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Communauté urbaine Marseille Provence Métropole

Rapport de la Commission - Tri sélectif” “Réduction des déchets à la source juin 2010

Pour une politique de réduction des déchets à la source et de tri sélectif projet 2010/2015

Rapport de la commission présidée par Jean Viard Vice-Président de MPM et soumis à Eugène Caselli Président de MPM

www.marseille-provence.fr


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>a v a n t p r o p o s La commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif”, a été installée le 21 janvier 2010 par Eugène CASELLI, Président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole. Il en a confié la présidence à Jean VIARD. Les travaux de la commission font l’objet du présent rapport, remis en juin 2010.

Composition de la Commission : Président  onsieur Jean VIARD, M Vice-Président MPM délégué à l'Evaluation des Politiques publiques communautaires, Prospective - Groupe FGMPM, Conseiller municipal de Marseille Deux vice-présidents  adame Martine VASSAL, M Présidente de la Commission MPM “une agglomération éco-responsable” - Groupe UPAC, Adjointe au Maire de Marseille, Conseillère Générale  onsieur Antoine ROUZAUD, M Vice-président MPM délégué à la propreté et au traitement des déchets, eau et assainissement – Groupe FGMPM, Conseiller d’arrondissement de Marseille, Vice-président du Conseil Général Neuf membres désignés par les différents groupes politiques  onsieur Olivier AGULLO, M Conseiller communautaire – Groupe FGMPM, Conseiller d’arrondissement de Marseille  onsieur Jean-Pierre BERTRAND, M Maire de Plan-de-Cuques, Vice Président MPM délégué aux Relations Internationales, Président du Groupe EPA  adame Laure-Agnès CARADEC, M Conseillère Communautaire – Groupe UPAC, Adjointe au Maire de Marseille  adame Patricia COLIN, M Présidente de la Commission “Equipement d’intérêt communautaire, patrimoine foncier, protection et sécurité des espaces communautaires” Groupe EPA, Adjointe au Maire de Marignane  onsieur Vincent GOMEZ, M Conseiller Communautaire – Groupe FGMPM, Conseiller Municipal de Marignane  onsieur Abdelwaab LAKHDAR, M Conseiller Communautaire – Groupe CRC, Conseiller Municipal de Septèmes-les-Vallons

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Avant propos

 onsieur Albert LAPEYRE, M Conseiller Communautaire – Groupe UPAC, Conseiller d’arrondissement de Marseille

 adame Martine KAO, M Direction de l’Aménagement du Grand Port Maritime de Marseille

 onsieur Marc POGGIALE, M Conseiller Communautaire – Groupe CRC, Conseiller d’arrondissement de Marseille

 onsieur Areski LARABI, M Chargé de mission à la Direction du Traitement des Déchets à la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole

 onsieur Pierre SEMERIVA, M Vice-président MPM Développement Durable, Plan Climat, Maîtrise de l’énergie, HQE - Groupe FGMPM, Conseiller d’arrondissement de Marseille Trois personnalités qualifiées  adame Monique CORDIER, M Présidente de la Confédération des CIQ  adame Maud FONTENOY, M Navigatrice, Présidente de la Maud Fontenoy Fondation Monsieur Bernard RICHELLE, Ingénieur agronome, Expert en protection de l’environnement (Région de Bruxelles-Capitale) La commission a auditionné ou entendu  adame Christiane ARGY, M Directeur de la Prévention et Répression aux Infractions à la Propreté Urbaine – MPM  onsieur Cyril BERGE, M Ressourcerie le Recyclodrome  adame Sylvie BELIN, M Experte à la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille Provence  onsieur Jean BOUSSANT, M Président du Conseil Syndical de la copropriété de la Rouvière  adame Danielle CASANOVA, M Adjointe à l’éducation à la Mairie de Marseille  adame Carole CHABANNES, M Chargée de mission Environnement au Service Développement économique de la Chambre des métiers et de l’Artisanat des Bouches-du-Rhône  onsieur Yves CONTASSOT, M Conseiller à la Mairie de Paris – Ancien adjoint à l’environnement du Maire de Paris  onsieur Christophe DariEs, M Directeur des Déchets à la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole  onsieur René FLEURY, M Responsable de la collecte du Grand Besançon (Téléphone)  adame Véronique GALZY, M Chef de la Division Logistique au Rectorat d’Aix-Marseille  onsieur Thierry GUICHARD, M Adjoint au Directeur Général des Services de la Communauté Urbaine de Bordeaux

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 onsieur François LAVAUD, M Responsable de la Collecte à la Communauté Emmaüs Pointe-Rouge  onsieur Philippe MAREST, M Directeur général Environnement et Services Urbains de Nantes Métropole  onsieur Jacques MOIA, M Cabinet du Président à la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille Provence  onsieur Gilles NAPIAS, M Responsable de la collecte à la Communauté Urbaine de Bordeaux  onsieur Jean-François NOYES, M Président de 13 Habitat  onsieur Vincent OCHIER, M Responsable Régional Sud-est Eco-Emballages  onsieur Adrien ROIG, M Ingénieur prévention des déchets à l’ADEME Direction Régionale Provence -Alpes-Côte d’Azur  onsieur Louis-Frédéric ROUBAUD, M Administrateur de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Bouches-du-Rhône  onsieur François-Renaud SIEBAUER, M Ingénieur territorial ADEME Direction Régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur  onsieur Zilé SOILIHI, M Directeur du Pôle entreprises à la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille Provence Le suivi de la commission a été confié à Béatrice Guenebeaud, Cabinet du Président de MPM.

Quelques sources

www.developpement-durable.gouv.fr www.ademe.fr www.amorce.asso.fr www.acrplus.org www.ecoemballages.fr

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Plan du rapport

>P la n d u r a p p o r t A - Perspectives résumées

2e partie > Améliorer les performances de tri sur le territoire de MPM

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1 > Synthèse introductive

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2 > Un plan d’actions en cinq axes 3 > Conclusion

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B - Le détail des propositions 1re partie > réduire les déchets à la source

 Contractualiser avec l’ADEME dans le cadre d’un Programme Local de Prévention

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 Collectivité et citoyen : un message “gagnant-gagnant” sur le tri. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 25  Mettre en place la collecte en porte-à-porte avec le Tri-sac dans l’hyper-centre de Marseille. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 25  Equiper l’ensemble des communes de MPM en porte-à-porte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 26

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 Signer une charte de partenariat avec Eco-Emballages. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 27

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 Identifier et travailler sur les grands gisements de déchets recyclables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 27



Valoriser les bio-déchets. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 18

6.1. L’habitat vertical

2.1. Développer le compostage individuel en zone pavillonnaire

6.1.1 L’habitat social

2.2. Expérimenter le compostage en pied d’immeubles

6.1.2 Les copropriétés et l’habitat dense de centre-ville

2.3 Proposer une sensibilisation au lombricompostage

6.1.3 Un interlocuteur unique “grands ensembles” au sein de MPM 6.2 Le verre

et les accompagner dans la gestion de leur production

6.2.1 Améliorer et optimiser le taux d’équipement en colonnes à verre

2.5 Imposer le recyclage des déchets organiques en restauration scolaire

6.2.1 Instaurer une collecte sélective verre pour les commerçants

 Faire du déchet une ressource et créer de l’activité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 20

6.2.3 “100 places pour l’OM à gagner tous les mois” : création d’une carte des éco-gestes qui récompense le tri du verre

3.1 Soutenir la création d’une nouvelle communauté Emmaüs

6.3 Cartographier l’ensemble des gisements importants et proposer des solutions

3.2 Lancer un appel à projet pour la création de deux ressourceries 3.3 Innover avec un service déchèterie à domicile

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3.4 Développer le réseau des déchèteries “centre de recyclage”

 Instaurer une politique incitative pour les commerçants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 31 7.1 Mettre en place une collecte verre spécifique pour les commerçants

3.5 Favoriser les filières locales de recyclage 4

 Une règle simple et unique sur tout le territoire : “Ce que je trie, ce que je jette” ou le bi-flux + verre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 24

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2.4. Identifier les gros producteurs de déchets organiques

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p. 24

7.2 Mieux expliquer le tri dans le règlement de la collecte

 Agir et sensibiliser à notre échelle à l’éco-conception et à l’éco-consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.22

7.3 Installer des colonnes semi-enterrées dédiées 7.4 Conventionner avec les institutions représentatives 7.5 Attribuer un écolabel aux commerçants / artisans les plus en pointe

4.1 Etablir un partenariat avec les acteurs locaux de la grande distribution 4.1.1 Co-organiser la journée de l’éco-consommation

7.6 Elaborer et diffuser une information spécifique pour les artisans

4.1.2 Etendre l’éco-pass à l’éco-consommation

7.7 Créer des centres de recyclages de proximité en ville

4.1.3 Mettre en place des colonnes de tri sur les parkings des grandes surfaces

7.8 Travailler à la suppression des sacs plastiques

4.2. Inciter les entreprises implantées sur notre territoire à l’éco-conception

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 Créer le Haut-Conseil des 3 R (Réduire, Réutiliser, Recycler) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 32

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3 partie > Renforcer les moyens de MPM et devenir une collectivité exemplaire e

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A - Perspectives résumées

 Adopter une philosophie politique forte qui guide l’action. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 33 1.1 Déconnecter le pilotage stratégique de l’opérationnel 1.2 Associer tous les acteurs à la définition et à la mise en œuvre d’une nouvelle politique 1.3 Faire de la veille sur les nouveaux modes d’organisation qui se développent en France

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Elaborer un nouveau règlement de collecte et de collecte sélective. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 35  Etendre la redevance spéciale à toutes les communes de MPM. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 35  Se doter de 50 éco-ambassadeurs supplémentaires avec l’appui d’Eco-Emballages. . . . . . . . . . p. 36  Créer une cellule Développement Durable rattachée à la Direction Générale des Services . . . . p. 36  Ouvrir une ligne téléphonique dédiée “professionnels & commerçants” sur la redevance spéciale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 37  Intégrer la réduction des déchets à la source et le tri sélectif dans les profils de poste des futurs recrutements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 37  Inciter à la réduction des déchets à la source et au tri sélectif dans tous les lieux gérés par MPM. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 37  Capitaliser sur les actions menées dans les 18 communes de MPM. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.37  Dématérialiser les supports. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 38  Etre éco-exemplaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 38

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Systématiser une clause “verte” dans les marchés publics. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 38

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4e partie > Accompagner la nouvelle politique de réduction à la source / tri sélectif par une communication ambitieuse 1

Les familles tri-tout : lancement d’un panel de familles témoins. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 39

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Diffusion d’un kit de communication aux habitants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 40

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Création d’une maison de l’écocitoyenneté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 40

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Edition d’un site internet sur la propreté et le tri . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 40  Eco-partenariat avec les manifestations culturelles et sportives auxquelles MPM participe. . . . . . p. 41

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Etablir un partenariat avec l’OM et les Clubs de supporters . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 41

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Participer à la Semaine Européenne de Réduction des Déchets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 41

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Miser sur l’humour et les nouveaux modes de communication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 42

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“Devenir une collectivité exemplaire, j’y participe”. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 42 Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

1 > Synthèse introductive En matière de recyclage des déchets et de tri sélectif Marseille Provence Métropole accuse un réel retard sur les autres grandes métropoles françaises avec, en moyenne, une collecte sélective de 34 kg par habitant quand les autres se situent généralement à 50 kg par habitant et que Bruxelles atteint 80 kg . Rappelons que dans MPM chaque habitant produit en moyenne 1,8 kg de déchets par jour, soit environ 674 kg par an, 423 kg si l’on s’en tient aux seules ordures ménagères. Les villes les plus en pointe en Europe travaillent sur une réduction à 200 kg par habitant et par an… en 2020. Ce qui, pour MPM, reviendrait à diviser par plus de deux nos 436 087 tonnes actuelles annuelles. Il y a donc une marge de progression considérable, et c’est dans une perspective à très long terme qu’il faut estimer les objectifs que nous proposons à 5 ans. Cette situation peut être analysée de multiples manières. Mais là n’est pas notre objectif. Même s’il faut, en ce domaine particulièrement, faire extrêmement attention aux idées toutes faites. Par exemple, le pays d’Europe qui a le plus progressé en matière de recyclage et de compostage au cours des dix dernières années, c’est l’Italie (Eurostat, mai 2010, AE). Pensons à la propreté de Barcelone et à la modernité de son organisation en matière de déchets. Le retard de MPM par rapport aux autres grandes villes européennes ne constitue pas une malédiction. Confrontés à des problèmes d’organisation, d’information, d’éducation, de financement, nous devons engager une nouvelle politique avec volonté et en jouant sur la durée. Aussi, les objectifs que nous proposons de fixer à MPM sont prudents et réalistes. Il est très possible que la mise en place d’une nouvelle politique de communication, de collecte sélective et de tri permettent de les dépasser plus facilement qu’on ne le croit.


