__MAIN_TEXT__
feature-image

Page 1

RANDOQUÉBEC PRINTEMPS 2018 I CARTE DÉTACHABLE

RANDONNÉES PRINTANIÈRES

SENTIER DES FALAISES [QUÉBEC] I 5,95 $

FEUX DE FORÊT

ICEBERGS VUS DU SENTIER

WWW.RANDOQUEBEC.CA

SOLEIL : DANGERS ET SOLUTIONS


Le seul magazine ornithologique francophone publié en Amérique du Nord VOLUME 29 — NUMÉRO 3

PRINTEMPS 2018

DESTINATION

Venise-en-Québec CONSERVATION

Canards Illimités

PORTRAIT

Le Tyran huppé

- Défi - Destinations Plumage et - Portrait séduction - Actualités - Côté cour, côté jardin - Guide d’achat et équipement - Observations saisonnières - Recherche et conservation

NOUVEAU!

Le magazine aussi en format numérique Accès aux archives Un moteur de recherche pour tout trouver en un clic

Abonnez-vous!

Contribuez au développement du loisir ornithologique ainsi qu’à la protection des oiseaux, et

économisez jusqu’à

40%

par Internet : par téléphone :

www.quebecoiseaux.org 514 252-3190 ou 1 888 647-3289 (POSTE 6)


SOMMAIRE P R I N T E M P S 2 01 8 I V O L U M E 2 9 I N U M É R O 3

11

21 23

4

MOT DE LA RÉDACTION

FÉDÉRATION 5 5 6 7 8

Prix Excellence AEQ Mont Paul-Perreault Devenez randonneur émérite RanDonnez Journée nationale des sentiers

40 26 30 32 34 36

Icebergs… vus du sentier Parc national de Frontenac Week-end à Nicolet et Bécancour Promenade dans les îles de Berthier Parc-nature de la Pointe-aux-Prairies

PAYSAGE DU QUÉBEC 28 La montagne Coupée

INFO-SENTIERS

DESTINATIONS

10

38 Randonnées printanières

Nouvelles des régions

50

L’ENVERS DU DÉCOR

ÉQUIPEMENT

14

42 Comment choisir le bon sac de taille 44 Soleil : dangers et solutions

Feux de forêt : danger ou nécessité

DOSSIER 16

Pérennisation des sentiers : Un bilan de santé en amélioration – 1re partie

TECHNIQUE 46 Se protéger des insectes piqueurs

RÉFLEXION

SANTÉ

18

48 Pour contrer la fatigue 50 Pains plats

Réflexions sur la longue randonnée

RÉCITS – DÉCOUVERTES 20 Svalbard – Marcher au nord du Nord 23 La Géorgie au cœur du Caucase

LÈCHE-VITRINES 52 Trouvailles et nouveautés

Photo de la page couverture Diane et Bertrand Mont Rougemont, Cidrerie Michel-Jodoin Carte détachable Sentier des Falaises (Québec) Tronçon du Sentier national RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 3


MOT DE LA RÉDACTION

RANDOQUÉBEC RANDO QUÉBEC est publiée quatre fois par année par la Fédération québécoise de la marche, organisme sans but lucratif œuvrant au développement de la marche sous toutes ses formes au Québec. SIÈGE SOCIAL

LES BÉNÉVOLES UNE RESSOURCE PRÉCIEUSE ! APRÈS un hiver à l’humeur changeante, c’est avec plaisir que nous accueillerons le printemps. Une fois la neige fondue et les surfaces de marche asséchées, nous retrouverons les sentiers que nous affectionnons ou partirons à la découverte de nouvelles destinations. Mais… patience ! Le sol a besoin de beaucoup de temps pour dégeler, absorber l’eau de fonte de la neige et s’assécher. Si les sentiers des régions du sud de la province sont souvent accessibles dès le mois d’avril, il faut parfois attendre jusqu’à la fin de mai, voire au début de juin, avant de poser le pied dans les sentiers d’autres régions. Il est donc primordial de s’informer avant de se rendre dans un lieu de randonnée. Chaque début de saison de randonnée est une période très active pour les gestionnaires de sentiers. Ils doivent inspecter tous les sentiers afin de constater les dégâts survenus au cours de l’hiver : branches et arbres tombés qui obstruent le passage, accumulations d’eau, déformations des surfaces de marche, infrastructures abîmées, etc. Une fois l’inspection faite, ils doivent organiser les travaux : une tâche parfois colossale ! Au Québec, nombreux sont les réseaux pédestres gérés par des organisations sans but lucratif, des coopératives, des sociétés ou des petites entreprises. Souvent, ces organisations fonctionnent exclusivement grâce à des bénévoles dévoués qui, non seulement fournissent la main-d’œuvre sur le terrain, mais administrent et dirigent l’entreprise. Au bout d’un certain temps, ces missionnaires prennent de l’âge, s’épuisent ou tombent malades. Parfois aussi, ils se découragent, faute de reconnaissance ou de soutien financier. Que faire pour les aider ? En cette époque où tout le monde souffre de manque de temps, il semble bien difficile de trouver des bénévoles pour assurer la relève. Si chaque randonneur offrait une seule journée par année de bénévolat en sentier, cela enlèverait un poids énorme des épaules des gestionnaires. La Journée nationale des sentiers, qui a lieu chaque premier samedi de juin, est une belle occasion de s’initier à l’entretien de sentier. Pour savoir comment ça se passe, lisez l’article sur le sujet à la page 8. Vous n’êtes pas disponible à cette date ? Vous préférez participer en effectuant des tâches administratives plutôt que physiques ? Il y a différentes façons de vous impliquer. Choisissez un réseau pédestre que vous désirez aider, et communiquez avec le gestionnaire. Vous pouvez aussi communiquer avec Rando Québec, qui pourra vous faire des suggestions. Le soutien financier est aussi une autre façon de contribuer aux sentiers. Rando Québec (Fédération québécoise de la marche) est un organisme de charité dûment enregistré, qui recueille les dons et les reverse à différentes organisations qui œuvrent au développement de la randonnée pédestre. Des reçus pour impôt sont remis pour tout don de 15 $ et plus. Chaque randonneur doit faire sa part pour que les générations futures puissent continuer de profiter de beaux sentiers pédestres, sécuritaires et bien entretenus. ■ Nicole Blondeau Rédactrice en chef 4 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

4545, avenue Pierre-De Coubertin Montréal (Québec) H1V 0B2 514 252-3157 – 1 866 252-2065 www.randoquebec.ca revue@randoquebec.ca Rando Québec est réalisée grâce à la collaboration précieuse de bénévoles. ÉDITEUR

Jean-Luc Caillaud RÉDACTRICE EN CHEF

Nicole Blondeau

RÉVISEURS/CORRECTEURS

Pierre Charlebois, Monique Duguay GRAPHISTE

Simon Fortin – be.net/samourai CARTOGRAPHE

TrakMaps

RESPONSABLE DE LA PUBLICITÉ

Geneviève Pilon 514 252-3157 poste 3680 gpilon@randoquebec.ca COLLABORATEURS

Julie Aubé, Chantal Blouin, Pierre Charlebois, Claude P. Côté, Simon Diotte, Mélanie Dubé, Monique Duguay, Claudine Hébert, Yves Ouellet, Anne Marie Parent, Marilyn Préfontaine, Émélie Rivard-Boudreau, Elise Tardif Turcotte IMPRIMEUR

Le Groupe Communimédia inc. ABONNEMENT : 35 $

La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes. Poste-publications No de convention : 40069242 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN-2369-5838 Droits d’auteurs et droits de reproduction : toutes les demandes de reproduction doivent être acheminées à Copibec (reproduction papier) 514 288-1664 – 1 800 717-2022 licenses@copibec.qc.ca PROCHAIN NUMÉRO PARUTION : 1ER JUIN 2018

Les récits et les découvertes que vous lisez dans Rando Québec sont fournis gracieusement par des personnes qui souhaitent partager leurs expériences pédestres. Vous êtes invités à le faire aussi, que vous soyez promeneur du dimanche ou randonneur chevronné. Faites-nous part de vos découvertes, expériences et aventures à revue@randoquebec.ca Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada


FÉDÉRATION

PRIX EXCELLENCE AEQ RANDO QUÉBEC RÉCOMPENSÉ

Photo : Dominique Caron

C’EST AVEC fierté que Rando Québec a reçu le Prix Partenaire lors de la soirée gala Excellence 2017 d’Aventure Écotourisme Québec (AEQ), qui a eu lieu le 14 novembre dernier à La Cache à Maxime, en Beauce. Ce prix est remis au partenaire démontrant un leadership exceptionnel en travaillant avec des entreprises membres de l’AEQ. Avec la collaboration de tous les intervenants du plein air, Rando Québec a su implanter des programmes de certification en randonnée pédestre basés sur des formations de l’Association canadienne des guides de montagne (ACMG), qui répondent aux réalités et besoins de tous, et ce, tant au Québec que dans l’est du Canada. C’est également avec l’ACMG que Rando Québec développe actuellement une entente pour la protection des randonneurs, des guides professionnels et pour l’industrie du tourisme d’aventure au Québec.

MONT PAUL-PERREAULT OFFICIALISÉ LE 5 DÉCEMBRE dernier, la Commission de toponymie du Québec a officialisé le nom de « mont Paul-Perreault ». Situé dans le secteur Grande-Vallée du Parc régional de la Forêt Ouareau, ce mont communément appelé « Le Sommet » s’élève à 577 m d’altitude. Le sentier qui y monte est l’un des premiers que Paul Perreault a tracés dans les années soixante. Aujourd’hui, c’est un réseau d’une trentaine de kilomètres auquel les randonneurs ont accès, grâce à Paul, décédé en novembre dernier. Sa généreuse contribution et son grand dévouement au développement des sentiers pédestres dans Lanaudière demeureront gravés à jamais.  ■

P O U R

L A

M A R C H E SACS À DOS SACS D’HYDRATATION BÂTONS, CHAUSSURES BOTTES, ETC. Tout ça et plus encore

Photo : © LOWA

T O U T

Paul Perreault Photo : Thérèse Delage

offert à prix entrepôt ! TOUT EST RÉDUIT TOUT LE TEMPS CHEZ et plusieurs autres grandes marques.

1451, av. du MONT-ROYAL Est 514-525-5309 RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 5


1

1. Chantal David 2. Michel Bertrand 3. Lorrayne Marchand

2

OBTENEZ ce titre prestigieux en participant au programme du Certificat du randonneur émérite québécois. Pour ce faire, il vous suffit d’être membre de Rando Québec et de parcourir un certain nombre de sentiers dans différentes régions de la province. En tant que membre, vous avez accès à la liste des 75 sentiers admissibles, répartis dans les 20 régions touristiques du Québec. Chaque fois que vous parcourez un des sentiers, notez la date sur votre liste. Lorsque vous en avez 25 dans 10 régions différentes, retournez votre liste à Rando Québec. Par la suite, vous recevez un certificat officiel et un écusson à coudre attestant votre mérite.

Il y a trois niveaux de randonneurs émérites : Bronze, pour la première tranche de 25 sentiers, Argent pour la deuxième, et Or pour la troisième. Un certificat et un écusson vous seront remis pour chacun des niveaux atteints. Participer au programme du Certificat du randonneur émérite québécois est une belle occasion de découvrir le Québec en pratiquant une activité simple, naturelle et bonne pour la santé. Pour participer en couple ou en famille, optez pour l’adhésion familiale. Chaque membre de la famille pourra ainsi obtenir son certificat et son écusson. ■

RANDONNEURS ÉMÉRITES 2017 Voici la liste des personnes qui ont obtenu le titre de « randonneur émérite » au cours de l’année 2017.

RENSEIGNEMENTS randoquebec.ca 514 252-3157 1 866 252-2065

NIVEAU BRONZE

NIVEAU ARGENT

NIVEAU OR

Robert Dufour Sainte-Thérèse

Éric Talbot Québec

Michel Bertrand Repentigny

Éric Talbot Québec

Ana Dimitrova Québec

Chantal David Châteauguay

Ana Dimitrova Québec

Pierre Breault Laval

Lorrayne Marchand Saint-Roch-de-l’Achigan

Guy Prégent Lévis

Raymond Marcoux La Prairie

Louise Bourcier Lévis

Sébastien Laplante Québec

Ibrahim El-Helou Montréal

Marie-Ève Brouard Québec

Francine Simard Montréal

Richard Rajotte Saint-Nazaire-d’Acton

Marie-Claude Tremblay Gatineau

Karl Grondin Bécancour

Marie-Noël Laurin Mont-Tremblant

Ninon Tessier Vaudreuil-Dorion

Félix Goulet Mont-Tremblant

Stéphane Leboeuf Terrasse-Vaudreuil

6 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

3


FÉDÉRATION

2 3

1

Lorsque vous donnez au Fonds d’action de Rando Québec, c’est au bien-être de toute la communauté que vous contribuez ! L’an 2017 a été une belle année pour le plein air. Les études l’ont démontré : les retombées économiques et sociales sont non-négligeables. Toutefois, force est de constater que les ressources manquent encore pour plusieurs organismes qui ont recours au bénévolat pour subsister. Dans L’Avis sur le plein air (2017), le constat est clair. Les bienfaits du plein air sont nombreux : diminution du stress, amélioration de la concentration, stimulation de la créativité chez les jeunes, pour ne nommer que ceux-ci. C’est pourquoi Rando Québec a développé deux programmes à partir des dons accumulés pour le Fonds d’action.

PADÉLIMA

La nature étant constamment en mouvement, il est impossible de penser qu’un sentier puisse traverser quatre saisons sans subir d’impacts. C’est pour venir en aide aux gestionnaires de sentiers que Rando Québec a développé le programme Padélima, le Programme d’Aide au DÉveloppement des LIeux de MArche.

ont accès aux nombreux bénéfices que procure la randonnée pédestre. Merci, Rando Québec, de permettre à nos jeunes de découvrir les joies du plein air, car ce sont EUX qui, demain, à leur tour, en feront bénéficier d’autres… et d’autres encore ! » — Serge Coulombe, enseignant passionné et responsable du club de plein air Les Espatriés, École secondaire de la Pointe-aux-Trembles CONTRIBUEZ, C’EST SIMPLE

JEUNES EN SENTIERS

Ce nouveau programme permet à des groupes scolaires d’enfants et d’adolescents de partir en randonnée pédestre sur les sentiers du Québec. Il a pour objectif de promouvoir l’activité physique chez les jeunes et de venir combler leur déficit nature en soutenant financièrement des initiatives jeunesse en lien avec la randonnée pédestre. À qui s’adresse ce programme ? Aux écoles, aux enseignants et aux autres organismes jeunesse ! « Le monde du plein air au Québec est en pleine expansion. Les clubs de plein air dans les écoles, tant primaires et secondaires que collégiales, se multiplient. Notre terrain de jeu au Québec est infini… Grâce à la collaboration d’organismes comme Rando Québec, plus de gens

Visitez notre site Internet https://randoquebec. ca/fr/a-propos/fond-action. Vous y trouverez un hyperlien pour faire un don en ligne par Visa ou MasterCard. Vous pouvez aussi envoyer un chèque à l’ordre de Rando Québec et le poster à l’adresse suivante : — Rando Québec 4545, avenue Pierre-De Coubertin Montréal (Québec) H1V 0B2 — Pour les dons de 15 $ et plus, recevez un reçu officiel pour fin d’impôt. Rando Québec (Fédération québécoise de la marche) est un organisme de charité dûment enregistré. ■

1. © Serge Coulombe 2. © Laura Ducharme 3. ©  Thérèse Delage

RÉALISATIONS PADÉLIMA En 2017, le programme a permis à la Municipalité de Saint-Donat d’entretenir ses sentiers avec une aide financière de 3 500 $. La Municipalité de Duhamel, en 2016, a également obtenu une aide de 1 000 $ pour ses sentiers.

RÉALISATIONS JEUNES EN SENTIERS En 2017, c’est 4 350 $ qui ont été donnés pour 440 jeunes de quatre régions. C’est pour cela que vos dons sont précieux pour Rando Québec, mais surtout pour la valorisation de la randonnée pédestre comme activité de plein air et pour son accessibilité.

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 7


FÉDÉRATION

La relève de demain : Justin (9 ans) et Cédric (12 ans) Photo : Thérèse Delage

JOURNÉE NATIONALE DES SENTIERS SAMEDI 2 JUIN 2018

RENSEIGNEMENTS randoquebec.ca 514 252-3157 1 866 252-2065

En 1992, nos voisins du Sud créaient le National Trails Day. Depuis, le premier samedi de juin de chaque année, tous les randonneurs des États-Unis et du Canada sont invités à faire leur part dans l’entretien des sentiers pédestres. Cinq ans plus tard, la Fédération québécoise de la marche – aujourd’hui Rando Québec – se joignait au mouvement en créant la Journée nationale des sentiers. Le samedi 2  juin sera donc la 21e édition québécoise de cet événement. Tout le monde peut participer car le travail n’est pas compliqué. Le plus souvent, il s’agit de couper la repousse annuelle et de jeter les branches coupées en dehors du sentier. Une paire de gants de jardinage et un sécateur sont les seuls outils nécessaires. Les bras costauds peuvent utiliser une sciotte pour couper les grosses branches et les petits arbres

8 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

tombés. Dans certains cas, une pelle peut être utile pour dégager les canaux d’évacuation des eaux de ruissellement. Les gros travaux sont réservés à des ouvriers spécialisés. Chaque corvée est encadrée par une personne responsable qui supervise les travaux. Comme ces dernières années, Rando Québec affichera dans son site Web la liste des réseaux pédestres où des bénévoles seront attendus. Ainsi, vous pourrez choisir le lieu où vous désirez offrir vos services bénévoles, et communiquer directement avec le gestionnaire pour avoir les détails du travail à effectuer. Vous pouvez aussi nous suivre sur Facebook. Faites votre part ! Participez à la Journée nationale des sentiers. Il en va de l’avenir des sentiers et de la randonnée pédestre. ■


FÉDÉRATION

SANS TRACE Problème Les feux de bois et leurs résidus dégradent les environs. Solution : Se reconnecter avec ce que la nature nous offre. Illustration : Maurice Day Principe énoncé par Danielle Landry, De ville en forêt : devilleenforet.com

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 9


INFO-SENTIERS

NOUVELLES DES RÉGIONS ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

BAS-SAINT-LAURENT

SENTIERS DU CLUB KIWANIS AJOUTS DE TRONÇONS

CANYON DES PORTES DE L’ENFER NOUVEAU SENTIER

Le club Kiwanis, en collaboration avec la Ville de Rouyn-Noranda, a entrepris des travaux d’aménagement de sentiers pédestres autour du lac Noranda. S’ajoutant aux tronçons existants du côté sud du lac, la nouvelle partie formera un réseau pédestre offrant des vues magnifiques sur le lac. Un belvédère et des passerelles seront aménagés afin de protéger les milieux aquatiques fragiles. L’inauguration officielle devrait avoir lieu au début de l’été.

