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LA renaissance DES FABRIQUES Un monde possible en 2050


LA Renaissance des Fabriques Un monde possible en 2050

Préambule 2050, le réveil énergétique Accidents démographiques Crises et relocalisations économiques La future ex-Chine n’est plus l’usine du monde depuis longtemps L’Inde réinvente la voiture Une monnaie additionnelle, dédiée à la transition en Nouvelle Europe

La recomposition des acteurs de l’énergie Le retour en force du politique et du spirituel Les grandes régions de la Nouvelle Europe Les temps de la politique

Climats, inégalités et migrations La « main » au cœur du projet de société Une histoire locale : la Fabrique d’une renaissance Le post-BEPOS Réinventer l’eurorégion Et en plus, pas besoin de logements

La Deûle, drain de matières Le site de l’apprentissage

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PRéAMBULE

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ous étions en 2013 et Etienne Klein1, physicien et directeur de recherche au CEA, écrivait dans un quotidien :

« Je suis né en 1958. Les gens de ma génération se souviennent que pendant leur adolescence, ils étaient nourris par des hebdomadaires, tels « Pilote » ou « Tintin » , qui leur expliquaient comment ce serait en l’an 2000, comment on y travaillerait, s’y déplacerait, s’y nourrirait, etc. Evidemment, ces anticipations se sont révélées fausses pour la plupart, mais n’empêche, le futur était là, sous nos yeux ! […] Cela suffisait à tracer des trajectoires, à dynamiser le temps que nous vivions en force historique. Aujourd’hui, quand on se risque à faire de la prospective, on se borne à 2025, c’est-à-dire à demain. Quid de 2050 ? Quand les adolescents d’aujourd’hui nous posent la question, nous n’avons que des réponses bien vagues à leur donner. »

1 Les Echos, quotidien économique, « Le progrès n’est plus vu comme un soulagement, mais comme un souci », 28 août 2013.1


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En écho à cette invitation, nous proposons dans ce qui suit un récit global, celui d’un futur possible du monde en 2050. Cette trame narrative sera le cadre, l’environnement général destiné à crédibiliser une vision locale, celle d’un projet urbain et architectural pour un quartier de Lille. Nous élaborons une prospective politique et écologique de l’îlot Charles de Muyssaert, non loin du Port de Lille, au sud-ouest de la Citadelle. Précédemment, nous avons décrit les dispositifs architectoniques et techniques d’une renaissance, humaine et désirable, dans un contexte ambivalent : en 2050, la technologie n’aura toujours pas sauvé le monde, et sur bien des aspects, l’état général de la nature, humains compris, se sera aggravé. Toutefois, nous ne foncerons pas trop le gris des futurs possibles : pas de projets possibles dans la catastrophe, seule la confrontation entre les tactiques de survie persisterait alors2.

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Se rappeler du roman post-apocalyptique de Robert Merle, Malevil, 1972


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2050, le réveil énergétique

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ous sommes en 2050 et la plupart des prospectives scientifiques de la fin du 20ème siècle (celles qui faisaient état de la criticité des ressources) se sont presque toutes confirmées. Le pic de production du pétrole a été dépassé depuis belle lurette (et il s’agit du peak oil global, comprenant gisements conventionnels et huiles de schiste comme sables bitumineux) ; la population mondiale s’est stabilisée (quoique cela fut aussi le fait de la Grande Pandémie de 2033) ; et dès 2025, les miniers ont été surpris par la décroissance brutale de l’exploitation des ressources de la lithosphère  ; quant à la production agricole, celle-ci a plafonné depuis au moins 30 ans : la fin du mirage de la révolution verte et le début des effets perceptibles du changement climatique. Dans trois ans, l’échéance de 2053 sera une date importante : la moitié de la demande primaire d’énergie sera très probablement à nouveau assurée par les énergies renouvelables. La dernière fois que l’humanité avait franchi ce seuil de parité entre ressources fossiles et ressources renouvelables, c’était il y a deux siècles. Dans les années 1860, l’humanité « s’éman-


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cipait » du bois-énergie pour se diriger rapidement vers le charbon. Mais la dynamique était inverse  : nous plongions à toute vitesse dans la grande addiction aux énergies fossiles. En 2050, nous sortons de la « cuvette » : celle de l’âge des fossiles et des stocks non renouvelables ; celle d’une humanité qui n’était plus branchée sur le flux permanent d’énergie, le gisement solaire et ses multiples dérivés : vents, courants marins et fluviaux. Comme une forme de «  nouveau néolithique  », l’humanité réapprend (à presque huit milliards) à cultiver et organiser son jardin planétaire des récoltes énergétiques. Après l’agriculture comme première expérience d’optimisation de l’énergie solaire, à l’assaut pour la transformation du flux d’énergie avec d’autres techniques ! Heureuse nouvelle. Rappelons-nous, lorsque nous étions en 2015, c’était il y a trentecinq ans, 85 % de l’énergie mondiale était encore issue des stocks fossiles. Si loin, si proche : quelle transformation en si peu de temps. En moins de cinquante ans, la production mondiale d’énergie s’est donc réorganisée autour des technologies solaires, éoliennes, marines et hydrauliques.


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âtivement, sur les miettes fossiles restantes, nous sommes parvenus à édifier les infrastructures capables de produire en grande masse la diversité de ces machines techniques permettant de récolter l’énergie. La faucille de notre « néo-néolithique  ». Commençons par les panneaux solaires ; à présent, le cercle vertueux énergétique et matériautique est engagé : ils s’auto-reproduisent, s’auto-recyclent sous le flux permanent des 169 watts par mètres-carrés qui irriguent en moyenne et en permanence la surface du globe. Telle la croissance des nénuphars, les panneaux solaires fabriquent des usines qui fabriquent des panneaux solaires. à l’échelle planétaire, cette transition énergétique permet de suivre une trajectoire d’émissions de gaz à effet de serre plus optimiste que les scénarios les plus sombres qui avaient cours il y a une trentaine d’années. La conférence sur le climat de Paris en 2015 avait alerté sur les scénarios tendanciels qui nous lançaient tout droit sur une très probable catastrophe climatique à horizon fin de siècle. Et après 2100, trop peu d’éminents scientifiques3 avertissaient sur des phénomènes fortement non-linéaires et de très grande ampleur : en 2200, dans un gigantesque retro-feedback, l’hypothèse «  vénusienne » devenait possible : une température de 250 degrés sur une terre devenue un gros caillou minéral, des océans

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Alexis Hannart, chercheur en climatologie au CNRS l’évoquait par exemple dès les années 2015.