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Synthèse introductive

Ceci dit, ces objectifs ne sont qu’un minimum pour suivre les recommandations du Grenelle de l’Environnement. Ces objectifs vont donc peu à peu prendre force de loi. Ainsi rattraper notre retard est-il devenu une obligation non seulement morale et écologique, mais aussi, et rapidement, juridique, que nous allons devoir atteindre par une intense mobilisation de l’ensemble des élus, des habitants et des services. D’autres villes l’ont réussi avant nous, même si nous savons qu’en ces matières il faut penser souvent en décennies de mobilisation, d’organisation et d’efforts soutenus.

Partir des bonnes pratiques observées ailleurs Le rôle de la commission a d’abord été d’étudier les bonnes pratiques mises en place dans d’autres villes françaises ou européennes. Pour l’essentiel, ce que nous allons proposer de faire à MPM est déjà en place ailleurs ; autrement dit Paris, Nantes, Bordeaux, Bruxelles ou Besançon sont ici nos laboratoires d’expériences. Expériences grandeur nature qui fonctionnent déjà pour des millions d’habitants. Si chaque culture urbaine est spécifique, si chaque habitat, chaque niveau de revenu et d’éducation sont particuliers, il n’en demeure pas moins que partout les résultats sont meilleurs que les nôtres. Or les opinions publiques sur ces questions ont rapidement évolué ces dernières années, non seulement en attente de propreté urbaine, mais aussi en sensibilisation face aux problèmes d’environnement. Cette évolution des mentalités est notre atout principal pour lancer ici, véritablement, la bataille de la diminution des déchets et de l’augmentation du tri et du recyclage. Cette bataille ne pourra être gagnée que si on établit une absolue égalité des citoyens face aux politiques de déchets, de tri et de recyclage avec un service de qualité équivalent pour tous les usagers du territoire, au même prix.

Construire un pacte de confiance avec les citoyens Parallèlement, il faudra prendre un engagement absolu de fiabilité et de transparence que “tout ce qui est trié est recyclé” dans des conditions sociales acceptables, et ce en acceptant des logiques de contrôle par les associations d’habitants et en revalorisant les métiers du déchet. Il faudra incarner cette politique par un élu référent fort et une équipe projet clairement définie et publiquement identifiée. Mais nous devons aussi nous interroger sur comment diffuser une culture de responsabilité. Car nous ne sommes pas face à un problème avec des solutions d’abord techniques, mais face à un problème de diffusion d’une culture de la responsabilité. Il y a aussi une réflexion à avoir sur la diffusion de la culture déchets dans la société, et sur la transparence des systèmes. Il faudrait créer une maison de l’écocitoyenneté où on apprendrait aux enfants ce qu’il faut récupérer, trier, ce que l’on fait des déchets, on y ferait venir les écoles ; il y aurait des écrans d’ordinateurs qui montreraient en permanence les émissions de notre usine de Fos. En cas de problème, les gens seraient

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informés en direct. Il est tout à fait normal que l’on soit au courant des problèmes de cet ordre. Il y a des villes où l’on a en permanence les informations sur les tournées des camions, leurs évolutions, ce qu’ils transportent, etc. C’est une bonne direction de travail. La transparence dans toutes ces questions est essentielle. Il faut continuellement renvoyer l’information, débattre, faire rêver, savoir se remettre en cause, y compris pour identifier ce qui ne marche pas et chercher pourquoi. La mise en place d’un site internet informatif avec un forum de discussion irait dans la même direction.

Tenir compte des diversités des territoires Les solutions techniques sont évolutives. À Aix-en-Provence, après avoir utilisé des bacs, ils installent en ce moment des poubelles enterrées de tri partout dans le centre, avec l’idée de ne plus faire de ramassage en dehors de ces lieux enterrés placés tous les 200 mètres. Mais en même temps, Bordeaux est en train de supprimer ce même système enterré, parce qu’au bout d’un moment cela devient un cloaque, un peu comme autour de nos bacs à roulettes, les fameux “postes fixes”. Paris a supprimé totalement les bacs dans les rues. Ils ont mis en place un système de concierge par rue, où quelqu’un qui est en charge de sortir les poubelles et de les rentrer, et est payé par exemple par 500 appartements. Il y a un système de bi-flux + verre, toutes les poubelles ont le même format et sont vertes, seuls les couvercles changent de couleur. Ils régulent par maison. A Bordeaux, des conteneurs semi-enterrés sont mis en place dans les espaces privés des grands ensembles, où les gens peuvent apporter directement les déchets triés. Du coup, cela sort complètement les déchets des immeubles. Ce sont les bailleurs qui financent, car ils y gagnent en main-d’oeuvre, en dépollution, en odeurs, etc. C’est la raison pour laquelle, ici, nous avons rencontré des grands bailleurs sociaux. Pour eux, paradoxalement, le fait de payer n’est pas l’enjeu principal, car ils pensent “déplacement de la dépense”, récupération de locaux, lutte contre les rats et… problème pour récupérer les coûts dans les charges locatives. Ceci dit, on ne peut pas mettre en place cette évolution à un seul endroit, puisqu'il faut acheter des camions différents qui ramassent ces énormes poubelles collectives et les compactent directement. Mais il faut réfléchir à utiliser ici les sommes prévues par le Conseil Général et tenter des expérimentations. Plus généralement, s’il faut une politique unique et un discours unique, il est nécessaire pour progresser en matière de tri sélectif de tenir compte au maximum des modes d’habitat individuels ou collectifs, de la présence de jardins et, bien sûr, des habitants eux-mêmes, des mairies, CIQ, associations de quartier…

Des choix simples et lisibles par tous Nous avons retenu surtout qu’il fallait jouer sur la responsabilité et la lisibilité. On peut difficilement, dans une même communauté urbaine, avoir des modèles qui en termes de discours ne sont pas les mêmes. Ici nous proposons donc de généraliser la règle bi-flux : “ce que je trie” et “ce que je jette” + verre.

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Un plan d’action en cinq axes

Il faut n’avoir qu’un seul message. Et il faut le faire passer d’une façon ludique. Le tri ne doit pas être un “pensum” supplémentaire mais un jeu, et la fiabilité de l’institution doit rassurer les gens et les entraîner dans un cercle vertueux. Ensuite, le bi-flux peut se traiter en bacs ou en sacs, les outils techniques peuvent être différents. À Nantes, ils travaillent exclusivement en tri-sac, comme à Anvers ou à Bruxelles. L’Europe du Nord travaille essentiellement en sacs, très rarement en bacs, mais ils ont un respect des horaires de dépose qui évite le problème des chiens qui viennent ouvrir les sacs.

Une culture de la réutilisation Il faut apprendre à ne plus considérer comme déchet tout ce que l’on a envie de jeter. Nous sommes entrés dans une société de réutilisation, avec le développement des brocantes, des bourses d’échanges, des solderies, des ressourceries, de multiples formes de réutilisation souvent en lien avec le travail social, les associations, mais aussi les milieux populaires défavorisés. Il y a une culture de la réutilisation qui existait dans le temps et qui est en train de se réinventer. L’installation d’une troisième communauté Emmaüs sur le territoire de MPM avec une maison de retraite pour leurs vieux compagnons pourrait être un beau projet. Il faut lier déchèterie, recyclerie et proximité. Il faut en outre des responsables clairement identifiés pour les citoyens. Par exemple, un responsable “grands ensembles” qui soit l’intermédiaire des bailleurs sociaux. Idem pour les déchets verts et pour la mise en place du compostage individuel destiné aux gens qui ont des jardins : ces appareils, qui valent entre 40 et 50 €, sont souvent cofinancés par les communautés urbaines à hauteur de 30 €. Certaines villes font “une tournée verte” le dimanche vers 18 heures dans les quartiers de maisons individuelles à la saison de la taille ou du ramassage des feuilles. De même qu’il faut des responsables clairement définis pour les entreprises et les artisans.

Pour résumer on a deux objectifs liés :  iminuer la quantité de déchets produits ; d augmenter le tri et la réutilisation On se rend compte en écoutant les expériences des uns et des autres qu’il y a une relation forte entre ces deux objectifs : mieux le tri est fait, plus les gens ont confiance dans le fait que le tri va aller réellement à la réutilisation ; se développe alors une culture de responsabilité face aux déchets où l’on considère que les déchets sont une ressource et non plus une nuisance. Plus on construit ce discours, moins les gens vont avoir de déchets. Entre trier et diminuer les déchets, il y a une corrélation.

2 > Un plan d’action en cinq axes Pour résumer les propositions présentées dans ce rapport, identifions les cinq axes principaux.

Axe 1 > définir clairement des objectifs en matière de réduction des déchets à la source et de tri sélectif La commission propose un certain nombre d’actions pour atteindre les promesses de la Loi Grenelle 1 qu’elle rappelle ici et qu’elle souhaite que MPM atteigne : 1 > En matière de réduction à la source : Réduire de 7 % par habitant la production de déchets ménagers et assimilés sur 5 ans, soit 33 kg /habitant pour notre territoire ou 6,5 kg par an. Sur cette base, nous proposons que MPM contractualise avec l’ADEME pour les cinq prochaines années. 2 > En matière de recyclage : Augmenter le recyclage matière et organique pour atteindre une valorisation de 35 % en 2012 puis de 45 % en 2015. Pour le recyclage des emballages ménagers passer de 60 % en 2006 à 75 % en 2012. Les deux grands axes de travail sont la réduction à la source – “le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas” – et le tri sélectif. Les deux sont d’ailleurs étroitement corrélés puisque une bonne politique de tri engendre une réduction de la production de déchets grâce à une modification des comportements. Pour ce faire, il faut travailler sur une triple logique hiérarchisée, dite des 3 R : Réduire Réutiliser Recycler Bruxelles : “Actuellement, on est à Bruxelles à 85 kilos triés sur 480 environ. L’objectif du plan de prévention et de gestion des déchets est d’arriver à 50 % triés. Dans la région flamande, qui représente 4,5 millions d’habitants, on est à plus de 70 % de tri de déchets. Ce sont donc des objectifs réalistes. Mais l’enjeu est plus large car il faut y associer l’empreinte écologique globale de la nouvelle culture du recyclage et des conditions sociales de travail acceptables – et acceptées.” Aix : “Sur le plan qualitatif, on a constaté aussi que les possesseurs de composteurs individuels ont tendance à mieux trier et mieux prendre en compte les questions environnementales.”

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

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Conclusion

Axe 2 > Expliquer, informer, débattre, communiquer En écoutant l’ensemble des villes qui sont venues nous présenter leurs politiques, nous en avons retenu que, pour arriver à ces objectifs, deux éléments de stratégie sont prioritaires : c réer une cellule stratégique détachée des responsabilités de terrain pour suivre et impulser les nouvelles politiques mises en place ; c oncentrer des moyens importants dans la communication, de manière régulière, dans la durée, et en considérant qu’en ce domaine, on oublie vite les bons gestes. Et nous devons travailler à trouver des dimensions ludiques à l’ensemble de ces questions pour en favoriser la prise en compte, en particulier vis-à-vis des jeunes. Nous préciserons plus loin nos propositions. Mais gardons en mémoire une opération proposée, symbolique et amusante, emblématique d’une nouvelle approche déchets : l ’équipement des bacs à verre avec des puces pour qu’une carte des éco-gestes permette de gagner 100 places à chaque match de l’OM et des entrées aux spectacles. Le recyclage et le tri doivent devenir des éléments ordinaires et positifs du mode de vie urbain dans la métropole. Ils doivent être valorisés comme art de vivre mais aussi comme art d’accueillir, car une ville sale rebute chalands et touristes. En outre, pensons que 10 % des habitants déménagent chaque année, et que nous oublions vite les consignes : “Vous devez faire quoi de vos pots de yaourts usagés ?” L’information doit être répétée, affichée dans les locaux à poubelles, inscrite dans les projets pédagogiques et associatifs. Et les collectivités publiques doivent être exemplaires dans leurs propres pratiques. La création d’une maison de l’éco-citoyen à vocation d’information, d’échange et de pédagogie sera associée à la mise en place d’une politique d’information et de chat sur internet. Un site dédié sera mis en place, avec y compris une cartographie du territoire qui permettra à chacun de savoir en permanence ce qui se passe dans son quartier, l’adresse des déchèteries, les heures d’ouverture d’Emmaüs… Enfin, il y a d’un côté les règles, le fait que ce soit bien organisé et intelligent, et de l’autre côté tous ceux qui ne respectent pas les règles. Il y a donc le problème de la pression à exercer sur ces derniers. Beaucoup de villes ont carrément basculé dans la facturation. Il ne s’agit pas de délit : “tu laisses ton sac, c’est 110 €”. Le sac est ramassé, mis dans le camion, et on reçoit la facture. C’est une prestation, un service. Ce n’est pas une punition, ni un PV, c’est une facture.

