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OMNIS

Magazine trimestriel d ‘A’S de la Perfection. - ISSN 2369-0313

no 8


Lettre de l’Éditrice

OMNIS

Magazine trimestriel d ‘A’S de la Perfection. - ISSN 2369-0313

no 8

Photo : Barrie MacLeod R Modèle : Bassam Sabbagh

Omnis ! Qu’es aquò ? Les origines de ce mot sont à discuter. On dit même qu’il fait partie des mots dont le pluriel a précédé le singulier. Mais ce que nous retiendrons ici, c’est que omnis peut se dire des choses qui prennent tous les genres. Si l’on remplace choses par hommes et qu’on prend les mots «omnipotent» ou «omnigenus», il s’agira alors de personnes, par exemple, qui, respectivement peuvent tout ou produisent de toutes choses. Je fais partie de ces gens. Je revêts diverses casquettes pour ne pas dire trop … D’une vie de contrôleuse de chiffres à celle d’une sélectionneuse de chiffons en passant par l’humanitaire ou encore la création d’un magazine, je sais ce que peut ressentir un omni. À vrai dire, c’est aussi énergivore qu’énergisant. !

©2013-2015 R Magazine Tous droits réservés. Toute autre utilisation, reproduction, diffusion, publication ou retransmission totale ou partielle du contenu est strictement interdite.

Alors, comme disait Cicéron : «omnis omnia facere debet»* ! * chacun doit tout faire

Blacky Gyan


Equipe Angelique Marguerite Berthe Diène aka Blacky Gyan Sénégal - Canada Avec un bagage intellectuel axé sur le management d’affaires et la gestion des entreprises, Angélique développe, en parallèle, une passion innée pour la mode et le dessin. Toute petite, elle peignait des plumes d’oiseaux afin d’en faire des pendentifs. Plus tard, elle se met à élaborer des accessoires avec tout ce qu’elle avait sous la main (tissus, cauris, perles, …). Elle est également spécialisée dans la customisation de vêtements et la fabrication d’objets de décoration. Instigatrice de ce magazine, Angélique, plus toute jeune mais pas encore trentenaire, a plusieurs cordes à son arc : Rédactrice pour Volup°Up°2, Consultante en management, Co-fondatrice d’A’S de la Perfection, Professeure de langues sénégalaises (wolof et sérère) et française, Conseillère en gestion d’entreprise, Rédactrice pour le courrier des enfants, Stagiaire de solidarité internationale au Nicaragua, …

RÉDACTION

Laura Bonnieu France - Canada Originaire de Montpellier dans le sud de la France, elle vit à Montréal, au Canada depuis 2013. Avide de voyages, de découvertes et d’expériences, elle est animée par mes rêves et mes défis permanents. Suite à ses études de communication, elle a développé son site internet personnel d’art dans le but de partager ses coups de cœur dans ce domaine. Ayant développé le goût pour l’écriture depuis une dizaine d’années, c’est donc tout naturellement qu’elle a rejoint l’équipe de rédaction du magazine pour la parution du n°2. Passionnée par la communication numérique et graphique, elle participe à la promotion web de R Magazine en animant les communautés des médias sociaux tels que Facebook, Twitter et Pinterest. Ayant plus d’une corde à son arc, elle participe aussi à la mise en page du magazine en collaboration avec les autres graphistes.

Myriam Annick Tchameni Cameroun - Canada D’origine camerounaise, elle vit au Canada depuis 2008. Étudiante en communication et passionnée des lettres, elle occupe généralement son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle a également de l’intérêt pour la mode et l’art, en général.


Ayayi Senam D’Almeida Togo A 27 ans, Ayayi est consultant en stratégie, gestion et finances et en voie de devenir expert-comptable. Ce passionné de musique et de mangas, un brin charismatique, rêve de sa maison de production musicale ainsi que de lancer sa ligne de vêtements. Même s’il juge que ce sont des domaines incompatibles avec l’expertise comptable. Il s’est fixé comme objectifs de sortir deux romans d’ici 2016 et, par la suite, des ouvrages professionnels.

Karima Kebabi aka Karima Ka France - Canada A 27 ans, Ayayi est consultant en stratégie, gestion et finances et en voie de devenir expert-comptable. Ce passionné de musique et de mangas, un brin charismatique, rêve de sa maison de production musicale ainsi que de lancer sa ligne de vêtements. Même s’il juge que ce sont des domaines incompatibles avec l’expertise comptable. Il s’est fixé comme objectifs de sortir deux romans d’ici 2016 et, par la suite, des ouvrages professionnels.

Maëva Cruchet France - Canada Cette française de 25 ans travaille trois ans dans les domaines de la communication et de la gestion de projets à Paris, avant de s’installer à Montréal. Adepte du changement, elle mène un combat quotidien contre la monotonie. Cette passionnée de voyage s’épanouit dans les rencontres et les découvertes. Débordant d’énergie et d’idées, elle exprime ses passions par le dessin, ainsi que la rédaction. En tant qu’amatrice d’art, elle écume régulièrement musées et expositions afin d’assouvir sa soif de curiosité.

Alanie Genest aka Améthyste Canada C’est une femme de 28 ans, verseau et engagée, de surcroît, à guider les hommes sur le chemin de la Lumière, en cette fin du monde. Elle a, comme tous, toujours eu un immense besoin de se connaître et ne savait pas du tout ce qui allait advenir de son moi ... si il y en avait bien un. C’est ainsi qu’après avoir fait mille erreurs dont la première était de croire qu’elle pouvait vivre sans effort et sans vraie parole, la vérité l’a bien vite rattrapée et elle dû entreprendre, en 2012, une thérapie de 6 mois pour reformuler ce que la vie signifiait pour elle. Par la suite, elle a étudié en coiffure et a exercé comme chroniqueuse hebdomadaire. Avec un tel enchaînement harmonieux de cette branche de sa vie, elle se mit à parfaire sa vocation affiliée à l’écriture : la musique. 10 chansons imparfaites mais très poussées philosophiquement et enregistrées sous le nom d’Améthyste l’ont portée à croire qu’elle pouvait encore écrire pour du visuel, et c’est donc dans ce merveilleux exutoire artistique qu’est R-Magazine qu’elle a choisi de faire travailler sa plume.


Ivan AlejandroVelasco Mexique - Canada D’origine mexicaine, il est présentement candidat au doctorat en sciences de l’énergie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Lauréat d’un prix étudiants-chercheurs étoiles du gouvernement du Québec, il se spécialise dans l’étude de semi-conducteurs pour les périphériques de mémoire et les cellules solaires. Outre l’université, ses intérêts incluent, entre autres, la promotion de l’égalité des genres, les droits des communautés autochtones ainsi que l’éducation scientifique chez les jeunes. De plus, Ivan Alejandro adore faire de la photographie.

Marie Édouard Diouf Sénégal - Canada Avec des études en science politique et un intérêt marqué pour les relations internationales et la coopération, cette fille voue également une passion pour la mode, l’art et la culture. « Je suis une touche-à-tout », voilà comment se décrit cette jeune sénégalaise qui s’est établie au Canada en 2008. Entre le mannequinat, sa vie professionnelle, le sport et ses loisirs, elle trouve le temps de se consacrer à son activité favorite, la fabrication de cosmétiques ; d’où, son rêve de créer sa gamme de cosmétiques naturels. Elle vous parlera de beauté, de santé et de bien-être; sujets pour lesquels elle porte un grand intérêt.

Gabrielle Ovinet France - Canada Jeune architecte de 24 ans, Gabrielle vit actuellement au Canada. Originaire de Toulouse, en France, elle cherche à se nourrir de nouvelles expériences dans le voyage, les rencontres et ses activités. Après un passage d’un an au Pérou, elle est venue s’installer à Montréal pour participer à la vie sans relâche d’une métropole nord-américaine et aller à la rencontre des immenses paysages sauvages. Passionnée d’art, de graphisme, et bien sûr d’architecture, elle se lance dans la rédaction de quelques articles pour R Magazine.

Julieta Rosibel Nicaragua - Canada Née au Nicaragua et ayant grandi à Montréal, Julieta est experte-comptable de profession. C’est suite à ses études universitaires en administration des affaires qu’elle dédie plus de temps à sa grande passion, la mode. Petite fille, elle feuilletait les magazines spécialisés en mode et en arts que sa mère empruntait à la bibliothèque du quartier. C’est ainsi qu’elle a développé sa curiosité pour l’histoire de la mode, la confection de vêtements et le stylisme. Au fil des années, la mode est devenue pour elle tout comme la culture une façon d’exprimer sa personnalité. Aujourd’hui, en qualité de rédactrice, Julieta s’implique régulièrement dans le domaine des arts et de la culture mais également en tant que mannequin et styliste depuis plusieurs années.


Candy Hoffmann France - Canada « Candy, c’est un peu le bonbon acidulé de la littérature : elle vous fera passer de gros pavés pour de délicieuses sucreries! » (Anaïs Caura, Motion designer, France). Passionnée par la littérature et par la transmission de cette même passion, Candy Hoffmann a obtenu tout récemment son doctorat en littérature à l’Université de Montréal et Paris IV Sorbonne. Telle une amazone (!), elle est à cheval entre l’enseignement (elle a été chargée de cours plusieurs fois à l’Université de Montréal) et le journalisme (rédaction de chroniques littéraires et animation d’émissions radio). Alors, plume à la main, muses en tête, à la recherche des mots exacts pour traduire mille idées et mille sentiments, elle s’évertuera à vous ouvrir à des univers littéraires et artistiques fabuleux et fascinants, à vous faire voyager dans l’espace et dans le temps, à vous faire toucher du doigt un interstice du réel et du fictif assurément dépaysant !

Barbara Wilbert France - Allemagne À 28 ans, cette maman de 2 enfants vit en Bavière avec son époux et a un parcours professionnel assez «catastrophique». Elle vient d’effectuer une reconversion, après des mois de réflexion. Elle se lance, en effet, dans la phyto-aromathérapie et sera, dans 1 an, officiellement conseillère. Depuis plusieurs années, elle se sert d’huiles essentielles dans son quotidien aussi bien pour la santé que la beauté et le bien-être. Elle a banni, depuis quelques mois, les produits ménagers, de beauté, ... vendus en magasin et préfère les préparer elle-même, chez elle. Cette passionnée d’écriture et de séries TV chiante, gentille et forte de tête revendique ses côtés végétarien, écolo et féministe mais avec sa propre définition pour les deux derniers. Entre marche, musique, lecture, dessin, cuisine et photographie, elle trouve du temps pour s’occuper de ses mômes.

Linda Chaabna France - Canada Les fées de la pop culture se sont penchées sur le berceau de Linda un soir d’automne dans les années 80. Cinéma, séries, musique et mode ont bercé son quotidien depuis lors. Créative et curieuse, c’est donc tout naturellement qu’elle entreprend des études d’audiovisuel et travaille plusieurs années à Paris en production télé. Attirée par l’énergie créative de Montréal, elle décide l’an dernier de s’y installer et travaille dans la musique le jour, tout en s’impliquant auprès de R magazine la nuit, comme rédactrice bénévole. Dans la vie tout l’intéresse : les dernières tendances, l’actualité, les films à l’affiche, la cuisine et même le tricot ! Un seul mot d’ordre : créativité.


REVISION

Anne Solange Diène Sénégal - Canada Riche en expérience … dotée d’une belle plume … élégante ... coupable d’être soucieuse du bien-dire… voilà la traductrice rêvée de toute personne qui cherche à résoudre les énigmes verbales à la Shakespeare !

TRADUCTION

Marie Agathe Ndiaye Sénégal Passionnée par les voyages et le caritatif, elle est très imaginative avec un esprit curieux et le souci du détail. Elle exerce un métier diamétralement opposé et on peut dire qu’elle assume très bien cette cohabitation des chiffres avec les lettres. Elle apporte, dans ses traductions, une touche d’Angleterre, pays où elle a vécu plusieurs années.

Jérémie Vasseur France - Allemagne Jérémie a 28 ans, est marié et est papa de deux enfants. C’est une personne discrète et calme. À l’école primaire, il découvre les volcans dont il tombe amoureux. En toute logique, il finit par faire des études en sciences de la Terre et se spécialise en géophysique. En septembre 2015, il obtient son doctorat, après 4 ans de thèse, au sein du laboratoire de volcanologie expérimentale de la Ludwig-Maximilans-Universität München (université de Munich). Son métier est une passion : expériences en laboratoire, voyages sur le terrain, conférences, articles, ... il n’arrête pas. Il trouve, cependant, toujours du temps pour aller en famille, à la montagne ou faire du vélo. À la maison, c’est le spécialiste de la pâtisserie et des crêpes. Il aime aussi cuisiner, particulièrement le potiron qu’il apprécie rôti. C’est aussi un passionné d’histoire et de géographie (et croyez-nous, il connait la sienne !). C’est un scientifique qui n’échappe pas à la règle : il vit un peu dans un autre monde et, comme beaucoup d’hommes, ne peut pas faire deux choses à la fois (ce qui a le don d’énerver sa femme). Actuellement, il coule des jours tranquilles avec sa famille, toujours en Bavière.


Lanciné Kouyaté France - Canada Arrivé sur Montréal avec un Programme Vacances-Travail, il a profité pleinement de cette expérience pour découvrir le Canada. Diplômé d’une maitrise en finances et de gestion, il a également toujours été attiré par le monde de la presse, de la littérature et de la mode. R magazine lui permet de vivre cette passion et de continuer aussi à exercer son anglais.