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vaporisés et une atmosphère saturée par ce gaz à très fort pouvoir de forçage radiatif, la vapeur d’eau. Est-ce l’horizon de la catastrophe qui avait finalement généré l’action collective ou était-ce au contraire la maturité technico-économique des renouvelables qui avait enclenché finalement une main invisible mais vertueuse du marché ? Le résultat était là, c’était l’essentiel. Modérons cependant notre enthousiasme : l’inflexion d’émissions des gaz à effet de serre était trop tardive et les effets irréversibles sur le climat étaient déjà à l’œuvre. Il en sera question un peu plus tard dans ce récit.


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Accidents démographiques

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n 2006, le film d’anticipation d’Alfonso Cuaoron, « Les Fils de l’Homme », scénarisait une humanité stérile en 2027 : du fait des pollutions, les humains ne pouvaient plus avoir d’enfants. Nous n’étions pas loin de connaître pareil épisode en 2033 lors de la Grande Pandémie. De façon accélérée, cette violente catastrophe sanitaire avait installé une soudaine transition démographique planétaire  : nous étions maintenant 7,9 milliards de terriens de façon quasi-constante depuis quinze ans. La courbe en crosse était devenue un plateau. En Asie, alors que tout le monde promettait à l’Inde de ravir la place de la Chine sur le terrain démographique en 2050 (et ce qui était déjà le cas en 2030), les mégalopoles indiennes et leur hyperdensité avaient favorisé la dissémination du redoutable coronavirus. Cela marquait la fin de l’ère de ces brontosaures urbains qui se gargarisaient de leur hyperpuissance résidentielle et se concurrençaient à coup de dizaines de millions d’habitants  : c’étaient les années 10. Les super-maires adoraient figurer dans le top  100 du Time des plus grandes concentrations humaines.


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2033 marqua le début de la décroissance urbaine et le début d’une planification réfléchie de la mappemonde des densités, orchestrée sous l’égide de l’UN-Density. Le rural revenait en force, y compris pour les métropoles de moyenne importance comme Paris : il n’y avait plus que trois millions d’habitants dans la boucle non achevée du Grand Paris Express. Il faut dire que les violentes émeutes urbaines générées par le choc économique du brutal ralentissement chinois de 2022 avaient porté un coup sévère au « désir métropolitain ». à commencer par les villes du Golfe Persique qui étaient le théâtre d’affrontements très violents. Dubaï, Abu Dhabi et Doha étaient redevenues vides de vie. Cette stabilisation à moins de huit milliards de terriens permettait de contenir la pression écologique sur les ressources planétaires. Au cours des quinze dernières années, la question de l’accès à l’eau et la compétition autour des terres arables restaient sources de conflits et de guerres importantes. Songeons aux guerres survenues sur l’île d’Honshu mais aussi en ex-Afrique du Sud. Ces géographies avaient été le théâtre de batailles de drones et de robots-tueurs : un mélange de « District 9 » et de


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« Babylon Babies » (le polar d’anticipation de Maurice G. Dantec). On prenait dorénavant vraiment garde aux dérives de l’intelligence artificielle et ce n’était pas faute d’avoir été prévenu par Stephen Hawking dans les années 10 ou encore par « 2001, l’Odyssée de l’espace », mais nous reviendrons plus tard sur le rapport au numérique. Autour de l’Eurorégion centrée sur Lille, la stabilisation démographique avait été initiée bien plus tôt. La Grande Pandémie avait beaucoup moins touché l’Europe que le reste du monde mais la décroissance démographique était à l’œuvre avec, pour moteur, le vieillissement important de la population. Dans la métropole lilloise en 2050, les plus de 70 ans représentent plus du tiers de la population (et ce pourcentage était plus important encore dans le sud de la France). Cette problématique démographique est au cœur de la campagne électorale pour les élections présidentielles de la Nouvelle Europe : le débat récurrent depuis un demi-siècle sur la politique migratoire pour vivifier ou non notre pagode des âges.


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Crises et relocalisations économiques La future ex-Chine n’est plus l’usine du monde depuis longtemps

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a crise financière chinoise de 2022 avait initié un cycle important de recomposition de l’industrie et de l’artisanat à l’échelle planétaire. Dans leur compétition avec les Etats-Unis, cette crise avait retardé leur accession à la première place. Certes, dès la fin des années 2010, l’Afrique avait commencé à devenir la « Chine de la Chine » : déplacement progressif des outils de production vers le continent africain, combiné à un mouvement général de tertiarisation de l’économie chinoise. La crise politique qui suivit et les chaos intérieurs (mettant à mal l’unité nationale de l’Empire du Milieu) accélérèrent le processus. Dans les années 2030, l’usine du monde était diffuse : la spécialisation n’avait plus court. Comme la fin du fonctionnalisme en urbanisme, l’organisation du monde s’émancipait du mirage des vertus de l’hyperspécialisation économique. Et à l’instar de la comparaison entre permaculture et monoculture intensive sur les questions agricoles, on avait compris


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que l’écosystème économique se devait d’être complet, riche et complexe pour assurer sa résilience à l’échelle locale.


