tôle, en ciment. C’est un labyrinthe où il fait tout noir, nous nous donnons la main pour avancer à droite, à

gauche, dans des couloirs étroits, je ne peux m’empêcher de penser à « Fort Boyard » et je suis contente d’avoir écouté le conseil de la responsable  : mettre des chaussures fermées !

Cette première journée m’a secouée, je me rends compte que j’avais des préjugés sur ce pays. Les jours suivants, j’ai l’occasion de visiter d’autres centres d’accueil et d’autres maisons.

C’est mouillé par terre, il y a des trous, et je ne vois pas où je mets les pieds. Puis nous montons u n e é c h e l le t rè s raide, et arrivons dans une petite pièce que j’estime à 2m x 1,5m, c’est la « maison » de John et ses parents. Ses 4 frères et sœurs âgés de 9 à 18 ans vivent dans d’autres villes chez des parents. Les seuls meubles sont 2 grandes étagères, et à cinq debout dans la pièce nous sommes un peu serrés… Tina, la maman Ann (au centre et en blanc) a été très touchée par de John, a allumé la rencontre avec la famille de John. une bougie derrière moi pour nous Chaque rencontre est aussi touéclairer, et j’espère que mes cheveux chante. ne sont pas trop près de la flamme… Franklin, le papa, travaille occasion- Je suis impressionnée par le travail nellement comme maçon, la maman accompli et le dévouement des équin’a pas de travail. Tina et Franklin piers de Compassion, et aussi par ne s’expriment qu’en tagalog et grâce les Eglises qui ont ouvert leurs portes à notre interprète du centre d’accueil, au parrainage d’enfants. Je suis nous pouvons échanger un peu et contente et fière aussi d’être un nous proposons de prier ensemble. maillon dans cette chaîne, de traA p r è s c e m o m e n t é m o u v a n t vailler pour ces enfants mais à d’échange et de prière, nous repar- « l’autre bout », auprès des parrains, tons, laissant John visiblement en France. content des bonbons et ballons apportés, mais toujours très timide, Ann Hatava, Directrice du parrainage collé à sa maman. 11


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PARRAINAGE D'ENFANTS

Comment pardonner ? Méthode avait 6 ans en 1994 quand eut lieu le génocide rwandais, il vivait alors chez sa tante car son père n’avait pas de quoi le nourrir. «  Un jour, la radio annonça ce qui se passait et conseilla aux gens de rester chez eux. Dans la nuit, des maisons furent incendiées et on entendit des coups de feu… »

Fuir

© Photo Compassion

« C’est à ce moment-là que ma tante décida de quitter la maison. Nous nous sommes cachés dans les collines pendant deux mois. Nous changions de cachette dès que les tueurs approchaient. »

achevés à coups de machette. Sa sœur réussit à s’échapper mais décéda un an plus tard de ses blessures. Méthode apprit plus tard que sa mère avait également été tuée dans les collines avec le petit dernier sur le dos. Il revit ses deux autres sœurs, seulement après le génocide.

milieu des marécages et me dit adieu. Il valait mieux être tué par l’eau que d’attendre d’être massacré. Mais nous n’avons pas pu nous noyer. Nous nous sommes accrochés à des corps qui flottaient jusqu’à ce que les assassins nous trouvent. Ils ont frappé ma tante à la tête et elle s’est écroulée, assommée. Puis ils m’ont fouillé. Ne trouvant rien, ils m’ont jeté au sol, ont frappé mon genou. Au moment où ils allaient en finir avec moi, un autre tueur les a appelés. Et c’est comme ça que j’ai été épargné. »

Devenir soldat pour venger ma famille 

Méthode montre le lieu où lui et sa tante se sont cachés comme près de 5000 autres personnes pendant le génocide rwandais de 1994. Tout le monde a fui comme il a pu et les familles ont été séparées. Nelson, le frère aîné de Méthode, a fui vers la maison de sa tante, mais ils étaient déjà partis. Il a été capturé et tué. Le père et la sœur de Méthode se sont cachés dans une église catholique en espérant qu’ils y seraient en sécurité mais l’église fut bombardée et les survivants

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Après le génocide, Méthode et sa tante n’avaient nulle part où aller. La maison de sa tante avait été brûlée et sa santé était fragile. « Après tout ce qui m’était arrivé, j’étais tellement en colère que je voulais devenir soldat pour venger ma famille, explique Méthode en pleurant.

