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Les dessins de Lucie

CrĂŠdits : Lucie Barral


EDITO ĂŠDITO

Des images qui valent mille mots...


équipe Avec un bagage intellectuel axé sur le management d’affaires et la gestion des entreprises, Angélique développe, en parallèle, une passion innée pour la mode et le dessin. Toute petite, elle peignait des plumes d’oiseaux afin d’en faire des pendentifs. Plus tard, elle se met à élaborer des accessoires avec tout ce qu’elle avait sous la main (tissus, cauris, perles, …). Elle est également spécialisée dans la customisation de vêtements et la fabrication d’objets de décoration. Instigatrice de ce magazine, Angélique, plus toute jeune mais pas encore trentenaire, a plusieurs cordes à son arc : Rédactrice pour Volup°Up°2, Consultante en management, Co-fondatrice d’A’S de la Perfection, Professeure de langues sénégalaises (wolof et sérère) et française, Conseillère en gestion d’entreprise, Rédactrice pour le courrier des enfants, Stagiaire de solidarité internationale au Nicaragua, …

Angélique Marguerite Berthe Diène aka Blàcky Gyan, Canada Fondatrice, Responsable rédaction, publication et conception graphique, Première rédactrice-graphiste, Dénicheuse de talents, ...

Infographiste dakarois, Stefdekardà L’As est un jeune homme passionné par l’art, le street-art, la musique, les tatouages et le design. Il est spécialisé dans la photographie de mode et de beauté, est le ‘Correspondant Afrique‘ de Volup°Up°2 magazine bilingue français / anglais créé par Velvet d’Amour et le Directeur artistique de Xipil Xole Studio .Bien que n’ayant jamais travaillé dans le secteur de la mode, il a toujours apprécié ce dernier mais également le design et c’est à partir de cet engouement qu’est naît A’S de la Perfection.

Stéphane André Pierre Diène aka Stefdekardà L’As, Sénégal Infographiste, Photographe et Correspondant Sénégal

Laura est originaire de Montpellier dans le sud de la France, elle vit à Montréal, au Canada depuis 2013. Avide de voyages, de découvertes et d’expériences, elle est animée par des rêves et des défis permanents. Suite à ses études de communication, elle a développé son site internet personnel d’art dans le but de partager ses coups de cœur dans ce domaine. Ayant développé le goût pour l’écriture depuis une dizaine d’années, c’est donc tout naturellement qu’elle a rejoint l’équipe de rédaction du magazine pour la parution du n°2. Passionnée par la communication numérique et graphique, elle participe à la promotion web de R Magazine en animant les communautés des médias sociaux tels que Facebook, Twitter et Pinterest. Ayant plus d’une corde à mon arc, elle participe aussi à la mise en page du journal en collaboration avec les autres graphistes.

Laura Bonnieu, Canada Graphiste


Riche en expérience … dotée d’une belle plume … élégante ... coupable d’être soucieuse du bien-dire… voilà la traductrice rêvée de toute personne qui cherche à résoudre les énigmes verbales à la Shakespeare !

Anne Solange Diène, Canada Traductrice et Réviseuse

A 26 ans, Ayayi est consultant en stratégie, gestion et finances et en voie de devenir expert-comptable. Ce passionné de musique et des mangas, un brin charismatique, rêve de sa maison de production musicale ainsi que de lancer sa ligne de vêtements. Même s’il juge que ce sont des domaines incompatibles avec l’expertise comptable. Il s’est fixer comme objectif de sortir deux romans d’ici 2016 et, par la suite, des ouvrages professionnels.

Ayayi Senam D’Almeida, Togo Rédacteur

Il est né en juillet 81, dans la municipalité de Gáldar en Grande Canarie. Après avoir obtenu son baccalauréat, il a croisé, sur son chemin, le monde fascinant de la photographie et a commencé à photographier de façon autodidacte paysages, architecture etc... Telle la photographie qui croise son chemin, la mode a fait pareil. Il a exercé dans la consultation de mode, le stylisme personnel, l’événementiel et continue, aujourd'hui, à travailler dans ces domaines. Il a également fait ses preuves en qualité de locuteur de radio et actuellement, il collabore comme rédacteur de mode et de nouvelles dans divers blogs, magazines en ligne et pour une chaîne télévisée.

José Vidal, Espagne Correspondant Espagne, Photographe, Interviewer et Gourou de la mode

Rédacteur,


Née à Montréal d'une famille Haïtienne, Jayne est une âme créative qui se passionne pour l’écriture, la musique et l’art.. Elle vit pour voyager, découvrir de nouvelles cultures et réaliser ses passions.

Jayne Mandat, Canada Traductrice

Originaire du Burkina Faso et étudiante en Business Management à Sheffield, Angleterre, Anaïs, 23 ans, est une amoureuse et passionnée de la mode. Parallèlement à ses études, elle anime un groupe secret Facebook du nom de “Tendance Tendance” qui, depuis bientôt trois ans, a réussi à rassembler des jeunes filles qui ont en commun la même passion. Le groupe, passe en revue l’actualité de la mode, les dernières tendances. En plus de publier la biographie de designers professionnels, “Tendance Tendance” se donne pour mission d’être un canal de promotion pour les jeunes designers africains. Anaïs fournit également du counselling aux membres concernant leur “outfits”, astuces maquillages...

Anaïs Michella J.A Yameogo, Angleterre Conseillère Mode & Maquillage

Originaire de l’île de la Guadeloupe, Axelle a vécu 6 ans dans différentes villes de France pour ses études en repartant à chaque fois de zéro. Elle se décrit comme aventureuse et vit depuis peu à Montréal à la recherche de nouvelles aventures le tout en espérant gagner en expérience professionnelle dans le design graphique, profession qui la passionne.

Axelle Port-lis, Canada Graphiste

Ray est un photographe d'origine indonésien basé à Paris. Autodidacte, ses travaux sont tournés vers les photographies de voyages effectués essentiellement en Asie et en Europe. Il travaille récemment sur un projet mettant en scène différents portraits de personnes rencontrées dans les 4 coins du monde et leur perception de la vie.

Ray Senpai, France Correspondant France et Photographe


Les fées de la pop culture se sont penchées sur le berceau de Linda un soir d'automne dans les années 80. Cinéma, séries, musique et mode ont bercé son quotidien depuis lors. Créative et curieuse, c'est donc tout naturellement qu'elle entreprend des études d'audiovisuel et travaille plusieurs années à Paris en production télé. Attirée par l'énergie créative de Montréal, elle décide l'an dernier de s'y installer et travaille dans la musique le jour, tout en s'impliquant auprès de R magazine la nuit, comme rédactrice bénévole. Dans la vie tout l'intéresse : les dernières tendances, l'actualité, les films à l'affiche, la cuisine et même le tricot ! Un seul mot d'ordre : créativité.

Linda Chaabna, Canada Rédactrice

Melissa Dupuch est une photographe française basée à Montréal, Canada. Elle est actuellement étudiante au Dawson Collège en photographie professionnelle. Elle aime travailler de manière étroite avec ses clients et créer une équipe amicale mais efficace avec des maquilleurs, coiffeurs, créateurs de mode et modèles pour obtenir les meilleurs résultats de sa séance photo. Son but principal, pendant ces séances, est de révéler la personne au spectateur. Son travail porte principalement sur des éditoriales mais elle fait aussi des portraits et photos de maternité. Artiste engagée, elle aime traiter photographiquement des sujets en rapport avec l’actualité. Elle aime autant photographier en couleurs qu’en noir et blanc, de façon plus artistique et ce, dépendamment du projet du client.

Melissa Dupuch, Canada Photographe

Originaire d’Angers, Karima a vécu et travaillé dans une dizaine de villes avant de poser définitivement ses valises à Montréal en 2014. Après des études en modélisme, cette férue de mode se retrouve bien malgré elle dans le domaine de l’assistanat. Afin de redonner un sens à sa carrière, elle se porte volontaire pour rédiger quelques articles pour R Magazine et satisfaire sa curiosité pour les arts.