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L’Inde réinvente la voiture

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eule entorse à ce mouvement général : l’Inde et l’invention d’une nouvelle mobilité. Ce sujet mérite un court développement. En effet, depuis 1950, l’épopée industrielle de l’automobile avait connu un renversement majeur aux alentours des années 2025. Alors que jusqu’à cette date, la production s’organisait autour du trio industriel Etats-Unis, Europe et une partie de l’Asie (le Japon, la Corée et la Chine), ces trois mastodontes continentaux n’avaient pas anticipé la réinvention discrète (mais virale ensuite) de la mobilité en Inde. L’Inde était en effet le lieu idéal de cette émergence : l’addition du rickshaw avec les IT et les préceptes du Do It Yourself. Alors que Tesla-Volkswagen dominait le marché avec des engins certes performants, fiables et à très bon rapport qualité-prix, ils avaient cependant plusieurs défauts : peu compacts (nous étions encore dans le paradigme du crossover et du bling-bling automobile initié dès le début du siècle) et peu réparables. Le software pouvait évoluer mais pas le hardware. La vielle industrie automobile voulait encore contrôler l’obsolescence de ses produits.


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Dans un garage, en 2019, un inventeur indien, Luxman Works, avait défini un design génial : la rencontre de la 2CV et du Lego, combinés au Arduino, pour la partie « mobilité autonome ». Works était une sorte de synthèse de Steve Jobs, d’Alec Issigonis et d’Ole Kirk Christiansen. Conçu et diffusé de façon opensource (mais réservé au souscontinent indien, un rebond de la fierté nationale post-gandhienne), son rickshaw écologique et autonome était désormais imprimable et personnalisable par toutes les échoppes indiennes. C’était très peu cher, léger (moins de trois cents kilos) facilement transportable (en kit) et d’ailleurs largement diffusé par un partenariat exclusif avec Ikea. On pouvait le réparer et le transformer de façon continue et sans être garagiste. En 2035, la moitié des voitures qui circulait dans le monde était un eco-rickshaw.


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Une monnaie additionnelle, dédiée à la transition en Nouvelle Europe

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e mouvement de réindustrialisation fut très actif en Europe. Le paradigme de ce capitaine de « désindustrie » des années 1990 (Serge Tchuruk pour ne pas le citer), celui d’ « une industrie sans usine » avait vécu. Aussi, la création d’une nouvelle monnaie européenne, en complément de l’euro catalysa ce mouvement. L’idée originelle venait de François Roddier, un éminent astronome devenu tardivement un théoricien majeur de la thermo-économie : il avait proposé en 2015 la création d’une monnaie parallèle à l’euro  : l’enzyme. Le dual de la monnaie européenne en quelque sorte, l’émergence d’un ying et d’un yang de la valeur. A la première, l’euro, la monnaie de l’économie des premières révolutions industrielles : celle des ressources finies, des hydrocarbures et génératrice d’exutoires environnementaux (émissions de CO2, pollutions…). à la seconde, l’enzyme, l’économie du léger, du renouvelable et du circulaire  : permettre la monétarisation de la production d’énergies renouvelables, la rétribution du réparateur pour le tricycle solaire (une variante de l’eco-rickshaw), la valorisation de la baignoire vendue au réemployeur…


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L’adaptation progressive des taux de change entre euro et enzyme au sein de la Nouvelle Europe avait permis de faciliter la migration du tissu économique vers les éco-industries et l’économie solidaire. Ce dispositif fonctionnait particulièrement bien dans la grande eurorégion lilloise.


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La recomposition des acteurs de l’énerGIE

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es transformations profondes avaient aussi entraîné une puissante recomposition au sein des grands acteurs européens de l’énergie vers 2020. Leur business model avait dû rapidement migrer de bilans en euro vers des bilans en enzyme. Certains ne parvinrent pas à absorber ce « choc de mutation » : ils étaient trop gros pour cette transition qui supposait une adaptation rapide de leur « génome de business ». Décidément, comme pour les mégalopoles, 2050 marquait le début d’une nouvelle ère : être petit permettait d’être plus réactif et adaptable ; l’histoire du vivant avait parfois illustré ces mouvements de balancier entre « règne des petits » et « règne des grands ». Telles que prophétisées au début des années 10 par un certain Rifkin avec sa Troisième Révolution Industrielle, les capacités de production étaient de fait devenues locales, renouvelables et décentralisées. Loos en Gohelle avait ouvert la marche. La fin d’une ère pour des acteurs qui avaient bâti leur empire sur des moyens de production centralisés dont capex et opex étaient libellés principalement en euros… L’eurorégion lilloise était devenue 70 % renouvelable en 2050 et il y a avait quatre opérateurs régionaux


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qui assuraient la mutualisation offre-stock-demande de l’électricité à cette échelle territoriale pertinente. Le grand énergéticien EDF avait suivi ce mouvement de régionalisation européenne : les compétences de production, de distribution et de stockage étaient décentralisées en autant de filiales régionales autonomes, et celles-ci adaptaient de façon contextuelle et pertinente leurs infrastructures. A l’échelle nationale sinon continentale, seuls substituaient les opérateurs de transport chargés d’effectuer les transferts entre macro-régions devenues toutes largement autonomes (mais sans être autarciques). Enfin, ces opérateurs continentaux conservaient des capacités de stockage de grande échelle avec les ressources hydrauliques : un secours nécessaire en cas de black-out venteux et solaire et d’épuisement des ressources régionales de stockage.