Méthode et sa tante ainsi que d’autres familles, se cachaient dans les maré« J’étais cages. La nuit, quand les tellement en tueurs se reposaient, ils colère que je montaient sur les collines pour chercher de la nourvoulais riture. devenir

Je pensais à ce qui était arrivé à mes parents, à ma famille et à mon pays et tout ce que je désirais, c’était avoir une arme et tuer tous ceux qui avaient massacré ma famille. »

soldat pour « Un jour, les tueurs sont venger ma On dit à Méthode qu’il arrivés aux marécages. était trop jeune pour À ce moment-là, ma famille » rejoindre l’armée et que tante courut avec moi vers la rivière qui se trouvait au la loi lui rendrait justice. Sa tante et CENTRÉ SUR CHRIST – POUR L’ENFANT – EN COLLABORATION AVEC L’ÉGLISE


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PARRAINAGE D'ENFANTS

Une nouvelle vie

lui reçurent une maison dans le village des survivants du génocide. Mais cela ne suffisait pas à faire disparaître son amertume, son désespoir, ses cauchemars et son traumatisme.

« Je riais et je parlais avec les gens. Je me suis investi dans mon Église et mes résultats scolaires se sont améliorés, j’étais premier ou deuxième de ma classe. Ma sœur m’a demandé de lui apprendre à prier, parce qu’elle voulait vivre la même chose que moi. Elle et ma tante sont aujourd’hui chrétiennes. »

Dieu m’a convaincu que la vengeance ne changerait rien. Je remercie Dieu d’avoir envoyé Compassion au Rwanda pour aider de nombreux enfants blessés et devenir une source d’éducation, de vie et de salut. Je remercie © Photo Compassion

Oter le poids de mon cœur

« La chose la plus importante qui m’est arrivée et que le gouvernement n’aurait pas pu me donner a été de pardonner aux tueurs.

Un an plus tard, le voisin de Méthode entendit parler de Compassion dans son Eglise et y emmena le jeune garçon pour l’inscrire. « Le gouvernement parlait d’unité et de réconciliation, mais mon cœur était inconsolable. Je sentais que je ne pouvais pas me réconcilier avec ceux qui étaient responsables de mes conditions de vie. J’ai essayé de prier et d’aller à l’Église, mais je n’arrivais pas à comprendre ce qui avait causé tant de haine parmi mon peuple. J’étais en colère, j’avais peur et j’étais désespéré. Quand il me manquait quelque chose, comme des chaussures ou de la nourriture, je me rappelais à quel point mes parents travaillaient dur autrefois et cela m’était insupportable. »

Methode a occupé des postes à responsabilité dans son école, son Église, au centre et dans sa communauté. Grâce « Dieu m’a à ses bonnes notes, il convaincu est devenu l’un des quelques étudiants parque la rainés par Compassion vengeance dans le programme de ne formation des leaders au changerait Rwanda.

«    Grâce aux activités régulières du centre comme le chant, les jeux, la prière collective et la lecture de la Bible, j’ai compris que je pouvais trouver la paix en Dieu. rien J’ai commencé à chanter dans la chorale et à demander à Dieu en prière d’ôter tout ce qui pesait sur mon cœur. Les membres de ma famille ont été surpris par mon changement soudain de comportement.  » Méthode a donné sa vie à Jésus en 1999 et s’est fait baptiser.

»

Aujourd’hui, Méthode est le premier vice coordinateur de l’Association des étudiants et élèves rescapés du génocide (AERG) au niveau national et le trésorier de la formation des leaders de Compassion au Rwanda.

En rencontrant Dieu, Méthode a trouvé la paix et a pu démarrer une nouvelle vie.

mes parrains qui m’ont permis d’étudier de l’école primaire jusqu’à l’université. Je remercie Dieu pour ma vie avant et après Compassion et parce que je sais maintenant que j’aurai un bel avenir. Je suis heureux de qui je suis aujourd’hui, d’être chrétien et d’avoir de la valeur dans la société. » Texte tiré du blog de Compassion

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DÉFI MICHÉE

Football, téléphones portables et industrie textile

La corruption détourne chaque année des centaines de milliards d’euros, autant d’argent qui est en quelque sorte perdu notamment pour les pays en développement et crée un manque d’investissement dans les services publics de base. Mais la corruption n’équivaut pas seulement à une perte d’argent, la corruption tue. Parfois directement dans des guerres, comme celle du coltan en République Démocratique du Congo par exemple. Le coltan est un minéral conducteur d’électricité présent dans tous les appareils mobiles. Des groupes armés s’affrontent pour contrôler les ressources et sont alimentés par les revenus de son commerce illégal, au détriment de la population locale terrorisée et exploitée pour l’extraction. Les entreprises multinationales de téléphonie mobile n’ont rien fait jusqu’à présent pour rendre les chaînes d’approvisionnement du coltan plus transparentes, alors qu’elles en sont les principaux acheteurs. Mais le plus souvent, la corruption tue indirectement du fait de la faim, des maladies et de la violation des droits. Nous avons tous entendu parler de l’usine textile qui s’est effondrée au Bangladesh en avril 2013 faisant 14