Axe 3 > Fixer immédiatement un objectif mobilisateur Nous proposons que soit votée dès le Conseil Communautaire de MPM du 28 juin 2010 une délibération de principe pour contractualiser avec l’ADEME pour une réduction de 7 % en cinq ans des déchets ménagers et assimilés. Cet accord doit être le signe politique fort d’une nouvelle approche des déchets. Ce vote engagera bien sûr les élus et adressera un signe politique aux citoyens de MPM et à l’ensemble des services en charge des déchets et de la propreté. Il vise ainsi à montrer clairement la nouvelle direction décidée.

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

Axe 4 > Proposer une politique unique Adopter partout la règle bi-flux + verre “ce que je trie” “ce que je jette” et adapter les systèmes de ramassage à chaque commune ou quartier. Faire évoluer en ce sens l’usine de traitement.

Axe 5 > Créer un Haut Conseil des 3 R Ce conseil de suivi des politiques mises en place doit être aussi un lieu de concertation avec les entreprises, les artisans, l’Education nationale et les associations d’usagers, CIQ en particulier. Il est important d’avoir un lieu qui pense et organise politiquement l’ensemble des questions liées à l’impact écologique de la production de déchets, au tri et au recyclage sur l’ensemble de MPM. Il serait dans cet ordre de réflexion opportun de modifier la nomination de la Taxe d’enlèvement sur les ordures ménagères (TEOM) pour que les entreprises n’aient pas le sentiment de payer deux fois pour le même service.

3 > Conclusion Grâce à tous ceux qui ont bien voulu venir nous présenter leurs politiques et leurs préoccupations nous avons fait une large moisson d’expériences. Que chacun en soit ici remercié. Ce rapport vise à les organiser en un plan rationnel et cohérent qui engage notre commission. Et c’est pourquoi nous le proposons au Président Eugène Caselli qui nous a nommé. Mais notre commission n’a pu, sur chaque sujet, évaluer les conséquences en termes d’organisation des services et de coûts. Ce travail relève bien évidemment des services eux-mêmes et des décisions qui pourront alors être proposées par le Président de la Communauté urbaine. Notre rapport vise à faire évoluer les politiques locales en matière de production de déchets et de tri sur les cinq prochaines années. Mais nous sommes conscients qu’à plus long terme une nouvelle phase de changement devra être engagée. Pour atteindre des objectifs encore profondément différents en matière de production de déchets, de tri et de recyclage, il faudra alors sans doute s’engager dans des politiques de redevance incitative. Par exemple, à Besançon, le service public d’administration de la propreté et des ordures a été transformé en service public industriel et commercial, où, en gros, les déchets sont gérés comme l’eau, c’est-à-dire que l’utilisateur paye ce qu’il consomme, y compris les collectivités locales, les écoles, etc. Ils ne peuvent pas être en déficit. C’est un service. Un prix fonctionnel est établi, valable pour tous, services privés ou publics. Ils facturent exactement comme une société des eaux. A côté, ils ont créé une ligne sociale d’aide aux plus défavorisés qui ne peuvent pas payer. Ce n’est qu’un modèle évolutif parmi d’autres. Mais gardons en mémoire que si dans cinq ans nous avons atteint les objectifs que nous proposons de nous fixer aujourd’hui, une nouvelle étape devra être engagée. Probablement dans cette direction qui lie production de déchets, responsabilité individuelle et coût de la prestation. Mais ce ne doit être qu’une seconde étape à garder en perspective.

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B > Le détail des propositions

Réduire les déchets à la source

Identification d’un élu référent qui préside le comité de pilotage ;

“Je produis moins de déchets”

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Désignation d’un coordinateur du projet ; Mise en place d’une équipe dédiée et d’un budget de fonctionnement ; Mise en place d’un comité de pilotage ; Mise en place d’un comité de suivi.

> Réduire les déchets à la source

1

 ontractualiser avec l’ADEME dans le cadre d'un Programme Local C de Prévention autour d’un objectif de réduction de 7 % de la production d’ordures ménagères et assimilées

L’ADEME accompagne les territoires qui souhaitent déployer un politique volontariste en matière de réduction des déchets à la source. Cet accompagnement prend la forme d’un Programme Local de Prévention, autour d’un objectif de réduction de 7 % de la production d’ordures ménagères et assimilées. La contractualisation porte sur 5 ans durant lesquels l’ADEME apporte son expertise et son appui financier à la collectivité, sous forme de contrat d’objectifs. La collectivité a, quant à elle, des obligations de résultats annuels pour arriver à cette baisse de 7 % de sa production d’ordures ménagères et assimilées. La première année du programme est consacrée à l’établissement d’un état des lieux et d’un diagnostic puis les 4 années suivantes à la mise en œuvre des mesures décidées et destinées à atteindre l’objectif de réduction de 7 %. Pour un territoire comme MPM, cette réduction de 7 % représente 33 kg par habitant sur 5 ans soit 6,5 kg par an. L’ADEME considère que le coût pour la collectivité pour atteindre cet objectif s’élève à 2 € par habitant (population DGF) et par an, hors investissement. L’aide de l’ADEME est estimée à 800 000 € par an, soit 4 M€ sur 5 ans et ces aides peuvent être complétées sur les investissements importants. les grandes étapes d’un conventionnement mpm - ademe

2010

Rapport de la commission et contractualisation avec l’ADEME

2011

Diagnostic et état des lieux MPM – ADEME

2012 –2016

Mise en œuvre de la nouvelle politique de réduction à la source

Pour mener à bien ce Programme Local de Prévention, un schéma d’organisation et de fonctionnement est prévu par l’ADEME :

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

ADEME : “Je tiens à dire que je suis très content de tout ce que je viens d’entendre. Cela va tout à fait dans le sens de la politique des déchets et des constats qui ont été faits au niveau national. La politique déchet que l’on va voir aujourd’hui est la suite du Grenelle de l’environnement. Ce dernier a fixé une hiérarchie entre les différents objectifs qui ont trait aux déchets. Nous allons voir cette hiérarchie, en termes de thématiques d’abord, puis en termes de chiffrage. 1 - Premier objectif : réduire la production des déchets. Il s’agit de la sensibilisation, de l’information, de la communication, de la prise de conscience, à travers des outils et des dispositifs comme : les plans locaux de prévention, qui sont mis en œuvre par les conseils généraux ; des programmes locaux de prévention mis en place directement par les EPCI ; la tarification incitative : c’est ce que met en place Besançon ; l’usager paie en fonction de son utilisation du service, il y a une part variable dans la redevance qu’il va payer. 2 - Deuxième objectif : l’augmentation du recyclage et sa facilitation. Cela va passer par : la mise en place des filières REP ; une harmonisation des consignes de tri, car d’un quartier à l’autre les consignes sont différentes, ce qui peut être un problème ; une évolution de la qualification du déchet vers une qualification de produit : ce sont des mesures mises en place essentiellement au niveau national. 3 - Troisième objectif : augmentation de la valorisation des déchets organiques : compostage, individuel et collectif, pieds d’immeubles et restaurants d’entreprises, cantines et restaurants traditionnels, qui sont de gros générateurs de déchets. 4 - Réforme et planification pour traiter efficacement la part résiduelle des déchets : on entend parler de réforme des plans départementaux d’élimination des déchets ménagers et assimilés. Il s’agit d’observer les dispositifs que l’on a aujourd’hui, les outils de traitement et de collecte pour permettre une adéquation entre ce que l’on produit réellement et les outils que l’on met en place pour traiter ces déchets. Les objectifs chiffrés de la loi Grenelle : - Pour l’axe 1, réduire la production de déchets, on a un objectif de réduction à 7 % par habitant à 5 ans. Cet objectif est en lien avec les programmes de prévention que l’on va évoquer tout à l’heure, où l’on s’intéresse surtout à la réduction des déchets à la source, avant que le déchet ne devienne déchet : ce que l’on peut faire pour que le déchet soit évité. On part d’une année de référence, de données territoriales. Si aujourd’hui vous vous engagez sur un programme de prévention, l’objectif est de réduire de 7 % à 5 ans l’ensemble de la production des déchets ménagers et assimilés, à partir de l’année de référence.

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Réduire les déchets à la source

Recyclage matière et organique : les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement sur

l’ensemble de la France sont d’atteindre une valorisation de 35 % en 2012, et 45 % en 2015. Pour le recyclage des emballages ménagers, on souhaite passer de 60 % à 75 % en 2012, ainsi que pour les déchets des entreprises. Un axe fort sur la réduction des quantités incinérées et stockées, où l’objectif est de réduire : il ne s’agit plus d’alimenter les fours mais de réduire ce qui peut y entrer.”

Partant de cet échange avec l’ADEME ainsi que des expériences des différentes collectivités locales et partenaires, la commission a identifié un certain nombre de pistes pour enclencher une réduction des déchets à la source. Il est proposé que ces mesures, tout comme celles qui relèvent du volet recyclage et de la communication ou de l’évolution vers une collectivité exemplaire, et sous réserve de leur cohérence avec le diagnostic et l’état des lieux à réaliser en année 1 du Programme Local de Prévention, soient réalisées dans les cinq ans à venir. L’établissement d’un calendrier plus précis devra être établi en fonction des priorités définies par le Président de la Communauté urbaine à l’issue du travail de la commission.

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Valoriser les bio-déchets

Pour répondre à l’objectif du Grenelle de l’Environnement sur le recyclage de la matière organique d’atteindre une valorisation de 35 % en 2012 et de 45 % en 2015, la commission émet plusieurs propositions. 2.1 > Développer le compostage individuel en zone pavillonnaire La part fermentescible représente environ 40 % de la poubelle d’un ménage. Le développement du compostage à domicile apparaît comme une solution intéressante pour faire diminuer le poids des poubelles et c’est surtout un bon outil de changement des mentalités. Dans les nombreuses villes qui le pratiquent à grande échelle – la Communauté d’agglomération d’Aix équipe en ce moment 9 000 ménages – on se rend compte que le fait de composter, en plus de la réduction de matière, induit des comportements vertueux sur tous les autres gestes de gestion des déchets et de tri (écoconsommation, nombre de kilos triés par habitants…). MPM pourrait favoriser le développement du compostage individuel en co-finançant l’achat de composteurs individuels pour les habitants disposant de jardins. Des maîtrecomposteurs, rattachés à la collectivité, aideraient les gens à démarrer leur compost et à produire un matériau de qualité. Aix-en-Provence : “A propos de prévention des déchets, il y une discussion pour savoir si le compostage à la maison fait partie de la réduction des déchets : pour ma part, j’ai tendance à dire oui. On a développé depuis deux ans une politique de compostage à la maison et on favorise l’acquisition de composteurs : les ménages paient 10 € sur 45, et nous payons le reste. Aujourd’hui 6 000 foyers sont équipés et on a un programme de 9 000 sur trois ans. On a constaté sur les ménages équipés une réduction de l’ordre de 10 à 15 % des poubelles présentées en collecte. On souhaite donc continuer à développer ce programme.”