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Le retour en force du politique et du spirituel Les grandes régions de la Nouvelle Europe

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près un épisode sombre de la chose publique autour des années 2020 (souvenons-nous de la composition de la commission européenne à la fin des années 10 qui rappelait les mauvaises heures de l’histoire européenne du 20ème siècle), cette dépression démocratique avait fini par autogénérer son sursaut citoyen au début des années 2020. La création de la Nouvelle Europe en 2026 avait su fédérer l’élan collectif : la réadhésion à la question publique était à nouveau à l’œuvre. Rappelons que les pays intégrant la Nouvelle Europe acceptaient un affaiblissement de l’état-nation au profit d’un pouvoir accru des grandes régions, ainsi que du pouvoir fédéral. Les pays signataires étaient  : France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne, Italie ainsi que l’Angleterre (il y avait eu la dislocation du Royaume-Uni en 2024) et la Catalogne. Le débat démocratique se réorganisait autour de la question du partage des richesses en enzyme. L’aile gauche européenne plai-


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dait pour une redistribution importante des enzymes et proposait un taux de change défavorable pour la conversion euro-enzyme : les rentiers de l’ancienne économie grinçaient. En tout cas, la puissance publique avait recomposé ses capacités budgétaires avec la création de l’enzyme. Comme l’avait justement écrit l’économiste Thomas Piketty en 2014 : « la seule dette publique qui existe, c’est celle du capital naturel ». Vers 2040, le débat se déplaça sur la question de la taxation du capital détenu en enzyme. Toutefois, et depuis 2010, la question migratoire restait au cœur des débats avec des enjeux transversaux aux partis : accueillir par solidarité planétaire ou permettre une migration choisie pour compenser une démographie déclinante ?


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Les temps de la politique

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n 2021, la gouvernance locale avait initié la TRD : la Troisième Révolution Démocratique ou la recomposition des mandats et fonctions politiques selon la dualité  : temps court - temps long. On avait fini par comprendre que les pas de temps d’action pour l’action publique différaient selon les sujets : la « culture se cultive » sur un temps long (comme l’éducation) tandis que la politique de sécurité et de protection intérieure peut se mettre à jour en un temps plus bref. Dit autrement, la « pulsation de la réforme » n’est pas la même selon qu’on est ministre de l’éducation ou ministre de l’industrie. à l’échelle européenne, le législatif et l’exécutif sont dorénavant scindés selon le temps long et le temps court. Ainsi le mandat d’un ministre européen de l’éducation est de douze ans ; à l’échelle locale, l’élu en charge des questions d’urbanisme possède un mandat de dix ans. A l’inverse, l’élu qui a en charge les affaires scolaires est élu lui pour cinq ans. Cet apaisement dans le rapport au temps est peut-être l’une des conséquences bénéfiques du grand mouvement œcuménique initié dans les années 2020. Il faut dire qu’un évène-


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ment invraisemblable secoua l’humanité entière en ce jour du 4 janvier 2027 : à 00h37, le radiotélescope d’Arecibo reçut un signal qui n’était pas un bruit (au sens de la théorie de l’information) : la structure binaire du message contenait un message. Les techniques de cryptologie permirent rapidement d’en extraire le contenu. Nous recevions la réponse au message que nous avions laissé dans la sonde Voyager lancée en 1977. Le message provenait d’une planète habitée située à une cinquantaine d’années-lumière. En gros, il nous disait en substance  : « vous êtes fous, vous faites n’importe quoi avec votre planète, on a vu d’autres civilisations mortes en moins de temps avec le même train de vie. ». Ce tweet messianique était sans doute le regard extérieur nécessaire pour réveiller les consciences et générer la galaxie d’actions nécessaires. Les grandes religions en profitèrent pour transformer leur dogme. Chez les catholiques, 2039 est une date importante. Après avoir autorisé la prêtrise aux femmes en 2035, l’Eglise était dirigée dorénavant par une femme pape  : elle était d’origine chinoise et se faisait appeler Xi-Pie.


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Climats, inégalités et migrations

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evenons un temps sur l’évolution de la biosphère en 2050 : après plus de deux siècles gouvernés par une consommation effrénée des hydrocarbures et une évolution fantastique de la pression écologique globale, cette moitié de siècle révèle les stigmates irréversibles de cette transformation ultra-rapide de l’environnement terrestre. L’historien John Mac Neill l’avait déjà exposé dans « Du nouveau sous le soleil », écrit au début du siècle  : il racontait l’épopée de ces transformations irréversibles sur la lithosphère, l’hydrosphère, l’atmosphère et la biosphère en l’espace de deux siècles. Dans sa préface, son hypothèse de l’origine de tous ces désordres : l’exploitation effrénée et ultra-rapide des hydrocarbures, la puissance gigantesque de transformation de l’environnement qu’ils ont offert aux hommes. Nous reviendrons plus loin sur les ravages de la biodiversité et sur les disponibilités de la ressource hydrique mais un autre aspect est dorénavant prégnant pour chaque terrien : les évolutions perceptibles et parfois dramatiques sur le climat. Lorsque les terres ne produisent plus et que les intrants écologiques sont absents, les populations se déplacent.


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Le sud de l’Europe souffrait de ne pas s’être adapté suffisamment au changement climatique : les populations du sud de l’Europe revenaient vers le nord. à l’extérieur de l’Europe, à commencer par le continent africain (et pour celles et ceux qui n’étaient pas parties prenantes du grand mouvement d’industrialisation), le seul espoir était l’émigration. Aux portes de l’Europe, la pression migratoire demeurait intense. Les inégalités se creusaient, portées à la fois par l’économie (le principe positif de la création d’enzyme nationale tardait à faire émule) mais étaient surtout catalysées par les inégalités écologiques et environnementales : un « néo-déterminisme géographique » en somme. Aussi, la crise climatique avait fini par bouleverser les tendances alimentaires mondiales. Il était acquis que la consommation carnée régulière n’était pas soutenable à huit milliards. On interrogeait aussi la question des dépenses énergétiques associées à la cuisson, à la conservation et au transport. Cette contrainte environnementale forte transformait le contenu récurrent de nos assiettes. Pour les protéines, les insectes étaient maintenant intégrés aux menus de toutes les cultures, sur tous les continents.


