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© Feng Hai

02 ­­— 13 MARS 10 4è édition

Stars, l’âge d’or

festival

Zoom Arrière


Zoom Arrière : close up © F. Maligne

Natacha Laurent, déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse, fait le point sur la nouvelle édition du festival Zoom Arrière. ce sont toujours des histoires humaines. Avec des stars avec qui l’on veut s’identifier et qui sont des acteurs hors norme. Ce qui caractérise la star, c’est évidemment un jeu d’acteur, une grande beauté mais surtout un charisme, une capacité d’attirer et de fasciner les foules. Il s’agit d’un cinéma de studio, donc plus artificiel, mais les émotions qu’il suscite encore aujourd’hui sont très fortes, universelles et éternelles avec des effets très profonds.

INterview Quelles sont les ambitions de Zoom Arrière 2010 ? Zoom Arrière veut incarner la raison d’être de la Cinémathèque de Toulouse. Ce festival doit rendre vivantes et attractives les missions de la Cinémathèque tout en faisant partager au public une énorme richesse artistique et culturelle. Redécouvrir, réinventer le patrimoine cinématographique en lui redonnant une actualité dans un moment fort tous les ans, tels sont les objectifs de Zoom Arrière. Le plus de l’édition de 2010 est bien sûr de grandir et de s’ouvrir à des publics différents. Le choix de Maggie Cheung en invitée principale signe également ce désir d’ouverture sur le monde et d’autres cinématographies. La thématique principale de cette quatrième édition focalise sur « Stars, l’âge d’or » ; qu’entend-on par « l’âge d’or du cinéma hollywoodien» ? C’est le moment où Hollywood s’invente en usine à rêves, où se construisent toutes les caractéristiques du cinéma américain, les grands studios, les très grandes stars, les grands metteurs en scène et les grands producteurs. Une industrie au superlatif ! Historiquement, cela se situe des années 1920 aux années 1940. Ce cinéma de stars nous parle-t-il encore aujourd’hui et comment ? Certainement, car s’il nous raconte souvent des histoires extraordinaires,

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Quel peut être notre regard contemporain sur ces icônes d’hier : mythes bas de gamme ou héros populaires emblématiques ? Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup de vraies stars, c’est le règne des people. Les stars s’inscrivaient dans la durée et représentaient des personnalités autour desquelles les gens pouvaient s’unir et se retrouver. Il est très important pour les sociétés d’avoir des personnalités emblématiques qui sont capables de raconter des histoires, de rassembler des foules, de fédérer les gens. Je pense que les stars sont des icônes qui permettent aux spectateurs de vivre des expériences qu’ils ne peuvent pas expérimenter eux-mêmes. Quelles sont les grandes lignes de la programmation « Stars, l’âge d’or » ? Nous avons construit la programmation selon les grands archétypes de stars : l’aventurier, la rebelle, la vamp, le beau ténébreux… Autour de sept ou huit archétypes, nous avons choisi des films en veillant à ce que les plus grands noms soient présents. De fait, on n’imagine pas une programmation sans Greta Garbo, Joan Crawford, Mary Pickford, Lauren Bacall ou Humphrey Bogart. Vous avez choisi Maggie Cheung en invitée principale, une actrice très éloignée du système hollywoodien… Effectivement, mais nous voulions une star internationale pour illustrer cette thématique et Maggie Cheung en est une en pleine activité. Elle a tourné plus de quatre-vingts films et travaille en Chine, aux Etats-Unis et en France. Elle est capable de tourner à la fois dans des films très populaires (avec Jackie Chan) et dans de grands films d’auteur (Wong Kar-Wai, Assayas). Cette dou-


ble carrière caractérise pleinement le positionnement de Zoom Arrière. La Cinémathèque poursuit une politique de restauration des films et présente dans Zoom Arrière La Campagne de Cicéron de Jacques Davila… Le festival est aussi destiné à montrer les dernières restaurations des grandes cinémathèques

européennes. Nous dévoilons ainsi La Campagne de Cicéron de Jacques Davila qui est un film oublié datant seulement de 1989. C’est un film magnifique entièrement tourné dans les Corbières qui incarne le cinéma français dans sa liberté et sa diversité. Les acteurs du film, Tonie Mashall, Jacques Bonnaffé, Sabine Haudepin, Judith Magre et Michel Gautier seront présents lors de la projection du 10 mars.