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

2.2 > Développer et accompagner le compostage en pieds d’immeubles Comme Paris l’a fait, mais également Aubagne, la commission propose que MPM lance un appel à candidature et identifie 25 immeubles sur son territoire prêts à mettre en œuvre le compostage en pied d’immeuble sur des sites dotés d’espaces verts. Cela existe déjà dans certains quartiers, avec des jardins collectifs, mais cela mérite d’être étendu. Après un diagnostic et une évaluation de la motivation des co-propriétaires, le dispositif se met en place avec l’appui technique de la collectivité. A l’aide de seaux fournit par la collectivité, les habitants volontaires déposent leurs déchets organiques, tels que les épluchures, le marc de café ou les coquilles d’œufs dans le composteur installé au pied de l’immeuble. Mélangé à de la matière sèche, et après un an de maturation, le compost obtenu sera utilisé pour enrichir les espaces verts de l’immeuble. Les maîtres-composteurs MPM sont également là pour assister les co-propriétaires volontaires dans leur démarche et leurs délivrent conseils et appui technique. Paris : “Comme le souligne François Dagnaud, l’adjoint au maire chargé de la propreté et de la gestion des déchets, “dans nos poubelles, la moitié des déchets organiques peuvent être recyclés sous forme de compost, ce qui permettrait d’alléger de 70 kilos par an et par habitant la poubelle verte dédiée aux ordures ménagères””. 2.3 > Proposer une sensibilisation au lombricompostage Le lombricompostage consiste à produire du compost à l’aide de vers de terre. Cette méthode de compostage repose sur le travail de petits lombrics qui permettent de transformer les résidus de cuisine sans odeur, en occupant un minimum de place et en produisant des quantités de compost de qualité et un engrais naturel liquide. Le lombric le plus utilisé, Eisenia foetida ou ver rouge, est capable d’ingérer une fois à une fois et demie son poids par jour. Le lombricompostage peut être assez facilement mis en place dans tous les foyers et fournit un excellent engrais pour les plantes. Cette sensibilisation pourrait également prendre la forme d’un appel à volontaires, la Communauté urbaine aidant à l’équipement de base (participation à l’acquisition de la lombricompostière par exemple…). A terme, on peut imaginer instaurer un abattement de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour les foyers pratiquant le compostage domestique sous ses différentes formes. 2.4 Identifier les gros producteurs de déchets organiques et les accompagner dans la gestion de leur production Il s’agira ici d’identifier les gros producteurs de déchets et d’en établir la cartographie : restaurants universitaires, cantine de l’AP-HM, prisons, hôpitaux, maisons de retraites, et de voir comment les aider à mettre en place le compostage de leurs déchets organiques, à l’image de ce que le Conseil Général mène actuellement sur un certain nombre de collèges du département et la Région sur certains lycées.

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Réduire les déchets à la source

2.5 Imposer le recyclage des déchets organiques en restauration scolaire La commission propose que, lors du renouvellement des appels d’offres pour les cantines scolaires des communes de MPM, et notamment pour la ville de Marseille dont le renouvellement intervient en 2011, l’obligation de recyclage des déchets organiques par les prestataires soit intégrée dans le cahier des charges. 3

Faire du déchet une ressource et créer de l’activité

3.1 Soutenir la création d’une nouvelle communauté Emmaüs L’échange avec François Levaud, responsable de la collecte à Emmaüs Pointe-Rouge nous conduit à proposer que MPM soutienne la création d’un nouveau centre Emmaüs sur son territoire. En effet, les besoins sont présents des deux côtés : le temps d’attente des Marseillais faisant appel à Emmaüs pour la collecte de leurs objets réutilisables est trop long, deux semaines environ, et les personnes en détresse qui pourraient être accueillies par les compagnons d’Emmaüs sont nombreuses. Tous les jours les trois communautés Emmaüs du territoire refusent du monde, nous ont expliqué les responsables d’Emmaüs François Levaud et Kamel Fassatoui. La commission souligne que MPM a un rôle à jouer dans l’installation d’une nouvelle communauté, notamment en facilitant l’accès au foncier. Emmaüs et MPM pourraient s’engager dans l’installation d’une communauté éco-responsable, en pointe en matière de réglementation liée à l’environnement et à la gestion des déchets. Emmaüs : “Il y a de la place à Marseille pour faire 10 communautés Emmaüs. Le souci que l’on a est un souci immobilier. Si on nous trouve des terrains, on est partants pour créer des Emmaüs pour simplement accroître notre capacité d’accueil. Il y a énormément de gens dans la rue que nous refusons tous les jours. C’est un appel que je fais. S’il y a des terrains… On sait que vers l’étang de Berre, il y a des gens qui sont embarrassés. Les Emmaüs ne vont pas jusque là-bas, mais il y a de la place. Les communautés Emmaüs peuvent être montées très vite à condition d’avoir de l’hébergement, des studios pour des compagnons et à partir de là, l’activité économique se crée.” 3.2 Lancer un appel à projet pour la création de deux ressourceries Une ressourcerie a quatre fonctions : la collecte, la valorisation des déchets collectés, la revente et la sensibilisation. L’objectif de ces structures, la plupart du temps associatives et issues de l’économie solidaire, est la lutte contre le gaspillage et la réduction des déchets. Les gens amènent les objets dont ils veulent se débarrasser mais qui peuvent encore servir et la ressourcerie, après les avoir éventuellement remis en état, les remet en vente. Une seule structure existe actuellement sur le territoire de MPM : le Recyclodrome, dans le centre-ville de Marseille. La commission propose de créer 2 nouvelles structures sur le territoire de la communauté urbaine :  ne ressourcerie de quartier en milieu urbain (commune/ territoire à définir) U  ne ressourcerie adossée à une déchèterie pour évoluer vers un “centre de recyclage”. U Ainsi, les gens pourraient y amener ce qu’ils ont à jeter et à recycler.

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

Paris : “On a soutenu la création d’une ressourcerie qui reprend un certain nombre d’objets (ordinateurs, téléphones, etc.), les reconditionne et éventuellement les transforme. Ce sont uniquement des gens en insertion qui travaillent dans cette ressourcerie.” Le Recyclodrome : “L’objectif premier est la lutte contre le gaspillage et la réduction des déchets. J’estime que les ressourceries doivent développer une contractualisation avec les collectivités, avec les déchèteries.” ADEME : “Ce sont des structures qui doivent fonctionner en lien direct avec la collectivité, en étant présente sur déchèterie, en ayant le marché des encombrants par exemple ou en étant le “Allô Encombrants”. C’est en poursuivant ce modèle-là qu’elles peuvent être efficaces au niveau d’un territoire. Cela ne sert à rien qu’il y ait un gros centre, mais qu’il y ait une ressourritoire hyper urbain comme celui de Marseille, c’est la ressourcerie de quartier qui soit identifiée par les habitants et qui soit un lieu de vie, un lieu de contact.” 3.3 Innover avec un service déchèterie à domicile Dans le cadre de ces discussions avec les différents partenaires, la commission a identifié un besoin auquel actuellement aucune réponse n’est apportée : c’est celui de la déchèterie à domicile, sorte de service d’enlèvement des déchets au domicile des personnes (en étage notamment) sans que les gens aient besoin de les amener dans la rue, comme c’est le cas pour “Allo Mairie”. Cette prestation n’est assurée par personne : “Allo Mairie” n’a pas le droit de pénétrer dans les espaces privés, ce n’est pas le travail d’Emmaüs qui ramasse des dons et non pas des déchets. Face à ce vide, la commission avance l’idée d’un service “déchèterie à domicile” qui pourrait par exemple être assuré par une entreprise d’insertion, sous contrat avec MPM et contre rétribution des utilisateurs. Emmaüs : “Parmi les demandes standard que nous avons, il y a des choses à débarrasser qui ne nous intéressent pas parce que ce sont à 80 ou 90 % des déchets. A Neuilly-sur-Marne, j’avais une solution très simple. Il existe une association qui crée de l’insertion à qui nous donnions directement ce genre de choses : du gravats, du débarras, des choses qui, de toute façon, embarrasseraient la ville et dont les gens veulent se débarrasser. Mais lorsqu’on est au 4e étage, on comprend que l’on veuille faire appel à quelqu’un. On refuse de le faire car ce n’est pas notre travail, mais c’est vrai qu’il y a de la place pour d’autres. On ne répond pas actuellement à Marseille d’une manière satisfaisante aux demandes des habitants qui ont des choses à jeter. C’est la déchèterie à domicile en fait.”

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Réduire les déchets à la source

3.4 Développer le réseau des déchèteries “centre de recyclage” La Communauté urbaine dispose actuellement d’un réseau de 18 déchèteries, réparties sur treize communes. La ville de Marseille est particulièrement peu dotée puisqu’on n’y trouve que six déchèteries et des communes ne sont pas du tout raccordées. La commission propose donc de créer de nouvelles déchèteries sur le territoire et de penser tout de suite leur couplage avec l’aspect ressourcerie. Leur nombre sera à définir en fonction des contraintes budgétaires. Sur les 18 déchèteries existantes, un diagnostic territorial, en lien avec l’ADEME, est préconisé, notamment pour voir si les filières correspondent aux besoins des habitants. La gestion des déchets verts, pour les particuliers comme pour les collectivités (parcs et jardins), est à regarder particulièrement. Pourquoi, par exemple, ne pas envisager de créer des plates-formes locales de broyage pour favoriser le compostage des déchets verts ? La commission propose également une évolution sémantique et le changement du nom de “déchèterie” en celui de “centre de recyclage”, montrant bien la volonté collective d’aller vers une démarche de réutilisation et de recyclage des produits avant la production de déchets. Enfin, il apparaît indispensable de donner une meilleure lisibilité au fonctionnement des déchèteries : horaire d’ouverture, public concerné (particuliers ou entreprises), matériaux récupérés… Une charte d’harmonisation des déchèteries, comme l’ont fait le Conseil Général des Alpes-Maritimes ou celui de la Somme, pourrait participer à cette clarification. Bruxelles : “Les bonnes déchèteries qui fonctionnent et qui ont changé de nom ont 40 filières différentes par rapport aux filières classiques que sont le papier carton, les différents emballages. On arrive maintenant à près de 40 filières de valorisation de tous les produits.” 3.5. Favoriser les filières locales de recyclage A plus long terme, il serait intéressant de conduire une réflexion sur la construction ou la consolidation de filières de recyclage courtes. Et donc de favoriser l’économie locale du recyclage. On pense ainsi, par exemple pour le premier port plaisancier de France, à une filière de recyclage des vieux bateaux ; mais aussi à la valorisation du textile et des vêtements ou encore aux déchets de bois pour développer le chauffage au bois.

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Agir et sensibiliser à notre échelle à l’éco-conception et à l’éco-consommation

4.1 Etablir un partenariat avec les acteurs locaux de la grande distribution “L’heure n’est plus seulement au tri des déchets : il faut trier ses achats.” Jean-Pierre Hannequart, Président de l’Association of Cities and Regions for Recycling and Sustainable Resource Management.

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Bien conscients que, sur l’aspect réduction à la source et éco-consommation, de nombreuses mesures et décisions relèvent du niveau national, les membres de la commission souhaitent néanmoins travailler sur cet axe. L’idée est que MPM initie un partenariat avec les acteurs de la grande distribution locale pour mettre en œuvre des actions de prévention, de pédagogie, des événements, dans un esprit “gagnant-gagnant” pour la collectivité et les distributeurs, pourquoi pas autour de l’idée que, par l’action collective, la Provence, ou ce que MPM en représente, peut rattraper son retard sur ces questions en “jouant collectif” ? 4.1.1 Co-organiser la journée de l’éco-consommation

Un partenariat avec les grandes surfaces de notre territoire pourrait par exemple se concrétiser par une journée de l’éco-consommation, MPM mettant à disposition ses ambassadeurs pour initier les consommateurs à cette nouvelle façon de consommer (privilégier les recharges, choisir les produits avec le moins d’emballage, acheter des produits de saison…) pendant leur temps de courses. Cette journée – ou semaine de l’éco-consommation afin de pouvoir tourner sur un grand nombre de points de vente – pourrait être reconduite chaque année sous l’égide de MPM. L’ADEME estime le potentiel de réduction de déchets grâce à l’éco-consommation de 26 kg par personne et par an. 4.1.2 étendre l’éco-pass à l’éco-consommation

La carte que la commission propose de créer pour récompenser le geste de tri sur le verre en offrant 100 places de match ou pour des spectacles aux bons trieurs (voir paragraphe II.6.2.3) pourrait dans un second temps être étendue à d’autres bonnes pratiques comme l’éco-consommation et pourquoi pas être couplée à des coupons de réduction. 4.1.3 Mettre en place des colonnes de tri sur les parkings des grandes surfaces

Enfin, et là sur l’aspect tri sélectif, la mise en place de colonnes de tri sur le parking de supermarchés partenaires pourrait présenter un intérêt pour les habitants. En effet, au lieu de se rendre “à vide” au supermarché, les gens pourraient y amener leur matériaux recyclables avant d’aller faire leurs courses, ou même, soyons ambitieux, trier en sortie de caisse pour les plus convaincus ! 4.2. Inciter les entreprises implantées sur notre territoire à l’éco-conception On peut par exemple imaginer de lier une partie des aides de la collectivité aux pôles de compétitivité à l’intégration de critères d’éco-conception dans l’élaboration de leurs produits.