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La « main » au cœur du projet de société

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n 2012, le philosophe Michel Serres écrivait avec la finesse de son humanité bienveillante et éclairée un très beau texte intitulé « Petite Poucette ». Cet écrit, plein d’optimisme, mettait en confiance le lecteur sur les mutations qui étaient à l’œuvre avec une « pensée 2.0 ». Il avait sans doute raison mais on comprit aussi que la « pensée de la main », l’artisanat, le jardinage et de façon générale le lien au réel était aussi porteur du lien citoyen, de la conscience écologique et du réveil démocratique. Point d’importance qui avait réinterrogé notre dépendance à l’information : l’accident historique du réseau mondial. En 2043, le Big One, ce séisme majeur tant redouté sur la faille de San Andrea avait détruit la totalité de la Silicon Valley en ce jour du 11 septembre. Décidément, ce jour était maudit. En plus des 45 000 victimes, ce réveil tellurique avait généré un black out numérique global. Depuis son cloud, Paul Virilio, le philosophe et urbaniste qui avait théorisé les dangers de l’accident global, esquissait un léger sourire.


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ela ressemblait aussi au « scénario de l’après » tel que raconté par Wim Wenders dans son « Jusqu’au bout du monde » de 1991 : suite à l’explosion d’un satellite indien dans les couches externes de l’atmosphère, s’en suit un orage électronique qui grille tous les circuits électroniques de la planète. Conclusion post-2043 : le cerveau du monde est redondant et on navigue maintenant entre les différents calques du www. Autre conséquence : les data centers sont préférentiellement reconstruits en Sibérie : il y fait plus frais, c’est bien meilleur pour l’efficacité énergétique, et cela met du baume au cœur à l’orgueil russe. En Nouvelle Europe, en 2050, sonne l’heure de « la Réforme du collège » : chaque enfant se doit d’établir un rapport à la technique plus pratique, un bagage technique et pratique sur l’art et la manière de fabriquer et construire. Dans les années qui précèdent 2050, on met donc « la main à la pâte ». C’est un réveil culturel collectif profond : la technique, le « faire » sont porteurs de culture, d’émancipation et de lien social. On redécouvre les vertus de l’artisanat et de la transformation et réparation de la matière et des objets. Cette redéfinition du projet d’enseignement est le corollaire de la transformation du travail. Le monde professionnel s’orga-


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nise autour de circuits courts, dans des structures plus petites que celles connues au début du siècle : le lien au réel, à la compréhension de « ce pourquoi je travaille » est devenu bien plus évident.


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Une histoire locale :  la fabrique d’une Renaissance

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Lille, dès 2023, une jeune maire d’origine flamande repense l’utilité de relocaliser des ateliers et des usines dans l’espace métropolitain. Elle s’appelle Martijn van Wals et elle a 32 ans. Elle énonce : la Troisième Révolution Industrielle n’est pas une « uberisation » de l’économie, ni encore l’accélération de déficits commerciaux liées à l’import des produits de la transition énergétique : panneaux solaires chinois, batteries électriques américaines (sortant de la MetaFactory4 du « citizen Musk »), systèmes de monitoring taïwanais ou encore chaudière à micro-cogénération allemande... Dans le grand Lille, on fabriquera de façon autonome dans un écosystème d’industries et d’artisanats cohérents, innervés par les transports fluviaux. Voilà le programme. Disons que la maire avait su saisir l’esprit du temps et son programme local tombait à pic pour donner un élan suite au choc chinois de 2022.

4 Petite sœur de la Gigafactory de Tesla. Elon Musk investit massivement dans une usine encore plus grande en 2022…


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Le post-BEPOS

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ès 2020, on savait déjà fabriquer des bâtiments à énergie positive. Cela supposait évidemment une certaine modération morphologique (pas possible en effet de récolter suffisamment d’énergie pour un bâtiment de dix étages, une sorte de « mur du son énergétique », la densité de production de la toiture ne permettant d’atteindre la densité de demande), mais les « BEPOS » étaient aussi devenus très rentables économiquement. Leur valeur immobilière exprimée en enzymes croissait de près de 5  % par an. Le dépassement de la parité réseau du solaire photovoltaïque avait largement concouru à cela, comme la baisse très importante du stockage d’électricité par les batteries (merci aux effets de capacité industrielle générée par les voitures électriques). En 2025, à Lille, le coût de production pour un ménage disposant d’une petite centrale photovoltaïque et du stockage nécessaire au lissage de la production diurne était inférieur à cinq centimes d’euros par kilowattheure produit (grâce au taux de change favorable à l’enzyme). Toutefois, dès 2010, certaines démarches avant-gardistes (comme la Société à 2000W en Suisse) interpellaient sur la question constructive en mettant en garde sur la finitude des


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ressources. Quelle énergie grise ? Quel carbone gris ? Quelle permanence constructive ? Le BEPOS ne traitait pas ces questions-là : il auscultait uniquement la performance énergétique en exploitation. Il y avait urgence à porter un regard total sur le cycle de vie de la chose construite pour éviter les contre-sens de choix de parti. Il fallait absolument anticiper la pénurie programmée de la plupart des matières primaires, située en amont du flux de construction. Le sable commençait à manquer, idem pour le cuivre. Enfin, on comprenait aussi que le BEPOS était l’expression de cette « mise à distance », de cette abstraction de la performance technologique : à l’instar du smartphone de 2015, l’usager n’avait aucune compréhension des mécanismes techniques intérieurs qui étaient à l’œuvre. Quel habitant comprenait (voire même connaissait) l’existence d’une ventilation double-flux dans son logis ? A quoi pouvait bien servir cette boîte électronique nommée onduleur et qui semblait connectée aux panneaux solaires de ma toiture ? Il y avait une crise culturelle et citoyenne de technologies devenues « autistes » ; il fallait dorénavant que les technologies expriment leur fonctionnement, qu’elles soient ontologiquement pédagogues et qu’elles soient surtout plus simples, plus appropriables et donc plus facilement réparables. Ce n’était plus


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l’âge des high tech, ni l’ère promise par certains des low tech, mais celui des soft tech. Et pour finir sur l’avènement du post-BEPOS, le bâtiment ou l’îlot à énergie positive ne proposait pas de réponses sur le stock construit. Comment fallait-il s’y prendre pour faire évoluer rapidement les existants ? Mais la crise matériautique et la pensée des soft tech rappelaient aussi leur vertu : les exutoires générés par leur construction avaient été déjà largement amortis. Aussi ils offraient un gisement inespéré de matériaux, de géométries, d’agglomérats qui finissaient par rendre l’architecture semblable à un exercice littéraire à contrainte. Clin d’œil à l’Oulipo, naissait ainsi l’Ourchipo : l’« ouvroir à architecture potentielle ».