Brésil, le gouvernement brésilien aurait alloué 40 milliards de dollars de fonds publics pour construire les stades, alors qu’aucun financement n’a été versé pour les services publics dans le même temps. Beaucoup de personnes en situation de En avril 2013, une usine de textile au Ban- pauvreté extrême ont été expulgladesh s’écroule et tue 1126 personnes. sées des favelas (bidonvilles) Les propriétaires, corrompus, sont aussitôt avec de fausses promesses de portés responsables. relogement. De même pour la Coupe du Monde au Qatar en des centaines de morts. Nous 2022, des centaines d’ouvriers savons maintenant que les proprié- sont exploités et maltraités, et certaires étaient corrompus et passaient taines organisations évaluent que des accords véreux avec les politi- plusieurs milliers de jeunes hommes ciens locaux, au préjudice de la sécu- d’Asie du Sud-Est mourront pour rité et la vie des employés : journées construire les infrastructures de la de travail de 16h, des ouvriers de Coupe. Poussés par la pauvreté, ils 12 ans, des salaires de 30€ par sont recrutés par des employeurs mois, alors que ces usines confec- peu scrupuleux qui les réduisent en tionnaient des vêtements pour des esclavage. marques telles que Mango et Benetton entre autres. (Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le dépliant ainsi que les Nous pouvons aussi parler de pra- études de cas sur www.campatiques corrompues dans le football : gneEXPOSED.fr, onglet EXPOSED pour la Coupe du Monde 2014 au 2014)

Photo AFP

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ous vous demandez certainement quel est le rapport entre ces trois éléments aussi différents que les téléphones portables, le football et l’industrie textile. Si c’était une devinette, cela pourrait être amusant, malheureusement leur point commun est la corruption.

Il est encore temps de signer l’Appel Mondial si vous ne l’avez pas encore fait : www.campagneEXPOSED.fr Chaque voix compte ! PLEINS FEUX SUR LA CORRUPTION

Partagez la page de signature en ligne et votre engagement contre la corruption : / micahchallengefrance @defimichee / #exposedcampaign


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COMMERCE ÉQUITABLE

© Photo Artisanat SEL

Consommer équitable et plus encore 

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u 3 au 18 mai a lieu la quinzaine du Commerce équitable. Depuis 10 ans, Artisanat SEL, associé à d’autres acteurs français de commerce équitable, organise à cette occasion des actions de sensibilisation en France. Mû par des valeurs chrétiennes, Artisanat SEL est attaché à la dignité de l'être humain dans les relations commerciales et propose donc une alternative : le développement par l'action économique. Cette année, deux moments forts sont programmés pour rappeler la définition principale du commerce équitable. Nous aimerions vous y associer en tant que consommateur dans votre foyer et prescripteur auprès de vos réseaux, amis, famille, collègues de travail…

Quelques actions simples pour participer : • Redécouvrez les objets et spécialités gourmandes d’Artisanat SEL parmi un vaste choix • Organisez une dégustation de chocolats «  Saveurs Equitables » et « Divine » • Provoquez une commande groupée autour de vous, pour économiser les frais de transport et associer vos amis à cette offre spéciale. Pour les parisiens, rendez-vous Place Baudoyer, Paris III, dimanche 18 mai, pour un grand marché équitable. Nombreuses activités pour petits et grands.

Une vente Artisanat SEL à Paris lors de la quinzaine du Commerce Equitable en 2013

La journée du Commerce Equitable : Cette date est célébrée dans le monde entier. Pour Artisanat SEL, 40 000 personnes bénéficient chaque année de meilleures conditions de vie et de travail grâce au commerce équitable. Cependant, des personnes risquent leur vie en dénonçant l’exploitation des hommes. Romeo Robles Capalla, directeur de la coopérative Panay qui produit le sucre de canne naturel Mascobado aux Philippines, a été froidement assassiné le 15 mars 2014, parce qu’il dénonçait les injustices criantes dans son pays.