Stars, l’âge d’or

Zoom Arrière vous invite à une véritable immersion au cœur du star system hollywoodien avec cette première section du festival, dont Maggie Cheung est la présidente et invitée d’honneur.

Et loin d’Hollywood ? zooms

Une programmation de films rares, pour certains jamais montrés en France, issus des cinémas qui ont existé hors du système hollywoodien, accompagne le colloque des 11 et 12 mars intitulé « Loin d’Hollywood ? Cinématographies nationales et modèle hollywoodien (France, Allemagne, URSS, Chine), 1925-1935 ».

Le patrimoine réinventé

La Cinémathèque de Toulouse invite les grandes archives européennes à présenter quelques-unes de leurs restaurations récentes. A l’honneur : la China Film Archive.

Portraits de stars Les plus grandes stars de l’âge d’or du cinéma américain, dans toute leur mystérieuse splendeur, sont à admirer au gré des clichés et affiches de l’exposition « Portraits de stars » qui investit plusieurs lieux du festival (CROUS de Toulouse, UGC Toulouse, Cinéma ABC et tente du festival).

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Le muet en musique En présentant 25 films en ciné-concert Zoom Arrière affiche clairement sa volonté de vivifier un patrimoine cinématographique bourré d’inventions qui ne demande qu’à être diffusé auprès du plus grand nombre. Depuis sa création la Cinémathèque de Toulouse a en effet toujours montré son attachement à promouvoir l’accompagnement musical de films muets, remplissant notamment par ce biais son rôle de valorisation de films anciens méconnus ou

parfaitement oubliés. Parmi les ciné-concerts programmés cette année figurent Loulou de Georg Wilhelm Pabst, Salomé de Charles Bryant, Le Lys brisé de David Wark Griffith ou encore Le Signe de Zorro de Fred Niblo. Des films muets dont l’étonnante modernité sera soulignée par les musiciens et compositeurs contemporains que sont Karol Beffa, Grégory Daltin, Jean-Baptiste Dupont, Raphaël Howson, Michel Lehmann et Mathieu Regnault.

L’incontournable : A ne pas rater, le Ben-Hur de Fred Niblo mis en musique par le compositeur Patrick Burgan. Ciné-concert à découvrir en ouverture du festival le 2 mars à 21h.

La bonne idée : leS serial apéros

Pendant Zoom Arrière vous avez rendez-vous tous les soirs à 18h15 à la Cinémathèque pour suivre les épisodes haletants du Secret d’Alta Rocca, sérial français réalisé en 1922 par André Liabel. Des séances accompagnées à l’accordéon par Grégory Daltin qui mettront en lumière le travail mené avec la Médiathèque de Tournefeuille autour d’un atelier de réécriture d’intertitres de films muets, le Muet prend la parole. Et à la sortie, profitez d’un apéro sous la tente du festival et échangez avec les autres spectateurs ainsi qu’avec les invités de Zoom Arrière.

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Consacrée aux stars, la quatrième édition du festival Zoom Arrière invite l’actrice Maggie Cheung à présider l’évènement. Rencontre avec une étoile aussi lumineuse que nomade.

© Feng Hai

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Maggie Cheung,

itinéraire d’une star lumineuse Pourquoi avoir accepté de venir à la Cinémathèque de Toulouse pour présider le festival Zoom Arrière ? Maggie Cheung : Vous n’imaginez pas le nombre de demandes qui m’arrivent pour être présente à des évènements. Généralement, je décline ces invitations. Mais là, c’est un honneur, c’est un cadeau à mes yeux. Les gens de la Cinémathèque de Toulouse ont beaucoup travaillé pour cela et ça m’impressionne. Ils ont été sincères avec moi et je voulais leur donner à mon tour un cadeau. Ils ne me voulaient pas pour avoir simplement une star au générique mais parce qu’ils aimaient réellement mon travail. Dans d’autres grands festivals, vous êtes juste un nom parmi d’autres. Pour eux, non. C’est important, à mes yeux. Avez-vous toujours rêvée d’être une actrice ? Non, pas du tout... Après l’Angleterre, lorsque je suis arrivée à Hong-Kong, j’étais à un carrefour de ma vie. Je venais de finir mon lycée, j’avais un petit boulot, et je ne savais pas si j’allais continuer pour des études supérieures. Je me demandais quoi faire de ma vie tout simplement. Tout a changé à Hong-Kong, toutes les opportunités se sont ouvertes à moi.