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Réinventer l’eurorégion

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ans la grande eurorégion lilloise, Martijn van Wals avait lancé le mouvement d’une déréglementation des questions constructives. Trop de DTU (le catéchisme réglementaire de la construction) tuent le bon sens, le réemploi et les vies potentielles des matériaux. La TRD devait être aussi un réveil culturel et créatif. En mettant en place une convention multipartite entre assureurs et acteurs de l’acte de construire5, nous pouvions dorénavant innover dans le réemploi de tous les matériaux. 2024 marque le temps zéro de cette réinvention permettant à tous les Lillois d’éco-rénover, éco-bricoler ; à tous les entrepreneurs de proposer la multitude d’ingéniosités qui sommeillaient au fond de leurs tiroirs, enfreints par la question normative ; à tous les créateurs de proposer des cadavres exquis de la construction. De façon parallèle, la forme urbaine et les morphologies bâties pouvaient aussi être adaptées dans la mesure où le projet de transformation réduisait fortement l’empreinte écologique de l’existant. Mais attention, il y avait obligation de résultats pour les opérateurs : on ne vendait pas un mirage de probité écologique6.

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 ont les bureaux de contrôle et le CSTB D Un effet positif du scandale Volkswagen des années 2015 ? ...


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Et en plus, pas besoin de logements

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usqu’en 2050, la métropole lilloise souffre d’une surabondance de l’offre résidentielle : beaucoup trop de vacances dans les logements. Pleins de logements vides, une débauche de mètres-carrés qui n’abritent personne. De l’énergie grise qui ne sert à rien, dont aucun usage n’amortit son obsolescence. Sur le champ du foncier, le parc ancien souffre de devoir être acheté en euros et non en enzymes : il y a urgence à le reconvertir pour le mettre au niveau des logements de production récente. Trop de logements à Lille aussi parce que la population stagne et que parallèlement, tout le monde a compris que le « luxe, ce n’était pas nécessairement l’espace », c’est-à-dire une débauche de mètres-carrés inutiles : il faut les meubler, les chauffer, les éclairer, les aspirer, les repeindre... Culturellement, on préfère maintenant la qualité spatiale à la quantité. Ainsi 2025 a été le climax de la surface résidentielle : 43m² par habitant. En 2040, on retrouvait le niveau des années 1950 : environ 30m² par individu, mais de bien meilleure qualité qu’il y a presque un siècle !


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La Deûle, drain de matières

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oom avant à présent sur la situation de notre projet. L’îlot Charles de Muyssaert est à quelques décamètres de la Deûle. Le port de Lille est juste à côté ; depuis son ouverture en 2015, il est devenu un pivot logistique essentiel pour l’agglomération. Une aubaine pour le site : être connecté à un réseau de transport pérenne, doux et fortement innervé. On connaît aussi les vertus du transport fluvial en terme écologique. D’autant que les péniches sont dorénavant toutes mues par l’énergie solaire : les panneaux solaires couvrant en pergola leur hors-d’eau assurent le plein énergétique nécessaire à leur motion. La navigation à faible vitesse réclame de fait assez peu de puissance. La Deûle fait partie d’un réseau fluvial à échelle régionale sinon continentale. On transporte surtout la matière sur ces canaux. A proximité de notre site, les bords de la Deûle exhibent quelques hangars et entrepôts logistiques. Pour le programme de nos deux hectares, cela suggère une première piste : et si notre proposition s’intégrait à cet écosystème


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logistique, celui de la matière et des matériaux ? Et si le site apportait une valeur ajoutée au flux de matériaux entrant sur le site via la Deûle ? Et puis cette présence de l’eau est aussi un énorme atout comme système de résilience pour notre quartier : modération climatique, réduction locale des effets d’îlots de chaleur urbains…


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Le site de l’apprentissage

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’est aussi un quartier de Lille où l’on apprend. Le collège Claude Levi Strauss, à l’ouest de la rue Lestiboudois, a fait partie des collèges-laboratoires ayant testé dès 2046 la « Réforme du Collège 2050 ». Rappelons-nous les intentions profondes de cette refonte : chaque enfant doit assimiler un rapport à la technique plus pratique, un bagage technique sur comment construire. Les enjeux énergétiques sont devenus tellement importants qu’il faut que chacun ait un rapport à l’économie de la construction, à l’énergie consommée, un véritable rapport à la ressource. Un héritage tardif des cultures scandinaves… Mais là, nous commençons le récit du projet. A vous de lire ou de relire donc La fabrique de la renaissance pour découvrir plus attentivement la vie en 2050 dans cette partie de Lille dont on entend parler dans toute l’Eurorégion. R.M. , août 2015, Avanos.


La Grande Braderie en 2050 à proximité de la Ruche-à-trucs


Au cœur de l’atelier en 2050 : panneaux solaires et tranformation des fenêtres

Le marché sous le Duc en 2050 : valoriser le maraîchage de proximité


Sous le Duc en 2050, en plein été : un parasol urbain bienvenu et le Duc brumise l’espace public


La circulation en eco-rickshaw : rendez -vous page 15 (Un monde possible en 2050)

Les deux double pages suivantes : La fabrique d’une renaissance à travers les saisons en 2050 Nous sommes en été à gauche de l’image. Ensuite, c’est la rentrée, celle des collégiens et des étudiants. Mais aussi le week-end de la Braderie, en ce début septembre 2050. Puis l’hiver avec quelques précipitations sur la partie droite de l’image.


