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Depuis 5000 ans, l’Homme imagine des techniques destinées à reproduire et multiplier son écriture. C’est de cette quête universelle, aussi vieille que l’invention de l’écriture elle-même, dont rend compte la nouvelle exposition du musée Champollion. Entretien avec Marie-Hélène Pottier, conservatrice.

L’écriture en série Comment avez-vous abordé ce thème ? Pourquoi l’Homme, dès qu’il a su écrire, a-t-il cherché à faire des doubles ; comment s’y est-il pris ? Cette question est traitée à travers cinq espaces reprenant les principales techniques : estampage, impression en relief à l’aide de sceaux, xylographie ou création des caractères mobiles de l’imprimerie… Des pièces originales de toutes les régions du monde sont exposées, éclairées à la lumière de textes explicatifs : contexte culturel, époque... Des espaces proposent également aux visiteurs d’expérimenter à leur tour ces différentes pratiques, et reçoivent un grand succès ! Quels enseignements peut-on tirer de ce voyage géographique et temporel ? L’idée est que le visiteur comprenne l’importance que l’écriture a eu pour l’Homme, au point de chercher par tous les moyens à la reproduire en grand nombre. Certaines techniques sont semblables : le sceau par exemple existait avant l’invention de l’écriture, et constitue les prémices de l’imprimerie, il en existe de toutes les époques et de toutes les régions du monde. L’estampage en revanche est particulier à la culture chinoise. La reproduction à la main est universelle, et concerne souvent les textes religieux : le geste du scribe véhicule une symbolique forte en l’honneur du dieu. Parler aux dieux, transmettre la connaissance, marquer les marchandises… La mécanisation de l’écriture 46

© I.R.T.H

Propos recueillis par Maëva Robert

– machine à écrire, photocopieuse, ordinateur – est le prolongement de cette quête. Cette exposition est coproduite avec le musée Georges-Labit à Toulouse. Le parti pris est-il le même à Figeac et à Toulouse ? Nous rapprocher du musée Georges-Labit, plus orienté vers l’Orient et l’Extrême-Orient, a permis de confronter ce que chaque culture a apporté, d’échanger des pièces. Le musée Georges-Labit a choisi de développer le Du simple au double, thème des marques et des logos, l’écriture multipliée. plus récent. La configuration des Jusqu’au 5 novembre, lieux induit des mises en scène difmusée Champollion – Les férentes, et les pièces présentées Ecriture du Monde, Figeac. pourront varier pour des raisons 3 décembre – 7 mars. de conservation. Ce sera deux Musée Gorges Labit, atmosphères différentes, et il sera Toulouse. intéressant de voir comment chacune d’elle aura été perçue.

Ramdam 80  
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Ramdam, le magazine culturel régional en Midi Pyrénées.

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