Votre enfance en Angleterre, c’est un bon souvenir ou une douleur ? Les deux... Je suis très heureuse d’avoir ce passé. Je serais une personne très différente si je n’avais pas grandi en Angleterre, si j’avais été une enfant à Hong-Kong. Je ne peux pas imaginer ce que je serais devenue, et c’est mieux ainsi (rires)... Dans les années 70, je vivais non pas à Londres mais dans une petite ville du Kent. Et ce n’était pas simple d’être chinoise là-bas. Dans mon école, on n’en avait jamais vu. Je crois que pendant la première année, je n’ai pas passé une journée sans pleurer. Mais je suis heureuse car cette partie de ma vie a fait de moi une personne forte... A quel moment avez-vous senti que vous étiez une star ? C’est étrange parce que ça s’est passé

dans différents pays, à différents moments. A Hong-Kong, c’est le concours de Miss qui m’a lancée en 1983. En France, c’était après la sortie de In the Mood for Love soit quasiment 20 ans plus tard (sourire)... En Chine, cette starification est venue progressivement. C’est la nouvelle génération qui m’a redécouverte. J’ai arrêté de jouer depuis Clean, cinq ans maintenant, et malgré tout, dossier zoom arrière


cette reconnaissance s’intensifie. Mais je ne suis pas une star mondiale. Aux États-Unis, je peux me promener en toute tranquillité. En fait, ce sont les gens qui vous choisissent, ce n’est pas vous qui avez le pouvoir de devenir star. Vous avez vécu dans le Kent, à Londres, à Hong-Kong, à Paris, Pékin. Votre vie semble toujours en mouvement. J’ai peut-être un problème avec le fait d’être installée (sou-

rire)... Je ne sais pas si c’est le destin ou si c’est ma personnalité qui fait de moi quelqu’un de nomade. Mais je sais que j’aime avoir le choix. J’aime me dire que je peux passer le mois prochain à Londres, une autre semaine à Toulouse, une autre encore à Paris. Et je ne sais pas si c’est irresponsable (rires)... J’aime avoir les yeux et l’esprit stimulés, j’aime les voyages. C’est excitant, intéressant, ça m’inspire (rires)...

LE CINEMA sous toutes ses coutures

Christian Gasc, extraordinaire costumier français, sera présent lors du festival Zoom Arrière avec une exposition des plus beaux costumes qu’il a créés. L’occasion d’admirer le travail minutieux d’un homme prolifique ayant habillé les plus grandes stars du cinéma français (Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil…) et conçu les tenues de scène de plus de 55 films, 19 opéras et 35 pièces de théâtre. Talent qui d’ailleurs lui a valu trois césars consécutifs pour Madame Butterfly (1996), Ridicule (1997) et Le Bossu (1998). Plus qu’un simple travail de créateur, c’est une tâche d’historien qui est confiée à Christian Gasc pour s’inspirer du passé (et notamment de toiles de maîtres) et réinterpréter l’époque selon les codes contemporains. Cette exposition nous permet de découvrir l’œuvre d’un costumier de renom mais aussi l’inégalable expérience d’un homme qui a travaillé avec les plus grands noms du cinéma français, à l’instar de Jeanne Moreau, François Truffaut ou encore Jean-Luc Godard.