Glossaire du projet

La Renaissance des Fabriques (un monde possible en 2050) C’est le texte général du contexte qui décrit le monde, le récit global pour l’Europe et l’Eurorégion lilloise. C’est la synthèse des enjeux principaux.

Surface-support C’est le sol tramé de la cour de la Fabrique et de la rue Lestiboudois. Ses réservations régulières permettent la modularité constructive. C’est un sol urbain plug & work qui permet l’adaptation continue du tissu industriel.

La Fabrique de la renaissance Eco-rickshaw Nouveau type de mobilité légère et (Métamorphoses d’une ville) C’est le projet urbain et architectural. C’est aussi le résultat de la Fabrique sur les tissus avoisinants. C’est la renaissance du quartier Charles de Muyssaert par l’action de la Fabrique.

La Fabrique C’est la concentration d’ateliers et de petites usines sur la partie centrale du projet. La Fabrique est largement connectée à la réserve à matériaux et objets à recycle : la Ruche-à-trucs. La Fabrique est reliée à la Deûle et à l’ICAM via le Duc.

Le Duc Inspiré des structures légères des entrepôts, à six mètres du sol, il assure le transfert de toutes les matières et de tous les objets du port aux ateliers, entre ateliers. Il participe également au métabolisme énergétique du quartier.

Ruche-à-trucs Vers 2020, ce bâtiment tertiaire de sept niveaux a été démantelé pour se transformer en un lieu de stockage du quartier pour les matériaux.

électrique qui peut être automatisée.

Enzyme La monnaie des transitions.


Glossaire général

Analyse de cycle de vie (ACV)

Contenu urbain

Méthode d’évaluation environnementale qui permet de quantifier les impacts d’un élément sur l’ensemble de son cycle de vie, depuis l’extraction de la matière première qui a servi à le produire jusqu’à son élimination ou transformation complète.

Désigne la population présente sur un territoire, calculée à partir du taux d’occupation réel dans l’intervalle d’établissement du bilan énergétique. Associé aux variables intensives d (densité de population) et e (emprise individuelle dans le bâti).

Automate cellulaire Objet mathématique et informatique unitaire (type cellule d’une grille) évoluant selon des règles très simple. Les évolutions sont des générations auxquels sont appliquées les règles.

Contenant urbain

Biomasse (énergie de la biomasse)

Degré-jours

énergie primaire disponible sous forme de matières organiques.

Carnot (cycle de) Cycle thermodynamique théorique le plus efficace pour obtenir du travail à partir de deux sources de chaleur de températures constantes.

Chaleur fatale Rejets thermiques qui, s’ils ne sont pas utilisés au moment où ils sont disponibles, seront perdus.

Constante solaire La constante solaire exprime la quantité d’énergie solaire que recevrait une surface de 1 m² située à une distance de 1 u.a. (unité astronomique, distance moyenne Terre-Soleil), exposée perpendiculairement aux rayons du Soleil, en l’absence d’atmosphère. Pour la Terre, c’est donc la densité de flux énergétique au sommet de l’atmosphère. Sa moyenne : 169 W/m².

Désigne l’espace bâti d’un territoire accueillant le contenu urbain. Associé aux variables intensives c (coefficient d’emprise du bâti) et h (nombre de niveaux du bâti).

Le nombre de degrés jours unifiés (Dju) est déterminé en faisant la différence entre la température de référence, par exemple 18 °C, et la moyenne de la température minimale et la température maximale du jour considéré.

Demande énergétique Flux d’énergie nécessaire au fonctionnement et au développement du territoire tant du point de vue du contenant que du contenu.

Démolition sélective Méthode de démolition permettant le réemploi de l’énergie et des matériaux stockés par le contenant urbain (bâtiments, infrastructures…).


Densité urbaine

énergie mécanique

Cette quantité mesure la densité d’occupation de la surface urbaine. La densité est une mesure instantanée ou moyennée.

Energie d’un système emmagasinée sous forme d’énergie cinétique et/ou d’énergie potentielle mécanique. C’est une quantité conservée lorsqu’aucune force extérieure n’intervient dans le système

Diffus (rayonnement) Le rayonnement global est la somme du rayonnement diffus et directe. Le rayonnement diffus est le rayonnement provenant de l’ensemble de l’atmosphère et qui dépend de sa composition. Il se diffuse en traversant l’atmosphère.

Direct (rayonnement) Le rayonnement global est la somme du rayonnement diffus et directe. Le rayonnement direct est la composante directe qui atteint directement la surface terrestre et varie en fonction de la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon.

Emprise bâtie De façon générale, sera considérée comme « emprise bâtie» tout ce qui possède un toit, qui créé une ombre et une protection partielle à la pluie. Est associé à la variable c dans la Formalisation.

Emprise énergétique Total des énergies nécessaires à la réalisation/satisfaction d’un usage qui permet de lier les consommations finales à l’ensemble du besoin énergétique qu’elles créent.

énergie incorporée Énergie nécessaire pour permettre la mise à disposition du bien ou de l’offre de service au consommateur final, en amont de l’usage.

énergie grise Voir énergie incorporée.

Entropie Fonction d’état qui sert à mesurer le degré de désordre d’un système. L’entropie d’un système isolé ou fermé augmente toujours.

Fissile (énergie) Energie primaire disponible lors de la fission de matières fissiles telles que l’uranium (division du noyau des atomes en d’autres noyaux plus légers).