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Améliorer les performances de tri…

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“Je trie et Je recycle”

> Améliorer les performances de tri sur le territoire de MPM

Le second volet de notre rapport porte, après avoir examiné la question de la réduction des déchets à la source, sur une amélioration du tri sélectif, en quantité – trier plus – et en qualité – trier mieux. Sur le volet emballages ménagers, MPM devra renforcer son partenariat avec Eco-Emballages. Plusieurs pistes de travail sont examinées : Raccorder toute la population du territoire au tri et avoir un seul message sur le tri et la façon de le faire ; travailler sur les grands gisements, l’habitat vertical et le verre, qui permettront d’augmenter les quantités triées, avoir une politique incitative vis-à-vis des commerçants. 1

 ne règle simple et unique sur tout le territoire : U “Ce que je trie, ce que je jette” ou le bi-flux + verre

Dans un souci d’égalité de traitement des citoyens et de lisibilité de la politique de déchets et de tri, il est important d’avoir une seule règle et un seul mode d’action pour tout le territoire de MPM. Sur la base des différentes expériences, au sein de MPM et des collectivités auditionnées, la commission préconise une règle unique “ce que je trie” “ce que je jette”, qu’on appellera le bi-flux, excepté le verre qui, pour des questions de sécurité, est traité à part. MPM : “Ce que j’ai retenu, c’est qu’il fallait responsabilité et lisibilité. On peut difficilement, dans une même Communauté urbaine, avoir des modèles qui en termes de discours ne sont pas les mêmes : si la règle est le bi-flux plus verre, il faut n’avoir qu’un seul message.”

Paris : “Je suis parti du principe que 2 millions de personnes ne pouvaient pas être des professionnels du tri. Ce n’est pas aux habitants de jouer ce rôle. Je suis donc parti sur une idée simple : il y a ce qui est recyclable et ce qui ne l’est pas, et on fait deux bacs. Tout ce qui est recyclable est dans le même bac, et c’est aux professionnels de faire le tri. Le papier, les journaux, les emballages, les canettes, tout sauf le verre – pour des questions de sécurité –, tout est dans le même bac. Et ça marche. Aujourd’hui on a donc deux types de bacs pour l’ensemble des immeubles : un recyclable et un non recyclable, plus un bac pour le verre dans 70 % des immeubles”.

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

Communauté d’Agglomération d’Aix : “J’insiste sur le fait que le passage au bi-flux nous a permis de faire des économies en matière de collecte, et de ne pas dégrader le captage des kilos chez les habitants. Si bien qu’aujourd’hui on a un système beaucoup plus industriel et efficace que le précédent.”

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C  ollectivité et citoyen : un message gagnant-gagnant sur le tri

Le citoyen et la collectivité doivent s’engager mutuellement : la collectivité à favoriser le tri, à mettre en œuvre les moyens nécessaires pour qu’il soit facile, accessible, lisible et ludique. Trier ne doit pas être une corvée supplémentaire mais plutôt un acte simple, naturel, citoyen pour lequel MPM me simplifie la vie. L’aspect ludique sera renforcé par l’instauration de la carte des éco-gestes permettant de gagner des places de matchs ou de spectacles. L’intérêt pour le citoyen doit également être mieux explicité : dépenser moins et mieux, préserver son environnement et sa santé, participer à un projet collectif de développement durable, améliorer la qualité de vie de tous.

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Mettre en place la collecte en porte-à-porte avec le Tri-sac dans l’hyper-centre de Marseille

Actuellement les sept premiers arrondissements de Marseille ne disposent pas de collecte sélective en porte-à-porte. Les habitants effectuent le tri sélectif en apportant leurs déchets recyclables aux colonnes. Il est proposé de mettre en place la collecte sélective avec le système tri-sac sur les sept arrondissements, sur le modèle de Nantes Métropole. Le principe est simple : deux sacs de collecte sont distribués aux habitants : un bleu pour les ordures ménagères et assimilées, un jaune pour les déchets recyclables. Ensuite, et c’est là un travail d’expertise à mener, trois options de collecte se dessinent : 1re option : sur des zones tests, on supprime les conteneurs et les sacs sont descendus par les habitants, avec l’aide d’un concierge de rue, à heure fixe au passage de la benne. Ce concierge de rue assure la liaison avec la benne et il est rémunéré par 500 logements qui mutualisent ce service. A Lyon, au moment de la collecte, deux agents partent en avant, ouvrent les immeubles (ils ont les clés), sortent les bacs et les rentrent après la collecte. On pourrait imaginer ce type de prestation pour le “concierge de rue”. 2e option : les habitants déposent leurs sacs bleus et jaunes dans le même bac, la collecte

est unique et le tri est effectué en sortie usine via un tri optique des sacs. Un réglage du taux de compaction dans les bennes permet de ne pas éclater les sacs. La configuration de l’usine de Fos devrait à priori se prêter assez facilement à cette option, il faudra l’expertiser plus avant.

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Améliorer les performances de tri…

3 e option : les habitants descendent leurs sacs bleus et jaunes dans les bacs (postes fixes) mais on remplace un bac destiné aux ordures ménagères par un bac destiné à la collecte sélective. Le système de tri-sac pourrait, avant d’envisager sa généralisation dans le 1-7, être testé sur des quartiers difficiles d’accès comme le Vallon des Auffes ou le Roucas Blanc et sur des arrondissements comme les 2e et 3e arrondissements dans lesquels les performances de tri par habitant sont assez médiocres. Bruxelles : “La région de Bruxelles représente 1,1 million d’habitants, et toute la collecte se fait par sacs individuels, avec quatre couleurs différentes permettant de faire un tri à la source. Cela fonctionne ainsi depuis 1992. C’est un système qui chez nous marche très bien.” Nantes : “Un point important qui découle de l’adaptation de l’outil au territoire et à la population : on généralise la collecte sélective, mais on l’adapte. Les bacs jaunes sont plus adaptés à l’habitat moins dense, et le tri-sac est plus adapté à l’habitat dense. Il y a un choix du politique pour dire que l’on va adapter le mode de collecte au territoire. Qu’est-ce que c’est que “tri-sac” : c’est un concept assez simple, consistant à donner aux foyers des sacs de couleurs différentes, bleus et jaunes. Les sacs bleus sont réservés aux ordures ménagères, les sacs jaunes aux recyclables, et ils mettent tout dans le même bac.

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S  igner une charte de partenariat avec Eco-Emballages

Cette proposition vise à renforcer et à inscrire dans la durée un partenariat déjà existant avec Eco-Emballages mais qui mérite d’être optimisé. En effet, si Eco-Emballages apporte son soutien à notre collectivité, sous forme de préconisation et de soutiens financiers, il existe encore une marge de progression. Il est proposé la signature d’une charte de partenariat MPM Eco-Emballages, avec des points d’étape annuels, dans laquelle MPM pourrait réaffirmer son engagement à atteindre les objectifs du Grenelle 1 en matière d’emballages ménagers – passer de 60 % de recyclage à 75 % en 2012 –, et Eco-Emballages son soutien et son accompagnement de la collectivité puisque l’organisme finance 50 % de la communication sur le tri et un forfait de 10 000 € par ambassadeur du tri jusqu’à 87 postes.

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Identifier et travailler sur les grands gisements de déchets recyclables

6.1 L’habitat vertical L’habitat vertical représente un gisement conséquent en matière de tri. La mise en œuvre des mesures proposées devra se faire en cohérence avec le travail mené dans le cadre des comités locaux de propreté. 6.1.1 L’habitat social

Le bac est collecté comme les ordures ménagères résiduelles, dans le cadre d’un circuit de collecte, par la benne. La benne vient dépoter dans une fosse ; à l’entrée de la fosse les sacs sont sur des tapis roulants, et les sacs jaunes sont sortis et triés automatiquement. Tout le reste, les ordures ménagères, va à l’usine d’incinération. Nous avons travaillé beaucoup pour et avec les habitants, avec les comités consultatifs de quartiers, on a pris des panels d’usagers, on a fait des enquêtes de satisfaction, des groupes de concertation, etc. Il nous paraissait clair en effet qu’un dispositif comme celui-ci ne pouvait pas marcher si les gens n’adhéraient pas au projet. Il fallait donc“ mettre le paquet” sur la concertation, l’adhésion, etc.” 4

Equiper l’ensemble des communes de MPM en porte-à-porte

Au mois de juillet prochain la commune d’Allauch, qui ne dispose pas jusqu’à présent de collecte en porte-à-porte, va en être équipée. Il paraît opportun d’en faire de même pour Plan-de-Cuques et d’achever l’équipement de Septèmes-les-Vallons. Afin que les 18 communes de MPM soient équipées et toujours dans cette notion d’égalité de traitement pour les habitants.

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

Sur l’habitat social, la commission propose de travailler à la mise en place de colonnes, ou autre système de collecte sélective, en partenariat avec les bailleurs sociaux, sur leur domaine privé. Le partenariat présente des avantages pour les bailleurs et la collectivité. Le bailleur prend en charge l’achat et l’installation des équipements de collecte (bornes enterrées, semi-enterrées, abri bacs…) et l’implante sur son domaine privé extérieur. Certes les investissements ne peuvent plus être imputés dans les charges récupérables mais le bailleur y gagne par ailleurs : cela lui libère des mètres carrés pour des usages collectifs et cela règle un certain nombre de problèmes comme celui des odeurs ou des nuisibles. Cela libère aussi du temps de travail du concierge qui n’a plus à assurer la sortie des bacs. La collectivité, quant à elle, s’engage à assurer le service de collecte et elle y déploie des moyens spécifiques, des bennes spéciales qui assurent la tournée “grands ensembles”. Cela lui coûte moins cher et les résultats, si l’on regarde Bordeaux, sont intéressants en termes de kilos collectés par habitant (40 kg/hab./an). Communauté urbaine de Bordeaux : “La deuxième niche sur laquelle on a continué à travailler de manière très forte depuis 2003, c’est sur l’habitat collectif. On a mis en place un fonctionnement particulier. On a fait le choix de dire que la collectivité n’est pas en mesure aujourd’hui de financer quelque système nouveau pour le collectif. Le résultat est que l’on a plusieurs solutions proposées : les bacs roulants classiques, les bacs roulants operculés, à l’intérieur, à l’extérieur, des bornes enterrées, semi-enterrées,

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Améliorer les performances de tri…

des abris bacs. Toutes les solutions qui ne sont pas du bac roulant sont financées par les bailleurs à 100 % moyennant convention. Nous leur assurons simplement que, pendant la durée d’amortissement de leur équipement, c’est-à-dire 7 ans, on viendra faire la collecte systématique de leur matériel, et que si on casse, on fera un constat et notre assurance le prendra en charge. Toutefois, ils prennent également en charge la maintenance préventive, la maintenance curative, et l’entretien des conteneurs. L’intérêt est que l’on a des résultats très satisfaisants sur les premières résidences que l’on a équipées. On est sur un niveau de 40 kilos par an par habitant, donc deux fois supérieur à l’apport volontaire classique. C’est un mode de collecte spécifique. Ce ne sont pas les bennes ordinaires puisque ce sont des bacs particuliers qui sont relevés avec des camions grues avec benne. S’agissant des charges, pourquoi les bailleurs signent cela et paient la totalité ? Parce que tout le monde y gagne. La Communauté urbaine y gagne parce que c’est beaucoup moins cher en coût de collecte. Cela ne nécessite qu’une voire deux personnes. Les bailleurs y gagnent en termes de gardien. Ils n’ont pas besoin de faire travailler les gardiens le samedi. En revanche, il faut savoir que les investissements correspondants ne sont pas dans les charges récupérables. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui la création d’un local videordures coûte aussi cher qu’une installation de bacs à l’extérieur tout compris. Les assurances, les portes blindées leur coûtent une fortune. De plus, c’est de la surface d’habitat supplémentaire gagnée.” 6.1.2 Les copropriétés et l’habitat dense de centre-ville

Sur les copropriétés et l’habitat dense, la clé d’entrée proposée est celle de la relation “personnalisée” et d’un suivi fin. Toutes les discussions autour de ces questions de déchets, de tri, mettent en avant la notion de responsabilisation individuelle. Dans l’habitat collectif, l’enjeu pour la collectivité est de trouver un relais et de s’en faire un partenaire fiable, sur la durée. Ainsi, il apparaît indispensable de développer une connaissance fine, quasi dans une approche “porte-à-porte” de ces interlocuteurs : établissement d’un fichier des concierges, des syndics, et des gestionnaires d’immeubles afin de pouvoir leur adresser une communication en direct : affiche et kit de communication à apposer dans les locaux poubelles ou les hall d’immeubles, adresse de courrier spécifique (sur les problèmes de grève par exemple et leur éventuel impact sur le tri…). Ce fichier de gestionnaire pourrait être utilisé comme un véritable outil de communication et de sensibilisation. La ville de Paris emmène systématiquement les gardiens d’immeubles visiter les centre de tri afin d’en faire de véritables ambassadeurs. La formation de ces relais, en utilisant leur droit individuel à la formation (DIF), en partenariat avec la collectivité, leurs employeurs et Eco-Emballages pourrait renforcer leur expertise et leur implication en matière de tri et de collecte sélective. 6.1.3 Un  interlocuteur unique “grands ensembles” au sein de MPM

Compte tenu de l’importance du gisement “tri sélectif” sur les grands ensembles et l’habitat collectif en général, il apparaît nécessaire de recruter une personne dédiée à ce type d’habitat qui pourrait ainsi apporter des réponses spécifiques aux besoins

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

des bailleurs, dès la phase de conception de projet pour les constructions à venir, et dans leur souci de gestion quotidienne et d’amélioration de la vie des habitants pour les bâtiments existants. Une réflexion sera à mener, dans ce cadre, sur une politique d’intégration, dès la construction des bâtiments, comme à Barcelone, d’une gestion des déchets par pneumatiques. Communauté urbaine de Bordeaux : “J’ai désigné au sein de mon département quelqu’un que j’ai nommé interlocuteur unique. Le but est que toutes les demandes de l’habitat collectif quelles qu’elles soient (on a commencé à travailler avec les gros bailleurs) soient centralisées par une personne qui va leur donner tout le temps les mêmes éléments et qui fera le lien avec l’exploitation. C’est un agent issu de l’exploitation.” 6.2 Le verre Les performances de MPM sur le verre sont très en-dessous de la moyenne nationale puisque nous nous situons à moins de 11 kg par habitant pour une moyenne nationale à 18 kg. La commission propose de se fixer un objectif ambitieux à savoir d’atteindre dans les cinq ans le chiffre de 28 kg par an et par habitant, comme à Paris actuellement. 6.2.1 Améliorer et optimiser le taux d’équipements en colonnes à verre

Une étude Eco-Emballages Sociovision portant sur une analyse du comportement des Français, avec un zoom sur le Sud, nous apprend que chez nous, encore plus qu’ailleurs, la proximité est un facteur essentiel de participation au tri. Les habitants ne veulent pas devoir aller chercher une colonne ou un bac trop loin. Donc, proximité, et simplicité du message. La commission propose d’augmenter le taux d’équipement en colonnes à verre et d’optimiser leur positionnement géographique. On se rend compte par exemple que de gros gisements ne sont pas suffisamment captés sur les communes extérieures. Eco-Emballages : “Un zoom sur le verre. Il faut regarder les 18 kilos par habitant et par an qui est la moyenne en apport volontaire. Vous êtes en dessous des 11 kilos. Il y a donc de grosses marges de manœuvre, intéressantes à deux niveaux. Il y a tout d’abord un intérêt financier énorme : le fait que vous mettiez une bouteille de verre dans un bac d’ordures ménagères plutôt que dans un bac de recyclage vous coûte deux fois plus cher. Quant à l’intérêt environnemental, je ne vais pas le développer. Sur le verre, une analyse a été réalisée par mes services sur la région Sud-est (LanguedocRoussillon, PACA et Corse) : on se rend compte qu’il y a une concordance parfaite entre la dotation en colonnes de verre et les performances. Globalement, il s’agit de considérer le nombre d’habitants concernés par une même colonne de verre : moins il y a d’habitants par colonne (donc plus il y a de proximité des équipements), plus les performances sont importantes. J’ai porté ici les résultats en national. En milieu urbain, les autres villes de France ont une colonne pour 700 habitants et arrivent à capter 18 kilos de verre par habitant

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Améliorer les performances de tri…

et par an. Les milieux semi-urbains ont une colonne pour 268 habitants, et arrivent à capter près de 30 kilos.”

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I nstaurer une politique incitative pour les artisans et commerçants

7.1 Mettre en place une collecte verre spécifique pour les commerçants 6.2.2 Instaurer une collecte sélective verre pour les commerçants

Aujourd’hui il n’y pas de collecte du verre pour les commerçants, notamment les restaurateurs, la restauration rapide, les boîtes de nuit, les bars… Les commerçants amènent leur verre dans les colonnes ou, bien souvent, le jettent avec leurs ordures ménagères. La commission propose que soit étudiée la mise en place d’une collecte verre pour les commerçants, à l’instar de ce qui se fait déjà pour les cartons. MPM : “Bordeaux dispose d’une collecte sélective de verre pour les restaurateurs. La question est : que fait MPM pour certains publics ? Il y aurait matière à récupérer les verres dans ce domaine, peut-être mettre des dispositifs en place. C’est toute une chaîne.” 6.2.3 “100 places pour l’OM à gagner tous les mois” : création d’une carte des éco-gestes qui récompense le tri du verre

Cette carte, permettrait, par un système de puce, de récompenser les bons gestes et pourrait être initiée avec le tri du verre. L’habitant ramène son verre dans les colonnes et sa carte est créditée de points qui lui permettent de gagner des cadeaux tels que 100 places par mois pour les matchs de l’OM et pour des spectacles. La commission recommande d’étudier la possibilité, à priori techniquement possible, de s’appuyer sur la carte Transpass pour que les usagers n’aient qu’une seule carte qui cumule des points lorsque l’on trie son verre, que l’on emprunte les transports en commun, que l’on circule avec les vélos… Cette carte, que la commission propose dans un premier temps de mettre en place autour du verre, pourrait être progressivement connectée avec d’autres bonnes pratiques comme ramener ses encombrants à la déchetterie, éco-consommer… 6.3 Cartographier l’ensemble des gisements importants et proposer des solutions Si l’habitat vertical et le verre sont déjà identifiés comme des gisements importants en matière de recyclage, d’autres gisements sont pressentis comme, par exemple, le papier dans les écoles. Il conviendra avant toute chose de les identifier (quelles sont les quantités de papier réellement consommées dans les écoles de MPM), de les cartographier et de proposer des solutions. Ainsi pour le papier dans les écoles, les questions de l’éloignement des points d’apport volontaire et de la difficulté d’y apporter des gros volumes de papier, des tâches à accomplir par les personnes en charge du ménage dans les écoles ont déjà été identifiées comme autant de freins à une collecte efficace. Si le gisement s’avère significatif, une collecte spécifique pourrait être imaginée via l’abonnement des écoles à la redevance spéciale.

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

Voir le paragraphe 6.2.2. 7.2 Mieux expliquer le tri dans le règlement de la collecte 7.3 Installer des colonnes semi-enterrées dédiées Comme à Nice, et pour répondre à la problématique spécifique des commerçants en matière de déchets (horaires, volumes, matériaux…) il est proposé d’étudier la mise en œuvre de colonnes réservées aux commerçants avec un système de clé pour les ordures ménagères et les matériaux recyclables sur les grands lieux touristiques de Marseille : le Vieux-Port, le cours Estienne-d’Orves, l’Estaque, l’Escale Borély, le Panier… et les centresvilles des communes touristiques telles que Cassis, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins… 7.4 Conventionner avec les institutions représentatives Il est proposé de conventionner avec les grands acteurs institutionnels, Chambre de Commerce et Chambre des Métiers et d’envisager la mise en place de tournées spécifiques par filières pour répondre à leurs besoins, notamment sur les activités polluantes. Ce service permettrait d’abaisser les quantités entrantes et de mieux gérer le recyclage de certains déchets professionnels. MPM ne pouvant faire supporter ce coût de collecte à la collectivité, il faudra travailler à un financement du projet avec un certain nombre de partenaires (Europe, ADEME…). 7.5 Attribuer un écolabel aux commerçants /artisans les plus en pointe Aujourd’hui la responsabilité environnementale fait partie des critères de choix pour de plus en plus de consommateurs et de touristes. Un écolabel récompensant les bonnes pratiques des commerçants /artisans en matière de réduction des déchets à la source et de tri sélectif pourrait donner une visibilité à ces bons élèves, via l’apposition d’un logo autocollant sur les vitrines et pourquoi pas la remise d’un “prix annuel du Commerce Vert” en partenariat avec les institutions représentantes. 7.6 Elaborer et diffuser une information spécifique pour les artisans Lors de l’audition des représentants de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Bouches-du-Rhône, il a été identifié un manque d’information et un manque de documents sur le tri sélectif et les filières de recyclage à diffuser aux milliers d’artisans que compte le territoire de MPM. Il est donc proposé de travailler à une information spécifique des artisans, peut-être sous forme de guide par corporations (garagistes, boulangers…) en partenariat avec la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Bouches-du-Rhône.

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Renforcer Synthèse les moyens introductive de MPM…

7.7 Créer des centres de recyclages de proximité en ville L’idée est de récupérer des locaux inoccupés en ville, principalement dans le centre-ville de Marseille, pour en faire des centres de recyclage de proximité destinés aux commerçants. Ces points de collecte mutualisés permettraient de pallier à la difficulté de stockage des commerçants qui n’ont majoritairement pas la place pour stocker un conteneur. 7.8 Travailler à la suppression des sacs plastiques Comme l’a fait la Communauté d’Agglomération Pays d’Aubagne et de l’Etoile, la commission propose que soit engagée une réflexion sur la suppression des sacs plastiques de caisse, notamment sur les marchés, source de pollution. Cela pourrait se matérialiser sous forme d’une charte d’engagement des différents partenaires, Communauté urbaine, représentants du commerce, de l’artisanat, de la grande distribution, à inciter les consommateurs à utiliser des sacs réutilisables et à mettre en œuvre les actions nécessaires (communication, formation des personnels...) afférentes.

“Je montre

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l’exemple”

> Renforcer les moyens de MPM re et devenir une collectivité exemplai

Renforcer nos moyens… 1

Adopter une philosophie politique forte qui guide l’action

1.1 Déconnecter le pilotage stratégique de l’opérationnel 8

Créer le Haut-Conseil des 3 R (Réduire, Réutiliser, Recycler)

La Communauté urbaine doit prendre la main politiquement sur la question du tri et de la réduction des déchets à la source, même si elle ne gère pas directement les déchets des grandes institutions ou des entreprises. La proposition est de créer un Haut-Conseil des 3 R qui rassemble autour d’une même table les grands acteurs du territoire : CCIMP, Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Confédération des CIQ, rectorat, universités, AP-HM, Union des cafetiers restaurateurs, Grand port maritime de Marseille… pour créer un lieu d’échange, parler des bonnes pratiques, des problèmes, mettre en place des opérations de sensibilisation en commun, enclencher un changement global des mentalités et créer un discours partagé par les grands acteurs du territoire. Ce besoin a été clairement identifié par la commission lors de ses différentes auditions et le ciment commun pour initier la démarche pourrait être une mobilisation partagée autour de “Marseille Capitale Européenne de la Culture 2013” comme il a été suggéré par la Chambre de Commerce et d’Industrie. MPM : “Je me rends compte que nous ne sommes opérateurs que d’une partie du système. En fait, c’est le ministère de l’Ecologie qui devrait être l’opérateur global. Il n’y a pas d’opérateur global de l’empreinte écologique. Tout comme il existe un plan de déplacement pour l’entreprise, on devrait créer le plan de traitement des déchets en entreprise que l’on ferait signer aux entreprises chaque fois. A un moment, il y a une volonté politique non pas de prendre tout en main, mais de dire : vous êtes une entreprise, ou une université, vous produisez des déchets, est-ce que vous signez le plan avec nous ou pas ? Je pense que c’est une des portes de sortie.”

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010t

A Nantes Métropole, un travail conduit sur l’organisation de la collecte sélective a amené la Communauté urbaine à une réflexion plus large et à distinguer un certain nombre d’acteurs clés de ce qu’ils ont appelé le modèle triangulaire : l’autorité organisatrice locale, le citoyen usager et l’opérateur. Sans vouloir dupliquer le schéma nantais qui a d’autres spécificités, il est apparu intéressant aux membres de la commission de retenir l’idée que, pour mener une politique incitative sur la réduction des déchets à la source et le tri, il faut séparer le pilotage stratégique de la fonction opérationnelle. L’autorité organisatrice donne les orientations stratégiques et définit la politique publique, assure la relation à l’opinion et aux médias tandis que les opérateurs, publics ou privés, assurent la prestation de collecte et de tri. Idéalement, cette autorité organisatrice pourrait être localisée au sein d’une agence des déchets mais, pour des raisons de coûts, il est proposé qu’elle relève de la cellule développement durable rattachée au Directeur général des services. Nantes : “Nous sommes partis d’un modèle assez simple, la notion d’autorité organisatrice locale sur un service public, le citoyen usager et l’opérateur de réseau, tous liés par des relations que l’on va essayer de qualifier. C’est pour éviter d’avoir une vision uniquement technique du service public, et avoir aussi une vision «sociotechnique», avec l’introduction de la notion de citoyen usagé, le gouvernement et la gouvernance locale. Chaque politique publique est menée par l’autorité organisatrice locale. Ce schéma d’acteurs et le cadre d’actions constituent ce que l’on appelle le modèle triangulaire, qui est un outil pour notre gouvernance locale. L’idée est de dire que cette autorité organisatrice des services publics à la française est un acteur majeur du développement durable des services publics, et pas uniquement une autorité de régulation au niveau local.

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Renforcer les moyens de MPM…

L’enjeu essentiel est de donner à cette autorité organisatrice les moyens pour exercer son rôle. On a posé des principes simples, on a déterminé et mis en œuvre les missions de cette autorité organisatrice, et on a fixé le rôle des opérateurs publics et privés. Nous étions au début dans une situation où se mêlaient le privé et le public. Un autre travail qui a permis d’avancer de manière sereine, c’est la mixité des modes de gestion : une mixité entre opérateurs publics et privés, et un certain nombre de mesures organisationnelles. Trois principes très simples : L’affirmation de l’autorité organisatrice comme la seule autorité légitime garante du service public ; Tout habitant est en droit d’attendre un service équitable au même tarif quel que soit le lieu du territoire ou le mode de gestion ; La reconnaissance du rôle du citoyen usager au cœur du service public dans le cadre d’une réflexion pluridisciplinaire. On a défini les missions d’une autorité organisatrice. Cette commission travaille sur les déchets, elle doit : Déterminer et conduire une politique publique ; Informer la population ; Mettre en œuvre des moyens spécifiques et définir la politique tarifaire ; Déterminer les conditions d’exercice du service public, le niveau du service (par exemple nombre de collectes ou fréquence), la qualité de la prestation, le patrimoine (c’est vrai pour tous les services, c’est moins évident pour les déchets) ; Prescrire et contrôler l’exécution des missions par les opérateurs. On a fait la même chose pour les opérateurs. En vertu du deuxième principe, les opérateurs privés et les opérateurs publics ont les mêmes missions. Un des intérêts d’avoir organisé cette vision sociotechnique des services urbains, c’est que quand on compare les opérateurs publics et privés, c’est sur des missions équivalentes. L’autorité organisatrice est sur l’ensemble de la politique publique, par sur un territoire particulier.”

cela a pu été le cas, avec tous les dysfonctionnements que cela peut générer. L’élaboration conjointe de cette nouvelle politique, basée sur les expertises et les regards croisés des différentes parties prenantes, devra s’accompagner de la formation nécessaire pour permettre la revalorisation des métiers du déchet et l’évolution des métiers. 1. 3 Faire de la veille sur les nouveaux modes d’organisation qui se développent en France Il conviendra de suivre attentivement les nouveaux modes d’organisation qui se mettent en place dans d’autres communautés urbaines ou communes d’importance. Il sera par exemple intéressant de suivre l’évolution de la Communauté urbaine du Grand Besançon, la première collectivité de cette importance en France à passer au système de redevance incitative avec un soutien massif de l’ADEME. Si demain ce système se généralise ou devient obligatoire – on paie une part fixe, qui correspond à l’accès au service, et une part variable, liée au poids des déchets que le foyer produit, avec un abonnement fonction de la puissance de mon service –, le Grand Besançon aura une longueur d’avance.

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Le nouveau règlement de collecte et de collecte sélective qui va être voté en juin à la Communauté urbaine rejoint les préconisations de la commission. Afin d’améliorer l’efficacité de notre action en matière de prévention ou de verbalisation, il est indispensable que les différentes parties prenantes, particuliers, collectivités, entreprises, connaissent leur droits et leurs obligations. Ce n’était pas complètement le cas dans l’ancien règlement, notamment pour la collecte sélective, d’autant que ce règlement couvrait uniquement le territoire de Marseille et non de MPM. MPM : “Le deuxième paragraphe du règlement actuel : “les professionnels ne sont pas autorisés à jeter dans les postes fixes, sauf si MPM a dûment constaté qu’il y a eu des problèmes techniques”. On part du principe qu’il a son conteneur, mais s’il est cassé, brûlé, ou n’a plus de roues, il peut jeter dans le poste fixe. Verbaliser sur ces bases-là est très difficile ! On voit bien qu’il y a une nécessité d’être clair. On parlait de transparence ce matin, mais la transparence est aussi sur ce que l’on interdit aux gens de faire et sur ce qu’on les autorise à faire.”

1.2 Associer tous les acteurs à la définition et à la mise en œuvre d’une nouvelle politique L’ensemble des acteurs concernés doit être associés à la réflexion et à la mise en œuvre d’une nouvelle politique. A la manière de Nantes, qui a construit sa politique en prenant le temps d’associer réellement les 3 acteurs, Autorité Administrative, Services/Opérateurs et Usagers ; à l’exemple de Paris aussi avec le travail de refondation du service et des usages avec le personnel, les gardiens d’immeubles, les élus et les CICA (quelques exemples donnés par Yves Contassot : visite d’immeubles éboueurs/usagers, visite des centres de tri avec les gardiens d’immeubles , CTP durant 3 semaines pour définir les moyens en personnel, +8% en matériel…). L’acteur essentiel des métiers du déchet - le personnel, public ou privé- devra à l’évidence être associé au diagnostic global, à l’identification des problèmes et à la définition des solutions. Il est clair par exemple que la mise en œuvre d’une collecte en porte-à-porte dans “l’hyper-centre”, ne pourra se faire sans redéfinir le service avec les personnels et sans écouter de façon attentive les usagers. L’idée d’une construction partagée d’une filière apparaît comme un facteur clé de succès, plutôt que de procéder par juxtaposition des choix et des acteurs comme

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

Elaborer un nouveau règlement de collecte et de collecte sélective

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E  tendre la redevance spéciale à toutes les communes de MPM

Comme pour le nouveau règlement, l’extension de la redevance spéciale à toutes les communes de MPM va dans le bon sens. Cela répond à la fois à un souci d’égalité de traitement des citoyens et de meilleure efficacité en matière de gestion des déchets et de tri sélectif. Pour répondre à notre objectif d’une baisse de 7 % de la production d’ordures ménagères et assimilées, un des leviers les plus efficaces est de sortir les déchets des entreprises du volume global traité par MPM. L’extension de l’application de la redevance incitative devrait produire

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Renforcer les moyens de MPM…

un effet mécanique : en effet, il est généralement observé que bon nombre d’entreprises, lorsqu’elles sont amenées à contractualiser, se tournent vers le privé. Le volume traité par la collectivité baisse et les entreprises, qui se retrouvent à devoir payer le traitement de leurs déchets, trouvent des solutions de gestion pour en faire baisser le volume.

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S  e doter de 50 éco-ambassadeurs supplémentaires avec l’appui d’Eco-Emballages

Aujourd’hui la collectivité s’appuie sur 37 éco-ambassadeurs, dont 31 soutenus par EcoEmballages. C’est peu pour une collectivité d’un million d’habitants et les ratios d’EcoEmballages nous permettent de pouvoir être aidés, à hauteur de 10 000 € par poste et par an, sur 87 postes. Il est donc proposé par la commission que la Communauté urbaine se dote de 50 éco-ambassadeurs supplémentaires, soit en direct, soit par le biais d’associations spécialisées dans l’environnement. Leur mission devra porter à la fois sur le tri sélectif et sur la prévention de la production de déchets dans la mesure où les deux volets vont de pair et que le message doit être global. Ces nouveaux éco-ambassadeurs pourront être affectés à différentes missions : porte-à-porte, notamment sur l’habitat vertical : diagnostic des pratiques, rappel des consignes de tri, identification des problèmes… ; sensibilisation dans les écoles : les gestes du tri, l’éco-consommation… ; opérations spéciales dans les grandes surfaces : comment éco-consommer ; déploiement sur les grands évènements type Foire de Marseille ou Marseille Cassis ; opérations plages propres durant l’été auprès des touristes et des habitants ; présence sur les marchés pour sensibiliser commerçants et consommateurs. Eco-Emballages : “Il faut aussi des actions de proximité avec le rôle des ambassadeurs du tri. Pour faire évoluer les performances, il faut des personnes sur le terrain pour expliquer aux habitants pourquoi et comment trier. Nous en sommes tellement convaincus que nous apportons un soutien de 10 000 € par an et par poste, ce qui correspond en gros à la moitié d’un SMIC avec les charges. La limite est de 87 postes, soit un soutien de 870 000 € par an.”

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Créer une cellule Développement Durable rattachée à la Direction Générale des Services

MPM ne dispose actuellement pas d’une cellule développement durable. La commission propose que celle-ci soit créée et rattachée au directeur général des services afin d’impulser, au-delà du tri et de la réduction des déchets à la source, une démarche développement durable globale. Cette cellule assurerait la coordination des services : propreté, habitat, ports, environnement, communication… en matière de réduction à la source et de tri sélectif. Et elle aurait pour objectif d’éviter les démarches verticales et au contraire de favoriser la démarche projet sur ces sujets.

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

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O  uvrir une ligne téléphonique dédiée “professionnels & commerçants” sur la redevance spéciale

L’idée est de créer une ligne téléphonique dédiée aux professionnels et aux commerçants qui permette à la fois de répondre aux demandes des professionnels déjà abonnés à la redevance initiative avec “l’esprit client” et de délivrer une information sur les abonnements redevance spéciale aux non-abonnés. Une communication associée permettrait sans doute de collecter de nouveaux abonnements plus facilement qu’aujourd’hui. MPM : “Est-ce qu’il y aurait une utilité à ce qu’il y ait un numéro autre qu’Allô Mairie pour permettre le développement des activités associées à la redevance spéciale ? Je pense notamment aux administrations et aux entreprises. N’auraient-elles pas besoin d’avoir un interlocuteur plus direct, plus visible que ce qui existe actuellement ? Le premier abonnement coûte 2 € par jour. Pour un commerçant du centre-ville, c’est 107 € par trimestre soit 2 € par jour. Ce n’est pas grand-chose. On traite toutes les demandes de conteneusr. C’est déjà un point d’entrée par Allô Mairie. Ensuite, on a des entrées directes de la part des professionnels mais qui sont déjà abonnés ou qui se sont renseignés à MPM. Ils en ont entendu parler à ce moment-là, ils nous appellent, mais il n’y a pas de lien direct formalisé avec une identification de numéro à destination des professionnels et des commerces.” 7

Intégrer la réduction des déchets à la source et le tri sélectif dans les profils de poste des futurs recrutements

La dimension réduction des déchets à la source et tri sélectif doit être intégrée dans tous les profils de postes rattachés à la direction de la propreté urbaine. Il est également proposé que les nouvelles recrues bénéficient d’une formation ad hoc dans le cadre de “l’école de la propreté”.

… et devenir une collectivité exemplaire 8

Inciter à la réduction des déchets à la source et au tri dans tous les lieux gérés par MPM

La collectivité, dans une perspective d’exemplarité et d’égalité de traitement des usagers citoyens, doit appliquer une politique volontariste et visible dans les lieux qu’elle gère. A ce titre, il convient de souligner l’intérêt de l’obtention du Label “Ports Propres” et de la mise en place de la signalétique adaptée dans les 24 ports de plaisance de MPM. Le raccordement, à partir de juin 2010, du Frioul à la collecte sélective, via l’installation de points d’apport volontaire, va également dans le même sens. 9

C  apitaliser sur les actions menées dans les 18 communes de MPM

Il serait souhaitable que, en même temps que MPM renforce cette démarche de collectivité exemplaire, les 18 communes membres de la Communauté urbaine capitalisent sur toutes les actions qu’elles mènent déjà sur le tri et la réduction des déchets à la source, en mettent d’autres en place si elles le souhaitent, pour atteindre une masse critique et générer un effet d’entraînement général sur l’ensemble du territoire.

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Dématérialiser les supports

A l’exemple de la ville de Paris, il est proposé de réduire les envois de rapports papiers aux élus pour les séances du conseil communautaire et de transmettre le maximum de documents uniquement par mail. Les élus communautaires pourraient assister au conseil avec un ordinateur et un accès au réseau. Il faudra cependant veiller à ne pas externaliser les impressions, le but étant bien au final de réduire l’utilisation des quantités de papier. Parallèlement, il est souhaitable de permettre au public d’assister au conseil communautaire en direct via le site internet de MPM.

Etre Eco-exemplaire

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Différentes actions peuvent être mises en œuvre pour améliorer l’éco-exemplarité de la collectivité. Des actions symboliques, comme par exemple le remplacement des bouteilles d’eau par des carafes dans toutes les réunions de MPM, l’utilisation de plateaux repas éco-responsables (peu de plastiques et de cartons…) ou des actions de fond comme l’instauration d’un vaste plan de formation pour les secrétariats “to print or not to print” pour apprendre à gérer au mieux les ressources et dématérialiser le bureau : impression des mails au strict minimum, impressions recto-verso, gestion efficace du petit matériel de bureau, mutualisation de certaines archives, optimisation du recyclage du papier… Selon l’ADEME, le potentiel de réduction des déchets par une gestion adéquate s’élève à 6 kg par an et par personne concernée. Paris : “En même temps, sans attendre le plan de prévention, on a pris des décisions pédagogiques : on a interdit totalement sur toute la municipalité parisienne l’usage des petites bouteilles d’eau en plastique. On n’a que de l’eau en carafe. Deuxième exemple : on a supprimé presque toute l’utilisation du papier pour les élus lors des réunions du conseil municipal. Les 163 élus recevaient chacun à peu près un mètre de hauteur de papier à chaque réunion. On a décidé de passer à une phase de dématérialisation totale, tout est envoyé par mail. On a un jeu papier par groupe politique, pour que les collaborateurs puissent travailler collectivement sur une version papier. On a diminué de 90 % l’usage du papier. Malgré quelques réticences, cela a marché. Dans les séances, nous sommes tous avec notre ordinateur, avec un système d’accès au réseau, et tout est en version électronique. On a mis cela en place pour montrer que c’était techniquement possible, que la réduction à la source ne posait pas de vrai problème.”

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Systématiser une clause “verte” dans les marchés publics

La commission propose que MPM systématise la mise en place de clauses dans ses appels d’offres portant sur la mise en place du tri sélectif par ses fournisseurs, l’emploi de matériaux recyclables et la réduction à la source, notamment pour tout ce qui concerne les emballages.

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

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Accompagner la nouvelle politique de réduction Synthèseàintroductive la source…

j’explique “et je communique”

> Accompagner la nouvelle politique de réduction à la source et de tri sélectif par une communication ambitieuse

De toutes les auditions effectuées par la commission, il apparaît que la communication est le vecteur essentiel – facteur de succès ou d’échec – de toute politique en matière de réduction des déchets à la source et de tri. Toutes les villes et les collectivités étudiées développent l’idée que sans une communication massive et inscrite dans la durée, une telle politique est vouée à l’échec. Les gestes de tri sont complexes, ils s’oublient vite et il faut sans cesse “remettre l’ouvrage sur le métier” si l’on veut obtenir des résultats. Les publics sont nombreux, les pratiques différentes, notamment si l’on considère l’habitat ou l’âge. Ainsi l’on se rend compte par exemple que si les seniors sont sensibles au tri et le font, la marge de progression sur les jeunes adultes est encore importante. On sait au niveau national que 41 % des 18-24 ans déclarent trier leurs déchets, contre 69 % des 65 ans et plus (source Eco-Emballages). Partant de ce constat la commission fait neuf propositions :

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Les familles tri-tout : lancement d’un panel de familles témoins

Proposition est faite de créer un panel de familles témoins qui soient un peu les “fers de lance” de la nouvelle politique de tri, qui soient associées aux opérations de communication et puissent être des “ambassadeurs” des bonnes pratiques notamment parce que, sur ces questions de vie quotidienne, l’effet bouche-à-oreille fonctionne à plein. Il serait intéressant de regarder également la démarche “Eco-voisins”, dispositif créé par Eco-Emballages et Voisins solidaires pour sensibiliser les habitants à l’importance du tri des emballages. Véritable “ relais d’information sur le tri des emballages”, un éco-voisin est une personne volontaire qui a pour mission dans son immeuble de promouvoir le tri.

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Accompagner la nouvelle politique de réduction à la source…

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D  iffusion d’un kit de communication aux habitants

Diffusion à tous les foyers de MPM d’un kit de communication sur la réduction des déchets à la source et le tri comprenant : un règlement de collecte ; un objet type magnet pour le frigo avec les consignes de tri ; un autocollant “stop pub” siglé MPM (potentiel de réduction de déchets du stop-pub : 15 kg / pers / an – source ADEME) ; un guide des achats éco-responsables édités en partenariat avec la grande distribution locale, l’ADEME et Eco-Emballages. Ce kit de communication sera également remis à toutes les personnes qui déménagent car on sait que le déménagement est la période la plus propice au changement de pratique en matière de tri.

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Création d’une maison de l’écocitoyenneté

L’importance de la transparence des systèmes et de la diffusion d’une information permanente sur les questions de propreté, de gestion des déchets, des gestes de tri… amène la commission à proposer la création d’une maison de l’écocitoyenneté dans un lieu central et accessible du territoire de MPM. Ce lieu servirait à la formation des enfants sur le tri, le recyclage, l’éco-consommation. On y ferait venir les écoles, il serait ouvert au grand public qui pourrait y trouver de l’information sur le tri dans son quartier, la carte et les informations pratiques sur les déchèteries… et des informations en direct – sous forme d’écrans de contrôle – sur les émissions de l’incinérateur. C’est également dans cette maison de l’écocitoyenneté que pourrait être réalisée la formation continue des agents : les bons gestes du nettoiement, comment ne pas se blesser, comment dialoguer avec la population pourraient être quelques-uns des thèmes développés dans le cadre de la formation. A plus long terme, on pourrait envisager d’y trouver aussi, comme cela se fait dans d’autres villes, des informations sur les tournées des camions, le cycle de vie des produits recyclés ou encore les zones de travail des cantonniers…

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(affiches, règlement de collecte…) téléchargeables pour les bailleurs et les syndics de copropriétés, un espace dédié aux commerçants, une information claire sur les filières de recyclage et le cycle de vie des produits collectés… Un webmaster serait chargé de répondre aux questions des internautes, de traiter leurs demandes et d’animer le site. On peut imaginer par exemple le concours du meilleur trieur, ou d’y héberger les blogs de classes qui auraient un projet pédagogique autour du développement durable. Ce site pourrait héberger également une partie Observatoire régional des déchets comme cela existe en Ile-de-France (www.ordif.com) pour collecter, produire et analyser les données, statistiques mais aussi sociologiques, relatives aux déchets, à leur réduction et au tri. Cet observatoire pourrait aussi être en charge de l’établissement des indicateurs pour évaluer la politique menée, en concertation avec des panels d’usagers, les représentants des habitants (CIQ)…

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Eco-partenariat avec les manifestations culturelles et sportives auxquelles MPM participe

MPM est partenaire de nombreuses manifestations culturelles et sportives tout au long de l’année : semi-marathon Marseille Cassis, Beach-Volley, Open 13, le Mondial La Marseillaise à Pétanque, Marathon de Marseille… pour lesquelles la Communauté urbaine met en œuvre la collecte des déchets et, souvent, le tri sélectif. L’idée est de valoriser le travail mené par MPM en étant éco-partenaire et en le faisant savoir (logo, communication sur les supports des manifestations…).

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Partenariat avec l’ OM et les Clubs de supporters

Compte tenu de l’importance du foot et de l’OM sur notre territoire et de l’influence du club, la proposition est de monter un partenariat avec le club et un ou plusieurs clubs de supporters afin de sensibiliser le public des matchs sur la question du tri et du recyclage. Des gisements importants ont d’ores et déjà été identifiés en matière de papier, de canettes et de verre, dans le stade et à ses abords.

Création d’un site internet sur la propreté et le tri

Un site internet dédié à ces questions est indispensable. Les internautes pourraient ainsi trouver sur le site les informations sur le tri et la collecte dans leur quartier ou leur ville. Quand on sait que chaque année 10 % de la population déménage, soit 80 000 personnes pour notre territoire, cela représente un vrai service à la population. J’arrive dans un nouveau quartier et j’ai tout de suite l‘information pour trier. Le site permettrait de recenser l’information sur la réduction des déchets à la source et le tri : les consignes de tri, une carte du territoire avec les points d’apport volontaire, les déchèteries, les ressourceries, le rappel des règles de collecte, les kits de communication

Communauté urbaine Marseille Provence Métropole - Rapport de la Commission “Réduction des déchets à la source – Tri sélectif” - Juin 2010

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Participer à la Semaine Européenne de réduction des déchets

Cette Semaine Européenne a lieu chaque année en octobre dans toute l’Europe et cette dernière peut d’ailleurs apporter des financements aux collectivités qui la mettent en œuvre sur leur territoire. La Semaine Européenne de la réduction des déchets a pour objectif de s’adresser au public le plus large possible. Le terme générique de “réduction des déchets” est identifiable à la “prévention de la production des déchets”. La Semaine Européenne de la réduction des déchets a pour vocation de développer la prise de conscience plus spécifiquement sur

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Synthèse introductive

l’acte de prévention de la production de déchets, c’est-à-dire : tout ce qui peut et doit se faire avant de jeter pour réduire les volumes soumis à la collecte des déchets et réduire la nocivité des déchets produits. Autre événement dont MPM pourrait être à l’initiative, la semaine de l’Eco-consommation, en partenariat avec les grandes surfaces, comme mentionné dans le paragraphe I.5.2.

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Miser sur l’humour et les nouveaux modes de communication

Au-delà de ces mesures concrètes, la commission réaffirme, à l’instar de toutes les collectivités entendues, l’importance d’une communication constante et forte, avec un message autour de la responsabilisation de chacun, sans pour autant stigmatiser les gens. Cette communication devra mettre en avant la dimension ludique du tri et la facilité à le réaliser par tous. Une campagne humoristique avec les comiques marseillais pourrait par exemple être envisagée, mettant en scène les comportements parfois peu civiques pour déclencher l’adhésion par le rire. Sur les moyens à mettre en œuvre, et sans préjuger du travail de définition de stratégie de communication à mener, la commission préconise que les nouveaux moyens de communication, internet, blogs, réseaux sociaux soient utilisés au-delà des canaux traditionnels type affichage ou spots TV.

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“Devenir une collectivité exemplaire, j’y participe”

L’objectif de devenir une collectivité exemplaire doit s’accompagner d’une communication adaptée et pédagogique auprès du personnel de MPM pour en faire autant d’ambassadeurs de cette nouvelle culture. Ainsi il est proposé que la communication interne prenne mieux en compte cette thématique : diffusion d’un kit de communication sur les consignes de tri dans les bureaux, newsletter par mail sur les bonnes pratiques internes, les initiatives des salariés… Les temps de communication peuvent également être autant d’occasion de rappeler ce message. Lors des vœux au personnel par exemple, un temps fort de communication interne, les animations pourraient être thématisées et le buffet éco-responsable. Bordeaux : “TRIVAC, cela signifie Trier, Recycler, Incinérer, Valoriser, Communiquer. Ce qui est intéressant,c’est qu’on intègre dans cette appellation l’expression “communiquer”. On verra que “communiquer” a une importance absolument énorme dans la politique de nos déchets. C’est indispensable. Depuis le départ, 25 agents en sont chargés. On fait un accompagnement à tous les niveaux. La communication, il faut très régulièrement la faire évoluer. C’est un travail de longue haleine. Si la communication n’est pas faite, cela ne fonctionne pas. Si elle a été faite, mais n’est pas maintenue, les résultats chutent.”

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Toutes les correspondances doivent être adressées à : Communauté urbaine Marseille Provence Métropole BP 48014 - 13567 Marseille Cedex 02 Siège de l’institution Le Pharo - 58, Boulevard Charles Livon - 13007 Marseille Tél : 04 95 09 59 00 - Fax : 04 95 09 59 28 Services administratifs Les Docks - 10, place de la Joliette Atrium 10.7 - 13002 Marseille Tel : 04 91 99 99 00 - Fax : 04 91 99 99 01

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Rapport commission tri  

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