Renaissance de La Campagne de Cicéron La Cinémathèque de Toulouse s’attache à reconstituer le catalogue des Ateliers Cinématographiques Sirventès (ACS), société de production créée à Toulouse au début des années 1980. La Campagne de Cicéron, film de Jacques Davila tourné dans les Corbières, en est un des plus beaux fleurons. Long-métrage jusqu’à présent disparu, l’œuvre de Jacques Davila a bénéficié d’un long travail de renaissance – travail juridique, recherche des éléments matériels du film, restauration numérique et kinescopage pour retour argentique. Un travail qui permet à nouveau la présentation du film au public dans le cadre de Zoom Arrière le 10 mars en présence de l’équipe originelle des comédiens, mais également en DVD, collection « La Cinémathèque de Toulouse » aux éditions Carlotta Films. Une projection très attendue, à la fois pour la (re)découverte du film qui a laissé le souvenir d’une belle réussite cinématographique, mais aussi pour le regain d’intérêt que la renaissance de La Campagne de Cicéron va susciter autour de la filmographie de Jacques Davila. Un film restauré avec le soutien de la Fondation Groupama Gan pour le cinéma.

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Zoom Arrière Junior Parce que la cinéphilie est une passion qui se cultive dès le plus jeune âge, Zoom Arrière chouchoute son jeune public : ateliers, spectacles et projections mettent cette année en lumière les animaux les plus célèbres du cinéma.

Le cinéma à la lanterne

Voilà un procédé de projection d’images qui a émerveillé des milliers d’enfants – et d’adultes - dans la société du 19e siècle : la lanterne magique revit aujourd’hui grâce au Baratin de Monsieur Binoclard, spectacle aux allures d’attraction foraine qui met en scène un bonimenteur et un musicien autour de projections de lanterne magique. Dimanche 7 mars.

Au doigt et à l’œil

A noter dans votre agenda : pendant les vacances de Pâques, la Cinémathèque met en place un atelier destiné aux 8-12 ans pour leur apprendre les rudiments du domptage de chiens stars de cinéma. Inratable…

Et aussi…

Programme de films d’animation autour de la thématique des oiseaux, présenté par Emmanuelle Devos, reponsable de la Cinémathèque Robert Lynen, le samedi 6 mars. Cinéconcert Babylas a hérité d’une panthère et Bêtes… comme les hommes d’Alfred Machin le samedi 13 mars.

zoom pour les jeunes et les étudiants Parce que la Cinémathèque, en particulier durant le festival Zoom Arrière, puise son enthousiasme auprès d’un public jeune, le festival organise une soirée à la Cité universitaire Chapou, un ciné-concert à la Fabrique et de nombreuses projections à destination des scolaires. Des élèves de la classe

de Terminale d’histoire des arts du lycée SaintSernin constitués en Jury Jeunes décerneront par ailleurs un prix. Sans oublier des tarifs étudiés qui facilitent l’accès au plus grand nombre. Renseignez-vous…

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agenda

Zoom Arrière

2 mars Soirée d’ouverture : ciné-concert  Ben-Hur de Fred Niblo mis en musique par Patrick Burgan 3 mars Avant-première Nuits d’ivresse printanière de Lou Ye 5 mars Soirée Maggie Cheung 6 mars Zoom Arrière Junior : Films d’animation autour de la thématique des oiseaux 7 mars Zoom Arrière Junior : Le Baratin de Monsieur Binoclard, spectacle de lanterne magique 10 mars Avant-première La Campagne de Cicéron en version restaurée 11 et 12 mars Colloque : Loin d’Hollywood ? Cinématographies nationales et modèle hollywoodien (France, Allemagne, URSS, Chine), 1925-1935 13 mars Zoom Arrière Junior : ciné-concert Babylas a hérité d’une panthère… d’Alfred Machin Soirée de clôture : Paris-Shangai : A Fantasy, de Karl Lagerfeld. Retour de flamme spécial Stars, animé et accompagné au piano par Serge Bromberg

Les expositions Portraits de stars / CROUS de Toulouse, UGC Toulouse, Cinéma ABC et tente du festival Christian Gasc /Cinémathèque Emmanuelle Castellan /Librairie Ombres Blanches, TNT et Cinémathèque

Informations pratiques 05 62 30 30 10 www.lacinemathequedetoulouse.com

Les lieux du festival Le cœur du festival : la Cinémathèque de Toulouse 69, rue du Taur – 31000 Toulouse Une tente sera installée dans la cour de la Cinémathèque et permettra de prolonger les échanges après les séances de cinéma. Des séances de projections auront lieu à Muret, Auch, Cahors, Gourdon, Anères, Rieupeyroux, ainsi qu’à Lyon, Bordeaux, Grenoble, Nice et Perpignan.

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