Fossile (énergie) Energie primaire disponible produite à partir du soleil ancien et stockée sur terre depuis des milliers d’année (charbon, pétrole et gaz)

Géothermique (énergie) Energie issue de l’activité interne du globe terrestre, disponible sous forme de chaleur.

Hydrocarbures Composés organiques formés exclusivement d’atomes de Carbone et d’Hydrogène, dont les hydrocarbures fossiles, stockés dans la croûte terrestre, font partie (pétrole, gaz, charbon…).

Information Tout objet dont peuvent être dérivés mesures quantitatives ou faits qualitatifs, relatifs à un sujet. Voir néguentropie

Irradiation terrestre Quantité d’énergie issue du rayonnement solaire reçue par la terre.


« Maximum Entropy Production » (Principle of) Ce principe stipule que le cheminement entre deux niveaux d’énergie d’un système se fait par celui maximisant l’entropie, pour atteindre le niveau d’entropie maximale stipulé par le principe d’entropie maximale. Voir François Roddier en bibliographie

Mix énergétique Répartition des sources d’énergies primaires (combustibles fossiles, rayonnement solaire, énergie thermique terrestre…) consommées pour la production des différents types d’énergie consommés (électricité, chaleur).

Néguentropie Mesure du degré d’organisation, d’ordre et d’information dans système, par opposition à la tendance naturelle des systèmes au désordre, l’entropie

Offre énergétique Quantité d’énergie disponible pour un territoire sous forme de solaire récent directement accessible dans l’espace du territoire. Peut aussi comprendre pour certains territoires les énergies renouvelables non solaires : géothermie profonde et énergie marémotrice.

Permanence énergétique Pour un système (territoire), point d’équilibre énergétique atteint lors de l’égalité entre l’offre énergétique, c’està-dire le solaire récent, et la demande énergétique, c’est-à-dire la consommation du système étudié.

Puissance Quantité d’énergie par unité de temps. Généralement exprimée en Watt.

Résilience Capacité d’un territoire à s’adapter aux changements de son environnement afin de garantir son fonctionnement et son développement continu.

Sankey (diagramme) Diagramme de représentation de circulation et de distribution de flux dans lequel le volume de ces flux est figuré par la largeur des flèches.

Solaire ancien Quantité d’énergie disponible sous forme de flux (rayonnement, vent) ou stockée sur terre sous forme de matières à taux de formation rapide (quelques mois à quelques années : agriculture, production de bois).

Solaire récent Quantité d’énergie disponible sous forme de flux (rayonnement, vent) ou stockée sur terre sous forme de matières à taux de formation rapide (quelques mois à quelques années : agriculture, production de bois).

Solarisation Part de sa consommation énergétique couverte par l’énergie solaire et ses dérivées, ou de manière opposée la part de consommation énergétique non couverte par le recours aux énergies fossiles et nucléaires.


éléments DE filmographie « Les fils de l’homme » « District 9 » « 2001, l’Odyssée de l’espace » « Jusqu’au bout du monde »

Alfonso Cuaorón Neill Blomkamp Stanley Kubrick Wim Wenders

2006 2009 1968 1991

éléments de bibliographie « Babylon babies » « Du nouveau sous le soleil  « Petite poucette » « La société des égaux »

Maurice G. Dantec John R. McNeill Michel Serres Pierre Rosanvallon

1999 2010 2012 2011

PERSONNES CITéES Etienne Klein Stephen Hawking Steves Jobs Alec Issigonis Ole Kirk Christiansen Serge Tchuruk François Roddier Jeremy Rifkin Thomas Piketty Paul Virilio Jean Prouvé édouard Albert Bruno Taut Charlotte Perriand

Physicien Physicien, théoricien et cosmologiste Entrepreneur et inventeur Ingénieur, père de la Mini Inventeur du Lego Diregeant d’entreprise Physicien et astronome Essayiste économiste Urbaniste et essayiste Architecte et designer Architecte Architecte, urbaniste et auteur Architecte et designer


Cet ouvrage a été réalisé dans le cadre du concours d’architecture Bas Carbone EDF 2015, « Réinventer la Ville » en partenariat avec Lille 3000, par :

Obras

- Marc Bigarnet & Frédéric Bonnet Architecture urbanisme paysage 169 Architecture

Urbanisme des énergies & Architecture des matières renouvelables Elioth*

Ingénierie, design, graphisme et datascience Diane Berg

Illustrations

L’équipe Obras

Frédéric Bonnet Besma Boukadoum Alexandre Dubure Geoffrey Foret Alessandra Marcon Thomas Nouailler Anne-Emmanuelle Passerieux Jenny Reuillard Raphael Zéphir

L’équipe169 Architecture & Elioth *

Emma Carvalho de Oliveira Christophe Dugourd Roxane Georges Camille Guerout Colin Hutchison Laurent Jacquet Raphael Ménard Guillaume Meunier Felix Pouchain Bertille Prevost * Elioth est une filiale du groupe Egis


Ouvrage conçu et réalisé par Obras, 169 architecture, Elioth. Directeurs de publication :

Frédéric Bonnet, Raphaël Ménard Illustratrice :

Diane Berg

Conception & design graphique :

Christophe Dugourd Contacts :

contact@obras.fr contact@169.archi elioth@elioth.fr Impression :

Picture perfect, Paris Ouvrage imprimé sur papiers recyclés et certifiés FSC Imprimé en octobre 2015

« Toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite. » (alinéa 1er de l’article L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle). « Une représentation ou reproduction non expressément autorisée par l’auteur ou ses ayants droit ou ayants cause, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal. »

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La Renaissance des Fabriques  

La "Renaissance des Fabriques" est le récit prospectif accompagnant le projet « La Fabrique de la Renaissance » de l’équipe 169 et Obras r...

La Renaissance des Fabriques  

La "Renaissance des Fabriques" est le récit prospectif accompagnant le projet « La Fabrique de la Renaissance » de l’équipe 169 et Obras r...

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