Dès la mi-juin, un nouveau sentier de 8 km sera accessible aux marcheurs. Il permettra de se rendre à la pointe d’un lac et d’admirer deux énormes pins.

ville.rouyn-noranda.qc.ca

canyonportesenfer.qc.ca

CANTONS-DE-L’EST LES PARCOURS MISSISQUOI NORD RÉFECTION D’UNE PASSERELLE

Grâce à un partenariat entre Missisquoi Nord, la Municipalité d’Eastman et Développement économique Canada, la passerelle de bois du parc Missisquoi Nord d’Eastman a été entièrement refaite. Les marcheurs peuvent

LÉGENDE  ronçon du T Sentier national

maintenant bénéficier d’une structure plus durable, tout en sachant que celle-ci respecte la fragilité du milieu humide environnant. Ce trottoir donne non seulement accès à divers sentiers du réseau Missisquoi Nord, mais aussi à une mise à l’eau. missisquoinord.com

LE MARAIS DE LA RIVIÈRE AUX CERISES RÉOUVERTURE DU SENTIER DU PIONNIER

Après d’importants travaux de réhabilitation réalisés au cours de l’année dernière, le sentier du Pionnier est maintenant rouvert. Suivant le tracé d’une ancienne voie ferrée dont on peut voir encore les vestiges, ce sentier est majoritairement composé de trottoirs de bois sur pilotis et traverse plusieurs habitats : rivière, marais, tourbière et marécage. maraisauxcerises.com

1 PARC NATIONAL D’AIGUEBELLE SUR LA LIGNE DE PARTAGE DES EAUX

Les visiteurs sont invités à découvrir la toute nouvelle infrastructure sur le parcours le plus mythique du parc : la ligne de partage des eaux. Située en plein cœur du parc entre les lacs La Haie et Sault, l’installation permet de bien comprendre le phénomène des eaux qui se tournent le dos et s’écoulent d’une part vers la baie James et, d’autre part, vers le fleuve Saint-Laurent. On s’y rend en randonnée pédestre ou en canot. On peut aussi être accompagné d’un garde-parc naturaliste. D’autre part, on ajoutera des hébergements de prêt-à-camper et d’espaces destinés aux véhicules récréatifs (VR). Ces derniers pourront, dès le début de l’été 2018, rejoindre plus facilement les deux secteurs du parc puisqu’on procédera au surfaçage de la route reliant les secteurs sud et nord.  sepaq.com/pq/aig/

10 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

2


INFO-SENTIERS

3 1. P  arc national d’Aiguebelle – Photo : Sépaq 2. L  es parcours Missisquoi Nord – Photo : Action Memphré-Ouest 3. L  e Marais de la Rivière aux Cerises – Photo : Diane et Bertrand 4. C  amping SainteAgathe-des-Monts – Centre de plein air 5. P  arc national du Canada de la Mauricie – Photo : Parcs Canada 6. C  entre écologique Fernand-Séguin – Photo : Héritage Saint-Bernard

CENTRE-DU-QUÉBEC SENTIER DES TROTTEURS UN BEL AJOUT

Un nouveau tronçon a été ajouté au réseau : le sentier du Coyote. Il fait le lien entre le village de Sainte-Hélène-de-Chester et le sentier du Pic, permettant ainsi de multiples parcours pour tous et un accès facile aux résidents. D’une longueur de 2 km, il offre une vue sur une partie du village.  sentierdestrotteurs.com

aux besoins de l’ensemble de la clientèle. Ces rénovations majeures comprennent, entre autres, l’agrandissement de la boutique, la création d’un espace café et la reconstruction du comptoir d’accueil. C’est une véritable cure de jeunesse qu’on a fait subir aux cinq chalets et au pavillon Presqu’île du secteur Étang-à-la-Truite : extérieur sablé et repeint, galeries reconstruites et plusieurs autres améliorations. Les chalets revampés attendent leurs premiers locataires ce printemps.

l’Inter-Centre. Un hommage particulier a été rendu à deux pionniers de la première heure, messieurs Claude Talbot et Bernard De Pierre. Sentier de grande randonnée des Laurentides, qui gère le sentier Inter-Centre, doit sa pérennité et son dynamisme aux généreux bénévoles qui y œuvrent.  intercentre.qc.ca

sepaq.com/rf/mat/

CÔTE-NORD– MANICOUAGAN SENTIER POLYVALENT DU CLUB LE MORILLON MOINS POLYVALENT

En raison de la détérioration de la surface de roulement, le sentier n’est plus accessible aux vélos, au grand plaisir de certains randonneurs qui trouvaient difficile la cohabitation marcheurs/cyclistes. Ce tronçon du Sentier national, situé aux Bergeronnes, continue donc d’offrir aux randonneurs de beaux points de vue sur le Saint-Laurent.

GASPÉSIE RÉSERVE FAUNIQUE DE MATANE POSTE D’ACCUEIL ET CHALETS

Le poste d’accueil John a été agrandi de 100 m2, permettant ainsi de mieux répondre

LANAUDIÈRE MONTAGNE NOIRE MIRADOR

Une toute nouvelle tour d’observation, haute de quelque 12 m, a été installée au sommet de la montagne Noire, elle-même culminant à 892 m d’altitude. Du haut de la tour, qu’on appelle Mirador, on a une magnifique vue circulaire sur le paysage environnant : collines, forêts, lacs, villages... Ce projet a vu le jour grâce au Club de plein air de Saint-Donat.  tourismesaint-donat.com.

LANAUDIÈRE-LAURENTIDES SENTIER INTER-CENTRE 35 ANS !

Cet hiver, une quarantaine de bénévoles qui se sont impliqués ou s’impliquent encore se sont réunis pour fêter les 35 ans de

4 RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 11


5

LAURENTIDES CAMPING SAINTE-AGATHEDES-MONTS – CENTRE PLEIN AIR BALISAGE ET SIGNALISATION

Le balisage et la signalisation des sentiers, qui dataient des années 1970, ont fait peau neuve. La nouvelle signalisation intègre la randonnée pédestre aux 12 km de raquette et aux 50 km de ski de fond. Le vélo demeure interdit en raison de la fragilité de l’environnement naturel. Balises et affichage reprennent les couleurs du logo du Camping Sainte-Agathe-des-Monts. Cela a nécessité l’installation de 120 poteaux et plus de 440 panneaux. Certains noms de sentiers ont été modifiés afin d’inclure les noms de citoyens visionnaires ayant grandement contribué à l’histoire du ski dans le paysage de Sainte-Agathe.  campingsteagathe.com

MUNICIPALITÉ DE LAC-DU-CERF AMÉLIORATIONS

Au mont Limoges, la signalisation a été refaite et les sentiers ont été réaménagés, améliorant ainsi la sécurité des usagers. Au sentier écologique « Le Petit Castor », de nouveaux panneaux d’interprétation ont été installés tout le long du parcours. lacducerf.ca

Supérieur. Ce stationnement offre un accès au sentier Inter-Centre, à celui du Mont-Durant, à la Grande Boucle Tremblant et au parc national du Mont-Tremblant. ANL et Sentier de grande randonnée des Laurentides (gestionnaire du sentier InterCentre) ont mis en place une carte des sentiers et de la nouvelle signalisation au début des sentiers. De plus, le sentier faisant le lien entre le lac Supérieur (à l’entrée du parc national) et le mont Durant a été déblayé par un groupe de bénévoles d’ANL. accesnaturelaurentides.com

MAURICIE PARC NATIONAL DU CANADA DE LA MAURICIE FERMETURE

Du 2 avril 2018 à la mi-décembre 2018, d’importants travaux nécessiteront la fermeture complète du secteur est du parc (entrée Saint-Jean-des-Piles), incluant le réseau de sentiers et le terrain de camping de la Rivière-à-la-Pêche. Dès le 18 mai 2018, les amateurs de plein air sont invités à découvrir le secteur de Saint-Mathieu-du-Parc. parcscanada.ca/mauricie

SENTIERS ACCÈS-NATURE LAURENTIDES NOUVEAUTÉS

Accès-Nature Laurentides (ANL) a participé à la mise à niveau du stationnement situé au km 4,5 du chemin du Nordet, à Lac12 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

MONTÉRÉGIE CENTRE ÉCOLOGIQUE FERNAND-SÉGUIN MISE À NIVEAU

Avec son nouveau chalet d’accueil LEED, le Centre se positionne désormais comme une

destination de plein air de grande qualité, accessible gratuitement à tous. Les essences d’arbres nobles et distinctives qui constituent cette forêt de 65 hectares en font un site d’une grande valeur écologique, partie intégrante du corridor vert ChâteauguayLéry. Pour la randonnée pédestre, 5 km de sentiers sont offerts. Des sections de passerelles désuètes ont été restaurées ou complètement reconstruites afin de permettre une circulation sécuritaire et agréable. Au total, c’est plus de 500 m de passerelles et ponceaux qui ont été ajustés. Au printemps, les randonneurs pourront donc profiter de ces rénovations les pieds au sec tout en étant rassurés que la flore ne sera pas piétinée. Autre nouveauté, une règlementation municipale est désormais en vigueur sur le territoire du Centre, interdisant la circulation à vélo (fatbikes inclus). Ainsi, les marcheurs jouiront d’une quiétude et d’une sécurité accrues. ilesaintbernard.com/territoires-naturels/ centre-ecologique-fernand-seguin

MONTRÉAL CONSERVATION DE LA NATURE DU CANADA ACCÈS À QUATRE ÎLES DU FLEUVE

Les familles et amateurs de plein air profiteront d’un accès amélioré et plus sécuritaire à quatre îles du Saint-Laurent situées à l’extrémité est de Montréal. Le projet proposé par Conservation de la nature du Canada (CNC) vise l’amélioration des infrastructures d’accès


INFO-SENTIERS

aux îles Bonfoin, à l’Aigle, aux Cerfeuils et Beauregard. Ce groupe d’îles représente un habitat naturel pour plusieurs espèces animales et possède un grand potentiel pour des activités d’observation de la faune et le de la flore. En améliorant l’accès aux îles et les aménagements riverains, CNC favorisera la vocation communautaire et l’accessibilité du public à ce territoire protégé. L’organisme pourra également poursuivre et bonifier la gamme d’activités de plein air proposées aux familles tout en protégeant les milieux naturels. Plus précisément, les travaux entrepris comprendront l’aménagement d’aires d’accueil en rive, la remise en état de sentiers d’accès aux berges, l’aménagement d’aires d’observation, ainsi que la production de panneaux d’interprétation de la nature et de dépliants d’information et de sensibilisation. Ce projet a été rendu possible grâce à un financement de 124 605 $ consenti par le gouvernement du Canada.  dec-ced.gc.ca/fra/regions/montreal/

PARC DU MONT-ROYAL RÉAMÉNAGEMENT ET LUTTE CONTRE L’AGRILE DU FRÊNE

Entrepris par la Ville de Montréal, le projet de réaménagement du secteur Cedar– Côte-des-Neiges du parc du Mont-Royal progresse. Visant l’embellissement des lieux et l’amélioration de l’accessibilité du parc, on a reverdi 3 000 m2 d’une ancienne bretelle automobile pour créer un nouveau seuil d’entrée au parc. L’amélioration de la gestion des eaux pour régler les problèmes d’érosion des sols et des sentiers dans le secteur a été effectuée au moyen de l’aménagement de murets de rétention et de fossés de drainage. Enfin, l’élimination de plantes envahissantes nuisant à la biodiversité et la coupe d’arbres mourants ont permis de remettre en valeur les parois rocheuses du secteur et de révéler la vue sur une ancienne carrière de pierre grise. Les actions en cours permettront d’améliorer la biodiversité de ce secteur pour le futur par des plantations de végétaux indigènes. Les amis de la montagne ont joué un rôle conseil dans l’élaboration de plusieurs aspects de ce projet. D’autre part, l’importante campagne de lutte contre l’agrile du frêne déployée par la Ville suit son cours. Près de 6 400 frênes ont été traités dans les boisés du mont Royal l’été dernier, et les frênes trop malades pour être traités continueront d’être abattus au cours des deux prochaines années. lemontroyal.qc.ca

OUTAOUAIS PARC DES MONTAGNES NOIRES DE RIPON NOUVEAUX AMÉNAGEMENTS

Dès le mois d’avril, on amorcera l’aménagement d’un nouveau tracé, le sentier des Sommets. D’une longueur de 6,5 km, cet ajout portera à 10 km le total du réseau pédestre, tout en faisant découvrir deux secteurs du parc qui étaient inaccessibles aux visiteurs. De plus, on procédera à la construction d’une tour d’observation de 10 m de hauteur, offrant un panorama de 360° sur le paysage environnant. Ce projet verra le jour grâce à une aide financière du Fonds des Petites Collectivités, avec la participation des gouvernements du Québec et du Canada.  ville.ripon.qc.ca

PÔLE D’EXCELLENCE EN RÉCRÉOTOURISME EN OUTAOUAIS (PERO) DE BELLES RÉALISATIONS

Cet OSBL, qui soutient le développement du récréotourisme dans la Vallée-de-la-Gatineau, a largement contribué à l’amélioration des réseaux pédestres. Voici un aperçu des travaux dans lesquels le PERO s’est impliqué en 2017 : au Parc des chutes de Denholm, un belvédère a été refait à neuf, une nouvelle table à pique-nique a été installée au point

de vue des collines, et 600 affichettes de signalisation ont été installées. Au Parc régional du Mont-Morissette, 1 400 affichettes de signalisation ont été placées, et 1 600 au Sentier récréatif des lacs des Cèdres. Pour 2018, le PERO prévoit, entre autres, assurer l’entretien des sentiers pédestres remis à niveau en 2017 et assurer la mise aux normes d’une signalisation adéquate dans d’autres sentiers de la Vallée-de-la-Gatineau.  perooutaouais.ca

QUÉBEC VALLÉE BRAS-DU-NORD DE BELLES AMÉLIORATIONS

La Boucle de la Hauteur a subi une transformation majeure. Ce sentier, qui autrefois passait en partie par un chemin de terre, sillonne maintenant une jolie parcelle de forêt tout en montant en zigzags. Il passe tout près de la cascade de l’Île-de-Pâques, un secret bien gardé de la vallée. La montée du sentier Bras-du-Nord, entre la chute Delaney et le belvédère, a été modifiée afin de permettre un meilleur écoulement des eaux printanières. De plus, le deuxième point de vue de l’ascension au belvédère a été bonifié par l’ajout d’une imposante structure de bois. Cela constitue un bel arrêt à faire dans la montée, pour souffler un peu tout en contemplant la vallée dans toute sa splendeur. ■

6 RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 13


L’ENVERS DU DÉCOR

Il a embrasé l’Alberta lors de l’été 2016, la Colombie-Britannique en 2017 et, depuis les dix dernières années, il a brûlé 340 993 hectares au Québec, dont 6 630 en 2017. Ses images font peur, ses flammes et sa fumée peuvent mettre en danger les humains, mais la nature survit toujours à son passage et, même, en profite. Le feu de forêt : un danger ou une nécessité ? TEXTE : ÉMÉLIE RIVARD-BOUDREAU — PHOTOS : SOPFEU

SI LE FEU PEUT S’AVÉRER MENAÇANT POUR LA SÉCURITÉ ET L’ÉCONOMIE DE L’ESPÈCE HUMAINE, IL PEUT ÊTRE UNE VÉRITABLE FONTAINE DE JOUVENCE POUR LA FORÊT. DES PARCS NATIONAUX CANADIENS BRÛLENT MÊME VOLONTAIREMENT CERTAINES ZONES DE LEUR FORÊT. C’EST LE CAS DU PARC NATIONAL DE LA MAURICIE ET DE CELUI DE FORILLON EN GASPÉSIE.

LES FEUX de forêt n’ont plus de secrets pour Robert Lemay, qui vient de prendre sa retraite après 38 ans au service de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU). L’ex-agent à la prévention et à l’information, qui était basé à Val-d’Or en Abitibi, en a vu des feux. Il a aussi participé à des dizaines de campagnes de sensibilisation auprès du public. Pour la SOPFEU, un feu de forêt peut être aussi minime qu’un feu de camp qui a été mal éteint et qui provoque un début d’incendie, jusqu’au gigantesque feu qui fait la une des téléjournaux. « Aussitôt qu’on intervient, ça fait partie de nos statistiques », indique Robert Lemay. En 2017, la SOPFEU est intervenue à 290 reprises. Le nombre de sorties des pompiers forestiers québécois est très variable d’une année à l’autre. Depuis les dix dernières années, ils ont été appelés à intervenir entre 189 et 762 fois par année.

« C’est toujours les feux de causes humaines qui sont en plus grand nombre », a constaté Robert Lemay. Au cours des dernières années, entre 65 % et 70 % des feux de forêt ont été provoqués par des humains, alors qu’environ 30 % l’ont été par la foudre. Les campagnes de prévention semblent par contre avoir quelque peu porté fruit, puisqu’à une certaine époque, les humains étaient à l’origine de 80 % des incendies en forêt. QUAND LE FEU DEVIENT UN DANGER

Selon Robert Lemay, depuis environ 60 ans, aucune population n’a été en danger à cause d’un feu de forêt au Québec. « Il n’y a jamais vraiment eu de gros problèmes pour la population. On n’a pas eu de villages qui ont brûlé. Il y a eu des communautés qui ont été menacées, mais il n’y a jamais eu de cas majeurs où

1 2 14 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018


L’ENVERS DU DÉCOR

des résidences ont brûlé. Il y a seulement eu des évacuations préventives », raconte-t-il. Contrairement aux incendies de résidences, les incendies de forêt causent très peu de mortalité. « Il y a des gens qui sont morts d’une crise cardiaque en combattant des feux. Par exemple, des gens qui faisaient brûler leur herbe au printemps, qui «échappaient» leur feu, qui essayaient de l’éteindre et couraient pour se sauver. Autrement, des gens qui auraient été traqués par un feu, ça n’a jamais existé au Québec, fort heureusement ! », souligne Robert Lemay. Bien que peu de communautés isolées au Québec risquent d’être encerclées par les flammes, la prudence est de mise pour éviter les blessures ou les décès causés par des feux de forêt. C’est, entre autres, une préoccupation pour les travailleuses et les travailleurs forestiers. « Ça implique une surveillance importante », affirme le directeur Foresterie et approvisionnements et directeur général adjoint du Conseil de l’industrie forestière du Québec, Yves Lachapelle. Alors que les entreprises forestières ont des travailleurs et des équipements en forêt, ils peuvent être appelés à signaler les incendies, cesser leurs activités et à aider les pompiers de la SOPFEU. Cependant, les conséquences seront plus économiques pour l’industrie forestière. Les feux de forêt les forcent à modifier la planification de la récolte. « On va récupérer ce qui est récupérable, sinon nous pouvons être appelés à déplacer nos activités et à reconstruire des chemins; ça va aussi diminuer le rendement des arbres récupérés en usine », indique Yves Lachapelle.

QUAND LE FEU AIDE LA FORÊT

Si le feu peut s’avérer menaçant pour la sécurité et l’économie de l’espèce humaine, il peut être une véritable fontaine de Jouvence pour la forêt. Des parcs nationaux canadiens brûlent même volontairement certaines zones de leur forêt. C’est le cas du parc national de la Mauricie et de celui de Forillon en Gaspésie. Ils procèdent à des brûlages dirigés dans le but écologique de régénérer certaines espèces d’arbres. « Le pin blanc et le chêne rouge sont deux espèces d’arbres qui ont besoin du feu pour se reproduire », explique l’agent de gestion des incendies pour le parc de la Mauricie, Michel Thériaut. Il souligne que le feu ne fait pas mourir ces arbres qui, lorsqu’ils sont très vieux (un pin blanc peut vivre jusqu’à 500 ans), ont une écorce qui devient très épaisse. « L’écorce est tellement épaisse que la partie vivante de l’écorce est protégée. Eux, leur stratégie, c’est de survivre au feu. Il y a des arbres qui vont mourir, il y a plus de lumière qui va rentrer dans le sous-bois, tous les arbustes qui étaient des compétiteurs vont être éliminés et ça laisse de la place pour que les petits chênes et les petits pins blancs s’installent. » D’autres espèces, comme le pin gris et le pin tordu latifolié, ont également besoin du feu pour se reproduire. Leurs cônes, qui sont couverts d’un revêtement cireux, s’ouvrent seulement sous la chaleur du feu. Celui-ci devient donc le seul moyen pour faire disperser leurs graines.  Au grand plaisir des oiseaux, mais au grand tourment des compagnies forestières, les arbres brûlés profitent aussi à certains insectes. « On aperçoit des longicornes qui pondent leurs œufs dans l’écorce brûlée, puis les œufs se développent sous l’écorce et les larves creusent des galeries dans le bois », fait savoir monsieur Lachapelle.