Karima Kebabi alias Karima Ka, Canada Rédactrice

Canadien de citoyenneté, ancien suisse de résidence et alpin togolais de naissance, Fadji, titulaire d’un master en Sciences de Gestion à l’université de Genève, au département des Hautes études commerciales, est un passionné des chiffres et des grandes villes. Membre des administrateurs agréés du Québec (2011-2012), il excelle actuellement dans la gestion de trésorerie à Montréal et c’est dans ce domaine qu’il souhaiterait apporter son expertise

Fadji Vovor, Canada Chargé des Finances


Née au Cameroun et installée au Canada depuis six ans, elle partage son temps entre ses études en communication et son intérêt pour l’art et la mode.

Myriam Annick Tchameni, Canada Rédactrice et Traductrice

Parisienne trentenaire, exerçant une activité salariale dans le domaine des chiffres, elle est une grande passionnée de photographie qu'elle exerce à ses heures perdues, sous le pseudo «The glob'girl». La photographie représente, en effet, pour elle un moyen d'exprimer la fibre artistique qui l'a toujours animée, dès son plus jeune âge, période durant laquelle elle adorait dessiner. D'ailleurs, il lui arrive de reprendre le crayon pour griffonner des idées pour ses futurs shootings. Ses inspirations actuelles contribuent à la mise en valeur de la féminité quand elle n'essaye pas de délivrer des messages d'amour et d'harmonie raciale. Toutefois, un de ses prochains défis sera de collaborer avec des modèles masculins.

Bernie Diène, France Correspondante France et Photographe

Le jour, Lucie est chargée de Ressources Humaines ; la nuit venue, elle dessine pour s'évader. Folle de dessin depuis toute petite, elle est aussi geek dans l'âme et fan de gastronomie.

Lucie Barral, France Illustratrice


Cette résidente sénégalaise intégra le programme Bachelor de l’ISM Dakar, après des études en télécommunications à l’Ecole d’Ingénieurs Louis de Broglie à Rennes, en France qui lui ont valu d’être titulaire d’un Bachelor en management en 2011. Mais, elle décida de ne pas s’arrêter là et entama un master of sciences en Finance internationale à l’Esc Rennes School Business. Aujourd’hui, à 28 ans, elle est à la recherche d’un stage qui lui permettra de valider son diplôme de master. Polyglotte, c’est sa maitrise des langues française, anglaise et espagnole qui l’ont poussée à se joindre à l’équipe du magazine.

Madjiguène Diop, Sénégal Traductrice

Passionnée par les voyages et le caritatif, elle est très imaginative avec un esprit curieux et le souci du détail. Elle exerce un métier diamétralement opposé et on peut dire qu’elle assume très bien cette cohabitation des chiffres avec les lettres. Elle apporte, dans ses traductions, une touche d’Angleterre, pays où elle a vécu plusieurs années. Marie Agathe Ndiaye, Sénégal Traductrice

Marie Agathe Ndiaye, Sénégal Traductrice

Marie Édouard Diouf, Canada Rédactrice A découvrir!


SOMMAIRE Mode

Diandra Forrest

Une différence qui mène au succès

Refilwe Modiselle Portrait

Personal Shopping En mode, le blanc

Mickael Pacult Interview

Meta

Le R-Model

Princesse Ronda Interview

Beauté

La beauté d’un teint pâle Conseils pour une belle peau

Société

Adrienne Ntankeu Interview

Un point sur l’albinisme La différence, quelle différence

Arts

Gustavo Lacerda

Des anges livides aux cheveux d’or

Oleg Dou

Ses étranges portraits

Deejay Jewell Portrait

Maah Koudia Keita (Takeifa) Interview

Sherfy nous parle du high key Interview


M comme

Mode


Diandra Forrest


Une différence qui mène au succès Diandra Forrest a été repérée dans le quartier

du Bronx de New-York alors qu’elle était lycéenne, à une époque où elle était persécutée par ses camarades de classe parce qu’elle était différente... Aujourd’hui, âgée de 25 ans, elle multiplie les contrats de mannequinat dans le monde entier.

Beauté albinos Diandra est très grande et très mince. Elle est une beauté atypique puisqu’elle a la particularité d’être atteinte d’une maladie de peau : l’albinisme. Cette spécificité est d’autant plus marquée chez elle puisque la gazelle est afro-américaine. Sa peau dépourvue de pigments contraste avec ses traits africains. Ses cheveux et ses poils sont naturellement blonds, son teint est ivoire, ses yeux sont verts. Cette beauté en dehors des standards a réussi à lui faire une place dans l’industrie très prisée des arts et de la mode.

DIANDRA FORREST//MODE


Photographe: Ivan Monge Coiffure: Joey Oso Maquillage: Kim White

Backstage at David Tlale Show MB NYFW

Repérée dans la rue par le photographe Shameer Khan, il la pousse dans le monde du

mannequinat. Il trouve Diandra Forrest si particulière et son regard si fragile. L’agence Elite de New York ne laisse pas passer ce bijou. Deux mois après, la gazelle enchaîne shootings photo et défilés. Elle signe un contrat avec l’agence Ford de Paris, est l’égérie de Vivienne Westwood et travaille pour MAC. On peut la voir dans le clip « Power » de Kanye West, en 2010. Sa différence fait sa force, son albinisme la distingue. Comme un conte de fée, le vilain petit canard s’est transformé en cygne... Rédaction : Laura Bonnieu

Diandra Forrest & Shaun Ross for West East Magazine – Black Issue/Head Stylist: Ty-Ron Mayes/Photographer: Emin Kadi

DIANDRA FORREST//MODE


REFILWE MODISELLE//MODE


Refilwe Modiselle

Refilwe, 29 ans, est un mannequin albinos sud-africaine née à Soweto. Son albinisme, une condition stigmatisée, ne l’a pas empêché de réussir.

Son éducation

Elle a obtenu un diplôme national en publicité au collège. Depuis, elle a travaillé pour des compagnies de production et agences de presse en tant que spécialiste de publicité, de marketing et des médias et directeur de production TV.

Rédaction : Myriam Annick Tchameni

Ses réalisations

• Refilwe a été reconnue comme étant le premier mannequin albinos sud-africain. Elle a aussi été reconnue comme étant le premier mannequin albinos de l’Afrique par CNN. • Elle a été interviewée pour de nombreux articles en Afrique du Sud et à l’étranger • Elle a été invitée sur diverses émissions de radio et de télévision (BBC World Radio, TBose Mokwele’s Best T in the city, 3Talk, eNews Channel’s Against All Odds, et bien d’autres) • Elle est l’une des 15 femmes les plus puissantes sur laPowerlist d’Oprah de 2013 • Elle a été ambassadrice de la marque Legit • Elle a un rôle dans le long métrage d’Akin Omotoso Tell Me Sweet Something • Sa voix a été utilisée pour diverses promos et jingles (The National Lottery Ponds for Glambition en est un exemple)

Credits: Owen S Management


En mode, le blanc... En mode, le blanc ... C’est le solo mythique ! Froide et fraîche, cette couleur est celle de l’hiver mais elle peut aussi représenter le vide, l’infini. Au printemps, elle est tendance. Certains n’oseront pas la mettre en total look. D’autres s’en vêtiront pour faire passer une image de pureté, d’innocence ou même de seconde «virginité». Adoptez une version intégrale – couture ou décontracté - pour parfaire votre look immaculé !

Nos deux férus de mode vous proposent les sets suivants

Le choix de José

PERSONAL SHOPPING//MODE


Le choix d’Anaïs

PERSONAL SHOPPING//MODE


CrĂŠdits : Katell Bouniol


Bonjour Mickaël, pouvez-vous nous résumer votre parcours et ce qui vous a amené à la mode ?

Mon parcours a commencé en Province, plus exactement à Tours où j’ai étudié l’art appliqué au lycée. Suite à mon baccalauréat et après avoir été accepté à l’école Duperré (école spécialisée dans la mode), je suis arrivé à Paris. Je suis, depuis longtemps, attiré par la mode. Déjà, à l’école primaire, je parlais de stylisme. L’idée s’est perdue durant mon adolescence pour resurgir au moment de me spécialiser, après le bac. Je ne me voyais dans aucun autre métier de designers tels que graphiste, designer industriel ou architecte... La succession des collections, le travail dans l’urgence, la recherche de nouvelles idées sont autant de caractères qui coïncident parfaitement avec ma manière de travailler et qui me font aimer la création de mode.

Dans le cadre de vos études de stylisme, vous avez créé le projet Albus. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche et ce qui vous a inspiré ?