Lynda Alinstant Canada Lynda Alinstant vit en Estrie. Elle a obtenu son baccalauréat en sciences politiques de l’université Concordia à Montréal, spécialisée dans les structures politiques canadiennes et internationales. Elle est passionnée de la littérature et l’écriture plus particulièrement en matière gouvernementales et légales. Elle est dévouée, judicieuse puis naturellement équipée d’un esprit d’initiative et de leadership ; elle aime s’impliquer dans la communauté en saisissant les opportunités ou les causes qui servent à agrémenter progressivement l’image de notre belle société. En outre, elle est dans le procédé de remplir les conditions requises pour devenir une professionnelle de l’assurance et de l’industrie des investissements pour un établissement financier; elle fait partie du groupe McGill MOCC Facilitator en tant qu’assistante en enseignement. Récemment, elle s’est jointe au R Magazine (ex-Teen’ Art) comme traductrice.

Abdoulaye Coulibaly Côte d’Ivoire - Canada Abdoulaye est diplômé de l’université d’Abidjan où il a obtenu sa licence en linguistique anglaise avant d’entrer à l’École normale supérieure d’où il est ressorti avec un certificat d’aptitude pédagogique pour le corps des professeurs licenciés (CAP/CPL) après celui pour les collèges modernes (CAP/CM). À la suite de ses études supérieures, il entame une carrière d’enseignant d’anglais comme langue étrangère aux apprenants de 12 à 18 ans pendant une quinzaine d’années. Il exercera sa profession dans plusieurs établissements secondaires publics de son pays, la Côte d’Ivoire avant d’opter pour une réorientation professionnelle en traduction de l’anglais vers le français à l’Université de Montréal.

Djamilatou Diagne Sénégal

Diplômée en marketing et en commerce international, Marie Djamilatou Diagne, plus communément appelée Jamila ou encore Marie par la famille, est passionnée par la musique, les films d’horreurs et la lecture (même s’il lui faut maintenant trouver du temps pour lire). Elle traduit, de temps à autre, car elle aime l’anglais mais cela lui permet aussi d’apprendre de nouveaux mots.


Madjiguène Diop Sénégal Cette résidente sénégalaise intégra le programme Bachelor de l’ISM Dakar, après des études en télécommunications à l’Ecole d’Ingénieurs Louis de Broglie à Rennes, en France qui lui ont valu d’être titulaire d’un Bachelor en management en 2011. Mais, elle décida de ne pas s’arrêter là et entama un master of sciences en Finance internationale à l’Esc Rennes School Business. Aujourd’hui, à 28 ans, elle est à la recherche d’un stage qui lui permettra de valider son diplôme de master. Polyglotte, c’est sa maitrise des langues française, anglaise et espagnole qui l’ont poussée à se joindre à l’équipe du magazine.

DESIGN GRAPHIQUE

Axelle Port-Lis Guadeloupe - Canada Originaire de l’île de la Guadeloupe, Axelle a vécu 6 ans dans différentes villes de France pour ses études en repartant à chaque fois de zéro. Elle se décrit comme aventureuse et vit depuis peu à Montréal à la recherche de nouvelles aventures tout en espérant gagner en expérience professionnelle dans le design graphique, profession qui la passionne.

Jonas Simberg Brésil - Canada Graphiste de formation, il revêt plusieurs casquettes : illustrations, animations, design graphique et design web. La musique, le cinéma, l’image et le design créatifs le passionnent depuis toujours.

Laura Bonnieu France - Canada


CORRESPONDANCE

Ray Senpai Indonésie - France Ray est un photographe d’origine indonésien basé à Paris. Autodidacte, ses travaux sont tournés vers les photographies de voyages effectués essentiellement en Asie et en Europe. Il travaille récemment sur un projet mettant en scène différents portraits de personnes rencontrées dans les 4 coins du monde et leur perception de la vie

Bernie Diène Sénégal - France Parisienne trentenaire, exerçant une activité salariale dans le domaine des chiffres, elle est une grande passionnée de photographie qu’elle exerce à ses heures perdues, sous le pseudo The glob’girl. La photographie représente, en effet, pour elle un moyen d’exprimer la fibre artistique qui l’a toujours animée, dès son plus jeune âge, période durant laquelle elle adorait dessiner. D’ailleurs, il lui arrive de reprendre le crayon pour griffonner des idées pour ses futurs shootings. Ses inspirations actuelles contribuent à la mise en valeur de la féminité quand elle n’essaye pas de délivrer des messages d’amour et d’harmonie raciale. Toutefois, un de ses prochains défis sera de collaborer avec des modèles masculins.

José Vidal Espagne Il est né en juillet 81, dans la municipalité de Gáldar en Grande Canarie. Après avoir obtenu son baccalauréat, il a croisé, sur son chemin, le monde fascinant de la photographie et a commencé à photographier de façon autodidacte paysages, architecture etc... Telle la photographie qui croise son chemin, la mode a fait pareil. Il a exercé dans la consultation de mode, le stylisme personnel, l’événementiel et continue, aujourd’hui, à travailler dans ces domaines. Il a également fait ses preuves en qualité de locuteur de radio et actuellement, il collabore comme rédacteur de mode et de nouvelles dans divers blogs, magazines en ligne et pour une chaîne télévisée.

Stéphane André Pierre Diène aka Stefdekarda Sénégal Photographe et graphiste pour de grands artistes de la scène sénégalaise ; Correspondant Afrique d’un magazine franco-américain ou encore chargé de production d’émissions à succès sur deux grandes chaines télévisées sénégalaises, il a récemment participé à une télé-réalité avec à la clé, pour le gagnant, une reconnaissance à travers l’Afrique en tant que styliste, entre autres.


ILS ONT TRAVAILLÉ AVEC NOUS ...

Anaïs Michella Yameogo - Burkina Faso/Angleterre Andrea Deloche - France Andrew Kennedy - Canada Briana Farrell - Canada Carène Samuel - Haiti-Syrie/Canada Fadji Vovor - Togo/Canada Germaine Deilhes Ndour - Sénégal/France Jayne Mandat - Haiti/Canada Jean Vigo - France Joseph Barrera- Mexique/Canada Liliana Lemus - Colombie/Canada Lucie Barrol - France Lành Nguyễn - Vietnam Marcel Lamarre - Canada Marie Clémence Modoux - France/Canada Mouhamed Dieng - Sénégal Ndeye Fatou Kane - Sénégal/France Olivier Badin - Canada Patrick Coakley - Irlande Sacha Hemel - Côte d’Ivoire Samantha Graham - Canada Tomas Larivière - Canada Victoire Ndong - Sénégal/États Unis Xippil Xole Studio - Sénégal Yolande Hyjazi - Sénégal/France Yankhoba Kouyaté - Sénégal


Sommaire

Architecture Habitat évolutif, un appartement double-face Arts multidisciplinaires Zoothérapie et arts multidisciplinaires : Narcisse Soulsinger Cinéma Les films à mille et un sens Coiffure Une coiffeuse inspirée par la musique Cuisine Mimi, la couturière dans son palais de gâteaux Lifestyle - Les multiples facettes du couchsurfing - Je suis une licorne !  Littérature Le baroque et le “two-steps binaire” dans l’univers romanesque de l’auteur québécois Hubert Aquin

Mode - Christina Manuel ou une vie entre spatules et talons - Et le graphiste Stefdekarda révolutionnera la mode dakaroise ! Musique - « Je suis Olivia Pope le jour, et Angélique Kidjo le soir et le week-end » - A la découverte du gamelan balinais - Le rappeur auditeur financier Photographie - Les portraits génétiques d’Ulric Collette - Doublefaced R Modèle Bassam Sabbagh Santé, beauté & bien-être La poudre magique aux multiples vertus Société Johannes Drewling aka Mister JD, le blanc noir


Architecture


Habitat évolutif, un appartement double-face

sions des chambres ou du salon sont normalisées. Ces éléments deviennent les composants fixes (comme la

Loin des nombreuses inventions imaginées afin de

cuisine, la salle de bain, les escaliers, etc…) ou les

faire évoluer son habitat, nous avons tous, une fois,

composants mobiles (chambre, salon, etc…) de l’ha-

rêvé de transformer profondément notre logement

bitat.

selon nos activités quotidiennes. Imaginez la possibilité de modifier votre appartement, non seulement la

L’arrivée ou l’utilisation intensive à la même époque

décoration que vous avez choisie pour les murs, mais

du béton armé de tiges métalliques qui renforcent

aussi la disposition de votre cuisine, la taille du salon

ses performances, va permettre une flexibilité ac-

lorsque vous recevez des amis ou encore l’ajout d’une

crue du cloisonnement intérieur. Le plan libre désigne

chambre supplémentaire à la venue du troisième en-

une construction qui, dans sa disposition, permet des

fant. L’aménagement intérieur est une chose. Les

aménagements illimités ou encore qui permet à l’ha-

immeubles de béton, les pavillons semblables ou les

bitant ou à tout usager de disposer d’un espace libre,

maisons identiques et alignées ont fait naître une

aménageable comme il le souhaite.

envie grandissante de personnaliser son habitat, de se différencier de son voisinage autant que possible.

La façade transformée

C’est principalement depuis les années 1920 que la recherche d’un habitat évolutif semblait vouloir offrir

La façade semblait auparavant exprimer l’individua-

un champ de liberté individuelle, malgré la forte de-

lité des logements. Appelées ensuite cellules d’ha-

mande et la densité des logements de cette époque.

bitations dans les projets de grands ensembles, les

Sur le plan technique logements présentaient les mêmes caractéristiques L’idée d’évolution dans le logement a traversé de nom-

de façade et, bientôt, aucune distinction ne se faisait

breux courants de pensée et s’est révélée sous divers

entre un logement et celui de son voisin. La façade du

exemples. Son origine technique provient de l’indus-

logement devient un élément autonome, dissocié de

trialisation et de la standardisation des édifices d’ha-

la répartition intérieure des pièces du logement. Elle

bitation.

est maintenant l’expression publique d’un mode de

Les cuisines, salles de bain, toilettes sont

proposées sous forme standard ; aussi, les dimen-

vie privé.


Un intérieur flexible

de l’individu dans la société, à l’importance de son implication dans la conception de son propre loge-

Dans les années 1970, Plan Construction et Architec-

ment. L’apparition de la notion d’évolutivité dans l’ha-

ture utilise deux termes pour définir l’évolutivité du

bitat semble faire remarquer une fracture avec une

logement. La flexibilité et l’élasticité définissent, res-

construction dite rigide et la diversité des individus

pectivement, la transformation intérieure et l’agran-

qui l’habite. Les habitations nord-américaines que j’ai

dissement ou la suppression de surface afin de ré-

pu découvrir lors de mon voyage sur la Côte-Nord

pondre aux besoins de chaque habitant. Le design

canadienne m’ont permis de comprendre la culture

prend une place importante dans le débat. En propo-

profondément ancrée dans une évolution permanente

sant une variété de mobiliers pour remplacer le cloi-

des modes de vie. Les maisons, préfabriquées en pan-

sonnement, il transforme notre vision de la maison.

neaux de bois, pour la plupart, laissent la possibilité

Ainsi, on voit apparaitre des bibliothèques en guise de

à leurs propriétaires de les modifier, agrandir ou ré-

cloison, des cloisons souples faites de tissu tendu sur

duire, selon leurs besoins. Certains-même déplacent

câble, etc… Un bel exemple et, peut-être, le premier

leurs habitations selon leurs travaux saisonniers et

significatif en Europe se trouve aux Pays-Bas, à Utre-

développent une architecture changeante et mobile

cht. Dessiné par l’architecte G. Rietveld, la maison

bien singulière.

Schröder offre, par une légère influence japonaise, une flexibilité quasi-totale. Les cloisons coulissantes

L’habitat est une problématique qui nous touche tous,

proposent soit une partition de plusieurs pièces, soit

de manière égale. Les solutions imaginées vont par-

libèrent l’étage pour n’en créer qu’un seul. On observe

fois bien au-delà de nos besoins et nous interrogent

aussi d’autres aménagements plus utopiques comme

sur les modes d’habiter nos logements. Suis-je plus

des cuisines mobiles connectées en wifi ou encore des

mobile que mon logement ou est-ce mon apparte-

logements sur lesquels viennent se fixer des ajouts

ment qui devrait être mobile selon mes envies?

de surfaces habitables achetées en kit, sur catalogue. Une question sociétale L’idée d’un habitat personnalisable renvoie à la place

Rédaction : Gabrielle Ovinet Mise en page : Jonas Simberg


Arts multidisciplinaires


Zootherapie et Arts

multidisciplinaires Dans les temps anciens, plusieurs prodiges excellaient

Gardien » et « La Saga ArtSoul »). D’autres fins de

dans plusieurs disciplines comme l’écrivain Balzac qui

semaine, il tourne pour le cinéma et des vidéoclips

était aussi médecin. Certains talentueux étaient, en

(Chaîne « NarcisSoulsingerVEVO »).

même temps, musicien, architecte, scientifique, etc… Bref les parties gauche et droite du cerveau sont en

« Je suis si débordé que j’ai dû annuler des séances

constante sollicitation pour ces génies. Il est le cas de

de photos importantes à Montréal et à Miami, voyant

le dire pour Narcisse Soulsinger qui est, à la fois, in-

que je suis un super-héros qui dispose juste de 24

tervenant en zoothérapie, administrateur, producteur,

heures par jour pour 7 jours par semaine pour avan-

auteur-compositeur, poète, modèle et bien sûr, acteur

cer non pas juste dans mes projets mais dans ceux

et chanteur.

des artistes-artisans collaborateurs », nous confie-til, en riant. « Mais lorsque j’ai donné ma parole, mon

De jour, il est intervenant en zoothérapie. De soir, il

temps, mon énergie et mon image pour un projet au-

est administrateur et producteur pour Soul Diva Re-

quel je crois, je suis prêt à ralentir un peu ma carrière

cords Music Entertainment, label de musique (www.

pour en faire bénéficier le projet d’un autre artiste.

souldivarecords.com). De nuit, il essaie de finir les

Il est très difficile pour moi de refuser des contrats,

deux romans illustrés qu’il est en train d’écrire pour

car je suis un passionné de l’art et de la vie. Je suis

les publier avant la sortie des deux films-webséries

ouvert d’esprit et aux mondes extérieur et créatif. Je

qu’il tourne certaines fins de semaine (« Mon Ange

promouvais le multiculturalisme et l’acceptation dans


mes projets. Donc c’est important pour moi de rendre

« On pourrait dire que je suis le marchand de sable

un projet à terme, car je sais que cela va sensibili-

qui ne fait pas juste vendre des rêves mais je les ré-

ser ou conscientiser les auditeurs et contribuer ainsi

alise aussi. Tous artistes ou techniciens désirant évo-

à l’épanouissement de ces derniers en allant même jusqu’à changer leur vie complètement », nous dit-il avec fébrilité. « C’est justement la zoothérapie qui m’a ouvert les yeux. Cela m’a permis de voir que les clients, lors

luer dans mes projets sont les bienvenus et y trouvent leur compte. C’est pour cela que je qualifie mon label comme un carré de sable (« Sandbox ») aux millions de possibilités créatives. Ensemble, nous créons quelque chose de superbe, unique et merveilleux, reflétant la collaboration de tous les artisans. Mes pro-

d’une séance de zoothérapie, diminuent leur pression

jets deviennent leurs projets et une vitrine de visibili-

artérielle en faisant ce qu’ils aiment ; c’est-à-dire, en-

té pour les contributeurs. Bref, tout le monde y trouve

trer en contact et pratiquer des activités avec les ani-

son compte et y gagne en quelque sorte ! »

maux. Alors je me suis dit que je vais faire plus que rendre heureux les gens qui me consultent en zoothé-

« Rien n’arrive pour rien, mon amour pour la zoothé-

rapie. Je vais rendre tous les gens heureux à travers

rapie m’a amené à l’amour des arts en général. Je

l’art. Je suis plus qu’un simple chanteur. Je suis un

pourrais qualifier cela d’«Arthérapie » !, termine-t-il

producteur également. Je produis donc du matériel

en souriant.

artistique qui livre des messages d’amour, de passion, d’acceptation et d’ouverture à la différence : entre autres, la diversité et le multiculturalisme. Le racisme et la discrimination n’ont pas leur place dans mes projets ; c’est pourquoi, tout le monde adore travailler avec moi car nous gravitons autour de l’universalité de l’art, peu importe le domaine d’activité.»

Propos recueillis par Blacky Gyan Mise en page: Jonas Simberg


Cinéma


les films à mille et un sens N’avez-vous jamais regardé un film dont le sens vous échappe ? Univers étranges, dialoguestorturés, histoires imbriquées, significations doubles: bienvenue dans le monde des films complexes à décrypter.

Donnie Darko (2001) par Richard Kelly, USA L’histoire Donnie Darko est un adolescent intelligent, imaginatif et perturbé qui voit et parle à une mystérieuse créature aux allures de lapin morbide appelé Frank. Après avoir miraculeusement échappé à un accident mortel, Donnie reçoit la proposition d’un étrange marché de la part de Frank. Secrets, événements

* Ne lire qu’après avoir vu le film.

douteux, destin et fin du monde sont en jeu.

Enemy (2014) par Denis Villeneuve, Canada, Espagne

Décryptage pour lecteurs avertis *

L’histoire La vie tranquille du professeur d’université Adam est bousculée par sa rencontre avec son parfait sosie, Anthony, un acteur extraverti. Une étrange obsession pour cet homme s’installe chez lui. Il commence à l’observer et cherche à entrer dans sa vie. Décryptage pour lecteurs avertis * Le trouble et la tension sont présents tout au long de ce film complexe. La question principale pour le spectateur est de savoir si les deux personnages existent réellement. Une piste de réflexion propose la théorie du dédoublement de la personnalité du héros. Celui-ci étant pris dans un quotidien étouffant duquel il tente de s’échapper par tous moyens ; notamment, par de multiples adultères. Le concept de la boucle, répétition infinie d’actions et d’erreurs, est abordé dès l’ouverture du film et peut en expliquer la fin : le retour au mensonge et à une vie de débauche. Quant à l’araignée, symbole étrange présent tout au long du film, ne s’agit-il pas d’une figure de la femme, dans une vision repoussante et emprisonnante du couple ?

Le thème de la destinée est un point central du film. Selon certains, les choix du héros lui permettent de sortir du chemin préalablement établi. De son « canal », selon les termes qu’il emploie lors d’une conversation avec son professeur, une « forme de voyage dans le temps ». Selon d’autres, Donnie Darko explore la théorie des univers parallèles, qui expliquerait que le réacteur écrasé ne provient d’aucun avion. Quoi qu’il en soit, le film appelle à l’interprétation et aucune signification ne semble officielle.


Lost highway (1997) Lynch, USA, France

par

David

L’histoire Rencontre avec un homme blafard inquiétant, réception de cassettes-vidéos filmant son sommeil à l’intérieur de leur maison, soupçons d’adultère : le quotidien de Fred Madison devient de plus en plus perturbé. Jusqu’au meurtre de sa femme, dont il est jugé coupable et condamné à la peine capitale. C’est alors qu’il se métamorphose en un autre homme et reprend une vie presque normale. Décryptage pour lecteurs avertis * Cette fois encore, le réalisateur David Lynch découpe le film en plusieurs histoires dont les ruptures sémantiques perturbent le spectateur. La métamorphose de Fred peut s’expliquer par un dédoublement d’identité. Il s’agirait de l’exploration fantasmatique de son assassinat selon les dif-

Mulholland Drive (2001) par David Lynch, USA, France

férents points de vue de sa personnalité. Le personnage mystérieux illustre l’aspect diabolique et perturbé du héros.

L’histoire Déboussolée et souffrant d’amnésie suite à un accident de voiture ayant eu lieu sur Molholland Drive à Hollywood, Rita se réfugie chez Betty, une jeune actrice naïve, fraîchement arrivée à Los Angeles. Les deux femmes se lient d’amitié et tentent ensemble de percer le mystère entourant Rita. Décryptage pour lecteurs avertis * Les spectateurs ayant déjà vu Mulholland Drive connaissent l’instant de rupture qui marque le film quelques dizaines de minutes avant sa fin. L’histoire y prend un virage déboussolant. Une signification cohérente peut pourtant la démystifier : la majeure partie du film constitue l’inclusion d’un rêve dans la réalité. Le fantasme d’une femme frustrée et délaissée, qui imagine une nouvelle vie dont elle est l’héroïne principale. Les éléments sombres y apparaissent pourtant, sous différentes formes, pour lui rappeler ses remords : figures épouvantables et scène étrange de théâtre. Quant à la clé, indice présent tout au long du film, elle prend la signification de la mort, réponse à toute l’histoire.

Rédaction: Maëva Cruchet Mise en page: Jonas Simberg


Coiffure


Une coiffeuse inspirée par la musique.

J

e suis née et éduquée comme une artiste et j’ai toujours cru que je vivrais de mon art, peu importe comment. Mais pour un temps, je définissais mes relations sociales comme étant suffisamment créatives pour m’amener la prospérité et j’avais peur de ne pas être heureuse à faire comme tout le monde. Attirée par les gens, cela fit surgir ou revivre en moi des sentiments qu’on aurait pu appeler amour et espoir. Mais j’oubliais une chose : tous ces sentiments que remuaient en moi ces personnes n’avaient pas la force matérielle d’un investissement à long terme, sur ma personne et mes projets professionnels. Je commençais à croire que j’avais, peut-être, plus d’habiletés que d’une valeur sociale. Donc pour cela, j’avais besoin d’outils concrets de travail et ce fût ma trousse de coiffeuse. Toutefois, puisque la coiffure est aussi très limitative car l’on doit très souvent se plier aux volontés de nos clients, en moi continua de s’installer un désir ardent de transposer toutes mes forces d’expression dans la chanson ; ce qui a totalement bousculé ma vie. J’ai été interpellée par la coiffure à l’âge de 4 ans. J’ai dit à voix haute : «Quand je vais être grande, je vais être coiffeuse.» Il y avait la grâce et l’harmonie

qui voulaient s’installer en moi, mais j’étais, somme toute, un peu jeune pour en vraiment saisir le sens. Aujourd’hui, nous ne sommes pas sans savoir que si nous avons la capacité de transformer le haut de notre corps, il en est de même pour le bas aussi. Une sorte d’alchimie qui nous pousse à devenir un sex-symbol du fond de la plus profonde des cavernes de nos ancêtres se fait. Nous sommes nés pour être beaux. Cessons d’être si orgueilleux et appliquons-nous à devenir maîtres de notre apparence ! Puisque ce corps, porteur de notre destinée, se doit d’être glorifié. Néanmoins, il est vrai que la décision que je pris d’étudier dans ce domaine fût très hâtive. Les frais étaient assez onéreux et l’ambiance de l’école très exigeante mais j’ai tenu bon jusqu’à la fin de mon cours d’un semestre. Toutefois, l’art de transformer les cheveux m’a appris deux choses très importantes : la tête que l’on a nous donne des ailes et les cheveux sont liés au siège de la pensée. Dès lors, il me parut évident que l’humain est important dans son entièreté et que rien n’est à négliger chez lui. C’est un être très demandant qui veut atteindre un summum de beauté très difficile et est prêt à payer un bon montant pour se faire refaire une coupe ou une


mise en plis du tout dernier cri. Ma grande force est les coiffures funky. J’adore les coiffes osées, les cheveux mélangés en nid, les petites tresses par-ci et par-là. C’est, en quelque sorte, posséder la vie avant qu’elle ne nous possède, sans motif particulier. De mes coiffures a émergé le bonheur de n’en faire qu’à ma tête, sans me sentir différente. Être une chanteuse, c’est accepter d’être une femme différente qui chante à sa manière, qui bouge comme elle veut et qui veut créer son bonheur à elle dans les oreilles des gens. J’ai commencé à chanter très jeune. À nos horaires du primaire et secondaire s’ajoutaient trois heures de chant hebdomadaire, en plus de trois heures dans chacun des autres domaines artistiques. J’ai été choriste deux ans et un an, chanteuse dans le Blues Band. Et j’ai réellement eu un déclic profond lorsque je me suis demandé quelle était ma mission à part faire partie du monde déjà existant. Quand j’ai vu que la musique sommeillait en moi comme une guerrière qui avait arpenté mon âme durant un court laps de temps dans mon existence montréalaise, j’ai décidé de faire un cours de chant professionnel, juste pour vraiment avoir, dans ma voix, la puissance ; chose que je n’avais pas puisque je n’étais pas capable de chanter mes propres chansons. En effet, je ne pouvais chanter que celles des autres et encore là, un peu à leur manière. Je sus d’où sortais ma voix et faute d’argent, je dus travailler très dur, chez moi, pour connaître ma tonalité chantée ainsi que mon émotion et sa justesse. Chanter est loin d’être facile et je l’ai appris dans la dernière année. Une des raisons pour lesquelles les retombées de ma carrière musicale ne sont pas encore énormes est que je n’ai pas encore eu un produit fini assez perfectionné. Faire une mélodie structurée, c’est beaucoup plus de travail que de simplement prendre un beat fait sur l’Internet

En répétition dans le Blues Band.

par d’autres musiciens amateurs du système MIDI* et offert sur les sites bien connus tel que Youtube. J’ai eu plusieurs conseils de tous les musiciens en herbe disponibles pour enregistrer une douzaine de chansons dans la dernière année. Cela allait de «donne plus» à «fait cela» ; mais, en gros, ce ne sont que des ébauches et j’espère que ma nouvelle chanson que j’enregistre au studio Underketch, depuis le mois d’août fera vraiment fureur. Je planifie également d’aller à l’université pour suivre un cours en interprétation de chants contemporains et d’avoir ainsi les outils pour démarrer une carrière comme une grande artiste se le doit. Je pensais travailler avec des jeunes dans l’art interventionnel, puis je me suis dit que ma passion pour la musique pourrait m’ouvrir plus de portes que juste l’intervention. Avec la musique, j’irai où je voudrai et je pourrai, désormais, écrire mes chansons de A à Z. Dans ces deux avenues que sont la musique et la coiffure, j’apprends énormément à laisser aller ma créativité et c’est génial car le bonheur se trouve là où notre être peut expérimenter le summum de la vie : ce dans quoi nous excellons. * MIDI est un logiciel complexe et très polyvalent qui permet de créer des mélodies à partir d’un clavier connecté au programme. Il contient des sons, des instruments, des portées musicales à l’écran et ressemble à un ordinateur qui transmet la fréquence cardiaque une fois que la mélodie y est.

En 2014, avec mes cheveux faits pendant mon cours de coiffure.

Rédaction : Alanie Genest Mise en page : Axelle Port-Lis


Cuisine


Mimi, la couturière dans son palais de gâteaux Troquant patron et dé à coudre pour une toque de pâtissière, Marie Emilie Sambou alias Madame Mimi fait parler d’elle dans l’univers des crèmes et montréalais. Après des services de petits déjeuners (boutique) et de traiteur, la couturière dévoile son côté professeure avec son école qui offre une formation 100% pratique aux passionnés de la pâtisserie et autres. Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre la profession de pâtissière «au détriment » de celle de couturière ? Au premier regard, ces deux domaines vous semblent très différents. C’est bien le contraire. Ce sont des domaines dans lesquels il faut être habile des mains, aimer créer, oser, tester de nouvelles choses, avoir de l’entregent, aimer jouer avec les goûts des gens… La liste, elle est longue. Bref, j’ai constaté que le domaine de la mode est très saturé et qu’on est inondé de prêtsà-porter venus des pays à bas coût. Alors je me suis dit qu’il me fallait faire quelque chose que j’aime vraiment, qui me passionne et qui est universel. Etant donné que j’aime créer et sculpter et que j’ai le sens du goût très prononcé, ce qui me permet, d’ailleurs, de différencier les différentes saveurs d’un plat, j’ai tout bonnement vite compris que c’est la pâtisserie qui me fallait. De quelles personnes ou expériences avez-vous appris le plus pour arriver où

vous en êtes ? De mon père ! C’était quelqu’un de très persévérant et très motivé dans tout ce qu’il entreprenait. A-t-on besoin de l’amour pour ce que vous faites, ou le professionnalisme suffit-il ? Je pense qu’il faut beaucoup d’amour. D’abord, celui des gens et du public et ensuite celui de la transmission du savoir. Avec l’amour, on est capable de persévérer, d’inventer de nouvelles choses et de réunir les gens autour d’un projet commun. Donc, l’amour est indispensable dans tout. Peut-on dire que c’est la rencontre entre la mode et la gastronomie ? En effet, comme dit précédemment, ce sont des métiers similaires sur certains points et c’est la raison pour laquelle ma conversion n’a pas été difficile.


Si on vous dit que la pâtisserie est devenue la haute couture de la cuisine et que désormais on mange du bon mais aussi du beau ... Effectivement, on mange bon et beau. Les clients sont de plus en plus exigeants et leurs commandes, davantage sophistiquées. Par conséquent, allier le bon goût, l’esthétique et les exigences de la clientèle doivent toujours être des priorités. Avez-vous conscience que vous procurez du plaisir aux gens car la pâtisserie n’a pas pour vocation de nourrir mais comme disait le pâtissier français Dominique Ansel d’apporter un peu de bonheur à tout le monde ? Un client qui sort de ma pâtisserie, sa commande en main et un sourire sur le visage ou un élève qui éprouve une satisfaction totale après avoir réussi la décoration de gâteau : voici la vraie vie, selon moi. Pensez-vous que si vous n’aviez pas fait de la couture, vous ne seriez pas devenue pâtissière eu égard au fait que la créativité est une qualité essentielle dans ce métier ? A la base, j’aime bien cuisiner donc je pense que même sans la couture, la pâtisserie aurait été là. Parlez-nous de l’école de formation ! Le Goût du Palais chez Mimi Inc. a été fondé en octobre 2014. Toutefois, je travaillais de la maison. L’école de formation en pâtisserie et en services de traiteur dans laquelle seule la motivation compte pour s’inscrire. Cette école forme des gens qui veulent devenir de futurs pâtissiers mais aussi ceux qui veulent faire de la pâtisserie uniquement à la maison. Tous les âges s’y rencontrent. Mon plus jeune élève a 18 ans et le plus âgé, 68 ans. L’école Le Goût du Palais chez Mimi s’adapte aux besoins des élèves en leur proposant des horaires flexibles : il y a des cours le jour (9h-13 h), le soir (18h-21h) et le samedi (9h-14h). Et au terme de la formation 100% pratique qui permet ainsi aux élèves d’intégrer le marché du travail le plus rapidement possible, un stage d’un an et un suivi à distance sont offerts.

Les différents cours donnés sont : • Module 1 : Décoration (crème) • Module 2 : Décoration (fondant et pastillage) • Module 3 : Pâtisserie Française • Module 4 : Cuisson de gâteaux (d’anniversaire, de mariage, …) • Module 5 : Boulangerie et viennoiseries Entre 14h et 17h, je m’occupe de la production pour la boutique et pour les commandes de l’extérieure. D’ailleurs, je suis aidée de stagiaires de la première promotion dans l’exécution de mes commandes de gâteaux (de mariage, d’anniversaire, …) et de services de traiteur pour divers événements. C’est une occasion pour eux de perfectionner leur technique et d’apprendre en profondeur les ficelles du métier. Quels sont vos objectifs professionnels pour le futur ? Ouvrir une pâtisserie à Dakar, au Sénégal, mon pays d’origine afin de faire profiter mon savoir-faire à mes compatriotes.


Quelques questions au hasard : Dans quel style ou tendance vous classifiez-vous ? J’aime le style afro-européen. Comment est/était votre clientèle ? J’avais une clientèle variée : des libano-sénégalaises, des sénégalaises, mais surtout des jeunes et des moins jeunes. Comment avez-vous commencé à développer ce talent ? Vous vient-il de l’enfance ? J’ai toujours eu un esprit créatif et je suis aussi très manuelle. Dons, je peux dire que c’est un talent inné. N’avez-vous pas peur que votre savoir-faire en couture se perde ? Pas du tout ! Il m’arrive, de temps en temps, de faire des retouches au besoin, pour ma famille, pour moi, … mais aussi lors d’événements comme par exemple Miss Burkina Faso 2014 où j’ai eu à retoucher des robes. Une anecdote de couture amusante que vous pouvez nous raconter ? La première fois que j’ai cousu une robe, j’ai mis la manche au niveau de l’encolure. Et au moment de la porter pour l’essayer, ma tête ne passait pas et il a donc fallu tout défaire. Quelle formation en pâtisserie avezvous reçu ? A l’image de mon école, j’ai reçu une formation 100% pratique. Où et comment avez-vous obtenu votre

premier emploi comme pâtissière professionnelle ? Cela s’est matérialisé sous la forme d’un stage. Ma formatrice qui a très rapidement repéré mes talents et ma motivation m’avait vivement conseillé de faire un stage au sein de son école ; ce qui m’avait permis de travailler sur plusieurs commandes. Comment définiriez-vous votre style ? Innovateur ! Quelle est votre pâtisserie emblématique, ou votre recette favorite de gâteau? La forêt noire ! C’est un gâteau, à la base, monté à partir de génoise au cacao, parfumée au kirsch et fourrée de cerises au sirop et de crème chantilly. Elle est recouverte de crème chantilly et décorée de copeaux de chocolat. Quelle a été votre inspiration maximale dans votre carrière ? Il s’agit d’un défi insurmontable : préparer et livrer un gâteau de 3 étages en … 3 heures et je l’ai géré globalement et avec succès. Aujourd’hui, je m’inspire beaucoup de cette expérience. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui étudie et qui pense entamer sa carrière en pâtisserie ? Croire en son projet et ne surtout pas abandonner car on ne sait jamais à quelle distance se trouve la réussite.

Interview & Mise en page : Blacky Gyan


Lifestyle


Les multiples facettes du couchsurfing


Connaissez-vous le couchsurfing ? Cette manière al-

Voyager en restant chez soi

ternative de voyager repose sur l’hébergement gratuit chez l’habitant. Zoom sur une pratique d’entraide à

Héberger des étrangers dans votre maison, c’est l’oc-

différents visages.

casion d’échanger sur votre nation, vos habitudes de vie et les choses que vous aimez. Il s’agit d’une ma-

Le couchsurfing est imaginé en 2004 par Casey Fen-

nière de sortir de votre zone de confort et de redécou-

ton, Daniel Hoffer, Sebastian Le Tuan et Leonardo Bas-

vrir votre environnement avec les yeux d’un étranger.

sani da Silveira, après l’envoi d’un email à un groupe

C’est aussi le moyen de rendre la pareille à vos hôtes

d’étudiants islandais. Leur supposition de départ : par-

précédents ou à venir. Une expérience personnelle qui

tout dans le monde, des gens sont prêts à ouvrir leur

vous enrichit davantage que de l’argent.

maison à des étrangers afin d’échanger avec des « amis qu’ils n’ont pas encore rencontrés ». Une idée

Appartenir à une communauté mondiale

qui prend forme, par la suite, grâce à un site qui met en relation des voyageurs du monde entier, via un sys-

Le couchsurfing est un mouvement qui compte, au-

tème de profils et d’appréciations mutuelles.

jourd’hui, dix millions de personnes dans plus de deux cent mille villes dans le monde. Cette communauté

Voyager comme un local

repose sur des valeurs de partage, de connexion entre les gens, de gentillesse et de curiosité sur le monde

Choisir le couchsurfing pour un voyage, c’est aller au

qui nous entoure. Pour mieux vous y intégrer, voici

plus près de l’habitant. Vous entrez dans sa maison,

quelques conseils pratiques :

son intimité et ses pratiques de vie. C’est l’occasion de discuter avec lui de sa culture et de la ville dans

- Rédigez proprement votre profil en y décrivant votre

laquelle il habite. Il vous renseigne sur ce qu’il connait

vision du monde, vos goûts et vos attentes en matière

et ce qu’il aime : les visites à ne pas manquer ainsi

de couchsurfing.

que les meilleures adresses pour sortir. En bref, c’est

- Consultez attentivement le profil des autres et en-

une façon d’arpenter les environs comme un habitant

voyez-leur des messages personnalisés qui prouvent

et non en tant que simple touriste. Rappelons égale-

que vous vous intéressez à eux.

ment que le couchsurfing est gratuit. Vous y gagnez

- Accordez-leur du temps, apprenez-en sur eux. Et

sur le plan personnel et financier.

surtout, respectez leur culture et leurs pratiques.


Et la sécurité dans tout ça ? Le couchsurfing a beau être fondé sur l’altruisme, il est essentiel de respecter des règles de sécurité. - Fiez-vous aux références laissées par les autres membres du site avant de rencontrer une personne. - Suivez votre instinct. Si vous ressentez la moindre gêne, communiquez sur vos craintes sans avoir peur de paraitre impoli. - Conservez vos informations personnelles confidentielles jusqu’à vous sentir à l’aise pour les transmettre. - Lors de vos voyages, préparez une liste d’options de logement alternatif, en cas de problème. - N’hésitez pas à reporter tout problème.

Rédaction: Maëva Cruchet Mise en page: Jonas Simberg

Rédaction: Maëva Cruchet Mise en page: Jonas Simberg


Jesuis

une

LICORNE


C

onnaissez-vous le roman The Last Unicorn de Peter S. Beagle qui a inspiré le film du même nom sorti en 1982 ? Je regardais ce film quand j’étais enfant et étrange comme cela peut paraitre, je me suis reconnue dans le personnage de La Licorne. Vivant seule dans sa forêt, La Licorne croyait qu’elle était la dernière de son espèce jusqu’à ce qu’elle décide de partir à la recherche des siens. Les circonstances ont amené un magicien à la transformer en jeune femme. Peu à peu, les souvenirs de son passé de licorne s’effacèrent ; ce qui la rendait de plus en plus humaine. Mais sa vraie nature la rattrapa et elle s’est rappelé de sa mission : retrouver les licornes. Cette histoire s’achève lorsque toutes les licornes sont retrouvées et libérées d’un mauvais personnage qui les retenait prisonnières. Maintenant, voici un peu de mon histoire. J’ai été une enfant solitaire, mélancolique et renfermée. Dès mon très jeune âge, les questions existentielles envahissaient mon esprit. Je ne me sentais nulle part à ma place. Non seulement parce que j’ai vécu de l’intimation tout le long de mon enfance et adolescence, mais aussi parce que je ne me reconnaissais pas dans la société dans laquelle je vivais, la remettant, sans cesse, en question. J’avais tout de même une échappatoire : ma passion pour l’histoire et le dessin. Je voulais devenir archéologue ou designer de mode ou même étudier à l’École des Beaux-Arts de Montréal. Je me sentais marginale, mais paradoxalement, je voulais être normale, faire partie de la moyenne et être acceptée socialement. Je voulais fuir cette idée qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi. Je me demandais si d’autres personnes ressentaient la même chose ou si j’étais seule dans ma forêt ; j’étais cette licorne. Puis, j’ai été transformée, à mon tour, en humaine ; modelée dans ce moule qui nous dit ce qui est bon pour nous. Oui, je sais qu’au fond de moi, je voulais être normale car c’est rassurant et encouragé par la société. C’est quand même sans regret que je possède une formation académique en administration des affaires. J’ai mené, pendant plusieurs années, la vie d’une jeune professionnelle avec de beaux vêtements, une belle auto et un bel appart. C’est suite à l’obtention de mon titre de Comptable Professionnelle Agréée - Comptable Agréée (CPA-CA) que je tente de retrouver ce côté artistique que j’avais abandonné en m’impliquant dans le domaine des arts et de la culture, principalement, en tant que mannequin. J’étais comptable de 9@5 seulement. Manquant d’une véritable ambition professionnelle dans ce domaine, je me sentais même comme une imposteure. Et il y a deux ans, ce déclic : pourquoi ai-je accepté cette vie « normale »? Je n’ai pas à vivre une vie normale. Je suis une licorne et je dois vivre ma vraie nature. J’avais un emploi sécuritaire dans une prestigieuse firme comptable ; mais, l’environnement peu stimulant, la routine de travail, le manque d’autonomie et surtout mon besoin de créativité grandissant m’ont mené à un changement de vie. Aujourd’hui, étudiante en mode, je n’ai ni le besoin, ni l’ambition de poursuivre une vie traditionnelle car c’est une vie qui ne me ressemble pas. Loin des normes et des grandes structures, je vis dorénavant avec le minimum et je perçois mon avenir d’entrepreneure comme rempli de nouveaux défis. Je suis fière d’avoir eu le courage de faire ce pas. Je suis un mannequin totalement atypique, je suis styliste, rédactrice et directrice artistique. Je veux créer, chambouler les conventions et faire souffler un vent de changement dans le milieu de la mode. J’ai espoir que je retrouverai un jour la forêt d’où je viens. Je suis une licorne et je dois le rester.

Je

suis

une

LICORNE Rédaction : Julieta Rosibel Mise en page : Axelle Port-Lis


LittĂŠrature


Le baroque et le «two-steps binaire» dans l’univers romanesque de l’auteur québécois Hubert Aquin


L

e baroque, esthétique qu’adopte Hubert Aquin, né le jour du krach boursier de New York, le 24 octobre 1929 et mort suicidé le 15 mars 1977, notamment dans son deuxième roman Trou de mémoire paru en 1968, se caractérise par l’hostilité à l’idée d’achèvement. Il est, pour reprendre les mots du spécialiste sur la question Jean Rousset, l’« ennemi de toute forme stable, il est poussé par son démon à se dépasser toujours et à défaire sa forme au moment qu’il l’invente pour se porter vers une autre forme ». La décomposition qu’il implique donne lieu à la perpétuelle métamorphose des lignes, exigeant du spectateur ou du lecteur qu’il multiplie les points de vue.

toujours en rupture avec lui-même ; il ne cesse de changer et de s’échapper à lui-même, ce à quoi correspondent bien Hubert Aquin et ses personnages. Ceux-ci apparaissent, en effet, comme profondément divisés, scindés, fragmentés. Le titre qu’a choisi Françoise Maccabée-Iqbal pour l’un de ses ouvrages sur Hubert Aquin, Desafinado, c’est-à-dire « désaccordé, défaut d’harmonie », s’applique parfaitement à l’auteur et à ses êtres de papier. Les personnages aquiniens sont condamnés à « l’espacement » ; c’est-à-dire, pour reprendre la définition que donne Jacques Derrida de ce terme, à «l’impossibilité pour une identité de se fermer sur elle-même, sur le dedans de sa propre intériorité ou sur sa coïncidence avec soi». De

Parmi les traits attribués au Baroque figurent, notamment, le mouvement et l’inconstance. Alors que la forme d’une œuvre classique est bien définie, fixe, arrêtée, celle de l’œuvre baroque tend à être indéfinie, débordante, changeante. Cette opposition tient à la différence de perception de la réalité, perçue soit comme stable (dans le premier cas), soit comme diverse, mouvante, trompeuse (dans le deuxième). Dans l’esthétique baroque, l’univers semble perdre son unité, le sol, sa solidité, les êtres, leur identité ; tout est sujet à une continuelle remise en question. C’est aussi «l’humiliation de la raison» que souhaite l’attitude baroque, contrairement à l’attitude classique. L’esthétique baroque est motivée par un « refus des impossibilités rigides de la raison et de la norme reçue dans lesquelles elle voit une violence indue, une tyrannie exercée contre les droits innés de la vie à s’épanouir et se manifester dans ses multiples tendances ». Pour l’homme baroque, la réalité est illusoire, comme un décor de théâtre et rien ne peut être certain. L’art baroque trouve donc sa vérité dans l’espace intermédiaire entre l’illusion et la réalité. Les procédés utilisés, tels que les masques, les leur incapacité à unifier leur caractère, découle illusions multipliées à l’infini, etc… traduisent une oscillation constante entre haut et bas, entre l’incertitude qui a gagné toutes choses. En montée et (re)chute. littérature, l’attitude baroque tend à relativiser le discours et à le réduire à néant. Dans Prochain épisode, premier roman de l’auteur sorti en 1965, c’est l’écartèlement Dans Trou de mémoire, chaque situation, douloureux du narrateur, la disjonction dont il chaque concept est en état de mouvement est la proie et le lieu, qui cause une «mécanique incessant et se trouve perpétuellement au seuil ondulatoire» entre noyades au fond du lac de sa propre annulation. La réalité étant bancale Léman et remontées à la surface. La confession et changeante, le sujet ne peut que l’être lui du personnage P. X. Magnant dans Trou de aussi. L’homme baroque apparaît comme étant mémoire est aussi marquée par un continuel va-


et-vient entre l’affirmation de sa toute-puissance et celle de son impuissance, entre l’euphorie et la dysphorie, le délire et la lucidité, la maîtrise et la dépossession. Les personnages ne sont pas les seuls à souffrir de ce manque de continuité intérieure. Aquin lui-même déclare dans une lettre « passe[r] du plein au vide sans progression, de l’exaltation du moment à l’extrême du désemparement ». Cette ambivalence peut s’expliquer politiquement. Si l’on s’en tient à la théorie de l’auteur exposée dans son article intitulé « La fatigue culturelle du Canada français », les québécois offrent tous les symptômes d’une fatigue extrême : ils «veulent simultanément céder à la fatigue culturelle et en triompher, ils prêchent dans un même sermon le renoncement et l’ambition», ils «aspire[nt] à la fois à la force et

Hubert Aquin

credit photo : Ministère des Communications

au repos, à l’intensité existentielle et au suicide, à l’indépendance et à la dépendance». Ainsi, la culture canadienne-française agonise, puis renaît, puis agonise de nouveau et vit ainsi « une existence faite de sursauts et d’affaissements». Ce «two-steps binaire», cet «aller et retour écœurant entre l’exaltation et la narcose » serait le propre du colonisé. Le malheur de l’homme victime de la colonisation est précisément qu’il n’arrive presque jamais à coïncider avec luimême. Les remarques de P. X. Magnant dans Trou de mémoire sont selon le critique Jean-

Pierre Martel « celles d’un Québécois (auquel on refuse tout avenir pascal) conscient d’être colonisé et d’exister à côté des autres » et qui vit, de ce fait, «de façon désespérée, dans la fatigue extrême». La désintégration en profondeur du sujet peut aussi se comprendre en-dehors du contexte politique québécois, d’un point de vue davantage existentiel pour ainsi dire. À cause de « l’affalement spirituel », le moi aquinien est impliqué dans un processus de dissolution. Christine par exemple, personnage de L’Antiphonaire, troisième roman de l’auteur québécois paru en 1969, est constamment menacée de sombrer dans une crise désintégratrice ; elle n’arrive pas à réunir les éclats de sa personnalité et à s’ériger comme moi autonome. Tout accès à la plénitude semble lui être barré d’avance ; l’existence n’est pour elle qu’« une série de séquences brisées, autosuffisantes, dont l’addition n’égale jamais la totalité ». L’écriture s’apparente à une «sinistre spasmophilie graphique», donnant à voir un personnage qui «[s]e déforme», «explose», «[s] e fissionne», «[s]e pulvérise». À son image, les phrases se perdent en dédales, en méandres. La prose se détraque, se dégrade au fur et à mesure du roman. L’écriture, «[d]evenue ulcère», constitue elle-même un «agent de désintégration». Le non-sens finit par triompher ; le discours, par s’effondrer. Christine ne parvient pas à mener à bien l’œuvre qu’elle projette, parce qu’elle ne parvient pas à être. Parce qu’ils ressentent vivement le néant en eux et autour d’eux, parce qu’ils sont dans un grave état de dispersion intérieure, les personnages aquiniens ont la sensation de sombrer dans une fosse liquide. La noyade et l’engloutissement sont des symptômes bien connus en psychanalyse de l’insécurité ontologique. D’après Gaston Bachelard, l’eau symbolise l’immobilité, voire le risque d’anéantissement, de mort. Le lac Léman dans Prochain épisode se présente ainsi comme une image symbolique de la dissolution psychique du personnage. Les romans d’Aquin sont la signature finalement plus tragique que burlesque de sujets condamnés au néant. Rédaction : Candy Hoffman Illustrations : Donkeeeh Mise en page : Axelle Port-Lis


Mode


Christina Manuel ou une vie entre spatules et talons Christina

Manuel,

cette

jeune

cheffe

cuisi-

secondaire, tout le monde savait ce qu’il voulait deve-

nière originaire d’Angola, est en train de se

nir sauf moi. Mon conseiller m’a fait donc visiter trois

construire une solide réputation sur les réseaux

cours où se déroulaient trois choses que j’appréciais

sociaux, à Montréal, au Canada et ailleurs, en

et qui étaient la cuisine, la mode et les arts. Je suis

tant que modèle-mannequin, figurante, … pour

tombée en amour pour les trois en même temps et

faire connaître et partager son autre passion :

j’ai fini par les faire tous les trois. Après le secondaire,

la mode. Comme j’ai l’immense privilège de la connaître, je n’ai pas pu résister à l’envie de lui poser quelques questions afin qu’elle nous parle de spatules et de talons. Vous pouvez la découvrir sur Instagram avec ses 40 000 abonnés. lisations...

j’ai poursuivi des études dans une école de cuisine à Calgary. J’ai travaillé, par la suite, dans les restaurants d’hôtels et la restauration mais en 2014, mon amour pour la mode est réapparu de manière si forte que j’ai décidé de quitter la cuisine pour poursuivre dans la mode. Aujourd’hui, je suis styliste, modèle et rédactrice de mode. Comment définirais-tu la mode ? Pour moi, la mode est un moyen de m’exprimer et d’exprimer mes émotions à travers les couleurs et les tissus. La mode, c’est ne pas avoir peur de montrer qui on est vraiment. La cuisine et Christina ! Depuis toujours ? Raconte-nous l’histoire, s’il te plaît ! La cuisine et moi, nous ne ferons qu’un … Jeune, j’étais toujours dans la cuisine en train d’admirer ma grandmère qui cuisinait pour moi. C’était juste beau de voir comment elle pouvait transformer une simple tomate en une délicieuse sauce. Et une fois que j’ai commencé à cuisiner, les gens semblaient apprécier cela et la joie dans leurs yeux a fait que j’ai encore plus voulu créer, cuisiner. J’aime rendre heureux les gens et à chaque fois que je cuisine pour quelqu’un, j’y mets âme et passion car je me dis qu’une fois après avoir mangé, il ira bien. La cuisine est une part de ce que je suis. Si je te dis : mode ou cuisine, tu me réponds …

Tout d’abord, explique-nous d’où est née cette

Honnêtement, je ne peux faire de choix car les deux

passion pour la mode et quel a été ton parcours

me sont très chères et jouent un rôle vraiment diffé-

scolaire ?

rent dans ma vie : j’aime voir l’expression faciale des gens à chaque fois qu’ils goûtent à ma nourriture et la

Dès mon plus jeune âge, mes parents voulaient que je

mode est un moyen que j’ai trouvé pour m’exprimer

devienne avocate. Toutefois, à ma deuxième année de

et exprimer qui je suis vraiment.


Comment fais-tu, au quotidien, pour concilier les deux ? Je travaille franchement sur les deux, toute seule. J’aime créer différents plats au quotidien pour mes enfants ou j’invite tout le temps des amis à venir chez moi afin de cuisiner. Pour la mode, je ne peux pas quitter la maison si ce que je porte n’est pas assorti ou si je ne représente pas la mode.

Quels sont tes plats préférés (angolais et/ou international) ainsi que ta spécialité angolaise – avec la recette, s’il te plaît, pour nos lecteurs – et pourquoi tu aimes préparer cela? Mon plat angolais préféré est le mufete. C’est du poisson grillé avec des patates douces, du manioc et des haricots cuits avec de l’huile de palme. C’est le plat le plus délicieux d’Angola selon moi. Mais si je dois choisir un plat non-angolais, je dirais le burger, j’aime les burgers.

Interview et traduction: Blacky Gyan Mise en page : Jonas Simberg


Et le graphiste Stefdekarda revolutionnera la mode dakaroise !


Dakar, capitale de la mode africaine. C’est encore plus vrai avec la vogue «ethnique» suscitant l’envie des créateurs occidentaux de venir s’inspirer sur le sol du continent noir ou la convergence de stylistes africains et ce, plusieurs fois dans l’année, notamment avec des événements comme la Fashion Week d’Adama Paris qui est, d’ailleurs, une des personnes inspiratrices pour ce jeune sénégalais du nom de Stéphane André Pierre Diène ou communément appelé Stefdekarda. Celui-ci surprend avec sa formation en infographie et multimédia agrémentée de quelques années de pratique en photographie dont certains clichés font office de preuves de ses escapades modesques. Stefdekarda nous a présenté cette année quelques collections et la dernière en date est Ansata. Le style est ambitieux mais surtout audacieux : montrer que la mode se fait avec tout le monde et surtout que les tissus africains ne doivent pas jalouser

Fil conducteur Par la passerelle menant à un espace avec des sections très représentatifs du graphisme ; à savoir : les lettres, les magazines, la publicité, les vidéos, les identités visuelles, on entre dans le 8ème art qu’est la photographie (de mariage, d’artistes, de mode, …) et on tombe immédiatement dans un monde vestimentaire. Voici ce sur quoi on tombe quand on essaye de

percer les mystères de l’univers du «Famous teen of Karda*». Tout au long de l’écriture du livre de sa vie, les pages se remplissent d’histoires, de rencontres et de réalisations. Le récit débute avec son refus de suivre ce que la société exige. Pourquoi attendre la fin des études scolaires pour décider de son avenir professionnel si on peut suivre une autre voie qui donne le même résultat, au final ? Telle est la question qu’il s’est posée et la réponse à cette dernière l’a tout bonnement mené vers des études d’infographie et de multimédia accompagnées d’un zoom sur la photographie. La voie ne sera pas longue avant qu’elle bifurque à la mode. Chacune de ses activités prend un chemin différent. Mais, il sait pertinemment que ces chemins finiront par se rejoindre. A partir de son inspiration puisée aux sources de la musique, du street-art, des tatouages ou du design

contemporain et du jeu avec les couleurs harmonieux et les motifs joyeux des tissus issus du patrimoine africain, le «tonitruant» infographe-designer Stefdekarda a imaginé de lancer des collections de vêtements aussi osés et graphiques que colorés. Même remarque sur ses œuvres photographiques pour lesquelles on note l’omniprésence de la mode : l’importance du style vestimentaire et le respect de son maître-mot : oser se ressentent dans ses clichés.


RĂŠdaction : Blacky Gyan Mise en page : Jonas Simberg


Musique


quelques expériences professionnelles, lui a permis d’aboutir à son poste actuel. « Dans beaucoup de groupes où je me trouvais, que ce soit à la chorale ou ailleurs, j’aidais presque toujours pour tout ce qui était rédaction, diffusion de l’information, et organisation d’évènements », dit-elle. « C’est la raison pour laquelle je suis allée dans le domaine de la communication. » Au travail, Lauriane est motivée par le climat familial qui règne dans l’entreprise. Elle apprécie également beaucoup le fait qu’il n’y ait pas de routine. « Les mandats sont très variés. On a des clients complètements différents les uns des autres et même pour un même client, les événements ne sont pas les mêmes d’une édition à une autre. » Lauriane et la musique C’est en prenant des cours de piano, à l’âge de 4 ans que Lauriane fait son entrée dans le monde musical. « Ce sont mes parents qui m’y ont inscrite, mais j’ai abandonné très rapidement parce que je n’étais pas assez concentrée et disciplinée. C’était un cours de groupe et le professeur trouvait que je troublais sa classe. Il a donc demandé qu’on me trouve un professeur privé mais ce n’est pas allé très loin non plus. » En classe de seconde, elle a commencé à chanter dans des chorales. Elle l’a fait à Cotonou, à Accra et à Montréal. Après les chorales, Lauriane a commencé à chanter à de petits événements avec quelques amis. Ensuite, de 2012 à 2014, elle a travaillé avec l’artiste Veeby en tant que sa choriste. « Cela m’a permis de participer à des choses intéressantes comme le Festival International des Nuits d’Afrique de Montréal en 2014 et le Festival franco-ontarien à Ottawa, la même année. On a également chanté dans quelques salles et à certains événements montréalais qui étaient intéressants », ajoute-t-elle. Enam Ayélé, de son vrai nom Lauriane Ayivi, est une jeune femme âgée de 29 ans qui travaille en tant que chargée de relations médias chez Torchia Communications le jour et vit sa passion pour la musique, durant son temps libre. Originaire du Bénin, Lauriane est titulaire d’un certificat en anglais qu’elle a obtenu à l’Université de Legon, au Ghana. Elle est, ensuite, allée en France où elle a commencé des études en sciences économiques pour finalement obtenir un baccalauréat dans ce domaine, à l’Université de Montréal, au Canada. C’est également dans cet établissement qu’elle a obtenu un certificat en relations publiques ; certificat qui, accompagné de

Elle a participé au Festival International de Jazz de Montréal en 2009 avec le Chœur Interculturel de Montréal et a également fait partie des 1 000 choristes qui accompagnaient Charles Aznavour pendant le Mondial Choral de Laval. « C’était une expérience particulière. J’ai gardé de l’admiration pour tous les musiciens qui ont travaillé fort. C’était vraiment spécial de travailler d’aussi près avec quelqu’un d’aussi connu que Charles Aznavour qui, à son âge, a toujours autant d’amour et de passion pour la musique. » Depuis l’année dernière, Lauriane a décidé d’être à son propre compte en matière de musique. Bien que son


style de musique préféré soit le gospel, elle essaye de faire ressortir ses origines africaines à travers le rythme, les percussions ou la langue dans laquelle elle chante. On peut le constater à l’écoute de son premier single SO KE’M dont le refrain est chanté dans sa langue maternelle et dont le thème principal est le pardon dans tous types de relation. Il a été mis en ligne le 18 Septembre dernier. « Quand j’ai reçu la trame sonore, je ne sais pas pourquoi mais c’est le thème qui m’est venu à l’esprit », elle explique. « Sir Kory, la personne avec qui j’ai coécrit la chanson, avait aussi le même thème en tête. Qu’on le veuille ou pas, je considère que le pardon est quelque chose qui dépasse vraiment notre nature humaine. La nature humaine veut qu’on se fâche, qu’on garde rancune ou qu’on en veuille aux personnes lorsqu’elles nous blessent, mais ces personnes aussi sont des humains et font aussi des erreurs. Pour pouvoir pardonner je pense que cela prend une part de divin en nous. Dans le refrain, je dis ‘je te demande pardon si je t’ai offensé, pardonnes-moi et que Dieu te donne la paix du cœur’. » Ses projets à court terme Lauriane prépare un album qui, elle espère, sera prêt l’année prochaine. « J’ai envie de faire quelque chose de varié et diversifié pour que plusieurs personnes puissent l’entendre et s’y retrouver. Je n’ai pas envie qu’on me catalogue tout de suite dans quelque chose même si je suis déjà pas mal cataloguée dans le gospel. » Lorsqu’elle écrit, elle dit s’inspirer de ses expériences de la vie de tous les jours et des relations avec les gens qui l’entourent. Elle aimerait également suivre

des cours de chant ainsi que des cours de guitare. « Je n’ai aucune formation musicale, j’écoute juste de la musique et je la fais. Je pense que je suis en train de plafonner et j’aimerais pouvoir progresser vocalement. » Elle entend également faire des shows après la sortie de son album. Sur le plan professionnel, Lauriane a pour projet de retourner aux études d’ici 2 ou 3 ans pour faire une maitrise dans son domaine actuel. Elle pense aussi prendre sa retraite d’ici 10 ans pour ne pouvoir faire que de la musique. Un petit conseil de sa part « Que ce soit sur le plan professionnel ou musical, je pense qu’il faut découvrir ce pourquoi on est fait. Chacun d’entre nous a un talent ; ça peut être de bien parler, de chanter, d’écrire ou de soigner. Il faut être à l’écoute de soi pour découvrir ce en quoi on est bon et se perfectionner là-dedans. Il faut aussi surtout avoir le courage d’affronter toutes les difficultés. Les épreuves, qu’elles soient professionnelles ou personnelles, peuvent être douloureuses mais il faut les vivre et trouver le moyen de passer à travers. C’est tout ça qui permet de construire une personnalité.»

Lien vers le clip So KE’M : https://www.youtube.com/watch?v=pQrJuzxJwFU

Rédaction : Myriam Annick Mise en page : Jonas Simberg


A la découverte du gamelan balinais Interview de Ray Senpai, cadre supérieur dans le secteur financier français

Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est que le gamelan ? Le gamelan est un ensemble d’instruments de musique traditionnels que l’on trouve sur l’île de Java et Bali. Il est constitué essentiellement de percussions dont les gongs, métallophones, xylophones, tambours. Mon groupe est composé d’une quinzaine de personnes venant de plusieurs pays ; notamment de la France, de la Pologne, de Taiwan, du Brésil, du Venezuela et, bien sûr, d’Indonésie :)

Comment avez-vous connu cet instrument? J’ai commencé à écouter le gamelan javanais pendant mon enfance, lors des cérémonies de mariage. J’aime particulièrement son rythme et son effet envoutant. D’ailleurs, Claude Debussy, célèbre compositeur français, avait été impressionné par sa sonorité « exotique » et s’en serait inspiré pour ses compositions après l’avoir écouté lors de l’Exposition Universelle de Paris de 1889. Pour ma part, je me suis mis à jouer au gamelan balinais après avoir vu le concert de mon groupe actuel lors d’un festival organisé par l’ambassade d’Indonésie à Paris.

Est-il facile de jouer au gamelan ? La difficulté varie selon l’instrument mais le gamelan a la particularité de pouvoir être joué collectivement par de nombreux participants, peu importe leur niveau musical. Pour ma part, je joue au « calung » qui est assez facile à utiliser.

Pouvez-vous nous parler de votre groupe ?

Ray Senpai qui est originaire d’Indonésie nous parle de sa passion pour le gamelan balinais, instrument de musique indonésien, qu’il joue à Paris depuis près de deux ans, avec son groupe Puspa Warna.

Mon groupe Puspa Warna a été créé en 2011 à Paris par trois musiciens de talent Jeremie Abt, Tseng Hsiao Yun et Théo Mérigeau. Nous avons l’habitude de jouer des pièces du répertoire de musique de Bali comme le Panyembrama (danse de l’accueil) tout en accompagnant les danseuses balinaises. L’un des concerts les plus mémorables avait lieu à L’espace Aimé Césaire – dans la ville Gennevilliers (à 10 km de la Tour Eiffel), en mars 2015. Nous avons, en effet, effectué six représentations sur deux jours avec plus de 900 spectateurs au total, composés d’enfants, adultes, artistes qui avaient fort apprécié le spectacle. N’étant pas musicien de métier, j’étais bien évidemment ravi de participer à cet événement.


Comment peut-on s’initier ? Si vous habitez à Paris, vous avez la possibilité de rejoindre le groupe de gamelan balinais en contactant l’ambassade d’Indonésie. Vous pouvez également vous inscrire aux cours de gamelan javanais à la Cité de la musique. Les instruments ne sont pas toujours les mêmes pour les deux types de gamelan mais je dirais que le gamelan balinais est beaucoup plus rythmé alors que le gamelan javanais donne une sensation de zénitude. Vous pouvez avoir un aperçu d’une vidéo du concert du Groupe Pantcha Indra du 27 septembre 2015 par le lien ci-dessous : https://youtu.be/YU0GdWOWQuU vidéo de Katherine Hibbs

Contacts

Ambassade d’Indonésie 47 Rue Cortambert, 75116 Paris - France Tél : + 33 (0) 1 45 03 07 60 Cité de la Musisque de Paris 221 Avenue Jean Jaurès 75019 Paris - France Tél : + 33 (0) 1 44 84 44 84 Interview : S. Mise en page : Axelle Port-Lis


Je m’appelle Abies et je suis un rappeur.

Je m’appelle Antoine et je suis un auditeur.

Mon histoire est assez banale. Dans les années 2000,

Mon histoire est assez banale. Je suis diplômé d’une

être un adolescent vivant à Bamako et épris du hip hop

école de commerce renommée dans l’Afrique de

était tout à fait normal. L’inverse aurait été contes-

l’Ouest et dispose dans mon entourage d’appuis fa-

table. Il va de soi que tout tournait autour du nouvel

cilitant mon évolution professionnelle. L’inverse serait

album ou clip sorti, de qui possédait les paroles ou le

contestable. Il va de soi que j’ai énormément de pro-

premier à découvrir le rappeur du moment.

jets et jamais assez de temps.

A l’époque j’étais surnommé « Lil’rabies ». Je ne me

Je suis auditeur sénior, chef de mission dans un cabi-

rappelle plus d’où ça venait mais j’en étais fier. J’avais

net d’audit et aussi consultant individuel. En tant que

un pseudonyme, comme Fabolous, Bow Wow, Snoop

chef de mission, je travaille 8h à 12h par jour, 5 à 6

Doog, 50 cent, Ludacris… et ça me suffisait. Mais de-

jours par semaine. Je voyageais beaucoup mais je me

venir un rappeur ne faisait pas partie de mes projets,

suis concentré sur les missions locales depuis deux

même 5 ans après, au moment d’écrire ma première

ans grâce à mes consultations. Je suis spécialisé en

chanson, cela restait hors de question. Je ne pensais

audit de projets de développement, en conseils de

pas cela possible jusqu’à ce que je rencontre Artex,

direction et en formations. Installé au Togo, je voyage

Bb et Samtaiwo.

souvent vers l’Afrique de l’Ouest et Central.

Artex a été mon coach, Bb ma muse et Sam était le

Ma vie consiste à travailler d’arrache-pied sans dis-

beat maker (ingénieur de son). C’est ainsi que tout a

traction. Debout à 4h, couché à 23h, grand consom-

commencé. Avec Artex et un frangin du nom de Kaïd,

mateur de boissons énergisantes, je ne suis pas un

nous avons formé le « U-Clan » en 2007. C’est à cette

habitué des boites de nuit. Je suis plus le genre à

même période que j’ai modifié mon nom d’artiste de

inviter mes amis pour un film, un diner ou un voyage.

« Lil’rabies » à « Abies ». J’aime chanter. Vous avez deviné qu’il y avait une fille Nous étions de jeunes rêveurs passionnés et rapper

à impressionner, puis que j’y ai pris goût. Depuis, par

était censé suffire, mais une fois adulte, à la fin de la

moment je mets un masque et libère mon côté dé-

journée, il faut pouvoir gagner sa vie. Et rapper n’est

janté. J’ai juste besoin d’un micro. Je sais d’avance

pas une option pour un diplômé en audit et contrôle

que ça ne durera pas. En tant qu’auditeur, rapper

de gestion d’une école de commerce, du moins ici.

n’est surement pas un comportement approprié.


Je m’appelle Tony, mais vous pouvez aussi m’appeler Abies. Suivant le cadre de notre rencontre, je serai un auditeur ou un rappeur. Maintenant, imaginez en tant que PDG de votre société, dont le devoir est de vous appuyer sur les travaux, en parallèle l’homme que vous avez vu rapper sur scène lors de votre dernière sortie avec vos enfants. Cet homme qui n’était pas plus qu’une distraction est censé vous auditer et réclamer des données confidentielles Par ici, une telle situation serait inconcevable, autrement dit ne devrait pas se produire. Mais, lorsque qu’on a été un rappeur bien avant d’avoir obtenu son premier diplôme et qu’on a toujours cette passion, on ne peut pas juste arrêter. D’un autre côté, lorsqu’il s’agit de gagner sa vie et que des opportunités se présentent pour des postes d’auditeurs, il n’est pas possible de juste y renoncer. Alors je suis Tony au bureau et Abies en dehors. Je ne suis pas supposé avoir deux différentes vies mais c’est le cas, et le jeu vaut la chandelle. Mon conseil à ceux qui font face à des choix difficile serait de se demander en premier lieu, pourquoi choisir.

Rédaction: Ayayi Senam D’Almeida Mise en page: Jonas Simberg


Photographie


Les portraits génétiques par

ULRIC COLLETTE


[ Un travail de recherche photographique sur les ressemblances génétiques entre membres de la même famille ]


Ce photographe et designer québécois a étudié l’art et le graphisme à Québec. Aujourd’hui, il est principalement connu pour ses portraits génétiques. Effectivement, Ulric s’inspire des ressemblances et des divergences génétiques entre membres d’une même famille. Il photographie deux personnes d’une même lignée et retouche son image afin de rassembler la moitié gauche d’un membre et la moitié droite de l’autre dans le but de ne faire qu’un seul et unique portrait. Il s’agit d’une sorte de collage physique où la génétique est mise en évidence. On voit à quel point elle unit physiquement les membres d’une même descendance. Le résultant est bluffant !

ans 20 Christine, & Laurence Jumelles: Cousins: Justine, 29 ans & Ulric, 29n ans

e f

Père / Fils : Laval, 56 ans & Vincent, 29 ans

V

ous a-t-on déjà dis que vous aviez le nez de votre père ou les pommettes de votre mère quand elle sourit? Tout le monde trouve ça flagrant sauf vous ? L’artiste Ulric Collette saurait mettre ces ressemblances en évidence, il n’y a aucun doute !


Soeur / Frère : Karine, 29 ans & Dany, 25 ans

Fils / Père : Nathan, 7 ans & Ulric, 29 ans

Fille / Mère : Marie-Pier, 18 ans & N’Sira, 49 ans

Fille / Mère : Marie-Andrée, 55 ans & Claudette, 81 ans

Père / Fils : Denis, 53 ans & William, 28 ans

Mère / Fille : Francine, 56 ans & Catherine, 23 ans


Certains portraits semblent normaux alors que d’autres sont étranges et déstabilisants. La série de photos ne laisse personne indifférent. Naturellement le public se met à chercher les ressemblances et les différences des diverses parties du visage des frères et sœurs, père et fils, mère et fille ou cousin cousine présentés.

L’artiste autodidacte, aujourd’hui directeur artistique de Collette + Associés, un studio de communication de Québec, explique qu’il a eu de belles surprises en tentant d’assembler des visages qui n’avaient, à priori que peu de ressemblances. Il pense que la prise de vue et l’expression du visage jouent un rôle primordial dans son travail.

DEFINITION

La génétique est la science qui étudie l’hérédité et les gènes, c’est une sous-discipline de la biologie. Elle s’intéresse à la transmission des caractères héréditaires au fil des générations et leurs variations.

Rédaction & Mise en page : Laura Bonnieu


D e d A F L

B e U O c


Direction Berlin, capitale de

En 2013, Sebastian Bieniek,

l’Allemagne avec cet artiste

papa

pour le moins original !

quarantaine,

Un diplôme d’arts d’une part et

enfant fiévreux en lui dessinant

un autre de cinéma et télévision, d’autre

part,

Sebastian

Bieniek est un artiste complet et polyvalent. Peinture, photo, vidéo sont des compétences

approchant

de

amuse

la son

maladroitement un œil, un nez et une bouche sur le profil de son visage. C’est avec ce cliché qu’il appellera «Doublefaced 1» que débute la longue série des 34 photographies de femmes à

avec lesquelles il jongle avec

deux faces qui ne sont pas sans

habileté. Aujourd’hui c’est sa

rappeler la période cubiste.

casquette de photographe qui m’intéresse ainsi que celle

Toujours sur le même principe,

de novateur dans le domaine

il dessine un oeil, une bouche

artistique. En vous baladant

et des narines sur des bouts

sur Internet et sur les réseaux sociaux, vous avez forcément croisé l’un des clichés que je vais vous présenter. Cet artiste s’est fait connaître du

de peu

visages. dire

Finalement

qu’il

dessine

on un

visage virtuel sur un visage vivant. Le tracé est simple et grossier, presque enfantin. Un autre visage prend peu à peu

grand public en faisant le buzz

vie à la manière d’un trompe-

sur Facebook grâce à sa série

l’oeil. L’artiste joue avec les

de

cheveux et les positions pour

photographies

«Doublefaced».

intitulée

déstabiliser

le

spectateur.


A partir de « Doublefaced 11 » l’artiste change les règles du jeu et fait poser ses modèles de face, le visage coupé par des cheveux ou des objets du

quotidien

tels

qu’un

lampadaire, un pistolet, une tasse ect.. Les tracés de l’artiste ajoutés à cette fracture, les regards

se

multiplient,

les

bouches et nez se dédoublent.

Je vous laisse découvrir son travail et je vous invite à vous rapprocher, pencher la tête, plisser des yeux pour en saisir le sens. Laissez l’artiste jouer avec vos sens, laissez le

donner

l’illusion,

vous

découvrirez que son travail est aussi étonnant que troublant.

Rédaction : Laura Bonnieu Mise en page : Laura Bonnieu


R Modèle


Bassam Sabbagh, R Modèle


R Modèle : l’interview du photographe Bassam Sab-

aussi un photographe amateur m’a motivé pour ache-

bagh, cadre supérieur dans l’industrie aérospatiale

ter un nouvel appareil photo et commencer à prendre, de nouveau, des photos.

Il a occupé un poste de cadre supérieur dans l’industrie aérospatiale ; il est photographe mais

J’ai commencé avec les paysages et la photographie

aussi mari et père. Il travaille le jour, le soir ou

de voyage. Il y a environ 18 mois, j’ai rencontré un

le week-end et est souvent absent de la maison.

photographe de mode de Montréal et rejoint rapide-

Difficile pour lui de concilier les différents as-

ment son atelier. J’ai également investi dans l’éclai-

pects de son quotidien (impératifs profession-

rage de studio et dans un autre appareil photo haut

nels, couple et moments passés en famille) ? À

de gamme ainsi qu’un ensemble de lentilles. Ce fut

travers cette interview, il répondra à cette ques-

tout un engagement, mais il s’est avéré être la meil-

tion en nous donnant un aperçu du tour d’hori-

leure chose qui pouvait m’arriver.

zon des impacts négatifs et des bénéfices de son mode de vie « atypique » sur sa vie profession-

Quel est votre point d’équilibre entre travailler

nelle et familiale.

en qualité de haut cadre dans l’industrie aérospatiale et photographier des mannequins ou des

Parlez-nous de vous !

paysages, par pure passion ?

Commençons par la base. J’ai 53 ans, je suis libanais

Mon travail à plein temps plein est toujours prioritaire

et j’ai surtout vécu à Montréal. Je suis marié avec

car il implique des engagements envers autrui avec

Patricia depuis 27 ans et nous avons deux enfants :

des responsabilités professionnelles et familiales que

Andrew, 23 ans et Christine, 21 ans. Détenteur d’un

je ne voudrais pas compromettre. Donc, pour moi, le

diplôme d’ingénieur et d’un MBA de l’Université de

point d’équilibre est l’endroit où cet engagement n’est

McGill, j’ai passé la plus grande partie de ma vie pro-

pas violé.

fessionnelle dans l’industrie aérospatiale. J’ai travaillé pendant ces 23 ans dans la même société essentiel-

Est-ce que la photographie est une échappatoire

lement dans la gestion et à des postes variés aux ni-

aux aléas de la vie professionnelle (stress, fa-

veaux supérieur et exécutif.

tigue, …) ? Ou était-ce la naissance d’un désir de créativité et de liberté ?

Pour les 50 premières années de ma vie, je n’avais

Il n’y a aucun doute que la photographie permet, par-

vraiment pas de loisir spécifique ou quelque chose qui

fois, d’atténuer le stress de ma vie professionnelle,

sortait de ma vie professionnelle et familiale que j’aurais pu appeler passion. Au cours des deux dernières années et presque de nulle part, la photographie est devenue une passion pour moi. D’une simple curiosité à un passe-temps, elle a rapidement évolué et aujourd’hui, c’est une passion qui m’a poussé vers quelque chose sur lequel je ne peux pas vraiment mettre une étiquette. Je crois que beaucoup de photographes ont une histoire similaire et savent exactement ce que je veux dire. C’est cette période dans votre évolution en tant que photographe durant laquelle tout semble se mettre en place rapidement et vous pousse vers une direction qui semble inévitable. Depuis quand faites-vous de la photographie, comment ce passe-temps a-t-il commencé ? Il y a très longtemps, j’ai pris un cours de photographie, juste après l’école secondaire et ai passé environ un an à prendre des photos. J’avais l’habitude de mettre en place une chambre noire dans la salle de bain de mon appartement afin de développer mes photos en noir et blanc. Cependant, ce n’était que cela ! Je me suis arrêté là et n’ai plus rien fait jusqu’à il y a trois ans, quand un de mes collègues qui est


mais j’ai pu également bien gérer cette dernière du-

ma nouvelle passion et m’encourage dans tout ce que

rant plus de 30 ans sans elle. Selon moi, donc, il s’agit

j’entreprends. Cependant, je ne peux pas aider mais

plus d’une découverte d’un monde que je ne connais-

me sens un peu coupable de ce qui me semble parfois

sais pas avant et de l’émergence de la personne créa-

comme un engagement égoïste. Comme je le disais,

tive en moi dont j’ignorais l’existence.

vous choisissez quoi faire de votre temps et il semble toujours y avoir le sentiment d’être tiraillé dans toutes

Où puisez-vous l’énergie et le temps pour vous

les directions et trouver un équilibre n’est pas chose

adonner à la capture d’images avec un agenda

facile.

professionnel qui, nous supposons, doit être bien chargé ?

Est-ce que exercer un métier qui vous captive et

Je crois qu’il est question de choix de ce qu’il faut faire

vivre votre passion sont un vecteur de valeurs

avec votre temps. Lorsque vous êtes passionné par

positives pour vous et votre entourage ?

quelque chose, vous trouvez le temps pour le faire.

Absolument ! Peu importe comment vous le percevez,

Par exemple, pour un voyage d’affaires, certaines per-

c’est extrêmement une position enviable et saine. Il

sonnes choisiront de se lever tôt pour faire des exer-

faut avoir le meilleur des deux mondes.

cices, du jogging ou pour nager avant de commencer leur journée de travail. Dans mon cas, je choisis de

Vous-arrive-t-il de penser à n’exercer que la

me lever tôt dans le but d’aller prendre des photos au

photographie comme métier ?

lever du soleil, puis revenir et me préparer enfin pour

Oui ! Cette pensée est souvent dans mon esprit. Un

ma journée de travail.

jour, peut-être, je le ferai, mais je ne le ressens pas comme une décision à laquelle je dois faire face à

Je fais partie de ceux qui ont la chance d’être très

l’heure actuelle.

productif aussi bien le jour que la nuit; donc, je suis en mesure de passer du temps, très tard le soir, à

Fait intéressant, j’ai quitté mon travail à plein temps

travailler ou à retoucher des photos.

très récemment et je prends, maintenant, un certain temps pour décider de ce que je vais faire et explorer

Frustrations et culpabilité ou angoisse par rap-

les possibilités et les opportunités. Donc, la question

port à votre entourage ?

d’être un photographe à temps complet peut devenir

Pour être honnête, c’est le côté le plus difficile à gé-

plus importante que je pensais.

rer pour moi. Ma femme me supporte à 100% dans Qu’est-ce que le thème de ce 7ème numéro de R Magazine vous inspire tant sur le plan métier vs passion que sur le plan des photographies que vous avez réalisées (photos à l’appui) ? J’ai toujours admiré les gens qui excellent dans plusieurs choses et qui ont la capacité de gérer les extrêmes et les opposés et de les concilier et les équilibrer d’une manière qui semble impossible pour d’autres. Je ne crois pas que nous devons être étiquetés d’une manière ou d’une autre dans le seul but de nous définir. Cela est certainement renforcé par le thème de ce numéro. ----------------------------------------------------------Votre formation de photographe ? Je suis essentiellement autodidacte. Je lis beaucoup, regarde des vidéos en ligne et investis dans du matériel de formation en photographie. Et bien sûr, j’apprends mieux de par mon expérience pratique en prenant des photos, en faisant des séances de photos et en apprenant des nombreuses erreurs que je fais.


Quel est votre type de photographie préféré ?

libre, autant que je peux, dans l’apprentissage de ce

C’est encore prématuré pour moi de répondre à cette

domaine en faisant de nombreuses shootings et en

question si je me base sur l’expérience, comme je

améliorant mes compétences photographiques et de

n’en suis qu’au tout début des nombreuses possibi-

retouche. En progressant, j’aimerais passer plus de

lités qui s’offrent à moi. Cependant, je voudrais dire

temps à explorer les possibilités et les opportunités

qu’à ce stade, j’apprécie surtout le portrait et la pho-

pour le marketing, à vendre mon art et mes services

tographie glamour.

et à apprendre l’aspect métier de la photographie.

Quel type de préparation faites-vous avant le début de photographier ? La préparation des séances photographiques en studio avec les gens est très différente de celle pour pho-

La technologie et la retouche numérique, réduisent-elles l’écart entre les professionnels et les amateurs ? Tout dépend de ce que vous entendez par «profes-

tographier les paysages et autres.

sionnel». Je crois que la technologie et la retouche

Pour les paysages, la préparation a tendance à être

trer dans la photographie. Néanmoins, tout le monde,

relativement technique. Elle porte sur le choix de l’emplacement, le calendrier et les conditions météorologiques si possible, puis il faut explorer la zone pour les différents angles, positions et points de vue avant de commencer à prendre des photos. Pour une séance en studio avec des personnes, ma préparation concerne plus la nature et le niveau d’interaction et les échanges avec mon sujet, parfois des jours ou des semaines avant. J’aime discuter de la séance à l’avance, échanger des idées et des photos pour l’inspiration, être d’accord sur les tenues, coiffures et maquillage et nous rendre tous les deux emballés. Faire ressortir le meilleur des gens et transmettre des émotions à travers des images ne sont pas un processus mécanique. Je trouve que le développement de cette relation avec mon sujet avant le tournage est la partie la plus critique de la préparation. Photographiez-vous avec une idée en tête, ou vous laissez-vous plus porter par les occasions qui se présentent ? Je commence toujours avec une idée ou une direction générale de ce que je veux faire pour m’assurer que tous les intervenants se sont un peu préparés à l’avance. Cependant, être flexible est très important car cela engendre des occasions de faire d’autres choses et de se laisser aller ; comme nous le disons,

numérique font qu’il est plus facile pour les gens d’eny compris les «professionnels», a accès à cette technologie et les professionnels peuvent toujours se différencier des amateurs. Vous sentez-vous plus technicien ou artiste ? Ni l’un ni l’autre ! Je suis constamment en train d’apprendre et l’aspect technique demeure dans tout ce que je fais. L’astuce est d’être à l’aise avec cela aussi vite que possible et se concentrer sur le côté créatif ou artistique. Je ne crois pas aux étiquettes vu qu’elles limitent injustement ce qui, en réalité, est un continuum de multiples façons d’être que nous avons tous pour exceller dans le but d’être couronnés de succès. Comment se développe l’instinct de savoir à quel moment appuyer sur le bouton ? Il n’y a pas nécessairement un bon moment pour appuyer sur le bouton. Lorsque je suis en présence de personnes, je cherche à comprendre, très tôt lors de la séance, comment elles se déplacent, posent et interagissent avec moi, la caméra et l’environnement. Une fois l’éclairage et autres choses techniques sont en place, je me concentre simplement sur elles en les guidant grâces à des instructions simples et des commentaires et je clique sur l’obturateur, au fur et à mesure. Portails de photographie on line que vous fréquentez ? Je visite 500px.com au quotidien. C’est un excellent

généralement, cela rend la séance plus intéressante

site pour consulter les travaux récents des photo-

et souvent plus réussie.

graphes à travers le monde. J’y puise la grande partie de mon inspiration et apprends en analysant certaines

Êtes-vous un bon vendeur de votre art en tant

photos et en prêtant attention à la notion, la tech-

que photographe? Que devriez-vous améliorer ?

nique, l’éclairage et la retouche.

Comme vous le savez, mon objectif principal portait sur mon travail à plein temps et pour cette raison,

J’aime aussi fstoppers.com pour ses articles intéres-

j’ai eu à faire des choix concernant mon approche

sants écrits par des photographes pour les photo-

de la photographie. Jusqu’ici, j’investis mon temps

graphes sur tous les aspects de la photographie.


Lake George - New York

Modèle & MUA : Lea Valente

Neuremberg - Germany


Modèle : Dasha Sadra Modèle & MUA : Marie-Julie Di Quinzio

MUA : Dorota Sobkowiak-Goulet


Riviera Maya - Mexico

Modèle : Roxanne Mäité Nault MUA : Katherine Galarneau

Venice - Italy


Lake George - New York

Modèle : Miss Sweet MUA : Katherine Galarneau

Levée de soleil à Montréal Canada


Modèle & MUA : Olivia Kurth

www.bassamsabbagh.com www.facebook.com/bassamsabbaghphotography www.instagram.com/bassam.sabbagh.photography

Interview: Blacky Gyan Mise en page: Jonas Simberg


Santé, beauté & bien-être


Pensez écolo ou bio, c’est ce que beaucoup d’entre nous essayons de faire lorsque nous choisissons nos soins corporels, nos produits domestiques nettoyants et plus particulièrement, ce que l’on mange. Et si je vous proposais une solution, un produit aux multiples facettes, aux multiples usages ? Chers lecteurs et lectrices, laissez-moi vous parler du bicarbonate de soude (ou bicarbonate de sodium), cette poudre blanche souvent granuleuse et soluble dans l’eau. Pour votre santé… Il faut savoir que le bicarbonate de soude est produit à partir d’extraits naturels de sel et de calcaire. Il est beaucoup utilisé par les sportifs comme un antiacide qui facilite l’élimination de l’acide lactique accumulée durant l’effort physique ou musculaire. Mais ce n’est pas seulement pour les sportifs qu’il peut être efficace; le bicarbonate de soude est, en effet, un bon dentifrice. Eh oui, ses propriétés abrasives permettent de blanchir les dents pour retrouver un beau sourire ; mais, il est à utiliser avec modération ! Une cuillérée à café de bicarbonate de soude diluée dans un verre d’eau est un excellent remède contre les aigreurs d’estomac et facilite également la digestion. Souffrez-vous de rhumatismes, d’arthrite, de courbatures, de douleurs aux pieds ? Un bain chaud dans lequel vous ferez dissoudre une grosse cuillère à soupe de bicarbonate de soude vous soulagera. Pour un gommage corporel fait-maison, pensez au bicarbonate de soude. Prenez soin de votre corps et à moindre coût. Avec un gant de toilette humide sur lequel vous aurez saupoudré l’équivalent d’une cuillérée de bicarbonate, frottez-vous le corps. N’oubliez pas de vous rincer : adieu les impuretés et les peaux mortes. Doutez–vous encore des vertus de cette poudre blanche ? Je l’ai testé pour vous, mais, cette fois-ci, sur le visage. Sachez, mes chers, que le bicarbonate de soude est aussi précieux pour vous aider à


prendre soin de la peau de votre visage sans la décaper ni l’envahir ou encore moins la couvrir de produits chimiques. En plus d’être un exfoliant naturel, vous pourrez aussi avoir un effet peeling juste avec une pâte de bicarbonate de soude (3 cuillérées de poudre mélangées à un peu d’eau pour avoir une consistance pâteuse) qui sera appliquée sur une peau propre. Laissez reposer 2 minutes et rincez à l’eau tiède. Pour débarrasser vos cheveux de tous les produits qui les alourdissent : gels, laque, …, rincez-les avec du bicarbonate de soude. N’oubliez pas d’ajouter une cuillerée de la poudre blanche quand vous vous faites un shampoing : un geste efficace pour réduire les pellicules et nettoyer le cuir chevelu. L’entretien ménager à petit prix… Le bicarbonate de soude peut être une solution efficace, économe et écologique pour la propreté et l’hygiène quotidienne. Voulez-vous récurer votre baignoire ou votre lavabo ? Pensez au bicarbonate de soude ! Il est également très efficace pour désodoriser vos moquettes ou tapis, juste en saupoudrant la poudre dessus. Pour éliminer les mauvaises odeurs de tabac ou du frigo, mettez le bicarbonate dans un contenant ouvert et placez-le à l’endroit où vous aimerez neutraliser les odeurs. Ajoutez une cuillérée à soupe de bicarbonate à la dernière eau de rinçage pour assouplir et adoucir votre linge. Je ne saurai finir cette rubrique sans pour autant ne pas vous parler de nos chers aliments qui, eux aussi, n’échappent pas au bicarbonate de soude. Outre les effets digestifs que nos grands-mères lui reconnaissaient, le bicarbonate était ajouté au cours de la cuisson sans hésitation par celles-ci pour attendrir les légumes. Prenez l’habitude de nettoyer vos fruits et légumes avec ce produit ; il élimine les pesticides et conserve les minéraux présents sur la peau de ces derniers. N’oubliez pas d’ajouter une petite pincée de bicarbonate de soude à vos pâtisseries ; il le rendra plus moelleux. N’attendez plus ! Allez-vous procurer la poudre blanche aux multiples facettes !

Rédaction : Marie Edouard Diouf Mise en page : Jonas Simberg


Société


INTERVIEW

Johannes Drewling aka Mister JD, le blanc noir

Par Blacky Gyan


M

ister JD, de son vrai nom Johannes Drewling, est à la croisée de diverses cultures. Allemand, de par son père et franco-libanais, de par sa mère, cet homme, à l’aube de la quarantaine mais tout encore jeune, est né dans la capitale sénégalaise. Après des études en langues étrangères appliquées et tourisme, entre le Sénégal, l’Allemagne et la France, ce passionné de blues, de gospel et de leur dérivé : le soul, deviendra un artiste revêtant plusieurs casquettes : interprète, auteur, compositeur et surtout poète dans l’âme, passionné par l’écriture et le sens des mots.

Aujourd’hui, sous l’influence de ses nombreux voyages à travers le monde et de son amour pour la Big Easy, la Nouvelle-Orléans, ce slameur qu’on pourrait comparer à Grand Corps Malade s’adonne au plaisir de l’écriture et du sens des mots et n’en démord pas à travers ses textes dans lesquels il relate le fond de ses pensées et où s’entremêlent techniques d’écriture. Au cours de cet interview, vous remarquerez que nous ne sommes pas là pour parler de Mister JD ou de ses albums «The Duo» et «L’Africain Blanc» mais plutôt de Johannes Drewling, un chanteur blanc de peau mais noir dans l’âme. Et oui, grosse nuance !


Pouvons-nous dire que tu as découvert le sol africain un peu «par accident» car tu y es né ? Y-as-tu passé toute ton enfance et/ou ta jeunesse ?

Une petite anecdote avant de vous

J’utiliserais plus le terme « destin »…

Depuis mon arrivée en France, lorsque

car je n’y ai pas été juste de passage,

j’ai un entretien téléphonique qui

mais j’y ai vécu et découvert les

débouche sur un rdv, les personnes

premières prémisses de la vie.

sont souvent surprises quand elles me

Je suis né à Dakar, mais j’ai grandi

rencontrent, car elles s’attendent à voir

entre Nguéniene et Mbour. J’y ai fait la

un black, c’est l’effet de mon accent…

quasi-totalité de mes études pré-bac.

Les gens me considèrent comme un

J’ai quitté le Sénégal après l’obtention

ambassadeur de la culture « galsen »

de mon baccalauréat au Cours Sainte

et il est vrai que je le revendique. Je

Marie de Hann.

suis blanc de peau, mais noir au fond

On peut dire qu’un d’un bout à l’autre,

de moi… La culture noire est ancrée en

j’ai passé environ quinze ans de ma

moi.

vie physique au Sénégal… mais mon

Je peux dire que mes amis les plus

esprit et mon âme y demeurent.

fidèles sont noirs.

Comment es-tu devenu amoureux du continent noir et d’où vient le qualificatif d’«Africain Blanc» ? C’est un continent que j’ai toujours eu dans mon cœur. J’y suis certes né, mais ma relation avec le sol africain et plus particulièrement avec le Sénégal va bien au-delà de cela. Déjà petit, je préférais découvrir les joies de la vie avec mes amis «noirs» et non «blancs». Je me rappel de nos matchs de foot et plus précisément des «nawétanes» ou j’étais le seul blanc sur le terrain et des nuits blanches que l’on passé au tour de notre fameux «ataya» à refaire le monde…

expliquer d’où vient l’appellation « L’Africain Blanc »…

Je dis souvent que « L’apparence, ne fait pas le moine », c’est une expression qui me cole bien à la peau. Le qualificatif « africain blanc » vient de se contraste qui est en totale adéquation avec mon personnage.


Des artistes qui sont tombés sous le charme de ce continent sont jugés, par leurs semblables voire même par des africains, d’amateurs post-coloniaux de l’exotisme. Qu’en penses-tu? Je dirais que chaque personne est différente dans sa manière de percevoir les choses et de les analyser. Mais, il est toujours important de ne pas porter un jugement hâtif. Et je pense que cela est valable dans les deux sens, car de nombreux artistes africains sont également tombés sous le charme des Etats-Unis et de l’Europe. Je pense qu’une personne étrangère à un environnement, tombant amoureux de ce dernier, ne peut-en-être qu’une belle vitrine.

«On nous dit tout sur la façon dont les Africains meurent, mais rien sur la façon dont ils vivent.» avait déclaré, une fois, Henning Mankell, un écrivain suédois vivant une partie de l’année en terre mozambiquienne. Que vous inspire cette réflexion ?

chaleureux

et

accueillant.

La

«teranga» sénégalaise est reconnue mondialement. Notre rôle à nous artistes, est justement d’inverser cette citation, en mettant en

Henning Mankell avait une relation

avant les richesses de ce continent et

propre à lui avec L’Afrique, il y a

de ses occupants.

découvert un véritable sens à son métier d’écrivain. Il est vrai que l’Afrique est souvent mise en avant pour ses guerres civiles, ses conflits, ses épidémies… bref j’en passe… Personnellement, je considère l’Afrique comme le plus riche des continents et le peuple africain comme un des plus


Certains ignorants qui n’appartiennent pas au continent noir assimilent un pays comme, par exemple, le Sénégal, à toute l’Afrique ou l’Afrique comme un pays. Que leur répondrais-tu ? Que se sont justement des ignorants… Tous les pays et peuples composants notre planète terre ont leurs propres mémoires et cultures. En plus de cela, le continent africain à une diversité ethnique dans chacun de ses pays et chacune de ces ethnies a son histoire. Il est donc impossible d’assimiler un continent à un pays et inversement.

Certains d’entre eux retracent mon parcours et relatent mon amour du continent noir. Je peux dire que mes textes sont riches et profonds, mais toujours politiquement correct. Il ne faut jamais oublier que ce n’est pas la couleur de peau qui fait la personne, mais son âme et son esprit. Ma relation si particulière avec ce continent berceau de l’humanité, m’a offert d’innombrables richesses dont l’ouverture d’esprit, l’humanisme, la simplicité et la diversité culturelle.

Si on te dit poète de l’Occident qui marie Art et Afrique … Je répondrais : « Poète universel utilisant son ouverture d’esprit pour marier différentes cultures… »

Web: www.mister-jd.com Facebook: Mister-JD

Ton

dernier

album

s’intitule

«L’Africain Blanc». Doit-on voir dans ses textes des éléments pour décrypter l’amour que peut ressentir une personne de peau blanche pour le continent noir ?

Mes textes et moi sommes en symbiose parfaite. Ils décrivent ma façon de voir les choses et la manière dont je les ressens. Ils montrent a quel point une simple ouverture d’esprit peut aider à franchir pas mal de tabous et éviter des drames. Rédaction : Blacky Gyan Mise en page : Laura Bonnieu


R Magazine_Numéro 8_Omnis  
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