3

1, 3. E  n 2017, la SOPFEU est intervenue à 290 reprises 2. A  u Québec, le feu a brûlé 6 630 hectares de forêt en 2017

LE FEU ET LES RANDONNEURS

Les randonneurs sont directement concernés par la propagation des feux de forêt. Ils peuvent prendre des mesures de prévention. Respecter les interdictions de feux à ciel ouvert émis par la SOPFEU et s’assurer de bien éteindre ses feux est impératif. Bien éteindre ses mégots de cigarettes, de joints de cannabis (bientôt permis) ou tout simplement ne pas fumer en forêt peut également faire une différence. Pour les gestionnaires de sentiers ou les personnes qui se rendent sur les lieux de randonnée en véhicule tout terrain, la SOPFEU demande d’entretenir adéquatement les tuyaux d’échappement qui pourraient allumer des matières combustibles. Enfin, les marcheurs doivent éviter de circuler à proximité d’une zone incendiée, entre autres lorsque Parcs Canada procède à ses brûlages contrôlés, car certains sentiers pourraient être fermés ou à éviter. À noter que le risque de feux de forêt provoqués par la foudre est très élevé en période estivale au nord du 49e parallèle. ■ RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 15


DOSSIER

1. S  entier des Florent – Photo : Réjean Allard, Sentiers de la Capitale 3. S  entier national dans le Bas-Saint-Laurent – Photo : Nicole Blondeau

PÉRENNISATION DES SENTIERS UN BILAN DE SANTÉ EN AMÉLIORATION – 1 RE PARTIE Depuis trois ans, le magazine Rando Québec fait état des problèmes concernant la pérennisation des réseaux de sentiers pédestres. À la grandeur du Québec, le constat est le même : les bailleurs de fonds, surtout les gouvernements, répondent « présents » lorsqu’il est le temps d’ouvrir de nouveaux sentiers, mais disparaissent dans la nature lorsqu’il est question de financer leur entretien. Résultat : les réseaux en arrachent, faute de sous et de la faible implication de la population locale en matière d’entretien et de promotion. PAR SIMON DIOTTE

DEPUIS, l’eau a coulé sous les passerelles piétonnières. La situation s’améliore-t-elle ? Les décideurs entendent-ils le cri du cœur des gestionnaires de réseaux ? Bonne nouvelle ! Il semblerait que oui. Un peu partout, des actions sont prises pour maintenir les sentiers en vie. Qui plus est, des rumeurs, impossibles à confirmer, voulant que le gouvernement dépose sur la table une enveloppe d’argent consacrée uniquement à l’entretien des infrastructures de plein air, suscitent un vent d’optimisme. Rando Québec a recontacté les gestionnaires de chantier pour faire le point. Premier article d’une série de deux. SENTIERS DE LA CAPITALE QUÉBEC ET CHARLEVOIX

Publication Hiver 2015, diagnostic : sentiers abandonnés, manque de prise en charge du milieu. Alain Marcoux, directeur des Sentiers de la Capitale, est plus que jamais optimiste pour l’avenir des sentiers que son organisme a construits et parrainés pendant des années. « Que ce soit dans les MRC de Charlevoix-Est, de Charlevoix ou de La Jacques-Cartier, les initiatives locales se multiplient afin de prendre en charge les sentiers », dit-il. Par exemple, le sentier de l’Orignac, récemment mis à niveau, est désormais pris en charge par un comité. « Ces intervenants locaux doivent établir une stratégie de gestion et de promotion », ajoute-t-il. Autre exemple : à 16 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018


DOSSIER

Sainte-Brigitte-de-Laval (MRC La Jacques-Cartier), la Municipalité, un club de randonnée et Sentiers de la Capitale travaillent conjointement à l’entretien et au développement du réseau. SENTIER INTERNATIONAL DES APPALACHES GASPÉSIE

Publication Printemps 2015, diagnostic : manque de soutien du milieu, zéro budget pour du développement. Le seul sentier GR en Amérique du Nord a connu une amélioration notable de sa situation, jusque-là périlleuse depuis sa naissance en 2001. « La notoriété que nous apporte le label français GR, obtenu en 2015, commence à porter fruit. En 2017, 33 personnes ont effectué la traversée au complet (650 km), alors qu’on n’en comptait que trois à six par année auparavant. L’achalandage augmente aussi à la grandeur du réseau », indique Éric Chouinard, directeur du SIA. Résultat : les revenus autogérés par la location de refuges ont fait un bond considérable. « On peut enfin espérer l’autosuffisance à long terme », déclare le directeur du SIA. L’avenir n’est pas complètement rose, mais l’espoir renaît. « La perception du sentier évolue de «canard boiteux» à «infrastructure à fort potentiel». Ça change nos relations avec nos partenaires », explique-t-il. L’entretien de ce mégasentier demeure toutefois un enjeu. « Mais le coût est minime considérant ses retombées économiques et son apport en visibilité pour la Gaspésie », conclut Éric Chouinard. TRAVERSÉE DE CHARLEVOIX

Publication Été 2015, diagnostic : peu de soutien du milieu, manque de bénévoles en vue de l’entretien. Un vent d’optimisme souffle dans les montagnes de Charlevoix. La création du Défi les 5  sommets, par Louis-Philippe Dufour, employé de la Traversée de Charlevoix (TDC), a fait exploser l’achalandage dans tous les sentiers de la région. « L’impact de ce défi a été considérable et au-delà de nos espérances », affirme Johanne Leduc, la directrice de la TDC. Ce boom dans la fréquentation a fait comprendre aux décideurs de la région le potentiel attractif de la rando. En novembre, une première rencontre régionale a été organisée afin de travailler conjointement au développement de cette activité. « Un très bon début », dit Johanne Leduc. Les enjeux demeurent concernant la survie du raid de 105 km, dont le défi de son entretien, mais Johanne Leduc n’est plus aussi pessimiste. « On nous écoute maintenant », mentionne Mme Leduc, qui songe à la retraite en 2018. Un volontaire pour la remplacer ?

Bonne nouvelle dans le Bas-Saint-Laurent ! Les deux MRC où circule le Sentier national continuent d’assurer un financement de base afin de garder ouvert le corridor de marche. « L’état du sentier est acceptable malgré le vieillissement de certaines infrastructures. Les quelques commentaires négatifs des marcheurs concernent principalement la section de 39 km qui traverse le parc national du Lac-Témiscouata, qui souffre d’un manque d’entretien », affirme Robert Gagnon, directeur général de la Corporation PARC Bas-Saint-Laurent, organisme qui participe à l’entretien et à la gestion du sentier. Toutefois, afin d’assurer la survie du sentier à long terme, le retour d’un programme de soutien financier du provincial s’avère incontournable pour poursuivre le développement du sentier, comme l’ajout de deux refuges pour compléter l’offre de services, souligne Robert Gagnon. À suivre… SENTIERS FRONTALIERS, CANTONS-DE-L’EST

Publication Printemps 2016, diagnostic : faible appui financier, problème avec les véhicules motorisés hors route, vieillissement des bénévoles. Depuis la publication, le club des Sentiers frontaliers n’a fait aucun progrès. « On a largement diffusé le reportage qui traitait de notre problème criant de financement auprès des Municipalités et des MRC concernées, mais on n’a pas réussi à obtenir de l’argent frais », déplore Monique Scholz, présidente de l’organisme, qui songe à jeter l’éponge. Sans argent supplémentaire, le réseau de 135 km de la région de Mégantic, à l’est des Cantons-de-l’Est, qui se dégrade à vitesse grand V, agonisera lentement mais sûrement. Le club des Sentiers frontaliers est toujours en quête de solutions. ■

SENTIER NATIONAL DANS LE BAS-SAINT-LAURENT

Publication automne 2015, diagnostic : faible budget d’entretien et de promotion. RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 17


1

RÉFLEXIONS SUR LA LONGUE RANDONNÉE

La longue randonnée est une expérience d’immersion totale dans la nature. Pendant plusieurs jours, semaines ou mois, le marcheur avance dans la forêt, dans la montagne ou dans le désert. Son quotidien est simple, ponctué de moments de pauses, parfois d’une baignade ou de quelques échanges avec les randonneurs qu’il croise sur sa route. Il transporte tout ce dont il a besoin, rien de superflu. Il boit l’eau des sources, des rivières ou des lacs. C’est une expérience d’intimité avec la nature, avec des moments de plénitude et d’exaltation. TEXTE ET PHOTOS : CHANTAL BLOUIN

« ... UNE FOIS LE SENTIER EN PLACE, IL PEUT DEVENIR UN MOTEUR DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE. JE L’AI CONSTATÉ DE VISU SUR LA PACIFIC CREST TRAIL. »

J’AIME BEAUCOUP l’Appalachian Trail et les autres longs sentiers en Nouvelle-Angleterre et dans les Adirondacks. En scrutant l’horizon vers l’arrièrepays de Charlevoix à partir du sommet du célèbre mont du Lac des Cygnes, je me disais que le Québec a aussi un territoire sauvage superbe qui mériterait d’être accessible à tous et que des sentiers soient davantage développés. C’est dans cette perspective que j’écrivais il y a quelques années à la Sépaq pour connaître leur projet de développement pour la longue randonnée au Québec. La réponse de la Sépaq eut le mérite d’être

18 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

claire : « Nous constatons dans nos études de clientèle que la longue randonnée ne constitue pas une niche de marché qui est en croissance. » Six ans plus tard, après avoir marché plus de 500 km cet été en Californie sur la Pacific Crest Trail, cette réponse m’interpelle toujours. Il me semble que la mise en place de sentiers de longue randonnée ne peut pas simplement découler d’études de marché. Ce sont des projets un peu fous, qui naissent dans l’esprit de rêveurs ambitieux : des marcheurs de longue haleine qui souhaitent surtout partager la


RÉFLEXION

beauté tranquille et les paysages grandioses du territoire qui désormais les habiteront. De plus, même si on adopte une perspective économique, cette réponse est déficiente. Les études de marché ne semblent pas tenir qu’une fois le rêve réalisé, une fois le sentier en place, il peut devenir un moteur de développement économique. Je l’ai constaté de visu sur la Pacific Crest Trail. Les randonneurs fréquentent beaucoup les villages qui sont aux abords du sentier pour acheter des provisions ou de l’équipement, se payer une nuit à l’hôtel ou un bon repas chaud au restaurant. Dans la petite ville d’Etna dans le nord de la Californie, la gérante de l’épicerie a ajouté des produits sur les tablettes afin que les thru-hikers trouvent tout ce dont ils ont besoin pour regarnir leur sac à dos. Un peu plus au sud, à Burney, un chauffeur de taxi offre ses services pour faire la navette entre le sentier et les commerces du village, alors que la propriétaire d’un ranch qui se trouve près du sentier l’a transformé pour en faire un commerce dédié aux randonneurs. Pour illustrer comment la randonnée peut être au cœur d’un projet de développement économique, on peut aussi regarder du côté de la Maine Woods Initiative. Afin de protéger de façon durable la région sauvage que traverse l’Appalachian Trail sur 100 miles (160 km) au sud du mont Katahdin, l’Appalachian Mountain Club a mis en œuvre une stratégie économique très explicite. Le vénérable club, qui date de 1876, a acheté des terres, a fait la promotion du plein air (canot, ski de fond, etc.) dans le Maine, construit des auberges en pleine nature, ouvert de nouveaux

sentiers et entretenu les sentiers existants de même que les chemins qui permettent d’y accéder, tout en travaillant en partenariat avec les compagnies forestières et les agents économiques déjà en place. La vitalité de cette région a déjà beaucoup bénéficié de cette initiative. La Pacific Crest Trail (PCT), qui traverse toute la Californie, l’Oregon et l’État de Washington, de même que l’Appalachian Trail entre la Georgie et le Maine, sont des sentiers établis depuis plusieurs décennies. Ils sont connus et célébrés dans des livres et des films à grande diffusion. L’achalandage de ces sentiers s’en ressent. Ainsi, trois ans après la parution du récit de voyage de Cheryl Strayed et du film « Wild », le nombre de demandes de permis pour les trajets de plus de 500 miles sur la PCT a augmenté : de moins de 2 000 permis, il est maintenant à près de 6 000. C’est sans compter les marcheurs qui passeront « seulement » quelques jours sur ce sentier. En contraste, cette année, une trentaine de randonneurs ont parcouru les 650 km du Sentier international des Appalaches (SIA) au Québec. Ici, la longue randonnée est encore une nouvelle venue. Jusqu’à encore récemment, la pêche et la chasse demeuraient les principales raisons de séjourner dans la nature sauvage. Avec la venue du SIA et le développement graduel du Sentier national, on en est encore au tout début de cette manière de découvrir le territoire. Au fur et à mesure que ces sentiers gagneront en notoriété, ils pourront de plus en plus contribuer au développement économique de leurs régions. Néanmoins, la valeur intrinsèque de ces sentiers est déjà là, tout entière. À l’orée des bois, comme une promesse, comme une porte, ils nous attendent. ■

1. V  ue sur le mont Shasta, depuis la Pacific Crest Trail 2. V  ue depuis Paradise Lake, sur la Pacific Crest Trail 3. S  ur les traces des chercheurs d’or canadiens-français : une crête dans le nord de la Californie en souvenir de Louis Girard. 4. Bivouac

3

2

4 RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 19


RÉCIT

SVALBARD

MARCHER AU NORD DU NORD

Lorsqu’on est marcheur, on n’est généralement pas que marcheur. On est aussi amant de la nature. Un protecteur de la faune. Un ornithologue amateur. Un être fondamentalement curieux et avide de nouvelles découvertes. Et quand on a l’occasion de marcher dans le Grand Nord, on devient automatiquement un amant inconditionnel de l’Arctique. TEXTE ET PHOTOS : YVES OUELLET

POUR CES êtres complexes que sont parfois les randonneurs, le Nord extrême peut devenir le fantasme suprême. Pour moi, l’ultime projet s’appelait Svalbard. Je l’ai traîné dans mes rêves durant plus de 20 ans, certain de ne jamais le concrétiser… Puis, l’occasion s’est présentée !

SPITZBERG

En amorçant sa descente, après trois heures de vol franc nord à partir d’Oslo, l’avion perce un épais couvert nuageux et passe sous le plafond qui nous cachait un horizon de montagnes couvertes de névés et de mer densément bleue. Je viens enfin de mettre pied en Arctique, dans la petite ville de Longyearbyen, capitale du vaste archipel norvégien du Svalbard, qui s’étend du 78e au 81e parallèle. Cette communauté se trouve au sud de l’île du Spitzberg, où vit la très grande majorité de la population d’environ 2 200 habitants.

1 20 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018


2

qui sera arpenté par les croisiéristes pour s’assurer qu’il n’y a pas d’ours polaires dans les parages et pour confirmer la présence de sujets d’observation intéressants : rennes, renards, morses et oiseaux. Chaque guide est armé en permanence sur la terre ferme. Certains sites ont également un intérêt historique pour avoir été occupés dans le passé par des baleiniers, des mineurs ou des scientifiques. LES PREMIERS PAS

3

J’embarque à bord d’un navire de recherche océanographique nolisé par l’armateur canadien One Ocean Expeditions, l’Akademic loffe. Nous explorerons le Svalbard avec une ou deux sorties par jour en mer ou sur terre. J’espère pouvoir randonner dans cet environnement fabuleux, faire du kayak et observer mes premiers morses. Du pont, on admire un paysage montagneux où se succèdent de magnifiques langues glaciaires enveloppées de brouillard ou couvertes de couches fluides de nuages sombres. Un soleil puissant illumine tout ça 24 heures par jour. La plupart des passagers sont des maniaques d’ornithologie provenant de partout dans le monde. On trouve aussi quelques véritables mordus de randonnée, souvent des habitués du Grand Nord. Il va de soi qu’une croisière en Arctique est forcément soumise à de nombreux imprévus et aux aléas météorologiques. Outre le brouillard, le problème le plus commun est causé par les glaces déplacées par les vents et pouvant obstruer la route du navire. Il faut s’adapter au jour le jour. D’autre part, la sécurité demeure une préoccupation de chaque instant. Avant chaque sortie, des membres de l’équipage sécurisent le territoire

La première sortie se déroule au fond du fjord Hornsund, sur la moraine jusqu’au glacier, et retour par le pied de la falaise où niche une importante colonie de guillemots, qui se laissent photographier à quelques dizaines de mètres. Les pierres sont très fragmentées, contrairement à d’autres endroits où les pierres ayant servi de roulement à billes pour l’avance des langues glaciaires ont été arrondies par l’érosion. On distingue quelques rares touffes de fleurs mauves, jaunes ou orange. Le sol n’est pas trop boueux jusqu’au glacier lui-même, sur les abords duquel nous pouvons monter sans aller beaucoup plus loin. C’est quand même une sensation très spéciale et un environnement tellement inhabituel. Nous rejoignons ensuite le groupe d’ornithologues accroupis devant un pierrier où nichent des milliers de petits pingouins qu’on peut observer et photographier à quelques dizaines de mètres. Des rennes paissaient au loin et j’ai pu faire quelques belles photos d’un lagopède et de son petit.

1. L  ’Arctique est soumis aux aléas météorologiques 2. L  e navire Akademic loffe 3. L  es morses se laissent approcher 4. M  ontagnes, glaciers et mer d’un bleu profond

MORSES EN VUE !