Dans ce cadre, pourriez-vous consacrer un temps spécial lors de votre prochain culte pour intercéder spécialement pour nos partenaires dans les pays du sud ? L’opposition est parfois religieuse, spirituelle, sociale, politique ou encore ethnique. Le commerce équitable, selon Artisanat SEL, c’est aussi un engagement contre l’oppression en général, et pas uniquement un linéaire de produits labellisés dans un supermarché. Yves Turquais Directeur d'Artisanat SEL

Soutenez Artisanat SEL et ses partenaires par vos achats : ■ www.artisanat sel.com ■ 02.38.89.83.33 ■ ou avec le catalogue, gratuit sur simple demande : contact@artisanatsel.com Pour vous remercier : remise spéciale de 10% avec le code promo PR200, valable jusqu’au 20 juin 2014 chez Artisanat SEL. 15


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LA PAGE EST À VOUS

La faim : 7 sommets pour en parler…

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assionné de montagne et de sport, Pascal Maginot s’est lancé un défi sportif un peu fou pour 2014 : réaliser chaque mois l’ascension d'un sommet français, pendant 7 mois, chaussé de skis ou de crampons, à vélo ou à cheval… le tout accompagné de 7 compagnons de cordée différents ! Mais son défi n’est pas uniquement sportif ! Déjà engagé avec le SEL, Pascal a tenu à faire de cette expérience un défi-solidaire et ainsi agir à son niveau pour lutter contre la faim. Du haut de son sommet, Pascal vous dévoilera chaque mois l’un des 7 aspects qui font du combat contre la faim un défi difficile mais pas impossible !

Pascal Maginot, au sommet de sa forme !

Suivez-le tout au long de cette aventure sur www.selfrance.org ! Vous découvrirez ainsi mois par mois, dès fin mai, une bonne raison de partager votre pain avec celui qui a faim.

Vous voulez soutenir Pascal dans son défi ? C’est possible en « sponsorisant » une partie des 19 065 m de dénivelé qu’il aura à parcourir au total. RDV sur sa page de collecte www.alvarum.com/pascalmaginot. Le principe : financer 1 m à hauteur de 0,2 € /m (soit 3813 € pour les 19 065 m). Combien de mètres êtes-vous prêts à financer ? (ex : 10 m = 2 € ; 50 m = 10 € ; 100 m = 20 € ; 1000 m = 200 €) L’argent récolté servira à financer une cantine scolaire à Lomé au Togo. Les écoles primaires Hounkpati et méthodiste des quartiers de Wuiti et Forever à Lomé accueillent en effet chaque jour beaucoup d’éco-

liers issus de familles pauvres, dont les parents ont d’énormes difficultés pour subvenir à leurs besoins. Ils ne rentrent pas chez eux à midi mais achètent leur déjeuner au bord de la route ou sont réduits à la mendicité. Cela ne favorise ni leur réussite, ni leur épanouissement. Le ventre creux, ils suivent mal les cours et sont exposés à une malnutrition qui entraîne maladie, échec scolaire, abandon de l’école,... Le projet* permettra à 75 enfants de manger sur place à midi, 4 fois par semaine. Pour cela, une cuisinière et une assistante seront engagées afin de leur préparer un repas équilibré. Les enfants pourront alors bien manger… et bien travailler !

*Si le montant nécessaire pour ce projet est dépassé, vos dons permettront de financer un projet similaire.

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DÉLÉGUÉS

Ils ont partagé quelque chose dans leur Église ! La journée du SEL, le 23 mars dernier, a été l’occasion pour les délégués du SEL de se mobiliser pour faire entendre la voix des populations du Sud et des partenaires du SEL dans leur Église. Le thème de ma présidence était le regard de compassion que Dieu pose sur nous  : qu’en faisons-nous ? Je me suis basée sur Michée 6.8 que j’ai lu dans plusieurs versions différentes, afin que ce message soit à la portée de tout le public, jeune ou moins jeune. Chaque lecture était entrecoupée par la diffusion d’une vidéo du dvd : la bande annonce, la vidéo spéciale enfants, l’offrande pour un projet,

la vidéo karaoké, puis la vidéo pour prédication que j’ai utilisée à la fin du message comme une conclusion ou un résumé... Le message est bien passé et travaille les cœurs. » (Christelle Doy, déléguée du SEL, Saint Fons 69) La vidéo avec les enfants était formidable et a beaucoup parlé aux enfants de

notre Église, mais aussi aux adultes. Une belle leçon de foi et d’amour. » (Jonathan Wauthier, délégué du SEL, Muzillac 56)

Merci à toutes celles et ceux qui ont relayé cette journée dans leur Église !