La collection Albus repose sur les albinos, sur la singularité de ces êtres et les caractéristiques physiques de leur mutation. Leur particularité les exclut et tranche avec la normalité. Mon intérêt pour ces individus provient de la lumière qu’ils dégagent, de la beauté de leur chevelure et de la pureté d’un corps blanc. Ces êtres hors norme nous mènent vers un lissage parfait des formes et de l’apparence pure et dénuée de tout artifice. La première approche de mon travail s’est portée sur une recherche de textures et de matières lisses, apportant un glissement visuel semblable à la surface d’une porcelaine tendre. La matière, ronde au toucher, crée une enveloppe extérieure exprimant leur aspect immaculé et impénétrable. La nudité du corps que le vêtement simule, accentue ce dépouillement. Le corps nu présente moins de prises ; il s’échappe plus facilement, plus librement. Il glisse. Il devient plus incertain de s’en saisir et de le tenir. Le vêtement n’est plus alors un voile qui dissimule le corps mais une ébauche de la peau et de sa nudité. Le corps devient lui-même vêtement et crée ainsi une enveloppe naturelle. L’ensemble de la collection questionne le thème de la non-pigmentation et de l’absence de couleur, incluant les notions de perte et de manque. Perte de pigment, mais aussi soustraction de matière jouant sur des effets de surface ajourée et transparente, telle une progression vers le corps nu et la peau découverte. Le relief, initié par des vibrations de blancs différents, est ensuite renforcé par une recherche du toucher et du grain de la peau. Le derme, travaillé en motif, est retranscrit au moyen de textures granuleuses, subtiles

et peu perceptibles. Dans une volonté de repigmentation partielle, de revitalisation, d’accentuation des contrastes colorés, on voit apparaître des tons légèrement rosés qui se propagent sur les bras et les jambes. La nudité se fait plus vivante mais reste froide, différente des autres.

Ce thème de l’albinisme a-t-il été un frein à la création en limitant la couleur au blanc, ou au contraire a-til simplifié votre travail ?

J’ai surement répondu un peu à votre question précédemment. Le blanc était un parti pris, il m’a permis d’enrichir mon travail en ne poussant mes recherches que dans un sens et de les développer au maximum.

Peut-on encore parler de canons de beauté dans la mode aujourd’hui selon vous ?

La mode est devenue une industrie gigantesque où la beauté est un argument de vente. Les canons de beauté sont donc différents selon les cultures, les régions du monde et les consommateurs que l’on veut séduire. Je dirais qu’en effet, les canons de beauté existent encore. Ils sont, le plus souvent, la représentation d’un corps, le plus lisse et impersonnel possible, pour que chacun puisse y voir un but à atteindre. Les mannequins des magazines ne sont pas si différents les uns des autres. Grands, jeunes, minces et frais, ils ne ressemblent à personne pour justement ressembler à tout le monde. Nous nous identifions tous à ces corps de magazines en nous efforçant de les imiter alors qu’il s’agit le plus souvent de corps d’adolescentes ou bien de photos retouchées numériquement et donc totalement irréelles.

Sur quels autres thèmes comptez-vous travailler, par la suite ? Après ma collection

Albus j’ai eu la chance d’être accepté dans un Diplôme supérieur d’art appliqué (DSAA) au sein de la même école. Envisageant la mode sous un œil beaucoup plus conceptuel et réflexif, j’ai pu développer des projets m’aidant à comprendre pourquoi créer de nouvelles choses, comment les appréhender et comment enrichir au maximum son travail. Mon mémoire de recherche s’est, d’ailleurs, orienté autour de la recherche de l’idéal et justement autour d’une idée de canons de beauté. Cette formation m’a permis de mieux cerner le monde créatif dans lequel je veux évoluer et de regarder d’un œil plus pertinent les images qui nous entourent. Mes études étant maintenant finies, je me suis pleinement recentré sur la création de mode et j’ai, désormais, la chance d’être en stage au studio de création de la maison Christian Dior où je participe à l’élaboration des collections prêt-à-porter et haute couture.

MICKAEL PACULT//MODE

Interview par Linda Chaabna


Mickael Pacult CrĂŠdits : Katell Bouniol


CrĂŠdits : Katell Bouniol


A T E M


CrĂŠdits : Stefdekarda


Ses débuts sur le podium remontent suite à l’appel lancé par Dasha Nicoué à l’association Care Albinos pour recruter des albinos en vue d’un défilé caritatif. Accompagné de son amie Maah Keita, la bassiste du groupe Takeifa, il a accepté, pour le temps d’une parution sur un podium, mais sans y voir une quelconque débouchée. Un jour, un photographe, ayant vu sa photo sur Facebook, le contacte pour un projet d’exposition. Par la même occasion, ce dernier lui suggère d’en faire sa profession ; ce, à quoi il répond par la négative car, encore une fois, il ne se voyait pas faire ce métier. Même les propositions alléchantes d’agences de la place n’ont pas fait flancher son entêtement. «C’est juste éphémère», dit-il. «Le mannequinat est un tremplin vers une carrière internationale qui pourrait, par la suite, mener au cinéma, par exemple.»

Toutefois, il ne se définit pas comme un mannequin ; il préfère se dire (top-)modèle eu égard à l’absence de l’assimilation des prérequis du mannequinat. Entre être derrière l’objectif des photographes, susciter charme à la designer Adama Paris et se diriger vers le succès, ce jeune homme exigeant et au franc-parler … franc prend le temps de défendre la cause des albinos, ces humains qui ont juste une absence de mélanine. «Je relativise quand on me regarde dans la rue. Cependant, je considère cela comme un atout. Donc, ce n’est pas gênant même si parfois, certains regards sont éhontés et acerbes. Ma couleur leur est étrangère. Toutefois, je tombe sur des gens qui sont ébahis.» Il prend du plaisir à parler de l’albinisme surtout des réactions que «cette différente couleur de peau» engendre sur le continent africain. «Au Sénégal, les crimes sont, certes, moindres mais il n’en demeure pas moins que nous, albinos, nous sommes laissés en rade dans les politiques gouvernementales. De plus, la société a honte de montrer ses enfants albinos. J’ai eu la chance de voir le jour dans une famille qui ne voyait pas d’handicap ou de différence. J’ai toujours été éduqué dans l’objectif d’être le meilleur.»

META// R MODEL


Une de ses devises, tirée d’une chanson de l’illustre Didier Awadi et reformulée par luimême est : «L’albinos que tu es, accepte-toi tel quel et bats-toi pour ne jamais être parmi les derniers !». «Je ne laisse personne me marginaliser ou me rabaisser car j’ai un QI comme tout un chacun. Et même si différence il y a, je crois que c’est là où réside la beauté. Donc, voir des albinos sur le podium ou au-devant d’une scène quelconque est un coup de pied à toutes ces mauvaises langues qui pullulent. Même s’il faut dénoncer que certains les «utilisent» pour véhiculer une certaine image du genre «je défends les albinos». Je ne cesserai jamais de crier à tue-tête ce conseil : Chers albinos, réveillezvous ! Aidez-vous et n’attendez pas après les autres ! Comme tout individu, nous exigeons une meilleure considération et de cheminer dans notre vie de manière paisible et harmonieuse.» rédaction : Angélique Diène photos : Stefdekarda

META// R MODEL


CrĂŠdits : Stefdekarda


Princesse Mady


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Princesse Mady. Un nom qui risquera bientôt de résonner dans le monde du mannequinat. Et pour cause, elle a défilé pour l’illustre Jean Paul Gaultier avec son «Bourgeoisie sans âge», lors du festival mode et design de Montréal en 2011, année de ses débuts. Quelques semaines auparavant, elle avait été repérée par Tanel Bedrossiantz* lors du festival du bal rayé. Belle, jeune, grande, studieuse ... bref, Princesse Ronda, a tout pour plaire et entre talons et livres, elle a trouvé un petit moment pour nous parler de son métier, de son rêve et de l’albinisme. Rencontre avec une super-top en devenir.