Nous débarquons plus tard à Kapp Lee où la présence de morses a été rapportée. Embarquement sur les zodiacs à 9 h et débarquement sur une plage qui a visiblement servi de terrain d’abattage de morses dans le passé, tant elle est jonchée d’ossements. Les morses sont bel et bien là et se laissent approcher dans la plus totale indifférence. Entassés les uns sur les autres au bord de la plage, quelque vingt RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 21


RÉCIT

bêtes dorment, grognent, éructent et se grattent la panse à l’aide de leurs nageoires. Quelques-uns, plus par curiosité que par crainte, lèvent la tête pour observer le groupe de bipèdes qui vient d’arriver et qui les mitraille de cliquetis. Deux tonnes de graisse par morse. Plusieurs ont des défenses brisées. Certains se défient mollement mais renoncent vite à l’effort. Je les vois enfin, ces morses, et j’ai tout le temps de les admirer sous tous leurs replis. « LE PASSAGE DU 80E PARALLÈLE EN FIN DE JOURNÉE EST UN ÉVÉNEMENT MARQUANT POUR TOUS LES PASSAGERS. SURTOUT CEUX QUI ONT DÉJÀ QUELQUES CROISIÈRES ARCTIQUES À LEUR ACTIF ET POUR QUI IL S’AGIT DU POINT LE PLUS NORDIQUE JAMAIS ATTEINT. NOUS SOMMES À 600 MILLES NAUTIQUES DU PÔLE NORD. »

NY LONDON

L’escale dans la baie de Ny London est l’occasion d’une très belle randonnée. Il s’agit d’un ancien site minier parsemé de vestiges hétéroclites, dont les restes d’un petit train à vapeur et deux chalets de chasse. Le groupe de marcheurs se divise en deux selon le niveau de difficulté souhaité. J’ai participé à la marche exigeante vers un sommet que nous n’avons pas pu atteindre à cause de la glace. Il n’y a pas de sentier ici, sinon quelques pistes empruntées par les rennes. Le sol s’avère très instable, composé de petites pierres. La montée nous offre de superbes perspectives. En fin de descente, nous avons pu observer des sternes arctiques, un canard long tail qui m’a l’air d’un branchu, un huard (plongeon) du Pacifique et quelques rennes. SMEERENBURG

POUR PLUS D’INFORMATION One Ocean Expeditions oneoceanexpeditions.com

Nous atteignons l’île Smeerenburg et, particulièrement, une longue pointe sablonneuse autrefois occupée par un village de baleiniers hollandais à partir de 1620. Stratégiquement situé, aux abords du 80e parallèle, on y distingue encore les carrés de certains bâtiments, quelques pièces d’équipement, des couvercles de barils, une vieille brouette de bois qui a dû transporter bien des pièces de lard. Mais, surtout, on reconnaît ostensiblement les fon-

4

22 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

dations de deux des huit fours doubles originaux dans lesquels on faisait fondre la graisse des cétacés avant de mettre l’huile en baril. Un petit groupe de morses se prélasse lascivement sur la plage, à l’extrémité de la pointe. Le passage du 80e parallèle en fin de journée est un événement marquant pour tous les passagers. Surtout ceux qui ont déjà quelques croisières arctiques à leur actif et pour qui il s’agit du point le plus nordique jamais atteint. Nous sommes à 600 milles nautiques du pôle Nord. C’est à cette hauteur que se déroulera une autre randonnée mémorable durant laquelle des rennes s’approcheront à quelques mètres de nous. Certains passagers pousseront l’audace jusqu’à se permettre une brève baignade dans l’eau glaciale. Partout, le paysage est tellement extraordinaire, dépaysant, dramatiquement dénudé, que j’en viens à me pincer pour m’assurer qu’il est réel. ET LE RESTE…

Naturellement, il n’y a pas que de la randonnée au fil d’une croisière au Svalbard. Outre la possibilité de sorties en kayak, on nous propose chaque jour des conférences intéressantes offertes par des guides experts. Et comme la photo prend une très grande place, on propose une multitude de formations et de présentations. Il y a aussi plusieurs sorties en mer, en zodiac, durant lesquelles on s’approche des murailles glaciaires qui s’effondrent en mer de la façon la plus imprévisible. On passe également de nombreuses heures en observation à partir des ponts, cherchant à surprendre des phoques, des morses et, surtout, des ours polaires sur la banquise. De plus, nous avons aperçu quelques rorquals bleus, petits rorquals et rorquals communs. Il s’agit indéniablement de l’expérience d’une vie ! ■


Pays situé au carrefour de l’Europe et de l’Asie, entre la Russie et la Turquie, voilà la Géorgie. Des hautes montagnes du Caucase jusqu’aux berges de la mer Noire, cette contrée antique regorge de richesses uniques et d’attraits exceptionnels. Bastion du christianisme depuis le IIIe siècle, on dit même que c’est dans ce pays qu’aurait commencé la culture du vin. TEXTE ET PHOTOS : CLAUDE P. CÔTÉ

1 RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 23


LA GÉORGIE QUAND, QUOI, OÙ ET COMMENT ? PAR SONIA LÉVEILLÉ

QUAND Y ALLER ? Qui l’eut cru, il fait plus chaud en Géorgie qu’au Québec ! En été, il peut faire jusqu’à 40 °C à Tbilissi et, l’hiver, 10 °C. Mais la température baisse rapidement en montagne. Ainsi, mai, juin, septembre et octobre sont des bonnes périodes pour le tourisme dans la capitale, et de juin à septembre pour la marche en montagne.

2

QUOI APPORTER ? Un lexique de quelques mots ou phrases en géorgien. Les jeunes parlent souvent anglais ainsi que dans les centres touristiques, mais si vous allez en région ou prenez le transport collectif, le géorgien est à l’honneur. La monnaie nationale est le lari. 3

COMMENT SE DÉPLACER ? Les Géorgiens ont une conduite très singulière et toujours très vite. Ceux qui se déplacent lentement se font dépasser partout. Et les voitures ont autant de volants à droite qu’à gauche. Je suggère le transport collectif, qui est à prix très abordable. Le métro à Tbilissi, moderne et efficace, ne coûte que 25 ¢ par passage. Même chose pour l’autobus. Pour le transport en région, nous avons préféré les marchroutka, minibus faisant office de taxis collectifs, à prix dérisoire.

OÙ LOGER ? Le coût de la vie est bas en Géorgie et le logement y est abordable. À Tbilissi, vous pouvez loger dans une petite auberge coquette, propre et bien située, pour 60 $ la nuit. En région, nous avons logé chez l’habitant (voir sites Internet d’hébergement), toujours bien situé, pour des prix variant de 20 $ à 40 $ la nuit. Le gouvernement appuie ces initiatives des habitants et les touristes sont toujours les bienvenus. Les Géorgiens sont très accueillants, serviables et curieux de nous connaître. Ils n’hésitent pas à nous offrir, dès notre arrivée, un petit verre de chacha, alcool local, et ce, même à 10 h le matin !

1. L  es vastes steppes de David Garedja

2. L  ’église de Guerguéti, sur le mont Kazbek

3. L  a forteresse troglodytique de Vardzia

TBILISSI, LE POINT DE DÉPART

Dès notre arrivée à Tbilissi, la capitale, nous découvrons un peuple résolument tourné vers l’Occident. Malgré son modernisme, cette ville a su protéger ses trésors ancestraux. Il faut s’engouffrer dans le labyrinthe de la vieille ville avec ses maisons typiques aux 1 000 balcons de bois multicolores pour s’imprégner de son passé. C’est en s’attaquant aux pentes abruptes de ses rues étroites que le visiteur accède aux plus somptueux panoramas, dont le point culminant est la forteresse de Narikala. Cette citadelle, vieille de deux millénaires, façonnée tour à tour par les Ottomans, les Perses et les Géorgiens, en a bien long à raconter. Mais, pour l’instant, c’est à ses points de vue admirables sur la ville que notre regard s’accroche avant tout. Les toits des vieux quartiers, le fleuve Koura, les temples de toutes religions et, juste derrière, sur 180 degrés, les collines verdoyantes du vaste Jardin botanique. Au loin vers l’est, d’autres coteaux sont à portée de vue. Les collines Sololaki et Mtatsminda nous y attendent avec d’autres sentiers pédestres à découvrir pour y admirer la capitale. LE MONT KAZBEK

Avec ses 5 047 m, le mont Kazbek, un des plus hauts sommets d’Europe, est la montagne emblématique de la Géorgie et l’un des treks les plus prisés du Grand Caucase. Pour ceux qui rêvent d’atteindre sa cime et

24 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

4

4. S  entier pédestre près de Djouta

5. B  orjomi et les montagnes du parc national

ses neiges éternelles, le meilleur moment est en juillet et il faut compter trois jours avec un guide expérimenté, seulement pour s’y rendre. Pour nous qui visitions en mai, un seul jour dans ces montagnes nous a suffi pour combler notre appétit des plus splendides paysages. Voir le mont Kazbek à partir du village de Stépantsminda au fond de la vallée est une véritable scène de carte postale. À l’inverse, admirer cette bourgade à partir de la montagne est un tableau tout aussi inoubliable. Il faut au moins gravir le sentier principal jusqu’à l’église de Guerguéti, véritable chef-d’œuvre médiéval datant du XIVe siècle, où résident encore quelques moines. Et que dire du mont Kazbek au clair de lune ! Vu du village, ce sommet enneigé est comme une pyramide phosphorescente. De notre point de départ, nous demandons à un taxi de nous conduire dans la vallée de Sno, jusqu’au village de Djouta. Situé à 2 200  m d’altitude, c’est le deuxième plus haut village habité d’Europe. En hiver, pas de route; que la neige ! Nous marchons longuement au fond d’une profonde vallée sans trop savoir où ça nous mène. Mais peu importe ! La beauté des lieux est notre récompense. Puis arrive une jeep; ce sont les gardes-frontières. La Russie est juste là, derrière la montagne, et c’est interdit de s’en approcher. De retour à Djouta, nous nous engageons sur un sentier qui monte entre les montagnes. C’est encore plus beau ! Mais vient vite l’heure de


RÉCIT

rebrousser chemin, car le taxi que nous avions convié pour 18 h va nous attendre. Le chauffeur nous accueille avec un verre de chacha, un alcool maison à plus de 40 %, véritable boisson nationale. La coutume veut qu’on l’avale « cul sec ». Le même scénario se répète chez l’aubergiste qui nous reçoit pour la nuit. Il faut un estomac solide. LES MONASTÈRES TROGLODYTES DE DAVID GAREDJA

Au sud-est de Tbilissi, au milieu de vastes steppes semi-désertiques près de la frontière de l’Azerbaïdjan, subsistent les vestiges de grottes monastiques creusées dans le calcaire. C’est ici que fut fondé, au VIe siècle, l’un des plus vastes complexes monastiques de tout le Caucase, comprenant 19 monastères, disséminés dans les falaises des environs. En 1615, un envahisseur, le Chah Abbas d’Iran, tua 7 000 ermites : un drame dont la communauté chrétienne orthodoxe du lieu ne s’est jamais remise. Aujourd’hui, quelques moines occupent encore un des monastères restaurés, celui de Lavra. De ce lieu, il est intéressant de poursuivre l’ascension du sentier jusque sur la crête de la colline de ce complexe. Du sommet, on découvre les vastes plaines désertiques de l’Azerbaïdjan. Mais la plus grande surprise se situe sur le flanc sud de la colline, en bas de l’unique petit monastère de l’endroit, là où peu de randonneurs s’aventurent. On peut y voir de nombreuses grottes recouvertes de fresques rupestres datant du Xe au XIIIe siècle, peintes par les moines de l’époque. BORJOMI

Depuis l’époque des tsars de Russie, cette région est réputée pour ses stations thermales et son eau minérale naturelle. Même après la Révolution russe, les membres haut placés du parti continuaient à y affluer. La région attire aussi les amateurs de plein air. Le parc national de Borjomi-Kharagaouli est l’un des plus grands d’Europe et le plus vaste des 18 parcs nationaux et réserves naturelles que compte la Géorgie. Dans la région, la visite de la forteresse troglodytique de Vardzia s’impose. Ce complexe monastique fortifié construit à flanc de falaise par la reine Thamar au XIIe siècle est un chef d’œuvre unique en son genre. Plusieurs milliers de moines vécurent dans cette termitière géante. Malgré un tremblement de terre qui ravagea le site en 1283, on retrouve encore aujourd’hui 450 salles creusées dans le roc et reliées entre elles par un réseau d’escaliers, de tunnels et d’aqueducs, s’élevant sur 13 niveaux. ■

5 RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 25


1

2

Pas besoin de naviguer au large des côtes du Labrador, de la Basse-Côte-Nord et de Terre-Neuve pour avoir le privilège d’admirer ces cathédrales de glace que sont les icebergs. Il suffit d’un peu de chance et d’être là au bon moment pour les voir dériver, s’échouer et se morceler à partir de la terre ferme… En sentier ! TEXTE ET PHOTOS : YVES OUELLET

POUR CE FAIRE, il faut idéalement voyager en saison, de juin jusqu’à début juillet, et suivre la route des icebergs. Une nouvelle route permet un circuit de 7 000 km, véritable road trip mythique passant par la Côte-Nord depuis Baie-Comeau, le Labrador, l’est de la Basse-Côte-Nord (Blanc-Sablon), puis le nord et l’est de Terre-Neuve avant de rentrer par la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. C’est la finalisation du lien manquant de la route 510, aussi appelée « Labrador Highway », qui rend possible cette boucle équivalente à la traversée de tout le Canada, de St.  John’s  (NL) à Victoria  (BC) en termes de distance. Le nouveau segment, une route de gravier de près de 800 km, relie les communautés de Goose Bay, au cœur du Labrador, à Red Bay sur la côte atlantique. 3

PREMIÈRES APPARITIONS

Au fil de cette route surnommée Iceberg Alley, une des plus isolées au monde, qui traverse le Labrador de part en part, nous nous approchons de la côte et décidons de nous rendre d’abord à l’extrême nord du tracé, en faisant le détour jusqu’à Cartwright pour tenter notre chance de voir nos premiers icebergs.

26 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

Malheureusement, du sommet du mont Black Head ou des belvédères qui culminent au bout des sentiers du village, il n’y a que glaces fragmentées provenant du ice pack brisé qui obstrue l’entrée de la baie Sandwich. Cap au sud jusqu’au charmant village de St. Lewis où, d’un court sentier pédestre partant de Fisherman’s Point, nous croyons distinguer une immense masse blanche dont les proportions sont difficiles à évaluer à cause de la distance. La nervosité monte. L’étape suivante, Mary’s Harbour, ne laisse rien voir de prime abord, la communauté de pêcheurs étant abritée autour d’une baie intérieure. C’est lors d’une excursion en bateau vers l’ancienne île de transhumance de Battle Harbour que la révélation surviendra enfin. Partout, de magnifiques icebergs aux formes exubérantes, immaculés et scintillants, parsèment l’horizon. Nous retrouverons même le géant aperçu la veille et qui fait 1,6 km de longueur ! Les images les plus saisissantes nous viendront lors de la randonnée sur l’île de Battle Harbour alors que les icebergs se fondent dramatiquement aux brumes énigmatiques.


RÉCIT

austère, et son phare pittoresque où nous logeons. Mais on doit toujours composer avec le climat à Terre-Neuve, ce qui s’avère souvent très contraignant. Le mauvais temps ne nous empêchera pas de faire d’agréables randonnées et d’apercevoir plusieurs icebergs au loin à partir des caps ou du poste d’observation. À St. Anthony, le haut lieu touristique de la région Ouest, on voit tous les icebergs du secteur et même quelques rorquals à bosse à partir de la terre ferme, à l’embouchure de la baie jusqu’au belvédère du phare et dans les baies environnantes aussi. TERRE-NEUVE CENTRE

SUR LA CÔTE DU LABRADOR

Nous rejoignons l’ancienne Coastal Drive, pavée mais en piteux état, à Red Bay, un incontournable, désigné patrimoine mondial de l’UNESCO à cause de l’importance de la chasse aux baleines menée ici par les Basques à partir du XVIe siècle. C’est lors d’une superbe randonnée jusqu’au sommet de Tracey Hill, sur l’autre versant de la baie, que nous admirons quelques icebergs à proximité de la communauté. Le climat incroyablement rude peint un décor fantasmagorique, qui reste ahurissant tout au long de cette longue promenade de quelque 600 marches de bois dans la taïga. En direction de Blanc-Sablon, de magnifiques petits icebergs sont échoués près de la route, sur la plage de Pinware où nous nous baladons en cueillant de gros glaçons pleins de bulles d’air, qui égayeront fort bien le whisky. BASSE-CÔTE-NORD

On ne s’y attend pas, mais plusieurs icebergs entrent dans le détroit de Belle-Isle, longent la Basse-CôteNord et sont visibles de la rive. La plus belle observation s’est déroulée à Rivière-Saint-Paul, en compagnie du guide Garland Nadeau, qui nous amène sur son île, aux confins de l’archipel, dont nous faisons longuement le tour à pied au moment où quelques blocs rutilants se miraient dans les eaux d’émeraude. TERRE-NEUVE OUEST

En débarquant sur Terre-Neuve en traversier (Blanc-Sablon–St. Barbe), nous prenons la direction de l’île Quirpon mais, juste avant, une marche autour de la baie d’un petit village au nom fabuleux, St. Lunaire-Griguet, nous permet d’apprécier un iceberg aux formes hallucinantes. Nous reverrons ses rejetons spectaculaires deux jours plus tard, après qu’il aura vêlé… Mes attentes étaient grandes à l’île Quirpon, une grande île privée à l’environnement arctique

Avant de nous rendre dans la Mecque des icebergs, Twillingate, nous prenons la chance de pousser la curiosité jusqu’à Fortune Harbour, une des nombreuses pointes de la dentelle de baies et de péninsules de la région Centre. Nous ne le regretterons pas. Notre guide de kayak, Paul Langdon, de Canoe Hill Adventures, a repéré quelques magnifiques spécimens géants, dont un superbe morceau de taille moyenne échoué près des quais. Puis, au loin, nous rejoignons un iceberg carrément prodigieux. Une beauté saisissante et une forme inouïe de coquille Saint-Jacques. Dans les deux cas, un sentier permet de longer la rive pour s’approcher de ces merveilles et d’autres encore. TWILLINGATE

Twillingate est aux icebergs ce que Tadoussac est aux baleines. C’est la capitale terre-neuvienne, nord-américaine et, pourquoi pas, mondiale de l’iceberg. Au carrefour de l’Iceberg Alley, Twillingate affiche 120 icebergs sur son vaste environnement marin (icebergfinder.com) bien que, dans son immense baie, on n’en aperçoive qu’un seul. Mais tout un ! Une arche immense qui semble d’une fragilité stressante. Sur toute la côte ciselée de Twillingate et de sa voisine, Crow Head, on trouve un extraordinaire réseau de sentiers pédestres (Twillingate Islands Coastal Trails) qui n’est pas sans rappeler la Corse par la dureté du milieu naturel supplicié par les vents. De plus, à Little Harbour et un peu partout à l’horizon, d’audacieuses sculptures de glace scintillent sous le soleil. Un contraste chargé d’émotions et d’émerveillement. Après Twillingate, nous avons bien aperçu quelques icebergs et, surtout, de nombreux vestiges de glace, lors de nos randonnées sur les falaises côtières de la région d’Avalon. Puis de moins en moins, les remplaçant par les macareux, les fous de Bassan et d’autres merveilles de la flore, de la faune et des éblouissants panoramas de Terre-Neuve. Et nous en sommes revenus avec la certitude d’avoir pleinement satisfait un de nos plus grands rêves. ■

4

1. Fortune Harbour 2. St. Anthony 3. Twillingate 4. L ’île à Garland Nadeau

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 27


PAYSAGE DU QUÉBEC

Son versant abrupt quasi vertical donne l’impression que la montagne a été littéralement coupée au couteau, d’où son nom. Du belvédère, on a une vue imprenable sur les collines ondulées des environs. Le sentier qui y mène est accessible depuis l’Abbaye Val Notre-Dame, dans Lanaudière. PHOTO : DIANE ET BERTRAND


RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 29


DÉCOUVERTE

« LES FEUILLUS CÈDENT PLACE AUX CONIFÈRES, PUIS CEUX-CI SE FONT DE PLUS EN PLUS RARES ET RABOUGRIS. ON ARRIVE ALORS À LA TOURBIÈRE, OÙ UN BELVÉDÈRE SURÉLEVÉ DONNE UNE BELLE VUE SUR CET ÉCOSYSTÈME MILLÉNAIRE ET FRAGILE. »

BON À SAVOIR n L es Centres de services

du parc ouvrent le 18 mai pour le secteur Sud, et le 15 juin pour celui de Saint-Daniel. Avant ces dates, le parc est accessible en autoperception. n E mplacements de

camping, tentes Huttopia, camps rustiques et chalets sont disponibles. n U n projet pilote autorisant

les chiens dans le parc est en vigueur dans le secteur Saint-Daniel.