Si vous aussi vous souhaitez devenir délégué(e) du SEL dans votre Eglise, contactez-nous à delegues@selfrance.org

Information à nos donateurs par prélèvement automatique  Depuis le mois de janvier, nous sommes passés au service de prélèvement européen SEPA. Si vous aviez plusieurs lignes de prélèvement avec le SEL, elles   sont depuis le mois de février regroupées en un prélèvement unique. Sur votre relevé bancaire, vous devriez retrouver les indications suivantes : Votre référence SEL (code à 6 chiffres) – nombre de PARR (parrainage) – nombre de T_Repas (engagements Ticket-Repas) – nombre de DEV (engagements pour les projets de développement) – votre référence Unique de mandat (RUM).

Nous avons fait face à un certain nombre de difficultés dans la phase de transition et nous vous sommes reconnaissants pour votre patience. Vous pouvez nous faire part de vos demandes d’informations complémentaires, de modification, réclamation ou révocation auprès de notre point de contact unique pour les prélèvements SEPA. Email : prelevements@selfrance.org Tel : 01 45 36 41 68

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NOUVELLES

Course des Héros 2014 : inscrivez-vous vite ! Vous avez envie de faire battre votre cœur pour un monde meilleur et d’agir contre la faim ? C’est possible en participant à la Course des Héros 2014 ! Votre défi sera : • de collecter minimum 250 € en vous faisant sponsoriser par des personnes de votre entourage (famille, amis, collègues…). Ne vous inquiétez pas, l’objectif est tout à fait atteignable et il peut m ê m e ê t re l a rg e m e n t dépassé ! • Le jour J, de courir ou marcher 6 km.

L’argent récolté par l’ensemble des coureurs sera reversé à une cantine scolaire de Lomé au Togo. (détail du projet sur www.selfrance.org) Rejoignez vite l’équipe du SEL à Lyon, dimanche 15 juin ou à Paris, dimanche 22 juin. Inscrivez-vous dès maintenant sur le site challenges.alvarum.com,

choisissez votre challenge (Course des Héros Paris ou Lyon 2014), puis votre équipe (l’association soutenue, donc le SEL). Les frais d’inscription  sont de 12 €. Pour plus d’infos, contacteznous : dlevialvares@selfrance.org 01 45 36 41 63

Lyon, dimanche 15 juin Paris, dimanche 22 juin

Retrouvez-nous ! Le SEL sera présent : • Samedi 24 mai à Nice, rassemblement RJC Event

Week-end de prière VIVA : Comment placer l’enfant au cœur de la vie en collectivité ?

• Samedi 7 juin à Rennes (Eglise La Bonne Nouvelle), Journée du SEL en région

Imaginez un enfant. Il est entouré par une famille aimante, en sécurité dans la société, pris en charge par l’hôpital, éduqué par l’école, intégré dans l’église locale. Il met en valeur le potentiel que Dieu lui a donné de toutes les manières possibles. C’est la vision future espérée pour tous les enfants du monde et c’est le thème du week-end de prière pour les enfants en danger.

• Dimanche 8 juin dans les églises de la région de Rennes

Vous pouvez y participer  ! Retrouvez-vous le week-end du 7 et 8 juin, où que vous soyez : à la maison, à l’église, à l’école du dimanche ou au groupe de jeunes. Un livret avec des idées d’activités, des témoignages, des chiffres, des exemples de prières est disponible sur www.selfrance.org

• Dimanche 22 juin à Paris, Course des Héros

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• Dimanche 15 juin à Lyon, Course des Héros


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© Photo Tearfund

URGENCE

La Centrafrique souffre, nos partenaires agissent C’est une crise humanitaire grave que subit la Centrafrique. Plus de 600 000 personnes sont déplacées sur le territoire. Quelque 2,5 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire immédiate1.

Le SEL, membre de l’alliance Integral2, soutient actuellement un partenaire chrétien là-bas, la FATEB (Faculté de Théologie Evangélique de Bangui). Celle-ci accueille sur son terrain 3 500 réfugiés.

Un fonds d’urgence est ouvert sur www.selfrance.org Ou faites un don via le coupon blanc agrafé au centre de ce numéro

!

Prions pour la réconciliation au sein du pays, pour la protection et la situation sanitaire des populations déplacées, pour la bonne coordination des différentes actions humanitaires sur place. 1 2

Source ONU : OCHA) Voir www.integralalliance.org

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Eux aussi ont besoin de passer 

» ! e l b « A ta

Parce qu’on ne peut pas apprendre le ventre vide ou tout simplement parce que manger c’est vital,

Soutenez la cantine scolaire sourds de Dakar de l’école Renaissance des

avec

16 € / mois

(environ 4€ après réduction d’impôts)

Engagez-vous sur www.selfrance.org ou via le coupon joint à ce numéro


SEL Informations de Mai