* (Tanel Bedrossiantz fait partie depuis près d’une trentaine d’années de la vie créative du couturier JeanPaul Gaultier)

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| Prenez-vous la profession comme un tremplin vers une autre chose, ou comme quelque chose de durable? Il est rare que le mannequinat soit quelque chose de durable. Pour moi, c’est un tremplin vers autre chose. J’ai plusieurs projets en tête, mais j’aimerai surtout terminer mes études. Ce n’est pas évident de consolider les deux. J’ai l’intention de retourner en Europe pour tenter ma chance avec des agences de renom, mais ce n’est pas possible en étant à l’école à plein temps. Je profite des vacances pour voyager. Avec la visibilité que ma carrière m’apportera, j’aimerais lancer ma propre marque de cosmétiques, devenir éditrice d’un magazine de mode ou encore créer ma propre agence. | Votre méthode pour obtenir l’expression ou l’attitude demandée ... Rester moi-même, mais dans le milieu de la mode, il faut être versatile. Il arrive qu’on me demande d’interpréter un personnage, lors d’une séance photo ou d’un défilé. Parfois, c’est très théâtral ou dramatique. Il faut être capable de sortir de sa zone de confort, afin de s’adapter à toutes les situations possibles.

princesse MADY//MODE


| Vous reconnaît-on dans la rue ? Cela s’avère-t-il gênant? Oui, ça m’est arrivé quelque fois. Il m’arrive de rougir et de ne pas trop savoir quoi répondre aux compliments à part "merci, c’est gentil!". Ça me fait plaisir, mais c’est un peu gênant. | Trois mannequins hommes et trois femmes que vous admirez pour leur travail... Je ne peux qu’en citer deux: Naomi Campbell et Shaun Ross. Ce dernier m’a beaucoup inspiré, car il a eu le cran de s’imposer et a ouvert la voie à d’autres mannequins albinos, comme Diandra Forrest, par exemple. On le voit sur les passerelles des fashion weeks de Paris et New York, dans le clip de Beyoncé, de Lana Del Rey et comme invité dans l’émission de télé réalité America’s Next Top Model. Naomi, quant à elle, est une femme très ambitieuse et charismatique. Elle a travaillé dur depuis plus de 20 ans pour être l’icône qu’elle est aujourd’hui. Elle est le top model le plus expérimenté et à presque 45 ans, elle défile toujours pour les plus grands designers. Elle est productrice de sa propre télé-réalité The Face, où elle forme des aspirantes mannequins en compétition afin de décrocher de gros contrats. V| Une revue dans laquelle vous rêvez d’apparaître en couverture ... Vogue, si Dieu le veut. | Votre secret pour maintenir la forme, physiquement et animiquement ... Manger santé le plus possible et incorporer des fruits et des légumes dans mes repas quotidiens. Mon péché mignon, c’est les viennoiseries. Je fais des abdominaux quotidiennement et j’essaye d’éviter de manger tard ou de grignoter devant la télé. | Conseils à quelqu’un qui va se présenter pour la première fois à un casting ... Rester soi-même et montrer sa personnalité. Pour la tenue, le mieux serait de porter des vêtements simples et près du corps, comme un débardeur et un leggings. Se maquiller très légèrement et ne jamais oublier ses talons !

princesse MADY//MODE


CrĂŠdits : Neon Paris Magazine shot by Alexis Hobbs


| Parlez-nous de l’albinisme ! Pour moi, la chose la plus importante que les gens doivent retenir, c’est que ce n’est pas une maladie. On ne peut pas souffrir d’une couleur de peau ! Certes, nous sommes sujets à certains problèmes occulo-cutanés, comme bien des milliers d’autres personnes dans le monde. Si la prévalence de l’albinisme était d’une personne sur dix, personne n’en parlerait. Ce qui est rare suscite toujours de la fascination. Les gens ont malheureusement tendance à rejeter ce qui ne leur est pas familier. La couleur de peau n’a aucune importance, pourtant elle est au centre des conflits depuis que le monde est monde... | Plus habitués à l’ombre qu’aux flashs, les albinos sont pourtant à l’honneur dans les photographies et de plus en plus représentés sur les podiums. Qu’en pensez-vous ? Je crois que ce qui les pousse, malgré eux, à rester à l’écart c’est l’ostracisme, la peur du rejet et le manque de confiance en soi. Avant, moi aussi je faisais profil bas à cause de la façon dont les gens me regardaient. On est à l’honneur dans les photographies, car notre rareté et notre singularité fascinent. C’est une bonne chose qu’on soit davantage présent sur les podiums. À force de voir de plus en plus de mannequins albinos dans les magazines, les gens porteront moins d’attention sur notre couleur de peau et se focaliseront sur notre travail. Vous pouvez voir les photos de Princesse Mady ici :

http://princess-mady.tumblr.com Propos recueillis par Marie Edouard Diouf

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CrĂŠdits : Neon Paris Magazine shot by Alexis Hobbs


CrĂŠdits : Orange


B

comme

BEAUTE


Bronzage & cyclisme Au fils des temps, le teint hâlé est à la mode de façon cyclique. Si aujourd’hui le bronzage est recherché, pendant des siècles, la blancheur de la peau était l’objectif à atteindre pour des raisons religieuses et sociales. Avoir une peau blanche était synonyme de réussite. Le bronzage était réservé à la classe ouvrière, à ceux qui travaillent en extérieur et qui n’ont pas de quoi se protéger du soleil. A l’Antiquité, l’exposition au soleil apparaît comme un remède contre certaines maladies comme la tuberculose. L’importance médicale des UV a commencé à changer sa mauvaise réputation…

La beauté d’un teint pâle

Depuis le XXè siècle, le bronzage est vu comme un signe de bonne santé, de beauté. Il est une norme sociale, le symbole de bonnes vacances passées et d’un épanouissement personnel. Le bronzage, le jeunisme et la chirurgie esthétique sont devenus comme des obligations normatives.

En 1920, la couturière Coco Chanel attrape accidentellement un coup de soleil. Personnalité très en vue, c’est ainsi que la mode des peaux bronzées fut lancée. Au même moment, la France découvre Joséphine Baker, chanteuse métisse. Toutes les femmes jalousent alors sa peau caramel…

UN TEINT PALE//BEAUTE


Je suis blanche

Avoir une belle peau

La peau contient de la mélanine, responsable de notre couleur de peau. Plus notre peau en a, plus sa couleur est foncée. Le taux de substance dépend de l’hérédité, du taux d’hormones et de certaines maladies (albinisme). Cette mélanine a pour rôle de protéger la peau contre les rayonnements UV du soleil et ainsi, de lutter contre le vieillissement et les cancers de la peau. Vous êtes à contre courant de cette mode de bronzage extrême ? Vous pensez que le bronzage naturel ou artificiel c’est « out » ? Vous ne bronzez pas ? Vous bronzez mal ? Pour des raisons de santé vous fuyez le soleil ? Il est temps d’assumer la blancheur ! Tenons tête (oui, je me mets dans le lot) à ceux qui nous traitent de «cachet d’aspirine» ou qui nous demandent si on a passé l’été enfermé dans un placard…

« Peu de temps après, une fille lui naquit ; elle était blanche comme neige, rose comme sang et ses cheveux étaient noirs comme de l’ébène. On l’appela Blanche-Neige. » Teint bronzé ou teint pâle, c’est une affaire de goût. Les magazines et blogs de beauté regorgent d’astuces pour le bronzage parfait, chaque été. En revanche, les articles sont moins récurrents en ce qui concerne les teints porcelaines. Avoir un joli teint clair n’est pas si facile qu’on pourrait le croire. Sans entretien, il est facile de paraître livide, jaunâtre ou gris (merci la pollution)…

Manger correctement

Pour avoir une jolie peau, le conseil le plus important, selon moi, se trouve dans l’alimentation. La peau est le reflet de notre santé et cette dernière ne dépend t-elle pas, en partie, de ce que l’on mange ? Les éléments nutritifs font du bien au corps à partir de l’intérieur contrairement à tous les produits qu’on achète et qu’on applique à l’extérieur. Je ne vous apprends rien, il faut apporter au corps des vitamines, des nutriments et des minéraux quotidiennement. La vitamine C, donnant l’élasticité de la peau est contenue principalement dans les agrumes, les fraises, le choux, les épinards, le persil et les poivrons verts. Le melon, la papaye, l’abricot, les carottes, les épinards, le poivron rouge et le chou contiennent du bêta carotène qui permet à l’organisme de fabriquer la vitamine A, responsable du renouvellement cellulaire.

Pour améliorer la souplesse et la résistance de notre peau, misons sur les omégas et la vitamine E. Les premiers sont présents dans les poissons gras (saumon, thon, maquereau). La deuxième se trouve dans les huiles comme celle de tournesol, par exemple.

D’une part, il est donc primordial de prendre soin de sa peau qu’elle soit blanche, métisse ou noire. D’autre part, il existe quelques astuces naturelles à connaître pour une peau blanche parfaite, digne d’une poupée en porcelaine. Soyons de JOLIS cachets d’aspirine ! Soyez fières de vous, quoi que les autres disent ! UN TEINT PALE//BEAUTE


Boire beaucoup d’eau

L’eau est essentielle à la vie. Les professionnels se tuent à dire qu’il faut boire beaucoup d’eau. Outre le fait d’apporter calcium, sodium, potassium, fluor et sels minéraux, elle est bénéfique pour la beauté. L’eau hydrate en permanence la peau ; la rendant plus souple, plus lisse et la protégeant de l’apparition anticipée de rides.

Se préserver du soleil

Doit-on vraiment expliquer les raisons ? Eviter les UV évitera un vieillissement prématuré de la peau tout en diminuant les risques de cancer. Evidemment, il ne s’agit pas nécessairement de rester enfermés chez nous mais plutôt de changer nos habitudes en protégeant notre peau avec une crème solaire, indice 30 minimum. Misez également sur les larges chapeaux et les vêtements couvrant un maximum de peau. Les accessoires dont les chapeaux, remplissent les étalages de nos magasins ; vous en trouverez bien un mignon.

Prendre soin de soi

Stress, alcool, café, tabac et soirées tardives sont à éloigner. La cigarette rend le teint brouillé. Pour une peau plus belle, il faut arrêter de fumer ! L’activité physique, les fruits et légumes sont à intégrer dans la routine quotidienne. Pour une peau saine, il est logique de nettoyer la peau deux fois par jour et de toujours être démaquillée au coucher. On peut utiliser un exfoliant une fois par semaine pour se débarrasser des cellules mortes et connaître son style de peau afin d’utiliser des produits adaptés.

UN TEINT PALE//BEAUTE


4 méthodes naturelles pour éclaircir la peau Comment éclaircir sa peau et maintenir une peau blanche radieuse ? (Ndlr : On ne parle pas de dépigmentation mais plutôt de méthodes pour prévenir et estomper certaines tâches cutanées au naturel)

Le jus de citron

Vous pouvez vous vaporiser le corps avec du jus de citron dilué à de l’eau. L’acide citrique du citron contient des composants naturels éclaircissants. Vous ne verrez peut-être pas la différence d’un jour à l’autre ; le résultat vient avec la régularité. Attention cependant à n’appliquer le citron que 3 à 4 fois par semaine. Effectivement, le jus de citron, de par son acidité, dessèche la peau s’il est utilisé tous les jours. Naturellement, évitez de vaporiser les coupures… cela risque de piquer.

L’aloe vera

L’aloe vera est ce que j’appelle un produit miracle. Il ne peut jamais manquer dans un traitement beauté tel qu’il soit. On lui reconnaît des propriétés adoucissantes aidant à la régénération de la peau. Cela permet d’estomper les taches plus foncées et d’éclaircir la peau. Vous pouvez rompre une feuille de la plante et étalez sa sève sur les zones à éclaircir. Vous pouvez utiliser cette gelée autant de fois que vous le voulez car il n’y a pas d’effets secondaires.

La pomme de terre

Effectivement, la pomme de terre possède une grande quantité de vitamine C. Par ce fait, elle peut favoriser le blanchissement de la peau. Vous pouvez donc tout simplement couper une pomme de terre en deux et frotter votre peau avec ces morceaux. Là encore, tout comme avec le citron, les résultats seront visibles si on effectue l’opération régulièrement. Ces techniques peuvent être testées avec le concombre et la tomate qui contiennent également beaucoup de vitamine C.

Le curcuma

Cette épice populaire de l’Inde inhibe la production de mélanine. Il peut permettre à une peau bronzée de retrouver sa teinte normale. Vous pouvez mélanger une demi-cuillère à café de curcuma avec deux cuillères à café de jus de citron et deux cuillère à café de jus de concombre. Vous étalez la pâte sur votre peau et laissez poser 15 minutes avant de rincer à l’eau claire.

UN TEINT PALE//BEAUTE


Ces stars à la peau de porcelaine : Diane Kruger, Nicole Kidman, Emma Roberts, Kristen Stewart, Dita Von Teese, Emma Stone, Julianne Moore, Jessica Chastain

UN TEINT PALE//BEAUTE

Rédaction : Laura Bonnieu


S

comme

SOCIETE


Adrienne NTANKEU


Depuis 2011 et la création d’ANIDA, Adrienne NTANKEU défend

la cause des albinos à travers de multiples actions et sensibilise l’opinion à cette maladie. Elle-même, victime d’humiliation, elle est isolée de sa propre famille et envoyée en France à l’âge de cinq ans. Son retour, dans son pays natal, à l’âge de 19 ans, lui fait prendre conscience des difficultés rencontrées par les albinos d’Afrique et du sort qui leur est réservé. Défilés, conférences, expositions, l’association rassemble artistes et intellectuels d’horizons variés autour d’une cause qui touche 1 personne sur 4 000 en Afrique. Loin des clichés habituels, c’est la diversité et la beauté qui est célébré lors de ces évènements. L’association se bat sur tous les fronts : soins et éducation, grâce à la collaboration de mécènes, de laboratoires et à la mobilisation de ses adhérents.

1. Présentez-nous votre association, son histoire et ses objectifs : Cette association a été créée en réaction aux massacres d’albinos ; mais, nous avons vite intégré que les problèmes médicaux et le rejet causé par l’ignorance devaient aussi faire partie de notre combat. Pour lutter contre les cancers de la peau, les vêtements longs, les chapeaux et la crème solaire restent les moyens les plus accessibles pour se protéger du soleil. Les lunettes solaires permettent de soulager un peu les yeux sensibles. Les troubles visuels prononcés qui ne peuvent être que partiellement corrigés, continueront de s’aggraver avec l’âge, mais une consultation, deux fois par an chez un ophtalmologue, avec pose de lunettes de vue leur assurerait un meilleur quotidien. Toutefois, les albinos africains n’en ont, pour la plupart, pas les moyens. L’association collecte, donc, crèmes solaires, casquettes, chapeaux à larges bords, lunettes de soleil, vêtements longs mais légers (manches longues, tuniques...). Elle est, en parallèle, à la recherche de dons monétaires et de subventions qui permettent d’acheter des lunettes de vue (sur ordonnance) et des produits médicaux de première nécessité (pansements, compresses, cotons, mercurochrome, ...) pour traiter les plaies fréquentes liées à la sécheresse de la peau et à l’exposition au soleil. Cet argent permet aussi d’organiser les voyages pour acheminer et redistribuer ADRIENNE NTANKEU//SOCIETE


le matériel dans les villages en Afrique. Lors de ces interventions, ANIDA fait également un travail de sensibilisation et d’information auprès des populations et des familles d’albinos sur les origines de la maladie et les répercussions des handicaps liés sur la vie quotidienne. Elle fait aussi des campagnes d’information auprès des personnes albinos afin d’apprendre à préserver, au mieux, leur capital santé.

2.Qu’est ce qui se cache derrière l’acronyme ANIDA? Association Nationale Internationale de Défense des Albinos

3.Quelles formes de discrimination subissent les albinos ? Dans certains milieux, les albinos sont considérés comme porteurs de malheur ou, au contraire, idolâtrés.Dans le meilleur des cas, en Afrique, les albinos se voient offrir des présents en échange de bénédictions. Cependant, et ce, majoritairement, ils sont marginalisés et persécutés. Être albinos ou enfanter un albinos est souvent perçu et vécu comme une calamité. L’albinos est rejeté socialement. Il demeure souvent un mal aimé voire un pestiféré. Il est encore bien difficile de vaincre les préjugés à son encontre, les peurs, les superstitions, etc... Il existe plusieurs formes d’extermination discrètes de l’enfant : pendant un bain ou par l’intermédiaire de tueurs professionnels. Ces méthodes sont utilisées par certains parents, parfois avec la complicité de la société. D’autres facteurs entrent aussi en jeu dans les difficultés d’intégration des albinos dans la société africaine. D’une part, le climat chaud du continent africain est peu clément à la santé des albinos qui ne peuvent exercer aucune activité sous le soleil ; d’autre part, la myopie prononcée et incorrigible due à l’albinisme les exclut des professions exigeantes en acuité visuelle. En outre, les dons, talents et potentialités de la personne albinos ne sont pas, dans la majorité des cas, pris en compte.

ADRIENNE NTANKEU//SOCIETE


4.Quelles actions mettez-vous en place pour sensibiliser l’opinion ? Nous avons mis sur pied une exposition itinérante photographique qui s’appelle les visages de l’albinisme. Elle sillone les villes de France et ceux des pays africains. Nous souhaitons dans un premier temps faire connaître l’association, sensibiliser la population française aux difficultés rencontrées par les personnes albinos en Afrique et récolter des fonds et des dons matériels.

5. Salif KEITA est l’un des premiers noms qui nous vient à l’esprit lorsqu’on parle d’albinisme, qu’est ce que cela vous inspire ? Sommes-nous en manque de modèle ? Salif Keita est musicien ; il est albinos comme moi mais il ne m’inspire rien de particulier, bien que j’aime sa musique. Je ne suis pas en manque de modèle et je ne cherche à ressembler à personne. Je souhaite juste vivre ma vie avec mon albinisme, être une femme, une mère, une épouse et faire changer le regard sur l’albinisme.

5.Comment vous est-venue l’idée d’organiser des défilés ?

La mode est un milieu chic et glamour où les manequins au physique plus atypiques ont leur place. Nous ne correspondons pas aux standards de beauté habituels. Toutefois, notre originalité véhicule un message positif. L’attention du public est gratifiante et à travers son regard, nous sentons que nous pouvons également être fièrs de notre beauté.

6.Comment recrutez-vous les mannequins qui participent aux séances photos ? Nous contactons les mannequins à travers des annonces sur internet. Nous nous déplaçons aussi lors les défiles de créateurs.

ADRIENNE NTANKEU//SOCIETE


7.Quelle expérience tirent les modèles de leur incursion dans le milieu de la mode ? Ils s’acceptent avant tout en tant que personne et assument leur différence. Les défiles de mode leur redonnent confiance et ils deviennent, à leur tour, des ambassadeurs de la mode.

9. L’un des thèmes de vos défilés portait sur la quête d’identité, l’albinisme rend t-il plus difficile le sentiment d’appartenance ? Le sentiment d’appartenance dépend d’où sont originaires les albinos. Sur le continent africain, ce sont les africains eux-meme qui nous rejettent à cause de notre couleur blanche. En conséquence, certains albinos fragiles psychologiquement développent des troubles identitaires. Les noirs nous rejettent parce que nous sommes blancs et les blancs nous rejettent parce que nous avons des traits négroides. Le plus important reste de nous accepter tel que nous sommes et de nous aimer avant toute chose.

10. Les canons de beautés échappent de plus en plus à la norme établie, des agences de mannequinat lancent de nouveaux visages parmi lesquelles Thando Hopa ou Shaun Ross. S’agit-il d’un effet de mode ou d’une prise de conscience de notre diversité ? C’est un effet de mode. Les agences de mannequinnat cherchent surtout à se diversifier pour satisfaire la tendance. Même en tant qu’albinos, il faut respecter tous les critères de sélection d’un mannequin standard ; sinon, les agences ne nous recrutent pas.

11. Quel impact la réussite de ces nouvelles figures à sur votre association ? Aucun impact ! Les modèles atteints d’albinisme ne travaillent, d’abord, que pour elles-mêmes afin de gagner leur vie. Mais, le fait qu’elles arrivent à se faire une place dans le milieu de la mode est une bonne chose car nous sommes encore très minoritaires dans ce secteur .

ADRIENNE NTANKEU//SOCIETE


CrĂŠdits : Pascal Temps


12. Votre association propose des produits de beauté en ligne, quels sont les besoins propres à la clientèle albinos ?

Les personnes atteintes d’albinisme ont besoin de produits au PH neutre. Elles utilisent des crèmes solaires pour se protéger du soleil, des lunettes de vue et de soleil. Nous facilitons l’accès à ces soins et ces produits du fait qu’ils sont très coûteux.

13. Pouvez-vous nous révéler vos astuces de beautés ? Quelles sont vos armes de séduction ? Je ne lave ma peau qu’avec des produits au PH neutre, un savon au citron ou à l’huile d’olive ; puis, je l’hydrate avec une crème aux extraits naturels et je réitère plusieurs fois dans la journée. Dès que je sors, je la protège du soleil : je porte des vêtements couvrants, à longues manches, même quand il fait chaud et je mets de la crème solaire à indice fort sur le visage, le cou et les mains. Pour ce qui est du maquillage, je ne mets que des produits testés dermatologiquement et destinés aux peaux fragiles et sèches. Je ne porte ADRIENNE NTANKEU//SOCIETE


que des tons clairs et naturels, proches de ma carnation. Je ne cherche pas à cacher ma nature, je cherche à la sublimer. Enfin, je m’hydrate, tous les jours, les cheveux avec du beurre de karité ou d’autres produits naturels. Mes armes de beauté sont la spontanaité, la franchise, l’humour, l’intégrité et surtout, l’amour. Je suis une très grande séductrice et romantique quand j’aime la personne.

14. Votre vie ne tourne pas seulement autour d‘ANIDA, quelles sont vos autres passions ? Mes enfants sont ma passion. Je suis aussi modèle pour une agence. Et, je m’occupe essentiellement de l’association ; je cherche continuellement des fonds pour financer de nouvelles actions.

15. Vos projets pour 2015 ?

Pour la France et les pays africains, nous souhaitons organiser, en mai, une journée culturelle autour de l’albinisme, en partenariat avec l’UNESCO. Nous sommes à la recherche de sponsors. Cet évènement se déroulera au siège de l’Unesco à partir du 26 Mai, lors de la semaine africaine. Nous souhaitons aussi créer une parapharmacie mobile au Sénégal et sommes donc à la recherche d’un don de bus ou d’une camionnette pour la réalisation de ce projet. Propos recueillis par Karima KA

ADRIENNE NTANKEU//SOCIETE


ANIDA tous ensemble pour l’albinisme 2 BIS Place de Touraine 78000 VERSAILLES

Anidafrance@gmail.com Contact France : 00 336 45 75 97 67 Contact Cameroun : 00 237 90 95 88 11 Contact Sénégal : 00 221 78 29 103 15 Pour faire un don : http://www.anida.fr/nous-soutenir Pour plus de renseignements sur la semaine de l’Afrique qui se tiendra à Paris en mai 2015 http://www.unesco.org/


Norma Ishak Collection 2012


Le point sur l’albinisme : la différence, quelle différence ?

Crédits : Katell Bouniol


Celle qui plait... L’albinisme, cette maladie génétique rare se caractérisant par une absence de pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux a toujours suscité un mélange de fascination mêlée de méfiance. Les personnes atteintes étant au mieux ignorées, au pire, évitées. Cependant, au cours de ces dernières années, certains ont vu, en cette ‘non-couleur’, un nouveau critère de beauté. C’est ainsi que des mannequins et comédiens ont fait leur apparition en première page de magazines de mode ou dans des clips vidéo. On pense, notamment, à Shaun Ross enlaçant tendrement une Lana del Rey chantant ‘Gods and Monsters’ dans le court métrage Tropico. Le modèle Stephen Thompson, star de la collection printemps-été 2011 de Givenchy a ouvert la voie à sa collègue Thando Hoppa, nouvelle égérie de la gamme solaire de Vichy. La nuance de blanc s’affirme, désormais, comme l’égale de ses sœurs.

Celle qui fait peur Mais loin de n’être perçu que comme un critère de beauté atypique, l’albinisme reste encore, aujourd’hui, un critère d’exclusion voire de violences à l’encontre des personnes qui en sont atteintes. En effet, les superstitions persistent dans de nombreux états d’Afrique, notamment, en Tanzanie, en Côte d’Ivoire ou au Burkina Faso. On attribue aux membres des personnes albinos des vertus magiques, tantôt bénéfiques, tantôt maléfiques. Ces membres (tête, jambe, doigts) sont très prisés des sorciers locaux et peuvent se négocier plusieurs milliers de dollars au marché noir. Ce commerce sordide, loin de n’être l’apanage que de quelques obscurantistes, est entretenu encore aujourd’hui à la demande de gens d’affaires ou hommes politiques, en quête de chance et de réussite. Heureusement, de nombreuses associations existent sur le terrain et viennent en aide aux albinos en faisant un travail de sensibilisation envers la maladie afin de mettre fin aux croyances populaires. Ce travail de prévention fait avancer doucement les mentalités. Mais des mutilations et meurtres sont encore à déplorer dans les rubriques des faits divers. Des exemples encourageants émergent aussi ça et là et rappellent que l’albinisme n’est qu’une maladie et que la personne qui en est atteinte est un citoyen comme les autres et non une prétendue entité maléfique ; et qu’elle est tout autant capable d’entreprendre études et carrière. C’est le cas d’Al Shaymaa Kwegyir, membre du parlement tanzanien depuis 2008. Cette femme atteinte d’albinisme a su concilier maladie et réussite professionnelle. Elle s’efforce, aujourd’hui, de faire reconnaître la place des albinos dans la société tanzanienne. Longtemps cachés ou ignorées, des voix et visages d’albinos s’élèvent partout dans le monde pour imposer leur statut d’être à part entière, ni bizarres ni magiques mais tout simplement porteurs d’une maladie rare mais aussi d’une nuance de blanc en plus. Rédaction : Linda Chaabna LE POINT SUR L’ALBINISME//SOCIETE


A comme

ARTS


"Ils semblent être des anges, livides aux cheveux d’or, tombés du ciel"

à partir de 2009 et ce, pendant 5 ans, l’artiste brésilien Gustavo Lacerda photographie des individus

souffrant d’albinisme à Sao Paulo. C’est dans la rue et sur les réseaux sociaux qu’il a trouvé la plupart de ces modèles. Quand sa série a commencé à être connue, certains albinos se sont spontanément présentés à lui pour participer au projet. Cet artiste photographe depuis 20 ans est connu pour aimer mettre en lumière les gens en marge de la société. L’absence de pigments dans la peau, leurs cheveux et leurs yeux font des albinos une population particulière mais encore persécutée dans certaines zones du globe, en raison de croyances et de superstitions. Dans sa série qu’il nomme « Albinos », il rend hommage, à sa manière, à ces beautés rares. L’albinisme l’a d’autant plus fasciné qu’au delà de leurs spécificités physiques, les personnes atteintes de cette maladie doivent nécessairement fuir la lumière naturelle. Cet éloignement marque souvent un renfermement social chez ces individus. Le photographe, en les mettant sous les feux des projecteurs, nous fait nous questionner sur les standards de beauté et la discrimination. La série « Albinos » est composée de cinquante portraits d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils posent seuls ou à plusieurs. Ils semblent être des anges, livides aux cheveux d’or, tombés du ciel. On remarque un immense travail sur la couleur et les contrastes. Habillés de tons pastels, ils se fondent dans le décor. Les nuances sont douces et l’éclairage tamisé. Gustavo Lacerda fait passer un message sensible et poétique. Il remet en cause les canons de beauté contemporains. Rédaction : Laura Bonnieu GUSTAVO LACERDA//PHOTO


GUSTAVO LACERDA//PHOTO


O

leg Dou

et ses ĂŠtranges portraits


Oleg

Dourjaguine alias Oleg Dou est un artiste originaire de Moscou. Jeune trentenaire, il est aujourd’hui l’un des artistes contemporains les plus prometteurs de sa génération.

_____ COMMENCEMENT _____

Né de l’union d’un couturier et d’une

artiste peintre, il est bercé par la culture et l’art dès son plus jeune âge. A 13 ans, on lui offre un ordinateur équipé de Photoshop, célèbre logiciel de retouche d’image. C’est une révélation ! Oleg a trouvé son art : l’infographie. Ce cadeau va changer le cours de son existence… Il s’amuse et teste les possibilités de ce logiciel en s’entrainant sur les visages de ses camarades sur les photos de classe. En 2005, il achète son premier appareil photo et a l’idée de lier la photographie et l’infographie en retouchant des portraits. Il a alors trouvé sa signature. Pourtant formé pour être designer, c’est ses photos qui attirent l’attention de Liza Fetissova, la directrice de la galerie RTR. Un an après, elle lui permet de s’exposer à la galerie, lui ouvrant ainsi une porte sur le monde. Aujourd’hui, il présente ses photos dans les galeries du monde entier : France, Belgique, Espagne, Etats-Unis, Pays-Bas, Russie etc. Etre artiste semble être sa vocation. Oleg Dou a d’ailleurs obtenu plusieurs prix internationaux comme l’International Color Awards, le prix Arte Laguna ou l’International Photography Awards.

OLEG DOU//PHOTO


_____ TRAVAIL _____

Ce photographe portraitiste autodidacte

joue avec la perception du spectateur. Son travail est très personnel et reconnaissable au premier coup d’oeil. Esthétiquement, il s’inspire des peintres de la pré-Renaissance italienne. Il est passionné par l’être humain, la représentation et l’expression de soi. Ses personnages ont un regard perçant, froid et distant. Leur peau est parfaite et très pâle telle de la porcelaine. Sont-ils des humains ? Sont-ils des monstres ? Le spectateur oscille entre une impression de beau et de laid, d’attirant et de repoussant, de vivant ou de mort. Il manipule le public comme il manipule ses images. Le message de son art est précisément sur cette bordure. C’est étrange et ça attire.

OLEG DOU//PHOTO

Rédaction : Laura Bonnieu


Deejay Jewell A 28 ans, Deejay Jewell est déjà totalement immergé dans la vie d’artiste. Il fait bouger de nombreuses pistes de danse, en tant que Dj et apporte également un plus au monde de la mode, en tant que mannequin. « Ces deux choses se sont présentées à moi, presque, en même temps, de façon pro» explique Deejay. « J’étais dans le monde de la nuit mais de façon assez discrète et j’allais aussi à l’école comme tout le monde». Deejay fait partie de la dernière promotion de Baccalauréat Sciences et Techniques Tertiaires (STT) du Lycée Simone de Beauvoir. Il est également titulaire d’un Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en Négociation Relation Client (NRC) qu’il a obtenu au Lycée Professionnel Jean Lurçat.

Cependant, le monde musical semble être un milieu auquel il a toujours appartenu. « On va dire que depuis tout petit je baigne dans la musique. Dans ma famille, il n’y a que des amoureux de la musique, des beatmakers, des rappeurs, etc... » De temps en temps, le jeune homme anime des soirées avec un de ses cousins mais c’était surtout celui-ci qui avait les commandes. Deejay a continué à animer de son côté jusqu’au jour où, à l’âge de 24 ans, il eut l’occasion de se produire en public pour la première fois. « Un ami m’a proposé de mixer pour sa première grosse soirée, au Redlight, à Paris en octobre 2010 et cela m’a mis sur le devant de la scène » dit-il. Deejay n’a pas quitté les platines, depuis ce jour. Bien au contraire, il va de soirée en soirée, avec pour mission de faire vibrer la piste de danse. « J’ai commencé par animer des soirées privées et j’ai continué en mixant pour des mariages. Je mixe pour les clubs de la région parisienne depuis 5 ans et pour ceux de la région Aquitaine, depuis quelques mois. J’anime aussi quelques clubs en Espagne. »

DEEJAY JEWELL//MUSIQUE


Comme mentionné un peu plus haut, la musique n’est pas la seule passion de Deejay. Il fait également partie du monde de la mode, un milieu qu’il a intégré suite à des rencontres inattendues avec des photographes qui, aimant son allure, lui proposaient de travailler avec lui. « Ces rencontres se déroulaient dans la rue, explique-t-il, j’ai pu participer au casting Benetton en 2010 car un photographe m’a croisé à Châtelet et m’a envoyé Chiara Senti qui est, en fait, sa copine et qui photographie les castes à Opéra (quartier de Paris ndlr). J’ai participé à l’élaboration du book de celle-ci, un peu plus tard. Cela se passe encore comme ça aujourd’hui ; ils m’abordent et me proposent de bosser avec eux. Au début, je disais oui pour découvrir cet univers mais en évoluant, je suis rentré dans l’agence Wanted ; j’ai été guidé et j’ai aussi appris à choisir par rapport à mes goûts et conviction, comme pour le projet We Are All The Same by Ancom& Dreams». Deejay travaille aussi avec le Fashion Music Showroom de Paris, une agence qui organise des évènements associant musique et mode. « Pour le mannequinat, j’ose croire que j’ai déjà fait de grandes choses dont la plus grande était de défiler pour Mr. Jean Paul Gautier à la Fashion Week, en mars de l’an dernier ; sans oublier les autres défilé pour Hood By Air (H.B.A) et Aston Quinn. » Pour atteindre ses objectifs, il lui a fallu quelque chose de plus que le talent et la passion. «Ce qui m’a motivé à en arriver où je suis, c’est que je voulais prouver, tout en aimant ce que je fais, qu’être albinos n’est ni un handicap ni une faiblesse pour celui qui s’en donne les moyens». précise-t-il.

« J’ai voulu prouver que ça n’était pas un handicap, parce qu’à chaque fois que je faisais quelque chose, on s’en étonnait comme si rien que le fait d’être albinos et respirer étaient, en soi, un exploit. Beaucoup d’albinos, euxmêmes, me voyaient aux platines au club et me félicitaient pour ce que je faisais alors que je faisais juste ce que j’aimais. Mes limites, je me les impose seul ; ce n’est pas mon albinisme qui décide pour moi. J’ai toujours avancé sans me dire que je n’y arriverai pas. L’art avec un grand A est venu frapper à ma porte et depuis on ne se quitte plus. Ce que certains prenaient pour une faiblesse, je voulais en faire une force et cela plaisait visiblement. Cela se ressentait dans mon attitude. » Cette confiance en soi fait de Deejay une source d’inspiration pour plusieurs. « D’après les messages et commentaires que je reçois, oui j’inspire des gens parce que je vais là où on ne m’attend pas. Je dirai que le futur des artistes albinos se trouve entre leurs mains, de la même façon que le mien se trouve dans mes mains. Par là, je veux juste dire qu’il y a tellement de formes d’art, aujourd’hui, qu’il y a de la place pour tous. Vivez vos rêves tant que vous êtes jeunes, tant que vous le pouvez. Si on vous dit que vous êtes beaux, croyez-le, si on vous dit que vous avez le potentiel, croyezle et allez-y. Les seules limites qui existent vraiment sont celles que l’on s’impose».

Rédaction : Myriam Annick Tchameni

DEEJAY JEWELL//MUSIQUE


Maah Koudia Keita - Takeifa -

Interview Maah Keita est la bassiste du groupe sénégalais Takeifa, dont tous les membres sont frères et sœurs. Leur musique mélange des styles pop et rock aux sonorités africaines et cumule des milliers de vues sur Youtube. Leurs textes en wolof, français et anglais mettent en valeur la diversité de la culture africaine ainsi

que son ouverture sur le monde. Diversité que Maah porte en elle d’une certaine façon car elle est atteinte d’albinisme. Sa peau blanche et ses cheveux clairs la distinguent sur scène et dans les vidéos du groupe. Artiste et femme engagée auprès de l’association Care Albinos, elle a accepté de répondre aux questions de R magazine.

Maah Koudia Keita//MUSIQUE


Bonjour Maah. Avec votre groupe Takeifa, vous vous produisez en Afrique mais aussi en Europe. Trouvez-vous que l’albinisme soit perçu différemment selon les pays ? Effectivement chaque pays a sa propre perception de l’albinisme et cela dépend surtout de sa culture et de ses traditions. Dans certains pays l’albinos est considéré comme un être sacré et par conséquent il est très respecté et vénéré. Dans d’autres pays il est stigmatisé, mal intégré ou traqué et tué. En Afrique surtout ce sont les cultures et les traditions qui définissent le niveau d’intégration des Albinos dans leurs sociétés respectives.

A titre personnel, vous êtes-vous sentie différente en tant qu’albinos au sein de votre grande fratrie ? S’il y a une chance que j’ai eue dans mon existence c’est d’avoir la famille que j’ai. Depuis ma plus tendre enfance ils ont été tellement formidables que moi, j’en oubliais ma condition d’Albinos. De mon père au plus jeune de mes frères, je leur en serai reconnaissante le reste de ma vie car ce sont eux qui m’ont blindée et armée pour affronter le monde.

Vous vous impliquez pour la cause des albinos notamment à travers l’action de votre association : Care Albinos. Pouvezvous nous en parler ? Care Albinos est une association créée par le groupe Takeifa. Nous sommes très actifs sur le terrain. Nous générons des fonds grâce aux activités que nous créons. Nous faisons de l’assistance médicale, beaucoup de sensibilisation a travers les medias, nous travaillons avec nos ministères de tutelle (santé, action sociale, justice, femme et enfance).

Maah Koudia Keita//MUSIQUE


Les enfants Albinos constituent notre cible principale car c’est à travers eux que nous pourrons mieux agir préventivement sur le plan santé mais aussi il est très important de les sensibiliser, les aider à avoir une perception plus positive de leur état, leur procurer les soins et conseils nécessaires pour bien prendre soin d’eux et surtout les aider à réaliser leurs ambitions mais en partant d’eux mêmes sans qu’ils aient à tendre la main ou que ce soit.

Pensez-vous que l’acceptation des albinos soit plus facile lorsqu’ils sont artistes ? (musicien, comédien, mannequin) L’acceptation des albinos est plus facile lorsqu’ils sont artistes, acteurs etc. Ils sont considérés comme des personnes du monde et sont même très adulés car ils auront réussi à se faire un nom, une carrière, un succès malgré le fait qu’ils soient Albinos. Ce qui me rend heureuse car de plus en plus il existe des Albinos qui réussissent leur vie haut la main et je prie fort pour que la génération des albinos qui nous succédera soit encore plus brillante ! Pour en savoir plus : https://www.facebook.com/ CareAlbinossitetakeifa Propos recueillis Chaabna.

par

Linda

Photographe : Dago Maquilleuse : Mya Amenitou Fall

Maah Koudia Keita//MUSIQUE


SHERFY nous parle du high key


Hello Sherfy, peux-tu te présenter Quelle est ta démarche artistique brièvement? lors de ton projet high key ? Je suis une photographe de 27 ans basée en France. Ma pratique de la photo est assez large, reportage, mariage, concert, portrait, mode, paysage, nature etc. Je suis particulièrement observatrice de nature. En ce sens, la photo est une activité qui me correspond bien.

Tu as pratiqué la photographie high key, pourrais tu nous en donner une définition simple ?

Le high key est une pratique photographique qui consiste à forcer l’éclairage de telle façon à ce qu’il y ait surexposition des blancs et que seules les détails sombres ressortent. Il faut cependant faire attention à ne pas trop cramer les hautes lumières. En gros, si on devait parler en courbe, on verrait qu’il y a beaucoup de hautes lumières, un peu de basse lumière, et presque rien entre. Cette technique fait souvent ressortir une atmosphère douce.

Mon but était de faire ressortir les expressions. Le modèle ici s’y prête bien car elle a la peau pâle, les cheveux foncés, un petit nez et une grande bouche. Le maquillage noir permet d’accentuer ces détails.

Dans cette série, je remarque que les contrastes sont forts. Les noirs et les blancs, la sagesse des vêtements et le barbouillement au maquillage noir, des regards innocents suivis de sourires machiavéliques… Un mot à dire là dessus ?

oui, mon idée a été de faire une série de visages où les gens se lâcheraient sur les expressions, un peu comme des clowns, donc triste, heureux, en colère, etc. La faire majoritairement en noir et blanc m’a poussée à spécialement jouer sur le rapport bien/mal et donc ange/démon.

Y a t-il des techniques de développement particulières à ce type de photos ?

Le développement peut être poussé, pour augmenter le contraste, mais je dirais que c’est surtout au moment du tirage que le plus du boulot se fait, par exemple en masquant les parties claires pour surtout faire ressortie les points sombres comme les yeux et la bouche. Mais j’ai l’impression que le high key est surtout une technique que l’on retrouve beaucoup depuis le numérique. SHERFY//PHOTO

Propos recueillis par Laura Bonnieu


Marie-Ève Lévesque Artiste-Maquilleuse Facebook : www.facebook.com/MarieEveLevesqueMaquilleuse Site Web: marievelevesque.wix.com/melmakeupartist

Mariage,baldefinissant,photoshoot, coursdemaquillage,tournage…


Mise en page: Laura Bonnieu Axelle Port-lis

R Magazine_Numéro 5_Albus  

Hommage à tous les Albinos tués, violés sous prétexte qu'ils guérissent le sida, abandonnés ou forcés de se déplacer sans accès à l'aide hum...

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