PARC NATIONAL DE FRONTENAC TERRITOIRE D’EAU ET DE COLLINES Ce parc, qui chevauche les régions des Cantons-de-l’Est et de Chaudière-Appalaches, protège un territoire de 155 km2 en périphérie du Grand lac Saint-François. Les collines, forêts, ruisseaux, lacs, étangs, marais et tourbières qui le composent créent des environnements favorisant l’observation de la faune et de la flore, tout en offrant de magnifiques paysages. TEXTE : NICOLE BLONDEAU — PHOTOS : DANIEL POUPLOT

ON PEUT y pratiquer diverses activités de plein air, tant sur l’eau que sur la terre ferme. La randonnée pédestre y occupe une place de choix grâce à huit sentiers totalisant près de 40 km. De la promenade facile d’une heure à la randonnée de niveau intermédiaire d’une journée, il y a du choix. Il y a même des sentiers accessibles aux poussettes à grosses roues, et d’autres où les chiens sont admis. Chaque randonnée possède ses attraits. En voici un aperçu.

SENTIERS LA TOURBIÈRE

Dans le secteur Saint-Daniel, les Sentiers La Tourbière totalisent 5 km. Ils sont divisés en trois tronçons, qu’on peut combiner. Çà et là, des panneaux d’interprétation renseignent sur la faune, la flore et l’histoire des lieux, ainsi que sur des éléments particuliers de ce milieu naturel incroyablement riche. Au début de la randonnée, on remarque la belle mousse vert fluo qui tapisse le sous-bois. Dès qu’on

1 30 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018


3 2

amorce le tronçon La Tourbière Arborée, la surface de gravier fin fait place à un trottoir de bois qui serpente dans la forêt entourant la tourbière. Durant le dernier siècle, cette forêt a été maintes fois perturbée par des coupes forestières et des épidémies d’insectes. Aujourd’hui, elle est en régénération, mais certaines cicatrices sont encore visibles. Progressivement, les feuillus cèdent place aux conifères, puis ceux-ci se font de plus en plus rares et rabougris. On arrive alors à la tourbière, où un belvédère surélevé donne une belle vue sur cet écosystème millénaire et fragile. L’immense tapis vert et brun est composé principalement de sphaigne, une toute petite plante qui possède de grands pouvoirs, lesquels nous sont révélés grâce à des panneaux explicatifs. La randonnée se poursuit sur le trottoir de bois, en bordure de la tourbière. Au printemps, impossible de ne pas remarquer les multiples fleurs qui s’épanouissent un peu partout : un spectacle fascinant ! Le randonneur à l’œil ouvert repérera des orchidées et des plantes carnivores. On peut revenir à son point de départ en continuant sur le tronçon La Tourbière Arborée, ou poursuivre sa randonnée en empruntant Les Réticules. Sur ce dernier, la forêt plus ou moins clairsemée favorise la croissance de différentes plantes : tapis de mousses, bouquets de fougères, buissons fleuris, fleurettes éparpillées… On atteint ensuite un autre belvédère surélevé, qui donne un nouveau point de vue sur la tourbière. On appelle « réticules » les petites mares allongées et peu profondes qui émaillent la tourbière. En plus d’être très décoratives, elles abritent une vie riche. On revient sur ses pas, puis on emprunte le tronçon La Roche, le chemin de retour. Après quelques kilomètres de trottoirs de bois, on retrouve le sentier de fin gravier.

LE MASSIF DE WINSLOW

Situé dans le secteur Sud du parc, ce parcours totalise 10,2 km. Le sentier, à l’aire de marche plane et bien nivelée, serpente et ondule doucement sous les conifères tout en longeant le lac des Îles, qu’on aperçoit à travers la forêt. Après avoir traversé un ruisseau qui coule en petites cascades gazouillantes, on arrive à un sentier en boucle où se trouve le Relais du Cheval Errant, un abri aménagé d’un poêle à bois et d’un banc, ainsi qu’une table à pique-nique à l’extérieur. Le sentier devient plus étroit et rustique tout en montant dans les feuillus vert tendre. En chemin, on rencontre une belle chute qui coule en paliers et, un peu plus loin, on atteint le sommet d’une colline sans nom, le plus haut point du secteur. De là-haut, à 443 m d’altitude, on jouit d’un large panorama vers le nord-ouest. Un poteau de directions identifie certains points et donne leur distance. Le sentier descend ensuite jusqu’au lac Thor, au bord duquel on peut accéder. L’endroit est magnifique ! Bécosse propre et table à pique-nique sont à la disposition des randonneurs désirant faire une pause. La randonnée se poursuit en complétant la boucle, puis en empruntant en sens inverse la première partie du parcours. AUTRES SENTIERS

Dans le secteur Saint-Daniel, Le Littoral est un sentier multifonctionnel sillonnant la forêt tout en longeant la baie aux Rats Musqués et le Grand lac Saint-François. Le parcours est jalonné d’accès à des plages, aires de pique-nique et campings. Il faut compter 16 km pour faire l’aller-retour. Dans le secteur Sud, en plus du Massif de Winslow, il y a quatre sentiers, qui varient de 3,2 à 13 km. Tous parcourent collines et forêts, mais chacun possède des attraits particuliers. ■

GÎTE L’AUBADE Dans le décor champêtre des rives du Grand lac Saint-François se trouve une maison de pierres aménagée de boiseries et de meubles anciens. Dans cette ambiance douillette, Martine et René accueillent chaleureusement les amoureux de la nature en quête de confort et de tranquillité. Les déjeuners sont variés, copieux et exquis. Et l’entrée du Parc national de Frontenac se trouve tout près. 418 486-2155 giltelaubade.com

1. S  entiers Les Tourbières 2. A  u sommet sans nom du Massif de Winslow 3. P  lage et aire de pique-nique sur Le Littoral

RENSEIGNEMENTS 418 486-2300, poste 221 www.sepaq.com/pq/fro

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 31


1

SÉJOURNER À NICOLET L’Hôtel Montfort est l’endroit idéal pour un week-end divin. Jadis propriété des pères Montfortains, le bâtiment a conservé certains éléments d’époque, conférant une ambiance chaleureuse au décor luxueux. En plus de chambres ultra confortables, on peut profiter d’une piscine, de spas dont un sur le toit, de soins de détente et autres services. Sur place, le restaurant Ô Réfectoire offre une excellente table. www.hotelmontfort.ca

WEEK-END À NICOLET ET BÉCANCOUR PROMENADES ET GOURMANDISES La nature reverdit, les fleurs s’épanouissent, les oiseaux se font la cour, les températures se réchauffent et les jours rallongent. Voilà de quoi donner envie de partir en escapade. Et puis, vous le méritez ! Vous avez travaillé dur toute la semaine et vous avez besoin de repos. Pourquoi ne pas opter pour un week-end de promenades en pleine nature entrecoupées d’arrêts gourmands ? Ça vous ferait tellement de bien ! Notre suggestion : Nicolet et Bécancour, dans le Centre-du-Québec. Vous en reviendrez revigorés ! TEXTE : NICOLE BLONDEAU — PHOTOS : DANIEL POUPLOT

NICOLET et Bécancour ont tout pour plaire à ceux qui apprécient les belles et bonnes choses de la vie. Fondée en 1672, Nicolet est l’une des plus anciennes villes du Québec, comme en témoignent les grands bâtiments historiques et les charmantes maisons qui bordent certaines rues. Bécancour, érigée en 1855, est reconnue comme destination champêtre et gourmande. Toutes deux offrent de beaux paysages bucoliques et de multiples activités. RÉSERVE NATURELLE DU BOISÉ-DU-SÉMINAIRE

Pour d’autres suggestions ou pour plus de renseignements, visitez le site Web de Tourisme Centre-du-Québec : www.tourismecentre duquebec.com

Ce boisé est une véritable oasis de nature en plein cœur de la ville. D’une superficie de 10 hectares, il est composé de deux blocs forestiers, soit la partie Séminaire et la partie Saint-Joseph, séparés par le Boisé-des-Sœurs-de-l’Assomption. On peut y accéder par différentes entrées, notamment par la rue du Carmel ou par celle derrière la cathédrale moderne. Jadis propriété de Louis-Marie Brassard et Marie-Louise Dumas, le terrain est cédé au curé de Nicolet en 1770 et, un peu plus tard, remis au Séminaire de Nicolet. En 1842, un espace est aménagé pour l’Aca-

32 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

démie, une société littéraire fondée par Antoine Gérin-Lajoie. C’est en 1873 que débute la construction des sentiers, sous la supervision de l’abbé Irénée Douville. Des fossés d’irrigation sont transformés en étangs, puis des ponts sont érigés. Depuis 1990, la Réserve naturelle du Boisé-du-Séminaire est louée à la Ville de Nicolet par bail emphytéotique d’une durée de 50 ans. De nos jours, les promeneurs ont accès à une magnifique forêt mature aux essences variées. Un pin blanc bicentenaire aux dimensions impressionnantes fait partie des  arbres notables du Québec inscrits au répertoire de Forêt Conservation. On peut voir aussi des vestiges des installations de l’Académie et des socles des statues qui, autrefois, ornaient le boisé. Ponts, gloriettes, bancs et tables à pique-nique bordent aujourd’hui les sentiers. C’est un très bel endroit pour une promenade contemplative au son des chants d’oiseaux et de grenouilles. On en oublie les bruits de fond de la ville. PARC ÉCOLOGIQUE DE L’ANSE-DU-PORT

Situé au confluent de la rivière Nicolet et de la Réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre,


DÉCOUVERTE

ce parc offre l’opportunité de circuler dans une zone inondable tout en gardant les pieds au sec. En effet, un trottoir de bois, long de 823 m et juché sur pilotis, conduit les marcheurs à travers la forêt inondée, le marécage et le marais qui bordent le Saint-Laurent. Au printemps, le long de cette passerelle ponctuée de belvédères, on s’arrête à tous les dix pas pour admirer le paysage qui se reflète dans l’eau, identifier quel petit animal remue les plantes submergées, observer un jeune oiseau qui essaie ses ailes, repérer un cri insolite… Des panneaux d’interprétation fournissent de très intéressants renseignements sur cet environnement d’une richesse inouïe, tant en ce qui concerne la flore que la faune. Au bout du trottoir, on arrive à une tour de 12  m de hauteur, aménagée en bordure du SaintLaurent. Une vue circulaire permet d’admirer l’immensité du lac Saint-Pierre, le Fleuve où passent de grands navires de marchandises et de petits bateaux de plaisance, ainsi que le parc inondé traversé par sa longue passerelle rectiligne. Le soir, on peut y contempler d’extraordinaires couchers de soleil. PARC ÉCOLOGIQUE GODEFROY

L’accès au parc se trouve à la halte routière située sur la route 132 à Bécancour. Le réseau est composé de trois courts sentiers en boucle, qu’on peut enchaîner bout à bout. En les empruntant dans le sens antihoraire, on longe l’arrière de propriétés privées à l’aller, puis la rivière Godefroy au retour. Çà et là, on peut voir de nombreux nichoirs. D’ailleurs, le parc est reconnu comme lieu privilégié pour l’observation des oiseaux. La promenade commence par le sentier de l’Érablière. Juste après la cabane à sucre, on remarque une toute petite porte aménagée au pied d’un arbre. Il s’agit d’une maison de gnomes, lesquels vivent sous terre. À quelques pas, on découvre l’existence de toute une communauté de ces petits êtres légendaires. En continuant sur le sentier la Sauvagine, des panneaux d’interprétation renseignent sur les habitants du parc, notamment sur les oiseaux et sur des plantes particulières au lieu. Par la suite, le sentier le Feuillu met en relief certains aspects des arbres de la forêt. Le long de la rivière Godefroy, le sentier peut être légèrement boueux par endroits, car la rivière a tendance à sortir de son lit au printemps. C’est une belle occasion d’observer différents canards, échassiers, amphibiens et même poissons. Pour terminer, le très court sentier du Héron mène tout au bord de la rivière, d’où on a un joli point de vue.

St-Grégoire : Stéphanie et Louis fabriquent de façon artisanale une grande variété de bagels selon une recette spéciale. Ils vous dévoileront leur ingrédient secret si vous leur rendez visite à leur boutique. Vous y trouverez aussi kombucha, boissons gazeuses au sirop d’érable et autres gourmandises. www.bagelstgregoire.com

n Bagel

L’Ancêtre : on y trouve une variété de fromages québécois certifiés biologiques, dont certains ont remporté des prix, ainsi que des beurres et des crèmes glacées. fromagerieancetre.com

n Fromagerie

maison de Bibi : ce café-boutique offre produits maison et du terroir : vins et bières artisanales, vinaigrettes, confitures, fudge et autres. lamaisondebibi.com

n La

Tomaterie : cette boutique propose une grande variété de produits de la tomate et de la canneberge : mets préparés, produits en pots ou réfrigérés, petites gâteries, tout pour le plaisir des papilles. www.latomaterie.com

n La

Godefroy : les fins de semaine, cet authentique marché public réunit sous un chapiteau de nombreux producteurs et artisans de l’agroalimentaire. www.marchegodefroy.com ■

n Marché

PARCOURS AUX SAVEURS D’ICI DE BÉCANCOUR Cette application BaladoDécouverte permet de découvrir 18 haltes différentes : vignobles, boulangeries, tables gourmandes et autres. L’application est gratuite pour Android et iPhone/iPad.

1. R  éserve naturelle du Boisé-du-Séminaire 2. P  arc écologique de l’Anse-du-Port

INTERMÈDES GOURMANDS

Qu’on soit amateur de vins, de bières, de fromages, de produits de boulangerie, de sucreries ou de fruits et légumes, ce n’est pas le choix qui manque dans la région. Voici quelques suggestions :

2 RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 33


1

2

PROMENADE DANS LES ÎLES DE BERTHIER Le mois de juin est tout juste entamé, mais déjà la chaleur naissante des belles journées se fait sentir et m’invite à me dégourdir les jambes pour une jolie randonnée printanière. Pourquoi pas la région de Berthierville ? C’est ainsi que je me dirige vers les sentiers de la Société de conservation, d’interprétation et de recherche de Berthier et de ses îles (SCIRBI). TEXTE ET PHOTOS : MONIQUE DUGUAY

3 34 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

4


DÉCOUVERTE

SITUÉE au cœur de Lanaudière, sur la rive nord du Saint-Laurent et à mi-chemin entre Montréal et Trois-Rivières, la SCIRBI s’est établie sur les îles de la Commune et du Milieu. Cet organisme à but non lucratif vise à protéger et faire connaître un milieu d’une grande richesse faunique et floristique. On y retrouve un réseau de trois sentiers, soit le Chemin des trois tours, la Boucle des marécages ainsi que le Chemin du barrage, totalisant environ 10 km. En arrivant au poste d’accueil, j’apprends que deux de ceux-ci sont temporairement inaccessibles en raison de l’exceptionnelle crue du printemps qui a affecté bon nombre de municipalités du Québec en 2017. Qu’à cela ne tienne, j’entreprends de faire le seul sentier qui ne soit pas inondé, soit le Chemin des trois tours. À l’entrée est placé un nichoir joliment peinturé, qui fait office de boîte distributrice de cartes des sentiers. Le Chemin des trois tours est aménagé en poussière de roche et le dénivelé y est nul, parfait pour une promenade familiale avec poussette… ou marchette ! Le sentier débute en une longue allée bordée d’arbres au feuillage d’un beau vert tendre. Une hirondelle passe furtivement sous mes yeux. Puis, je longe une section inondée et j’observe une corneille perchée sur un piquet de clôture, celle-ci émergeant littéralement de cette vaste étendue d’eau éphémère. Au loin, un grand héron gracile se dresse en solitaire, se tenant à l’écart de nombreuses bernaches venues se ravitailler avant leur long périple vers leur habitat saisonnier. On trouve des panneaux d’interprétation qui nous renseignent sur la faune et la flore foisonnantes des lieux. Un rallye-découverte des aménagements fauniques permet aux plus jeunes de se familiariser avec les animaux qui peuplent le secteur.

Comme son nom l’indique, le sentier est jalonné de trois tours d’observation. De là-haut, on embrasse du regard les marais et les champs en culture. Le temps semble s’écouler plus lentement, comme pour être en harmonie avec le caractère paisible des lieux. En bordure du sentier, j’ai la chance d’observer un très grand nombre d’amphibiens qui se font chauffer la couenne ! Grenouilles et crapauds se succèdent, tous plus colorés les uns que les autres, dont la très voyante grenouille-léopard qui arbore fièrement ses habits du dimanche. Quel beau spectacle sons et couleurs ! Et soudain me viennent en tête ces mots de Félix Leclerc dans son Hymne au printemps : — Les bourgeons sortent de la mort Papillons ont des manteaux d’or Près du ruisseau sont alignées les fées Et les crapauds chantent la liberté — Le long du trajet, des passerelles ont été installées et permettent de circuler au-dessus des marais; des bancs y sont disposés pour une petite pause zen. Pour une promenade en famille, l’endroit est bien choisi. Aisément accessible, pas de frais d’entrée, les trois sentiers sont cotés de niveau facile et on y trouve des tables à pique-nique. Sur le chemin du retour, je m’arrête au bureau d’information touristique de Berthierville, installé dans l’ancienne chapelle des Cuthbert, dont on dit qu’elle est la plus ancienne chapelle protestante érigée au Québec. On y trouve beaucoup d’information sur l’histoire de la région et divers circuits d’interprétation patrimoniaux y sont proposés. Ravie de ma promenade, je me promets d’y retourner éventuellement pour arpenter les autres sentiers lorsque ceux-ci redeviendront accessibles. Bref, ce fut une belle promenade dans les îles ! ■

1. Chemin des trois tours 2. Boucle des marécages 3. V ue sur un chenal 4. G renouille-léopard

POUR INFORMATION scirbi.org

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 35


3

DÉCOUVERTE

1. Chalet d’accueil Héritage 2. Au bout de l’Allée fleurie 3. Sentier paisible près des marais 4. Grand saule qui pleure

1 2

3

« DANS UN AUDACIEUX DOCUMENT DE 2007 SUR LA « TRAME VERTE DE L’EST », VISANT À AGRANDIR LE PARC-NATURE ET À EN AMÉLIORER L’ACCESSIBILITÉ, ON PROPOSE UN LIEN AVEC LE PARC DES CAGEUX, LE RUISSEAU PINEL (MARAIS PROTÉGÉ) ET L’HISTORIQUE VILLAGE DE RIVIÈRE-DESPRAIRIES (1686). »

PARC-NATURE DE LA POINTE-AUX-PRAIRIES À L’EXTRÉMITÉ EST DE L’ÎLE DE MONTRÉAL Né du regroupement des parcs régionaux de la Rivière-des-Prairies et du Bois-de-la-Réparation, et baptisé en 1991 à la suite d’un concours public, le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, le 2e plus grand de l’île de Montréal, offre maintenant une grande variété de milieux aux 100 000 visiteurs annuels. En plus des deux chalets d’accueil, on y trouve deux zones de marais avec une faune ailée extrêmement diversifiée de passereaux et oiseaux aquatiques, des forêts peuplées de cerfs et autres animaux (une rareté à Montréal), une longue piste cyclable de 14 km, des sentiers d’été et d’hiver sur 16 km, sans compter trois aires de pique-nique. TEXTE ET PHOTOS : PIERRE CHARLEBOIS

SITUÉ entre la rivière des Prairies et le fleuve Saint-Laurent, ce grand territoire est déchiré par l’autoroute 40, les tours d’Hydro-Québec, une double voie ferrée et le Club de golf de l’Île de Montréal. Il borde la station d’épuration des eaux usées, le monastère des Recluses missionnaires, le collège Saint-Jean-Vianney, le sanctuaire franciscain de la Réparation, deux écoles, le complexe funéraire des Trembles, le parc linéaire de la Coulée-Grou 36 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

et même une plaque du gouvernement fédéral, malheureusement difficile d’accès, qui commémore la bataille de 1690 entre 25 hommes de la colonie et une centaine d’Iroquois à l’embouchure de cette coulée avec la rivière des Prairies. Actuellement d’une superficie de 250 hectares, le parc-nature est surtout reconnu pour ses milieux humides très riches, dont le principal est la chaîne de marais du côté nord. On peut regretter que le


DÉCOUVERTE

vue sur les îles et la rivière, tout en apercevant des pêcheurs taquinant alose, esturgeon, doré, achigan, perchaude ou barbotte. Bois-de-l’Héritage : Ce secteur familial offre des sentiers pour la marche et le jogging. Après une zone de phragmites (roseaux), la forêt étale ses érables, chênes, bouleaux, trembles, etc., propices à la rencontre d’un cerf de Virginie, d’un renard, d’un coyote, d’un rat musqué, d’un raton laveur, d’un lièvre ou encore d’une hermine. Bois-de-la-Réparation : Dominé par un énorme et vénérable chêne ainsi que par une érablière à caryer, ce petit secteur tranquille autour du sanctuaire a été désigné écosystème forestier exceptionnel. Cet ancien lieu de pèlerinage, érigé jadis par une dame pieuse « afin de réparer les péchés des libertins », abrite une chapelle, une grotte et une Scala Sancta (Saint Escalier).

