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Magazine trimestriel en ligne d’ A’S de la Perfection ISSN 2369-0313

R

HOMMES-FLEURS

№9


Photo : Nathalie Tourangeau Photographie Body Painting : Catherine Rocheleau Maquilleuse

Nos remerciements particuliers à : - Calli Primasari - emergence magazine quebec

Couronne de fleurs : Danielle Ferragne R Modèle : Narcisse Nguyen Soulsinger

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A’S de la Perfection


Equipe Angelique Marguerite Berthe Diène aka Blacky Gyan Sénégal - Canada Avec un bagage intellectuel axé sur le management d’affaires et la gestion des entreprises, Angélique développe, en parallèle, une passion innée pour la mode et le dessin. Toute petite, elle peignait des plumes d’oiseaux afin d’en faire des pendentifs. Plus tard, elle se met à élaborer des accessoires avec tout ce qu’elle avait sous la main (tissus, cauris, perles, …). Elle est également spécialisée dans la customisation de vêtements et la fabrication d’objets de décoration. Instigatrice de ce magazine, Angélique, plus toute jeune mais pas encore trentenaire, a plusieurs cordes à son arc : Rédactrice pour Volup°Up°2, Consultante en management, Co-fondatrice d’A’S de la Perfection, Professeure de langues sénégalaises (wolof et sérère) et française, Conseillère en gestion d’entreprise, Rédactrice pour le courrier des enfants, Stagiaire de solidarité internationale au Nicaragua, …

RÉDACTION

Laura Bonnieu France - Canada Originaire de Montpellier dans le sud de la France, elle vit à Montréal, au Canada depuis 2013. Avide de voyages, de découvertes et d’expériences, elle est animée par mes rêves et mes défis permanents. Suite à ses études de communication, elle a développé son site internet personnel d’art dans le but de partager ses coups de cœur dans ce domaine. Ayant développé le goût pour l’écriture depuis une dizaine d’années, c’est donc tout naturellement qu’elle a rejoint l’équipe de rédaction du magazine pour la parution du n°2. Passionnée par la communication numérique et graphique, elle participe à la promotion web de R Magazine en animant les communautés des médias sociaux tels que Facebook, Twitter et Pinterest. Ayant plus d’une corde à son arc, elle participe aussi à la mise en page du magazine en collaboration avec les autres graphistes.

Myriam Annick Tchameni Cameroun - Canada D’origine camerounaise, elle vit au Canada depuis 2008. Étudiante en communication et passionnée des lettres, elle occupe généralement son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle a également de l’intérêt pour la mode et l’art, en général.


Ayayi Senam D’Almeida Togo A 27 ans, Ayayi est consultant en stratégie, gestion et finances et en voie de devenir expert-comptable. Ce passionné de musique et de mangas, un brin charismatique, rêve de sa maison de production musicale ainsi que de lancer sa ligne de vêtements. Même s’il juge que ce sont des domaines incompatibles avec l’expertise comptable. Il s’est fixé comme objectifs de sortir deux romans d’ici 2016 et, par la suite, des ouvrages professionnels.

Karima Kebabi aka Karima Ka France - Canada A 27 ans, Ayayi est consultant en stratégie, gestion et finances et en voie de devenir expert-comptable. Ce passionné de musique et de mangas, un brin charismatique, rêve de sa maison de production musicale ainsi que de lancer sa ligne de vêtements. Même s’il juge que ce sont des domaines incompatibles avec l’expertise comptable. Il s’est fixé comme objectifs de sortir deux romans d’ici 2016 et, par la suite, des ouvrages professionnels.

Maëva Cruchet France - Canada Cette française de 25 ans travaille trois ans dans les domaines de la communication et de la gestion de projets à Paris, avant de s’installer à Montréal. Adepte du changement, elle mène un combat quotidien contre la monotonie. Cette passionnée de voyage s’épanouit dans les rencontres et les découvertes. Débordant d’énergie et d’idées, elle exprime ses passions par le dessin, ainsi que la rédaction. En tant qu’amatrice d’art, elle écume régulièrement musées et expositions afin d’assouvir sa soif de curiosité.

Alanie Genest aka Améthyste Canada C’est une femme de 28 ans, verseau et engagée, de surcroît, à guider les hommes sur le chemin de la Lumière, en cette fin du monde. Elle a, comme tous, toujours eu un immense besoin de se connaître et ne savait pas du tout ce qui allait advenir de son moi ... si il y en avait bien un. C’est ainsi qu’après avoir fait mille erreurs dont la première était de croire qu’elle pouvait vivre sans effort et sans vraie parole, la vérité l’a bien vite rattrapée et elle dû entreprendre, en 2012, une thérapie de 6 mois pour reformuler ce que la vie signifiait pour elle. Par la suite, elle a étudié en coiffure et a exercé comme chroniqueuse hebdomadaire. Avec un tel enchaînement harmonieux de cette branche de sa vie, elle se mit à parfaire sa vocation affiliée à l’écriture : la musique. 10 chansons imparfaites mais très poussées philosophiquement et enregistrées sous le nom d’Améthyste l’ont portée à croire qu’elle pouvait encore écrire pour du visuel, et c’est donc dans ce merveilleux exutoire artistique qu’est R-Magazine qu’elle a choisi de faire travailler sa plume.


Ivan AlejandroVelasco Mexique - Canada D’origine mexicaine, il est présentement candidat au doctorat en sciences de l’énergie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Lauréat d’un prix étudiants-chercheurs étoiles du gouvernement du Québec, il se spécialise dans l’étude de semi-conducteurs pour les périphériques de mémoire et les cellules solaires. Outre l’université, ses intérêts incluent, entre autres, la promotion de l’égalité des genres, les droits des communautés autochtones ainsi que l’éducation scientifique chez les jeunes. De plus, Ivan Alejandro adore faire de la photographie.

Marie Édouard Diouf Sénégal - Canada Avec des études en science politique et un intérêt marqué pour les relations internationales et la coopération, cette fille voue également une passion pour la mode, l’art et la culture. « Je suis une touche-à-tout », voilà comment se décrit cette jeune sénégalaise qui s’est établie au Canada en 2008. Entre le mannequinat, sa vie professionnelle, le sport et ses loisirs, elle trouve le temps de se consacrer à son activité favorite, la fabrication de cosmétiques ; d’où, son rêve de créer sa gamme de cosmétiques naturels. Elle vous parlera de beauté, de santé et de bien-être; sujets pour lesquels elle porte un grand intérêt.

Gabrielle Ovinet France - Canada Jeune architecte de 24 ans, Gabrielle vit actuellement au Canada. Originaire de Toulouse, en France, elle cherche à se nourrir de nouvelles expériences dans le voyage, les rencontres et ses activités. Après un passage d’un an au Pérou, elle est venue s’installer à Montréal pour participer à la vie sans relâche d’une métropole nord-américaine et aller à la rencontre des immenses paysages sauvages. Passionnée d’art, de graphisme, et bien sûr d’architecture, elle se lance dans la rédaction de quelques articles pour R Magazine.

Julieta Rosibel Nicaragua - Canada Née au Nicaragua et ayant grandi à Montréal, Julieta est experte-comptable de profession. C’est suite à ses études universitaires en administration des affaires qu’elle dédie plus de temps à sa grande passion, la mode. Petite fille, elle feuilletait les magazines spécialisés en mode et en arts que sa mère empruntait à la bibliothèque du quartier. C’est ainsi qu’elle a développé sa curiosité pour l’histoire de la mode, la confection de vêtements et le stylisme. Au fil des années, la mode est devenue pour elle tout comme la culture une façon d’exprimer sa personnalité. Aujourd’hui, en qualité de rédactrice, Julieta s’implique régulièrement dans le domaine des arts et de la culture mais également en tant que mannequin et styliste depuis plusieurs années.


Candy Hoffmann France - Canada « Candy, c’est un peu le bonbon acidulé de la littérature : elle vous fera passer de gros pavés pour de délicieuses sucreries! » (Anaïs Caura, Motion designer, France). Passionnée par la littérature et par la transmission de cette même passion, Candy Hoffmann a obtenu tout récemment son doctorat en littérature à l’Université de Montréal et Paris IV Sorbonne. Telle une amazone (!), elle est à cheval entre l’enseignement (elle a été chargée de cours plusieurs fois à l’Université de Montréal) et le journalisme (rédaction de chroniques littéraires et animation d’émissions radio). Alors, plume à la main, muses en tête, à la recherche des mots exacts pour traduire mille idées et mille sentiments, elle s’évertuera à vous ouvrir à des univers littéraires et artistiques fabuleux et fascinants, à vous faire voyager dans l’espace et dans le temps, à vous faire toucher du doigt un interstice du réel et du fictif assurément dépaysant !

Barbara Wilbert France - Allemagne À 28 ans, cette maman de 2 enfants vit en Bavière avec son époux et a un parcours professionnel assez «catastrophique». Elle vient d’effectuer une reconversion, après des mois de réflexion. Elle se lance, en effet, dans la phyto-aromathérapie et sera, dans 1 an, officiellement conseillère. Depuis plusieurs années, elle se sert d’huiles essentielles dans son quotidien aussi bien pour la santé que la beauté et le bien-être. Elle a banni, depuis quelques mois, les produits ménagers, de beauté, ... vendus en magasin et préfère les préparer elle-même, chez elle. Cette passionnée d’écriture et de séries TV chiante, gentille et forte de tête revendique ses côtés végétarien, écolo et féministe mais avec sa propre définition pour les deux derniers. Entre marche, musique, lecture, dessin, cuisine et photographie, elle trouve du temps pour s’occuper de ses mômes.

Linda Chaabna France - Canada Les fées de la pop culture se sont penchées sur le berceau de Linda un soir d’automne dans les années 80. Cinéma, séries, musique et mode ont bercé son quotidien depuis lors. Créative et curieuse, c’est donc tout naturellement qu’elle entreprend des études d’audiovisuel et travaille plusieurs années à Paris en production télé. Attirée par l’énergie créative de Montréal, elle décide l’an dernier de s’y installer et travaille dans la musique le jour, tout en s’impliquant auprès de R magazine la nuit, comme rédactrice bénévole. Dans la vie tout l’intéresse : les dernières tendances, l’actualité, les films à l’affiche, la cuisine et même le tricot ! Un seul mot d’ordre : créativité.


REVISION

Anne Solange Diène Sénégal - Canada Riche en expérience … dotée d’une belle plume … élégante ... coupable d’être soucieuse du bien-dire… voilà la traductrice rêvée de toute personne qui cherche à résoudre les énigmes verbales à la Shakespeare !

TRADUCTION

Marie Agathe Ndiaye Sénégal Passionnée par les voyages et le caritatif, elle est très imaginative avec un esprit curieux et le souci du détail. Elle exerce un métier diamétralement opposé et on peut dire qu’elle assume très bien cette cohabitation des chiffres avec les lettres. Elle apporte, dans ses traductions, une touche d’Angleterre, pays où elle a vécu plusieurs années.

Jérémie Vasseur France - Allemagne Jérémie a 28 ans, est marié et est papa de deux enfants. C’est une personne discrète et calme. À l’école primaire, il découvre les volcans dont il tombe amoureux. En toute logique, il finit par faire des études en sciences de la Terre et se spécialise en géophysique. En septembre 2015, il obtient son doctorat, après 4 ans de thèse, au sein du laboratoire de volcanologie expérimentale de la Ludwig-Maximilans-Universität München (université de Munich). Son métier est une passion : expériences en laboratoire, voyages sur le terrain, conférences, articles, ... il n’arrête pas. Il trouve, cependant, toujours du temps pour aller en famille, à la montagne ou faire du vélo. À la maison, c’est le spécialiste de la pâtisserie et des crêpes. Il aime aussi cuisiner, particulièrement le potiron qu’il apprécie rôti. C’est aussi un passionné d’histoire et de géographie (et croyez-nous, il connait la sienne !). C’est un scientifique qui n’échappe pas à la règle : il vit un peu dans un autre monde et, comme beaucoup d’hommes, ne peut pas faire deux choses à la fois (ce qui a le don d’énerver sa femme). Actuellement, il coule des jours tranquilles avec sa famille, toujours en Bavière.


Lanciné Kouyaté France - Canada Arrivé sur Montréal avec un Programme Vacances-Travail, il a profité pleinement de cette expérience pour découvrir le Canada. Diplômé d’une maitrise en finances et de gestion, il a également toujours été attiré par le monde de la presse, de la littérature et de la mode. R magazine lui permet de vivre cette passion et de continuer aussi à exercer son anglais.

Jayne Mandat Haïti/Canada Née à Montréal d’une famille haïtienne, Jayne est une âme créative qui se passionne de l’écriture, de la musique et de l’art. Elle vit pour voyager, découvrir de nouvelles cultures et réaliser ses passions.

Abdoulaye Coulibaly Côte d’Ivoire - Canada Abdoulaye est diplômé de l’université d’Abidjan où il a obtenu sa licence en linguistique anglaise avant d’entrer à l’École normale supérieure d’où il est ressorti avec un certificat d’aptitude pédagogique pour le corps des professeurs licenciés (CAP/CPL) après celui pour les collèges modernes (CAP/CM). À la suite de ses études supérieures, il entame une carrière d’enseignant d’anglais comme langue étrangère aux apprenants de 12 à 18 ans pendant une quinzaine d’années. Il exercera sa profession dans plusieurs établissements secondaires publics de son pays, la Côte d’Ivoire avant d’opter pour une réorientation professionnelle en traduction de l’anglais vers le français à l’Université de Montréal.

Djamilatou Diagne Diplômée en marketing et en commerce international, Marie Djamilatou Diagne, plus communément appelée Jamila ou encore Marie par la famille, est passionnée par la musique, les films d’horreurs et la lecture (même s’il lui faut maintenant trouver du temps pour lire). Elle traduit, de temps à autre, car elle aime l’anglais mais cela lui permet aussi d’apprendre de nouveaux mots.


DESIGN GRAPHIQUE

Axelle Port-Lis Guadeloupe - Canada Originaire de l’île de la Guadeloupe, Axelle a vécu 6 ans dans différentes villes de France pour ses études en repartant à chaque fois de zéro. Elle se décrit comme aventureuse et vit depuis peu à Montréal à la recherche de nouvelles aventures tout en espérant gagner en expérience professionnelle dans le design graphique, profession qui la passionne.

Jonas Simberg Brésil - Canada Graphiste de formation, il revêt plusieurs casquettes : illustrations, animations, design graphique et design web. La musique, le cinéma, l’image et le design créatifs le passionnent depuis toujours.

Estelle Simon Martinique Depuis son jeune âge, elle voulait devenir auteure de bande dessinée, mais entame des études de graphisme. Après l’obtention de son diplôme en 2014, elle fait un stage de quatre mois à Montréal. Suite à une rencontre avec une membre de R-magazine, Estelle se décide à rejoindre l’équipe en tant que graphiste. Passionnée par l’écriture et les arts en générales, elle s’est spécialisée dans les nouvelles et les poésies. L’univers des jeux vidéo et la musique ont une bonne place dans ses centres d’intérêts.

Katia Mc Evoy Canada


CORRESPONDANCE

Ray Senpai Indonésie - France Ray est un photographe d’origine indonésien basé à Paris. Autodidacte, ses travaux sont tournés vers les photographies de voyages effectués essentiellement en Asie et en Europe. Il travaille récemment sur un projet mettant en scène différents portraits de personnes rencontrées dans les 4 coins du monde et leur perception de la vie

Bernie Diène Sénégal - France Parisienne trentenaire, exerçant une activité salariale dans le domaine des chiffres, elle est une grande passionnée de photographie qu’elle exerce à ses heures perdues, sous le pseudo The glob’girl. La photographie représente, en effet, pour elle un moyen d’exprimer la fibre artistique qui l’a toujours animée, dès son plus jeune âge, période durant laquelle elle adorait dessiner. D’ailleurs, il lui arrive de reprendre le crayon pour griffonner des idées pour ses futurs shootings. Ses inspirations actuelles contribuent à la mise en valeur de la féminité quand elle n’essaye pas de délivrer des messages d’amour et d’harmonie raciale. Toutefois, un de ses prochains défis sera de collaborer avec des modèles masculins.

Stefdekarda Sénégal Photographe et graphiste pour de grands artistes de la scène sénégalaise ; Correspondant Afrique d’un magazine franco-américain ou encore chargé de production d’émissions à succès sur deux grandes chaines télévisées sénégalaises, il a récemment participé à une télé-réalité avec à la clé, pour le gagnant, une reconnaissance à travers l’Afrique en tant que styliste, entre autres.


ILS ONT TRAVAILLÉ AVEC NOUS ...

Anaïs Michella Yameogo - Burkina Faso/Angleterre Andrea Deloche - France Andrew Kennedy - Canada Briana Farrell - Canada Carène Samuel - Haiti-Syrie/Canada Fadji Vovor - Togo/Canada Germaine Deilhes Ndour - Sénégal/France Jean Vigo - France José Vidal - Espagne Joseph Barrera- Mexique/Canada Liliana Lemus - Colombie/Canada Lucie Barrol - France Lành Nguyễn - Vietnam Madjiguène Diop - Sénégal Marcel Lamarre - Canada Marie Clémence Modoux - France/Canada Mouhamed Dieng - Sénégal Ndeye Fatou Kane - Sénégal/France Olivier Badin - Canada Patrick Coakley - Irlande Sacha Hemel - Côte d’Ivoire Samantha Graham - Canada Tomas Larivière - Canada Victoire Ndong - Sénégal/États Unis Xippil Xole Studio - Sénégal Yolande Hyjazi - Sénégal/France Yankhoba Kouyaté - Sénégal


sommaire ARCHITECTURE Le pouvoir des fleurs

BEAUTE

Maquillage au masculin

BIEN-ETRE/SANTE Le bonheur est dans le thé

BOTANIQUE Ikebana

DECO

Les plantes carnivores : les belles rebelles

ECHAPPEES BELLES

Les hommes-fleurs des îles Mentawai aux yeux de la photographe Marion Staderoli

MODE DE VIE

Moi, transgenre et HommeFleur Baba de la barbe à fleurs

MODE

Mirlène Guillaume, Designer de mode PKYDESIGN.com, articles en cuir fonctionnels

PEINTURE

La deuxième naissance du cuir

PHOTOGRAPHIE

Half-Drag The Men Under The Influence

POESIE

Corps et âmes de Robert Paquin

PORTRAIT

Jean Claude Ellena, un parfumeur bien nez

R MODELE

Narcisse Soulsinger : Le lotus sacré aux douze pétales

SOCIETE Muxhes

LITTÉRATURE/PHILOSOPHIE Le zhanzhuang ou la posture de l’arbre


Architecture


[Hommes-Fleurs]Architecture

Le pouvoir des fleurs Le jardin en mouvement de Gilles ClĂŠment


Le paysage qu’offre un jardin n’est pas le résultat de conséquences banales, associées les unes aux autres et dont la finalité est toujours certaine, déterminée et approuvée par son concepteur. Il existe une démarche sensible, issue de l’observation minutieuse et attentive de la nature afin de l’accompagner dans sa croissance plutôt que de la cloisonner dans un aspect artificiel qu’elle ne désirerait pas. La philosophie que je vais vous présenter est celle d’un jardinier connu dans le monde entier pour son travail remarquable et sa connaissance des plantes. Il a réalisé, entres autres, les jardins du quai Branly, à Paris et les jardins du tierspaysage, à Saint-Nazaire que j’affectionne particulièrement.

Les espèces végétales sont les conceptrices principales du jardin en mouvement et sont à l’origine de son existence. Elles choisissent leur emplacement et se déplacent au gré du temps. Elles amènent toute personne se promenant dans ce jardin à observer la vie naturelle d’un nouveau regard, à se déplacer à travers différents sentiers, selon les saisons, les semences, les floraisons de certaines espèces à un moment donné.

Pour aménager un jardin en mouvement, le jardinier doit connaître son milieu. Il organise son jardin dans l’espace et dans le temps. Une certaine espèce plantée à un endroit peut enrichir considérablement le terreau et offrir la possibilité à d’autres espèces végétales plus faibles de Le jardin en mouvement est un concept qui dé- croitre au même endroit. finit un état d’esprit. Ce n’est pas un modèle qui se reproduit partout, dans tout endroit. C’est La vie du jardin en mouvement dépend alors de une démarche lente, à l’écoute de son pro- celui qui l’entretient et non plus de celui qui l’a pre jardin. Comme tout commencement, on dessiné. Il s’inspire de la friche, espace de vie choisit, d’abord, les plantes adéquates au climat laissé à l’abandon par l’homme, mais au libre où nous sommes et au terrain que nous allons développement des espèces végétales. Le jaraccompagner. Ensuite, on plante les différentes dinier a seul but d’accompagner la biodiversité espèces choisies, selon leurs caractéristiques in- qui se développe naturellement devant lui et trinsèques : croissances, luttes, ensoleillement, d’accroître la qualité du biotope (milieu de vie échanges de semences, complémentarité. En- physique et chimique). fin, on attend, on observe. La théorie du jardin en mouvement est déCette philosophie conduit le jardinier à plus ob- crite, pour la première fois en 1984, dans un server pour agir, le moins possible, sur son jardin. article, sous le titre de “La friche apprivoisée”, L’entretien du jardin en mouvement doit accom- puis dans le livre rédigé par Gilles Clément, en pagner la croissance naturelle des plantes. Le 1991. Le jardin en mouvement se rapproche plus remarquable est le déplacement physique considérablement du domaine de l’écologie. des espèces sur le terrain. Ce mouvement con- Il s’inscrit dans le projet, défini par son auteur, cerne, principalement, les herbacés qui dispara- “l’écologie humaniste” qui “vise à redéfinir la issent et réapparaissent, selon les évènements place de l’homme dans la nature”. naturels de vie du jardin (vent, pluie, activités du jardinier ...), là où les graines ont pu trouver un terrain favorable à leur croissance. Le jardinier est alors amené à conserver les fleurs qui ont Rédaction : Gabrielle Ovinet poussées où bon leur semblaient. Mise en page : Jonas Simberg


BeautĂŠ


[Hommes-Fleurs]BeautĂŠ

Audrey Desjardins

Maquillage au masculin Photo : Christelle Cognac Modèle : David Juteau


Boum ! « Maquillage » et « homme » …. Sacrilège effets spéciaux, naturel, créatif... J’affectionne ! Deux mots qui « ne devraient pas être dans particulièrement les deux derniers qui sont la même phrase ». Et pourtant, tout comme les étrangement et complètement des opposés. cosmétiques, c’est une pratique très ancienne Voici un bref résumé de mon parcours scolaire utilisé dès la Préhistoire et qui, de nos jours, : j’ai étudié à l’Institut France Lécuyer pour, se démocratise. Anthropologiquement parlant, ensuite, me rediriger dans le module Mode et comme pourrait l’être le tatouage, le maquil- beauté du Collège Inter-Dec, à Montréal. J’ai lage, en général, a un sens identitaire, revendi- appris les bases des effets spéciaux, dans un precatif et bien plus encore.

mier temps, avec le spécialiste Éric Whebley et par la suite, en autodidacte. Si je devais nommer

Souvenez-vous, lorsque les soins pour hom- le maquilleur qui m’inspire le plus, je dirais, sans mes ont été lancés, certains ont crié, haut et aucun doute, Kabuki. fort, pour montrer que c’était une insulte à leur virilité, à leur statut de mâle et regardez, Comment êtes-vous arrivée à ce métier de maaujourd’hui, combien de sujets du genre mas- quilleuse ? culin se tartinent la face de crème hydratante et ce, au quotidien ! Cependant, le maquillage Pour moi, le maquillage est un art en soi et j’ai pour homme demeurera un des derniers tabous toujours touché au domaine des arts. Bien sûr, de la société car on l’appelle de son vrai nom comme la majorité des filles, j’aimais me ma: maquillage. Et qui dit maquillage dit femme quiller et apprendre de nouveaux trucs. Je ne donc …. Vous comprenez ? me souviens plus exactement pourquoi, du jour au lendemain, j’ai décidé de suivre un cours de

Une maquilleuse nous parle, aujourd’hui, afin maquillage. Cependant, j’ai su, dès que j’ai fait de confirmer que le maquillage pour hommes mon premier cours, que c’était un domaine qui n’est pas là pour faire concurrence avec celui me passionnait et que je voulais le pratiquer conçu pour les femmes. comme métier. Je voulais tout savoir et apInterview d’Audrey Desjardins

prendre toutes les techniques et les facettes du maquillage. J’adorais apprendre comment on pouvait métamorphoser une personne ; puis, au

Présentez-vous !

fur et à mesure, je me suis lancée, corps et âme, dans cette passion.

Audrey Desjardins, maquilleuse professionnelle Être « maquilleuse », ça veut dire quelque depuis plus d’un an. Je fais plusieurs styles de chose ou ça englobe plusieurs corps de métiers maquillage : beauté, mariage, mode, cinéma, spécifiques ?


Scene tiré du court-métrage Mystère Criminel de Gabriel Després À gauche : Daniel Potvin et à droite : Nicolas Couture

Évidemment, il existe autant de sortes de ma- avoir honte. Tout est une question de subtilité quilleurs que de peintres. Certains vont se spé- et de ne pas trop en mettre. Un cache-cernes cialiser dans un style spécifique : cinéma, mode/ bien mis ne paraît pas ainsi que des sourcils desbeauté ou créatif et d’autres, comme moi, vont sinés avec la poudre. C’est juste un moyen de toucher à plusieurs corps de ce domaine. Si je souligner les traits du visage et de cacher les imrésumais, en général, la définition du maquil- perfections. leur, je dirais que c’est une personne qui travaille sur le visage et le corps d’une personne et qui Se maquiller… pourquoi chez l’homme ? est capable de comprendre la morphologie de celle-ci. Avec l’aide de nos produits, nous allons Honnêtement, je connais des hommes qui se souligner ou modifier la morphologie de la per- maquillent légèrement pour cacher leurs cernes sonne selon ce que nous cherchons.

ou des boutons indiscrets. Certaines personnes seraient surprises de savoir que plusieurs di-

Crème hydratante ou anticerne, certains di-

rigeants de pays et de grandes compagnies

ont leur maquilleur personnel pour camoufler ront : « Oui ! ». Mais, fond de teint, mascara… toutes traces de fatigue, entre autres. La raison d’autres diront « Faut pas déconner ! ». Et vous ? est simple. Nous sommes plus aptes à écouter et

Pourquoi pas ! Nous les femmes, nous nous admirer une personne qui a l’air réveillée et en maquillons bien pour nous embellir et nous dé- forme. Nous vivons dans une société où étermarquer ; alors pourquoi l’homme n’aurait pas nelle jeunesse et vigueur apparentes comptent ce droit également ? Je crois que les hommes beaucoup sur la balance. De plus, cela donne, pourraient utiliser certains produits sans en chez la femme, par exemple, un petit boost de


confiance et le sentiment d’être plus belle aux yeux des autres. Qu’est-ce qui est le plus difficile, pour vous, dans la création des maquillages pour les hommes ? De les amener à se détendre et à se laisser faire! La plupart bouge beaucoup plus qu’une femme et est plus sensible dans la région de l’œil car n’étant pas habituée à ce que l’on touche cette zone. Je n’ai pas encore eu un client qui ne s’est pas plaint lors de la pose du mascara ou de l’application d’un trait dans la muqueuse. Ma seule solution dans ces cas-là est de prendre mon temps patiemment. Comment faites-vous pour savoir exactement ce qui va correspondre à vos clients mâles ? En discutant avec eux avant le maquillage ; ce qui brise la glace déjà et permet, ensuite, de connaître, un peu plus, leurs goûts. En outre, j’explique chacune de mes étapes et vérifie avec eux si cela leur convient. Il faut apprendre à écouter le client et percevoir les signes lorsqu’il n’est plus l’aise ou qu’il a des doutes sur ce que nous faisons. Quelques petits conseils pour nos lecteurs (masculins uniquement) qui voudraient s’essayer…. • Lavez-vous et hydratez-vous toujours avant de vous maquiller et n’oubliez jamais de vous démaquiller le soir et, de nouveau, de vous hydrater la peau. Vous pouvez aussi hydrater vos lèvres avec un baume et mettre une crème anticerne. Souvenez-vous, plus vous prenez soin de

Photographe : Ericam (Erika Camirand) Modèle : Steph Prince


votre peau, plus elle est belle et moins vous avez besoin de produits camouflants. • Si vous cherchez à unifier votre teint, prenez un fond de teint liquide et à couvrance légère. Je vous conseille de l’appliquer avec un beauty blender mouillé pour un effet encore plus naturel. • Pour ce qui est du cache-cernes, encore une fois, en liquide et il doit être à peine plus pâle que votre peau naturelle. Vous pouvez l’appliquer avec un beauty blender ou avec votre petit doigt. • Pour que le maquillage ne bouge pas, poudrez légèrement avec une poudre translucide. • Il se peut que vous vouliez aussi de longs cils pour agrandir l’œil. Le truc pour les hommes, c’est de s’acheter un mascara noir bien simple et des goupilles jetables. Frottez la goupille jetable sur celle incluse dans le mascara. Ensuite, appliquez, en suivant la direction naturelle de vos cils, une fois. Vous pouvez finir en repassant avec une goupille vierge pour ôter le surplus. • Finalement, Google, votre copine-femme et/ ou vos amies filles sont vos meilleurs amis si vous voulez apprendre plus sur le sujet. Facebook : www.facebook.com/Studiobeautemystique Instagram : Studio_Beaute_Mystique

Photographe : Ericam (Erika Camirand) Modèle : Steph Prince

Interview: Blacky Gyan Mise en page : Estelle Simon


Bien-être / Santé


[Hommes-Fleurs]Bien-être/Santé

Le bonheur est dans le thé


Sachez que la nature vous veut du bien. Certaines fleurs et plantes ont des propriétés naturelles apaisantes qui sont utilisées en infusion par l’homme, depuis la nuit des temps. A sachets de thé ! La passiflore La passiflore est une plante grimpante issue des régions tropicales. Elle est utilisée pour soulager l’anxiété, la nervosité, les spasmes musculaires et les douleurs névralgiques ainsi que les troubles du sommeil d’origine nerveuse. Sa partie aérienne est récoltée et séchée, notamment, pour réaliser des tisanes.

La valériane La valériane est une fleur originaire d’Europe et d’Asie du nord dont on utilise principalement la racine et le rhizome pour traiter l’anxiété, l’agitation nerveuse et les troubles du sommeil. Ses bienfaits médicinaux sont populaires depuis l’Antiquité.

La cam La camomille provient Orient. On se sert de sa aliser des infusions. Ains gestif, en cas d’inflamma possède également des soulager l’agitation et l’in


La verveine Issue d’Amérique, la verveine peut être utilisée en totalité dès sa floraison. Cet incontournable de la médecine populaire sert à soulager les maux d’estomac (crampes, spasmes d’estomac, menstruations douloureuses), les troubles du sommeil et du stress et l’anxiété. Néanmoins, à ce jour, aucune étude scientifique n’est assez concluante pour corroborer ses bienfaits médicinaux. La mélisse Plante méditerranéenne, la mélisse est également connue sous l’appellation « herbe au citron ». Elle est reconnue pour soulager la nervosité, l’agitation, l’irritabilité et les troubles du sommeil. On lui attribue également des vertus pour apaiser les spasmes gastro-intestinaux mineurs.

momille d’Europe et du Moyen a partie fleurie pour rési, elle apaise le tube diation ou de spasme. Elle bienfaits reconnus pour nsomnie nerveuse.

Rédaction : Maëva Cruchet Mise en page : Blacky Gyan


Botanique


[Hommes-Fleurs]Botanique

Ikebana

Rencontre avec Raynald Donais, un homme parmi les fleurs


L’ikebana est un art traditionnel japonais de composition florale qui a su traverser les cultures et les époques. Bien que multi centenaire, cet art délicat compte encore aujourd’hui de très nombreux adeptes à travers le monde. Il est traditionnellement exercé par les hommes japonais, à la recherche d’esthétique et d’harmonie par les fleurs, mais a su aussi conquérir un public mixte bien au-delà de ses frontières. Nous avons rencontré Raynald Donais, président de la Société Ikenobo Ikebana de Montréal. Il a accepté de nous parler de sa passion et de cette école qui enseigne l’art de l’Ikebana depuis près de 50 ans à Montréal. Les premiers écrits évoquant l’école Ikenobo Ikebana datent de 1462, bien que son origine remonte au VIIe siècle. C’est en 1967 qu’un groupe de Japonaises commence à enseigner l’ikebana à Montréal à travers la section montréalaise de l’école Ikenobo. L’école aura même l’honneur de recevoir en 1986 le directeur de l’école de Kyoto, Sen’ei Ikenobo. En 2006, Raynald Donais devient le président de la Société : ‘nous donnons deux séries de dix cours, une au printemps et une à l’automne, et nous organisons une exposition annuelle au Chateau Ramezay pendant les Journées de la culture, fin septembre’. Le profil des élèves ? Éclectique ! Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes pratiquent ensemble leur art : ‘c’est très dynamique!’ ajoute Raynald. L’école conserve des liens avec le Japon, des professeurs nippons rendent en effet visite à leur homologue montréalais plusieurs fois par an. Ces rencontres permettent parfois des choses surprenantes, comme se rendre compte que

la flore présente sur le Mont Royal possède des espèces en commun avec le Japon ! C’est le cas du bougainvillier ou encore du buis, deux espèces très prisées pour l’ikebana. 1967 : année de l’Exposition internationale de Montréal. Déjà sensible au mouvement dit du japonisme en peinture, Raynald Donais va alors chercher à étendre sa connaissance du pays du soleil levant : ‘je cherchais une culture différente de notre culture occidentale et qui soit raffinée. J’ai choisi de m’intéresser au Japon. En 1980, j’ai assisté à diverses conférences sur l’art du jardin, la culture des fleurs, les bonsaïs, etc. En septembre, je commençais mes cours d’ikebana au Centre culturel canadien japonais de Montréal. C’est depuis ce temps que l’art floral japonais fait partie de ma vie. La pratique de l’ikebana rythme désormais la vie de Raynald. Il multiplie les formations, les voyages ‘pour ajouter à mes compétences’ et promouvoir l’ikebana. Il est désormais ‘Sokakyo’, professeur de niveau 3 (rang 12) et président de la Société Ikenobo Ikebana de Montréal ‘c’est pour moi tout un honneur’. Lorsqu’on le questionne sur l’apport de cet art dans notre société contemporaine, il nous répond tout simplement ‘de la beauté dans la vie des gens’. Au-delà du simple aspect esthétique de la composition florale, Raynald y perçoit ‘un art anti-compétitif, on y découvre autant le calme que le dynamisme, autant la simplicité que la complexité. De fait, la compétition est envers soi-même. Une sculpture florale, aussi longue à faire soit-elle, est éphémère. Dans les grands classiques de l’école il y a un arrangement magnifique qui ne dure que quelques heures en utilisant une gloire du matin (ipomée) qui ne s’ouvre que le matin seulement et se referme le reste de la journée. C’est une belle leçon d’humilité.


Un impérieux désir de belles choses Pour Raynald, l’envie de créer de la beauté est ‘une partie innée de l’âme, de la nature humaine’. À travers les ateliers et formations qu’il propose, il invite les néophytes à découvrir ‘une façon de penser Orientale, une autre philosophie de vie. En effet, l’ikebana n’oppose pas l’Homme et la Nature, il les marie en harmonie ‘il est possible de rester plusieurs minutes devant une sculpture florale pour en ressentir l’émotion qu’elle exprime. Et nombreux sont ceux qui s’intéressent à l’ikebana pour sa dimension écologique et de respect de la nature.

Les valeurs millénaires de l’ikebana semblent trouver leur écho encore aujourd’hui, dans notre société occidentale moderne. La proximité avec la nature et l’art de la contemplation seraient-ils le secret de l’harmonie intérieure ? ‘La pratique de l’ikebana vous amène à observer davantage les plantes; une toute petite fleur qui pousse dans une fente de dalles de béton devient intéressante’. Le calme, la paix intérieure, ainsi que la satisfaction d’avoir créé du beau, que procure la pratique de l’ikebana en fait bien plus qu’une simple activité, c’est pour lui une véritable philosophie de vie.

À titre personnel, il tient à nous préciser que ‘l’ikebana est plus qu’une passion, cet art fait Et Raynald de conclure : une amie japonaise me dit que je suis plus japonais que les Japonais! Elle partie de ma vie !’. parle évidemment de ma philosophie de vie. Pour lui qui est un amoureux de la nature, l’ikebana lui permet de ‘l’apprécier davantage’ Pour en savoir plus sur l’école Ikenobo Ikebana et de garder un lien constant avec elle, même de Montréal : www.ikenobo.qc.ca pour quelqu’un vivant en ville. ‘Je ne me vois pas ne pas faire d’arrangement Référence : Gusty L. Herrigel, La voie des fleufloral japonais.’ rs, Le zen dans l’art japonais des compositions Qu’est-ce qui peut pousser un homme vers florales l’ikebana ? Contrairement au Japon, en Occident, il y a peu d’hommes qui le pratiquent, d’après Raynald. Apprendre à recentrer ses émotions et sa concentration autour de l’élément végétal en vue d’une création semble avoir des vertus bénéfiques sur l’esprit : ‘c’est aussi efficace qu’une méditation’ nous assure Raynald, tout en ajoutant ‘l’art floral japonais est d’abord et avant tout un contact avec la nature, ensuite de ramener l’esprit de cette nature à l’intérieur. Mes élèves masculins ont des métiers stressants : avocat, programmeur, etc. pendant la création, ce stress disparaît, la paix s’installe et en apportant son arrangement chez soi, il offre pour quelques jours un instant de beauté, mais surtout de calme et de paix.

Rédaction : Linda Chaabna Mise en page : Jonas Simberg


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Les belles rebelles


Les plantes carnivores Qu’est ce qu’une plante carnivore ?

La plante carnivore est une plante ordinaire qui s’est développée dans un milieu pauvre en matière nutritive, qu’il soit terrestre, épiphyte ou aquatique. Dans ces environnements où les végétaux poussent peu, la plante a donc du trouver des moyens particuliers pour combler ses besoins nutritifs. Ces milieux pauvres en azote regorgent d’insectes et de petits animaux. C’est tout naturellement que la plante carnivore a développé la lutte pour la survie en déployant des moyens de chasse. En effet, la plante carnivore est capable de capturer des proies vivantes grâce à des pièges et de les digérer. Elle absorbe les minéraux dont elle a besoin par ses racines, telle un végétal ordinaire mais elle peut également capturer des insectes, des vers, grenouilles, mollusques ou autres crustacés. Certaines plantes peuvent même digérer des rongeurs de petite taille ! En voilà un bon complément alimentaire ! Elles sont capables de mouvement mais rassurez vous, elles sont dépourvues de musculature. Le tournesol ne suitil pas le soleil tout au long de la journée ? D’après nos connaissances en botanique, il y a plus de 500 espèces carnivores sur les 250 000 plantes connues à ce jour.

La plante carnivore s’en va chasser : Attirer et capturer Pour se nourrir, les plantes carnivores doivent dans un premier temps attirer leurs proies. Couleurs vives et attrayantes, substances sucrées, guides ultraviolets sont des leurres employés pour charmer leurs victimes. Une fois la bête sur la plante, il n’y a plus qu’à la capturer. Les plantes carnivores, fins stratèges, n’ont plus qu’à déclencher leur piège. Il en existe de différentes sortes en fonction du milieu de vie de la plante. Ils peuvent être classés en 3 groupes : les semi-actifs, les actifs et les passifs.


les semi-actifs Exemple : les droséras La droséra est une plante d’Europe, Asie et Amérique du Nord. Au soleil, ses feuilles brillent comme si elles étaient couvertes de nectar onctueux. Parfois comparée à la stratégie du « papier tue-mouche », les insectes sont attirés et s’engluent dans cette matière visqueuse. Plus la bête se débat, plus elle entre en contact avec les tentacules de la plante, ce qui stimule les cellules sécrétrices. Petit à petit, la plante se courbe et place l’insecte vers les glandes digestives, dans le centre de la feuille qui s’incurve. La bête meurt alors d’asphyxie. Ils sont appelés « semi-actifs » car le mouvement de la plante est lent, il peut duré plusieurs minutes. Il faut alors jusqu’à une ou deux semaines pour que la plante reprenne sa forme initiale.

les actifs Exemple : les dionées La dionée est une plante carnivore d’Amérique du Nord. Elle transforme ses feuilles pour former des sortes de mâchoires. Elle produit à l’intérieur d’elles, du nectar. Les insectes, attirés par l’odeur alléchante se posent. Si par malheur il vient à toucher un des trois poils sensibles situés au cœur de chaque mâchoire, elle se referme en un dixième de seconde.

Le piège ne s’ouvrira de nouveau qu’une à deux semaines plus tard quand la plante aura tout digéré.

les passifs Exemple : les népenthès On trouve la népenthès à Madagascar ou en Nouvelle Calédonie par exemple, dans des zones tropicales humides. Ces plantes ont des feuilles terminées de cornets surmontés d’une sorte de couvercle appelé opercule. Les proies sont attirées une fois de plus par les glandes à nectar et pénètrent dans le piège. L’opercule se ferme et empêche les insectes de sortir. L’urne est remplie d’enzymes digestifs dans lequel les insectes se noient puis sont digérés.


Puis-je en avoir une chez moi ? Comment la cultiver ? Jardinier en herbe, il se pourrait que vous soyez désemparés face aux besoins de ces végétaux étonnants. Sachez que chaque variété de plantes carnivores à ses spécificités. Nous allons ainsi reprendre les trois exemples précédemment cités. Cultiver des droseras : Plante vivant sur les sols marécageux au naturel, elle apprécie le soleil et la lumière. Sa place doit donc être près d’une fenêtre. Elle supporte l’excès d’eau, son pot peut être en contact avec l’eau pour éviter sa déshydratation. Cultiver des dionées : La dionée doit être placée dans 1/3 de sable et 2/3 de tourbe. Tout comme la drosera elle aura besoin d’une réserve d’eau sous son pot et d’un maximum de lumière. Plus elle a de soleil plus l’intérieur de ses pièges seront rouge vif. L’hiver elle a besoin d’un repos hivernal en dessous de 10 degrés pendant au moins 3 mois. Si ce repos n’est pas respecté, la plante risque de s’affaiblir. Pendant ces mois, l’arrosage peut être réduit.

Elle est déjà comblée par les proies qu’elle attrape seule, son substrat et l’eau. Ne vous inquiétez pas, elle ne se laissera pas mourir de faim, croyez moi. Enfin dernier conseil en ce qui concerne l’eau. Elle doit être de qualité. L’eau du robinet est à bannir. Le mieux est d’utiliser de l’eau de pluie autant que possible. Enfin, vos plantes carnivores ne doivent jamais être vaporisées. Les plantes carnivores ne sont pas des végétaux difficiles à cultiver mais elles ont des besoins différents de ceux auxquels nous sommes habitués. Vous voilà désormais informé et conseillé en attendant des photos de vos plantations sur nos réseaux sociaux !

Cultiver des nepenthes : Ces plantes doivent être cultivées en intérieur à la hauteur d’une fenêtre. Elle n’a pas besoin d’avoir la base du pot dans l’eau mais seulement un substrat humide. Elle aime l’humidité. La salle de bain serait peut-être l’endroit approprié ? Les plantes carnivores attirent souvent, par leur aspect peu commun et leurs couleurs, les enfants. Attention, ce ne sont pas des jouets, les grandes mâchoires des dionées ne se referment que 3 fois avant de mourir… Il est également inutile de partir à la chasse pour votre plante.

Rédaction & Mise en page : Laura Bonnieu


EchappĂŠes Belles


[Hommes-Fleurs]EchappĂŠes belles

Les hommes-fleurs des ĂŽles Mentawai aux yeux de la photographe Marion Staderoli


Marion Staderoli, cette jeune femme du sud de la France, est née en 1982 et exerce sa passion, la photographie, de manière professionnelle depuis 2009. Elle se considère extrêmement chanceuse de pouvoir ainsi vivre au quotidien de ce qui l’anime. Outre ses prises de vues pour le particulier et les entreprises, elle cherche, sans cesse, à se renouveler et à se dépasser dans un genre qu’elle affectionne particulièrement : la photographie de voyage. Chanceuse doublement car le voyage est une autre passion, aujourd’hui, elle allie photographie et voyages ; ce qui a engendré la création d’un blog intitulé « Un regard … Des voyages ». En plus de promouvoir son travail de photographe ce dernier nous livre ses « carnets de routes » et nous emmène loin, très loin...

Quel est votre point d’équilibre entre travailler comme photographe professionnelle pour des particuliers et des entreprises et photographier des mannequins ou des paysages, par pure passion ? L’équilibre est là où tout reste un plaisir et où cela me permet d’en vivre également. Je suis épanouie lorsque je réussi à apporter à mes clients ce qu’ils attendent et imaginent. Je le suis également lorsque je fais de la photo « pour moi », sans commande, sans attente de personne. Ces images-là sont plus personnelles et me permettent une plus grande liberté. Par contre, ce n’est pas cela qui me ferait vivre. Les deux pratiques me sont indispensables.

Depuis quand faites-vous de la photographie, comment ce passe-temps a-t-il commencé ? Depuis toute petite, j’ai toujours été attirée par l’art sous toutes ses formes. Ce n’était pas un rêve de petite fille que de devenir photographe, c’est venu progressivement alors que j’étudiais les Arts Plastiques à la faculté. J’avais pris une option photographie ; on pratiquait l’argentique à l’époque et j’ai été émerveillée par ce médium et, notamment, par le côté magique du tirage en chambre noire. C’est là que tout a vraiment commencé.

Frustrations et culpabilité ou angoisse par rapport à votre entourage ? Non, pas de frustration ni d’angoisse (si ce n’est au début quand « on rame » et qu’on ne sait pas où cela va aller !) Mon entourage m’a toujours encouragée dans ce projet. Je pense, en particulier, à mes parents qui m’ont beaucoup aidée et soutenue ; sans cela, j’aurais certainement abandonné rapidement ! Aujourd’hui, tout le monde est ravi de me voir exercer un métier qui me passionne et de réaliser de beaux voyages. Antony est également à son compte et il faut dire que nos vies personnelles et professionnelles sont, parfois, entremêlées sans que cela ne pose de problème.

Pourquoi et comment est-ce devenu un travail ? Etait-ce la naissance d’un désir de créativité et de liberté ? Un désir de créativité et de liberté, oui, c’est exactement ça ! J’avais ce désir d’être photographe tout en sachant que ce serait difficile et long. Il m’a fallu du temps pour me décider. Après ma maîtrise en Arts Plastiques, j’ai fait tout autre chose, pendant deux ans et puis, je me suis enfin « lancée » sachant que si je ne tentais pas l’aventure, je le regretterai.

D’ailleurs qui est Antony ? Antony est mon compagnon. On s’est connus alors que j’étais déjà photographe et que je commençais tout juste à réussir à en vivre. Les voyages se font toujours en sa compagnie. Nous avons la chance d’être tous les deux, à notre compte ; ce qui nous laisse de la liberté pour entreprendre nos périples. Même si lui-même n’a pas la fibre artistique et ne prend aucune photo, je dois dire qu’il fait preuve d’une grande patience. En effet, voyager avec un photographe


n’est pas forcément facile. Je peux rester très longtemps à photographier une scène sans voir le temps passer et en oubliant tout ce qu’il y a autour.

voyage en Indonésie, j’ai découvert qu’il était possible de prévoir une excursion pour aller à leur rencontre. J’ai, tout de suite, su que nous irions.

Vous considérez-vous comme des écrivainsvoyageurs, Antony et toi ? Eh bien, si Antony ne prend pas de photos, il n’écrit pas non plus ! Et là aussi, il doit être patient car je passe beaucoup de temps, sur mon ordinateur, à écrire et éditer les photos lors de nos voyages.

Comment avez-vous trouvé l’accueil ? Avant de parler de l’accueil, je voudrais partager la première image forte de ce périple : le moment où nous nous sommes retrouvés face « à notre premier » Mentawaï.

Est-ce qu’exercer un métier qui vous captive en vivant votre passion est un vecteur de valeurs positives pour vous et votre entourage ? Oui, bien sûr ! Je pense qu’être soi-même épanoui ou voir quelqu’un de sa famille qui l’est est toujours positif. C’est même essentiel, je dirais. Parlez-nous de votre rencontre avec le peuple Mentawai ! Cela va être dur à résumer ! Cette rencontre a été quelque chose de magique ou, plutôt, ces rencontres car nous y sommes retournés trois fois déjà ! Ces séjours chez eux font partie des moments les plus forts de nos voyages. Comment est née l’idée d’aller faire une excursion chez eux ? Je suis une adepte de la célèbre émission « Rendez-vous en terre inconnue » de Frédéric Lopez et je me suis toujours dit : « Si seulement nous aussi nous pouvions faire comme eux et aller à la rencontre de ces peuples ! ». J’avais vu, quelques années auparavant, l’épisode consacré au « Hommes fleurs » avec Patrick Timsit et qui m’avait, peut-être, plus marqué qu’un autre, avec cette image surréaliste d’hommes vivants comme en marge du monde moderne, à l’état naturel, dans la jungle. Jamais, je n’aurais pensé y aller un jour ! C’est alors que lorsque je faisais des recherches sur le net pour notre prochain

Après plusieurs heures de pirogue, nous marchions dans la jungle depuis déjà un bon moment. Essoufflés et ruisselants de sueur nous avons, tout à coup, vu cet homme au milieu de la végétation. Sorti de nulle part, simplement vêtu de son cache-sexe, le corps couvert de tatouages et décoré de bijoux colorés, il était beau et charismatique. C’était un chaman. Nous nous sommes sentis tous petits devant lui, tellement impressionnés ... Puis, après encore quelques temps de marche, nous sommes arrivés devant la « Uma » qui est une maison traditionnelle. Le cœur battant fort, je me suis avancée sur le pas de la porte, la première et me suis retrouvée face à une femme un peu âgée venant vers moi, torse nu, vêtue d’un paréo sale et au sourire édenté, qui me tendait la main - très vite nous l’avons appelée, naturellement, « Mama » -. « Aleuiiiiita ! » (qui signifie bonjour) nous a-t-elle « chanté ». Aussitôt, je crois, elle nous a entrainés à l’intérieur et nous a tendus un morceau de « sagu » (c’est une fécule alimentaire, base de leur alimentation), agissant comme si nous avions toujours été là, dans leur famille. Ensuite, nous avons découvert les différents membres composant cette famille, tous accueillants et dans une posture d’observation - comme nous l’étions également -. Effectivement, ils restent méfiants vis-à-vis des visiteurs et il faut du temps pour réellement s’intégrer ; nous l’avons compris année après année.


Qu’avez-vous appris de cette culture ? Les Mentawaï ont une culture très riche qui, malheureusement, tend à disparaître peu à peu. Le gouvernement indonésien a, malheureusement, œuvré pour remettre dans le « droit chemin » ces « sauvages » et beaucoup ont capitulé, rejoignant les villages gouvernementaux et perdant ainsi, peu à peu, leurs coutumes et leur savoir. La famille où nous étions et celles rencontrées par la suite font partie des « résistantes » car elles vivent toujours au milieu de la jungle et n’ont que des contacts ponctuels avec l’extérieur. Elles sont animistes et vivent en communauté et en harmonie avec la nature qui les entourent. Leurs croyances sont très fortes. Nous avons eu l’immense chance d’assister à une cérémonie chamanique lors de notre troisième séjour ; c’est très impressionnant. Chaque personne joue un rôle dans le clan et l’entraide est de mise. Homme, animal, végétal ou esprit des ancêtres, chaque élément est une entité qui mérite le respect. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux !

un poulet pour quinze personnes ça fait « just » ! - nous avons proposé de leur offrir un cochon à partager pour le diner. Tuka, le chaman chez qui nous logions nous a dit qu’il n’y avait pas de problème, que sa sœur qui n’habite pas loin en a chez elle et qu’on peut aller en acheter un. Super ! Nous voilà partis de bon matin à travers jungle en quête d’un cochon.

Une anecdote ? Un mauvais coup ? Alors là, j’aurais des tonnes d’anecdotes (et pas de mauvais coup) ! Chaque journée passée avec eux réserve son lot de surprises mais aussi de situations incongrues pour nous et donc de l’incompréhension. Nous avons, d’ailleurs, pris l’habitude de nous dire assez souvent : « On ne cherche pas à comprendre, ce sont les Mentawaï ! ».

Vers quinze heures, Sarhul revient vers nous et nous dit qu’avec la pluie, la rivière a dû monter et que comme nous avons trois heures de marche pour rentrer nous ferions mieux d’y aller. Mince ! Et le cochon ? Nous n’avons jamais su pourquoi ni comment mais nous sommes repartis bredouilles.

« Pas loin », en fait, c’est où exactement ? Et bien, il nous aura fallu trois heures de marche à grimper, traverser la rivière et marcher sur des troncs en équilibre pour y arriver ! Une fois sur place, nous faisons connaissance, et nous voyons, en effet, pas mal de cochons autour de la maison. Notre guide et interprète, Sarhul, discute avec le chef de famille puis, nous dit qu’il va falloir attendre car « le bon cochon » n’est pas là - ils sont en liberté -. Ok ! Une heure passe, puis une autre... Nous passons le temps avec les enfants mais nous avons faim ! La famille finit par tuer un poulet et nous en offre quelques morceaux accompagnés de « sagu ». Une autre heure passe, il pleut fort et Quel souvenir en gardez-vous ? le « bon cochon » n’est toujours pas là. Il y en Un souvenir marquant et fantastique. Bizarre- a plein partout, pourtant ! La patience est rement, nous nous sommes sentis, tout de suite, ine dans la jungle ; alors, nous attendons sans très bien dans cette « Uma » et ces gens-là ont broncher et profitons de ces instants, quoi qu’il vraiment marqué nos cœurs. en soit, uniques.

Cette histoire résume bien leur vie et le fossé qu’il y a avec la nôtre. Là où nous avons la J’ai une anecdote qui peut assez bien résumer flemme d’aller à cinq minutes en voiture au suleur façon de vivre. Un jour, lassés de ne manger permarché, eux font, chaque jour, des heures de que du végétal et de « sucer des os de poulet » - marche pour se ravitailler et, parfois, pour rien !


Envisagez-vous d’y retourner ? Je pense qu’un jour nous y retournerons, oui ! Pas cette année, certainement, mais nous y irons à nouveau. Cela fait trois années de suite que nous allons les voir et c’est vrai que c’est un plaisir de les retrouver à chaque fois, de voir les enfants grandis, d’avoir des nouvelles et puis les liens se tissent et deviennent, de plus en plus, forts. Nous apprenons un peu plus d’eux à chaque visite.

Son métier de photographe Sa formation en photographie Marion n’a pas eu de formation spécifique en photographie. En vrai autodidacte et armée de sa maîtrise en Arts Plastiques, elle a suivi quelques cours à la fac puis a appris dans les livres et en pratiquant.

Ses expositions Elle n’a pas beaucoup d’expositions à son acQuel conseil donneriez-vous aux personnes tif car a concentré, jusque-là, ses efforts dans la bonne marche de son entreprise. Toutefois, qui souhaiteraient faire comme vous ? Si vous aussi vous rêvez d’aller faire connais- elle a exposé pour des médiathèques et pour un restaurant de casino de jeux. sance avec ce peuple fascinant, gardez, tout de même, à l’esprit que ce n’est pas une sinécure. Aujourd’hui, avec ses photos de voyage, elle Le chemin est très long pour arriver dans une chercher à développer cet aspect-là mais avec famille. C’est très fatigant et voire probableefficacité et discernement et commence à dément dangereux. Le moindre confort est tomarcher des galeries. talement inexistant : pas de douche, pas de lit, c’est sale et vous perdrez tous vos repères. Il En octobre 2015, elle a réalisé une exposition faut accepter de s’intégrer totalement, d’avoir inédite qu’elle appelle « Au bout du monde » et un regard neuf, d’oublier tout ce que l’on sait qui fait partie de ses moments forts. Il s’agissait et ce que l’on croit et d’adopter la vision des d’un retour dans un petit village de pêcheurs où, choses de ce peuple. Venir en simple visiteur un an auparavant, elle avait réalisé quelqueset penser que ce sont des « vacances à sensa- uns de ses meilleurs clichés et, en guise de retions fortes et marrantes », c’est utopique et, merciements, avait offert une exposition phosurtout, extrêmement dégradant pour eux. tos aux villageois. Certains ne s’étaient jamais Cela peut s’avérer également dangereux pour vus sur papier glacé. vous car vous pourriez être déçus voire choqués par certaines choses mais pour eux aussi car ce Ses prix ne sont pas des bêtes de foire qu’on vient ob- Malgré une récente participation aux concours server et à qui on fait l’aumône en distribuant et autres, elle a quand même vu ses premières argent et « savoir » venu du monde « civilisé ». tentatives datant de fin 2014 être sanctionnées Il faut, par ailleurs, avoir du temps à partager au concours international Photoview : avec eux car c’est un peuple qui nécessite qu’on l’apprivoise et qu’on le comprenne ; ce qui, - 10ème : Catégorie « portrait » même avec la meilleure des volontés, peut de- - 2ème : Catégorie « photoreportage » - 7ème : Toutes catégories confondues mander du temps, beaucoup de temps ...


Sa volonté d’expression à travers la photographie Il n’y a aucune intellectualisation dans son travail. Sensibilité et émotions sont les maîtresmots.

très bons photographes amateurs. Cependant, la passion, la patience et le temps doivent être au rendez-vous pour une bonne maîtrise de ces « outils ». Toutefois, il faut avoir du talent et un « œil » et cela ne s’apprend pas, selon elle, et ne dépend certainement pas du statut que L’image parle d’elle-même et ne requiert au- l’on peut avoir. Elle se sent, d’ailleurs plus arcune explication. Une bonne photo signifie tiste que technicien et étant autodidacte, elle pour les autres le sentiment d’être aspiré dans en apprend toujours plus en technique. un monde inconnu et pour elle, photographe, un moyen de partager une partie de ce qu’elle Son déclic pour appuyer sur le bouton a éprouvé. Elle ne sait pas si l’instinct de savoir à quel moment appuyer sur le bouton se développe ou Son choix des sujets alors ce dernier irait tout simplement avec la Elle part avec certaines idées en tête de ce pratique. C’est comme un peu l’« œil » dont qu’elle aimerait (un sujet précis, par exem- elle parlait plus haut. C’est quelque part en la ple). Vient ensuite le feeling, en fonction des personne et elle l’a ou pas. La photographie est, rencontres, des imprévus. Elle se focalise sur pour elle, une chose que l’on ressent ; cet inle portrait dans un face-à-face intime et sur stinct est donc primordial. Elle cite Henri Cartles scènes de vie dont elle essaye d’extraire ier Bresson : l’atmosphère de la ville ou du pays. « S’il n’y a pas d’émotion, s’il n’y a pas un choc, Sa compétence de vendeuse d’art si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit Son point faible ! Dur pour elle, en effet, de pas prendre de photo. C’est la photo qui nous vendre son art, son travail. « Difficile de dire « prend. » et « Une photographie est pour moi la Achetez ! » ou « Aimez mes photos elles sont reconnaissance simultanée, dans une fraction géniales ! »», nous confie-t-elle ; raison pour de seconde, d’une part de la signification d’un laquelle, elle pense que beaucoup d’artistes fait et de l’autre, d’une organisation rigoureuse qui réussissent ont des agents et que tout cela des formes perçues visuellement qui expriment prend également beaucoup de temps. ce fait » Ses maîtres classiques de la photographie www.unregarddesvoyages.com Dans les « grands classiques », elle admire les clichés et la démarche d’Henri Cartier-Bresson et d’Edouard Boubat. Dans un autre style, il s’agit d’un des photographes découverts à la fac, à ses débuts en photo, Arno Rafael Minkkinen. Son opinion sur la technologie et la retouche numérique L’avènement du numérique, la photographie est à la portée de tous et il y a, d’ailleurs, de

Interview : Blacky Gyan Mise en page : Jonas Simberg


Mode de vie


[Hommes-Fleurs]Mode de vie


Jean Claude AUGUEY, alias Jeanne Auguey, vice-présidente de l’association et Jean Pierre Briand alias Lucie Sobek, présidente en exercice ont accepté de répondre à nos questions concernant les fondements de leur site associatif hommefleur et …… le monde transgenre

définis par la législation en vigueur (âge, sexe, handicap, ethnie). L’association interdit la diffusion publique de tout document ou photos à caractère pornographique ainsi que la diffusion publique d’avis de recherche de rencontres sexuelles. Elle veille au respect de ces principes et garantit la liberté de conscience pour chacun de ses membres.

Présentez-nous votre association, son histoire Pourquoi le nom «Hommefleur» ? et ses objectifs : Jeanne Auguey (JA) : Selon l’articel 2 de nos statuts, cette association a pour objet de rompre la solitude de personnes désirant épanouir leur part de féminité et à les encourager dans cette démarche au travers d’un site web et de diverses manifestations telles que sorties ou participations à des manifestations publiques ou privées. L’association permet aussi un accès aux hommes sous statut de « copain » et aux femmes sous statut de « copine génétique » au titre de «membre adhérents». L’association s’interdit tout prosélytisme, appartenance politique ou confessionnelle ainsi que toute discrimination parmi les critères

Jeanne Auguey

JA : Quand j’ai commencé le site internet, j’avais mis une photo d’une femme fleur. Il m’est venue l’idée de Hommefleur. Qui «se cache» derrière Hommefleur ? JA : Personne ne se cache derrière notre association. Il s’agit, notamment, des membres du bureau, renouvelés chaque année. Les deux membres-fondateurs sont Lucie Sobek, notre présidente et moi-même, Jeanne Auguey, viceprésidente. Lucie Sobek (LS) : Personne ne se cache derrière Hommefleur (HF). C’est une association officielle et déclarée en préfecture avec des

Lucie Sobek


statuts et un règlement intérieur validés et acceptés par un vote de ses adhérents. Si l’accès complet au sité n’est réservé qu’à ses membres cotisants, c’est uniquement afin de leur permettre d’échanger entre eux de façon discrète … bien que le site soit visité plusieurs fois par jour par les «robots fouineurs» du ‘«Grand Frère».

Comment recrutez-vous les membres du site ? du bureau ?

Quant aux membres fondateurs encore présents sur le site - nous avons eu des départs et des décès - Jeanne et moi sommes les derniers présents.

LS : Je voudrais préciser que les membres qui arrivent sur le site «par hasard» font leur demande d’admission qui est validée ou non, suivant le texte de présentation qu’ils fournissent. Leur agrément est d’abord temporaire ; puis, cette période passée, il leur est demandé de payer leur cotisation afin de continuer, comme les autres membres, à pouvoir accéder à toutes les activités proposées.

JA : Les membres s’inscrivent sur le site. Leur inscription est validée par un membre du bureau si elle correspond à l’orientation du site ; orientation, d’ailleurs, inscrite en haut de chaque page du site.

Je suis ingénieur à la retraite. J’aurai 72 ans cette année. Marié et veuf, père et grand-père, j’ai eu toute ma vie des activités associatives, syndicales ou politiques. Dans la première partie de mon petit livre, disponible et lisible sur le site HF et intitulé « Je suis transgenre, donc je Tout membre cotisant peur accéder à suis normal », je raconte succintement ma vie l’Assemblée générale que la règlementation en vigueur nous oblige à faire une fois par an. et ses aléas. Il peut le faire physiquement ou en donnant Dans la deuxième partie et j’y reviendrai plus pouvoir à un autre membre. Au cours de cette loin, j’analyse ce qui, de mon point de vue, AG, le bureau et son président présentent le bisoustend l’idée de trangendérisme ou transgé- lan de l’année passée, en demandent le quitus nérisme suivant le substantif que l’on donne à et de ce fait sont démissionnés de leur mandat. Ils leur revient d’organiser, immédiatetransgenre. ment après, l’élection des membres du Conseil Comment vous est-venue l’idée de lancer ce d’Administration à partir d’une liste ouverte de candidatures. Le vote est fait à bulletins secrets site associatif ? et les «N» premiers ayant reçu le plus de voix LS : Créer ce site est une longue histoire qui se trouvent élus au CA. «N» est jusqu’à ce jour débute, d’ailleurs, au Canada avec TVQ (Trav- fixé à 8, mais les statuts n’en exigent que 2. Ce estis du Québec) ; puis, lors de la disparition de nouveau CA se réunit, ensuite, pour désigner TVQ, par une reprise que Jeanne a faite sous la et élire son bureau, encore une fois, à bulletins forme d’un site libre. Le temps a passé et le be- secrets. Ce bureau est présenté à l’Assemblée soin de se structurer en association ‘’ loi 1901 ‘’ générale tout de suite après cette élection. s’est fait jour … Quelle expérience tirent les membres ou visitJA : Il devenait un peu difficile de gérer un eurs actifs de leur navigation sur le site ? tel site sans avoir d’autres personnes im- JA : Il faudrait leur poser la question. Notre livre pliquées, notamment à travers d’un conseil d’or est un peu le témoignage de leur ressenti. d’administration.


LS : L’expérience que chacun retire de la fréquentation du site est de son ressort personnel et chacun est en droit de le divulger ou pas, sans la moindre obligation. Il n’empèche que, au travers de forums ou de dépositions sur le livre d’or tout autant que d’échanges personnels, les avis peuvent être partagés. Comme tout site associatif, l’intérêt de chacun à HF est proportionnel à sa participation. On ne trouve sur HF ni gourou ni leader incontesté. Chacun est, dans la mesure où la décence des propos est la seule limitation, libre de s’exprimer dans les termes et les idées qui lui sont propres … ce qui, d’ailleurs, de temps à autre, peut provoquer quelques échanges «aigres-doux». Le plus souvent, et sans qu’il y ait de «reprise en main» par un des membres du bureau, se temine par un apaisement…

genre et de mode de pensée et non, évidemment, en terme de constitution sexuée. Une discussion que nous avons souvent avec un/une amie est l’utilisation des termes «transgenre» ou «bigenre» dans la mesure où le «trans» impliquerait une transposition et un basculement du genre masculin vers le féminin puis inversement - une sorte de switch - et le bi, un usage «ordinaire», analogique et temporaire de comportements masculins ou féminins suivant le lieu, le moment et l’humeur … mode de fonctionnement qui me semble le plus «humain».

«Masculin» et «Féminin», deux mots, à la fois, bien ordinaires et qui, pourtant, recouvrent, si on les analyse, des réalités bien différentes. Ils traduisent, à mon sens, des comportement et des modes d’existence plus que des caractéristiques sexuelles. La création de centres de vie presque constants depuis le Néolithique a Comment définiriez-vous le transgendérisme provoqué une différentiation des fonctions des membres du groupe. ou transgénérisme ? JA : Personnellement, je regrette toutes ces Aux femmes, uniques porteuses des enfants, petites cases où l’on cherche à nous positionner. sont revenues les tâches plus sédentaires ; aux hommes, plus riches en testostérone et souLS : Comme je le disais auparavant et au travers vent plus musclés, la chasse et plus rarement, la de témoignages et de discussions que j’ai pu en- défense et l’attaque guerrières. tretenir sur les forums, j’ai consacré toute la partie analytique de mon essai à mieux comprendre Le féminin, bien sûr en relation avec l’état de ce que recouvrait la notion de personne trans- femmes, traduit le mode de relations sociales genre. Être transgenre, c’est disposer (et en que celles-ci ont créées et cultivées tout au long cela, c’est un lieu commun) et avoir conscience de l’histoire des différentes sociétés sédentaires de ce que la personnalité de tout indiviudu, La création de villages, de plus en plus, fixes a dont nous-mêmes, est constituée de l’addition amené l’accumulation de richesses diverses à de tendances et comportements liés au monde ces endroits (stocks de nourriture, de peaux «féminin» et au monde «masculin», sans que et autres trésors). Il a fallu en organiser la conle sexe n’influe autrement que par les atti- servation et la défense. Ces lieux de vie ont rances ordinaires qui lui sont liées ; d’ailleurs, surtout été les lieux où les enfants de la tribu le comportement sexuel d’une personne ne me ont été regroupés, nourris et élevés. Ce sont semble pas un trait caractéristique de son ap- les femmes qui ont eu en charge la gestion inpartenance consciente ou non au monde trans- terne de ces lieux particulièrement importants. genre. Quand j’utilise les termes «masculins» ou Pour cela, elles ont organisé nécessairement «féminins», je le fais dans leur acceptation de leur mode de vie «entre femmes». Elles ont dû


apprendre à communiquer et à établir des relations d’entraide, de complémentarité du travail, de confiance entre elles afin que, lorsque l’une ou l’autre se trouvait indisponible ou devait s’absenter ou bien lorsqu’un groupe s’en allait faire la cueillette, les enfants en bas âge ne soient pas laissés sans contrôle ni surveillance. Du fait de ces relations fréquentes, l’idée de propreté, d’élégance et de culte de l’odorat a fait son chemin. Elles ont inventé la recherche de la beauté et de la parure non seulement pour être les plus aguichantes possibles du groupe - donc les plus recherchées - auprès des mâles mais aussi pour se sentir mieux mises en valeur entre elles, dans leur groupe de femmes.

Face à cela, le masculin, qui est le mode de vie des hommes, est celui des chasseurs. Là, point n’est besoin de longs dialogues pour s’expliquer ou se repèrer. Quelques gestes, le plus souvent silencieux suffisent à guider et organiser la battue. Point n’est nécessaire, non plus, le culte de la beauté. Pour s’approcher d’un animal, il vaut mieux lui ressembler, avoir son odeur et disparaître sous des peaux «naturelles» afin de déjouer sa méfiance et sa sensibilité olfactive.

Multitâches, les femmes ont ainsi inventé la sociabilité et l’ont cultivé depuis ces temps là ; le bavardage (et la jalousie), aussi ! Le féminin est synonyme, pour moi, de recherche de vie consensuelle, de dialogue et de paix. Le féminin est en relation avec le verbe «ÊTRE».

Dans ces moments de grands dangers, tout l’esprit et l’attention du chasseur était tourné vers la capture de ce gibier. Rien d’autre ne pouvait traverser son esprit. Ce qui importait était l’audace, la rapidité et le silence, tout autant que le mépris de la souffrance.

En cas de «victoire», - attaquer un ours avec des pieux de bois n’était pas sans risques - cela se fêtait sur place et tout de suite. Manger «à chaud» les morceaux fragiles, boire le sang de La multiplicité des tâches quasi simultanées qui l’animal, s’en barbouiller le corps et le visage… leur incombaient a aussi développé leur capaci- Voilà ce qui pouvait marquer la mémoire, rété à gérer plusieurs problèmes en même temps, conforter et soulager le stress de ces combatsans trop de notions de priorité … tants intrépides.


Le masculin, pour moi, est synonyme de mut- travers de critiques, moqueries, rejets et osisme, d’efficacité et d’agressivité. C’est le verbe tracismes divers. Elle se fait dans la souffrance et la force d’une volonté partiellement incom«FAIRE» qui le représente le mieux. préhensible, presque externe. Elle se fait par des L’ÊTRE du féminin et le FAIRE du masculin, choix de vie qui peuvent amener à la solitude et voilà les deux pôles de comportement que au désespoir. C’est une expérience de déchirure chaque personne possède en elle et qui la gui- … le plus souvent et longtemps inconsciente et incomprise de l’expérimentateur lui-même. dent dans son existence journalière. Ce ne sont pas des «ignorants», expression trop A partir de cela, l’ ÊTRE et le FAIRE se décli- péjorative, qui confondent transgendérisme et nent sous différentes tendances et modes de travestissement – qui, d’ailleurs, ne se recouvie qui vont donner à chacun, amplifiées ou vrent que partiellement - c’est la grande maminimisées, «composées» suivant le moment et jorité de l’espèce humaine qui le fait par méconl’humeur, la «couleur» et le genre de la personne naissance d’elle-même, bien sûr, mais surtout autant dans son relationnel social que dans son par tranquillité et faiblesse d’esprit. comportement intime. Ceux qui, par leur composition psychique et C’est sous cet angle que je m’explique le côté mentale sont amenés à approfondir le sujet, le trans ou bi-genre de chacun, exprimant son at- font plus emportés par un tourbillon qu’ils ne tirance plus ou moins grande vers ces idéaux, comprennent, quelquefois, jamais que par une jamais atteints, de masculin pur et de féminin recherche consciente et volontaire. Notre esprit est semblable à un iceberg dont la partie absolu. consciente n’est que la partie émergée de celuiCertains pensent que transgendérisme équiv- ci. Tout le reste est du domaine de l’inconscient aut uniquement à travestissement. Que répon- … ce n’est pas peu dire ! … driez-vous à ces ignorants ? Quelles formes de discrimination subissent les JA : Je ne sais pas si l’on peut les qualifier personnes transgenres ? d’ignorants. A mon sens, le phénomène trangenre peut recouvrir différentes personnes, qui JA : Les choses ont beaucoup évolué dans les sociétés occidentales. Nous bénéficions de pas vont du travestissement à la transexualité. mal de liberté. Il reste que l’état civil pose, souLS : Notre société et les comportements qu’elle vent, des difficultés... impose sont les résultantes d’une très longue histoire, vieille de plusieurs dizaines de milliers LS : L’état trans-genre ou bi-genre, étant un d’années. Certaines formes de rigorisme, sup- état normal de toute personne humaine douée posé moral, ont formaté de façon quasi innée d’un minimum de sensibilité, la notion de disle mental de chacun et, de ce fait, seul un mou- crimination n’est pas une obligation. vement de libération et de prise de conscience Nous vivons dans des sociétés où le conformpersonnelle permet de se libérer de ces carcans isme est une règle aussi forte que rarement énoncée. Chacun se doit d’être « Socialement et tabous traditionnels. Correct » et tant qu’il s’en tient à cela, son parCette expérience individuelle n’est pas une par- cours se fera tout aussi normalement que pour tie de plaisir et elle se fait, le plus souvent, au une autre personne. Pour être un peu simpliste


(et trivial), je dirais que, pour une femme, le conformisme type pourrait se résumer à « Sois belle et tais-toi » et pour un homme ce serait « Marche et Crève » et surtout « Ta gueule ».

en particulier, en se redécouvrant « normaux» au sein de l’espèce humaine. Elle se veut une sorte de « concentrateur » où la présence dense d’autres personnes telles qu’elles et leur densité de présence, leur permet de sortir « un peu » Tant qu’une personne - ou plutôt un individu de leur isolement et de leur angoisse. L’amitié - reste dans son canal, il vivra dans le rythme que nous lions avec d’autres est certainement le « Boulot, Metro, Dodo ». S’il commence à moyen le plus sur de réaliser ce vœux. exprimer des différences de pensée ou de comportements, les ennuis vont commencer et la Laverne Cox, première star transgenre chez Madame Tussauds et première femme noire discrimination aussi … Il reste le Slalom … à s’afficher ouvertement ou encore l’ancien champion olympique médaille d’or de décathQuelles actions mettez-vous en place pour senlon en 1976 aux JO de Montréal, Bruce Jensibiliser l’opinion ? ner, devenu Cailyn Jenner sont les premiers noms qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on JA : Nous existons légalement à travers notre parle de transgendérisme. Qu’est-ce que cela association déclarée en préfecture. Nous cher- vous inspire-t-il ? Ces personnes sont-elles des chons à nous réunir et aider celles qui hésitent. modèles ? LS : Notre association ne s’étant pas munie d’un coach n’un d’aucun mentor, il n’est pas dans nos intentions de sensibiliser l’opinion qui peut l’être de façon beaucoup plus puissante par les divers et surabondants médias. Elle a pour objectif de faire en sorte que ceux qui, parmi ses membres le souhaitent, puissent réfléchir entre eux et trouver une certaine paix dans leur façon de vivre,

JA : Nous ne pouvons que nous réjouir de ces personnes qui font avancer les choses dans notre sens. Toutefois, Bruce ou Caily Jenner n’a pas été le premier à assumer fièrement son changement de sexe. Dans le monde de la mode, par exemple, de nombreux mannequins transgenres


ont déjà fait le buzz. On pense notamment à la new-yorkaise Ines-Loan Rau ou Geena Rocero qui a même lancé sa fondation Gender Proud qui soutient les droits des transgenres à travers le monde. . S’agit-il d’un effet de mode ou d’une prise de conscience de notre diversité ?

de travaux … dont diverses activités liées à mon ancienne profession mais pas directement (chimie, électronique, automatisme …), l’étude du chinois comme excitant neuronique puissant, la minéralogie et la gemmologie comme ramasseur- accumulateur de cailloux, le tennis dilettante et autres activités dont la couture (eh oui, JA : Je pencherais plutôt pour une prise de con- je suis transgenre et j’aime le vêtement féminin science de notre diversité. !...) … suivi d’un peu de sommeil. LS : A ces deux questions qui me semblent assez liées et pour lesquelles je n’ai pas de réponse particulière, je dirais que je pencherais vers une certaine prise de conscience de notre diversité … dans notre monde et suivant nos critères, qui ne sont pas obligatoirement ceux « des autres ».

Vos projets pour 2016 ? JA : Continuer à exister...

LS : Préparer l’AG, recevoir et organiser quelques rencontres avec des amis (amies) de l’association … (en tout bien, tout honneur …) Quant à sembler assimiler trangendérisme et autour d’une bonne table … transsexualité, je pense qu’il s’agit là ou bien d’une erreur d’analyse ou bien d’un réduction- Quel titre aimeriez-vous donner à votre article? isme particulièrement sclérosant. JA : Des hommes comme les autres, qui aiment Quel impact la réussite de toutes ces figures à le monde féminin au point de vouloir leur ressur votre association ? sembler. JA : Aucun impact, mais peut-être ne sommes LS : « Moi, transgenre et HommeFleur … oui nous pas assez « international » ! mais tellement normal » LS : Vivant dans le même microcosme, nous nous influençons mutuellement, plus par diffusion que par relation de cause à effets … Votre vie ne tourne pas seulement autour d’Hommefleur, quelles sont vos autres passions ? (Pour chaque membre du bureau de l’association) JA : Notre présidente a analysé le phénomène transgenre, à travers deux livres. En ce qui me concerne, je suis plutôt la cheville ouvrière du site, étant informaticien [obsolète] de formation. LS : En tant que retraité, je me sens débordé

Interview : Blacky Gyan Mise en page : Jonas Simberg


[Hommes-Fleurs]Mode de vie

Baba de la barbe Ă fleurs


Connaissez-vous la nouvelle lubie des hommes à la mode ? La barbe à fleurs ! Une tendance insolite qui fleurit sur les réseaux sociaux. Découvrez deux comptes Instagram créatifs: @thegaybeards et @willitbeard.

@thegaybeards Identité Nous sommes Johnathan Dahl and Brian Delaurenti (avec la strie blanche). Nous sommes deux américains de 25 ans. Actuellement, nos barbes constituent notre job principal, mais Johnathan est également musicien et Brian peintre, ainsi que photographe. Nous nous sommes rencontrés en 1998 à l’école. Et nous sommes restés inséparables depuis. Une description de votre Instagram?

Pourquoi vos barbes ? Nos barbes sont devenues notre point d’attention de manière naturelle. Nous avons tous les deux laissé pousser nos barbes parce que nous en avions la possibilité, et après tout, pourquoi pas ! Un jour, un ami a pris des photos de fleurs dans nos barbes et nous avons adoré le résultat. Après avoir posté ces photos, nous avons eu énormément de retours positifs. A partir de là, nous nous sommes demandé ce qui pourrait également aller dans nos barbes. Décorer nos barbes, c’est un peu tout ça : beaucoup d’idées sont simplement drôles et certaines sont vraiment artistiques.

« L’art de la barbe » est la meilleure façon de décrire ce que nous postons sur notre compte Intagram. Nous aimons décor- Pourquoi des fleurs ? er nos barbes afin d’apporter un peu d’amour et de rires à Nous mettons des fleurs dans nos barbes parce que c’est vivotre fil d’actualités !

suellement attractif et fun. C’est aussi prendre quelque chose qui est généralement vu comme « viril », et le parer de ce que les gens ne considèrent pas nécessairement masculin, comme les fleurs. Votre crédo ? Soyez vous-mêmes. Créatifs. Amusez-vous, rirez et soyez heureux. Pour reprendre les mots du Docteur Seuss « ceux que ça dérange ne comptent pas, et ceux qui comptent, ça ne les dérange pas ».


@willitbeard Identité Je m’appelle Pierce Thiot et je vis dans la belle ville de Los Angeles en Californie. Je suis directeur artistique dans une agence de publicité appelée Chiat/Day. Une description de ton Instagram?

Pourquoi ta barbe ? Pour être honnête, mettre des choses dans ma barbe constitue au mieux un jeu drôle et idiot de foire. Cela a commencé pendant la période des fêtes, quand ma femme et moi passions du temps en famille à Dallas. Ma mère a demandé à tous les petits enfants d’organiser des numéros de spectacle et c’était adorable ! J’ai décidé d’essayer moi aussi et j’ai fait rire l’assemblée en plaçant le plus de stylos possibles dans ma barbe. Une paire de ciseaux y a également fini. A ce momentlà, j’ai réalisé qu’elle serait la base de mon projet photo humoristique : voir combien de choses étranges j’allais pouvoir faire tenir dans ma barbe.

Intagram est une communauté géniale où de talentueux photographes peuvent partager leur travail. Tu peux également y trouver des gens non talentueux qui font des choses stupides pour faire rire les autres. Je fais partie de cette deuxième catégorie. Je plante Pourquoi des fleurs ? juste des choses dans ma barbe et vois ce qui y tient. Puis j’en Je plante des fleurs dans ma barbe parce qu’elles ont une prends la photo.

longue tige et qu’elles y tiennent parfaitement. La seule chose que j’essaie d’accomplir est de faire rire les gens. Et cela fonctionne avec les fleurs. C’est si inattendu. Mais à vrai dire, je ne suis jamais sorti de chez moi avec des fleurs dans la barbe. Je les retire dès que la photo est prise. Ton crédo ? Je ne suis pas vraiment de mode en particulier. J’essaie juste le plus de choses marrantes possibles.

Rédaction: Maëva Cruchet Mise en page : Jonas Simberg


L ittĂŠrature / Philosophie


[Hommes-Fleurs]LittĂŠrature/Philosophie


« Placer le pied droit contre la racine de la cuisse gauche et se tenir debout sur l’autre pied, tel un arbre en terre. Cela est connu comme Vrikshâsana, la posture de l’arbre». (Gheranda Samhitâ , chapitre III, verset 36)

Le Qi

tique des exercices gymniques ou de concentration pour nourrir sa vie, il devient l’univers entier et s’y fond ».

La symbolique de l’arbre L’arbre est un symbole universel qui représente l’axe du monde unifiant les réalités matérielles et spirituelles. Tandis que ses racines plongent dans la terre et se nourrissent de l’énergie tellurique, sa cime s’élève vers le ciel et évoque, de ce fait, l’ouverture de la conscience à une dimension davantage spirituelle. Il exprime aussi l’équilibre, la stabilité, en dépit des fluctuations, des changements.

La conception de « la posture de l’arbre » repose sur le Qi, principe dynamique de la pensée chinoise, qui donne forme à toute chose et à tout être dans l’univers et qui unit profondément les éléments au lieu de les séparer. La subjectivité est, pour ainsi dire, dilatée au-delà de l’espace corporel individuel ; l’organisme se fait microcosme dans un ensemble plus grand, plus vaste, qui le comprend : le macrocosme. Dans la posture, le corps est à l’image de l’arbre: Ainsi, comme le note la sinologue française les jambes et les pieds sont les racines, connecCatherine Despeux : « lorsqu’un individu pra- tés, pour reprendre les termes de la spécialiste


nécessaire au combat et à la compétition de haut niveau et aussi par les malades atteints du cancer pour faire croître l’énergie interne, plus précisément celle des reins ou du ventre, appelée « hara » au Japon, qui devient alors l’agent de guérison chez le patient. La respiration abLa posture du zhanzhuang dominale renforce également les cellules imLe pratiquant commence par écarter les pieds, munitaires, en particulier celles des intestins, et de la même largeur que les épaules, les genoux contribue à harmoniser le corps et l’esprit. sont légèrement fléchis ; le bassin est aussi légèrement rentré, tout comme le menton : la position est censée étirer la colonne vertébrale : la tête est ainsi comme suspendue par un fil. Les bras sont posés comme deux branches, les paumes face à la poitrine, espacées d’une distance de deux poings, l’angle des coudes et des poignets reste arrondi. On peut imaginer que les bras et les genoux entourent un tronc d’arbre (d’où précisément l’expression « posture de l’arbre »). Une certaine tension doit être présente dans les mains, jusqu’au bout des doigts, sans empêcher la détente dans les épaules, les bras, le dos et les jambes. du Qi Gong Ke Wen, avec « la terre qui contient la force et sa source inépuisable » et les bras sont semblables à « des feuilles […] qui bougent selon le vent ».

Les bienfaits Zhanzhuang permettrait d’agir sur les plans, à la fois physique, émotionnel et mental. La fin visée est précisément d’accumuler l’énergie et de la faire circuler dans tout le corps pour alimenter différents foyers afin non seulement de procurer une détente, mais aussi d’équilibrer la structure corporelle et organique et d’assurer ainsi un renforcement interne profond. La « posture de l’Arbre » est une technique couramment pratiquée en Chine par les adeptes d’arts martiaux pour développer l’énergie

1 Texte classique du Hatha-Yoga, composé entre le 15ème et 16ème siècle 2 Pour la référence exacte de l’article : Catherine Despeux, « Le corps, champ spatio-temporel, souche d’identité », L’Homme, vol. 36, n° 137, p. 87-118. 3 Les citations sont extraites du livre intitulé Entrez dans la pratique du Qi-Gong paru en 2009.

Rédaction : Candy Hoffmann Mise en page : Jonas Simberg


Mode


[Hommes-Fleurs]Mode

Mirlène Guillaume, Designer de mode


Entre le nœud papillon et la pure satisfaction… D’autres, par contre, sont catégoriques : che-

mise saumon et nœud papillon sont signe de Le nœud papillon ! Certains le traiteront flexibilité ; en d’autres termes, « gay ». Qu’en d’accessoire de vieux et d’autres iront même pensez-vous ? jusqu’à le juger de ringard. Toutefois, il reprend sa place dans l’habillement masculin voire féminin Je pense que c’est simplement lié au style clasgrâce à des designers qui lui redonnent des as- sique européen que j’ai mentionné plus haut. pects un peu plus modernes … ou excentriques. Le look « dandy » implique un certain soin et des Du nœud papillon en bois en passant par celui en vêtements plus ajustés et c’est ce qui fait, selon verre soufflé, le choix est difficile. moi, le lien avec l’homosexualité. Je pense que la majorité des gens comprennent d’où vient le Une designer de mode s’est, quant à elle, spé- lien et comprennent aussi qu’il n’est pas fondé. cialisée dans le cuir véritable. En effet, Mirlène Et en plus, depuis quelques années, la mode Guillaume, fondatrice de PS16, propose des devient, de plus en plus, androgyne. Donc, nœuds papillons en cuir et répond à nos ques- je ne pense pas que ça soit le nœud papillon tions: qui fait qu’un homme semble « gay » quand bon nombre de garçons portent des « skinny Comment expliquez-vous le retour du nœud » jeans. Selon moi, l’obstacle que les gens ont papillon dans la mode urbaine locale et interavec le nœud papillon, c’est d’assumer ce look nationale au égard au fait que certains lui atde « gentleman ». tribuent -aient- le qualificatif de « ringard » ? Selon moi, le « retour » du nœud papillon est lié à trois facteurs : en premier lieu, Internet, qui ouvre le monde sur les styles et les coutumes d’autrui ; puis, le besoin grandissant que les gens ont de s’exprimer et pour finir, le fait que les gens osent, de plus en plus, sortir du lot, se distinguer. Les nœuds papillons ont toujours été présents mais ils semblaient réservés aux « dandies » ou à ceux qui n’avaient jamais renouvelé leur garderobe. Le mélange des trois facteurs mentionnés plus haut fait que les gens s’inspirent du style classique européen et veulent s’approprier cette touche de style. Ils veulent rehausser leur image avec aplomb. Mettre un nœud papillon demande d’oser aller plus loin, de sortir de sa zone de confort et de faire un « statement ». Les gens sont, de plus en plus, disposés à faire ce pas.

Pourquoi le choix du cuir ? Pourquoi pas une autre matière ? Simplement parce que j’adore le cuir. C’est une matière riche et noble. Le visuel, l’odeur et le toucher, ce n’est pas comparable à de la «cuirette» ou toute autre matière synthétique. Je trouve dommage que la majorité des gens ne savent même pas différencier le cuir véritable du faux. C’est un manque et ma manière d’y remédier est de faire la promotion du vrai cuir. De plus, il y a un aspect de qualité et de durabilité que le synthétique ne peut égaler, selon moi. Nos accessoires sont soit totalement en cuir ou soit un mélange de cuir et de tissu. J’aime bien mélanger les matières pour ajouter une profondeur ou une touche de couleur.


Comment définiriez-vous l’homme au nœud dans le style «dandy» du nœud papillon. J’ai papillon PS16 ? reçu beaucoup de commentaires d’hommes qui disent qu’ils aimeraient en porter, mais que ce Je dirais qu’il est audacieux et épicurien. Il ose n’est pas vraiment leur tasse de thé. Donc tout se démarquer, mais il le fait avec style et il veut le monde pourra se retrouver maintenant! ce qu’il y a de mieux. Il aime et apprécie les bonnes choses. Il est capable de porter son De plus, les nœuds papillons sont unisexes et nœud papillon pour aller travailler en semaine, nous avons certains modèles plus féminins, comme il peut le mettre pour un 5 à 7 le ven- donc même les femmes pourront porter du dredi soir. Il porte le nœud papillon de manière PS16, en plus de la gamme de maroquinerie versatile. Il sait l’agencer aux différents vête- qui sera relancée pour le printemps 2016 (poments de sa garde-robe, soit pour avoir un look chettes et sacs de cuir). décontracté, branché et funky, ou soit pour avoir l’air de débarquer tout droit d’un avion A quelle(s) occasion(s) peut-on porter un en provenance de Milan. Il veut avoir un nœud nœud en papillon en cuir ? Peut-on aller au papillon qui a une plus value : il apprécie le cuir travail avec ? véritable, le message de positivisme et d’amour qui entoure la marque PS16 et aussi le côté so- Oui, puisque les nœuds papillons de PS16 ont cial de la compagnie (production locale). un style assez décontracté (il y en a même en denim), il est possible de les porter en semaine, La barbe de hipster est tendance et sur votre pour aller travailler ou aller en cours, comme ils site, on voit que vous distribuez dans des bar- peuvent se porter avec un complet pour aller au ber-shops. Pensiez-vous aux barbus, dans un bureau. Au fait, il suffit simplement de porter premier temps, en créant vos nœuds papillons? une chemise et le tour est joué! Pantalon classique ou jean, cardigan ou veston, c’est au choix. Non, je ne pense pas aux barbus d’emblée quand je crée, mais la tendance hipster est ce qui concorde le plus avec l’«homme PS16» que je viens de décrire. Porter la barbe, et en plus la porter longue, ça demande du cran, du style et Email : ps16.puresatisfaction@gmail.com du dévouement. Ces hommes là chouchoutent Facebook : PS16.puresatisfaction leurs barbes et investissent en elle. Je pense Instagram : PS16puresatisfaction qu’ils n’ont pas peur d’oser et d’investir pour la Site web : PS16.ca bonne cause. Proposeriez-vous, un jour, des cravates en cuir? Oui! Et elles seront disponibles sous peu, si elles ne le sont pas déjà lors de la parution de votre magazine. Nous avons penser faire les cravates pour ceux qui ne se reconnaissent pas

Interview: Blacky Gyan Mise en page: Jonas Simberg


[Hommes-Fleurs]Mode

PKYdesign.com

Produits en cuir fonctionnels


barbe hipster et vous-même, vous portez une barbe. Est-ce de là que vient l’idée de création de vos nœuds papillons ? Pour porter un nœud papillon, cela demande un bon style. Ce n’est pas quelque chose qui peut être retiré facilement. L’idée de la conception de nos [BT / BT +] nœuds papillons est venue de la contrainte initiale de l’utilisation des restants de cuir. Les morceaux restants étant petits, nous avions décidé de créer un accessoire On assiste à une révolution du nœud papil- chic et donc, en faisant un produit de meilleure lon depuis quelques années. Cependant, selon qualité que ce qui est. vous, pourquoi un engouement pour ceux faits Et si on vous dit que les hommes qui expriment avec d’autres matières autres que le tissu ? “Révolution » est un mot trop fort dans ce cas. davantage leur amour pour le nœud papillon Les nœuds papillons existent depuis toujours. sont dans la communauté gay et que, pour eux, Nous assistons tout simplement à leur retour. c’est un moyen de s’affirmer et de rajouter une Il faut leur donner tout simplement la valeur touche de folie dans leur chic tenue… Qu’en qu’ils méritent ! De plus, nous, les humains, pensez-vous ? cherchons à évoluer. Par conséquent, nous es- La communauté LGBT fait partie de notre sayons de trouver une façon originale de nous marché-cible. En fait, nous avons deux genres différencier des autres et cela peut-être la qui achètent nos produits et partagent conraison pour laquelle les nœuds papillons sont stamment leur originalité. Cela dit, il est immaintenant fabriqués avec du cuir, du bois, du portant de ne pas associer le port du nœud papillon à l’orientation sexuelle d’une personne. verre, du métal et même avec du plastique. Tout le monde a le droit de porter ce qu’il veut. Justement, pourquoi un nœud papillon en cuir, Je suis contre l’association des couleurs ou des produits à un groupe de personnes comme c’est par exemple, sort de l’ordinaire ? Le cuir est différent en raison de sa texture et le cas lorsqu’on associe la couleur rose à une de son odorat. C’est une peau d’animal qui a fille. Cela dit, nous le répétons souvent, nos été tannée et traitée puis manipulée par nous. produits n’ont aucun sexe ; ils sont faits pour Il ne faut pas oublier que nous recyclons le cuir tous. Gardez la tête haute et portez-le avec fipour fabriquer nos produits. La plupart des erté ! #Fabriquéslocalement chaussures, des sacs, des ceintures que nous avons autour de nous sont faits de cuir. Donc, Souvent les hipsters ont une longue barbe et, du coup, le nœud papillon ne se voit pas. Dirapourquoi pas les nœuds papillons ? t-on que c’est le choix de lancer également des On associe souvent les nœuds papillons à la cravates en cuir ? Qui se cache derrière PKYdesign ? PKYdesign est un studio de design composé d’un groupe de personnes qui ont conjointement plus de 50 ans d’expérience dans l’industrie du cuir. La raison de notre appellation studio de design est parce que nous travaillons sur différents projets de conception autres que la mode. Comme le nom l’indique, cela provient du propriétaire-concepteur Paul K. Yeghoyan.


Rires. Pas vraiment ! Comparée au nœud papillon, la cravate est un accessoire porté par la grande majorité des personnes qui travaillent dans les bureaux. Et notre cravate est prénouée ! Avec un bagage académique en design industriel, je me donne comme objectif de résoudre les problèmes lors de la conception des accessoires. Ils ne sont pas juste esthétiques ; ils sont aussi faciles à utiliser. Qui est l’homme qui porte les nœuds papillon PKY ? Pourquoi le porteur du nœud papillon doit-il être un homme ? Si vous aimez des produits fabriqués localement, respectueux de l’environnement, des produits de haute qualité ... alors PKYdesign est pour vous. Où et quand porter un nœud papillon PKY ? Nos produits sont faits pour être portés avec tout. Laissez-moi vous expliquer ! Chaque produit PKYdesign est fait de manière simple et sans ornementation supplémentaire. Sans gaufrage, pas de motifs ! Juste SIMPLES ! Ils sont fabriqués pour durer plusieurs années en termes de tendances et être portés pendant de nombreuses années. Ils peuvent être portés au travail ou lors d’une autre occasion ; ils se mélangent bien avec quoi que ce soit. Des jeans aux pantalons propres et même avec une jupe. ‘’ Une bonne conception est une conception simple “ - Dieter Rams

Interview : Blacky Gyan Mise en page : Jonas Simberg


Peinture


[Hommes-Fleurs]Peinture

La deuxième naissance du cuir


Passionné de création (dessin, peinture, …) depuis sa plus tendre enfance, Vadym Afanas’yev est un artiste-autodidacte qui, à travers ses œuvres faites de cuir, fait jaillir sentiments et convictions. En effet, la création lui permet d’exprimer ses émotions et sa perception du monde. Durant de nombreuses années et ce, jusqu’avant les années 2000, ce ne fut que loisir. Est advenue, par la suite, l’ère du « vrai » artiste avec une succession d’expositions en Ukraine ... Vadym est, alors, dans une quête d’une meilleure compréhension du sens de la vie et n’en démord pas, artistiquement parlant. D’ailleurs, le monde qui nous entoure demeure sa source d’inspiration et il y cherche thèmes, couleurs, formes et textures. Ayant connu un vrai succès dans son pays, il décide de s’armer de courage afin de mener sa démarche artistique plus loin. Aujourd’hui, il travaille, en toute liberté, avec des techniques mixtes modernes en utilisant du cuir teinté, entre autres et des styles aussi différents les uns que les autres. Le résultat est un art très unique et individuel.

La création, c’est quelque chose d’important que chaque personne doit faire. Chacun doit créer pour laisser une trace. Il ne faut jamais avoir peur de se montrer et de montrer son talent car, comme dit précédemment : « Si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais ». Dans quelles circonstances vous apparaissent les meilleures idées ? Ma démarche artistique découle de la notion de perception visuelle de ma vie.  Donc, mon approche créative est basée sur mon monde intérieur et l’explosion soudaine des émotions. Les meilleures idées viennent quand je suis concentré sur mes tableaux, quand j’ai beaucoup d’émotions en moi et quand je suis tout seul, avec mon art sans personne pour me déranger.

Qu´est-ce que la création selon vous ? Aussi loin que je me souvienne, la création a toujours fait partie de ma vie. Je sentais que cette passion avait, sur moi, une emprise importante et je me suis rendu compte qu’il fallait que je la matérialise dès lors qu’elle s’est présentée sinon je n’allais jamais le faire. Quelle est votre meilleure preuve pour savoir si une idée est bonne ? Je n’en ai pas vraiment. Chaque idée est individuelle et unique, mais savoir si elle est bonne ou pas n’est pas de mon ressort. D’habitude, c’est ma famille et mes amis qui peuvent me dire s’ils aiment ou pas mon œuvre. Si mon travail est apprécié, cela est, je pense, la meilleure preuve que mon idée était bonne. Trois idées créatives que vous aimeriez, si c´est


vous qui les aviez pensées. J’ai plusieurs idées créatives dans le thème des masques : « Shadows of forgotten ancestors », « Rescue the living water », .... pour lequel j’essaye de montrer le monde caché, les visages, les masques qui veulent nous dire une chose importante. Dans le thème des fleurs, montrer la beauté de la nature et les différentes belles fleurs est mon objectif. Pourquoi tant d’artistes et créateurs ont des personnalités volatiles ? À mon avis, ils ne veulent juste pas vivre toujours dans la réalité. Les artistes veulent avoir leur monde imaginaire, un monde où ils se sentent à l’aise et dans lequel ils sont indépendants et libres.

Comment doit-on évaluer une œuvre d’art? Par la recherche du sens de l’œuvre d’art - le sens que l’auteur (l’artiste) désire transmettre. Quels artistes admirez-vous et de quelle manière influencent-ils votre travail ? Salvador Dali et Pablo Picasso. Ce sont deux artistes modernes qui ont choqué, bouleversé le monde. Les deux travaillaient dans l’abstraction. Chercher le sens de leurs tableaux, voilà ce que j’apprécie dans leurs travaux et je trouve cela fort intéressant. Montrer leur perception des choses au monde était leur but et, aujourd’hui, c’est à nous de les interpréter. Je ne peux pas dire qu’ils influencent, pour autant, mon travail, car les styles et les matériaux sont différents. Cependant, j’utilise également l’abstraction


l’importance de son nom. Au final, l’achat porte aussi sur une petite part de l’artiste. En art, il n’existe pas de guide, comment connaissez-vous vos prochains pas ? Je ne les connais pas. Je ne sais jamais ce que je vais créer dans la minute qui suit et ce, même pour améliorer mon travail. Les idées viennent soudainement. Que conseilleriez-vous à ceux qui commencent ? De toujours essayer dès l’instant qu’un soupçon de création se fait sentir, de ne jamais lâcher et de toujours aller au-delà de ses capacités. Très petit, après un bref séjour en Russie, dans mes tableaux donc, de ce point de vue, ils vous déménagez avec votre famille en Ukraine m’influencent. Voyez-vous d´un bon œil qu’une grande partie des œuvres exposées dans les musées d’art contemporains soient d´artistes déjà décédés ? Beaucoup d’artistes reçoivent une reconnaissance après leur mort. C’est un peu triste car il est très difficile de prouver la qualité de son art de son vivant. Il y a énormément de gens talentueux, mais peu ont la chance d’être connus. Lequel de vos travaux aimez-vous le plus ? Parmi le thème des fleurs, j’aime « Les pavots ». Toutefois, pour être honnête je n’ai pas de puis vous allez à la découverte du monde et préférence dans ce thème. aujourd’hui, vous vous retrouvez au Canada. Quel était votre état d’esprit et comment Avez-vous du mal à vous séparer d´une pièce travailliez-vous alors ? que vous avez vendue ? Chaque culture me donne son inspiration. La Oui et c’est une tâche difficile d’autant plus Russie, l’Ukraine, le Canada ... m’inspirent, qu’un tableau est comparable à mon bébé pour de par leur culture et leurs traditions. Cette qui j’ai donné corps et âme. découverte du monde m’aide à créer et je pense Achète-t-on le tableau, ou achète-t-on plutôt que le monde autour de moi est ma première l’artiste ? source d’inspiration. L’achat d’un tableau équivaut à celui de tout ce que l’artiste y a mis : efforts, temps alloué... et Vous avez consacré plusieurs expositions pour sous-tend l’amour du style, du « look » du tableau la période 2001- 2015 dans ces pays justement. et, par conséquent, l’attachement à l’artiste,


Voir ses œuvres exposées, de son vivant, dans des endroits aussi prestigieux, n’est-ce pas le rêve de tout artiste ? Oui, le rêve de tous les artistes est de partager leur monde imaginaire avec le monde réel et d’être appréciés par ce dernier. Pour ma part, c’est très agréable d’être vu dans ces différents pays. Il existe des thèmes majeurs dans vos créations comme les fleurs ou la nature… Pourriez-vous nous en dire plus ? Mon premier thème portait sur les fleurs. La nature m’avait inspiré et j’avais, tout bonnement, décidé de créer des tableaux avec des fleurs. Actuellement, je suis sur des thèmes modernes avec plus d’abstraction, …. Pourquoi le cuir ? Il m’aide à transformer mes idées en œuvres sur lesquelles le sens caché dans l’obscurité est scrutable. C’est pourquoi j’utilise le cuir naturel. Avez-vous toujours l’envie de peindre ? À l’âge de 20 ans, j’ai débuté la peinture après un

an d’apprentissage auprès d’un ami peintre qui m’avait donné la confiance. J’ai essayé toutes les techniques. Toutefois, ma préférence allait vers les tableaux en cuir. www.vadymafanasyev.ucoz.com Interview : Blacky Gyan Mise en page : Axelle Port-Lis


photographie


[Hommes-Fleurs]Photographie

HALF-DRAG


H A L F D R A G Les drag queen, sont des hommes s’habillant en femme. Elles se construisent une identité féminine et souvent outrageusement glamour. Afin de devenir femme l’espace d’un temps, d’une nuit, elles doivent user de divers procédés de transformation. Talons aiguilles, paillettes, perruques extravagantes, accessoires à gogo et maquillage sont leurs outils de travail, les aidant à entrer dans la peau de leur « créature » nocturne. S’opère alors une véritable métamorphose ! L’heure du spectacle sonnant, les drag queen font le show, déambule dans la foule, dansent et mettent l’ambiance. La drag queen a son style, elle créé d’un bout à l’autre son apparence, sa personnalité, son passé ect. Ces hommes deviennent méconnaissables. Féminité et grâce les ont envahis si bien que l’on oublie à quoi ressemble leur visage naturel.

Leland Bobbé est un photographe basé à New York. C’est en rencontrant une drag queen qu’il s’est intéressé de plus près à ce jeu des multifacettes, à cette création de personnage de scène. En leur consacrant une série de clichés intitulés « Half Drag », le photographe met cette transformation spectaculaire en évidence. Les transformistes sont photographiés avec la moitié de leur visage maquillé et l’autre naturel. Le but est de photographier le côté homme et le côté femme de chaque sujet afin de briser les barrières physiques qui les séparent. L’artiste souhaite ainsi remettre en question les notions de genre et de sexe.


Le changement est époustouflant. En quelques heures de préparation, un maniement précis du pinceau et des couleurs et un choix d’accessoires, ces hommes deviennent des femmes sexy à souhait. Le photographe, dans une interview accordée à Petapixel, estime le temps de préparation maquillage à 2h pour à peine 45min de shooting photo en moyenne. Il est également important de préciser que Leland Bobbé n’a pas eu recours aux retouches numériques pour sa série. La photo de chaque reine est une seule et même image et pas une composition à partir de deux images recomposées numériquement.

Site web : http://lelandbobbe.com/ FB : Leland Bobbé Studio TW : @lelandbobbe

Rédaction & Mise en page : Laura Bonnieu


[Hommes-Fleurs] Photographie

The men under the influence


The man under the influence Focus sur la série de portraits intitulée « the men under the influence » de l’artiste espagnol Jon Uriarte. Ses sujets sont exclusivement des hommes habillés des vêtements de leur femme ou petite amie. Il n’a fallu pas moins de 3 ans et d’innombrables allers-retours entre les EtatsUnis et l’Espagne pour réaliser ce travail.

S’intéressant à l’évolution de la femme au travail comme à la maison, en échangeant avec des amis, Jon Uriarte remarque que les relations entre les hommes et les femmes ont changé depuis la génération passée. Effectivement, l’idée de l’égalité des sexes n’a pas toujours été d’actualité et la parité progresse à petits pas… Par ces « déguisements » féminins et ces poses dans un lieu intime et commun au couple, il cherche à mettre en lumière le changement et l’évolution de la femme. Cette série de clichés « traduit l’évolution des rôles dans les relations hétérosexuelles d’aujourd’hui par rapport à celles des générations précédentes, et montre comment ces bouleversements affectent les hommes, plus particulièrement », explique le barcelonais Jon Uriarte sur son site web. Il ajoute « Les clichés essaient de capturer leur sensation d’égarement du fait que les femmes soient désormais sur le même pied d’égalité qu’eux ».


A l’origine, l’artiste avait débuté son projet en photographiant des couples en duo dans leur appartement. La femme étant habillée en homme et le mari en dame. Le but étant toujours de représenter l’égalité homme-femme à l’époque contemporaine. Après quelques essais, son projet a évolué pour ne photographier que les hommes vêtus d’habits féminins. La confusion des hommes face à ce changement était, d’après lui, plus saisissante. « The Men Under the Influence » est novatrice artistiquement et soulève des concepts importants tels que le genre, la place de chacun dans la société ou encore l’identité. Il n’est jamais facile de les aborder dans la sphère publique. L’artiste explique que c’était pour lui un défi. La série est devenue virale et a été partagé mondialement. Elle a fait couler beaucoup d’encre et a été sujette à de nombreuses interprétations plus ou moins élogieuses. Parfois la démarche n’a pas été comprise ou la confusion n’est pas assez frappante pour le public ou les journalistes. Site web : http://www.jonuriarte.es/

Rédaction & Mise en page : Laura Bonnieu


poesie


[Hommes-Fleurs]Poésie

CORPS ET ÂMES Quatuor de quatrains n° 31 pour André Desjardins

Je cherche un visage ou un corps, Un ange, un homme ou une femme. Les yeux fermés, son regard dort, Tourné vers les secrets de l’âme. Je cherche un corps ou un visage Qui rit des lèvres et des yeux, Une femme ou un homme sage Qui prend le bonheur au sérieux. Un visage, une âme, un corps cherchent Les yeux fermés, les mains ouvertes. La couleur gicle en tache rêche Sur la peau matte et découverte. Des corps et des visages naissent, Des corps sculptés dans de la pierre. Des âmes glissent, disparaissent. Des mains se joignent en prière.

Robert, © 21 février 2008


ROBERT PAQUIN Poète montréalais, élevé entre deux voies ferrées et un canal maritime, Robert « publie » ses poèmes en les offrant gratuitement aux jolies femmes et à ses amis. Robert a aussi écrit et réalisé un disque de blues et des vidéo-poèmes qui ont été projetés à des festivals en Europe,

en Asie et en Amérique. Sous le pseudonyme « Robert Paquin, Ph. D. » il a enseigné à différentes universités en plus de s’adonner à la traduction littéraire et à la traduction/adaptation cinématographique.

Robert Paquin a écrit ce poème en s’inspirant des peintures d’André Desjardins. Jérôme Langlois, l’a, par la suite, mis en musique. Marie-Nicole Lemieux (contralto) interprète cette chanson dans un court métrage que l’auteur a écrit et réalisé avec l’aide du programme Aide au cinéma indépendant (ACIC) de l’Office national du film du Canada (ONF). Corps et Âmes, de Robert Paquin, musique de Jérôme Langlois avec Marie-Nicole Lemieux Ce même film a été présenté à des festivals de films : - Sélection officielle au I’ve Seen Films Festival à Milan en octobre 2010 - Sélection officielle du Toronto Independent Film Festival, à Toronto en septembre 2011.

un homme ou une femme. On ne sait jamais si cet homme ou cette femme s’adresse à un autre homme ou à une autre femme. Cette ambiguïté souligne celle des visages androgynes des tableaux du peintre. »

Robert nous confie : « La voix de contralto pourrait être celle d’un homme ou d’une femme. Le poème est conçu de façon à ne jamais identifier le “je” comme

par Blacky Gyan


portrait


[Hommes-Fleurs]Portrait

JEAN CLAUDE ELLENA, UN PARFUMEUR BIEN NEZ Les fleurs, divisions et soldats des parfumeurs, c’est leur arme de séduction massive pour conquérir le cœur des amoureux de belles senteurs. Jasmin, lilas… Un nez doit mémoriser, à lui seul, entre 1500 et 3000 matières premières et composer de tête les formules. L’exercice est difficile d’autant que sur leurs épaules reposent la filière la plus rentable des maisons de haute couture ; l’erreur n’est pas permise. Parmi ces grands créateurs, Jean Claude Ellena signe, depuis plus de trente ans, des créations prestigieuses pour les grandes maisons, de Bulgari à Hermès. Tout commence pour lui à Grasse, dans le sud de la France où il nait en 1947. Peu enclin aux études, son père l’encourage à travailler à ses côtés à l’usine où il est chargé de nettoyer les alambics. Il pousse, ensuite, les portes de l’école Givaudan,  à Genève, qu’il intègre en 1968. En 1976, il signe son premier succès « First » pour Van Cleef & Arpels. Aujourd’hui, il brise les codes en recréant des senteurs avec une palette retreinte d’une centaine de senteurs, un défi dans le milieu où l’on joue en utilisant facilement 1 000 extraits. Pour la création de la collection « Un jardin… », il s’est rendu en Chine, en Tunisie et sur les toits de Paris pour trouver l’inspiration.

la mémoire ; les formulations imaginées sont, ensuite, inscrites sur papier avec le détail des pourcentages pour chaque ingrédient. Le résultat est remis à l’assistant qui fabriquera les premiers échantillons et poursuivra l’étude jusqu’au produit finit. De ses expériences olfactives, Ellena nous apprend que les peuples ont une odeur. Notre alimentation joue un grand rôle  : les japonais sentent le poisson, les sudcoréens l’ail, etc… Un bon parfum n’est jamais vierge de toute mauvaise odeur car on y ajoute volontairement certains ingrédients qui apportent une note plus humaine, parmi lesquelles la civette ou le castoréum. La rareté des matières premières faisait du parfum un produit de luxe mais fort heureusement et grâce aux technologies actuelles, les extraits sont reproduits synthétiquement  ; ce qui permet une production constante.

Ellena déconseille aussi de se faire fabriquer son propre parfum car le fabricant se base sur vos envies uniquement et non sur l’harmonie avec notre peau. Rien n’est plus élégant que de laisser une empreinte dans son sillage. Le parfum est une touche personnelle ; il faut donc bien le choisir en essayant les fragrances jusqu’à trouver Auteur de deux ouvrages, il publie  «  Journal d’un celle qui vous convienne. Certaines odeurs nous suivent parfumeur  »  (2011) et «  La Note Verte  » (2013). Il a toute une vie ; Jean Claude Ellena qui ne porte pas de réalisé la dernière édition du « Que-sais-je ? » consacré parfum, se souvient de celle du jasmin qu’il cueillait à au parfum et succède ainsi à Edmond Roudnitska qui Grasse, lors de ses jeunes années. l’a beaucoup inspiré. Admirateur de Jean Giono, il ne manque pas une occasion de lui rendre hommage en reprenant, en couverture, les illustrations de ses ouvrages La mort laisserait son empreinte sucrée et collante selon ou en nommant ses fragrances d’après les citations de les dires du créateur. Elle n’est pas mise en bouteille l’auteur comme « Le cuir d’Ange ». Ce parfum fut, par mais elle marque les dépouilles plusieurs semaines. Le ailleurs, conçu après 10 ans de recherche. La composition parfum aura toujours une place de choix au panthéon de d’un parfum ne nécessite l’usage d’aucun autre outil que notre mémoire.

Rédaction : Karima Kebabi Mise en page : Axelle Port-Lis


COMMENT CA MARCHE ? La pyramide olfactive permet de coordonner les senteurs selon ses envies. Elle se compose de trois grandes familles. La note de tête : également appelée note de sillage. Ce sont les senteurs les plus volatiles où l’on retrouve les agrumes, les notes aromatiques, vertes et fraîches La note de cœur  : qui est le corps du parfum. Les molécules fleuries, fruitées et épicées s’évaporent dans les 24h.

• Celles qui sont liées à la première impression olfactive et sont les plus volatiles • Matières premières volatiles de type agrumes : citron, bergamote, orange, etc … lavande, anis, citronnelle • Celles qui constituent le cœur de la fragrance et demeurent pendant plusieurs heures • Notes dominantes de jasmin, muguet,

La note de font : Les senteurs, lourdes et tenaces comme les boisées, les suaves et les cuirées. Elles se maintiennent de plusieurs jours à plusieurs semaines Mélangées à de l’alcool blanc et inodore, les notes forment une fragrance qu’il faut faire reposer au frais pendant 24h. Les matières naturelles sont très éphémères et couteuses car dépendantes des récoles. De nos jours, les professionnels utilisent donc des molécules synthétiques.

chèvrefeuille, violette, rose et magnolia • Celles qui persistent longtemps après que la fragrance ait été vaporisée et qui peuvent rester des mois sur un vêtement • Senteurs lourdes et tenaces dont le rôle est de fixer la fragrance tout en lui donnant de la profondeur. Principalement, de la mousse de chêne, du musc, du santal, tabac, résine, patchouli et de la vanille


OÙ ETUDIER ? La parfumerie fait des émules à travers le monde. Depuis quelques années, plusieurs grandes écoles, du Québec à la Suisse, ont ouvert leurs portes et nourrissent les vocations. La plupart propose des formations de cycles supérieurs dispensées en anglais. Voici une liste non exhaustive de ces institutions. Les prérequis  : être non-fumeur et ne pas être sujet aux migraines. PRODAROM, le Syndicat National des Fabricants de Produits Aromatiques, basé à Grasse (France) qui propose des apprentissages en alternance ou en continu, à partir du Bac (Niveau pré-Cégep). http://www.prodarom.com La FFS – Fédération Française de Parfumerie Sélective (France) propose également sur son site des formations accessibles à tous, dans des domaines parallèles au métier de nez  : conseiller en vente ou en gestion d’unité commerciale. Ces formations sont toutes reliées à l’industrie cosmétique et esthétique. http://www.ffps.fr

SOURCES

Pardonnez-moi - L’interview de Jean-Claude Ellena Darius Rochebin reçoit Jean-Claude Ellena, grand parfumeur- avril 2015 RTS - Radio Télévision Suisse Jean-Claude Ellena chez Jean Gionopar, Clara Muller - août 2015 http://www.auparfum.com/jean-claude-ellena-chezjean-giono, 2450

L’École Supérieure du Parfum de Paris (France) offre des formations allant de la licence à la maîtrise (Bac au master). http://www.ecole-parfum.com L’école Givaudan reste l’une des plus prestigieuses. Implanté à Genève (Suisse), elle s’est, depuis, exportée à travers le monde. Elle se présente comme une compagnie internationale proposant aussi ses services dans le secteur alimentaire. https://www.givaudan.com L’école du Parfum Clarisse Monereau fondée à Montréal (Québec) en Avril 2010 est la première grande école à former les nez québécois. Cours en français accessibles sans prérequis avec différentes formules : ateliers corporatifs, diplomation…. http://ecoleenparfumerie.com

Jean-Claude Ellena, Nez au vent, Frédérique MARTIN-BERNARD - avril 2010 http://www.lefigaro.fr/lefigarom agazine/2010/04/24/0100620100424ARTMAG00055--jean-claude-ellenanez-au-vent-.php


LECTURE

R MAGAZINE - 26 janvier 2016 KARIMA KEBABI ____________________________________________________________________ LECTURES

Journal d'un parfumeur, Jean-Claude Ellena Éditeur : Sabine Wespieser (2011)

La Note Verte, Jean-Claude Ellena Éditeur : Sabine Wespieser (2013)

Journal recueillant le vécu et l’expérience d’un nez dans l’univers du parfum.

Roman fictionnel sur la rivalité Tout ce que vou entre Claude Nael, créateur de voulu savoir su parfum expérimenté et un jeune prétendant ambitieux.

Collection Que Le parfum, Jea Éditeur : Presse France

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Le esais-je sais-je?? Leparfum, parfum, an n Claude ClaudeEllena Ellena Patrick PatrickSüskind Süskind es s Universitaires Universitaires Éditeur Éditeur: :Diogenes DiogenesVerlag VerlagAG AG (1985) (1985)

AArebours, rebours, Joris-Karl Joris-KarlHuysmans Huysmans Éditeur Éditeur: :G. G. Charpentier Charpentier(1984) (1984)

aveztoujours toujours ususavez ur parfum. r leleparfum.

La La vie vie d’un d’un esthète esthète reclus reclus qui qui passe passe ses ses heures heures àà collectionner, collectionner, imaginer imaginer etet créer créer des des œuvres œuvres dont dont des des parfums. parfums.

Jean Jean Baptiste Baptiste Grenouille Grenouille décide décide de de créer créer un un parfum parfum àà partir partir de de résidus résidus humains. humains. Roman Roman d’aventure d’aventure diabolique diabolique ààsuccès succès


R Modèle


[Hommes-Fleurs]R Modèle


Narcisse, l’homme Narcisse Soulsinger Nguyen est un homme d’origine vietnamienne mixée avec une descendance inconnue d’autres cultures de ses ancêtres lors de la guerre du Vietnam. Dans la jeune vingtaine, il a toujours baigné dans les arts et la guérison holistique. Il a toujours eu une connexion mystique avec la faune et la flore (l’Appel de la Nature) tel un shaman guérisseur. Son animal totem est le loup dans la cosmétologie amérindienne. Il est pescétarien (ou pesco-végétarien ; c’est-à-dire qu’il est omnivore mais consomme des fruits de mer et du poisson des océans). Il a grandi dans la ville de Montréal et retrouve, peu à peu, ses racines et explore les traces culturelles et artistiques de son l’héritage ancestral.

finit comme l’emblème même de « Artsoul » qui, par conséquent, peut naître en nous tous. Narcisse, l’intervenant en zoothérapie

Pourquoi la zoothérapie parmi tant d’autres domaines méconnues ? Car désespérés, les plus fragiles se tournent vers la médecine alternative soit la thérapie holistique. Encore très méconnue au Québec, la zoothérapie est plus populaire en France et aux États-Unis. On parle de dolphinothérapie (avec les dauphins) et l’équithérapie en campagne (avec les chevaux). En alternance avec sa carrière artistique internationale qui prend, de plus en plus, une expansion inattendue et incontrôlée, Narcisse planifie tranquillement l’ouverture de sa clinique de zoothérapie avec des tortues, chiens, chats, poissons, reptiles, etc… L’entretien et les plages-horaires vont être très difficiles avec sa Narcisse, l’artiste multidisciplinaire carrière qui fleurit dans tous les domaines qu’il pratique ou pratiquera. C’est pourquoi il a freiL’univers a été créé à partir d’un son et on dit né un peu ses plans d’ouvrir ou de s’établir dans que notre corps est un cosmos, en soit, un tout. une clinique temporairement. Narcisse associe la pratique des arts multidisciplinaires qu’il cultive tel un ambassadeur Quel est votre point d’équilibre entre tous ces scolarisé. Tout a commencé à l’âge de quatre métiers/passions ? ans, lorsque sa voix fut découverte par tous, telle une immaculation angélique dotée d’une Le point d’équilibre est la conciliation du trapureté cristalline. Il cultiva sa voix et ses autres vail, des passions, des hobbies, des projets, des talents de création tels que la composition, le performances, de la formation continue, etc... lyrisme, la poésie, la réalisation, la production. Je me vois être obligé de refuser pleins de conNaquit en lui le concept inattendu qu’il surn- trats et d’opportunités car je me rends compte omme « Artsoul » (l’âme de l’art), l’héritage de que j’ai beau être « superman », je ne dispose ses ancêtres. Il s’agit d’un concept « carré de que de 24 heures par jour… sable » dans lequel ses œuvres et talents évoluent en parfaite symbiose comme le Yīn et le Qu’est-ce que le thème de ce 9ème numéro de Yang afin de sculpter des chef-d ’œuvres mul- R Magazine vous inspire tant sur le plan métidisciplinaires ralliant danse, chant, cinéma, tier vs passion que sur le plan humain ? mode, arts visuels, etc… Il n’y voit aucune limite tout comme le cosmos n’en connait aucun ; ses Ce thème est très spécial mais reflète bien la possibilités de création sont infinies. Il se dé- réalité. Le monde des arts est inspiré par la na-


ture et emploie fortement la flore et la faune. Mimétisme, illusion d’optique, chant des oiseaux, danse des courtisans, motifs d’un vivant en symbiose avec la nature..., tout cela on le retrouve dans la mode, le chant, les arts visuels et bien d’autres arts encore… C’est tel un hymne à la beauté de Dame Nature, une glorification de cette muse infatigable. En tant qu’homme de la scène, tu as à te maquiller souvent. Le sujet du maquillage pour homme est, certes, en vogue mais demeure choquant pour certains qui ne l’attribueront qu’aux filles. Qu’en pensez-vous ?

l’homme moderne. Je lance en fin d’année ma collection de parfum et l’an prochain, ma ligne de produits esthétiques et de maillots de bain pour hommes qui s’avèrent très audacieux dans l’univers de la mode masculine. Je suis moimême un ambassadeur des innovations. Comme vous pouvez le voir je suis fortement maquillé lors de mes performances et apparitions et j’encourage les hommes, peu importe, leurs origine et diversité de s’affirmer, de se gâter et de prendre soin d’eux sans tenir compte des regards sociaux. On parle de féminisme mais je me définis comme un «masculiniste»; autrement dit, ce que les femmes font, les hommes peuvent le faire également. Et c’est à ce moment-là qu’on pourra parler d’équité et d’égalité. La danse est un bel exemple car, voilà trente ans que les danseurs hommes se faisaient plus rares et un jour « Boom! » ; il y a eu autant de danseurs que de danseuses. Les barbiers (coiffeurs) en sont aussi une illustration. Ils se multiplient et on voit que c’est une révolution tranquille et positive pour tous.

Je définis le maquillage tel un concept de représentation et d’adoucissement de l’image tandis que d’autres l’associent à la superficialité et à l’illusion. L’exemple parfait, selon moi, que je donnerais est un ensemble chic qu’on porterait lors d’un gala ou remise de prix. On ne va pas porter des sandales et un jeans troué (même si ce dernier aurait pu coûter plus cher que l’ensemble) ? Dans cette même direction, pourquoi un artiste irait non maquillé à la télévision lors d’une entrevue HD alors qu’il vient de faire douze heures de tournage incluant une semaine exhaustive où on le verrait cerné et épuisé à l’écran ? Crédits Photo : Nathalie Tourangeau Photographie Cela serait injuste pour lui qui n’a pas eu le Body Painting : Catherine Rocheleau Maquiltemps de prendre soin de lui dernièrement. Le leuse maquillage et d’autres concepts ont toujours Couronne de fleurs : Danielle Ferragne été victime de sexisme ; par contre, ce nouveau millénium révolutionne l’homme et la femme en faisant d’eux, des êtres égaux. J’aimerais pouvoir offrir à la gent masculine ce qui est offert présentement sur le marché mais à une échelle authentique et représentatif de

Interview : Blacky Gyan Mise en page : Jonas Simberg


Société


[Hommes-Fleurs]Société

MUXHE 3ème sexe


Au Mexique, un troisième genre existe, ce sont les Muxhe (prononcer ‘mou-chés’). Ces hommes-femmes vivent, travaillent au sein de leur communauté et adoptent même des enfants. Le documentaire de 44 minutes produit pour Arte en 2013 ‘Mexique, histoire d’un garçon au féminin’, et réalisé par Carmen Butta, suit le quotidien de Dulce, née Alejandro, jeune Muxhe de 20 ans habitant à Juchitan. Au centre du pays se trouve l’Etat d’Oaxaca, où vivait le peuple Zapotèque. C’est là que vit Dulce avec ses parents. Les Muxhe sont les héritières de cette culture millénaire, qui a su résister à l’influence du Catholicisme espagnol et se maintenir dans une société traditionnelle, où le machisme est très présent. Nées hommes, elles se sentent femmes et se considèrent comme telles. Sans aller jusqu’au changement de sexe, elles portent des vêtements de femmes et se maquillent. Le rôle des Muxhe comme Dulce est souvent d’aider financièrement la famille ou de s’occuper des parents une fois ceux-ci devenus âgés. C’est pourquoi avoir un enfant Muxhe est perçu comme une chance au sein d’une famille. La ville de Juchitan possède la réputation d’être le paradis des Muxhe, où elles peuvent y vivre et travailler librement, sans peur de subir des discriminations. Elles y tiennent même un rôle important dans la vie et l’économie locale, en occupant divers emplois de couturière, organisatrices de soirées etc. Le documentaire, à travers l’exemple de Dulce


et de ses amies Muxhe, apporte un autre regard et une réflexion sur la notion de genre. L’exception que représente Juchitan nous apprend que dans la culture Zapothèque, le sexe est déterminé plus par le travail et le rôle social que par le genre biologique d’une personne. Il nous apprend aussi que si les Muxhe devaient quitter Juchitan pour une autre ville du Mexique, elles subiraient alors très probablement discriminations et rejet. La ville et sa région sont comme une parenthèse protectrice où ces garçons au féminin peuvent vivre et s’épanouir sans peur d’être mal vus et mis au ban de la société. Un très bel exemple et un documentaire à regarder.

Pour en savoir plus, site internet de la société de production : http://www.cinecentrum.de/ en/produktionen/dulces-zwiespalt-mexikosweibliche-soehne/ Photos d’illustration : Lukas Avendaño, Performeur Muxhe par Mario Patiño http://mario-patino.blogspot.ca

Rédaction : Linda Chaabna Mise en page : Blacky Gyan


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