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J’ai rêvé d’espaces d’aventures de fièv res De contrées lointaines de voilures et de mers hautes L e cœ ur en dérapage sur des lacs sans fond L e sp ectre de m es d ésirs s’em brase d ’am ours en chim ère Caché sous les nuits de silence Entrebâillé derrière le mirage des eaux L e son ge em brum é s’est perdu Endormi au creux de mes souvenances


Seul dans la vaste pénombre Crépuscule de mes certitudes Abandonné entre deux mondes Esseulé devant ma finitude Voix du passé chavirées au silence Souvenirs épars dans la brume Ciel nuiteux des tristes regrets M on cœ ur égaré s’effile


Partance chagrine Humeurs indécises Languissantes ballerines Agitées dans la brise Blondes sirènes indolentes À la peau diaphane Mortes-eaux frémissantes Filant la lente pavane


Petits enfants Chaloupant dans le foisonnement du monde Bravez les bonimenteurs aplatisseurs de rêves Dévorez désirs et flopées de matins flambants Goûtez les soifs insatiables G ardez l’or et l’eldorado Prenez tout emportez les cieux et les eaux À grands seaux buvez la sève de la terre E m poignez les cœ urs ino ndez le présent


C om m e une fleur com m e un ange on m ’aim ait Sur mes joues des baisers chauds et enveloppants Des caresses des câlins des chatouillements Je riais et l’on m ’aim ait Entre bonheur et insouciance Grisé de la chaleur d e l’autre B lotti au creux de l’ép aule A paisé dans la b eauté d e l’enfan ce


Une embellie dans les froidures O ndulation de l’air radou ci Venue apaiser les heures obscures Des amours tristement endormies Lueurs de désirs sensuels Au bout des doigts pris au vent Mélopée tendre du violoncelle Souffle doux voletant


Au matin surgit une lumière Promesse née de rosée Affamée du goût de vivre Un jour une heure sur la vague du vent L e tem ps d’un appel à l‘échappée Une étincelle parmi la horde des mourants


D ans l’essaim d’épines écorchant le jour Une fleur arrogante sortie des ronces de la nuit Insolente et sans pudeur faisant la roue dans les chardons Toquade orgueilleuse pour narguer la froideur Escapade dans la rosée Chargée de parfums fugaces É tincelle de l’aub e Libérée


U n enfant à l’orée du m onde É veilleur de cœ urs en do rm ance É cho d’éternité entre les traverses du futur P arm i la m yriad e d’étoiles Pousses épandues en couches dorées Brillance ranimée de rires et de danses Gerbes de joies aux arômes de bonheur Dans la lumière des anges


L ’été s’étiole dans les verdures L a voix du silence s’alan guit M on âm e en poussière d’ennui Épaillée comme herbe à sécher L ’h aleine du v ent porte m on soupir Envahi par les heures tristes Perdu de songeries chagrines Je dérive sur l’onde nuageuse


Une jeune fille Elle est belle On croirait une île V oilà je suis fou d’elle Elle vibre fragile U n rayon d’om belles Un port tranquille V oilà qu’elle m ’app elle


S aison sauvage pays d’ailleurs Les pensées affolées s’en roulent D ans l’herb e m on âm e répandue Et cette douleur à la force farouche Je m ’enlise com m e dans une tom be Seul seul si seul


Chemin de traverse qui pleurniche Des larmes éparpillées sans nombre Plaisirs secrets laissés en friche Lueurs de rêves no yées d ans l’om bre Accroché aux bordées de bois mort L e d ésir s’am enuise Effilant son âme souffrant son sort L e bonh eur s’enlise


C e soir je pleure à l’aban don m a solitude Défloraison dessèchement La froidure ruisselle de mon corps délaissé Me saisit dans ses bras glacés

Ombre de mon bonheur Vide insensé insoutenable Triste chant de la souvenance Sombre poison


Jours tristes où les ciels mouillés pèsent des roches Où les lacs dilués traînent leurs eaux mortes Jours bigarrés d e l’ennui que les nuages colportent Délaissées les fleurs brûlées croupissent en broussailles Matins refroidis où frissonnent les heures qui peinent Des bouches aux froides haleines Des corps somnolents fatigués de nuits blanches Jours sans amour qui pleurent sans larmes


Toute la vie toute ma vie près de toi si près si près Nos ombres se mêlant sur la ligne traînante du temps Même air même souffle entre les brassages du vent Fidèles amants tricotés au lainage chaud des hivers durs Jamais je ne pourrai te quitter je perdrais mon âme Je perdrais ton corps attaché au mien par tant de nuits Je mourrais de délaissement le cœ ur no yé au fond du puits Amour laisse-m oi tenir ta m ain jusqu’au cou chan t de nos âges


Le jour sombre au couchant Émaillé de parures richissimes Douleurs emportements Échappées et joies anonymes E ffluves d’éternité Coulant à pic Entraînant vers des fonds inhabités Des restes en mosaïque


Une vieille dame cousue de dentelle fanée E ffilochée com m e toile d ’araign ée au grenier de l’oubli A languie d’autom nes et d’hivers en poussière L e cœ ur chiffo nn é d’am o urs effacées Pâle porcelaine fragile usée de caresses De jours donnés de nuits de veille de matins fatigués D ’enfantem ents tranquilles et de m orts dociles U ne vieille dam e s’enso m m eille dans ses souvenirs épars


Rêve étrange Dans un monde paisible et doux Une escapade au pays des anges Loin des écueils et des grands remous


Une plaine glacée déchire ma nuit Seul sur l’île déserte Le corps battu au vent du désespoir Mon cœ ur blessé se ferme Je reste Inhabité

chemin de traverse  

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