4

passage piétonnier sous l’autoroute 40 soit réservé aux golfeurs; n’en reste pas moins que le terrain de golf au centre du parc, en raison de son calme relatif, favorise la présence de 30 chevreuils, dispersés dans les différents boisés du parc, répartis sur cinq secteurs : Marais et Rivière-des-Prairies au nord de l’autoroute, Bois-de-la-Réparation et Bois-de-l’Héritage au nord de la rue Sherbrooke, puis Fleuve au sud. Marais : Ces marais aménagés attirent 184 espèces d’oiseaux nicheurs et migrateurs : héron, bihoreau, aigrette, canard, sarcelle, grand-duc, épervier, hibou, troglodyte, paruline, bécassine, carouge. On observe aussi couleuvre, salamandre, tortue, grenouille. C’est le paradis des photographes, nombreux à les guetter patiemment. Parmi les nombreuses essences d’arbres, notons les saules pleureurs, en plus des frênes traités, débarrassés des agriles. Et, du haut de la tour d’observation, on bénéficie d’un concert de chant d’oiseaux ! Le parc étant ouvert toute l’année, on y prépare les sentiers selon les saisons. Rivière-des-Prairies : Plusieurs tables à pique-nique y sont installées le long des sentiers menant au stationnement du Bout-de-l’Île, près de la Coulée Grou. Le long du boulevard Gouin, on aperçoit la maison de ferme patrimoniale Bleau (maison québécoise de 1861) et on jouit d’une large

Fleuve : Entre les rues Sherbrooke et Notre-Dame, des sentiers pédestres sillonnent le boisé. Un arrêt s’impose, autant pour les humains que pour les animaux et les oiseaux, entre les deux étangs qui étaient jadis à la source de la coulée Grou. Fait à noter, de 1910 à 1927, une allée fut conçue pour transporter les corps des défunts d’une gare de tramway jusqu’au nord du cimetière protestant Hawthorne-Dale. De nos jours, au printemps, au sud de la rue Sherbrooke, l’Allée fleurie dévoile ses pommetiers en fleurs. En bordure du Fleuve, au sud de la rue Notre-Dame, on trouve une aire de pique-nique à proximité des fondations de la maison du promoteur écossais Hugh Allen (XIXe siècle, incendiée en 1998), juste en face de l’île Sainte-Thérèse. Depuis longtemps, la Ville parle d’intégrer au parc les rives et quelques îles. Mais la seule entrée dans la partie nord du parc, découpée par des terrains privés ou institutionnels, se fait par le boulevard Gouin Est qui, malheureusement, coupe l’accès aux berges de la rivière. Au sud, le parc est davantage morcelé et plus difficile d’accès, quoique la nouvelle gare Pointe-auxTrembles, sur la rue Sherbrooke, se trouve à moins de 10 minutes à pied des trois secteurs sud du parc. Dans un audacieux document de 2007 sur la « Trame verte de l’Est », visant à agrandir le parc-nature et à en améliorer l’accessibilité, on propose un lien avec le parc des Cageux, le ruisseau Pinel (marais protégé) et l’historique village de Rivière-des-Prairies (1686). On voudrait aussi intégrer de nombreux couloirs encore verts et, plus à l’est, la coulée Grou (couleuvre brune), le parc Gouin-Haynes (pêche et rampe de mise à l’eau) et l’île Haynes. En collaboration avec l’organisme Conservation de la nature, on rêve même de rejoindre la réserve naturelle de l’île Bonfoin, à 200 m de la rive, grâce à une navette fluviale ! ■

ACCÈS Deux entrées principales avec services et information : n P avillon des Marais :

12300, boulevard Gouin Est n C halet d’accueil Héritage :

14905, rue Sherbrooke Est Le stationnement est payant (9 $ par jour ou 7 $ pour 2 heures) mais, chaque été, le Parc offre des camps de jour et des activités gratuites, dont plusieurs par l’entremise de GUEPE (Groupe Uni des Éducateurs-naturalistes et Professionnels en Environnement), OSBL proposant des activités d’interprétation et des ateliers scientifiques, s’occupant également, en»hiver, de la location de skis et de raquettes. Renseignements : 514 280-6767

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 37


DESTINATIONS

RANDONNÉES PRINTANIÈRES

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. Photos : LMI-Daniel Pouplot 9. Photo : Diane et Bertrand 10. Photo : Monique Duguay 11. Photo : Claude P. Côté

Bien que les marcheurs apprécient toutes les saisons, l’arrivée du printemps a un petit quelque chose de stimulant. On a hâte de voir la verdure et les fleurs, d’entendre les oiseaux et les grenouilles, de respirer la douceur de l’air. Pour ceux qui craignent les insectes piqueurs, sachez que ce n’est pas partout qu’on est dérangé par ces petits volatiles. De plus, des répulsifs très efficaces sont disponibles en pharmacie et au dépanneur. Alors, ce printemps, ne vous privez pas d’une belle promenade en plein air. Assistez au réveil de la nature. PAR NICOLE BLONDEAU

BAS-SAINT-LAURENT SENTIER DES PASSEREAUX

Faisant partie du parc côtier Kiskotuk, un endroit extraordinaire pour randonner et observer la nature, le sentier des Passereaux sillonne la forêt recouvrant un monadnock, une formation rocheuse particulière au Kamouraska. Le long du sentier, on rencontre sept belvédères qui offrent différents points de vue, notamment sur le Saint-Laurent et l’île Verte. Un trottoir de bois donne accès aux battures. Longueur : réseau de 3,2 km Accès : de la route 132 direction est, dépasser le village de Cacouna de 4 km environ, puis tourner à gauche sur le chemin de la Rivière-des-Vases. ➤  Info : 418 867-8882, poste 200 www.parcbasstlaurent.com/kiskotuk ➤ 

➤  

1

CANTONS-DE-L’EST MARAIS RÉAL-D.-CARBONNEAU

Sur ce territoire de quelque 40 hectares, les sentiers emmènent les promeneurs dans différents environnements naturels : jardin d’eau, forêt inondée, marécage et autres. Passerelles, longs trottoirs sur pilotis et belvédères surélevés favorisent l’observation d’une faune et d’une flore incroyablement riches et variées. Les chants des oiseaux et des grenouilles ajoutent de la musique à l’ambiance paisible du lieu, situé à seulement cinq minutes du centreville de Sherbrooke. Longueur : réseau de 2 km Accès : de l’autoroute 610, prendre la sortie 3, puis la rue Saint-François Nord en direction sud. Faire environ 3 km et tourner à gauche sur la rue Lévesque. L’entrée du Marais est immédiatement à gauche. ➤  Info : 819 560-4280 www.destinationsherbrooke.com/fr/visiteurs ➤ 

➤  

38 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

2


DESTINATIONS

CANTONS-DE-L’EST PARC RÉCRÉOTOURISTIQUE DE STORNOWAY

Le sentier, qui sillonne une forêt mixte, est bordé de panneaux de signalisation de style artisanal, très originaux. D’autres panneaux racontent des pages d’histoire de Stornoway. Après avoir traversé un joli petit ruisseau qui coule en cascades, le sentier atteint un refuge, puis se poursuit le long du ruisseau qui gazouille jusqu’à la rivière Felton. On peut longer celle-ci, revenir sur ses pas et rentrer par l’autre côté du ruisseau. Longueur : réseau de 7,5 km Accès : de Sherbrooke, suivre la route 108 est jusqu’à Stornoway, puis prendre la route 161 sud. Faire 2 km, tourner à gauche sur le chemin du 3e Rang et faire 2 km. ➤  Info : 819 652-2800 – www.munstornoway.qc.ca ➤   ➤  

3

CENTRE-DU-QUÉBEC PARC DU SANCTUAIRE

Situé à Saint-Majorique-de-Grantham, au nord de Drummondville, ce parc offre un réseau de sentiers pédestres serpentant dans une magnifique forêt. Certains arbres possèdent des dimensions impressionnantes et le sous-bois de fougères est tout à fait charmant. Un des sentiers mène en bordure de la rivière SaintFrançois, un autre conduit à un milieu humide. Les chances d’apercevoir des cerfs de Virginie sont excellentes, et la petite faune est très présente. Longueur : réseau de 5,8 km Accès : de la sortie 179 de l’autoroute 20, emprunter le chemin du Golf Ouest, qui longe la rivière SaintFrançois. Après 5 km, le chemin change de nom pour rang de la Rivière. L’entrée du parc est à gauche. ➤  Info : 819 478-7058 ➤   ➤  

4

CHAUDIÈRE-APPALACHES SENTIER DU PETIT-CAP

Après avoir traversé un champ de fleurs sauvages, on pénètre en forêt et monte quelques marches. On arrive à un premier point de vue sur le Saint-Laurent, l’île aux Grues et les montagnes de Charlevoix. Le sentier se poursuit sur une petite crête qui offre d’autres points de vue sur le Fleuve et sur le joli village de Cap-Saint-Ignace. Au printemps, il est possible de voir des poissons frayer sur la rive. Des panneaux explicatifs renseignent sur différentes particularités du lieu. Longueur : 3,0 km, aller-retour Accès : de la sortie 388 de l’autoroute 20, suivre la route du Petit-Cap vers le nord jusqu’à l’intersection de la route 132. Continuer tout droit sur la route de gravier sans nom, qui conduit au stationnement. ➤  Info : 418 246-5631 – www.capsaintignace.ca ➤   ➤  

5

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 39


DESTINATIONS

LAURENTIDES BOISÉ MULTIRESSOURCES VON ALLMEN

Bien qu’une grande partie des sentiers soit partagée avec les cyclistes, les marcheurs peuvent y circuler librement. La forêt compte quelques milieux humides grouillants de vie sauvage. Plusieurs panneaux d’interprétation renseignent, entre autres, sur les insectes aquatiques, les plantes sauvages comestibles et les sons de nos forêts. Une tour d’observation est installée en bordure de la rivière du Nord; c’est un bel endroit pour pique-niquer. Longueur : réseau de 10 km, dont 7 km partagés Accès : de Lachute, suivre la route 327 sud jusqu’à SaintAndré-d’Argenteuil. Tourner sur la route 344 ouest et suivre les indications pour le Boisé. ➤  Info : 450 537-3527 – stada.ca ➤   ➤  

6

MONTÉRÉGIE PARC RÉGIONAL SAINT-BERNARD

Ce lieu est constitué d’un enchevêtrement de sentiers, certains larges et recouverts de fin gravier, d’autres étroits et rustiques. Une carte de localisation se trouve à presque toutes les jonctions. Un peu partout le long des sentiers, on peut admirer de très originales sculptures faites de ferraille recyclée. On peut voir aussi un grand étang construit par de vaillants castors. Les cerfs de Virginie sont abondants et la variété d’oiseaux présents est impressionnante. Longueur : réseau de 18 km, dont 7 km partagés Accès : de la sortie 6 de l’autoroute 15, suivre la route 202 est, puis tourner à droite sur la route 217. L’entrée du parc se trouve peu après la rivière Lacolle, à gauche. ➤  Info : 450 246-2598 – www.parcregionalst-bernard.com ➤   ➤  

7

MONTÉRÉGIE SENTIER DE LA NATURE DE VENISE-EN-QUÉBEC

Une partie du sentier traverse la Réserve naturelle Neville en empruntant un long trottoir de bois sur pilotis serpentant dans la zone inondable de la baie Missisquoi. En passant du milieu terrestre au milieu humide, on peut remarquer que le paysage, la végétation et la faune changent énormément. Des panneaux d’interprétation expliquent ces différents changements. Il est facile d’observer la faune, notamment, la bernache du Canada. Longueur : réseau de 4,5 km Accès : une entrée du sentier se trouve le long de la route 202, dans le secteur ouest de Venise-en-Québec. ➤  Info : 450 346-4260 – venise-en-quebec ➤   ➤  

40 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

8


DESTINATIONS

MONTRÉAL PARC-NATURE DU CAP-SAINT-JACQUES

Ce parc-nature, le plus grand du réseau, se situe à la jonction du lac des Deux Montagnes et de la rivière des Prairies. Les sentiers sillonnent des boisés et des champs. On peut y observer la faune sauvage dans son environnement naturel, ainsi que les animaux de la ferme écologique. On y trouve également une petite plage et des bâtiments historiques. Le Lapin est un sentier admissible au Certificat du randonneur émérite québécois (voir p. 6). Longueur : réseau de 14,6 km Accès : de l’autoroute 40, prendre la sortie 49 et tourner à gauche sur le chemin Sainte-Marie. Prendre le chemin de l’Anse-à-l’Orme sur toute sa longueur et tourner à droite sur le boulevard Gouin. Continuer jusqu’au no 20099 où est situé le chalet d’accueil. ➤  Info : 514 280-6871 – ville.montreal.qc.ca ➤  

9

➤  

OUTAOUAIS PARC NATIONAL DE PLAISANCE

Situé en bordure de la rivière des Outaouais, ce parc compte plusieurs marais et marécages, ainsi que des champs et des boisés. Trois sentiers sont réservés à la randonnée pédestre, dont La Zizanie-des-Marais, qui comporte un long trottoir de bois flottant permettant de voir le marais de très près. Quatre autres sentiers acceptent marcheurs et cyclistes. Au printemps, ce parc est un endroit privilégié pour observer de grands rassemblements de bernaches du Canada. Longueur : réseau pédestre de 11,5 km + réseau de sentiers partagés de 29 km ➤  Accès : de la sortie 197 de l’autoroute 50, prendre la montée Papineau vers le sud. À l’intersection de la route 148, continuer tout droit sur le chemin des Presqu’îles. ➤  Info : 819 427-5334 – www.sepaq.com/pq/pla/ ➤  

11

10

QUÉBEC TERRITOIRE DU MARAIS LÉON-PROVANCHER

Sur les rives du Saint-Laurent, à environ 20 km à l’ouest de la ville de Québec, ce lieu propose des sentiers parcourant différents boisés et milieux humides, alliant enseignement et détente. La Société Léon-Provancher rend ce territoire accessible au public gratuitement toute l’année. Le printemps est une saison particulièrement animée en ce qui concerne le réveil de la nature. Nombreux renseignements, carte et visite virtuelle se trouvent dans le site Web de la Société. ➤ ➤

Longueur : réseau de 4 km Accès : de la sortie 298 de l’autoroute 40, prendre la route 138 ouest sur 9 km environ. À Neuville, tourner à gauche sur la rue des Îlets, et à gauche à nouveau au 1er petit chemin de gravier. Info : 418 554-8636 – www.provancher.org/ le-marais-leon-provancher/ ■

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 41


ÉQUIPEMENT

COMMENT CHOISIR LE BON SAC DE TAILLE ?

1

Au printemps, alors que l’ouverture des sentiers se fait graduellement, les randonneurs n’ont souvent accès qu’à de courtes randonnées. Le sac de taille peut alors s’avérer un bon choix pour transporter ses essentiels. Comment choisir le bon ? Voici quelques conseils et des suggestions d’achat. 2

PAR MÉLANIE DUBÉ ET PLUS ENCORE… — T ravel Light de MEC (19 $) [photo 1] — Mesa de Lowe Alpine (50 $) — S PIbelt de SPIbelt (23 $) — H ydra LG4 de Louis Garneau (35 $) [photo 2] — Pace 100 de MEC (34,50 $) — W  aisted de Jansport (24 $) *Les prix sont donnés à titre indicatif et peuvent varier d’un magasin à un autre.

TOUT COMME pour un sac à dos, un sac de taille est un accessoire qu’on doit prendre le temps de bien choisir. « Le bon sac de taille sera celui qui est convenable pour vous. Il doit s’adapter à votre morphologie, à vos habitudes, à vos besoins », admet Daniel Marcella, coordonnateur à la formation et aux événements chez Mountain Equipment Co-op (MEC) à Laval. Ce type de sac, généralement fait de nylon, permet de libérer les épaules et le dos. Le poids du sac et son contenu reposeront sur les hanches. Des inconvénients ? Le seul hic (ou presque) à ce genre de sac, c’est qu’il n’y a pas réellement de place pour les « au cas où ». « C’est un sac minimaliste. Vous ne pourrez pas y accrocher des bâtons de marche », dit Nicolas Ledoux, responsable du département de camping au magasin Sail à Brossard. Il précise néanmoins que certains modèles peuvent remplacer un sac de jour avec leur capacité pouvant atteindre une dizaine de litres. SE POSER DES QUESTIONS

Pour faire un choix éclairé, il faut s’interroger, entre autres, sur ce que vous souhaitez quant aux fonctionnalités, à la résistance, à la technicité de votre sac. Daniel Marcella, de chez MEC, suggère de se poser des questions comme :

ENTRETENIR SON SAC DE TAILLE Un sac de taille nécessite peu d’entretien. Nicolas Ledoux, de chez Sail, recommande le lavage à la main et le séchage à l’air libre. « Il suffit d’utiliser un linge humide et un savon doux; au besoin, le traiter avec un produit pour l’imperméabiliser. »

 u’est-ce que je veux emporter avec moi ? Q Faire une liste : carte d’identité, sifflet, cellulaire, collation, etc. n Est-ce que je veux avoir de la place pour de l’eau ? Si oui, pour une ou plusieurs bouteilles ? n Est-ce que je veux y ranger des vêtements de rechange ? n Est-ce que je veux pouvoir courir avec mon sac de taille ? n Est-ce que je préfère une seule poche ou plusieurs compartiments ? n Est-ce que je veux des « options » telles que des éléments réfléchissants ou des attaches particulières ?

CONFORT : PAS DE COMPROMIS À FAIRE !

Le confort est la qualité à rechercher avant toute chose. Quoi de plus désagréable qu’un compagnon de route qui nous gêne ! À titre indicatif, les modèles conçus pour la randonnée sont plus costauds et possèdent une ceinture plus coussinée. Certains randonneurs, reconnaît Daniel Marcella de chez MEC, vont cependant préférer des modèles plus légers, comme ceux destinés à la course en sentier. Ces modèles sont fabriqués avec des matériaux qui sont habituellement plus extensibles, lesquels permettront de suivre davantage les mouvements du corps. Comme pour l’achat d’une chaussure de randonnée, ajoute le passionné de plein air, on peut jeter son dévolu sur un modèle plus robuste, qui va permettre d’avoir un bon support mais qui va peser un peu plus, ou opter pour la légèreté et la rapidité en arrêtant son choix sur un modèle de course. RANDONNER AVEC UN SAC BIEN AJUSTÉ

L’ajustement du sac est important, voire essentiel. Les deux spécialistes du plein air soutiennent que la ceinture de hanche doit recouvrir votre os du bassin, votre crête iliaque, afin de bien supporter le poids du sac. Elle ne doit pas remonter sur votre ventre ni descendre sur vos fesses. Elle doit accompagner vos mouvements sans vous incommoder.

n

ESSAYER AVANT D’ACHETER

Les réponses permettront de vous aider à magasiner le sac lombaire idéal parmi la multitude de modèles sur le marché.

Pour choisir le sac idéal, il faut essayer différents modèles. « Assurez-vous qu’il n’y ait pas d’inconfort. Vérifiez si les poches sont accessibles pour vous, si l’emplacement pour prendre la bouteille vous convient », mentionne Daniel Marcella de chez MEC. Si vous avez un type de bouteille d’eau préféré, il importe de vérifier si elle entrera dans la ou les pochettes du sac que vous souhaitez acheter. « Il y a différentes dimensions; parfois des sacs sont conçus seulement pour certains types de contenants », affirme le conseiller. À noter que certains fabricants, dont Osprey, offrent des sacs spécialement conçus pour la gent féminine. Il peut être avantageux d’y jeter un coup d’œil, l’ajustement étant adapté pour les femmes. Côté prix, on peut trouver de bons sacs de taille dans une gamme qui varie de 28 $ à 100 $.  ■

42 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018


ÉQUIPEMENT

QUELQUES MODÈLES

DRIFT DE MOUNTAINSMITH Ce sac possède un compartiment principal accessible par le dessus au moyen d’une fermeture à glissière. Il comprend une ceinture dissimulable rembourrée avec de la mousse respirante et une bandoulière amovible permettant de le transporter sur l’épaule. Aussi, une poche avant expansible et des poches latérales pour des bouteilles d’eau. Poids : 362 g

Capacité : 6,5 L

Prix : 60 $

Photo : Sail

TRAIL HT DE MEC Ce sac de taille a une ceinture rembourrée pouvant être retirée pour convertir le sac de taille en sac à bandoulière. Il comprend deux portebouteilles. Un cordon réfléchissant sur le devant permet d’accroître la visibilité et d’attacher du matériel supplémentaire. Il possède un grand compartiment à glissière muni d’une poche et d’une attache pour des clés. Modèle de 1,5 L : Trail LT. Poids : 322 g

AGILE 500 DE SALOMON Cette ceinture épouse les formes du corps. Elle est idéale pour les amateurs de course en sentier. Elle comprend deux poches à glissière, une bouteille Soft Flask de 500 ml et des éléments réfléchissants. Poids : 160 g

Capacité : 500 ml Prix : 80 $

Photo : MEC

Poids : 340 g

Capacité : 6 L

Prix : 100 $

Prix : 32 $

Photo : MEC

GROOVE STEREO D’ULTIMATE DIRECTION Une ceinture confortable qui permet de transporter deux bouteilles à paroi souple Body Bottle Plus d’Ultimate Direction. Faite de matériaux extensibles, elle demeure bien en contact avec le corps. Son panneau arrière favorise la circulation d’air. La poche peut contenir un téléphone de grandes dimensions et des gants. Points d’attache supplémentaires avec des élastiques de compression. Poids : 130 g

TALON 6 D’OSPREY Ce sac est léger, confortable, robuste et polyvalent. Il comprend deux bouteilles de 570 ml, deux poches à fermeture à glissière sur la ceinture, une poche de rangement sur le panneau frontal, un fourreau matelassé pour y mettre une bouteille avec attaches élastiques, et plus encore. Le panneau dorsal en mousse augmente la circulation de l’air et le confort. Des éléments réfléchissants assurent une bonne visibilité lors de déplacement.

Capacité : 3 L

Prix : 85 $

Photo : MEC

SPACE CASE DE LOWE ALPINE Ce sac comprend notamment une ceinture de soutien rembourrée, un panneau dorsal qui évacue l’humidité, des poches de rangement, des poches en filet pour y ajouter une bouteille d’eau, des lignes réfléchissantes et une poignée de transport. Poids : 306 g

Capacité : 7 L

Prix : 60 $

Photo : Sail

Photo : Sail RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 43


ÉQUIPEMENT

LES RAYONS UV, C’EST QUOI ? Il existe trois types de rayons ultraviolets : les UVA (rayons ultraviolets A ou UV de grandes longueurs d’onde), les UVB (rayons ultraviolets B ou UV responsables des coups de soleil) et les UVC (rayons ultraviolets C ou UV de courtes longueurs d’onde). Ce sont les UVB qui causent les coups de soleil, étant environ 1 000 fois plus puissants que les rayons de type A. Les UVC sont quant à eux filtrés par la couche d’ozone avant même d’atteindre la terre. Au Canada, c’est entre les mois d’avril et de septembre que le soleil frappe le plus fort avec un indice UV de 3 ou plus. Le soleil est particulièrement puissant entre 11 h et 15 h, et ce, même si le temps est brumeux ou nuageux. Lors de ces périodes, l’indice UV peut être de 8 ou même aller jusqu’à 10, alors considéré comme très élevé par Santé Canada. Ce n’est pas uniquement pendant cette période que le soleil est dangereux. Attention ! Si vous prévoyez des activités à l’extérieur, que ce soit en été ou tous les autres mois de l’année, des précautions s’imposent... surtout pour votre peau et pour vos yeux !

CHAPEAU DE PAILLE COLUMBIA PFG BONEHEAD Parfait sous le soleil avec sa protection FPRUV 40 intégrée et son large bord, ce chapeau de paille est unisexe, léger et passe-partout. — Prix : 45 $

CHAPEAU LTM8 EN NYLAMTIUM AVEC FILET DE TILLEY Ce chapeau léger, perméable à l’air et confortable bloque la lumière du soleil tout en permettant à l’air de passer facilement. Son large bord est parfait pour protéger du soleil le visage, le nez et le cou. — Prix : 84 $

LUNETTES DE SOLEIL SMITH WOLCOTT CHROMAPOP Ce modèle conviendra aux sportifs puisque les verres, polarisés, viennent avec un enduit résistant aux égratignures, aux reflets et aux corps gras. — Prix : 200 $

LUNETTES DE SOLEIL POLARISÉES SMITH PARALLEL MAX Ces lunettes sont polyvalentes et ultralégères. Les lentilles, polarisées, sont interchangeables et conviendront à tous les types d’activités, été comme hiver. — Prix : 170 $

L’été, c’est fait pour jouer... mais le soleil, lui, peut jouer dur ! C’est pourquoi il faut s’en protéger, et ce, tout au long de l’année ! La Société canadienne du cancer recommande de porter de la crème solaire, bien sûr, mais aussi un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements dotés d’une protection UV. Voici tout ce que vous devez savoir pour bien magasiner ces items et profiter de vos activités de plein air en toute quiétude ! TEXTE : ELISE TARDIF-TURCOTTE — PHOTOS : LA CORDÉE

QUELS DOMMAGES ET, SURTOUT, QUELLES CONSÉQUENCES ?

Pour la peau : L’exposition au soleil et aux rayons UV peut causer toutes sortes de dommages plus ou moins graves pour la peau. Parmi les effets les plus bénins d’une exposition au soleil, on trouve le vieillissement prématuré de la peau, l’apparition de rides, un durcissement de la peau, de la décoloration, une perte d’élasticité, l’apparition de taches brunes et des lésions précancéreuses. Lorsque l’ADN des cellules de la peau accumule trop de dommages et que ces cellules n’arrivent plus à se réparer, le risque de cancer de la peau s’accroît. 44 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

C’est pourquoi il faut toujours se protéger contre les rayons ultraviolets de types A et B, et éviter de s’exposer aux rayons deux heures avant et après le zénith du soleil, autour de midi. Il est recommandé d’appliquer un écran solaire plusieurs fois par jour, et de porter un chapeau et des vêtements qui couvrent bien. Pour les yeux : Nos yeux sont aussi très sensibles aux rayons du soleil. L’Organisation mondiale de la Santé met en garde contre plusieurs dommages pouvant être causés par une trop grande exposition aux rayons UV, dont la photokératite et la photoconjonctivite, l’opacification du cristallin


ÉQUIPEMENT

(cataractes), la dégénérescence maculaire (perte de vision) et le cancer de l’oeil et des paupières. La photokératite et la photoconjonctivite sont des réactions inflammatoires comparables au coup de soleil pour la peau. Elles peuvent être très douloureuses, mais sont réversibles. La dégénérescence maculaire, l’opacification du cristallin et le cancer de l’oeil et des paupières peuvent quant à eux être très graves et causer la cécité. Ces dommages peuvent être facilement évités en portant des lunettes lors d’activités à l’extérieur. Elles sont efficaces pour protéger les yeux des rayons ultraviolets reflétés sur l’eau, le sable, le béton, le verre ou la neige. COMMENT BIEN CHOISIR LES PRODUITS QUI NOUS PROTÈGENT ?

Crème solaire : Il existe deux barrières de protection pour les crèmes solaires : les filtres chimiques et les filtres physiques. Les premiers absorbent le rayonnement UVA et UVB avant qu’il ne pénètre dans la peau, causant des dommages. Les filtres physiques réfléchissent et dispersent quant à eux les rayons au lieu de les absorber. La Société canadienne du cancer recommande d’utiliser un écran solaire à large spectre, c’est-à-dire qui protège à la fois des UVA et des UVB, offrant un facteur de protection solaire (FPS) de 30 ou

plus. Il est aussi conseillé d’opter pour une crème qui résiste à l’eau. Le FPS indique le rapport entre la durée du rougissement de la peau avec et sans écran solaire. Un FPS de 30 peut donc absorber 97 % des rayons UVB et permet une exposition 30 fois plus longue que si vous ne portiez aucune protection solaire. Il est recommandé de suivre les indications d’application des fabricants. Et attention à la date de péremption ! Votre crème pourrait perdre de son efficacité si la date de péremption est passée. Lunettes : De bonnes lunettes de soleil sont avant tout confortables et adaptées aux types d’activités que vous pratiquez. En plus de protéger vos yeux des dommages causés par le soleil, elles améliorent la visibilité en atténuant les contrastes lorsque la lumière est très vive. Pour bien protéger vos yeux des dommages que peut causer le soleil, assurez-vous de choisir des verres en polycarbonate offrant une protection contre les UVA et UVB, et qui répondent à la norme « UV400 » ou « protection UV à 100 % ». Selon vos préférences de style, vos activités et votre budget, un grand choix s’offre à vous dans les boutiques de sport et dans les magasins spécialisés. N’hésitez pas à en essayer plus d’une paire pour vous assurer qu’elles tiennent bien en place et qu’elles sont confortables. ■

VÊTEMENTS

T-SHIRT PATAGONIA CAPILENE LIGHTWEIGHT CREW Ce T-shirt vous sera utile été comme hiver. Son tissu, léger et approuvé FPRUV 35, est parfait pour les grandes chaleurs et est spécialement conçu pour repousser l’humidité. Il servira aussi d’isolant en hiver.— Prix : 45 $

SHORT LONG COLUMBIA ANYTIME OUTDOOR (FEMMES) Avec une protection solaire FPRUV 50, ce bermuda pour femme est le morceau parfait pour les randonnées estivales en montagne ou les balades printanières. — Prix : 60 $

Les vêtements anti-UV offrent une excellente protection contre les rayons du soleil sur votre peau. Assurez-vous d’opter pour un morceau portant la mention FPRUV (facteur de protection contre les rayons UV) suivie d’un chiffre, généralement 30 ou 50. La mention FPRUV indique que le vêtement a été certifié en laboratoire et offre une protection plus ou moins élevée contre les rayons du soleil. Tout comme la crème solaire, un chiffre élevé indique une meilleure protection contre les rayons ultraviolets. Un bon chapeau est un élément essentiel à une bonne protection contre le soleil. Privilégiez un chapeau à large bord qui couvre le visage, le nez et le cou. Certains modèles offrent la protection UV, comme les vêtements.

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 45


TECHNIQUE

1. M  oustique tigre – Photo : Pixabay.com 2. O  n entre le bas du pantalon dans les chaussettes – Photo : Pixabay.com 3. C  hasse-moustiques en lotion – Photo : MEC 4. C  hemisier synthétique à tissage serré, manches longues – Photo : MEC

SE PROTÉGER DES INSECTES PIQUEURS C’est le printemps et on n’a qu’une envie : parcourir les sentiers ! Nous ne sommes toutefois pas les seuls à être attirés par les beaux jours : les moustiques et les tiques sont aussi de retour. Non seulement leurs piqûres sont désagréables, mais elles peuvent également nous transmettre différentes maladies. Mieux vaut donc prévenir que guérir ! Nous vous fournissons quelques conseils pour vous protéger efficacement. PAR MARILYN PRÉFONTAINE

SE VÊTIR POUR SORTIR

« COMMENT CHOISIR ? IL PEUT S’AVÉRER UTILE DE DEMANDER CONSEIL À UN EXPERT; UN PHARMACIEN EST UNE BONNE RESSOURCE POUR NOUS GUIDER. »

La première façon de prévenir les piqûres demeure de porter des vêtements adéquats. Le soleil nous fait peut-être de l’œil, mais il est plus sage de conserver nos pantalons courts et notre nouveau t-shirt pour notre cour arrière. En randonnée, on opte pour des vêtements longs, de couleur claire puisque ça attire moins les moustiques et permet de mieux distinguer les tiques. Selon Diran Mour, expert au Mountain Equipment Co-op (MEC) du Marché Central, pour partir en randonnée bien protégé, il faut « un chapeau avec un bord assez large pour utiliser un filet

1

46 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

protecteur contre les brûlots, des vêtements synthétiques à tissage serré couvrant bras et jambes afin que les insectes ne puissent pas piquer à travers les tissus, puis des chaussettes mi-mollet ou de petites guêtres ». Santé Canada recommande aussi de rentrer le chandail dans le pantalon, et le bas du pantalon dans les chaussettes. Il est aussi plus sage d’éviter les sandales et de porter des chaussures fermées. LES CHASSE-MOUSTIQUES

Bien sûr, l’utilisation d’un bon chasse-moustiques va aussi de soi, même si aucun n’est efficace contre les


abeilles, les frelons et les guêpes. Avec toutes les options sur le marché, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Comment choisir ? Il peut s’avérer utile de demander conseil à un expert; un pharmacien est une bonne ressource pour nous guider. Le choix d’un chasse-moustiques doit, par contre, toujours s’effectuer selon l’âge et aucun n’est recommandé pour les poupons de moins de six mois. Il existe des produits insectifuges à base de DEET, d’icaridine, de métofluthrine, d’huile de soya, de p-Menthane-3,8-diol, d’essence de citronnelle et d’un mélange d’huiles essentielles (citron, camphre, géranium, eucalyptus et aiguilles de pin). La durée de la protection varie selon le produit choisi et la concentration. La majorité des produits se présente sous deux formes : en lotion ou en vaporisateur. « L’avantage de la vaporisation est de pouvoir en appliquer aussi sur les cheveux », souligne M. Mour. Se questionne-t-on sur la différence entre les insectifuges à base de produits chimiques et les naturels ? « Contrairement au DEET qui intoxique et ‘‘aveugle’’ les sens du moustique, la citronnelle masque l’odeur corporelle et repousse le moustique par une odeur désagréable. Plusieurs huiles essentielles telles que l’eucalyptus citronné, la lavande, le géranium et la citronnelle ont cet effet repousseur, mais la citronnelle est la plus connue. Elle est totalement sécuritaire si utilisée en petite concentration et diluée grâce à une huile végétale comme l’huile de tournesol dans les produits Druide », explique Deborah Kudzman, directrice au développement des affaires chez Druide. Du côté de Santé Canada, on indique que les produits contenant du DEET peuvent être utilisés en toute sécurité à deux conditions : respecter le mode d’emploi et appliquer la bonne concentration, selon l’âge. Maintenant que vous avez sélectionné le produit qui vous convient, il importe aussi de l’utiliser avec soin. C’est pourquoi il est essentiel de lire le mode d’emploi affiché sur l’étiquette et de toujours respecter les intervalles d’application recommandés. Au moment de procéder à l’application, il faut aussi se tenir dans un endroit ouvert, ventilé et s’assurer de ne pas être près d’aliments. Il est aussi important d’appliquer l’insectifuge en petite quantité et uniquement sur les zones du corps non couvertes par des vêtements et non pas sous ceux-ci. Pour le visage, on vaporise nos mains, puis on l’applique avec celles-ci. On évite toutefois de recouvrir les mains des petits, car ils pourraient les porter à leur bouche ou à leurs yeux. Pour prévenir les piqûres à la tête ou au visage des enfants, on applique plutôt le chasse-moustiques sur leur chapeau. Un coup de soleil, une coupure, de l’irritation, une plaie, des égratignures ? On tient le chasse-moustiques loin d’une peau endommagée. Si on veut aussi se protéger du

2

soleil, on veille à mettre la crème solaire 15 minutes avant le chasse-moustiques. Après une baignade, on met à nouveau du chasse-moustique, car le produit se dégage de la peau avec l’eau. Aussitôt la randonnée terminée, on saute sous une douche savonneuse pour en éliminer toute trace. AU CAMPING

Il existe aussi une foule d’autres produits pour chasser les moustiques en camping. Bien qu’il soit tentant de les essayer, certains ne sont pas recommandés par Santé Canada en raison de leur manque d’efficacité ou de leur durée d’action trop courte. Parmi ceux-ci figurent les dispositifs électroniques ou à ultrasons, le pélargonium odorant ou géranium citronnelle, les dispositifs d’électrocution de type « bug zapper », les bracelets, colliers et anneaux de chevilles imprégnés d’insectifuges ainsi que les pièges qui attirent les moustiques par l’odeur. Les lanternes et les spirales sont, quant à elles, homologuées au Canada pour éloigner les moustiques d’un secteur, mais elles ne protègent pas directement des piqûres d’insectes. « Chez MEC, on ne vend pas de lampes, de bandes, de spirales ou autres produits du genre. Il n’y a pas de recette magique; les produits les plus efficaces à combiner seront un insectifuge ainsi que des vêtements synthétiques au tissage serré couvrant bras et jambes afin que les insectes ne puissent pas piquer à travers les tissus. Sans oublier les abris, qui sont aussi une excellente option pour manger ou veiller le soir sans se faire trop piquer », indique M. Mour. En camping, il est prudent de choisir un emplacement dans un espace majoritairement feuillu, loin des points d’eau stagnante, des piliers électriques, des bûches en décomposition et des toilettes sèches. Un feu de camp permet aussi de tenir les insectes piqueurs éloignés puisque la fumée les rebute. ■

3

4

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 47


1

1. Photo : Geneviève Milette 2. Épuisements – Comment lutter contre les fatigues du quotidien, Éd. Josette Lyon, Paris, 2017

Selon plusieurs études, nous dormons moins qu’il y a 40 ans et nous sommes plus fatigués qu’avant. Devrions-nous ralentir le rythme au point de ne plus faire d’exercice, afin de prendre le temps de mieux nous reposer ? Il semble que la marche ne nuise pas au sommeil, bien au contraire. Elle peut même aider à contrer la fatigue, si elle est pratiquée sans excès. PAR ANNE MARIE PARENT

*É tude réalisée par JeanPhilippe Chaput, Suzy L. Wong et Isabelle Michaud, diffusée le 20 septembre 2017 dans le site Web de Statistique Canada.

AUTREFOIS, on suivait le rythme de la nature : sans électricité, on se levait et se couchait tôt. Maintenant, les journées paraissent plus longues, car on les étire bien au-delà du coucher du soleil. Paradoxalement, bien que nous travaillions ou étudiions moins d’heures par semaine que nos ancêtres, nous sommes davantage occupés, notamment devant nos écrans (télévision, ordinateur, téléphone intelligent). « Un sommeil de courte durée et de pauvre qualité est courant chez les Canadiens adultes. Environ le tiers de ceux-ci ne dorment pas le nombre d’heures recommandé par nuit pour assurer une santé physique et mentale optimale. En outre, ces derniers éprouvent plus fréquemment un sommeil de pauvre qualité que les personnes qui dorment le nombre recommandé d’heures par nuit », conclut l’étude Durée et qualité du sommeil chez les Canadiens âgés de 18 à 79 ans.* Les gens se couchent de plus en plus tard de façon générale, ressentent les effets du décalage

48 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018

horaire social en semaine (le fait de se coucher et de se lever plus tard les fins de semaine crée un effet de décalage horaire) et sont davantage exposés à la lumière artificielle et à celle des écrans qu’on appelle lumière bleue. Tous ces facteurs affectent la durée et la qualité du sommeil, entraînant plusieurs conséquences telles que la fatigue, des problèmes de concentration et de mémoire, ainsi que l’augmentation du risque de maladies mentales et physiques. PLUSIEURS TYPES DE FATIGUE

« La fatigue est l’aboutissement d’une usure de l’organisme, quelle qu’en soit la cause. En ce sens, on peut être fatigué de mille façons. (…) Il n’y a pas "une fatigue", mais "des fatigues", ce qui rend difficile la systématisation de ce concept. (…) Les fatigues du quotidien peuvent se définir comme un état résultant de contraintes physiologiques ou psychologiques, aboutissant à une diminution de performances phy-


SANTÉ

siques ou cognitives », affirme le Dr François Baumann, auteur du livre Épuisements – Comment lutter contre les fatigues du quotidien. Un article publié dans le site Web de Canal Vie (non signé ni daté) différencie deux formes de fatigue : n

n

 a fatigue générale, caractérisée par un manque L d’énergie généré par diverses raisons (stress, manque de sommeil, travail excessif, maladie, mode de vie déséquilibré…). Pratiquer des activités physiques, notamment la marche, est fortement recommandé pour se remettre (ou se garder) en forme. Le sport favorise un meilleur sommeil et donne de l’énergie, précise l’article, en raison des neurotransmetteurs (endorphines et sérotonine) que l’organisme sécrète durant l’effort physique, « bénéfiques lorsqu’il s’agit de vaincre la fatigue ». L  a fatigue musculaire, en raison d’un effort physique qui nous a fait souffrir. Il faut alors se reposer et ralentir la cadence, si on fait trop de sport.

TROUVER LA CAUSE DE LA FATIGUE

« Le questionnement que pose la fatigue est avant tout dans son origine, sa cause, sa définition, son évolution – passage ou non à la chronicité –, mais aussi la description que chacun de ceux qui la ressentent va pouvoir en donner, explique le Dr Baumann. En ce qui concerne plus particulièrement l’épuisement, il est souvent l’aboutissement d’une période de fatigue chronique; celle que l’on a pu rencontrer dans le burn-out, ou celle que l’on voit aussi dans de nombreuses maladies chroniques, dont elle est l’une des premières manifestations. » On peut aussi repérer le contraire du burn-out : le bore-out, quand les gens s’ennuient tellement au travail que cela les fatigue ! Le Dr Baumann a écrit un ouvrage sur le sujet : Le bore-out, 2016. Une fatigue menant à un épuisement se caractérise par sa durée, sa chronicité : « Un état de fatigue "passager" – fatigue dite "normale" – après un effort inhabituel peut sembler naturel dans certaines circonstances. Cependant, si cette "fatigue", dont les caractéristiques varient en fonction de ses causes, se prolonge au-delà de quinze jours, on va parler de fatigue chronique et rechercher les raisons qui peuvent permettre d’expliquer le passage à la chronicité », précise le Dr Baumann. EFFETS BÉNÉFIQUES DE LA RANDONNÉE

« Je suis médecin depuis de nombreuses années et, pour moi, il existe un lien très fort entre ces deux types de fatigue, tant physique que psychique », déclare le Dr Baumann, à qui nous avons demandé des précisions sur les effets bénéfiques de la marche sur l’épuisement.

Dr François Baumann Photo : Éd. Josette Lyon

2

« L’un des meilleurs moyens de s’en sortir est de "bouger" physiquement et, là encore, moralement, autrement dit rejoindre ce que déjà les philosophes grecs recommandaient, c’est-à-dire agir. Les recherches faites actuellement semblent bien démontrer l’impact de l’exercice physique (sport ou autre) sur la santé en général et le psychisme en particulier. Ainsi la marche produit-elle des effets de "lâcher prise" qui permettent à l’imagination et à la créativité de se développer; pensons à Paul Valéry ou JeanJacques Rousseau, entre autres. Chacun peut ressentir les effets bénéfiques d'une randonnée ou plus simplement d'une "flânerie" pour reposer l'esprit, surtout dans les domaines que je connais le mieux comme le burn-out ou le bore-out. Remettre ses idées en place est alors indispensable et la promenade ou le sport sont des moyens fabuleux de se "vider la tête" des soucis qui s’y sont accumulés. On quittera volontiers une fatigue psychique engendrée par un stress intense ou un état dépressif en se concentrant sur tout ce que le corps peut nous apporter de positif. MAIS sans excès cependant, car l’on retomberait alors dans les effets inverses. L’entraînement, d’autant plus progressif que l’on prend de l’âge, est ici indispensable et doit être respecté et calculé avec soin. L’énergie générée par l’effort physique semble bien être indispensable pour un bon équilibre et une bonne santé, au même titre que le sommeil. » Enfin, randonner dehors, en pleine nature, est également bénéfique pour la santé, puisqu’on respire un air plus sain, en plus d’absorber la vitamine D que nous procure le soleil ! ■

REMERCIEMENTS Sincères remerciements au docteur François Baumann, médecin généraliste, enseignant à l’Université Paris V et auteur de plusieurs livres, dont Épuisements – Comment lutter contre les fatigues du quotidien, Éd. Josette Lyon, Paris, 2017.

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 49


SANTÉ

« COMME DE NOMBREUX PAYS PROPOSENT LEURS VERSIONS, LES PAINS PLATS ONT DE QUOI VOUS FAIRE VOYAGER ! CERTAINS SE TROUVENT FACILEMENT EN SUPERMARCHÉ. D’AUTRES REQUIÈRENT UN PEU PLUS D’EXPLORATION »

PAINS PLATS UN PETIT GOÛT DU MONDE DANS SON SAC DE RANDONNÉE

1

Les pains plats sont compacts et légers. Rien d’étonnant que de nombreux peuples nomades en aient fait un élément de base de leur alimentation. Petite incursion dans l’univers des pains plats, parfaits pour les repas en randonnée. L’éventail est si large qu’on se croirait aux Nations Unies ! TEXTE ET PHOTOS : JULIE AUBÉ, DT. P. NUTRITIONNISTE QU’EST-CE QU’UN PAIN PLAT ?

À la base, le pain est un aliment qui contient très peu d’ingrédients : farine, eau, sel, levain. Les pains plats, pour leur part, sont encore plus simples puisqu’ils sont souvent sans levain. Tout comme les pains « levés », ils sont nourrissants et accompagnent à merveille une variété de préparations, que ce soit sous forme de sandwichs ou tartines, ou encore pour faire trempette. En outre, comme de nombreux pays proposent leurs versions, les pains plats ont de quoi vous faire voyager ! Certains se trouvent facilement en supermarché. D’autres requièrent un peu plus d’exploration, notamment en visitant des épiceries multiculturelles. D’autres encore vous invitent carrément au voyage puisqu’on ne le retrouve pas facilement ici. UN CLASSIQUE AUX MULTIPLES VISAGES : LE PITA

Disponibles en diverses tailles, blancs ou entiers, frais ou grillés, ces pains pochettes sont des plus polyvalents. Tartiné d’une garniture, le pita se mange en pointe ou roulé. Il peut aussi être farci de viande grillée ou de légumes. Nombreux sont les peuples qui se nourrissent de variantes de ce pain : l’aesh en Égypte, le pide en Turquie, le khobz en Syrie, au Liban ou au Yémen, etc. PAINS INDIENS

Parmi les incontournables des pains plats, il y a le naan ! Moelleux à souhait, ce pain légèrement gonflé contient généralement un ingrédient supplémen50 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018


SANTÉ

taire : du yogourt. Il se cuit à même la paroi d’un four tandoor, mais on peut aussi le faire sur une pierre à pizza. On le sert habituellement chaud, badigeonné de ghee (beurre clarifié). Il se roule ou se plie à merveille. Sans doute le plus populaire des pains indiens, on le trouve facilement dans les commerces. Son petit frère, le chapati, ressemble pour sa part à une crêpe. Plutôt mince, il se cuit dans une poêle, sans corps gras, ou encore sur une plaque de métal chauffée. Comme le naan, on le présente généralement avec du ghee. En Inde, on s’en sert notamment comme ustensile pour récupérer les aliments des plats communs. Pratique en randonnée ! PAINS LATINO-AMÉRICAINS

Envie de transporter un peu d’Amérique latine dans votre sac ? Glissez-y des tortillas. On les trouve à la farine de blé ou, plus traditionnellement, de maïs. Tout comme les pitas, elles se mangent, entre autres, garnies et roulées sous forme de fajita ou de burrito, ou encore pliées en demi-lune en tacos ou en quesadillas. Vous pouvez aussi opter pour les arepas ou les pupusas. Les premiers sont particulièrement communs en Colombie et au Venezuela, tandis que les seconds sont typiques du El Salvador. Tous deux peuvent être farcis : de viandes, d’œufs, de légumes, de fruits de mer ou autres.

des fines herbes, des charcuteries ou du fromage. Certaines constituent pratiquement un repas en soi. L’Italie offre aussi la piadina. Cuit à la poêle, ce pain plat ressemble à une galette tendre. On en fait des sandwichs qu’on garnit de charcuteries, de fromage et de légumes. PAINS MOYEN-ORIENTAUX

Probablement la version la plus simple des pains plats, le pain azyme (ou matzah en hébreu) ressemble pratiquement à un craquelin. Il contient à la base uniquement de la farine, de l’eau et du sel. En Arménie, on trouve le lavash, un pain très mince qui ressemble aussi à une crêpe. Il se mange fraîchement cuit ou il peut être séché. Le Liban et la Syrie proposent pour leur part le markouk. Ce pain plat est cuit sur un saj, une grande plaque de métal bombée. Mince et très large, le markouk se consomme frais ou sec. D’autres peuples ont leur version de pains plats très minces cuits sur saj, comme le shrak, en Palestine, et le yufka, en Turquie, pour n’en nommer que quelques-uns. FLATBRØD, UN EMBLÈME DE LA NORVÈGE

Mince et croustillant comme le pain azyme, le flatbrød contient un peu plus d’ingrédients que les pains plats de base. En effet, il contient du babeurre et peut être confectionné à partir de farine d’avoine, d’orge ou de seigle, ou encore d’un mélange de celles-ci. Le flatbrød est parfait pour les longues sorties; il était notamment consommé par les bergers, les paysans… et les Vikings !

3

CAPSULES SANTÉ LE SAVIEZ-VOUS ?

Même sans four, les Touaregs, nomades du désert, font aussi du pain : la taguella ou pain de sable. Pour le cuire, ils tirent parti du sable, qu’ils chauffent au charbon de bois. La pâte est déposée sur ce monticule puis ensevelie sous le sable. Une fois cuit, le pain est nettoyé, puis partagé entre les convives comme accompagnement aux plats. LE SAVIEZ-VOUS ?

Certains markouk, pains plats moyen-orientaux, sont si grands qu’ils doivent être pliés comme des draps !

PAINS MAGHRÉBINS

Matlouh, batbout, matlouâ, mekhamer, mseman, voilà quelques-uns des noms du pain plat rond qu’on retrouve dans différentes régions d’Algérie et du Maroc. À peine levé, ce pain se compose de farine ou de semoule, et est cuit traditionnellement soit sur un plat posé directement sur le feu, soit à la poêle. Au Maghreb, on trouve également d’autres pains plats à base de farine ou de semoule, dont le kessra et le tamtunt, de même que le m’semmen, semblable à une crêpe-galette feuilletée. PAIN DES PREMIÈRES NATIONS

2

PAINS ITALIENS

Fan d’Italie ? La focaccia est là pour satisfaire vos envies italiennes en pleine randonnée. Outre les ingrédients de base, ce pain plat peut contenir des garnitures comme des olives, des tomates séchées,

Pour terminer, on vous propose le pain des Premières Nations d’ici : la banique. Elle peut se manger nature, en accompagnement au repas, ou en dessert, agrémentée d’un peu de sucre. Envie de la confectionner vous-même ? Facile à préparer, la banique requiert quelques ingrédients de base et un feu. En camping, la pâte se cuit enroulée autour d’un bâton qu’on fait tourner au-dessus des flammes, ou encore dans une poêle. Vous obtiendrez un pain croustillant à l’extérieur et moelleux à l’intérieur. ■

1. B  aniques maison faites à la poêle 2. Foccacia 3. C  uisson de quesadillas

RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018 | 51


LÈCHE-VITRINES

TROUVAILLES ET NOUVEAUTÉS Par Claudine Hébert

GARE AUX TIQUES

Le rude hiver qui se termine risque d’avoir nui à la prolifération des tiques dans le sud du Québec. Plus de 295 cas de maladie de Lyme ont été recensés en 2017, une augmentation de 160 % en comparaison avec 2016. Les randonneurs ont donc tout intérêt à demeurer vigilants face aux tiques qui peuvent se trouver sur les sentiers. Afin d’enlever les tiques rapidement et sans douleur, munissez-vous du tire-tique Tick Twister. Commercialisé au Québec depuis l’été dernier, ce crochet de fabrication française permet de retirer les tiques par un mouvement de rotation sans les comprimer, explique le distributeur Denis Nadeau. Offerts en paquet de deux (petit et grand format), on trouve le crochet Tick Twister en ligne (www.otom.com), dans la plupart des pharmacies et chez La Cordée pour moins de 10 $.

UN ABRI EN FORME DE TIPI

Tenez-vous le pour dit, la tente Shenanigan Teepee de Wenzel n’est pas le plus léger des abris à transporter dans un sac à dos. La tente du manufacturier du Colorado pèse au moins 4,5 kg. Son look en forme de tipi et sa rapidité d’installation retiennent toutefois l’attention. Grâce à son poteau central d’une hauteur de 2,3 m et sa dizaine de piquets à planter, la tente Shenanigan s’érige en un clin d’œil. Offert en deux couleurs (plaid écossais ou graphiques bleus), l’abri de polyester propose un espace de 8 m2 assez grand pour accueillir une famille de cinq personnes. Il dispose de trois fenêtres rabattables et de cinq aires de ventilation. Commercialisé en Amérique du Nord dès ce printemps, le produit sera vendu à partir de 130 $ US en ligne. — wenzelco.com

YOGA EN MONTAGNE

Les randonneurs qui apprécient autant la marche que le yoga seront sans doute tentés par les YogaPaws. Ces nouveaux supports qu’on enfile aux mains et aux pieds (comme des gants et des chaussettes) sont suffisamment rembourrés et disposent d’un couvert adhésif, deux facteurs essentiels qui permettent d’accomplir une routine sans avoir à utiliser un tapis de sol. Souples et confortables, ils offrent également une protection supérieure aux articulations concernées ainsi qu’un tissu intérieur absorbant. On peut aussi utiliser ces accessoires pour le yoga chaud, le Pilates ainsi que la levée de poids et haltères. De plus, ils se glissent discrètement dans un sac à dos. Pratiques pour ceux qui souhaiteraient faire quelques poses sur un gros rocher au sommet des montagnes. Offert en cinq couleurs, l’accessoire est vendu entre 29 $ et 35 $ US en ligne. — yogapaws.com

GOURMET, MÊME EN PLEINE NATURE

Porc braisé aux champignons, bœuf mandarin, crevettes au cari, fusillis crémeux au poulet… Décidément, la nourriture lyophilisée d’Happy Yak fait saliver nos papilles. Spécialisée dans l’alimentation en plein air depuis 5 ans, cette entreprise de Saint-Hyacinthe propose une trentaine de produits qui vont du petit déjeuner au dessert, en passant par les soupes-repas. Conçues pour faciliter l’alimentation des grands aventuriers (Happy Yak était un des commanditaires officiels de la navigatrice Mylène Paquette), les recettes s’adressent également à tout randonneur qui recherche des solutions nutritives et savoureuses différentes du sempiternel sandwich. Prévoyez entre 3,69 $ et 14,99 $ pour chaque portion. Les produits sont vendus en ligne et dans la plupart des grands magasins de plein air. Notez qu’Happy Yak offre aux membres de Rando Québec un rabais de 10 % sur tous leurs achats en ligne. — happyyak.ca ■

52 | RANDOQUÉBEC | PRINTEMPS 2018


SENTIER DES FALAISES Hautement spectaculaire, ce sentier est un classique incontournable pour les adeptes de randonnée. L’ascension soutenue, ponctuée de marches en pierres transportées et placées à bras d’hommes, guide le marcheur vers les points de vue saisissants qui se succèdent du haut de la crête. Une fois au sommet, le sentier s’adoucit pour mener au refuge Les Falaises, duquel la chute Delaney offre un spectacle silencieux sur l’autre versant de la vallée. Sur le cap Bédard, les plaines et les vallons champêtres précèdent le fleuve Saint-Laurent et la rive sud.

FICHE TECHNIQUE Longueur : 8,2 KM Niveau : DIFFICILE Dénivelé : 132 M Type : LONGUE RANDONNÉE Balisage : BLANC ET ROUGE Durée : 4 À 5 HEURES

Du refuge, il est possible de poursuivre dans le sentier du Grand Bûcher pour rejoindre le cap Bédard, superbe point de vue. Comptez entre une et deux heures de plus pour faire la boucle et retourner au refuge.

PROFIL DU SENTIER

(À TITRE INDICATIF)

700

Altitude (m)

600 500 400 300 200

0.00

.5

1.0

1.5

2.02

.5

3.03

.5

4.04

.5

5.05

.5

6.06

.5

7.07

.5

8.0

Distance (km)

SERVICES

STATIONNEMENT

367

SaintRaymond

SaintLéonard

365 354

40

Portneuf 40 132

138

Accès : accueil Shannanhan, rang Saguenay longitude -71.8908 - latitude 47.0746

• •

Période d’accès : toute l’année Nombre de places : 50+

HÉBERGEMENT

Pont-Rouge

St-Casimir

• 367

Donacona

132

Refuge Les Falaises (8 places) - réservation obligatoire

Mode de réservation : Par téléphone au 418 337-3635 ou 1 800 321-4992 et en ligne au www.valleebrasdunord.com

De l’autoroute 40, sortir à Pont-Rouge/Saint-Raymond. Emprunter la route 365 en direction de Saint-Raymond. Après avoir traversé le pont (au centre-ville de Saint Raymond), aux feux de circulation tourner à droite sur la rue Monseigneur-Vachon qui, dans son prolongement, permet d’accéder au rang du Nord. Suivre les indications pour accéder à l’accueil Shannahan sur 13 km environ. POUR PLUS DE RENSEIGNEMENTS : BALISEQC.CA

printemps 2018

ACCÈS


FAITES PARTIE DE NOTRE COMMUNAUTÉ.

DEVENEZ MEMBRE.

RANDOQUEBEC.CA

Photo : Pascal Picard

514 252-3157 | 1 866 252-2065

Profile for randoquebec

Randonnées printanières  

Advertisement

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded